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instants philosophie

Le début de la fin des temps

15 Août 2020, 15:51pm

Publié par pascal doyelle

 On a donc accompli le grand looping, celui qui ramène à l'origine historique afin de récupérer l’ensemble des possibilités, des aperçus que l'on a acquis durant 3000 ans (depuis le judaïsme, dieu, puis les grecs et l'universelle intentionnalisation, puis le christique, l'intentionnalité incarnée, c'est le cas de le dire et annoncé tel quel, l'intentionnalité actualisée, Descartes et suivants), la stabilisation que fut la révolution, qui s'est imposée on ne sait comment et les français qui réalisèrent la liberté et l'égalité en une fois, ce qui est fou, personne n'a rien compris mais personne n'entend réellement le christique, ni l'universel, ni dieu.

Et au travers de tout cela les labyrinthiques systèmes-visions philosophiques dont la substance n'est pas du tout substantielle, mais structurelle ; à savoir qu'il s'agit d'être en mesure de positionner le réel ; il est où le réel ?

Ce qui débute avec l'être, qui est « là » ; et qu'il s'agit de percevoir et pour se faire l'invention de signes, de mots, est requise ; le système, philosophique, permet de passer outre le langage du groupe, et de rendre accessible l'expérience du donné « là », de sorte que comme le comprend parfaitement Platon, avec les idées on perçoit plus et surtout on perçoit ce qui autrement, sans les idées, ne serait pas accessible.

Mais d'une manière générale dieu, ses révélations et ses prophètes, la pensée donc, le christique et le sujet rendent possible que peu à peu le réel, la structure antérieure au monde, au vécu, au corps, et généralement antérieure à la perception entre justement dans la perception ; le champ d'expression s'étend,  requérant que chacun s'y mette et élève son immédiateté à une expression organisée, admissible par d'autres sujets, et que chacun se structure.

Par là on voit que la disposition du sujet n'est nullement subjective ou préalable à la raison, l'objectivité ou la société humaine, mais que le sujet rend possible, de par son champ intentionnel et parce que c'est en lui que se réalise un tel champ, et que lui, le sujet, puise infiniment loin dedans son « être » au point de se décaler absolument, ce qui veut dire formellement ; dieu est le grand décalage qui se puisse ; l'universel et la pensée ; le christique et son corps, le sujet et la révolution (liberté et égalité se désignent des sujets, selon un plus grand possible qui ne prend source que dans la capacité de chacun et de chacun avec tous les autres ; on n'imagine pas ma liberté sans l'égalité des libertés, la solution anglo-saxonne est une rivalité continuelle, et le destin des empires qui s'étendent librement sur le monde, mais non pas « en esprit »).

Donc le sujet se suppose d'une courbe descendante qui rejoint la courbe ascendante de l'humanisation et de la personnalisation.

Et il y a lieu de croire que constamment tous ont cru que le moment du croisement de l'une et de l'autre s'instanciait de son vivant, de son actualité ; dieu évidemment, la pensée (les grecs comprennent bien qu'ils réalisent une organisation formidable potentielle), le christique c'est sans discussion, Descartes et suivants, la révolution.

À chaque fois que la structure envahit le regard, elle rend possible des mondes humains, qui retrouvent constamment leurs plis « selon les intérêts du monde ou de la vie comme elle va ». De sorte que la hiérarchie, domination, organisation selon la nécessité, les pouvoirs et les aliénations remontent sans cesse et reviennent sur le monde ; parce que la structure pré-organise la réalité, la réalisation humaine, mais ne gouverne pas toutes les immédiatetés, les déterminations, les intérêts, et on voit bien, alors, que l'engagement christique (ou l'idéal révolutionnaire, tous deux très difficiles à mettre en œuvre mais également dont il est peu évident que l'on poursuive rigoureusement toutes les conséquences, les effets dans le monde même, dans le vécu ? E sur quoi s'est égaré le communisme qui prétendit réguler jusqu’au détail des vies humaines, en usant d'un réglage grossier, universalisant (les besoins humains génériques, tandis que le libéralisme suivait les désirs individuels).

Non la règle, la véritable règle voulait que chacun puisse parvenir à un tel degré de développement (collectif, organisationnel, ce que liberté-égalité signifiait, impliquait) et de déploiement, de déploiement de son propre sujet, capable de réalisations (puisque c'est sur la structure de perception que cela repose et le champ d'expression), engageant son être dans la grande possibilité de structure soit fonctionnelle (la réalité est selon le réel et le réel est instancié tel quel) ou dimensionnel (le christ ou le sujet ou le réel signifient plus, beaucoup plus on s'en doute, que le stricte régime fonctionnel).

Au lieu qu'il y eut une sorte de fascination restrictive qui voulut que l'on n'a désiré que le plus immédiat et offrant au corps, à la satisfaction, la régulation même, plutôt que de supposer celle plus grande et plus concertée et plus distinguée du sujet. Le peu de dispositif-sujet qui fut instancié, fut utilisé, comme d'une loupe grossissante qui énormisait chaque et tout désir, quel qu'il soit, telle intention fusse-t-elle pauvre, pourvu qu'elle soit immédiate, que l'on en obtienne immédiatement un résultat, supprimant du même coup toute vision d’ensemble et refoulant loin de l'horizon ainsi réduit une coordination qui se devait de s'élever et d'élever tout un chacun ; et donc tout un chacun put sombrer dans la facilité. Mais la facilité est difficile, c'est ainsi qu'est l'enfer, il faut énormément de ressources (en tous sens) pour satisfaire à ces désirs.

De là que le christique initiait absolument, cad formellement, notre être « par-delà »; ce dont on peut se moquer, éventuellement, mais sans oublier, quand même, que toute une civilisation, plutôt efficace, s'est élaboré sur la capacité toute entière contenu, comme ramassée, dans ce simple fait d'existence du christique ; manifestant par là que soudainement une complexité bien plus grande était susceptible de s’imposer, et ce via ce que l'on attendait le moins ; l'intention individuelle (que l'antiquité n'adoptait que pour les dieux, les héros ou les empereurs, et non comme valant en et par lui-même en tant que simple individualité). Cette plus grande complexité ouvrait donc quantité de champs d'expressions et conséquemment de perceptions.

Il faut cependant remarquer que si l'on utilise « complexité » ça n'est pas au sens où une confluence de déterminations plus imposante viendrait au jour à tel ou tel moment ; parce que les vagues structurelles qui touchent les juifs, les grecs, les chrétiens, la renaissance ou les révolutionnaires aboutissent à quantité de déterminations nouvelles, et on ne voit pas qu'une seul soit déterminante et puisse résumer toutes les autres ; la cause de l'afflux potentiel de nouvelles déterminations prend pied selon une position sise-jointe qui affecte non pas telle part du monde ou du vécu, mais les articulations réelles. Que dieu, cad le réel, soit une Intention. Que l'intentionnalisation des perceptions se nomme « idées » et « systèmes ». Que le corps soit investi par l'intention elle-même. Que l'intention puisse se coordonner et même se pré-coordonner par une Constitution, par et selon dieu, par un sujet ; dont la finalité n'est pas telle part de monde mais la structure intentionnelle afin qu'elle ait accès à elle-même, et puisse, donc, relativiser les contenus et les re-présenter, en deuxième part, selon, forcément, un autre horizon ; cette restructuration de l'intentionnalité crée de nouveaux horizons parce que sont déplacés le poids (du monde) et le contre-poids (dieu, la pensée, le sujet, le réel).

D'abord il est dit qu'il n'existe aucune réalité ; elles sont créées. Ensuite il est dit que lors même que nous sommes dans le monde, nous existons selon les idées, cad la vision, envers le monde (qu'elle soit idéaliste ou réaliste, Platon ou Aristote, dimensionnelle ou fonctionnelle). Mais il est un basculement encore plus important ; un levier bien plus conséquent, engendrant un déferlement de possibilités ; lorsqu'il nous est donné de voir du dehors la crucifixion du corps et de l’individualité ; car alors paraît le corps et l'individualité. Et de par ce levier il devient possible de modifier non plus telle ou telle idée mais l'entièreté et de l'esprit, et de l’individualité et de sa vie (transformée en Existante) et de ce corps.

De sorte que ça ne pouvait pas se situer, se placer, se déplacer ailleurs ni autrement « qu'en un corps ». Tout était dit. Le jeu était enfin lancé. On s'était déplacé jusqu'en avant de tout le reste. Aussi fut-ce un jeu d'enfant d'enrôler dans l'intentionnel individuel (qui est le dispositif sujet capable de tout le perfectionnement) l’ensemble de toutes les structuralités ; dieu ou la pensée, l'acculturation ou le droit, l’État ou la nation ; il s'agissait (et il s'agit encore) de transformer la réalité humaine en articulations, et en articulations d'arc de conscience, puisque c'est cela seul qui supporte la potentialité (à la fois de perception, d'adaptation, d'expression et de décisions).

Que puissent se rendre réelles les structures et à vrai dire la structure unique ; au sens où admettant ma liberté, je coalise toute autre liberté ; au sens où l'intention qu'est dieu est toujours la même intention où qu'elle se trouve … cela veut dire que cette intention intègre chaque arc de conscience, et non pas désintègre chaque arc de conscience ; c'est, littéralement, le Un qui se duplique et qui se duplique non en tant qu'images dans le miroir qu'il est, mais en tant qu'il se duplique comme miroir...

Et c'est cela même le sens extrême et l'extrémité de la réalité (telle qu'elle nous est admise), et l'extrémisme de ce que « réel » signifie (autant que de notre expérience propre nous en sachions). On comprend donc que ce qui est dit par dieu est dès le début le sens absolu et absolument formel (selon encore une fois notre limite et sans être en mesure de préjuger de tout ce que nous nommons le dispositif-sujet autorise).

L'intention est le réel de tout, parce que sinon toutes les réalités effondrement dans la dispersion, les réalités ne sont pas et ne peuvent pas être le réel. La réalité n’est pas du tout destinée à durer. On peut très bien admettre la dispersion et la perte de tout ce qui fut, est, sera selon le monde. C'est effectivement ce qui s'imposera, si le réel est seulement l'être et la détermination et non pas la forme et l'indéterminé, dont la nature, la « substance », la consistance est un insondable mystère. Qu'est-ce que ce lien, ce rapport, qu'est-ce qu'avoir-conscience-de signifie ? Quelle est sa « matière » ? Pourquoi existe-t-il en tant que « rapport », qui n'est donc ni dans le début ni dans la fin du rapport mais « entre les deux » ?

Il y a donc, depuis le christ, ce corps avec dedans un rapport.

Le rapport n'est plus externe, serait-il origine de tout, dieu, ou dans les choses ou la raison (grecques, en tant que pensées intentionnalisantes qui ouvrent la perception du monde donné ; rappelons que l'universel, l’universalisation est un procédé, peut-être un processus, par lequel il est possible de tisser des rapports dits universellement valables (ou relativement à telle région de l'objectivité), aussi les idées ne contiennent pas de « choses » mais des rapports, de signes ou de signes et de perceptions).

Mais ce rapport est dans ce corps.

Ce qui se dit ; le dit jésus, dieu, existe dans ce corps. Intelligence qu'il y eut de garder l'une et l’autre nature, homme et dieu à la fois, en même temps, dans le même lieu, selon le même corps vivant. Ce qui nous jeta dans une spirale de complexité. Et surtout cela même nous évite les fausses divisions. C'est en tant que corps (individuel) et en tant que corps (composé de matière et de plus réellement un vivant, tout comme les animaux) que l'intention transporte toutes les réalités. Il ne s'agit pas de maudire la réalité, le monde, la vie, ou le vécu, mais de commencer de percevoir dans toutes les réalités l'intention elle-même et qui plus est toutes les réalités en tant qu'intention-qui-veut.

Selon l'intentionnalité absolue, formelle (qui supposait l'intention divine non plus autre et hors du monde et du vivant et de l'humanité) mais ici même et maintenant (« ça a déjà commencé », «vous existez déjà dans le renouvellement selon l'intention de par la foi en mon regard, en mon intention qui crée la vôtre ») et dans un corps.

Ou donc loin des misérabilismes gnostiques (nous sommes enfermés dans un corps et notre esprit est ailleurs), il est autrement question de bien autre chose dans le christique ; c'est la création, la totalité et c'est ce corps, le vôtre, qui est renouvelé et ce constamment, selon le pardon infini (puisque si votre existence est intentionnelle, il devient impossible de la « juger », en vérité elle se jugera elle-même, le christique tend continuellement la main pour récupérer cette intention qui est la vôtre, de même que le sujet cartésien préconise la générosité, la générosité en tout, la largesse et la noblesse d'un possible toujours entendu ; il sait qu'il inaugure bien plus loin antérieurement que la pensée, métaphysique, et instaure l’ontologie du sujet qui est avant tout donné du monde, du vécu ou de la société humaine).

Dit autrement, il ne s'agit en aucun cas de s'adonner à l'angélisme. On ne peut pas réaliser une société humaine-humanisée en se fondant sur la bonne volonté abstraite et éthérée. Il faut un corps spécial, un corps non pas seulement voulu mais intentionnel, un corps suffisamment travaillé et intégré, une mise en forme culturelle adéquate, un non-communautarisme, puisqu’il s'agit de la forme universelle de la liberté de chaque sujet et de leur égalité, et une non divinité ; on peut croire en ce que l'on veut mais on ne peut pas organiser le monde humain selon dieu. Rappelons que le privilège absolu du christique est justement qu'il nous laisse là et nous demande d'élaborer la suite (posant par ailleurs très loin le point-autre du regard, extrêmement élevé et à ce point instancié que l'on ne sait toujours pas réellement interpréter ce qu'il a, pourtant, dit, énoncé, annoncé). Un dieu-qui-n'est-plus-là et surtout (c'est le sens du mouvement) qui rend actuel pour chacun qu'il ne se tienne plus à quelque part, partie, intérêt, facilité du monde ou du vécu. Et on retrouve ce que l'on disait ; il faut que la liberté-égalité s'incarne d'un corps qui soit en lui-même et surtout par lui-même (et non pas de l’extérieur) libre et se considère égal aux autres. Et pour cela il faut que ce sujet soit non pas abstrait et tout-vide mais investi, écrit, éduqué, autodidacte, peuplé, empli des possibilités, etc.

Et on tombe ainsi sur l'hypothèse de la nature humaine ; laquelle est une conquête et une véridicité fondamentale mais non suffisante ; parce qu'elle semble placer notre être en tant qu'être, alors que nous ex-sistons (relevant non d'une détermination mais d'une structure) ; or cependant il faut bien se souvenir que convoquer la nature humaine n'impose pas une essence mais place cette essence sous le regard et sous le regard des sujets ; sans doute aucun on va se prendre pour ce que l'on dit que l'on est, mais en vérité ce qui se passe est en ce sens hégélien, de simplement nommer une essence et déjà on n'est plus cette essence … c'est déjà autre chose et Autrement qui arrive ; c'est le regard qui s’aiguise, ce qui veut dire qu'il se produit, s'invente, se crée des distinctions, qui n’existaient pas auparavant.

Toute acquisition de structure crée des possibilités et puisqu’elle resserre la conscience-que-l'on-en-a reformule l'acte de conscience (ce qui veut dire toutes les distinctions de perception et toutes les créations de perception). Mais ces instanciations structurelles ne s'arrachent si aisément ; ce ne sont pas des parties de monde. C'est seulement à la suite de telle performativité structurelle que seront disponibles telles et telles parties du monde, mais aussi du vécu, du corps, et de la perception elle-même. On perçoit toujours en fonction de son monde humain alentour. Mais sitôt que la structure prend le pas (et que l'on se rend compte que plutôt que de recevoir un monde donné là tout fait, par les dieux, on produit les contenus ; ce que veut dire la pensée, grecque, la manière de créer ou découvrir des contenus nouveaux, accessibles individuellement et non plus selon le groupe et le langage-parole commun, la question se posant ; que sont-ils, par quoi, comment, qui ?) sitôt donc que l'on saisit la structure (que dieu crée tout ce qui est, qu'il est une intention vide formelle et autre et donc Une, puisque non composé et hors de toute partie du monde) alors celle-ci développe ses propres affects ; dont il ne faut certes pas s'obnubiler par leur négativité (la séparation de chacun hors de tout groupe, toute communauté, toute immédiateté) parce que la structure vous-rend-seul.

Le christique est le un-tout-seul (abandonné, méprisé, torturé, tué).

Si la structure sépare et chacun existe hors du groupe mais le groupe est la réunion mais en-esprit ou en humanité ou en révolution ou en œuvre esthétique ou autre ; et se produisent alors un regroupement humain arcbouté sur chacun et démultipliant ainsi la complexité rendue possible, de par ce ressort que chacun existe selon un trouble, un tourment, une élévation, une capacité interne qu'il reconnaît aux autres.

Il fallait Descartes pour que l'on se saisisse de la division ; l’individu est à lui-même son unité, qui est antérieure à la pensée, donc le réel est bien plus compliqué ou plutôt complexe ou encore retors que suggéré par la pensée qui stabilisait dans « la raison », l’animal raisonnable ou social, ça ne marche plus ; il faut creuser et déployer l'ontologie du sujet et donc le réel qui fonctionne avec ou le réel dimensionnel adéquat).

Par Descartes se précise le rapport, et cela qui est en rapport ; ce qu’initiait le christique comme structure absolument, formellement agissante dans et par et pour l’historicité (comme regard structurel créant notre regard) Descartes nous le montre ; il montre le rapport. Et comme nous sommes des sujets, nous comprenons. C'est le se-savoir, qui n'est pas une connaissance, qui est antérieur à toute connaissance.

Si l'on se demande ce que c'est qu'un corps-intentionnel, c'est un corps parcouru non pas seulement de ses désirs, mais parcouru par des champs de perceptions, d'expression et d'intentionnalités. Le désir est le moindre déplacement, qu'il se structure en champ signifie qu'il s'élève. On peut aimer lire un bon roman, mais il est difficile d'entrer dans une œuvre ; il est faux de croire que cela s'obtient en claquant des doigts. Toutes les esthétiques, les poétiques, les récits veulent créer leur lecteur. Ce qui se crée ce sont les déroulements de signes, de rapports, dans et par votre conscience, votre attention ; qu'est-ce qui s'ouvre ; s'initie, s'instancie sinon d'apprendre que l'élévation de l’activité de conscience voit le monde, les choses, les corps, les autres intentions, les autres sujets ? Qu'apprend-t-on sinon d'utiliser l'activité elle-même et que cet apprentissage est cela même qui est la racine, la source, la finalité et la possibilité ? Comment en aurions-nous l'idée, l’imagination, le sentiment sinon de soulever le monde, le corps, le vivant, la perception du vivant, le sentiment de soi ou la possibilité de rapport universel ?

Ce que nous tenons pour évident ne l'est pas du tout, et n'est venu à paraître et n'a tenu à devenir que selon l’historicité ; c'est la raison pour laquelle dieu, la pensée grecque, le christique, le sujet ou la révolution sont immédiatement cette sorte-là d'histoire.

Que l'on puisse augmenter le niveau de réel en en passant par le degré d'intentionnalité est tout sauf évident. L’intentionnalité ça se paie sur l’animal vivant, le corps mais également sur l'humanisation, en ceci que les anciens mondes sont outrepassées par l'acculturation, la seconde anthropologisation ; si on a nommé acculturation « ce qui est arrivé autour de la méditerranée », soit donc la mise en avant de la structure par dessus et avant les contenus produits par la structure, cela veut dire que nous sommes passés des mondes de mise en forme culturel à cette énorme articulation et cette réanthropologisation qui frise à chaque fois non seulement la violence et la barbarie et finalement ce que l'on a aussitôt désigné comme l'enfer ; d'une part la négation d'autrui et d'autre part la négation de soi, le mauvais jugement sur soi, la mauvaise tournure que prennent les choses, la vie, et ce par quoi, cet enfer, on se juge, est jugé par soi-même...

Il est en tous cas ici évident que le christique est cette instance qui nous prévient que la réalité lorsque le réel est dénié, peut se retourner contre nous et entièrement nous enterrer. Il nous prévient de la difficulté à s'aimer et du risque effroyable de mauvais rapports qui embraient vers le bas. Lorsque l’articulation paraît au devant de la scène, la division règne en tout et partout ;

« Matthieu 10.34. Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. 35 Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; 36 et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison.» (Matth 10-34).

Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. (Luc 14-26)

Il faut comprendre cette division comme limite interne non pas dans le réel, mais en tant que réel ; il n'y a que par la division, la distinction et plus on s’avance ontologiquement plus la distinction est élevée et elle appelle à encore plus de distinction. La matière ou l'énergie ne sont pas consistantes, sinon dans le mouvement ; le mouvement seul est réel.

Et en tant que joug qui doit être assumé et relevé, par la plus petite unité de rapport qui soit (autant que l'on sache)  à savoir l'arc de conscience individuel (ce qui ex-siste comme rapport ne peut qu'être un, selon la forme même qu'il est qui n'est pas composé) ; et ce en tant que levier. Bien que cette déperdition (de tout monde commun au profit de la liberté de chaque-un) puisse, au lieu d'atteindre à une plus grande complexité et une plus grande possibilité, ce levier puisse nous précipiter dans la seule division ; la distinction inversant son effet, s'écroulant en dispersion selon le monde et l'indéfinité des déterminations (ou des désirs, spontanés et immédiats ou produits industriellement) ; supporter et relever et élever la distinction implique l'effondrement éventuel dans la dispersion, la lente désagrégation.

Distinctivité qui ouvre les possibilités ; il y a des possibilités, et donc une, des réalités, puisqu'elle distingue et originellement rend possible une réalité, pour nous cet univers, mais rien ne dit que -l'ensemble de la manifestation- soit réduit à cette réalité ; après tout si la Possibilité est la loi du réel pourquoi serait-il limité ? Tout indique au contraire qu'il est activité continue et continuelle ; si l'on préfère le Un crée des uns, et ne cesse jamais (puisque ce qui existe en tant que mouvement … se meut, sinon tout cesse). Ce qui est sidérant puisque cela correspond pour nous à cette distinction ; chaque conscience est distincte de toute autre, une, quels que soient les contenus ; la distinction formelle est la racine même. Aucune conscience, aucun un ne se confond avec un autre et pourtant ils sont strictement semblables... Comment le un peut-il se dupliquer toujours autre et pourtant le même ?

On prend donc au sérieux qu'il ait pu exister tous ces occurrences et donc historicités (dieu, universelle pensée, christique et sujet, etc) . Elles se sont annoncées littéralement comme telles.

« ça va changer, beaucoup de choses au monde vont changer, peut-être la base même du monde, de tout monde, vous est venu, inspirée ou révélée ».

Si la pensée est divine pour les grecs ou si jésus le christ est fils de l'homme et fils de dieu, si la révolution est unique (en diverses variantes), si toute conscience, tout sujet est parfaitement égal à tout autre (lors bien même que l'on rencontre d’innombrables contenus différents) c'est que la distinction formelle ou l'historicité structurelle ou l’intuition du dispositif-sujet est la racine.

C'est le début de l'accès à la structure même qui vient formellement tout en une fois. Depuis 3000 ans.

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Le point qui compte.

8 Août 2020, 06:47am

Publié par pascal doyelle

Le christique, Sartre et Lacan.  Les erreurs existentielles ou ontologiques n'en sont pas.

Il s'agit donc de mesurer, de définir ce qui n'est pas définissable, mesurable, mais on a reconnu que c'est précisément cela qui est amené dans le champ, jusqu'alors occupé par le groupe humain, telle communauté dans son monde, ou par l'immédiateté (mais il n'existe aucune immédiateté, qui est toujours médié, médiatisée par une représentation, cad un champ intentionnelle, qu'il soit maya, aborigène ou grecque).

Et lorsque l'immensurable vient au devant de la scène, que l’invisible se produit dans le visible, il parle à cela même qui peut saisir de quoi il retourne, à savoir le sujet ; le sujet qui est un rapport comprend très bien, ou intuitionne vaguement, ce dont il est question dans l’invisible, puisqu’il en est. Il en est en ceci que le champ intentionnel est toujours le champ de « quelque chose » mais le point de vue par lequel il y a un quelque chose qui apparaît, se tient au-dehors ; il peut surgir dix mille milliards de contenus qui ne changeraient rien à la structure les pourvoie, les produit, les renouvelle. Il existe donc un arc de conscience qui produit des contenus ; et c'est à partir de cet arc qui est un arc ou donc un rapport, que les choses nous apparaissent ; ce Bord du champ qui doit se présenter dans le champ d'expression (puisque l'on est sorti des mondes) se signifie comme dieu, universalité, christique et sujet, révolution et réel.

Ce ne sont pas des contenus comme les autres (cad qui désignent une chose dans le monde) mais des repérages tournés vers la seule et unique structure (qu'elle se nomme dieu, l'universel, le sujet ou le réel, qui sont des positions, des positions de rapport, or de rapport il n'en existe qu'un seul) et ils servent de leviers pour soulever les intentionnalisations, qui dès lors changent de nature ; les idées ou le christique sont tout à fait différents des anciens mots, des anciens contenus ; ils obligent tout arc à se modifier, se modifier en actualisant, et il doit actualiser parce qu'il fait paraître l’invisible dans le visible, qui autrement ne serait pas en mesure d'être signifié (et donc n’apparaîtrait pas).

Et ainsi dieu, l'universel, le christique, le sujet et le réel nous regardent. On ne les regarde pas, ce sont eux qui nous regardent. Nous existons en tant que rapport ; pense-t-on que nous détenions ce rapport ? Comment un rapport pourrait-il être détenu ? De manière plus générale encore comment pourrait-il se limiter ? On doit supposer qu'il nous contient, bien que cela soit également partial ; puisqu’il est quand même le rapport que nous existons ; on entre par cette voie dans l’indéterminé lui-même, au moins tel qui nous est accessible ; on ne sait plus qui regarde, qui intentionnalise. Puisque l'on ne définit plus selon un contenu, qui se tiendrait dans le champ, mais on saisit par le champ lui-même ; comprend-t-on alors que si l'on dépasse la réalité et ses divisions (par lesquelles il y a une réalité déterminée, de réalités indéfiniment), on ne sait plus « quel est le champ en question » ? De même que l'on peut mesurer ceci ou cela en établissant des rapports (les mesures, les nombres sont des rapports) mais on ne peut pas mesurer le présent, le temps ou l'espace comme pures distances.

Si vous ne voulez pas nommer ce rapport en tant que dieu, la pensée, le sujet ou le réel, même alors il est une structure fonctionnelle (et non plus dimensionnelle) qui vous éjecte de toute façon de toute identité, de tout contenu ; vous n'êtes pas une idée de la raison, une loi physique ou une version mathématique (puisque l'on peut en produire des tas, utiles ou non). Il y a le rapport, et puis le reste. Un point c'est tout. Vous pouvez décider que ça n'est qu'un rapport qui ne permet de supposer rien d'autre (qui est fonction de divers contenus, mais le rapport sera de toute manière autre que ceux-ci.

Dit autrement ; ce ne sont pas Les Lumières qui expliquent la révolution, c'est la Révolution qui permet de percevoir Les Lumières. C'est pour cela qu'aussi déterminés, par des causes, vous pourriez être, si le christique, Descartes ou Sartre (ou Rimbaud ou qui vous voulez) suppose un point, alors c'est ce point, qui dénote, qui s'ajoute, qui est-autre, c'est ce point qui compte.

Je sais qu'il existe là au dehors un « réel » parce qu'il est autre que l'unité que je suis. Schématiquement c'est ce que vous allez intentionnaliser dans le champ et qui va singulièrement dénoter (avec toute réalité déterminée, vécue, mémorisée) qui permettra de modifier. De modifier quoi ? L'apparaître. Et donc le réel.

Il y a un champ intentionnel et ainsi un champ de perception afin que via la perception le réel se modifie. La réalité est justement, de la même manière, un tel champ de modification ; sinon à quoi tout-cela servirait-il ?

Évidemment ici, à ce moment et comme ailleurs, il est loisible de choisir une structure fonctionnelle (le réel est tel quel) ou dimensionnel (il existe en soi un réel, dont nous n'apercevons que le début du commencement, quel qu'il soit).

Mais l'unité que je suis c'est un rapport et non pas une « connaissance », un se-savoir purement signalétique ; qui « se-sait » ; se désigne comme rapport, étant donné qu’il est dans la nature même du rapport de se reconnaître (sans se connaître, puisqu’il n'est pas déterminé ; c'est bien en ceci que l'on a toujours déjà glissé dans l'indétermination, et que l'on utilise ceci ou cela, de déterminé, un contenu, une image, comme signifiant, comme représentant (qui ne comble jamais ce qu'il représente), comme prétexte et part du monde qui permet d'entrer et d'avancer dans le monde ; aussi lorsque le levier formel est très exactement saisi en tant que position il rend possible qu'il y ait devenirs à partir de la même structure ; ce qui veut dire que dieu, l'universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel avancent du même pied, articulent l'intentionnalité ce qui génère des intentionnalisations en tous les sens disponibles. De la nation (juive) à la liberté-égalité. De l'intention (de dieu) à l'intentionnalisation (grecque) vers l'intentionnalité (en forme de sujet réel).

Tout entièrement ils formulent le déploiement de la même intentionnalité qui est une structure, antérieure à tous les contenus, sinon comment comprendre que tous les contenus défilent mais qu'il s'agit toujours de la même conscience ? Est-ce une « conscience différente » variant de par chaque contenu ? Ce serait absurde.

Pourquoi comprenons-nous une autre conscience ? Sinon de ce que le langage est relatif à cette structure d'une part (universelle et pourtant chaque fois singulière) et d'autre part situé, ce langage sur le même monde, réel. On ne comprend pas toutes les implications du mot « ciel » mais de fait il s'agit d'un seul et même ciel, tout là-haut ; le langage est évidemment un système (sinon il ne se retiendrait pas, il faut qu'il soit organisé) mais utilisé par et pour des sujets ; qui tissent et retissent,

Et n'oublions pas que ce n'en sont que de pauvres formulations ; ou, si l'on veut, avant le dieu-un-tout-autre (qui est purement intentionnel, il est l'Intention telle quelle, vide, formelle, de là qu'il soit Autre et Un, mais aussi simple ou éloigné ou autre soit-il il manifeste entièrement le réel en acte, le réel en tant qu'acte, en tant qu'intentionnel sujet qui seul supporte la perfection continuée) ou encore l'être ou le sujet, avant ceux-là on ignorait totalement que ces perspectives existaient, et donc on suppose que l'on ignore absolument les formulations possibles du dispositif de structure originel ou fondamental ou possible.

