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instants philosophie

Glisser le long du réel

20 Août 2016, 08:07am

Publié par pascal doyelle

Rappelons qu’après avoir élaboré tous les possibles de variations intentionnalisatrices ; la pensée (soit donc les systèmes philosophiques comme machines intentionnelles ayant à créer toutes les différenciations, non aperçues dans quelque langage commun que ce soit, et différenciations qui n’apparaissent, n’existent qu’en tant que distinctions, susceptibles d’être constatables par et pour chaque expérimentation du donné là, du monde, et expérimentations par chaque arc de conscience, un par un, une conscience par une conscience ; ce qui signifie par l’expérience du Tout voulu comme Un, mais qui ne parviendra pas à se réaliser comme Tout, bien qu’ayant architecturé le Un aussi profondément qu’il soit possible ;

autrement dit on a créé des quantité de totalisations, le Un a été utile à ceci ; créer d’extensifs et intensifs systèmes de variations intentionnelles, eidétiques, au sens précis, et quand bien même la plupart du temps on crût à la vérité de tel ou tel système, l’ensemble des systèmes est ce qui constamment c’est offert à la vue de tous et de chacun, soit le kaléidoscope mental, intellectif, intentionnalisateur ; la vérité, au sens occidentalisée, n’est pas dans tel ou tel contenu mais dans le kaléidoscope qui s’ouvre en et par chaque arc de conscience ; c’est l’accès par chacune à l’ensemble de la possibilité qui vaut, qui est la valeur même, et l’ensemble de la possibilité est son accès ontologique à son exister propre, à la Forme du Un comme Présent (et rien d’autre). Soit accès à toutes les totalisations, et en interne à toutes les formes du Un. Que le Un soit séparé du Tout, signifie que l’on a trouvé la jointure telle que « là » hyper active dans la réalité, et en tant qu’il existe un Bord du monde, son exister, le présent pur et brut.

Et donc on a basculé en-dessous de la pensée,

et dé-couvert, dénudé le fil, le « là » du sujet ; que donc il est « un être », très bizarre, qui origine ce que auparavant on croyait tenir de tout notre horizon ; soit la pensée, qui s’instituait comme règne de toutes les différenciations du monde, ce qu’elle fut. On est passé en-dessous, ne signifie pas que l’on ait abandonné l’universel ; mais qu’il s’agit d’élaborer le mécanisme entier, le système formel qui rend possible que l’universel soit, d’une part, et que d’autre part on puisse construire la re-présentation, la présentation à vue, de cet-être en-dessous de la pensée ; c’est absolument ce qui fut à partir de Descartes ; et ce jusque Lacan (dont on a vu que Sartre et Lacan investiguaient radicalement, à la racine, à la base de notre réalité ; cad de ce qui vaut pour tout être humain quel que soit son monde).

Le basculement par en-dessous de la pensée n’est donc nullement l’abandon de la pensée (ce serait affirmer que Nietzsche, Heidegger, Schopenhauer ne pensent pas ; ils élaborent au contraire une vision articulée (au réel) et cohérente (afférant à une possibilité de variation intentionnalisatrice créatrice de systèmes offerts à quiconque s’en donne la peine (on n’a rien sans rien). Tel n’est pas le cas ; si on passe en-dessous de la pensée c’est afin de dénicher la cohérence encore plus réelle que la pensée, qui origine la pensée, qui structure toute manifestions humaine d’une part et d’autre part est articulée au donné « là » ; cad au donné, au monde et au « là », à l’exister pointu (au « là » de tous les donnés, lequel consiste ici en l’unique présent, mais on peut supposer l’Etre heideggérien, la volonté nietzschéenne, le dieu de volonté décidée cartésien, la cathédrale transcendantale kantienne, l’esprit qui renait de se voir continuellement hégélienne, enfin bref ce que l’on choisira, pourvu que l’on s’en donne les raisons précises et explicites, ce qui veut dire ; pourvu que l’on déploie, développe pour son arc de conscience toute l’intentionnalisation possible et crée l’accès à sa propre architecture d’exister ; développer les raisons c’est, de fait, augmenter sa conscience, soit donc augmenter la surface de son corps, de son autre-corps, sur la surface du réel).

Il ne faut pas se tromper ; le « là » de tous les donnés n’est pas l’être comme Totalité Une ; il n’est aucune synthèse totale de tout ce qui est, pour la raison qu’il n’existe qu’une forme-sans rien du Présent pur et brut. La forme de tout est le présent, soit la ponctualité absolue (à entendre aussi comme « ponctuel » toujours à l’heure, parce que, que je sache, ça n’arrive à rien ni à personne d’exister à côté du présent) ; indépassable. La forme est le présent qui se dresse constamment, la seule constante de toutes les réalités, et on ignore ce qu’il est, ce qu’il signe, mais « là » il existe.

C’est pour cela que la système de l’occidentalisation (y compris le Moyen-Orient, il faut le répéter, lire les gnoses et les mystiques des perses musulmans remet bien les idées en place, c’est juste fabuleux) est le système formel qui élabore l’architecture du présent, cad de cela seul qui existe (qui soit constatable, ensuite on croit, du verbe croire, ce que l’on veut, mais la base du réel est « là », au-devant de nous, de tous, de chacun). Le fait est que l’on a avancé en crabe, ou à rebours, ou en négatif ; lorsque l’on suppose l’être, on admet non pas un Tout-Un, mais une formule, très abstraite, qui permet (de par son abstraction, de par sa signification, son signifiant dirait-on) de produire quantité de distinctions ; pareillement le christique ou dieu lance des possibilités investigatrices d’une part et inventives d’autre part ; et le sujet, depuis le cartésien, ne cesse de pousser, s’étendre, se ramifier ; la ramification du sujet est ébouriffante ; il n’en finit pas, puisqu’il est impossible et que c’est pour cela qu’il existe ; il est littéralement et dans tous les sens, impossible. Ça n’est pas de ce monde, ça n’est d’aucun monde. Et il s’étend en créant non pas ceci ou cela, mais sa structure même ; l’articulation au réel s’architecture ; elle n’existait qu’instantanément séminalement, elle s’élabore, se métamorphose, se transmute ; elle avance sur le Bord du monde. Elle crée le Bord du monde. Ses descriptions sont les pas, un par un, échelonnés, par lesquels tout arc de conscience glisse sa tangente le long du réel avançant, en utilisant les descriptifs des philosophies (et puis esthétiques et éthiques et politiques et idéels) ; on ne peut pas restructurer sa conscience sans en passer par l’historicité, par le devenir des re-tours qu’opérèrent les sujets ; chaque système, de conscience, transforme l’arc de conscience.

Mais la transcendance du Un occidentalisé ne va pas sans le donné et le monde et fondamentalement le corps ; aussi lorsque chacun acquiert sa personnalisation (dans notre moment propre de l’historicité) il récupère la position même du point de tangente créé. De même que jusqu’à la révolution généralisée, l’humanisation fut l’horizon de toutes les transformations (ciblé comme universel), pareillement la personnalisation, qui suit l’humanisation et outrepassant l’universel, engendre les nouvelles sortes de rapport au donné et au corps et ce sont les révoltes, les marges, les négativités, les non humanités et surhumanités mais également les sujets et les grands sujets, et tout autant la structuration en mois, dans son organicité même pour ainsi dire, qui inscrivent les devenirs possibles ; on a vu que les mois délestés de l’universel, se perdent essentiellement dans le donné, alors même que les négativités, les révoltes, les inhumanités s’effectuent du dépassement de l’universel par le singulier ; ne parvenant pas à identifier ce singulier, celui-ci est interprété inversement ; comme effondrement du structurel dans le donné (abandonnant l’autre-corps pour le corps donné là, soit l’objectivisme tout crin, soit l’’économisme comme idéologie de ce corps).

Ce qui veut dire que l’outrepassement de l’universel doit élaborer son propre registre du réel qui ne soit plus mésinterprété et que le sujet ait à accéder à son insatisfaction, ce qu’évidemment la typologie du moi ne comprend absolument pas (Lacan décrit un être, du moi, envahi par l’attente de la satisfaction, qui n’a pourtant aucun lieu, aucun territoire, aucun support dans le monde, le corps, le vécu, le relationnel).

Le trajet et la rondontité

Aussi doit-on nommer trajet ou trajectoire la tangente que l’arc de conscience crée sur le réel, rond comme une boule comme chacun sait ; sauf que la « rondontité » est une seule ligne frontale qui crée par sa traction la réalité, les réalités, le Un crée les réalités, sans aucune totalisation, sinon localisée ; il est clair qu’il ne les crée pas comme « l’on crée dans le monde ou selon une causalité », qui s’applique à la composition qu’est la détermination ; la forme est selon la non détermination, le présent est un « être » non déterminé en lui-même,

et l’hypothèse est donc que le présent engendre la, les réalités, et un être spécifiquement qui est un rapport à (soi), cad rapport au rapport qu’il est ; or le rapport qu’il est, étant un rapport, n’est pas et il faut ainsi placer une distinction ; qu’il n’est pas mais qu’il existe, et le « soi » qu’il existe s’effectue uniquement, exclusivement au réel donné « là » ; arcbouté au réel comme position explicitement « là » au-devant, externe ; ou donc ce rapport est lui-même un être interne mais étant tangentiellement absolument vers le réel (il n’existe pas autrement), cet interne est lui-même « externe », cad un pli, lequel pli, pour exister, étant rapport à (soi), doit se re-plier, actualiser, de par sa propre décision, un re-tour, qui est aussi un tour-à-nouveau.

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Sartre, Lacan

16 Août 2016, 10:28am

Publié par pascal doyelle

Si l’on prend les deux dernières positions philosophiques, soit Sartre et Lacan, on définira leur registre propre par l’externe sartrien et l’interne lacanien.

On remarquera que l’un comme l’autre se situent à l’opposé de toute intériorité, subjectivisme ou objectivisme, et décrivent notre être tel que donné « là », structure posée sur le monde. Sartre est penché sur l’externe, la présence du monde, des choses, l’altérité existentielle, au sens précis de l’absurdité du monde certes, mais aussi de l’apparaitre totalement opaque de la chose, la chose non humaine (sans cependant glisser dans une pensée de l’altérité « illuminée », par la révélation de l’Etre heideggérien ou le romantisme hyperbolé nietzschéen de la Volonté, dont, rappelons, ils eurent besoin afin de manifester l’altérité de la réalité ; c’est que Sartre et Lacan sont … français … et qu’il est difficile pour un français de s’emballer outre limites, aussi par Sartre et Lacan revenons-nous à l’analyse stricte), mais l’externe est également autrui, les autres et de manière générale, comme Sartre tend toute sa capacité à situer le sujet ou plus exactement la structure de conscience, il éprouve une difficulté invincible à basculer le dit sujet dans l’intersubjectivité, le collectif plus encore et même l’universel, que via sa pensée, la réflexivité formidable qu’il conduit, on ne peut pas vraiment orchestrer ; aussi finalise-t-il le tout de son analyse en tablant sur un « humanisme », d’individus luttant corps et âme à sauver leur individualité, extrêmement solipsistes, morale de lutte, engagement et rigueur pire qu’impérative, puisque si absolument proche de la structure de conscience, Sartre reçoit, accepte, poursuit l’exigence terrible de l’acte de conscience, traqué dans tous les coins et recoins et, fondamentalement, dépouillé de toute intériorité qui pourrait pallier à cette verticalité existentielle.

Il va sans dire que Lacan abolit intégralement l’intériorité ou renvoie celle-ci à une plus grande circonférence (plus grande quant à la base, quant à la surface au sol occupé, sur l’étendue, extension du corps, et non une plus grande « intériorisation », en bref il montre la complication du corps, en quoi on lui reproche la complication de ses dits et écrits) ; mais dans les deux cas, Sartre et Lacan, c’est l’acuité de l’arc de conscience, dépouillé de tout, qui observe impitoyablement ses possibilités ; on est parvenu alors à une précision et une hyper objectivité quant à la structure, l’organisation interne et externe de notre être ; et si l’intériorité est annulée, la structure interne et externe foisonne de perspectives autant qu’il lui est donné, alors, de clarifier son vécu et son intentionnalité. Ou de la compliquer, de la rendre plus riche et étendue. Sartre et Lacan ne réduisent pas l’humain et le moi, mais ouvre la base structurée antérieure et donc permettent d’envisager une autre sorte de destin ou plus exactement de finalisation, assumée, de notre être, vécu, corps, relationnel. Et tout cela ne peut pas se comprendre sans réorganiser la vision jusqu’à Descartes au moins (et en vérité jusqu’à l’origine de l’historicité, celle autour de la méditerranée).

Ceci étant si l’on se limite à ne plus se considérer que selon Sartre ou Lacan (ou Heidegger et Nietzsche, ou quiconque à partir de la fin 19éme-début 20éme), on perd de vue que la structure de conscience s’origine dans et par une historicité monumentale et prolixe, emplie de possibilités. Que les mois, la forme actuelle de personnalisation, individualiste même, succédant à l’humanisation universelle, humaniste ne pensent pas à remonter le long de leur devenir, le long de toute cette historicité, veut dire que la forme du « moi » se limite tout spécifiquement à l’unité qu’elle crée sur son axe propre ; un « moi » est un « moi » par définition et donc se séparé immédiatement de tout autre centrement et plus réellement encore éprouve une impossibilité de décentrement (qui permet pourtant qu’une conscience qui se restreint au moi, au corps, au groupe, à la caste ou classe sociale, qu’une conscience puisse accéder au-delà de l’unification close de son contenu électif, ce qui autrefois décentrement qui s’imposait comme dieu, pensée, universel, révolution, art, etc).

Sartre et Lacan déroutent instantanément que le Moi soit le centre du monde ; mais c’est en vue de lui établir un Sujet (le dit sujet impossible, pareillement impossible selon le détourage externe et celui interne, pour Sartre et Lacan, et qui tient, sujet, de son impossibilité même ; là où le moi attend, espère, désire une satisfaction tout à fait délirante et psychiquement incontrôlée, le moi en est le jouet, et bien souvent s’effondre).

Sartre et Lacan offrent une technologie exemplaire dans la description et donc l’ontologie de notre être, puisqu’ils partent du regard tout à fait Autre ; celui initié par Descartes qui pose « là », au-devant, sur le sol réel, sur l’étendue du monde, notre-être comme étant cet-être ; la pensée, la représentation s’originant dans une structure qui n’est pas elle et littéralement Sartre et Lacan nomment cette structure et la décrivent.

La technicité philosophique est précisément qu’elle a affaire à un être absolument technologique ; l’arc de conscience, la structure est une technologie inventée par le donné là, la réalité ; la philosophie ne propose pas une sorte d’idéal, placé là devant les yeux, sinon accessoirement, mais un retour sur le réel tel qu’il est ; ce faisant dans la mesure où ce retour est absolument neuf, à chaque fois (puisque par ailleurs le présent consiste à renouveler et retourner la réalité, de par sa nature même, et plus encore la structure de conscience qui est enchâssée dans le présent, et en offre la réflexivité, et ainsi la continuité à nouveau renouvelée, pour ainsi dire), la philosophie dans le jeu même de (se) regarder l’être, le modifie instantanément ; l’arc de conscience, vide, se décide ; il engendre sa potentialité propre (si il tenait sa potentialité d’autre chose que de lui-même, il ne serait pas l’arc et évidemment ne serait pas du tout, et le réel, le présent n’aurait pas de relève).

