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instants philosophie

Le corps, paroi du réel

17 Septembre 2016, 09:03am

Publié par pascal doyelle

Un corps jeté au-devant

L’occidentalisation ayant à charge de montrer l’articulation antérieure, celle qui précède tous les mondes, produit sous nos yeux l’écart ontologique qui ne peut pas se résoudre ; parce qu’il n’a pas à se retrouver en quelque partie ou détermination du monde, et parce qu’il doit remonter jusqu’à la racine antérieure, l’arc de conscience ayant lieu dans un corps, produisant celui-ci comme surface, comme autre-corps, et plutôt que de déployer une imagerie de cette surface, ayant conçu le miroir de toutes les images, se charge donc de déplier la structure du dit miroir.

Toute pensée, antérieurement à celle-là, se tirait des images ou étirait ces images, voici que le concept, cad l’idée, le système, soit donc l’intentionnalisation et sa variation indéfinie, produit du méta ; du méta, de la forme, le caractère formel de notre être qui de ceci devient structurel et non plus lié et enfermé par ses contenus ; le méta contenu d’une part (ce que l’on peut nommer l’universel) et la réflexivité (le retour sur cet-être ou sur notre être devenu cet-être) s’imposent ; ça n’est pas de former des idées ou des systèmes, ce qui se produisit en d’autres civilisations, mais de l’articulation que créent ces idées ; c’est en ceci qu’il faut en venir à la définition ontologique que supposent ces idées spécifiques, et c’est pour cela que l’ontologie fut justement inventée par l’occidentalisation ; c’est que l’occidentalisation a affaire au réel ; au réel donné tel que « là ». l’énoncé de l’être partout ailleurs ne signifie pas la même logique que celle occidentalisée ; l’occidentalisation veut saisir l’être ici et maintenant ; nulle part ailleurs.

Et donc c’est l’articulation plus qu’immédiate, et bien plutôt instantanée qui est creusée, travaillée, torturée. Et dite instantanée, il faut comprendre à quel degré de gyroscopie il faut se tordre le cou.

Si on définit notre être comme tel ou tel, on utilise des parties du monde ; si on définit notre être comme cet-être, il faut ne prendre appui sur rien et demeurer dans le cercle formel du rien. L’être grec est abstraction, le dieu un tout-autre est abstraction, le sujet pareillement, et l’altérité ou l’exister tout autant ; la formule abstraite certes utilise des mots, mais précisément les mots qui échappent aux parties du monde (du corps, du langage, du groupe) et ne relèvent pour se définir que de l‘expérimentation spécifiquement abstraite, cad formelle, ou donc individuée (hors de tout langage, groupe, mondes ayant affaire au sol-même, sous ses pieds) ; et requiert donc de but en blanc l’ontologie.

Lors même les mois, qui sont pourtant des personnalisations, cad issus de la réflexivité au sein même de la réflexivité antérieure (l’humanisation fondée sur l’universel produit la personnalisaiton, l'accès au corps étrange), désirent encore quasiment des parties de monde, des parties de corps, et imaginent seulement ces objets comme des touts ; sauf que le moi possède en lui-même déjà la séparation ontologique et ne peut pas ne pas en souffrir ; parce que le réel est la difficulté extrême ; le réel est la butée dernière, la limite, la ligne antérieure ; il n’a rien de facile et d’immédiat ; autrement dit le réel est ce qui existe, et l’exister l’extrême, l’ultime, la première et la dernière ligne ; en fait il n’en existe pas d’autre puisqu’étant l’exister même, soit pour nous le présent.

Si le présent est l’articulation extrême de ce qui est (l’exister dépose tout l’être comme donné là, mais lui il est le « là » de tout donné), ce qui est, est extensivement et intensivement en réflexivité intégrale (il n’est rien « en dehors »), la paroi du présent est l’arc lui-même en retour vers lui-même ; autrement dit le réel se crée du devant, de l’au-devant ; il se crée en retour (vers lui-même). Et lorsque je me situe comme corps, et comme corps-autre, c’est cette surface là au-devant qui me re-vient qui installe toute réalité ; et lorsque Descartes fait le fameux retour sur « soi », il acte précisément que ce soit un re-tour ; un nouveau tour (à entendre en tous les sens).

Un nouveau tour de l’exister tel qu’il se saisit de lui-même sous la forme adéquate « d’être saisi » de cet-être ; d’une externalité incommensurable qui creuse la distance ; Descartes veut en être saisi, mais on s’emploiera par la suite à combler ce gouffre ; or cependant la structure est de fait ce qui existe et aucune partie de l’être ne peut remplir la distance ontologique, la forme de l'exister ; de sorte que s’opérera comme pour le dieu-un tout-autre et l’être, et le un et malgré et contre nous-mêmes, que l’opérativité, l’efficace de dieu, du un ou du sujet produiront l’exister et non pas un quelconque comblement par l’être ; l’occidentalisation ne cible pas l’Etre, comme gros objet ou Chose, mais crée la formule, la formulation, l’abstraction ; celle de l’antériorité du réel, de l’arc de conscience tendu vers le réel ; inutile donc de croire critiquer la position ontologique ; elle est un fait, un réel (à la vérité on ne voit pourquoi ni comment le relativisme ou la réduction rationaliste pourrait annuler que ce qui eut lieu, eut lieu ; il est une historicité de fait, monumentale et inattaquable en ceci qu’elle n’est pas une systématique d’idées mais un dépliement de l’unique structure ; aucune et en aucune manière qui puisse être remplacée ; il faut la comprendre telle qu’elle s’est réalisée, rendue réelle).

Comme fait parce que l’exister tel qu’il s’est décidé et créé (puisque la forme du réel possède évidemment cette capacité de devenir autre que soi, étant entendu que le réel est l’altérité même dans sa distinctivité onto-logique ; produire de l’altérité ou donc des réalités et dans ces réalités un être au moins qui soit encore plus autre et qui étant conscience/de/soi manifeste toute l’altérité possible ; une conscience de (soi) est une distinction formelle sans détermination, cad absolue, et cette distinction absolue se produit du corps rendu autre),

l’exister est ce qui se continue sous la forme de l’arc de conscience ; aussi celle-ci doit-elle de son propre chef élaborer la dimension ; le réel ne peut pas appartenir à autre chose qu’à lui-même ; il ne peut pas naitre d’une partie du monde, mais d’une structure spécifique qui n’a pas de contenu ; qui est donc un pur et brut rapport ; et on a vu, cent fois, que l’arc de conscience est cet arc lui-même mais aucun des contenus qu’il produit ; l’humain, tout comme le moi, sont des effets de la structure (de même que le langage, la pensée notionnelle, la pensée philosophique ayant ,elle, à produire son retour dans la dimension) ; la non détermination de la structure est ce qui lui permet de prendre les contenus comme si il s’agissait de formes ; une conscience réinscrit tout en rapports, en relations ; le langage est un tissage de relations, et les tissages prennent surface du corps ; où pourraient-ils s’inscrire sinon ?

La surface du corps est donc ce qui porte les tissages. Le corps est ce qui porte le langage comme substrat des relations des signes, et évidemment le corps, rendu autre, s’étend bien au-delà du langage ; le langage n’entre pas en concurrence avec l’arc de conscience ; c’est par le langage que l’arc structurelle crée ; il n’y a pas une vérité dans le langage, les vérités dans le langage sont les mémorisations des arcs de conscience, concevoir autrement ce serait admettre qu’un réservoir de vérités se tiendrait en suspension ; que le langage forment systèmes et système c’est certain (les informations s’organisent sinon elles ne se retiendraient pas et ne seraient pas des informations), mais ceci montre (inversement de ce que l’on comprend habituellement) que l’arc du corps mémorise dans le langage ses signes ; le langage se constitue de la recherche multidirectionnelle de cet arc usant de ce corps qui perçoit, ressent et rassemble ou dissemble le monde, les choses, les corps eux-mêmes et les lignes portés par ces corps.

Le présent, et la surface du corps qui occupe tous les tissages possibles, sont en décalage et toute fixité est prise, retirée de la surface donnée « là » ; toute conception, représentation, parole vient du tissage au-devant et seul chaque arc en est l’accès, chaque arc sur son corps est l’écheveau qui re-vient du donné là, vers tel ou tel repli, lequel sera relancé à nouveau dans le donné là ; la source non interrompue ; non en ce qu’il le connait mais justement de ce qu’il n’y en a pas connaissance mais vision sublunaire, (ce dont on n’a pas de représentation).

C’est trop peu de dire que les vérités, les énoncés sont vrais ; ils sont des vérités qui sont instamment réutilisés vers et dans le même lieu ; c’est un repli interne au présent (qui est tout entier externe et de plus au-devant) qui s’augmente par cet-être, cet arc fiché dans, vers le présent, et ce repli que nous constituons, et que nous constituons non seulement d’énoncés et d’énoncer mais de tout ce corps placé au-devant, trame non seulement notre pensée (représentation, présence du corps-autre, multi directionnalités, tissage de l’horizon) mais trame le réel lui-même ; il ne faut pas perdre de vue que le présent est ce qui se lace, fil par fil, ligne par ligne et ligne d’horizon par ligne d’horizon ; ce qui se signifie partout comme « tisser votre âme », ou pour nous, après la révolution, comme "réussissez votre vie" (nonobstant que cet impératif soit épuisant et incompréhensible et inatteignable et contradictoire ; ce qui rend fou). Chaque arc de conscience sait qu’il doit tisser sa surface mais aussi que peut-être ce tissage « subjectif » est un tramage du réel.

Le tramage du réel (soit donc la précipitation des réalisations, dans le monde, le vécu, la représentation, etc) est la finalité ; la surface du corps (travaillé, œuvré, structuré, qui se donnait comme plénitude, grecque, classique, universels du vrai, du bien, du beau, mais commençant ensuite de déborder, de dissembler, par les sujets et puis les grand sujets de l'altérité, poètes clairvoyants et pensées de l'altérité, menant les Grands Tissages désarticulés, montrant comme la forme excède le contenu) ; que le tissage soit dit subjectif est juste une facilité ; on a vu que l’accès et le déploiement de la dimension de structure est un fait réel et qui est dit ontologique en ceci au minimum qu’il touche notre être même, cad notre structure de conscience (et la modifie) ; autrement dit toutes les explorations qui eurent lieu sont réellement des explorations (lorsque Descartes ou Nietzsche avancent, nous avançons, dans la même épaisseur sans épaisseur, raison de sa difficulté, de son impossibilité) ; et que le tissage subjectif corresponde à un tramage objectif reste certes incertain et d’un degré supplémentaire ; le problème étant que si il est une correspondance objective, elle doit se décider …

Se décider parce que si l’acquisition du et via le présent est réelle, que la forme du présent est de fait le Un, il faut donc comprendre que le Un ne peut pas ne pas s’acquérir à partir de lui-même ; le formel doit décider de sa formulation (puisque de toute manière on ne le trouve pas à l’état naturel, si l’on peut dire, il doit donc se sortir de lui-même ; raison d’être du présent).

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La vision indifférente

15 Septembre 2016, 10:35am

Publié par pascal doyelle

Ne pas avoir de monde, ne pas avoir de vie, n’être rien, réduit à la plus stricte articulation, sans rien et articulé ; subir le squelette du réel pur, s’enfermer dans le seul présent, grimper le long de la verticalité, inusable, sentir les nerfs accordés à la diffraction du seul présent qui annule tout le reste, vibrer par le corps déchiqueté par la verticalité « là », au-devant, comprendre par les yeux que le présent est l’unique vision et sur lequel tout se presse, tout est venu, tout viendra, et comme les réalités, les corps, les mondes humains sont à la traine de la vague surpuissante du réel pur et brut, très brut, brutal, d’une sauvagerie inouïe, radicalement a-humaine, indifférente mais qui réalise, qui rend réelles les milliards de milliards de statistiques, statistiques de particules ou statistiques de nombre d’arcs de conscience, humains ou pas humains, venant se claquer sur la paroi du présent, et ayant lancé tous les dés, le réel avance, avec ou sans nous ; il vaut mieux que l’on en soit, sinon ça nous effacera.

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La disjonction du réel dans le vivant

14 Septembre 2016, 10:05am

Publié par pascal doyelle

Ce qui fut découvert, et qui a entrainé d’innombrables d’effets, jusqu’à devenir une anthropologisation généralisée de tout l’humain, est le mécanisme sur lequel étaient fondés les différents mondes particuliers jusqu’alors, chacun pour soi, un par un, animés de leurs propres synthèses,

et mécanisme qui fut extrait, autour de la méditerranée, spécialement par les grecs et le christique (et monothéisme), extrait et qui donc a commencé de se représenter ; il n’est pas figurer lui-même tel quel, ce mécanisme, et prît mille et un détours ; il faut comprendre que le dit mécanisme ne peut pas se définir selon le monde, le donné, le corps, les signes, le langage ; mais que la pensée, grecque, le christique (et sa méta-supposition du corps ; étant en capacité de reprendre intégralement la pensée grecque, puisque c’est de la même réflexivité dont il s’agit), la réflexivité du sujet et les pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) bien que ne représentant pas adéquatement cette structure, extraite de tout monde humain, ces configurations là (pensée, sujet, altérité) détourent hyper activement la fission, le déchirement, la rupture de continuum, l’abyssal et ces configurations y approchent ; elles sont élaborées à cette fin ; pensée, sujet, altérité (la forme de l’universel, la forme du sujet, la forme du réel) créent ainsi l’historicité (la réflexivité s'ajoute à elle-même, son même trajet) ; ayant extrait le mécanisme de conscience de tout contenu (toujours quelconque en comparaison de sa structure radicale), on use de la conscience à tout-va ; l’universel, le sujet, le réel comme architectures historicistes accélèrent intégralement tout l’humain.

