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instants philosophie

L'erreur de Nietzsche

19 Juillet 2011, 10:07am

Publié par zwardoz

On peut se demander ce que puissance signifie. Volonté vers la puissance. En somme il s’agit de surseoir à la réalisation de soi. D’introduire une distance qui permette, qui autorise, qui soit franchissement, sans perte essentielle. Le but à atteindre est très éloigné. Et comme tout cela n’est pas très précisable, ça dérive en typologie, en typologie ontologique : là où il s’agit de juger de l’être, de la qualité d’être, de la quantité d’existence, de sa faculté d‘activer son être propre et, renvoyé à l’interrogation suprême ; quel est-il ?

Il a bien raison Nietzsche de se méfier de la volonté rationnelle qui ratisse toute l’histoire humaine et ne laisse rien derrière elle. Ça n’est pas fait pour ça ; ça n’est pas créé pour assurer affectivement une unité imaginaire.  Sans doute il en rajoute ; il veut forcer le trait et manifester oh combien la puissance est plus dure, plus réaliste, plus adaptée, plus adaptative. C’est un rêve. Mais il sent bien que la raison est d’une volonté d’acier ; il reste empli des dieux et des mondes d’illusions.

La philosophie aurait joué le jeu de l’onto-théo-logique. Il ne faut pourtant pas se tromper ; la volonté rationnelle s’est imposée d’abord en tant que discours métaphysique totalement développé, jusque Descartes, puis, à partir, comme ontologie radicale.

L’ontologie se fixait dans le discours métaphysique comme étant la science de l’être-même, comme un, tandis que tout autour girouettaient les unités essentielles, définies par idées, hiérarchisées et recherchant un dynamisme de conception qui reflète l’élaboration objective, mais visible, du monde, mais aussi l’enchevêtrement délibéré de l’acteur de cette pensée (dieu ou l’homme, générique).  

Avec la science se développe le même calcul ; et au lieu de la visibilité (sur laquelle sont conçus les idées), on passe dans le non visible des nombres (les nombres donnent à voir au-delà de l’immédiateté). Entre l’idée et le nombre, il n’est pas de différence d’intention, le moyen seul diffère.

Suite à l’aboutissement du discours pris pour lui-même dans toute son ampleur (toutes les idées sont pensées en un seul discours, comme qui dirait de conception divine), l’ontologie se fixe sur cet être spécifique ; l’être de l’homme. Descartes manipule nettement le sujet comme identité, divine, en elle-même ; le sujet est de volonté comme l’être de dieu. C’est à partir de cette fonction du sujet (ici individuel, mais à ce point abstrait de toutes déterminations, qu’il devient individué, un simple point réel, le seul réel qui soit en fait) que l’ontologie se restreint à « ce dont il est capable ». Puisque manifestement l’être est en jeu dans l’élaboration intentionnelle du dit sujet.

Dès lors l’être du sujet, l’ontologie, d’une part se sait, connait sa puissance, et d’autre part sait préserver ce dont il se détient ; la raison. Impossible d’admettre un sujet qui ne soit pas de raison articulée. Autrement dit, à l’inverse, tout sujet se constituant sera de toute manière assuré de son authenticité ; sinon sujet il s’effondrera. Il est clair cependant que sujet rationnel cela ne se dérive pas unilatéralement de la « raison ». Si le sujet est rationnel, la raison éclate non vers autre chose qu’elle-même, ni une version réduite, mais vers une ampleur sans égale. Si le sujet est rationnel c’st la nature du rationnel qui change de modalité, de modélisation, de variations.

Nietzsche en est l’effet, comme tous et chacun, et bien qu’il entoure son déploiement de quantités d’imaginaires, de regrets et de soubresauts ; encore vivant, dit-il. Mais non.

C’est que le déploiement par un sujet, de lui-même en tant que tel, comme Nom, Nietzsche, le premier de ceux qui viendront, la rupture dans l’historicité, le refus de l’idéalisme, l’antithèse, ne peut être voulu que dans un dispositif absolument incarcéré. C’est cette incarcération qui le libère puisque comme il le sait très bien, c’est le supportable ou l’insupportable qui décide de ce dont on est capable.

Et là, il est vrai, il a raison, rien n’est joué ; il ne suffit aucunement et en aucune manière de se satisfaire d’un sujet « idéaliste » ou un copié collé d’une leçon plus ou moins apprise. Le sujet, le sait-on, ça ne se répète pas. La vision extrême qu’introduit dans l’historicité l’imposition de l’être, (qu’on le définisse comme discours complet achevé et cohérent ou comme étant l’être de l’homme ou comme existant comme surface-monde d’un tel sujet nanti d’un tel discours), est une lame redoutable qui découpe et provoque le grand vide au cœur de la réalité.

C’est de ce grand vide dont tout sujet (et n’importe quelle individualité, psychologique, est intimement proche de son individué) s’anime. Qu’on le sache ou non : cad qu’on dérive son individualité de tel ou tel machin, telle et telle fabrication d’identité.

