Spéculations risibles, ou pas
On nomme réflexion la capacité de notre être à revenir sur lui-même. Or ça n’est pas un être mais un rapport et donc il s’agit de la capacité de cet être, qui n’est pas un être, de connaître le rapport qu’il existe.
On a vu les quatre déploiements de ce rapport. Dieu en tant qu’Intention pure (ce qui inaugure la nation, le rassemblement des volontés). La pensée et l’universel grecs, an tant que développement de l’intentionnalisation, des intentionnalités, des idées et des systèmes d’idées. Le christique en tant qu’initiant le processus du sujet, ensuite Descartes et suivants (jusque Lacan). Enfin le réel en tant que tel (par quoi la réalité, toutes les réalités sont prises dans un-seul-mouvement de Présent qui déroule tout ce qui est possible, présent dont on a distingué deux interprétations ; fonctionnelle (le présent est cela qui fait fonctionner le déroulement des réalités) ou dimensionnel (le présent est la dimension éternelle de tout ce qui est) ; dans les deux cas en tant que ce qui est, l’être est pris-dans l’exister (soit fonctionnant, soit kaléidoscopique).
Et l’exister est pur et brut mouvement. Il n’y a que du mouvement d sorte que tout se meut, du moindre iota à l’ensemble de tout ce qui est (et que l’on nomme univers ou multi-univers, peu importe). Et ce mouvement est unique (ce qui existe en tant que rapport se divise en interne et ne peut pas être divisé lui-même n’étant pas composé, le mouvement est un rapport, le rapport est indéterminé (est l’exister ou pour nous ici le présent), et l’indéterminé est ce qui détermine et non pas qui est soi-même déterminé). C’est évidemment ce que l’on a nommé diversement, l’infini, l’éternité, le réel même, dont on ne décide pas du tout ici si il est dimensionnel ou fonctionnel et bien que la logique voudrait qu’il soit à lui-même le rapport de tous les champs possibles.
Champ, parce que la forme de notre être (qui n’est pas un être, qui est une structure qui s’intègre dans la structure du réel, soit le présent ou l’exister, fonctionnel ou dimensionnel, par ex si on croit en dieu, alors on est dans le dimensionnel, si on croit en Sartre ou Descartes on est, au minimum, dans le fonctionnel, etc) la forme de notre être donc est un champ intentionnel couvert par des signes, ce qui veut dire des rapports (intentionnels) qui ouvrent des perceptions ; les perceptions n’apparaissent pas sans les signes (Platon a raison de dire que les idées montrent les réalités). Le monde est sans-signes, excepté que l’on peut considérer, sinon admettre, que les choses elles-mêmes se présentent littéralement en tant que signes les unes pour les autres ; ce qui est déterminé est différencié, par définition.
L’historicité se déroule comme suit ; l’intention pure et qui n’est que telle, dieu, que l’on ne peut assigner à aucune détermination sinon sa volonté qui se tient en dehors de tout ce qui est (qui donc a créé le monde et les êtres). La pensée, universelle, comme développement de l’intentionnalité qui oblige à penser, soi, individuellement mais dont l’individualité n’apparaît pas dans son propre champ (qui est occupé intégralement par l’universelle intentionnalisation, comme processus et ce jusqu’au Un de Plotin). Le christique qui initie l’individuelle Intention ; dieu, cad l’intention, existe ici et non seulement parce qu’il existe en-un-corps (et il est, par ailleurs, le plus petit et le plus méprisé, le un-tout-seul, assumant l’ensemble de tout le malheur et de la relégation, de sorte que en quelque état de souffrance que vous vous trouviez, il est-déjà-là).
S’ensuivent la pensée de dieu par la théologie, mais soudainement l’intention trouve à s’instancier absolument ici même, ici et maintenant, vous indiquant par Descartes que chacun va admettre, intégrer en lui-même la suspension non pas du jugement, de l’idée, de la décision, de l’imagination, de la perception, mais va admettre la suspension de l’intentionnalité par elle-même en l’introduisant dans son propre champ ; ce que l’on nommera (après Descartes ) le sujet.