Double technologie donc ; l’arc de conscience, vide, formel, (ayant par ailleurs inventé quantité de mondes humains particuliers), et prenant conscience-de soi, doit d’une part élaborer sa représentation et ce faisant d’autre part se modifie, au fur et à mesure ; non pas au fur et à mesure de son concept mais au fur et à mesure de son concept en ceci que ce concept est les et le rapport qu’il entretient et crée au réel ; Descartes ne nous donne pas éventuellement une espèce de formule débutant un savoir assuré, il décrit le dispositif de notre acte de conscience (antérieur à toute pensée, et c’est pour cela qu’on le retrouve constamment). Lorsque l’on a opéré les détours par Kant, Hegel, Husserl, Nietzche et Heidegger, cela nous revient en un descriptif incomparablement plus précis, de Sartre et Lacan, puisque l’historicité s’est produite ; l’humain qui se fondait sur l’universel, s’est réfléchi comme personnalisation, laquelle constitue le sens même de l’humanisation (passage de l’homme générique du besoin à l’individu des désirs, de la raison à l’autonomie réfléchie de chaque individu, ce qui est tout différent) ; sans personnalisation l’humanisation est quasi dépourvue de sens.

Et Sartre et Lacan ont affaire à ce qui a déjà concrétisé l’arc de conscience en un corps, en un moi ; la technicité sera ainsi adaptée à l’activisme très précis qui historiquement s’est rendu réel. La structure-conscience (celle qui a cessé d’être une structure-en-un-contenu) a donc retourné toute la réalité jusqu’à son point de jonction, bien réel ; raison pour laquelle la question du corps, de ce qu’il supporte de la charge ontologique est fondamentale.

Ceci se soutient d’une formulation générale tout à fait discutable mais qui s’impose ; on pourra imposer toutes les transformations extérieures, objectivement et selon l’universalité ou toutes les universalités que l’on voudra, mais ces opérations ne permettront pas de modifier la conscience que l’on a de notre être ; si modification il y a elle viendra de la structure même. Raison pour laquelle cette soif et nécessité de représentations nous absorbe ; il faut que nous sachions nous juger, dans l’ensemble des mass et micro médiatisations.

Les transformations extérieures (de technologie, de scientisme, d’étatisme, d’idéologie, y compris économiste) sont évidemment effectives mais leur centre reste le fantasme, le fantôme de conscience ; l’arc de conscience hanté par un « contenu », un contenu enrobé qui contiendrait à la fois lui-même et la conscience, collée à même imaginairement à ce contenu ; alors qu’aucun contenu ne peut assumer le centre de notre être, et contenu fantasmé que l’on tente de substituer de mille manières par mille objets (de désir, de volonté, de projet) et que l’on tente sempiternellement de retrouver dans le regard des autres. A commencer par notre corps, et non seulement selon les objets, produits en nombre, en quantité incohérente, irréaliste ; le moi est, ne serait-ce que pour cette raison là, l’axe fondamental de l’historicité ; et si cette conversion n’arrive pas dans et par le moi, ça n’arrivera pas (et pas de l’extérieur, de quelque extériorité objectiviste, rationaliste ou étatique ou économistique que ce soit). Si « cela » n’arrive pas, autrement dit la conversion interne, il se produira que l’ensemble des mois créeront un super moi gigantesque, tel un hitlérisme ou un fascisme, un Moi écrasant, golem, un visage d’eux-mêmes devenu fou et terrifiant. Ce sont les peuples qui créent les mois exorbités.

La puissance, la potentialité, employée par le fantasme central, est conscience fantomatique, fantasmatique (ce que dépasse Sartre avec son volontarisme assez abstrait mais précis, et que veut dénoyauter Lacan) ; qui est une structuration non de ceci ou de cela, de telle ou telle partie, mais de l’attention elle-même en ce qu’elle se déplace, qu’elle est ce qui meut. C’est ce se-mouvoir, ce déplacement de structure que ciblent Sartre (en externe, vers le monde, les autres, le projet, l’engagement) et Lacan (en interne dans le fond de l’œil qui (se) perçoit) ; élaborant une éthique qui plonge ses ramifications de structure tout le long de l’attentionalité, de l’attention à « comme l’on existe », et dans ce mécanisme d’articulation-au-réel ; il est quantité de systèmes qui nous traversent (et nous déterminant) mais il est un ou quelques points d’attirance placés là-au-devant ; les actes de visée de la conscience qui vient en retour vers nous (dite ici surface du corps, et, élaborée, surface du corps-Autre, qui sup-porte une plus grande conversion que celle allouée naturellement, immédiatement, par les autres et les contraintes données, une surface-autre créée, comme tend à nous en inclure les esthétiques, éthiques, politiques, idéels qui manifestent les outrepassements) ; transformer le retour (par lequel nous obtenons une image, subie en un sens, de notre réalité), en re-tour, c’est non seulement l’opération cartésienne telle quelle, mais c’est toute la technicité déployée par les philosophies, les créateurs, les esthétiques, les « sublimations », la psychanalyse et l’engagement hyper exigeant sartrien (en ceci par ex qu’il illustre le sens qu’il octroie au libre, solipsiste, comme Œuvre, surface d’apparescence qui conjoint les libres) ; le re-tour est le tour en plus, celui qui re-lance l’arc ; qu’il prenne le pli de re-venir sans rien, nu (ce que visait Nietzsche, sa grande affirmation délibérée). Que ce pli prenne place dans l’exister même, structurellement comme présent.

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Du sens de la révolution

13 Août 2016, 09:05am

Publié par pascal doyelle

Augmenter le Bord du réel, un par un

C’est la même chose de dire qu’inventer un universel (une loi, un droit humain, une pensée, une œuvre) c’est aussi le découvrir ; pourquoi ?

Parce que ce qui compte c’est le trajet ; comprendre que tout devenir qui se crée au fur et à mesure est effectivement réel et que c’est cela qui constitue la valeur et la validité de l’historicité.

On dira qu’il suffit de délirer et puisque ce délire existe il est vrai.

Mais il est vrai. De fait. On le sait bien. On le sait depuis au moins la psychanalyse. On ne dit pas « n’importe quoi ». On peut dire du particulier ou plus exactement un énoncé gorgé de particularités. Et on peut dire un énoncé plus universel, empruntant l’arc de conscience sur une plus grande portée, tension, possibilité ; mais on ne peut pas dire l’universel pur et simple ; parce que l’universel pur et simple est l’arc de conscience lui-même et que cet arc ne peut pas se dire ; par contre on peut dire un énoncé qui va en appeler à l’autre arc de conscience, à la conscience de l’autre ; ce qui veut dire « tenant au plus décentré ».

Ça n’est pas réduire la vérité que de la ramener à l’invention créée par un arc de conscience ; si on croit cela c’est encore revenir à une-Vérité, une vérité substantielle, massive, imposée sur tous les champs ; la philosophie a pu prétendre imposer cette sorte de Vérité, mais sa pratique même et ses effets furent qu’il y eut non pas une mais des tas de vérités, dans tous les sens ; et sa pratique est justement son être, la potentialité de la structure que la philosophie prend en charge dès le début ; elle est là pour cela ; pour réfléchir la réflexivité qu’elle essaie de catégoriser et qu’elle catégorise mais en explorant tous les trajets possibles ; qu’elle le veuille ou pas ; et la plupart du temps elle ne veut pas céder aux possibilités ; elle croit à chaque fois qu’elle va celer la structure ; mais si l’enthousiasme de celui qui crée, une inventivité, une inventivité ontologique, est compréhensible (il faut écrire avec plus que son être, manier l’hyper investissement et croire que l’on va « penser » et en ce cas effectivement on pense … mais son illusion il en est aussi le jeu (qui se joue, que joue l’arc de conscience au travers du conscient) ; le jeu philosophique est évidemment plus grand que le jeu de chaque philosophe ou philosophie ; sinon ça ne serait pas une discipline, cad cette sorte bizarre de science fondée non sur la connaissance seulement mais sur la connaissance et le savoir, le se-savoir de la structure qui est instantanément, non pas immédiatement, mais instantanément sa certitude ; elle se-sait tout entière en une fois (elle n’est pas un programme-corpus, mais un programme-structure, c’est la structure qui fait office de programme).

On peut dire que l’arc de conscience se propose de créer le réel ou plus exactement la continuation du réel (que le réel est en jeu dans son trajet individué de conscience), puisque l’arc n’est pas le subjectivisme mais l’architecture même de l’historicité (et ce dans les plus fines déterminations individuelles, de tout moi, ou dans les plus imaginatives représentations de tel ou tel monde humain). De même que le présent n’est pas le « présent » donné là bêtement mais l’origine de tout ce qui est, de même l’arc n’est pas le résultat particulier d’ensembles humains hyper déterminés, mais est l’activation de ces ensembles ; aussi lorsque l’arc décide soudainement, par les grecs ou le christique ou la révolution ou les années soixante, de subvertir la totalité humaine, étant le seul habilité à voir le Réel, il envahit tout (ce qui peut prendre du temps et une quantité d’efforts considérables, toute la réalisation humaine en fait).

L’arc ça n’est pas le « moi, je suis moi », ou plutôt le moi-je suis moi, est de plein fouet l’avancée la plus extrême de la structuration humaine ; on a vu que la personnalisation est ce qui prend la suite de la révolution que fut l’humanisation (on n’imagine pas une humanisation qui ne serait pas une individualisation, plus personne n’aurait de vie en propre, etc). La personnalisation est la réflexivité à l’intérieur d’une réflexivité acquise (l’humanisation qui est elle-même donc une réflexivité conquise ; il est évident que la réflexivité n’a pas fini de bouleverser les champs humains, si l’on survit). Le libéralisme (comme le communisme anciennement comme les théocraties, les étatismes et toutes ces choses) présentent l’individu en bout de chaine ; pauvre producteur qui avale ce dont on le nourrit ; mais la vérité, la véridicité historique est toute autre ; l’idéologie du corps, l’économie, adore nous traiter comme des machines biopsychologiques (ou corps-langage dirait Badiou) ; prétendant façonner l’historicité ; mais l’historicité est la marque, la cartographie du réel par les arcs de conscience ; cette cartographie c’est cela qui dure, qui tient le temps (parce que tout le reste se dégrade dans le donné, est dévoré par le temps, l’arc est le présent qui outrepasse le temps).

Le trajet de chaque pensée est réel ; autrement dit le réel est « ce qui supporte les trajets ». au sens de ; les trajets sont constitutifs du réel lui-même ; ou encore le réel est le Un à ce point généreux et indéfiniment réel qu’il permet, au sens d’autorise mais aussi de « rend possible » qu’il y ait quantité de trajets ; ou encore, on ne peut pas accéder à la Vérité, parce que, est c’est beaucoup mieux, la Vérité est l’ensemble des trajectoires dans et par le réel ; la vérité réelle est le réel et le réel se crée, via le présent (seul constant dans la réalité) ; le réel devient par les trajectoires ; le réel c’est évidemment la réalité, soit donc le monde, l’univers, etc, le groupe humain et son langage, etc, mais c’est aussi le trajet sur le réel lui-même des consciences qui se sont avancées dans la tension de l’arc, la plus étendue possible, par le réel ; non pas seulement dans le réel (en révélant telle ou telle structuration réelle déjà là) mais par le réel ; en inventant la suite du réel.

On dira qu’il n’est pas donné à tout le monde de porter l’arc de conscience au plus loin. Mais justement si.

Et en particulier sous notre registre, inventé depuis peu, de l’arc individualisé, personnalisé, de conscience ; tout moi, et chacun est un arc inventif de conscience en un corps, par un vécu, en un monde humain hyper précis et absolument complexe et chacun est amené à s’inventer soi, parce qu’aucun moi n’est « immédiatement » lui-même ; la personnalisation est un effort surhumain, on n’obtient pas les bénéfices sans les inconvénients d’une élaboration non seulement complexe mais prenant racine et miroir et images sur le corps même.

Autrement dit la trajectoire (réelle dans le réel) de chaque arc de conscience vaut loi, puisque l’arc est le mécanisme objectif, au sens d’hyper objectif. Les fous ou les tueurs veulent aussi que leur trajet soit la loi (cad la mort) ; dont on voit bien qu’un arc détérioré, abaissé, tombe dans la disparition (de soi ou des autres). Et c’est pour cela que la trajectoire essentielle de l’arc est dite « universelle » et que Kant énonce que l’universel vaut pour tous ; autrement dit l’arc de conscience n’est pas « n’importe quoi », ou la liberté n’est pas une fonction indifférente et affirmant tout et n’importe quoi ; une liberté affirme la liberté, et ce faisant on n’est libre que si l’on assume ou tente d’assumer la réalité et le réel (sinon, si on se réduit en dehors du réel on tombe dans la réalité, et donc dans la dégradation, dans la dispersion, ce qui signifie dans des petits bouts de réalité qui ne tiennent pas, qui ne contiennent que leurs pauvres déterminations). Badiou croit que l’universel tient tout seul et que les mois sont des « moments subjectifs », retrouvant Hegel en somme en un sens schématique en tous cas ; mais le réel est inverse ; les arcs seuls créent l’universel et l’universel n’a d’adresse réelle que les sujets impossibles.

Il est ainsi une possibilité dite universelle mais l’universel réel est celui qui annonce qu’il s’adresse à chaque arc et vaut d’abord et principiellement par cette adresse ; une adresse qui passerait outre l’arc de chacun retombe et est absorbée par le donné ; une Vérité qui s’imposerait aux autres sans chercher à activer ou à engendrer de par sa structure de recherche l’arc de l’autre est un mensonge et une faute.

Lorsque l’universel se réalise par la révolution unique (ou par les variations de la révolution unique, qui toujours en cours, mine de rien), ça n’est pas l’universel qui se réalise (la raison pour tous), mais que chacun soit sa raison, autrement dit ce qui se révèlera que chacun soit sa réflexivité. Parce qu’il est clair que l’universel pour tous fut outrepassé par le déploiement total de toutes les libertés. Il n’empêche que ce sera la « raison générale » qui prévaudra ; chacun assujetti au Vrai, au Bien et au Beau ; ce qui engendrera tellement de quantité de rebellions (politiques, esthétiques, éthiques, idéels, d’humanisations et de personnalisations) que ce sont ces révoltes contre la tenue impossible de l’idéal limité à l’universel abstrait, qui créeront l’historicité.

Que l’universel soit non pas en soi (où serait-il ?) mais de l’adresse à tout arc de conscience ne nie certes en aucune manière l’universalisation, mais implique que seuls les individués aient accès au réel, cad à l’histoire.

L’individué n’est nullement limité à l’individualisme ; l’individualisme est une variante qui se clôt lorsque l’on définit l’humain comme « nature humaine générale », déterminations (objet d’objectivismes, d’étatisme, de mass médiations, au sens de Debord quasiment) ; l’individué est la sur-prise de chaque arc tel qu’ils performèrent cent mille fois en 2 siècles ; chaque trajet invite chaque arc à devenir le sujet impossible ; romantisme, poésie divinisée, littérature survoltée, décuplée, surréalismes et Artaud, esthétiques s’employant en et par une éthique ontologique d’augmentation de notre être, idéalismes révolutionnaires, luttes et droits exigés, libérations et sexuations, le soulèvement des années soixante ; tout l’ensemble est l’actualisation de l’Adresse dépassant la lettre figée de l’universel (qui ne fut jamais réalisée, jamais rendue réelle puisque l’universel ne se saisit que par et pour des sujets impossibles) ; l’universel réel est le moyen d’individués qui décident et agissent.

