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instants philosophie

la société humaine comme processus

16 Juillet 2007, 21:31pm

Publié par zward

La philosophie est une, de A à Z, du premier au dernier. Et chacun peut s’aventurer comme il le souhaite dans ces labyrinthes lumineux. Il ne perdra pas le fil : on ne perd jamais le fil. À condition de se fier aux philosophes. De décider une fois pour toutes que le vrai se dit en ce monde d’une seule voix et d’une seule voie.

Cad que c’est un trajet. On devient et on devient dans le monde. Le parcours philosophique n’est pas autre chose que l’exploration du monde (indéfini).

Toute société humaine nous entoure d’une perception et d’une sensibilité et d’une conception adéquate à ses propres pratiques. En toutes il est du Vrai. Mais pas qui puisse être suivi jusqu’aux toutes ses conséquences. Le vrai en chaque société humaine, ce qui veut dire en chaque humanisation particulière, est limité parce qu’aussitôt finalisé en un système autonome : l’ordre socialisant lui-même garant de sa propre survie comme entité, ou groupe. Sans cette garantie il ne tiendrait pas parce qu’il doit se conformer à la circularité de l’esprit humain. L’esprit ne peut pas se suspendre et laisser en suspens sa problématique. Aussi ferme-t-il tout l’ensemble des conceptions, perceptions (il invente ses couleurs et ses sons, etc), sensations (il brosse une imagerie psychologique de chacun), des actions et des activités (qui doivent se transmettre en grand sens, de sorte que l’autre puisse plus facilement se l’intégrer : si cela fait sens, ce sera plus rapidement et plus clairement retenu), des objets et des hiérarchies (qui doivent s’échanger et se communiquer).

Ainsi cet ensemble se referme s’étant ouvert autant qu’il lui était possible et forme un Sens global et un, puisque cet ensemble (humain) doit se communiquer et se parler à soi, aux autres : se rendre visible à chacun (pas nécessairement en toute égalité : de prévoir que nous sommes tous égaux signifie clairement que la communication obtient un certain effet et de certains résultats compréhensibles).

La possibilité d’un Sens toujours ouvert ne revient pas à ce Sens lui-même, qui par nature a à se clore. (Cad encore une fois : à s’exprimer selon une logique de sens qui le manifeste et par quoi il se situe, dans le monde, et se situe face à soi. Et qui donc se doit à une cohérence propre).

Il faut donc que le Sens général soit toujours forcé. Poussé ailleurs et autrement. Il peut guerroyer. Mais la conquête ne le développe pas sur le plan spécifique qui seul désemplit le Sens vers la vérité.

Puisqu’aussi bien dire que le Sens est un, par nature, c’est dire qu’il se voudrait une Vérité. Mais il n’est que sa propre vérité (organisée pour tel monde et telle sorte de perception et telle sorte de ressenti et telle sorte de conception et telle sorte d’actions, ayant en jeu une quantité considérable d’intérêts et de position sur ce que je suis, ce corps, ce comportement, cette relationnalité socialisante, cette anthropologie complète).

Autant dire qu’il existe une vérité plus grande : c’est celle qui correspond à la réalité. Indépendamment de notre vérité telle qu’elle peut être vécue (globalement et en particulier dans toutes ses distinctions), la réalité  est « ainsi » (qui commence d’être connue)  et non pas telle qu’on l’imagine ou la projette en fonction des impératifs de notre auto organisation nécessaire.

L’ouverture à cette réalité, forcément autre, s’effectue par l’intérieur du Sens. Cad par l’intérieur de l’ensemble humain lui-même. Il lui faut trouver la manière d’agripper la réalité. Et il s’en prend dés l’abord à ce qui n’est pas explicité dans la réalité humaine.

Puisqu’aussi bien, cet ensemble humain est lui-même une réalité. Comme n’importe quelle partie du monde donné, puisque l’on y crée le Sens spontanément, en réagissant et agissant dans le monde considéré comme prolongement de l’humanisation (ou l’inverse ; cad recherchant une solution de continuité de toute manière : l’esprit parleur consiste à exprimer l’uni-Sens selon une seule parole liée).

Il est donc une perspective qui finit par considérer que l’on est à mille lieux de la réalité, tout engourdis dans une humanisation spécifique qui se signifie elle-même et bien que prenant en compte la réalité, elle en veut ignorer autant qu’il est possible : elle fait sens, un point c’est tout.

