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instants philosophie

Husserl - Nietzsche -Heidegger

10 Mai 2014, 12:51pm

Publié par pascal doyelle

(Il fut donc exploré par les grands sujets mais aussi par les petits sujets (nous autres en tant que mois), et enfin par le sujet absent de la science le possible de cet être bizarre qu’est la réflexivité constituée (sur son vide structurel de conscience de la conscience, de cet être étrange) la possibilité qui lui est ouverte.)

Les grands sujets

Outre que Husserl discerne enfin ce que c’est que l’activisme de notre être, de cette simplement conscience qui est, c’est ce foyer incontournable que situe Heidegger en le désignant « là », parallèlement Nietzsche s’en saisit au plus haut de sa performance en tant que survolonté ; volonté de la volonté ; ce qui n’est pas une absurdité ; ni un trait idéomaniaque (qui montrerait en épingle une propension par illustration d’un vitalisme bas de gamme). C’est le creuset de notre situation et de notre situation ontologique.

Il faut bien utiliser les paramètres de la philosophie pour définir ce qui est en jeu. Ce qui parait description d’un « là » ou d’un « être » que finalement on cernerait comme contingent (un corps animal qui croit se « penser », quelle fatuité sirai-on), doit à l’inverse s’admettre comme réellement le descriptif de son être dans le réel. Autrement dit Husserl détoure et isole l’activisme efficace, l’effectivité, cad ce qui porte à conséquences et effets bel et bien réels et agissants. Heidegger approche réellement ce que nous sommes en un tel « lieu », Nietzsche pousse cet être au plus loin de lui-même et manifeste, exprime, et nous foudroie de notre possibilité (ce qui est extatique de la moindre ligne nietzschéenne, il transporte notre être sur un plan in-connu, inconnu par essence).

Ce qui semble par ailleurs la constatation d’une déréliction, d’un non sens, d’une perte idéaliste intentionnelle (Husserl ne récupère jamais l’idéalisme des contenus de conscience ; il croit que le sens est ce qui se réfléchit dans l’activité de conscience, mais en réalité c’est la réflexivité même qui se travaille et qui se produit comme réseau de faisceaux intentionnels, dont les contenus sont les tremplins, les moyens et non l’inverse). Ce qui parait un contrecoup mortel qui met à bas la pensée philosophique et anciennement universelle, est en réalité sa plus extraordinaire percée ; parce que la logique de la pensée philosophique n’est pas l’universel qui est un de ses effets, mais que cette logique est bien plus proche de celle de Nietzsche (qui pressent qu’il représente absolument la pensée même, qu’il le sache ou non et est la plus formidable reprise de la réflexivité philosophique, mais l’ignorait-il qui affirmait tant et plus qu’il inversait la philosophie même ?).

La volonté sans raison

A savoir que la réflexivité, en quoi consiste notre être, se veut. Et se voulant, et n’étant rien, elle pousse à être. Notre être est l’activisme, quant bien même désespère-t-il ici ou là de sa potentialité, il est la puissance même. Nietzsche a parfaitement raison de signifier son innocence d’une part (aucun contenu ne préside sur la conscience, elle est nue, la force est immédiatement « se voulant ») et absolument raison de lui accorder que dans le plus grand drame, le plus désespéré, le plus douloureux, elle se réjouit ; parce que c’est à sa mesure, et qu’elle se garde elle-même et maintient les contenus en dessous d’elle. Il a raison de proposer que la volonté est redoutablement complexe, et ça n’est pas le plus démonstratif de force et de puissance au sens commun qui vaut ; la valeur est cachée dans les tours et détours de ce que veut la volonté, (ce qui est aveuglant si l'on remplace volonté par conscience outre le conscient) et qui est rien moins qu’évident ; la conscience se véhicule dans des contenus retors et qui réclament une interprétation, qu’ils ne se livrent pas tels quels, puisque la volonté comme la conscience est finalement le plus irrégulier, fragile parce que subtil, et de plus non apparente telle quelle, etc.

La volonté de la volonté, cette absurdité qui parait ne rien signifier, porte au contraire la réjouissance majeure de ce qui ne rend compte de rien parce que cela tient le compte le plus radical. Le compte impossible. Celui qui ne peut pas être calculé consciemment, (selon la raison ou la raisonnabilité ou l’objectivité, des sciences ou l’objectivité simulée de la philosophie égarée), mais parce que ce compte est l’activisme même de conscience (qui n’est pas le conscient).

Il fallait que Nietzsche inscrive cette performance radicale en tant que « volonté qui ne sait pas », qui veut seulement, qui s’existe antérieurement à toute considération. Il le fallait parce que cette figure seule montre que nous surexistons, oui, mais que l’on n’en sait rien du tout…

D’où la tentation de disposer Nietzsche comme pensée magique ; elle ne sait pas, mais elle réalise. De où ? En réalité Nietzsche est la remontée dans la conscience de soi (de la conscience) de son mécanisme même ; il exprime, met en représentation le potentiel pur et comprend bien que ça n’est pas le conscient. Ça n’est pas une pensée mystique mais la description de ce mécanisme retors. Certes qui se figure comme « volonté », mais qu’est-ce que cela la volonté nietzschéenne ?

Sans doute est-il dans l’erreur de ne pas voir que cette volonté (vitaliste ? non pas, elle est ontologiquement définie, Nietzsche est un philosophe et il ne parle pas autrement que selon et par la philosophie même) est ce qui est nommé « conscience ».

De même que Husserl ne voit pas que l’intentionnalité tourne à vide et pour rien, parce qu’elle est telle qu’elle est, une forme élaborée à partir de la conscience. Ses contenus sont des moyens et non pas à la pêche de vérité. L'intentionnalité est le réseau tissé de conscience. La conscience est le mécanisme, dont intentionnalité devient dans son élaboration au travers de contenus spécifiques, la machinerie.

L’étrangeté de notre être

Comparativement on pourrait juger que les explorations de la structure de conscience sur son être, (que Heidegger transformera en observation sur cet être dans son « là », objectivement décanté), aboutissent à un monde qui n’est plus un monde, mais un univers insensé. Que l’on est loin de la raisonnabilité et de la pacification généralisée que réclame l’universalité, l’humanisation (qui existe sur et par cette fondation universelle). Mais en réalité c’est un approfondissement réflexif fondamental ; l’être réflexif (la réflexivité comme étant cet être et non pas comme étant un « être » se réfléchissant, lequel ? L’animal langagier, l’animal raisonnable ?) acquiert la conscience de sa position ; ce qui se cherchait depuis Descartes. Depuis que Descartes nous pose là, sur l’étendue du monde universel, planté comme un clou.

La position de cet-être (cette singularité qui ne ressemble à rien, au sens strict) est cela même qu’Heidegger veut saisir, décrire ; son être « là ».

Il faut donc comprendre ceci ; lorsque Husserl et Nietzsche s’emploient à accélérer la description de notre être, ce dont on prend conscience, on en prend distance ; dans cette distance notre être est, pour les suivants (Heidegger, Sartre et Lacan), posé « là ». C’est le « là » en lequel se refond cet être qui pose question ; c’est le là qui doit être élaboré, reconstruit et ce ontologiquement, cad pensé. Puisque la philosophie seule peut produire une représentation de l’impensable. C’est en ce point là qu’elle se situe, se condense.

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L’objectivité et au-delà

8 Mai 2014, 08:30am

Publié par pascal doyelle

Il est par ailleurs impossible, comme dit, de laisser ces devenirs pluriels à une contingence quelconque ; une sorte de conglomérat de déterminations arrangées de tel ordre arbitraire ou négligeable. Parce que la compréhension consiste à placer l’intellectivité de ce qui est, au niveau où cela s’existe ; si notre être est indéterminé (il absorbe de fait toute détermination à sa portée et celles qui lui manque il les invente), on ne peut pas lui substituer une prédétermination que l’on situera qui dans la nature, qui dans le langage, ou dans la logique des groupes, ou dans le corps, etc.

C’est à partir du rien, mais du rien structurel, que les réalités sont pensables adéquatement ; on remarquera alors que les pensées suffisantes, adéquates, sont celles qui ne se précipitent pas à définir « ce par quoi l’on pense ». on se référera à l’idée du bien de Platon, au un de Plotin, à l’esprit sujet de Hegel (qu’est ce que cela peut bien être ??), à la volonté toute formelle de Nietzsche , etc.

Dans ces unités super éminentes on serait peut-être tenté d’y placer le mana ou quelque formule éthérée, mais réellement le bien ou l’esprit hégélien sont cela même qui structure la pensabilité. Ici encore l’activisme de réflexivité ne se place pas comme une unité béate antérieure, mais comme le bout du bout de l’architecture intentionnelle ou donc inversement comme ce qui rend possible, origine, si absurdement en un retour effarant, les développements accumulés en dessous ; que le bien surexiste implique que les idées soient (soient l’augmentation de la visibilité du monde rendu à lui-même, à sa forte distinctivité par essences, qui hors les idées n’apparaitrait pas).

Il est absurde de réduire le bien (ou toute faitière architecturale semblable) à une figure dissimulant l’être ; c’est cela même qui permet qu’il y ait une visibilité de ce qui est, qui autrement se perd dans une détermination qui sacrifie, inadéquate, des pans entiers de réalités en plus d’ignorer l’unification plurielle mais une parce que formelle, qu’opère notre être sur tout le donné gigantesque.

