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instants philosophie

Perfectibilité brute

9 Octobre 2021, 08:14am

Publié par pascal doyelle

Si le réel a pour finalité la perfectibilité (et non la perfection)
alors que l’on ne s’étonne pas de sa brutalité.

Tout le néant existe, tout l’être existe (être au sens générique). Le principe du réel est le possible.
Il n’y a pas de question qui puisse être posée quant à l’existence du réel ; il est le possible et réalisé entièrement. Si le possible n’existait pas il n’y aurait ni néant ni être, mais juste l’absence de tout.
Les questions ne commencent que par le réel lui-même ; comment s’organise-t-il en lui-même ?
Mais dès lors si le principe st le possible, il n’y aura pas de résultat figé ; le possible demeurera encore et toujours le possible. Pour résumer ; le réel se fonde sur lui-même pour se rendre encore plus possible et non afin d’obtenir une réalisation figée de lui-même ; il n’y a pas perfection (comment alors la perfection a-t-elle, pourrait-elle sortir d’elle-même et produire un monde non parfait ?) mais perfectibilité. Il y a réalité afin que se percevant le réel avance plus encore en et par lui-même.

De même s’il est perfectibilité, le réel suppose absolument en son sein toute l’altérité possible. S’il est rapport alors il rend indubitables tous les autres rapports. Et dans cette logique des rapports ceux-ci doivent se rapprocher de la plus grande, toujours plus précise réalisation, soit donc de la plus aiguë possibilité.

Ce qui est mis en scène c’est la capacité de plus perfectible organisation. Non pas d’une organisation fermée, mais d’une organisation qui rendra encore plus présente et active la réalisation.

La finalité pour un arc de conscience (qui est un rapport) est d’instruire encore plus de rapports.

L’universel par exemple, est l’universalisation, un processus qui est inscrit dans la structure même de l’arc de conscience ; lequel est un rapport et l’universel le tissage de rapports organisés. Mais le sens de l’universel, comme de la conversion des perceptions en signes (en couleurs significatives, en formes) s’adressent à. Ils s’adressent à un sujet ; ils étendent, ce sens et cette conversion, la perception, parce qu’ils la font entrer dans un champ plus spécifique mais spécifique ne veut pas dire spécial (qui serait réservé à une partie du monde), spécifique veut dire ; le champ qui porte plus loin telle détermination, qui lui permet d’entrer dans un possible plus grand.

Aussi bizarre que cela puisse nous sembler (la phrase ; comment se fait-il que les mathématiques ou les lois physiques correspondent aux réalités étudiées ?) il apparaît que le donné soit susceptible d’être ré-exprimé dans des formules, et des formules qui agrandissent la perception (on a vu qu’il s’agit toujours d’exprimer des rapports, un étant égal à un et désignant la forme de l’objet, tout relevant la forme de l’unicité ; il y a un espace-temps qui rend unique chaque point) ; on perçoit plus de choses sous la formule, physique, mathématique, mais aussi sous une idée on rassemble et même on aperçoit plus de réalités, et de manière générale sous une idée on énumère encore plus d’idées, ce qui n’a pas en soi de fin, de même que la suite des nombres infinie, sauf qu’en définitive l’horizon des idées, de toutes les idées, est un je, une conscience.

La vérité est que les signes s’utilisent afin de créer des perceptions, lesquelles sont réelles ; puisque la réalité n’est pas un ordre mais un possible ; l’arc de conscience crée une interprétation (des réalités ou de lui-même) mais ces lectures sont réelles. Que tel universel soit vrai, ne signifie pas qu’il soit intégralement ce qui est, mais une partie de ce qui est (possible) ; si l’on veut il existe toujours un universel plus grand qui englobe le premier (ça se constate dans notre historicité même). Et cela vaut également pour la position ontologique ; on ignorait le dieu un tout-autre avant qu’il paraisse (ou se révèle) ; on ignorait le corps-christique (de chacun) ; ou le rapport à soi du sujet (cartésien ) ; ou la révolution liant liberté et égalité. Ceci toujours nous indique le sens de la perfectibilité (qui n’a pas, a priori, de cesse ; ce qui veut dire que dieu ou le divin ou le dimensionnel eux-mêmes progressent, avancent ; ce que nous révèle le divin ou le christ, et que ces positions, ontologiques, touchant au réel et non à la réalité, ça n’est pas une puissance du monde mais un potentialité structurelle, l’amour christique par ex la foi en la foi).

Rien ne dit que ces tissages (maths ou autres) soient les seuls et derniers tissages réels ; il existe probablement d’encore plus grandes « mathématiques » qui intègrent celles-ci, d’encore plus grandes idées philosophiques, d’encore plus grandes Intentions. Il faut réfléchir quant à l’instanciation d’une « conscience plus grande » ; dans ses contenus ou ses possibilités peut-être, mais surtout dans sa nature, sa structure ; conscience étant le rapport, on n’imagine ni ne pense un « demi rapport », bien qu’en lui-même il peut obtenir une encore plus grande perfection, de structure en ce cas ; aussi les expressions « à l’image de dieu » et « frères du christ » « adoptés » veulent dire ce qu’elles veulent dire ; il n’y a pas trente-six manières d’avoir conscience-de.

De deux choses l’une ; ou la cohérence est dans la pensée, les idées, les maths ou les lois. Ou la conscience est ce qui est capable de la cohérence, des cohérences différentes (esthétiques par ex, éthiques, politiques, évidemment, etc). Peut-on concevoir ou imaginer une cohérence « dans » une idée ? La pensée crée-t-elle la conscience ? Ou la conscience n’est-elle pas cette structure qui rend, entre autre, la pensée possible, et donc comme expression de sa vision ?

Si on croit que la pensée contient « de la conscience », on ne voit pas du tout ce que cela signifie. C’est seulement que l’on prête l’activité ‘de conscience’ à un ensemble de signes (qui ne sont rien d’autre, que des signes et non des «idées » ou une symphonie, qui n’a aucun sens hors de l’écoute par un je). On dira que les mathématiques sont vraies, mais qui dit que l’actuelle formulation des mathématiques est achevée et qu’il n’existe pas de plus grandes formules encore ? Et qui dit que les choses, physiques par ex, soient constituées de mathématiques et non que celles-ci sont juste des moyens, parmi d’autres peut-être ? ça n’est pas supposé abusivement, puisque de telles révolutions modifiant la perspective se sont déjà produites. Et on a dit que les nombres sont des rapports, du un sur le un.

Dispatcher la « conscience » en des tas de ses productions rend fou. Il est dans l’activité même de conscience de se voir partout ; de même que chaque moi, chaque moi-même ne sait jamais qui, de où, quoi le regarde. Est-ce lui, lui-même ? Non seulement pas sûr, mais bien plutôt on connaît la dérive énorme dite de l’inconscient… le moi, son identité plus ou moins consciente, est tel un îlot dans les signifiants, qui eux-mêmes, a priori, ordonnent les perceptions, les affects, les gestes et comportements, les regards d’autrui, les images, etc.

Si on avance que l’arc de conscience est absolu et formel, on ne veut pas affirmer par là qu’il est « tout ». il est au contraire dans sa nature même, dans sa structure, de se dévouer ; il est une structure, laquelle n’apparaît pas, jamais (mais se signifie et elle seule perçoit ce signifiant ou qu’autrui est une autre conscience), et n’apparaissant jamais elle met en avant, en place ou laisse advenir tous les contenus. La conscience n’est pas le conscient, qui doit définir tandis que l’arc de conscience trame des signes. Aussi le donné, la vie vécue, le corps, la perception entrent de fait dans le champ ; il suffit de les lier par des signes d’une part ou de glisser leurs densités entre les signes d’autre part (on perçoit quantité de nuances de bleu au travers du signe « bleu ») ; la faculté de conscience crée des signes, qui sont des rapports et permettent de voir au travers de ces signes, d’accumuler des perceptions mais également de se signifier ; et alors plus il lui apparaît qu’elle est seule existante, elle déploie, cette structure, et d’entrer elle-même dans son propre champ (ce qui se nomme dieu juif, pensée grecque, corps du christ, sujet cartésien ou révolution) remodèle toujours en totalité non pas les larges domaines seulement mais le centre de conscience, ce par quoi et à travers quoi elle se dé-place.

Elle se déplace et donc crée une stratégie. Stratégie est réservé exclusivement aux déplacements de l’arc de conscience dans le champ intentionnel de la conscience.et c’est pour cela qu’est requis une étude de ce déplacement. On tient qu’il est unique ; puisque si le réel est l’exister, soit donc une forme, sans contenu, indéterminé, il n’existe qu’un seul réel (le problème étant ; jusqu’où s’étend-il ? Et alors on peut installer, si l’on veut, dieu ou le divin, le dimensionnel ou équivalent). Rappelons que ‘le réel’ est indéterminé (ou « il y a de l’indétermination ») parce que le réel est le possible et qu’il ne convient pas que le possible (qui est juste la possibilité de la possibilité) soit quelque chose (auquel cas de possible il n’y en aurait pas).

Que le possible soit précisément cela qui est en jeu veut dire, pour nous, être humain ou toute espèce douée de conscience (cad d’un rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport et non une quelconque identité ; toute identité est quelconque par rapport au rapport-même), ce qui veut dire donc que l’on doit trouver une unité qui soit adéquate ; ainsi dieu, le un tout-autre, est purement une Intention ; le christique est l’intention ramenée au sol même et au corps de chacun ; le sujet est l’entrée de l’intention dans le champ de son intentionnalité (surpassant la pensée qui était amenée à définir objectivement un être universel, ce qui était encore trop) ; la révolution est l’inscription parmi les consciences coordonnées les unes aux autres dans l’élément (comme dirait Hegel) de l’activité de conscience (peu importe ce que vous désirez, décidez, projetez, pourvu que cela n’écrase pas les autres libertés, et que toutes se considèrent, s’admettent comme égales, par quoi la liberté se dote d’un véritable ‘contenu’, et est poussée à élaborer des contenus spécifiques « sous la forme de l’universalisation » comme dirait Kant).

De sorte que l’intention, la pensée et la conscience de soi sont instanciées dans la structure même.

Remarquons ceci ; que l’universel n’est pas en lui-même, mais se tient de ; se tient de la conscience comme activité intentionnelle qui relie par des signes et surtout voit au travers des signes ; elle ne tient pas dans le « langage », même si il revient à Lacan de délimiter la puissance du signifiant ; mais cela veut seulement dire, si l’on veut bien, que le signifiant est un rapport, qu’il est discerné sur l’horizon et l’horizon réel, du monde, du donné là, et d’autre part qu’il est discerné sur et par le corps même du moi, la ligne de signifiants passe au travers du corps, et produit qu’il y ait un moi, un conscient et un inconscient, un langage, etc, bref tout, tous les champs intentionnels.

Le signifiant (cad l’arc de conscience qui rend possible en tant que rapport qu’il y ait des rapports, des signes) coupe le corps vivant en deux, ce que ce dernier ne comprend pas du tout (au sens fort ; il ne saisit ni l’envers ni l’endroit, ni le début ni la fin, pas plus le premier terme que le dernier) et dans cette division (qui ne cesse jamais) se dépose un « moi », un « moi-même » qui n’est que si il existe, ou donc qui n’est (relativement) que si il existe dynamiquement, comme et dans le mouvement (il n’existe aucun champ intentionnel qui ne soit pas en mouvement).

Dit autrement ; l’être est, oui, la détermination, mais dans et par et peut-être pour l’exister, le mouvement. La matérialité (ex-énergie) est, mais dans le mouvement de l’arc d’exister. Les contenus de conscience sont mais pris dans la dynamique intentionnelle.

Ce que l’on voit, perçoit, ce sont les perceptions qui apparaissent d’elles-mêmes mais ne sont retenues que dans les filets de signes et à partir de là dans la dynamique collective, ou si l’on veut l’inverse; les filets collectifs sélectionnent les perceptions, puis s’appliquent individuellement, sauf que depuis la méditerranée le groupe n’est plus le monde ordonné (sortie du sacré et du ritualisé), et que, c’est un fait, seuls les sujets perçoivent la réalité donnée « là ». Au travers du langage et des systèmes de signes, créant de nouveaux langages, plus ou moins complets mais un langage est toujours incomplet (même les maths, dont on ne sait pas si elles sont prises dans un plus grand système encore). Et comme l’organisation, humaine, passe de plus en plus de transmissions individualisées en transmissions individualisées (le christ en fonde le réel pur et brut), chacun peut supposer la prédisposition de sa compréhension en tout autre. L’individualisation se propage, poussant l’organisé à grandir, agrandir ses cercles déconcentriques (la révolution rendant, au moins a priori, à chacun le mouvement de sa propre vie).

Mais la finalité fut de rendre à chacun sa capacité ; c’est le possible qui s’est soudainement agrandi. À quelle fin ? Qu’il puisse se propager encore plus ; et passer de l’organisation interne du je à la coordination externe de tous les je.

Bien évidemment le gouffre ouvert en chacun, en chaque conscience, que l’on n’a pas su ordonner et qui s’est déraisonnablement investi en quantité de baudruches, d’images, d’idée de soi-même, n’a pas permis de réguler l’intentionnalité ; qui est partie en tous sens, toutes les significations faciles et immédiates, accessibles et dont la finalisation s’est effectuée vers le bas, vers le corps, la satisfaction apparemment concrète du corps, plutôt que de postuler à l’impossible je, dont l’insatisfaction structurelle est absolue (rien dans le monde, la vie vécue, le corps ne correspond à l’arc de conscience, au je, au sujet, à la structure-sujet, au divin, qui ex-siste séparément).

En un sens la structuration de l’intentionnalité sous la forme du désir (qui s’adresse à des objets) tentait de fonctionner comme régulation de l’arc de conscience ; puisque cet arc ne peut que difficilement s’adresser à lui-même et se contrôler, il en passe donc via un média.

Autrefois dieu, le christique, la pensée et l’universel (dans l’historicité cela donne l’humanité, et l’humanisation de la révolution), et le moi essaie de se mesurer lui-même au travers de fétiches, d’images, de valeurs, etc.

Ça ne fonctionne pas vraiment parce que ce qui existe structurellement ne s’y retrouve pas du tout dans une réalité déterminée ; ce contrôle tombe toujours dans la détermination et finit par désirer des choses ou des objets donnés (ou fabriqués, et qui plus est fabriqués exprès pour attirer le moi, la conscience dans des signes déterminés).

Que la structure de conscience devienne à elle-même sa régulation suppose à tout le moins ceci ; qu’elle considère que tout contenu jamais ne se donne spontanément mais qu’il est produit (soit produit de par le moi ou de son organisé sociétal ou d’une industrie dédiée, etc). Et ainsi que lui, le je, ne s’adresse à rien ni à personne qui soit du monde ou du vécu.

C’est pour cela que le chrétien, théoriquement, ne retourne au monde ou même aux autres que via et par le christ ; rien ne vaut dans le monde sinon en empruntant la voie du regard absolument externe à tout. Seule la séparation garantit à la fois l’individualité du je (sans lequel même l’humanisation perd le sens, la qualité que par ailleurs elle actualise en propre ; si chacun ne se sent pas concerné par le devenir, l’histoire, le progrès, quelle que soit sa nature, l’humanisation sans personnalisation ne fonctionne pas ; les salariés ne sont plus des « ouvriers » et pourtant « ouvriers » définit tous les salariés) et l’élévation du je.

La structure du possible veut dire, individuellement, que chacun est découplé. Découplé en et par lui-même. Le moi se tient d’un horizon, le sujet veut devenir cet horizon, mais il ne le peut pas ; il doit se soumettre. Outre les différentes abnégations (par quoi on se dépasse soi-même), il faut saisir que le je est un rapport et qu’il n’est évidemment pas à la fois au début et à la fin du rapport. Il n’est peut-être même ni au début ni à la fin. Où se situe un « rapport » ? Il est le mouvement. Raison de plus pour que le moi soit envahi d’un horizon qu’il ne contrôle pas, qui se révèle qu’en vérité il n’y était pas du tout (il était, par ex, soumis aux signifiants, de la psychanalyse, ou du regard des autres, sartriens) ; le moi se tient d’un horizon qu’il croit contrôler mais cependant par les objets qu’il y déplace, objets qu’il entasse autant qu’il peut, horizon saturé en quelque sorte. Mais qui, de par cela même, vide le désir, l’intention, le projet, et écrase le moi au sol, au sol des déterminations.

Inversement le je se prend soudain de l’infinie possibilité ; qu’il peut interpréter comme « infini » (tel un signe) mais en vérité qui se dit comme perfectibilité. Non pas perfection mais perfectibilité. Supposant, sous-entendu, que le possible se réalisera … afin qu’il s’obtienne encore plus de possible. Dont on a dit qu’il, le possible, est dieu, divin, dimensionnel ou à tout le moins fonctionnel (il est cela même qui rend possible qu’il y ait une réalité et en l’occurrence cette réalisation qu’est l’humanité.

C’est pour cela (le possible du possible-même) que la finalité n’est pas du monde, ou du vécu ; ça n’est pas le possible du monde (ce que l’on pousse au maximum depuis 2 siècles, en bien, cela nous facilite la vie ou la rend complexe, ou en mal, en pure perte et distractions diverses qui tournent en rond, la financiarisation, par ex), mais la capacité toujours plus grande de la capacité.

Suivant le christique le divin est la foi elle-même ; autrement dit croire au point totalement éloigné du réel. Comprendre que dieu est amour, etc, oui, mais avant il faut croire qu’il existe un point-en-plus qui n’appartient à rien (et qui autrefois a créé le monde, cad tout, y compris ces petits rapports que nous sommes qui se tiennent du grand, et petits rapports faibles et incertains mais qui se constituent déjà, aussi minuscule cela soit-il, du grand ; le grand est déjà tout entièrement là, même minuscule ; un rapport ne se mesure pas, de même que l’on ne mesure pas le présent ou l’exister).

Et on ne mesure pas, ni ne représente, et ne peut aborder autrement que de le signifier l’arc de conscience ou l’arc de l’exister. Ce qui vient alors instantanément est outre mesure ; il s’agit de la communication du je à lui-même, et il se découvre autre, alors qu’il est visiblement un, et ne sait pas du tout où existe cet autre-je qu’il est. Mais il est, effectivement et réellement, ce je-autre ; le je est fondamentalement et structurellement autre ; l’altérité est son principe même ; ou donc il est cette sorte d’unité tout à fait incompréhensible qui est le rapport qu’elle est, et donc qu’elle existe.

C’est pour cela que chaque je est infiniment donc. Le rapport qu’il est renvoie indéfiniment à un horizon qui ne s’éteint pas, théoriquement. Théoriquement parce que l’on peut tout aussi bien considérer cet horizon comme une fonction, la fonction « réel » de la « réalité » ; le présent de l’actualisation des réalités, des choses, des êtres, etc. Par quoi déjà le transcendant précède l’immanence ou les immanences, mais transcendant qui ne « dure  pas ».

à l’inverse on peut supposer ou croire que le présent est intégralement, brutalement ou purement en suspension. Il est cela même qui dure. La forme qui précède et qui suit tout ce qui fut, est, sera. Tout est suspendu dans le présent et ce qui prédomine c’est le formel (raison pour laquelle on ne saisit pas le présent, et que l’arc de conscience ne peut pas se saisir lui-même, sinon il ne serait pas libre, mais seulement une partie de lui-même, une détermination dans la détermination ; il est une détermination dans la détermination mais en tant que signe, cad non-être ; le signifiant est la ruse qui permet à la détermination d’outrepasser la détermination).

L’horizon infini, celui que l’on ne peut pas maîtriser (doué du double rapport, un rapport étant toujours double, la fin devenant le début et donc littéralement infini) et auquel il faut se confier, est évidemment dangereux ; en ceci que l’on ne sait pas si l’on est fou, égaré, empli de malheur ou déraisonnable, névrosé ou psychotique, etc. Ou juste enthousiaste, ou réellement absolu. Le seul garde-fou est précisément le détachement ; il faut envisager sereinement la possibilité ou plus exactement la Possibilité. Cartésiennement, qui voulait conserver ce calme souverain de la certitude mais mesurée. Le je est indéfiniment, cad infiniment, ramené à la Possibilité.

Puisque cette indéfinité du rapport (qui ne se connaît jamais, comme une chose déterminé) dépend et se trouve lui-même dans le je qui le signifie et acquiert par là, en ajout à son indéfinité, son infinité.

Par exemple les nombres sont indéfinis, mais seul le je est infini (cependant uniquement dans son actualisation ; il lui faut le décider).

Pour lui cela veut dire que si on veut le « comprendre », commencer à peine de saisir ce je-là, autrui, il faut entrer dans son horizon. Mais évidemment on ne peut pas actualiser en nous l’horizon de l’autre ; cet horizon existe matériellement de fait, en tant que ce monde réel effectivement là et qui n’appartient à personne (dont on connaît 3 ou 4 %, grosso modo et autant que l’on sache et on n’en sait pas beaucoup), d’une part et d’autre part existe comme ce corps-là, la coupure par le signifiant de ce corps-là et qui, lui-même, se ressent à peine, reconnaît à peine son affect primordial, pour ainsi dire ; l’horizon d’un autre je est en soi, pour ainsi dire ; on ne peut pas percevoir tout la perception de cet autre je. Or cependant cet autre je peut tenter de susciter en nous cette perception radicale (cad à la racine, compte tenu que la racine est, pour une conscience, l’horizon, le je se tient d’en-avant).

Or ce qu’il va déployer ça n’est pas cet être qu’il est (Arthur Rimbaud, le bonhomme Arthur Rimbaud) mais il va signifier son possible ; c’est son possible qu’il nous fait Voir. On n’obtient de « salvation » qu’en avant. Lorsque l’on tombe-amoureux, on est en-avant et on fait tout ou attend que « cela » se révèle, que nous nous révélions nous-même ou tous les deux dans ce possible-là. Les français ne savaient pas ce qu’il allait advenir comme « révolution ». Les apôtres ne comprennent pas du tout ce qui se joue ; au point que le texte les prévient « vous ne comprendrez pas » avant longtemps. Montaigne joue entièrement l’ouverture de chacun au « moi-même », il inaugure qu’il est, au point que ses écrits sont lui-même et lui-même ses écrits ; chacun sait qu’il peut dresser son horizon et le déployer.

Et c’est cela même qui peut vous arriver, comme un coup de foudre ou comme une conversion (amoureuse, révolutionnaire ou poétique, etc). Des expériences tout à coup vous font voir ce qui va ou pourrait venir ; selon le possible et votre décision. Décision, qui s’étire ou se concentre depuis la lenteur ou l’illumination ; et dont on comprend bien qu’elles, ses expériences supposées, engageront tout votre être, votre vie et au-delà de votre vie (puisque ça n’y existe pas déjà et est seulement pré-vu, on ne sait comment) ; vous dévoileront ce que vous ne savez pas, n’éprouvez pas, ne recevez pas, pour le moment. Un possible qui ne retentit pas en vous déjà mais viendra comme révélation.

Et historicité.

Historicité en propre, la vôtre. Cela veut dire que si un éblouissement vous vient, révélant un possible possible, alors il y a de fortes probabilités que s’impose un devenir de cet horizon ; le propre d’un horizon est de placer difficilement ou aisément, obscurément et de plus en plus lumineux des « objets spéciaux » dans cet horizon, des stations dans ce possible, des déroulements du possible ; la nature du possible est de se réaliser.

Or il apparaît très certainement que la possibilité envahissant le moi dénoyaute radicalement (à la racine, comme ci-dessus, en terme d’horizon et non pas qu’il puisse résoudre l’équation du moi, consistant en signifiant/corps vivant, laquelle est inatteignable), dénoyaute pour le moi non son identité mais son intentionnalité, son existence sous-un-regard ; on a vu que le signifiant/corps vivant est, en tant que signifiant, un regard ; tout signe « contient » une intentionnalité, au sens de présuppose telle intention ; le moi qui n’est pas un quelque chose qui serait scindé en deux, il naît de la scission même (sans la coupure du signifiant le moi n’est pas, il ne naît pas, la « castration », qualification bizarre qui veut dire ; l’adolescent s’aperçoit qu’il n’est plus le centre du monde, il n’est pas «fou » donc et même si cette scission l’autorise à s’imaginer « être », ce qu’il n’est pas, parce que rien n’est ; l’être est second par rapport à l’exister, cad au mouvement et en l’occurrence l’arc de conscience comme rapport et ici regard ; peut-être est-ce pour tel moi le regard d’un autre autrui, mais de toute manière c’est toujours le regard de l’Autre, de la distance, par lequel il se perçoit du dehors, d’un extérieur, d’un horizon).

Si le moi parvient à se projeter dans une possibilité, c’est l’arc de conscience qui se crée instantanément comme intention en-avant, qui crée qu’il y ait un grand regard, une grande intention (dieu, sujet, poésie, révolution, etc) qui l’extirpe non pas « hors » du regard-signifiant (on ne peut pas) mais s’ajoute à ce regard ; de créer de nouveaux rapports (ou comme disait Lacan, la psychanalyse permet que le désir continue de se tisser, ou dit autrement qui engage bien autrement et autre chose que le passé du sujet, que la liberté continue de signifier ; il y a littérature ou éthique ou politique afin que le lien qui prédominait en tant que groupe autrefois s’élabore et s’invente à partir des je, mais le je n’indique pas le moi).

Cette capacité de conversion (ça ne peut pas se nommer autrement) est une foi. Cela même par quoi débute, s’initie toute notre historicité ; celle de dieu qui crée une nation, à partir de rien (littéralement, une forme, Israël n’est pas, avant qu’il soit appelé), mais aussi de la pensée, à laquelle personne ne croyait en son apparition, du christique évidemment et en tout cela il n’y a pas lieu, pas lieu du tout, de nier le même caractère d’actualisation.

Le possible ne se dé-couvre que dans l’acte, l’actualisation ; le réel vient au jour, à la lumière, naît, dans le présent. Le présent accouche de toute position du réel. Et on ne sait pas ce qui vient. Il n’y a pas un ordre préalable qu’il faudrait appliquer ; ‘où’ serait-il ? Que ce soit le possible qui arrive, veut dire qu’il ne vient pas du passé, ou de ce moi que l’on est, mais qu’il naît d’en-avant. Ce qui se réalise de notre vivant est inattendu, qui ne rendre pas dans les circuits déjà inscrits, pas dans l’image de ‘soi’, nous a déjà sorti de notre moi-même.

Or donc il faut en être prévenu, parce que sinon on le verra peut-être, mais on ne le retiendra pas. Un éclair et puis plus rien, sinon le monde atone. Et c’est la capacité d’un je structuré et prédisposé que de soupçonner l’élévation. C’est la nature, la structure même de notre attention qui génère une actualité réelle potentielle, dans la trame même du rapport qu’est un arc de conscience. Comment se prédispose un arc de conscience ? L’insondable décision d’être, de Lacan ? Une révélation, une illumination, une crise existentielle, une dépression, une conversion, une conviction, une certitude acquise, une disposition du corps, l’aperception de l’autre-surface du corps tissé de signes ?

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L’esprit de liberté et d’égalité

2 Octobre 2021, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Montaigne ;
« c’est moi-même que je peins, je suis moi-même la matière de mon livre »

« étant hors de l’être, nous n’avons aucune communication avec ce qui est »

Reste le je. Qui lui existe (et n’est pas).
Et dès lors s’ouvre la possibilité de décrire l’ici et maintenant réel. Soit donc Descartes.

C’est Montaigne, ce français, sait bien que l’être est au mieux un concept opératoire (qui permet de subsumer quantités d’analyses sous son regroupement) mais pas du tout réel, une « solidité » qui n’est pas, sinon imaginée (le sujet transférant sa structure dans ledit concept, de même que l’on investit l’objet d’un désir, qui en vérité n’existe pas plus, il s’auto-suscite, permettant qu’un moi existe, dynamiquement, aucune moi n’est au repos, au pire il tombe en dépression, cessant tout désir). Le français est suffisamment arrogant pour ne rien placer au-dessus du je, et suffisamment lucide pour ne reconnaître que dieu, ou la révolution (la liberté de tous sous l’égide l’égalité).

Et donc que l’être ne soit pas, renvoie au je et à l’apparaître ; par quoi ce qui ‘est’ c’est le devenir, ce qui veut dire la possible. Et que la finalité du possible n’est évidemment de réaliser un « quelque chose », toujours quelconque, mais la finalité du possible est de réaliser le possible ; d’agrandir le possible (le réel est plus grand que lui-même).

On pourrait dire, pour les croyants (ici nous ne choisissons pas, sinon personnellement), que dieu est le plus des possibles ; raison pour laquelle il nous demande de devenir, vers le haut.

Le libéralisme américain n’est pas un système mais un laisser-faire inconséquent, qui dévore le monde et se dévore lui-même. Dans le libertarisme américain (et donc mondial) il n’y a pas de régulation intérieure. Le christianisme américain est un légalisme, sous une forme hyper communautaire ou alors en une généralisation avant tout morale de conformité, étouffante, engendrant d’énormes difformités, puisque le principe est la liberté, de chacun, selon son vouloir, conformité qui glisse conséquemment dans le pur libertarisme individualisé.

Qui sera du reste peut-être un très joli rêve, un rêve individualiste et naturaliste et idéal et peut-être sans péché, innocent, rêvant de son innocence, dont la substance même restera ce rêve ; les belles images individuelles et parfois grandes images de la communauté suscité par le héros, celles du cinéma américain, cette réconciliation messianique, au sens où le paradis devait se réaliser ici-bas, sur terre. Ce qui n’est pas christique du tout, qui ne se réalise qu’au-delà, ce qui signifie en esprit, en présence du divin qui est, lui, hors-champ, hors du donné.

