Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

Signifiant et liberté

22 Mai 2021, 09:19am

Publié par pascal doyelle

La philosophie est la discipline qui se charge de comprendre ce qui est arrivé à l’espèce humaine autour de la méditerranée.

Il nous est venu que nous ne possédons pas immédiatement de monde tel que donné ; que l’on n’est pas maya ou égyptien. Et qu’à l’inverse nous produisons les contenus de cette représentation, qui ne sont donc pas tel ce monde maya donné et partagé dans une communauté via sa parole, ses échanges, ses rituels.

Il y eut ainsi un blanc, un vide, une forme sans rien ; dieu, l’être (l’idée du Bien, la pensée de la pensée, le un) ou le christ (qui se signale de ceci qu’il est parti, il n’est plus « là » dans ce monde mais s’est éloigné, dans le lointain possible). Ce qui distingue la différence entre le sacré (une partie du monde ou de la temporalité est réservé) du divin (qui existe en-dehors). Dieu, la pensée, le sujet sont donc des formes structurelles brutes.

Soit donc pour résumer ; l’intention unique et formelle (dieu), l’intentionnalisation (qui se nomme elle-même idée, puis système d’idées, d’intentionnalisations), et l’intentionnalité de chacun (le christique ; en chaque corps vivant se développe on ne sait quoi, le divin mais incarné, le vide mais agissant).

Trois formes qui formulent ce par quoi, ou comment, nous inventons des mondes, des contenus de par cette structure. Structure désignée comme intention ou volonté selon dieu, la raison (intentionnalisation) ou vérité selon les grecs, et l’intention et la liberté cette fois forcément individuelle par le christique.

(C’est pour cela que la « liberté » n’approuve que l’individualité, il n’y a pas de liberté pour un groupe, une indépendance oui mais pas de liberté. De même que la vérité implique la liberté, il n’est que l’individualité qui puisse accéder à l’objectivité, sans en passer par une idéologie).

La structure a commencé dès lors de s’incruster dans le monde, la vie vécue, le relationnel, la perception : partout.

Puisque formulée, exprimée, elle est entrée sous son propre champ et tout s’est accéléré. Le principe de l’intention, de la vérité, de la liberté augmente la pluralité des intentionnalisations possibles. Connaissant l’agissement lui-même nous avons pu l’appliquer en tout et partout.

La philosophie élabore donc ce qui dans l’humanité s’est soudainement produit ; que la structure de conscience passe sur le devant de la scène qui jusqu’alors produisait chaque monde qui se prêtait comme vrai. Et la question se pose immédiatement ; si nous ne recevons pas la représentation en tant que monde donné, mais qu’il faut en construire, consciemment, le reflet, comment procéder ? Par la raison, ou par la représentation organisée qui ne s’appuyant plus sur celle du groupe natif revient à l’individualité ; en tant que la communication et la transmission (entre générations) s’effectuaient jusqu’alors dans la communauté (de perception et de représentation), dès lors il est requis que chacun soit en mesure de penser et surtout il sera question de percevoir dans le donné là immédiat et se presse donc sous nos yeux la perception brute, qui prévaut aussi bien pour la pensée que pour la raison plus tard, et la science enfin ; sorti de tout monde clos, le donné tel que là s’impose.

La pensée grecque donne à voir le donné là du monde (le « là » de l’être) tout comme le christique commence d’initier la vie vécue, qu’il hausse au rang d’universalité ; chacun a sa propre vie (peu importe les rôles et les castes, votre moi ou vos désirs, tout est subsumé sous la désignation du « je suis » et je vais mourir ; soit donc la mise en forme du segment naissance-mort (et tout ce qui se déroule au dedans), sous-entendu que chacun, quel que soit son vécu, en ait la conscience, en est la conscience ; même la vie est sous la condition de l’avoir (avoir une vie) tandis que l’être est du côté de « ce qui perçoit » et est autre, autrement.

Pareillement lors de l’apparition, dans le champ, du sujet, du je pense ou du sujet kantien ou hégélien, tout se déroule à l’extérieur et la structure ontologique se fait pressante puisque recevant sa propre ambition ou capacité ou son propre devenir ; et s’ajoute, à tout ce que l’on est déjà, la possibilité de devenir selon la structure, selon le structurel.

Ce qui n’est pas sans conséquence puisque dans l’histoire cela impliquera que chacun est non seulement le paysan qu’il est mais le citoyen à tout autre semblable, et que cette orientation « méta », qui vient en plus et qui s’ajoute vient modifier, peu à peu ou rapidement peu importe, la totalité de la manifestation ; si la structure de seconde et secrète passe sur le devant la scène, elle transforme le déroulé de toutes les scènes du monde ou de toutes les scénettes de la vie ; l’introduction de la structure dans la réalité est un foudroiement. Non seulement de par les objets qui se font montre (dieu, la pensée, le sujet) mais parce que c’est la structure intentionnelle, le champ intentionnel lui-même, et donc tout ce qui apparaît et l’apparescence même qui est atteinte ; il s’agira d’être plus rigoureux, autant idéellement qu’existentiellement et relationnellement, et de produire de nouvelles distinctions d’intentionnalisations, y compris ua cours de la vie ; éthique ou politique, idéel ou technique, notamment sous la désignation de l’invention, et donc acculturation générale.

Il est clair que le 20éme eut lui aussi comme tous les siècles, depuis l’invention par l’historicité, son lot de déploiements de tous les possibles, puisque ce qui se systématise c’est justement que s’impose la capacité de se situer et de replacer constamment le possible brut à la source de la réalité.

Ce que tentent également les mois qui aimeraient disposer de leur choix non seulement de vie mais de psyché ; se remodeler de telle sorte que l’on puisse se coordonner au mieux voire autrement ; modifier son identité, se psychanalyser au sens large puisque le principe de modification de tout est acquis comme règle ; et c’est tout aussi bien ce que l’on recherche dans la mass médiatisation, la représentation de la réalité ; qu’elle soit idéale, comme Hollywood ou cathartique lorsque les difficultés ou impossibilités ou dégradations ou la noirceur sont manifestement exposés, dans tous les cas grossissant le trait. Tout comme nous sommes passés d’un certain réalisme idéal à une irréalité généralisée, et plus important encore d’une vision ou d’un consensus accepté et accessible à un dissensus né de l’inacceptation (de soi, de sa propre vie, des autres, quels qu’ils soient, de l’ordre social ou sociétal) ou de l’inaccessibilité (d’un centre de pouvoir, obscur, occulte, abstrait, idéologie larvée ou donc d’un devenir complotiste non seulement des quelques-uns mais de l’ensemble de toutes les instances, de la finance aux gouvernants, supposément corrompus, probablement à juste titre).