On a décidé de désigner la structure de base en tant que Réel selon la formule du rapport-sujet ; en ceci que la plus grande perfection n’est pas une identité inerte dont on ne comprend pas du tout ce qu’elle peut signifier, mais parce que la véritable perfection est la capacité de se modifier soi-même et donc le processus du réel comme tel paraît s’engager et s’envisager en tant que modification absolue de la forme même du réel.
Dit autrement il ne cesse de vouloir augmenter non pas ceci ou cela qu’il est (déjà ou en tant que perfection inerte) mais vouloir augmenter sa propre capacité, de se rendre propice à une plus grande, encore plus grande capacité, ce qui veut dire sa plus grande potentialité, possibilité. En quoi, donc, le réel est le possible de la possibilité. Dans le présent il vous viendra, vous est venu, vous vient des signes du passé et du futur, non pas du passé ou du futur du monde mais de la structure, du Bord du monde, du vécu et du relationnel et du corps.
On comprend bien qu’il ne s’agit pas d’augmenter le monde, mais la capacité qui prélude au monde. Ce que signifie, au plus haut, le sens, la signification christique (nous n’avons pas trouver ailleurs une élévation plus exceptionnelle). Ensuite seulement on aboutira, il en résultera des effets dans le monde. L’initiative est toujours dans l’intention ; la liberté existe depuis le début, mais il lui faut en appeler à sa dimension propre pour se manifester dans le monde, et cela se nomme « historicité ».
ou donc ; si le réel, au moins humain, est destiné à la volonté, à la volonté en tant que réfléchie, non pas réfléchie selon la vie, la pensée ou la réalité, mais réfléchie sur sa propre potentialité ; par exemple aimez vous les uns les autres, veut dire étendre la capacité de perception, représentation, le relationnel humain, et aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés, veut dire étendre la conception, la conscience-de-soi au point d’être susceptible de s’ouvrir à une encore-plus grande intuition du Possible… pas de la réalité ou de sa propre vie seulement mais du possible brut ou du possible pur. De même Descartes, Kant ou Sartre ou Lacan ne nous introduisent que secondement aux effets de la structure ; en bouleversant la métaphysique et en créant l’ouverture de l’ontologie réelle, celle du sujet, en projetant les effets de structures sur le monde phénoménal et dans le relationnel universel (pour Kant la révolution française, comme Hegel et Napoléon).
Et ce développement de structure est le réel même qui se motive, qui se dit pour quoi et vers quoi il veut avancer. Ainsi la révolution est fondamentalement la signification et la signature ; tout comme dieu est l’intention initiale du judaïsme.
Fondamentalement donc il est une apriorité absolue, c’est celle qui permet d’augmenter la montée en charge du réel. Dans et selon l’antériorité. C’est l’entrée dans le champ du champ lui-même (lorsque l’on prend conscience que l’on n’habite pas le monde, maya, égyptien, mais qu’il est construit, artificiel, en plus, destiné à (se modifier ; dès qu’apparaît dieu, il confère au monde, créé, une destination).
Depuis 3500 ans (date approximative, depuis le dieu un tout-autre, la raison de ce repère historique est dans la dénomination même ; il est Un et tout-autre, il ne relève, comme dit ci-dessus, d’aucune partie du monde, qu’il tient tout à l’extérieur), depuis 3 500 ans donc la structure est venue ou passée (selon que l’on est croyant ou que l’on comprend) dans l’apparence, dans le champ, amenant à une distorsion du champ lui-même. Et à terme le sujet est la mention la plus précise possible de cette distorsion ; ne pas comprendre que le fondamental est cette distorsion (à avoir que rien dans le monde, le vécu, le relationnel ou le corps ne peut contenir le champ tel quel, que donc il ex-siste, quoi que l’on fasse, pense, imagine, désire, décide, qu’il ex-siste en-plus, désigné comme Bord, de tout) c’est inversement croire qu’il pourrait éventuellement se signifier comme monde, comme événement (ce qui ne se peut alors qu’en un monde, a-t-on bien compris cette ruse ? Nommer « événement » ce qui se déroulera comme magiquement dans le monde donné là… c’est la même rêverie que celle qui consiste à renommer la volonté en Volonté ou l’être en Être) comme événement donc ou comme réalisation, ou comme universalité se tenant toute seule sans support, comme désir et son objet mirifique, comme imagination grandiloquente ou comme simplement vie si parfaitement heureuse, comblée, sensible ou à défaut et bien évidemment hédoniste. Tout cela n’est pas, n’existera jamais, n’a rien à voir ni à faire d’avec la structure même de sujet, de conscience, ni ne se réalisera en quelque partie du monde, du vécu ou du corps que ce soit.
