Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

le bord limite du réel

27 Février 2011, 15:58pm

Publié par zwardoz

La contention de l’intentionnalité se situe si peu dans le monde, mais à la lisière de ce qui est, que l’on n’en connait pas le fin mot ; or pourtant c’est cette clôture reportée dans le lointain qui devrait nous revenir en face, et permettre de décider de l’être ; aussi est-ce sur l’horizon intentionnel le plus distant que tout se joue. Cela signifie que le savoir intentionnel est dans la plus grande nécessité de se millimètrer ; c’est dans la finesse de sa structure qu’il existe ; puisqu’il ne peut atteindre à une certitude hors de son horizon lequel ne se clôt jamais.

Toute station intentionnelle est donc une identification, qui n’aura plus qu’à être dépassée. Le moi personnaliste, l’humain comme tel, la vérité ou n’importe quelle connaissance, tel ou tel corps de réalités, tel peuple ou cette culture, sont battus par les vents.

Or il est un savoir élaboré à partir de ce rien qui entraine tous les mouvements, lequel savoir est philosophique et ne se lit qu’entre les lignes, et n’est pas exposé distinctement, mais en chaque occurrence de construction (métaphysique, qui prend comme règle le discours et la cohérence) soudainement s’ouvre l’intention (ontologique, concernant l’être exact que la cohérence fait apparaitre dans les signes et par quoi cet être, cette structure « de signes » existe et devient selon sa dimension propre, hors des signes eux-mêmes, et donc de tout le reste, puisque les signes sont alors la dernière borne du monde) ouvre l’intention qui porte et déporte toute identité, fut-elle conceptuelle, ou d’objectivité quelconque, sur l’horizon inhumain, purement fonctionnel, dont on a réservé le nom de l’être, étant entendu que l’être n’est pas un tout pensable, mais le « qui est là », au-devant, se donnant comme l’en-deçà du monde, sur quoi ce monde est posé. La surface vide, formelle, presque spatiale et temporelle, mais dont le temps et l’espace eux-mêmes sont les effets. Soit ; la présence « qu’il y a ».

Certes on retrouve en esthétique et littératures (ce qui n’est pas identique aux esthétiques), parfois une entière et sinon exacte du moins parfaitement existante et illustrative de ce que l’intentionnalité est ; en ce qu’elle peut. En ce qu’elle peut performer dans un monde ; puisque de Rimbaud à Proust en passant par Mallarmé et Artaud, de Céline l’existentiel à la déconstruction Dickienne, on voit bien que partout c’est l’être de philosophie qui est en cause ; en quoi sa consiste le réel, le sujet, le signe, la mondanéité du monde, en quelle épaisseur et partout, en quoi existe l’intentionnalité de fixer ceci du regard, de désirer cela de son corps, de juger du vécu, de porter attention à quoi que ce soit , en quoi l’intentionnalité consiste-t-elle et comment la manœuvrer ?

 

Voir les commentaires

Zemmour (son secret)

20 Février 2011, 01:28am

Publié par zwardoz

Zemmour est toujours assuré d’avoir raison. Pourquoi ?

Non qu’il soit d’une intelligence si confondante, ou qu’il détienne la vérité définitive sur quoi que ce soit, mais parce qu’il se place constamment dans la perspective d’un hégélianisme global. Autrement dit dans la perspective d’une raison d’État laïque républicain .... et bien français ; et en partie avec pertinence. L’État français est presque l’incarnation sur terre de la pensée philosophique hégélienne.

Le prix à payer est immédiatement corrélatif ; un État est toujours celui d’un peuple particulier (que Zemmour considère comme plus que particulier ; comme étant l’Etat nait de l’esprit d’un peuple spécifique, élu si l’on veut, inspiré le cas échéant). Aussi croit-il dur comme fer que l’État, français, vient non seulement de la forme étatique parvenue à son essence, presque à son aboutissement historique,(du moins pour le moment), mais aussi de tout l’esprit qui lui donne naissance, qui l’impose dans l’histoire d’un peuple du fait de sa chrétienté, de son 18émisme, euh pardon de son 19émisme (puisque Zemmour privilégie Bonaparte plutôt que le siècle libertin et que l'éclairement des lumières lui sied bien peu), de son patriarcat ou on ne sait quoi encore qu'il puise allégrement dans son propre passé (ça lui fait chaud au coeur).

 

Aussi sous la forme de l’État universel des droits et devoirs, de la constitution, embarque-t-il un passéisme assez déraisonnable ; sa vieille France est celle qu’il légitime en tout de ce qu’elle incarnerait l’universel (en cela il est tout à fait raisonnable au sens fort, et donc ne peut être contredit, dans son idée en tout cas), mais ce faisant, il ne s’en aperçoit pas, mais il traine toutes casseroles possibles qui furent et sont encore les nôtres. Lesquelles casseroles cette fois, n’ont rien à faire avec l’universalité à proprement parler.