Cette désintégration est profondément mentale (dans la liaison et donc la déliaison esprit et corps, représentation et vécu, idée et émotion) et de surcroît intentionnelle ; ce qui veut dire que l’on ne peut plus lier certaines intentionnalités à certaines autres qui échappent de ce fait à notre conscience, quelque chose (de plus en plus incommensurable) glisse hors du monde, et rejoint effectivement les ténèbres.

Un système, une systématique intentionnelle doit retomber sur ses pieds et former une totalisation (qui n’est plus un tout comme autrefois mais au moins un minimum d’assurance, de base). Raison pour laquelle, entre autres, il y eut démocratie ; au vu et au su de chaque sujet. Lorsque l’intention s’égare l’unité (intentionnelle, littéralement, relativement à l’intention) se dégrade en densités et les densités sont les immédiatetés. Ce qui veut dire que la même charge de structure de conscience va s’appesantir ; elle ne prendra plus le chemin vers le haut, mais vers le bas ; et tandis que l’élévation autorise une subtilité (elle use de signes et rend accessible l’intentionnalisation complexe, qui demande elle-même un renforcement de l’unité interne du je, non spécialement du moi mais du je), à l’inverse la dégradation s’enfonce dans la massivité.

Mais tout ceci fut préparé par le phénomène lui-même de représentation ; ce qui est exhibé sur l’écran (au sens large) est toujours plus beau … plus désirable, que l’obtention de l’objet ou du projet ou de l’identité ; aussi l’arc de conscience retombe constamment, qui s’est confié à ‘limage, à autrui, au monde, à la vie, dans la perte, et, lors même qu’il n’y a pas catastrophe, se rend compte que « ça n’est pas ça ».

Parce que rien dans le monde ne correspond à notre être qui n’est pas un être mais une structure.

Rappelons le processus de base ; une conscience crée un champ intentionnel, qui attrape quantité de perceptions via quantité de signes, lesquels sont combinables évidemment, et c’est donc toujours à partir du bout du champ, son Bord, que l’on intentionnalise et conséquemment que l’on perçoit ; aussi la philosophie ou la religion ou tout langage partent du bout du champ vers la proximité (et non l’inverse). Ce sont les « idées générales » ou les liaisons universelles qui comptent, qui organisent les proximités, les immédiatetés. Qui n’apparaissent que via se grand détour. Le monde mais aussi le vécu ou le corps ne surgissent que dans le tissage intentionnel qui doit se tenir.

C’est la menée du structurel tel qu’il s’instancie dans le réel et au plus proche de chacun puisque chacun, qui dispose d’un moi, ou d’une vie vécue, d’un relationnel, d’une entreprise, d’un projet, d’une ambition, d’un idéal (le bonheur est une idée neuve en Europe), d’une quantité de récits (invention du roman, poétiques, esthétiques) cette menée du structurel qui tire entièrement le monde.

De même la technique ; les moyens de productions n’y suffisent pas (à ce titre le communisme organisait la production, mais n’intégrant pas les vies individuelles, aussi les désirs que les entreprises il devait s’essouffler), et les moyens de production ont pour finalité l’inflation du monde de chacun, l’énormité de l’individualisation, des objets qui deviennent des signes et les signes des images ; une ribambelle de richesses.

C’est que le problème est toujours le même et unique ; comment organiser l’intentionnalité lorsque celle-ci n’est plus liée dans un groupe par une représentation commune mythique ou sacrée ou rituelle ou dans tous les cas admise et apprise par cœur et que dans cette absence, dans ce retrait chacun doit élaborer son être, et produire quantité de représentations et qui, chacune, soit à peu prés réelle, réaliste, ou raisonnable ou rationnelle (pour la science et les techniques ou le droit et la Constitution des sociétés) ?

Le grand manque consiste en ceci que si effectivement fut élaboré l’encadrement général (le sujet comme structure mais aussi comme jugement et décision de soi, d’orientation de sa propre vie, la coordination sur la liberté et l’égalité, le bien commun et la volonté générale, etc), il n’empêche que les finalités de ce monde, nouveau, de cet encadrement renouvelé par l’histoire, de la finalité des vies et du sens de l’individualité, de l’individualisation, ne sont pas du tout exprimées. Il existe un cadre, général, et tout le reste vendra comme remplissage ; ainsi la Constitution délimite la société civile et les vies vécues, les objets et les techniques.

Comme elle est reléguée à cette mise en forme, la société civile s’imposera et débordera, jusqu’à absorber l’universalité, et de fait le moi énormisé mangera le je. Et le moi trouvera cela absolurent normal, tout à fait sensé, et même hyper essentiel puisque c’est, idéalement, de sa vie en propre dont il s’agit ; il ne peut pas, le moi, concevoir qu’une dimension ajoutée seule le délivre, dénoue son intentionnalisation vécue. Cette conscience est la sienne, la conscience de Pierre ; Pierre prononce synthétiquement le signifiant majeur ; le je n’y a aucune place, sinon comme fonction d’une identité ; laquelle n’est pas même ce signifiant « Pierre » et que donc celui-ci, le moi, est pris dans un réseau de signifiants donnés, l’inconscient, tenu par l’autre, par un autre acte de conscience, qui n’est pas forcément autrui ni les autres (mais éventuellement oui) mais tenu par l’Autre qu’impose la ligne des signifiants, qui évidemment n’existent pas sans conscience.

De là qu’il existe toujours pour le moi une conscience supposée ; qui s’impose par exemple comme images de sa vie, idéalisée, représentée (les images le voient, lui). Et ce pour une bonne raison ; c’est que comme on a dit le bout du champ intentionnel de conscience re-vient vers le je ; qui se situe toujours dans la visibilité ; le moi est Vu avant qu’il ne se voit lui-même, et ce lui-même perçu vient de l’extérieur, par quoi il est scindé, splitté, divisé, autre que lui-même, tentant constamment de se recoudre, via des objets. Il dévore la visibilité, les objets (à moins que le sacré ne vienne borner cette série indéfinie, ou que le divin le marque d’un signifiant tout à fait autre, qui permet de transformer le signifiant et le regard, de les fixer sans les déterminer ; dieu, l’universel, le sujet (ou le christique qui n’est pas là dans le monde et donc ne peut pas ressembler au monde ou à un objet) repèrent le réel mais n’importent pas une fixité immédiate (ils sont formels et non déterminés).