Et le mécanisme pénètre plus avant au fur et à mesure dans la réalité (humaine, mondaine ; grosso modo il part du plus élevé, son concept, son méta-système d’intentionnalisations hyper actif, les idées et les systèmes, jusqu’à l’humanisation, la révolution, et à son avancée plus précise encore ; la personnalisation, lorsque le mécanisme est au plus près possible du corps de chacun) pénètre dans la réalité mais aussi dans le réel ; en ceci que la structure extraite n’a pas de contenu particulier et ne recouvre pas le monde de telle ou telle apparence (ou monde humain, parlé, échangé, particulier) et qu’elle s’attache au réel-même ; cad au réel en dessous de tout monde (humain ou naturel).

La théorisation de ce mouvement de s’attacher, s’attaquer à la nature constitutive du réel, c’est le centre philosophique même ; autrement dit et pour faire vite, on juge de la philosophie du haut de l’objectivisme très habituel ; qui veut que le donné explique le donné et que l’on admet la réalité en ce que l’on en voit les effets, dument constatables par chacun ; sans songer que quoi que l’on pense le donné ne se limite pas au donné, ne serait-ce que de ceci « nous sommes autres et externes au donné » ; sans saisir, apparemment, que la pensée et l’universel, le sujet et la réflexivité, l’altérité eurent de considérables effets en tous sens, et que sans ceux-là ce monde-çi, bien douillé pour nos objectivistes, ne serait pas ; historiquement il ne serait pas.

Il s’agit de renverser le regard ; ce que l’on croit erroné, illusoire, anciennes visions, mystique, ou « métaphysique », etc, est ainsi « ce qui réellement eut lieu » ; l’accès au réel par la structure (de la pensée, du sujet et enfin du réel même).

Et que donc si l’on passe-outre l’objectivisme habituel, on admettra qu’il existe une discipline qui explore la dimension ouverte par l’extraction du dit mécanisme et que cette discipline a effectivement creusé de plus en plus précisément et détouré cet-être en nous, ce mécanisme ; parce que si le mécanisme est la structure de conscience, nous en sommes l’effet (ça n’est pas « notre » conscience, ou pas au sens que l’on croit).

Que les mois, cad les mois des objectivistes, des raisonnables, ne voient pas ni ce qui crève les yeux, ni le devenir et l’exploration acquise, signifie donc seulement qu’ils s’attendent à observer un résultat qui serait du monde, du corps, du désir, du bonheur, ou ce genre de choses (rappelons que la réfleixvité de strructrue est autant orientation que désorientation), et non pas qu’ils perçoivent à quel point leur propre conscience n’est effectivement telle que d’être passée au travers des machineries intentionnalisatrices, réflexives et autres de la pensée, du sujet et du réel ; il est clair que l’on ne vise pas les machines seulement philosophiques (bien que celles-ci engendrèrent majoritairement l’accélération de conscience, cad la conscience qu’elle eût de son accélération soudaine), mais tout autant les universalisations (éthiques, politiques, idéels, et esthétiques), soit donc le retournement grec du monde, et tout autant le christique, soit le renouvellement intégral de l’humain (note corps hors naissance/mort), et puis les continuations, comme la révolution et la scientificité, etc.

Insistons sur ceci ; gavés des effets de la réflexivité monumentale qui eut lieu depuis 2500 ans la plupart des mois considèrent comme tout naturels et acquis ces effets … et leur déception nait essentiellement du fantasme sur lequel est construit leur moi, et dont ils ne retrouvent pas du tout la satisfaction dans le monde, leur vie, leur corps et usant de cette grille de lecture ils restent dans l’impossibilité de remonter dans leur propre historicité (annulant ainsi les grecs, le christique, le sujet, la raison, la démocratie, etc) et copient-collent indéfiniment le dit fantasme (irréel de fait, puisque créé à partir de l’image du moi ou de l’objet de son désir, et de la structure de conscience, et que celle-ci ne rentre pas dans le monde) ; l’aveuglement et l’isolement du moi dans son rétrécissement localisé, l’empêche de visualiser le devenir, l’historicité complète (et pareillement il végète dans un universel rendu abstrait, le cadre généralisé de la révolution, de son sujet absenté, par la science, annulé, par les théories mondaines et idéologiques (qui recherchent la « nature humaine » ou « la vraie essence du moi »), et sujet ignoré, par sa propre constitution de moi, moi qui a plié toutes les finalités vers ce-corps-çi, de réabsorber l’image du corps, boite à fantasmes et non pas tension vers l’autre-corps, comme on a vu ; tout l’enjeu étant de transformer l’image-idée en idée-image).

L’accélération de l’historicité (en fait la constitution même qu’il y ait historicité), est la sortie hors et en plus de tout contenu, du mécanisme de conscience ; on a beau tourner autour par la pensée, le sujet, le réel, la structure est depuis la méditerranée, active.

On ne peut pas se substituer (en « pensant l’avenir » par ex) à l’élaboration en cours ; ce sont les idéologies ou les anciennes versions de la vérité qui l’entendent ainsi ; la structure travaille au réel ; elle se construit, s’invente et puisqu’elle est actuellement répartie partout et par tous, c’est l’ensemble des actualisations (les personnalisations qui résolvent leur équation en propre une par une) qui, d’une manière ou l’autre, œuvrent au réel ; or la nature de la structure ne peut pas se représenter ni se satisfaire du monde, du corps, du désir, etc ; elle n’a d’exister que celui de l’insatisfaction, ou donc de la maitrise du désir au sens précisément qui fut élaboré par le 20éme (et dont la contrainte du désir, depuis les règles d'éthique ontologique, y compris christique, étaient prolégomènes). Ça n’est pas pour rien que le désir est ce qui court tout le long ; sous prétexte éventuel de « libérer le désir » ou d’atteindre la vérité du désir, mais on entend par là, de toute manière ; ce que l’humain attend de l’être. Usant encore de vieilles prononciations (qui ne voulaient pas dire ce qu’actuellement on y entend ; l’être, le un, dieu, le christ, le sujet sont des points de configuration qui permettaient de soulever la réalité, alors que « désir de l’être » est pour nous une sorte de dévoration de la grosse boule de l’être, le rapport d’un moi à son objet).

Le propre du désir ou de l’objet du désir se révèle pourtant, (depuis Sartre et Lacan qui taillent dans le dur, et ne se paient pas de mots) comme un jeu de regard(s) sur la Chose ; il n’est pas plus d’objet que de Chose ; c’est l’imaginaire qui croit qu’il existe une Chose ; parce que dans la réalité il n’est pas de Chose où que ce soit et donc rien qui soit adéquat à un tel « désir » (en ceci Lacan interprétait la pensée, la philosophie, le sujet, etc comme si ils désiraient l’Etre, la grosse boule, mais en fait la philosophie usait de l’être, du sujet, etc, comme du levier qui soulevait le monde ; ce qui fut fait. Lacan, comme tout le reste, n’est rendu possible que par la terme d’un devenir et un devenir structurel). En somme on imagine que l’autre voit la chose et que la chose existe donc ; ce qui est absurde ; personne ne voit quoi que ce soit ; on ne voit que le regard mais le regard, lui, existe. (C'est l'unité, supposé, de l'acte de conscience qui se projette, mais d'unité il n'en est que formelle, en mouvement, de ce qu'il y ait désir donc).

Ainsi l’esthétique ne montre pas des choses ; ce sont les choses qui réorientent ou restructurent ou tout simplement structurent le regard (au point qu’il n’existe, le regard, que face à l’œuvre, jusqu’à disparaitre tel lorsque l’œuvre est refermée ou sort du champ ; parce que le regard est si indescriptiblement hors du monde, n’y entrant pas, qu’il se suscite de la périphérie de la réalité, ce que l’on a nommé ; le Bord).

On peut se demander ; mais si les œuvres ne suscitent que la structure du regard, répétitivement, à quoi sert-il qu’il y ait tant et tant d’œuvres ; une seule suffirait. Mais ça n’est pas que les œuvres suscitent le même monde, le même vécu, le même corps… N’oublions pas que le Bord du monde n’est en lui-même que formel ; on n’atteint pas le Bord, et puis voila. Lorsque les grecs découvrent et inventent le donné là par le « là » du donné, le monde par l’être (comme méta formel), c’est sur et vers ce monde que cela mène ; nulle part ailleurs. C’est pour cela que l’on invente et c’est pour cela que le chemin n’est pas écrit ; ou donc que l’on doit inventer la vérité, cad le réel.

(En quoi, encore une fois, la perspective objectiviste qui cherche à résoudre le donné par le donné, comme si rien n’existait hormis le monde collé sur lui-même, est limitée)

Le résultat de l’œuvre est ainsi d’avancer dans le monde, et cela signifie tout ; avancer dans le monde c’est avancer par la pensée, cad la mise en jeu des plus grandes intentionnalisations possibles, par le sujet et la plus intense réflexivité accessible, et par l’altérité, la plus différentielle conscience de la réalité, et du réel, et sur fondement du réel en vérité, qui se puisse ; et au bout de l’historicité c’est la capacité du corps ; c’est obtenir un tel corps capable de porter la structure.

La mise en jeu des intentionnalisations c’est évidemment la vision à laquelle on accède ; de tous les systèmes de conscience possibles ou découverts ou créés ; philosophiques mais aussi bien plus généralement (puisque l’arc de conscience est parfaitement identique en toute humanité), et en ceci qu’il faut maitriser la variation intentionnelle même et ne pas s’arrêter à des positions fixes ; cela ne veut pas dire que l’on ne s’arrête pas aux contradictions, mais que l’on veut rendre raison, idéalement, de toutes les contradictions, cad de toutes les différenciations ; il n’échappe à personne que c’est la volonté hégélienne absolue que de comprendre comme l’intentionnalisation est ce qui se joue de soi. Remarquons cependant ; non pas qu’il y ait une raison raisonnante à toute différenciation (ce serait non seulement hyper compliqué mais aussi non fonctionnel ; les différenciations se créent dans un faisceau intentionnel et c’est la logique du faisceau et non pas exclusivement la logique des notions, des idées, des systèmes qui prévaut ; la logique hégélienne n'est pas une "logique" mais des positionnements).

L’altérité est non seulement la bizarrerie du monde donné là, cet univers relativement aberrant, mais aussi de se pénétrer de la constitution du réel comme sortant intégralement de tout monde ; l’intention philosophique n’est pas de réduire le monde donné à un carcan ; puisque le fait est que la multiplication folle des systèmes expose chacun à la sidération ; c’est là le résultat réellement recherché. La Vérité s’impose d’elle-même, ou bien plutôt de la force d’un groupe ; la vérité, petit « v », réclame chacun, individué et sans rien ; la vérité jette l’arc dans le monde, le donné là et le « là » du donné, des grecs, mais aussi jette la personne dans le là de son vécu, de sa naissance à sa mort, christique ; le christique a inventé cette hyperbole saisissante ; et le là du donné tel celui de la science (extrêmement incompréhensible et d’un encore plus étrange qui voudrait que chacun ait à « se réaliser » … soumettant chacun à une exigence impossible, une exigence qui rend fou, pénétrant potentiellement dans le royaume de la dé-pression ; que l’injonction de se réaliser intégralement n’a rigoureusement aucun sens).

Le sujet est l’extraposition de l’éthique ontologique absolue, ce qu’il faut comprendre comme « radicale ».(non pas celle dont on rêve, mais celle qui fut effectivement mille fois réalisée ; Kant décrit effectivement ce qui nait par la révolution, Nietzsche pour son lot, Sartre ou Lacan) Absolue signifie « radicale » : à la racine. Ce par quoi il faut comprendre que la décision d’exister, comme ceci ou comme cela, se méta décide. D’une part on oriente le gyroscope, d’autre part cette orientation ouvre un trajet ; si on nomme notre décision comme gyroscope, c’est qu’elle n’a pas de point de repère ; elle est son propre repérage ; autrement dit elle tourne à vide mais dans ce vide se structure la forme ; évidemment il faut qu’elle s’y décide ; un exemple de mise en structure est ainsi celui de Sartre (sa pure et brutale exigence terrifiante) ; plus souterrainement, le sujet lacanien est celui qui s’y prend par en dessous et au plus profond ; la décision sartrienne est en vérité par comparaison de celle lacanienne, tout à fait abstraite ; le gyroscope lacanien vise à influer sur le dedans de la structure (de conscience) ; et ce dedans est le corps (mais comme coprs-reçu vers l'autre-corps, lequel est impossible parce qu'existant) ; la mise en résolution (impossible) du corps, son investissement (par l’extérieur, reçu) de sa surface ; le retournement et le renouvellement du corps ; ce qui ne peut pas s’opérer (impossibilité de l’analyse psychanalytique), en un sens, mais il demeure néanmoins une issue. Qui ne se situe pas dans le moi. Et qui n’est pas une issue pour le moi, à vrai dire.

