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instants philosophie

La Parole et l'incompréhension généralisée

23 Octobre 2011, 19:06pm

Publié par zwardoz

La Parole comme entendement

Il est un passage qui fabrique l’être individuel de chacun destiné en ceci ; votre conscience est brisée par celle de l’autre, de tout autre, de l’Autre en soi, de l’altérité en ce sens spécifique ; que vous entendez vos idées comme si elles s’énonçaient d’une autre intention que la vôtre, alors vous accédez à la normalité.

Par idées il faut comprendre n’importe quelle sorte de pensée, fut-elle d’imagination et pourvu que dans cette pensée, dans ce flux, ce qui est entendu est organisé selon une logique, un code, un entendement autre que le vôtre. Entendement marque particulièrement bien la cassure de toute expression valide, en l’autre.

A ce point là, s’est constitué en votre esprit une objectivité ; non pas une objectivité relevant d’une connaissance effective, une science ou une discipline de tel domaine, mais un décentrement. Alors effectivement vous parlez comme un autre que vous-même, et prêtez plus d’attention à ce qui est entendu qu’à ce que vous dites vous-même, qu’à votre flux intérieur.

En ceci chacun est aliéné ; pris dans l’énonciation partagée, dans la Parole.

Le sujet en plus de l’entendement

Mais il est encore une possibilité au-delà de la Parole partagée, de reprendre la main ; d’élaborer une sur communication qui soit suffisamment elle-même décentrée, mais qui cette fois engage autre chose que votre intériorité ; toute discipline esthétique ou politique ou éthique ou théorique se charge de, en utilisant l’intériorité abandonnée, basculer un certain nombre d’informations (issues du flux interne mais également de la perception directe des choses, des êtres), de leur immédiate apparition vers, dans l’énonciation (qui laissée telle quelle,  est resserrée et stricte et fermée ; en tant que communication ).

Les deux sources

L’énonciation est donc augmentée bien que déposée en l’autre, (en son entendement), par d’un côté le flux intérieur (qui peut laisser remonter quantité de subterfuges, de dérives, de non dit), et de l’autre les informations directes (ce qui suppose que malgré ou au-delà et à cause donc de la Parole fermée, nous disposons par intermittence au moins, d’un accès intuitif à la perception du donné non pas tel quel, mais tel qu’il peut apparaitre).

Le monde humain fermé

Hormis cette augmentation (en laquelle le moi-même prend sur soi de passer outre l’énonciation fermée, et s’engage comme sujet activement, parfois s’accointant dangereusement avec le flux intérieur ou le donné immédiat, qui tendent à n’obéir ni à l’énonciation de l’entendement, ni à la Parole), on reste clos sur le Dit ; sur ce qui se Dit entre tous ou avec quelques uns. N’existe plus, à proprement parler, que l’énonçable et cela constitue un « moi-même », et cet ordre est ce autour de quoi le moi-même varie, tant qu’il tient à la mise ne ordre.

L’ordre est énoncé

Non évidemment que la perception ou l’intériorité n’existent pas ou plus, mais ce qui scande, ce qui pro-ordonne le recevable et l’irrecevable, est déterminé par la communication ; les dérives existent, et diversement, mais elles ne sont pas conclusives (cad inclues dans la réalité organisée) que si elles correspondent à l’entendement, l’écoute, le communiqué.

Le conclusif est ce qui est remarquable (par d’autres que soi), et qui permet à chacun de néanmoins se démultiplier un peu en quelques sens, mais sans perdre le fil. Et le fil est au fond assez ténu, il tient à peu. Il dépend de telle accentuation dans l’énoncé ; et ce qui retient l’accentuation est, pour chacun, ce qu’il transmet à l’autre. Au point que l’on peut dire ; le fil de ce que l’on tient, est à peine par nous-même compréhensible. A quoi bon le comprendre soi, puisque l’autre est supposé l’entendre ?

Tout glisse incessamment étrangement.

L’ordre est énoncé mais on n’y comprend pas grand-chose. 

 

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Où est l'être de l'homme ? (le bord de la sphère)

16 Octobre 2011, 19:26pm

Publié par zwardoz

Il faut donc dessiner l’ensemble (du vécu : d’attention ou de perception) comme une sphère globale dont le bord externe jette un œil sur le monde, mais qui ne saisit ce monde que via ce qu’elle contient au-dedans.

L’ensemble de la sphère n’est pas elle-même hors du monde, elle est « des réalités » (des perceptions, des vécus ressentis, des expériences éprouvées, et donc elle est ce corps-au-monde, mais aussi les signes, les mots, sont entendus ou lus et se situent eux-mêmes dans le monde, comme n’importe quelle chose) .

La limite de la sphère est notre seule attention, cette faculté, qui prétend distinguer et couper selon un dedans et un dehors, (et puis dans cette coupe selon un soi et un autre, un corps et une chose, etc.) ; il n’existe pas de dedans-dehors mais seulement l’impression que l’on en a, que l’on se formule.

C’est dans la formulation du passage dedans-dehors de la sphère que l’on existe consciemment. Ce qui veut dire qu’il existe quantité de faits, de mémoires, d’activités qui se composent et se décomposent hors de cette formulation qui se nomme elle-même « moi ». Hors de l'attention. 

Nous existons en tant que bord (de la sphère) et sans autre subsistance que de passer (d’un côté et de l’autre ; que ce soit dedans-dehors, soi-autre, vécu-désir, etc).