Le moi veut donc fixer la structure (le signifiant ou le regard) dans une déterminité ; ce qui est impossible et à terme le déprime (outre les désordres constitutifs si largement partagés) ou dès le début le rend fou. Et l’oblige à remplacer continuellement le signifiant par un autre (traitant même les objets comme des signes, ce qui est absurde, c’est un monde et une vie délirante) ; puisque son être n’est pas un être (de satisfaction) mais un mouvement (d’insatisfaction absolue, cad formelle). Nous sommes des êtres d’insatisfaction, et donc nous ne sommes pas des êtres, mais autrement.

De même le signifiant est certes prégnant, mais un signifiant n’existe que par et dans un regard, une intentionnalité (et non pas suspendu dans les airs), c’est donc le regard (la question ; qui regarde?) qui explicite ce que le « signifiant » est.

Le seul moyen de devenir, ça ne sera pas du monde mais de la structure elle-même ; par un saut. Qui fut effectué quantité de fois par quantité de sujets ; des esthétiques à la révolution, de la foi à la pensée, ou plus habituellement par le tomber-amoureux du moi. Beaucoup de variations donc puisque c’est une structure qui peut s’incarner diversement sans rien perdre de son être qui n’en est pas un et ne peut pas se coaguler au monde, au relationnel, au vécu. Le christique l’annonce dès le début ; il n’y a que lui, le christ, pour prendre votre douleur, votre égarement, réguler votre délire, il est non pas le signifiant maître, mais le signifiant non-maître, celui qui révèle que personne ni rien ne contrôle le signifiant, la pensée, le sujet, sinon Le Sujet qui ne se montre pas, n’étant absolument pas du monde. De même le sujet cartésien ou celui Kantien, qui se situent sur un autre-plan, ou l’esprit hégélien qui est n’est pas en soi mais la récollection de tous les signifiants ; le savoir est ce qui fait-voir tout ce qui est pensé, mais ne s’expose pas lui-même dans la monstration ; le pour-soi néantisant sartrien n’est-il pas non-visible ?

Et de la sorte ceci est fondamental. Que chacun jusqu’alors pouvait si aisément transformer le regard, le signifiant en un point concentré et délibératif absolument (dieu, la pensée et l’universel et la révolution, le sujet et en creux du moi le je). Sous-entendu ; il n’y a pas de libération à proprement parler (sinon relative) dans le moi, ni même l’humain, ni dans l’histoire ; seul un point autre absolument externe nous libère. C’est seulement une fois acquis ce point externe qu’il engendrera ses effets. Dieu, la pensée et l’universel, le sujet créèrent cent mille effets effectivement réels, dénouant le signifiant par en haut (il ne peut être atteint et agissant que dans l’élévation). On n’est pas libre sans abandonner toutes les pesanteurs.

Dit autrement lorsqu’il se passe ou prétend ignorer le transcendant (sous quelque forme que ce soit) aucun moi-même ne peut de par soi assumer son regard ou le signifiant ; il y a de quoi, formellement, se rendre fou ; une conscience ne peut se valider elle-même, non seulement elle tendra à admettre n’importe quoi, cad n’importe quelle intentionnalité ou intention (ce qui veut dire aussi bien perception que désir, mais également fantasme au sens d’illusion quant à la réalité, sombrant dans l’irréalisme ; il peut bien se raccrocher à quantité d’objets qui lui paraissent simuler le réel, mais qui, étant de la densité, physique, matérielle l’enfonceront plus encore dans la croyance en l’immédiateté (jugeant le plus souvent non réels dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel même). La structure nous ouvre le réel et la réalité, et on croit, une fois atteints, que l’on peut refermer la porte, mais c’est faux. Nous avons un corps (que nous ne sommes pas), et ce à partir d’un point-autre.

 

Luc 14 : 26

Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple.

 

Ce qui ne veut pas dire qu’il faille renoncer à tout, mais que le point d’acception est tel, et alors seulement le reste comptera par ses effets. Sinon nous ne demeurons qu’informés en tant qu’effets d’effets, non pas instruits par le Pli lui-même causant de réels plis seconds mais replis illusionnés au-dedans des plis seconds et sans effets sinon ceux du monde. Ce qui répète la détermination du monde mais ne remontant pas antérieurement au monde, rien de nouveau ne naît structurellement. La révolution est un pli structurel ayant de réels effets de structure. Le remplacement d’un tyran par un autre, non. Le devenir d’un moi non, l’existence du je en ce moi, oui.

De même que le signifiant pur (dieu, l’universel, le sujet, le réel) ne recoudront pas le moi

(qui est en lui-même de fait scindé, perçu du dehors, ce qui est catastrophique pour un vivant qui s’éprouve dans un milieu, dont il est le centre non conscient, ce qui ne veut pas dire du tout idiot ou dépourvu du sentiment de soi, puisque c’est son unité de vivant mobile, mais qui ne se perçoit pas à partir d’un horizon ; la scission n’arrive pas à un moi déjà là, c’est de cette scission qu’un moi existe, et supprimer la déchirure ce serait annuler le moi),

les trois statuts s’ajouteront au moi ; il obtiendra au minimum un espace et un temps et donc la possibilité de détermination en plus, née de cet ajout de structure, qui consiste évidemment en un saut ontologique, en une actualisation du statut, pour ainsi dire, une mise à jour qui embraie sur l’agissement lui-même ; et qui ne laissera pas intact ce que l’on est, refluant ce que l’on est dans le passé, et par là se mesure également votre capacité, quoi que vous choisissiez, d’investir l’arc de conscience en tant que renouvellement ; désignation de dieu, naissance à la pensée et l’universel, baptême christique ou cogito de différentes formes, épiphanies esthétiques ou extases poétiques ou encore évidence existentielle que « l’exister existe ». Qu’il existe une colonne dressée du présent qui restructure instantanément ou dimensionnement ce qui apparaît, la manifestation.

Une œuvre, esthétique, vous rend soudainement la perception sous telle et telle formulation. S’impose un instant qui remodèle votre réalité, à partir du Bord qu’est le réel soudainement introduit selon son angle dans le cercle de votre réalité habituelle, connue, perçu d’un autre-regard, ordonné selon la ligne écrite de vos signifiants.

