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instants philosophie

L’homme, la femme, Lacan 

10 Février 2024, 09:53am

Publié par pascal doyelle

 

Compréhension (éventuelle) de Lacan « La Femme n’existe pas »
(ce qui suit ne paraphrase pas exactement la position de Lacan, mais en est un développement; suivant ce que l’on avance depuis le début que la philosophie se déploie dans la série de ses instanciations, de ses positions, qu’elle marque, balise de repères ; l’être, le dieu théologique, le sujet, l’existence, et leurs variations, et que tout le mouvement s’enfile, y compris Lacan)
Pour l’homme ; toutes les femmes et donc une seule.
Pour la femme ; un homme et donc tous les hommes.
L’accès s’effectue par l’universel (les femmes/les hommes)
ou par le singulier (un homme/une femme).
Caricaturalement ça aboutit à l’égoïsme (universel) ou l’égocentrisme (psychique).
Ou encore à rebours à la vérité (universelle - toutes) ou au réel (singulier - un).
Ou la femme est le fantasme de l’homme, l’homme est le réel de la femme.
Sur  le “il n’y a pas de rapport sexuel” ; puisqu’il n’y a pas de signifiant qui permette d’enregistrer le dit rapport (réel) dans le rapport qu’est un signifiant ; on ne peut pas lier le rapport à une chaîne de signifiants (les signifiants se répondent les uns et les autres et forment systèmes ici et là). Mais pas plus que l’on ne peut entraîner son corps, son propre corps, dans un ensemble de signifiants. Ou la chose donnée, cette réalité, qui existe objectivement “là”. Le réel on n’en fait pas le tour. Rappelons ; pour Sartre le donné là est l’objectivité impensable de l’en-soi ; pour Lacan l’objectivité est le rapport au corps qui est innommable, par quoi l’adolescent découvre non seulement qu’il n’est pas le centre du monde (tel l’enfant s’imagine) mais qu’il n’est pas même le même que lui-même ; il est autre au-dedans ; s’ajoute de plus qu’il lui faut, pour séduire, se représenter à autrui (la massivité du corps-autre s’hallucine comme jouissance horrible, destructrice, fusion).

Et donc :
c’est pour cela qu’il n’existe qu’une femme à la fois ;
la-femme universelle n'existe pas, mais -une-  à chaque fois, cad réelle.
Inversement les hommes existent, universellement, en tant qu’existe “l-homme universellement”,
… et donc irréel chacun,
et fantasmant la-femme, universelle ; ce qui ne fonctionne jamais.
Mais telle femme cherche un-homme,
et ça ne marche pas plus.

Évidemment ça n’est pas strictement identique à la physiologie, mais statistiquement relativement ;
et en ce cas, statistique, cela signifie que c’est jusqu'alors plutôt induit des femmes d’une part et des hommes d’autre part. Et ce qu’il s’agisse d’une tendance naturelle ou d’une construction sociétale ou d’un devenir historique (et donc tout à fait possiblement remis en cause) ; admettons donc que Lacan se contente de décrire les “mois”, les personnalités qu’il reçoit ou observe (ce qui n’était pas tout à fait sa position spontanée ; mais ça le chatouillait quand même de ne pas comprendre “le continent noir de la jouissance féminine”, comme disait Freud, en son temps ; mais Lacan, à tout le moins, permet, très largement, de passer par dessus la sexualisation excessive ; en ce sens que la sexuation devient l’illustration de structures plus étendues et plus abstraites, et non plus cette sexuation comme matrice immédiate ininterrogée, que l’on devrait admettre de tout go ; ou donc, le signifiant et tout ça, lacaniens, permettent une vue plus large de la réalité du “moi humain” ou de l’humain-même). 

Précisons encore que ça n’est pas monolithique, ou substantiel (une substance, une essence homme ou femme), mais phénoménologique, d’une logique relative pour ainsi dire (ni homme ni femme ni quiconque ne peut vivre ou se vivre sans logique interne) ; une orientation phénoménologique tendancielle ; c’est et ce n’est pas (non plus) forcément lié à la sexuation. 

Donc. Il ne s’agit pas d’une “essence” affectée en tant qu’homme ou femme ; mais d’une phénoménologie ; et une phénoménologie c’est un ensemble mouvant, fondamentalement adaptatif, qui investit la perception, le sentiment de soi, d’autrui, bref le champ intentionnel tel qu’il s’organise en tant que vivant (il n’existe, que l’on sache, de champ intentionnel que d’un vivant, d’un être vivant). 

Ou si l’on préfère, ça ne signifie pas que un tel ou une telle seront incapables d’universel ou incapable de singularisation, mais en fait plus ou moins ou selon ; c’est une orientation intentionnelle relative et presque, pourrait-on dire, statistique, ou en tous cas proportionnelle ; on est plus ou moins comme ci ou comme ça. Mais c’est une logique, plus ou moins prononcée, par laquelle on unifie terminalement ; et terminalement qui est tout à fait spécifique et absolument abstrait et finalisant, peut-être, et par quoi tel je, tel sujet, tel moi, tel corps, telle mémorisation signifie ( - son existence -) en tant que Bord.

Qui décide, oriente, dessine formellement, et formellement cela veut dire qui découpe dans la réalité, dans l’hallucination, dans l’existence, dans la vie vécue, en ce corps vivant (comme l’hystérique) ou  dans tout ce que l’on voudra, ressentira, réalisera et qui sera terminalement, virtuellement orienté par et vers le réel ou/et l’universel.

En somme, l'orientation en tant que  (l’universel et/ou la singularité)  constitue le Bord de tout ce que l’on est ; ouvre ou ferme tout ce que l’on perçoit, ressent, pressent, imagine, désire, décide, en bref intentionnalise. Le Bord de ce que l’on est, soit donc son ex-sistence, est absolument tout l’enjeu formel d’exister, l’épreuve. 

Et donc soit on finalise selon l’universel (l’homme) soit selon le réel (une femme, ou mieux cette femme, ou encore plus réellement cet individu). Et en vérité l’un comme l’autre usent du réel et de l’universel.  

On remarquera qu’ici on tente précisément d’aligner l’universel et le réel…de là que l’image du blog présente une femme (en l’occurrence Olivia Wilde) et la quadrature du cercle. Durant des lustres la philosophie a parié pour l’universel (l’homme la raison/ la femme la nature ou la sensibilité, et autres schématismes) ; depuis Descartes on a saisi que le réel n’est pas (seulement ou exclusivement ou même pas du tout pour les athées) en dieu, mais qu’il se passe ici même et maintenant, il se passe, se déroule, s’instruit, s’instancie une articulation réelle et donc effectivement relevant de son exister. trouver l’universel qui correspond au réel, tel est le but. Puisqu’aussi bien l’être, le dieu théologique (onto-théologie, qui n’est pas le dieu christique ou de la bible), la pensée (hégélienne), la raison raisonnante (etc) manquent le réel, visent à côté ; depuis Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre et Lacan, on se rapproche, on approche à pas de loup.

Remarquons que dès le christique “homme ou femme” n’a aucune importance, contrairement à ce qui traîne ici et là ; ni homme ni femme, tous un en christ (St Paul, le prétendument sexiste), puisque ce qui compte c’est le regard, cad la conscience-de, qui n’est pas sexuée. C’est aussi absurde que de voir dieu comme un “homme”, éventuellement à barbe blanche. 

Par “cet individu” on veut dire que l’on soit homme, femme ou autre, on peut très bien se considérer en finalité en tant que un, en tant que centre. Et donc se tenir du côté du réel. Et ce centre peut paraître relativement infantile ; si un moi cesse et oublie totalement d’être au centre, il périt, c’est extrêmement dangereux. Or ce centre, qui n’est plus infantile, ouvre sur une réelle et fondamentale objectivité (il n’y a pas que l’objectivité cadrée par l’universel, la science, le droit, la pensée, etc). L'objectivité du donné tel que “là”. 

Chaque réel est tenu en tant que tel et non pas repris et enregistré dans un ensemble de signifiants : en quoi consiste l’universel. l’universel est la cohérence , idéalement, des signifiants qui accroît sa capacité par une telle organisation forte, fut-ce au prix du réel, que l’on caractérise bien évidemment comme “ce qui ne manque pas de clocher” (qui résiste donc) ; le réel (ou la femme ou la chose ou l’objet a) s’échappent, bifurquent constamment. 

De là par exemple que la femme (ou l’œuvre) formulent une mascarade, rendue, pratiquement, indispensable ; la mascarade ne ment pas en elle-même, elle exprime (qui sans quoi n’obtiendrait aucune présentation ; le réel en soi ne peut pas être représenté, contrairement à ce que croit l’universel, ou l’homme). 

Le problème est en somme celui-ci ; le réel ne peut entrer dans l’universel, mais on ne dispose pour décrire le réel que de l’universel. pour le décrire mais aussi pour le vivre, l’organiser, le partager, le communiquer ou le transmettre ; hors de l’universel point de salut, mais le réel ne s’y retrouve jamais.

Pour saisir cela, ce mouvement duel, il faut comprendre que notre être, étant un rapport, ne peut pas se clore dans le réel, mais qu’il croit qu’il se referme dans l’universel ; le réel on n’en peut pas faire le tour ; les signifiants, eux, entendent constamment se relier (c’est leur travail, leur logique). musique notre être est non un être mais un rapport, il renvoie l'autre bout, du rapport, mais on ne sait pas lequel ; le “sujet” s’évanouit, sans pour autant cesser de (se) désigner ; puisque l’arc de conscience, intentionnel, tout se produit en son mouvement ; un rapport, un mot (qui n’existe jamais tout seul, sitôt un mot, sitôt tout un langage) on peut lui en ajouter quantité d'autres ; le mouvement indéfini des signifiants (tout comme l'énumération infinie des nombres, puisque ce ne sont pas les nombres qui sont, mais le rapport, que sont les nombres, qui existe (un / un est le seul et unique nombre).  

S’il y a un autre bout (du rapport qu’est une conscience) implique que l’on ne sait jamais “où” l’on est ; on se gargarise de parler d’un point certain, mais en vérité nous sommes déjà bien ailleurs ; il est impossible de fixer dieu ou l’universel ; l’universel revient à l'énonciation non finie de Hegel, à savoir que la pensée pense… et d’énumérer ou d’organiser tout ce qui fut pensé, comme contenu de ce qu’est la pensée. 

La chaîne indéfinie des signifiants doit potentiellement se dérouler librement (et non pas être fixée, clouée à un trauma ou un passé) mais trop librement elle se perd indéfiniment et n’obtient rien ou alors faussement, illusoirement. 

Rappelons que ce qui produit un trou dans la chaîne de signifiant, tombe vers le “là”, le réel, la-chose ; le signifiant est ce qui permet, à chacun, de couper la masse du “là”, et le corps, de chacun, est tel quel ce qui peut bien être signifié (par un signifiant) mais toujours hors de toute chaîne ; le corps est incroyablement massif, repose sur sa propre densité, qui ne peut pas être absorbé par la chaîne des signifiants (ce en quoi consiste l’universel, puisque l’on a vu que tout mot est en soi abstrait et déjà universalisation ; puisque le champ intentionnel qui rend possible tout langage est le champ qui produit tous les raports que sont les signes). 

L’individualité est ineffable. Outre le tomber-amoureux (qui exporte hors de soi l’arc de conscience dans le point qu’est autrui, qui nous manque, et nous déchire, lorsqu’il disparaît) le cas le plus accessible est celui de l'œuvre ; une œuvre, un tableau, etc, est une-chose. Une-chose n’est pas inerte, mais justement l’inverse ; qu’elle nous regarde (et non pas nous qui la regardons de l’extérieur ; se crée donc un extime, un intime externe). Et si elle est suffisamment œuvrée, pour ainsi dire, elle contient une indéfinité de signifiants, théoriquement (mais personne ne pourra prouver jamais le contraire, puisque la série des signifiants ce sont LES séries de signifiants, qui se créeront tout au long de l’historicité ou de notre existence ; il n’y pas qu’une seule chaîne évidemment, pas plus qu’un seul langage ou qu’un seul système de quoi que ce soit). 

De là que Lacan puisse caricaturer la pensée comme hontologie ; c’est une honte de croire que l’universel (quel qu’il soit) puisse absorber la densité du réel. La science et la raison à tout crin provoquent une angoisse profonde. La pensée théorique ou la psychologie en croyant renforcer le moi, en expurgeant le douloureux réel impossible, immonde, horrible, jette le moi dans l’obscurité, ce qui veut dire dans l’inexprimé, le silence. La science c’est très difficile, mais mettre en forme l’inexprimable réclame encore une autre sorte de capacité. Et ne pas mettre en forme l’inexprimable (esthétiquement ou littérairement ou philosophiquement ou selon la religion, etc) est l’infini danger de se démettre ; de n’être plus capable d’organiser autant que faire se peut cet extra-ordinaire. 

Ou inversement que l’on peut finaliser selon l’universel ; le signifiant appelant un signifiant et cherchant à se clore, replier, saisir, posséder. Et sans cette organisation (plus ou moins contraignante … ou contrainte) on ne peut pas exister. 

Soit donc deux règnes, qui sont tout aussi objectifs l’un que l’autre ; l’universel permet de définir tous les objets (qui en dessous sont des choses données là, et non des objets analytiquement découpé et/ou synthétisés) ; le réel permet de percevoir telle chose en son apparaître, le plus complet ou le plus détaillé ou le plus particulier possible. Évidemment cela veut dire que l’objectivité se sert de l’individu, ou que le réel utilise l’universel (sinon ni l’un ni l’autre n’existeraient). Aussi est-il curieux que l’on puisse retrouver selon une structure phénoménologique cette complémentarité. 

Et de fait, on peut rêver de l’autre dans tous les cas. Mais le fantasme (de la femme pour un homme et de l’homme pour une femme) est orienté plus ou moins d’un côté ou de l’autre (et donc des deux mais en proportion). Le fantasme “image” ou le fantasme “de présence” sont aussi irréels et idéalistes l’un que l’autre, selon leur mode.Remarquons qu’il y eut énormément de femmes mystiques ; quelle plus absolue présence que celle de celui qui s’est absenté, le christ ? 

La femme “elle n’est pas toute”, elle n’est pas toute la vérité. Parce que le réel (côté “femme” donc) ne peut pas être enfermé, cerné ; tandis que  l’universel (l’homme) est ce qui n’existe que des limitations. par schématisme (et pour faire une phrase) on dira ; la femme voit tout mais ne le sait pas ; l’homme sait tout mais ne voit rien.

 

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L'intériorité du moi, Lacan

28 Janvier 2024, 15:01pm

Publié par pascal doyelle

On a dit que Sartre pense l’extériorité du moi-même, tandis que lacan pense l'intériorité. On observera que l’un comme l’autre nous jettent dans l’extériorité la plus crue, difficile, éprouvante.

On s’étonnera peut-être que Sartre,  philosophie, se soit dévoué à l’extériorité (autrui, l’historicité, le matérialisme, le regard, le corps, le donné là comme existence, etc) et que Lacan, psychanalyste, se soit dévolu à l’intériorité ; mais une intériorité tout à fait spéciale ; celle du moi, dont il est témoin tout au long du 20éme, qui apparait et se déploie (et dont la naissance mondiale et mondialisée constitue les fameuses années soixante ; le moi se démcoratise ; on ne dit plus “je suis un homme, ou une femme”, par ex, mais je suis “moi”). 

Puisque le moi est la dernière grande invention récente (après dieu, la cité universelle et le raison, la pensée, le sujet christique puis cartésien, le réel et la révolution, la réalisation dans l’historicité, réalisation humaniste, et universelle donc, la révolution et réalisation individuelle ensuite, lorsque tout est à disposition pour que chacun puisse développer sa personne-même, y compris les ressources naturelles utilisées et les technologies et les médiatisations, etc). Ce qui place chacun, chaque conscience au plus près du donné tel que là, au plus près du réel, et livré à lui ; aussi découvre-t-il existentiellement l’exister tel quel. Ou sa condition vraiment réelle (ce qui débutait avec montaigne ou encore plus avant avec St Augustin, et bien sur le christianisme ; trahi, mis en croix, mort). Dès le début l’individualité commence d’être exporté hors de toute communauté (et crée ou se révèle la communauté seconde, puissance ², “en esprit”, celle du saint esprit, de l’église, et, par la révolution, de la société humaine puis personnalisée, celle justement des désirs et des objets). 

Ce que recherche Lacan c’est le point de jouissance ou plus exactement le “point de jouissance ! aucune jouissance !”

Parce que la jouissance c’est l’hallucinée. Et qu’elle n'existe pas, elle est imaginée, cet objet ou tel autrui est censé contenir une infinité de bienfaits. En soi follement satisfaisante ; c’est la jouissance des autres dont rêve le voyeur, et qui torture le jaloux “ils jouissent sans moi” (depuis les romans du 12éme, à tout le moins). C’est ce que l’on imagine de l’obtention de l’objet ; on y croit. Quelque chose remue en nous, et c’est la-chose, qui albumine comme objet infiniment désirable.

Lacan reste dans le moi, et n’en voit pas la sortie. à partir de freud il apparaît que le plaisir, les plaisirs, ne sont possibles que si la jouissance, le fantasme d’une totale, intégrale satisfaction, est refoulée ; ce que l’on nommera la fusion (et ce qui un temps a pu se figurer comme coucherie avec papa ou surtout maman) ; les plaisirs, cad les désirs surtout, ne sont possibles que si cette fusion est fractionnée, en plaisirs, en désirs ; sinon le désir unique hallucinatoire massif écrase tout ; rend impossibles les signifiants (de sorte qu’ils réapparaissent dans la réalité, comme folies ou hallucinations, ou évidemment plus minutieusement, dans certains signes qui s’entremêlent d’avec les signifiants, obsessions, perversions, etc) ; mais même alors, même si tel moi a réussi de couper (barrer) la jouissance, et la diversifier en désirs (et donc de rendre possibles des objets, et autrui bien sûr), il n’en reste pas moins que l’hallucinée est toujours là derrière qui guette, sans doute aucun, mais également motive, fournit l’énergie ; et cette jouissance c’est également et d'abord la jointure du corps, vivant, de l’influx du vivant, et du signifiant, de l’arc de conscience qui parvient à se dégager de son origine, et qui, peu ou prou, devient sa propre cause ;

le champ de conscience, barrant la jouissance, permet un champ de signifiant, qui de fait n'adhère vraiment que si il est parlé, et parlé au lieu de l’autre (autrui) et donc au lieu de l'Autre (dieu, la pensée et l'universel, le sujet, le réel, la révolution et l’humanité ou l'individualisation, le moi, lequel se diversifie dans tous les sens en quantité d’objets, capitalistes, pour ainsi dire).  

Ce dépassement de la jouissance (et donc que je cesse d’être, de me vivre comme le centre du monde, enfant) est un acquis personnel, individuel ; qui réclame un grand effort ; une coupure ; se couper de l’immédiateté. Tout est alors comme mort et autre, et avancer d’un pas parait risquer absolument tout ce que l’on est, paralysie adolescente. Mais exister aussi comme couper de soi ; l’enfant est un-avec-lui-même ; il n’en a pas conscience mais il est qui il est ; si l’on devient de conscience “de soi”, c’est que l’on n’est plus ce “soi”. On se voit d’un point, qui est et qui n’est plus soi, à la fois ; il l’est parce qu’il est évidemment encore ce corps, mais cette conscience perçoit à partir d’un bord. un bord sans rien derrière. 

