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instants philosophie

Impact du réel

2 Janvier 2021, 10:32am

Publié par pascal doyelle

Le réel, dont la logique est d’être plus grand que lui-même, excède en tous sens. Bien au-delà de nous et de tout ce qui se trouve dans le monde. Il faut imaginer une infinie perspective possible de la structure.

Quant à la positivité extrême, elle est si extrême qu’insoutenable. Et il nous fallait donc une aide ; dieu, l’universel, le sujet, le réel. Il faut partir du principe, étrange, que le réel n’est nullement acquis et qu’il doit sur lui-même constamment ajouter. L’ajout n’est pas en plus du réel, il est le réel lui-même ; il n’y a pas de réel sans le mouvement. Le réel n’existe que de s’ajouter à lui-même.

Rappelons ; il n’y a pas un commencement et puis une fin, mais un commencement sans cesse renouvelé. La possibilité de la possibilité. Il faut que la possibilité, la structure, s’acquiert toujours plus elle-même afin de s’acquérir encore plus loin. Cela seul a pour nom l’infini.

Et entrant de cette façon dans la pure et brute, voire brutale, positivité, on prendra de plein fouet la structure du réel. À savoir qu’elle est une exigence structurelle. Il faudra comprendre, également, que cette exigence n’est pas une accumulation selon le monde, le vécu ou le corps, mais une élévation selon l’intention, ou l’intentionnalité. Cela pour plus tard.

Et cependant constamment du monde, de l’immédiateté, des intérêts, des désirs, des mélanges, de la détermination en somme remontent les vagues constamment et envahissent et prennent toute la conscience ; et usent de mille et un détours afin de nous convaincre de leur seule réalité. Mais on a vu que toutes les réalités (dont aucune ne forme une unité) sont prises dans le réel. De sorte que s’identifier (à quoi que ce soit) ce serait abandonner la proie pour l’ombre et bien que l’ombre, en l’occurrence, paraisse la plus colorée qui soit, la plus diverse et de mille tonalités. Or il n’est pas question non plus de délaisser le monde, le vécu ou le corps, mais de comprendre que ça ne prend effets que d’une cause de plus en plus haute et que supprimer l’aperception stratégique laisse encore un peu de colorations au monde, quelque temps, mais tout virera dans la grisaille puis la noirceur de l’âme.

Le mal serait ainsi de stationner, de se fixer, de se figer, de ne plus croire que le mouvement seul existe. Et il n’est de mouvement que selon une tension, et dans cette tension se créent les mondes, les existences, les perceptions. Si on abandonne le mouvement, le monde et la vie se maintiennent un temps mais faussement...

Si tension il y a, il est inutile d’imaginer y échapper. Elle sera toujours présente (et antérieure à tout, puisque le réel est le mouvement qui engage et emporte et élève les réalités, qui n’ont d’unité que mouvementée). Donc il s’agit d’y manœuvrer, d’y naviguer, et non de l’éviter.

Nous naissons dans le champ de conscience entre dans sa propre résonance (étant entendu que déjà enfant nous étions pris-dans et par un champ-autre de conscience ; nous n’avons jamais été immédiats mais toujours médiats) et qui s’accélère soudain. Soit cette médiateté est subie (ce qui est le lot de chacun, indubitablement), soit elle est reprise, recalculée, ré-intégrée, au fur et à mesure ; ce que l’on nommait la grâce ou l’illumination ou la révélation ou la révolution, ou la poésie, ou donc le point-autre de la position de structure ; celle qui se sait à partir d’un bord, qui ainsi pluriellement révélé est le Bord, formel et donc unique, de tout ce qui est ; c’est pour cela que l’on est convoqué, que l’on se convoque, que « ça vient », plus ou moins, du tomber-amoureux du moi à la haute voltige de la mystique.

Nous débutons, venons à exister, non pas du passé ou d’une identité mais de l’actualité du réel ; dans le présent s’est ouvert un champ (à l’adolescence exemplairement mais en réalité à tout moment éventuel) qui renvoie soudainement la capacité d’exister ; il se peut que l’on passe à côté, que l’on dénie, que l’on ignore, que l’on oublie, que l’on se perde également, se désoriente de l’orientation nouvelle, qu’elle nous éjecte hors du commun, ou de nous-même ou du corps, qu’elle nous enferme dans l’immensité de sa possibilité, et nous affuble ou nous défigure. Que soudainement se révèle l’articulation (qu’il n’y ait aucun être qui précède cet exister) est tout autant un gouffre abyssal ; c’est en ceci que le regard que l’on intègre sur le regard lui-même, l’auto-consomption, si l’on peut dire, la péri-possibilité, l’antériorité ou l’admission de soi est absolument fondamentale. La consomption dit bien, paradoxalement, ce qui se révèle ; dans quelle mesure sera-t-on capable d’admettre la capacité elle-même ? Et puisque cette ouverture n’a aucun terme, et ouvre sur la capacité de la possibilité, elle dévore ou élève.

« Et les ténèbres l’ignoreront, ne l’ont pas connu » parce que n’étant pas de l’ordre du monde, du vécu, du relationnel ou du corps, la réalité ne comprend pas le structurel, qui est formellement hors de sa perception.

La consomption est tout autant l’assomption, dans la mesure même et la mesure seule où la liberté est en sa mesure de s’instancier. On peut s’y perdre. Et ça n’est pas du tout une imagination théorique mais l’ouverture, le vertige de la capacité ; comme ce joueur qui totalement se dévoue à la possibilité de jouer, dont il attend non pas une somme mais le signe de son gain. Comme le tomber-amoureux du moi, sa plus haute ambivalence à lui, ou comme la destinée mystique que l’on s’incorpore en une fois, poésie si vous l’êtes, engagé si cela vous prend, addict à quoi que ce soit si ça se trouve. L’articulation, la découverte de la capacité (d’exister) est sans scrupules … c’est en somme le jugement que vous portez tout au long. Elle est déjà articulée, mais rien n’empêche que vous puissiez la réorienter, la parfaire ou la dérouter. L’articulation ouverte comme une blessure est un réel absolument opérationnel, une coupure qui crée littéralement et effectivement la possibilité sous nos pas, puisque ce sera à partir de cette scission que nous avons, aurons, pourrons exister ; mais non pas qui puisse être supportée nécessairement et si évidemment par ce corps vivant, par autrui, par le monde, par la vie en général.

Si vous avez compris, c’est que vous n’avez pas compris. Rimbaud lui-même ne sait plus ce qu’il a Vu. Les ténèbres ou la détermination, emplissent déjà toujours tout le champ, sauf le champ lui-même ; c’est sur le Bord que l’on s’accroche, parce que c’est sur le bord que nous sommes accrochés. Et on saisit alors spécifiquement ce que « foi » veut dire ; rien dans le monde ou la vie sinon selon le Bord du monde ou de la vie. La Possibilité doit toujours et constamment se ressaisir, sous la forme bien plus difficile d’en être saisi.

Ce qui postule une éthique fondamentale, comme on verra un jour. Celle du n’être-pas (ce qui est très christique, mais tout est christique, et comprendre ou commencer de comprendre ce qui est l’origine même de toute notre réalisation humaine depuis 2000 ans n’est pas une mince affaire).

La consomption (du vivant) ou l’assomption de la possibilité interviennent dans la réalité en tant que le réel, la structure antérieure à tout, se manifeste dans le champ qu’elle produit, mais la réalité, la détermination supporte à peine la capacité infinie ; et évidemment toute introduction du réel dans la réalité entraîne des modifications considérables. Du bris des mondes humains collectifs, communautaires, par l’instanciation dans le temps (dieu), l’espace (l’universel grec), la vie (le christique) jusqu’à l’interruption de chaque vie dans une des révélations (y compris strictement individuelles, chacun se révélant dans son expérimentation suréminente) en passant par la reformulation de toute société humaine. Il est de fait douloureux et dangereux de s’animer de et dans la structure ; ce qui dévore les prophètes, le christ ou Socrate ou la révolution.

On effleure strictement et structurellement parlant la puissance même. Puisque c’est tout entièrement la potentialité. Invoquer le potentiel n’est pas sans effets, puisqu’il y a des effets (une réalité en général, des réalités en nombre indéfini) en raison du possible brut, qui se redélimite au fur et à mesure. La « réalité » n’est pas seulement un être là, cet être (de déterminations) est reconfiguré constamment. L’autre perspective (tout aussi valable) est que la « réalité » est un feu de paille qui brûle quelque temps et puis disparaît, totalement.

Dit autrement ; soit le temps est la structure de tout ce qui est, soit le temps est contenu dans un plus grand que le temps. On y reviendra une autre fois. 

Mais en effet dès que l’on entre dans le rapport ( ou donc qu’il vient dans son propre champ et par des signes, la pensée, le christique, la poésie, etc) on entre dans le non-fini ; on ne peut plus mesurer ou définir, et il est impératif de jouer selon la nouvelle règle, celle des signes détachés, déliés, conservant seulement leur propre foi ; leur intention ; et en admettant en soi-même les balises héritées des autres explorateurs arpentant le Bord ; c’est pour cela que l’on doit accepter comme argent comptant les autres-textes, les œuvres (au sens strict et large, les éthiques sont par ex de telles œuvres) ; tout ce qui relève de la cohérence suffisante est reconnu comme valide. On ne peut plus définir ou mesurer mais à condition de mesurer et de définir ; la forme (des contenus, cohérents) est « ce qui reste » ayant en sa possession au maximum son art en propre (et la palette est large, poésie ou engagement, attention ou intention, perception ou décision, etc) ; ou dit autrement ce qui est en plus ; la position même du sujet ou de l’horizon ou l’intention, manifeste et ouverte, de nommer le Bord (à partir duquel se présentent les contenus, les réalités, les perceptions).

Dans tous les cas il s’agit d’obtenir la position, qui se décline de différentes variantes. Puisque cette position qui équivaut à l’horizon intentionnel ; l’intentionnalité crée cet horizon et rend possible les choses et les êtres tels que nommés ; par quoi, pour nous, apparaissent le corps, le monde, autrui, les perceptions distinguées, et donc la position, universelle, qu’un réel il y a, « là ». Ainsi la position Rimbaud (ou Nietzsche ou Kant) n’existe et n’est accessible que de réinstancier ce point-autre, en nous-même, en chacun (c’est inimitable et de fait strictement individué).

Ce qui sous-entend que quelque chose, quelque Réel passe d’une activité de conscience à l’autre. Même si l’on ne comprend pas, en fait on comprend instantanément. Jadis si je me souviens bien. Voilà, c’est fini, on va parler de ce qui a eu lieu, terminé, clos. Et encore n’en ai-je qu’un souvenir imprécis, j’y étais mais si dans le moment j’ai pu comprendre, je ne comprends déjà plus.

Et on retrouve cela où on ne l’attendrait pas ; Rimbaud se nomme ; parce qu’avec lui l’écriture re-commence ; elle re-commence en ce que l’on n’y est pas contemplateur d’une esthétique de la forme, mais bien que le fond lui-même est la forme ; d’une part le récit de sa propre destinée (qui devait s’interrompre pour qu’il puisse toute-la-dire, toute entière, en une fois ; le reste étant laissé au monde, à la vie, et ne concernant plus que l’individu Arthur) et d’autre part, en même temps, l’historicité de tout, des gaulois aux cités futures (qui sont les nôtres depuis les années soixante et que l’on parviendra plus à perfectionner dorénavant).

Nietzsche dit ; je vais couper l’histoire en deux. Et plus rigoureusement il faut nommer dans le texte ou la représentation ou l’esthétique ou la religion la source, l’origine. Le christique s’annonce, comme tel (je suis du père). Descartes s’annonce. Ce qui se dit, avançant, c’est à condition d’être re-pris par la suite ; ce sont les sujets assemblés qui approuvent, qui ne peuvent pas ne pas en passer par Kant ou par le christ ou par Plotin. Puisqu’il n’existe qu’une seule structure (une seule forme de conscience) il suffit qu’elle soit activée (quelle que soit son activation).

Notre personnalisation, nos personnalités sont potentiellement activées par une pluralité d’éveils, selon ce monde humanisé installé depuis les années soixante ou depuis le 19éme ou depuis la révolution, etc. Plus on sera en mesure de récupérer l’ensemble de toutes les étapes historiques, plus il s’agira d’agrandir sa propre conscience de « soi » et lequel « soi » variera selon ; l’existentialisme peut originellement orchestré votre conscience mais aussi le cinéma ou une lutte de revendication (le féminisme, etc). Il existe de multiples entrées à l’articulation de conscience, puisque nous sommes dorénavant instancié comme « moi », à proximité même de l’arc de conscience (rendu individuellement et on tient ici que l’indivualisation est le sens même de l’humanisation, de l’universel, du christique, de la pensée, de dieu, et évidemment du réel comme tel, puisque l’arc de conscience (de soi) est le rapport dans le présent comme rapport formel).

Et on admet, ici, qu’autour de la méditerranée il y eut une aperception à la fois soudaine (le christique) et globale (dieu unique, pensée et universel, empire romain) qui ne pouvait plus se retrouver dans une représentation (partagée d’un groupe) mais dans une configuration de l’activité de conscience (ce qui veut dire dans la perspective de la prise de conscience que « tous ces contenus sont produits », que les mondes humains sont inventés, recherchant dès lors les Conditions de production de tout contenu, suffisamment concentrés).

Cette brisure (celle de se rendre compte que nous produisions des contenus) cela signifie absolument ceci ; il y a une activité qui échappe à la manifestation (tout ce qui est monstré là au-devant, choses et êtres, pensées et représentations, perceptions et identité) et c’est cette activité qui se fait-voir via des signes étranges ; et nous indique que si nous en remontons pas ces signes vers leur origine, on ne parviendra de toute manière pas à quelque satisfaction que ce soit via les contenus.

C’est la même supposition qui voudra, à partir du 19éme, découvrir les causes, en supposant que clarifiant la réalité, on pourra subvenir à nous-même : ce qui est vrai concernant les nécessités (et les supports de la vie), mais établissant des systèmes, des théories qui cessèrent de répondre aux « grandes questions » ; rejetées dans les limbes ou les illusions ou les pseudo-problèmes, mais en vérité on ne peut cesser d’interroger l’intentionnalité comme telle, et ce qui ne peut s’effectuer qu’à son niveau, lequel est celui originel ; sans intentionnalité pas de champs, pas de ce que nous nommons perceptions.

Aussi la rationalité, la raisonnabilité qui croient évacuer l’angoisse et l’existentiel et l’intentionnel ne font que recouvrir d’un voile pudique, d’un silence, d’une absence de questionnement, d’une incapacité prônée et finalement profondément déceptive (« il n’y a plus de stratégies » nous imposent-ils, seulement des bricolages du donné, alors que tout montre à quel degré le donné, le monde donné est suspendu de toute part au Présent comme articulation seule réelle, ce qui veut dire formel et donc absolu) ; le criticisme dont ils font preuve ne pose plus du tout les questions de structure. Et laissent les mois à l’abandon ; non seulement on dénie les anciennes stratégies (qui ne sont déréalisées que caricaturalement par comparaison à un réalisme naturaliste rationaliste empirisme ou ce genre de logiques) mais de plus on ne déploie aucune compréhension adéquate (au moins potentiellement) ; excepté, comme d’habitude, en philosophie.

Et encore non sans grand détour, en abandonnant la potentialité métaphysique et ontologique, pour proposer une version « acceptable » de la structure ; repeinte selon la scientificité, Marx ou Freud, le naturalisme, du désir, des forces, le réalisme, de la conscience déjetée, déprimée, désespérée, abandonnée ; on sacrifie l’ontologique à la réalité « supposée », jusqu’à parfois se confondre avec la science ou le scientisme, ou encore la poésie ; mais le se-savoir de la liberté est bien évidemment mille fois plus certain que les connaissances ou les supputations. Or ce qu’il faut retenir ce ne sont pas du tout les spéculations comme on a l’air de le croire, mais les réalisations. Dieu, l’universel, le sujet et le réel sont immédiatement opérationnels ; ils sont objectivement (ou sur-objectivement sur l’on veut) ce par quoi l’humain s’est déployé, en dehors des mondes collectifs, communautaires ; lesquels se lovaient dans tel ou tel contenu (qui figurait et représentait leur monde, toutes leurs perceptions, partagées, ou leurs images de réalité. On remarquera que l’on parlerait alors difficilement de « pensées » (au sens où nous l’entendons évidemment), puisque pour ‘penser’ il fait être séparé, exister séparément.

C’est ainsi tout l’enjeu de la séparation, de la division. Celle qui non pas s’installe dans le moi, dans chacun des mois qui sont issus de la révolution, celle du citoyen, mais qui crée chacun de ces mois, chacune de ces personnalisations, dont c’est quand même une tâche bien rude que de se produire comme identité de « soi ».

Ainsi la révolution finalement répartit autrement le pouvoir en abolissant la royauté et la hiérarchie de noblesse, et libérant de la sorte les volontés, les projets, les capacités ; c’est le monde humain global et particulier et singulier qui cherchait à s’agrandir, à augmenter l’ensemble de ses cercles intentionnels et la révolution fut de la sorte la méthode de répartition du pouvoir (de décision, d’imagination, de perception, ou développement des esthétiques), et de redistribution afin que fonctionne la répartition, qui n’est pas la dotation d’un statut ontologique seulement mais d’une fonction opérationnelle ; il fallait que cette accélération du possible se traduise immédiatement en réalisations concrètes (ce qui avait déjà débuté bien avant et dans d’autres pays, mais ici la pratique se théorise et donc cherche à se perfectionner puisque c’est explicitement que de telles opérations sont énoncées et qu’elles parviennent à une série de systématiques, qui remplacent tout ordre précédent).

La liberté d’affirmation de soi

De même il fallait un pays qui plus qu’aucun autre perfectionnait depuis longtemps le retentissement intérieur ; soit la littérature, la poésie, les arts, les esthétiques, et donc concomitamment le point de vue dit « subjectif », seul capable d’organiser le donné (puisqu’il n’est pas ou plus tenu par le collectif, mais au contraire va démultiplier la représentation jusqu’alors commune et cette fois individuée ; le texte, les signes, les formes et les mélodies de l’artiste prendront le relais du texte divin, du Livre, et même les existences de chacun se sentiront investies … comme le fut celle du christ. Et ceci nous amène donc à la reconnaissance ; la reconnaissance est l’acquisition relationnelle absolue (elle est formelle donc) ; qui installe une communauté en esprit, ce qui signifie qu’elle préserve l’individualité ; il n’y a d’esprit, à proprement parler, que celui qui se communique et présuppose l’individualité ; originellement et historiquement elle ressort de l’unité christique qui demande à chacun, à son exemple, de poursuivre son individualisation ; transformer sa vie en Existence ; ce qui revient à adopter un point-après-la-mort qui délimite le segment naissance-mort et autorise une organisation, cad une intention, qui puisse porter, supporter et sup-porter cette vie sans perdre le fil ; la porte est dite « très étroite » on le sait.

On sait dès l’abord que l’affirmation de soi est mortelle, pour l’individu ; on le crucifie. Ce qui doit se lire et se comprendre réellement et tel quel. Notre ère, notre temps, notre acculturation civilisationnelle débute par cet avertissement ; celui-là qui est mort, sa mort rend témoignage de la vérité. Ce qui est porter l’organisation intentionnelle au point le plus précis et le plus strict.

Donc dénivelant la reconnaissance christique on aboutit à la reconnaissance des uns et des autres ; chacun joue sa partie tout en admettant le jeu d’autrui et se posent, bien sûr, toutes les questions sartriennes de la capacité d’intégrer (ou de désintégrer ) le regard de chacun ; et c’est réellement le regard ; la manière, fondamentale, absolument fondamentale, selon laquelle chacun se regarde lui-même et s’autorise son individualité (sans se démettre face aux autres, sans annuler non seulement son projet éventuel, mais sa vision, la résolution qu’il est en tant que vivant qui se transforme en existant, de là les luttes et libérations diverses et variées de revendication ou d’acquisition ou d’actualisation du pouvoir de chacun sur sa propre existence, sa vie devenue existante ; Lacan reprenant finalement en affirmant que « l’inconscient est la politique ») et ayant dans l’idée et le principe que tous accueillent très réellement toute individualité, à condition qu’elle soit pour elle-même dans le statut de la vérité ; ce qui eut lieu. On ne s’en étonne pas mais l’artiste, le créateur, l’inventeur, et il y en eut des milliers, des dizaines de milliers. Tout ou le maximum fut actualisé ; il ne s’agit jamais que de montrer comme ce qui fut a été effectivement réalisé.

On saisit alors que ça ne se peut pas sans une concertation préalable d’acculturation de tous et de chacun ; c’est tout un système kaléidoscopique qui se place et se déplace au long des siècles (que l‘on songe à la nation juive, ou aux problèmes de la nation musulmane). Un kaléidoscope ça se meut. Et il n’est pas alors question de « révolutionner » abstraitement (comme si la pensée ou donc l’imagination pouvait s’imposer par-dessus la réalité, le corps, l’individualité) mais la révolution est ce qui surgit d’une nation.

Ce que l’on voit peut-être encore plus dans la logique anglo-saxonne ; mais qui, elle, ne doit gérer ‘que’ la liberté et non pas l’équation liberté-égalité, ce qui à la fois complique mais simplifie l’humanisation et la personnalisation ; complique on comprend bien, mais simplifie parce que dès lors il s’effectue dans l’esprit de chacun une clarté, très évidente, raison pour laquelle, infiniment profonde, ces esprits forment une nation et non un empilement industrialiste, mercantile et financier, et donc militaire (et encore moins une immédiateté héréditaire ou une théocratie) ; rappelons qu’un empire qui ne s’étend plus, s’effondre. Tandis qu’une nation doit se construire du dedans (seule une décentralisation supprime le principe propre d’une nation). Une nation, un ensemble coordonné et concerté, n’est pas un empilement de compétences ou de techniques et encore moins d’intérêts. Il s’agit d’ingénierie structurelle fondamentalement historique qui travaille et œuvre une société humaine, humaniste (universelle) et personnalisée (individuelle), et cela ne s’effectue pas sans la compréhension de chacun et de tous (qui sont deux parts distinctes).

Une ingénierie non abstraite ; celle du sujet, éprouvée par le sujet lui-même (qui seul peut percevoir le possible, et encore difficilement, mais nulle part ailleurs le possible n’est accessible) ; le christique nommerait ce sujet le-Vivant, ou donc ici l’Existant. Le principe est simple ; l’individualité ne cède pas, tout en se sachant identique à toute autre. Puisqu’il y va de sa réjouissance qu’il puisse exister une extase se propageant, semblable à la lumière, entre tous et chacun, et ce dans l’activité même de l’individualité, de la distinctivité absolue, ce qui veut dire formel, et formel en tant qu’élaborant des contenus, une historicité, des nations, des personnes, et non pas abstrait.

Une nation selon le principe de la liberté-égalité, de la justice (et donc sainte) puisqu’il est impossible que la société humaine s’organise et se coordonne si elle consiste en libertés laissées à elles-mêmes courant un peu partout dans tous les sens, dépourvues de tout esprit, de toute pensée ( et dont la pensée n’est du reste qu’un découpage de cheveux en quatre, une dispersion toute pareille). Une société sous la liberté veut dire que chacun peut comprendre les autres, et s’y attache tout particulièrement. Si ils ne se comprennent plus c’est que l’esprit, la pensée s’étiolent et que se déconstruisent les intentionnalités (jusque dans la vie de chacun des mois).

C’est pour cela que l’égalité de tous fut d’abord découverte (selon le un tout-seul, christique, qui tient chacun sous son regard, sous son intention, suscitant l’intention de chacun en tant que chacun, de même que Paul ou Augustin inventent l’individualité, et les confessions transmutant une vie en Existence) l’égalité identique de tous et ensuite la liberté du sujet exhibée, par Descartes (qui est bien évidemment extrêmement mesurée, réglée).

On peut bien séparer l’esprit et le monde (ou la vie), et remplir l’esprit de tel ceci ou cela, mais la structure intentionnelle, elle, est immédiatement déterminée à foison ; et instantanément structurellement brute ; l’immédiatement et l’instantanément sont les deux modes, l’immédiatement étant pris-dans l’instantanément et la pensée faisant office de formulation distincte. Les systèmes et les pensées se réalisent plus ou moins, mais les faits structurels majeurs sont l’historicité.

En plus d’assumer sa liberté d’affirmation, il faut réguler, et régler, son intentionnalité en ceci qu’elle doit présenter à chacun sa capacité d’absorption de la douleur et de l’angoisse et montrer la promesse (qui est unanimement la Même depuis le dieu un-tout-autre ; un monde humain juste, ce qui veut dire saint) ; les empires (en l’occurrence US, ou tout empire quel qu’il soit) utilisèrent le surplus de ressources afin d’assurer leur domination sur d’autres territoires et d’autres peuples ; la fonction « libéralisme hiérarchique » (qui accumule au sommet) est une fonction impériale ; l’impérialisme (selon Marx) est la logique de tout empire (de quelque époque que ce soit ; le cinéma est théorisé comme un soft power, etc). L’empire est une accumulation hiérarchique, vers le haut de la pyramide, qui aboutit à l’impérialisme total. Si vous redistribuez votre ressource en direction de votre peuple, vous supprimez d’autant la surpuissance matérielle et rendez impossible l’extension d’un empire.

Absorber la douleur et l’angoisse (soit donc la présentation du projet cartésien, alléger la vie des hommes et soigner les corps, les passions de l’âme, dont la troisième substance, corps-esprit, est précisément celle qui viendra et remplacera et le corps et l’esprit ; la troisième est la seule et l’unique et elle n’est pas ‘substance’, soit donc non la volonté ou la pensée ou le corps mais l’intentionnalité comme champ actuel) absorber la douleur et l’angoisse est en soi un projet total intérieur à une nation ; non celui d’un empire. La vérité est que l’empire, la pyramide de l’empire, sa hiérarchie mentale est d’une violence psychique (au moins) effroyable.

De même la psychanalyse affronte explicitement la souffrance ; de plus loin que la psychologie. C’est bien pour cela que Lacan, en France, reprend Freud, augmenté de Sartre. Lacan qui va chercher la souffrance et rien que la souffrance, la «difficulté » si l’on veut ou le trouble relationnel ou le mal-être existentiel, ce que l’on veut, mais en réalité la douleur elle-même. Celle qui n’est pas découpée mais qui coupe tout l’être (puisqu’antérieure à l’être, à la détermination ; il n’existe de ‘moi’ que dans un champ et ce champ est « ni-subjectif/ni objectif », mais les deux et autre que les deux, ce qui est toute la question).

Dans toute cette entreprise il s’agit de manœuvrer afin de ne plus se laisser confondre, emmêler, enfermer dans l’intentionnalité dite irréelle qui mélange réalité et intentionnalité (et nous fait prendre des vessies pour des lanternes, ou des réclames publicitaires pour la vie, way of life, way of lie, ou prendre l’image pour la réalité, Debord, remplacer le monde et la vie par le spectacle d’une hiérarchie, ce qui se produit par le regard d’autrui) ; et le creusement (qui atteint, antérieurement à elle-même, toute conscience de - soi – puisqu’il n’est de soi que par cette coupure interne) est explicitement divulgué par Lacan ; qu’il y a un corps vivant qui insupporte la coupure qui éjecte ce corps hors de lui-même, qui n’est dès lors plus vivant, ou animal, et coudrait combler cet écart absolu par quelque figuration (représentative, publicitaire, imaginale), sans en passer par une configuration (intellective, réflexive, intentionnelle). On retrouvera donc Ph K Dick en tant qu’il se sait, pourtant vivant, dans une irréalité généralisée, qu’il nomme comme tel ; l’empire (« qui n’a jamais pris fin ») et qui ici et là se métamorphose en absorption de notre esprit dans et par l’esprit d’autrui, autrui néfaste, sinistre.

La configuration est beaucoup plus imposante que la figuration (qui est un bricolage comme le moi par rapport au sujet qui a su, ou pu, accrocher les champs stratégiques ; un champ stratégique définit ses finalités (et les transforme), un champ tactique soumet le champ lui-même à des finalités immédiates, lourdes et dégradées, voire bas de gamme).

L’esprit, réel, est la résistance ferme et décidée au contenu (personne ni rien n’occupe le centre, le pouvoir, l’État existe en lui-même, comme Constitution ; la liberté est plus grande que la vie, l’intention plus grande que le vécu) et résistance lucide envers autrui ; puisqu’une règle prédispose le regard d’autrui non comme concurrence des libertés mais comme égalité. La seule liberté incline évidemment à la hiérarchie. Elle doit être en elle-même instruite. C’est une liberté tout à fait spéciale et unique, une égalisation des intentionnalités, et donc ce que longtemps on a nommé l’esprit, une configuration.

L’autre face, opposée à l’irréalité de toute figuration, est qu’il s’agit d’un champ non seulement historique (Hegel, champ qui transcende tous les contenus rassemblés en deux phénoménologies) intentionnel (ce que l’on sait depuis Husserl) mais aussi un champ de conscience singulière (Descartes – Sartre - Lacan) et enfin un champ dont la singularité n’est pas « subjective » (ce qui n’aurait aucun sens puisqu’elle assume tous les domaines ; les œuvres n’existent pas en elles-mêmes, y compris les mathématiques, qui sont des logiques du rapport) non pas subjective mais sur-objective ; si ce champ est sur-objectif, alors il est le réel.

C’est donc le rapport qui se révèle à lui-même, et le problème de cette révélation est qu’il s’agit d’un rapport… et donc non immédiatement saisissable et ne rentrant en aucune immédiateté ; ce qui est bien son but structurel ; qu’un tel rapport soit en mesure de modifier son origine afin de modifier sa finalité (sinon tout est pris dans la causalité). C’est toute la problématique : sinon la ‘réalité’ serait seulement « ce qui court à sa dispersion », limitée au temps. Donc il y a autre chose que le temps.