Et donc si effectivement il y eut au fur et à mesure un ou des bienfaits pour l’humanité (comme la loi, la raison, les sciences, le bonheur idée neuve en Europe, ou la vie hyper protégée de quantité d’individus depuis 75 ans) ce furent des effets. Prendre pour seuls réels et pour argent comptant les effets et se réduire à ce que l’on réalise effectivement dans son monde humain parce qu’humanisé, libre parce que libéré, c’est se prendre les pieds dans le tapis, c’est gloser sur un acquis en énormisant, décuplant, ré-imaginant « encore plus de bienfaits » ou une « encore plus grande performance de réalisation ». Mais ça n’est pas du tout se ré-instruire selon la structure de conscience ; la vraie historicité tient en une phrase « mon royaume n’est pas de ce monde ».
Ce qui ne veut pas dire qu’il faille négliger le monde (qui se réalisera par effets et par surcroît) et ça ne fut jamais de négliger la vie et la réalité (contrairement aux jugements caricaturaux qui jetérent le bébé, jésus, avec l’eau du bain, les églises diverses), mais bien que quoi que l’on fasse on en passera par l’accumulation de charge du réel tel qu’elle est décrite par le christique, Platon, Plotin, Descartes et tous les sujets, l’universel et la pensée, la liberté et la révolution, toutes choses dont, à vrai dire, on n’a pas commencé de penser réellement les conséquences vraiment effectives, prenant bien soin de se lover dans tel ou tel coin, telle ou telle partie du monde, du vécu ou du corps mais niant qu’il puisse s’agir, véritablement, de notre âme ou de quelque structure encore plus fondamentale…
Ce à quoi 3 500 ans de signes nous instruisent, introduisant la structure dans le champ lui-même. Causant la distorsion sus-nommée.
De ce point de vue (cad du point de vue de structure, et non selon les préservations et les possibilités que nous offre le monde) inutile donc de rechercher le monde ou selon le monde, le vécu ou le corps. Pareillement les œuvres ne se rendent pas réelles telles quelles dans le monde, mais en instruisant des sujets, qui les perçoivent ou les agissent (éthiques, morales, révolutions). La ressource, la source ne se situe que dans l’intentionnalité et spécifiquement, pour ce qui nous occupe ici, à l’intentionnalité dans sa potentialité, sa possibilité, le virtuel qui se maintient toujours en réserve et hors du monde et du vécu ; cette antériorité que l’on doit admettre et dont on doit être saisi. Et qui, donc, ne requiert pas exclusivement la connaissance (philosophique) mais bien la structure elle-même ; telle l’élévation christique, la liberté de Spartacus, même d’inspiration grecque, la moralité, la générosité, la vraie et libre disposition de soi de manière générale. En cela le structurel relève de l’attention, celle qui occupe et investit chaque personnalité, chaque personnalisation et dont on peut ne pas forcément connaître retrouver l’intuition dans telle ou telle cause ; mais de la libre disposition ou de la sorte prédisposition de soi, peut-être même d’inspiration divine (grecque ou divine ou christique ou selon le libre pur et brut de chacun).
Or donc loin de seulement nous retrouver bien dépourvu quant à cette intuition de soi, de notre propre capacité, de sa réflexion ou réflexion (se réfléchissant dans le miroir, le miroir lui-même se-sait, ce qui n’est pas se connaître), nous disposons de 3500 ans d’exploration. Et chacun peut se considérer comme parfaitement au fait de son possible. Que l’on en continue néanmoins de se comporter selon son moi, banal et pesant et emberlificoté, en appelle à cette possibilité dite absolue de Fait Majeur ; à savoir que l’on sait depuis la révolution que chacun n’avancera pas plus loin sans celle-ci, sans la révolution. Ce qui signifie la coordination de chacun et de tous, l’avancée à vue, la république, la démocratie ou ce que l’on veut dans cette logique.