On peut dire que l’on suppose alors dieu, la raison, l'histoire, la poésie, ou tel autrui (du tomber amoureux), qui se situeraient derrière ce bord ou en tant que bord ; assuré, tranquillisant peut-être, ou évitant l'angoisse de n’être pas. Puisque c’est cela qui arrive ; que l’on a cessé d’être, et comme dit Sartre que l’on “existe”. 

Corps divisé qui ne se rétablit, mais en équilibre instable (et plus ou moins, selon que l’on s’approche du bord et qu’il glisse vers la jouissance, qui ne vient pas, puisqu’elle ne se réalisera jamais, et qui surtout angoisse absolument et au risque d’annuler qu’il y ait, qu’il existe un pont de conscience). En vérité, c’est hors du moi que tient le moi ; il tient de pointer, de tenir un pont, et qu’elle que soit cette articulation (dieu, la raison, révolution, poésie, autrui, etc) ; pour saisir autrui ou dieu ou soi comme sujet, il faut redistribuer la conscience ; la positionner au-dehors et évidemment hors de la fusion (de là cette distinction du principe de plaisir et du principe de réalité, sauf que, contrairement ou autrement que Freud, Lacan place le plaisir dans la réalité (les plaisirs, les désirs, l’écriture de soi, et ainsi de suite) et la jouissance comme effroyable et impossible et hallucinée et pourtant motrice, psychiquement. 

Vous pouvez recouvrir cette jouissance supposée, mais elle est rigoureusement sauvage et inapte à la réalité. on peut dire qu’ intra psychiquement elle est “le réel” (à l'intérieur de la cervelle donc) ; d’elle on dira que lors d’un cauchemar, si on la rencontre, on se réveille, ce qui signifie que l’on se rendort ; on ne peut y faire face, le conscient, l’éveillé va toujours annuler le face à face ; rien dans la parole, les signifiants, ne peut la contraindre. 

Ce que l’on peut, c’est la réorienter ; mais alors il faut sortir du moi ; par dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel, et leurs variations. et encore est-ce tout à fait momentané, comme le “je suis” de Descartes qui n’existe que dans le moment de son annonce, autrement on ne sait pas. La réorienter c’est élaborer sa vision en tant que structure intentionnelle.

Puisque la jouissance est irréfragable, elle n’est pas plus animale qu’humaine, psychique que biophysique ; elle est le mélange de l’activité de conscience, intentionnelle, et de l’énergie du vivant ; une sorte d’énergie biologique qui s’hallucine (aucun animal n’hallucine son désir). Unique en son genre, et absolument invincible ; qu’elle se délivre dans l'hallucination ou la folie, ou qu’elle se recouvre de conscient, accordée (à peu près équilibrée) ou désaccordée (névrose, lorsque “les plaisirs, les désirs, les objets” se raccordent mal à la jouissance, dont on a dit qu’elle était originelle, et donc selon qu’elle se facilite plus ou moins ou pas ; soit respectivement un à-peu-près, une névrose et une folie). Cette accroche, qu’est la jouissance, est véritablement une accroche ; l'hallucination dûe à l’activité de conscience est accrochée à un vivant, ce corps. Lacan propose qu’elle le transforme, ce corps, et rend possible le moi. Ou est-ce l’avancée en un corps, mais dépassé par une élaboration qui a rendu possible que se dégage un champ intentionnel, là au-devant (où se produiront les signifiants et les domaines de signifiants, qui seront aussi des champs de réalités, de réalisations humaines, collectives ou individuelles, lorsque le collectif parvient à installer en lui cette possibilité des individualités). Se dégage un champ intentionnel au-devant parce que ce corps est mis entre parenthèses ; en ces parenthèses il hallucine (sa totale, absolue, magique et fusionnelle plénitude), parce que et puisqu’il n’est pas, n’est plus sa satisfaction ; il perçoit sa satisfaction du dehors ; il n’est plus ce corps ; cette réjouissance naturelle du corps est transformée en horreur destructrice parce qu’irréelle, insoutenable pour un corps et irréalisable dans le monde donné. 

C’est ainsi que la satisfaction (pourtant réjouissante au naturel) du corps est prise dans l’intention qui, elle, est parvenue à en sortir ; elle se perçoit du dehors, il se perçoit du dehors. Si on ne parvient pas à faire tenir à part elle-même cette extériorité, on ne cesse de s’affaisser. Puisque cette sortie que l’on nomme “conscience” est un tension et non pas un être, et il faut soutenir cette tension. 

Autrement dit la jouissance, qui est la satisfaction hallucinée en tant qu’elle est désormais interdite (ou donc que chacun se rend compte qu’il n’y est pas, que ça manque, et que donc il peut commencer de désirer, ce qui veut dire de signifier, tout comme de consommer ou de produire par ex, d’interagir avec autrui, de communiquer, etc), la jouissance est ce qui permet qu’il se déploie les signifiants ; aussi le signifiant est la jouissance, mais médiatisée. Ce qui peut paraître très aisé mais qui en fait, comme on l’a vu, est intensément difficile, puisqu’il faut “négocier” avec soi-même, autrui, la réalité, les objets et les désirs, etc. Et que, donc, on ne peut pas annuler la jouissance terrible ; elle est l’énergie de toute translation, de tout déplacement, de tout investissement. 

Or cependant, si lacan tient qu’il s’agit du signifiant (qui coupe en deux le vivant animal du corps, et découpe ainsi la perception en signes et les signes potentiellement organisés en champs, cad au début en société humaine qui-parle), on dit ici qu’il est question du champ intentionnel qui rend possible qu’il y ait “signifiants” ; et qu’aucun signifiant ne puisse regrouper, unifer, aggloméré “les signifiants’ (qui donc sont toujours dispersés, dispatchés, distribués) veut dire que soit l’unité est la jouissance (l’articulation en-un-corps de l’activité de signifiants, corps qui se rêve en fusion unifié), soit l’unité est le champ intentionnel ; soit donc Sartre. 

Sartre qui rappelons-le, a su, a pu séparer la conscience de tout savoir, de toute connaissance (depuis Descartes, explicitement, bien que les français s’en soient toujours douté depuis le moyen-âge, et peut-être même les stoïciens) et même dégager la conscience de tout mysticisme à l’allemande (Heidegger ou les fichte, schelling, Hegel ayant, lui, déplacer la phénoménologie de la conscience sur toute l’historicité, ce dont on lui rendra toujours grâce). 

Avec Sartre et Lacan, vous êtes parés, la lucidité éclaire tous les chemins.

 

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La vaillance du possible

20 Janvier 2024, 10:55am

Publié par pascal doyelle

 

Ce qui nous inquiète, nous angoisse, nous saisit de vertige, nous envoie bien au-delà de tout, c’est l’inassignation de notre être, à quelque réalité que ce soit ; on peut dire que nous sommes un corps vivant et donc un adn, etc, mais nous ne sommes pas ce corps en cet adn, puisque nous en avons conscience et que donc cette conscience se positionne en dehors (pour produire ces rapports nominaux, ces mots, ces formules). Mais alors “où” est-elle positionnée ? 

Donc elle est positionnée en et par elle-même ; mais c’est alors n’occuper aucun lieu, puisque ce soi-même est un rapport et que le rapport n’est nulle part situé, sinon il ne se rapporterait pas (à lui-même) et ne permettrait pas de rapporter les choses aux signes, par ex, ou les signes aux signes dans le déploiement du signifiant (régulé par la communauté et la transmission, exacte, du seul trésor qui soit, ou jugulé par l’individualité, lorsqu’est atteint un niveau certain de développement, qui accorde un peu plus de temps par ex). déploiement du signifiant qui fait sortir l’esthétique du rituel religieux collectif, par les grecs ; ou qui rend à chacun qu’il soit un et infini (le christique).

Que cet être soit un rapport signifie qu’il n’est pas un être, mais une structure, un mouvement et l’on se doit de se considérer soi-même non en tant que tel ou un tel mais en tant que rapport ; de même autrui n’est pas un être (qui serait déterminable de l’extérieur) mais un rapport ; non seulement comme un vivant (qui est déjà son propre rapport et qui se meut, de lui-même, mais selon son être) mais comme une conscience, capable de rapporter toute détermination à un horizon (et non un milieu). On a vu qu’un rapport n’existe pas après lui-même ; qu’il n’y a à vrai dire, pas d’avant ou d’après, mais une suspension, ce qui signifie qu’il, ce rapport , crée le possible ; ne serait-ce que parce qu’il s’agit de sa fonction naturelle, mondaine, de réalité ; modifier telle situation (donnée ou humaine, dès que l’on a compris que l’on était à l’origine d’une partie de nos conditions humaines, telle ou telle société, on a commencé de les transformer). 

Il n'est cependant pas nécessaire de connaitre qu’un adn existe, nous sommes déjà, en quelque perception que ce soit, hors-de-nous. Le donné là tel que la perception permet, en lui-même, de déjà tisser en plus. Ainsi pas nécessaire non plus de dire dieu ou la pensée ou le sujet ou le réel ; puisque avoir conscience de ceci ou cela crée déjà instantanément un horizon sur lequel paraît tel ceci ou cela. Dieu, la pensée, le sujet, le réel permettent d'accélérer la capacité du possible (dieu nettoie radicalement les “autres dieux”, cad les dieux déterminés, et installe, dans le nouvelle historicité, l’historicité des volontés, dans un livre qui décrit et repère cette historicité ; il y a un devenir, linéaire, du temps et non cyclique) ; ça ne tient pas non plus au langage, puisque des langages il en existe des tas, depuis l’aube, et qu’ils sont, relativement, traduisibles les uns dans les autres. c’est bien plutôt l’arc de conscience, l’activité d’une “conscience”, d’une structure telle, qui rend possible les langages (ceux qui existent et ceux que l’on invente ; Rimbaud invente son langage, ou donc se tient dans son horizon ou initie à encore d’autres rappoerts qui ne préexistaient pas ; et donc il y a un présent afin que s’inventent des raports. des consciences. 

Soit une multiplicité de consciences, d’intentionnalités, dans sa propre conscience, soit toutes les consciences, ces unités formelles, qui peuplent le monde, le donné là.

Que l’on soit en de multiples intentionnalités n’est pas si évident et aisé, puisqu’il s’agit, littéralement, de l’origine du péché, de la faute, ou si l’on préfère de la déchéance, de la perte de soi, de l'incontrôlé, de l’injustifiable dirait Sartre, en somme de ce que l’on ne peut pas vraiment diriger le flux intentionnel, mais seulement ici et là l’orienter, légérement lui insuffler une orientation, et ce en injectant des déterminités inattendues, non intégrées, en plus, divergentes ; user des différentes parties du monde afin de réorganiser ou plutôt de commencer de réorganiser la représentation humaine, l’affect humain, le relationnel humain et même parfois inventer, créer une ordonnance soudainement autre ; ainsi dieu, la pensée, grecque, le sujet, chrétien ou cartésien, le réel, de révolution humaniste ou personnaliste, intervenant dans le donné acquis et relançant absolument, cad structurellement, le déterminé. 

Pour cela par exemple on écrira et puis on lira des poèmes, des romans, des esthétiques apparaîtront, des réalisations collectives puis individualisantes, qui re-créeront notre humanité et puis notre personnalité.  

Et ce qui unifie les consciences que l’on a (de soi-même), c’est cet arc en tant que formel (dont on n’a aucune représentation, sinon le seul signifiant “je”, vide et formel). Et ce qui unifie les consciences ensemble, c’est cet ordre qui est nommé constitutionnel, et qui repose sur l'articulation, généralisée et donc personnalisée, des libertés, de chacune des consciences de soi. ça n’est jamais un contenu, tel contenu électif, qui unifie, mais l’arc formel singulier ou universel ; étant entendu que le plus grand universel que l’on connaisse c’est “la-conscience”. 

La conscience qui n’est pas la connaissance. La connaissance est une partie, un domaine, de l’activité de conscience ; ce que l’on comprendra aisément en ce que telle œuvre, esthétique, ne se réduit pas et ne peut pas se réduire à une connaissance définie, délimitée, claire ou analysable. Et pour s'entretenir d’une œuvre il faut s’y immerger, ou donc l’intérioriser, suffisamment ; ce qui veut dire que vous y serez inscrit en votre rapport (de conscience) qui se liera à tels et tels raports mis en œuvre en cette œuvre ; elle est tissée. 

Et non pas tissée intellectuellement et comme abstraitement, mais de la substance et bien plus de la surface même de votre corps ; puisque c’est d’une œuvre esthétique dont il est question. Ce sont vos frémissements qui se créeront, esthétiquement.

qu’elle ne soit pas tissée intellectivement ou intellectuellement, veut dire qu’elle est tissée en tant que corps. de là le corps du christ ; ça n’est pas pour rien (et que l’on y croit ou non). de là les esthétiques, poésie et roman ; c’est tout entier que l’on perçoit, ou donc que l’on apprend à percevoir individuellement. Aussi aboutissons-nous à Sartre et lacan qui analysent le corps du moi.

Et il n’y aura, il n’y a aucun autre accès à cette nouveauté que d’en passer par les œuvres ; sinon ça tourne en rond. Toute conscience, comme structure et qui se sait ou intuitionne d’exister comme un tel mouvement, est immédiatement et même instantanément reliée à toutes les autres consciences ; recherchant celles-là qui avancent (au lieu de tourner en rond). C’est ce que l’on devine et recherche dans et par le tomber-amoureux ; cette possibilité cachée dans l’intentionnalité et qui nous vient de l’autre conscience, qui devient notre propre position (et qui nous perd, nous abîme, nous disperse lorsqu’elle nous manque). 

Et de celles des œuvres qui sont connues (et reconnues) il y en a peu qui n'introduisent pas en même temps à l’historicité (cad à la nouveauté) de leur démarche, de leur manière de marcher. évidemment nul besoin d’être connu (ou reconnu) pour avancer ; puisqu’un arc de conscience est à la fois la cause et l’effet ; son être dépend de ce qu’il a. contrairement à ce qui se dit, bien vaguement, habituellement ; ce que l’on sait bien depuis Sartre ; on est ce que l’on fait. il n’est pas une identité plantée on ne sait où. c’est ici même, ici et maintenant qu’il faut avancer ; mort on n’avancera plus. 

Sauf si il est un devenir absolu hyperactif qui nous appelle, allez savoir ; comme on a dit, si le réel est le mouvement, cela veut dire qu’il est le possible ; or donc si le possible est l’essence, la structure même du réel, le possible continue ; ou ce qui revient au même, si tout, un jour s’efface, et disparaît, il n’existera aucune mémoire de quoi que ce soit ; autant dire que rien n’aurait jamais existé quasiment, puisque plus rien ne s’en souvient et qu’il n’en est plus aucun devenir possible ; ce qui contredit absolument l'hypothèse première ; qu’il y a une réalité, quelque chose, puisque le Possible est la règle absolue de tout, de tout le reste ; il n’existe aucune notion préalable au “Possible”. 

De même qu’il est inutile et absurde de penser (en réalité d’imaginer) qu’il existerait une réalité des réalités, un préalable, une réalité supérieure et comme en résumé de toutes les autres ; si il est une unité elle n’est pas de l’ordre des réalités, elle n’est pas “de la réalité”. Imaginé puisqu’il n’est pas de concept déterminé qui correspondrait à la réalité des réalités ; la réalité des réalités c’est le réel, qui est indéterminé. 

Et dont la nature, l’essence est précisément ce qui est interrogé. on a vu que l’on a identifié le réel ; le présent en tant que pure activité, tissage des rapports (à voir si il existe un grand rapport de tous les rapports, auquel cas on ne cachera pas que la plus grande et manifeste expression de ce rapport absolu est un sujet, puisqu’un sujet existe à la fois en avant et par devers lui-même ; en quoi on commencera d’approcher que chacun, ici même, sans qu’il le sache ou le sachant, allez savoir, est déjà qui il fut, est, sera). 

Or donc si l’unité de toutes les consciences, déterminées, est cet arc et non telle ou telle identité, et ne tenant en aucune connaissance, mais en une signifiance ; celle qui se désigne et qui ne le peut que s’explicitant (constamment, cad se rendant possible) ; alors c’est bel et bien la trace de ce signe, et le tissage de cette signifiance, qui courre tout au long. or ce tissage, aussi complexe soit-il, revient à une seule trace ; en quoi consiste la confiance ou la foi ou la générosité ou le courage ou la volonté ou ce que l’on voudra du même ordre. 

Ce par quoi cet arc de conscience, purement formel, se signifie et se signe lui-même. Perdre la foi (christianisme), la confiance (ou le respect, Kant), courage ou générosité (Descartes), son désir (Lacan) ou sa capacité de faire (Sartre) ou en somme perdre son intentionnalité (en quoi consiste la dépression, entre autres, comme à l’orée celle du roi Arthur) et l’intentionnalité et donc la signifiance de l’arc, alors tout s’effondre, s’effondrera à plus ou moins long terme, puisque ça grignotera, ça affaiblira petit à petit, épuisera les ressorts de la réalisation ; puisque ça n’est pas une décision (volontaire de la volonté consciente bien extérieure, qui ne peut que difficilement entrer dans l’intentionnalité, puisque le conscient est un effet de l’arc de conscience) mais un affaiblissement interne à l’intentionnalité (de l’intentionnalité, jusque et à partir de la perception même ; c’est pour cela que la perception sériée des mass et puis micro médias (de la tv à internet) affaiblit la réalité ; la perception de la réalité est enregistrée dans la boîte ; affaiblissement de tout l’être, à savoir de l’exister même, qui fut nommé “nihilisme” (et dont la version réaliste commune qui s’impose au niveau du seul moi est la dépression).  

Il convient donc de ramener la possibilité au rapport lui-même ; foi (qui est aussi ce que Badiou nomme fidélité, évidemment, fidélité à l’universel, à la révolution, et, pour lui, au “communisme” ou à l’engagement sartrien somme toute, et originellement fidélité à la dame, courtoise, aimée ou parfois plus encore fidélité à l’amour même, puisqu’ils sentaient bien, les chevaliers, cad les poètes, qu’aimer permettaient de signifier, de poétiser), générosité, confiance ou liberté impliquent portent vers les plus réels et les plus précis possibles possibles (et non une quelconque restriction de l’intentionnalité, ni même, remarquons le bien, vers une intentionalisation imaginaire au sens fantasmatique, au sens de “tout est possible” du libéralisme ; soit l’inverse de ce que veut dire “le possible est le possible” ; cela même qui tient au vu de la durée, du temps, du réel, de l’autre conscience, de l’universel ; ou donc de l’unité, structurelle, du je, du sujet. Il faut tenir que l’universel (grec), autrui (chrétien), sujet (cartésien) et réel (révolution) formulent le possible même ; en ceci qu’ils introduisent au rapport, mais qu’ils poursuivent et rendent s’approfondir tous les raports accessibles. (soi-même ou autrui, comme on a vu dans le roman et la poésie du moyen-âge, l’invention de l’amour courtois, du royaume réalisé ou non, etc). 

Ce dont nous sommes entretenus, tenus, pris, saisis, instruits, informés c’est donc la confiance, la foi en cette structure très-étrange du rapport en tant que le rapport désigne toujours hors de soi et beaucoup plus, sauf que ce “baucoup plus” n’est pas de l’ordre de la richesse ou du monde, mais d’une mystérieuse invincibilité.  