Ou si l’on préfère ; on ne peut pas accéder facilement à la réalité et au réel ; la réalité et le réel sont radicalement la plus grande « chose » qui soit, il est quand même logique de penser que « ça ne sera pas facile ». Et le détour que proposent les inventeurs (quelques uns qui ouvrent les portes mais aussi tous dans leur propre avènement, ou tous par ex par le christ ou par bouddha ou par Einstein ou par Rimbaud) est le Grand Détour ; parce que de détour il n’y en a qu’un seul ; celui du plus grand écart possible qui en son extension, son élancement, son investissement réclame la plus grande part possible de soi, de son vécu, de son langage, de sa et de la réalité, du réel et de l’accès lui-même ; et le plus grand écart en un sens précis puisque l’on se tient ou doit se tenir sur le Bord, qu’il n’est rien qui préexiste au Bord et que celui-ci est tourné tout entier au-devant ; il n’est donc pas de notion, imaginaire, détermination antérieure, et le Bord, formel et vide, doit se tourner vers lui-même et user, façonner telle ou telle représentation afin de faire saisir l’in-épaisseur de l’exister ; raison pour laquelle il n’est que « ce qui existe soi-même en bordure de la réalité » qui soit capable de comprendre (sur soi) ce qui transparait du retournement du Bord sur lui-même ; l’acte de conscience existe comme bordure parce qu’elle est elle-même un arc qui se tourne vers, articulé au Bord réel du monde, enchâssé dans le présent, comme origine de la réalité.

il faut imaginer que les grecs proposent le grand retournement (du monde sur, vers lui-même, exprimé par la pensée) ; que le christique engage le renouvellement par l’un-seul de tout vécu, de la naissance à la mort perçue du dehors de cette ligne de vie ; que Descartes demande de se suspendre par-dessus en un « lieu-autre » posé sur l’étendue du monde ; que Kant et Hegel exposent la distance qu’il y a à accomplir (selon le monde vu du transcendantal ou la temporalité des devenirs des arcs négatifs de conscience) ; que les pensées de l’altérité (Nietzsche, Heidegger) voudront nous immerger dans le monde basculé cul par-dessus tête (comme Marx), d’un monde rigoureusement non humain ; que Sartre et Lacan exposent l’entrelacs externe (Sartre) et interne (Lacan), le hiatus étrange de la structure de notre être spécifique, celui qui ex-siste et n’est pas ; que donc il est un devenir majeur par-dessus les devenirs et qui tous avancent du même mouvement, puisque ce ne sont pas des idées qui sont en jeu (qui pourraient varier en désordre et dans un relativisme généralisé) mais qu’il s’agit d’une structure, unique, valable pour tous, qui agit dans la réalité et à partir du Bord de la réalité.

De même que le présent contient en potentialité (on ne sait encore comment) toutes les réalités, de même l’arc pourtant vide et formel, vient constamment en plus de tous les mondes humains, toutes les humanisations et les personnalisations ; ce qui arrive en dernier est le premier.

L’ensemble de la révolution unique est donc l’accès par chaque arc à l’Adresse qui le signe. Comme cet arc n’est nullement un subjectivisme (à quoi voudrait le réduire les objectivismes et les étatismes et les universalismes étouffants et les images toute-faites) l’arc de chacun doit être trouvé, un par un et donc dans l’accès individué et irrécupérable, au réel et vaut ontologiquement ; ou si l’on préfère nous jouons, un par un, notre âme.

Au sens de la mystique occidentale radicalement irréductible. Activiste.

Si la « conscience » était le conscient ou tout autre espèce de contenu (qui n’aurait de fondation que dans l’universel à condition de l’imaginer, imaginer, suspendu idéalement on ne sait où), l’arc de conscience ne serait pas défini comme corps ; mais étant l’arcbouté au réel même, parler de la conscience-une (cad du sujet impossible) c’est présenter que le dit arc se réalise ici et maintenant ; que le donné là (du monde, du vécu, du corps) ne se réalise que par le « là » du (même) donné ; que le réel est donc le bord de ce monde çi, et qu’il n’y en a qu’un seul. Que par conséquent si quelque réel doit se rendre réel, c’est durant ce court laps de temps et qu’il y va de son Exister. Que le « corps-autre » est la surface en-plus qui n’est pas, qui ex-siste et c’est ceci, cet être invraisemblable du corps qui s’image sans être, qui tire l’arc par quoi il re-vient, accompli son re-tour, son tour irrécupérable par quoi que ce soit ; comment voulez-vous saisir ce qui re-vient en re-tour ??? Le moi lui-même ne sait pas du tout ce qu’il fait ; c’est l’arc lancé vers le réel qui lui re-vient ; mais comme l’arc n’appartient à rien (à aucune partie du monde), il est libre.

Ainsi toute image, toute idée, toute représentation, tout corps en mouvements, toute personnalisation et toute humanisation (cad tout monde humain valide) est l’arc qui décide de (soi), s’oriente ou se désoriente ou réoriente le cours du monde,

et hormis cette exigence, cet impératif de l’éthique ontologique, il n’est aucune historicité, aucune histoire, aucune humanité. Parce qu’hormis ce trajet tout monde retombe dans la disparation, dans l’effondrement, dans les petites déterminations en dégradation, les petites objectivités ou les écœurants étatismes ou les naturalismes ; libéralistes ou anciennement communistes ou théocratiques ou ce que l’on voudra du même genre, qui ne comptent pas, qui se sont effondrés, démantibulés en lambeaux dans le néant ; cela seul qui est individué et donc universel en son adresse, existe ; sans l’adresse individuée l’universel est mort.

L’éthique ontologique est dite mystique en un sens évidemment absolument autre ; mystique en ceci que le donné là étant radicalement lié au « là » du donné, le corps à l’arc de conscience, l’universel à l’adresse (de chacun), le possible, les possibilités du monde et du vécu à l’impossible (à jamais impossible, notons le bien), ce qui transite, le trajet, réalise ou non notre être ; ce qu’il faut entendre, donc, comme l’arc-bouté au réel, ça ne passe en aucune manière autrement que par le vécu d’une vie pris dans et par un arc ayant absolument affaire à l’historicité même ; la révolution couve constamment, et elle change de formulation. C’est ici et maintenant que cela existe ou n’existe pas, d’une part (ce qui est quand même du plus grand intérêt pour chacun), et d’autre part l’arc est dans sa dépendance à lui-même ; il dépend de sa décision de s’actualiser ou non.

Ou donc ; la psychanalyse vient à point nommé, le surréalisme ne se lance pas pour rien, le Front populaire, on invente le fantastique ou la S-F, les années soixante s’étendent sur la planète (la réaction qui suivra également), les droits et libérations. Les sujets sont à même l’historicité parce que l’historicité est ce qui les mesure. Il n’est pas vrai que l’historicité appartienne aux pouvoirs ; il est vrai que tout déploiement de chaque arc (dans sa personnalisation même) est charpenté selon l’historicité en cours (tout moi est une résolution possible de l’équation du réel, toute dépression aussi). Les pouvoirs retombent généralement dans la dégradation de la détermination (ne possédant pas l’arc et la réflexivité), sauf que bien sur quelques pouvoirs peuvent être détournés par leur agents, suffisamment réflexivement avancés ou tout simplement intelligents … (cela veut dire ; il est temps que les individus décideurs et entrepreneurs commencent de prévoir l’avenir et le prennent sur eux intelligemment ; on ne pourra rien sans cette activation).

On a noté que c’est l’impossible sujet qui mène le jeu (quoi qu’on veuille ou que l’on en pense, mais il est clair qu’il vaut mieux y succomber si on veut y accéder de son vivant, pour ainsi dire), mais cela signifie qu’il faut admettre l’insatisfaction, dans un monde qui pourtant démultiplie les satisfactions, non sans raison ; comme substituts à l’insatisfaction fondamentale. Or pourtant si mystique ontologique il y a c’est précisément de cette impossibilité ; que le réel, qui est bien « là », soit impossible, est ce qui nous jette dans l’angoisse et l’incompréhensibilité, une sorte d’angoisse ou de trouble fondamental, jusqu’à l’attention même, et qui jette le corps dans l’irrésistible, puisque l’arc de conscience est en prise avec le corps sur la plus fine surface ; un arc de conscience perçoit en externe son corps, comme impossibilité ; qui n’est pas répertoriable dans le monde, ni le vécu ; un tourment d’insaisissabilité ; ce qui nous indique le sens, la direction, la logique de ce qui Ex-siste, mais pour le moment cette attention à ce qui ex-siste nous montre la profonde déroute, la désorientation et la terreur structurelle d’exister ; il est dans le réel une indescriptible monstruosité, au sens de « cela ne peut pas être », c’est hors limite, hors champ, une architecture autre d’une affirmation à ce point radicale, à la racine, et subtile, qui glisse hors-champ et ce d’autant plus que c’est cette articulation qui tracte la réalité. Une telle articulation ne peut pas désigner autre chose que ce dont elle est cause ; la réalité. Mais en revanche la réalité est intégralement traversée du Un.

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Sens de l’occidentalisation

9 Août 2016, 14:46pm

Publié par pascal doyelle

On a voulu dans un contenu, une cible au-delà, un hors champ définir notre être, et puis on s’est aperçu que ça n’est pas le contenu qui est déterminant mais l’acte de se déterminer, tel quel considéré en lui-même hors de tout contenu ; on a pu donc démultiplier extensivement toutes les déterminations possibles, tous les systèmes, toutes les vérités, compte tenu de l’actualisation de cet acte, nu et sans rien ; tout contenu dès lors admettra d’abord et avant tout que l’on existe indéterminé ; en ce sens on pourrait croire qu’il s’agit là d’une civilisation parmi d’autre ; elle choisit juste l’indétermination plutôt que telle ou telle détermination ( mayas, égyptienne, aborigène, etc) ; ce que va affirmer le relativisme des contenus ; la civilisation dite « occidentale » est une parmi les autres et elle a seulement monté en épingle sa détermination (et non son indétermination) en croyant et imposant que son contenu était universel ; ce qui n’est guère tenable, si elle est un contenu elle n’est pas universelle.

Sauf que l’occidentalisation (qui est un nom alors générique et ne signifie plus « l’occident ») n’est pas un contenu ; et que la civilisation d’occidentalisation est une a-civilisation ; aussi bien une civilisation-autre (que toutes les autres), qu’une a(absence) de civilisation ; soit une civilisation mondiale, qui ne tient à aucun territoire, aucun peuple, aucune culture en particulier.

Pourquoi ? Parce qu’en prenant la réalité antérieure, soit la constitution du monde, de tout monde, nous sommes en fait tombé sur une structure ; laquelle structure est non déterminée ; on a nommé cette articulation arc de conscience (en assumant Descartes, Husserl, Sartre, Lacan etc) ; soit donc une tension qui sort de la cervelle vers le réel donné là ; tension qui n’a aucune représentation possible et donc s’incarne en des mondes humains, divers et variés, en des contenus, des représentations de soi ou du donné, mais aussi des mois, des images, tout ce que l’on voudra.

Rappelons donc que le creusement à la base qu’opère ce qui est nommé « occidentalisation » n’est pas « l’occident » mais est un processus, procédé (il se trouve que ça tombe autour de la méditerranée) par laquelle anthropologisation (comme processus général) cesse de créer des mondes donnés pour s’attacher à décrypter l’être antérieur, à la base de chacune des pyramides humaines, des mondes donnés, dits dès lors « particuliers » ; par conséquent on investigue à la base de notre, nos réalités et on dénude peu à peu le fil électrique qui cause unilatéralement toutes ces diversités ; ça ne prend ainsi pas du tout positon sur ce qui est possible surnaturellement ; la croyance en ceci ou cela est détachée de cette base, puisque l’attachement, le creusement en-deçà dénude un décalage, dit ontologique (touchant à la structure même de l’être, de ce qui est, de l’exister, de l’acte de conscience), lequel décalage est exploré, inventorié, cartographié mais tel que « là », ici et maintenant, ici même sans préjuger du « sens » que permet d’envisager ou non le dit décalage. Lorsque l’on dit que l’on analyse objectivement cet être étrange, c’est réellement objectivement ; la pensée (qui prend ce nom exclusivement au sens occidentalisé, sans nier qu’ailleurs il y ait effectivement « pensée ») n’est pas une Vérité placée là au-devant qui annulerait les autres, mais le repli vers cet être (qui autorise quantité de pensées diverses, en ou hors occident, en ou hors de la méditerranée, Moyen-Orient compris) ; elle est le dessin d’un diagramme générique, d’un schématisme dressée au bord de tout monde, de tous les mondes, de tous les corps, de tous les vécus.

Par exemple croire que la phénoménologie obtient un contenu fondamental qui serait encore l’Etre, est une absurdité ; la phénoménologie (lors même qu’elle croit obtenir l’Etre) décrit en fait des procédés de conscience valables pour toute conscience ; de même les grecs, les systèmes anciens, la métaphysique n’aboutit pas à une Vérité mais à des machines intentionnalisatrices qui accélèrent considérablement l’activité de conscience et permettent de s’augmenter de différenciations, de distinctions ; et pareillement le cartésianisme ne se déclôt pas d’un « sujet » monolithique mais d’un mécanisme interne exposé au grand jour sur lequel sera menée l’enquête sur la nature de son être, sa structure (Kant, idéalisme, Hegel, Stirner, Nietzsche ou Husserl, Sartre, Lacan, etc). ne pas tenir une lecture hypothétique des énoncés, c’est croire que ces énoncés sont à prendre au pied de la lettre ; les systèmes grecs sont arcboutés gigantesquement sur une réflexivité en acte (le bien ou la pensée de la pensée ou le un qui ouvrent gigantesquement le monde et toutes les diversités admissibles et distinguables, hors de laquelle distinctivité il n’y aurait tout simplement pas de pensée, pas de variations intentionnalisatrices).

L’ensemble de la réflexivité (non seulement philosophique mais esthétique, politique, éthique quant à l’éthique ontologique, etc) s’offre comme le kaléidoscope démultiplié d’un être, d’une structure vide et forme qui explore toutes ses capacités, qui n’est plus limitée par « un-contenu » clos. Il serait absurde de continuer d’attendre d’un tel méga système, d’un tel système formel qu’il nous délivre un super-contenu, une Vérité, alors qu’l s’est usé, acharné à exhiber le méta-système formel de tous els arcs de conscience possibles.