Le cinéma est hors-la-loi, en bien et en mal. Clint est hors-la-loi, on ressent son rêve ou proportionnellement la fureur de son rêve, rendu au sol et irréel ; tout cela tourne en violence, ou se déplace sur la limite de la violence, même les gangsters de La horde sauvage n’obtiennent une rédemption que dans le plus brutal déchaînement. La loi, comme pour les juifs, la loi qui est extérieure, pousse au crime, par idéalisme ou par refus buté, par amour du monde sans doute ou de soi, mais dans tous les cas qui ne comprend pas que la vie a, par le christique, changé. Ça n’est plus la loi qui compte ; on ne peut plus vous juger, mais vous vous jugerez vous-même. Le cinéma émission du rêve, la série télé émission du cauchemar. Le fantastique quant à lui va incarner le mal, puisque tout est selon le monde, le donné, sorte de dualisme au final païen ou magique. Qui cherche à transformer l’esprit, auquel il faut se plier, en magie, que l’on serait en mesure de contrôler, par orgueil, amour propre, auto-justification, ténèbres. Toute conscience, tout rapport qui se croit des deux côtés, des deux termes à la fois s’égare.

Les anglo-saxons privilégient la liberté, chacun est libre originellement. Mais pas l’égalité. La liberté, toute seule, réclame une loi, qui sera tenue pour extérieure. Les Usa privilégient une Loi étatique limitée à la garantie des citoyens, mais non pas valant comme organisation ; la planification de la société est ou devrait s’imposer comme le contrepoint nécessaire au libéralisme ; le contre-pouvoir même, sans lequel l’entièreté du monde humain serait, et est de fait, privatisé. Et en découle une loi morale, une certaine « moralité », voire une démonstrativité, hypocrite en partie ; celle de la communauté des croyants, des fidèles, des villes dispersées dans tout le territoire américain, des églises, des sectes (à foison), et donc des morales personnelles, des « visions du monde », ce qui aboutit au communautarisme évidemment ; cette loi morale en tant que conformité. Ou une loi personnelle, qui ne fonde pas un monde (mais un Empire oui, qui ploie lorsqu’il ne peut plus s’étendre, plie sous son propre poids désordonné).

Originellement le christique ne relève pas de la Loi, et il n’est pas une morale. Il n’est pas une morale assignable. Ou plus précisément il s’ajoute à la loi, légale et morale. Et leur donne sens ; il rend justice non du fait mais de l’intention.

Les Américains s’assignent à la loi morale ; et donc passent, légèrement ou lourdement, en dessous de l’intention christique ; de sorte que leur christianisme finit par ressembler à un légalisme ; légalisme de type judaïque ou selon les prescriptions de toute société traditionnelle, communautaire, extrêmement diluée et tenant à tout le moins sur l’apparence (apparence de réussite ou de moralité). Puisqu’il n’existe pas d’auto régulation de la liberté (ce en quoi consiste l’égalité véritable) le risque est très fort de durcir la loi (légale ou morale) afin que chacun puisse s’appuyer sur ce légalisme pour maintenir sa liberté.

La France a conçu un tout autre projet (qui s’est appuyé évidemment sur les précédents anglais et américains ; là où l’indépendance du nouveau monde commence par « nous le peuple », cad une identité forte, la Déclaration est celle «  des droits de l’Homme et du Citoyen », une proclamation absolument universelle, qui sera copiée partout, hypocritement ou effectivement peu importe). L’égalité de liberté-égalité-fraternité est ainsi la régulation interne à la liberté et non pas une régulation externe comme la loi ; bien sur l’égalité se concrétisera dans des lois, mais ce qui se discute ici c’est la ressource interne de chacun qui puisse ordonner la liberté, pleine et entière et qui donc doit se composer elle-même, et non extérieurement, en tant que régulée. Égélité, cette prédisposition se présente de loin. Elle ne se crée pas de but en blanc et relève d’une culture.

L’égalité française est celle universelle ; elle consiste originellement à douter. C’est une anti-loi, ce qui veut dire que oui « il y aura la loi » mais comprise, passée au travers du doute ; qui signifie que chacun en sera convaincu (de par son doute même), et non pas recevra la loi de l’extérieur ; les américains restent rétifs aux lois qui empiéteraient, mais ne peuvent pas s’en passer et à la fois difficilement l’intégrer en eux-mêmes, ils garderont le réflexe de la liberté brute et pure.

Or la liberté « pure » c’est très bien (sans eux l’histoire ne l’aurait pas actualisée), mais existe-t-il une liberté « pure » ? La liberté n’est-elle pas justement la réflexion ? Et ainsi pas pure du tout, pas spontanée, mais réfléchie. La liberté pure aboutit et même s’initie par l’intérêt immédiat et donc plus loin à la non coordination des uns et des autres. À la rivalité et rien que.

La liberté-égalité puisqu’elle se présente comme principe (et non comme un état naturel) sait bien qu’elle ne se produit pas comme monde ; elle se concerne comme esprit, de chacun mais partagé et donc comme la plus grande impossibilité dans le monde. Et elle ne veut pas tant rendre réel comme un monde parfaitement réalisé sur sa propre base, que convaincre chacun d’entrer dans la dualité, le dialogue liberté/égalité, et possiblement fraternité ; les libertés ne sont pas jetées les unes face aux autres.

Posséder en plus de la liberté l’égalité, cad le doute et l’établissement de vérités passées au crible et partagées (dans le dialogue, la discussion, la confrontation, l’argumentation, l’exposition ne serait-ce) est bien différent d’une liberté idiosyncrasique, donnée telle quelle, en proie à ses décisions mais aussi à ses envies, et qui se fonde sur elle seule. La liberté toute seule a reconduit en Angleterre à la monarchie ; ce qui veut dire dans les faits à l’oligarchie, doublée d’un parlement et non à la notion de peuple souverain, de lieu symbolique de pouvoir vide et seulement formel (vide qui renvoie à chacun, le citoyen).

Évidemment il va sans dire que l’oligarchie, l’autoritarisme sans cesse reviennent. De même que les intérêts du monde ou les désirs, envies et autres bricoles. Mais c’est une chose de constater ces vagues d’immédiatetés continuelles et de leur ajouter l’universalisation. Et une autre d’en approuver la puissance exclusivement libertarienne comme principe, dont on ne justifiera la validité que d’une « innocence » présupposée. Le doute exclut que l’on soit innocent ; on se trompe toujours. Toujours.

Pareillement le doute (qui s’est emparé de la pensée anglo-saxonne) ne demeure une constante qu’au et sous le regard d’une liberté critique débridée, qui ne cessera de couper les cheveux en quatre, alors que le doute dont la liberté se sait rassemblée en l’esprit, aura pour but, pour finalité avérée d’assurer le je. Le je qui est hors-doute, puisqu’il est le sujet (sans lequel rien n’apparaît et sans lequel on ne fait pas société, mais juste un empilement, une accumulation, une étendue, un empire, anglais ou américain).

La liberté dotée de l’égalité est donc auto-régulée en esprit. De ceci qu’elle put développer le récit, de la littérature du moyen-âge au début du 20éme, la poétique en général ; puisqu’il faut, c’est impératif, que l’on sache ce que pense, ressent, désire, perçoit autrui si l’on entend recherche cet autre soi-même en tant que lui-même, et cohabiter intérieurement ; sans quoi l’autre n’est juste qu’alter. Or il se trouve donc que cet autrui, lui-même, lit … lit ou s’instruit dans le même sens. Il n’en passe pas d’abord par un « média », tel que cinéma Hollywoodienne ou la télévision, qui se déversent mais ne dialoguent pas intérieurement, mais par la pensée, la représentation, la reconstitution en soi-même de l’autre intention, vie vécue, sentiment, perception (et cela via tout autant les œuvres esthétiques qui amènent à percevoir la densité de la réalité, du monde, naturelle ou humaine dans son apparaître même, et non tant dans son comportement béhavioriste du cinéma « grand public », on excepte évidemment les œuvres véritablement créatrices qui se référent à un créateur en personne et à sa manifestation propre).

La liberté-seule requiert la loi, qu’elle déteste ou considère comme extérieure (puisqu’au fond il est dans sa structure même de ne rien reconnaître au-delà d’elle-même, raison pour laquelle l’égalité est un ajout intérieur et non pas extérieur) et privilégie cependant la loi « morale » made US (soit selon un naturalisme ; on naît libre ; soit théologique ; il nous a créé libre) et laquelle varie selon un laisser faire qui conduit aux plus addictifs effets (les usa sont les plus « délurés » qui soient, industriellement) ou une surveillance mentale et communautaire très puissante, sans qu’aucune règle universelle non pas soit appliquée parce que quand même la société doit fonctionner, mais sans qu’une telle règle soit reconnue ‘en conscience’ par chacun ; le doute étant exclu, la liberté immédiate et les effets jugés individuellement et non selon une universalité ; l’empire n’est pas la nation, l’empire est constamment en guerre, l’empire est auto-justificateur et s’étend et n’a affaire qu’au monde, non à l’esprit d’abord.

Le doute, qui introduit à l’égalité (le doute, Montaigne, pour donner un repère, ou le « croire pour comprendre et comprendre pour croire » des théologiens, qu’est-ce et où est le Graal ? la plongée dans l’incertitude de Don Quichotte) n’a pas pour finalité de douter, mais d’affermir les propositions (qui ne sont plus des idées égarées mais des argumentations) et depuis Descartes feront de plus référence à l’expérience existentielle et ontologique du sujet (seul un sujet peut lire Descartes, qui manifeste cette subjectivité dans sa cohérence en tant qu’elle contient la plus importante objectivité, les mathématiques par ex ; le sujet n’est nullement second par rapport à ses contenus, il n’y a de contenus que d’un et par un sujet , dont le sujet est autrement-plus-grand ; dieu crée les vérités, proposition extrêmement audacieuse).

Pour remonter encore plus loin ; la Loi juive ou ensuite musulmane, se bâtit sur le jugement, d’un fait, d’un péché ou d’une faute ou d’un égarement. Le christique est absolument différent ; il « juge » sur l’intention… et l’intention est beaucoup plus étendue que même la morale et a fortiori la Loi (dit autrement le Jour du jugement vous ne serez pas jugés, sinon par amour, cad pardonnés, sauf si vous-mêmes vous vous jugez … c’est votre propre intention qui vous révélera… et c’est assez conséquent… puisqu’il ne s’agit pas de se pardonner à soi-même, c’est plus difficile et éprouvant que cette simple intention abstraite). On en conclut que l’Empire (USA et Angleterre sont parvenus à ce statut d’empire, au 20éme et au 19éme, respectivement, puisque leur liberté leur ouvre les portes de l’espace, à conquérir, inversement la France œuvre selon le temps, puisqu’il faut le dire), l’Empire donc finit par se fondre dans le principe de la Loi et non pas de l’intention, et s’écarte (plus ou moins selon) du christique ; qui précisément non pas seulement crée l’individualité (ni homme ni femme, ni esclave ni libre, ni pauvre ni riche, ni juif ni païen, mais tous uns en christ) mais impose surtout l’égalité de tous au-devant. L’égalité est première (mais ne peut pas s’imposer sans la liberté de chacun), c’est ensuite que la liberté s’ajoute à l’égalité, en tant que l’on ne comprend l’autre que si il est un « autre » (cad est lui-même) que l’on ne comprend (comme autre) qu’en vertu de soi, comme un, et ça n’est pas du tout un être formel mais un corps, des désirs (seraient-ils faiblesses dans le christianisme. Comme existant soi-même en tant que je doute et me force à élaborer et ré-élaborer le moi réel.

Il est tout à fait stupéfiant de s’apercevoir que l’on comprend de moins en moins, si l’on veut, le christianisme. Si l’on repère les signes de la pop culture (cad de notre culture depuis les années soixante ; les années soixante, insistons ; elles ont créé, rendu possible les décennies suivantes ; de même que le post guerres mondial l’industrialisation ou la guerre froide le nucléaire) on se rend compte de l’impossibilité de comprendre ce que c’est que l’esprit, au sens chrétien.

L’esprit n’est pas la pensée, ça n’est pas, par exemple, la pensée hégélienne (dont on n’a jamais trop saisi s’il entendait exposer la pensée de dieu (la logique au sens hégélien) ou la pensée qui pense (la pensée sujet). Et l’esprit n’est pas la loi. Et l’esprit qui se fonde historiquement, que l’on y croit ou non, sur le christique désigne effectivement le Saint-Esprit ce qui veut dire la communauté, non des croyants, mais «en esprit ». On a défini cet esprit qui se nommait tel jadis, l’intention. L’esprit ne se divise pas en une myriade d’églises, de communautés diverses, de sectes, de croyances (ce qui est le cas aux États-Unis) soumises finalement aux interprétations de la liberté déliée ou délirée.

L’intention est ce par quoi vous vous jugerez vous-même, ou, pour les non-croyants, ce par quoi à tout le moins vous vous jugez ici et maintenant, dans l’énorme ici et maintenant qu’est votre vie. Il faut imaginer la boucle que de votre naissance à votre mort forme Votre Intention. La boucle de rétro-action positive ou négative, à vous de voir. Puisque vous seul Voyez. Il n’y a rien ni personne qui puisse perce-Voir à votre place (sinon le christ, qui vous par-donne, puisqu’il sait, ayant vécu, ayant éprouvé la dureté, la terreur et l’horreur).

C’est précisément celle-là que le christique initie, instancie d’un point, évidemment, hors du temps, hors du monde, hors du laps de temps naissance-mort. Puisque c’est l’intention que vous décidez, dans l’obscurité et la difficulté, ou la douleur, et qui vous porte. L’intention que tout intérêt selon le monde, immédiateté ou Empire veut vous retirer.

Reprenons : entre l’égalité (originelle et christique, tenue sous le regard du un-tout-seul, abandonné, forcément unique) et la liberté on situe l’éducation de soi par soi, selon le doute et ainsi l’argumentation et littéralement la pensée, non pas abstraite mais ici même examinant la réalité et la vie, autrui et le je, l’humain et la société ; de telle sorte que chacun, chacun, soit au fait, soit instauré en et par sa souveraineté personnelle qui ne se conçoit, ne se représente pas sans celle des autres, et dont la commune règle consiste justement en ce doute qui suspend l’affirmation mais se constitue lui-même comme partage. Il n’y en a pas d’autre. Le doute est cela même qui tout en n’étant pas un contenu, peut se propager dans le langage, les signes, l’attitude et le comportement. Son ampleur (qui touche donc toute intentionnalité) est radicale et assurée. Que le doute soit assuré n’est pas contradictoire, puisqu’il s’agit de passer d’une conscience spontanée (qui demeure dans la croyance de sa naturalité ou idéalité) à une conscience actualisée, mise à jour, pointue, au fait de « (ce) qui est là ». Je ou autrui, chose ou objet, affect ou désir. À quoi s’emploient les poétiques et les récits, et tout le domaine de la pensée (laquelle, française, ne tient pas en place ; elle part dans tous les sens du réel possible, et ne tient pas à quelque irréalité que ce soit ; c’est quand même par là que, chaque fois, l’historicité fut recommencée et qu’elle put effectivement avoir effets, effets innombrables).

Dit autrement le doute remplace les contenus, les certitudes par une structure de conscience()s. À la fois la-conscience formelle et chacune des consciences réelles. Et dans la société par la Constitution, qui ne juge pas de ce que vous faites de votre liberté, à condition qu’elle ne contrevienne pas aux autres. Il n’y a pas de contenu sauf ce non-contenu qu’est la liberté-égalité de chacun. C’est cela la substance. Aucune autre.

Le doute est la distance vis-à-vis du contenu ; il faut réfléchir pour atteindre son doute à soi, et énormément de littérature... et c’est ainsi le je qui se-sait, le je qui n’a pas de représentation, et qui se sait, se-sait, alors comme tel un « je » formel, et suppose autrui comme un tel je, et non un quelque chose ; la structure du je est l’expérience même, et celle du réel, en tant que ciblé, et par quoi on pourra hiérarchiser les degrés d’incertitude, la perception fausse, le rêve, la folie, le dieu trompeur, etc.

Par l’égalité qui vient réfléchir chacun du dedans de la liberté même, de chaque je, cette liberté se réalise, et non pas s’irréalise dans une intention 328 millions de fois décuplée et indéfiniment et seulement « libres ». Le territoire américain est gorgé d’irréalité, usine à rêves, les libertés n’ont pas de densité ontologique.

Il n’est pas de liberté naturelle ou de liberté légaliste seulement extérieure, ni de laisser-faire généralisé, ni de rivalité, mais l’esprit et l’esprit seul (on emploie « esprit » en un sens inhabituel, évidemment, le doute est un corps qui perçoit, qui par le doute délivre la perception, et évidemment les affects, annule qu’il y ait un contenu et rend au je son réel). Le sujet libre admet en lui-même sa régulation interne, l’égalité et ce qu’elle implique. Ou le doute. Mais alors ceci ne tient que lorsque le je ressent indubitablement sa certitude, ne s’effrayant pas du tout de son vide, puisqu’il saisit ce je qu’il existe formellement et sans contenu. Mais alors de tout où se tient-il ? De quelle sorte de règne qui n’est pas du monde, ni de la vie vécue ?

Le doute n’a pas pour but de douter, abstraitement (forcément abstraitement alors) mais de rompre tous les contenus, sauf cette structure qui fait défiler les contenus. Que ce soit notre être naturel (qui n’est pas), nos pensées, nos désirs ou nos sociétés. Rien de tout cela n’est immédiat.

On ne peut pas douter d’un rêve, du rêve individuel américain, on s’effondre ou s’effondre le monde. Mais le je, lui, est précisément ce qui surmonte le doute : puisqu’il s’aperçoit qu’il n’est pas du même ordre, n’existe en aucun contenu. Mais à quoi, dès lors, correspond ce non-contenu, cette Indétermination ayant aboli le rêve de soi ? Pourquoi le je n’est-il pas un soi ?

C’est toute l’élaboration, depuis Descartes, qui veut saisir ce qu’il en est de ce « soi », de « cela qui voit ». Qui est pris déjà dans et par la perception, et beaucoup plus étendu que la pensée ou l’intellect ou l’universalité définie. Hegel n’expose pas le savoir, mais les phénoménologies du savoir, et il en fait le tour (quelle que soit la cohérence de son système, parfait, perfectible ou hasardeux, en tous cas descriptif), mais il n’opère pas la conscience qui participe de quantité de perspectives (autres que le savoir universel philosophique, puisque l’arc de conscience crée le champ de tous les champs). C’est bien pour cela, ce je exogène, qu’il est l’expérimentation même, qui se déroule comme historicité et quantité d’explorations, explorations de son possible impossible à pré-voir ; il doit les éprouver et les éprouver à partir de son intégralité et intégrité ; de là qu’il soit l’éthique de l’éthique, antérieurement à toutes, élaborant les champs intentionnels de tous les niveaux, selon tous les degrés, le devenir méta-culturel qui se déroule selon ses diverses actualisations (lesquelles doivent être reprises et donc analysées et re-synthétiser à chaque station) ; il doit, ce rapport, s’actualiser afin de s’éprouver. Il doit ex-sister puisque le rapport est précisément cela qui devient, et, qui est pour nous, ici, seul réel (le reste ce sont des réalités, cad des effets, qui, dans notre historicité, renvoient et n’ont de sens que pour les je, l’œuvre existe par et pour des je).

En tout ceci, soit on considère qu’il est une immédiateté, divine ou naturelle et il suffit d’user de ce que l’on est. Soit on admet que nous n’existons que par et dans la médiateté, et qu’alors il ne faut fonctionner ni selon une morale ou une religiosité appliquée, mais selon la continuelle modification et de la liberté et de l’égalité. Ce qui veut dire non plus appliquer des contenus (seraient-ils des religions ou des données génétiques, qui du reste ne nous viennent qu’au travers de discours) mais ajouter à notre réalité propre.

C’est cette modification (de soi par sa conviction propre, ce qui veut dire de par son doute et sa certitude) d’une part et cette coordination (entre tous les je) que l’on nomme, de manière tout à fait générale, révolution.

Dit autrement ; n’importe quelle autre résolution (du « problème humain ») est toujours valable (du totalitarisme à la démocratie républicaine, de telle ou telle version, plus ou moins juste) mais la question est ; à quel degré de complexité, si l’on veut, on peut, doit atteindre ? En quelle mesure, donc, chacun, chaque un, est concerné ? Comment chacun s’organise-t-il en lui-même et vis-à-vis des autres ? Sous condition alors que tous et chacun doivent partager une même aperception (de soi, d’autrui, de la vie, de ce qui est, de dieu, etc).

Ou encore ; puisqu’il y va de notre survie (et pas seulement la nôtre, celle du vivant), le doute voudrait que l’on puisse remettre en question ce que nous admettons comme notre nature, notre identité, notre comportement. Et donc penser. Mais apparemment il nous est devenu impossible de relativiser notre image, notre idéal, notre envie, et on continuera de nous enfoncer dans la déchéance. On a vu que grosso modo, cela revient à confondre notre liberté et notre désir (le désir croit naturellement qu’il sera satisfait puisqu’il est, prétendument, selon le monde ; ce qui est faux, puisque tout en nous est construit, artificiel et pas du tout naturel).

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Le moi et le propitiatoire

25 Septembre 2021, 05:41am

Publié par pascal doyelle

Il paraît donc qu’il fallut décider. Que cette décision est à la fois déjà prise et encore indécidée. On sait très bien que parfois on se convertit ; vers dieu, pour la pensée, par le sujet, selon la révolution, soudainement illuminé par la poésie, pris de passion pour quelqu’un d’autre, et autres phénomènes étranges. Dit autrement : il arrive des choses. Non soupçonnables antérieurement et par lesquels événements c’est le possible qui se révèle antérieur à ce que l’on croyait être. Soit donc des devenirs infinis.

Puisque l’infini est la substance, cad le mouvement, de ce monde, de cette réalité et ainsi de cette vie. À voir comment et jusqu’où il est possible de comprendre l’infini, ou donc l’indétermination. Rappelons qu’il n’est que de la détermination. Mais que celle-ci est prise dans le non-visible ; l’acte d’exister (qui se donné pour nous comme présent) et l’arc de conscience, dont nous ne saisissons que les contenus (sans qu’aucun ne puisse remonter dans l’arc).

L’articulation décisive que ces extases provoquent modifie le déroulement de l’attention, non pas « seulement » de la conscience ou de l’intention, mais de l’attention. De la capacité de faire attention à ceci ou cela et en général ces grandes configurations passant via le menu poinçon de l’attention, parviennent durablement ou momentanément à bouleverser l’entièreté de ‘qui’ l’on est.

En quoi, par ailleurs, on éprouve la résistance de notre fidélité, comme dit Badiou (qui n’annonce pas que des choses compliquées et incertaines).

Ou selon Descartes, égaré en peine foret il faut avancer tout droit. La structure de l’attention se doit à elle-même (l’estime de soi, sous condition que l’on se donne du mal, sinon il s’agit juste d’une tautologie, égocentrée, il faut que l’on se donne des preuves).

C’est bel et bien du fait de son exiguïté que l’attention, l’activité de conscience, cad l’intentionnalisation, qu’elle peut se permettre de passer partout. Elle peut se nier dans un discours, qui prétend à l’objectivité ou plutôt à l’objectivité totale (ne laissant aucune autre possibilité que la réduction objective, l’objectivité oui, mais l’impérialisme de l’objectivité non, puisqu’elle ne fournit que des discours, vrais et réels, mais localisés et limités, hors de quoi il s’agit d’une idéologie qui ne peut plus revendiquer le titre de « science » qui ne se définit que par son objet, toujours précis et borné). Mais toute science relève de sujets, lesquels doivent à tout prix s’établir par un autre discours, cette fois idéologique mais au bon sens d’expression de la vision que l’on retient (de l’humain, de la société, de la morale, du vrai et du bien, ce que l’on voudra). Et cette mise en forme idéologique doit s’exprimer selon et par son argumentation et son architecture propre ; il est inutile et stupide de censurer la pensée (de quoi que ce soit) au nom d’une véridicité qui se voudrait scientiste (et non pas scientifique, puisque l’on se retrouve là dans la caricature d’une position forcée). Dénier la possibilité d’une argumentation sous prétexte de sa non scientificité, de son non empirisme, de son « illogisme », c’est la faillite de toute argumentation et organisation qui outrepasserait le dit scepticisme prétendu. Et ainsi rendre impossible à quiconque de s’ordonner lui-même autrement qu’en s’érigeant en censeur, n’instrumentalisant qu’une critique inadaptée ; inadaptée à la construction même de l’activité de synthèse et d’analyse de toute conscience existentielle qui, elle, a affaire au tout, à l’ensemble des activités humaines, à tous les registres de perception, à tous les affects et non aux conditions prérequises des laboratoires scientifiques (ce qui est juste) ou scientistes (ce qui illégitime et injuste).

Ce repli dans un criticisme ne permet pas de manifester, d’exprimer l’architecture de l’activité de conscience en tant qu’elle se révèle comme ceci ; détenant la décision conclusive, sans cesse ajournée (puisque prise dans le temps et existant en tant qu’actualisation, en tant que présent universel).

Ceci pour insister sur le fait majeur, et à vrai dire absolu, qu’en définitive tout vient à se décider en et par la conscience individuelle ; non pas qu’elle puisse occuper tout le terrain, c’est un fantasme irréaliste et lui-même idéomaniaque ; mais elle est conclusive. Ce qui veut dire qu’évidemment nous sommes multi-causés et informés par quantité de systèmes, mais le dernier mot, celui qui peut changer, en partie à tout le moins, le jeu des causalités, nous revient. Ce qui ne se peut que difficilement si on ne le sait pas ; cad si on n’a pas, préalablement à tout, posé, supposé la liberté et le sujet (avant Descartes il n’existe qu’un seul qui soit sujet, le christ, et une seule pensée, la pensée métaphysique et théologique, c’est à peu près la même ; Descartes, qui n’est pas le seul ni le dernier, qui n’invente pas le sujet mais qui l’exprime et rendra possible, de ce fait, une accélération des sujets). Exprimer, représenter le sujet c’est ouvrir la porte, la possibilité.

Il faut que le sujet, qui est un rapport, entre dans son propre champ et évidemment s’y introduise de telle ou telle manière et non pas n’importe comment, livré aux immédiatetés auquel cas la liberté ne servirait qu’à de faibles finalités (orientées par le poids du corps, ses envies immédiates qui engagent une réponse facile et effective). Et cette éducation s’installe depuis longtemps comme littérature, récits, poésie, lesquels ne sont plus ritualisés et donc reliés à la communauté mais dans le silence de la conscience, sa distance, et fondamentalement l’altérité du monde, du vécu, du corps ; mettant en jeu non seulement les éléments de disposition que l’on perçoit, lit, mais l’aperception de soi, la vue globale du corps affecté.

L’aperception est ce lieu qui retient ce qu’il voit, ressent, pense, imagine, désir et les résultats, les effets, les conséquences de ses actes et activités ; il voit ce que cela donne et ce qu’il donne lui-même et en retire et ce que cela cause dans le monde, parmi les autres, vis-à-vis d’autrui, des choses naturelles, des objets produits, des œuvres créées, au sens large (de l’éthique aux esthétiques en passant par l’idéel, la science, les théories, les systèmes).

La constatation des effets n’est nullement objective, ou alors partiellement, ou encore totalement objective au sens étendu ; à savoir que c’est tout entier que l’on reçoit et ressent les effets affectants.

C’est pour cela que toute l’historicité, effective, les événements et les faits, les systèmes économiques et les États, aboutit au moi-même ; une société humaine non universelle est particulière, aussi la révolution (et la forme moderne de l’État mais aussi de la Constitution, et de la société civile donc) hausse la réalité humaine à l’universel (de quoi tentera de se satisfaire le communisme dans et par les « besoins »), mais cet universel n’a de sens que si je, chacun, y trouve son compte, ce qui veut dire sa vie, sa vie en tant que vécue ; et le libéralisme parie sur le désir et non le besoin.

Ce qui veut dire que chacun aura en charge ou plus exactement aurait dû… aurait dû… se personnaliser, organiser son être, qui n’est pas naturel, qui est construit. Il y eut substitution, le je remplacé, comme par magie, par la version fantasmatique du moi ; qui n’est plus du tout le moi engoncé, c’est vrai, dans l’universel d’avant, si l’on peut dire. Le moi, engoncé, coincé, ne pouvait pas ne pas se rebeller (et il y eut quantité de ‘libération’, vraies ou fausses, mais pas de je.

Sans doute le moi doit-il croire en la spontanéité de son identité ; il est « lui-même » et ainsi se baser sur cette hypothétique d’évidence forcée (sinon il lui faudrait constamment penser à son existence). Il est clair que ce constructivisme s’oppose radicalement à la spontanéité entretenue par l’ensemble de l’idéologie (au sens large et à la fois péjoratif et non péjoratif) ; rappelons qu’entrent en concurrence la « gauche » qui veut perfectionner l’humain (par les besoins communistes et le collectif et puis par le désir ‘libérateur’ et donc le libéralisme…) et la « droite » qui considère que l’homme est déjà irrémédiablement qui il est, ses envies, ses désirs, ses objets, sa rivalité, sa hiérarchie (les anglo-saxons prédisposent que chacun est libre et en cette liberté originelle égal à tout autre, mais ensuite… c’est la loi du plus fort, et pas du tout d’égalité)

parce que si chacun des mois s’imaginait, se pensait comme élaboré il ne manquerait pas, en transformant son identité en je, en sujet, d’envisager un débouché sociétal, comme on sait, social, par revendications, politique, par décisions valant en elles-mêmes (selon l’ordre politique et non sous influence) existentiel (sortant les mois de leurs enfers), métaphysique (l’universel ne se suffit pas) ontologique en ce que les contenus du rapport de conscience, quels qu’ils soient, n’atteignent pas et ne satisfont pas le rapport lui-même.