On peut donc dire que Zemmour n’est qu’à demi philosophe ou alors qu’il n’a pas bien compris de quoi, philosophiquement, il est question lorsque de l’État on prononce l’essence. Que l’État vienne à s’incarner dans un peuple, via son esprit, ne comporte pas que cet État soit indissociable de cet esprit ; puisqu’il est, quand même, de l’essence de l’universel d’imposer son indépendance bien réelle, bien structurelle ; l’universel en un État dépasse déjà son incarnation.

Par exemple ; on peut tout à fait exiger d’un État qu’il subordonne sa lettre aux droits nouveaux pourvu que ces droits relèvent non pas de l’Etat mais de ce qui existe encore bien en-dessous de sa racine, ou bien au-delà de son possible propre ; qui relèvent ces droits, de la démocratie, qui, elle, est véritablement l’essence même de l’État, qui est, elle, profondément politique ; au sens où Politique définit l’État en tant que relatif à l’universel et non pas uniquement à l’esprit d’un peuple, quel qu’il soit.

L’enfermement dans l’esprit du peuple caractérise à la fois la validité, mais aussi la profonde fausseté ou plus exactement l’erreur de Zemmour. La confusion s’établissant de ce qu’il ne distingue pas la politique politicienne de la politique en son essence (ce qui aboutit au réalisme « zemmourien » ; la disjonction complète de la morale et du politique ; attitude qui est incomplète, inachevée, incompréhensible, absurde), puisqu’il ne distingue pas l’universel réalisé de l’universel en son essence (philosophique et non pas idéologique ; par quoi se limite avec cohérence Zemmour : de philosophe du paf, il redevient idéologue, bien qu'il lutte contre, comme un forcené).

Voir les commentaires

L'envers Soi

12 Février 2011, 00:02am

Publié par zwardoz

Envers et contre tout ce qui prétend clouer l’être de l’homme en quelque lieu, la philosophie décolle la pulpe.

Ce qui est en jeu, techniquement, dans le concept philosophique, c’est la maitrise tentée, tentée, de l’intentionnalité. Ce qui se décrit soi-même comme réflexion et construction cohérente de concepts, d’idées, articulées, formant un, ou plus exactement, des systèmes, peut se lire inversement comme la logique d’une intention qui se permet de contrôler l’être de l’homme en tant qu’il fait-attention à.

Etant entendu que ce qui entre et sort de notre conscience, peut ou non être maitriser, peu ou prou. L’étendue de cette maitrise est discutable et certes n’est pas caricaturale ; il n’est pas question d’une « volonté » forteresse impénétrable de notre esprit ; la logique d’appropriation est philosophiquement beaucoup plus vaste et extrêmement contradictoire, de fait et structurellement (et non pas une contradiction objective et de disponibilité ; en sorte que notre être est intensément contradictoire, puisqu’il investit entièrement ses contraires, ses oppositions, ses dialectiques). Aussi depuis que la philosophie s’est élevée, contre tout, les contradictions débordent. Aucune simplification dans la compréhension cartésienne, dans l’intentionnalité sartrienne, dans la volonté nietzschéenne. Mais tout le contraire.

Si malgré tout une forte concentration imprègne, s’impose philosophiquement, ça n’est pas de terrassement des contraires, mais à l’inverse afin que l’unité forte révèle les altérités autant qu’il est possible. L’unité forte permet, puisqu’elle étend sa concentration très précisément, à ne pas annuler l’altérité mais ouvre le concept. C’est une pauvreté sans nom que de se contenter de lecture superficielle qui privilégierait la caricature aux descriptions minutieuses de ce contre quoi l’unité fonctionne ; ou plus loin encore, de ce hors de quoi, dans sa contradiction interne, l’unité forte se décloisonne ; le nouménal kantien, par ex ; son ennemi intérieur. Luttant par devant et par derrière, la philosophie, crée la suspension du jugement, de l’acquiescement, de, donc, l’être immédiat.

Or il n’existe que de l’immédiat ; sauf sans l’annulation de l’unité donnée, au profit d’une unité conquise continûment. Ce qui renouvelle, continûment, le temps. Le temps fait office de distance de l’exigence envers elle-même, au-dedans, comme envers les perceptions, désirs, habitudes, mémoires, au dehors. Lovée dans le temps, (mais en un sens très précis), la philosophie expulse toute l’altérité ; qui tient dès lors debout toute seule. Les réalités s’élèvent de cela. Se dressent. L’expulsion est un « fait que cela soit », face à toi. Confronté.  

Voir les commentaires

Où ça le libre existe-t-il !?!

3 Février 2011, 20:16pm

Publié par zwardoz

La stricte définition de l’être de l’homme comme intentionnalité le supprime de fait du registre de l’être-même. Puisque l’intentionnalité prend appui sur l’extériorité. La rupture sartrienne s’en illustre.

Il est à peu près clair que l’intentionnalité ne contient en elle-même pas de vérité. Il faudrait supposer que le contenu intentionnel agripperait de par soi la réalité des immédiatetés du monde, telles que perçues, telles que vécues. Si donc il peut exister une logique intentionnelle des contenus, de sorte que tel contenu peut être construit ou reconstruit, et manifester une cohérence, ce sera uniquement comme effet de soi ; un vécu se produisant lui-même selon des modalités qu’il comprend, qu’il signifie.