C’est la logique qui emplit la totalité de tout ce qui est, fut, sera. Il y a un monde non afin qu’il grandisse (il finira indéfiniment dans la dispersion, regardons-le comme un feu d’artifice qui s’éteint au final dans la nuit, mais un feu toujours déployé, suspendu et toujours mouvant en interne) mais afin que s’augmente et s’intensifie la structure antérieure (le regard du spectateur, le regard se modifiera en fonction de ce qui est Vu) ; et que le commencement ne cesse pas de commencer. On en déduira donc qu’il n’y a pas de « fin » puisque le temps n’est pas la référence du réel. Ou plutôt, le temps est, mais pris dans un plus-grand.

Il y a autre chose que le temps, mais sait-on ce que c’est ?

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Profondeur de l’angoisse

26 Décembre 2020, 09:23am

Publié par pascal doyelle

Avant d’avancer dans l’exceptionnalité de l’arc de conscience, on fera un petit détour dépressif par le gouffre invincible de la structure de notre réalité humaine ; ce qu’autrefois on nommait négativité (Hegel), ou néant (Heidegger) ou néantisation (Sartre) ou coupure (entre autres, Lacan, et Freud « castration », ce qui est tout à fait bizarre , mais bon il y a des raisons à cela).

Ensuite viendra le commencement du début de la sortie du marécage mortifère. Mais il faut bien saisir ce qui nous meut ; soit donc un mouvement.

On dresse donc l’architecture de ce qui, en acte, toujours en acte, s’élabore comme champ intentionnel, tel qu’un arc de conscience s’arc-boute dans l’arc du présent et par lequel il lui faut, à cet arc, se rendre réel. Ce qui veut dire entrer dans son propre champ (qui est habituellement occupé par des choses, des êtres, de la détermination limitée, la représentation du groupe autrefois, jusqu’à que naissent le christique et Socrate, à qui ils ne le pardonneront pas) et qu’il puisse, cet arc, en entrant dans sa propre possibilité, non plus user de mots mais de signes ; de sorte que l’architecture puisse lui apparaître et il nomme cela selon les signes ; dieu, pensée, sujet, réel.

(on sait que les juifs passèrent leur temps à refuser dieu, à reformer-un-groupe, de même que nos sociétés (qui sont dans le même-monde, de la révolution qui est unique, partout, avec variantes), nos sociétés veulent oublier, anéantir la structure révolutionnaire qui sinon créerait du structurel ; liberté ET égalité ; en lesquelles sociétés on réinstalle l’exclusivité ; ce ne sont pas les valeurs secondes en elles-mêmes qui posent problème mais qu’elles annulent la structure)

Dieu, on sait de qui il nous vient (ou à qui il s’est communiqué). La pensée court de Socrate à Plotin (le Un qui émane comme réalités) puis passe dans la théologie (qui « simule » la pensée de dieu, la pensée à propos de dieu et la pensée qui est celle de dieu). Le sujet commence de Descartes en passant par Kant, Hegel, Kierkegaard, Husserl, Nietzsche et Heidegger, puis Sartre jusque Lacan.

Ce qui creuse toute vie en existence, par quoi on a toujours cessé d’être un vivant. Secret que nous livre Lacan qu’il y a une chaîne de signifiants qui coupe le corps, du vivant, en deux, de telle sorte que l’on se tient toujours dans la conscience du/vers le corps (par quoi il y a un corps, pour nous et que nous ne sommes donc pas), et que cette coupure est à jamais éloignée puisque c’est par elle qu’il y a un « moi », et que ce moi ne peut s’annuler pour saisir la division qui le crée.

Dit autrement ; « on s’est vu » de l’extérieur et cette Autre (vue) est éloignée à jamais ; le « on » qui nous a « vu » est et n’est pas « notre » conscience, mais l’acte de conscience purement générique, et d’autant plus perturbante (et notamment non-situable ; il se peut par ex qu’un objet nous Voit, et nous jette dans l’épouvante ou l’angoisse).

« on est vu » est cela même qui nous tire du seul vivant et nous projette dans l’ex-sistant ; et non seulement cette extraction nous coupe de la vie, mais de plus cette conscience-autre est elle-même la plus absolue division possible pour cet arc de conscience ; toute conscience est en elle-même structurellement scindée, et cette scission n’est pas un épiphénomène ou accessoire, mais est la structure même du réel. Le réel est ce qui va plus loin que lui-même, est un rapport.

Mais peu importe parce que c’est le champ (de signes) que crée cette division qui vaut. La conscience générique qui nous Voit, deviendra, selon un plus ou un moins, l’acte en propre de conscience ; dénommé le-sujet. Soit donc le rapport plus grand.

Ou encore ; ça n’est pas la ligne de coupure des signifiants qui crée la conscience (tel que Lacan par son a priori anti-conscience le suppose) mais il y a une ligne de signifiants parce que la cervelle (ou dieu ou ce que l’on voudra) crée une conscience, une intentionnalité ou encore un rapport (de tous les rapports qui suivront).

Celui qui ne peut pas supporter ou intégrer la coupure mélange les signifiants et les perceptions (il hallucine, à tous les sens du terme). Celui qui intègre la coupure (bien que cela soit impossible, inacceptable, mais pourtant c’est la règle) se-perçoit, relativise ses perceptions, peut les exprimer, et les reformuler avec d’autres mots, et il n’est pas coagulé avec tels ou tels signifiants qui attirent comme des aimants et empêchent qu’il y ait de nouveaux désirs ; rappel que pour Lacan le désir est la concrétisation de la castration, de l’extériorité, du regard du point d’autrui ; le désir coincé est celui qui tourne en rond et se répète. Mai cette conscience qui intègre la coupure est de fait et par structure autre qu’elle-même ; il n’y a pas Pierre qui se sait (comme si la conscience était la fonction d’une identité) mais il y a Pierre parce qu’il est né, Pierre, dans le champ de cette conscience. Donc l’existence précède l’essence.

La terrible possibilité « d’être perçu » est ce qu’indique la nature absolument spécifique et très excessive de l’arc de conscience ; qui est rapport et dont l’autre terme manque toujours (que ce soit le terme initiale, le contenu ou le terme aboutissant) ; dans un rapport on ne sait pas « qui voit » ; l’arc de conscience est non situable (il n’est pourtant pas insituable puisqu’il est cela qui dispose les champs, et pour cela « il n’y a pas de hasard » en psychanalyse, et dans le reste du monde et des vies non plus, ceci sans tomber dans l’excès évidemment, nous percevons en tant que vivant quantité de phénomènes mais le ou les noyaux sont très cohérents ou concentrés).

Dit autrement ; on ne sait pas qui pense ou qui juge ou qui entre dans notre conscience-de ou qui perçoit ni quoi. Ce sont une bonne partie des perturbations que relève Sartre et Lacan conduit encore plus profondément la division.

Excepté selon le regard dé-tourné par dieu, la pensée, le sujet ou le réel qui ramènent dans le champ tout en n’y entrant pas c’est pour cela que dieu, l’universel, le sujet ou le réel sont des opérateurs tout à fait formels et pas du tout concrets. Si on dit par ex que le sujet c’est « la volonté » on redescend d’un degré (Descartes danse d’un pied sur l’autre ; la volonté sceau de dieu en nous ou la pensée, comme dispositif général de volonté, image, imagination, sentiment, troisième corps, ça n’est pas décidable dans sa vision ; il faut obtenir l’activité de conscience intentionnelle, qui n’est ni image, ni langage, ni concept, etc, mais qui ouvre tous ces champs-là, dans lesquels tout (ce que l’on perçoit) apparaît).

Les mois, ceux des temps modernes, tournent en rond et il y a une « psychanalyse » qui s’invente et vient extraire ces mois de leur ‘moi-même’ fixé, de même qu’auparavant telle ou telle croyance ou foi ou engagement (on pense à la nation, au christianisme, à la révolution) venaient déjà tirer les mois hors de ce moi-même embourbé, pataugeant dans son bricolage, qui ne tient qu’à ceci d’imaginer sa satisfaction (laquelle satisfaction se démultiplie dans des objets, de désir, afin de faire tampon vis-à-vis de la jouissance, qui est l’horrible imaginaire de la satisfaction hallucinée, dévorante).

La jouissance, horrible, c’est celle qui sera écartée, oubliée, refoulée, par la capacité de désirs différenciés et c’est aussi et à l’origine celle qui est supposée au regard, au sens où LE regard qui vous Voit, vous le supposez absorbant une infinie satisfaction (tandis que vous vous contentez de petits désirs et petits objets qui occupent le temps en somme, avant de mourir, ou qui découpent la jouissance horrible afin de supporter l’intention dévoratrice). C’est ainsi que les objets ou tel autrui ou tel signe s’empare par imminence de l’horreur et oubli de sa possibilité. Si le regard est isolé dans un-objet il disparaît. La jouissance c’est le pour-soi/en-soi de Sartre, ce par quoi il désigne dieu.

Alors qu’en vérité dieu ne jouit pas ; il est l’anti-jouissance ; il montre qu’il y a autre chose et autrement ; que l’arc de conscience dans un vivant est destiné à porter plus loin et ailleurs ce vivant et non soumis à son immédiateté (qui ne réalise que son cercle de possibilités ou, pour nous, humains, la sorte douloureuse de mélange vivant/intentionnalité qui comme tel s’écroule, si ce mélange est livré à lui-même) et cette autre Possibilité n’est pas de ce monde, ni de ce corps. Rappelons que si nous créons un champ intentionnel de signes (qui découpent les choses, les êtres, le corps, que nous ‘ayons’ un corps que nous ne sommes donc pas, un vécu ou autrui ou des œuvres et des inventions et des réalisations) alors la jouissance est le mélange de corps, vivant, et de structure, intentionnelle ; « comme si » ça ne faisait qu’Un … Mais ça ne fait pas Un, ça ne fait jamais Un, parce que la structure même « qu’un réel il y a » veut dire qu’il devient, et s’il devient il n’Est pas. Il ex-siste.

Dans la confusion du un qui jouit, il n’existe plus de sujet. Or de dieu à Lacan il y a un sujet. C’est pour cela que Lacan ne dit pas « le Un est », il dit « y-a-d’l’un ». C’est une logique (qui crée des uns) et pas une ontologie (basée sur le Un monolithique). Et Lacan, pas plus que Sartre ne voient pas que dieu, la pensée, le christique et le sujet, tout comme le réel tel qu’il fonctionne (à tout le moins) créent des uns et non pas accaparent le Un pour eux-mêmes. Sinon pourquoi dieu aurait-il créé le monde ? Pourquoi la vie des êtres individués ? Pourquoi la révolution des sujets ? Depuis le début ça crée quantité de uns.

Il ne faut pas mécomprendre ; dieu n’est pas une réponse toute faite, pour les juifs, mais une exigence et le christique est la recherche (absolue et formelle) de l’intention véritable (sous condition d’élévation continuelle). C’est envers et contre nous-même que la structure lutte afin d’établir ou rétablir le sens de l’existence (que le possible, cad l’arc formel et le regard soit encore actualisable et non pas recouvert et étouffé dans le monde, le vécu ou le corps).

Or celui qui est un (ce qui veut dire qui est un rapport, parce que seul un rapport est un, tout sinon est composé, cad multiple, un vivant déjà n’est plus seulement composé mais une unité, sa « peau »), ce qui est un, donc, ne jouit pas. Dieu n’est pas un « gros quelque chose » et le sujet n’est pas une « chose » (une chose qui pense n’est pas une chose, de fait). La jouissance est le piège en lequel nous tombons parce qu’il se crée sous chacun de nos pas. Mélange du corps imaginé (halluciné) et « plein », repus, satisfait, un corps « merveilleux », une « surhumanité », un « idéal de contrôle » ou un imaginaire publicitaire ou une icône, jadis Marilyn. Pour que la structure remplace en nous cet « idéal » du corps imaginé, il faut une puissante motivation qui réoriente véritablement l’intentionnalité. Qui cherche le sens de la non-satisfaction.

Et pour cause qu’il s’agit d’autre chose que du jouir, dieu, la pensée, le sujet et le réel bâtissent la structure du réel antérieurement à, au-dessus de et au-delà des réalités, des réalisations, des vies vécues, des corps, des perceptions immédiates ; il y a tout cela parce qu’il y a un champ et la suréminente élaboration du champ se nomme dieu, la pensée, le sujet et le réel. Du moins l’a-t-on jusqu’à présent désigné tel.

Le réel pour Lacan est cette coupure, ‘dans’ le corps, et le vivant opéré à vif et dont la plaie reste ouverte, plus ou moins recouverte et de façon plus ou moins acceptable  ; un vivant, un corps ne comprend pas du tout ce que l’arc de conscience lui provoque, impose, cet écartèlement d’être perçu du dehors, et c’est l’angoisse plus que fondamentale.et comme il s’agit d’une perception externe, ce que l’on va voir, elle est vraiment externe ; on ne comprend pas ce que la perception de l’autre conscience nous veut.

Il ne faut pas seulement imaginer que cette autre conscience qui nous-voit est tel autrui ou tel autre ; c’est en partie « ce que l’on imagine que l’autre conscience voit » ou le Voir de l’Autre Conscience ; de sorte que pour illustrer on pourrait dire que dieu est l’accommodement de cette altérité, son relatif apaisement (bien que l’on ne puisse pas voir dieu sans mourir, ou qu’il soit Exigence) et c’est pour cela également que l’on est addict aux images, à la captation d’image, comme si on endossait le temps d’une image, d’un récit, d’un film l’Autre Conscience ; mais ça ne dure qu’un moment et qu’il faut ainsi renouveler.

Lacan a affaire à la même structure que Sartre (puisqu’il n’y en a qu’une ; il n’est pas trente-six manières d’avoir conscience-de, des contenus en nombre indéfini mais l’arc, lui, est exactement le même, pour quiconque) et à cette intériorisation impossible du regard (cad de l’intentionnel) ; que notre être soit un arc de conscience et qu’il ouvre le champ là au-devant, veut dire que nous sommes intégralement jeté dans le monde, parmi les autres et donc pour Lacan sous l’observance des signifiants, des signes qui orientent une « conscience » (qui n’appartient à personne).

Il n’y a rien qui résiste à cette déperdition de soi ; parce qu’il n’y a pas de «soi ». Lacan voudrait bien que toute la philosophie prône une identité mais si il lisait mieux (ou si il admettait son biais de lecture plutôt), il comprendrait bien que précisément la philosophie en passe toujours via une articulation autre, par exemple et par principe « la vérité » (comme principe, pas comme contenu) dont Lacan pourra faire lui-même usage dans son registre propre (celle que l’on ne peut que mi-dire). Mais pourtant de son point de vue toute proposition est comme un remplissage du hiatus ; il y a le fou qui se prend pour le roi, et le roi n’est pas moins fou qui se prend, lui aussi, pour le roi.

C’est le garçon de café qui se prend pour un garçon de café.

Si on aboutit au cœur du cœur de tout (de toute l’aventure humaine) c’est que le centre, le regard déjeté, ke regard Autre (il est forcément Autre, sinon il ne serait pas un regard) c’est ce que l’on veut toujours combler (en tout sens). Sauf que l’on n’y parvient jamais et que cette in-finité de l’arc de conscience est ce qui est à la fois maintenu et accommodé par dieu, la pensée, le sujet et le réel. Chacun sait bien que dieu, la pensée, le sujet et le réel on ne les possède pas ; ils nous détiennent. Ils tournent le regard (destructeur)

Sinon, si on croit que l’on sait ce que dieu ou la pensée ou le sujet ou le réel sont, alors ce seront seulement des images, des semblants, des faux dieux, des identités inertes, mortes, notre imaginaire ou notre folie. Dieu, la pensée, le sujet et le réel sont ‘vers-le-haut’. Si on ne se soumet pas à leur exigence on ne comprend pas que le réel est hors de lui-même ; on croit que le contenu que l’on pense, imagine, désire, touche est « la réalité ». dire qu’il y a un réel de la réalité c’est précisément amener qu’il n’est pas là. Personne n’a jamais vu le réel, c’est juste une position, mais c’est la position (plus grand que quelque partie que ce soit) à partir de laquelle il y a des choses et des êtres.

On n’ira pas jusqu’à dire que les mois, humains, humanisés et constamment humanisés par leurs médias, déluge d’image, au sens large, deviennent fous ou dépressifs ou malheureux ou obsessionnels ou addicts parce qu’ils ne croient plus en dieu, mais bien parce qu’ils ne croient plus en dieu, ni en la pensée et l’universel, ni au sujet, ni au réel (Ph K Dick).

En conséquence de quoi le regard (qui est au tréfonds de notre origine strictement individuelle d’abord, puisque c’est en raison d ‘un regard que nous sommes coupés, sous la castration, cad sortis de la croyance, de l’imagination d’une fusion, qui n’a pas de nom, qui est innommable) revient dans le moi intégralement soumis à l’Autre (ce que l’on nommait aussi jadis l’aliénation, non seulement marxiste mais hégélienne, jusqu’à ce que la-pensée qui est enfin devenue sujet (depuis Descartes) se sache comme système de tous les savoirs, et que ce qui se cachait c’était elle-même ; sauf que dans ce cas l’esprit dans le système est vide (et devenu vide pour nous qui lisons Hegel, qui a épuisé toutes les possibilités de la pensée) ;
alors que précisément il s’agit de comprendre que le sujet n’est pas vide du tout.

D’une part c’est un arc de conscience et d’autre part c’est le présent, originel, le présent originel.

C’est parce que nous sommes trop devenus ces sortes de « moi » que l’on comprend dieu, la pensée universelle, le sujet et le réel sous le régime de la paresse. Pour un moi il ne lui vient pas à l’esprit qu’il puisse exister autre chose que des choses et des êtres déterminés, il n’a aucune idée de quelque Architecture que ce soit, en conséquence il mène quantité de tactiques, diverses et variées et à propos de tout et n’importe quoi, mais aucune stratégie ; il se perd dans le brouillard de toutes sortes d’intentionnalisations qui lui paraissent toutes sans fondement.

C’est que si il est un « moi », le moi, c’est qu’il a intégré le regard (et c’est pour cela qu’il va commencer de développer des folies, des folies psychologiques ou psychiques) ; le regard qui était positionné comme dieu, la pensée, le christique, le sujet (ou la révolution, la nation, etc) s’est condensé dans l’exiguïté du moi ; et donc il explose le dit moi. Le regard peut se supposer comme dieu ou sujet (citoyen ou révolutionnaire) mais il ne peut pas s’entremêler du moi, du corps, de ses attachements, de ses immédiatetés ; un tel mélange produit du fantasme et ce regard absolument terrifiant (que le moi de toute manière de peut pas sup-porter). Au mieux il devient idiot, se rendant incapable de produire des intentionnalités qui ne soient pas infantilisantes. Il est absorbé par le regard qui absorbe, dans l’irréalité, dans l’irréel effrayant (Ph K Dick, ou les super héros, ou le flux continu des images, des séries, des objets, des petits désirs de toute sorte).

Remarquons bien ceci ; puisque notre unité n’est pas un être mais une structure, cad un rapport, on ne peut pas se stabiliser (sinon en rusant, en retordant la torsion, qu’implique que notre être n’est pas un être, une unité ou identité, mais un mouvement et donc tordu ; on nommera la ruse qui permet de viser qquand le bien ou ce qui en tiendra lieu, la dis-torsion, qui sera passablement compliquée mais en même temps très simple et évidente ; ce qui est introduit plutôt très véritablement à la nature du ‘rapport’ que l’on existe) ; on ne peut pas se fixer un Bien qui annulerait et couperait les liens avec toutes les autres intentionnalités et se consacrer à une stratégie qui dominerait les tactiques divers et variées, parce que le rapport n’entre pas dans une telle solidification ; je fais le mal que je ne veux pas et ne fais pas le bien que le je veux (mais cette maxime vaut pour tout ; indépendamment du bien ou du mal, je fais ceci qui m’ennuie et pas cela qui me passionne, parce que je me distrais, je suis distrait, dispersé et que je ne peux pas rassembler l’unité intentionnelle qui n’a pas et ne peut se représenter une dans la multiplicité, qui ouvre quantité de champ et dont aucun ne peut prétendre à la réunion de tous, et du reste … ça ne serait pas viable… et pas vivable ; l’arc de conscience est de fait et structurellement multitâches ; il ne peut pas se résoudre par l’unification (sinon il se fige), et donc la ruse qui le manœuvrera se doit d’être conséquente.

(dit autrement la conscience, cet arc, ce rapport n’est pas le conscient, qui se bâtit sur des contenus fortement organisé, et l’intentionnalité n’est pas la volonté ; l’intentionnalité est la finalité des finalités secondes ; que la raisonnabilité ou la rationalité ou l’empirisme qui supprime les problèmes croient colmater la brèche, et celle-ci crevassera chacun des mois par où ils ne l’attendent pas, chaque moi assailli par sa rupture interne dont on lui raconte « qu’il devra être heureux », puisque partie du monde donné il doit, normalement, obtenir sa résolution, sa réussite dans ce monde ; et limités à leur vie, ils s’y livrent pieds et poings et ne posséderont pas la ressource pour dépasser ce creusement ; le moi s’en prendra à lui-même, aux autres, afin que son être n’est pas un être, n’est pas du monde et ne peut acquérir sa complétude en une vie)

Que le moi se perde en tactiques n’importe comment, en se décrochant des grandes stratégies, n’est déjà pas sans effets. Mais que ce détournement plonge jusqu’au dedans du moi, au point de l’exporter hors de lui-même (ce que signifie « inconscient »), veut dire que, oui, effectivement, nous sommes intégralement construits, artificiels et qu’il n’y a aucune immédiateté ; il y a un inconscient (un corps vivant divisé) parce qu’un champ conscient et un champ conscient (raison, ordre, volonté) parce qu’un arc de conscience (signes et stratégies). Si on supprime la possibilité de l’arc, la troisième, tout se rabat vers le situé second et ensuite sur le premier. S’il est une vérité elle sera donc en avant, dans la possibilité et nullement selon l’être. On ne peut pas ignorer notre décision, notre liberté et la capacité de percevoir ce qui n’est pas mais qui existe et ne s’instruit que de ce que l’on veut.

On a vu que par « décision » et « volonté » on n’entendait pas celle consciente et ferme et délimitée ; ça ne s’applique que parfois et limitativement. Ce que l’on nomme décision et volonté appartient à l’intentionnalité ; à la longue et travaillée, ouvragée volonté, celle qui dure et qui s’applique non comme tactique seulement mais comme stratégie ; et formellement cette volonté qui s’applique, prolonge une existence et doit orienter selon une signification et une signification qui statue sur « ce qui est en jeu » ; à savoir qu’est-ce qui structure (au sens large) une vie ? En quoi consiste une existence ? Quelle est sa consistance ? (dont on comprend bien que pour la raisonnabilité il ne s’agit que d’un composé plus ou moins organisé, et que c’est l’inverse pour l’intention ; il s’agit d’une non-composition et plutôt que de supposer un être non-composé, on désigne un rapport, qui ne tient en aucune composition mais les rend toutes possibles, comme symptômes).

Il apparaît alors que Sartre et Lacan introduisent à la volition telle que réelle et effectivement concrète ; celle qui navigue dans les réalités et au dedans du moi, dans la personnalisation même, parmi les autres et au-dessus du monde en soi et le long de l’historicité que Sartre voudrait saisir à l’origine dia-lectique des conscience entre elles.

Évidemment ils ont quitté la plénitude, puisque l’être est abandonné et que dieu est mort. Tandis que la révolution est quand même sujette à caution, même pour Sartre (qui en recherche l’origine dia-lectique des consciences entre elles) et que Lacan s’en moque (il dit que « ça n viendra pas par là », pas par les années soixante en tout cas, qui démultiplie les objets a et enfonce de ce fait chacun dans le marécage des ‘désirs’, cette fétichisation conceptuelle).

Et cependant par plénitude il faut comprendre : état de celui qui sait qu’il n’est pas, qu’il n’est pas un lui-même (et donc sujet formel, je, et non pas moi, ni une identité, ni une essence) ni de l’ordre de la satisfaction et que ça ne lui arrivera pas « d’être ». Que c’est juste un fantasme, une imagination et non un concept. Les concepts se tiennent tous dans la vue du Bien, du Un, de dieu, de l’esprit hégélien, du sujet mais ne sont pas. Que donc dieu ou le Bien ou la pensée de la pensée ou le Un ou le sujet (et donc le réel) sont originels et non pas un résultat qui s’ingère et se digère. Que si il est une plénitude à vrai dire c’est celle du commence qui commence, tout le temps, tout le long du temps et ainsi antérieurement et en plus et par dessus le temps ; le commencement toujours envisageant les plus fortes stratégies possibles, ce qui veut dire les stratégies qui augmente la capacité de la stratégisation des réalités et des réalisations.

Les stratégies suréminentes (qui transforment la vie, le vivant en existence, en existant) sont donc l’ensemble des mesures, des règles, des instructions (la torah est une instruction venue d’en haut) qui initialisent (l’intention absolue et formelle de dieu), augmentent (l’universelle intentionnalisation grecque), intensifie (l’individualisation christique) et initient (la variante cartésienne du je ici même et non plus tout là-haut seulement) et concrétisent (depuis la révolution et les deux derniers siècles) que donc, absolument, cad formellement, non seulement l’arc de conscience intentionnalise, mais d’abord qu’il ne fait que cela (tout le reste n’apparaît que dans les champs intentionnels) et qu’enfin il se tient de cohérence ; il n’y a qu’un seul champ, qu’il soit fonctionnel ou fonctionnel et dimensionnel, pour ceux qui croient en dieu, en l’universel (Badiou par ex), en la révolution (et la liberté-égalité), en la dimensionnalité du sujet, du je, du réel comme suréminence ; et aucune de ces options n’est exclusive… tout est vrai et réel.

La satisfaction imaginaire et la plénitude imaginée (irréelles) sont pataudes et lourdes. La non-satisfaction (le rimbaldisme en somme, il en révèle tous les enjeux, c’est cela même qui le-rend-possible) est la découpe non pas seulement chirurgicale et douloureuse, mais créatrice… Par cela s’explique aussi le mystère du péché originel ; la seule raison de cette douleur est une possibilité plus grande ; nier la douleur c’est nier, également, la liberté ; dieu étant déjà parfait (au sens achevé) ne pouvait que vouloir un être encore plus parfait, encore plus libre, aussi dut-il lui-même s’élever, sur la croix, extrémité divine de l’angoisse, dans la capacité de retourner le regard en élévation ; en cette mise à jour fondamentale et ontologique de dieu et donc de nous, on l’oublie mais le christ est dieu lui-même, et ce récit (ou cette extrapolation pour ceux qui ne croient pas, peu importe puisque structurellement ils devront faire avec le même regard de structure) est de fait (un fait monumental historique total) la logique même de tout récit, de toute représentation, de toute pensée, et depuis le christique de toute intention (et champ intentionnel, ce qui eut lieu). C’est ce par quoi on ne cède pas au monde, au vécu et au relationnel ou au corps. Parce qu’en tout cela ce qui compte ne se rencontre pas et qu’il s’agit pourtant d’être plus grand à la fin qu’au début.

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Le réel extrême

19 Décembre 2020, 09:21am

Publié par pascal doyelle

Il n’y a pas eu de rupture dans la réflexivité ; on nomme réflexivité le retour sur. Au début il s’agit, philosophiquement, du retour par le discours sur lui-même ; il organise ainsi sa cohérence et cette cohérence autorise de produire des intentionnalités qui ne se perdent pas de vue, mais également qui peuvent s’inventer au fur et à mesure ; c’est donc également un principe de création de concepts.

Rappelons que la finalité n’est pas de concrétiser un concept qui soit adéquat au réel ; parce que le réel n’est pas un concept ou alors d’une certaine manière (en tant qu’existant pour un sujet, ce qui revient dire ; un signe). Il s’agit de créer des concepts approchants qui activent l’intentionnalité. De sorte que l’on puisse tenir, littéralement, et d’abord supporter la difficulté de maintenir dans la vision, dans la vue, dans le visible la ou les réalités ; tout vient du sujet et tout y retourne ; et il est à mesurer le gain ou la perte de la vision. Et ce qui vaut aussi bien au point de vue de l’intention, de la morale, de l’éthique, de la politique et ce genre registre ; par exemple l’artiste ou le créateur se doit à une éthique (en magnifiant au-delà de tout exemple il éduque son attention, son intention, jusqu’à son existence même mise en jeu).

Et donc la philosophie augmente la capacité intentionnelle et comme elle est la discipline qui s’occupe du hiatus créé par la disparition des mondes particuliers, au profit du monde donné là (et en attendant la performance christique lorsque le hiatus devient chacun, individuellement, extrapolé par le christ même en dehors de tout donné là, y compris cette vie de chacun comme segment naissance/mort, à partir d’un point externe), alors la réflexivité expose précisément le « là » : le fait de l’être.

Qui dés lors n’est pas le plus grand des étant (comme dira Heidegger) mais le point par lequel tout revient, revient vers nous en tant qu’intentionnalités, ce qui veut dire idées. Le bien, la pensée de la pensée, le Un de Plotin ne sont pas de « gros étants ». c’est se méprendre totalement que de supposer cette étantité (Heidegger veut surtout récupérer, pour lui, la pensée de l’être, mais il est vrai qu’il voit que le fait de l’être est plus grand que tout étant ; et effectivement le fait de l’être, qu’il y a quelque chose, n’est pas de la détermination et ne peut pas être qualifié ; or où il se trompe c’est qu’il pense devoir se passer du sujet, alors que seul l’articulation, le rapport qu’est le sujet peut signifier le fait tel quel, ça ne rentre en aucune idée mais ça se signifie par le rapport qu’est, qu’existe le sujet ; ce que Sartre redimensionnera à sa juste place).

