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instants philosophie

Le subjectivisme politique  

2 Mars 2017, 10:25am

Publié par pascal doyelle

C’est la loi du monde qui veut que tout ce qui est appartienne au monde lui-même et non pas à une extériorité, hors du monde, qui permette de juger et de réorganiser la réalité, en l’occurrence la réalité humaine. C’est le même principe qui pousse Fillon à se monter la tête en arguant de sa légitimité soit issue du sectarisme des primaires (autre procédé subjectiviste), soit d’une sorte d’illumination (il serait le seul à pouvoir sauver la France), le même principe qui considère comme tout à fait naturel et factuel l’économisme généralisé  totalitaire ; il n’est rien d’autre que l’économie et c’est son seul règne qui ordonne la totalité du réel ; l’histoire n’existe pas, la culture n’existe pas, la politique n’existe pas ni l’Etat, et enfin la nature n’existe pas, tout ceci littéralement. L’économise est dit totalitaire en ceci non pas qu’il ressemble au totalitarisme politique, mais en cela qu’il invente sa propre toute puissance, son propre mode de contrôle intégral de tout ce qui est, qui est relatif à ce qui apparait, à ce qui se dit (de sorte que l’on organise l’apparaitre général par les puissances). Si le réel n’existe pas, alors tout est rendu fantasmatique ; et les mois, tout un chacun, reçoit cette logique de plein fouet, que le réel n’existe pas, et tout-un-chacun devient fou, ou à peu près et irréel.

Le subtil c’est que l’économisme ne se contente pas de créer un fantasme de réalité qui dévore tout réel, c’est que l’économisme se fonde sur le nécessitarisme ; chacun sait que l’on pourrait produire suffisamment pour tout le monde (et ceci en restant raisonnable, cad en cessant de fabriquer quantité de tas de trucs qui ne servent à rien, qui produisent seulement de l’argent et sous couvert de fournir du travail aux chômeurs ou aux pays en voie de développement, qui sont en vérité hyper exploités et ce toujours afin de produire n’importe quelle connerie sans intérêt aucun), et chacun sait  que l’on fait semblant de demeurer prisonnier de la rareté, alors que de rareté il n’en est plus question en quelque manière que ce soit (mais bien que la rareté va redevenir la loi, est ce qui va s’imposer d’ici peu, du fait de notre inconséquente stupide, et qu’elle ne signifiera pas que l’on travaillera moins, mais que l’on va travailler plus pour de moindres, de beaucoup moindres résultats ; on n’utilisera plus de tracteur pour récolter les pommes de terre, on y passera 60h par semaine pour ramasser un pauvre cageot tout pourri).

L’économisme est fondé sur le nécessitarisme et ainsi figure, fantasme la réalité comme une pression constante, imagination complètement folle, soumise au pire du pire, au surmoi totalement débile, aveugle et sourd, un point noir qui absorbe et fait défaut (ce qui n’est pas pensé revient, en pire) qui commande les grands ensembles sociaux, dans l’inexpérience d’eux-mêmes, leur absence de vision, à partir de laquelle absence on ne peut plus même juger, puisqu’absente du champ, mais aussi chaque moi dans son intimité, dans son, ses désirs, ses décisions, ses intentions, et se formule une image, un principe de tout, qui est pénétrant, partout et constamment, et il n’est rien en dehors de cet étouffoir gigantesque, qui occupe tout le champ du regard, qui a éliminé toutes les réalités, tout dévoré et condamne chacun au champ étouffant de l’absence, du fanatisme ; l’économisme est un fanatisme de même que le djihadisme ou n’importe quel fantasme, c’est l’élévation au surréel par le subjectivisme délirant, qui est automatiquement et se donne impérativement comme objectivisme terrifiant parce qu’irréalisant, annulant la réalité et en l’occurrence l’économisme niant la réalité naturelle et humaine.

L’ensemble du flux de la richesse est réduit par milliards de tuyauteries jusqu’à produire une historicité réduite à son diamètre. C’est l’ensemble des investissements, potentiels, que capte un mini système irréfléchi, et qu’il détourne vers un surinvestissement (fut-ce comme spéculation ce qui est sa logique naturelle, irréelle) introduisant au monde-très-limité. Celui de son fantasme et celui qui viendra, par épuisement.

Le fantasme décide des contraintes, les crée, les produit, et négligeant les vraies contraintes, celles de la réalité humaine, individuelle, ou sociétale ou naturelle ; affichant des collections de « mesures », de « contrats », de colmatages. De même chacun a pour horizon de développer sa propre et seule capacité ; que cela soit un bien est une chose, que cela soit le seul Bien imaginable est un décrochement du réel. Le subjectivisme parait et offre réellement à tout un chacun un laps de temps, de possibilités, de réalisations et ouvre de cette manière un déploiement des capacités qui furent le 19éme et surtout, démocratiquement, le 20éme (dont les fameuses années 60, la lutte des classes occupant tout le 19éme et début du 20éme), mais impose son trou noir ; entendant, en possédant la logique subjective, retrouver partout et indifféremment ce subjectivisme comme seul organisationnel de toute la réalité. Il n’a d’autre ressource que de s’enferrer dans la continuation de négation du réel. Le seul liant est ce qui délie et désorganise, ce qui retourne son efficace et ce qui épuise.

La dette et autres pressions du surmoi délirant : si ceux qui se doivent (par leurs impôts) à la collectivité, à l'universalité et à la cause et caisse communes, payaient ce qu'ils nous doivent ou ce qu'ils s'accordent on ne sait de quelle supériorité, il n'y aurait pas, plus de dette. Le système même de la dette suppose qu’il existe comme une sorte de droit suréminent qui contiendraient la richesse que  seuls les puissants détiendraient, alors que la richesse est ce que l’ensemble et chacun créent. On imagine des tas de justifications à ce droit suréminent, lequel est légitime mais non pas en soi ; il est légitime par délégation et non par immédiateté autonome. Et non content de prélever un surcroit de richesse, le système invente de créer purement et simplement une richesse vide et absente, la spéculation et les taux d’intérêt exorbitant, qui lui permet de circuler hors de tout champ, aboutissement logique de son subjectivisme.

Ceux qui prélèvent selon la privatisation, une quote-part, nous le doivent, d’abord ; c'est une exception et non une règle qui par décret divin leur octroierait le droit imprescriptible d'accaparer le maximum qui se puisse ; que cette exception, de propriété privée, soit une nécessité d’investissement, veut dire qu'elle doit être encadrée et non pas qu'elle devienne la loi elle-même ; la loi appartient à la loi, pas aux individus. Sans cette loi universelle il n'est aucune individualité possible parce qu'il n'est aucune individualité qui vaille. L’argent, la capacité d’investissement, captée par les puissances est tellement gaspillée et investie à tort, que la soi-disant efficacité livrée à elle-même de l’appropriation privé est une illusion en plus d’un mensonge ; elle a fonctionné un temps comme principe, mais perd de son efficacité précisément de s’appliquer à l’ensemble et de continuer sa seule logique bien au-delà de son rayon d’action, historique et énergétique, en se substituant à toute prévision du réel humain et naturel ; une partie du réel se prend pour le tout de la réalité. Non de ce qu’elle ait à décider, ce qui est légitime en son champ, mais de ce qu’elle soit seule à décider, sans intelligence aucune, et qu’il n’existe plus au final qu’une seule dimension de la réalité, privatisée.

Le subjectivisme est alors non pas la réduction à la vision « subjective », mais l’absence et de l’universel, du collectif, et du naturel et des vraies contraintes. Et individuellement, en plus de son absence collective, le subjectivisme ne signifie pas limitation au moi mais la réduction du moi et de l’humain à l’immédiateté, incapable de réguler le fantasme et incapable de prévoir et d’organiser, et incapable de se vouloir, de dominer les nécessités et de dominer ses fantasmes (qui seront nourris et accélérés par le fantasme dés-organisationnel).

Que l’on ait en somme cessé de vouloir une société humaine complexe et étagée, diverse et répartissant la richesse, que l’on ne sache plus « quoi » produire et que l’on produise tout et n’importe quoi, que l’acculturation, l’éducation ait atteint un plafond de verre, que l’on fonctionne non en créant de nouvelles théories, prospectives, mais en reproduisant les anciennes, simplement durcies et systématiquement schématisées, que les puissances soient installées comme rond-point et sens unique de la réalité auxquelles rien ne s’oppose, signant la fin de la démocratie, que les élites soient dans l’incapacité intellectuelle et la pauvreté de volonté, qu’il n’y ait aucun consensus de quoi que ce soit parce qu’aucune distinction compréhensible, aucune théorie pensée, aucune pensée tout court, de quoi créer une représentation de soi de l’humain, du monde donné, veut dire que la simple immédiateté sans intelligence nous absorbe par le dedans, nous coule et nous tire vers le fond, le minimum basique, la facilité. Le subjectivisme est non le sujet (cad l’articulation universelle et singulière) mais le stupide amas, l’agglomérat de déterminations sans liaison. L’agglomérat, sans unité, est ce qui disparait, ce qui s’effiloche, se dissout.

Rappelons que l’ensemble du dispositif est effectivement efficace ; il est né de et par l’accélération produite par la pensée, par la raison, par la liberté, par l’égalité et l’humanisme et ensuite la personnalisation accélératrice au sein de l’humanisation ; il est né de et par la réflexivité, mais il a stationné historiquement et s’est gorgé de sa propre réussite et ce ne sont pas les bases réflexives qui sont en cause mais la limitation à une version réduite de la Révolution, au gel de l’historicité et du développement, à l’accaparement par une branche de la réalisation humaine qui s’imagine comme le tout lui-même, alors que le tout du déploiement est beaucoup plus ample et requerrait une ou de véritables visions et non pas une visualisation de petites mains. La question est d’élever la complexité atteinte, alors que visiblement nous sommes déjà écrasés et incapables de gérer la complexité acquise.

c'est parce qu'il n'est pas de vision, du rôle, de la finalité, de la possibilité, de la puissance de l'humain dans le réel, dans "ce qui est", qu'il n'est que de vagues visualisations inopérantes; 

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La brutalité native, la subtilité promise 

