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instants philosophie

La conscience et l'inconscient

20 Septembre 2014, 09:18am

Publié par pascal doyelle

Ils croient que lorsque l’on dit ; on est libre ; c’est de la liberté du conscient dont on parle… Mais ils ne voient pas que c’est autre chose ?

C’est comme de confondre la liberté avec cette hypothèse du « choix » ; on serait libre de choisir. Mais ça n’est pas de choisir entre A et B que l’on est libre, mais d’inventer. D’inventer précisément au-delà, de tout choix donné là ; et on n’a pas besoin de se « décider » à inventer pour inventer ; on invente de fait. Un moi, une personnalité, est déjà une invention qui grimpe sur ses propre contretemps.

Evidemment elle n’est pas toujours et forcément super inventive, elle se trompe, erre, revient au même, etc. mais on ne peut pas inventer (ce qui n’existe pas encore) sans s »garer et délirer quelque peu, sinon ça ne serait pas une invention.

Encore une fois ça n’est pas le conscient qui est la conscience ; la conscience est en-deçà du conscient (sur lequel est bricolé le moi en se mêlant à la cervelle), et la conscience ne se représente pas ; elle agit. Elle n’est rien qu’agissement, pure structure vide. Et lorsque l’on dit qu’elle est en-deçà, elle est tout aussi bien au-delà, et ceci non pas comme super conscience disposant souverainement de tous ses contenus ; elle est transcendante comme rien, rien structurel, vide, et qui tisse et retisse des rapports au-delà et en plus des systèmes intérieurs.

On a cru hypostasier la conscience comme hyper conscient ou conscient tout court, mais c’était chosifier et caricaturer la conscience comme étant uniquement et rien que structure agissante, vide et formelle ; ça n’est pas dans les contenus que ça se passe, mais dans l’articulation des contenus, par-dessus. Ayant caricaturé la conscience comme conscient, on a beau jeu de le traiter comme déterminé exclusivement.

Et ce faisant ce que l’on va désirer, attendre, imaginer, figurer encore de la « conscience » comme conscient, c’est de réanimer le fantasme de la connaissance ; par quoi le contenu serait supérieur à la forme, comme si les contenus étaient plus grands que la forme qui les produit. Alors on va découvrir un super contenu, on va nommer ça l’inconscient, mais c’est une représentation que cet inconscient, une reconstruction, qui n’est pas « ce qui a réellement lieu ». Non pas qu’il n’y ait pas d’inconscient, mais il n’existe pas que cela. Et l‘inconscient lui-même est recompris autrement et par ailleurs. Comme si un système pouvait disposer de tout l’ensemble ! ça n’existe pas comme ça, tout système est ouvert dans, vers, sur le donné là, et ce qui agrippe le donné là est pour nous, pour notre-être, la conscience-de comme articulation en plus.

Elle n’est pas avant tout le reste dont tout les reste (ics, cervelle, corps physiologie, langage, autruis, etc) serait fonction (ça c’est l’ancienne formulation du conscient), mais elle est la pointe en plus de toutes les fonctions( cervelle, langage, vécu, ics, perceptions, etc), et la pointe qui re-dirige dans l’action, l’activité, ce que l’on nomme ici l’activisme même, qui re-dirige ici et là l’ensemble ou telle ou telle partie des fonctions.

Et ça, la conscience, ça ne se représente pas, puisque cela prend déjà tout le donné, langage ou ics, autrui ou symbolique, ça le prend tel quel, et réoriente ; elle ne réfléchit au sens où elle re-présente consciemment ce qu’elle veut, elle réutilise tout le reste (langage, ics, corps, etc) qui est déjà de la rprésentation, et l'utilise comme réflexivité et relance les dés, à chaque fois quasi à nu. C’est tout le reste qui réfléchit pour elle si l’on veut, et sur cette réflexivité représentative, elle ajoute une attirance en plus ; elle réfléchit par et en plus et au-delà de ce qui déjà est réfléchi. C’est une architecture très complexe, mais elle, elle est simple et souple, à ce prix là. Et sa souplesse ne vient pas d'un manque quelconque, elle n'est ni omnisciente, ni toute puissance ; qu'est-ce que cela signifierait ? Sinon le fantasme dont on caricature qu'il y ait une conscience souple et vide et activiste. Il n’y a aucun manque dans l’articulation de conscience ; c’est parce quelle est vide, ponctuelle, interruptive, autre qu’elle se meut.

Evidemment qu’elle subit tous les sous-systèmes qui la précédent ; mais peu importe parce que là où elle s’impose, c’est ponctuellement et ici et là, qui réoriente en réfléchissant ce qui déjà réfléchit et représente. C’est comme de dire que le langage maitrise la conscience ; c’est absurde. Un langage qui ne serait que son système ne servirait à rien ; c’est bien d’être en plus de son système articulé à un donné, qu’un langage devient ; le langage n’est pas du tout le bout de tout ; le bout du tout, c’est le donné là, le vécu, l’agissement. L’articulation qu’est la conscience entre la cervelle et tout ce qu’elle contient et le donné là gigantesque, le réel.

Qu’une grande partie du donné soit déjà organisé, c’est évident. Que tout et littéralement ne soit pas organisé c’est pour cela qu’il existe un présent. Le présent qui échappe et en qui ça s’invente ici ou là.