On admet, ici, que sitôt sortis des mondes particuliers (qui jouaient des contenus), la forme (de tous les contenus) paraît et se signifie, instantanément (cad court-circuitant le temps) vient au-devant.

L'arc de conscience est un court-circuit temporel puisque le signe qui relie deux éléments opère une jonction distanciée. Transportant tel élément en tel autre. Et dont on conserve la trace puisque c'est une intentionnalisation.

On voit donc que la structure est agissante ; elle tient par l'intentionnalité le lieu en dehors des lieux ou le temps en dehors du temps ; elle n'est pas soumise à la temporalité de la réalité, ni aux distances spatialisées (par ex il est possible de saisir une chose, en la transformant ou supposant comme objet d'intentionnalisation, et de la mouvoir « par la pensée », au point de la démonter, pièce à pièce ou de la reconstruire, de même que tel milieu donné est transposé en situation et dont il est possible de remonter dans ses conditionnements ; un animal ne meut pas les choses (même si il peut découvrir cent astuces diverses), parce qu'il ne les déboîte pas en objet-de-cosncience).

Et donc le principe opératoire de notre structure s'infiltre au travers des signes dans et antérieurement à la réalité, aux réalités une par une. Il faut remarquer que si nous pouvons agir sur telle ou telle chose, ou situation, il nous est très difficile d’obtenir ce que, un temps, on a pu nommer « pensée complexe » (Morin par ex) ; de saisir donc tout un ensemble de processus comme en une fois est très difficile ; et quant à coordonner l’ensemble de tout (de tout ce qui nous est accessible à tel moment) paraît et est hors de portée.

On ne peut pas même se saisir de notre vie dans une globalité quelconque ; mais seulement agir plus ou moins (et avec peine de plus) sur tel comportement.

Il faut revenir sur un point fondamental ; ce que l'on désigne comme arc-de-conscience, ça n'est pas le conscient et encore moins le conscient de la raison ou de la volonté raide, roide. Si il était en notre pouvoir de connaître tout de ceci ou cela on pourrait envisager une décision adéquate toujours et certaine. Mais ça n'est pas à la connaissance ni à la raison que nous nous adressons ; c'est à l'arc de conscience même. C'est pour cela qu'une intentionnalisation n'est pas dans son contenu, mais une articulation qui joint l'horizon et le détail via un système de signes (que ce soit une langue, un langage, les maths par ex, ou une symphonie ou une œuvre de formes et de couleurs) et que si l'on devait déterminer la toute fin de chaque mot, chaque signe, chaque décision, il faudrait aboutir au terme absolu, à la signification totale ; de fil en aiguille nous serons toujours reporté au-delà ; puisqu’il n'existe aucune Idée absolue qui synthétiserait toutes les idées et aucune réalité qui « contiendrait » toutes les réalités (même l’énergie du début de l'univers, si tant est qu'elle existe comme telle ne contient pas les réalités, toutes différentes, qui suivront ; puisque l'énergie a « inventé » pour ainsi dire d'autre sortes d'être, d'étants, ça n'est plus la même identité, l’enjeu consistant justement de transformer l'essence même).

On doute même ici que le monde ait une limite et que cette limite est non pas « au bout » mais au Bord et le Bord du monde est le présent ; la limite du monde est donc le présent, ce sur quoi, la ligne sur laquelle on se tient (et tout le reste de l'univers).

Ainsi la structure est à elle-même sa propre référence (c'est ce que veut dire que « cela, tout, vous revient », que la structure est « tournée » et que ce tour est le présent lui-même ou donc, pour nous, que la décision est toujours-déjà prise mais quelque part, on ne sait pas où, mais c'est là où nous sommes, là où nous existons, et bien que déjà-prise ) ; mais la structure a directement affaire au donné, avec l'horizon, réel. Aussi la décision, la « volonté », n'est pas tant selon le conscient (et l'énoncé défini) que selon la perception ; pour le dire rapidement on décide, selon l'intentionnalité et donc selon l'intention qui vous conduit de ce que l'on va percevoir et de cette perception se déroulera la, les décisions.

Rappelons que le christique est l'initialisation qui vous demande ; que voulez-vous vraiment ? Et évidemment il s'agira du sens, de la signification de la perception qui ordonnera dans une pré-disponibilité ce qu'en général « on attend de la vie », de la situation, de tel ou tel ensemble, de son propre corps, de son aperception a priori et éminemment sensible, puisque c'est, littéralement, la perception qui est en jeu ; les œuvres esthétiques existent à cette fin, vous rendre les clefs de la perception même dans une élévation qui habitue, pour ainsi dire, votre arc de conscience à agir sur elle-même hors d'elle-même ; du sens que l'on donne à la vie dépendront les perceptions ; ce qui à rebours permet que l'on n'ait pas à prévoir chaque situation particulière dont bien sûr nous ne possédons a priori aucune connaissance, mais du sens, de la signification, de l'aperception abstraite oui ; de là qu'est fondamentale l'idée, l'image, le sentiment ou pressentiment, et plus encore l'affect que l'on a de soi …

On dira que l'on ne commande pas cet affect. Est-ce bien certain ? Et si c’était précisément cela même, ce mode opératoire (au sens d’opération d'un corps vivant), qui était en cause ? Que serions-nous si nous étions limités aux affects donnés tels quels, alimentés par la vie, le vécu, le passé, les contraintes, les héritages, etc ? La révolution ne crée aucun affect ? Le christique ou le sujet, cartésien, kantien ? L'existentialité, la toute présence de l'exister tel que « là » ? Heidegger décrit de nouveaux affects, de même Nietzsche, puisque l'un et l'autre créent des fictions ontologiques. Cette implication du corps lui-même dans ce qui lui est, en tant que vivant, le plus étranger, l'arc de conscience intentionnel, est engagé dans ce processus.

Se choisir ça n'est pas élire une image ou un idéal, mais nouer une certaine capacité, un ressort, une aperception, et c'est bien ce que recherche Sartre (par ses biographies particulièrement, Flaubert, Baudelaire, lui-même) et c'est aussi ce que croit découvrir Nietzsche, une espèce d’aperception de soi, qu'il nomme tout à fait dans l'externe, la Volonté (qui n'est donc pas la « volonté » consciente). On connaît également l'ambition spinoziste de délimiter les « vrais affects ».

Que sont les récits ? Se contentent-ils de décrire, très 19éme, la « nature humaine », mais même en ce cas que l'on puisse jeter un regard sur ces sentiments, les transforme. La transformation est toujours intégrale, à chaque fois c'est « un autre-corps » qui bouge. Pareillement la psychanalyse attend un éclaircissement de nos affects, cette fois au sens beaucoup plus précis et singulièrement inventifs ; puisqu’il y eut une avalanche de nouvelles émotions qui n'ont plus même la délimitation de l'émotion mais bien plus techniques, précises, détaillées, étonnantes ou effarantes, de l'enfance aux psychoses en passant par tous les états du moi et du corps investi par l'arc de conscience ; qui dessine donc une ligne de partage que le moi lui-même ne peut pas dessiner puisqu’il est cette ligne, il perçoit en et par cette division il ne peut pas la percevoir et cette ligne traverse le corps, est écrite comme corps, de là qu'elle s'emprunte de la sexuation, puisque le corps comprend, saisit la sexualité si il est déchiré par l'arc de conscience qu'il ne comprend pas.

Mais donc si nous sommes prédéterminés par l'affect qui s'est imposé (selon la psychanalyse) à nous, en nous, cet affect lui-même est un champ intentionnel, le champ de l'autre, comme dit Lacan, ou le champ du grand autre, qui dispose des signifiants, de leur organisation (un signe qu'un autrui m'a envoyé ou que j'ai cru lire, que cela fut réel ou non, ou un nœud de signes du langage ou de mon vécu ) ; l’inconscient est structuré « comme » un langage et non pas en tant qu'il est le langage ; cela veut dire qu'il est, à un moment, la manière que l'on eut de (se) percevoir... sauf qu'il n'existait pas déjà de « soi » ; que le soi est né à ce moment de cette perception accolant un signe à notre être, notre réalité, notre corps. Perçu du dehors. C'est là le secret des secrets du moi, de la psychologie de chacun selon son être-signifié-signifiant(s), parce que c'est un nœud, un sac de nœuds. Et qui plus est impossible à trancher (comme le gordien) à moins de dissoudre toute l’organisation du moi, qui n'existe qu'en mouvement ; le désir faisant office de renouvellement et qui dépérit quand le désir se fige ou se rend la vie impossible.

Contrairement à Freud, ou plus précisément que Freud, Lacan rend impératif le désir ; c'est sa fixation et sa répétition qui anéantit le mouvement, cad coince le moi le dos au mur, le désir est salvateur, vivant et toute l'organisation mentale a pour finalité, au mieux, d'animer le moi de sorte que se préserve l'intentionnalisation). L'objet petit a, inventé par Lacan, est l'objet du désir qui se renouvelle, qui reste encore renouvelable (et non pas figé ou répétitif).

Or si notre désir dépend de l'objet petit a (cad tout objet qui provoque le désir et rend possible que l'on soit encore vivant, que malgré la douleur de la division le corps, vivant, continue de vivre et qu'il « soit encore possible de continuer d'écrire sa propre historie » qui autrement se figerait, névrose et autres obsessions, borderline, etc), alors on peut (très relativement pour la psy) modifier, contourner, biaiser, ruser (son désir) à partir de cet objet a.

Et ce qu'il faut retenir c'est que « l'on est perçu » ; ce qui veut dire que peut-être quelqu'un vous a accolé un signe (un mot, une remarque, une attitude, etc) mais que de manière générale « vous vous êtes perçu de l'extérieur selon tel signe » (on ne peut pas percevoir sans un signe). Aussi ce signe selon autrui est en vérité un signe au lieu de l'autre, du grand autre, du déroulé des signifiants ; signifiants parce qu'ils induisent « des » signifiés en nombre ; si c'était un signifié vous seriez « ceci » ou « cela », mais si c'est un signifiant il ouvre à quantité de signifiants et donc de potentiels signifiés ; si ça ne coince pas trop, auquel cas il faut dénouer les signifiants qui tournent en rond ou pire qui passent dans la perception, mélange de réalité et d’irréalité, cad hallucinations ou déformations ou altération de la réalité.

Et altération de la réalité parce qu'altération du réel ; l'arc de conscience ne parvient pas à se positionner comme horizon ; dont on a dit non pas que l'on percevait l’horizon mais que l'on se percevait à partir de l’horizon, à partir de l'autre.

Et c'est ici qu'il faut laisser intervenir cela même que l'on créé (ou qui nous a été révélé) ; dieu, la pensée universelle (qui décentre), le christique et le sujet, le réel ; qui consistent à imposer du plus grand externe possible et de surmonter le champ donné, celui du signifiant d'autrui, de l'autre (et que ensuite Lacan hésite à nommer le grand autre, à la fois dans le souvenir de dieu et dans une sorte de réinterprétation de dieu, ou les deux). En vérité ce fut celui-là qui fut d'abord créé (ou révélé) ; parce que nos maladies mentales sont toute récentes … elles naissent du moi, et donc il faut qu'existe un moi, qu'il soit reconnu comme tel dans le groupe et c'est seulement alors que ce moi génère des refus, des difficultés, des impossibilités, des inacceptabilités de lui-même, des autres, du corps, du désir, etc ; on a vu que l’éblouissement de l'altérité (par laquelle « nous sommes perçus » de l'extérieur) risque fort d'être un accablement, mais que cette extériorité nous crée comme intentionnalité, représentation ; en brisant le lieu de l'être-là de l'enfant, qui se croit tout-percevant, tout imaginant).

C'est donc dans la rupture de la continuité que se crée l'arc de conscience qui fait retour vers lui-même ; le moi croit qu'il se pense, mais en fait il est pensé en se percevant à partir du Bord (que ce Bord soit l’horizon, autrui, l'autre ce qui veut dire une extériorité, par ex la loi ou la morale ou l'objectivité ou l'irréversibilité du temps ou des événements ou la mort, la perte, etc). Division que le moi toujours veut renouer ; il veut refaire-un, gardant en mémoire son être-enfant, recoller son image et sa vie, etc.

Et donc le moi rechigne et même ne peut pas admettre sa division (qui pourtant l'instancie comme conscience de, plus loin, soi), mais au mieux il faut espérer pour lui qu'il s'y accordera ; il admettra, même de loin voire de très loin, qu'il est-autre, ce qui veut dire qu'il n'est pas mais qu'il existe ; tout le travail de Sartre fut de délimiter cette altérité (rappel ; Sartre pense le je abandonné dans l'extériorité, les choses, le monde, les autres, histoire, le groupe humain tandis que Lacan poursuit la dite division jusqu'au dedans du moi ; le moi est intégralement splitté de haut en bas et ne peut pas saisir cette ligne de division, mais cela importe peu dans la mesure où ça n'est gênant que si l'on est un moi qui veut obtenir la satisfaction, dont « satisfaction » constitue la finalité, de fait en son ordre immédiate, admise telle quelle et sans même en prendre conscience (puisqu’il lui faudrait exister-autre que cette plénitude imaginée ; on en est la proie, c'est le fantasme qui est en lui-même, prétendument, désirable, parce que si il paraissait comme étant construit désirable, on s'en détacherait, on serait déjà autre, le regard partirait d'un point et non se percevrait en tant que cet-objet, c'est le propre de l’objet petit a, qui se substitue constamment de sembler le désir lui-même).

Ce qu »évidemment la philosophie va proposer, ou dieu ou le christique mais aussi le sujet et tout ce qui se développera ensuite, de Spinoza à Lacan, en passant par tout le monde en réalité, c'est que ça n'est pas la satisfaction qui compte ; ça n'a aucun intérêt. Si notre intérêt se matérialisait selon la satisfaction, la concrétisation, ça tomberait dans le monde, ou pour le moi dans la vie (dont il croit visualiser la plus grande plénitude, mais ce sont principalement des images qu'on lui fournit et donc il aime se gorger).

La question est donc ; si ça n'est pas dans le monde, le vécu ou selon le corps (dont on a vu qu'il n'en peut mais), alors où est-ce ?

Nous sommes ce faisant infiniment loin de toute complétude. De même que le je du christique se soutient du seul regard du christ. Et cela est parfaitement ce que Sartre expose ; il n'y a pas de moi (sinon dans le champ de la conscience et pour Lacan pas plus de moi sinon selon la fracture qui brise le corps et pousse le moi ou l'objet dans le faire-semblant, qui seul entretient le désir et donc rend possible le moi, qui n'existe que dans le retour que son objet lui provoque (si il ne sait plus désirer, intentionnaliser un objet, il déprime, parfois sévèrement ; si il le perd étant amoureux, il perd tout, parce qu'il perd le regard lui-même ; etc). Le moi n'est, son être n'est que dans le mouvement, son être est dans son exister ; ou donc dans le regard qui vous crée sinon sujet du moins « je » ; votre baptême.

Il n'y a pas de « moi », ou dit autrement il y a un moi (qui est donc, qui se détermine, qui perçoit et qui s'exprime) il y a un moi dans et par le mouvement de l'arc de conscience (qui lui existe, ex-siste) ; le je qui se situe entre le moi et le sujet (qui renvoie bien-au-delà ou à la racine ou on-ne-sait-pas-où, sur le Bord) est le je du rapport de conscience de (soi), dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même ; or on dit, avec jésus et avec Sartre (…) que moi est individualisé parce que le je est lui absolument singulier ; il n'existe qu'une conscience à chaque fois, unique, et son moi, sa vie, son vécu, élevés à son existence ; tout l'enjeu étant de porter le moi qui se produit mécaniquement si l'on peut dire (c'est un bricolage, on fait ce qu'on peut avec ce que l'on a), de le porter à l'existence ; de base le tomber-amoureux est une telle élévation, par ex. Le christique, Socrate, dieu, la révolution, une œuvre, celle qui vous sied, etc, ouvrent la réalité, donnée, au réel, structuré.

En somme il s'agit de planter un clou le plus loin possible et de se soutirer à partir de ce point (inutile de dire que le christique arcboute infiniment lointainement le sujet, extirpant le je du moi, et le sujet du je, et le sujet est placé auprès du père, ce qui signifie dans l'intention en avant de tout, dans le commencement qui commence et ne cesse).

Que le je sartrien soit à ce point sous pression (c'est extraordinairement exigeant, l'engagement, de toute manière ça s'éjecte de la normalité, dès La nausée) veut dire qu'il doit- se vouloir (et qu'il y parvienne ou non), mais tandis que le christique, au moins, vous accordez une structure, on a quand même l’impression que le je sartrien est là « pour rien » (c'est ce qu'il dit, de fait). Il est l'extrémité absolue, formelle, de toute cette trajectoire de 20 siècles. Il est arrivé au bout, comme Céline (qui est dix fois plus au bout du bout, par ailleurs). On voit donc que ça se dirige « en avant » et c'est cette avancée dans le vide (en fait une avancée dans le formel pur et brut, en l’occurrence, de la structure) qui est au 20éme (par les trois français, Céline, Sartre, Lacan) explorée. Cela même que le christ a initié.

Rappelons que la structure est telle quelle. Elle existe « en dur », et non pas soumise aux contenus, c'est elle qui produit dans le champ intentionnel, les contenus (et comme elle est structurelle et non pas « subjective » elle se rend capable de n’importe quelle objectivité, perception, connaissance, intuition, émotion, signification, champ d'expression de toute sorte ; rien de tout cela n’apparaîtrait sans le champ intentionnel qui s'ajoute à la perception donnée là, celle de ce vivant donc)L'arc de conscience ne diffère pas selon les contenus, et il les épuise tous. Et il demeure. Et le sujet cartésien est le regard christique comme Sartre est un des bouts du Bout de l'être, ce qui revient à dire que tout cela s'arcboute sur l'exister et le seul unique et instantané présent.

Il est donc arrivé, immédiatement et même instantanément (tout ce qui est structurel relève de l’instantanéité, du pur et brut et unique et unilatéral présent), que sitôt découverte la structure se donne entièrement ; par dieu, l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel. Ce qui est formel est entier et rond comme un ballon, si l'on peut dire. Nous avons, pour le dire, directement, absolument et intégralement découvert la forme même du réel brut. De toute manière dès que l'arc apparaît dans son propre champ, il se-sait ; ce se-savoir (dont Descartes est le sur-initiateur, après dieu, l'être universel, le christique) n'a pas à entrer en connaissance ; mais son acquisition provoque, en chaîne, quantité d'intentionnalisations à chaque fois et martèle la réalité. Il est le marteau et elle est l'enclume.

C'est la forge du réel que nous avons immanquablement découvert depuis 3000 ans (et cette découverte ne se peut que si elle s'invente, se crée, continue la Création, évidemment ; c'est tout entier le but), ceci sans préjuger de la saisie du dispositif-sujet ; dont on a admis, une fois pour toute, que seul il est susceptible de relever le seul défi qui vaille ; modifier la Possibilité, continuer la perfectionnement universel absolu, puisque seul un tel « sujet », dont on a que le début du commencement de sa capacité, seul un sujet peut modifier sa propre causalité, donc on admet que le réel est cela même qui se-modifie.

Et ce qui s'impose dans le champ de la perception via dieu, l'universel, le christique, le sujet et le réel c'est qu'il existe, dans le champ, non seulement des choses, des signes, autrui ou le langage, mais au moins Un Point qui n'appartient à rien. Et donc le christ est mort ; il est parti. Mais il perçoit. Le sujet, cartésien, est intemporellement suspendu selon sa propre intention. Le je sartrien est déjà mort (Huit-clos) et il (se) voit. On ne peut pas voir autrement qu'en un je, inutile de faire comme si (la science est limitée dans son ordre même, il n'y a pas d’objets infinis, mais délimités). Même si c'est ce je qui se trompe. Mais se trompe-t-il vraiment ? Est-ce que l'on se trompe vraiment ne serait-ce que d'un iota ? On se trompe sans doute comparativement à la science, à propos de tel ou tel objet, mais à propos de la vie prenant une décision irraisonnée, est-ce que l'on se trompe ? Qu'est-ce que l'erreur en ce cas ? Existe-t-elle ?

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Interstice au-delà du Je

1 Août 2020, 09:37am

Publié par pascal doyelle

Il faut reconnaître que l'espèce humaine n'est pas à la mesure de l’articulation de conscience.

Il s'agissait de ne pas perdre le fil, la ligne du possible de telle sorte que malgré le monde et par le monde (malgré le vécu, malgré le corps) la structure de conscience demeure intacte et toujours recelant son brut et pur potentiel.

Que donc une fois acquise la structure de conscience, on ne s'égare pas dans les déterminations. Et fondamentalement que l'arc de conscience puisse continuer de reposer sur lui-même, et non pas que le champ de conscience, d'intentionnalité induit par l'arc de conscience, soit subordonné à l'attraction du corps, du donné immédiat, des réalités, des intérêts du monde, des désirs et autres fantasmes et imaginations.

Si l'arc de conscience doit conserver son articulation, alors aucune détermination ne doit prévaloir sur l’articulation elle-même ; ce faisant on obtient le maximum d'amplitude de l'activité de conscience. L'exemple demeurant la révolution qui instaure le principe (double) liberté-égalité, ce qui veut dire la mesure de l'un par l'autre et réciproquement. Mais c'est également ce qui est supposé de toute œuvre ; un roman, une esthétique ou une poétique, ou un éthique ou une politique (qui entrent dans les œuvres comme telles) s’adressent uniment à chacun en tant que chacun ; toute œuvre creuse la réalité jusqu'à atteindre le point-qui-perçoit.

Ce qui suppose d'abandonner le fantasme, la rêverie, l’imagination qui s'empruntent des choses et des affects, du corps et des désirs divers. On ne peut pas glisser de la structure à quelque réalité non formelle ; une réalité non formelle c'est celle qui n'entre pas dans l'intentionnalisation,dans le rapport, dans l'universel, dans le regard comme regard. Ainsi un mot désigne une chose mais disparaît dans la chose, tandis que cette chose prise dans une loi, une universalisation, un rapport devient beaucoup plus grande ; c'est ce que pèse l'idée ou l'essence des choses qui outrepasse toute chose particulière. Le tomber amoureux du moi voudrait bien que son objet d'élection soit saisi, mais ce désir tombe régulièrement dans la matérialité ; ce dont on ne retient jamais rien. L’éblouissement était le mirage alimenté par la structure de conscience, par l'intention que l'on en avait et qui destinée au monde, aux sensations nous possédait. On rechigne en vérité au tomber amoureux, parce que chacun sent bien que c'est l'emballement qui nous fléchit, et on voudrait l'entretenir, mais c'est l'arc de conscience, le champ intentionnel qui foudroie la réalité, la réalisation, la matérialisation de cette intention-là, et la réalité, le vécu ou le corps ne retiennent pas l'arc de puissance, de potentialité, de capacité.

Puisque cet arc est cela même qui crée notre perception, on ne peut sérieusement songer combler le vide formel qu'il provoque par quelques données situées dans le monde, selon le vécu ou le corps. L'intentionnalité, notre spécificité, reprend la perception du vivant, son corps, ses sensations, tout ce qui peut venir du monde ou du corps, mais l’ensemble réinstallé dans le nouveau champ de perception signifié ; un signe accolé à une perception qui relance celle-ci et mêle les unes et les autres, et les perceptions entre elles et les signes entre eux, et tout autant sinon plus permet de produire une unité de « soi » puisque l'ensemble des rapports que tisse l'intentionnalité est centralisé et rendu à soi-même comme rapport ; c'est le rapport à ce « soi », ce « soi-même » qui permet de gérer mais aussi de produire, d'inventer, de créer de nouveaux rapports et donc même si au début, pour chacun, les rapports sont reçus, en état d'enfance, il suffira de l'ouverture d'un rapport intérieur pour que tout se décuple ; dès que l'on se découvre comme unité soi-même, durant l'adolescence, lorsque le désir force en vous une unification ou une représentation de soi perçu du dehors, par autrui, par les autres consciences et que l'on parvient à se décentrer par rapport à soi-même (en se percevant extérieurement, de là le bouleversement qui s'impose aux adolescents, ils passent d'un sentiment d'eux-mêmes à une perception autre de leur « moi-même »), alors ce décentrement devient, s'instancie comme rapport justement.

Un tel rapport inclus sa propre altérité alors que l'enfance nous imaginait tout entier et sans scission intérieure, cad sans intériorité au sens net ; ici on ne nourrit pas seulement une pensée à soi (une dissimulation enfantine par ex), on est/se perçoit selon un point autre et tout à fait étrange. C'est intégralement différent ; cela ouvre mais aussi terrifie toute conscience adolescente. Et il se peut même que l'on éprouve une difficulté très sèche, mais aussi qu'il y ait impossibilité en quelque part. Parce que la psychanalyse nomme « castration » acceptée l'abandon des objets idéaux, mais en vérité il s'agit bien plus clairement de se décentrer soi, et d'abolir l'immédiateté qui s'imaginait lorsqu'enfant.

On ne pourra plus rien atteindre, adulte, de même manière que le désir passait immédiatement dans le monde lorsqu'enfant. Et il ne s'agissait pas de sexualité mais de tout le corps, c'est seulement ensuite, lorsque se sera imposé une intériorité (qui naît du désir et de la représentation de ce désir pour et par autrui) que le corps d'autrefois sera ramené à la sexualité ; réduction du Corps (qui n'en finit pas d'être vivant) à un organe. Sauf lorsque justement il n'est plus de désirs possibles ou à tout le moins plus de renouvellement du désir ; le malaise ne vient pas de désirs contrariés mais de la répétition d'un même fantasme, d'un signifiant qui empêche qu'il y ait pluralités et substitutions du désir.

Et cette pluralité, tout sera formellement médié, re-lié diversement en une existence, si tant est que cela nous arrive ; mais cela qui n’est pas certain, et on peut se tromper mille fois, ou trahi et nié cent fois au cours d'une vie. Ce qui réactualisera la douleur, la souffrance que, non, décidément nous ne sommes pas un « nous-même » immédiat mais perçu du dehors et ce dehors est inadéquat, inadéquat au désir ou au sentiment ou l'affect que l'on éprouve et qui envahit le corps, tout l'esprit et toute la perception, sauf qu'au sortir de l'enfance toute cette facilité se révèle comme fausse et même risible ou ridicule. C'est une douleur abjecte de se déjeter hors du moi d'enfance, parce que ce que l'on perçoit alors, du point de vue de l'autre, c'est cette pauvre chose dérisoire que l'on est (Sartre explore toutes les nuances de cette scission de soi, puisque pour Sartre la conscience singulière-universelle est elle-même autre que le moi qui n'est juste qu'un objet, une chose dans le champ, universel, de perception de l'intentionnalité). Ça n'ira pas en s’améliorant au cours de la vie vécue.

Comment désirer la fadeur ou le misérabilisme de la vie vécue ? Pourquoi nous donnerions-nous du mal ? Que l'idéal soit une rêverie, soit. Mais que la vie vécue soit cette chose-là … cette chose geignarde, cette chose qui se plaint.

Cette chose douloureuse et le choc du regard non seulement des autres (ce qui peut se renier, pour peu que l'on tienne à soi, et nourrisse une relative hostilité, ou en bref un minimum d’amour propre … ou de ruse, c'est très utile la ruse), mais le heurt du regard-autre qui semble régner indubitablement sur le monde (par exemple le monde de Céline ; les humains veulent votre peau, rien de moins et le corps se traîne sur la route, n'en pouvant plus déjà dès le début ; il était médecin, sa vision extrêmement biologique, comme il se devait pour son œuvre).

Et donc on nomme scission ce que la psychanalyse désigne comme « castration », abandon des objets imaginaires ou des attachements et capacité de produire cependant de nouveaux objets, de fantasmes à peu près normaux (cad non psychopathiques, qui ne sont pas nécessairement violents envers les autres, ou sociopathiques, sérial killers et autres négateurs du regard-autre, destruction effrayante de l'altérité, mégalomaniaque, il ne s'agit plus de ruse ou d'amour-propre mais de haine brute, une haine qui veut contempler le résultat, réel, effectif). Le désir est donc, à proprement parler, non pas seulement de désirer (on peut désirer infantilement ou irréellement ou perversement) mais de créer et recréer des désirs différents ; bien que grosso modo chacun reste relativement limité, il faut d'abord que cette limite ne fige pas ou ne se rende pas elle-même presqu'impossible ou désagréable ou difficile ou répétitive. Bref le moi, dans son organisation intérieure (ce que la psychanalyse examine, ces articulations internes) est prolixe dans ses inventions psychiques, , à moins de se scléroser, relevant du soin, inventions psychologiques diverses et pas nécessairement heureuses. Il invente autant selon sa névrose douloureuse et ses perversions en nombre, que dans ses désirs heureux. Voir plus … (de ceci cet immense catalogue de folies diverses, c'est quand même une collection toute entièrement inventée)

L’impossibilité qu'il y ait communauté humaine, parole partagée, monde perçue de tous, et voilà que la folie crie à plusieurs voix dans la tête du pauvre égaré. Perceptions et paroles se mélangent, en hallucinations, littéralement (les voix se matérialisent puisque la distinction de soi et d'autrui est perdue) et s'imposent dans l'extériorité ; ce qui est insensé.

C'est que l'altérité du regard, de l'autre intention, du point de vue qui détrône le moi immédiat et oblige l'adolescent a recomposer un « apparaître », un moi-même, qui soit traduisible aux autres et représentables ou qui puisse se glisser dans différents désirs suffisamment vivants et non répétitifs ou figés, et représentation du point de l'autre qui lisse quelque peu les bizarreries qui affectent chacun, et reconstruction qui peut également, parce que tout n'est pas négatif, l'élever.

L'élever.

Ça vient sans qu'on le veuille, tout à coup on s'aperçoit que, que l'on a saisi d'une vue d'un point-autre tout à fait étrange. Le suivra ? Le suivra pas ?

Oui de façon certaine, mais si l'on ne s'y accorde pas, ne s'y coordonne pas, il mordra cruellement tous les vécus, toutes les perceptions.

Et si on s'y accorde, certes on se retrouvera décalé par rapport aux autres, qui font si bien semblant. Les salauds disait Sartre. Ah mais on ne peut plus mentir si l'on ne se ment pas à soi-même.