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Discursivité et réflexivité

15 Juillet 2011, 09:53am

Publié par zwardoz

L’adéquation n’est donc pas donnée, acquise, immédiatement là. On n’est pas soi-même ; on sait bien depuis Sartre que le moi n’existe pas autrement que dans son flux, son intention ; et qu’elle est démontable, qu’elle tient à ses objets, et que ces objets existent dans un monde commun. Non seulement le moi oublie tout sauf l’unité qu’il promeut (qu’il énonce vaguement ou dont la précision est toute fragile), mais aussi il se fonde sur des objets qui absorbent toute son énergie, et de plus ces objets sont pris eux-mêmes dans un ou des mondes humains. Et sont donc produits.

De ceci, Debord ; le monde du moi, qui se veut un, est quasi entièrement produit industriellement, et donc tout participe du Spectaculaire, ça n’est pas seulement la représentation, imagée, du vécu, c’est tout le vécu qui est produit. Il est possible de remonter bien au-delà du vécu ; c’est la nature qui est produite, c’est la biologie, ou c’est le psychisme qui est produit. Bientôt c’est l’eau et l’air respiré qui seront appropriés, non seulement par propriété privée, mais tout autant par objectivisme technologique et enfin par main mise étatique. Et tout cela, benoitement. Il est des instances, objectives, dont la fonction est de produire tout ce qui apparait dans le monde humain. Un arraisonnement de tout le vivant, le mental, l’imaginaire et qui fondamentalement obnubile cela même qui constitue notre être ; qui veut attacher, annuler ou dévorer l’intentionnalité même.

C’est tout uniment que l’ensemble se déploie, s’impose, partout, sans aucune opposition. Parce que toute opposition se situe en-deçà du niveau d’attaque de l’immense volonté d’objectivation.

Or ceci qui est bel et bien Volonté, n’est pas volonté vers la volonté ; elle ne se double pas. Si elle se doublait, elle se penserait. Or la volonté d’objectivisation (capitalisme, technologie et étatisme) ne se réfléchit pas ; ils réfléchissent leurs objets énormes. Ça oui, c’est une immense réflexion sur et par et pour l’objet, dont l’étalon est, à la fondation, le concept, l’idée. L’idée comme finalité « naturelle », spontanée de notre intention. Il n’est, pour la pensée réfléchie de l’objet voulu, que l’idée-objet qui la remplisse. Mais cet objet voulu ne satisfait pas la réflexivité et c’est cartésiennement et kantiennement et hégéliennement, et tous par la suite, qui maintiennent le cap d’un sujet, formel, que l’on veut au-delà.

L’utilisation discursive de soi n’est pas l’utilité réflexive et philosophique.

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Discursivité et réflexivité

15 Juillet 2011, 09:24am

Publié par zwardoz

L’adéquation n’est donc pas donnée, acquise, immédiatement là. On n’est pas soi-même ; on sait bien depuis Sartre que le moi n’existe pas autrement que dans son flux, son intention ; et qu’elle est démontable, qu’elle tient à ses objets, et que ces objets existent dans un monde commun. Non seulement le moi oublie tout sauf l’unité qu’il promeut (qu’il énonce vaguement ou dont la précision est toute fragile), mais aussi il se fonde sur des objets qui absorbent toute son énergie, et de plus ces objets sont pris eux-mêmes dans un ou des mondes humains. Et sont donc produits.

De ceci, Debord ; le monde du moi, qui se veut un, est quasi entièrement produit industriellement, et donc tout participe du Spectaculaire, ça n’est pas seulement la représentation, imagée, du vécu, c’est tout le vécu qui est produit. Il est possible de remonter bien au-delà du vécu ; c’est la nature qui est produite, c’est la biologie, ou c’est le psychisme qui est produit. Bientôt c’est l’eau et l’air respiré qui seront appropriés, non seulement par propriété privée, mais tout autant par objectivisme technologique et enfin par main mise étatique. Et tout cela, benoitement. Il est des instances, objectives, dont la fonction est de produire tout ce qui apparait dans le monde humain. Un arraisonnement de tout le vivant, le mental, l’imaginaire et qui fondamentalement obnubile cela même qui constitue notre être ; qui veut attacher, annuler ou dévorer l’intentionnalité même.

C’est tout uniment que l’ensemble se déploie, s’impose, partout, sans aucune opposition. Parce que toute opposition se situe en-deçà du niveau d’attaque de l’immense volonté d’objectivation.

Or ceci qui est bel et bien Volonté, n’est pas volonté vers la volonté ; elle ne se double pas. Si elle se doublait, elle se penserait. Or la volonté d’objectivisation (capitalisme, technologie et étatisme) ne se réfléchit pas ; ils réfléchissent leurs objets énormes. Ça oui, c’est une immense réflexion sur et par et pour l’objet, dont l’étalon est, à la fondation, le concept, l’idée. L’idée comme finalité « naturelle », spontanée de notre intention. Il n’est, pour la pensée réfléchie de l’objet voulu, que l’idée-objet qui la remplisse. Mais cet objet voulu ne satisfait pas la réflexivité et c’est cartésiennement et kantiennement et hégéliennement, et tous par la suite, qui maintiennent le cap d’un sujet, formel, que l’on veut au-delà.

