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instants philosophie

L'esthétique comme essence du sujet

16 Avril 2011, 23:44pm

Publié par zwardoz

On ne peut pas contrôler l’intentionnalité ; elle est essentiellement fuyante. Mais il faut prendre garde à la nature de cette fuite.

On ne peut pas contrôler consciemment l’intentionnalité ; et ceci est dû à son essence même ; il est de son être de ne pas dépendre. Or malgré tout, ça ne signifie pas qu’il n’y ait aucune prédisposition à décider antérieurement. C’est que l’antériorité de l’intentionnalité ne peut pas se décider nommément puisque l’intentionnalité dans son repli le plus incessant, est de se tenir de la totalité ou d’une ressemblance de totalité ; or l’intentionnalité est ponctuelle dans sa performance et finalisée en cet objet, toujours précisément celui-là. Elle peut difficilement obtenir une totalité et encore moins la totalité unique qui gouverne tout.

La totalité en question est et n’est pas la totalité de l’intentionnalité (telle qu’elle s’accorde à elle-même, à tel moment de notre vécu et tel que nous sommes ) ; elle est aussi la totalité virtuelle de ce qu’elle peut ; autrement dit, on n’est pas seulement ce que l’on est ou ce que l’on a été, mais aussi ce que l’on a projeté, ce que l’on projette possiblement ici et maintenant, comme autrefois et parfois ; le virtuel englobe tout ce que l’on a pu prévoir, imaginer, et pour l’intentionnalité, en partie, ce que l’on a voulu être, existe encore ; l’intentionnel en tient pas seulement à ce qui fut vécu ou réalisé, mais tout autant à ce qui aurait pu l’être. L’intentionnel est en lui-même dans le repli dit idéel de lui-même.

Et non pas le repli idéel de soi en tant qu’un moi, un-tel, tel qu’il est là, nommé ; mais plus loin est le repli idéel de ce qui est contenu en notre être, ici individuel, qui autorisait non pas cette individualité seulement, mais cet individu en tant que singulier. L’individualité du moi, l’intentionnel en lui-même, puis le singulièrement un : que définit le repli intentionnel comme idéel, contenant toutes les intentionnalités individuelles ou plus qu’individuelles ; ce qui ne signifie pas universelles ; ce qui signifie notre être tel qu’en lui-même.

La quintessence de notre être, pris singulièrement, est au sens très large esthétique ; n’est vécu que ce qui est, en plus, exprimé ; (pour cette raison autant la formalisation sociétale nous force à adopter notre individualité psychologique et nous y limite, elle enfonce le clou du moi, autant elle nous abreuve d’expressions extérieures, en purs consommateurs d’images du moi, de contenus déversés, de points de vue limitatifs ; la formulation du héros par exemple).

Le repli idéel de l’intentionnalité de chacun, ne peut en aucune manière être atteint extérieurement ; l’intéressé y accède lui-même difficilement ; Proust ou Rimbaud ou Orson Welles y travaillent et c’est en cela que le subjectivisme absolu, autrement dit la singularité intentionnelle, nous est des uns aux autres, essentiel.

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L'intentionnalité phénoménologique

13 Avril 2011, 18:44pm

Publié par zwardoz

Heidegger sait bien que l’être n’est pas l’Un ; ou que la pensée n’est pas « ce qui est ». Au sens où par exemple, l’être n’est pas les réalités, (et encore moins la réalité, comme si elle était Une, cad un Tout).

Aussi Heidegger se place-t-il hors de la pensée comme raison et vers la pensée comme « inspirée ».

C’est que la pensée de raison est la tentative d’arraisonner le donné, comme si il était un Monde(tout), et de le fixer comme une Idée ; mais la pensée est (qu’elle soit de raison ou non, esthétique par exemple ou perceptive ou personnalisée) l’interface entre l’intentionnalité (qui vadrouille partout ; dans toutes les fonctions disponibles, tous les possibles, tous les rapports peu à peu activement inventés, produits ou donnés comme et selon un corps), entre l’intentionnalité et le donné.

Aussi l’intentionnalité excède-t-elle la raison, mais aussi quasiment la pensée ; (au sens cartésien ; donc imagination, perception, sentiment, idée, volontés, etc). L’intentionnalité n’y est pas ; sinon elle serait dans l’incapacité de démultiplier indéfiniment son être, sa forme en toute fonction possible accessible (et en toute fonction avenir).