Au sens où tout ce que nous sommes (de pensé, de représenté, d’imaginé, de désiré, de perçu) vient et naît de ce rapport. Il tient en lui-même le possible-même ; il est ce que nous connaissons, ce que nous expérimentons du possible. En ce que, donc, le réel est plus grand que lui-même. Hors de quoi, le réel se dégrade en réalités de plus en plus exiguës. Notre être, notre réel étant un rapport doit s'articuler, en et par sa propre activité ; étant un rapport il ne peut pas exister extérieurement et être-voulu ou décidé du dehors. c’est alors en cette intériorité qu’il commence de s’envisager. Au sens propre et figuré. Et au sens de la défiguration, lorsque l’intentionnalisation a préféré ses effets à ses causes, oubliant les unes en ne lorgnant que sur les autres, les immédiatetés acquises, débarrassée, croit-elle, cette intentionnalité hâtive, de sa lourdeur ; mais sans la lourdeur on se défait. 

C’est bien pour cela que la construction de notre civilisation est extrêmement précise, puisqu’il faut élaborer les rapports les plus fins et les plus délicats et les plus précis, et ce jusqu’au moi tel quel, donné pour chacun, et détricoter tout le réel ainsi élevé, c’est décomposer l’intentionnalité même, c’est perdre son visage (ou le visage d’autrui, etc). de même si nous sommes parvenus à la délicatesse d’une telle individualité, d’une individualisation des existences, il faut bien prendre garde à la fragilité de cette élévation, qui est une construction (bien qu’elle nous semble tout à fait immédiate et naturelle, elle ne tient que de l’intentionnalisation même, de la finalité que chacun, mais également de la finalité que tous se donnent, s'octroient, se distribuent, se prévoient).  

On comprendra bien que si le rapport est inscrit ici ou là dans le monde, la vie vécue, le corps, telle société humaine, alors il se perd. soit le formel, cad le rapport, est tenu comme tel (comme ne correspondant à rien dans le monde et la vie puisqu’il est la cause du monde et de la vie, qui sont ses effets, au lieu qu’il est, lui, le rapport, la forme antérieure, celle du possible, en tant que cause et qui désire augmenter constamment la cause, et donc par là transformer les effets, redéfinir, re-créer le monde, re-vouloir cette existence ; on ne définit pas seulement le monde, ou sa propre vie, on définit le possible possible, ce par quoi et comment il nous est accessible de re-vouloir, re-désirer, percevoir à nouveau, et que faut-il penser de soi, de l’existence, du réel pour encore porter intention neuve et élevée).

Dit autrement il n’y a pas trente six manière de désigner la signifiance du rapport, afin qu’il demeure à la fois le possible brut et absolument formel (sinon il tombe dans le monde, est défini par telle ou telle déterminité). Ce qu’est l'invention ou la création ou la révélation des signifiants dieu, l’être, le sujet et le réel. On ne peut rien leur substituer. Ce qui est survenu n’est pas advenu au hasard. De même l’exister ne peut pas être dérivé et pareillement “conscience” se réfère à “conscience” et rien d’autre. 

Il apparait donc que la vaillance, la volonté, l’intention (de tenir et maintenir l’articulation, la signifiance, la capacité des capacités) appartient à un règne, un royaume, une dimension tout à fait étrange ; qu’est-ce qui pousse le poète ? pourquoi Rimbaud renie-t-il toute son exploration ? Pourquoi les révolutionnaires perdent leur vision ? Pourquoi ne peut-on pas “croire” sans la grâce, selon le christianisme ? Pourquoi reste-t-il fidèle, le chevalier à sa dame ? Où existe la tournure d’esprit qui continue son avancée ? 

La réponse serait simple ; parce que sinon il n’avance plus, et est happé alors par le temps. Mais pourquoi “avancer” ? Avancer dans l’interne du rapport, lequel est originel, antérieur et finalité de tout ; puisque le rapport assure précisément le possible, lequel possible est “le réel” lui-même (ce qui est possible est réel). 

et la vérité est que l’on n’a pas le choix (sauf de mourir, ou de se suicider en tant qu’espèce, de se sacrifer sur l’autel du fantasme du désir et de ses objets chéris). Pas le choix puisque la substance même de la réalité n’est pas une substance mais un mouvement. La lumière est venue au monde et le monde ne l’a pas connu. 

“Cette lumière était la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme. Elle était dans le monde, et le monde a été fait par elle, et le monde ne l'a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l'ont point reçue.”

Où l’on perçoit bien fondamentalement que l’on se perd dans les conséquences, les effets, les données du monde ou de la vie, alors même que la lumière a fait, originellement, le monde.

 

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Les français et Dieu

6 Janvier 2024, 11:05am

Publié par pascal doyelle

 

La France adopte, intègre, transforme, déploie encore bien plus loin que lui-même, le christianisme. La France réalise, rend réel le christianisme, et ce au point, parfois, de le renier, cela fait partie du jeu, et d’imposer sa propre logique de nation inventive, créatrice. En bref, la France crée. Elle est de l’ordre de la Création, de l’inattendu, de l’inouï, le non-entendu, jamais, nulle part. 

On a vu que le Moyen Âge récupère le christianisme ; en usant du celtique, le roi légendaire ou le roi messianique ou le roi mystique, mais également de sa propre proto-expérience de société féodale, tout autant que de son origine gallo-romaine, de son ambition carolingienne, et enfin fondamentalement du rapport entre homme et femme, ce qui veut dire de la relation humaine généralisée et infinie, et au final usant de la littérature comme circoncision de la jouissance (naturelle et donc trop limitée, immédiate en somme,  mais aussi délirante, puisque le désir est porté à l’excès, bien au-delà de l’exaltation et qu’il s’agit de s’y affronter, serions-nous Lancelot) ; circoncision et donc démultiplication ; le signifiant absolu n’est plus là (le christ, le graal, l’aimé(e)) et donc ouvre la possibilité de tous les signifiants ; richesse infinie du signifiant ; l’invention de la littérature ; et donc de l’amour et du signifiant qui parcourt toute la société humaine, peu ou prou, mais devenue institution on dirait même constitution d’une société humaine, qui consiste, ainsi, à penser à/vers/comme/ par autrui ; de sorte que la liberté de chacun sera décuplée par l’égalité de tous les chacuns. Chacun, dès lors, aura quelque chose à dire”. Chacun deviendra un moi, un je, un sujet. Un rapport à soi-même, lequel échappe au Grand Rapport absolu qu’est dieu. 

Mais rappelons que dieu, justement, ne veut pas l’obéissance… dieu ça n’est pas telle ou telle église, ni même, depuis son déploiement hors du judaïsme, tel ou tel groupe humain, mais que chacun devienne en tant qu’exprimant toute la puissance, toute la vitalité, toute l'articulation et que chacun Existe en tant que rapport ; que l’on soit un sujet veut dire que l’on existe le rapport que l’on est. Le rapport fondamental s’imposant évidemment comme le corps du christ  (ou si l’on veut la mort de chacun, le point-autre hors du monde et au Bout de la vie de chacun, le regard qui rend possible les regards individualisants, le signifiant au-delà de tous les signifiants (le Verbe donc), l’absent toujours présent qui se partage et se propage, de sujet en sujet). et qui ne reste pas lettre morte mais parole, parler de chacun ; cela même que chacun récupérera dans la suite des 20 siècles qui suivront, évidemment petit à petit et au fur et à mesure, puisque ce partage du signifiant il faut que tout un chacun l’intègre en tant que corps, en tant que vie, ce qui veut dire existence plus grande que la vie naturelle donnée là, en tant que médiation de toutes les médiations. 

Amenons le tout de suite ; dieu veut que chacun et tous (les deux ouvertures) deviennent créateurs de l’ordre réellement effectif ; ce que, donc, les français, et depuis les français, on a nommé révolution. Liberté organisée par l’égalité (et vice versa, au lieu de seulement lâcher la bride à la liberté, telle l’anglo-saxonne). L’égalité préparée en chacun par … la littérature. si l’on se demande ce qu’apporte et comment s’introduit égalité” dans “liberté”, il faut saisir que dans l’énoncé, dans l’énonciation, dans la représentation, “autrui” est compte tenu. Autrui est compte tenu dans l’intention que soi-même on a, et donc la représentation ou l’intention s’élève d’un étage. au lieu que le héros anglo-saxon continuera (sempiternellement) de réclamer ou proposer sa seule liberté (dans laquelle intention libertarienne, pour ainsi dire, autrui est une variable, et non pas constitutif ou alors comme vague horizon).

Ou si l’on préfère, l’institution “égalité” permet d’entrer dans le Temps, tandis que la liberté seule est spatiale, et comme tel imposera des empires, liberté repoussant les limites, indéfiniment (anglais ou américain, de même que l’égalité seule ne supporte que l’étal impérialisme communiste). solitude donc des je, ce qui se perçoit également dans les cinémas respectifs. ou dans le rapport plutot extatique au sexe, alors que précisément la fin’amor nous indique autrui, et ainsi la relation même (à soi ou aux autres et non pas seulement le solipsisme du désir, parce que sinon, sans autrui, le désir pousse vers la considération sempiternelle de soi comme autre que soi, ce qu’est l’adolescence). pareillement le face à face des libertés n'aboutissant qu’à une rivalité sans fin, sans médiation (sauf la mort de l’antagoniste ; la liberté livrée seule c’est l’enfer, le christique étant venu déplier cette liberté vers, par et pour autrui). 

Et enfin ils se perdent dans le péché, une sorte d’obsession, puisque leur liberté (sans égalité, cad sans cette logique de l’autre conscience, cette littérature, cette mise en forme du signifiant, ou donc de la mesure de la jouissance ; la liberté seule se perd dans la jouissance hallucinatoire et ne cesse de chercher ce “moi”, ravageant la réalité, le corps, la sexuation ou la sexualité, bref ravageant tout, puisque la jouissance est l’hallucination produite par un corps, désirant, investi de l’arc de conscience, soit donc d’une conscience qui se prend pour une jouissance), leur liberté donc n’a comme limite que la loi, extérieure (et non pas l’égalité ou la littérature) ; la Loi, tout à fait ce que précisément le christ est venu dépasser ; ils reçoivent du christique la moindre moitié du message, de la mise en forme formelle, si l’on peut dire. Ils ne voient pas que l’intention est inter-venue afin de dépasser la Loi (vous ne serez plus jugés selon la Loi, et donc toujours coupables et dans le péché (et le péché est effectivement annulé par le christique, contrairement à tout ce que l’on entend ici et là ; les gens feraient mieux de lire le catéchisme), mais selon votre intention, et donc toujours pardonnés, à condition que, à condition que vous compreniez précisément). 

revenons aux européens (puisque le courtois et le graal essaiment dans toute l’europe). Que cette soudaine indépendance, à part de dieu, s’exprime à propos du désir, ne désigne pas tant le sexe, ou le plaisir, mais bien plutôt que si l’on aime tel autre conscience, alors c’est qu’il se passe quelque réel (et donc infini) ici et maintenant. ça n’attend plus 

Aussi il n’est pas de centre (et le roi devait, se devait aux sujets, ou la quête mystique pour les dernières interprétations du Graal, qui fut au fur et à mesure christianisé) ; Rousseau et Voltaire et Montesquieu ne paraissent pas pour rien, sans raison, sans une créativité historique généralisée. de même que l’amour courtois (ou ensuite les diverses versions du libertin, intellectuel ou débauché) tend à dénicher, dans la réalité, le monde, la vie vécue, autrui, une réalisation de l’esprit du christianisme ; et ce bien au-delà de l’Église, dont on sait bien qu’elle ne fut pas toujours bienvenue en France. 

On a dit que la métaphysique cesse avec et par Descartes (non exclusivement en lui-même, mais en tant, à tout le moins, que repère, marque, trace qui réoriente et qui, ayant exprimé, ne peut plus être évité, contourné, oublié). 

Le passage de la métaphysique à l’ontologie veut dire ; ça n’est pas, l’être, seulement en dieu, mais ici même. la preuve ; je pense donc je suis. ce qui remet intégralement tout en question et obligera à repenser intégralement toute la pensée ; Kant, Hegel, Husserl (Nietzsche Heidegger), Sartre, Lacan. 

A partir de Descartes on ne se satisfait pas de seulement penser ; on réfléchit ; on se retourne sur cet être-ci, que l’on est amené à caractériser. 

Nietzsche ou Heidegger chercheront même à situer le donné là tel qu’il supporte, porte un tel être, cet être qui se retourne sur, qui réfléchit. de même sartre qui signifiera le donné là en tant que réalité obtuse, en soi, close, fermée ; et poisseuse, puisque collée, accolée au corps, étant entendu que, contrairement à Husserl, Sartre articule la conscience à un corps, et non aux idées, matérialiste et non pas idéaliste.

Raison pour laquelle le flambeau passera à Lacan qui analyse, au propre et au figuré, la conscience “en un moi” ; le moi si délicat qui souffre de partout et ne comprend pas pourquoi, recherchant dans ses “désirs”, comme si un être ou une part d’être devrait à toute force correspondre à une part de réalité ou le moi-même à autrui, ou l’idéal de quelconque fusion, qui engage et n’engage à rien d’autre qu’à la confusion. L’amour courtois sait déjà, au 13éme siècle, ‘qu’il n’y a pas de rapport’, et que ça n’était pas une raison pour cesser de signifier : 

naissance, donc, de la littérature, telle que l’occident en est saisi. Et ce sur les ruines du “désir”, qui précisément est bien plus grand et donc d’une autre nature que la nature ; le désir est l’intentionnalité, l’intentionnalisation, la structure antérieure et cause des signifiants (cad de tous les champs intentionnels, dans tous les domaines, de la perception aux idées, de ce corps coupé en deux à dieu, lequel dieu ne ressoude pas, jamais le corps à son désir, mais produit toujours encore plus de distance, afin que l’on ait à signifier à nouveau l’écart de la distance avec encore toujours plus de capacité, de possibilités, de signifiants, de rapports ; on y reviendra parce que c’est essentiel). 

Attirer le christianisme dans le monde donné et la vie vécue et ainsi la relation humaine. Et au cœur de la relation humaine. 

Et alors, de fait, inventer, créer l’amour-désir-infini-signifiant, engageant à la fois soi et autrui (et ce absolument, pleinement, exposés, explorés). L’infini ici même, gageure totale, suprême et qui est vaillamment affrontée. 

Et puisque par un bout, au moins, on a pu échapper au christianisme (celui de l’Église), alors le signifiant est libre, la littérature existe. ou, libéré dans le monde et la vie, le moi, le sujet existe de signifier ; qu’il en soit parfois ou souvent la dupe, oui, évidemment, ça ne change rien. 

Mais l’essentiel est que dès lors ici et maintenant dieu, le signifiant absolu et même l’intention antérieure au signifiant, se transmute ici même ; chacun se produisant sur la scène elle-même. En effet en même temps que se produit la scène (la littérature, poésie et roman) se produit la relation humaine (et donc soi-même) et surtout s’investit ici et maintenant un réel qui n’appartient pas à dieu, bien qu’il soit directement l’humanisation elle-même. 

Naissance de la littérature ; naissance du sujet, celui qui re-naît. Il ne renaît peut-être pas (au ciel, on n’en sait rien), mais il re-naît, naît à nouveau ici même ; à tout le moins (répétons, à tout le moins), le christique est la possibilité, la capacité de re-venir ; de venir à nouveau, neuf, sans le passé, pas accablé, pas condamné, pas défini du dehors (par un ordre quelconque, puisque seul le vrai Ordre, cad celui de la liberté, vaut). Le vrai ordre de la liberté, celui -là même qui sera créé par la révolution (il n’y en a eu qu’une, et des variantes) ; l’ordre des libertés (tenues pas l’égalité, ce qui veut dire tenu par sa propre considération d’autrui, ce qui échappe aux révolutions anglo-saxonnes ; seuls les sujets sont en mesure par et en eux-mêmes de juguler leur liberté en juste mesure, d'intégrer autrui non pas seulement comme une limite mais comme la possibilité de chacun ; autrui est la possibilité de chacun, étant entendu que chacun ne peut se-comprendre que si il se comprend… ce qui veut dire que si il intègre sa liberté dans un cycle plus grand que sa subjectivité ou son pouvoir (aussi bien son pouvoir anglo-saxon que son pouvoir nietzschéen, qui sont comme des libres champs de l'intentionnalité, comme si cette intentionnalité n’était pas absolument réflexion ; la liberté n’est pas le libre champ de soi, comme si ce soi était un donné naturel, une identité, une immédiateté, un être déjà désirant ; 

mais doit obéir, la liberté, à une construction ; Rimbaud ne produit pas sa poésie sans la penser, on n’élabore pas une Constitution à partir d’évidences simplettes (un peuple spécifique est requis, appelé, nommé, un peuple et toute sa littérature, pensée, créations) ; une philosophie n’existe pas en dehors de toutes les autres (dont elle se veut, à tort ou à raison, le point d’orgue et quoi que l’on en dise, par fausse humilité , sinon à quoi bon ?!? ). 

La difficulté est évidemment que cette construction doit admettre, en elle, des critères dont on n’a aucune idée ; sans cesse il faut revenir de dieu, de l’être ou de l’universel, du christique et d’autrui, du sujet et du je, du réel et de l’historicité (cad de la révolution ou de la justice, de la sainteté (le juste), de l’engouement de la liberté). ce qui revient, cette création de critères, à accomplir un double saut périlleux arrière sans filet. parce que l‘on ne peut pas déduire ces critères du monde donné là, de l’immédiateté et de telle ou telle réalité humaine acquise ; ils sont et ils seront “en plus”.Aussi se qualifient-ils si aisément en tant que “divins”. 

“ça vient d’en haut”, que l’on se dit ; ça ne peut pas venir du monde, ou de l’humain ; c’est bien trop grand. bien trop puissant et aux effets à chaque fois infinis ; les effets de dieu, de l’universel, du sujet ou du réel sont, littéralement, infinis. 

Si c’est infini c’est du divin, de l’être ou du transcendantal (qui est hors du monde, rappelons-le). La forme de toutes les réalités est distincte de toutes ces réalités. c’est dans la logique, la structure de la forme (de toutes les réalités) que nous naviguons, que nous explorons et ce depuis le début de toute civilisation, et singulièrement depuis dieu, l’universel et la pensée, le sujet et le réel.

C’est ainsi qu’une nation, qui devint un peuple (et non l’inverse, qui s’est donc inventé d’en haut et non pas composée d’en bas) qu’une nation traverse le temps, devient le temps, lors même que toutes les autres rêvent de spatialisation, d’extension indéfinie, de jouissance massive et révélatrice et non pas de mesure et de distinction jusque dans l’intime.

Il fallait donc que la jouissance (le désir halluciné, et halluciné parce qu’investi de conscience, qui ajoute sa puissance) soit affrontée (autrui, l’aimé, le ou la désirée, soi-même puisque c’est en soi-même que la jouissance innommable surgit) et mesurée, lorsque l’égalité d’autrui est envisagée (place des femmes en l’occurrence, qui n’est absolument négligeable ni négligée au moyen-âge) ; la littérature est le sens, du découpage, du désir halluciné, qui se délivre (de son obsession, fascination, absolu adolescent pour ainsi dire). à la fois autrui et la littérature sauve tout un chacun, puisque sinon tôt ou tard, en quelque objet que ce soit, la jouissance hallucinatoire continuerait de s’incarner et de grignoter ou d’absorber (dans la passion délirante ou la jalousie qui imagine la jouissance d’autrui sans moi) d’absorber donc la conscience et le soi-même et autrui, et toute découpe de la réalité ; or sans découpage, la réalité est fantasmée, s’abolit (comme le sait Mallarmé du bibelot).