Ceci évidemment à condition d’accepter que cet arc est vide ; que toute vérité est seconde ; que l’humain n’est pas commandé par tel ou tel monde, mais originellement effet d’une structure ; d’une structure qui n’est « pas nous » ; et elle n’est pas nous non parce qu’elle est « quelque chose qui nous commande » mais parce que vide et sans rien ; que cette structure n’appartient à rien ni à personne ; sauf qu’elle existe une par une, d’un corps en un corps à la fois ; individuée absolument, radicalement. Elle ne peut pas faire l’objet d’un discours qui s’imposerait (puisque nous serions l’effet d’un être qui n’est « pas nous » et qui relèverait dans cette hypothèse d’un discours de contenu), sauf d’un discours qui renvoie absolument chaque arc à lui-même ; qui dit ; ceci est votre arc ; ce qui revient à ne dire « rien » sinon la formule même de ce qui ex-siste ; on peut dire et décrie cet arc (il est le même pour toute conscience de soi, ayant à se traduire comme conscience de (soi) ), mais non pas prescrire quel monde, quelle humanité, quel moi, quel contenu, il pourra inventer ; étant donné que si la Vérité n’est pas et n’a pas lieu d’être, il est alors quantité de vérités, de mondes, de corps, de vécus à inventer ; à condition qu’aucune invention ne supprime la structure qui permet son invention, sinon c’est absurde ; on y est de fait engagé dans la réflexivité du libre tel quel, c’est évident.

L’arc n’est pas « rien », il est « rien » mais formel ; si l’on sort du formel on redevient un contenu quelconque ; tout contenu est quelconque par rapport au Rapport qui crée les contenus. Et c’est pour cela qu’il s’est élaboré un méta système, un système formel ; peu importe que vous croyez en ceci ou cela pourvu que vous respectiez l’accession formelle au réel, cad en l’occurrence le libre (un par un). Il est quand même aberrant que l’on attende qu’un contenu nous délivre de la charge ontologique de l’arc de conscience ; notre être est un mécanisme absolu, radical, vide et formel et ne trouvera en aucun contenu sa satisfaction ; son « remplissage » ; et la philosophie n’est rien si elle n’implique que l’on pense actuellement ; si on ne comprend pas ce que l’on pense, on ne pense pas.

Et la concession (que ce soit cet-être définit « occidentalement ») l’hypothèse est que ça n’est pas un être défini occidentalement mais que ce soit la structure (commune à quelque monde humain que ce soit) qui soit formellement le réel même ; celui antérieur à tout contenu. Par quoi on voit comme Platon, Kant ou Nietzsche ciblent non pas un contenu privilégié mais détourent la structure au fur et à mesure et que leurs textes de descriptions sont toujours exceptionnels puisque la structure est la même, quelle que soit leur représentation spécifique ; depuis que l’on a extrait la structure les contenus doivent être lus en transparence et non mot à mot (ce qui tombe sous le sens). De même on peut utiliser tous les systèmes afin que notre arc, chacun, de conscience soit amené à se préciser, se découper, se distinguer ; la certitude ne tient pas du tout au contenu mais au systématique de la structure qui lisant Descartes sait, voit, perçoit qu’elle se meut, glisse, se déclôt, qu’elle opère le re-tour, le tour en plus qui lui permet de passer de son fil au Bord, à l’augmentation du Bord du réel.

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L’attirance du présent

6 Août 2016, 09:37am

Publié par pascal doyelle

Hypothétique.

Que le présent soit, veut dire qu’il n’existe que le présent, mais le présent en tant qu’il engendre tout le reste. Toutes les réalités sont tirées, tractées par le présent.

On peut lire en sens inverse ; les réalités sont causées ; on peut remonter toutes les causes, plus ou moins, et pas toutes. On se demande bien à quoi ça peut mener. Il y aurait une sorte de gigantesque calcul qui commanditerait les réalités, toutes les réalités, la moindre parcelle aurait un sens, selon un Ordre. Qu’il y ait déterminisme évidemment ; ce qui vient après est causé de ce qu’il y a ou avait avant ; mais l’ensemble bien que déterminé, causé, n’est pas causé par lui-même ; ou donc qu’il y ait réalités, d’une part et qu’il y ait une réalité d’autre part. Ce qui cause qu’il y ait une réalité ne fait pas partie de la réalité ; on préjuge souvent que c’est en deçà ; une sorte de grosse cause.

Mais une réalité ça ne se cause pas d’une seule fois. Ça ne peut pas. Il y a donc une multitude oui une infinité de causes.

Ça ne signifie pas qu’il n’y ait pas de cause unique, mais alors elle sera autre que « causale ». Ou donc ; le présent est ce qui cause les réalités ; il les cause à rebours, les réalités sont tirées par le présent. Si le présent est, c’est cela qui existe, le reste est supposé (ou reconstitué ou imaginé ; ce qui ne veut pas dire que le présent ne mène nulle part, on n’en sait rien ; ça n’est pas le présent simplement « là » qui est ainsi notifié, ça n’est pas le présent comme passivement être-là, c’est le présent radical et radicalement activiste ; il engendre tout le reste et donc obéit lui-même à sa dimension, qui est la dimension unique seule existante ; puisque l’on a abandonné qu’il y ait « être », l’être étant le dépôt de l’exister, les résultats ).

Soit le présent comme ligne, d’un côté toutes les causes, formant l’élasticité des réalités, de l’autre l’unique cause antérieure qui tracte les réalités. S’il est un présent, alors le présent est cela seul qui existe. Parce que l’on ne voit pas où existerait autre chose qui ne serait pas présent et que le présent est la seule constante et seul constatable. Et si il est une ligne du présent (qui épouse toutes les réalités dans leur état « présent »), et si c’est cela qui existe, alors la cause des réalités est au-devant.

Qu’il y ait un au-devant veut dire que le réel tire à soi ; le présent tire à soi toutes les réalités. Et comme notre être est dit « arc de conscience », cela signifie qu’il est arcbouté au réel donné « là » (comme on a vu cent fois, et fondamentalement arcbouté par et selon le corps en son image, image en retour, celle que l’on se formule dans le retour, l’effet qui signale, signe l’arc de conscience en revenance de la réalité et du réel, l’image du corps que l’on ramène du donné là, et qui nous exprime, qui nous tire au-devant, tout pareil), il revient donc à notre arc de conscience de ne pas se louper.

Ou donc, inversement de cette inversion, l’arc de conscience, un arc de conscience, est toujours-déjà son présent absolument acté (ce qui se remarque essentiellement par Lacan) ; par exemple « on est déjà jugé », ou « on s’est déjà, chacun, décidé soi » ; la décision, soit l’éthique ontologique radicale, c’est-à-dire absolue (de cet absolu dont seul nous disposons, ce seul accès à l’exister) est toujours-déjà, pour chacun, prise (dans la vacuité logique interne de la décision du corps dans son Image tout à fait Autre et étrange, voir étrangère). Mais comme la logique du réel se tient du présent, il est clair que cette proto-décision de soi (qui a déjà décidé l’entièreté de son décisionnel) est remise. Remise au sens quasiment christique (ou plutôt dont le christique est précisément l’affirmation jusqu’ici, historiquement, la plus claire, que re-prend Nietzsche, selon l’intuition structurelle qu’il décrit) ; ce qui est remis est la potentialité, la virtualité in-finie de la décision de (soi), ou de soi pour simplifier.

Parce que ce que le présent s’envoie, en retour, là au-devant est selon son attirance ; il se crée de se cibler en avant, en avance de lui-même ; hors de lui-même ; mais bien au sens où ce dont il se cible n’existe pas, se tire de son inexistence, puisque le présent n’est pas une sorte de présent éternel qui attirerait l’être, mais le présent, structurel, qui travaille la, les réalités et les corps et les mondes humains et les mois. Puisque c’est sur le bord de l’exister (en fait sur l’exister lui-même qui est un bord, qui est le bord), et que donc ce dont il se cible n’est pas ; n’est jamais disponible ni acquis ; on ne sait pas ce que l’on peut ; l’exister tire à lui tous les devenirs.

On a la face collée sur le réel, le visage à même la ligne, la surface constante du présent et c’est via telle ou telle image qu’en transparescence la structure s’atteint constamment ; la face est tournée vers nous-mêmes ; ça n’est pas un regard qui sait ce qu’il nous veut, c’est un regard qui extrait, formule, exprime, déploie toutes les réalités, toutes les parcelles de réalité ; le transcendant (le bord sur lequel tout est collé) s’avance donc jusqu’aux plus petites miasmes de réalités. Le présent n’est nullement séparé des déterminations (naturelles, du monde, des réalités, des systèmes de réalités), ni donc de la réalisation, des réalisations à partir de ce re-tour qu’est chaque arc de conscience.

Et donc, par exemple, ça n’est pas l’universalité ni l’universel ; l’universel est extrait, abstrait (non de la réalité qui n’est pas une, puisque c’est le présent qui est-un, mais des réalités, et c’est bien parce qu’il est des réalités qu’il peut se formuler de l’universalisation ; d’où également l’impossibilité de synthétiser, métaphysiquement, l’universalisation unique qui subsumerait toutes les universalisations en un seul universel et sous celui-ci toutes les réalités ; un tel « concept » n’existe pas ; puisque continuellement les concepts glissent dans l’intentionnalité qui les invente et les travaille, et que cette intentionnalité doit supposer que tel concept est « comme conscient de soi », ce qui est absurde ; on remarquera que Hegel est, finalement, celui qui pose nettement et clairement que le concept se sait, que le savoir est ce qui sait rétroactivement tout ce qu’il a déplié, une fois cette positon énoncée il devient impossible de supposer encore une métaphysique, on est passé depuis Descartes à l’ontologie, de notre être spécifique, par la volonté cartésienne et la description du dispositif global de notre être « là » ; pour et par Descartes la pensée est pensée … par une intention et comme c’est impossible, on se rabat avec les allemands sur une identité super-ontologique prétendument mais qui retombe en partie dans des métaphysiques ; mais comme l’acquis est acquis, les métaphysiques idéalistes sont obligées d’infuser dans la « pensée » qu’elle soit « sujet », sujet sans le sujet réel, sans l’arc de conscience découvert par Descartes ; ceci pour éclaircir comme on a du mal de concevoir « ce qui est antérieur à la pensée », qui fait l’objet même par Descartes de la non plus pensée, mais de la réflexivité).

C’est l’arc de conscience qui crée l’universalité qui ne peut pas atteindre les « petites réalités », mais l’universalisation qui est utilisée par un être spécifique ; l’arc de conscience qui est collé à même le réel, et il peut être collé au réel, tout en existant réflexivement (et non immédiatement ou spontanément ou platement) parce que le réel lui-même est en extension de lui-même et que cette extension se nomme, se signe comme présent. Le présent qui n’est pas, mais qui Existe (étant l’exister même). Ce qui implique donc que le moindre donné là, la moindre particule de réalité, est engorgé par et vers le présent. Par la limite de ce qui devient, la ligne du réel qu’est le présent.

Si le présent engendre, ça n’est pas parce qu’il « sait » où il va, puisque justement il est au présent, et n’est doté d’aucun savoir, mais c’est que le présent est le mécanisme qui tracte les réalités d’une part, et d’autre part tire chaque arc de conscience puisque l’arc est arcbouté sur le réel ici et maintenant (cad au clair et strictement parlant sur le corps, non pas dans le corps, mais sur le corps, par-dessus) ; la décision de « qui l’on est » est toujours déjà prise mais c’est cette décision, cette éthique ontologique en quoi consiste l’Image du corps-autre que l’on a, que l’on est, que l’on existe, que l’on travaille. L’Image du corps (l’image du corps-autre) est attirée par son arc lequel est tendu par le présent ou le réel ; elle est au-devant de (soi) ; ça n’est plus un « soi » mais un (soi), parce qu’il n’est pas, il Ex-siste. On pourrait dire qu’il existe d’un « être, identité, éternité » ou quoi ce soit, mais il faut revenir au constatable et au constatable il n’est d’existant que l’ex-sister, que cet arc qui sur son arcboutement (au réel présent corps), cherche à augmenter cet arcboutement en architecture ; on pourrait dire en archi-texture ; celle du corps-autre-Image. Qui va supporter l’attirance du présent.

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La « conscience » est hors du conscient

30 Juillet 2016, 08:56am

Publié par pascal doyelle

On dira que croire réunir en une fois, un seul mouvement l’ensemble de la diversité, serait outre présomptueux, un délayage éclectique, vague et mal dégrossi ; sauf que au terme de la pensée dite occidentale (dénommée telle comme « occidentalisation », comme processus et comme procédé) il apparait que cette pensée tourne autour non pas d’un énoncé quelconque, l’énoncé est toujours quelconque, mais comme expérimentation d’un être, spécifique, une structure, vide et qui reçoit tous les énoncés, toutes les représentations, indifféremment pour ainsi dire (sinon qu’au travers d’une suite, d’une série de représentations, de systèmes philosophiques, d’esthétiques, de politiques, etc, cette structure avance en se précisant et comme elle est la structure à la base de la pyramide, à la source des représentations et des vécus et des corps, avançant elle explore le donné, le monde).

Que la structure qui se découvre passe par la pensée (grecque), le sujet (christique ou cartésien), l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, qui réintroduisent l’altérité dans le monde en plus de manifester l’altérité qu’est le monde, le vécu ou le corps), et qu’elle parvienne à se dénommer au plus près ; à savoir comme arc de conscience ; via Descartes, Kant, Hegel, mais aussi la volonté ou l’Etre heideggérien, évidemment Sartre et enfin Lacan, comme détourage inversé (dans le moi qui se prend pour le conscient ou le conscient qui se croit un moi) ; ce qui n’a pas de représentation possible passe outre le langage et, par-dessus, signifie ; cette signifiance réclame toute l’attention de celui qui reçoit la description ; autrement dit ce qui est mis en forme ça n’est pas un énoncé mais une structure et c’est cette structure qui passe au travers des énoncés, des vérités (de toute sorte), de descriptions qui montrent ou démontrent ou démontent, de visu, sous les yeux, la structure de conscience dans son activité même ; la difficulté étant que d’une part cette structure se montre, s’expose et de son mouvement prouve qu’elle existe et se communique comme telle à celui qui la reçoit (il faut prendre les habits de Plotin ou de Descartes pour avancer), et que d’autre part elle se décrit et doit ainsi s’énoncer, en une formulation claire et distincte ; même les pensées de l’altérité (Nietzche, Heidegger, etc) mettent en forme et en forme systématique, quelle que soit la largesse de cette systématicité (puisque sinon on ne comprend pas, on en peut pas coordonner sa propre intentionnalisation du réel, ni mesurer sa propre intentionnalité, sa propre intention dans toutes ses facettes).

Si en pensant notre être ils désignent une structure antérieure à toute pensée, c’est qu’ils admettent de fait que cet-être n’est pas le conscient (et qu’ils renomment donc suivant serait-ce des êtres contradictoires au conscient, c’est le jeu, c’est la stratégie afin d’être en mesure de signifier par-dessus ou par-dessous le conscient, mais tous ils énoncent dans et par une systématique); et comme pour tout un chacun la « conscience » est une sorte d’équivalence au « conscient », on n’y comprend plus rien.

Ou donc ; il n’est pas de « conscient » qui précéderait l’arc de conscience et l’arc de conscience est formellement cette tension qui sort de la cervelle (issue d’un corps), et qui produit un rapport unilatéral vers le donné là (cad à la fois le donné, le monde, et le « là », le réel). Hormis cela tout le reste ce sont les effets ; il n’existe rien d’autre, et tout le reste, les effets, sont seulement de l’être ; les effets de l’exister (soit comme arc de conscience soit comme présent).