Ce faisant étant entièrement rejetée du côté du monde, l’intention se limite atrocement. Mais cette restriction est l’acquisition de son être propre, de sa plus fine jusqu’alors connaissance de soi. Tant qu’elle se mêlait de ce qui ne la regardait pas, n’était pas strictement délimitée son unité de structure.

A rebours de cette vacuité éphémère de l’intentionnalité, comme être de l’homme, on déplacera tout le sujet dans l’ensemble de ce qui nous supporte ; l’homme est l’ensemble psycho-socio-naturel de ce qui est effectivement produit par l’homme ou de ce qui cause l’humain. Passons sur la « naturalité », qui offre une avenue aux idéologies. La version étendue de la naturalité serait d’accorder au donné toute la force de produire l’humain, en sorte que notre conscience prise serait de simple ou complexe enregistrement de ce qui a lieu. Ce qui arrive est premier, ce dont nous prenons connaissance (et nous ne prenons pas acte de tout ce qui arrive), ou que nous justifions, adviendrait après coup.

La question en tout ceci n’est pas tant que nous soyons ou pas déterminés, (on n’y peut répondre sinon par pétition de principe), mais quel discours en décide … ?

Si quelque discours que ce soit prétend enclore l’être de l’homme dans une description, il ne doit pas seulement prouver ce qu’il dit (encore faut-il qu’il prouve que sa démonstration s’applique toujours et imperturbablement, ce qui est impossible), il doit de plus présenter que lui, et lui seul, dévoile la vérité sur la réalité, et que sa prétention est justifiée. Il est clair qu’aucun discours n’est supérieur, en droit et en théorie, à l’assertion de l’être libre de chacun. Ce serait une décision, injustifiable, que d’imposer la vérité d’un discours, dont on ne peut que lui rendre l’honneur d’être lui-même, en tant que discours, issu d’une liberté, d’un être-libre.

Une position philosophique, ou psychanalytique, qui réduirait le libre à sa mesure, amoindrirait intégralement la possibilité que ce soit à des individus libres que l’on s’adresse ; et se couperait à vrai dire l’herbe sous le pied. Le marxisme est une hérésie, qui croit penser objectivement l’être de l’homme, (sous prétexte d’une naturalité historique, par ex). Mais aussi l’économisme ; qui restreint la sphère individuelle au calcul de l’intérêt ; ce qui parait universel, mais faussement ; il limite et ferme autant de portes qu’il en ouvre (ce en sont pas les mêmes).

De cela, autant en revenir à la démocratie, qui elle, au moins, tente d’avancer sur ses deux pieds ; pour tout dire, elle avance de tous les enjambées disponibles, indépendamment des idéomanies restrictives. La démocratie est en effet ; ce dont il n’y a pas d’idéologies. Ou du moins elle tend à y aboutir ; à forcer toute avancée à se réfléchir, à tendre tous les miroirs de coordinations possibles. L’économie, l’Etat, la société civile, le bénévolat, la culture, les mass médias, les vécus, la sexualité de chacun ; tout est en diversité et pluralités. L’Etat, au sens constitutionnel, (et non pas tel Etat particulier), ou donc l’essence de l’Etat, (au ciel éternel des vérités), est de rendre possible les dîtes coordinations.

Aucun ne peut prétendre donc à détenir la vérité, parce qu’aucun n’est la réalité. La philosophie du reste, contrairement à ce qu’on lui prétend, ou ce qu’elle-même fanfaronne, doit son prestige à l’immense et désordonnée ambiance contradictoire et désordonnée, sans que portant elle cède d’un iota sur son unité. Toutes les thèses, finalement, jouent dans le même pré carré ; et impose l’idée formelle que aussi importantes ces thèses soient-elles, ce qui compte existe par-dessus et en plus ; soit ; le devenir cohérent de ce que l’on dit, indépendamment de « cela ou ceci que l’on dit ».

Ce qu’impose la philosophie, c’est la forme impérative de l’être et non pas qu’il soit tel ou tel. Ce qui correspond dans la réalité, au libre, et politiquement à la démocratie-même. Et donc finalement philosophiquement à l’intentionnel comme être de l’homme ; non pas malgré sa restriction et son infinitésimalité, mais à cause de cette vacuité d’être, qui seul en impose (à tout le reste).

Voir les commentaires

Le contre-esprit

29 Janvier 2011, 22:42pm

Publié par zwardoz

Si il est vrai que le philosophique débute comme connaissance, il ne peut poursuivre comme objectivité ; la pensée ne peut pas se déduire d’elle-même. Il n’existe donc pas un lieu qui serait un non-lieu ; sauf de s’adopter comme point de vue. Il peut exister un point de vue (sur le même monde) qui ne soit pas de ce monde ; étant donné que ce point de vue ne contient rien ; il est uniquement sa propre forme, sans contenus.