La structure est ce qui décale le donné et le vécu, le corps et la représentation, le groupe ou le langage, etc. Qu’un tel décalage soit à l’origine de toute inventivité, toute création ; puisque pour le sujet dit libre, celui qui invoque la liberté en son nom propre (dont il substitue le signifiant par un autre et qu’il confie son énergie hors de lui-même, dans une extase, poétique ou révolutionnaire, bref selon ce que l’on crée), pour ce sujet il n’existe pas de phrase toute faite, mais la liberté des signes. Or les signes ne restent pas des signifiants mais portent plus haut et plus loin ; le plus grand éloignement étant, évidemment (peu importe d’y croire ou non), celui du christ ; le divin qui fut ici même (il faut bien mesurer l’immensité ontologique de ce que tout cela implique), le divin qui a existé et existé comme corps humain vivant, est parti. Le lointain dont il est question est et restera celui-là ; l’éloignement in-fini du divin et donc notre délaissement, mais un abandon qui n’est pas refermé, puisque les signes demeurent ; la vigueur et la rigueur des signes imposent leur absolue finalité ; ce sont les signes du divin ou les effets réels de la structure qui seront recherchés, sous condition de tenir le point in-finiment lointain. Ça n’existe que de ne pas être (du monde, mais aussi de ne pas être de la vie vécue, du corps ou du relationnel, des réalisations humaines ni des œuvres, puisque les œuvres ne se contemplent pas ; elles créent la conscience qu’elles requièrent).

Rappelons que la liberté ne consiste pas tant à choisir entre noir et blanc, mais à inventer (ne consiste pas à trouver des raisons, mais à les créer, à créer universellement, puisqu’antérieurement à la pensée on ne savait pas qu’elle existait, ou qu’antérieurement à la liberté-égalité tout cela paraissait impossible voire impensable). Et relativement à ce problème de la liberté, réinventer les conditions même de tout choix, relire à neuf et autrement la même situation ; modifiant les conditions initiales on modifie les possibilités de résolution, y compris les résolutions qui n’étaient pas du tout données dans l’antérieure situation, n’étaient pas perceptibles et parfois même pas existantes, ni préexistantes sous quelque forme ; on invente ou réinvente la situation. Toute situation est déjà prise dans une représentation, déjà signes, et ce sont ces signes dont on comprendra autour de la méditerranée que l’on peut la réactualiser. Tel monde ou telle société humaine n’était instruite, informée en aucun adn ou en aucun milieu (le même milieu aboutissant à quantité de sociétés ou civilisations différentes, et de toute manière chaque configuration de monde créant un champ spécifique est relative, au sens qu’elle croit ou veut discerner, toujours originale). Ainsi la «capacité de choix » est une sous-catégorie du processus et procédé général d’invention.

Voir les commentaires

Activisme

15 Mai 2021, 09:11am

Publié par pascal doyelle

Rappelons le principe général ; il se peut que l’on préfère l’absence de tout questionnement, sous le prétexte ou pour la raison que nous sommes jetés dans le monde pour rien et que de toute façon nous ne comprenons rien à quoi que ce soit, et qu’il est inutile de s’interroger plus avant. Pourquoi pas.

Mais à l’inverse on peut admettre qu’il vaut mieux d’hypothétiques réponses exprimées plutôt que l’abandon de questionnements jugés a priori inutiles ; on ne sait de où sort cet a priori (d’une infaillible inconnaissance sans doute) ni comment en juger négativement avant que précisément ils soient exprimés (autant brûler tous les livres). Abandon qui pour le coup ne sert à rien et ne mène nulle part.

Évidemment si l’on continue d’enquêter cela requiert suffisamment d’assurance ou de confiance native, ou naïve, peu importe, et plus simplement que, quoi qu’il en soit, au moins si l’on conduit des réponses, cela peut faire avancer, tandis que l’inverse, le scepticisme généralisé, ne conduit nulle part, en toute certitude.

En somme, si des questions se posent, c’est que des questions se posent…(et qui reviendront de toute manière sous une forme ou une autre, ne demeurant pas du tout dans l’inexprimé). Pourquoi des questions se posent-elles ? Est-il raisonnable d’admettre, sans plus de curiosité, que ce serait en pure perte ?

Et si ces questions se posent bien effectivement, alors de fait il existera une continuité de questionnement, puisque rien ne naît sans raison. La vérité est que c’est le contraire qui est absurde ; « rien n’a de sens » est une proposition très déraisonnable. C’est nier que véritablement il existe au moins un être pour qui rien n’est immédiat et que cette médiateté est factuelle. Le fait même qu’il existe de telles interrogations est probant.

Et enfin on admet ici que ni Moïse, ni Platon, ni Descartes ou Lacan n’étaient des idiots.

Qu’ainsi cette continuité existe déjà et bel et bien.

Bref.

On rappellera ceci qu’auparavant nous vivions dans des tribus, des royaumes, des empires, des civilisations chacune particulière et ne parvenant pas à se communiquer (sinon par décrochages mythologiques et variations, comme dans Lévi-Straus),

tandis que depuis la méditerranée (depuis le monothéisme, les grecs, le christique) il advient que soudainement nous nous apercevons que c’est nous qui produisons des contenus, des mondes humains, des représentations, et qu’il nous faudra, dès lors, bien comprendre comment et pourquoi il est en notre capacité de créer des signes. Et non plus de les recevoir tel un monde donné là, parlé, échangé, ritualisé.

Le monothéisme se signale de ce qu’étant unique et simple, aucune détermination du monde ne peut lui être accolée ; il est une Intention. Impossible également de le confondre avec un absolu général ; il marque individuellement l’origine. Cette différence est considérable puisqu’elle réduit le faisceau au vouloir, ce qui veut dire à l’intention de chacun (et non selon une entité formelle abstraite).