Evidemment dans le moment même de son concevoir, le passage qui se signifie (se désigne comme un), constitue, crée, produit et maintient non pas une identité, mais au minimum plusieurs identités qui synthétisent des ensembles de signes, de gestes, de mots, de désirs, etc. il s’imagine, se conçoit, se ressent, se comporte en tant qu’identité(s), ayant à garder une surveillance sur son activité ; il se fixe, se fige, se chosifie peut-être, mais surtout essentiellement se finalise et crée un milieu à lui-même conquis (puisqu’il s’est nommé et que son être, étant activité, doit se finaliser et donc doit savoir où, en, et pour quoi il agit).

Il existe donc une sphère qui s’imagine sur le bord être une unité (puissante, unie, une forteresse qui est-soi), qui en réalité est seulement la part émergée, inverse, de son contenu, et qui n’existe à proprement parler que comme activité intermittente pour ainsi dire d’un ensemble, lequel dans la mesure où il se formule dessine un dedans et un dehors, mais qui en réalité est lui-même entièrement dehors, entièrement monde, entièrement corps, perception, ressenti, mais aussi mots et langage et signes (qui sont perçus comme tout objet du monde).

Le bord est dit inexistant. Ou encore purement formel. Autant dire qu’il n’a pas de contenu et est donc relatif intégralement à ces contenus-là ; il peut aisément prendre les compositions de la perception, du corps, du langage, des relations aux autres, mais ici et là il formule de son propre chef « sa finalité en propre ».

Ce qui revient à dire que en ce dernier cas, c’est un effort ; une difficulté qui amène à épuiser, outrepasser, catalyser, épurer, ébaucher, ou vaguement définir (comme un savoir entouré et non comme une connaissance précisée et donc déjà retombée dans le monde). De Descartes on dirait : un activisme forcené.

De cet effort rien ne parait à strictement parler ; puisque toute manifestation est une partie du monde. Tandis que le bord est presque extérieur…

Presque extérieur est très curieux. Où existe le bord ?

Que le bord soit fonction de la sphère, dont il est le bord, n’empêche pas évidemment qu’il existe, de fait. On dit qu’il « inexiste » pour bien marquer qu’il est autre, autre que le monde, le contenu ou la sphère elle-même.

La critique, philosophique ou autre, qui veut à tout prix se passer qu’il y ait un bord qui soit extérieur, nie donc que l’on puisse penser en et par cette extériorité ; alors même que cette extériorité est ce qui mène la réalité humaine au moins depuis qu’elle a décidé de ne plus se laisser faire par cette pourtant invention absolue du langage, ou de la parole. 

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Le moi-même comme mensonge, le sujet comme vérité froide

11 Octobre 2011, 15:33pm

Publié par zwardoz

Le lieu du sujet est véritablement un lieu ; cad un point réel où il est. En ce sens le sujet est lié en immanence à l’être qui est, à l’être tel qu’il est. (Sauf que l’être lui-même n’est pas « immanent à lui-même »)

L’idée de l’Etre

Nous sommes bien loin de l’idée de l’Etre ; encore faut-il bien comprendre que l’idée de l’Etre se tenait tout au bout de la compréhension. Ayant inventé l’universel, (la transcription cohérente et en tant que cohérente supposée à juste titre indéboulonnable, inévitable et identique de plus à notre être : en ce que notre être parvient ainsi à se représenter lui-même en n’importe quelle idée, il n’en perd pas le fil, il y est égal et sans perte ; il peut y maintenir sa volonté qui n’est plus heurtée et barrée par de l’incompréhensible ou de l’altérité), ayant inventé l’universel, il se fondait de sa performance (tout à fait réelle : la pensée discursive a déployé tout le pensable en un monde, quel qu’il soit, ou à peu près), pour supposer puis admettre que toute la réalité ne possède de « réel » qu’en cette compréhension universalisée.

L’universel dans la perception

Ce qui n’est pas absurde. L’universel, outre la cohérence interne que l’on peut bien concevoir comme principe (sinon de toute manière nous en serions exclu), exprime l’immédiateté (du monde, de tout monde particulier) sous la forme inverse du généralisé ; et il est vrai qu’il n’existe pas seulement ce chien ou cet autre, mais le Chien en général, ce qui nous ouvre instantanément à tout sorte de chien rencontré ; l’universel est l’ouverture même de la perception et de l’expérience.

La synthèse immédiate antérieure à l’universel

L’opposé de cette ouverture consiste à s’animer que toute rencontre dans le monde obéit à une synthèse dite immédiate ; toute rencontre, événement, chose ou être, a, aurait un Sens. Ce qui emplit tout monde particulier par la puissance de « visualisation » en une fois concrètement perçue, sentie, parlée, échangée, ordonnée. Le problème étant que quantité de données sont considérées comme « là » ; évidentes dans leurs masses propres, déjà vécues et ressenties et perçues. L’interrogation s’y poursuit, mais « en avant ».

A l’inverse donc l’universel ne considère rien comme immédiatement tel quel ; tout donné est décomposable en éléments. L’interrogation est à rebours. Pour nous les éléments sont soit mathématiques ou mesurables soit pensables et conceptualisables.

