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instants philosophie

L’inouï – 2

17 Juin 2023, 14:06pm

Publié par pascal doyelle

Puisqu’il s’agit de retrouver ou de discerner l’inouï dans ce qui semble tout naturel, évident, à peine perçu ou mal interprété.

Ça n’est pas parce que le moi, le moi psychologique (et ensuite psychique, qui a pu nécessiter que s’invente la psychanalyse),

ce n’est pas parce que le moi ne comprend pas les réponses qui furent apportées depuis 3000 ans, que ces réponses n’existent pas, ne furent pas prononcées.

On l’a dit et on le répète dieu, la pensée et l’universel, le sujet et puis le réel formulent très exactement ce qui est en jeu (sans doute en existe-t-il d’autres encore, de ces formulations dont nous ne possédons que le commencement du début, puisque la logique du réel est le Possible, lequel n’éteint pas, au-delà de tout temps de tout espace de toute détermination).

Ces quatre positions manifestent la compréhension que l’on a obtenue, et ces opérations furent possibles non d’une intuition supra-naturelle, mais de ce que notre être, étant un rapport, perçoit instantanément la formulation qui entre en tant que rapport (il y a deux bouts pour ainsi dire ou un miroir en un miroir) ; un rapport se-sait, et se-voit. Lors même qu’il ne correspond à aucun contenu connu de conscience ; puisqu’il se signifie lui-même (opération à l’origine de tous les signifiants, de quelque langage que ce soit).

Or pourtant il est hors de question de dénigrer le moi ; peut-on imaginer la « conscience » en dehors d’un corps, vivant ? La loger en la pensée, comme si la pensée contenait « de la conscience » ? La copier dans une intelligence artificielle, comme s’il s’agissait de datas ? La décoller de ce corps effectivement existant et hors de sa vie vécue, de son existence, comme s’il s’agissait d’un esprit, voire d’un pur esprit …

En quoi la dimension christique, contre tout gnosticisme (qui dualise notre être, entre des rapports idéels, tandis que le christique envoie vers un plus grand rapport possible, qui emporte le corps et le vivant et conséquemment la création, le donné, la nature, en un possible formel et n’entrechoque nullement des essences) et contre toute abstraction ou toute rationalisation, la dimension christique impose radicalement que « ceci est votre corps » ou ceci est votre vie. Tout intégralement.

On reviendra sur le flash total de tout ce qui ex-siste en une seule fois et en un seul Instant hors temps (bien que le temps soit effectivement, tout comme l’espace évidemment ; c’est d’une dimension en-plus, la cinquième, dont il est question).

Puisque le christique est le regard (qui se tient par dessus la mort, définissant le segment naissance-mort) et qu’il rend possible, ouvre que chacun soit chacun, que l’on soit donc le rapport, actif forcément, que l’on existe ; lors même que le regard de chacun est pris-dans celui du un tout-seul, forcément divin ; qui enclenche la séparation de soi à soi (ce que le moi, qui croit en son « être » et donc sa satisfaction, ne comprend pas du tout).

C’est bien évidemment une illusion objectiviste, ou scientiste, ou réaliste et donc fortement idéaliste, qui prétend la distinction de la pensée et du corps ; le christique est bien plus rigoureux et formellement exact ; on ne peut pas téléporter sa pensée, au sens où celle-ci imagine ‘être’ comme représentation. C’est donc cette conscience-d’un-corps et non pas l’autre-surface du corps que crée un champ intentionnel ; qui ouvre l’eschatologie absolue, qu’elle soit christique ou pas, peu importe ; il s’agit de re-Créer, par quoi le créé augmente le réel.

Aussi Descartes, Kant, Sartre (et Lacan à sa manière) déplacent notre réalité dans ce réel qu’est l’arc de conscience ; et selon un corps dont la pensée, la perception, l’imagination, la décision naissent de et par un champ intentionnel (lequel est au final et très réellement, ce corps sur cet horizon du monde, du donné là, de la réalité, mais perçu par l’horizon non fini du champ).

Dont on comprendra par la phénoménologie (du champ intentionnel) et par Lacan que le dit corps vivant est coupé en deux de A à Z ; sans reste ; puisque nous n’existons (pour nous-même, que nous existons donc tout court) par cette division (et le regret éternel d’un objet perdu, le petit « a », ou d’une fusion freudienne, perte et fusion qui n’ont jamais existé).

Ainsi tout se déplace. De l’idée, de la pensée, de la représentation ou de l’imagination, de la volonté à l’image, vers cette structure qui intentionnalise.

Or donc le moi voudrait une réponse à sa mesure ; en tant que vie vécue, relationnel, objet de désir ou images. Rien de cette sorte n’arrivera, puisque l’on perçoit avec les yeux du rapport ; c’est bien pour cela que si l’on saisit les positions dans les règles on ne remonte pas des choses ou des psychologies à dieu, à l’universel, au sujet ou au réel, mais on part de dieu, de l’être, du je ou du réel. On est immanquablement porté à partir de tout-en-haut.

La pseudo compréhension inverse ne saisira jamais aucunement le savoir qui part de lui-même, c’est évident (il cherchera des images, des désirs et des objets, des vécus ou du relationnel, des choses ou des réalités bien concrètes), mais surtout il ne pourrait pas même commencer d’élaborer une compréhension, une connaissance, un savoir au niveau de ces articulations et ces positionnements. Qui sera interprétée comme réalités déterminées, alors que l’on est introduit, toujours, à la version seule réelle, ce qui veut dire formelle ; on est perçu par dieu, on est pensée universelle, le christ nous regarde, le sujet se-sait (sans qu’il lui soit possible de s’objectiver, comme l’a compris Descartes et comme l’imposera Kant, puis Sartre), on est signifié comme libre ou comme citoyen, etc.

Aussi est-ce pour cela que la religion, la philosophie, le sujet permettent justement une telle élaboration ; quoi qu’il en soit de dieu, de l’être ou de la substance, du sujet ou du je, du réel ou de l’exister, la moindre des possibilités théoriques consiste en ce commencement de compréhension, soit donc un discours suffisamment structuré, suffisamment organisé.

Puisque sinon la capacité, la possibilité, la potentialité, la puissance contenues dans la forme (dieu, pensée universelle, sujet ou réel) continuerait de nous échapper et sans moyens intellectifs de commencer de les maîtriser.

Et sans cette compréhension à son dû niveau, c’est cette puissance, ce potentiel que l’on continuait de percevoir, désirer, imaginer dans les images, les objets et les vécus. Nous livrant ainsi au réel (qui est inévitable et seul vraiment voulu, intentionnalisé) mais au réel abaissé dans le monde, les satisfactions immédiates ou les facilités.

La question est donc comment nous convaincre que certes les images, les objets et l’humain existent mais sous condition, sous conditions de dieu, de l’universel, du sujet et du réel. Non que les immédiatetés n’existent pas, donc, mais qu’ils ne valent que dans le positionnement bien-plus-vaste.

Ou dit autrement ; on peut désirer ce que l’on veut mais dans une organisation suffisante, qui sinon, manquante, nous plierait vers l’immédiateté seule. Et nous serions sans rien.

On a donc dit que nous ne sommes pas sans rien, ayant retenu, autant que possible, les expérimentations et ainsi les avancées des autres sujets ; et ce depuis la sortie des mondes dit (improprement) immédiats, en ceci qu’ils sont holistiques, cycliques, sacrés, communautaire, partageant la parole, comme trésor qui organise l’ensemble des humains et par quoi le groupe fait office de véridicité, ne posant pas la question de la vérité, ou de la vérité comme question, puisqu’en ce cas il faut installer une distance, qui romprait la communauté et l’immédiateté de la perception parlée partagée (dont on a bien compris qu’il s’agissait d’une seule énorme réflexivité, puisque ces mondes particuliers créent le langage, les échanges, les systèmes familiaux, etc.

Mais s’y ajoutent deux solides embranchements, évidences ; le monde unique donné là (l’être, les grecs, le monde unique universel en dessous de tous les mondes particuliers) et couperait le corps en ce monde unique ; chacun a un corps posé dans le monde unique. Ce qui concerne chacun, et le christianisme se propagera comme vérité.

Ce corps, qui n’appartient plus à la communauté, appartient dès lors au christique et de la sorte s’intériorise comme étant le-mien-propre. En quoi Descartes ré-intériorise, pour ainsi dire, faceà lui-même et donc devient-autre ; dès que l’on exprime ceci ou cela, on sort de ceci ou cela, ce qui impose de poser un nouvel horizon ; les grecs en réalisant la pensée se tiennent hors de la pensée, aussi l’être existe en-dehors ; c’est donc un arc pensée/monde par quoi cet arc est pensé dans l’activité de chacun ; on ne peut pas penser sans penser, activement.

De même que le rapport, libéré, se voit comme pensée ; il se voit, puisqu’il l’instrumentalise comme moyen, pour l’individu, de passer par-dessus le groupe et le langage commun, et ainsi d’installer un nouveau vocabulaire (qui réclame que l’on, chacun, y entre, en pensant, en actualisant les rapports, nouveaux, que sont les idées) ; et donc comme pensée qui s’auto-organise puisque sinon on ne contrôlerait rien du tout, et ne comprenant pas ce que l’on dit on n’en pourrait certes pas dire beaucoup plus qu’une monstration ; ceci est une chose, mais il faut bien que l’on se représente cette chose et ce en dehors des habitudes et des pratiques communes, voire communautaires.

Cette unité de la chose, commune, en nous, elle se tient dès lors, désossée, dans le regard, cad l’intention, de celui qui prononce et qui donc doit penser ; créant la distance requise, cette distance qui produit l’insatisfaction ou l’absurde ou ce que l’on voudra, et ce qui vient en premier, à celui qui pense, ça n’est pas telle ou telle chose immédiate, donnée là, mais une généralité ; le feu, l’eau, etc et puis l’idée abstraite en tant qu’abstraite ; penser l’eau, le feu ou l’être, c’est distinguer l’immédiat ; l’être, qui est l’idée vide, comme dieu ou le sujet ou le réel, mais vide veut dire formelle (et pour nous, ici, le réel même du réel ; à savoir le présent comme Exister, ou l’arc de conscience comme rapport du rapport lui-même, ce qui est précisément ce que l’on nomme l’inouï). Ou donc c’est la séparation ou plus précisément la séparabilité de toute la réalité qui s’impose, de même que dieu lance intégralement toute la puissance de l’intention ; non pas que l’on acquiert une « toute puissance », ce qui n’a pas grand sens et frise le fantasme total, mais bien qu’il immisce dans la représentation la possibilité de l’intention et donc de la modifier ; modifier quoi ? Modifier la consistance du péché en nous ; ou donc réorienter. Pourquoi réorienter ? Parce que le péché est l’intention déterminée et qui appartient au monde et ne nous permet pas de nous décoller du monde, du vécu, du corps, des autres, etc. C’est bien pour cela que du point de l’intention il n’est rien du tout excepté l’Intention.

Pareillement il faudra que la révolution et l’humanisme refusent l’église et la religion, puisqu’il s’agira précisément de faire la place pour la liberté. Et la liberté est cette conscience qui relève d’elle-même ; ou, dont le rapport n’est pas troublé par un autre rapport (ou une série rapports prescrits).

Le tout, dans tous les cas, est de libérer la possibilité de rapport(s), et originellement la possibilité du rapport lui-même ; hors du monde (que dieu crée), hors des communautés (seul le christique est-autre et libère votre corps), hors de la communauté (et donc de penser originellement sur le là du monde), hors de la société (et donc celle-ci est élaborée par et pour les libertés, idéalement).

Ou dit autrement le grand Rapport unique tout-autre, dieu, s’investit soudainement en un corps, humain, et le divin (du un) qui existait séparément (au contraire du sacré qui se réserve une part dans ce monde, ou un temps spécialisé), le divin donc est un corps en tant que séparé ; chacun se retrouve propulsé au bout de sa vie vécue (qui dès lors apparaît comme telle, et non plus en-rôlée dans des castes ou des essences attribuées, homme ou femme, esclave ou libre, riche ou pauvre, païen ou juif ou grec, etc ; apparaît comme telle, ce qui veut dire nue).

Structure absolument remarquable, le christique ne jette en aucune manière le discrédit sur le monde, puisqu’il lance que l’on ait à charge de l’élever, de le magnifier ; le monde et les vies sont seulement emprisonnées dans les ténèbres ; ou si l’on veut les rapports sont enchaînés au donné en tant qu’immédiat, alors que notre être réel est, lui, non immédiat, articulé, et ainsi empli de la Distance, qui seule permet que l’on ne soit pas ce corps mais qu’on « a un corps » ; si nous l’étions nous le saurions pas ; si nous le savons tel c’est que nous ne le sommes pas.

Soit le corps, vivant mais pris en une conscience, halluciné, soit ce corps donc est le centre pesant de la représentation (et alors toutes les intentionnalisations se plient vers le bas, et recherchent exclusivement l’immédiateté),

soit l’arc de conscience relance l’intentionnalité vers le haut, et alors recherche les positions possibles du réel ; du réel ce qui signifie de ce qui est-autre.

Ce qui est-autre, puisque l’arc de conscience est un rapport et que ce rapport n’existe qu’en tant qu’activité et ne peut pas être objectivé, et qui par ailleurs peut se percevoir à partir du dehors ; peut prendre la place, le lieu, le point se situant extérieurement.

Cette extériorité, soit donc l’altérité comme structure effective (de ce qui est, de ce qui existe, sinon rien n’existe, rien n’existe sans les distinctions, les distinctivités ; il devait absolument exister tout le possible, ce qui n’empêche nullement que le possible est encore-toujours en cours, puisque si il cesse, tout cesse ; le réel est forcément toujours encore plus parfait, non-fini) cette extériorité est inimaginable hors d’une structure de conscience, hors d’un rapport qui est à lui-même sa propre position et qui donc est-déjà autre-que-lui-même. Si ce rapport, cette conscience était « quelque chose », elle serait incapable de se dé-placer ; c’est parce qu’elle est un rapport vide qu’elle devient hors de soi, étant entendu qu’elle est toujours dés le début hors de soi, et qu’elle n’est « conscience » que d’être un rapport, cad de n’être pas, d’exister.

Et elle « existe » parce que l’être n’est pas, nulle part, sinon au-dedans du mouvement qu’est l’exister ; c’est donc dans le temps, au sens de présent qui passe (étant lui également un rapport), qu joue l’arc de conscience.

Dit autrement rien ne se meut plus rapidement que l’arc de conscience ; puisqu’il lui est possible de passer d’une position à une autre (ce qui est impossible à quoi que ce soit dans le monde, que l’on sache) et que donc l’arc ne tient pas à une information ou une connaissance, déterminées, quelles qu’elles soient, mais au rapport lui-même, lequel est ainsi formel ; vide mais formel, vide parce que formel et que cette forme se désigne elle-même, se substituant elle-même à « quoi que ce soit d’autre », pourvu qu’elle le pointe d’un signe, par lequel elle découpe la réalité, ce qui veut dire par quoi elle montre ce qui est possible ; l’activité intentionnelle est toujours en direction de ce qui deviendra, de ce qui peut devenir ou du plus grand devenir ; ainsi l’être, ou quelque idée, désigne non seulement ce qui est, identifiable, mais l’universel en quoi est pris ce qui est désigné ; l’universel, la pensée universelle, celle des idées, des systèmes, indique de fait et par structure le rapport dans lequel les rapports (constitutifs de ce qui est désigné) sont pris ; c’est pour cela qu’interrogeant quelque ceci ou cela, on est porté de fait et immédiatement (voire instantanément) au plus grand universalisable ; dès que l’on commence de compter, on signifie l’infini des nombres (puisque le un est un rapport, de soi à soi de quelque ceci que ce soit, et donc tous les rapports).

Puisqu’il faut bien se poser la question ; pourquoi sommes-nous invinciblement tiré vers l’unité, le un, l’universel ou le général ?

Si, effectivement, n’est effectif et réalisable que telle ou telle situation, tel ou tel objet et que c’est par cette précision que la science, la technique ou le droit, ou tout aussi bien une œuvre, sont vraiment réalisés, ça n’a de sens que dans le plan tout à fait général qui permet d’organiser les réalisations ; le droit ne vaut que dans une représentation de l’humain selon la liberté ou selon le contrat ou selon l’État ; on ne porte pas à la précision une technique sans qu’il y ait une science préalable ou suivante (une invention, hasardeuse, peut porter une science avenir) ; de fait les grands arcs, dieu, la pensée, le sujet ou le réel, supportent leurs infinies possibilités incalculables ; qu’elles naissent de la matérialité (telle époque, tel peuple, tel individualité) ou d’une méta-intuition soudaine et, remarquablement souvent, généralisée ; dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution « surgissent » et s’imposent … pourquoi ? Quelle est l’interruption extrêmement étrange qui vient couper la réalité et ouvre le réel, cad les infinités des arcs intentionnels ? Comment se fait-il dit autrement, qu’un soudain rapport inouï autorise quantité d’autres rapports et comment se peut-il que ces rapport soient non des idées (déterminées) mais des sujets ? Des arc de conscience ? Ou encore ; les grands rapports structurels créent précisément des rapports effectifs, ce qui veut dire des sujet-rapports si l’on peut dire, étant entendu que le véritable rapport est de fait et en lui-même « une activité » (sinon il n’est pas un rapport ; remarquons que toute chose, toute réalité est en mouvement… que toute matérialité est « du mouvement »).

c’est ainsi l’inouï, cad l’impossibilité si nous n’étions que ce que nous sommes (des choses déterminées), qui nous a atteint et bien plus d’une fois. La question restant ; se livre-t-on au corps pesant, vers le bas, ou déplace-t-on le centre en haut ?

Puisque si l’on a bien suivi, et si notre être (qui n’est pas un être) se produit comme cosncience-de (cad mouvement ou rapport), alors soit il parvient à se dégager de tous les contenus (et donc à se signifier comme formel, dieu, pensée, sujet ou réel, et ce qui peut s’intercaler entre ces quatre-là évidemment, les figurer), soit il reçoit son unité de l’extérieur, cad du corps (du pulsionnel dirait la psychanalyse, étant entendu que l’étayage pulsionnel peut conduit pour Freud à la sublimation et pour Lacan à une sorte d’éthique, que probablement il n’a pas achevé, ou que pour Sartre à une extrême exigence, comme celle du dieu un tout-autre, ou kantienne, ou etc).