L’intentionnalité excède la raison, mais elle n’est pas si absolument inspirée par quoi que ce soit ; l’intentionnalité excède la pensée (le dispositif perception, représentation, imagination, et donc idées et conceptualisation), mais elle n’en est pas pour cela irrationnelle et incontrôlable ; quoique de toute évidence, c’est en cette indépendance, de structure, ontologique, que toute révélation, tout mysticisme, toute liberté aussi prennent leur envol ; c’est en ceci que chacun est à soi-même la dernière référence possible et donc la première.

Or l’intentionnalité qui n’appartient à aucun contenu, est essentiellement vide ; bien que dans les faits, dans la réalité elle soit toujours pré-occupée, investie, envahie, déterminée très particulièrement. Sans doute l’intentionnalité se contrôle en partie, mais il y va de sa structure même, demeurer disponible, de s’échapper de ce contrôle et d’être contrainte comme de vagabonder. Inutile de le déplorer, puisque sans cette incertitude native, l’intentionnel serait dans l’incapacité de virevolter d’une idée à l’autre, d’une perception à une imagination, d’une émotion à un signe, de passer d’un registre à l’autre ; sa capacité est sa faiblesse même, donc sa force.

Ses plus séduisantes réussites, le Un, le Tout, le système, l’objectivité, l’intériorité sont malgré tout ses pièges ; l’intentionnalité n’est rien de tout cela. Le plus problème est qu’elle est-en-plus de toutes ses/ces fonctionnalités ; elle n’existe pas sans représentation, sans imagination, sans perception, sans corps, sans relationnel, sans humanité, etc. Elle parvient en conclusion de tout le donné, et existe afin de s’y ajouter. Autant de fonctions qui la déterminent, mais si elle n’existait en plus et en un autre plan que celui de toute, toute la détermination, elle n’obtiendrait aucune présence (à quoi que ce soit).

Du contrôle intentionnel de la raison philosophique (qui demeure le paradigme de saisie de ce qui est réellement et effectivement vivant intentionnellement) à la dilapidation esthétique au souffle retenu, suspendu, doute cartésien de l’art dans son intégralité et intégrité, mais aussi de cette retenue interne du moi psychologique (qui peut toujours et constamment retrouver le tracé de son devenir un de l’intention  que chacun est), la phénoménologie intentionnelle sait bien que Heidegger dessine effectivement non un au-delà, mais un par-dessus l’intentionnel ; ce vers quoi on pointe du doigt au dessus de soi.

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Le délire individuel originellement

3 Avril 2011, 22:15pm

Publié par zwardoz

En toute généralité, la vérité ne manque pas. Il en fut extrait une quantité considérable ; de s’en tenir à ce qui est, tel que cela est, ça n’a pas manqué son but. Nous sommes issus de la vérité comme rapport de la pensée sur ce qui est donné, en tant que le donné est sous l’emprise de l’être comme principe ; ce qui oriente la pensée en définissant l’horizon qui permet d’exploser, d’explorer le donné bien au-delà de la perception et de ce qui y est sociétalement, habituellement, traditionnellement inclus.

Ce qui reviendra en dessous et martyrisera la raison et la conscience rationnelle, ce sera la parole telle qu’anciennement et aussi loin que l’humain est humain, elle ordonne la réalité donnée via la transmission entre tous, oralement. En présence. Le groupe fait office de ce qu’ensuite nous nommerons la vérité. Autant dire que la vérité des groupes est multiple ; autant de sociétés humaines que de vérités. Qui ne sont pas seulement réductibles à un relativisme ; en tout groupe se développent des pratiques suffisamment cohérentes à la survie, interne au groupe, externe vis-à-vis du monde, d’affrontement ou d’échange avec d’autres groupes internes ou externes. Mais aussi la Parole se garantit elle-même contre de maximales atteintes ; elle doit poursuivre la régulation qu’elle transmet entre tous et via le monde donné. Elle est essentielle et s’effectue absolument en présence.

Lorsque s’installe la vérité rationnelle, tout énoncé est divisé ; autrement dit, toute parole s’énonce à partir de chacun. Il n’est plus de relais, de liaison globale qui supporte cette parole individuelle. Aussi doit-elle prendre dans son propre champ le support de l’engagement de par soi de chacun ; chacun est le support absurde de la parole.