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Le « sens » de ce qui devient

17 Septembre 2014, 09:18am

Publié par pascal doyelle

On ne sait donc pas ce qui se passe. On ne connait pas notre être. On ne sait pas où cela nous conduit, on ignore complètement ce que c’est que cet être de conscience, qui s’est imposé à nous, les humains, et dont inversement l’humain ou la personnalité sont des effets. On ne sait pas ce que ça signifie, ce que comporte son potentiel ; d’où sa nomination ; la puissance. Puissance ne veut pas dire surpuissance sur on ne sait quoi, mais potentialité. Possibilité.

Il est clair que ça nous est tombé comme la foudre. Grecs, chrétiens, cartésiens, grands sujets, mois y compris, ça déclenche tout. Il est particulièrement absurde de renier tout ce qui fut par cette ouverture mirifique, découvert ; à partir des grecs. Croire que l’on va réinventer la pensée ou le sujet ou enfermer ces énormités structurelles dans des sortes de nouvelles « vérités », c’est en pas voir que toutes les vérités subséquentes ont été créées, inventées, découvertes et dé-couvertes par et pour la pensée et le sujet. La vérité comme principe et la liberté comme principe.

Principes donc et qui constituent, se sont élaborés comme conditions de toute vérité(s) parce que de ce fait il y eut des tas de vérités possibles, et comme conditions du sujet, (il y eut des tas e libertés possibles, tout cela étant parfaitement logique), et enfin plus surprenant comme conditions de moi. Rappelons que conditions de vérité signifie aussi ; que faut-il être pour penser ? Ou que faut-il être pour assumer le sujet ?

Les détracteurs de la pensée, du sujet ou du moi ne voient apparemment pas que l’on a depuis longtemps, très longtemps, abandonné l’hypothèse générale d’une « vérité » unique qui nous révélerait … je ne sais quoi. Que par contre on a trouvé beaucoup mieux et bien plus profitable et prolixe et exubérant ; l’ensemble de toutes les vérités et des libertés, ensemble doté de son système formel adéquat (que l’on nomme cela constitutionnalité des sociétés humaines ou structure du sujet ou inconscient des mois, etc). On a réussi cela. Cette immense systématisation de notre être formel et de la conscience structurelle.

Que l’on soit le nez dans le guidon et que l’on tente par mile astuces de s’en sortir, on ne le pourra pas. Parce que c’est structurellement que l’on est ainsi ; que l’on porte ou supporte ou admet ou approuve ou affirme la structure.

Peu importe ce qui fut nommément affirmé ici et là, au travers de tas de systèmes, de pensées, de politiques ou d’esthétiques. Toutes sont vraies en ceci qu’il est impératif d retrouver les raisons de toutes les constructions ; chaque construction est logiquement dessertie à son point nommé et nommant. Parce que dès le début il ne s’agit nullement d’une « pensée », de systèmes d’idées, mais de l’exploration menée par cette structure telle que vide et nue, elle se dé-couvre et découvre sur le sol même du réel.

L’être est ou je pense donc je suis (pour faire court). On ne cherche pas la vérité, on est la vérité, la vérité est du réel, et non de la pensée (qui est donc l’ensemble des machineries intentionnalisatrices qui permettent d’avancer dans l’épaisseur du donné là gigantesque, des forets). De même le moi n’est pas cette identité psychologique dont quelques uns aimeraient bien qu’elle nous dévore, le moi est le corps.

Un corps étrange, bizarre, une immense amplitude, et qui se cherche. Le moi est cela ; la structure qu’est chacun (le sujet ignoré, absent ou impossible ; le moi, la science ou le grand sujet), la structure qu’est chacun et qui cherche un corps capable. Un corps potentiel et réel d’une part et un corps de densités, d’intensités et d’extensivité ; densité, le moi ; intensité le sujet ; extensivité, l’universel.

Ça ne se fait pas tout seul. Dans les deux sens. Ça ne se s’opère pas facilement et ça ne se réalise pas sans les autres.

C’est que là où l’on en est, (la structure ayant parcouru la pensée, le sujet cartésien, les grand sujets, les mois), ce qui se compose, c’est la densité, les concrétions, le comment accéder à son propre corps pour le rendre capable d’assumer à la fois l’universel (grec et chrétien) le sujet cartésien, les grands sujets et cette énormité fondamentale de « moi » ; les mains dans la crasse. Il ne s’agit plus d’idées et d’universel, de sujet et de réflexivité cartésienne, d’explorations ontologiques individuelles des grands sujets, mais de la survie des corps et d’autre part de leur déploiement.

Comme corps. On n’y coupera pas. Si ça n’existe pas incorporé, ça ne tiendra pas. Si ça n’était que des idées, ça ne supporterait pas le réel, les réalités. C’est uniquement parce que la structure veut être un corps et dans ses densités et ses compostions réelles, effectives, que l’universel pourra se transformer, que la réflexivité s’existera. Et c’est en cela que se produit Lacan, hors de doute qu’il affronte « cela même ». La pensée du moi tel qu’il est effectivement.

On a donc accompli beaucoup de détours (des grecs via les chrétiens, Descartes, etc, et ce sont seulement là des marques simplifiées), mais tous étaient impératifs et jusqu’à aboutir à la personnalisation et au statut si étrange et autre des mois. Ce qui parait le plus infime est le plus essentiel, le plus méprisable est le plus crucial. De même que l’activité de la structure de conscience ne se considérait que comme faire valoir de contenus (on nommait cela la Vérité, dieu, etc), la structure s’est révélée cela même qui agit.