Que l’on ait pu croire qu’il s’agissait d’un contenu effectivement actif, un point de vue doté d’un fond, d’un fondement, a propulsé son être. Comme tel cela permit de regrouper avec constance et totalement tout le matériel, tous les contenus disponibles inclus dans le langage et à disposition d’un point de vue en général ; cad de tous les éléments immédiatement connaissables comme tels pour un esprit dans un monde.

Cette figure de soi, cette ontologie métaphysique du discours ou du sujet-par-un-discours, laissait cependant par en dessous libre possibilité à la forme-même du sujet, vide, neutre, indifférent, de se décrire ; par-dessous le texte métaphysique, ou en transparence du texte cartésien, la pure formalité de notre être s’impose au fur et à mesure.

Or il n’est cependant pas question de renoncer au discours, à sa cohérence grecque ou classique, de même que l’on ne peut pas séparer le sujet de son identité substantielle, cartésienne ou transcendantale kantienne ; ces attitudes sont contenues dans la position du sujet vide, font partie du dispositif unique, conforment le point de vue-autre que le monde.

Le sujet se distingue précisément de ce qu’il absorbe, retient, contient, ses élans comme ses projets et les intègre en tant que structures ontologiques existentielles. Ce qui passe non pas seulement par le contenu des textes, auquel cas il serait nécessaire de connaitre les textes pour être cette structure, mais par la formulation que montrent les textes. Laquelle formulation peut bien s’exister tout autant par toutes sortes d’expression ; esthétiques ou légales et constitutionnelles ou littéraires ou psychologiques.

C’est donc la forme première de la présence au monde que la philosophie tire vers l’expression ;

Même si l’on se conçoit encore selon une processualité de contenus, la vérité est que l’on n’existe que comme forme vide. Non pas en tant que contenus, ou identités, mais en tant que reliant les contenus et ce d’une certaine manière. D’une certaine logique et sur une certaine surface.

La vérité est que l’on se rappelle encore à quel degré nous étions impliqués dans la Parole ; dans le langage entant que partagé entre tous les individus d’un groupe et en lequel se groupe existait ; le groupe validait la vérité de la transmission, et la transmission conservait d’abord et avant tout l’expérience immédiate du groupe quant à la réalité, quant au monde tel que vécu et transmis.

Le grand discours qui prétend distribuer la Parole hérite constamment de cette ampleur dont le thaumaturge, le devin, le sage, le chaman coagulaient le monde sacré dans le profane, et vice versa, et s’employaient à résoudre l’événement dans la régularité de la parole, et donc de la transmission.

La pensée, l’esprit hérite de ce devoir ; recomposer ce que le monde, le vécu, le donné décomposent. De même l’art appartient en partie à cette récupération. Sauf dans le même temps, lorsque l’intention qui mène l’esprit ou l’esthétique est cohérente et exigeante et ne se contente pas de répéter la parole des maitres, le plus souvent en l’écrabouillant bien épaisse, alors l’esprit, l’intention luttant contre sa pente savonneuse, remonte le cours de sa propre logique ; esprit et pensée doubles.

Voir les commentaires

(qu'il en serait absurde qu'il en soit autrement)

27 Janvier 2011, 22:17pm

Publié par zwardoz

Tout ceci, qui précède, pour bien évacuer toute tentative moralisante, mais aussi tout jugement à l'emporte-pièce qui condamne la liberté au nom d’une omniscience qui n’existe pas. Tant que l’on ne connait pas toute la causalité du monde, on ne peut pas décréter la nécessité plutôt que la liberté, et étant dans le choix entre la thèse du libre ou celle de l’impérieuse nécessité, toutes deux indécidables, il vaut mieux se fonder en principe sur le libre, qui n’annule pas les nécessités diverses, mais relatives, plutôt que de foncer dans le nécessitarisme, qui exclut toute liberté, et dont se pose, en tout cas, le poids de décider lequel des discours décidera, en lieu et place, de quelle nécessité on écrasera le libre. Le libre ne nie les nécessités, mais la nécessiteuse pensée annule le libre, et d’une nécessité seul en rend compte tel ou tel discours (scientiste, économiste, idéologique, en tout cas).   

Évacuer également l’option qui abolit toute tentative de compréhension en portant trop haut la vérité, et s’abîmant dans l’exigence d’une vérité absolue, s’en conforte pour nier que « de la vérité » il y a, même relative (en fait, la vérité ne peut être que relative ; elle existe dans et par une intention ; et il est en partie de l’essence de la vérité, entendue réellement cette fois, de déterminer laquelle intention).  Les analytiques placent si haut la Vérité qu’ils n’en découvrent pas l’ombre du début d’une seule ; incroyablement éloignés de la vérité comme décision ontologique. Mais d’où leur vient la telle hauteur d’une si invraisemblable vérité ; comparativement à quoi ?

Absurde tout autant que l’on puisse relativiser le sens très réel qui s’offre dans le devenir historique ; par là se signe presque définitivement la mort historique et pour des siècles, de l’universel en son Idée. Nier Descartes en lui opposant des nécessités toutes neuves, ça n’est pas seulement prendre dangereusement position, fascinée, c’est exhiber son incompréhension. Descartes certes s’impose presque arbitrairement, mais c’est qu’il obtient ainsi la position inébranlable qui est aussi, et surtout en ceci, la fine pointe tout extérieure aux nécessités, ou qui s’y tient en cette extériorité ; il est exemplaire, ce qui signifie qu’il ne se trouve pas dans le monde, comme une table ou un caillou.