Et de ce fait on rencontre donc face à face

dieu, comme Intention pure et formelle (intention de tous les contenus),

la pensée comme organisation des idées qui sont chacune la distinction d’une intentionnalisation ; la pensée face au monde donné « là », qui « est » par-dessous toute la diversité des mondes humains différents ; à une nouvelle perception on attache un signe, un mot, une phrase, une théorie et il faut alors élaborer telle théorie, telle idée si l’on veut percevoir ce qui ne se trouve pas dans le langage commun, et si l’on veut encore plus ordonner la perception afin de ne rien manquer, du monde, et ne pas perdre le fil de ce qui est intentionnalisé consciemment comme tel ; on sait que l’on produit les idées et il est impératif d’organiser les idées, cad les perceptions (Platon a raison ; les idées permettent de faire surgir sous nos yeux des réalités, naturelles ou humaines ou idéelles, que le groupe ne perçoit pas)

le christique impose le je en tant que chacun, qui n’appartient plus à un groupe, qui est ce corps qu’il a, et si il l’a, ce corps, alors il ne l’est plus ; ce corps n’est plus signifiant (d’un rituel extérieur) mais est le signifié d’un signifiant que l’on obtient lorsque l’on dit « je » (à l’exemple du christ qui meurt tout-seul, un qui rend possible quantité de uns). Signifié du je qui recule infiniment hors du champ (de là que l’on ne sera plus assigné à une identité, un rôle, une caste, etc).

L’intention christique réintroduit une encore plus grande précision ; ça n’est plus une méta intention qui crée, mais c’est que le méta se déplace sur la tête de chacun (sous l’exemplarité inatteignable mais absorbant notre incapacité) ; si le méta se déplace en et par chaque corps, alors tout se démultiplie ; toutes les intentions (qui sont celles de chacun) se déploieront.

Le méta, cad l’origine du réel, s’instancie ici même du sujet cartésien qui vient inscrire l’acte ici et maintenant, dans l’immédiateté du temps et de l’espace (l’étendue) qui, de ce fait, n’est plus immédiate mais médiate, ou donc articulée ; l’articulation est ici et maintenant (serait-elle ou non le reflet de l’articulation divine, c’est ce que René avance explicitement) ; de là qu’il y ait départ du christ, saint-esprit, église, communauté des croyants, chacun face à la fin des temps, puisque finalement tout sujet sera convoqué dans l’extra-temporalité de l’eschatologie « le temps de la fin a déjà commencé ».

Le méta ne peut pas s’instaurer si le divin reste dans le ciel ou s’il s’installe à demeure sur terre ; le méta se localise là où il existe et le signe de l’extra-réel est laissé à chacun ; en chacun qui dès lors crée, invente, produit le rapport qu’il ex-siste.

Un rapport doit exister en et par lui-même, individuellement. Aussi doit-il être laissé ici même, seul (le relationnel passant comme méta-organisation des individus isolés, ce qu'est une révolution-Constitution, ou le St Esprit si l'on préfère, raison pour laquelle Rousseau était un solitaire...)

En chacune de ces trois occasions cela fait l’effet d’une explosion interne à la conscience, qui se stupéfait d’intégrer cette possibilité d’élaboration ou de création de signes (et cela vaudra également pour la capacité esthétique, poétique, qui acquerront leur indépendance par rapport aux rituels par lesquels, tout en étant esthétiques et poétiques, elles étaient liées). Que cette élaboration soit la pensée ou l’intention et la nouvelle humanité.

Il faut tenir la nouvelle capacité d’individuation (en affirmer la rigueur intentionnelle, ce qui va plus loin que la « morale » ; il s’agit de fonder une civilisation, objectivement et réellement) et il faut tenir la possibilité de la pensée (en soutenant la cohérence). Le relationnel est évidemment au centre (autrui du christianisme ou la pensée, la raison partagée et compréhensible) ; on ne s’élève pas seul, mais c’est parce que l’ensemble monte que chacun en reçoit les capacités.

Ça n’est donc pas que se libère une aptitude spéciale ou un contenu défini mais bien une capacité intègre et intégrale ; l’activité de conscience concerne toutes nos possibilités, tout monde, tout corps, tout vécu, tout relationnel. Ce qui arrivera au fur et à mesure.

L’arc de conscience crée un champ intentionnel, là au-devant dans le monde, le donné, mais également le vécu ou le relationnel, et l’ensemble de l’apparition nouvelle, structurée verticalement par chaque activité de conscience, vient s’y produire ; reprenant le vivant et le donné, la perception et le groupe, le langage et les signes habituels ou communs, bref tout ce qui peut se présenter phénoménalement, cad tout.

Tout sauf l’arc, l’articulation elle-même qui n’y appartient pas et les produit et doit elle-même se signifier ; dire « je suis ainsi », voici l’homme en quelque sorte, et intégrer cette désignation dans le nouveau champ, le champ nouveau lui-même. Mais comme cette désignation implique la structure-même qui produit tous les champs, les conséquences, à chaque fois, sont totales et occupent tous les possibles ; ce qui crée l’historicité ; il y a une progression parce que le positionnement de l’arc de conscience avance sur la surface du réel.

Dit autrement la position ontologique permet de resserrer l’intention, l’attention, le champ intentionnel (qui n’est plus distribué dans un groupe ou donc qu’il faudra bien intégrer chacun en tant que sujet dans un ensemble humain plus compréhensif, serait-il explosé par tous ces sujets) ; tout autant que sont précisés le relationnel et donc le mouvement d’ensemble qui coordonne les consciences (lesquelles ne sont plus liées dans le même-monde, parlé-échangé-ritualisé-perçu). Et cela équivaut à cette proposition ; le réel se déroule ici même et maintenant.

Le méta (le positionnement conscient de chacun et du je pour ce corps, qui n’y peut mais ; le christique crucifie son corps vivant afin qu’apparaisse ce regard tout externe qu’un vivant ne comprend pas dans sa chair, son unité de vivant) le méta est l’introduction de la structure, ce qui veut dire de l’intentionnalisation comme ‘méta’ principe.

Que l’on nomme philosophie, esthétique, raison ou morale ou révolution.

Dans tous les cas ; dieu, la pensée, le sujet ces mouvements doivent produire un ensemble réel d’effets (qui ne sera pas une totalité) et donc non pas telle ou telle partie de la réalité, ni une entité abstraite ; il n’y a aucune entité abstraite dans tous les cas, mais des agissements, des agissements ayant effets et innombrables effets à chaque fois (ce que Hegel nommait l’effectivité) et produire le réel lui-même. Qu’il y ait des effets est le plus surprenant.