Absurde parce que si elle n’est pas relayée par les autres, la Parole abattant toute individualité devient folle.  

Comprenons bien : la raison est en chacun en des finalités exclusivement limitées ; en telle pratique, en telle finalité très précise. Hors cela elle ne délivre qu’un statut formel ; de cette ouverture tout et n’importe quoi s’engouffre dans l’absence de la Parole, en tant que celle-ci relayée par tous dans le groupe, par le donné lui-même comme monde mythique de signes, par la régulation autonome du parlé, n’est plus, en présence, imposée de soi.

Ainsi le prêtre, l’artiste, le démiurge politique, le philosophe souvent, tentent de s’y substituer ; de parler comme parole pleine (de tous, du donné et des signes emplis). Ça ne suffit absolument plus puisque dès lors que l’être (comme surface vide formelle) est prononcé, le parlé est constamment divisé, découpé et découpeur du donné. C’est donc tout ce qui se présente qui peut s’investir de la capacité de signifier.

Tout, n’importe quoi qui prenne un sens pour un tel, ou en tel groupuscule. L’écho interne en ce groupuscule va contaminant le monde, ou la perception même de ce corps s’exprimant comme signes idiosyncrasiques pour un tel.

Idéalement, selon la raison, chacun est certes livré à soi, mais chacun est tenu d’user de sa rationalité pour sélectionner le dit et le repoussé ; ce qui suppose que chacun adopte une réflexivité, presque intégrale, de soi sur soi ; de toute parole énoncée surveillée du haut de la raison. Non seulement ça n’est pas réalisé, mais de plus c’est sans doute impossible ; la rationalité qui devrait fonder des personnes raisonnables, n’atteint pas la racine de chacun (c’est l’intentionnalité qui seule y parvient), et de plus le temps que cette rationalité soit partagée par tous s’étirerait indéfiniment.

Que la rationalité ne soit plus l’universalité tel un corpus qui se déverserait immuablement dans les individus, (mais devient de cela une contrainte qui bride cela seulement qui est individuellement actif ; l’intention), ne répudie pas la raison ; mais demande que celle-ci soit augmentée et qu’elle se transmute en ce qu’elle doit. Le dispositif cartésien.

En tant qu’il porte en germes ce qu’il est advenu. Mais il est clair qu’il n’y suffit pas ; mais par cela on voit que le développement est unanime, évident, invincible, totalement imposé partout, de l’être philosophique comme surface formelle vide et comme sujet fonctionnel de systèmes.  

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La force organisationnelle (en question)

29 Mars 2011, 22:27pm

Publié par zwardoz

La force de l’organisationnel.

On peut penser les empires de domination et de puissance comme de terrifiantes organisations mafieuses, auto entretenues. Empires financiers, ou industriels, ou d’échanges. Toutes les organisations tendent naturellement à l’ordonnance mafieuse ; naturellement désignant ici non pas une spontanéité de bon aloi, mais d’écrasantes nécessités, qui par ailleurs dérivent en hiérarchies dures ou invisibles (et acceptées si communément).

La réalité est peut-être autre. Et sans doute plus terrifiante encore.

C’est que lesdits empires organisationnels tiennent non pas de ce qu’ils s’imposent par la force (ce qui est vrai du point de vue précédent), mais qu’ils s’augmentent nécessairement de ce qu’aucune autre organisationalité ne trouve son chemin ; qu’il n’est aucun autre mode de mise en ordre (du donné , du divers, du monde, des possibles) qui puisse remplacer tel dynamisme monétaire, telle appropriation des choses et des êtres, tel système privatisé des échanges. L’argent, par exemple, mais pas uniquement, fait office de mode organisationnel … Autant dire que a contrario de toute la complexité qu’il impose, il fonctionne de par la simplification coutumière irréfléchie, et non pas du fait de notre grande intelligence…

Ça n’est pas donc seulement que la force s’accumule à la force pressante. C’est qu’il n’est pas de mode opératoire autre que celui de la force, de l’argent, de la puissance, fut-elle injuste (ou même peut-être justifiée ici et là, quoi que rarement) qui puisse se substituer suffisamment à cet ordre nécessitaire.