Son élévation est bien une tendance puissante ; on s'intéresse à tout ou on idéalise telle discipline ou tel héros ou créateur ou religion ou engagement, dont on sait que Sartre en fit la capacité même, au sortir donc de l’enfance.

Or l'élévation ne se peut pas si l'on est seulement un-tel moi, assigné à son nom propre. Il faut, fallait investir ce regard et autrui et l'autre, et le grand autre : l'assomption, l'ascension de l'extériorité par l'universel, le sujet ; sinon on sera ramené à la pauvre chose, on sera toujours réduit à cette masse vivante. On a vu que l'arc de conscience, le corps ne la comprend pas du tout. Il est saisi, transi, intégralement divisé par l'intentionnalité qui contrairement au vivant ne perçoit pas de par soi, mais du dehors. Il n'y a pas d'horizon pour un vivant, mais son milieu ; il y a un horizon pour nous non de ce que nous percevons l'horizon mais de ce que nous nous percevons à partir de cet horizon, déchirés par l’altérité du point de vue autre, pris dans un rapport invraisemblable et hors de proportion ; dont on ignore « ce qu'il veut ». Comme le peuple juif face à dieu ; que veut-il ?Et donc jusqu'où va-t-on s 'élever ? Cela possède -t-il une fin, un terme, ou est-ce précisément hors de toutes proportions ?

On a cru que le monde, le vécu et le corps découvert par la révolution, comme une vague se retirant et mettant à nu le donné même, pouvaient s’idéaliser ; ce qui n'est pas illégitime en soi, mais il est impossible d'enfermer la structure dans la toute-réalisation réelle et effective de l'idéal sur cette terre. Lequel idéal est souvent bricoler, de bric et de broc, image jolie, rime facile, arrangement avec la vie.

Or on a réaliser, effectivement, tant et plus de l’idéal. Mais ce n'était pas ces réalisations qui comptaient. Il fallait donc parvenir à approfondir la dite structure. De la totalité des réalisations humaines il devait en découler une clarification, un resserrement de l'attention, une focalisation de l’intentionnalité ; autrement dit qu'il apparaisse enfin dans le moi (nouvellement inventé lui-même) un sujet.

Et ce resserrement, cette attention soutenue, celle-là même qui presse le moi, le vécu, le récréationnel, l'organisation humaine de se perfectionner (au point de tout épuiser, du moi ou de la nature), cette attention devait consister également en une plus grande précision ontologique, structurelle ; dans le registre même l'intentionnalité, de l'intention ; fallait-il agrandir le périmètre de l'universel ? Oui. Fallait-il que la liberté de chacun s'organise plus encore ? Oui. Devait-il se cristalliser une saisie bien plus millimétrée de l'activisme de conscience ? Oui. Sartre ne débute par rien d'autre (avant de promouvoir les sortes d'essences humaines du marxisme, qu'il peine évidemment à structurer selon le libre pur, dans CRD). Lacan poursuit l'enquête. Descartes inaugurait l'attention prolongée. Kant étendait la structure (dite transcendantale). Hegel dressait les deux tableaux phénoménologiques (de la conscience et du savoir).

 

Le sujet fut initié, lancé par le christique ; puisque le christique aboutissait, sciemment et prophétiquement, à ceci qu'il délaissait, qu'il abandonnait, qu'il, en vérité, confiait le réel entre nos mains (aidés par le Saint-Esprit et appelés par Dieu le Père selon la grâce, et nous ayant révélé dieu, « si vous me voyez, vous le voyez »).

Et c'est seulement donc au bout du Bout du cheminement, du long chemin historique, de tous les siècles, que l'on commençait d'être en mesure de saisir vraiment de « qui » il s'agit en cette formulation du sujet, et encore bine faiblement, puisque le dispositif-sujet, qui seul rend possible le perfectionnement infini, est originellement le réel pur.

Le moi rendu à lui seul, perdu, accuse le contrecoup de cette pointe acérée de la proximité intime (extime disait Lacan) du réel pur et brut. Lacan disait extime puisque tout le moi est jeté par lui au-devant dans l'extériorité (il n'y a aucune, aucune intériorité, sinon un faire-semblant, celui-là même qui rend possible que le désir ne cesse pas de s'écrire, sinon on se sclérose, ou qu'il puisse continuer de se signifier, au terme d'une analyse à peu près « réussie », réussie au sens de « on est encore coincé mais on peut faire avec »).

Le sentiment de déréliction, d’absurdité, de noirceur, de ténèbres, l’atomisation de tous, de chaque moi, le délitement d'y compris cette médiation qu'était l'humanisation ( au fondement de toutes les révolutions et de les Constitutions de toutes les sociétés humaines actuelles), peut-être l’écroulement du monde humain, aboutissant à cette dispersion et cette enténèbrement de toute la réalité par laquelle il sera demandé à chacun de puiser à même sa capacité, ou si l'on veut sa foi.

Parce que sinon c'est, réellement, le voyage au bout de la nuit, la mort et la dispersion qui ne mène rigoureusement, avec une mauvaiseté et une noirceur inhumaine, sans attente, sans porte de sortie, une pièce noire et froide et qui dissout les chairs.

Il ne nous resterait plus rien, sinon la source, nue, dépouillée de tout puisqu'ayant absolument tout réalisé.

Nb ; la déréliction, la dite noirceur c'est justement ce dont nous averti le premier, le un tout-seul ; c'est dans les ténèbres que le christique est jeté et par les ténèbres qu'il est délivré.

Nb ; il est hors de question d'imaginer conquérir l'univers, c'est beaucoup, beaucoup trop grand et le plus proche est déjà trop loin ; il est impossible d'imaginer briser le cadre de l'espace-temps, qui rend tout possible, et les enferme ; les distances et les temps sont trop énormes pour entrer en communication avec qui que ce soit ; il faudrait supposer que les civilisations puissent durer 3, 5 ou 10 millions d'années, ce qui serait encore peu mais déjà bien au-delà de toutes les suppositions ; nous sommes dans un univers sans mémoire, la mémoire, si elle existe, n'est pas dans les choses ou les réalités, n'est pas de ce monde-ci.

Nb ; la seule version réelle de l'enfer est ce royaume dominé par la seule liberté ; la liberté, sans l'égalité, est la mise en concurrence de tous contre tous. Sans aucune solution intermédiaire, aucune médiation ; et donc également chacun livré à l'image, Hollywood par ex, internet, la médiatisation qui n'est jamais et en aucun cas la médiation, la répartition, la justice. Chacun livré, dans le noir, aux images, isolé, horriblement obnubilé, lorsque la conscience s’abandonne, à son inconscience.

Puisque le christique crée de fait les conditions initiales (ou donc il initialise le grand passage des contenus vers la structure-qui-crée-tous les contenus, laquelle structure vient au-devant, sur la scène, qui se révèle ainsi comme étant La Scène elle-même : l'arc de conscience arcbouté sur l'arc du présent), c'est toujours dans le même pré carré que tout se joue, puisque c'est le carré-réel du cercle entièrement se-mouvant (on n'a jamais pensé en dehors de la pure et brute vérité, du réel, puisqu’il n'y a que cela ; le réel).

Aussi nomme-t-on sans aucune hésitation cette capacité de la structure en tant que foi, conversion aussi bien philosophique et universelle que christique ou singulière ou dimensionnelle ou fonctionnelle ; fonctionnelle signifiant alors (si ça n'était pas du tout dimensionnel, si le présent n’était pas la dimension méta-réelle pour ainsi dire, indiquent vers-le-haut) fonctionnel (non dimensionnel) signifiant que l'on ne viendra à bout de notre que si, justement, on reconnaît qu'il est d'ex-sistence et non pas selon l'être (et qu'il est inutile de chercher à toute force la « satisfaction » puisque sa fonctionnalité ne peut pas, ne pourra jamais se satisfaire de quelque donné que ce soit).

Fonctionnel veut donc dire que l'on ne résoudra pas les problématiques engendrées par la révolution et la auto-organisation de l'espèce humaine (par le principe double liberté/égalité qui est infiniment plus précis et inventif que n'importe quel autre, qui avance beaucoup plus loin dans le détail du monde et dans la réalisation des intentionnalités) en usant des moyens secondaires produits par cette révolution (la techno-économie, les sciences, les médias, la consommation, etc) ; mais par un recours bien plus structurel. Si on ne parvient pas à élaborer le structurel en lui-même (fonctionnel) on ne sera pas en mesure de contrôler notre intentionnalités (n'actualisant même plus le principe de liberté/égalité, l’universel, perdant le contrôle de tout donc) qui restera prisonnière de ses intentionnalisations en tous sens.

Aucune régulation donc sans la compréhension au moins fonctionnelle de l'arc de conscience (qui crée tout ce que nous voyons et donc désirons au sens large). Mais il vaudrait encore mieux en acquérir une compréhension dimensionnelle (et non plus seulement fonctionnelle).

Que l'on ait cru réaliser idéalement notre « désir » dans le monde, depuis le 18éme, est une absurdité.

De là que toute la bonne vision que l'on a eu, se métamorphose en cauchemar, en enténèbrement de notre conscience ; et ainsi de tout, alors même que sans doute aucun « nous ne sommes pas à plaindre », sauf en ce qui concerne notre attente, qui est trahie horriblement, par elle-même ou autrui ou la « société » ou l'histoire ou le désir, etc, bref par tout ce qui se rencontre (et déjà par la puissance de l'arc dans un corps vivant qui n'y comprend rien, Lacan) ; puisque là dedans « elle n'y est pas » et n'y sera jamais ; se pose immanquablement la question ; où est-elle notre attente ? En et par quel « lieu », sinon le lieu de tous les lieux, le présent. L'insatisfaction, puisque ça n'est pas de cela dont il est question réellement.

C'est somme toute ce que signalent Nietzsche ou Kant ; que « ça n'est pas de l'ordre de l'effet satisfaisant », puisque ça n'est pas un effet. C'est la cause.

Se tenir dans la cause (ce qui est extrême et extrêmement difficile) c'est agir non selon ceci ou cela d'extérieur (une cause du monde, qui est elle-même un effet, médié mais un effet) mais naître toujours de la même Cause (il n'en existe qu'une, l'exister).

Ou dit autrement ; il n'est pas moyen de se tenir d'une cause libre, sinon de se tenir de la cause même, d'agir afin d'agir, de décider pour décider (ce que Nietzsche qui manifeste, exprime, permet l'expression de l'auto-affirmation repère absolument, cad formellement ; il s’en rend compte si bien qu'il doit nommer « volonté » ce dont il tient sa seule volonté, référant par là que cette fois là elle ne tient pas des effets mais le plus purement possible de la cause seule, qui déferle « pour rien »).

or c'est effectivement de cette hors-volonté qu'est la seule volonté que l'on sache ; soit donc l'intentionnalité, qui est bel et bien la volonté avant la volonté ; la volonté qui conforme le champ de perception bien avant la décision ou bien avant l'expression ; le secret des secrets est seulement que dès la perception cela se joue et antérieurement à la perception en cette prédisposition, qui jusqu'alors était réservée au christique ; c'est pour cela qu'il est « parti ». La volonté qu'il embarque et nous envoie (sous la forme du « ne pas céder », ce qui veut dire continuer la foi, quelles que soient les raisons ou déraisons du monde et de la vie, puisque ça n'a pas de rapport, le rapport antérieur est toujours autre et plus grand que tous les rapports qui suivent, tous des effets) s'effectue à partir du hors monde, hors vécu, hors corps. Elle est évidemment le je qui suspend le moi.

Il n'existe qu'une seule cause. Et si l'on croit détenir une cause dans le monde, c'est que l'on ne voit pas qu'il s'agit d'un effet d'effet. Et c'est parce que nous-même sommes arcbouté sur la cause elle-même que l'on peut inventer des effets en plus ; modifier les conditions de toute situation et transformer la situation elle-même. Et même créant de nouvelles causes (qui s'ajoutent aux effets donnés), cela se retourne contre nous à la toute fin, puisque ça ne laisse même plus à la cause unique et antérieure la possibilité de s'exprimer ; tout est censé être rendu manifeste, exposé, et la structure, elle, n'est pas de l'ordre du monde, pas non plus de l'ordre du vécu, ni selon le corps.

Et donc nous ne cessons de mal comprendre ce qui est en jeu ; au lieu d'agir en, par et pour la cause (unique) nous nous déplaçons dans les effets et nous ne pouvons remonter dans le réel, dans le fonctionnel (ou le dimensionnel), demeurant les jouets du monde, du vécu, du relationnel et du corps.

Le point-autre (et son déploiement, son élaboration, son créé, sa possibilité) nous demeure non-accessible. Sinon de par les sortes d'aperception de dieu, de l'universel (cad du rapport), du sujet et du réel. De sorte hors de ceci toutes nos compréhensions (et nos décisions et nos intentionnalisations et donc nos perceptions) bifurquent vers le bas.

Ce point-autre c'est cela qui nous était révélé ou découvert par dieu, l'universel, le christique, le sujet et la révolution (comme principes générateurs de l'historicité pure et brute).

Le je est la jointure au-delà du moi en direction du sujet.

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L'historicité et le mouvement

25 Juillet 2020, 09:06am

Publié par pascal doyelle

Au début il n'existe que des mondes particuliers. Il faut être maya pour comprendre, percevoir, parler, se vivre dans le monde maya. Les mondes particuliers sont dits tels, particuliers, parce qu'ils créent, inventent chacun sa mise en forme culturelle ; ils créent la culture humaine, avec chacun son langage, ses échanges, son système familial, sa représentation ou sa mythologie (qui explique le monde et sa présence dans le monde), et globalement son système de perceptions. Ils inventent réellement la mise en forme culturelle, dans et par un groupe qui voit, parle, perçoit, se communique à lui-même et se transmet (dans la rigueur parce qu'il est impossible de perdre une partie de la mise en forme, sous peine de ne plus rien comprendre) ; le groupe qui vit et qui parle est la vérité, la véridicité, et de manière figurée ou non, le groupe pense ensemble.

Dans la conflagration généralisée (de multiples influences, de l’Asie à l’Afrique, du nord au sud) il se produit autour de la méditerranée une nouvelle mise en forme culturelle qui ne peut plus recevoir ce qualificatif ; on le nommera acculturation. À la fois parce que c'est une situation privative de la culture (les gens sont jetés dans les milieux humains divers et variés, ou à un moment déplacés dans la Pax romana, dans l’État romain universel) et en même temps ils apprennent à réunir toute cette dispersion ; mais alors ce ne sera plus une culture en elle-même mais les deux possibilités manifestes ; d'une part qu'il y a un monde (universel, unique, au dessous de tous les mondes humains divers) et d'autre part que chacun soit sa vie, individuelle (unique et en ceci que chacun a un corps, et donc Un corps dans Un monde).

Nb ; la pax romana est le milieu en lequel apparaît le christique ; il peut bien tendre la joue, puisque la paix est assuré par un État, le dieu des armées ne l'entendait pas ainsi, puisqu’il se devait de défendre, évidemment, son peuple élu.

Les grecs se chargent de l'universalité du même unique monde universel. Le christique (et antérieurement et postérieurement le monothéisme) désigne l’individualité comme Une en tant que ton-corps est le tien (ou dans le christique ; ton corps est le sien, crucifié, honni, banni, torturé, méprisé, destiné à la mort mais qui te regarde par dessus la mort et l'horreur et par delà ta propre vie, du vivant vers l'Existant).

On a vu que le monothéisme manifeste non pas que le divin soit ceci ou cela (le soleil, le principe, l'esprit du monde, etc) mais que dans le monothéisme le divin est l'Intention. Il est tellement l'intention qu'il a créé tout le reste. D'un côté l'intention, seule, nue, sans rien, et de l'autre le monde, les choses, les vivants, les humains, les anges (y compris révoltés), l'histoire.

L'hypothèse générale est qu'il y eut de la sorte ré-anthropologisation à partir des deux évidences ; qu'il y a un monde (et un seul) et que chacun est ce corps (et celui-là seulement et rien que celui-là). L'hypothèse sous l’hypothèse est que s’applique alors une réflexion, littéralement une réflexion ; un retour, on se regarde, s'observe, s'analyse ; parce que notre être est un tel regard, une perception détachée et autre que ce qu'elle perçoit et que prenant cette perception comme moyen on extériorise tout ; la pensée (universelle) est hors du monde, dieu, le christique sont hors du monde et hors de la vie de chacun ; nous entraînant à percevoir et donc analyser tout le visible à partir de ces points extrêmes découverts (ou révélés, comme on veut).

Dit autrement au lieu de produire un monde humain et de le considérer comme « naturellement » donné là, (on naît maya, on est maya), on s'aperçoit que c'est nous qui produisons ces mondes ; et on peut commencer d'en créer des tas ; des mondes philosophiques, politiques, éthiques, esthétiques, personnels, universels, etc. Nous prenons conscience de notre capacité de créer des systèmes de perceptions et il faut bien réguler, régler, organiser, partager, communiquer et transmettre ces mondes créés un par un et souvent relatifs à un tel ou tel autre individu ou selon cet étourdissement assez stupéfiant des Faits Majeurs universels ; à savoir qu'il y eut la pensée grecque, l’État romain, le christianisme, la renaissance, la révolution, la mass médiatisation généralisée (macro, les années soixante, et micro, internet). Rendant au fur et à mesure accessible que chacun soit à la fois séparé et coordonné avec tous les autres et non pas baignant dans un même-monde ; ce qui veut dire que chacun doit s'efforcer, prendre sur soi, admettre, instancier, organiser l’articulation de chaque chacun , pour ainsi dire, aux autres ; et ce par effort, par retour sur soi. Difficile, supposant l'unité du sujet, de relier les sujets ...

Les mondes particuliers furent dissous par l'acculturation généralisée qui eut lieu autour de la méditerranée, puis sur la planète entière. Mais dans un monde particulier (lorsque le groupe supporte la véridicité), il n'y a pas d'universalité (un seul monde) ni d'individualité (sinon le chef, le roi, l’empereur, etc, mais c'est une fonction) ; et si l'on veut Platon, Michel-Ange, ou Rimbaud ou Newton, il faut que chacun soit délivré et séparé, à chaque fois, et que cesse le poids organisateur mais écrasant, de la véridicité imposée par le groupe. Remarquons que la science, l'objectivité, la connaissance au sens moderne ne peut pas s'instancier elle-même, mais par une vision, une organisation externe, un se-savoir du sujet (qui s'initie centre et finalité, sous condition de cohérence ; le sujet n'est pas le subjectif).

Si dès lors la dite véridicité revient hors du groupe et à partir des sujets (entendant sujet non comme subjectif mais en tant que capable de tenir toutes les objectivités, subjectivités, perceptions, expressions, et donc d'une puissante cohérence s'instancient ces sujets) alors l’historicité non seulement naît (au sortir des mondes cycliques qui devaient préserver leur mémorisations intentionnelles, mot à mot, perçus comme monde donné là)

mais de plus cette historicité se démultiplie ; chaque arc de conscience étant en capacité d'augmenter l'ensemble de la mémoire (cad des intentionnalisations et des systèmes différents).

La quantité faramineuse des créations, des individualisations, ont pour finalité d'augmenter la capacité de chacun ; que vous soyez convertis par le christique, décuplés par Platon, éblouis par Vélasquez, étourdis par Mozart, exorbités par les Rolling Stones : peu importe vous serez touchés d'une manière ou d'une autre ; de même que le statut de citoyen (argumenté à celui de peuple, selon l'égalité) ne peut vous laisser indifférent mais vous crée (ce que vous avez de toute manière déjà appris à imaginer depuis tout récit, tout roman, et toute individuation de la perception) .

L'ensemble du mouvement veut atteindre chacun, par ses moyens et ses finalités, et dupliquer le dispositif-sujet ; ce qui ne se peut que si chacun sinon crée du moins invente et au minimum se modifie, se réoriente, étend sa probabilité, mesure son extension et préserve sa capacité ; que l'on ne se croit plus limité par son être donné, par sa vie, son passé, son héritage ; tout héritage est dynamité depuis 2000, 2500 ou 3000 ans, étant entendu que ce qui vient sur la scène ça n'est plus tel ou tel contenu, mais la structure qui produit des contenus et qui donc, elle-même, se définit, se visualise, s'imagine, se représente et programme, prévoit ses déplacements, ses possibilités.

Dieu, la pensée et l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel formulent cette représentation de l'irreprésentable mais qui si il échappe à la connaissance est absolument, formellement signifiant pour tout sujet. Pour tout sujet qui ne se prend pas pour une partie de monde, mais intuitionne le caractère formel de ce qui n'est plus son être (situé, hiérarchiquement par ex ou catégoriquement, esclave/libre, homme/femme, pauvre/riche, etc) mais est son ex-sitence. Qui relève à la base du Regard "qui s'est élevé" hors du monde. 

Il s'agit d'admettre puis d'observer ce qui se passe ; pour les grecs, la découverte de la production effective de contenus outrepasse tout contenu immédiat (immédiat en et par un groupe, immédiat selon la perception naturelle) ; par le christique le dépassement de l'immédiateté de la vie et l'intransigeance qui remonte bien antérieurement ; bien antérieurement à tout contenu et à toute intention immédiate et donc requiert un point-autre qui organise cette antériorité ; nous ne sommes pas notre vie mais le point de regard sur cette vie, en l’occurrence le christ ; point-autre qui sera réinvesti ensuite de plus en plus distinctement, mais sans parvenir à l'envergure sidérante du christique ; chaque sujet sera à son imitation, serait-elle contradictoire.

Christique reconnaissant l'intégral renouvellement continuel que suppose l'Intention (dieu, le christique, l'esprit, le sujet, mais également la vérité au sens grec comme principe et non pas comme contenu) et christique situé plus avant dans l'antériorité (on ne sait « où » s'initie l'intention ni comment elle aboutit) le christique pourra reprendre à son compte la totalité de la pensée et des intentionnalisations (que sont les idées et les systèmes, éthiques ou politiques ou les connaissances au sens métaphysiques, etc) ; au lieu de « seulement » contrôler les contenus (par la pensée), on cherche à contrôler le processus même d'intentionnalité  et de le distinguer, le percevoir, le découpler de ses opérations. Et ce jusqu'à Lacan (et s'ajoutant à la phénoménologie durcie de Sartre) qui tente de cartographier les effets dans un corps, un vécu, un moi, les affects, jusqu'à délimiter la cause interne des effets (nous sommes les effets, elle est la cause ; ceci n'a pas pour but de nous clouer au donné, au vécu ou au corps, mais parvenir à user de l'intentionnalité, ou donc de l'articulaiton qui évidemment modifie le corps en tant que surface, subissant psychanalytiquement ou intensifiant que des signes s'écrivent).

Que le christique imprime le renouvellement continuel, revient à réaffirmer l'intention initiale et lance sa conséquence fondamentale ; le pardon, ou donc, pour le dire, qu'aucune intentionnalité vécue, éprouvée, perçue ne détruit l'intention en tant que structure (puisque tout ce qui arrive c'est par, selon et pour la structure intentionnelle). Ce qui revient au principe (double) liberté-égalité, lequel est en lui-même beaucoup plus précis que n’importe quel autre ; si l'intention est le chantier, le processus toujours en fonction, toujours actif et toujours renouvelé alors soi-même et autrui s'organisent , surtout comme historicité et comme vivant selon l'Existant qui re-Crée à chaque fois. 

 

La philosophie

Pour ce qui est de la philosophie, elle est passée, très sommairement, de la découverte de la capacité à créer des contenus (les idées) à la situation très précise de cela même qui crée des contenus. À savoir l'arc de conscience, l'intentionnalité, l'intention. Les idées sont elles-mêmes des intentionnalisations auxquelles parvient chacun lorsqu'il pense ; de ce qu'il produit lui-même ces pensées il perçoit plus et plus loin et de façon plus ordonné que selon le groupe humain ou la mise en forme culturelle ; ainsi a-t-il affaire directement au monde donné « là » ; le « là » monumental étant dénommé l'être, le fait d'être universalisable dans des intentionnalisations, qui prennent immédiatement cette formulation, universelle ; parce qu'intentionnalité est un rapport, qui ne tient pas au contenu de départ ou à celui d'arrivée (il ne désigne pas la chose là, dans le monde, particulière), mais ce rapport signifie l'universalisation elle-même. De la sorte peuvent se construire des systèmes qui recherchent leur cohérence puisque par là l'intentionnalité ne se perd pas et assure son maintien, reliant et liant continuellement ; non seulement cohérence et réflexion du contenu électif (les idées) sur lui-même mais cohérence dans la pratique, la perception, l'éthique, la politique, la connaissance, etc ; l’adéquation globale intérieure et extérieure. La pensée ne fut jamais séparée du monde, même platonicienne, puisque par les idées on perçoit beaucoup plus.

Or la philosophie ne s'est nullement limitée à la « connaissance » ; elle est réflexion, retour sur, et retour sur cet être étrange qui-pense, cad intentionnalise (de là qu'aucun domaine ne lui est extérieur, puisqu’elle s'attache au noyau, au mouvement réel qui-pense, qui-relie). Et réflexion sur cet être qui le découvre, cet être, comme n'étant pas un être (par ex à l'origine nous sommes volonté-cartésienne), mais ensuite on en vient à considérer et admettre que l'intentionnalité est en elle-même ce qui décrit le mieux ce mouvement ; par Husserl et Sartre ; Husserl demeure dans l'idéal idéaliste, Sartre l'instancie dans ce-corps, ce-regard, cette-vie, dotée de ses affects propres, qui sont bien plus précis, que ceux de Heidegger par ex, et en attente de Lacan qui va analyser les plis et replis de l’articulation (sur-un-corps, vivant et qui en souffre) de conscience (Lacan est obligé de nier la conscience, sartrienne, pour faire émerger et percevoir les tours et détours existants et mouvants, et l’ensemble des affects encore plus profondément instanciés dans et à la surface de ce corps).

Ce qui est objectivé ça n'est plus la pensée (on en a fait le tour et déplacé toutes les occurrences, qui attendront Hegel pour dresser leur double phénoménologie, de la conscience en devenir et du savoir des idées, des déplacements de la conscience) mais la nature de cet être qui n'est pas un être (ne serait-ce de ce que quantité de contenus divers et variés lui sont accessibles d’une part et possibles d'autre part, ceux qu'il crée) ; son analyse débute par Descartes jusque Lacan. La pensée et l'ensemble de son domaine cède le pas à la réflexivité, au retour sur cet-être étrange ; dont on croit qu'il désigne avec Husserl une unité idéelle, idéale, mais dont on commence de saisir également et ce dès ce deuxième début, cartésien, qu'il est comme une île, voire une absurdité dans ce que l'on va nommer l’univers (le silence des espaces infinis). Nous sommes à ce point impressionné par son gigantisme que paraissent ridicules nos attentes. Lesquelles seront alors interprétées par et selon la disproportion de la réalité : égarés dans son immensité. Et l'idée même de « conscience » est alors bannie, on tente de la démonter, mais aucun concept selon le monde ne peut atteindre l'articulation intentionnelle (puisque toutes sont produites dans cet articulé).

Et l'énormité de l'univers a-t-elle quelque rapport avec la puissance propre de cet arc de conscience ?

Si l’intuition interne à la structure était du même ordre que le monde, aussi énorme soit-il, elle doublerait la réalité donnée là ; elle laisserait supposer une « autre sorte de réalité » mais qui ressemblerait quasiment à cette réalité donnée ; quel intérêt ? Retenons que si ce dont nous obtenons la prééminence existe, l'articulation, le regard, la structure, ça ne sera certes pas à la ressemblance du monde donné, du vécu ou du corps. Si elle existe, elle est non déterminée. On devra donc définir l'indéterminé. Ce qui est le but.

Et il faut au minimum supposer une telle distinction puisque notre capacité, susceptible de prendre à rebours n'importe quel donné (au point de remettre en cause toute la planète, et plus évidemment capable de remettre en cause les conditions de telle situation), cette capacité ne fonctionne que de s'articuler extérieurement, du dehors ; quel dehors ? (On a nommé cela le Bord du monde). On a un corps, on ne l'est pas. On a une vie, et bien que beaucoup s’emploient à nous convaincre du contraire, on ne l'est pas (le christique initie que nous ne sommes pas, du monde, du vécu ou du corps) ; nous ne sommes pas de l'ordre de l'être (L'objectivisme reste, quant à lui, coincé dans le principe de l'être et demeure extrêmement métaphysique, tandis que la philosophie est passée depuis longtemps dans la structure, depuis Descartes, et en vérité les grecs supposaient déjà le retournement étrange de toute pensée, selon l'être, le bien, le un, etc).

C'est pour cela, entre autre, qu'il faut supposer un dispositif sujet ; rappelons que le sujet est seul capable d'être destiné à la perfection, et dès l'abord au perfectionnement continué ; le mouvement qu'est le réel ne peut pas s'arrêter, il ne s’arrêtera jamais et s’élèvera sans cesse, pour peu que l'on s'y engage ; une perfection fixée, figée, est un non sens.

 

Les devenirs

Tel ou tel à tel moment de telle époque de l'historicité un je prend sur soi, en tant que dispositif-sujet, et s'attache non seulement à la réalité, aux réalités, mais au réel, à la structure (de toutes réalités) et remodèle le champ. Un groupe concocte son monde, un sujet est face au donné "là". Le je, le sujet est non seulement capable mais crée l'objectivité, l'altérité, et relève d'une énorme cohérence interne au confluent de tout ce qui vient, monde, vécus, perceptions, corps, désirs, bref tout. Ce qui engendre un certain chaos, mais c'est qu'il revient au sujet, et en définitive à chacun, de s'élaborer suffisamment et c'est le but de toute une historicité de créer un royaume de sujets, assez bien ordonnés eux-mêmes, qu'il puisse reposer sur sa propre force, sa propre capacité. Sujet ordonné et non pas assurant sa subjectivité, ni même une certaine composition de contenus, plus ou moins originaux, mais la structure, abstraite et existentielle, argumentée et vivante, éprouvée et créant les affects adéquats, les perceptions et les couleurs, et fondamentalement amène la structure elle-même (qui est universelle et unique, purement formelle et pourtant absolument singulière, puisque formelle) au plus près, au plus proche. Cent mille créateurs, dix mille artistes, mille poètes, adoration des créateurs, ce qui se mène depuis la Renaissance (et bien avant) en noms propres et non plus sous le couvert ritualisé d'une église, ou d'une communauté.