 

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L’amour courtois

23 Décembre 2023, 10:37am

Publié par pascal doyelle

 

La fin’amor. Le roi Arthur. Le Graal.

Il ne s’agit pas d’abandonner l’universel, la pensée, mais de la plier vers et par le réel, par l’expérience du réel tel qu’en direct il surgit. 

Or ce réel a pu naître sous nos yeux, au moyen-âge. sachant parfaitement que ce sera du Signe que se marqueront, s’écriront les poèmes et les romans. 

Et il surgit en direct depuis, au moins, Descartes, de plain pied. Descartes qui abandonne la-pensée (cad la métaphysique) et qui la remplace par l’ontologie ; puisque ça n’est plus en dieu ou dans les idées que “ça” existe, mais ici et maintenant et la preuve en est que le sujet existe. donc l'articulation, l'articulation qui est antérieure à la pensée, est ici et maintenant.

Et ce pli, de la pensée vers le réel, aboutit, théoriquement, à découvrir l’universel de ce réel même ; ce que l’on a approché comme le présent, qui est l’exister, le mouvement, le devenir, ou la véritable perfection qu’est la perfectibilité, et ce en raison du possible ; le possible rend le réel plus grand que lui-même et il y a une réalité afin que quelque “réel” naisse, en plus. 

Ou, meilleur moyen de comprendre, d’en saisir l’importance, si le sujet est articulation, c’est que le rapport est ici même. Pas (d’abord) en dieu ni (avant tout) dans le ciel de la pensée, mais ici même. Un rapport ne peut qu’exister ici même ; il n’a pas de double ou de seconde réalité. Kant éprouvera un mal de chien à tenter de stabiliser ; il dira que c’est ici-même mais dans le nouménal (la liberté par ex n'apparaît pas dans la phénoménalité). Et Hegel comprendra si bien que du rapport il s’agit, que tout ce qui reste de la-pensée, c’est l'articulation généralisée de toutes les expressions de cette articulation, de la négativité qu’est la “conscience”. Transformant tous les systèmes en phénoménologies. Phénoménologies de cette articulation qu’est la négativité. 

Et le glissement est incessant ; même lorsque Marx ou Freud ou nietzsche ou les sciences situeront la réalité dans le monde, l'inconscient ou l’énergie. Ce qui articulent l’humain est dès lors toujours situé au-dehors, dans les réalités “empiriques” ( qui paraissent justifiées comme naturelles ou réalistes mais qui sont évidemment des images ou idées, construites et abstraites et ne se donnent comme évidentes que par idéologies ou négations). 

C’est que dieu, les idées ou le christique ou le sujet sont rejetés hors de l’objectivation ; la réalité, donnée là, mesurable ou perçue ou affectivement ressentie, paraît plus réelle que le réel (dieu, la pensée, le sujet ou le réel donc). Dès lors et effectivement le rapport n'apparaît pas dans les contenus. Or il n’est pas de contenus sans le rapport même.  

Cependant il n’est de contenus ou d’objet construit expérimentalement ou scientifiquement ou idéologiquement, que de et à partir d’un sujet ; 

Soit donc à partir de Descartes qui lance théoriquement ce que galilée et autres initièrent ; le programme, le projet de la science, de la mathématisation, et du sujet transcendantal. La seule articulation que l’on connaisse est celle que l’on éprouve comme je. (Et il dit que ce rapport c’est dieu, l’image de dieu en tant que nous, le sceau de dieu lui-même, qu’il désigne comme “volonté” cad intention si l’on sort du classicisme de la raison consciente, alors que “intention” signifie vers la conscience intentionnelle, qui non seulement couvre un domaine bien plus vaste que la seule raison, mais en vérité est la source même de tout le reste, de toutes les intentionnalisations, et ce jusqu’à la perception, à la phénoménalité apparaissante). 

Depuis que le je reste seul au devant de tout, placé au Bord du monde, il finit par ne considérer comme effectivement réel que le donné tel que là, soit donc la détermination ; il s’oublie lui-même dans ces étants, ces contenus, ces réalités, ces vies vécues. Jusqu’à ce qu’il se heurte au “là” précisément, cad à l’existence brute de Sartre ; le “ça existe”. 

Par quoi il ne s’agit plus seulement de la structure du sujet (qu’il soit christique, cartésien, kantien, hégélienne, husserlienne, etc, sartrienne et lacanienne) mais du lieu en lequel paraît, surgit, se structure le dit sujet. Heidegger, par exemple, l’être-le-là, la clairière et l'articulation titanesque du temps ; articulation que l’on ne saisit pas bien ; puisque, en vérité, il s’agit non de l’être, ou l’estre, mais du présent.  

Évidemment il ne s'agit pas seulement du présent coincé entre le passé et le futur, mais de cela même qui déroule la totalité de l’être, des essences, et qui n’est pas, ce déroulement, lui-même une essence.

Or ceci implique de toute manière et quoi qu’on y fasse, la capacité de l'indétermination parvienne à sa propre compréhension ; ou donc, et bien que seules les déterminations sont telles que données là, ce qui existe est la forme de ces déterminations ; en tant que présent et en tant que conscience. Et ainsi loin de croire en la formule magique de “l'indéterminé”, on en est venu à préciser distinctement en quoi et par quoi l'indétermination se signifie dans le monde donné là et dans le vécu ; en tant que présent et conscience. 

Il s’agissait seulement donc de tirer toute la conséquence de la structure agissante et si elle agit c’est qu’elle est le possible-même. et le possible-même s’indique comme rapport, en ce que, précisément, le possible assure et assume la capacité de rapports. lorsque vous définissez dieu ceci ou cela, tel ou un tel, le jeu est déjà joué. De même lorsque vous vous définissez en une identité ; aussi fut-il implacablement nécessaire que dieu, l’être, le sujet et le réel soient formels. de sorte qu’ils entraient dans la représentation et renvoyaient la réalité, la réalisation, l'humanisation ou l'individualisation à leurs possibilités mêmes ; ce qui fut fait.

La capacité de l’indétermination, ou le signifiant assoiffé 

De là que ces formes absolues (une forme est de fait absolue) créèrent les mondes, les mondes humains qui suivirent ; du monothéisme à la révolution ; 

De là que l’on ne peut pas voir, percevoir, toucher ou acquérir le caractère formel du réel ; il ne s’obtiendra pas en une subjectivité ou ne se déduira en ou d’aucune objectivité ; ni pensé, ni ressenti. Par contre il est, l'indéterminé, cette forme qui créera, en chacun et en tous, des affects spécifiques.  

Un des affects fondateurs, dans notre civilisation, est celui du fin’amor, de l’amour courtois ; du jamais vu nulle part en aucune civilisation. comment une relation intersubjective s’élève en et par son propre pouvoir, sa propre capacité, son déploiement de rapports à toute une société humaine et reprenant à la fois le merveilleux celtique et l’esprit chrétien en une transformation de l’épique et du lyrique en mystique, mais en mystique éprouvée ici et maintenant. Ce qui se résume par cette énigme ontologique : le graal.

Le graal, le signifiant invisible, ou ininterrogé, le signifiant sans signifié, et qui est “absenté” ; de même que le christ, il est là et il n’est pas là. normal qu’il naisse en france, puisque le français ne veut pas combler le vide, le centre ; le centre est partout ; il n’est pas absolutisé, puisque c’est ce qui circule. 

Soit donc la relation humaine, y compris relation humaine à soi-même. 

Mais ce dernier est la pointe ultime ; précède l'ensemble de tous les rapports humains tels que modifiés, transformés, devenus, ayant renouvelé le christique (puisque c’est ce à quoi tout aboutira mais bouleversé) ; devenir qui va se permettre, s'autoriser, rendre possible et accessible le véritable rapport humain ; sous l’auspice du fin’amor, de l’amour courtois, en tant que processus civilisationnel complet ; raison pour laquelle il a pu s’étendre de quelques romans à un idéal humain généralisé, puisqu’il s’agissait, de fait et absolument, d’une humanisation et d’une humanisation individualisante ; le lien entre soi et autrui, mais aussi entre soi et soi-même, et selon l’existence, l’étonnement ou l’effroi face à l’existence. 

La finalité est qu'étant donné que notre être n’est plus un être mais précisé comme un rapport ; que faut-il introduire pour que ce rapport se modifie (ce qui lui est désormais accessible de et par lui-même en tant que rapport) ? la réponse est ; le rapport lui-même. Le rapport est cela même qui doit être introduit en lui-même, afin que, signifié, il puisse se définir et redéfinir sans cesse et qu’étant un rapport il puisse réaliser lui-même, de par son activité, cette transformation, ce devenir, cette perfection (au sens de perfectibilité, ce qui est le summum ou en somme la perfection seule réelle ; qu’elle puisse devenir). or donc, puisque nous sommes rapport et rapport vers (tout ceci et tout cela, tout soi-même ou tout autrui). 

Aussi faut-il donc que ce rapport soit exposé et partagé à la vue de tous et de chacun ; et le face à face homme-femme servira de modèle et sa logique s’étendra à toute la cour, mais aussi bien au-delà (un nombre certain d’enfants seront prénommés Lancelot ou Gauvain, et il y eut quantité de rééditions des romans et poésies) ; puisqu’il s’agit de mettre en forme la relation humaine (entre amants, entre chevalier et seigneur, entre tout-un-chacun, entre vous et vous-même). C’est presqu’intégralement que le relationnel humain et individuel sera manifesté dès l’origine du roman et de la poésie, de ce que, depuis, on nomme roman et poésie. 

Se cumulant finalement en une version du messie, mais messianique, juif, et d’un royaume en ce monde, d’un roi Arthur emporté en Avalon, le roi qui-reviendra. Suivant la pente d’une réalisation du royaume. Qui échoue.  

Et jusque dans des formulations étranges ; “je ferais un poème de pur néant” (Guillaume IX) ; “je jouirai de la joie, dans un verger ou une chambre” (Arnaud Daniel); Perceval “devine” son propre nom ; le roi Arthur invente la dépression ; Lancelot l’extase idéale ; et tout cela (et bien plus) non pas dans la vue de dieu ou de l’au-delà, mais, de par le magie celtique et les contes, dans la mitoyenneté de la vie, du monde et du merveilleux. 

(un certain nombre d’enfants seront baptisés des prénoms des héros de roman)

Puisqu’en somme il s’agit d'inventer de créer une ouverture dans le monde donné et la vie vécue et la relation humaine (y compris à soi-même) une sorte de vie chrétienne sans christianisme. et ce via la littérature et donc la vie humaine, et en tant que le signifiant ne désigne pas le plaisir ou la satisfaction (puisque l’amant ou amante jouit de l’amour lui-même et non de sa résolution), mais la capacité de désigner sa propre existence (de soi et d’autrui).

De par la fin'amor, il ne s’agit plus de s’orienter vers dieu et l’au-delà, mais pas plus se succomber au désir et à la détermination naturelle, celle de la satisfaction ; aussi l’amour est-il précisément, même lorsqu’il est “insatisfait”, en lui-même l’amour est jouissance ; jouissance du jouir ; et donc (les poèmes le révèlent) jouir du signifiant. Or le fin mot du signifiant est de s'adresser à autrui (christique) et à soi-même. Autrui et soi-même, en tant que dans l’envisagement du tomber amoureux, chacun se retrouve sur le Bord, le Bord de tout ce qui est. Sorti de son moi, et exporté en une fois tout entier, tout entièrement hors du monde, de la vie vécue et dans un énigmatique renouvellement de tout l’être. Puisqu’alors sommes-nous abordés par l’exister (et non plus selon l’être). Exaltation ontologique et c’est bien pour cela que les poètes et les romans du moyen-âge imposent une nouvelle, autre civilisation. 

S’ouvre alors, se découvre, s’invente, se crée l'ensemble de tous les champs du signifiant, tel qu’il se créera en tous domaines (du littéraire à l'esthétique, de l’éthique à la politique, de l'esprit commun à tous à l'individualité, tout est déjà mis en place de ce que, simplement, il s'agira de retrouver dans le monde (chrétien et celtique ou merveilleux), dans la vie vécue (et éprouvée en ses affects, seraient-ils étranges, extraordinaires, exaltés, dépressifs) et en autrui comme en soi-même, de retrouver le même soucis, la même exigence ; celle de l'élévation. L’amour courtois crée la possibilité de l’élévation de la relation humaine.

Il s’invente et se crée un tel champ parce que celui-ci est la structure même, non aléatoire, parce qu’universel ; il existe une structure-conscience, laquelle est identique, absolument, partout et en chacun. Elle est identique ‘absolument’ puisque formelle (indépendamment de tous les contenus et de toutes les identités, et pourtant absolument, à chaque fois, individuelle, singulière ontologiquement). 

 

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De la compréhension du réel

9 Décembre 2023, 11:11am

Publié par pascal doyelle

« Rapport » signifie « possible », or non au sens de « tout est possible » (ce qui est la formule vaine du désir, de l’imagination, de l’hallucination) mais au sens de « le possible est ».

ce qui réclame une structure. Parce que ce qui dure, dans le temps (ou au début l’écoulement pour ainsi dire), ce qui dure est le mémorisé (les choses et les êtres sont des mémorisations, et de fait, par ailleurs, l’arc de conscience est une autre forme de mémorisation, absolument singulière) ; le mémorisé est l’organisé.

Ce que l’ancienne pensée, la métaphysique (avant Descartes qui sépare « la conscience » de «la  pensée ») nommait les essences ; lorsque l’on se focalisait sur l’analyse des réalités dans leur pensabilité, leurs déterminations susceptibles d’être amenées en l’universalisation ; Descartes pointe que justement cela qui pense n’est pas de la pensée (la « pensée » pour Descartes est l’ensemble des facultés, ensemble qu’il ne nomme pas et que Husserl désignera comme intentionnalité) ; on passe dès lors avec Kant et Hegel et Husserl et, sautons les étapes, Sartre à l’activité de conscience et de conscience en un corps (ce que signifie Lacan). Donc la forme de structure est antérieure à la pensée et la réflexivité est retour sur notre-être, une structure excessivement étrange. Mais le réel est étrange, intégralement, et se tient toujours à son maximum, à son excès, à son extrémité ; le présent. Le présent est la point absolue, formelle, et une et unique, qui déroule l’entièreté de ce qui fut, est, sera. Qu’il soit fonctionnel (et ne désignant rien de plus) ou dimensionnel (et signifiant le possible même comme structure absolue de tout, mais alors le possible est le réel même et sera in-finiment possible, emportant vers dieu ou une unité structurelle absolue ou un sujet, puisque seul un sujet existe à la fois au début et à la fin).

Comprendre le sens, la signification, la portée (absolue) de dieu, de la pensée, du christique et du sujet révolutionnaire.

Le sujet révolutionnaire ; celui qui devra, dans l’enthousiasme de sa propre Intention, réaliser ; ce qui veut dire réal-iser, rendre réel. Et rendre réel la sainteté (et donc dieu, le un tout-autre), ce qui signifie la justice, ou encore la fraternité. Israël est la nation de prêtres, nommément et telle qu’elle se voulut puisque dieu est la forme une et antérieure à tout, et donc formel.

Que l’on place la forme (de tous les contenus) sur la scène et en avant, implique que l’on va juger et décider et intentionnaliser selon cette forme (et non plus en des contenus déterminés ; de même que la raison, la pensée, grecque, outrepasse le langage commun et invente ses propres signifiants, et donc ses propres perceptions ; par les idées on voit autrement et plus que selon le commun.

Sujet révolutionnaire, et ce après que soient conclus l’égalité (le christique et autrui) et la liberté (Descartes et le je). On atteint, donc, la racine et rendue effectivement réelle la source.

Mettre en formulation, liberté-égalité-fraternité, c’est cela qu’est dieu, la pensée, le sujet et, enfin, le réel. Cad la réal-isation. Qu’ensuite nous n’en soyons pas dignes (ou plus ou moins indignes ou indignes) c’est une autre histoire.

La signification est dite absolue parce qu’elle est formelle ; ce qui existe vraiment c’est la forme ; en l’occurrence et autant que l’on s’en réfère à notre expérience ; le présent et la conscience ; ou l’arc de conscience dans l’arc du présent.

Étant entendu que la forme en question est décrite comme « rapport », et qui dit rapport implique activité ; le présent est l’activité, et donc l’actualité, qui déroule toute réalité et de même une « conscience » n’est pas un état ou une chose ou une essence, mais un mouvement. Fondamentalement, et dans son apparaître (l’apparaître est tout ce qui est, l’être est ; c’est l’ensemble de toutes les essences, de choses ou d’êtres, qui sont des mouvements mémorisés, et qui, par ailleurs, continuent d’exister en tant qu’activités ; un rapport ou une chose sans activité n’existent pas ; l’être est second, dans le mouvement de l’exister, c’est en la structure de cet exister que l’on introduit, depuis dieu, la pensée, le sujet ou le réel)

Fondamentalement donc, et dans son apparaître, le mouvement est le signifiant (de tout langage), qui tisse les liens entre perceptions, ou entre signes. Pareillement le nombre, le 1, est un rapport ; le rapport à soi de n’importe quelle unité;et sur le 1, tout le reste est fondé (addition, soustraction, etc) et peut être accolé à n’importe quelle réalité, découpée ou augmentée, etc. Toute modification dans ce rapport du nombre devant être expliqué, cad déplié par un autre calcul qui argumentera des raisons de la dite différence.

En tant que rapport. Le rapport seul donne à saisir que cet être (dieu, soi ou autrui, ou donc le réel) tiennent d’eux-mêmes leur réel ; il n’existe aucun ordre par-dessus la réalité, la réalité se déploie de par et dans son activité, et en l’occurrence, chaque je, soi ou autrui, apparurent et se développèrent (via dieu, la pensée, le sujet ou le réel) en se transmettant non comme contenus (seraient-ils exceptionnels et électifs) mais en transmettant le mouvement, le rapport comme activité.

Rappelons que le signifiant est cela même qui coupe en deux le corps vivant (qui n’y comprend rien et est pris d’une panique, d’une terreur incoercible, non maîtrisable) ; sinon l’individu en reste à la jouissance, cad à l’hallucinatoire jouissance (qui n’a jamais existé, qui n’existera jamais mais dont il est pris, au point d’entendre, de voir, etc, dans la réalité cette hallucination, si il est fou ; et que le signifiant des signifiants est dieu, le signifiant avant les signifiants, qui n’est donc pas un signifiant mais la position de conscience qui désigne, là, au-dehors, un réel (lequel est autre, autre que nous-même, et qui est perçu non parce que nous le percevons mais parce que nous nous percevons à partir de ce réel ; à quoi le fou ou l’hallucination ne peuvent accéder). Dieu ou l’universelle objectivité ou le sujet ou le réel sont autres.

On dira ; comment ça le sujet ? Mais parce qu’il (se) désigne… il dit je pense donc je suis et ainsi n’est ni la pensée ni l’être, mais le point mystérieux, étranger, tout à fait autre caché au cœur de tout et tellement existant qu’on ne le voit pas. De même le présent qui n’apprait nulle part mais est partout, en chaque point.

 

Dieu est ainsi l’intention formelle ; qu’elle soit formelle veut dire qu’elle est une, unique et universelle. Dieu est la volonté (vide), le signifiant antérieur au signifiant (le verbe, le christ) et donc dieu n’est pas un signifiant, on ignore ce que « il » est. Si elle n’était pas formelle, elle serait comparable à d’autres déterminations, toutes quelconques, et composable ou définissable selon le monde, selon des différences ou des distinctions mondaines, ce qui veut dire déterminé.