Or si l’on suit le procédé général qui consiste à placer au-delà de la pensabilité cela qui rend possible cette pensabilité, on aboutit toujours à une tautologie (apparente donc comme vu) ou à un blanc sans visiblité, par quoi l’on invoque l’œil qui perçoit mais ne se voit pas lui-même. Ou encore on s’épuise à croire être en mesure de déduire la pensée, de transformer donc la lumière en tracé objectif, alors que hors de la lumière tenue telle il n’est plus que l’obscurité, divers aveuglements limités.

Cette prédétermination qui parait intrinsèque à la raison, la rationalité, l’objectivité, les mathématiques, continue de tenir l’objet ou l’objectivisation ou l’objectalité comme le summum de l’apogée définitive. Elle voudrait se saisir là devant de ce qui est. C’est qu’un tel principe admet implicitement ou clairement que la raison ou la pensée froide, nait (on ne sait comment) dans un sous être, une sorte d’animal humain doué d’un peu de raison, bien que l’on ne sache pas trop ce que cela signifie, qui doit s’élever, s’efforcer de ressembler à ses pensées, à sa pensée, ou une espèce d’animal contraint sous le rouleau de l’universel qui n’existe pas du tout comme individualité singulière, laquelle décrète-t-on est impensable et donc non existante selon ce critère abstrait, ou encore un être psychologique, animal parlant, parlêtre, et la vérité toute extérieure l’abreuverait comme un tel animal, cqfd.

On ne voit pas ce qu’il y a de démontrer de la parousie la Vérité (mathématique, universelle roide, universalité inerte et abstraite, objectivité).

On voit plutôt que la vérité est énoncée d’un point qui se sait, et qu’aucune vérité énoncée n’est susceptible de convaincre ce point individué, sinon d’une arme sur la tempe ou d’avaler un antidépresseur, ce qui est de la triche flagrante, ou de longues très longues séances de psychanalyse qui vous convainc que votre sujet inconscient vaut bien mieux que votre petit moi étriqué (ce qui par ailleurs mais autrement est peut-être à demi vrai). On remarquera que la Révolution cet idéal en sautoir, qui prétend annuler la révolution unique réelle (qui eut lieu partout, ou s’y simule affreusement souvent), est équivalente à la Vérité, objective, remplaçant le pauvre animal éberlué, par la chose aliénée, et pour qui la dite révolution pseudo universelle ressemblera aux abattoirs.

(La révolution unique est celle réelle qui ne fut pas voulu décrétée, mais s’est imposée réellement dans l’historicité réfléchissante et dont on ne peut pas y substituer une pseudo réflexivité).

Puisque l’on pose au préalable le pauvre animal tronqué qui n’est rien sans la clarté éblouissante de la raison, des mathématiques ou des objectivités, il est clair que l’on ne songera pas ramener la Vérité à un être plus demeuré, plus misérable qu’elle.

Le problème est que la raison vérité ne peut pas se fonder, et que le sujet n’est pas l’animal langagier (ou variante). Ce qui s’est imposé ça n’est pas la raison, mais la réflexivité ; soit donc à la fois la pensée digne de ce nom et le libre pur d’un sujet qui est autrement consenti et performant que toute dérivée théorique ou abstraite et surtout qui dénote totalement d’un être psycho-physiologique. Quelle aberration si l’on ajoute que le sujet n’est rien que le corps lui-même, mais qu’il est entièrement sujet et absolument corps, qu’il est donc une assomption fondamentale qui transmute le corps lui-même.

Mais un corps tout autre.

Et donc la réflexivité n’est pas la réflexivité d’un être sur lui-même, mais la réflexivité est l’être lui-même ; notre être n’est pas autrement qu’en suspend indéfini. Mais cet être en suspend est. Il relève d’une certaine nature de ce qui est, d’un mode d’être de l’être (ce qui plus incline à devoir penser l’être lui-même selon cette révision ; si il est au moins un être, très bizarre, qui est supporté par l’être en général, quel est la logique de cet être général, qui est au moins aussi étrange).

Si il est un être bizarre dans l’être étrange, et que cette bizarrerie et plus loin étrangeté, ne cède absolument pas sur la cohérence, (c’en est même l’originel, tout purement), cet être bizarre est ce qui a tramé sous couvert de notions, d’idées, de systèmes, de constructions, une visibilité de sa structure mais qui également a élaboré ses ramifications intentionnelles (vides, sans contenus, par delà le idéalismes ou les matérialismes, les subjectivismes ou les objectivismes, les domaines tels l’esthétique ou la politique, par-dessus l’humanisation à fondement universel ou la personnalisation à fondation du libre pur), et ce système est lui-le réel.

Puisque l’arc réflexe interne à la cervelle donne sur la réalité « là », est l’accrochage de cette cervelle à l’externe, au grand dehors. De même non attaché essentiellement à la raison, ni même à la pensée (bien que pensée rende bien mieux compte de ce que grec signifie), ce qu’il manie est une structuration du donné ; ça tombe dans le « là », la conscience. Ça débouche dessus. Et il devient impossible de lire même les dérives apparentes vers dieu ou vers le ciel de l’idéalisme ou l’éprouvant engouffrement idéaliste allemand autrement que comme une telle exploration rigoureuse et précise de cette articulation même ; ça ne parle pas de contenus mais de mouvements vers, vers la saisie impeccable de notre être en son mouvement même.

Pareillement il est rendu à rien de croire constater le drame de la cohérence en Nietzsche ou Heidegger ou structuralisme divers, dont finalement la neurobiologie ou autres sont des variantes ; Nietzsche ou Heidegger maintiennent la cohérence et c’est uniquement que celle-ci ayant atteint l’être là de notre structure, cherche en fouillant sa pesanteur (H) ou lance fondamentalement une fusée au travers de tous les donnés (N).

Si notre être est la réflexivité telle quelle (sans qu’elle soit la réflexivité d’un « être » sur lui-même, la réflexivité "est" cet être), ça n’indique pas platement du tout une raison ou un corpus d’idées, mais un attelage forcené.

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Le devenir pointu de notre être

7 Mai 2014, 17:50pm

Publié par pascal doyelle

Il faut donc placer d’emblée qu’il y eut l’émergence de notre être.

Ce qui s’impose au travers des deux modes (grecs et chrétiens et affiliés) et indépendamment de ceux-ci (qui en sont les effets), c’est l’être réflexif ; autrement dit notre être en tant qu’il se sait purement et simplement face à face, et qu’alors de cette représentation, il s’accélère.

Il existait auparavant mais cette fois il se rencontre et se veut.

Déroulant toute sa capacité il crée une acculturation gigantesque, hors de tout monde particulier, ayant accès au monde unique, de même qu’il se sait tel quel en tant que l’être de toute humanisation, quelle qu’elle soit et quel que soit son monde, et ayant affleuré, cet os, au centre de l’historicité, sur quoi il devint possible de prendre appui. Acculturation qui au travers de déploiements continués, se cristallise comme universalisation et humanisation, puis comme libre pur et personnalisation.

Ceci repose en somme sur l’hypothèse que ce qui se parle en tant que réflexivité, n’est pas une idée ou une représentation (et donc ne dispose d'aucune intériorité ou contenu ou essence ou idéalité ou raison ou esprit ou logos, laissons tout cela), mais qu’il s’agit de notre être même comme structure, arc boutée sur le réel. Il se parle et se figure lui-même comme pensée ou comme dieu du retour vers-nous, et ce en un arc réflexe aigu qui empêche que l’on réduise cette pensée ou cette singularité christique à de simples énoncés. Mais à rebours qui pousse à les comprendre comme signe et orientation vers la structure dont l’un et l’autre sont des effets, ses développements, que ni les grecs, ni le christianisme ne figent(ce qui se voit suffisament de tout le devenir ultérieur, et qui vaut ontologiquement).

Si c‘est notre être qui apparait en s’apparaissant (son expression, sa représentation dans la pensée, accélère et précise et augmente et amplifie sa capacité même, puisqu’étant réflexivement, lorsqu’il se sait, il se démultiplie indéfiniment), tout ce qui suivra cette apparition ne cherchera pas la vérité ou le sens des choses, mais épuisera vérités et significations, en les redoublant ; autrement dit l’apparition de notre être (réflexivement face à soi) dépasse toute vérité et toute signification, car puisque cet être est, c’est sa structure qui se dénude, se dépouille au fur et à mesure. C’est son déroulement même qui est « ce qui est » ou le sens de notre existence.

Cela implique donc que nous nous vivons non plus par telle vérité ou par telle personnalité, mais en tant que principe de vérité ou principe de l’être libre, et que tous les contenus ou tous les choix postérieurs ou conséquentiels sont seconds ; principe de vérité (ce qui n’est pas la détention de la « vérité ») et principe de liberté (ce qui ne commande aucune autre morale ou éthique ou politique ou inventivité que celle du principe de respect du libre pur de chaque conscience) sont l’épaisseur transcendante, non existante (qui n’existe pas comme le monde ou la détermination), incompréhensible, insituable, impossible, l’épaisseur même, le poids, l’exigence, la possibilité de ce qui est vécu, pensé, organisé, inventé, créé.