L’utilisation discursive de soi n’est pas l’utilité réflexive et philosophique.

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La vérité existante

10 Juillet 2011, 09:56am

Publié par zwardoz

La vérité (que nous n’avons rien à faire en un tel monde, pas plus qu’en n’importe quel autre) ne doit pas cesser de nous travailler. C’est en cela qu’il faut tenir ; n’en pas désespérer du tout, ne pas s’en dégoûter surtout, s’en amuser un peu, mais essentiellement le vouloir, notre être.

Si nous l’abandonnons, que lui restera-t-il ?

Il s’effondrera dans diverses images de soi, toutes défaillantes, mais recouvertes de pas mal de mensonges ou de vagabonderies, parfois distrayantes. Il dispersera l’énergie sur de plates surfaces et non seulement l’énergie physique, mais surtout la capacité d’attention et de concentration, de mobilisation ; c’est une économie, une dynamique, un entrainement à être. C’est que son activité propre est en plus ; elle ne se déduit de rien du tout qui soit dans le monde, et n’existe pas dans un vécu. Et si son activité est en plus, elle est suprêmement pour chacun inexistante en une vie ; on ne sait pas ce qui peut en surgir ; chacun étant infiniment éloigné de sa vérité, se contentant de sa réalité vécu, espérant que ce soit une destinée, que ça ait un sens, un retour vers soi, bien confortant, repoussant les limites du supporté, de l’accepté. Un moi contient bien autre chose que lui-même, dépasse très largement sa propre existence noyée.

La plus confondante illimitation de notre vécu s’enlève dans les dimensions de l’éthique, du politique, de l’esthétique et de l’intellectualité. Et celles-là participent de leur essence même ; la réflexivité. Par quoi l’être réflexe-de-vivre se transporte en réflexion recherchant, volontairement, l’adéquation ; il est impensable qu’une éthique, politique, esthétique ou intellection puisse se développer sans réfléchir sa propre contenance. Et il ne s’agira plus d’absorber ce qu’un vécu, quelconque, nous aura ou non accordé, mais de ce que l’on en aura extrait, ennobli, composé.

L’adéquation : entre son effort d’y être et l’apparence mais réécrite. L’apparence de l’inanité du vécu, apparence du désordre historique, de la complexion de la perception, de l’entrelacement invisible du simple. Chacun existe réflexivement, sans doute aucun, (puisque parlant, le langage s’immisce constamment quelque part), mais il n’est pas dit que ce réflexe vivant s’acquiert soi comme activité. Notre être risque fort de rester suspendu, latent et/ou virtuel. La latence, la virtualité et le réel laissent, au lieu de nous peser dessus, le possible comme grande ouverture impensable, seulement décidée.

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Avant et après l'universel

6 Juillet 2011, 10:20am

Publié par zwardoz

Ainsi donc la première orientation du langage se fixe comme Parole. Tous partagent la même parole qui distribue le monde ; ce que l’on nomme est, ou le monde, inversement, définit de lui-même ce qu’il y a à dire (c’est indiscernable), et surtout le partage entre tous (ce qui ne signifie que ce soit un partage « égal ») est à lui-même la transmission (absolument nécessaire pour assurer la garantie du groupe, en interne et en externe). Tout ce beau petit monde est extrêmement perturbé par les événements et les incertitudes ; il régule tout ce qui advient (quitte à inventer ici et là, pourvu qu’une logique soit intégrée) et c’est énormément de travail.

Mais il advient une auto régulation ; ça n’est pas seulement la science qui se cadre sur le donné ; c’est la théorie qui se préserve soi en créant sa cohérence (puisque de toute manière on ne comprendrait rien si ça n’était pas ordonné). On invente donc une égalité de tout énoncé avec lui-même. Ensuite cela passera dans les nombres, les mesures (sinon il est impossible de caractériser le donné, la détermination par des mots ; seuls des millimètres permettent de repérer, de topographier, de calibrer tandis que les mots sont à usage du vivant et de ces grandes « molécules » si visibles, les choses, les êtres, les qualités, etc)

Or malgré tout, comme les nombres ne couvrent pas et ne règlent pas tout le donné, il demeure immanquable de continuer de les penser ; et donc outre les connaissances (précises et objectives), il se stabilise des notions. Tout cela fut mis en œuvre philosophiquement ; entre autres, mais essentiellement.

Ces notions sont élaborées comme savoir (et non comme connaissances) ; il est clair que ce ne sont pas malgré tout des « notions subjectives ». Le subjectif est né à partir d’un certain état développé de ces notions ; soit donc l’universalité. Auparavant, avant l’installation durable de l’universel (comme Etat, droit, culture adéquate, morale, et donc personnalisation), l’universel constituait l’être même des grandes subjectivités ; elles étaient porteuses du monde humain à venir, qui est venu, qui est le nôtre. Montaigne est un notable, Shakespeare nous entretient des rois, et comme Molière se noue la subjectivité grandissante dans la sorte de proto universalité latente, qui viendra.

Subjectivité qui sera larguée ensuite, lorsque l’universel s’imposera comme Etat.