Or il s'agit précisément de propager l'esprit, même en dehors de l’église, puisqu’il ne convient pas que l'esprit soit accaparé. Si l'esprit doit descendre en tous c'est en chacun ; ce qui manquait à toute église s'obtient historiquement comme déploiement de toute individualité, mais de toute individualité déjà élevée et organisée (et non pas laissée à la naturalité ou à l’immédiateté ou aux seules vies déjetées, ni aux mois donnés là) et ainsi déjà une individualité architecturée et reliée, coordonnée, partagée. C'est parce que ceux-là furent déjà ordonnés intentionnellement qu'ils seront en mesure de remodeler les champs de perceptions et l'unité de liberté, en tant que cohérence et non pas comme battant la campagne.

Répétons que l’articulation, cad le mouvement, est cela même qui doit se propager. La vérité se partage, la liberté se propage, et jamais l'un sans l'autre, de même que s'affirmer soi comme libre inclus de fait la liberté d'autrui.

Le christique est d'abord venu éclairer l'égalité parfaite (en intention, relativement à cette structure de l’intention, qui étant autre, que toute part du monde ou du vécu, est semblable en chacun et indéfiniment renouvelable, avec ou sans le Regard christique) et ensuite il fallut en tirer la liberté pure et brute ; ce que fit Descartes en amenant la pensée à son origine ; la « volonté ». Qui deviendra l'intentionnalité (après être passée par Kant, Hegel, Husserl). Il faut du temps pour que ce qui est en dehors de la scène de la représentation passe au-devant de la scène et se montre ; il faut que tel ou tel sujet parvienne à suffisamment de clarté et au travers de sa propre épreuve (et cette épreuve est sa preuve, comme le cogito cartésien). Tout ce qui touche à l'intentionnalité transforme la totalité des intentionnalisations ; c'est bien pour cela qu'il existe cette fonction qu'est « la conscience » ; pour intégrer dans son propre champ et de par soi ce qui paraît (et ne peut être ni perçu ni mémorisé autrement ; ni dans l'atome, ni dans l'adn, et non plus par les mises en forme culturelle de groupe, puisque nous sommes passés à plus précis et plus resserré ; que chacun centralise l'expérimentation au lieu que ce soit la communauté dans sa mémoire culturelle ; l’universalisation qu'opère le langage devient l'universalisation en elle-même, grecque, l'individualisation de l'intention devient la règle absolue, dieu lui-même faisant foi ; le christ est dieu, rappel).

Chacun ses repères, cad son repérage. Il existe dix mille entrées immédiatement accessibles, puisque nous nous sommes ingéniés à organiser quantité de "musées", de toute sorte, de répertoire, de catalogues, et que nous précédant cent mille créateurs ont exploré et donc Créé les lignes effectivement réelles de la Possibilité. Le Créé est finalité même ; continuer la Création. Or on s'aprçoit, ce disant, que l'on ne peut créer sans liberté pure et brute ; quel sens cela aurait-il sinon ? Il faut, pour que le perfectionnement s'acquiert, qu'il repose sur sa propre force, son propre mouvement, sa capacité exclusive ; cette exclusivité semble non universelle... mais c'est l'inverse, il n'y a d'universel que par la forme-sujet, cad par un rapport qui est à lui-même son propre rapport et sa puissante cohérence, plus puissante que quoi que ce soit au monde et bien plus que toute vie vécue. Le rapport seul crée, le rapport est déjà toujours universel. 

Laquelle, bien qu'elle soit l'essence du réel, cette Possibilité, rend impératifs les devenirs dans tous les sens ; puisque ça n'est pas une essence... Que le réel ne soit pas une essence ne laisse aucune autre caractérisation que celle du Créé ou de l'acte. Et aucune compréhension qui soit inférieure en niveau à celui de l'acte pur et originellement brut ; lequel lentement tendra à se subtiliser, à s'élever. Étant entendu que l'acte est lui-même toujours actif et toujours le plus-grand-réel, et ce en un sens spécifique ; il continue de s'élever, et nous ignorons jusqu'où il peut s'élever. Et dépendront encore et dépendront toujours de votre engagement (dans l'existence, dans l'exister) les hauteurs de cette réal-isation du pur et brut réel.

C'est par cela que se délimite le plus fortement la capacité (du réel et donc de chaque arc de conscience) ; comme l'énonce presque clairement le christique, c'est déjà commencé, c'est commencé depuis le début. Le réel est un commencement continué, sera toujours un Commencement absolu. (Tout est transcendance, cad Articulation, et les immanences, qui sont bien concrètes, sont dedans).

Ce que l'on nomme le dispositif-sujet (seul susceptible de lancer et relever constamment la perfection) est probablement une pâle évocation de l'activité-sujet, aux innombrables devenirs, bien au-delà de nos intuitions. Mais comme l'Acte, la structure existent comme formes, alors l’inauguration, l'initiation, l'initialisation d'une intuition est déjà pourtant tout entièrement la forme elle-même qui ne peut pas se scinder. Aussi lorsque le christique se désigne en personne comme étant ici même le divin, il suppose le complet activisme du réel. Il peut exister une indéfinité de compositions, mais le mouvement est unique et continu, et on a vu qu'il existe plus fondamentalement que n'importe quelle détermination, destinée à la disparition. Seul le mouvement existe, le rapport, la structure.

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L'effondrement du royaume

18 Juillet 2020, 09:26am

Publié par pascal doyelle

(selon le monde)

D'aucuns attendent encore que la vérité, philosophique, soit de même nature que les vérités de la science, ils attendront longtemps encore. Ça n'a rien à voir. La philosophie est antérieure à la science dans tous les sens ; elle s’intéresse à l'exister de l'être et non pas à l'être lui-même, tel qu'il pouvait encore s’imaginait, s'imaginer, selon la pensée dont on a vu que, métaphysique, c'était en vain. Parce que quelque structure bien plus réelle que la pensée et l'être, c'est cela même qui est en jeu.

Par quoi on peut rejoindre cette performance à ce point absolue, à nulle autre pareille, de la religion dite christique ; jamais personne et en aucune manière n'est parvenu à étendre depuis un tel lointain, la vérité, de structure, du réel.

Tout est livré au monde et la perspective christique ouvre infiniment le champ, n’appartenant à personne sinon celui qui précisément est mort, et nous regarde au travers. Ce qui est surprenant. Il fallait qu'il n'y soit plus pour que l'éternité et l'invisible puissent laisser place à tout le visible (ce dont les derniers nous convainquent) et à l'immobilité de la forme des réalités ; tout se meut, d'un monde, à l’intérieur de la structure qui se meut si rapidement qu'on ne le voit pas.

Pensons bien que dès le début il s’agit de la même structure, dite « de conscience », en considérant ce fait, de conscience, comme un réel tout à fait effectivement réel ; de là que quelque que soit le contenu, identité ou détermination ou perception, il s'agit toujours de la même structure, de la même conscience. Dit autrement la conscience-de pierre est la même que la conscience de Paul, c'est évident. Ce qui ne les empêche nullement d'être absolument distincte, par quoi l'on commence, à païen, entrevoir la dimension dans et par laquelle existent les consciences. Que Pierre et Paul soient « numériquement » ou donc formellement distincts est un fait fondamental (la formalité est antérieure au numérique, ce qui se dit « un » est juste le rapport à lui-même d'un objet ou d'un sujet).

On a vu que la caractérisation de l’arc de conscience le considère comme intentionnalité ; on aurait beau dire que toute conscience est conscience de quelque chose, ce ne sont pas les dites choses qui emprisonnent la dite conscience ; elle les produit dans son champ intentionnel, à moins de considérer que nous serions accrochés aux wagons de contenus ou de super contenus qui existeraient en eux-mêmes comme des idées ou des systèmes magiquement coordonnés ; ce qui requerrait une telle masse de systèmes enchevêtrés que l'on ne comprend même plus pourquoi la nature, la réalité ou dieu auraient bien pu inventer ou créer un tel mini système simple, formel, infiniment souple qui peut prendre conscience de tout et n'importe quoi, et donc libre. La liberté n'est pas là pour rien ; mais pour assurer que quelque situation trouve une résolution encore plus performante que ce pour quoi elle se donne ; que donc l'on puisse revenir, remonter dans les conditions de la situation et les modifiant la transformant. Et ainsi que nous survivions.

Or il était prévu, si l'on peut dire, que nous outrepassions la nature, mais quant à surpasser notre être c'est une autre affaire … et apparemment nous en sommes incapables et c'est cela qui va nous tuer. Que l'arc de conscience soit capable de dominer la nature mais qu'il soit dans l’impossibilité de se mesurer lui-même.

Se demande-t-on cela très exactement qui est requis pour que l'on puisse de son acte de conscience prendre conscience ? Oui.

C'est le but, la finalité et ce qui est mis en œuvre. Ça n'aboutit pas du tout à une connaissance, mais depuis Descartes il ne s'agit plus de connaissance mais du savoir, le savoir de soi, autrement dit le se-savoir de la structure considérée comme articulation et donc comme référée à elle-même en tant que cette tautologie, apparente, est dépliée, soit donc le pli du réel comme tel admis, ici, dans sa ré-présentation précise ; celle du présent, le présent, le temps ou si l'on préfère l'exister qui entoure tout ce qui est, fut, sera, est considéré comme étant le réel même, le pur et brut, très brut mouvement.

Il est ainsi admis que l'historicité qui se développe depuis que nous sommes sortis des mondes particuliers, à partir donc du dieu monothéiste (le un tout-autre, ayant créé toutes les déterminations, les réalités et donc conçu comme pure Intention, c'est en cela que, n'étant plus du monde, le dieu unique est hors champ et donc en crée de nouveaux, de même qu'il crée toute réalité), depuis cette libération (de tout monde contenu) la structure avance manifestement telle quelle.

Ce qui veut dire nue.

Elle est formelle et donc s'expose comme telle. Elle ne peut pas emprunter des vêtements quelconques qui sont toujours en-deçà. Et la forme la plus adéquate de cette exposition est celle christique ; celui qui disparaît du monde et vous regarde, chacun, un par un (que l'on y croit ou non c'est ainsi que cela fut instancié dans et comme historicité).

Rappelons que les mondes particuliers (on doit naître maya pour comprendre, percevoir le monde maya) prennent pour mesure de la perception les contenus de conscience ; ne se dégage jamais la structure en elle-même, mais toujours incluse dans les perceptions, la parole partagée et les représentions identiques (à leurs contenus) tandis que dieu, la vérité comme principe, le sujet et la liberté sont inadéquats à quelque contenu quelconque, et tous les contenus sont quelconques par rapport à la forme.

Or il y eut un fait majeur structurel qui soudainement s'est échappé à lui-même ; le christique emplit déraisonnablement toute la possibilité du réel de l'activité de conscience en prévoyant que oui, décisivement, ne croyez pas que vous puissiez en quelque manière combler le hiatus entre vous et vous-même (vous et votre corps, votre vie, vous et autrui, et tout ce qui se peut rencontrer sur la terre) ; vous n'y parviendrez pas, jamais, et que donc s'initie une imperturbable (qui ne peut plus être perturbé par quelque part ou partie du monde) une imperturbable possibilité (qui est ainsi une impossibilité selon le monde, puisque tout ce qui est du monde disparaît, structurellement s’anéantit). Ce qui revient à dire que jamais votre intention ne rencontrera, durant le temps d'une vie, sa réalisation, mais que donc votre existence (et non plus votre vie qui est dès lors transformée dans son essence même, puisque quittant le domaine des essences, des contenus, des vécus, du relationnel, du réalisé), que donc votre existence réelle ne se rendra qu'à sa plus extrême pointe ; cette extrémité, qui est aussi un extrémisme, consistant à croire plus réelle votre intention que n'importe laquelle des intentionnalités ; nous ne sommes plus même dans le registre des intentionnalisations (comme dans la pensée ou la pratique grecque ou éthique ou métaphysique ou théologique) mais dans la mouvance même de l'intention pure et brute, nue, sans rien.

Dit autrement la racine antérieure, la source en-avant de toute réalité, le mouvement originel parvient enfin à son apparition, sa propre présentation dans la représentation laquelle est outrepassée, dépassée, ne peut plus subvenir à l'afflux hors de tous les flux, et tente de canaliser le réel dans les réalités, mais ce sera alors de se perdre dans les effets de cette découverte (le moi va écraser le sujet, le citoyen). La perte de la voie unique (parce que la forme qui existe indéterminée ne peut pas être remplacée, aucune comparaison et aucune composition qui pourrait entrer en concurrence, aussi remplace-t-elle toute royauté par une seule, toute nation par une seule) est évidemment ce dont il faut se prémunir et contre quoi on ne peut pas lutter ; parce que si nous nous tenons, dès lors, selon l’a-priorité de la structure dans la source même (antérieure et prochaine), nous sommes absorbés, en réalité et nos vies, par les effets, les conséquences de la cause antérieure (qui de par sa puissance décuple le monde, les vécus et le relationnel, le corps et les perceptions de manière générale, on perçoit en dehors du cadre ordonné du groupe) et nous ne pouvons retourner dans l'a-priorité et imaginer les possibilités de structure parce qu'étant structurelles elles ne se visualisent pas selon le monde, le vécu et le corps, qui sont tout entièrement de déterminations.

On se jugerait alors coincé (dans la mondanéïté) sauf à se re-prendre soi-même comme sujet ; et seulement chacun, un par un, est en capacité d'atteindre la structure qu'il existe et qui ex-siste en-avant de tout ; or le sujet ne se détient pas de lui-même ; un arc (de conscience) se détient d'en avant, de dieu, de l'universel, du sujet ou du réel. Et cela le moi ne peut pas le concevoir ni même l'intuitionner ou le prévoir (le moi se produit d'une identité à un contenu de conscience et non à cette conscience même comme structure, le moi est tel un accord de la volonté dans la pensée, de la perception dans l'image, du désir dans son objet, qui est en soi désirable) ; le moi reste donc sans voix devant l'inimaginable pour lui. Il veut se replier sur une position de défense, de préservation, de continuité, de possible selon le monde (et ses désirs, ses contenus) et non se rendre impossible selon la structure (ce pour quoi en vérité nous sommes destinés) . Il veut se replier parce qu'il croit spontanément qu'il doit se plier sur un contenu ; sinon il n'a pas de face, pas de visage, pas de représentation pour lui-même ou les autres, pas de plan de vie ou pas de corps ; la question n'est pas de se passer d'identité, ce qui serait absurde et impossible, mais de passer outre en plus de telle ou telle identité ; qui que vous soyez le christique vous sait, le sujet vous structure, l'universel vous comprend, le réel vous instancie, mais cela, ce dernier mouvement, qui est aussi le premier, il faut le tenir au-devant des yeux, le voir, le percevoir au travers, malgré et en plus des perceptions.

Le péché originel ça n'est pas de pécher (ce qui est la condition tout à fait commune et continuelle) mais de s'y restreindre et limiter, de le réaffirmer, de le croire ; en fait il est irrationnel de se définir en ceci ou cela, le rationnel est de se non-définir, à condition que cette non-définition soit tenue, soutenue, élaborée. Et c'est ainsi que le christique inaugure 'au-delà du péché, puisqu’il ne se fie plus à la Loi (trahie ou refusée) mais à l'Intention (constamment remise, dont la puissance est non finie, hors monde, ce par quoi il y a monde et qui n'en est pas, et nous percevons à partir du Bord ; c'est cette capacité de perception qui est explorée).

Aussi faut-il être soutenu du Regard, du point-autre et de l'autre corps. D'un point autre qui puisse assurer que l'intentionnalité ne glisse pas dans les intentionnalisations, qu'elle soit retenu par un bout qui soit le Bord.

De là que l'importance que dieu, la vérité grecque, le christique, puis le sujet ou la révolution, se donnent, à eux-mêmes, et qui n'est pas, cette importance, un fait de « croyance » mais de foi (et par laquelle ils s’annoncent ; attention voici ce qui « est » ou ce « ce qui est en cours d'exister » et qui se configurera par votre effort et uniquement) ; selon la dimension qui creuse la réalité, la réalisation, l’humanisation évidemment et, bien qu'alors, ayant atteint ce degré-là, nous ayons oublié cette dimension, la personnalisation (qui prétend ne reposer que sur elle-même).

Retirer à la pensée, au christique, au sujet, à dieu leur factualité fondamentale est insensé. C'est parce qu'ils sont fondamentaux qu'ils sont factuels ; ils s’imposent de et par une actualité, parce qu'ils sont une actualisation, de la structure, de la structure intentionnelle qui est, en elle-même, un acte et se produit dans le court-circuit que cette intentionnalité crée dans le monde ; que la pensée n'existe que pensée, que l'universel n'entre dans et par la volonté que décidé, que le sujet soit une autre surface du corps (à quoi nous expose les esthétiques, poétiques, récits), que la justice soit une tâche éthique et politique, etc ; tout cela n'existe que selon la décision.

Alors voyons comment comprendre la décision à partir de la soudaine distance qu'instancie, dans le monde et créant l'historicité, le christique. On a vu que l'intention n'est pas de ce monde et qu'elle ne s'y retrouvera pas, et donc ce qui doit être désigné comme « décision » ne peut pas advenir dans la réalité, ce sera toujours raté, erroné, illusionné. Sauf que tel ne fut pas le cas ; dans ce qui effectivement eut lieu c'est le droit et l’exigence qui creusèrent la réalité, la réalité humaine, au point qu'il n'existe aucune humanisation qui n'y souscrive pas ; il n'existe aucune société sans loi. Et on voit bien que l'on s'est orienté plus vraisemblablement du plus compliqué (des systèmes familiaux très compliqués ou des langages pénétrés de monde, de représentation, de perceptions) vers le plus simple. Évidemment dans le même temps nous entrions dans la grande complexité des discours ; non plus qu'il y ait un seul langage communautaire (qui percevait le monde) mais une base minimum et quantité de discours seconds (sur lesquels l'effort de chacun est demandé). Et donc plus aucune présence (magique pour ainsi dire) du monde. Ce qui signifie chacun abandonné (comme le un tout-seul, le christique) comme corps face au monde étranger (universel ou grec ou étatique et romain).

On a vu que l’acquisition structurelle consistait essentiellement à supposer un individu seul (christique) face au monde (grec universel) et que depuis nous vivons sur cette position qui est inexpugnable. Parce que lorsqu'elle apparaît la structure saisit immédiatement le réel et le réalité ainsi que sa propre possibilité (le je et l'universel en l’occurrence) ; elle ne se trompe pas. Il ne s'agit donc pas tant d'une énonciation argumentée (philosophiquement) que le développement intentionnel généralisé, chacun par chacun (à partir du premier de tous ; le Fils de l'homme, le christique, l’appellation est quand même bien étrange...) Elle est donc inexpugnable puisqu'elle se-sait non donc seulement immédiatement ; comme accès intentionnalisateur, pensée, au monde mais comme conscience de (soi) ; mais aussi elle se-sait instantanément et dans cette instantanéité tout lui vient, la structure intégrale lui apparaît, comme intuition absolue formelle totale.

Platon le sait bien, le christique également, Descartes, Sartre, bref tout le monde. Ça vient « comme ça ». D'en haut. Ou du dedans. Ou du réel tel que soudainement donné « là » ; que ce soit l'être, le là du monde, ou l'existence telle quelle (ou la mort ou la souffrance ou le non sens d'une vie). Il se présente toujours une expérience du réel, de l'altérité, de l’exigence outremesure (cad qui dépasse toute détermination et les tient, toutes, en dessous). Rappelons que l'on considère et admet que le réel est formel, et en tant que pur et brut mouvement que « le réel » n'existe pas autrement que selon ce mouvement que l'on identifie à la Possibilité (en tant qu'elle reste et demeure seule constitutivement effective ; il n'y a que du Possible et le Possible est cela qui existe, qui donc ex-siste ; on tient ici que le Possible existe, réellement, en tant que tel, et constitue donc la Dimension (qui s'ajoute aux autres si l'on veut) en laquelle tout est (l'exister du mouvement est plus grand que l'être, les déterminations, qui sont les plis du Pli unique, puisque formel, il serait non-unique si il était composé, or il est indéterminé). Mais c'est simple hypothèse ; a minima il est admis que la structure est suréminente au donné, la forme « réel » est plus grande que les réalités (sans constituer pour cela la Dimension). On a ajouté que si l'on admet la Possibilité comme forme absolue, cela s'accumule comme sujet, dispositif sujet, puisque ajoutant que la perfection est le sens du possible et que seule la forme-sujet accède à, garantit la perfectibilité comme règle ; seul un dispositif-sujet peut devenir et se modifier.

C'est ainsi en réaction, absolue, formelle, que soudainement le réel (dieu, l'universel et l'être, le christique et le sujet, la révolution et le réel) s'impose ; l'attachement époquale (relativement à une époque limitée) au réel sous les espèces du monde, de la matérialité (idéologique, productiviste, scientiste, psychologique) et de la matérialisation (de nos intentions) est juste une étape dans le long processus (de sortie des mondes clos humanisés et partagés communautairement) ; de sorte que notre dernière invention, le déploiement du moi sur toute la planète vient suivre l'humanisation mondiale sous la forme constitutionnelle de l’État, qu'il fut généré selon le libéralisme ou le communisme ou tel établissement plus ou moins dictatorial, ce déploiement du moi comme seule réalité, est tel une projection d'image (de « soi ») et donc placé sous le regard du sujet, du sujet qui n'est pas le moi et qui se donne à Voir, réellement, effectivement, concrètement, tout cela qu'est un « moi », un « vécu », un « relationnel », un « monde de et pour le moi » (qui s'est produit, industriellement depuis 100 ou 200 ans, selon que l'on y remonte) et non seulement via l'établissement étatique mais aussi selon la mass puis micro médiatisation et évidement tout l’ensemble de la société dite de « consommation », de la mise à disposition de tout un monde, tel que pour-les-mois, qui a surgi de but en blanc, avec une rapidité fabuleuse ; dont on a dit déjà que cette médiatisation s'avérait en fait une médiation ; ce par quoi l'on se Voit, et par quoi évidement on Voit les autres, ou ce par quoi l'on concrétise nos intentions, réalisant tout intégralement le possible ; à partir de la structure du sujet, celui abstrait du droit, et de la révolution, et de la techno-science et de la raison en général, de cet objet qui se présente pour un sujet, qui glisse, lui, par en-dessous, qui disparaît lorsque les objets apparaissent (tout comme le moi s'évanouit lorsqu'il tombe amoureux par ex).

Ce glissement du sujet sous le moi ne peut toutefois pas annuler le sujet ; il y a un moi (qui semble donné là) parce qu'il y a un sujet qui lui ex-siste, cad perçoit à partir du Bord (du monde, du vécu et du corps) ou du Bout (de sa propre vie, de sa temporalité, de la position de l'autre ou du grand Autre, comme dit Lacan). Sans cette tenue à partir du Bord (grec) ou du Bout (christique), ça n’apparaît pas ; parce qu'il n'y a pas de champ de perception dans lequel apparaître.

De sorte qu'à l'inverse il fut établi une seule piste de lecture, par laquelle tout devait s'interpréter ; l’intérêt ou le vécu individuel. Lequel concrétise effectivement le contenu réel de l'humanisation (qui sans cela resterait un cadre abstrait, ou un homme générique, selon les besoins communistes par ex, et non selon les désirs libéraux, sauf qu'il ne demeure plus que les dits désirs, partant en tous sens). La folie individuelle ne trouvera dans le monde aucune limitation, aucune contrainte (rien ne peut arrêter sa prolifération, épuisant même les mois eux-mêmes), seul le sujet est capable de se contraindre lui-même (auquel cas il ne s'agirait plus d'une contrainte) ; capable de borner le flux incessant des objets, des désirs, des images, mais aussi des intentionnalisations, déchaînées en tous sens. Et le vécu individuel, aussi louable soit-il érigé en valeur absolue, ne suffit pas. Il lui manque toute la partie fondamentale, celle du réel (plutôt que ce jeu, ce miroitement hyper égocentré, que surent flatter les pouvoirs, les dominations, puisque les dominations s’exécutent sur et par les nécessités, les fascinations, les obsessions, les facilités donc). Sans bornes le vécu et le flux individuel use le sujet (sans pouvoir l’anéantir évidemment).

Et donc le réel va se rappeler à nous, et entièrement démonter cette irréalité, ce fantasme généralisé du vécu individuel exclusif.

Il n'y a aucun autre moyen ; le Royaume est celui des sujets, pas celui des mois qui sont immergés dans le monde, leur vécu et le corps. Or le sujet est précisément l'insatisfaction, le contraire absolu, cad formel, de la satisfaction accrochée, arrimée, embrayée, étayée au corps ; le moi, en vérité, n'est arcbouté, dans sa faiblesse (qui est aussi son concret essentiel) que sur son corps ; son corps est cela qui finalise les intentionnalisations. Si le rythme de l'intentionnalité ne s'élabore pas vers le haut, il tombe vers le bas ; il n'y a pas de moyen terme. Structurellement on ne peut pas ne pas choisir (comme disait l'autre).

Et c'est pour cela qu'il y eut la formulation de l'autre-surface du corps. Le christique mais aussi l'esthétique qui veut réorienter le champ de perception et réclame non un moi mais un sujet. Si on n'extrait pas le moi de cette immédiateté, non seulement il va couler, tomber dans le monde, mais la racine même, qui est celle structurelle du sujet et sur laquelle et par laquelle un moi est possible, cette racine, cette source, ce cadre singulier, cette cause du moi qui en est l'effet, se supprime et démantibule le moi, la psychologie, l'intentionnalisation, l'intentionnalité même. On ne sait alors même plus ce que l'on perçoit, et toujours moins qui perçoit et pour quoi ; c'est l'intentionnalisation, comme procédé, qui se démonte.

Une intentionnalité doit se représenter et manifester son être et sa structure et sa finalité ; elle se devait à dieu, à la pensée (ou à l’État romain), au christique ou au sujet (et à la nation révolutionnaire), à tout le moins au réel et à la liberté comme finalité ; et non comme simple moyen pour d'autres fins, qui constitueraient notre « identité », c'est pour cela que Descartes comprend que la liberté est notre existence, qu'il peut se trouver des finalités dans le monde mais secondes, et qui ne valent que ce qu'elles valent par et pour la liberté. Une œuvre esthétique, poétique s'adresse instantanément à une liberté, une perception, cad un champ de perception (il n'y a pas de perception sans un tel champ et ce champ n'est jamais indifférent ; c'est de n’avoir admis qu'un champ indistincte, objectif, qui a noyé le sujet dans le moi, alors qu'il eut fallu élaborer le champ sur-objectif du sujet sans lequel il n'est aucune possibilité d'objectivité (ou de droit ou d’œuvre ou de psychologie ou de relationnel, bref rien).

Cette non-élaboration du sujet est l'anti-royaume, le royaume mais selon le monde, le vécu ou le corps (le remplissage de la systématique liberté-égalité-fraternité par le monde et des vécus, le dénivellement des esthétiques par la production industrielle des images et des sons, des perceptions qui viennent jusqu’à remplacer l'existence). Évidemment comme le sujet est absolument réel (il existe quoi que l'on fasse, sinon, sans un arc de conscience, il n'y aurait rien qui apparaîtrait) la structure ordonne effectivement et réellement (par ex en instituant le statut de citoyen ou de héros de récit ou d'esthétique) mais sans assumation, en conscience de l'Intention, la structure est tordue et utilisée vers le bas ; le citoyen dérive, glisse, se perd dans ses activités, dans ses images, ses images de plus en plus faciles et décousues, dans la séduction du donné miroitant, celui là même qui en vérité annule la perception, enferme l'arc intentionnel dans la perception, dans l'inertie des images comme si elles étaient les choses elles-mêmes et ce substitut des choses mange les choses réelles, et le moi est dévoré, grignoté par ses contenus et sans jamais s'annihiler le sujet entre en régression, s' éloigne de sa possibilité réelle. Et tout aussi bien de sa propre historicité qui est niée, écrasée (qui s'éloigne d'autant au fur et à mesure), qui est remplacée par des interprétations qui veulent passer pour neuves et multicolores et qui produisent leur propre justification comme interprétativité généralisée ; mais qui croit vraiment que l'on va découvrir La-Vérité de but en blanc indépendamment de l'historicité ? Et que proposons-nous, ici, sinon de recouvrer l’ensemble des temps ?

Cet anéantissement du temps (et de l’activité du présent seul réel) dans l'espace, la spatialisation, reprend très exactement le postulat de la scientificité ; le donné seul explique le donné, il n'y a pas de reste. C'est faux. C'est bien par cela que le présent , entendu ici, est similaire à l'éternité du déploiement du réel, au travers de toutes les temporalités, et non pas sa raréfaction millimétrisable et objectiviste, misérable et psychologique ou psychique, consommable et sociologiste et idéologique ; au sens où tout ce qui est exprimé est enrégimenté dans la modification objectiviste et mass-médiatique ; ça part du monde et ça revient exclusivement au monde (ce qui va dans le sens de la concrétisation, de la matérialisation des intentions, sans comprendre que toute libération est certes bienvenue mais qu'elle engage en la croyance que la vie est tout, qu'elle n'est pas une existence, cad comportant un réel qui ne s'y réalisera pas).

(l'idéologie s'entend alors dans une compréhension beaucoup plus large ; le marxisme, qui a pu imposer l'occident aux peuples hétérogènes, est lui-même pris dans le plus grand déploiement historique qui fut jamais, planétaire, d'une seule et même structuralité).

Rappelons ceci ; la structure de conscience n'est pas subjective, ni objective, c'est pour cela qu'elle est désignée comme structurelle ; structurel est le champ intentionnel dans lequel apparaissent subjectivités, objectivités et de considérables champs de perceptions divers et variés ; sans l'intentionnelle structure rien n’apparaîtrait, et donc il est décidé, ici (c'est l’hypothèse), que cette structure est dimensionnelle, qu'elle existe en elle-même (et non pas en tant que faire valoir des contenus divers, de même que le présent n'est pas le vague résultat des réalités mais la forme même des réalités).

En tout ceci il n'est nullement question de pleurer sur l’impossibilité ou la dégradation du royaume selon le monde et le moi, au contraire. Ce qui compte ce en sont les résidus du mouvement mais le mouvement même, le mouvement seul.

Et plutôt que de gémir sur le faux royaume (qui était en lui-même impératif, il faut qu'il y ait des mois) et déprimer du royaume inversé (qui va renier qu'il dispose de sa propre vie ?) c'est d’aboutir au cœur, tel quel, qui permet justement d'avancer dans la structure, d'actualiser ici et maintenant la capacité pure et cependant encore trop brute.