Ce qui vaut pour tel regroupement humain, vaut aussi pour chacun. En tant que Mois, nous essayons de lier en une fois afin de nous communiquer(aux autres et aussi à soi-même) , de lier en une fois spontanée selon quelques processus de significations.

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l'ancien secret

12 Juillet 2007, 14:46pm

Publié par zward

Depuis que l’on a quitté les grands systèmes symboliques unifiés, il n’est plus que de petits textes relatifs qui enchainent sur la singularité individuelle ou la particularité étrange.
Chacun désirant établir le texte vivant qui mêlerait la totalité à elle-même.
Qui en particulier rendrait ce corps ci comme un signe au travers des signes.

 
Jadis.

L’esprit se mélangeait au corps, aux objets, dirigés vers des significations, le réel à l’imaginaire apportait une continuité, la matérialité prenait son essor dans le regard même et le toucher, la difficulté était une étape avérée, le tout exprimait à chacun et à l’oreille de tous, nous avions un statut significatif ; qui orientait l’action, l’activité, le comportement et celui-ci en était l’expression, lue de tout autre rencontré. Ainsi il existerait dans un monde exprimé, exprimé dans une complexité compréhensible. Il passerait son énergie à lier les objets et les choses, les êtres et les signes, les rêves et les événements, les cycles et les conclusions marquées, le vécu et ce qui fût vécu de tous temps. Il répercuterait le maintenant à l’ailleurs, qui rythme. Rythme tout. Il ne s’augmenterait que d’un seul rythme, dont nous serions les saccades.

La communauté des autres parle une même totalité d’une seule lecture. À laquelle chacun a accès selon son initiation et découverte propre de l’unique-monde-exprimé.

Mais l’ailleurs est seulement second par rapport à cet ici et maintenant : l’expression par signes de tout cela tourne sur ce qui se passe ici et maintenant : est l’extension représentable de ce qui est vécu, perçu, connu, remarqué, discuté, raconté. On puise dans un sac magique à portée de main l’expression de ce que l’on connaît par le corps : ainsi le corps est vécu par l’esprit qui exprime. Ou l’esprit est le corps qui distingue les objets et les rêves. La conception équivaut aux événements.la réalité est à la fois une et parlée ainsi que multiple et constamment exprimée : cad complexement vécue mais d’une seule expression, d’un seul f lux : où l’enjeu est de traduire, ramener le vécu dans le cercle de ce qui sera dit, fût dit. En somme il n’est que de la profondeur, parce qu’il n’est que de l’approfondissement. Et n’est approfondi que l’unité que l’on est qui est l’unité globale : puisque l’on parle, ou plutôt signifie, soi, globalement selon un ensemble de découvertes de l’unique Secret.

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les deux corps

9 Juillet 2007, 16:52pm

Publié par zward

Parfois il est une expérience traversée qui semble durer éternellement. Bien sûr elle a un début et une fin. Dans le temps. Mais justement dans cet instant là, très précisément, il n’est plus de temps : il n’est plus qu’un présent indéfini ; étendu comme un corps… étendu et gardant les limites du corps, de l’autre, qui deviennent les limites de mon propre corps … c’est une question de limites qui s’effacent dans le tournoiement des caresses et des surfaces qui n’en sont plus, d’une surface commune.

 Et de ce fait … il apparait très consciemment que le corps de l’autre n’a pas de fin … il est multiplement jaillissant et découvert et inventé et rêvé et compris hors des mots (qui coupe la temporalité). On peut toucher soudainement mais d’une soudaineté qui s’approfondit en quelques instants, en laquelle, en ces instants étendus, il devient évident que l’on touche l’essence-même, l’unité et le corps fondamental de l’autre …. Le corps de l’autre s’étend comme un océan de rivages en nombre, sur lesquels on aborde de ci de là, sur le corps glissant et pluriel, diversifié, et indéfini en nombres, en quantités et qualités.

Ceci saigne le règne de l’essence absolue.

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l'hyperplan individuel

5 Juillet 2007, 19:55pm

Publié par zward

La question de la personnalité est jugée au cœur de n’importe quel processus de quoi que ce soit…

Autrement dit : dans quelle mesure peut-on exploser sa personnalité et comment et pourquoi ?
Et pour quel résultat ?
En quoi est-ce une nécessité ? Et de quelles sortes de constructions nait-elle ?