25 Février 2017, 09:44am

Publié par pascal doyelle


Notre être n’est pas un être, une réalité déterminée, qui serait objectivement découpable objectivement. Ni un Etre, une réalité déterminée qui se tiendrait d’une unité forte et monolithique selon l’esprit, la pensée, l’universel. 
Mais notre être est un Exister, une forme sans rien, minuscule mais extrêmement souple, et étant vide et indéterminée capable de jouer de toutes les déterminations. L’arc de conscience qui se fixe sur le donné là, et qui situe ce donné selon le « là », le « là » de tous les donnés, et qui doit être dénommé comme Réel. 
Cette forme donc, cette structure est articulée à une autre forme, vide et sans rien, dont on ne cherchera plus la substantielle universalité dans la pensée ou la raison ou dieu ou le moi, mais qui est et n’est, cette forme réelle, que le présent brut et uniforme (puisqu’indéterminé).
Mais il ne faut absolument pas se contenter de désigner comme « indéterminés » le présent et l’arc de conscience (l’arc étant arcbouté sur le présent, inclus dans cette paroi partout actante). Indéterminé parait une notation purement négative ; dans les faits, réels, ces indéterminités sont d’une part l’exister et d’autre part l’arc de conscience, considérés tels quels, comme des structures effectivement réelles.  A savoir, comme on verra, que la logique formelle du réel et de l’arc et ce depuis le début est en elle-même la logique de l’impossibilité. 
Cette indétermination reçoit formellement son « identité » spécifique, très spécifique ; à savoir que le présent est l’exister (duquel se déverse l’être, le donné sans le « là », pour ainsi dire), et que l’arc de conscience est cet-être spécifique qui se définit comme « celui qui a rapport à soi », à soi en tant que non pas telle ou telle identité déterminée (un moi, l’humain, la pensée, dieu, etc), mais en tant que ce rapport est le rapport lui-même ; si on existe comme un Je, une personnalité, c’est que l’on se tient d’un rapport qui se-voit, se-sait, se relie, se notifie, se pointe.  
On a pu tenter de définir une unification universelle de la réalité (qu’elle soit universalisation de et par la pensée des immédiatetés ou qu’elle soit imaginé ou intentionnalisé comme Dieu synthétisant tout ce qui est et y compris notre être comme l’appelant). Hormis la pensée et dieu toute autre représentation est glissante ; elle prend une partie de la réalité pour faire-croire que cette partie est toute la réalité ou est le réel même, mais dans tous les cas ces parties déterminées n’effectuent pas ce que la pensée et dieu rendent réels ; à savoir le possible (puisque de telle partie la réalité est toue entière déterminée et le réel figé). Ce que l’on doit comprendre c’est que si l’on a instancié dieu ou la pensée (l’être), ça n’est pas un hasard mais des effecteurs ; effecteurs qui bien concrètement eurent quantité de résultats, d’effets ; par ex postuler que le sujet existe signifie qu’il est à lui-même libre et susceptible de droits, qui se confèrent strictement et structurellement à chacun ; que le réel soit l’être veut dire que l’on ne peut pas supposer ou imaginer n’importe quoi ; le réel est autre que notre pensée et celle-ci doit s’y adapter. Etc. 
Dieu et l’Etre ont condensé ce qui ensuite s’est déplié.
On a voulu non pas coller une partie du monde dans la pensée, mais définir la pensée pour elle-même et même délimiter dieu par la définition, mais tout ceci, bien qu’ayant échoué, fut une opération non finie ; au sens où les principes-idées de l’Etre et/ou de Dieu s’utilisèrent afin d’avancer dans la réalité, de l’organiser et d’abord de la percevoir dans ses plis et replis, à partir de deux suppositions ; l’une de la variation intentionnalisatrice, la pensée, l’autre de l’intensification de l’acte de conscience de « soi », le christique et le mono, renvoyant explicitement le « soi » à dieu ou au christ, 
puis la pensée et dieu renvoyant au sujet et à l’altérité (du donné « là »), à l’idée réflexive que pensée et christique s’entament d’une antériorité, d’une articulation antérieure ; soit donc que l’universel est pré-existé par une structure et que le christ (qui est exemplaire absolu vers lequel il faut se convertir par la foi) est en-nous une forme qui est-déjà-là, qui est déjà un sujet.
Ce qui peut sembler une sorte d’hérésie mais en vérité le christ ne suppose rien d‘autre ; que notre vraie « nature » est déjà actuelle, que le royaume est d’ici même ou commence ici même et qu’il est comme une superposition ontologique dans la réalité même, étant entendu que cette superposition est en fait le réel même, bien que le monde y oppose toutes ses immédiatetés et que mon corps nie lui-même cette conversion ; c’est en ceci que le déroulement historiciste est immanquable ; et parfait. Parfait puisque ce qui se réalise n’est pas de l’ordre du composé, de la détermination, mais de la forme, de la structure (qui est non déterminée). 
Et si le sujet est l’aboutissement du christique (peu importe donc que le christ ait existé ou pas, affaire de croyance, mais l’historicité est, elle, non pas une croyance mais une activité déployée, celle de toute l’histoire elle-même) parce que la forme se cherche et sait bien qu’il est question de … son corps. Le christ est le corps ; non pas seulement de l’église, (cad de l’universelle communauté de chaque conscience, soit donc l’universel en acte) mais le corps est le corps de chacun (l’universelle communauté de chaque corps, et ceci un par un et non plus seulement réunis en un-seul, celui du christ comme personne-dieu).
On comprend bien (en dehors de toute croyance)  qu’un système ontologique s’est instancié ; historiquement. Qu’il peut signifier aussi bien qu’il y ait eu le christ homme-dieu, objet d’une croyance, qu’une méta-technologie, objet de réflexivité (étant elle-même pure et quasi brute réflexivité du réel sur lui-même). 
L’intervention du méta dans l’historicité étant le mouvement même qui crée l’historicité.
De sorte qu’il faut insister ; le réel est en lui-même parfait, et la réalité qui est effectivement imparfaite est bel et bien dans son registre propre parfaite ; une réalité ne peut pas être « parfaitement selon le réel » ; cela n’aurait aucun sens. Et il est clair que la perfection du réel est tenue par et dans le Fait absolu qu’il se structure non pas « en » le présent (comme si quelque chose préludait au présent) mais par et surtout en tant que présent. 
L’historicité qui est le déploiement de la structure (conscience arcboutée au présent brut, arc qui est l’élaboration même de la brutalité du réel vers une plus grande possibilité) est brutale en ceci que la réalité est brutale, fondamentalement, de même que la structure du seul réel est d’une brutalité absolue ; ça en rigole pas du tout. Ce sont des technologies, des mécanismes et étant les mécanismes fondamentaux (il n’est rien antérieurement à l’exister et à l’arc de conscience) lorsqu’ils avancent tout avance ; le présent, la paroi de tout ce qui est (par quoi tout ce qui est, l’être, est apparu dans et par l’exister) a créé en sa surface un petit-mécanisme qui prend sur soi de perfectionner la perfection ; de re-Créer dans l’exister une structure arcboutée sur le seul réel, sur le présent. Par quoi ce petit-mécanisme tend à surmonter la brutalité initiale et fondamentale.  
Tant que l’on ne visualise pas, pour ainsi dire, la suréminence de l’arc (et du présent) aucune motion consciente ne peut y accéder. Un peu plus l’image qui en son essence est pénétrée du corps. De l’autre surface du même corps.   
Et perfection qui fût de deux suppositions abstraites, ce qui veut dire quasi structurelle ; soit donc l’obtention, dans l’historicité, d’un Point de vue maniant l’altérité comme logique dieu-le christique/la pensée-l’être). 
Le processus de la pensée, dont on a pu dire qu’elle s’égarait dans les illusions du langage (de sorte qu’il suffirait de purifier ce dernier pour obtenir les problèmes seuls véridiques), n’est pas d’une construction imbriquée, mais d’une construction investie. La construction imbriquée c’est celle qui va se stipuler de la détermination ; celle du donné (relevant d’un autre discours ; une objectivité, scientifique par ex, neurologie, linguistique ou physico-chimique, ou d’une prétention ou exigence annoncée de scientificité) ou celle de l’universel ; de l’universel en tant qu’il veut prendre les immédiatetés et les conduire dans leur formulation catégoriale, générale, leurs essences et idées, etc. on y joue une partie du monde contre l’ensemble du monde ; et jamais on ne peut clore la réalité ni le réel ; parce que « la » réalité n’est pas un tout, et que le réel n’est pas du déterminé, cad n’est pas de la réalité. C’est pour cela que sont les requis les détours ; dieu, la pensée, le sujet et l’altérité ; (le mono et le christique, les grecs et les systèmes et l’universel, Descartes-Kant-Hegel-Husserl-etc, Nietzsche-Heidegger-Sartre-Lacan). 
Pareillement si l’on croit être en mesure de définir intégralement ou fondamentalement la pensée ou l‘universel ou les mathématiques ou quelque discours, on ne peut pas ; parce que la représentation est non-close ; elle ne peut pas se clore non seulement parce que l’arc de conscience, étant antérieur à toute représentation et langage, est un seul bout et non pas de joindre-les-deux-bouts, mais aussi parce que le réel n’est absolument pas terminé ; toute la réalité est ouverte sur et par le présent. 
Ça n’est donc pas de fermer la pensée ou la raison ou l’humain ou le moi, etc, qui prévaut mais de structurer l’ouvert lui-même ; cela se voit absolument par Nietzsche (et par Descartes et Kant mais ils croient encore que ça possède un Ordre ou un Sens, tandis que Nietzsche projette, se projette sur la paroi insensée) ; structurer l’arc de conscience tel quel, comme ça, réel, sans illusion, débarrassé. Ce que reprendront Sartre et Lacan mais que voudrait aussi, dans tous ses égarements, Heidegger ; une éthique de l’arc arc-ticulé au réel même, à l’indétermination structurelle de ce qui existe (qui produit ce qui est). 
Et ça ne nous lâchera pas ; c’est antérieur à toute définition, toute concrétisation, toute représentation, langage ou pensée ou raison ou image. La fracture est interne au réel lequel est intégralement externe (il n’y a pas de réalité cachée, ou c’est réel ou pas) ; on est jeté dans la dispersion qui n’est elle-même rien d’autre que la réalité (il y a de la réalité parce qu’il y a la dispersion, l’altérité, la distinctivité, partout et en tous sens). Il n’est rien en-dehors, mais peut-être existe-t-il autre chose en avant (via le présent), mais alors ce ne sera nullement une réconciliation, une unité ; ce sera suivant la logique même de l’altérité (du réel et de la réalité qui mènent la distinctivité) ; si l’on veut l’en-avant du réel, ce par quoi le présent va-vers ce sont des « dieux ». On nomme cela ainsi faute d’autre pensée, image ; parce que l’on ignore de quoi sont capables les structures ; le réel est plus grand que lui-même, il pousse la réalité au-delà ; le réel est l’activisme du présent, de l’acte, qui tire encore plus avant les réalités ; le système, le mécanisme de « se-créer en avant » est spécifiquement l’activisme d’un tel présent.

On comprendra donc que l’antériorité qui contradictoirement apparemment est « en-avant », délimite la performance technologique (comment la nommer autrement) du présent.
C’est que l’on s’est glissé depuis la méditerranée du côté réel, prenant à rebours la réalité, quitte à user de tel ou tel système de détermination afin de contrevenir et de configurer de telle sorte cette représentation que la part du réel traverse et vienne dans le monde ; autrement dit que la puissance, la potentialité (de ce qui existe antérieurement) vienne au-devant et soit en vue ; et ceci au sens très précis que la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité soient les méta-systèmes qui augmentent la distinction, intentionnalisatrice, et la différenciation, dans le donné concret ; ce qui eut lieu. De même que tout moi a à charge de porter son propre découpage. 
Qu’il nous fallut faire effort de décider de pousser le réel dans la réalité, de basculer l’exister dans l’être, il est supposé qu’en elle-même la réalité s’intègre de l’éclair du réel pur et brut, qui cherche à préciser sa structure de la brutalité à la subtilité, en passant du présent en l’arc de conscience, qui convoque ici même la totalité de ce qui est, et se rend capable de l’altérité. L’œuvre, l’éthique ontologique, la politique, l’idéel (la connaissance, objective et théorique), mais aussi l’humanisation et la personnalisation, oh combien la personnalisation hyper active au 20éme s’informe la réalité de la puissance du réel. Et cet effort était purement et simplement logique du Un, du formel, du structurel de se-saisir lui-même ; le Un ne peut que venir de lui-même, et donc au-devant, comme présent. 
 

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La forme de notre être dans la forme du réel

18 Février 2017, 09:37am

Publié par pascal doyelle

Il n’est aucune programmation dans le présent brut, le Un de l’exister ; raison pour laquelle il est une quantité considérable de possibilités hasardeuses, de catastrophes et de morts, de (relatif) désordre, comme on verra, et que tout l’ensemble prenne l’apparence d’un non-sens voire d’une cruauté invraisemblable. Ceux qui se récrient que l’on ne peut juger de la « cruauté » du réel, c’est que soit ils n’existent pas, ce qui serait curieux, soit ils ne sont pas des arcs de conscience qui tentent malgré tout de joindre les deux bouts, ce qui est un aveuglement sur soi sidérant.

De par le fait un arc de conscience veut joindre les deux bouts, or il n’existe qu’un seul bout, qui ne se rejoindra jamais par définition (en tous cas pas « ici et maintenant » que l’on sache), et qu’il y ait un tel être de guingois est une aberration. En quoi le sens, si l’on peut dire, du réel est l’impossibilité. Il est tout entier impossibilité. Ou donc la Possibilité même.  