C'est, cette manière, le perfectionnement de la brutalité initiale (celle du réel et celle de l'arc de conscience).

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Distinction interne à la philosophie

11 Juillet 2020, 09:15am

Publié par pascal doyelle

Il y a trois siècles que la philosophie n'est plus du tout la philosophie entendue métaphysiquement ; apparemment ça ne se voit pas et de manière générale on fait comme si il s'agissait toujours de caractériser l'être, ou quelque substance qui en tienne lieu, mais en vérité depuis Descartes la pensée est entièrement réassigner.

C'est comme de ne pas prendre au sérieux Kant (ce qui est un comble) lorsqu’il nous avertit que la pensée, la pensée métaphysique, ne peut pas outrepasser les bornes du donné là ; il ne se contente pas de condamner la construction mentale « métaphysique », il pose les bases de la structure ici même du sujet, qu’il nomme transcendantal et par lequel il entend établir un nouveau règne de penser. Autrement dit de réflexivité.

La réflexivité se limitait autrefois au cercle de la pensée ; la réflexivité consistait à assurer la cohérence des énoncés en revenant sur leur déroulement interne, sur l’assemblage des intentionnalisations (qui se nommaient idées, et qui exigeaient la transparence afin que l'intentionnalité puisse naviguer et se repérer dans les pensées et dans le monde) et à leur adéquation à la chose pensée. Il existait ainsi une surveillance généralisée qui coordonnait l'ensemble des propositions et des perceptions.

La « masse » de l'être était supposée tenir d'elle-même son poids propre, dont la consistance s'obtenait par son unité logique, compréhensible, et sa capacité de com/préhension (l'eau, l'être, le bien, le moteur, le un assument, assurent le reste des étants).

 

Or la réflexivité s'est transformée et est devenue tout à fait autrement ; il s'agit depuis Descartes de revenir sur cet être étrange donné là, le sujet, et de l'examiner ; retour-sur le dit sujet qui, par là même, se crée, se constitue autant qu’il se découvre, se dé-couvre lui qui était recouvert par les liasses de pensées diverses et variées et de perceptions orchestrées (dans un groupe ou dans une didactique générale). Et il se crée autant qu'il se découvre puisque si il entre lui-même dans son propre champ, il se modifie. Aussi le sujet, dans son unité, son unité puissante, intègre toutes les possibilités qui jusqu'alors se déléguaient à lapensée (en un mot).

Et bien sûr les possibilités issues du sujet sont extrêmement plus nombreuses et précises que celles de la « simple » universalisation (en quoi consistaient les idées dans des systèmes qui créaient, qui organisaient et qui vérifiaient les adéquations et les cohérences). Cela veut dire que le système de réflexivité précédent (la cohérence et l'adéquation) est repris entièrement mais appliqué à une considérable quantité d'éléments, d'événements ; tels que par ex Hegel en établira les deux phénoménologies (du devenir de la conscience et du savoir absolu, qui est une autre sorte de phénoménologie, des déplacements de l'acte de conscience dans les concepts).

 

On obtient à terme, et passant outre les reprises métaphysiques qui tentent de se reconstruire après Descartes et Kant et Hegel (les allemands entre Kant et Hegel veulent assigner le « sujet » à un « absolu », Spinoza et Leibniz veulent repenser comme métaphysiquement ce qui a été distingué, les empiristes anglais détachent le sujet et le monde, et la perception, Schopenhauer prend une antithèse 'la volonté' comme si il s'agissait d'un anti-concept métaphysique, etc),

il y eut donc par contre de décisives avancées analytiques quant à la structure du dit sujet ; Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan. On peut dire qu'alors on entre dans le dur ; dans l’articulation elle-même et qui peut légitimement s'élaborer puisqu’il ne s'agit pas de « concepts » mais d'analyses des flux, des attachements, des possibilités, des mises en forme de l'activité de conscience, laquelle est donné là ici même et ici et maintenant dans le monde, le vécu, le corps, la perception, le relationnel, etc.

Ce qui compte c'est que si il existe un sujet, alors il récupère dans son rayon d'activité tout le reste. La pensée, serait-elle la raison (mais laquelle ? Non pas seulement quel système spécial, mais la rationalité ; de quelle science, à quelle époque, qui a validé puis abandonné telle ou telle thèse, qui s'est remodeler totalement à tel moment, etc ? La science est excessivement meuble et son objet, par définition, toujours limité et ne jugeant pas, jamais, selon le tout, ou selon le réel ou en l’occurrence du possible inaccompli, or notre historicité est emplie d'impossibilités qui furent réalisées)

la pensée donc est relative au sujet, ce qui ne nie pas la pensée ou la connaissance mais les installent dans une cohérence plus grande ; le sujet mène une cohérence plus étendue que la « raison ». La raison est un instrument non pas d’un irrationnel mais d'une structure qui sait organiser, représenter, esthétiser, inventer, créer encore plus de réalités (dans le monde) et de réalisations (dans l'historicité humaine). C'est donc une articulation qui œuvre ; ce qui arrive vient d'en avant. La liberté est plus précise et plus déliée que la « raison », aussi la révolution confie la décision au jugement de chacun, ce par quoi il pourra exister à l'avenir des vies individualisées (et non la complexion générique de « lhomme »).

 

Il faut donc se défaire du principe exclusif de la pensée dite « objective » (et la ramener en son ordre et à sa place) et ne pas à l’inverse glisser vers une irrationalité ou une fantaisie, puisque la liberté du sujet est plus concrète que la raison ou plus exactement les divers discours rationnels (qui ne sont pas unifiés). Rappelons que l'objectivité fut déjà créée et élaborée lorsque toute l'objectivité se tenait dans le discours, dans l'énonciation et énonciation systématique (il y a une réelle densité et concrétisation dans et par l'énonciation)  et ce bien avant que cet idéal de connaissance prenne chemin de la science et de la technique. Dans le discours chaque intentionnalité se distingue et se produit comme idée et les idées restent coordonnées non seulement entre elles (système) mais également relativement à l’expérience, en l’occurrence à la perception ; par ailleurs on ne pense pas par délégation, il faut soi-même comprendre ce que l'on dit, et la pensée est exclusivement actuelle et de plus amène à la perception du monde tel que donné « là », requérant instantanément que l'on identifie ce « là », l'être, le bien qui ordonne, le pensée de la pensée, le un, etc.

Il est impératif de situer ce à partir de quoi l'on part ou ce vers quoi l'on arrive ; on y arrive instantanément, l'être s'avance immédiatement et se dit tel, il ne s'avance pas sans s'annoncer, puisque c'est un processus de conscience actuelle qui se rend réelle en se désignant ; ici et maintenant « cela » (le mouvement) existe, et donc ex-siste. De même dieu, l'être, le christique, le sujet, la révolution et le réel.

Il n'est pas seulement l'être qui densifie la réalité et le discours, mais une existence, une par une, individuelle (qui sera, fut christique du point hors de la vie, au-delà du monde et de l'histoire humaine) et d'autre part l'exister même tel que « là » (l'exister de Saint Thomas, le plus grand scolastique, théologien, penseur organisé) ; ce que l'on nommait le multiple, le perçu, le donné, qui se résumaient par et dans les idées (mais surtout que seules les idées permettaient de percevoir, hors du groupe et hors de l’immédiat). Si le sujet existe, ici même, alors l'ici même est tout différent ; il est métamorphosé par l'unité soudaine du sujet ; et on n'a pas encore pris mesure de l'ampleur du réel pur et brut ici même.

Pas encore parce que si le « réel » n'est plus coincé dans l'être, cette masse ontologique née de et par la pensée, mais s'ouvre dans et par une structure actuellement existante, alors la consistance du « réel » est ici et maintenant ; ce qui devient ce n'est plus lapensée, mais le sujet dans le monde. On choisira ainsi le monde (le donné, naturel, les réalisations humaines, les sciences et techniques, le droit et la révolution, l’histoire et l'avenir) et / ou le sujet (qui sera déplié par Husserl, Sartre et Lacan, imaginé par Nietzsche, Kierkegaard, Heidegger, et créé par les dix mille formes de sujets esthétiques, éthiques, politiques, ou poétique, qui devient en soi la destinée de tel sujet bien réel).

 

Ce qui est arrivé c'est le dépassement ; par Descartes on réassigne tout. Descartes bien que cela ne soit pas explicitement énoncé, nous montre le mouvement ; la pensée naît et vient d'un sujet (Descartes ne désigne jamais « le sujet », on le désignera pour lui plus tard, de même « la pensée » pour Descartes est non pas un discours mais un dispositif réellement existant tel que là, c'est pour cela qu'avec lui débute l'ontologie non plus de l'être, serti dans et par le discours, mais du sujet ; si ça se passe ici et maintenant alors ici et maintenant existe en plein ; la pensée est l’imagination, la sensation, les mots, les idées, et même la troisième substance celle qui unifie l'esprit et le corps, qu'il n'aura pas trop le temps de développer).

Dès lors il faudra continuer sur la même lancée (il n'y en a qu'une ; l’attention au réel pur et brut), et analyser ce que ce « sujet » est ; par quoi on s'aperçoit qu’il est devenu impossible de penser métaphysiquement (comme si l'ontologie était celle de l'être du discours) mais impératif de penser ce sujet existant « là », ici même, et le décrire ; Kant et puis Hegel qui rassemble toutes les phénoménologies de l'activité de conscience ; ainsi l’ensemble de toutes les possibilités d'intentionnalisations globales sont acquises.

Reste que le sujet est « là », posé sur le monde donné tel quel (pour Descartes l'étendue ; l'étendue est aussi ce que Descartes découvre, invente, crée). On reviendra sur le-réel, parce que c'est précisément l'énigme absolue qui se dresse face au (nouveau) sujet.

 

Pensée non substantielle

Et il ne s'agit pas seulement de quitter l'être.

Tout ceci jette l’incompréhension puisque l'on a définitivement quitté la métaphysique ; nommer la réalité comme volonté et représentation (Schopenhauer) ou comme substances étendue/pensée (Spinoza) ou comme volonté de-vers la puissance, ce serait encore prescrire la réalité et la définir, cad réintroduire une métaphysique.

Il est clair pourtant que l'on ne peut rien affirmer du réel tel quel ; sous peine de glisser dans une projection (pourquoi la « volonté » comme essence de la réalité ?) ou de caractériser par une détermination l’ensemble de toutes les déterminations (l'énergie, la matière, l'atome, etc, tout cela est vrai mais limité, partiel, et ce sont des connaissances parce que partielles et limitées à leur objet précis). Il n’existe aucune réalité qui résume, en quelque sens que ce soit, les, l’ensemble de toutes les réalités ; les réalités sont visiblement étendues là au-devant ; ce que l'on nomme « univers » (dont on ne sait si il est infini, unique, etc).

Et rien ne peut être affirmé du réel puisque celui-ci est formel ; il est formel comme est formel l'arc de conscience ; tout ce qui s'analyse, se dessine depuis Descartes avance dans le même sens ; de Descartes à Lacan il s'agit de délimiter, de tracer le bord du sujet ; puisque notre être est formel, alors il faut le cerner dans l'intuition qu'il parvient à obtenir de sa structure ; ce à quoi s'emploie, déjà, Kant (et Descartes par le sceau de dieu en tant que ma volonté est non-finie) ; et puisque ne statuant pas sur un être transcendant mais sur l'activité ici même, actuelle, toujours agissante, alors il est possible de repérer cette structure agissante et de tenter de comprendre la nature de cette structure.

La philosophie intervient de la sorte puisqu'occupant le point d'articulation, celui de l'apparition de l'activité de conscience dans son propre champ (de conscience) et tient cette position ; qui n'est jamais parfaite au sens qu'il pourrait exister, prétendument ou illusoirement, une perfection dans le monde ; rien dans le donné ne peut se caractériser comme perfection mais selon une approximation ou une variation (selon le code retenu) ; l'activité de perfection est celle qui se remet toujours au-delà d'elle-même ; rendant impossible qu’elle soit absolument concrétisée en une ou une série de vérités qui passeraient outre la structure du sujet ; auquel cas les sujets pourraient être jugés par quelque vérité admise supérieure à la conscience ; on sait bien que l'arc de conscience de chacun est instancié antérieur et autre que toute réalité, tout énoncé, tout discours ; et tout système qui approuverait la supériorité d'une vérité sur la conscience se condamnerait de fait (mais si alors ceci est reconnu il faut en tirer les conséquences, que le véritable système est celui des libertés, et de la liberté en tant que cohérence et non comme « arbitraire »).

On tient donc que Descartes, Kant, Hegel (puis dans l'analyse Husserl, Sartre, Lacan) se sont introduit dans la forme même, dans la structure, telle quelle et vide, cad formelle ; n'affirmant en vérité rien sinon le structurel (de même que dieu et l'être formulent du structurel) et donnant à voir à chacun sans possibilité d’identification. De là que la toute présence du sujet cartésien est irrémédiable ; on le lit, on l'existe aussitôt et ce fut manifesté selon cette expérience décrite afin et pour que chacun soit instantanément le dit sujet (qu'il existait déjà et qu'il tient dorénavant au devant de soi, laissant entrer le dit sujet dans le champ même du dit sujet, dans cette répétition même qui évidemment ne répète pas le même champ... qui modifie absolument le champ de perception du dit sujet et donc tous les champs, de même que dieu et l'être).

Permettre que le champ antérieur advienne dans le champ du donné est l'acquisition absolue, formelle, qui rend possible tout le reste, cad tous les possibles ; il n'existe de toute manière de possibles que dégagé de tout monde donné ou humain, lorsque la structure, dans le monde, se tient d'elle-même.

 

Ce qui est arrivé c'est donc le changement de réflexivité ; la réflexivité, celle selon dieu ou celle selon les grecs, consiste à tenter de maîtriser, contrôler l'intention (dieu) ou l'intentionnalisation (grecs, celle des idées qui distinguent quantité de perceptions). Viendra l'intentionnalité même (en tant que sujet, Descartes jusque Lacan) qui est d'un tout autre ressort ; une ampleur bien plus étendue, qui veut saisir l'objectivité, la réalité, le réel de cette articulation qu'est l'arc de conscience, et évidemment via ses effets (son intention, par dieu, ou ses intentionnalisations, les idées, les systèmes d'idées, les coordinations intentionnelles qui n'adviennent plus d'un monde donné selon la communauté mais tels quels, jetées dans le monde « là », le « là » du monde étant signifié par l'être comme idée absolue, ou la pensée de la pensée ou le un, etc).

On aura beau prendre des idées antithétiques, la volonté contre l'être et donc le perspectivisme (relatif aux volontés ou aux sociétés ou à ce que l'on voudra), ça n'en reste pas moins des idées ; or on prétend ici que Descartes, Kant, Hegel ou Husserl ou Sartre ou Lacan ne ciblent pas du tout des idées mais la suréminence qui utilise les idées, cette forme réelle qui articule, et qui articule entre autres les idées ; comme on voit que Kant commence d'étendre la réflexivité à non pas la conformité à une ordre (le cosmos grec, le logos, les idées dans les choses supposément) mais à une expérimentation et expérimentation au sens fort ; qui crée des champs de perceptions (les mondes phénoménaux kantiens) ; de même dieu ou la pensée, grecque, ne sont pas relatifs aux idées, mais aux intentionnalisations et à l'intention qui se produit, se poursuit, se développe et se déploie sur le monde, la société humaine, le vécu, le corps, le regard, au travers de champs de perceptions et que la position qu'ils tiennent est en elle-même purement formelle, plie et replie le formel, l'intentionnalité, sous nos yeux et nous donne, nous confère, nous prête, crée en nous la capacité de conscience ; sans la réduire à des énoncés. On ne retiendra pas Platon tel quel mais qu'il invente et découvre les idées comme moyens de plus-percevoir ; et le christique qu'il crée et rend possible que l'on accède à un « soi », qui plus tard sera en mesure d'encore plus se déployer, se démultiplier en et par évidemment chacun, en tant que chaque un.

Lorsque Descartes ramène la-pensée au sujet (et qu'il dissout la scolastique, cad en fait la pensée métaphysique, ce qu'achèvera Kant) il dresse, par contre, qu'il existe une structure ici même active et forte, et même quasi toute puissante à sa source (qui du reste nous vient de dieu, la volonté est le sceau de dieu en nous) ; même lors qu'il sait très bien que cette volonté nôtre est très faible et non comparable à celle de la toute puissance divine (qui crée même la vérité, on ne peut pas mieux décrire la structure même du réel). Cette structure qui est pour ainsi dire évoquée, cartésiennement, c'est celle-là qui deviendra l'objet de tous les soins par la suite ; jusques et y compris chez celui que l'on attend le moins (Hegel, qui réfléchit, représente, analyse, déplie les deux phénoménologies, le devenir de la conscience et le savoir absolu, qui est, contrairement à ce qu'il dit, une phénoménologie).

La structure qui utilise les idées, c'est aussi celle qui crée des esthétiques, invente des politiques et nourrit du dedans tous les vécus (et le relationnel), et anime les corps (en tant que tout corps doté d'une conscience produit une autre-surface du corps, par laquelle il écrit, pense, se représente, se signifie, rien n'est donné, tout est construit). La structure qui existe antérieurement aux idées, c'est celle que dé-couvre Sartre et Lacan, antérieure même au corps ; au point de bouleverser, de crucifier le corps vivant qui n'y comprend rien, qui ne possède pas les émotions, les affects dit-on, qui correspondent à cet arc de puissance pure et brute, tout à fait brute, cad violente. C'est cet arc également que toute relation à autrui, à l'extériorité, au monde, aux choses, à l'historicité que décrit Sartre ; qui ramène toute l'ontologie (et donc toute la métaphysique) à cette opposition de l'en-soi et du pour-soi (cad de ce qui n'a pas de rapport à soi, les choses, et ce qui a un rapport à soi et donc qui non pas l'Est mais l'Ex-siste, étant rapport).

On a quitté radicalement et totalement l'ancienne relation métaphysique ; puisque ce qui compte c'est la nature de cet être qui n'est pas un être, qui n'est pas constitué par « de la pensée », qui est sujet en tant que sujet et qui se révèle, fondamentalement, cela-même qui crée des pensées (et tout le reste, esthétiques ou politiques, personnalisations ou humanisation, des codes sociétaux, des mondes humains, des mathématiques, des législations). Qui est bien plus objective que les objectivités ; sinon comment croit-on que « la pensée » soudainement nous vienne on ne sait de où ? Qu'est-ce que cette pensée qui préexisterait, qui ordonnerait la réalité avant la réalité ? Nous ne sommes plus dans la « connaissance grecque » pour qui il était essentiel que l'on stabilise la capacité intentionnalisatrice qui permettait de pensait, de percevoir par dessus le groupe humain vers le monde donné là. On a remplacé cela par la considération de l'exister du sujet ; comme structure hyper ou sur-objective ; bien plus puissante et organisatrice que l'organisé, quel qu'il soit et qui est seulement effets ou résultats ou significations acquises.

Ce qui ne nie pas du tout les dits résultats mais ce qui à l'inverse (à l'inverse) étend la compréhension et prétend que la structure de conscience est bien plus réelle et plus cohérente que les pauvres circonvolutions de la raison et de la science et du savoir ; c'est profondément que l'a structure de conscience ordonne les réalités et (et) le réel ; il n'y a rien en nous de naturel et de donné, tout est construit parce que cela même qui est naturel et donné (le corps vivant, qu'il y ait une cervelle et peut-être une prédisposition au langage, au relationnel, etc) cela même qui est donné est repris, toujours, dans le champ intentionnel ; le champ intentionnel est construit à cette fin, pour transporter et transformer n’importe quelle donnée dans une nouvelle redistribution ou rétribution, il doit user de ce qu'il trouve, dans l’immédiate situation, afin d'en dégager une nouvelle situation, un nouveau conditionnement de sorte que l'on ne soit plus piégé par l'atome, l'adn ou quelque système que ce soit ; il fallut des millénaires pour concocter des mises en forme culturelles extrêmement précieuses, jusqu'à ce que l'on décide de faire passer au devant la structure, dieu, la pensée, le christique et le sujet, la révolution des sociétés afin d’augmenter, grec, d'intensifier, dieu et le christique, d'accélérer, Descartes et la révolution et de concrétiser toute modification toujours en accélérant la prise en charge du donné là, de plus en plus précis et de plus en plus organisé et cohérent.

Nous voici donc engagé dans le renouvellement constant, mais au lieu qu'il s’agisse de la renaissance interne de l'acte de conscience, nous tombons dans la démultiplication des activités de conscience, puisque c'est cela, l'activité intentionnalisatrice qui fut libéré (de tout monde communautaire) ; et il revenait à l'acte de se mesurer lui-même et de définir ses priorités, sa hiérarchie d'activité, non pas de bannir le monde, le vécu, le relationnel ou le corps, mais d'assumer et d'assurer l'éthique ontologique de tout je, de tout sujet, et ce en promouvant le monde et le vécu et le corps, mais élevés, amenés dans le giron de la stratégie et non pas se dévoyant dans les facilités, les innombrables facilités du « désir », du n'importe quoi, libérant, certes, mais libérant le fantasmatique, les images publicitaires (au sens large, d'égocentralisme et de pauvreté mentale, puisque si l'on abolit la stratégie (vue d'en haut) on détricote toute l'intentionnalité de haut en bas, n’importe quel « désir » ou image ou la plus misérable possibilité, selon le monde, va attaquer et dissoudre le mental, littéralement).

 

Il n'y eut donc pas d'erreurs dans toute l’historicité ; si on prend effet de dieu, des grecs et de la pensée, du christique et de la conversion (et de la foi), du sujet et de la révolution, de la matérialisation (des intentionnalités) et de la concrétisation du monde (y compris par les sciences et les techniques, autant que par les mass et micro médiatisations), c'est que l'on admet sérieusement la toute validité de « ce qui eut lieu » ; rien ne s'est réalisé, rendu réel au hasard et ce non parce que la « raison » ou le logos ou l'Ordre ou l'idée de dieu se seraient imposés mais parce que tout se tient dans la vue de l'articulation de conscience qui crée, au devant d'elle-même (et de tout, en reprenant tout, toutes les données de perception), crée au devant des champs de perceptions qui sont aussi des champs de réalisations.

Évidemment il ne s'agit pas d'une exactitude au sens de conformité à un ordre, un corpus, un cosmos, et qui irait se nicher dans la moindre détermination, comme par exemple dans un déroulement d'idées ou de concepts tous bien adéquats et relevant de cette cohérence selon la connaissance. Il s'agit d'une cohérence en terme de champs ; l'acquis structurel est plus certain que l'acquisition déterminée, ajoutons qu'il existe un acquis structurel afin que soit modifiées toutes les propositions (mais aussi les organisations sociétales, les humanisations et personnalisations, les énonciations, seraient-elles scientifiques, et au final les perceptions elles-mêmes). Le monde « donné » ne l'est jamais, donné, mais il est meuble et poreux ; l'arc de conscience, cette structure, aboutit, donne dans, cause l'ensemble des effets et remodèle l’ensemble de tous les effets.

Inventer dieu et l'intention, la pensée et l'universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel : tout cela crée.

L’ensemble de toutes les vagues suit le mouvement de la vague unique du présent, qui à chaque fois se met à jour, se réemploie, relance l’historicité. La vérité la voici ; les mondes humains, quels qu'ils soient, sans l’acquisition de structure ne valent rien, ne sont rien. De même les vécus et le relationnel ou encore le corps. Tout ce qui se tient pas en haut de la vague s'efface. Cessant de vous tenir au-devant de vous-même vous disparaissez. Sans doute vivez-vous encore dans les courtes vagues de réalités, mais à mesure vous retardez, reculez par rapport à votre mouvement.

Puisque l'être n'est que dans et par l'exister, et que seul le mouvement existe.


 

Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée.
En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles.
Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé.
Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.
Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu.
Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité. (Paul Cor. 12-13)

Ce qui pourrait se décrire comme élévation.
Si ce que l'on produit n'est pas susceptible d'élévation alors de fait c'est structurellement inexistant. Mais que l'on se rassure … on existe, c'est un fait, et on existe forcément en tant qu'arc de conscience, et donc on ne se « quitte » jamais. C'est bien ceci que le christique nous prévoit ; l'indéfinie extension de la capacité.

Ancrer l'intentionnel (selon le point de dieu, de l'être, du christique, du sujet, de la révolution),
dérouler l'intentionnel (de manière sévère puis rigoureuse, afin qu'il ne se perde pas),
instaurer l'intentionnalité dans le monde ; en créant une acculturation réelle, assurant le statut de chacun, de l'universel et de la stratégie, et en s'incarnant dans les réalisations humaines qui en seront les effets mais posséderont cette réalité tant que tiendront les intentionnalités et les sujets. Délestés de cette intentionnalité les effets retombent dans le monde et disparaissent.

Si le réel est cela seul qui existe, à savoir le mouvement, en même temps tout ce qui est du monde disparaît. Reste le mouvement exclusivement. Trajets dessinant des tracés.

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L'intégralité de l'expérience

4 Juillet 2020, 07:56am

Publié par pascal doyelle

Tout le jeu et l'enjeu consiste à rendre visible ce qui est invisible.

Et l'invisible est le point à partir duquel on perçoit.

On comprend donc ou on peut se figurer la réalité comme étant l'ensemble des réalités (au pluriel parce qu'il n'est aucune réalité en soi qui garantit l'unité des réalités, qui s »tendent probablement indéfiniment)

et l’ensemble des réalités est étendu sur la surface du réel ; à savoir l'exister, lequel est un seul instant dont tout le reste est le dépli.

Le réel est constitué donc d'une indéfinité de déterminations, qui ne s’effondrent jamais dans l'indistinction totale, et l'ensemble s'oriente dans, vers et par la possibilité, laquelle est toujours constamment en cours, en tant que rapport de tous les rapports, et donc l'exister tient et continue de maintenir toutes les réalités, dont une d'entre elles, au moins et autant que l'on sache, est une réalité spécifique qui se-sait, qui sort d'un rapport à elle-même, en tant que rapport ; c'est le rapport qui se-sait, comme rapport, même si il se connaît, plus ou moins vaguement, comme moi, identité, peuple, système, corps, tout ce que l'on voudra.

Autrement dit la connaissance est de et dans le monde, tandis que le se-savoir doit demeurer vide, ce qui signifie formel. Dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel sont formels : des structures.

On veut à toute force remplir le se-savoir par la connaissance, ou la représentation, ou l'image, ou l'affect du corps. Mais ça n'a absolument rien à voir.

 

Rappelons que l'on considère que les contenus, de conscience, apparaissent dans et par la conscience en tant qu'intentionnalité : l’accolage signes et perceptions permet de découper la masse du perçu et de lier et relier de sorte à tisser un monde humain coordonné ; mondes particuliers qui inventent la mise en forme culturelle, langage, représentation, échanges, système familial, esthétiques ritualisées, etc

Et « soudainement » si l'on peut dire, la réalité humaine outrepasse son réalisé en ceci que l’intentionnalité, qui créaient les contenus, les mondes, les groupes, apparaît dans le champ d'apparition lui-même.

On ne décide pas ici de juger si il s'agissait d'une révélation (de dieu, de la pensée, du christique, du sujet) ou d'une mise à jour de l'anthropologisation. Mais que le champ surgisse dans sa propre vue cela peut effectivement être interprété et éprouvé comme divin. Ni les juifs, ni les grecs, ni les chrétiens et pas même Descartes ou Kant ne s'y sont trompés.

L’apparition comme échappant au monde, au vécu et au corps, puisqu'elle échappe véritablement et de fait au monde, au vécu et au corps.

 

Grosso modo d'un point de vue objectiviste ; comment passer de la complexité des groupes humains, organisés en collectivité, en communauté, en Parole Partagée, qui créent la mise en forme culturelle (inventent la culture humaine)

à une plus grande complexité, à la décentralisation, schématiquement, par laquelle chacun relève de lui-même et que s'augmente donc la complexité générale ; d'abord que chacun s'auto-organise et ensuite que cette auto-organisation soit reliée en un méta (par ex l’État ou le récit ou la mise en forme culturelle, ou évidemment la religion, etc).

Notons bien que ça n'est pas seulement l'individualisme qui est en cause, mais aussi bien sa re-liaison ; il est l'intégration de l’individualité dans l’humanisation, ce qui peut bien lui sembler une contrainte, une pression imposée à l'individu donné qui doit se plier aux nouvelles exigences, qui doit « subir » la nouvelle religion ou le nouveau contrat social ou le régime de représentation généralisée (la mass médiatisation en vue de sa potentielle mass et micro médiation, par laquelle le flux devient tel l'interface entre soi et l'humanisation) ou la rationalisation (par ex entre mille, la professionnalisation des métiers au sens moderne).

On ne voit pas comment, même objectivement, on pourrait se passer de ce fameux retour-sur-soi, et on ne en traiter comme d'un donné mondain, à moins de le réduire (donc dans tous les cas il est impératif d'activer la philosophie, au moins).

 

Par ailleurs l'intégration du sujet dans et en tant qu'humanisation n'est pas en soi une difficulté, puisque le sujet est déjà sur-objectif, capable de toute l'objectivité ou de toute l'universalité qui ne vient pas du tout de l'extérieur ; pour l'individu, le moi, le vécu immédiat sans doute est-ce une extériorité (qui s’impose à eux) mais pour le sujet non. Le sujet peut constitutivement intégré l'universalisation, puisque c'est lui qui la crée... à moins de considérer que « la pensée, la raison, l'universel » existent en eux-mêmes (on ne sait où).

On vu que l'on ne retenait pas l’explication d'un « esprit », d'un corpus déterminé ; si il existait « de la pensée » cela voudrait dire qu'elle existerait comme déterminations ; or tout ce qui est déterminé disparaît. Structurellement. Et de toute façon ne contient pas la capacité de passer outre ses limitations,sauf à supposer une susbtance-pensée. Une pensée est en elle-même limitative, c'est le mouvement qui la rend, apparemment, super réelle, mais le dit mouvement naît de l'acte de conscience, d'intentionnaliser. La pensée se-sait, elle ne se connaît pas ; le se-savoir (cad la conscience de soi, non comme « soi » mais comme conscience, attention, intention) n'est pas une connaissance et si une connaissance se tient au-dessus de la chose, par contre la connaissance n'est pas supérieure à la conscience qui la produit.

