On est donc sorti de tout monde humain clos et cyclique et parlant, entre soi, pour aboutir dans, sur le monde donné là et nécessitant des pensées universelles, d’une part et on a acquis, chacun, son corps, en propre, par le corps unique du christique (qui se duplique en et pour chacun en se convertissant, ou donc plus tard, bien plus tard, en acquérant le statut de sujet par le révolution généralisée du 18éme et suivants).
Il fallut, pour vouloir penser et se-savoir soi (comme individuel), un investissement absolu, à chaque fois (dieu, le christique, la pensée, le sujet, la révolution). Puisque chaque point est un point de basculement ; d’une position à, en une autre. Lesquels basculement sont immédiatement suivis d’effets ; puisque dieu, la pensée (l’être, l’idée, le un), le christique ou sujet et l’altérité se situent non pas hors du monde, du vécu ou du corps mais sur le Bord et que, par définition, le Bord est celui de ce monde, ce vécu et ce corps. Donc cette extraction et propension à partir de rien, du Bord, donne immédiatement une quantité d’effets époustouflants ; de là que l’occidentalisation est continuelles révolutions, de tout, puisque l’on est à chaque fois à la racine même (antérieurement à quoi il n’est rien ; tout est au-devant).
Un investissement absolu puisque ce qu’il faut atteindre n’est pas dans le monde, le vécu, mais sur le Bord et qu’il faut pour ce faire passer outre ; admettre en soi-même une intentionnalisation traversant. Celle qui traverse les désirs, images, décisions, projets ; bref que ce soit une intentionnalité impossible. Lorsque la révolution n’avait pas eu lieu il était possible de tenir l’horizon révolutionnaire, l’humanisme, la liberté, etc, comme possibilité de structure. Une fois acquise, chacun se retrouve nu et sans rien ;
Que nous soyons assujettis ne signifie pas qu’une loi extérieure nous soit imposée ; ce par quoi nous le sommes, assujettis, c’est précisément que nous soyons libres et que c’est cette liberté qui est la loi (condamner à être libre, Sartre : ça n’est pas pour rien, ni au hasard). On ne peut pas échapper à la liberté structurelle, puisqu’elle est structurelle et que, rappelons-le, c’est parce qu’elle nait de et par l’apparaitre (et non la composition atomique ou Adn) que cette liberté prend appui sur la réalité ; que donc il y a un vivant qui perçoit et dans cette perception, pense. Ou imagine ou veut ou décide ou projette ou ce que l’on voudra.
Si il n’existait que l’adn ou l’atomique, nous ne serions pas libres ; mais il existe ce champ, là au-devant, qui se constitue de la perception et donc ne renvoie qu’à cette structure qui produit des signes et les signes (aussi résistants soient les systèmes du langage) sont des rapports et ce qui est en ces rapport est lui-même un rapport, cad un mouvement, une tension ; par laquelle et pour laquelle il existe des systèmes de signes ; et ce rapport pour lequel il existe des rapports, étant un mouvement, doit être un pur et brut mouvement ; si ce rapport ne se destinait pas vers l’horizon, réel et indéterminé du monde tel quel, « d’un réel il y a », il ne posséderait pas la capacité de faire rouler tous les autres rapports ; autrement dit si il n’existe pas de Rapport absolu, ce qui signifie formel, il n’existerait aucun rapport. Puisqu’il est dans la nature, la structure du rapport que de potentiellement extirper ou créer n’importe quel rapport (sans quoi aucun n’est possible). La Possibilité est donc inscrite dans la structure même puisqu’elle est la structure même.
La nature de ce rapport premier est donc cela même qui est en cause ; et c’est bien ceci qui se remarque par dieu, la pensée, le sujet ou l’altérité. Soit donc les juifs, les grecs, le christique et nous autres (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc).