Si le je se sépare de son être direct, spontané, supposé, il se construit, d’expérimentations, d’aventures, d’explorations, de créations en créations. Selon ses efforts. De toute manière « la vie » se chargera de remodeler son image de lui-même. Même lors qu’il réaliserait ses projets. Il existe une lutte interne entre l’idée de soi et la réalité de soi, l’une couvrant ou étouffant l’autre, selon. La structure de conscience est celle-là même qui revient non pas à un être immédiat mais synthétise l’historicité, tout comme elle avance dans le temps ; le moi demeurant déséquilibré entre un inconscient irrémédiable antérieur, coupé par le signifiant (en gros par le regard, l’intentionnel qui porte le signifiant, qui n’existe pas ‘en soi’) et une structure en-avant propitiatoire ; dieu, la pensée et l’universel, le sujet et la révolution et le réel et leur prédisposition de l’aperception de soi, du soi non-visible, alors que moi ne désire que cela ; se rendre dans la visibilité ; mais on ne peut pas à la fois se voir, et tant qu’à être vu, autant que ce soit de dieu, de la pensée (et de l’universel, y compris dans les domaines esthétiques, poétiques, éthiques, idéels, etc), du sujet et du réel, qui sont en-avant. Dans son entre-deux le moi est obligé de faire comme si ; comme si il était vu tel que se voyant (ce qui est le fantasme, en ce sens ou en sens inversé, dans les deux cas il est pris-dans, comme une image entre deux miroirs, jamais l’image ne rejoindra aucun des deux miroirs).

Le je est celui qui sait se confier, abandonner son être, pour son existence, qu’il ne saisit jamais mais dont « il est saisi » (par dieu ou la poésie ou la révolution, etc) ; il n’y voit goutte mais au moins il a cessé d’être (ou de croire qu’il est). Ça ne résout rien du tout, mais permet de créer des stratégies ou de s’approprier quelques-unes préexistantes (dont la philosophie ou la politique, etc).

Seules les élaborations de structure (dieu, la pensée, le sujet, le réel) avancent dans le temps et par le temps, le reste est miroitant et bien joli, mais se répète ; chacune des possibilités du je, du sujet furent acquises de par leur actualisation (au moment de leur émergence) ; la cessation, la dispersion, l’évanouissement dans les miroitements du monde immédiat de cette montagne ontologique élaborée c’est le déni. Que le je se perde dans les confins, cela fait beaucoup rire le moi ; qui ne voit pas du tout ce que quiconque de sensé peut « voir » dans cet état ésotérique du je ; or pourtant même que tout file et se désagrège dans la vie vécue du moi livré au monde et dont la finalité incline vers le corps, vers le bas, et non vers le haut ou le temps.

Le je sait tôt ou tard que le temps est précisément l’inverse de ce que l’on imagine ; le temps est l’actualisation brute, et non « le temps qui passe » laissant les choses et le moi inchangés, alors même que le moi et les choses se décomposent, le corps y compris. Et peut se remémorer les actualisations passées, les restructurer en lui-même ; l’actualisation est toujours déjà jamais ici même et maintenant ; c’est cela le sujet, la structure-sujet, le réel qui contient la réalité.

Comme le moi se dissout, il voudra constamment tout remplacer et faire comme si ça n’avait pas bougé. Et remplace, notamment, dans la roue des finalités naturelles ; imaginées ou idéologiquement empruntées, qui se recyclent continuellement dans toute la densité publicitaire, ce qui inclut les productions industrialisées de la personnalisation, par ex depuis le rock et le pop, il « convient » de se révolter…, c’est devenu un signe, de même l’épopée « nihiliste » se poursuit, et donc la certitude (on ne sait à partir de quelle argumentation, parce que le moi veut seulement par là justifier son laisser faire et continuer l’apparence du monde et sa vie apparente) la certitude que le réel, la réalité, la vie sont absurdes et vides de sens ou que la liberté n’est pas ou que le désir seul nous constitue de pied en cap, que chacun soit telle une somme de déterminations (définissables via tel ou tel discours « objectif », ,et que les discours découpent), de déterminations et d’images de ces déterminations, des images qui ne sont pas des pensées, mais l’apparence du corps. Et ainsi ne sont pas le corps lui-même ; on l’a dit déjà, ça n’est pour rien que l’initialisation de notre temps est le christique, qui dit ; « ceci est mon corps », sous-entendu, cela n’est pas le vôtre, vous avez un autre-corps, une surface autre du (même) corps. Rimbaud re-crée votre corps, lui-même ne sachant pas trop quoi faire du sien.

Dit autrement l’accès des mois au sujet est limité et expressément limité ; quantité de théories et d’idéologies et d’images anéantissent cet accès, niant qu’il existe un tel sujet. Que tout soit entièrement là, monde étouffant sans aucun en dehors dans le donné, vous livre aux discours extérieurs, qui ne naissent pas de n’importe où, mais dans d’autres consciences. Ce monde refermé implique, selon son idéal (parce que cette « objectivité » est un idéalisme ; Descartes n’est pas du tout idéaliste, qui ne définit pas « la pensée » par la notion, ni les mathématiques ; qui sont seulement des moyens ; Descartes invente la chose-en-soi, il n’est de chose que réelle, il n’est d’objet que construit, mentalement)

selon cet idéal donc cela veut dire que le désir du moi sera satisfait, idéalement (on est en plein rêve éveillé, l’évacuation du tragique ou du mal et donc de l’existentiel et de la liberté, mais également le remplacement même du « bonheur » ou de la sexualité, puisque ce sont les images du bonheur et les images du sexe que l’on consomme) et l’homme comblé et l’humanité réalisée, et bien sûr transhumanisé ; hypothétiquement et imaginairement en vérité, cad que l’on croira « avoir vécu » l’imaginé, de ressemblance aux images déjà perçues ; moyennant quelques aménagements, colossaux avec le communisme ou le fascisme, ou quelques adaptations avec le libéralisme et ce avec le consentement enthousiaste des consommateurs et puis des salariés… (c’est une foi qui ne dit pas son nom, on « devra » y croire), s’engageant dans une sorte d’auto-transformation, transhumanisme psychologique généralisé mais individualisé, immense déploiement mass-médiatique, et de là l’auto-conviction psychique et la torsion ou torture que tout moi subit, alors même qu’il en est l’agent essentiel ; la difficile conformité de l’image qui pénètre la rétine et donc le corps au je.

Le je qui n’en peut mais de cette identité ; lui qui n’en est pas une, et qui cependant n’est pas du tout l’universel, mais une unité spécifique et autre qui ne se rencontre nulle part ailleurs, qui est à elle-même son propre formalisme, qui donc du cœur de cette formalité doit se signifier comme dieu, pensée et universel, christique, sujet et singularité, révolution et triade de la liberté, égalité et fraternité, et finalement du je dans le moi.

Rien ne vaut sans la liberté, mais la liberté n’est cohérente que de reconnaître l’autre liberté (sinon elle perd de vue sa structure même, qu’elle envahit, remplit d’immédiatetés ou d’intérêts légitimes mais limités, et limités de par leur nature de déterminité même), et fraternité afin qu’il y ait un monde commun, ce qui veut dire que chacun non seulement reconnaisse autrui mais qu’il le connaisse comme centre de signes, qui crée et réclame et absorbe quantité de signes (cette historicité donc), par un récit culturel, civilisationnel complet ; soit donc que chacun se sache, se connaisse, se reconnaisse lui-même comme je et comme sujet. Tout tient dans l’aperception structurelle du sujet ; les mathématiques, les sciences, la littérature, la politique ou les sciences humaines n’existent que du fait fondamental, absolu de l’accès du je au réel donné là, et donc au réel donné « là », au « là » qu’est le réel.

L’actualisation.

Comme ce qui vient, ce qui est venu, ce qui doit venir dans le champ d’actualisation, qu’est le champ intentionnel, est « en personne », ce qui veut dire le contrôle par le je du champ du sujet, alors le je doit se délester du moi et comprendre que ce je est bien plus important ou comme disait St Augustin plus lui-même que lui-même (à propos de la volonté de dieu), et que son « identité » réelle n’est pas du tout ce moi construit (qu’il prend pour spontané et argent comptant et supposé content, heureux, satisfait, alors que seul un corps vivant peut se considérer repus mais non pas un arc de conscience), et que le sujet dessine seul des intérêts bien plus complexes et des finalités plus dégagées que la coercition qu’opère sur le moi les images du moi (dont la production s’avère au bout du compte celle industrielle et technologique et non plus du tout d’une spontanéité naturelle désirante, ce qui n’a pas grand sens ; personne n’a vu jamais un animal vivant mené un tel « désir » au train d’enfer et surhumain ou inhumain, c’est juste notre invention au centre du 20éme).

Lorsque l’on invoque le contrôle du moi par le je, il s’agit exactement de « la sorte de contrôle qui caractérise le je ». Et non d’une main mise…

Comment alors comprendre la saisie du je sur l’intentionnalisation (dont dépend le moi et qu’il laisse indifféremment, comme de sa « nature spontanée ») ? puisque cette saisie si elle passe via l’objectivité ne fonctionne pas ; raison de la présence du psychanalyste à côté du divan ou du psychologique qui vous intime l’ordre (pour caricaturer) de changer, de renforcer votre moi, de prendre des distances avec vous-même (ce qui peut aboutir, mais c’est néanmoins très étrange).

Ou de dieu, qui est-autre, mais structurellement puisque l’on ne « sait » pas ce qu’il njous veut (on n’a pas encore bien compris). Tandis que les images sont-comme un regard extérieur qui « voit » pour vous et qui vous voit. C’est bien là le piège.

Aussi les techniques qui n’adressent plus des contenus mais une activité (la philosophie, l’esthétique, la politique, etc) seront annulées, dépériront lorsque vous serez immergés dans un milieu et non plus dé-placés dans un horizon qui vous force à restructurer votre horizon ; évidemment l’esthétique ou la poétique (etc) formulent dans leur manifestation même qu’il existe un tel déplacement. De ceci qu’aucune œuvre n’est accessible immédiatement, sinon par malentendu, ce qui peut aider, comme chacun sait, et que doit être informée l’attention qui en est transmise (des signes de l’œuvre qui restructure l’attention et donc possiblement tout, de par ses approximations et ses certitudes). L’intentionnalité naît de la disposition des signes (ce qui veut dire que si évidemment le langage est fondamental, la signifiance ne s’y limite pas ; de même que pour chacun le nœud du langage rend possible d’autres signes qui s’empruntent alors des perceptions, du corps, des affects, du passé, etc. C’est en traversant le langage, et toute langue que le signe, la capacité de signifier, de créer des rapports, est transporté dans le réel, dans les réalités, dans le donné là ; c’est bien pour cela qu’il y eut un tel déploiement, durant 25 siècles et plus, s’adressant directement aux arcs de conscience ; la capacité d’inventer des langages, des plus objectifs (les mathématiques) aux plus subjectifs, qui de fait sont aussi efficaces que les premiers et même plus puisque s’adressant à, potentiellement, tous, comme la politique est structurelle, instituant chacun dans une Constitution ou l’œuvre toujours amenant sa prédisposition dans la vue de chacun.

Donc les aventures, les explorations, les inventions, les créations de toute structure-sujet sont réelles. C’est sur cette ligne, du Bord du monde et du Bord du corps, l’autre-surface qu’ordonnent les signes, cette ligne du Bout de la vie vécue, que l’on se tient en suspension, puisque notre être est un acte, soit donc une actualisation et que celle-ci est in/déterminée, à la fois déterminée, déjà, et jamais complétée, étant un rapport dont on ne connaît pas l’autre bout, que ce soit celui initial ou terminal ; un rapport du rapport n’est jamais un être.

Les réalités sont tirées du donné vers l’universalisation, ce qui veut dire « ce qui se tient dans la vue de la structure-sujet » : il n’y a aucun autre sens à l’universalisation que de se créer du sujet. Lequel est, on le rappelle, un rapport, un (soi) en tant que rapport (et donc le se-savoir de ce rapport est le seul et unique rapport, qui se tient selon dieu, du divin, de la « substance » en tant qu’acte, du présent, du réel brut, de la dimension). Le je est un rapport et donc instantanément plus universel que l’universel abstrait, tout comme les contenus sont des figurations de la configuration, des tactiques dans une plus grande stratégie.

De cette stratégie il n’est aucun contenu, mais des signes, que seuls les sujets, et donc pour nous les je, saisissent, sous la forme d’en être saisis. Ça ne naît pas du moi (ni de l’humanisation de telle ou telle époque) mais de l’actualisation, de « cela qui arrive » du vivant comme révélation, foi, extase, illumination esthétique, poétique, révolution.

 

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Première et deuxième existence de la liberté

18 Septembre 2021, 09:03am

Publié par pascal doyelle

La vérité est donc que chacun est appelé tel qu’en lui-même, et selon sa décision. Non pas une courte décision fébrile qui se prend dans le moment, mais la longue décision qui dure toute une vie durant, soit donc qui transforme cette vie vécue en Existence.

Et qui modifie son intentionnalité, depuis le judaïsme le sens, la signification de la communauté en « esprit », le déploiement des idées, intentionnalités déployables à propos du monde et de la vie humaine, depuis le christique la portée de l’intention de chacun, l’actualité du je depuis Descartes, son poids, la concrétisation de cette intention à partir de chacun par la révolution (qui fut mondialisée, partout, en tant que « moi », qui est devenu absolument crucial).

Et c’est ce qui arrive toujours constamment à chacun. Et immanquablement. Puisqu’il ne peut pas exister de conscience sans qu’elle se sache elle-même (selon le se-savoir et non selon la connaissance, c’est ce qu’introduit Descartes il y a longtemps), ni sans qu’elle sinon se définisse (puisque c’est un rapport et non un être) du moins et au minimum se délimite, ou dit autrement s’oriente (ou se désoriente). Il s’agit d’une tendance au cours de la vie, d’une tangente ontologique étant entendu que l’arc de conscience se situe sur le Bord du monde, du donné, de la vie, du corps, et que cet arc étire une telle tangente, tangente au cercle, le Bord du monde ou de la vie s’instanciant à partir, par et pour le présent (lequel est l’exister, le temps lui-même, l’instant unique qui déplie tout ce qui est, et donc dont l’être devient, l’être, le temps, la réalité sont fonctions de l’exister, du présent qui actualise (tout), du réel comme structure et non comme réalités).

Tangente ontologique qui décrit un arc à son tour, autour du temps, du présent, sur la durée ou par à-coups (mais préalablement médités, préparés, influés, insufflés par « notre insondable décision de nous-même », pour paraphraser Lacan « l’insondable décision d’être »), et arc qui tisse un trajet, global, de tracés, ponctuels, par tout cela le je configure son Exister pur mais aussi brut, son image inapparente, son empreinte existentielle, le sceau de son propre ontos réel (sous la forme de ; que voulez-vous ou donc à terme que vouliez-vous vraiment ?)

la finalité étant évidemment ; jusqu’où l’arc de votre conscience peut-il se tendre ? Jusqu’à quel degré de tissage, votre intellect ou vos actes ou activités ? Jusqu’à quelle gradation votre intention d’exister ?

Que chacun décide et que l’on ne connaît pas, ne comprend pas ce que l’on décide, veut dire que tout connaître est fonction (à nouveau) d’un décisionnel, lequel ne s’effectue pas selon la volonté (cette facilité théorique) mais selon l’intention, l’intentionnalité, la pluralité des champs que l’on met en œuvre en et par son existence.

Une autre manière est donc d’aborder via la propagation des champs ; pour obtenir, en sa propre vie, vécue, un champ intentionnel certains sont plus ou moins reçus, mais même alors ils requièrent une activité (puisque notre être est dynamique et jamais statique), mais certains devront, par chacun, s’inventer, se créer, créer leur propre possibilité. Et d’autres encore seront reçus de l’extérieur ; les machineries publicitaires (y compris les arts et évidemment les industries) produisent de tels champs. Imposent une extension de quantité de champs. Toute la surface de notre contemporaine société qui a étalé son propre monde (qui depuis 60 ans, au moins, n’a plus rien de commun avec tous les précédents, oubliant son propre patrimoine, son historicité, par ex le moi ne sait plus du tout l’universel, il imagine, puisque son registre n’est pas l’intellect ni même le général, mais l’imaginaire et l’image, spécialement sa propre image, l’image étant une détérioration de l’imaginaire, mais l’imaginaire de son coté ayant été maximisé ; le cinéma est envahi par le fantastico-science-fictionnesque, mais de même que l’éros, ou le sexe, est, devenu, une imagination).

L’imaginaire paraît sans limite mais il use des cordes du monde, des apparences, de la multiplicité sans cesse recyclée, pleine de couleurs et de sons, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que des nuages de perceptions rêvées, fantasmées. C’est en vérité la substance même du je qui investit et nourrit l’imaginaire ; il croit que l’image est plus que le regard. Que l’objet est en lui-même désirable, qu’il est le désir même. Chacun sait que la massivité de l’objet est rêvée, que la satisfaction est prospectivement récupérée à partir de l’hypothétique massivité du corps, qui se transfigure en ceci ou cela ou en autrui (de manière immédiate ou médiate, à peu près respectueuse ou plus ou moins perverse par ex).Le bonheur selon le monde est très bien mais ne mène pas du tout au je, au sujet, à la délimitation du monde, du vécu ou du corps ; qui se situe, comme dit, au Bord.

Et qui requiert l’architecture de conscience, cette structure, qui se supportait de dieu, de la pensée, du sujet, de l’universel de révolution (liberté-égalité-fraternité).

Dit autrement : donc l'arc de conscience est plus grand que tous ses contenus. Il n'y a aucun contenu pour manifester le rapport. Mais comme c'est un rapport, il se manifeste au sens de se signifier (indiquer vers) et donc peut se penser, dans la formulation du se-savoir (et non pas se connaître d'abord, la connaissance n'est pas biffée, mais vient du se-savoir, comme le cogito). Ainsi il est requis que le rapport se déplie, en tant que rapport (et non comme tel ou tel ceci) et réclame son propre vocabulaire. Et s’il se signifie, cela veut dire qu'il ne tient pas dans tel énoncé, mais dans le retentissement que tel signe obtient en et par un sujet, un je. Un je seul Voit ce qui est Signifié.

Il faut reconduire en soi-même l'instruction, sinon ça n'apparaît pas, le champ ne se crée pas.

Et donc n’apparaît que dans un dispositif. Qui a un nom. Platon, Descartes, Sartre, qui l’on veut. Rimbaud fait apparaître tout un champ, qui a pour nom Rimbaud. Sans cet enjeu, sans tel ou tel système de mises et d’enjeux, qui pèsent de leurs propres poids et sont disposés sur la table, sur la scène, la scène qu’est le champ intentionnel nommé un-tel, et l’art qui en cadre la mise en scène de cette scène, ça n’apparaît pas et ne se maintient pas ; les dissoudre dans une connaissance ‘objective’ les annule. Et même de « petits noms », et, toujours, pour tout le monde, chacun, tel autrui, tel autre je, le tomber amoureux du moi, qui ne manque jamais. Et c’est évidemment particulièrement invraisemblable, d’outre proportion, le tomber amoureux structurellement dépasse notre être, par quoi il voit, de visu, qu’il est, existe hors de lui-même ; d’un point absolument impossible à atteindre, après lequel on court. On sait, ainsi, « ce que cela fait », que l’arc de conscience, c’est un acte à partir d’un Bord. L’écho d’affect extrême et extrêmement spécifique d’un point-autre, puisque notre être est un rapport et né d’ailleurs, de l’autre Bout, et sur le Bord du monde, du donné, du vécu et du corps.

Si l’arc de conscience crée un champ, que celui-ci est étendu à tout le donné (qui n’apparaît qu’au-dedans d’un tel champ, reprenant les perceptions du vivant, redisposé sur ces perceptions et sur l’énergie du corps vivant, la fameuse ‘libido’ par ex, mais plus largement l’électricité du vivant), alors il s’agit de commanditer, de loin, de très loin, du plus loin possible, la mise en forme de ces percepts, d’une part, première liberté, préorganiser l’organisé, subtilement et antérieurement et dans la retenue, et d’autre part décider ensuite d’une orientation globale, mais compte-tenu que cette décision est déjà prise, qu’elle constitue la structure réflexe du je, qu’il fut, pour lui-même, soudainement ou invisiblement presque, son image et idée, sa représentation telle que ressentie, la réaction de ce je lancé dans l’existence, son aperception toujours flottante de ce qui arrive. Cela même que dieu, la pensée, le christique, le sujet (cartésien, kantien, sartrien, etc) voudraient rendre passionnel, installé dans le corps vivant, en l’attirant par le haut, le Bord.

Le moi-même essaie péniblement de mettre en place  au cours du 20éme, que chacun soit immédiatement et imaginairement concerné par l’humanisation et la personnalisation ; notamment en se représentant à foison via les mass médiatisations (roman, cinéma, télévision, internet, entre autres) qui devaient, auraient dû, sont devenus effectivement des mass médiatisation, médiatisant le rapport à « soi », préorganisant de fait le champ intentionnel tout autant.

Préorganisation du champ de la perception même, et organisation de l’aperception globale de la logique, du principe, de la règle en un mot, qui devrait prédominer en nous et pour nous. Ni l’une ni l’autre ne se prévalent d’une décision de but en blanc, stricte, roide, figée, schématique, mais la préorganisation (première liberté) et l’aperception de soi (deuxième liberté) admettent la souplesse du vivant d’une part et la volubilité de la conscience d’autre part (la possibilité du signifiant en somme, l’erreur, l’égarement, le péché autrefois consistant à l’oublier et de se croire fixé, jugé, gelé, identifié).

Compte-tenu que quelque part, en un instant, jadis, autrefois, ce je s’est déjà-toujours-jamais décidé.

Alors même que l’on croit tenir la cause alors que c’est seulement tel ou tel effet. La cause n’est pas dicible, parce qu’elle n’est pas de l’ordre du déterminé. Le rapport à (soi) n’est jamais un rapport à un soi quelconque et cette insatisfaction est sa marque ; elle n’est reproductible que d’un je à l’autre. Puisque de toute manière et au bout du compte, de chaque compte, tout je est le seul à décider. Ainsi, par exemple, la philosophie déroule tous ses systèmes, et vous seuls êtes juges. Le critère de la décionnabilité, pour ainsi dire, c’est ce que paramètre la philosophie ; non pas fournir un contenu mais manifester l’activité intentionnelle, la qualité, la qualification de l’attention, littéralement ; de « ce à quoi on fait attention ».

Si je ne crois pas que Descartes ou Nietzsche ont vu, Vu, quelque réel, tout dispositif s’effondre. Mais cela veut dire que tous les contenus sont approximatifs (voire faux, évidemment). Sans cette croyance il ne reste que des réalités, sous la forme d’objectivités ou de subjectivités (qui sont réduites à des déterminations psychiques, etc, et non à des je, déterminations qui de toute façon sont prononcés par d’autres consciences, qui, elles non plus, ne perçoivent pas directement la réalité ou le réel, elles établissent des discours qui, ensuite, se reportent à la réalité supposée ; ce qui ne veut pas dire que ces discours, de seconde main si l’on veut, soient faux mais à tout le moins ne décrivent pas toute la réalité, mais seulement une partie, aussi exacte cette partie décrite soit-elle ; les mathématiques sont vraies, a priori, mais sont-elles le tout de la réalité ? Elles peuvent très bien n’être qu’un moyen, entre autres, pour la réalité, d’exister).

C’est uniquement si je crois en Descartes ou Nietzsche que je me lis, m’offre une lecture suffisante qui permet de percevoir (ce que l’un et l’autre montrent, montrent du doigt). Puisqu’ils se situent, littéralement, sur le sol du monde donné réel, et ont vu quelque chose ou quelque réel qui n’existent que « là ». sur le sol même du réel. C’est bien ce qui rend possible ou intéressant de les relire, de les relier, à nouveau, à ce qu’ils ont perçu et que je dois moi-même percevoir, dans le même monde, le même donné, le même réel. Et bien sur dans la même structure de conscience (puisque peu importe les contenus il n’existe qu’un seul arc de conscience, bien que chaque fois ce soit un je, par quoi on s’introduit de fait à la bizarrerie, l’étrangeté, le mystère ou l’énigme, comme on veut de cette structure et du réel comme structure ; par ex tout existe au présent, en son point, et même si il faut du temps, parce que de l’espace pour rejoindre Alpha du Centaure, il s’agit de la même trame ; les points s’instancient en et par eux-mêmes).

Ce qu’il faut cibler, vouloir c’est l’adéquation au plus prés possible de notre situé. Notre situé c’est le point par lequel on saisit l’horizon, ou donc par lequel on est saisit de l’horizon ; puisque nous sommes un rapport et que l’un des bouts manque, il est « là-bas » et ne peut se désigner que d’un sujet pour un sujet ; le sujet étant une forme-structure hyper, cad méta-objective.

C’est pour cela qu’il faut lire, lire les signes (quels qu’ils soient). Ça n’arrive que là. Lorsque votre conscience, ou donc votre attention, se calque sur le point autre. Et cela dessine un dispositif.

Du reste notre être est fait de signes, de signifiants qui produisent des champs.

Les mots, le texte, et son propre contexte (y compris la réinterprétation de l’historicité de la poésie, ou de l’historicité effective) ne sont pas des mots, mais des dispositions du corps, du vécu, du donné, du monde à partir du point Rimbaud (ou qui vous voulez, et bien sur il existe quand même une gradation sur le degré de disposition et l’étendue d’acquisition qu’offre tel dispositif plutôt que tel autre, sa capacité d’extension à toute la perception, triée, organisée, pensée ou re-créée). Disposition donc qui ramène soudainement et le plus exactement possible tout le déroulement du temps ; puisque si le présent est l’acte même, il est l’acte de tout.

Il lui convient de rassembler dans sa structure tous les rapports suffisamment retors qui purent s‘actualiser, en nous, cette espèce dite humaine, étant entendu que l’on ne peut pas prévoir ou imaginer une création structurelle ; avant le dieu un tout-autre, la pensée universelle, le christique et le sujet, la révolution et la concrétisation nous n’en avions aucune « idée », pour la raison que ce ne sont pas des idées mais des positions, des positions de structure à la surface du réel, sur la surface qu’est le réel.

Et positions qui prennent en compte le monde et le Bord (dieu crée le monde et se situe au-dehors), le donné et l’universel (donné qui autrefois appartenait à tel et tel groupe dans un contenu particulier, ou un sacré spécial et limité, est soudainement pris dans un réseau intentionnel qu’il faut créer comme tel, n’existant en aucun groupe), le vécu (et sa survivance, ce qui veut dire perçu d’un point-autre, au-dehors, au-delà de la naissance-mort, d’un regard, christique, divin, ce qui veut dire séparé, contrairement au sacré, qui occupe une partie de l’espace et du temps du même monde) et le corps, concluant individuellement que la structure naît et se déploie à partir du corps-qui-perçoit (désire, imagine, s’affecte, etc, doute, se-sait, développe son intentionnalisation propre).

L’actualisation du je veut dire d’abord que ça n’est plus le groupe humain qui pense, qui compute, mais que cela revient au sujet (le prophète juif, le philosophe, le christ, le sujet, la science, le citoyen, le moi).

Que lui seul a accès au donné là, même lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre des pratiques complexes (comme les techniques de science qui découpent via une instrumentalisation des plages de réalité ou plus exactement des mises en forme de perceptions sélectionnées). Aussi est-il crucial que ce champ phénoménal soit cerné (Kant), et de plus, par ailleurs, que l’on puisse tourner le champ idéel (Hegel). De même il se doit de penser cette historicité puisque la structure ne répétant pas un ordre, un cosmos ou un monde, s’ajoute à elle-même ; le dispositif mis en place ici et là se rassemble au fur et à mesure, entre à partir du se-savoir dans la connaissance de soi en tant que structure.

Sitôt qu’il sait le rapport, il ne peut plus le quitter, tant qu’est maintenue l’historicité ; la foi, la conversion, la connaissance, la conscience de soi, le réel.

Le réel donc. Prédisposition du « là » comme absolument autre. Ou de sorte que le rapport ne se connaît pas, ne se représente pas, ne s’image pas, mais naît de l’autre Bout du rapport. Et il devient difficile sinon impossible et même absurde de croire que le « là » du monde serait simplement, si l’on peut dire, de la matérialité (ou de l’énergie refroidie, l’énergie « infinie » se dégradant en matière finie).

La matière, finie, invente (ou est créée) en tant qu’elle est dans le fini la conscience de (soi) ; dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non une identité. La forme pure mais aussi brute est ainsi introduite dans le monde ; dans ce qui apparemment est juste une étendue de déterminations, de réalités, de choses, d’êtres déterminés, mais le rapport lui ne l’est pas, déterminé.

On ne peut pas dériver le rapport (la conscience) d’autre chose (ou alors on ignore comment, on n’en a obtenu que cette forme-ci, dieu ou la structure-sujet ou la grande structure absolue de l’actualisation, de tout, existent peut-être ailleurs, en parallèle, et en son rythme inconnu, le structurel n’étant pas expérimentable mais éprouvé ; la « conscience » est notre horizon qui ne peut pas être réduit. Ce que l’on peut dire c’est : cette structure de conscience est celle d’un être qui est à lui-même ce rapport ; rien ne peut s’y substituer (à moins de détruire le dit rapport, les idées, les images, les signes et donc les langages, ne sont que produits par un rapport de tous ces rapports (ce ne sont que des rapports). Et « conscience » est cela seul que l’on repère d’un être qui n’est pas son être et qui est ce qu’il a. Et cet avoir se reporte lui-même à et en une actualité ; l’horizon du monde (ou du corps ou du vécu ou de l’historicité de tel ou tel moment). On a reconnu que l’horizon absolu du monde est le présent ; le monde, la réalité a un bord et ce bord n’est pas dans le monde, ni l’espace ni le temps, mais en tant que présent. Le présent est l’actualité. Pure et brute.

Il faut peut-être imaginer, imager que l’actualité est la vraie seule dimension. Le reste ce sont des fonctions. Et ce qui s’actualise c’est le possible. Ce qui signifie que le possible est ce qui arrive au possible ; soit donc le réel ne peut jamais cesser puisque son aventure est le possible brut qui se travaille, lui, en tant que Possibilité (de tout).