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Commentaires à "y a-t-il quelque chose ? "

14 Septembre 2014, 11:45am

Publié par pascal doyelle

Pourquoi le réel nous serait-il inaccessible ? Est-ce que nous n’existons pas ? Nous sommes déjà dans le réel, de fait. Si par réel inaccessible vous entendez "la totalité du réel qui nous rendrait extatique" alors oui, "ça" (ce fantasme là) est inaccessible ; mais c'est un fantasme (ce qui est très bien, en son ordre propre). D'autre part une idée n'est pas un mot ; c'est un rapport, un rapport au réel précisément ; lorsque les grecs disent ; l'être est ; ça vaut jusqu’à nous (et par dessus tout langage) ; ça tient le coup et ça résiste ; qui pourrait se passer de "je pense donc je suis" ? Tout moi se le prononce (pour se-nommer) ; parce que c'est déjà réel. Je ne suis pas du tout dans la déréliction ou la perte ou le manque ; tout ce qui est, est et existe absolument, nous existons déjà dans l’extrémisme radical et notre être est activiste.

Par exemple entre autres, qu'est-ce que l'expérience existentielle ? Pas besoin de science ou de concept (par contre ce sont des Idées au sens très précis inventé par Descartes de "idée") ; la racine de Sartre "existe", le soleil de camus 'existe" ; autrement dit nous sommes ce rapport là, infiniment réel, l'angoisse psy "existe" ; ce qui nous envahit est la présence du réel. La chose en soi je ne sais pas ce que cela veut dire ou la réalité objective est une construction intellectuelle, qui ne nous donnent que ce qu'elles contiennent, pas plus. Par contre il est une expérience radicale (de Stirner à Lacan, en passant par Kierkegaard, Heidegger, Husserl, Nietzsche, Rimbaud, etc, il y en a des tas qui ont expérimenté la présence du réel, je les appelle les Grands Sujets), de même que tout moi ( le sujet, cartésien, aboutit aux grand sujet et aux mois, deux variantes en quelque sorte), tout moi éprouve le réel ; c'est cela le réel, la rapport instantané à "ce qui est", la présence effarante qui nous transi, transperce, démoli, cloue sur place, et ceci parce que "nous en sommes", nous sommes engendrés du réel, et donc nous y existons au sens radical.

L'expérience du réel est "au plus haut" , la point ultime de la civilisation ou de la personnalité ; que l’on retrouve ailleurs (en d'autres personnalités et en d'autres civilisations, le zen, ou ailleurs le mysticisme de toute sorte). Mais par ailleurs j’attirerais l'attention sur ceci ; ça cause, le réel expérimenté "ça cause" ; ça parle et ça cause des effets ; le moi, la personnalisation (inventée au 20éme) est bourrée d'effets, de résultats, de réalisations ; autrement dit ça n'est pas seulement une contemplation, c'est un activisme (et les mois sont des activistes, ils s'agitent en tous les sens). En cela il n'est rien de plus effectif, de plus causant que l'aperception du réel ; lequel est au centre du moi, de tout moi.

La philosophie par exemple, ne vise pas à vous importer dans la tête une "connaissance", on sait bien que la philosophie est "incompréhensible" ... à moins d'y être... la philosophie vise à formuler Votre conscience ; le but n'est pas un "savoir" (ça c'est pour la terminale.... et les caricatures faciles des dénigreurs de tout poil), mais une activité, un activisme. Une illustration ; les grecs ne déploient pas le langage, le langage de la tribu ou du groupe, ils outrepassent le langage, pensent par dessus le langage ; lorsqu’ils énoncent l'être ou le Un ou le bien, c'est sorti du langage, ça fait appel à l'intentionnalisation par-dessus le langage, ça relève d'une expérience qui est bien au-delà, en plus du langage. Le langage, le langage, on en fait se choux gras, mais la philo a toujours élaboré au-delà, dans l'expérience même qu'elle ouvre ; l'esthétique est-ce du langage ? Le politique ? L’éthique ? C’est tout à fait autre chose qui s'est passé, c'est la sortie du langage et du groupe clos et du monde particulier. Un moi est toujours hors du langage et du groupe, c'est pour cela qu'il est fou, qu'il s’angoisse, qu'il déprime, qu'il somatise, etc.

Le langage est lui-même compris dans un rapport bien plus grand que lui, le monde donné là et ce corps qui existe avant, pendant et après le langage, et surtout le langage est fonction de cet être structurel qu'est la conscience, comme articulation au monde là, au réel.

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Y-a-t-il vraiment quelque chose "plutôt" que rien ????

13 Septembre 2014, 08:09am

Publié par pascal doyelle

Y-a-t-il vraiment quelque chose plutôt que rien ????

L’être ne contredit pas le néant ; les deux existent. Le néant est « rien du tout » et ne peut oppose aucune résistance à l’être ; si le néant est rien du tout, il n’y a aucune raison de remplacer l’être par le néant ou inversement, ce ne sont pas des formules exclusives l’une de l’autre. Et les deux sont « infinis » en leur mode propre, puisqu'ils ne se contredisent pas, ils peuvent être indéfiniment effectivement existants (on préférera indéfini à infini, infini on ne sait pas ce que cela veut dire).

Mais de plus l'être ne peut pas se contenter d'être seulement l'être, il doit se produire comme sur-être ; le but de l'être est de se poursuivre lui-même. D'ajouter à ce qu'il est, d'étendre non pas ce qu'il est « de toute éternité » (puisque l’éternité serait déjà réelle) mais d'avancer au-delà de tous les temps et tous les espaces.

L’être ne peut pas être totalement réalisé en une fois, mais doit devenir non seulement mais également et plus loin se démultiplier (l'être est "ce qui réalise", qu'il y ait un centre ne réaliserait rien du tout ou presque rien ....ça n'est pas le but , pas la structure de l'être même). L’être ne peut pas posséder un centre, une centralisation, une unité exclusive, mais se doit à la multiplication, à l’engendrement de lui-même et d’user de toutes les ruses et astuces pour s’amplifier.