L’être est le fait majeur qui rend possible qu’il y ait intentionnalités, idées et systèmes d’idées ; l’être est l’opérateur, ce qui rend possible les intentionnalités (les idées et donc aussi les systèmes) mais en tant que point de visée de séries d’intentionnalités ; ajoutons que ce qui nous vient alors ce ne sont pas seulement les idées mais l’opération par laquelle (il arrive quelque chose de nouveau). Il n’existait pas auparavant d’articulation maîtresse qui puisse s’attacher et nous inscrire dans le monde. Il existait des dieux ou des principes semi-abstraits, symboliques, mais non pas qui se montraient en tant que rapport ; pour qu’il y ait un rapport effectif il faut soit le monde (grec, des idées), soit le corps (du sujet, emportant toute sa vie comme (entre parenthèses) soit de façon encore plus éloignée l’intention pure et sans rien ; à savoir dieu.

Mais il n’y a pas à « choisir » entre dieu, l’universel pensé, le sujet ou le réel. Ce sont les approches (au moins celles que l’on connaît le mieux, à d’autres de rechercher dans l’hindouisme ou ce qu’ils voudront) qui nous permettent d’accéder aux extrémités, aux extrémités de l’expérience du « réel il y a ». Et ce sont des extrémismes cohérents, puisque le sujet est la structure de cohérence, de possibilité la plus exacte, pointilleuse et rigoureuse (par la structure sujet il y a œuvres, esthétiques ou philosophiques ou éthiques ou politiques ou mystiques ou sciences ou mathématiques, à moins de supposer que tous ces domaines existent « en eux-mêmes », mais alors on ne voit pas ‘où’ ils existeraient ; si ils sont dans le regard, c’est qu’ils sont par le regard, le regard est tout, tout le champ possible offert).

Par l’être les réalités sont subsumées dans l’horizon unique, et organisées ; une intentionnalité peut alors naviguer de signe à signe et rendre compte de la perception, mais surtout créer cette perception ; Platon crée la vision via les idées ; l’être grec n’est pas encore relativisé (pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien, question qui ne vient qu’après qu’il y ait un sujet) mais s’impose par sa massivité de cosmos ordonné qui s’élève du minimum au maximum d’organisation dont les idées rendent compte ; et qui doit se tenir ; de même que l’individu vaut de ceci qu’il pense. Dans le christique l’individu vaut déjà en et par lui-même et en et par lui seul ; le christ est le un-tout-seul.

L’idéal philosophique, la cohérence, demeurera et demeure fondamentalement à la base et la source, mais une « cohérence » cela dépend de ce à quoi elle s’applique. Or on a étendu le « donné » qui dès lors contient l’individualité (christique et celle de chacun, St Paul, Augustin, etc inventent la subjectivité) et ensuite (avec Descartes, qui l’inscrit dans le marbre du donné là, l’étendue du monde, et l’incruste de l’infini pur, soit la volonté, autre nom, temporaire, de l’intention, puis qui deviendra l’intentionnalité) le sujet et donc les capacités et les possibilités de toute l‘historicité suivante. Il faut adéquatement étendre la pensée sur ces nouvelles acquisitions ; Descartes, Kant et Hegel.

Si on ne comprend pas que l’on a quitté depuis longtemps la-pensée, comme discours clos (qui en vérité n’a jamais eu lieu sinon dans sa version rationaliste scientiste naturaliste ; pour les grecs la pensée est divine) on ne comprend rien, sinon un tas de systèmes contradictoires plus ou moins. Et non le développement d’une réflexivité qui passe d’une étendue à une plus grande, d’un approfondissement à un autre qui contient le premier et que de cela s’élabore l’arc de conscience ; est-ce que Descartes contredit dieu ? Non. Et Spinoza , pas plus. Et Sartre ? Non plus (qui clôture l’E et le N avec une interprétation de l’en-soi/pour-soi considéré comme l’idéal d’absolu de l’homme).

Et dès lors la réflexivité prendra une autre tournure sans se démettre de son ambition ; à savoir rendre compte à chacun de son être ; il se trouve que cet ‘être’ est plus bizarre que seulement discours conscient de raison (grecque, que cosmos ordonné). Si il y a liberté alors il n’y a pas Ordre. Il y a cependant vérité et liberté ; une liberté qui s’égarerait dans la non vérité s’annule comme liberté ; et qui dit vérité dit réalité ; autrement dit l’articulation générale n’est pas du tout anéantie mais embarquée en une mesure dont l’on peine à saisir l’extension.

Il faut de toute manière sortir de l’idée générale de l’être, qui se prêtait objectivement, comme un objet, un gros objet qui s’offrait à la compréhension par les idées et le système, et sortir afin d’entrer dans le méta système (celui du sujet et de la (méta) liberté, mais la liberté est toujours méta puisqu’il s’agit d’inventer, de créer, et que « ce qui est en plus » est de par le fait ‘méta’). C’est ainsi le système du sur/plus, du réel-en-plus.

Or on a vu et on a dit que le réel-en-plus est évidemment le réel qui compte ; ce qui compte c’est ce qui n’est pas et qui est possible ; sinon pourquoi existerait-il un ‘présent’, sinon pour que le possible devienne possible, de manière globale il y a une réalité (quelle qu’elle soit et quand même bien plusieurs univers ou autres, on ne sait) afin qu’il y ait un possible ; ou donc le réel est le Possible. On ajoute de plus que la capacité effective du réel est le possible du possible ; il faut que le possible, pour affirmer et impacter réellement, soit sa propre possibilité ; que donc le réel puisse s’élever de plus en plus haut, sans que l’on puisse assigner a priori son devenir ; puisque le propre du possible est de réaliser « ce dont on n’a pas encore déjà idée » ou de réaliser « ce qui n’est pas, nulle part ».

On a reconnu que ce seul in-fini est compréhensible, et qu’autrement on ne comprend pas du tout ce que par « infini » on pourrait entendre. Ou : le sujet, la structure sujet peut seul se modifier lui-même ; il est un rapport et un rapport ne tient pas en son début ou en son terme mais dans le seul mouvement, et ainsi transformable, rendant ses conditions initiales toujours autres qu’elles n’étaient. Ce ‘pas’ selon le temps lui-même (qui crée ainsi qu’il y ait du « temps » ou de l’espace ou une réalité déterminée dont les déterminations sont précisément le terme du début qui est, a été, sera modifié afin que le rapport grandisse) réalise, rend réelle la performance même qu’un réel il y a afin qu’il soit plus grand que lui-même. Sinon on aboutirait à une sorte d’inertie, dont on ne comprend pas les tenants et les aboutissants (sauf de se fasciner pour un objet mort-né, comme l’être ou la matière ou tel ceci ou cela).

Et c’est ainsi que dieu, l’être, le sujet ou le réel sont des formes absolument mouvantes, parce que le mouvement est tout. Le mouvement n’est pas ce qui est imprimé aux choses ; il n’y a aucune chose avant le mouvement, elles sont dans le mouvement-même. Il n’y a pas un quelque chose qui serait ensuite articulé ; il y a articulation et puis, ensuite, des plis, qui sont les choses. C’est bien pour cela que l’on ne peut pas saisir christiquement quoi que ce soit ; tout fuit entre les doigts. Et c’est probablement la raison pour laquelle la réalité, qui n’est pas substantielle, est seulement une sorte de dispersion qui se surmontant elle-même, produit, à partir de sa fragmentation, des couches de réalisations qui amènent à des « choses » à peut prés stables ; des atomes, des soleils ou des êtres vivants (si l’on se réfère à notre expérience, qui est forcément limitée, on ne sait pas ce que cela donne ailleurs, ou en un autre univers si tel est le cas) ; ces (pseudo) choses ou (pseudo) êtres sont effectivement réels mais seconds ; c’est cette mouvance généralisée qui se rend au fur et à mesure de plus en plus distincte ; il n’y a pas de détermination (cad de réalités) sans distinctions (différenciations) ; qui dit ‘réalité’ dit ‘réalités’ et on a dit, à tort ou à raison, que la réalité était, par hypothèse, infinie ; un océan infini de distinctions.

Peu importe, ici, parce que l’on ne mesure plus selon l’infinité ; on a même dit que le réel est un infini d’infinis ; le réel use de l’infinité, comme catégorie, afin qu’il y ait encore plus d’infini. De rapport. Et que don peut-être, probablement, on en sait pas, le réel est tordu ou distordu sur, vers, par lui-même ; que l’on nomme cela dieu ou autrement c’est à voir. Aussi peut-on dire, si l’on suit cette idée, qu’il se tient dans sa propre visibilité, et que celle-ci comme le un de Plotin, mais plus complexe, se donne à voir afin de grandir… Or cela implique ou présuppose que les choses, les êtres, les sujets soient réellement distincts et autres ; en somme que la logique soit celle de l’altérité absolue ; les choses et les êtres et les sujets ne sont pas distingués « en esprit » ou en idées, ou abstraitement ; ils sont vraiment Autres (ce qui est une manière de dire qu’ils sont réels ça tombe bien c’est le principe même de ce qui est). Ils sont autres signifie pour nous, pour chacun de nous, pour chaque sujet, serait-il extraterrestre, que l’on doit se déployer volontairement, ou pour mieux dire intentionnellement (puisque l’on a passé le cap de croire en la « volonté de type consciente » pour plonger plus avant dans l’ontologie et ce depuis au moins Husserl, sinon Hegel ou même Descartes, dont la volonté n’est pas de se conformer à la pensée, et qui change sans trop bien le préciser le paradigme de l’idée, qui n’est plus une idée idéelle pour ainsi dire, comme en théologie ou scolastique).

Que l’on ait à passer outre ce que l’on est, est devenu une quasi évidence ; sauf que c’est toujours aussi difficile et même im-possible, n’étant pas une motion du monde ou du vécu mais un arc en plus, ce que l’on fait de ce que le monde ou les autres ou le passé ont fait de nous, le je dans le moi, qui est en plus du moi, le je qui est cela même que doit déplier le moi, d’autant que depuis son acquisition de soi en tant que moi, pur individu, depuis les années soixante par ex qui ont démocratisé la personnalisation, chacun est encore plus le moi qu’il ‘existe’. Le moi doit déplier le je, parce que c’est le je qui a, dans le champ actuel du réel et du présent, créé le moi ; le champ intentionnel ne se produit que dans l’actualité du réel, soit le présent (mais on ignore jusqu’où va le présent). C’est pour cela qu’il dépend de lui-même, de sa capacité à Voir. Il n’existe de personnalité que dans le regard, l’intentionnalité de l’arc de conscience ; ce qui crée le moi ne peut pas n’être qu’une fonction du moi, mais le moi est une fonction du je ; ce qui veut dire non pas le moi fonction d’un universel, mais l’universel créé par un plus grand que lui ; le singulier.

On a vu que ce qui est agissant dans l’universel n’est rien que le rapport ; c’est ce que déroule Hegel ; la vérité n’est pas dans les termes du rapport mais le rapport lui-même (pour Hegel en tant que ce rapport, négativité de l’esprit, bâtit le savoir, de tous les rapports, qui, tous, se placent et se déplacent sur l’horizon du rapport unique de leur système). Que le rapport ait pu prendre la dénomination de négativité cela vaut jusque Sartre (et via l’athéisme « marxisant et humanisant » de Kojève) et tout autant Lacan, qui, dans ce néant comprend « rien du tout », tissage conscient troué en son centre par un vide « qui ne se représente pas », soit donc l’inconscient. Mais de où « rapport » signifie-t-il néant ?

De ce que l’on demeure, malgré tout, dans la perspective exclusive du savoir au sens philosophique, d’une connaissance (objectivisante du discours) ; et de ce que l’on ne prend pas garde que si rapport il y a, alors il est rapport générateur. Évidemment dire ; le centre de ce qui est, est l’intention, ne répond à rien du tout ; sauf que cela indique la logique en tant qu’onto-logique ; ce à quoi l’on parvient en définitive à ceci que le réel existe afin que le possible soit, d’une part et que de plus et surtout (raison d’être de cette raison d’être) que le possible du possible soit, ou si l’on veut que le possible soit plus grand que lui-même … ce pour quoi (et par quoi donc) il est fait. Et un tel possible possible ne peut pas être un être (qui est ce qu’il est) mais un exister, qui n’est pas ce qu’il est ; puisqu’il devient.

Ce qui causait des maux de tête (que l’être soit déjà toujours identique à lui-même alors que tout le monde voit bien que ça se meut, de partout) est en vérité le réel même ; c’est le mouvement qui existe. Mais alors il faut pousser le mouvement tel qu’en lui-même jusqu’au bout ; il y a un Bord (un présent) afin qu’il s’enroule en s’ajoutant à lui-même.

Que le possible soit le possible veut dire que le réel est en cause dans ses effets. Il y a des effets non pas d’une cause, transcendante ou substantielle ou en soi ou infini au sens de parfait, mais il y a des effets afin qu’ils modifient la cause.

C’est absolument, cad formellement, ce que signifie liberté. Liberté ne veut rien dire d’autre que la capacité de modifier les causes pour obtenir d’autres effets. Mais l’intérêt de la liberté est-il de permettre d’autres possibilités du monde ? Ou de se vouloir elle-même, d’augmenter son rayon d’action ? On appelle sont rayon d’action par exemple « aimez-vous les uns les autres » ; non par fascination pour l’amour mais parce que la confiance (Kant) rend possible quantité de réalisations … et notamment le bien-être (serait-il minimum, qui, comme on sait fut très peu assuré au fil des millénaires ; ça n’est que depuis 60 ou 70 ans que nous vivons un âge véritablement parfait, et encore non sur toute la planète ni en toutes les nations). De même l’intérêt de la liberté est la création ; on n’est pas seulement libre de choisir ceci plutôt que cela mais de transformer les ceci et cela, d’en créer de nouveaux. C’est même pour et par cette création qu’il y a ici et là des « choix », parce que plus réellement on invente des modifications ; le moi que l’on est n’est pas un résultat du passé mais une invention, une potentielle solution. Mais encore plus loin la finalité de la liberté est la liberté d’autrui ; afin que le cercle du rayon s’agrandisse, certes, mais parce que la liberté qui est un rapport se propage structurellement ; il y a liberté et égalité.

Et obtenant la liberté et l’égalité on parvient à la re/création continuée, au sens de l’apparaître comme « ce qui peut/doit être perçu ». On n’a aucune prescience de Mozart ou de Vermeer antérieurement à ceux-ci. Et après Mozart on sait comme la musique peut exprimer (et donc créer également) l’émotion et le sentiment simplement humains. De même que Marilyn ou Brando réinventeront une version de la femme ou de l’homme et plus généralement les médias s’utilisent afin de créer ce qui sera, suite à leur vision, leur visionnage, des évidences de l’apparaître (des stars aux idoles et ensuite à leurs variantes plus ou moins dégradées, ou dégradantes, et ici et là de nouvelles images, imaginations, récits, etc). Les médias ont créé, sorti de toutes pièces, un monde complet adapté et inventif du moi, de chacune des vies, des vies nouvelles, des vies redécouvertes en tant que personnalisées ; on pourrait même dire le faux-monde de Philip K Dick ou le monde matrixé ; l’apparence de monde qui ne repose, au fond, que sur la conviction, la motivation de chacun (qui comme de bien entendu s’effondre de temps à autre, entre en dépression).

Or on tient ici que les variations de l’apparaître ont pour finalité d’approcher au plus près la structure ; celle qui, précisément, n’apparaît pas, n’apparaît mais est-sue. On a vu la différence entre la connaissance (tel ‘l’universel et la pensée, grecque ou théologique) et le se-savoir qui s’initie par Descartes ; le sujet échappe à la preuve, le cogito n’est pas une preuve, c’est un fait. Et le sujet le-sait ; ce qui veut dire que si l’on intuitionne le sujet, le je, c’est qu’il est signifié. On ajoutera pour rendre encore plus clair ; que le se-savoir contient la connaissance, le connaître ; le se-savoir est ce qui est le-plus-proche du plus proche. Le signe seul. C’est en cela que les esthétiques, les éthiques, les poétiques, etc, qui ne sont pas « de la raison » mais de la signification, et ces différents domaines parlent absolument et souvent bien plus adéquatement aux sujets ; la philosophie, la connaissance est un domaine très spécifique tandis que l’être du sujet (qui n’est pas un être donc) est non seulement beaucoup plus étendu mais infiniment étendu. Il est la source même, l’antériorité, la structure, ou dit autrement le rapport antérieur à tous les rapports.

Or pourtant on n’entre pas dans la philosophie sans se transformer (sinon on ne comprend rien), tandis que l’on peut tout à fait entendre Mozart ou Rimbaud, et commencer instantanément de saisir ; mais ce qui revient à étendre l’incompréhension tout comme la compréhension ; parce qu’en vérité une œuvre n’est pas « si évidente » qu’elle puisse paraître ; que veut ‘vraiment’ dire Mozart ? Que signifie-t-il ? Est-ce si certain que l’on comprenne immédiatement ?

Mais si nous ne sommes pas un être, qui serait circonscrit, qui nous donnera la saisie de ce (non être) ? Et bien personne ni rien. Ce (non être) ne se connaîtra pas d’abord, mais se signifiera ; il renverra constamment encore plus loin cette saisie et ce sous la forme d’en ‘être saisi’, puisque le propre de toute compréhension est la position, le positionnement d’un horizon qui permet de com-prendre ce que cet horizon subsume ; il n’y a de signes des choses (ou de concepts) que sous l’horizon posé, sous tel ou tel horizon posé (et ça peut être éventuellement un nom ; Nietzsche par ex, mais on comprend bien que Nietzsche n’est pas tel dieu ou la pensée ou le sujet ou le réel ; il existe des opérateurs dits formels, qui s’animent et qui animent de la structure qu’ils manifestent ; leur formulation purement abstraite est en vérité formelle, elle lance le champ de la possibilité. Telle ou telle immédiateté, l’affirmation de la vie par exemple, est déjà fausse ; si on l’affirme on ne l’est déjà plus. C’est cette distance qu’il faut comprendre (et selon sa propre dimension, en tant qu’articulée) et non croire la combler. Dieu, le christique, la pensée ou le sujet n’emplissent pas le hiatus ; ils le créent et le recréent en nous.

Dieu, la pensée, le sujet ou le réel ne désignent aucun « là » immédiat. Ils sont absents, absentés, laissant la place pour notre décision (et non pour la conformité à un être quelconque).

Croire en une immédiateté (outre le désordre logique) c’est se passer déjà de notre consentement, de notre liberté ; on est ceci ou cela, et conséquemment il y a ceux qui l’ignorent et ceux qui savent (les psychiques et les pneumatiques, et leurs variantes, formes parfois bizarroïdes d’élection) ; mais dieu, pensée ou sujet imposent que chacun se-sait et n’est pas sans se-savoir (Lacan y compris, qui, quoi qu’il en dise, n’est pas loin de la mauvaise foi sartrienne, bien que beaucoup plus retors ; mais le réel, de nos existences, est retors ; pense-t-on vraiment que cela puisse être facile ?) ; ainsi le péché originel est ce se-savoir lui-même, par quoi le divin attend que nous nous élevions de par nos existences, douloureuses, que nous nous élevions plus véritablement ; au sens de « plus véritablement que si nous étions demeurés en innocence en Éden ».

L’être ou dieu ou le sujet ou le réel s’imposent comme horizons ; et donc permettent d’ouvrir les champs internes subsumés par le point-autre, l’opérateur. Aussi les intentionnalités, les sujets qui découlent de tel ou tel horizon se constituent comme cohérences. Quoi que vous fassiez , vous serez tenus dans la cohérence, et ignorant tout de l’historicité vous vous connaissez à tout le moins comme « citoyen » ou comme « héros de récit, de roman » assumant cette position là ; vous ne pouvez pas ne pas être au courant. Dépend alors que vous acceptiez ou non ce de quoi vous êtes au courant. Et c’est bien pour cela que « ça tient », au fil d’une vie ou des siècles ; Dieu, l’universel, le sujet et le réel s’imposent comme purs réels distinguant leurs possibilités. Ils sont la structure même de l’historicité, qui est elle-même le champ formel absolu.

Et ce renvoi constant de toute réalité ou réalisation vers la signification se tient de dieu, de la vérité (grecque), du sujet ou du réel. Ou des quatre à la fois. Sans nier qu’il puisse en exister d’autres, inconnus. Des quatre à la fois mais aussi peut-être (et même forcément) d’une unité que l’on ne connaît pas, ni n’imagine, ni ne conçoit, ni n’intuitionne sinon peut-être, éventuellement qu’au plus extrême du plus extrême ; le plus extrême qui vient d’en avant et qui n’est pas nommé ; l’extrémité des structure qui nomme et peut-être qui cherche un nom, qui recherche son signifiant de telle sorte que chacun puisse non pas le penser ou l’imaginer, mais le Voir, ce signifiant. Ce qui suppose le sujet suffisamment autre qui puisse le percevoir. Qu’il soit upgradé, gigantesque mise à jour continuelle.

C’est cela même dont on perçoit une formulation par Descartes ; il fait-voir la forme structurelle dont le regard s’oriente soudainement vers le sujet, dont l’orientation crée le sujet ou ce que l’on nommera comme tel. Auparavant on pensait, ensuite nous devenons ‘je’. Ou comme dit Hegel la pensée devient sujet. De même que Kant a commencé de décrire les alentours du sujet (qu’il nomme transcendantal) ou que les allemands idéalistes tentent de définir comme infini vivant (Hegel synthétisera tout cela ; le sujet est la négativité pure et brute qui articule toutes les notions mais aussi tous les devenirs et tous les domaines ; la négativité donc … mais de toutes ces phénoménologies hégéliennes, qui n’attendront plus que la première mise en forme par Husserl, puis l’incrustation de cet être de structure (qui n’est pas un être, qui n’est pas déterminé) de cet être de structure donc dans un corps individué (Sartre) puis caché en un moi (Lacan, tous deux français, rejoignant Descartes).

C’est que la structure de conscience est non pas une idée mais un corps, dont on a vu que si on ‘a’ un corps c’est qu’il paraît dans le champ d’intentionnalité ; sinon nous serions ce corps, point, et rien d’autre, comme n’importe quel vivant. Les français ne se paient pas de mots ; ils ne voient rien d’autre que le sujet et le corps. Ils ne remplacent ni le sujet ni le corps. Et ils le placent, le situent planté des deux pieds sur le sol du monde (le donné là existentiel, autrui, le regard, l’autobiographie, l’histoire et le groupe dynamique) en tant que moi (celui d’un vivant mais qui signifie) ; l’au-delà du psychologique raisonnable (et adaptatif), l’angoisse profonde pour un corps d’admettre l’articulation de conscience qui arrache et découpe le vivant (qui en souffre absolument dès la naissance, qui n’est à vrai dire presque jamais un vivant mais un existant, ce qui veut dire un ex-sistant, qui sort-de, et ajoutons-nous qui sort du présent, du à-venir, de ce qui existe en-avant, étant admis ici que tout vient d’en-avant).

Il ne se tient pas seul suspendu on ne sait où, ni comment. Il y a un autre terme, puisque c’est un rapport ;

soit le pur et brut présent (dont les plis sont les réalités), et derrière il n’y a rien, sinon l’articulation gigantesque, infinie du présent qui déroule toute la ou les réalités, hypothèse fonctionnelle.

soit le présent comme acte et activité et en tant que dimension tout est ‘au-dedans’ d’une dimension dont on ne connaît les a priori qu’en ces extrémités rarement atteintes par lesquelles on est éjecté soudainement de la-réalité, à partir ou vers ou selon ou peut-être pour le Réel. Comme acte et comme activité et comme créativité ; dont la finalité n’est pas de créer une réalité et puis voila, mais de créer une réalité dans laquelle se crée de la réalité et donc s’augmente le réel, l’acte lui-même ; il est en ce cas de la nature même de ce qui est Acte qu’il provoque, embraie à nouveau et encore des actes, des créativités. Dit autrement on aurait alors affaire à une réalité qui ne cesserait pas de s’inventer, une prolixité. Un univers de myriades de galaxies, de myriades de soleils, de planètes, de toutes sortes de vies.

La logique du réel n’est pas la signification (elle est la logique qui en nous déploie toute la possibilité possible), la logique du réel est la possibilité brute, réellement brute, celle qui se génère comme un univers bruyant et brutal et ensuite s’affine, se distingue au fur et à mesure. La question étant ; jusqu’où l’affinage (comme le fromage), la distinctivité, la subtilité du réel s’avance-t-elle ?

Dieu, l’être, le sujet ou le réel (que ce dernier soit fonctionnel et simplement « là » ou dimensionnel, indiquant qu’il y a une autre-dimension, dans laquelle toutes les autres existent).Ou encore autre chose et autrement. Dont on n’a pas l’idée, de même qu’avant le dieu un unique tout-autre on ne l’imaginait pas, de même l’être ou le sujet ; ça n’était pas de l’ordre de l’imagination ni de la représentation .

Dit autrement ; dieu, la pensée universelle, le sujet ou le réel ne sont pas des idées, mais des tissages de signes (on ne mettra jamais la main sur une « idée », l’objectivité, qui est réelle, est toujours prise dans la cohérence d’un sujet). C’est tout à fait autre chose qui devient et que l’on a nommé structure-sujet (indiquant donc qu’elle est plus réelle et plus cohérente, puisqu’originelle, antérieure et rendant possible qu’il y ait un champ, et ainsi tout le reste qui nous apparaît, jusqu’à ce que la focale du kaléidoscope se resserre sur chaque un).

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Le réel, le lien, la suréminence

12 Décembre 2020, 09:25am

Publié par pascal doyelle

On a donc dit qu’à la source historiquement nous sommes sortis de la pensée communautaire ; le groupe cesse et se déploie l’avènement de l’individualité. Mais l’individualité n’est pas le subjectif ; c’est le passage sur le devant de la scène de la structure de conscience ; laquelle n’est ni subjective ni objective, mais suréminente, ou si l’on préfère intentionnelle. Il y a subjectivité, objectivité, perception, pensée, représentation, langage, corps, monde, et tout ce que l’on voudra parce qu’il y a un champ intentionnel, qui produit « des contenus » et c’est ce que dieu, juif, la pensée, grecque, le christique, le sujet et même la révolution permettent de comprendre.

Ainsi la révolution permet à chacun de comprendre qu’il tient là au-devant de lui-même sa propre vie. Ou le christique que chacun est son âme, une intention qui va nourrir, intensifier, authentifier ou inauthentifier sa vie, son vécu, les relations aux autres, etc.

Dieu, la pensée, le christique libère (ils l’expriment explicitement) en ceci qu’au lieu de se confier aux contenus (à telle ou telle représentation collective, de langage partagé, afférant à tel monde et non à tel autre ; on naît maya pour comprendre le monde maya, qui est un système de vie complet), on passe outre et on commence de désigner et donc de percevoir « cela qui crée des contenus ». L’intention de dieu, l’universel de la pensée, l’individuel corps du christique, la méta-organisation de la révolution (qui place la liberté face à l’égalité) ordonne la structure qui précède les contenus et comme tels ils rendent possible un plus grand déploiement de contenus (qui ne sont plus liés à un groupe mais relatif au monde, aux corps individuels, au vécu de chacun et en un mot à l’intention qui est présupposée et qui rend possible ; qui rend possible quantités d’intentionnalités dans le monde, le vécu ou de manière générale la perception qui est démultipliée (et non plus limitée à une collectivité qui doit, pour survivre, effectivement très précisément tenir sa formulation, que les mots et les régulations ne doivent pas se perdre).

Le grand rassemblement romain, cet empire, est aussi le grand éclatement ; soit donc le passage des sociétés constituées à la constitution de la société ; et ce sous d’une part la pensée grecque qui désigne le monde tel que donné là, et le là du monde (l’être), et d’autre part l’individualité humaine du christique (qui se-perçoit tel que lui-même et donc par dessus la mort et tout ce qui est contenu dans ce segment vie-mort est pris-dans l’intentionnalisation ; ce qui veut dire que toutes les intentionnalités dispersées (au travers des sociétés diverses qui entourent la méditerranée, des langues et des représentations toutes différentes, des vécus distincts, mais aussi dispersées dans diverses écoles philosophiques voire mystiques), toutes les intentionnalités trouvent donc en une fois la pure et simple expression du sujet réel, celui qui est hors du monde et hors de toute vie, en un seul regard qui attire, crée tous les autres sujets ; le christique.

Il n’était pas évident de faire passer dans le monde, la perception ou le vécu ou le relationnel, la structure manifestée au-devant ; pour la raison que la dite structure n’a pas de correspondance dans le donné, la détermination, étant cela qui pré-détermine, qui se pré-dispose, et qui donc en un sens (fonctionnel ou dimensionnel) sur-existe. Aussi quelques siècles furent nécessaires et une accumulation de repérages, individués et communs, universels ( des sciences entre autres) et subjectifs (des récits par ex) afin que peu à peu se mette en place un monde partagé sur le sens, la signification de la structure ; que chacun se sache libre et égal à tout autre, et à condition de bine comprendre ce principe (on n’est pas libre de « faire ce que l’on veut » mais on est libre de se conduire comme libre, cad individuellement, et non plus comme un communauté, ni comme un groupe (d’intérêts, exemplairement) dans le groupe).

