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instants philosophie

Le rapport seul existe

18 Décembre 2021, 08:40am

Publié par pascal doyelle

Que le je soit infiniment lui-même. Soit donc le feuilletage du je. Ce qui est une chose, que l’on verra. Mais aussi ça interroge sur la nature du je. Le moi est, dans le champ intentionnel, un objet, construit (ici, bricolé), dixit Sartre. Si le je est un champ intentionnel (que Sartre présente ou suppose universel), on précisera bien plutôt que c’est un rapport ; tout ce qui entre dans et par le champ intentionnel, s’installe dans un rapport.

Il n’y a pas un je supposé parce que l’on veut à tout prix instaurer un sujet. On admet un je supposé, un (en tant que rapport) parce qu’un champ intentionnel est fait, constitué, de A à Z de rapports. De signes. Et donc de tous les rapports il s’en tient un seul. Puisque, à tout le moins, ce tissage de rapports se place lui-même dans ce tissage ; il se place dans ce tissage afin de se déplacer et il se déplacer (de rapport en rapports) afin d’organiser le tissage, particulier, généralisé, singulier, perspectif, représentatif, intellectif (sciences, philosophie, idéologies, religions, etc). Imaginer un champ intentionnel qui n’utilise pas son propre repérage est une absurdité ; parce qu’il existe en tant que rapports, et un rapport se sait. Si il ne se sait pas, il n’existe pas. C’est le signe (qui n’est pas une connaissance) qu’il s’envoie qui le crée et ce absolument en une actualité, cad un présent. Il n’y aurait pas de représentations (ni de signes) ni de pensée, ni d’organisations et tout cela ne serait tout simplement pas viable (ni n’apparaîtrait, et n’existerait pas). Ceux qui nient la liberté nient que le je se sait (ce qui ne veut pas dire qu’il se connaît ; il suffit de se désigner pour se savoir, cad se produire sur la scène et donc se placer et se déplacer et modifier tout le tissage, de porche en proche ou en une fois, dire « je » par ex modifie tout).

Ceux qui nient la liberté, prennent la pensée, par ex, pour une « information », ce qui ne veut rien dire du tout. Même pour une pierre ou un vivant, ça n’est pas de « l’information » (qui est juste une sorte de repère idéologique vague, de même que le « désir » est un des fétiches pseudo naturaliste, ou réaliste, qui représente dans un moment idéologique, la liberté de chacun). Dire « une information » c’est croire qu’elle substitue par elle-même (c’est une vue de l’esprit tout à fait idéaliste, comme beaucoup sinon toutes les substitution depuis 2 siècles). Ainsi on imagine que le robot est « intelligent ». aucun sens (c’est un ensemble de règles, pas une conscience, pas un rapport . Remarque seul ce qui est en soi-même rapport est capable de rapports. Et le seul rapport, comme on a vu et verra, est unique ; c’est de non pas percevoir l’horizon mais de se percevoir à partir de l’horizon, de l’en-dehors, du « là » du réel, du réel de la réalité, à partir donc de l’autre-point. Et si on perçoit à partir du point-autre, on perçoit à partir de l’autre-point ; le rapport étant non une qualité, une détermination, lorsqu’il est saisi (ou lorsque l’on en est saisi) on saisit l’autre-point absolu, cad formel. Dans le rapport qu’est toute conscience, le formel est absolu.

Le feuilletage puisqu’il s’agit, comme d’habitude, de réintroduire de la bizarrerie ou de l’étrangeté ou de l’énigme ou du mystère, mystique, ontologique, dans la vision que l’on a (de la réalité ou de sa vie vécue ou donc du réel tel quel). Parce que rien n’est évident du tout. Le présent par exemple, qu’il y ait « un présent » est une étrangeté absolue. Que l’on dise « je » est une incompréhension absolument totale. On ne sait pas ce que cela signifie. Ça n’impose pas que ça n’existe pas (il faut cesser de croire que la forme objective de l’universel, soit tout l’universel ; le je est bien plus grand que l’universel formulé). Le je n’est pas : il existe. Aussi est-ce cet exister qui est présupposer, partout (dieu,l’être, le là, le un, le bien, le qui-était-là/qui-n’est-plus-là/qui-est-quand-même-là (le christ), le sujet ou la révolution, etc).

Ce qui paraît contradictoire ; à savoir que si c’est un je, il est un. Mais on a vu, maintes et maintes fois, que le je est intentionnel, cad constitue des rapports. Croit-on que le je ne mémorise que les déterminations du monde ou la détermination, hypothétiquement une, de son moi ? Ce serait bien plutôt les positions que, lui, il occupe ; en tant que : qu’est-ce qui est sujet ?

On retrouve ce problème avec Badiou qui caractérise le sujet par l’universel ; il n’y a de sujet qu’universel. Mais l’universel en soi non seulement n’existe pas, mais il n’est pas ; il n’y a d »être que dans le mouvement de l’arc de conscience ou l’arc du présent ; ce ne sera donc pas sous la formulation objective (de la métaphysique de la vérité universelle d’un discours) mais sous celle de la position qui définit à la fois le début et le terme d’un rapport.

… c’est pour cela que c’est une formulation toujours très étrange. La forme « le rapport » suppose toujours un autre. Un autre sujet. Et comme dit Descartes un sujet plus grand. Pour lui, dieu ; ou plus exactement la refonte très spéciale cartésienne de dieu.

La formule de l’autre bout du rapport en tant que sujet est évidemment née et poursuivie en dehors de la philosophie, ou alors sous des notions empruntées ; comme l’infini ou l’immutabilité, etc. Ce qui est peu compréhensible dans la mesure où le dieu chrétien est trine, et donc Saint-Esprit en tant que communauté de tout le divin, y compris du peuple de dieu, l’église. Il y a un choc sinon contradiction entre le dieu vivant et le dieu théologique ; qui doit relever de l’universel, lequel définit un objet, un gros objet peut-être mais un objet. Or on a vu que c’est le sujet qui est réel (Hegel l’avoue si « Descartes installe la pensée, enfin, en tant que sujet », donc n’est pas de la pensée, et c’est « l’esprit », une incertitude qui tente de se clore sur l’universel savoir de soi comme savoir).

Mais donc si l’universel ne circonscrit pas le sujet, alors il est ce corps. C’est parce qu’il est retour à partir du Bord (du monde ou du corps ou de la vie vécue, cad par dessus la mort) qu’il y a un sujet et tout cela est réel et réalité ; mais alors qu’est-ce que le corps ou la vie vécue ? Ce qui revient à ; de où se perçoit-on ?

On comprend l’importance cruciale pour un moi, un moi-même, une personnalisation ; qui croit qu’il sait de où il se perçoit.

 

 

Que l’on soit cette conscience, cad ce faisceau intentionnel, veut dire également que l’on est ce champ intentionnel. Or les signes servent à stocker les mémoires. Et si les mémoires absorbent et organisent les déterminations, il s’agit également des positions de l’arc de conscience (et même il n’existe pas de mémoires qui tiennent durablement hors de la position d’un je). Puisqu’il n’existe d’esprit, d’intellect, de mémoire que situés par un je dans un horizon, et l’horizon premier est celui-là du monde réel donné là. Lequel est unique, non remplaçable.il se trouve que ce je déploie dans son champ intentionnel un autre horizon, ou donc un point de fuite, un point de perspective (parfois mal assuré, lacunaire, et qui évidemment ne couvre pas la totalité des déterminations qu’il éprouve au cours de sa vie, de son expérience).

Qu’il soit un rapport veut dire qu’une partie est cachée. Dans la mémorisation (des structures feuilletées) la conscience se dissimule. Il faut saisir que le conscient est un mouvement double ; on prend conscience de V sur l’horizon X. Pour rendre conscient l’horizon X il doit devenir Y sur un autre horizon X. Il est un horizon inamovible, sauf qu’il s’agit de la pure position X du monde donné « là ». Donc Z, le dernier horizon.

Le Z est absolument toujours là. Et c’est bien l’horizon à partir duquel on se perçoit (et donc perçoit toute la perception). Un animal, un vivant est au centre de son milieu. Une conscience, cad ce rapport à soi du rapport lui-même, non pas perçoit l’horizon comme tel mais se perçoit à partir de l’horizon. Et c’est le sens de la coupure psychique qui sépare un corps, vivant, de son centre (la fameuse castration psychanalytique, la coupure du signe, du signifiant, il n’est aucun moi sans cette division absolue, cad formelle, et chacun reste quelque part et plus ou moins prisonnier dans la non-coupure, qui est la confusion, la fusion). Mais si coupure il y a, alors ce corps se perçoit du dehors, dans l’horizon du monde (ou du Bord de son corps, ce qui est un non sens pour un vivant, mais justement c’est devenu un existant et non plus un vivant).

Mais cet horizon du monde est un « là » (l’être ou le point absolu, dieu, ou le regard premier, le christique ou le sujet qui se-sait, ce qui ne veut pas dire qu’il se « connaît », il se positionne, se-sait là). Et ce « là » est la position du réel. Purement formel. Mais ce sans quoi rien n’apparaîtrait puisque c’est par là qu’il y a distinctions, signifiants.Le moi se tient de quelques signes dans le champ intentionnel et suppose imaginairement la consistance de son « être » (qui comme tout être est un assemblage, un agrégat, ou le moi tel un bricolage, que l’on doit sans cesse recoudre, par des objets, accédés, ce qui veut dire construits, ou rêvés, intentionnalisés, par des désirs). L’être n’est stabilisé nulle part ; il est seulement pris dans un mouvement et déposé là momentanément ou dans un dynamisme psychologique ou psychique, comme pour les désirs du moi.

Comme on ne sait pas ce qui est toujours supposé dans le rapport, dans la conscience-de ceci ou cela, le fond échappe constamment, parce que le fond c’est le « là », l’horizon ou l’intentionnel, qui sont vides, sont de pures positions, formels. On n’a jamais de réponses sinon la dernière ; dieu, l’être, l’universel, le sujet, le réel. Il n’y en a pas d’autre, qui soit dernière, sauf des réponses secondes, des substituts. Il n’y a pas de désirs par ex ; ce sont des fétiches, des semblants, des imaginations ou des images ; qui se donnent pourtant comme « réelles » puisqu’on les voit… mais ce ne sont que des perceptions, hallucinées, prises dans le mouvement qu’est l’intentionnalité ; la densité de l’objet désiré lui est prêtée, il ne consiste pas en lui-même, et notre être, qui n’en est pas un, ne désire rien, il veut le réel.

Or la structure intentionnelle unifie, certes, il y a un je, mais avant tout décentralise et ce totalement ; elle est d’abord un processus de décentralisation qui va capter les réalités, perçues. Originellement c’est un champ perceptif, celui du vivant, d’un vivant comme tous les vivants (qui se déplace dans son milieu, étant au centre, pour se repérer ; il ne subit pas des chocs, comme les pierres, et ne pousse pas comme les plantes ; il a des pattes et une peau pour le détacher, séparer du donné) et il reçoit donc les informations du dehors (puisque lui est un avec lui-même). Et l’arc de conscience (qui s’ajoute au vivant) intègre tout ce qu’il peut (question de survie) et ce en créant un champ intentionnel, et susceptible d’être communiqué au groupe et transmis entre générations. Donc une mise en forme culturelle du champ commun (qui se dépliera ou développera en champs individués, par la raison ou par le christique, les esthétiques, les romans, le cinéma, etc).

Mais l’unité des tous les champs, quelle est-telle ? Celui de la volonté du sujet (qu’il soit un groupe, ou des individus). Si ce champ non content d’absorber des informations (en les codant, en somme) ne se prend pas lui-même par la main pour vouloir une unité des champs, cette unité est tout à fait faible ; puisqu’elle n’entre pas dans son propre champ et donc ne se développe pas, ne s’affirme pas et se perd de vue, littéralement.

Par quoi on en revient à désigner la structure comme un dispositif, lequel doit, pour admettre qu’il peut et doit, pour augmenter son rayon (la pensée) ou intensifier (dieu, le christique, le sujet) ou accélérer (cartésiennement) ou partager et propager (la révolution, entre autres), qu’il doit se dénicher non une unité mais une décision. Une âme. « L’insondable décision d’être ». Lacan. Puisque cette décision s’avance jusqu’au moi-même, le moi-même, la personnalisation étant la plus concrète, et la plus dense (densité), expression de l’arc de conscience.

Ce qui était déjà prévu par le christique … puisque la raison, l’universel, la pensée, vous récupèrent et ajoutent un étage à votre être, une presque conversion, une décentralisation (vous n’êtes plus le centre), mais cette caractérisation de la pensée consciente n’est pas la conscience que vous existez.

Et dès que le christique s’impose comme véritable révolution, elle est totale ; elle engendre une civilisation (ou la possibilité une civilisation, totale, qui s’empruntera par ailleurs de tout ce qui existe, Rome de fait). Et le moyen de relativiser cette conscience existante, c’est le regard du grand sujet (le christ, qui de plus donne comme infranchissable logique autrui en tant qu’autrui, soit donc l’égalité sous le regard de l’unique, du un tout-seul) ; la relativiser puisque c’est dans cette distance qu’elle décolle d’elle-même, que ses déterminations basculent dans un rapport, en lequel et par lequel seul elle existe, à son propre regard.

Bien que le vivant en nous se sente comme le centre, l’arc de conscience est toujours et structurellement autre ; c’est cette altérité qui est distance, qui est amadouée ; de sorte qu’au lieu de subir elle soit utilisée (point de vue de l’efficacité), ou alors qu’elle soit précisément notre existence réelle, la seule qui vaille, et ayant à déployer son propre ressort, organisation, finalité, intention.

Étant un rapport cette finalité ne peut pas lui venir du dehors. Ou plutôt si mais à condition que telle orientation soit reprise et admise en et par soi, à condition donc d’avoir un « soi ». lequel n’est pas une identité, mais une capacité. L’éthique de ce dont elle est l’éthique ; l’éthique de la possibilité. Une éthique qui supprimerait la possibilité est de fait un égarement, et le moi reste dans son bricolage.

Cette éthique est celle non pas qui va réaliser un idéal (il s’y croirait, ce qui ne se peut pour un rapport, et demeurerait dominé par l’imaginé) mais qui présentera toujours la capacité (celle de n’être pas, Sartre, ou celle de Heidegger en plus symbolique).

C’est pour cela que la psychanalyse joue des surfaces, des parcours ; il y a un trou, au moins, dans le parcours de la conscience du moi (qui veut, désire, imagine faire-un, sous un regard), alors que le regard est un vide (Sartre) ou plus précisément et plus réellement formel. Il y a une exigence absolue et invincible dans la conscience qui est en tant que rapport. Dont un des bouts manque. Et ainsi qu’il y ait torsion, torsion ouverte ; on ne sait pas où elle va. On ne sait pas ce que l’on perçoit ni qui nous perçoit ou ce qui nous perçoit lorsque l’on désire ou pense, etc ; non que l’on ignore ceci qui se présente (sous nos yeux) mais on n’en connaît pas le fin mot…

Et pour un être dont le réel est un rapport, ne pas saisir le fin mot, le dernier mot, est un non sens, jeté dans le résidu, rejeté hors de l’être, sans cesse dénié dans l’im-monde. Un rien du tout, ou si l’on veut non un être mais un bricolage, mal foutu, qui rate, tout, tout le temps.

Ça n’est pas seulement une impossibilité logique, que l’un des bouts du rapport manque, parce que ce qui manque est évidement le bout essentiel, et le plus horrible tourment. Résoudre ou réduire cette souffrance, est une partie de l’enjeu (outre de savoir comment utiliser ce qui nous utilise, dans ce tour et re-tour lui-même, ce re-re-tour indéfini, puisqu’il est tel et revient, re-vient comme si de rien, il ne re-vient pas seulement, ayant déjà eu lieu mille fois, il Vient à chaque fois, nu et sans rien, sans fond, horizon brut, et pur). Amadouer la souffrance et donc organiser la capacité.

Lacan part du moi, tout à fait commun, qui se rencontre partout et selon chacun. Et ce moi imagier être, mais si il existe il n’est pas. Et il ne comprend plus du tout qu’il puisse « exister » ; pour lui, qui se réalise dans une société humanisée et en cours de personnalisation généralisée, démocratisée pour ainsi dire, les années soixante, il doit nécessairement être, être cette vie vécue et tellement heureuse. Tout se réalise quasiment complètement mais la complétude n’a pas de sens, au niveau de la signification structurelle (par ailleurs dû à la puissance intentionnelle dégagée, libre d’une part et régulée, par une égalité, quantité d’intentions, d’entreprises, de projets, de libérations, se réalisent, se rendent réelles) ; signification inaccessible structurelle qui ne vient, elle, que du réel (ou de dieu, de l’universel, du sujet, de la liberté-égalité, de la révolution toujours à continuer, renouveler, et non de la liberté seule, etc).

De la position-autre qui est insituable et ce à partir de quoi, de qui, de où tout le reste est situé, envisagé. Même autrui n’est envisagé, par le je, que via, selon, par et dans le (grand) détour de dieu, de l’universel, de la liberté-égalité, du réel. Un je ne peut pas ne pas instancier la verticalité, brute. Et à partir de cette unité, décisionnelle et non acquise et encore moins donnée, autrui est envisageable (sinon il est un esclave, mental, peut-être cool plus ou moins mais au final qui, étant déjà positionné dans le là du donné, s’impose et de manière terrifiante ; c’est le propre des mass et micro-médiatisations, le cinéma, la télé ou interne).

Par là on voit que c’est du corps dont il est question ; à savoir que l’arc de conscience existe, il est tendu (au travers de tout, puisqu’il pointe l’horizon Z dernier, le « là », formel, dieu ou le réel ou le je), qu’il absorbe quantité de perceptions (du donné, du vivant, du corps biologique), des informations de la réalité humaine (de son temps propre, lequel est depuis le christique soumis à l’eschatologie de la fin de temps, cad ce court-circuit gigantesque qui projette toute l’historicité sur le dernier champ intentionnel, du Jugement, qui est très compliqué, puisque ça n’est pas la Loi juive de dieu qui condamne), mais tout cela n’obtient pas le bilan conclusif ; le bilan conclusif est l’actualité du rapport ; une conscience est un rapport et n’existe qu’actuellement et ainsi garde toujours le pas dernier. Le rapport est structurellement vivant, ou si l’on veut existant (puisque le vivant est préservé pour le corps vivant).

L’arc de conscience, dont on a pu se gausser, nier la position sartrienne par ex, décide « en fin de compte » ; lui-même Sartre a contrevenu à sa position initiale (le pour-soi antérieur) en présupposant le marxisme. Puisqu’il ne se voyait pas réaffirmer toute la tradition … ou ce qu’il considérait comme tel. Or il n’y a pas le choix ; si la conscience brute existe alors elle réaffirme tout. Toute sa lignée. Dieu, pensée, christique, le sujet, la révolution originelle (la seule en fait, puisque les autres adapteront en imposant, l’égalité par ex sans la liberté, ou la liberté sans l’égalité, et diverses variations, parfois autoritaires ou dictatoriales donc ; il faut un peuple et une historicité spécifiques).

L’arc de conscience en tant que conclusif, celui qui, au final, prend la main, dans l’actualité de la décision, n’est pas un énoncé conscient de raison, philosophique, théologique, rationnelle ou de rationalité ou idéologique ; c’est pour cela que la finalité eschatologique christique (qui n’est pas là pour faire joli ; pourquoi aurions-nous inventé un tel règne terminal ? De où cela sortirait-il?) est la question même du sens, de la signification, de la structure du rapport que chacun est, que chacun existe.

De ce que Sartre se crut dans la nécessité, tout à fait théoriquement compréhensible, de revenir au marxiste (cad en fait à la densité d’un monde aliéné réel et d’une historicité ayant à se rendre réelle concrètement, ce qui en un sens est le comble de l’idéalisme mais peu importe ; nous ne sommes pas matérialistes depuis le 18éme, nous croyons rendre réelles nos intentions, c’est de la matérialisation d’idées ou d’images, non du matérialisme, et c’est cette réalisation, manquée, forcément, qui nous déchire et brise également les mois, dont la vie vécue n’est pas l’image de la vie vécue). Il voyait bien que l’arc de conscience se destinait au réel, mais à moins de nommer un Grand Réel, il lui fallut designer la réalité donnée (aliénée) ou réalisable (historiciste).

En vérité il n’y avait pas d’autres possibilités que de dresser la carte du réel tel quel, vide, formel, indéterminé, structurel (tous comme Nietzsche et Heidegger signifiaient la Volonté (la conscience comme n’étant pas le conscient) et l’Être (le présent, le réel comme contenant les réalités, l’Être distinct des étants).

Si le corps, l’image-idée du corps du moi, est fondamental (de ceci que la mass médiatisation en soit emplie, les objets, industriels, eux-mêmes sont des extensions) par contre pour le je c’est la décision ; le rapport actif nu, sans rien, qui se livre et libère (de toutes les chaînes). Et la plus ou moins grande capacité de son activité (un moi va réduire le champ de l’activité, puisqu’il se compute, se voit, se représente selon des déterminations, l’image pub par exemple, la mode, le flux de l’information recomposant sans cesse ces limites, à volonté, selon la volonté des autres qui commanditent l’information, l’in-formation, l’injection continuelle depuis les années soixante ; auparavant il s’agissait d’institutions pour ainsi dire, mais depuis lors l’in-formation directe s’est déversée et continuellement).

Il est clair qu’il faut alors élaborer les ouvertures dans cette capacité ; à savoir les débats tout au long des siècles de christianisme, de l’idéalisme ou des réalistes modernes ; on ne sait pas ce que

veut la structure de conscience. De même les multi-expériences démocratiques en France à propos de l’énigme de la Révolution ; quelle doit-elle être ?

Lorsque le moi s’inquiète, et même à vrai dire s’angoisse de son être, de sa réalité, de la réalité elle-même (celle-ci glissant continuellement, cad indéfiniment, comme un tourment, dans le fantasmatique irréel), lorsqu’il ne sait plus quel est l’objet de son désir, il lui est appris qu’il n’a pas, en fait, de désir. C’est une construction que ce moi qui se bricole et suppose, cad imagine, sa synthèse (qu’il place ici et là dans des objets, pensant recoudre la déchirure, sans laquelle pourtant il ne serait pas apparu, ne serait pas né) tandis que son être de structure (qui n’est pas un être et ne correspond à rien dans le monde ou la vie vécue) est formel ; il construit mais secondement, la structure existe en et par elle-même, sauf qu’elle est indéterminée (et conserve jalousement cette indétermination, refusant originellement ou actuellement ou éternellement ou structurellement quelque chaîne que ce soit ; puisque ce qui existe indéterminé ne peut pas, ne peut pas, succomber au donné, au monde, au vécu, ni même à ses propres fabrications, largage ou systèmes humaines ou relationnels etc).

Sauf qu’elle est indéterminée (puisque rapport, ou signes) et surtout qu’elle se produit dans l’actualité. Un je doit s’actualiser, l’universel doit être pensé, le réel doit être positionné, et dieu doit être crû ; dans le christianisme il s’agit d’avoir confiance dans la confiance, puisque cela seul crée la possibilité, l’entrée dans le grand rapport, celui qui prédispose de tous les autres, laquelle prédispose non pas notre « être » mais l’intention qui ne naît qu’actuellement ; dit autrement le divin doit se-décider, sinon il ne vient pas à l’exister ; ça n’est pas l’être qui mesure le réel mais l’exister, ce qui veut dire le créé, la structure créée, et qui se poursuit par ce dont le christique est la proposition; le renouvellement, puisque l’on y pardonne l’intention, qui échappe à la condamnation de la Loi, nous découvrant toujours coupables.

Hors l’actualisation pas de je, pas de dieu, pas d’universel et pas de réel (c’est la marque même de la psychanalyse, de sa révélation ; si on n’accepte pas le joug (du réel) on n’accède pas). On n’est pas, nous ne sommes pas, l’être lui-même n’est pas, il est pris dans l’exister, n’existe que le mouvement (cad l’exister, comme structure). On ne peut pas remplacer le vide de la structure par un de ses contenus. Et évidemment on a désigné ce vide dès le début (de la sortie de mondes particuliers qui se vivaient dans tel monde partagé au sein d’un groupe), lorsque l’on a compris que l’on produisait les contenus et que donc « quelque réel » (en terme de non-contenu) fabriquait ceux-ci et donc relevait d’un traitement spécifique (à cette formalité).

Le moi se bricole (et il ne cesse pas, il s’arrange à ne pas trop s’en vouloir ou aux autres, quitte à réduire la déception continuelle par la psychanalyse ou tout autre moyen, comme la psychologie, cad non la, relative, mise à jour psychanalytique, mais le renforcement du moi), mais le je se réserve.

Le je est toujours en-dehors, ce qui veut dire suspendu, suspendu dans le temps, ou plus exactement hors temps, puisque le présent, qui est l’exister, n’est pas le temps mais autre ou antérieur au temps, et puisque le Bord, du présent, entoure toutes les réalités (à quelque moment que ce soit) ; il n’est (peut-être) pas dans l’éternité ou l’absolu, mais dans… l’actualité ; dans l’actualité en tant que possibilité non pas tant pure que brute. On n’atteint jamais aucune pureté (idéale) sinon au sens de purement brute. Ce qui veut dire nue. Le je est absolument, formellement, structurellement virtuel et ne peut pas ne pas l’être (puisqu’il ne se concrétise en aucun contenu ou aucune détermination).

Ontologie actualiste

Aussi doit-il penser cette antériorité hors temps (étant entendu qu’il s’agit, à tout le moins, du présent, ou donc de l’exister). La structure interne du je est externe (ça n’est pas compliqué, c’est un rapport donc il est externe, à tout, y compris externe à lui-même), mais cet externe s’impose donc comme interne (dans et par rapport au monde donné là et à sa propre vie vécue) ; c’est la ruse créée par le réel ; non pas une « intériorité » (qui ne saurait obtenir de consistance) mais une surface encore plus externe qui donc se produit comme interne, offrant une surface en plus (le champ intentionnel) qui rend possible que dans la détermination et usant de la détermination se crée un champ de possibilité.

Or ce champ de possibilité est celui du rapport en tant que tel ; la conscience n’est pas celle de ceci ou cela, mais conscience de (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (sa possibilité) et non telle identité (toujours quelconque et déterminée). Et ainsi le rapport, qu’est une conscience, est son propre rapport, et comme c’est un rapport il n’est jamais (jamais) tautologique, mais distinctement découplé (de là qu’elle soit toujours conscience de quelque chose, mais n’est jamais aucune des choses dites).

Que l’ontologie (cad celle du réel) soit actualiste, veut dire que pour devenir réel le rapport soit ex-sister, se produire lui-même comme rapport(ce qui est logique, en quoi il s’agit d’une logique d’acte), s’intégré dans son propre champ. De même qu’il est passé de la conscience du groupe à la conscience de l’intention pure (dieu), du « là » du monde grec (l’être), du je qui se tient du christ, du je qui se tient de lui-même (Descartes, liberté) et de la constitution du réel humain comme Constitution précisément.

Ce qui est réel c’est non pas le donné (la détermination) mais ce qui devient ; puisque seule la structure sujet est capable de réaliser le possible ; le sujet se permettant de re-venir sur son état antérieur, étant constitué non de ce-dont-on-part ou de ce-à-quoi-on-arrive mais étant constituée du mouvement même. Il n’y a aucune autre possibilité ; impossibilité d’imaginer et encore moins de penser une Détermination ou une super-détermination qui s’assurerait dans la seule réalité.