Rimbaud est dans la post-universalité ; se découvre le monde comme champs inexploré, parallèlement au langage non régulé par quoi que ce soit. La subjectivité se cherche une ou des lois, tout comme auparavant l’universalité constituait l’intériorité potentielle des subjectivités ; sauf que Rimbaud n’en découvre pas, Nietzsche pas plus, et encore moins Artaud. Eros ou Thanatos, ça ne compose pas une loi. La description, d’un donné, monde ou langage quotidien, ça ne porte pas plus loin que le donné ; l’universel, lui, est inventif non dans le donné, mais dans la structure.

 

Or cependant l’universel s’est installé ; comme politique, science et personnalisation ; monde, donné et vécu. Le subjectif est donc, chacun pour soi, rabattu dans une sorte de no man’s land, célinien par ex ; il n’y a plus personne, puisque chacun est isolé par le notionnel.

Or la communication pèse sur les épaules de chacun d’une part, (outre et en plus du no man’s land) et d’autre part l’ordre, sociétal, est encore constamment soumis aux pouvoirs, qui monopolisent ; et c’est la parole, l’ancienne parole, cette fois toute puissante, (puisqu’elle n’est plus régulée au-devant de tous, et qu’elle double la « chose publique » de toute manière), Parole qui enfonce le clou. toutes les brides de communication

La pesée sur chacun de la communication nous intime l’ordre constant de nous conformer à cette unification individuée. Il n’est pas lieu de récriminer sur la conformation de notre être par la société, etc ; mais l’inverse. Nous n’avons pas envie seulement d’être limités individuellement. Autrement dit, le mouvement imprimé n'est pas ce que nous en attendions. En tant que subjectivité nous ne demandions pas d’être « encore plus nous-mêmes », mais d’être universellement.

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Philosophie, entendement et volonté

26 Juin 2011, 11:44am

Publié par zwardoz

Il n’y aurait pas de vérité ; la vérité serait hors de notre acquisition. La difficulté étant, dans cette histoire, que l’on ne sait pas très bien ce que par « vérité » il faut comprendre.

D’une manière générale, on a voulu tenir pour seul repère « ce que l’on dit », de telle sorte que l’on puisse se fier à cette parole et qu’en s’y référant, on puisse en toute compréhension s’orienter ou transformer les choses, le vécu ou le monde, de manière certaine, assurée. Ce qui est énoncé, est entièrement transparent et nous permet de bien saisir ce que l’on fait, les conséquences de ces actes, mais aussi de bien discerner les tenants et aboutissants de toute décision, et donc généralement de formuler une intention tout à fait correctement.

Autrement dit, il n’y aurait pas de finalité ; puisque tout serait a priori décelable, décelé, sorti de la réalité et décrypté. Les finalités seraient déjà connues et déjà appliquées. Ce qui peut sembler un idéal. Il suffirait de se réjouir en somme. On consommerait la vérité et la réalité de la même déglutition. Les oppositions et les antagonistes et les obstacles se réduiraient à mesure ; ils existeraient à peine.

Tant que cela demeure un idéal, ça fonctionne. Mais si cela se réalise effectivement, on ne voit pas bien ce qui en ressortirait, quel sorte de monde.

Est-ce que l’on serait heureux ? Peut-être à considérer que notre être désire la contemplation ou cette action régulée, déjà, qui confine à son propre déroulement.

Il n’est pas certain du tout que notre être désire la paix. Du reste qu’il se serve de l’idéal de vérité atteinte afin de conquérir devrait nous mettre la puce à l’oreille. Il serait alors « volonté » ; en quoi Nietzsche n’est pas délirant.

On aurait ainsi le choix, très cartésiennement, au fond, entre une vérité qui régule la volonté et la volonté pure qui joue de la vérité (n’importe laquelle).

Il se peut aussi que la volonté soit l’objet du savoir ; que la savoir soit l’enroulement de la volonté telle qu’elle non pas se veut elle-même, mais telle qu’elle produit, crée, invente, devient.

En fait il parait quand même déraisonnable de séparer volonté et vérité ; la volonté de toute manière pour même se vouloir elle-même (par jeu, jeu métaphysique ou super esthétique, etc), devrait pour juger de son avance ou de son retard, d’une grille d’interprétation et on ne voit pas comment de tels critères puissent s’élaborer en dehors de tout principe (le beau ou le magnifiquement expressif ou la réussite ou le pouvoir forment eux-mêmes des gilles discutables).

Mais par contre il est indéniable que la volonté ne peut pas seulement dans le savoir ou la « vérité » atteinte se satisfaire et encore moins se résoudre ; la volonté dépasse de toute manière n’importe quel entendement.

Serai-ce sagesse que de s’astreindre à limiter la volonté par l’entendement ? Peut-être mais à condition que l’on retrouve dans la vérité toute ou suffisamment de la réalité, ou alors accepter au nom de la vérité atteinte, close, de manquer tout le reste. Y a-t-il un reste ?

C’est donc là qu’est le problème ; la volonté voit bien, peut-être à tors, que du reste, il y a.