L’actualisation du je naît forcément (sinon on ne serait pas la conscience que l’on est, de fait) mais l’actualisation étant d’un rapport ne se peut pas sans qu’il le veuille. Tout dépendra alors de la nature de la décision de ce « vouloir », et il vaut mieux dire de son intentionnalisation (ce que l’on nomme depuis un siècle ou plus « volonté » est autrement et mieux dit comme intentionnalité, par Husserl, depuis Hegel et antérieur, spécifiquement Descartes ; l’intentionnalisation s’étend comme tension le long de l’existence, et se déploie de la perception à la pensée universelle et au un philosophique, théologique ou mystique ou structurel, en passant par l’affect et l’imagination, bref tout, puisque tout se produit par et dans des champs intentionnels ; nous ne sommes naturels que de reprendre cette naturalité, ce vivant dans un tel champ, lui-même étant par structure formelle il est perméable à tout ce qui se présente qui puisse se signifier).

Aussi peut-on dire que la décision, étant non selon la volonté (de décision consciente par la pensée ou la raison ou une moralité aussi souhaitable ou détestable soit-elle, peu importe) mais selon l’intention est forcément une décision intentionnelle existentielle. Ce que Nietzsche imposait comme auto-affirmation (imaginairement mais non sans raison profonde), ou ce que Sartre recherchait et analysait partout où cela était possible (Flaubert ou la révolution ou la littérature ou le regard des autres, etc), ce que Lacan nommait, donc, l’insondable décision d’être (névrosé ou psychotique ou obsessionnel ou pervers, ou d’autres variations du moi qui, en tant que corps vivant, ne supporte pas mais ne comprend même pas qu’il soit divisé par le signifiant, cad l’autre-conscience, la conscience Autre, et par laquelle division on est attaché, lié, prisonnier du réel, au sens où « me réveillant d’un rêve ou d’un cauchemar, je me réveille et c’est là que je m’endors », ayant entraperçu le réel-en-moi, l’angoissant absolu).

On a toujours/déjà/jamais pris la décision de l’intention que l’on existe, ce qui veut dire qu’elle peut toujours/jamais/déjà se reprendre ; raison pour laquelle le christique qui initie cette infinie possibilité renvoie au pardon ; on juge un fait (le péché) selon la Loi (juive), mais on pardonne selon l’intention, sur quoi nous porte le christique ; que voulez-vous vraiment ? Non pas d’y répondre mais de se le demander, à soi-même, créant cet interstice, le Bout de l’existence au Bord du monde, nous existons toujours au plus extrême parce que l’arc de conscience est fait pour et par cet extrémisme. Nous risquons toujours de tomber, sans que jamais cela n’arrive, sauf à se croire fixé, figé, identifié, chosifié, réifié, gelé, condamné, jugé (de sorte que le christique ne nous juge pas, nous nous jugeons nous-même et on comprend bien que l’on ne peut pas s’auto-pardonner sans coordonner l’intention de se reprendre, de réorienter, de rediriger son existence. Mais il faut continuer de croire à cette Possibilité formelle d’échapper au fait et à la condamnation (cad au péché ni plus ni moins, de passer outre, on est entré par le christique dans autre chose autrement) et alors d’admettre parallèlement que l’on s’est égaré, a perdu son temps, manqué de lucidité ou de clarté (Descartes, qui commence d’examiner au plus près l’attention que l’on porte-à, et non la notion ou l’idée abstraite enveloppée dans un discours d’auto-cohérence, et qui voit aussi que l’on reçoit beaucoup, du donné, du vécu, du corps et de notre esprit lui-même qui se perçoit et ressent vis-à-vis de lui-même, avec passion, puisque notre être est un rapport, dégagé, et non pas un être qui s’opposerait frontalement à l’autre être, la nature, la passion, l’immédiateté ; l’esprit est poreux, c’est sa nature même et non une identité ‘notionnelle’ forteresse, qui ne s’envisage qu’en terme objectif, clos et restreint ; la performance du cartésianisme consiste précisément à biffer ces notions et montrer le sujet-esprit-vivant et agissant, aussi bien activement que passivement, sa passivité instanciant une effective capacité)

et reconnaître sa faiblesse, ce qui veut dire la possibilité a contrario de perfectibilité (s’il le sait, s’il se-sait, le rapport, que l’on existe, ne se défait pas face à l’altérité, il cherche à l’absorber, le digérer, l’intégrer dans une stratégie, lorsque les diverses tactiques tentent de colmater, plus ou moins à perte, mais utilement parfois) ; étant un rapport on ne peut pas le supprimer, cesser de l’exister, mais alors le considérer comme étant notre être réel, il faut déplier toute l’étendue de la structure et c’est cette extension effective et efficace (au sens y compris de la grâce, comment avoir envie d’avoir envie, comme dit l’autre, la grâce étant que le divin a l’initiative, la pensée, grecque, nous vient, on ne sait comment) augmentation de l’attention que l’on recherche.

Un système philosophique n’est après tout que la capacité d’auto-déploiement de l’attention, son éducation, son instruction, son information, et comme c’est une structure que cette attention, elle s’installe immédiatement à partir de son extrême, l’autre bout du rapport, qui contient en lui-même son acte formel (et sans doute l’acte formel lui-même ou une version de cette dimension, que l’on ne peut pas imaginer) ; dieu, l’être, le un, le sujet, le réel. De même les esthétiques, éthiques, politiques, idéels et évidemment comme on l’a vu l’humanisation de la révolution universelle et ensuite la personnalisation intensifiée, et accélérée (au cours des années soixante).

La différence entre des théories ou des représentations qui prennent les effets pour des causes et les pensées qui veulent délimiter la cause (et donc permettront généralement d’apercevoir encore plus d’effets) tient à ce que les secondes se saisissent ou sont saisis à partir du sol ou le plus près possible du sol, du sol du réel (au plus proche de l’intention-dieu, du corps-christique, du sujet-ici même cartésien, de la société humaine révolutionnée, du moi et de son vécu, ou de la perception esthétique ; les éléments, les matériaux se dévoilent à partir du sol même, de la perception, de l’acte de conscience, de la densité du réel, le plus fameux restant l’idée de l’être, le « là », revu par ex selon Sartre, comme ensoi).

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Cette histoire de l'être

11 Septembre 2021, 07:41am

Publié par pascal doyelle

Qu’en est-il de cette histoire de l’être ?

La philosophie paraît débordée ; comment penser un tel univers dont on suppose, peut-être, qu’il est infini, et même qu’ici et là il existe dans un grand vide (on ne sait pas) des tas d’univers éventuellement tous infinis ? En conséquence il devint tout à fait impossible de penser la réalité métaphysiquement ; impossible d’intégrer non pas tant une question comme « pourquoi quelque chose plutôt que rien ? » mais de caractériser, catégoriser les choses elles-mêmes (en séries donc, régulées par des idées, alors que l’on ne comprend pas trop ce que sont les particules, l’explosion initiale, l’éventuelle dispersion dans un espace-temps éparpillé par l’expansion, etc).

Remarquons donc que ça ne change pas fondamentalement la question de pourquoi l’être, mais puisque celui-ci n’est plus pensable (personne ne croit que « la pensée » existe comme substance de cette immensité) depuis Descartes Spinoza et Leibniz ont tenté de convertir l’étendue en principes distinguables.

Mais on a vu que depuis longtemps la philosophie est passée à un autre niveau, à savoir qu’il ne s’agit pas tant de penser tout ce qui est, que d’introduire dans la pensée ce sujet, que l’on juge, a priori, comme la limite la plus extrême, à tort ou à raison mais en tous cas relativement à notre expérience (on ne sait ce qu’il en est ailleurs, si il existe d’autres types d’existants, d’une autre nature). La compréhension de ce sujet, depuis Descartes, d’une part incline à analyser les distorsions que notre réalité même opère sur toutes nos activités (analyser le langage par ex, l’inconscient, la sociologie humaine, etc) et d’autre part creuser la différence ; entre nous et tout le reste ; en quoi nous distinguons-nous ?

Tandis que la théorie des réalités (psychologies, analytique du langage, sociologie, économismes, biologie et sciences dures) nivelle, forcément et par destination (ça n’est pas une critique) l’humain et le naturel, le donné, nivelle (ontologiquement) mais produit quantité de distinctions tout à fait passionnantes (relatives à chacune leur objet),

à l’inverse la philosophie pare quand même aux plus extrêmes ; on ne dira pas que Descartes, Kant ou Nietzsche ou Heidegger, Sartre ou Lacan nous facilitent la tâche. Puisque dans tous les cas il faut à toute force distinguer ce qui nous sépare de la réalité, de la vie, du monde. Propulser dans le champ de l’analyse notre être lui-même.

Aussi est-on poussé à s’aventurer sur cette ligne de séparation ; si nous appartenions au monde, nous serions « du monde », des morceaux de monde, coagulés, (et pas en mesure de détruire toute la planète, entre autre, remplaçant tout milieu délimité de capacités par l’horizon, de toutes réalités, effectives ou potentielles). Que nous puissions outrepasser les limitations (naturelles, la dépendance à tel ou tel milieu, ou la capacité de modifier la base de ressources, la nature même de l’énergie qui nourrit notre activité, et ce jusqu’à l’épuisement de chacune, ou plus généralement qu’il nous soit possible de créer des mondes culturels différents et même des civilisations modulables en elles-mêmes ou en devenir). Bref l’écart se creuse à mesure que l’on a compris que nous ne recevons pas des Contenus (sacrés) configurant le monde et participant au monde, mais que nous produisons ces contenus, qui dès lors se sont mis à proliférer. Et lorsque chacun comprend qu’il produit sa vie vécue, bien certainement il s’est inventé quantité de vécus différents, depuis les années soixante.

Et ce en vertu de cet écart, de cette séparation, qui au fur et à mesure, se connaissant comme créatrice, a pu développer non plus seulement telle représentation ou opérativité mais toutes les opérativités possibles (de la technique aux idées diverses et variées, cad à des processus organisationnels).

Les dernières philosophies ont pour but de définir ou d’approcher la dite séparation ; les allemands idéalistes ont tenté de penser la division comme fini/infini ; Descartes l’entendait autrement, en préservant l’infini de tout rapport au fini et en constatant simplement cet être fini, ici et maintenant, concevait sans le comprendre l’infini. Il apparaît que maintenir cette approximation selon la contradiction du fini et de l’infini c’est seulement utiliser une catégorisation selon la raison, l’universel et non pas avancer dans le creuset lui-même ; et qu’il fallut inventer, cad Créer, une nouvelle distinction ayant de moins en moins, au fil de la succession des analyses, de rapport avec l’universalité. Et donc d’avancer dans la singularité.

Le problème étant qu’une fois posée, la singularité se retrouve partout. La loi de la réalité comme du réel est la singularité ce qui paraît jeté là, au hasard, les choses et les êtres, puisque plus aucune idée, cad essence (de la chose) en tant que pensée, ne peut plus rassembler la diversité. Sinon dans des plans ou des historicités spéciale (l’atome d’hydrogène par ex, sa naissance, sa vie, sa mort). L’idée de l’être, ou du bien ou du un ou de dieu (comme Gros Étant, celui de la théologie, sinon que St-Thomas précise bien qu’il est l’exister même, qui nous est inaccessible, et il s’en voudra à la fin de n’avoir pas précisé et insisté), ces idées d’unité ne sont pas ou plus admissibles ; on pourra remplacer dieu par la Volonté ou l’Être, qui semblent capables de rendre compte de la multiplicité, mais en vérité dans ce cas on ne comprend plus rien (si l’idée de l’être était tout aussi obscure, au moins les variations permettaient de réunir des faisceaux ou la totalité de faisceaux intentionnels, les idées, en un système).

Il ne faut cependant pas se tromper ; le discours métaphysique rationnel ou universel, grecque ou théologique, ne réifie pas la chose en ‘objet’ ; l’idée, la position d’objet n’est pas celle qui suivra Descartes et son sujet ; l’idée, originellement, est vivante et le logos même, la vie du monde comme cosmos, et non comme monde donné là, tel une étendue par ex. Et pour que logos soit vivant il ne faut pas qu’existe un sujet, qui lorsqu’il paraît ramène à lui toute la « vie », le sens, la signification, l’unité. La liberté qui est son propre rapport récupère toute la vie et l’énergie. Qu’on le veuille ou non. Parce qu’il est toujours possible de tricher, de jouer comme Kant entre un nouménal dont le je est émergé, on ne sait comment ; le nouménal semble coaguler la solidité, la consistance, la « masse sans masse » de l’être, et à l’opposé la phénoménalité sa volatilité.

Donc résumons ; on utilise l’être comme principe général (ou le bien, le premier moteur, le un, dieu théologiquement pensé, la substance, l’esprit hégélien, le nouménal, la super-volonté, l’Estre, ou quoi que ce soit) principe qui permet non de penser « l’être » mais d’organiser ce qui le précède. Et cette idée de l’être ne demeure, stable, que si on s’en fascine ; on focalise sur « la pensée explique tout et donc la pensée est (ou le un la super volonté, etc) ». c’est le phare dans la nuit qui éclaire, et quant à l’être même, on ne sait pas (puisque l’on ne peut pas le réduire dans un autre-horizon qui prendrait, encerclerait cette idée). De là que Lacan s’aperçoit que c’est un fétiche si l’on veut (une honte-ologie, hontologie), ce qui veut dire une imagination (réductible donc au moi et donc au sujet inconscient). Trouver l’horizon qui encercle l’être, c’est déjà ce qui eut lieu par Descartes (qui dit ; la pensée est pensée, par un je, « qui pense » mais dont on ne sait pas ce en quoi ça consiste de « penser », et ensuite tous viendront pour comprendre ce que ou qui pense, qui n’est plus lui-même, ce « qui », de la pensée, mais alors quoi ? Un sujet transcendantal, l’esprit mais dialectique usant de la négativité, l’intentionnalité husserlienne, la super volonté, l’angoisse de l’être, et plus précisément le pour-soi sartrien et le signifiant lacanien, à gros traits).

Donc pour réintégrer ce fait majeur, absolu, que la pensée est pensée (et donc pensées qui n’ont pas d’unité en elles-mêmes et avancent dispersées, contradictions des systèmes) il faut penser le sujet (parce que l’on ne veut pas, et ne peut pas, laisser en « blanc » cette zone du réel, le je, sans laquelle le reste n’est pas, ni n’existe). Et le je doit ainsi être engagé en tant que je, cad rapport, cad mouvement.

Et on s’aperçoit, ensuite et par ailleurs, que le réel lui-même est mouvement ; le présent. Soit donc l’exister. Le réel est une structure (le présent est ‘invisible’, non mesurable et notionnellement, conceptuellement indéterminé) qui avance, qui devient ; le devenir est la substance-même, c’est lui le sujet, et il n’est pas abstrait mais bien effectif, il est même la seule activité (toutes les autres, qui existent évidemment, sont les effets ; si la substance est rapport, elle crée ou produit ou invente, comme on veut, tous les rapports). De fait ‘substance’ change de signification.

Or pourtant il faut saisir que quittant la métaphysique, introduisant le sujet, cela revient à placer celui-ci dans le champ de la réflexion, et donc pousse à une plus grande cohérence. La pensée ne donnait pas sa propre origine ; elle s’imposait comme finalité, indiscutable en soi, puisque ce par quoi on comprend le reste et quant son essence propre cela se terminait par une tautologie ; la pensée pense et pensante tout est (ce qui sera applicable à dieu… sauf pour Descartes, ça n’est parce qu’il pense que dieu crée, on ne sait pas comment il fait, il « signifie » et ce faisant il crée la pensée elle-même, qui aurait pu tout aussi bien être autre, ce qui pour toute attitude métaphysique est absurde).

La plus grande cohérence (qui intègre le sujet) ne va pas sans mal.

D’abord le statut de la réalité, le monde là, au-devant de vous, change. Il existe au moins matériellement et (depuis Galilée) on sait qu’il se soutient ou obéit à des lois et donc n’échappe pas à la pensée (de là que Descartes envisage la pensabilité de l’étendue et des figures, etc, en tant que mathématisables). On ne peut plus absorber la réalité dans des « idées » notionnelles (aristotélicienne ou scolastiques et variantes) ou via des « qualités » mais selon des catégories qui seront inventées pour leur emploi même (scientifiques donc). Et derechef tout le donné échappe (à la pensée pensante) et s’impose comme réel effectivement là.

Que l’on se soit rabattu vers des notions apparemment tenues de cette réalité (la matérialité, les empirismes, les exégèses scientifiques, l’économisme, des idées de « force », etc) n’est pas très étonnant, quitte à les monter en épingle, comme les mathématiques de Badiou, mais cela vaut aussi pour la poésie de Heidegger. Jusqu’à ce que le processus de produire des idées soit isolé, comme conscience phénoménologique, même si on ne saisit pas bien puisque l’on s’y attache surtout aux noyaux intentionnels, cad aux idées comme si elles existaient en elles-mêmes (on fait « comme si » la raison d’être de la conscience était « la pensée » mais la phénoménologie parvient à rassembler beaucoup plus que les seules notions catégoriales, des grecs ou des théologiens, aristotéliciens ou des platoniciens, toute « idée » cad représentation, contenu de conscience, peut faire l’objet de description et mener à une organisation, une mise en ordre de ce qui auparavant paraissait jeté là au hasard ou selon l’inspiration hors catgéories).

Mais si ce processus de pensées, ce penser intentionnel, se transforme, c’est celui que Hegel libère, mine de rien ; tout a été pensé, sur le mode objectif, dans une série de discours organisés en eux-mêmes et ordonnés historiquement, et rassemblés en un seul ; le savoir absolu. Qui n’est pas le savoir absolument objectif (quoi que en vérité on n’en sait rien, peut-être le développement de l’universel est-il tout à fait ou plus ou moins exact), pas le savoir objectif absolument mais à tout le moins la phénoménologie (comme donc les idées et les systèmes paraissent dans la processualité de la pensée, de la conscience qui pense, conscience qui prend la dénomination de « négativité ». ce qui veut dire néant. Le néant, le rien travaille le donné, en extirpe des données, universalisées, qui s’organisent.

Doublé évidemment par le processus historique phénoménologique également de « la phénoménologie de l’esprit ».

de tout, ce qui fut pensé, il ne reste que ce néant, qui ne comporte rien en lui-même, et dont la finalité, toute la finalité se justifie des contenus eux-mêmes, substance des substances, parce qu’enfin ici la pensée ne se déporte plus dans un « être », le un, le moteur ou dieu, mais dans un véritablement effectif savoir qui s’est auto-acquis. Le mystère reste entier.

Comme la pensée est l’effectuation même, tout le reste sort d’elle et elle-même est tout court. On ne peut pas du tout la dériver de quoi que ce soit, on ne peut pas la comprendre. Et c’est vrai ; c’est par elle que nous pensons et que donc les choses, les faits, les perceptions apparaissent.

Or donc si on présuppose que la pensée est l’activité ou plus vraisemblablement une des activités d’un être qui est signifié comme « conscience », une structure, dite intentionnelle, qui lie perceptions et signes, alors il devient possible d’identifier l’origine, la cause de la dite pensée. Et de plus si cette structure est juste, seulement un collage signe/perception, alors la dite activité est également celle qui non seulement produit des langages et des mathématiques, mais tout aussi bien qui crée esthétiquement et politiquement des cohérences intégrales, lesquelles précisément ne se contentent pas de s’envoler telle la chouette au soir des batailles historiques, mais qui crée des possibilités entières et indéfiniment ou infiniment vivantes. L’historicité est créée de et par l’activité de structures intentionnelles, en ce qu’elles ouvrent des champs entiers de réal-ités et de réal-isations.

Y compris des mois, des personnalisations, qui tirent leur « être » de ce statut de citoyen, de la société civile, de l’individualisation accélérée (et hyper trophique parfois ou essentiellement, puisque chacun existe à l’extrémité de lui-même, qu’il le sache ou non, et l’effet de la compréhension ou non de cet excès est fondamental, de là qu’il est absolument crucial, au sens propre, concernant la totalité de la vie, de l’existence possible de sinon cerner du moins s’approcher de « notre être »).

ça n’est pas, contrairement à ce que l’on a pu proposer au fil de l’histoire, renier l’universel ou la pensée selon ‘l’esprit ou l’intellect ou l’intellectivité ou la raison, puisque si un être produit la pensée, cet être est « plus grand ». et de fait menant une politique générale des champs intentionnels, bref une stratégie extraordinairement capable de cohérence, et de cohérence qui ne tient pas à un corpus ou un texte établi ou un système (lequel ?) mais relatif à une structure, qui, en quelque domaine que ce soit (éthique, esthétique, idéel, personnel, collectif, etc), agira, décidera, désirera ou organisera de par sa structure même et s’adressera à son alter ego en tant qu’ego ; il n’y a pas trente-six manière d’être « conscience ».

Soit il s’agit d’une mise en forme culturelle selon le groupe, soit il faudra instaurer des sujets.

Que ceux-ci s’instruisent de dieu, de la pensée, du christique ou du citoyen ; ce qui veut dire qu’il faudra que les sujets s’instancient d’eux-mêmes via une grande articulation, dont ils reçoivent la rectitude et l’exigence, sujets qui établiront un rapport avec le divin, la vérité, la liberté ou le réel, un rapport dans lequel ils seront engagés en tant que rapport.

Ou donc, la vérité, l’être, la question du réel est dynamique ou n’est pas. C’est ce dynamisme et conséquemment cette motivation qu’il faut lancer.

Mais alors ça n’est pas un objet.

On peut bien diviser la réalité en réalités, en champs, qui sont du reste nos champs opératoires, relatifs à telle ou telle pratique (une observance de règles d’expérimentations, etc) mais même la somme de ces pratiques (seraient-elles encore plus étendues, et non limitées à quelques sciences), ça ne formerait pas « la réalité ». Évidemment on ne trouverait pas, par cette accumulation, la réponse à la question ; pour « quoi » cela existe-t-il ?

Et ce pour « quoi » n’interroge pas non plus selon le temps ; cet univers gigantesque est destiné à la dispersion indéfinie. La question est littéralement d’une autre nature, d’une autre substance, d’une autre structure. D’où vient-elle ?

Dans une outre-métaphysique, ce qui veut dire une ontologie, cela revient exactement à se demander ; pour ‘quoi’ la « pensée » existe-t-elle ? Où l’on voit bien qu’elle se positionnait comme finalité ou être en soi, mais ininterrogeable en elle-même. On pouvait ajouter le bonheur, la béatitude, la contemplation, qui sont des stations, des stationnements, mais un tel état de satisfaction comblerait-il notre être ?

Si nous sommes en et par la liberté (d’un sujet, ce qui veut dire en tant que rapport) rien ne peut nous fixer, figer en quelque état. Si nous sommes ce (rapport) alors le mouvement est notre être, et n’est donc pas un être.

C’est cette limite, haute, à laquelle sont parvenus Descartes, Kant, Hegel (qui nous renvoie à « rien », le rien qui met en branle la pensée), sur laquelle tombe Husserl et que tentent de remplir diversement les 2 derniers siècles ; les empiristes (une sorte d’accumulations de sensations ou de perceptions ou de langages divers et variés, un remplissage donc), les scientistes (je ne dis pas les sciences qui travaillent très bien chacun selon son objet, local, sans se mêler trop de théorie méta), les idéologies évidemment (offrent des réponses selon le monde, la société civile, l’Étatisation, etc) ou les religions (tentaculaires parfois), ou donc Nietzsche ou Heidegger ; en tant que puisqu ça n’est plus l’être, c’est autre chose, une chose imaginaire, un être suréminent mais on ne sait pas comment ni pourquoi, et surtout si c’est un tel rapport Autre et surhumain ou inhumain (on voit en quels sens), alors cet Autre nie ou absorbe le rapport que l’on est, que chacun est ; les français et un peu tout le monde, n’ont, en vérité, pas compris, que l’analytique existentiale de Heidegger n’a pas pour but d’affirmer le je … mais de le noyer dans la clairière de l’Être, pour ainsi dire ; l’Être est ce « néant » inapparent (dans son repli) qui écrase notre sujet, il n’y a pas de sujet, excepté cette altérité bizarre « qui viendra », un jour, dans l’histoire des hommes, tel un « dieu » ; ensemble de contresens tout à fait stupéfiants, et pour le dire significations païennes hypertrophiées.

D’abord parce que le divin est séparé, qu’il n’y a pas de messianisme effectif (cad concret) qui ait un sens, qu’il faut alors nier l’individualité (et donc tout sujet en tant qu’il est rapport à (soi) et qu’alors c’est affaiblir l’ensemble de la capacité humaine) et que de l’indistinction (du divin comme forme néant, non qu’il soit du rien du tout mais une vague forme fumeuse) on ne peut rien récupérer qui soit utilisable. Heidegger veut fondamentalement anéantir le dieu divin, juif et christique, et le sujet du même coup. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y ait rien à tirer de Nietzsche ou Heidegger mais qu’il faut se déprendre de leurs imaginaires ; l’auto-affirmation de ‘soi’, qui est impossible sinon sous le signe de l’Autre, cad de la Volonté-autre (que la mienne) ou de l’Être comme vide, et donc remplissable par du rêve, plutôt dérangeant à vrai dire (à savoir le Peuple élu … dont la langue est seule à manifester l’Être ésotérique) ;

Or le réel est un « vide » mais un vide formel, et cette forme existe d’une part et ex-siste d’autre part ; Sartre et Lacan mettent tout à bas, reviennent à la stricte analyse, non allemande pour ainsi dire, du sujet. Sartre et Lacan prédisposent du vide en cherchant sinon sa structure propre, en tous cas ses effets ; par de longues, longues descriptions du je vécu et intentionnalisant et coupant le moi (et par laquelle coupure il est un moi, effet d’une cause de structure, le signifiant pour Lacan, le néant agité pour Sartre). Millimétriquement, regard par regard, intention par intention, et mot à mot. Requérant les perceptions et les regards et les affects.

Remarquons bien que le signifiant n’est nullement ‘en soi’, mais effets d’un sujet ; sans ce sujet il n’est aucun horizon sur lequel se dessinent les signifiants (et ceux-ci s’utilisent depuis leur invention comme action organisée dans des situations perçues et réorganisées, par une ou des intentions, puisque sitôt que l’on découvre la capacité de signifier on signifie, tout le temps et tous, jusqu’à ce que l’on comprenne qu’ils ne sont pas reçus du monde, mais produits, produits soit du divin qui est-autre, hors du monde, soit de soi-même, pensée ou sujet). Retirez le sujet, l’horizon, il reste telle ou telle idéologie, un alignement de signifiants prescrits, qui remplace le sujet, le rapport que vous existez.

On veut dire par là que quoi que l’on puisse penser ou imaginer on n’échappera pas à la structure. Elle traverse les systèmes différents parce que, elle, elle existe et en deçà des mots et des représentations ; on peut s’en distraire ou dérouter, mais elle se maintient puisqu’elle existe en tant que structure réellement là. La structure de l’arc de conscience, le champ intentionnel que le sujet (-structure) existe concrètement (réel dont la nature est précisément ce qui doit être saisi) ; non seulement historiquement et dans la réflexion ; sur cela qui est et qui pense (grecs et théologie métaphysique), qui existe en tant que je (Descartes et suivants) ou qui ex-siste, existentiellement réel et en tant que je brut, en tant que réel ici même, et en tant que mouvement ; le mouvement est ce qu’il faut penser (et non la fixité de l’être) et précisément c’est le mouvement qui fut pensé…

C’est seulement lu extérieurement que l’on ne comprend pas que Platon a raison ; les idées font voir les réalités (que les groupes humains dans leurs mondes particuliers et cycliques et ordonnés ne Voient pas) ; le christique a raison, que nous sommes ce-corps et que rien, nulle part, n’équivaut et que donc il faut élaborer une représentation de ce-corps ; et en conséquence de quoi il s’est élevé quantité de corps, crucifiés, partout, « ceci est mon corps », sous-entendu le vôtre, votre être-corps, tel que pris dans un champ intentionnel spécifique et unique, absolument singulier, et moi, le christ, je suis la singularité même, le rapport-unique de tous les rapports uniques, et en tant qu’uniques, sans réduction possible à quoi que ce soit, sauf à l’Unique des uniques, notre frère, dit-il, frères par adoption divine, que rien dans le monde donné ne peut toucher réellement.

En ce cas ce-corps se voit mort, parce qu’il perçoit dans un rapport qui n’est pas ce qu’il est ; votre vie est extérieure et ainsi devient votre vécu, obtient une valeur en elle-même (n’est donc plus pris dans un rapport extérieur de domination, et le divin dès lors libère, littéralement, il impose un autre-rapport et un rapport-Autre)Que ce-corps (la troisième substance cartésienne, dont personne n’est venu à bout … dont personne n’est venu à bout du tout) est à lui-même le rapport initial dont tous les autres ressortissent. Que ce rapport, que l’on ne connaît pas (et que Hegel ne peut pas enrégimenter dans un système, voir Kierkegaard et d’autres), il peut néanmoins se constituer, en Constitution, en société humaine de sujets ; puisque ce rapport et les rapports que les uns et les autres tissent sont des effectivités et non un corpus de connaissance qui s’imposerait ; l’effectivité, la performativité, la fonctionnalité des je s’impose comme telle ; elle ne dépend pas des contenus (et en crée à foison).

C’est cela même, le mouvement, qui fut pensé et conséquemment tout système, effectif et suffisant, désigne, au bout du compte, de son compte à lui à chaque fois, un réel surnuméraire pour ainsi dire, un excès, une tautologie, un devenir infini ou l’infini même. Et non une chose serait-elle un concept déterminé qui serait, en comparaison, toujours quelconque.