C’est bien pour cela que les anglo-saxons instituent la liberté, mais non l’égalité et que donc la véritable révolution est celle-là qui veut conjuguer liberté et égalité, de telle sorte qu’il faut impérativement mesurer l’une par l’autre et réfléchir (réfléchir) à leur organisation ; cette dynamique valant contre la vision immédiate de la liberté seule. Le dynamisme de la liberté libérale désigne le monde (comme empire, à l’espace du monde) ; le dynamisme de la liberté-égalité est interne et réflexive (et s’impose au Temps).

La pensée, ce qui veut dire l’intentionnalisation de tout ce qui est, selon la détermination, fut accomplie intégralement ; le christianisme ayant récupéré toute la pensée grecque et de toute manière puisque sa finalité n’est pas telle ou telle école mais le sujet, la structure individuelle est celle qui porte, supporte, crée toutes subjectivités et toutes objectivités, toute vie personnelle et toute communauté. Elle est antérieure à.

Et c’est seulement à la fin en sortant absolument de tout contenu (ce qui était initié dès le début en essayant de découvrir le contenu des contenus, la pensée qui pense) que l’on comprendra que la structure de conscience produit les idées, et que donc cette structure préexiste à toute représentation, tout signe et langage. Même dans la seule hypothèse organisatrice de la structure comme fonctionnelle il est impossible que le secret de la réalité puisse se loger en quelque contenu que ce soit ; ce sera nécessairement un sujet, une structure sujet.

Cette structure s’annonce par le christique, s’instancie par Descartes et remonte jusque Lacan via Sartre (et Husserl, et Hegel et Kant). Sa concrétisation en tant que sujet qui se sait et ne peut manquer de savoir autrui consiste en la révolution française, mais prévisualisée par le christique qui place absolument autrui dans la conscience de chaque un.

Puisque si la forme crée les contenus, aucune ne se transvase dans quelque représentation que ce soit mais la forme est signifiée de et par les sujets, un par un, relié structurellement, et c’est tout entièrement l’ensemble des sujets qui surviennent, tous, en une fois (ce qui est parfaitement eschatologique) ; soit donc le Royaume. Ce que le royaume signifie en se médiatisant par le christique ; ce qui veut dire par la suréminence d’un regard qui crée ou rend possible tous les autres.

Et se transmet donc de sujet à sujet, dans le respect kantien par ex, le « ne fais pas aux autres » et « la liberté s’arrête là où » ; mais également dans la nature même de « récit », par lesquels on apprend à non seulement décrypter ce que l’on désire, veut, décide, mais également ce que l’on perçoit ; puisqu’avant le héros de roman … il n’y a pas de roman … Le récit, ou la poésie ou le tableau créent ce qui sera perçu, créent ce qui n’existait pas auparavant ; évidemment il est une « nature humaine » mais quantité d’intentionnalités et d’intentions plus généralement ne préexistaient pas ; le super-héros du moment est une variante (tout à fait fantasmatique et irréel, ce qui est dérangeant au plus haut point) du devenir de conscience, individuelle, individuée, individualisante.

De là qu’il y eut un devenir considérable de créations implémentées directement dans la perception, incrustées selon le point-de-vue centré qui loin de réduire le champ déploie toutes les possibilités accessibles et ce à partir de la perception même ; ce qui se déploie c’est la réalité dans la Création continuée ; puisque le principe du signe, adapté à la structure distincte, distinguée, de la conscience de soi, aboutit à inventer, séparer le dedans de la perception ; qui a échappé depuis longtemps à sa formulation collective, communautaire et capable d’instruire les objectivités et les subjectivités, les vécus et les relationnels ; on sait comme les grecs purent valider par elles-mêmes l’esthétique et la poétique, non ritualisées, tout comme la logique ou les mathématiques, etc).

C’est uniquement par l’hypothèse de la création continuée que l’on comprend comme il est impossible que la structure sujet puisse se maintenir sans elle-même ; sans elle-même le droit ou l’esthétique, le récit ou la perception aiguisée disparaissent ; il faut entendre un roman pour que celui-ci se réinstalle dans le vécu ; il faut actuellement croire au christique ou à la révolution pour qu’ils existent. Ça ne peut venir que du dedans, du dedans du structurel (et non du dedans de l’intériorité qui ne rencontrera jamais que des choses et des déterminations ; devant une œuvre, en quelque sens que l’on prenne, la réalité acquise se dépasse et on doit apprendre, s’instruire, s’informer, prendre la forme même qui n’est nulle part dans cet ensemble de couleurs ou de sons, de signes ou de comportements, mais dans leur lien.

Le Lien est donc cela même qui doit constamment être acquis, instancié, décidé dans l’actualisation du réel ; de la liberté qui décide de, et donc antérieurement découvrir en elle-même la motivation du Lien. Lequel est tout aussi bien universel que singulier et sujet, autant dire qu’il est beaucoup plus que l’un et l’autre.

Si le sujet cartésien se prouve de lui-même c’est qu’originellement il fait-voir que le réel n’est pas un objet mais une articulation, et on y tiendra jusqu’à ce que l’on montre que non seulement le suent, humain, est un pli, mais que la réalité toute entière est prise dans un pli in-fini, soit donc le présent. Si on ne voit pas cela, on ne voit rien. On voit des choses, et ces sortes de choses spéciales que sont les idées ou les représentations, mais qui sont quand même des choses. On vit dans un monde de choses et on se prend pour une chose, certes un peu plus compliquée, mais composée. Le je est-il composé ? Non.

Si on perd le fil de sa non-composition on se prend pour un des contenus que l’on secoue de temps à autre. Si on ne se prend pas pour un contenu, alors on est renvoyé à l’in-fini, au non-composé. Et le non-composé est un rapport. Il n’y a rien d’autre qui puisse admette la no-composition, sinon le rapport. Dit autrement et si le présent est l’autre articulation, alors il y a des contenus et des choses parce qu’il y a un rapport, et si il y a ‘un’ rapport alors il est le-rapport ; de rapport (qui est incomposé) il n’y en a qu’un.

On n’a pas le choix, parce que le rapport inaugure précisément qu’il y ait un choix. Un choix entre tomber chose parmi les choses, contenu parmi les contenus. Et être soi, ce qui veut dire être un rapport, un je, et donc pas un être.

La vérité est que l’on n’a pas du tout le choix mais que l’on tend spontanément à croire ce que l’on pense ou se représente ou désire ou perçoit ; alors que l’on pense, désire ou perçoit à partir d’un point qui, lui, ne se perçoit, désire, pense pas (Descartes renvoie à la volonté et non à la pensée ; ce qu’il nomme ensuite comme « chose qui pense » doit s’entendre comme « pensée en tant que dispositif », qui inclut l’image et l’imagination, l’entendement et les idées, et même ce moi et ce corps, qu’il interrogera, sans pouvoir résoudre, puisqu’il mourra).

On n’a pas le choix mais sitôt que l’on désigne le rapport, on glisse dans le monde donné perçu désiré représenté pensé. Dans la détermination.

Un effort surhumain, de structure ou divin est requis ; ce que l’on nomme la grâce. Ça vient d’en haut. Et nous empêche de tomber plus bas. Ça nous remémore que, quand même, nous n’en sommes pas. Et si nous n’en sommes pas et si il faut le vouloir, il est clair également et pourtant qu’on l’existe déjà (c’est le rapport qui rend possible un champ et des signes qui font exister pour-nous un corps, une vie, autrui, le monde, la perception, héritée des vivants mais re-prise dans le champ intentionnel).

Donc on est déjà sauvé, pour relancer le vocabulaire christique (qui est venu nous dire que oui, effectivement et de toute manière, vous en êtes déjà, du Royaume, du divin, adopté, comme il le dit). Et comme il vient instaurer le principe structurel de l’Intention (qui n’est plus réservé à dieu le père mais partagé) et qu’il vient en plus de la Loi (qui vous jugeait et grosso modo vous condamnait, tandis que l’intention est à jamais ouverte et la main tendue, renouvelant l’Alliance) alors vous savez, tout le monde sait dorénavant qu’il faudra toujours possiblement re-vouloir la structure, puisque de toute manière c’est elle qui nous est originelle.

On ne peut pas exister sans elle, sans le rapport ; qu’il soit fonctionnel ou dimensionnel, par exemple dieu ou la vérité ou la liberté et le sujet ou la révolution et la liberté-égalité, les œuvres, etc, tout ceci considéré comme suréminent et non pas seulement fonctionnel ; rappelons que l’on admet au minimum que la structure, de conscience, soit fonctionnelle ; tout autre interprétation considérée comme inférieure, cad ne parvenant pas à expliquer ni encore moins à expliciter notre ‘être’.

Parce que c’est ce qui compte ; que le rapport soit amené à un plus grand dépliement ; et c’est bien ce que l’on retient. On retient dieu, le christique, la pensée ou le sujet, parce que précisément ils ajoutent au réel. Ce sera du reste à partir de ces faits et qui sont des faits majeurs (cad qui outrepasse le seul parcours individuel, aussi génial soit-il) que l’historicité, l’humanisation ou l’individualisation se re-comprennent à chaque fois ; dieu, le christianisme, la révolution sont totalement hors de proportions de ce que l’on veut « individuellement » et pourtant ils furent voulus ou décidés… ce sont des arcs-boutements formels, cad absolus.

Que l’absolu ne soit pas intervenu dans notre réalité, collective ou humaine ou personnelle, est une position intenable (qui la plupart du temps aboutira à réintroduire un sacré qui ne s’avoue pas, et donc s’empêche de se déployer comme tel, et s’utilise, aussi, afin de contraindre quiconque à se restreindre, le nez dans le donné, que rien en puisse plus remettre en question la loi des objets, que l’on prend pour des choses, des choses réelles, de même que nos désirs seraient si complètement « naturels » alors que tout ce qui est humain est construit et artificiel, excepté l’initialité intentionnelle ; comme il n’est rien excepté le christ qui puisse nous sauver, le reste est ténèbres, ou si l’on préfère (mais c’est la même chose), seule la liberté confère un prix et une valeur, à tout le reste, une valeur aux valeurs elles-mêmes ; le signifié du mot ‘valeur’ ce sont les effets de structure de la structure initiale désignée en tant que ‘liberté’ (voir Kant).

Or donc si l’actualité seule fait exister, alors c’est la position, la situation la plus fragile qui constitue le réel. Le réel repose intégralement sur le présent et le présent est cela sur quoi repose tout le réel. Et donc le réel se remet en jeu autant de fois qu’il y a présent. Et il y a toujours constamment continuement un présent ; le présent est la seule s’substance’ que l’on reconnaisse, le reste passe et passe dans le présent justement, la question demeurant ; qu’est-il réellement ? Jusqu’où existe-t-il ? Ça n’est pas aussi évident que cela paraisse, puisque l’on n’entend plus ‘présent’ comme le simple hiatus entre le passé et l’avenir, mais comme la fonction absolue ou encore la dimension de tout ce qui est ; le présent, cela même qui est ici, et puis là, et qui est ensuite, cela même est la structure de la réalité ; la structure de la réalité est toujours là-même où vous existez, pas avant, pas après, juste pile poil en cet instant-ci (qui possiblement est un seul Instant).

Et donc le plus fragile est le plus décisif et comme tel crée, produit, invente un rapport qui dépend de lui-même et c’est ce qui se nomme « conscience ». La conscience est le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et non une identité, un moi est toujours bricolé, emprunté par son sujet, le moi est dans le champ de chaque conscience). C’est ce Bord qui n’apparaît jamais « dedans » puisqu’il est le Bord. Mais qui se-sait (ne se connaît pas mais il se-sait) et seul comprend de quoi il s’agit lorsqu’il entend « je ». rien au monde ne saisit ce que « je » signifie. De même qu’un tableau est un tas de couleurs, sauf pour un regard.

Et on a vu qu’il était impossible d’échapper de quelque manière au « choix » ; puisqu’il s’agit de la structure qui précisément permet qu’il y ait choix, et de manière beaucoup plus générale et me^me absolue, la structure qui permet qu’il se crée constamment de nouveaux rapports, de même que le christique est le « constant renouvellement de la capacité » de chacun, son Intention toujours potentielle, et à main tendue christique).

Or le renouvellement potentiel continuel implique que l’on ne parvient jamais à la suréminence ; ou donc que la suréminence revient à toujours se placer en vue et pour la suréminence ; ce que l’on a nommé la capacité de la capacité. En prenant comme exemple la Constitution liberté-égalité, qui littéralement et effectivement rend possible les possibles et ce doublement, la liberté par l’égalité et vice versa. Ou Dieu qui est le un-tout-autre qui, n’acceptant aucune représentation, ni en fait aucun concept (Descartes relancera, mine de rien, la (non) définition de l’infini, contre la scolastique), le un-tout-autre donc qui permet de distinguer tout le reste, ce qui est le propre de l’Intention telle qu’en elle-même (dès lors le monde n’est plus sacré, le divin existe en et par lui-même, et il est impossible de le mêler de parties du monde, de déterminations, pas même humaines comme les dieux anthropologiques grecs). De même la vérité qui devient non plus tel ou tel représentation, mais un problème, veut dire que l’on se situe dès l’abord hors de toute véridicité nommée ; on se tient, explicitement, selon l’être, grec, qui est ‘en-dehors’, qui assume un point en-dehors, tout comme le regard christique en vérité vous expulse de votre-vie, la transformant en existence ; il le dit, il est le-vivant, le chemin, la vérité et la vie, manière de positionner qu’il est plus que cette-vie, puisqu’il la donne, il est autre que la vie.

Toutes ces structures et cette suréminence générale ce sont les points (selon son choix) par lesquels on perçoit, mais non pas ceux que l’on perçoit ; pour les percevoir il faut les nommer, cad philosopher. Mais les exister est encore plus ou tout aussi important, essentiel, fondamental, structurel que les percevoir philosophiquement … Et il n’est pas de concurrence ; c’est pour cette raison que le christique (encore lui, dont on a dit qu’il présentait la formulation la plus exceptionnelle que l’on connaisse, et que l’on ne comprend toujours pas réellement en elle-même) nous indique que l’Intention qui guide notre vie devenue existence est in/finiment mais on ne sait pas vraiment où,ni comment, sinon qu’elle échappe à votre condition, votre passé, votre identité, votre connaissance, et tout ceci ou cela ; même le « aimez-vous les uns les autres » est entendu « comme je vous ai aimés » ; comment nous a-t-il aimés ? Le renvoi in-finiment outrepasse et même le rituel ou la cérémonie de cette religion ; tout cela n’est rien, ni même vos « pensées », mais « ce qui vous faites réellement » est cela seul qui importe ; mais que fait-on vraiment ? Le christique renvoie in/finiment, on ne sait où.

Or pourtant il y eut de considérables précisions apportées au fil des siècles ; alors que tout dans ce monde nous incline à l’inverse, vers la lourdeur et la bêtise et l’ignorance et la mauvaiseté et l’égocentrisme autant que l’égoïsme. Le monde revient sans cesse afin d’absorber et d’étouffer par ses lourdes vagues incessantes le réel qui, lui, structure, veut dresser sa tente, son architecture, sa formulation même. L’architecture dressée est l’élaboration intentionnelle (qui est tout autant architexture du corps, son écriture par des signes, quels qu’ils soient).

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5 Décembre 2020, 09:44am

Publié par pascal doyelle

Il faut constater que l’articulation, telle qu’elle s’est manifesté dans le monde donné, la perception, le vécu, les corps, a perfectionné, constamment, son efficace. Il fallait pour cela que la constitution des sociétés humaines, la foi ou la pensée (toujours en acte, on ne pense pas par personne interposée, il n’y a pas de pensée virtuelle), le corps, le vécu (qui s’organise déjà avec les épicuriens et les stoïciens), la croyance aux récits de soi des sujets s’établissent, s’instancient, marquent les corps un par un (que ce soit via le christique ou les romans) ; ça ne se réalise pas abstraitement du tout ; c’est porté par et dans un arc qui croit en ce qu’il veut (qui n’est donc pas seulement une volonté mais une intention, déployée, dépliée) et donc qui croit parce qu’il voit et croit en ce qu’il voit.

Sauf qu’il ne faut quand même pas délirer.

Et pour ne pas délirer il faut admettre les autres. Il faut accepter Platon, Aristote, Descartes ou Spinoza, Nietzsche ou Sartre, qui vous voulez et même alors un peu tout le monde ; tout le monde qui soit suffisamment cohérent. Cohérent en lui-même (en ce que un-tel suit une véritable ligne, même si on ne parvient à couler ses pas dans les siens) et cohérent par rapport à l’expérience ; à l’expérience de dieu, de la pensée, du sujet, du réel, et les divisions secondes.

Et au final et de toute manière on ne voit pas qu’il puisse en être autrement, vous êtes ou vous serez seul juge et seul correspondant de jugement ; alors on se fie au christ, à Kant ou Bergson mais à seule fin d’avancer dans la possibilité ; et si la possibilité est le réel, alors il est clair qu’aucune des expérimentations acquises, au fil de l’historicité, n’épuise cette possibilité et ce bien que l’on ait reconnu que le sommet indiscutable de l’approche de la possibilité soit celle christique … on n’est pas parvenu plus avant que cette avancée absolument effarante et pour le dire surhumaine. Mais de toute façon même de remarquer ce qui précède (que chacun, au final, sera seul juge) c’est cela même qui arrivera … On est toujours le seul correspondant ; on voit ce que l’on voit ou verra (puisque suivant Hegel du simple fait de percevoir ceci alors on est déjà au-delà, on voit quelque chose dans un horizon, etc). Il faut cependant, quand même, saisir, ne serait-ce que vaguement ou abstraitement, que la vérité ne sera pas ici ou là, en un point réduit, mais qu’elle est, bien plus probablement et raisonnablement, éparpillée un peu partout -ce qui veut dire aussi particulièrement concentrée sur quelques points, mais au moins une pluralité).

Et ainsi on trouvera ce que l’on pouvait trouver ; ça n’est pas que nous ne soyons pas libres, c’est que le système est celui, le système des libertés. Si vous lisez ceci ou cela, si vous aimez Rimbaud ou Baudelaire, Shakespeare ou Faulkner c’est que tout un chacun a accès, déjà, au dit système de liberté pure et brute, qu’il s’agit, ensuite, de décanter, de rendre de plus en plus subtile ou étendue, d’agrandir. Dans le représentation, dans les Œuvres (au sens strict ou large, une éthique par ex) on stagnera peut-être un peu, si on se limite trop, mais malgré tout ça va vers le haut. Dans la vie c’est tout à fait différent ; dans la vie on peut très bien s’effondrer.

La propédeutique, la prédisposition de l’espace et du temps du vécu ou d’une vie est fondamentalement cela même qui pour chacun est en jeu. Où trouvera-t-on cette antériorité de conscience ? Dans les schémas voire les facilités des médias du moment, à quelque époque que ce soit ? Ou tentera-t-on de remonter dans la capacité même et de percevoir, représenter tous les oublis et les labyrinthes et les entraperçus du pli réel, acquérant la structure même de l’intentionnalisation comme procédé et comme processus ; un procédé, une technologie (inventée par la nature, le donné, la réalité, la perception ou révélée par dieu, selon la pensée ou le je ou le sujet) s’acquiert d’évidence comme processus, devenir, de et par ses linéaments.

On a dit déjà que les avancées de structure concernaient la structure du réel ; jusqu’à se resserrer autour du je, qui paraît la pièce minimum de l’architecture et pièce minimum qui contient déjà pourtant en elle-même toute la potentialité, puisque la forme est un rapport et que n’étant pas composé elle vient tout de go, lors même qu’il est difficile d’en saisir les tenants, puisqu’elle est, par hypothèse, l’alpha et l’oméga il est clair qu’elle s’aimante de la toute finalité de tout ; nous n’en viendrons pas à bout avant que tout soit réalisé.

Il y eut donc une élaboration du pli, de l’articulation qui au travers des signes a redirigé le regard, l’intentionnalité, passant de dieu, de la pensée au christique (qui les rassemble) et au sujet qui l’actualise ici même dans l’instant suspendu cartésien ; qui n’est pas seulement une démonstration mais une monstration, assurant à chacun en son propre je ; le réel est objet d’une démonstration qui est une monstration puisque « le réel » n’est pas un uni plan, tout étal et sans rebond, mais une articulation, un pli, un retour, et en l’occurrence avec Descartes un re-tour, un nouveau tour qui renvoie encore l’origine ici même, comme dieu, la pensée, le christique, puisque c’est toujours le Commencement qui re-commence, c’est lui, le commencement, qui est en jeu, c’est le commencement qui devient, qui s’élève ou se re-élève encore à nouveau plus haut ; à chaque fois il re-part mais d’une possibilité encore-plus haute.

Ce qui emplit toute la rumeur c’est le monde, les vécus, les relations et les échanges, et les corps. Les véritables plis sont rares ; mais aucun vécu, relation, corps, ni monde n’existeraient sans le pli initial. Et ils sont rares mais rendent possibles quantité de sujets. C’est bien la logique miraculeuse (cad divine, de création continuée) de l’exister et de l’arc formel ; puisque formels leur possibilité est non finie.

Il y a, il y a eu, il y aura (peut-être, étant donné les conditions prochaines, de fin de toute cette génération de vivants) ou il y a et aura ailleurs et en d’autres temps, quantité de sujets.

Nous nous situons donc dans la propédeutique. À vrai dire il ne peut se présenter qu’une propédeutique étant donné qu’ensuite c’est à chacun de s’orienter, se désorienter, décider, intentionnaliser, percevoir et percevoir en tant que corps. Puisque la perception est cela même qui est soudainement augmenté par le langage. On apprend à parler, les signes, extrêmement tôt ; le monde, le donné est immédiatement transfiguré par les signes. Ce qui veut dire puisque nous n’admettons les signes et le langage que portés par une conscience, qu’en nous surgit une conscience empruntée, implémentée, intégrée et ce qui vient immédiatement c’est cette position de la perception tenue d’un point tout à fait autre ; décentré, distancié, extrême (tout ce qui se promeut de signes se cale sur un bord et donc une extrémité, un extrémisme.

Et cet extrémisme est la forge de notre être, qui n’est pas un être mais une structure, qui continue la structure de forge.

Et cette structure s’implémente instantanément pour ainsi dire, en ce corps. Et le crée. Étant une structure, poreuse, perméable, souple, malléable, elle absorbe tout ce qui lui en vient. Et y compris l’autre conscience qui s’adresse à cette structure et lui parle, lui envoie des signes, lui envoie des consciences. Parce que recevoir les signes, c’est intégrer de la conscience et même lors qu’il s’agit d’une transmission individuelle, c’est le rapport tout entier qui bascule et nous transmute ‘de l’autre côté’. Et donc il s’agit de l’autre face, qui demeurera peut-être un angle suspendu, une station fixe, mais il adviendra, plus ou moins (ou pas vraiment), que malgré l’entortillage (que notre conscience est née dans la distance d’une autre intentionnalité) cette conscience-ci, la mienne, deviendra la mienne précisément.

Et encore une fois ; plus ou moins. Parce que l’on n’attrape jamais la conscience et nous devenons la structure que l’on est en abandonnant qu’elle soit celle qui voit ; elle s’instancie toujours d’un Autre ; dieu, la vérité, le sujet, le réel. Au sens où elle n’est jamais vue, par quiconque y compris nous-même (sinon il serait aisé de la manipuler, étant composée, déterminée comme ceci ou comme cela elle appartiendrait au monde ; or si elle est un ressort qui anime les contenus elle ne peut pas et ne doit pas, en l’occurrence, devenir un tel contenu ; elle ne le doit pas et de toute façon elle ne peut pas « convertir » sa structure structurante en un structuré). De sorte que son accès est exclusivement intuitionnel.

Et si nous sommes atteints dès l’orée de la vie alors tout le champ se construit d’une seule traite, de A à Z ; la conscience (des autres, qui nous parlent, nous signifient et ensemble de signes qui se meuvent d’un seul flux), cette conscience -autre (en général) que l’on emprunte comme de l’unique véhicule, c’est celui-là que l’on récupérera à un moment ou l’autre (à l’adolescence) et en lequel on prend notre position, mais celle-ci n’est pas découplée, séparée, scindée ; le découplage qui s’effectue lorsque l’on réintègre consciemment la structure de conscience est une position de manœuvre, d’opérativité qui, on s’en doute, permettra une accélération, une concentration, une intensification du flux de champ.

Rappelons l’étrange structure de conscience ; le moi se fixe sur les contenus mais il ne sait en vérité jamais « où » est la conscience, qui regarde, quelle intentionnalité ; c’est bien en ceci que l’on s’intéresse aux contenus et non à l’intentionnalité (de même que la philosophie crée et organise les pensées, les idées, et ensuite commence à se demander « mais qui pense ? », engageant la réflexion sur le sujet lui-même et ce qui dans le sujet agit, son mécanisme intentionnel).

C’est bien ce qui arrive multiplement dans le passage de l’enfance à l’adulte. Une pluralité d’expériences de modifications du champ. Parce qu’au fond et hors de réels dommages (traumatiques ou réels ou irréels, fantasmés dans l’héritage parfois bizarres des parents, du passé, etc), au fond ce en quoi on ex-siste depuis le début, soit le champ originel de chacun, c’est d’abord et avant tout non pas ceci ou cela qui nous vient (une expérience particulière qui est toujours particulière) mais c’est la mise en forme elle-même, la structure de conscience même, de sorte qu’effectivement on sera en mesure toujours de re-venir à la structure en-soi (qui ne peut pas cesser, sinon tout champ s’effacerait) ; et (re-venir) parce qu’étant un rapport, de ce rapport on « vient » toujours originellement et à la source même (rien de ses effets n’atteint le rapport, qui est la cause sauvegardée non de telle ou telle détermination, une « idée » de soi, mais de la forme même du champ an tant qu’intentionnelle). Le rapport est parfait en son « imperfection » même ; un objet, une chose peut être imaginée parfaite mais un rapport est non-parfait en ceci qu’il relève d’une plus grande perfection, celle de la possibilité. De même la liberté n’est pas faire-valoir de la raison (choix entre A et B), mais bien évidemment originelle et dotée donc d’une cohérence (et d’une souplesse et malléabilité) bien plus grand que la raison ; elle crée, C ou D ou E comme d’autres solutions au choix. Et bien plus encore ; il n’y a A et B qu’eux-mêmes originellement produits par la liberté, dans le champ de l’arc (qui est bien plus puissant que d’exclusivement produire de l’universelle raison, il crée de l’universelle intentionnalisations dans TOUS les sens possibles, à tel et tel moment, augmentant même la possibilité du possible, par-dessus tout moment localisé).

Évidemment le moi, dans son identité, ne remarquera que les habitudes héritées, les causalités qui sont innombrables (personne ne songerait à le nier), mais en vérité on obtient surtout du flux des signes qu’il soit ce flux précisément, l’inscription en un corps, qui n’en peut mais, de l’attraction de conscience qui lève dans la cervelle le mécanisme, le ressort, le saut de conscience (qui n’attendait que cela ; l’arc de conscience existe en une cervelle, on ne sait pas « où » il va).

C’est tout entièrement depuis le début que l’on, moi, je paraît sur la scène de la représentation (qui pour une part tire vers l’inconscient et de l’autre part d’une seule ligne vers la structure, qu’elle soit celle du sujet ou de dieu ou de l’universel). On ne peut pas dire qu’en tous les cas nous ne soyons pas prévenus ; chacun aura entendu parler de dieu, de la vérité, du sujet (et de la liberté et de l’égalité), du réel ; ensuite c’est à chacun de voir, ce qu’il en fait. Ou rien du tout.

Est-ce pour rien que l’on vous en aura instruit de l’une ou l’autre façon et que vous connaîtrez la supposition de dieu, de la vérité, de la liberté et du réel ? Bien sûr que non.

Chacun a déjà expérimenté, perçu, l’antériorité, de structure. C’est seulement que l’on se sera précipité en ceci ou cela du monde, du donné, du vécu, du corps. Lorsque que le christique prétend qu’il existe avant tout et après tout, c’est vrai (que l’on y croit ou pas) ; de même Platon ou Descartes ou Nietzsche. On peut admirer une œuvre, de loin, mais tout indique qu’elle n’est saisissable que si l’on en est saisi, par quelque Bout que ce soit.

Donc on sait. On sait où cela se passe puisque c’est via cette voie toujours étroite que l’on y est engagé, jusqu’à l’extrémité, étant entendu que dans le rapport c’est immédiatement et instantanément que s’instancie tout entièrement et en une fois tout le rapport lui-même (sinon il n’existerait pas). Reste à voir comment et à quel degré cet engagement, cette toujours déjà active prédisposition (toute perception et a fortiori toute représentation qui est seulement une partie de la perception) à quel degré donc on y reconnaîtra dieu, la vérité, le sujet et/ou le réel et la puissance ;la potentialité brute ou épurée au plus haut possible atteignable en une vie et qui soit accessible à cet arc de conscience, le vôtre, chacun étant appelé selon sa propre capacité … Quels que soient les effets de structure (de structure et non seulement de monde, de vécu ou du corps) cette décision interne au champ

(qui pourtant occupe toute la vision ou visibilité et qui en logique habituelle ne devrait pas être en mesure de se ré-investir dans le propre champ qu’il est, mais comme il est un champ, un rapport, alors il peut devenir à lui-même non plus son obstacle mais sa seconde, troisième, quatrième, etc, possibilité)

cette décision interne au champ est suréminente ; elle vient d’en haut, ou d’en-avant, ou existe dans la puissance ; les actes sont les aboutissements du réel-en-puissance. Le réel est toujours déjà encore en puissance par rapport aux réalités, qui seront donc renommées réalisations ;

Et lorsque, enfant, nous sommes jetés quasi immédiatement dans le champ intentionnel créé par les signes du langage et donc de l’autre-conscience, ce qui nous arrive c’est « l’esprit du temps » ; à comprendre d’abord comme « ce qui se passe, comment ça s’organise, comme cela se comprend » d’être conscient et d’être conscience de (soi) ou de « soi » (cad de la fonction absolue et formelle «conscience » et de telle ou telle identité ; esclave au cœur de Rome ou chevalier cartésien, ça n’est pas le même statut, mais on peut très bien se nommer Spartacus, Jérémie et prophète, etc).