Pour comprendre que dieu soit l’intention en tant que formelle d’une part et qu’elle soit « intention » d’autre part, ça ne peut s’effectuer qu’en définissant ces deux principes via le « rapport ». Ce qui existe en tant que rapport est à la fois formel et intentionnel.

Étant l’intention originelle, ou donc le premier (et le seul) rapport (qui initie, crée tous les autres rapports), il délègue soudainement cette formalité à un-seul. Le un tout-autre lance dans le monde le un tout-seul. De fait son indétermination se transmet alors (et totalement) à un-seul ; le christ.

Ce qui veut en-un-corps. Un corps vivant. Pour le dieu un, unique et universel qui se proclamait « vie », « le vivant », il devient soudainement un-corps-vivant (personne ne s’y attendait, le serviteur souffrant était Israël lui-même ou bien les prophètes mais non pas « dieu en personne »).

et effectivement une « conscience » n’existe que dans et par un corps vivant individuel.

Ce faisant chacun, chaque corps (et donc toute la création) est « sauvée », ce qui veut dire élevée, élevée à sa destination seule réelle ; soit donc, si l’on a suivi, au mieux et au plus des rapports possibles.

La re-Création par le christique, est le renouvellement incessant des rapports ; au lieu de seulement subir la Loi (qui condamne et nous enferre dans la culpabilité) nous sommes pardonnés pourvu que notre Intention renaisse continuellement, et sincèrement autant qu’il se peut, et ce afin que la condamnation cesse de nous clouer en une identité ‘mauvais’, qui se dévore elle-même et se hait (et déteste tout ce qui est et autrui) ; le renouvellement de notre intention c’est la capacité de réinitier de nouveaux rapports ; tout comme la révolution rend possible (constitutionnellement pour ainsi dire) une ressemblance entre tous et chacun relancée et prédisposante. C’est la pré-disposition, celle qui se situe avant toute intention déterminée et qui vient orienter l’esprit, cad la conscience ; la conscience avant la conscience (plus moi que moi-même, disait St Augustin).

Et ce renouvellement (qu’introduit le christique dans le monde), le renouvellement de l’intention (par le pardon) se continue dans et par le saint esprit, ou si l’on préfère la communauté, la nouvelle communauté qui ne s’enracine pas en tel ou tel monde ou représentation humaine, mais dans la volonté retrouvée par tous et par chacun.

Le saint esprit est la communauté mais de second degré (et non plus immédiate, maya pour le maya, égyptienne pour l’égyptien ; ici il suffit d’être l’individu que l’on est, celui-là même qui est crucifié, nu, sans rien, sans monde, sans mise en forme culturelle déterminée, hors de tout groupe, catégorie, ou caste, cad dépassé et recréé dans le regard du un-tout-seul, celui qui meurt seul, trahi, abandonné, torturé et mis à mort ; le regard christique vous tient hors de tout (puisqu’il est lui-même bien avant tout ce qui est, étant « celui par qui tout fut fait selon l’intention du Père) et donc aussi hors de vous-même ; quelque « vous-même », identité, que ce soit n’est rien (appartenant à l’être) face à la structure (divine et hors du monde), la structure de conscience qui vous intentionnalise.

La finalité de toute cette immense (et absolument unique) entreprise est de renouveler la totalité des rapports en ce monde, en cette (nouvelle) historicité (nous comptons les siècles à partir de ce point-là), des rapports entre individualités et des rapports avec-soi-même ; tous médiés dans le rapport unique.

Restera donc d’introduire le dit rapport, distancié, qui ne colle plus à telle ou telle détermination du monde ou des mondes humains ou de notre identité, d’introduire ce rapport en et par chaque je ; le je suis cartésien. Il sert à ceci, très précisément et très exactement.

(avant d’être redistribué à nouveau en chacun bien effectivement et bien historiquement par la révolution)

Non pas au plus des rapports déterminés et en quantité, la pseudo rutilance du monde ; qui peut être fort agréable mais qui se répète ; alors que précisément la technologie du rapport, la possibilité dans le rapport consiste en l’élévation ; non pas par exemple considérer autrui comme homme ou femme selon la sexuation, mais en tant que je ; laquelle apparente abstraction est en vérité une plus grande et élevée richesse, puisqu’en tant que je(s) ils ou elles rendent accessibles quantité de (nouveaux) rapports, qui seront basés non sur une détermination (la sexuation respective) mais selon « de quoi un je, quel qu’il soit, est capable » et « jusqu’où » ?

Chacun est absolument, puisque formellement, individualisé et c’est ainsi que chacun est élu, libre et égal tout autre. Ce qui peut se comprendre instantanément mais qui ne peut être déplié que si l’on introduit le concept de « rapport » ; puisque si chacun est un rapport c’est avec-soi ; et avec-soi en tant que non un-tel ou un-tel, Pierre ou Catherine, mais en tant que je, en tant que signe-vers-soi.

De fait le christique initie autrui, autrui en tant que rapport ; on ne peut pas en imposer à autrui, puisque autrui est un rapport qui a, avant tout et singulièrement, rapport à lui-même et qu’il est bien sur absurde, imbécile ou méchant de s’interposer. Donc le rapport ‘dieu’ se démocratise si l’on veut, et sort de tout peuple spécifique, puisqu’il s’agit, dès lors, de chaque corps, chaque individu.

À quoi s’ajoutera l’europe qui entend très bien le christique et son souci d’autrui, en tant que rapport (qui ne doit pas être brisé, et à partir duquel ce je peut exister) et qui découvre, pour sa part, que outre autrui (par quoi se lance l’individualisation généralisée) chaque « je » existe. S’ajoute donc et cet ajout est fondamental (aussi fondamental que tout ce qui l’a précédé), s’ajoute la considération que le je a de lui-même ; sa considération, au sens de respect (de soi) mais tout autant sinon plus en tant qu’il se considère dans son propre champ de conscience ; la conscience insiste sur l’activité de conscience (qui se dénomme pluriellement), ainsi affecté le je s’augmente et s’intensifie de signes, toujours nouveaux, qui marquent sa perception, imagination, désir et affect, intellect et sens de l’historicité ; dieu, la pensée, universelle, le sujet, christique et cartésien, le réel ; le réel de la réalisation humaine humaniste et personnaliste, et du réel comme avènement, historicité, révolutionnaire, français, d’État et de droit, de constitution et de citoyenneté, qui instancie dans la réalité humaine tout ce qui était en préparation précédemment, de dieu à la littérature, de la relation à autrui (présent en nous par la poésie, le roman) à la relation à soi, qui n’est pas du tout évidente et doit être élaborée ; bref tout cette confluence d’un universel plus grand que la seule « pensée », qui fut élevée comme idéale parce que objectivement désignable, étale, là-au-devant, alors que l’universel, seul réel, est le sujet, cad la conscience, la conscience de soi (perçue du christ), la conscience du je (perçu, et signifiée, par le je lui-même, évidemment ; un je ne peut pas exister si il est perçu par un autre … donc il se dit, s’énonce, se désigne de et par lui-même ; Descartes).

L’impossibilité de l’énonciation (le rapport, qui n’apparaît jamais comme tel) peut cependant être signifié ; puisqu’il fait sens pour et par un sujet ; c’est donc le sujet qui se transmet, religion ou philosophie, historicité ou politique, esthétique ou poétique (puisque l’on y perçoit et que l’on décrypte par une individualisation), relation ou conscience de soi individuelle,

cette impossibilité, qui désigne le rapport lui-même à ses propres yeux, afin qu’il se prédispose à, constitue tout l’enjeu ; dieu, la pensée (cad le, les réseaux intentionnels qui doivent être pensés, par quelqu’un évidemment, et quelqu’un qui existe au devant du monde donné là et non pas dans le creux d’un peuple, d’une acculturation particulière, d’un monde communautaire), le sujet, via autrui, christique, et par rapport à (soi), cartésien et tous les suivants, puisque cette marque devient l’installation même d’une unité, formelle, ici et maintenant (et non plus exclusivement au-delà et en dieu ; ce que de toute manière libérait dans le monde et le temps, le christ ; initiant l’autre re-Création et premier né, bien sur, de la nouvelle Création ; toute l’acculturation qui suivit donc et qui doit être nommée « acculturation », au sens de mise en forme culturelle, mais aussi au sens de « chaque fois on recommence depuis le début », à zéro, puisqu’à chaque fois l’initiative revient aux je, à chaque je ; cette historicité, humanisation ou personnalisation, n’existent que par et pour les efforts, les volontés, les affects et en bref les Intentions de chacun, de chaque un.

Sinon, si ça n’est pas dans la forme étrange du je, de chaque un, ça n’a aucune raison d’exister.

La nation, Israël initialement (qui se crée par une « volonté » que personne ne comprend a priori ni en aucune culture préalable, aucun territoire évidemment, esclaves alors) ; la pensée et la raison et le savoir du monde, universel, donné là (et non plus égyptien ou maya) et que l’on peut transmettre de la pensée à la pensée, puisque revenant à la forme universelle en elle-même, par la raison précisément ; le sujet en son corps, christique ou en sa volonté, cartésienne, et l’inscription tellement incompréhensible d’une société humaine et révolutionnaire d’individualités qui s’impose comme forme universelle de toute société humaine ; ce qui eut lieu.

Tout ceci revient au développement de la structure, de conscience, celle antérieure à tous les contenus, et qui a accès soudainement à elle-même (en son intuition pure ; dieu, évidemment sans rien d’autre, aucune détermination),

au monde donné là (universel et analysable selon des idées, en tant qu’ intentionnalisations, puisque seuls les consciences, une par une, ont accès au monde donné là, en deçà des mondes représentatifs humains selon telle ou telle communauté),

à l’individualité (en tant que corps, christique, et vie vécue, et ensuite en tant que conscience de « soi », cartésienne)

et enfin en tant que dans l’historicité réalisant le monde, sciences et technologies et idéologies, la vie vécue, le moi-même (années soixante), réalisant toutes les intentionnalisations possibles (depuis 2 siècles).

(épuisant la réalité ; tout comme l’intentionnalité éreinte les mois eux-mêmes, désespérés, fous, névrosés, en dépression, obsédés : Sartre et Lacan ; puisque la structure n’est pas du monde, de la détermination, de la réalité, mais de la forme « réel » ; l’arc de conscience est une horreur qui splitte, coupe de haut en bas, sans reste (sinon l’inconscient) tout le corps vivant).

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L'articulation, la jonction

25 Novembre 2023, 10:20am

Publié par pascal doyelle

On rapporte ainsi l’infini, l’absolu, la perfection, et ce genre d’idée, à cette structure que nous sommes, en forme de rapport. Le rapport n’est nullement limité par la détermination, par ce qui est déterminé et les idées sus-dites sont des déterminations, ou si l’on veut des déterminations négatives. Ne sont que le fini, le relatif, le déterminé. Ainsi le moi seul est, dont on n’observe aucune part qui suréminente permettrait de définir ce que le moi est ; pour la raison que le moi n’est pas sinon dans le mouvement qu’est la conscience intentionnelle ; ou donc l’être est second, l’exister existe : le mouvement, l’arc de conscience dans l’arc du présent existent.

Et donc dieu, la pensée, le sujet ou le réel sont les absolus mouvements ; s’il est quantité de déterminations, par contre il n’est qu’un seul mouvement, puisque celui-ci est non-déterminé et ne peut donc pas être confronté, comparé, distingué de quelque autre sorte que ce soit ; en un mot le mouvement est incomparable.

Ce « rapport » c’est ce que René, Descartes, nommait « volonté », volonté infinie puisque non limitée (sinon il nous eut été difficile de nous adapter à la diversité des milieux naturels, soit dit en passant…). Et volonté sceau, marque de dieu en nous, en tant que « nous », en tant que « nous-même », plus nous-même que nous-même (à chaque fois au singulier, en tant que je, puisque formel).

René commençait de saisir que les « deux substances », corps et pensée, ne tenaient pas concrètement (il prévoyait une « troisième substance »). Le déverrouillage pensée-corps est évidemment impossible, aussi bien pour Descartes que Spinoza, puisqu’il faut sortir de cette dualité ou différenciation, bien qu'ils saisissaient tout à fait la problématique, et attendre Husserl et Freud ; à savoir que la phénoménologie et la psychanalyse, ou le champ intentionnel de conscience et le champ du vivant qui perçoit, ressent, etc, qui, dès lors qu’ils sont ciblés comme « champs », sont susceptibles de s’interpénétrer. Ou encore ; le champ des signifiants (l’intentionnel) absorbe ou reprend ou intègre, plus ou moins, le champ de perceptions de cet être vivant qui « pense », ce qui veut dire qui utilise des signes (pour découper dans la perception et recombiner, selon son intellect ou selon son imagination ou hallucination, qui lui fait croire à une « jouissance », qui n’existe pas, étant imaginaire, ou selon son désir, qui isole un objet-désirable, etc).

L’articulation est la jonction. Nous sommes, de fait et à la source, divisés, coupés, séparés, ou si l’on préfère distincts et capable d’une, a priori, infinité de distinctions.

Et il ne correspond à rien dans le monde. Il est son propre repérage, ayant ainsi à se signifier et élaborer cette significativité en propre ;

Le rapport est ainsi parfait, non-fini, et absolu (indéterminé et don formel) ; pour nous, dans la vie vécue ou la réalité, le rapport produit les contenus ou les choses et les êtres ; mais cette capacité (de signifier tous les contenus donnés, imaginables ou potentiels) doit se désigner elle-même dans son activité même ; le sacré du groupe humain, du communautaire ; le divin pour que fonctionne l’interruption et qu’elle intervienne comme telle dans cette activité (soit donc une communauté reconstituée, juive ou chrétienne ou musulmane, ou révolutionnaire et instituée historiquement par une constitution).

Lorsque l’on se confie à dieu, s’investit dans la vérité (comme principe et non comme tel ou tel système), se livre (corps et vie vécue » au christique, se rend étrange et autre à ses propres yeux dans la conscience de « soi » (cartésienne et suivants, les fameux automates qui présagent tout l’existentiel), est saisi par la réalisation (révolutionnaire, d’humanisation ou de personnalisation, de rapport à soi en sa liberté et de relation entre libertés), alors on installe le rapport dans ses possibilités ; « ses » possibilités puisque le « rapport » ne peut pas se traduire tel quel dans la réalité et offre donc quantité d’aperçus de sa capacité. Le rapport est de fait structurellement plus grand que quelque réalité que ce soit.

Ce qui ne l’empêche pas de tenir son unité (tels judaïsme, Grèce, France, années soixante : pour faire court).

Et non seulement nous avons découvert et nommé le rapport (ou il s’est nommé à entente, si l’on est croyant), mais de plus il fut possible de le développer, de le déployer, et de l’inventer, le créer ; étant entendu que si le réel est rapport, alors il nous revient de créer le réel effectivement actif et ce ontologiquement ; ontologiquement nous créons le réel (ce qui veut dire nous créons « ce qui se peut »).

Aussi le dieu, ontologique (unique, puisque formel, tout autre, puisque structurel, exclusif, puisque réalisant le rapport lequel n’est comparable à rien) se définit-il comme « celui qui sera, qui est en cours de devenir ».

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On a vu (et revu) que nous sommes un rapport. Ce qui peut sembler une facilité commune, mais en vérité très compliqué, puisqu’un rapport on ne sait jamais « où » il est. Ce qui est pensé,, représenté, aimé, signifié dans les quatre finalités, dieu, la pensée, le sujet et le réel, c’est ce rapport de telle sorte qu’il introduise à tout ce qui est possible,

et ce sans tomber dans telle ou telle détermination ; dieu, l’être, le sujet ou le réel ne signifient rien, ils sont formels, et s’offrant à notre conscience ils permettent à notre intentionnalité (et donc notre intention, notre intention d’exister) de se stabiliser dans l’élévation ; non pas plier l’intentionnalité vers le bas (cad la désignation des choses immédiates, qui évidemment s’affaissent dans le donné et ne dressent pas un horizon) mais installer l’intention dans la représentation et donc offrir, dans les quatre cas, l’horizon de la représentation (qui sinon appartient au groupe, au communautaire) aux individualités ; dieu s’adresse à chacun, la pensée est pensée (et donc par chacun), le sujet, christique ou cartésien, cad révolutionnaire, constitue chacun (comme unité antérieure au groupe), et le réel est perçu (esthétiquement, éthiquement ou politiquement ou originellement ontologiquement depuis Descartes, par et pour le sujet). On a vu que le « sujet » est la structure absolue de ‘l’universel, puisque le « sujet » est cela qui se réfère à lui-même (transcendant) dans l’ensemble de toutes les immanences (choses et réalités et projets et acculturations de toute sorte) sans être transformé par ces immanences, ces immédiatetés ; il est au contraire celui par lequel viennent, apparaissent les immédiatetés et qui épuise le monde, le donné ou le vécu ; le moi tend à épuiser sa propre vie par ex, l’humanisation à épuiser la terre, la pensée à épuiser tous les systèmes possibles ; ou plus généralement le signifiant rend possible tous les signifiants en nombre indéfini (raison pour laquelle le signifiant doit être organisé ; non pas « tout est possible » (imaginairement) mais « le possible est le possible », qui arc-bouté sur le réel (ou autrui ou le je ou l’unité intentionnelle formelle ou l’universel) peut s’auto organiser et ajouter à l’organisé encore de l’organisé qui rendra possible encore de l’organisation ; ainsi la révolution renvoie à « chacun », ajoute un possible au possible (chacun ayant à se transformer par lui-même, ou autrui, puisque seuls les sujets sont susceptibles de se transformer, seuls les sujets ont accès à la structure, à l’universel, au réel, au temps, au possible, et seuls ils touchent du doigt le rapport qui est absolument le possible même, dieu, le formel, le je, l’historicité ou la révolution ou enfin le réel ).

C’est donc dans le passage, d’un contenu à l’autre, d’une identité à l’autre, que l’on est introduit.

Dieu, la pensée (évidemment), le sujet (christique ou cartésien), le réel (la réalisation, du monde humain, humaniste universel, collective et ensuite individuelle, personnalisée, et le réel, ce sur quoi l’individu, livré, seul au monde, et tombant nez à nez face au réel donné « là ») introduisent au mouvement pur et brut.

Il n’y a aucun contenu adéquat à dieu, à la pensée, au sujet et au réel.

Leur finalité (telle quelle) est d’instruire chacun de la forme qu’ils, les quatre, communiquent, transmettent (on ne pense pas sans penser, on ne sait pas l’intention formelle si on ne ne sait pas l’intention formelle unique, et donc universelle, qu’est dieu, et tout le monde a « entendu parler » de dieu, on ne sait pas le je si l’on n’a pas dit soi-même « je » et toute conscience est conscience / de / soi, dans le « de » est porté l’essence même de la capacité de chacun ; ou si l’on veut la coupure, la distinction de soi et de soi ; ce par quoi chacun sait qu’il n’est pas le centre du monde, comme un enfant, mais sait qu’il se perçoit du dehors, à partir de l’horizon ; que celui-ci soit dieu, autrui christiquement, le je qui se signifie et donc n’est plus un « moi », qu’il y ait humanité universelle et révolution, ayant à stabiliser à la fois autrui, égalité, et soi-même, liberté ; chacun qui doit être tenu comme tel, un par un : il est clair que outre la transparence christique, qui établit autrui, beaucoup du travail qui suivit, au cours des siècles qui suivirent, fut d’instancier en et par chacun non seulement autrui mais que ce je soit un « je » justement ; ou enfin que chacun se conçoive à partir de l’historicité, celle qui l’institue, chacun, un par un, en tant que révolution de liberté et égalité, le « et » contient formellement la totalité du possible. Et du possible possible, puisque rendant à chacun et à tous que naisse de part la volonté (individuelle ou générale) ou si l’on préfère de par l’intention de tous et de chacun.

