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instants philosophie

Fantasme, image et idée, le fil du Corps

23 Avril 2016, 09:10am

Publié par pascal doyelle

Ce qui est arrivé est plutôt étrange ; on a effectivement élaboré une universalité ; l’Etat et le droit, la culture et l’élévation forment le cadre suffisant ; de sorte qu’au-dedans de ce cadre universel, on a pu se livrer à toutes les passions, les intérêts, les facilités, les bassesses, les trahisons. C’est ainsi que c’est avancé ce monde ; ce monde humain. Et la « nature humaine » fut identifiée d’une part comme universelle et pacifiée, et d’autre part comme déchainement de veulerie. C’est tout à fait ce que l’on entend par « nature humaine » en général.

Il est clair que les pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) mais aussi les créateurs en révolte et en révolte ontologique complète (Rimbaud, Céline, et chacun choisira ses propres héros-accélérés), que tous ceux-là furent outrés, effarés, anéantis devant ce spectacle et qui effectivement s’est donné en spectacle, plus tard, à partir du 20éme et tout au long ; la débauche de soumission aux passions de la « nature humaine » mais aussi son jugement dernier de se prononcer pour ou contre la capacité d'exister (cela est-il digne d'exister, l'humain ?).

A rebours de cette mascarade totale et de cette profusion exubérante, on peut prendre l’effet général inverse ; car bien que protégé par le cadre universel général et donnant libre court (c’est ce que l’on nomme « liberté » dans le monde humain ; la facilité de faire et vouloir et désirer n’importe quoi n’importe comment, y compris de se soumettre aux finalités et à la bassesse du moi-dans un corps), donc bien que protégé et se sécurisant de ce cade général (l’Etat se chargeant de l’intérêt général, en somme, usant de se subterfuge pour en profiter à plein, lâchement, ou alors on dira que dieu protège la nation américaine, ou que le petit père des peuples nous incarne et alors là ce sera l’enfoncement dans l’humiliation de tous par tous),

malgré tout cela donc, à rebours, à l’inverse, on peut comprendre que ayant acquis le cadre général, ayant créé ce cadre constitutionnel et d’acculturation généralisée, l’ayant créé à partir de l’universel (l’universel est le fondement de l’humanisation), il devait arriver que cette réflexivité, la mise en forme de l’humain, cette bouillie, par la réflexivité (qui tente d’élever la bassesse vers l’intérêt général), il devait arriver que la réflexivité veuille avancer plus profondément ; atteindre chacun dans son corps ; et que donc la débauche des intérêts devait finir par se retourner sur elle-même et s’humaniser. C’est absolument ce que prône non à tort le libéralisme, tandis que à l’opposé le communisme parie pour une extension imposée de l’universel (sous la loi du peuple, du communisme, du matérialisme historique ou du matérialisme dialectique, croyant que toute la réalité admettait l’universel, alors que le libéralisme réservait à la nature humaine et au chacun pour soi une naturalité, une particularité générale).

Y-a-t-il plus ou alors moins d’humanité dans le monde ? Qu’il y ait infiniment plus d’individualité c’est certain ; dans les formes universelles, dans l’acculturation et le droit se sont exposées toutes les individualités ; tous les intéressements possibles, tous les égoïsmes, tous les désirs ; en un sens le mécanisme de réflexivité va utiliser les passions humaines, afin d’envahir le monde, le donné, la nature elle-même, et les corps, jusqu’au-dedans des corps. En un autre sens si l’on investit, s’engage dans la réflexivité, soi, dans son corps, dans l’image et le miroir de ce corps, il se peut que l’on parvienne à récupérer le spectacle et que l’on s’en métamorphose ; que l’on puise interpoler dans le corps lui-même une autre sorte d ‘intéressement à être, une complexité et uen distorsion stratégique interne.

Parce que l’on ne peut pas imposer d’en haut une élévation, ni même l’universel, si ces corps ou plus exactement ces consciences en ces corps n’y admettent aucune finalisation structurelle ; la finalisation naturelle, immédiate, qui n’a pour le fait rien de naturelle, mais construite artificiellement, la finalisation naturelle aboutissant à une sorte de fantasme, une image dégradée, pas même une image mais une image dégradée, cad prise dans le corps, recherchant obscurément la satisfaction selon le corps parce qu’elle n’imagine pas d’autre sorte de satisfaction et encore moins la satisfaction élevée que proposait l’universel, et que la finalisation à élaborer sera, aurait du être supérieure à l'universel abstrait ; de là que les mois, la populace des mois (cad tout le monde, tout moi, constitutivement) haïssent la pensée, ou l’ancien monde universel ou rende impossible quelque révolution nouvelle que ce soit, c’est que le surhomme, nietzschéen ou rimbaldien, ne viendront pas ; emmêlé dans le monde, son corps, l’intéressement de la bassesse, l’égocentrisme ou le fantasme de l’image dégradée, on ne sait plus du tout ce qu’universel ou révolution signifient. Et c’est pour cela, pour ce fantasme, que les mois, le monde des mois, se vautre dans la stupidité, les faibles vies, les reconditionnements stériles du désir ; ça tombe dans le monde, puisque ça n’agrippe que ce monde donné là comme corps-pliant la finalisation intentionnelle vers le bas, vers le monde en lequel une finalité trouve toujours déjà son lot (imaginaire et fantasmé).

Et c’est en cette bassesse que se mène la stratégie interne du sujet contre le moi, dont on ne connait pas l’issue a priori ; les universalités, le vrai, le bien, le beau ne sont que des préludes et qui furent réalisées il y a deux siècles, les cadres abstraits de la possibilité ; en ce sens de lever le moi du dedans, non pas de relever la matérialité totale du moi vers le haut mais de matérialiser l’intentionnalisation, de creuser la densité. L’arc structurel doit prendre dans la surface organique du corps, renvoyer une ou des images qui nous extirpent du fantasme, manifestant une autre surface du corps et plus loin du monde. Et l’arc structurel est entièrement une forme de l’altérité ; l'opération est d'une dureté infinie, désordres et dépressions du moi, convulsions et destructions du monde.

Or cependant au lieu de continuer l’enthousiasme universel qui présidait à l’installation de l’Etat et de l’humanisme, bien en sécurité dans le cadre universel, et refusant l’absorption dans le particulier, dans la naturalité générale là donnée, aussi bien que dans la quotidienneté de la société civile, et puisque qu’en fin de compte l’universel était effectivement, très hégélienement, réalisé historiquement, toute conscience ontologique bien née s’est engagé au-dedans de l’activisme d’être (soi) ; d'être le sujet impossible, celui qui n'obtient pas, jamais, de satisfaction ; entendant par là que l’on a commencé de rompre et de manger ce qui devait pourtant constituer l’idéal de l’humanisme ; dévorant donc le moi. Quelque chose, une bête brute, surnageait là-dedans et déchiquetait.

Il faut rechercher comme les inventeurs de forme de conscience ancrées au plus près de la réalité épaisse, et arcboutés à même la structure, abimant le moi et usant du fantasme, se sont acharnés, décharnés à creuser le fil. Le fil du corps. Donnant à cette présence insatiable, sans satisfaction, toute la démesure se coltinant au plus près de la réalité. Les explorations ont eu lieu en tous les sens possibles, tous les accès, toutes les atteintes, toutes les exceptions. Il est une telle richesse de toute la Possibilité, accessible à chacun, notifiée en chaque manuscrit, à peine atteint par quelques uns ; celle de ces arcs de conscience, sans rien, vides, formels, attachés à remuer la réalité dans sa présence même, comme Corps en tous sens, et donnant à ce Corps les absolues dividendes, les plus crevards crédits qui se puissent. Les inventeurs de la forme structurelle ont repris l'esthétique, poétique, éthique, politique, idéel, créant autre chose autrement que les universalités, d'obscur et de pesant, et œuvrent non pas le monde mais la préconditionnalité, l'antériorité de tout monde, l'antérieurement corps réel. Travaillent à même le transcendantal brutal et Autre.

Ceci n’est nullement indifférent … puisque la réflexivité est ce qui a pris l’humain et lui a imposé d’abord en prolégomènes, l’universel ; cette réflexivité amenée à niveau de l’Etat et du droit (de la morale et de l’universel, de l’acculturation) mais qui a continué d’investir l’humain jusqu’ à la personnalisation, jusqu’au corps, jusqu’à l’intentionnalité qui s’est retrouvée soumise à la bassesse du corps immédiat et du monde d’altérité, il faut donc saisir que la réflexivité veut provoquer dans chaque corps l’apparition d’un nouveau corps ; capable comme le voit Nietzsche d’admettre la violence ontologique de l’univers non humain. D’un corps tel qu’il ne subisse plus l’immédiateté, la facilité, l’emmêlement, emmêlement qui s’impose comme fantasme sur les yeux de chacun, bouche la vue de chaque arc de conscience. Opérations de distinction donc que produisent Nietzsche, Heidegger, Rimbaud, Céline, etc ; de découper selon une autre ligne. Découper non pas le moi, ce qui resterait collé au moi, à l'humain, mais découper selon l'autre logique non visible ; briser la ligne d'attention, de décision, d'intention du lecteur, du survivant.

Evidemment lorsque l’on dit que l’intentionnalisation se plie à la bassesse du corps, ça n’est pas nécessairement ou exclusivement le corps physiologique, qui n’y peut mais ; c’est ce corps immédiat en tant que le moi, le pauvre moi, ne peut pas imaginer d’autre satisfaction, d’autre bonheur que celui du « corps », que le bonheur du "ressenti" ; de là qu’il se cantonne à imaginer ou vaguement attendre une plénitude irréelle. Le bonheur kantien du beau et non pas comme horreur sublimissime, l’écrasant sublime, que Kant approche à pas de loup, pas fou (d’autres se chargeront de cette folie) ; ce en quoi Kant se doute bien que le poétique et l’esthétique, très loin, échappent fondamentalement à l’universel ; le sublime est l’écrasante ontologie si le beau est la joliesse rassurante … Soupçonnant que l’universel soit juste une station, nécessaire mais réduite, de l’ampleur de la structure effarante ; Kant essaie de stabiliser la démesure ontologique du formel arc de conscience, de le circonscrire comme conscient, peine perdue mais il se réserve l’incompressible ontos, nouménal, rusé autant que Descartes est lucide.

Un arc de conscience est issu directement de la cervelle, mais s’instancie vers le réel, aussi est-ce la ligne de séparation du corps qui se joue et qui se joue indéfiniment ; le fantasme est cette ligne là, mâchouille, il est à charge de poursuivre la ligne du fantasme selon cette articulation au réel de plus en plus distordue en une orientation qui peut passer comme désorientation, que le corps ne comprend pas, ni même la cervelle, qui vagit ; jamais le fantasme, soit donc la surface du corps, n’est abolie, et si l’on ne se tient que du conscient, on reste pris dans la ligne du fantasme (qui est non une chosification mais un bord et ainsi totalement hors champ) ; or cependant l’arc de conscience n’est pas le conscient ; le problème étant que dans l’arc de conscience on ne tient pas ; il est d’une dureté impitoyable, inhumaine, antérieure à l’humain, l’humain n’est qu’un effet pour l’articulation au réel, de même le moi ; et c’est selon l’arc que les sujets impossibles se sont galvanisés.

Jusqu’à la révolution on pouvait imaginer la ligne d’horizon de l’humanisme (tentant de remplacer la ligne de mort du monde comme il va, de la violence entre tous) ou de l’universel, jusqu’à Descartes, mais ensuite c’est autre chose qui commence ; Kant rationnalise, esprit lucide presqu'aussi bien que Descartes, et clair et net, interfaçant et détourant, mais les idéalistes qui suivront s’engageront dans le piège mental du sujet ; son impossibilité ne permet pas de le penser (de même que Leibniz et Spinoza tenteront de résoudre l’autre problème ; l’étendue et la possibilité du monde, l’objectivité de la pensée posée là, au-devant, par Descartes qui, mine de rien, a tout expulsé hors de notre structure, elle-même transformée objectivement en « cet-être », Descartes offre le regard nu et autre, y compris regardant dieu). Pourtant s’exposant intégralement les idéalistes allemands appuient via la source même ; épuisant ce tourment, d’une conscience qui se réfère à elle-même de laquelle ils espèrent LE contenu de révélation, le secret intérieur ; mais d’intériorité de cette conscience qui n’est pas le conscient, il n’en existe pas ; l’arc de conscience est tel que Husserl et Sartre le présenteront en le démontant ; un vide sidéral, sidérant … et hyper actif.