Il est clair que la redistribution démocratique du pouvoir politique (qui sinon serait resté privatif…), s’est inventé une capacité de réordonner ce qui auparavant se fonder en mise en ordre mafieuse (la légitimité s’y décrivant selon une naturalité du sang des familles royales, et de l’hérédité des puissances familiales). De même, est invoqué comme ultime justification que l’ordre propriétaire est fondé en nature de par soi. Cette mise en forme totale de la réalité est simplement impensée.

Pensée, elle serait soulevée par plus grand qu’elle et introduite dans la non-nécessité ; celle du libre. Ce qui ne signifie pas un communisme, mais la régulation à un niveau organisationnel plus élevé, et hors d’une soumission au monde tel quel. Et régulation ne signifie pas ; arrangement de ce qui est mais autrement, mais comme démocratiquement, inventivité de capacités autres, qui ne furent pas antérieurement à leur création.  

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Continuité de Kant (le sujet par en-dessous)

28 Mars 2011, 20:15pm

Publié par zwardoz

Continuité de Kant.

Il est une limité dressée ; on ne peut pas parler hors du monde ; le monde est tout ce qui est. Sauf que l’on en a conscience, et que cette distance suffit pour que s’introduise dans le monde un plan autre que celui du monde.

Depuis que l’on se débat avec Kant, on ne cesse de renouer avec l’interdit ; on conclut tout et n’importe quoi, et cette fois comme la rigueur métaphysique est destituée, on en conclut hors, voir sans la raison. D’intuitions en a priori, de poésie en linguisterie, d’évidences matérielles tels la pulsion ou l’instinct aux parties du monde (la Société ou les résultats relatifs des sciences).

Or cependant, il est également malgré le largage hors de la rationalité, quelques-uns continuent d’une vraie logique d’interroger par-delà le kantisme.

C’est que le kantisme s’applique à une entreprise qui veut déduire de la pensée « ce qui est ». Or suite à l’apogée hégélienne, on sait que la pensée veut revenir à elle-même comme source et cause et effectivité de tout ce qui est. C’est chose faite et cela ne satisfait pas ; on a pu caractériser cela comme « fin de l’histoire ». Et il est bien clair que c’est autre chose, une autre logique qui débute.

La nécessité interne d’en revenir à Descartes signifie qu’à ce moment précis la volonté contrebalance encore la pensée ; puisqu’aussi bien Descartes recompose autrement l’empire notionnel scolastique (qui se fondait dans un discours-seul de connaissance), et que forcément Descartes débouche sur le dispositif complet de l’être de l’homme ; le dispositif volonté-pensée-perception. Là où les clôtures qu’il lui impose, à ce dispositif, sont loin de réellement recoudre les déchirures ; les déchirures ontologiques que sa réflexivité introduit dans le discours tout-un scolastique et qu’elle continuera de provoquer longtemps encore dans les autres sortes de discours tout-un.

Qui se recomposent, à grand efforts, et ayant introduit la déchirure dans la pensée, sous la forme de la variation du possible de Leibniz ou le monolithique Un spinoziste. Mais que d’autres tenteront de reconstituer comme dogmatisme ou absence empiriste et sensualiste de Sujet. La complexité soudaine du sujet kantien déborde comme à la fois Sujet (qui est non individuel et de par sa puissance surpasse le subjectif, devient tel que Descartes l’impose comme plus-que-raison) et comme monde inconnu ; le sujet kantien est celui qui a l’intuition du nouménal.

Le nouménal des choses et noumène de sujet d’une part, les idées de l’âme, du monde et de dieu d’autre part. Il est bien apparent que dès lors c’est le nouménal des choses, si proches, et du sujet, si immanent à lui-même, qui prendront le pas sur les Idées de la raison.

L’intuition du nouménal expurge, mais amplifie le sujet de sa concentration cartésienne ; de même que l’exploration du dispositif de sujet cartésien (volonté, jugement, perception, passion, sentiment, imagination, pensée dans sa globalité non distincte, mais non pas confuse) abonde sur le monde : comme donné-là, pour les mesures et non plus les idées du discours. Le réalisme domine, au sens où « on ne sait pas ce que la réalité est », cartésiennement et kantiennement, et ce envers et contre l’idéalisme (le discours se déduirait de lui-même comme Idées et se déduirait le monde, comme tout en une unité en soi ; dieu).