Si l’unité s’appesantit par le corps, ça n’est pas que cela soit tellement mauvais ou d’une noirceur abyssale, mais c’est surtout que l’espace (et le temps) de l’intentionnalité de conscience de plus en plus difficilement sera en mesure d’organiser, d’élaborer, d’inventer, de créer des rapports, puisque plus ou moins et même de plus en plus, l’intentionnalité sera embauchée, ou débauchée, et utilisée par la satisfaction imaginée ; et l’arc supérieur paraîtra d’autant plus comme une contrainte indue, voire haïssable, et, en tous cas, externe à ce subjectivisme du corps du moi, du moi en tant que corps vivant, halluciné, puisque le dit corps ou plus exactement la dite conscience-dans-ce corps, hallucine sa satisfaction, mélangeant et donc amplifiant, jusqu’au fabuleux, la pseudo-plénitude ou jouissance. Lorsque l’espace (et le temps) se réduisent, on étouffe.

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L’inouï

10 Juin 2023, 16:42pm

Publié par pascal doyelle

L’inouï nous étreint et nous rince. On a vu que nous ne sommes pas sans rien.

Contrairement à ces succédanés de justifications développées par et pour le moi, la formulation du sujet tel qu’on l’éprouve depuis grosso modo 2 siècles, mais surtout avec cette accélération formidable des fameuses années soixante (en quoi elles consistent, ces incroyables années soixante), justifications donc du moi qui adore désespérer, jouer au mécréant, au « rebelle » et ne plus croire en quoi que ce soit, ce qui est bien pratique et lui justifie quantité de dérives souvent raisonnables mais parfois tout à fait délirantes, voire idiotes,

bref le moi qui aime croire à l’absurdité du monde, et se prive ainsi des grands, des immenses arcs de conscience qui eurent lieu et dont, pourtant, il est issu, né, causé structurellement parlant et qu’il ne serait pas, lui, le « moi », le moi-même chéri, sans les sujets qui l’ont précédé,

ce moi qui s’ébaudit de sa richesse (très réelle), s’est égaré dans les miroitements. Les miroitements, les images. Or le sujet est, lui, le miroir, et non les images qui se croisent dans le miroir. Impossible d’enfermer le miroir dans quelque image que ce soit ; il requiert un autre système de signifiants, ce qui s’est nommé philosophie, par ex, depuis longtemps (philosophie qui a pu se relancer par Descartes et suivants, en tant qu’ils cherchaient, eux, à délimiter le miroir).

Ne cachons que la difficulté serait d’adapter le sujet ou les grands arcs de structure au niveau des mois eux-mêmes ou de la réalité effective ; si le moi devint une nécessaire liberté c’est afin d’avancer au plus loin possible dans le donné, la vie vécue, le relationnel, les objets et les images, etc.

Bref un niveau avancé de civilisation qui autorise une attention démultipliée et si totalement détaillée ; tandis que dieu, la pensée, le sujet ou le réel habitent en leur haut niveau, mais abstrait en comparaison. Projets, entreprises économiques, industries et professionnalisme, consommation et personnalisation, tout réclame une attention soutenue de tous. Il s’agit d’une industrie généralisée de toute l’activité de conscience possible, de toute l’intentionnalisation possible, de sorte qu’intégralement toute l’humanité, toute l’humanisation, toute la personnalisation sont poussées au plus loin ; tout est totalement réalisé (c’est une des significations du « réel » dans la formule dieu, la pensée, le sujet et le réel ; tout est réal-isé, tout est devenu monde, vie vécue, perception, etc).

Contrairement ainsi la puissance, ou la potentialité du réel (dont le principe est justement le Possible) se déverse dans l’exiguïté de la petite possibilité psychologique (conscient) et psychique (inconscient) et cette énergie non-finie nous a rendu fous ou stupides. Puisque le moi, le moi-même n’a pas les armes, le système, la capacité de signifiants pour marquer les possibilités, qu’il fuit, qu’il refuse d’intégrer, se réfugiant dans le fantasme (individuellement, chacun perd les boulons, se perd de vue, ou collectivement, on recycle à tour de bras les mêmes idéomanies, en gros celles du 19éme).

Et pourtant il y en eut pléthore de sujets ; tous plus imposants les uns que les autres.Qu’ils en passent par dieu, la pensée, le sujet (christique et cartésien et suivants et autres), le réel (et la révolution, et enfin la diversité des moi-mêmes). Et sujets qui offrirent non pas des résolutions mais de possibles résolutions, dont évidemment les moi-mêmes pourraient au moins s’inspirer, afin de créer les leurs, leurs arcs de conscience, de sujets (et non plus de mois, parce que le moi est trop court pour lui-même), et de ces sujets la coordination de tous et de chacun.

Et ainsi la totalité de toute l’expérimentation universelle et individuelle, ce qui veut dire de la singularité (comme pierre centrale de ce qui existe, en tous cas pour nous et dans cette expérimentation même), la totalité se presse contre nos yeux. Mais nous ne percevons plus rien du tout ; il n’y aura pas de méta-organisation humaine, de méta-coordination, qui seules auraient pu réguler la toute-puissance simpliste des égos (qui entraînera à terme la catastrophe écologique généralisée) ; puisqu’en tout moi ne s’élève aucun sujet, celui là même de l’universel et de la conscience de soi. Chacun ne perçoit plus que son faible rayon d’activité énervée, agitée, sans intelligence aucune, sa corruption en un mot. Il n’est aucun moyen de coordonner l’humanité dispatchée en une infinité de petits égos obsédés par leur seule vie vécue. Ou donc ; l’économie est l’idéologie du corps.

Le moi, de ce point de vue, paraît reclus dans la sauvagerie de sa nudité, tant il s’empresse d’être « lui-même », alors même que ne croyant plus en rien il n’en démord pas moins que lui, au moins, il existe. Ce qui est bizarre ; autant dire que « ne pas croire » (ni en dieu, ni à la pensée universelle, ni au sujet et pas du tout au réel, livré au fantasme brut) « ne pas croire » c’est l’articulation méprisable qu’il invente afin, précisément, qu’il puisse s’énamourer de son lui-même ; que ce soit par l’antithèse de son désespoir ou flirtant à hue et à dia d’avec ses objets de désir chéris. En bref il joue la comédie, il fait semblant. D’être.

Parce que sinon il devrait souscrire à dieu, à la pensée, au sujet et au réel ; non pas qu’il ait le choix (mais en même temps quelque peu néanmoins) puisque les quatre sont vrais, en leur mode.

Soit globalement souscrire à l’Intention. Ce qui veut dire que le réel a un sens, celui qu’il est, qu’il existe, et auquel on ne peut échapper puisque sinon on n’existe pas.

L’intention donc, ou le rapport. C’est ce que disent dieu, la pensée évidemment, le sujet (rapport aux autres, christique, et à soi-même, cartésien, et au corps, lacanien, etc), et rapport au réel ; puisque si on s’enfuit du réel, on répète. On répète toujours et encore le même circuit mémorisé. Or ça ne sert pas à répéter, la conscience, mais à actualiser ; échapper au tigre à dents de sabre ou aux conditions infamantes d’existence (et donc faire la révolution) et de toute façon un « moi », quoi qu’il en veuille, invente. Il s’est inventé, par ou contre ses parents, la société, le temps, la mort, pour ou hors du sexe, ou d’une dérivation, par une folie ou une dépression ; on a le choix, non exhaustif.

Un moi ça s’est inventé. Par son enfance, adolescence et même tout vieux et au bord de passer l’arme à gauche.
Dans l’Intention en effet on ne peut pas ne pas inventer.

Tout rapport est incessamment nouveau. Dans la foi, la conversion en l’universel (la pensée), l’égalité ou la liberté (d’autrui et de soi-même), l’égalité et la liberté du sujet, des sujets, il s’impose un progrès incessant, un progrès du dedans de la structure de conscience ; puisque l’on ne parvient jamais à circonscrire la nature même de ce qui est, à savoir que cela existe, Existe, et qu’il s’agit d’un rapport et que le rapport n’a pas de fin ; sa nature même est toujours absolument autre.

C’est ce qui eut lieu depuis la sortie d’Égypte ; dieu nous criant dessus ; « invente, mais invente donc ! » Et le christ ; venez à moi mes petits inventeurs. C’est ce qui eut lieu, et considérablement. Une indéfinité de sujets dans tous les sens et quantité d’œuvres au sens large, éthiques, politiques, esthétiques, littéraires ou poétiques, universelles et individualisées ; c’est la même chose ; avant d’être Rimbaud, il se nomme Arthur, et n’en reste pas moins Arthur, il l’existe même in-finiment plus, et chacun donnant à chacun d’introduire dans son propre Temps tous les Temps possibles. C’est bien pour cela qu’il existe des sujets. Qu’ils se donnent les uns aux autres la Possibilité. La démultiplication du monde, de la réalité, de la vie vécue, du réel, puisque le réel est un rapport et qu’il consiste à devenir, à devenir le devenir.

Aussi est-ce l’inouï.
L’inouï, depuis le début, et jusqu’à nous, et qui peu à peu est saisi et se révèle à lui-même.

Pourquoi des créateurs ? Pour montrer tout ce qui est, certes, mais surtout tout ce qui est possible. Et qui n’est pas. Et ainsi le véritable réel se tient du possible, de ce qui n’est pas encore. Nous sommes de l’ordre du Créé. Et non de l’être, qui est une concrétion, bien utile sans doute (puisque son intentionnalité, l’intention attenante à l’idée de l’être, engage à penser, à produire, fabriquer, inventer des réseaux de signifiants qui sont et seront perçus par des sujets, aucun groupe n’use de la pensée, de la représentation oui, mais la pensée est du sujet, et comme Platon le dit ; la pensée nous donne le monde, sinon on se représente un monde commun, celui de tel ou tel groupe, l’être nous implante dans la formule abstraite et vide mais formelle de « ce qui est là », en dessous de toutes les représentations, et ouvre aux innombrables systèmes, comme autant de facettes du faisceau).

De l’ordre du créé, et donc nous créons ; depuis le dieu un tout-autre, unique et antérieur à tout, jusqu’aux mois, innombrables.

Si le principe est non pas ce qui Est, mais de Devenir, y-a-t-il une raison pour le Créé s’arrête ?
Non. Le principe est alors que même une « relative perfection » atteinte, il existe encore un devenir. À la toute fin des Présents, l’Instant est cela même qui est modifié par tous les présents. Pour illustrer ; dieu n’est pas le même à la fin qu’au début, il lui est ajouté ou il a voulu qu’il lui soit ajouté l’humanité et le devenir continuel de ces êtres qui ne sont pas du tout des anges (et donc parfaits en leur intellectualité) mais il s’est ajouté, à lui-même, des êtres imparfaits étant structurellement libres et qui augmenteront la structure divine elle-même ; « je suis celui qui est en cours d’être », autrement dit « qui existe ». pareillement la pensée ne décrit pas seulement le donné tel que là, ce monde, mais crée les possibilités intellectives des variations potentielles de l’être, tout comme on crée de nouvelles mathématiques (qui ne répondent pas scrupuleusement à telle ou telle application dans le monde donné) ; pareillement l’humanité est l’ensemble des rassemblements potentiels susceptibles de se déployer ; et qui, en l’occurrence, se déploie d’autant lorsqu’elle rend possible que chacun et tous non seulement « se choisissent » (comme dans l’ancienne raison) mais tout fondamentalement lorsque chacun et tous sont donnés au possible même de « se créer, s’inventer » ; c’est ce à quoi l’on assiste depuis la révolution (que ce soit celle de la liberté anglo-saxonne ou la liberté égalité française et de toutes les variantes).

Ce qui est de l’ordre du créé est absolument réel ; il avance plus loin que le donné là ; ce qui est de l’ordre du créé est comme la pensée de dieu avant la création du monde (les rêves de dieu),
a logique de l’être in-fini (les modes infinis de l’être infini),
la sûreté de la liberté qui veut (comment vouloir toutes les intentions structurelles ou décisionnelles ou intellectives ou imaginaires, et de quelle nature sont les relations entre les sujets)
et ainsi la réalisation potentielle ; toutes réalisations qui n’apparaissent que dans et par le créé.

Il nous fut, il nous est donc possible de percevoir l’entièreté de la création (de la création comme absolument continuelle par dieu, mais aussi continuée par les sujets imparfaits) - si l’on est croyant -

ou la totalité ou le début du commencement de tout le Créé, de tout le réel possible, le début de toute la possibilité du Créé (dont nous n’obtenons qu’une relative et faible considération)si l’on n’est pas croyant.

Non pas le simplement réel réalisé, mais le réel possible.

Une esthétique, par exemple, nous fait voir une capacité ajoutée la réalité.
Un
e éthique, une possibilité relationnelle (à soi ou à autrui).
Un
e structure (dieu, la pensée, le sujet ou le réel) un ajout transformateur de tout ; on n’avait pas idée ni imagination du dieu un tout-autre avant qu’il paraisse ; ni de la pensée ni de l’être avant qu’ils se présentent et deviennent notre pensée ; ni du je avant qu’il se montre à tous (le christique) ou à soi-même (le cartésien) ; et les axes nouveaux tournèrent le monde, la vie humaine, la vie vécue ou la conscience de soi.
Puisqu’à chaque fois le rapport s’est énoncé
différemment et distinctement (distinctement mais s’existant lui-même in-finiment, puisque c’est un rapport, et donc toujours difficilement saisissable, puisque l’on ne saisit qu’un seul bout du rapport et donc « rien », sauf le mouvement et le positionnement ; dieu, l’être, le sujet, le réel ; l’intention, l’idée cad le réseau intentionnel, l’intention ici même du sujet et l’exister-autre comme principe, cad comme possible : on y reviendra).

Évidemment si nous traitons l’inouï dans sa forme structurelle accessoirement et avec indifférence, au profit de la seule réal-isation de l’humanité et de la personnalité, rien en nous n’en sera bouleversé. La réal-isation, ce monde humanisé personnalisé, délimite complètement ce qui, pour le moi, est ; il oublie la dimension structurelle du sujet. Ce que les mois pourtant recherchent, souffrant même de l’impossibilité de réal-iser la structure dans la détermination ; l arichesse de tous les rapports, de tous les objets, de toutes les images, des relations humaines et y compris des vies vécues, ne sont pas au même niveau ; le moi est passionné des contenus des rapports, le sujet du rapport (miroir) lui-même. Pour que le moi puisse au moins un minimum s’ancrer dans la structure (soit donc s’accrocher à dieu, à la pensée et l’universel, au sujet ou au réel) il lui faudrait désenclencher l’arc de conscience hors de l’unité constitutive du moi, qui veut toujours plus concrétiser la matérialité, la corporéité, ou donc la satisfaction (ici dans le monde et la vie vécue), et en regard de quoi le sujet lui semble de porter qu’en une insatisfaction, que le moi ne comprend pas du tout. Il ne voit pas, plus que la dite insatisfaction signifie le miroir et non les images.

Rappel ; le moi pour Lacan continue le désir en tant que désirs (au pluriel), afin que la continuité des signifiants se poursuit (au contraire d’être coincé dans la névrose, ou absenté dans la dépression, qui définit comme manque du manque, et donc n’a plus de désirs ou, névrotique, un seul qui se répète) ; et c’est le réel, dans les trois cas, qui effondre le psychotique, du réel suinte l’angoisse pure, l’horreur, cad la jouissance ; la jouissance (le réel) abolit le désir (et donc les plaisirs, qui sont sensibles et la jouissance, hallucinatoire), la jouissance s’imposant comme effroyable douleur ou terreur incoercible, lorsque dans le cauchemar je m’approche tellement près de la fibre hallucinatoire, qu’elle me réveille (et me réveillant je ne «rendors », je redeviens conscient et oblitère la terreur, l’horreur, le réel, l’angoisse brute) ; la fibre dont j’ai presque touché l’ignoble est le réel-du-moi ; la jointure à laquelle toute conscience, en arc, tend à échapper. Et plutôt que d’élaborer la séparation, le gouffre, la division radicale, la rupture originelle, le moi croit la remplir (par ses objets ou ses images, quitte à la couvrir du fantasme, ce qui est bien, mais en danger de glisser le fantasmatique, dévorateur ; celui qui dit que « tout est possible » du libéralisme économique ou technologique, transhumaniste par ex).d

Dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel tentent, eux, de retisser la coupure (la castration), d’en percevoir la signification, laquelle est l’inouï. Qui établissent le possible mais délimité, puisque seule la limite permet d’avancer (sans limite, l’indistinct ; avec les limites, le réel sur lequel prendre appui, sinon c’est au fantasme que l’on affaire). On peut évidemment fantasmer et créer du fantasme, mais non pas croire qu’il serait la substance du réel.

C’est bien pour cela que dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel sont des exigences et non des facilités (de même une œuvre esthétique, etc, est organisée, structurée, poursuivant l’historicité, reprenant le possible acquis par les autres sujets). Il s’agit d’architecturer à partir des arches antérieures. S’attendre à une compréhension objectivante, de détermination et accessible au moi en forme d’objets étalés, démontables, dont on serait la conscience extérieure, sans que soi-même on soit engagé dans la structure du réel, c’est ne pas saisir, parce que le réel on ne peut le saisir mais inversement « on en est saisi ».

Cest la rupture (du donné tel que déterminé, et indique la structure du réel comme étant le possible) qui coupe pareillement l’humain par le signifiant ; et c’est la dite rupture qui est signifiée par l’ensemble de tous les signifiants de dieu, de la pensée, du sujet ou du réel.

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Le plus grand arc du réel

3 Juin 2023, 08:12am

Publié par pascal doyelle

Introduire une distance c’est produire de nouveaux rapports. Dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel interfacent in-finiment, et tout le reste est à l’imitation de ces quatre-là.

On ne peut pas traduire l’être, le sujet ou le réel dans un autre langage ; puisqu’ils relèvent de l’arc intentionnel de conscience, et qu’ils se décrivent, s’analysent à partir de l’intentionnalité.