C’est sur la piste de cette hyper activité que s’agitaient les idéalistes allemands, qu’approche Hegel ; que l’arc se prédispose à être, prédis-position absurde, inquiétante, horrible, sacrée sans doute, le risque maximum ; mais Hegel croit que cette prédisposition cible justement l’être, alors que cette prédisposition est indéfiniment remise (comme le christique) ; le résultat est invinciblement relancé ; ça n’est pas l’être qui existe, mais l’exister. L’arc structurel de conscience qui coïncide (si l’on peut dire et en ceci d’une manière très étrange) avec l’arc du réel, en tant que le réel est le présent.

L’arc réel n’occupe qu’une infime part de la réalité mais cette part c’est le réel de la réalité, le Bord du donné ; et là où il s’ex-siste c’est par la surface, tout aussi impossible, du corps, la ligne de séparation, et c’est cette ligne qui traverse chaque moi, en plein, ligne insituable, étant ce par quoi tout le reste est délimité et, en tant que ligne, non visible ; l’arc de conscience est cette ligne comme surface du corps.

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Feuilletage du Bord du monde

20 Avril 2016, 10:05am

Publié par pascal doyelle

Non pas que la réalité avançant, cause, à partir du déjà donné, de nouveaux effets, ce qui est la causalité normale des choses, mais que l’actualité même, le présent engendre le renouvellement ; il n’est pas un point dans l’avenir qui cause les réalités actuelles, mais il est un présent qui se crée et relance les réalités données ; c’est la forme du présent qui engendre, et non le passé qui simplement produirait (et ça n’est pas l’avenir ou l’éternité qui déroulent le présent ou le passé).

Depuis le début la philosophie ne désigne pas un sens, un secret, un double réel, mais use de ces affectations afin de signifier une fonction, une fonctionnalité, un mécanisme, un système structurel. Qui n’a pas de sens, parce qu’il est le sens.

Pour la philosophie depuis le début Il s’agit de montrer comment le réel s’organise comme articulation, cad comme réflexivité ; on peut aisément remarquer que rien n’est stable, tout passe, sauf la conscience que l’on en prend (est-on ou non identique à 15 ans et à 65 ans, mais c’est le même arc de conscience, et en telle activité ou telle autre, combien de comportements adopte-t-on ? Et toute conscience est parfaitement identique à toute autre, chaque fois un seul arc de cercle vers le même réel), et d'autre part et par ailleurs rien ne demeure sauf le présent constant, qui reste absolument le Même. On cherche donc à prendre la mesure de cette même-conscience, et à s’introduire dans l’organisé interne et externe de cet-arc-dans-le-présent et que l’on utilise pour cela le Un de la pensé, Dieu ou le christ, le sujet, ou l’altérité, ou encore l’éternité comme signifiant ou l’universel ou l’esprit hégélien ou le nouménal, ou la volonté, etc. Dans tous les cas on use de paramètres qui laissent remonter le splittage du réel, soit comme présent effectivement là, soit comme arc de conscience formel.

Entrer dans la forme même du présent c’est ce que commence de travailler la pensée grecque, ou le monothéisme et encore le christique ; puisque la méditerranée a décidé de vouloir ici même l’acte qui nous produit, elle doit élaborer la pensée qui analyse, en subsumant les synthèses ; le langage produit naturellement des synthèses et la conscience qui ne fait pas retour, croit en ses synthèses s'imposant comme monde ; il faut faire retour sur cette production de synthèses pour entrer dans l’analytique de l’exister, dans cette ontologie qui part du Un jusqu'au réel (de Parménide à Lacan). Et on fait retour vers l’antériorité soit selon la formule abstraite et formelle de l’être (grec, la mise à zéro de l’intentionnalité, constamment reconduite et appelant l’expérience de chaque arc, appelant chacun à se reconduire par la pensée augmentant son être sinon livré à l'immédiateté, de son vécu ou du groupe), soit selon la suspension de notre être, cartésienne suspension (qui expulse l'attention hors champ, hors de tout champ).

A partir de cette suspension (de la pensée ou de la conscience de (soi)), il faut retracer la cause antérieure et c’est ce qui a avancé philosophiquement ; entrainant également le soulèvement du monde, puisque depuis les grecs lorsqu’on lève le « là » on soulève le donné là, le monde ; perché sur le Bord de tout monde.

Les phases métaphysique, puis ontologique puis existentielle (les grecs, Descartes, et les pensées de l’altérité), soit ainsi le présent, s’ouvrent donc comme une dimension (qui est hors du monde, et comme on ne prétend nullement que ce soit une dimension au-delà du monde, on dira donc qu’il s’agit du Bord du monde, ou si l’on veut du Bord du même monde ; la transcendance est le Bord de toute l’immanence, la bizarrerie constituant en ceci ; que le Bord du monde n’est pas uniquement l’arc de conscience, qui fait retrait indéfini hors-champ, mais est le présent … le présent est la transcendance même ; le Bord du monde est le présent, l'arc de conscience est la reconduite de la Même forme, qui seule existe ; puisque tout le reste c'est l'être, la mémorisation comme choses et êtres de la vague du seul-présent).

Cette phase coupe toute la réalité, et effectivement ; non seulement lorsque la réflexivité, l’arc de conscience cesse de tenir à des contenus et tient tout seul et sans rien, ayant pour lui-même sa première instruction, soit donc la pensée grecque qui comprend que l'intentionnalisation peut, sans attendre le langage, le groupe, l'immédiateté, peut inventer de l'intentionnalité,

mais aussi en ce que toute la réalité est suspendue par le présent, c’est cette phase de coupure qui se dresse unilatéralement, qui renvoie, retourne et renouvelle le monde. Et c’est ce qui est arrivé à l’humain ; ayant décidé de trouver l’absolu réel ici même et non plus de le recevoir au-delà ; c’est d’intercéder dans le feuilletage de cette articulation ici même que l’on avance ; via les possibilités (esthétiques, etc)

et via la réflexion sur cette articulation qui, étant articulée, est, comme de juste, dite réflexivité ; sur la piste de laquelle progressaient Kant, Hegel, et que supportaient par leurs corps, leur présence dans le « là » les penseurs de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) mais aussi les explorateurs de l’interstice ; les poètes, les voyants, des romantiques aux révoltés, tout autant que les férus de la révolution (tentant de continuer la révolution unique du 18éme).

On a donc cessant de construire des mondes de synthèses (qui acceptaient l’apparition des choses et des êtres et tentaient, tout à fait raisonnablement en quelque sorte, d’en tirer une synthèse), et cessant, on a renvoyé soudainement ces contenus vers la structure originelle ; l’arc de conscience ; soit donc la production même de contenus, non pas ces contenus eux-mêmes mais la structure antérieure, instrumentant non plus ces contenus mais cette productivité même, remontant des énoncés aux conditions d’énonciation, des choses perçues à la création de nouvelles possibilités perceptives, esthétiques, etc ; et par la réflexivité on entend donc la volonté explicite de produire du contenu (des vérités, des œuvres, des comportements assumés, des conditions politiques des corps, etc) mais la finalité ce ne sont plus ces contenus seulement mais le système formel antérieur d'une part et l'être en question qui rend possible qu'il y ait cause de contenus (que l'on expose cette antériorité comme l'Etre, le Un, le Bien, la pensée, dieu, le sujet, le transcendantal, la Volonté, etc, autant de possibilités descriptives qui s'attachent au dressage de la dimension Autre antérieure à tout donné) ; de varier indéfiniment l’intentionnalisation (au lieu que jusqu’alors on se fondait sur les contenus supposés « naturels » ou « révélés » qui « se produisaient » d’eux-mêmes dans un monde particulier et un groupe humain donné), de reprendre le réel à zéro, selon le zéro antérieur, la dimension qui précède les déterminations.

On passe ainsi au second niveau ; prendre conscience de l’activité de conscience mais de plus en son lieu, son point. On peut dénommer cette activité comme çi ou comme ça mais toute dénomination sera seconde ; ce qui veut dire se placera comme objet dans l’horizon, l’horizon n’apparaissant jamais comme tel, puisque transformé en objet il ne serait plus l’horizon ; l’horizon est ce sur quoi apparaissent les objets ; on ne peut pas l’atteindre comme contenu, il reste formellement Autre. Et c'est cette altérité de l'horizon qui est approché et que toute pensée demande ; que cet horizon émerge pour et par lui-même dans l'arc de conscience de celui qui (se) réfléchit.

Autrement dit il est une structure, l’arc de conscience, qui n’est en rien déterminée ; sa seule détermination, qui n’en est pas une, est sa nature propre ; cet être est « conscience » ; cad tension vide, sans rien, produite par la cervelle en tant que cette tension sort de la cervelle. Ce qui définit « conscience » est « qui a rapport avec (soi) » ; en lequel rapport le dit (soi) est le rapport lui-même ; le rapport se sait ; il ne se connait pas puisqu’il n’est pas connaissance d’une détermination quelconque (et toute détermination lui est quelconque, effectivement) ; le se-savoir est un être spécifique qui peut bien se produire comme neurones, langage, corps, tout ce que l’on voudra ; peu importe puisqu‘il est rapport et que sa structure est ce rapport ; autrement dit quelle que soit sa cause, ses causes, elles n’ égalent pas son rapport ; qu’il ait rapport à (soi) signifie qu’il existe pour lui-même ; mais qu’il existe pour lui-même veut dire qu’il n’est rien d’autre que ce rapport ; le rapport n’a aucune identité adéquate à « lui-même » ; le rapport sans rien est cette « identité ».

Et donc il n’y a pas de « secret » en tant que contenu dans le rapport de conscience ; elle est purement transparente ; elle ne contient rien (elle n'est pas le conscient). On ne peut pas ainsi lui objecter qu’elle ne sait pas ce qu’elle dit ou qu’elle ne peut se connaitre en un conscient ; parce que la structure « arc de conscience » n’est pas du conscient ; le conscient est un effet ; il n’existe qu’un seul réel, l’arc tendu vers le réel. Soit donc la partition du corps. C’est comme si on disait que le contenu, le sens de l’œuvre, d’une esthétique, poétique, devait finalement se réduire à un contenu conscient ou rationnel ou universel ; ça n’a rien à voir.

Esthétique, politique, éthique, idéel (connaissances) déploient l’arc sur le monde, le donné, le vécu, le corps, l’humanisation et la personnalisation ; et la philosophie réfléchit (de réflexion) sur cette articulation qui nous affecte, mais n’est pas ni ne contient en aucune manière cette réflexivité ; la philosophie réfléchit, instruit une réflexion sur la réflexivité. Mais la réflexivité, en elle-même, en elle seule, est l’arc effectivement réel en chaque corps posé sur le monde donné là.

Autrement dit c’est intégralement à la source que tout réfléchit, renvoie l’image dans le miroir, qui n’apparait jamais ; l’esthétique tente de montrer non seulement les images élues mais le miroir lui-même dans et au travers des images, et y parvient de façon approchante, parfois, non en ceci que le miroir serait présenté dans l’image, mais en cela que les images suffisantes et extraordinaires, disposées, créent en votre regard le miroir même... La philosophie approche l’articulation, mais ne l’est jamais. Autrement dit entre conscience que l’on est et conscience que l’on a, il n’y a pas d’unité ; la seule unité est formelle (ce que Kant nommait l'aperception transcendantal d'une part, l'arc de conscience, et le X de l'objet, l'objectité de l'objectivité, développant en cela l'éclair cartésien), cad rien, la pure tension elle-même, et toutes les consciences que l’on a, disparaissent, mais la tension en tant que rapport re-vient (cad revient en tant qu'elle Vient toujours constamment formelle et vide, elle re-nait en une fois indéfinie, indépendamment des contenus, de la cervelle, du corps, du monde); report de l’horizon vers le corps et rapport à (soi) ; où le soi est le rapport lui-même, cad l’ouverture est l’ouverture, l’arc est le présent qui se remémore et court-circuite cette remémoration ; la conscience, comme arc, est ce court circuit.