 

L'humain se caractérise par l'arc de conscience, la tension qui sort de la cervelle et se dirige, forcément, vers le devant, le donné là du monde, et revient chargé de perceptions distinctes, et distinguées par des signes. De sorte que l’ensemble de la réalité est produite en-avant (et tout doit être construit, on ne connaît rien a priori, il n'y a pas « la pensée », mais seulement le se-savoir qui entraîne tout) est produite en-avant dans le réel acté, dans la communauté des sujets, dans le présent, depuis les possibles, depuis la Possibilité même comme suspension de tout en un infini rapport continué, continuel.

Le système de signes (qui est systémique sinon ce serait difficile de s'en souvenir, pour être mémorisé il doit s'organiser) ne conclut pas, ne ferme pas l’ouverture ; c'est l'arc de conscience qui demeure toujours prédominant puisqu’il s'agit de percevoir et retenir les événements actuels, de danger par ex à l'origine et d’organisation de la réaction, collective, face au danger ou simplement aux réalités et notamment et notablement aux interactions internes au groupe humain ; l'arc de conscience se doit d'être toujours sur le qui-vive (sinon on ne voit pas l’intérêt, pour la réalité ou pour dieu, de créer un tel être doté d'une telle structure d'attention ; la tension qui sort de la cervelle est l'attention-à, n'importe quel ceci ou cela, attention stockée dans une mémorisation rapide et souple et modifiable, et transmissible évidemment).

 

Les premiers groupes humains créent, chacun, leur monde particulier ; inventant la mise en forme culturelle, le langage, échanges, représentations, le tout ritualisé, les différentes formes familiales, etc, et mise en forme qui se représente, à elle-même, en même temps qu'elle se présente le monde et sa présence en ce monde (les dieux, les grands images mentales réalistes ou imaginaires, magiques, spirituelles, mais aussi abstraites dans les hautes initiations, comme l’hindouisme, etc). La transmission, la plus exacte possible est essentielle ;changer un mot modifie la perception et donc l’accord sur la perception et si il y a manque alors la communauté ne se ressemble plus et ne peut plus communiquer et donc s'organiser.

Toute notre organisation mentale reste impressionnée par le groupe et la communauté, le langage lui-même nous incline à croire ce que l'on dit (dans la communauté « naturelle » les destins individuels n'existent pas et lorsque les destinées commencent de paraître, d’apparaître, de se durcir dans le champ de la réalité, on affronte la duplicité, le mensonge, la trahison des royaumes, des empires, des ambitions, des illégitimités, réclamant une morale, une moralité publique et privée). Le fou qui se parle à lui-même ou entend des voix, reçoit en écho l’organisation d'une communauté dont il subit la multitude des « voix », et ce qu'il entend devient le monde, devient, pour lui, réel, comme dans les communautés qui parlaient et percevaient en même temps.

 

Le régime de division du donné et de la représentation (les dieux, le divin, l’enchanté, le merveilleux sont brisés), de la séparation (des uns et des autres qui n'appartiennent plus à une communauté, qui vivait entre soi, et devait avant assurer son unité temporelle, sa transmission la plus exacte possible de la Parole, sous peine de se dissoudre) s'impose partout mais est déjà pris en charge (division et séparation) par cette réunification à la puissance deux ; à savoir le christique ensuite mais l’État romain auparavant … le christ naît dans l'empire, la pax romana, et il peut tendre l'autre joue parce que la paix est imposé par cet État (tandis que le dieu juif défendait son peuple contre les autres nations) ; dans les conditions de cet État il devenait possible de promettre une entente et un développement moral généralisé et une réunification des individus (séparés par le christ) dans un esprit commun ; le saint esprit, qui est la continuité du Père et du Fils, ils sont la trinité ; ils continuent chacun la Création, ceci est fondamental ; la Création est continuée, ça n'est pas une Loi qui doit être prescrite et obéie, mais une Loi qui doit se créer, se constituer par et pour chacun, en vue de chacun ; certes le Royaume n'est pas « de ce monde » mais les effets du Royaume, si. Et ce sont les effets de cette cause en quoi consiste l'historicité.

 

La troisième voie. Celle qui fut empruntée depuis le début ; qu'il n'y a pas opposition, dualisme parce qu'il n'est pas d'unités séparées sinon secondairement. Il y a de l'être, mais dans le mouvement de l'exister. Il y a des possibles, qui sont réalisés, mais dans la suspension absolue, cad formelle, de La Possibilité.

C'est qu'il faut décider. Si on suit que le réel n'est pas du tout localiser selon l'être ou le néant, mais que seul existe le possible (l'être, titre générique, et le néant existent également, le néant n'opposant rien du tout), alors le possible est la structure même et ce en quoi, en qui existent les possibles, les réalités. Il faut alors tenir que la Possibilité est cela même et cela seul qui existe (si jamais on supposait qu'une réalité existait substantiellement, il cesserait immédiatement que quelque réel puisse exister).

La pensée, dotée de ses concepts, ou ses idées, est encore beaucoup trop substantielle pour exister ; l'exister est purement (et brutalement) formel. Ou plus exactement et pour être complet, on admet ici que le réel débute de par sa brutalité radicale vers la subtilité, la finesse ou le raffinement de plus en plus élevés. Le début et la fin sont d'un seul tenant.

Ce qui doit être analysé et ce qui le fut toujours (bien qu'elle se donne des allures de consistance) c'est le mouvement. Rien d'autre.

Les idées platoniciennes ne sont figées que perçues de l'extérieur ; pour de vrai les idées sont précisément ce qui nous donne à voir ; sans ces idées nous ne percevrions rien ou limités au groupe et au langage commun.

Dit autrement dieu, la pensée, le christique, le sujet, le réel formulent cela même qui est antérieur aux contenus, et donc déploient leur propre dimension, la dimension unique ; il n'y a pas trente-six manières d'être conscience-de, mais une seule. Et chaque fois en tant qu'un seul sujet ; ce qui existe comme rapport est ce rapport, et aucun autre. Cela veut dire que le « rapport » est la forme même du réel. Et si le réel est, existe en tant que rapport, c'est parce que la forme 'sujet' est la seule susceptible d'acter la perfection comme son propre et exclusif rythme. La forme 'sujet' est le pur et brut réel. Le possible pur et brut, la Possibilité.

Et ce en gardant bien à l'esprit que véritablement on ignore quasiment tout du 'sujet '. On ne sait pas ce qu'il désigne, sinon les quelques bribes, signes, entrevues dont le rapport que nous sommes, que chacun existe, retient les extensions réelles, les tangentes du pur cercle du possible réel, du possible seul réel, comme dit ci-dessus. Ce qui veut dire si l'on admet que le « réel » est justement non pas les complications du néant et de l'être, mais la stase de la seule et vibrante Possibilité. Ou donc la capacité de se perfectionner infiniment.

De là que l'on va comprendre dans leur intégralité les anciennes accolades de la perfection et de l'infini, habituellement seulement ramenées l'une à l'autre, et identité simple qui ne permet pas de les saisir du dedans d'une part, cad absolument, et d'autre part relativement à notre être qui, si visiblement, est in-complet ; il est in-complet parce que le réel ne l'est jamais, complet... c'est même sa structure de pur et brut Commencement qui compte, qui seule compte réellement.

Et cela qui se perfectionne la seule mesure que l'on ait pu atteindre ou recevoir est celle christique ; dont ne comprend pas encore de quoi elle nous parle, où elle nous entraîne ; les bases, cad les points les plus lointains et les plus infinis qui nous furent proposés ; bizarrement (si l'on ne croit pas), étrangement (si l'on se pose la question) il apparaît que le programme, projet, que l'extension formel total de la tangente au cercle du réel pur, fut instaurée, initiée à ce moment là par le nommé Jésus.

 

Ce à quoi « l'idée » de dieu n’aboutissait pas du tout. De même que l'universel, la pensée ne parvenaient pas à saisir la liberté même (si il y a un Ordre alors la création est seulement une copie du beau, du bien et du vrai).

Rappelons ; incompréhension de « l'idée » de dieu, mais ça n'est pas ce qui est avancé, explicitement, dans l'ancien et le nouveau testament … à savoir que c'est quand même tout à fait l'inverse (de la conformité à un ordre ou un commandement) qui est clairement posé et qui constitue l'avancement même du christique ; mais déjà admis dans le projet de dieu ; que la nation soit élue et qu'elle réalise, qu'elle réalise l’historicité même ; nation, messianique, ou communauté, des croyants, ou Royaume qui attire l’historicité de par ses effets de ce qui, inexplicablement, existe en-avant du monde, du vécu, du relationnel et du corps. C'est l'historicité que nous présente le christique, en prévenant que « cela a déjà commencé ».

Et c'est à partir de cette prophétie, de ce programme interne, que nous jugeons et apprécions la vie et architecturons l'existence (et les sociétés humaines depuis 2 siècles), en sorte que nous ne nous en apercevons même plus ; dans l'ignorance que cette historicité révélée (divinement ou structurellement) s'opposait à toute l’antiquité et tous les sociétés d'alors.

Nous existons dans ce Pli, déplié, qui s'est montré à lui-même et a continué d'explorer, d'analyser son activité. Mais nous sommes pris dans ses effets et il y eut quantité, une quantité innombrable d'effets, débordés, absorbés, digérés dans les possibles rendus accessibles par le structurel (la science et la technique par ex n'existent que dans une démocratie, sinon un ordre extérieur viendrait couvrir les études).

Et tend à se reconstituer une détermination du pli et non pas sa continuité de structure ; le monde, et donc pour chacun son moi, ses désirs, ses immédiatetés et pour la collectivité, la hiérarchie, la mafia, les pouvoirs, la main mise et les intérêts séparateurs du monde (diaboliques si l'on veut, mais qui divisent également la personnalité si elle ne se projette pas au-devant et croit être ceci ou cela, ou s'identifie à une substance qui colle à même le corps, à une addiction, de toute sorte ; tout ce qui est du monde se referme (et disparaît), sinon d'être tenu dans la structure (la Constitution, dieu, le sujet, etc). La perte du fait de structure, dieu, la révolution, le sujet, entraîne un démantèlement de l'architecture intentionnelle.

Une faiblesse généralisée. Une impuissance, qui peut prendre l'apparence des débordements et de la rutilance du monde, des vécus, et des corps, pour quelque temps, qui ne seront pas, plus fondateurs.

 

Les faits majeurs

 

Et si le mouvement est cela même qui existe, cad si on admet comme on a dit que l'exister est cela seul qui existe et que tout le reste (l'être) est (seulement) contenu dans son pli, et que le pli existe en tant que tel, pli (et non comme si quelque chose était puis subissait le pli) alors le pli seul existant, est la perfection avançante.

Renvoyant au dispositif « comment se produit-il, comment se fait-il, comment se fabrique le réel ? »

et donc les voies de dieu, de la pensée, du christique, du sujet, du réel amènent-elles en cette complexion, complexité, compossibilité, ce nœud dont nous sommes le lien, ou ce lien dont nous sommes chacun le nouage.

Lequel lien consiste en la liberté, la capacité de créer le possible afin d'agrandir le possible.

La mise en forme culturelle fut suivie par l’acculturation généralisée (autour de la méditerranée) qui permit une réanthropologisation organisée non plus sur le contenu de conscience (les diverses cultures selon les groupes humains) mais sur la mise en scène, la mise en avant de « cela » qui produit des contenus ; dieu, la pensée et l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel. Qui mettent en scène l’intentionnalité, l’intentionnalité parvenue à la conscience de la fabrication d'intentionnalisations, ayant pris conscience de soi comme production de contenus et ayant à dépasser son activité en la désignant et la nommant comme telle de sorte à motiver, mobiliser, prévoir, organiser cette activité ; or on ne peut pas produire spontanément des intentionnalisations consciemment ; consciemment on doit les contraindre et l'activité d'intentionnalité assumé doit créer son rapport comme tel ; l'intentionnalité (qui était organisée selon la perception, très précise et détaillée, du monde selon le groupe humain en cause, un par un) doit se resserrer. Et s’attacher à la distinction des énoncés un par un et entre eux, soit donc former un système, afin de ne pas perdre le bénéfice de l'intentionnalité, et ainsi assumer la contrainte.

Le monde ou le groupe, ou le monde perçu selon le groupe, ne fonctionnent plus. Et le christ comme Socrate seront exécutés par la communauté.

 

On précisera donc ceci ; les Grands Faits Majeurs, ceux de structure, sont hors proportion. On ne peut pas, selon une conscience individuelle, les saisir, parce que l'on en est saisi. Dieu, la pensée, le christique ou le sujet ou la révolution (comme structure opératoire réelle qui eut lieu) ne sont pas agis mais nous agissent. Ou donc il ne sert à rien de croire que vous, individuellement, il est en votre possibilité de vous y mesurer. Le mieux qui se puisse est de tenter d'étendre votre conscience, votre attention, ou votre intention jusqu'au plus approchant de tels Faits.

La question est donc ; qu'est-ce qui s'est instancié en ces Faits Majeurs ?

Comme le réel de ces Faits est au-delà du monde, par dessus la détermination, de telle sorte que le mot ne désigne plus la chose même, ni d'atteindre l'apparition des réalités, des vivants, des cycles naturels, des enchantements, des mythologisations de la réalité et du vécu commun,

de par son altérité gigantesque l'exposition soudaine de la structure antérieure à ces mises en forme, est prise pour divine (la pensée aussi bien que dieu) et est effectivement peut-être divine, ou en tout cas dimensionnelle, antérieure.

Il vient à l'idée que l'on ne réside pas dans un monde, mais sur et en plus du monde : on n’adhère plus au contenu et plus à aucun monde de naissance (il faut naître maya pour comprendre le monde maya). Il faudra donc élever notre réalité et la fonder non sur l'être mais sur la décision, le choix, la possibilité, l'invention, la possibilité.

Et par là on saisit que jamais nous n'avons été « naturellement nous-mêmes » mais d'une construction seulement ; ce constructivisme étant dû à l'intentionnalité même, étant rapport celui-ci ne cède devant rien et aucun contenu ne lui est identique ; il peut à l'inverse récupérer, absorber, intégrer les perceptions du vivant qu'il est, mais justement lui il n'est pas, il existe, dans l'actualité par laquelle il recompose les datas dans le champ intentionnel dont la « substance » n'est pas du tout substantielle, « esprit » ou « raison », mais signes et champs de perception éprouvés ; il n'existe donc qu'un champ meuble d'intentionnalités qui se chassent les unes les autres (et non plus un ordre) mais ce qui se tient solidement bien réel c'est la structure formelle ; son savoir, qui n'est pas une connaissance (sinon elle tomberait dans le donné et les contenus) transperce et c'est cela seul, le formel, qui devient.

Il devient en se positionnant. Le « réel » est le « là » du donné, du monde tel que là, la première mention de ce « là » du réel est signifié comme étant « l'être » soit donc la pensabilité, la mise n intentionnalisation serrées ; le rapport (libéré des mondes humains qui repéraient collectivement le donné) doit avec insistance sérier et organiser ses intuitions (au sens kantien, relativement à ce qui'l perçoit mais aussi dans sa propre vue, dans la vue qu'il est, lui, le sujet dit transcendantal, l'unité du divers) ; il ne s'agit pas vraiment de l'autonomie des idées, des mathématisations, des taxinomies du monde et des multiplicités, ramenées aux universalisations (l'idée de chien valant pour tous les chines du monde, la pesanteur active partout), mais de la constante de sujet qui autorise qu'il y ait des objets ; des sujets qui rend accessible qu'il y ait les droits universels.

Autrement dit il est tout à fait terrifiant que la structure puisse se dissoudre. Que le sujet se perde dans son moi et ce moi dans ses images, ou ces images qui sont, par ex industriellement produites, et ce dans le dédain le plus total du réel ; glissant longuement (parce que l'on ne quitte pas le réel aussi aisément) dans le fantasmatique.

Il faut percevoir ce mouvement comme des satellites de champs qui se détachent lentement de la constellation et de l'axe et du pivot ; prenant leur indépendance, ce qui leur semble tellement agréable et par quoi ils, ces satellites de significations détachées, paraissent gagner leur agilité, leur mobilité. Mais ce détachement tourne à la dispersion et si durant un temps les intentionnalisations étendent leur amplifications, le lien général se distend et l'on se perd de vue, ce qui veut dire que l'on ne peut plus monter des stratégies positionnées et agrandies.

On a vu que cette libération revient à vrai au sujet ; le sujet contient dans sa structure à la fois dieu et la pensée, il peut acter l'un et l'autre et ne redistribuer les possibilités avec encore plus d’étendue, de son rayon d'action, d'activités (de jugement à partir de soi que consacre la révolution des sujets) ; cette toute validité du sujet, son degré d'amplitude fondamentale, lui semble légitimer toute la panoplie des possibles, même les plus disgracieux.

Il conviendrait que ce sujet se rende compte de sa propre facilité, et qu'il ne succombe pas à n'importe quoi.

Ce qui revient à dire qu'il n'est aucun moyen d'intervenir dans la structure du sujet ; elle doit se convaincre, se convertir, se réguler elle-même par elle-même ; et cela revient par un raccourcis inouï à ce jugement anticipé par le christique, que lui, le christ, ne jugera personne mais que chacun sera juger … par lui-même.

Il est évident qu'aucune représentation selon le monde (le vécu, le relationnel ou le corps) ne peut vaincre, mentalement, la structure absolue du sujet … c'est pour cela que le christique, encore (qui a positionné la totalité des points de chute du réel, en vérité et en pur et brut réel), le christique donc précise que l'on ne parvient à la considération d'autrui sans en passer par le christ ; ce qui veut dire que seul l’intérêt suréminent du christique peut, en seconde part, ouvrir au respect d'autrui. Rien d'autre.
Rien d'autre veut dire rien d'autre. Seul l'accès au réel pur et brut rend possible une stratégie telle qu'elle accompagne (au moins) l’ensemble de tous les autres sujets en tant que sujets ; et ceci est à l’opposé de toutes nos considérations depuis 2 siècles. À savoir que nous croyons que c'est en aimant les autres, qu'on les respectera ; c'est faux. C'est l'amour du christ ou de la structure ou de dieu, ou de l’universel (et encore ces deux derniers sous la condition christique) qui rend possible d'intégrer dans la stratégie du sujet la possibilité des autres sujets en tant que tels.

Ce que Kant nomme impératif et désintéressement (dont on voit aussitôt que ce dernier est certes rigoureux mais insuffisant ; il existe un réel intéressement suréminent dans le christique qui n'est pas repérable dans le kantisme).

Ou dit autrement encore l'amour christique n'est pas l'amour subjectif. L'élévation n'est pas l'amour propre. Et si il est louable de valoriser l’attachement (plutôt que l’indifférence ou l’égoïsme), le programme de l'élévation christique met en jeu tout autre chose et autrement.

Il tient compte de cette évidence de structure ; ce qui est rapport ne tient que du rapoprt et non de ce qui se rapporte et si le rapport s’élève alors les contenus, d'autres contenus, de nouveaux contenus suivront.

Alors on pourra revenir au monde, au vécu (au relationnel) et au corps, mais selon une autre disposition ou pour mieux dire une nouvelle pré/disposition. Ramenant la structure vers le monde, la structure antérieure au monde, mais aussi au vécu (au relationnel) et au corps.

Laquelle aura à s'entretenir. Parce qu'elle naît dans et par l'actualité (et non par les intérêts du monde ou le bio-chimico-logique ou l'organisation sociétale ni selon la mémoire ou le constitué, mais vers « ce qui vient », ce qui est possible) et donc ne perdure que de se décider et redécider sans cesse ; puisqu’il ne peut se concevoir, se visualiser, se créer qu'en l'actualité de l'existence. Transformant aussi bine notre vie, donnée, en existence, potentielle.

Cet événement du royaume, de la vraie intention, c'est celle qui ne viendra jamais au bout de sa capacité ; puisque, si l'on suit ce qui est avancé ici, la capacité même est l'enjeu total, décisif, fondamental, antérieur, formel de tout ce qui est. La problématique du réel est de se rendre de plus en plus capable, ou que le réel soit plus grand que lui-même, ce à quoi il s'emploie dès son immédiateté et qui conduit absolument à ces champ de perceptions (que l'on désigne comme « réalités ») et dans ces champs à, au moins (et autant que l'on sache), à ce genre d'être qui n'est pas un être mais un rapport et qui crée son propre champ.

 

Visualisons bien tout le schématisme du réel ; si il n'est pas question de l'être et du néant, mais du possible, de la Possibilité même, alors toute elle est donnée, déversée, instanciée là au-devant, et le début et la fin. Mais si il est question, exclusivement, de la Possibilité, alors ce jeté argue en lui-même afin d'être encore plus possible ; c'est le sens même du réel, qu'il existe un réel ; il n'y a rien d'autre que la possibilité, et donc tout existe... Et le réel est cela même qui se rend non seulement possible, mais toujours plus et encore plus lointainement possible. Il est le possible du possible.

Dit autrement il n'existe qu'un seul Instant qui trame en lui-même tous les possibles qu'il tisse en non seulement démultipliant les trajets mais en décuplant les tracés. Le trajet est cela qui se présente selon l'immédiateté, l'immanence de chacun, modifiant la vie, le vécu en existence, et le tracé est le résultat de plus en plus réel des trajets, le dessin qui se forme à la surface du réel au travers des réalités. Chacun pour peu qu'il tisse des trames, créera des trajets qui dessineront son tracé. Et si le tracé est le résultat sur l'autre versant des trajets multiples de chacun, c'est au travers des réalités, des vécus, des relations, des corps ; la révolution (ce cœur de l'historicité) a augmenté et intensifié toutes les réalisations humaines, dans la matérialité même, des sciences et techniques aux Constitutions et humanisations et libérations internes à cette humanisation ; dieu, la pensée, le christique, le sujet de même. Toute inscription sur la paroi de la réalité, (soit donc sur le Bord interne de tout cet externe qu'est « la réalité » qui est forcément toute externe, hors d'elle-même, puisque déterminée ; elle n'est pas déterminée et cachée mais entièrement par nature hors de soi, champ de perceptions) tout dessin manifeste donc, révèle des perceptions et de nouvelles perceptions (de là que l'on a dû libérer les esthétiques des rituels, de même l'éthique ou les échanges ou la politique, ou finalement les corps eux-mêmes). Serait-ce dans le désespoir romantique ou l’ennui baudelairien ou le matérialisme surréaliste ; tout n'est ainsi exposé que de la liberté soudainement acquise (de même que les juifs créent leur nation sur l'Intention seule). Le fait majeur monumental ouvre les réalités, les réalisations ; les années soixante jettent chacun dans une personnalisation accrue.

Ce qui est interne se situe comme surface antérieure à tout l'externe, comme paroi des réalités, mais non pas comme intériorité. Pour le moi il y a une intériorité mais à terme il se révèle comme sujet ; le retour du moi sur/vers lui-même rabâche, il passe d'une détermination à une autre. Le réel du moi est en-avant, n'existe pas encore ; ça vient du possible, du futur, du potentiel, du regard que peut-être avec surprise, le moi va jeter sur lui-même et se comprendre non lié à une intériorité, une cachette, ou plutôt que ce lien est second et c'est qu'il fera-de qui compte (il ne peut pas changer grand chose à ce qui eut lieu, sinon ce qu'il en pense, visualise, se promet lui, maintenant).

 

Il fallut donc supposer et représenter la structure qui rendait possible qu'il y ait des mondes humains, des contenus, mais aussi d'autres mondes humains plus complexes, beaucoup plus dépliés et ouvrant au dedans des champs dont l'unité est assumé et assuré par chaque sujet, associations de sujets et décentralisations dans les sens (le pouvoir n'est plus assuré par un seul ou une centralisation, ce qui requiert que chacun sache se gouverner ou se conduire) et ceci puisque ces vies sont devenues « existantes » (cad ayant conscience d'elles-mêmes dans la complexité et la contrainte du sujet potentiel et rendant compte de leur responsabilité), et d'autres types de relations qui soient médiées par et dans une distanciation qui rend impossible l'identification au contenu sans ma médiation, au sens hégélien quasiment (il n'y a pas d'ordre sociétal sinon celui qui passe par la structure de l'esprit ou pour nous par la liberté et l'égalité, il n'y a pas une vie individuelle qui serait déjà réglée et prescrite, il n'y a pas de groupe qui prenne le pas sur la règle commune de distance et de surobjectivité, État, il n'y a pas d'images immobiles et de textes ritualisés, mais des artistes et des créateurs, des inventeurs et des décideurs, bref ça part dans tous les sens possibles et néanmoins auto-régulés).

Ce que désigne la sur/objectivité, l'intention structurelle c'est d'assurer la continuité des faits majeurs monumentaux ; des acquis de structure qui ne tiennent que de passer par dessus les intérêts, les identités, les réalités données, afin d’élaborer ou de rendre encore et toujours possible le recours aux possibilités, aux autres possibilités, celles qui ne sont pas encore déjà.

Si on « oublie » la Constitution d'une société on régresse. Si on ne se conduit pas dans la vue de sa liberté, on régresse. Si l'on croit se tenir du regard d'autrui, on régresse (Sartre en fait foi).

Et il est limitatif de réduire l'historicité à tel ou tel trait si l'on ne récupère pas au plus loin possible les acquisitions structurelles. Tout ce qui est (au monde, selon le vécu, le relationnel ou le corps) nous bouche la vue en transformant une vie en existence, efface la factualité du réel qui doit entamer ici même ses possibilités et non pas se réfugier dans une mémorisation éteinte, de l'exister et engorger le présent et sa capacité, et affaiblir les révélations qui se pressent sur les yeux, en sorte que le présent n'est plus lui-même révélé mais écrasé par une mémoire apprise, détenue extérieurement, et n'ayant plus accès à la forme interne de la réalité (toute externe) et forme interne, à cet externe, en tant que présent pur et brut ; le présent est la paroi des réalités sur laquelle on écrit, signifie, dessine, trace,

c'est uniquement par l'actualité, l'événement, la nouveauté, ou donc le renouvellement du réel que l'on décide d'entamer le réel prochain, en rassemblant toute la structure acquise. Cela signifie de réinvestir, avec toute l'ampleur requise, le fait structurel qui crée, produit de l’historicité.

Or on l'a vu, l'activité de conscience est dès l'abord, fonctionnellement, cela, ce mini système, ce ressort, cette non-programmation qui remplace la mémorisation passive et lourde (atome, adn, système quelconque) par une actualité de résolution, souple, de possibilités. Et ainsi déracine le monde donné, mais aussi le vécu et le relationnel, le corps et la perception. Le sujet est hors de toute considération. Nous sommes hors champ depuis le début, puisque pour nous apparaît, paraît un champ là au-devant ; de où percevons-nous ?

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Les Faits Majeurs monumentaux

27 Juin 2020, 08:16am

Publié par pascal doyelle

Il est fâcheux de constater que l'on continue de penser la nature de l’homme, du réel, de la réalité sous les idées fétiches de tel ou tel « quelque chose » ; on en viendra, sous quelque formulation que ce soit, à opposer la substance-pensée à la substance-matière (ou l’esprit et l’existence, Hegel-Kierkegaard par ex) et l'une ne rentrera pas dans l'autre, forcément.

Et ce jusqu'au plus précis des analystes du réel brut, Sartre, qui ne conçoit la conscience que comme néantisation de l'en soi, de la masse donné là. Et concevant seulement la structure (créditée universelle) de la conscience (en général) ne s'avance jusqu'à prendre en considération que chaque conscience est singulière ; la structure est individuée (et permet d'analyser Flaubert ou Mallarmé ou telle personnalité dans ses choix) mais elle reste une capacité universelle ; « on est ce que l'on fait de ce que les autres ont fait de nous ».

C'est sans doute ce qui nous oppose le plus à Sartre ; on ne peut pas basculer dans une conception générique de « la conscience » ; de ce que l'on ne conçoit pas alors, dans le générique, que le vrai comme le bien ou le beau soient inventés, parce qu'ils tiennent leur être de l'exister ; du principe que l'exister est une cohérence plus puissante que la cohérence de l'être.

Le vrai, le bien, le beau, l’universalisation ou l’humanisation ou la personnalisation, éthiques ou esthétiques, politiques ou idéels (connaissances), intentions ou perceptions (le champs intentionnel

qui ouvre le champ de perception qui nous est propre, celui qui intègre le champ du vivant, du corps vivant, qui donc s’ajoute au vivant et non pas s'oppose de façon schématique ou systématique, qui est aussi l'opposition entre la matière et l'esprit, le donné et l'universel, oppositions qui ne permettent pas de les penser ensemble, qui nient de cette manière le christique qui n'est ni de la pensée ou de la gnose, ni de la loi et opposé au monde et au corps).

En bref voici la troisième voie. Celle qui fut empruntée depuis le début ; qu'il n'y a pas opposition, dualisme parce qu'il n'est pas d'unités séparées sinon secondairement. Il y a de l'être, mais dans le mouvement de l'exister. Il y a des possibles, qui sont réalisés, mais dans la suspension absolue, cad formelle, de La Possibilité.

C'est qu'il faut décider. Si on suit que le réel n'est pas du tout localiser selon l'être ou le néant, mais que seul existe le possible (l'être, titre générique, et le néant existent également, le néant n'opposant rien du tout), alors le possible est la structure même et ce en quoi, en qui existent les possibles, les réalités. Il faut alors tenir que la Possibilité est cela même et cela seul qui existe (si jamais on supposait qu'une réalité existait substantiellement, il cesserait immédiatement que quelque réel puisse exister).

La pensée, dotée de ses concepts, ou ses idées, est encore beaucoup trop substantielle pour exister ; l'exister est purement (et brutalement) formel. Ou plus exactement et pour être complet, on admet ici que le réel débute de par sa brutalité radicale vers la subtilité, la finesse ou le raffinement de plus en plus élevés. Le début et la fin sont d'un seul tenant.

C'est bien pour cela que l'on est passé de la pensée de dieu (théologique) à la structure du sujet (Descartes jusque Lacan). Le développement du sujet n'est pas un pis-aller (Kant ne l’entendait nullement ainsi) ni un prolégomènes (Hegel ne pense pas la pensée, il rassemble les deux phénoménologies, celle du devenir et celle de la connaissance ; de là que le savoir absolu soit la reprise de tous les savoirs précédents).

Il est ainsi impossible de se figurer le réel en tant que « subtilement éthérée ». C'est tout l'inverse. Le présent est la structure même, l'exister est la dimension. Cet instant est une règle d'airain.