Il y eut un dénivellement, mental si l’on peut dire, qui sût discerner antérieurement au conscient et à la pensée (entendue comme métaphysique, discours de connaissance sur l’être) une sorte de structure ; et cette distance admise se révélât comme étant justement la pensée effective (la pensée métaphysique ne formulait pas seulement un discours là objectif mais dans ce discours un retournement interne, de sorte que la métaphysique, réelle et non pas fantasmée (de production d’un discours fermé et objectif) était déjà une réflexivité ardue, un re-tour, l’être se renvoyait soudainement à lui-même dans la pensée, sous les formes bizarres du Bien, du Un, de la pensée de la pensée).

Il est clair que pour passer du conscient à la « conscience » il est nécessaire d’opérer une suspension assez diabolique ; mais finalement tous les systèmes s’inaugurent d’une telle distance ; par laquelle apparait tous les yeux une articulation nouvelle et on se doit réenregistrer en sa propre attention ces émergences assez discordantes ; on veut bien que Descartes soit un tel soubresaut mais on traite à la légère qu’il ait changé quoi que ce soit, sinon d’une vague définition de « la pensée »… c’est que limité au conscient on enregistre le cartésianisme comme une série d’énoncés, tandis que se replacer dans l’attention cartésienne c’est soulever le monde, le corps et le réel. Si on n’y prétend pas, pour soi-même, en redimensionnant le centrement et décentrement de la structure de l’attention, inutile de continuer.

Inutile parce que l’on va traiter comme données étalées au devant de soi, ce qui en réalité devait renouveler non pas tel ou tel contenu de conscience mais l’acte même de prendre conscience ou plus communément de « faire attention à ». Si l’on touche à ce « faire attention à » on comprend bien que l’on modifie instantanément toute prochaine conscience de ceci ou cela ; autrement dit en ré-élaborant l’acte de prendre conscience on engage tout ce qui viendra, ou tout ce qui peut arriver dans et par le faisceau.

La supposition d’un tel être antérieur au conscient ne supprime pas le conscient mais est d’évidence un surcroit inversé du conscient qui s’aperçoit que dans sa parution à lui-même il n’y est pas. Son être n’y est pas. Et si il se dit « mais je vais dire mon être, de telle manière qu’il y sera » ; que nenni, c’est à partir de son être qu’il dit « je vais dire mon être pour qu’il y soit ». Donc décentrement il y a et il est constitutif et constitutif à partir de ce décentrement (qui est tout aussi bien étonnement grec au monde, conversion christique ou suspension cartésienne ou enroulé hégélien ou auto affirmation innocente nietzschéenne ou approfondissement de l’Etre/non-étant heideggérien, ou impossibilité du conscient lacanien).

Le décentrement même si il est dit, ne passe pas dans le dit du décentrement ; aussi la philosophie ne crée pas des textes (métaphysiques de connaissance prioritairement) mais des textes qui créent des consciences ; tout l’effort est de dérouler dans la conscience de l’autre que de « conscience antérieure » il existe.

Les systèmes sont les paramètres possibles, potentiels, prometteurs ou non, investiguant cette antériorité ; soit en remontant dans les plus hauts contenus possibles jusqu’au retournement du système (le bien, le un, la pensée de la pensée), soit en démodulant la structure qui crée ces contenus (et tous les contenus, puisque la phénoménologie et Sartre et ensuite Lacan avancent intimement dans l’activité de conscience la plus précise, cad investigation des plus petits et subtils et instantanés ou immédiats rapports que crée l’activité de conscience-de, dans l’existence ou le moi psy).

Comme la dite structure se prend antérieurement au monde elle ne peut pas user des signifiants ou signifiés du monde, et doit créer des signifiants qui la représentent, de sorte que toute autre conscience, en partant du même Bord unique inapparent dans le monde, puisse suivre le trajet ; elle doit être dite re-tour ; à la fois retour vers son être et un tour en-plus, qui la crée, qui la re-Crée ; elle doit se reprendre dans et par le Créé de la structure ; la forme est « ce qui s’ajoute à soi » ; ce qui garde la potentialité de se re-prendre (ce qui est impossible pour un être composé de déterminations ; la détermination doit attendre la détermination, qu’elle se compose ; la forme peut se produire formellement selon des plis et déplis et re-plis) ; elle s’ajoute structurellement à la dimension ; bien sur on existe de fait, étant conscience, en et par cette dimension, mais comme cet être est constitué d’avoir conscience-de, il n’apparait de fait que si, dans son rapport à lui-même (qu’il est déjà), il entre en considération de ce rapport ; cela modifie extensivement (grec), intensivement (sujet) et par la densité (pensée de l’altérité et monde objectivisé et du moi) le dit rapport .

De la considération qu’a ce rapport à lui-même il n’y parvient donc qu’en se décentrant ; ce n’est pas le conscient qui use de la conscience pour se connaitre, c’est la conscience qui use du conscient pour se savoir et se montrant elle glisse hors du champ conscient pour admettre qu’elle pré-existe au conscient ; les grecs posent la vérité, en général, et donc ils ne sont plus dans la vérité mais dans la possibilité (de vérités). Dans le premier cas on croit que le conscient ou la pensée existent en eux-mêmes, par eux-mêmes, et la conscience relative à une vérité s’énonçant (quel que soit sa figuration, l’esprit, la pensée n soi ou dieu ou la raison et ses lois éternelles, etc). Dans le second cas on comprend que la conscience use de pensées pour se représenter soit dans le rapport sous l’apparescence d’un contenu, d’un signe, d’une image (ou d’un geste, d’un comportement, et alors notre réalité s’étend évidemment à tout mouvement du corps), soit comme le rapport lui-même en tant qu’il n’y est pas ; que c’est une figuration non une réalité (le bien ou le un ou le sujet ou la Volonté sont ces figurations d’un arc hors champ, toujours hors champ).

Soit donc on admet un contenu d’une sorte de « pensée » ou « identité » (le moi, l’esprit, la raison) qui tiendrait toute seule (et y compris si l’on nomme cette identité « énergie » ou « volonté » ou « Etre « au sens heideggérien). Et alors on est obligé de multiplier ou reconnaitre à l’infini des tas d’identités.

Soit on admet qu’il existe un seul être spécifique, une seule manière d’être conscience (on ne voit pas que la conscience, qui est un rapport, puisse différer de l’un à l’autre individu, dans l’une ou l’autre culture ; il n’est pas de « nature commune », de « nature humaine » mais une structure unilatérale identique sinon par le Un et que chaque conscience existe une par une, ce qui est une aberration radicale et en quoi le réel est radicalement aberrant, sauf de relever d’une plus formidable logique ; non seulement il y eut une structure de conscience mais il n’existe que des arcs de conscience, un par un ; le un se démultiplie inconsidérément), une seule structure effective, évidemment née dans et par une cervelle (ce qui ne préjuge pas de ce qu’elle signifie, puisque l’on n’en sait rien).

Et cet être hors champ est dénommé, au final, selon une formule toute abstraite puisqu’il n’est plus un être, déterminé, mais une forme, non déterminée (équivalente à la formule « l’être est » ou « je suis celui qui est » ou « je pense, je suis » ou volonté de la volonté), et cette formule abstraite est « conscience » telle que dénommée par Hegel, Husserl ou Sartre, en somme, débarrassée de toute détermination, se dit « arc de conscience » (et se définit comme conscience de (soi), où le soi est le rapport lui-même qui prend conscience de soi comme rapport, sans identité, mais numériquement un par un ; on n’est pas la conscience de quelqu’un d’autre mais chacune est parfaitement identique à toute autre, puisque d’exister formel et que le formel est l’exister ). Et semblablement la coupure de cette forme, qui s’isole de plus en plus, exporte là au-devant toutes les déterminations (l’étendue de Descartes, l’historicité et la logique du concept de Hegel, le monde donné là de Kant, la socio-économie de Marx ou l’inconscient de Freud, le langage et Wittgenstein, ou toutes les objectivités des sciences, et pour le moi sa vie même est posée là au-devant, le jetant dans le trouble). Tout défile au-devant du regard du sujet cartésien, le pur et simple regard sans rien, tandis que se poursuit l’élaboration finement ciselée de la forme de notre être spécifique (Kant et le sujet transcendantal, les idéalités allemands et Hegel, la volonté de la volonté, l’être-le-là, l’acte de conscience sartrien, le vide dans le moi lacanien, bouché par un re-tour).

Mais alors toute représentation ou signifiant est l’effet ou la figuration d’un être qui n’y est pas ; puisqu’il existe et n’est pas et qu’il existe dans non pas l’être mais le présent qui est formel tout autant que l’arc et qui seul existe ; tout le reste étant les résultats, les dépôts du présent).

Cela ne réduit pas du tout l’importance de la représentation ; mais que la représentation ça n’est pas du tout là où nous existons. Et que donc cette existence non pas ne pourra jamais se représenter (ce qui est la version négativiste) mais qu’elle pourra ainsi se représenter en mille, cent mille occurrences. Ça n’est un manque, cette absence, que si l’on désire encore se saisir de soi (ou de quelque contenu qui prend place dans le rapport de conscience), mais si l’on ne désire pas ou plus se saisir extérieurement de soi, cad de (soi), on représente en animant les images dans le miroir ; on perfectionne les images ; on engendre constamment de nouvelles compositions à partir de la position antérieure à tout monde, tout vécu, tout corps ; on s’adresse non à l’identité de l’autre ou de soi mais au soi lui-même directement ; et comme il n’est pas de « méta-communication dimensionnelle », pour ainsi dire, qui serait instantanée (seul le rapport du rapport est instantané, son auto rapport mais qui est vide et formel et donc de ceci insatisfaisant par nature), on est dans l’obligation de médier ; pas d’immédiateté surnaturelle mais des médiations de plus en plus réelles , et en de plus grande quantité, puisque le rapport tel quel n’est plus dans aucune identité donnée ou réalisée, mais dans le spectacle qu’il se donne et par lequel il se recherche.

Et de plus en plus d’images, de représentations, et de plus en plus précises et effectives dans le monde, la pensée, la raison, le droit, le corps, le vécu, mais orientées vers et par la remontée structurelle ; la structure est vide et immédiatement reportée selon le monde (les grecs définissent l’être mais du monde, le réel de la réalité, et les christiques l’acte de soi par ce corps) ; lorsque l’image du monde emplissait le miroir, on naviguait en cette image commune et les unes et les autres consciences formulaient rituellement la même image ; il s’agissait de relancer à chaque fois la même image (le même monde, la même parole). Lorsque le miroir est devenu le centre (forcément décentré) la multiplicité d’images renvoie à chaque miroir individué ; forcément décentré puisque le centre ne devient que si on se déplace par rapport à lui et ce déplacement est le tour le plus étrange que l’on puisse prendre, parce que l’on ne peut éviter de se poser la question ; où me suis-je déplacé ?

De même les grecs conçoivent la « vérité » mais de ce fait la Vérité ne s’impose plus ,et en conséquence ils créèrent quantité de systèmes, et on engendra nombre d’esthétiques ou de politiques ; ça n’est pas la vérité que l’on cherche c’est la structure qui crée les vérités et qui, structure, fait elle-même l’objet d’une cartographie, d’un schématisme, qui aventureusement avance dans son dessin, son détourage. Descartes originera la pensée (des grecs, repris par les chrétiens et les scolastiques), de même que l’on entendra dénicher cette origine que Descartes aura marqué d’une pierre certaine ; les pensées de l’altérité (il faut voir le rapport Lacan-Descartes ou l’objection de Heidegger envers Descartes) le fond sur lequel se détoure le sujet cartésien ; tout ceci montre l’avancement sur le plan du réel donné « là ».

Ou encore ; le réel ne se découpe pas tel qu’il existe ; « conscience » ne vient pas remplacer conscient ou corps ; dans le réel il existe le corps, le conscient (le langage, les mondes humains, la cervelle, etc) et « conscience » vient en plus ; elle est le point en plus qui n’annule rien de ce qui la précède (chronologiquement ou dans l’objectivité) mais re-situe potentiellement, et re-lance à nouveau, et re-prend en son articulé au réel, les déterminations (qui, pour elle, sont) données là. A partir de la perception, elle re-perçoit et relance tout procédé ou processus ; et lorsqu’elle prend conscience d’elle-même comme processus (que ce soit en tant que grec et pensée ou en tant que vécu/corps et conscience christique qui exporte tout hors de sa tangente, de la tangente qu’elle trace comme bord du monde et du vécu) elle accélère absolument que tout, et de telle sorte que tout et n’importe quoi puisse être et sera re-pris, re-lancé.

L’arc de réflexivité passe outre le chronologique et l’accumulation du temps et passe outre l’objectivité (les choses et les mondes, les langages et les groupes), en imposant que dans l’actuel il est une a-temporalité, autrement dit une ontologie, qui sur/prend, antérieurement au chronologique et aux objectivités. La verticalité non temporelle, qui se saisit et est saisie de l’antériorité, de l’actualité pure et brute, commence donc alors de restructurer la réalité et le corps à partir du point hors champ ; qui n’est pas l’éternité mais le présent. Comme unique DimensioN.

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Le moi sur le réel (comme poêle à frire)

23 Juillet 2016, 08:39am

Publié par pascal doyelle

Strictement parlant, on a commencé d’abandonner qu’il y ait dans la conscience un contenu hypostasié, un contenu explicatif, une identité substantielle ; un contenu personnifié ou un esprit ou ni même une raison, sorte de corpus tout fait, logé on ne sait où, antérieure à l’univers ou à notre existence.

Il n’existe donc qu’une structure ; la conscience, forme vide, arc de conscience, tension qui sort de la cervelle vers le réel donné là. Cette structure est réflexive en soi, elle re-vient ; elle part de la cervelle vers le donné là et re-vient comme si elle entendait boucher le vide créé par sa sortie ; mais aucun contenu, aucun retour ne peut recouvrir l’arc, et l’arc renait sans cesse, parfaitement identique ; puisque formel et sans rien il peut être parfaitement et identiquement la même structure ; on n’est ni le moi, ni la culture, ni la pensée, ni la raison, tout cela ce sont des effets. Et le moi est un de ces effets.

Remarquons que simple articulation au réel (à la position du réel), un arc de conscience ne peut pas tout, il est même ridiculement faible et fragile et minimal (puisqu’il doit, indéterminé, entreprendre toute espèce de détermination ; ça n’est pas parce que l’arc de conscience contiendrait une sorte de logiciel intérieur qu’il décrypte la réalité, mais parce qu’il est vide et crée des moyens, des signes, des langages, des sociétés humaines ou des mois, des personnalisations, qui sont des interfaces produites au contact des réalités positionnées par le réel ; tout est relatif à une structure qui ne l’est pas), mais c’est du point que l’arc crée qu’il revient et modifie peu à peu ce dont il était parti. (si l’on entre un peu plus dans la structure de l’arc c’est un peu plus compliqué et beaucoup plus dimensionnel, comme vu ; le dimensionnel étant le centre même de la pensée, de la philosophie, comme « ce qui arrive à l’humain » qui n’appartient plus à l’humain, en quelque sorte).

Des effets structurés bizarrement, puisque c’est dans le retour, le re-tour, que se créent des signes, des signifiants, des langages, des civilisations, des échanges, etc. aucun des retours ne remplit le vide. On peut supposer qu’il s’agit là d’une âme, d’un esprit, de dieu ou de la rationalité en soi ; cela reste des suppositions. Louables si on l’entend ainsi.