Rien n’est tangible, tout est happé par le temps, ce qui veut dire par le présent, mais le présent demeure la constante radicale, la seule (et cette demeure n'est pas l'habitation de l'Etre, heideggérien, il ne recèle aucun secret, mystère, mais par contre est son exploration structurelle, qui use de l'Etre ou de la Volonté pour s'effeuiller, exposer et créer en même temps le splittage du Bord de la réalité) ; et c’est l’élaboration de ce présent en et par le feuilletage qui se crée sur le Bord de la réalité, que l’on bascule ou sur lequel on se tient (créant selon l’esthétique, l’éthique, etc) ; c’est sur, dans et par ce présent et en chaque cervelle que se ploie un arc de tension vers le « là » ; et le présent est absolument réel, n’est pas une « idée » ou une représentation, de même qu’aucune chose ne contient le présent, mais en est contenue ; aussi lorsque la philosophie réfléchit sur notre être, cet-être, objectivement « là » dans le « là », est-ce une réflexion qui s’ajoute à la réflexivité et tente de ramener le miroir à l’intérieur d’une représentation mais comme cela ne se peut, la philosophie est tordue, torsion, distorsion que la conscience lectrice doit activer ; elle doit admettre qu’elle n’est ni un moi ou quelque identité, mais la torsion telle quelle ; non pas la conscience de ceci ou de cela mais l’activisme de conscience qui dévore, produit, crée, absorbe tous les ceci et cela. Et l’indifférence fondamentale de l’activisme (pour qui tous les contenus sont quelconques) n’est pas ce qui les exclut tous, mais ce qui les rend possibles.

L’ensemble consiste donc à appréhender ce qui pré-existe ou plus simplement ce qui ex-siste antérieurement à ce qui se donne ; non seulement il y a l'être (la détermination) mais aussi il existe en plus du présent et un feuilletage de ce présent.En entrant au dedans de l'arc de cosncience de ceux qui s'y sont engagés.

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L’expérience du réel et de la pensée

16 Avril 2016, 08:15am

Publié par pascal doyelle

La pensée a dressé en une fois et une seule continuité la verticalité de la réflexivité ; on nomme pensée ce qui débute autour de la méditerranée, sans bannir toutes les pensées antérieures, mais en restreignant « pensée » à la décision de situer ici même, ici et maintenant, l’absolu.

La verticalité dressée en une fois est celle non pas d’idées ou de systèmes d’idées mais la mise en avant d’un mécanisme, qui auparavant était recouvert par ses contenus (groupe, monde particulier, langage) et qui s’en dégage ; nait dans le monde le mécanisme de conscience, sans rien et formel ; ce que traque la philosophie, soit la discipline qui se charge de penser cette nouveauté, cette nouvelle structure, c’est le splittage de notre être, lequel n’a plus pour couverture tel ou tel monde humain, mécanisme de conscience mis a nu.Corps, surfacé en un autre sens.

Dans la mesure où se dé-couvre cet-être, il découvre en même temps le monde, non plus tel ou tel monde humain, mais le monde tel-quel ; le monde donné là tel que constatable (et donc à disposition de tous). L’un ne va pas sans l’autre ; on découvre le monde-là (le monde unique valable pour tous) par et via le « là » du monde ; il faut donc restreindre la pensée pour n’admettre que le donné, ce que réalisera la raison (la réflexion, comme restriction de la pensée, focalisé sur son objet), mais la pensée cible le « là » du donné ; soit donc cible la dimension en plus qui spécifie la nature du rapport pour cet être qui se lance vers le réel ; c’est une structure intègre et intégrale qui se met en place, qui prend toute la verticalité disponible (et non plus située au-delà) et lance au devant toute l'horizontalité d'un même monde pour tous les mécanismes. L'architecture de l'arc tendu vers le réel s'élabore et se définit comme Bord du monde.

Toute la transcendance, qui est réelle, étant le réel même, est instanciée sur l'immanence intégrale du donné là ; il y a transcendance de cette immanence et la transcendance n'est rien que le plus intimement acté de la réalité ; soit le présent pur et simple et surtout brut (et en vérité incroyablement brutal et Autre ; le Un est l'altérité radicale, ce qui existe, l'exister, est effroyablement Autre). La transcendance est au plus près ; elle est même ce qui précède le mécanisme de conscience, qui se définit comme arc-au-réel, de positionner un tel réel.

Mais évidement par structure intègre et intégrale on ne peut pas lui demander de ressembler à la mise en place de la raison qui ne postule que des objets, puisque justement l’arc de conscience qui se crée vers le réel et qui parait doubler le monde par un autre monde, le donné par l’esprit, la réalité par un réel purement intellectif, engendre bien plutôt la variabilité intentionnelle, la virtualité de la réalité ; autrement dit si l’on doit penser quelque chose à propos du monde, il faut bien créer une interface et les idées sont cette interface (sinon il n’est pas d’idées du tout) et si il est un être, au moins, qui est capable d’une telle distance à propos du monde (du donné, du vécu et du corps), il faut interfacer pareillement cette distance ; les idées sont des rapports ontologiques vers la surface même du monde (et non un double du monde donné), les systèmes la mise à disposition pour chaque arc-mécanisme de conscience de technologies dont la cohérence rend à chacun qu'il puisse s'en sortir (se sortir de l'effondrement dans le monde immédiat, le corps, l'identité, la dispersion, la petitesse).

La raison, qui expulse la pensée, fait comme si la distance n’existait pas ; comme si la pensée n’était que réflexion et rabat du donné par le donné (la raison n’est que cette interface là, ce report du donné par lui-même) ; et la philosophie est, à l’inverse et originellement, la pensée de la dimension verticale qui a à charge d’expliciter, de montrer, de démontrer parfois, de décrire et surtout de démonter, signe par signe, traçant le cheminement non vu, non dit, relatif exclusivement à l’expérimentation interne et externe (de la structure-mécansime) que l’on agrippe de et sur la surface du monde donné et « là » ; cette articulation qui manifestement nous dresse comme Autre dans le monde, Autre que la réalité, le corps ou le vécu.

Les philosophies décrivent donc les avancées, une par une, en étoile, les attitudes possibles de la position unique (qui consiste en la situation autre dans le monde, d’un point qui part en tangente de tout donné) ; c’est la même structure, depuis sa découverte, son extraction de tout monde humain particulier, qui se montre et s’expose ; comme elle se tient sur le Bord du monde, elle n’a aucune contrepartie interne ; on veut dire qu’il n’y a pas de possibilité de la dire, de la nommer selon les mots du monde ; elle doit inventer son vocabulaire et une typologie, et une cartographie de sa position au sens quasi littéral de situation sur la surface du monde ; et son degré de coïncidence sur la pente du réel.

En étoile parce que depuis le début la structure, l’arc de conscience, le mécanisme est dès l’abord un et constant ; inutile de chercher une évidence énonciative qui définirait ce que c’est que l’Etre, parce que l’Etre est l’être, petit « ê » ; c’est la marque et le repère d’un centre absolument décentré en ceci qu’il est tellement abstrait parce qu’il est chargé par l’arc de conscience, du vide, du formel, chargé d’instancier un Point radical qui laisse libre jeu au soulèvement du monde, au renouvellement de notre être ; soit la pensée grecque et le christique (et mono, étant entendu que pour nous, ici, le christique re-Crée le Corps, et le corps de chacun qui pourra être continué, constituée ensuite pluriellement en divers autres Corps, relançant les esthétiques, éthiques, politiques, idéels, et philosophies ; il y a une raison d’être, cad une cause, à toute cette profusion de possibilités).

Que l’on soit sous le registre de la réflexion ou celui de la réflexivité change du tout au tout ; pour la réflexion, qui est report du donné vers le donné, le donné expliquant le donné, sans plus interroger la dimension de séparation, il se peut que nous possédions une identité (la "nature humaine") ; et également l’identité clôturale du moi, de la personnalisation succédant à l’humanisation, à l’universalisation (clôturale parce qu’aboutissant au corps et à la cervelle de chaque point-mécanisme, le lieu en lequel s’inaugure l’arc de conscience, sortant de la cervelle et du corps vers le réel, en plus et hors du monde).

Dans la réflexivité tout moi est seulement un tremplin (ce qu’il faut comprendre ; de se créer un Corps ; non pas de plaquer sur le vécu une exportation « universelle », cela c’est la raison, mais récupérant le corps par un Bout, le Bord du monde se saisit par le Bout du corps, pour ainsi dire, de là que l’arc a pu épuiser, découper, diffracter les corps, la douleur insituable des poètes-créateurs, insituable parce qu'exposant tout le corps et toute la cervelle, explosée structurellement, et que, plus structuralement, l’arc, le mécanisme se soit traqué par et dans les esthétiques et le poétique ; c’est ce Corps là qu’ils montrent, et qu’ils attirent, l'autre corps, la nouvelle surface) ;

est un tremplin pour le sujet ; tout moi est un sujet et ce selon le virtuel, la pure virtualité ; parce que le sujet n’est pas réalisé et ne peut pas l’être. Le moi cherche la satisfaction (le besoin ou le désir trouvant sa pitance dans le monde donné, supposant même une sorte de destination, de destinal, de sens de la vie, de finalité du désir, etc). Le sujet est impossible, et c’est pour cela qu’il est sujet (sinon il coïnciderait) ; il est donc sous le coup de l’insatisfaction et de la petite ou de la virtuelle réalisation ; on peut s’élever densément soudainement par un poème ou un concerto (ou Led Zep ou Lost, puisque notre monde a créé sa propre acculturation énormissime et sans aucun doute extrêmement plus dense et intense qu’on ne veut bien l’admettre ou le reconnaitre, ou qu’il nous est possible de le connaitre pour le moment), mais cette élévation affecte la structure et qui retombe lourdement toujours dans la détermination et le monde ;

or pourtant c’est cette virtualité qui nous oriente, désoriente, relance, renouvelle, retourne extensivement et intensément (qui donc est non-réalisée comme monde ou corps donné, et qui ne peut pas l’être); le moi attend vainement une perception mondaine de la réalisation qui n’a pas et n’aura jamais lieu ; c’est autre chose qui se rend réel et qui en son ordre, en sa dimension, y parvient immanquablement. C’est seulement que l’on n’en tient pas le système (celui que Rimbaud commence de saisir, par son corps, ce qui veut dire par-dessus la poésie, qui devient réelle, littéralement et secoue entièrement l’historicité et la pensée ; il n’est pas de distinction sauf seconde, entre l’arc de conscience, le mécanisme découvert et les effets précis, éthiques, esthétiques, politiques, idéels, et philosophie ; c’est la même structure qui est Agissante).

Pareillement on ne peut pas, plus séparer les époques de la dimension agissante ; les grecs créent l’extensivité, le christique et les monos l’intensité, Descartes la suspension du cadre même de tout arc de conscience, jusqu’à Husserl, et Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan basculent dans la pensée étrange de l’altérité ; le Un créant radcialement à la source toutes les altérités (la pensée est une difficulté sans nom, dieu une incompréhensibilité, le sujet une impossibilité, l'altérité une abomination) ; le réel est indéfiniment à proximité absolu de chaque arc de conscience non couvert depuis la révolution (unique) par quelque groupe que ce soit ; il reçoit, par son moi, son corps, la faculté instantanée d’être saisi du réel (non pas de se saisir, qui est une croyance réaliste rationaliste et non l’expérience de la pensée).

Tout arc de conscience est saisi du réel, en externe (l'interne de la structure est lancé originellement vers l'externe intégralement manifesté de tout ce qui est, la réalité, via ce qui existe, le présent pur) ; largué par tous les groupes humains (qui se façonnent encore faiblement en classes sociales, mini tribus, clans, mafias, divisions idéologiques, substituts de la pensée réelle), chaque arc expérimente la toute présence du réel d’une part et d’autre part et par ailleurs comme on l’a dit se véhicule selon le Virtuel (mais troisièmement la proximité du réel est tout autant la formulation du corps, d’une nouvelle surface du corps, susceptible de relever la possibilité de la surface du monde) ;

dans le virtuel continue de se créer constamment l’arc de conscience, son mécanisme, sa position sur la surface du monde et du corps (surface du monde et surface du corps sont ce qui s’élabore depuis la révolution, qui se cherche plus durement encore qu'avant la révolution, puisqu'auparavant la révolution constituait l'horizon de tout humanisme et que donc ensuite c'est la personnalisation en cet humanisation qui commence d'explorer, tout moi explore sa possibilité, son invention) et s’est accéléré spécifiquement après guerre, des années soixante), mais aussi s’accumule toute l’historicité de la réflexivité ; depuis la méditerranée évidement, mais aussi de toutes les possibilités d’arc de conscience ; qu’ils se décident à situer l’absolu au-delà ou absolument ici-même, éternellement ou ici et maintenant ; si le présent est cela seul qui existe, c’est en ce sens que le présent, qui ne cesse pas de nous amener à surgir, engendre toutes les réalités ; l'occidentalisation du monde est donc la décision d'amener à être saisi du hiatus qui nous sépare ici et maintenant, d'élaborer la précision de cette scission, et si la séparation est notre lot c'est que le Un est ce qui scinde, au sens où le Un est ce qui distingue, ce qui distingue fait être (dans la réalité) la distinctivité qu'implique l'exister (le réel). on élabore donc la technologie adéquate à la séparation et la précision que promulguait l'absolu-au-delà descend à même son origine, ici même, dans le travail de et sur le réel, le corps et le présent.