Ce qu’ils veut dire que si la vérité est ce qui s’énonce, c’est ce qui s’énonce au futur, ou vu autrement selon le possible ; le possible dit vertical. La réalisation de soi, de la pensée, de l’humanité s’effectuent dans le temps, en tant que monde et réalités, mais dans la suspension intentionnelle, comme tout ce qui est formel, et dans l’attente de la réal-isation intégrale de tout ce qui est possible ; aussi n’est-ce pas le moindre des arguments en faveur de la possibilité formelle « éternelle », ce qui veut dire non temporelle au sens de rejoignant totalement toutes les actualisations.

Puisque si le réel est non pas selon l’être (cad l’achèvement causé d’un état de début vers un état terminal)

mais est selon l’exister, dans laquelle forme la réalité est suspendue dans et par sa réal-isation, alors il existe également une réal-isation intégrale de tous les possibles en une fois dans le présent, littéralement le présent, la toute-présence de tout le possible, de tous les possibles en une fois ; les divergences instanciées comme distinctions qui déplient la réalité, qui rendent donc possible qu’il y ait une (des) réalité(s). Ou donc le possible (intégral) attire absolument, cad formellement, toute réalisation au travers de cette suspension qu’est le présent, ou donc l’actualisation ; il ne peut pas exister seulement un seul présent, mais le feuilletage du présent.

Bref, l’intentionnalité ne dit pas ce qui est, mais ce qui peut être, ou donc ce qui ex-siste ;

Puisque ce qui est alors représenté en avant scène, dieu, la pensée, le sujet et le réel, sont des rapports (et donc formels), ils initient quantité de rapports ; et comme les quatre sont formels s’offrent une indéfinité de rapports divers (par ex la pensée, en tant qu’universelle est la connaissance et la connaissance rend projetables des sciences, ou le sujet envoie vers-chacun, par la confession, les mémoires personnelles, comme Montaigne, ou le sujet qui-existe-pour lui-même, cartésien, ou le moi, qui se vit personnellement, et qui se libère tel qu’au milieu du 20éme, année soixante). Dieu, la pensée, le sujet, le réel ouvrent sur une indéfinité (qui dépend de notre enthousiasme, engouement, investissements, et du rassemblement de nos volontés ou plus exactement, ce qui est tout à fait différent, du rassemblement de notre intentionnalité) ouvrent sur une indéfinité de rapports ; par ex la révolution, installée historiquement, et réellement, rend possible quantité de relationnels, nouveaux, et inventés par les individualités (et plus ou moins produits industriellement également, mais c’est un autre problème, parce qu’ils ne sont pas produits « pour rien » non plus, ils rencontrent des envies).

Il n’y a rien de secret et les descriptions sont chaque fois en leurs temps aussi exactes que possible (dieu, l’être, le sujet, le réel)  ; sauf ceci que l’on ne sait pas du tout « où » va le rapport. Si nous nous tenons à un bout, on ignore l’autre bout. C’est la structure étrange de ce qui est.

Et par quoi on rejoint le poète.
« Quand on a le temps on a la liberté » (Les fenêtres, Apollinaire)
« la quatrième dimension » que l’on nomme ici cinquième « l’immensité de l’espace s’éternisant dans toutes les directions à un moment déterminé » (Méditations esthétiques, du même Apollinaire).

À savoir que l’on ne sait pas même jusqu’où s’étend le présent, tout l’espace ici présent et que, fondamentalement, l’œuvre, une œuvre, le poème, consiste en l’accumulation ou la diffraction ou le splittage (etc) de cet espace donné tel que là, mais projeté dans le temps. L’œuvre en général, ou la philosophie, les esthétiques, littératures, mais également les sciences, ou la politique ou évidemment la religion, etc, ré-introduisent des réalités dans la réalité, qui n’est ou se révèle comme n’étant nullement plate, étale ; en quoi il s’agit (toujours) de renouveler l’émerveillement, l’inouï rimbaldien du futur extatique ou le retour continuel du temps d’Apollinaire (ou la surréalité ou la madeleine ou, donc, les mythologies, out tout ce que l’on voudra qui rassemble le présent ; la transcendance ne se fait pas donc sans rien ; puisque depuis qu’elle est séparée, cad divine (et non pas sacrée qui consacre telle partie du monde, réservée), depuis le un tenu en-dehors, tout est manifestation ; ce qui veut dire qu’il faudra constamment aimer précisément ce qui est, parce que ce qui est Existe, et donc est un rapport, qui ne peut être compris qu’en tant que rapport (et non comme chose sacrée ou chose inerte, objective).

Or donc cette intentionnalité est réellement et effectivement un rapport ; donc il ne sait pas où s’avance le rapport que « je » existe. La forme du rapport est celle du possible possible ; ce qui veut dire non pas de telle ou telle partie du monde, ni même du monde lui-même, mais de la capacité interne au réel, dont le principe est le possible ou « le plus grand possible possible » ; en ce que le réel est, forcément, plus grand que lui-même.

Remarque ; que « le réel » soit en tant que rapport, à la fois préserve qu’il existe tel que lui-même, mais d’autre part étant rapport il colle instantanément à la manifestation. Ou donc « instantanément » veut dire tout aussi bien distance. On n’a pas affaire à un réel d’un côté (qui serait en soi substantiel) et de l’autre la réalité (qui serait « une autre sorte de substance », opposition que l’on ne comprend pas du tout, et que l’on n’a jamais comprise, comme la pensée grecque qui suppose bien la-pensée, mais face à une matière informe, inexplicable, qui « était là » on ne savait trop pourquoi.

Ou comme dit ailleurs, l’immanence existe vraiment, tout est « là », mais dans et par la transcendance et la transcendance implique toute l’immanence ou les immanences que l’on voudra ; puisque « le réel » est une articulation ; et étant « le possible même », il ne peut qu’être une articulation : un rapport de rapports. C’est pour cela qu’une « vérité » qui prétendrait renvoyer à autre chose qu’au rapport que chacun existe, est un mensonge, ou une aliénation ou une hontologie (« une honte », cad un mélange imaginaire et conceptuel ou représentatif ; on croit qu’autrui est heureux, ou qu’il jouit, parce qu’autrui est perçu de l’extérieur et que l’on comble cette distance par un « imaginaire jouissant », cad une hallucination).

La seule vérité c’est justement celle qui avance que chacun est un rapport : et qu’un rapport est un rapport à (soi), et dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non quelque identité ou un contenu quelconque; tout est quelconque face au rapport même, qui seul est, effectivement, « vivant », disait le christique, ou Existant disons-nous.

Et c’est bien ce que signifie, comporte, importe, emporte dieu, l’être, le sujet (christique ou cartésien) et le réel. Que chacun soit, de plus en plus, élevé. Et élevé parce que l’on ne sait pas, ne perçoit pas, ne touche pas, n’imagine pas, de pense pas ce que le rapport veut dire, implique, crée.

On s’élève. On s’élève si l’on respecte l’exigence, que dieu, la pensée, le sujet, le réel imposent ; que le raport et ainsi le réel est un rapport et qu'il existe toujours par une plus grande réponse. Il n’y aura pas de fusion, celle dont rêve littéralement la pensée, le désir, l'idolâtrie. 

Il n’y aura pas d’unité paisible et relâchée. Toujours il y aura la distance, parce que sans distance il n’y a rien. Pas de réalité(s). ce qui veut dire par ailleurs que si il y a réalité, il y a réalités (et ce pour quoi on admet une infinité de réalités, ou la r »alité ou l’univers comme infini, serait-ce une infinité d’univers peu importe, et puisque originellement ou abstraitement ou génériquement le néant, infini, existe autant que l’être, infini et que de plus si la réal-isation use tous les possibles possibles au fur et à mesure, puisque l’on part d’un néant et d’un être infini, d’une réalité infinie, et ayant épuisé les possibilités au fur et à mesure, il n’en reste pas moins un univers infini … on ne peut pas échapper à l’infini. L’infini est ce dont la réalité est faite. Puisque l’infini n’est nullement un concept explicatif, mais descriptif.

Bref, si les véritables structures renvoient au rapport, c’est que seuls les rapports, qui se détiennent eux-mêmes, s’auto-déploient et donc s’organisent ; il n’y a pas un « ordre » extérieur aux choses et aux êtres, les choses et les êtres déploient leur(s) possible(s) propres. Il existe une mise en forme organisationnelle générale qui à partir d’une élaboration (la matière par ex) crée une autre élaboration (le vivant), et qui plus est quant aux sujets.

Dieu, la pensée, le sujet (christique et cartésien et suivants), le réel implantent une éthique formelle constante, ou plus véritablement une intentionnalisation absolument diffractée, qui splittent l’espace, le monde, le donné. Le rapport que l’on est, que donc l’on existe, n’est pas n’importe quoi ayant affaire à n’importe quoi ; et le problème est que l’on n’a pas d’autre repère, d’autre repérage que les positions acquises et que les attitudes inscrites, dans l’historicité. Il n’est pas un discours du discours ou une pensée de la pensée ou un sujet du sujet, ni un réel du réel ; et comme dit qu’il est impossible d’imaginer, de prévoir que dieu va apparaître (dans le champ intentionnel), ou la pensée universelle, ou le sujet ou le réel ; ça arrive, point.

Ou dit autrement ; on ne peut pas « voir » au-delà de l’actualité que l’on existe.

Inversement ; on n’existe pas selon la causalité de ce qui est déjà mémorisé, mais en et par une intention qui crée un champ actualisant. Le champ actualisant est, originellement de toute manière, est fait pour répondre et souvent de façon inventive à « ce qui arrive » ; il n’existe pas une conscience pour répéter comme un perroquet le déjà connu, mais bien l’inverse ; afin de mémoriser puis de réorganiser telle ou telle situation, en n’utilisant pas l’adn, par ex, ou en adaptant le texte sacré ou en créant une représentation rationnelle ou une connaissance mise à jour ; sinon quel intérêt, pour le vivant, de s’être doté d’une « conscience », cad d’une présence et donc d’une activité actuelle ?

Il est évident que l’on a rêvé l’idée de l’être, puisque de toute manière l’être est encore en cours, il se nomme l’exister, et que l’on ignore ce qu’il recèle, contient, vers quoi il peut Exister ; et donc qu’il n’est nullement une chose molle ou inerte ou un état quelconque étant entendu que seul le devenir, ou le possible, s’imposent comme au moins égaux à ce qui est nommé, désigné, signifié comme étant « le réel » ; qu’il ne soit pas, nulle part, veut dire qu’il existe beaucoup plus que cet être mort né, que « le réel » est une articulation bien plus étendue et difficilement compréhensible qui n’est évidemment pas réductible à une saisie « objective » d’une notion, d’un concept, d’une idée et que si il est devenir, qu’il soit devenir brut comporte renouvellement ou continuelle naissance.

Puisqu’ici le possible n’est pas le possible d’un quelconque quelque chose, mais le possible du possible. Ou donc ; il est toujours encore plus de possibilités ensuite qu’initialement : le possible est une capacité qui cherche la distinction, afin de, prenant appui sur le distingué, puisse se produire encore plus de distinctivités. Si dieu existe, il n’est pas celui qui crée des choses ou des êtres clos, mais des rapports qui s’organisent ; tout est entièrement une organisation (il n’est pas un magma, une masse informe qui admettrait les idées) ; des possibilités, étant lui-même non pas le dieu théologique figé (celui qui promulguerait des interdits), mais le dieu du « je suis celui qui est en cours d’exister ».

Évidemment le plus incompréhensible tient à ceci que selon toute vraisemblance le dit « monde », l’univers, la réalité sont destinés à la dispersion, au froid glacial de l’extinction de tout, voire au déchirement de la trame spatio-temporelle elle-même, jusqu’à la moindre particule, l’indéfinitude totale et ténébreuse, et donc infinie dans le temps et l’espace puisque ceux-ci seront éclatés.

Mais on a vu que s’il est une « direction » de la réalité, ça n’est pas le temps, mais le présent ; soit donc le possible ; ce que révèle qu’il y ait un présent ; il y a un présent afin que quelque réel devienne. Ou ; le Bord du monde, de la réalité n’est pas au fin fond de l’univers (qui du reste n’existe pas, qu’il soit infini ou sphérique) mais ici même ; en tout ici même et maintenant et se dirige « vers le haut ». On nomme cette orientation « vers le haut » puisqu’elle recherche « encore plus de possible ». N’étant pas une des possibilités du monde, elle est, cette orientation, interne au réel-même, celui antérieur à tout monde, puisque la forme « présent » est absolument totalement universelle, tenant du fait, exclusif, d’exister, et toutes les distinctions, les différenciations viennent ensuite.

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Dénouer le réel

27 Mai 2023, 09:00am

Publié par pascal doyelle

Il est inutile de rechercher une unité (de tout ce qui est, tels l’être, le un, le dieu théologique, le sujet monolithique, etc) puisque l’unité de tout est un mouvement ;

Suivant en cela le principe ; le réel est plus grand que lui-même ;

si tel n’était pas le cas, à quoi servirait qu’un réel il y eut ?

Si le réel est un mouvement c’est parce qu’il devient.

Et qu’il est entièrement, intégralement ce devenir. Ça n’est pas quelque chose qui « deviendrait » ; c’est le devenir lui-même qui devient.

Ou donc ; il y a un réel, et ce réel est un présent afin que le possible soit toujours encore plus grand.

Ainsi sortons du dieu théologique, qui reste, aussi extraordinaire soit-il, un copié collé de l’être, de l’être grec, celui de la pensée universelle. Ce qui est très bien, mais insuffisant. Le dieu réel ou en tous cas celui qui s’est révélé (que l’on soit croyant ou pas) crée une soudaine nouvelle possibilité ; celle de l’humanité ; et qui ensuite crée, dans cette création précédente, une encore nouvelle possibilité, et cette fois l’individualisée ; celle du christique qui dé-couvre chacun à lui-même. Ensuite se propage la possibilité de la réunion, à neuf, de tous ceux qui furent séparés, un par un, ce qui rendit possible la révolution ; celle, précisément, de la liberté-égalité-fraternité et qui avance comme telle, en s’annonçant, et afin que chacun soit en charge et que chacun puisse d’abord se réaliser et ensuite se coordonner à tous les autres mais également à chacun. Rendant possible un relationnel tel qu’il n’en fut jamais aucun qui soit plus approfondi.

Ou si l’on préfère ; il existait des communautés, fortement soudées, mais qui n’intégraient pas la séparation individuée, et donc contenaient moins de possibles…

la révolution est cela-même qui augmente de partout les capacités et ainsi démultiplie les réalisations, évidemment, et les possibilités elles-mêmes.

C’est le devenir qui devient.

Quittant toute perspective de religion, de révélation, puisqu’il s’agit de la possibilité même, il se devait que chacun accède à ‘soi’, et ce, évidemment, de par soi même, de par soi seul ; puisqu’un rapport, ce qu’est un je, n’existerait pas sans cette auto-accession.

Voici donc chacun ayant à devenir le je qu’il doit ou peut être ; ce qui est particulièrement vrai au 20éme, dans la seconde moitié, puisqu’alors il n’existe plus que des mois… livrés et atomisés. Ou délivrés et égocentrés.

De même donc que dieu, la pensée (universelle), le sujet (christique perçu d’un seul regard ou cartésien ce regard se perçoit) ou le réel (la révolution, le moi) n’existent pas sans que l’on y soit. Leurs finalités consistant à élever continuellement le niveau, le degré, l’intensité, l’augmentation, l’extension et l’approfondissement des rapports. Rapport à soi (ou à ‘soi’), rapports aux autres et rapport au réel, au possible lui-même ; à la logique ou au sens, à la signification qu’il faut reconnaître dans le réel, comme possibilité radicale ou originelle.

Laissé à lui-même le rapport (cad les internationalisations que l’arc de conscience rend possibles en créant des champs intentionnels) désigne des choses ou des êtres (d’un monde ou d’une communauté par ex) et non les rapports entre les choses et entre les êtres et entre les rapports eux-mêmes (telle la raison), de sorte que ceux-ci parviennent à se manifester, à se représenter et ainsi, introduits dans la représentation, puissent se déployer en tant que rapport (lorsque la pensée ou le sujet entrent dans le champ de représentation, il leur est possible de s’exprimer et donc de s’organiser, de se distancier et donc de se décider, de diverger et donc de créer), par quoi le rapport se désigne nominalement comme je.

Pareillement ou parallèlement, si l’on se demande ce que c’est que la conscience, on dira qu’elle est un rapport. Un rapport à (soi) dans lequel rapport n’est pas rapport à quelque chose ou quelqu’un mais un rapport au rapport lui-même ; il se sait ; ce qui peut se prononcer aussi bien personnellement, singulièrement, qu’universellement, puisque le je est plus grand que l’universel (qui est relatif à un contenu universalisé, la mise en forme de perceptions dans des signes, les mots ou les couleurs ou les lois ou ce que l’on voudra). On ne peut pas avancer au-delà de cette notion, « structure de rapport à soi comme rapport » ; la « conscience » est considérée comme aussi instantanément évidente que l’exister, que l’être ou le néant. Au sens où on ne peut pas dériver « conscience », sinon de précisément cette notion de rapport ; en quoi le réel ou la conscience n’existent que de et par ce mouvement. La conscience est le rapport tel qu’il se rapporte à lui-même, ou donc en tant qu’il est son propre possible ; c’est précisément cela même qui-a-rapport-à-soi qui signifie réellement et effectivement le possible pur ; tel à tout le moins qu’il nous est accessible ; ou autrement dit, on ne sait pas ce qu’il comporte, autorise, ouvre en et par lui-même, si tant est qu’il existe en tant que dimension.

Ou si l’on préfère ; lorsque le rapport se signifie (comme dieu, pensée, sujet ou réel) il déplie le rapport lui-même (par ex il saisit qu’il existe comme je, ou comme réseau intentionnel d’idées, et donc ouvre la perception à de nouveaux champs, ou par la révolution à de nouveaux relationnels) ; c’est la distance prise dans le rapport de structure même qui produit le possible. L’être n’est pas une « idée » seulement, c’est une position qui apporte quantité de rapports d’idées (dont ses avatars, le bien, la pensée de la pensée, le un, qui chaque fois progressent dans le réel même, et ensuite dans les réalités perceptibles, puisque signifiées dorénavant ; l’être est le grand rapport universel et le bien ou le un les possibilités, nouvelles, de ce rapport).