Le principe est toujours le même, depuis l’origine ; il faut trouver un concept qui fasse office d’horizon qui permette de penser le concept précédent. Et l’infini on ne comprend pas. Mais on peut le penser (mathématiquement c’est déjà le cas). En somme l’infini est juste une « mesure », et la question est « qu’est-ce qui reçoit cette qualité ? » l’infini se soutenait de dieu ou de l’esprit hégélien ou de l’être, etc. C’était ces notions (qui désignent d’une manière ou l’autre un être, réel, supposément réel, effectif) qui comptaient. Ici tout réel supposément infini est dit en tant que présent. Non pas le moment entre le passé et le futur, mais l’acte d’exister, celui en lequel nous ne cessons jamais d’exister (sauf à cesser tout court) ; le problème étant ; si le présent est le réel, jusqu’où existe-t-il ? Puisque si le présent est le Bord de toutes les réalités, il est aussi l’acte d’exister qui entoure toutes les réalités (de l’autre bout de l’univers, si il a un ‘bout’, au passé-présent-futur du temps, de l’organisation évanescente de l’énergie-matière à la conscience-de-soi au final tout à fait bizarre ou étrange ou mystérieuse ou en tous cas énigmatique dans son être, son exister même).

Dit autrement, le présent-exister dure. Il est ce qui dure depuis toujours-déjà (-à jamais, peut-être). Il n’y a qu’un seul Instant unique qui se déplie en lui-même et ce « en-lui-même » est la totale externalité qu’est ‘la réalité’. Il Existe absolument, et peut-être il ex-siste incessamment, sans cesser, il ex-siste précisément de ce qui caractérise absolument une « réalité », à savoir qu’elle se voit. Et donc se modifie.

Si le réel est la Possibilité (le néant existe autant que l’être, l’être est dans l’exister, l’arc de conscience est ce rapport qui se-sait et donc existe comme rapport et non comme être, etc) alors la finalité d’une « réalité il y a » est de se transformer, d’avancer plus loin, et encore plus loin, toujours. Si tant est que le ‘temps’ a un sens pour ce qui existe antérieurement et au-delà de tout. Étant la forme même qu’est l’Exister.

Que donc ce sujet est en lui-même, et, si l’on est inspiré, peut être analysé, décortiqué même si cela requiert une certaine constitution de soi assez spéciale qui puisse penser la limite extrême (depuis Descartes, c’est cette « réduction phénoménologique » qui compte, Husserl s’y reconnaîtra, littéralement) et ainsi ajouter que toujours constamment chaque je, chaque sujet est en son moment toujours situé au bout du bout, ou au Bord du monde, de la réalité, de l’histoire, et pas ailleurs. La constitution spéciale on y reviendra (la préemption existentialiste 19éme/20éme en offre une idée mais la certitude du je est bien autrement architecturée et plus étendue). Le réel est une exposition tout à fait extrême, extrémiste, qui se positionne toujours au bout de lui-même, puisque suivant ce que l’on dit, le réel est le Possible-même, et veut à toute force créer et recréer la plus grande Possibilité possible.

Ou donc, le réel n’est pas le possible de quelque « quelque chose » ; c’est le possible-même qui est structure-sujet, et les quelques choses sont des effets. Remarque ; c’est bien pour cela que la métaphysique, l’universel, les rapports universels ne sont pas du tout extérieurs mais intégrés au possible pur, de même que les mathématiques furent de fait admises dans une plus grande conception du mathématique (et on peut présager qu’il pourrait à nouveau être absorbé par une nouvelle extension du concept, pareillement antérieurement au dieu un-tout-autre, nous n’en avions pas l’intuition, ou précédemment à la révolution elle était inimaginable, pour devenir la norme ; le structurel se distingue de ce qu’impossible, cad non possible dans tel état du monde, il s’installe comme possible brut). Mais si le possible est purement cela seul qui existe alors il ex-siste, il ouvre toujours plus avant la capacité, son mouvement de plus en plus ample puis de plus en plus précis, distinctif, puisqu’il est substantiellement le réel (et qu’il n’existe rien d’autre, le reste est mais n’existe pas) et qu’il est in-fini.

Si le mouvement est le sujet, il est la substance-même, le Possible est la substance telle quelle, ce que l’on nomme approximativement (afin de l’analyser) le rapport.

L’idée, principe, de l’être n’est pas une « idée » à proprement parler et requiert un ou des qualificatifs, ce qui sème quantité de troubles, contradictions, incompréhensions, imaginations, etc. Dit autrement l’idée de dieu n’est pas équivalente à dieu tel qu’il se dit, ou plutôt se signifie dans le texte même ; si nous n’entrons pas en rapport le sujet qu’est dieu disparaît, remplacé par une idole, un concept, une image. Ou aucune énonciation ne parvient au Un plotinien, ni à l’être spinoziste, à l’esprit hégélien, au sujet transcendantal kantien ; il n’est en vérité que le sujet cartésien (qui refuse de caractériser le je) et qui se permet, s’autorise de laisser non déterminé cet « être » (pensée, émotion, sentiment, image et imagination, amour et haine, bref tout, et puisque notre être est fini (seul dieu est infini et on ne le connaît pas) mais cet être fini est infiniment fini ; ou donc la réalité, le donné, la nature, l’univers ou dieu ont réussi à produire par et dans la finitude une infinité.

Sauf que l’on ne peut pas penser cette finitude infinie comme finitude, et le problème est qu’alors cette infinité devient la règle …
de là qu’il s’agit d’avancer que le réel est de, par et pour des singularités ; ou que l’infini du réel sert à produire encore plus d’infinité. Au sens alors où le véritable infini est celui qui se modifie lui-même, infiniment ou indéfiniment perfectible. La perfection n’est pas et en peut pas être amorphe, inerte, fixe ; elle est mouvement, ce qui veut dire toujours en instance de perfectibilité et ce via ce moyen : elle se Voit et donc elle change.

La logique veut que le réel soit plus grand que lui-même. Il y a une expansion au-dedans du réel (et non dans son extériorité ; il n’existe pas d’extériorité au réel, cad au possible). Parce qu’après tout nous partons généralement que le quelque chose c’est cela qui ‘est’, mais nous n’en savons rien du tout, et le paramétrage interne à notre conception, notre conscience se fascine si naturellement pour ses contenus (et les choses qui paraissent si concrètes), mais on a vu qu’ici on suppose que la ‘substance’ est mouvement, modification.

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Passion de la liberté

4 Septembre 2021, 07:43am

Publié par pascal doyelle

On recherche donc ce qui apparaît. Et on a vu, multiplement, que ça n’apparaît pas ; la forme de ce qui apparaît, de tout ce qui apparaît, est le présent, et le présent, ce « moment », n’est pas visible. Au lieu de croire que le présent est juste un résultat, dont on ne sait pas trop quoi faire, que l’on ne pense même pas, mais qui se signifie (chacun existe et n’existe qu’au présent, on se souvient de soi, mais remarquons que ce sera toujours une interprétation ou une réinterprétation, comme quoi on ne sait pas, on ne connaît pas ou plus ce que jadis on « était », ça n’existe plus, mais c’est bien suffisant, que dans un « nouveau projet de soi », aussi abîmé ou ample qu’il se peut ou que l’on subit , ce qui est c’est le moi, mais ce qui existe c’est ce que l’on fait de ce moi).

Si le présent est inversement cela même qui existe (et rien d’autre n’existe, cad que tout, l’être, n’arrive que via le présent), alors tout est mouvement. Et effectivement tout est mouvements. Ça bouge, ça se meut. Le présent comme activisme ontologique. On dit aussi que le présent n’est pas seulement un état mais l’attirance ; tout avance (même vers sa, ses dispersions, et tout est destiné à disparaître) parce que le présent pousse à être ou attire en avant. Mais si le présent est la dimension en et par quoi tout est, alors cet « en avant » est vertical ; puisque les choses s’effondrent et qu’il ne restera, à terme, presque plus rien. Je disparaîtrai, les choses se dissolvent, les soleils et les galaxies, l’univers est condamné, bref plus rien, ou presque, cad une dispersion, une indistinction (tandis que les réalités, qui sont déterminées, sont distinctes, les une des autres, et apparemment une des distinctions générales c’est l’espace-temps, une différence de position, au moins).

Dans ce présent il y a une activité spécifique ; l’arc de conscience, cad un champ intentionnel, qui consiste à coller des perceptions et des signes. Soit une production collective, communautaire (le groupe fait office de vérité et d’identité), soit comme production individuelle ; il s’impose alors une séparation. Le sacré est une région ou une temporalité réservée du monde donné là (qui fusionne constamment entre perceptions et parole échangées, qui doit se répéter sinon à se perdre de vue, y compris entre les êtres parlants, échangeant, rituellement, l’esthétique est ritualisée par ex). Le divin est séparé (c’est pourquoi il crée le monde, cad tout, sauf lui, et lui-même n’est rien que l’Intention, de tout le reste) et qui oblige à la séparation ; au début les juifs ne forment pas une théocratie mais une Loi, cad une série d’intentions. Le divin vient tout à coup dans le monde (pour repartir presque aussitôt et nous laisser là) ; que le séparé non plus s‘introduise dans le monde mais qu’il s’incarne est stupéfiant (et que l’on y croit ou non, on peut très bien traiter ceci comme le fait absolu historique de représentation par lui-même de l’arc de conscience, chacun choisi). Et depuis lors, la question est qu’est-ce que cette séparation qui n’est plus seulement ‘en-haut’ (séparée) mais ici même.

Le christique, le sujet, la révolution des citoyens, la société civile (dans le cadre d’une Constitution, ce qui est désormais la forme même de toutes les sociétés, plus ou moins ‘démocratique’, évidemment) la société civile donc et le moi, les romans ou le cinéma, les esthétiques, innombrables, et l’individualité, l’inconscient de chacun ou les libérations diverses et variées (réelles ou médiatiques). Tout traite de cette séparation. Et des moyens d’y remédier, mais en vérité plus on s’y emploie, plus la séparation s’intensifie (le moi, de chacun depuis le 20éme, est extrêmement séparé et même divisé en lui-même).

Cela pose quand même qu’alors si le présent existe, et que les réalités sont, alors le seul réel est le présent ; le reste est relatif. Ce qui seul est absolu c’est le mouvement. Il n’y a, dit autrement, que peu de consistance dans les réalités (et les contenus de conscience, de tous les champs intentionnels), et beaucoup sinon infiniment dans le présent (et l’arc de conscience logé dans l’arc du présent). On a vu que l’on désigne l’infini en tant que présent (le problème étant ; jusqu’où existe le présent ? Quelle est cette dimension, unique puisque formelle, et jusque « où » ? parce que si le réel est le présent, comment est-il organisé, architecturé et en nous architexturé, comme corps?)

Bref.

La séparation règne et ainsi il y a une réalité. Et donc nous. Un arc de conscience est un rapport qui en lui-même st structurellement séparé, de tout, y compris de lui-même ; il n’es tpas un rapport qui arrive à quelque chose de déjà là, c’est le rapport qui est d’une nature spécifique et qui existe comme tel. Le réel est de son côté, le reste ce sont des effets.

Ce qui ne détruit pas la réalité (au profit du réel) ou n’implique pas du tout que l’être soit écrasé par l’exister (ni l’universel par le signifiant, ils se tiennent ne leur lieu et place), mais qu’il s’agit d’un seul et même mouvement ; la nature du rapport ou sa logique est de produire des rapports. Et donc au réel s’ajoute de fait les réalités (les effets de la cause, dont on ne comprend pas encore les possibilités internes). Le mouvement est en lui-même absolument positif ; ce qui existe en tant que rapport s’ajoute à lui-même. Pareillement tout est donné tel quel ; « il y a » de la réalité dans le réel.

Et des rapports très précis de telle ou telle précision ou qualification ou élévation. De plus en plus dans un certain sens du mot « distinction » (et la question de notre séparation veut découvrir quelles sont nos distinctions exigées ; elles sont ‘exigées’, parce que sinon on tombe, dans plus ou moins d’indistinctions). En un mot, si dieu existe (on ne choisit pas ici) il est instantanément donné tel quel ; tout le possible (néant, être, exister, sujet, dieu) est donné en une fois, et c’est seulement ensuite que tout commence (la perfectibilité de tout l’ensemble, et non pas leur « perfection », qui serait inerte).

L’intime est évidemment la plus proche limite du moi. Et c’est de ce bord que ça bascule, vers l’inconscient. Étant entendu qu’il ne s’agit pas de n’importe lequel ; celui de Lacan. En quoi l’inconscient est un « sujet ». Il voulait remplacer celui de Descartes. Et montrer que le moi est tout à fait relatif. Une sorte de version abrégée et pauvre du sujet inconscient qui déplie constamment sa toile (puisque le débusquer en tel signifiant pousse celui-ci à se replier encore, au sens stratégique, ce qui est fort étrange). Et donc l’intime ne débouche pas sur l’intériorité, mais sur une construction objective, mitoyenne du corps et du monde, du regard du moi et de l’autre regard, des affects et des signifiants, bref un maelström tout à fait objectif même si très difficile à visualiser (il est vivant).

Cette intériorité objective aboutit d’un côté au réel, au sens que l’articulation de conscience intentionnelle crée une coupure dont la dureté et l’a-humanité est un résidu insolvable, un reste continuel, soit donc le signifiant (dans la conscience qu’a le moi) qui désigne le corps, l’affection, le sentiment corporel, et ce signe ne peut pas traduire cette sensation dans le langage (et forcera ainsi les signifiants à se démultiplier, indéfiniment, puisqu’ils s’usent à ‘ne pas dire’).

Autant postuler donc que le signifiant qui me-signifie (qui désigne mon-corps, mon état-vivant) est juste un rapport, une articulation qui tourne en boucle (et ne cesse qu’à la mort), mais qui, ce faisant, rend possible qu’il y ait un moi et donc plus haut encore un je (qui se dirige lui vers le sujet, vers la structure-sujet ; c’est un ensemble de mouvements qui, donc, ne se contredisent pas, mais s’empilent ou plus véritablement s’ajoutent ; il faut que le corps soit affecté d’un signifiant mais celui-ci ne peut pas se dire, puisque c’est un affect originel ; évidemment il arrivera des mésaventures ou pires, qui se grefferont sur cet affect, ce sentiment de vivant).

On en conclut pour notre propos que « l’intériorité » est en-avant ; n’est pas un donné là, mais la capacité de projection (comme on disait autrefois) et l’unité ou le principe ou la loi que l’on se donné et qu’il faut, à chacun, rechercher. Ou donc ; que veut-on vraiment ? Et ne faut-il pas précisément en décider, ou commencer d’en décider ? Et lequel par contre, un continuel commencement qui, si la décision n’est jamais assurée, doit toujours être recherché en tant que commencement, et qu’il ne faut justement pas céder là-dessus. Continuellement re-venir puisque le réel est qualifié de Commencement (le christique insiste sur la perpétuité de la décision, en tant qu’intentionnelle, et non comme fait acquis).

Et le sujet inconscient c’est la rupture dans le vivant, ce corps vivant, rupture qui met en jeu tout le reste ; que le signifiant donc crée notre réalité, et c’est à ce vertige, ce gouffre certes mais surtout ce rond-point (qui est beaucoup plus utile, mine de rien) que nous sommes redevables. On va repréciser, repositionner la problématique générale de l’individualité.

La coupure (soit la castration, formule bizarre) ; le fait que soudainement et au sortir de l’enfance nous ne sommes plus au centre du monde, mais nous nous percevons du dehors. D’un point autre. Encore faut-il qu’il soit constitué en nous ; ce qui n’arrive pas à tout le monde, certains restent dans l’affect général qu’ils sont au centre, ou plus exactement tout le monde se croit, au fond, au centre du monde, mais pour la plupart il est un atermoiement, un décalage, au moins joué, un semblant, et lorsque l’on fait trop semblant on en souffre, on se ressent comme le centre mais rien n’y correspond, et nous-même nous n’y sommes pas ; nous ne sommes pas nous-même notre propre centre, contrairement à ce que l’on, pourtant, croit. Bref la contradiction et l’incompréhension régisse notre vie. L’incompréhension qui cause cet affect-même, et tout à fait réel, l’affect de l’incompréhension, qui ne correspond à rien, qui doit se sustenter d’un autre affect (l’angoisse, tel trouble ou tel autre, bref un symptôme, plus ou moins difficile à gérer et ce dans la vie quotidienne, puisqu’il atteint l’attention, la conscience-de elle-même). Cette incompréhension qui vient de ce que la résolution du moi ne se trouvera nulle part dans le monde, mais ajoutera à sa confusion.

Tout ceci de ce que l’être n’est pas. Que seul le mouvement existe ou encore que si le mouvement existe alors il n’existe que le mouvement et que le sens de ce qui est devient et deviendra encore. Que le moi ou la conscience spontanément fixent le réel comme être, identité, contenu, déterminations. Et effectivement les déterminations, les réalités sont ; mais cet être est pris-dans le mouvement. Et un mouvement brut.

La brutalité du mouvement est indubitable. Et cela nous tire les larmes, en apparence cela détruit notre spontanée conscience de nous-même, l’enfance, et durant toute la parfois difficile adolescence et se perdurant jusqu’au bout. Que cette forme du réel, le mouvement, soit cela seul qui existe, veut dire que l’on n’obtiendra jamais la tranquillité, le repos, la contemplation, cad l’objet, au sens spécial du miroir qui serait l’image dans le miroir (on sent bien que ça ne marche pas ainsi ; il y a un miroir et beaucoup d’images, un signifiant et beaucoup de signifiants qui s’imaginent comme signifiés, ce qu’ils ne sont pas, et que donc il n’existe qu’une porte de sortie ; le signifiant même).

 

On ne traduira jamais notre être (qui est un mouvement et donc pas un être) en objet. Qu’il pourrait percevoir du dehors. Il n’y a pas de dehors (objectal) ou plus exactement il n’y a que cela (tout est dans la Vue du sujet, sauf que cette Vue n’apparaît, et se nommant elle se signifie et non pas se perçoit, ni ne se pense ; Descartes est au-delà de la pensée, ou si l’on veut en-deçà, dans la structure antérieure, dans l’ontologie antérieure à toute métaphysique ; c’est pour cela que le cogito est la preuve ontologique et non pas métaphysique ; Descartes a très bien approché la complexité ; nous ne sommes pas dans le texte mais le texte signifie un réel, de même que l’on ne connaît pas l’infini, mais on le sait, le signifie, le signe, immense désignation de dieu comme « im-possible » selon le monde et la pensée et le moi, voir Pascal, qui rebondit sur ceci, à la lecture de Descartes) ; et plus loin donc, comment en définitive peut-on croire que cela même qui nous rend possibles (le mouvement, de percevoir, de décider, de désirer, de l’intention donc) puisse cesser  au sens de se reposer ?

Si par ailleurs le réel est non pas constitué de choses, de déterminations, mais que le réel est mouvement, alors le réel est devenir pur. Sa nature, sa structure est de mouvement. Ce qui déplace quand même bien le problème.

Mais pour ce qui est de nous autres, il ne faut, derechef, pas se laisser faire par la spontanéité qui voudrait que l’on croit saisir ce qui se présente là au-devant, comme un objet, ou une chose, dont on ne perçoit en vérité pas du tout la continuité, la solidité, la consistance et qui, au fond et en fait, est seulement l’image dans le miroir ; la psychanalyse applique cette logique ; la représentation que se fait le moi est non le moi mais l’inconscient, les objets ou la science ou la pensée ou quoi que ce soit, sont les faire-valoir ou faire-voir imaginaire d’un miroir caché (qui lui est réel, le réel signifiant inaccessible), et logique que l’on peut appliquer inversement, ce que Sartre cherchait, que l’objet soit l’image de l’intention qui s’étend au travers du temps, du vécu, des autres, de projets et qui nous attend tout au Bout de l’existence (intemporellement, comme une éternité proustienne).

De cette solidité (toujours sinon factice du moins non-réelle) ce serait même le contraire ; on voit bien que tout se dissout, se disperse, et puis disparaît. La solidité que l’on suppose à la chose ou à l’objet (technique ou pensé) est imaginée ; on transfère à la chose l’unité de notre intention qui la perçoit. On peut bien imaginer un gros objet, l’être, ou un être en lui-même, dieu, comme monolithique, mais là même tout nous indique, cad les textes de religions eux-mêmes, qu’il est structurellement une activité. Et non un être.

Par quoi le « temps » que nous avons dans la tête n’est rien d’autre que l’intemporalité, ou comme autrefois l’éternité. Qu’on le veuille ou non notre intentionnalité qui est un rapport se Voit éternelle, hors temps, doté de la perdurance de ce rapport ; à voir si l’exister, cad l’actualité du présent dresse infiniment la totale potentialité hors du temps, ou de l’espace ; ce sera l’objet de l’ontologie très effective.

De là les multiples précautions qu’au fond les pensées, les systèmes imposent ou supposent, implicitement ou explicitement, quant à la véritable nature du réel, quant à leur unité terminale, au sens ultime de ce qu’ils racontent. Qu’est-ce que l’esprit hégélien, le nouménal ou l’énergie nietzschéenne ou l’Être de Heidegger, ou l’idée du Bien ou le premier moteur ? On ne sait pas.

On ne sait pas parce que le réel est formel. Et on a nommé cette structure, formelle, donc, en tant que présent. Ce qui veut dire le plus « intime-extime » de tout ce qui est.

Le présent est cette forme qui tire hors de l’indistinction et parvient à distinguer. Par le présent se créent des déterminations et une de ces déterminations, au moins (on ne sait pas ce qu’il se passe sur d’autres régions de l’univers), a pu se déterminer de telle sorte que la déterminité s’inverse ; à savoir qu’il lui est possible de revenir sur sa détermination et ce par la raison que cet être (qui n’est plus un être) est arc de conscience.

Que l’on délimite comme tel ; une conscience de (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non le contenu de conscience ; une conscience est un être qui-se-sait (qui ne perçoit à partir de l’horizon) et ce savoir est non une connaissance, mais un savoir, ou si l’on préfère un signe qui se désigne. Et il se désigne parce qu’il se perçoit du bout du monde, ou du Bord de la réalité. Quant à « expliquer » ce que ce je, ce sujet, ce rapport est en lui-même, il faut le prendre inversement et admettre que l’exister existe et que l’arc de conscience existe de ce qu’ils se désignent eux-mêmes, et se désignent eux-mêmes dans un rapport, ce qui signifie à distance, en dehors, dans l’extime absolu, formel, vide si l’on veut, et qu’il ne s’agit dès lors jamais, jamais, d’égocentrisme ou de tautologie ou d’unité morte ou inerte ; il n’y a, il n’existe que le mouvement.

On comprendra que si l’unité est ex-time, en dehors, externe, cela ne veut pas dire extérieure (cad jetée dans la détermination, soit particulière soit universelle selon des notions, selon le concept peut-être, le Un par ex ou l’esprit hégélien, mais la notions déterminé et objective non, l’objectivité, tout àf ait valide, reste extérieure, ce qu’elle est donc), si cette unité du réel, qu’est le réel, est extime alors il est également intime… Puisque c’est le sujet.

Le sujet à destination de sa propre modification (par quoi, en un sujet, on obtient une détermination capable de se modifier elle-même, comme détermination et donc créant, créant du créé).

Ce qui se crée, cause quantité de modifications ; l’extériorité du monde qui était jusqu’alors l’intériorité du groupe, devient l’occasion de construire notre propre intériorité, cette fois individuée, et non plus collective ; le monde n’est plus empli de vision, mais, dans le cadre objectivant de la société humaine (portée par un cadre non plus de fusion mais de coordination), dans ce cadre général (et non plus global) chacun est animé de sa propre vision intérieure (celle-là même que voudrait récupérer, absorber, digérer les machines à rêve, du cinéma (et auparavant du roman) au publicitaire et à la mass médiatisation totale, la production industrielle d’intériorité ; et chacun est tout aussi bien tout à fait soulagé d’être mangé par une production industrielle de personnalisation, puisque le langage dans son essence même est né dans et par un groupe holistique, communautaire et qu’il en garde la mémoire, le regret en l’occurrence, la douleur m^me ; tout individu se retrouve nu et sans rien dans un monde silencieux, sans signification, sans relais dans une « grande intériorité » jadis et originellement partagée et qui se donnait là dans tous les aspects énoncés, parlés et partagés du monde naturel et sacré (le monde naturel en soi n’existe pas pour nous, mais naturel et sacré oui).

La matrice du monde, intériorisé en communauté, est une douleur pour l’individu (ce vers quoi, ce regret, il développe sans doute ses névroses de non-intériorisation et ses psychoses d’intériorité intégrale, on parle en lui, la parole, les signes paraissent venir du monde et les autres parlent dans la tête). Séparé il existe pourtant pour lui-même et le cadre généralisé (en l’occurrence l’universel de la révolution, ou autrefois la royauté très chrétienne et l’église) ne sont pas une aliénation mais précisément la possibilité d’être « soi ».

sans doute l’intériorité de départ est tout à fait christique ; et chacun dispose d’une intériorité de fautes, mais aussi d’erreurs, de péchés mais aussi d’égarements, qui ne sont pas forcément écrasées et déniées, mais en un sens reconnus et même appréciés, les bienfaits du monde, de la vie ne sont pas bannis ; le christianisme est justement cette religion qui malgré tout le désordre que vous pouvez engendrer, pardonne. C’est son propre absolu ; évidemment on va fauter à nouveau ou s’égarer mais c’est le jeu ; et surtout cela permet à chacun de commencer de mesurer son calage et son décalage, de se créer comme vie intérieure. Accompagnée.

Le christianisme n’est pas soumis à la Loi (du judaïsme) mais existe par et en vue de l’Intention. Vous serez jugés sur votre Intention (votre ex-sistence), et c’est même celle-ci que vous découvrirez « à la fin ». Dieu, celui de la trinité, révélera à chacun son « être », ce qui signifie ses décisions, l’orientation, la direction de son existence. Bien sûr il ne faut peut-être pas anéantir ses contemporains.

La question n’est pas de ce jugement, éventuel, mais de ce que cela imprime en chacun ; le récit de soi, l’orientation, et la, les décisions, et comment elles se prennent. Ça n’est évidemment pas de but en blanc et « en toute connaissance », mais sur la longueur, la durée d’une vie ; ce qui ouvre tout un champ absolument effarant et difficile. En vérité, ce qui veut dire dans la vie réelle, chacun est un sac de nœuds. On ne sait pas du tout ce que l’on fait, or pourtant on en intuitionne quelque chose.

Que ce quelque chose possède un préalable d’inconscient est tout à fait avéré. Mais aussi il existe une pré-disposition à-venir.

La personnalisation est devenue en elle-même un enjeu puissant ; toute l’intériorité qui était celle du groupe holistique immergé dans le naturel et le sacré, est effacée et ne demeure que l’extériorité, très froide et difficile du cadre général (cad universel). Mais cette universalité n’impose pas un contenu (qui serait « la raison », serait-elle hégélienne), mais une forme tout à fait extrême ; le sujet, individuel.

En un sens donc le sujet existe dans une « communauté » qui n’en est plus une mais une coordination (chacun décidant de son rattachement à ce cadre général, ce qui cause pas mal de soucis, d’adolescence ou de moralité ou de légalité parfois ou d’addiction, de dégradation de soi ou des autres, etc), ce sujet dispose d’un espace-temps à lui (de toute manière le sacré n’oblitère plus telle ou telle partie du monde ou de la vie ou du commun). Qu’il doit récupérer par et pour lui-même (désordres mentaux et désordres moraux ou légaux y compris).

Et c’est une énorme élaboration qui joue en parallèle l’individu et le commun. Mais l’universel en question, donc, est exclusivement la forme même de sujet ; laquelle seule est universelle. La capacité de la liberté de chacun. En quoi on voit bien que la « liberté » n’est pas « subjective » au sens d’arbitraire, de n’importe quoi ou de fantaisie, mais d’abord un processus d’organisation. Et ce au sens fort et pour le dire absolu.

La formulation essentielle c’est que l’individualité devient un principe d’organisation radicale. Dont le communisme a cru se dépêtrer en ramenant l’universalité seule (cad un certain contenu s’imposant à chacun, niant donc que « la liberté » soit le principe organisateur lui-même). L’histoire en retour promeut l’individualité qui seule permet de monter de niveau ; il faut que chacun se rende complexe si l’ensemble doit s’élever. Mais par ailleurs le cadre général (l’universel seul réel de l’organisation) ne peut pas ou ne devrait pas s’effondrer dans, cette fois, l’arbitraire des libertés rendues folles ; et c’est de folie dont il est véritablement question, une folie « collective » ou plus exactement généralisée (qui suit l’universel mais en le perdant de vue).

De ceci chacun tombe dans le piège historique de sa propre réussite, de notre réussite collective, de notre méga-organisation, qui ne revient plus à une hyper-organisation (insistant sur l’individualisation), puisqu’elle a abandonné le méta (la réflexion sur cette individualisation). Dit autrement à la volonté on a substitué le désir.

Le méga est une sorte de monstre préhistorique, une mésinterprétation selon la seule multiplicité, la détermination et l’immédiateté. Et dont on a vu que le fondement est la déchéance de l’arc de conscience (qui ne trouve plus ou ne veut plus d’une régulation haute) et qui se confie à son corps, à son bien-être, son confort ou ses facilités et surtout fondamentalement à ses fantasmes, à son « être rêvé » (dont la substance n’existe pas du tout, puisqu’elle est conférée, cette solidité, par l’intentionnalité qui se transfère dans la chose imaginée, la vie mangeable, le désir concrétisé, dont l’imagerie publicitaire n’est qu’une variante au fond) ; le corps fait office de réalité, alors que l’arc de conscience devrait ou devait s’instituer comme unité, remplaçant la « satisfaction » (fantasmée) par l’insatisfaction structurelle (l’intentionnalité, l’arc de conscience ne correspondent à rien dans le monde, le vécu ou le corps ; il doit être sa propre Loi de structure, mais ce ne sera pas sous la forme objective de loi, Descartes et les autres à la suite ne formulent plus une objectivité, mais taillent dans l’épaisseur et donc l’inépaisseur du je).