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La pensée et l'altérité unilatérale

9 Avril 2016, 10:06am

Publié par pascal doyelle

La pensée, soit donc ce que les grecs ont inventé, forme système, mais elle ne forme pas système pour former système ; elle forme système d’une part en ne prenant en compte que les éléments effectivement identifiables dans le monde, le donné, le là, et d’autre part en supposant que ici et maintenant il est possible de rassembler ces éléments en une fois complète ; que donc la réalité est tout entière là et qu’il est possible de réaliser, de rendre réelle la connaissance que l’on en obtient et qu’ainsi le réel est parfait, parfaitement là et parfaitement explicite (sinon on ne comprend pas ce que l’on pense, montre, perçoit, ajoute vers le donné.

Mais ceci est encore second ; ce que les grecs découvrent est que l’on peut par la pensée augmenter considérablement notre être et que cette augmentation parvient à créer ou découvrir des distinctions, des différenciations dans la réalité qui jusqu’alors était seulement couverte par le langage commun, les échanges, les désignations (cette once d’or, cette table, la foudre qui est aussi Zeus, etc, des assignations donc). Ce faisant pour dire plus que n’en contient le langage commun, il faut créer un vocabulaire et des règles d’association ; de telle sorte qu’aucun élément ne soit confusionnel, que tout élément soit distinct, que tous les éléments soient admis en une fois et ce pour une raison extrêmement importante ; que l’on puisse faire le tour de la pensée ; qu’elle ne soit pas morcelée et non incontrôlable et si elle ne doit pas être incontrôlable ça n’est pas tant pour tyranniser mais parce qu’alors on peut accéder à sa propre pensée …

or les grecs oublient, bien qu’apercevant absolument ses déroulements, que par pensée, cad variations intentionnalisatrices, il faut aussi comprendre l’éthique, la politique et l’esthétique ; ils le perçoivent très bien, et c’est pour cela que la philosophie se mêle de tout, mais leur registre de la pensée ne peut pas atteindre ce qui commencera à peine aux 18-19éme siècles ; de penser jusqu’à l’esthétique, l’éthique, le politique, qui ne peuvent pas se réduire à l’universel, et notablement en en ceci qu’il s’agit du corps de chacun… de même que le régime de pensée grec ne peut pas admettre en soi l’intensité qui sera christique, pas plus que le sujet cartésien. Il faut un registre de réflexivité plus étendu pour commencer d’éprouver structurellement ce qui s’existe multi-dimensionnellement (à partir d’une seule dimension unique, dont la philosophie qui est assignée à sa tâche, se charge de rendre compte en toute cohérence éprouvée, éprouvée dans le retournement et le renouvellement de l’expérimenté ici et maintenant par un corps qui se subtilise).

Pour et par les grecs on peut par la pensée maitriser le devenir, la possibilité de ce que l’on intentionnalise et intentionnalisation que l’on ajoute au monde humain, quelque qu’il soit, et à son propre vécu passé, engageant la rupture existentielle bien avant tout vécu, on pré-existe ; on peut percevoir à partir de soi, de sa propre expérience, perception, jugement, et ce à quoi on aboutit à chaque fois est un système qui étant système montable et démontable ne nous laisse pas extérieurs à notre propre intentionnalité, extérieurs au monde, et la pensée se comprend alors comme « ce qui anime ce monde » ; parce que par elle on ajoute à la perception immédiate (qui ne distingue rien ou plutôt qui distingue selon l’expérience du groupe) une perception intellective, qui rassemble et distingue, qui élabore et crée ou recrée, qui ajoute dans tous les cas au monde, au vécu, au corps. Les grecs se sentent donc intégralement dépendants mais dépendants de ce qui les libère ; les idées, les systèmes d’idées, les éthiques et les politiques, les idéels et les connaissances, et une discipline se charge de montrer ce qu’est ce nouveau mouvement qui prend soudainement l’humain, de penser, et de comprendre pourquoi, d’élaborer donc une compréhension, une description de ce qui se passe, lorsque l’on pense, d’instancier, d’inscrire dans le donné qu’il y ait un être, au moins, qui est en capacité d’augmenter son être par la variation intentionnelle qui se centre ou se recentre ici et maintenant en saisissant tous les éléments ; de définir les conditions pour cet être d’obtention de cet ajout de conscience, d’intentionnalisations, qui n’appartiennent plus au groupe, qui sont en-plus, et se communique d’arc de conscience à arc de conscience.

La pensée est son propre poids ; elle éprouve son extensivité grecque, son intensité chrétienne, sa suspension réflexive cartésienne, son altérité suivante. Le poids est l’expérience qu’elle creuse en et par chaque conscience structurelle. La sup-position de l’être éternel, du dieu indéfiniment réel, du sujet suspendu, de l’altérité originelle n’est autre que l’introduction dans le monde du Présent Constant ; le présent est ce qui pré-existe, qui revient instantanément, en plus du monde.

C’est parce qu’il faut que la pensée revienne en propre à chacun qu’elle doit faire système ; et pensée qui suppose d’une part l’autonomie de celui qui pense (à condition qu’il accepte la cohérence, ce qui veut dire le rassemblement de l’expérimenté dans la saisie possible et non dispersée, auquel cas elle retombe dans le monde, le vécu, et se fait avaler par la disparition), et d’autre part la perfection de la réalité, la totalisation réelle dans le donné et puis possible dans son acquisition ; tout est donc ici. Même si on suppose un lieu extrêmement éloigné, un divin ou un autre, il doit s’inscrire dans cette cohérence ; sa distance, si distance il y a, doit être compréhensible, ce qui est une manière de dire que la distance est quand même comprise ; Zeus ne peut pas être compris, dieu ou le sujet sont équivalents à l’arc de conscience bâti ici même, parce que formels.

Mais par ailleurs originellement la pensée est créée afin que cette-conscience puisse de toute l’intentionnalisation d’une part en expérimenter la totalité des manifestations possibles (formant donc système qui n’échappe par aucun bout, afin de le rendre à chacun) et d’autre part que cette intentionnalisation généralisée (qui n’existait pas auparavant , qui était prise dans tel ou tel groupe, le groupe faisant office de véridicité) puisse se varier, se varier elle-même ; soit sa propre expérimentation du monde donné là, et donc du « là » du donné ; c’est par le « là » du donné (de tout donné quel qu’il soit) qu’existe un monde donné là ; auparavant il existait non pas « le monde » mais tel ou tel monde (égyptien, maya, etc). Et donc il n’existait pas non plus l’être-humain, parce qu’il n’existait que des égyptiens, des bantous, etc, un peuple par un peuple dans une culture par une culture.

On ne peut pas s’engager dans la généralisation de l’intentionnalisation, sans supposer le « là » du donné en plus du donné là, l’être sans le monde ou le monde sans l’être ; et ceci pour la raison non pas, seconde, de supposer un « être » mais parce que notre intentionnalisation est elle-même décalée ; elle est décalée par rapport au donné là, au monde, au corps ; la preuve étant que de toute manière on en prend conscience ; cette altérité doit relever en elle-même d’un discours propre ; d’un discours qui explicite les rapports super réels et ce afin que l’on sache comment lancer l’intentionnalisation, l’inventer, l’orchestrer, la transmettre en tant non pas que « discours donné là », plat et chosifié, mais en tant que discours appelant l’autre à opérer de même en son « là » excessif ; à se convertir à la pensée ; et cela est second de par la première motivation qui est de motiver à exister sa propre structure de conscience ; celle qui n’est pas. Poser l’ancrage autre et en plus non seulement doit supposer un Point Autre, mais est lui-même en tant que Fait, la monstration que l’altérité est absolument là.

Parce que, encore plus loin, la pensée décentre. Elle décentre que l’on soit déterminé comme ceci ou comme cela. Si une conscience s’ouvre à la pensée, elle ne tient plus dans telle ou telle identité ; elle se convertit non pas en un regard vide et abstrait, mais s’instancie d’une part comme point individué (qui retrace toute l’expérience disponible et toute l’invention intentionnelle possible ; le point individué est la source de la modification) et d’autre part cette conversion se crée comme regard instantané ; parce que l’expérience cruciale est celle de découvrir que dans le monde donné là, il est au moins un être qui admet toute variation ; ce qui veut dire qu’il existe un creux dans le monde, quel que soit le monde, un creux dans chaque individu, quel que soit l’individu, un lieu sans lieu, un temps non temporel.

Autrement dit ce décalage (qui rend possible qu’il y ait monde et « là » du réel) doit élaborer , cad expérimenter, sa dimension ; il est clair que l’on a pris, compris cette dimension comme résidant en elle-même ; et comme on pensait selon le principe « la pensée seule nous révèle ce qui est », on a voulu interpoler cette dimension et toute la réalité ; sinon cela aurait abouti à un incontrôlable, à un hors champ (la dimension et le monde mais séparés, et un lieu hors de toute saisie) ; les grecs ont donc admis la magnificence de l’ensemble ; c’est du lieu Autre que tout s’anime (étant entendu que cet Autre n’est nullement séparé de lui-même et que la dispersion du monde, bien qu’inexplicable dans un tel principe, la dispersion renoue avec l’Autre ; c’est l’Autre qui contient toutes les réalités et toutes les réalités y compris la pensée, participent de l’Autre). Il est totalement absurde de comprendre Platon selon la chosification ; il a rendu possible la démultiplication de la variation par la pensée ; si vous pensez qu’il s’est trompé, faites mieux … maniez une aussi rigoureuse cohérence …

C’est donc une structure absolue qui commande l’ensemble ; la pensée, absolument essentielle, ne vaut pas en soi, mais dans la mesure où elle ouvre la dimension, la pensée étant le déploiement intentionnalisateur qui permet de relever le monde vers l’Autre. L’Autre étant dans la pensée grecque non pas dieu à proprement parler mais l’activité d’animation et de distinction de la réalité ; le réel.

Il faut donc comprendre que la réflexivité qui se cherche prendra un nouveau pas via le dieu unique et abstrait ; le Un tout Autre. Qui consistera à pousser plus loin encore la radicalité, à revenir à un plus zéro, antériorité, pré-disposition de notre être ; il n’y a plus de monde ou de détermination, mais la réserve d’une décision ; laquelle appelle la décision non de l’homme en général mais celle de chacun absolument singulière.

A la différence et en plus des grecs qui soulèvent le monde, dieu et le christique relèvent intégralement tout la réalité ; reprennent tout ce qui est antérieurement au donné, permettent de remonter plus loin dans la dimension. Installer un ancrage encore plus antérieur à la réalité, c’est relancer le processus non de la pensée d’abord, mais de la réflexivité ; au retournement grec vers la source antérieure, succède le renouvellement éternel.

On ne sait pas ce que le renouvellement ou le retournement signifient ; et comme il ne s’agit nullement de définir ce qu’est l’absolu (qui serait situé au-delà) mais de saisir ce que l’absolu est ici et maintenant, ici même, ce qui cherche l’origine, la forme antérieure à toute la réalité, embarque tout autant le monde, le donné, la perception, le corps humain générique et puis ensuite le corps individuel et tout ce qui s’y trouve.

Autrement dit le mécanisme progresse, avance, et soulève et relève le donné, le monde, le corps.

Croire que telle ou telle partie du monde est plus réelle que la dimension, ce qui est l’hypothèse commune lorsque l’on va remplacer la réflexivité par la réflexion (la raison, contrairement à la pensée, suppose que l’on est simplement le retour sur lui-même du donné, et non le soulèvement du donné par un point d’appui Autre, une dimension, mais le Point est tout autant l’arc de conscience que le présent), privilégier telle ou telle partie du monde c’est abolir la pensée, le christique, le sujet, à quoi il faut ajouter « Dionysos ou le crucifié » ; la pensée de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) veut également réintroduire la dimension dans la platitude de la réflexion, de la raison, de l’humanisme, de la personnalisation.

Autant dire qu’il est impératif de différencier ce qui arrive réellement (la réflexivité) de ce que l’on a cru interpréter (la réflexion). Mais comme la réflexivité est le retour et le renouvellement, le grec et le christique, ce à partir de quoi elle débute est le zéro, le rien, le vide, au sens non pas de néant mais de forme, de structure, de dimension ; n’ayant rien de déterminée, elle doit être lu au travers de telle ou telle représentation ; la dimension est, dans le même mouvement, le soulèvement et la relève du monde ou du corps ; il n’y a pas le corps d’un côté et l’esprit de l’autre, la dimension est la re-prise du corps ; de même que l’être des grecs soulève le monde, et que le christique relève le corps. Il n’est pas même deux faces, pile et face, mais sur la pièce qui se joue une seule face … le réel est unilatéralement, d’un seul côté, et c’est pour cela qu’il avance (qu’il existe un présent et que ce présent est cela seul qui existe).