Si le réel est la réalité (déterminée) qui tombe dans la dispersion néantique, alors tout est livré aux ténèbres. Feu follet dont personne ne se souviendra, puisqu’il n’existera plus personne du tout.

Le mouvement est dieu, l’universel, le sujet ou le réel

(et outre donc que l’on ignore toute la dimension du mouvement-même,

n’opérant que de ce dont on éprouve l’expérience, de ce qui apparaît dans le champ intentionnel, lorsqu’il est instancié structurellement, selon les points indéterminés).

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Naissances du Possible

11 Décembre 2021, 09:25am

Publié par pascal doyelle

Le but premier est d’éclairer la structure qui nous anime, via même des perspectives que l’on pourrait juger hétérogènes.

(puisque notre être n'est pas une idée mais une structure, intentionnelle)

Et le but moyen de voir un peu plus clair dans l’histoire de la philosophie, et de l’historicité.

La finalité dernière est de comprendre le sens de tout ce qui est (on en est loin).

Alors habituellement on bute sur des qualificatifs ; tel l’infini ou l’éternité ou l’absolu ou le un ou le Bien ou l’Être, etc. On ne sait pas du tout ce que cela signifie.

L’infini, « ce qui n’a pas de bornes », est une sorte de vide, d’idée vide. Et nous voilà dans la problématique hégélienne ; l’être ou le néant, c’est pareil. Ça devait l’agacer très fort, puisque Kant définissait des tas de réalités, mais supposait un nouménal. L’écrin transcendantal et au dedans on ne sait pas, on ne sait rien. Et Kant, cependant, parvenait à mettre en lumière toutes les procédures et tous les repères, antérieurs au nouménal et au point de compte non plus sur une définition de l’être (ou de dieu, ce qui est encore plus illusoire dans l’ambition ou la vanité) mais sur précisément l’ensemble des descriptions procédurales du transcendantal ; voulant, de par sa structure fine justement, comme preuve d’un fait organisé absolu et donnant le sens, la signification de la structure de « la pensée » qui n’est plus la-pensée, métaphysique, mais l’ontologie, la présence ordonnée ici même, dans le monde, la vie ou le donné, telle qu’elle s’expose si l’on y réfléchit. Si l’on amène l’attention non plus aux finalités habituelles, métaphysiques (en se laissant mener par le bout du nez de suivre les contenus des idées ou des notions en enfilade, jusqu’à dieu, au monde-idée ou au moi), mais conduit cette attention à s’observer elle-même et supposer de cet « être » spécial qu’il est spécifique et indique par l’orientation de son regard, de son intention, de son jugement, de son activité vers « où » tout cet ensemble de structures avance.

Aussi Kant veut-il relancer la philosophie non plus sur la notion mais sur la réflexion ; la réflexivité sur cet être, spécial, et cela veut dire qu’un discours nouveau est requis et Kant en opère immédiatement le déroulement. Et ça fonctionne tellement que Hegel appliquera le déploiement de l’ici même, de cet être spécial, sur toute l’historicité ; offrant une telle quantité de perspectives que l’on n’a pas fait mieux depuis. Les deux phénoménologies (de la conscience et du savoir absolu).

Ce qui veut dire que l’on ne se contente plus des notions indéfinies (l’infini, l’éternité, le un ou dieu, interprété théologiquement) mais que l’on va vouloir désigner ici même cela-qui-agit. Kant et Hegel ne procèdent pas autrement ; il s’agit de montrer l’agissement de ce qui est, là où cela existe.

De même que Descartes ne signifie pas une abstraction mais un dispositif ; cet être qui use de la pensée et qui n’est pas la pensée. Une « chose qui pense » doit s’entendre comme « il y a un - réel - qui pense », qui se représente, qui signifie. Et la pensée subit une redéfinition, que Descartes ne mène pas jusqu’au bout.

Et pour une bonne raison c’est que l’on touche là au réel même ; non plus à dieu, le un ou la pensée en soi, mais à ce qui se passe ici même, dans l’agissement ; ce que Kant essaie de calibrer et Hegel de décrire dans son activité même ; et si cet agissement est le réel-même, alors il serait plutôt surprenant que l’on en vienne à bout en une fois. Aussi de Descartes à Lacan cette structure active est-elle multiplement décrite, abordée par tous les chemins, et y compris par Nietzsche et Heidegger ; la Volonté ou l’ouverture de l’Être. Dont il s’agissait de décrire l’altérité de la structure ; la volonté comme Volonté, autre, surhumain ; ou son hyper objectivité métaphysique ; l’Être nous plie à sa capacité, sa grande capacité non humaine, voire inhumaine…

et effectivement la structure opérante, ce dispositif en nous, c’est ce qui nous produit, littéralement ; le moi est un moyen, l’humanisation est un moyen, notre subjectivation est, en un sens, générée par le grand processus réel qui dispose notre détermination afin de s’imposer. Ainsi le moi supporte peu ou à peine de devoir subir la liberté ou l’égalité ; si il suivait l’unité immédiate du corps, il ne chercherait que sa plus concrète satisfaction ; c’est seulement si il « fait comprendre » au corps, au vivant, au dynamisme du vivant qu’il existe un déploiement plus grand qu’à partir de là la liberté ou l’égalité, la pensée ou l’esthétique, etc, prennent place dans la perception.

Créer une image extensive de notre être, vivant, est évidemment l’enjeu bien effectif. De là qu’il faille d’une part que s’impose l’humanisation et d’autre part la personnalisation en cette humanisation (soit les deux derniers siècles, préparés diversement). Nietzsche et Heidegger voulurent relever d’une sur-image assez baroque, respectivement, puisqu’ils pressentaient l’absolue altérité de la structure, du dispositif de cet être spécial.

Qui ne se confond pas avec le monde, le donné, ou même sa propre vie, mais s’en distingue.

Il fallut donc que Sartre et Lacan s’interposent et analysent cet être en tant que spécifique et notamment spécifique en tant qu’intégralement et en toute intégrité formellement distinct du donné (l’en-soi) et du corps (inconscient).

Cela sous-entend que l’on ne pouvait pas demeurer dans la dépendance théorique de la pensée ; ce que Descartes, Kant et Hegel, malgré tout, conservaient. Puisqu’il est extrêmement difficile de se passer de l’universel tel qu’exprimé, exposé, si l’on veut comprendre quelque chose à quoi que ce soit.

Ça n’est donc pas d’annuler l’universel qui devrait être pris en compte mais de découvrir l’universel adéquat au réel ; cad à cet être spécial qui, entre autre, pense, et d’une manière générale signifie ; il signifie via ses mondes humains ou via ses esthétiques ou ses éthiques, qui organisent des champs de perceptions.

Il n’est aucune autre possibilité, pour maintenir l’universel d’un bout et tenir le réel de l’autre bout, que de supposer l’exister. L’exister, jadis invoqué par St-Thomas (en gros le fait du « là », qui relève de dieu et de dieu seul et que la pensée, humaine universelle, ne peut pas aborder).

D’une part l’exister, et d’autre part le possible.

On tient ici que le nœud absolu et formel est celui de l’exister et du possible, comme formellement le seul absolu pensable. Il y a un exister, cad pour nous un présent, parce que le Possible règne. Peut-on dire du possible qu’il « règne » ? Évidemment non.

Si le possible est c’est afin que les rapports (des choses, des êtres et des sujets) s’autonomisent d’eux-mêmes ; on n’imagine plus, de cela, qu’il y ait une réalité réglée sur un Ordre mais que l’ordre est dans et par les réalités ; si les choses ou les êtres sont complexes c’est qu’elles et qu’ils sont les rapports (complexes) qu’ils sont, qu’ils existent.

Et imagine-t-on une « réalité » qui ne soit pas complexe ? Non.

Donc la réalité repose sur sa propre densité, laquelle est désignée comme rapports. Il est ainsi impossible de la penser autrement que selon la possibilité qui s’actualise (dans les rapports qui doivent absolument s’effectuer eux-mêmes et d’eux-mêmes).

Mais alors le fait structurel absolu est l’actualisation. C’est cela qui devient. Non pas ce qui est actualisé mais la possibilité, absolument et formellement conservée comme telle (activité).

Ce disant, que l’exister et le possible formulent le réel, on comprend bien que l’on ne répond pas au problème, on le pose.

Et il faut voir, entendre la pensée (depuis toujours et depuis « la pensée » et « dieu ») comme la manière d’approcher le problème, de le formuler en tant que problème.totu au long l’attention s’est portée et déportée vers le problème, soit donc l’articulation que dans le réel il y en a au moins un qui perçoit le réel. Et donc ne l’est pas.

Mais si cet être spécial ne l’est pas, l’événement est considérable. Parce qu’il implique que le réel supporte cet être spécial. Une telle spécialité ne peut pas, ne pourra pas s’effacer dans un être inerte et sans conscience. Il faudra que le réel soit au moins égal à cet être dans sa spécialité même et qu’il y soit entraîné. Il ne serait pas conséquent du tout que la spécialité du réel soit inférieure à la spécialité de cet être spécial, il serait même plutôt préférable qu’il, le réel, lui soit supérieur ; qu’il soit une plus grande articulation (que cette spécialité en nous).

 

Et évidemment on a vu que la spécialité est celle de la caractéristique de « sujet » en tant que la structure-sujet, en forme de sujet est seule parfaite, au sens où parfait signifie « perfectible ». ou donc il ne convient pas que si dieu, l’absolu, l’esprit ou le réel sont qu’ils soient seulement ce qu’ils sont. Mais bien qu’ils soient sujets, susceptible de devenir, de modifier leur être, de sorte qu’il devient impossible de définir le réel comme un être déterminé (et qu’une hyper-méga détermination, supposée et surtout imaginée, puisque l’on n’y comprend déjà plus rien, que cette hyper-méga est dépourvue de signification). Ce qui est parfait c’est ce qui est peut se modifier soi et qui, même, existe afin de se modifier, d’œuvrer, de travailler à cette redéfinition continuelle de soi. Donc une structure-sujet.

La métaphysique (qui veut constituer le réel en tant qu’être, objet d’un discours qui en analyse la notion, l’idée) ne peut pas atteindre le réel, donné là, or pourtant c’est le réel, donné là, qui entre dans la philosophie. On a vu qu’elle ne disposait pas de la notion adéquate ; à savoir l’exister. Mais que l’exister s’introduit dans la philosophie via le sujet, qui, lui, existe « là » bel et bien ; le sujet, acté, pris en compte dans un discours qui le constate (Descartes), le décrit (Kant et Hegel), l’analyse (Sartre et Lacan).

Ce qui se démontre par ceci c’est que le réel ne change que d’être articulé au sujet, et à sa logique. Puis la logique doit venir surajouter au sujet ; si le sujet est le seul effectivement réel, alors le réel est en, par et pour le sujet ? Non pas. C’est le sujet qui actualise, pour sa propre part, le mouvement effectivement réel ; soit donc l’arc de conscience existe dans l’arc du présent et le présent est l’articulation qui déroule absolument, formellement tout ce qui fut, est, sera.

L’ajout est qu’alors l’exister, le mouvement est cela seul qui existe (le reste est). L’être est conservé mais rétrogradé et pour le dire retardé, littéralement, dans la nasse, la suspension du présent. Dont on ignore la nature, la structure, mais qui paraît s’imposer comme dimension en lui-même. Et ce dont il est question. À savoir que si le réel est sujet, alors le présent est son agent, son agent tel qu’il nous est, en tous cas, donné, offert. Dit autrement le présent est peut-être feuilleté. Le présent est cela même qui travaille la réalité afin que le réel, le mouvement, augmente constamment sa capacité.

Que l’on puisse avancer, de fait purement gratuitement ou presque, que le présent est l’agent de la structure-sujet, paraît, à juste raison, supposer que le présent est seulement une stase, une suspension (celle qui nous est accessible) d’une encore-plus-grande expansion, d’un encore-plus-grand présent, d’une dimension intégralement suspendue à cela même dont on a reconnu la logique, à savoir que Possible.

On a dit déjà que le réel est plus grand que lui-même (et c’est sa raison d’être, il y a une réalité afin qu’elle soit plus grande, qu’elle existe en et par l’infinité de tous les rapports qui l’actent et l’actualisent et un rapport ne vaut pas hors de lui-même, mais n’existe que de se tenir comme rapport, qui inscrit le devenir dans son pur, et brut, voire brutal, devenir ; il n’y a pas de rapport sans devenir, et visiblement la réalité est totalement livrée au devenir, elle s’en constitue).

Mais on doit dire aussi que le Possible est donc infiniment possible.

Rappelons ; le but n’est pas de prétendre l’infiniment possible réel, ou le possible infiniment réel. Ça c’est une chose. Mais de comprendre à quel degré le réel peut s’élever en considération de sa seule capacité constatée ici même.

Et on constate que, visiblement, tout est livré au présent.

Et on en cherche la raison sans présupposer autre chose qui dépasserait le rayon d’action, d’activité, d’agissement, de devenir du présent. On admet ainsi que le présent est infiniment actif.

Et par infiniment on n’entend pas une activité ineffable, mais la réalité et le réel de ce qui se déroule.

De même que ça n’est pas le nouménal qui devient (le nouménal ne devient pas) mais « la pensée, rendue par Descartes, enfin sujet » (Hegel).

Ou le corps coupé, par son milieu, du signifiant (Lacan), en ce que nous n’existons que par et donc dans cette coupure.

L’intérêt de ce genre de spéculation vient de ce qu’alors notre être, qui est la marque la plus fervente ou manifeste du devenir, s’analyse toujours plus précisément. Et plus il s’analyse, plus il devient. Ce qui se remarque absolument depuis l’historicité, depuis que sur la scène du réel s’est ou fut introduit la question de notre conscience qui n’est en elle-même aucun de ses contenus, c’est la prolixité, profusion de tous les contenus, épuisés en un quart de tour, puisque, dès lors, on sait que l’on n’est pas ce que l’on est. Que donc, pour nous à tout le moins, le réel est autre.

Comme il serait un peu bizarre que seul notre être soit autre (soit selon une autre-logique que celle de l’être qui est ce qu’il est), il convient donc de supposer que toute la réalité admet le même devenir ; elle devient-autre ; et il y a une réalité parce que devenant autre. C’est la définition même de « la réalité » et donc, ici, du « réel » (comme forme de cette réalité).

Ce qui ne contredit pas du tout (pour les croyants) que dieu soit l’acteur, le sujet justement ; puisqu’il est prévu, à terme (si l’on peut dire), que tout ce qui est sera re-Créé, qui tient non selon l’être mais de l’exister pur, soit l’intention-sujet qu’est dieu. Quel sens accorder à cette re-création ? Étant entendu, pour ceux qui l’ignorent, que la dite re-création a déjà, très catholiquement commencée, depuis la résurrection ; celui qui ressuscite est celui par qui tout, originellement, fut créé et donc il a-déjà lancé la re-création (ou plutôt il a obéi au Père, qui seul décide, puisqu’il est l’Intention qui ne se voit pas, dans l’être, mais existe ; la sainteté, qui est unique, il n’y en a pas d’autre, consiste à admettre totalement la volonté, l’intention du Père).

 

Dit autrement l’infini, cad ce qui qualifie l’être ou dieu (dans la métaphysique depuis chrétienne, et dont on ne sait pas ce qu’il signifie) et la pensée (chez les grecs, sauf que ça décroche avec le Un de Plotin, dont « on ne sait pas ce que c’est », sinon, donc, le rapport en soi ; l’intentionnalité c’est à cette fin que l’on comprenne que la pensée est signes dans un champ intentionnel, lequel de cela s’étend et étend la réflexivité sur ce déploiement, comme la politique ou les esthétiques, l’humanisation ou la personnalisation) c’est absolument parlant l’actualité, l’actualité du possible et donc le possible comme actualité ; l’actualité qui est ce que l’on constate ici même comme activité et exclusive et unique activité, cette actualité n’épuise pas le possible … cela veut dire que le possible est ce qui utilise l’actualité, le présent ; sinon le possible se terminerait dans une détermination, or on n’a pas retenu cela du tout ; ça n’est pas un quelque chose qui devient selon le possible, c’est le possible qui crée de la détermination. Et c’est pour cela que l’on précisait « absolument parlant » ; c’est qu’il faut décider, est-ce la détermination qui est le réel (cad les choses, les êtres, le monde, etc) ou est-ce le présent, le formel (qui ne se voit pas) qui est le réel ?

 

La forme du réel, soit le présent, totalement non visible (non déterminé) est ici admis comme le-plus-réel, cad le possible pur, et brut. Cette position valide, pour le moins, l’étrange situation du je qui s’adresse, adresse sa capacité, son attention, son intention et son intentionnalité à « on ne sait quoi ni comment ». Bien que l’on ait progressé radicalement depuis Descartes qui tourne l’attention non plus sur la notion, l’idée, mais sur le dispositif ici même (Kant, Hegel, Husserl, Sartre et Lacan et Nietzsche et Heidegger de leur côté, la Volonté plus grande que la volonté et l’Être plus grand que l’être, soit donc l’intentionnalité et l’exister Volonté et Être signifient littéralement l’intentionnalité et l’exister, soit donc l’indéterminée ontologie, ou de l’ontologie de l’indétermination, non, forcément, non visible, puisque c’est celle du Possible brut).

On considère donc l’étrangeté, brute, de notre situation ; que sommes-nous vraiment ? Quel est notre « être » ? Pourquoi, et comment, livre-t-il tout ce qui est, tout ce qui lui tombe sous la main, et tout cela même qu’il fait, qu’il fabrique au défilement infini de l’indétermination de sa structure ? Il est en notre être une brutalité inexprimable du fait.

On reviendra sur ce qui constitue cet être spécial, que l’on dit spécifique (cad ontologique et non pas seulement spécial dans le monde déterminé) ; et singulièrement sur son feuilletage.

Une « conscience » n’est pas une identité (elle serait déterminée comme ci ou comme ça), puisque son « être » est structurel et manifeste, concrétise une relativisation du déterminé dans l’intentionnalité qui certes sait un côté, un bout du rapport, mais lui manque toujours l’autre bout, l’autre côté. Qu’il soit a priori ou a posteriori.Il est une suspension de la réalité dans et par l’intentionnalisation qui est un rapport (tout mot, tout signe, toute phrase, etc, sont des rapports).

 

Si l’on ne saisit pas, c’est peut-être que l’on croit qu’il est une causalité. Que le réel cause les réalités, que la conscience cause les contenus. Que dieu existe avant le monde. Que voulez-vous que fasse dieu avant le monde ? Il faut concevoir que tout vient ensemble en une fois. Et que c’est cette fois-là qui se travaille et se retravaille dans un temps interpolé, cad un présent feuilleté.

De deux choses l’une : soit cette interpolation est réelle, effective, ce qui veut dire en clair que cela occupe un « présent » en soi-même, à part, autre. Soit c’est seulement une manière de définir ou approcher la capacité intentionnelle elle-même. Et donc en ce cas de montrer que le rapport, notre être qui n’est pas un être, s’établit de toujours plusieurs plans à la fois.

Est-ce étonnant ? Se soutient-on de « qui » l’on était il y a dix ans ? Ou trente ans ? Cette rétrocession se conçoit-elle sans prévision ? Est-ce que l’on ne « voit » pas qui l’on sera ? Agissons-nous, décidons-nous, imaginons-nous sans le futur ? Notre conscience occupe toute la longueur, réalisée ou non, et se « conçoit » d’une idée-image-comportement etc, comme l’on voudra, en fait de toutes ses potentialités, de toutes ses facultés, y compris la perception.

On ne sait pas délimiter cette idée-image (ou image-idée, peu importe puisqu’il n’y a plus concurrence de la pensée, de l’esprit ni même du conscient depuis la conscience du je (Descartes et Kant), la phénoménologie (Hegel et Husserl) ou l’inconscient (Freud, Marx ou Lacan). Tout ceux-là revenant à ceci, que dans une activité de conscience qui non pas crée intégralement tout ce qui lui vient mais organise ou commence d’organiser dans des champs (qui ne sont pas seulement pensés, raisonnés ou conscients) toutes les données.

Et ce faisant elle se positionne. Le champ intentionnel oriente son attention. Au lieu, par ex, de se confier au groupe (qui fait office de véridicité, de conformation des vérités) il faudra que chacun devienne à lui-même une centralisation capable de se gérer (à tout le moins, ou de projeter et entreprendre, à tous les sens), et donc qu’il ait sur lui-même un autre-regard (la raison ou le christ ou la science ou l’idéologie, libérale ou communiste, ou la mass médiatisation, etc) ; et donc le « je » est une capacité non pas de ‘soi’ (de cette identité qui tiendrait par elle-même) mais de l’externalité du regard, de l’intention ; il est cette capacité (objective ou subjective, c’est selon) de se-voir du dehors. Et ainsi ; de quel « dehors » ?

Le « je » n’est pas une identité mais un dispositif et un dispositif au point de créer, de rendre possible une Constitution organisée de la société humaine et de mener quantité de discours, d’idéologies, de représentations, d’esthétiques, etc. Il est la structure-même du réel humain.

Comme on est passé de la résolution de la réalité par le groupe, à la considération de la réalité telle que « là » (que ce soit le monde, universel, unique, grec ou les je chrétiens, individués, puis égaux et puis libres, le christ, Descartes, il faut que le sujet s’auto-acquiert et non qu’il soit seulement instauré par le regard divin) ont requis des paramètres plus précis et intégrés (dans la conscience de chacun, que ce soit comme théologie ou philosophie ou révolution citoyenne, ou roman, cinéma ou télévision, qui renvoient à chacun une image de soi, et ça n’est pas du tout négligeable, évidemment).

Et la structure nettement exprimée, de ces positions, est effectivement suivie par la philosophie (de la métaphysique à l’ontologie de Sartre ou Lacan) qui décrit point par point le déplacement du sujet sur le plan du réel donné là. Par exemple on tient ici que Descartes instancie le je christique mais rendu au monde donné là, et que la révolution (liberté, égalité, fraternité) est la manifestation devenue de l’accès christique (tout cela est évident). Si cette structure était livrée aux « idées », on en trouvera et on en trouve quantité de divergentes, voire hallucinées, ou trop immédiates, mais la structure, étant formellement un réel consistant (et même de la consistance du mouvement, seul réel) agit et réagit en tant que selon sa structure, laquelle est indéterminée parce que le possible est la Possibilité.

Aussi l’intégrité (l’éthique du je qui s’éprend de la structure brute) intervient-elle ; tel je voudra rendre compte le plus explicitement possible de sa situation, de la position possible de … la Possibilité, se remarquant de son indéterminité puisque c’est de la forme indéterminée du réel (qui entoure les réalités selon le Bord, en l’occurrence le présent, comme Bord toujours-là du monde) et c’est pour cela qu’elle sera retenue, historiquement, marquant une rupture à la source même de ce qui devient, immanquable, irrémédiable, s’instanciant comme repère de structure, et sans doute née tout à coup d’un-tel ou de tel autre, mais surtout d’un Fait majeur d’historicité, à l’origine étrange, dieu, ou Moïse, Jésus, Socrate, éthiques divines donc, puisque c’est le structurel qui inter-vient et qui suspend le temps, il est antérieur au temps, et donc à tout ; ou la pensée, la révolution, surgissements du possible brut.

Et rien ne peut épuiser le réel, puisqu’il s’agit du possible brut, lequel se caractérise ou se définit (fonctionnel ou dimensionnel) comme re-tour sur lui-même, nouveau tour, renouvellement ; le rapport est cela seul qui peut re-venir sur ses débuts à partir de ses achèvements.

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Folie et sagesse du signifiant

4 Décembre 2021, 09:47am

Publié par pascal doyelle

On interprète donc le réel tel qu’il s’impose comme exigence,

et implique que quelque réel, quelque intention, quelque architecture de notre volonté ou intentionnalité sont appelés en notre existence même.

Il y a une exigence, invincible. Et c’est elle qui commande le reste ; le reste est un « reste », au mieux un effet. On peut se plaire dans les effets, s’en habiller pour la semaine et le dimanche

Ce que, si difficilement, le moi, le moi du 20éme siècle essaie, péniblement, d’écrire, c’est cette exigence, cette exigence travestie, divertie, modulée, démultipliée sous son interprétation médiatique ou plus strictement psychologique voire psychique.

Puisque cela s’inscrit très profondément bien avant le conscient et l’exposé, de là qu’il y ait l’inconscient et la psychanalyse ; la précision acquise du moi, de cette construction mentale, rendue possible par le statut de sujet, reconnu sociétalement, ou par les romans et le cinéma, etc, cette construction mentale génère la densité d’un inconscient, rapport à un bout, rapport à un autre bout, autrui, le corps, la coupure du signifiant dans le corps et de haut en bas ; il y a un corps, parce que le signifiant nous découpe ; et le signifiant est un rapport, dont un bout ou les deux manquent. Un des bouts est le corps, et évidemment la densité du corps, son opacité, son « là », est cette sorte d’inertie et d’incompréhensibilité, de non signifiance ; les signes sont absorbés - dans - le corps, aucun signe ne ramène le corps dans le champ, sinon imaginairement, support du fantasme, soit donc un « corps halluciné », et en miroir l’autre-corps, celui glorieux, ou celui du sujet est porté, lui, par les signifiants, esthétiques par ex, poétiques, et évidemment à l’usage des mois habituels, les images… qui elles retombent dans le fantasme et non suspendues comme les hauts signifiants, les élévations.

Les élévations ne peuvent pas naître du donné mais de l’intentionnalité, séparément ; de même que le divin, la pensée, le sujet ou le réel s’imposent séparément de toute détermination du monde.

Dit autrement, on se doit de s’introduire dans la structure du réel et cela ne peut pas s’accomplir sans que nous le voulions. La décision, la décisionnalité est de fait la structure ou l’accès à la structure. Pas de quoi s’étonner puisqu’il faut se convertir, ou végéter. Convertir à dieu, la pensée et l’universel, le christique, le sujet, la révolution ou se transcender de par le tomber-amoureux du moi, capacité coutumière du moi-même en état de devenir brut.

Remarque ; beaucoup de moi-mêmes utilisent le tomber-amoureux afin de clore le champ intentionnel. Pour eux autrui est l’autre bout ultime et il n’existe aucun au-delà ; heureusement on sait aussi que la poésie, la révolution ou dieu ou la philosophie existent …

On prétend ici qu’il s’agit d’une décision, mais pas n’importe laquelle ; une décision qui s’engage (comme disait Sartre) en tant que décision. Qui tient sur le fil de sa propre capacité (ce que Badiou peut nommer sa fidélité par ex, mais qui était déjà largement en vue par Descartes en tant que je).

Ce qui ne paraît rien, mais que la décision admette son caractère à la fois extrêmement fragile (elle reste incertaine) et décisive (elle fut prise, et quoi que l’on fasse on en gardera la mémoire, on garde la mémoire des faits structurels qui en eux-mêmes ne concernent pas notre être déterminé, mais les actualités qui eurent lieu en et par notre vie, transformant celle-ci en existence ; on se souvient du tomber-amoureux, de la conversion, de la décision, de la révolution, de la poésie, etc.

Ce qui est déterminé est notre être, mais ce qui est décidé (dans telle actualisation) est notre existence. Et ces décisions (quantité de signes de ce que l’on nomme historicité ou manifestation) tissent le devenir réel, celui qui tient des orientations de l’existence sur et hors du vécu.

Parce que les réels structurels ne sont pas « vécus » ; on ne peut pas s’en tenir aux vécus, effectifs, pour juger du réel des structurels, des décisions, des élévations, des conversions, des Possibilités.

C’est bien pour cela que dieu, la pensée, le sujet ou le réel existent avant. Avant tout le reste.