L’universel impossible en soi et en raison du sujet

Les idées se sont heurtées à l’impossibilité de tout déduire ; on peut décomposer le Bien en lui-même mais il s’impose d’une manière ou d’une autre de par soi. Ou plus exactement, le bien, tel que conçu, dépend de ce que l’on entend par là : il dépend de ce que l’on vise, cible, finalise par cette idée. En réalité toute idée est relative à l’intention. Et finalement si intention il y a, c’est qu’un sujet existe.

De là il ne faut absolument pas admettre une sorte de velléité ontologique, touchant à l’être, et comprendre que « ça dépend de soi-même, selon ce que l’on veut, désire, perçoit, etc ».

Le fils absolu

C’est au contraire que le sujet est le fils absolu de l’universel. On n’est pas sujet n’importe comment ; c’est même un impératif qui s’impose … et que l’on supporte difficilement. Que le moi-même psychologique insupporte totalement. Bien que le moi-même soit bel et bien constitué du sujet (en tant que statut de droit et devoir, en tant que citoyen, mais aussi dans l’immense construction culturelle individuelle qui nous échoit).

Le sujet est lui-même la coupure radicale. On voit bien cartésiennement que le sujet excède complètement tout ce qu’il entraine à sa suite ; par quoi le sujet n’est nullement idéaliste, mais la volonté activiste d’être la mesure universelle et ce par tous les bouts. Il est par ailleurs celui qui dessine le monde comme étendue ; planté au beau milieu du monde étendu, il se surprend lui-même comme clairement autre.

Il n’est aucune synthèse possible en quelque ordre que ce soit, et on est alors infiniment éloigné de tout monde particulier qui aurait un sens dans sa rencontre, ses choses et ses êtres.

Le moi-même comme dernière synthèse immédiate

Il se trouve que le moi-même, tout moi-même, fonctionne pourtant encore selon une synthèse immédiate (malgré toutes les réflexions rentrées), et qu’il se brise continuellement non seulement de par le monde, le vécu et le donné, mais tout autant en et via son sujet. Le sujet opère, à vif, et renvoie à sa propre structure ce que tout moi-même tente péniblement et patiemment de dresser comme « son essence ».

Le moi-même n’a donc pas du tout d’unité ; sinon celle qui se dessine dans le flux d’une intention, laquelle est, bien qu’elle se donne pour pleine et entière et tout ce que l’on voudra,  relative et donc vide. Le sujet étant à l’origine de l’universel, ça n’est pas non plus en l’universel qu’il trouvera refuge.

 

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La réalité comme forme(s) pure(s)

7 Octobre 2011, 18:16pm

Publié par zwardoz

Parole et langage

Parole et échange immédiat, en présence, et partagé, dans un groupe qui veut s’assurer de sa pérennité, de la durabilité de ses découpages du monde particulier, lequel est immédiatement considéré comme entièrement là,

Ou langage qui nomme les choses et les êtres, crée une totalité de différenciations mêlant certes les signifiants, mais aussi les significations, en un tout, forcément puisque tout élément du langage doit être repris et explicité par les autres (sinon l’inarticulé dans un tout brise cette totalité),

Mais issu de ces deux-là, l’universel qui augmente le monde particulier en un monde unique et qui se veut dès le début comme totalité horizontale, recouvrant tout et par delà les groupes humains, l’universel ne tend plus à résoudre en un groupe la transmission du langage (qui sacrifie à la vérité et souvent à la réalité elle-même aux lois de transmission impérative), mais impose que tout un chacun soit capable d’accéder à la maintenue de la vérité sur la réalité, en tant que cette actualisation de la connaissance ne peut se formuler qu’en un être idéalement de savoir.

L’universel concret

L’universel qui devait réunir tout ce qu’il séparait (et notamment que cessent les mondes particuliers en un seul monde unique réel transmis en vérité à tout être humain générique), réussit partiellement ; et pas comme il l’escomptait, pas selon sa destination a priori.

L’universel aboutit à l’inverse à un monde unique mais totalement séparé en tout et en tous. Toutes les choses existent selon leurs ordres propres intégralement objectifs, de même les êtres sont infiniment séparés de tout, de toutes les choses (qui deviennent des « objets ») et les uns des autres. Or cependant l’universel réussit en partie parce qu’au-delà d’un savoir ou de connaissances qui réunissent tout et tous, il s’avère qu’il existe possiblement une forme, des formules constantes.

L’universel réel ou formel

Peu importe ce que l’on pense, veut, désire, possède, réalise, pourvu que l’on considère chacun en tant que libre. Le libre condense toute l’infrastructure nécessaire qui puisse unifier. Pareillement, peu importe les vérités dont on s’alimente si l’on reconnait que toute formulation doit au moins admettre la vérité comme seule juge, au fin fond et toute compte fait, pleinement active de ce que l’on énonce ; peu importe les vérités dont on se représente, si l’on s’impose que la vérité est en cours et qu’elle n’appartient à aucun.

Tout ceci revenant à cela ; la liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Ce qui n’est pas stopper nette toute décision ou toute action, mais ce qui autorise tout ce qui n’est pas contraire à la liberté de chacun ; ce qui élève la possibilité d’action et de décision et ce qui force à imaginer, désirer, vouloir tout le possible.

L’universel comme possible

Au lieu que dans une société traditionnelle ou tribale, seul ce qui est permis et codifié, est autorisé ; les groupes et les individus ne se lient pas, n’échangent pas, ne parlent pas selon le possible (que seule limite la liberté) mais selon un monde particulier, qui cherche à se préserver tel quel.