Soit le présent et l’articulation du rapport est simplement fonctionnel (mais alors jusqu’où, c’est ce qui réclame l’analyse depuis 25 ou 30 siècles, ne pouvant pas être pensé abstraitement mais qui doit être intentionnalisé réellement)

soit il est dimensionnel et le présent ex-siste verticalement, est ce par quoi nous disposons ou sommes attirés vers le haut ou vers plus que la réal-isation ; vers la plus grande possibilité possible ou, pour être concret, vers les plus distinctes et difficiles possibilités réalisables, ce qui veut dire actualisables et dont nous sommes, parfois, soudainement investis (pourquoi les révolutionnaires voulurent-ils ce qu’ils décidèrent ? Pourquoi Socrate était-il divin?) ;

puisqu’il est bien certain que dieu et la nation des volontés, la pensée et l’universel et la connaissance, le sujet individuel et ensuite la révolution de structure sont de faits et effectivement les réalisations les plus précises, les plus exactes, les plus concrètes qui se puissent.

Il n’y a aucun mensonge quant l’historicité, la création, la longueur du temps long de l’intentionnalisation, qui véritablement crée, non seulement des œuvres (qui sont structurellement singulières, puisque la singularité est l’exister même, et qui impliquent l’individué extrême de chacun),

mais des instancialisations globales, individuelles et partagées et universalisées, puisque leur « matière » est la structure intentionnelle, cad la conscience (de) chacun. Or il n’est pas de plus grande universalité que l’arc de conscience (qui rend possible tous les concepts, toutes les mathématiques, etc, puisque tous les rapports).

L’ensemble du mouvement consiste à augmenter, intensifier, à élever en bref et plus généralement ou en vérité plus universellement à distinguer ce qui est ou, donc, ce qui devient toujours plus réel. Et en l’occurrence à opérer les distinctivités internes à l’arc de conscience, valant pour chacun, pour autrui et pour tous ; ce qui est un effort considérable puisque l’on ne trouve pas dans le monde, le donné, les immédiatetés, les dites, précieuses, distinctions ; et requis un effort d’abstraction, de réflexion. Étant entendu que l’on ne peut pas distinguer dans « ce qui serait déjà là » ; puisque ces opérations ne naissent que dans l’actualité, de la foi, de la conversion à l’universel, de la transmutation en sujet, de l’historicité révolutionnaire, qui tous montrent ce qui n’est nulle part mais qui ex-siste ; la distinction, la distinctivité consiste à créer. Le Possible signifie le Créé.

La matérialité ou le vivant ou la conscience, ce sont des distinctivités, du Créé, qui se sont structurés selon leurs rapports ; dont chacun estimera en propre si le réel, ce qui veut dire le possible, est une structure divine ou une structure sujet ou un présent qui se-voit, mais dont effectivement on suppose que seul ce qui est «rapport-à-soi comme rapport » peut assumer qu’il y ait un possible, autrement dit une réalité.

La question est ; si « le réel » est cette structure tout à fait formelle (le présent, l’exister, le rapport, le possible qui devient possible, l’arc de conscience comme pur rapport (au rapport)) est-ce ou non la dimension seule existante ? Et si oui, comment se déplie-t-elle ? La matérialité ou l’énergie, le vivant ou le conscient sont-ils pris-dans un dépliage qui se perd, dans la dispersion, ou le pli use-t-il de plis et de replis ? Dans l’articulation du présent, que l’on a reconnu, ou est-il une torsion, qui relativise tous les manifestations d’énergie et de matérialité, du vivant et du conscient ?

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Le moi et son corps

20 Mai 2023, 08:10am

Publié par pascal doyelle

Le moi, cette invention tout à fait spectaculaire et profondément nécessaire et absolument justifiée et multi réalisatrice, est catastrophé, bouleversé, renversé par l’arc de conscience, cette structure intentionnelle, qui n’obéit à rien ni à personne et pas même, surtout pas, au moi lui-même.

Bien que celui-ci s’emploie à tourner et détourner l’antériorité de l’arc ; antériorité non seulement dans la temporalité mais structurelle ; l’arc est constamment antérieur à toute intentionnalisation, qu’il rend possible.

L’arc de conscience crée le champ intentionnel (unique, il est formel et il n’y en a qu’un) qui rend possible de disposer tout le monde donné, des choses et des êtres, en rapports, dénommés signifiants. Les signifiants découpent le champ de perception en champ(s) intentionnel(s), il faut en effet que soit manifestés les distinctions opérées dans la perception, et à l’origine afin que le groupe humain puisse communiquer et se transmettre (entre générations) et forme ainsi quantité de systèmes de signes (systématiques qui admettent la mémorisation, sinon on parlerait et penserait n’importe comment). Ces distinctions ne sont accessibles qu’encadrées par les signifiants ; aussi peut-on passer d’une langue à l’autre, voire d’un langage (mathématique par ex) à l’autre, bien qu’évidemment si existe tel langage, ça n’est pas pour rien et qu’il contient en lui-même des distinctions qui, traduites, perdent leur sens relié (ce qui vaut également pour les langues), et cependant tout à fait généralement puisque toute conscience est donnée-là dans le même monde et toujours en et par un corps vivant dans le même champ de perception immédiat, il est possible de traduire et de saisir la signification. C’est le monde et le corps donnés là qui portent les différents langages et langues.

Il est évident qu’organisé suffisamment, le système commun du langage s’est investi en une multitude de sujets, qui amenèrent dans le « commun » les aperceptions, les expériences, les inventions, les créations telles qu’accessibles uniquement par et pour les je. De là les esthétiques, les éthiques qui purent se déployer.

Or cette technologie inventée par la réalité, le vivant, le monde, qui consiste en une série de rapports distingués, les uns des autres ; est précisément le dit rapport dont on ne sait pas par quel bout le prendre. De là qu’éventuellement on a pu croire que l’universel ou dieu nous possédaient et que nous ne consistions en rien du tout, et qu’à l’inverse le rapport, l’universel, l’arc divin valaient tout contenu et tout contenu, suffisamment relevé, nous poussait bien au-delà de nos capacités ; exigeant. Dieu est exigeant, la pensée est exigeante, et … le rapport à soi est exigeant.

Ce dont se protège le moi.

Tant que la puissance de l’arc de conscience n’est pas désigné, nommé comme tel (et analysé) il s’investit n’importe où et n’importe comment… Aussi est-il signifié comme dieu, universel, sujet et réel. Rappelons que la dite « puissance » signifie « potentialité », et ce à l’état brut ; puisque l’arc de conscience est le seul exemple de rapport que l’on connaisse et que ce « rapport » on a dit que lui seul était susceptible d’équivaloir au Possible (que l’on considère comme la logique, le principe de ce qui est ; tout ce qui est possible, existe, et en un sens absolument spécifique ; c’est le possible qui existe, c’est le possible qui devient ; au sens où le réel est plus grand que lui-même et qu’il n’est aucune autre assignation suffisante au « réel » que « le plus grand possible possible » ; exemples manifestes ; le christique rend possible le possible, dans le regard du divin incarné en un corps, justement, mais également la révolution rend possible « encore plus de société humaine, humaniste universelle puis personnelle individuée » ou que Descartes lâche les sujets un par un, etc).

Parce que voilà bien le problème. Le moi n’admet que difficilement le joug d’un arc de conscience ; qui pourtant origine absolument tous ses contenus, tous ses désirs et objets, toutes ses intentions. Puisque tout ce qui nous apparaît n’existe que par et dans le champ de conscience, intentionnel, de A à Z, du haut en bas, qui coupe le corps vivant tout entier sans reste aucun (ce que décrit Lacan, introduisant, autant le dire, Sartre dans la psychanalyse) ; le signifiant ne laisse aucun reste sauf cet ancrage en quoi consiste la signification, le signifiant de « soi » et qui désigne ce-corps-ci, lequel ne peut pas être repris dans un trajet, un circuit de signifiants ; le corps donné « là », arrête la ligne des signifiants, et s’impose comme l’inconscient lui-même, le « là » qui ne peut pas être parlé, ne peut pas être réintentionnalisé, qui glisse de par son poids dans l’inexprimé, l’inexprimable. Et attire tout l reste ; le signifiant qui n’a pas de reste, se trouve confronté à une masse inatteignable.

Et non seulement. Parce que les intentionnalisations soit elles suivent leur destination structurelle ; dieu, l’universel ou le sujet ; soit elles plient sous le poids, sous le poids du corps, non seulement de son inertie, mais surtout de, ce que Freud à nommer, des pulsions ; le corps, qui est vivant, lance pour ainsi dire ses insufflations en déviant les intentionnalités ‘vers le bas’, vers des finalités immédiates, faibles, limitées puisque désignant des choses, des objets, des réalités qui correspondent à ce corps vivant, s’identifient à ses satisfactions ; et ce d’autant plus que l’intentionnalité permet d’imaginer les dites satisfactions, de les halluciner ; aussi est-ce vers le « bas », vers le monde et vers et dans les limitations, que sont enroulés, bernés, roulés, les signifiants ; le corps vivant s’introduit évidemment dans, entre les signifiants.

Les signifiants qui en eux-mêmes, déjà, n’existent que si ils se répondent les uns les autres (de sorte que le discours continue malgré les interruptions des satisfactions) et qui de plus désignent non plus seulement comme signifiants mais signifiants parce que nés de et par et dans le rapport, dans l’arc de conscience (étant entendu que ce ne sont pas les signifiants qui « créent » la conscience, mais un arc de conscience qui se crée, à tout le moins, dans la cervelle, ou de dieu), ces signifiants parce que relevant de l’arc de conscience signifient vers le retour de cet arc ; le retour de cet arc empli de son exigence, Et retour qui détiendrait enfin une satisfaction qui ne serait pas imaginaire (et donc déceptive, et qui a besoin de retenter son hallucination, en quantité d’objets substitutifs, échappant aux diverses déviances à propos de l’objet, du sujet, ou évitant le manque du manque, cad la dépression et l’angoisse, puisqu’alors le circuit (intentionnel) du désir cesse et nous jette dans le néant, plus d’objets, même déviés, mais également ailleurs plus de désir).

Une satisfaction non imaginaire n’existe pas… on ne peut pas prouver dieu, l’universel, le sujet, la liberté, etc. C’est exclusivement la foi, la conversion (à la pensée), la certitude au moins a priori. D’aucuns ne présupposent pas même la certitude a priori, convaincus que n’existent que les choses, les corps, ou les calculs ou les idées ou les idéologies (qui toutes s’emploient à nier la liberté, le libéralisme la remplace par le désir, et le communisme par le besoin, et l’anarchisme par une version de l’amour fraternel ou du corps et de l’ego repeints angéliquement ou par une providence naturelle ou immédiate, qui s’emploient toutes à se substituer de l’extérieur au corps vivant). Mais la certitude du je n’est nullement adossée à quelque contenu (puisque Descartes les repousse tous en bloc), alors qu’est que le je affirme ? Quel est non le contenu mais la trace, le projet, le tracé, la ligne que dessine le je ?

Dès lors on est renvoyé à l’anti-corps, prétendument, puisque Platon ou le christique, Descartes ou Lacan paraissent négliger le vivant (au profit d’une abstraction). Mais en vérité, et en fait ontologique, notre corps est depuis l’origine remplacé par l’autre-surface-du-corps ; celle couverte de signes. Puisque nous avons un corps et que donc nous ne le sommes pas (sur cette masse profonde, ce poids nous avons réécrit la réalité). C’est ainsi une autre version du corps vivant. La poursuite de la vie sous cette autre formulation, sauf qu’elle est passé du vivant à l’existant.

Qu’il se soit développé, à tel ou tel moment de l’historicité (cad du devenir), développé un commencement de maîtrise (et donc de création) de cette autre-surface (puisque l’on ne voit pas comment contrôler les signes sans en créer de nouveaux, toute conscience, libérée, par le christique ou la philosophie ou l’esthétique, etc, ne peut pas faire un pas, de plus, sans créer), ce redéploiement de surfaces (à profusion) s’impose comme l’impératif-même.

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Pensée de l’être, pensée de l’exister

13 Mai 2023, 08:53am

Publié par pascal doyelle

On comprend bien, relativement, que si notre être n’est pas un être mais un mouvement (qui use les réalités, les choses déterminées) alors il est impératif (kantiennement pour ainsi dire) de préserver cette capacité de mouvement. Ce qui s’éclaire si on maintient que le dit mouvement est un rapport et que donc ce qu’il faut préserver est ce rapport ou la capacité de rapports.

Placer originellement dieu, la pensée, le sujet ou le réel c’est laisser intacte cette capacité de rapports, tout en, cependant, affirmant et délimitant le possible ; afin que le possible demeure encore et toujours possible, et qu’il existe encore du réel accessible ou plus exactement que le réel soit encore accessible.

Dieu, l’être, le je, le réel sont les formules, vides ce qui veut dire formelles, qui ouvrent le réel comme tel. Le réel, le possible.

Soit on entend définir un gros objet qui les enchaîne tous, tous les objets, toutes les choses, tous les êtres.

Soit on admet le sujet et donc le créer. Le créer veut dire que nous sommes libres et que la liberté ne consiste pas à choisir entre ceci et cela (le bien et le mal par ex), mais à inventer.

À inventer quoi ? Le réel.

Le réel est cela même qui ouvre au possible, puisque le réel est le possible. Tout ce qui est possible, existe. (l’être existe autant que le néant, qui n’oppose évidemment rien à l’être, et l’être en tant qu’existence est la réalisation du possible ; le possible étant la distinction des distinctivités ; une détermination n’est telle qu’en sa différence d’avec d’autres déterminations. L’ensemble de la réalité est l’ensemble des réalités distinctes.

La pensée de l’être naît il y a 2500 ans, en Grèce, jusqu’à ce qu’elle soit remplacée par la pensée du sujet ; la structuration de la pensée de l’être reste évidemment admise, penser c’est comprendre et comprendre c’est organiser, en l’occurrence les concepts.

Elle consiste, on l’a dit, en l’invention d’un réseau intentionnel , d’idées donc, lesquelles ne sont intégrées que d’être pensées, en propre, par le philosophe ; ces idées paraissent tenir toutes seules, tout comme les mathématiques, mais on a vu que le nombre est le rapport à soi de quelque chose ou être que ce soit. Ce rapport à soi forme un, et les uns entrent en calcul. Les idées sont tout à fait réelles, comme les nombres, mais jamais hors de l’articulation par une conscience, qui n’est absolument pas « subjective ».

de même l’église, les églises, catholiques ou non, seront possédées de cet égarement qui consiste à croire que l’effacement de l’individu, son abolition en dieu, est cela même qui est exigé ; sans cela pas de paradis (ou équivalent). Rien n’est moins certain… puisque dans le même temps ces églises prétendront que dieu, le christique particulièrement, nous offre une rencontre « en personnes », et que dieu lui-même est une telle personne, hypostase. Il faudrait savoir. Les églises affirment ou croient que la personne qui rencontre dieu est cet individu dépouillé de toute individualité ou de toute volonté, puisqu’il doit « faire la volonté » du dieu exclusivement ; et ce jusqu’à comprendre que la volonté est « impure » puisque barbouillée de naturalités et de données immédiates ; mais alors qui rencontre qui ?

Tout cela ne va pas, tout cela n’est pas pensé du tout. Les églises, humaines qui se décrètent « infaillibles », ont juste appliqué à dieu le concept, la conceptualisation universelle, grecque, prenant dieu pour l’universel même, ce qui est absurde. Le christique même ne se pense pas comme l’universel de la pensée ; elles ont cru qu’il était possible d’interpréter le sujet christique par la pensée universelle, mais c’est singulièrement court.

La pensée du sujet s’impose de par la liberté, la dite liberté ne consiste pas à choisir seulement (entre le bien ou le mal, le vrai et le faux, etc) mais à créer ; à créer le bien et le vrai (ou le faux et le mal) ; on est sorti depuis longtemps en somme de la description d’un ordre (conceptuel ou réel) pour saisir la possibilité d’inventer du neuf. Que l’on ne dise pas non, c’est ce qui eut lieu. Que sont les siècles qui suivirent sinon l’invention du bien et du mal, du vrai et du faux et en conséquence de créer bien plus de vérités et des biens possibles ; c’est cela qui eut lieu. Et non une quelconque orthodoxie, serait-elle celle des églises, ou plus tard des idéologies ou des idéomanies. Toutes ridicules, et pire, quelconques.

Pourvu que soit respectée l’origine, la structure originelle et que les vérités et les biens possibles n’y contreviennent pas bien sûr, mais encore plus y conduisent, et encore plus augmentent ou intensifient l’enjeu du je, de chacun des je.

Dans le christianisme cela revient ou aurait dû revenir à laisser libre court au saint esprit ; par qui « vous comprendrez ce que vous ne saisissez pas maintenant » dit le christ s’en allant et nous déléguant de devenir ; car oui contrairement à ce que l’on raconte dieu se définit comme « je suis celui qui est en cours d’exister », et non pas une sorte de lune morte et pauvre et inerte et figée. Qui a crû tenir en laisse la course de l’esprit, de l’arc de conscience qui n’a de compte à rendre qu’à l’horizon ? Ce qui veut dire au réel, tel qu’il est non pas « tout est possible » mais le possible même, sa propre loi, mais alors véritablement une loi, et non pas n’importe quoi.

Dit autrement puisque l’on retient la pensée de l’être comme cadre général de toute compréhension possible (hors de laquelle on ne saisirait rien du tout), mais que l’on insiste sur le sujet comme réel et libre, alors au sujet un et libre il faut appliquer le cadre général de la compréhension ; ça n’est pas très compliqué à entendre, tout cela.

Ou dit autrement ; si la pensée du sujet est cela même que nous sommes et que donc nous ne « sommes » pas, déterminés, serait-ce par la « raison », mais que nous existons, dans l’actualité d’un réel qui se Crée, alors la logique de ce qui est, c’est la logique (non de ce qui « est » mais) de ce qui ex-siste ; qui sort de soi.

De où tire-t-on la possibilité ? Non pas de ce que l’on sait ou d’un ordre piteux déjà connu.

D’où la définition que l’on donne du réel ; il est le possible. La question étant non pas ; quel est l’ordre qui préside à la réalité ? Mais jusqu’où le réel peut-il exister ?