Que sans doute on retrouvera la vie, les autres, autrui, les distractions et les réalités du monde, mais pas sans avoir acquis le réel pur et brut, et parfois très brut… La brutalité du réel est indicible. Elle s’impose, de même que la colère de dieu, la vision des idées, la résurrection du christ, le sujet énoncé cartésiennement, ou que le réel existe, sartriennement.

Ces structures viennent couper net le vécu et la détermination ; aussi seront-elles dites divines ou structurelles, ou dimensionnelles.

Il est évident que le moi, cette unité psychologique et ensuite psychique (exposée par la psychanalyse) est à mille lieues de récupérer la densité et la torsion qui présidaient à dieu, à la pensée universelle, au sujet ou au réel.

Le moi est un effet de la structure de conscience, mais qui se prend pour une cause. Alors bien sur le moi est cause de quantité d’effets, mais il ne peut pas s’instaurer comme unité ontologique ; le je, dans le moi, est une telle unité.

Pourquoi ?

Parce que l’ontologie se décide dans le présent, dans l’actualité. L’ontologie est ce qui découvre dans l’actualité, du présent, une possibilité, et même la possibilité absolue accessible ; que le présent recèle la possibilité veut dire que la réalité s’élabore dans et par le mécanisme de l’actualisation, du présent. Il n’y a pas d’ordre extérieur aux réalités étant entendu que celles-ci se doivent de tenir en et par elles-mêmes ; les lois ne peuvent pas exister indépendamment des réalités. C’est donc dans l’actualité et l’actualisation de leurs qualités que les réalités se produisent. De là que la matérialité (ou l’énergie) soit en elle-même intelligente ; elle se perçoit, et se modifie en fonction de cette perception. Évidemment perception est à entendre en ce cas autrement que « perçue par une conscience », mais la détermination, cad pourquoi les réalités sont déterminées, veut dire que cette détermination découple constamment tout ce qui est, tout ce qui relève de l’être.

Tout généralement il y a actualité et actualisation (aussi bien des réalités que de notre réalisation même) parce que le réel est constitutivement en tant que rapports et que les rapports n’existent qu’en acte.

Que donc la logique du réel, de « ce qui est réel » est entièrement, intégralement ourdie par l’actualisation ; la structure de ce qui est, est l’actualité. Donc la question (de ce que c’est que le réel) est le dynamisme du rapport. Si quelque réalité venait à densifier le rapport, le réel s’effondrerait sous son propre poids.

Autre manière de dire que le réel est non pas l’être (fixé, voire figé) mais le possible.

Ce qui réclame, du je, qu’il comprenne bien qu’il imagine un être à la fois infini et déterminé ; il n’y a pas, ne peut pas exister de déterminité infinie ; donc c’est un mouvement, que cet infini.

Et c’est dans la conception de ce non-être (en quoi quelques uns ont reconnu le réel, Eckhart, Hegel, Heidegger, Sartre, etc) que dérape toute pensée objective, ce qui veut dire métaphysique ; donc nous voici convoqués en tant que je.

Ce qui veut dire ; susceptible de mener une stratégie absolue, et par absolue, formelle. Une stratégie qui soit en mesure non pas de décider du jour au lendemain, mais à étendre sa capacité réfléchie au fur et à mesure, en quoi elle sera de conviction, de décision longue et élaborée, de perception et d’affect, de pensée et d’imagination ; en bref tout cela qui a été mis en œuvre depuis le début, et qui s’est spécialisé en divers domaines d’élévation (de la religion à la révolution, des esthétiques aux éthiques, de la politique aux personnalisations).

À rebours de quoi

À rebours de quoi, cette humanisation (qui est un bien) puis cette personnalisation (qui est un bien également) se sont embourbées dans les immédiatetés indéfinies du monde humanisé et personnalisé ; chacun ne perçoit plus que le détail du monde, mais aussi du vécu et du corps. L’ancien idéal abandonné, le ,progrès, consistait à promettre encore plus de détails qui puissent remplir ce monde et ces vies humaines personnalisées.

Aucun moi n’est plus en mesure de ne serait-ce que gérer sa propre vie, son propre développement, sans tomber dans la bouillie épaisse. Et lorsque vous ne maîtrisez pas ou à tout le moins orientez pas vous-même votre existence, alors elle sera contrôlée d’une extériorité, et donc d’une autre conscience que la vôtre, d’une autre intentionnalité. C’est bien ce que l’on nomme depuis longtemps l’aliénation, en particulier le marxisme, mais depuis cela fait florès (puisque le moi qui se cherche ne se trouve pas, ce qui ne nie pas qu’il y ait « aliénations ») et donc la difficulté de dégager une perspective qui soit suffisamment claire, un projet effectivement non seulement individuel et subjectif mais objectif et collectif (ce que le ‘progrès’ imposait très abstraitement, puisqu’il déposait la densité dans une extériorité et non dans une intention énoncée, parlée, pensée ; le progrès s’imposait naturellement pour ainsi dire, comme allant de soi ; le progrès sous-entend que l’on va inventer mille moyens, mais au service d’une « nature humaine », laquelle il suffit de la modifier plus ou moins ici et là, plutôt plus que moins du reste, de l’humaniser, mentalement ou techniquement ...)

Il s’est donc produit cet être spécifique qui, lui, perçoit effectivement dans l’actualité le donné tel que « là ». Et le couvre de signes. Le tisse de rapports, prenant constamment les contenus des rapports (qui visualisent effectivement des réalités) pour la structure qui génère ces contenus. Sauf que réfléchissant il aboutit continuellement à un retournement ; dieu, le Bien, le Un, le sujet, l’esprit hégélien, la Volonté, l’Être de H, etc.

Et prenant conscience de cette activité donc il décuple encore plus avant la capacité de signifier, se signifiant lui-même il passe sur un autre plan ; celui d’un activisme encore plus exigeant, qui repart de zéro, qui doit recomposer ce qu’il perçoit (laquelle perception au final n’existe que dans la recomposition, dans l’invention, dans la création) ; c’est cette activité mystérieuse dite intentionnelle, et dont la structure est celle du « se-savoir ».

non pas du moi-même, mais du sujet, celui susceptible de jouer de tous les signifiants (et secondement de tous les signifiés ; le christique est le signifiant de tous les signifiants, par ex ; le rapport antérieur demeurant invinciblement en retrait, puisque le rapport lui-même ne peut pas se « voir »).

Le se-savoir est cet être dont l’être dépend de ce qu’il signifie ; non pas de ce qu’il connaît seulement (d’une connaissance déterminée), mais qui se-sait.

Dit autrement les réalités sont ce qu’elles sont (et en tant que telles se perçoivent dans leurs qualités mêmes). Mais il y a un être qui est en ce qu’il se rapporte à ; il est de l’ordre de l’avoir et non de l’être.

On a voulu solidifier ce savoir en connaissance et effectivement on peut modifier ses propres pensées, représentations ; mais on passe plutôt notre temps à signifier, à lancer des signes qui opèrent dans la perception, et cela suffit, pour survivre (pourvu que l’on se soit organisé en groupe qui communique entre soi et qui transmet entre générations). On a perfectionné le procédé en comprenant que l’on élaborait ces contenus (la pensée grecque) sous condition que l’on comprend ce que l’on invente ; qu’il y ait une cohérence des signifiants nouveaux (de nouveaux mots organisés en systèmes).

Mais ça ne s’est pas arrêté là. Puisque le christique crée cette possibilité du je.

On a donc précisément situé en deçà des contenus, même métaphysiques, ou théologiques, l’articulation en tant que le je est une structure-sujet et que celle-ci pose question. Il fallut un long temps historique pour que l’on parvienne à substituer au croyant actualisant la foi en Jésus christ, le sujet tel qu’en lui-même il se Voit. Il était auparavant Vu par le Grand Sujet, le Grand Regard ; avec Descartes il se Voit lui-même, et l’ensemble de la structure, du rapport réel glisse de là-haut à ici-même.

Rappelons que le sujet est cela seul qui peut devenir ; il n’est pas, il existe, et par ailleurs correspond absolument, cad formellement, à la forme de la réalité, à savoir le présent. Le présent, l’exister, l’exister comme comprenant l’être, telle la cause les effets. Et donc le réel (compte tenu des réalités en lui) se présente comme réalités qui comme telles se ou sont perçues et donc se modifient…Le réel, la réalité, existent afin de se percevoir et de se transformer, à vue, pour ainsi dire.

Ou plus généralement, si l’exister est le réel alors « ce qui est » existe formellement et non pas selon la consistance d’une détermination (qu’elle soit matérielle ou intellective, le monde ou la pensée). Tout ce qui est déterminé l’est une fois pour toute, et disparaît déjà.

De plus il s’agit de délimiter la bizarrerie de l’existence ; par ex que tout passe et qu’il n’existe, formellement parlant que le présent ; le présent, l’acte de présent est cela seul qui demeure. Ou encore que la forme de la réalité ne peut pas s’objectiver, se percevoir, se voir ; le fait d’exister est en soi totalement autre et « indéterminé » ; on ne peut pas le dire ; sinon en désignant fumeusement un « réel »… Or ce réel seule une conscience comprend ou saisit ce que cela signifie, non qu’elle connaisse (d’une connaissance déterminée) ce qu’elle sait, mais elle en sait la forme étrange ; « réel il y a ». de par sa nature de rapport elle comprend instantanément que le réel existe, puisqu’elle se perçoit (et perçoit tout le reste) à partir de cet horizon.

Donc nous avons accès au fait d’exister dans le rapport même qu’une conscience installe dans le réel. Ce qui implique une telle émergence structurelle, une telle élévation qui commence de rechercher ce qu’il en est de l’indétermination, que l’on s’aperçoit radicalement, à la racine, à quel point nous existons hors du monde donné, du groupe et de l’humanisation, de la vie vécue ou du corps.

Et cet hors du monde, du groupe humain ou du vécu, est évidemment, ici, la forme même des réalités, le réel en tant qu’arc de conscience dans l’arc du présent.

L’arc de conscience et l’arc du présent aucune réalité déterminée, y compris les humanisations, ne peuvent y accéder.

Ce qui dresse tout unanimement la structure de ce qui existe, verticalement, en tant que c’est cette structure qui inter-vient dans la réalité, la réalité partagée des groupes humains particuliers (qui s’instruisaient du sacré qui scinde le monde en deux) et la réalité divisée des sociétés instituées, qui interprètent le divin, lequel existe séparément du monde en tant que un, et vient séparer mais aussi réunir sur un autre plan ; historique ; les devenus individus (selon quoi le divin est la face interne de chacun, et donc aussi son exposition externe formelle ; je suis Vu, et ça n’est plus le groupe).

Lesquels ne sont susceptibles de s’organiser qu’en se redistribuant ; les uns les autres, mais également en eux-mêmes en tant que sujets de leur existence ; de leurs affects à leurs imaginations, de leurs sentiments, de soi, des autres, de la vie vécue, à leur pensée, leurs représentations.

Il existait une pression absolument totale dans la société communautaire, dans le groupe global, dans chaque monde particulier, qui se vivait de la parole commune, du langage intégré et de la perception représentée, des échanges ritualisés. Chacun était absolument soumis à la diction du groupe et personne (il n’existait pas de « personne ») n’était en mesure de moduler la tradition (question de survie, d’entente du groupe par lui-même en chacun des membres). Le regard du groupe s’imposait sans aucune faille, puisque de l’ordre du fait même de tel monde (on ne comprend le monde inca que d’y naître).

Aussi la première libération fut-elle celle de la raison (par quoi chacun repose sur son propre raisonnement, à condition qu’il se soumette à l’énonciation objective de la pensée, de toute façon sinon on ne se comprendrait pas soi-même, pas plus que les autres ne saisiraient ce que l’on dit) et celle du christique ; parce que le christique est parti, s’est élevé, se situe sur un autre plan. Il n’a pas laissé des règles, rigides, législatives, mais un exemple, et un exemple à la fois manifeste et incompréhensible ; on ignore jusqu’où s’avance cette exemplarité. Elle consisterait a priori (entre mille autres perspectives) à rediffuser le rapport, le rapport interne à la structure (celle qui n’apparaît pas, et dont les ramifications restent invisibles et doivent être sup-posées, instanciées par l’arc de conscience ; seul le je les perçoit, au sens où il perçoit les significations des signifiants ; non pas tant les signifiés (solides et déterminés) que les orientations, les angles d’incidence et de propagation ; par ex, la liberté se propage, la vérité se partage, ou ce que le christique nomme l’amour, sous-entendu « aimez-vous comme je vous ai aimés » ; le tout tenant dans le « comme je vous ai aimés », « de cette manière-là », que l’on ne comprend pas.

Les signifiés sont déterminés ; cela veut dire qu’ils relèvent de la science ou du monde (ou du moi ou de la détermination du corps) ; les significations sont perçues exclusivement par les je. Les significations ne s’animent que dans la visée d’une conscience, en acte donc et actualisant, et décidant et intentionnalisant. Les signifiés sont supposés (ou imaginés ou montrés du doigt) par les signes et tombent dans le monde (ou plus simplement désignent des choses du monde et bien sur des choses désignées par le groupe, puisque rien du monde ne nous vient hors d’un discours collectif).

Les significations pré-disposent, prédisposent la capacité, l’attention, l’intention, la conviction, la foi, la conversion (en dieu, la pensée, le sujet et la révolution ou le réel, ou la poésie par ex). De quoi donc poser la question ; est-on prêts à s’avancer dans ce cheminement-là ? Dont on remarque que le christique, lui, s’est avancé jusqu’au bout et au-delà du bout… Que c’est au final la question absolue et formelle, cad l’exigence dont on parlait au début. Comment une énonciation, une volonté, une conviction relevant de la structure de conscience (qui n’a aucun repérage manifeste dans le monde ou le vécu) peut-elle se découvrir, l’initier, se maintenir (lors même que l’on serait Rimbaud, dont on comprend immédiatement la difficulté de tenir la distance, ou d’un peuple qui veut on ne sait comment ce qu’il veut).

Dieu, la pensée et donc l’universel, le sujet et donc la révolution (sous-entendu il n’y en a qu’une), le réel ne se voient pas (mais acquis ils permettent quantité d’effets). Au fond les significations désignent toujours le rapport et rien que le rapport lui-même (qu’il se nomme dieu, pensée, sujet ou réel), mais le rapport ouvre à tout le reste (sinon il est déterminé ou se croit tel). C’est pour cela que l’on signifie toujours au plus haut qui se puisse ; le seul rapport effectif est le réel, le sujet, la pensée ou dieu.

À noter que le moi psychique (celui de l’inconscient dose) signifie le corps, comme impossiblement signifié (qui revient donc sans cesse et insiste, puisqu’il est « là », inabordable et désigne la limite intérieure du signifiant, de la coupure, l’horrible origine du moi, qui sans cette coupure n’existerait pas).

Le jeu du signifiant lorsqu’il indique au-delà (dieu, la pensée qui décentre, le sujet qui est un autre, le réel entièrement jeté d’altérité brute) et qu’il le sait (puisque ces possibilités se décident ou s’intentionnalisent) n’efface pas la coupure (qui est inamovible) mais redéplace le Bord (de la conscience, et sous condition d’y tenir, mais en vérité on y tient de fait, sous quelque formulation que ce soit, serait-ce le tomber-amoureux, puisque cette décision intentionnelle marque structurellement notre actualisation, le présent même ; on y entre dans le rapport même, tel qu’il nous est acquis ou tel qu’il nous saisit ou nous est révélé, pour les croyants).

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Structures dans la perception

27 Novembre 2021, 10:05am

Publié par pascal doyelle

Histoire du Mouvement. Angle de pénétration de la philosophie dans le réel.

La philosophie n’expose pas des idées, mais une structure ; celle qui précède les idées, les images, les sociétés humaines, les mondes divers et variés, les esthétiques, etc. Notre être n’est pas une « idée » ; comme cela se pourrait-il ? À moins d’accorder un être à la « pensée », ce qui fut l’hypothèse métaphysique ; mais une structure dite intentionnelle, phénoménologique, laquelle agit et réagit constamment non pas selon la variabilité des contenus (auquel cas nous serions des poulets sans tête, à tous les vents), mais selon la consistance de cette structure. La structure « conscience », ce champ intentionnel, existe en soi et cet en-soi est un rapport (qui rend possible d’admettre tous les rapports de perception du vivant qui lui viennent, et de créer tous les autres relatifs à sa capacité propre).

À noter qu’il paraîtrait sans intérêt de supposer un « être » sans pensée ni conscience ; pour la raison que l’on n’y retrouverait aucun rapport au sens de « rapport qui sait ou qui se sait ». Du reste un rapport qui sait sans se savoir lui-même est tout aussi inconséquent. Le savoir ne s’effectue que dans le rapport à un horizon, en ceci que l’on prend la forme de l’horizon ; on ne tient un rapport que dans un rapport plus grand ; et ce à l’infini, d’où la nécessité de prendre fait de cet horizon ou de cet infini, et de ceci l’importance de préciser, constamment, cet horizon sur lequel on pose tout le reste (dieu, l’être et ‘l’universel, le christique et le sujet, le sujet et la révolution, de liberté-égalité, le réel et le je ; en quoi on a toujours instantanément situé les horizons structurels, puisque c’est à partir d’eux, de leur luminescence que leurs effets sont installés dans le monde, le groupe, le vécu ou le moi-même).

Aussi dieu, la pensée, le sujet ou le réel forment les angles d’approximation de l’incrustation de cette structure de conscience dans ce « lieu » qu’est le réel. Ceci dit sans prendre position sur l’existence ou l’inexistence de dieu, de l’universel, du sujet, et du réel comme dimensionnel. C’est tout à fait sérieusement que l’on admet le divin, la vérité, la liberté ; il n’y a aucune raison que l’on se soit trompé (on a conclu à l’illusion ou à l’erreur que d’un point de vue tout à fait récent et particulier ; la réalisation mondaine de l’humanisation, en quoi le moi est dès lors dans l’incapacité de vraiment comprendre quelque stratégie que ce soit ; il ne voit que ses bouts de pieds).

Il est clair que par « phénoménologie » on n’entend plus du tout que cette conscience-de serait relative à ses, des contenus ; Sartre nous a bien montré que « structure de conscience » se comprend comme une unité (ouverte absolument, cad formellement). Elle agit, comme structure, dans le regard, le relationnel, le corps, les images ou imaginations, les idées ou l’historicité, etc, bref partout. Puisqu’elle est à l’origine, à la source.

Il faut donc se sortir de la tête que ce qui s’agite ce serait des « idées » ou des systèmes, mais bien plutôt des positions (sur la surface du réel). Et que idées ou divin ou je ou vérité ou liberté sont des moyens d’accéder à. D’accéder à la plus grande capacité possible d’accéder au réel sans doute mais aussi d’actualiser constamment cette capacité et d’y agir.

Notons bien ; agir sur le réel ça n’est pas seulement agir sur la réalité (aménager le monde ou sa vie vécue). Mais agir sur, dans, par ou pour la structure du réel ; tel qu’il nous est atteint, à tout le moins, à voir si il ne faut pas entendre ; modifier la nature même du réel, ce qui n’est pas illuminé, dans la mesure où toute religion, tout absolu, tout engagement se comprennent eux-mêmes comme transformation de ce qui est dans sa possibilité même ; rappelons que le dieu unique, ou christique, ou l’esprit hégélien ou l’historicité d’une révolution, tout autant libérale qu’insistante, considérant que la révolution n’est pas encore achevée, sont saisis par cette capacité de continuer la création, d’inventer la vie ou d’augmenter l’humanité ‘essentiellement’ dans son essence même ; ce qui soit dit en passant a déjà eu lieu en partie. Modifier le réel n’est donc pas du tout une vue de l’esprit, mais notre agissement même.

Et évidemment on peut encore supposer plus avant que c’est ontologiquement, dans sa structure de réel, qu’il est question d’agir. Ce qui tout aussi bien s’est déjà décidé ; lorsque Descartes ajoute que le je se présente lui-même dans son propre champ (et que Pascal remarque qu’il existe un « moi », un sujet, à la lecture de Descartes précisément) la structure de conscience commence de se dé-placer et de déplacer le réel, le centre du réel (qui n’est plus tenu par l’idée de dieu, théologique, de même que le monde comme étendue n’est plus le monde aristotélicien, ou que dès lors chacun devient à lui-même un simili-centre, inaugurant le droit de la révolution).

Remarque ; Descartes ne crée pas le dit sujet, il le remarque et l’expose et donc accélère cette structure qui déjà pointait d’entre mille et un autres je.

Si l’homme n’était qu’une essence, elle ne serait pas modifiable ; mais étant une structure, cad un rapport, celui-ci peut lui-même se transformer, transformer le rapport qu’il est. Et bien sur en s’ajoutant de nouveaux rapports jusqu’alors non perçus (on n’avait aucune idée, représentation de dieu, de l’être ou de la vérité, de la liberté ou du sujet, de la révolution ou du moi-même avant leur propulsion dans la perception).

Et donc Moïse ou Platon ou Descartes ont décrit ce qu’ils voyaient, non pas les miracles, l’idéalisme ou le supposé sujet mais l’activité telle qu’elle se présentait, l’activité de cette structure étrange qui sait qu’elle existe et qui se fait voir à elle-même (non par magie mais parce qu’elle est un rapport et qu’elle perçoit évidemment ce rapport). Et ils notent scrupuleusement, puisque cela se déroule en tant qu’eux-mêmes, et dotés de cette capacité spéciale d’une, apparemment, sur-perception, de perception en instance de se voir elle-même et d’intégrer dans son activité cette même opération (ou donc ; avoir conscience-de).

On ne sait évidemment pas si Moïse a été appelé par dieu, ou Platon les idées, on constate cependant qu’effectivement la structure de cette perception là est étrange. Elle signifie que dans l’actualité quelque chose, quelque « réel » arrive qui « se voit ». Ou donc ; savoir que l’on perçoit augmente la perception. Ce qui se comprend aisément quant au monde, mais alors il faut appliquer pareillement lorsque l’on (se) perçoit ou perçoit quelque réel, tel le fait du monde, le fait « qu’il y a un monde ».

Que l’on ait voulu écrire le sismique, les variations de cette sur-perception, est-ce étonnant en soi ?

Qu’est-ce que l’on a tiré de cet enregistrement des variations de la perception et qu’est-ce qui est en jeu réellement d’une telle distanciation ; la perception n’est pas pour l’être humain, simple ; elle est complexe, et précisons-nous, elle est articulée et que penser de cette articulation ?

Que donc ce que l’on perçoit, ce que l’on voit est déjà toujours pour nous distancié et autre ; quel est le fond de cet altérité ? C’est ce que l’on a voulu désigner, définir, délimiter par dieu, la pensée, le sujet ou le réel.

Ce disant on n’exclut pas du tout que dieu nous ait appelés, que l’universel existe en lui-même, que le sujet soit un autre, que le réel s’impose non seulement comme fonctionnel (déroulant les réalités, les choses et les êtres) mais dimensionnel (beaucoup plus étendu que cette réalité, cet univers ou ce que l’on voudra). Tout cela revient à chacun.

Mais on suppose que moïse, Platon ou Descartes ou Lacan ont effectivement enregistré des déplacements de position à la surface du réel ; qu’en somme nous les croyons en et par ce qu’ils disent, ce qu’ils signifient (puisque n’étant pas plus stupides que nous, c’est le moins!).

On découvre l’intention (dieu) ou le réel (l’être). On tente de saisir ce que c’est que dieu ou l’être, on a du mal. On se surprend sur la piste d’une articulation très étrange et qui n’est pas ailleurs qu’ici même, d’abord sous la forme du je (Descartes) puis en tentant de définir le « lieu » en lequel il existe un je. Le donné des sciences, le monde de Marx ou la durée de Bergson ou l’en-soi de Sartre ou l’Être de Heidegger ou la Volonté de Nietzsche, etc.

Il apparaît que plus ou moins le je, le sujet s’est exploré dans tous les sens, autant que l’on sache ; mais on suppose ici que, puisque la conscience est en elle-même une structure, qui ne dépend pas de ses contenus, c’est réellement et effectivement que les explorations, du je, de l’arc de consciences, sont menées dans toutes les possibilités accessibles et recherchant les inaccessibles, que l’on attire à soi, que l’on veut exposer, manifester afin de les intégrer dans le champ de perception.

D’une manière générale le champ de perception est, de la sorte, explosé dans tous les sens, toutes les significations, toutes les expérimentations (de l’esthétique à la pensée, en passant par les sciences ou l’idéel, le politique ou la personnalisation, chacun étant cette tentative de résolution de l’équation au long d’une vie transmuée en existence).

Positions

Le je remplace l’être, et depuis quelques temps quand même …

L’être est un concept que l’on conçoit, certes, mais dont on imagine la consistance. On croit posséder l’être, comme une idée. Mais cette métaphysique est une imagination, on lui prête une puissance,

et cette puissance on la retrouve dans non plus une métaphysique (telle antérieurement à Descartes) mais une ontologie (à partir de Descartes) ; la raison en est que par Descartes la puissance s’installe dans le réel, ici même, et ce sous la forme, la formulation du je ; le je, au contraire de l’être, est sinon compréhensible du moins saisissable (on en est la volonté, qui prendra plus tard la désignation d’intentionnalité, agrandissant sa capacité ; volonté-conscient, intentionnalité-conscience).

La différence réside donc dans l’opérativité ; l’opération « être » a permis de déployer la pensée, sous la logique du un en tant qu’objet monolithique mais surtout admis en lui-même comme universel ; l’opérativité est cette universalité ; l’être, le bien, la pensée de la pensée, le un ; se conduisent comme des principes organisateurs.

On ne peut pas y contredire, puisque tout dépend de l’a priori qui amène à ces cohérences, mais c’est sous une autre forme que le problème se pose.

L’unité remplace l’unicité

Au spectacle du monde donné là, dans la perception et de toutes les constatations que l’on puisse faire, la réalité semble bien plutôt livrée au devenir et à la multiplicité. L’unicité de l’être rend impossible de concevoir, de comprendre le donné, aussi les sciences viennent se substituer à la philosophie, sciences qui tirent des réalités les universalisations (à commencer par le nombre, qui est déjà indéfiniment multiple).

De même que la réalité est constituée du devenir et de la multiplicité, aucun contenu de conscience n’est égal à la conscience elle-même.

La prolifération des réalités (découvertes par les sciences par ex) ou évidemment la soudaine capacité de l’humanisation à décupler ses possibilités (la révolution est à la fois le sceau de ce qui précède et qui éclate les traditions et l’introduction à l’historicité nouvelle, chacun rendu à lui-même peut conduire sa vie ou développer ses projets) ne sont plus unifiables dans une seule unité, mais chacun des parcours récupère son unité propre.

La révolution n’est pas le triomphe de la rationalité (elle s’en sert juste pour abroger la religion et la tradition), mais celui de cette cohérence interne qu’est l’activité libre de chacun (chacun étant plus ou moins poussé à agir « raisonnablement », au sens conservatoire, mais ne s’animant que pour la liberté. On en a vu la raison ; si l’universel est, tient en et par le rapport, il faut que celui-ci soit saisi de lui-même, saisi au sens de surpris, sidéré, de même que Pascal le fut des espaces infinis ou Sartre du « ça existe », en ce que « le réel existe ». cette altérité absolue, cad formelle, lance à chaque fois que l’arc de conscience soit en forme de rapport. Dont l’autre partie, l’autre Bout manque.

L’unité est dès lors tout à fait spécifique ; il y a unité selon chaque rapport.