De même lorsque la conscience-de apparait, elle ne contredit pas la forme antérieure (de se réunir dans des contenus et de formuler une synthèse à chaque fois forcément particulière dans tel ou tel monde humain), mais supplante la forme synthétique, par la forme réflexive qui hausse la conscience hors de ses contenus (ne se proposant plus aucun sens ; le sens, la vérité, l’être sont formulés mais en tant que problématiques, en tant que machineries intentionnalisatrices qui outrepassent le sens, la vérité et l’être ; le sens, la vérité, l’être sont relatifs mais à un être extrait du donné naturel évidemment, mais aussi extrait du donné humain et autre, un être qui agit et qui n'est pas, lui, relatif).

C’est en cette forme en plus que nous existons ; la structure de notre être s’est dépliée, engendrée en plus, dans le monde humain, subsumant les synthèses, les contenus dans un système formel plus large. Elle s’est dépliée mais vide et formelle, c’est la structure articulée au réel qui s’est avancée dans sa propre architecture en créant, produisant, engendrant cette architecture. Ces avancées se sont formulées elles-mêmes en idées, qui signifient rapports structurels, les deux marquages hyper existants étant ; l’être est ; je pense donc je suis ; ce sont deux repères purement vides et nus.

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La philosophie comme prééminence du Un

9 Septembre 2014, 15:33pm

Publié par pascal doyelle

La pensée, grecque, inclut instantanément qu’il existe dans le monde une pensée, et cela est incompréhensible ; Descartes installe instantanément qu’il existe un sujet et cela est insupportable. Ce faisant les grecs et Descartes proposent le grand écart, la poussée des extrêmes, le radicalisme et l’activisme. Ce sur quoi il faut insister est que ça n’aboutit pas à une pensée subjective, mais que ce mouvement de la rétroaction qui se prend soi tel que donné « là », est une propension objective, voir objectiviste.

En un sens c’est l’obnubilation de l’objet de science, ou du système objectiviste, qui fait l’impasse et puisque ces objectivités ne préposent pas qu’il y ait pensée ou sujet, se condamnent à ne pas penser du tout (au sens strict évidemment, cad au niveau, au degré qui a fondé, absolument fondé, notre historicité, et dont science e et raison, droit et Etat constitutionnel, sujet et moi sont les effets ; ne pas admettre en son circuit propre la fondation, c’est se couper radicalement, à la racine, de sa puissance, comme potentialité, tout simplement, ne pas admettre la racine, c’est végéter en somme). Les objectivités ne pensent pas en ceci qu’elles ne se structurent pas à partir d’un fait ; que cela pense ou que celui-ci se-sait. Ayant évacué le fait, elles décrochent vers une objectivité dont par exemple l’objectalité du moi est le pendant. Et on sait que le moi ignore le sujet (qu’il est impossiblement par ailleurs) comme la science absente le sujet (basculant dans le seul objet).

La pensée de l’être a dès le début inclus qu’il y ait soit une pensée, précisément, soit un sujet (avec Descartes). Kant et Hegel maquent le coup et imposent qu’il y ait un sujet (par quoi l’on voit que « sujet » s’entend pluriellement, sans représentation il se glisse ou s’impose en des formulations). Que nos contemporains soient à ce point dégoutés du sujet qu’ils lui préfèrent des systèmes ou des anti systèmes est une chose, que nous soyons fondés (dans le réel) à partir de ce point absolu que ça pense ou que quelqu’Un pense, est une autre chose et se priver de cette unité centrale au profit de figurations de cet être (qui alors se pense dans son image ou dans un objet, ce qui est fort dommage), c’est se couper de son origine réelle, celle qui justement nous créé historiquement.

La philosophie a donc mis en place des systèmes qui tiennent compte du fait ; les philosophies recèlent les descriptions qui actualisent la pensée et le sujet et le montrent et le démontrent ; c’est dans le déploiement de cette monstration-démonstration que nait, au-dedans, la raison, la science la logique, et tout ce que l’on voudra. Autrement dit il est une articulation majeure ou plutôt suréminente dont se produisent les effets ; de la raison à l’humanisation jusqu’à la personnalisation.

Cette articulation est l’intitulé exacte de la philosophie ; elle réfléchit sur la réflexivité qui est l’arc réflexe qui surgit de la cervelle en s’arcboutant au réel (nommé une première fois pour toutes au débit ; l’idée de l’être), et forme dans la tension horiginelle (formulant l’horizon des horizons) l’ensemble du réseau des machineries intentionnelles à partir du mécanisme de base (hyper simple et immédiatement efficace ; l’acte de conscience de est toujours immédiatement instantané, il est l’actualisation de ce qui est).

Or cependant que la philosophie soit la pensée intégrale et non pas tronquée du fait qui est, cela mêle en une fois le monde et le sujet, la conscience et son contenu, et ce qui se déploie n’est nullement subjectivisable mais impose l’hyper objectivité ; ce qui veut dire que lorsque l’on emploie le mot « être » ce qui suit est immédiatement le mot « pensée », et le mot « étendue », celui qui suit est « sujet ».