Ce que les mois, depuis qu’ils ont basculé dans le monde, le réalisme, le naturalisme (par lesquels seul le donné, cad le passé, explique le donné, présent) ne comprennent plus du tout. Ils ne saisissent plus que le possible est plus grand que le réalisé (s’enfonçant dans les tourbières de l’acquisition seule ou d’une identité imaginée) et que c’est uniquement parce qu’elle est suspendue au possible qu’il y a une réalité.

Seul le je aperçoit quelque réel ; n’importe quel groupe ou identité absorbent et fixent la réalité connue dans ses filets qui s’ordonnent et s’agglutinent dans des échanges intérieurs (intérieurs au groupe et intérieurs à son-monde). Mais la révolution, la science ou l’esthétique requiert des sujets. Puisque ce sont des intentionnalités dans chacune un corps vivant qui perçoivent. Et qui étendent suffisamment l’arc de leur conscience que cette extension produit des œuvres, au sens général (de l’éthique à la pensée, en passant par la science ou la politique).

Et donc dans cette tension nouvelle produisent des mois. Pris chacun dans et par leur sujet, via leur je.

On obtient ainsi l’intention (dieu), l’intentionnalisation (la pensée), et le je (christique, cartésien, puis libre et révolutionnaire, puis selon le moi).

Tout le reste sera tissé à partir non pas de ces idées, images, représentations, mais à partir de ces trois positions.

Ce sont des positions, ce qui veut dire des articulations à propos et dans, ou plutôt sur le réel.

Sur le réel parce que l’on ne pénètre pas dans le réel ; on y est déjà ; et sur quoi l’on existe c’est une surface, une extériorité, l’extériorité absolue, celle de la réalité (tout est manifesté, une réalité non manifeste, n’a aucun sens) ; il ne peut pas y avoir de réalité sans cette exposition ; soit donc, le secret est précisément qu’il n’y en ait pas. Tout est dit explicitement au long des siècles. On ne sait juste pas les lire, les comprendre, les incorporer. Et c’est une position parce que sur cette surface on peut se déplacer. Étant toute externe (et non pas massive ou monolithique ou particulière ou déterminée) on peut glisser d’une position, articulée, à une autre position, articulée.

Or une telle surface autorise ceci ; des rapports. Il existe un champ donné « là » qui existe et qui ouvre tout le possible. Qu’il y ait une réalité veut dire qu’il y a un champ donné qui existe et qui tisse des rapports. Or d’autre part ce qui est rapport, ce qui existe comme rapport est mouvement. Il n’y a pas de rapport sans qu’il y ait mouvement.

Ce n’est donc pas un hasard ni même un effet que tout ce que l’on a là sous les yeux soit mouvant. Tout ce qui est, est mouvement (le mouvement crée les réalités, et non pas ce qui arrive aux réalités déjà là). Et les choses sont prises de ce mouvement, total, infini très certainement, de l’exister ; on a vu que l’infini est en lui-même plus grand que lui-même ; c’est son but, sa finalité véritable, l’infini est la parabole du Possible brut, de la pure Possibilité (qui ne cesse pas). La matérialité ou l’énergie sont inconsistants ; ils existent et ils tiennent dans la mesure où ils deviennent ; un atome est un ensemble de mouvements (à voir si les particules ne sont pas elles-mêmes des vibrations) plein de vide. Ce qui n’empêche nullement le chat ou le chien d’exister de façon bien consistante ; la consistance est élaborée sur l’inconsistance et les deux se maintiennent dans le mouvement du devenir, qui embarque l’inconsistance dans la consistance et plus loin.

Il est impossible de concevoir une réalité immobile. Et la raison en est qu’une réalité c’est de la détermination et que la détermination ce sont des différenciations. Ceci n’est pas identique à cela, jamais, nulle part. Chaque particule occupe de toute manière un espace, un moment distinct ; l’espace et le temps sont des inventions du réel de distinction ; ce qui veut dire qu’ils existent réellement mais qu’ils ne sont pas la dernière limite, il existe un en-dehors, un contenant plus grand et d’une autre nature ; au sens où l’être est contenu dans l’exister. Si la structure du réel est le rapport, celui-ci est en lui-même purement in-fini (n’est pas tenu par de la détermination).

Ces trois positions en s’accédant déplient du même coup la réalité, la réalisation humaine ; puisque les rapports intentionnels commencent de couvrir la réalité donnée et que les vies sont dorénavant vécues en et par elles-mêmes et pour elles-mêmes. De là qu’il soit tout à fait évident que c’est la réalisation qui s’ouvre. La cause mise au jour, et mise à jour, produit tous les effets.

La réalisation dans tous les sens

La réalisation qui comporte tout autant le Bien que le mal. Ainsi, à terme, le moi, l’obtention de sa propre personnalisation (et son accélération des années soixante, ou l’individualisme du libéralisme ou l’humanisation du communisme) est un Bien, mais qui dit moi, dit obsession, perversion, névrose et psychose, borderline et bipolaire, et une invention psychique considérable (psychanalyse et psychiatrie sont nées au 19éme).

Le christique n’a pas condamné le corps mais l’a investi intégralement et animé du dedans, prévoyant ces faiblesses et ces désordres, ce qui veut dire : lucide (contrairement à ceux qui pensèrent remplacer cette subtilité par une règle écrasante née de et pour le monde réaliste, rationaliste, naturaliste, ce qui veut dire dictatoriale ; l’homme parfait ou raisonné ou tout aussi bien idéal et publicitaire sont, profondément, tous, assujettissant ; le christique sait que l’on va s’égarer, de fait, il n’est pas idéaliste et Descartes n’est pas un perfectionnisme mais un perfectionnement lent et difficile). Jamais il n’y eut de « confessions d’être soi » sinon depuis lors, d’Augustin à Sartre en passant par Montaigne et Rousseau, et mille et une littérature, qui signent les devenirs, les récits.

Il faut saisir tout l’ensemble ; la pensée universelle montre la particularité du monde, son indéfinie multiplicité, et favorise quantité de systèmes, lors même que l’on croit chaque fois tenir le système-parfait. De même que le christique intègre la pluralité et la division, qu’il prévoit et tout en maintenant le Bien, cad la possibilité originelle, il lance historiquement toutes les difficultés. Ce qui se crée par ces positions ce sont des positions, ou donc des réflexivités.