De même que Descartes nous montre le monde, là, mesurable et perçu, de même Kant enveloppe le donné perçu et imaginé et agi, d’une structure nouménale d’une part  et idéelle d’autre part. Perception, imagination et l’action comme le vécu, sont plongés dans l’intuition spécifique qui nous anime, qui nous existe ; le sujet transcendantal, le nouménal des choses.

Si Descartes affirme absolument la volonté (et le jugement donc, et sa suspension et ce que cela suppose, implique, impose), Kant immerge le sujet dans la présence des choses et dans l’étrangeté à soi du sujet ; le sujet s’échappe par le dessous. Il existe, généralement parlant, un dessous du monde que les Idées de la raison ignorent : le monde comme tout unifié n’est pas, l’âme comme Une et substantielle se disperse dans les structures du sujet transcendantal, et dieu est seulement supposé par la raison.

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Le démocratique (13)

19 Mars 2011, 15:48pm

Publié par zwardoz

Nommons « démocratie » l’ensemble enveloppant qui crée ou est produit d’un nombre considérable de dispositifs ; en nombre inassignable, puisqu’il est de l’ordre du démocratique de se diversifier et de s’étendre. Il n’est donc pas de bornes qui circonscrivent le démocratique.

Il est particulièrement clair que si la démocratie est une forme, cad également une Idée, elle dépend de ses contenus ; non en tant qu’ils l’emplissent, mais en tant qu’elle les réforme. Si la démocratie est une forme, (et elle l’est structurellement puisqu’elle a pour finalité déclarée la liberté, qui est l’indépendance et la pluralité), cela ne signifie pas qu’elle ne soit rien en tant que forme, mais que celle-ci est en propre une restructuration complète de ce qui lui tombe sous la main.

La démocratie est donc une dynamique, en production constante et qui n’a pas de borne. Elle n’est pas plus libérale que collective, plus mass médiatique que culturelle, plus émotionnelle qu’intellective, plus subjective qu’objective ; elle déconcentre tout cela et en produit les devenirs. La subjectivité comme l’objectivité progresse de son poids, de sa puissance structurelle. Elle n’est pas l’affrontement des opinions dépenaillées, mais la propension à se dépasser des opinions en tant qu’au fondement démocratique existe l’affirmation solennelle des valeurs formelles ; le libre ne veut rien dire, sinon qu’il redésigne la réalité. De même la vérité ou l’égalité ne signifient rien sinon la recomposition du donné, du vécu, le déballage du relationnel, la remise en cause des identités.  

Mais de quelle cause s’agit-il ? Si le démocratisme connaissait la réponse, il n’adviendrait pas. Son être est de ne pas exister, mais de précéder qu’il y ait non plus une mais des réalités. C’est parce que le démocratisme dessine préalablement une forme idéelle difficilement précisable, mais qui littéralement existe.

La remontée du donné tel que représenté, puis exprimé puis pensé ; que cette pensabilité du donné puisse s’effectuer vers et puis à partir de la disposition démocratique qui dans l’effectivité restructure la transmission interne du groupe (cad toute la pensabilité), ce vaste déplacement forme en lui-même une logique.

La représentation, de soi, de l’ouverture démocratique est donc essentielle ; en tant que formelle, elle n’existe, se sur-existe que de se dire ; de se voir tout autant. Elle prédomine comme institution, mais elle n’éprouve de contenu que comme peuple et plus encore comme masse. Les mots trouvent à point nommé leur signification ; la masse (de tous ceux qui existent) veut, doit se percevoir. Et tous les modes sont affectés ; de l’intellectualité aux comportements béhavioristes, des pensées aux gestes, des choses esthétiques aux objets industriels. La totalité du spectre est couverte ; elle manifeste entièrement un monde complet de perception de soi.

Il ne faut donc pas se laisser égarer ; on ne peut pas admettre une réduction de l’ensemble à l’une quelconque de ses parties. Et le concept majeur n’est pas plus le libéralisme que le collectivisme de tout Etat, l’individualisme plutôt que la masse, la personne plutôt que la transmission accélérée. De même que le concept de l’intentionnalité n’est pas réductible à celui de raison, ou de conscience de soi, de même le démocratisme n’est pas tel Etat effectif, ou n’est pas seulement le droit privé ou public, ou n’est pas la nation, ni telle culture déterminée, mais est en plus et désigne un autre règne ; que l’on obtient par le concept adéquat seul.  