L’universel s’est donc acquis en tant que séparant tout, certes, mais réunissant tout selon une ordonnance autre ; non plus en tel contenus, telle vérité, mais maintenant, tenant ferme la forme de vérité ou de liberté, indépendamment des contenus. Liberté ou vérité constituent formellement l’architecture même de ce qui est.

Ce qui donne historiquement d’une part la vérité constitutionnelle (de toute réalité humaine, étant compris que le constitutionnel est dans son essence la recherche, l’élaboration du démocratique), et d’autre part le moi-même.

Le moi-même

En tant que, hormis dans un monde de mois, séparés, il n’est pas d’humanisation étendue, globale et positive ; les pouvoirs, les puissances cherchant continuellement à intégrer, cad désintégrer, le monde comme étant celui des moi-mêmes, à refuser par exemple que la constitutionnalité des Etats soit la préservation et même la poursuite d’une création individuée, l’Etat lui-même se transformant évidemment souvent en un identique objectivisme, aidé de l’objectivisme des technologies ou des puissances économiques. Si tout moi-même est dépouillé par les objectivismes (et par les arriérismes fanatiques ou délirants, qui veulent annuler l’universel et le démocratisme, et ce non pas seulement les arriérismes forcenés et violent physiquement, mais autrement et selon leur registre, les arriérismes mous des mass médiatisations, entre autres). 

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La vengeance du sujet

4 Octobre 2011, 14:59pm

Publié par zwardoz

Le langage se crée de la Parole ; la Parole est première. Au sein du langage, issu de la Parole, s’invente l’universel. Qui requiert deux cohérences ; une cohérence interne (tout élément est créé d’autres éléments, et plus ou moins l’ensemble fonctionne comme une totalité cohérente de signes, qui s’auto explicitent). Et si ils s’auto explicitent, c’est, supposition a priori mais pas sotte, que cette cohérence est égale à celle de la réalité, extérieure au langage.

On se forme donc à l’idée que la pensée peut atteindre une auto cohérence, entièrement explicitée, et que cette auto cohérence (la déduction de tout le pensable) soit adéquatement réel. Sauf qu’il apparait en fin de compte que l’on ne peut pas déduire tout le pensable (il reste toujours de l’indéductible et de l’injustifié, et du non compréhensible), et que d’autre part, le pensable n’est pas équivalent au monde donné.

Il faut en appeler aux sciences pour inventorier le monde et tous ses éléments divers, impensable par la déduction, et mesurer le non représenté ; le non représenté est seulement mesurable, qui seul permet d’accoler des signes aux réalités. Les mesures autorisent plus de réalité(s) et d’autres réalités que celles représentées par des seulement idées.

Dans le même temps la pensée est décrochée du pensable ; ce ne sont plus les idées qui se jugent entre elles (se déduisent) mais elles sont rapportées en et par un sujet. La difficulté est extrême en ceci que l’on ne voit plus ce qui mesure les intuitions du sujet ; la déduction n’est plus capable de justifier des idées qui « apparaissent » au sujet. Sauf à supposer que le sujet obtient (on ne sait comment) des visions immanentes quant à « ce qui est ».

Or manifestement le renouvellement par le sujet s’impose radicalement ; on ne peut plus faire comme si il n’existait pas un monde étendu, comme si le sujet n’existait pas antérieurement au pensable.

Dés lors le pensable qui se voulait tout un, déroulant en une fois, devient la pensabilité ; se relativise et se disperse, il est l’ensemble des pensabilités relatives à un monde, à des réalités, aux perceptions, aux logiques, aux langages, etc. Et ceci sous le couvert ou plutôt l’égide d’un sujet (qu’il se nomme ou pas, le reconnaisse ou s’y reconnaisse ou pas).

Comme il est très difficile d’admettre un sujet antérieur au pensable (le discours unique absolu) et donc aux pensabilités (les discours relatifs de connaissances, de sciences, du donné ou du vécu), comme on ne parvient pas du tout à s’en produire une idée quelconque, on le remplace ; on le déplace dans le monde, le moi, la nature, les forces ou énergies, et, outre les constructions objectivistes, on le remplace par des intuitions mais qui cette fois, n’étant plus celles de Descartes,  parfois s’égarent (non parce qu’elles ne sont pas cartésiennes, mais parce que Descartes a mis au jour sinon les essentielles visions du réel du moins le point de vue et la perspective unique ; celle que l’on n’a encore réussi à entamer vraiment).

Parole ou langage, universel et discours, sujet et étendue.

Le sujet est posé là, dans ou sur le monde, et puisqu’il arrive au bout de la dépense rationnelle du discours, du discursif, il n’est pas en lui-même irrationnel mais par contre se constitue d’un dispositif difficilement pensable. Descartes insiste bien que le « sujet » (ce que l’on tend à nommer tel mais après lui) est un « ensemble » ; il est tellement un ensemble de possibilités qu’est laissée entière l’unité du corps et de la pensée, la curieuse nature des intuitions, leur caractère d’évidence, le lien indissoluble entre la volonté et l’attention et l’infini (dieu), etc.

De même que nous existons sous le joug du discursif, de même nous existons de l’unité invisible du sujet. Lequel coagule en son corps la cohérence du systématique et l’arrivée de son désir comme réel. Puisque l’on sait, dorénavant, que le sujet peut être exactement là où il est : planté sur le monde étendu.