Pour faire court, on a mis en place, historiquement, un plus grand rapport que la pensée. La pensée, grecque, a été reprise dans un dispositif plus grand, le christique, qui a inauguré cette idée, organisée, et de plus en plus organisée, du sujet, ce qui veut dire de l’intentionnalité,

- que l’on considère le christique comme effet (d’une structure réelle) ou comme cause (révélée) d’une gigantesque vague d’historicité, ou les deux -

du sujet donc, ce qui veut dire de l’intentionnalité, phénoménologique. Ou qui sera à terme exposé le plus explicitement comme tel.

Et c’est ce dispositif qui s’est installé, partout, et en particulier, pour chacun en tant que « moi-même » (cad dans le recentrement de l’intentionnel en et par un corps, un corps qui vit une vie vécue, et n’est plus seulement le sujet abstrait ou structurel ; autrement dit le moi est le sujet mais le sujet en tant qu’il concrétise, produit en quantité de réalités, de réalisations, de projets comme on disait au début du 20éme, ses intentionnalités).

Le dispositif ‘sujet’ n’est pas un objet mais un processus organisationnel qui, se tenant à la racine, aboutit à toutes les réalisations possibles ; ce qu’il veut organiser c’est le faisceau intentionnel, lequel est la plus grande universalité que l’on sache, ou que l’on connaisse (tout relativement, puisque c’est vraisemblablement la source du réel ou ce que l’on atteint, expérimente au plus de la source, éventuelle, du réel). La « raison » est un mot, il n’existe que des systèmes, tel ou tel précisément, mais la-raison n’est nulle part ; par contre il existe que chacun soit absolument le sujet qu’il existe.

Donc on a saisi que le réel est un déroulement et ce déroulement est une structure (hors de tout contenu) et on veut comprendre le mécanisme qui déroule tout le reste.

« Tout le reste » cela indique quant à l’humain à tout le moins, ou plus exactement à ce qu’il nous est possible ; soit donc non pas tant l’humain, que des champs de perceptions.

Tout le reste « quant à l’humain », mais que nous étendons, par prise de risque (dont on ne garantit rien du tout, à chacun de se faire son opinion), que nous étendons donc ce processus de déroulement de la réalité, et donc d’actualisation, à tout ce qui est (dans la limite de notre expérience évidemment) , à tout ce qui est en tant que le présent nomme la structure réelle qui déroule toute la réalité.

Et nous renommons ce présent en tant qu’exister.

On passe donc (depuis le sortir de tout monde particulier, holistique, cyclique, sacré-profane, groupe humain déterminé qui confortait sa propre véridicité, système parole-échange-langage, etc) de l’être à l’exister dans la mesure où notre réflexion commence (depuis dieu qui sépare le divin du monde que le sacré intégrait à perception) d’approcher la structure, de plus en plus nue, qui produit, crée le monde, le donné, la perception, et donc les champs qui avancent dans ce donné-monde.

Ou du point de la raison ; il n’y a pas de système unique mais il existe un système des sujets, celui qui a commencé d’exister par la révolution, dont personne ne comprenait la possibilité, mais qui fut, néanmoins, décidé. Historiquement.

Ou donc ; une « raison » qui ne comprendrait pas la liberté du sujet ne serait pas réelle, et donc pas la raison. Le marxisme par ex est un exemple de pensée universalisante qui se permet de remplacer les sujets, individuels (et cela vaut pour toute idéologie ou pseudo-scientisme, chaque science étant limitée par et en son objet).

Mais si on doit admettre la liberté du sujet alors il n’existe à proprement parler que la liberté, non au sens où rien d’autre n’est, mais en ceci que quelles que soient les conditions (et elles peuvent être innombrables, comme causalités ou comme systèmes, le langage par ex), quelles que soient les conditions, la liberté est conclusive ; elle vient en plus et d’ailleurs (que des parties, des déterminations du monde ou de la vie vécue).

Ceci puisque l’arc de liberté se constitue là où s’arrête le monde, et la vie vécue, sur le Bord de l’actualisation de tout : le présent.

L’actualisation fonctionne donc comme possibilité.

Ayant abandonné toute version du monde en tant que particulière, chacun de ces mondes s’enroulait sur lui-même en créant son milieu, milieu qui n’était pas « le monde », mais une des versions spéciales ; les grecs montrent, eux, le monde donné « là », et qui est dénommé « l’être », le-monde, réel et universel, en dessous des mondes particuliers et découverte redoublée par « que chacun soit à lui-même sa vie propre et son corps tel quel » ; christique donc ; et cette double immense avancée dans et par la structure aboutit à dérouler tout, tout déposer, comme une vague antérieure, toutes les sociétés humaines et toutes les personnalisations qui eurent lieu.

On présuppose donc que la réalité, les réalités, se déploient au-dedans d’une forme, le réel. Le réel est désigné (ça n’est pas une abstraction) en tant que présent. Soit donc l’exister.

Se tient donc de la co-ïncidence de l’acte de conscience et de l’acte ou l’actualité du présent ; et donc la désignation d’un « lieu », neutre et formel, le donné « là », le « là » en tant que donné et sur lequel se branche incessamment l’activité intentionnelle ; non pas que l’on puisse s’en étonner (si l’intentionnalité ne venait pas dans et du présent où serait-elle?) mais s’en étonner au travers de cette notion d’actualisation. Le réel est une machine actualisante.

On a vu que pour qu’il y ait réalité (s), il faut que chacune (chaque réalité) se structure elle-même ; les réalités ne sont pas « prévues » par un ordre. Ce serait même contraire à leur être ; pour qu’n tel être ait lieu, une abeille par ex, elle s’établit par et dans les relations, interactions qui la constituent ; « abeille » veut dire ces relations qu’« abeille » existe. Ce qui se traduit pour cet être qui n’est pas un être, mais un mouvement, qu’aucune conscience ne s’acquiert sans s’exister, sans se rapporter à soi-même, ce que l’on a nommé liberté ; ce que précisément ce vivant qu’est ce corps, ne comprend pas du tout.

Le vivant est le centre de son monde (son milieu), et ne connaît pas l’horizon puisque pour connaître l’horizon il faut se percevoir soi à partir de l’horizon. Ce que l’on nomme « conscience » est que l’on a pris l’habitude de confondre avec la « connaissance » est inversement le se-savoir ; qui ne contient aucune connaissance, sinon qu’il se dit « je ». et encore se dit-il « je » mais il n’est pas le « je » (ce signifiant) qu’il sait être ; « je » se tient dans la vue du je réel qui lui n’apparaît jamais au-devant (il ne peut pas se présenter dans la présentation et encore moins dans la représentation, la connaissance) ; il est ce à partir de quoi ou de qui « il est désigné » quelque réalité ou quelque réel.

Aussi lorsque l’on prononce « l’être est », la conscience prend la forme de l’être, du « là », qui existe au dehors, extérieurement ; par ex « le silence des espaces infinis m’effraie » veut dire que soudainement (ça n’est l’être là des grecs comme monde mais) on se voit du dehors et du dehors « ça ne parle pas ». ce qui est terrifiant dans la mesure où toujours la conscience croit former un cercle, d’auto-référence et brusquement elle s’aperçoit que le donné là, tout autour, ne signifie pas, qu’il n’y a pas de centre, que donc le se-savoir formel ne peut faire lien.

L’étonnement grec se transforme en épouvante dans la mesure où, certes, nous pensons mais cette pensée n’a pas d’écho dans le monde « là ». Ce qui vient de Descartes qui aplanit le monde (ordonné du cosmos ou le monde créé et hiérarchisé par la théologie) en « étendue ».

ce faisant le divin n’a pas été évacué pour autant… Il a changé de nature, d’identification ; dieu ou le christianisme n’ont jamais signé une magie du monde, mais son caractère de donné créé objectivement pour ainsi dire ; le divin ne porte pas à l’inclusion du sacré dans le monde ou la vie, mais il s’agit et il s’agissait déjà depuis le début de resserrer l’attention à ce qui est effectivement un mystère de structure et non une magie du monde ou une énigme de la raison.

Le christianisme a embraqué avec lui la pensée grecque, mais le christique ne résout pas du tout le réel de ce qui est, en tant que pensée ; bien plutôt en terme d’intention ; intention de dieu ou intention de chacun (lorsque le christique révèle que chacun est unique et unicité et donc se tient d’un rapport neuf et renouvelé, le renouvellement de ce qui jusqu’alors venait de l’ancienne forme de l’Alliance, juive, et si dieu signalait son impérieuse et terrible volonté, son Intention, celle-ci s’adoucit par le christique et vient soutenir notre faiblesse intentionnelle).

Cette intention qui vient au jour, est bien plus ample que la pensée, qu’elle contient évidemment en son sein, entre autres, entre autres possibilités de signifier (quantité de domaines de possibilités, de l’esthétique aux politiques se produiront une fois que chacun devient la finalité et le moyen de son activité individuelle). L’intention que met au jour, révèle ou découvre ou crée le christique est en elle-même bien plus forte et cohérente, par ex, que la seule raison. C’est ainsi toute une civilisation qui se génère à partir de la mise en place du sujet, du je. Sous le regard du christique (égalité de tous), et sous l’affirmation du un cartésien ; le je tout seul, la liberté qui, donc, en tant que liberté ne peut que s’auto-acquérir pour ainsi dire ; s’affirmer soi, tout en prenant garde de bien considérer que son ‘être’ est relatif, puisque cet ‘être’ est un rapport qui dépend donc de dieu, ou de l’infini, ce qui veut dire qui considère et admet que ce rapport est conçu ou signifié en tant que, précisément, un rapport, ce qui veut dire que l’autre bout (du rapport) manque toujours au dit rapport ; un rapport ne tient (dans la réalité, le réel ou même la vie) que s’il sait n’être qu’une moitié.

De même que dieu, la vérité ou la liberté insistent en et par la possibilité du divin, de l’universel ou de la possibilité (en quoi chaque sujet affirme tous les sujets).

Ou qu’il ne peut pas se clore. Ce qui impliquerait que cette clôture se referme sur un être déterminé de lui-même, cessant de fait d’être un rapport. C’est donc toujours une illusion ou un faire valoir ou faire semblant que de se concevoir tel ou tel. Et ce ne seront pas les efforts des idéalistes allemands qui tentent de représenter l’absolu, de l’affirmation de ‘soi’, qui nous pousseront à se démettre de cette indétermination absolue, cad formelle, de notre être, qui n’est pas un être.

Penser cette indétermination c’est évidemment plier la logique de l’objet, de l’objectivité ; c’est en cela que l’on présente le christique comme inaugurant une cohérence bien plus grand que la « pensée » et qui ne se résoudra certes pas dans le cadre de la métaphysique ; delà que pour nous, ici, Descartes installe l’ontologie, ici et maintenant en tant que cet ici même est une articulation. Et non un là inerte et amorphe. Ou donc par Descartes ça n’est pas que la pensée se révèle « sujet » (Hegel) mais qu’il existe un je qui fait son entrée dans la représentation et un je qui doit être pensé en tant que je, et non en tant qu’être.

Donc le je n’a pas pour caractère essentiel de penser, mais de signifier. Le je ne ressemble pas à un objet parce qu’il est un rapport, qui indique on-ne-sait-quoi. Et qui même lorsqu’il se désigne lui-même, ne porte vers rien, puisqu’il introduit alors au je tel qu’il existe ; Descartes renvoie à chaque un.

Il faut entendre « signifier » comme beaucoup plus étendu et beaucoup plus cohérent en vérité et réalité et en réel, que « pensée ». Dit autrement ; ce qui est dit, énoncé, représenté, créé esthétiquement, entreprise morale ou politique, manifeste une tentative d’architecture totale, et notamment de ceci qu’il y eut tentative d’unifier, chacun en lui-même, toute l’historicité, à la fois comme humanisation (depuis la révolution universelle) et personnalisation (prolongement et réflexion interne à l’humanisation, par quoi le désir supplante le besoin universel, communiste ou naturaliste).

Totale donc en ceci qu’il s’agit de mettre en forme, informer l’arc de conscience en toutes ses possibilités. Ce qui a abouti au monde humain individualisé totalement et exporté mondialement.

Le plus étrange étant que les véritables inventions qui outrepassent et peuvent être tenues comme créations de structure (de consciences) échappent à tel ou un tel, ne sont pas affectées d’un nom mais s’imposent comme historiques. Dieu, le christique, la pensée (la vérité), la liberté ou la révolution, l’esthétique ou la poétique (ou le roman, etc), réclament quantité de sujets, de je, de consciences. La structure s’est inventée et donc créé des domaines.

Des domaines phénoménologiques, de perceptions diversifiées et organisées. Qui excèdent de très loin les capacités de la pensée, et engagent l’arc de conscience ou le je de chacun. Ces domaines n’existent pas en eux-mêmes mais sont constitués en et par et pour l’arc de chacun ; chacun est capable d’atteindre les domaines ; le domaine est cela même qui expose la capacité de cohérence de chaque je. Les bibliothèques en somme, les bibles de tout arc de conscience qui exhibe de la sorte sa grande capacité tous azimuts. Soit donc non seulement d’organiser toutes perceptions, mais de créer les champs de perceptions. C’est tout entièrement que l’on étudie, ce qui signifie élabore, la perception.

La perception telle que donnée, naturellement, est relative à l’adn, l’adn plus quelques rencontres, par exemple de l’humain et du chat, du chien, du cheval.

Si tout arc est capable d’investir et d’inventer et de créer des telles bibliothèques et d’introduire à toutes organisations phénoménologiques, cela veut dire que l’activité intentionnelle de conscience ouvre les visions ; lesquelles s’ajoutent au donné. Et s’ajoutent en tant que produites dans et par l’actualité, par la décision de chaque sujet. Lequel ne se contente pas de penser extérieurement et objectivement sciences et institutions, mais s’engage tout entièrement et rend accessibles à eux-mêmes tous les sujets. Politique ou esthétiques, éthiques ou systèmes de pensée, psychanalyse ou mass et micro-médiatisations s’adressent, se constituent dans l’adresse vers les je. Plongés dans l’exigence de la possibilité. De la possibilité non pas selon le monde, autour du monde. Non pas dans la vie vécue mais dans le vécu (en question) de la vie ; dépassant donc le vivant par l’Existant.

L’existant est ce qui décuple le vivant, est l’opération intentionnelle qui prend dans son champ immense (et supposément infinie) tout le donné et tout le vivant. En tant, donc, que re-création.

De ce développement il doit ressortir que l’on est passé d’un réel plutôt fixé (dieu ou l’universelle pensée) à une compréhension, interne, du devenir et de la réalité donné là, en instance du sujet, du je, cartésien, transcendantal, hégélien, husserlien, nietzschéen, sartrien, lacanien, etc  ; en quoi devenir et réalités sont articulées et que cette articulation est l’envie de nos attentes.

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Le signifiant triomphant

20 Novembre 2021, 09:30am

Publié par pascal doyelle

On ne perçoit objectivement que dans la pensée ou la représentation. On nomme pensée l’ensemble des signes orchestrés par et pour une conscience. Qui se permet, en somme, de rediriger les ensembles dans sa perception, pour fin de validation, ou non. C’est seulement du dehors que l’on croit que la science montre la réalité réelle ; le scientifique sait bien que cette réalité n’apparaît qu’au travers de grilles savamment tendues, qui sélectionnent la réalité devenue non donnée, acquise. Ça ne signifie pas que le découvert est faux, au contraire, mais qu’il est limité ; à son objet même. Jamais un scientifique ne prétendra extrapoler ses résultats à « tout ce qui est ».

Or de même le je se donne une idée, une représentation, doué d’affects, de répercussions dans et selon son corps même, et il juge alors de sa vie vécue au fur et à mesure ; ça ne se passe pas forcément très bien. Et tout aussi bien il en ressent l’affect, le bilan s’effectuant au long du parcours. Il s’agit d’une computation, d’un calcul, d’une cause lancée et dotée d’effets s’additionnant ou se soustrayant.

Et y compris d’un calcul affectif, on ne jugera peut-être pas sa vie vécue (sauf d’un recours christique) mais on l’éprouvera (détestable ou attentive ou béatifique, ce que l’on pourra). Ceci fait effet et cause de résonance (puisque lors même que l’on vit on ressent cette preuve de notre existence, et on en juge psychiquement).

Toute chose est distinctement (selon son universalité ou selon sa particularité). Tout rapport crée non pas de l’universel seulement, mais de la singularité ; toute chose, tout être, tout point dans l’univers (ou la réalité en général) est unique. Il n’y a que cela, de l’unicité. L’unicité est la loi absolue de tout ce qui est (et l’universel est contenu dans ces singularités). L’unicité est la loi maximale de toute la réalité, l’unicité est la substance même de ce dont est faite la réalité. À point nommé un ensemble de rapports fait un, autrement dit crée un rapport unitaire. Que des rapports aboutissent à une unité, soit donc un rapport en lui-même, laisse présager le sens de la réalité Il n’est pas de défilé ininterrompu de rapports indistinctes (sauf au début et la fin, peut-être, qui atteignent, presque, l’indistinction et presque la naissance ou la disparition ; tout étant en stase).

De même que le possible est la catégorie formelle (et donc absolue), pareillement l’unicité est la substance même, une accumulation gigantissime de singuliers. Ainsi le réel est plus grand que lui-même, qu’il se destine (par logique interne de sa nature même) à cette infinité, puisque de toute manière on ne voit pas bien à quoi servirait un réel qui ne deviendrait pas (sinon à disparaître à jamais dans le quasi néant glacé), et que donc le réel est le travail titanesque de l’infini sur l’infini, et que « ce qui travaille » tout, est l’infinité même. Plus simplement le réel est l’infini parce que le fini, la réalité périt. L’ensemble des effets dont le mouvement est la cause.

Si le fini périt et qu’à terme on croit qu’il ne reste « rien du tout », aucun signe de ce qui fut, c’est plutôt bizarre. Pourquoi une quantité énorme, voire infinie, d’énergie se lancerait dans l’aventure (étant entendu qu’en ceci il est question de simplement « tout ce qui est »…) pour disparaître complètement de toute mémoire ? Plus l’univers (ou ce que l’on nomme tel) est grand ou infini, plus la question se pose. Et on a vu que le dit infini univers, son « infinité » justement est cela même, en tant que catégorie « infini », ce dont tout est fait ; tout est en soi selon la catégorie « infini » ; ça n’est pas l’infini (ou l’infinité sélective, la matière, dieu, la pensée, etc) qui est en cause mais ce qui se passe dans cet infini ou ces infinis ; ce que cela « devient » et dont on ne sait rien mais dont on connaît et même éprouve le mouvement (c’est cela qui nous est donné) ; on soupçonne ceci ou cela (que l’on désigne comme dieu, l’universel, le sujet, l’énergie, etc) mais on ne sait, techniquement, rien. La réalité est signifiée dans un mouvement et c’est le mouvement qui définit la réalité.

Et donc nous existons ce mouvement, ce rapport. Et on le sait tellement que nous l’avons nommé, pluriellement. Lors même que ce serait seulement une fonction (due à l’élaboration de notre cervelle qui, pour organiser l’information non plus sous l’adn ou la perception mais en tant que mémorisation augmentée et qui donc doit constamment actualiser et que cette actualisation se désignerait comme « conscience »)

lors même tout (ce qui apparaît) n’apparaît que signifié, par des signifiants ; dans l’actualité, l’actualisation. Mais qu’est-ce que c’est que l’actualisation? Qu’est-ce que ce « lieu », neutre, vide, qui n’appartient pas, qui contient les réalités, les choses ou les dangers ou les objets déterminés, et qui rend possible que le groupe de chasseur-cueilleurs rencontrent un ours au coin du bois ? D’où la supériorité du signifiant (sur les signifiés, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne comptent pas, mais que le signifiant est ou peut être conclusif, nier ou s’ajouter exemplairement) ; si le signifiant s’agrège soudainement, dans et par l’actualisation, soudaine justement, surprenante, dangereuse ou perturbante, etc, il désigne l’intervention, l’intervention d’un plus.

Dieu est un plus ou le cri d’alerte envers l’ours qui charge. Le signifiant permet de faire voir, ce qui ne se voyait pas juste auparavant. La puissance du signifiant ne tient pas en lui-même (il n’est qu’un signe, même en système, et précisément que ce soit un signifiant arbitraire le rend capable d’échapper ou détruit toute systématique). Il y a signifiant parce qu’il y a un je ou plus généralement un sujet ; ce qui veut dire une conscience. Une intentionnalité. Laquelle est un arc arc-bouté au réel, ou donc à l’horizon. L’horizon de son esprit, de la pensée, de la poésie ou de tout ce que l’on voudra, mais au final arc-bouté à l’horizon du monde, du monde réel donné « là ». et qui est non seulement inimitable (ce qui est déjà énorme et bien que toute société, groupe humain voudrait s’y substituer, ou du moi, de son image de soi) mais irrémédiablement « là ».

dit autrement ; toute pensée, idée de soi ou de l’homme, etc, aboutit à une certaine disposition réelle et effective dans le monde réel. De là que bien sur le moi va imaginer ceci ou cela de lui-même ; mais ça donne quoi dans la vie vécue ? Ce qu’il se représente est si souvent tourné en dérision par le regard du psy, et encore plus du psychanalyste. Or pourtant même si inconscient, on voit ce que l’on voit, même si ça n’est pas rendu conscient … mais on le voit, on le perçoit ; on ne se rend pas compte du lapsus, mais on l’énonce ; donc on l’a vu d’une certaine manière. Cela veut dire que la perception qui entre dans le champ de conscience est purement de l’ordre du vivant ; l’intentionnalité, l’intentionnalisation (qui est faite de signes) ne s’oppose pas du tout à la perception ; elle reprend toute perception, et donc on perçoit avant de « penser » ; la « pensée », la représentation, le conscient re/prend dans une énonciation intentionnelle les perceptions. De là qu’il faille depuis lors (cad depuis le début de notre espèce, quoi que l’on entende par là) d’abord « penser », réarranger les signes, si l’on veut percevoir autrement. On invente ou il nous est révélé dieu, l’universel, le sujet, la révolution, la poésie (sous-entendu subjective), le cinéma, et ce déploiement de signifiants (ou de moyens de produire des signes tout autant, tel langage, telle idéologie, etc) ouvre la possibilité de nouvelles perceptions.

Et au final ou plutôt initialement, le signifiant est un rapport. Le rapport intentionnel vers le monde, la vie vécue, le corps, la perception-même, le langage que l’on réordonne, parce que l’on a « vu » ou commencé de voir d’autres perceptions, ressenti d’autres affects et parce que d’une manière générale on saisit, vaguement peut-être, que le réel, la réalité sont plus grands que le connu, le déjà signifié.

Qu’il y ait un « lieu » neutre, vide, formel, indifférent au signifié, rendant possible des signifiants arbitraires et possédant la capacité de s’ordonner autrement en et par eux-mêmes, cela signifie se réorganiser dans la perception mais actualisée et sans cesse réactualisée d’un je.

Puisque l’on sait bien que les peuples et les mondes ‘particuliers’ (nommés tels pour la compréhension, ils étaient évidemment extrêmement complexes) veillés pointilleusement sur l’ordre des signifiants ; la communication (entre membres) et la transmission (entre générations) devant s’effectuer rigoureusement (sous peine de disparaître). Il fallait donc que le principe d’ordre (de l’humanité) passe par-dessus les contenus eux-mêmes et vienne à se situer et préciser dans la conscience-de chacun (indépendamment des contenus, qui dès lors pouvaient être transformés, presque, à loisir ; l’esthétique ou la poésie prenant par ex son essor, hors des rituels, etc, mais aussi évidemment la pensée (qui pense hors du groupe) ou la conscience de soi (christique, sous le regard du un tout-seul).

Le principe est alors intégré, mais doit recevoir son propre repérage (la raison, la conscience de soi, la révolution et le droit, etc, plus toutes les variations internes possibles ou relativement aux domaines qu’il ouvre, éthiques, politiques, poétiques et ainsi de suite). Dit autrement ; on s’aperçoit que l’on crée les contenus (de conscience) et qu’ils ne sont pas reçus spontanément ou selon le sacré ou l’absolu d’un monde ordonné. La capacité de créer des contenus s’effectue à partir des signifiants (et donc de langages, comme les maths, les sciences, les esthétiques tout autant) comme instruments d’une perception qui est, n’étant plus relative au seul groupe, communauté, langage, qui est donc individuée ; l’individu perçoit hors des signifiés. Non seulement les œuvres sont signées, mais justement « il y a des œuvres » et non des textes sacrés ou des codex hérités. Parce que toute œuvre (aussi bien politique qu’esthétique) comporte en elle-même, en tant que cause, ses effets. L’historicité est l’ensemble de ces effets. Et au fur et à mesure nous en jugeons ; on expérimente des faisceaux réunis en réseaux. Portés à la connaissance de tous et de chacun, ce qui se nomme ce qui s’est recherché historiquement la « démocratie », qui n’est pas un système politique mais tout un monde. Tout ce monde déployé comme humanisation d’abord puis comme personnalisation (qui donne raison de cette humanisation en ce que, cette fois, chacun est concerné ou en reçoit, éventuellement, les bienfaits). Donc les signifiants prolifèrent.

Et chacun y va de sa part. Non seulement les industriels (qui produisent effectivement, bien réellement quantité de signifiants « exprès ») ou les politiques, mais chacun et n’importe quel groupe interne s’y adonnent goulûment.

Évidemment si vous effacez le lien du sujet au signifiant, vous devenez, dans un discours autre, le signifiant d’un autre sujet … et rien que le signifiant, autre qui vous découpera en petits morceaux, le signifiant sans sujet autorisant tout. Il croit que ses distinctions sont toujours réelles. Il ne voit pas, ne comprend pas que certes des distinctions, mais par et pour des sujets (et donc sujets relevant d’une stratégie bien plus étendue que les tactiques localisées). De même par le signifiant on remplace les réalités (ou version rationnelle, il n’est de science que dans le cadre d’un dispositif signifiant, tout à fait légitime dans sa limitation à l’objet constitué, par tel cadre), et comme le signifiant s’inscrit tout immédiatement dans la conscience, elle n’y voit que du feu.

On ne désire pas seulement les choses (pour ce qu’elles apportent effectivement), mais les signifiants. Et ces « désirs » sont en toute rigueur des idéalismes. On a vu que le monde humain suite à son humanisation (universelle, technique, scientifique, mass médiatique, etc) ne devient pas matérialiste, mais matérialise ses intentions, ses images. Et personnalisation et puis mondialisation intensifie cette matérialisation (qui épuise le monde donné et naturel et évidemment psychiquement les mois sont éreintés).

Cette fascination ne tient qu’à ceci ; les signifiants, quels qu’ils soient, signifient le je. Le je recherche la forme de son être, qui n’est pas un être (et qu’il prend pour tel, comme déterminé comme ci ou comme ça, renouvelant constamment les contenus) mais une structure qui doit, elle-même, se signifier en son caractère absolument formel (seul ce qui est en tant que rapport est formel et donc absolu ; tout le reste est déterminé, cad non absolu, et disparaissant déjà). La structure du rapport est très-étrange.

Et tout signifiant appelle l’arc de conscience, il s’y engouffre, il y est déjà, il croit qu’il y existe avant lui-même, puisque le signifiant est un rapport et la conscience d’autrui, et celle de l’Autre et celle de dieu ou la vérité de la pensée, etc. Or pourtant ce qui revient ensuite, sur le Bord, sans rien, tout seul ce sera le je ; il restera seul existant. Parce que lui il est de cet ordre « là », ici même, sur le Bord de la réalité. Le reste passera.

Il arrive, souvent, que l’on prenne un morceau d’horizontalité pour une verticalité ; on appelle cela « désir », par ex. De désir il n’y en a pas, sinon sur les modes du fantasme, de l’imaginaire, du fétiche, de l’imaginaire, etc.