Ceci engage donc à préciser que l’individué relève du sujet, et non de l'individualisme ; nous sommes loin, très loin, du sujet universel ; cad du sujet abstrait (tel qu’on peut le déduire de Descartes ou Kant, si l'on oublie caricaturalement leur propension, leur trajet et se contente d'une appréciaiton objectiviste) ; en un sens le sujet sartrien est une élaboration du sujet abstrait en tant que justement il n’est plus abstrait (de même et cent fois plus avant le sujet lacanien). Ou si l’on veut on ne peut pas admettre que le moi soit un sujet individualiste seulement ; cad une composition de déterminations, un corps-langage ajouté ou non d’une conscience universelle. Il faut au contraire saisir que le corps, le moi, le vécu, dans la re-prise qu’effectue la structure même de conscience ; et qui signifie quoi ?

Que l’architecture de telle structure de conscience se crée de son vivant ; autrement dit qu’ici comme ailleurs c’est l’exister qui détermine la réalité. Ce qui est parfaitement invraisemblable. Parce que cela signifie que quantité de causes accidentelles ajoutées à nombre de lois nécessaires n’obtiennent un effectif réel que ici et maintenant. Et pour le sujet que ce qu'il décide et oriente et désoriente ; mais oriente et doésriente dans le lieu invraisembable de sa décision ; de son éthique ontologique et qui, pour un moi, puisque la structure a pénétré très avant dans la réalité, éthique sur corps écrite ; de là qu'il y ait Lacan (et Sartre qui recherche le lieu de décision de "soi", étant entendu que l'on est ici dans la structure existante et vivante, non dans l'abstraction).

Mais c’est oublier que le sens de la réalité est au-devant. Peu importe les moyens mis en œuvre, toutes les quantités d’univers lancés, ce qui compte c’est ce qui existe au-devant, ce qui se précède comme vague, ou ce qui surfe sur la vague du présent si l’on veut. C’est ce qui parvient à se tenir sur la ligne du présent qui inscrira le devenir. Le présent est la plaque photographique ; toutes les réalités, la détermination vient s’inscrire sur cette plaque, et tisse au fur et à mesure une image ; le moindre atome y est inscrit (puisqu'il s'agit du réel "là" et non de la notion de "réel") mais il est clair que les compositions d’atomes spécifiques et plus singulièrement encore les compositions qui créent des êtres en arc de conscience (ayant un rapport à (soi), ayant un rapport à (soi) distinct du soi lui-même, cad d’un décalage, ce qui est la signification même qu’il y ait « rapport » et qui délimite ce que « conscience » veut dire) ces arcs de conscience sont précisément ce qui sur la plaque photographique est flashé.

Quant à la finalité de ce diagramme on n’en peut rien constater pour le moment (il faut attendre d'être mort si l'on est croyant, c'est littéralement ce que signifient les méta religions, celles qui se sont élévées structurellement) ; mais le fait est que structurellement l’arc est instantanément créé face et par le réel ; c’est de ce qu’il sort de la cervelle qu’il (se) sait, sait que l’autre existe, que le réel est Autre (qu’il va mourir, qu’il n’est pas ce corps, qu’il est un décalage, etc). L’arc est arcbouté sur le Bord même de tout ce qui est, le Bord constitutif de la réalité ou des réalités (s’il y a lieu). L’arc avance du même mouvement bien qu’il soit légèrement différé ; laps de temps par lequel il est précisément conscience qu’il y a un réel (sinon il n’aurait conscience de rien puisqu’il ne serait pas une conscience ; le décalage dont on se plaint si fort, dont on tire sans cesse qu’il est manque, négativité, néant, absence, dont on a justement une interprétation négative, est précisément ce qui nous crée ; le décalage est ce qui nous offre le réel, et non nous séparerait de ce qui est ; il est absurde de rêver, imaginer un « état béatifique » sans séparation).

C’est ainsi dans la division, ontologique, absolue, cad formelle, que la philosophie avance ; pour elle la division est l’opération même d’exister. La division est la dimension, et on a vu que le réel est ce qui au plus intrinsèquement divisé « verticalement » comme présent.

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La feuille mouvante du présent immobile

10 Septembre 2016, 10:05am

Publié par pascal doyelle

Le présent est la surface verticale (en réalité dans tous les sens, les directions) vers laquelle est tendue notre arc de conscience, lequel superpose à cette surface un horizon, sur lequel se pressent les informations et chaque tension de conscience est tel ou tel pincement sur la surface, orientant le regard, le geste, par points d’attirance ; ainsi le présent tracte la réalité.

Rappelons ceci (qui n’a apparemment rien à voir) ; le moi n’existe pas, le moi est. Au sens où l’’exister est plus réel que l’être ; on a voulu ou conçu l’être sans voir qu’il est splitté divisé, autre que lui-même ; que la forme, en vérité, prédomine sur le contenu ; l’exister est la forme et la forme tracte l’être ; ou plus exactement l’être est le dépôt de l’exister ; en vrai n’existe que l’exister, cad le présent, l’être est un pli de l’exister ; on peut chercher son moi, on ne trouvera que le je, cad l’arc de conscience, vide, sans rien, et formel ; on dira que si je suis ce « je », cette forme vide, comme une forme abstraite, alors tout je est parfaitement égal à tout autre ; en somme le je serait une sorte d’universel vide ; mais c’est l’inverse ; si le je existe seul, il n’existe que des arcs de conscience un par un ; et ce qui existe individué absolument c’est non pas le moi mais c’est le trajet (le moi est une composition, le résultat sans cesse ballotté, la masse accrochée à la pointe exigüe, produite par l’arc de conscience sur la vague (gigantesque) du présent) ; le trajet de chaque arc durant son exister ; non le moi que l’on est, mais l’arc et l’acte que l’on existe, qui se décide, s’oriente et se désoriente en chaque présent, et surtout s’invente au fur et à mesure du présent qui re-tisse le donné, autant le donné que le moi tel quel, vécu, hérité, composé, perçu des autres, de lui-même ; de lui-même également parce que lorsqu’il se considère le moi est composé par lui-même et tout ce qui est composé n’appartient à la surface verticale et à l’horizon collé vers cette verticalité ; le trajet est ce que Sartre recherchait ; comment les quelques points d’exister ont inventé et puis tracté la réalité, le vécu et évidemment le corps ; la surface du corps étiré par le présent.

Il faut imaginer une machinerie prodigieusement perceptive et intellective qui tiendrait sur une simple feuille se tissant sur la subtilité du présent ; elle est en équilibre sur le Bord ; verticale ; en fait un arc de conscience est l’acte qui emploie tout le reste et l’accumule dans le présent mais de manière sélective, il s’agit d’étirer tel ou tel point de la feuille du présent ; on ne peut pas retraduire la feuille du présent dans un conscient ; et lorsque l’on veut soi-même extraire telle ou telle information de la feuille du réel, ce sera en abstrayant ; autrement dit la feuille du présent est irréductible ; il n’est aucun conscient, du moi ou un discours extérieur, qui rende transparente la feuille du réel ; elle s’éclaire du dedans ; elle existe au-devant, sur le présent, et lors même que l’on construit tel conscient extrait de cette feuille, ce conscient est réenregistré dans la verticalité du présent ; ce qui est vivant et indépendant en nous, ça n’est pas l’image ou l’idée (que l’on se renvoie ou que l’on construit) mais la surface de conscience articulée au présent vertical, à la feuille du réel ; et cette verticalité est en fait plus intellective et plus activiste que le conscient ; parce qu’en vérité si cette verticalité était disponible pour une considération consciente, elle serait déterminée et composée et donc dépendante ; c’est de se tenir sur l’externe bord sans aucun référant et qui laisse se presser les tissages sur la feuille, qui se situe verticalement au Bord, perpendiculaire comme présent ; la feuille du présent, l’horizon de l’arc n’est pas contradictoire avec quoi que ce soit ; le conscient ne s’y oppose pas, les perceptions ou les mémoires ou quoi que ce soit qui ait existé ; la feuille est en plus et selon telle ou telle accumulation applique une pointe, étirée, un pincement sur la feuille qui réorganise la disposition du feuilletage du présent ; la machinerie vivante et intellective outrepassant le donné perçoit celui-ci non adéquatement, ce qui veut dire selon son âme ; selon l’orientation qu’elle perçoit de trouver dans la réalité ; selon tel ou tel point par lequel elle étire la réalité s’accumulant sur la feuille dressée en pinçant selon tel ou tel point qui ne s’y trouve pas … puisque situé en avant ; en avant mais en fait instantanément puisque cet arc de conscience, ce pincement de conscience est la fonction du présent.

Evidemment le langage joue de sa prééminence ; mais le langage est signes, et ce qui fait signes, c’est l’arc (un centre, formel donc non attachant, relie signe et chose, signe et signe, etc) ; le signe est juste une relation marquée d’un astérisque x, y, z, etc ; il est clair que si le réel, le présent comme feuille verticale, tracte la réalité, c’est de par la mobilité des signes ; le moindre, le signe, embraie les choses, les corps ; la petitesse n’implique pas la grande et lourde mobilité des choses massives ; le présent est une paroi sélective (ce qui implique nombre d’erreurs, de déroutes, de tentatives, de mises en jeu, en bref un kaléidoscope).

C’est donc l’opération la plus insaisissable qui soit ; puisque c’est par elle que l’on saisit et que l’on saisit ce qui n’est pas (ce qui veut dire aussi qu’elle permet de saisir ce qui est déjà ; considérablement plus, puisque le neuf, le renouvellement, le trajet sont en très petit nombre en comparaison, mais étant nouveaux, ils sont sur la pente qui change tout). C’est celle qui restructure la précédance ; en ceci on peut dire que le présent réorganise la réalité et se produit comme kaléidoscope. On peut lancer cent fois le kaléidoscope en recherchant la configuration minimale ou essentielle ou spécifique ou précise, celle qui réordonnera tel ou tel axe du réel.

Il est clair que l’on ne se situe pas ici selon la morale ou la vérité ou le conscient ou l’humain (ce sont des effets, des répercussions, des reflets), mais selon la réalité et le réel ; il s’agit de rechercher une configuration de la réalité qui permette d’employer cette réalité ; et cela ne se peut sans l’inventer ; puisque le réel ne fonctionne pas selon un programme, un corpus qui se réaliserait mais comme une forme dont le programme est la forme elle-même soit le présent comme forme, soit l’arc de conscience (qui n’ont donc besoin d’aucun corpus), et arc qui engendre des représentations et interfaces (lorsque ces interfaces ont cessé d’être limitées par une formulation du groupe) ; on invente forcément le kaléidoscope, celui-là même qui rend lisible la réalité mais aussi le réel (à commencer justement qu’il y ait un tel kaléidoscope, que le réel soit le présent restructurant). La feuille du présent située en avant, rend lisible en enroulant la réalité vers le devant. Il est un devant, un présent, afin que le réel se crée de sa seule instantanéité ; l’instant est unique selon sa capacité ; la question est ; jusqu’où s’étend la capacité du présent vers lui-même ? À quel degré peut-il parvenir ?

C’est ce qu’il se demande lui-même ; ce que probablement il cherche au travers des races ; certaines échouent, d’autres avanceront plus loin (la nôtre ne sait visiblement pas du tout s’orienter dans le réel, elle demeure clouée à un fantasme quelconque) ; pareillement c’est ce que chaque arc recherche ; élaborer le kaléidoscope.

Dont on a vu qu’il pouvait se nommer ; gyroscope ; ce qui tourne en tout sens ; de sorte qu’il lui est impératif de dégager la forme-au-dessus des sens possibles ; la forme-qui-n’a-pas-de-sens, pour ainsi dire ; c’est ce que signifient l’être, dieu, le christ, la pensée, le sujet, l’ensoi nouménal, l’esprit hégélien, la volonté, l’Etre ; jusqu’à Sartre et Lacan qui détourent la forme même. Formules abstraites, ce qu’il faut entendre comme « formelles », qui atteignent ce par quoi la forme supplémentaire (hors sens, hors champs, hors tout ce qui est) peut jouer dans tous les sens ; elle est en dehors ; innommable, non distincte, radicale (à la racine, en ceci que la racine étant le présent est au-devant).

C’est en ceci que la forme abstraite n’a pas fait-sens, mais qu’elle a engendré des matrices ; sans doute se donne-t-elle selon ce qui pour tous accorde la signification ; comme le Bien, le vrai, le beau, les universalités ou l’éthique, l’esthétique, le politique, l’idéel, et qu’ensuite les pensées de l’altérité crurent être ou estimèrent-elles nécessaire d’annuler ses idéaux universels, en tentant d’élaborer, de créer de toute pièce la volonté de puissance ou l’être au-delà, ou en-deçà, des étants ; mais Descartes également et Kant, et Hegel créent des matrices structurelles bien plus élargies que celles universelles précédentes ; des matrices structurelles ; des machineries qui engagent la pensée, le sujet et l’altérité ; des machineries hyper actives et intentionnalisatrices qui ne s’acquièrent que sur le mode de l’individuée conscience (puisque seule elle ex-siste dans (et par) l’exister).

Ce sont des machineries déployant l’arc de conscience, votre propre arc de conscience y compris évidemment, qu’engagent, arment les matrices structurelles. Si l’on ne couvre pas soi-même de cette archi-texture dont on a vu aussi qu’elle est archi-tecture (du corps-autre), on n’entre pas dans la restructuration en-avant comme présent.

