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instants philosophie

Les deux logiques agissantes

17 Novembre 2014, 09:56am

Publié par pascal doyelle

Tandis que les mondes particuliers antérieurs se fondaient sur tel ou tel contenu, il est enfin arrivé que le mécanisme de conscience, purement formel et sans rien, mécanisme vide mais formellement existant positivement (ce que l’on prend habituellement pour du néant, et qui constitue le bord du monde, autrement dit à l’inverse du néant, qui constitue le redoublement du monde sur son bord, la transcendance de cette immanence), que ce mécanisme donc prend de lui-même conscience.

La conscience –de, cette structure, vide, était jusqu’alors emplie de tel ou tel contenu, s’offrant comme mondes particuliers à chaque fois, séparés, chaque fois un, mais c’est ce mécanisme qui s’utilisait dans les langages, et les mondes, qui vient à s’énoncer lui-même et qui devient ce qui agit dans le monde (qui n’est plus particulier, qui est devenu le donné là gigantesque, le monde universel non séparé par et dans des synthèses, mais monde universel tenu (et non réuni) par le un de la structure de conscience active).

Le mécanisme qui a pris son indépendance, outrepasse les groupes, langages, et donc qu’il y ait une vérité ; au sens où il n’est pas de contenu qui serait supérieur et intégrerait tous les autres contenus. Par contre ce qui existe c’est la structure ; la structure est la vérité au sens où elle est le réel. Notre être réel. Ce qui se découvre c’est notre être structurel comme bord du monde unique, et qui se tient comme Une et sans rien ; rendant possible quantité de vérités puisque l’on a dépassé le stade d’une vérité (qui couvrirait toutes les autres).

C’est cette structure qui commence alors de se déployer ; d’élaborer son architecture ; toute entière réflexive, ce qui veut dire ne tenant pas aux contenus, elle suspend tous ses propres contenus dans le tissage de ses intentionnalisations (qui outrepassent langages, groupes, mondes, personnalisations, etc).

La structure dit d’elle-même ce qu’elle est ; puisqu’elle se réfléchit, se-sait, et est la conscience de soi comme conscience (cad comme mécanisme de conscience-de, élaborant des machineries intentionnalisatrices, formulations, etc, soit donc sujet, systèmes, ouvertures de la dimensioN structurelle par les formules, la dimension du bord du monde).

La structure qui est conscience-de ne peut pas ne pas savoir « qui elle est », puisqu’elle est réflexivité ; elle sait parfaitement, par les grecs, qu’il se passe quelque chose qui n’obéit plus à la logique de synthèse qui présidait à chaque monde particulier (qui enfermait chacun dans son monde propre), et que cet être qui désormais se-sait débouche sur le monde là, le Même monde, puisqu’il s’agit du Nôtre-être même, antérieur à toute humanisation particulière (mais aussi à toute personnalisation bricolée, comme synthèse de soi-même).

De sorte que l’on passe des mondes synthétiques, au monde unique analytique ; le un commence de démonter toutes les totalisations qui eurent lieu et qui se reforment incessamment (puisque l’on ne cesse pas de « se » produire comme totalisations, le moi est une totalisation qui se croit). L’analytique se constitue à partir du se-savoir qu’est de fait notre être ; il se nomme tel ; en nommant le réel, ce qui signifie l’être. L’être n’est pas cette sorte de grosse boule désirable que les critiques absurdes de la pensée ont fantasmée, mais est la machine opératoire qui annule toute détermination qui enfermerait la vérité structurelle dans une vérité composée.

La structure a donc lancé l’humanisation sur une autre voie ; elle s’est rendue indépendante et outrepassant langage, contenus et synthèses, a imposé son élaboration réflexive (qui suspend toutes les énonciations dans le tissage de son architecture intentionnelle, celle qu’il faut vouloir pour qu’elle soit, sinon tout retombe au niveau du « là » stupide, de l’immédiateté, des finalités pauvre ou basses, ou dans la restriction des compositions de déterminations sans prééminence, dans la dispersion scientiste qui ne parvient plus à remonter jusqu’à la structure ; le moi ignore le sujet, la science l’absente, l’antiphilosophie le nie).

La structure est ce qui attire hors de la détermination mais comme la structure n’est rien que le bord du monde, du moi, des sociétés, des langages, c’est en soulevant la détermination ; en produisant de la détermination qui est enserrée, prise dans, articulée par les intentionnalisations. Humanisations diverses, puis humanisation réflexive, moi et personnalisations, systèmes et réalisation systématique (par la révolution unique qui eut lieu partout ou tant s’en faut) de la structure même, sont des contenus travaillés, œuvrés, élaborés, qui tiennent par le bout, le bout lancé hors du monde à partir du bord.

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La conscience et le présent de « ce qui est »

15 Novembre 2014, 10:55am

Publié par pascal doyelle

Dans tous les mondes particuliers humains (ceux qui précèdent la pensée grecque et le réflexif chrétien et affiliés), il existe toujours un contenu dénommé qui situe tout le reste. Par les grecs et par l’hypothèse de dieu, ce qui soutient la réalité est une formule vide et sans rien.

De même toute personnalisation, tout moi se con-fond avec un contenu ; le moi est dynamiquement ce qu’il croit qu’il est ; son contenu, son identité est ce qui l’attire hors du donné là de son corps (qu’il n’est jamais, qu’il ne peut pas être ; un moi est toujours dynamiquement ce qu’il intentionnalise).

Le sujet, soit donc la structure antérieure à tout moi, est de même que l’être ou dieu, une impossibilité ; ça ne peut pas exister dans un monde, puisque cela constitue le bord du monde. Par quoi la transcendance est toujours adéquate à l’immanence, qui est cela seul qui existe, qui soit donné « là ». Il n’existe que de l’immanence mais elle possède un bord.

Le bord pour chaque humanisation ou personnalisation est la conscience-de (elle fait retour et se nomme « de »), le bord pour la réalité, le monde, le ou les univers, est le présent. Le présentement est l’accélération univoque, unilatérale qui transcende tout le donné, comme la conscience-de, la structure est ce qui déporte incessamment n’importe quel contenu (de conscience) vers le réel.

La conscience-de, soit le réflexif, est articulé au donné là, ou donc au « là » du donné ; est articulée au réel, au pur présent, sans jamais le quitter, et tandis que celui-ci splitte totalement et irrémédiablement tout ce qui est ; provoquant ou détruisant toutes ces totalisations que sont les choses qui existent ou les êtres donnés déterminés.

Il est clair que puisque nous existons comme conscience-de, nous nous situons sur le bord du monde (et peut-être de tout monde, à voir), propulsant et éjectant tous les contenus, mais comme c’est invivable, on croit à certains contenus qui fixent, figent, autorisent qu’il y ait une réalité stabilisée. Dans la structure, le sujet ou le réel, on ne peut pas exister, vivre, respirer ; la structure à proprement parler, n’existe pas ; n’existe que les mois et les mondes. (mais en aucun monde ou moi n’existe de vérité qui serait comme un super contenu ou le sujet n’est absolument pas du tout un « super moi », ça n’a rien à voir).

Il n’est donc pas d’éternité ou de vérité, mais par contre il est absolument un pur présent et un sujet, une structure. Dont par ailleurs on ne sait pas du tout à quoi ils correspondent ; on ne sait pas « ce que ça donne » que ça puisse exister ainsi. Ça n’a probablement rien à voir avec ce que l’imaginaire ou l’irréalité des contenus ou de la logique des contenus (en synthèses de mondes particuliers humains ou de désir du moi) nous inspire ; apparemment c’est un devenir réel absolument perturbant.