Dans le retour que l’on opère (sur le monde donné là, sur le corps et la vie individuelle, sur la société et l’humanité, sur le moi et son existence) cela fait re-tour, un nouveau tour à chaque fois qui agrandit le cercle à partir d'un point inconnu, soit le positionnement sur le réel, et donc modifie le bien et le mal mais en tenant fermement le bien, la raison et l’irraison, voire la sur-raison systématique, tout en maintenant la cohérence comme exigence ; il se présente dans la position articulée qui sait parfaitement, intuitionne, obtient la vision de la suprématie, suréminence de structure du rapport sur les contenus et qui se tient au-dehors des contenus, bons ou mauvais, sans jamais perdre le fil ; c’est ce qu’inaugure le christique, à savoir que les erreurs ou les fautes sont relatives, la structure non ; la pensée, que les systèmes sont des versions, mais la vérité est. Le sujet qui nourrit quantité d’intentions parce qu’il est lui l’intention unique.

C’est bien de cela que la littérature, la révolution ou le moi psychique ou vécu, sont des réalisations intimement mélangées. La position qui est transcendante (et non transcendantal au terme de Kant) est au-delà du bien et du mal, si l’on veut, mais dans le champ d’un bien plus grand et sans céder (comme les mirages de la transgression y succombent, comme les images publicitaires nous en abreuvent ; c’est de ne pas tenir les deux bouts de la réalisation qu’ils s’effondrent, ils élisent des parties, des morceaux de vie ou de monde, et prétendent annuler les autres, le sujet non ; tel Nietzsche sous son mode imaginaire).

Dit de plus originellement, de plus initialement, et historiquement pour nous, le christique prévoit notre faiblesse insigne ; le christique occupe un très petit espace et temps, celui près du Bord (et de la mort ou du désespoir) tout le reste est envahi de difficultés et de noirceurs. L’exiguïté du Bord (du monde, de la vie, des signes) est cela seul qui compte, le reste tombe et ne cesse de tomber dans les ténèbres.

La pensée, universelle, tente de combler le vide mais toujours situe ailleurs et autrement le point de réflexion ; l’être, le un, dieu (quel qu’il soit), le sujet (la volonté cartésienne ou kantienne, l’intentionnel ou le pour-soi sartrien) sont ailleurs et tout le reste ne s’avoue visible que de ce point-là. Le positionnement ontologique n’est nullement ce qui viendrait se plaquer sur le monde ou la vie vécue mais est, littéralement, cela qui, seul, a pu les provoquer, les manifester. Sans la révolution aucune humanisation et sans la personnalisation dans cette humanisation pas de possibilités réalisées (pourquoi vivrions-nous dans un monde général et universel sans le moi que l’on est ?)

Aussi existe-t-il, on dirait même préexiste, une pré/ontologie hors/humaine qui a pu pousser toute la réalisation humaine et l’a poursuivie dans tous les coins de la réalisation. Répétons ; le christique prévoit toutes les faiblesses, erreurs, égarements, pertes et fautes graves et cruelles ; la pensée entame la pluralité des systèmes et la visibilité de toute la multiplicité. De même que la Loi, monothéiste, imprime les péchés et la faute, les dérives de la nation (dieu menace les juifs cent fois de la destruction) et les déchéances. Pareillement le moi, haute acquisition, ne saurait nier ses dérives psychiques, toujours catastrophiques pour chacun et si difficiles à contourner, que l’on ne peut jamais éviter.

On n’invoquera que de loin la réalité, soit cet univers qui s’expose tout entièrement mais fondamentalement brutal, violent, disproportionné, invraisemblable, qui n’est pas un cosmos ordonné mais une déflagration effarante.

Et ceci envers et contre les simplifications et les idéalisations ; ni la pensée, ni le christique, le cartésien ou la révolution ne sont des facilités, jamais l’image ne se calque. Ce sont les terrorismes intérieurs ou extérieurs qui voudraient que tout signifiant soit pressé contre son signifié. Contre ces discours écrasants, l’autre inverse veut au contraire que jamais le signifiant ne soit que déterminé , bien qu’il ne faille jamais lâcher que le signifiant soit une loi, ou comme nous disons une Règle.

 

 

La conviction

Or de cette position là on dira qu’elle revient, au final (ce qui veut dire compte tenu de toutes les dispositions d’humanisation ou de personnalisation, sans laquelle humanité ou personnalité le possible s’effondre),

au final donc qu’elle revient à la conviction de la Règle, à ce qui doit revenir à chacun ; non seulement parce que l’on ne convainc personne par la force (on ne force pas quelqu’un à penser ou à se convertir ou à investir la poésie par contrainte) mais parce que la Règle est à un tel niveau instanciée dans le détail, de la perception et du corps, dans le relationnel et l’historicité, d’une civilisation, si complexe, qu’elle ne trouvera aucune mesure plus puissante que l’intention de chacun. Le sujet seul peut tenir le temps.

La révolution dépend des révolutionnaires (en bien et en mal), l’œuvre esthétique du créateur et des destinataires, le relationnel de l’un et de l’autre, etc. L’intervention du structurel, étant donné le nombre de rapports possibles qui en surgissent, revient à cela seul capable de gérer, d’organiser mais surtout d’inventer, de créer ces rapports. La philosophie dépend des philosophes ; comme le devinait Kant, chacun est pris dans un rapport plus grand que l’énoncé (qui apparaîtra peut-être aux suivants).

Et si au travers des désordres générés la structure se maintient c’est de la conviction des je. De la nature même qui est intégrée à l’attention, l’intention prise.

À nous qui sommes en bas

De sorte qu’il faut bien en passer à non pas une division exclusive du bien et du mal, du vrai fixé ou figé et de la pluralité des systèmes et à un scepticisme de bon aloi, de la liberté du moi à ses enfermements psychiques, mais à ce point réel qui génère les possibilités de monde et de ténèbres, d’humanisation et d’inhumanisations, de personnalisation et de dégradation. Et qui se parcourt au final comme historicité, et initialisation du réel brut, du monde empli de difficultés et de contraintes, sous condition de, malgré ceci, positionner la Règle, cad le plus grand rapport possible de la Possibilité.

C’est en ce sens que toute activité, suffisamment instanciée (historiquement) ou cohérente ou manifeste (comme une esthétique) doit être dite infinie ; elle prend appui sur l’absence (de même que dieu est absent, le christ parti, l’idéal universel irréalisé, le sujet nouménal ou pur néant sartrien, etc) et admet cette absence ; elle se sait n’être pas de ce monde, parce qu’elle sait que l’exister est plus grand que n’importe quel monde (quel que soit l’appellation de cet exister, de cet agissement). Aussi le je sait-il qu’il est en sa manifestation tout autant toutes les manifestations possibles ; ce qui veut dire qu’une œuvre, un tableau contient plusieurs tableaux, plusieurs visions, plusieurs regards. Et c’est du tournoiement ou du tourment ou des ténèbres elles-mêmes, intégrées, que se manifeste tel ceci.