Le discours ne lui est plus qu’un moyen, bien qu’il en poursuive encore la maitrise, utile en en soi mais inefficace pour le sauver. C’est d’une autre ampleur qu’il se suit à la trace, aux quelques traces structurelles, toutes cartésiennes, et pour l’instant inépuisées. 

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Élévation démocratique

30 Septembre 2011, 18:55pm

Publié par zwardoz

Par élévation, il est précipité de saisir ce dont il s’agit ; on ne le sait pas. Cela se situe littéralement au bout du processus démocratique, qui est le pouvoir au peuple, et donc, pour nous, le pouvoir de chacun. Etant entendu que chacun tout en réalisant le maximum de son être (dont on ne peut préjuger ; chacun en juge en fonction) doit s’entendre avec tous les autres ; autrement dit, tout cela, ce double mouvement (chacun, les autres), triple (avec la réalité, et la rareté par exemple ou le partage ou l’utilisation raisonnée des réalités), demande de l’intelligence.

En un mot, tant que l’on ne résoudra pas les problèmes par l’intellect, on n’aboutira qu’à la redescente dans les immédiatetés, les petits désirs, les petites effractions rebelles. Mais tant que l’on assujettira tous ou chacun à une raison supérieure, ou à des objectivismes (de science, fut-elle psy ou cognitiviste, ou d’Etat, de marketing ou de médias), on n’injectera pas l’intelligence dans le tout-un-chacun.

Ce qui constamment se cherche et est à la fois recouvert par le mass-médiatisme, cette profession de foi tonitruante qui par son déferlement cache son essence précisément, ce sont l’ensemble des mesures qui sont susceptibles de s’employer afin de mesurer la mesure, définir la volonté. Or on nous nourrit de ces canalisations d’émotions jouées (que sont les acteurs justement, les rôles, les compositions) lesquelles ne sont pas les émotions elles-mêmes, mais bien de vulgaires schémas identificateurs qui figent et tombent dans la bien séance, le correctement politique, et puisque n’offrant absolument pas leurs devenirs intérieurs, le devenir intérieur de l’émotion, de la nervure, de la subtilité, s’abolissent dans la bassesse, la négation, la dépression ; comme le palier supérieur n’est pas atteint, le seul devenir revient à la bassesse.

Intellect veut donc dire, outre l’intellectualité, pure ou compliquée ou complexe, le devenir intérieur hors champs figés (pseudo-esthétiques, culte de l’imagerie de cinématographe, reproductions mortes, acculturation du copié-collé, d’un monde qui se reconditionne constamment) le devenir de l’être-soi, d’un tel « moi-même » en état démocratique avancé, mais pourtant cloué sur place, poussé par un sujet interne, résolument structurel, mais que les images empèsent et annulent. 

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La mort et l'existence

22 Septembre 2011, 21:07pm

Publié par zwardoz

S’il est vrai que la philosophie existe, il faut donc comprendre qu’il est question de réaliser absolument ce qui doit être vécu, avant de mourir.

En un sens ce qui est vécu est toujours déjà réellement réalisé. En ce que nous sommes complètement et intégralement ce que l’on doit être. C’est le plan de l’intégrale réalité en tant qu’elle est en une fois et pour toutes.

En un autre sens, puisque nous sommes d’une part réellement et d’autre part possiblement libres, l’être réel (réellement vécu donc, également) nous demande de le lui accorder : qu’il soit notre existence. Et en ce cas notre accord non seulement admet ce-qui-est, mais de plus notre accord permet, ouvre, pousse la réalisation du réel lui-même. Par notre accord nous accédons à une augmentation, plus ou moins considérable, de « ce qui est ».

Sans doute cette augmentation concerne notre vécu seul, et ce ne sera pas tout ce qui est, qui s’en verra transfigurer.

Mais ici se pose nettement le problème ; donne-t-on une valeur d’y être (dans le réel) ou non ?

La réponse qui parait évidente, ne l’est pas du tout ; il est, en nous, une dérogation à exister vraiment. Une bifurcation, par laquelle nous en venons, absurdement, à considérer que l’être est uniquement illustratif ; en somme que nous vivons tendanciellement plusieurs vies, et qu’il n’importe pas vraiment que celle-ci soit réalisée plutôt que celle-là, ou encore que de toute manière il n’y a rien à rechercher de plus que ce qui s’y trouve déjà (que l’on possède tout ou rien ou peu, il ne s’y peut ajouter rien d’essentiel), ou enfin que de toute manière tout est destiné à ne-plus-exister et que donc puisque l’éternité n’est pas ici même, le vécu est dans son essence un ramassis de contingences diverses plus ou moins arrangées.

Contre toutes ces velléités, l’être philosophique s’ingénie en sens inverse ; il est un réel essentiel et qui s’acquiert.

Il n’est pas tellement qu’il faille « penser », mais qu’il faut essentiellement « réfléchir ».

On peut aborder toute réflexivité selon des tas de modalités ; l’art réfléchit, s’il sait se mener (et les artistes comme les poètes réfléchissent intensément, leur art mais largement bien au-delà) ; le tomber amoureux est lui-même une réflexion quasi intégrale ; la dépression peut tout autant se transformer en réflexion en l’être même que l’on est. Etc.

Est-ce redescendre dans des catégories toutes faites (l’art, l’amour, la vérité, etc) ?

En un sens, ça risque. En réalité non. Souvent cela menace, mais de sa logique ça sera toujours en dépassement. Si l’on aborde l’art, ou l’amoureusement, en boucle, ça tourne en rond. La vérité est pourtant bien que, vécu, ça veut inventer.