Ce qui était encore supposé en et par le christique, c’est ce qui sera difficilement, et de manière complexe, réalisé historiquement comme support de chacun par chacun et de tous par tous (liberté et égalité et fraternité). Rappelons que le christique imposait l’égalité de tous (face à lui) mais impliquait clairement que c’est librement que l’on s’y décidait ; il restait à inscrire, écrire, dérouler dans le monde, le vécu, le relationnel et le corps (de chacun… ce qui n’est pas une mince affaire et ce pour quoi il y eut ces mass-médiatisations qui devaient se transformer en mass et micro médiations, ce par quoi chacun est médié en lui-même et aux autres, de façon intégrée, intégratrice), à inscrire l’égalité et la liberté dans non plus seulement le cadre de la société humaine mais dans l’épaisseur des corps… via les « images », au sens large, via les représentations (ce qui s’est décuplé durant les années soixante). Les images devaient «convaincre » les corps, la densité des corps concrets, et ceux-ci être saisi, moralement par ex (si l’on est kantien), et non plus percevoir abstraitement la vérité mais l’incorporer ; tout comme le christ incarnait dieu dans le monde et ce corps.
La raison et la finalité (de la mass et micro médiatisation, en vue qu’elle se modifie en mass et micro médiation de soi à soi-même, via en quelque sorte les autres, autrui, de sorte que chacun partage la même vision) en est celle-ci ; lorsqu’elle demeure abstraite la vérité est difficile et excessivement lente. Lorsqu’elle est incorporée, sa rapidité d’exécution lui rend possible d’avancer bien plus loin et bien plus souplement. De même Rimbaud n’a pas « pensé » son œuvre ; il l’a incorporé (raison pour laquelle il Devait être un adolescent, au corps neutre et disponible absolument) et c’est donc précipité sur la plus concentrée et fulgurante des révélations, des logiques révélatrices. Ou donc ; on ne peut pas décider abstraitement d’être ceci ou cela, il faut en mémoriser le trajet, la possibilité, de sorte que la potentialité surgisse à point nommé. C’est aussi ce que visait Nietzsche ; non pas une décision éthérée ou sans énergie mais la décision à même l’énergie brute et par elle-même. On reviendra sur la caractéristique ; à savoir que l’on ne décide pas selon le conscient mais selon l’intentionnalisation, et que cela implique non pas telle ou telle situation mais un comportement étiré sur toute l’existence, qui ici et là parvient à se dénuder, se livrer, se parfaire ou se rompre et se désorienter, tout n’est pas rose…Or cependant sur ce point, toute négation ou décrochage ou effondrement ne peuvent pas entamer la structure (qui n’est pas ‘dans’ le monde ou le vécu), sauf en ce qu’on l’oublie et se délaisse dans l’écroulement, la noyade, l’immersion dans les ténèbres, ou si l’on préfère la dispersion (de l’intentionnalité qui dès lors s’effiloche effroyablement, plus ou moins) ou finalement dans la dépression, la chute de la pression, l’intentionnalité qui s’éteint à la source même, n’éprouve plus même de manque. Le manque du manque (Lacan, si je me souviens).
Il n’est pas étonnant que l’intentionnel succombe à lui-même ; puisqu’il imagine se saisir des objets de désirs ou absorber et devenir ses images ou accaparer, accumuler le regard des autres ; aimez-vous les uns les autres – comme – je vous ai aimés. C’est le ‘comme’ qui compte et l’interrogation ; mais comment nous a-t-il aimés ? Rencontrant somme toute une relation qui élève et non pas nous amoindrisse. On a dit déjà que l’on admettait le christique comme Fait majeur, ou fait supra-historique dont on ignore comment il a pu prendre forme, se formuler il y a 2 000 ans (laissant ouvert qu’il soit fonctionnel ou dimensionnel).
Bref, on verra.
On ne juge pas de ce monde, de cette historicité humaine selon la vue, superficielle toujours, d’un quelconque idéal ; de quelle sorte ? De quel autre monde parlerait-on ? Un schéma ? Une abstraction ? Une image de plus ? La Volonté nietzschéenne ? L’Être de H ? Le monde communiste idéal ? Puisque ce que l’on cherche c’est le creusement qui eut lieu, aura lieu, a lieu ici même. Et comment cette articulation (de l’arc de conscience dans l’arc du présent) peut encore plus se dimensionner. Aucune image ou abstraction ne peut se substituer à l’invincible complexité du réel. Ou de l’historicité.