On sait, d’une manière ou d’une autre, à quelle époque, station, étape du réel on se trouve ; la structure se met à jour instantanément. Parce qu’elle s’inscrit immédiatement dans le monde… Par la nation juive, la pensée et la cité, l’empire, le droit et l’État romain, le christique, le regard et le Corps, la communauté en esprit, le sujet, l’infini, l’étendue et les sciences, la révolution et son transcendantal, kantien ou effectivement historique, le moi et ses libérations et son monde de mass puis micro médiations. Il transparaît immédiatement un diagramme selon le monde, le relation, le vécu et le corps, qui s’implémente dans l’arc de conscience et celui-ci a, selon, accès à telle ou telle part de réalité, de réalisation.

En un sens, et en un sens précis, tout vient en une seule fois totale ; la structure emplit intégralement tout le réel du champ, et en un autre il lui faut se distinguer de façon autonome que ce soit selon dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel. Même si effectivement il y eut toute cette historicité qui témoigne des acquisitions, et que nous en sachions quelque peu sur la structure, celle-ci est fondamentalement étrange, mystérieuse, Autre ; rappelons qu’antérieurement à dieu, l’être universel, le christique et le sujet, la puissance du réel qui s’impose comme Existence brute (fin 19éme, et 20éme, lorsque les mois sont livrés au monde donné « là »), il nous était impossible d’imaginer ces Faits majeurs de structure ; dieu, la pensée, le sujet, le réel permettent de lire à neuf tout ce qui est et de retraduire dans la réalisation les avancées de structure.

Ça n’est pas parce que le réalisme rationaliste naturaliste depuis la révolution s’est concrétisé dans tous les sens et qu’il prétend occuper tout l’horizon, qu’il faut oublier les devenirs précédents et ce surtout afin de ne pas croire que le dit réalisme naturaliste est l’horizon clos de toute l’historicité ; les réalités déterminées

(en quoi le réalisme naturaliste rationaliste est le plus efficace, de sorte qu’il peut facilement croire qu’il s’agit non seulement de la réalité-même, mais surtout qu’elle ne consiste qu’en cette efficacité et cette détermination, alors que véritablement l’historicité découvre au moins plusieurs variations du pli du réel, variations que l’on tâche de distinguer, de différencier)

les réalités déterminées donc sont des effets de structure ; celle-ci est encore toujours plus vivante, ce qui veut dire existante ; et elle s’est démultipliée, via la démocratisation totale des années soixante, en chaque moi. Lesquels relèvent chacun de leur sujet. Mais aucun sujet ne survit sans l’universel, sans la révolution, sans la pensée, les œuvres ou l’activisme divin (pour ceux qui croient, et le sens même de la ‘foi’ n’est pas du tout remis en question mais réinterrogé, le plus intégralement possible).

Nous sommes donc depuis le début portés dans le champ unique de distinctivité de la structure et instamment mis à jour, depuis notre naissance, de qui se crée dans le champ de l’autre conscience, ce qui veut dire de la-conscience-même, de l’intentionnalité telle quelle (peu importe à ce titre les boires ou déboires particuliers, les bricolages du moi qui fait-avec ce qu’il trouve, son héritage d’adn ou de sociétalité, de toute manière le splittage, la division qu’inaugure, en ce corps vivant, qui passe au trépas et devient illico presto existant, qu’initie en nous la division (du langage pour Lacan, de l’arc de conscience ici) va crucifier la vie en nous… et la remplacer par l’existence, et ceci sous condition d’acter cette existence le plus loin possible, à savoir en usant des acquis d’historicité (à quoi sert tout ce qui précède et est écrit ici, et qui suivra, on verra jusqu’où)

De sorte que l’on s’orientera toujours vers l’avant ; la structure crée les réalisations, son champ intentionnel est son champ d’expression (ceci est mon corps, ceci est la cité, ceci est la nation, ceci est la révolution, en chaque fois unique valant pour toutes les fois). Conscience veut dire mise en scène du corps dans le monde, suivant les multitudes de représentations et activités et actions possibles. Cette mise en scène peut sembler artificielle de bout en bout ; elle l’est, mais récupérant pour sa part la capacité inventive (tout moi est déjà une invention qui fait-avec ce qu’elle trouve mais instanciée dans la forme-conscience, qui est toujours universelle, étant un rapport, et donc ’abstrait’ si l’on veut) et ce qui existe (cad sur-existe si l’on veut) c’est l’activisme de conscience qui prend en charge ce moi-là ou cet autre (et cela arrive à chacun d’une manière ou d’une autre, sur la piste duquel mouvement sidérant s’acharnait Sartre, voir Flaubert, Genet, Mallarmé, Baudelaire, etc) ; comment cela se rend-il réel ?

Et y compris en et selon cette psychanalyse (et ses dérivés), valant pour le coup en chaque analysant ou souffrant ou difficultueux, bref possiblement tout le monde. C’est cette articulation qui fait-problème, parce qu’elle le problème de tous les problèmes, étant originellement notre structure, notre rapport, notre, de toute façon, non évident rapport (un rapport n’est jamais évident ; nous sommes naturellement problématiques).

Rappelons ; il y a de la distinctivité afin que le possible grandisse (non pas que le monde se réalise seulement, mais afin que le monde, le vécu, le relationnel, le corps soient l’occurrence de la possibilité toujours plus grande ; lorsque la révolution décentralise le pouvoir, elle renvoie chacun à son jugement sur sa vie, le bonheur, l’entreprise, la science ou la citoyenneté, etc, augmentant la capacité de conscience afin qu’il s’engendre encore plus de capacités ; le réel est plus grand que lui-même c’est son sens effectif).

Il est clair, quoi que l’on en ignore l’intégrale possibilité,

(intégrale possibilité, à savoir ; si la forme de l’arc de conscience est dans l’arc du présent comme architecture, ici, du réel-même comme architecture (et architexture du corps vivant devenu existant)
architecture active qui déroule, déploie au moins toute notre réalisation, humaine,
et peut-être toute la réalité (au moins cet univers),
et ce sans préjuger au-delà de l’expérience de structure,
celle que l’on a intégrée ; en bref on ne sait pas ce que la structure-sujet peut comporter, à supposer qu’elle soit dimensionnelle et non pas fonctionnelle ; fonctionnelle elle consiste en ce présent (et cet arc de conscience dans l’arc du présent) qui déplie toute la réalité (le présent produit l’univers, la conscience crée l’humanisation),
et dimensionnelle lorsque ce présent existe en lui-même ou par lui-même et en tant que dimension/contenant tout le reste,
sous quelque mode que ce soit, comme absolu, sacré ou comme un-tout-autre, divin distinct)

il est clair donc que chaque moi, étant as-signé par son sujet (lequel se produit dans le champ créé par l’intentionnel dans l’actualité même) est dans l’implication de chacun, l’implication d’élever son devenir, que chacun soulève, élève l’implémentation de la structure, et ce en se soutenant des avancées obtenues au fil du temps ; dieu, pensée, sujet ou réel, les œuvres ou les champs ouverts de perceptions ou pour nous la révolution et notre statut sociétal de citoyen (qu’est-ce que veut dire « citoyen »?).

Nous y sommes déjà engagés, de par notre constitution même de structure de conscience, aussi plutôt que de freiner le mouvement et nous réfugier dans un contenu, toujours second voire secondaire, qui glisse continuement vers le particulier (il quitte le champ universel pour se ramasser en une chose, un objet de désir, une satisfaction, immédiate, du corps, un ressenti, phénomène d’addiction qui semble en lui-même sa propre densité), bien plutôt donc devrions-nous approuver et ainsi accélérer l’implémentation de notre conscience dans le temps, selon le temps, la temporalité du présent.

Et la stratégie non-visible, celle arcboutée selon le temps (que déroule le présent) organise une suréminence de l’intentionnalité (le secret du temps est bel et bien là). Tout se passe comme si, oui, effectivement, nous y sommes, dedans, depuis l’enfance, ou, historiquement, « cela a déjà commencé » , mais s’y adonner, s’y reconnaître, s’y prédisposer, selon l’éloignement, le lointain, l’horizon et non pas le proche, accroît cette instanciation (dieu), cette augmentation (pensée et universel), cette intensification (christique et sujet), cette concrétisation (révolution et réel). C’est bien la capacité et ce pour quoi il existe une liberté : qu’elle puisse accroître le réel déjà acquis. C’est ainsi dans l’accroissement que l’on se dirige, à l’aveugle puisqu’il s’agit d’une zone, du réel, qui dépend, structurellement, de l’intentionnalisation, et cette aveuglette, pour ainsi dire, dépend de notre attention, de notre capacité, de comment on manœuvrera le vaisseau.

Le plus difficile à concevoir est que, puisque nous ne nous situons pas, disant cela, dans tel domaine bien circonscrit (la raison, en l’occurrence), alors il faut saisir que le réseau fondamental de l’intentionnalisation est cela même qui est en jeu ; on ne peut pas vouloir un ceci ou cela (mais le réseau lui-même) et cependant on ne peut pas non plus vouloir n’(importe quoi n’importe comment ; la vérité est que le seul exemple si totalement ample de l’intention, de l’intentionnalité est celui christique, qui engage bien au-delà de toute limitation sans pour autant se perdre dans la vacuité (ou l’immédiateté en quelque sens que ce soit, y compris l’immédiateté des idées, concepts ; folie pour les sages).

 

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Transcendance de l'arc

28 Novembre 2020, 09:06am

Publié par pascal doyelle

Assignement et assujettissement

On se demandait ; est-ce réaliste ? Mais on ne promet rien d’autre que ce qui eut lieu, et précisément il s’agit de comprendre ce qui eut lieu.

Croire que l’état actuel, celui de nos mois, est la finalité et le résultat réel, est tout à fait insuffisant. Ils sont des effets et le moyen pour le sujet de déployer encore plus de force, de précision, de détail, de réalité.

Or concernant la force, la précision, la réalité il ne s’agit pas du monde ; le monde reste là où il est ; en tant qu’effets.

On comprendra mieux et immédiatement (si l’on veut) en mentionnant le christique ; sa toute faiblesse est la force. Dieu, la pensée, le sujet (le christique initialement), le réel imposent les exigences les plus hautes, et les plus précises. Ou en évoquant la philosophie ; il ne s’agit pas de penser n’importe comment, pas même de seulement penser logiquement : sortie d’un certain cadre, désormais universitaire et surtout scientifique, la « logique » ne peut pas s’appliquer telle quelle ; elle s’utilise sur des rapports, vides, non sur des rapports qui sont un réel effectif, qui ajoute « ce qu’il est » justement au rapport qu’évidemment il manifeste de fait ; une conscience c’est « une » conscience, mais c’est surtout une « conscience », qui par ailleurs est forcément « une », étant un rapport, ce qui ne veut pas dire qu’elle soit « tous les rapports », c’est évident mais peu clair au fond. C’est que si la conscience est tous les rapports on se situe dans le conscient, or ce que l’on nomme conscience est non un état ou un être mais une dynamique, un rapport disions-nous.

La philosophie expose, impose l’assujettissement à la vérité, cad à la cohérence (sinon on ne comprend plus rien, ce qui veut dire que l’on ne peut plus distinguer, plus percevoir, percevoir le monde mais percevoir aussi et surtout les intentions et les intentionnalités les unes des autres). Il apparaît donc que cette rigueur aboutit à une plus grande liberté ; on aura encore-plus d’intentionnalités ensuite qu’auparavant. Cette procédure vaut pour dieu (qui distingue les nations, cad les intentions), pour le christique (par qui on se distingue soi, entre mille autres possibilités), pour le sujet donc et pour le réel (et l’irréel lacanien, le ventre absorbant qui mâchonne névrotiquement ou dévore psychotiquement le réel).

C’est également pour cela que la pensée, l’universel, l’universalisation et bien qu’elle soit convoquée dans ces quatre partitions, tissages élevés de dieu, de la pensée, du sujet et du réel, n’y suffit pas. Le champ de la cohérence est plus grand que l’universel, bien que la cohérence implique l’universel, évidemment ; le sujet cartésien est hors la pensée mais tout le monde, chacun est un ‘sujet’ … Et qu’il est requis une description de la structure même ; celle qui existe originellement ou antérieurement à ou comme dieu, la pensée, le sujet ou le réel. Ou donc si la conscience n’est pas le conscient mais l’arc de conscience, c’est une unité faible, très faible, fragile mais souple et malléable, ce qui est toute la puissance concentrée en un rapport, très simple et plus qu’immédiat, instantané ; un presque rien du tout. Un rapport. Et évidemment du point de vue de ce rapport il n’existe rien de plus puissant, puisqu’il s’agit en tant que rapport de la potentialité elle-même.

Mais de même que l’être n’est pas la question, mais le possible, pareillement dire qu’il est, le rapport, la potentialité même ne signifie presque rien ; on ne sait pas « où » il va et « où » il est, sauf que l’on a dit qu’il s’saisissait, pour nous, dans notre expérience, du présent (et par hypothèse pour cet univers-ci en tant que le présent va le dérouler ; tout se déroule, littéralement, dans le même « instant » unique, le présent fonctionnel ou le présent dimensionnel, au choix).

Si la détente de l’arc de conscience est à ce point sensible, dû à sa petitesse et donc sa plasticité, sa souplesse, alors l’arc ne revient que secondement au conscient ; c’est en ceci qu’il va falloir privilégier les stratégies et non pas les tactiques ; évidemment l’arc est apparemment destiné à régler les problèmes, tels qu’ils perturbent la vie, ou la survie des premiers temps. D’élaborer des tactiques. Mais qui ne sait pas que l’efficacité humaine, dans la résolution, tient justement en la coordination des tactiques en stragies bien plus vastes et donc collectives ?

Et nous sommes de toute manière instantanément projeté vers l’horizon ; il n’est aucune stratégie limitée. Certes toute stratégie limitée acquiert une efficacité qui paraît faire défaut à l’illimité stratégie … mais il est en vérité, dans le fait même, impossible de constituer une stratégie, une conduite coordonnée sans qu’elle soit, par exemple, une religion. Pour la raison qu’il n’existe à dire vrai qu’un seul rapport et que tous les autres en découlent ; il est instamment impératif de sertir le rapport-même dans l’unité d’une conception, représentation, véridicité ; dont le groupe faisait office jusqu’à ce que chacun sorte de tout groupe, toute communauté et soit en mesure de se rattacher à une vérité, qui est dite telle ‘vérité’ parce que justement on ne l’est plus, on l’a, on la possède, on la saisit objectivement, hors de soi, hors de l’immédiat.

On a vu que l’enjeu majeur fut de détacher l’activité d’intentionnalité (dieu comme intention, les idées comme intentionnalisations, le retour vers soi comme christique et cartésien), et il en est résulté un encadrement général et généralisé du monde, du vécu et relationnel, du corps et de la perception ; et un encadrement non pas extérieur mais intérieur ; qu’il y ait des sujets qui se tiennent. Qui pussent tisser et tisser non pas des relations immédiates (les mondes et les représentations immédiates ont disparu) mais des relations médiates ; dieu vient en creux de tout bien qu’il soit également loin au-devant, la pensée perçoit inversement et le sujet (christique ou cartésien) n’y va pas sans sa liberté et son égalité. Si on nomme ceci ou cela (dieu, la vérité, le sujet) c’est afin d’être encore/en plus tout autre chose/tout autrement. Sartre en décrivant le regard d’autrui veut-il que nous le subissions ou que nous sachions en user ?

On a vu donc que l’on n’Est pas mais que l’on actualise un champ qui n’existe que là-maintenant, mais ici le maintenant est le présent lequel est la source, structurelle, de tout ce qui est. Soit donc nous sommes absolument arc arc-bouté dans l’activisme de cette actualité ; le présent dans toute sa compétence est cela même qui doit être élaboré. Il y a un présent afin que vous vous y décidiez.

Pareillement il est inutile d’opposer le conscient et l’inconscient qui sont tous deux pris dans le mouvement, lequel étant un rapport n’est pas assigné à un être, ou à une quelconque substance (laquelle n’existe pas, il n’existe que des choses-mouvementées). Et s’il existe un mouvement alors il n’existe, à proprement parler, que ce mouvement et ce mouvement se rend à sa disposition, de sorte que la structure s’est immédiatement concentrée dans le donné tel que là, le monde (créé par dieu ou ordonné selon la pensée), le vécu et le relationnel (tables de la loi, nation, et agape, amour divin, cad séparé mais in/conditionnel de l’Alliance qui s’incrustera encore plus loin avec le christique et par chacun, chaqu’un), le corps et l’individualité. Il y eut immédiatement une concentration réaliste, tandis que par ailleurs un noyau d’irréalité, de cette irréalité désertant le groupe, la communauté, tenait refuge dans le psychique ; ce qui impliquait également que parfois l’irréalité envahisse le groupe, lorsque cèdent les digues qui orientent structurellement. Dieu, le corps individuel (le corps du christ, littéralement, est cela-même qui atteint au visible de l’invisible, la présence de la structure et ce non seulement pour celui-là, le un tout-seul, mort sur la croix, mais pour et par chacun et donc pour tous les chaqu’un), la pensée, la révolution par le couple liberté-égalité découpent le possible possible et le rende accessible dans le réel même (elle crée ce réel).

Si il n’y a pas de « substance » mais un arc qui s’instancie comme corps, inconscient, conscient, conscience c’est que dans la réalité il n’existe pas d’être ; la réalité est constituée de soubresauts, et sur cette incertitude mouvementée de l’énergie sous les choses qui se tiennent secondement ; c’est qu’en dehors du mouvement rien n’est, la réalité (des choses) est bâtie sur la réalité mouvementée et dans l’apparition généralisée (substantiellement dispersée) il existe cet arc de conscience qui tisse des signes. Et qui croit, imaginairement, que ces vides qui s’agitent « sont ». C’est une imagination, l’être est une imagination, sauf que, quand même, de vouloir le définir et d’y atteindre crée quantité de cheminements, d’intentionnalisations ; de même que le christique rend possible quantité d’individualités ; de même le tomber-amoureux du moi l’engage pour peu qu’il ne s’y abîme pas dans la venue de son isolement (tôt ou tard) et de sa condition dite humaine et surtout anéantissant sa personne en tant que personne.

L’arc de conscience qui crée son propre champ, lequel est fondamentalement poreux, perméable, malléable, ouvert, étant un rapport et puisqu’il se constitue de signes (et attrape ceci et cela ; de la perception du vivant, de la communauté, du langage, etc) s’insère dans un corps, qui est marqué de cette rupture que sont les signes (version lacanienne) et sous-entendu (version philosophique l’arc de conscience (puisque l’on considère que le langage ne « crée » pas la conscience mais que la conscience est un dispositif interne biophysique (ou autre, cad métaphysique ontologique mystique, ce que l’on veut entendre) qui lui rend possible qu’il y ait des signes, des langages et même des langages personnalisés, les œuvres, des éthiques aux esthétiques). Cet arc étant un rapport il implique une non substantialité des réalités (ce corps relève des atomes, etc, et cette pensée revient à une intentionnalisation).

Remarquons que si il est intentionnalité c’est qu’il fonde son existence sur et par et dans et peut-être pour le mouvement ; ceci est, réellement, effectivement, pleinement, la réalisation du mouvement ; ou donc le vrai réel, le vraiment réel ne se trouvera nulle part ailleurs que dans le seul mouvement. La forme (que ce soit la chose qui est basée sur une agitation ou le champ intentionnel) est le réel ; de ceci l’étrangeté confondante de la présence de ce ‘réel’, à savoir que tout ce qui est se situe dans un acte (faute d’autre mot) non visible (le présent ne se 'voit' pas mais ce qui fait-voir) ; on voit bien les choses et les êtres et même une image de soi, mais qu’il y ait image veut dire que ça n’est pas le ‘soi’… le soi est celui qui voit, et non ce qui est vu . Qui voit ? L’acte de conscience n’est-il donc qu’une simple toile blanche sur laquelle ce que l’on est, les images, les vécus, le corps se projettent ? Et les images, les vécus et le corps seraient le vraiment réel ?

Mais on ne pourra pas, jamais, cesser d’interroger la forme des choses et des êtres, le « ce en quoi » ils prennent place. Et il ne s’agit pas tant d’y répondre que de poser la question, afin que du flux des discours et des représentations ne soit pas évacuée la forme du réel (dieu, la pensée, le sujet, le réel). Que le flux ne soit pas empli de choses et d’êtres.

C’est donc cet appel par-dessus le donné, l’identité, l’essence, les substances, les déterminations ; l’exister, en quoi sont les déterminations mais qu’aucune ne peut prétendre intégrer, qui est la finalité.

Et curieusement on peut dire qu’elle se répond elle-même et que le désespoir qui nous possède vient de ce que l’on croit devoir ou pouvoir saisir matériellement ou substantiellement la forme des réalités et des êtres (et de soi) alors que manifestement c’est toujours et ce fut toujours à partir de la forme que tout le reste (le désirable supposé, imaginé) est saisi, perçu. Nous étions depuis tout ce temps déjà dans la forme de la résolution. C’est juste que l’on ne comprenait pas et que l’on n’a jamais compris et que l’on ne comprendra jamais, excepté que l’on sait dès lors cette incompréhension .

« Et la lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas comprise »

On attendait encore une chose ou un être ; alors que tout cela se produisait à partir de la puissance, de la potentialité même.

On n’est pas son corps ; on repose apparemment dans la spontanéité de notre être, mais en vérité on est toujours perçu. Du dehors. On ne sait jamais de où ou de qui vient le regard, mais on existe toujours dans le regard (d’autrui, de l’autre, de l’Autre, de Dieu, de la vérité ou de la réalité, on se présuppose ou on est présupposé) ; lorsque j’énonce une phrase et que je prends un mot pour un autre, je l’entends ; je m’écoute mais celui qui écoute n’est pas celui qui parle ; on est spontanément dans et par l’altérité. Et cette altérité comme on a déjà vu est par exemple l’universel (ou dieu ou le sujet ou le réel) ; l’universel parce que si l’on existe comme rapport tout rapport nous institue déjà d’abord dans l’universalité du rapport ; tout mot est universalisation. C’est seulement parfois que l’on désigne tel tabouret ; en vérité il y a ce tabouret mais uniquement pris à l’intérieur du tabouret-en-général.

Pour le moi il ne sait jamais de où il est perçu ni qui ; son moi est une partie du champ, et l’unité du champ vient du sujet mais le sujet n’est pas ; il est et n’est que la structure du champ ; il vient d’en avant. Aussi le moi ou le sujet ou l’universel seront toujours « perçus » ou perceptions d’en-avant. Assignés à la vérité, à dieu et l’intention absolue, ou le christique et l’intention personnelle, ou le sujet et sa propre position ; sur l’étendue du monde et selon le non-temps de la suspension de l’être, par l’exister du je, antérieur à toute la pensée, toute la représentation, la perception ou la folie ou le rêve ou le corps, puisqu’il s’agit non pas d’une essence avant les essences mais du champ qui se crée dans le présent, par le présent et son arc.

Le moi de ce point de vue est toujours « fou ». Puisqu’il se prend pour un être, une identité, alors qu’il existe sous un regard structurel, qu’il ne sait pas localiser ; mais le sujet, lui, va prendre le taureau par les cornes et définir que dieu, la pensée, le sujet ou le réel imposent le regard, par quoi le moi s’en sort, se sort de lui-même. Sans doute existe-t-il quantité de regards mais un seul ou une orientation est fondamentale et définitive ; le regard de tous les regards (et ça peut être la vérité, ou l’historicité comme révolution(s), qui n’en manque pas, de révolutions de toute sorte). Ou donc cela veut dire ; que lui-même le sujet, est plus grand que lui-même ; le moi qui se croit être est assigné, assigné aux déterminations mais le sujet est hors-de-soi ; les déterminations sont fixées et perçues par l’autre-conscience (on ignore laquelle, la sociétalité, autrui, fb, le cinéma, les parents, etc) ; le structurel, dieu, vérité, sujet ou réel n’appartiennent à personne et n’appartient à rien ; tout est effet de cette cause, ce qui veut dire que même si toutes les réalités ne sont pas directement effets effectifs (sauf si on croit en dieu ou au cosmos grec) il n’empêche que toutes les réalités étant données, le champ qui se crée de chaque conscience va vers l’avant et tire à lui tout le reste. L’aimantation des réalités s’effectue par l’avant ; qui tracte les déterminations au moins en tant que champ.

Revenons au moi ; si il est perçu (et qu’il ignore de où vient le regard) alors ce regard extérieur pense, à sa place, à la place du moi. Comme du regard qui, si vous êtes femme, vous assigne votre être de femme ; mais cela vaut pour tous, tous les mois, quel que soit votre détermination ; et si vous ne vous conduisez pas selon tel statut ou tel rôle, vous vous sentirez mal, mal-être tout à fait troublant et en vérité réellement profond ; le moi qui se croit un-tel, doit s’assigner à cette identité, sinon il ne perd pas seulement telle ou telle qualification (ou qualité) mais il perd … le regard lui-même, cad tout.

Évidemment c’est la grande affaire sartrienne (sous entendu en finalité ; non pas être ce que je suis, parce que ‘qu’est-ce que je suis ???’ mais admettre que je vais devoir faire quelque chose de ce que les autres, la vie, le monde font de moi) mais aussi lacanienne ; de « où » cela regarde ? Ou, plus objectivement, de où cela voit ? C’est vu, c’est dans la visibilité mais pas la mienne … et pourtant je suis pris dedans.

C’est ce parcours que balisent Sartre mais aussi Lacan qui décrivent les intrications de tout regard supposé, ou le dénoyaute (comme Lacan lorsque la pratique le met à nu et, enfin perçu, le regard est soudainement privé de sa puissante domination ou d’une partie de celle-ci à tout le moins, desserrant le coinçage). Sartre insiste-t-il pour que l’on se soumette ou que, prenant conscience, on n’en soit plus le jouet ?

Dit autrement on cesse d’être assigné aux déterminations (tenues dans le regard-autre extérieur, puisque jamais nous n’accédons ’directement’ aux réalités-mêmes, il faut qu’elles soient liées dans un champ) mais nous ne nous en libérons qu’en s’assujettissant au sujet … comme l’on voudra, à dieu, à la pensée-vérité-universel, au christique-sujet, au réel. Soit donc, en passant d’un assignement donné (perçu on ne sait de où ni de qui) à un assujettissement qui nous crée en tant que sujet (lequel est toujours forcément plus grand que lui-même et autre que le moi, mais cette fois salvateur ou libérateur ou révolutionnaire ou poète ou créateur ou simplement ce je dans le moi).

Entre l’assignement (durant un temps nommée aliénation) et l’assujettissement, le choix est vite fait, ou il devrait. Parce que le sujet est beaucoup, beaucoup plus grand, plié, articulé, et ouvre en vérité sur l’ensemble de toutes les intentionnalités possibles, celles qui furent et celles qui seront et celles actuelles qui se dessinent. La version mitoyenne consiste à n’intégrer que telle ou telle capacité, Nietzsche par ex ou la poétique exclusivement de tout le reste, une idéologie, la science et rien que la science, etc, une spécialisation en quelque sorte, qui ne voit plus que si notre être est non pas un être de déterminations (aux domaines réservés) mais un mouvement, le rapport de tous les rapports, alors l’ensemble des possibilités sont toujours activées ou activables.

(on ne garde pas « aliénation » parce que cette idée, majeure, prétendait somme toute qu’il existerait « notre vraie nature » recouverte et oppressée par tel ou tel ordre injuste ; qu’il y ait injustice, c’est certain, mais non pas une véritable nature de nous-même, pour ainsi dire ; il ne faut pas attendre de la révolution, de jésus ou de la vérité qu’ils effacent notre réalité et idéalement, au contraire ; jésus, la vérité ou la révolution ou une psychanalyse constatent l’effectivement réel de notre état tel que là ; c’est tout autrement autre chose et pas du tout idéal ; le christ n’est pas une idéalité, en rien - c’est le jugement porté sur le christique qui l’a caricaturé à son niveau, selon sa mesure de réalisme naturaliste « nature humaine » etc, ça n’est pas du tout le contenu du christique ; le révolutionnaire idéaliste croit qu’il réussira un monde rêvé ici-bas, c'est sa motivation mais non son action... ou une vie de bonheur ou une vie réussie ou une publicité racoleuse … le christ non, il le dit tel quel, lui seul échappe au et permet de se sauver du monde trompeur qui est tout de ténèbres).

(deuxième ; la ‘castration’ est ce qui assure dans l’inconscient que l’on s’assigne à l’ordre du signifiant … mais soit en mode très strict et on se perd dans des dédales, soit en mode relativement égalisé … Il faut qu’il y ait du signifiant en ordre, sinon qu’est-ce qui arrive ? On n’a plus de regard stabilisé, puisque le signe n’existe qu’intentionnellement et dès lors le réseau intentionnel se laisse facilement envahir, du dedans (du corps qui souffre d’être coupé par le signifiant ou l’intentionnel) ou du dehors (de l’exister, brutal, d’autrui, de la vie, etc). On sait encore moins de « où » il y a un regard et donc on perçoit (ou désire) n’importe comment (et/ou on s’angoisse à mort).