En quoi donc vérité formelle et liberté formelle s'augmentent de leur possible réel (le formel est le réel).

Ou donc nous sommes déjà existants du pur système formel général. Ce système général est la méta organisation qui s’est mise en place. Les contradictions philosophiques ou ses impossibilités apparentes ou les devenirs politiques (en exemple il est clair que se jouera pour nous la qualification politique de l'économie tôt ou tard), ou les acceptions éthiques ou les explosions esthétiques dessinent une conscience vide structurelle valant en et par elle-même, un corps supplémentaire, un devenir fulgurant, puisque toute fulgurance de conscience se dresse et remodèle, renouvelle constamment par ses précédences la structure elle-même.

Puisque notre être apparait (en se faisant face dans la représentation de la pensée ou du sujet), ce qui s’élabore travaille la densité matérielle et déterminée réelle (l’esthétique fait voir, sentir la performance du réel lui-même, par exemple), parce que dans ce travail à même « ce qui est », s’élabore l’architecture intentionnelle par laquelle notre être émergent tricote son être intentionnel vide et formel. Chaque élaboration trame le tissu intentionnel et plante des points d’attirance de conscience sur la surface du réel. Ceci produisant ce que nous nommons œuvres ou vérités ou libertés et décisions ou politique ou personnalisations concrètes (le moi est une production réflexive en plein).

La représentation de notre être par lui-même (étant réflexivité et se tenant auparavant de tel monde ou tel groupe humain, étant réflexivité donc il n’est pas étonnant que tôt ou tard il se prenne pour cible et visée et organise sa propre visualité de son être), soit comme pensée soit comme réflexivité en singularité (chrétienne et affiliés), produit donc non seulement quantité de vérités et de libertés (tout cela se multiplie sous la puissance de la structure), mais également est cette flèche lancée qui crée sa propre architecture intentionnelle. dont on ne reçoit que les résultats, mais résultats qui en réalité ne tiennent que des points d'attirance.

L’ensemble formalisant un système en acte, ce qui vaut pour l’esthétique, éthique, politique, idéel (connaissance), mais tout autant pour la philosophie ; ses plus extrêmes pointes, aussi éloignés paraissent-elles de la « raison », la rigidité caricaturale dont on la recouvre, sont effectuatrices. Ce sont ces tracés obtenant les plus fines avancées dans le réel, qui réévaluent et remodèlent le tissage qu’est cet être de conscience, d’architecture arcboutée sur les performances dans la réalité même.

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Le moi par le bon bout de la conscience

4 Mai 2014, 13:07pm

Publié par pascal doyelle

La dynamique intérieure et interne à la personnalisation.

Dans la mesure où le langage est ce qui balise la cervelle, et comme le langage est extérieur, il est reçu de l’autre, le langage est dans la cervelle ce qui monte tel ou tel data stocké dans la cervelle ; en attirance à l’extériorité. Ce que la cervelle ignore ; elle est dans son milieu, dans son monde et il n’en est pas d’autre pour elle ; elle rêve, et même ce que l’on retient du rêve est probablement autre chose (de balisé par des mots, signes, traits, etc) que ce qui est « visualisé » par la cervelle.

Mais le langage n’est pas tout ; le langage est lui-même un rapport, au donné là, à l’actualité des réalités qui arrivent, et c’est plus qu’essentiel, crucial ; que « ce qui arrive, le danger, la difficulté » s’imposent au-delà du langage. C’est fait pour cela ; le langage ordonne l’action commune (des autres) mais face au danger, sinon ça n’aurait aucune raison d’être et de toute manière ça ne survivrait pas. Ça n’est donc pas le langage qui structure, enfin pas uniquement.

Ce qui prévaut sur le langage, le conscient organisé, l’inconscient, la cervelle, c’est l’articulation perceptive du danger (cad de l’altérité, ce que l’on ignore d’une part mais aussi ce que l’on ignore radicalement ; la cervelle, où nous sommes à l’état rêveur, est prise de panique à la vue d’un réel externe, elle ne sait absolument pas du tout « ce que c’est », ça ne rentre pas dans son stock immense d’informations). Et cela ne se réalisant pas comme une organisation (on ne sait pas ce qui va se pointer et nous menacer), ce nomme la conscience de, qui est seulement formelle, cad attentive. Attentive à ce que la visualité du donné corresponde ou non à la mémorisation de cette visibilité. Et d’une manière générale, l’articulation de conscience n’est pas « noté », mémorisée, elle joue évidemment de quantité de repérages (dans les mémoires, la cervelle, les gestes du corps, le langage, les autres et l’organisation de l’action commune, etc) ; sauf que la conscience ça jette un regard, un pont vers le donné là, dangereux, autre, non connu, inattendu, c’est son travail, sa fonction même ; qu’elle soit disponible pour, n’importe quoi.

De fait elle puisera toujours dans le connu ; où irait-elle rechercher des repères, des cartes, des schémas de réalités ? Mais qu’elle les rassemble ou que cela se rassemble, lui marque bien qu’ici ou là, ça dénote, ça ne colle pas ; elle se doit alors de rassembler autrement.

Cette pure fonction vide (condition de notre survie, de notre mouvement, de tout devenir) est articulée au réel donné là. On ne sait pas ce que c’est. De sorte qu’elle prend effectivement des tas de formules ; une conscience peut bien devenir, s’emplir de l’autre conscience ; de ces possibilités là signalées par tel mot, tel geste, tel ce que l’on voudra ; preuve que ça ne passe pas uniquement par le langage.

Là où le langage joue, c’est que balisant les masses, les mers intérieures de la cervelle, il est concrétion ; dans un mot ça se concrétise. Mais comme il n’est pas tout (toute l’organisation des dispositifs), il y a un moi.

Le moi se tient du langage mais comme d’un outil (et non comme si cet outil était son essence, le langage est une fonction, absolument essentielle comme on voit, balisant, mais lui-même repris dans un mouvement ; comme si la réalisation humaine si complexe se limitait à un seul tenant ; c’est un ensemble de dispositifs, dont l’articulation de conscience dit « je suis du côté du réel là » non connu, toujours non connu, l’externe est autre radicalement, on ne sait pas ce qui va se passer, arriver).

Le moi est une identification dans la conscience (en tant que la conscience qui est externe et dispose d’un point dans le réel, un autre aimé ou détesté, un objet complexe, une conduite, un mot, une couleur, etc, un objet, a, en général qui fait office de réalité ; par quoi la conscience produit la dynamique du moi, que le moi est un processus, non un « être », et la personnalité est une personnalisation), mais rien de plus ; ce dont le moi est une identification (qui pourrait être tout à fait autre, puisque un-tel dispose d’une autre personnalité, il n’en est pas moins conscience-de), est une synthèse immédiate (qui prend l’immédiat, mais qui est absolument complexe et tordue et retordue, c’est le vécu qu’elle, cette synthèse admet, le vécu, la réalité, qu’elle soit traumatique ou non, peu importe, mais la réalité en tant qu’articulée par la conscience à un « là » spécial, un point externe attirant qui met en branle tout le système des dispositifs).

Cette identification se croit être « ceci », cad un-tel ; ça se noue là en cet être que je suis pour moi ; mais cet identité est immergé dans tout le reste. Elle fait fonction de synthèse localisée vers un point externe (articulé comme conscience de, ce point), et lie ensemble la cervelle, le langage, le corps, qui sont synthétisés (il faut bien que le moi s’en incorpore une nomination ; « je suis moi » provoque la montée vague ou précise de son identité, et ce moi il le placera dans des phrases, des gestes, du corps, des projets, etc, ça fonctionnera comme une … fonction).

Cette identité fonctionne ; elle est dynamique ; son articulation au réel est la conscience, fonctionnelle, relativement à un moi qui synthétise l’ensemble des dispositifs (afin d’en produire un idée-image représentative mais très limitée ; elle ne comporte évidemment pas tous les tours et détours de langage, d’inconscient, de conscient, de corps, etc ; ce serait ingérable). Cette synthèse limitée (par nature non par manque), laisse ouvert qu’il y ait un sujet ; cad une conscience qui de sa fonction simple (de jeu entre les dispositifs) se prend pour Une … c’est un pari, on ne sait pas ... on ne sait pas où ça mène ; c’est ouvert et demi existant par définition (et non par manque), et ça vise on ne sait pas quoi, mais au moins ça agit, ça accélère, ça élabore même (la philosophie est l’élaboration en conscience et non pas consciente (on peut être conscient de tas de choses, mais on n’est pas forcément conscience de la conscience … ça, ça déborde, de la fonction simple à la volonté d’y être en conscience).

La psychanalyse à toujours cru que la philosophie pensait à partir et vers le conscient ; mais c’est faux, la philosophie est l’articulation de conscience par la conscience, non du conscient vers le conscient. On a donc ; corps, cervelle, inconscient, langage, conscient, conscience ; la conscience est une articulation autre dans l’altérité radicale du « là », du réel. Le moi est à mi chemin de tout mais essentiellement de l’inconscient, du langage-conscient, de la conscience là dans le là du monde ; il en symbolise, subsume, réduit, ramène les dispositifs à une identité.