Ce qui se dit vérité se tient et se maintient d’un être qui ex-siste, sort-de, et qui par vérité » entame la réalité par le réel. Ce qui signifie que dans les réalités, diverses, cet être (qui surgit de la cervelle ou qui surgit hors des mondes humains particuliers) crée une dimensioN de cohérence ; c’est ici et maintenant, dans l’ici même (de l’être et du sujet) que « cela » va exister. Nulle part ailleurs.

Ainsi en tel point (du réel et de la conscience-de) se constitue le réflexif ; ici et maintenant, ça existe. Point. Ça ne se soumet à rien d’autre. Ça ne croit plus aux contenus engendrés spontanément (en tel groupe humain ou en tel moi vécu, et bricolés)ça commence donc à élaborer des contenus qui n’en sont plus ; soit des idées et des machines intentionnalisatrices (les systèmes de philo, ou les éthiques, esthétiques, acculturations, personnalisations, les personnalisations sont des machines intentionnalisatrices). Tout cela ne compose plus un monde humain, parmi les autres ou en concurrence avec les autres, mais un seul monde unique universel démultiplié en interne (en élaborations de systèmes) à propos et à partir d’un seul être-nôtre (la conscience-de qui veut réaliser ici et maintenant le réflexif absolument ; le réflexif, cad « ce qui se rapporte à (soi) » ; est déjà absolument toujours exigeant et un par intentionnalisation, extensivité, intensité et densité, de la pensée, du sujet et du moi).

L’articulation conscience-de et présentement dresse immanquablement et radicalement (ça est ou ça n’est pas) la structure de cohérence limite de tous les mondes, tous les mois, tous les systèmes, toutes les potentialités ; au sens que cela crée la possibilité même. Puisque c’et notre-être qui se réalise, se réal-lise , se rend réel, il est à la racine même déjà de tout ce qui est possible et doit être nommé « puissance », cad potentialité (réservant par ailleurs une pensée de la virtualité, de la possibilité et de la réalisation ; soit « ce qui est constamment possible », puis le possible dans tel présent, puis le réel même de « ce qui est déjà »).

Il est ainsi une tension absolue et radicale, (il n’est rien qui soit antérieur puisque c’est l’antériorité même, nous sommes depuis les grecs dans la limite même au-delà de laquelle il n’est rien d’autre), et qui est à elle-même sa possibilité ; tout moi peut s’atteindre comme sujet (sachant bien que ça n’est ni un super moi, ni que ce sujet puisse exister, il se tient sur le bord du monde) et tout monde humain doit requérir la seule et unique possibilité (celle de l’universel et du libre pur et simple, dans le concret de son corps, de son incorporation qui est l’enjeu absolu de ces temps réels).

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Le dressage du pur présent

13 Novembre 2014, 15:50pm

Publié par pascal doyelle

Chaque présent se dresse donc inlassablement (il est la fibre même de « ce qui est ») de haut en bas, et trace la séparation.

Si l’on élève ainsi le présent, ça n’est certes pas pour coller la limite, mais inversement afin de tout faire entrer le reste. Parce qu’en comparaison du présent tout est le reste.

Comme ça n’est pas si aisément vivable, on fait tout pour s’en échapper. La philosophie et depuis le début l’argumentation qui nous rend adaptables au présent et comme il est la clef et la porte, elle nous rend la réalité éventuellement possible. Non pas seulement les accords et désaccords qu’elle rend possible comme éthiques, esthétiques, politiques, connaissances et idéel, mais elle nous rend possible l’accord unique, celui dit ontologique (depuis Descartes, réservant métaphysique pour l’accord théorique ou théorétique recherché auparavant dans le discours et depuis Descartes via notre être, réflexif, dit du sujet).

Si la philosophie est la discipline qui rend compte de ce qui est arrivé à l’humain (à toute sorte d’humanisations qui eurent lieu antérieurement à celle-là ; l’unique, qui révèle non une interprétation de notre réalité, mais qui montre notre être et tente en prime de démontrer notre être au travers des machines intentionnelles, les systèmes, fondés sur les rapports hors-sol, les idées), alors elle introduit à l’éclatant et éclaboussant présent ; celui qui fait se réaliser, se rendre réelles les choses, les êtres, les mondes humains, le monde unique, l’humanisation nouvelle et l’acculturation dans laquelle nous nous débattons (parce qu’elle est plus grande que notre moi et que nous nous croyons limités au moi, à cette formulation, qui n’est pas une essence mais un processus, et donc permet qu’il, le moi, soit ouvert à la processualité).

Le présent, c’est visible, coupe d’une seule traite toute la réalité, en une fois, et il n’y en aura pas d’autres. Autrement dit ; il n’en est qu’un. Et l’on voit bien la puissance indéfinie (qui est au-delà de tous les infinis, littéralement), du Un comme présent, en ceci qu’il se permet (conformément à sa destination ontologique) qu’il se permet d’en créer des tas. Des tas de présents. Qui évidemment ne se culbutent pas eux-mêmes, puisque c’est le Un qui les provoque (et qu’il n’existe rien au-delà qui supervise ou agglomère ou récupère ou totalise les présents, c’est un par un).

Présenter qu’il y ait autre chose que le présent pur, ce serait encore et encore médier et repousser l’inexorabilité de l’être, de l’être non comme gros objet ou Sens éthéré ou on ne sait quoi du même genre, l’inexorabilité de l’être comme « ce qui est réellement » (ça n’existe nulle par ailleurs qu’ici même). Mais présenter qu’il n’existe pas de présent, à quoi se condamne les nihilismes, les incrédulités diverses, les scepticismes, les relativismes, et tutti quanti, nous absoudrait d’exister.

Parce que si le présent est ce qui est, l’être lui-même, le « qui est » (et non le « ce qui est »), alors il dépend des choses et des êtres qu’elles se réalisent ou non. Ça ne se réalise pas tout seul. Si ça n’est pas voulu, à supposer que nous soyons libres, ça n’existera pas et donc ça ne sera pas, pas du tout, en rien, en aucune manière.

L’être, le « qui est », n’est pas là pour rien, il ne rigole pas.

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Comme l'histoire défile

10 Novembre 2014, 08:36am

Publié par pascal doyelle

Pour percevoir bien comme ça file.

Les grecs

Notre être surgit nu et sans rien par les grecs ; il est une émergence soudaine qui ne tient plus aux contenus et ne peut plus former de mondes particuliers synthétiques (à chaque fois uns et séparés) et comme c’est notre être qui apparait soudainement (et qu’il est commun à tous les mondes humains ou plutôt existait en tous les mondes humains, plié, notre être, dans le langage, le groupe, le localisé de chaque monde), comme c’est notre-être unique et partout identique, cet être en sa découverte découvre en même temps qu’il n’existe qu’un seul monde, le donné-là-gigantesque.

Les chrétiens (et affiliés)

S’ensuit la seconde réflexivité (comme quoi cet être n’appartient pas aux grecs, mais à l’espèce humaine) sous la férule des chrétiens (qui sont eux-mêmes réflexifs par rapport au réflexif juif, ils se pensent à partir de l’intériorité judaïque), qui déploie soudainement (aussi) une réflexivité qui outrepasse n’importe quel monde donné humain particulier et surtout n’importe quel corps, vécu, psychologie, morale de groupe, politique, organisation humaine donnée déterminée.