 
De plus haut
Il existe un mécanisme, indifférent, strictement technologique, de cette technologie inventée par le monde, le donné là, la réalité et par lequel mécanisme la réalité se soulève. 
Le dit mécanisme est l’arc de conscience tel qu’instancié selon et dans le présent. Il n’est rien d’autre que le présent au sens où tout ce qui est s’engendre du présent (non selon le système de causes habituel mais selon la causalité dite ontologique ; la forme de la réalité, le réel, contient les réalités, les effets). 
En ce présent uniforme, d’unique forme, il n’est aucune totalité ; il est une seule et unique forme puisque ce qui est formel ne comportant aucune distinction, ne s’oppose pas à lui-même ; tout ce qui existe, existe ; et l’ensemble de tout ce qui est ne forme pas Un, il n’existe aucun Tout-qui-soit-Un ; toute la surface du réel est un énorme splittage (probablement infini) qui n’aboutit pas à produire un être (un tout de déterminations), mais reste et demeure une structure ; la réalité avance d’un (relatif) désordre à plus d’organisation ; tout ce qui est détermination est déjà en soi ordonné, et parait seulement désordonné par rapport à une étape ultérieure d’ordre ; tout ce qui est, est la détermination, et étant déterminé, est déjà organisé a son niveau propre ; 
en quoi le Un, comme logique d’une forme vide et unique, est la différenciation, la distinction, soit donc la logique de l’altérité, le Un est l’altérité même (l’altérité ne signifie pas l’indistinction mais le contraire ; raison pour laquelle il est de la détermination et que toute détermination est ordonnée ; on n’imagine pas une détermination non déterminée et donc distincte ; serait-elle jugée indistincte par rapport à l’ordre supérieur) l’unité de tout ce qui est n’est pas un Tout, mais est la forme du Un, en tant (autant qu’on en puisse juger) que le Un est le présent ; le présent, autrement dit, est lui-même la machine absolue, purement formelle, qui engendre des quantités de réalités et qui en ces réalités formule ici et là des uns eux-mêmes formels ; à savoir (ici encore autant qu’on en puisse juger) des arcs de conscience. 
Arcs de conscience dont on peut (relativement, dans la limite de l’expérience) considérer qu’ils montrent la voie ; à savoir que contrairement à tout le donné un arc de conscience est ce qui a rapport à soi, en tant que ce soi est le rapport lui-même (et non telle ou telle identité, déterminations, essence, idée, pensée, représentation, humanité, etc). Une chose n’est pas le rapport à elle-même, elle est, de fait, ce-que-elle-est ; une conscience est un rapport différé à soi, et donc est un « rapport » effectif. 
Tout ce qui passe dans, via, par, pour, selon ce rapport est seulement un signe ; le langage, et puis l’esthétique, le moi, le corps, bref tout, est médié par le rapport, qui n’est en aucun de ces contenus (on ne peut en rien s’identifier au moi que l’on est ou à l’humanité ou à la nation ou à quelque détermination que ce soit). 
On suppose donc que le rapport n’est aucun de ces contenus, mais « ce qui embraie sur et par  les contenus », le rapport qui les produit, raison pour laquelle il est une lecture selon le conscient et une lecture selon le réel ; lecture seconde, pour ainsi dire à laquelle a commencé de nous habituer la science, les sciences humaines, la psychanalyse ; par ex la psychanalyse ; ce que vous pensez être, ce moi, ce conscient, est découplé d’un ensemble plus vaste et plus réel, bien que moins concerté et moins synthétique, et votre idée de vous-même est enclenchée par l’image de vous-même et cette image par la perception de ce corps, que le corps a de lui-même ; l’arc de conscience produit une surface autre du corps et c’est en cet enclenchement que tout le reste est élaboré ; en somme une surface quantique, si l’on veut ; de la perception qui se durcit en image, puis en moi, puis en conscient. Le conscient est un re-pli dans un pli plus grand, l’arc de conscience, qui est un phénomène physique, qui sort de la cervelle vers le réel, comme rapport ; en ceci l’esthétique ou le poétique (et le récit, le roman, etc) manipulent les images antérieures ; celles qui prédisposent avant la prédisposition qu’est lui-même le moi et le moi avant la prédisposition que veut être le conscient ; il n’est aucune consistance, de prédisposition en prédisposition, pour le dire, dans toutes ces déterminations, qui sont les replis dans le pli qu’est un arc de conscience, lui-même pris-dans la vague du présent.  
Mais il est faux de dire que rien n’Est ; l’exister dépose quantité de niveaux d’être, bien effectivement réels ; l’exister ne vient pas pour irréaliser la réalité ; et l’exister ne se retranche pas de l’être, l’exister est en vue du plus grand que lui-même ; il use de la détermination afin de se multiplier, et l’exister, qui est le présent (autant que l’on sache), engendre la distinctivité (et donc la détermination, la réalité).   
Somme toute, l’ensemble de ce qui est peut être résumé comme suit ; la cause, les formes (présent et arc de conscience), le formel donc entoure toutes les réalités, comme effets. Le formel traverse, littéralement, les choses, les êtres. Non le formel comme si il était comme un double (matériel, déterminé, substantiel), mais comme précisément la forme des contenus, le Bord de la réalité, le réel de la réalité ; le présent ne s’oppose évidemment pas aux réalités ; il les engendre. Le formel c’est ce qui, pour nous, êtres humains, produit ce décalage, décalage qui nous situe hors de tout donné, et donc nommé ontologique ; requérant qu’il y ait une théorie de cette rupture, mais théorie qui voulut souvent combler le hiatus (et même alors laissant ouvert le gouffre, selon le Bien, le Un, Dieu, le sujet, l’altérité etc), mais qui au final parvient à penser cette différence absolue, cad formelle, en tant que telle ; sans aménagement qui remplirait la distinction formelle. Absolue précision de Sartre et Lacan. 
Qui de ce fait n’est plus une distinction (qui se jouerait dans la détermination, du langage, de la pensée) puisque formelle, mais est un décalage ; nous ne sommes pas ce que nous sommes, nous ne sommes pas « cela » que nous sommes, nous sommes autres, nous nous regardons d’en-dehors et cet en-dehors est toute la question. Et cet en-dehors est justement ce que la philosophie par mille tortillements cherche à obtenir, analyser, extraire, isoler, détourer ; et les mille tortillements sont nécessaire puisque la différence structurelle n’est pas de l’ordre de la pensée du langage, du monde ; aussi doit-on user de signifiants qui permettent que chaque conscience puisse par elle-même accéder à ce décalage, étant entendu que seul l’arc de conscience peut intuitionner structurellement la distinction formelle en cause ; le hiatus ne peut pas se marquer par des mots, des signes, des idées mais uniquement parce que telle idée, signe ou image ouvre dans telle conscience le gouffre. 
La philosophie ne vise pas d’abord la connaissance mais le savoir, le savoir sous sa formulation du se-savoir qu’est tout arc ; on a cru, pour la critiquer, que ce se-savoir s’épuisait prétendument, dans une dénomination, la pensée comme raison et le sujet comme moi, et qu’il ne restait plus rien à l’extérieur ; ce qui est vraiment son idéal du début lorsque la pensée était conçue comme seul et tout l’horizon ; mais il y eut Descartes et le commencement d’un externe à la pensée qui cependant, externe, n’appartient pas au monde ; il est donc un externe du monde et de la pensée et c’est cela qui est le sujet, lequel appelait dieu mais tout aussi bien l’altérité de Heidegger ou de Nietzsche ; qui est ainsi impossible, mais cette impossibilité est littéralement la conscience que l’on a de la conscience, qui ne se réalise qu’en chaque arc, de la distance que chacun sait de lui-même, et ne parvient pas à se réaliser en quoi que ce soit, dont chaque arc témoigne mais dans l’incapacité totale de le prouver par une détermination ou une satisfaction ou une identité du monde ou du vécu ; qu’il n’y Est pas, qu’il doute d’y Etre, que l’on ne peut pas être. 
De quoi il y aurait lieu de désespérer, sauf que c’est pour cela que l’on Existe, et que donc on ne peut pas penser ou se représenter ou se satisfaire dans la vie de quelque supposément « être » que ce soit, mais que l’on doit monter, élaborer, creuser, tisser l’inépaisseur de  l’Exister ; la philosophie est ainsi l’augmentation de l’inépaisseur du Bord, ce par quoi on s’obtient comme au Bout, juste au Bord (la nouvelle surface du corps-autre comme au Bout du Bord).

La finalité est d’ouvrager l’arc de la conscience que l’on existe (et non de profiter du « bonheur » d’être le moi que l’on est, tout passivement). Ouvrage qui se tisse aussi bien de l’esthétique que de l’éthique. Ce qui veut dire non seulement saisir et être saisi de la structure ontologique (décrite philosophiquement) mais aussi créer, produire les distinctions du monde, créer les différenciations étant entendu que la réalité est la performance de l’altérité qui élève la détermination en plus de distinction, plus de Un ; le présent rend possible que les déterminations se distinguent. 
(On a vu que l’on ne tient pas sur le Bord, il n’est pas fait pour y vivre, mais c’est ce sur quoi on prend appui, l’appui dont on se souvient, et la pensée, ce qui doit se nommer pensée et non pas raison ou universel seulement, veut mémoriser les traces qui remontent sur, vers, par le trajet, le trajet que lance les arcs de conscience, l’atteinte vers la paroi du réel, du présent : l’actualisation de tout)
La logique du réel n’est donc pas de programmation, il n’existe ni Ordre ni Sens, mais c’est une logique de distribution éparse ; pas de programmation mais une question de surface ; la surface porte en elle-même la clef, est cette clef tout entière actuelle. Dans tout le lancement aberrant de tous les dés, ici et là il s’opérera, plus ou moins, et parfois en réussite, au sein de toutes les choses déterminées, il s’opérera des êtres (non pas doués de rapport à soi, mais dont la structure même sera un tel Rapport), des êtres parvenant à continuer plus loin et plus avant la logique de distinctivité, d’altérité, du Un se différenciant de par soi, arcbouté à tous les mondes. 
S’il existait un Ordre ou un Sens, il n’y aurait, à vrai dire, pas de réalité du tout. C’est parce que le réel est, structurellement, plus grand que lui-même que l’on est instruit. Et si le plus-grand est la structure même, c’est la dispersion qui nous accable. Et en cela on n’est pas causé par le passé, mais désigné ou voulu ou il-n’y-a-pas-de-nom par le devant, par l’avancée qui étire la réalité. Si il y a un présent c’est que quelque structure se réalise, se rend réelle par le devant de l’être, soit donc par le présent de l’exister. La dite structure ne peut pas être causée mais s’appeler elle-même hors de soi, selon le présent même ; sinon comment ferait-elle Un, la distinctivité même, c’est en vue de la plus précise altérité que tout cela se déverse.  

 

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La petitesse

15 Février 2017, 19:44pm

Publié par pascal doyelle

La petitesse
 
Dans la mesure où l’on a quitté l’universel, tous les discours, toutes les positions sont dévorées par l’immédiateté, s’enfoncent dans le monde donné et ne reparaissent plus, ils périront avec les choses comme tout ce qui est seulement déterminé, sans espace, sans laps de temps, sans distance, sans dimension. Alors plus personne ne sait ce que signifient les discours et les représentations, tous phagocytés par les intérêts et les groupes, qui utilisent des apparences d’universalités pour imposer leurs intérêts, leurs violences, et tous nécessitant à chaque fois une réinterprétation continuelle tentant de rattacher ces discours à des intérêts très précis, mais tout cela s’embrouille et ne signifie plus rien (parce que seul l’universel possède, potentiellement, un sens, un sens c’est-à-dire une signification plus grande que les données desquelles on part) et toute cette embrouille dérive ici et là en divers complotismes, racismes, simplismes, et le subjectivisme devient la règle et chacun est renvoyé à son inutilité, son inefficacité ; inefficacité puisqu’infiniment éloignées de l’universel, et parce que seul l'universel est plus grand que lui-même et permet d'organiser la réalité ; livré au monde et aux intérêts toute intention, toute intentionnalité tombe dans le marasme du donné, toute intentionnalité, même sincère, est prise dans le cycle destructeur des discours en général subissant la pesanteur de la facilité ; le donné sans l'universel est destiné à la mort, tombe totalement dans la dispersion sans retour.
L'universel, réel, consisterait à réorganiser les mondes humains en fonction de l'humanisme de base (pour commencer, puis à poursuivre la personnalisation qui fait suite à l’humanisation) et d’autre part à tenir compte de la réalité, plutôt que de continuer le fantasme généralisé du principe productiviste (qui s'est juste pris les pieds dans ses réussites, appliquant à la totalité de la réalité ce qui n'était valable que partiellement), l'universel est l'articulation du monde réel (naturel et humain). Tenir compte de la réalité c’est ouvrir les yeux sur le monde naturel fini, extrêmement limité, et adapté les fins aux moyens et cesser de se rêver, malsainnement, selon un fantasme général absurde, celui qui nous pousse à produire- consommer en n’importe quel sens, dans le format d’une représentation auto illusionnante.
 

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Loi morale, éthique ontologique

11 Février 2017, 09:23am

Publié par pascal doyelle

 

Puisque l’on a perdu le sens de l’universel, tous les discours tombent dans la réalité, ce qui veut dire dans la disparition et préalablement dans les discours morcelés, envahis par les immédiatetés, ce qui veut dire par les intérêts du monde, des groupes, des egos. Lorsque Kant suspend la loi morale au-dessus de tout intérêt et de toute réalité, de toute réalité, ça n’est pas pour enluminer le ciel, mais parce qu’il existe un point de vue supérieur à tous les points du vue, non en ce que ce point supérieur contredit les points de vue du monde, mais en cela qu’il les fonde, les autorise, les rend possible. Tandis que les discours dévorés par l’intérêt immédiat se nient les uns et les autres, ce qui est normal, mais se nient les uns les autres sans aucun horizon sur lequel les relativiser ; n’étant plus relativisés par l’horizon du principe, les discours ou les comportements engagent une lutte à mort, et produisent toutes les violences. Se dresse alors la ligne de mort qui circonscrit la vie selon le monde immédiat ; par laquelle ligne tout affrontement glisse invariablement vers la mort de l’autre, de soi, la mort tout court ; le donné c’est ce qui disparait.