Notons bien que « jusqu’où le réel peut-il exister » n’empêche nullement de définir quantité d’ordres internes au mouvement général de l’exister, et que d’autre part et en plus le « jusqu’où le réel peut-il exister » relève ou permet lui-même de définir l’ordre, la cohérence, de ce mouvement, de ce pur mouvement du possible ; puisque si le mouvement est le réel, ça ne veut pas dire que « tout est possible », mais que « le possible existe comme tel » et donc est lui-même redevable d’un système, d’un système qui permet de préciser, détailler, suivre, poursuivre le dit mouvement aussi loin que souhaitable ou possible ; étant entendu que puisque le mouvement est la loi (et alors il est vraiment une Loi, cad non pas n’importe quoi), la pensée du mouvement se met à jour, évidemment, constamment.

Si l’on préfère, l’ordre n’est pas un corpus extérieur dans le je ou dans le réel (où cela se placerait-il ?), mais l’ordre est le je lui-même, l’arc de conscience, ce mini programme si absolument souple, puisque vide, ce qui veut dire formel ; il suffit seulement d’atteindre le je que l’on existe, mais on ne sait comment.

Ça n’est pas bien difficile, puisque c’est précisément ce qui arrive depuis 2500 ans ou 3500 ans (si l’on débute du dieu un tout-autre). Plotin permet de comprendre encore plus que Platon, Hegel encore plus que Plotin, Sartre et Lacan encore plus que Descartes, etc. Ça n’est quand même pas une nouveauté… que cette loi interne de la compréhension.

On ne comprend pas que depuis (au moins) Descartes nous sommes passés d’une pensée de l’être à une pensée du sujet. D’une part et que cette pensée du sujet n’est nullement une pensée de la « subjectivité » d’autre part. Ni Descartes, pas plus que Kant ou Hegel ou Husserl ou Sartre ne se réfugient dans un subjectivisme. Mais au contraire imposent que le sujet est vraiment cela même qui doit être pensé. Et qu’en vérité l’ancienne pensée de l’être doit être soumise aux acquisitions nouvelles, aux progressions extraordinaires et aux nouvelles contraintes, parce que justement en passant de l’idéal idéel, de la pensée métaphysique de l’être (ou du dieu théologique) au réel effectivement actif ici et maintenant, on avance dans la véridicité.

Et c’est d’autant moins un subjectivisme que dix, cent, mille inventeurs de possibles nous le dé-montrent effectivement. On en détient objectivement et donc hyper objectivement les preuves manifestes, puisqu’ils nous manifestent les vérités, les biens possibles, les esthétiques, les littératures, les révolutions, les sciences elles-mêmes, tout cela attend toujours et encore de devenir, de même les mathématiques, qui ne sont pas terminées du tout, pourquoi le seraient-elles? Et l’ignore-t-on depuis le 19éme ? Non.

Une pensée qui croirait éliminer le sujet en l’absorbant (ou en simulant un aspect « scientifique » de sa démarche philosophique, ce qui n’a pas grand sens et frise souvent le ridicule ; la philosophie est la philosophie, la science est les sciences, et nulle part il n’existe « la science » mais seulement des sciences adaptées à tel ou tel objet propre),

une pensée qui absorberait le sujet est une métaphysique figée. Une version appauvrie de l’universel grec, qui, lui, inventait, créait.

On aurait beau dire que l’être prendrait l’apparence de « la vie », ou « la volonté » ou « la société »ou « la multiplicité », rien n’y ferait ; ce serait de purs fétiches qui ne permettent pas d’aborder la question même ; qu’il existe un sujet et qu’il faut le saisir à même sa vivacité. Soit donc Husserl, Sartre ou Lacan.

Ou encore Kant et Hegel à la suite de Descartes, ou sur un autre registre plus mitigé Nietzsche ou Heidegger selon leur manière d’absolutisation, d’imaginaire presque ; de même que les élans d’absolu des allemands Fichte ou Schelling, ne parviennent pas comme Rousseau (ou Montesquieu) à influer sur l’historicité même de l’humanité ; rappelons que Robespierre et Napoléon étaient des ‘fans’ de Rousseau, et créèrent l’État moderne, qui se retrouve dorénavant sur toute la planète. Les allemands ne se sont jamais remis que ce soit ces idiots de français, dépourvus de toute métaphysique, qui modifièrent l’histoire. c(est qu’il ne s’agit plus de métaphysique (de la pensée de l’être).

Ou donc l’absolu s’est déplacé, déplacé à la surface du réel pour ainsi dire. Il existe dorénavant dans l’articulation de conscience.

Le plus stupéfiant est que grosso modo, beaucoup en soient encore restés à la pensée de l’être ; comme si la réalité déployait un ordre, antérieur ou supérieur ou surplombant, alors que même l’univers, ce que l’on nomme tel, s’est avéré en tant qu’histoire inventive et devenir… et alors même que l’historie humaine s’est révélée comme créatrice ; il n’est plus depuis longtemps une vision unique du « beau » mais quantité de performances objectivement différentes qui se proposent comme résolutions distinctes de la perception, de l’affect, etc. Depuis qu’il ne s’agit plus de « lhomme » en général, quantité d’individualisations des aperceptions de « soi ».

or la raison, le bien, le beau, le vrai obéissent à l’universalisation restrictive ; tandis que l’on a assisté à une universalisation étendue au-dedans du corps, soit donc le je, depuis Descartes (qui manifeste ce déplacement dit ontologique, mais évidemment ne le crée pas, il le constate et donc le manifeste et le propage de ce manifeste-même ; la méthode, et le doute et le cogito, est un manifeste) ; cette extensivité signifie ceci ; le réel est non seulement ce qui évidemment est donné là, déjà, déjà réalisé, mais également ce qui est créé. Le Créé c’est précisément ce qui distingue dieu de la pensée, le sujet de la raison, la liberté de la moralité ; notons bien ceci ; il existe véritablement une logique de, des libertés ; une logique qui veut qu’elle n’entre pas en contradiction avec elle-même, en ce qu’une attitude ne peut pas renier son originel ; mais hors cela il existe quantité de « morales » diverses et qui n’entrent pas en concurrence et qui vivent parfaitement les unes et les autres ; on nomme la logique générale des libertés tel un cadre, encore plus universel que l’universel abstrait ; la révolution n’impose pas un corpus quelconque mais que chacun soit son jugement, sa décision, son projet, son intention, son possible en un mot. Le cadre universel du jeu des libertés entre elles et chacun vis-à-vis de soi, lequel est incoercible, et livre chacun à ses propres choix d’une part et surtout fondamentalement à sa propre invention d’autre part. Ce qui eut lieu.

Dit autrement le dieu théologique crée une fois et puis c’est tout. Mais le dieu des textes est un continuel créateur et non seulement il engage l’humain à continuer de créer ; non pas de continuer la création, mais de renouveler celle-ci, de continuer le créé, de s’imparer de l’opération de Créer.

On a dit que le Créer est l’opération formelle absolue ; elle crée le réel même, crée non seulement le possible, mais la Possibilité. Ce qui veut dire antérieurement au réel, principe du réel.

Pareillement si on n’avait aucune idée de dieu ou de la pensée grecque avant que ceux-ci paraissent, de même avant que se prononce le je, qui pourtant devint la norme, la règle, la loi. Aucune humanisation qui ne puisse en passer par le je et donc le je de chacun ; le je est inimitable ; rien ne peut se substituer au rapport que chacun existe.

La question qui a remplacé toutes les autres ; pourquoi le réel s’institue-t-il par les je ? Puisque si la liberté est toujours plus grande que la raison, et que l’on admet ici que la liberté est plus grande en cohérence que la seule raison, alors l’inimitabilité de la liberté signifie la création. Ou donc ; la création est plus réelle (plus étendue) que la pensée (de raison ou selon l’être) ; ce qui veut dire que la raison fait, entre autre, partie de la création généralisée.

On a vu la logique spécifique de cette étendue de la liberté, en ceci qu’elle rend possible tous les rapports possibles. Et le possible est la logique de ce qui est réel.

En tout ceci bien moins d’abstractions que durant la pensée de l’être (ou selon l’être, si on préfère) ; puisque ce qui est toujours, toujours, signifié ce sont des rapports de ce rapport qu’est la liberté ou arc de conscience ; lorsque le christique désigne autrui comme logique de l’humanisation, il non seulement entre mais ouvre dans le concret même ; ce qui eut lieu. « ce qui eut lieu » veut dire « c’est cela qui a créé tout ce qui suivra ». Dont l’énorme liberté-égalité-fraternité, qui invalide toutes les utopies (qui seraient fondée sur une « nature humaine » et donc l’adéquation de la pensée que l’on en a à sa réalisation effective) autant que les dictatures. Si ça n’est pas (seulement) une nature humaine (qui par ailleurs est de fait, mais non pas toute notre existence), c’est que le règne des fins, le royaume, la société libre des individus ne peut pas se réaliser sans eux … sans qu’ils aient d’eux-mêmes et par eux-mêmes déployé leurs intentions, un par un et tous ensemble.

Le but de penser est ainsi devenu la mise en place des catégories non plus seulement de l’être (mais également de l’être) mais des catégories exposant un tel « sujet » bien au-delà du subjectif et de l’objectif ; cette logique est nommée celle de l’exister, puisque ces sujets existent de plain pied dans le réel (de leur projet, décision, intention, création, etc). C’est le mouvement qui doit être pensé et en tant qu’il se pense ou se représente ou s’expérimente il Crée le cheminement lui-même, ce qui veut dire qu’il crée le réel.

Aussi est-ce bien de l’exister, en tant qu’il est plus grand que l’être, en ceci que l’exister est le présent ; il existe un présent afin qu’il se crée, en lui et par lui, un plus grand réel.

Sur quoi l’on reviendra.

Rappelons ; la question est de décrire l’arc de conscience arc-bouté à l’arc du présent, en tant que l’un comme l’autre articulent le possible.

Et le moyen pour rechercher et valider cette articulation est le rapport ou le concept de rapport.

Dont personne ne voit le bout. On se situe d’un côté ou de l’autre mais jamais des deux à la fois.

Par exemple dieu est le grand rapport, ou les mathématiques (et le nombre) sont des rapports, ou la pensée ou le langage sont des systèmes de rapports. Si l’on dit dieu ou l’être ou l’esprit ou la liberté sont des grands rapports, c’est qu’ils rendent possibles ou introduisent quantité d’autres rapports.

On ne dit pas seulement « il y a un sujet et ensuite des discours ». On dit « il y a un sujet, parce que le sujet est, évidemment, plus grand que tous les discours ». et ainsi le sujet est la structure même du réel, de fait, par constatation, et d’autre part puisque le dit sujet est un rapport et que le rapport est cela même et cela seul qui puisse admettre, supporter, insister sur le Possible ; le possible est la règle même de « ce qui est ».

admettant donc un discours qui prenne en compte le possible même, ce qui, si l’on y réfléchit, est identique à ce que la philosophie a toujours promu ; la précompréhension, sauf qu’en régime métaphysique c’est autour de notions, d’idées, l’être, le bien, le un, etc, mais que depuis Descartes il existe un réel plus grand que celui des notions ; non pas de telle sorte que l’on puisse dès lors contourner le discours systématique cohérent, mais bien l’inverse ; qu’un discours admissible doit comporter en lui le sujet et qu’il soit suffisamment organisé, ordonné, suffisamment transparent et compréhensible, selon ses propres évidences, à savoir l’arc de conscience en tant que rapport(s).

Ce qui n’a rien d’excessif  (certains paraissent découvrir la lune) mais le sujet est installé depuis Descartes ; puisque c’est précisément la volonté de Kant d’élaborer une méta-philosophie, de même Hegel, une méta-pensée, et puis de continuer cette phénoménologie de la conscience, Husserl, et ensuite de tenter d’inscrire cet être nouveau, le sujet, la conscience, cette volonté dans la « réalité » elle aussi nouvelle (Bergson, Nietzsche, Heidegger ou Schopenhauer, etc, dont chacun donnera à cette « réalité » telle ou telle saveur ontologique, suivant en cela le réel, la réalisation, de l’humanisme puis du personnalisme, des sciences et des technologies, de la révolution et de toutes les intentions collectives et individuelles) et enfin d’attirer le réel spécifique en tant que sujet, tel quel ; Sartre et Lacan. Qui formulent les plus complètes analytiques (ontologiques) du je que l’on connaisse. On pense par-dessus la pensée métaphysique parce que le sujet, le je s’instruit ici même et maintenant et que donc la tension du réel n’est plus dans le ciel idéal idéel, et « ontologie » désigne l’acte, l’activité, le devenir, le possible tel qu’ici même.

Et « ici même » est le sens du possible, de « ce qui arrive dans le réel en tant que présent » ; il y a un présent afin que quelque réel arrive, mais si arrive ce réel alors il est hyper essentiel, il devient encore-plus-grand, sinon quel intérêt ?

Si dans la pensée métaphysique l’être (ou le dieu théologique) demeurent éternellement ce qu’ils sont, leur idée, dans l’ontologie d’existence c’est le réel qui se modifie, en ce que le possible est plus grand à terme qu’initialement. Puisque c’est bel et bien « celui qui est en cours d’exister » ou le sujet qui réalise ici même et maintenant une unité, et une lecture, manifeste, exposée.

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Le déploiement et la chute

6 Mai 2023, 09:04am

Publié par pascal doyelle

Il y a un être, qui n’est pas un être, et qui ne réside pas dans le monde, mais sur le Bord du monde ; à savoir qui naît de son propre effort et de ce fait dans le présent ; dans le présent il s’actualise ; puisqu’il existe en tant que rapport et qu’un rapport est en acte, ou pas. Et donc dépend de l’actualisation de son acte.

Cet être, l’arc de conscience de (soi), n’existe, n’apparaît que de se percevoir ; il dit je ou il dit dieu ou pensée ou réel. Et de manière générale il se signifie ; lors même que sa représentation serait le groupe lui-même.

Les choses et les êtres sont réels, mais ils l’ignorent. Pour le savoir, que l’on est réel, il faut se Voir à partir de l’horizon ; non pas saisir qu’il existe un horizon mais se voir à-partir-de, à partir de cet horizon ; c’est parce que l’on se perçoit à partir de l’horizon que, par ailleurs, l’on sait qu’il y a un horizon, ou que l’on sait que l’on sait ou que l’on a conscience de, plus loin, (soi) ; la connaissance est relative à un arc qui n’est pas seulement connaissance mais manifestation ; d’un signe, un mot ou un trait ou une couleur ou une loi, il manifeste et fait exister, à ses yeux et dans le fait même de cette exhibition, un réel, cad un possible ; parce que signifier ça n’est pas seulement se couler dans un donné là, mais bien que ce signe crée un réel, perçu, qui n’y était pas ; le signe est spécifiquement adapté à cette exhibition du possible, qui fouille ou étend la perception, mais bien plus crée cette perception ; et au final une œuvre ou une règle de droit ou un concept font voir un possible, aussi toute découpe, par des signifiants, ajoute à la réalité. C’est pour cela que dès que l’on nomme on crée une possibilité (qui ne préexistait pas), et que l’on ne cesse pas de produire du neuf. Tout le temps.

C’est bien pour cela que l’on ne tombe jamais d’accord ; depuis que la structure a pris le devant de la scène, les contenus se situent au second plan. Remarquons que, cependant, ça n’a pas empêché du tout, que nous ayons créé un cadre général des libertés, de chacun en tant que libre ; ou donc il existe un organisationnel qui se donne à lui-même un cadre objectif et même hyper objectif puisqu’il permet l’existence et le déploiement de toute subjectivité (pourvu que ce développement ne nuise pas à quelque subjectivité que ce soit, ne contredise pas l’originelle capacité de chacun, la source du possible même). De plus ce cadre absolu, ce qui veut dire formel, que l’on a nommé « démocratie » mais qui ne tient pas limitativement dans un débat démocratique (bien que réel et effectif), mais du libre jeu de tous et de chacun, dans le respect de l’un par l’autre et dans le respect de tous ; de l’intérêt commun, général, de la volonté générale, de l’organisation et ce d’après les principes de liberté Et d’égalité, ce qui cause évidemment de difficiles problématiques, quant à la mise en place d’une coordination de chacun et de tous et quant à la redistribution d’une solidarité, sans laquelle l’ensemble resterait abstrait ; ce cadre formel donc ne consiste pas en une raison ou rationalité, un « ordre » défini on ne sait comment, mais bien en le jugement, la liberté et les capacités de chacun et bien plus encore du créé. Du créé de chacun.

On remarquera de plus que ce cadre général des libertés (bien assuré dans une constitutionnalité et des institutions, qui fonctionnent selon diverses variations dans le monde) ne privilégie aucun sens sinon l’assurance de cette liberté et les moyens de leur déploiement ; aussi le sens (de la vie) est-il ramené, ce qui pose problème, à ce réalisme de toutes les vies vécues, et à ce naturalisme, vitalisme, qui prît la représentation générale, universelle des « désirs ». Supposément il existerait une « nature humaine » qui se dirige essentiellement vers la satisfaction et tenant d’une finalité dans et pour le « bonheur », le progrès, la libération des nécessités et, surprise, le laisser-aller de tous les désirs, soit donc ce que l’on a nommé le règne de toutes les intentionnalités, de tous les projets humains et humanisés et humanisateurs, ce qui signifie projets universel de personnalisation(s).

On considère de manière générale que toute l’expérimentation est acquise au fur et à mesure, sans s’arrêter aux divergences ni même aux contradictions (entre les idées ou les systèmes ou les périodes de l’historicité globale), puisque « le-réel » est admis comme « rapport ». Ainsi dieu, la pensée, le sujet ou le réel situe ledit rapport à chaque fois et il est intérieur, interne à l’idée même de « rapport » qu’il ne soit en aucun contenu de départ ou aucun contenu acquis, puisqu’il est non ceci ou cela, mais le mouvement lui-même ; et ce d’autant plus que malgré toutes les divergences, il existe globalement une « rationalité » ou plus véritablement et plus largement une forme de « conscience de soi » tout à fait admise et même propagée ; durant des siècles par la littérature et même auparavant encore plus avant par le christianisme et au bord de l’antiquité par ces « soucis de soi » qui apparurent, de manière indéniable, et y compris par la pensée qui ne pense qu’individuée. Les esthétiques et les poétiques pourraient, outre leurs finalités spécifiques, être situées comme procédés ou procédures d’embrayages en tous sens possibles de cette individualisation. Que dire alors des mass et micro médiatisations du 19éme et 20éme et 21éme ?