Or donc tout cela est excessivement important parce que l’on passe littéralement par-dessus Kant, selon l’ambition même qui oriente la pensée depuis Descartes, explorer le sujet tel que là et qui ne se nomme plus « pensée » que par habitude, Kant le dit c’est de réflexivité, de retour sur cet être ici même dont il est question ; qui ne renvoie pas seulement l’autre-monde au-delà (du champ phénoménal donné), mais qui creuse ce monde et ouvre le gouffre de la structure ici-même ; ce que Descartes pointait ; au sens où l’ontologie n’est pas dans la pensée, ni dans la pensée-de-dieu telle que théologique, on a quitté tout cela à partir de Descartes ; et pour ce qui est de la rationalité croit-on que la conscience soit ‘générée’ par la pensée ? Si non alors la structure-sujet est une structure de cohérence, autre et antérieure, qui produit de la pensée, des œuvres, des objectivités, des mondes humains, etc.
Et la question s’est déplacée, dont, par exemple, que la société humaine à partir de la révolution n’est pas du tout la « cité grecque » idéalisée (celle idéelle), mais la société des sujets, problème qui émoustilla Kant tant et plus, sur la base, politique, du citoyen, comme origine du jugement ; lequel n’est pas la pensée, mais au final le sens de la vie, sous-entendu les myriades de significations qu’il faut, faudra lui inventer, ce qui arriva au cours des deux siècles suivants ; et au point que ce ne sera pas seulement la distinction du social et du politique (selon Hegel et la société civile relevant de son dynamisme propre), de la vie privée et de la vie publique (19éme et selon le politique) mais jusqu’au fin fond de la distinction de la réalité humaine et de sa représentation ; la représentation est (devenue) tout, la re/présentation du monde humain, par lui-même, est cela qui occupe tout le 20éme, dont le début d’apogée consiste bien sûr en ces années soixante.
L’ampleur de la re/présentation (de soi par l’espèce humaine sous sa condition la plus réelle, la plus concrète de l’individualité du moi, mais aussi de l’entreprise individuelle, de la satisfaction et presque de la mise en jeu de l jouissance, et du fantastique, de l’irréalité, de la débauche d’irréalisme structurel, cinéma, Bd, science-fiction, fantastique, qui intègrent l’ensemble des arts en une seule trame, du rock et de la pop, de la prolixité créatrice, puisque quantité de mois se lancent dans la re-formulation de la perception et du corps, et mille autres champs nouvellement ouverts) ; c’est le monde humain absolu de la re/présentation de tout. De même que l’agent central soit l’individualité, en tant que producteur et consommateur, celui qui décide de (ou donc qui désire). Tout cela appartient au même monde et le 20éme a produit, inventé, créé un monde (humain et humanisé et personnalisé et re/présenté) à sa mesure, laquelle est totale.
D’autant plus totale, que ses deux fondements (le monde universel grec et le sujet christique selon le corps de chacun) sont archi-universels ; ça ne veut pas dire qu’il s’agisse d’une sorte d’idéal abstrait mais tout l’inverse ; il n’y a rien de plus concret que le monde et la vie de chacun ; ce qui se réalise, historiquement, est la nature même de l’humain et ce sous la condition de la structure de conscience ; de là qu’il faille que tout soit absolument, formellement, individué. Il y a une révélation interne à cette historicité quant à la nature humaine et quant à ses possibilités et réalisations dans le monde, le vécu et le corps, dont tout fut inventé, puisque n’ayant jamais existé auparavant.
Rappel ; il n’y a pas une « nature humaine » mais l’élaboration des possibilités, dont un certain nombre furent, pour le moins, douteux. Aussi est-il requis, appelé une civilisation individualisante et individualisée, qui supporte et se supporte (cad s’aime) comme telle ; non dans ses abstractions seulement mais dans ses imaginaires et ses récits, inscrite, écrite en et par chacun des corps réels doté de signes innombrables et tous finement créés. C’est pour cela que les corps sont dotés d’une autre-surface (celle du christ, de la pensée, de la poétique, littérature, des esthétiques et des perceptions, du droit et de la constitutionnalité des sociétés, etc) ; autre-surface du corps en tant que porte-signes et dont chaque corps est en lui-même, corporellement, la Signature.