Rappelons la logique ; ça n’est pas qu’il faille nier les désirs, de toute sorte, mais de comprendre que ce ne sont pas les désirs qui meuvent. Ils ne meuvent pas. Parce que le désir, vécu, et le Désir, cette notion supposée, sont des constructions. Pas du tout spontanés. S’ils étaient spontanés, ils appartiendraient au monde, il y aurait correspondance entre nos désirs et les résultats. Mais ça n’existe pas. Nulle part. Lorsque ça existe c’est que c’est soutenu par une alliance plus forte (que le désir). Ou cela prend une dimension à ce point critique que l’on peut écrire un roman de 1200 pages (Don Quichotte par ex) sur la déception ou l’arbitraire de ces « désirs » ou leur fantasme répétitif (la pornographie). Ou la motion publicitaire qui entretient la pseudo-dynamique du désir renouvelé, selon les mille et unes couleurs du monde, du donné. Il n’est pas de poésie, de roman, d’œuvre qui ne soit infiniment critique autant que positive, qui ne soit complexe.

Lorsque la verticalité donc est perçue dans le monde, c’est que la puissance de la verticalité se prend pour une partie du monde.

La verticalité n’est pas du tout destinée au monde, ni donc à la vie vécue. Elle a, la verticalité, son élaboration propre. Et c’est elle qui tient le monde humain. Sans le statut de citoyen, ce que l’on nomme le moi, qui croit si fort en lui-même, s’effondre. Et le remplissage du cadre général universel de la société humaine et humanisée universellement par la société civile est une catastrophe. Une catastrophe mentale, individuelle et collective. Alors même que cette articulation rend possible que « la vie de chacun » puisse relever de la liberté et des décisions (Sartre et son je-conscience n’apparaissent pas au hasard, ni la psychanalyse ni Lacan, ni les années soixante).

Ce qui veut dire que chacun va mener sa barque pour son propre compte (ce qui est bien) sans aucune autre considération (ce qui est non seulement mal, ; tout aboutissant à un ‘nietzschéisme’ caricatural individualiste, mais surtout idiot). Dit autrement nous ne sommes plus capables de conduire une stratégie globale en plus des tactiques individuelles diverses et variées.

Et cela veut dire que l’on ne peut plus organiser des tissages intentionnels universels et singuliers, mais uniquement des broderies intentionnelles limités destinées en et selon le particulier. On ne pense plus, plus du tout ; on répugne même à penser ou croire, au lieu de manier des images/idées on se remplit d’idées\images, dont le contenu est non pas intellectuel et encore moins intellectif, mais imaginaire de perceptions (et les mass médias nous fournissent notre quota de pseudo-perceptions de substitution) d’une part et d’autre part imaginaire au sens de fantasmatique, de vie rêvée, d’illusion de soi, de contentement béat du corps (lui-même irréalisé et plaisir infini, cad jouissance irréelle et absolument destructrice, une telle jouissance n’existant pas dans le monde ni selon le corps, et n’existant même pas du tout). Et psychologiquement, psychiquement c’est absolument tragique ; c’est la mort, le caractère irréel de notre vie. Le corps fait poids, et l’économisme est au final l’idéologie du corps, fantasmé (puisque les animaux vivants n’ont pas d’idéologie). Et ce corps démultiplié par les signes on adore cela.

Parce que c’est d’une seule reprise que la vie paraît s’écouler comme désirs ; c’est qu’ils sont rêvés pour cela, à cette fin, faire comme si, afin que des désirs remplacent la jouissance, irréelle et impossible (qui colle à la division du vivant, soulevé par l’esprit et qui se rêve d’une béatitude jouissant selon le corps, ce que nul vivant naturel n’imagine).

Reprenons. Du fait de l’existence de la structure de conscience qui prend dans son faisceau toute réalité, toute perception, tout ressenti, le vivant soudainement surpris par cet ‘esprit’ qui énormise tout, tel un miroir déformant, ce vivant imagine donc son plaisir, sa jouissance visualisé, hallucinatoirement pour le dire ; il se prend dans l’image du miroir et ne peut plus s’en dépêtrer, sauf s’il se sépare de lui-même, se décentre, en quoi consiste la « castration », ou l’impossibilité de retour en enfance. Mais cette sur-image restera enkystée en lui, antérieurement à son moi (elle se crée du mélange de l’esprit et du corps, dans la division qu’impose le signifiant au corps vivant qui suscite l’image de jouissance, aussi bien perceptions hallucinée ou affect inconscient et non exprimable, qui imprime sa logique surpuissante, qui revient sans cesse du corps vivant lui-même).

Il s’agit d’une construction qui se rend capable au fur et à mesure (si elle ne reste pas prisonnière de la fusion ou jouissance) et si elle ne coince pas trop lourdement d’une névrose, d’un désordre relatif. Même alors la division et son reliquat (la jouissance inconsciente) se jouent du conscient. De sorte que toutes les images (même les plus « objectives ») sont telles des variations nées de la jouissance même qui ne s’efface jamais (elle est inscrite dans le corps même, physiologiquement, dépourvue de tout signe, mot, inexprimable, pulsion hallucinée).

La séparation, le décentrement c’est comprendre, et en fait non pas comprendre mais saisir que la distance règne ; on se téléporte dans le point-autre qui nous perçoit ; on n’est pas ce que l’on est, on est pris dans un autre point de vue ; sur cette distance on peut alors se permettre d’agrandir le décentrement (se rendre capable d’autrui, des mathématiques ou de la poésie ou du droit, s’assurer et d’assumer son positionnement, de citoyen, d’être moral, de réunion et de relations, etc). Sinon nous resterions égarés dans la suspension hallucinée.

L’autre sorte de résolution, le problème est que cela ne sera pas une résolution ... ce sera l’irrésolution de l’esprit. Il n’y a aucun autre moyen de « gérer » la satisfaction continuellement attendue que de se rendre compte de l’insatisfaction, l’insatisfaction radicale, que jamais on n’éprouvera la résolution de son existence, et que ceci est le signe d’un passage à autre chose que satisfaction ou insatisfaction.

Ce que, soit dit en passant, Nietzsche pouvait figurer comme « exercice de sa puissance », dont il attendait qu’il soit avant tout capable de la dureté du monde, de la vie. Ne s’arrêtant pas à toute la difficulté d’exister ; c’est pour cela qu’il y a, en Nietzsche, une sur-objectivité présupposée possible (Nietzsche dont la logique est celle de l’auto-affirmation de ‘soi’ sous l’auspice dérivé de la « puissance », comme capacité ontologique non subjective, extrapolation du je cartésien, du sujet).

Parvenir jusqu’au moi est pour chacun une opération tout à fait difficile et en équilibre ou déséquilibre irrémédiable ; manœuvrant aux alentours des gouffres (descriptibles selon la psychologie ou la psychanalyse ou la pensée lacanienne, tout cela différemment selon).

Et selon la version commune, celle construite au cours du 20éme, glissant de plus en plus dans l’irréel, l’individu atomisé collectivement et bientôt atomisé en lui-même, subjectivement (la représentation et les objets du monde humanisé réifiant, comme on disait, cette subjectivité en des attrappe-rêves divers et de plus en plus industriellement produits et détaillés et précis et ciblés ; nous en sommes dépouillés, véritables écorchés, vidés par toutes ces images tout à fait extérieures qui nous morcellent).

Or chacun est tout aussi bien noyé par ses illusions de signifiants qui promettent des signifiés, de solides et consistants et mangeables, dirait Dali, signifiés ; des objets (qui sont construits) ressentis comme des choses (données là) ; comme si donc l’objet en tant que chose produisait le désir, était intimement désirable ; ce qui est absurde. Rien dans le monde, mais également la vie vécue, ne correspond à l’arc de conscience, à l’intentionnel. Et donc une théorie, une vision du signifiant pur et brut est exigée. La chose, ou dit autrement le mélange imaginaire du pour-soi et de l’en-soi sartrien, le mélange hallucinatoirement incorporé, rêvé, sur-attendu dans le vie, lorsque l’on croit que l’on est, que l’on « sera », de la subsistante chose.

Or pourtant ça n’est pas la supposition d’une consistance du monde ou de la vie ou du corps (ou donc de la chose désirée, désirable) mais le rien qui anime le signifiant qui est appelé.

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Petits et grands rapports

13 Novembre 2021, 09:17am

Publié par pascal doyelle

Il ne s’agit pas de découvrir la réponse (à toutes les questions puisque touchant le réel même), mais de mieux formuler la question. De sorte que croire en dieu, la pensée et l’universel, le christique et le sujet, le sujet et la révolution, la révolution et le moi (cad la personnalisation qui suit l’humanisation universelle), et tout ce que l’on veut du même ordre (du même ordre élevé, on ne va pas croire à n’importe quoi), tout cela reste à chacun.

Mais dans tous les cas, il s’agit d’un questionnement ; d’un tissage intentionnel tel qu’il se présente dans l’actualité de l’existence, et non pas abstraitement, et ayant des-effets ; ce qui veut dire que toute reformulation porte. Et de fait sujet ou universel, dieu ou intention s’imposent comme concepts vides, ce qui veut dire formels (et donc impliquant quantité d’effets).

On a vu que le plus proche accès est le mouvement, ou plus généralement le rapport ; l’arc de conscience est le rapport à soi du rapport (est donc la désignation, le signe, l’arc génère le signe et tout paraît et s’approfondissent les distinctions, les langages par ex, philosophie, mathématique ou poésie, etc). De même le réel est l’articulation du présent pur et brut ; l’exister, son représentant sur terre pour ainsi dire, le présent génère la réalité, les réalités, les mondes ; tout ce qui fut, est, sera en passe par le présent, par l’actualisation (autre manière de dire que les réalités, les choses, les êtres et donc les consciences tiennent d’eux-mêmes ; les êtres doivent se réal-iser, se rendre réels à partir de leur activité qui s’élabore et s’élabore dans l’actualisation. Aussi toute réalité est construite par le temps, ou plus ontologiquement, le présent (la mise en jeu de leur être, à chaque fois).

L’articulation en tant que rapport est non seulement complexe mais radicale ; c’est à partir d’elle que tout le reste se déplie ; sa complexité, étant originelle, est infinie (ou : elle ne se joue pas, ne se décrit pas selon les catégories du monde, de l’humain ou du moi-même, mais selon l’articulation du réel brut).

On ne sait pas ce que signifie (implique) cette articulation. On en délimite peu à peu le contour. On suppose ou pose, comme on veut, que l’exister, cad le présent, l’actualité en tant qu’actualisation du Possible brut, est le réel lui-même ; on ignore jusqu’où va le présent, l’exister, cette stase, cette suspension dans l’actualisation. La forme (le réel des réalités) seule existe (tout le reste est, l’être est relatif à l’exister et l’exister est relatif à lui-même, étant formel, et ce bien effectivement ; relatif veut dire qu’il est la cause (qui cause tous les effets, les réalités) et en tant que tel se cause en lui-même ; là où l’espace et le temps cessent, ce qui veut dire dans le présent tel quel, considéré comme 5ème dimension, et seule réelle).

On considère que toutes les séquences suivantes sont acquises.

Lorsque les grecs instaurent la pensée, vient instantanément l’universel ; soit donc le principe de structure du développement de l’universalisation des intentionnalités (les idées, acquises individuellement, alors que les représentations et les mots et les choses désignées revenaient au groupe qui faisait fonction de véridicité, de critère de la vérité, de ce qui est, pour tous ; mais cet universel le je n’est pas posé et donc pas pensé, n’entrant donc dans aucune stratégie, intentionnelle, il faut attendre le christique), ce qui ne peut se concrétiser que par la cohérence (les systèmes d’idées), d’une part et selon la référence à un-seul-monde (et non plus à la pluralité des mondes humains et des représentations) d’autre part, référant à l’expérience de chacun tel qu’il existe hors de son groupe et de son humanisation spéciale.

Il n’existe pas de sujet antérieurement au christique, qui seul accorde absolument l’infinité à chacun en tant que chacun ; auparavant les individus savent bien qu’ils sont, évidemment, mais il n’est pas de place, de localisation, d’indication, dans la représentation, quant à leur être spécifique et singulier ; le philosophe acquiert son être de la pensée, c’est elle qui vaut ; par le christique chacun vaut en soi (inutile d’être Achille ou Léonidas).

Originellement l’affirmation d’un dieu unique permet de passer outre la bigarrure des dieux, dont les signes et les fonctions, ayant à se différencier, s’empruntaient du donné, de la perception ou de l’histoire particulière de chaque communauté ; parties du monde hypostasiés, nullement la pureté et simplicité de l’intention seule, qui à rebours peut être reprise par tous et chacun ; aucun mystère sinon celui de la décision. L’essentiel tient en l’unicité de son intention. Ce qui veut dire ; la capacité de signifier, et donc la capacité de signifier selon les règles justes (ou saintes, c’est la même chose) ; les règles, la Loi.

Le dieu un tout-autre se signale de ce qu’il est pure intention, enseignant donc que c’est dans et par ce rapport (et non un absolu qui existerait en et par soi) que tout ce qui est, existe. Dans la relation et ainsi la non encore perfection de dieu, ou si l’on préfère ; qu’il existe une encore plus grande perfection.

Le christique est la reformulation de l’intention ; il transforme la Loi (extérieure et devant nous éduquer) en Intention ; vous serait jugés selon votre intention et non selon la Loi ; la Loi nous prend toujours en faute, l’intention selon le pardon.

Ce faisant tout est lancé qui consiste à mettre en jeu cela même qui nous distingue de tout vivant ; que non seulement nous percevons l’horizon (et non pas vivons seulement dans un milieu, dont le corps du vivant est le centre) mais que fondamentalement nous nous percevons à partir de l’horizon et c’est bien pour cela que, pour nous, existe un horizon perçu ; c’est que nous y sommes déjà, nous sommes déjà au Bord, et pour le christique c’est justement à partir du Bord, de toute vie transformée, transmuée en Existence, que nous nous percevons.

Donc l’historicité est cela qui nous a conduit au Bout du réel, mais voici qu’il faut saisir ce que par « réel » on entend. Rappelons que le 20éme (cad le moment durant lequel l’humanisation s’est étendue et la personnalisation a commencé de poindre) découvre que le réel existe. C’est que le moi n’est plus protégé par aucune couverture et exposé directement au donné tel que « là », et dans l’incapacité et la nudité (comme le christ) il affronte directement ce réel qui l’empêche, à tout jamais, de se refermer selon un centre, de se lover dans sa pensée (sa représentation, son image, autrui, l’humanisation ou aussi bien un avenir rêvé) ; outre Sartre ou Camus ou Heidegger ; Céline, la perdition du moi humain jeté dans le monde et l’histoire (dont la guerre, en clôture, fut la destruction de tous les êtres).

La formulation de la question relève donc, ici, d’une expérimentation, continuée au long des siècles, et qui est cela même qui fut pensé, représenté, mais aussi esthétiquement manifesté (non pas un mais des quantités de points de Vue, de perceptions), éprouvé , littérairement créé, politiquement découvert. Bref toute cette richesse.

La formulation est cela qui est en cours, depuis 3000 ans (pour notre civilisation). Elle est éprouvée et on ne sait à partir de quelle limite ; mais tout au long des siècles puisqu’il ne s’agit pas d’une idée, mais d’une structure ; l’arc de conscience qui, délaissant les mondes humains, la forme de « monde humain », vient au bord de la scène nouvelle (ainsi les grecs désignent le monde même donné « là », dessous tous les mondes construits, et le christique ce corps vivant humain et individuel, qui existe en ce monde là, corps nu, sans rien, sans personne, abandonné).

On admet donc qu’il existe, qu’il se met au jour une structure formelle, qui va dorénavant rechercher son être, mais étant une structure, cad un rapport ou un mouvement, elle ne trouvera pas cet être. Elle doit pour avancer dans sa finalité dénuder encore plus sa structure. Le moi, en dernière instance, croit qu’il est…

Il ne veut pas savoir qu’il est un je (qui s’ajoute au moi et ne le remplace pas ; il faut qu’il y ait un moi pour que le je parvienne à se préciser encore plus avant, dans le mouvement, la structure du réel, de là que Lacan, le dernier, s’y approche, dénichant la coupure du réel dans le moi, ce qui veut dire la coupure que le moi voulut, en vain, suturer, coudre, avec un morceau de monde, ou plus exactement un morceau de monde, ou de lui-même, mais qui pour lui ferait chair, ce qui est impossible ; la chair d’un je (et non d’un moi) est l’autre-corps, celui-là même promis par le christ, par ex). Le moi fait donc Semblant.

Semblant d’y croire, que son objet lui garantira d’être. Alors que ça n’est pas du tout de cela dont il est question dans l’existence, dans la vie sans doute mais la vie est imaginée (et donc effroyablement déceptive ou folle ou résignée, mais en bref cousue dans un non-possible, qui n’est pas un impossible).

Le principe général est donc que la structure (délestée de tout monde et de toute représentation) tombe nez à nez avec le monde donné là d’une part et le corps individuel vivant d’autre part, mais surtout qu’elle-même comme conscience-de apparaît sur la scène, dans son propre champ.

Et donc l’essentiel du réel, en tant qu’histoire, historicité, consiste à élaborer cette déchirure ; nous sommes pour nous-mêmes et donc nous ne sommes pas. Et nous ne sommes pas cependant le rapport à nous-mêmes (comme si nous-mêmes était consistant) mais bien plus nous sommes le rapport lui-même (par lequel il est un nous-même mais aussi quantité de réalités et de réel). Donc nous voici promis à plus grand que « nous-même ».

on a vu que l’arc de conscience-de est le possible brut.

Comme tel il entraîne bien au-delà de quelque réalité, naturelle, ou réalisation, humaine, que ce soit. De là que l’on affecte le dimensionnel à cet arc de conscience, qui veut dire « rapport avec soi du rapport lui-même », soit possibilité brute.

Intégrer la possibilité pure et brute est ainsi l’enjeu. Soit donc son impossibilité (de là qu’elle puisse être révélée, dieu, ou extrapolée d’un ailleurs, divin). Tout consiste à gérer le donné de telle sorte que l’on survive (durant des centaines de milliers d’années), que l’on s’installe (quelques siècles), que l’on profite (quelques dizaines d’années). La question est ; qu’est-ce que cette faculté, apparemment non limitée (elle peut développer ses propres langages, relativement à tout domaine rencontré ou exigé ou imaginé) ?

L’impossibilité manifeste et manifestée fut celle christique ; il est impossible de comprendre l’intention essentielle du christ, le dénommé Jésus, cette articulation infinie. Aussi le long des siècles qui suivirent a-t-on tenté d’aménager cette exigence. De même l’articulation montrée du doigt par Descartes (elle est une structure effectivement réelle et non une « pensée » ou une « idée »), soit donc le je (forme du rapport lui-même), cette articulation est in-finie (et épuise le fini potentiellement, et donc épuise les vivants qui lui sont soumis, qui subissent sa puissance). Etc. L’infinité n’est donc pas du tout réservée à un absolu, mais est à l’œuvre structurellement (et pour un je s’impose continuellement ; on ne peut pas découper le je, pas plus que le présent). Les infinités, mises en jeu (le néant infini, l’être infini, l’exister infini et ce que l’on connaît du sujet, de la structure-sujet, qui n’est pas caractérisable comme déterminée mais est un rapport) construisent autre chose.

 

La possibilité de l’impossibilité

La pensée, la philosophie est cette discipline qui naît de l’abandon de la régulation de la réalité par le groupe, ou qui refuse cette régulation, cet ordre produit par la communauté, et qui, donc, découvre que sous la représentation habituelle de son propre groupe humain, existe le monde. Le monde donné « là » (qui est dès lors signifié comme « l’être »).

Mais ça n’en reste pas là. Parce que de toute manière le monde, le donné, la vie et la vie vécue ne rentrent pas dans le concept.

Le concept est le discours cohérent ; le réseau d’intentionnalisations (d’idées) que l’on organise, consciemment, volontairement, explicitement, à propos de ce qui a lieu. Le monde. Le monde parce qu’il faudra attendre le christique pour que la vie individuelle entre dans la réflexion. L’universel, grec, a affaire au monde donné là, tout comme le christique au corps de chacun, vivant (et vivant transformé en existant, puisqu’entrant dans le champ intentionnel explicite et explicitement en chacun).

Et si on introduit la quantité pharamineuse de données de l’individualité dans le discours, il se maintient difficilement ; de là qu’il passe de l’organisation intentionnalisatrice, dite de raison, de pensée, à la religion et pas n’importe laquelle celle qui, elle, ne tient que du regard du un tout-seul (celui qui a vécu, et fut trahi et crucifié), et dont le regard précisément force tout un chacun à devenir la conscience de soi, de sa vie vécue et de sa mort à venir, et donc à partir d’un point-autre. Lequel est absolument autre, parce que hors de la vie et donc du monde ; par ce point-autre tout est perçu. Dit autrement ; il faut que ce soit le point de vue de celui qui se désengage de sa vie (et tout ce qu’elle contient) qui remporte le point de vision total.

Le point de vision total contient la pensée y compris (pour cela le christianisme reprendra toute la philosophie ou les pensées acquises). Et s’ajoutera à la pensée la bizarrerie (ou l’étrangeté ou le mystère) qu’un sujet il y a et qu’il existe du rapport nouvellement découvert à lui-même. Qu’il y ait eu des mois antérieurement au sujet est évident. Mais l’introduction du moi en tant que sujet dans la représentation (dans son propre champ intentionnel) non seulement augmente le champ d’investigation mais modifie le moi lui-même en le transformant en sujet ; aussi faut-il se convertir, au christique, mais il fallait également de transformer par la pensée (on n’est plus le même avant et après).

Il est à peu près clair que l’introduction du je dans le champ du je lui-même est extrêmement difficile. Puisque par là n’importe quelle identité doit se relativiser ; ce qui veut dire que l’on ne peut pas, plus se confier à un contenu de soi-même, du moi-même, qui serait tenu pour spontané. Mais que par ailleurs on ne peut que difficilement admettre en ce moi-même l’universel de la pensée ou la charité chrétienne ou l’amour pur et désintéressé, etc.

Et tout l’enjeu des 20 siècles de mise en forme culturelle, fut précisément de découvrir le moyen (les moyens) de remédier à, de médiatiser cet impossible (à savoir ; que nous ne sommes pas christiques ou parfaitement humanistes ou sans ego) ; ou donc qu’il s’agissait d’instancier, d’élaborer, d’installer, de préparer en nous un ego qui ne soit pas trop stupide ou trop égoïste, voire égocentrique.

L’ensemble de toutes les manifestations dites d’acculturation (d’in-formation de chacun, puisqu’il s’agit d’intégrer un impossible étranger, « venu d’ailleurs », la pensée ou dieu) ont pour finalité de transformer la qualification, la capacité de l’arc de conscience de chacun ; qu’il s’impose donc une tangente, soudaine, autre, impossible ou ce que l’on voudra bien entendre, qui interférera dans l’attention et l’intention, l’attention ponctuelle ici et là et l’intention singulière que l’on mène en une vie vécue, redéfinie dès lors en existence (puisque l’on passera d’une spontanéité admise, sans plus, à une formulation voulue, nouvelle, renouvelée, dont on se charge de préciser les enjeux ou l’enjeu maximal). Puisque si l’arc de conscience est touché sans doute existe-t-il minimalement (on a vu que dans l’empire des signes, le moindre d’entre eux peut modifier considérablement tout ou une partie de l’ensemble, or ici c’est l’attention, la conscience-de elle-même, sa manière d’y exister, dans l’existence, qui est appelée, et donc potentiellement tout), mais ce qui se retrouve concerné c’est la totalité des manifestations, dont, si le je s’impose, on ne sait plus du tout « où » cela s’avancera.

Si vous êtes touché par la poésie, la révolution ou l’esprit, ou autrui, ça ne viendra pas colmater la déchirure du signifiant (ce rapport qu’est le signifiant) de votre moi. Ça ajoutera et réarticulera (en plus du moi, qui est et restera un bricolage, dont la signification, l’intentionnalité est pliée, vers le bas, puisqu’une intentionnalité qui ne se convertit pas, qui ne convertit pas sa dynamique vers le haut (dieu, la pensée, l’universel, le christique, le sujet, la révolution, le réel) laisse cette dynamique subir l’attraction, la pesanteur, la finalité du corps, qui cherche satisfaction ; la satisfaction se glisse entre les signifiants et dans cet étayage étend, naturellement, spontanément, son empire, lors même qu’il s’agirait d’idéaux du moi et évidemment y compris du sujet ; rien ne repousse la prégnance, l’insistance du corps dont le vivant, la vie veut s’écouler dans un monde donné qui de fait lui ressemble, lui correspond (besoins et désirs aboutissent au monde donné).

Aussi Lacan (ou la psychanalyse) est-il obligé de supposer que le vivant, l’inconscient vivant relie constamment, en sa propre fin, et que le conscient se prend les pieds dans les tissus, vivants, de relations, de signes, d’affects minimalistes, d’affects pulsionnels, un tissage qui suit les nervures du corps et s’énormise des milliers de signes du langage (opération immédiate que le conscient, avec ses gros sabots ne peut pas contrecarrer).

Et donc il s’agit de ruser, à tout le moins ou disposer d’une « volonté », d’une intention suffisamment forte ou étrange ou suréminente, qui puisse sans cesse rétablir le courant (des signes) vers le haut, ce qui veut dire, pour le corps vivant, vers l’insatisfaction.

De fait le christ est manifestement la monstration de l’insatisfaction comme seule vraie et réelle. Ce que le vivant ne comprend pas. En ceci qu’il montre le plus grand rapport possible.

Avouant ou admettant qu’il n’est pas le terme du processus divin, puisque le Saint-Esprit (formant la Trinité) suivra.Il est dépassé par le Père (sans qui il ne peut rien, le Père décide et, lui, sait le moment) et il est dépassé par l’Esprit.

Le christique est donc l’impossibilité. Et la suite (culturelle, de mise en forme culturelle, signifiante de l’intentionnalité, dans tous les domaines donc, de l’esthétique à la politique, en passant par l’idéel intellectuel, ou les affects) ne veut pas que la déceptivité, de la vie vécue dévaste l’intention que l’on a et que l’on existe (et que l’on n’est pas, puisque l’être, le donné, indique vers le bas). En quoi il ne s’agit pas d’un surcroît de force ou de volonté (qui réaffirment constamment l’être, le monde, le vivant ou le faire semblant, etc, de même que la psychologie du moi renforce le « moi », faussement), mais de l’acceptation de la faiblesse, et - dans la faiblesse - maintenir l’intention que l’on a.

Par ailleurs le plus petit point de vue, celui qui est anéanti par le monde, est le seul rapport qui dévoile tous les autres (les autres qui, eux, croient en leurs qualités de détermination).

Et ainsi on n’y comprend rien, on ne sait pas ce que c’est que cela qui, seul, vaut. Le plus petit rapport (du un tout-seul, isolé, trahi, tué) manifeste donc la plus totale égalité. Il occupe le point le plus lointain dans ce monde humain, et le point le plus autre que toute vie vécue (point au-delà du segment naissance-mort de chacun), et le premier point (alpha) et le dernier point (omega) de ce monde (celui par qui tout fut fait, le verbe, cad les signes de détermination, lui-même enseveli sous par la masse du monde) ; de qui tout ce qui fut, est, sera déterminé. Le rapport indéterminé de toute la détermination (en quoi donc rien dans le monde, déterminé, ne peut s’opposer à lui, qui est le moyen du principe, le père).