Cela revient à instituer le Un comme centre et à relativiser le tout. Le Un est philosophiquement toujours avant tout ce qui décide et ce qui structure. Notons bien que prédisposer le Un n’annule pas le tout, mais que le centre engendre quantité de totalités. Ce qui fut fait. L’extraction du Un hors de n’importe quel contenu, revient à élaborer le système formel qui est concomitant à la structure ; l’élaboration du Un au plus élevé de lui-même doit donc se définir comme exclusion du tout, non pas négation mais par subsomption ; c’est positivement que la prééminence du Un provoque quantité de totalisations. C’est par lui, parce que le Un se tient serré de par lui-même qu’il peut provoquer l’inondation, le soulèvement de totalisations constantes.

Autrement dit le Un intervient comme creusement à chaque fois et engendrements.

C’est que le Un n’a plus à se soutenir du tout, ou d’un tout quelconque (toute totalité est quelconque par rapport au Un), puisque ce Un n’est pas seulement une notion, un objet théorique, et qu’il n’a pas à rassembler hiérarchiquement les notions ; il est la source originelle qui se déverse. Il se tient de par soi, tout unanime, exclusif non par égocentrisme, puisqu’il est la racine (qu’il se veuille, si l’on veut, implique que tous les effets en découlent) ; il n’est rien qu’il exclut puisqu’il est antérieurement à tout le reste ; de ce fait son extraction du monde donné là (des groupes humains et mondes particuliers, du corps et du moi), provoque qu’il y ait de plus en plus de totalisations.

De là que l’articulation au sein même d’un grand système, d’un système qui prend sur lui le système formel qui surexiste au-dessus de chaque système spécial, cette articulation est telle le concept hégélien, l’esprit, ou tel le dieu cartésien du sujet de volonté tendue, ou le bien comme Idée des idées, ou le Un par delà l’être plotinien, ou la volonté vers la puissance de Nietzsche, ou le réel de Lacan, sont des articulations qui reviennent sur le système afin de découper plus encore et de produire encore plus de différences.

Et donc les articulations supérieures de ces systèmes, ne sont pas ce qui les conclut mais ce qui les relance et les réabsorbe en un décuplement.

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La philosophie comme centre du monde

7 Septembre 2014, 14:15pm

Publié par pascal doyelle

Le creusement s’est effectué de plusieurs instances ; les grecs, les chrétiens (et affiliés, juifs et musulmans, entre quelques uns), les modernes (de Descartes à Hegel), les grand sujets, les mois.

Dans tous les cas ce qui est né, par les grecs si l’on veut (il se trouve que ça leur est tombé dessus et que puisque c’est du même mouvement anthropologique que cela se consistait, que ces grecs ont été repris par les chrétiens et affiliés), est nommé réflexivité ; signant par là l’impossibilité de recommencer un monde clos, immédiat, particulier, lié dans un groupe et ses échanges, aggloméré par un langage, etc. que donc l’humain est tombé dans le monde unique universel et ce à partir de son être, lequel est en dessous de tous les mondes humains quels qu’ils soient. Monde unique et être unique, valant pour tous et partout.

Autrement dit tous les mondes s’effondrent et sont remplacés par un seul. De même toutes les humanisations se déconstruisent et s’y substitue un seul-être. On peut trouver cela dommage, mais bon nous n’allions pas continuer à fabriquer des mondes chaque fois particuliers, incommunicables (puisque chaque monde est une pratique particulière, si par ex les échanges s’étiolent, les symboliques disparaissent, ça tient au corps même, à telle communauté, etc). Donc on a remplacé tout cela par un-seul (monde et un seul être). Ce faisant on remarquera qu’il y eut alors une démultiplication des possibilités et non pas seulement un effondrement des mondes ; chacun était par le monde unique et par l’être unique ouvert aux devenirs que cet unicisme rendait possible ; bref on a inventé des tas de réalisations (dans et par le monde et l’être unique) qui étaient impossible de par les mondes particuliers.

Si la philosophie est le centre du monde c’est qu’elle rend compte de « cela qui est arrivé » (et évidemment non pas en tant que centre elle-même du monde) ; soit la réflexivité ou l’impossibilité de se fier au groupe, au langage, à la synthèse immédiate de chaque monde, au contenu de conscience-structure. Que donc il fallait une discipline qui puisse réfléchir sur cela qui est arrivé ; mais comme c’est la réflexivité qui s’est imposée, ce que l’on pense de (soi) crée, produit, engendre d’autant plus ce (soi). Cela n’ajoute en rien le moi ou le corps, etc, mais la fine interface dont la saisie ne peut s’effectuer que par l’ontologie ; ce discours précis qui nomme, repère, cartographie la structure. Et ces cartographies de notre être ne se présentent dans le monde que par les textes qui montre son activisme. Autrement dit il ne peut pas exister un discours second qui exposerait « objectivement » cet être et cette ontologie ; on se heurte là à ceci que ça n’existe que dans son mouvement propre et comme c’est la description non de telle partie de notre réalité, mais de l’activité même de cet être, et on ne peut passer outre (soi). Et ce pour la raison que l’activisme de cet être est la racine, est radical, antérieurement à lui il n’est rien, postérieurement il y a tout le reste.

Compte tenu d’une part qu’il existe quantité de systèmes de réalités qui le précédent (des groupes aux langages, des physiologies aux molécules, tout ce que l’on voudra découvrir pour de vrai) et compte tenu que cette racine n’est pas de toute manière dans le monde, le donné, le vécu, mais en est le bord. Elle est le bord transcendant à l’immanence et transcendant non de séparer comme bord deux plans mais comme précisément un bord au-delà duquel il n’y a rien. Qui se rabat sur le monde donné.