L’occidentalisation a consisté a analysé l’interstice que constitue l’arc de conscience ; non pas seulement pourquoi y-a-t-il un décalage entre la conscience et son contenu (et la perception, et la pensée, et la parole, et le corps, etc) mais comment.

L’occidentalisation s’insinue entre la conscience que l’on a et la conscience que l’on est ; et elle découvre que ce décalage existe comme tel, et que ce battement est l’origine, la source. Sans être en mesure de comprendre ce vers quoi cela avance ; le retour sur la réflexivité qu’est notre être, est lui-même réflexif ; il est retour sur le re-tour ; comme ce re-tour est une forme, sans rien, il est très difficile de dénommer sa structure ; elle n’a pas de mots dans le monde, le langage commun, et n’appartient à quoi que ce soit de ce monde, de ce corps, et doit donc tirer de soi, de sa forme, l’exhibition de sa structure, sa description.

Comme elle ne peut pas signifier sa structure par des mots (qui renvoient à des éléments du monde, du monde commun en particulier, du groupe humain), sa description est ainsi constamment biaisée ; elle est biaisée par nature, par réel, non par manque ou défaut ; parce que le biais par lequel elle se décrit ce doit être l’expérience même que le lecteur, de Platon, de Descartes, de Nietzsche, qui en fournit le contenu, apparaissant à lui-même de ce décentrement ; le biais apparait au regard, cad à la conscience, de celui qui lit, éprouve, perçoit, ressent et a développé somme toute la possibilité de jouer de son arc de conscience comme d’un moyen et non plus de subir cet arc en s’imaginant dans les contenus ; il en résulte que cette conscience alors n’a plus aucun objet spécifique ; mais qu’elle demeure face à elle-même comme d’un Autre.

L’effet réflexif radical est donc la passation vers l’altérité de notre conscience ; on a l’habitude de croire que notre conscience est la nôtre … qu’elle est immédiatement et absolument à la fois une identité ; et il est vrai que se produit comme personne une identité ; mais celle-ci est tout à fait externe à l’acte de conscience et pour en signifier tout de suite le sens, l’orientation ; ce moi est pour l’acte de conscience un moyen. Il est une structure fine, subtile, impensable et non représentable mais qui n’est pas comme l’intériorité (cachée) d’une intériorité apparente ; parce qu’alors se serait encore se réfugier dans une identité, éternelle ou en soi ou vécue ; la structure fine est justement qu’il va falloir en faire quelque chose … et non pas attendre que l’intériorité cachée se révèle ou contempler ce vague à l’âme comme justification « imprenable » ; c’est parce que la structure fine et subtile est Autre qu’elle doit saisir l’occurrence ontologique qu’elle part d’un moi, d’un vécu, d’une personnalisation, inclus en une humanisation, revenant d’une historicité, ayant pour fondation l’arc de conscience d’une part lancé vers le monde, grec, et d’autre part arcbouté comme individué radicalement singulier, christique.

Si l’on se réfère à une structure passive et inerte, certes cela ne signifierait pas à plein (quand bien même cela serait-il vrai et réel), mais on indique la structure fine et autre (que toute identité) en un sens précis (que Sartre commençait de saisir, avant d’abonder dans l’universelle historicité communiste, cad de réduire le sujet impossible à sa possibilité, supposée, d’histoire universelle) ; que cette structure de conscience use du moi (qu’elle est, au sens de l’être) à d’autres fins (que celle relatives au moi) en ce que l’arc de conscience existe et n’est pas, et est actuellement dans le présent même et s’y arcboute extensivement et intensément et réflexivement et de par sa densité, sa compacité.

Rappelons que les grecs lancent l’extensivité de l’intentionnalisation, le christique l’intensité hors de tout vécu et par le corps, Descartes par le re-tour surprenant de notre-être comme cet-être (posé là sur l’ étendue), et l’altérité comme matérialisation extensive, intense et existentielle ; soit donc d’une part l’humanisation (réalisant tout l’universel, l’universel comme processus, comme universalisation et non comme « en soi »), et d’autre part comme personnalisation ; le tout formant la totalité du manifesté.

Il ne s’agit nullement, dépassant le moi, de l’annuler dans un plus grand que lui, ni de nier en quoi que ce soit l’acquisition absolue qu’il constitue, mais de le circonscrire dans un plus petit, encore plus individué ; du point de son exister dont le moi, cad le sujet impossible en ce moi, seul explore la dimension. Il s’agit donc d’un sur-individué, mais pas du tout en tant que surhomme ou être-le-là (qui profilaient quelque chose comme cela ; mais en le noyant dans plus-grand-que-soi ; abimant l’articulation dans une déterminité, serait-il hypostasiée ou vaporeuse), la vérité est le réel, et dans le réel il n’existe que des arcs de conscience, un par un, absolument, cad radicalement individué, individué non pas par-dessus les déterminations (en une super identité, un super moi ou un universel, un absolu au-delà, ou une image qui occuperait tout le miroir et serait le miroir lui-même), mais en dessous.

L’arc de conscience est, un par un, en dessous ; l’en-dessous signe la dimension, la dimension structurelle, cad le plan du réel sur lequel on existe. On est, de par l’être, tel un moi, dans le monde, avec son identité pour gérer (le moi est l’unité programmatique pour ainsi dire qui se charge de centralisé l’ensemble des déterminations) et souvent inventé ce moi comme « résolution de toutes les déterminations » et du corps et comme résolution de l’arc de conscience, dont il faut bien qu’il s’explique à lui-même qu’il soit né. Mais on existe tel un arc lancé sur le réel ; lequel ne contient pas de programme et dont la structure est le programme, indéfiniment labile et souple, étant hors champ de toutes déterminations, il joue de ces déterminations, cad du monde, du vécu, du corps, des signes ; ce jeu est tout sauf évident, c’est clair ; mais étant purement formel il revient toujours parfaitement identique ; il est, cet arc, la forme sans rien qui est son propre bagage. Il voyage, navigue, s’interstice.

Et il ne trouve cet interstice que dans la réalité ; parce que n’oublions pas que les grecs manient le donné « là ». à la fois le donné, le monde, et le « là », ce qu’ils nomment l’être, la simple formule abstraite, le « là » de tous les données, dont ils recherchent la formulation « en conscience », pour eux en pensées, étant entendu que la pensée-conscience est ce qui s’immisce entre la détermination et la détermination, dont la pensée doit être le démontage ; ce qui donne pour nous, êtres humains, une augmentation considérable de la perception et différenciations et distinctivité de la réalité ; l’être s’utilise comme coin dans la réalité ; à partir du Un il permet d’accélérer l’altérité, l’altérité non comme n’importe quoi, qui ne ressemble à rien, mais comme un selon le un ; unité de chaque pensée et unité du système et unité de la forme créant mille systèmes. De même qu’ensuite par le christique chaque conscience se distinguera une par une (en ressuscitant par le corps du Un-seul, et comme de juste seul sur la croix).

On ne peut donc pas abandonner le principe de distinctivité, qui est la logique même de l’altérité (et tout ce qui est se construit par et dans l’altérité, cad le Un), et son unique opérateur ; l’arc de conscience qui engendre via ce qu’il crée ; notion du Créé comme ajout à la dimension de l’exister et qui s’élabore par le seul accès qui soit ; c’est dans la mesure où le groupe est cassé par l’ontologique, le présent, l’arc de chaque conscience, que ce groupe accède au réel (sinon il se referme en échanges et communications ; ainsi l’universel, cad la pensée et l’historicité qui se sont réalisés comme révolution au 18éme, est l’introduction dans le circuit du collectif de ce qui ne l’est pas, collectif ; le christique est radicalement un tel accès, en tant que le christique impose le Un, l’ensemble des uns se convertissant au corps du Un-seul, qu’on le veuille ou non parce que le christique est la révélation de la réflexivité comme ici et maintenant, tout comme les grecs sont l’ici-même de l’unique monde, le « là » de tous les donnés) ; le créé ce sont les images dans le miroir en tant que ces images sont de plus en plus précises et donc certaines, ultra travaillées, susceptibles de recevoir plus ou moins le rapport du miroir lui-même, le miroir qui n’apparait jamais dans les images. Images veut dire signes et idées, représentations et nombres, pensées et paroles, tout signifiant qui fait-retour et ce par le re-tour de l’arc.

Ce que l’on nomme universel, soit donc la réorganisation de la société humaine via la pensée, l’universalisation (qui n’est pas l’imposition d’une vérité, universelle supposée, mais « que chacun ait sa raison » et qui va se dérouler en « que chacun soit la liberté », étant entendu que la liberté n’est pas le n’importe quoi, mais vaille en soi la pensée d’une part (se cherchant facilement dans les images-idées mais qui se convertissent, peu à peu, en idées-images, d’une image à l’idée il n’y a qu’un pas, qu’il faut franchir sans que l’image se supprime dans l’idée ; la réflexivité n’est pas l’imposition d’une vérité mais l’animation du monde, du relationnel, du corps, du moi, sa recherche qui garde toujours son immédiateté, cad son invention ; pour cela les deux siècles qui suivirent la révolution furent inventifs, créateurs, y compris dans la dite « société civile », qui s’est déployée dans le cadre constitutionnel) ;

ce que l’on nomme universel doit ainsi être compris comme introduction dans le circuit collectif de l’impensabilité ; de chaque conscience individuelle (qui se cherche selon l’individué pré-cité, le moi en poursuite du sujet, impossible, de sorte que l’on ne peut en aucune manière remplacer les mois par des sujets ; ce sont les mois qui s’orientent ou se désorientent vers leurs sujets ; désorientent aussi, parce que le sujet n’est pas de la tenue du monde, de l’immédiat et évidemment pas du groupe-langage-échanges ; il sort de toute ordonnance, constamment, c’en est devenu sa loi propre, pourvu que tienne l’universel cadre) ; on ne se réfléchit pas seulement dans l’universel, ce sont les sujets (cette structure sur la limite de la réalité, cad se tenant du réel non-étant, purement de l’exister seul) qui se visionnent via l’universel ; de ceci donc que quantité de mois se prendront pour des sujets (et ils ont mille fois raison), tentant d’abolir ou dépasser ou surprendre l’universel mais en vue d’une plus grande portée, étendue, extension de la réflexivité ; non seulement prendre, amener plus de réalités, de monde, de choses, de corps, de parties du donné dans l’orbe de la réflexivité (c’est pour cela que les sujets s’expriment et mettent en formes et cherchent la forme des réalités et du réel), mais aussi comme cet-être, l’arc de conscience, ne manifeste que de se créer, les sujets avancent dans le dépliement de la structure, du bord du monde, du corps, reculent la frontière interne et celle externe du donné là ; et proposeront des inventivités (y compris dans le libéralisme), c’est à cette fin que l’Etat hégélien existe … alors même qu’il se croit le savoir absolu on voit bien que le système hégélien, empli d’historicités et de devenirs, déborde d’explorations ; l’histoire n’est pas la réalisation d’un corpus défini (comme lors des temps métaphysiques qui se constituaient de la pensée, qui, par ailleurs pour sa part s’explosait en systèmes, sans répit), mais est l’ensemble des surgissements gagnés. Même le déliement logique est une aventure ; le savoir montre ce qui fut créé.

Et pour tous les mois comme pour les sujets, jusqu’à la cacophonie et le désordre et le désespoir et toutes les formes dures et difficiles du mal-être ; puisqu’ils existent, comme mois, par le tourment même, le tourment fait/partie de l’exister, l’exister est une difficulté extrême, douloureuse, et de plus cette douleur spécifique d’être une impossibilité, et une impossibilité non compréhensible, ce qui veut dire que la panique d’incompréhension s’ajoute ; l’être, le donné sont retournés-renouvelés par l’exister, puisque l’exister est cela seul qui existe et l’être le résultat, passager.

C’est donc non pas la raison ou l’universel qui se créent mais l’ensemble du miroir, mais l’ensemble du miroir en tant que chaque arc-miroir, un par un. Qui est aussi le Bord de la réalité, raison pour laquelle il ne peut se produire par la contrainte, et raison pour laquelle il doit, ou aurait du, trouver son propre trajet. Et chaque arc-miroir, un par un (ils ne peuvent existe autrement), tentent de d’atteindre, sur le Bord, et sur son propre Bord. Les images y transpercent presque jusqu’au miroir. Toute la technique, face à cette technologie réelle que sont les arcs de conscience et cette autre technologie qu’est le présent, toute la technique recherche les images (au sens susdit) qui reconduisent au miroir (dont l’occidentalisation est la description, la précision).

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Le Rapport dans le Présent

16 Juillet 2016, 16:03pm

Publié par pascal doyelle

Si la réalité est signifiée par le Un, il est impératif d’en prendre forme. De prendre la forme du Un.

On remarquera que c’est déjà et depuis toujours effectivement le cas. La suprématie du Un sur le tout ou sur la vison du Un comme Tout, consiste évidemment de ce que pour se réaliser, se rendre réel, le Un ne nécessité nullement le Tout.

Conséquemment il faut remarquer aussi que si le Un est ce qui est, il n’existe pas de Tout ; il existe des totalités, des touts réels, mais non pas un « ensemble général ».

Si le Un est, il est l’origine et la fin, et c’est la même. La même butée.

On identifie, ici, le Un au présent ; étant entendu que le présent est cela seul qui demeure, tout le reste passe. Ou donc les réalités sont les effets du présent, et l’arc de conscience (qui se distingue de se positionner sur le réel, le réel connu comme tel, « là », au-devant) est (et n’est que) l’articulation au fait d’exister, lequel, pour nous, est cela seul qui existe, le présent. Ensuite on peut supposer que cet exister soit ceci ou cela (une cervelle et sa neurologie ou une âme) c’est un problème de croyance en lequel on ne rentre pas ; sinon de ce qu’effectivement toute conscience, comme arc de conscience, est un décalage ; on n’est pas ce dont on a la conscience ; l’être de conscience n’est pas un « être », déterminé, mais un acte, et donc un rapport et que hors ce rapport, une conscience se définit elle-même par tel ou tel contenu, identité, représentation, mais n’est aucun de ces contenus.

Dire que l’arc de conscience est une chose neurologique, par ex, est absurde ; on peut, très largement décrire toutes les composantes de la cervelle, (et il le faut), mais on en peut de ces dispositions déduire l’arc de conscience puisque celui-ci se crée précisément d’engager un rapport au réel ; si il entame un rapport au réel, le dit rapport existe de fait, est un rapport et c’est en ce rapport que, par ex, on façonne une science neurologique, ou linguistique ; tout comme par ailleurs une idée ou image telle que l’âme. Le rapport est ce sur quoi paraissent les autres rapports ; ce Rapport d’un arc de conscience est celui dans lequel, dans le pli duquel naissent et disparaissent des quantités de rapports ; comme il est, en sa nature, en sa structure, purement et rien que rapport il est, de même, dans sa nature de produire des rapports.

Ou donc ; on construit des objets ; ou des images ou des représentations ; mais aucun objet ne remplace l’articulation qui construit ces objets ; ce qui ne nie pas du tout qu’il y ait effectivement (des tas) d’objets ou de représentations, mais seulement que tous sont relatifs à une articulation, qui elle n’est pas relative ; ce qui se réalise ce sont autant de contenus (ou de vécus ou de mondes humains ou de cultures) et de réalisations que l’on voudra et il en est des myriades, mais en tant que signes du rapport ; il est dix mille langages mais une seule sorte d’arc de conscience qui les utilise.