Et finalement il faut rendre compte de la logique, intégrale, du devenir depuis la dé-couverte/invention de notre-être/cet-être ; logique qui ne s’applique pas à un « objet » mais à une structure, cad un mouvement, puisque non seulement l’arc de conscience est un mouvement, un rapport, mais il est un mouvement en un autre mouvement (le présent). Il n’est pas étonnant, en soi, qu’un mouvement intégral ré-engendre un autre rapport ; l’une structure engage l’autre.

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L’étirement de la réalité - 1

7 Septembre 2016, 08:40am

Publié par pascal doyelle

La philosophie a exporté l’articulation, interne à notre être ; exportée là au-devant, dans le monde, dans des descriptions ; transformant celui-ci en cet-être là, sur le réel ; puis ensuite le réel prît l’évidence du présent brut.

Il est clair qu’il n’est pas aisé de se tenir soi-même là au-devant au bout d’une pique. Il paraissait impossible d’objectiver la structure qui objective ; dixit Kant, de là qu’il renvoie à l’en soi. Or pourtant c’est bel et bien ce qui fut peu à peu approché ; depuis Descartes on ne chercha pas seulement un discours vrai, mais on décrit un être donné « là » ; de Descartes à Lacan c’est ce programme, si l’on peut dire, qui est lancé ; il n’est pas lancé comme tel. Et se contourne, si l’on veut, à partir d’un énoncé (lui-même réflexif, qui renvoie à son externe), puisqu’effectivement la structure qui objective ne passant pas dans le monde, use de signifiants ; dont elle est le signifié. Massif. Le signifié du bout du bout est massif ; le réel et la structure de l’arc, bouté sur le réel.

Parce que la philosophie est elle-même prise dans un acte en plus ; elle a cru que la réflexivité était son choix, son lot, sa structure propre (de là à imaginer que sa réflexivité était la réflexivité, la pensée du monde, ce qui est une vue de l’esprit, c’est le cas de le dire) ; en réalité la philosophie est une réflexion sur notre être qui, lui, est réflexivité. Le monumental est notre être ou plus exactement cet-être qui nous cause, cet-être est arc de conscience vers le réel donné « là » ; cette « conscience » n’est pas « notre » conscience » ; et sans doute nous sommes par ex ce moi, cette identité et il faut se vouloir comme étant un moi, une personnalisation, mais ce moi est effet d’un arc ; il se produit au sein de l’arc ; l’inconscient est un pli et le conscient comme un re-pli dans ce pli et le moi peut-être un pli à nouveau dans ce second pli du conscient ; et le repli, le conscient, et le pli, l’inconscient, sont amenés, engagés, produits par re-tour de l’arc qui se tend vers le réel donné là, vers l’ horizon et re-vient vers (vers sa propre origine) ; antérieure à moi, elle va tracer sur le réel, à travers les vécus, les choix, mais surtout les inventions, voire les créations, les décisions, les projets, etc, elle va tracer un diagramme en plus ; en plus de votre vécu, de votre passé, de votre relationnel ; la nature de ce re-tour est très étrange. Départ d’abord, re-tour qui suit, pli qui se forme, re-pli dans ce pli, conscient et puis moi. Une conscience ne retient qu’en retour, revenant du donné, du corps, mais alors elle est déjà lancée ; son lancement dans le réel est autre que ses retours. Et lorsque Descartes invente, c’est le re-tour ; le tour en plus.

Parce qu’évidemment l’arc de conscience est parfaitement identique pour chacun ; et le moi parait être pourtant, a contrario, une vraie justification de notre réalité, (on l’imagine comme une substance, voire une éternité, alors qu’il est difficilement définissable, il ne forme pas un tout-dans-une-unité) mais non pas cet arc abstrait, vide, formel ; mais en fait l’arc est ce qui tient qu’il y ait dynamique et que dans la dynamique des plis et replis, tels le conscient, le moi, le langage, etc. que par conséquent la seule constante est cet arc lui-même engendrant dans son sillage des plis plus ou moins stables (et dont la supposée stabilité relève de l’imaginaire, on s’imagine « un » comme d’une totalité, alors que l’on est Un mais formel, sans contenu sinon ceux qui forment la base donné là ; corps, cervelle, langage, communauté, groupe, vécu, pensée, etc, et tout au bout l’arc de conscience qui butant sur le réel fait-retour).

Du point de vue du présent (de cela seul qui existe), il faut cibler le seul réel, sans jamais sortir de la constatation, susceptible d’être reprise par d’autres arcs de conscience, qui mèneront leurs propres trajets, sur le même réel et à partir du même arc, quel que soit leur nom, ou leur époque) ; et dont l’architecture s’élaborera d’une part sur la réalité, la détermination, l’objectivité (l’attachement à « qu’il y ait un réel » reconduit toujours au donné là) et d’autre sur le réel, et sur un sujet, sujet impossible (qui ne passe pas dans le discours parce qu’il ne passe dans la réalité) et de la position de ce sujet sur le réel (puisqu’ils existent distinctement, nous sommes autres que le réel, autres que l’altérité, l’arc de conscience n’a rapport avec rien, puisqu’il est le rapport à (soi), comme rapport, comme structure du rapport au rapport). Dans les deux cas il est une réalité et un réel qui résistent ; une masse de déterminations et une structure « en dur », commune à tout arc de conscience dans le même réel.

En ce sens ce qui est dit universel n’est plus alors seulement le discours universel ; le discours universel nait dans sa possibilité même qu’il y ait un être qui tienne comme rapport ; l’arc de conscience est ce rapport (il relie en l’occurrence les choses aux signes et les signes aux signes etc) ; mais le sujet lui-même est « universel » non en ceci que l’universel se partagerait en tous, voire s’imposerait à tous (comme le croient ceux qu’il ne s’agit que d’une « vérité » à trouver), mais en cela qu’il n’existe des arcs de conscience un par un, ce qui loin d’aboutir à un relativisme, crée justement le même plan unilatéral qui avance en un seul sens (il n’est qu’un seul sens ; le présent) ; et pareillement est dit universel également qu’il y ait un réel sur lequel tous les arcs se positionnent, se plient et qu’ils ne peuvent pas manquer (le moi est un pli, l’inconscient un repli, le conscient est un retour qui s’autonomise en se référant à lui-même, souvent comme entendu dans l’oreille de l’autre, pour l’efficace de la communication, etc, et on voit que le cosncient est dépendant, tandis que l'arc de cosncience est un plongeon vers qui ne sait pas où il va, mais re-vient vers le Bord, libre).

Il est ainsi l’universel de la pensée (la variation universelle des intentionnalisations comme machineries intentionnalisatrices qui augmentent la portée de la conscience et crée quantité de distinctions, de différences), l’universel du sujet (impossible par structure, et qui existe radicalement en et par chaque arc et nécessite une description en propre), et l’universel du réel (donné ici comme présent, seule constante qui crée le sens, unique, de tout ce qui est, sens très réel puisque c’est l’exister, non comme « temps » mais comme présent).

Tout a consisté à rendre dans le monde ce qui ne peut pas y apparaitre, ce qui ne peut pas se représenter ni être perçu ; soit non pas l’absolu au-delà (qui se figurait par une représentation mondaine hypostasiée), mais l’articulation antérieure (à toute représentation, détermination, réalité), la rupture antérieure constitutive de la réalité ; au travers des trois dimensions susdites l’occidentalisation décrit l’interstice, l’écart ontologique, la distance interne au réel externe (ce qui veut dire que toute la réalité est là-devant cet interstice, unilatéralement, et en un seul sens, le présent, et que l’interne est non un retrait abstrait ou idéel ou au-delà, mais est le Bord de tout cet externe).

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L’actualisation du libre dans l’histoire

3 Septembre 2016, 08:33am

Publié par pascal doyelle

Exemple d'irruption, événementielle dirait l'autre.

Si la structure de conscience avait été suffisamment assurée d’elle-même, la conversion des années soixante était envisageable ; pour cela, d’une structure certaine et convaincue, on pouvait attendre une réactivité qui mette en place tous les ressorts afférant à un renouvellement ; conversion des comportements, politiques, industries, représentations, etc. soit un changement, un basculement qui orienterait l’ensemble des activités vers une précaution d’une part mais surtout d’un devenir intentionnel ne cherchant plus la satisfaction immédiate et la facilité intentionnelle, mais un resserrement et une exposition de son propre possible ; au lieu que le corps donné-là fournisse la base et le résultat, enfermant la finalité de l’intentionnalité (réduite à une fonction), il demeure hors champ de lui substituer l’arc de conscience, l’intentionnalisation, la possibilité hors du moi devenant la finalité et la curiosité suréminente, l’engouement réel qu’il y a d’exister. C'est qui était visé en ces années ; une précision de conscience nouvelle, élargie, ouverte.

Autrement dit ; comme on a accroché notre « être » à ce donné-là qu’est la « nature humaine », et cela nous a cloué sur place ; on fait du sur-place ; gelés ; comme si cette nature humaine était effectivement la réalité et spontanément notre réalité (alors que la nature humaine est bien effectivement une réalité et elle devait être tenue comme essentielle (nous avons un corps, des besoins, des désirs, etc) mais elle est aussi une construction, une invention, offrant de multiples pistes, et qui se découpent petit à petit, ou s’invente au fur et à mesure (droit des ouvriers, droit des femmes, acculturation pour tous, mass médiatisation démocratisée et donc personnalisation augmentée, etc, c’est tout un monde qui s’est créé).Remplacer de but en blanc la nature humaine libérale par la nature humaine maoiste était tout aussi absurde ; une réailté humaine oui, et depuis deux siècles elle est explorée, mais tenue par le libre de chaque arc de conscience et non par une universalité sans Adresse, sans individué. Parce que c'est dans l'indvidué que cela s'invente, le reste est abstraction et vue de l'esprit.

On a voulu par exemple à partir des années soixante qu’il y eut une accélération totale (et en ce cas assez utopique), et sur quelques points (en vérité un grand nombre de perspectives) ; la sexualité, la famille, les relations personnelles des nouveaux mois, la liberté de représentation, etc ; et on a vu effectivement que cette accélération s’est propagée et à grande vitesse ; cela veut dire que l’on a saisi qu’il était possible de modifier notre réalité, à condition de se tenir suffisamment abstraitement et autre (de là qu’en même temps ce fût en partie illusoire) ; mais cette accélération est possible ; il est possible de modifier la représentation, les organisations humaines, les relations, les définitions de soi des mois, et ce en passant au-delà de telle ou telle « nature humaine » supposée jusqu’alors éternelle ou en soi, et par-dessus, en un raccourci, un court circuit de l’historicité ; c’est précisément ces courts-circuits qui créèrent qu’il y ait une « historicité » ; que l’on puisse actualiser radicalement hors de n’importe quel « ce que l’on est » admis jusqu’alors comme immuable ou évident, hors du champ de telle ou telle identité, et ayant donc à imposer le caractère formel, jugé de tout temps illusoire qui est pourtant celui qui embraye ; l’idéel de l’éclaircie structurelle ramène à une intuition, une intuition non du monde qui n’est pas là, ou du moi que l’on n’est pas, ou des êtres humains idéaux angéliques, mais intuition du structurel même ; celui qui demeure parfaitement un, parfaitement égal, parfaitement réel. Ce dont on est l’intuition, est ce dont seul on puisse obtenir la vision ; celle de la structure qui, apparemment, et bien que l’on ignore encore comment, de la structure concentratrice de la Possibilité. De l’indéterminé qui recèle en lui qu’il ne se laissera pas faire (du réel qui demeure suréminent par rapport à toute réalité).

C’est ainsi l’accélération qui est en question d’abord et ensuite l’adaptation à la réalité, ou formellement, au réel. L’accélération et l’adaptation équivalent respectivement à l’invention de la réalité (et du réel formel afférant) et à la lucidité ; l’invention c’est par exemple non seulement le statut des femmes, mais leurs inventons d’elles-mêmes, ce qui eut lieu, ce qu’elles en réalisèrent ; la lucidité est quelque peu spécifique …

La lucidité ne consiste pas seulement à saisir ce qui a lieu dans la réalité, les enjeux réels, mais consiste dans la distance que l’on obtient vis-à-vis de ses propres fixations, essentialismes ; et la question n’est pas d’abandonner son identité, de groupe ou de moi, mais de créer à partir de ces identités et de ces représentations ; de créer de telle sorte que la représentation ou évidemment les réalisations (les inventions, les créations, les relationnels, les sexuations, les technologies etc) puissent prendre place dans le système formel.

Pour donner une idée du processus, c’est ce que Kant nommerait le passage obligé ; ne sont recevable que les intentionnalités qui prennent la forme transcendantale, universelle ; et ce non parce qu’alors elles sont toutes semblables, une seule tête, mais parce que respectant la forme transcendantale alors une intentionnalité invente. Elle invente non plus une synthèse du donné (il y en eut des millions antérieurement, les mondes humains par ex), mais de ces déterminations qui ayant subi la forme universelle, acquièrent d’être réellement actives ; non pas actives seulement en tel ou tel monde, mais actives pour tous les mondes, non en vertu de son absolue vérité, mais en raison de la survenue d’une seule structure cause de toute humanisation et de toute personnalisation.