C’est à partir de là que la structure inapparescente dans le monde, restructure (comme son nom l’indique) le monde, le donné, le vécu ; soit donc crée l’idéel et le politique, l’esthétique et l’éthique, l’acculturation généralisée (fondée sur la double réflexivité grecque et chrétienne), les sujets et les mois. Les mouvements de conscience travaillent le donné et l’humain, et la philosophie en est la pensée. De ce fait la pensée consiste à repérer les réflexivités agissantes et s’étend au-delà de la « philosophie » caricaturale, puisque son objet n’est pas la « pensée vérité », mais l’articulation réflexive dont elle se charge de délimiter les possibilités.

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La modification anthropologique

7 Septembre 2014, 09:02am

Publié par pascal doyelle

Nous voici donc en plein récit de SF, puisque notre humanité a subi l’assaut infini d’une structure étrange, dont elle voudrait bien se départir, mais qui lui empoissonne la vie.

La conscience-de est un simple, très simple et immédiatement efficace mécanisme d’actualisation qui nous creuse soudainement et nous sépare intégralement de tout ce qui est. Jusqu’alors on a cru combler le vide par quelques mondes humains, quelques groupes assujettis à leur langage, chacun, mais depuis que les mondes humains se sont effondrés, nous voici tout de go donnés là, tels quels, vides et sans rien.

Il se trouve que cette conscience-de animant son articulation soudaine, permet de construire, de construire des réalisations ; au sens où ces acquisitions se rendent réelles et effectives. De cela on a conduit la raison, les universalités, le bien, le beau, le vrai, et les universalisations (esthétiques, éthiques, politiques, idéelles, etc) et qu’en y ajoutant le christianisme (qui est une réflexivité, puisqu’il est le repli, le surpli, le dépli du Un judaïque), il s’est élaboré à flux tendu, à flux tendu (cela est excessivement important), une acculturation gigantesque, durant au plus 25 siècles.

Que là ici et maintenant, au 21éme, on soit le nez sur la science, l’économie ou la dynamique des mois, des personnalisations (qui prennent la suite de l’humanisation universelle, par la révolution unique, qui eu lieu et dure encore partout), ne doit pas nous retirer de la vue que ce monde donné là immédiat humain et personnalisé, prend racine bien plus antérieurement et que couper net les devenirs qui conduisent à notre monde acquis donné là, c’est en plus rien comprendre du tout.

Et surtout c’est remplacer l’afflux infatigable, éreintant d’immenses mouvements de conscience, par quelques petits faits ou de limitées intuitions, le nez dans le guidon, qui embuent notre regard. Par exemple de croire que le flux submergeant des grecs n’a eu pour effet réel que de conduire vers la raison (ce qui est réducteur au plus haut point, puisque la « raison » est une figure, voir un fétiche qui s’agite seulement lorsque Kant sépare l’entendement de la pensée, pour marquer d’une trace les esprits). De même il serait confondant de saturnisme que de suivre seulement les intuitions foldingues de la formulation actuelle du flux conséquent ; de suivre les petites vues de notre « moi-même », qui ne comprend plus rien excepté ce qui, prétendument, le concerne en sa courte vue de moi dans un corps, et qui tend à former avec lui-même une espèce de cercle de synthèse qui l’empêche de voir plus que le bout de son, dixit, nez.

C’est un seul et unique flux, structurel, qui envahit tout le donné humain, et qui le broie.

Ça regimbe, ça fouette, ça transpire de saisissement, ça mortifie et abolit au plus haut degré, parce que l’irruption de la conscience-de, de son système formel inimaginable (la pensée, la réflexivité, le sujet, l’articulation suréminente excèdent l’énonciation, étant cela qui oriente ou désoriente toute formulation, ce sont des structurations de conscience qui se sont mises en place, des réseaux de points d’attirance, des intentionnalités machinées, des élancements de dentelle structurelle), cette irruption a causé et engendre de plus en plus au fur et à mesure du temps, la plus effroyable dose d’effets qui furent. La conscience-de creuse comme le soc l’humanisation comme matière.

L’inverse de cette hypothèse voudrait que quelque chose de surréel nous mène et qu’au finish « ça » se réalisera. Quoi qui se réalisera ? On ne sait pas. La raison, la « pensée » super essentielle, la vérité en personne, le concept hégélien, le corps enfin heureux et replet, le bonheur, allez savoir !

Il parait que c’est quand même bien plus cruel que cela, ce qui nous est arrivé… et même que ça n’est probablement pas terminé. Comment le réel pourrait-il nous laisser en paix ??

Autrement dit, donc, l’humain, l’humanisation, la personnalisation (cad chacun dans sa personnalité même, que l’on croit toute cuite fondue éternellement ou destinalement ou qui ferait « sens », et voyons pourquoi pas !) sont des effets. Rien de plus. Comprenons bien ; il faut qu’il y ait des mois, une humanisation universelle, de la vérité, de la raison et des sciences, et que donc fondamentalement tout cela fasse « Sens », mais ça n’est pas tout, pas tout du tout. C’est autre chose qui est enjeu.

On peut ainsi commencer de mesurer tous les idéaux mais aussi les massacres (des quantités) qui eurent lieu. Ce sont les pièces du puzzle, les pions déplacés, les avancées et les explorations mondaines et surtout structurelles, surtout, les vérités et les libertés, les mouvements intérieurs mais surtout les mouvements internes (à la structure et non au moi ou à l’humain), et commencer peut-être d’y voir clair.

Ça n’est pas assuré. Puisque notre être est conscience-de, il peut se décider (pour ceci ou pour cela ou autre chose qui n’existe pas, puisqu’il invente l’être), et il peut s’employer faussement et trop tardivement ou s’effondrer dans l’abaissement.