Les trois thèmes de la pensée étant l’être, l’idée, le un. Sitôt que s’impose Descartes toute la pensée réintègre la phénoménologie ; les idées sont des intentionnalisations à propos de la réalité, du réel et de notre position en ceux-ci ; notre être est en retrait du monde, mais on ignore en quel « lieu » (puisque tous les lieux sont dans le monde : Kant). Mais alors il est aussi en retrait de tout le vécu ; ce qui arrivera à tout l’existentiel, profondément angoissé de se tenir d’un autre-lieu. Et comme nous sommes situés de l’autre côté, Nietzsche et Heidegger sont bien persuadés d’en être saisis, inspirés, grands prêtres de l’altérité pure et brute ; puisque Kant nous a montré précisément que l’on perçoit d’un point situé ailleurs et que même on y fait plus que « percevoir » ; on y existe.
Mais cela veut dire que l’on est effectivement passé, à partir du sujet cartésien, qui se rend compte qu’il est en-plus, passé dans et selon cet en-plus ; c’est le rayon d’action de l’attention qui s’est agrandi ; sur le point de basculer sur l’autre versant de la réalité, soit donc le réel ; ce que désigne Kant par le nouménal, la base, le point par lequel on intentionnalise. Il ne s’agit pas à proprement parler déjà d’une logique mais d’un point acquis dans l’exploration du donné « là », qui depuis l’être grec et le point absolu de dieu, puis par le point-autre du christique (qui expose tout le vécu et tout le corps, donc tout et plus que tout pour ainsi dire), et de ce point acquis on perçoit selon et au travers des descriptions à partir de cette ontologie ; l’ontologie du sujet existant-là ; et qui se retourne sur son être, et cette réflexivité est plus grande que la précédente réflexivité qui consistait à élaborer un système en retour sur lui-même (de telle sorte qu’aucune intentionnalité ne soit lâchée sans relation à d’autres, qui l’éclairent).
Réflexivité prît donc deux accentuations ; soit l’ambition du système, qui voulut coordonner toutes les intentionnalisations de telle sorte que l’on ne puisse plus perdre le chemin ; soit la possibilité, inattendue, de faire retour sur cet être-qui-pense et donc de ne plus précisément penser mais d’analyser un être réel actif et comme dit Descartes « présent en tant, au moins, qu’il est présent à lui-même ». Dans les deux cas il s’agit d’exposer la réalité (le monde, grec) et / ou le réel (le sujet, l’altérité) et de se positionner antérieurement à tout. Antérieurement au monde (et qu’il soit démontable) et antérieurement à son propre être.
Or cette position s’est révélée possible. Possible parce que cet être n’est pas un être déterminé (auquel cas il faudrait élaborer les notions qui perdraient de se saisir des déterminations, alors que le sujet suppose qu’il soit un regard sans détermination qui les accueille ou les crée toutes), et que n’étant pas déterminé il est sans doute impossible de le dire, mais il est devenu effectif qu’il soit montré, désigné du doigt et que chacun soit la désignation (du doigt) par lui-même (ce que Descartes rend réel et accessible à tout un chacun).
On a vu que ce que l’on peut nommer stratégie ne se décide pas nécessairement ceci ou cela (quantité de ceci et cela rentre dans tel ou tel système, déjà mémorisé), mais sont l’orientation structurelle de la conscience, de l’intentionnalité ;
C e qui réfère à une structure qui ne se dit pas (n’est pas contenue dans l’énoncé) mais qui est saisie par le sujet même et ce par quoi il se constitue un sujet ; si on ne retient rien de Descartes, on identifiera ce sujet à toute sorte de ceci ou cela, mais plus au sujet ; le sujet n’a été énoncé qu’une seule fois, comme sujet vide (soit par le christique qui est le seul unique sujet hors champ et hors monde, et en plus de tout corps et de tout vécu, soit comme cartésien, et ses suites explorant la dite structure ; Kant, Hegel, Husserl, et de Nietzsche à Lacan).