 Ceci étant, il est, en conséquence, traité de la personnalité et de ces vécus, comme d’un processus ; revenant à une personnalisation du modèle humain et non pas comme d’une entité en-soi, éternelle ou évidente. Rien dans le vécu n’est d’une spontanéité telle. Tout est construit.

En quoi le fait d’être construit ne retire-t-il rien à la vérité de cet artificiel ?
Pour quoi est-ce nécessairement construit et élaboré ?
Si l’on suit quelques tours et détours, il apparaît évident que ce donné relève d’une complexité troublante et croissante.

 Il est tout à fait certain qu’un nombre incalculable de nécessités emplissent les vécus : mais le fait même de s’interroger sur ces nécessités, est remarquable d’une position en dominance des individualités. On inventorie, on décortique, on élabore. Il suffit de bien prendre garde qu’aucune de ces théories, y compris les retours de domination des religions, morales et moralités, idéologiques, pas plus que l’invention des théories sociologiques , anthropologiques ou psychologiques, ne sont légitimes quant à prétendre dépasser la position de l’individualité comme libre en soi.

Cette position ontologique ne définit littéralement rien ; elle est une Forme. Les contenus peuvent varier et soumettre ceci ou cela, peu importe. Mais aucun contenu ne remontera jusqu’à la forme qui pose ce contenu dans un monde indéfini (cad : dont on ne connaît pas le fin mot).
Aussi la forme de l’individualité est dénommée Sujet. 

Elle ne recouvre pas entièrement l’individualité, qui est bien plus conséquente en quantité de contenus (comment s’organisent tous les contenus de l’individualité ?), mais elle déborde en même temps toute personnalité : jusqu’où la forme est-elle étendue ? En quelle étendue existe-t-elle ?

Si la personnalité ou l’individualité ou le moi existent dans leur monde de contenus divers, et si cette personnalité est à partir d’un « être », une forme indépendante, un Sujet, en quelle sorte d’être le Sujet existe-t-il ?  

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le coin philosophique

30 Juin 2007, 18:29pm

Publié par zward

Au sein du langage commun, il est une discipline qui invente de se servir du langage.

Au lieu de dénommer des objets, (ou de visionner des dieux), d’utiliser le langage pour autre chose que lui-même, on se prend à développer ce qui est à demi existant dans le langage lui-même, mais qui n’en est pas explicite, puis il s’avère que ce développement est une invention.

Que de fait, cette invention, dans le langage même, d’une partie de langage qui n’existait pas auparavant, devient l’essence même de ce qui est vécu réellement.

Cela détermine l’ensemble de tout ce qui peut être dit.

C’est l’ensemble de la recevabilité de ce qui est dit, qui est mesuré à l’aune de cette validité.

L’ensemble du développement de ce qu’est la philo est le développement du langage qui passe outre le langage commun.

Où trouve-t-on les ressources de passer outre la langue commune ?

De ce que la langue est prise dans une intention qui la dépasse : et au lieu que la finalité soit spontanément désirée selon le monde, on décide de ne plus désirer à n’importe quel prix. On fixe un prix à ce qui peut être reçu.  On ouvre un espace dont l’entrée est strictement surveillée. On essaie de fixer les règles de l’entrée et la sortie des idées, représentations de choses et non plus désir de ces choses.

La surface du discours est cependant rapportée à la surface du donné, du monde : et ce elle y est rapporté via un sujet. Depuis le début, c’est le sujet qui compare incessamment le discours à ce qui est. Il perçoit la réalité en fonction de ce qu’il en dit : il confronte. Il est bien évident que l’irruption du concept, du discours de concepts, dans l’individualité a profondément modifié celle-ci. Elle s’en empare comme d’une passion. Il n’est évidemment rien dans le monde humain ou naturel, qui soit en mesure de vérifier incessamment le discours, sauf ce qui peut disposer d’un regard externe au discours…

La question est ; en quoi plonge ce regard ? Et qu’est-ce qui anime sa passion de confrontation ?

Le problème est : si ce regard plonge quelque part, il ne s’y prolonge pas (contrairement à ce qu’a pu croire toute l’humanité antérieure... et postérieure). Il est donc une para vision qui se développe à concurrence du discours : le discours n’agit pas seulement comme révélateur de ce qu’il dit (de ce qu’il invente et/ systématise), mais aussi de ce qu’il dévoile alentour de son dire. Il met en disposition de recommencer le (même) discours, mais légèrement déplacer par rapport à ce qu’il a découvert du donné. Lui-même n’est pas donné, mais acquis et toujours en cours d’acquisition. Il définit la nouvelle acquisition possible, toujours ouverte sur le donné, et non pas le contraignant : de là l’attention portée aux méthodes, procédures, moyens, mais la vérité est que le discours est tel un mur par-dessus lequel, sans pouvoir s’en passer, il faut jeter un œil.