Dans la concurrence qui est lancée entre les races (d’entre les étoiles, pas les « races humaines », les races sidérales), il existe probablement quelques unes qui sont douées et d’autres races qui s’apitoient de niaiserie. Sommes-nous les grouillots de l’espace intersidéral, de l’espace-temps universel?

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L'extrême gouffre sous nos pieds

6 Septembre 2014, 09:50am

Publié par pascal doyelle

La conscience-de est ainsi ce mécanisme qui surgit de la cervelle et s’arc boute au réel. Il n’est aucun repos en cela ; si notre être est cette articulation, il est nécessaire, impératif de tendre cette articulation au plus d’elle-même. L’articulation est un activisme et c’est de son dynamisme qu’elle existe.

On remarquera que chacun, dans la formulation actuelle de notre être, qui consiste en ce moi, ce moi-même, cette personnalisation qui fait suite et poursuit l’humanisation fondée sur l’universalisation, que chacun donc est déjà au bout de lui-même ; il y est-déjà. On n’existe pas sans exister absolument. Parce qu’entre exister ou de pas exister, il n’est pas de demi mesure ; on est déjà poussé à être à l’extrême de soi (de là que chaque moi est un difficile équilibre ou pourquoi pas déséquilibre, fondamentalement dans l’angoisse et sur le fil de ses réalités).

De même depuis l’apparition de la philosophie qui pense ce qui arrive à l’humain, à savoir la réflexivité formelle intégrale, qui est la discipline qui se charge de penser cette articulation qui s’empare de l’humain, la philosophie est instantanément dans le droit cheminement de l’élaboration. Pour cela elle ne se trompe jamais ; s’il était question d’idées et de systèmes, on pourrait reconnaitre qu’il n’est qu’égarements et hypothèses lancées à la diable. Mais comme c’est une structure qui s’est activée, c’est en tant que structure qu’elle interagit avec le donné là (les réalités) et la position du rapport en quoi consiste le réel (le réel n’est pas connu, il est su).

C’est donc sur le fil du rasoir, sur le bord du monde, du donné là gigantesque que l’on existe. Et ça n’est pas une facilité, c’est de fait d’une part tout ce qui existe (il n’existe rien d’autre) et d’autre part on y est intégralement. C’est la limite ; le bord désigne non ce qui sépare (deux plans) mais ce qui se recourbe, se retourne vers le monde.

Il n’existe qu’un retour sur le monde ; de sorte que sans quitter le plan d’immanence, il est de fait intégré une transcendance. La transcendance n’est rien que le retour-sur.

C’est dans le minuscule décalage qu’introduit le retour sur l’unique plan existant, que l’enjeu se situe. Littéralement on ne sait pas ce que c’est que ce décalage ; si il faut le tenir pour spirituel, pourquoi pas, ou métaphysique (indiquant par là quand même une autre réalité et quittant ce plan çi, auquel cas le bord serait une séparation, par un logos ou dieu ou l’Être heideggerien, par ex), ou phénoménologique (introduisant le Sens ou l’idéalisme dans le monde), ou enfin strictement ontologique.

Par ontologique il faut entendre ; qui provoque une dimension dans le donné là. C’est ce qui se cherche depuis Descartes, mais qui se renouvelle avec Husserl, et se marque avec Sartre et Lacan. C’est tout autant ce qui se veut dans les sujets et les grands sujets ; puisque le moi est l’invention qui succède à l’universalisation qu’est l’humanisation (du 18éme), le moi est au plus proche de la structure qui surgit de la cervelle ; le moi est ce qui veut tenter parfois de se transformer en sujet afin se saisir de son être (non plus de son corps, ce que désire, et non veut, un moi, mais de son être). Il est tout à fait perturbant de comprendre comme Rimbaud, Artaud, etc, cherchent l’être dont ils s’originent. De même que Lacan soit si proche du gouffre interne au-dedans du moi (névrosé, pervers, psychotique, borderline, dépressif ou tueur de masse si l’on veut ; les maladies du moi sont légions).

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Logique et mystique du réel

5 Septembre 2014, 15:33pm

Publié par pascal doyelle

Des tas de gens produisent des tas de théories qui ne laissent absolument aucun blanc, aucun vide à l’intérieur. Ils martèlent leur musique jusqu’à ce que ça entre. La philosophie n’a jamais fonctionné comme cela.

Depuis le début elle le dit, ça n’est pas compliqué pourtant, elle le dit, nommément, que là où ça est, ça pense, et que rien ne peut s’y substituer. C’est simple, Platon vous force-t-il à répéter, ânonner sa théorie ? Ou vous pousse-t-il à penser ? De toute manière c’est à ce point compliqué et entortillé que bien malin qui s’y retrouve, et ça, rien que cela, ça pousse à penser, pas à ânonner. Par la philosophie c’est le réel qui se tourne vers lui-même.

Alors il y eut quantités de répétiteurs, de secondes mains, des dogmatiques, etc (il en existe dans toutes les disciplines), croyant figer la pensée et la réflexivité autonome, mais ils n’importent pas ; ils veulent seulement en imposer aux autres points, à toute conscience. Ils détiennent la vérité, mais ça n’est pas la vérité qui est, mais c’est le réel.

Ce qui se dit par les quelques-uns ne peut l’être que de premiers, les autres on les oublie. Le point d’inflexion qui agite toute vraie philosophie est toujours absent, il s’échappe, il prend ses aises, c’est là, tout là-bas que cela se dirige.