Cela implique ceci : que l’on puisse accéder à la modification de la forme qu’est l’acte de conscience et ce, donc, pour au moins une raison que cet être soit entièrement ici même réel et accessible ; autrement dit que l’être ici-même est en lui-même une cohérence ; que la cohérence soit absolument manifestable ici et maintenant. Modifiant l’acte de conscience ce qui se rend réel c’est sa position sur le réel ; la plus évidente est celle de l’existentiel ; mais également par ex Nietzsche exprime l’altérité de la volonté par rapport à elle-même et implique la question ; qu’est-ce qui veut si ça n’est pas le moi ? C’est le sujet. Imposant par là de non pas redéfinir le sujet cartésien mais de redéfinir ce que habituellement le rationalisme humaniste universaliste réaliste naturaliste entendait par le « sujet cartésien » (cela veut dire que ce rationalisme ne comprenait pas du tout ce que Descartes montrait là-au-devant dans le texte).
C’est cette altérité du sujet (comme structure et non comme substance et encore moins comme identité, et encore moins comme moi humain), la perception et l’élaboration de cette structure qui est toute l’entreprise philosophique depuis Descartes (non seulement Kant, Hegel Husserl mais aussi Schopenhauer, Kierkegaard, et finalement Nietzsche, H, Sartre et Lacan ; par ailleurs la prise extérieure de notre être par la science ou par Freud ou Marx relève également de l’altérité, altérité que le sujet, le sujet cartésien, permet d’envisager ; c’est de sa position totalement Autre que l’on s’y envisage). L’expérience est évidemment extraordinairement étendue puisque nous sommes à la racine ; de même que la pensée, grecque (qui dessine l’ensemble des intentionnalités possibles dans un monde par dessus le langage commun et attirant à elle tant de nouvelles expériences, perceptions) ouvre instantanément toutes les idées possibles ; il y aura ensuite tous les retours (sur le sujet, cette structure sur le monde autre que le monde) et tous les re-tours (les nouveaux tours) du je dans la réalité puis le réel même.
Et si l’arc de conscience est situé dans la perception, et créant des signes (forcément en systèmes puisque ce qui n’est pas en système s’oublie et ne dure pas ; l’ordre, des choses comme des signes, c’est « ce qui dure » sans se disperser) c’est qu’étant à la racine il faut donc positionner la racine dans le « là » du réel, dans l’apparaitre même ; on peut considérer les quantas et les atomes, les molécules et l’adn comme étant la réalité, il se fait qu’il s’y crée un champ de perception (arcbouté sur et par le vivant, le vivant, son autonomie, sa non partition, ce par quoi un vivant est un avec lui-même et donc ex-siste dans le monde) et que ce milieu puis cet horizon rend possible ce qu’autrefois on nommait l’esprit ; en croyant (bien faire de) désigner par là une « entité » mais dont il se révèle qu’il s’agit de plus surprenant encore ; que cet esprit est en fait une structure ; l’esprit prendrait des tonnes de temps pour se mouvoir, un arc de conscience, une structure intentionnelle n’étant rien sinon formellement, s’avère de toute souplesse et simplicité dans le mouvement.
Rendant donc tous les systèmes de signes ou de perceptions perméables ; une conscience s’utilise afin de court-circuiter n’importe quelle mémoire. Le fait majeur est donc l’existence d’un champ qui rend totalement actuel et qui veut rendre réel, actualiser, et qui s’en prend directement à la structure du réel laquelle est strictement le présent seul. Ce qui est tout à fait extraordinaire et extrême. Que la scène majeure du traitement de l’information nouvelle manière (qui n’est ni codée dans les atomes, ni encodée dans l’adn) soit la perception et l’actualité on se demande si ça ne signifie pas tout. Tout le possible lui-même. L’atome et l’adn aboutissent à cela. Sont-ils installés à cette fin ? Et à quoi serviraient-ils autrement ? Si c’est un goulet est-il d’étranglement, ou la porte réelle effectivement ouverte sur l’orientation même de ce qui est, en tant que le réel est, entièrement, une telle porte découpée dans la réalité ? S’il n’est pas d’étranglement qu’est-ce que cela signifie ?