Sans pouvoir s’en passer, parce que comme il est dit, contrairement à toute sorte de prototype d’Être, l’Être philosophique, n’est accessible que via le discours qui en dit quelque chose.

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N'appartient pas

27 Juin 2007, 21:55pm

Publié par zward

Il ya quelque chose assurément de cela : ça fait partie de la langue.

Mais je crois que la langue n'est pas tout : il existe un élément déclencheur autre : se priver de ce fondement c’est se couper les genoux.

Les points de vue autres que ceux de notre occident, notre culture, parlent à ce niveau là ; au point de fondement, et on peut intimement les critiquer mais à la hauteur de ce point de vue. Et ça n’est pas du tout la position qui gène, en rien, mais ce qu’il en veulent tirer : les grecs ou Descartes , au même niveau, en extraient un efficace, une effectivité fondatrice tout autre. Mais c’est du même centre que ça vient.

Donc il faut comprendre par métaphysique occidentale ou ontologie du sujet, une performance réelle ; si l’homme a de l’être culturel, il peut de ce fait modifier son être en fonction de sa culture ; et lorsque Descartes bascule la réflexion, il remodèle l’ensemble, cad notre être. Descartes nous parle peut-être moins, mais c’est qu’il est devenu, pour nous, si évident … (bien que cette évidence soit difficile à exprimer … en quoi ce n’est pas fini … en quoi ça n’existe que de réinterprétations supplémentaires, qui ne sont pas contradictoires).

Mais , plus proche, Sartre a effectivement ouvert des portes, qui étaient fermées …

Il vrai qu’il est difficile de saisir pourquoi cela s’amène uniquement, dans l’enceinte de la « culture » qu’ontologiquement, mais ça semble invincible.

C’est comme de se situer tellement dans le langage que l’on passe par-dessus le mur. Il existerait dans le langage un point qui ne lui appartient pas.

(cad qui n’appartient à personne ni à rien)

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hommes- femmes : monde déserté, monde habité.

24 Juin 2007, 14:53pm

Publié par zward

Le monde d’un homme est un monde déserté.

L’autre y est d’abord un ennemi. Et ça n’est pas faux. L’autre est toujours d’abord un danger.

Sauf qu’il va se rendre compte, à l’évidence, que la plupart ne désirent que vivre en paix. Alors il coulera son comportement pacifié en ayant acquis la sureté de l’innocuité de tel autre et puis de lui aussi, et de celui-là ; il saura même éventuellement que ça peut former un groupe, mesuré, d’intérêt commun. Ce que l’on protège en commun, nous appartient, et si ça nous appartient on peut se bagarrer pour sa possession, mais sans que ça forme un danger mortel. L’enjeu se déplace de ceux qui connurent la mort violente et sur les fruits de ces morts bâtissent une communauté d’êtres égaux. Une latéralité. Un plan uni. Puis une surface ; comme tout est résolu, la violence et la mort, on peut commencer à créer, inventer, produire. L’esprit débarrassé de soi de son animalité de survie, s’emploie au-dedans des objets nouveaux. Mais on déserte le reste.

 

Dans le monde peuplé féminin tout le monde est amis. Amis pour la vie.

Sauf que ça n’est pas vrai … ça se retourne immédiatement et sans raison en haines et méchancetés ; cad en déception. Dans un flux personnalisé à ce point, il n’y a pas de cesse.

Parce que dans le monde peuplé, d’abord on n’évite pas les autres, parce que c’est un monde effectivement constitué de personnes et rien que de personnes. Il n’y a pas de monde, ni d’objets communs ou possédés au sein et via un groupe. Et ensuite parce que de présupposer que tout autrui rencontré est amical, est un présupposé absurde.