Comprendre l’universel comme seulement un corpus clos de vérités, c’est ne rien comprendre et ne rien voir. L’universel est « ce qui se tient dans l’horizon intentionnel ». Il n’est pas figé, mais se réalise de structurer, activement, l’intention, toute intention. Celle du scientifique, du citoyen, de la personnalité individuée du 20ème, de l’esthète créateur ou passionné.  

Or cela signifie que si la vérité philosophique universelle excède telle ou telle vérité, ça ne comporte pas que la vérité inscrite par ce moyen soit déchue dans le faisceau intentionnel ; mais l’inverse ; que l’universalité est le moyen de cette intentionnalité très précise et formée en horizon général, lequel est singulièrement toujours actif.

Pour nourrir cette activité il ne faut rien de moins que la pseudo énergie nietzschéenne ; pseudo au sens où « ça se fait sans raison » ; autrement dit ; c’est à soi-même comme relevant d’une plus grande synthèse encore, sa propre loi.

Les révoltes anti philosophiques ne sont rien d’autre en somme que le redéploiement, autrement, de cette altérité toute puissante de l’intentionnalité telle qu’elle se veut. Et qui trouve dans son vouloir, son effectivité intégrale. Si on la limite à l’universel, tel que classiquement on peut l’entendre, pour la découper, l’intentionnalité est dépassée ; mais elle le fut toujours. Toujours la philosophie se définit non de ce que ceci ou cela, elle énonce, mais de ce qui par-dessous ou au-dessus, elle dessine. Soit d’une part la figure de ce qui est, comme plan, surface de l’être, neutre, vide, formel. Et d’autre part l’intention telle qu’approchée par l’utilisation cartésienne ou kantienne ou hégélienne ou husserlienne ou nietzschéenne du discours ; qui découvre là ses limites, ces limites qui n’en sont pas ; qui détoure la sorte d’être, le sujet, qui porte le discours universel, entre autres.

Entre autres, parce que dès lors, l’intentionnalité n’est plus la formule astreinte à la seule philosophie, mais est aussi ce qui anime l’esthétique, et la science, et la politique, et le relationnel et l’individuel.

Et ce non pas en confondant les genres, une espèce de mélange indistinct, mais en telle position ou telle autre, l’intentionnel vient culbuter et inverser le donné du monde, du connu, du régulé ; il impose la détermination comme intentionnelle. Il ne lit pas seulement ce qui est tel que cela est, il fait-être ce qui est dans la Forme intentionnelle qui est celle de l’être-comme-tel. De même en une personne, l’intentionnel bouleverse toujours, qu’on l’accepte ou non, le donné que l’on est.

Le temps ou l’espace parviendront seulement dans la forme intentionnelle que celle-ci découvrira en l’inventant, parviendront alors en leur essence propre. De même la détermination en général, tout comme l’humain en son essence ne seront aboutis que dans et par l’intentionnalité qui s’en donnera.

Tout ceci suppose cela ; l’intentionnel, certes, ne tient pas « en soi » ; mais qu’il se déduise ou se cause des fonctions du corps ou de l’être social ou du symbolique, n’empêche nullement qu’il y gagne précisément son indépendance ; indépendance ontologique. Il crée le champ de son être, et en donne l’horizon (dit ; en tant que l’être est ; cette formule crée l’horizon lui-même, et n’existe pas ailleurs que dans le faisceau).

Voir les commentaires

L'intellect et l'espèce

26 Janvier 2011, 23:05pm

Publié par zwardoz

Comment peut-on juger de la réalité et donc du devenir humain comme si il subissait un non sens quelconque ou une dégradation ou une faiblesse morale ou on ne sait quel châtiment externe ou interne.

Il est probable que notre être est commun à toute forme d’intelligence (comme on dit), fut-elle extraterrestre (si unetelle intelligence généralisée existe), et que par ailleurs, il se peut, éventuellement que notre biologie propre supporte plus ou moins, admet en sa physiologie plus ou moins de cette dose d’intelligence générale ; qu’autrement dit, pour une telle intellection, on est plus ou moins doué.

Une telle faiblesse est concevable. Mais il n’y est aucune faiblesse morale ou aucun « non sens » dégénératif, ou on ne sait quelle décadence.

La forme intellective, elle, est, en nous, sans doute complète ; on n’est pas « à demi intelligent », en tant qu’espèce. L’intelligence, qui a priori se comprend soi comme intelligence, on peut poser qu’elle se sait effectivement telle qu’elle est (ou du moins est supposable que se cachant elle récupère quelque peu la forme générale de l’intelligence).

Le passage de l’intellect dans la réalité, vécue, par ex, ou relationnelle (surtout), ou symbolique (ce qui est une autre manière du relationnel, au fond), est de toute évidence une difficulté, pour notre espèce, très résolument insurmontable.