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Centre philosophique du réel

9 Mars 2011, 21:19pm

Publié par zwardoz

Si l’on s’en tient à la stricte observance du devenir philosophique, (qui détient la vérité des siècles, en ceci que philosophiquement seulement s’énonce la position de notre être au sein de ce monde-ci ; laquelle position peut être vécue, et intensément, de multiples façons, mais c’est philosophiquement qu’elle se met en forme à peu près adéquate ou en tout cas au plus proche), il apparait que l’on est passé du discours cohérent valant en soi, au sujet comme opérateur d’un tel discours puis au développement sans précédent de ce même sujet en et hors du discours, sans pourtant que ce sujet n’abandonne la cohérence.

Ce qui veut dire que des paroles furent déployées, acharnées en une cohérence, qui n’était pas nécessairement limitée à produire un discours rationnel, mais à créer une cohérence manifeste.

La figure absolue de notre historicité est le créateur ; cad celui qui invente une vérité. Au fond cela revient à poser un sujet comme créateur de l’être même. Notre fascination pour l’artiste, la révolte ou la véridicité, revient à affirmer que l’individualité humaine et elle seule, permet à l’humanisation de se développer. Il n’est pas d’humanisation symbolique ou de surhumanité ou d’humanité générique ; toutes elles doivent être perforées par l’individualité pure.

L’effet démocratique de cette perforation, le moi s’en connait lui-même ; la personnalisation est l’aboutissement (au 20ème seulement, acquérant la lecture et l’écriture des signes), de la métamorphose du ; langage du groupe au langage privé. Le tour de force décisif, pour chacun, est de comprendre ce que l’autre, tout aussi acharné, dit. Ce que l’un arrache de ce qui est exprimable, chacun a à charge de se le redire.

Hors cela, il faudrait écarter la poésie, l’art ou la- les littératures, de la réflexion … Ce qui est absurde ; c’est d’un seul cheminement, plein  et unique, que de la pensée de l’être, d’un sujet universel, on aboutit à la saisie de l’être par tout sujet, bien singulier.

En retour ; le sujet singulier (disposant de littérature, d’esthétiques, de conceptualisations, de scientificités, etc) n’est pas non plus le moi individualiste si limité du libéralisme. Et ceci n’est pas accessoire ; le libéralisme est la pensée naturaliste (qui ne découvre sa fondation que dans une supposée naturalité), de réduction de cette immense inventivité qu’est politiquement le démocratisme.

La démocratie est plus vaste que ses réalisations ou traductions. Le moi, pour nous, inachevés, tous, fait figure du sujet, singulier, et non pas naturel, que l’on n’est pas, et que le moi s’image-être.

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Céline L-F

3 Mars 2011, 22:02pm

Publié par zwardoz

Il faudrait penser Céline, peut-être, mais  il va plus loin, de toute manière, quoi qu’on dise, il est en avant, bien loin au-devant de tout.

Le petit-bourgeois.

C’est ça un petit-bourgeois. Un petit-bourgeois, français, avec tout l’esprit français imaginable, extrapolé de toute cette littérature, de cette révolte native qui ne sait pas du tout à qui, à quoi s’en prendre. Aux juifs, aux chinois, aux humains, au fatras généralisé de temps de guerre ou bien fadasse mais crochu des temps de paix. L’agressivité, la haine, la rage comme un vaste tourment incompréhensible, qu’il ne comprend pas lui-même. Qui est de toute façon incompréhensible, dans l’injustifiable. L’injuste Céline.

Sauf que cela fait voir, entendre, sentir, éprouver. Du dedans, du dedans d’un petit-bourgeois bien mal embouché, un cra-cra. Le monde à raz de terre. Le monde de la conscience minable, la malvenue. Aussi l’antisémitisme, la chinoiserie, le pleurnichard, le sur ses gardes, la méfiance petite, si petite, tout cela qui ne mène nulle part, qui replie le petit bonhomme sur lui-même.

Mais de ce point de vue là, on découpe avec acharnement tout ce qui tombe sous la main.