Il est tout à fait évident qu’il ne s’agit pas de renier le désir, le bien-être, etc, mais que cela ne s’impose pas au point d’étouffer, d’annuler la liberté et que donc la liberté, le sujet puissent dégager, séparer leur propre suréminence (laquelle étant relative à la liberté, n’est accessible que créée par ce rapport qu’est le sujet, on ne peut pas imposer le champ, l’espace-temps propre au je, il se le doit à lui-même ; toute l’ambition cartésienne que de transformer la liberté en passion, il ne concevait pas que la liberté soit séparée du monde, du corps ou de la représentation, il n’y a rien d’idéaliste chez Descartes, ou dit autrement le sujet doit instancier sa propre puissance, sa potentialité, et ce en l’inscrivant dans son propre champ et ce lentement, et c’est bien le sens de la troisième substance « la seule réelle », les deux autres, l’esprit et le corps, étant des distinctions théoriques, de raison).

Étant entendu que si liberté il y a, elle est « tout », au sens où c’est par elle que le reste vaut (la peine), et que sans elle le reste peut bien être agréable mais non pas valoir en soi.

S’il n’est pas pris-dans la capacité de la liberté, le désir tombe vers le bas, échange ses finalités de structure pour celles de l’immédiat ; notamment en ceci que le mythe, le rêve de la satisfaction assurée, suppose que dans la réalité ou la vie l’objet correspond à notre attente ; qu’il est « naturel » donc. Alors que l’on a vu qu’il n’y a pour un être qui se constitue comme un champ (actif donc, et dont la passivité même est déjà une activité), rien de naturel. Tout est construit ; raison pour laquelle la faiblesse qui tombe vers le bas produit ses propres artefacts, ses folies, ses délires, ses rêves en ramassant toutes sortes de déterminations, mais en les composant comme de pseudo-nouveautés, des désirs au sens le plus largement partagé, compositions qui ne se retrouvent pas dans le règne naturel des vivants et obéissent à la détermination concoctée dans la résolution basse de notre réalité, suivant les lignes de signifiants, ceux qui coupent le corps vivant et incrustent de pseudo-résolutions de cette coupure ; on produit du fantasmatique afin de coudre notre être, ce qui ne se peut, ce qui est une hérésie.

Que le je dans le moi découvre son unité de structure (ce qui a débuté radicalement par Sartre, qui dépouille toute conscience de ses atours idéalistes), et que le moi de la psychanalyse réduit, opère la réduction de ce moi sur son versant fantasmatique ( admis comme plus réel que tout conscient ou représenté, et traitant donc de l’hontologie comme dit Lacan, la honte qu’est l’ontologie, bien que réservant à Descartes une notation spéciale ; ça n’est pas le « je pense » mais le « j’existe », étant entendu que cet existe est dans le réel, cad le signifiant coupant, qui seul a affaire au corps, au vivant et bien qu’il recule toujours constamment si on le poursuit), et ces deux opérations, sartrienne et lacanienne, reviennent à dénuder les fils du réel lui-même, là où ils se touchent pour ainsi dire ; comme je intentionnel (ni un ‘sujet’ idéel, ni une intention, mais un rapport intentionnel, qui signifie vers le Bout ou vers le Bord) et donc de possiblement dresser la logique actualisatrice de l’exister de mais aussi dans l’arc de conscience.

Tout se comporte, se dialectise comme un seul tenant d’articulation actualisatrice du pur et brut rapport, lui seul est vivant, ce qui veut dire existant.

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L’activisme de dieu

28 Août 2021, 08:49am

Publié par pascal doyelle

de la pensée, du christique, du sujet, de la révolution, du je, au choix.

La philosophie veut penser le monde, donné « là », et ce en passant-outre le groupe humain. Ce faisant elle tombe sur le monde tel que « là » - l’être - l’être est la constatation que le monde est, en dessous des contenus que nous produisons, que toute humanité, quelque groupe produisent. Et donc pour accéder à ce monde donné « là », il faut que chacun se convertisse (en oubliant son groupe originel et ses croyances, ce qui précipite la mort de Socrate) et admette en lui l’expérience universelle du donné « là » d’un monde.

Mais l’être est également ce dont il faut rendre compte ; soit donc en rendre compte mais dans un concept, une idée qui serait antérieure à l’être (ce qui deviendra de plus en plus difficile, dieu viendra à la rescousse dans la théologie, mais le Un de Plotin est quand même tout à fait fulgurant et autre, autre qu’une « idée », le Un est une surintentionalisation, voire une mystique ‘païenne’, et plus trop un savoir, mais pas une mystique vraiment). On ne peut pas dresser un horizon « derrière » l’être (ou une notion équivalente), puisque c’est ce par quoi on comprend tout le reste.

C’est pourtant ce qui arrive avec Descartes ; qui impose un dieu selon la perfection et non plus selon l’infini. L’infini peut être pensé, difficilement et à peu près mais pensé ; c’est une qualification universelle ; lorsque l’on traite dieu en tant qu’idée. Mais la perfection est d’un autre ordre ; en quoi l’intention de dieu est antérieure aux vérités ; il crée les vérités.

De là ou peut-être à rebours, Descartes n’identifie pas notre être comme pensée mais comme volonté, soit donc, dit autrement (et depuis que l’on a creusé cette idée de « volition »), soit donc notre être comme intention. On ne s’étonne plus seulement de penser et de comprendre des pensées, mais d’avoir conscience-de et notamment d’être le je que l’on est, et plus exactement que l’on ex-siste. Ce qui étend considérablement notre « être » et littéralement le crée, l’augmente dans toutes ses possibilités et capacités.

Et ce mouvement de preuve se fonde non sur une connaissance (métaphysique) mais sur une ontologie (sous-entendu l’épreuve de l’être ici même, cad l’exister, le je, qui est rapport lequel requiert qu’il soit « plein », pensé comme effectivement « ici » et donc la pensée de cet « ici »). Descartes ne connaît pas, il signifie. Et dieu lorsqu’il crée, il ne pas, il signifie ; c’est son Intention qui existe (et crée tout le reste, y compris notre être-de-signifiance, ce mouvement, et qu’il réclame qu’on lui rende gloire parce que, quand même, qu’il existe un être qui tienne de et par son Intention, un rapport donc, est tout à fait infiniment exceptionnel ; c’est même la plus grande exceptionnalité qui se puisse ; un être qui « n’est pas »).

ce qui s’impose, plus que la pensée et que l’être, c’est la signifiance ; soit donc la possibilité inscrire les réalités dans des signes. Et le bout du bout de tous les signes c’est un être doué ou doté d’une structure spécifique qu’il accompagne et surtout introduit ces signes (et les réalités) dans le rapport qu’il est.

Auparavant on saisissait telle ou telle identité, mais il s’agit dès lors de se saisir de l’intention que l’on est, et non plus même des idées et des représentations de monde qui s’unifiaient dans le gigantesque paramètre ou principe de « l’être » (et de ses substituts, qui ne manquent pas, puisque « l’être » est la distinction purement formelle, qui ne dit « rien ») ; rappelons que les grecs, en somme, prennent conscience que nous ne recevons pas le monde tel quel mais que nous produisons les contenus, lors même qu’il s’agit pour eux de découvrir l’ordre, déjà réel, du monde comme cosmos, il existe un contenu qui doit s’élaborer en et par chacun, empli alors de la-pensée ; c’est ce que veut dire l’universel ; que tous les rapports soient compris, que les rapports qui sont des idées soient significatifs et transparents parce que de la même nature que l’attention qu’on leur porte ; les idées ne sont pas des blocs clos mais des allées et venues, des avenues, des systèmes d’avenues qui cartographient tout le champ de perceptions, de ces perceptions qu’aucun groupe humain (en chacun son identité de partage de parole) ne percevait.

Dieu crée le monde.

Et on remonte dès lors encore plus en avant du monde, du donné, de la pensée et il s’avère que seul la conscience que l’on en a correspond à cette antériorité ; le christique ne réserve plus l’intention à dieu seul, mais à chacun. Et donc il nous désigne comme « frères » ou « fils de dieu », et lui-même Fils de l’homme.

Cette antériorité sépare la métaphysique (du discours grec) et l’ontologie qui désigne ici même le réel comme agissant ; en chaque je le réel se montre, de même que chacun parvient à positionner le réel. Et c’est bien à la réintroduction de dieu (que Descartes tire du faux pas théologique) que l’on assiste et donc à l’idée, devenue réelle et ici-même et maintenant, du sujet ; ce que Pascal exposera comme « le moi de Monsieur Descartes, créant du même coup qu’il existe des « mois » ; auparavant on n’en avait aucune idée, et donc le « moi » n’entrait dans aucune représentation, et n’établissait donc aucun système, ce qui veut dire aucune stratégie ; sinon sous des noms d’emprunt, par exemple l’agent actif ou passif intellectif, celui qui pense et dont l’être est bouleversé et modifié, de plein fouet certes, mais en se confondant dans une universalité ; à partir de Descartes il n’y a plus que des sujets.

De la réflexivité qui voulut prendre en tenaille la réalité dans l’unité de l’être (l’être tel quel, l’idée platonicienne, l’universalité d’Aristote, le un de Plotin, et les variations morales qui recherchaient la vérité de l’individu mais ne pouvaient pas écraser l’universel par une individualité effectivement positionnée dans le discours, puisque le je vient interrompre l’universalité, non vers le moins de l’arbitraire mais vers le plus d’une plus grande cohérence)

à la réflexivité du je sur sa position et donc une ontologie ; là où il existe, le je doit en saisir le réel, la carte.

Alors oui le sujet exprime l’exclusivité du sujet ; il existe, activement, le reste est, passivement (la nature selon Descartes). Et le sujet pense ce qui est.

Mais à quelles conditions ? Kant. Et comment a-t-il décrit jusque-là la réalité ? Hegel.

Ça n’est pas une idée qui se découvre mais une position et c’est cette position, qui est un état effectivement réel et consistant en lui-même, qui va dès lors mener l’interrogation non plus sur la pensée en mode objectif mais sur son être et sa situation en mode méta-objectif (du criticisme kantien à l’historicisme hégélien).

Sauf à comprendre que la structure du je lorsqu’elle sera parvenue à tout explorer de son déploiement, intentionnel, puisse se réorienter. Et on a vu qu’il fallait susciter un horizon qui comprenne le je.

Et il ne s’agit plus seulement de conditions intellectuelles, ou d’historicité notionnelle, mais des conditions existentielles a priori ; si le je se produit ici-même, où est-ce ? Quelle est la surface du réel sur laquelle le je mène son articulation, par laquelle il réfère, et réfère potentiellement tout, et à tout le moins réfère le rapport même (qui fait qu’il existe une « conscience », un rapport à soi qui s’introduit dans son propre rapport, qui doit situer existentiellement, cad ontologiquement le « ici-même, qui se nomme le présent soit donc l’exister en dessous de l’être).

Parce que le vrai, le bien et le beau pouvaient bien s’imposer tels quels, et constituer en eux-mêmes des idéaux, mais qui les comprenait ? Ils s’imposaient mais à partir de quoi et de qui et pour quoi ? Ils insistaient comme limites du monde, de la perception, des désirs, de l’humain, mais on ne les saisissait pas (ce qui n’empêchait nullement de créer quantité d’œuvres et de réalisations ; ces stratégies consistaient, pesaient et valaient en elles-mêmes).

Raison pour laquelle le vrai, le bien et le beau demeuraient extérieurs ; il fallut la révolution pour qu’universellement chacun soit soudainement convaincu, et partie prenante, de son existence en propre. Et répétant ce qu’auparavant le christique manifestait, sans vouloir convaincre autrement que par sa manifestation, ses signes en propre et que personne ni rien n’a évidemment jamais pu répéter aussi absolument.

Et une fois que chacun fut intégré dans le plan du réel, par la révolution, le vrai, le bien et le beau se « démocratisèrent », mais aussi s’est imposée la télévision et internet. Soit donc une représentation incomparablement plus précise et élargie de tout vrai, de tout bien et de toute beauté.

Au point que là pour le coup il faudrait un tout autre vocabulaire, une autre sorte de description qui puissent penser cet élargissement considérable de la conscience humaine et surtout et parce que personnalisante.

Or donc si on introduit le je, alors le vrai, le bien et le beau deviennent des fonctions du sujet ; ils ont pour finalité d’élever le moi vers le je (et d’abord remarquons-le de produire qu’il y ait, au minimum, un moi, afin que ce moi-même parvienne à (se) vouloir comme je; Nietzsche par ex est archétypiquement le je qui s’affirme comme je et plonge dans l’auto-affirmation, et donc comme Autre, selon la Volonté comme altérité, de même que Rimbaud, qui exhibe le « génie », l’autre absolu qui pénètre le monde, le vécu et transforme tout, renouvelle tout, ce que, déjà, encore plus archétypiquement signifiait le christique ; le moi, qui cible son je, ne peut se designer que comme autre, mais alors il y mêle l’imaginaire et commence de composer un monde, une vie à sa ressemblance supposée, ce qui ne vaut pas ; parce que le je n’est pas de l’ordre du monde ou du vécu.

Que le vrai, le bien et le beau soient à destination du je veut dire que le je supporte la difficulté ; il en est l’origine, mais aussi la cause. Dont on a dit déjà que par ces effets cette cause re-vient sur elle-même. Et se modifie, se perfectionne. Posant la question ; que peut-on vouloir ‘encore mieux’ et comment ? (Le moi remplaçant la qualité du je par la quantité, de désirs par ex ou d’images)

puisque comme l’implique Descartes, dieu, le réel ne s’indique pas selon son infinité universelle mais selon sa perfection ; la question étant de paramétrer cela même qui origine et cause nos intentions, ne un mot le perfectionnement de notre attention (ce à quoi est dévolue la Méthode et tout le reste quant même…).

C’est précisément cela que l’on recherchait (par la raison) puis par l’attention à « soi » ; l’introduction dans le champ intentionnel de l’intention elle-même (christique ou cartésienne, cartésienne ou phénoménologique, kantienne, hégélienne, sartrienne et lacanienne, bien sûr, le moi travaillé par et dans son « à quoi fais-je attention ? » ; on fait des conneries, disait Lacan, tout le temps).

 

Soit sur le mode de l’objet (métaphysique, d’un discours ciselé en cohérence, ou l’œuvre qui contient les intentions classiques sélectionnées, etc), soit sur le mode du sujet, ce qui occasionne une bien plus grande douleur, christique, que Descartes de par sa noblesse intime, transmute en « générosité », une sorte de positivité décidée et spontanée, tout à fait effarante, il postule pour le bienfait (et pour la médecine, soit dit en passant, la médecine pour toute l’espèce humaine, ou la technique pour faciliter le travail humain, tout ce qui se réalisera de fait) ; douleur et une infiniment plus grande possibilité (on a démultiplié quantité d’esthétiques) et donc par l’attention à soi, délimiter en quoi consiste le sujet permet de commencer de visualiser des tactiques et des stratégies, et ce dès la perception et l’affect et le sens intérieur et le corps extérieur lui-même (la preuve ; on consomme, on se nourrit bien sûr, mais on invente la mode, le système de toutes les modes possibles). Lorsque Descartes désigne l’étendue, il pré-voit la mathématisation du donné (ou inversement, peu importe). Lorsque Kant signifie le sujet (trdtal), il attend quotidiennement des nouvelles de la révolution française, de même que Hegel apercevant au coin de la rue son « alter-ego », Napoléon comme génie historique.

Que Descartes ou Kant ou Nietzsche initient une pensée décalée (hors de la métaphysique et théologie, et cette tendance est véritablement une tangente, physiquement, physiologiquement même, soit donc des humanisations divergentes et surtout finalement des personnalisations, parce que les humanisations s’échappant hors de l’universel classique aboutissent quand même à des totalitarismes, tandis que des personnalisations, qu’elles le veuillent ou le reconnaissent ou pas, contiennent au moins la liberté, de chacun) une pensée décalée veut dire que le réel s’introduit comme valant en et par lui-même ; ce qui veut dire que, oui, il est possible de conduire les conditions de possibilité du sujet, du je (que ce soit Kant ou Heidegger, Sartre ou Lacan) mais surtout que ce qui se montre, se montre, se dévoile, s’expose, se risque et s’investit réellement ce sont les flashs soudains de possibilité pures et surtout brutes (nous existons toujours historiquement et réellement à la limite, sur la barrière ultime du réel ; le réel est en lui-même non une platitude étale mais un extrémisme, un activisme, attendant toujours beaucoup plus de lui-même).

Cet investissement, ce surinvestissement paraît à vrai dire bien peu « philosophique », au sens de sagesse (ou de conformité à un cosmos ordonné). Au point que Descartes cherche à installer la signifiance dans le corps même, à la transposer ou transformer en passion. On a déjà parlé du christique comme expérimentation absolue, dernière, parfaite de la faiblesse même dont elle rend la conséquente possibilité ultime (à savoir que ça n’est jamais (jamais) perdu, ou que l’on est déjà sauvé, encore faut-il l’admettre, en soi-même, en ce soi-même à jamais Possible).

Mais la signification cartésienne ou la révolution ou l’œuvre (quelle qu’elle soit) sont sinon infinies en tous cas indéfiniment « là ». Puisque toutes ces extensions du réel du sujet rassemblent le donné, le vécu, le corps, la perception, la pensée ou les affects ; dont on a vu que Descartes s’approchait intimement et Lacan extimement ; les deux manifestant le dé-calage du je par rapport au moi, mais aussi le moi comme unique accès possible au je, ça ne pouvait tout simplement pas arriver dans le régime métaphysique de la pensée grecque ou de la théologie de la pensée de dieu, dont on vient de dire que dieu, pour Descartes, ne « pense » pas ; il crée la pensée, et donc en ce cas quelle est son « activité » ?

Les implications d’une œuvre, d’un récit, d’une image non seulement celles créés pour nos siècles sont bien plus éprouvantes individuellement que les règles du vrai, du bien et du beau. Parce que la signifiance est tout à fait autre, et ce en toute cette typologie que nous nommons « oeuvre » qui suppose qu’il n’y a plus de groupe unifié, mais déjà une séparation.

Cest dans le pli lui-même, celui qui crée qu’une réalité il y a, ou, pour nous, que nous puissions être, sous la formule exclusive de l’ex-sister, et comme tel, en tant que mouvement brut, ce sera toujours comme chaque fois un soudain projet, un projet inventé, créé, et ce en suivant bien que le Créé est le sens même de l’exister ; rien n’existe qui ne se crée. Suivant en cela, si l’on est croyant, la volonté, l’intention de dieu et tout autant sinon beaucoup plus celle du christique ; à savoir qu’il faudra créer le monde humanisé puis personnalisé (sans penser qu’il se réalise parfaitement, puisque la perfectibilité est renvoyée « au-delà » du cercle du monde, selon un Autrement Existant). Et tout entièrement embarquant l’humanisation et la personnalisation ; puisque cette fois (à contrario de la métaphysique) nous partons de l’antérieur à toute réalité et réalisation. Et donc se produira un monde entièrement nouveau ; celui du 19éme et 20éme.

Et si le monde du 19éme et 20éme débordent dans tous les sens (d’expérimentations de toutes les sortes d’organisations possibles, à partir de l’humanisation et selon diverses Constitutionnalités des sociétés humaines, les pires et les meilleurs), il est clair que la prolifération des personnalisations est gigantesque ; puisque le moi est le creuset (outre la disposition ontologico-politique générale, le cadre instancié historique).

Prolixité des personnalisations, parce que le signifiant est absolument libre, libéré. Ce par quoi, enfin, il devra se juger. Non pas être jugé, mais se juger de par soi, par dieu, la vérité, la liberté et l’égalité, le réel et l’attente du réel, le réel en vue de l’attente que l’on en a eu, que l’on en aura. Qu’attendait-on de la vie ?

L’ensemble, tout l’ensemble est un mouvement complet, total, qui part dans tous les sens accessibles, puisqu’il ne s’agit pas d’abord de la « pensée » (qui se référerait à un ordre, du cosmos) mais à une signifiance qui s’infiltre partout et se glisse en elle-même, dans la suite, les suites, indéfinies en nombre, du défilement des signifiants ; lesquels repèrent l’arbitraire et les immédiatetés, mais aussi les réalités et les pensées, les maths et les idéologies, et finalement signalent le-réel, ce qui veut dire sa propre position à la surface de ce qui paraît ou du lieu et du temps sur lesquels tout paraît, et fait retour, puisque le propre d’une « réalité » est que justement elle se voit elle-même, et donc se construit, sur cette visibilité même, en cela tout est révélation, non pas dans l’égocentrisme ou la tautologie mais dans et par l’altérité ; ce qui veut dire que la forme qui entoure la, les réalités, les réalisations, humaines en l’occurrence, promeut l’altérité, et ce non par accident ou secondairement, mais premièrement et crée qu’il y ait multiplicités et réalités, et finalement « des sujets » qui chacun se réfère à soi, et à soi en tant qu’autre que soi, sinon ce serait une image, ou une idée ; c’est uniquement si et parce que c’est un rapport et qu’il manque toujours l’autre partie, que cela vit, le Vivant, christique. La pensée, celle effectivement agissante (et non celle qui réifie) ou l’œuvre, qui transforme le regard qui s’y aventure, qu’elle soit esthétique ou éthique ou politique, etc, sont Vivantes en ce sens là ; non pas seulement vivantes du biologique, mais Existantes, quoi que précisément un je n’est possible qu’en un moi et un moi en un corps.

Le vivant biologique est emporté dans une qualification bien plus grande que la sienne propre, la structure s’en est emparée (mais de même que tout vivant signifie son milieu ou que toute réalité matérielle se distingue comme temps et espace puis dans sa détermination spéciale d’énergie matérialisée).

Si l’homme est semblablement à dieu (Descartes ; la volonté comme sceau de dieu en nous, à la ressemblance, c’est par là que nous existons, « volonté » qui doit s’entendre comme intention, intentionnalité, attention à ce que l’on pense ou décide), et si dieu ne pense pas (ou n’est pas en lui-même « de la pensée », mais autrement) alors nous sommes nous-mêmes tout à fait selon cet autrement réel ; et le but, la finalité de ce que l’on dit, ici, c’est le moyen, pour chacun, en son intime extime, de récupérer son historicité, et de saisir que de toute manière chacun est déjà inclus dans cette historicité, cette expérimentation gigantesque, dont chacun obtient tous les rassemblements, des rapports, les connaissances ou le œuvres ou les révolutions qu’il veut, qu’il peut ; et que par là chacun soit en mesure de commencer de saisir par où et comment, lui, chacun, s’inclut dans le réel. On a dit que c’était, cette articulation, la manière de lancer des signes, la signifiance, et la véritable identité structurelle indéterminée qui possède chacun, dont chaque arc de conscience active la capacité, la possibilité.

Rappelons que chaque personnalisation, chaque moi-même recèle, sous la surface de sa manifestation, l’articulation selon le je, miroir du miroir qu’est la structure-sujet (celle qui se modifie en percevant). L’intime est le propre du moi, intimité qui recule indéfiniment et fut créée par la rupture que le signifiant (cad un autre-regard, un point de vue autre sur « soi », qui crée ce soi), et l’extime est la dé-libération du regard, tout est externe bien qu’unifié par le je ou le sujet du je, qui « est-pardonné » et donc s’accorde avec ses égarements ou ses images ou ses coinçages.

Sartre et Lacan analysent, cartographient l’articulation, la signifiance en acte, cette charnière origine, cause du réel (ne préjugeant plus selon la métaphysique, dont Descartes nous a déjà éloignés, mais ni des idéalismes de Kant, Hegel ou Husserl, ou des imaginations de Nietzsche ou Heidegger). Analysent strictement et d’un très bel ensemble.

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Le corps au-devant

21 Août 2021, 08:26am

Publié par pascal doyelle

Celui qui ex-siste

Que le sujet ne soit pas une substance et que la preuve cartésienne soit un fait, absolu et formel, veut dire que l’on a atteint le niveau interne du réel, celui qui précède la réflexivité qui établissait un discours et que, donc, depuis René nous agissons sur l’antériorité du monde ou du vécu ou de notre être ; par quoi notre être n’est pas un être (déterminé, dans le monde) mais une structure (qui produit sa propre surface, celle créée par le champ intentionnel, de signes et de perceptions).

Depuis Descartes nous décrivons non plus métaphysiquement le donné (à quoi se référait la philosophie en tant que métaphysique, discours cohérent en lui-même et usant de la réflexivité afin de faire-retour en tant que cohérence du discours) mais que nous décrivons ontologiquement le réel, dont la réflexivité est utilisée afin d’explorer cet être qui est une structure, qui n’est pas déterminé mais indéterminé et qui donc cartographie cette indétermination.

Aussi Descartes n’est-il pas du tout concerné par la critique métaphysique qu’on lui adresse habituellement (voir Marion, qui tire suffisamment au clair toutes ces problématiques), puisqu’il manifeste, exhibe, explore et expose une structure unilatérale ; il ne crée pas le « sujet » comme si il s’agissait d’une idée, il donne à voir cet être tel qu’il est, cad tel qu’il ex-siste.

Structure unilatérale puisqu’il n’en est aucune autre ; toute conscience est structurée … comme une conscience. Aussi l’instanciation en chacun (quel qu’il soit) de cette activité de conscience (par quoi il existe tous les champs intentionnels que l’on voudra) est exclusive.

Et donc ça n’est pas rabattre la pensée dans le « subjectif » puisque cela signifie que chacun est déjà toujours au Bord de la réalité (et donc prenant appui dans le réel pur et brut, le réel pur et brut entourant la, les réalités, les mondes, l’univers ou les univers, sous cet arc du présent absolu parce que formel), mais au contraire cela veut dire que chacun est déjà toujours tout-en-haut. On se tient du christique, de l’universel, de la révolution ou du sujet (de tout récit par ex) et ensuite on dénivelle vers plus ou moins de subjectivités au sens habituel, d’immédiatetés et d’effets, en se rattachant, au pire, de moins en moins à la cause ; par ex de citoyen on rétrograde en moi, puis en moi-même, et en moi-même embarrassé, angoissé, dépressif, etc ; et ce pourtant sans jamais que soit perdu la cause même, le je, le sujet, puisque comme chacun sait depuis le christ ; nous sommes toujours-déjà sauvés. Ou toujours-déjà et encore libres (Sartre).

Évidemment pour ceux qui s’empresseraient de monter dans les tours, ça ne signifie pas que l’on peut tout. Qui a jamais pensé cela ? D’une part puisque nous sommes si constamment déterminés (cad emplis de déterminations) mais aussi, d’autre part, parce que la structure de liberté est assujettie, au sens absolu et formelle ; elle est sa propre loi mais elle est cette loi (et non n’importe quoi d’arbitraire; elle assume mais également assure cette cohérence). Quant aux déterminations, donc, l’arc de conscience crée un champ intentionnel (qui reprend tout ce qu’il trouve, ce corps par ex, ce passé, cet héritage culturel, etc) et l’arc se situe au Bout du champ ; dans l’actualisation, continuelle, il existe un horizon, c’est à partir de lui qu’il y a mouvement, l’horizon est entièrement mouvement et la seule consistance est celle du mouvement (et non de l’être, de l’universel, de la pensée, et dieu lui-même est, en ce sens, si l’on y croit, le mouvement des mouvements, ou le système des libertés).

C’est bien pour cela que l’on ne sait pas saisir dieu, la pensée ou l’être ou le sujet ; ce sont eux qui se saisissent de nous.

Et puisque nous sommes passés dans l’ontologie, laquelle existe ici même, alors il faut dire que l’on suppose le transcendant et que le transcendant ne néglige certes pas toute l’immanence. Ce sont les effets de la cause. Et c’est bien la nature même du transcendant, qui ne s’offense pas d’exister, qui est interrogée ; si il n’existait pas ici même, d’une manière spécifique, nous n’en aurions pas du tout l’idée. Non seulement nulle part visible mais nulle part entendable, cad signifiant.

L’impossibilité de la philosophie de saisir l’individualité, réelle, du sujet est assez déroutante mais en même temps comment parler universellement du sujet qui est un je et donc singulier ?

On prétend donc que la forme « sujet », qui pour nous dans notre monde, notre vie, se donne comme un je, et qui plus loin se suppose comme « structure-sujet » (dieu par ex ou le sujet historiquement apparu (Descartes, Kant, etc) ou la fonction-réel de la réalité, ou la dimensionnalité, tel que l’on va voir) existe et que si elle existe alors cette forme est cela même et cela seul qui existe.

Voici donc le problème ; si on introduit la logique du sujet, alors il dévore tout. Ce qui signifie qu’il performe. Une définition d’objet, lors même de son objectivité, de sa cohérence et de son adéquation (de sa vérité donc) ne parvient en aucune manière jusqu’à la subtilité et la labilité du je. Le je dispose de ceci qu’il peut en concluant se modifier et revenir de cette conclusion à sa proposition initiale et la transformer ; rendant accessible une nouvelle conclusion (ce qui se désignait comme dialectique); bref le sujet est cela qui se modifie, qui n’est pas ce qu’il est.

Sans doute il ne tombe sous nos yeux et nos technologies (y compris philosophique) que des choses, des choses déterminées ou des objets re-construits, qui ne sont que relativement à leurs déterminations (une abeille n’est pas une guêpe). Et on s’en tient là si l’on ne saisit pas que toute réalité est prise dans une structure qui n’est nulle part une détermination ; à savoir le présent. Non le présent de passé-présent-avenir mais le présent qui se tient sous le temps ; soit donc l’exister.

L’exister est la forme des réalités (forme indépendante de toutes les réalités, de tous les univers, si il y a lieu) et présent qui déroule tout ce qui est, fut, sera.

De même l’arc de conscience existe indépendamment de ses contenus.

Le présent est le Bord du monde (qui autrement n’en a probablement pas ; nous parions pour un univers infini ; l’infini n’est plus, ici, la qualification limite, mais est tout à fait relatif à un fait absolu, l’exister, de même qu’autrefois ici et là on nommait dieu au-delà de l’être, puisque l’on voyait bien, quand même, que dieu, en tant qu’intention, ne pouvait pas se limiter à une volonté particulière ou universelle cad une volonté déterminée, mais demeurait en sa structure Indéterminé et portant le-plus-réel).