(trois ; c’est pour cela que ce qui était nommé aliénation, autrefois, a dérivé en refus d’ordre et donc décuplant les objets, publicitaires, petits idéaux de poche, et désir pour ces petits désirs négligeables et négligés, au deux sens, et en conséquence de quoi au lieu d’aboutir à des sujets il en résulte des mois dépenaillés).

(quatre ; l’assujettissement n’est pas opposé à l’assignement en un ordre, il est en plus ; le christ vient en plus de la loi ; le sujet en plus de la pensée ; la Constitution est une logique, de même que le droit ; le réel en plus du sujet).

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Le trompage et le détrompage

21 Novembre 2020, 09:06am

Publié par pascal doyelle

La question n’est pas, n’a jamais été celle de l’être, mais celle du possible.

De quelle autre manière pourrait-on définir le réel ? Comme un « état achevé » ? Tout nous montre que le réel avance, qu’il est un devenir. Or si il est en tant que devenir cela signifie qu’il ne peut pas cesser. Quel que soit ensuite le mode part lequel on appréhendera cette non cessation, cette indéfinitude.

À mettre en parallèle avec ceci ; chacun est en tant que moi, ce moi est bâti sur la ligne de signifiants, soit donc la découpe du corps par les signifiants dirait Lacan ou par l’intentionnalité dirions-nous ici. Il n’y a en effet de signifiants que pour une intentionnalité. Une part de cette découpe tend vers le réel, et sait prendre en compte l’altérité du réel, et d’autre est définitivement coincée dans l’irréalité ; l’irréalité absolue est dite « jouissance », c’est un fantasme hallucinatoire, mais il existe des tas de petites irréalités que l’on va imaginer dans la vie et qui fonctionneront comme temporisations écartant le risque de la jouissance , qui, si il se réalisait, n’aboutirait évidemment à une réalité, une réalisation mais à une hallucination, vécue, peut-être dangereuse mais surtout embarquant le moi dans le délire et la perte du réel ou le morcellement de son identité (etc), puisque la jouissance, réalisée, est une folie ; les désirs opèrent donc comme temporisations afin, en un sens, de pallier à la jouissance ; toute déperdition de désirs nous bascule du côté de la jouissance. De même l’angoisse, devant le réel, c’est l’angoisse devant la coupure , la ligne de partage de jadis (imaginaire ou de signifiant entourant l’imaginaire hallucination, le signifiant comme marquage du corps le scindant) ; au sens de « faisant un cauchemar, vous vous réveillez et c’est à ce moment-là que vous vous rendormez » ; l’état de veille est la négation du réel en tant que jouissance (racine dans la cervelle du corps coupé). Les désirs, les petits a, les objets petit a, appartiennent, eux, à la réalité.

Et lorsque l’on consomme, indéfiniment, on imagine quantité d’objets petit a, ces objets de désir qui balise la perception, le chemin, autrui et on se préserve de la jouissance (qui tire inversement dans l'irréalité) et on embraie sur le processus d’intentionnalisations (dans la réalité et le corps, parmi les autres, l'histoire, pour Sartre), espérant enfin fixer à chaque fois cela même qui n’a pas de limite structurelle (dans le monde) mais positionné à l'opposé de la jouissance et  source des distinctions qui vient du présent en face, soit donc l'arc de conscience  mais qui, cependant, doit devenir ou aurait dû devenir sa propre régulation, sa propre limite, sa propre finalité, son horizon et non plus s'avachir dans le corps (étayant la jouissance par les objets a) ; l’intentionnel seul peut régler, a priori, l’intentionnel ; rien d’autre n’atteint sa capacité sinon lui-même ; et si il doit à lui-même trouver sa limite, il vaudrait mieux dire trouver son illimité de structure, sa dissemblance pusique rien dans le monde, le vécu ou le corps ne lui ressemble, correspond.

Or l’illimité tel que régulé et non pas l’illimité délirant ou arbitraire ou subjectif (ni dieu, ni la vérité, ni le christique ou le sujet, ni la révolution ne portent vers l’arbitraire, qui attire la nation, la pensée ou le sujet ou la perception dans ses plus concentrées et précises cohérences, effets de réalités ou de réel pur
), cet illimité réglé est une exigence … ce qui ne plaît guère au moi, au moi qui cherche son objet petit a, celui qui découvre des tas d’objets de désir (le désir, ce fétiche moderne et contemporain est juste la version « naturalisée » de l’intention ou si l’on veut la manière de faire-comme-si l’intention qui est supra-naturelle pouvait se comprendre comme valide dans ce monde-ci, dans les réalités, les vécus, les corps et que bon an mal an il y aurait moyen de « le réaliser », le désir ce qui est très pernicieux, évidemment, puisque l’intentionnel ne se rencontrera pas, jamais, selon le monde). Le désir, cette appellation synonyme de l’intentionnalité qui l’attire vers le monde et le corps, signifie seulement que l’on peut faire tout et n’importe quoi, justifié puisque donné et réalisable, d’être a priori « naturel ».

Le point opposé à la psychanalyse se tient dans l’intentionnel qui s’impose comme actuel ; il n’y a pas de « conscience en soi » (qui serait où?) mais une conscience en acte (ce qui existe comme rapport est en acte, il n’y a pas de rapport sans actualité). C’est pour cela qu’il se peut que l’arc de conscience n’existe que durant ce millième de seconde, ou qu’il constitue et se constitue dans une dimension ; au choix. Répétons qu’il serait très bizarre qu’il faille un univers quasi infini pour que sur une planète apparaisse puis disparaisse aussitôt une étincelle… (et plus du tout étrange ni encore moins mystérieux, mais bien idiot et une sorte de débauche absurde d’énergie, pour rien). L’inconscient nomme parfaitement qu’il s’oppose au conscient, mais le conscient est le mode grosso modo d’objectivité, d’énoncé qui se situe dans le vue de l’acte de conscience qui ne peut pas remonter en cet acte ; mais et c’est le supposé fondamental, qu’il existe un énoncé qui n’est ni subjectif ni objectif et tenu à la source même de la technique de cet arc ; montrer non pas le contenu mais le contenant et ce à lui-même.

À moins de saisir que la philosophie désigne un acte (en cours) on ne comprend rien, et que donc cette désignation de l’acte est en elle-même la typologie exacte de son objet spécifique (qui n’est pas un objet, d’où sa difficulté). C’est cet écart qui est analysé et qui s’analyse lui-même (puisque seul il témoigne de son acte).

Et on y ajoute donc, puisque philosophiquement, le réel tel que donné là. Qui n’a pas de référence pour Lacan ; il n’y a que des représentations, toutes symptômes de l’unique jouissance. Mais pour nous, non. Le réel est positionné par et pour le sujet ; puisque l’on n’admet pas que le signe soit signifiant ou série de signifiants, mais qu’il est par une intentionnalité, en conséquence de quoi la conscience n’est pas le conscient et ne peuvent ni ne doivent être confondus ; l’arc de conscience est plus grand que les cercles de conscient, les cercles de raison (qui veulent toujours se raccorder en eux-mêmes, tandis que l’arc dit bien ce qu’il en est ; il est tendu vers, par-dessus, en plus.

Pour nous il n’y a pas une séparation causée par les signifiants, mais il existe des signes puisqu’il ex-siste une intentionnalité ; et c’est l’intentionnalité même qui crée notre perturbation ; un gouffre s’ouvre (sartriennement ; le pour-soi comme négation de l’en-soi, et la jouissance étant, selon le système sartrien, l’identité imaginée de l’en-soi/pour-soi, le dieu selon Sartre ou plutôt selon l’engluement de la conscience dans une identité).

Ce qui ne renie pas du tout que cette coupure intentionnelle crée de fait la ligne des signifiants et plus encore que cette ligne s’inscrit sur le corps (ou dans le corps comme on veut, séparant le vivant du signe lui-même, et ce dans le regard … parce que toute cette affaire est relative au regard ; le moi ne sait pas de « où » il se voit ou est vu ; le sujet croit ou sait qu’il est vu à partir de dieu, de la pensée-vérité-universel, de la liberté et de la liberté-égalité, ou du réel (de là son infiniment intense perturbation lorsqu’il se rend compte que le réel existe, il est perçu « comme du dehors » sans aucun regard, sans-dieu, sans-vérité, sans-existence). C’est seulement que la psychanalyse n’est pas complète et qu’elle s’en tient toujours à l’idéal scientifique ou objectif, et non pas au caractère absolu, ce qui veut dire formel de notre être qui n’est pas un être mais un mouvement ; le rapport qu’est l’arc de conscience ; lequel est fort limité, certes, mais on a dit déjà que le peu qu’il puisse déplacer devient, de cela même, fondamental ; ce qui peut se transmuter est plus grand que ce qui est seulement ce qu’il est. Le mouvement peut se transformer, l’être non.

Tout ceci relève de la même expérimentation ontologique absolue (dieu, l’universelle pensée, le sujet et le réel). Telle qu’elle fut explorée depuis 3000 ans ou à peu près. Sitôt sorti de tout monde communautaire (qui pense pour tous et qui (se) parle comme Monde, sacré) et lancé par le divin (séparé du monde, que ce doit dieu, qui l’a créé, ou la pensée, qui en instancie l’ordre distinct et facteur de distinctions), c’est tout entièrement l’expérimentation, la forme, qui vient en une fois (dieu se donne tel quel, la pensée et l’être, le sujet et la liberté, le réel imposent une libération intégrale, en une fois, bien que l’on ne comprenne pas ce qui nous arrive, étant donné que la forme du réel, de l’arc intentionnel ne passent pas dans l’expression).

Et cette forme n’est pas un tout, ou une totalité, puisque la forme est le possible tel quel ; la substance, si l’on veut, du réel est le possible ; sa structure est un mouvement. Il ne faut ainsi pas le percevoir comme chose ou être, mais comme possibilité. Et si elle est telle, alors c’est elle qui devient, est devenue, deviendra.

Qu’a-t-on d’autre ? Qu’une chose quelconque ou un être quelconque soit éternel ou infini, une « grosse chsoe » ou un « énorme être » ? Mais aucun être, ni aucune chose n’atteint l’infinité, excepté le mouvement.

Et ainsi nous voici rendu au Bord des réalités et, aussi bien, de la représentation ou de la pensée ; et tout autant au Bord du moi, puisque celui-ci se rend compte soudainement ‘qu’il est perçu’ ; le regard n’appartient pas aux contenus ; on ne désire pas pour l’objet ou la chose ; on atteint somme toute un non-désir. Ce que Nietzsche (qui s’impose donc dans l’historicité comme auto-affirmation… de l’affirmation elle-même) ce que Nietzsche donc désigne comme cause-sans-raison ; on agit (ou décide ou perçoit) en laissant décider ou agir ou percevoir la volonté-sans-raison, que rien ne précède puisqu’elle précède tout. Cette entière positivité est son affirmation-même. Et cette positivité absolue (formelle) veut dire que tout est donné. Tout est donné « là » en avant. Tout est en-plus et s’acquiert in-finiment (dont on verra, plus tard, quelle signification donner à cette infinie acquisition, et quelle portée à ce que par « infini » on peut comprendre, puisqu’ici l’infini est relativisé, rapporté à, étant le mouvement-de quelque réel, du réel-même).

La libération, celle du divin, du christique, de l’universel, du sujet ou du réel fonctionne comme soudainement regard qui déclot, désincarcère l’intention ; c’est nommément ce qui se passe dans toute conversion ; on passe d’un point de vue qui ne sait pas de où il perçoit ou est perçu, à un repérage autre, forcément Autre puisque c’est la forme même, l’intentionnalité telle quelle, le rapport des rapports qui se montre. Pareillement Descartes fait-voir la suspension de cette structure qui peut se tenir, elle-même, nue et sans rien dans son propre champ. Et ce qui s’expose ainsi c’est le rapport (de tous les rapports) lui-même.

Et donc lorsque l’on a tenu dieu, la vérité ou l’infini du sujet c’est bel et bien cela qui s’est livré à nous.

Si l’on croit attendre autre chose ou autrement, on se trompe ; c’est déjà venu. Si on refuse « ce qui est déjà arrivé » (chacun fait comme il veut, n’est-ce pas) c’est que l’on attend une autre sorte de résolution qui, de toute manière, outre cette forme, cette structure, ne tiendra que du donné ou est imaginée selon le monde, le vécu ou le moi ou le corps ou la communauté ou le désir ou telle imagination ; ne comprenant pas que la structure s’est déjà manifestée, on retombe et retombera de toute manière dans le monde (de la dispersion indéfinie).

Et ce qui s’est déjà manifesté n’est pas de l’ordre des « facultés » ; Kant le démontre bien, même si il ne nomme pas le ressort opérateur lui-même (il faudra Hegel et Husserl pour percevoir la phénoménologie qu’est la conscience) ; les facultés présupposent une unité, transcendantale (que l’on ne sait pas situer dans le système kantien), et une telle unité ne peut pas consister en une « consistance » justement. De là que Hegel passe outre Kant ; il n’est pas lieu de supposer un nouménal en soi, et donc tout est phénoménologie (et il est possible à Hegel de tenter de lier tous les passages de conscience, dans l’historicité ou dans le savoir absolu). « Il y a » une unité (tout comme Lacan disait « yad’lun ») et cette unité n’est pas dans le monde, pas déterminée et ne peut que s’auto-désigner ; l’arc de conscience seul sait qu’il y a un arc de conscience … et lui seul aussi sait qu’il y a un présent, de même le seul qui perçoit à partir de l’horizon. Puisqu’il s’agit toujours du même réel ; le rapport.

Le rapport est le concept général sous lequel se tient à la fois l’arc de conscience (qui est conscience de (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même, et non une identité, qui n’est qu’imaginée et l’être est du même ordre que l’imaginé, et le conscient symptôme) et se tient le réel. Le réel est le rapport de tous les rapports ; se donne pour nous comme présent, comme exister ; et si il est rapport c’est une autre manière de dire qu’il est le Possible. Mais si le possible est le réel qui est le rapport, alors le « réel » comme tel est formel, et non pas un quelque chose, pas une ‘chose’ du tout.Et donc si on tient solidement que le réel est le possible, qu’il est, lui, le réel, formel, alors il n’existe à proprement parler que le possible ; le sens de ce qui est réel est la possibilité ; la question étant ; jusqu’où ?

Jusqu’où le réel est-il possible ? C’est la question que le réel pose et se pose à lui-même. On a dit déjà que l’être n’était pas le problème (il y a de l’être et du néant, à égalité, puisque le possible est la Règle), mais que si l’être est, donc, le possible, alors c’est le possible qui est en question ; le réel cherche à réaliser, à rendre réel encore plus de possible il truque ou pour mieux dire déplace et augmente et intensifie et distingue toujours plus avant la réalité (les déterminations, les choses, les êtres) afin qu’il y ait un réel toujours-plus grand.

En ceci il devient absolument fondamental que chacun soit en mesure de sa propre mesure ; que chacun se sache comme plus grand que lui-même, n’importe quel lui-même ; notre réel ne tient pas à notre être (il ne s’agit pas de devenir qui l’on est, parce que l’être est toujours le déjà-là) mais notre réel vient de l’exister, ce qui veut dire de l’actualité de sa puissance, de sa potentialité, de sa capacité. Au tout début on initialise le processus par les capacités d’effets ; dieu est l’opérateur intentionnel (au point de ne se définir que par l’intention qu’il a pour nous) ; la pensée démultiplie les intentionnalisations sur le monde (les idées et les idées systématiques) ; le sujet instancie sa liberté, et ensuite d’avec l’égalité (la révolution) ; restait donc la potentialité brute et pure.

On ne sait pas encore en quoi consiste la pureté du possible même, mais on connaît quand même la brutalité du possible déployé comme mondes, univers, possibilités se heurtant d’une violence effrayante. Quelle météorite pulvérisera ces planètes ?

On sait que ici même la libération, du un, ne nomme pas le un (il est non nommable) mais le désigne ; comme divin, vérité, liberté ou réel, selon les expériences que l’on en a reçu et qui étaient inimaginables, n’étaient pas de l’ordre de l’imagination, avant qu’elles n’interviennent, comme formules (je suis celui qui est en cours d’existence, je suis celui qui suis), formulations de l’expérimentation-même par quoi le réel est plus grand que lui-même. Le un sert à produire des petits uns, qui ne sont pas des petits a. Et cela nous arrive de face.

Est-ce réaliste ?

Le but n’est pas tant de croire en ceci ou cela, bien que l’on a affirmé que l’universel, la pensée, grecque, et suivante, applique une forme aux réalités et particulièrement aux personnes ; il y a révolution afin que chacun soit son propre jugement, de celui-ci on ne connaît aucune preuve matérielle ou aucune objectivité scientifique (tous les objets, limités, de chaque science paraît mener à une nécessité ou une causalité).

Le champ de l’intention est beaucoup plus étendu que l’étendue du monde ; les choses sont ce qu’elles sont (même si on en ignore beaucoup, voire 99%) mais les choix d’une part et surtout les inventions, les créations, les structures nouvelles de conscience sont innombrables (inventions et créations dont on a dit qu’elles constituaient la liberté même, ce qui veut dire que l’on crée « du réel » et non pas cherche seulement une conformité, au Bien, en choisissant librement le Bien ; on crée le Bien, la structure adéquate à la logique de la liberté, cad du possible le plus grand et le possible le plus cohérent, sinon ce dernier disparaît en une ou quelques générations).

Rendre le système de conscience (qui est un mini-système qui ne contient pas un programme mais qui est lui-même le programme ; sa structure, le contenant, est le contenu, les rapports qui sortent du rapport qu’ils soient signes, langages, comportements, tactiques ou stratégies, individuelles ou collectives ou communautaires et groupales), rendre le mini-système afin qu’il entre dans son propre champ et poursuive ses possibilités pour elles-mêmes, et qui, de cela, créeront tel ou tel monde, tel ou tel corps ; il est très clair qu’il n’agit pas du tout dans l’abstrait ; la pensée expose le monde et le christique impose le corps et le dieu unique crée la nation ; et quant à l’hypothèse du réel (qui vient en quatrième donc ; dieu, l’universel, le christique-sujet, le réel) elle manifeste que l’arc de conscience (qui fut désigné par Hegel-Husserl, déplacé par Nietzsche-Heidegger, analysé par Sartre-Lacan (hors du moi et dans le moi) l’arc de conscience donc découvre qu’il dépend d’un réel, d’une altérité, absolument brute, telle que « là », et que cet arc est situé.

Cet arc est situé sur un « plan », une étendue (comme disait Descartes), laquelle est tout entièrement visible, dans la visibilité (il n’y a de réalité que manifestée parce que déterminé, ce qui est déterminé est dans sa propre visibilité, un atome d’hydrogène se distingue d’un atome d’hélium) ; ça n’est pas la visibilité qui interroge (de même que ça n’est pas l’être ou le non-être), mais la possibilité ; ou donc la possibilité pour la visibilité de se continuer. Comment la visibilité, l’apparaître peut-il devenir ? En entrant dans son propre champ. Soit donc à devenir conscience-de.

La conscience-de est le summum de la manifestation et donc aussi du possible. Du moins tel que nous sommes en mesure de le connaître, de l’expérimenter ; peut-être, dit autrement, existe-t-il une « sur-existence », une sur-manifestation, un hyper devenir, et donc non seulement comme exister fonctionnel, lorsque le présent est l’articulation réelle des réalités, mais encore plus l’exister dimensionnel ; la dimension réfléchie de la manifestation œuvrant le possible-même ; comment si la réalité est manifestation et la conscience articulation de cette manifestation, comment exclurait-elle la réflexion, et ce au sens de réflection ? Puisque la question est la capacité même du possible ; jusqu’où est-il possible ? Trouvera-t-il lui-même sa ressource ? Puisque seul ce qui est rapport à (soi) est susceptible de devenir. Il faut que celui-ci se voit, que la structure-sujet se perçoit afin de se distinguer, et toutes les réalités sont sa vision, son activité, son action, sa pensée, sa perception.

Le problème du possible possible est donc, pour nous, en notre existence, celle de la ressource. Où puisera-t-on la capacité de mener le plus Haut Possible ? Dont on sait que l’idéal christique est tellement inaccessible. Ou l’impératif kantien. L’idéal révolutionnaire. Tout ce que l’on qualifie d’idéaliste, mais également les œuvres dont la perspective rend proche le plus lointain. Le plus cohérent non en termes d’objectivité rationnelle ou universelle, mais structurelle de conscience-de – plus loin – (soi). Ce en quoi nous appelle dieu, le christique, l’universel, la pensée, le sujet, la révolution et le réel, en tant qu’existant en sa racine de structure, laquelle racine n’est pas dans un quelque chose (serait-il « la pensée ») mais dans le champ de perception qui inaugure tout, qui fait qu’il y ait, pour nous, dans son actualité et dans son actualisation seule, un monde, un vécu et un relation, un corps. Tout cela existe, pour nous, parce qu’exposé dans le champ intentionnel. L’œuvre des œuvres (au sens large de toute activité portée au lointain) ce sera donc la formulation, l’énonciation qui entre dans le mouvement de chaque arc de conscience, ramener la motivation et la ressource et donc la vision elle-même dans le champ et pour la structure et l’activisme (du poète, du réformateur ou du citoyen, du philosophe) ; on ne sait pas ‘où’ nous conduira la vision… mais si nous prêtons attention à cette œuvre ou cette action c’est que nous cherchons-explorons déjà, sinon nous ne serions pas là.

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Présupposés cruels

14 Novembre 2020, 07:44am

Publié par pascal doyelle

Historicité de l’ontos. L’os du réel tel qu’intentionnel, de notre point de vue (sans préjuger de la Structure-Sujet qui in-forme la totalité de tout ce qui est, fut et sera, encore plus selon son chemin de perfectibilité brute au début et ensuite pure et simple).

Dès que l’on sort de tout monde particulier on aboutit à la structure ; les mondes, les sociétés humaines, les relations, les corps, les vécus sont des contenus : la structure est cela qui permet de produire des mondes (dans un champ intentionnel qui via les signes organise et d’abord invente, crée l’espace au-devant, lequel champ doit demeurer concerté, disposé, prédisposé par son activité et son actualité).

La structure étant un rapport lorsqu’elle se manifeste elle se tient toute droite et toute nue ; claire et nette. Dieu (l’intention, que l’on y croit ou non n’a aucune importance, sinon pour chacun), la pensée (le déploiement forcément universel de tous les rapports en conscience, les intentionnalisations), le sujet (l’intention au cours d’une vie, transformée en existence), le réel (ce en quoi et par quoi il existe une intentionnalité ; un rapport dans le rapport, l’arc de conscience dans l’arc du présent).

Et donc étant un rapport la structure (de conscience) se-sait. Elle sait quelque chose, quelque chose du réel de son ex-sistence. Le contraire serait étonnant. Le se-savoir est en lui-même infiniment étrange, littéralement (autre, jetant tout contenu, auquel on aimerait s’identifier, dans la distance brute de l’acte intentionnel). Puisque la forme, structurelle, ne passe pas dans la réalité ; ce qui crée de la détermination ne peut pas être soi-même déterminé. Par contre ce qui existe indéterminé (la structure, la conscience) saisit l’indétermination, la forme et en vérité il n’existe de saisi que l’indéterminé. Ce que l’on aime vraiment est tellement autre que tout, y compris nous-même, que cet état de dépendance vis-à-vis de la forme brute nous précipite dans l’indépendance (si le réel, la conscience était déterminée elle serait attachée, liée, enchaînée à un quelque chose quelconque).

Ou, dit autrement, tout est symptôme de la face indéterminée, qui se tourne vers nous-même et qui ne renvoie pas du tout une tautologie mais précisément le mouvement pur et brut.

Que tout le reste soit symptôme implique que l’on cherchera en vain ceci et cela dans le monde, le vécu ou la perception ou le corps ; on ne trouvera jamais la résolution. C’est exclusivement la prise en compte de cette face indéterminée par et pour elle-même (puisqu’elle seule se voit, se saisit, se-sait) qui pourrait, éventuellement, résoudre et encore faut-il s’entendre sur ce type de résolution, résoudre donc l’équation de structure. On a dit déjà que se saisir pour le rapport qu’est l’actualité intentionnelle un « être saisi » par (dieu, la pensée, le sujet et la liberté et égalité, le réel).

C’est pour cela donc que l’on a instancié dieu, la pensée, le sujet ou le réel (ou qu’il se révélèrent à nous) ; dont on pressent qu’effectivement ils échappent. C’est ce qu’explicitement ils affirment en s’annonçant; la pensée aussi bien que dieu sont « à l’extérieur » du monde, valant, remarquons-le, pour eux-mêmes ; on peut comprendre le monde via leurs portes respectives, mais ils ne peuvent pas être compris dans et par le monde, le moi ou le vécu.

Or on ne voit pas la liaison entre le moi et la raison, le monde et le un, la perception et l’être (idéel), si on y oppose des masses frontales, telles la matière et l’esprit ; soit donc si on tient la substance mondaine et la substance idéelle d’un côté et de l’autre.

C’est le mystère de la troisième substance, celle-là même cartésienne ; dont on se doute bien qu’elle n’est ni l’une ni l’autre. Descartes s’interrogeait sainement sur l’unité de l’âme et du corps ; comme il a inventé, créé l’interstice du possible en séparant la volonté de la pensée, il voit de fait, comme un Fait manifeste réel, que tout l’ensemble repose sur autre chose, autrement. En nommant « pensée » l’ensemble de nos facultés, il n’est pas loin de Kant qui décrit le transcendantal, l’encadrement spécifique du phénoménal, mais aussi de l’exercice de la liberté et de la faculté de signification, d’expression.

Et ainsi il fallait reprendre plus haut, plus en amont, antérieurement, en-avant de tout et découvrir ce qui originellement nous extrait et nous expulse du monde donné et du vivant et de la perception immédiate et du corps. Ce qui s’accorde à cette logique, que d’aucuns refusent de reconnaître comme fondatrice, que nous débutons avec et par nous-même et nous-seul. Ou plus exactement parce que nous voici tel ce moi embarqué dans plus grand que « nous-même », en conséquence de quoi nous débutons, tout débute toujours par la station la plus élevée possible, lAntériorité s’annonçant comme être, vérité, intention, fait absolu.

On en a vu et reconnu la raison ; ce qui existe comme rapport est pris dans ce rapport et la nature même de cet « être » étrange (qui n’est pas un être justement, une identité ni une détermination, mais survole toute sortes de déterminations effectives ou possibles), sa nature même est d’être-autre ; sinon rapport il ne le serait pas. L’os du réel vient instantanément tel lui-même, et sitôt qu’il est signifié et entre dans son propre champ, il sait-déjà sa capacité (qu’elle soit dieu, vérité, liberté ou possibilité).

Comment tirer la leçon de ce qui ne se prévoit pas ? Parce que savoir la capacité ça n’est pas l’exercer. Et on notera bien à quel point les juifs, les grecs, les français ou le moi furent surpris, n’y comprirent rien mais le voulurent malgré cela ... et bouleversés de fond en comble dès l’installation, l’instanciation de la structure dans le peuple, la représentation, le corps social ou le corps tout court. Ça ne sera, ensuite, plus jamais la même chose. Puisque l’articulation se détend soudain et dénoue toute l’historicité, toute l’apparition de soi, du monde ou de la réalité, toute la représentation et jette le corps dans l’a-temporalité.

De même que le moi s’est psychiquement senti coupé de son être, qu’il n’est plus un enfant et que désormais il est livré à la séparation, à la souffrance et finalement à la mort ; tout cela parce que soudainement (ou pas) il a basculé du côté du réel, de l’horizon non pas qu’il perçoit mais à partir duquel il se perçoit comme un étranger. Où est son être alors ? Nulle part, il est brut et pur mouvement.

Se-savoir selon dieu, la pensée, le sujet ou la possibilité c’est ne plus se régler sur le même temps. Le dénouement de la temporalité c’est bien comprendre que la décision qui viendra engagera non plus tel ceci ou cela, bien indifférent, mais le temps lui-même, le réel, la structure à l’origine de tout le reste, et en fonction de laquelle le monde, les sociétés humaines, les vécus et les corps s’affecteront de tel ou tel effets, résultats, conséquences, décisions, actes, et au plus loin projets ou stratégies (le projet sartrien est une version de ce que l’on nomme stratégie, dont on sait qu’il, ce projet, prolonge ou plonge ses racines dans toute l’intentionnalité de toute une vie, nommée ici existence, serait-on Flaubert ou Genet).

Situation excessivement étrange, qui rappelle immanquablement que nous dépendons de dieu, de la pensée, de la liberté ou du réel ; rien ne se fait sinon la volonté de dieu, selon la vérité, pour la possibilité (comme liberté et comme réel, si l’on veut le possible de la liberté et la possibilité qu’est le réel). Tous les autres choix demeurent toujours possibles, mais ils se tiendront inférieurs à la possibilité même ; étant entendu que nous ne percevons que la détermination (ou le péché ou l’erreur ou l’égarement et la petitesse et qu’il faille constamment relancer, remonter les peuples, les systèmes, les vies vécues, les corps, et élever tout cela, élever la perception par quelque œuvre par ex).

Sinon nous tombons, dans le donné, poussé par le corps, qui, lui, en tant que vivant abonde naturellement au donné immédiat. Tout nous incline à ne pas nous élever. On se découvre mille et une raisons de n’être que ceci ou cela ; on pare l’objet du désir, on habille l’objet avec le désir, pour le rendre désirable mais c’est afin que le corps emprunte une fonction et que l’on en soit libéré en le considérant comme naturel ou humain selon la rature humaine ou idéal de ce moi, et donc justifié, salement, comme disait Sartre (« les salauds! ») ; juste, ce qui veut dire sanctifié selon son objet, alors que sanctifié selon son sujet c’est tout autrement difficile… Il faut qu’il reçoit cette sanctification, la grâce, et qui ne sera pas du monde, du vécu ou du corps. C’est la différence entre le fantasmatique du moi (son spectacle si facile et qui le réconforte) et telle œuvre qui demande de se plier, à la discipline, et donc à la sainteté.