Ce à quoi l’on assiste, dans la fureur des intérêts immédiats, ce qui veut dire faciles et de pente glissante, c’est à l’abandon de l’horizon au profit de la ligne de mort comme logique sans principe du comportement. Comprenons que l’on tombe toujours et constamment vers la ligne de mort de la réalité, c’est immanquable, mais que l’on peut suspendre la ligne par l’horizon ; doté de principes on peut orienter la réalité, mais abandonnant tout principe on est dévoré par le donné. Quels principes, c’est la question de la morale kantienne et de l’intentionnalisation ; il faut entendre « morale kantienne » non comme « morale », mais « morale » comme un dispositif technologique capable de supporter le maximum de réalité, certes, et de réel, de structure, celle qui n’est pas mais existe. La technologie kantienne, nietzschéenne, etc.   

Mais la vie, la vie en commun ou individuelle, augmentée d’un principe est difficile ; difficile en soi parce qu’il faut réfléchir, et difficile dans la réalité vécue et le relationnel parce que l’on est toujours pris dans le chantage, et l’auto chantage, et la lutte à mort ; on sait que l’autre risque constamment d’amener les enjeux vers la ligne de mort ; (ou lorsque des menaces sont soupçonnées pour le moins ; sois tel sinon) et que l’ennemi ne restera peut-être pas raisonnable du tout. Il ne l’est même peut-être pas du tout ; ce à quoi nous incline à penser certains maitres du doute par exemple ; la loi morale kantienne réduite à un alibi impossible, on le sait qu’elle est impossible, c’est pour cela qu’elle est morale, ou intentionnalisatrice.

Et elle est morale non pour la joliesse ou pour s’amener hautement, mais parce que la loi morale est l’universel et que l’universel est le seul moyen d’augmenter la possibilité intentionnelle, ce qui veut dire d’augmenter la capacité de chacun pour lui-même d’abord (parce qu’il n’est aucune raison pour que je me laisse tomber, que je délaisse mon moi, déjà enfourné en de sales draps, et m’affligeant de tous ces discours morceleurs et martelés, que j’embraie le dénigrement de moi-même, en plus des marteleurs), et d’augmenter la confiance que l’on doit imaginer en l’autre, ce qui a pour finalité d’augmenter les possibilités intentionnelles dans le monde humain. L’universel n’est ni un alibi, ni une illusion mais est une règle dont l’enjeu est la qualité et la quantité intentionnalisatrice.

Que l’on ait un inconscient ou que le cours du monde demeure effectivement les intérêts immédiats, tout le monde le sait. Ça n’est absolument pas la question. La question est : aura-t-on la présence d’esprit pour contrebalancer cet état de fait ?

Que l’on ait pu faire passer la loi, morale, l’universel pour une construction irréelle c’est n’être plus même en mesure de comprendre que le principe, l’idéel, le sujet parce qu’ils ne sont pas de la réalité mais uniquement du côté du réel,  que le principe existe avant. Dans l’antériorité de toute réalité qui s’estime selon ce qui n’est pas, ce qui existe. Et antériorité structurelle qui ne relève donc pas de la réalité pauvre et morcelée. Et comme le principe, la loi existent antérieurement, elle ne contredit absolument pas la réalité, le vécu ; le sujet ne contredit pas le moi ; il ne prend pas la vie de plus haut (ce que l’on croyait avant, en identifiant l’arc intentionnel à l’universel, à cette forme universelle), non de plus haut mais de plus loin ; qu’il y ait un plus loin, veut dire qu’il y a un présent ; c’est le présent qui tire le passé. L’arc de conscience ne s’oppose ni au conscient ni à l’inconscient (ou ce que l’on nomme tel). Le sujet cartésien ne vient pas annuler le moi donné ; et il ne s’institue pas non plus comme l’idéal auquel il faudrait conformer le moi.

Descartes le sait bien qui tente d’admettre dans son dispositif le moi vécu, percevant et ressentant et à trouver le cheminement qui relie, articule le sujet dans le moi, en tant qu’il n’est un moi que parce qu’il existe un sujet, aussi impossible et autre soit-il. Descartes ne peut pas interrompre la réalité par la structure (l’arc de conscience tel qu’il commencera d’être inspecté par Husserl, et ensuite par Sartre et Lacan), mais est obligé d’opposé ou de superposer une « chose pensante » à la chose donnée ; dont on voit bien cependant que cette chose pensante est difficile et absconse, essentiellement volatile et souple, si l’on peut dire.

Enlevez le sujet, le moi et l’humain s’écroulent. Ils s’effondrent dans le morcellement des immédiatetés, en lesquelles on élit telle ou telle image comme si cette partie du monde s’imposait comme signifiant tout le monde ; or le « monde » n’est pas du tout situable, Kant nous dit qu’il n’existe pas de concept de monde, que si il en existe une image, elle sera seulement une figuration imaginaire, mais non pas réelle (ce qui veut dire que « certaines images », et alors elles sont plus que des images, elles sont des œuvres, que certaines images donc soient capables de représenter le monde de telle sorte que soudainement vous y soyez appelés comme sujet, mais c’est l’articulation du sujet soudainement invoquée qui engage au monde ou au vécu ou au corps, et non parce que telle image effectue réellement le monde, insituable ; soit donc l’obtention d’images si structurées, distordues, autres et accumulées qu’elles instancient en votre arc de conscience non une superposition immédiate, mais qui renvoie à la structure, une image qui supporte le miroir en lequel elles surgissent ; images accumulées qui contiennent en elles-mêmes de manière fulgurante, d’autres images et d’autres sujets).

Se tenir de l’universel chacun y est prescrit depuis la révolution, la révolution consiste en cela. Et la révolution huasse chacun dans la forme ; on peut encore se satisfaire des immédiatetés (il n’y a que cela dans le monde), mais on peut désormais assumer les immédiatetés via et au travers de l’universel ; l’universel, la forme surintentionnelle, extrait chacun de son donné, et fonctionne comme non pas une objectivité extérieure, massive, étouffante, mais en tant que rendant à chacun accessible la variation intentionnalisatrice ; ça n’est pas seulement le langage ou la représentation mais la forme universelle (du langage poussé au-delà de son donné parce qu’) ayant effet individualisant ; l’universel existe afin de surélever l’individuel ; et le sens de cette surindividualisation (qui courre depuis les grecs, et ne fut institué que depuis la révolution, unique, celle qui parcourt la terre entière sous différentes formules), le sens de la surindividualisation est la réalité d’une part et le réel d’autre part. La loi morale n’est donc plus instruite au même sens antérieurement et postérieurement à la révolution ; mais postérieurement elle ne peut ni ne doit contredire l’universel (alors que visiblement beaucoup eurent tendance à nier ou détruire et l’universalité et l’universel ; l’universalité des droits de l’homme, du sujet, et l’universel de la réalité, au profit d’une représentation aléatoire de l’être, comme Volonté ou Etre ou Multiplicité, etc).

Et il est alors très difficile de coïncider l’universel et l’individué nouvellement acquis, aussi pour avancer on pousse à son tour l’individualité vers l’individué, pur et brut. L’universel engoncé dans l’individué parait une absurdité ; on ne voit pas du tout le rapport. Il faut, pour comprendre la structure, remodeler toute la configuration. A savoir au final que la réflexivité n’est pas limitée à l’universel mais que la réflexivité s’étend à toute l’activité de conscience (qui n’est pas le conscient et qui produit ce drôle de Corps bizarre), et  au fin fond à toute l’activité du réel ; le réel existe réflexivement et ça se nomme le présent.   

Les vagues de l’immédiateté surgissent de tous les replis du monde, du vécu, du corps ; elles surgissent spontanément et envahissent toujours l’arc de conscience ; ramenant sans cesse celui-ci vers le bas, non le bas du point de vue « moral », mais parce que le bas c’est la moindre possibilité de conscience , la moindre confiance, la moindre possibilité, la possibilité en fait qui ne se conçoit plus comme possibilité mais seulement d’effigie en images quelconques (toutes les images sont quelconques en comparaison de l’arc bruyant du réel de structure). On a cru ou pu croire que telle image ou monde ou immédiateté ou identité manifestait une fulgurance, une plus vraie réalité que la formalité du principe et du structurel, et effectivement on a pu se libérer de quantité d’oblitérations dans la conscience, mais ces libérations n’étaient possibles (lorsqu’elles ne s’enfonçaient pas dans la pauvreté et la décomposition mentale) que par et pour un sujet. Sauf que l’on a cru véritablement que telle partie du monde ouvrait le monde même, dont Kant nous dit qu’il n’est pas ou pas accessible en quelque sens que ce soit.

Ce qui est accessible c’est la structure du sujet lui-même et pour Kant non pas dans la connaissance mais dans le sujet pratique et moral dont on éprouve, fermement, la possibilité ; la possibilité en tant que c’est cette possibilité qui existe (quand bien même tout le reste serait de l’être, la structure est l’exister et non l’être).

Non pas dans la connaissance parce que la connaissance est assise sur l’universel et que le sujet est antérieur à l’universel, antérieur au conscient ; antérieur en ceci qu’il est arc-ticulé sur le réel. Et il est articulé au réel par ses possibilités dans la perception, sur le corps, en tant que autre, raison pour laquelle l’esthétique crée un autre-corps, comme la poétique (le récit au sens large) crée un autre-vécu ; qui ne sont accédés que par l’effort. Et comme de juste un effort tout à fait spécifique qui n’est pas un effort du monde, du vécu ou du corps. Et qui rendit possible qu’il y ait ce que l’on nomme monde, vécu et corps.

Autrement dit ça n’est pas parce que l’on vit dans la structure (du sujet) que l’on doit abandonner tout le structurel et se focaliser sur les contenus soi-disant électifs ; et bien que détenir ou se tenir du sujet c’est ramasser absolument tout le structurel (puisque la structure est l’arc lui-même, qui se voulait selon la pensée ou dieu ou le sujet ; rappelons que le sujet selon le moi est le sujet cartésien et kantien, etc, mais évidé, évité, annulé, rendu blanc et neutralisé) c’est le piège, le mirage de la structure du sujet qui, étant lui-même parfaitement un (le un impossible), le piège que de tomber immédiatement dans l’erreur de tenir son contenu de réalité pour le réel ; or on a vu que le sujet se tient du Bord du monde et en aucune partie du monde, de même que l’arc de conscience n’est pas le conscient ni cette re-construction seconde qu’est l’inconscient (qui est décrit par un discours et ne se représente pas en personne, au point que psychanalytiquement c’est le sujet lui-même qui œuvre et non une intervention objective).

Or la loi morale opère quantité de détours, de dé-tours, double et triple tours, à partir du moment où chacun est livré au monde, ce qui veut dire délivré de l’option qui se donnait pour unique et exclusive et consistait à identifier morale et conscient ou universel ; les romantiques, les désespérés et nihilistes et grands sujets de toute sorte veulent élaborer au vif la morale accordée à ce nouvel état de fait, nouvel état du monde ou du moi (délivré par la révolution et livré à « soi », qui parait si naturel pour la raison et l‘humanisme selon l’universel, du besoin ou du désir, du communisme ou du libéralisme, de la « nature humaine », du corps-langage que serait « objectivement » chaque moi). C’est toujours cette morale profonde, ontologique, que veulent discerner Sartre et Lacan ; et c’est pour cela qu’il faut comprendre éthique ontologique comme « programmation de l’attention par elle-même ».

Ce qui est absurde, impossible, déraisonnable, hors  monde et hors humain, ce qui ne signifie pas inhumain (la zone dégagée par le sujet, qui n’est pas le moi, ouvre des possibles qui tout en respectant l’universel, sont justement les étranges déserts existentiels, les proto mondes esthétiques, les brutalités du rock, les espaces imaginaires de la Sf et du fantastique, etc, et évidemment des possibles mondes qui les accompagnent) ; l’attention, qui n’est rien, n’a rien au-dedans, ne peut pas se programmer elle-même ; on prévoit une partie du monde vers une partie du monde, non ce qui est indéterminé et formel ; les doigts ripent, la main glisse, on retombe toujours hors de l’indéterminé, vers une figuration, en telle représentation trop courte. Or pourtant c’est cette architecture de l’attention que dresse la pensée, l’esthétique, l’éthique, la politique, et la représentation de l’humain par lui-même au travers du déferlement mass et micro médiatique et tout autant le moi dans ses démêlés psychiques ; on transforme l’activité de l’attention, et donc du centre du cœur de la profondeur possible, lorsque l’on avance dans le kaléidoscope d’une œuvre, d’une hyper-pratique éthique (aussi étrange puisse-t-elle être), d’une révolution, d’un vécu individué de par le moi ; autant dire que la transformation de la réalité en réel est éprouvée par quiconque, selon le plus ou selon le moins.