Dès lors on voit que la question ; qu’est-ce qui s’ajoute au déroulement du vécu, lorsque j’en prends l’enjeu ? est en somme ; comment puis-je accentuer les réalités afin de laisser libre champ à l’invention ? Au lieu de quoi, sinon, tout revient en boucle dans la facilité, la mortification ou pire.

Le moment de la décision, d’involution ou de dépassement, est incalculable. On n’en saurait rien dire a priori ; ça se décide en raison de multiples réalités en jeu, mais aussi de « ce que l’on pourra bien faire » de ces réalités ; non seulement des causes réelles mais des causes supposées, celles que l’on suppose au moment même par lequel « ça se décide ». Autrement dit ; de ce que l’on perçoit des embruns vécus, de ce que l’on soupçonne, de ce que l’on est apte à supposer des données.

Si donc il est impossible de savoir a priori non seulement ce qui est vécu, mais de prévoir ce que l’on en tirera, (ça se réalisera ou pas dans l’instant d’y advenir et cet instant se connait, seul), il est possible par avance, néanmoins, de s’y prédisposer. Si l’on croit que libre on n’est jamais, on est dans l’impossibilité de formuler le principe que de ceci ou de cela on dispose toujours d’une marge de déroute suffisante. Ce qui veut aussi dire que même niant que l’on soit libre ou sans y penser, de toute manière, qu’on le sache ou non, on le sera ; sauf que l’on ne maniera pas le devenir. On sera l’enjeu de la part active et de la part passive de notre être.

Il convient tout autant que notre être puisse vouloir le néfaste comme le faste. On ne peut pas même décréter le faste et le néfaste a priori ; il se peut que le néfaste appartienne à un devenir plus réel qu’il n’y parait. Et inversement. Mais dans les deux cas, il est impératif, kantiennement, de le savoir.

C’est ce savoir de l’orientation tout à fait général, qui permet seul de prendre des précautions, cad d’acquérir de la mesure. Même si l’on comprend bien que le faste et le néfaste n’est pas le bien et le mal ; la moralité est un raccourci qui permet de garder la formulation sans entrer plus avant dans la description et les enjeux. Puisque description et enjeux sont extrêmement difficiles à distinguer dans le donné vécu et que l’on ne peut les imposer a priori ; il est clair que depuis que la moralité a pris forme historique, par l’Etat et le statut et la constitutionnalité de l’humanisation, nous sommes des individualités, assujetties de fait : l’être est un fait alors : depuis cet acquis de soi, tout un chacun est engagé dans une bien plus grande éthique que celle de la moralité.

Mais le faste et le néfaste sont au-dessus également de l’équilibre ou du déséquilibre de la « dite » personnalité, personnalisation.

La vérité est que l’épopée du sujet est bien au-delà des quantités moyennes ou raisonnables d’informations mastiquées. 

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De Descartes à Lacan

18 Septembre 2011, 21:36pm

Publié par zwardoz

Descartes inaugure donc le nouveau règne et se place absolument sous la liberté de la structure.

La difficulté qui rendra impossible la pensabilité de la structure, vient de ce que la mesure de la mesure est impossible ; autrement dit, il est impossible d’assigner des « raisons » à la décision. Elle s’auto convainc, pour ainsi dire, ce qui est régulièrement frustrant. Leibniz ou Spinoza ou Kant ou Hegel pourront donc revenir à une raison d’être entendant s’expliciter, se rendre transparente, ça ne pourra se poursuivre au-delà du raisonnable.

Aussi cherchera-t-on à doubler la raison d’être de telle ou telle partie du monde ; Marx, Freud ou les sciences humaines. Livrer l’être de l’homme à la contingence, serait-elle effectivement structuraliste, largement explicative, vraiment efficiente (il n’est pas question de nier que des causalités innombrables, il y a, et encore moins que des objectivités doivent en rendre compte et que finalement ces divisions internes manifestent bel et bien le sujet en tant qu’il veut résoudre les causalités et ne pas laisser sa liberté à la détermination ; les révoltes s’effectuent du sujet, de rien d’autre).

L’universel et son surgeon

Au-delà de ces deux inspirations, il est une autre voie difficilement inspirante, qui explore la dimension du sujet ; comme elle ne dispose pas de mesure de la mesure, de révélateur des décisions d’être, il faut croire que « ça se décide », ça s’aventure de par soi ; ce qui est ridicule au fond, sauf d’impliquer un idéel absolu, (le sujet est cause de soi, vide et formelle, ce qui est en partie vrai, mais ne peut se tenir tel quel). A moins que le sujet soit lui-même un surgeon de l’être ; comme depuis Descartes le sujet est dans-le-monde, l’étendue-monde, on peut approcher un être-là. Le sujet est posé sur la surface du monde ; ce qui crée une ouverture, heideggérienne, qui cherche à définir en quoi l’être inclut l’être de l’homme.

L’être comme être-là, cad de l’autre côté, « être le Là », est le point en lequel le sujet est posé ; version heideggérienne, cela aboutit à proposer que l’être a disposé l’homme, dans un « là », et que l’être appelle l’homme à « devenir son être » ; en tant que « voulu » par l’être.