Ce qui donne l’impression à la psychanalyse (et aux critiques ou analyses caricaturales ou systématiques de la philosophie) est la fascination du résultat, d’un « résultat » ; Platon ce sont les Idées, etc. mais dans le texte même ça passe, ça se meut, ça bouge et ça pousse vers ; il n’est pas de résultat philosophique, mais il est la monstration, la monstration du mouvement lui-même ; voila ce que c’est que « penser », si vous voulez comprendre, faites de même ! On ne peut pas penser à la place de. De ne pas voir comme ça se meut, la pensée ou la réflexivité ou la réflexion sur la réflexivité, ou le sujet comme articulation réflexive et non pas « substantielle » (le sujet de Descartes est absolument insituable, mais il est, il le dit et le montre).

C’est que la psychanalyse pense le moi, non le sujet (il est toujours un moi avant le sujet, et le sujet est bien peu stable, évidemment, et il est impossible de remplacer le moi par son sujet, qui existe à la périphérie du possible de structure formelle, il n’y a réellement que des mois, et pas de sujet ; sauf que si… il est et travaille, torture la cervelle et le moi vers le réel seul).

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Histoire philosophique du Réel

1 Mai 2014, 09:16am

Publié par pascal doyelle

L’activisme de conscience (ce en quoi nous sommes attelés, en tant que mois, en tant que personnalisation mais également comme processus collectif qui a nom de démocratie) se situe à la périphérie de notre réalité, et constitue notre être.

C’est en tant que nous intentionnalisons que nous réalisons, par cette fine pointe qui doit s’élaborer un corps perceptif plus grand que le moi, que la réalité se tisse d’un réel.

La pensée come intentionnalisation hors langage

Le début se dénomme lui-même philosophie et commence par la pensée, comme mise sous tensions non pas des idées ou des pensées, habituellement conçues, mais en tant que penser cela revient à élaborer l’intentionnalisation, le tissage réflexif qui tient par de petits bouts par-ci par-là et attire les réalités (extérieures ou intérieures) afin de les désengager du groupe, du langage, du conscient ou de l’inconscient, des mondes particuliers ou des corps immédiats, puis ensuite, par Descartes de passer outre l’acquis lui-même et de subvertir tout ce qui fut conquis par les grecs et le christianisme et affiliés d’autre part.

Les grecs ne produisent pas seulement la pensée plate et objective, mais la réflexion sur le mot, sa mise en jeu dans un système intentionnel vide et formel. Inaugurant le grand système formel de la réflexivité, de la réflexivité sans contenu, qui exporte et expose tout au devant, dans l’être précisément, comme surface neutre. Que l’être soit la pensée (intentionnalisation extrême qui reporte le langage et le groupe et la perception et le corps, etc) veut dire que c’est par la reconnaissance de la réflexivité par elle-même (il faut se formuler des idées qui s’éclairent entre elles et portent au jour notre possibilité intentionnelle qui n’était compris ni dans le groupe humain, ni dans le langage), que celle-ci s’engage à produire sa propre dimension ; qui n’existe que dans l’effort de l’accomplir, (et ainsi de parfaire la réalité dans la compréhension vivante, cela se donne pour telle pour les grecs) et qui se situe au bord, à l’extrémité de la réalité et se nomme le réel, cad l’être. Ça n’existe, n’apparait que de la pensée tendue qui crée les passages, les idées (qui sont rapports hors sol, hors localité).

Le redoublement intentionnel pur de Descartes

Avec Descartes le monde bascule doublement ; il valide tout le précédent, toute la pensée précédente, (ce qui se reverra avec Hegel) mais dans le même mouvement il renouvelle ce qui formait l’essence de la pensée métaphysique (grecque et chrétienne, qui voulait construire le discours parfait de « ce qui se concrétise réellement « là », dans le monde unique universel et pour tous), en recommençant à neuf la réflexivité.

On passe donc de la pensée métaphysique, à la réflexivité sur notre être ; ayant découvert l’intentionnalisation dense de la pensée, il est un retour du réflexif qui fonde notre être (et non plus seulement l’être) tel que « là » (expérience existentielle du cogito, ça en déborde de partout). Le réflexif n’ayant pas encore suffisamment de concrétisation dans la pensée métaphysique, creuse sa propre présence «là », cad réelle. C’est notre-être qui entreprend de se rendre à lui-même sa structure ; comme quoi il n’appartient à rien et n’est que le regard suspendu, mais surtout il se prouve qu’il est un Réel et non pas une sorte d’idée (le cogito n’est pas un « argument », c’est un fait).

La réflexivité (le dépassement du donné et de l’acquis humain par et dans un rendez-vous intentionnel, qui tisse son intentionnalité sur littéralement sur la peau des mondes ou des personnes données tels quels) n’est pas, plus seulement la recherche de la vérité (cad de la cohérence intentionnelle) mais l’exploration de l’être libre, de l’intentionnalité libérée et délibérée, ; en tant que notre être suspendu, autre que tout, est qu’il commande une architecture métaphysique (les grecs qui ne pense pas la « raison » mais organise l’intentionnalité comme pensée) tout comme il perce ontologiquement par Descartes, qui transperce la réalité (d’où la réduction par Descartes du monde à l’étendue et à la mathématisation, la volonté occupant un autre plan, une autre dimension).

Le réel comme correspondance à notre être de conscience

Par Descartes quelque chose de plus grand que la réalité s’élève par delà les mondes humains ; le réel pur et simple. A la fois surfacé comme mathématisation mais aussi en instrumentalisant la volonté par elle-même, en diffractant l’intentionnalité sur l’intentionnalité (après tout c’est la Méthode même, qui présente, rend présente la suspension de notre être).

On suivra donc ensuite les devenirs explorateurs par les sujets d’un tel monde unique universel, universel mais tout parcouru de lignes structurelles individuées valant en et par elles-mêmes ; de Kant à Nietzsche, de Stirner à Lacan, en passant par Husserl et Heidegger ou Sartre, etc. puisque ce qui s’explosait dans la réflexivité de la pensée grecque devient la réflexivité sur elle-même du sujet individué (qui n’est pas subjectif pas plus qu’il n’est idées ou systèmes d’idées équivalent à n’importe quel autre système d’idées, il est le Réel même que nous sommes). Cet os réel ici même.

L’objectivisme et l’objectalité

Dans le même temps l’intentionnalité peut, puisqu’elle est découplée de tout contenu, se miroiter comme objectivités ; il n’est aucune contradiction entre l’objectivité et la réflexivité des sujets ; parce que les sujets manient en virtuoses la cohérence (ils expriment , montrent, décrivent, argumentent leur réflexivité en formulant des systèmes intentionnels performants) et que l’objectivité est constituée du sujet absent, du sujet qui fait semblant de ne pas exister ; c’est donc dans les deux cas la distanciation et l’investissement qui exposent, parcourent, explorent le monde unique. Puisque dans les deux cas, c’est la réflexivité pure, cad l‘intentionnalité sans fond, sans contenu, dotée d’elle seule, armée en sa structure même, qui inventorie le monde et son être, la détermination en général (aussi bien naturelle qu’humaine) et ses devenirs (ses raisons d’être ou ses motivations ou démotivations d’exister).

La dimension structurelle hors sol

Tout ce qui est présenté par la philosophie (et en cela elle balise le devenir général des consciences, cad des réflexivités, selon les éthiques, esthétiques, politiques, humanisations et personnalisations, mais aussi en tant qu’elle est son propre terrain de l’expérimentation métaphysique, de la pensée intentionnelle qui définit ses ob-jets non immédiats, hors langage) et ontologique (qui se produit soi en son être comme réflexivité cartésienne réelle effectivement là) est l’élaboration dans un monde unique universel donné là du dépassement constant opéré par la réflexivité, comme structure architecturale de l’intentionnalisation, qui grimpe au fur et à mesure sur les intentionnalisations précédentes et devient sa dimension.

L’orientation de l’intentionnalisation hors sol

Ce qui se lit existe par-dessus les énoncés, les contenus ; lorsque la pensée se définit des contenus, ils sont interprétables. Les contenus sont les signes d’orientation de l’intentionnalité. La pensée grecque reprise par les scolastiques pourvoit un schéma réflexif précis, le redémarrage cartésien, la libération hégélienne de tout contenu, l’affirmation pure nietzschéenne de la structure, le déplacement heideggérien de notre-être dans le donné « là » monstrueux, etc.

Toutes les élaborations formulent (dans leur texte même, comme équations) les Possibilités de notre être, posé là absurdement dans le monde unique universel. Si la cohérence était seulement objective ou objectale, elle ne remonterait pas dans cette articulation qui n’est accessible que du dedans de sa structure (il est clair que sa structure n’a pas d’intériorité, c’est un dedans « dehors », le jeu non de l’intériorité et l’extériorité, qui se conjoignent, ni de la subjectivité et de l’objectivité qui se rapportent, mais le jeu de l’interne structurel dans l’externe structurel, le « là » gigantesque du monde donné affronté à notre-être strictement un et formel).