Les chrétiens créent le Un ; « ce qui rassemble » toutes les consciences, prises une par une, et séparée chacune par dieu, séparée du monde et des intérêts du monde (qui divisent les hommes vers les finalités de la bassesse) et séparée les une des autres absolument ; seul dieu, cad la dernière conscience indéfiniment réelle, réunit chaque conscience aux autres, et ceci forme l’esprit. Le christianisme annule les groupes humains et les remplace par l’unique communauté en esprit (cad dans la foi envers un corps unique, le christ, ce qui implique une seconde naissance et un renouvellement, anthropologique, tout aussi anthropologique que le furent les grecs et la pensée).

L’acculturation généralisée

S’ensuit une acculturation généralisée qui coïncide absolument la pensée grecs et la réflexivité chrétienne (et affiliés, on n’y revient pas). De cette acculturation, quelques uns ne retiennent que la « raison », sans voir que les racines de l’anthropologisation sont bien plus profondes et plus réelles que cette abstraction morte que serait la « raison » (la pensée grecque n’est pas la « raison », qui est une interprétation, 18éme, 19éme, toute extérieure et froide).

Il ne faut pas dans les effets (la raison, l’humanisme, le moi, etc) oublier les causes et les racines même de ces effets. C’est une immense architecture, mais structurelle et non pas de contenus, une acculturation formidable qui aboutit au « petit monde des mois », lesquels tombent dans le travers de l’objectivisme (la raison seule) ou de l’objectalité (un moi ça n’aurait que des objets de désir… ou des images de soi, etc).

L'architecture formelle

L’architecture complète n’est pas du tout bâtie sur des « idées » ; mais sur l’émergence d’une part de structures (qui n’existaient auparavant dans les mondes particuliers que sous le boisseau des contenus localisés) et d’autre part sur la conscience que ces structures prennent d’elles-mêmes ; forcément puisque ces structures qui apparaissent sont précisément que l’activisme de conscience s’aperçoit qu’en se passant de la croyance à ces/ses contenus (localisés dans un monde particulier, un groupe, un langage), il devient nécessaire d’inventer une architecture en plus ; d’inventer et découvrir (à la fois, puisque cette structure s’invente et se crée en même temps comme « être réel ») un système formel. Ce qui fut fait.

Le se-savoir et le connaitre

De cela il faut retenir ceci ; tout est vrai. Chaque moment est effectivement ce qui est arrivé, à point nommé pour ainsi dire, non en vertu d’on ne sait quel plan établi d’avance, (c’est absurde), mais parce que c’est un être-réel (notre être, la structure conscience-de) qui s’est dé-couverte, qui a émergé (de la gangue groupe-langage-monde local), et qui au fur et à mesure explore, découvre, s’aventure, devient, se déploie, etc. Cette exactitude n’est nullement « parfaite » (rien n’est parfait en ce sens là du reste, l’ordre préalable n’existe pas, même pour la matérialité), puisqu’il s’agit d’une exploration d’un monde donné là à partir d’un être-réel (qui lui-même ne se connait pas, puisqu’il ne peut pas s’objectiver…

mais il se-sait, puisqu’il est réflexif, il ne faut pas être hyper génial pour comprendre et admettre qu’il est lui-même existant … ce serait le comble que non … ; ceux qui en comprennent pas la différence entre le se-savoir et le connaitre, ne comprennent rien quant à la structure de conscience, ils croient que la conscience est le « conscient »…ou la pensée est la « raison »… ou le sujet une « substance », enfin ces sortes de fantasmes interprétatifs erronés.

Si l’on continue de ne pas opérer la distinction entre les contenus et ce qui formule les contenus, on en revient constamment à cette espèce de vision fantasmatique qui voudrait nous livrer (au deux sens, nous délivrer et nous livrer pieds et poings liés) à un contenu quelconque, à un bricolage, une sorte de machouillis de sens ou de non sens, de mots et de vérité super élaborée ou délirante ou basse. On n’est plus du tout dans la Vérité ou « pas la vérité ». Ce qui c’est réalisé, le système formel, est beaucoup plus grand et généralisable que n’importe quelle « vérité ». Il contient, il contient les vérités ; la preuve est qu’il en produit, comme système formel, des tas, astronomiques.

Là où nous existons

C’est donc dans l’architecture formelle elle-même que nous existons ; par ex, nous sommes libres (aucun choix ne vaut si il n’est pas pris librement, c’est le libre qui est vécu, et non tel ou tel choix, du reste libre s’entend comme « invention de » et non pas comme « choix entre blanc et noir », cette compréhension là étant confondante d’ignorance). De même ne pas relativiser la vérité par le libre, la pensée par le sujet qui pense, n’a aucun sens ; il faut vraiment être empoisonné par la logique du moi (qui ignore le sujet qu’il est) et le scientisme (qui absente le sujet) pour croire que l’on va s’en tirer par l’objet … comme si il n’existait pas déjà toute cette architecture absolument formelle qui s’est élaborée depuis 25 siècles, croire que la réalité puisse être réductible aux dispositions du moi ou de la scientificité, cad réellement à sa disposition, c’est croire que le sujet (qui est une entité radicale et formelle) serait le moi ou à sa ressemblance (une sorte de super moi), ou que la pensée du système formel serait ou se donnerait comme Vérité (alors que le système formel est antérieur à toutes les vérités, qu’il rend de fait possible), ou croire donc que l’on est « ce que l’on est » alors que l’on n’est rien du tout de ce que l’on est ; notre être, le réel, est structurel et ne peut pas se représenter et ne peut pas s’énoncer en un système de contenus, d’idées mortes, comme il ne peut pas exister comme monde humain, ni se vivre comme vécu et comme moi ; tout cela ce sont des effets, et la philosophie est précisément la pensée de « ce qui n’existe pas, de ce qui ne vit pas, de ce qui ne se représente pas » et c’est pour cela que ça pense.

Il est quand même clair que ce qui se dit, philosophiquement, existe ailleurs et en plus et au travers du nommément dit. Ne pas percevoir cela, il en résultera qu’encore et toujours on va parler d’une connaissance censée recouvrir le se-savoir ; mais remarquons ceci, que l’on ne peut pas remplacer le connaitre par le se-savoir ; le se-savoir ne remplace jamais les connaissances, et donc (et c’est un fait, il a provoqué les connaissances à être) remonte sans cesse les connaissances vers leur cause. Il n’est jamais une vérité qui contredit une vérité, mais l’aventureux qui s’ajoute et avance, à partir de tout ce qui lui tombe sous la main. Et cette remontée est le retour-sur, incessant ; l'engeance formelle est "ce qui ne se laisse jamais faire" puisque structurellement elle est activisme pur. Introduisant au Un, qui est activité absolue, radicale, formelle, qui n'existe que de s'agir, qui est présent pur.

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Notre-être nu exposé

8 Novembre 2014, 09:48am

Publié par pascal doyelle

La philosophie est donc la technologie qui porte au jour la structure de notre être ; ce qui se lit tout à fait si l’on abandonne la caricature qui laisse entendre que la philosophie désirerait l’être ou autre monolithe du même genre. L’idée de l’être même chez les grecs, n’a pas grand-chose à voir avec ce fantasme de traduction qui disposerait « ce qui est » comme étant « l’Etre », une sorte de gros objet qui nous satisferait. Et encore moins de caricaturer le dieu chrétien (et / ou affiliés), la trinité est l’investissement architectural le plus achevé du réflexif qui s’émancipe, se libère, du monde donné là. Et encore, encore moins, René agitant son effigie de Sujet, ce dont on ne trouve nulle trace dans le texte, et qui plante et décrit notre être tel que là, sur l’étendue du donné.