Et une seule sorte d’arc sur le sol d’un seul monde donné « là ». C’est à dire que cet arc posé sur el monde est dans le rapport au monde (c’est ainsi que la psychanalyse à parfaitement situé le réel de notre corps ; la pensée existe et elle veut des quantités d’intentionnalisations, mais il est un rapport natif celui au corps ; toute pensée aboutit au corps, est en quelque sorte une disposition du corps, une manière de se tenir comme corps, une orientation ou désorientation, une constellation sur la peau qui réfléchit, qui se tourne et se re-tourne ;nous ne disposons pas d’un corps « normal », mais d’un corps travaillé (également torturé) et œuvré, distordu certes en autant d’intégrités qui puissent se produire, mais ces intériorités sont une disputions à exister, au présent et ce présent serait-il indéfiniment recouvert par des mémoires et des temporalités, réelles ou rêvées.

Nous existons donc par ce-corps, disposé sur le sol du monde, et en état instable ou plutôt comme non stable (de sorte que l’on peut glisser de fait et structurellement dans l’instabilité) ; ce qui revient à dire que nous ne sommes pas tel ou tel contenu, telle identité, mais le rapport qui tisse en lui-même des plis et replis d’identités, qui se donnent pour réelles et concrètes (et qui le sont effectivement sauf que le réel ne se limite pas aux totalisations localisées, rien ne forme un Tout qui ne serait pas rompu et disloqué par l’arc de conscience ou le présent ; pour la raison que l’arc ou le présent sont originels et que rien de ce qui est produit dans ou par le présent ou dans et par le faisceau intentionnalisateur de l’arc ne remonte et qu’aucun ne s’impose par dessus l’originel ; l’originel est la source qui ne peut pas se recouvrir (de quoi que ce soit).

Relevons cette illustration ; le christique est un rapport ; du dehors on peut bien croire que les zozos qui croient en un corps ressuscité, etc, se figent en une identité, mais du dedans (que l’on y croit ou pas ne pas comprendre cela c’est ne rein comprendre du tout, et laissé le christique mais aussi toutes les religions, les pensées diverses, les intuitions et révélations comme lettres mortes ; chacun fait ce qu’il veut mais se priver de ces expérimentations, de cette richesse et diversités est absurde), du dedans le christique a créé dans le monde un rapport radical (à la racine et activiste à la fois), absolument neuf et littéralement Autre ; chacun est de fait exporté hors de lui-même à partir de on ne sait où (on ne sait pas le point externe qui expose là au-devant tout vécu comme naissance et déjà-mort ; ce que l’on est effectivement ; on sait que l’on va mourir).

Le dit rapport est l’altérité pure et dure ; il exporte hors-de. Si on veut le définir ou recouvrir de telle détermination, on se trompe (y compris les déterminations objectivistes, qui paraissent dans le champ du rapport et même expliquant ses compostions, neurologiques, linguistiques, etc, ne peuvent pas, ces objectivités, exposer le rapport qui précisément les crée comme sciences, ou comme religions ou comme idéologies ou comme psychologies, etc) ; on se trompe et on trompe les autres, parce que souvent le but est quand même que les autres soient pensés par telle ou telle identité … au lieu que la philosophie doit être comprise par celui qui l’emploie ; la philosophie crée que chacun soit en mesure de se saisir de ce qu’il aligne mentalement (sinon elle n’existe tout simplement pas, elle est rendue impossible d’être seulement apprise par cœur, ce qui n’aurait aucun sens du tout ; la différence entre tel ou tel corpus et celui philosophique, qui existe effectivement, tient à ce qu’il faut philosophiquement reconnaitre que « non ça n’est pas ça » ; la représentation y est mesurée à une intuition, impression, révélation absconse ou absurde, douleur d’exister ou impossibilité, illumination qui veut à tout prix passer dans le monde, mais n’y parvient pas ; de sorte que bien qu’effectivement réelle et ici et maintenant et ici même, et non pas « ailleurs » (auquel cas il manquerait des éléments et que l’on basculerait dans l’au-delà supposition, le donné « là » n’est pas représentable, ce qui engage chacun à se le re-présenter ; d’en obtenir l’expérience, ce qui est inséparable de la présence du corps : grec, christique, du rêve cartésien, nietzschéen, lacanien).

Si le réel est le rapport c’est tout aussi bien celui de l’arc vers lui-même (qu’il ne referme jamais, sinon il cesse, de là qu’il soit impossible), de l’arc au réel (arc étiré vers le réel là devant qui ne re-vient jamais le même, sauf qu’il re-nait constamment identique à sa forme indépendamment des contenus ; on est toujours conscience de (soi), cad conscience du rapport comme rapport, cad vide mais formel, structure effective sans rien), mais aussi du réel à lui-même ; le présent relance constamment le même réel, qui ne l’est jamais, le même; le présent est ce qui relance la détermination ; il n’est pas l’effet du donné- monde mais ce en quoi le donné monde est pris.

L’étrange forme du présent en lequel s’articule, se rapporte, non stable, non fermée, notre arc de conscience, est ainsi la manifestation ; « ça » se manifeste comme monde parce que le présent a engendré (ontologiquement et non comme étant lui-même une « matérialité » ou un donné quelconque) a engendré les effets ; le présent évidemment ne nous quitte pas … il ne quitte rien qui soit.

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Les effondrements de civilisation et le Bord-sans-mondes

13 Juillet 2016, 09:28am

Publié par pascal doyelle

C’est très curieux d’observer un monde qui s’enchaine dans la répétition ; et au fur à mesure du même cycle toutes les compostions se durcissent et se caricaturent.

On a créé un monde en soi ; il fallut peut-être 30 ou 40 années. Un monde total, avec des automobiles pour tous, des machines à laver, et l’apogée fut sans doute l’accès internet ; à partir de là le monde était complet, complètement réalisé. Evidemment il déchaussait déjà avant le net (cad avant la micro médiatisation, qui fit suite à la mass médiatisation) ; l’ascendant et le descendant se sont croisés, mille et une fois, c’est juste une montée et une pente statistiques. C’est une spirale enroulée, jusqu’à son début de forme parfaite, fin années soixante. A partir de là il va commencer de se caricaturer ; il se caricature pour (se) survivre. Debord par exemple nous raconte ce mouvement, il le devine, le lit dans la réalité.

Un système de vie complet s’est donc élaboré et il conserve sa logique, qui se renforce, se contrefait, se falsifie, et se rend de plus en plus impraticable, non viable, ce qui ne l’empêche nullement et il poursuit par exemple un idéal de croissance indéfinie (qui est intenable et prise dans un système de rétribution hérité non adéquat ; tout se rétracte dans un faux monde humain), ou une hiérarchisation très pointue tournant à la caricature, dont les fameuses inégalités sont un des effets, ou une méritocratie 19émiste, figeant les caractères et rigidifiant le relationnel objectif, enrobé de la cool attitude, le relationnel subjectif, et puis de moins en moins amusant, amusé, le relationnel objectif tendant à dévorer le subjectif ; inégalités cela signifie hiérarchie extrême ; ça n’est pas qu’il est un affaiblissement du contrôle social, et pourtant nous ne sommes certes plus au 19éme, mais il est une profusion discontinue de toutes sortes de contrôles intériorisés, qui obsèdent les individus parce que chacun demeure singulièrement attaché à la « valeur ».

En bref si l’on pense à soi on va s’envisager comme un moi, comme une entité particulière qui se veut singulière, mais est en réalité composée de tas de morceaux, d’un ensemble d’images et non du miroir, et non pas comme sujet (qui lui est singulier mais d’une façon tout à fait autre, qui n’a rien à voir avec celle du moi, c’est le façonnage de ce sujet que les grecs, le christ, les monothéismes, Descartes et Kant et Nietzsche et évidemment Sartre ou Lacan recherchent et qu’ils configurent, c'est le surgissement de ce sujet impossible que créent l'esthétique, le poétique, qui se voulurent un temps sacrés, que rêvait la Révolution comme idéal, par le politique, que se dessinent au travers de mille éthiques individuées d'orientation et de désorientation, arrachées au corps effarant). La plus déroutante rupture c’est l’échec de Rimbaud ; qui a tout usé, jusqu’à la corde et ce en quelques années. Le rassemblement de tout son vécu et de toute l’historicité en quelques phrases.

Autrement dit si on ne parvient pas à retrouver le sens originel de toute l’historicité dont nous ne sommes les doubles, mais de plus en plus approfondis ou défoncés, c'est selon, on ne renouera pas avec l’architecture fondamentale. Le rapport fondamental, c’est celui qui est caché par toutes les révélations, illuminations, traversées (aussi bien collectives qu'individuelles ou individuées, selon les mois ou les sujets impossibles). Celui qui doit parvenir à se dénouer, les doubles usés à détourer son enveloppe (ici l’arc de conscience lancée vers le réel, cad le présent ; vers et par le présent comme origine de tout).

Qu’il y ait originellement une orientation absolue se signale de ceci ; ce qui, en 25 siècles, fut réalisé. Qu’il y ait eu massacres, exploitations, aliénations, et en même temps révélations, créations, déploiement mondial c’est un fait. L’idée sous-jacente, ici, est que d’une saisie originaire on a créé, forcément, quantité de doubles, et qu’au fur et à mesure les doubles se sont à la fois concrétisés et appesantis ; au point que l’originaire s’est fondu en un monde ; et le dit monde concrétisé est tellement réel et certain que c’est celui-là qui s’est étendu à toute la planète ; ça n’est pas pour rien ou par hasard ou par puissance seulement que le modèle est devenu-monde ; c’est parce que c’est celui-là qui est, qui est, doit-on précisé, de la réalité du monde donné, naturel, humain, individuel, selon les corps et les cervelles, le relationnel et le sociétal. En somme il y eut un réel qui fut activé et c’est ce réel qui s’est déployé. Il ne sert à rien de prétendre que cette civilisation est une parmi d’autres ; elle est la seule et l’unique ; la seule et unique parce que c’est une a-civilisation ; elle n’est pas liée à un territoire, un peuple, une culture, un système familial, un structuralisme ou un groupe. Cette a-civilisation (cad qui est le contraire d’un monde donné humain, qui est a-civilisation de « a » privatif, négateur, absent) est celle du monde-donné réel.

Il n’est donc pas d’autre monde ou réalisation du monde, que celle ayant effectivement eu lieu ; il faut ainsi considérer d’une part une structure rendue active (par abandon de tout formulation en monde particulier, un par un ; les mayas, les chinois, etc) et d’autre part ses effets (l’a-civilisation, qui est passée par les juifs, les grecs, toutes sortes de cultures méditerranéennes, les musulmans, le moyen-âge chrétien et la renaissance, et le protestantisme, et la révolution, etc).

Sans aucun doute la transformation (la sortie de tout monde donné particulier) aurait pu se dérouler en reniant la violence et l’exploitation … D’autant que c’est bien ce qui fut dit ; de la loi juive au christ, en passant par la pensée grecque ; et qui ne fut pas entendu, à peine écouté en réalité. Mais la structure énoncée, rendue intentionnelle, est, elle, constitutive. Application âtarde de la structure : ce dont nous sommes en ce sens absolument coupables en ceci que nous n’avons pas su user de la structure de conscience ; nous nous sommes fourvoyés en demeurant soumis à la ligne de mort. La ligne de mort étant la montée au paroxysme immédiat ; soit donc l’exploitation de l’autre ou sa mort. Aucune autre stratégie de résolution ne fut réellement mise en œuvre, excepté pour quelques nations au cours du 20éme ; et c’est encore la ligne de mort, de destruction, collectif ou individuel, qui prévaut ; elle nous parait, à vrai dire, le sens même du monde (tout ce qui est dans le monde disparait, s’anéantit, excepté le présent, qui seul existe ; le présent est la forme au-delà de toutes els disparitions). Le sens même du monde, si l’on considère que le monde est le seul réel (ou comme dit ici si l’on croit que le monde n’a pas de Bord, ce qui est absurde ; le monde a forcément un Bord. Si le monde a un Bord, il vaut mieux, à tout point de vue, se consacrer par le Bord, plutôt que de s’enfoncer dans le marasme.

La structure rendue active (autour de la méditerranée) a démultiplié les moyens (puisqu’il prend le monde antérieurement et permet de soulever toute détermination), mais bien que le véritable moyen (non violent, non destructeur) nous ait été prescrit, nous nous sommes soumis à la ligne de mort du monde donné là. Si on désire selon le monde, comme on ne sait pas du tout ce que « le monde » ça signifie, on tombera toujours sur telle ou telle partie de monde, des morceaux (il n’y a pas de tout du monde, pas plus qu’il n’est un moi, et quant au sujet qui existe il est impossible, constitutivement), parties que l’on prendra pour le monde même (ce qui est absurde).

Et pareillement si l’on se condamne soi, si l’on définit son « moi » par telle ou telle partie de monde, on se scindera soi-même d’une incompréhensible manière ; on sera selon l’objet du désir. Et alors impossible d’y échapper. De désirer on est l’objet. Et donc on n’apparait plus, on disparait ; ce qui est le but recherché au fond ; non pas s’anéantir, bien que cela puisse y aboutir, mais disparaitre comme « n’ayant jamais existé » ; disparaitre, ne plus se faire face puisque, de toute évidence, lorsque l’on se fait face on obtient l’impossibilité du sujet ; il apparait alors que maintenir la dite impossibilité est la voie ; il faut trouver la voie… comme elle n’est pas, il faut en déduire le re-pli, et déduire le re-pli c'est toute l'élaboration de la mystique ontologique de l'occidentalisation.

A contrario, se tenant sur le Bord du monde, on n’a pas d’autre monde que celui-ci (sans doute on a pu figurer cet équilibriste sur le Bord comme çi ou comme ça), mais se tenant sur le Bord et ne quittant pas le monde (pour aller où ? puisqu’il est très clair psychanalytiquement que ça y revient, quoi qu’on fasse et insaisissablement, au corps, rien qu’au corps, et comme de juste au drôle de corps, au corps étiré vers le point d’attirance, le point structurel), se tenant sur le Bord on anime la réalité et ses plages de déterminations diverses, mais, pointu, à partir de l’externe. On n’atteint les réalités du monde, non dans l'objectivité qui caractérise les objets (localisés) mais comme objectité qui pense notre-être comme cet-être et éjecté hors du monde, perché sur le Bord et au plus loin ; ce qui veut dire en ne les atteignant pas et en en assumant l’impossibilité, puisqu’autre chose que le monde pointe au travers ; de même que le moi imagine qu’il profite de ceci ou cela, mais aucune détermination n’est intégrée, c’est seulement un rêve de bonheur incorporé. Et en particulier un rêve perçu du dehors ; dans le regard généré extérieurement ; sous le regard des autres, certes, mais sous le regard-autre (ce que Lacan trace au plus prés, mais Sartre également, ils se suivent) ; d’être perçu extérieurement cela nous confère cet être que nous n’existons pas du tout.