Ce qui implique dans tous les cas un ressenti de soi absolument approfondi et finalement très étrange, totalement implicatif, et littéralement, une épreuve, pour chacun.

Ou donc une « démocratie » (ou ce que l’on entend par là et qui est probablement plus étendu que le seul concept de démocratie politique) repose avant tout sur des individualités ayant reçu en héritage une très forte « individualisation ». Une intensification de ce ‘rapport à soi ‘ en quoi chacun consiste, en quoi nous consistons, et ce dans un rapport à l’autre soi, qui précisément nous sortant de la seule liberté (solipsiste) a dès le début introduit cette individualité par le christique immédiatement lié à autrui.

Il n’est ici aucun doute que depuis le début, cad dieu, d’il y a 3500 ans, on parvient très précisément à situer le réel et son articulation. Parce que cette articulation dépouillée de tel ou tel monde, ancien, cyclique, qui enfermait dans une représentation parce que le langage constituait le Trésor même, ce qu’il ne faut pas perdre et doit être répété très rigoureusement entre les vivants et entre les générations (et les vivants et les morts) – rigueur répétitive qui assure la survie, ni plus ni moins, du groupe, lequel est la vérité, fait office de véridicité -

cette articulation, libérée, déploie son possible en propre ; dieu, la pensée (le monde donné là, l’être), le christique (le corps de chacun/dans ce monde donné là unique qui reprend toute la pensée, esthétiques, etc, grecques), le sujet (cartésien jusque Lacan, l’accès au sujet par le je), le réel (la révolution et l’intentionnalité totale, le « là » de l’existence/exister).

Cette articulation qui vient-sur-le-devant de la scène, qui se représente donc, et qui, se représentant, commence d’influer (le christianisme par ex, ou l’esprit de « révolution » en France ou les années soixante) d’influer puis d’agir, de décider, d’organiser ; et ce bien qu’il sache et ne sache pas à la fois ce qu’il veut, comme les créateurs qui suivront, comme les révolutionnaires qui inventent au fur et à mesure, et parfois avec déchaînement de violence, comme on « veut » soudainement tomber-amoureux (le veut-on ? Qui veut alors? L’autre côté du rapport, que l’on ne voit pas mais qui nous voit).

L’articulation en conscience, en rapport donc, acte de fait y compris les mathématiques ; le « sujet » est la plus grande cohérence possible, et donc les contient toutes.

Cette articulation donc devient son propre chemin et commence de structurer et s’impose en fait comme sortie de tout monde cyclique (ou en équilibre, comme les royautés dépendant de la justesse du roi), mais également et bien plus crée qu’il y ait « historicité » et l’ensemble de l’historicité, de toute subjectivité, et de toutes les objectivités, puisqu’alors chacun devient possiblement et de fait littéralement la capacité des possibles ; qui sont Créés de, par et pour l’individualité même ; de l’individualité ne veut pas dire du solipsisme, mais de l’ensemble des intentionnalités, y compris du relationnel, de l’humanisation qui est de fait originellement et significativement la source de la réalisation, de la réal-isation, lors même que l’égoïsme puis l’égocentrisme (soit donc respectivement le psychologique puis le psychique) se déployèrent très tardivement. Psychologique puis psychique, et psychique puisque le basculement se démocratise, justement, aux années soixante, et qu’il va chercher le pulsionnel dans les corps eux-mêmes.

Évidemment cette réal-isation (c’est pour cela que l’on y insiste) est profondément une blessure (d’abord un enthousiasme puis une blessure) de cette humanisation même, qui nourrira l’esprit révolutionnaire, mais aussi la blessure atteignant chacun dans sa vie vécue elle-même, dont, généralement, on ne se remet pas ; de là que le psychisme vint à déborder le psychologique, le fantasme la volonté, la pulsion l’intentionnel. Le fantasmatique (l’image) ne peut pas combler la coupure du signifiant dans un corps-vivant ; il faut que cette coupure même soit élaborée et non pas une couture, une soudure parce qu’une chose déterminée (objets ou images ni même autrui) ne peut pas remplacer une structure intentionnelle. Ni autrui parce que l’alter ego est en miroir… tel une image encore, et en rivalité de plus (Sartre et Lacan).

Et que la réal-isation de tous les projets humains (dans le temps même de leur réussite, tellement avérée, de fait) est aussi un égarement, puisque tout étant vécu, éprouvé, effectivement ou fantasmatiquement, il ne reste que le « rien », le vide, ou si l’on préfère la forme structurelle de (soi). Et cet étrange désespoir (qui nous revient de la réussite même de toutes les performances subjectives ou objectives ; en ce que « ça n’est pas ça ») peut conduire dans d’obscures dérives, et l’envahissement de la noirceur, de ténèbres, de la terreur, de l’inhumanité de l’humain ou de l’inhumanité de cet univers ; et il y a peu, dans le même temps Descartes prononce le je et Pascal le moi (que le silence des espaces infinis effraie). Les versions et variantes noires et, parfois, délirantes (ou destructrices) en profusion.

Ce qui veut dire que l’ampleur de notre être ne tient pas à une satisfaction ou insatisfaction (qui seraient des parties de monde ou de vie ou de corps, et qui sont fantasmées joliment le plus souvent, heureusement, ou horriblement dans la confrontation), et doit être repris dans le réel d’une structure qui développe cette architecture de l’intentionnalité, cette architecture de la séparation tenue comme vraie, réelle et originelle ; il existe une réalité parce que le réel est un processus de distinction.

On évoquera les névroses, psychoses, perversions diverses et variées, borderlines et dépressions, autant de « moyens », autant de feuilletages de l’unité (ou la désunité) psychologique et psychique du moi, et en somme d’inventions, prolifiques, du moi, de cheminements du moi dans son a-finalité structurelle (seul le je découvre des finalités structurelles, dieu, pensée, sujet, réel et toutes les réal-isations, dans les différents domaines, esthétiques, politiques, etc).

Le moi peut évidemment par ailleurs parvenir à une régulation, une régularité, un équilibre, une humanisation et une personnalisation satisfaisante, et probablement une sagesse tout à fait humaniste. Mais le fantasme, le fantasmatique (personnel ou représentatif généralement) est « de la détermination » (puisqu’il prétend que les finalités sont en direction du monde, de la vie, du corps) et en tant que détermination il s’effiloche, se mélange, se disperse, s’oublie, se mutile, parce qu’il ne peut pas se renouveler vers le encore-plus-haut, mais tombe, systématiquement. Et que dit-on du dieu unique un-tout-autre ; qu’il ne délaisse pas ceux qu’il a choisi, « son bras ne faiblit pas ». Ou si l’on préfère ; comme le je cartésien ne passe pas dans la connaissance (n’étant pas métaphysique mais ontologique, cad réel) ce sujet ne s’épuise pas dans un « connu » et ne subit pas la dégradation du déterminé.

De tout ce qui arrive de déprimant au moi, mass et micro médiatisations ont tôt fait de le mener à partir de son fantasme (de vie vécue, de corps, d’image, de désir ou de projet, très jolis) à leur transmutation en im-monde, ou le langage et la parole en communication, ou l’imaginaire en dérision, ou l’objet en échange et donc en dette.

Le fantasme en lui-même est très bien, puisqu’il rend possible les désirs qui poussent à échapper au fantasme absolu de la jouissance horrible (cad hallucinée qui confond celui qui désire et l’objet de désir, jusqu’à la disparition, cad la fin du rapport entre l’un et l’autre), mais qui dérive bientôt en agitation, agitation jusqu’à l’épuisement des mois (qui n’existent qu’en tant que tension, qui terminent en dépression justement, outre qu’ils, ces mois, épuisent le monde et termine tout ce qui existe, tout ce qui vit).

Que le moi cherche à résoudre l’équation par le moyen même dont il se crée, alors qu’évidemment il devrait outrepasser son être (qui est un empilement ou au mieux un bricolage, qui désirerait un sens unificateur), et que ce dépassement, étant constitutivement libre et créé, ne peut venir que de sa propre intuition de structure ; laquelle ne se fonde pas dans l’être (empilement psychologique ou, version marchande, accumulation d’objets, ou psychique fantasmatique, ou concept de raison ou connaissance objective ou imaginaire subjectif)

mais outrepassement qui se décide dans l’actualité de l’existence, l’exister, l’actualité qui se crée, la conversion ; à ce que l’on veut qui soit élevé, vers le haut ; on découvre la poésie ou dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel qui ne sont pas « du-monde », parce qu’ils sont le mouvement qui entoure le monde, la vie vécue et le corps. C’est bien pour cela qu’ils y inter-viennent. On ne sait de « où » puisqu’ils ne sont pas dans le monde, et ni dans la vie vécue et pas plus dans le corps mais dans leur perception à partir du dehors, dans la significativité à partir du tout-au-bout, à partir du possible-même.

Il est un effondrement intérieur de la structure intentionnelle parce que effondrement de l’ambition qui entendait réaliser et réussir le monde humain / le bonheur de la vie vécue / la plénitude du corps.

Et c’est un effondrement que l’interprétation selon la réussite, le bonheur et la plénitude on ne peut pas comprendre et auquel effondrement on ne peut pas remédier par ces moyens-là.

Dit autrement ; nous sommes incapables de relever les challenges écologiques parce que nous fonctionnons selon le fantasme et non pas la raison ; nous méconnaissons totalement les enjeux du réel, en l’occurrence de la survie éventuelle tout comme Lacan révèle comme la rationalité n’est qu’un espace limité dans la puissance imaginaire, ou comme le conscient est noyé dans l’inconscient. Le signifiant ordonné est débordé par l’océan de signifiants (la suite désordonné, l’agitation des signifiants, qui nous perdent).

Sauf de remonter à ce qui rend possible les signifiants ; l’intentionnalité, soit l’arc de conscience.

Qui est dans l’antériorité du monde, du vécu et du corps, soit donc dans le présent (le présent étant le Bord du monde).

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Courage et passion

29 Avril 2023, 09:04am

Publié par pascal doyelle

De la liberté

de ce que notre être n’est pas un être mais un mouvement, cad une structure ou donc un rapport, formel (et qui se définit comme champ intentionnel, balisant la réalité, le vécu, le corps, le relationnel de signes qui découpent choses et êtres, ce qui veut dire structure qui les discerne, les distingue, et dont la fabrication de signifiants est potentiellement indéfinie, et qui soi-même, comme structure, est, au moins, non-finie, ne s’attachant à aucun contenu, ce qui rend possible la multiplication indéfinie, et qui à tel moment, de l’historicité, s’est désigné soi, et n’étant plus affecté aux contenus (partagés dans tel ou tel monde, égyptien, maya, etc, conservés tel le trésor même de leur monde, de leur groupe), commence de produire encore plus de signes, de signifiants, de systèmes de signifiants,

de ceci donc on indique que nous sommes libres. Lors même que l’on ajoute un seul petit signe au bout ou au milieu d’une phrase, cette simple dénotation, ce décalage rend possible de modifier la réalité, que ce soit celle extérieure ou celle intérieure. Il est évidemment infiniment facile (pour peu que l’on s’emplisse de courage à telle ou telle époque du monde, Spartacus ou Socrate ou Moïse ou Descartes ou Galilée, etc) de constamment tout chambouler par des signes ; le reste, l’intendance, la technologie, l’organisationnel humain de tel ou tel période, suivront, tôt ou tard.

Tôt ou tard si l’on est dans le vrai, ce qui signifie « dans le réel », parce que si les mots et les phrases vont et viennent (souvent en pure perte), lorsqu’ils décrivent, atteignent ou créent du réel, ils re-viennent (comme le signifiant qui a décroché votre corps de sa vie et qui revient sans cesse, camouflé ; inconscient).

Donc il y a un accès au réel et celui-ci nous fait office non de mémoire mais de report continuel ; dont on sait bien que s’il manque, on disparaît. Dans le fantasme constant (dans le champ imaginaire, autrement dit) ou disparaît tout court et pour de bon.

La liberté existe puisque notre être n’est pas un être mais un rapport, et qui, comme tel, peut s’introduire lui-même dans la représentation. Il est tout à fait logique, évident, manifeste que ce qui existe comme rapport est un champ, un champ intentionnel, marqué, balisé constamment par des signes, et que tout ce champ, cet arc, ce champ de signifiants divers et variés, se représente à lui-même et lorsque cette représentation est admise, adoubée, intégrée dans le monde humain, dans son christianisme puis dans son humanisme et ensuite dans son personnalisme généralisé (depuis les années soixante du 20éme siècle), alors ledit champ s’est déployé.

Mais son existence, pour ce je lui-même, se tient toute droite en son existence-même. L’arc impératif d’exister.

On pourrait dire que dieu se révèle ou désigne, signifie le plus grand de tous les rapports ; spécifiquement qu’il est le rapport dans et par lequel tous les rapports (cad tout) tiennent. Ou donc que le présent est in-fini au sens où tous les mouvements que sont les choses et les êtres, n’existent que dans et par le Mouvement absolu. On y reviendra évidemment, mais si ce qui est réel est le mouvement alors le mouvement est la structure. De tout ce qui est. L’exister est le mouvement de l’être divers et variés et l’exister est le Un de toutes les multiplicités (qui sont eux-mêmes des rapports).

Pareillement le sujet est la forme de tous les contenus de conscience, mais alors ce sujet est une structure qui existe telle quelle ; aussi ne doit-on pas rechercher un « être substantiel » qui serait le « moi » ou l’identité de soi (quel que soit ce soi), mais tenir que la structure du sujet est ce je ; qui est, existe en tant que mouvement. Puisque le mouvement est la structure même de ce qui est. On n’idéalisera donc pas notre « être », qui n’est pas, ou plutôt qui « est » mais relativement au mouvement de son exister, de son je ; il n’est aucun « être ontologique » ; qui est seulement une projection hontologique comme disait Lacan, mélangeant la représentation (quels que soient ses signes) et une supposée solidité, consistance, restant, en vérité, imaginaire, imaginée. À l’inverse dieu, la vérité (et l’universel), le sujet et le je, le réel instruisent des processus d’exigence, de tension, de cohérence, et tenant l’horizon même le plus fermement possible ; comme l’imposent dieu, la raison et la pensée, le christique et Descartes, le réel et l’infacilité du moi (qui pourtant tombe régulièrement dans tous les pièges du fantasme, ou tombe en dépression, névrose, psychose, perversion, borderline ou désespoir, comme autrefois ; il est très difficile d’être un « moi », ça n’est pas évident du tout).

Tout dépendra donc de son représentant. Qu’est-ce qui représente la liberté dans le champ intentionnel de conscience ?

On a vu que strictement dès qu’est lancé la « conscience », il faut entendre le « rapport » et non plus quelque contenu que ce soit ; on atteint instantanément l’ultime limite, ce qui veut dire l’illimité ; l’infini ; un rapport (dont aucun contenu n’arrivera à la cheville) n’a affaire qu’aux rapports, dieu, la pensée, autrui du christique, je du sujet, historicité de la révolution (qui change tout, tout ce qui est humain ou si l’on préfère qui acquiert ce qui se développait lentement au fil des siècles).

Soit donc il faut remplacer la « foi », la pensée, le sujet ou le réel par « le rapport ». une idée ou une représentation ou un être divin ou un fait historique monumental, on s’en tient plus ou moins à distance. Mais si la foi ou la pensée, le sujet ou le réel existent en tant que rapports, alors on y est. On existe en ce rapport.

Manière également d’expliquer que quantité de personnes aient crû. En dieu, en la pensée, le sujet ou la révolution. Parce qu’ils saisissaient bien que le rapport qu’ils étaient s’engrenaient dans le grand rapport au-devant d’eux. Arthur saisi par la poésie et devenant Rimbaud. Ça arrive comment, sinon que l’on travaille, et travaille dans l’actualité de la saisie, à établir d’autres, de nouveaux rapports. Il les Voit. Ça entre dans sa perception, son corps, ses affects ou tout ce que l’on voudra. Encore une foi question de courage existentiel.

Les sociétés cycliques répètent le même trésor (ils ne peuvent pas cesser de communiquer entre soi et de transmettre entre générations), mais si le rapport passe sur le devant de la scène, il va commencer d’inventer de nouveaux contenus, qui ne sont plus le lien lui-même puisqu’une nouvelle catégorie (dieu, la nation, la pensée, le droit, le sujet, la révolution, etc) s’imposent comme cadres généraux admis et déployés en eux-mêmes ; mais comme ces « cadres » touchent à l’intimité, l’intériorité, la mouvement même de la structure de conscience, alors chacun est concerné en (et par) lui-même ; ou donc, on ne peut plus faire semblant ou alors on fait semblant volontairement… (de là que Sartre en indique la mauvaise foi, à tort mais en vérité néanmoins, d’un vrai point réel).

Si le groupe ne tient plus les individualités, alors ceux-ci doivent intégrer l’ordre même ; indépendamment. Et cet accès trouve immédiatement son lot ; il devient qui il est, mais étant un rapport à soi, il devient son existence.

Ce qu’impose absolument, formellement et intégralement le christique ; selon le segment naissance-mort, dont il dit que la-vie n’est pas tout ; qu’il y en a une encore-plus-vivante, à savoir celle du rapport qui a conscience de toute la vie vécue, de tout ce que l’on éprouve, et qui donc n’est pas tout cela, mais porte en lui-même, en son regard de « je » ou de « moi », porte sa propre dimension ; à laquelle il faut donner une représentation.

Elle devient si immédiatement ou mieux si instantanément intégrée que chacun soit se christianise, soit (avant et) après la révolution française devient le je ou le moi comme structure universelle commune ; et l’ensemble des esthétiques, des littératures, des politiques, des morales et des éthiques (fortement individuées) se multiplient en tous les sens, orientations possibles ; c’est ce que l’on nomme l’ordre culturel, depuis que la mise en forme culturelle ; les mondes précédents la structure de conscience, comme dieu, pensée, sujet et réel, inventent le langage, les échanges, etc ; la mise en avant de la structure brise cependant quelque peu la spontanéité du langage (lorsque l’on parle on entend ce que l’on dit, afin que l’autre entende ce que l’on entende, et que l’on prononce ; dans le langage est déjà inscrit structuralement pour ainsi dire, autrui, l’autre, l’Autre ou au début donc le groupe ou la communauté).