Que chacun se conçoive à partir de l’historicité, cad du temps.

Le temps est, bien sur, la grande affaire du je ; il ne sait pas comment s’y prendre puisqu’il ne peut pas, en gros, se connaître avant de se connaître, mais il ne s’agit pas de connaissance, exclusivement, mais de décision, et plus généralement (et absolument, formellement) d’intention.

Quelle est notre intention (d’exister) ?

Ce qui pose non tel ou tel objet de désir, mais la question de la logique dont on se soutiendra, de celle qui soutiendra nos efforts (quels qu’ils soient).

Face à l’échec, ou la réussite, de telle finalité vécue, ou vis-à-vis des moyens que l’on y emploiera ou de quelle doctrine ou pratique (ou religion ou idéologie ou science ou domaine spécifique, la poésie par ex) se tiendra-t-on, ou comment délimiter tel ou tel projet, et pourquoi même déterminer une capacité plutôt que de se laisser être comme ça vient ? (dont on sent bien que ce serait impossible… en quoi le devoir-être, le vouloir-exister sont inhérents à notre intentionnalité, qui est, comme il est dit, une tension). Qui signifient toujours une distance.

Non seulement gérer une tension (qui est l’attention,à quoi fait-on « attention »?comment conduire son existence? Ou que peut-on espérer ou attendre comme disait l’autre), comme si il s’agissait d’un état à ordonner, mais tout autant comment organiser et donc comment inventer, créer cette attention en ces (quantité de) diverses possibilités ?

On a dit déjà ; un « moi » n’est pas un état mais déjà une invention ; on n’est jamais soi-même comme si cela allait de soi. On a dû péniblement élaborer, et élaborer à même son propre corps, vivant, ce corps vivant, ce corps qui est vivant (et donc un en sa bio-physiologie et une grande partie du psychisme évidemment) et qui souffre de se scinder en observant-observé ; de ce que initialement nous sommes paranoïaques ; puisque rien de pire pour un vivant (qui risque fort d’être mangé) que d’être perçu du dehors. Il fallait donc, pour chacun, de dépasser cette douleur, et cette absurdité, que représente, s’impose pour un vivant qu’il soit « conscience ».

c’est pour cela que nous ne sommes pas « de la pensée » (ça n’a aucun sens) ; mais une structure intentionnelle qui contient déjà en elle-même la coupure (la castration par ex) et déjà autre-que-soi (de quoi, donc, il n’est pas de « soi » sinon comme un signifiant, vide, d’un regroupement de diversité et non pas une unité monolithique d’identité ; l’identité vraie, elle, est dans l’intention que l’on a de sa propre vie, de son ex-sistence ; de ce que l’on fait de ce que les autres, le monde, la vie ou nous-même ont fait de nous ; on doit faire-avec, comme Lacan disait que l’on ne guérit pas l’inconscient mais que l’on « fait avec », on compose, mieux, plus facilement ou moins malheureusement plutôt).

De ce que y compris nous-même (nous maltraitant ou négligeant ou illusionnant, etc) de ce que donc nous avons fait de nous-même ; qui doit être amender, corriger, repris, relancer, réinstallé, même à demi ou au dixième ou au centième, puisque l’on a vu que ça n’est pas ce qui se répète qui compte, le déjà là, le déjà acquis, le mémorisé, mais ce qui n’est pas là, ce qui dénote (ou donc ce qui est possible). Et ceci, ce principe de la nouvelle redistribution de « moi », de re-naissance en somme, s’impose d’autant que, on l’a dit, historiquement le je existe… le je est apparu à ses propres yeux (qui était ignoré dans les groupes humains, les communautés d’avant) ; il doit se prendre sous son attention, intention, attente, possibilité (et non pas se considérer comme donné là, comme une chose imbécile ou nauséeuse). Il doit prendre ses distances de lui-même, puisque le danger est que le moi se prenne pour « qui » il croit être ; cet être-là du moi est son danger, et qu’il ne soit pas seulement « cela qu’il est ».

Soit donc l’interruption (de tout ce qui est, de l’humain, du temps, etc), celle qui signifie cette fois chacun, chaque un ; à savoir le corps (individuel) nu en sa propre mort, le christique. Qui découpe absolument (puisque c’est le divin qui vient en personne et ce en un corps, un corps vivant) l’individualité hors de tout, et dans le seul regard d’un seul, du un tout-seul (qui se relie ensuite au un tout-autre, via le tous-ensemble un-par-un, le dit saint esprit, que l’on y croit ou non c’est prévu, on ne sait comment, de cette manière là).

Comme ce qui prédomine est structurel, chaque je se doit à cette renaissance ; il est amené au sujet, à l’individualité cette renaissance qui était auparavant l’apanage du divin (ou du sacré) ; chacun obtiendra de la sorte un point vide, cad une forme, qui lui permet d’annuler tout contenu de conscience ; lors même que ce serait tout à fait idéal et idéaliste, abstrait ou illusoire, il n’empêche que la possibilité demeure et que dés lors (et à chaque renouvellement) elle puisse intervenir, et si elle inter-vient c’est de l’extérieur…

si le réel est structurel il s’impose une distance, absolue cad formelle, constitutive ; on ne peut pas croire en une immanence exclusive ; que l’on nomme même « immanence » implique que l’on n’y est pas, dans l’immanence. Et ainsi le je n’est pas sa vie vécue, mais son existence, au sens d’ex-sistence et la question doit se développer ; de où paraît ce point externe ? Dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel développent cette Distance.

Se définit donc, se donne à signifier cette distance qui est non seulement interne mais antérieure à toute réalité ; la forme des réalités est cet acte du réel en tant que présent qui navigue à vue, qui se voit afin de se déployer ; il y a une visibilité en et par cette distance ; raison pour laquelle le Un ou le tout ou le dieu clos ou la pensée figée ne permettent pas de saisir « qu’il y a une réalité » ; il y a une manifestation afin que se percevant, entrant dans son propre champ, elle se modifie.

Sinon pourquoi y aurait-il une « réalité » ? Si ce n’est pour se transformer, pour le réel, la structure de ce qui est, devienne. Et ne pas tenir la distance, c’est se fixer, se figer en un être, lequel paraîtra toujours quelconque comparativement au rapport, conduisant inexorablement à la dé-pression, à la perte de tension qu’est un arc, intentionnel, de conscience.

Rapport donc qui seul conduit, mène par, selon et pour, peut-être, en l’in-fini.

Ce qui veut dire que l’arc est alors converti en l’articulation comme seule réelle, au lieu de quoi notre conscience resterait attachée, ancrée, agglutinée au corps ; ce qui veut dire à des désirs immédiats. Il est clair que c’est péniblement, très difficilement, voire impossiblement que nous nous convainquons que le seul réel soit le mouvement, le devenir, le possible, et non cette chose, ce corps qui jouit (fantasmatiquement, au mieux, ou hallucinatoirement, au pire), cet objet (de désir) comme accumulation

(accumulation de quoi ? si le réel est le mouvement, bien plus grand que n’importe quel objet ou quelle chose)

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Dieu, l’activiste

11 Novembre 2023, 17:55pm

Publié par pascal doyelle

Dieu ne peut nullement être selon le monde. On a vu que l’on ne reconnaissait que deux seules sortes de réel qui ne soient pas selon le monde

et il s’agit de la forme du monde, à savoir le présent,

et de la forme de notre être, qui n’est pas un être, à savoir l’arc de conscience.

Le « présent » n’est nulle part déterminé, ni visible. La « conscience » ne se perçoit jamais telle quelle, et il faut prévoir que la pensée, l’imagination, les affects ou les perceptions n’existent, pur nous, que dans un champ intentionnel ; « pour-nous » parce que précisément tout ceci et tout cela existe pour-nous, vers-nous, ce qui veut dire en conscience.

Si tel ceci entre dans le champ intentionnel on peut le modifier, et d’autant plus le modifier si ce champ est collectif, soit selon le groupe (et telle communauté particulière), soit individuellement (lorsque le champ collectif est tendu vers l’émergence individuelle, la raison par ex, ou la littérature ou internet, etc).

On désigne ces réels qui outrepassent la réalité, ces indéterminés, en tant qu’ils sont formels ; il n’est aucune représentation et aucune réalité du « présent », de même aucune de la « conscience ».

En parallèle de quoi on impose cette proposition que si une réalité il y a, et qu’elle est comme présent, alors c’est que « quelque réel » doit advenir. Il y a un présent afin que ce réel, inattendu, apparaisse. Il y a un présent afin que ce réel nouveau se tienne de lui-même, au sens où ce qui existe, existe activement et est activement lui-même. Si la réalité subissait un ordre éternel ou imperturbable, il n’y aurait pas de réalité ; il y a réalité parce que celle-ci, toute entière, est, existe activement et que les choses et les êtres (et donc les consciences) existent activement en tant que rapports. (aussi cette réalité peut-elle tout à fait entrer dans les mathématiques, qui sont des rapports, le nombre étant le rapport à -soi- de n’importe quel objet, unité).

Et c’est de cette activité, qui se-sait, qui se-voit, qui se-ressent, que naît, qu’est possible le plus grand possible possible. Une réalité s’apparaît et donc entrant dans son propre champ se transforme.

Si le réel n’est pas articulé par, dans et pour le possible, il n’a aucune raison d’exister. Pourquoi voulez-vous que le Un sorte de lui-même ? Sinon pour devenir encore plus.

Et que précisément le véritable un c’est celui qui deviendra.

Qui deviendra, et non pas qui est devenu. Puisque l’on ne sait pas « où », jusqu’où il va. Dire que c’est le possible qui doit advenir, c’est dire qu’il se crée. Le corollaire du possible, comme règle de tout ce qui est, c’est le Créé.

On poursuivra même la semblable logique ; si le réel devient, c’est qu’il naît de son devenir, sinon il ne deviendrait pas et il n’y aurait pas de réalité de manière générale (ou alors un ordre immuable dont on n’a aucune idée ni intuition ni imagination) ; si le réel naît de son devenir, la règle est le possible ; si le possible est la règle et donc la substance même de « ce qui se peut » (y compris de ce qui se peut exister), alors le possible est non fini.

Il existe un point in-finiment reculé qui accumule la totalité de tout le possible (et c’est cela dieu).

Il est clair que si l’on peut supposer ceci ou cela de telle ou telle substance déterminée, il est impossible de connaître ou imaginer le possible intégralement réalisé. Et ce d’autant plus que ça n’a aucun sens ; parce que si le possible est la substance même, alors il y aura toujours un plus grand possible. Parce que le possible est sujet, ce qui veut dire « rapport », et que l’on ne peut assigner de terme à un rapport, qui existe formellement.

Par un autre bout, reprenons selon le néant et l’être ; il n’y a pas à choisir entre le néant et l’être ; comme si ils occupaient, virtuellement, le même « lieu » (de toute manière il n’y a pas de lieu antérieur). Et le néant n’a rien du tout qu’il puisse opposer à l’être ; le « rien du tout » ne s’oppose pas à « l’être » (désigné génériquement) ; aussi le néant existe-t-il tout autant que l’être ; tout le possible est absolument réalisé (on se demande même alors comment il serait pensable, admissible, conséquent, que la réalité ne soit pas tout le possible possible ; le possible n’étant pas l’imaginaire évidemment, l’imaginaire qui est toujours une composition du connu, du perçu ; une licorne est un cheval avec une corne).

Mais on a dit « l’être génériquement parlant » ; il n’y a pas d’être où que ce soit, rien qui soit stable et solide ou consistant ; l’être génériquement parlant c’est l’exister ; l’acte de devenir ; le mouvement (ou l’énergie qui traverse différentes formulations, et que l’on ne connaît pas en soi, ni ce qu’elle signifie, sinon de ceci que l’on n’oppose pas « matière » et « esprit », et que l’on admet que la matière est instanciée partout et intégralement comme distinctions ; il y a réalités déterminées parce qu’elles se distinguent toutes en et par leurs déterminations mêmes ; une abeille n’est pas une guêpe).

Or cependant, il n’y a nulle part l’être (le néant, qui est « rien du tout » existe forcément ; le néant n’est pas un quelque chose qui serait « rien », mais est « rien » ; on croit pouvoir dire que le néant est ce en quoi existe l’être, mais un « rien » n’est pas un « ce en quoi », c’est un « rien du tout »), mais ce qui est réel c’est l’exister.

Dit autrement le réel étant le possible est absolument et rien que le rapport même. Et cela suffit puisque le rapport produit tous les rapports. Or on a vu que le rapport est, autant qu’il nous est possible de l’envisager, intellectuellement ou par expérience et donc intuitionnablement, le rapport est sujet ; puisque le sujet est ce rapport qui peut revenir sur lui-même, dont la nature, la structure même est un tel retour et un tel re-tour (un nouveau tour, inédit) ; et réintroduire des déterminations dans sa détermination, réécrire son passé, relancer sa capacité ; et donc le rapport, qui est l’exister, est dieu.

Et dieu, cad le rapport, vient tout entier en une fois mais sans cesse se réécrit. Ce qu’il demande (on ne sait si effectivement dieu nous le demande ou si nous imaginons ou croyons qu’il existe un dieu unique tout-autre universel, mais depuis la parution du dieu-un (qui exclut absolument qu’il soit composé et est donc unique et exclusif, et jaloux, et formel, et exigeant, etc) il s’est introduit dans le champ qu’il se sait, lui, le champ, et donc se nomme (dieu, la pensée, le sujet ou le réel).

Ou : dieu est en acte et ne cesse pas son absolue activité et qui plus est, ce que dieu crée ce sont des rapports ; choses, êtres ou consciences. Soit donc des activités. De même que les mathématiques ou le nombre sont des rapports. Ainsi donc le rapport est un, mais d’une unité impensable, que l’on ne connaît que dans la mesure où l’on sait ; on a vu la différence entre le se-savoir et le connaître ; Descartes ayant remplacé la connaissance, métaphysique, par le se-savoir du sujet ; le se-savoir au sens où le sujet se désigne et consiste en cette désignation ; soit donc le signifiant absolu, absolu parce que formel ; il est lui-même le signifié du signifiant qu’il existe, et donc n’est pas un signifié…

et dès lors entre en substitution de tous les signifiants possibles ; il y a des signifiants (des langages) parce que le sujet est un signe vers le signe ; « conscience » veut dire ‘qui se signifie comme rapport ».

soit donc la pure activité, autant que l’on sache ou autant qu’on en ait l’expérience ; rappelons qu’étant donné que notre « être » est non un être mais un rapport (ce que signifient, impliquent Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre ou Lacan, à sa manière, et quantité d’autres, puisque même la « pensée » n’est pas définie définitivement, ou alors selon quel système parmi tous les systèmes ?), puisque notre être est un rapport, celui-ci se-sait ; il se signifie et cpate quelque chose de cela qu’il existe.

Il est bien évident qu’il ne s’agit, peut-être, que d’un face à face ; ou donc la nature, la réalité ont inventé, créé un être tel qu’il soit indéfiniment adaptable (relativement s’entend, puisqu’apparemment cet être si exceptionnel est en train de signer sa propre disparition) et qu’il ne dépende pas, plus de son milieu, comme le tyrannosaure ou l’abeille, et qui, étant conscient de « soi », peut remplacer ce soi par n’importe quoi, cad signifier n’importe quoi, inventant alors lui-même le langage-dans-un-groupe et puis ensuite le langage-pour-lui-même (puisque du groupe communautaire, il passe à l’individualité, qui suppose une société, non communautaire de ce fait, et donc structurelle, constitutionnelle, dans telle civilisation, relativement précise, et non pas dans n’importe quel rassemblement humain, au sens où chacun en une société constitutionnelle doit se savoir lui-même et autrui, librement d’abord et à égalité ensuite).

Bref.

Cette invention de la réalité, d’un être qui se tient du rapport qu’il existe (dont on ne peut plus dire qu’il « est », puisqu’il outrepasse la détermination), est peut-être purement factuelle, et destinée à disparaître ; mais il ne fait aucun doute que même si il s’agissait d’un « extraterrestre » ou de la domination de la terre par les poulpes dans 5 millions d’années, il s’agirait dans tous les cas de la même « conscience » ; ce qui veut dire d’un rapport à soi en tant que ce soi est le rapport lui-même, conscient de (soi) donc, dans lequel rapport le « soi » est non une identité ou une détermination, mais le rapport lui-même, qui, donc, se-sait.

Et ce se-savoir est dieu ; ou la marque de dieu en nous, comme dit Descartes, qui, le premier, pose le doigt sur la précision et la technicité de notre être (qui n’est pas un être, comme dira Sartre, et pour Descartes il s’agit de « la pensée », notion très peu précisée, qui contient tout ce que nous sommes et pouvons être ; idée, imagination et image, sensation et émotion, sentiment et passions, etc, Descartes était sur la piste de la troisième substance pensée-corps, mais on ne peut pas tout en une fois et il faudra attendre Husserl, suite à Hegel, pour aboutir à pointer cette « intentionnalité » de la conscience, et puis à Sartre qui dénoyautera la conscience de tout idéalisme).

Ce se-savoir donc est in-fini ; puisque la volonté, qui en fait office pour Descartes, est non finie, et ce en quoi nous sommes semblables à dieu.

Ce se-savoir est le signifiant (du sujet), celui-là même qui inaugure la pensée moderne, Descartes, et à partir duquel tout sera repensé (et non plus autour du concept métaphysique, rappelons que Hegel n’est pas « les aventures du concept » mais « la phénoménologie de la conscience », et le savoir absolu est celui de l’esprit, et non pas d’un discours métaphysique, la différence étant que l'esprit se-signifie comme tel, tandis que la pensée pense, comme éternellement, la Vérité ; pour Hegel en effet la pensée devient, ne tient en aucun système mais l'esprit les rassemble tous).

Imaginons-nous dieu ou l’infini ou l’absolu parce que cette conscience rendue fonctionnelle, croit bizarrement en son mouvement, qui ne signifierait rien de plus que l’adaptation ?

Ou alors cette conscience fonctionnelle est-elle dimensionnelle et emporte-t-elle bien plus loin que simplement la composition de déterminations (dans un champ intentionnel, un langage ou une représentation culturelle) ?

de toute manière nous avons cette "idée" de l'infini, de l'absolu, de l'indéterminé, ou selon les interprétations modernes comme une négativité (Hegel), une "volonté", une énergie ou un désir (nietzschéen par ex), un néant (Heidegger), ou encore une néantisation (Sartre), nous avons cette idée ou intuition parce que notre être est un rapport (et donc pas un être) et que ce rapport consiste justement en se-savoir, en ce signifiant qui se signifie

(qui signifie évidemment l'arc de "conscience" dans une cervelle, puisque l'on ne prétend pas du tout que cet arc soit "spirituel", on ne confère pas à cet arc une substantialité, mais uniquement par la négative une in-susbtantialité ; ce que l’on nomme formel, structurel et dont on possède une véritable expérience en ce champ intentionnel, qui use de signifiants, de signes, afin de marquer le dit territoire et de se remarquer lui-même ; or cependant si il n’est pas substantiel, cela revient à re-dire, à nouveau, que l’être est second et que ce qui existe est l’exister et non l’être ; le réel n’est pas substantiel, mais mouvement, et c’est d’entrer dans ce mouvement que les pointes extrêmes, que l’on a expérimentées, amènent ; dieu, l’universel, le sujet et le réel).