Parce que l’on a vu que la réalité est créée dans ce décalage qu’ex-siste le présent ; il y a articulation en tant qu’arc de conscience parce que cet arc est instancié comme mouvement dans le mouvement. Ce qui parait évident, le présent et l’acte de conscience, est le moins évident qui soit.
L’exister
L’exister est ici pour nous seulement le présent, mais rien ne dit qu’il n’y ait pas d’autres sortes de « présent » (on peut imaginer des compositions, de monde, de déterminations, un homme-cheval, mais pas des structures, et à peine percevoir la nôtre, celle qui s’existe, et dont nous obtenons, forcément puisque nous l’ex-sistons, obtenons une intuition, une intuition formelle, Descartes, Kant, Sartre s’y tiennent au plus près, de même que l’altérité se suppose comme Volonté de Nietzsche et Etre de Heidegger).
Peu importe que nous ne puissions pas discerner les variations possibles de l’exister, ailleurs, autrement (si tant est qu’il existe diverses formes de « présent », il se peut que ce présent soit très simplement le seul présent qui se puisse et qu’il ne désigne pas du tout une dimension mais seulement un Bord ; c’est afin de déplier, éventuellement, cette forme du présent qu’on le suppose comme dimension) ; la forme « présent », celle qui est pour-nous, contient de fait intégralement le vrai entièrement, puisque c’est réel et que le réel ne se divise pas ; aucune part du réel n’est séparable dans le réel même. La forme qui est « ici » est la même partout.
Evidemment on ne sait pas ce qui existe ici et maintenant, on commence seulement d’y avancer et ce en s’y engageant ; ça ne peut pas venir (à nous) sans que nous y soyons et y soyons entièrement (c’est pour cela qu’il existe de fait une éthique ontologique, un ontos, et ce, à la fois avec et sans surprise, selon le modèle kantien ; puisque l’ontos est le Bord, il ne passe pas dans le monde, et pourtant c’est de là, du Bord, du noumène que nous nous tenons ; sans ce Bord nous ne serions pas autre que le monde donné vécu et autre que le corps ; il n’existerait pas de monde ni de vécu pour-nous puisqu’il n’existerait pas de « pour-nous », ce qui ne signifie pas que l’on puisse concevoir ni même supposer un « moi », une substance ; or on a vu que Descartes ne suppose une substance que de très loin et pour faire genre, pour ainsi dire ; parce que la substance « pensée » chez Descartes est très bizarre).
Parce qu’il faut prendre au sérieux et surtout littéralement que c’est à partir du Bord (du monde, du vécu, du donné, du corps) que nous intentionnalisons ; on ne peut pas s’en saisir ; on en est saisi (sous la formulation de dieu, de la pensée, du sujet ou de l’altérité). On ne peut pas, donc pour reprendre, avancer avec le réel sans avancer tout entièrement… à partir du Bord. du Bord veut dire ; sans qu’aucune partie ne soit exclue, de telle sorte que tout, absolument tout le déterminé, soit posé ou supposé « là » au devant ; et donc à partir du sujet, compte tenu que ce sujet est le Bord.
Il n’est pas un « sujet » substantiel ou déterminé et pas même déterminé comme universel ou universalité ou abstrait, etc. Il s’agit du sujet transcendantal kantien, de la volonté nietzschéenne (qui se donne à elle-même instantanément comme Autre), de l’être-le-là de H, et à vrai dire dès le début du sujet cartésien (le doute et le malin génie ne sont pas seulement des hypothèses mais expulse tout ce que l’on est et perçoit au-devant). C’est cette mise en forme (ontologique) du sujet (comme structure) qui est analysée par Sartre et Lacan au plus près de la réalité et du réel.