Illustrativement ; lorsque l’on ne crée plus pour un groupe en son monde selon son langage et sa parole, on crée pour la pensée, démultipliant les systèmes, le sujet, explosant les éthiques possibles, et pour l’altérité, ayant logique du plus grand nombre de distinctions possibles dans ce monde, ce réel. On remplace sans doute les mondes particuliers, mais par un monde universel et par des trajets individués ; soit donc la richesse pure et brute octroyée de l’arc le plus exponentiel du réel. Ceci est la raison d’exister de la métaphysique et de l’ontologique (du sujet ou de l’altérité), de l’éthique et de la morale, que Kant pressenté plus qu’universelle), de l’universel et de la mise en forme politique du réel.

Le système formel qui cause la pensée, le sujet, l’altérité, ferme la porte aux résolutions synthétiques, immédiates, collectives, holistes, etc ; mais ouvre la possibilité que de plus en plus d’individuelles consciences puissent créer des synthèses, des visions, des réalisations, qui, ayant subi le réel, seront non seulement de plus en plus précises et mobilisant la réalité (du corps, de l’humain, du langage, de la pensée, etc), mais qui étant installés sur le réel, promettent que cette voie se poursuivra. Elle ne tombera pas comme tel ou tel monde, lui-même disparaissant dans le donné ; elle pourra, arcboutée au réel, se reprendre par d’autres ayant affaire au même réel et au monde donné là.

Et cela vaut aussi pour le moi ; le moi doit s’astreindre à subir le joug, parce que par là il passera de son donné-là, de sa synthèse immédiate de soi, à son sujet ; ce qui veut dire à son existence ayant lieu de son vivant. L’accès sartrien voulait saisir jusqu’à quel degré une vie peut devenir un trajet, non ce que l’on a reçu ou ce qui s’est imposé, mais comment on a pu retourner le vécu, renouveler l’être par l’exister en vif.

Ou si l’on veut en autre illustration ; il y eut quantités d’esthétiques, dans chacun des mondes particuliers (les mayas, les bantous, les égyptiens, etc), et on continue de percevoir la beauté esthétique de tous ces mondes, parce que l’esthétique possède en elle-même la formulation universelle (dont soit dit en passant on peut difficilement définir la nature réelle, structurelle, qui réclamerait une bien étrange super-vision méta-structurelle pour être comprise, puisque l’on y ajoute la formulation individuelle et la formulation du réel).

Inventez autant de réalités, de représentations que vous voudrez ; on peut tirer du monde, du corps, mille apparences. Mais admettre l’universel, le réel et le sujet oblige à produire des représentations ou des réalités qui contiennent la forme du un, de la réalité et de l'individué.

En conséquence toute non implication de l’arc de conscience dans ces formes réelles-là, retourne en des synthèses immédiates, tout moi qui ne cible pas son sujet, redescend dans la dégradation.

On peut inventer selon des synthèses n’ayant pas traversé la formulation universelle, mais ce qui demeure ce sont les intentionnalisations qui ont intégré la forme de l’universel, mais aussi la forme de la structure de conscience, ou encore la forme du réel (la formulation dite jusqu’alors universelle ou comme forme de conscience, qui est plus récente, ou par ailleurs la formulation réelle, dite de l’altérité, soit donc la dimension en laquelle nous existons, un par un, n’est pas encore comprise en son décalage ; et elle n’est pas comprise en sa profondeur … parce que c’est cette profondeur qui se réalise au fur et à mesure et dont nous sommes en charge ; nous sommes en charge en ceci non qu’elle soit, cette formulation du réel, de la structure de conscience, et de l’universel, une extériorité qu'il faudrait supporter (au sens de pénibilité, de contrainte), mais au sens où (comme on le pressent en triplant l’universel de la formulation du réel et de la formulation de la structure de conscience), au sens où il en va de la structure, de l’articulation de conscience de chacun, de chaque un, dans le creuset du joug kantien par ex, et qui est aussi l’exigence sartrienne ou l’épreuve nietzschéenne ou l’éthique lacanienne, etc, dans l'articulaiton qu'est tout moi, toute personnalisaiton ; tout moi est quelques points par lesquels il a tenté de s'inventer ; une psychologie qui articule le corps, la réalité, le réel.

Cependant toute représentation est issue de la structure de conscience (c’est l’être structurel parfaitement égal en tout être dit humain) ; pourtant ce qui s’effectue pour une tribu ne fonctionne pas pour le statut individualisé ou pour la formulation universelle ; excepté en ceci qu’étant situé dans l’acquis universel ou individué on repère dans les représentations dite (à tort) immédiates, ce qui en quelque sorte prélude ou plus véritablement sort tout également de l’universel ou vers l’individué ou sur le réel. Remarquons qu’il est toujours possible de récupérer dans les formulations antérieures des possibilités que l’universel, le sujet ou l’individuel ont manquées ou évitent ; puisque c’est d’une seule structure dont il est question, qui ne passe pas dans le monde, qui a tenté mille mondes avant de se saisir de (soi) (comme structure, via la pensée, le sujet (et le monothéisme), l’altérité), et on a vu que la réflexivité (soit notre être lui-même qui en aucune humanisation ne laisse en paix la réalité, la nature, l’absolu, le corps, le relationnel, etc) consiste, étant purement formelle en « ce qui peut se re-prendre » (à partir du même arc et du même réel) ; le « ce qui est à nouveau constamment ouvert » sur le Un de sa structure (tout à fait vide, mais absolument et radicalement une) ; de même que l’occidentalisation ne rejette pas les autres pensées dans l’illusion (c’est la version durcie de la rationalité qui étant raison ne comprend plus la pensée), mais se définit de vouloir ici même l’absolu qui jusqu’alors était situé au-delà. Surprendre le décalage ontologique ici et maintenant et le rendre à chaque arc de conscience.

Si on s’étonne que l’exigence transcendantale (pour simplifier, ou si l’on veut ex-sistentielle) puisse se donner dix mille représentations différentes (depuis les grecs, ou le monothéisme, cela doit faire le compte) et que l’on puisse aligner à la fois Plotin et Nietzsche, Descartes et Lacan, c’est qu’il faut bien penser que ce qui s’articule de cette manière ce ne sont pas des idées (auquel cas effectivement le commun, l’idée majeure de toutes ces positions serait introuvable, il n’est aucune notion fondatrice qui se déroulerait jusqu’à chacune des positions susnommées), mais un être réel doué de sa structure propre (structure qui est vide mais formelle ; cad qu’elle consiste en un être spécifique, non déterminé, hors champ du monde, du donné, du corps, et qui est à lui-même son propre rapport) ; cet être doué de sa structure propre n’est pas lui-même une idée et donc passe de l’une à l’autre, d’une interprétation à l’autre, en tentant à chaque fois d’approcher de sa structure réelle (qui se délimite comme pensée, comme sujet, comme volonté ou comme être-le-là, ou comme articulation de conscience sartrienne ou a contrario lacanienne) ; méconnaitre que l’acte de conscience, l’arc soit un « être », bien spécifique et qui ne peut pas recevoir la qualification d’être (mais d’exister, ce que poursuivent non seulement Heidegger ou Sartre, mais aussi plus loin Lacan et auparavant Husserl, Hegel, Kant Descartes) c’est croire que « conscience » signifie « conscient » ou « identité » (le moi, le sujet comme substantiel, la chose pensante n’est pas tellement évidente chez Descartes, quoi qu’on en dise caricaturalement) ; si l’arc de conscience était relatif à son contenu, (Pierre, Ali ou jésus ou Gandhi) on ne voit pas ce que cela signifierait … Il faut qu’il y ait une forme valable parfaitement commune à tous, en chacun ; si cela existe en chacun pareillement, cela doit être descriptible en soi, et c’est effectivement ce que réalise non seulement la pensée depuis Husserl (par qui elle est dénommée comme « conscience ») mais depuis la pensée grecque, au moins. Le plan du réel est ainsi tout à fait formel ; chaque arc est posé "là" sur le donné.

La multiplicité des traitements de cet-être vient de ce que, puisque cet-être est originaire, à la racine, il reçoit d’extensives, d’intensives, de réflexives et de denses définitions (à partir de l’altérité, du corps, du moi, etc) de son être propre mais aussi de ces effets (étant une forme réelle et active, il est à même le monde, le donné, le corps ; ce par quoi il existe un inconscient, psychique, la psychanalyse montre que l’arc de conscience avance plus loin dans le réel que le conscient, le moi durci, l’énoncé, le manifesté conscient).

Somme toute il s’agit de sup-poser que « conscience » est non pas fonction d’un contenu (représentation du groupe, pensée, moi, qui manifesteraient le sens, la raison d’être) mais que tout cela est effets d’une structure qui seule existe ; il n’existe que l’arc de conscience ; et c’est sur cet-être que se produit l’universalité ou n’importe quelle représentation, langage, sens, moi, etc, et c’est ce que prend en charge le sujet et ce que perçoit la pensée de l’altérité, de la réalité comme Autre par le réel de son acte (soit le présent).

Notons bien pour les croyants (en quoi que ce soit) ; on ne connait pas la finalité, le but de l’arc du réel (conscience-présent, rappelons que le présent n’est pas le moment « là », aboutissant, effet, mais que dans le présent il faut tout retrouver, en une fois ; le présent est la cause radicale) ; l’occidentalisation se démène pour découvrir, et littéralement dé-couvrir, l’articulation antérieure qui n’appartient pas au monde ; à quoi appartient-elle ? Quelle en est la dimension ? Et ce d’autant plus qu’elle est articulée au réel, cad à ce qui est au plus proche ; le présent ; il n’est rien de plus proche que le présent, l’ouvert, l’arc qu’est le réel. Autrement les accès mystiques, (alors qu’auparavant une religion organisait intégralement quantité d’humanisations ou permettait celles-ci) se remarquent par une rigoureuse précision, Eckhart ou Sankara ou Sohrawardi (liste non close, ce qui se perçoit ne se perçoit jamais au hasard ; tout est pris dans l’arc réel et son représentant, l’arc individué). L’abord théologique, on y reviendra.

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La fin du monde

30 Août 2016, 10:41am

Publié par pascal doyelle

Il faut donc se débarrasser de tous ces désenchantements supposés tellement évidents, et reprendre directement le fil général de toute cette occidentalisation, à moins de vouloir vivre sous une royauté tout à fait quelconque, un communautarisme étouffant ou dans une tribu super cool (à condition d’accepter de mourir à 25 ans).

Quant au libéralisme et capitalisme, on ne voit absolument pas par quoi remplacer la décentralisation effective qui distribue le pouvoir (de décision, d’invention) à ceux qui le veulent, sinon d’imposer par en haut (qui ? comment ?) une centralisation qui ne satisferait personne ; ceci étant il faut comprendre que toute société humaine est à la fois communiste et libérale, qu’annuler l’un ou l’autre est une absurdité, une division, un schématisme irréaliste (ou donc la redistribution ou vaudrait-il mieux dire la justice à la base serait autrement plus profitable, pour tous, y compris les libéraux et les capitalistes eux-mêmes), surtout qu’en fait le problème n’est plus de créer une société humaine industrieuse capable de produire tout et n’importe quoi (et donc n’importe comment), mais d’imaginer une décroissance, une redistribution non des richesses mais de la production elle-même et qu’en pareil cas (un danger de mort, d’effondrement généralisé, voire de cataclysme qui éradiquerait le vivant actuel de toute la surface) il est clair qu’un appareil d’Etat, et d’Etat mondial est requis (on peut rêver ; mathématiquement, pour ainsi dire, il est peu de chances qu’une telle entente s’impose, et les catastrophes localisées causeront un tel désordre que les meilleures volontés n’y suffiront pas).

Bref ; l’occidentalisation a réussi ; elle a libéré la structure de conscience de ses contenus (elle ne cherche plus, dans un contenu hypertrophié, une synthèse du donné, mais a pris conscience de soi comme conscience et a élaboré le schéma général, formel de notre « être » indépendamment des contenus synthétisants tel ou tel, et bien que pour ce faire elle a utilisé, évidemment, de telles formulations comme contenus mais distordus, pliés en eux-mêmes, requérant, pour être ne serait-ce que lus, et compris, une forme de « soi » ouverte et formelle ; on ne peut pas signifier directement la structure de l’arc de conscience (qui existe antérieurement à toute pensée, représentation, etc) ; le, pli qu’impose la pensée, l’universel, le sujet, l’altérité à l’acte de conscience, extrait celle-ci d’elle-même ; elle se voit de l’externe point de vue, du point de vue réel, qui n’entre pas dans la réalité, qui se tient comme Bord de la réalité ; expression du Bord comme pensée grecque, comme monothéisme et christique ensuite, comme sujet et révolution enfin, mais dans tous les cas de son activisme de conscience, indépendamment de tel ou tel contenu, inaugurant, autour de la méditerranée, au sens large (Moyen-Orient compris), une anthropologisation radicale, ayant dé-couvert la structure réelle de cet-être qui nous cause ; l’arc de conscience, la structure de conscience est un Réel, actif toujours, et accéléré, augmenté, retourné, renouvelé par les grecs, les monos, le christique, le sujet, et du sujet par la raison et l’humanisme et en l’humanisme par la personnalisation transformatrice de chaque corps sur la planète ; c’est comme ça.