Par ailleurs il faudrait s'attacher à mesurer la grandeur du réel, de ce fait absolu qu'est le réel, mais cela est l’objet habituel de toute conscience de soi, du monde, d’autrui, des réalités ou donc du réel même ; on voudrait connaître l’ampleur de cet angle d’attaque, le coefficient de pénétration de l’arc de conscience dans le cercle du réel. Et ce non pas avec un double décimètre mais parce que le réel est une articulation, qui consiste en ce présent, jointure de toutes les fonctions, qui déroule toutes les réalités, cinquième dimension (en sus des trois d'espace et de celle du temps), et puisque c'est une articulation, la conscience, le signe peuvent y pénétrer et en mesurer l'écart.

C’est la finalité de toute attention au réel, or chacun n’y manque pas ; la différence entre l’intention et le réel effectif est partout constamment cela qui inquiète ; lorsque l’on désire, l’objet correspondra-t-il à l’attente ? La révolution aboutira-t-elle à son effectivité organisationnelle ? La théorie est-elle adéquate à la réalité observée ?

Puisqu’il n’est pas (ou plus) un ordre préséant, chaque intention, intentionnalité se détache singulièrement et veut atteindre à son résultat. Et de toute évidence il y eut quantité de résultats, d’effets bien concrets et organisés.

L’ordre adéquat valait bien dans le groupe total ; lorsque la parole partagée manifestait le monde et l’inverse, et que le sacré occupait quelques lieux et temporalités enroulant la réalité et le vécu collectif du groupe, celui-ci faisant office de vérité, sans que « vérité » soit détachable, comme il vint ensuite, soit pour imposer dans le groupe, grec, une vérité objectivable (en discours ordonnés et expérimentaux ; la pensée est expérimentale depuis le début, on perçoit ses effets, inattendus), soit pour explorer le possible d’une conscience individuelle (promise à l’infini de son intention, relevé dans et par l’intention divine, et non plus sacrée, divine cad hors du monde mais aussi hors de la vie vécue, puisqu’alors on ne coïncide plus avec ‘soi’).

Hegel sans doute reconnaît en Descartes qu’enfin la pensée devient sujet. Mais ce faisant il transforme (comme les allemands en général) le dit sujet en tant qu’absolu et glisse alors de la compréhension du sujet à la pensée de l’absolu (qui offrira diverses interprétations plus ou moins vagues ou précises ; chez Hegel lui-même, sans doute le système regroupe tous les systèmes très précisément localisés dans une phénoménologie généralisée, mais ce même esprit est plutôt formel et même vide, ramené à une logique, dialectique, à partir de la ‘conscience’ comme négativité qui renvoie constamment à l’horizon toute notion,).

Le sujet en lui-même semble bien abstrait et n’occupait somme toute que la position de l’unité, transcendantale (Kant) ou phénoménologique (Husserl) ou enfin le le « je » sartrien, dont on se demande en quoi il consiste puisqu’il bascule soit dans le donné et l’empirie (la perception) soit dans le je universel, le champ de conscience (le moi résiduel placé lui-même dans le champ et non pas en tant que singularité).

On contourne, on bifurque, on fait semblant, on évite en somme d’affronter le sujet tel quel, en raison précisément de son unité absolue en ce qu’il constitue la fondation de tout. On saisit bien ce que c’est que l’universel, permettant de gloser invariablement, mais le sujet, le je on ne voit pas comment le distinguer.

On a vu comment.

À savoir que si il y a un sujet alors il est le centre du monde. Le centre de tout. Et à moins de se perdre dans un égocentrisme, on dira donc qu’il est, lui, le sujet tel qu’on le connaît, une des versions possibles du sujet-structure. En raison, à la base, de ceci que si quelque chose doit arriver dans la réalité, dans un monde, dans un univers, donné tel que celui-ci ou d’autres, cet être qui est à lui-même le rapport qu’il est, est précisément la raison d’être de tout ; qu’il y ait au moins un être qui soit un rapport, lequel rapport est seul en mesure d’assumer la Possibilité. Un rapport peut se modifier lui-même. Un être, donné, déterminé, serait-il une pensée, non. Aussi se perd-on en diverses incompréhensibilités lorsque l’on voudrait conférer à l’être une infinité ; ce qui est est infini, en tant qu’infini ne peut pas être déterminé. Et donc il est le possible, en acte.

Mais si il est le possible, il ne cessera pas.

Il ne cesse jamais, il renouvelle non pas ceci ou cela (de déterminé, qui disparaît de toute manière, c’est dans sa rature même) mais il renouvelle la possibilité même ; le réel est le possible de la possibilité.

Ce qui est une nouvelle preuve de dieu, si l’on veut. Ou plus exactement de « cela » que l’on a nommé, désigné comme dieu. Dont on ne décide pas ici, balançant entre ce possible en acte pur et brut en tant que fonctionnalité absolue du réel ou en tant que dimension formelle, auquel cas on peut signifier véritablement le divin.

La différence est que tout est relatif à la fonction « réel » ou que tout existe dans une cinquième dimension, celle du présent, de l’exister et de l’acte-structure-sujet. Dans tous les cas le rapport unique se déploie, se divise en une infinité de rapports, une infinité de vagues de réalités. Le réel qui est formel, peut non seulement tout à fait se démultiplier, mais aussi c’est sa nature même ; le rapport en tant que tel est le possible, il réalise tout le possible.

On reviendra sur la source même ; à savoir que tout est en acte. C’est l’acte qui compte. Le reste, cad tout, ce sont les effets. Il est ainsi question de se localiser dans l’acte même.

C’est pour cela (que tout soit effets) que l’on ne peut pas saisir le monde, ou la vie, la vie vécue, et qu’ils nous filent entre les doigts. Et c’est pour cela, dans l’autre sens,

 

Alors il se trouve qu’Heidegger a reposé la question de l’être. De l’être en tant qu’être. Et plutôt que de remplir aussitôt le contenant « être » par un contenu, il laisse l’être tel quel, là, au-devant, et insinue qu’il est le néant ; ou plus exactement le rien. Le rien c’est la prononciation du néant. Si l’on prononce « le néant » cela signifie « le rien du tout ». Mais si il dit « le rien » c’est une proposition ; une idée ; et cette idée est une ouverture. Ce que l’on veut dire c’est que ce qui est appelé, nommé, supposé c’est le vide qui interroge, et qui ouvre grand la conscience ou donc l’écrase. Il revient à l’Être d’annihiler par sa grandeur et son vide la conscience qui, par là, croit s’évaser au plus haut degré ; anéantissant tous les contenus et y compris notre identité, de moi ou philosophiquement de sujet.

Ça n’est pas du tout ce que, par exemple et par opposition, demande dieu. Dieu ne nous oblige pas à nous écraser, mais au contraire à nous relever, juif, ou à nous élever, le christique. Relever par la Loi, élever par l’Intention.

L’Être à l’inverse envahit et ne donne rien en échange. Il est sans mesure, et on ne sait pas ce qu’il veut, il ne le dit pas, il ne communique pas. L’Être au sens de H est fondamentalement non humain. C’est pour cela qu’il s’annonce par l’angoisse, la destruction mentale du moi, qu’il balaie notre réalité dans ce gouffre de l’être-le-là. L’acte de conscience est happé par le « là » de l’être derrière les choses et les autres et au-dessous du moi-même ; qu’il efface par la mort. Le « plus grand destin » tel qu’il est désigné par Heidegger est l’abnégation, la soumission à la vérité de l’Être qui ne nous fait signe que dans l’effacement. La description heideggerienne de notre être est le moyen de le dissoudre, de l’annuler afin que seul le grand destin s’impose. Ce que Nietzsche imaginait pour l’individualité, Heidegger le veut pour tout ce qui est, toutes les réalités qui seront fondues dans une unité de « sens ».

L’intuition est tout à fait juste que l’être est plus grand que les étants, et il peut paraître trop usé que cette ampleur puisse se désigner comme étant dieu ; sauf que l’on n’a jamais fait plus précis et plus significatif ; si cette idée ‘dieu’ s’est imposée partout c’est que justement elle remplit adéquatement son rôle, accomplit sa signification.

Il faut comprendre que Heidegger veut contrer dieu. Qui lui semble trop humain d’une part et d’autre part philosophiquement figé, comme Gros Étant de tous les étants donnés là. Dont il isole le « là », comme contenant (vide) de tous les contenus (les réalités). Il inique presque le temps et il perçoit qu’il est à-venir. Lequel suspend la réalité vers le possible. Qu’il fixe en tant que sens de l’Être.

C’est la difficulté lorsque l’on en reste à l’idéal grec, pour qui l’idéel se présentait comme l’effectivement perceptible monde donné là. Et que l’on n’est pas passé par-dessus par et vers le christique. Qui au lieu d’un monde ordonné en tant que cosmos, admet le monde comme création et surélève la problématique au niveau de l’intention ; par quoi il ne faut pas entendre qu’il s’agisse d’une subjectivité opposée à l’objectivité des grecs, mais bien ceci que l’intention est elle-même bien plus objective et plus réelle.

La preuve en est qu’elle va mettre les vingt siècles suivants en œuvre une bien plus profonde et grand élaboration.

À savoir donc qu’il est incomparablement, incommensurablement plus difficile d’énoncer la capacité du sujet que de détourer l’objet. Et ce non seulement de ce que la complexité mise en œuvre est plus conséquente mais bien que cette « subjet-ivité » doit s’éprouver elle-même, constituer sa propre éprouve et son infinie difficulté.

Lorsque l'on est passé de la pensée grecque (ou romaine) au christique

la déflagration fut telle que nous ne nous en sommes pas du tout remis.

Ce qui veut dire que la philosophie (même théologique et scolastique moyennant quelques aménagements) demeura dans l'incapacité de penser l'événement absolu de la subjectivité.

Entendant par là que l'on est passé du monde-cosmos ordonné des grecs au monde créé par le divin, le un tout-autre, certes,

mais également qu'il y eut cette verticalité insondable du sujet.

Or donc il fallut attendre Descartes (et quelques français auparavant, dont Montaigne, et puis Pascal, le deuxième cartésien devant l'éternel)

pour que s'introduise (masqué peut-être) une sur-cohérence ; parce que le sujet dresse ou oblige à dresser une impérieuse cohérence bien plus vaste que celle requise par l'ordre cosmos des grecs.

Cette verticalité et son élaboration (qui prirent donc la suite des 20 siècles conséquents) exige un tissage d'un nombre incalculable de rapports ; au rapport universel objectif des grecs ( sans lequel idéal de savoir la pensée ni les sciences du reste n'existeraient pas, celle de l'objet cohérent en soi, dont les mathématiques, science du rapport pur)

ua rapport objectif donc devait succéder l'architecture absolue et formelle des intentions du sujet.

Le christique interroge ; que voulez-vous vraiment ? Insistant bien sur le "vraiment".

et ensuite de cette intention, inquiète, purent se déployer les intentionnalités ; les petites et les grandes volontés, soit donc les stratégies énormes et surtout cette position du sujet ne peut pas s'effectuer objectivement mais selon le sujet que l'on existe ; il faut l’éprouver. Et effectivement toute notre historicité s’initie de celui-là qui a éprouvé non seulement la difficulté mais l'horreur ; cette épreuve (l’archétype de cette épreuve) s’initie du un tout-seul crucifié.

Rien n'est au hasard.

 

Rien n’est arrivé au hasard puisque tout est pris dans le champ de conscience, cet arc qui prend levier de l’horizon réel donné « là ». Non pas qui prend appui sur le présent actuel, ou donc le réel, ni le christique sur la révolution qui viendra 18 siècles plus tard, ni la pensée grecque sur les sciences qui s’initieront bien plus tard. Il n’y a pas de projet prédestiné. Mais il existe très simplement le rapport de l’arc de conscience à lui-même qui intuitionne non les développements futurs mais la logique de sa structure, parce que c’est un rapport et donc il « se voit ». Et qui devait absolument formellement prendre nom de « vérité ». vérité veut dire « qui correspond au réel ». et lorsque Platon dépasse toute mise en forme culturelle selon tel ou tel groupe (en l’occurrence les grecs) vers la pensée, la raison, la cohérence d’intentionnalités (qui se nomment « idées ») il expérimente ce qui vient à chacun lorsque ce chacun pense, et la « pensée » cad l’ensemble des systèmes qui sont nés, formulent l’ensemble des systèmes qui nous sont accessibles de mises en forme intentionnelles ; il en apparaît plusieurs (au fil du temps, de l’expérimentation) puisque la forge de tout système ne tient pas du tout dans tel ou tel, ni dans un système de systèmes, mais dans l’arc de conscience qui est, précisément, cela même, qui rend possible la cohérence des pensées et aussi bien se plier à la dureté du logos pensé équivaut à se plier à une solidité réelle, et introduira aux sciences qui se vérifient par cette extériorité du monde, des choses, de même que l’idée ou le raisonnement sont, se tiennent extérieurement.

Et pareillement il faut comprendre que les formules de je, les diverses sortes de je, de conscience, obtiennent elles aussi des degrés de cohérence intentionnelle ; le christique, Descartes, la révolution, Rimbaud ou Nietzsche ou Sartre et Lacan forment des unités intentionnelles singulières parce que le réel est l’expérience singulière elle-même.

Et il n’y en a pas d’autre. Pas d’autres, comme, par exemple, on pourrait admettre la pluralité des systèmes d’idées ; lorsque l’on atteint le singulier (comme Plotin qui conclut la pensée universelle grecque et le cosmos selon le Un) il n’y a plus d’arrière-fond. Parce que le sujet, le singulier est cela qui se tient soi de soi-même ; c’est un rapport (je suis je) et qu’alors il peut, il doit, il se modifiera de toute manière, de par son autonomie. Aucune ré-expression ne « copiera » ; relancer un platonisme n’est plus du tout signifier comme Platon, si on relance Descartes on devient Kant ; une théologie qui singerait la scolastique garderait quoi qu’elle en veuille l’esprit de son temps actuel ; le singulier ne peut et ne fait qu’inventer constamment. Seuls les mondes particuliers tentaient de préserver au mot prés, (leur réel trésor), la tradition.

Et de même si l’on définit le ‘je’ comme ceci ou cela, aucune de ces définitions ne remontera dans le rapport qui définit. Tout contenu de conscience suppose ce rapport de conscience, cad ce rapport qu’est une ‘conscience’ ; ça n’est pas ceci (jean-pierre) qui est en rapport avec lui-même (qu’il soit jean-pierre, un corps, un passé et un vécu, un projet, une âme ou un agent intellectif passif ou actif) mais c’est tout cela qui est pris dans le rapport qui rend tout le reste possible. Descartes ne définit pas du tout le je en tant que substance ; sinon pour répondre aux objections et utiliser ces notions anciennes comme illustrations, même si il n’a pas encore les désignations qui viendront, bien plus tard (Husserl ou même Hegel ou encore Kant et le transcendantal).

Pareillement le ‘je suis je’ n’est pas une sorte de tautologie égocentrée, puisque cette proposition expose que le-dit je est plus grand ou autre que tout contenu et donc capable de toute objectivité ou toute subjectivité ; le seul rapport qu’entretienne le je est dieu ; l’infini, la perfection ou la perfectibilité infinie.

Qu’il soit plus grand, oui, qu’il soit « autre » est évidemment la question formelle absolue ; de quelle altérité ? Structure dialectique hégélienne, transcendantal kantien ou husserlien, Volonté nietzschéenne, être-le-là heideggerien, sujet sartrien ou lacanien ? Tous sont au moins d’accord sur une approche ; ça ne sera pas « humain » ou « mondain » (étant entendu que le monde n’apparaît pas tel quel mais dans et par notre activité, même les « sujets » marxien ou freudien relèvent de l’altérité, puisque depuis Descartes nous sommes déjetés hors. Hors de quoi ? Hors de tout), ni définissable aisément.

Donc il fallait qu’il y ait Sartre et Lacan pour délimiter, littéralement, cad physiquement ou physiologiquement pour ainsi dire, le « lieu », bizarre ou étrange ou mystérieux, le « là » où il existe. Heidegger prend l’ampleur du « là » au sens de l’ouverture de l’Être ; qui dépossède, vraiment, le moi ou l’humain, et le jette dans le « divin inhumain », pour lui ce sera le peuple, allemand en l’occurrence ou le langage, comme altérité, parole de l’Être, « poétique » ; pour Badiou ce sera l’universel abstrait, qui dépossède tout autant le moi ; et les deux qui annulent ou subsument le sujet, pas ici ; le sujet est ici absolu, formellement, cela même et cela seul qui existe parce que lui seul ex-siste, il se tient du rapport qui rend tous les rapports possibles.

Et ce rapport est le seul qui ait accès au rapport qu’il ex-siste ; qu’il soit ouvert en dedans (et absolument ouvert puisqu’il ne contient rien, il produit des contenus, dans les champs intentionnels, mais n’est rien en lui-même), pose la question de sa nature même, de « ce que » il est, entendant par là qu’il n’est précisément pas, mais qu’il existe.

Et c’est même ce tourment, ou cette extase, ou donc cette Possibilité intrinsèque, interne (de cet absolument externe), cet invraisemblable décalage, qui n’est ni humain ni naturel, qui ne peut pas plus se passer de la liberté comme capacité fondamentale que de la vérité comme impératif de se tenir de plus grand que lui, dieu, le réel, l’universel donc, l’historicité, la réalisation effective, l’effectivité des effets (qui n’en restent pas au rêve), et donc, comme on l’a vu, décalé ; par quoi le je sort de lui-même et qu’il se crée en tant que je de cette sortie même. Assumant donc la méta-objectivité. Qu’il vienne par et en un corps ne l’empêche nullement de sortir de la structure qu’il est, et que donc il ex-siste : que donc le rapport à partir du moment, de l’instant, du présent, de l’actualité de son apparaître naît.

Cette naissance est de fait absolue ; ce qui est en tant que rapport naît de son rapport. On a vu que la psychanalyse nous apprend que c’est un déchirement (la séparation que le signifiant ou dont le signifiant est le signe, qui coupe le corps, vivant, en deux, de ce qu’il se perçoit, lui qui est vivant et un, du dehors, et qui le torture, littéralement, d’une incompréhensibilité totale ; un corps vivant ne peut pas comprendre cette extériorité de lui-même). Mais c’est justement ce rapport qui est déplié, puisqu’il est lui-même, structurellement, un pli, un mouvement, une vague à la surface du réel (du réel, non pas du monde ou de la réalité, mondes et réalités se situent entre les vagues).

De notre point de vue ce qui existe vraiment c’est ce qui crée la, les réalités ; qui toutes se tiennent dans le mouvement ; il n’existe rien que le mouvement, la question étant ; en quoi consiste-t-il ? Et jusqu’où se meut-il ?

Et c’est spécialement un corps que crée l’actualité absolue, formelle, du champ intentionnel. Un nouveau corps. Situé au-devant. Un corps créé du champ intentionnel.

Dans l’actualité et l’actualisation, en quoi consiste le réel en tant que mouvement brut, se tisse un corps, perçu du devant. Lequel corps est tiré par un fil, celui qui le coupe de haut en bas, sans reste. Mais nous croyons résider dans un reste, quelconque.

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La grandeur du réel

14 Août 2021, 08:51am

Publié par pascal doyelle

Dont on accordera qu’il est en soi logique que le possible soit effectivement plus grand que lui-même. De ce qu’il faut, quoi qu’il en soit du chemin, le tenir jusqu’au bout (évidemment dans des limites moralement assurées).

C’est que Descartes sait ce dont il parle ; que le dessin d’une intentionnalité est son dessein, ou son destin. Il y a une confiance souveraine dans l’intention que l’on a. Cette intention on l’a, on ne l’est pas. On peut l’observer du dehors, et ce qui vaut pour cette immense entreprise (refonder la philosophie et annuler toute la scolastique, théologie, métaphysique et ontologie de l’être, qui transformait la réalité en discours, cad en connaissance « objective » et objective est entre guillemets non pour la moquer mais bien parce qu’auparavant la cohérence du discours faisait fonction de, réelle, connaissance, développée sur l’Aristote et le Platon),

ce qui vaut pour cette entreprise cartésienne (il ne doute pas seulement, il ne trouve pas seulement la jointure, du réel et du je, il veut créer l’arbre total, ce qui sera plus tard les champs intentionnels),

vaut également pour la transformation de la conscience que l’on est en conscience(s) que l’on a. Le principe consistant en la liberté, telle quelle. Et présuppose donc cette distance.

La distance (qui consiste à se regarder vivre) est le plan, la planification (si l’on peut dire) cachée par-dessous et qui n’est pas clairement énoncée, sauf qu’elle emplit tout le champ du possible de cette entreprise ; qui ne tient pas seulement à une nouvelle logique de la philosophie mais à une nouvelle logique du sujet et comme le sujet ne fut jamais présenté, à la nouvelle logique du sujet même ; qui sera imitée de nombreuses fois, mais jamais égalée. On veut dire que le sujet (le seul et unique) est ici même, par René, exposé et orienté bien comme il faut ; on retrouvera des variations mais la clarté de l’exposition du sujet tel qu’il est (cad tel qu’il existe) est absolument, formellement instanciée.

Cette distance interne est également la bizarre impossibilité pour le moi d’être qui il est et ainsi de sa névrose lorsqu’il ne joint pas l’utile à l’agréable pour ainsi dire et que son inadéquation le gène, le trouble ou l’empêche de (se) vivre ; la distance est ce qui rend possible que l’on soit, un moi, autre que soi, par quoi il y a un « soi-même » ; nous sommes pas, nous existons, dans un rapport et donc également dans un rapport aux autres, Sartre en établit les cartes diverses et variées, mais Lacan aussi, qui creuse plus loin dans la coupure entre le moi et lui-même, ce que le moi ne comprend pas, ne peut pas comprendre ; il est imaginairement Un mais dans le réel il est coupé).

La distance donc est cela même qu’il faut déployer, déplier, et de là que l’on parvienne à cet Acte, cette activité incessante d’intentionnalisation, qui ouvre des champs, et à la compréhension de l’ouverture des champs (le poète qui voue sa vie et sa folie et son malheur à ce champ absolu, formel, de la poésie, mais aussi le moi qui produit au-devant de lui-même ou dans le regard d’autrui ou dans le regard des images, qui nous voient plus que l’inverse, et le moi qui s’auto-perçoit dans le regard de son tomber-amoureux, dont chacun sait à quel point cette expérience est difficile, étrange puisque l’on ne comprend pas ce qu’est le regard, ce qui signifie l’intention, l’intentionnalisation, le point de constitution du sujet ; le sujet-structurel étant la formule même qui enclenche tout ce que l’on perçoit, ressent, imagine, pense, représente, etc).

Mais si on déploie la distance alors on change le moi. De là qu’il devait se transmuer selon dieu, en l’universel (la pensée conférant son réel à l’individu), s’effacer par le christ (qui établit l’égalité de tous), mais aussi donc s’élever par le sujet ; ce qui diffère quand même beaucoup des précédentes résolutions (vers le haut selon la hauteur seule) ; tandis que Descartes qui introduit au sujet l’égalise vis-à-vis de lui-même, cad selon sa liberté.

Ce qui est alors intensément difficile ; on peut penser l’égalité (sous un horizon, le christ, la pensée, dieu) mais la liberté, du sujet, se dresse seule ; parce qu’elle existe pour-elle-même ; elle est le rapport qu’elle est.

Et là on ne comprend plus, on ne peut plus saisir universellement ; il faut dresser une carte nouvelle à partir de cet auto-horizon. Sauf donc à définir le sujet comme un rapport et si il est un rapport alors il est le rapport, unique ; il n’y a que lui, il n’y a que la liberté (laquelle n’est évidemment pas l’arbitraire mais pas non plus une loi extérieure).

Il faut introduire un plan nouveau qui adhère absolument au réel comme rapport. Ce qui n’a pas de visibilité, de représentation, sauf en tant que mouvement, cad en tant que mouvement. Le mouvement correspond exactement au sujet, ce qui veut dire au présent ; qui est le mouvement qui se divise (ce qui est appelé par un mouvement ; le mouvement est immédiatement et même plutôt instantanément, comme on verra une autre fois, détermination et donc déterminations ; dès qu’il y a détermination c’est de déterminations, en nombre indéfini ou infini, dont il est question ; le présent est réalités, de lui toutes se produisent).

Comme il est un mouvement, le sujet, il ne peut pas être ni être défini ; aussi reste-t-on dans le vague quant à la « chose qui pense » ; il aurait mieux valu dire « le truc qui pense » en entendant penser par « qui représente, qui signifie, qui accole des signes aux perceptions », et se signifie soi…

Et il se signifie « soi » donc toute extrapolation (dans le discours de l’être ancien, ou dans l’imagination ou dans les passions) toute extrapolation est le signifié supposé (imaginé) du signifiant unique ; le « je ». ce que conclut ou plutôt ce qui se conclut de Lacan (qui persiste par-delà Sartre, dont il prend l’opposé, si l’on peut dire ; Sartre est non pas l’impensé mais le non-avoué de Lacan).

Et ce qui nous semble invinciblement difficultueux, la distance, de par toutes ces inventions du moi, des obsessions aux psychoses en passant par diverses angoisses, dépressions et névroses, parvenait à une « estime juste de soi » cartésienne … qui, lui, se présentait dans et par une grande ambition (pour tout sujet) et une grande ampleur (de vue, de champ). Générosité, d’abord envers soi-même.

Il n’existe que le je mais comme il est un mouvement il n’est pas et donc se suppose, en s’imaginant être. L’autre versant structurel est que le regard est bifurqué. Puisque le moyen de résoudre, pour quiconque, qu’il soit quelque chose, est soit de se supposer, s’imaginer comme chose (image, etc), soit de supposer un regard ; lequel passe sous la barre du signifiant ; devient le signifiant-même (celui qui assigne la place de tous les autres, et le contenu en tant que signifiés). Descartes ne désigne dieu que secondement ; ce qui vient en premier et est le fondement de tout le reste, est le je. Il est son auto-regard, ce qui semble idiot mais en vérité il est son rapport. Et donc il doit s’expliciter, il devra développer ce feuilletage en lui (et ainsi devenir, vraiment, sa vérité, son « auto énonciation », hyper objective, bien sur (tels les allemands qui voudraient penser l’absolu dans le sujet, mais c’est la structure-sujet qui est formelle et non pas un absolu qui se trouverait dedans), mais aussi ensuite objective, de par toutes les sciences et les théories, les idéologies, les psychologies, etc qui naîtront littéralement dans le monde humanisé et ensuite personnalisé).

Descartes ne renvoie pas seulement à dieu ; il équivaut dieu au je, au je dit « humain », au je qui pense dans toutes ses variétés de formulations,selon les différents champs de signes (cad ses possibilités ou ses facultés ou ses réalisations et celles qui furent ou qui vendront).

 

Ça n’est pas la même chose, la même logique, le même point de vue adopté (la même méthode) que de dire ; dieu a créé notre esprit (ce qui signifie un tas de déterminations, dont l’unité sera la pensée, l’être, le un)

et dieu nous a créé en tant que je.

Lequel prendra son devenir en propre, puisque s’il existe ici et maintenant, alors l’ici et maintenant consiste en et par lui-même (le monde existe comme étendue et non qualités aristotéliciennes).

Dans le premier cas il suffit de remettre en ordre (selon l’ordre d’un contenu) si l’on veut la conformité de notre esprit. Mais s’il s’agit d’un je, alors il faut créer une nouvelle architecture, parce que c’est un nouveau rapport.

C’est même l’introduction, nu et invariable, du rapport tel quel, du caractère absolument formel du rapport, soit donc de la structure-sujet. Le rapport, dans lequel entrera le rapport qu’est le je, sera plus grand. Contenant y compris l’universel (qui est un rapport non pas second mais une version extérieure et extériorisatrice du rapport premier).

Et enfin se manifeste la finalité, le projet réel inventé ou révélé depuis le christique ; non pas de s’encadrer d’un ordre légaliste, mais se produire et créer dans le monde donné, au cours de la vie vécue, dans le champ de conscience tel que nous sommes introduits en ce champ, de créer ce qui n’est pas encore.

De deux choses l’une, soit il faut obéir, soit il faut inventer les règles.

Si il faut obéir cela peut très bien s’envisager (pourvu que cela vienne d’en haut, quelle que soit la hauteur, dieu ou autre, et non pas des vélléeités arbitraires ou aberrantes ou négligeables). Mais si il faut inventer alors cela requiert ‘linvention individuelle ; au sens où l’on ne convertit personne de force (sinon dans la dictature, le totalitarisme, l’autoritarisme ou la tradition qui ne se pose pas outre mesure de questions, qui les supprime à la base), et si l’individu est appelé alors il parlera en et par son nom ; il signera.

Il ne sert à rien par exemple d’écraser l’individualité par un gros fétiche imaginaire (l’Être de Heidegger par exemple) ; ça répétera des erreurs, ça ne restructurera pas la personne dans son possible premier. Comme ce je n’en sera pas de lui-même, il n’avancera pas ; une énorme société contrainte prendra sa place, qui s’enfoncera, vers le bas.

Ce qui fut instauré depuis la révolution (mais même auparavant) ce sont des règles nouvelles, qui nous semblent évidentes, puisque nous lisons dès lors à partir de ce cadre ; c’est l’invisible qui est passé en avant scène, ce qui a permis de tout démultiplier. On a donc délimité le sujet et non plus envahi celui-ci par un contenu et des lois extérieures. La conviction à son point culminant est celle christique ; sa traduction dans la réalité, la réalisation humaine (soit donc la représentation concertée et au vu de tous et de chacun de la structure qui se tenait jusque là antérieurement) est la révolution, celle qui lie la liberté et l’égalité.