La structure se fabrique, linéament par linéament, sur la paroi du présent, décidant de son kaléidoscope, reconstruit sans cesse au miroir, aux miroirs, des itinéraires précédents ; les images, les signes, les langages, les rapports tissés créent la structure, la forme, qui d’une part est toujours instantanément la même (rien dans le monde ne peut modifier la structure), et est toujours encore en devenir, en possibilité ; elle tisse la paroi de la réalité et du réel, la paroi du présent. On en a appris la pensée, le dieu et le christique, le sujet et l’altérité, la pensée et la raison, le singulier et l’universel, le sujet et l’altérité du donné là, l’individuel représenté et l’individué brut, le temps déployé et le présent strict.  

Pour le moment on est obligé d’en passer par les œuvres elles-mêmes, ce qui signifie de les lire, de formuler sa structure de conscience selon un-tel ou telle œuvre, ouvrage, mise en forme d’un arc de conscience atteint par le réel et accédant à sa structure, ou selon les éthiques ou les esthétiques, ou selon la révolution (on a voulu nous faire oublier que l’historicité, la nôtre, est révolutionnaire, activement). Sans qu’une pensée effective soit en mesure de discerner l’éthique elle-même de manière générale, et qui soit effectivement une éthique universelle de la singularité réelle. C’est donc ce qui est tenté par Nietzsche ou Heidegger ou Sartre ou Lacan, et d’autres avancées, et y compris de la part des mois eux-mêmes, surengagés et absorbés, débordés par leur vécu et leur corps, et jugeant souvent obscurément de l’humain et de l‘individuel, de leur existence et de l’historicité, et de l’exister brut. Mais en somme c’est par Sartre et Lacan que le sujet prend réellement forme, philosophiquement (la recherche des images traverse toutes les esthétiques et poétiques) sa forme excessivement au Bout du monde, des autres, du corps et de tout le reste. Parce que si l’on repère le Bord du monde depuis la méditerranée, on s’aperçoit au Bout du monde depuis peu, depuis que l’on a une vie, depuis la révolution.  

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Re-tour, dans la brutalité réelle

4 Février 2017, 09:42am

Publié par pascal doyelle

 

Il faut ainsi re/découvrir ce dont nous sommes l’effet. Nous sommes effectivement l’effet d’une cause mais cette cause n’est pas déterminée ; elle se déroule du Bord et n’est déterminée par rien.

Si donc on se demande pourquoi comment la « conscience » s’entretient avec le corps et plutôt que de soit isoler la « conscience » comme une forteresse, soit de nier son indépendance, il faut voir comme alors, dans les deux cas, on pense l’un et l’autre comme deux « objets », clos, fermés plus ou moins, et comme on conçoit la réalité dans sorte d’inertie qui délimite des masses ou des notions.

On a vu que d’une part la réalité est en mouvement et que ce mouvement est le présent et qu’ainsi tout ce qui est, en vérité se meut et que si il est quantité de choses et d’être, dans le fait, le Fait même, il n’existe que le présent et le présent n’est pas, il est le Bord du monde, le Bord qui tracte l’ensemble de tout ce qui est (et l’être est le résultat de la vague d’Exister unique et formel). Et que d’autre part sur et dans ce présent (on peut difficilement dire « dans » le présent puisque le présent n’est pas un monobloc, un cadre clos, étant « la vague qui expose » intégralement absolument tout ce qui est), dans ce présent il est un arc (de conscience) qui sort de la cervelle vers le réel, et qui en re-venant produit une surface du corps tout à fait autre et étrange ; l’arc re-vient, parce qu’il sort nu et sans rien à chaque fois de la cervelle, et que revenant du monde c’est comme si il venait tout court, chargé de ceci ou cela.

Dans le mouvement du présent, le mouvement de l’arc n’est nullement une « chose » mais la structure mouvante elle-même non de l’être, mais du réel, de l’exister, du présent. La paroi du présent re-vient continuellement (la continuité très étrange de l’exister, non mesurable, non composée ; on mesure uniquement la détermination et non la forme de cette détermination).

Le mouvement comporte aussi bien la détermination que la structure, le rapport ; que donc l’arc de conscience transforme la détermination en détermination spécifique ; par ex et essentiellement le langage, mais le langage (bien qu’il soit en lui-même toujours un système, et qu’il existe aussi des systèmes symboliques, des liaisons, des nœuds, etc) est un tissage de rapports (et toute essence dans le langage est en elle-même de tels rapports noués dans un seul, un mot, une idée, une image, etc) ; et si le langage est essentiel il n’est pas exclusif ; de là justement que l’image est toujours plus grande que le mot (bien que l’image réclame le mot, comme point fixe, fixé qui autorise, permet une conscience variable) ; et au fondement le langage est  donc rapport, rapport intentionnalisateur à propos du réel, mais comme le réel n’apparait ni ne le peut dans la représentation, dans le monde, dans la détermination, le dit rapport est toujours assuré d’une suréminence, étant formelle, et arcbouté dans cet autre formel qu’est le présent.

Aussi lorsque l’on parle, se détermine, etc, on adresse toujours au réel même, cad pour nous à la surface autre-du-corps, qui ne se détient que du dehors, qui est hors champ de la détermination connue ; aussi abstrait soit telle idée ou nombre il s’agit d’une modification du corps, de la perception re-venante du corps par le re-tour de, qu’est l’intentionnalisation. L’intentionnalisation est un re-tour, cad un nouveau tour, à chaque fois (évidemment formellement et théoriquement, puisque l’intentionnalisation st prise également dans la détermination déjà acquise, les mots, le symbolique, les neurones, la mémorisation énorme qu’est une cervelle, physiologique y compris etc, mais que l’arc se décide, dessine vers le réel, le « là » du donné (de n’importe quel donné) lui accorde une suréminence extrêmement fragile mais fragile parce que souple et adaptative en n’importe quel sens ; le sens, la signification qui manque ici ou là, même celle qui n’est pas (mémorisée) peut être ainsi inventée, créée, de ce simple pont lancé vers le « là », le réel, le présent ; cependant aussi simple l’adaptation soit-elle, théoriquement, elle requiert du sujet qui l’opère un investissement conséquent, voire un investissement impossible, mais le sujet est impossible, si il était possible il serait un donné, et non un sujet).

La liberté est ainsi dans la complexité du labyrinthe, et non au-dehors, son activisme est de fait dans la complexité même et donc absolument autre, ayant lieu par le corps, ce qui veut dire dans la réalité même ; et si la complexité du labyrinthe est toute la liberté, en même temps elle se situe du dehors ; elle est elle-même le dehors, mais le dehors non au sens où celui-ci serait déterminé, mais au sens où il est le point par lequel s’engrène la détermination. On veut dire par là que l’on ne peut pas assigner au dehors réel, tel ou tel proposition consciente, mais que ce dehors non seulement est autre et le moi doit en dégager la possibilité (ce qui signifie mener une ascèse, quelque sens que l’on donne à celle-ci et les créateurs, les artistes, les inventeurs furent extrêmement sérieusement amochés par leur possibilité), mais aussi que le mouvement est tout uniment de totaliser ou compiler tout le connu, et seulement alors vient en-plus de tout l’acquis ; en ceci que chaque arc doit se situer au bout de la réalité et relancer le réel de celle-ci ; d’où l’impératif de connaitre la station humaine, de pousser au plus loin possible l’acculturation.  Ce retournement non visible n’est pas ce qui cause selon le temps, selon le passé, ni selon l’idéal, l’éternité, mais qui cause selon le présent, cad selon qui vient.

Le moi lui-même, n’importe lequel, se tient au bout de la réalité, de tel état du monde et de l’humain, et de tel état de lui-même ; c’est la nature, la structure même d’arc de conscience qui le place au Bout. En plus du Bord, il y a le Bout.

Or pourtant malgré cette difficulté (absolue, parce que formelle) on invente constamment, tous les jours ; la liberté comme structure active crée, surtout pour les mois que nous sommes, qui sont installés comme centre de réalité (non pas de « la » réalité, qui n’existe pas, mais de réalité), et la liberté structurelle crée mille accès chaque jour, très minuscules, et puis de plus importantes et puis de très grandes parfois et se coltine souvent à l’infini lui-même ; tout arc de conscience, de ce qu’il est un re-tour, cad un nouveau tour joué, et qu’il est arcbouté au présent même, cad à l’infinie forme incompréhensible qui Borde tout monde, tout donné, tout vécu, tout corps, tout arc est empli de la paroi du présent, du réel. Et le plus grand accès qui eut lieu est celui de l’accession historique de la révolution, qui a fracturé, structurellement, l’humanisation ; en permettant que l’arc puisse rompre l’humain et se tenir comme fondement de la réalité et du réel.  Et ce fondement de par sa nature structurelle est non-épuisable (non pas inépuisable, qui relativise la durée par le temps alors que la non épuisabilité est la verticale) ; de cela évidemment que la « révolution » a lancé une Possibilité mille fois renouvelée (durant un bon siècle et pour des millions de sujets), mais que la révolution est la structure même, in-finie, de cette humanisation.

C’est donc sur le Bord que se décide ceci ou cela ; que l’on prend telle ou telle orientation ou désorientation ; il se peut, très fortement, qu’une désorientation soit une possibilité, serait-elle invraisemblable, le moi déborde de désorientations, de perturbations, puisqu’il est le système minimal, extrême, à la pointe du donné humain et centre de réalité il doit adjoindre les bizarreries et les possibilités ; dépressions et difficultés psy ou relationnelles, etc, forment les expériences même de cet arc, de chacun, engagé dans le vécu en général et en particulier en l’occurrence, là où quantité de possibilités se jouent ; le moi se tient du sujet et le sujet est le seul ayant accès au réel même, à « ce qu’il perçoit » en tous sens du terme ; il se juge quelque part quelque chose et dont on n’a pas idée, représentation, puisque ce jugement concerne l’ensemble de toute l’expérience et aboutit à soit l’auto destruction de l’arc de conscience, son déniement, son délitement interne, non pas de tel ou tel contenu mais de la structure même,  soit la continuation ; et bizarrement chacun est convoqué individuellement, et c’est seulement du comptage des décisions, pour ainsi dire, de la décision structurelle, que l’ensemble sera jugé, ou plus exactement se jugera lui-même.

Si tout est de telle sorte exposé, représenté, manifesté, chacun est face au spectacle du monde, et chacun en est à se décider, à s’orienter ou se désorienter, et à décider tout court, et ce jugement auto-porté, pour ainsi dire, est l’objectivité même ; ce qui se forme c’est la conscience de totu ce qui est « là », l’image globale, dont on doit se demander à chaque occurrence si elle emporte le miroir en lequel se produisent ces images, ou non (cad si elle retourne dans les images et se perd de vue, n’ayant plus le point de vue du miroir même mais égaré dans les images d’images, dans le labyrinthe intérieur, dans le fantasme). Or chacun sait, confusément parce qu’une telle vision instantanée de tout est presque hors de possibilité de chaque conscience (et donc de toute conscience, il n’existe pas une super conscience qui retiendrait pour elle-même le un par un de chaque arc, chaque conscience est ainsi fondamentalement seule à décider), sait confusément qu’il doit se décider, qu’il doit ouvrir quelque possibilité inaperçue. Tout moi sait confusément qu’il est cette possibilité inaperçue… qu’elle a déjà eu lieu, qu’elle se tient en réserve du moi déterminé, qu’il n’est un moi que dans la possibilité qui ne peut pas se transposer dans la réalité, et qu’il se situe, comme moi, à partir du réel, du réel de la structure qu’il existe.

Et cette image, ce jugement qui se forme, la convocation « divine » ou qui en prend l’air (le « jugement dernier » c’est nous qui le porteront) ne table pas seulement sur l’état du monde humain, mais juge de la valeur, de l’accord que l’on peut atteindre de ce qui est, de tout ce qui est, du fait même d’exister. Ce qui n’est pas rien, puisque c’est quand même l’une des questions centrales de Nietzsche ou c’est le sens que l’on peut attendre de l’Etre, par delà les étants (et les mois et l’humain pour Heidegger, qui renie déjà tout une part du donné là, ce qui est absurde et non sans conséquences, fasciné qu’il est par la découverte que le réel est hors de la réalité).

Accepte-t-on d’exister ? Il faut comprendre que l’arc de conscience sort de la cervelle vers le donné et le donné en tant que « là » (cad vers la réalité et le réel, comme position), mais que l’on ne tient pas dans l’arc, l’arc n’a pas de représentation et pas de monde du tout ; que donc on est tiré par la cervelle qui, elle, ne cesse de rêver son rêve éternel, hors réel, qu’elle peut bien s’habiller de toutes les déterminons du monde, du vécu, du corps, puisque sans le Réel pour positionner la réalité comme étant « là », la réalité se réduit à « des déterminations » ; la cervelle nous tire vers le dedans, et l’arc   nous tracte au dehors, dans le Grand Dehors.