Hormis donc ces caricatures (qui permettent à ceux qui les supportent de remonter à nouveau toutes sortes de vérités du mondes, données là, étales, mondaines, vitalistes, systématiques, d’ontologies directes diverses et variées), la philosophie est la compréhension de la structure de notre être ; suite à sa dé-couverte par les grecs, son non-recouvrement par quelque monde particulier ou quelque contenu que ce soit, puisque ayant pour objet la structure (qui n’est pas un objet), il fallut élaborer une pensée, cad un système formel (et non un système clôt sur ses contenus).

Un système formel et non un système de contenus (on fait passer les systèmes d’idées pour des systèmes de contenus). Un système formel qui ne se réalise pas seulement en s’exprimant, qui se réalise en marquant effectivement le réel… lorsque Platon impose qu’il y ait des idées (cad des rapports), c’est un fait qui s’impose pour les siècles. Lorsque Descartes marque le sujet, du sceau de la volonté formelle, c’est un fait, unique et qui ne sera pas, jamais répété (à quoi bon, puisque désormais il est). De ce que les mots deviennent des faits, incontournables (à moins de nier les faits eux-mêmes), cela revient à dire que ce qui se dé-couvre est notre-être ; comme les vagues se retirant des mondes particuliers, des groupes et des langages, découvrent l’os de notre être ; le roc.

Evidemment si l’on continue encore de comprendre que Platon ou Descartes ou Hegel manifestent seulement une essence d’un type particulier, une interprétation de l’humain parmi les autres, on place encore en concurrence cette essence interprétée et toute autre (de quelque monde ou civilisation que ce soit), et effectivement en ce cas il n’est pas plus de raison de favoriser Platon plutôt que qui que ce soit (sinon de se référer à une « rationalité étroite » qui serait telle le reste squelettique de la pensée grecque). Le problème est donc que ça n’est pas cette essence là qui est manifestée mais ce qui affleure sur le sol c’est notre-être, qui appartient, par en-dessous (pour ainsi dire), à toute et n’importe quel monde, humanité, peuple. Et pour rendre compte de cet-être (qui n’est pas une essence, mais antérieur à n’importe quelle essence), il est nécessité un système formel (d’abord métaphysique puis ontologique, lorsque cet être apparait cartésiennement en plein, sans rien, et cet être qui sera donc exploré durant 25 siècles). La philosophie déploie ou participe ou engendre parfois le déploiement du réflexif formel.

Par ailleurs il est limité et absurde de comprendre cette pensée grecque comme « réflexivité » au sens de « raison » ; il ne s’agit pas de « raison » (qui en est seulement un des effets), mais de la pensée (soit donc l’élaboration sur la conscience-de qui engendre des machineries intentionnalisatrices, des systèmes, fondés sur des rapports de conscience, cad des idées, lesquelles sont en plus et par-dessus tout langage, groupe, etc).

La réflexivité comme "raison" serait seulement la réflexion de notre réalité humaine sur elle-même ; la réalité humaine serait l’héroïne, et la réflexivité le moyen (qui du reste dans ce cas demeure inexplicable et renvoyée dans les limbes d’une « essence » éthérée). C’est l’inverse qui est vrai et réel ; c’est la réflexivité même qui est l’héroïne et qui se prend elle-même comme pivot articulatoire et c’est la réalité humaine qui en est un des effets ou des moyens. Dire la réflexivité ou le réflexif sont ce qui devient, ça ne veut pas prétendre que la réalité humaine se réfléchit, ça veut dire que le réflexif ( la structure de notre être en deçà de toute réalité humaine), est Ce-qui-devient…

Il faut prendre au pied de la lettre ; que l’existence précède l’essence (et d’une manière générale prendre au pied de la lettre cela même qui se Dit). Sartre est essentiel en ce qu’il marque définitivement ce qui se cherchait par Husserl (que la conscience est active, et que Husserl renvoyait à un « contenu », incapable de montrer de où viendrait un tel contenu).

De même ce que veut la « conscience », ça n’a rigoureusement aucun « sens », parce que c’est structurellement le sens… Le sens (de notre être) est de dévorer ce qui est, cad de le relancer. La « conscience » (et sa prise de saisie d’elle-même qui se nomme réflexivité, par quoi « cela », cette abomination devient l’héroïne de ce qui arrive et va arriver depuis les grecs) est un mécanisme pur et simple (sinon il s’empêtrerait de ses contenus à n’en plus finir), qui travaille ce qui est. C’est juste et très simplement que ce mécanisme prit, par les grecs, conscience de son être comme conscience ; comme mécanisme, machinerie, actualisation, cohérence formelle.

Il ne faut pas se laisser avoir ; lorsque les grecs se nomment comme pensée, les contenus dont ils s’agitent sont formellement des intentionnalisations élaborées par-dessus le langage, la perception, le corps, le monde donné là, le groupe humain particulier, etc. Et ces idées n’existent que si on les intentionnalisent, sinon elles disparaissent. Les développements qui viendront ensuite continuent d’élaborer l’architecture formelle de notre position au sein du donné ou à sa surface, étendue. De Platon à Sartre (ou son inverse Lacan) c’est la cartographie descriptive de l’articulation de cet être en plus (qui n’appartient à aucun monde, aucun langage, qui est sans essence, par qui l’exister s’ajoute à l’essence).

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La confusion des mois

7 Novembre 2014, 18:13pm

Publié par pascal doyelle

On s’étonne continuellement de la vision lamentable que nous offre le dit monde donné, cette humanisation qui court depuis la ou les révolutions, et comme tout cela part en n’importe quoi. Au choix ce monde se heurte à un mur ou tourne en rond alentour d’un fantasme de soi.

On a vu que l’humanisation produisait l’humain en tant que personnalisation ; il ne faut pas voir que la révolution, cad l’Etat démocratique libéral, a libéré la réalité, sinon en partie, mais plutôt que ce cadre général a proposé à chacun de développer sa propre réalité, son propre vécu. Et qu’une grande partie de ce vécu est non pas simplement donné là, mais produit, inventé, créé, et que cette création se formule comme personnalisation, comme moi, comme synthèse de contenus. On voudrait croire que cette synthèse repose en réalité et en vérité ; qu’il lui suffit de se manifester et que le monde humain sert à cela ; que chacun manifeste ce qu’il est ou peut être. Et non pas que c’est un processus qui est en marche. De cette fausse compréhension, il en résulte que tout tend à freiner ce processus, à le figer.

Puisque le moi est une synthèse, il revient à toute synthèse de demeurer telle quelle, de se croire éternellement. Mais aussi de revenir incessamment sur cette synthèse ; elle est fascination de son contenu.

Il faut comprendre le dit système économique « libéral » comme la survie forcée de ce fantasme, de cette synthèse, de son impossibilité à se dépasser comme synthèse, de son incapacité à percevoir quoi que ce soit d’autre et en plus ; pour un moi la synthèse est tout le sens possible en un monde, il n’y a rien d’autre, aucune autre forme d’organisation. Une synthèse absorbe totalement et ininterrompue le monde, le donné, la perception, le vécu, l’identité des mois, bref, tout. Puisque le fondement logique de la synthèse est que tout forme Un.