En vérité il n’est qu’un seul côté de la pièce ; l’autre se compose en fonction de ce qui se décide. L’autre côté n’existe pas encore. Il n’y a aucune autre compréhension possible de l’existence d’un présent.

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Paramètres et démontage du monde humain

6 Avril 2016, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Débat Zemmour-Onfray à Nice

Un moment tout à fait essentiel c’est vers 1h, lorsqu’ils s’engagent sur la pensée des événements de 68, et comme ils le disent tous trois (avec Fog), la compréhension de ces années-là par Revel (Ni dieu, ni Marx, qui avait bien ouvert les yeux sur ces mouvements, positivement, intelligemment, à l’époque, dans les années 75-80). L’un se réclame de 68, Onfray, et l’autre le réprouve totalement ; en ceci que les libérations (jeunes, femmes, noirs, salariés, enfants, etc) soit on les place sur le versant d’un possible renouvellement du monde si on y découvre des valeurs nouvelles, des nouveaux modes d’organisations, d’économies, (Onfray) etc, soit on n’y reconnait que le prolongement et l’accélération du capitalisme libéral destructeur de valeurs (Zemmour) .

On se dit que la mondialisation, sous la forme du marché mondial, est ni plus ni moins que le partage vers tous les pays, tous les peuples, toutes les cultures, de la Richesse en soi ; de la Richesse telle qu’on a pu l’inventer depuis l’époque de la révolution unique qui finit avec quantité de modulations et d’hypocrisies diverses, qui finit par conquérir la planète (et entrainant son défaut majeur ; à savoir que si cela continue, et on continue, on n’y survivra pas).

Et par Richesse il ne faut pas seulement entendre les objets industriels, mais le partage même des technologies, des connaissances, de l’éducation, etc, bref la montée de classes moyennes élargies un peu partout, et plus ou moins (parce qu’il n’y a qu’un modèle de base et des tas de variations, accommodements). Autrement dit le capitalisme libéral réalise le grand mouvement de partage de tout par tous … mais n’étant absolument pas doué pour l’organisation c’est dans la plus grande souffrance et injustice ; comme d’habitude donc le capitalisme est un pis aller, une pseudo organisation bancale ; la question étant ; quelle non plus organisation mais méta organisation aurait du s’engager ? Les individus sont irresponsables, les entreprises dégagées de toute responsabilité réelle, les Etats quasiment impuissants ; et les médias qui seuls présentent une surface de conscience de soi de l’humain généralisée, par lesquels on peut juger et donc se coordonner (la coordination des cervelles, des consciences étant une nécessité impérative pour avancer en démocratie), les médias si régulièrement irréels qu’il devient impossible de contrôler quoi que ce soit.

Sauf évidemment que, comme d’habitude, le capitalisme se greffe sur une ampleur historique, qu’il crée en partie et dont il profite autant qu’il peut et il en profite non seulement pour accaparer présentement mais afin de garder le contrôle sur le prochain, sur l’avenir, sur les étapes suivantes (le capitalisme veut garder la main ; c’est l’avenir qu’il ponctionne), mais qui ne lui appartient pas en propre (qui appartient à tous) et prétendant qu’il est la cause même de ces mouvements qui naissent bien au-delà de sa circonférence. La Richesse d’une société nait de tous les efforts inventés.

Tout cela est très dommageable et comme le libéralisme est fondé « ontologiquement » (en réalité en négation de toute ontologie, en anti-ontologie) sur le principe de la raison réaliste humaniste naturaliste (l’homme est une essence naturelle, de besoins, d’abord, puis de désirs, ensuite, lorsque la représentation de l’humain se complique et qu’il faut amener la réflexivité jusqu’aux corps, un par un, et identifier votre désir en propre, particulier, et élaborer les théories qui vont avec cette avancement de la réflexivité dans l’épaisseur), comme donc c’est le naturalisme réaliste qui domine totalement la pensée (au point que de Kant qui montre comme la structure du sujet s’élabore en plus de l’entendement on ne retient pourtant que la négation kantienne de la métaphysique, alors qu’il poursuit non plus la métaphysique mais l’ontologie du sujet cartésien),

comme c’est le naturalisme réaliste qui domine, on ne peut plus penser la réalité humaine parce que de penser la réalité humaine comme réaliste on n’aboutit qu’au désir (ou aux causes, ce qui est le même genre). En fait un « désir » tellement compliqué et tordu, enroulé dans un inconscient, des corps, de la cervelle, des relationnels, des perceptions, qu’il faudrait avouer une fois pour toutes que par « désir » ce que l’on entend c’est en vérité l’intentionnalisation de chaque corps-cervelle ; qu’il s’agit là de l’arc de conscience complètement hors champ, parce que hors cadre il l’est, tel quel, absolument et de pur réel, et comme c’est dans la perspective du naturalisme réaliste que l’on croit le saisir ou le domestiquer, tentant de réorienter l’humanisme, cela se révèle impossible.

On est coincé ; on ne peut pas imaginer et prévoir des sujets et leur réflexivité si on définit chacun comme un moi assigné à son désir. On ne peut pas retransposer l’Etat comme facteur de liberté si on ne définit la liberté soit en tant qu’universelle et abstraite, soit comme incorporée (et dont le corps du moi délimite toutes les finalités, ou, version sociologique, dont les causes induisent tous les effets ; ce passé de la cause annule tout avenir).

Dans les deux cas la puissance libérale (qui est réelle et effective) joue du monde, du vivant, des corps et de la satisfaction comme principe idéalisé, c’est toute cette réalité absolument réelle, proprement colossale, toute les déterminations du monde donné naturel, qui viennent s’opposer aux formes universelles, qui ne peuvent plus s’utiliser seules ; évidemment du même mouvement c’est bel et bien ce monde, ces corps, ces sexuations, ces personnalisations dans toutes leurs diversités, et finalement toutes ces causalités qui sont démontées par la science et la théorie, les pratiques et les mass médiatisations, les psychologies et les mois ; et les personnalisations, bien réelles et vivantes, sont elles-mêmes des mises à l’épreuve ; des expérimentations ; comment un corps admet-il la proximité de la structure sans paratonnerre, sans couverture collective ou symbolique ? Quelle représentation de soi va-t-on inventer, créer pour répondre à cette puissance de structure non-compréhensible ?

Inventions non seulement techniques, ou mass médiatiques (qui sont donc ou tendent à s’imposer comme médiations, réflexion et retours d’images de soi et image de l’humain, jugement dernier de « celui qui se voit et se juge »), mais aussi inventions relationnelles et recherches du corps dans un extraordinaire et horrible creusement ; et creusement du corps touchant à toutes les régions de la réalisation (nous sommes dans la matérialisation, mais non pas dans la matière remontant jusqu’à nous ; dans la matérialisation de notre intentionnalité, son épreuve dans la réalité).

On ne peut pas comprendre ce qui se passe si on se contente de se référer en un passéisme, non en ce qu’il devrait s’imposer à nouveau à la réalité humaine avancée, mais à ce passéisme comme grille de lecture ; qui va abandonner les libertés acquises ?

Et non plus en imaginant un angélisme trouvé ou retrouvé, qui est toujours une simplification, alors que l’immense complexité qui s’est déployée réclame dans ses sillons bien plus que des idées faites.

Ce qui s’expose et trompe son monde, à savoir la connaissance, les sciences, la raison, l’universel abstrait, le naturalisme, le réalisme, sont aussi, et tout autant sinon plus, de très réelles et légitimes réalités qui se montrent et par lesquelles on peut se re-présenter ; et du seul fait de cette représentation les réalités sont modifiées ; c’est le mouvement gigantesque d’auto modification de l’humain, et de la personnalisation, qui est activé et cette auto modification est elle-même en partie un piège. De simplement se percevoir, dans les mass et micro médiatisations (qui se transforment donc en médiations vers la coordination généralisée), modifie déjà notre réalité, et bien sur d’autant plus via les dispositions technologiques, scientifiques, constitutionnels, législatifs. Et ceci à la fois avec et sans visibilité ; la médiatisation opère de telle sorte que l’exposition de telle ou telle disposition légale (le mariage pour tous par ex) sera réintégrée dans le champ commun, et il est clair que cette exposition tend, veut s’étendre, mais que les enjeux structuraux demeurent inatteignables.

Si on continue de se définir comme un moi humain relatif au mode d’organisation naturaliste (un corps désirant, ou un corps langage, ou une identité substantielle tel le « moi » et ses atours, la propriété n’est en soi rien d’autre que la dépendance, au deux sens, du moi), la refonte de l’ensemble est quasi impossible ; il est un noyau organisationnel (outre l’argent, cad outre l’échange, l’investissement sur l’avenir et sa possession, et la propriété et l‘accumulation qui ordonnent de fond en comble la société humaine ; les supprimer équivaut à anéantir tout ordre viable ; l’appropriation est le pis aller sus mentionné) il est donc en-deçà un noyau organisationnel mental ; tant que l’on subira le détournement de l’intentionnalisation plié vers le corps, vers ces finalités là, on n’admettra comme satisfaction (d’être qui l’on est, d’être ce moi que l’on est) que de faibles possibilités ; c’est le corps (qui est, rappelons le, une composition mentale, intentionnalisée, relevant donc du naturalisme réaliste humaniste au sens universel, étayé sur les besoins-désirs) qui s’affecte de la mesure de l’être.

Il est clair que ce pseudo naturalisme (tout construit et pas du tout naturel, il n’y a pas de nature humaine en soi, même si il est quantité de données déterminées, biologiques, relationnelle, culturelles, etc, il n’en est aucune unité synthétique, sinon l’imaginaire de telle ou telle société humaine ou de telle ou telle personnalisation ; seule cette image de (soi) fait retour … vers le même corps ; ce que saisit parfaitement la psychanalyse ; tout sens (de la vie) est pris en réalité dans un corps, de jouissance très étrange et traversée,

ce pseudo naturalisme donc (qui fut utilisé par ailleurs, tout étant double voir triple, en diverses libérations tout à fait légitimes) ferme la porte, la possibilité à une autre sorte de « régulation » de notre être ; celle qui consisterait à s’élever ; mais s’élever en un sens spécifique ; à savoir, à la base et historiquement sinon affirmée du moins relancée et augmentée, à la base nietzschéenne ; que nous ne sommes pas afin de satisfaction (qui retombe toujours dans le monde, via le corps que l’on croit plus que proche, que l’on croit être sous et en une identité), mais que nous y sommes afin d’in-satisfaction ; ou si l’on veut d’un-satisfaction ; il apparait que la proximité de Nietzsche et du christ est absolument évidente ; il veut remplacer le même par le même. Ce que Nietzsche présente comme « volonté sans raison », pure dépense ; ce qui est déjà une approche de l’unilatérale source, que l’on peut reprendre comme tel ; ça n’a pas de sens parce que c’est le sens.

A l’inverse le réalisme du moi incorporé (qui lui aussi a élaboré la prise du corps christique, « chacun son corps » comme principe mais le déclinant en ce monde et par ce vécu) nous promet que, puisque le corps est de ce monde, tout le réalisable se réalisera … et donc tout le désirable, puisqu’il est supposé vase communiquant…

Or comme l’origine de notre être n’est pas notre être mais cet-Exister (qui avance à côté des corps, mois, identités, relationnels, qui les approuve mais les traverse bien au-delà et c’est parce qu’il existe un tel décalage, structurel, ontologique, dimensionnel, que tous ces corps, mois et identités sont possibles, que nous ne sommes pas des pierres, des « choses »), c’est cet-Exister qui se transpose dans la figure du Désir, c’est toute la puissance structurelle de l’arc de conscience, de l’intentionnalisation (du corps par l’arc surgi de la cervelle, arc qui attire à lui, par le devant, dans la recherche d’une nouvelle surface-corps) toute la puissance qui se représente, qui s’est inscrite ; le désir ne trouvera pas de résolution réaliste, puisque le désir n’existe pas (c’est un montage qui meut le corps, en dessinant des diagrammes qui l’oriente et/ou le désoriente et il le meut, en ce cas en partie, en abaissant les finalités vers le corps, engendrant toutes les capacités de ce monde humain mais le plongeant dans la redondante détermination ; ce qui est déterminé se répète, sauf interrompu par le structurel).