Ou si l’on préfère ; l’individualité d’une culture individualisante et non d’une communauté, d’une ethnie, d’une race, ni même d’un arbitraire du choix (ce qui veut dire que l’on peut choisir ce que l’on veut, sauf ce qui nie que l’individu ne soit pas). L’individualité est une structure pas une identité, mais cette structure existe en et par elle-même et existe absolument ; elle n’est absolument pas relativiste ; on peut choisir ou créer ce que l’on veut mais certes pas entrer en contradiction en annulant le champ originel (de même que, instanciant la liberté, on suppose immédiatement ou instantanément l’égalité, et leur mise en œuvre complexe) ; il n’est aucune identité qui puisse recouvrir cette structure. Elle est le rond-point de l’historicité (cad celle qui rend possible tous les possibles ; penser universellement ne veut pas dire que je nie mon individualité, mais bien que je pense lorsque je comprends ce que je dis, personnellement, on ne peut pas penser à ma place ; de même dieu ne s’adresse qu’à chacun un par un ; le christique encore plus, qui meurt pour chacun ; et la liberté que l’on sache on n’est pas libre à la place de quelqu’un d’autre).
Le porte-signes est celui-ci qui seul, dans son individualité, peut envisager de percevoir les significations. De même que le christique est le un tout-seul (vraiment tout-seul). Ou que Montaigne ou Rimbaud se transmette à qui l’entend, pourvu qu’on le veuille… ce qui n’est pas du tout évident et facile.
On dira donc qu’il s’agit de sauver véritablement son âme (ce qui veut dire actualiser la foi très réelle) ou de réaliser véritablement son être, ou « tout le possible possible » et ce avant le terme (étant entendu que lorsque ce sera terminé, ce sera terminé). Le problème étant (à quoi s’utilise toute l’historicité) ; qu’est-ce que le vraiment possible ? Puisque si on abolit l’hypothèse d’un deuxième monde, d’une substance de l’esprit (on ne sait pas du tout ce que l’on pourrait entendre par là), il perdure quand même une différence fondamentale entre notre être et le donné, la réalité. Soit donc, nommée, l’intentionnalité.
Mais, comble du perfectionnement, on a désigné comme « signes » ces étranges orientations qui au cours d’une vie transforment celle-ci en existence ; la perception des signes, venus on ne sait de où, est précisément l’expérience qui probablement est arrivée, s’est imposée à plus d’un. Et on dit bien ; au cours d’une vie … non pas de grands signes universels, mais à l’échelle et au cœur de l’existence la plus concrète de chacun. Au cours de la vie, modifiée en existence, des signes viennent. On suppose, ici, qu’ils viennent d’en-avant. C’est ce que l’on nomme le kaléidoscope. Il existe un champ, constitué de rapports et tout se meut en ces rapports afin que le champ premier se modifie ; cela vaut pour chacun, en tant qu’il s’agit là de l’actualité continuelle de chaque conscience, et cela vaut, peut-être, dimensionnellement, pour le réel ; dans le présent le réel se modifie constamment, il vient en avant de lui-même, raison pour laquelle il existe un présent. On suppose qu’ils viennent d’en-avant, et donc que le temps habituel ou naturel ou donné n’est pas le ‘temps’ réel vertical; le présent (qui déroule toutes les réalités) est l’exister (qui se dresse verticalement en plus de toute l’horizontalité donnée ou immanence).
Redoutable perfectionnement parce qu’il existe un réel afin qu’il soit plus grand que lui-même et est ainsi engagé intégralement (au sens où rien n’y échappe, pas un iota) et en intégrité de structure (requérant la pré/disponibilité) dans sa propre perfectibilité. C’est cette possibilité interne au réel (conçu comme splitté, articulé, ouvert en interne en son pli, sinon de réalité il n’existerait pas) qui réclame fondamentalement notre attention. C’est cela admettre en soi une plus grande possibilité (et non une plus étendue réalisation), une plus grande possibilité qui implique de se re/prendre antérieurement (le pardon dans le christique, la capacité toujours nouvelle de re-venir, avec un trémas puisque le re-venir est le venir lui-même) une plus grande possibilité que chacun recherche.
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