On peut admettre qu’elle s’illusionne ; ce serait un trouble majeur que de se perdre dans des désirs , des intentions, des décisions qui seraient illusoires, inventées, puisque ce qui est réel, c’est ce qui entre dans la vérité. Qu’il suffirait d’étendre la vérité pour qu’elle recouvre les réalités (illusoires sinon) et rejoigne la volonté (dans ses intuitions fulgurantes, peut-être vraies, peut-être fausses, le savoir, retenu, seul nous l’intégrerait).

Le fait est que les volontés ne parviennent pas, mais pas dut tout à admettre la vérité, close, comme seule réalité suffisante à leur être.

Or cependant, il faut aussi et avant tout reconnaitre que la majorité des volontés ont intégré la vérité, le savoir, l’universel, l’objectivité, le droit ou la culture, comme partie intégrante de leur existence. Il n’est pas très acceptable de considérer l’universel ou le droit comme des détériorations de l’ampleur de la volonté ; elle est fondée en l’universel, en la morale ou voir l’éthique, par la culture et en conséquence par la propagation et le partage.

La volonté qui se veut seule indépendamment de tout le reste est une absurdité. Elle prend sa forme, parfaitement une, pour tout ce qu’elle peut. Ce qui est tout à fait spontané et naturel et en un sens logique, mais sans effet.

Or on sait depuis Sartre que la volonté sans effet, la liberté sans monde n’existe pas même, ne parvient pas à exister ; le libre n’est que de dépasser un donné. Et Sartre ajoute ; elle n’est que dans le dépassement (elle n’a pas de réserve « intérieure », mais elle préserve par contre la pure unité formelle en tant que telle ; sinon on ne voit pas bien de où elle sortirait ses ambitions).

Cela ne comporte pas que la volonté, adhérente, se satisfasse de l’universle tel que déjà réalisé, mais plutôt qu’elle souhaite étendre l’universel, alors même qu’elle n’y voit goutte et ne perçoit pas du tout comment et par où l’universel puisse s’agrandir, ni même peut-être désespère de garantir le peu d’universel qui soit historiquement réalisé. L’universel étant constamment envahi par les volontés noyées d’immédiatetés, finalisées dans un quelconque monde humain particulier, mais aussi absorbé par des connaissances qui étouffent, objectivement ou religieusement ou moralement, l’universel lui-même.

C’est qu’il est deux versions de l’universel ; celle dans laquelle la volonté se reconnait et celle par laquelle elle se soumet. Et c’est d’autant plus dangereux et parfois indiscernable en ce que puisque c’est l’universel qui lui intime l’ordre, de se soumettre, elle n’y peut pas grand-chose opposer.

En ceci on voit donc qu’elle sera obligée de s’attacher à l’universel et le remodeler… de l’intérieur ; autrement dit, on ne peut pas faire l’impasse d’une intellection, d’une compréhension de l’universel et le reprendre de là où il est, (légitime en soi, illégitime pour une volonté bien née).

Par ailleurs, si la volonté excède l’entendement, la connaissance, la volonté philosophique ou esthétique ou politique ou éthique en eurent immédiatement la conscience. De révolte en recommencements. Lors même que pas un seul ne veuille réellement annuler la vérité, et alors même que dans la négation de la vérité et de l’universel, plus d’un s’égarèrent.

Du nietzschéisme au marxiste et toute idéologie qui nie le démocratique, ou toute attitude non seulement excessive, et il existe de nombreux avatars de la volonté qui peut se couler dans n’importe quel mouvement, désir, mystique, illusoire, mais aussi dans toute vérité partielle ; cad de ces vérités qui ignorent l’ampleur de la volonté et se satisfont de telle théorie, telle connaissance particulière, quand bien même seraient-elles universelles au sens d’objectives, ou de légales ou de morales ou culturellement élevées. En réalité il n’est que la philosophie qui non-identifie « ce que c’est que l’être » ; toute proposition philosophique qui semble si affirmative voir dogmatique, à tout le moins « énonce », et toute énonciation peut être remise en question de ce que simplement elle se justifie et peut donc être contredite, faisant appel à en tout point de vue, au moins conséquent.

Une philosophie qui s’imposerait dans la réalité, dans le vécu, cesserait d’exister en esprit … Et tout serait annulé de ce fait. Si la philosophie s’est imposée, (elle notablement, elle le fit), c’est de convaincre et du dedans de chaque volonté.

Aussi est-il aberrant de nier à l’universel son efficience ; c’est essentiellement ne pas s’apercevoir que toute autre option que la volonté ( que l’on engage contre l’entendement, vitalisme ou socio économisme, etc) est un simulacre de celle-ci, un avatar, une fixité. Et surtout ne pas comprendre ou ne pas admettre que l’entendement, le savoir, l’universel ne sont pas à se représenter comme « corpus clos et totalité inerte », (pas plus que l’universel n’est l’objectivité scientifique) mais sous l’égide du Un. L’universel se représentent comme réflexion de la volonté sur elle-même ; comme courbure.  L’universel est, non pas le concept, mais le statut de la volonté quant à sa technique d’être.