Cet « ordre » culturel évidemment c’est ce qui envoie votre propre rapport ; jusque dans la perception, l’affect bien sûr, les signes et le relationnel ; l’ordre n’est nullement celui qui se produit des institutions, mais depuis le début c’est celui qui s’écrit par et dans des individualités ; moïse, jésus, Socrate, Descartes ou Rimbaud, Rousseau ou Robespierre, ou Sartre, Lacan, etc.Il n’existe aucun autre Ordre.

Pareillement Einstein ou Gödel ; les théories sont portées, supportées, articulées par des sujets. Mille et un sous-ordres viendront soutenir ou contredire et écraser l’Ordre effectivement manifesté (par dieu, la pensée, le sujet ou le réel), mais, et la dernière occurrence l’impose, seuls les sujets ont accès au Réel (cad aux mouvements que sont dieu, la pensée, le sujet ou le réel). Il est clair, dès l’origine, que la survenue du dieu un, unique et antérieur à tout, coupe intégralement la réalité, le monde, les mondes humains, la naturalité en deux. Les juifs ne s’y trompent pas ; c’est un chambard énorme, infini, une extraordinaire difficulté qu’il leur fait. Pareillement la pensée, un avant et un après, le christique et Descartes, la révolution et l’accès au réel pour chacun, chaque un. Le besoin universalisant communiste ou le fantasme désirant libéral s’évertuant à ressouder le réel, à recoudre, à même la peau, cad l’image (et ce faisant usent la réalité, au sens propre ou figuré ; le monde et la naturalité ou le corps des mois, qui s’épuisent pour un idéal universel ou un fantasme de soi).

Courage existentiel qui prend sur soi, on ne sait de où, à partir de quel point d’exister, ou passion existentielle, qui sait bien ou sent bien comme il n’est aucune correspondance entre le je, l’arc de conscience et quoi que ce soit dans le monde, la vie vécue, le corps, et qui surtout qui a saisi ou fut saisi de l’arc étincelant du réel pur (et brut) ayant à s’actualiser ; l’arc avant-son-corps ; puisque l’arc de conscience ne correspond à rien, c’est ainsi qu’il existe un présent en lequel « quelque réel » ou « le réel même » doit apparaître. Ce je sait l’apparition, il la reçoit.

Et non pas l’apparition du fantasme qui ne désire rien tant qu’envahir toute la mentalité (et nous rendre esclave, du pulsionnel ou des images immédiates, non celles réfléchies et difficiles évidemment qui sont créées du et par la structure, esthétiques, poétiques, etc), mais apparition du signe, quel qu’il soit et selon ce que l’on a perçu ; aussi le fantasme (qui croit que tout est possible et non pas que le possible Existe) nie-t-il qu’il se présente quelque signe que ce soit ; nous convaincant que jamais il n’y eut de signes. Ce qui est faux.

Le moi s’enroule dans le fantasme, précisément dedans, (et le libéralisme ne demande rien tant, mais les mois tout autant, qui croient contrôler leur objet, puisqu’ils sont « images », posées là au-devant, en réalité en eux) ; le je est saisi du dehors, d’un plus grand, qui n’équivaut à rien du monde. Et qui ne s’échange contre quoi que ce soit.

Tel signe, ce je l’a reçu, il lui est apparu, il l’a voulu, il s’y est entendu, ou on ne sait comment.Dieu sur la montagne qui n’est pas, nulle part et que l’on ne peut pas percevoir (puisqu’un rapport ne peut pas se percevoir, mais est cela même qui rend possible qu’il y ait perception en conscience, et non seulement en tant que vivant ; rappel ; les animaux nous perçoivent, mais ils ne se perçoivent pas eux-mêmes à partir de l’horizon ; nous sommes déjà de l’autre côté, lequel ?)

Descartes nomme clairement la liberté comme passion. 

Nul doute que la Passion du christ signifie celle bien au-delà de tout ce que l’on peut éprouver ; nous ne sommes pas dieu… Nous ne saisissons pas encore cet extrémisme réel ou supposé (selon que vous êtes croyant ou non ou troublé, pour le moins) du dieu unique qui se sacrifie ; pour « quoi » ou « qui » se sacrifie-t-il ? Qu’est-ce que cet échange ? Il faudra bien tirer, relativement, cela au clair. Avançons, à tout le moins ; afin qu’il n’y ait plus d’échange… suppression de la dette, nouveau départ, renouvellement, et renouvellement continuel et continué (ce qui eut lieu).

On a déjà dit que cela correspond, à tout le moins, au tomber-amoureux de n’importe qui, de n’importe quel moi, en lequel tomber on ne se perçoit plus, ou encore, jadis, à la foi en la Révolution ou parfois en la Littérature ou la Poésie ; donc ça n’est pas si rare que le Réel se Crée.

Rappelons que le fantasme, ce qui oriente le moi

(le moi qui seul est : le je n’est pas, il existe, il produit un arc en plus)

le fantasme est le corps vivant qui ne comprend rien à la coupure qu’impose l’arc de conscience, cad le signifiant qui tranche le corps ; et toute la réalité, de haut en bas sans reste, sauf que l’on « a » un corps qui est-là, et absorbe le signifiant premier en une part de signe et une part de « chose », que l’on ne peut pas relocaliser en tant que signifiant ; la conscience peut tisser une infinité, potentiellement, de signifiants, ou de signes, esthétiques par ex, mais ne peut absorber la massivité du corps, l’ensoïté dirait Sartre évidemment, massivité qui ne se relie pas, qui pourtant cherche à ramener à lui les signes, d’où l’image fantasmatique ou hallucinatoire, dotée de la pesanteur horrible de la jouissance, imaginaire, et pulsionnellement attirante ;

arc qui tranche la réalité et le corps puisque le rapport, qui est la structure, l’architecture du signifiant, est autre que lui-même (sinon, de rapport il ne serait pas) ;

et comme tel coupe toute la réalité.

À l’opposé le fantasme, et ce qui use du fantasme pour vendre des objets de désir par ex, le fantasme est ce par quoi le moi croit qu’il va « être », supposément, d’un objet qui, imaginairement, illusoirement paraît offrir la complétude, que le moi ne peut plus atteindre mais à laquelle il se rattache désespérément.

Inversement alors le je sait que c’est précisément la coupure elle-même qui doit être élaborer ; dieu, la pensée, le sujet et le réel déploient cette élaboration. Par exemple la révolution, depuis deux siècles, entend gérer et réguler l’impossible, la séparation, la division.

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L’immanquable « conscience »

22 Avril 2023, 11:07am

Publié par pascal doyelle

On a dit que le sujet, le je est cela même qui juge de la cohérence. Mais aussi que ça n’était pas du tout s’en remettre à la subjectivité, puisque l’arc de conscience est cela-même qui maximise absolument la plus grande possibilité, le plus grand rapport et l’ensemble de tous les rapports réalisés ou potentiels.

Et que donc toute l’historicité a pour finalité d’architecturer le sujet. Sa capacité, son jugement, son rapport au réel (qu’il soit dieu, l’universel, le sujet lui-même ou le réel). Son rapport au réel engage, envisage la totalité du spectre de ce qui existe. Et c’est à cette éducation, de soi, que l’on travaille. Aiguiser l’attention et donc opérer toutes les distinctions. Dont on comprend bien qu’il s’agit toujours d’ontologie. Puisque si l’on peut délimiter les concepts (et l’on doit), par contre tout acte, toute activité de conscience engage tout le rapport qu’est l’arc de conscience (et tous les champs par conséquent) ; de là que dieu, l’être, le sujet ou le réel sont unilatéraux, exclusifs, uniques. Formels.

Et puisque le je est un rapport et que rien ne peut se substituer au rapport qu’il existe, absolument, formellement, alors tel qu’il s’instruit lui-même en usant de tout ce qu’il peut, et étant initiateur de tous les champs, de tout ce qui est accessible. Ce qui existe en tant que rapport doit recevoir de son exister sa possibilité.

Par exemple le fondement de toute morale, de toute sociétalité, de toute réalité humaine repose sur l’arc du sujet. Ce ne sont pas des « valeurs » qui flotteraient dans l’espace intersidéral, au petit bonheur.

Jusqu’alors on échangeait des sujets. Non seulement à la ressemblance du christ, qui s’échange lui-même, ou donc qui se donne. Mais tout autant ce don somptueux de la pensée, qui n’existe pas sans penser, activement ; ce qui crée quantité de sujets « qui pensent activement ». ou encore Descartes qui impose à chacun qu’il soit un tel « je « . Ou évidemment la révolution qui crée le statut de sujet, en tant que citoyen.

Le christique est le contraire de l’échange, il se définit par et selon le don ; puisqu’il remplace la Loi ou les sacrifices ou les règles de vie et les interdits par l’Intention ; de l’Intention a priori elle sera pardonnée, ce qui signifie comprise, engageant chacun à comprendre ses propres intentions, ce qui n’était jamais arrivé où que ce soit ; vos actes, votre vie ne vous enchaînent plus, vous n’appartenez plus au monde (à la mort, aux ténèbres, etc) mais au Renouvellement de tout ce qui est (les choses) et de tout ce qui existe (les vivants).

On a dit déjà, que l’on y croit ou non, que le christique est absolument et en tous les sens fondamental. Il outrepasse l’antiquité par le souci de soi, qui recherchait une sagesse, en possibilité infinie par et pour laquelle débute la capacité de se transformer fondamentalement ; notre être ne tient plus en une essence, une connaissance, une qualité quelconque du monde, mais par l’attention envers notre intention ; que veut-on vraiment ? C’est que l’intention ayant remplacé la Loi, chacun peut, doit revenir incessamment sur ce qu’il veut ; rendant possible l’indéfinie possibilité de tous les sujets qui viendront ;

et absolument lorsque par Descartes le je se prononcera lui-même de lui-même, créant la possibilité de rapports à (soi) à partir du soi lui-même, et non plus seulement du christique.

Cette intégration en et par chacun est cela même qu’induit le christique ; cad que l’on considère que absolument initiateur, le christique envoie chacun – vers – lui-même. Hors de quoi, hors duquel mouvement, auto-généré si l’on veut, ça n’aurait pas de sens ; Descartes, littéralement, intègre en lui-même la possibilité de la possibilité, ce qui veut dire la possibilité de quantité de rapports, que ce rapport à (soi) introduit dans la réalité, la vie, la perception, l’organisation relationnelle humaine, etc.

L’intégration du je s’effectue dans la représentation même, ce que saisit parfaitement Pascal, qui crée le concept de « moi », en vis-à-vis du « je ». le je et le moi déracinent totalement la « pensée » ; qui croyait contenir, on ne sait comment, « la conscience », et tenir l’idée comme plus grande que le je, ce qui est absurde ; il est clair que si l’on s’engage dans la notion de « rapport à soi », on ne peut plus en sortir puisqu’aucun contenu de ce rapport ne peut être plus grand ou plus causal ou plus connaissant que ce rapport lui-même. Kant et Hegel l’ont effectivement compris tel (le sujet transcendantal est la structure antérieure à toute détermination et l’Esprit est la négativité qui roule l’ensemble de tous les concepts, restera à Husserl de discerner, distinguer l’activité « de conscience », intentionnelle, et à Sartre de passer outre tout contenu, idéel, idéaliste, de la « conscience » ; l’activité intentionnelle est indéfinie ou infinie, peu importe puisque c’est une structure en acte qui produit, invente ou crée quantité de signes, constamment, et à propos de tout (de tout ce qui est, dans le monde, la vie, ou de tout ce qui est possible, inventé).

Pareillement donc ; lorsque Descartes exprime, manifeste le je, il ne crée pas les je, évidemment, mais l’exprimant « techniquement » pour ainsi dire, il accélère leur profusion. Dans tous les cas il devient impossible d’ignorer la puissance, cad la potentialité, qui produit dans le langage (la représentation, la mise en forme culturelle) des possibilités, ce qui veut dire ; qui provoque des perceptions dans tout le champ du monde, de la vie vécue, du corps et des affects, et évidemment pousse à étendre la pensée ou la connaissance ou la politique, etc ; rendre possibles des sujets, c’est ouvrir tout autant les esthétiques ou les littératures ou les politiques, en tous les sens possibles, cad réalisables.

Sur le christique remarquons qu’il ouvre le champ intentionnel, il est le premier sujet en titre et celui par qui « on est Vu », engageant le regard de chaque un, qui suivront et saisiront instantanément l’engouement chrétien. Et évidemment on se voit par-delà tout ce qui est, tout ce qui est vécu, tout ce qui est éprouvé (et donc désiré) ; il existe un point en-dehors, autre manière de dire que nous existons en tant que rapport et d’un pied à l’autre bout ; le rapport est ainsi le signifiant, celui qui opère des distinctions, puisque la réalité est déterminée et donc elle-même produite comme distinctions ; il existe donc une processualité intégrale du splittage, de la division et donc de la distinction ; et ce jusqu’à ce splittage très étrange, celui qui se produit comme splittage, coupure de soi sur soi, et donc sujet, ou je ; soit donc le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (qui se représente) et quelque identité, et qui malgré ce vide, ce vide formel, dit « je » et donc se signifie, ce qui rend possible tous les signifiants.

Parce que ce qui engage notre être, par quoi il cesse d’être un être, déterminé et donc promis à la mort-disparition, ce sont les positions de sujet, des tas de positions de sujets ; depuis que nous sommes sortis des mondes particuliers, cycliques, selon le sacré, et entrés via le divin, séparé, et le point zéro qu’est l’universel (qui oblige de re-justifier expressément à chaque fois), et l’accès à (soi) comme unité formelle, ce qui se comprend, se voit, se décide c’est le point du réel en lequel et par lequel on existe.

Les sceptiques et les cyniques et les nihilistes conviendront tous qu’il n’est aucun point d’accès au réel. Il est bien évident, et bien certain, que l’on oppose ici tout le contraire ; l’accès au réel est déjà, depuis toujours mais plus manifestement depuis dieu, la pensée, le sujet et le réel ; qui s’imposent sur la scène (jusqu’alors occupée par le groupe, la communauté) et que ce réel, étant, cet accès, une structure cad un rapport, celui-ci est immédiatement et peut-on dire instantanément (puisqu’alors le temps ne vaut plus de la même manière), est instantanément en rapport à soi, comme rapport ; donc il se-sait ; il ne se connaît pas nécessairement (d’un discours extérieur) mais il se-sait et la formulation la plus nette est celle cartésienne du cogito.

La forme prédomine de fait sur les contenus ; ce qui ne veut pas dire qu’elle remplace les contenus, mais que ceux-ci, tout à fait préservés et admis, n’ont de sens, d’orientation, de direction, de point d’application que celui des sujets ; par ex l’universel, la pensée, n’existe que des sujets ; si on tient la « raison » comme extérieure aux je, on perd tout ; la raison ne serait alors que des programmatiques tout à fait abstraites, voire des programmes, ni plus ni moins.

Mais en vérité et originellement la raison, la pensée s’exercent individuellement ; la raison n’est pas la connaissance mais le jugement ; ou dit autrement on ne voit pas ce qui doit être perçu par la raison, mais par l’intention. Et le jugement s’effectue d’un point donné tel que « là » vers l’horizon du monde, le monde comme horizon, autrement dit l’être, et que de ceci le sujet est intégré ou devrai être intégré dans ce jugement sur « ce qui est » ; et si le sujet est intégré alors le « ce qui est » c’est « ce qui devient », et rien ne devient plus que dieu, la pensée, le sujet ou le réel.

Pourquoi ? Parce qu’ils existent formellement, en tant que mouvements, et non pas déterminés (et donc destinés à disparaître). À l’inverse de quoi ils peuvent devenir et sont même le seul facteur, les seuls opérateurs qui se transforment ; leur « substance » est un mouvement et ce mouvement se transmet et se transmet tout aussi bien à lui-même.

Soit donc la structure du mouvement qui est le devenir pur et brut tel qu’il s’est dévoilé lui-même (ou fut révélé), tel quel, dans notre historicité même, puisqu’il n’est une historicité que depuis l’émergence de la structure ; dans tous les autres cas il s’agissait de mémoriser des états, et non pas mémoriser des mouvements ; pour mémoriser un mouvement il faut des êtres qui ne sont pas des êtres (déterminés) mais, donc, ce que l’on a nommé « des sujets ».

évidemment les mondes humains, qui inventèrent le langage, la mise en forme culturelle, le groupe humain, etc, étaient eux aussi des mouvements, mais la différence, pour illustrer, est ce que les sujets bougent très vite, accélèrent, traitent autrement la détermination mais également les autres sujets ; et si il y a « un sujet », il y aura « des sujets » ; sujet devient la règle ; c’est pour cette raison que le christique débute par autrui.

De fait et instantanément articulé comme rapport, l’arc de conscience communique absolument, formellement, son arc-boutant, impératif, universel, exclusif, unique ; soit dieu, la pensée, le christique, Descartes ; impératif puisque l’on ne peut pas échapper à l’intention, forcément unique, de dieu, qui manifeste absolument que l’intentionnel est, existe séparément et tient entièrement en son unité, son essence, il est le premier et le grand rapport ; universel pour tous, ce qui veut dire pour tous les rapports possibles exprimés ; exclusif en ceci qu’un seul a pu appeler, et nommer, chacun par son nom ; unique de sa prononciation en propre « je », plusieurs n’auraient pas pu dire « je » ; beaucoup s’y sont essayés, de reformuler le sujet, mais recouvrant le dit « je » par quelque détermination, contenu, définition, intuition ; Descartes, non, rien que le « je ».

c’est de l’ordre de la dimension absolue (ce qui veut dire formel, de même que infini signifie rapport) ; je suis celui qui est en cours d’exister ; l’être est ; moi je suis (le christ) ; je pense donc je suis. Les marqueurs ontologiques, seuls réels, sont purement formels. Qui ouvrent absolument l’ensemble de ce qui les suivra à chaque fois ; nation, savoir et universel, individualité, révolution.