Le repli dans l’intériorité de la cervelle, vers cette version de nous-mêmes dévoré de mémorisation, c’est ce qui impose physiquement, physiologiquement, le fantasme ; celui qui a remplacé la réalité par le fantasme de réalité, celui qui a aboli le réel et perd toute possibilité réelle et décroche et abîme la réalité même dans la représentation dévoratrice de la réalité, égarée par la position du réel en tant qu’abandonnée.

La dévoration de mémorisation est littéralement la même conscience mais issue et tenue par ses images intérieures. À cette intériorité il n’est pour s’opposer que la seule tension externe, et rien d’autre ; la psychanalyse a parfaitement raison de considérer que l’intériorité est effet du corps (Sartre introduit l’altérité comme première vis-à-vis du moi, le moi est un « objet », cad un horizon, dans l’horizon) ; l’horizon n’est pas une intériorité mais l’interne de cet externe, comme on a vu déjà (que le réel est tout entièrement externe et que dans cet externe il se plisse, et que les plis et re-plis aboutissent toujours au devant, dans le donné en tant que « là »). Retenu à rebours par la mémorisation (autrement dit l’être) et étiré par le devant ; autrement dit l’exister, le présent, la tension et l’attention structurelle.

On ne va pas conquérir une intériorité et notre être ne culmine pas en son essence éternelle, son identité absolue, ni du reste en l’identité avec soi de la pensée ou dans le Un qui serait substantiel (le Un de Plotin est vu, perçu, éprouvé, saisi et dont on est saisi au vif et s’existe comme ouverture absolue, c’est seulement si l’on considère le Un de Plotin de l’extérieur que l’on croit ou que l’on imagine qu’il est un Un substantiel ; le penser pour Hegel est un activisme absolu, mais du dehors il parait monolithique affirmation vide ; etc) ; notre être ne possède pas une limite, l’extrémité situé sur le Bord ; notre être est cette extrémité, elle-même attirée par le Bord (cad pour nous en tant que moi par le corps ; raison pour laquelle la plus grande expérience du moi est le Tomber amoureux, ou pour la politique la Révolution ou pour le créateur l’esthétique ou la poétique, etc ; mais pour le moi il est, parce que le moi est un centre formel, toute sorte d’extrémités ; le moi reçoit de plein fouet la divisibilité in-finie du Bord ; angoisse ou dépression ou obsession ou perversion, etc).   

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Mécanisme, méta machinerie, le corps réel

28 Janvier 2017, 15:11pm

Publié par pascal doyelle

Lorsque l’on est sorti des mondes particuliers, nous nous sommes retrouvés séparés délaissés, abandonnés, mais notre être réel est cette séparation ; aucun monde humain ne peut plus réparer cet état, qui en vérité n’est pas un état, de choses ou autre, mais est une dynamique ; la question fut donc, immédiatement ou instantanément comme c’est dit, de non pas combler le gouffre ouvert (puisque ce gouffre est le réel même), de non pas combler le manque (parce que ce n’est pas un manque), mais de goupiller des machines qui prennent en charge le mécanisme (qui est intégralement, de fait, une division, il n’est pas quelque chose d’une part, de divisé d’autre part ; son être est la division elle-même, cad une structure, une forme, et donc parfaite, puisque non composée ; avoir-conscience-de est une forme, un rapport-à, un rapport-à en plus de tous les mondes, tous les corps).

Et qui prennent en charge le mécanisme sans le pervertir, l’annuler, le confondre avec tel ou tel contenu du mécanisme ; ce sont les méta-machines ; qui se chargent, portent et augmentent, le mécanisme en lui laissant son plus total jeu possible. Si je dis que dieu est Zeus ou si je dis que dieu est le dieu mono ça n’est absolument pas la même charge, intentionnelle ; Zeus engage déjà en quantité de distinctions, de déterminations ; tandis que dieu est si difficilement discernable qu’il ouvre la forme même. Si je dis que la pensée n’est pas la raison, c’est que la pensée bute instamment sur la limite et qu’elle est ou devient par et dans cette limite reculée indéfiniment ; elle se situe déjà à l’extrémité, qui posera plus tard, par devers, la raison (la raison est seconde, installée dans la pensée, chronologiquement, il faut tout l’orchestration de la pensée depuis 20 siècles pour que soit sup-poser la « raison » ; la pensée est hyper objectivité (notre-être/dans l’être, conçu comme une articulation, ontologique), la raison est objectivité (qui suppose le sujet, à tout le moins, cad le sujet cartésien mais évidé, et évité, le sujet absenté sans que soient posées les questions ontologiques).

La méta machinerie est « cela qui tient compte de la division », même si la plupart du temps on tente de recoudre la séparation, et alors si la pensée est suffisante cette suture est elle-même hyper active et crée d’encore plus énormes séparations ; une fois engagé dans le mécanisme réel, de l’arc de conscience vide et sans rien, pure forme hyper active qui sur-intentionnalise par delà groupe, langage, mondes, contenus, corps, au point que le mouvement s’éprend absolument cad formellement de lui-même.

Et ce sans admettre du tout les raccourcis ; on ne peut pas élaborer la déchirure en imaginant une union au divin, à la nation ou au peuple, à un idéal de soi, etc ; il faut élaborer la déchirure même, son archi-tecture. Parce que le mécanisme, absolument séparé, est formel ; ce qui veut dire est une technologie, inventé par la « nature », le donné, et en vérité créée par le présent (le présent étant, de fait et physiquement, le Bord du monde, et autant du corps, du vécu, du moi), et que donc seules les technologies adéquates, extrêmement pointues au fond, permettent d’accéder d’abord et ensuite d’élaborer le tissage structurel (en jouant de toutes les occurrences dites ontologiques ou anciennement métaphysiques, lorsque la pensée, et non le sujet, constituait l’amplification de la séparation, créatrice de ses rapports élaborés que sont les Idées, les systèmes, l’être, le Un faisant fonction d’accélérateurs absolus, formels de la réalité, puisqu’effectivement on perçoit plus et autrement via la pensée que via le langage et le commun et l’immédiat, et que l'on percevra de manière encore plus incarnée et corporelle après l'advenue du sujet, du dispositif antérieur à la pensée, de l'ontos).

Les élaborations de ce mécanisme, de cette technologie réelle (puisqu’affectée par cette structure absolument hyper active, qui n’existe que dans le mouvement, dans le rapport au donné-là, le monde, et au « là » du donné, l’acte d’être, ce qui se nomme acte d’exister ; de la réalité et du réel en somme), créent des méta machines qui tentent au maximum de retenir l'acte, l'arc, la séparation, de s'en charger au sens plein, comme d'un possible électrique, dans les systèmes extensifs (grecs) et le système intensif (le christique), systèmes intentionnalisateurs, de retenir, d’accéder à toute la potentialité de cet être spécifique qui ne passe pas dans le monde, le donné, le vécu, le corps ; puisque depuis la séparation nous existons sur le Bord (du monde). D'explorer le Bord dé-couvert par la séparation.

C’est ainsi l’architecture de cet arc, architecture qui se dessine au fur et à mesure de l'examen analytique de, sur et par sa propre activité, et qui se dessine au fur et à mesure des élaborations, des avancées formelles, ontologiques, dans la réalité et par le réel et qui se manifeste, s’expose, se montre comme se montre le Un plotinien ou l’arc cartésien ou la structure analytique lacanienne. Selon des mises en forme technologiques, complexes, mises en forme de votre conscience.

C’est par l’accès de votre conscience aux expérimentations rendues par les autres, les explorateurs de l’archi-tecture, et donc par l’élongation de votre corps, de sa perception en son être ici-même situé, dans l’acte, l’activation, l’activisme du présent et de la nouvelle surface du corps, que vous actualisez votre conscience ; de sorte que esthétiques, poétiques, éthiques, politiques, idéels, toute acculturation (fondée sur la séparation) renvoient à l’arc que vous formez quant au réel.

Et cet arc est si instantanément le vôtre, en tant que moi, et ceci puisque le moi est la personnalisation qui suit l'humanisation,  qu’il faut requérir à Sartre ou Lacan pour saisir que cet arc est incrusté dans, par, sur votre corps, le corps-spécial.

En sorte que depuis la séparation il se poursuit, très exactement et très hyper-objectivement, l’expérimentation du donné « là » et dans le donné là ; parce que le Bord est celui de ce monde, pas d’un autre, de ce corps, pas d’un corps rêvé, quoi que … puisque les images recherchent le miroir, qui n’apparait pas dans les images et qui en vérité n’apparait ni ne peut apparaitre en quoi que ce soit ; mais il est des images qui remontent vers, par le miroir, d’orientations ou de désorientations y compris (puisque nous ne sommes plus selon le monde, ni sa bonne régulation, qui est pourtant profitable, très nettement, mais parfois le désorienté est l’exister qui creuse l’être, l’arc qui dévore les contenus).

Les devenirs autour de la structure depuis la séparation, depuis la méditerranée, la séparation qui ne cherche plus seulement la réunion mais a décidé absolument de creuser, ce qui veut dire de vouloir ici et maintenant, d’actualiser toute la séparation (le christ qui meurt ici bas est, littéralement, cette séparation absolue), les devenirs activent la structure qui donc éprouve autant qu’il lui est possible, requérant toujours plus de son investissement individué, l’individué est l’ hyper-objectif, à cette fin d’explorer les entrelacs du présent (de ce présent qui origine toutes les réalités, toute la réalité, et qui est l’articulation qu’est le réel même) ; de tout ce qui peut, ici même, être convoqué, invoqué, supposé, accéder.  

Ce qu’il faut donc développer c’est la capacité d’actualisation, de rassemblement de tout ce que l’on atteint, sur le Bord du monde via les méta machines et comprendre que la vérité, la réalité, le réel, la conscience ne se situent pas dans un contenu, mais que toutes les méta machines servent à activer cet arc de conscience que l’on est, que l’on existe. Qu’une œuvre par exemple existe en tant qu’architecturant votre conscience, votre perception, votre autre-corps, celui qui se rend apte à percevoir, à accéder à la paroi du présent. Au surgissement des choses et des êtres, puisque le présent n'est pas le résultat pauvre et fade, mais l'origine, la source, le surgissement, la machine originelle.

C’est pour cette raison qu’une œuvre, esthétique, poétique (etc) prend le corps, passe par le mouvement du corps ; et on voit par ceci que l’autre-corps n’est pas une surface plane mais l’ensemble des torsions, des difficultés, des douleurs, des impossibilités de toute réalisation de l’humanisation (sous l’horizon de l’universalisation, et de la révolution) et de la personnalisation (sous la possibilité de l’individuation, dont les diverses occultations, maladies prolixes du moi, qui invente en veux-tu en voila des souffrances), et origine de la pensée, du sujet, du christique, de l'altérité (les ontologies de Nietzsche et Heidegger, les analytiques de Sartre et Lacan) ; en bref de l'Exigence époustouflante qu'impose la séparation.

C’est que la création d’un corps-autre est évidemment excessivement douloureuse et au sens également d’incompréhension éberluée, douloureuse pour un corps naturel.

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Si ça devient c’est pas pour rien

25 Janvier 2017, 11:10am

Publié par pascal doyelle

 

Rien n’a donc marché comme prévu ; on a aimé dieu, on a créé la pensée et puis on s’est converti au christique et instancié le sujet et dilaté dans toute l’altérité (heideggérienne et nietzschéenne), ou plus historiquement la révolution, qui fut un tel rêve, ontologique mais tout aussi bien celui du bonheur libéral que communiste. Rien n’a donc marché comme prévu, c’est donc que ça n’est pas terminé. Ça vient.

Tout ceci est très bien et permît de telles quantités de réalisations qu’il est inutile d’y insister. Et tout cela est vrai et réel, rien à en retirer, que l’on retrouve tout et ce sera bien.

Mais il ne s’agissait pas de seulement faire fructifier la nature humaine, la raison et autres. Du reste toute cette historicité fut passablement violente ou extrêmement pénible, et cela prît quelque temps, quand même, pour que l’on ébauche un semblant d’organisation collective et d’organisation individuelle, dedans la tête (l’un ne va pas sans l’autre, et élever le collectif c’est devenu la capacité de complexité individuelle, sinon c’est foutu).  

Revenons aux bases ; le donné là, la nature, l’univers, la détermination, la réalité (comme on veut) invente un mécanisme ultra-super délicat et d’une souplesse effarante ; non seulement des cervelles mais sortant de ces cervelles (sorte de gros enregistreurs, de mémorisateurs à tout va) sortant de ces cervelles, et de chacune qui plus est, un arc de conscience ; la capacité d’enregistrer ou plus exactement de surenregistrer telle information, inattendue, n’ayant pas encore de mémorisation dans la masse cervicale, et dont ayant la possibilité de remodeler, en partie, tel ou tel secteur de l’enregistré ; et ce par un accès hyper rapide et sans autre contrôle que celui-ci ; l’actualité de cette information effectivement constatée, lorsque l’on chasse et pêche ou lorsque l’on bavarde sur l’agora ou lorsque l’on regarde la télé (là ce n’est pas sûr … parce que l’information par chez nous fonctionne, étonnamment, comme redite et s’adresse peut-être plus à la cervelle et son recyclage qu’à l’acte de conscience original, originel, mais ici et là des flèches tracent les horizons).