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L'inconscient et l'intentionnalité

22 Juin 2011, 23:59pm

Publié par zwardoz

Si notre être est l’intentionnalité, c’est la même chose que de dire qu’il est une série de réponses, dont il ignore les questions.

Il est apparemment de la nature de l’intentionnalité d’être essentiellement limitée ; l’intentionnel n’est pas le conscient. Du reste le conscient existe-t-il ? Existe-t-il tel qu’on le croit ? Une sorte de connaissance, ou même l’idéal de connaissance ; on se sait, soi, puisque l’on existe « soi ».

Mais le conscient est une reconstruction, par un observateur ou dans la définition de soi par soi. Dans la réalité, il n’existe que le passage des intentions les unes dans les autres ; et encore, puisqu’intentionnel, nous passons d’une intention vers une autre et visant, de plus, un objet. On est bien, donc, dans la présentation d’un conscient tourné vers le monde, extérieur, qui s’écrit comme une connaissance, mais qui se vit comme un passage d’une intention discontinuée, en une autre, qui se tiennent, elles-mêmes, d’objets extérieurs. En sorte que nous dépendons étroitement de tels objets…

Il est évident que de telle ou telle interrogations du monde, nous y reconnaissons les réponses ; mais ça n’est pas là que le problématique s’est installé. C’est dans la conception de soi ; on ne sait trop quoi répondre si l’on tente de se définir ; puisque l’on existe dans l’activité intentionnelle, qui contient elle-même toute définition de quoi que ce soit, et que cette activité ne se reporte pas sur un plan quelconque, pour qui tous les plans sont quelconques et inactifs, en comparaison de son bruyant activisme.

Si tout donné se posait comme conscient, effectivement exprimé à peu près clairement, on ne se dessouderait pas en deux parties ; les questions ignorées d’un côté et les réponses, ignorantes des questions, qui essaient de combler le questionnement, qui cherchent dans le monde, ou s’évitent dans le monde. Alors en somme notre conscient est immergé dans une galaxie d’interrogations, dont il est le strict système solaire limité ; et il tourne en rond.

Les questions sont donc posées dans l’in-conscient ; mais comme celui-ci n’est pas en lui-même un discours autonome, (il ne formule pas dans le conscient des réponses aux questions, ce qu’il formule dans le conscient ce sont des symptômes, la continuation des questions ou leurs évitements déniés, etc), alors le conscient est le repérage des questions déportées, et l’on peut ainsi avancer, oui, que le conscient est l’uni-bande limitée, et que notre être, notre être « total » l’embarque, ce conscient.

Or il n’est pas notre être, le conscient : notre être est l’intentionnel. Cela même qui pousse extérieurement aux objets, mais qui par ailleurs et pourtant aux objets ne s’arrête pas ; il leur survit.

Nous ne sommes donc pas l’in-conscient, mais pas plus le conscient, et notre être s’il est l’intentionnel, est le flux non pas, jamais, intégral (c’est une motion du conscient tel qu’il l’imagine être), mais intègre, au sens où il cible des objets, mais qui vise, au-delà des objets, à échapper à toutes forces à tout ce donné, ce pesant tas de trucs.

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Le sujet de philosophie, pur, et l'objet, étriqué, du moi-même

15 Juin 2011, 14:36pm

Publié par zwardoz

Il est, en somme, non pas deux positions de l’intentionnel, qui seraient immédiat ou réfléchi, mais subdivisions jusqu’à se perdre plusieurs fois. Comme l’intentionnel ne peut pas être interrogé en lui-même, (il existe peu, voir inexiste), on prend souvent ses objets, ses finalités, ses modes d’être dans un monde, comme étant son essence, sa seule représentation, son représentant sur terre.

Si l’intentionnalité s’épuisait ou s’affaissait dans un objet, il ne renaitrait pas si aisément à propos de tout objet, par toute stratégie, en tout miroir. On se demande quelle est l’identité d’un moi qui varie constamment, mais l’intentionnalité existe, elle, dans la renaissance continuelle ; quand bien même malgré toutes espèces d’interruptions, voir de cataclysmes.

Il est à peu près clair que l’on ne sait pas quoi en faire ; comment jouer de l’intentionnalité. Les morales bâtardes en sont pleines de ruses partielles et assujetties. Il est probable qu’une grande partie de notre énergie consiste à échapper à la structure d’intentionnalité pure ; à l’inscrire dans des finalités. Forcément réductrices, puisque l’intentionnel n’est pas de ce monde, ni d’aucun. Il est par ailleurs difficile de repérer que l’attention puisse être en elle-même l’objet d’une méthodologie. En réalité la seule méthodologie qui permette le plein emploi, autant qu’il est possible, de l’attention se nomme … philosophie.

Parce que, outre le traitement conceptuel de « ce qui est », il est chaque fois une mise en forme de « ce par quoi il faut agir » sur la pensée.

Et puisque la philosophie s’attache à cela-même qui permet de maitriser ce qui nous vient, elle essaime en toutes dimensions ; esthétiques ou éthiques ou connaissantes ou existentiellement vécues. Elle s’en prend à ce qui, en nous, se décide de soi ; se décide de soi. En un redoublement.