Que l’être (universel, comme pensée, comme esprit, comme ce que l’on voudra) n’est pas, cela revient à dire que le sujet, lui, existe, et s’il existe alors dans son mouvement (il ne peut pas être pensé comme un universel mais comme un Un formellement) il s’instancie comme plus objectif que l’objectivité, que l’universalité ; universalité, esthétique, éthique, politique relèvent chacun de leur domaine d’application, application du sujet qui crée sa possibilité. Mais alors, de ce fait, ça n’est pas seulement sa possibilité ; c’est une possibilité effectivement écrite, inscrite. Et si le sujet est une structure réelle alors sa possibilité est une trajectoire objective ; ce par quoi le réel se continue, en tant que Réel. Si le sujet existe comme structure et que celle-ci est réelle, alors le chemin qu’elle crée n’est pas un chemin (prescrit destinalement ou universellement) ni une exploration (d’un donné déjà là) mais une possibilité qui se réalise, se rend réelle. Que ce chemin se dessine universellement et que vraiment la matière ou l’énergie soient connues ne signifie pas que ces cheminements soient les seuls possibles ; il en est peut-être d’autres qui puissent être découverts ; et de fait à chaque découverte objective il y en eut d’autres que les précédentes, qui agrandirent la possibilité même (et en même temps les possibilités s’ouvrent au-devant); de sorte qu’il faut entendre possibilités universelles ou esthétiques ou éthiques ou politiques comme des déroulements en eux-mêmes objectifs, hyper objectifs ou structurels. Ce qui veut dire créés.
Le créé est ce qui n’a jamais eu lieu et n’est pas attendu. C’est en fonction du Créé que le surdivin se rend réel. Et si il est un divin il se précise comme le Créé continuellement en instance, ce qui laisse supposer qu’il re-vient vers le donné… Il revient vers le donné en ce sens qu’il inter-vient dans la réalité, afin de continuer la forme même du Créé. Ou donc : pour chacun il dépend de ce que l’on va décider.
Or il est évident que l’on ne décide pas sous la forme de la décision consciente … ça se décide bien autrement et bien antérieurement à tout le conscient. Mais on a vu que le conscient est seulement une élaboration seconde mais non pas une élaboration sur la base de l’immédiat ; il n’est pas à proprement parler d’immédiat ; tout est construit, humainement et ensuite personnellement ; culturellement et ensuite acculturellement ; universellement selon la révolution et ensuite individuellement (afin que des mois naissent des sujets, comme de dieu ou de la pensée ou du christique naquirent des sujets, puisque la forme « sujet » n’est pas accolée à un « moi » mais bien que le moi s’origine lui-même, comme tout le reste, dans la forme « sujet »).
On ne se décide et on est décidé ; c’est ce que confère le christique ou la pensée ou le sujet ou l’altérité ; et le christique est en cela remarquable entre tous, puisque l’on sait bien que l’on ne peut pas se décider (à partir du conscient et de la détermination serait-elle universelle) de ce que l’on est ou sera. Ni la détermination dite universelle puisque celle-ci ne tient que selon l’être, l’idée ou le un, cad selon un arc en tension qui se relance instantanément (dans l’instantanéité non de sa fixité mais de sa diffraction qu’opère cette tension ; l’être, l’idée, le un, dieu, le christique, le sujet, l’altérité sont Autres). Si on ne peut pas se décider, il faut être vu, perçu, accédé de l’externe ; non de l’extérieur (cad d’une partie du monde) mais d’un externe, d’une structure externe ; de même que l’on sup-pose un psychanalyste qui « entend », pareillement le christique ou la vérité (de la pensée) ou l’intention (de dieu) est appelée ; non pas l’intention d’un autre quelconque, parce qu’alors sa conscience, son intentionnalisation est juste égale à la vôtre, mais une intention-plus-grande (puisque la logique du réel est d’être plus grand que lui-même).
