L'embétant en philo est que l'on a l'impression puissante de se retrouver embringué dans un labyrinthe assez inutile , assez nul pour tout dire ...
Au début il y a comme un héros , une sorte d'historiette s'ébauche , on suit à peu prés , et puis à un moment ou l' autre , ça se divise , on dirait que ça patauge , que ça méne n'importe où , gratuitement , faut s'accrocher , mais ça lasse ... c'est certain .
S'agissant de Lacan , ou de Kant , on se dit , "bon , doit y avoir quec'chose quand même , courage , ça va s'éclaircir ...y va pas nous laisser là en plein bourbier ! sinon il serait pas connu , voir reconnu, le Kant ! "
Pour Kant on peut disposer de repéres , historiques , son influence , un petit résumé par-çi. Pour Lacan , ... euh ... c'est encore pas bien au point ... on sait pas trop ... pas encore absorbé , digéré ... on ne sait pas ce qu'il défend , attaque , sa guerre à lui , et ce qu'il désigne au-delà de notre horizon , et du sien : puisque si il a DIT , c'est qu'il a VU ... enfin on suppose ... on l'espére ... on l'attend au coin de la rue , il nous fera signe ...
Une scéne toujours se met en place ; certains éléments sont identifiables , identifiés , mais ça glisse lentement ou trop vite , les sens des mots perdent leurs significations , de gré ou de force , on est embarqué dans une catapulte , qui ne lâchera jamais le morceau peut-être .
De plus ça n'est pas nécessairement écrit souple et délié ...
ça se concentre , se dilue , se résume bizarement , on entrevoit une allée sur le côté , oubliée sitôt dite ; entre poésie pas cool et technicité dont on craint la vanité ;
j'aime assez ... à vrai dire ... j'ai l'impression que le compliqué , là , en face, cherche , cafouille un max , essaie de se dépétrer , de sortir la tête hors de sa noyade , on le sent bien gigotant , tout barbouillé , à étouffer ; ah il veut s'en extraire de son dévidoir !! il y tient à tout déverser ;
vaguement il se soucie de nous , les lecteurs , ça se remarque ici ou là , il fait un effort ! mais c'est trop bien, pour lui , il fonce , il déglingue , il parcourt en une milliseconde tout son discours , qu'on n'y comprend rien !
mais ça n'est pas pour décourager , c'est histoire de gueuler
"vous verrez ! vous verrez où que je vous méne !!! "
Je passe en revue les conversations , les confidences de la vie , celles qu'on m'a livrées , celles que j'ai aventurées ... comme c'est de l'eau de boudin tout ça ... c'est sidérant comme ça dit rien ...
ça englue presque , c'est pire que tout !
C'est pour ça que les gens ne parlent pas d'eux-mêmes , pas vraiment : le langage , pour qu'il dise , il faut le mors aux dents , les rênes, sinon il commente les choses , en surface , les objets , les illusions , les collégues en humanité , il n'enfonce pas pas la hache sanglante ...
On sait pas quoi en dire de nous-mêmes ! sorti des images toutes-faites de soi , de ces mises en valeur auxquelles on croit peu et dont on prend l'autre à témoin pour les inscrire , ou de ces dévalorisations autorisées , acceptables , significatives (trop !) , quémandant l'approbation, ou vicieuse dictature psychologique du vampire , exigeant la reconnaissance.
Une espéce de bagarre continuelle à qui tirera à soi les couvertures. Lesquelles ?? qui a-t-il à retirer réellement de cela ?
La reconnaissance. L'autre sait mon visage que j'ignore. La belle affaire !
qui SAIT quoi que ce soit ? sinon que l'on entre ou pas dans le jeu des signes socialisants d'un groupe quelconque .
Un texte pas clair au moins c'est clair ; l'autre sait , moi , je ne sais rien ; j'apprends ...
je me modifie , je change la signification en moi , à le lire.
De même qu'il cherche , lui , à agrandir le territoire ; toute tentative nouvelle , échec ou pas , est le chemin. "Regarde : là-bas , on n'a pas encore jeter l'oeil ! y'a quelque chose , cest sûr !! "
Le territoire de la signification , celle qui creuse le sujet (pourvu qu'il soit investi ; ce qui est un engouement , engoulevent , et une technique), qui creuse des galeries en-dessous du monde , de la vie , du vécu , qui cause à n'importe qui ... et dépersonnalise, à rebours de l'immense intense propagande du psychologiquement bâtard.
Il rend le moi au Sujet : celui qui sait de quoi il cause , même ne sachant pas où ça aboutit , surtout ne sachant pas !! puisque c'est par là qu'on se libére.
Nu, face à la mort . Sans plus rien.