Remarquons ceci ; nous sommes parvenus à extraire la forme « arc de conscience » du donné et de notre réalité, mais celle-ci doit elle-même se décider, à chaque fois ; elle ne suit pas un « programme tout fait », mais est une structure qui décide de son trajet réel ; la vérité est que ayant dé-couvert cette structure (sous les formulations de la pensée, du christique et du sujet et enfin de l’altérité, qui couvre aussi bien Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan que les objectivismes, marxiste, freudien, linguistique, les théories scientifiques et les psychologies diverses, bref l’ex-positon « là » des réalités dans leur complexité, et exposition aux yeux du sujet, cartésien, rendu absent, abstrait, extérieur, vidé de sa verticalité), ayant découvert cette structure nous n’avons, vraisemblablement, pas su quoi en faire … ce qui est consternant.

On a continué à faire-comme-si nous étions un être naturel et que comme tel quoi que nous décidions cela rentrerait tout immédiatement dans la nature, le donné, le monde ; alors que cette structure est hors champ (hors du conscient) et hors nature (positionnée sur le Bord du monde) et que donc elle fort bien détruire totalement tout ce qui est au monde. Ou si l’on préfère ; ça n’est pas parce que l’on a saisi la structure de conscience que l’on a su décider comme il se devait de l’orientation du réel et de la réalité. On s’est laissé aller, tout simplement, pente de la facilité, du moindre effort ; non que l’on n’ait pas souffert et travaillé, mais on n’a pas su mettre en place la réflexion ou plus largement la réflexivité nécessaire qui aurait requis une conception réelle et aboutie de notre possibilité ; on a cru qu’il suffisait de désirer et décider et fantasmer le réel pour que celui- se plie à notre volonté, ce qui est infantile et absurde.

Dans l’idéal il suffisait de produire au devant des yeux la représentation à peu près totale de l’humain, par les mass médias, pour que cette humanité se réfléchisse et prenne les bonnes décisions ; ce qui eut lieu dans les années soixante du siècle précédent, en même temps que les projections sur l’avenir probable si aucune orientation sensée n’était envisagée ; c’était à n’en pas douter le moment, la fenêtre de tir appelée. Au lieu de cela, la facilité s’est amplifiée et probablement tout était joué durant les 20 à 30 ans qui suivirent.

Le plan était que faisant suite à l’humanisation universelle, s’ensuivait une personnalisation, qui permettait de monter d’un formidable degré de civilisation ; chacun resserrant sa possibilité dans le développement de son individualité, il devenait moins essentiel à quiconque de gaspiller honteusement les ressources à produire et consommer n’importe quoi ; on aurait pu, du se contenter d’une automobile raisonnable, mais on a préféré mille sortes d’automobiles de plus en plus perfectionnées et gaspilleuses, et sans qu’il soit jamais question de substituer aux industries polluantes de toute espèce, une refonte pro-industrielle, pour ainsi dire ; le laisser-faire et l’absence complète de vision ; en bref la stupidité ; parce que réellement dans les années 70 tout cela était effectivement prévisible… nous n’avons pas été pris en traitre ou surpris ; c’est juste et rien que de la stupidité. Et non pas causée seulement par le capitalisme ou les productivistes ; mais par tous et tout le monde ; une absence fondamentale de conscience, des masses, des individus un par un, et bien sur des « élites » qui auraient dû, auraient pu s’orienter et pousser en d’autres directions de la réalité.

Nous nous sommes laissés agir par un comportement dont nous étions parfaitement conscients, un comportement nourri d’un fantasme de réalité et de nous-mêmes dans cette réalité, au lieu de considérer réellement l’état de choses et du monde ; embarqués dans ce fantasme, pourrissant par le dedans. Déployant une civilisation alimentée par l’intentionnalisation et la matérialisation de cette intentionnalité, plutôt que de ré-fléchir la dite intentionnalité de telle sorte qu’elle signifie à moindre coût, et en une plus exacte lucidité et probablement une plus légère et justifiée satisfaction ; que l’on n’ait pas « vu » cette satisfaction autre, que l’on ait désiré profiter du monde, du corps, du vécu, de ce fantasme idéaliste d’une coïncidence de notre être et du monde donné, signifie que la réflexivité, qui est autre que ces satisfaction faciles, ne se réalise pas comme étant « vu », perçue dans le monde et selon le profit illusoire que l’on en prêtant retirer, mais que la réflexivité qui aurait pu détourner la structure de conscience vers des finalités plus réelles nous est probablement hors de portée … faute de prendre les décisions, d’orienter plus effectivement l’acte de conscience, on l’a engouffré dans le fantasme d’une sorte de « vie rêvée » et de la catastrophe de laquelle nous sommes responsables collectivement et individuellement.

Parce qu’il est clair qu’il nous était impossible de continuer à cultiver les champs et à écouter les petits oiseaux ; mais la complexité civilisationnelle requise impliquait une responsabilité et non une vision fantasmée, hallucinatoire.

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Le point extrême de l’Exister

27 Août 2016, 07:57am

Publié par pascal doyelle

De sorte que lorsque Sartre prononce que « en notre être il est question de notre être », il entend certes de rompre avec la « nature humaine », mais toujours en vue d’en établir, un jour, dans l’avenir, une vraie, une authentique, une complète (sous couvert que jusqu’alors elle fut aliénée) ; le libre sartrien parvient difficilement, ou pas du tout, à se déciller les yeux ; avançant cahin caha, tout de guingois, d’un pied sur l’autre.

Pas bien convaincu au fond que sa sorte de conscience soit un humanisme. Du fait de sa leçon trop bien apprise ou plus véritablement de sa position radicale, qui ne souffre aucun travers, qui se veut si absolument intègre, son honnêteté est au moins égale à la lucidité de Descartes (pas par hasard), et position qui l’incline à juger de toute l’histoire occidentale comme d’une tromperie, idéaliste d’un faux humanisme, bourgeois ou son traficotage interprétatif de l’historicité, la plupart du temps, et qu’il condamne, puisque Sartre est instantanément branché à la certitude du sujet impossible, de l’acte de conscience qui indubitablement se sait et mesure enfin tout à l’aune de sa seule et unique vision (l’accent stirnérien est si nettement retrouvé, sans que l’on puisse parler d’influence, puisque c’est toujours la même structure de conscience qui depuis Descartes agit et se crée ; on ne parle pas de mots ou d’idées ou d’interprétations mais, qui traverse ces représentations, d’un arc structurel parfaitement identique et sauvagement identique et à chaque fois Un par Un).

Evidemment si l’on se fie à Nietzsche ou Heidegger, qui abominent l’histoire philosophique et l’humanisme et la raison raisonnante et la démocratie, et qui eux aussi croient recommencer absolument tout, (sorte de prophètes illuminés, au sens propre, d’une autre-histoire) on confondra la raison et l’humanisme d’avec la pensée et la réflexivité ; il est clair pourtant que la réflexivité de la méditerranée a créé l’arc activiste vers le réel pur et brut, et non pas seulement la raison-à-disposition humaine et les mois tout chétifs.

Si l’on prend un peu l’air, se suspend par le temps, ne fonce pas tête baissée, on s’interrogera surtout de ce que l’ampleur de la métaphysique, du discours-qui-pense, et de l’ontologie du sujet, qui-réfléchit, l’ampleur de notre historicité sont quand même bien autrement charpentées que de suivre bêtement les dérives apparentes du dernier siècle ; de qui les révoltes s’utilisérent afin de continuer et parfaire l’analyse de cet-être que nous sommes ou plus exactement qui est par devers nous et dont nous sommes l’effet, aussi bien l’humanisme que le moi. Après tout Platon ou Descartes n’étaient pas des imbéciles, c’est quand même évident. D’une part.

Et d’autre part, il faut se contraindre à admettre que ce qui eut lieu, eut lieu ; et donc non sans raison, non sans profondeur, non sans rigueur. Ou alors tout est stupidement là, bête butée, mais les animaux eux-mêmes sont incomparablement plus subtils. Que voulurent Nietzsche, Heidegger et les autres ?

Que tout cela ait un « sens » ne signifie nullement qu’il soit humain et facile ; et c’est justement là que Sartre, Lacan ou Nietzsche ou Heidegger pointent extraordinairement justes. En plein dans le mille, et c’est la cause secrète de leur extrémisme et de leur absolue validité à eux (comme de Platon ou Descartes à eux-mêmes) ; ils manifestent l’altérité qui se cherche furieusement (que ce soit par le Un ou par l’Altérité, c’est le même, le Un est scrupuleusement Autre, sauf chez les esprits magiques et obscurs qui croient que dieu vient à point pour leur faciliter la vie, superstitions abominables).

Parce que l’on peut refuser toute la philosophie occidentale pourvu que cela en vaille le coup, autrement dit que l’on use de cette révolte absolue afin de remonter intégralement le réel ; ce qu’ils firent. Et de fait la philosophie n’a cessé de se renier ; l’infidélité est assoiffée ; puisque chaque Un se doit de recommencer. C’est précisément de cette négation que s’active la certitude ; elle ne tient pas aux contenus, elle est par-dessus les contenus, les pensées, les systèmes ; et cible l’arc de conscience de chacun ; la philosophie est le vrai universel qui tient en l’Adresse ; c'est-à-dire en et par chaque arc de conscience, qui est appelé à se retourner intégralement ; aussi lorsque Sartre, au bout de cette historicité, approche au millimètre de l’acte de conscience et qu’il se doit de le décrire au plus exact (de même que Lacan suivra à la trace les tours et détours de l’invraisemblable mécanisme qui investit la cervelle rêveuse, tout l’inconscient, tout le moi, tout le conscient), Sartre se doit de se vouloir, lui-même, comme cet-exemple, l’exemplaire acte de conscience qui s’est pris lui-même comme rupture totale d’une réalité nécessairement détotalisée et peine à retrouver le chemin de l’universel, question qui le hante outre mesure ; puisqu’il demeure malgré tout dans l’attente ou l’idéal d’une humanité mais tellement rompu par chaque acte qu’elle reste idéale cette humanité.

Autrement dit Sartre est à ce point acharné, attaché à son devoir ontologique, son rôle fondamental (qui ne cédera pas sur l’envolée heideggérienne, il est trop français pour se perdre de vue), qu’il doit bannir l’universel et haïr l’occidentalisation idéaliste, que son regard se décille et qu’il puise percevoir nu et sans rien le surgissement de conscience sauvage, toujours fulgurant, n’appartenant, libertaire absolu, à rien (n’oublions pas que La nausée porte la dédicace pour Céline… Céline le monstrueux, la conscience petite-bourgeoise, infiniment cruelle et incomparablement « existentialiste », l’existentialisme fois dix mille, on est véritablement au bout de la nuit, les choses ne se nomment pas, ne se disent pas au hasard, et aucune conscience n’est parvenue à ce point extrême d’in-ex-sistence, ça ne s’est jamais vu et elle fut unique). Montrer l’altérité du sujet structurel impossible est l’illumination pour Sartre, tout à fait stricte et rigoureuse, la mystique occidentale instantanée, qui tient en un seul laps, battement, la grande remémoration en-dessous de tous les mondes, toutes les vies.

Le même extrémisme se retrouvera, impitoyable, par Lacan ; Lacan l’incompréhensible montre, expose, exhibe les détours du mécanisme de conscience tel qu’il s’ex-siste d’un corps. Comme, donc, un seul point d’arc de conscience, sup-posé du réel, inattaquable, que ce soit la racine de l’arbre de Roquentin ou le bloc impraticable lacanien de jouissance horrible qui nous tient et nous retient en interne, tout autant et incompréhensiblement externe, expose tout l’ensemble du corps, de la cervelle, du moi et du conscient, de l‘humain et des mondes représentés qui furent ; il ne fait aucun doute que ces deux-là ont atteint le point de chute de tout l’être de l’homme. Le chas ou le trou par lequel toute humanisation passe, passera, est passée.

Et ceci c’est évidemment confier une aveugle foi en ce qui eut lieu ; puisque cela s’est dit, à tel moment et de cette manière, leurs points de jonction valent leur pesant de révélation. Sinon ils ne se seraient nés historiquement.

Mais cet accès n’eut lieu qu’à ce moment précisément historique là ; il ne fut atteint qu’en ces êtres dépouillés de tout, étrangers et secs, sans rien, dénudés, comme le fil, et les derniers fils sans ascendants. Tout comme le christ est le fils, tel quel, le fils du Un. Indépendamment de toute croyance ; parce qu’indépendamment de toute croyance il s’affirme dans l’historicité des liens qui sont des rapports, hyper objectivement présentés ; de sorte que la raison raisonnante n’y comprend rien, tenant pour acquis ce qui fut une révolution structurelle et qui doit se continuer sous peine de voir revenir ce dont les révolutions structurelles nous ont délivré ; il faut penser les structures historiques à leur niveau, leur degré d’ébullition, parce qu’autrement ce dont ces restructurations nous libère c’est la ligne de mort qui ordonne le monde ; le monde livré à lui-même monte immédiatement jusqu’aux enjeux maximaux qu’il contient (la violence mentale, l’exploitation, la violence physique et le massacre des opposants) ; où que l’on soit et quelle que soit la situation de telle ou telle société humaine, sans la restructuration la causalité et le nécessitarisme du monde s’impose à nouveau en grignotant, en s’immisçant par tous les interstices (puisque matériellement il est plus de quantité de monde, de déterminations du monde que de structurel, de loi, de retournement (grec), de renouvellement (monothéiste et christique), de recommencement (cartésien et suivants).