Surenregistrer implique le système adéquat capable de subvenir aux informations non cataloguées. Autrement dit dont l’origine se situe dans le monde. Par un point d’attirance. Un acte, un arc de conscience qui sort de la cervelle vers le monde. Et qui détient son propre centre, mais dont le centre ne soit pas un empêchement pour acquérir et qui donc est, existe, formellement, comme un rapport à, capable de tisser des rapports dans la tension qu’il entretient. Qui sinon, si il était une information close, ne serait pas en mesure d’accéder à l’inattendu même ; c’est donc une forme, sans rien dedans, tel un pli sur la réalité, une tangente qui repère les échappées du donné, du vécu, du corps.    

Tout le jeu va consister à accélérer ou non cet accès ultra rapide. Les grecs  ou les juifs ou les chrétiens ou les philosophes ou les créateurs de toute espèce passent maitres dans la possibilité d’accélération de l’acte de conscience permettant d’enregistrer et d’élaborer une sur-mémorisation. Qui de ce fait ne doit pas être défini comme mémorisation.

Mais aussi, outre les pensées et les créateurs, les mois sont de telles petites machines qui captent instantanément le nouveau, ça les frappe. Ils sont faits pour cela ; de petites machines hyper ultra intentionnalisatrices.

Remarquons bien ; on n’imagine pas du tout qu’il y ait eu cervelle et puis conscience comme mécanisme hyper actif ; mais bien qu’il y a eu cervelle (grosse mémorisation énormisée) parce qu’il y eut acte de conscience permettant d’engrammer telle et telle information localisée et actuelle, et un ou des systèmes de répercussions de ces in-formations mentales et donc partagées et mémorisées dans un groupe humain. Evidemment c’est l’un par l’autre, mais on ne voit pas bien l’utilité d’une super mémorisation si il n’existe pas un arc tendu sur, vers l’information volatile et inattendue ayant à être enregistrée et traitée au vif. Ce que l’on nomme « culture », acculturation est l’activation d’un système d’enregistrement et donc de partage ; soit un groupe humain. De là à se demander si le « groupe humain » fameux n’est en fait qu’une machine à tenir, activées, les informations du monde … celles qui n’entrent pas dans la cervelle mais doivent s’actualiser continuemement.

On pourrait se limiter à cette description et considérer que la raison est l’apogée du traitement de l’information et couper net toute tête qui dépasse et qui prétendrait déduire quoi que ce soit de cet état de fait interrompu, de cette interruption qu’un arc de conscience produit ; et considérer que la raison est le donné expliquant le donné, dans un enregistrement plus contraint qu’à l’habitude et contrôlé et partagé et rendant possible mille et une actions sur le monde.

Or quelques-uns eurent une intuition stupéfiante, à moins que ce soit une envie ou encore simplement une motivation supplémentaire, en s’interrogeant sur la bizarrerie d’un monde, d’un monde naturel ou d’un donné là, qui puisse inventer un tel mécanisme étrange dont l’un des étonnements les plus apparents (mais non le seul) tient quand même à ce que le dit mécanisme d’enregistrement ultra rapide du donné apparescent, crée un être qui se sait. Il se sait lui-même, il sait qu’il existe et que le monde existe et que cette anfractuosité dans la réalité est une étrangeté.

Or ceci complote avec la seconde extase étrange ; qu’il y ait un présent, comme ça, qui nous suit constamment, qui ne nous décolle pas, est un fait aberrant et singulier. On a beau faire comme si le monde tel quel, ce donné là, comme si il était tellement naturel et raisonnable qu’il n’y ait pas lieu sinon de s’émerveiller, mais il arrive que l’on s’angoisse bien plus qu’on se réjouisse.

L’intuition de la soudaine anfractuosité de la réalité, comme ne contenant pas le réel, mais bien l’inverse : que la réalité soit un exemplaire, relatif, limité, du réel. Du RéEL. Que le réel est bien plus extensif que cette variante donnée telle que là, et que Je soit plus étendu que le moi si mal fagoté. Ce qui est encore plus considérablement parlant. Et qui nous soumet à la torture ; si il existe un mécanisme bizarre de conscience, et que le monde soit une réalité partielle, se peut-il que le dit mécanisme de conscience, qui excède son train de vie, soit précisément ce qui, dans la réalité, est chargé de percevoir, éprouver, imaginer, imager et penser plus loin que le donné ?!? Et que donc ce mécanisme, soient justement l’instruction, l’ajout dans la réalité qui tient à ce qui sera et non à ce qui est ?

Ce qui sera. C’est précisément de ce « ce qui sera » qu’il existerait un présent. Mais on ne sait pas quoi.

Sinon. Sinon nous voici renvoyé au retour ; il y a un « il y a » … parce que c’est comme ça. Point. Ça se peut, ça se tient. Mais l’équation est-elle respectée ? Ou donc, peut-on tenir l’équation d’un présent, d’une anfractuosité innommable, d’un mécanisme de conscience bizarre dans un monde aberrant et ce de façon adéquate, conforme à ces données de base, et le comprendre, si l’on admet béatement que c’est comme ça et pas autrement et qu’il n’est aucune question à se poser supplémentaire, alors que visiblement notre être est tout entier sustendu par le supplémentaire, justement ?  Et si notre être est sustendu au supplémentaire, n’est-ce pas parce que la réalité est suspendue au réel, c’est-à-dire au présent ? Qu’il y ait un présent veut dire nommément et littéralement et en tous sens que cela devient. Si ça devient c’est pas pour rien. Si ça devient alors que cela devienne est l’essence même de la réalité. C’est mathématique.

Pénétrer dans le mouvement de ce qui passe et se transforme, voire de ce qui se transmute, est l’objet même la philosophie ; démonter le passage, la passation du temps par le présent (on disait l’éternité jadis ou des choses dans le genre).

Il n’y a pas de raison de préjuger que le mécanisme de production du présent, ne serait-ce que via notre être bizarre de conscience-de ne soit pas démontable, analysable. Et puisque cet être est effectivement un être, cad qu’il existe de fait, dans le réel, pas idéalement ou abstraitement mais comme mécanisme agissant et ayant effets (et même un nombre incalculable d’effets), alors cet être dans sa construction réelle montre et indique l’articulation sur laquelle et par-dessus laquelle il se heurte (au réel) ; à savoir que l’être existe et que la pensée est l’interface qui expose, explicite, déplie le décalage qu’est notre être certes, mais aussi et c’est là le plus divinement inquiétant, le décalage qu’est la réalité elle-même en tant qu’elle est instanciée du réel, comme présent. Le décalage bizarre prend toute la réalité, et c’est le plus proche, le plus intimement antérieur à toute chose, tout être, là quelque part, re-caché, le grand externe, tendu, tranchant de la coupe du présent « celui qui distingue tout ce qui est ».

Aussi la pensée n’est-elle pas un discours tout-fait et clos, comme l’on entend ici ou là l’interpréter (faut-il pas être ignorant quand même ) mais un étirement a-temporel, qui permet d’expérimenter le décalage du temps, lequel ne consiste pas en une sorte d’éternité à proprement parler, bien qu’il puisse se percevoir comme tel ; de même que l’on ne peut pas observer du dehors (lequel alors ?) le déroulement de la pensée, tout indifférent, mais que l’on en est engagé si absolument que l’on pourrait annoncer que l’on y est étiré antérieurement à soi-même, le re-tour très présent d’y exister avant d’être, antérieurement à son moi, ce qui rend la philosophie si difficile, si cruelle, si outrancière et vraie ; le réel, le vrai, est une outrancière et excessive monstruosité. C’est le but du jeu, cet étirement, cet allongement de l’arc de conscience, son sommet, son horizon retiré : c’est le je.

Je suis un-tel, on voit bien un-tel mais qui est « je » ?  C’est le sujet étrange cartésien, aucun doute là dessus. C’est l’anfractuosité de la réalité côté réel, le non-temps, l’altérité, le premier laps, le re-tour, la possibilité antérieure. C’est aussi le sujet psychanalytique ; celui qui ouvre instamment toute l’intentionnalisation mais qui n’appartient pas à l’intentionnalisation, l’étranger, ni au conscient, ni à quoi que ce soit en fait, inutile de chercher ; c’est le miroir autour des images, des mots, des constructions, et se tient en retrait de l’être, qui se tient tout au bout du bout. Sauf que le bout est au-devant, en-avant. C’est de là que ça vient, de là que tout vient, par devant, en plus, parce que le réel est plus grand que lui-même, c’est ça le truc.

Mais on ne sait toujours pas à quoi ça sert.

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Rick et les zombies

21 Janvier 2017, 10:33am

Publié par pascal doyelle

Etant dans l’incapacité de se penser, ce qui veut dire d’articuler, d’organiser le monde, celui-ci continuera donc de se représenter, toujours la même représentation, le fantasme, enroulé sur lui-même, niant les contraintes, le donné, l’état du monde, et qui engendrera dans l’aveuglement  tous les effets de décisions néfastes, et qui s’enfoncera de plus en plus profondément, hors de sa structure et de toute décision structurée, conscience immergée, absorbée, dévorée et étouffée par la réalité hors de contrôle, mais le fantasme s’en fout, il ne perçoit que son pseudo monde. Les mois s’enfonceront dans leurs vécus, les industries creuseront plus profondément et dévasteront, les systèmes politiques déplieront leurs folies et ils n’en manquent pas. De même qu’il ne manquera pas de morbides psychologies qui trouveront tout cela légitime et porteront leur assurance par de grands coups de menton valant titre de preuve et de vérité.

 De tout cela il ne restera rien. Il faut donc travailler à retirer de cette déchéance généralisée, globale mondialisée, les quelques chefs d’œuvre ou technologies qui pourront éventuellement, ça n’est pas certain du tout, éventuellement émerger du pourrissement, se préserver des brutales catastrophes irréversibles, et orientations qui pourront éventuellement être utiles aux quelques-uns qui survivront. Bien peu survivront, et en espérant qu’ils puissent conserver un minimum ou, rêvons, un maximum d’organisation et de concertation, pas comme Rick et sa bande, qui mènent individualistement leurs aventures qui requerraient au contraire un sens impératif de la communauté ; on peut dire que Rick et les siens sont détruits par le monde apocalyptique et n’y peuvent faire face, parce que leur individualisme propre est précisément la mauvaise réponse ; de là à comprendre que cet individualisme est justement ce qui causât l’apocalypse zombie… qui sont seulement des corps coupés de tout, livrés à leur propre soif, leur propre gouffre dévorateur, comptés un par un, foule sans forme ; la distribution des zombies le long d’une route, d’une rue est suffocante, leurs déplacements n’a aucune signification, aucune orientation, ils sont chacun posés « là », comme des cruches ; foule indifférenciée par excès d’individualité délirante, des êtres individués sans universel et donc sans pensée ; les zombies sont tombés, avalés par le gouffre intérieur et ce gouffre n’a rie de romantique, c’est juste un tour sans fond de dévoration ; ou on pourrait avancer que Rick et sa petite bande essaient justement de créer l’organisation interne que les barbares et les zombies n’envisageront jamais plus.

Remarquons que ça se complique si l’on interprète que Rick & co sont en enfer et qu’il s’agit de sauver, ou de ne pas perdre, son âme ; Rick souffre beaucoup, mais alors vraiment beaucoup, c’est la série la plus douloureuse et hargneuse qui se puisse (mais certes pas aussi profondément troublante que The leftovers) ; une horreur totale, la plus épouvantable épreuve dont on ne sait plus si elle veut forcer les protagonistes à rechercher en eux-mêmes la force ou la motivation, ou si ils ne sont plus que des machines torturées, de guerre, mécaniques . Une sorte de série qui s’effondre par le dedans ; on fait bien les marioles et les gros bras, on opte même pour un côté nietzschéen, on agit parce que l’on se découvre des possibilités de guerriers ; et on finit par ressembler aux Z, émaciés, tout squeu, la peau sur les os, raides et bouffés du dedans, avec plus aucune humanité alentour dont se nourrir. 