De deux choses l’une cependant. Soit l’intellection jusqu’ici mise en place ne s’avance pas suffisamment dans la compréhension, et donc ne parvient pas à soulever la réalité (humaine) ; de sorte que celle-ci par inertie s’affaisse constamment sous son propre poids. Soit notre espèce est radicalement imperméable à toute raison, toute réflexion, toute conscience générale de son propre intérêt. Ce qui n’est pas à exclure et qui revient à ; physiologiquement, métaboliquement, notre réalité biologique ne supporte pas l’intellection.

Par intellection, il faut imaginer l’ensemble des règles élaborées qui permettrait la résolution des problèmes, au moins raisonnable sinon raisonnée ou encore inspirée. Et au vu des impossibilités manifestes de notre espèce, ce ne sont plus des problèmes mais des problématiques énormissimes. Au sens où l’on ne peut pas s’attaquer à une résolution sans soulever un tel conglomérat de présupposés, de réalités figées humaines, que n’importe quelle résolution devient inopérante.

A l’inverse de cela on peut parier pour une obédience hégélienne ; sans doute il existe des conglomérats (d’intérêts par ex, d’intérêts qui immédiatement se donnent pour si essentiels, et qui le sont relativement, mais au regard desquels intérêts, il y aurait bien plus grand profit à neutraliser ces faibles intéressements en vue d’une résolution normée), mais ces conglomérats contiennent peu ou prou, des résolutions « mécaniques » ou internes qui viendront en leur temps et selon une orientation marxiste ou selon les lois du marché ou ce que l’on voudra dans le même goût.

Ainsi l’intellect (soit ; la résolution raisonnable des problèmes) interviendrait en dernière minute, pour ainsi dire.

Cela suppose une autre perspective ; que l’intellect jusqu’ici, s’il fut bien actif, et a promu diverses technologies (du droit aux sciences, en passant par des systèmes esthétiques perfectionnés, par ex), ce ne fut jamais jusqu’à remodeler la « nature humaine » ; cad que ça n’a rien touché d’un cheveu de notre être. Nous subissons toujours les mêmes instinctifs, et les mêmes affects et les mêmes rivalités (qui créent nos valeurs au lieu que ce soient les valeurs qui créent nos vécus). L’intellect serait seulement un atermoiement superficiel ou pratique voir pragmatique. Ça n’est pas faux.

L’essence même de la rivalité ou de la fausse reconnaissance, demeurerait inchangée ; rivalité qui crée donc de fausses valeurs, des valeurs du tout-venant, assises dans un système de domination quelconque ; au fond les dominations sont toujours quelconques, basses, vulgaires, sinon ignobles. Ce qui veut dire qu’elles ne proposent littéralement rien ; sinon l’état de choses.

En sorte que la raisonnabilité des solutionnements se distinguent de ce que, cette fois, les valeurs inclues sont celles qui rendent possible les possibles. Une injustice c’est le cloisonnement de l’un par l’autre ; mais en ce cas l’un comme l’autre demeurent dans l’im-possible. Ce qui était possible entre les deux, d’une résolution régulée, n’est plus possible, du fait même de l’injustice. Bref, en gros, on n’en sort pas grandi, au sens effectif et bien réel.

Voir les commentaires

La rupture intentionnelle philsophique

24 Janvier 2011, 22:10pm

Publié par zwardoz

La pointe

Le moi-même n’est pas le bout du tunnel, il existe le sujet. Le sujet est l’intentionnalité, traduit techniquement. La philosophie est la mise en œuvre de l’intentionnalité en tant que si jadis on pensait, désirait et décidait dans une immédiateté (complexe et qui formait un « monde » complet), depuis nous sommes passés à une volonté arrêtée ; littéralement, cad stoppée, nette.

L’homme de l’intérêt économique, le calculateur intégral, mais aussi le citoyen défini par son statut dans une constitution, une formulation, et enfin le moi-même, psychologique, sont l’aboutissement de la formulation de l’intention en la vérité, et que cette intention prend pour elle : comme étant sa vérité. Et effectivement, l’intentionnalité est le centre de la réalité.

A l’opposé de cela, il fut l’universel en propre. Il se caractérisait de ce que pensant cette chose, il permettait de penser adéquatement toute chose identique à celle perçue. Augmentation de la perception donc ; et augmentation de l’intentionnalité puisqu’au lieu de se concentrer sur l’immédiat, l’intention pouvait relier intellectivement le donné immédiat au donné supposé partout identique.

Mais aussi, puisqu’il existait de ce fait une norme à l’intentionnalité (percevoir toutes les choses identiques et définies adéquatement), que le particulier ne limitait plus le particulier, mais s’ajoutait l’universalité de cette particularité ; le contenu intentionnel, pris en tenaille, entre l’attention et la perception, mais via l’intellection, se diffractait en univers, en essences des réalités. L’horizon intentionnel se contrôlait via ses contenus sélectifs, électifs.