Le style ? Mais le style, c’est la mesure même d’une pensée haineuse ; que ça fasse voir les choses comme elles sont, comme elles sont pour un petit-bourgeois bien fadé. Et le petit-bourgeois il ne juge pas du haut de je-ne-sais-quoi, une hauteur qu’il lui est bien indifférente, il n’a pas d’idée, parait-il, mais il a des goûts, bien ramassés, et des dégoûts, ça varie, ça dépend, mais se nourrissant de haines diverses, de mordreries, de déboires et de fatigues. Un petit-bourgeois ça parle de ses tripes, de son ressenti à peine pensé ; la haine lui fait figure de penser ; aussi le style doit-il, c’est impératif, poursuivre le ressenti de cette pensée assoiffée, qui assèche elle-même toutes les attitudes que sa haineuse, jubilatoire, danseuse pensée déglingue. L’épopée du pur et simple scepticisme total, l’ignorance de toutes les justifications, mais peut-être plus encore et surtout l’inanité de toutes les justifications ; il n’y a que des corps qui souffrent et aveuglés de bêtises et de méchancetés. Le petit-bourgeois ignore l’universel, il s’en mord les doigts et s’en défend de l’être, universel. Mais en tant que style il fait exister l’être de l’ego le plus immédiatement fondamentalement là. Pour cette raison il est le plus extrêmement existentiel.

Et si l’universel n’est pas (sinon dans le « style ») la biophysique des humains est le fond de tout ; et plus largement il faut ramener toute aspiration au plus près du nivellement généralisé. Le territoire donné, le là du vécu si immédiatement matérialités, absorbe toute tentative ; dévore les attentes, mais également renvoie les possibilités de fuite : les échappatoires n’en sont pas.

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De l'intellectualité (comme unique horizon)

28 Février 2011, 21:46pm

Publié par zwardoz

Mais la philosophie ne déroule pas seulement ce que l’intentionnalité peut, elle tente de décrire ce qu’elle est. L’esthétique ou le littéraire manifestent expressément ; dans l’expression, et ce faisant tirent l’intention là où elle ne sait pas. Dans les franchissements de mondes, mais aussi dans et vers le monde-même. L’être au monde, puisqu’il ne peut se déverrouiller que dans l’expression (sinon notre regard ne situe rien), ne fut jamais éprouvé par un sujet nu, sans parole symboliquement orchestrée et ordonnée au-dedans d’un groupe et organisée de ce dedans du groupe (occupant l’épreuve de la vérité de par lui-même).

La livraison d’un sujet au monde est sensiblement la déraison même ; il regrette si infiniment que la parole qui l’occupe n’ait plus aucun sens ; qu’elle ne soit plus reprise par et dans le partage symbolique ; pas même le partage symbolique imaginé (celui d’une communauté de foi, qui se substituait au partage réelle entre tous d’une tribu de visu). Puisque se dresse la densité du monde, la matérialité du corps, l’envie des choses, et que face à cette présence constante, l’imaginaire n’y suffit plus et s’efface, alors que la parole symbolique bien que n’étant plus qu’un lointain souvenir, impose encore son être de fait, en tant que le langage est toujours et à jamais l’entente.

Aussi littérature et esthétiques se rendent en une complexité sans égale ; une intellectualité. Seule l’intellectualité fait mine de parole et se communique à soi et entre les quelques soi qui y comprennent, se communique une expression de l’insoutenable.

A rebours de cette intellectualité nécessaire du libre pur des sujets, aguerris et maintenant la vérité dans et contre tout ce qui est du monde, mais aussi donc, dans ce même monde ; et sans rien en négliger, à rebours s’extrapole les mois ; les mois qui subissent tous les contrecoups du défaut symbolique, mais aussi du manque imaginaire. Il ne leur reste que leur corps ; et à défaut d’imaginaire leurs fantasmes bricolés. Les mois sont rigoureusement esseulés dans ce qui leur semble un marasme, une déliquescence, des effondrements du monde, soupçonnant le cataclysme des mondes eux-mêmes, annihilant la richesse des mondes comme écueils du navire humain s’y brisant absurdement partout.

Pour un moi, qui n’a pas entamé son sujet à être, aucune parole ne retentit plus où que cela soit ; elle renvoie, dans ce silence, au corps défenestré ; aux symptômes et aux paroles enfermées dans un « corps » ; il est la seule consistance qui soit parce qu’il est la seule consistance perceptible et que l’on ne croit plus aux mots qui sortent de la bouche et encore moins qui surgissent de l’esprit ; tout cela est annulé et remplacé par un être-là, ce seul corps.