L’intentionnalité vide et formelle

L’intentionnalisation n’est pas à se définir comme intentionnalisation-de-contenus ; auquel cas elle signifierait quelque chose, elle formerait un Sens. L’intentionnalisation est une pure machine intentionnelle, vide et formelle, et ne comporte rien ; elle prend par contre en charge le donné, n’importe quel donné, et le pousse à être ; elle est le possible même qui non pas se déroule ou déroulerait un programme, mais qui explore, qui devient en explorant et en tournant et retournant alentour de son être propre et de l’être-qui-est, là devant ; elle ne sait pas même ce qu’elle est, elle n’est pas un conscient, un contenu, elle est une forme qui avance.

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Le renouvellement du corps

30 Avril 2014, 13:59pm

Publié par pascal doyelle

La question essentielle est donc ; quelle est la réalisation essentielle de notre être ?

(Il est cent manières de se réaliser, c’est évident, on interroge donc spécifiquement la réalisation intégrale de notre être en tant que réfléchissant sa possibilité, mais si cela laisse à chacun la capacité de devenirs, en même temps puisque l’on se saisit de l’essentiel, c’est au travers de l’esthétique, de la politique, de l’humanisation ou de la personnalisation, cet être que l’on retrouvera ; quand bien même serait alors, en cet essentiel, non reconnaissable immédiatement).

Comme vu précédemment, notre-être n’est rien que la fine pointe articulée au réel qu’est la conscience. La conscience n’est rien, sinon ce rapport. Le rapport qui relance la cervelle vers le donné « là », et qui ne comporte rien en tant que contenus. On n’y retrouvera pas l’esprit, ou l’âme, ou l’idéalisme ou le sens ou quelque intériorité ou personnalité ou moi que ce soit. La conscience est un être existant à demi qui prend appui sur n’importe quel ceci ou cela ; elle est ainsi réflexivité au sens premier, elle réfléchit ce qu’elle perçoit. Elle ne contient pas le perçu, qu’il soit chose ou signe, langage ou idée, etc, elle n’est rien que l’articulation. Et ce faisant ce qui est le plus infime et le plus irrégulier, le plus fragile, volatile, vagabond, incertain, est le plus déterminant ; puisque n’étant pas un contenu, elle n’a pas à transporter un tel contenu qu’elle serait, mais il lui suffit d’agir et de provoquer sa structure propre.

Cette articulation est au bout du bout, le corps ; le corps en tant qu’il se déplace à la surface du monde, ou d’un monde humain, ou le corps d’un moi. On sent bine que si l’on dit que la conscience est au bout du bout un corps (et non pas une idée ou une identité ou une personne, etc), on sent bien que la conscience est perdue dans le déplacement de ce corps ; elle s’oriente par le corps parce que dans le monde, c’est tout ce que l’on a. le seul repère qui demeure est le corps ; les images, idées, décisions, autruis, vécus passent, mais le corps demeure.

Il ne serait pas faux de signaler que par l’articulation du corps dans le monde, la conscience bat en brèche la cervelle ; par le corps elle refuse de succomber à l’énorme irréalité toute puissante de la cervelle (qui vit de son propre rêve, se nourrit de sa propre substance, entrainant une partie du langage, du conscient, du moi, de la conscience même). De même par le corps c’est l’universelle règle d’exister.

L’universelle règle d’exister consiste à transmuter le corps. Et tout à fait absolument à modifier le corps de telle sorte qu’il soit pure surface de perception ; de la perception la plus dense et concrète mais aussi la plus subtile et la plus structurante ; l’esthétique, la vraie, est de porter la perception de telle sorte qu’elle soit intellective, sensible, sensationnelle, qu’elle soit idée (et rapport au réel comme ob-jet, objet non évident du tout), de telle sorte qu’en retour le corps soit capable de l’ob-jet ; de l’ob-jet dont on est privé, que l’on peut seulement recueillir en signes, cad dont on peut élaborer non pas telle possession ou telle jouissance ou telle immédiate finalité, mais de l‘ob-jet qui rejaillira comme pur intentionnel, qui permettra, et contient en lui-même la capacité de démultiplier l’intentionnel, de pourvoir à des multitudes de conscience que l’on prendra, que l’on sera, qui deviendront.

Mais par l’esthétique la conscience refuse tout aussi bien de tomber sous les corps du conscient ; c’est non pas le conscient (et la gloriole de se idéaux, fort admirables mais qui pèchent de ne pas suffire à atteindre la conscience ; le conscient s’impose au conscient, mais on ne peut pas convertir, accéder à la conscience même, celle qui perçoit le donné gigantesque, qui lui correspond, qui se calcule abscons dans l’océan des données), mais la conscience qui devient par l’esthétique (de même en leur ordre par l’éthique, la politique, l’idéel, toutes les articulation réflexives universelles, mais aussi par les dérives du moi, folies ou désordres, en un infra comportement qui veut se libérer de, qui est donc, libération, incluse dans l’humanisation et la personnalisation lorsque celles-ci ne s’effondrent pas dans l’immédiateté, dans de pauvres objets ou de pauvres corps).

C’est la conscience, qui n’est plus du tout le corps donné là ou le corps du moi qui le marque de signes et de conscient et d’autruis et de langage, etc, mais qui est le renouvellement du corps par cet influx absurde, inexistant, impossible, qui place, déplace et replace le corps en tant que par lui on accroche aux intentionnels ; non pas à cette œuvre ou cet objet, mais en un ob-jet totalement étrange qui renvoie à.

On comprend bien que l’on ne peut pas atteindre la conscience mais que d’une manière ou d’une autre elle veut s’atteindre ; elle se cherche et étant parfaitement et uniquement active (elle est formelle cad réflexive, réfléchissant un donné), c’est dans l’activisme même qu’elle se saisit, par un bout.

De même de la pensée ou du sujet cartésien on ne peut pas se saisir ; on est saisi. C’est une version tronquée qui caricature la pensée ou le sujet su le modèle du « qui sait ce qu’il fait ». Il suffit de lire les grecs ou Descartes ; on en sait pas du tout où l’on va, ni ce que l’on est (une « chose pensante », qu’est-ce que c’est que ça ? Descartes n’essaie pas même de la définir ; il la montre).

Ce par quoi on en est saisi, c’est le corps. Et ce qui trompe c’est que l’activisme de conscience (de conscience non de conscient) emploie tout ce qu’il trouve à sa portée ; ça n’est pas une immédiateté. Une œuvre est construite, élaborée, en répercussion plurielle aux autres œuvres, en son moment historique, dans la confluence et l’affluence de tout ce qui se présente, dans les perturbations ou conflits du moi, de cette personnalité même, etc, tout ce que l’on voudra ; l‘œuvre conclut (en ouvrant le rejaillissement intentionnel, en le libérant) tout cela. Le corps qui en ressort est le corps travaillé, torturé, découpé, recomposé, son renouvellement, tel qu’il s’acte lui-même.

Ça n’est donc pas un conscient ou une lettre de conduite ou une ordonnance extérieure ; de tels impératifs ne parviennent pas à la conscience en acte, agissante, mais qui comporte ces extériorités. Les sciences sont prises elles-mêmes dans le renouvellement du corps général et de chaque corps individuel. Tout discours est au bout du compte porté dans et vers le corps devenant.

Parce que celui-ci perçoit et ce qui est en intimité incoercible avec la perception est la conscience hors de la cervelle, qui rabat la cervelle vers le donné gigantesque (dont nul discours ne rend compte), et qui, conscience, calcule en percevant. Cette zone est en périphérie, hors de l’orbite, est au bord du monde (du monde connu, identifié en un moi, parlé dans la communication, etc).

Lorsque l’on avance que la conscience est l’articulation qui ne contient rien de la cervelle au donné là, on appuie donc ceci ; que la conscience contient potentiellement et de façon tout à fait externe à son être cependant ce qui se présente, ce qui est perçut, elle réduit par exemple le mot au signe et peut tout à fait percevoir un signe et l’articuler, sans le comprendre consciemment, pour elle le mot est débord une perception visuelle ou auditive. C’est par le corps qu’elle pense, énonce, parle.

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Le moi comme catastrophe véritable

27 Avril 2014, 13:24pm

Publié par pascal doyelle

Le moi est en lui-même totalement une catastrophe.

Notons bien qu’il y ait un Moi, est un acquis, une conquête, une performance, du jamais vu , en quelques sociétalités que ce soit, et que ce moi se déduit, lui-même, de l’humanisation (la réalisation de l’universel philosophique en tant qu’Etat de droit, et d’abord de constitutionnalité, dont l’essence constitutionnelle est la démocratie ; qu’un Etat dérive en étatisme (de quelque manière que ce soit, soft ou hard, est une mécompréhension radicale de l’Etat dont l’essence est le démocratisme, qui donc «doit favoriser les mois et les sujets en ces mois », autrement dit qui augmente les continuons d’exercices des libertés, de l’être libre récupère la pouvoir autant qu’il peut là où il est), et que suite de l’humanisation la personnalisation (qui devait aboutir à une sorte de personne idéale qui n’existe pas), il en résulte un « moi ».

C'est-à-dire un être chétif, dont la qualité est précisément sa chétivité.

Le moi est cependant une catastrophe en ceci qu’il ne possède aucunement sa résolution ; la résolution des problèmes du moi, ses déboitements idiots ou ses conflictualités aberrantes, ne se résolvent pas. Pas du tout.