L'objectité est la positon de notre-être sur le monde ; l'objectivité est l'objet détouré qui ne fait pas monde (puisque "le" monde n'existe pas, il n'est que des totalisations limitées et non une totalité intégrale, tout est sous une certaine dispersion ; le Un, l'exister, ne fait pas le Tout ; le Un est la forme des totalisations dispersées, les réalités existent par le présent qui seul existe).

L’esthétique, le poétique, la science pour sa part, etc, tentent de nous tenir, un minimum, depuis le début, tandis que pour sa part on parvenait philosophiquement jusqu’à la pointe de l’exister, sans passer outre, parce que outre, il n’y a rien. Et limite, extrémité du monde que l’on commence à peine, et que dans la réalité on ne parvient pas à tenir ; puisqu’au fond concrètement c’est selon le moi, le monde, les déterminations de monde échangés et la ligne de mort que nous appartenons au monde ; le monde étant par nature destiné à disparaitre, cette évidence est incrustée dans toute la manifestation, toute la réalité, excepté que la fine pointe ne peut pas supprimer qu’avant, qu’antérieurement, ontologiquement (cad chaque fois que l’on a conscience de n’importe quoi) le miroir n’est aucune image.

La concrétisation c’est la densité ; l’extensivité grecque (la pensée comme variation intentionnelle, mais surtout comme machines intentionnalisatrices que sont les systèmes qui augmentent considérablement les différenciations du donné là-monde, sur la base du mécanisme de l’arc de conscience) ; l’intensité christique (qui opère, littéralement le « là » du corps en un-seul , lequel assume et assure le point de vue externe de toute existence, forcément au-delà, et sépare les consciences une par une sous couvert de les ré-unir, médiés, en un-seul) ; l’objectité de Descartes et suivants (qui présente là au-devant à la fois l’étendue du monde mais aussi notre-être transformé en cet-être, que continueront Kant, Hegel, Husserl, jusqu’à Lacan), et enfin donc la densité ; la réalisation réelle d’un monde (humanisation puis sa réflexivité interne la personnalisation, entrainant une surconsommation de tout le donné), et densité qui est concrétisation non seulement au sens de matérialité, mais aussi au sens de matérialisation ; l’intentionnalisme se transforme en choses réelles, en déploiement de signes concrets, et particulièrement sur le corps, transbordement de l’intentionnalité en matière, exposition au-regard de tout le donné et de toute l’humanité (jugement dernier en somme), soumission et difficulté du regard lui-même (de l’Autre comme regard ; de l’éthique ou de la morale que cela implique jusqu’à l’objectivation sous l’autre de la science ou de l’Etat, en passant par l’enfer des autres ou les libérations, du mouvement ouvrier à la sexuation, du relationnel aux dégradations individuelles, du mass médiatique dévorateur aux micro médiations).

Heidegger disait que les juifs étaient sans-monde, il avait raison ; c’est pour cela qu’ils se détenaient du Un, tandis que Heidegger imaginait, dans l’effondrement de sa pensée, une sorte de super-monde, une révélation somnambulique, autrement dit un délire, une imagination prise dans l’imagination même, et non une imagination qui serait tenue du Bord ; parce que c’est toute la différence, la seule qui soit, réellement en tous cas ; de où anime-t-on le monde ?

Or pourtant on voit bien que Heidegger approchait du lieu, mais ce lieu n’est pas dans le langage, ni d’un territoire et encore moins d’une « race » ; c’est l’ensemble de toutes les positions de tous les systèmes et de toutes les pointes avancées ontologiques, et de toutes les éthiques et esthétiques et poétiques, et mystiques y compris (puisque la structure est à la racine), qui dessinent le diagramme de notre situation.

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L’activisme du réel

9 Juillet 2016, 19:15pm

Publié par pascal doyelle

Il est très clair que malgré son effort principiel, malgré la structure stricte de son opération, la philosophie s’est pris les pieds dans le tapis, très continuellement, elle a cru ce qu’elle disait, plus ou moins ; peu importe en un sens puisque la forme active de la pensée, qui veut saisir ici même, ici et maintenant tous les éléments, constater le réel effectivement réel, même lorsqu’elle s’embarque pour tel out el rêve ou imagination ou supposition ou conclusion, la forme même de la pensée ramène au réel donné là ; on ne peut rien énoncer sans que cela soit activement constaté ; et par énoncer il faut comprendre « mettre en jeu dans le circuit intentionnel » et par constaté « qui soit effectivement positionnable par une quelconque conscience », positionnable à la surface du réel.

La question est donc ; qu’est-ce qui est situable sur le réel comme surface ? Étant entendu que la surface signifie « tout ce qui est effectivement là », au-devant. Et interrogeant ainsi la structure de cette surface comme présent.

Sur cette surface se dresse la verticalité ; il est un Bord du monde, du donné là, et il consiste en ce « là » du donné ; le bord le plus accessible est l’arc de conscience lui-même qui crée se décalage (entre l’acte de conscience et tous les contenus, par quoi nous ne sommes pas, de toute évidence, ce dont nous avons conscience, ni ce corps, ni cette humanité, ni cette pensée, etc, bref par quoi nous ne sommes rien de ce qui est, introduisant ainsi une distinction entre l’être, le donné là, et l’exister, le « là » du donné), le bord le plus éloigné est en vérité encore plus proche bien qu’extrême et ce bord est le présent ; le présent est traduction d’un fait plus instantané encore ; l’exister. Chaque point d’exister est parfaitement l’unique forme de réel. Que cet exister soit la borne ultime n’est pas indifférent ; le présent use les mondes et tout ce qui s’y trouve.

Qu’il soit le fait-même signifie que l’exister est antérieurement à toutes les réalités ; que ces réalités ne forment pas un tout, les réalités étant constamment brisées par le réel, ce qui se traduit par ; les réalités sont la mémorisation de l’activisme du présent ; et que la certitude du réel est assumé par le seul fait d’exister.

Ou donc l’exister est un activisme ; le présent n’est pas le résultat d’une activité, le présent est l’activité. Tout ce qui est, est un activisme absolu, cad radical ; à la racine. Ou encore ; ce qui est, est non pas seulement l’être, mais l’exister ; l’être se double d’un exister parce que l’exister est-avant l’être ; la forme avant le contenu ; de même tous les contenus de conscience sont seconds et installés par la forme de conscience.

Il n’est ainsi pas de sens, parce que sens est ici ; il ne va nulle part, il est lui-même « là où cela conduit ». Et pareillement le présent est l’activisme et en lui-même retour-vers-lui-même ; ce retour vers lui-même n’est en rien centralisé puisque le Un n’est rien, il disperse instantanément toutes les réalités, telles qu’elles sont ; il ne fonde pas une unité totale, ni n’avance vers une réconciliation ; la forme même de la manifestation est la dispersion, qui est constitutive du manifesté ; ceci lui confère son incroyable dureté, brutalité, voire sauvagerie ; le Un est ce qui fonde l’altérité la plus distinctive ; ce qui est distinct seul est l’altérité accomplie (rien de plus autre que « soi » que ce qui se distingue considérablement et de plus en plus des autres), et l’altérité veut dire « qui est le réel même », ce sans quoi il n’y a pas de réel.

Il apparait de la sorte qu’il est impossible de se réfugier où que ce soit ; si la forme est l’exister lui-même, qu’il est parfaitement formel, vide, sans rien, il est agissement intégral ; il est une transcendance mais elle est le Bord de tous les mondes (sans que l’on sache ni ce qu’est le Bord, où il avance, ni ce que sont les mondes, nous ne connaissons approximativement que celui-ci ) ; or cependant depuis que l’on a tourné le regard vers ce qui crée les contenus de conscience, on a remonté le long de cette limitation (qui est structurellement limitative, sinon elle ne serait pas ; la limitation n’est pas un défaut mais constituante de la structure ouverte ; la séparation, la division, la scission, le décalage exister-être, conscience-contenus est structurelle ; il n’est aucune unité ; ce qui fît « sens » dans l’occidentalisation ce furent des procédés qui permirent de creuser, de splitter, de découper plus avant encore ; le Un, dieu et le christ, le sujet, l’altérité s’utilisent afin d’analyser plus loin et plus strictement au fur et à mesure ; et tout l’ensemble n’est en aucune manière décomposition mais augmentation de distinctions. Il n’est aucune unité parce que l’unité est formelle.

Vouloir retrouver dans une unité de sens, une unité de contenus la forme seule activiste c’est tomber à nouveau dans le monde, le donné, le corps, le contenu ; il n’est aucune partie qui contienne le tout, et le tout lui-même n’est pas ; il n’existe que la forme qui poursuit les distinctions, mais la forme existe ; elle est douée comme dimension propre et sa description est toute la réflexivité instanciée depuis la méditerranée (et sous une autre forme en d’autres civilisations, qui voulurent être saisies de la forme au-delà du donné, supposer le décalage comme Autre ailleurs) ; le retour du regard sur le regard lui-même puisqu’il s’agit d’entrer dans la division radicale, travaille à même toutes les réalités (engendrant la réflexion) mais aussi élaborant et découvrant le réel pur et brut (la réflexivité) et découvrant comme le réel est en lui-même réflexivité par et dans le présent, puisque le présent est originellement « l’exister même ».

Vouloir retrouver l’unité substantielle dans la forme est impossible ; la forme n’est pas autrement qu’activisme intrinsèque ; c’est dans et par l’activisme absolu (seul ce qui existe, ce qui se suspend formellement, est de l’ordre de la perfection absolue puisque non composé, la composition est une boucle à partir du Bord mais non pas le Bord lui-même) ; puisque la forme est le Bord, c’est « se tenir sur le bord » qui lance notre exister ; le bord distingue l’avant et l’après mais l’avant et l’après du bord sont au-devant , c’est en ceci que non stable le réel est réflexivité, relancement instantané continuel. Sur la pointe qu’est le présent est la pointe de l’arc de conscience.

Non pas le présent comme simple fait résultant, mais le présent, comme on a vu, en tant que tout est supporté par celui-ci. Le présent est le Un antérieur à toutes les réalités, d’une part, et à toutes les actualisations structurelles d’autre part ; il revient à cette structure fine et impossible et sans être, qui se tient de l’exister, comme verticalité antérieure à toutes les horizontalités, tous les mondes, de complexifier, élaborer, découvrir / inventer son architecture sans épaisseur ; c’est en ceci que le devenir structurel ne passe pas par les contenus, mais les traverse et les utilise ; ce qui doit se montrer c’est que chaque arc de conscience devienne selon la forme ; une œuvre demande que l’arc de conscience qui perçoit transperce l’œuvre nominalement déterminée ; elle est le mouvement de restructurer la conscience que perçoit. L’esthétique et le poétique sont des apprentissages/actualisation/invention de la structure de l’œil, du regard d’intentionnalisation ; on en retient, en sa structure d’attention, le pli.

Le pli qui permet à chaque arc d’éprouver, comme un corps, le réel comme réflexivité, retour-vers, retour incessant vers la suréminence ; la suréminence du Bord.

De l’ampleur esthétique et poétique on remarquera l’impossibilité et l’instanciation unique ; on mémorise effectivement le pli, que le réel se présente « là » comme re-pli instantané, mais c’est l’œuvre et uniquement le surgissement et l’apparaitre de l’œuvre qui crée en notre arc d’attention la structure invinciblement plus que complexe, retorse. L’œuvre effacée, il nous reste le mouvement et rien que le mouvement ; il faudra à nouveau retrouver l’œuvre pour relancer le processus de structure. Et l’impossibilité en ceci que le re-pli disparait dont on ne garde que le lancement interne de l’exister ; l’exister est le continuel départ de devenir(s) possible(s). Un départ qui aboutit cent mille fois, mais re-vient au Même instantané.

L’impossibilité de garder l’attention structurelle (en dehors de la présence de l’œuvre même) c’est tout l’effort invraisemblable qui pousse l’occidentalisation à délimiter ce réel-activiste. A mémoriser en des technologies spécifiques ce qui échappe parce qui existe est à la racine et ne peut se représenter dans le monde, non par manque mais par excès ; l’excès est à l’origine et ne passe pas dans la réalité, il est le réel des réalités et notre structure spécifique est adaptée absolument au réel ; si le donné de par le « là » a inventé un mécanisme d’arc de conscience, c’est à cette fin et pour cette finalité inconnue. Et occidentalisation qui parvient à repérer, marquer, suivre et poursuivre le réel activiste ; non seulement parce qu’il a développé des sciences, du droit, de l’Etat démocratique, une énorme acculturation généralisée et en plus exportée sur la planète, mais aussi parce que la même sorte d’attention spécifique a pu creuser et avancer dans la structure ; dans le Bord du monde, du corps, et de la réflexivité comme Bord effectivement réel.

Lorsque l’on cesse de re-créer l’arc structurel, le re-pli ; qui implique un retour extrêmement dur, difficile, très incompréhensible, puisque le pli lui-même nous projette vers l’avant, et que l’on aime se saisir-de, alors que le re-pli, qui est une adjonction reverse, est d’être saisi par une altérité ; la structure de conscience est Autre pour elle-même, contrairement à ce qui peut sembler tout à fait rationnel ; à savoir « que l’on se sache implique que l’on se connaisse » ; que le conscient soit égal à la conscience, dont on a dit qu’elle était une structure sauvage, très brutale ; en fait la réflexion qui explique le donné (raisonné) le donné (immédiat) n’est pas la réflexivité qui faisant retour-vers non pas notre réalité (humaine, naturelle, langagière, sociétale, etc, toutes choses valables), mais vers notre réel (la structure de conscience et sa dimension) ; et la réflexivité se heurte tout à fait objectivement (mais comme ça n’est plus un « objet » mais l’articulation qui rend possible des objets, y compris des objets de désirs en fait mais on voit alors que objets de désir, ils reviennent vers le sujet impossible, cad que les objets sont impossibles et occasions de « quelque plus grand qu’eux-mêmes ») se heurte à un mur (le structurel même, d’une part et le réel d’autre part), la réflexivité n’est pas sous condition d’utilisation …

C’est pour cela que l’œuvre seule nous donne le saisissement, qui n’existe qu’à telle ou telle soudaine occurrence ontologique qui du Bord du monde exhibe soudainement « de la réalité » de plein fouet, de l’apparaitre résolument autre ; du monde, du corps, du vécu, et puis fondamentalement du virtuel, de l’arc de conscience virtuel (selon le principe que le « là » du donné et du donné là, l’être, comme idée formelle, montre, fait-voir le monde, le vécu, que ce soit la pensée grecque ou le christique ou le sujet ou l’altérité) ; et engendre l’arc insoumis et autre, sauvage et externe en chacun, autorisant chacun a acquérir son interne élaboration de structure ; les estéhtiques et les poétiques sont toujours plus que la représentation de soi du monde grecque (Socrate est banni/suicidé et la philosophie comprend qu'il se présente dans l'esthétique plus que le donné là, qu'elle perçoit à partir du rond-point de la pensée, de la démultipicaiton intentionnalisatrice, qu'elle est un maelstrom du regard quiva lancer la perception dans la structuration, la pluarlité des esthétiques et poétiques), plus que chrétien (l’hérésie menace constamment) , plus que révolutionnaire, plus que représentation de quelque groupe et plus que simple expression de l'humanisme ou du moi. Et si la réflexivité est plus-que c’est que par elle le donné là revient à partir du « là » du donné, cad à partir du Bord. Mais ce Bord il faut l’acquérir en s’y soumettant.

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