Va-t-on briser le présent, cet instant-ci, celui de cette écriture ou celui de votre lecture, en micro mesures insituables et dont nous ne possédons aucune des distances ? Le présent est structurellement inaccessible (de ce côté-ci à supposer qu'il existe un autre côté, comme les deux faces d'une pièce). Comme étant ce à partir de quoi tout le reste se déplie ; le présent, l'exister ne se représentent pas, mais ce à partir de quoi les réalités se déplient. Il s'agit rigoureusement parlant du plus infime et insituable réel qui se puisse, autant que nous en sachions (on ignore presque totalement de quelle dimension le présent est issu, si tant est qu'il s'agisse d'une dimension et non pas exclusivement du seul Pli de tous les déplis, que l'on nomme, ces déplis, pour le moment, « univers »).

Ou dit autrement ; le présent est-il situable ? Rappelons que le dit présent n'est pas celui coincé entre le passé et l'avenir mais est l'exister, le «là », le là et maintenant. Non seulement le présent, l'exister n'est pas « éthéré » mais est la structure même la plus réelle, la plus insécable, et la substance même du réel est insaisissable, et elle est pur et brut mouvement.

Et c'est en tant que mouvement qu'il était situé comme dieu, l'insituable, le non visualisable, l'être ou le un, le sujet et ses variantes, le réel comme gigantesque altérité qui devient.

Ajoutons ceci ; il n'est pas exclu qu'à défaut de décrire réellement le réel (dont après tout nous n'avons aucune intuition immédiate, comme on le sait et comme on a pris conscience avec Kant) cette analyse puisse porter à son maximum du maximum notre capacité ; ce qui veut dire la possibilité la plus grande de l'étendue de notre structure de conscience (qui en ce cas et quand bien même ne correspondrait-elle peut-être à rien du tout, qu'elle soit juste accolée à un être vivant, un surcroît de la cervelle, et rien de plus, mais entièrement certain en tant qu'en plus et capable de tout ; ce que l'on démontre tous les jours). La finalité en ce cas serait simplement, si l'on peut dire, de manifester et de poser toutes les pièces, tout le mécanisme, là au-devant et de par exemple ne plus se contenter d'une position abstraite : esprit/matière ou énergie, universel/donné, sujet/objet, etc, qui s’effondre sur elle-même, puisque de cette guerre de position si l'on veut étant parti d'une séparation on ne parvient plus à la réunir. C'est bien, cette redéfinition afin d'échapper à la séparation, qu'entendait Kant.

Et c'est ce qui se cherche depuis ; Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan veulent découvrir l'articulation antérieure qui rend invraisemblable la séparation esprit/donné, pensée/matérialité, sujet/objet. Si il n'y a pas de dualité alors il est une unité, mais étant donnée la difficulté où nous sommes, la dureté de l’existence, l'altérité de l'exister, alors cette unité n'est nullement « plate » mais oblique, est à elle-même son référencement. Est un décalage interne. Et ce décalage c'est ce que l'on nomme présent. Ou pour nous cet arc de conscience dans l'arc du présent. L'arc de conscience tel un tangente sur le cercle qui lui-même grandit.

On va repérer ce qui dans l’historicité instancie absolument, formellement, la tangente qui devient le cercle lui-même (dont elle est, pourtant, la tangente).

Ce qui distingue la compréhension de la mécompréhension (qui par a priori aurait déjà séparé l'esprit et la matière, l'âme et le corps) c'est évidemment le christique ; qui contrairement à ce qui s'imagine habituellement, ne nie pas du tout le corps ou le monde ; mais qui suppose un autre-corps en plus de celui-ci et en plus dans le prolongement de celui-ci et qui plus est un corps qui étire celui-ci en sa vraie destination (par quoi la création est continuée et continuée au sens de relevée selon sa vraie destination qu'antérieurement au christique elle était non percevable). Autre corps en plus, ce qui est vrai, de toute manière, pour nous, puisque l’intentionnalité crée des séries de signes sur le corps et dans sa structure perçoit le corps au sens de le re-percevoir.

On n'y comprendrait rien (qu'il y ait un monde créé) si la malédiction était jeté sur cette création ; et on en saisit pas si l'on n'admet pas que le christique consiste précisément à élever, élever en pointant et repérant le même monde, le même corps au plus haut et au plus lointain, aussi difficile ce possible se présente-t-il. Même si l'on ne croit pas, il s'agit d'intégrer la structure réelle qui eut lieu sans quoi on ne connaît pas telle ou telle position au cœur de l'historicité ; on glose seulement sur un fantasme, une caricature qui arrange et permet de présenter une séparation, une opposition (qui contient d'elle-même son propre jeu qui l'écarte de ces faits majeurs monumentaux qui eurent lieu ; on y reviendra dieu, la pensée, le christique ou le sujet, la révolution sont des Faits Majeurs monumentaux hors de proportion, inaccessibles, qui sont devenus cela même à partir de quoi on perçoit, puis décide, veut, projette, intentionnalise de manière générale ; cette incommensurabilité est en elle-même décisive, ayant décidé pour nous si l'on veut).

Ce qui est entré dans le champ du champ lui-même, à savoir de s'être nommé comme tel,

en tant que dieu (ou l'Intention et le un tout-autre, autre que n’importe quelle détermination),

en tant que pensée (ou régulation et d'abord production des intentionnalités en plus, en plus de tout groupe social, et ciblant le monde donné là, et le « là » du monde, soit l'être)

en tant que sujet qui détient la capacité de la suspension de son flux et des « idées », de la pensée, et de la croyance, mais un-avec-lui-même de manière indescriptible, attirant l'attention que précisément c'est ce sujet là qu'il faut décrire ; Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan

ce qui donc est entré dans son propre champ intentionnel de conscience,

décuple ses possibilités ; ce qui eut lieu de fait et effectivement, créant une historicité.

Puisqu’elle est Autre l'intentionnalité crée l’historicité ; elle ne sera jamais la-même.

Et continuellement se restructurant constamment dieu, la pensée, le sujet et le réel réinstallent des réalités, puisque se situant antérieurement à toute réalité.

Philosophiquement il y aura ensuite toujours « des systèmes » et non pas un seul. Et pire que tout, l'idée même de système se retournera, à partir de Descartes ; au sens où la pensée s’origine dans un sujet et le sujet n'est pas « de la pensée » ; on a déjà vu que la pensée pour Descartes est un « dispositif » très compliqué et dans lequel il n'est pas entré, laissant cela donc aux suivants, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, côté analyse, ou Kierkegaard, Nietzsche, Heidegger, Lacan. Et ce sujet requiert donc une métaphilosophie. Depuis 400 ans nous sommes dans et par la métaphilosophie.

Ça ne veut pas dire qu'il s’agisse d'une laisser faire dépourvu de cohérence mais du rendu à soi-même de chaque sujet en sa structure ; tous parleront de la-même structure, qui existe là, réellement, et n'est pas du tout de la pensée et donc qui n'est pas sujette à variation dans sa forme mais étant autre-que-tout, elle est susceptible de quantité d'approches ; non pas de points de vue simplement mais d'approches d'une structure effectivement réelle qui est en elle-même un réel que la pensée, cad la représentation, ne peut pas atteindre ; sauf en ceci qu'elle est accessible à et par elle-même, en tant que chaque structure ; seule la même conscience a accès à elle-même et encore est-ce sous le schème qu'elle ne se saisit pas, mais qu'elle est saisie.

Si elle se saisissait sa liberté serait relative à une représentation, une détermination, celle sous laquelle elle se nomme, se signifie, et donc ne serait pas libre. Ce qui veut dire que la sur-objectivité est instanciée dans l'arc de conscience lui-même ; sa forme même qui lui confère son réel l'attire constitutionnellement hors de soi ; parce qu'il n'y a pas de « soi » ; le « soi » de « conscience de soi » est conscience du rapport comme rapport (et non pas une identité qui superfétatoirement aurait conscience d'elle-même). Mais aussi que vous seul avez accès à cet arc ; rien ni personne d'autre. Excepté dieu le système des libertés. De là que votre réel dépend de vous-même.

Dieu est, théoriquement ou selon la structure ou selon votre foi, le système lui-même qui pré-voit les libertés, leurs actes, ou si l'on veut l'acte, l’intention que vous avez décidé ; cette intention que lui seul vous révélera. Que voulez-vous vraiment ? demande le christique, lançant dans la réalité, le monde, le vécu, le relationnel et le corps l'interrogation sur, par et pour votre « intention ».

Soit donc que vous-même vous vous adressiez à vous-même, assumant la forme plus qu'objective qu'est l'arc de conscience. Il est clair que la forme interrogative de votre intention est infinie et ne peut pas se satisfaire, excepté du système des libertés.

Sous condition donc qu'existe un tel système.

De là que Kant entendait résoudre le problème en montrant que la structure du sujet, dit transcendantal, en l’occurrence, échappait et relevait d'un autre registre ; on ne pouvait tout simplement pas la définir selon le monde ou selon ce monde composé qu'est « la pense », mais qu'il était évidemment accessible par son intuition de lui-même comme condition de possibilité ; il n'y a une perception, et une réalité, pour nous que via sa construction qui ne se dit pas « intentionnelle » mais c'est tout comme.

Mais Kant désignait encore la « réalité » comme d'une substance, une nouménalité irreprésentable, supposée seulement sous la contrainte de la cohérence, alors que pour nous, déjà, la « matière » s'est dissoute dans une soupe énergie-particules, distincte-indistincte (sans jamais parvenir à l'indistinction première qui sans doute n'existe pas).

Rester coincé dans l'idée de « substance » ou d'une unité, qui serait la-pensée, ou la chose, matérielle ou non, conduit à des circonvolutions incompréhensibles, d'oppositions et d’impossibilités. Et surtout cela revient à chosifier, massifier, compacté ou si l'on préfère imaginer l'être ou le non-être comme des sortes de masses.

Ça n'est pas seulement que cela reprend les principes grecs (qui culminaient par ailleurs en des retournements absolument spectaculaires, dans l'être, le bien, la pensée de la pensée ou le Un), mais plutôt que l'idéal de l'objet naît du sujet ; c'est dans la version abstraite du sujet que celui-ci tombe dans l'objet. Comme une bouée de secours sur laquelle il se jette, tant est difficile la capacité de reprendre son sujet et de l'analyser, lui, le sujet, qui n'est pas du monde et dans l'analyse duquel il faut créer des descriptions et des élaborations jamais-vues ; de Descartes à Lacan en passant par Husserl ou Nietzsche

(Nietzsche invente l'auto-affirmation, qui étant « auto » doit établir sa propre évaluation, comme il dit ; l'auto est simplement le rapport à soi, présenté comme intégralement relatif à sa propre possibilité ; évidemment le sujet en est la base mais le sujet est formel, cad un rapport, et comme tel ne tient pas tout seul ; le sujet effectif est lié au réel ; c'est un arc qui va(vers le réel et qui doit penser ou intentionnaliser ou percevoir ou supposer ou créer le réel ; sinon l'auto du sujet simplement s'imagine être cette auto-affirmation mais ne l'est pas).

On a donc vu que découvrant la structure et la nommant dieu, la pensée et l'universel, le christique et le sujet (dans le regard du un tout-seul), le sujet cartésien et la révolution (soit la mise à jour de historicité), la structure donc se manifeste (sur la scène en remplacement des mondes et des groupes humains particuliers, qui inventent quand même la mise en forme culturelle, langage, échanges, rituels, religions, familles, etc, ce qui est évidemment fondamental) et qu'elle devient l’articulation elle-même et que cela ne tient précisément parce que la structure n'est nullement un contenu, mais une élaboration de forme ; cad l'intentionnalité en tant qu'elle passe devant ce qui est intentionnalisé.

Au lieu de croire au divin sous telle ou telle apparence (serait-elle humaine pour les grecs) on s'aperçoit, depuis le judaïsme, que dieu est pure intention, et rien d'autre. Et donc on devient selon et par cette Intention. Et de ce fait cela s’annonce comme valide pour les juifs mais aussi pour « toutes les nations ». Et c'est un dieu jaloux parce qu'aucun autre divin ne peut entrer en concurrence avec le dieu qui est le un tout-autre. On ne peut pas le copier ; l'intention est égale à l'intention. Point.

De même on ne peut pas remplacer le christique, qui est l'intention telle que se présentant en chaque sujet selon son corps individuel, par une autre sorte de religion qui lui ressemblerait ; et de fait dieu ne s'incarne qu'une seule fois.

Et donc l'ensemble (même la pensée) est saisissable par la notion d’intentionnalité ; à savoir que notre propriété absolue, cad formelle, consiste en l'intentionnalisation ; associer des signes et des perceptions ; ce qui est effectivement et fonctionnellement extrêmement performant ; on parvient à ramener la réalité, les réalités dans l'activité, la pratique, la technique, la science ou le droit dans et par la structure. L'arc de structure est bel et bien réel et se laisse remarquer de ce que justement il est le plus réel ; dans l'effort de structure il cesse de tomber dans l'immédiat et compose des tactiques, innombrable et efficaces. Ce pour quoi il est fait.

Et cette association de signes et de perceptions joue toujours de signes et de perceptions ; la structure de sujet est intuitionnée par le sujet, par le rapport qu'il est.

La pensée fut toujours certes raisonnable et autorisant une mise en œuvre, un contrôle, un partage et une cohérence dite objective, mais il s'agit, depuis Descartes, d'étendre ce contrôle, ce partage et cette cohérence ; soit donc le sujet, l'humanisation et le réel du champ lui-même. La pensée, la raison, formulent un cercle, et depuis Descartes ce cercle s'étend. Le rayon de l'attention passe de plus en plus d'étapes ; ce dont témoigne par ex Hegel qui rassemble les stations du devenir de la conscience ; laquelle n'est plus « la pensée », au sens de telle ou telle pensée, tel ou tel système, mais en tant que structure vide, formelle qui de son point de vue dialectise les possibilités ; pareillement le sujet cartésien qui passe outre la pensée, instancie le dit sujet, lequel rend possible d'acter dans la réalité (mathématisée par ex), dans le réel et dans le sujet, la vie de chacun le jugement, la capacité d'évaluer, de mettre en place une, des stratégies (au lieu que celle-ci était, en son ordre, « confisquée » par les systèmes ou la scolastique ou la théologie, etc, et par laquelle liberté, capacité de juger, l'ordre sociétal sera renversé).

Et ce renouveau de ce qui était déjà une ré-anthropologisation (née autour de la méditerranée durant 2500 ans, judaïsme compris) suppose ceci ; que le réel est à lui-même sa propre référence. Ce qui serait absurde, sauf en cela que le réel est non pas la perfection d'un ordre éternel (naturel ou divin ou philosophique ou sociétal ou ce que l'on voudra) mais est la perfection d'une Possibilité ; c'est parce que le réel est une perfection possible que l'on rend compte, que l'on manifeste une plus grande cohérence toujours repoussée au delà de sa propre capacité. Le réel est plus grand que lui-même.

On pensait que la réflexion, l'intelligence devait se limiter à un Ordre, et on s'aperçoit que c'est le réel lui-même qui se réfléchit et qu'il est précisément cette réflexion, cette manifestation qui, étant manifeste, peut se modifier ; il n'y a pas une réserve dans la réalité qui contiendrait la réalité (un ordre préalable qui objectiverait ce qui est) ; c'est l’ensemble la réalisation qui manifeste, et qui manifeste tout.

Ce pour quoi existe la liberté. Que non pas la conscience se réfère à un ordre, mais qu'elle puise en elle-même la capacité de créer des systèmes, des mises en ordre, des Faits Majeurs monumentaux ou donc les recevant on ne sait de où, ni comment « ça lui vient » ; les français ne savaient pas du tout quoi faire de la Révolution.

Ce qui nous amène à cette idée stratégique tout à fait aberrante que le réel est à lui-même sa propre règle (et une règle absolument, cad formellement cohérente et pour tant la règle s'invente elle-même comme règle) et qu'il doit embrayer sur sa propre rigueur ; il se communique à lui-même n'étant aucun « lui-même » ; il vient du devant de lui-même. Et c'est bien pour cela que dieu, l'être (le bien, la pensée, le un), le sujet ou le réel ne sont pas définissables d’une part et requiert une ascèse ; on nommera ascèse, de même que l'on nommait foi la croyance en dieu, la conversion (décentrée) vers la pensée (universelle), la suspension du sujet qui échappe à sa propre vue (mais en ex-siste du coup encore plus). Ce passage à vide impose la foi et l'ascèse. On ne prouvera jamais dieu, la pensée universelle, le sujet ou le réel ; ils doivent puiser en eux-mêmes leur capacité.

Et si l'on veut, pour se mobiliser, on peut figurer le dit mouvement, cette figuration est justement cela qui permettra de modifier ; de modifier la réalité et de modifier l'abord du réel (comment on saisit, est saisi du réel ; par dieu, la pensée, le sujet ou le réel.

Rappelons que la saisie par le réel est tout aussi bien la révolution (par quoi l'ordre se pose face à lui-même, cad la capacité de juger de chaque sujet, et ce face aux autres, à tous les autres, liberté et égalité et non pas seulement liberté) ou que cette saisie du et par le réel est encore la technique ou les sciences (qui se décuplent considérablement) ou encore les mass-médias qui ouvrent l’humanisation sur elle-même et qu'elle se Voit, et permettent ensuite que cette humanisation se personnalise suractivement.

Le tout produisant un épuisement du monde.

Puisque la réalité ne peut pas contenir la structure de la réalité, et que cette structure doit, devrait, aurait du se maîtriser elle-même, en puisant précisément dans sa foi, sa conversion et son ascèse. Hors ceci elle se livre au monde. Elle décroît dans sa capacité. Elle prend ses contenus pour elle-même, elle figure ce qui ne peut pas l'être, et donc elle se trompe, se ment, s'illusionne, se fourvoie, s'égare, et faute, pèche envers la grande architecture du réel possible. Tout cela ne fut pas révéler ou découvert sans raison.

La question est ; veut-on vraiment étendre la plus grande stratégie possible ?

Ou selon le christique ; que voulez-vous vraiment ?

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La mise-à-jour du réel

20 Juin 2020, 08:13am

Publié par pascal doyelle

On tente donc d'identifier la porte ouverte, telle que disposée dans la réalité et dans l'ignorance de laquelle nous vivons, mais par laquelle seule nous existons. Autrement dit par laquelle il nous est possible de transformer cette vie en existence, ou si l'on préfère en Ex-sistence.

On a vu grosso modo et qualifié le présent de porte du réel même.

Soit donc le plus petit, le plus ridiculement immédiat, le présent, est antérieur aux parcelles, aux particules, aux parties de monde, quelles qu'elles soient, et antérieur au temps ou l'espace et de toute manière non mesurable, non représentable, impossible de le tenir à distance ; c'est ce à partir de quoi nous percevons (tout) et à partir de quoi il y a des réalités.

Et ce présent est tenu comme une espèce extrêmement étrange de suspension, et de notre fondamentale angoisse et bizarrerie, de lévitation du réel en somme pour ainsi dire, qui soulève continuement la réalité, et que l'on a signifié en tant que Possibilité ; le réel est la possibilité du possible ;étant entendu que la question n'est ni l'être ou le néant, mais la Possibilité comme telle et en tant que telle ; ou si l'on préfère il faut toujours faire en sorte que l'on rende possible le possible ; et ne riez pas parce que l'on n'y parvient jamais … On se remplit toujours d'un n'importe quoi quelconque, et c'est cela même (la détermination) qui nous empêche et nous éloigne de la porte du réel. Et le possible du possible qui est originel, antérieur à tout le réel, c'est cela même qui se retrouve tout au long du déroulement, des déplis divers et variés du Pli initial ; il n'existe à proprement parler que le Pli.

Et tout le reste est dedans.

Y compris ces êtres qui ne sont pas des êtres mais des rapports. Ce qui a rapport à soi est dit « conscience ».

On peut bien désigner l’être (toujours sous un certain angle ou telle ou telle détermination) mais en fait, dans le fait pur et dru, le réel est cette forme de la Possibilité même, parce que c'est la Possibilité, cad la perfection en mouvement qui est en jeu, qui se joue, qui se décide et se cherche et se veut.

Considérant ainsi que la réalité, le réel n'est nullement donné là, inerte, amorphe, plat, mais est une articulation et que nous existons de et par cette articulation. On adopte un pas de plus, le pas gagné, en ceci qu'il est admis que le présent est cette articulation (à rebours de n'être qu'un vague effet ou être-là, il est, le présent, le réel même, et cela seul qui existe, et comme tel il est pur et brut mouvement).

On part du présupposé général que les autres, très connus ou inconnus, n'étaient pas stupides et qu'il faut prendre au sérieux tout ce qui fut dit au travers de l'histoire, reflets d'explorations d'autant plus réelles qu'elles furent rigoureuses, chacune à leur manière ; les attitudes qui relèvent d'immédiatetés plus ou moins maîtrisées retournent d'elles-mêmes dans le monde du donné, mais les positions cohérentes et adéquates (à la situation de toute conscience, tout arc de conscience, toute intentionnalité) sont conservées et remises en circulation, dans l’historicité, créant cette historicité elle-même, puisque s'appuyant sur un réel, sur une structure effectivement et activement réelle ; celle qui nourrit chaque arc de conscience lorsqu'il entend transformer sa vie en Existence.

On compte ici sur la structure elle-même qui ne consiste absolument pas en une « idée » ou une représentation mais existe en et par elle-même, quels que soient les contenus, les mondes humains, les civilisations, les systèmes ou les esthétiques ou tout ce que l'on voudra purique la structure (active de conscience, d'intentionnalité) est cela même qui rend possibles toutes les activités ; sans intentionnalité rien de ce que nous sommes n’apparaîtrait.

Et donc c'est sur la forme de notre être (qui du coup n'est pas un « être », déterminé, mais la possibilité de toute détermination, effectives ou à inventer) qu'il faut s'interroger.

Il n'existe pas des hindous ou des mayas, des juifs ou des français, ni Pierre ni Paul ou Pauline n'existent, mais rien qu'un seul champ intentionnalisateur, dans lequel se différencie que l'on soit Pierre ou maya ou européen ou poète ou De Gaulle.

Sauf que ce champ intentionnalisateur est à chaque fois un et unique, singulier, et tellement singulier que Pierre est lui-même autre que Pierre … Autre manière de dire que ce champ préserve sa singularité absolument, exclusivement ; il n'existe aucune « conscience » mais à chaque fois des consciences-sujets.

Ce qui pose évidemment la question ; pourquoi le réel admet-il, et visiblement encourage, et même crée de tels êtres qui se supportent d'eux-mêmes, un par un, d'un dispositif-sujet ?

On a répondu ; il s'agit de la perfection en tant que seule accessible par le dit dispositif.

Dont on se doute, quand même, qu'elle ne consiste pas en une perfection selon le monde, le vécu ou le corps. Destinés à se dissoudre ; ce qui se décompose ne possède aucun avenir. Ce qui ne veut aps dire qu'il faille les négliger, mais alors on ajoute aussitôt que l'on a pu transformer la vie nécessiteuse et difficile en facilité et liberté parce que l'on a pu augmenter (grec) intensifier (monothéisme et christique) accélérer (cartésien et révolution) et augmenter donc l'intentionnalité, les capacités d'attention, de précision, de stratégie des intentions et des perceptions. Les sciences ou les esthétiques (qui se détachent des rituels par ex) ou la pensée (qui outrepasse le groupe et le langage commun, etc) sont les effets, décuplés, de l'acquis de structure ; et de fait ils s'annoncent comme tels (dieu, la pensée, le sujet disent « voilà j'arrive et je vais changer votre regard »). Et c'est cette nouvelle scène, cette mise en scène de ce qui n'apparaissait pas et n’apparaît pas (à moins de le vouloir) qui rend possible le droit, les sciences, techniques, les poètes et le lyrisme, les mass-médias et la personnalisation applicable pour chacun.

C'est l'acquis structurel qui ouvre le possible, et vient, armé de sa dimension, briser puis reconstruire la communauté mais sur un autre plan, plus complexe puisqu'intégrant la structure (dieu, la pensée et l’universel (l’État par ex), le christique et le sujet (centre de sa propre perception, requérant esthétiques et récits et systèmes, tout ce qui suivra, invention de champs de perceptions différenciés). Hors cette brisure le groupe penserait, encore, à votre place ; il n'y aurait pas un espace-temps, si l'on veut, dégagé par l'intervention structurelle et revenant à/vers/par/pour chaque conscience, et se dénivellerait la complexité.

Ce ne sont pas les immédiatetés du monde donné qui doivent être pensées, mais la structure de conscience elle-même, le cadre général, cad universelle, de l'acte de conscience ; tous ceux qui avancent vers la forme même de tous les contenus, tendent à élaborer un cadre général de l’attention portée à l’existence, au réel, au monde (autrefois le cosmos, ordonné supposément).

Il faut par ailleurs ne plus interroger comme si il s'agissait de l'être ou du néant ; il est tenu comme Fait absolu que le réel existe et que donc ce qui compte c'est le Possible. Nous sommes dans la possibilité et la possibilité est tout, et donc tout est mouvement. Le problème si l'on s'engage sur le possible, alors il ne cesse pas. L'être peut stagner ou se fixer, ou se figer, mais si le réel est mouvement alors il est en tant que mouvement ; il n'y a rien en dehors. Raison pour laquelle il nous est impossible se saisir quoi que ce soit entre nos mains ; de même que si l'on pose d'abord l'être (ou le néant) il faut ensuite prévoir ce par quoi on le contraint, ce qui est absurde. Si le réel est le possible même, alors ce à quoi il faut s'engager c'est de saisir le possible et comme c'est impossible il s'agit d'en être saisi. C'est bien là le dilemme réel auquel nous sommes soumis, mais cette soumission, littéralement, est précisément celle la possibilité, soit donc pas une soumission, mais de nous rendre égal à la possibilité ; à tout le moins de le tenter, et il est logique que ce soit une tentative, autrement dit une intention.

Parce que c'est intention qui vous juge, ou vous jugera, et non les actes réussis, parce que l'on ne réussit jamais rien véritablement ; le réel est un commencement continuel. Il est tout entier localisé comme Commencement.

Il s'agira donc de poursuivre la Même Intention cherchant à perfectionner sa qualité, sa précision, son ampleur.

Sa qualité, en tant qu’intentionnelle (dieu) sa précision (grecque et universalisable) son ampleur, (christique et individuelle, puisque tout ce qui arrive se situe lors d'une vie individuelle, y compris la raison, les esthétiques, etc).

Il fallait d'abord que nous vienne l'intention sans autre détermination que sa propre volonté ; ensuite que l'on puisse sérier les intentionnalités, ce à quoi servent les idées ; enfin que « cela » qui opère en tant qu'intentionnalité soit saisi dans son origine, sa source, laquelle consiste en ce corps, vivant et individué, qui par l'arc de conscience fait retour sur lui-même ; dieu déploie ou nous révèle (comme on veut) l'intention, les grecs développent l'intentionnalisation comme idées et systèmes, le christique incorpore l'intention, divine, structurelle, dans le corps et par le corps (le sien propre et celui de chacun, par laquelle opération nous sommes fils de l'intention et frères en intention).

Vint ensuite de non seulement élaborer la structure, mais de la créer ; rien n'était écrit ; il dépend de la forme structurelle de se rendre le plus effectivement réelle ; son indétermination, le moment de son surgissement, divin et messianique ou universel ou christique laisse en creux cette indétermination, de sorte que face au monde, aux intérêts du monde, aux groupes et aux castes ou aux classes ou aux catégories, l'intention semble vide ou un pur vœux pieux.

Or rien n'est hypothétiquement possible si le sujet dans son unité formelle n'est pas engagé. Sans le sujet aucune structure ne peut se déployer, puisque le possible n’apparaît qu'à celui-ci, dans l'intentionnalité. Cela veut dire que c'est en lui-même, en son sujet (ce qui n'est pas tout à fait « lui-même ») qu'il doit puiser les ressources ; le messianique (juif), l'idéal de raison, le christique formulent le cadre général, dont tout le reste tentera de rendre concrètement et dès l'abord incorporé l’indétermination ; et ce faisant le sujet possède au moins une emprise ; le corps.

La capacité de produire une autre-surface du corps ; dont on comprend qu'il requiert la plus entière mais difficile et en fait impossible motivation. C'est en puisant dans l’énergie du corps, du vivant, que l'arc de conscience, la structure de sujet, la possibilité peut s'arc-bouter, or cette énergie du corps trouve spontanément, pour ainsi dire, ses objets dans le donné, tandis qu'il doit se soumettre à l'effort pour élever son intérêt.

Ce qui ne fonctionne pas.

Pour que le sujet s’élève du moi, du corps, qu'il produise une autre potentielle surface, il lui faut en être inspiré, convaincu, passionné ; la conversion, l’inspiration, la passion ; la passion en ce sens très précis qu'il est une destination réelle du corps qui n’apparaît pas du tout dans le monde, le vivant ou la perception immédiate, mais qui se crée, cette destination, dans l’actualisation ; l'actualisation est une mise à jour … puisque cet être qui n'est pas un être, se produit, se fabrique, se construit dans le champ de sa propre visibilité ; il ajoute au monde donné une dimension en plus, et bien évidemment on peut considérer que cet ajout est absolument la finalité même.

La finalité même consiste en ceci que le réel doit décider de ce dont il est le réel ; le possible. Et le possible ne peut pas ne pas exister ; il en passe formellement nécessairement par le présent, par l'actualité et l’actualisation (on ne connaît pas le christique de toute éternité, on doit se convertir ; on ne pense pas spontanément il faut activement penser soi-même et comprendre ce que l'on énonce ; on ne se satisfait de tel état donné on veut le modifier, le révolutionner ; on ne se sait pas immédiatement on prend, cartésiennement, conscience de soi comme activité attenante, etc).

C'est donc le présent, l'actualité parce que l’actualisation (cette activité, puisque tout est mouvement) et l’actualisation parce que c'est un sujet (qui se veut, se décide, se voit, se projette, se-sait, et intentionnalise), et c'est un sujet parce que la vraie perfection est celle qui se-veut-encore-plus.

Il y a un présent parce que l'exister est la forme réelle de tout ce qui est, et que dans le présent le réel, le un, la possibilité du possible se crée.