Se-savoir, champ intentionnel, forme ou structure ou arc de conscience c’est le même réel, la même activité (qui n’existe qu’en tant qu’activité).

Mallarmé

« Cher  Je viens de passer une année effrayante: ma Pensée s'est pensée, et est arrivée à une Conception pure.
Tout ce que, par contrecoup, mon être a souffert, pendant cette longue agonie, est inénarrable, mais, heureusement, je suis parfaitement mort, et la région la plus impure où mon Esprit puisse s'aventurer est l'Éternité, mon Esprit, ce solitaire habituel de sa propre Pureté, que n'obscurcit plus même le reflet du Temps.
Malheureusement, j'en suis arrivé là par une horrible sensibilité, et il est temps que je l'enveloppe d'une indifférence extérieure, qui remplacera pour moi la force perdue.
J'en suis, après une synthèse suprême, à cette lente acquisition de la force - incapable tu le vois de me distraire.
Mais combien plus je l'étais, il y a plusieurs mois, d'abord dans ma lutte terrible avec ce vieux et méchant plumage, terrassé, heureusement, Dieu.
Mais comme cette lutte s'était passée sur son aile osseuse qui, par une agonie plus vigoureuse que je ne l'eusse soupçonné chez lui, m'avait emporté dans les Ténèbres, je tombai, victorieux, éperdument et infiniment - jusqu'à ce qu'enfin je me sois revu un jour devant ma glace de Venise, tel que je m'étais oublié plusieurs mois auparavant.
J'avoue du reste, mais à toi seul, que j'ai encore besoin, tant ont été grandes les avanies de mon triomphe, de me regarder dans cette glace pour penser et que si elle n'était pas devant la table où je t'écris cette lettre, je redeviendrais le Néant.
C'est t'apprendre que je suis maintenant impersonnel et non plus Stéphane que tu as connu, - mais une aptitude qu'a l'Univers spirituel à se voir et à se développer, à travers ce qui fut moi.
Fragile comme est mon apparition terrestre, je ne puis subir que les développements absolument nécessaires pour que l'Univers retrouve, en ce moi, son identité. Ainsi je viens, à l'heure de la Synthèse, de délimiter l’œuvre qui sera l'image de ce développement.
Trois poèmes en vers, dont Hérodiade est l'Ouverture, mais d'une pureté que l'homme n'a pas atteinte et n'atteindra peut-être jamais, car il se pourrait que je ne fusse le jouet que d'une illusion, et que la machine humaine ne soit pas assez parfaite pour arriver à de tels résultats.
Et quatre poèmes en prose, sur la conception spirituelle du Néant. »

De ce que Rimbaud découvre que le signifiant crée le (nouveau) monde ou le (nouveau) désir (et ainsi l’inouï, également l’inentendu, et donc le désespoir radical, puisque l’on ne peut trouver dans le monde, la vie vécue ou le corps, le rapport à (soi) qu’est cette « conscience »),

alors Mallarmé est saisi du signifiant, qui se signifie lui-même, cad « le néant », mais du néant tout paraît, toute perception, toute esthétique, sauf qu’ayant à s’assigner à une éminente pureté, ou un mystère énoncé-impensable, puisque le rapport de conscience n’est aucun de ses/ces contenus.

Or de même que dieu nous vient de notre structure de conscience (ou qu’il a exprimé son ‘image’ en tant que nous, sa structure en tant que notre structure), de même chaque conscience est le devenir (non fini) du sujet ; chacun de par son « je » (cad la prononciation par chacun du sujet) crée la nouvelle possibilité. Mais cela veut dire que chacun est, dès lors, infiniment ouvert à tous les autres je.

De là que notre acculturation généralisée est fermement celle des sujets, d’un sujet à l’autre. Chacun devenant, plus que l’image, le miroir qui, lui, peut se voir, se perce-voir une in/finité de fois, se perce-voir d’une in/finité de formulations ; chaque je, qu’on le veuille ou pas, est la formulation singulière du Rapport (que ce soit dieu ou pas, chacun choisira).

On comprend bien qu’il n’est pas question, sinon de très très loin, de définir dieu (ou la dimension de structure du réel comme formel, arc de conscience dans l’arc du présent), mais d’instruire une série de signes, de signifiants, de dénotations vers le creuset de ce qui existe. La forme qui, parce qu’elle exprime absolument, formellement, le possible est l’intégralité de la réalité de celle qui fut à celle qui sera.

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Le champ de conscience brute

4 Novembre 2023, 11:06am

Publié par pascal doyelle

Que nous soyons déterminés, causés, évidemment.

Là n’est pas la vérité. La vérité est que l’on a créé un champ ou plus exactement ce champ nous a créés. Et en ce champ les réalités, cad les perceptions, sont transmuées en et par les signes ; à la base les signifiants du langage. Que le langage corme système, évidemment ; sinon ça ne serait pas du tout mémorisable. Que le langage ne se produit pas n’importe comment, très certainement mais notre pensée (nos sciences) ne sont pas parvenues encore jusque là.

Les déterminations, qui sont réelles et effectives, entrent dans le champ intentionnel et subissent un renouvellement, une re-création, une re-production, une représentation (elles se présentent à-nouveau), et évidemment ce champ prend conscience de lui-même, et donc se nomme ; il nomme un horizon qui s’utilise comme levier ; d’abord collectivement, dans telle ou telle communauté, langage, monde particulier et puis il se saisit lui-même comme produisant les signifiants ; dieu, la pensée, le sujet, le réel. Il impose donc à la représentation du monde donné là et à la communauté, son « intervention » ; le champ devient force prégnante dans la représentation, devient intercédant en son propre champ et identifie son origine ; dieu, la pensée (ou l’universel et le droit et l’État, etc), le sujet (en-un-corps, christique, et en un sujet, cartésien, ce qui signifie par le sujet lui-même qui le dit, qui dit « je suis », je suis ce rapport que je suis et que l’on ne peut pas dériver d’ailleurs, que de lui-même, sinon en cessant d’être un rapport).

Dieu et l’intention formelle (hors de tout), la pensée et l’État, le sujet et la vie vécue (de par la littérature et les esthétiques), la révolution et la réal-isation (par soi-même, de l’humanisation puis de la personnalisation).

Quoi qu’il en soit, le langage, les signes, se distinguent non de ce qu’ils déterminent mais de ce qu’ils ne déterminent pas. Il y a un champ intentionnel, cad une conscience, parce qu’il s’agit de s’adapter constamment au donné tel que là, au monde, au vécu, aux perceptions, aux faits et gestes, littéralement. Le langage se joue d’abord et encore, entre consciences ; on ne parle pas sans entendre ce que l’on dit (et donc, parfois, on en dit beaucoup plus que ce que l’on croyait avancer, puisque l’on a déjà précédé, soi-même, notre parole, notre parole qui se place, est placé au plan de l’autre, de l’autre conscience ; c’est là que l’on s’origine. Même si cet autre, auquel on est placé, est à la fois autrui, telle personne, autrui en général, l’autre, la représentation commune voire communautaire, ou enfin l’autre en tant qu’Autre, ce qui ne signifie pas seulement dieu, mais un ordre, une ordonnance ou une organisation du signifiant (ou le « symbolique » comme direction des signifiants possédant une cohérence) ; et cet ordre, enfin, non pas seulement celui qui s’impose à nous, mais celui que l’on découvre, invente, crée au devant ; par quoi, donc, on prévoit, et pré-voit, les rapports qui seront (et qui donc ne sont pas déjà écrit, nulle part).

En somme le champ intentionnel crée un champ de signifiants, mais ces signifiants sont à ce point légers, différentiels, composables, que l’on peut penser n’importe quoi (et ce qui ne l’est pas actuellement, le sera, potentiellement, un jour, peut-être). Même si évidemment ce qui sera pensé (cad imaginé, désiré, perçu hallucinatoirement ou réellement, arbitrairement ou en cohérence) ne tiendra (dans le temps et dans l’expérience) que si cela correspond à quelque chose, à quelque réel, à quelque volition ou intention ou désir ; sinon le seulement arbitraire disparaît, s’efface.

La liberté est articulée à la cohérence ; ce qui ne veut pas dire un ordre supérieur universel, puisqu’elle est, elle, la liberté, l’ordre lui-même ; la « démocratie » est, jusqu’ici, cet ordre, cette organisation des rapports possibles (et il est possible d’organiser la liberté parce qu’elle est, précisément, universelle, ou si l’on préfère universalisable, aussi chacun sera-t-il instruit, enseigné que de lui, de ses rapports (avec autrui mais également avec soi, ce qui n’est pas rien mais fondamental) dépend le devenir, du possible ; c’est en ce sens que le possible est l’ordre lui-même ; assurer que chacun, par soi et par autrui, se tienne dans la meilleure des dispostions, afin que l’instructifs et de nouveaux rapports se créent ; nouveaux pusiqu’ici on joue sur la prédisposition, la structure qui contient le possible possible ; la révolution ou la pensée des grecs ou la science ou les esthétiques sont de telles prédispositions, qui surpassent la détermination ; l’identité de Pierre ou la communauté telle ou telle ou l’intérêt de tel ou tel groupe, ne peuvent pas définir, remonter dans la structure, sinon celle-ci est étouffée).

Évidemment ça n’est pas parce que l’on représente une chose que la chose se meut comme par magie, mais la raison ou tel système coordonné de signes, esthétique ou éthique ou politique ou religieux évidemment (ou mass et micro médiatique) qui relie des individus ou qui, plus complexe encore, qui relie l’individu à lui-même, alors que dans un groupe communautaire cet individu ne se représente pas, il est pris-dans ; tandis que dès lors est requis un système humain qui intègre, admet, développe, perfectionne l’individualisation, des systèmes dans le système général, des personnalisations dans l’humanisation universelle) ; ces systèmes donc, méga ou micro, réorganise et réorganisent continuellement la perception et l’action, et ainsi l’organisation de l’action (coordonnée entre tous et puis chacun).

La labilité des signes, leur fragilité et leurs remplacements, facilitent mais surtout rend possible leur avenir, leur constant avenir ; et les langages sont composés à partir de l’entente, de l’écoute, de la parole, de ce qui est entendu et non seulement de ce qui est parlé. De sorte que le parlé naît de l’entendu, et l’entendu est le possible. On ne sait pas ce qui est entendu, au sens où si nous sommes selon un rapport, on ignore l’autre bout du rapport (quel qu’il soit), et cet autre bout nous réclame, nous demande, nous insiste. Aussi bien ensemble, collectivement, et de l’un à l’autre, qu’individuellement. Qu’est-ce que l’on entend ?

C’est la « certitude moderne » (qui n’est pas celle de Descartes) qui croit qu’elle sait ce qu’elle dit. Depuis que la science est science ou depuis que l’ordre est bourgeois (ou prolétaire, ne nous y trompons pas), depuis que la constitutionnalité des sociétés ou la représentation spectaculaire ; Debord approche tout près du réel en tant que flux qui se déverse et produit le monde, la perception ou plus exactement crée les désirs jusque bien avant ; dans la perception, nous donnant à accepter que cette perception là est le désirable, ce que l’on admet sans preuve aucune et en toute confiance, puisque l’on ne demande que cela ; y croire, y croire parce que c’est du monde, c’est naturel ou réaliste et donc forcément en correspondance ; ainsi tous nos désirs sont réalisables, en tant que monde et en tant que monde humain et vie vécue individuelle ; ce que n’est bien sûr pas vrai du tout). Depuis que l’humanisation est entrée dans la réalisation, la concrétisation de toutes les intentionnalités, le tout-est-possible imaginaire, cad illusoire et qui-rend-fou, et bien de fait ça rend fou. On ne dira pas, comme Debord, que le spectacle est le rapport social qui se représente et qui devient désirable, atteignant chacun dans son individualité même, ou qu’il n’est pas seulement tel, mais que le spectacle est la manifestation totale de toute l’humanisation, de toute l’individualisation. Et parce qu’elle est réelle en ce sens, elle est de fait et effectivement réelle, cad tout ce qui nous occupe. Elle est l’ensemble de tous les rapports que contient le rapport (l’arc de conscience) que nous sommes.

Rappelons que le rapport, l’arc, est une tension (une attention, une tension, électrique) et relie. Relie les désirs et les objets, les langages en tant que signes et perceptions (et affects, etc). Notre être n’est que définissable, cad n’est pas « de l’être », n’obtient aucune solidité, et donc, en vérité (et en structure) dépend du mouvement, de « là où il va » et lui seul perçoit, entrevoit où il va ; Moïse s’écoute lui-même lorsqu’il reçoit le sens de « dieu » (dieu qui se dit « celui qui est en train, en cours d’exister », celui qui devient existant, celui qui ex-siste ; ce qui n’est pas réduire dieu, évidemment, puisque le réel, l’ex-sister, est ici le possible même, en tant que règle tout ce qui est, au sens générique ; au sens absolu rien « n’est », l’être est second ; ce qui est, c’est l’exister, cad le devenir brut).

Dans le miroir aux alouettes, le naturalisme et le réalisme, qui nous laissent croire que puisqu’étant concrets, en ce monde, nos désirs trouveront forcément leur réalisation (comme si ces désirs étaient naturels, et donc recouvrables dans la vie), leur réalisation, parfois moyennant une adaptation, psychologique, on finit par n’admettre comme effectivement réels que les images dans le miroir et cesse d’exister le miroir lui-même, renvoyé à l’illusoire, au sens de non-concret, non définissable selon la science, l’humanisation, le spectacle (qui permet somme toute de relier les objets concrets aux images et les images aux signes comme si tout cela était effectivement donné mondainement ou selon la vie vécue ; il est bien clair que la définition libérale, anglo-saxonne, laisse se poursuivre ce désir, qui devient délire, de la réalisation de soi, individuellement et en rivalité avec tous les autres ; la liberté anglo-saxonne ne comportant pas du tout l’égalité, française, et n’étant pas assujettie intérieurement à autrui, et non seulement à autrui, ce que comprend la liberté anglo-saxonne parfaitement, mais à autrui en tant qu’autre ; de sorte que le dieu aux Usa est une sorte de juge, de retour de la Loi, qui jugule la dite liberté, tandis que l’égalité, française, a permis l’émancipation de chacun, puisque la « loi », cette fois, est en interne de chaque je, formant « littérature », instanciation de l’autre en moi ; aussi l’europe, les troubadours crée l’amour, forcément littéraire et forcément idéalisé et désespérant mais ligne de force, qui re-lie, et re-lit, homme et femme (ou autres diversités évidemment, puisque l’autre, autrui est toujours autre-que-moi, peu importe le sexe, la classe sociale, le groupe capulet ou pas ; l’autre, autrui n’est pas assigné à l’universel, mais à l’individualité, laquelle étant en elle-même « rapport à soi » est toujours « autre que tout le reste », le rapport qu’il est, qu’il existe, exclut tous les autres rapports, qui sont forcément seconds par rapport à la force du rapport-à-soi).

(puisqu’en effet on a dit que le rapport-à-soi est le rapport à «(soi) dans lequel rapport le « soi » est non pas ceci ou cela, mais le rapport tel quel et que ce rapport (la conscience) est la plus élevée possibilité qui nous soit donné d’atteindre, qui nous soit expérimentable et que l’on puisse éprouver ; et ce rapport manifeste, concrétise le réel en tant que la règle du réel est le possible ; il n’est qu’un sujet (cad celui qui se tient en-avant et en-suite) qui comprenne, potentiellement, ce que « possible » veut dire)

Que notre être soit ce champ intentionnel veut dire qu’il se produit actuellement ; en tant qu’actualité (aussi Descartes précise bien qu’il est je autant qu’il le pense, mais il est clair que la dite tension se mémorise, et revient dans ses formulations, qui sont des signes, cad des rapports mémorisés, et qui n’apparaissent tels que pour une conscience qui les lit parce qu’elle les relie). Dans cette actualisation, il se produit donc « du rapport » (un rapport, forcément, existe, cad existe activement ; il n’y a pas des « idées » qui subsisteraient sans une conscience ; on se demande même comme visualiser une telle existence sans conscience (la pensée, comme l’être, sont mais secondement, ce qui seul existe c’est la conscience et l’exister, respectivement) ; et puisque ces idées ne sont des « choses » que dans l’imaginaire de la conscience, les choses sont des « choses consistantes » parce qu’imaginées « solides et unitives », en fait elles sont des mouvements qui n’apparaissent que pour la conscience lectrice).

Si l’arc de conscience se produit dans l’actualisation, c’est qu’il est rapports et que les rapports n’existent qu’activement ; cette activité c’est ce qui garantit sa liberté ; puisque même si quantité de rapport sont mémorisés, ils passent et repassent tous dans tel ou tel présent ; et de toute manière leur utilité est précisément l’adaptation ciblée, pour ainsi dire ; l’adaptation susceptible de régler telle ou telle situation inattendue, non intégrée, non mémorisée. Ça n’est pas que la conscience soit utilisée par le langage (ou son dictionnaire ou la parole du groupe et de la communauté), c’est le langage qui est utilisée comme mémorisation extrêmement rapide et mobilisable, autant que susceptiblement requise, par la conscience qui ‘réunit’ sous son activité aussi bien le langage que la perception, le corps, individuel, que l’ensemble collectif, l’historicité que la concrétisation. On reviendra sur la prédominance en chacun, pour chacun, pour nous-même, de l’arc de conscience, sans lequel une vie vécue n’existerait pas. Nous ne serions pas pour-nous-même et donc pas du tout, si nous n’étions cette conscience-de (soi) ; dont on a compris que le mystère effarant, c’est ce qui doit être décrypté. Parce que si il n’est pas une pensée, une idée ou une mémorisation qui gouverneraient l’arc de conscience (car alors celui-ci et l’ensemble des internationalisations seraient condamnées à la répétition, ce qui n’est absolument pas leur logique, leur exister qui est une activité), alors l’arc de conscience, cette forme formelle, pour ainsi dire, est le programme ; le programme n’est pas un ordre (ou une idée ou une pensée ou une programmation) mais le programme est cette activité de conscience ; spécifiquement.

On a vu qu’il est impossible de dériver ‘conscience’ de quoi que ce soit, sinon de cette formulation ontologique brute ; elle est le rapport à (soi) en tant que rapport ; cad le représentant ici même (ou ici bas) de la logique même du possible brut (lequel est la logique même du réel, ce qui est réel est le possible, tout ce qui est possible est réel, et le réel, étant le possible, est plus grand que lui-même, ce qui paraît la finalité seule digne et seule logique du réel en tant que possible ; il ne peut pas demeurer « lui-même » puisque ce « lui-même » est la Possibilité même).

Étant rapport à (soi), il s’agit de la ‘conscience’ ; la pensée est dérivée, elle, de la conscience comme arc-activité ; et il est par ailleurs absolument clair qu’il n’existe pas de conscience sans un corps… vivant (aussi le christique manifeste, exprime, révèle ce que le dieu juif nommait déjà « la vie », et que l’on re-nomme, on se le permet, ici l’Existence ; puisque c’est cela qui se porte au-devant de soi, au-devant de « soi » dans lequel soi il faut entendre le rapport lui-même, qui est dirigé instantanément, cad structurellement, qui se dirige en tant qu’autre que soi ; il ne s’agit absolument pas d’une tautologie ou d’une sorte d’ego monstrueux (le dieu qui jouirait de soi infiniment, ce qui n’a aucun sens) ; si dieu est le Rapport il est toujours déjà tendu vers, par et pour autre que lui-même, c’est sa nature même que de provoquer ou donc créer des rapports ; or donc créer des rapports c’est créer des êtres qui échappent, de fait, au Rapport initial, fut-il dieu. Sinon toute cette opération n’aurait aucun sens.