Autrement dit lorsque l’on s’entretient du Dieu Un tout-Autre, des Idées et de celle du Bien, du Corps du Christ, du Sujet invisible cartésien, c’est afin de nous soumettre à l’altérité la plus dure et la plus non humaine, de celle qui peut abandonner la corpulence du donné ; altérité en l’occurrence métaphysique ou divine, ou du point d’attirance (hors la naissance-mort du christique, dans l’autre-corps) et enfin non plus métaphysique (qui structurait l’intentionnalisation hors du groupe humain et menait l’expérimentation une par une, individuelle) mais cartésienne et ontologique (qui commence de rechercher l’origine structurelle antérieure à la pensée), ontologie retournée comme un gant, les yeux devant la tête cartésienne ; et de tout cela on ne s’est toujours pas remis, parce que vraiment on ne peut pas revenir de là-bas ; on est déjà de l’autre côté, du côté de l’Autre, on se Voit de ce point-là, externe à tout. Monothéisme, pensée, sujet, et puis les forcenés de l’altérité qui poussent au plus loin possible la structure c’est ce en quoi l’on pense, ce qui veut dire, au sens plein, ce comme l’on intentionnalise la réalité à partir du réel, les contenus synthétiques à partir de la conscience analytique. Et Sartre et Lacan tiennent ce point au lointain, les plus extrémistes qui ne cèdent ni à la volonté et l’affirmation d’elle-même, idéalisée, ni ne plient face à l’Etre et sa thaumaturgie ; ils analysent. Froidement. Et avec cette sorte de distance, que l’on connait assez, française. Les français ne sont pas sérieux au fond, ils jouent. Ils sont tellement imbus d’eux-mêmes (on ne sait trop pourquoi) qu’on leur fait difficilement accroire.

C’est l’investigation, l’exploration de ce point de l’altérité pure et brute, que l’occidentalisation mène. Le point au travers duquel traversaient les autres civilisations, les autres pensées en préfigurant l’absolu comme au-delà et dont l’occidentalisation investigue, faisant retour, qu’il soit une articulation, ici même, en chaque point du réel et par l‘entremise de chaque arc de sujet, sans que soit constatable qu’il désigne un absolu au-delà mais au moins qu’il dessine un décalage ontologique dans le fil même du réel, comme présent d’une part et qui d’autre part s’étire dans sa dimension exigüe que la pensée, le mono et christique, le sujet et l’altérité visible à partir du dit sujet impossible à la fois explorent et inventent ; le cheminement est créé, est de cet ordre dans la dimension en quoi consiste le Créé ; l’exister qui se continue via chaque arc, puisque chaque arc est le re-pli dans le pli, le re-tour, le tour à nouveau dans le présent, lui-même torsion ultime.

Aussi lorsque nos modernes, ces aventuriers qui lancèrent leur esprit sur l’Autre versant de la réalité, et qui avancent rigoureusement de l’Autre côté, tout comme Plotin ou Hegel en leur moment propre, prennent figure de non-humanisme, il n’est effectivement rien de plus strictement étrange que leurs explorations ; ils ont pris appui sur l’au-devant du sujet. Le point qui n’est pas. L’Ex-sister qui nous tracte. Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan sont au-devant de nous ; rien, ni personne n’est sans sa raison interne et sa possibilité externe, il faut ainsi retracer tous les trajets qui eurent lieu, rechercher le diagramme, établir la cartographie du réel expérimenté.

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La direction du réel, en une fois

25 Août 2016, 07:06am

Publié par pascal doyelle

Faisant suite à tous les mondes particuliers (qui se fondaient sur une tentative de synthèse du donné, tel que ce donné, ce monde apparaissait et tel que tel ou tel groupe humain se présentait à ses propres yeux et selon sa propre expérience partagée entre tous, en un langage et une parole et ses échanges),

il vint que l’activité (de produire des mondes) prît conscience d’elle-même et commençât d’isoler le savoir.

Contrairement à l’interprétation humaniste, rationaliste, objectiviste (et en tout cela rien de péjoratif) ce qui fut découvert n’était pas simplement le report du monde s’expliquant lui-même, mais la dimension à partir de laquelle il nous est donné de reprendre le monde donné ; c’est d’être décalé du donné, du corps, du vécu, qu’il est possible de le représenter.

Le dit décalage ne signifie pas seulement un léger pas de côté qui nous permettrait de comparer le monde et le donné, le donné et le monde, le corps et l’image du corps, mais est l’abîme qui nous emporte et nous lance sur autre chose autrement. La dimension est ce en et par quoi un tel décalage est possible ; autrement dit l’univers est bien plus compliqué qu’on ne le croyait ou que la raison objective s’entend à le croire, et le fait est que cet univers crée un être susceptible d’être autre que lui-même et que ce décalage est la fondation de ce qui peut devenir ; hors ce devenir, les choses, les mondes se répètent et si ils ne se répètent pas c’est que la dimension, structurelle, pousse à s’étendre, s’amplifier. Sinon le monde serait tout plat et nous-mêmes juste un petit débordement, totalement incompréhensible (sinon de constater que justement « on est un petit débordement », ce qui n’explique rien du tout) ; pour expliquer et ne serait-ce qu’exposer (que l’on s’en rende compte enfin, que ça nous parle) ce décalage il faut bien le constater et le désigner. Ou alors comme fait la raison le passer sous silence et faire comme si « c’était naturel » qu’il y eut un tel écart. La philosophie a tenté mille fois de l’expliquer et s’ne est approché, mais au moins, au minimum, elle a signifié ce décalage (dit ontologique, il faut bien créer le discours adéquat à cette dimension) et non ne s’est accommodée et fait semblant de son évidence plate ; dès que l’on pointe l’écart ontologique on tombe dedans.

La dimension qui s’ouvre par l’être humain ne joue pas sur le langage, le corps, la cervelle ou des suppositions encore plus ésotériques, mais par le mécanisme très « simple » en soi de l’arc de conscience (en réalité il n’est pas du tout clair et net, sinon il serait un « objet », sa formulation méthodique serait « objectité ») ; forme vide et sans rien ; l’arc est un mécanisme qui sort de la cervelle, certes, et se tient du réel ; c’est parce qu’il est rapport à soi qu’il peut, en ce rapport vide, l’emplir de choses réelles et de choses possibles, qu’il invente au fur et à mesure (quitte à bouleverser son environnement et anéantir plus ou moins ses congénères). Le dit mécanisme nous emporte dans son possible pur et simple (il est formel et peut se réclamer d’une perfection très étrange, sans composition) ; dans ce sillage il s’invente des représentations, d’une part et d’abord celles des mondes particuliers un par un (tribus, royautés, mayas, Égypte, etc) et puis d’autre part et soudainement (enfin autour de la méditerranée et pas si soudainement que cela) il se fonde sur le mécanisme lui-même et rétrograde les synthèses dans une analyse plus actualisée ; il ne suppose plus un monde complet mais un formalisme ; qu’il nomme la pensée, dieu ou le sujet ; le développement de cette prise de conscience (de l’activisme de conscience, de cette accélération de l’intentionnalisation par les grecs, et de l’intensité de l’intentionnalisation par le monothéisme et le christique, de son re-pli, re-tour, nouveau tour en plus par Descartes et suivants) est relativement rapide, voire hyper dense et invraisemblable ; tout est jeté dans le feu qui dévore.

Mais le feu qui dévore est aussi la structure qui engendre quantité de représentations, de signifiants à propos du monde, des corps, des autres et de son activisme même ; elle se représente elle-même tout comme elle re-présente le donné en dehors ou en plus des synthèses (une synthèse se produit presque sans effort ; il suffit de parler et le groupe reprend en chœur) ; l’analyse suppose que l’on dresse le plan , la base, le sol sur lequel on analyse (l’être par ex) ; elle ne peut que se-vouloir elle-même, accuser intentionnellement qu’elle se veuille intentionnellement ; la réflexivité des grecs est « la pensée qui se sait », elle n’est pas la pensée qui pense, mais la pensée qui (re-tour) se sait ; le dieu unique est le Un tout-autre qui se dit tel (autre que tout monde, l’ayant créé, ce qui est pratique, et autre qui vient exiger une loi et puis une foi tout à fait hors du champ du donné là, du vécu, du corps, de l’intérêt du monde, de la ligne de mort qui délimite tout ce qui est du monde et pour finir hors de la naissance-mort, et donc en-plus).

L’ampleur est évidemment considérable et ça n’est pas parce que l’on en vit depuis 25 siècles (au minimum) et plus particulièrement depuis que le mécanisme fonctionne à plein, ayant découvert qu’il prenait assise sur le monde donné là, galiléen par ex, et le sujet absolument co-présent à son propre réel (et au réel même, cartésien) que d’aucuns se lassent de leur super-monde humanisé et individualisé, parce que si ils étaient plongés à nouveau dans un des mondes humains particuliers, dans une communauté resserrée et étouffante (outre qu’ils ne dépasseraient pas les 25 ou 30 années de vie, avec beaucoup de chance), les épuisés lassés du monde occidentalisé rebrousseraient bien vite chemin, bien contents de se lover devant internet, au sens propre et figuré.

Bien sûr on peut rêver d’une utopie et il le faut, mais la réalité est effectivement là, telle quelle, et pas autrement ; on pourra faire des pieds et mains, il est impossible de remplacer ce qui est par ce qui n’est pas, aucun rêve, aucune cité construite mentalement n’équivaut en complexité (et réalité) à celles qui existent vraiment ; la question est de comprendre ce qui est, pas de supposer un autre être humain ou une pensée angélique.

Dans le même genre, on ne peut pas comprendre ce qui eut lieu, le surgissement de la pensée, de la conscience de cette activité de-conscience, de cet activisme, de cette accélération, si on définit seulement le mécanisme comme un simple raisonnement ; la raison n’explique pas du tout la pensée et encore moins le sujet et encore moins ce mécanisme absolument étrange (qui rend possible entre bien d’autres qu’il y ait raison et science et droit, etc ) ; une massive compréhension plus fulgurante est requise qui puisse admettre l’irruption dans la réalité d’un décalage abyssal, dont on ignore la nature et qui n’est pas bêtement la rationalité de l’objet ; tenant, ici, que le dit objet est précédé du sujet, et que de cela l’objet n’explique pas le sujet et que la précédance du sujet doit ainsi faire l’objet, hyperbolique, d’une autre sorte de discours dont on admet absolument qu’il soit la philosophie même, telle que depuis le début ; encore une fois qu’il y ait « philosophie » est un fait, et tenir qu’elle soit seulement une sorte de prolégomène à la raison, bien raisonnable et raisonnante, est une explication tellement courte qu’elle laisse plus soif. Dans la même suite ; on pourra multiplier autant de rationalité que l’on voudra, elle ne permettra pas de réguler la dite soif qui nous anime et au contraire même nous poussera aux dernières extrémités, aux dernières folies, puisque la raison ripe, glisse, n’est pas en mesure de prendre conscience de la conscience (qu’elle transforme en divers objets, pour faire court, autant scientistiquement que selon al consommation ordinaire déjantée).Pour méta-penser le méta-sujet il faut une méta-réflexion ; autant dire, c’est plus simple, que pour penser le sujet il faut une réflexivité.

Si l’on se demande quelle est la discipline qui permet de relativiser notre être (ce qui parait impossible, de où un être peut-il se situer pour se-vor lui-même ???), c’est toute la problématique philosophique ; situer cet être et le point à partir duquel il se-voit ; on affirme donc ici et réaffirmera qu’il s’agit du mode opératoire de la philosophie, que cela a déjà eu lieu, mille fois, et que ça se poursuivra par la suite (si nous survivons, ce qui est peu probable ; et oui, la réflexivité, une espèce « intelligente », ça ne réussit pas forcément) ; laquelle philosophie doit cependant être lue tout autrement qu’elle ne fut dans les doxas ou les orthodoxies ou les caricatures très habituelles (pour la plupart noyautées par la raison raisonnante, sorte de transmission molle du vrai, du bien et du beau, de l’universel abstrait et sans gout, très kantiennement…) ; elle doit être lue en tant qu’elle ne prétend pas d’abord démontrer la suréminence de la dimension mais que d’une part elle la démontre (plus ou moins) et que d’autre part et surtout elle la montre, là, telle quelle, en action ; de ce que Platon dialogue et de ce que Descartes monologue, si l’on veut, en acte. Ils nous y font assister. Et accessoirement que l’on n’y peut rien comprendre si l’on n’intègre pas en soi, cad hors de soi, le décentrement qu’elle cause dans un arc de conscience…

On remarquera que ce faisant on ne dit rien d’autre ni de moins que les dernières positions acquises ; soit donc par Sartre (et en son mode opératoire à lui, Lacan) ; la conscience n’est pas ce qu’elle est, et est ce qu’elle n’est pas ; la formule est hasardeuse et au fond en partie difficilement compréhensible, elle parait une facilité (comme quoi pour comprendre il faut lire … peut-être pas les 600 pages de l’être et le néant, mais presque) ; et on eut tôt fait d’oublier la description systématique de notre sorte d’être, par Sartre, pour la raison que l’on préfère remplacer la torsion du cou extrêmement douloureuse qu’il impose, par l’élaboration d’un gros objet, définissant l’Etre sous une variante ou une autre, parce que l’Etre comme Gros Objet n’implique pas que l’on cesse d’être le moi que l’on est (il perçoit simplement le Gros Objet là au-devant, sans se bouger d’un pouce, iota ou milligramme) ; tandis que Sartre c’est une autre paire. Comme on dit.