Ce que par exemple le christique nomme l'amour, ce qui veut dire, à tout le moins le lien, le rapport. On ne prétend pas dépouiller tout le sens de la qualification. Si on entre dans le rapport, il faut subsumer tous les contenus, et se savoir, soi, comme n'étant pas du tout un « soi », une identité, mais un mouvement, et qui plus est un mouvement capable de réaliser encore plus de possibles. Qui dit rapport ne désigne pas du tout cela qui est en rapport, et tout ceci ou cela qui entrent en rapport ; le rapport suppose d'abord le rapport comme tel, et ensuite qu'il y ait des réalités ou des êtres en rapport.

Cela conditionne absolument la forme de notre être ; à savoir qu'il s'agit d'une conscience, d'une attention, qui signifie, et colle des signes à des perception (ou à d'autres signes ou à d'autre intuitions qui correspondent à de la structure, « je » par ex).

Le langage est un système (organisé sinon il ne se souviendrait pas de lui-même et ne se transmettrait pas, entre autres) mais un système utilisé par un arc de conscience qui signifie, de la situation et de qualités en cette situation, jusqu’à l'horizon de toutes les situations, dont on voit bien que l'on n'a pas besoin de les connaître toutes, les situations, pour signifier l'horizon ; ce en quoi on place et déplace les signes. En vérité on ne sait que l'horizon ; c'est pour cela que toutes les choses placées en-dessous de l'horizon nous échappent ; elles ne sont que des signes, assignées.

Si notre être est un rapport (qui tisse des signes) alors on ne peut en aucune manière le penser comme une chose ou une détermination, mais il faut entrer dans la forme comme telle et l'admettre comme telle ; c'est donc dans la définition (de ce qui n'est pas définissable selon le monde, le donné, le vécu, le corps) que l'on avance.

Et ce depuis le début (dieu, l’universel grec, le christique, le sujet, la révolution et le réel, etc).

Comme il s'agit de la structure antérieure, tout en découle ; ré-articuler l'articulation (par dieu, l'universel, le sujet) implique tout l’ensemble qui suivra, tout l'ensemble précisément des possibles. Point de réel qui deviendra ce par quoi on percevra, et qui visiblement a conquis, rapidement ou longuement, les esprits ; le temps d'entrer dans la focale de la conscience ; et le temps également de saisir que l'on ne tient pas dans ce que l'on possède mais dans la vision de l'intention.

De sorte qu'il ne fallut pas seulement modifier les contenus mais transformer la forme même de l'attention ; de prendre l’habitude ou le pli de se convaincre ou d'intuitionner ce « soi-même » de structure (qui n'est pas un soi-même).

Évidemment tout ce mystère s'est immédiatement ou plutôt instantanément donné pour divin. Ce qu'il est peut-être. Puisque si le réel n'est pas assignable à la question de l'être et du néant, mais au possible, alors la nature même de la réalité n'est pas une « nature ». Elle n'obéit pas, de toute manière, à la façon de l'être mais à celle de l'exister ; soit donc la forme de la possibilité, la forme de la perfectibilité, la forme du rapport en tant que seul le rapport est réel.

Dès lors on peut examiner, à tout le moins, la nature du réel en suivant cette forme du dit mouvement.

Répétons, le réel est constitué d'un pur et brut mouvement.

Ça n'est pas qu'il est un quelque chose qui s'animerait ou subirait un mouvement. C'est le mouvement qui crée, engendre, produit, génère tous les quelques choses (et en particulier des sortes d'êtres qui ne sont pas des êtres, mais eux-mêmes des mouvements, dénommés «rapports » ou « consciences ». La conscience est un rapport, un être qui cesse d'être un être et qui consiste pas en un autre quelque chose, ce serait incompréhensible et inimaginable, mais reste et demeure un rapport, parce que « rapport » est la forme même du réel).

Le mouvement est cela même qui est le plus réel (puisqu’il est le réel même). Ce qui revient à dire que si l'on considère le mouvement comme seul réel c'est que l'on n'assigne plus « ce qui est » à l'être ou au néant, mais strictement et littéralement au Possible. Le possible seul est en question. Quel est le plus grand possible possible ? Et ne doit-il pas en ce cas se rendre possible ? Sa tâche n'est-elle pas d'atteindre à la plus grande possibilité ? Ce que l'on nomme la perfectibilité.

Ou donc qu'il soit le Commencement et que tout soit assigné au Commencement.

Imaginez qu'il existe X versions de vous-même, et qu'au fur et à mesure il vous revient de choisir la plus grande : de parfaire, de creuser, de travailler, de démêler, de créer la plus grande version possible ; ce qui veut dire celle qui rendra possible un encore-plus-grand possible.

Il n'est pas possible d'imaginer un autre-monde ; ça ne peut pas exister deux fois, le monde. Par contre si l'on suppose que la forme du monde est autre et tout à fait distincte du monde, alors « le monde, le vécu et le corps » prennent place dans la forme, dans le mouvement lui-même. Ainsi on n'interroge jamais que le mouvement, et rien d'autre, de là que toute raison et son objectivité, aussi vraies soient-elles, nous laissent étrangers ; tout le reste prend place dans la structure et non dans ce qui est structuré, cad dans ce qui seulement « est ». l'être est le dépôt de l'exister.

Répétons ; si il n'en est pas ainsi alors de tout ce qui est du monde il ne restera absolument rien. Tout ce qui est du monde disparaît, par nature. Chacun peut choisir. Le tout est de se rendre capable de mesurer exactement ce que le choix implique ; on peut tout à fait n'admettre que la réalité et ce pli gigantesque du présent, point, c'est tout, le devenir est celui de la détermination, des réalités, qui apparemment se distinguent de plus en plus ou cherchent à obtenir d'elles-mêmes la conscience ; de se-savoir (dans l'acte d'une reconnaissance) et peut-être ou autrement de se connaître (dans le détail d'une connaissance). Mais n’apparaît-il pas que même alors (ce qui n'est pas assuré, parce que se pose la question ; quelle connaissance, est-elle certaine ou exacte réellement, quand parviendrions-nous à une « connaissance suffisante » et pour quoi faire ? Puisque même alors le même monde est doublement triplement destiné à disparaître, au sens que plus rien ni personne n'en conserverait le moindre souvenir ; tout aboutissant à de grandes civilisations disparues, extrêmement limitées en durée, 3000 ans de civilisation ça n'est rien du tout en comparaison des 170 millions d'années de dinosaures, raccourcies à si peu de temps d'existence aucune ne rencontrera jamais aucune autre au travers de la galaxie, toutes étant bien vite effacées lors que l'autre n'est pas même apparue, et de toute manière le temps et l'espace soit distendus soit déchirés, sombreront d’ici quelques milliards d'années dans le quasi néant ou la glaciation de la mort des soleils.

Il n'y a pas, alors, de mémoire. Ce que l'on peut choisir, voire apprécier. On ne voit pas bien comment, mais pourquoi pas. On ne cache pas, ici, que le plus cohérent c'est ce qui est poursuivi ; les réalités nous apparaissent en-avant, dans le mouvement qu'est l'intentionnalisation, qui crée des champs de perceptions, hyper actualisés ; les signes s'utilisent afin de marquer la perception, de même que l'adn pour les vivants ou l'échange chimique, etc. sauf que les signes sont des signes, des rapports parce qu'ils sont produits par un être qui n'est pas un être mais un rapport. C'est en ceci qu'il est certes intéressant de produire une pensée la plus adéquate possible, mais qui manquera toujours sa cible ; les pensées comme les choses se défont, s’écoulent, se dissolvent. Ne reste que la structure de conscience, ou le présent comme structure de la réalité ; le présent (l'exister) ne se tient pas en tant que « présent » entre la passé et le futur, mais est admis ici comme dimension (à voir ensuite si il s'agit d'une dimension ou de la Dimension).

 

Mais en même temps, considérant que l'on ne peut pas admettre une destruction totale de toute mémoire, on avoue ne pas comprendre du tout ce que le présent comme dimension peut signifier ; cela veut dire que l'on essaie, tente, voudrait, parvient peut-être à se situer au plus loin, au plus extrême, au plus pointu du réel ; et ce lointain absolu est le présent. Ou donc, le présent est désigné comme Bord du monde, du vécu ou du corps. C'est à partir du Bord que nous percevons (que nous créons des champs de perceptions) mais c'est ce Bord que nous ne percevons pas...

De là qu'il faille se propulser on ne sait comment et tourner le Bord en lui-même afin qu'il saisisse quelque part de lui-même aussi infime soit-elle. Reste donc qu'il est impératif de s'appuyer sur ceux qui, justement, se sont avancés de, par et peut-être pour ce Bord lui-même ; d'établir finalement la description poussée à l'extrémité de la réalité et définissant ou approchant la paroi de la réalité, approchant le réel même.

C'est ce tourbillon interne qui doit être ramené sur le devant, exprimé.

Notre être, qui n'est pas un être, est un re-tour, ce qui doit être compris comme « un nouveau tour » ; il ne peut pas ne pas Créer ; dès que l'on intentionnalise on tisse des signes et des perceptions, et ce lorsque la structure (sous le nom de dieu, de la pensée et l'universel, du christique et du sujet, de la révolution, soit donc la mise à jour de l'historicité) lorsque la structure donc passe sur le devant et renvoie les contenus considérés non plus comme vérité (d'un monde, d'un groupe) mais possibilités (d'une pensée, d'un sujet, d'un regard, lesquels avancent plus loin et plus profondément dans la perception même) ; on crée la perception, ce qui n'empêche nullement que les perceptions soient souvent justes, puisque la structure n'est pas « subjective » mais hyper objective ; l'attention, la conscience est de toute manière fonctionnellement de réagir ou d'agir très précisément dans le donné qui nous surprend, nous actualise, dans le groupe humain ou dans la survie, ou les deux et l'arc de conscience est objectivement ce qui met en jeu intentionnellement qu'il y ait sciences ou esthétiques, groupes sociaux et connaissances aussi bien que vies subjectives. Aussi dès que les portes de la structures furent ouvertes on invente les esthétiques, les échanges, les récits, non ritualisés (le capitalisme est par ex le champ libre des échanges qui autrefois étaient régulés), les vécus (individuels) et donc les relations entre les sujets ou potentiels sujets (puisqu'il faut que chacun soit touché par une mise en avant, un déploiement culturel de récits, de poésies, de représentations qui individualisent).

Aussi toute humanisation (selon les groupes et les mondes humains ayant inventé la mise en forme culturelle ou selon la ré-anthropologisation autour de la méditerranée et l'acculturation généralise selon le monde, grec, et le corps, christique) est création, est de l'ordre du Créer comme structure réelle et hyper active.

Cela nous éloigne-t-il de la vérité ?

Évidemment que non, sinon nous n'obtiendrions jamais aucune vérité, aucune réalité, aucune pratique ou technique ou parole ou échange ou représentation ; la vérité est que la majeure partie de ce que nous créons fonctionne ; le droit fonctionne mieux que les sciences, ou aussi bien. Et lorsqu'il nous vint que non pas on recevait ou participait d'un monde particulier (dans un groupe qui faisait fonction de véridicité), mais que l'on produisait les contenus (selon la pensée, originellement grecque) et que l'on choisissait sa vie, la transformant en existence, alors la structure doit elle-même s'annoncer, comme dieu, la pensée, le christique ou le sujet ou la révolution s'annoncent ; je suis la révolution, le re-tour, le nouveau tour, à nouveau, se programme, se perçoit, cherche ses champs de perceptions.

La structure est interne ; elle n'est pas « intérieure », elle n'est pas un monde, subjectif, dans le monde objectif, mais la structure est cela qui examine, agrippe, extrait, isole la paroi interne de l'externe ; il n'est pas dans l'in-manifesté mais en tant que point à partir duquel tout l'externe de la réalité se manifeste, s’expose. Et ce point est évidemment le-plus-manifeste, cela même qui exprime, pousse à l'expression, de même que le présent déroule les réalités, le présent en tant qu'exister qui déplie les déterminations, l'être. Mais la forme, pour parvenir à utiliser les contenus et en créer d'autres, doit elle-même se présenter, se rendre actuelle, se nommer, se signifier et instancier un et de nouveaux champs et expliquer sa propre possibilité.

Ce qui évidemment va augmenter, intensifier, accélérer et concrétiser (dans le monde des personnalisations et des objectivisations et des subjectivisations) et instancier (selon le réel) la dite structure. Depuis que la structure est sortie des mondes humains particuliers, elle doit élaborer son architecture en propre, et l'actualiser au fur et à mesure et Créer des champs. Qu'il se situe dans son propre champ décuple ses possibilités.

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La porte interne de la réalité

13 Juin 2020, 08:07am

Publié par pascal doyelle

On ne prend pas position sur la question du divin, on essaie de mener jusqu'au plus loin, au plus extrême possible, jusqu'à l'extrémité du monde, du vécu et du corps, l'interrogation portant sur notre être et sur la nature de la réalité.

On a reconnu que notre être est un rapport, le dit rapport n'est pas celui d'un vivant avec son milieu ; un animal, un vivant est en rapport avec ce et ceux qui l'entourent ; mais il n'a pas de rapport à lui-même ; il est ce rapport mais alors n'est pas un rapport.

Or il est trompeur de dire que l'humain se sait, se connaît, comme si ce rapport à soi lui appartenait ; en vérité on ne se sait pas, on se perçoit.

Si le vivant est en son milieu, l'humain quant à lui perçoit l’horizon ; il ne connaît pas l’horizon, il se situe par l'horizon, il se perçoit à partir de l'horizon ; son « savoir  de soi » tient en cette perception distanciée par laquelle et en laquelle il se perçoit à partir du plus loin. Et donc il ne se connaît pas, on ne peut pas dire qu'il se « connaît » ; auquel cas il obtiendrait une connaissance de son être dans ses réalités, ce qui n'est absolument pas le cas ; il sait seulement sa position, parce qu'il se positionne de se percevoir d'un autre-point.

Il est clair que « horizon » est purement formel ; parce que l’horizon, quel qu'il soit, peut lui-même être relativisé par et dans un autre horizon ; je me perçois dans tel état psychologique en sachant que tel événement vient de l'arriver, mais lequel événement est encore susceptible d'être rattaché à d'autres causes qui produisent à nouveau un horizon d'apparition, etc.

Cette distance en laquelle nous existons peut se révéler fascinante ; lors du tomber-amoureux autrui est soudainement l'horizon à partir duquel je me perçois (et lorsqu'il disparaît mon horizon, qui me situait, je suis annulé brutalement et je m'efface tout aussi violemment).

Donc nous existons selon un rapport. Conscience de soi, cela signifie rapport à (soi) ; dans lequel rapport il n'est pas vraiment question de connaissance de soi (sinon ça se saurait) ; le conscient est tout à fait limité dans la conscience-de-soi. Ce qui compte c'est que l'on a rapport, et que ce rapport est de l'ordre de l'avoir et non pas de l'être ; on « a » un corps. Une pierre est cela qu'elle est, un animal sait son milieu et vous reconnaît mais il ne se sait pas (selon un horizon, ce qui veut dire qu'il ne se perçoit pas du dehors).

Aussi pour un corps vivant, tel le nôtre, qu'il y ait rapport, cad conscience, est un traumatisme absolu et incompréhensible ; un corps vivant (qui est à soi-même son propre repère) ne comprend pas qu'il soit, qu'il puisse se percevoir du dehors (le dehors est ce que normalement il perçoit mais non pas lui-même « dans » ce dehors) et qu'il soit supposé dans un autre repérage.

Nous ne nous connaissons pas, nous avons seulement conscience de « nous » vu du dehors. Et nous ne comportons à vrai dire que d'un simple signe « je » ou « Paul », ou tel ou tel trait à l'occasion.

Et donc la question se pose de la nature de hiatus et de son étrangeté. De où nous percevons-nous ? Hiatus qu'aucune essence ne vient combler ; Paul ne pourra pas se définir, visualiser, saisir ; il sera toujours saisi, du dehors, de l'horizon.

(On écarte totalement « la conscience-de-Pierre » ; « conscience » n'appartient pas à Pierre, Pierre est bien plutôt fonction de l'arc de conscience, soit : ce que ce Je fera de Pierre, ou comme dit Sartre ce que je fais de ce que les autres et la vie et le monde ont fait de moi. Et on écarte encore plus que « la pensée » soit à elle-même « sa » conscience ; que la « conscience » surgisse d'une « chose » telle que la-pensée ; ça n'a aucun sens).

Or on amène ici que l'horizon en question n'est évidemment pas le bord horizontal du monde, la ligne d'horizon (qui ne cesse de reculer comme chacun sait), mais que l'horizon est un point qui permet de prendre d'autres points, et que ce point-autre est lui-même susceptible d'être re-pris par un point encore plus autre, etc.

C'est cet horizon des horizons ou ce rapport des rapports qui furent signifiés par dieu, l’universel grec, le christique, le sujet, la révolution, le réel.

Et leurs variantes évidemment. La révolution, l'humanisme. Le réel, les sciences ou l’expérience existentialiste, ou le corps lacanien ou les libérations de chacun (des syndicats et des « fronts populaires » aux revendications depuis les années soixante) qui toutes tentent de manœuvrer les réalités, le concret, le donné là, y compris les mois qui essaient d'obtenir « une vie vécue ».

Retenons que notre être est un rapport, et donc n'est pas un être, et que le dit rapport n'est pas rapport à « soi » mais ce soi est pris-dans et né-de ce rapport ; lequel renvoie constamment en-dehors. On est perçu. Le but est de récupérer autant que possible une partie (rien qu'une partie) de ce rapport (au lieu de le laisser à telle idéologie ou telle science ou telle obsession, etc, parce que ce rapport c'est cela qui est convoité par le monde, les autres, les dominations, ou ce que l'on voudra ; le christique par exemple essaie de vous rendre votre existence, la philosophie voudrait que vous pensiez, la conscience cartésienne s'adresse à vous tel que ici même, la révolution que vous vous libériez en libérant les autres, etc).

La philosophie est la discipline (au sens également propre et non figuré) qui examine ce rapport ; qui porte attention à l'attention, à « ce dont il faut suivre le fil d'intention » ; et en quoi il est une articulation, qui se meut, dont le mouvement, de conscience-s, doit être examiné. Et que cette articulation qui n'est donc pas massive, figée, compacte, mais ouverte et apparaissant à elle-même et laissant les choses et les êtres surgir dans le champ, ensuite et seulement ensuite les percepts sont organisés et au fur et à mesure modifiés, étouffés, reliés ; le but fonctionnel étant la capacité de traiter de « ce qui arrive » et de constituer une mémorisation, classée et transmissible, extrêmement légère et souple. C'est cette mise en forme que l'on nomme généralement culture (langage, représentations, rites, échanges, techniques, etc).

Et par discipline philosophique, il s'agit de maîtriser autant que possible la focale de la conscience ; où et comment l'attention est portée, la faculté d'attention (à ceci ou cela), et de fil en aiguille il est clair que nous sommes parvenus à une maîtrise, humaine, extrêmement développée de l'activité de conscience (dont les étapes sont, pour nous, à voir dans d'autres civilisations, dieu, l’universel grec, le christique, le sujet, la révolution, le réel).

La révolution est par illustration, la manière qu'il y eut, que l'on a inventé on ne sait comment, de déployer « chacun » comme centre potentiel d'une attention soutenu que ne conduisait plus un système de castes, une royauté, une religiosité sociétale, etc. Et non pas de chacun « en raison » mais en tant que capacité de juger, de porter une appréciation, une décision, une intention, un projet en relevant de soi seul (et bien sur ceci bien au-delà des objets propres à la « raison », mais concernant tous les aspects de tout ; du monde, du donné, du vécu et du relationnel, du corps). Cet hyper déploiement est, comme on a dit ailleurs, inépuisable ; c'est une structure qui s’impose historiquement on ignore comment, « ça vient comme ça » et en particulier c'est venu comme lien, rapport absolu entre liberté Et égalité (en France en 1789). Lorsque sont liées la liberté et l'égalité la porte du réel en est d'autant plus tenue dans le visible.

Mais alors nous ne reposons pas sur nous-même mais sur plus-grand que quelque « soi » qui se puisse. Ou donc, version positive, le je est immédiatement, instantanément capable de la plus grande extériorité, objectivité, activité, effective, réelle, et immédiatement agissant dans les champs de perceptions, d'intentions, de décisions. Puisque ces champs (même produit selon le corps et le monde) sont pris, repris dans et par l’intentionnalité qui s'utilise comme repérage actif du monde donné (on en reviendra à Kant pour comprendre que l'on ne reçoit pas le donné tel quel mais qu'il est produit par la perception).

On peut tout à fait admettre que la fonction « conscience » aussi surprenante et inattendue et hors tout soit-elle, est juste et rien qu'une fonction ; elle indique certes que pour un être humain « il est saisi » du dehors, sans plus.
Resterait alors de vraiment comprendre qu'il puisse exister un être qui n'est pas un être mais un rapport, une forme, une structure ; saisissons bien que celui qui existe comme rapport, existe selon une unité qui n'appartient à rien, puisque tous les contenus défileront, que l'on voudra, mais que lui en tant que rapport n'est pas touché ; il se meut au travers des contenus. Si le rapport se finalisait dans tel contenu, il cesserait ; donc c'est un rapport continuellement ouvert. Ouverture que rien ne peut remplir. Qui existe donc de sa propre structure, celle-là même qui voulut se saisir comme Dieu ou l'Intention, l'universel ou les rapports définis strictement, le christique et ce-corps perçu d'un point-autre, le sujet ou le citoyen relativement à son rapport à soi (hors de tout groupe sociétal). Etc.

On suivra une autre possibilité, que celle de simple fonction (qui réclame pourtant déjà une élaboration tout à fait organisée et même architecturée).

À savoir que l'arc de conscience (qui crée donc des champs intentionnels à foison et permet à la base de gérer les inattendus et la transmission entre nous des informations, dans une mémorisation et une organisation souple et ouverte) positionne, « là » au-devant, « le réel ».

Et que à tout le moins ce réel est bien ce qui fait retour, s’utilise comme horizon ; il y a au-devant le fait énorme et, du point de notre centralité, absurde, que le réel est Autre et que pour fonctionner, au minimum, une conscience doit clairement admettre cette non-représentation, non-prévisibilité du monde, cette altérité fondamentale. L'arc de conscience en tant que rapport voudrait maintenir son simple rapport ; que un soit égal à un. Sauf que si il y a un réel, alors le un n'est et ne peut être fixé ; il est mouvement.

Si le rapport, l'arc de conscience est mouvement, pareillement on ne trouve dans la réalité, le monde, aucune fixité, compacité, solidité, mais de manière évidente ce qui se donne comme un mouvement pur et brut ; le présent. La dimension du temps se constitue exclusivement d'un présent qui passe, ce qui revient à dire d'un présent qui présente. Le présent est comme un pli dont les choses et les êtres constituent les dépliements.

Et on a reconnu ainsi que le plus grand mouvement possible dans la réalité consiste en ce Présent qui acte l’ensemble de la totalité de ce qui paraît ; rien n'arrive sans en passer par le présent. Le présent plutôt que de cet immédiat vague et effet indistinct (le présent coincé entre le passé et le futur) est admis ici comme la forge même de toute réalité. Étant entendu donc que le présent est la verticalité absolument inimaginable, et ce à partir de quoi tout le reste se présente.

Ou donc l'être ou le néant ne sont pas un problème, le seul problème réel est le possible ; l'être existe comme le néant, qui n'oppose évidemment rien, et la règle des deux est le possible ; tout ce qui est possible existe ; l'être et le néant sont également possibles.

Dans le présent il existe au moins un être qui n'est pas un être mais un rapport et cet arc de conscience dans l'arc du présent court-circuite le temps ; de par les signes il se retient et se téléporte, pour ainsi dire, dans l'instant suivant, qui est le Même (il n'existe en fait qu'un seul Instant). Le signe, l'intention signifiante et signifiée, paraît supplanter le temps et effectivement il est en cela un mystère.

Il ne faut pas oublier et il faut garder à l'esprit que ni l'être ni le néant ne constituent le problème, mais uniquement, exclusivement le Possible. Tout tient et ne se maintient que dans la possibilité du possible.

C'est cela qui est en cause, qui est la finalité elle-même ; on ne peut pas, donc, opposer au possible, ce qui revient à dire à la forme, au caractère purement formel du réel, lui opposer l'être ou la massivité, la compacité de la matière par exemple, ou la certitude de la pensée (qui n'est pas en elle-même mais existe seulement par le mouvement imprimé par l'arc de conscience et intentionnalité qui produit des « idées »). Certitude de la pensée qui suivrait des « vérités » par exemple ; les vérités n'existent pas, et dire que les sujets, eux, existent, réellement, et que donc on peut affirmer que le réel pour un être humain se crée et se structure par les sujets est une vérité universelle dont on voit bien qu'elle ne définit rien mais désignent des sujets en renvoyant chacun à son jugement ; qui eux sont effectifs et effectivement réels. Une fois que l'on s'est assuré que les sujets existent, et que c'est une vérité universelle purement formelle (renvoyant chacun à soi, dans ce rapport que chacun existe), alors on peut avancer des idées, sous condition qu’aucune idée ne vienne remplir et étouffer les sujets.

Demeurer dans le caractère purement formel du réel est le plus difficile (et en cela c'est une discipline) ; aussi peut-on reprocher à Kant l'aspect tout à fait abstrait et non concret du sujet transcendantal, mais c'est pourtant cette abstraction qui fonde et surtout creuse la nature, cad la structure même de « sujet ». En attendant Hegel, Husserl, Sartre et Lacan.

Et ainsi nous voici téléportés dans le présent ; dont on peut dire, en s’égarant encore plus, qu'il est telle la prote interne de tout cet externe qu'est la réalité (en effet la réalité est et n'est que dans et par le visible, la visibilité ; un atome non identifié par ses compères comme atome d’hydrogène ou d'oxygène n'existe pas, c'est sa visibilité, et donc sa détermination, qui le constitue de part en part ; détermination égale visibilité et réciproquement). La réalité est toute externe, mais il n'est apparemment aucun horizon, sauf celui que chaque arc de conscience produit (en tant qu'un réel autre il y a), or portant on affirme ici qu'un tel horizon, un tel Bord du monde, du donné, de l’univers il y a et que ce Bord est interne et que ce Bord est le présent ; le présent est le Bord et la porte interne de tout l'externe.

Et ceci revient à cela ; puisque ne considérant pas la question de l’être ou du néant comme valide (elle est réglée), mais exclusivement le Possible, alors il n'y a pas de réalité stable ou compacte ; et donc tout ce qui est, est pris dans le mouvement qu'est le présent, lequel doit être désigné comme Articulation ; tout ce qui est, est Articulé et celle-ci est transcendance par rapport à toute immanence, qui est effectivement immanente mais dans le transcendant. Ce dont il faut alors se départir c'est l'idée ou le principe ou l'habitude que le réel est en lui-même « solide et massif », alors que tout indique, de l'arc de conscience à l'arc du présent, en passant par la non question de l’être ou du néant, que tout est formel, en forme de structure.

Ce que l'on nommait jadis dieu, âme, esprit, ou même vérité et universel, être et un, ou liberté et sujet, etc.

Si l'on imagine, cela peut s’illustrer par ceci ; toute chose là au-devant est comme le sable qui s'émiette sous les doigts, ne demeure de réel que le moment. Le moment est la forme qui seule continue. C'est elle qui mesure toutes les réalités. Et on a souligné la ressemblance, la semblance entre l'arc du présent et l'arc de conscience ; à quoi se référent-ils ? Quelle forme structurelle installent-ils ? Qu'est-ce que le présent qui encadre toute réalité, et échappe donc aux choses et à la disparition ?

De toute la réalité qui est toute externe (ce qui veut dire déterminée et en tant que champs de perceptions en nombre indéfini, peut-être infini), de la réalité qui est donc toute livrée au Possible pur et brut, il n'émerge que le présent et son actualité étrange ; et dans ce présent un arc qui passe outre la division des choses (qui sont nécessairement distinctes, si elles ne l'étaient pas elles ne seraient pas, il n'y a rien qui soit indistinct) et manifeste l'extraordinaire formalité du réel pur ; que cet arc de conscience est un rapport dans une réalité qui est entièrement instanciée par un arc de pur et brut présent. Ce par quoi on finit par percevoir que le « réel » est une formule absolument formelle, puisque même ,sa racine, le possible, la Possibilité, n'est de fait pas du tout une réalité solide ou fixe mais un possible, un devenir, et tant qu'à faire une possibilité toujours plus réelle, ce qui veut dire un possible encore plus possible ; soit donc dieu, le divin, ou la structure ou l'on nommera cela comme on veut, mais augmenter (grec), intensifier (dieu et le christique), accélérer (cartésien et suivants), concrétiser le réel (révolution). Et ce n'est pas du tout une sorte d'évidence massive, monolithique, mais une articulation qui doit s'organiser, s'ordonner elle-même, se produire, le dépliement de la porte, et finalement créer le réel ; il n'y a en vérité rien qui soit immédiat et donné ; l’ensemble est suspendu à la Possibilité.

Et la suspension est réelle, elle est même cela qui est le plus réel. De là que l'apparaître de toute cette réalité soit si étrange.

On considérera donc que le présent est la porte interne de tout cet externe désigné comme réalité. Ainsi cette angoisse qui nous saisit à la source même de l'exister, formel, et de l'existence, concrète, corporelle, incorporée. De cet aperçu qui transforme notre vie (de vivant) en cette Ex-sistence suspendue au réel, au possible ou à la possibilité même. En bref nous saisissons bien que l'on se doit à quelque réel, mais que la voie, la possibilité n'est pas écrite en elle-même ; elle sera de ce que l'on décidera, intentionnalisera.

Éprouve-t-on toute la capacité de l'existence ? Et selon quelles voies peut-on emprunter le chemin ?
Ou, encore, participe-t-on à toute la Possibilité qui Ex-siste ?
Comment agir, décider, prévoir afin d'agrandir le cercle de la/ma possibilité ?
Qu'est-ce que cette immense historicité (de 3000 ans) sinon la propédeutique tenant ouverte la porte de la Possibilité ?

Et si il est quantité d'aperçus conduisant au travers de la porte du réel (des religions, des systèmes, des idéologies au sens noble, des sujets et des esthétiques, des éthiques et des politiques, etc), c'est justement qu'elle ne tient pas dans une ou plusieurs de nos intentions ou internationalisations, mais existe telle quelle en elle-même et, porte verticale, purement dimensionnelle ou formelle et susceptible de recevoir quantité d'avenues.

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