Aussi, alors même que le concept est en désordre, ou l’idéal ou l’idéel désenchante, l’universel en pagaille, peu importe, puisque le propre de la philosophie n’est pas exclusivement de penser, mais plus en amont de contrôler ou plus exactement d’orienter ou même de seulement réorienter l’intentionnalité, l’intention d’y être. De réorienter cela même qui nous donne l’accès à ceci ou cela. Il ne convient donc pas de laisser être-là, inerte, ce que nous sommes.

Or cela ne signifie pas un contrôle ardu, pesant et tout extérieur, mais une grande latitude. C’est que le contrôle ardu est requis lorsque l’objet est précis, précisément là, alors qu’en ceci l’objet de la volonté étant « tout ce qui vient par où cela nous arrive », cet objet global et incertain, il en est une volonté bien dégagée et aléatoire.

La mise en œuvre de l’intentionnel par lui-même se crée ses occasions propres ; les esthétiques, les éthiques, les contemplations ou les aventures du monde. Pour toute énorme entreprise il est exigé en somme une volonté de la volonté ; soit ; une motivation. Et puisque l’intentionnel n’est rien du tout, s’appliquant à lui-même, il renvoie ipso facto à « tout contenu » (cad tout donné, tout vécu, toute sorte de mondes). La volonté de la volonté est le perfectionnement de notre être qui, inexistant, passe, sans plus de mémoire, de tel contenu finalisant ou voir obsédant, monomaniaque, à l’ampleur qui lui sied. Parce qu’ainsi non seulement il laisse instamment remonter tout contenu possible, latent ou virtuel, et forcément réel, mais de plus il parvient à se rendre, quasi objectivement, ce qui sinon demeure dans la prédisposition aux objets délimités ; puisque dans le vécu on ne se fascine que des objets de l’attention et non pas de l’attention intentionnelle elle-même.

Pour le moi-même habituel, ce qui se veut en tant que vouloir, parait n’être que le vide ou la belle âme ou l’inaction ou l’image de soi incompréhensible, un narcissisme ou une vanité. La réalité est que la double volonté explose et expose les contenus dans leur quantité et indépendamment de leur qualité ; non un vide, mais un plein. L’exposition du remplissage : du remplissage de tout ce que l’on est (remplissage qui prélude à tout objet et qui passe à la trappe, puisque fasciné de tel objet), le déballage de tous les états de choses. Suractivité et non pas inertie.

Et ce sont donc les systèmes de représentations qui seront privilégiés ; le but de l’intention de volonté n’étant pas tel ou tel objet, mais la représentation de ses possibilités ; il se signifiera dans ces systèmes ultra rapides et notifiant tout mouvement de l’âme en épuisement du monde, de tous les mondes.

En comparaison de quoi, le moi-même ne se tenant que de quelques finalités, voir d’une seule, laisse dans l’inertie, l’inactivité, ce dont il se sert pour désirer ; l’intentionnel ne lui est que moyen, et se plonge de ce fait dans l’obscurité du non dicible, ne s’expose pas du tout et il lui semble seulement qu’ici et là un objet, famélique, le représente.  

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La Parole et la séparation généralisée

13 Juin 2011, 19:38pm

Publié par zwardoz

La Parole est l’idéal, ancien, qui instituait le langage et partagé par tous parlait le monde (autant qu’il l’organisait). L’ensemble entrait dans la transmission du groupe vers chacun et inversement ; les échanges ou tout geste ou tout signe s’engrenaient dans une unification exprimée constante, fondée en sa vérité dans les immédiatetés, les apparitions expérimentées du donné. Donné, vécu et monde s’existaient dans l’ensemble des différences parlées.

La pensée s’impose comme rupture ayant de par soi une unité qui rompt le monde et la vérité, la perception et l’expression mais donc s’installe en toute unité de « soi » et nous demande comme vérité de parler, certes, mais en notre nom propre. Séparé.

Le défaut de parole (partagée) renvoie d’une part à l’énonciation hachée et d’autre part au corps. L’individualité, séparée (de tout, puisque n’ayant plus la parole pour se soutenir dans le monde, ni pour achever le monde en tout instant), est refondue dans l’immédiateté ; mais il n’en est aucune ; sinon le destin de son corps, sa sexualité, son identité d’existant en tant que vivant.

Ça constitue tout son horizon en tant qu’immédiat ; ce en quoi il se réfugie, au sens où la séparation est telle qu’elle l’expulse dans l’abstrait si il ne se lie pas au donné vivant. Autrement dit, en tant que sujet il est perdu (pour tout : puisque le sujet n’appartient à rien, ni à personne, pas même à « soi »). En tant que moi il s’identifie au seul vivant qui soit à sa disposition ; vivant non seulement d’être un « corps », parce que le corps contient en lui-même son propre projet, bio-physique-chimique, (ce que l’on voudra), censé ne pas devoir s’interroger lui-même, ni se séparer ; et finalités qui confinent enfin au relationnel par le générique ; la poursuite de la vie par le vivant (en quoi l’individualité s’efface dans plus grand que soi, à condition de n’être que biologique, ou cette variante qu’est la psychologie ; du point de vue du sujet la psychologie est pareillement déterminée).