Ce qui est essentiellement différent de la pensée, du sujet, de la philosophie pour qui le un forme des totalisations, toujours secondes ; ce serait gravement recomprendre l’activisme philosophique lui-même que de croire qu’il ne vise que la rondeur du Tout ; il n’est en philosophie que des totalités traversées, perforées, démantibulées par le Un. Par la structure (qui est l’objet même et le seul objet réel de la pensée, du sujet, de la réflexivité).

De sorte donc que le moi tourne sans cesse autour de sa synthèse ; ressuscitant les morts, ce qui veut dire (puisque le moi est dans cette logique de son acquisition d’identité) réanimant les fantômes contre lesquels il peut exister (croit-il) en s’affirmant. On ressuscite la religion, le nationalisme que l’on peut haïr, la métaphysique, les étrangers que l’on peut détester, en vrac tout et n’importe quoi, puisque l’on ne cherche qu’à réaffirmer la synthèse (quelle qu’elle soit ; elle n’est pas astreinte à la vérité ou la réalité, elle est juste un processus de reproduction d’un contenu pour fermer le Un).

Toute détermination du monde, du donné ou du vécu va donc désirer clore le un ; le sens même, la logique du désir est la clôture ; que ça se referme, que ça cesse. Ce faisant lorsqu’il se satisfait, il ne lui reste plus rien, sinon de répéter le désir lui-même. Ça laisse un vide puisque la forme de notre être (qui n’est pas notre réalité humaine) est vide, ce qui veut dire formel, et que c’est cette forme qui doit se savoir d’abord et peut-être se connaitre ensuite (seule la philosophie veut atteindre la forme même, et non un remplacement de ce vide, comme dans le monde, ni une illustration, religieuse ou idéologique ou fantasmatique, de cette forme).

Engagée dans la synthèse éternelle, la conscience dans un moi revient sans cesse sur la formation de cette synthèse, elle produit en masse la représentation de son activité, cette activité de conscience ne se sait pas et connait seulement ses contenus, et épuise indéfiniment et absurdement tous et n’importe quel contenu.

Il n’est que la bifurcation de la conscience vers elle-même ; ce que la pensée, grecque, tentait, ce que le christianisme élançait vers le triple dieu, ce que René retournait comme sujet, ce que Nietzsche affirmait purement et sauvagement, de la pensée aux grands sujets, il n’y a que là que la structure se re-tient elle-même, sinon elle fabrique, elle bricole, elle absorbe, elle dévore et se mastique elle-même. La philosophie est la technique, la technologie qui maintient ouvert notre être, qui ne le clôt ni dans le divin, ni dans le terrestre, ni dans l’universel ni le vécu ; et c’est une technologie justement de ceci que ce qui est à saisir (notre-être, que l’on a dé-couvert, comme on découvre l’os) est soi-même une technologie, une structure inventée par le donné là ou par le « là » du donné.

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Les deux entrées du réel

6 Novembre 2014, 15:27pm

Publié par pascal doyelle

On obtient donc deux entrées au réel.

D’une part ce qui fut signifié instantanément par la découverte du réflexif pur des grecs (soit donc sa nomination comme étant l’être, le « ce qui est » ; ce qu’évidemment on a l’habitude de comprendre comme « réduction de la réalité » à l’idée, mais qui en fait a opéré dans la conscience des grecs comme augmentation extensive infinie de la perception d’un-tel-monde, le cosmos, qui a opéré comme machine infinie intentionnalisatrice construisant des intentionnalités par-dessus et au-delà des mondes humains particuliers immédiats, au-delà des groupes et des langages et exposant notre être tel quel).

D’autre part ce dit sujet, l’étrange, qui n’appartient à rien ni à personne, qui est en nous, en chacun, comme conscience-de (le moi est au plus proche de l’articulation qui sort de la cervelle vers le donné là, ce que les existentiels nommèrent le « là » du donné, à voir ce que cela signifie et porte).

Les autres réalisations naissent de ces deux là ; politique, éthique, esthétique, idéel (mathématiques ou ensuite sciences ou objectivismes), mais aussi acculturation généralisée (lorsque la réflexivité grecque s’ajoute à la réflexivité chrétienne, qui elle-même réfléchit le monothéisme juif, qui est un retour-dans ce monothéisme, ce qui est absolument stupéfiant), et dans l’acculturation généralisée d’une part l’humanisation (à fondement en grande partie universelle, et se réalisant par et dans la révolution unique ; puisque notre être est unique et partout absolument identique en chacun à quelque moment du temps, il se réalise dans une seule universalité dans le seul monde réel), et d’autre part encore plus extraordinaire la personnalisation, qui seule donne à l’universalisation sa portée (sinon on en resterait à une universalisation générique de type communiste).

La personnalisation nous concerne tous, un par un, en tant que cela forme le moi, et le monde des mois. Le moi, puisqu’il se tient de lui-même (son fondement replié est le sujet, que le moi ignore comme la science et l’étatisme et la technocratie et l’économie l’absentent de leur côté),le moi tend à oublier qu’il est né de et par la pensée grecque et la réflexivité chrétienne ; sans quoi il serait impossiblement existant. Il institue donc Son monde à lui … ignorant tout le reste. Mais il est clair que d’une part il a raison (il est un acquis absolu) et que d’autre part il se perd dans le même temps en cette ignorance ; le moi déteste l’universel et abomine le sujet (que de fait les sciences chercheront à cerner, rendez-vous vous êtes cernés, comme matériaux psy ; or il existe une folie psychologique évidemment mais aussi une folle structurelle, ontologique ; puisqu’il n’est pas dit qu’un moi soit capable de supporter l’être de conscience-de, se porter le sujet impossible).

Les deux entrées, l’être et le réel d’une part et le sujet et la conscience-de d’autre part, rendent effectivement exigeant ceci ; que le présent est absolument l’actualisation de ce qui arrive.

Parvenu en ce point unique, qui ne se répète pas, parce qu’il est toujours le Même Point Unique, est relancée la mystique pure et simple du Réel. Qui consiste en ce que « ce qui est, est parfaitement », d’une part et que d’autre part « ce qui est n’est pas livré au monde ».

Parce qu’au final d’évacuer l’ambition ancienne et de dénier qu’il y ait un poids absolu à exister, rend pour tout sujet impossible qu’il veuille autre chose que ces petites parts, petites miettes du monde. De là que tout sujet finit transformé en un sombre moi, en cette entité innommable, finie, attachée à ses colifichets, sans envergure ni étendue, jeté dans le temps et non pas dominant ce qui est. L'articulation de conscience est "ce qui veut ici et maintenant ce qui est, sans discussion possible", ou "ce qui en se laisse pas faire, jamais, par quoi que ce soit".

De là que les mois délestent et l’universel ancienne et la folie sacrificielle des grands sujets. De là que par exemple la figure du révolutionnaire soit si rapidement absorbée par son propre vécu. Pardi, le vécu est le monde qui absorbe la structure.