 Le concept, l’idée sont les repères dont la matière- même, la texture, la substance se doit d’être cohérente ; au minimum avec elle-même mais depuis l’invention que l’être existe, avec son retour ; son retour sur perception. Le concept est la main mise par l’intentionnalité sur sa propre densité ; sans doute cherche-t-elle à comprendre le donné-monde dans ses idées, mais tout autant, sinon plus, entend-elle apprendre à contrôler son devenir en propre, hors de la prégnance naturelle, ou sociétale, ou habituelle et psychologique. En ce sens la philosophie est donc le dégagement de l’intentionnalité là où elle existe au plus près de son être et donc là où elle est le plus difficilement délogeable.

C’est une chose de proposer à la vue l’objet du désir d’une intentionnalité (dieu, l’amour, la chose, ou la vérité entendue comme « là », donnée, consensus, etc) et une autre de penser remonter le cours intentionnel et doubler l’intention elle-même en son envers. En somme de désintentionnalliser l’intentionnalité.

La réflexivité philosophique est donc l’interrogation sur la nature même de l’être de l’homme ; en tant que cet être s’importe au plus près de lui-même et en tant que l’intentionnalité est la plus infime et limitée définition de son être.

Voir les commentaires

la réflexivité philosophique

18 Janvier 2011, 22:24pm

Publié par zwardoz

Ceci mérite le terme d’esprit. Puisque si l’intentionnalité est une et en la limitation de son être, en même temps, elle est propagée ou se propage au travers des fonctions ; perceptions ou signes, tout ce que comporte notre vie. Esprit est l’autre nom du « dispositif ».

Parce qu’il faut bien le nommer et que du fait de sa grande distribution, il n’est pas nommable,  il doit garder la possibilité de se caractériser ici ou bien là, et pour cela demeurer dans la possibilité de soi.

Que l’on nomme esprit ou âme, le centre décentré non pas de notre être, mais qu’est notre être, ce en quoi nous in-existons, ce par quoi nous ne pouvons pas exister, mais s’évanouir sur la brèche, c’est ce par quoi la vérité échappe toujours, et ce par quoi il n’est pas de vérité, solide, ni d’ego cartésien, ni donc de philosophie, sauf en ceci ; que la philosophie n’est pas du tout d’acquérir des certitudes, des connaissances, mais d’installer ce dispositif du savoir ; c’est une mauvaise lecture que de croire comprendre Descartes comme une chose qui pense ; la description n’est pas le mouvement de ce qui est décrit.

Et le mouvement de ce qui est décrit est une méthode de saisie par elle-même de la brèche qui nous propulse. Que cette brèche puisse se saisir de soi, il le faut bien puisque c’est de tirer de son être spécifique ce qui nous anime ; qui ne se rencontre ni dans le monde, ni dans le moi-même, le corps ou n’importe quel donné, et qui est annulé par tout autre, puisque, de tout autre, on cherche avant tout à communiquer, à dire ce que l’autre sait déjà.

Ce qui nous anime, qui est inidentifiable, puisque c’est cela qui identifie, s’en prend difficilement à lui-même ; étant à la fois dans la dépendance et dans l’indépendance, il peut, nous pouvons donc aussi bien le prendre pour un autre que nous même. Il l’est. Notre être est autre que nous même puisque « nous-mêmes » c’est tout autant dans le faisceau intentionnel qu’il est posé, que ce qui lance le faisceau vers ce qu’il désigne (tel objet, tel signe, etc). Où sommes-nous ? Dans le faisceau comme objet désigné ? Ou le faisceau lui-même en tant qu’il désigne (n’importe quel ceci ou signe ou cela)?

Alors effectivement il n’est pas de vérité sur le sujet et le sujet est lui-même en son être à distance de tout ce qu’il peut désigner ; Wittgenstein et Lacan. Le sujet est poreux, lâche, fuyant, malléable, impossible à réaliser (jamais la structure ne passe dans son faisceau ; elle est déjà en dehors de ce qu’elle manifeste ceci ou cela en croyant se manifester soi).

Et la philosophie, sous ses apparences de solidification, ne renvoie pas au saisissement figé mais à la manipulation, la composition, la mise en œuvre du sujet comme mouvement.

Or il se trouve que cela passe par l’abstraction ; le concept est non pas ce résultat (telle idée définie par d’autres idées adjointes), mais tout concept est placé sur l’horizon de sa compréhension ; de sorte que souvent il est très difficile de penser adéquatement un concept dans la mesure où il est non pas seulement ce qu’il dit, mais est, dessine l’horizon qui l’inscrit. On est ainsi renvoyé de l’idée à toute la pensée de ce que Descartes ou Nietzsche pense, et chaque signe peut en moduler l’expression et remonter le long de l’intention jusqu’à non pas l’intentionnalité première, mais le tissage, la toile, la trame horizontale sur laquelle elle se peint.

Autrement dit ; la difficulté n’est pas de définir par les mots, le monde, mais de laisser recomposer l’intention par-dessous ou par-dessus les mots ; ayant pris appui sur le sujet cartésien, on a pu, ensuite, remonter jusqu’au sujet même, caché ou replié ou excentré ou démultiplié, tel qu’il surgit ou est agi par et dans sa structure intentionnelle. Le sujet cartésien peut bien paraitre caricatural, mais c’est à ses propres yeux.