Ce qui est proprement une vision, sauf que l’on est reconduit à en passer par une définissabilité de l’être (en l’occurrence via Heidegger, selon une « ouverture » sacralisée, d’on ne sait quelle destinée, du monde qui nous-fait-être). Ce qu’évite Descartes puisqu’il maintient la fine structure du sujet (qui doute-pense-intuitionne) dans le vide sidéral du possible pur. Et bien que pourtant on peut dire qu’il existe un destin, une logique du possible pur ; ce qui n’est pas conditionné, ce qui est libre, est, bien que libre, accomplissement. Zone étrange, et territoire étranger ; il ne peut pas se dessiner dans le monde, échappe au vécu, et tient à si peu, mais par ailleurs ne manque pas de s’improviser au bon vouloir.

Des psychologies

Et il ne faut pas s’imaginer que l’être de l’homme, le sujet, la fonctionnalité mirifique qui échappe aux destinations dans le monde, qui crée sa propre dimension, imaginer qu’il soit une simplicité du vécu, mais bien le contraire. Et purement formel ou vide, l’être de l’homme, qui ne se connait que comme sujet, n’est pas du tout subjectivité attachée à son seul vécu ou réductible à sa psychologie. Ce dont on voudrait tant et tant nous convaincre, non seulement par mauvaiseté, qui est certaine, mais bel et bien « mécaniquement » ; parce qu’alors il entre dans la composition toute extérieure des Autres de manipuler le réel, de le poser comme objectivités, et d’y dissoudre ce qui, le sujet, échappe absolument à tout monde, cad à tout monde humain.

Puisqu’il n’est de monde que défini (sur la base de la « réalité »), et n’est défini qu’humainement, en une humanité qui glisse constamment de l’universel au particulier (qui l’enfonce ; de le définir comme objectivité est une élaboration mais qui aboutit, que ces objectivités le veuillent ou non, à particulariser).

On ne peut pas donc se fier à une définissabilité (qu’elle soit rationaliste, heideggérienne, objectiviste, ou issue d’anciennes formulations).

Il ne surnage

Il ne surnage que les structures phénoménologiques ; par cela seul on parvient à une attention soutenue considérant l’être de l’homme. Sauf que l’insuffisance tient ici dans le principe général de définition adopté qui caractérise l’être de l’homme selon le connaitre. Relevant alors de l’idéal de l’homme comme savoir. Ce qui sera contredit absolument et avec raison, par la psychanalyse ; on ne se sait pas. Lacan déployant l’horizon de notre être comme au-delà de la conscience que l’on en a. 

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L'effondrement de l'universel

14 Septembre 2011, 19:08pm

Publié par zwardoz

On ne sait plus trop ce que l’on est dans la mesure où nous sommes exilés dans un quant-à-soi qui parait si naturel, qu’il a perdu tout lien avec sa fondation.

On en vient à juger de la réalité en simple terme de « vécu ». Chacun ne connait littéralement que son vécu en propre et bien qu’il soit légitime (particulièrement en démocratie) de régler l’ensemble sur ce que l’on anime soi, et uniquement soi.

En effet, toute société complexe suppose ou doit supposer qu’il existe un monde des « mois », sans cela rien n’est jouable, du tout, et ce sont les objectivismes, d’Etat et d’administration du donné humain, ou des sciences et technologies, ou des empires économiques que de s’en prendre au monde des mois, de le déchiqueter ; le libéralisme ultra, cad la dérive naturelle d’un libéralisme qui ne se sait pas, qui ne sait qu’il est une philosophie complète, qui s’ignore et ne perçoit que l’intéressement limité, ce pseudo libéralisme ne laisse pas même exister un monde des mois, puisque chacun doit y mériter d’exister (selon d’absconses critères tous abstraits, cad idéologiques, et relatifs à des pouvoirs, monopoles et intérêts et non selon des règles).

Mais toute personnalité bien qu’étant une personnalisation, se pense et se conçoit en une si parfaite autonomie, qu’en définitive, le mouvement si bien lancé se plie et se soumet. Si la complexité a atteint la société humaine, toute personnalisation tend à se laisser être telle quelle en l’état, ne profitant que de son mouvement et littéralement sans avenir.

L’universel (l’Etat, le droit, la science, l’humanisme, l’acculturation, etc) s’est conquis, imposé, mais laissant chacun aux bons soins de lui-même ; de sorte que tout s’effondre constamment dans les petites finalités naturalistes, océan sur lequel surnagent plus ou moins les structures universelles (sans lesquelles de toute manière aucun monde complexe n’est possible ; les atteintes à l’universalité, sécuritaires ou socio-économiques, laissent reculer l’état du monde dans l’infra).

Entendons qu’il est parfaitement nécessaire que l’on dispose de son propre monde (c’est une unité de compréhension indispensable à toute humanisation), mais qu’il revient tout autant à chacun de dépasser cette limitation, qui de simplement contingente, s’enfonce plus encore, jusqu’à produire un attachement d’ontologie négative, noire, absurde ; notre être se coagule comme ritournelle rampante. C’est que l’effort d’être universellement n’a rien à voir avec l’effort (très certain et valide pourtant à l’origine, fondement du vrai libéralisme) d’être « soi-même » (qui dégénère, mais démocratiquement personne ne peut s’ériger en juge de telle ou telle dégénérescence).