Bien que l’ensemble du monde humain élaboré repose sur une version naturaliste réaliste du corps, cette épaisseur même est traversée d’une potentialité ; la dite potentialité ne descend pas du ciel ou des idées ou de l’universel (il s’agit là de valeurs mais secondement, secondement et non secondairement ; le mouvement est en fait plus ample) ; mais son réel est de structure et ne disposant d’aucun contenu, aucune représentation, travaille à même le donné ; travaille les corps et la réalité, la réalisation humaine et personnelle, et par ces moyens la structure au réel ; c’est de plus loin, plus antérieurement qu’il faut prendre la possibilité, le devenir ; l’ensemble relève d’une énorme technologie mentale qui peine à investir la dite épaisseur.

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La grande (et brutale) mystique de l’occident

2 Avril 2016, 08:44am

Publié par pascal doyelle

Le retournement, le renouvellement, la suspension, l’instanciation.

Soit donc les grecs, le christique, le cartésien et la pensée de l’altérité.

De Parménide à Plotin, de Saint augustin à saint thomas d’Aquin, de Descartes à Husserl, de Stirner à Lacan.

Ce sont les quatre étapes et surtout degrés (interne/externe) de l’exister. Dans les quatre occurrences, ouvertures dans l’épaisseur du fil, c’est justement l’être qui est en cause ; non parce qu’on en est obsédé mais précisément à l’inverse, parce qu’on le coupe et découpe autant qu’il se peut. Le principe d’arraisonnement de l’être est la distinction. Le principe d’arraisonnement se tient de ce qui est hors de l’être ; soit donc dans le présent.

(Ainsi l’être n’est pas, seul l’exister, le présent existent ; l’être, toutes ces choses entassées, est le dépôt de l’exister)

Ce dont on est effectivement obsédé, ça n’est nullement l’être donc mais l’exister ; enfin on nomme, ici, cette priorité comme Exister, mais par ailleurs elle fut présenter autrement. Et notamment ce que les grecs nomment l’être est, tout au contraire de ce dont on l'a couvert, la structure antérieure de ce qui est, le préalable, la dimension ouverte ; l’être ; cette idée au sens fort de « rapport à » et non comme chosification, qui n’eut jamais lieu véritablement dans les philosophies ; toute philosophie se recrée en interne à partir du point externe de sa puissance propre ; il est toujours au moins un Point qui rejaillit et recompose le système et ce très durement, parfois très incompréhensiblement mais c’est cela le nerf de cet attachement au réel ; et non Lacan n’est pas le seul à engendrer selon le réel … mais il vient à point nommé, au cœur du moi, de la personnalisation, qu’il décrypte formidablement ; en somme à partir de l’idée-structure-rapport qu’est l’idée de l’être, quantité de systèmes se créeront et avanceront sur le fil (du Bord du monde, fil qui sera repris tel quel par le christique et les théologies, puisque c’est la Même réflexivité partout autour de la méditerranée).

Le mécanisme de conscience (qui s’émancipe de tout groupe, monde, langage, de toute immédiateté et de tout monde particulier humain), la structure, la forme, l’arc de conscience qui vient en-plus (de tout, de tout ce qui est, et donc instancie le point d’exister absolu, installant la Dimension, le présent premier, l’inénarrable), le mécanisme donc n’a de lui-même aucune représentation adéquate (il n’est pas représentable et toute représentation sera purement un artefact), aussi dès qu’il pénètre dans le monde il se signifie par un ajout ; un ajout qui le rappelle, le signifie mais autrement et inversement dans la réalité (puisqu’il nomme un « là » gigantesque, l’être, le christ et dieu, le sujet, l’altérité pure) et dès lors les productions, les inventions, les réalisations, les créations s’imposeront par-dessus tout le donné ; l’humanisation deviendra une réalité en plus, l’universalisation, la personnalisation, la pensée, et les universalités sont à comprendre comme autres dans le monde. Ce qui veut dire qu’ils ne tiennent que si elles entrent dans et par le mécanisme, dans l’effort, dans la possibilité.

Envers et contre tout renfermement dans un groupe-langage-monde immédiat, et par-dessus ces fermetures de synthèse (tout monde humain tend à se refermer sur son langage, immédiateté, corps donné, etc, produisant sa mythomanie, qui pourtant dans le même temps ne peut ne pas laisser passer le structurel ; le rock libère, Elvis devient une idole, en bref).

En quoi existant dans et par le présent, le mécanisme, l’arc de conscience avance comme un tel présent (instanciant sa prorpe dimension et qui retourne, renouvelle le donné et les corps); tout est absolument devenant. Et si il cesse l’effort de son exister, tout s’efface, retombe dans le monde, dans l’être là, dans le donné, abaondonné du "là" du donné ; le donné est condamné à disparaitre. C’est pour cela que le donné a inventé l’exister ou pour reprendre les choses dans l’ordre, l‘exister produit l’être comme donné, et l’absorbe aussitôt. N’existe à proprement parler que l’exister, ce qui veut dire, pour nous et pour cette réalité, le présent.

Retournement grec sur le monde donné là et donc via le « là » du donné (le « là » antérieur à tout donné, à tous les mondes donnés ; à partir du "là" les grecs désignent le monde donné, le seul sol unique, indépendamment de tout monde humain) ; renouvellement de la structure par sa propre foi (le christique provoque chacun hors de son corps, et de son monde, de son monde clos, de tout ce qui se trouve dans un vécu, quel qu’il soit, duquel vécu il faut évidemment se découpler, se scinder ; on est Autre que soi ; et bien que la médiation structurelle soit une-seule-conscience (le christ dans sa résurrection du Corps), il n’empêche que de cette négation de tout moi, il nait un être-à-part ; une structure qui (se) regarde).

Suspension cartésienne de ma propre opération de conscience ; notre-être devient cet-être, posé « là » sur le donné-monde-étendue, mathématisable par ailleurs ; la question est ; de où cet être se considère-t-il comme étant cet-être « là » ? À quoi s’ingénieront les allemands ; quel est le secret de la conscience qui a conscience de soi comme conscience ? Trouver le nœud intérieur de cet arc de conscience qui se suspend soudainement en-plus de tout le reste et de lui-même, est la forme pure de l’idéalisme allemand ; sauf que d’intériorité il n’y en a pas … l’acte de conscience ne forme pas un nœud, mais reste et demeure un arc tendu vers le réel ; il n’y a pas de Sens (des choses, de la vie, des pensées, etc), tout sens est un symptôme d’un autre plan antérieur.

Nous ne pouvons plus comprendre que « conscience » puisse signifier un signifié … c’est uniquement un arc de structure, sans rien. C’est ce que dit Sartre envers et contre Husserl (il n’y a pas d’idéalisme pour Sartre mais uniquement un corps qui bouge, perçoit, etc), et hors de Heidegger il ajoute que cet arc est tout à fait autre absolument ; il n’y a pas d’Etre qui réunirait on ne sait comment les distinctes et distinctives consciences, ramenées à un pur et simple miroir vide mais … un (ce que Heidegger nie profondément ; il n'y a pas de liberté individuée, cartésienne, kantienne, mais un Etre générique, un non-Dieu).

Tout tient évidemment en cet un. La plus petite part de réel pur qui soit.

Mais par ailleurs le retournement, renouvellement, suspension et instanciation créent la brutale mystique de l’occident ; l’absolu qui était situé au-delà est descendu dans le donné et s’instruit antérieurement à toute réalité (du monde, du donné) et à toute réalisation (humaine, mondes particuliers, représentations, vécu, corps).

La question n’est pas celle de sa brutalité, qui est certaine, avérée, immanquable, irréductible, et fondamentalement vraie, ce qui veut dire réelle, au plein sens du terme (ça n'est pas l'occident qui est en soi d'une agressivité sans borne, ce qui est vrai tout autant que n'impporte quelle civilisaiton ; c'est l'univers qui est déchainé de brutalité), mais la question est ce que l’humain est capable d’en assumer (pour cette raison Nietzsche n’est nullement un fou furieux qui amènerait un arbitraire ; il expose hyper objectivement et manifestement l’auto affirmation radicale de la structure et comme il voit bien que « ça n’est pas humain », que notre-être est en réalité cet-être, et que l’humain ou le moi sont des effets, il est obligé de dénommer cet-être comme « volonté » autre, échappant à la détermination, jouant des déterminations ; il est emballé par sa découverte et doit inventer la vision structurée de cet arc d’altérité pure qu’est l’arc de conscience, qui évidemment n’est nullement le conscient). Et le fait est que l’humain n’apparait pas de manière criante capable de le soutenir.

Notre corps, notre cervelle, notre acculturation, notre personnalisation n’assument pas l’arc de puissance qu’est l’activisme de cette forme pure qu’est la « conscience » qui est un Réel absolument étrange.

Et du reste si l’arc de conscience existe, il est cela même que l’on nomme le Un, et il revient au Un de se décider, de décider de soi, de s’assumer ou non, et s’étant assumer de se rendre réel selon telle ou telle prportion ; le Un n’est pas écrit, il est ce qui écrit et il dépend de (soi) ; il peut décider de n’être plus, de disparaitre, de s’effacer, de s’insupporter ; il se peut que la forme "arc de conscience" se perde, se renie ; mécanisme libre il dépend de son prorpe regard.

L’univers est un dés-ordre (non au sens où il serait n’importe quoi mais au sens où ce qui existe vraiment c’est l’indistinction qui se distingue au fur et à mesure suivant la loi que l’altérité n’est pas le n’importe quoi mais la poursuite des distinctions les plus marquées afin que le choc des réalités soit le plus clair et séparé possible ; un n’importe quoi ne s’oppose que moindrement, c’est une altérité pauvre). L’altérité, qui est l’effet réel du Un, de la forme sans contenu (et raison pour laquelle le Un martyrise les contenus, il les utilise, il les travaille) en un sens « pense » ; ou plus exactement on a importé la distinctivité de l’altérité dans la pensée (qui sinon se fond en des synthèses), parce que l’activisme de conscience crée de la distinctivité, de la coupure au sein de la pensée, du langage, et sort ainsi du langage commun (les grecs créent des systèmes qui poussent dans les derniers retranchements la distinction, le christique pousse chaque conscience à la plus grande distinction, Descartes lance que chaque acte de conscience soit un arc vers le réel, l’altérité impose que le principe du Un soit non pas le Un massif, qui n’a jamais existé à vrai dire, mais le Un distinctif, le Un qui ajoute et ajoute encore de la distinction ; Nietzsche et Heidegger, Sartre et Lacan, usent de signifiants monumentaux certes mais extrêmement subtils, afin de mener plus loin la distinctivité qui a commencé par les grecs, le mono, le christique, etc).

Il ne faut plus se représenter la pensée, le christique, le sujet, l’altérité évidemment, comme des pièces séparées ; parce que ce ne sont pas des idées (idéelles, pour ainsi dire) qui se jouent mais une structure et une seule qui use de tout, littéralement de tout (des idées, des systèmes, des acculturations, des personnalisations, des corps, des perceptions, avec ses esthétiques démultipliées, ses politiques qui se cherchent violemment, etc). on peut brouiller les pistes si l’on suit les idées idéelles, mais on ne peut pas tromper la structure ; elle est purement un réel effectivement existant, qui agit et réagit en décidant selon proportions qui se paramètrent en interne sur l'externe de l'exister. Il n’y a pas le Sens des choses de la vie etc ; elle est, cette structure, le sens même en ceci qu’elle est le réel pur.

C’est uniquement le fantasme d’un repliement qui croit aux contenus (de toute énonciation qui croit figer le réel comme réalité, comme sens ou même comme pensable ; le réel est reconductible et avec une extrême tension mais n’est pas pensable ; il est ce à partir de quoi on pense et la pensée sert, et oh combien, à reconduire l’exister) ; depuis le début ça n’est pas le contenu (fut-il hypostasié comme Etre massif, Dieu clos ou substance ou sujet monolithique, qui n’ont jamais eut lieu, sinon pour les épigones et les caricaturistes qui montrent de cette manière une incompréhension de ce qui eut lieu, ayant à charge, prétendent-ils, de retrouver une vraie vérité ; mais c’est le jeu), ça n’est donc pas le contenu mais le Contenant qui forme la recherche de l’occidentalisation du monde.