Voir les commentaires

L'esprit et son unique manifestation

12 Janvier 2011, 21:49pm

Publié par zwardoz

L’esprit est plus que ce qui est, signifie que partout où que l’on soit, l’esprit n’y est pas ; il forme le repli hors de tout le donné.

On remarquera qu’au fur et à mesure des développements, le cercle de la philosophie s’est restreint ; astronomie, physique, chimie, ou sociologie, psychologie, mais aussi droit et Etat, laïcité et culture (de plus en plus individuée), etc. tous les domaines quittent la philosophie, et vivent leurs vies. Le cercle se restreint, mais ce qui reste, ce qui habite encore le cercle, est de plus en plus vrai, de plus en plus réel.

On ne mélange plus le sujet, sartrien par ex, et la pensée, cartésienne, de même qu’on ne constitue plus l’univers comme étant attiré par le moteur immobile d’Aristote. La découpe est universellement accélérée et ce à quoi l’on aboutit s’inverse même en définissant un (non-)sujet lacanien ; à la fois un sujet mais un sujet qu’on en soupçonnait pas. Un déplacement double, triple, quadruple (copernicienne ou révolutionnaire, psychanalytique ou culturelle, etc).

Envers et contre il faut penser que tout cela est la même « chose ». Ce qui veut dire que cessant de prendre le monde comme un donné Un, en une seule pensée (magique puis religieuse puis métaphysique), il y eut une réflexion ; au lieu de considérer le donné comme Un ayant à être vécu ou imaginé ou pensé tout d’une seule fois, il apparut que ce donné Un devait être scindé ; il ne s’agissait plus de penser-imaginer-se représenter le donné en une intuition immédiate, mais de comprendre ce que l’on se représentait ; de mener toute attention en une cohérence. La raison.

Mais le fait est que « raison » bien que manifestement immanquable et unique moyen de découper toute intuition et toute immédiateté en segments compréhensibles cad articulables entre eux, cela, « raison », peut s’entendre de façon étendue ; ça n’est plus la construction d’un déroulement articulé de segments mais c’est tout autant la réflexivité même en tant qu’elle s’applique à elle-même.

Il ne s’agit pas même « seulement » de définir les conditions de possibilité de la connaissance (kantiennement), mais de reconstituer selon une articulation l’être de l’homme et au travers de préciser les contours de ce-qui-est, tel qu’il soit apte à supporter, admettre, assumer l’être de l’homme.

L’attention portée sur l’être de l’homme est donc aussi, en plus, une compréhension de ce qui est ; même si il reste que longuement et longtemps la seule formulation rationnelle fut autorisée à mesurer ce qu’il en est de ce-qui-est. Mais face à l’étendue et à la précision de l’attention, le discours éclate constamment par en-dessous ; il dessine un dispositif, une structure, jusqu’à presque aboutir à se servir, à utiliser le discours rationnel aux fins de cette description ; chose pensante et chose étendue, définition de l’être de l’homme comme volonté cartésienne ou nietzschéenne, structure kantienne, ou repérage dialectique hégélien, en réalité depuis le début il est une forme agissante qui via la performance, la difficulté, le retors que provoque la réflexivité sur la dialectique du discours, du savoir, la nature de la connaissance, l’être du connu, tente de maitriser la substance même qui nous constitue ; tente de réguler mais au travers de percer, mettre à jour la densité ici intellective mais plus loin intentionnelle de notre être.

On ne peut pas penser n’importe quoi n’importe comment. Et sans aucun doute il est uen astreinte supérieure (qui consiste à articuler les énoncés entre eux de manière à ce qu’ils s’éclairent les uns les autres, bref une cohérence), mais aussi doit transparaitre la nature de ce qui s’y dispose. De ce qui s’y désire être, de ce qui s’y dépose, ici ou bien là, ou encore ailleurs. Les équilibres et déséquilibres sont alors dits ; ontologiques.

Il en va en effet de notre être qu’il se porte ou se déporte comme çi ou comme ça ; et ce sur quoi il s’installe, se déploie, se repère importe de ce fait puisque le paysage qui s’y dessine, formule l’intrication de notre être sur le ce-qui-est.

On serait tenté d’exprimer cette topologie en termes spatiaux ou selon uen ou des temporalités ; mais en réalité, il est plus question, même alors, d’une advenue plane atemporelle, neutre, qui accroche plus ou moins le ce-qui-est en tant qu’il est « ce qui se passe ». Que par conséquent il est très difficile de préciser puisque cela en strict point de vue ne devrait pas emprunter au monde, ses repérages … c’est « ce en quoi il est des repérages », étant de cela hors proportion.

C’est donc cet indescriptible qui hante les textes les plus éclairés, les plus articulés, les plus universels. De s’enfoncer dans le singulier radicalement existant. Cad la capacité d’amener l’attention jusqu’au frémissement de « ce qui se passe ».

Voir les commentaires