L’énonciation hachée consiste essentiellement en ce que lorsque l’on nous interroge, lorsque l’on pose une question, lorsque donc on communique, c’est en personne que l’on répond. C’est ce qui est demandé ; on est appelé par son nom. Le moi apparait comme l’interface obligée qui est quasi intégralement la réponse que les autres demandent, ou pire attendent (leur identité est appelée, ou non, ou plus ou moins, par votre manifestation).

Que l’on soit nommé par son nom, n’est qu’une part de l’investissement ; la seule magie, la seule synthèse immédiate à notre disposition est de formuler le corps, son identité et de lui soutirer le vivant en lui.

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Zemmour ... (de ce qu'il a toujours raison ...)

5 Juin 2011, 11:41am

Publié par zwardoz

Zemmour est toujours assuré d’avoir raison. Pourquoi ?

Non qu’il soit d’une intelligence si confondante, ou qu’il détienne la vérité définitive sur quoi que ce soit, mais parce qu’il se place constamment dans la perspective d’un hégélianisme global. Autrement dit dans la perspective d’une raison d’État laïque républicain .... et bien français ; et en partie avec pertinence. L’État français est presque l’incarnation sur terre de la pensée philosophique hégélienne.

Le prix à payer est immédiatement corrélatif ; un État est toujours celui d’un peuple particulier (que Zemmour considère comme plus que particulier ; comme étant l’Etat nait de l’esprit d’un peuple spécifique, élu si l’on veut, inspiré le cas échéant). Aussi croit-il dur comme fer que l’État, français, vient non seulement de la forme étatique parvenue à son essence, presque à son aboutissement historique,(du moins pour le moment), mais aussi de tout l’esprit qui lui donne naissance, qui l’impose dans l’histoire d’un peuple du fait de sa chrétienté, de son 18émisme, euh pardon de son 19émisme (puisque Zemmour privilégie Bonaparte plutôt que le siècle libertin et que l'éclairement des lumières lui sied bien peu), de son patriarcat ou on ne sait quoi encore qu'il puise allégrement dans son propre passé (ça lui fait chaud au coeur).

Aussi sous la forme de l’État universel des droits et devoirs, de la constitution, embarque-t-il un passéisme assez déraisonnable ; sa vieille France est celle qu’il légitime en tout de ce qu’elle incarnerait l’universel (en cela il est tout à fait raisonnable au sens fort, et donc ne peut être contredit, dans son idée en tout cas), mais ce faisant, il ne s’en aperçoit pas, mais il traine toutes casseroles possibles qui furent et sont encore les nôtres. Lesquelles casseroles cette fois, n’ont rien à faire avec l’universalité à proprement parler.

On peut donc dire que Zemmour n’est qu’à demi philosophe ou alors qu’il n’a pas bien compris de quoi, philosophiquement, il est question lorsque de l’État on prononce l’essence. Que l’État vienne à s’incarner dans un peuple, via son esprit, ne comporte pas que cet État soit indissociable de cet esprit ; puisqu’il est, quand même, de l’essence de l’universel d’imposer son indépendance bien réelle, bien structurelle ; l’universel en un État dépasse déjà son incarnation.
Il peut même, si il veut, enchâsser cet hégélianisme dans un biologisme de la plus belle espèce (les femmes, les gènes, et tout ça ; une soupe anthropologique).

Par exemple ; on peut tout à fait exiger d’un État qu’il subordonne sa lettre aux droits nouveaux pourvu que ces droits relèvent non pas de l’Etat mais de ce qui existe encore bien en-dessous de sa racine, ou bien au-delà de son possible propre ; qui relèvent ces droits, de la démocratie, qui, elle, est véritablement l’essence même de l’État, qui est, elle, profondément politique ; au sens où Politique définit l’État en tant que relatif à l’universel et non pas uniquement à l’esprit d’un peuple, quel qu’il soit. L'indépendance du droit vis-à-vis de l'esprit d'un peuple (particulier) est une difficulté essentielle ; il se réfère à une législation pesante, fondée "naturellement" (la famille, le libéralisme 19émiste, la patrie, etc). Et non pas en prise avec les difficultés du libre individuel.

L’enfermement dans l’esprit du peuple caractérise à la fois la validité, mais aussi la profonde fausseté ou plus exactement l’erreur de Zemmour. La confusion s’établissant de ce qu’il ne distingue pas la politique politicienne de la politique en son essence (ce qui aboutit au réalisme « zemmourien » ; la disjonction complète de la morale et du politique ; attitude qui est incomplète, inachevée, incompréhensible, absurde), puisqu’il ne distingue pas l’universel réalisé de l’universel en son essence philosophique et non pas idéologique ; par quoi se limite avec cohérence Zemmour : de philosophe du paf, il redevient idéologue, bien qu'il lutte contre, comme un forcené, ou , ce qui revient au même, revendique ce statut de "réactionaire" en le claironnant.

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