C’est que le moi, qui se croit une identité (moi-je, suis un-tel), n’est pas un être, une essence, un état de chose, n’est pas un objet psychologique ou sociologique ou ce que l’on voudra en « ique », mais il est un processus. La personnalité que l’on voudrait toute une, est un processus dynamique, (est une personnalisation, de fait dispersée dont elle tente de réunir les causes en posant sans le savoir un objet qui serait en soi désirable, mais qui est en réalité construit et artificiel), et qui n’existe, ne tient que de se projeter en avant.

Ce qui relève du dynamique se constitue comme intentionnel, mais l‘intentionnel le moi le connait pas (rappelons que l'intentionnel n'est pas ici un contenu, un idéalisme mais est l'articulation vide vers le donné, le réel, en bref ça ne constitue pas une idée de soi, mais un corps, ses gestes même) ; le moi connait, ou croit, ses objets. Ses objets sont sa, ses raisons d’être ; l’objet est désirable non d’être constitué tel par l’intentionnalité, mais en tant que possédant supposément des qualités qui le rende désirable. Or l’objet est donc toujours construit et abstrait et non pas désirable en soi et raison d’être. On ne désire pas la réalité mais on désire à partir d’une structure qui se fout excessivement de la réalité, qui la constitue comme réalité désirable. Ce qui se constitue comme dynamisme du moi, ses objets, est relatif non au moi, mais à l’intentionnel, pur et formel, et donc ne trouvera jamais dans l’objet lui-même de quoi se satisfaire. L’intentionnel seul « satisfait », cad en fait relance l’intentionnel. et pour résumer, le moi désire sous sa propre formulation, ce qui se constitue sous une autre, celle intentionnelle et qui est relative non au moi, mais au sujet, et s’étonne ou se désespère de jamais trouver dans l’objet ce qu’il y a placé, déposé, tenu en réserve de son identité. Le moi n’obtient aucune résolution qui ne peut se parvenir, accéder à soi, qu’en tant que sujet. Lequel n’est pas du tout le moi(et lorsqu'il passe du moi à son sujet, il s'aperçoit qu'il n'y a rien de désirable, mais que c'est autre chose qui s'active; la source même structurelle).

Il est évident que si le moi est la suite de l’humanisation, ce serait éminemment dans l’humanisation, dans l’universalité, qu’il pourrait se saisir de soi, en remontant de son état de moi à ses conditions d’élaborations d’acculturation ; de remettre à jour l’universalité, d’augmenter sa faiblesse de moi par la validité universelle ; esthétique, éthique, politique, idéel (science et philosophie), d’une manière générale de passer de l’état de moi au statut de personne.

Ce serait souhaitable, mais ça n’est pas l’essence spécifique du moi, qui à la fois est bien plus désordonné, incohérent et bien plus concret et en un sens « profond » en ceci que comparativement aux idéalités de personne, il creuse à même le concret de son être-« là ». L’être-là du moi est le plus inquiétant et pour ainsi dire, le plus inconvenant qui soit ; le moi ça part dans tous ses états, de la névrose à la psychose, de la perversion à la dépression diverse et variée. Parce que le moi si il est cohérent avec sa technologie même (le moi est une technologie), veut la vérité et que la vérité est pour lui, il le sait, non pas l’idéal de la personne (bien régulée et ordonnée, bien rangée), mais est l’embrouillamini effarant du donné tel que « là ».

Qu’est-ce que c’est que « ça » que je suis ?

Le moi, cohérent avec lui-même, avec son principe désordonné, sait bien qu’il n’est pas raisonnable (et n’admet l’universel que de loin) et qu’il n’est pas heureux (démolissant toute idéalité superficielle qui le définirait comme satisfactions, profits, profilant de la « vie », etc° ; ça se voit et il le sait. Il en est la conscience accrue. Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles ; aussi ridicule et absurde que soient les mois, cad tout le monde, ça vaut le coup, ça vaut ce que cela explore ; le donné même, le donné absolument pas raisonnable, qui ne peut pas être raisonné, et qui pour n’en pas pâtir à l’extrême réclame une pensée. Névrose, psychose, perversions, dépressions et borderliners, effectuent cette horreur indicible qu’est pour tout moi (qui admet la vérité, cad la cohérence) qu’est la réalité, le donné, le vécu, le monde ; c’est un désordre sans nom. Une masse informe ; dont le poids repose sur les épaules ou le dos de tout moi. Il doit gérer « ça », ce truc si évidemment débile et débilitant.

Structurellement le moi est une synthèse ; il admet maints composants dont il doit assurer l’unité ; cette unité est une intentionnalisation (dont il ne trouvera jamais la résolution dans sa formulation de moi mais uniquement en celle toute autre de sujet, de sujet non comme « subjectif » mais de sujet réel). Le moi se tient sur toute la gamme de la perception, du conscient, du langage et des autres, de l’inconscient, de la cervelle et du corps, y compris ses physiologies. Il réunit tout ça tant que faire se peut. Et si il s’articule intentionnellement et existe dynamiquement, c’est que la réflexivité lui intime de passer outre tout ce donné là, et de se projeter comme désir et objet de désir. Ce qui est l'articualiton structurelle hors de la cervelle (et de tous ses contenus et dispositifs).

Mais ce désir et les satisfactions supposées, imaginées, fantasmatiques, de cet objet et ce désir-même échouent ; ça échoue tout le temps. Si le moi est proche de son désir, ça part n’importe comment ; ça ne mène à rien. Si il tempère ce désir, il peut plus ou moins s’adapter, se transformer en personne, bien idéale, et cela est tout à fait louable, mais ça perd ce qui constitue le trouble-fête du moi en son intégrité déraisonnable. Si il n’existait de vérité de la nécrose, psychose, dépression et autres dérives, on ne voit pas que tout cela existerait.Le

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Le dépassement des choses

26 Avril 2014, 09:58am

Publié par pascal doyelle

Au vu des diverses interprétations, compréhensions qui courent, on pourrait croire que le devenir de l’ancienne philosophie fut cent fois bafoué, annulé, privé de possibilité, mais en réalité il n’est qu’un seul devenir qui se soit rendu réel, et immanquablement.

(On ne reviendra pas sur les réalisations effectives de l’intentionnalité ; sciences, évidemment, mais aussi Etat (en tant que démocratie, la démocratie est l’essence de l’Etat et non pas l’étatisme l’essence de l’Etat), le droit, l’acculturation généralisée, soit donc l’humanisation d’une part et la personnalisation d’autre part, la technologie et la mass médiatisation (qui rend l’image de soi communiquée vers la coordination générale), etc. Se priver de tout cela serait invraisemblable).

Évidemment cette interprétation doit admettre que la philosophie a effectivement et réellement mis à jour notre-être, non pas telle ou telle version ou tel ou tel système d’idées de notre être, ou que la pensée en général soit seulement un agrégat plus ou moins réussi de contingences, mais bel et bien que fut porté au jour notre-être de plein fouet, tranchant comme une lame. Et que c’est cet-être qui se nomme en tant que structure réelle ; l’être est un Réel, comme surface vide formelle, neutre ; le sujet cartésien est un Réel, que l’on ne peut contraindre de l’extérieur, toutes les idéologies ou sciences que l’on voudra ne peuvent pas remonter dans le sujet même, mais le supposent, la science comme sujet qui s’absente, qui fait comme si il n’existe pas, les idéologies comme universalisation à outrance qui méconnaissent qu’il y ait des sujets.

C’est notre être qui pointe le bout du nez par les grecs. Ils ne créent pas cet être, et cet être est devenu cent fois auparavant et ailleurs, mais non pas sous cette formulation précisément. Ce qui fut élaboré partout se tenait comme synthèse, réunissant le donné, la détermination, la localisation, le groupe lui-même, les échanges particuliers, le monde donné tel.

La Pensée intentionnelle

Ce qu’extraient les grecs est la suspension de telles synthèses, et la rencontre de notre être par lui-même. De fait cette coïncidence impossible se prête comme Pensée ; il faut comprendre la pensée comme le maintien de notre contrôle sur ce qui est intentionnalisé. Par le détour du signe le rapport de notre être à tout contenu est épinglé, articulé, réarticulé, rompu, remodelé et doit se tenir en vue de lui-même ; toute conscience énoncée est sujette à une ré-énonciation, ou donc peut être ré-entamée par une autre intentionnalité.

De sorte que le jeu intentionnel qui est alors enfin encerclée (sous la formulation que ça n’est pas possible de circonscrire l’intentionnalité libérée) le jeu est entier et non pas déporté dans tel ou tel donné, chose, immédiateté. Le jeu intentionnel est ouvert et non pas fixé sur tel ou telle chose, le divin approprié, la Vérité unilatérale, empereur ou rituel, mais ce qui s’est initié est la pleine vérité formelle ; cad vide mais qui se sait vide et surtout se sait formelle et élabore un tel système mais système intentionnel qui produit non pas telle ordonnance mais des cohérences ; c’est nativement que la pensée crée des systèmes), le politique s'institue (personne ne l’incarne), aucun comportement n’est prescrit (on peut réaliser tout ce qui n’est pas interdit, plutôt que « ce qui n’est pas autorisé est interdit » ; cela ouvre le champ entier du possible, nanti d’un système formel de base), l’apparence même des choses peut se parcourir de variations qu’aucun schéma ne restreint, aucun geste n’arrête, aucun rituel ou prescription antérieure à l’apparescence de l’ob-jet, esthétique ou inquiétude quant à « ce que l’on perçoit vraiment ».