Dit autrement, ce qui existe n’est pas destiné à retourner au Même. Quel sens cela aurait-il ???

il ne s’agit pas de se conformer à un ordre , puisque de programmation il n’y en a pas. La forme même (vide mais active et constituée de et par cette activité) est le programme. C’est en ceci que le christique ou Descartes ou la révolution remettent l’activité entre nos mains.

Il s’est agi, toujours, de créer, en et par notre activité, l’organisation et la signification de notre conscience-de, ou ainsi du possible brut ; quel est le possible possible ? C’est littéralement la question de dieu, aux juifs, du christique, à chacun ; nous délaissant la capacité de, il le dit ou ça se dit, comme on veut, explicitement (je pars mais je vous envoie le saint esprit, pour (pour) que vous compreniez ; ce qui est quand même bien étrange),

qui la liberté et l’égalité, la vérité et la signification donc au sens de « rendre toujours encore plus de possible possible » ;

l’unité formelle de dieu (qui n’est pas Zeus ou le grand mana, qui sont déterminés ou dans un contexte illustré, ici s’expose la forme exclusive du rapport exclusif),

la formulation rationnelle et universelle de la pensée (qui autorisera quantité de systèmes, le tissage imposé de toutes les intentionnalités en une actualisation, constante, puisque l’on ne pense pas sans penser, marquer chacun des rapports),

le sujet (christique ou cartésien qui amèneront quantité de sujets possibles, chacun parvenant à accéder à son propre champ intentionnel, et donc de perception, de pensée, de représentation, de littérature, etc),

la révolution qui ouvre la société humaine intérieure, en tant que société civile, et intérieure à et en chacun et en tous, inaugurant mais tout autant continuant absolument le dia-logue des sujets (qui sont la forme universelle du réel, an tant que le réel est le Rapport) et des je (qui sont la formulation par chacun du sujet universel). Et donc la conscience de « soi » dans lequel (soi) il devient, pour chacun, possible de « (se) » rendre possible et donc capable ; nous nous sommes acharnés à déployer toute la possibilité de notre champ intentionnel individué.

Or en même temps, puisque le sujet est la forme même de l’universel (l’universel enfin réel et concrètement là et non plus supposant une abstraction, un intellectualisme, à fondement intellectif (lorsque la « pensée » est supposément le réel de la réalité, ou ensuite lorsque l’esprit existerait en lui-même) ou, outre l’abstraction, l’universel comme tautologie ‘infinie’, puisqu’ici l’infini se prononce dans son effectivité ; le rapport de conscience, qui s’impose comme la volonté de Descartes, l’intentionnalité pour Husserl, la néantisation pour Sartre, etc ; etc par exemple le sujet transcendantal de Kant qui, rappelons-le, n’est du monde, phénoménal, mais de la structure, nouménale, qui entoure le monde, le vécu ; ou la négativité qui pour Hegel, bien qu’elle n’est pas, crée tout le devenir de sa phénoménologie, cad tout).

Si le sujet (la forme structurelle qui seule assume, et assure, le possible comme règle du réel, puisque le sujet est rapport et donc n’est pas, mais existe ; on reprend absolument Sartre, tel quel, presque, on verra) est la forme universelle seule réelle, qui ex-siste, alors sa modification modifie tout, toutes les consciences ; qui au fur et à mesure, parviennent à comprendre leurs capacités (il n’est pas évident du tout, pour chacun, au sortir de l’antiquité, de saisir qu’il dépend de lui-même, face au regard du christique, certes, mais responsable « de soi », on ne sait pas ce que cela veut dire et encore moins peut impliquer ; tout cela n’est plus régulé par le collectif, la tradition, le sacré, etc ; rappelons que le divin est séparément du monde, et vient en plus et non pas est une partie du monde, sacrée, réservée mais donnée dans, comme monde ; le sacré ordonne le monde, le divin inter-vient).

Et leurs capacités dont celle-ci ; que je suis ce je, que je suis l’unité, potentielle, de la vie vécue, des perceptions ou de la littérature ou des esthétiques ou de la politique, etc. De tout ce que comporte l’humanisation pour nous ; dont le contenu est la personnalisation (les désirs du libéralisme et non les besoins du communisme ou autre angélisme ou universalisme, qui était devenu hors de propos). Et une unité qui n’est pas simple du tout, une unité qui consiste non en un « être » mais un mouvement, une intention, le signifiant même (qui origine tous les signifiants, il y a langage parce que la cervelle crée cette tension dite « conscience », retour sur lui-même du corps vivant, lequel dispose d’un champ de perception et d’une unité corporelle, séparée du donné) ; une unité qui dépend de son propre engagement pour exister, qui doit insuffler une liberté ou une vérité ou une réalisation, si elle entend poursuivre son existence au plus loin ou au plus haut possible, cad selon les plus grands, ou profonds, rapports possibles.

Les plus « profonds » ; qu’est-ce que cela veut dire ? Cela tient de fait à l’unité de chacun en tant que chacun (et donc de la considération que l’on a d’autrui ; ce devenir, cette dimension sont lancés via autrui, par le christique, et ensuite via l’interrogation ‘sur soi’ cartésienne, et évidemment tout mélangé dans toute la nouvelle littérature qui n’est plus antique, à partir de Ch de Troyes par ex ou la poésie du Moyen Âge).

Or l’unité de « soi » n’est évidemment pas évidente du tout, puisque c’est un rapport et même le rapport le plus abscons qui se puisse (pour nous, dans ce monde ou ici-bas ou selon notre, très, limitée expérience) ; et qu’ainsi ce rapport que « je » suis est l’origine, la source, la cause, puisque la possibilité, de tous les autres rapports (le champ intentionnel, que Sartre tirait du côté d’un champ impersonnel, voire universel).

De même si dieu existe, il n’est pas un « être monobloc » pour ainsi dire, mais le mouvement de tous les mouvements et donc en aucun cas il ne voudra à la place de quiconque, et appelle justement chacun en son mouvement propre, lequel n’est jamais écrit (on ne sait où), sinon il ne serait pas un mouvement, une activité et donc ne serait pas (comme un « je » qui se prononce ou un sujet formellement parlant ou un moi-même, pour tout un chacun depuis le 20éme ; il y eut, au 20éme, une prise de conscience de soi de chacun des mois, notre invention même, partout sur la planète).

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Le tomber-amoureux

22 Octobre 2023, 08:36am

Publié par pascal doyelle

La finalité de la réalité n’est pas le Un, une sorte de complétude figée et idéalisée, qui nous observerait du haut de sa toute puissance exclusive, assignant un ordre à tout ce qui est. Mais le mouvement. Dès lors il n’est rien de plus parfait que le mouvement (sinon à supposer qu’il se fixe en un aboutissement inerte, singeant une perfection parfaite, ce qui n’a pas grand sens).

Aussi dieu, la pensée, le sujet et le réel se meuvent-ils ; ce que chacun constate.

Puisque le possible est la Règle, le possible ne cesse jamais ; si tant est que dieu existe, que la pensée pense infiniment ou que les sujets survivent ça ne sera pas pour se reposer, se la couler douce, mais encore et toujours afin d’activités, une infinité d’activités infinies. Et ce pour une raison, énigmatique ; le possible afin qu’il existe encore plus de possible. Souvenons-nous qu’avant le dieu un unique tout-autre, la pensée et l’être et l’universel, le sujet christique ou cartésien, le réel et la révolution et la réalisation de toute l’humanité et de toute la personnalisation possibles, tout ceci était inimaginable ; la structure, le structure comme possible qui rend possible encore plus de possible surprend tout le monde.

C’est au cours du moyen-âge que le peuple habituel de nos interrogations (les français) inventent l’amour. Bien évidemment on n’a pas attendu les troubadours pour tomber amoureux, mais cette fois le sentiment, le Sentiment, est manifeste et exprimé et entre ainsi (de même que ses protagonistes) dans circuit de la parole et de la représentation ; et la face de la vie vécue en fut transformée. Tristan et Yseult pour sa capacité désespérée et Chrétien de Troyes pour sa résolution heureuse et magnifiée (ou critique vis-à-vis du Tristan).

S’impose à chacun le roman. Le roman naît de cette invention, de cette conjointure généralisée. Et pareillement le roman invente réciproquement ses lecteurs, qui l’attendaient. Le roman, cette pensée intérieure à chacun qui nous donne, nous offre, nous délivre la pensée et le dedans, l’intériorité d’autrui.

Le même peuple qui, ensuite, complétera la liberté anglo-saxonne (que par ailleurs formule et impose Descartes) complétera la liberté par l’égalité et cette dynamique structurelle interne qui permet de dépasser, de surélever, de surdimensionner la rivalité des libertés, et de surélever au cœur même de chaque liberté (et non par une contrainte extérieure). L’un (la révolution) ne va pas sans l’autre ; la littérature et la drôle de sorte de pensée, entendant par là, la pensée qui ne désire pas du tout découvrir le centre de tout (un quelconque absolu, métaphysique, tels les allemands) mais n’admet non plus la dispersion (empirisme ou analytique) ; la philosophie française veut saisir ce qui vit, ce qui existe, dans son acte même et ainsi renvoie non à un centre ou une multiplicité mais à l’activité (de la pensée, le sujet, de la représentation, la littérature, de la société humaine, la révolution, du moi, l’existence).

La question est celle de la position. De la position du point de repère. Dieu, la pensée, le sujet, le réel formulent ce point de réel ; il est Autre. C’est un point qui inter-vient et que l’on ne peut pas saisir, mais qui nous saisi. Si je prétends contrôler la vérité (l’universel), il est certain qu’il s’agira de mon imagination, illusion, fantasme. Pour illustrer ce que peut désigner ce point-autre, on l’illustrera par le tomber-amoureux ou la révolution.

Contrôler la révolution, ça tourne mal. Les français ont été emportés, par on ne sait quoi, non pas le savoir ou la science du rapport, mais par d’incompréhensibles intuitions (dont le ‘contrôle’ dérape). De même les juifs se demandent ; mais qu’est-ce qu’il nous Veut ?

Et pareillement, lors du tomber-amoureux on s’est déplacé vers le point-autre, autrui, et on ne sait comment et on ne sait plus ce que l’on pense, imagine, perçoit, désire (lors même que l’on sera « déçu », puisque l’on ne sait pas « ce que l’on attendait ») ; le vertige est intégral puisque ce qui est pris dans le point d’autrui, ça n’est pas ceci ou cela, ni « soi-même tout entier » (on ignore ce que soi-même, on ne peut pas définir le moi que l’on est, sinon de le désigner par son prénom et son nom, ou dire « moi », ce signifiant qui fait retour) ; mais ce qui est pris en, par autrui c’est l’arc de conscience, c’est le rapport, le rapport de tous els rapports, et de tous les rapports possibles (raison pour laquelle on ignore ce que l’on veut, désire, imagine). Comme disait Lacan « c’est donner ce que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas ».

puisque cela joue sur le possible (on ne décrit pas la résolution du désir en mariage ou en couple, qui imposent leurs propres rôles, cette fois de conditions de réalité, et non pas au sujet de ce désir précisément imaginé, imaginaire, ouvrant son propre champ désirant, du point de l’autre).

L’incertitude du tomber amoureux jette totalement l’intention, l’intentionnalité, l’intentionnalisation dans le point aveugle, tout à fait vertigineux et parfois angoissant ; le dit point déracine le corps, le corps propre (et ainsi bien spécifiquement, a affaire au corps, au corps vivant ; rappelons que le corps vivant ne comprend absolument rien à cette rupture interne qu’est l’activation en lui de l’arc de conscience, qui n’a rien de « naturel », puisque en soi d’abord la « conscience » est hors réalité et de toute manière étant rapport à (soi) elle s’exile instantanément de toute réalité, de tout vécu, de toute perception, de toute sensation ou émotion ; un arc de conscience est absolument, absolument parce que formellement, Autre.

Aussi suscite-t-il les points autre. Qui désignent le point du regard ou plus explicitement de l’intentionnalité ; on est vu, écouté, parlé, signifié de l’autre bout, puisque de toute manière être une « conscience » c’est ex-sister, et ex-sister est d’un rapport qui évidemment n’appartient pas. Il se meut. Le rapport n’appartient à rien ni personne (n’appartient pas même au moi ni au je, qui sinon ne seraient pas libres ; ils se tiendraient de telle ou telle détermination, on se demande même comment pourrait exister le langage si la cause du langage était détermination ; donc il s’agit du rapport même ou de la version qui nous est accessible de ce que, quant à notre expérience, nous désignons comme rapport, dieu, universel, sujet ou réel).

Rappelons ; il est une réalité parce qu’il est un déploiement du possible, notion qui contient celle du rapport, des choses et des êtres en tant qu’activités

(et donc le rapport implique, soutient, impose la détermination, la distinction, les choses et les êtres se distinguent, sinon ils ne sont pas, de même que l’espace et le temps, qui sont le dépliement du pli, les rapports universels du rapport de devenir, le devenir étant lui-même la marque, logique, implication de ce qu’est le « rapport », dont on dit, au final ou au préalable, qu’il est le possible en tant que possible, au sens où le réel est plus grand que lui-même ; on ne voit pas quelle finalité assigner au réel sinon le possible, à l’inverse de quoi il n’y aurait aucune utilité, aucun sens à ce qu’il y ait une réalité, un devenir général, un possible généralisé).

Le rapport n’appartient à rien ni à personne et est facteur exclusif du possible (lequel est le sens même du réel), mais l’humanisation (le groupe ou la société, société d’individus, depuis le christique et le moyen-âge), et donc aussi bien le moi, cet individualisation, cette concrétisation de l’intentionnalité au plus près, jusqu’antérieurement au corps vivant, qui reprend ce corps dans un champ intentionnel, qui signifie ce corps, au point que réellement, véritablement, pour chacun, c’est le champ qui compte et non pas, non plus le vivant (qui demeure un vague mais immense regret, une perturbation effrayante, un vertige du vivant qui se perd dans le champ intentionnel qui est un champ de représentation, de re/présentation qui n’a plus la densité du corps vivant, lequel est, à lui-même, son propre monde, milieu, réalité, mouvement et qui, par le champ intentionnel et le signifiant, ne l’est plus) ; l’humanisation ou la personnalisation donc veulent fixer le champ, lequel en lui-même est in-fini ; en vérité le mana ou dieu ou le tomber amoureux du moi, de l’individu, visent à fixer l’in-fini ; il se décrète une limite.

Parce que sinon le signifiant, le champ intentionnel, se lance dans l’indéfinité du signifiant, qui peut se porter vers tout et n’importe quoi ; élire comme valeur telle immédiateté ; ou clamer que « tout est possible » (bande annonce du libéralisme capitalisme) ; ou forcer une intentionnalité en réduction de toutes les autres intentionnalisations (telle vérité éjectant le principe de vérité, telle philosophie admise exclusivement de toutes les autres, ce qui est absurde. Restons sur ce point ; puisque le rapport est non formulable (mais ce par quoi il existe des rapports, cad en l’occurrence des signifiants), et qu’il est non formulable non par manque mais par excès, puisqu’il est, en tant que rapport, cad sujet, absolument et sans mélange, formel, qu’il est le plus universel que l’on connaisse et expérimente ; on ne formule pas en dehors de l’universel rapport qu’est l’arc de conscience ;c’est pour cela qu’en réfléchissant on part ou on aboutit toujours au point absolu ; l’être, la pensée, l’infini, la substance, le sujet etc ;

ce point absolu était déjà en réserve totalement dans la structure intentionnelle, cette structure ayant à se placer elle-même dans quelque représentation que ce soit ; pour aligner deux phrases, deux paroles, deux textes il faut placer et déplacer le point absolu, qu’on le veuille ou non ; de même que l’inconscient place toujours le corps tel quel, puisqu’il est le vivant tel qu’il occupe le centre, le lieu aveugle du signifiant ; le signifiant ne pouvant pas signifier le corps ; en désignant le corps on ne le bascule pas dans l’abstrait du langage ; le corps est imprenable par quelque signifiant que ce soit ; une des raisons pour laquelle on tombe-amoureux, pour (se) percevoir du corps à partir d’autrui, ou inversement de transformer autrui en signe, du reste l’amoureux envisage ou est envisagé par quantité de « signes », plutôt mystérieusement réels ; et ce qui n’aboutit jamais et provoque de toute manière l’angoisse vertigineuse, brute, plus ou moins bien gérée ou enluminée.

Et pour limiter cette envergure absolue, formelle, qu’aucune immédiateté ne peut juguler dans le monde, le vécu ou le corps, il n’est que dieu (ou ses variantes), la pensée (et l’universel), le sujet, et le réel (pour nous en tant que réalisation, la révolution par exemple qui rencontre ses propres limites ; la liberté s’arrête là où, etc ; ou le face à face existentiel « le réel existe » et il est Autre, que le flux ou le mouvement de ma conscience, de la conscience), et outre, évidemment, la mort.

De là qu’autrui, lors même dans le tomber-amoureux, risque fort d’être cruelle rivalité, antagonisme (aussi doit-il se fixer comme mariage ou « officialisation », par quoi on passe à autre chose que le « désir », qui est, au fondement, hallucinatoire, halluciné par la conscience dans le corps vivant, qui veut absorber, manger autrui, par ex).

On a déjà vu la bizarrerie ; l’adolescence ne découvre pas seulement autrui (ce qui était inaccessible à l’enfant), il se découvre lui-même comme autre. Il est, soudainement, autre que lui-même. Pas seulement qu’il découvre autrui (comme autre, cad comme un rapport, une unité qui possède son propre lien, qui n’est pas inerte et encore moins chose perçue dans le champ de l’enfance). Mais se découvre soi comme existant lui-même dans son propre champ, que, de ce fait, il n’est pas. Et l’on a vu que ce champ est absolument universel, non qu’il soit l’universel (ce que l’on nomme tel comme pensée, raison, connaissance), évidemment mais qu’il est, ce champ, bien plus grand que l’universel déclaré ; qui comporte non seulement la pensée évidemment, mais les esthétiques et les éthiques, etc, et tout aussi bien les perceptions (qu’il reprend du vivant, sans vivant pas de conscience, sans corps pas de champ intentionnel, et ainsi de suite), les affects ou les décisions et de manière générale tout le champ intentionnel (sans quoi on n’existe pas pour-soi, et donc n’existe pas du tout, l’enfance se tenant de son champ instruit, in-formé du champ des adultes).

Il colmate peut-être cette rupture interne (de tout ce qu’il est, de tout ce qu’il éprouve, cette rupture du vivant en lui, de là l’infinie perturbation très étrange), par le tomber-amoureux, il tente de rattraper la perte de soi, de son unité, en récupérant à partir d’un point dehors, quelque dedans, qui ne reviendra plus. Puisque dans l’enfance on l’était mais sans conscience (et donc cette unité n’existait pas), et en en ayant conscience il perd cette unité (qu’il n’a jamais été). Donc ce qui relie à nouveau c’est l’unité « qui sera », ou plus vraisemblablement, le possible-même.

Et la pensée de la structure du possible tel quel, comme Règle de ce qui existe.

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