Donc l’enquête se tient de cette forme-même.

Et l’enquête (ou la révélation) s’est lancée dés la sortie de tout monde clos, cyclique, communautaire, puisqu’au sortir des mondes chacun particulier, c’est la structure (de conscience) qui avance sur la scène, dans la manifestation, qui se nomme donc elle-même comme Intention, dieu, réseau intentionnel, idées et systèmes et connaissances, individualité du je (christique et puis cartésien), réalisation et réel (révolution, humanisation et personnalisation, sciences et États, mass et micro médiatisations, etc).

Puisque cette structure, de conscience, est actuelle, elle n’existe que de et par son actualisation, ou son introduction dans le champ de la représentation, elle se rend réelle toujours et forcément ; elle est l’actualisation, l’actualité en marche, avançante ; il existe mille et une projections du possible pur, des utopies, à commencer par le messianisme, jusqu’à l’eschatologie ; et jusqu’aux paradigmes individuels. Ce qui peut paraître contradictoire, paradoxal ; mais la forme « sujet » est absolument ce qui existe formellement et qui rend possible l’historicité, les œuvres, les nations et les finalités. Le point d’accès au réel c’est précisément l’articulation rendue en sa cohérence la plus forte et celle-ci n’est pas autre chose que le Créé ; il est avéré que les mathématiques peuvent s’étendre en leur règne propre ; que l’universel s’impose comme variations infinies de l’être ; que les sujets initient et organisent l’entièreté de l’arc du réel, qui contient comme sous-structures tous les champs ; autant dire que cette articulation du sujet, et donc du je (qui est le sujet en tant qu’il se prononce), porte intégralement la plus grande cohérence ou possibilité ou accès possible.

Sinon quoi ? Le réel ou la « conscience » ou le savoir seraient contenus « dans la pensée » ? Ou il existerait un « ordre » quelque part qui serait, bizarrement, « conscient de lui-même » ? On voit bien par là que si on introduit l’idée, la notion, le concept de « conscient » on suppose une conscience ; on ne peut plus ne plus poser que l’arc de conscience soit premier et en tous cas dernier (et donc premier, puisque ce sera un rapport qui s’initie lui-même, qui s’enflamme lui-même de son propre arc). Dire « conscience » ou conscient, c’est installer de fait un je, un rapport qui ne peut pas être plus petit que ses contenus (comme si une « pensée » était plus essentielle en elle-même, que ce qui la pense) ; et un rapport qui est-plus-grand c’est ce rapport lui-même en tant qu’il se signifie et donc formellement ; reste donc alors que le je soit non seulement « d’une cohérence » (quelle qu’elle soit) mais la cohérence même ; cad le rapport qui se tient (mais il existe à vrai dire que des rapports cohérents, cad des distinctions, qui ne distinguent évidemment pas sans raison, sans universels et/ou spécificités ; en un sens, très inaccessible, il n’y a pas de « sans raison », soit déterminée, soit intentionnelle, cad libre ; le libre étant l’instance de la décision, certes, mais également de la Création, du Créé, du possible tel qu’il se donne à lui-même la possibilité d’exister).

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La perte du réel

15 Avril 2023, 08:42am

Publié par pascal doyelle

On a dit qu’aucun discours ne tient de par lui-même. Mais ça ne signifie pas qu’il faille ignorer les objectivités ; il y a de la connaissance et c’est immanquable.

L’arc de conscience est celui, tendu, par-dessus les savoirs, et c’est ce qu’il fut réellement, dans l’effectivité même, durant les siècles précédents ; c’est compte-tenu des sciences et des connaissances, du droit et des institutions, des esthétiques et des littératures (et non forcément toutes les occurrences à la fois, évidemment).

C’est pourtant cet objectivisme des discours qui a poussé à rétrograder la conscience en tant que ‘subjectivité’. Tout s’organisait tout à fait convenablement ; il restait au subjectif un terrain de jeu. L’ensemble de l’objectivité pouvait alors tenir le naturalisme et le réalisme. Dit autrement il n’existait plus de possibilité pour que l’intentionnalité, l’arc intentionnel puisse établir son champ de réel au-delà des réalités déterminées, cad organisées politiquement et pensées objectivement ; tout était livré à la détermination et la détermination ne nous parle que via des discours, qui sont pris comme étant la réalité même (et non pas comme figurant cette réalité, et donc alors sujette au doute ou à la remise en question). La subjectivité n’affectant qu’une certaine détermination spéciale, tout à fait limitée et sécurisée pour ainsi dire.

Ce qui avance de plain pied d’avec le gel de l’historicité ; il n’y a qu’une révolution, elle a eu lieu et reste à aménager ici ou là, des accommodements, mais plus aucune nouvelle compréhension ne permettrait quelque nouvelle pensée de cette idée étrange de ‘révolution’.

Reprenons ; la révolution est le programme qui n’en est pas un, aboutissant à donner à chacun sa possibilité en propre. Programme qui n’en est pas un, sauf que … on verra.

Évidemment pour le libéralisme économique qui va courir tout au long du 19éme (et du 20ème et du 21éme du reste), il y a en aura qui posséderont plus de possibilités que d’autres ; ils seront récompensés. Moyen pour réduire ou annuler l’ensemble des libertés au profit de quelques unes, dans une oligarchie. On ne se pose alors pas même la question de redistribuer les possibilités afin que véritablement le maximum d’individus puissent accéder à leur réalisation, ce qui veut dire, de manière formelle, absolue et universelle, de manière à ce que chacun atteignent à tous ou une partie certaine, certaine, de rapports réalisables.

L’idéal se réalise en France et ce sur deux siècles, puisque la « France » est ce peuple qui sait articuler la liberté et l’égalité (en ceci par ex qu’autrui est déjà-toujours admis et choyé dans et par la littérature, les esthétiques, etc) ; soit donc l’intégration, l’incorporation du christianisme en un peuple puis une nation qui est saisie de son historicité en propre, à savoir se rendant compte « qu’elle existe » en tant que nation. Liberté, égalité et fraternité miment la coordination interne, intérieure et intime du réel d’un peuple. Et inventant à l’occasion l’État moderne.

Rappelons que le christique impose par-dessus la Loi (du judaïsme, qui nous trouve toujours coupables) la supériorité de l’Intention ; par laquelle il est toujours possible de nous pardonner ; et que cette intentionnalisation de l’humain impose la liberté, égale, de tous et de chacun. Puisqu’il s’agit toujours du même rapport de conscience (la conscience n’étant rien que ce rapport lui-même, en personne en fait, puisque l’on fait « un » avec soi, une unité formelle et non pas déterminée), la pensée grecque qui relève de la même structure intentionnelle, pourra être reprise intégralement par la théologie.

On soumet ce qui précède par exemple à la théorie d’E. Todd, sur les systèmes familiaux, et épinglant qu’effectivement la famille nucléaire égalitaire (frères et sœurs égaux dans l’héritage, ce qui n’est pas le cas en Angleterre par ex, liberté distinctive oui, égalité non) et système qui caractérise absolument le centre et le nord de la France, effecteurs de la dite unique Révolution (il y eut cent variations mais une seule forme).

Lorsque l’on dit que l’arc de conscience est recadré dans le subjectivisme (et les romantiques auront beau faire les jolis cœurs ou désespérer infiniment) c’est que le dit arc ne peut plus, ne pourra plus s’élancer comme mise en forme structurelle absolue, cad formelle, de la réalité ni de l’historicité.

Tous les rapports sont monopolisés par le libéralisme économique bien sur mais également par la formulation objectiviste de toute la naturalité et de toute la réalité, y compris la dite ‘subjectivité’.

Puisque finalement ce qui fait office de « pensée » c’est ce qui s’est nommé « idéologies ». Il n’y eut aucune autre pensée ou méta pensée que ces idéologies. Des discours. Qui n’offraient aucun point de vue structurel, excepté le fondateur, celui de Rousseau.

Or les discours, qui passent comme étant les réalités elles-mêmes que, pourtant, ils exposent, diversement du reste, et donc de seconde main, ces discours sont construits par d’autres que soi, par d’autres qui sont  « quelques-uns », et absolument pas « tout », ni aucun des je. Outre évidemment qu’un de ces discours ne peut prétendre à saisir l’ensemble de tout ou l’être ou la forme du réel, encore moins ; ce ne sont pas leurs objets, qui sont toujours limités et dont on ne peut déduire ou induire le réel.

On en a vu la raison ; le réel est formel et revient à la décision et donc plus profondément à l’intention que l’on en a. Or évidemment c’est « le réel » qui est en jeu en chaque je, puisque chaque je manifeste « le rapport lui-même » (et donc tous dans l’unique horizon universel).

Comme la réalité s’est engagée comme discours, clos, ou comme fantasmes, le réel s’est dissout dans la détermination, étant entendu que nous ne sommes accrochés au réel que via dieu, l’universel, le sujet ou le réel. Pourquoi ? Parce qu’ils sont des rapports et qu’ils imposent que cet arc soit hyper structurés, au-delà donc de tel ou tel contenu (qui finit par coller à la conscience, et qu’elle croit être).

Le réel est formel et à vrai dire les points de structure, cad les œuvres, qui comptent, échangent non pas des discours ou des parties de discours, mais des points de vue ; non pas des mesures ou des objectivités mais des sujets ; Descartes ou Rembrandt sont des je ; ce sont ces je que l’on rencontre (avant de n’avoir plus affaire qu’à des objets ou des images d’objets).

S’il est une insistance du rapport que seuls existent les je, c’est que c’est bel et bien en ce lieu là que se présentent ou non les possibilités, cad les possibilités de rapports. Vos rapports dépendent-ils ou pas des moyens que l’on vous octroie ou qui vous appartiennent ou devraient être vôtres ? Mais ne le sont pas. De même qu’entre les deux, idée et image, les objets sont les médiations même que sont les rapports sociaux. Si la description des rapports est réduite aux discours, alors vous en êtes coupés de cette capacité.

Que les idéologies soient l’expression, cachée ou non, des rapports sociaux (Marx) aboutit à la Société du spectacle, en tant que les images sont la conscience (fausse) des mêmes dits rapports. Mais sans idéologie… cad sans même plus d’idées et ainsi totalement dissimulés. Rien que des images et donc des rapports encore plus dissimulés ou des images encore plus cruelles ; qui rendent les gens fous ou idiots.

Ce qui revient à dire qu’une société humaine est astreinte à subvenir à chacun, et qu’aucune excuse, justification, prétexte, interprétation ou finalité prétendue, ne peut s’y soustraire. On n’a même jamais tenté de mesurer, de calculer, de paramétrer, de délimiter l’ensemble des nécessités humaines suffisantes ; on s’est contenté de suivre les désirs et les décisions des uns et des autres en pariant ou admettant d’office leurs justifications ; entreprenez ! Entreprenez !

En vérité les nécessités internes aux sociétés furent remplies plus ou moins et plutôt moins que plus (sauf en France) en usant du surplus généré par l’extension des activités humaines, par l’économie et la technologie décuplées ; retirez ces hyper production et hyper consommation et tout l’ensemble, la sécurisation, n’étant pas institutionnalisée, régresse. Les retraites par capitalisation, par ex.

Schématiquement ou caricaturalement plus on produit plus il y en aura pour tous, mais en aucune manière il n’est requis, demandé de réfléchir aux besoins ou aux désirs, ni à la régulation, ni à la compréhension préalable.

Il n’y a rien d’organisé dans une société humaine qui compte sur ses surplus, sa plus-value ou même le fragment de quota de cette plus-value pour subvenir aux besoins et au minimum de désir ou plus exactement en contrôlant la production et la consommation fantasmatique des objets. Il n’existe aucune théorie du minimum acceptable (ni même vital).en réalité tout est dans le laisser être du « désirable » et du « réalisable » ; rien n’est pensé.

Ce qui veut dire que l’on se fie, se confie à la naturalité des besoins et des désirs supposés spontanément eux-mêmes, et au « réalisme » des solutions au petit bonheur, la loi du marché par exemple ; il n’y avait aucune raison de réguler les industries exploitant les ouvriers au 19éme, tout comme celles qui polluèrent outre mesure au 20éme ou celles qui surfinancinarisent au 21éme ; une sorte de synthèse toute benoîtement immédiate et sans aucune réflexion, un laisser-aller généralisé. Ça n’est pas du tout un ordre ou une organisation, mais simplement le surplus de l’accumulation.

Évidemment le communisme a cru être en mesure d’établir l’humain selon ses besoins, universels, une régulation, abstraite, cad universelle (selon les besoins naturels et universels) et le libéralisme selon les désirs, constamment réinventés ; impliquant l’augmentation continuelle de la production et admettant l’humain comme infini invention de soi mais selon le monde et la détermination ; l’économie est dans les deux cas l’idéologie du corps.

Et pas du tout une science, qui devrait se fonder à tout le moins dans une anthropologie, et en vérité dans une philosophie (puisqu’une science se définit par son objet, donné, là, déjà constitué alors que notre être est une structure, ce qui veut dire formellement un rapport, non fini, non déjà donné, non immédiat (un rapport immédiat n’a aucun sens) ; c’est ainsi le possible qui devait, aurait dû, aurait pu s’envisager comme science, mais alors ç’eut été une philosophie. Qui eut lieu, en partie ; la philosophie eut lieu, Rousseau par ex est effectivement réel ; et Kant qui attendait les nouvelles de France.

La non immédiateté du rapport que l’on existe (et que l’on n’est pas, puisqu’un rapport n’est pas) fut absolument insistée philosophiquement ; Sartre et Lacan analysent cet « être » qui n’est pas un être mais un mouvement (le pour-soi) et une coupure (le signifiant dans un corps-vivant) ; impliquant ceci que pour la première fois est analysé cela même qui existe, dans l’antériorité à tout ; le champ intentionnel antérieur à tous les autres ; la pré-organisation structurelle de tout le possible humain (et donc bien antérieur aux besoins ou désirs). La série indéfinie de signifiants (qui viennent tenter d’exprimer, et recoudre, la coupure qu’impose le signifiant à un corps vivant qui n’en demandait pas tant) équivaut à la série indéfinie des objets ou des images d’objets ; qui ne satisferont jamais le « désir » puisqu’il n’a pas de correspondant, dans le monde ou le corps, et puisque de « désir » il n’y en a pas, pas vraiment.

Lacan peut bien en référer au « ne pas céder sur son (vrai) désir », sous-entendu les autres sont des relais (pour que le désir continue, et ne s’absente pas comme dans la dépression), des fétiches, des illusions, nécessaires (sinon on devient ou on est fou ou malheureux, etc) mais faux, Sartre en fin de compte nie qu’il y ait désir, fondamentalement, mais décision (cad engagement, renvoyant la psychanalyse évidemment) ; mais il n’y a pas une nature humaine ou une identité (du moi) qui soutienne le champ intentionnel de la conscience actuelle mais il, le champ, s’élabore de sa propagation structurelle ; il élabore son actualité, son actualisme, sa présence active et extrémiste ; et on a reconnu en dieu, la pensée universelle, le sujet ou le réel la signifiance même qui s’ébauche de cette pré-organisation. Seuls dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le je, et le réel supportent l’arc de conscience. Et exigent que le pont, l’arc-boutant soit tissé.

S’il n’y a pas de désir, c’est qu’il n’y a pas de manque, mais l’entière possibilité de positivité brute. Dieu, l’universelle ampleur, le sujet ou le réel sont l’immense devenir, et donc l’infinité, la non finité, des rapports possibles. On ne trouvera donc pas dans le monde ce qui correspond à la structure (et ainsi n’est pas un désir) mais ce qui correspond à la structure est Créé, est le possible en tant que Créé. C’est le sens du terme de « rapport » ; on ne sait pas à quoi, vers quoi, pour quoi il se dirige ; or on considère qu’il est la structure ou le réel lui-même.

Bien évidemment on ne peut pas vivre, quotidiennement, dans et par et pour le structurel, mais y atteindre ici et là, et cela, la remodélisation du possible (via dieu, l’universel, le sujet ou le réel donc) change tout.

C’est bien ce que l’on éprouve dans la religion, la philosophie, la liberté, l’existentiel (ou la poésie ou l’esthétique, etc). Sous-entendu, on l’éprouve mais difficilement, ou si l’on préfère c’est une épreuve, littéralement ; on est un moi et, parfois, avec un peu de chance ou de constance, un je et cette expérimentation, rare, du je ne doit pas s’oublier ; il faut en élaborer une théorie spécifique pour mémoriser et tenir cette structure expérimentée ; sinon cette ex-stase s’échappe. Il y a des évangiles, des systèmes, des poésies, puisque les signes en sont autant de distinctions qui splittent ou déplient la vision du structurel, et ce non comme discours extérieurs (et objectivistes) mais en tant que l’on n’échange véritablement que des sujets. Ce qui veut dire non des échanges mais des dons.

Il n’est aucune réconciliation qui refermerait le corps sur une totalité ou une représentation « qui serait éprouvée », la chose hallucinatoire, le poursoi-ensoi de sartre ; le regard se clôt, le champ s’épuise à investir une « chose » innommable, si il n’est pas tendu par tel ou tel rapport de structure, absolument externe ; sans tension il se tue dans la chose, dans l’image, dans le discours ; il se retire de sa propre vue, de la vue distinctive parce que distincte de dieu, de l’universel, du sujet ou du réel. Il n’est aucune réconciliation mais l’augmentation de la coupure, de la division : en tant qu’elle se comprend elle-même et pousse jusqu’au bout cette division, ou dit autrement cette distinction, qui est la première de toutes, puisque dieu, universel, sujet ou réel. Ce que les sujets échangent ou donnent ce sont donc les coupures elles-mêmes (et on a tué les prophètes ou Socrate, pour cette raison même).

Résumons ; on a instauré la structure du réel, à partir de dieu, de la pensée, du sujet et du réel, pour tout oublier dans l’ensemble de tous les contenus, rendus possibles par et via les structures, structures noyées dans ces acquisitions, mais qui n’ont de finalité que dans les structures de dieu, de l’universel, du sujet et du réel. Parce que sinon images et choses s’enfoncent dans la répétition psychologique puis psychique et la nuit métaphysique ou les ténèbres ontologiques. Rien de ce qui est déterminé ne tient le réel. La question est ainsi ; comment reprendre l’ampleur qui fut ?

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