Autrement dit vérité, être, le un ou le « tout ce qui est », sont insituables ; la vérité n’est pas telle vérité mais le principe de vérité, l’être est une surface neutre et vide, le un est un repérage qui permet de situer mais ne se situe pas lui-même (on ne sait pas où ni quoi ne faire, c’est lui qui fait-être les choses, les idées, il rend donc chaque chose à elle-même…), le tout est non pas un ensemble de tas de trucs, mais est une formule toujours en suspension.

Ce qui se produit c’est donc la relation non évidente, hors de toute vérité définie, de la conscience à sa propre intentionnalité, laquelle, saisie, ne peut pas ne pas être cohérente ; si il manque un morceau on ne comprend plus rien et de ce fait on est exclu du jeu, on succombe à un donné, on se fascine pour une détermination.

Le mouvement philosophique consistant à ne pas tomber dans le donné, mais aussi à élaborer un système formel qui permette que jamais on ne déchoit, que l’on ne se coupe jamais de la source, de notre être formel, et en des pratiques qui culminent en des idéogrammes impossibles ; le Un, la vérité comme principe, l’être, le sujet ensuite, etc, formulent l’impossibilité même mais en tant que l’on en a la conscience, et donc que l’on est cette conscience (être spécifique qu'il faut alors détourer en créant le vocabulaire et la syntaxe adéquate, la syntaxe ontologique).

Ou donc la conscience n’a pas d’objet, n’a pas de désir qui supposerait un objet (c’est l’intentionnel qui croit que cet objet est en lui-même désirable ; si il est en lui-même désirable il est la ou les raisons d’être de mon être, or mon être n’a pas de raison, il est l’être en cours qui se déverse), et cette élaboration n’est pas seulement pensées, mais est pratiques qui se produisent. De même que l’éthique devient non pas conformité à un comportement, mais la possibilité des comportements, qui en retour se multiplient de ce que précisément la Règle en est représentée, manifestée, exposée. Kant ne définit pas seulement telle règle, il recherche le système de toute Règle qui puisse se reprendre indéfiniment dans le donné, le monde, le vécu.

Le seul objet admissible, qui ne me supprime pas, est l’ob-jet, celui qui fait retour et permet que je sois en acte l’intentionnel qu’aucun contenu ne dépasse, ce qui m’empêche de tomber dans un donné, négativement, mais qui, positivement, peut commencer et recommencer de devenir, à partir du rien formel, comme déploiement de sa possibilité, pensée ; non pas de désirer le Un, mais de formaliser le un, ce qui est tout différent et casse toute ambition de posséder quoi que ce soit (étant entendu que celui qui possède est en réalité possédé). Aucun contenu ne dépasse, mais l'intentionnel rejaillit de ses contenus élaborés ; la politique est en soi difficile, l’esthétique est libérée, la perception est variations indéfinies en possibilités, la pensée (l’élaboration de l’articulation intentionnel à propos de ce qui est) et la philosophie ne s’arrêtent pas aux systèmes.

Le système philosophique, qui se montre partout en ses pratiques mêmes, est de re-commencer (à partir de zéro mais compte tenu de tout le reste), recommencer l’intentionnel pur ; puisque l’on doit à chaque fois réentamer la réalité. Au travers des systèmes, c’est la réélaboration intentionnelle (qui refuse de se laisser faire, avoir, cuite et recuite dans un donné quelconque, tout donné est quelconque en comparaison de la forme de conscience) ; loin de cibler une Vérité, c’est la formulation de la forme dont l’intention ne se connait nulle part et qui architecture non pas son manque mais la source qu’est cette forme (elle ne comble pas un « manque » qui présuppose toujours on ne sait quoi, mais elle crée des possiblités).

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La condition inhumaine

24 Avril 2014, 08:12am

Publié par pascal doyelle

Les dernières pointes qui avancent dans et par la réflexivité découvrent le réel.

C’est le heurt sur lequel tombèrent les consciences en ceci qu’elles s’aperçurent que la réalité existe. Que cette existence est « là » au-dehors. Que rien ne peut l’entamer. Il ne s’agit pas seulement des malheurs qui arrivent, des attentes impayées, des amours impossibles, etc. Il y est question que la conscience ne pénètre pas dans la densité de ce qui est.

On n’y a aucun accès.

Il est possible de découper ici et là des cercles de déterminations, ce sera le vivant, cet arbre, des textes, tout ce que l’on voudra. Mais la densité d’existence est non connue. Notre être n’est pas cet être « là », existant en son unité propre et aucune pensée, aucune intention, aucun projet ne s’y produit ; nos intentions demeurent à la surface, survolent le donné réel, sans même l’effleurer. Il est peut-être possible d’exploser cette planète, mais ça ne change rien. Le réel est inamovible.

On pourrait croire que l’absurde ou le désespoir ou la mort dans l’âme, sont des expériences négatives, qui nous clouent au sol inaltérable. Mais il s’agit très exactement de l’expérience privilégiée, la dernière expérience ontologique, touchant l’être même dans son épaisseur, qui résulte du heurt frontal de notre être de conscience, contre le donné « là », l’existence en soi.

Ce qui donc signifie que l’on est parvenu, au bout d’un déroulement parfois chaotique ou désordonné, mais statistiquement imparable (de la pensée grecque à Husserl), on est parvenu à laisser coïncider en un face à face non descriptible notre être de conscience et le « là ». Tel que chacun est directement en prise impossible avec cet être, le réel.

Ou donc plus aucune interface entre notre être, nu, dépouillé, et le là des choses. Notre être purement réflexif qui ne sait que son unité, se brise sur le là du monde donné vécu. Le décapage est radical. Notre être est scié en deux de s’effondrer en son unité en plein sur le donné imperturbable. Et les mots qui nous reviennent d'alors sont « ça existe ».

Notre être admet pourtant ainsi une unité ; il se dit qu’il n’est qu’une vibration sur le donné du sol réel, mais cette vibration se sait. Elle existe elle-même d’un être non identique au donné, hors du réel solide. Au point qu’il va douter de sa propre réalité, mais tenir bon malgré tout ; Sartre est poussé par une exigence qui doit, à tout prix, s’imposer au là globuleux, nauséeux, absurde et pour tout dire abruti, idiot, informe en comparaison (aussi compliqué ou complexe soit-il, c’est un ramassis de données sans fond, sans prise, totalement étranger à « ce que nous sommes » en cette fine pointe ontologique de la conscience qui se heurte).

Ce qui remonte au jour ça n’est pas seulement l’être « là » des choses, la résistance fondamentale de ce qui est hors-nous, mais c’est aussi le rapport parfaitement objectif de nous avec notre être ; notre être est presque aussi déroutant de s’exiler du donné « là », qu’est, extérieur et inerte, cet être des choses. Ça n’est pas tant le pathos qui est joué, que la curiosité incompréhensible que ça ne coïncide pas du tout, que nous n’avons rien de spécial à faire ici même. Ça n’a pas de rapport, et notre être de conscience n’existant qu’en tant que rapport, le réel coupe court à notre flux. Ça arrête net que nous soyons, que nous soyons quoi que ce soit. sauf la fine pointe exigüe impossible.

Parce que si c’est la densité des choses qui nous est impénétrable, autant laisser tomber. Tout peut bien continuer comme avant, il y manquera la substance même. Nous sommes jetés dans le désordre ou plutôt en un désordre inattendu ; que ça ne correspond pas dans la nature même de ce qui est entre notre être et ce réel là (tout ce qui est en sa surface). Ça échappe par un bout et ce bout qui manque soudainement affaisse tous nos pas, sinon de faire semblant, de faire comme si rien ne s’était passé, alors que tout, notre substance même, s’est volatilisée au contact instantané du réel. Notre substance imaginaire, ne nous advient que le squelette de tous nos effets.

Et cet étonnement n’est pas une bizarrerie qui toucherait ceci ou cela de nos parties d’existence, mais cette rupture, ontologique, atteint et fait apparaitre, provoque la naissance, le surgissement de notre être nu, encore plus dépouillé, l’os de cet être que nous sommes. Sans la conscience aigue de l’absurdité, l’horreur et l’incomparable désordre fondamental, bien au-delà des misères et des malheurs (qui sont ceux du sens de la vie, désir, rêves) notre conscience se serait loupée, manquée, s’ignorerait, continuerait de rêver, de se rêver substantiellement (comme si elle était chez elle, d’une manière ou d’une autre). Là plus moyen de tricher, notre être est autre dans un réel radicalement autre.