Le rapport de tous les rapports. Le signifiant qui comprend, à tous les sens du terme, tout et tous.

On saisira que le christique ou le sujet ou la révolution (la liberté et égalité et fraternité ; à l’égalité du christique, soit donc l’universel, il fallait ajouter la liberté du sujet, lequel ne peut s’acquérir que de par lui-même, et non d’une volonté extérieure, aussi Descartes s’impose à point nommé ; il devait se désigner lui-même et assigner chacun dans sa confrontation)

mettent en place non pas des idées mais une structure, et que l’on n’a pas encore pensé, représenté la structure que l’on est, que l’on existe. Et que l’on ne découvre pas le moyen d’instancier, d’incorporer ; on n’en reconnaît pas, n’identifie pas l’affect spécifique, on n’en découvre pas le signe ; notre corps ne sait toujours pas comment, vers où se diriger. Il est un lieu qui nous échappe. Parce que ça n’en est pas un. Le sujet cartésien n’a pas de lieu ; c’est à partir de là qu’il voit l’étendue, précisément ; parce qu’il n’y est pas, il n’est pas pris dans la surface étendue ; de même que le christique, cette position, est infini, pareillement le sujet est infini ; d’un infini que justement chacun peut de par soi saisir ou en être saisi plus exactement. C’est ce saisissement, le regard même, l’attention à, l’intention elle-même que chacun ex-siste, qui est dépliée (en tant qu’elle est capable de dieu, de la pensée, du christique, du réel, et de tous les interstices qui découlent de ces repères ontologiques).

On se confie encore aux contenus, les semblant-signifiés, l’être imaginé, et non au signifiant. Au signifiant : à l’arc de conscience comme rapport (le signe n’étant rien qu’un rapport, rapport à un donné, une perception, ou rapport à la structure qui génère des signifiants, un arc effectivement réel). On sort donc l’arc lui-même de la coupure du corps, vivant, par le signifiant (Lacan) ; on sort cette coupure pour la situer dans l’acte, l’actualité, l’actualisation qui se présente à elle-même comme décision ou orientation ou reprise ou nouvelle intention (toujours possible, sens même du christique et de la suspension du je cartésien, et suivants).

 

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Unicité de l’être, unité de l’exister

6 Novembre 2021, 09:30am

Publié par pascal doyelle

Que la caractéristique du réel soit l’unité et non l’unicité, veut dire que l’unité se tient du rapport, et non de l’unité de la notion de l’être. À partir de l’être il devient immédiatement impossible de définir quoi que ce soit d’autre, et le devenir ou la pluralité ou la multiplicité resteraient incompréhensibles.

Si l’unité est la règle, alors elle prolifère. Et il est ici question de comprendre la nature du réel, serait-ce en tant qu’univers, supposé par ailleurs infini (dès que l’on pense ou pose la détermination, celle-ci est indéfiniment, cad infiniment déterminée, on ne peut pas intellectivement la limiter). Comprendre le réel ; l’être, autrefois, revu et corrigé par l’évidente démultiplication du réel, l’être qui fut resituer par le je, dont l’unité s’introduit dans le champ intentionnel.

Si l’unité du réel n’est pas l’être (qui est une représentation), alors elle est d’une autre nature et d’une nature telle qu’elle supporte qu’il y ait devenir(s) et sans perdre sa qualification d’unité. Si cette unité est rapatriée du monde sous la formulation de telle ou telle détermination, aucune ne parviendra à rendre l’orientation du réel.

On s’aperçoit de fait que la multiplicité, la pluralité et le devenir règnent et qu’il faut en rendre compte comme tels. Il est impossible de les déconsidérer. Si le réel devient, alors le devenir et la multiplicité (des réalités) et la pluralité (des sujets, seraient-ils extraterrestres, après tout on n’en sait rien) comptent. Comptent, cela veut dire que sans cette pluralité de tout de ce qui est, le réel manquerait au réel.

Il est déraisonnable de considérer la réalité comme absurde ou sans raison ou condamnée à la dispersion (ce vers quoi, pourtant, elle est destinée ; puisqu’au fin du fin toute la matière s’effilochera dans un (quasi) néant, sans jamais aboutir à un vide complet). On peut croire que cette explosion totale de tout est un feu d’artifice qui s’abîmera dans le presque rien, mais c’est une croyance comme toute autre. Parce qu’il est fort possible de se demander si il est juste qu’une telle quantité (infinie) d’énergie et puis de matière ait été ou se soit mobilisée pour rien du tout, pour un complet oubli sans personne pour se souvenir de quoi que ce soit ; la 40éme symphonie ou la Sixtine retournant à jamais en poussière, ne signifiant plus rien pour qui que ce soit, puisque plus personne ne sera.

On prend pourtant nécessairement l’hypothèse inverse ; que les réalités sont installées en tant que telles. On a présenté le même principe autrement ; les réalités sont des concrétisations, ou mieux des concrétions ; des mémorisations. Mémorisations des possibilités atteintes, performées si l’on veut, par « la réalité » ; peu à peu (dans une réalité infinie) les éléments (et au début l’énergie qui vient à se solidifier, à se refroidir) s’organisent et seul l’organisé dure, et instaure un univers, puisque l’organisé offre une plateforme suffisante et stable pour ce qui devient.

Il est donc une performativité factuelle de la réalité ; et l’organisé n’est rien que (si l’on peut dire) l’établissement de rapports en unités ; une unité existe non d’un « être » mais d’un ensemble de rapports (qui par ailleurs tiennent et se maintiennent, ce qui implique qu’il existe une énorme quantité de rapports qui existent mais ne tiennent pas). Aussi les réalités sont expatriées, en un sens, d’une masse de pseudo ou de ponctuels rapports qui passent et s’effacent, et sur cette mouvance en grains de sables momentanés ou même instantanés (puisque le temps et l’espace dégringolent au fur et à mesure que l’on descend dans l’épaisseur de la détermination, jamais totalement disparaissant), malgré la faiblesse ou la petitesse des rapports d’en dessous, il se produit des consistances (elles aussi momentanées, puisque grignotées constamment).

Tout est mouvement, mais les mouvements passent.

Mais si tout est mouvement alors le concept de mouvement est cela même et cela seul qui existe.

Et il ne faut pas se tromper ; le mouvement, le dit mouvement n’est pas nécessairement le laps de temps ou la distance entre. On a dit que le mouvement parfait est celui-là que l’on ne voit pas, à savoir le présent. Le présent n’est pas coincé entre le passé et le futur, et n’est pas le temps, mais l’exister ; le fait d’exister. Le fait d’exister contient le temps et l’espace, et il est non visible, et non mesurable (puisque la mesure se fabriquera dans et par le temps ou l’espace, ou le temps spatialisé, peu importe).

L’exister n’est pas l’être, ce qui veut dire qu’il ne forme pas un tout, gigantesque ou rassemblé, un ordre dans le monde, mais un fait, ponctuel, et dans cette ponctualité absolue (formelle, non déterminée, non visible) se forge, et s’organise tout le reste ; l’exister, le réel, est la cause, et les réalités sont les effets.

Ce qui revient à dire que cela seul qui existe, le présent, l’exister, suspend toute réalité dans sa stase, dans son mouvement, et que le sens des réalités, de l’être, est l’exister. Mais on ne sait pas ce que signifie « exister ». on ne connaît pas la nature de ce présent.

Pour tout ceci il faut entrer dans l’analyse du fait, du rapport, de l’exister, de la structure du réel. Déplacer la consistance, la solidité du donné vers la structure du présent est certes hasardeux, mais la structure du présent dissout effectivement toute réalité (tout ce qui est déterminé, fini disait-on jadis, est limité). De tout il ne reste(ra) rien, sauf qu’il y eut mouvement. C’est évidemment par ce point, qu’il faut choisir.

Mais de la réalité on a retiré qu’elle soit effectivement « ce qui est » (puisqu’elle disparaît ou disparaîtra, physiquement mais aussi qu’aucune mémoire n’en est conservé). Ce que l’on nomme réel dorénavant c’est l’exister, le mouvement distributif qui rend possible que quantité de rapports soient réellement réels (et donc consistant selon cette manière).

De sorte que l’unité se révèle (selon le rapport) en tant que distribuée dans la quantité de rapports ; il n’y a plus l’unicité du rapport unique, l’être, mais la multiplicité et la pluralité des rapports, possibles. L’unité est ce qui rend possible qu’il y ait un possible, puisqu’elle est l’unité du mouvement, ou donc d’un rapport. Et dès que l’on engage que le possible existe alors il prend tout. Il n’est pas le possible d’un quelque chose ; il y a un et même des « quelque chose » parce que le possible est cela même qui existe.

L’unité ne dit pas, en elle-même, qu’il y ait un quelque chose, mais l’extrême unicité de tout rapport ; aussi peut-on dire que sans cesse le réel devient au plus extrême de lui-même ; générant quantité de réalités, d’effets.

Que l’unité soit première, incorpore les unicités (et non plus l’unicité de l’être qui récupérait toutes les parties). L’unité est celle du rapport, lequel est constitutivement mouvement (et mouvant, ou donc éternellement mouvant, recherchant non la perfection qui serait un fait monolithique mais la perfectibilité, la délicatesse du plus accéléré et actualisé mouvement). Et ainsi mouvements.

L’idée de rapport, bien qu’elle indique une réalité constamment divisée, fondamentalement divisée (il existe d’abord la division et ensuite des réalités) possède en elle-même l’unité, mais évidemment une unité spécifique.

Non pas une unité d’essence. Parce que l’unité d’essence (outre qu’elle ne s’attribue qu’à dieu ou l’absolu ou la substance, et aux autres par dérivation, participation ; ce qui constitue un problème majeur, l’être récupérant toute réalité et réalisation, et principe, métaphysique, ne fonctionnant pas même avec le dieu juif et chrétien, qui, lui, demande que chacun continue la création et soit, adopté par le christ, co-créateur, ce qui signifie que la dite création n’est pas terminée, ni « parfaite », elle doit être en devenir, et sera encore plus renouvelée)

l’unité d’essence est une unité imaginée ; si on veut analyser cette essence elle est un tissu, organisé, de relations, de signes et de perceptions ; elle ne consiste pas en tant que « pensée » comme si la pensée existait en elle-même (alors qu’elle n’est que dans le champ d’une conscience).

L’unité du rapport suppose de facto qu’il se tienne d’éléments, qui eux-mêmes seront des mouvements. Validant dans son ordre même qu’il y ait réalités, et l’unité s’applique également en l’infinité de la quantité de relations, puisque l’obstacle théorique d’unités consistantes est écarté ; si l’origine de ce qui est, est relationnel, alors le relationnel s’étend partout d’une part et devient en lui-même selon sa propre dimension (de relation, de rapport).

Si le relationnel est la structure, alors il n’a pas de fin, mais il faut dans sa structure même découvrir sa logique et son être spécifique ; qui n’est donc plus un « être » tel que pensé-imaginé, et il faut alors le déplier en tant que relationnel, et supposé que si le relationnel est le réel alors il devient.

Mais ce faisant, ce disant on ignore encore en quoi consiste la structure formelle du réel, sauf que notre être, cad ce que l’on désigne habituellement « la conscience » tout en la confondant, déformant et simplement en la signifiant sans plus rien en savoir, cette conscience donc est, littéralement, le seul être, la seule manière d’être en tant que rapport qui se sait, ou donc qui se signifie lui-même ; soit la « conscience » ; aucun autre être n’a de rapport à soi, et comme ce soi auquel il a rapport, est le rapport lui-même, cad rien, purement formel, il peut, dans ce rapport, faire défiler tout ce qu’il voudra, tout ce qu’il signifiera.

La tenue du rapport consiste non seulement à ne pas se prendre dans ses contenus (à croire que quelque contenu remplace l’origine, quelque effet la cause, ou que l’image ou le moi sont le je, que la communauté est le droit), à ne pas s’identifier à ce qui est signifié, mais avant tout à établir la carte de ce rapport ; par ex le je ou autrui, la liberté et l’égalité, la vérité et la connaissance, l’universel, ou l’intention et le champ de signifiants.

Dieu, la vérité et l’universel (comme principe par-dessus quelque vérité déterminée que ce soit ou comme opératoire réglant les intentionnalisations, les idées), le sujet ou la liberté (hors et existant en elle-même pour quelque identité que ce soit, non en tant qu’identité mais en tant que rapport et reportée instantanément à sa propre structure autre ; si je est la structure (telle qu’expérimentée, à tout le moins, sans préjuger de ce que la structure-sujet est en elle-même, ceci dans l’hypothèse de la dimensionnalité de la structure, en tant qu’elle vaut effectivement en elle-même, et non pas seulement fonction d’un monde, d’un donné, d’un univers, d’une vie vécue, d’un corps vivant hyper individualisé par sa « fonction conscience » ; dans les deux cas la « conscience » est supposée mais dans la dimension elle est le réel, de la réalité)

si je est la structure, le rapport est en nous tout à fait autre que nous-même (quel que soit le nous-même).

Aussi l’unité de ce je est-elle formelle ; le je suffit à me distinguer de tout (et de tout autre je, et réciproquement, tout comme « je » est incommensurablement plus grand que toute idée, image, et même plus étendu que toute vie vécue, sinon il n’y aurait pas de « vie vécue »). Et quant à ma vie vécue justement, je ne suis pas Pierre Dupont qui « a » sa conscience, je suis Pierre Dupont parce que conscience ; dit à l’envers tout dépend de ce que le je fera de ce Pierre Dupont, dont il a hérité, pour ainsi dire, et qu’il tenait des autres consciences étant enfant, ou qu’étant enfant il supposait, structurellement, sans être en mesure, psychique et corporelle, de s’en saisir, d’en être saisi.

De là que pour tout moi-même (Pierre Dupont) il existe un devenir du ‘je’ brut, qui s’impose comme d’ailleurs dans la masse de déterminations du moi (un ailleurs comme la pensée, la révolution, la poésie, etc) ; et extraction soudaine qui permet et autorise à récupérer tous les devenirs de tous les je, qui eurent lieu et forment notre historicité (selon les différentes versions de la structure-sujet ; dieu, la pensée, le sujet, le réel.

Il est fondamental de saisir que la singularité du je passe par cette universalisation. L’universalisation est portée dès l’apposition de signes, de mots par ex ou de toute sorte de langage, elle est intégrée à la fonction intentionnelle elle-même, puisqu’un signe est un rapport et qu’il universalise de fait, il draine la perception ou le percept dans l’énonciation. L’universalisation est la version extérieure du rapport, mais le rapport lui-même n’a d’existence que singulière. Le singulier est la plus grande possibilité, et en vérité le possible pur et brut ou une structure approchante (la plus approchante que l’on connaisse) puisqu’ici ça n’est pas quelque chose ou quelqu’un en particulier qui se signifie mais le rapport lui-même.

C’est bien en cela que tout moi-même est profondément scindé entre d’une part une identité (déterminée) et une structure (dite autrefois universelle), et d’autant plus que Lacan permet de comprendre que la division est originelle ; c’est parce qu’il y a division qu’il y a un moi. Et par ailleurs cette division ne désigne pas d’abord le moi (et son unité imaginaire, qu’il prend parfois pour une division universelle) mais est le je.

Ce qui en ce sens simplifie considérablement, puisque le rapport est déjà instantanément l’unité de son rapport ; et il n’est pas besoin de s’engager dans une définition, déterminée, de l’unicité de cet « être », ce qui embarquerait dans l’indélicatesse d’une détermination (soumise à contradictions, arbitraire, particularisme, etc ; par exemple si l’on dit que notre être est la « volonté » c’est déjà trop, sauf d’entendre « intention » (la volonté n’est déjà pas l’intellect ni l’imagination ou la perception, l’idée en est déjà trop spéciale, et accrocher la volonté à un naturalisme est encore plus trop, pour ainsi dire) ; seul le rapport ouvre et ouvre le réel comme possibilité. Unicité se dit d’un être, unité se dit d’un rapport. Et si c’est d’un rapport (ce je, en quoi on retrouve la monstration de Descartes « ceci est un je ») il gagne à la fois son unité et son unicité (puisque l’on ne peut pas être la conscience d’un autre je, ou donc puisque cette conscience n’existe qu’en tant que rapport, ce qui est sa définition structurelle ; le seul être qui n’est pas un être, mais le rapport à soi comme rapport).

(l’unité - du rapport - est également ce sur quoi se fonde le nombre, et donc les mathématiques ; le nombre est une variation, indéfinie, du un (rapport de la chose à elle-même) et peut être compté).

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Vie et existence

30 Octobre 2021, 09:00am

Publié par pascal doyelle

Que le sujet se soit acquis lui-même et qu’il en soit rendu fou, vient de ce qu’il put croire que cette performance lui revenait et son orgueil n’eut plus de fin. Mais cette identité insituable revient à elle-même et bien plutôt nous lui appartenons. C’est de son écart, du trajet interrompu de conscience (par laquelle interruption seulement il existe « une conscience », qui est un rapport , non de ceci ou de cela mais le rapport à partir duquel il existe un ceci ou un cela) que nous naissons. Soit donc dieu (ou par ailleurs quelque absolu), la pensée, le christique, le sujet et la révolution, et enfin le réel.

L’affect du je qui reste infiniment à distance de tout ce qu’il est dans la mesure de son intention cachée, recelée, inconnue, qu’il éprouvera au vu de la vie vécue, pourra être, impose la version du je en tant que rapport, impossibilité de se voir, mais donc de ce par quoi, par qui on peut voir. Si nous étions cela que nous sommes rien n’apparaîtrait. Nous serions et ce serait tout.

Ce qui s’est passé (et bien que tout cela se soit donné au-devant sous les formules de dieu, de la pensée, du christique, du sujet, de la révolution, du réel et de la concrétisation de toute cette formule dans la vie du moi-même qui concerne absolument chacun),

ce qui s’est passé c’est en fait non l’au-devant selon ces expositions, mais la remontée vers la structure, vers le dedans, usant des signes dieu, la pensée, le sujet, le réel ; vers le dedans qui n’apparaît pas, mais dont la conviction ou la foi ou la conversion du sujet alimentait la présence, la préséance. Au fur et à mesure nous nous apercevons d’une butée en avant du monde, du vécu, du corps ; et il faut bien la nommer.

Ou donc ; nous ne recevons pas le monde comme contenu immédiat, naturel d’une part et sacré d’autre part (les « dieux » appartiennent au sacré, le dieu unique ne faisant plus monde, mais créant tout ce qui est hors de lui) ; c’est ainsi qu’il faut se rendre à l’évidence, nous produisons ces contenus (et ces mondes humains perçus dès lors comme particuliers). Se pose la question ; qu’est-ce qui produit ces contenus ? De sorte que l’on est ramené à une structure antérieure, vide ce qui veut dire formelle (dieu, la pensée, le sujet, le réel). Ou encore ; l’intention pure et sans rien (dieu, le divin séparé qui n’est plus aucune partie du monde), le réseau intentionnel (les idées à ,propos du monde tel que donné « là », en deçà de tous les autres mondes humanisés), le corps individuel (le christique évidemment, qui assigne chacun à son propre corps, le sien et celui de tout individu), l’intégration de ce je en et par son propre champ (cartésien), la mise en forme généralisée de tous les ‘chacun’ en une révolution, consacrant la liberté et l’égalité en une seule fois.

La force de la conviction ne vise pas à prouver l’existence (de dieu, de la pensée, du sujet, du réel) mais rend possible un stratégie adéquate ; c’est ce qui est entendu, au moins, ici, mais en outre on attire l’attention sur la sorte de logique qui peut se supposer de ces deux faits ; le présent (qui est à tout le moins très bizarre) et la conscience ; soit donc l’arc de conscience posé dans l’arc du présent.

À savoir l’actualisation.

Si notre être est à partir de la conscience, cad le champ intentionnel (qui accole perceptions et signes, permettant par la multiplication des signes la multiplication et la précision des perceptions, ainsi qu’évidemment leur communication d’une part et leur transmission en plus des générations, la mise en forme culturelle donc),

si notre être est conscience alors il est rapport (et donc il n’est pas mais ex-siste), et s’il est rapport il se met en œuvre par son actualité en propre ; il sait qu’il existe et qu’il doit se produire, son identité est une identification, ou un signifiant, vide, formel, dont la forme est le programme, le programme n’est pas une « application » à l’intérieur (ce qui n’aurait aucun sens), c’est la forme-sujet qui est le programme. Ce qui veut dire le rapport qui se sait comme rapport, mais ce se-savoir ne constitue pas un « contenu », c’est un signe. La pensée, la raison, ce que l’on nomme tel, est la soudaine conscience que nous produisons la pensée (et non plus qu’elle s’impose comme un corpus commun déjà réalisé, dans le groupe, la croyance, etc) et dès lors ce qui aimante les idées se situent oujours au final en dehors ; dans l’indéterminé (l’être, le bien, la pensée de la pensée, le un, etc) puisque toute pensée résulte de signifier la structure-sujet ; le rapport (qui est plus grand que lui-même).

Son actualité en propre c’est sa décision ; ce qui veut dire que dieu, la pensée, le sujet ou le réel n’existent, ne s’imposent dans le champ intentionnel que selon l’effort et la capacité d’attention. Mais cela n’implique pas que le je en soit le créateur, c’est l’inverse ; c’est parce qu’il y a, au-devant, le réel, l’universel, la structure intentionnelle et dieu qu’il y a un je.

Sinon tout, cad toute représentation, volition, imagination, désir retombent dans, vers le donné.

Si dans l’actualité on ne se décide pas pour ce qui n’est pas (dieu, l’universel et la pensée, le sujet et le réel) on aboutit à désirer l’immédiateté, qui seule est, donné là, comme monde, comme vécu, comme corps ; ce qui n’est pas (nulle part dans le donné) et n’est accessible par aucune tactique, ne peut être accédé que par une stratégie et la stratégie consiste à se mettre en jeu soi-même et non à définir le déplacement d’un objet ou d’une objectivité, hors de soi.

Aussi dieu, la pensée, le sujet, le réel mettent en scène le sujet au sens de structure-sujet, soit l’intention qui initie (dieu), soit l’intentionnalité qui tisse (des idées en système), soit l’intention d’un sujet-je (le christique et Descartes et suivants), soit la mise en forme interne aux je, ou externe sous la forme de révolution (l’État et la société civile, la vie individuée et la mass et micro médiatisation généralisée).

On ne les voit pas si le je ne s’y projette pas sous le mode de la décentralisation (puisque sinon il prendrait une identité, cad un contenu, pour la forme ; dieu, la pensée, le sujet ou le réel sont autres et vides ce qui veut dire formels). Ce sont des structures qui ne sont pas, dans le monde, données, mais perçues par intentionnalité, et par intentionnalité poussée vers un maximum. Par intentionnalité au sens effectif, en tant qu’elle est déjà toujours autre (elle est une attention-à). Le sens, aussi bien physique que mental, de l’intentionnalité est de se tenir hors d’elle-même … ce qui est extrêmement étrange, et implique pour nous que jamais aucun contenu ou objet ne sera en mesure de remonter dans le réel de cette articulation qui crée des champs ; ce en quoi elle est fonctionnelle, dimensionnelle ou divine.

Le je est donc bien non pas la subjectivité mais la capacité de tout, aussi bien subjective, qui est éminemment organisée et organisée selon ce corps et cette capacité de signes, de porter quantités de signes, dont l’objectivité, les objectivités ; seuls les je ont accès au donné là et accès à leur propre, proto vécu, ainsi qu’à leur pré-disposition à exister, à élaborer une architecture de l’existence, aussi bien individuelle que collective, une architexture de leur propre corps, de l’ensemble de leurs champs de perceptions, qui n’existent que projetés.

C’est donc sur le fil, du rasoir, que l’on navigue à vue et que l’on explore en expérimentant l’articulation elle-même ; et cela ne signifie pas s’aligner entre diverses idées, mais naviguer entre des rapports.

Dieu est un rapport, l’être (l’universel) est un rapport, de même le christique, le sujet et évidement la révolution (qui règle la base formelle des rapports entre sujets et par le sujet lui-même, chacun), et le réel est un rapport.

Rapport veut dire ; ayant affaire à une désignation explicite du réel ; le réel n’est pas une « idée » de même que la conscience n’est pas une idée ; Descartes et son cogito échappe à la pensée, et donc relativise toute la pensée métaphysique. Dieu ou l’être signifient, comme les deux autres structures, une forme vide ; celle qui permet de dresser un horizon sur lequel placer et déplacer les idées ou les objets. Ils ne font plus référence à une identité mais à toute signification ; l’être des grecs supportera tous les systèmes ; quels que soient les noms employés, premier moteur, un, bien, atomes ou empirismes, tout ceci occupera la même position « qu’un réel il y a » et donc notre placement sur cette surface. Designer le réel par telle matérialité (et la plus exotique possible si l’on veut) paraît encore plus figurer que le réel est vraiment « autre », mais l’être ou le un ou dieu ou l’exister écrivent formellement cette altérité, une altérité sans raisons, non pas autres parce que matérielle ou énergétique, mais dont le positionnement s’effectue dans la distance la plus nette.

Mais la caractérisation déterminée du réel manquera toujours sa cible sauf de le signifier comme instruit du Possible brut. Le possible était jusqu’alors relativisé selon un ordre préalable, qui contrôlait les possibilités des choses et des êtres. Mais il faut retourner cette logique (en quoi consistait le logos ou la pensée ou l’esprit) ; si il n’est pas un ordre qui présiderait aux réalités, alors ce sont ces réalités qui de par leur position même, leur exister tel quel, se « comportent » vers l’organisation ; l’organisation, donc, sourd des réalités, de l’unité constituée des réalités, de chaque réalité.

Le titre de « rapport » contient en lui-même sa faculté à la fois d’avancer en unités et de relier ces unités ; ce qui produit des nœuds qui soit assurent une durée, une durabilité, soit s’effilochent, se dispersent et coulent dans l’espace. Ou si l’on veut il y eut de la dispersion jusqu’à ce que de la multiplicité s’agrègent des réalités consistantes ; ce qui signifie des réalités organisées, reliées et constamment établissant des relations à la fois selon les unités et selon les rapports. Il faut que chaque élément se tienne selon une unité, et que cette unité soit tissée dans et de relations.Une unité réussie (qui dure dans le temps) est une unité de relations ; delà que la réalité, un univers, soit tissé, mais il est tissé, apparemment, localement ; sinon n’existerait qu’un ordre, réglé, sans invention, sans nouveaux tissages (ou des tissages prévus ; or ils ne sont pas prévus, parce qu’il faut que chaque unité se trouve elle-même ; sa consistance (son organisation) tient à elle-même comme unité. Comme chaque unité doit exister en elle-même, elle doit s’acquérir et durcir sa réalité (et non recevoir une ordonnance extérieure, en quoi notre pensée, objective, nous trompe ; la réalité surgit d’elle-même et tel système a dû se concrétiser en un système fragile, toujours menacé par une catastrophe, une irruption, la force totale de la co-incidence absurde).

Que chaque sujet soit à lui-même cette proto-organisation de soi veut dire que chacun manie, qu’il y pense ou non, qu’il le veuille ou pas, le sens, la signification qu’il attend de l’existence ; cette signification qui sera probablement déçue, voire dégoûtée, déboutée, retournée et parfois réduite à rien, au néant et à la vacuité, la dispersion (à quoi est condamné toute réalité, aucune détermination ne permettant de durer tout au long). Il se trouve que la psychanalyse consiste à dénoyuater l’aperception « immédiate » que chacun a pu recevoir, que chacun s’est imposé, que chacun a pu supposer (absurdement ou lourdement ou de manière traumatique, tout est possible dans cette vie), et qui se commande à partir du lien signifiant-corps, par quoi le corps, vivant, est découpé de haut en bas, totalement, par le signifiant qui vient comme Autre (qu’il soit tel autrui, telle expérience, telle imagination du je vécu), et la remontée de cette coupure telle qu’elle fut non pas forcément vécue mais signifiante (qui peut n’avoir que peu de rapport effectif avec le passé du dit je).