De ce fait les femmes vivent dans un monde absurde. Dans lequel on est sensé aimer sans raison, mais qui s’inverse mille fois par jour : et qui découvre cent raisons à la fois d’aimer/détester, parce que dans un monde peuplé il faut penser forcément quelque chose de quelqu’un, étant donné qu’il ya toujours un « quelqu’un ». Il suffit qu’un incident ou un accident ou une incongruité dont le monde est plein, entrave tout à coup tel regard , parole, geste, pour cela soit dorénavant et pour toujours intentionnel. Il ne peut pas exister dans ce monde là de hasards ou d’erreurs ; une erreur soit elle signifie une malignité suprême soit elle dénote une inattention mordante envers la femme que vous êtes. C’est un monde dans lequel tout se justifie, doit, est sommé de s’expliquer. Ça ne peut pas être « comme ça », sans raison.

Parce que le monde peuplé est évidemment habité tout alentour de là où la femme vit, c’est son habitat naturel et profond. Il n’y pas ou très peu de monde au-delà de ce monde là. Bien sur elles savent qu’il existe un tel monde, mais comme ça n’a pas de répercutions sensibles, là, ici, ça existe moindre, voir peu, et même, quasiment pas.

Les hommes ne s’y trompent pas ; qui désirent une femme comme si elle était un monde, parce que c’est un monde unifié, autour d’une personne. C’est parce que c’est effectivement cela.

C’est un monde habité dans un monde vide.

 

Alors les hommes ont déjà déposé les armes, déposés dans le monde des hommes, puisque l’on est parvenu grosso modo à une pacification relative du groupe. Les hommes ne se présentent pas pour être admirés face aux femmes : ils s’y présentent en tout partage : je parle, tu parles, je fais ceci, tu fais cela. Ça se distribue tel quel. Mais de fait, il est une séparation de tout, et de tous, et de toutes : une inimaginable froideur. De même qu’il est un impératif, forcé, d’échanges dans le monde habité.

 Ce qui ne se peut dans un monde habité. Dans un monde habité on cause et on fait par et pour quelqu’un, c’est un flux d’un seul monde d’une seule personne. Qui peut néanmoins passer évidemment de personne à personnes, puisque ce monde habité, c’est une seule personne parlante qui l’habite, si l’on systématise. Pour un homme entre deux personnes, il ya le silence abominable du monde … cad aussi son effroyable dureté, que seule la violence peut parfois remplir. Violence par nécessairement physique bien sûr, mais refus, négation, égoïsme, aveuglement aux signes qui ne s’écoulent pas en continu, mais entrecoupés du monde silencieux. La violence, ça, c’est un rapport logique avec le monde de silence, de même que la parole est un rapport logique avec le monde habité.

Si l’homme parle, il va parler des objets. Parce que c’est très important les objets. Comment ça se fabrique. Il n’a pas besoin de parler de la manière qu’il a d’habiter son monde, parce que ça n’est pas le sien … C’est à personne, le monde (du moins à personne mortellement ; en régime de propriété, ça appartient plus à l’un qu’à un autre, mais ça c’est relatif par rapport au danger de mourir dans le combat, par quoi le monde était affirmé d’appartenir à un seul … duquel régnait le silence entre tous les autres. Il est certain que beaucoup ressente l’injustice du partage comme une petite mort de soi, infligée qui vaut mieux que le décès pur et simple, et que l’autre, lui, s’estime plus vivant, si il possède … à l'autre bout, le partage du monde habité est ressenti si deux (ou plus) femmes parlent du même flux, qui fait accroire qu’il existe une seule personne habitant un seul monde.

L’homme croit qu’il peut y avoir du vide, du plein, des réalités très précisément déterminées, mais pas de vague à l’âme. Pas parce que ça fait féminin, mais parce que ça existe très peu dans un monde vide. Pas de quoi fouetter un chat, le monde est vide, c’est comme ça : il n’y a rien que l’on puisse en dire.

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L'être sans visage

22 Juin 2007, 23:05pm

Publié par zward

On n’a pas de visage.

Rien n’exprime ce que nous sommes. Rien ne l’exprimera jamais.

Et on n’a pas de visages.

On ne se reconnaît pas entre nous. Il est à l’origine un mimétisme, rien de plus.

Si l’on croit encore à la communication, on communique : on échange ceci contre cela.

Mais si l’on a la moindre idée que l’on ne peut pas échanger ce que l’on est , que l'est dans l'inéchangeable, (dans cet « être » qui devrait pouvoir être approché, mais duquel on n’a aucun contact perceptible), alors on n’a rien à livrer en retour, et de même ce qui nous vient du dehors sera peut-être bonheurs ou malheurs, mais ne remplacera nullement.

Ne remplacera pas l’inexpressibilité.

Cela qui ne veut ni ne peut ni n’est en somme pas fait pour être exprimé.