Cad que pour penser ce que Sartre veut dire, il faut le prendre sur soi mais à l’envers, puisqu’il écrit à l’envers, tel qu’il sied. De même si l’on traite Descartes par-dessus la jambe ce sera d’une cabriole le tramant en telle ou telle caricature, qui se pavane si assurée de sa forfaiture « Descartes oh quelle comédie ! ».

Faites-en autant, que l’on s’amuse un peu.

Non, il faut le prendre par le dedans du faisceau qui perçoit le réel, comme il s’est apprécié lui-même, situé par devers lui-même et autre que lui-même. Se retourner comme un gant ; lorsque l’on se regarde dans le miroir, on se déplace mode star trek dans le miroir et on se voit de là-bas, enfin on en sait plus si, l’on est ici ou là-bas et quel est le là-bas ou l’ici. C’est comme ça que le miroir apparait dans le monde donné (sinon il n’apparait pas).

La gyroscopie, pour ainsi dire, la torsion du cou, que cela nécessite est le décentrement du réel en une fois ; qui se rend compte que le réel existe en une fois et qu’il est intégralement une réflexivité dont on croyait qu’elle n’appartenait qu’à l’humain, mais dont il se révèle qu’elle constitue l’intégralité de tout ce qui est. Le présent est la réflexivité intégrale de tout ce qui est, forcément, puisque tout l’être est produit à partir de l’exister, et en propre, elle est une certaine formulation de la réflexivité très exacte du réel même ; de sorte que la philosophie est « ce qui a pénétré » dans le lieu-temps, hors temps et hors lieu, de la dimension antécédente à toute réalité, lequel est au plus proche, pas besoin de parcourir les éons ou la totalité totale, et la philosophie se glisse en ce qui précède, continuellement, toute réalité et toute conscience ; l’exister.

Dont elle dresse le paysage au fur et à mesure de ses avancées par la dimension cerise sur l gâteau, pour s’étendre dans la dimension, il faut l’inventer (lorsque l’on invente quelque chose, c’est un exister réel, pas un artefact, sinon qu’ici on invente l’épaisseur ou une tangente de l’épaisseur, sans épaisseur, de l’exister, du présent ; chacun comprendra que le présent n’a pas de « dimensions », puisqu’il est celle antérieure).

De sorte et au sens où l’arc de conscience qui prend exclusivement appui sur le réel donné « là », est lui-même une torsion par ce qui, de fait, en est déjà une autre. Torsion dans la torsion, au fond c’est très logique.

Remarquons qu’il faut bien que l’arc de conscience prenne appui sur le réel ; sur quoi aurions-nous voulu qu’il le puisse sinon ?

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Désir et dépression, et au-delà (ou en-dessous)

24 Août 2016, 15:30pm

Publié par pascal doyelle

Le conscient, à quoi on réduit l’arc de conscience le plus souvent, est une découpe dans l’horizon ; c’est l’horizon qui est premier, mais qui ne serait pas sans les objets, les signes, les découpes opérées situés au-devant ou sur l’horizon ; l’horizon en philosophie est l’être (et d’autres représentants, signifiant du Même Bord), et pour cela se dissimule en ce principe ce qui peu à peu remonte de l’horizon. Il faut imaginer le cercle qui s’étend ou éclaire selon ; il a une direction, et doit se diriger dans l’obscurité, et peut s’égarer, errer, et statistiquement il revient dans la direction du seul réel, qu’il dé-couvre peu à peu ; le réel ne manque jamais ; il s’étend, là devant, et non seulement l’arc de conscience le produit, mais le cercle se déplaçant crée la lumière. Il dépend de l’orientation du cercle de lumière d’avancer dans le réel-réalité.

Et quoi que l’on fasse c’est ce qui arrive. Ça n’est pas parce que l’on se conçoit tel un moi que l’arc de conscience, la structure et le réel n’en poursuivent pas moins leur chemin ; or néanmoins la structure du réel est telle qu’elle ne peut pas se poursuivre sans qu’il s’y décide et il s’y décide via chaque Un ; il revient à chaque Un d’avancer et aucun Un ne peut avancer sans tous les autres. Par quoi ce qui existe individuellement existe aussi universellement ; ce qui existe universellement ça n’est pas l’universel mais l’adresse universelle du Un en chacun. Ce qui ne veut pas dire que le Un doit se réaliser en tous, indifféremment, mais que le Un est la forme de chaque Un et existe individuellement, c’est absolument fondamental, radical et il devient impossible d’imaginer le Un autrement que via la multiplicité des uns.

Si l’on se demande ce que peut être la forme en chaque un, qui peut paraitre obscure, c’est la personnalisation ; soit ce que nous pratiquons depuis au moins la révolution unique (l’unique révolution qui puisse exister, sous-entendue « qui n’est pas terminée du tout »). Et qui antérieurement à la révolution se pensait sous et vers l’universalité, argumentant chacun à se distinguer sous l’humaine forme généralisée et déjà puissamment individualisée quoi non encore distincte ; pour qu’il se distingue, pour que chaque individualité soit autre, il faut que chacune assume et affronte la dispersion, l’ontologique dispersion, et la noirceur de l’existence (ou son corolaire, le désir). Ou plus généralement l’exigence que ici et maintenant, durant une vie, il y ait à réussir ou échouer son bonheur, sa réussite, sa satisfaction, sa réalisation (il n’y a plus d’au-delà qui rattraperait l’échec dans le monde vécu ; sachant que pour la majorité des individus, il y aura sinon échec du moins demi-réussite, et que l’insatisfaction, au fond, dans le creusement, règne radicalement, quant au désir tourné vers le monde, les corps, ce qui est la définition même du désir).

Affronter la noirceur de la réalité (qui aboutit à la disparition, décomposition, puisque la réalité est composée), c’est admettre en soi la déflagration, l’abîme et la démotivation quant à l’exister, quant à la vie (connue ensuite sous les formes du moi, angoisse, dépression, etc, de même que le désir et donc la sexuation sera elle aussi problématique pour les mois, puisque désir et dépression permettent justement à chaque individualité d’être individualité, à la source même). Désir et dépression, volonté et noirceur sont afférant à l’arc de conscience ; il n’est désir et dépression que dans l’économie générale d’une stratégie individuée extrêmement ; et l’individualité se signe, s’affirme et se nie par ces voies résolument précises, et précis au premier chef de ce corps, de ce vécu, dans le plus concret même, dans la densité, la matérialité oui, et la matérialisation des intentionnalités, la soudaine précision, voire ensuite la technologisation des gestes, des schémas, des professionnalisations ; s’affirme et se nie, à la fois ; parce que ce qui ex-siste sous dépression et désir c’est non la composition de la réalité (de chacun dans la vision du désir et l’abime de la dépression et sa décomposition) mais l’introduction du réel en plus de la réalité ; chaque moi tend vers un sujet (impossible par structure et existant comme tel). C’est ce qui arrive en chaque moi, chaque personnalisation, qui aimerait bien que la danse cesse, mais le « moi » n’est pas une chose naturelle et il se tient du réel non de la réalité.

Or on a vue que « sujet » est dit impossible, et que si on continue, ici, de l’assigner à un individué (absolu, cad radical, non pas absolu comme Tout, il n’existe jamais de totalisation, mais absolu comme Un, comme forme, laquelle est impossible dans le monde, située sur le Bord du monde) et que le sujet qui se cherche dans le vécu, le relationnel, le désir, l’organisationnel (cad ce qui ordonne, régule toute une société humaine) bien qu’ontologiquement individué, est multiforme ; autrement dit l’acte de conscience, celui qui attire stratégiquement tout le matériel humain, est réparti point par point ; le sujet de chacun est littéralement et dans le fait même de la réalité (et pour nous la plus proche, notre moi, comme le fut l’idéal universel avant la révolution unique), est le sujet historique ; on comprend bien que ça n’est pas du tout un sujet universel (qui est une vue de l’esprit), mais chaque fois un sujet individué ; ça ne se peut pas qu’il ne soit ni désirant ni dépressif.

Si la conscience était le conscient seulement ou l’esprit ou ce que l’on voudra, il faudrait imposer au donné un universel, une caricature autant dire ; si l’arc de conscience est sans rien et pure attirance de dans et par le réel, il emmène tout le monde, toute détermination, entraine dans son cercle ; aussi limité soit-il le cercle est déterminant ; ce qu’il propose dans le monde est en-plus ; n’est pas enregistrable dans le donné, parce qu’il n’est pas déjà-déterminé dans le donné ; et il est clair qu’il dépend de la motivation et que sa motivation il la tire de lui-même ; si il n’engendrait pas son énergie dans et par l’acte même, il n’échapperait pas d’un donné vers une création de donné ; et cette énergie se prend sur le corps. On ne peut pas mouvoir le corps en de certaines orientations ou désorientations, sans se prolonger de tangentes du réel, par-dessus la réalité.

De cela que chaque moi est bien étrange et pour tout dire démoli du dedans ; tout moi est engouffré dans le cercle qui se meut ; comme il ne s’agit pas de grandes planifications de type universel, mais de structurelle acquisitions ou dégradations du corps, du vécu et du moi, de sa psyché (dans le sens de toutes les psychologies ou psychanalyses que l’on voudra), il faut imaginer que le cercle est intime à l’arc (ou comme dit Lacan extime, l’interne de l’arc, qui n’est pas du tout l’intériorité, le subjectivisme, étant aussi l’externe, le corps pour el moi, la surface –autre que lui est le corps) ; et c’est en ce sens que l’arc est la puissance la plus précise immédiatement ancrée dans une perception, une imagerie, un corps, une densité ; par ceci l’individué outrepasse (en l’intégrant, puisque rien de ce qui est réflexif en peut délaisser la réflexivité, ça n’est pas un monde particulier qui disparait et n’est repris en aucun autre, c’est une continuité de forme qui passe d’un stage à un autre), l’individué outrepasse l’universel ; nous sommes entrés, depuis quand même 2 siècles, dans un autre registre ; le moi en est la structuration (ce qui ne signifie pas que l’universalisation se soit pétrifiée ; elle continue de se déployer ; plus de science, plus de droit, plus de constitutionnalité, technologie, communication, etc).

Or donc cela veut dire qu’il n’est pas de désir ou pas seulement et surtout pas dernièrement ; dernièrement il est une structure ; qui se déploie ; elle est, là, en tant qu’elle ex-siste et donc qu’elle tire tout vers l’avant ; elle tracte ou attire. Et la philosophie n’est pas de dire ce qui n’est pas, mais de montrer ce qui existe ; de re-découvrir ce qui est-là, et ce qui est-là est l’ex-sister ; la forme qui engendre vers l’avant. Il est, antérieurement au désir-dépression, une absence de désir et dépression ; ce qui évidemment ne veut pas dire « rien » mais l’être, la structure qui rend possible désir et dépression (comme tout le reste).

Remonter dans la structure c’est la créer ; comme on est débarrassé d’identifier notre être par ceci ou cela (esprit, pensée, raison, moi, conscient, volonté, image, universel, etc), ce que l’on désigne c’est l’arc qu’est chaque conscience et son accès est réservé précisément à chaque Un ; ou donc la vérité est ce que chacun décide dans le cours historique du réel. L’accès au singulier est déjà accompli par chacun, de là que tous, un par un, nous soyons si étrangement égarés, azimutés, dispersés, et que notre vécu, notre corps, notre image et cet autre-corps qui se produit incessamment, nous inquiète, sombrement ou énormément, selon le désir ou la dépression.

Le souci est celui de la portance du corps ; que peut-il porter et comment ? C’est une part de l’engouement de Rimbaud et la finalité de toutes les rives et dérives depuis au moins deux siècles ; rendre l’arc capable de tout ce qu’il peut en un corps ; l’établissement du domaine de relance de la conscience-arc dans la réalité, est aussi son approche subreptice, exploratrice du réel ; dont le seul qui ait osé passer outre est Heidegger ; que se passe-t-il de l’autre côté, plongé dans l’altérité du monde donné « là » ? Leurs acharnemenst à démolir l’occidentalisation est véritablement la volonté d’imposer le sol réel ou la structure réelle vers lesquels l’arc occidentalisé atterrit.Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan agrandissent le cercle dirigeant le réel dans la réalité donnée là.

L’accès au réel individué on pourrait dire qu’il s’agit de l’acceptation de tout, nietzschéenne, son innocence, son affirmation formelle, mais ce serait trop simple pour nous ; nous sommes devenus bien plus complexes qu’au début du 20éme (ça n’est pas au détriment de Nietzsche bien sûr, puisqu’il sût prévoir, saisir au vol la nature de la Possibilité, historique, du réel) ; et c'est Sartre et Lacan qui nous permettent en fait de bien plus sérieusement préciser, cerner ou discerner notre activisme ; ils en élaborent toute la profondeur de leur réflexivité ; la précision du cercle descendu dans le monde en somme.

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