Mais outre cette aperception « immédiate » (dont on a compris qu’elle se révèle tout à fait médiate, puisque construite par la coupure non naturelle du signifiant, le corps tentant de retrouver une « immédiateté » perdue, qu’il croit, mais en fait jamais mienne, puisque ‘je’ est né de, par et dans cette coupure psychique, située bien en-deçà de la psychologie à proprement parler),

outre cette aperception, il est la seconde, celle que l’on se donné-à-soi, en presque toute vérité, souvent elle-même encore difficilement accessible (si ce n’est que la vie nous en démontrera les limites, les faiblesses, les illusions, les manques, les égarements, etc) et qui de sa secondarité même permet à tout le moins ceci que parfois il nous sera possible de la remodeler…

Si on s’éprend la poésie, de la révolution, de dieu ou de toute élévation que ce soit, il se peut… il se peut que l’on s’instancie dans une nouvelle actualité. Une actualité de soi. Qui sera exigeante (sinon le remodelage ne changera rien, ne renouvellera pas notre être en le transformant, possiblement, ou potentiellement ou virtuellement, en existence.

(on a redésigné « la vie », celle du dieu vivant ou celle de la-belle-vie, ou repositionné l’existence comme plus imposante que la-vie, qui, elle, caractérise le vivant, les êtres vivants, tandis que l’exister impose les êtres existants, qui situent eux-mêmes et d’eux-mêmes leur existence)

Rappelons que notre historicité, outre dieu et la pensée, qui concernent l’intention (divine) et le monde (unique donné là, le « là » de l’être, par quoi il n’est qu’une raison, qu’une rationalité comme procédé ou processus, si l’on se tient à l’universel seul), notre historicité débute avec le christique qui initie l’individualité ; d’abord sous le regard du un tout-seul (le christ), qui meurt honni et trahi et torturé, mis à mort, puis ensuite par la « récupération » si l’on veut du regard (jusqu’alors divin) par le un-seul, Descartes (il n’y en a eu qu’un : René, dupliqué ensuite indéfiniment). Lequel sujet ne se décline que d’un signifiant absolu, ce qui veut dire formel (de sorte qu’aucune idée déterminée ne puisse s’interposer et que la liberté soit livrée à elle-même, libérée ; la conscience est capable de la raison, de la pensée …. entre autres, entre toutes les capacités de signifiants, mathématiques comprises).

Jusqu’alors divin signifie que le divin est séparément (du monde, des peuples, de tout) mais absolument il s’incarne, ou donc s’incorpore… des corps du christ on en rencontre partout, et il signifie ; voici ton corps ; tu es autre que ton corps, vivant, tu es autre que ta vie vécue, immédiate. Et donc cette vie se transforme en existence. « Je suis le chemin, la vérité et l’existence » en somme. Il est le chemin parce que le premier individu (qui affirme la valeur infinie de chacun, pour rien, en tant que forme pure, sans la pensée ou l’héroïsme, sans raison aucune puisqu’antérieur à toute raison, représentation, et même perceptions qui ne prennent effets que dans un champ intentionnel). La vérité parce qu’il n’est pas ou plus d’énoncé valide qui ne tienne pas compte du je (et que donc le je déroule et déroulera de fait sa capacité organisationnelle ; on ne peut pas régenter un sujet de l’extérieur, il doit se régler lui-même ; créer son propre registre de véridicité, qui n’obéira pas à l’objet, l’objectivité, toute l’historicité structurelle élaborant la méta-objectivité de la structure-sujet) et l’existence, qui implique la sur-vie, cad le renouvellement ou le passage du vivant dans le point-en-plus du réel ; que l’on y croit ou non, le christique contient la capacité d’un plus grand possible, dans ou hors de la vie vécue (comme on veut, mais en-plus).

Et donc une distance ; le regard christique introduit une distance, et sitôt que l’on obtient une distance on implique la distance tout court, la conscience-de, de quoi que ce soit, et spécifiquement la conscience-de « soi » ; que l’individualité entre dans le champ de conscience, le structure, de fait, de simplement poser le regard-sur, et bien évidemment de le signifier. Qu’il soit tout à fait étrange que cette distance nous vienne d’une « révélation » est un fait. Apparemment qu’il ne se pouvait pas que la distance (du rapport lui-même) soit inventée, créée par un humain quelconque. Ça n’a de nom que « christique », et remarquons le tout vient en même temps ; qu’il soit le deuxième de la trinité, qu’il sur-existe par-dessus la mort (il occupe un point-autre, hors de toute vie vécue), qu’il soit le verbe (par qui tout fut fait, l’initiative venant du père), qu’il ressuscite (hors la vie, hors la mort), etc. En vérité la totalité du possible (d’un rapport qui dit je, seule dénomination possible du rapport) naît par ce fait absolu, unique, quasiment complet.

Dont l’historicité qui suivra doit être lue en complément. Comme effets. Effets de cette cause. Effets qui étant fidèles à cette cause peuvent être considérés eux-mêmes comme causes. On est entré dans la possibilité des causes structurelles. Encore une fois on ne tient pas tant au christique que de ce qu’il montre ; à savoir que le réel est le rapport et qu’il ne peut pas être désigné, comme rapport, selon le monde ou le vécu ou les représentations. Il Doit être signifié vers, renvoyé à, se tenir de.

Et cette tenue du je qui est celle du rapport (cad de cela même qui rend possible tous les rapports, et donc tout le possible, et notamment le possible des rapports, à savoir non seulement qu’il y ait la pensée, et les intentionnalisations-idées-systèmes-dialogues-communication compréhensible et transmission d’une génération à l’autre) est également ce que le rapport se dit à lui-même de lui-même.

Aussi toutes les relations sont arc-boutées sur autrui (ne faites pas à autrui etc) mais à condition que cela soit au nom du christ ; ce qui veut dire du rapport qu’il vous est possible de tenir envers vous-même comme autre. Autrui, oui, mais vous-même comme autre, comme rapport dont vous ne connaissez pas les tenants et les aboutissants. De là que le je puisse accéder à la pensée, au décentrement ‘divin’ (pour les grecs) qu’elle produit, qu’elle cause. Ça n’est pas quelque chose qui entre en rapport, c’est le rapport qui rend possible tous les quelques choses (et évidemment autrui et d’abord je). Ça n’est pas le sujet (communément) qui se positionne, qui s’auto-positionne (il y aurait de quoi devenir fou, et effectivement) ; c’est lui qui est positionné par la nature même du réel, sa structure ; le rapport.

Lequel est ce en quoi (et par quoi) nous existons.

Alors de quoi est-il fait ? D’où vient-il ? Est-il seulement un signifiant (d’autoréférence) que l’on monterait bêtement en épingle, que l’on surestimerait et dont il ne faudrait rien attendre ?

Pourquoi pas (il tiendrait alors de sa fonction, et puis c’est tout).

Mais cela éteindrait-il l’interrogation sur sa structure ? Pourquoi existe-t-il en tant que rapport ? Peut-on le nier purement et simplement ? Puisqu’il engage précisément la structure de notre réalité et donc, si on l’écoute, de notre réel. Du réel dans la réalité, de même que le présent est « ce par quoi passe toutes les réalités ». une réalité se permettra-t-elle d’en disconvenir ? De sortir du présent ? Le présent est-il cela qui entraîne tout, la totalité de tout ce qui fut, est, sera dans la dispersion (sans jamais aboutir à un complet effacement) ?

Mais si tel n’est pas le cas, alors quoi ?
Qu’est-ce que la réalité assignée à la possibilité ?
Est-ce l’unicité ou l’unité ?

Dit autrement, il n’y a que l’unité du rapport pour annuler l’unicité de l’être. Par l’unité du rapport (unité de ce mouvement) l’être n’est plus monolithique. Et il revient au rapport de créer, véritablement, des rapports, lesquels seront tous indépendants, dont l’indépendance est, de fait, la structure même, la structure supposée comme constitutive de tout réel et de toutes réalités. Si l’unicité est seulement fixée, figée, rien n’en sort, et aucune réalité ni aucun sujet, aucun je n’est possible. L’unicité (de l’être, de dieu en tant qu’être) écrase l’unité (que chacun ou chaque réel ou chaque réalité ‘forme avec elle-même’, par quoi tout autant il devient possible de les compter, selon les nombres qui sont des rapports).

Ou si l’on préfère il y a une réalité afin que le réel devienne et que se multiplient les unités (l’unicité n’ayant plus à voir avec l’être, réalités, mais avec l’exister, la forme « réel »). et si l’unité est vide et formelle, alors la question sur la nature, la consistance de ce qui est glisse de la réalité (et son idéal ou idéel ou universel imaginé, l’être) vers le réel (la structure-sujet).

La théologie en restait au Un, ou à l’être unique et exclusif, l’objet unilatéral, univoque, qui s’opposait massivement à la multiplicité, qui, pourtant, de toute évidence, existe, existent quantité d’unités, dont la seule compréhension est de les admettre comme unité de rapports à chaque fois. Depuis Descartes qui dessertit le je, qui récupère par là son unité, il s’impose que l’être n’est plus l’être, et dieu ou le sujet deviennent volonté, intention, signifiant des signifiants. Tant que le réel doit être pensé selon l’universel seul, cad la notion idéelle assignée à l’universel, il est impossible d’avancer dans le réel. Et Descartes applique au monde étendue, les mathématiques (reprenant le projet de Galilée).

C’est uniquement la structure-sujet, qui est un rapport, qui doit entrer en lice et penser l’impensable ; cette structure même selon cette universalité effective du sujet. Puisqu’il n’est rien de plus réel.

Aussi le réel en tant que rapport veut dire « il est vivant », existant comme de bien entendu. Soit la suspension infinie de la Possibilité, à quoi se destine le rapport, la seule structure-sujet. Le possible, la perfection agissante, la perfectibilité donc n’est accessible et accédée que par un sujet ; ce dont le rapport revient sur à la fois le début et le terme. Le réel est donc infini. Et le présent, ou l’exister, sa suspension infinie. Le réel est infini par en haut, dans la dimension de l’exister, du présent (comme 5éme dimension, qui relance les autres du dedans, puisqu’il n’est pas de dehors à la réalité en tant qu’univers, sauf sur son Bord, cad le présent, ce sur quoi nous nous tenons d’un pied).

De ceci l’étrangeté d’exister, dans la dimension du possible non pas pur mais brut (il ne conviendrait pas que le possible soit « pur »).

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Passion du sujet, perfectibilité du je

23 Octobre 2021, 08:40am

Publié par pascal doyelle

La structure de conscience (qui se mesurait autrefois par son contenu, ce qui est absurde) est autre que le sujet, autre que le je. C’est pour cela que l’on désigne le sujet comme structure-sujet. Le je est déjà autre que le moi, et le sujet autre que le je et la structure autre que le sujet.

La structure-sujet est la forme que prend, apparemment et autant que l’on sache (cad relativement à notre expérience, et à notre expérience accumulée depuis que l’on réfléchit, exactement comme un miroir qui voudrait se saisir comme miroir et ne tombe que sur des images dans le miroir, et qui finalement se signifie comme absolu (quel qu’il soit), dieu, le sujet ou la révolution), que prend le réel en tant qu’il est mouvement et que la dite structure est un rapport soit donc cela qui seul peut se modifier soi, puisque le rapport ne tient ni dans le début ni le terme mais dans le mouvement, le retour du terme sur le début (raison pour laquelle nous avons pu développer le langage, les langages, constitués de signes, de rapports).

On ne peut pas déduire ou causer la conscience de quelque contenu ; ces contenus n’existent que par une conscience. Laquelle n’est pas le conscient mais un champ intentionnel (qui s’installe via l’inconscient ; de la scission dans un corps vivant, qui obéit évidemment d’abord à sa logique, par le signifiant, ce qui veut dire par un-autre-regard). Et la conscience se définit ou au moins se délimite comme cet être qui n’est pas un être (déterminé seulement) mais une bizarrerie, une étrangeté ou un mystère qui usant de la détermination (les signes) retourne cette détermination (neutralisée en somme, par elle-même) et se crée comme rapport à soi ; ce qu’une chose ou un être déterminé ne peut pas réaliser. Ce rapport à soi n’est évidemment pas un rapport à une identité (sinon elle serait seulement déterminée) mais un rapport par dessus son identité ; et c’est pour cela que nous avons (du verbe avoir et non pas ‘que nous sommes’ du verbe être) conscience de nous-même, parce que nous nous percevons de l’extérieur, de l’horizon ; nous existons parce que l’avoir est, en nous, supérieur à l’être.

Ce que l’on nommait l’être comme idée… était une idée, pas une réalité (qui est contraignante en tant que déterminée) ni même l’esprit, qui est une universalisation qui passe par-dessus le sujet singulier (et plane on ne sait où) ; l’esprit est libération comparativement aux nécessités déterminées, et ajoute à l’humain ; on ne parle pas encore de sujet individuel, et justement parce que l’esprit est cet ajout qui universalise l’individu (la pensée grecque élève chacun par la pensée seule, ça n’est pas déjà le christique qui donne valeur absolue à chacun pour lui-même, indépendamment de toute autre considération).

C’est que la première étape consistait à universaliser ; que chacun sache qu’il était universalisable, cad capable d’aligner les internationalisations (idées) afin de se repérer et de cartographier la réalité (et communiquer et transmettre en clarté, due à la cohérence des intentionnalités, puisque la pensée cible le monde donné là, l’être, et non plus le monde parlé et échangé et ritualisé dans un groupe humain, l’universalisation palliant à la transmission directe communautaire ; chacun devant, par la pensée, reconstituer en lui et par lui-même l’universalisation, qui deviendra, ensuite, sa personnalisation, par le roman par ex, le statut de citoyen, etc). Et bien sûr d’établir éthique, morale, politique, humanisation, et grosso modo personnalisation (qui viendra beaucoup plus tard, mais débute dès l’origine).

L’universalisation est requise absolument, mais elle ne peut pas constituer le fond du problème ;le sujet est la forme, en forme de structure, bien plus étendue que la formulation en quoi consiste l’universalisation de la pensée, qui n’en constitue qu’une part. C’est Sartre qui parvient à détacher l’activité de conscience en tant qu’individuée ; bien qu’il en reste à la précompréhension normée d’un champ indifférencié, dont le moi est un effet, sorte de conscience vide et seulement formelle ; ici cette forme est requalifiée comme individuelle (et non plus seulement individuée) ; il n’y a de conscience que d’un sujet ; la « conscience » n’est pas d’abord une qualité mais une structure, une intention.

Pour cela il faut replacer, déplacer la conscience sur un plan effectivement réel ; soit donc celui du réel brut. Existentialisme du début du 20éme puisque le statut du moi permet à celui-ci de se tenir au plus proche de la structure de conscience qui ne se projette plus dans une organisation collective, une image extérieure, une idée générale, ni même une universalisation (en bref les existentialistes, Kierkegaard compris qui sait bien qu’il existe hors du système universel hégélien, par ex, mais aussi de Céline à sa version « light » Houellebecq). Le réel brut se désigne comme « existence ». Retraduisons ; le réel et l’exister, surface sur laquelle une boucle s’est formée, l’arc de conscience dans l’arc du présent.

De sorte que contrairement à Sartre on traitera du sujet non comme un champ universel, mais comme un champ singulier (il y a un champ parce qu’il se rapporte à lui-même, fait signe, adresse ses signifiants ; ou donc c’est un rapport et un rapport est un avec soi ; il n’y a pas, en somme, d’incompréhension ou de mystère, sauf celui-ci qu’une dimension est articulée, comme arc de conscience dans l’arc du présent ; le présent est aussi in-visible que l’arc de conscience). Le « rapport », cette idée, permet de passer outre, d’outre-passer, le seul caractère universel ; qui empêche de comprendre (nous ayant jusqu’alors véritablement ouvert les yeux sur le monde donné là, le monde, réel, en dessous de tous les mondes représentés particuliers ; le grecs visent le donné tel que « là », l’être ; et c’est encore rechercher le caractère universel de cet être de structure (qui n’est donc pas un être) que de le qualifier de rapport ; sauf qu’alors on entre dans la nature même de l’indéterminé, de la forme.

De même que le présent s’expose comme une forme brute, sans rien, qui contient toutes les réalités.

Il ne s’agissait pas du sujet, du sujet subjectif. Mais du sujet structurel. Celui sans lequel rien n’existe. Les mathématiques, les sciences, les politiques ou les idéologies, l’humanisation depuis la révolution mais bien avant encore, et la personnalisation, accélérée depuis les années soixante, rien n’existe sans le sujet.

Sans le sujet, cela veut dire sans l’arc de conscience qui déploie toute sa constance et se met en branle sitôt qu’un signe accole une perception, et sans lequel aucune construction subjective ou serait-elle objective, n’existerait. Donc le sujet, l’arc de conscience est capable des plus extrêmes possibilités connues. Mais également des plus millimétriques ; il suffit d’un signe (un signe ajouté à une phrase peut en modifier tout le sens).

Ajoutons que cet arc est à lui-même le rapport qu’il est, et s’envoie sa propre information. Laquelle est difficilement, voire impossiblement exprimable. Mais dont la certitude est certaine, si l’on peut dire, même si on ignore ce qu’elle signifie, implique, rend possible ; puisqu’il est en rapport à (soi) ce rapport peut se modifier, par nature au sens de par structure.

On a nommé ce rapport à soi du rapport le se-savoir ; qui n’est pas du tout une connaissance ou pas essentiellement, mais une aperception, dont le seul paramétrage consiste en sa prédisposition ; ce par quoi le je décide, oriente, accepte, reconnaît, intègre son aperception générale de soi, de la vie vécue, de l’existence, de la réalité, etc.

Curieusement c’est et surtout ça n’est pas (à la fois) ce dont on se décide ; d’être « bon » par exemple, ou mystique ou cynique ou ce que l’on voudra. La véritable intention que l’on crée en soi-même est beaucoup plus incertaine que toute motion consciente et apparemment assurée. Il faut toujours replacer la phrase du christ ; non pas ma volonté mais la volonté de mon père, rien ne se fait sans sa volonté, il est ce par quoi le monde a été fait (le verbe) mais non pas ce qui a décidé du monde, etc.

Dit autrement l’intention que l’on existe est autre que l’énonciation, et consiste, formellement s’entend, en un horizon structurel en forme de champ de conscience, dont le je se tient.

Cette imprononçabilité du je ressemble pour ainsi dire à sa « sagesse », ou plus exactement à la conscience de son effort, dont cependant on mesure difficilement ou rarement les effets (tout un protocole est requis et donc en quelque sorte un idéalisme ; c’est le cadre objectif kantien, les procédures scientifiques, qui délimitent une partie du champ, l’extrait et l’encadrent).

Ce qui veut dire que chacun, en tant que moi, cette intimité, est en réalité instancié dans et par l’arc le plus grand possible (autant que l’on sache).

Et arc qui se définit ou s’approche précisément en tant que position ; il n’y a « un réel » que par un arc de conscience qui, lui, en tant que rapport est déjà « un » et donc en capacité d’opposition qui signifie, tient, obtient, sait et même se sait lui-même en tant que perçu, lui, du dehors. C’est de ce positionnement que se concrétise comme point du réel externe à partir duquel ce rapport se perçoit, puisqu’il est rapport, et non un « moi » ou une identité qui « penserait », ou donc inversement penser est précisément architecturer des rapports dans la vue, externe, de la cohérence qui est tenue du dehors.

Toute cette extériorisation cherche évidemment à chaque fois de s’unifier (elle ne peut pas s’exposer continuellement dans l’altérité) et en chaque unité trouver une stabilité. En ceci le mouvement est condamné à l’objectivité ; même la subjectivité n’est telle qu’admettant en elle le concret de telle ou telle situation (sinon elle disparaît) et pour cela tout moi-même contient en lui-même non pas son identité (qui est imaginaire puisqu’aucune raison ou corpus s’affirme suffisante pour s’articuler à la réalité, étant donné l’ampleur de tous les champs intentionnels, qui couvre tous les aspects de la vie humaine), mais tout moi-même contient sa division ; la « castration » signifiant l’acceptation de la distance ; que l’enfance tenait, elle, des autres consciences ; tout enfant se détient de la conscience d’autrui, qu’il intégrera, ou pas, en tant que distance, et sans que jamais cette distanciation soit complète, ce qui veut dire que le sujet inconscient est irréductiblement ce qui se tient en retrait de et par la division du signifiant, qui représente en chacun l’altérité, autrui, l’autre, le langage ou l’extériorisation de notre être ; extériorisation qui rend possible cette relative identité.

Donc tout le monde est fou, au-dedans et parfois au-dehors, puisque niant la distance, la division et cherchant à projeter une unité consistante.

L’acceptation, consciente cette fois, de la distance constitutive est cela même qui ouvre la porte aux structures réelles ; dieu, la pensée, le christique, le sujet ou la révolution ou le réel. Par quoi chacun aura alors accès aux stratégies, aux méta stratégies. Ce qui est manifesté absolument par le christique ; il fait non pas sa volonté mais la volonté du père ; il se détient de la distance la plus intégrale et totalement autre.

Cet écartèlement sacrifie le moi (de fait Jésus) mais pour trouver son unité de structure, non imaginaire. Inversement le moi ne sait plus du tout cette ouverture, cet accès ; il ne supporte plus du tout qu’il soit réduit en son intention et tient donc à toute force de réaliser, rendre réel son être imaginaire, ce qui est condamné ou damné tout court comme on veut. Il trouverait sinon, ce moi imaginaire, que son unité de structure est plus grande, en vérité, que l’exiguïté de son image de soi ; il en ressortirait encore plus singulier. Ce que nous communique une œuvre, c’est la capacité structurelle singulière.

C’est que l’une tactique et l’autre stratégique ne commandent pas chacune la même réalisation ; la tactique organise le donné déterminé (et donc par une unité déterminée, imaginaire) et ordonner l’indéterminé, soit le signifier et établir la cartographie structurelle. Dieu antérieur au monde déterminé, le christique au-delà de la vie vécue, la pensée clarifiant le donné là (par un réseau intentionnel cohérent), le sujet distinguant le je du moi (et donc instaurant le moi en tant que tel, qui auparavant n’était pas représenté, sinon négativement sous le regard du christique).

Le sujet est le champ initial intentionnel qui rend possibles tous les autres champs.

Ou donc ; le champ initial dépend de sa motivation. Cette motivation est cela même qui doit être exprimé et organisé.

Sitôt qu’il s’englue dans le donné, l’immédiat, et y compris ses propres résultats immédiats, il cesse d’élaborer une stratégie globale, et ce faisant ce qui va le guider c’est derechef l’immédiateté, ce qui veut dire le corps, la pesanteur du corps, la satisfaction du vivant en lui, qui, avec sa massivité et sa continuité propre, va absorber les intentions en les pliant à son « bonheur ».

ça en veut pas dire qu’il faille annuler le bonheur, cad en tous cas l’absence de souffrance, de difficulté, de pénibilité, etc, mais qu’il doit être considéré comme une base, à partir de laquelle l’élaboration pourra s’élever (plutôt que de rester emprisonnée dans les nécessités et les pesanteurs).

Il se trouve que l’on a effectivement réalisé un tel monde, de bienfaisance, mais que l’on s’est empressé de réintroduire du nécessitarisme (le profit, pour résumer) et la concurrence des groupes entre eux et la rivalité des individus ; comme si il s’agissait d’une jungle, et l’économie est l’idéologie d’un tel pseudo « milieu  naturel », dont on étudierait les lois, alors que celles-ci sont humainement validées ou abandonnées à simplement la loi du plus fort.

Aussi l’arc de l’intention, qui permet de structurer, s’effiloche. Il est englouti dans ses effets, et comme il s’est introduit dans le corps, la satisfaction de celui-ci se fantasme, s’irréalise et entraîne toute l’irréalisation humaine, nourrissant un dégoût tout à fait profond. Intellectuellement une a-humanité ou politiquement une inhumanité (soit donc un solipsisme radical, soit un idéalisme du surhumain fantasmé).

La liberté est ce sur quoi tout repose mais elle se doit à elle-même et non pas comme faire-valoir du monde, des envies, des intérêts, des immédiatetés. Toute l’historicité se rappelle à nous afin d’éduquer la capacité organisationnelle structurelle.

Or le dégoût viendra, tôt ou tard, de confronter l’ambition, l’ampleur, la volonté et le projet potentiel et les réalisations, les à-peu-près, les ratages et les égarements.

Ce qui fut prévu.

Ce fut prévu initialement, par le christique. Vous vous égarez. Et vous vous égarerez ; ce qui se nommait péché, faute et au fond faiblesse. Mais cela n’abolit pas l’intention originelle (et l’intention originelle est celle déployée à l’origine de tout).

On a vu qu’il faut prendre non seulement au sérieux mais à la lettre ce qui s’est installé historiquement au point de formuler le cadre, invisible, d’une humanisation entière, qui a pu doubler l’humanisation par la personnalisation, lequel mouvement s’est imposé sur toute la planète puisque fondé sur d’une part le monde donné là (grec, le monde unique en-dessous de tous les mondes particuliers) et d’autre le sujet, ce qui veut dire l’arc de conscience en un corps vivant, singularisé cet arc et ce absolument puisque son unité ne tient pas à une composition (telles et telles déterminations) mais au je, purement formel, par lequel le reste apparaît (dans des champs intentionnels innombrables de toute l’existence humaine en tous sens ; c’est uniquement en résonance des signes que l’on organise la réalité).

Vous vous égarez parce que ce qui existe c’est la structure, la forme et non les contenus, quels qu’ils soient ; tout contenu visera à côté. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille abandonner tout projet, mais que la réussite même des projets vous poussera à délaisser la structure et ainsi la possibilité de stratégie. Aussi faut-il tenir au sujet ou à dieu, au christique, à l’universel, à la révolution, à la pensée, au réel comme formel, qui ne tient pas dans quelque monde (ou vécu) que ce soit. Ce sont les structures qui se sont réalisées dans le monde ; pensée ou sciences ou révolution et liberté et égalité ou personnalisation du moi-même existent formellement ; remplacer celles-ci c’est réduire les stratégies aux tactiques.

Puisqu’elles sont hors du monde et hors du vécu, les structures doivent être tenues en et pour elles-mêmes, sans substitution ; reprenons le mot de Kant et la pensée, le christique ou le sujet (ou le citoyen) imposent comme structures régulatrices ; Kant voulait explicitement non pas rendre impossible la métaphysique mais construire les finalités réelles (transcendantes) dans le monde donné (immanent). Si on retire les finalités réelles, quantité de finalisations s’y substituent ; mais le niveau descend, et continuera de s’effilocher, remplaçant des finalités plus ou moins valides par des buts et des envies de plus en plus immédiates ; qui chercheront à toute force à se matérialiser et ne se trouvant pas, s’enfoncent encore plus dans la matérialisation des intentionnalités, laquelle est un idéalisme, qui croit que dans le monde quelque ‘absolument réel’ se concrétisera ; mais l’image renverra toujours au miroir et du miroir il n’existe pas d’image, on y substituera image sur image mais jamais l’arc de conscience ne sera identique à ses contenus.