Tant que l’on ne parvient pas à être-saisi et que l’on croit qu’il suffira d’une gestion ou d’un paramétrage extérieurs, on n’aboutira qu’à l’artificialité d’une intentionnalité qui n’est en aucune manière remontée dans l’intentionnalité même, ce qui veut dire remontée dans et par la structure ; (on demeurera un gadget, un soi-même comme second, déduit, imaginé, pensé, décidé de l’extérieur, de celui qui se prend pour l’image dans le miroir, parce qu’il sait qu’il est impossible que le miroir soit l’image et que donc le miroir est inaccessible ; c’est cette impossibilité qui est pour tant le Bord, cad ce par quoi on perçoit).
De sorte qu’il faut toujours sup-poser le Bord. Et le supposer c’est ce que signifie « penser » ; ou croire dans les autres civilisations ; étant entendu que l’initiation au sens de l’occidentalisation (du monde) est précisément cette technicité propre de la « pensée », non pas comme discours étal, objectif et là-au-devant, mais comme discours, structuralité qui fait retour sur. De là qu’il faille supposer l’être, dieu, la vérité, la volonté ou la Volonté ; le sujet tel que détouré par Descartes ou Kant est en lui-même une structure et non un « moi ».
On pourrait dire que le moi est soit une synthèse déterminée du divers (un corps langage subjectif) soit un sujet ayant un corps, ce qui est absolument distinct. Parce qu’alors s’ouvre pour chaque moi la possibilité de son sujet et il peut se supposer dans l’ensemble de toutes les réalisations de sujet qui eurent lieu depuis au moins 30 siècles. Supposer parce que les positions de structure ne relèvent ni de la pensée au sens plat, ni de l’imagination, mais veulent préciser l’articulation (comme le sujet cartésien sur l’étendue ou le sujet transcendantal entourant le monde donné selon la perception-entendement, la Volonté venant du grand dehors ou l’Etre finalité invraisemblable, et inhumaine, etc). C’est la différence stratégique selon les grecs ou selon le christique.
Pour les grecs il faut mériter d’être ; c’est par l’effort que l’on tendra à la pensée qui seule ouvre (effectivement) les yeux (en lançant les idées qui sont des intentionnalités qui permettent de distinguer ou de créer dans le monde des différenciations, réelles, existant vraiment dans les choses ou qui se produisent d’être dites, montrées, définies). Pour le christique chacun est déjà sauvé, est déjà infini et la stratégie consiste à créer structurellement à partir de la structure native ; le plus méprisé de tous fut crucifié et c’est lui qui sauvera les autres, tous les autres. Selon ce que l’on décidera et même plus encore parce qu’on décide toujours à propos de tel ou tel déterminé, or ici il s’agit de vouloir, d’aimer selon l’intention ; le christ vous tendra la main et vous sauvera et il mesurera votre intention, la sincérité de votre intention (qui donc ne peut pas être pensée ou calculée extérieurement) ; le regard, l’intention qui tend la main et qui donc crée votre intention ne réclame rien que cette effarante possibilité de vous extraire de votre être immédiat ; vous crée en plus, de tout le reste.
L’architecture stratégique christique est évidemment la plus éloignée et la plus Autre et réclame donc l’ensemble de toutes les catégories, mentales, vécues, éprouvées, les affects et l’ensemble de tout le relationnel et des échanges qu’elle (prè) suppose mais qui ne sont actés que . Il ne s’agit pas de vivre et puis de penser, et de recevoir la perception de son accession à la pensée, mais d’actualiser le point-autre, absolument express, qui remplace la vie donnée là par la perception augmentée des grecs qui étend le champ et par la perception accélérée du christique qui intensifie que l’on ex-siste, sort de soi pour ex-sister, et montre que si l’on existe c’est d’un point réel externe. Ce qui s’élabore strictement comme structure (et non comme contenu). Descartes impose que ce point-autre soit effectivement réel ; il était appelé par l’Autre absolu (cad formel), celui tout-seul qui-ne-meurt-pas, et il devient l’articulation même qui agit, l’agissement, la non immédiateté, l’altérité distincte ici même (dans le monde) et ici et maintenant (dans le présent du cogito, du retour sur soi, du re-tour, du nouveau tour à nouveau joué).