Ou, si l’on veut, le christ et Descartes ; rappel ; le christ égalise les consciences et ce une par une, son regard crée le vôtre, en le rendant infini, à partir d’un point-autre, et donc au-delà de la vie vécue, transformant celle-ci en existence ; il réclame donc de vous la soumission à ce regard, puisqu’il s’agit de vous créer comme rapport et qu’un rapport qui se tiendrait de soi est livré à la mort, à la finitude, à la dispersion du monde, des intérêts, des petits désirs, etc ; tout ce à quoi nous livre la réalisation humaniste et naturaliste et réaliste en un sens ; tandis que le rapport qui est soumis au regard du un-tout-seul est délivré, ce qui signifie qu’il se perçoit à partir du divin, lequel a quitté le monde, vous ayant ainsi doublement délivré ; la décision, ce qui veut dire l’ontologie même, repose sur vous, sur chacun ; mais donc ce faisant, cet abandon, vous replace à partir du plus grand rapport possible, lequel est hyper ou méta universel, au sens d’égalité absolue de tous et de chacun ; ce qui libère le champ et l’élève, par en haut donc ; d’un point de vue qui se situe hors des pièges, des intérêts, des désirs du monde ; ce qui se gagne c’est le sujet (divin, qui contiendra l’universel grec dans et par la théologie).

Viendra Descartes qui va replacer ce sujet comme un je… et donc encore plus universel mais singulier. Le je, soit donc le rapport lui-même, est singulièrement universel ; c’est la qualité, la qualification, la capacité du rapport qu’est le je qui rend possible l’universel.

Sinon, à l’inverse, on constaterait l’existence d’un « universel » sorti on ne sait de où et existant de par soi ; de même l’esprit ne peut pas être une super-détermination, mais il faut convenir, à l’opposé, que l’esprit est en tant que mouvement, cad rapport.

C’était la fascination exercée par la pensée, la métaphysique, qui donnait comme un corpus la réalité sous la formulation ramassée d’un savoir ; on devait tout saisir à partir de ce savoir et lui-même s’auto-suffisait ou s’auto-justifiait, rendait raison de lui-même par « évidence ». Puisqu’il permettait de tout interpréter et de tout comprendre ; il s’imposait comme le point général focal absolu et total. Étant supposément ce par quoi on percevait la réalité comprise, la pensée passait pour le réel de la réalité.

Or il y eut d’innombrables décrochages qui rendait invraisemblable la raison-pensée ; et surtout ceci que l’activité de conscience surpasse quelque formulé que ce soit ; la raison certes mais la raison qui « oublie » toutes les motions de la conscience et traite celle-ci en simple fonction, voire secondaire (Hegel au terminus) ça n’avait plus beaucoup de sens, de portée, d’effets. Il fallait remonter plus loin, plus en avant (et sans tomber dans une explication naturaliste ou réaliste, puisque de fait nous ne sommes en tant que mondains, en tant que déterminations ; sinon nous ne le saurions pas, que nous existons, nous serions ceci ou cela).

Aussi la remontée en avant ne pouvait manquer de se produire ; elle a pour nom Descartes (il y en eut d’autres avant et après, et Descartes ne crée pas la voie, il la manifeste, la représente, lance sa théorie, sa vision, et donc l’accélère). Et l’étrangeté est à son comble, puisque l’on pénètre dans la zone antérieure à toute détermination ; le doute sert évidemment à cela, exclure tout ce qui n’est pas le je, dont on ne sait, à ce moment, encore rien ; Kant Hegel Husserl Sartre et Lacan viendront pour explorer l’avant scène, la scène avant toutes les autres.

Il faut donc imaginer que l’on s’est avancé à rebours ; non plus trouver dans un contenu ou un super contenu le réel, mais remonter du contenu et de tout contenu vers la structure antérieure qui rend possible qu’il y ait des contenus, cad une représentation (par laquelle nous ne sommes pas ce corps, mais autre en ce corps vivant, à quoi celui-ci ne comprend rien ; notre corps est perdu dans ce rapport qui l’éjecte hors de lui-même, question de regard qui nous regarde du dehors, nous soumettant somme toute à une paranoïa en elle-même tout à fait justifiée ; nous nous surveillons ou les autres ou autrui ou l’autre (le langage) ou l’Autre, un dieu méchant, nous observent).

On se focalisait sur un super contenu (jusqu’à mécomprendre dieu en le prenant pour un gros Étant comme disait Heidegger, qui, au moins, nous a mis sur la piste que l’être n’est pas l’étant mais un contenant, qu’il nomme le néant-ou-le sens de l’Être), un super contenu afin de, peut-être, synthétiser, tenir à disposition là au-devant comme un gros objet, et représenter cette distance interne ; mais l’être ou la vérité ou la pensée ou l’esprit ne tiennent pas sur la durée ; puisqu’ils se fondent sur des contenus, électifs certes, et donc des déterminations et donc tombent dans la dispersion (toute détermination se dissout dans son être même, tout comme les systèmes évidemment se contredisent, c’est pourquoi ce qui compte dans l’historicité ce ne sont pas des contenus mais des mouvements, des postions, en quoi Descartes repositionne toute la réflexivité, qui cesse de compter sur un système clos ; Kant enfonce le clou).

Et cette éviction de la pensée (au profit de la structure ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan, et en leur manière Nietzsche et Heidegger, leur imaginaire structure n’empêchant pas une très sérieuse prise de conscience de la dite distance, comme Volonté ou énergie ou force ou encore comme Être plus grand que tout de H, dans les deux surhumain ou inhumain) cette éviction donc quand bien même la pensée se tiendrait de l’universel ; l’universel qui permet de connaître mais que l’on ne peut pas connaître lui-même, sinon de le tenir comme en-soi. Un en-soi inexplicable, puisqu’aucun horizon ne peut saisir la pensée qui pense et se finalise vers elle-même.

Ce dérouter la réflexivité de la pensée vers le sujet, cette structure, permet de rendre compte de ce dit sujet ; en tant que le sujet, étant un rapport, est déjà toujours plus grand ; et on a vu qu’ici le réel est plus grand que lui-même ; c’est son but (et sa structure même de Possible Brut) et sa finalité (se transformer lui-même, ce que seul peut un sujet, cad un rapport). La structure-sujet, qui formule l’horizon qui permet de saisir l’universel (et le reste des champs intentionnels) cette structure-sujet n’est donc pas « inexplicable », même si l’on ne sait pas « où » ce rapport se dirige ; on a nommé cela la fonction-du-réel ou la dimension (le présent, l’exister comme la seule réelle dimension, la cinquième dimension, en plus des trois de l’espace et celle du temps ; le présent étant plus originel que le temps, le présent, l’exister en-deça de l’être qui enveloppe ce dernier et donne le ‘la’, le pur et brut mouvement, l’actualisation comme verticale absolue, formelle en quoi consiste le réel, dimension ou fonctionnalité par lesquels on veut mesurer le réel, en prendre la mesure).

Et notamment ce que l’on retient ; à savoir l’actualité absolue, cad formelle, du dit je. S’impose donc ce qui était prévu par le christique ; que le réel est en cours en tant que sujets, au pluriel.

Mais il n’est plus réservé au divin éloigné, mais au divin tel qu’il a laissé, voire délaissé le monde et nos vies ; c’est parce qu’il est parti qu’il y eut Descartes ; et parti mais en tant que, cette fois, orientés bien certainement et effectivement, assurés de la signification pure du divin, indiquant le sens de la réalité, de la création en tant que réalisation ; c’est le Créé qui compte. Le créateur est passé au second plan, puisque le véritablement plan était de déléguer le réel en chaque structure-sujet.

Ce qui indique que le créé n’est pas du « n’importe quoi » ou de la multiplicité ou de la confusion ou du particulier ; il délimite au contraire rigoureusement le réel. De là que Descartes ne renie pas le donné-monde, il veut y atteindre (via la mathématisation et le relevé de toutes les particularités). Et de ceci que la passion n’est pas du tout une passivité, mais qu’il était sur la piste très sérieuse de transformer la liberté en passion, en plénitude du mouvement ; célébrant la puissance, la potentialité de la volonté, régulée, mesurée, qui « s’estime justement » cad avec justice et reconnaissance de sa capacité.

Tout ce qui se présente comme n’importe quoi, arbitraire, fantaisie, amusement, distraction, immédiateté, facilités, et donc bassesses ou affaiblissement ou négativité ou volonté de détruire ou de se détruire, fonctionnent en deçà du niveau du réel ; ils paraissent parfois joyeux et multicolores mais en vérité ils tombent vers le bas.

Dit autrement soit on s’élève, soit on s’efface, disparaît, se dissout, se disperse, lors même que l’on croit se réjouir ; l’immédiateté et l’arbitraire ne s’atteignent de toute manière jamais puisque notre être réel est entièrement articulé et soit on maintient cette articulation soit elle se détricote et se perd, se perd de vue (de même que le mal cherche à se dissimuler aux regards et s’emploie à vous enfermer dans cette dissimulation même, il voudrait que vous lui soyez semblable, éteint, fermé, caché) ; le mal est idéaliste, il croit que quelque chose de réel va arriver, il ne voit pas que le réel est déjà là en tant qu’articulation formelle et non comme choséïté mangeable, absorbable, de possession ou d’appropriation, une sorte d’incorporation matérielle ou la croyance que l’on puisse posséder quelqu’un, un esclave ; Hegel a bien vu l’inanité du maître et de l’esclave, et finalement Sartre précise abondamment la chosification continuelle, jusqu’au point d’orgue de l’en-soi/pour-soi ; le réel est le dénuement et non pas l’empilement.

Comme si le rêve absolu, total consistait à enfin être au sens de - Être – (ce qui est un rêve).

De son extrême lucidiDescartes ne tombe pas du tout dans le désir d’être (il sait trop que dieu est plus grand, qu’il existe un plus grand rapport duquel nous nous tenons, quel qu’il soit par ailleurs, cela se nomme dieu à son époque), mais il sait aussi que dans le monde la structure du sujet est la liberté, qui ne doit pas s’estimer par quelque réalité que ce soit, mais se doit à elle-même cette estime mesurée ; et donc ce rapport, nouveau, inattendu, inouï, qui échappe à la pensée, doit se comprendre lui-même ; et notamment qu’il soit « ce-corps » (à quoi, faut-il le dire ? le christique nous introduisait déjà…).

Or donc se sachant (non pas se connaissant comme un discours mais sachant sa position) une liberté ne trouvera rien dans le monde qui l’obligera, la détournera ; qu’est-ce qui, dans un monde ou une vie, peut valoir contre la-liberté-même ? Il tient fermement la certitude du je, puisqu’il n’est pas subjectif et méprisable, en rien, ni échangeable.

Le rêve d’Etre

Alors que l’on s’emploie ici à montrer, voire démontrer, que l’on ne « sera » jamais, d’autant qu’en somme l’être n’est pas ou est seulement interne à l’exister qui seul existe, raison pour laquelle tout l’être, la consistance de la détermination est plongée dans le temps, le temps comme extension du seul présent, le tout se conformant comme un seul bloc de Présent.

L’être, en tant que déterminé, ne peut pas durer ; si quelque réel existe alors c’est le présent, ce qui signifie la Possibilité. Le présent est tel l’unique bloc d’exister ; dans cette logique le présent est la substance même, est le réel. Il n’est aucune consistance de quoi que ce soit, sauf le mouvement, et le mouvement en tant que mouvement et non pas gelé ; le présent, le bloc d’actualisation de tout n’est pas figé mais se meut en lui-même. C’est en ce sens que la question n’est pas l’être ou le néant, mais ce qui se passe dans le bloc de totale actualisation.

On comprend bien (à peu près) que si l’actualisation est le sens de ce qui existe, alors celle-ci ne cesse pas ; tout le reste est fonction de cette actualisation. Ou donc il existe des mondes qui se meuvent en eux-mêmes ; non pas extérieurement, cad qu’ils deviennent seulement (ce qu’ils sont) mais ils deviennent dans leur devenir même ; c’est leur devenir qui devient ; les réalités sont mais relatives seulement à l’être qui est pris dans l’exister. La question étant jusqu’où l’exister peut-il exister ? Jusqu’où peut-il lancer sa et donc ses possibilités ?

Dit clairement ; il revient à chaque je d’avancer au plus loin dans sa possibilité propre ; si l’on admet qu’effectivement, et autant que l’on sache (ce qui implique également tout ce que l’on ignore, si l’on peut dire, tout ce dont nous n’avons pas l’expérience, puisque la validité de ce l’on raconte ici est fondée sur l’expérimentation, de même que Platon ou Descartes voient en direct ce qu’ils disent, désignent, signifient, avec des signes qui montrent des perceptions), si l’on admet qu’effectivement le je est ce rapport qui s’appelle lui-même par son signifiant et qui existe donc en sa propre présence.

Mais, on l’a dit, en sa présence non seulement objective mais hyper objective, cad structurelle ; ce que Heidegger ou Sartre énonce comme « un être pour lequel il en va de son être », qui ainsi n’est pas, il existe (rien ne vient au hasard Heidegger et Sartre expérimente la position du je tel qu’il leur vient). Position du je (qui provient de la logique du sujet qui crée sa possibilité même) instancié depuis dieu, l’universel, le sujet historiquement découvert, la révolution (qui institue chacun en tant que sujet, de même que les récits et les champs esthétiques ou poétiques créés).

La conversion et la foi (aussi bien en dieu qu’en ce dit sujet ou en la révolution ou donc la foi dans le Créé comme logique même de ce qui existe, et ce non plus comme conformité à un Ordre, à un cosmos), l’intention et la faiblesse (ce qui existe intentionnellement est toujours limité et relatif à sa propre capacité). Et tout ceci relève du rapport à soi (dont on devra au final bien insister qu’il est le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non un contenu).

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Puissance d'exister

7 Août 2021, 07:54am

Publié par pascal doyelle

Évidemment chacun est tout également capable d’accéder à la plus haute ou étendue ou profonde ou augmentée possibilité du réel. Puisque chacun est la conscience qu’il est, et que « conscience » est un vide formel, une structure, un rapport et que le rapport est indéterminé par rapport à tout ce qu’il détermine.

Sa force est sa faiblesse ; puisqu’il est vide, il dépend également des potentialités (de son corps, de sa cervelle, de son milieu ou de son héritage psychique, de son moment historique, etc). Or pourtant on continuera de privilégier la grande capacité d’exister égale pour tous. Puisque ce qui se déploie comme tel est la possibilité de l’articulation de conscience ; ainsi, exemple qui parlera à tout le monde, le christique insiste fondamentalement ; ce ne sont ni les riches, libres, hommes ou césar ou intelligents philosophes, scandale pour les juifs, folie pour les païens, qui « ont accès » mais quiconque recevant la parole, le sens, la signification ; que notre vérité est la faiblesse, que le royaume passe par autrui, que l’on doit tout abandonner pour suivre le christ, ce qui signifie que le sens, l’orientation, la direction, signalétique, du monde, du vécu, de la réalité et du réel sont « en-dehors ».

Dieu, la pensée et l’être, le christ par-dessus la mort, le sujet qui n’apparaît qu’à lui-même (il n’y a pas de regard qui en témoigne sinon lui-même, dont un signifiant, pur et brut), la révolution toujours possible, les mathématiques (comme séries de rapports) ; toutes les principales finalités (et sans compter esthétiques et poétiques et autres) se situent au Bord. C’est à partir de là que l’on perçoit (désire, imagine, pense, projette, organise, etc).

Il n’est donc pas question ici de faire-croire que l’esprit ou notre-être ou notre convenance puissent se résoudre et se réaliser avec bonheur ou accomplissement (d’un ordre, d’un principe ou d’un être défini préalable) ; la structure est ouverte et c’est son ouverture qui crée la capacité, cad tout.

De même il n’y a pas de séparation entre l’arc de conscience, la structure, et le donné, le vécu, le corps ; puisqu’il s’agit d’une articulation. Le vivant, en nous, est repris dans le champ intentionnel ; on ne désire pas comme les autres vivants, et ceux-ci à proprement parler ne « désirent » pas ; ils se préoccupent bien plutôt que l’unité de leur être-vivant. C’est la vie, ou la mort, qui les préoccupent, à juste titre évidemment.

Que nous existions dans un champ, qui est entièrement articulé, et qui étant un rapport (ou un ensemble indéfini de rapports) reste ouvert à tout inattendu (il est fait pour cela ; pour répondre aux mésaventures de la réalité dangereuses ou pas) et ce rapport absorbe le donné perçu, quitte à inventer de nouveaux langages afin d’augmenter la perception (les maths ou les instruments ou les idées de Platon montrent encore-plus de réalités).

Et si toutes les articulations majeures (dieu, la pensée, le sujet, etc) permettent de comprendre (des réalités ou des réels), on ne peut pas les comprendre, elles (ce à quoi on s’emploie ici, pourtant). De même que, à l’inverse, les choses, les réalités, les apparaîtres nous filent entre les doigts ; on ne peut saisir la consistance des réalités ni du réel, par ce que les unes sont friables, déterminées et pris dans le mouvement, et que l’autre, le réel, est pur mouvement. Les mathématiques n’y font pas exception ; elles sont seulement la théorie des rapports, formels (un est le signe de l’égalité d’un objet, d’une unité à elle-même).

Donc c’est le mouvement qu’il faut penser et c’est le mouvement que l’on pense ou que l’on envisage ou que l’on prévoit depuis le début.

si cela se ramenait à telle ou telle faculté, mais non, ce serait trop immédiat ; ça ne se peut pas, puisque l’immédiateté est destinée à disparaître ; sa détermination la condamne déjà. L’intention non. L’intention est un rapport. Toujours en plus.

Aussi même les erreurs ou les fautes, les égarements, les perditions, n’ont aucune importance, sinon de nous rappeler notre insigne faiblesse. Remarquable faiblesse, qui est nôtre plus que nous-même, puisque nous sommes pas. Et de fil en aiguille, rien « n’est » à proprement parler, sauf à considérer que l’être est logé dans le mouvement infini de l’exister. De l’exister qui est sujet, structure-sujet, puisque seul un sujet reçoit la capacité de se modifier et que la modification (ce qu’une détermination ne peut pas) est la perfection ; soit donc la perfectibilité. Dieu, on le redira, ou la réalité, le donné « là », a créé cet être qui est un rapport (et donc encore plus perfectible). Afin que des infinis déjà effectifs (le néant et l’être au sens générique par ex) soient repris dans un plus grand encore infini ; l’infini s’utilise à ceci qu’il rend possible d’autres infinis.

Si la distinction comporte à la fois le détachement et l’investissement, c’est que la conscience, cad l’arc de conscience, est vide, ce qui signifie formel ; il ne peut pas se déterminer, mais il peut ou il doit lire l’angle d’incidence, d’interférence, de pénétration dans la réalité mais aussi le réel ; par angle selon le réel il faut comprendre, directement, que le point se resserre. On commence par dieu, infini et au-delà (au-delà du bord du monde) et on aboutit au sujet, cartésien, et plus fort encore au je-dans-un-moi. Soit donc le plus petit indice possible (que l’on sache) et ayant à se conformer un corps adéquat.

Un corps adéquat, une vie vécue, un affect, une perception, une intellection, une historicité, etc.

Et donc l’indétermination de l’arc de conscience c’est sa précision ; cette indétermination va fondre sur n’importe quelle détermination comme sur sa proie, et la pousser au bout du bout. Et cela vaut pour tout un chacun, en tant que le moi risque fort de subir la pression incessante de « cela » qui n’a pas de limite. Qu’il voudrait bien, le moi, identifier à ceci ou cela, dans un objet de désir (et outre les siens propres, son tomber-amoureux par ex ou « la poésie », le système économique lui fournit quantité de substituts, de même que l’historicité en lui enquérant de « devenir lui-même » le soumet à une exigence continuelle et effectivement quantité de personnes ont réalisé quantité de projets).

Mais la structure de conscience ne correspond pas à quelque partie du monde, du vécu ou du désir. Ce que l’on nomme désir est bien autrement et autre chose que « naturel ».

On s’en serait douté.

Mais donc si naturel ça ne l’est pas, pourquoi cela existe-t-il ? C’est qu’il faut entendre naturel tout autrement et prenant en compte que l’indétermination existe.

Remarquons ceci ; lorsque le je se signifie il emprunte telle signifiant « Jean-Pierre » par ex ; ce qui ne veut rien dire, bien que cela soit déterminé et que cela désigne un corps, effectivement concret, mais le « signifiant » suffit, puisqu’il s’agit de signer ce je qui n’est rien que le rapport à soi ; à quoi on a ajouté que ce « soi » est un rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport et que c’est en tant que rapport qu’il existe singulier, bien qu’il ne soit rien de déterminé ; ce qui est encore plus étrange.

On peut envisager qu’il ne signifie rien du tout, en lui-même, et uniquement comme faire-valoir ou produisant des séries de déterminations, fonction lui-même du langage ou du symbolique ou des clases sociales ou de l’inconscient, et chacun traînant son sac de symboles, de signes, de choses qui nous agissent plutôt que l’inverse. Les symboles sont liés au corps, à ce corps-là, à son passé, à son sac d’expériences, vécues. Il n’y aurait liberté que de tricoter ici et là, ici ou là, un nouveau nœud. Un de plus, qui s’additionne aux autres et vient alourdir encore.

Ou il existe une dimension exclusive, qui tient à elle-même, et qui aussi bien admet toutes les déterminations, les causalités que l’on voudra bien découvrir, sauf qu’elle est ouverte là-au-devant dans le donné, le donné monde, la réalité et finalement le réel comme un lieu neutre, formel, vide par exemple celui de la rencontre ou du hasard ou du surgissement, cad de l’émergence (une unité surgit qui n’était pas « prévu » mais qui, parce qu’elle est possible (dans la généralité) devait naître « quelque part » ; il devait exister au moins un monde susceptible de rendre possible la vie (en vérité il en devait exister une quantité et peut-être une infinité si l’univers est lui-même infini ou indéfini ou si il existe une infinité d’univers, peu importe ; l’infini est la nature même des réalités ; ça n’est pas l’infini ou pas l’infini qui pose problème, c’est ce pour quoi ça existe (de fait). De même ça n’est pas l’être ou le néant, puisque le néant étant « rien du tout » n’oppose aucune force, et que l’être existe autant que le néant, mais ce que c’est que l’être et ce pour « quoi » il existe ; et on a vu que le problème, la problématique, le questionnement est : quelle est la plus grande perfection ? Comment s’agiter ou gigoter si bien qu’une plus grande perfection naît, naîtra, se rendra possible (puisque la logique de « sujet » indique que seul ce qui est sujet, cad rapport, peut se modifier lui-même (échappant à la détermination qui est déjà morte, déjà inerte, disparaissante en sa rature même).

Et que seul ce qui est rapport peut perfectionner la perfection et que ce mouvement seul est la perfection même, et donc la perfectibilité ; raison pour laquelle dieu crée des êtres qui sont à eux-mêmes le rapport qu’ils sont, et qu’il ne peut pas « obliger », leur révéler tel quel immédiatement qu’il est « dieu », ils doivent, ces êtres, trouver en eux-mêmes dans le rapport qu’ils sont, son unité ; et raison pour laquelle chaque liberté est liée à l’égalité et que par là seul cette liberté rend possible sa perfectibilité ; elle ne va pas se perdre dans ses choix particuliers (sa liberté servant ses intérêts ou ses envies ou ses angoisses) mais un horizon s’imposera que la liberté est destinée universellement et qu’en elle-même elle est (individuellement donc) singulièrement plus universelle que l’universel (par quoi il n’y a l’universel que comme rapports issus du rapport initial) ; elle aboutit à la coordination des consciences ; par quoi les rapports sont démultipliés mais aussi pluralisés. Chaque rapport existant pour lui-même et non pas fusionnant en une unité vague, molle ou dictatoriale.

Par quoi l’universel s’origine. Il s’initie (dieu) s’augmente (grecs) ou intensifie (christique, l’incorporation) ou accélère (Descartes) cette incorporation par et pour le je (qui se tient du sujet, de la structure-sujet).

 

Or tout ceci est beau et bien bon, mais ça ne dit pas ce qu’il en est ; à savoir que la structure du réel (telle qu’elle nous est sue, connue, révélée ou nous saisit) s’acquiert par faiblesse. Si elle s’enorgueillit, elle se loupe, elle croit qu’elle est tel ceci ou tel cela. Elle ne se tient plus en tant que Bord mais « dans le cercle lui-même », comme une chose ou une détermination dans le monde ou le vécu. Ce qui se tient comme Bord est littéralement sans autre côté ; il n’y a qu’un seul côté et l’autre côté on ne sait pas, on n’en fait pas le tour ; et donc c’est lui qui nous entoure, qui entoure tout (et on a dit qu’il s’agissait du présent qui accomplit toute la réalité, ou les réalités ; le présent est le Bord, qui est également l’à-venir qui attire à lui tout donné, mais aussi alors tout vécu…)

Donc le je n’est rien tient, à presque rien ; ce qui compte ça n’est pas ce qui effectivement est causé mais ce qui dénote, l’inattendu ; l’inattendu change tout ce qui est donné, déterminé ; et c’est pour cela qu’il suffit d’un signe, un mot, dans le monde pour que le monde soit changé ou que l’ensemble de tous les mots soit différencié de lui-même ; le signe est effectivement attaché à cette finalité, cette fonction ; qu’il enregistre quantité de variations qui, de toute façon, ne seraient pas mémorisable comme adn par exemple.

Le plus petit est le plus grand. Et si l’on se croit être ceci ou cela (César ou pharisien). On ne peut pas ne pas se croire être, puisque l’autre versant (l’autre côté du Bord) est inidentifiable ; nous sommes rejetés fonctionnellement du côté du monde ou du vécu ; or pourtant on ne peut d’une part ni ne doit d’autre part perdre cet horizon interne (interne au réel comme plan externe, cad qu’il s’agit d’un extime et non d’un intime qui simulerait une intériorité ; il existe une intériorité (il faut être un moi pour qu’il existe un je, et il existe un moi parce qu’il existe un je ; le moi va « en avant », en projet comme disait l’autre).

Cet horizon est interne (et non intérieur) parce que son plan d’angle est le réel, cad l’externe ; l’interne et l’externe sont l’unique plan dressé comme actualité, présent absolu, qui contient tout, tout le déroulé et « dieu est le système des libertés », le système de la décision, de la décision prise par et selon la partie la plus faible et perdue, égarée, trompée.

L’interne est la petite surface de conscience posée sur la grande surface du réel ; est le petit rapport dans le grand rapport ; est l’arc de conscience qui s’actualise dans l’arc du présent (et donc il faut, à tout prix, que cet arc se décide de lui-même dans son actualisation).

Rappelons ; le grand externe totalement exposé parce qu’il n’y a de réalité que manifestée, c’est l’essence, la forme même d’une réalité que cette manifestation, tout est réel parce que le possible est tout entièrement réel.

Et donc la vague absolue du présent, qui ouvre tout, produit ces mouvements resserrés, les arcs de conscience, de petites vagues, qui, bien que minuscules, épousent absolument, identiquement la même forme de vague du devenir ; aussi ce sera dans l’actualisation, dans un rapport qui assiste, témoigne de sa propre émergence et dont ce témoignage même est sa propre capacité ; l’introduction de lui-même dans son propre champ. Et c’est tout aussi bien pour cette raison qu’il faut insister ; l’interne est l’interne du mouvement qui, en lui-même, est tout entier exposition et naît dans son propre indice de signe, de signification ; lorsque l’on croit en un dieu unique on sait qu’l est unique et donc non comparable (à quelque autre ou à quoi que ce soit ; il est, lui-même, le rapport qui est, le rapport initial) ; lorsque l’on pense on sait que l’on pense, puisqu’à minima il faut volontairement ordonner les idées ; lorsque l’on se décide (de sa propre unité) on sait que l’on se décide et cela veut dire que l’on va tenter de tenir le plus loin possible un rapport (étant entendu que le maximum du rapport devrait, idéalement, s’étendre ou se vouloir tout au long de la vie ; transformant celle-ci en existence).

Il est ainsi impératif que ce rapport se désigne lui-même ; qu’il se nomme dieu (ou soit révélé comme tel), le christ ou la pensée (l’être, l’universel, la vérité, le un), le sujet ou la révolution (ce qui signifie la constitution, Constitution, de la société humaine, et humaniste, par et pour elle-même via chacun).

Il est clair que cet impératif se retrouve ailleurs en d’autres civilisations, ou en toute humanisation, quelle qu’elle soit, sous diverses formes. La pression exercée sur un être qui n’est pas un être (déterminé) mais un rapport est fondamental ; la puissance d’exister est la potentialité, et d’une extrême faiblesse, petitesse, impossibilité, qui n’a rien à voir avec une surpuissance ou une affirmation de soi, et faiblesse pourtant qui s’initie comme une invariable possibilité (égale et toujours virtuelle), de passer d’une tactique quelconque à une stratégie, de saisir dans le rapport que l’on est des rapports, en s’effaçant, et contenant de cela l’objectivité ; le je est la capacité de décentrer ; le pardon ou la générosité (cartésienne qui parie pour le meilleur étant entendu que la volonté est plus grande que l’intellect, la compréhension et que la liberté peut s’instaurer comme passion, dans le corps lui-même) ou la confiance (kantienne, lors même que l’impérativité paraît imposer dans le monde ce qui relève du nouménal, ce qui est en soi absurde).

Dit autrement l’indice de performativité non seulement est inclus (dans la conversion ou la foi, la pensée ou le sujet) mais c’est ce en quoi consistent la foi, l’universel ou la liberté.

Et ce brutalement. Lorsque l’on dit « pur et brut », c’est surtout purement brutal mais peut-être orienté vers le pur réel. L’actualité est le fait même du réel ; soit donc le présent (qui réalise, réal-ise tout) ou l’exister, le mouvement qui produit instantanément toute réal-isation.

Cet interne est le côté d’une grande faiblesse mais sans laquelle rien de tout le reste ne serait. Sans l’arc de conscience et son intentionnalité nous serions ce corps et non pas distincts de ce corps. Sans la modification rien n’apparaîtrait dans notre champ, il n’y aurait pas de champ.

Et c’est ainsi dans le plus état de faiblesse et de petitesse qu’il ne faut nullement désespérer ; si nous étions si peu nous ne le saurions pas, donc cela qui nous anime est plus grand. Descartes et Pascal se croisent invinciblement. Descartes qui remarque tellement que c’est dans le moment de cette constatation qu’il sait qu’il existe, pour le reste non ; on ne tient que sur ce fil. Dans cette ouverture du rapport les autres rapports paraissent.

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