Les mystiques ou les penseurs furent les Mêmes. De se tenir eux-mêmes du seul se-savoir qui ne quitte jamais la structure, qui est de fait à soi sa propre certitude (indépendamment de toutes raisons et donc causes et donc influences ou perversités du monde, du vécu, et du moi et des autres). Il faut confier son âme à Platon ou Plotin, et son intellect et sa raison à Maître Eckhart. Il n’est pas dans notre historicité de distinction péjorative depuis que l’articulation structurelle de la pensée grecque a repris l’articulation réflexive tout autant chrétienne, porté cet aqueduc jusqu’à la fusion cartésienne, réarticulation qui a rendu possible l’inventaire leibnizien et spinoziste du penser (qui n’est plus La Pensée, puisque cette fois c’est à partir d’un sujet, René), la sur-réflexivité kantienne (il fallait bien que le sujet cartésien se-situe lui-même), et le déploiement intégral de toute la pensabilité hégélienne (qui étant sujet peut bien tout, littéralement tout exposer du pensable ; ou donc le sujet n’est plus la pensée … )

Enfin nous voici saufs. Les grands sujets peuvent commencer. Du Un complètement absorbé de Stirner à l’auto affirmation exubérante et parfaite de Nietzsche, de la pensée objective des conditions marxistes du monde humain, de la traversée éperdue de « cela qui agit » à savoir la conscience husserlienne emmitouflée d’idéalisme (ça aurait un « sens » que d’intentionnaliser … peu importe Sartre nous montrera que « ça est » et que ça n’a pas de sens idéel, c’est uen structure pure que la conscience), jusqu’à l’extraction sur le moi vivant du trou invraisemblable ; que le conscient est juste un ilot perdu parmi les flots. Mais que l’on s’en fout parce que l’on n’est pas le conscient… C’est ça le hic, la conscience n’est pas le conscient, n’est pas le moi, n’est pas le langage, n’est pas les autres, n’est pas le monde, n’est rien de tout cela ou quoi d’autre encore ; elle dépend de tout ce que l’on voudra mais s’ajoute, s’ajoute impitoyablement, en plus de tout ce qui la précède, cad tout. Puisque tout la précède.

Il n’existe que le Un, et forcément un seul Un

Réfléchissons à cela ; tout la précède. On pourra lui injecter quantité de déterminations, oui, bien sur, mais elle y sera encore en plus. Elle est structurellement « ce qui n’appartient à rien du tout ». mais c’est compte tenu de tout ce qui la précède (cad tout, littéralement, tout ce qui est dans le monde, le vécu, le moi, la cervelle, le corps), qu’elle est d’une part articulation grecque au réel (l’être) et ré-articulation volontaire cartésienne, à nouveau. Ce sont ces deux empans là qui arraisonnent tout ce qui est. Les deux empans sont l’arc qui réinjecte la conscience-de dans le réel actuellement existant. Le seul présentement ici même. Celui qui revient toujours, parfaitement identique à lui-même. Cela forme le Un, le Un agissant (qui donc n’est jamais un tout ; il n’existe aucun tout, il n’y a que du Un, et forcément un seul Un).

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Ce qui avance

4 Novembre 2014, 11:09am

Publié par pascal doyelle

Le moi mortifère malgré lui

Il semble particulièrement absurde et non avenu de juger de l’ensemble de la philosophie comme d’un échec ou d’un égarement ou d’un enjeu de pouvoirs divers et variés ; ce serait se laisser absorber par la finitude et les goûts du moment, qui signalisent précisément le dégout de soi du moi, du dit moi qui ne parvient jamais, jamais à se circonscrire et de ce fait se met à généraliser ce désespoir à l’ensemble de la réalité ; il lui insupporterait d’admettre que, bien qu’existant tel un moi, il est en charge de s’assumer, de se vouloir, de se continuer, de porter plus moins encore le devenir. Or non il croit que tout cela va mourir avec lui-même et secrètement il l’espère, ou plus exactement ce mortifère s’ensuit tout naturellement de la logique de réduction au moi abruti par ses pauvres finalités.

Si l’on croit encore que la pensée grecque est à entendre comme « raison », on n’y comprend rien. Si l’on croit encore que le « sujet cartésien » est une espèce de certitude intérieure, on n’y comprend rien. Si in fine on croit que la conscience husserlienne est destinée en une essence ou un idéalisme, on n’y comprend rien.

Ce qui s’est réalisé, ce ne fut jamais un contenu ou un contenu électif ou une sorte de substantialisme (réinventé mille fois afin de se garder un ennemi bien à soi à combattre qui puisse éventuellement nous conférer l’illusion de recommencer la réflexion envers et contre tout et tous).

Le devenir depuis les grecs est une historicité réelle et achevée à chaque point de renouvellement, étant elle-même, ce dont cette pensée grecque est le premier effet, la révolution anthropologique maximale et unique (il n’y en a pas d’autre et comme elle dé-couvre notre-être tel qu’il est, tel qu’il affleure étrangement au sein, ou au bord du monde, c’est du même pas le monde même qu’elle ouvre).

De ce récit (puisque cela est déroulable tel un récit), il faut définir le héros ; et le héros de ce devenir est le réflexif pur et simple et vide et formel et qui sut de fait et instantanément (puisqu’il est réflexif il se-sait) élaborer son architecture (intentionnalisatrice, de laquelle il faut oublier immédiatement sa référence à l‘idéalisme husserlien et n’en garder que le squelette, parce que c’est une forme qui agit, une forme, par définition, agit, et elle est et n’est rien d’autre que cet agissement).

Les représentations et leurs remplacements

Le réflexif a cru un temps qu’il parvenait à une sorte de contenu super électif, donc, la pensée, dieu, le sujet, la raison, le monde ou le vitalisme, ou la société, etc. Mais la réalité est que le réflexif seul existe et qu’il produit seulement telle ou telle représentation (qui ne sont évidemment pas indifférentes, qui marquent à chaque fois son approfondissement de « cela qui est » et de « cela qui est possible », selon une réelle historicité) tellement complexe qu’elle cesse d’être complexe pour s’imposer comme torsion (ou donc ; ce qui ne peut pas être compris sans que l’on y soit, sans que l’on s’y transforme en ce réflexif lui-même, en cette conscience là) . De renvoyer à rien la pensée, dieu, le sujet ou la raison, ou de les éventuellement remplacer par la révolution, du vitalisme, du matérialisme scientiste, une éventuelle morale générale, c’est abandonner l’ambition et ne plus rien comprendre du tout.

Le déni généralisé

Il est clair que ne pas reconnaitre cette historicité (soit donc le devenir réel de notre être effectivement circonscrit au fur et à mesure ; de la pensée à la conscience sartrienne jusqu’au détourage du moi par Lacan), cette non reconnaissance nous délivre du poids, de la charge, de l’exigence que cette historicité appesantit sur nos épaules et de ne pas relever le défi nous rabougrit, littéralement, nous ridiculise ; nous n’assumons pas notre responsabilité et menaçons notre survie même). Le déni de la vérité formelle excuse notre faiblesse, n’est qu’un prétexte pour de pauvres décisions, en emplacement des effectives.

Ce déni général est d’autant plus absurde que finalement la pensée, la philosophie est parvenue au plus proche de « ce qui a lieu » et a nommé cet être spécifique qui est nôtre ; la conscience-de. Evidemment en l’entourant encore d’une gangue idéaliste (parce qu’il faut bien en représenter les mouvements intentionnels, etc) bien que lors de sa dernière exploration Sartre atteint quasiment à strictement exposer, montrer la conscience-de comme structure, structure agissante.