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L'employabilité du monde et du corps

30 Mars 2016, 15:32pm

Publié par pascal doyelle

Ce qui est lu, sert de répertoire pour les signes, qui s’incrustent non pas dans la cervelle mais à la surface du corps, et se trame notre nouvel ancrage dans le réel ; si on se demande à quoi cela sert, c’est qu’il faut se composer un nouveau corps, qui accroche sa surface à celle du monde ; la nouvelle surface du monde n’apparait pas sans la surface du nouveau corps.

Et c’est ce qui arrive, toujours, constamment, quoi que l’on fasse (et notamment si l’on a subit l’accélération extrême de la personnalisation, laissant chacun en charge de son corps, et de le transformer, forcément, impérativement) ; mais l’articulation s’accélère si l’on s’y prédispose. Et pour s’y prédisposer il faut lire les descriptions ; éthiques, politiques, idéelles, mais évidemment surtout esthétiques et poétiques, et enfin entrer de tout son corps, radicalement, renouvelé dans la description philosophique de « ce qui a lieu ».

Radicalement renouvelé par la philosophie parce que la philosophie est en équilibre sur le bord du monde, et littéralement sur le Bord physique, et physiologique, du monde donné, sur le bord de la réalité. Comme le bord n’a pas d’épaisseur (sinon ce serait un autre monde), on comprend aussitôt que la description de ce qui n’a pas d’épaisseur est tout à fait délicate ; il faut que le miroir qui ne perçoit pas les images qu’il projette, se rende vers lui-même ; soit donc l’impossibilité qui doit néanmoins se reconstituer comme possibilité ; ce que l’on reproche à la philosophie, de parler d’autre chose que du monde, c’est précisément sa finalité ; montrer comme le Bord longe la réalité.

Aussi pour tramer, explorer, structurer la limite du monde (qui n’existe pas ou minimalement à l’origine), se tenir sur la tranche qu’est le réel (en ceci qu’il est une vague de présent qui épuise toutes les réalités), il faut s’y engager de cette pointe ridicule d’attentionalité ; l’acte de prendre conscience de la conscience, de cette activité qui est agrippée au réel, qui ajoute à la cervelle la dimension, unique, exclusive, (dimension qui évidemment n’est pas du tout contenue dans la cervelle, dans la « pensée », dans le langage, puisqu’elle est produite, cette dimension, de son activisme de conscience).

On ne saisit pas l’arc de conscience (la conscience comme structure n’est pas le conscient, ou les contenus) on en est saisi ; on est saisi lorsque l’arc de votre conscience saute par-dessus son enfoncement dans un moi, une identité, un groupe, un langage, et gagne, parvient à son actuellement présent. On en est saisi parce que l’arc tendu sur le réel est impossible, n’appartient à rien, ne s’appartient pas lui-même, qu’il est la pure et brutale tension ; si il n’appartient à rien c’est qu’il est « ce qui saisit » ; on ne sait pas ce qui se passe, on ne sait pas l’horizon dormant en plus des énoncés, des signes, des images, sur lequel ils paraissent, la toile est invisible ; tout cela renvoie à l’horizon instantanément renouvelé.

Il suffit de s’engager par Plotin, Descartes ou Nietzsche pour que l’horizon soit perçu instantanément, parce que l’on en est perdu ; et les esthétiques et les poétiques qui s’en prennent au corps et son affect, ses nouvelles surfaces, qui tiennent à peine.

Si conscience signifiait un conscient quelconque, cela mènerait aux myriades d’intériorités, de toutes sortes, mais conscience est largué vers le monde donné là ; c’est l’horizon du donné immédiat qui est soulevé par l’être, le christique ou le sujet ou l’altérité. Ça s’en prend au monde, au donné, au vécu et au corps. Ça vient du lointain et peut-être du plus lointain.

De sorte que toute intériorité est ramenée par l’extériorité (la pensée est une fonction agrandissante et au plein sens, mais du corps, de son comportement, prise par le travers du comportement du corps), mais que l’une et l’autre tombent sous l’interne qui agit par l’horizon externe unique du seul réel. Le montage, l’étayage est d’une seule traite bien que, situé au quart ou au trois-quarts, on se perçoit selon une identité, un contenu, et abandonné du contenant structurel.

Il est, autrement dit, une surface du corps qui correspond à l’intervention de la structure sur ce corps ; cherchant à se dégager le dit corps produit quantité de représentations, le langage et autres mondes humains, mais tôt ou tard s’émerge la structure en plus de tout énoncé.

Lorsque l’on croit avancer (et on avance au sein du monde, du vécu ou du moi) dans l’intériorité ou par l’extériorité (et ils se ploient et se déploient), ce sont des symptômes, ou des fantasmes, et qui sont utilisés de la grande dimension (qui ne se satisfait de rien et encore moins d’elle-même, la sans-épaisseur, le dedans sans dedans) ; la structure qui embauche le monde, le donné, le vécu et le corps.

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Depuis 2500 ans

26 Mars 2016, 09:50am

Publié par pascal doyelle

Il faut nourrir le moi. Constamment. Puisque le moi est une machinerie. Depuis que l’on a activé séparément de tout contenu l’arc de conscience, la structure vide et formelle, celle-ci s’emploie à créer des artefacts ; qui ne tiennent plus à tel ou tel monde et se suspendent au-dessus du monde donné « là », au-dessus de la réalité et du réel ; on n’habite plus le monde, soit donc tel ou tel monde puisque le monde habité cela ne se ressent que si l’on occupe un monde particulier, y étant né et parlant d’un seul langage-perçu ; on est suspendu en plus et autre que le monde qui dès lors apparait tel quel, sans rien ; par contre s’effectue la conscience prise du « là » de tous les mondes, du « là » qui préexiste à tous les mondes ; le réel en deçà des réalités.

Les grecs, le christique, les monothéismes (qui imposent le Un tout Autre, absolument formel et vide qui attire, convertit à la forme même), le réalisme de la raison, son naturalisme, l’humanisme, sont les dits artefacts ; soit des technologies, des captures mentales, des machineries intentionnalisatrices qui d’une part creusent le « là » du monde et d’autre part, dans le même temps, soulèvent le monde donné (puisque tous les mondes clos particuliers se sont affaissés, on débouche immédiatement sur le seul monde donné) ; l’instantanéité de l’être, du réel, de l’exister et l’immédiateté du monde donné constituent la dimension étendue, soit donc la réflexivité et la réflexion. La réflexivité est bien antérieure à la réflexion et ce ontologiquement ; c’est en ceci qu’il fut, qu’il est nécessaire d’élaborer les philosophies qui dressent l’ontologie, le savoir par lui-même du bord du monde, et c’est ainsi que la raison ou réflexion est l’exploitation du monde donné à partir du Bord ; la puissance du Bord, de la dimension est incalculable ; c’est physiquement (et physiologiquement pour le corps) que l’on se situe depuis l’autour de la méditerranée, sur le Bord strictement du monde, donné là.

Dans la réflexivité généralisée (qui a emprunté donc les réalisations grecs, mono et christique), se suspend soudainement le sujet impossible cartésien ; il creuse à même la structure et c’est s’engouffrant dans cet interstice que l’on va penser toutes les possibilités (de ce qui constitue le Possible, la Possibilité même, l’antériorité de tout monde). Kant, Hegel, Nietzsche, Heidegger, Sartre ou Lacan avancent au fur et à mesure dans la compréhension, le ressaisissement, après le retournement de cette structure par les grecs (qui re-trouvent le monde donné là et le « là » de tout monde), et après le renouvellement (par elle-même) de cette structure par le christique (et le christique signifie que l’arc de conscience peut incessamment se replonger en sa propre racine de structure ; dieu est la conscience indéfiniment réelle qui extrait tout arc de conscience de son donné là, et le christique est la marque qu’ici et maintenant cela s’opère en tout Corps), avancent sur le Bord ; parce que le Bord du monde, découvert par les grecs, étant de nature ontologique (cad se situe dans « ce qui précède tout monde », au sens non seulement de monde humain mais « qui précède toute réalité ») traverse et l’humain et son humanisme, et ce qui s’est constitué ensuite, à l’intérieur de l’humanisme, comme machines spécifiques, machines que sont les mois ; ce que s’impose de penser, au sens propre, Lacan ; qui s’attache absolument à décrypter cette invention qu’est la personnalisation et comment un arc de conscience immergé dans un moi, un corps, un vécu, un relationnel se débrouille pour tenter d’exister.

Il faut bien comprendre qu’il n’y a rien du tout d’évident en cette immersion ; un arc de conscience n’a de rapport, de correspondance avec rien ; il n’y a aucune correspondance avec quelque partie du monde, du corps, du donné que ce soit. Soit il s’effondre en s’identifiant aux finalités disponibles dans le monde (le relationnel tout aussi bien, puisque tout relationnel tombe naturellement dans l’immédiateté si il n’est pas rattrapé par la structure), soit il crée et recrée incessamment la Dimension en se suspendant à ce qui parait le néant, l’informel, le virtuel, mais qui en fait, dans le fait pur et brut du réel, est la stricte structure de l’arc ; il est un arc qui s’instruit sur le réel pur, le « là » de tout monde, le Bord du corps, qui surgit de la cervelle indépendamment de toutes les déterminations et tous les contenus ; un arc de pure forme qui est à lui-même son propre programme, non comme déterminé mais comme forme (une « conscience » est un être spécifique, doté de sa nature propre et n’ayant affaire qu’au réel même, cad au présent absolu, à l’exister ; en vérité un arc de conscience nait de et par le réel autant qu’il surgit de la cervelle, quelle qu’elle soit).

Or cependant noyé dans son immersion (pour ainsi dire), le moi est convaincu par l’idéologie (nécessaire et en partie légitime mais en partie erronée) du réalisme, du naturalisme, de l’humanisme et de sa supposée identité personnaliste, le moi est convaincu de l’adéquation de son exister à son être ; on est « qui l’on est » prétendument et cela devrait se résoudre, se coudre et recoudre de soi-même ; suivant le principe du réalisme d’après lequel le donné explique le donné ; comme si le monde trouvait naturellement sa concordance, dont on sait bien collectivement et individuellement comme c’est faux.

Et réalisme qui a servi à justifier la menée d’un outre-désir, d’une machinerie intentionnalisatrice qui se prêtait comme « naturelle » ; il n’est rien de naturel dans l’outre-désir, c’est une mascarade, des séries de fantasmes et de symptômes d’une non résolution générale ; puisque la structure de conscience n’est pas le conscient (le conscient se tient d’un moi qui croit être) et que ça ne s’équivaut pas ; rien n’est adapté à la structure, elle doit être sa propre régulation, ce qui veut dire sa propre non régulation. Et inversement bien que symptômes et mascarades, le moi est aussi, au travers, traversant, l’adaptation à un corps de ce surgissement mécanistique et purement Autre qu’est un arc.

C’est en ceci que la pensée grecque, le monothéisme ou le christique ou le sujet se dressaient immanquablement comme (non) résolutions, suspensives et réalisatrices, de la structure, et parvenant à stabiliser l’articulation ; sans ces configurations il n’est plus que des figurations, et des corps qui pâtissent. Mais c’est dans l’interstice des corps que cela doit se trouver (on ne peut pas remettre à jour les configurations passées).

Le monde de l’outre-désir est donc fondé sur le désespoir de « ce qui n’a pas de nom et ne se figure pas ».

Or c’est précisément ce à quoi s’est employée la philosophie : désigner ce qui est arrivé à l’humain n’ayant plus aucun monde clos pour se couvrir et subissant alors la structure de conscience, ce mécanisme surpuissant, purement vide, purement brutal, se prenant lui-même antérieurement et qui se situe à la source même de toutes les possibilités. Ou donc il faut lire, littéralement et dans tous les sens, les explorations grecques, christiques, et puis dans l’extraction cartésienne hors de notre être vers et par son ex-sister, sa suspension ; étant entendu que partout, politiques, éthiques, esthétiques, idéels, humanisme et personnalismes s’en prendront pour leur part au monde, au donné, au vécu et au corps ; le coefficient de pénétration de la structure, du mécanisme puisqu’il part de rien, de sa forme seule, non pas copie-colle le donné (comme le voudrait la réflexion, cette attitude interne à la position de la réflexivité, attitude signifiant seconde dans la priorité de la Source-même qu’est l’articulation arc/réel, conscience/exister), mais invente et crée en-plus ; ni l’humanisme ni le personnalisme n’étaient attendus ou ne peuvent se déduire du donné ; autrement dit chaque moi est inventé, dans l’effectivité du corps, du vécu, du donné ; chaque moi cherche la résolution de l’équation ; ce sont de mini-machineries dans la machinerie ouverte depuis 2500 ans (et plus loin si on remonte au dieu Un tout Autre). Le mécanisme de l’arc de conscience, sorti de tout monde clos, s’est incrusté de plus en plus extensivement (grec), intensément (christique), intensivement (cartésien et suivant), jusqu’à la plus proche concrétisation, dans la densité même de la matière d’une part et d’autre part selon la matérialisation (de l’intentionnalisation qui provoque un monde, la survenue d’un monde débordant de nouvelles déterminations).