À la purification de la volonté, qui dès lors n’est plus « la-volonté » (du conscient qui n’est jamais que le regard de l’autre la plupart du temps et qui ne l’est plus uniquement si le je, transis de trouille, par exemple, et sait qu’il mourra seul et sans rien et qu’autrui n’y viendra pas), n’est plus la-volonté donc mais l’intention. Dont les ressources internes s’actualisent dans le champ de l’intentionnel d’une existence. Qu’ai-je vraiment voulu ? Ou pour les grecs qu’ai-je véritablement voulu ? Ai-je fait tout ce que je devais ? Ai-je éprouvé tout le possible possible ? Et jusqu’où cela s’arrête-t-il le « possible » ?

(on a vu que théoriquement le possible ne s’arrête pas, ne peut pas s’arrêter ; si il est la structure même du « réel » alors il ex-siste indéfiniment ou infiniment, il est plus grand que lui-même ; il existe un réel afin qu’il devienne encore-plus en se re-tournant, tournant à nouveau selon sa forge indicible, qui est celle qui énonce, annonce, perçoit en nommant, en signifiant, en pensant, en décidant de ce qu’elle va Voir)

Or on peut dire en un sens que chacun recevra selon sa Possibilité même, si l’on est chrétien. Ou que dieu est le système absolu des libertés, cartésien (Sartre termine l’E et le N par la vision de dieu ; le pur mouvement, néant, face à l’inertie, l’être massif). Il faudra donc poursuivre le système de l’a-temporalité (requis kantiennement pour le transcendantal) et on ne voit pas vraiment qu’il soit raisonnable de se limiter à la fonctionnalité de la structure, ni alors comment échapper à la dimensionnalité ; que recherche le sujet sartrien, en cette vue intotalisable de cette totalisation vécue ? Quel regard veut-il étreindre qui survole toute l’existence ? Mais sans la croyance en un point de vue de ‘sur-existence’, ce dont Sartre se prive, sciemment, chacun est rendu à sa responsabilité, seule, et donc à son degré d’observation plus ou moins limitée ; où l’on voit le bénéfice du pur réel suréminent d’un regard-en-plus qui seul offre l’ampleur de vue ; ce qui veut dire qui seul permet de commencer d’établir une stratégie d’existence. Ce que l’on nomme arc de conscience dans l’arc du présent absolu, et à tout le moins formel, pure forme, réel brut.

C’est par là et par là uniquement qu’il y eut historicité.

Il faut donc partir de ce principe que nous sommes déjà toujours embourbés dans la détermination et que constamment nous tombons, vers le bas, et qu’ainsi l’élévation nous est impossible, sinon de passer par-delà, outrepasser non pas le donné seulement mais celui que nous sommes ; ce à quoi nous nous devons n’est pas, ne se perçoit pas mais réside dans la possibilité non visible, non déterminée ; ce qui revient à dire que la conscience n’a pas de programme, elle est le programme. Qu’il n’existe que l’Intention (nommé pour nous historiquement dieu) qui instancie la communauté (les juifs, la nation) que cette communauté est constituée d’individualités le christique, le sujet, tous égaux dans chacun son Intention et que ces individualités égales sont libres (la révolution et la nation démocratique, à la fois libérale et communiste), et rien de tout cela ne peut s’effectuer sans travailler, élaborer, créer toute la possibilité et le tissage intentionnel qui ne tient que de se signifier, en conscience, et ceci et de l’ensemble et de chacun ; il ne s’agit pas d’idées abstraites mais de comportements, de tournures du corps pour ainsi dire. Que cette organisation, cet organisationnel, cette méta-organisation ne s’effectue pas du tout sans éprouver le corps, le vécu, le relationnel, la représentation, la perception, et ce jusqu’à descendre de ou remonter à dieu, à la pensée et l’universel (et les savoirs et les connaissances), au sujet et au réel. Ascendance et descendance ontologique.

Aperçu autrement, il y eut un tel déferlement d’images (de musiques, de récits, de médias, mass et micro médias) afin que chacun puisse disposer d’une image hautement élaborée de soi mais aussi de l’ensemble et que cet ensemble obtienne lui aussi la visibilité de ses extensions et réalisations dans le multi-regard humain et humanisé ; que donc, pour chacun, pour le vivant, cette image de soi élaborée soit intégrée dans le corps même, que cette image puisse s’incruster dans la ligne de fracture qui par le signifiant ajoute au corps une autre-surface, celle sur laquelle s’inscrivent, voire s’écrivent les signes et le mouvement aboutissant à rendre complexe (ou compliqué) ledit corps ; ce qui lui cause de considérables problèmes et des dérives dans l’ensemble difficiles et perturbantes (un corps vivant supportant péniblement qu’il soit scindé par le langage dirait Lacan, par l’arc de conscience si l’on préfère, qui décentre le regard hors de lui-même, pour un vivant c’est effarant et effrayant, qu’il se perçoit du dehors est littéralement pour cet animal totalement fou, et ça le rend fou).

Or pourtant c’est ce dont il s’agit ; d’abord que s’emplissent les signes sur l’autre-surface du corps ; via le regard de dieu, qui imprime son Intention, la nation nouvellement relationnelle, l’universel et la pensée, l’égalité sous le regard du un-tout-seul (celui qui meurt seul), la liberté sous l’universel de l’égalité de tous et de chacun, creusant la difficulté et régulant l’une complexité par l’autre et puisqu’il s’agit non d’un sac que l’on remplirait (une «accumulation de connaissances ») mais d’une qualité de conscience, de mise en rapport, à la fois relationnelle (il faut qu’autrui me considère a minima comme individuel, de là que l’on devienne soudainement sans race, sans religion, sans qualité identitaire ou d’identification)
et individuelle (il faut que chacun ait accès à soi, ce qui n’est absolument pas du tout facile ni une évidence … et doit venir d’une expérimentation excessive et excessivement individualisatrice, et donc élevée … parce que ce qui n’est pas élevé ramène le sujet à des « éléments », des « choses données », des immédiatetés, des passés épars, des héritages, des dispersions, la non liaison intentionnelle qui effiloche et démolit l’élaboration intentionnelle, son affaissement puis son effondrement.

Il faut saisir qu’il ne s’agit nullement de noyaux séparés qu’il faudrait ingurgiter, mais de liaisons, liaisons dans la représentation laquelle est tout entière produite par l’intentionnalité ; elle n’est pas de segments séparés, mais de rapports qui engage, donc, le rapport structurel ; de là que l’on ne peut pas philsopher ou être saisi de dieu ou du corps christique ou de la révolution ou d’une œuvre sans y être, et de telle sore que l’on y ex-siste.

Le langage existe peut-être dans le vivant, mais il se décuple par cent mille lorsque pris dans l’intentionnalité ; et dans le régime général (et absolu, il n’y a de réalité que manifestée, c’est la nature même de la « réalité » de se manifester) du champ de perception, il s’opère des champs d’expression qui ont pour finalité de faire retour dans l’unité et constituer ce que l’on nomme une mémoire qui est l’essence de chaque chose ou être ; mémoire étant ici et pour nous une activité qui-se-maintient (l’adn par ex, ou la structure des atomes est une mémoire d’opérations dans le champ externe qu’est la manifestation qu’est la réalité, et ce qui ne se maintient pas, n’étant pas organisé, se dissout, se disperse ; c’est d’être organisé que l’unité-mémorisée continue).

Pareillement le sujet qui est un rapport (qui ne contient pas sa mémoire dans son être, il n’a pas d’être puisqu’il est champ opérationnel de signes) n’est pas une forteresse mais tout l’inverse ; il se doit d’exister suffisamment perméable pour absorber le maximum d’informations lesquelles ne sont conservées (et donc perçues et re-perçues, re-connues) qu’organisées et organisées sur, dans et par la structure même de sujet ; soit donc une stratégie intentionnelle, qui se doit d’être élaborée au plus haut, au plus loin ; sans l’investissement en conscience du moi le sujet demeure à l’état d’ébauche, d’irréalité ; il se cherche à tâtons dans les images, qui ressemblent au corps, puisque son flux est fixé par la satisfaction selon le corps (qu’il hallucine comme jouissance, épouvantable, qui, si elle se réalisait, le déchiquetterait, ou dont il rêve dans les récits faciles ou les publicités, qui tiennent de l’hallucination en vérité). Le je sait qu’il n’est pas dans les images et que les œuvres, les véritables, sont tout autrement que de ‘magnifiques objets’ ; ce sont des champs intentionnels, et les grandes œuvres contiennent quantité de champs ; elles s’adressent à chacun et constituent chacun en tant que je. À condition qu’il y travaille, c’est la structure même de tout ce qu’il peut que lui destinent les signes.

Il est une puissance structurelle (bien plus augmentée, intensifiée, concrétisée, incarnée) qui réside dans le regard-qui-voit, le rapport intentionnel, et qui, lui, n’apparaît jamais, nulle part et de quelque manière que ce soit, et, secret formel, repli continuel, qui se retire toujours plus antérieurement, dont témoigne seul le sujet pour et via un « lui-même » inétendu et atemporel, quelques signes ici et là dont il accepte ou non plus ou moins les tracés, liant son propre trajet de ces tracés très précis et très individués (ça ne se fera pas sans moi, ce qu’il se dit) ; voila ce que sait le sujet (qui ne se satisfait pas selon le corps et qui n’est nulle part dans la détermination).

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Présupposés invincibles

7 Novembre 2020, 09:50am

Publié par pascal doyelle

Hypothèses explicites

Rappel ; on prend, ici, tout comme cela vient. On admet l’Ancien Testament, Platon, Descartes, Nietzsche, Lacan ou Rimbaud et Bach tels quels. Ce qui est éprouvé, est expérimenté. Évidemment cela se double d’une interprétation ; on essaie de comprendre ce que Platon a Vu, littéralement, dans les Idées. Quant às avoir si les Idées ou Dieu ou le sujet ou la Volonté existent en soi, on laisse à chacun le choix ; mais il est hors de question de remettre en cause les descriptions élaborées par d’autres (pourvu qu’il s’agisse d’une certaine cohérence ; un délire relatif à des éléments psychologiques ou psychiques ou immédiats n’a pas d’intérêt).

La différenciation est celle-ci ; chacun peut bien ne repérer et retenir que les données, les datas, les déterminations constatées empiriquement constatées ou tel ou tel scepticisme, etc. Ici on admet l’intention. On remarque que nous existons, tous, chacun, selon une intention, et que lors même qu’elle serait non accessible ou difficilement saisissable empiriquement (et s’intégrant à telle ou telle théorie, discours, idéologie, système de lois scientifiques, etc), lors même que non empiriquement (au sens moderne et contemporain) décrite, cette intention est à elle-même sa propre logique, son propre procès, sa capacité. Et il faut, impérativement, reconnaître, nommer, désigner, connaître peut-être cette intention et en parler, explicitement ou le plus explicitement possible, sinon « de ce dont on ne peut parler, il faut le taire », proposition que l’on considère comme totalement aberrante (étant entendu qu’il s’agissait de la logique ou plus loin du seul « empirisme », dont on n’a aucune idée précise, puisque des empirismes il y en a des tas).

Donc de l’intention il faut parler, afin que les intentions deviennent et se démultiplient et se déploient. Et il existe, au moins, une discipline qui interroge au plus loin possible cette intention ; la philosophie (qui a pu ensuite se diversifier en divers sciences, humaines entre autres).

Présupposés extrêmes

Dans l’infinité du néant, l’être est l’infinité des effets de l’infinité de l’exister, pour résumer schématiquement.
Néant-infini / être-infini (il y a autant de néant dans lequel existe l’être au sens générique, ça n’est pas l’un ou l’autre)
à quoi on ajoute l’exister-infini et le sujet-infini.

Le néant qui est « rien du tout » n’oppose aucune résistance à l’être (on ne voit pas pourquoi ils s’opposeraient ; donc les deux existent). Dans l’infinité du néant (qui est ‘rien’) existe l’infinité de l’être (au sens générique).

Dans l’être, générique, on distingue d’une part la réalité (l’être au sens déterminé, au sens de multiplicité de déterminations) et d’autre part l’exister ; le fait que l’être existe ; le fait monumental que le réel existe, qui se donne à nous comme ‘présent’. Le présent actualise la totalité des possibles.

Dit autrement on ne conçoit pas du tout ce que l’être veut dire si il ne se meut pas (voir plus loin) ; si il se meut, il devient (et on recherchera par ailleurs pour ‘quoi’ il devient), le présent est l’acte, l’actualité, l’actualisation du possible.

Pour ceux qui se poseraient la question du process, il n’y en a pas ;
néant/être/exister/sujet paraissent en « même temps » ; ils occupent toute la Possibilité.

Au point le plus extrême (mais c’est une extrémité, voire un extrémisme) on dira que l’ensemble du déploiement est un-seul-instant ; ce que l’on peut figurer comme un-seul-pli qui produit en interne une multitude, ou une infinité de plis. Dans le néant (qui est « rien du tout » et ne s’oppose pas à l’être réel) un-seul-pli génère en interne une infinité de plis et cet « interne » est l’externe… ce qui veut dire est la réalité ; tout est exposé, exhibé, manifeste, exprimé, déterminé, et dans le mouvement même de devenir, de se produire.

Ce qui reprend le principe unique du Possible. Qui se double, donc, du principe d’intégrale positivité ; tout ce qui est possible est totalement réalisé, il n’y a pas de négativité. On n’avance que vers le haut, grosso modo. On passe de la brutalité de ce qui est à la subtilité de ce qui apparaît. Puisque la réalité est le champ d’apparition de ce qui est, qui, se percevant, avance. Ce qui est, théoriquement, très simple, et au minimum convainc de ce qu’alors la progression, l’avancée, le possible revient à ceci ou cela qui existent vraiment ; que l’atome se complique, que la vie se complexifie, que la conscience se distingue. Ce qui se complique, complexifie ou distingue se doit à une cohérence ; ce qui n’est pas cohérent disparaît, au sens très évident qu’il s’effiloche, ne résiste pas au temps, aux chocs, aux autres réalités ; c’est seulement ce qui est cohérent qui dure.

Le possible est cela seul, le seul concept, qui puisse tenir néant-être-exister-sujet. Le réel est le possible ; tout ce qui est possible, existe (évidemment le possible n’est pas l’imaginaire, qui est toujours une combinaison de parties existantes, une licorne par ex).
On y reviendra, évidemment, un jour. Il faut supposer ou il est supposé ici que tout est en une seule fois ; néant/être/exister/sujet. L’ensemble est l’ensemble de la monstration. Tout est montré (on ne comprend pas du tout que quelque réel ou réalité soient « cachés » ; qu’il y ait ‘réalité’ veut dire, implique monstration, exposition ; tout est manifeste absolument de a à z, et donc de but en blanc … tout est instantanément réel.

Tout cela ne pose aucun problème ; le seul problème est celui-ci que, tout étant posé en une fois absolument dans tous les sens (possibles ; néant, être, exister, sujet) alors qu’advient-il ? Il advient que le réel, au sens de l’ensemble de tout le process, sera plus grand que lui-même. Le réel ne fait pas problème, ce qui est intéressant (et seul intéressant) c’est comment il devient encore plus grand, encore plus précis, encore plus réel. Il y a une aventure (le devenir, ou donc le réel) et elle avance.

Question que chacun éprouve singulièrement ; que puis-je ? Ou qu’est-ce que je veux ? Selon quelle vérité ? Pourquoi se pose une problématique de vérité ? Pourquoi ne suis-je pas ce que je suis, mais ayant, au contraire, à être autre que moi-même ? De sorte que le moi-même est juste un artefact, un artefact ou un avatar, sans qu’il y ait un deuxième « moi » derrière, avant ou à part du premier ; mais autre chose et autrement qu’un « moi » (on sait que nous nommons ce point de vue dans lequel paraît le moi, un sujet).
Ou, variante
qui s’est imposée de fait puisque beaucoup,k beaucoup plus ample (vers le monde) et profonde (dans le creusement et l’exploration de la structure du sujet) qu’est-ce que je veux ‘vraiment’ ?

Interrogation christique non-finie (votre jugement qui dépend de votre rapport ne peut pas se fixer, sinon de par vous-même, tandis que le christique vous laisse ouverte toujours la porte du possible par-don). Tandis que les grecs, qui admettent un ordre, universel, entendent seulement connaître la vérité et ne relativisent pas celle-ci à la plurivocité absolue, formelle, de l’intention, qui, elle, donc, doit créer la possibilité ; le christique ne ferme pas la réalité (que la pensée par contre tend à enclore dans l’universel vrai) et destine tout ce qui est en et par une signification non pas hors du monde, de la vie, du corps, mais prenant le monde, la vie et le corps antérieurement.

Laquelle signification se nomme et se désigne et existe structurellement, entraînant de considérables et pour le dire de totales conséquences (c’est ce qui va créer l’historicité même ; l’historicité est celle de la structure, de même que Platon a tenté de faire-être la société parfaite selon l’universel, on a organiser uen société dans la formulation liberté/égalité, et pas du tout selon la « raison » qui est beaucoup trop courte pour le réel ; le marxisme relevait encore, lui, de l’universel, de là Badiou) ; à savoir que ma liberté (qui n’appartient pas à un ordre, de fait) est aussi la liberté d’autrui (l’égalité) ; et cette finalité est en elle-même, en soi pourrait-on dire. Déployer la plurivocité intentionnelle (qui est initialement christique, elle fut inventée par et pour le christ ; de Saint Paul à Saint Augustin, de 70 ap JC à 430 ap JC) ça ne s’effectue pas idéalement ou idéellement (à ce tarif-là Nietzsche idéalise cent fois plus ; son idéal est pour le coup vraiment hors monde) ; mais consiste, la plurivocité, à démultiplier les perceptions ; les perceptions, pas les idéaux ; l’attention portée envers soi, autrui, les significations, la représentation en tant que j’en prends la charge individuellement (et non plus sur un groupe communautaire ou un universel), sont évidemment des champs entiers d’intentionnalités et d’intentions ; cette attention à soi (et donc explicitement autrui dans le christianisme) est un bouleversement (qui pointait déjà dans la pensée grecque et romaine, sauf que dés lors il n’y a pas une règle universelle, stoïcienne, etc, mais un autre-regard… une autre-intention in-finie).

On a tellement par habitude réduit le christique à une vague orientation « morale », une intention, que l’on n’a pas compris, ni vu, qu’il lançait une quantité indéfinie de champs intentionnels. Chacun recevant ce regard-autre.

Remarquons ceci qu’elle ne peut pas avancer sans se-voir… c’est justement la manifestation l’introduit à son propre champ (cad qui prend tout en son champ, qui n’est donc pas elle-même déterminée et limitée mais formelle, comme l’exister et l’arc de conscience sont formels ; la réalité est intégralement manifestée et se tient dans son champ de vision, un atome « reconnaît » un atome et ils jouent de et par leur détermination, ils s’ordonnent en une construction qui, si elle est ordonnée vraiment, dure selon le temps, ne se disperse pas par incohérence). On considère et on admet, ici, clairement (c’est une de hypothèses de base) qu’il y a réalité non seulement en raison du possible possible (pour ainsi dire), mais parce que « réalité » équivaut à « manifestation » ; manifestation afin que de se percevoir elle advienne, s’augmente, s’agrandit, trouve les moyens d’exister-plus, d’abonder non seulement dans sa quantité, si l’on veut, mais dans la qualification ; un vivant entame une plus grande acuité, un plus précis discernement, une capacité plus actuelle qu’une pierre ou un atome. Et si on entre dans notre propre champ, ça n’est pas pour répéter le même, mais du seul fait de se-percevoir le perçu se modifie. Et donc dès que le process est lancé, il avance.

Et on a reconnu que l’absolu est le sujet, en ceci que le sujet seul peut devenir ; un infini qui ne se modifierait pas n’a pas de signification, il est juste inerte. Et c’est pour cette raison qu’il existe « une réalité » afin que la réalisation soit de fait structurellement manifestée et qu’apparaissent des « sujets » qui apparaissent de plus en plus dans le champ.

Existentiellement, qualification du mécanisme ontologique

Fonctionnellement (la réalité est telle que prise-dans l’exister, le présent déroule tout ce qui est),
ou dimensionnellement (la réalité est prise-dans une dimension antérieure).

De notre point d’intérêt à exister
Fonctionnellement si l’on veut absolument éprouver tout le possible de ce qui est et de ce qui existe (et ne rien céder sur la Possibilité même). Explicitement ; on veut, ou non, éprouver le plus clairement et le plus fondamentalement possible l’existence.
Dimensionnellement si l’on entend la Possibilité comme étant toujours-plus grande et étant en sa nature même, en sa structure absolument in-finie ; un mouvement qui ne cesse pas de se mouvoir.Explcietement ; Dieu existe, le non-temps existe, le réel est en soi un en-dehors qui se sait, l’esprit existe, l’universel existe, etc. Ce que l’on ne rejette pas du tout, ne serait-ce que de ceci que cette hypothèse-là permet de mener au plus loin, Au Plus Loin, la capacité, la possibilité, dont on a reconnu qu’elle s’imposait comme le sens même du réel.

Perfection et perfectibilité

Dans les deux sens, orientations, il s’agit d’avancer selon non vers la perfection mais selon la perfectibilité ; la différence en est que la perfection est un état à atteindre, tandis que la perfectibilité on ignore où elle s’arrête, en ceci qu’elle revient constamment sur sa propre possibilité.

La différence est que dans la perfectibilité c’est la structure elle-même qui se modifie, tandis que vers la perfection il s’agit seulement, si l’on peut dire, de conformer notre être en un Bien. La perfectibilité ignore ce qu’est le Bien réel et effectif et il est immédiatement concret ; il recherche le concret.De manière surprenante, peut-être, on juge ici que l’idéel de liberté-égalité est plus concret que l’idéal de liberté seule ; puisque l’égalité oblige la liberté, et donc s’entretenant en chaque sujet, à se penser, se comparer, se réguler, d’inventer les règles et les lois de cette ambition.

Lorsque la perfection est de rigueur nous sommes contraints à la conformité, selon un ordre prédisposé. Lorsque c’est de perfectibilité dont il s’agit, alors prend sens irréductiblement le créé. La formule classique ne comprend pas et ne saisit jamais ce qu’est la liberté, ni la création sinon comme ressemblance d’avec l’idéal ; mais le créé implique considérablement plus ; on invente cela même qui peut être, et non pas remonte le particulier en l’universel fixe (voire figé). Dans la version classique l’être n’est pas suspendu à la liberté, dans l’exister l’être bascule en l’exister et devient la verticale qui s’élabore en tant que telle ; c’est pour cela qu’elle est invincible.

L’être, comme idée, peut et sera et a été indéfiniment contre-dit (pour parler comme Kojève, recherchant encore mais remarquant bien que la contra-diction est (peut-être) abolie par Hegel). Kant veut passer par-dessus et créer la nouvelle structure, supposée, du nouménal ou plus exactement que l’on obtienne, ici-bas, ici et maintenant, une version, une visualisation du nouménal ; la philosophie kantienne elle-même. Qui poursuit les fils qui organisent et pré-organisent le donné, le phénoménal, le vécu (le vécu viendra plus tard, avec Kierkegaard, Heidegger, Sartre, Lacan). Kant nous ouvre la possibilité de représenter le non représentable. Or c’est cela même qu’initie Descartes quant aux prolégomènes du sujet, mais plus libre puisqu’antérieur à Kant, et cependant encore pris dans la pensée le précédent, et s’en écartant soudainement par on ne sait quel ressort qui s’éjecte hors de l’automate métaphysique, et permet de commencer de révéler le mécanisme même ; ce que l’on désigne comme structure ; en ne faisant que reprendre tout ce qui a pu s’en découvrir ; du kantisme en passant par Hegel jusqu’à Sartre et Lacan, ambitionnant avant tout d’en montrer l’historicité : plus quelques possibilités.

Or ceci ne se peut sans disposer de l’ontologie, réelle ; non plus celle qu’indiquait la métaphysique (qui prenait le discours comme pensée et l’esprit comme substance du monde, au cœur ou en opposition) mais relativement à la structure agissante du réel. Somme toute depuis le 17éme on s’est ingénié à décrire le sujet, cette articulation telle que « subjectivement » elle se donnait ou s’appréhendait ; puisque l’on était encore plein du préjugé que seul la pensée consciente rationnelle imposait sa consistance (la pensée consciente se présente comme objet, discours, objectif et matérialisable, sur l’objet) et que le sujet n’était autorisé qu’à titre de prélude-à.

Le glissement s’est effectué évidemment en approuvant, abondant le monde (Marx, Freud, les sciences humaines, mais aussi les sciences tout court), dans le vécu existentiel, dans, pour le coup, la subjectivité et la relativité de tout, puisque l’universel fondé sur la seule pensée décidément échappée et s’emplissait de contradictions, insolubles dans la limitation de la pensée. Or pourtant comment renoncer à la liberté ? Parce qu’après tout si l’universel est à ce point faux ou faussé, alors nous ne sommes pas libres. Si la liberté existe alors elle existe à la racine, à la source, est la source elle-même et c’est le tissage non de telles ou telles parties du monde mais de la liberté d’avec elle-même qui compte et qui compte d’abord ; les effets s’ensuivirent, et ce dans tous les domaines.

L’être s’auto-contredisant est devenu une habitude et symbolise l’échec de la « métaphysique », sauf si l’on comprend que l’être, le bien, le un, etc, furent utilisés en tant qu’opérateurs rendant possibles quantité de vérités, ou si l’on préfère d’intentionnalités ; il s’agissait de développer toutes les consciences possibles de tout ceci et de tout cela. Il s’agissait d’un tremplin ; l’idée même de l’être est en partie pensée et en partie imaginée ; de là que Lacan puisse la passer et la philosophie du même coup dans le conscient, le conscient qui ment ou ne dit pas la vérité, qui ne peut pas être dite, comme on sait, pour le psychanalyste, elle est la ligne de brisure du corps pris dans les signes, cad l’intentionnalité ; et si l’intentionnalité supporte un tel traitement (qui nie le conscient, comme occupant tout le terrain, mais ne nie pas l’intentionnalité donc, la conscience) c’est que l’intentionnalité étant un rapport, toujours il lui manque une part ; il ne peut pas se saisir, s’auto saisir, ce qu’il objective est toujours-déjà un autre-rapport ; la conscience n’apparaît pas dans le champ, puisqu’elle crée le champ à chaque fois ; lorsque l’on disait que dieu, l’universel, le christique, le sujet, la révolution, le réel sont l’introduction du champ dans le champ lui-même c’est « sous tel nom » à chaque fois (dieu, l’être, le sujet, etc) ; et puisque le contenu objectif (idéalement l’universel, ou ensuite la science, et qui sont effectivement objectifs) est toujours un rapport, les objets sont connus dans ce rapport (typiquement Hegel qui essaie de montrer les horizons respectifs sur et par lesquels sont posées telle ou telle idée, le rapport-horizon dernier étant désigné comme « esprit »).

Les idées ou les lois sont objectives, mais non pas l’ultime borne ; toute idée est posée dans un horizon, celui que Hegel dévoile à chaque fois ; objectivement il n’est que des idées une par une, réellement (ou hégéliennement) il existe un flux dialectique ; l’esprit qui pense. Les idées et les systèmes ou les lois sont objectives, mais la structure de conscience, la structure-sujet est encore-plus objective, menant un bien plus grande cohérence (qui sera une poétique ou une politique ou une œuvre, quelle qu’elle soit ; le terme « oeuvre » est appliqué à ces pointes extrêmes et prolifiques).

Autrement dit ce sont des approches ou des approximations ; la structure-sujet échappe, fondamentalement, mais se mettent en place des signifiants de la structure ; et ces signifiants non seulement forment mais créent des lignes de signes.

L’ensemble de notre acculturation, qui prend comme fait et cause l’arc de conscience, sous les signes de dieu, de l’universel et de l’être, du christique et du sujet, de la révolution et du réel relève de cette mise en place des lignes intentionnelles. L’hypothèse, cette fois, est que « ce qui est » n’est pas une inertie. Mais un mouvement. Le réel est une articulation et on a dit que ladite articulation (n’étant pas recherchée selon l’esprit ou l’universel ou quelque éthéré) est le présent.

En poursuivant ce qui était énoncé au début : la plus grande possibilité est celle qui peut se modifier elle-même ; raison pour laquelle il existe un sujet, et que ce sujet est une intention (et non un ‘être’).

Il n’y a, à notre connaissance et selon notre expérience humaine en propre, aucune autre version d’un sujet hormis ce qui se nomme « conscience » ; laquelle est la conscience de (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même ; et non une quelconque identité ; c’est pour cela que le moi est une imagination dans le champ de conscience, dixit Sartre, mais que ce champ est, pour nous en tout cas, est le sujet, ce qui veut dire que le rapport n’est pas l’universel, comme on l’a cru longtemps mais existe en tant que un ; lorsque l’on croyait la pensée comme réelle, on pouvait vaguement imaginer que la « conscience » se situait ‘dans’ la pensée ; on ne voit pas trop comment, mais peu importait alors puisque la finalité, du moment, était d’installer la pensabilité comme activité fondamentale (en lieu et place du groupe qui pensait communément) ; tandis que notre activité, depuis Descartes, consiste à analyser la structure réelle, celle, en l’occurrence à l’origine de la pensée ou du langage ou de la représentation ou du moi ou de l’humanisation.