La forme du récit (qui est nécessairement celui de destinées individuelles, c’est le roman-récit comme catégorie en soi) est la condamnation de leur errance ; mais on pourrait lire à l’envers ; à savoir que Neegan, qui sont tous « Neegan »,  conduit à l’indifférenciation, zombiesque, tandis que Rick & co luttent contre ce raz de marée écrasant, essaient sans cesse de faire corps, un corps étendu ; le problème étant que les liens qu’ils tissent sont psycho-affectifs (famille, amis, etc, mais aussi bien la "nation" au sens déprimant ou l'Amour entendu petitement qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez, qui reste un vague mouvement du corps, qui n'est pas le christique en somme, l'amour sans caractérisation absolument divine et autre) et non pas universels et réflexifs. En vérité on n'imagine pas un "récit" qui serait un sens de la communauté, tel un communisme apocalyptique ; ça ne correspondrait absolument pas au Récit dans sa structure même. On atteint les limites du Récit lui-même. La solitude ontologique parfaitement paranoïaque.

Bref. Les élites sont encore plus absurdes et corrompus que les peuples, qui voient bien que ça cloche ; et comme les peuples ne possèdent pas d’intérêt ou si peu, les peuples perçoivent plus clairement la dévastation, mais les peuples sont bien incapables de se coordonner (ils réagiront égoïstement et aveuglément, comme tout le monde) et ce d’autant plus que les peuples ne pensent pas vraiment, ils le sentent mais ça ne remonte pas plus haut, et que donc ils sont de ce fait encore plus éloignés de se coordonner, de coordonner quoi que ce soit. Sorte de mouvements fous qui vrillent dans tous les sens, comme les Z  mais hyperactifs. Pour coordonner le monde (ou ne serait-ce que ses propres mouvements) il faut articuler la réalité, et articuler ça s’effectue par le haut.

C’est Clinton qui a libéralisé le marché financier, si je ne me trompe. Clinton le mari d’Hilary. Ou Mitterrand, chez nous. Après on s’étonne. Mais ça n’est pas étonnant du tout.

Comme on croit que le monde, la réalité attendait notre fantasme (le fantasme de réalité qui nous agite), on n’en revient pas que la réalité n’y corresponde pas du tout ; que l’on s’est trompé, que c’est autre chose que ce pauvre fantasme idéel, cette image de soi ou de l’humain, totalement non réaliste ; c’est autre chose qui se devait créer à propos de soi et du monde. Comme on n’a pas l’intelligence de produire un rapport au monde autre que ce fantasme, cette irréalité, on n’a pour résoudre l’effondrement que l’insistance de cette irréalité, rien d’autre ; on ne peut saisir nous-mêmes et le monde que par et via ce phantasme, qui va se répétant.

Et le fantasme est axé, bâti, produit par le corps ; comme boussole d’orientation, en ceci que l’articulation de l’attention que l’on porte aux choses et aux êtres au lieu de se créer comme attention fortement architecturée, convaincue de sa méthode et stratégie de conscience, se soumet, se délaisse, ne pousse pas jusqu’au bout son émergence de structure ; et le fantasme, le remplacement de cette attention stratégique par une image pourrissante, le fantasme plie les intentionnalisations, et même les plus étendues et élevées, les plus universelles. Vous créez une démocratie, vous la pensez bien comme il faut, alors de minuscules puis d’énormes motivations faciles, immédiates, pauvres, désirantes, viendront plier cette démocratie, s’insinueront et gagneront la réalité, la réalité elle-même n’offrira plus d’autre visage que celui composé de ce fantasme de réalité généré par l’immédiateté et l’impossibilité de penser par-dessus sa propre auto perception naturelle, spontanée, et, qui plus est, bien nourrie, cad extrêmement motivée à se préserver comme illusion, comme séparée, hors réalité.

On cherchera à justifier ce fléchissement, cette inclinaison des intentionnalités vers le bas, la faiblesse et la pauvreté, mais comme on est incapable de dénouer le fantasme, il pèsera de plus en plus lourd, se gonflant des perceptions, envies, désirs, décisions déjà acquises à sa cause morbide, qui parait tellement « naturelle », cette facilité et naturalité qui correspond tellement au monde comme il va. Qui n’est pas tant « morbide » que simplement désarticulée ; le désir s’organise ici et là, mais ne peut pas organiser des ensembles et un agglomérat de désirs ne constitue en rien une pensée, une maitrise.

Il ne suffit pas que quelques-uns ou en son fors intérieur on puisse ici et là se dépasser, il se devait que tous ou une majorité soit capables de voir plus loin, d’élargir l’horizon, d’articuler la réalité ; on ne se sauve pas tout seul ; ça n’est pas pour rien que le christ envoie le St Esprit pour réunir les convertis, et ce au cœur de l’empire romain, agrégat étatsunien du temps jadis ; le St Esprit est lui-même dieu et devait unifier comme telles toutes les consciences séparées par le christ. En vérité on ne se dépasse qu’à peine si ce mouvement n’est pas stratégique, ce qui veut dire partagé. Comme un danseur qui après un délicieux envol gracile, retombe lourdement sur le plancher, s'aplatit, ce qui gâche tout, même si pour faire passer le ridicule il obtempère de petits sautillements, pour faire genre.  

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L'investissement

18 Janvier 2017, 15:32pm

Publié par pascal doyelle

Les méta-machines inventées débutent instantanément suite à la découverte de la structure, autour de la méditerranée ; à savoir que l’on n’admet pas le contenu de conscience comme si ce contenu était le monde, le groupe humain, la perception, etc, mais que l’on s’aperçoit que nous produisons effectivement par notre activité de conscience, d’intentionnalisation, la réalité et qu’ainsi il est possible et l’on doit intervenir dans et par l’intentionnalisation, que donc l’intentionnalisation doit se prendre pour objet et s’observer et s’instruire (au sens d’injecter de la conscience dans la conscience) et puisque toute cette expérimentation nouvelle ne possède pas encore son langage, son système de signes, son repérage, sa cartographie, on lance dans le donné qu’il existe un donné là et un « là » du donné (soit donc le monde et l’être, la réalité et le réel).

Les méta-machines, qui nous sont très difficilement compréhensibles, ne nous sont absolument pas étrangères et ce ne sont pas seulement « ce qui doit être accomplie et créé » mais ce qui déjà existe et que nous saisissons déjà du dedans ; tout moi, toute constitution de société, tout système, esthétique ou poétique ou idéel, sont des méta-machines. Il se trouve que nous vivons dans une méta-machine et que le nez dans ce monde spécifique nous ne percevons pas ou plus comme le méta s’origine depuis la méditerranée et que la pensée grecque, le christique, etc, s’organisent comme méta structurel.

Depuis la méditerranée les méta-machines se créent à partir du mécanisme de base, l’arc de conscience (qui est un rapport, au réel, d’une part, et à la réalité, d’autre part) et forment ce que l’on nomme l‘acculturation ; rapport qui consiste à répercuter la réalité par le réel, à amener la précision du réel, pointé là au devant, dans la réalité ; en ceci que tout ce qui est, est instantanément cela même qui existe, tel que donné pour tous, pour tout, absolument, partout où et quand que l’on soit, bref la clef, la source, le point. Des méta-machines on hérite pas, le méta doit être activé,  actualisé, soi-même, par effort, à chaque fois, et qui réclame notre investissement, le plus poussé possible ; par quoi on s’instruit, on instruit dans la forme de son arc propre, l’expérimentation même de ce que l’arc veut ; ça n’est pas un contenu que l’on doit ingurgiter, mais une articulation que l’on doit vouloir, décider, désirer. Soit donc l’investissement de notre corps.

L’investissement est cela qui conduit tout accès individué ; on peut accélérer aussi profondément le méta (dans le corps, et selon la surface-autre du corps) qu’il nous est possible.

Les grands sujets (lorsque commence d’apparaitre et de se représenter le sujet jusqu’à Rimbaud, Nietzsche, et même jusqu’aux sujets démolis, Kierkegaard, Kafka, l’existentialisme) reçoivent en plein la fulgurance de l’investissement possible ; ils ne se garantissent plus de l’universel et de l’humanisation, déjà réalisé par la révolution ; ils sont livrés au gouffre qui passe pour intérieur (celui du romantisme) mais qui est externe (celui de Rimbaud ou de Nietzsche et de l’altérité intégrale de tout) ; jusqu’à ce que tout soit projeté intégralement dans l’extériorité, de l’objectivisme, des psychologies et des sciences, mais aussi selon l’externe (qui est distinct de l’extériorité) de la philosophie, sartrienne et lacanienne (pour les deux pivots, mais évidemment c’est l’ensemble de la pensée qui explose, expose l’intériorité et l’extériorité sur le roc de l’altérité, du monde mais perçu ontologiquement, investi ontologiquement).

Lorsque la structure apparait, elle expulse le groupe, le langage, la parole, le monde local, l’immédiateté, le corps, et puise le renouvellement dans l’instanciation de la méta-machine qui se met en place ; l’arc de conscience crée instantanément son architecture, son archi-tecture, et son archi-texture, celle du corps. De là la négation, dialectique, vis-à-vis du corps donné ; non pas tant de sa biologie que devant les finalités immédiates du corps donné là, et qu’il faut remplacer par les finalités nouvellement structurelles ; celles qui permettent d’assumer la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité. Cette négation dialectique :  qui se sert du corps donné non contre le corps mais afin de métamorphoser ce corps donné en corps-autre, doué d’une autre-surface, de perception, d’imagination, etc.

Lorsqu’elle se durcit la structure est ontologiquement l’altérité, le donné en tant que « là » ; ça n’est plus l’être, l’idée de l’être, l’idée des idées, l’universel par-dessus le particulier, mais c’est le monde dont la première puissance fut l’étendue cartésienne, étendue tellement étrange, simple rappel de dieu par l’infini et puis retour à l’étendue du monde.

Le problème est pour l’idéologie de la raison, du naturalisme, du réalisme, cad en fait de cette attention qui ne définit que la réalité, et la réalité, qui plus est, sous la forme d’objet, est donc qu’elle considère le donné là par le sujet absenté ; rendu au pur et froid regard extérieur, incapable de se situer lui-même et surtout n’affrontant pas même la problématique, la gigantomachie de la position de notre-être/dans l’être ; on supprime alors la pensée, dieu, le christique, l’altérité, le un, et tout ce que l’on voudra. Et le monde se referme, il se clôt sur chaque regard, annulé, et renvoyé à sa composition (décomposition) de, par ex, corps-langage ; mais non, ce que vous percevez ça n’est rien d‘autre que votre fantasme, une sorte de production psychologique ou idéologique (il y a de multiples variantes de ce « ramener la pensée à l’état de chose morte »).

Peu importe parce que toutes ces suppressions n’atteignent absolument pas la structure ; de sorte qu’au travers de ces négations elle continue de travailler la réalité, sa représentation, les idéologies, le conscient et l’inconscient. Elle est sur le bord, elle est le Bord et n’est pas atteinte par le monde ; et pour le moi qui désespère de représenter cette structure, agissante en lui, son sujet, il demeure dans l’incompréhension, douloureuse, angoissante, inaccessible, inaccessible à tout le registre interprétatif dont le moi dispose, qui croit qu’il n’est que un-tel donné.

Evidemment l’interprétation ancienne, divine, qu’elle soit la pensée ou dieu, le christique ou le sujet infini, ne fonctionnent plus ; mais ils rendaient parfaitement, en leur audace, leur audace plotinienne pour ainsi dire, l’accès au décalage ontologique (que l’on a reconnu exigé, par le fait même que de toute façon on est autre-que, autre que n’importe quoi, se tenant du regard externe) ; si regard externe il y a on peut commencer de saisir à quelle douleur, étrange, de source structurelle, chacun est soumis ; chacun (se) voit du point externe inidentifiable.

On pourrait supposer qu’un tel regard autre est seulement fonctionnel … qu’il ne change rien puisqu’en lui-même il est simple position, et que la « conscience » n’étant plus un arc (une structure réelle, réellement agissante) non seulement n’est plus une âme mais est réduite à une fonction ; ce qui était somme toute déjà contenu dans le rationalisme ; de là que Kant éprouve un mal fou à authentifier et définir le sujet individué ; simple transcendantal dont on ne peut rien dire mais le supposer, ou qui occupe seulement la fonction de Un formel dans l’équilibre de l’entendement et de la perception. Mais il apparait bien plutôt que si il existe un tel hiatus « fonctionnel » alors le dit décalage est cela même qui compte et cela même qui dérogeant à toute définition, est l’externe structurel lui-même. Et si on ne peut plus admettre l’âme ou l’infini sujet comme explication, c’est que ça n’en sont pas ; que nous sommes passés outre les explications symboliques et que dorénavant nous aboutissons au structurel même ; soit donc les deux figures de Sartre et Lacan.

Que l’arc de conscience ne soit pas la fonction d’un super contenu, serait-ce la raison, veut dire alors qu’il est, lui, le mécanisme absolu. Que donc ayant conquis le donné là, par la pensée, la raison, et ayant instruit l’humain comme humanisme et ayant travaillé, au corps, les mois, la machinerie du réel appuie sur son représentant direct ici dans le monde, l’arc de conscience. Ce qui implique la redistribution sur tout le devenir et la prospective sur le possible.  

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