Sartre, Lacan

Ajoutons à Sartre, Lacan qui s’ingénie à détourer ce autour de quoi tourne l’organisation du moi dans ses compositions effrénées (puisque le moi est la dernière inventions ontologique et le plus proche lui-même de ce « trou noir » qu’est la conscience-de, permettant de saisir que la conscience-de n’est pas le conscient, ni le moi, de même que Sartre montrait comme elle ne possédait aucune « intériorité » substantielle). Au fur et à mesure donc en cercles se recentrant autour de la nature spécifique de notre être (qui passe de la Pensée à la conscience-structure), la philosophie est parvenue à identifier le « lieu » (au point que Heidegger a envisagé de décrire le lieu spécifique, cad ontologique, de cet être spécifique ; le « là » où la « conscience » est).

Le positionnement de notre être sur la carte du réel

On comprendra donc que ce qui est joué, avancé, déplacé depuis le début, est la description de la position, littéralement, de la position « physique », sur le sol même du monde même (du monde réel). C’est cette position, comment notre être, comme conscience s’oriente et se désoriente sur ce sol ; il faut très largement abandonner de ranimer à chaque fois l’idéal prétendu qui voudrait que dès le début la pensée désirait un « super contenu », l’Etre ou Dieu ou le Sujet fantasmé (dont le fantasme revient à ceux qui critiquèrent Descartes et non à Descartes lui-même, qui ne fait que décrire ce qu’il « voit », sur le monde étendue posé).

On aboutit ainsi à une cartographie parce qu’effectivement notre être est articulé au « donné là » tout à fait réellement là, et même donc outre à ce donné là, articulé en et par le « là » lui-même de ce donné (à charge de montrer que ce « là » qui est antérieur au donné, au monde, à la détermination, existe). On a depuis longtemps abandonné la finalisation ésotérique par laquelle on voudrait caricaturer la philosophie ; elle attendrait on ne sait quelle révélation ou lumière blanche au bout du tunnel ; depuis le début c’est de tout autre chose dont il s’agit.

La ruse du réflexif

Par exemple, on a pu invoquer dieu, mais ce fut toujours dans la possibilité d’en tirer une description effectivement réelle quant à notre être ; autrement dit nombre d’éléments qui paraissent extérieurs sont nécessairement re-pris d’assaut par et dans la philosophie parce que la philosophie ne peut utiliser que des éléments donnés là dans le monde, l’expérience, le sujet, la conscience analytiquement. Descartes utilise dieu en une certaine orientation parfaitement analytique (et non d’un objet de foi, même en théologie puisqu’il s’agit d’user de sa raison, l’hypothèse dieu est absolument éclairante).

Or cela même que l’on nomme ici dieu ou là les idées ou la révolution ensuite, ne sont du reste pas en eux-mêmes indifférents ; il est clair que le réflexif avance de par lui-même et que la philosophie en est au minimum le tracé précis et parfois l’accélération et de temps à autre la pointe d’acier perforant. De même que l’humain découvre son être vide et formel, la conscience-de, de même la philosophie est la discipline qui se charge d’en rendre compte. Et que tout cela vaut pour de vrai … cad pour de réel.

L’actualisation absolue (tout est là, rien ne manque)

Ou donc ; usant de ceci ou de cela (dieu ou les idées, ce qui vaut aussi pour le vitalisme ou la volonté ou le matérialisme etc), la philosophie reste à chaque fois et demeure la philosophie cad l’actualisation de « ce qui peut être actualisé » quant à notre-être (lequel est donc la conscience-de, telle qu’elle se sort des contenus, des groupes, des mondes humains particuliers, des langages, et s’impose comme articulation au donné là, surgissant, vide, de la cervelle) et cette actualisation s’anime de la cohérence, ou donc de la coïncidence dans l’ici même (et non pas ailleurs et imaginairement. On voit par là que les éléments à identifier doivent effectivement correspondre à l’actualité ou l’actualisation de ce qui est nommé ou énoncé.

L’ici même (chaque ici-même) comme réel avançant uniformément

Nous sommes en cela bien loin, depuis le début, et inscrit dans la technologie même qu’est la philosophie, d’une « évocation » ésotérique de quoi que ce soit ; ça travaille depuis le début à partir du surgissement de notre être nu (la conscience-de) qui se veut comme pensée (cad raccordement des intentionnalités telles que produites hors des groupes, langages, mondes particuliers et qui ensuite se voudra comme sujet) et qui ne peut juger et avancer que sur des éléments réels ; un système d’idées organisées est un réel qui veut par principe s’actualiser, se rendre réel entièrement (aucun élément ne manque en interne du système, et ce système correspond au donné qu’il entend décrire, justifiant à la fois pour quelles raisons c’est ce donné là qui est sélectionné, et pourquoi il existe un tel être qui pense un tel donné, opérant donc la circonférence complète, ceci idéalement évidemment et admettant comme principe au moins qu’il y ait une Cohérence).

Ce qui signifie qu’en chaque présent le formel, le structurel est chargé de fond en comble et avance.

Quels que soient les éléments utilisés il existe toujours une lecture réelle et réaliste (toute idée est un rapport dans le donné là via cette mini articulation vide et formelle, qu’est la conscience-de). Et au travers des systèmes, des emprunts, de toute espèce de rapports, c’est le lieu et le rapport de son surgissement au donné « là » qui est exploré par la philosophie. Ce qui est d’autant plus simple à remarquer qu’effectivement elle le dit ; Hegel le dit, Marx le dit, Sartre le dit « voici la conscience même, toute nue et sans rien », Lacan le dit « je détoure le moi tel qu’il se croit ». Il ne sert à rien de croire substituer à ces descriptions formelles (la conscience-de crée des rapports au donné là) des espoirs de sens ou de pensées ou de contenus qui porteraient cette conscience ; elle se porte seule. Elle est la raison et la cause et non pas l’effet de contenus ou l’attente d’un contenu.

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Le Présent contient tout ce qui est

3 Novembre 2014, 16:14pm

Publié par pascal doyelle

La philosophie initie donc le voyage qui compte ; celui qui explore le réel, c'est-à-dire le présent.

L’unité de tous les développements est de saisir ou être saisi par le présent en tant que Présentement inusable.

Si ce qui est, est : le présent seul existe. Il n’est rien d’autre. L’ensemble du processus consiste donc à tout faire entrer dans et par le présent (et non l’inverse, retrouver on ne sait quelle étendue ou temporalité ou éternité ou lieu absolu qui serait tous les lieux).

Ceci va à l’encontre de ce que notre intellect performe ; à savoir qu’il regroupe les éléments dispersés au travers du temps et de l’espace, et en ce cas le présent est et n’est que telle ou telle immédiateté. L’universalité consistant précisément à passer au-delà de l’immédiateté dont elle extrait les données universelles qui s’étendent au-delà de tel lieu et vise l’espace en soi et réunissent les dispersions effectuées par le temps, de sorte qu’au bout de l’intellect est ciblé l’éternité.

Ceci est la fonction d’universalisation. Mais en elle-même l’universalité désire ramener ici même tout le divers ; non seulement en concentrant le dispersé, mais surtout en manifestant, représentant la cohérence du décohérent. Ou donc ; l’universalité suppose qu’il est possible de rendre tout réellement toute la diversité ; que tous les éléments (en l’occurrence extraits du donné divers) forment Un. Ou donc ; que le réel est parfait, qu’il est parfaitement tout ce qu’il peut être pensé ; la pensé est en elle-même dans la supposition que la perfection est.