Sans doute aucun, l’universel réalisé (Etat ou acculturation ou devenir sociétal, y compris dans la conscience qu’on pourrait obtenir de l’économie comme technologie consciente, ce qu’elle n’est pas du tout), l’universel traine, et au bout du compte enfle et s’alourdit, une besace, un poids : au lieu de permettre actions et réactions intelligentes. L’universel abstrait devrait cependant s’utiliser à promouvoir l’action et la réaction possible de tout-un-chacun ; puisque les enthousiasmes individuels (bien jolis, mais moralines ou illuminations individuelles n’aboutissent pas si elles ne s’institutionnalisent pas ; c’est donc une question ; qu’est-ce qui doit s’institutionnaliser ? Quel rôle l’institutionnalité joue-t-elle dans le démocratique ? et lesquelles).

Intelligence bloquée, pauvreté d’inspiration, lourdeurs indigestes : complexité qui, ne parvenant pas à se régler, se déporte en quantité de bassesses. Elle étouffe et ne perçoit aucun autre horizon, sinon celui d’un-tel-monde devenu particulier à l’excès, sorti de l’orbite universelle, alors même qu’il fut né, autorisé à être de la volonté universelle elle-même (en tant qu’elle s’extrayait des mondes particuliers traditionnels, autoritaires, religieux, symboliques). 

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L'humanisation et l'être de l'homme

11 Septembre 2011, 13:13pm

Publié par zwardoz

La parole

Chacun reste dans la dépendance de la parole. Qui est issu structurellement de la nécessité externe et interne de la transmission. Externe en ce que le groupe doit s’assurer de sa survie dans et par la communication. Interne en ceci que la langage fonctionnant comme un système (de différences) se connait lui-même en ordonnant tout élément, tout signe, via tous les autres ; qu’il est assujetti à son cercle, de transmission interne.

La communication

Si l’on dépend de la parole, on dépend des autres ; mais tous les autres dépendent eux-mêmes de la communication en général. Chacun attend de tout autre qu’il réponde aux mêmes questions, ou questionne selon les réponses adéquates, cad au fond compréhensibles. C’est la compréhension, des uns et des autres, qui commandite qu’il y ait une communication.

Jusqu’alors compréhension et transmission s’existaient comme groupe ; soit réel (communauté restreinte), soit symboliquement réel (des religions développées, qui simulent un « groupe » qui se connait soi).

Synthèse immédiate de soi

Depuis que chacun est livré à lui-même, il n’est plus une telle synthèse unanime ni immédiate. Immédiate en ceci que la parole se situait et situait (à la fois et avec une grande complexité) dans et un monde particulier (qui se connaissait comme seul et unique).

De même que chacun est livré à lui-même, il n’existe plus de monde particulier, (développant uniment parole et donné à proximité), mais un seul et même monde vide (général).

Chacun est livré à lui-même et pourtant désire tant et plus qu’il puisse s’exister comme synthèse immédiate ; par là il faut entendre que ce qui arrive, ait un « sens ». C’est spontanément que l’on désire relier immédiatement, en cet être-çi, en ce corps-même, en ces gestes, cette conduite, relier la diversité et résorber l’accidentel hors du contingent ; comme une synthèse vivante et une.

On cherche les uns via les autres à réunir une telle synthétique vue vécue ; or à chaque fois, c’est donc la communication, la transmission, la compréhension qui est dramatiquement en jeu. Et au fond, tout compte fait, c’est l’unité même de l’individualité vivante que l’on est « soi », qui est purement brisée.

La pièce de monnaie

On peut bien imaginer disposer d’une unité à part-entière ; être soi, et croire exister de par soi, mais en fait cette identité est simplement spéculative. Il faut imaginer que l’on est une pièce de monnaie, dont on connait la face A, et que l’on croit retourner et connaitre tout aussi bien la face B, mais en réalité, c’est une face A, à nouveau, que l’on aligne. La face B est autre et refluée ailleurs, autrement, et hors de capacité.

Répondre aux questions

Chacun est comme une réponse apportée à la réalité (vécue) mais dont, fasciné par la réponse qu’il en donne, oublie constamment la question ; nous ne sommes intentionnellement que des successions de réponses, dont les questions, bien qu’entendues, sont soit oubliées, soit ne consistent, ne survivent, que dans les réponses que l’on est devenu.  On peut très bien aligner les dites réponses (oublieuses de toutes les questions originelles) et en constituer une unité ; les réponses, bout à bout, se donnent comme une unité, mais il nous en manque, manquera toujours la moitié de la signification d’ensemble.

L’intention d’être

Or donc, pourtant, on est à soi-même absolument Un. On ne voit pas les déflagrations, les manques, les béances et tout cela. L’intention qu’on en a, se referme sur elle-même (quand bien même serait-elle active et développée au mieux). Il lui faut forcément formuler la signification qu’elle est ou qu’elle veut être. C’est une synthèse, certes, et donc s’y mélange ardemment tout l’insaisi que l’on voudra.

Mais l’intentionnel, qui n’est pas la synthèse, mais en est le moyen, la simple fonction, et qui devient pour elle-même malgré tout, est une flèche ; elle suit sa cible et tend à ne percevoir, admettre que celle-ci. On ne croit pas en l’intentionnel, pur ; on ne désire que l’objet dont pèse l’intentionnel comme si l’objet du désir était la vérité. Mais c’est l’inverse qui est seul vrai.

La synthèse (de soi, son identité globale, plus ou moins situable ou insituable) est une masse, l’intentionnel est une flèche, une variation continuelle, par ici, par là, un angle de visualité sur la masse ; or portant valant pour elle-même en tant que flèche, ayant sa propre cible lorsque conscience on en a. 

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