C’est vraiment une réflexion illogique qui croit (parce qu’il s’engage sur la voie du donné expliquant le donné) analyser le moi ou l’humanisation selon la platitude ; sans voir que la réalité, dite humaine, est acquise et créée ; c’est que la raison ne voit pas comme ce qui est, en réalité existe ; autrement dit tout moi, toute humanisation se promeut en fonction non seulement de l’avenir mais du possible et qui dit possible dit également « selon le virtuel » ; selon la possibilité toujours instantanée (de la dimension qui ne nous quitte jamais, sinon lorsque l’on croit qu’elle est absente, annulée, ignorée, niée ; ce qu’un monde plat, celui de la réflexion, imagine qu’il soit).

L’absence d’avenir (cad de possibilité) dans laquelle nous maintiennent la réflexion, l’humanisme, le moi comme identité, la naturalité est précisément le gel de l’histoire et du monde. Même si par ailleurs c’est précisément de son pouvoir que la réflexion nous a permis de déterminer le monde, le donné, le corps. Les deux mouvements.

De même si l’on suit (et pourquoi pas, mais ça n’est pas ce qui est retenu ici) le principe du donné expliquant le donné, l’ensemble des devenirs structurels (qui forment en quelque manière le Virtuel qu’est la Dimension) seraient aplanis en séries de compositions (compositions de déterminations ; les mythèmes, les cultures, les mondes humains, dispersés ; et non structurels d’arc de conscience ) mais cela abolit qu’il y eut non pas tant approfondissement de l’ontologie (de l’au-delà à l’ici et maintenant) que bifurcations, scissions des Voies possibles. Et dans tous les cas (au-delà ou ici-même) l’absolu est ou existe ; qu’il soit l’éternité ou le présent. Et depuis la méditerranée, bifurquant sur une voie radicale, on s’est engagé à préciser ici et maintenant le lieu, point, instant de l’absolument réel.

Dans tous les cas et comme on ne peut imaginer que le Même ne soit pas (puisqu’un réel il y a), et bien que cela soit si lointain, il faut admettre que l’éternel et le présent soit un seul et même non-temps (et bine que l’on ne puisse projeter sur ce non temps les imageries que l’on obtient de l’expérience de ce donné particulier que seul on connait, exception de la structure virtuelle de l’arc instancié sur le présent).

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Le gel de l’histoire et du monde

20 Mars 2016, 17:51pm

Publié par pascal doyelle

C’est simple, ils ont assemblé pièce à pièce le paysage du monde de telle sorte qu’ils puissent, nous ayant poussés dans les derniers retranchements, agir comme bon leur semble ; décider de la guerre économique, de la guerre tout court, des mesures et des contraintes sociétales et sociales, de telle manière que tout l’ensemble s’appesantisse sur le dos de chacun et que nous ayant enfermés dans la prison de fer noir nous n’apercevions plus aucun avenir.

Et ceci alors même que nos inventions et notre productivité était décuplée comme jamais et que pour le dire l’ensemble de tous les existants auraient pu, auraient du en profiter ; nous en possédions largement les moyens. Mais l’immense machinerie scientifique, technologique, constitutionnelle et l’immense acculturation ont été pliées en une réduction de la focale, de la perception même ; on ne perçoit même plus ce qui aurait pu, aurait du être.

Contraint dans l’impasse historique, on a aboutit ainsi à l’impossibilité de l’histoire ; à la réduction du monde à une platitude, une bassesse, une mesquinerie généralisée. Le monde est plat parce qu’il s’est borné patiemment à un diamètre pré-galiléen.

Ce mouvement de rétrogradation, de rétropédalage n’a fait que suivre sa logique de base ; que le donné explique le donné, qu’il n’existe que la nature donnée telle et la nature humaine invariable, et l’histoire s’est figée, gelée, depuis la seule et unique révolution, qui eut lieu partout, sans admettre que cette révolution devait se continuer, se réfléchir et devenir, qu’en somme la démocratie nous ne savons pas encore ce que c’est et qu’elle doit se penser elle-même et non répéter cycliquement le réalisme de base. La révolution est une structure et non un monde donné là déterminé. Et cette structure s’est prise, s’est identifié à un état déterminé de sa réalisation ; elle s’y est paralysée, piégée.

La question est ; pour que la structure se continue doit-elle se reprendre elle-même ou doit-elle se trouver comme monde, comme corps, comme épaisseur, en et au travers des déterminations ? Les deux. Il n’y a pas de (encore) de pensée sur la réflexivité même ; est absurde de confondre l’être de l’homme (qui n’est pas un être mais un exister) avec son donné naturel ou confondre l’arc de conscience avec le conscient ou confondre la structure avec la réflexion avec la réflexivité, soit donc le discours universitaire humaniste et universel avec la pensée, l’esthétique, l’éthique, le politique, la plus grande déviation étant le discours économique relatif à spécialement une pratique, auto prédictif, cad idéologique).

Mais de plus il est supposé ici que malgré tout, au travers des déterminations (dans la représentation et la mass et puis micro médiatisation se crée une mass et micro médiation, cad une pensée. Une pensée représentative par laquelle l’humain se juge, se creuse, s’approfondit tout autant que le même système de représentation est manipulé, réactionnaire, recyclique, pour ainsi dire, du même réalisme naturaliste, humanistement fade. (enfin rendu au final tout à fait fade voir ridicule et vomitif, mais il ne faut pas négliger le processus historique qui a voulu, quand même, « imposer » ou « formater » les humains afin que, plus ou moins, il puisse se déployer une humanisation véritable ; autrement dit depuis la révolution il y eut la nécessité de trouver les représentations générales en lesquelles chacun puisse à peu près se situer et communiquer et agir selon une morale, une politique, une citoyenneté, etc ; les faits historiques sont à plusieurs tranchants, même si par ailleurs cette même capacité fut déviée plus ou moins encore, selon tels ou tels pouvoirs).

Il y a lieu donc d’accuser une engeance de pouvoirs qui coagulent et figent l’historicité, qui orientent et créent non seulement le monde tel quel mais qui pré-conditionnent et prédisposent ses éléments afin que pour quiconque il n’y ait plus d’avenir, plus de temps mais uniquement un monde plat et orienté ; or cette orientation répétitive du monde est accaparée par les pouvoirs (tous les pouvoirs, les centres de décisions, de toute espèce) mais qui, encore une fois, en même temps créent et inventent (des technologies, des possibilités, des manières de vivre, etc, et les rendent possibles) mais aussi les figent et ça n’est pas tant cette profusion du monde inventé que la main mise sur le possible ; sur l’avenir de l’investissement ; autrement dit il y eut et il y a de plus en plus des concentrations totalement exclusives qui accaparent l’argent et donc les investissements et donc l’avenir ; ces concentrations décident abusivement pour tous ;

et le problème outre cette déchéance de démocratie (d’une révolution qui ne s’est pas réfléchie structurellement), est que c’est un système reposant sur une idéologie (mais non pas au sens péjoratif) dite, ici, réaliste humaniste universaliste et dont la vérité n’est ni l’humanisme ni l’universalisme, mais le naturalisme ; lorsque l’on veut réaliser l’universel (qui est une révolution dans l’humanisation, qui n’en passe plus par le groupe et donc le groupe comme vérité, mais le chacun pour soi comme cette fois réalité, prenant le pas sur la Vérité et engendrant quantités de vérités à partir d’un réel ; le libre même, l’invention, la création, le corps de chacun) et si l’on veut continuer cette universalité, on aboutira à la raison…

mais la raison renvoie, elle, à la nature du donné là, et rien de plus ; et si l’on ne comprend pas que « liberté » existe en et pour soi comme royaume, règne, dimension, hors du monde donné là et que cela seul ex-siste (tandis que tout le reste "est") alors « liberté » est uniquement synonyme de « fonction extérieure de besoins et de désirs », toutes choses qui retournent au monde et en aucun cas ne seront susceptibles de créer du structurel ; à savoir que la liberté, recherchée pour elle seule et elle-même, devrait être le soucis constant, continuel, continué, reprenant toutes ses opérations d’extensivité grecque, d’intensivité christique, de réflexivité ontologique cartésienne et suivants, et d’altérité fondamentale ; ou si l’on préfère ; on retrouvera alors chacun des mois acharné à s’angoisser ou à s’entredévorés, là où chacun des mois es, pourtant, en capacité de sujet impossible tout à fait réel et assuré de soi (comme impossibilité ; ce qui veut dire comme assumant que de satisfaction jamais il n’en existera, alors que le moi s’entretient dans sa consommation du monde, des autres, de soi , de son corps, des substances, des imageries et imaginaires, à qui mieux-mieux, dans l’idéal ou plutôt dans le principe d’une satisfaction supposée, ayant sa place naturalistement dans le monde ; on n’est pas au monde naturellement en aucune manière, on est autre).

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En équilibre sur un pied

16 Mars 2016, 16:02pm

Publié par pascal doyelle

Il n’existe que le présent, et il vaudrait mieux dire : le présent est l’exister même. De sorte que rien, pas un iota de réalité n’est à distance de l’absolument présent.

Il est arrivé à l’humain qu’il soit percuté en une fois par la verticalité intégrale du pur présent. Il fallut élaborer la dimension de ce présent et dès l’abord commencer de créer son architecture. Soit donc de comprendre l’activité du pur présent selon ce principe ; ce qui est, est intégralement là. Ce qui signe la cohérence absolument exigée ici même, ici et maintenant. Et cela ; tout autour de la méditerranée qui prend pour loi que l’absolu est non pas au-delà mais ici-même ; soit comme exigence monothéiste et ensuite christique (il n’existe qu’un divin, il est tout-Autre et Un, et se nomme « je suis qui je suis » ou « je suis qui sera »), soit comme exigence grecque onto-métaphysique.

Que tout soit rassemblé ici même. En quelque points de vue interne à ce principe non seulement métaphysique mais ontologique, ce qui a lieu, a lieu ici et maintenant ; que ce soit de se convertir au Corps du christ ou que ce soit de rassembler ici même tous les éléments du monde en une fois. Ce qui s’invente alors c’est ce qui se Crée. Et ce qui se Crée est l’architecture de notre attention à exister (étant entendu que l’exister est le réel même, et que le moindre fourmillement de la structure engendre des effets indéfinis, puisque la structure est le Bord du monde, le « ce qui se tient antérieurement au monde »).

Le retournement grec (on se retourne sur tout le donné là, en en extrayant le « là » de tous donnés), le renouvellement monothéiste et christique (l’inscription en un Corps est évidemment fondamental, de même que la suréminence du Un exclusif qu’est dieu, ou la communauté des convertis, ayant relancer leur être par leur exister) instancie à la racine même de tout ce qui est et de plus de tout ce qui peut être ; le pouvoir-être de la structure investit l’attention (la potentialité, la puissance, la Possibilité, la virtualité antérieure logée dans la forme de conscience, en un seul arc sans rien, d’où le renouvellement constant depuis 25 siècles).

Inventions de technologies structurelles, d’une part (que l’on considère comme produites en effets de l’arc formel de conscience, ou révélations de l’absolu, si l'on est croyant), et création, toute droite, verticale, sans soutien, de par soi, tirant de son acte même sans causes, dressée, création de l’architecture de conscience (qui ne se fonde sur rien, cad sur l’être comme formule abstraite et constructiviste ou sur la conscience de (soi) comme réflexivité originelle, radicale, extrémiste, activiste) ; ceci en équilibre sur le Bord du monde, de toute la réalité (de toutes les réalités) ; par ceci l’exister a outrepassé l’être.

Il est dans l’être, un point ultra suréminent qui outrepasse l’être. Le présent est non ce qui résulte mais ce qui engendre toutes les réalités. Et arcbouté sur ce présent l’arc de conscience a commencé d’architecturer sa potentialité. Toutes les descriptions philosophiques, toutes les expérimentations esthétiques poétiques, politique, éthiques, mais aussi chacun des Corps qui reçoivent de plein fouet l’arc de tension de la conscience de (soi) (dans le rapport à (soi), le « soi » est le rapport lui-même, non un des contenus de ce rapport), toutes les instanciations acquises par la suspension de l’être par l’exister et sa structure, architecture exposent, montrent, avancent sur le Bord.

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