Que l’être est ici et maintenant totalement réalisé, non seulement comme tout mais aussi au sens d’intégralement ; rien ne manque à « ce qui est ».

Si l’on applique l’exigence universaliste, cela signifie que les propositions formeront tôt ou tard un système complet entièrement déductible et complètement légitimé. Ceci étant il faut alors admettre que toute les quantités de données diverses sont dispersées aléatoirement dans le temps et l’espace ; par exemple, un tel système rend impossible de comprendre dans la pensée grecque pourquoi il existe de la « matière ».

Que se passe-t-il si l’on garde que l’être est parfaitement (tout ce qu’il est) mais en appliquant cela à ceci ; que seul le présent est ?

Parce qu’il est possible de garder les principes ontologiques mêmes qu’implique la pensée, mais il n’est dit nulle part que ces principes ne s’appliquent que sur telle ou telle sorte de représentations ou de réalités.

Les principes de clarté impliquent que d’une part l’être est, et que seul l’être constatable est admissible ; or il n’est d’admissible que le présent. Que le l’être s’étend parfaitement et indistinctement à toute parcelle ; totalement égal à lui-même en tout et à chaque fois absolument identique à son être même ; tout présent est parfaitement semblable à tout autre. Qu’il n’est qu’un seul plan de l’être et non pas trente six, et que partout et également ce sur quoi l’on tombe, c’est l’être ; il est intégralement présent en chaque présent. Qu’il y ait un seul être quelles que soient ses manifestations et puisque le présent est à chaque fois ce qui coupe très nettement, cad absolument, quelque réalité que ce soit, alors le présent est le principe actif de l’être. Ou donc ; il est l’être lui-même.

De ce fait le présent ne tend nullement vers l’éternité ou ni même ne vise par la détermination ; toute la matérialité est passée au tamis des présents (chaque fois uniques), et actualisant la détermination, le présent travaille effectivement ; le fondement de toute la détermination, de ce qui pour les grecs s’intitulait matière, de ce qui pour nous est le donné là matériel, est le présent, qui n’est pas l’effet mais la cause.

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Incorporation versus corporéité

2 Novembre 2014, 16:35pm

Publié par pascal doyelle

L’advenue de la structure pure et simple qui ne pose plus aucun problème en avant de soi mais se tient en retrait par devers toute réalité, toute réalisation, tout vécu, toute pensée, est cela même dont les sujets, les grands sujets se chargent.

Soit donc depuis Descartes. Descartes décrit ce qu’il voit ; le sujet fondamental, impossible, uniquement objet de description ; le sujet est cette conscience même, pure structure vide et formelle, sans rien, qui tente de remonter dans sa propre structure, et cet effort innommable si il est impossible produit des effets réels et permet d’avancer dans sa propre compréhension, dans son surgissement. Viennent ensuite Leibniz et Spinoza qui à partir du sujet découvert entendent recomprendre, et produire à nouveau un discours ontologique, ‘ou donc le discours de Leibniz ou de Spinoza sont rendus possibles par et selon la position du sujet, qui renouvelle intégralement la philosophie), s’ensuivent Kant qui veut tenir à distance qu’il y ait une raison (entendant par raison la compréhension moderne de ce qui fut autrefois la pensée, grecque, dans une autre dimension), et Hegel qui s’en prend à penser la pensée même, la pensée grecque, qui relance la pensée comme métaphysique. Tout cela étant rendu possible par l’obtention du sujet cartésien.

Mais le sujet cartésien n’est pas « cartésien » ; Descartes décrit seulement notre être tel que là et non pas avance des « idées » qu’il suffirait de balayer ; notre être on ne peut pas le biffer d’un trait. Et c’est sur le dos de cet être que les grands sujets (de Stirner à Lacan, en passant par Heidegger, Husserl, Nietzsche, Sartre, etc) foncent à califourchon à explorer le possible.

De même cet être est la structure qu’articule ou qui articule le moi, lequel est cette entité au plus proche de cette forme vide et sans rien. Or le moi ne peut pas se savoir comme sujet ou comme structure ; il doit admettre son propre être là, son corps, son vécu, comme étant donnés en vérité et réalité et non pas le recevoir comme construit, créé ou bricolé ; pour le moi son identité est son essence même, de toute éternité, destinalement. Aussi le moi consiste-t-il à se prévoir lui-même rétrospectivement comme si il avait toujours existé un-tel moi ; le moi est le mouvement rétroactif de se re-prendre comme si il ne se reprenait pas ; d’effacer sa propre historicité.

Dans le même temps puisque se détenant de lui-même (dans son essence d’identité supposée), le moi se coupe, se sépare de son historicité ; à savoir de l’universel et du sujet ; il ne reste plus qu’un monde des mois, et lointainement très lointainement l’humanisation et l’universel et la pensée et tout aussi éloigné le sujet, les grands sujets et les explorations structurelles de ce qui est.

Le moi ne demeurera plus que fasciné par son objet ; de même que les sciences, les techniques et les étatismes l’objectivisent, de même un moi n’a de cesse que de trouver son objet, que de s’objectaliser. Objectivisation de l’objectivisme des sciences et techniques y compris étatiques et marchandes et de l’objectalité destinale du moi qui ne sait pas du tout son sujet. Qui ne parvient pas à incorporer le sujet, le moi dont le corps reprend constamment son poids propre, qui l’attire non vers le « bas », mais vers les finalités pauvres données là dans le monde.

Même les objectivismes et objectalités (en psychologies ou psychanalyses par ex) désireraient élever le dit moi, en subjectivisant son corps, en lui permettant de le « réintégrer » avancent-elles, mais en réalité de l’intégrer tout court ; parce que jamais encore une conscience n’a su s’admettre comme incorporation. C’est l’idéal, l’idéel, le potentiel même que nous ouvre l’esthétique au plus proche de nous convaincre que l’apparaitre du monde, du corps, que la perception même est incorporation ou plutôt ouvre à la possibilité de l’incorporation (de la conscience-structure dans un corps physiologique).

Or cette incorporation doit s’organiser plus encore en chaque moi, et s’assumer comme matérialisation ; non comme matérialité donnée là et inerte mais comme processus d’intégration ; l’incorporation serait idéalement que tout moi soit capable de son sujet, de son sujet et son intensité et de sa pensée universelle, mais il est peut probable que ce processus fonctionne et parvienne à devenir, et ce malgré le déploiement extensif et intense de la mass médiatisation qui va chercher chacun jusqu’à sa plus visible corporéité, qui cherche à nous convaincre de notre devenir universel et de sujet, mais mass médiation qui tord tout à la fois vers les finalités les plus faciles et les plus corporelles. La corporéité tente constamment de recouvrir et d’avaler l’incorporation.

Par ailleurs l’incorporation n’a rien à voir avec l’élévation morale ou la grandeur universelle (d’une vérité qui s’imposerait d’en haut) ; tout cela riperait sur le corps du moi ; il est infiniment distant de ces impératifs ; c’est plus en dedans et en sa matérialisation même que cela se cherche. Ce qui se cherche tient à la complexité invraisemblable de l’image-idée de (soi) du moi ou à son idée-image, épuisant les images (qui sont autant de corps) jusqu’à parvenir à l’idée de (soi). C’est cela qui se trame, se dessine, se visualise, se rend complexe, se diffracte dans la représentation (et la mass médiatisation, qui a de « mass » ceci qu’elle doit toucher chacun …).

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