Le moi ayant ourdi son sujet commence par contre de comprendre que la parole est partout reprise par qui la sait ; qu’en somme la parole ne peut plus exister symboliquement ni plus même imaginairement, mais par contre qu’elle est, et absolument, intellectivement déployée comme jamais.

Or un moi ne peut pas se savoir intellectivement ; pas sans effort ; et il ne voit pas le sens, l’orientation d’un tel effort (qu’il limite à tel domaine spécialisé d’experts, une professionnalisation), parce que le seul sens, orientation, de ce qui est, qui lui tienne, consiste en son corps donné, là, formidable inertie qui ne mène, n’a de sens définitif que la mort. Il est piégé ; soit ses fantasmes bricolés (qui n’ont ni queue, ni tête, propre et figuré) soit ce corps de mort indéfinie.

Autrement dit, il n’est aucun moyen de s’en sortir, vivant, en un tel monde, dépenaillé et dont seulement l’intellectualité peut instaurer le règne tout à fait autre.

La parole, partagée (symbolique au sens propre), annéantie, mais aussi l’imaginaire symbolique (en lequel la parole s’adressait en un Sens désiré), annulé par le monde présent produisent l’apogée du fantasme bricolé, qui ne signifie rien, et ne reste plus, humainement, que l’intellectualité qui y puisse créer.

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le bord limite du réel

27 Février 2011, 15:58pm

Publié par zwardoz

La contention de l’intentionnalité se situe si peu dans le monde, mais à la lisière de ce qui est, que l’on n’en connait pas le fin mot ; or pourtant c’est cette clôture reportée dans le lointain qui devrait nous revenir en face, et permettre de décider de l’être ; aussi est-ce sur l’horizon intentionnel le plus distant que tout se joue. Cela signifie que le savoir intentionnel est dans la plus grande nécessité de se millimètrer ; c’est dans la finesse de sa structure qu’il existe ; puisqu’il ne peut atteindre à une certitude hors de son horizon lequel ne se clôt jamais.

Toute station intentionnelle est donc une identification, qui n’aura plus qu’à être dépassée. Le moi personnaliste, l’humain comme tel, la vérité ou n’importe quelle connaissance, tel ou tel corps de réalités, tel peuple ou cette culture, sont battus par les vents.

Or il est un savoir élaboré à partir de ce rien qui entraine tous les mouvements, lequel savoir est philosophique et ne se lit qu’entre les lignes, et n’est pas exposé distinctement, mais en chaque occurrence de construction (métaphysique, qui prend comme règle le discours et la cohérence) soudainement s’ouvre l’intention (ontologique, concernant l’être exact que la cohérence fait apparaitre dans les signes et par quoi cet être, cette structure « de signes » existe et devient selon sa dimension propre, hors des signes eux-mêmes, et donc de tout le reste, puisque les signes sont alors la dernière borne du monde) ouvre l’intention qui porte et déporte toute identité, fut-elle conceptuelle, ou d’objectivité quelconque, sur l’horizon inhumain, purement fonctionnel, dont on a réservé le nom de l’être, étant entendu que l’être n’est pas un tout pensable, mais le « qui est là », au-devant, se donnant comme l’en-deçà du monde, sur quoi ce monde est posé. La surface vide, formelle, presque spatiale et temporelle, mais dont le temps et l’espace eux-mêmes sont les effets. Soit ; la présence « qu’il y a ».

Certes on retrouve en esthétique et littératures (ce qui n’est pas identique aux esthétiques), parfois une entière et sinon exacte du moins parfaitement existante et illustrative de ce que l’intentionnalité est ; en ce qu’elle peut. En ce qu’elle peut performer dans un monde ; puisque de Rimbaud à Proust en passant par Mallarmé et Artaud, de Céline l’existentiel à la déconstruction Dickienne, on voit bien que partout c’est l’être de philosophie qui est en cause ; en quoi sa consiste le réel, le sujet, le signe, la mondanéité du monde, en quelle épaisseur et partout, en quoi existe l’intentionnalité de fixer ceci du regard, de désirer cela de son corps, de juger du vécu, de porter attention à quoi que ce soit , en quoi l’intentionnalité consiste-t-elle et comment la manœuvrer ?

 

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