Comme il n’existe pas en soi, en lui-même mais exclusivement dans l’effet de se produire, ce sera absolument une actualisation et de cette actualisation on ne peut douter. Le cartésianisme n’est pas seulement épistémologique (établissant la possibilité de la connaissance), mais ontologique ; au sens précis que l’ontos, cad non pas l’être mais l’exister, se rend réel effectivement dans et par son activisme et donc son actualisation effective ( on assiste au cogito et chacun le produit en lui-même de cette monstration même, qu’on le veuille ou non, et quantité de sujets ont, au moins, entendu, ça leur est tombé dans l’oreille que « je pense donc je suis », cela suffit pour que l’intégralité du rapport leur revienne instantanément) ; de même que l’on apprenait « au nom du père » ou « je sais que je ne sais rien », en quoi lors même chacun voit bien que malgré cette déplétion il est, il existe, il est ainsi une certitude (ce qui s’exprime n’est pas ce qui se ressent) qui est ce à quoi il faut se confier, avoir foi, se convertir, et qu’il est impératif d’explorer. Certitude qui n’est pas une facilité mais dès lors (dès lors qu’elle prend conscience de soi comme conscience, comme rapport) cherchera d’une manière ou d’une autre à proposer ses conditions de possibilité(s). Elle ne s’accordera pas aisément à ‘elle-même’ puisqu’elle n’est pas, mais s’avère, de véridicité, prise dans sa propre réserve infinie, en suspension, en distanciation, en antériorité et prédisposition.

On a vu que le champ de conscience est bien plus étendu que le champ du conscient (et que le dit champ par ailleurs naît dans la différence du signifiant ; non pas qu’il soit causé par le signifiant, puisqu’il n’est pas dans le pouvoir d’un signe de créer un tel arc de conscience, mais bien plutôt l’inverse, une cervelle instancie un arc qui produit ou rend possible l’utilisation de signes, qui par ailleurs se rencontre déjà dans le monde des vivants). Et que précisément l’historicité à la fois dans les faits de structures majeurs (comme dieu, la pensée, le christique, la révolution, etc, qui déborde le je de chacun et très largement et pour le dire infiniment) et en tant qu’expérience vécue et éprouvée par un tel ou tel autre (dont ils se plaisent de mener le compte rendu, nommé œuvres) l’historicité nous instruit de l’étendue des prédispositions possibles, accessibles à chacun (et indéfiniment accessible depuis notre hyper méga développement humain et personnalisé du 20éme).

Qu’on le veuille ou non chacun est mis en demeure. De choisir, de dessiner son devenir possible (n’oublions et rendons à césar que Nietzsche est tout entier occupé d’auto-affirmer son identité potentielle, de « puissance », ce par quoi débute le siècle en somme). De même que la constante exposition du genre humain dans la myriade de représentations, multi-accessible de partout, des romans aux séries tv, de l’imaginaire ou de l’enquête policière (traquant le mal), de la télé-réalité aux fantasmes de toute sorte (y compris sexuels) nous offre le spectacle de nous-même ; incrustant en nous tous nos images, mais alors est-ce pour nous convaincre (d’une telle identité imaginaire) ou pour nous projeter et décaler face aux représentations toutes extériorisées ?

Le je lors même qu’il doute, se renforce ; il sup-pose son existence déjà-là, en dehors de l’identité ou la non identité.

Et cette supposition est un affect. La certitude, qui deviendra l’auto-affirmation de Nietzsche ou la complexité néanmoins affirmative de Lacan, finalité d’une psychanalyse ; que le possible revienne accessible, qui était figé. Cet affect est la prédisposition extrêmement mystérieuse de soi. À la fois déjà acquise et en même temps modifiable, transformable, renouvelable ; le christique, le sujet et les œuvres (si l’on rencontre la poésie par ex ou la révolution), mais aussi la pensée ou dieu, l’aperception reconnaît son cheminement.

De cela la parole très étrange ; « Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables, sous son regard, dans l’amour. »

Au sens où cela exprime la circularité non close ; en somme la spirale qui revient sur elle-même par elle-même ; elle doit exister, se manifester pour que prenant acquisition de son existence, de sa vie, de sa manifestation, elle revienne sur sa décision. Selon le principe ; il y a réalité afin que se jugeant elle-même elle se transforme et le substrat supérieur de cette manifestation se nomme (ou est délimitée) comme étant le réel de la réalité. C’est pour cela, à cette fin que la réalité se voit, se perçoit elle-même.

Rappelons que le réel est plus grand que lui-même ; le réel étant déjà là (sa question ne se pose plus), le problème devient ; qu’est-ce qui est, dans le réel, possible ?

Et on a admis (c’est ici l’hypothèse formelle globale) que si le possible est le réel, alors il devient ; le possible devient ; il cherche à devenir encore-plus, encore plus loin, plus élevé et cherche son articulation dans sa perfectibilité (et non sa perfection, qui est une idée fétiche mais incompréhensible).

Dit autrement le présent, l’exister (considéré comme étant la dimension même en laquelle tout le reste se déroule) suspend la totalité des réalités (mondes et peut-être pluri-univers) et des réalisations (humaines ou non-humaines), et dans cette suspension le mouvement structurel travaille et travaille à rendre encore-plus vraies (cad articulées) le réel au travers des réalités et des réalisations.

De même la suspension du jugement de soi, son affect, sa perfectibilité (qui est divinisée de fait par le christique) ; nous existons afin de nous modifier, de transformer la forme de notre être, de travailler l’exister de notre être (notre être est l’image dans le miroir, afin que le miroir se perfectionne, lors même que le miroir n’apparaît pas … c’est tout le secret du je, de la structure-sujet, et occasionne la foi, la conversion, à ce que l’on voudra : de se confier-à).

Et ainsi le je est affecté à l’épreuve de lui-même (atteignant par là ce qu’il ignore de lui-même et notamment sa capacité, minuscule mais suffisante, puisqu’un seul signe modifie la phrase), il est ou devient sa passion, et d’autant qu’il prend conscience de ce mouvement, de cette auto modification ; le moi croit qu’il perçoit réellement, mais c’est faux ; il existe des re-plis, des re-plis qui l’attendent (su fait de vivre) ou des re-plis à-venir si jamais il lui prend de rechercher sa Possibilité, qu’il rencontrera peut-être sans le vouloir au détour de telle œuvre ou telle expérimentation, mais à condition qu’ensuite il le veuille ; c’est le problème de la conversion (en quelque élévation que ce soit) ; il faut tenir ce que l’on a Vu. Lors même que ce qui est Vu est bien évidemment invisible, puisque de l’ordre de la structure, du réel de la réalité.

On considère, ici, que cette expérience de la structure brute s’est donnée telle quelle (sous diverses formulations ou révélations, au choix) puisque bien sûr si notre être est un rapport celui-ci s’informe de sa propre relation, et s’instruit de son propre possible, accroché (fonctionnellement) et peut-être suspendu (dimensionnellement) à l’arc structurel. Sous diverses formulations ou révélations, au choix, donc mais diverses révélations affinées en comparaison de la puissance initiale, laquelle est infinie, littéralement, puisque l’on admet que le réel est plus grand que lui-même, ce qui veut dire que le réel travaille l’infini par l’infini ; l’infini est cela qui recherche l’encore-plus infini, ceci constituant la finalité même de l’infini, cela qui use du fini afin de se voir et de se transformer (le fait même de se voir le transforme).

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Tout corps vivant plongé …

16 Octobre 2021, 08:26am

Publié par pascal doyelle

Tout corps vivant plongé dans l’horizon de la conscience,
ne souhaite que disparaître.
Parce qu’un vivant se ressent comme centre de son monde (afin de répondre aux dangers),
et de tout regard extérieur porté sur ce corps il se dit ; il va me manger.
Or ce regard est le sien.
L’arc de conscience est en nous tout à fait autre et on ne perçoit pas seulement l’horizon du monde (ou du vécu ou du corps)à partir d’un point central (le vivant),
mais on se perçoit à partir de cet horizon.
Du dehors.

Et ainsi ce corps vivant se réfugie bien vite en sa petite niche ; le moi (ou la communauté).
Évidemment plutôt que de se replier en un moi, il devra faire l’effort d’explorer cet horizon de l’arc de conscience qui l’a transporté, qu’il le sache nommément ou non, à l’autre bout de la réalité.
Soit donc sur le Bord, le Bord du monde, de la vie vécue et du corps, arc-bouté par le champ intentionnel, qui est constitutivement un Bord.

La structure psychique spécifique est la paranoïa. Voir Lacan et sa thèse sur les sœurs Papin. Une conscience, intentionnelle donc, part du principe que tout ce qui vient est signifié, pourvu d’un sens. Évidemment elle s’éduque afin de réinterpréter plus objectivement ou subjectivement du reste (en assignant une interprétation par autrui, admis lui-même comme sujet, ce qui réclame une construction). Ce qui veut dire que quelque signe qui vous vienne, vous le prenez pour vous. De sorte que la circularité de la conscience perd sa capacité d’ouverture, et donc d’architecture, pour basculer dans le centripète et/ou la hiérarchie roide. Pareillement le christique est de fait la monstration de la haine de tout ce qui appartient au monde envers le un tout-seul. Et sa réponse, sa restructuration de l’architecture du possible pur ; le par-don, l’amour et le regard du Père (si on le perçoit comme étant le Fils, alors c’est que l’on admet en soi-même le regard du Père, il n’y a de Fils que pour le Père ; soit donc le regard délivré). De même que Descartes, soudainement, on ne sait comme ça lui vient, réintroduit le regard sur ‘soi’, et se tient suffisamment en grande estime afin de générer la générosité en tant qu’affect fondamental de soi (et justifie de cela qu’il y ait des passions structurelles du je ; refusant, donc, que les « passions » soient réprouvées abstraitement ; de là les passions de « l’âme », et non les passions immédiates).

Il est ainsi une quantité actuelle du je qui permet à la structure sujet de passer de l’indéfini rapport (la suite indéfinie des nombres par ex) à l’infini réel (dont on ne sait pas du tout ce qu’il peut être, puisque l’on a substitué au dieu-infini, le dieu perfectible ; dont la structure absolue, formelle est précisément qu’il peut (encore) devenir ; étant entendu que toute réalité déterminée est déterminée… cad morte, déjà).

De ceci que l’activité du je est requise afin que la structure sujet déploie ou commence de déployer sa capacité, la capacité de cet « être » spécial qui est à lui-même son rapport ; ce qui se nomme conscience.

Conscience se dit de cet être qui n’est pas un être (déterminé), et qui porte en sa nature même, en sa structure d’augmenter le réel. Et ce via une astuce (ou une destination logique et structurelle) qui consiste à se déterminer par et dans un rapport ; soit la faculté de signifier ; d’apposer des signes vers les perceptions, augmentant celles-ci, les détaillant, les précisant, les réorganisant, les transmettant, etc. Cette faculté de signifier veut dire qu’en avant de tout signe s’active l’intentionnalité, et donc la conscience ; qui est et n’est pas, à la fois, une magie ou un mystère ou une structure étrange (relevant soit d’une fonctionnalité réelle émergente, soit d’une dimension suréminente, mais dans tous les cas transcendante ; l’unité de conscience est toujours plus grande que tout contenu de conscience). Une magie ou un mystère ou une structure étrange puisque tout en maintenant la détermination (il n’est, à proprement parler, que de la détermination, puisque le réel, le présent, l’arc de conscience existent formellement, en tant que structure), la nature, la réalité, dieu ou la dimension réelle contournent cette détermination (qui périt, qui disparaît, qui est momentanée et ne dure pas au-delà de son déterminé) en usant de la détermination (le signe et la perception) pour se-signifier et tenir cette auto-signification ; l’unité du je accompagne toute pensée, disait Kant ; en vérité c’est plus subtil (mais la phénoménologie viendra après Kant), puisque ça n’est pas le je, le sujet qui est supposé en toute pensée, mais le champ intentionnel qui lui-même par ailleurs ‘accompagne’ beaucoup plus que la pensée consciente conceptuelle, et use de tous les champs (de la perception aux idées en passant par les signes de toute sorte et les affects effectivement réels).

Donc il faut le déployer comme champ ou arc. Et cet arc prend le corps, vivant ; récupérant tout ce qui peut venir du corps vivant) ; en propulsant ce corps au-devant, dans et par la perception (enfant on obtient, incorpore la conscience des autres, puisque enfant l’arc de conscience n’est pas complet, il n’a pas d’interne et d’externe, d’intériorité si l’on veut et donc pas d’extériorité ; le passage dans ce maelstrom impitoyable, de la distance, de la coupure est désigné en psy comme « castration », ce qui veut dire que l’on se sait ne plus être le centre du monde, et qu’il faut rétablir une connexion d’avec l’extériorité, par le désir, les désirs, sauf que ceux-ci risquent de se coincer, ou répéter en boucle, dans la névrose ; dans la psychose la distance n’a pas été intégrée, de sorte que l’irréel envahit par exemple les perceptions ; ce qui repousse l’irréel c’est la distance de conscience, la construction, intentionnelle, qu’elle parvient à établir (et bien que l’irréel revienne sans cesse) et donc selon ce principe qu’elle se perçoit elle-même de l’extérieur. C’est le point-autre (dieu, autrui, l’objectivité, l’horizon, etc) qui, puisque la conscience s’est décentrée (n’étant plus figée dans tel contenu ou quelque contenu que ce soit), rend possible que les contenus, les représentations, les perceptions, les désirs défilent ; pour que se déroule la multiplicité des mots, des signifiants il faut que l’arc de conscience, de chacun, soit décentré, qu’il ne tienne à aucun contenu, et que donc l’attache de l’arc de conscience au corps soit non-dit, soit juste un signe, sans signifié, sans lourdeur, sans épaisseur (que l’on ne peut donc jamais atteindre, qui recule sans cesse pour que les signes puissent glisser), mais qui assume (ou pas, et plus ou moins) l’épaisseur du corps (impénétrable, massif, matériel, raison pour laquelle, également, chaque conscience doit passer par l’autre-point de vue, extérieur, afin de transformer cette matérialité en signe, pour-une-autre-conscience, en distance et donc pour que le je puisse naître, dans le champ ainsi créé).

L’arc de conscience se suppose afin non pas de revenir à soi, mais de se lancer autre que soi (puisque « conscience » étant un rapport est déjà toujours autre, ce qui rend le moi fou). Ensuite, par contrecoup (puisque l’extension de l’arc provoque une angoisse cataclysmique au vivant, qui, lui, se ressent comme le centre du monde, question de survie, il vit dans son milieu et non dans l’horizon) le moi se crée un cocon ; il fixe son objet (ses objets et le capitalisme, libéralisme, etc, s’emploie à lui en fournir en quantité) afin de réguler son unité, laquelle est dynamique, et non pas « substantielle », il croit en la substance de l’objet et donc en la sienne, mais c’est une substantialisation par substitution, il y investit son « être » ; et lorsque son objet le déçoit, il s’effondre, du mini au supergrand effondrement de ‘soi’).

Évidemment plutôt que de se replier en un moi, il devra faire l’effort d’explorer cet horizon de l’arc de conscience qui l’a transporté, qu’il le sache nommément ou non, à l’autre bout de la réalité. Soit donc sur le Bord, le Bord du monde, de la vie vécue et du corps. Disions-nous. Chacun, au sortir de son enfance, c’est retrouvé perché sur le Bord. Se donne ainsi, si immédiatement et parfois si instantanément, la source de tout ce qui est, faut, sera. Le présent hyper actif qui déplie toutes les réalisations, naturelles ou humaines, collectives ou individuelle. Et son rejeton ci-devant l’arc de conscience dans l’arc du présent qui entame de manière encore plus précise l’actualisation. Il y a un présent afin que s’actualisent les réalités, et il y a un arc de conscience afin que s’actualise l’encore plus grand possible.

À savoir ; au lieu que le possible de la chose déterminée seul soit (sur le plan de l’être donc), alors s’invente, se crée ou est révélé le possible de cet être qui est non plus une détermination, mais le rapport lui-même (il quitte le plan de l’être pour entrer dans celui de l’exister, les êtres sont les effets d’un plan transcendant ; le présent formel ou/et l’arc de conscience). Le rapport lui-même et donc tout rapport possible (au lieu de telle ou telle détermination).

Nous n’avons pas, évidemment, pensé le rapport en tant que réel formel, mais nous l’avons dénommé ou il nous a été révélé comme divin ; le divin comme réel séparé du monde (le sacré est dans le monde une partie réservée du monde). Il débute par la seule volonté (dieu comme Intention) et par l’universel, l’universelle intentionnalisation ; toute conscience-de, quoi que ce soit, est déjà en elle-même universelle, au sens d’universalisation ; elle joue de signes, et un signe est un rapport, que la pensée entretient comme organisé, et donc en (se) situant comme pensée ; elle doit se savoir, savoir qu’elle pense et produit des rapports ; si elle pense seulement, si l’on veut, des choses (le sacré comme soleil, lune, saisons, et autres dieux naturalistes ou magiques ou de la mondanité ou du groupe particulier) on s’attache à tel contenu déterminé ; mais si on comprend que l’on produit les dits contenus, alors on commence de délimiter la capacité de produire des contenus, des représentations, cad que l’on comprend que l’on pense ; que l’on sait l’activité même en tant que telle (et non tel ou tel effet, auquel on accordait sa croyance).

Dieu (l’intention du un tout-autre), la pensée (le tissage universel organisé et conscient de lui-même, qui sait qu’il pense), le christique (qui introduit l’intention en chaque corps humain, sous le regard du un tout-seul), le sujet (qui est à lui-même le regard, le rapport qui se sait comme je), la révolution (qui partage universellement le sujet, selon la liberté et l’égalité).

Le moi, aboutissement de l’historicité (la personnalisation ayant doublé l’humanisation, l’individualité l’universalité, etc, l’humanisation est excellente mais il faut que chacun se sente, de tout au fond de lui-même, concerné par la réalisation humaine et en sorte que l’individualisation paraît le sens le plus concret de celle-ci) le moi donc est au plus proche du je ; par quoi le moi peut saisir qu’il n’est un moi que par et pour un je, un sujet qui, lui, existe.

De là qu’il faille récupérer, chacun, l’historicité ; ce par quoi s’est réalisée l’espèce humaine, et notamment son articulation tout à fait absolue, cad formelle, que tous les rapports sont accessibles, a priori, par cet être qui n’est pas un être mais le rapport à soi du rapport en tant que rapport (ou donc le moi est un des rapports, évidemment tout à fait crucial pour chacun, un des rapports de tous les rapports possibles, de même les nombres désignent la chose qui a rapport à elle-même et est une avec elle-même, on peut la décomposer et recomposer avec des uns, lorsque les unités, les éléments qui la composent sont repérés).

Et de même la psychanalyse ne permet pas de résoudre le problème du moi (son origine qui recule sans cesse, puisque la coupure dans le corps vivant est ce qui crée qu’il y ait un « moi », selon un regard-autre, autrui d’abord, l’autre en général, cad le signifiant ou le langage, et l’Autre, cad le regard diviseur qui non pas nous écrase ou nous dissout, mais nous fait-exister (et non plus être seulement, puisque l’on est ce que l’on est, mais on existe pour-soi parce que perçu, du dehors, d’un point-autre). Et le truc, l’astuce c’est précisément que l’on ne va plus seulement être sous un regard figé (autrefois) mais que l’on va récupérer un regard, neuf pour ainsi dire, autre, divergent, second peut-être (puisque le premier est inamovible) mais suffisamment réel pour que l’on s’en serve d’une manière ou d’une autre comme d’un levier ; aux désirs fixés ou répétitifs ou coincés, on va recréer d’autres désirs qui nous offriront un nouvel air frais ; c’est cette capacité qui souffrait, acculée, écrasée, obsessionnelle, angoissée, enfermée, etc. Non pas une résolution mais un ajout ou la possibilité d’un ajout, qui, enfin, nous délivre.

Cet ajout du second regard est celui de la distanciation. Et cela revient à prendre conscience de soi en tant que je. De non plus croire en tel ou tel contenu, mais à saisir que l’on est ‘cela’ qui désigne les contenus. Le cogito n’est pas seulement une opération épistémologique, mais un saisissement existentiel et pour le dire ontologique. C’est la distance du réel à lui-même, au moins en cet être spécifique du je, qui se révèle. Aussi s’entretient-on dès lors directement avec dieu, l’infini, l’absolu (des allemands par ex qui tenteront de combler la distance en absolutisant la conscience dans l’idéalisme), ou le structurel (et Lacan s’en aperçoit bien qui dialogue avec Descartes, Descartes si « spécial », dont il se conçoit comme l’envers de la face, le ‘je suis où je ne pense pas’, puisque le conscient dissimule le sujet inconscient).

Et donc dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution (et ses dérivées) semblablement ajoutaient une possibilité, et non plus individuelle ou psy ou psychologique ou vécue, mais globale, collective, idéelle, singulière (le christique et le sujet) ou historique ; une porte du possible brut ; qui comme tel n’est pas écrit du tout ; les juifs ne savent pas ce que ce dieu unique « veut » ; les français ignorent ce qu’ils voudront mais aussi ont voulu en quelques années nommées « révolution », on n’y a pas compris grand-chose mais l’ont décidée, cette révolution (de quelle historicité profonde fut-elle choisie?) ; le moi ne comprend pas qu’il soit un je ou un sujet et encore moins une structure-sujet, fonctionnelle (cad permettant qu’il y ait une réalité dont il est la cause structurelle) ou dimensionnel ; cette structure valant comme réel en lui-même, les choses, les êtres, les groupes humains, les mois sont mais ce qui existe c’est le présent et l’arc de conscience ; cela seul existe et on ignore ce qu’ils désignent, ce vers quoi ces deux formes (arc de conscience dans l’arc du présent) indiquent, orientent, et invisibles mais bien plus réelles que les choses ou les êtres, et la décision intentionnelle, tout au long d’une vie, est la cause de toutes les aventures et mésaventures qui pourtant paraissent seules visibles, et éprouvées.

Or la finalité, ici, est de saisir que nous ne sommes pas réduits à un tel vécu, mais que précisément c’est le non visible qui est véritablement éprouvé. Et que les expérimentations et les explorations et les élévations et leurs affects repartirent activement à l’assaut de la sustentation du corps vivant passant dans l’outre-dehors, le regard affreusement ou étrangement ou mystérieusement ou divinement externe. Ce que l’on nommera peut-être les affects réels.

On a trop pris l’habitude de désigner comme affects les émotions et sentiments du moi, du moi psychologique ; déjà la psychanalyse étend l’attention à d’autres sortes de retentissements et même met à jour d’inhabituelles considérations, repérages, étayages. Pareillement et presque parallèlement l’existentialisme. On ajoutera que les sentiments du moi, eux-mêmes, s’imposent, au moment de leur apparition (dans la poésie, la littérature, les romans) comme des nouveautés (d’où l’engouement). Et la prise en main industrielle des affects est d’autant plus insupportable et pour le dire ignoble, immonde, cad pornographique qu’il s’agit précisément des affects ; du raccord de la conscience au corps vivant, littéralement son intimité (que Lacan projettera comme extimité, afin que le je récupère une intimité, décomposée par les signifiants extérieurs ou figés ou passéifiés). Puisque ce corps, vivant d’une part et humain d’autre part, est également ou se découvre dorénavant personnel et singulier ; mais s’ajoute donc cette étrange position d’un être qui constate l’étendue de l’existence, et prend de plein fouet la persistance du réel.

Mais il ne faut faire l’impasse sur l’ensemble de tous les affects, des plus extensibles possibles, qui tentèrent durant des siècles d’élever le je ; certes le je ne se signifiait pas comme tel (il faut d’abord attendre Descartes et Pascal, qui inventent le « moi »), mais précisément chacun essayait d’augmenter son unité en propre (que l’on ne pouvait pas qualifier de personnelle, puisque la personne ne s’imposait pas dans la représentation), ou de l’intensifier selon les grands opérateurs que sont dieu, la pensée ou le christique ; c’était bien ce mouvement de percevoir plus et autrement et de créer ces champs étendus de considération, d’attention, de découplement (par lequel chacun s’extrader hors de tel ou tel groupe).

Si l’on remonte en mémoire toutes les aventures consignées historiquement depuis le judaïsme, les grecs, le christianisme, littératures et poésies, elles se traduisent toutes par des afflux d’affects. L’effroi de moïse qui ne peut contempler dieu ou le sentiment de l’absurde existentiel lorsqu’un je s’aperçoit que l’existence existe. L’étonnement des philosophes ou l’ennui, le spleen moderne de Baudelaire. La folie illusoire et idéaliste de Quichotte, décalage fantastiquement étrange, ou le suicide de Werther. Jusqu’au sur-sentiment de Rimbaud ou de Nietzsche. Bref il y eut quantité de sentiment de soi ou de l’existence, de la vie, du monde, des autres, etc ; ça n’a jamais cessé, et c’est seulement très tardivement que ces affects (monumentaux parfois, souvent élevés, universalisés et universalisants de sorte que le moi s’y reconnaît moins) que ces affects donc furent attachés au moi psychologique, individualité et immédiateté, le moi ce qui veut dire le je concret, concrétisé à la suite de la dé-couverte, mise à jour et donc invention, création à partir de la liberté (qui ne s’entend que d’un je) se prêtant comme une vie vécue, et de l’égalité (qui communique et transmet cette liberté, ne se limitant plus à la rivalité).

L’affect n’est pas en lui-même un en-soi, une essence fixée, mais un devenir et le réemploi du corps par l’esprit, ce qui veut dire la restructuration du corps vivant par cette autre-surface du corps qu’ajoute l’intentionnalité et ses champs (innombrables), la surface des signes, ayant à passer outre la paranoïa primitive. Et cet affect est constamment remodelé et bouleversé par le positionnement de l’arc de conscience sur, vers et par le réel, en tant qu’il crée des champs de réalité, de réalisations, mais aussi qui mesure la, les distances de dieu au monde et à son peuple, du je abandonné à la haine de tous, du sujet qui s’accorde à lui-même dans son équation (cogito), du drame ou de la tragédie de la vie vécue individuellement, de l’incroyable évidence de l’exister en tant qu’autre absolu, cad formel, et existentiel, ce qui veut dire ontologique.

Rappelons que dieu est l’initiative de l’intention, la pensée son augmentation, le christique son intensification (qui déplace soudainement chacun face à la mort), Descartes l’accélération, et la révolution sa concrétisation, sa réalisation effective dans le monde humanisé puis personnalisé.

La concrétisation millimétrique, d’un corps vivant dans son aperception de lui-même (rendue possible comme autre-surface qui génère ses propres affects), la création du sentiment de soi (qui n’est possible que via une autre-surface du corps qui se re-présente son unité ou ses possibilités et ce donc par, et pour peut-être, un regard autre, externe, divin ou structurel) qui n’est pas accessoire ou second ou immédiat ou facile, mais extrêmement concret et requérant évidemment que chacun participe de fait de et dans sa propre histoire et aperception.

Du christique au moi il est une seule négociation continuée d’avec le regard, cad l’intention que l’on existe et que l’on sait, mais ne connaît pas, une élaboration continuée, et à la source, l’angoisse, le vivant surpris dans la paranoïa constitutive et autrui sans cesse soupçonné de dévoration potentielle, très sartriennement au fond.

Dont on ne voit plus que le divin s’imposait comme renversement du sens, de la signification, de l’affection du regard. Pour sortir du gouffre intentionnel : le point le plus autre (le père) et celui venu nous chercher (en s’incarnant), de même que le je venant à s’actualiser ici même sereinement, souverainement, cartésiennement, ou la tentative de résolution de soi-même comme équation lacanienne, qui essaie de piéger le signifiant, cad le rapport inactuel dans l’actualité.

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