Il est dit « selon notre expérience humaine » parce que l’on ne cesse pas de se souvenir qu’antérieurement au dieu un tout autre, à la vision de l’être ou à la suspension soudaine du sujet, antérieurement donc nous n’avions aucune idée ou imagination ou représentation de ces faits structurels fondamentaux ; notre conscience, antérieurement à ces positions découvertes (ou révélées) ne parvenait pas à se placer sur la surface toute une du réel. La structure est venue comme un cheveu sur la soupe, a introduit dans la réalité la capacité, surabondante, du réel ; le pli s’est propulsé à neuf dans la multitude de plis, de mondes humains, de textes et d’images, et chaque fois la vague a investi toute réalité. Dimensionnellement ou divinement, fonctionnellement ou structurellement ; cherchant à se représenter, afin d’entrer tel quel dans le champ, en chassant bien sur les mondes et les représentations immédiates de l’humain et de la naturalité/sacrée, rappelons que l’on distingue le sacré (qui stabilise une part du donné naturel mais demeure en tant que monde et perceptions et groupe, communauté) et divin qui interjecte de la structure et rompt le groupe (les juifs par ex), ou l’individu (le christique) ou la représentation et la perception (tels les grecs) ; sans que ces divisions soient exclusives.

Ce qu’instancie Descartes ; le sujet est antérieur à la pensée et donc la métaphysique théologique est abolie, au moins dans son statut ontologique, laquelle ontologie est récupérée par et dans le sujet (jusqu’à Sartre qui entame l’Être et le Néant par une ontologie sommaire mais claire et nette (le pour-soi, l’en-soi) ; c’est pour cela que l’on dit que Descartes montre l’ontologie ici même, celle qui existe antérieurement à la pensée, au sens cartésien de perception, imagination, sentiment, idées, etc, bref tout.

Et comme la logique du réel est le possible, alors devient crucial ce qui arrive. Ce qui arrive en l’actualité, en chaque actualité le possible vient d’en-avant ; il y a un présent afin que de l’en-avant arrive le nouveau, la possibilité. Aussi la pensée classique théologique ou métaphysique qui recherche un Ordre (qui se répète) ne comprend pas la création ou la liberté. Or pourtant Dieu ou le christique ou le sujet oui. Mais pour dieu ou le christique il faut un certain temps pour que l’on comprenne ; que dieu nous appelle afin de continuer la création ou que le christique s’en va afin que nous puissions produire la mise en forme individuelle du monde et de l’humain. Que l’on y croit ou non (dans ces termes) c’est ce à quoi ces extrapolations (ou ces révélations) servirent.

Actualiser.

Et voici que se présente l’insistance sur la conversion ; à dieu, en la pensée, au christique, selon Descartes (c’est cela même qu’il montre), en la révolution, l’expérience existentielle (« le réel existe ») et puis en chacun tel ou tel aperçu soudain, une œuvre, Rimbaud ou Nietzsche, une psychanalyse, les années soixante, le rock ou la pop : ça vient par où ça peut, par où ça veut. Et ces expériences, qui sont la substance même du réel, mettent en jeu la capacité (à chaque fois telle ou telle capacité) ; la potentialité.

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De la perfection du rapport unique,

31 Octobre 2020, 09:17am

Publié par pascal doyelle

le réel en son élévation.

Il s’agit donc de rendre le réel suffisamment bizarre pour qu’il paraisse étrange et que de cette étrangeté apparaisse le mystère. On ne saisira pas ce que l’on est ; on en sera saisi.

Lorsque Lacan renvoie la psychanalyse à l’éthique, c’est de la conduite du sujet par le moi ; ce pauvre, le moi chétif et bricolé, qui a fait ce qu’il a pu avec ce qu’il a reçu ou trouvé, des autres, du passé, de la vie, de son corps, de tout ce que l’on voudra, le moi étant une synthèse souvent hâtive, qui n’est pas au point, malhabile, au fond inefficace, non sous la contrainte « professionnelle » de son humanité, là on y essaie toujours de se soumettre (sans y parvenir comme Houellebecq) mais inefficace quant à sa destination (de même que le Voyage de Céline), et finalement son destin, dont on dit ici qu’elle est le sujet… l’inaccessible. Mais peu importe parce que le sujet est fondamentalement inaccédé. Sinon il serait du monde et donc pas un sujet.

Rappelons que l’on a décliné la structure selon le sujet, l’individu et l’individualité (soit le citoyen communiste et le citoyen libéral, le besoin et le désir), puis le moi (depuis les années 50-60). À chaque fois la réalisation se concrétisant mais, de cela, l’intentionnalité s’enclosant toujours plus dans ce concret (qui était tout à fait nécessaire et inévitable) mais également se perdant, s’enfonçant dans le détail, la vie, le donné, les images. S’enfonçant selon la jouissance du corps, alors que la structure ne promettait que l’insatisfaction et ne reconnaissait pas du tout que dans le monde le réel ou dieu ou le vrai ou l’universel ou donc le sujet puissent se matérialiser, sinon à s’imposer comme garde-fou ou comme transcendance nouménale du phénoménal, comme je sartrien du vécu.

Tout le moi se tient dans la disposition (selon le monde, le vécu, le relationnel ou le corps), tandis que le sujet supervise dans la pré/disposition ; l’appel, le recours, le secours, le virtuellement, la possibilité antérieure qui jamais ne paraît, mais pose tout dans le champ du donné, mais aussi du vécu et du relationnel, du moi et du corps ; tout est en suspend et de ce sus-pend absolument cartésien (c’est par là que tout re-commence en sortant le sujet de la seule pensée, de l’universel, puisque le sujet entretient une bine plus grande cohérence).

Rappelons que le le sujet n’est pas ; il se tient au bout du champ intentionnel sans jamais se montrer ; puisqu’il fait-voir les réalités par les signes qui se tiennent à partir de lui ; de même que l’horizon (qui recule indéfiniment) pose les choses au-devant de nous ; nous ne percevons pas seulement l’horizon, nous nous percevons à partir de l’horizon.

Tout empirisme se trompe lourdement ; on ne peut juger de l’intentionnalité (qui ouvre tous les champs à partir du possible, et donc de l’impossible tout autant) selon le donné ; sinon il deviendrait invraisemblable de parler de quelque intention que ce soit (de ce dont on ne peut parler il faut le taire, résultat on ne parle plus de rien)

L’horizon est tout aussi bien la suspension ; la suspension est l’arrêt intentionnel ; on sort du « désir » qui semble la marche à suivre depuis toujours, et on se rend compte que non. Il n’y a rien à désirer. Aussi, comme l’océan, le sujet, le je se retire du moi (existentialisme pour nous, ou dépression version douloureuse).

C’est qu’il est énormément plus de possibilités selon le je que selon le moi ; le moi et sa synthèse hâtive, qui rassemble tout ce qu’il a reçu, dans une finalité suffisamment absconse, parce que l’on ne peut pas découvrir une unité dans la multiplicité des réalités. Des universalisations oui, puisque l’intentionnalisation trame les perceptions dans des ensembles de signes et que le signe, qui est rapport, est immédiatement universalisation ; dès que l’on signifie on universalise. Mais une unité non. Ce que Sartre désignait par totalisation, et qui ne peut pas se produire ; il n’y a pas d’unité massive et concrète du donné, puisque le donné est tout entièrement détermination, cad découpage de champs, de réalités ou de perceptions. Il n’y a pas d’unité du divers ; l’unité vient de la forme et la forme des réalités ( de toutes les choses qui sont) est formelle, cad est l’exister (l’être est second par rapport à l’exister), ce que l’on prétend ici, ou, plus évidemment, unité intentionnelle, telle qu’elle se donne pour nous.

S’il existe un présent alors toute la diversité, la multiplicité, la détermination, l’ensemble de la matérialité ne possède structurellement aucune unification, excepté le présent lui-même ; reste à décider, chacun pour soi-même, si on l’entend fonctionnellement ou dimensionnellement (l’existe en ce cas existe comme dimension valant en et par elle-même). Ce que l’on perçoit quand même nettement c’est que l’univers, ce qui est nommé tel, ne peut pas se « résumer » à un noyau ou un être ; il n’y a pas de réalité de la réalité ; il y a la réalité, d’une part et puis le réel, le fait, qu’il soit fonctionnel (le présent a déroulé tout ce qui est), ou dimensionnel (le présent est en lui-même une, et donc La dimension, n’imaginant pas, alors, qu’il ne s’agisse pas de l’unique absolue dimension formelle, laquelle se situe en chaque instant ; en chaque instant nous sommes au Bord de tout ce qui est, et donc déjà dans et par l’Exister ; le Bord du monde, du vécu et du corps nous existons dessus, en équilibre et donc en déséquilibre, puisqu’il devient, pur et brut présent).

Or nous voici, depuis toute cette historicité, profondément marqué par la cohérence, par ex la rationalité, et ce afin que l’attention, l’intention, l’intentionnalité, la conscience puisse suivre mot à mot, signe à signe son déroulé et qu’ainsi elle ne se perde pas ; parce que si elle s’égare c’est que des éléments hétérogènes se glisseraient dans son procédé, dans son processus. On comprend bien qu’il est agréable de se laisser déborder, mais momentanément parce que si la sortie de rail nous déborde, alors c’est tout entièrement que l’on tourne en rond, ou s’effondre, même si la chute est imperceptible et lente, puisque cette attirance rêvée selon le monde et la vie pourra très bien effilocher l’ensemble des intentionnalités, étant entendu que notre être n’est pas un être mais un tissage et souvent déjà fort décousu si bien que tirer un fil paraît délivrer la pelote et on croit un temps que tel objet va résoudre, dénouer le désir, mais cette libération, imaginée, re/tombe dans le monde et s’y disperse légèrement et tristement ou lourdement et catastrophiquement, abattant au final le moi, et emprisonnant le sujet dans le moi.

Et si la rationalité peut paraître comme représentative particulièrement de la cohérence, en vérité la liberté et le sujet témoignent d’une bien plus grande possibilité, puisqu’il s’agira pour tout sujet de rassembler sous son unité les plus grandes capacités, et spécifiquement non plus seulement ses dispositions mais sa pré/disposition ; formelle, qu’il nommera comme il veut, qu’il découvrira comme signe, œuvre, révolution ou amour, et quantité d’autres possibles, le sujet est le lieu du possible même, de la Possibilité ; et c’est ce sujet qui tente de se montrer, de s’exposer, de se démontrer en philosophie mais c’est aussi cette élévation qui sous-tend la capacité religieuse et c’est elle aussi qui est supposée par toute Œuvre. Etc.

Dit autrement si la rationalité oppose brutalement la représentation explicite au monde, plus loin la liberté, le sujet est cette structure qui entend instancier, faire-exister, la cohérence dimensionnelle selon le réel de la réalité et donc de nouvelles réalités ; la raison prend peut-être son envol au crépuscule, mais la liberté est initiale ; de là que cette structure devra déployer, inventer, créer la continuité du réel, la continuation de la structure et rendre à chaque fois actuelle la cohérence même ; on ne se transforme en et par une œuvre qu’à son contact… de manière générale et parfaitement scandaleuse puisque l’on n’est pas en soi « quelque part » c’est dans l’actualité, le présent, la conversion (à dieu, l’universel, au christique, au sujet, à la révolution, selon les œuvres) que la structure s’active.

Ce qui peut très bien, comme d’habitude, se figurer par ; celui qui croit en moi sera sauvé… Pourquoi ? De où cette fulgurance frappe-t-elle ? Est-ce nominalement (jésus) en qui il faut croire, tel quel ou quiconque se conduit selon ma logique sera sauvé ? Mais dans les deux cas il faut, il est impératif, il est impérieux d’admettre la logique, ou Jésus, de la rendre réelle.

Qu’elle s’active veut dire qu’elle n’existe pas autrement que via la conversion. Il faut ici et maintenant en être saisi. En prendre conscience. Actualiser la plus grande part de votre être étant entendu qu’il ne s’agit pas d’un être (qui se situerait où ?) mais d’un exister, un rapport et un rapport est Actuel. Et que ce rapport est antérieur à tout monde, vécu ou corps, hors la vie (transformant la vie en existence).

C’est ce que signifie qu’il faille se convertir « de son vivant » parce qu’après il sera trop tard, pour ainsi dire. Non seulement donc que l’actualisation de la structure se déroule durant une vie (et transformant celle-ci en existence) mais que cette conversion se saisisse comme actualisation du réel ; de là qu’elle se tienne de plus grand que soi, que le sujet n’existe en vérité qu’à partir de plus grand que soi, plus grand que le moi ; aussi notre amour pour les œuvres est-il in-fini (et seraient-elles de ces œuvres adaptées au moi, au moi du 20éme, le rock ou la pop, qui ont attiré le moi hors du corps, puis de lui-même, le cinéma ou la pub).

Le sujet à la différence du moi ne croit pas que la réalité tourne autour de lui-même, de son moi-même, mais il sait qu’il est un rapport et ne tient que de ce dont il existe en ce rapport. Et un rapport (de par sa nature même de rapport qui ne tient ni dans le départ ni dans le terme mais « entre deux ») nous propulse instantanément dans le réel unique et formel et donc absolu. Aussi dieu ou l’universel ou la liberté ou l’œuvre sur/existent au sens de manifester ici même, ici-bas, ce à partir de quoi cet -ici- naît.

C’est pour cela qu’il y a conversion ou décentrement philosophique ou engouement révolutionnaire ou illumination. C’est, littéralement et dans tous les sens, la seule possibilité pour qu’il vous arrive quelque chose de réel. Le reste c’est tomber vers le bas, ou ça reviendra à cette chute. Tout arc de conscience cherche désespérément à se convertir (et on utilise « convertir » à dessein, afin de bien marquer le scandale que constitue la capacité d’actualiser la fonction ou la dimension de réel). Ce qui se montre par le tomber-amoureux du moi, signe d’une exaltation, qui ne prend que quelque fois puisque son élévation tente une synthèse selon le vécu et le corps, laquelle est si largement impossible puisqu’elle ne stabilise pas sa correspondance ; l’autre conscience, autrui, n’est pas en mesure d’actualiser le je.

Le je est auto-fonctionnel (comme on le verra à propos de Nietzsche, qui révèle ce que Descartes implique).

Car outre l’actualisation absolue, cad formelle, de la structure (qui ne naît que dans et par l’exister, dans un présent, qui se présente comme éternel ou a-temporel ; la vérité comme le christique, le sujet comme l’œuvre prétendent à cette hors-temporalité) il faut insister sur cet autre pan de la Fonction de réel ou la Dimension de réel que l’on ne peut pas passer par l’autre, par autrui, et que le je est seul et sans secours, sans recours. Il n’y a rien dans le monde, en l’humain ni même en son propre vécu qui puisse l’aider à élever sa possibilité ; seul existe véritablement en avant son Intention.

Remarquons ceci ; le christ paraît indiquer, du doigt, autrui, comme garant de ma salvation, mais il ne faut pas se tromper ; ce sera en passant par le je (le sujet et non le moi) ; en passant via le christ ; aimez-vous ‘comme’ je vous ai aimés. Il ne s’agit pas de se livrer aux autres… ou alors, oui, si l’on veut, mais à condition, sous la condition expresse et in/finie que l’on s’y élève, que l’un et l’autre soient élevés.

Une œuvre ou le christique ou Platon ou Rimbaud vous orientent le regard, tournent votre attention, mais ils ne peuvent rien si vous ne vous sauvez pas vous-même ; que la structure de chaque conscience soit un rapport dit parfaitement ce dont il est question, que ce rapport peut seul s’engager lui-même vers sa Possibilité. Si ce rapport dépend d’une relation quelconque, est une formulation irrecevable. Et si Rimbaud vous atteint ou Plotin ou Spinoza ou Bacon c’est que vous vous engagez dans l’adhésion et percevez selon leur intention, vous métamorphosez votre être, qui n’est plus un être, et qui se tient de la fine structure intentionnelle qui se meut via les signes ; parce que ce sont des signes, des rapports qui entrent en rapport.

Or le bouleversement est proportionnel à l’engagement ; et l’engagement est possiblement in/fini. C’est en ce sens que l’intention christique, la volonté cartésienne, le sujet libre kantien, celui de Sartre (ou l’idéal nietzschéen tout autant) indiquent « vers le haut » ou « plus loin », de manière indéterminée. Ce qui paraît designer le futur proche ou lointain, mais en fait non. Il s’agit du proche comme du lointain dans l’instantanéité de la structure, dit autrement dans la Possibilité pure et brute ; ce qui existe comme rapport est déjà-toujours-encore le rapport qu’il existe-tera-tait (sinon il ne serait pas). Lorsque l’on avance que l’on entre dans le rapport lui-même on nomme cela même qui arrive, qui nous arrive (depuis très longtemps et en différentes civilisations) depuis que le sacré, puis surtout, pour nous, le divin (dieu ou la pensée ou le christique), l’universel ou le sujet se sont introduits dans le champ lui-même, lorsque le champ s’est signifié lui-même en lui-même, afin qu’il prenne conscience de la conscience, de son activité en propre (c’est le dieu jaloux), qu’il actualise qu’il existe justement comme rapport ; qui crée des rapports ; c’est la seule version de l’infini que l’on reconnaisse et la seule qui soit compréhensible même si étant rapport il en manque toujours un des bouts...

De sorte que cet infini-là est parfaitement explicite et en même temps effectivement infini, on peut toujours ajouter des rapports aux rapports et au rapport unique ; le rapport unique qui est en lui-même un non-être, ce qui est non pas un néant (qui est « rien du tout ») mais un exister ; et si on pose, suppose un exister alors il est l’exister-même, étant formel il ne peut pas se composer et donc existe formellement ; tout ce qui existe, existe ; il ne peut pas exister deux formes, c’est aussi pour cela que la forme exister est originellement le Un ; le un n’est rien que le rapport qu’il est ; deux est le rapport doublé et ne désigne rien d’autre ; on peut donc tout à fait « compter », puisque toute réalité est déjà toujours le rapport à « soi », quel que soit ce « soi ». Il n’y a donc aucun mystère aux mathématiques ; qui substituent des rapports dans des rapports.

L’infini en tant que rapport est seul réellement infini (l’être, le bien ou le un ne se comprennent qu’ainsi, de même dieu, mais dieu annonce qu’il est cette Intention), puisqu’il suppose la perfectibilité de son ‘être’. Et ‘est cela qui nous fait sortir de tout contenu, autour duquel on se love habituellement, ou que ce soit le groupe ou la communauté, ou autrui ou le tomber-amoureux ou l’image idéale ou idéelle de soi ou de ceci ou cela. La vérité est que si le réel est le rapport, il ne rentre en aucun contenu : aucun.

Et se sauver soi-même, ça n’est pas maîtriser mais admettre la maîtrise en et par la forme pure et brute ; on ne peut la pré-voir, elle surgira intégralement telle quelle. Picasso est tout de go, ou Rembrandt ou Vermeer. Ça s’impose, ça se rend si immédiatement évident qu’il s’agit bien d’instantanéité, et étant un hyper-rapport (dans la visibilité du monde, du vécu ou de la perception) inépuisable en soi, de cette in-finité qui ré-adresse (au sens informatique, si l’on veut) constamment l’arc de conscience entraînant toute la réalité, donnée, et toute la réalisation, humaine ; et ce si vous admettez que l’Autre, le regard instancié sait, voit, comprend, instruit, informe au sens d’in-former (ou autrui dans le tomber-amoureux, c’est bien cet emportement qui est une expropriation de l’intentionnalité qui est jouée, mais autrui, ni vous-même, n’en assurent réellement la puissance, c’est certain) ; ce qui veut dire que le rapport contenu dans les signes (du tableau, du texte, de la Constitution) traverse la réalité et embraie dans votre attention, sous-entendu qu’elle soit libre, libérée.

Nul doute que l’illumination, si elle vous a atteint, rappelera le je, le sujet à lui-même (comme si il était éternellement actuel) ; puisque lors même serait-elle un abandon, elle ne parvient à percevoir que si elle élabore une construction intentionnelle en laquelle l’intentionnel se crée, et se crée à neuf ; étant Actualité.

On n’insistera jamais suffisamment sur le constructivisme Actuel ; c’est une décision, non pas selon le conscient mais selon l’intentionnel, qui crée dans l’instant le rapport ; on ne peut pas ne pas créer le rapport qui sans cela n’existe pas ; n’existe pas… on y retrouve la décision de la foi, de la conversion à l’universelle pensée, de la suspension du sujet (Descartes, Kant, Hegel, Sartre, et à sa manière surgissement du sujet-qui-se-voit lacanien), de la continuelle et continuée révolution ; liberté et égalité étant des règles ontologiques et non pas mondaine, lequel monde tombe, toujours, dans ses propres pièges, pseudo-résolutions, distorsions et satisfactions immédiates et non pas de médiation ; et bien que la fausse historicité veuille nous faire accroire en un état figé, gelé, inerte du cadre général qui puisse légitimer que chacun repose finalement en son corps d’individu, de sorte que via la ’nature humaine’ la jouissance demeure la finalité, immédiate, qui puisse tordre l’intentionnalité, subtilement ou lourdement mais invinciblement, et l’actualité de l’intentionnalité tombe vers le bas, inertie du donné, du vécu et du corps, l’en-soi sartrien, la matérialité de la Chose, désirable, désirée, usant de tout le corps pour fondre et confondre le champ intentionnel et le champ des désirs, des images, de la complétude rêvée, imaginée.

Seul l’articulation, langue-épée de feu, sépare, dans la douleur, certes, mais afin que nous soyons libérés.

Si rien ne vient relever le rapport, l’intentionnalité, le champ intentionnel (un point X, un point-autre), alors le monde qui se présente, partout, le vécu et autrui, le corps et toute perception toute-venue occupent le terrain du champ, viennent prendre la place vide (et formelle, cad absolue), et lors même que l’on part d’une très bonne intention, tout donné pèse de tout son poids et pousse dans la chute, l’abaissement, l’oubli de la possibilité ; c’était une démonstration d’orgueil que de se croire capable de tout relever pour et par le bien (Kant s’en aperçoit tellement qu’il prend soin de situer au-delà du champ, phénoménal et donc seulement vivant, le bien comme Idée régulatrice, et Descartes Dieu comme plus-grand, plus grand que n’importe quoi, puisque tout, la pensée y compris, est posé extérieur à sa Volonté).

Et sans doute aucun pourtant, malgré que je fasse le mal que je ne veux pas et ne fasse pas le bien que je veux (Saint Paul), c’est bien subtilement et avec quelque ruse ontologique que l’on a su, malgré tout, malgré la pesanteur du monde, du vécu, du relationnel, du corps, des désirs, des images, que l’on a su cependant étendre le champ compossible de la liberté et de l’égalitéou philosophiquement tenir le cap de l’arc de conscience du sujet (qu’il soit dieu, la pensée, l’être, le bien, le un, le christique ou le sujet, la possibilité et le réel),et, subtilité des subtilités, marier le réel (la structure) et les réalités (la vie, les vies, le corps et le champ de perception et d’expression de chacun) en une civilisation dite individuelle, qui s’élabore du seul bâti de ‘sujet’. Cela ne put se rendre réel que de tenir non pas à telle ou telle réalité (qui aurait été bien vite absorbée par le monde et le vécu) mais de se tenir du rapport seul ; de percevoir en somme que le rapport de l’autre est égal au mien et ce abstraitement, cad en l’occurrence structurellement, pour la révolution et de concevoir que le rapport à soi… n’est pas le rapport à soi-même… mais au sujet.

(en quoi la psychanalyse vient pointer et aplanir toute épreuve psychologique et psychique, puisqu’elle renvoie le moi au ‘sujet’, dont on a compris que l’on tenait celui de Lacan, le sujet de l’inconscient, comme strictement l’envers de celui de Sartre ; ils analysent absolument ce qu’il en est de vivre (Lacan, et de souffrir en tant que vivant pris dans le signe, ou donc dans l’arc de conscience) et ce qu’il en est d’exister, dans la décision sartrienne in-finie du sujet-qui-n’est-pas-un-moi).

Puisqu’il s’agit de rapport il n’est pas question d’abstraction, qui emploie des notions, des idées déterminées, mais de concevoir le rapport en et par lui-même, et ceci à partir de chacun, puisque ce rapport n’existe que là, en et par chaque arc de conscience et de plus tout uniment et tout unanimement, qu’il soit unanime, volonté du peuple ou uniment, volonté de chacun, tout fut de cette manière exprimé tel quel et parfaitement ; ce qui existe en tant que rapport atteint dans l’expression, aussi apparemment éthérée soit-elle, une effective, une pure perfection ; bien au-delà même des mathématiques, qui ne la possèdent qu’abstraitement justement).

Ce qui passe entre dieu qui s’adresse à une nation, la pensée qui actualise l’intentionnalisation en tant qu’idées et ce qui se perfectionne ensuite en laissant à chacun, christiquement, selon le sujet cartésien, kantien, selon le citoyen, c’est l’improvisation intentionnelle, étant entendu que certes on observera quantité d’intentionnalités diverses et variées qui pour la plupart tomberont dans le monde, mais la confiance supposée en et par la structure-seule reviendra continuellement replacer la barre au centre, à partir duquel recentrement à nouveau le même sujet (qui lorsqu’il se-sait admet que la perfection n’est pas de ce monde) ou d’autres sujets relanceront les possibles, jusqu’à obtenir la possibilité même.

La vérité ne se dépose pas du tout dans un contenu, une pensée, une œuvre, une Constitution, une mathématisation ; pourquoi et comment l’acte de conscience serait-il enclos dans une détermination, un tableau est un tas de couleurs ; elle réside exclusivement dans l’arc de conscience qui la perçoit.

Et si, lorsque le sujet se-sait, il admet que la perfection n’est pas de ce monde, alors c’est qu’il est entré et se situe dans la structure ; quand bien même l’ignorerait-il (ça n’est pas, comme la philosophie le pensait, du seul ordre de la connaissance ou du conscient) ; il y est entré et ce par quelque moyen, œuvre, illumination, expérience, religiosité, mysticisme, politique, éthique et donc est entré dans la nature même du rapport qu’il existe, et auquel rapport il ne peut pas ne pas avoir affaire (ne serait-ce pour le moi que celui du tomber-amoureux, ou si l’on veut de la « crise d’adolescence » ou de la dépression, etc) ; aucune conscience ne peut ignorer qu’elle existe, quelle que soit cette modalité, qui se dit multiplement puisque la structure n’indique pas le monde mais sa propre altérité formellement absolue (il n’est que le rapport de conscience, et le présent, qui existent formellement). Aussi la réalité n’est pas dans sa détermination parfaite, ni la perfection une sorte de monde amélioré, mais tout autrement « parfaite » et le monde effet de cette perfection au sens réel.

Le créateur ne va pas aimer son œuvre, bien plutôt il va passer à la suivante. Le spectateur tombera peut-être en extase, mais ça ne durera qu’un moment, puisque le foyer n’est pas dans la « chose » ; serait-elle idéalisée ou fétichisée ou objet d’adoration. Du christique il ne reste rien (et explicitement, il s’en va afin-que l’esprit saint entame sa propension) et le « je pense » n’est pas un argument rationnel, ou le noumène libre kantien n’est pas dans le discours qui le désigne, et encore que le sujet inconscient est hors du conscient et même hors de toute atteinte, puisque l’on « fera avec » peut-être, mais on ne le résoudra pas, il est la limite interne à partir de laquelle il y a un moi, qui lui-même ne se saisit que par son sujet inaccessible, qui est au-devant, dans l’activité psychanalytique du divan, il apparaît un instant, qui suffit à déciller, à se-voir et le pli est pris).

Or autre paralogisme absolu, cad description formelle, si le rapport existe et rien que le rapport, celui-ci s’étend sur toute l’existence ; il n’y aura jamais qu’un seul rapport unique selon l’exister. C’est ce rapport que chacun déploie tout au long du temps, ce rapport qui n’est pas selon le temps… Aucun rapport (de soi à (soi) ne peut être pris dans les choses, les vécus, autrui ou les signes ; sauf peut-être cette structure étrange de la jouissance (imaginaire et imaginée) selon qu’on y croit ou non… mais n’y croyant plus, abolissant la source du désir, des désirs, que reste-t-il ? L’affirmation. Et ce de type nietzschéenne ; Nietzsche maniait, on l’a dit, l’auto-affirmation, imposait et durcissait pour ainsi dire la volonté cartésienne comme source, origine, cause de la pensée, de toute intention, de toute représentation.

On verra que l’affirmation du je est-autre ; ce que dit bien Nietzsche, à savoir que la volonté est en moi non pas moi-même, mais cette altérité fondatrice absolument, il convoque l’altérité de la volonté-autre afin de manifester qu’il, le sujet, n’est pas le conscient ni la raison ou la représentation mais se tient antérieurement-à, et ce sur le mode imaginaire (de même que Heidegger, qui, lui, s’aperçoit que l’être est-autre que les étants, y compris autre que la pensée-raison), alors que ces deux modes imaginaires relèvent d’une structure, et peuvent et doivent être intégrés dans une structure plus grande ; à savoir au lieu de demeurer attachées à un seul Nom (Nietzsche) ou un seul peuple (Heidegger), elle est le rouage absolu d’un système formel, celui du réel pur et brut. Qui parle selon tous les peuples (et donc les nations) et tous les noms (chacun).

De sorte que y compris Nietzsche et Heidegger ne zigzaguent pas au hasard mais appartiennent, impérativement, à la structure et l’historicité de la structure. On ne peut pas ne pas être un arc de conscience, et de la sorte éprouver le réel-même, sous diverses formulations. 

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