Au bout du bout, du vrai bout : ça tombe dans le réel, ce qui veut dire que cela vous revient. A vous, c’est à vous de juger, de décider, d’inventer la suite. Comme la philosophie se tient au bout innommable du réel, c’est à ce réel si proche dont vous seul êtes le témoin et l’acteur que cela revient.

Voila, c’est fait, dit-elle, j’ai créé le bout du réel, et il est là. Ne cherchez pas, ça ne se décidera pas en dehors de vous ; c’est impossible, parce que seul le réel existe. Ceux qui existent ce sont les consciences, une par une, et non pas les idées, qui sont des rapports de la conscience au réel, chaque fois des uniques consciences, et point par point. Elles sont mathématiques, pour ainsi dire. Ça se décide là. Chacun est déjà la décision que cela s’est décidé. Décidé mais vous en êtes l’auteur. Chacun est le bout du même réel, comme le dernier terminal au fin fond, chacun, et de cette borne dernière, ça se décide, et de ce terminal ça remontera jusqu’à la source, originelle.

Ça ne se clôt donc pas de la source, ça remonte de chaque point d’achoppement vers la source. C’est si l’on veut radicalement démocratique ; le réel s’appartient voila tout. Et les théories comme les humanisations et ses mondes et les personnalisations et les mois, sont seulement des moyens, et des effets, et des moyens termes qui ont pour finalité de nourrir la décision de chaque terminal, afin que de ceux là le mouvement remonte en la source.

Si la source possédait tout, aucun ne serait libre et cela qui-est ne serait pas le réel, mais juste des copies de copies de copies. Mais comme le libre est, comme le réel, ce sont des bouts de chaine que cela revient au Même premier ; il est premier non de commanditer tout, mais tout recevoir. C’est ça l’astuce. Ça ne vient pas chapeauter de quoi que ce soit, mais ça revient librement en tant que source. La contradiction fondamentale, la racine même, radicale et activiste.

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L'immersion dans le non-sens

3 Septembre 2014, 14:52pm

Publié par pascal doyelle

Ça n’a pas de sens, parce que c’est le sens.

Le retour sur soi, ce que l’on définit habituellement par la réflexivité, n’est en l’occurrence pas ce qui agit véritablement.

Ça n’est pas notre réalité, humaine ou personnelle, qui fait retour sur elle-même et se convainc d’une raison, d’une rationalité, d’une liberté. C’est « cela » qui nous permet éventuellement de réguler notre réalité, c’est « cela » qui existe et non pas nous.

La réflexivité est le retour sur soi de cette conscience sur elle-même. Il se trouve que dans le mouvement nous y sommes emportés, que l’humain, ou l’humanisation, la personne, ou la personnalisation, sont des effets de ce mouvement de retournement.

Il se trouve que la conscience opérant sur elle-même, vers elle-même, provoque que nous nous développions. Parce que si notre être n’est pas le nôtre, il se pourrait très bien que cela qui nous possède nous veuille du mal. Et du reste qu’est-ce que cette suite de massacres, exploitations, anéantissements et folies diverses qui occupent toute notre histoire et tout notre vécu ? N’est-ce pas la preuve visible que « ce qui nous agit » est tout à fait autre et que nous n’en sommes que des effets, et bien souvent la viande à déchiqueter ?

Le retour sur soi, ce que l’on nomme « conscience », n’est pas du tout humain, mais est la brèche par laquelle le donné-là, le donné là gigantesque et monstrueux, invente, crée, engendre un autre monstre, une autre sorte de monstre, bien égal et collatéral à la puissance incoercible qu’expose un univers, milliards de milliards de soleils ; et qui dit si il n’en existe pas d‘autres univers, des tas, des quantités.

Alors au sein de cette puissance indéfinie, il s’invente un être qui fait retour sur lui-même et on nomme cela « conscience ». C’est ce mécanisme qui est. A partir de ce mécanisme se construisent des machines intentionnalisatrices, des idées, des systèmes, des acculturations dites humaines et puis dans l’humanisation, se produisent des personnalisations, parce que le mécanisme avance et ajoute constamment des réalités aux réalités. Les mondes humains se superposent au donné là gigantesque. En un seul de ces mondes humains, surgissent les grecs, et puis les chrétiens, opérant chacun une réflexivité, cad une tentative d’approche de ce mécanisme effrayant.

Comme il est LE mécanisme absolu, son devenir est radical ; il se prend à la racine même, et interroge précisément ; lui, le mécanisme qui a rapport avec lui-même, se demande pourquoi il existe à au-devant un Réel qu’il ne contrôle pas. Il nomme cela l’idée de l’être. Il ne comprend pas pourquoi cela qui « est » là, au-devant, n’entre pas immédiatement dans le rapport que lui-même, cet être, est pour et par lui-même.

Il faut bien se demander ce que cela signifie ; qu’un être puisse établir avec soi-même d’exister face à soi. Que cet être soit le rapport qu’il est. Ça n’a rigoureusement aucune signification. Ce rapport étant totalement disposé par lui-même, ne peut se reconnaitre lui-même en rien ; tout ce qu’il présentera de lui-même, ce ne seront que des représentations quelconques, aucune représentation n’est adéquat à ce qui existe de par soi.

Alors évidemment çà nait dans une cervelle. Bien. Mais et alors ? La cervelle ne contient pas ce rapport à soi, pour la bonne raison que ce rapport existe face à lui-même, et que c’est non pas son causalisme qui est inquiétant, mais qu’il existe en un rapport réel face à lui-même. Cela, ce rapport ne peu être dérivé de rien.

Ça n’a pas de sens, parce que c’est le sens.

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