C’est ce repli qui cache tout le reste, mais en même temps montre tout le reste.

On ne voit pas "ce qui voit". On ne perçoit "ce qui regarde" par aucun système, émotions ou affects ou pensées ou regards des autres ou mots.

On perçoit à partir d’un point. Qui voit tout ce que lui n’est pas, mais lui ne se voit pas.

Sauf peut-être via un système élaboré de signes élaborés.

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nietzsche , l'être pas prévu

19 Juin 2007, 22:58pm

Publié par zward

Je veux dire qu'il est de l'être qui n'est pas prévu.

Qui vient de votre volonté : c'est la constante majeure de toute la philo :

Les grecs inventent, dans le langage, un para langage qui va tout noyauter.

Cad qui va noyauter aussi tous les langages.

De même Descartes établit un sujet qui repousse les limites.

 
On peut reconstruire cela ensuite : bé vous voyez, ça existe, donc ça fait partie de l'être : mais non, le rétrospectif ne vaut pas : Nietzsche se fait le héraut de cette évidence (qui le deviendra pour nous) que l'on crée le vrai.

J'insistais juste sur cela : il y a du vrai et il dépend de nous, et ce vrai dessine notre chemin : (et Nietzsche fourbit l'ensemble des motivations du créateur de vérité, cad ce que cela réclame comme prix à payer si vous voulez)

Donc ce vrai dessine notre chemin ; est-ce seulement "un chemin" (parmi d'autres) ? Ou est-ce la précision absolue que dessine un libre dans tout ce qui est ?

 

Donc Nietzsche dit : celui qui crée, à la fois crée mais crée dans l'être jusqu'au point où l'être s'arrête : à charge à lui-même et aux autres de reculer encore les limites de l'être.

Et ça n'est en rien du prévisible.

La nécessité que Nietzsche invoque, c'est celle de son propre chemin ; en fait bien fort celui qui pourrait tirer une description des nécessités "objectives " dont nous parle N : ce sont des nécessités perçues uniquement du point de vue de l'individualité nietzschéenne ; comme il tient, lui, un point de vue de pure création, il est quoi que l’on dise jamais, indétrônable. De même Descartes ; quelque chose passe dans ces points de vue, indépendamment de leurs erreurs ou égarements, qui retient de toute manière notre être.

Tout le côté ramassé sur soi de Nietzsche, comme un animal instinctif si vous voulez, consiste précisément à donner à voir que l'individualité doit se pousser jusqu'au bout (que l'on soit génial ou pas, ça n'est pas la question ; ça ne concerne pas que Nietzsche en personne évidemment, sinon on n'en aurait rien à en tirer nous zautres ).

Pour manifester la volonté nécessaire (à soi seule, bien qu’il imaginait que cette volonté puisse devenir une réalité dans le monde donné humain), cet impératif sur-dimensionnel , il se décrit comme  Descartes donne à voir le Dieu effectif : qui crée les vérités elles mêmes.

Ça n’est pas un hasard.

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nietzsche et la vraie philosophie

18 Juin 2007, 20:51pm

Publié par zward

Nietzsche se fonde sur cette intuition me semble-t-il : le sujet occidental crée l'être. je dis occidental puisque "de raison". Ce que nous entendons par là depuis les grecs.

Le sujet crée l'être, cad le réel.

Alors évidemment il ne crée rien ex nihilo. Mais il a accès à l'être.

Ainsi le sujet cartésien est un sujet créé.

Découvert si l'on veut, mais créé en même temps.

Pour cela, Nietzsche pose pile poil le sens individuel de toute la philo occidentale : il n'est pas en dehors, ni ailleurs, mais là où elle Est.

Donc le plus rationnel qui soit.

 

Il n'est pas qu'un "jeu" purement abstrait (cad reconstruit après coup en fait ; telle est cette abstraction là), mais un être réel.

Vouloir tout ou vouloir le rien, être libre ou absolument soi : tout ça n'est pas une illusion ni un jeu.

Il ne faut pas croire que nos objectivités (sciences, savoirs philosophiques, sémantiques ou ce que l'on voudra) soient en mesure de saisir ce que le sujet saisit.

Ne serait-ce que parce que c'est à partir d'un sujet que sont créées les objectivités en question.

Sinon qui pense la science ?

Pourquoi la raison a t elle ouvert le possible ?

(Cad a cassé tous les mondes humains autant que les mondes naturels)

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