Radicalisons et approuvant notre être tel dans un réel horrifique en sa moelle, on replace l’étonnement inattendu, le coup de foudre, la scission, dans le devenir général de notre-être ; sa réflexivité est descendue dans le plus concret le plus immédiat, en chaque moi humain, livré à lui seul, sans interface, et c’est brutalement que l’os de notre réalité, l’être, la fine pointe arcboutée sur le réel, la conscience-de, se jette dans le donné tête baissée ou est jetée contre le mur-qui-est. La même réflexivité grecque qui animait le monde immédiat de la pensée insufflant la cohérence et nous acquérant le monde cosmos et vivant intellectivement, augmentant toute la surface de notre être, cette réflexivité est en ce terme réduite à nue à cette-conscience, et avance plus loin. L’anéantissement de toute notre substance, nous libère pour le Grand Dehors. Le reflux de la cervelle ne conserve que l’os, l’articulation majeure.

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La valeur du Moi

20 Avril 2014, 16:44pm

Publié par pascal doyelle

Pour résumer, les grecs découvrent notre-être, cad une structure réelle, effective, agissante, que l’on nomme ici réflexivité et qui passe outre les mondes particuliers, mais évidemment tout aussi bien au-dessus des pensées particulières.

La pensée n'est pas la raison

Ce que les grecs déploient est la pensée et non la raison. Mais ce qui se monte par les grecs et qui est enregistré comme pensée, se réalise tout autant selon l’esthétique, l’éthique, le politique, l’idéel (la connaissance), et provoque qu’il y ait un statut de l’humain (en tant que relevant la pensée, non pas en tant qu’individualité existant d’une infinité propre).

La même réflexivité s’invente en tant que chrétienne par ailleurs et pensée grecque et réflexivité chrétienne se trouveront en coïncidence parfaite en ce que la pensée est réaffectée à dieu, mais à dieu en tant qu’il est la dernière conscience indéfiniment réelle, celle qui rassemblent toutes les consciences, et qui nous conduit, par le christ, à faire retour, à re-naitre comme conscience tendue vers la dernière unique et totale.

Descartes

L’indéfinité ouverte par le christ (que l’on y croit ou non n’est pas du tout la question, cela relève de chacun, puisqu’objectivement on ne sait pas ce que c’est qu’une « conscience », ce qu’elle peut, la philosophie décrit uniquement ce qui est ici et maintenant constatable) et la concentration de conscience que provoque la pensée, sont accélérées par Descartes qui institue ici et maintenant non seulement que la pensée est, (les grecs sont l’actualisation de la perfection, cad cohérence de la pensée, tous les éléments sont ici et maintenant appelés pour que la compréhension puisse s’exister, sortir de), mais que cette pensée est pensée par un sujet ; on nommera sujet non pas la « subjectivité », mais le retour vers la structure de la structure de conscience elle-même ; la conscience se réfléchit. Descartes sait que la pensée n’existe que par une volonté plus lourde, plus grande et plus subtile à la fois que n’importe quelle pensée ; il décrit la suspension de la volonté, la suspension de notre être donc (dans la Méthode, mais toute la réflexivité cartésienne est d’amener à montrer, faire voir, en direct, comme notre être peut se sur vouloir et Descartes commence donc de décrire l’architecture de cette dimension).

Pensée et raison

À partir de ce moment on peut parler d’une part de pensée (réflexive entendant à la fois grecs, chrétiens et cartésiens et post cartésiens)et d’autre part de raison (qui existe pour et par un sujet, soit qu’il soit proposé également, rigidifié, ou soit qu’il s’absente ; il fait comme si il n’existait pas, et c’est la structuration logique ou scientifique ou scientiste de l’énoncé qui l’emporte, c’est l’objet qui est nanti de densité propre, par un (non) sujet, ce qui veut correspondre à tout aussi bien Leibniz et Spinoza, qui veulent boucher ou ignorer le trou béant du sujet invisible, indescriptible, hors pensée et l’un comme l’autre tentent d’administrer une pensée qui recouvre ce trou, mais du fait du sujet la pensée est pour eux devenue la raison).

Les conditions de sujet(s)

Mais la pensée qui se continue (réflexive donc) est cette fois localisée extrêmement précisément en « toute conscience », en chaque conscience ; ceci produit donc la description des conditions de sujet, ce qui comprend tout autant Descartes que Kant, Hegel que les idéalistes allemands, Stirner ou Kierkegaard, Nietzsche ou Bergson, mais le mouvement se précise encore avec Husserl, Heidegger, Sartre et Lacan.

Les descriptions de conditions de sujet sont aussi précises et rigoureuses que les descriptions des conditions de vérité ; on a donc d’une part un déploiement des conditions de vérité et une exploration lorsque cette réflexivité descend dans le plus concret, le plus existant des possibilités et conditions de sujet. Kierkegaard délivre une compréhension et les distinctions qui correspondent à notre être tel que là, à cet être dont Descartes est le premier nettement caractérisé et affirmatif de cet être (dont Nietzsche sera la reprise), qui donne donc à cet être d’être représenté (dans la représentation, l’acculturation), et qui communique instantanément à toute conscience d’admettre qu’elle est-là, que la réflexivité est réelle (ce que les grecs imposent) et que cette réflexivité est une-conscience (à chaque fois).

Réflexivité et cohérence

On voit bien que si le principe régulateur général était la « raison » (ou la pensée entendue comme « rationnelle », exposant un discours étal et plat, qui ne modifierait pas notre être de conscience qui n’entamerait pas notre réflexivité), on se saisirait pas du tout que la réflexivité puisse se marquer individuellement en et par toute conscience, et on ne comprendrait pas du tout surtout, que la réflexivité lors même qu’elle est individuée, est encore plus rationnelle » que la raison séparée et objectiviste ; c’est que la rationalité qui court depuis le début n’est pas la « raison » (définissant en et par un objet, une objectivité ou objectalité) mais est la cohérence ; la cohérence est le principe de régulation de la réflexivité en tant qu’elle n’accepte rien , rien qui ne lui soit pas égale et coextensive ou coextensible.

On ne saisirait pas en somme que notre être est instantanément arc bouté sur le donné, le monde, le vécu, et que cette articulation est une architecture structurelle et que enfin c’est le devenir de cette forme, de cette structure qui veut, crée sa dimension propre ; dite intentionnelle (mais non pas exclusivement au sens husserlien ; elle ne fait pas sens, idéaliste, elle est et devient). L’idée de l’être est ainsi l’idée, le rapport vers une surface vide et neutre, qui possède ses propres conditions de vérité, de même que notre être (que l’on nomme le sujet , n’ayant rien de subjectif essentiellement) est une forme neutre et autre qui réclame ses propres conditions d’existence.

Les conditions du moi

Ainsi Descartes ou Nietzsche ou Lacan nous pro-posent de saisir, comprendre, repérer les conditions du sujet qu’est toute conscience ; on ne peut pas y accéder sans y être, y exister. Ce qui en nous n’y comprend rien, à ces grands sujets qui proposent leur être, est spécifiquement notre unité de moi ; la personnalisation qui a réalisé l’humanisation (tendue par l’universel et l’universalisation, aboutissant à l’Etat, au droit, à l’acculturation généralisée, mais n’est réellement humaine que de se personnalisée) a formé, formulé un « moi » pour chacun, et il est évident que ce moi est une conquête, un acquis, une difficulté, une exploration, un devenir, un possible entier qui durant tout le 20éme s’est réalisé, rendu réel, a élaboré son propre monde, son acculturation propre (l’acculturation du 20éme remplaçant toutes les autres, antérieures ou ailleurs) ; acculturation qui n’est plus sustendue par l’universel mais par le devenir de la personnalisation, de la motivation à être « qui l’on est ».

Il est clair que contrairement aux dénégateurs (et enfumeurs) de toute espèce, on ne peut pas traiter du moi comme d’une pauvre chose, ou d’un matériel petit bourgeois, ou d’un mépris envers la « massification » (qui relevait du 19éme), ni opposer cette acculturation formidable de la personnalisation à une culture supérieure idéale antérieure (qui eut absolument son efficace et qui est reprise dans et par cette acculturation personnalisée). Il est hors de question également de scindé acculturation personnalisée et acculturation universaliste, ou de prôner la liberté du sujet contre l’universalité de la pensée ; dans tous les cas il est question de la Même réflexivité.

Cela aboutit donc à préciser que ce à quoi tout moi est confronté, son devenir soi, est ou atteint une profondeur sans pareille ; c’est effectivement que chacun doit se dépêtrer en et avec son identité. Et Lacan n’arrive pas par hasard qui seul ouvre la compréhension de cette identité ; l’être humain, la personnalité que quadrille Lacan n’est évidemment pas le sujet mais c’est le moi en son identité difficile et en la complexité étendue, voir sur étendue, de son être agissant et en son état.

Si ce moi est si difficile à cartographier (et tout aussi difficile à vivre, à articuler, à créer ou recréer) c’est qu’il se compose, il est indéfiniment composé et en lui, en chaque moi, en toute personnalisation, se joue le Jeu fondamental. Et ceci est d’autant plus imposant qu’en tout moi, il est un sujet, ce qui veut dire non pas un double ou on ne sait quelle figure, mais il est la réflexivité même en tant que rapport.

Les grands sujets (Descartes, Nietzsche, Husserl, etc sans nommer les éthiques, esthétiques, politiques, etc) sont évidemment super essentiels, mais les devenirs du moi, de tout moi forment le creuset de « ce qui est », et qui devient.

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