Ce qui veut dire que la conviction du plus-grand-rapport est la certitude que tous les autres rapports, seconds et secondaires, en naissent et potentiellement (cad en puissance) en naissent continuellement, de sorte que cette œuvre, cette révolution, cette élévation restent et demeurent en elles-mêmes sur/élevées, in-finies, et le resteront, désignant encore le plus haut, puisqu’elles sont instanciées de ce point en/dehors, et que par elles nous percevons.

Ainsi non seulement la réalité devient mais le réel se modifie en interne selon son axe du présent perpendiculaire au temps ; une œuvre, une révolution se réécrit et se réécrira, il existe un Bord que l’on ne peut pas épuiser ; la Possibilité se lance constamment de l’en-dehors de la réalité. Un « élément réel » telle une œuvre, une élévation, une révolution, une intentionnalité ou une décision contiennent quantité de rapports de structure enchâssés ; que l’on perçoit selon un plus ou un moins, et une perception qui continuellement se rassemblera d’encore plus loin, que l’on actualise proportionnellement (par instructions, littéralement ; il faut apprendre à lire les signes mais aussi les perceptions, la science ou les esthétiques développent la perception, le droit augmente l’identité de chacun, le je dans le moi recherche) et qui ne manifestent pas seulement telles et telles perspectives (qui explorent le monde, le donné, la perception, monte et démonte et remonte toutes les aptitudes de perception, le vécu ou le relationnel, dans le roman, durant plusieurs siècles, etc) mais montrent dans la tête, le regard, l’intentionnalité de chacun comme la réalité, la réalisation, l’intention ou la décision, l’exercice de la liberté ou du jugement sont capables de variations, vers le haut, vers la suréminence, et que l’essence, la structure de notre être est cette modification. Cette signification.

Parce que s’il n’y a plus de monde assuré, partagé et en soi, alors chaque conscience peut différencier, transformer la réalité, la réalisation ; de même que la révolution devient une passion durant deux siècles, ou de même que la psychanalyse découvre, met à nu le noyau caché de chacun ; l’imagination de la « chose désirable », de la jouissance imaginée, qui n’est nulle part mais par laquelle chacun est accroché mais distendu dans la distance du réel, ou alors qui, supprimant cette distance, devient fou ou dépressif ou obsessionnel ou pervers. L’œuvre est suspendue, et n’est pas une chose ; c’est la version nocive qui voudrait coaguler énoncé et vérité, liberté et identité (la liberté est en chacun bien plus grande que son moi, elle est, factuellement, en suspension, cartésienne), chose et désir (qui se confondent imaginairement comme jouissance supposée, imaginée, irréelle, dans la perversion ou qui terrifient le névrosé ou paralysent le dépressif).

C’est dans tous les cas la distance qui offre la multiplicité et aussi la duplicité, la dégradation mais aussi la gradation, sous condition que cette acceptation, admission du donné, du vécu, ne lâche pas le point suréminent qui fondamentalement contredit et contre-dit tout ce qu’il permet de proposer ; pour qu’il y ait la réalité, la vie vécue il faut se tenir au-dehors et non s’y confondre. C’est ce que l’on a compris par la liberté politique ; vous ne déciderez peut-être pas le meilleur, mais ce qui importe c’est que chacun puisse décider, serait-ce le moins bon (pourvu que le cadre ne soit pas annulé) ; le point de vérité ou d’organisation c’est le cadre général ; l’instanciation de la liberté de chacun permet seule de monter le niveau, de chacun et de l’ensemble, lors même qu’elle entraîne la dispersion éventuelle, qui ne manque pas.

De même l’œuvre ou le christique ou l’universel au sens d’universalisation potentielle de Kant ; seul ce qui est universalisable vaut et met en valeur, puisque seul il lance la possibilité de rapports intentionnels nouveaux et réels, mais il faut alors prendre ladite universalisation en tant que structurelle, de ce qui n’existe que par les sujets, puisque la forme « sujet » est la plus universelle. Que l’universel soit le sujet n’est pas évident du tout ; puisque l’on réservait jusqu’alors l’universel à la pensée, à la formulation notionnelle, au contenu de conscience comme absorbant sa capacité et par lequel l’individualité connaît et ne parvient à s’élever que via ces contenus ; la pensée lui confère une étendue qu’en lui-même il ne porte pas. Le christique non ; il suffit que vous soyez un sujet, vous êtes déjà in-fini, divin, selon que vous le sachiez selon le plus ou le moins d’une modification qui rechutera mille fois, puisqu’il initie l’articulation existentielle qui ne peut pas se fixer, figer, mais adopter la souplesse requise. De même la morale de Descartes, ou l’inachèvement de la substance effective, corps/esprit, ou plus exactement vécu/je, puisque Descartes entend « produire des effets » et non pas penser selon la seule pensée métaphysique. Plus encore la dispersion ontologique du je par Sartre et Lacan ; qui partent en vérité de nos états évidents et de nos faiblesses ou erreurs, cad de nos expérimentations et explorations telles quelles ; on ne peut retirer ni le monde et autrui, ni le moi et le corps. La précision accrue, l’attention soutenue que le je porte à sa structure, exige de montrer comme l’articulation du je fonctionne dans le vécu et la perception.

Remarquons ; si il est mille différenciations selon le monde (de sciences humaines par ex), ontologiquement cela n’occupe que quelques-uns.

Or il y eut une extension fondamentale du rayon d’activité de l’arc de conscience, l’autre réflexivité qui débute avec Descartes. Ce qui réclame de penser le sujet en tant que tel et implique l’agrandissement de ce que par universel il faut entendre. L’universel de la pensée se supposait distinct et organisant la réalité. Mais si le sujet est le réel alors il est distinct et articulant la réalité, mais ce faisant l’arc est beaucoup plus profond et étendu. L’universel notionnel, la connaissance métaphysique est seulement une tangente de l’arc complet. Et l’arc complet est au-delà de toute compréhension pour l’instant. Que donc il ne s’agit pas seulement de connaître mais d’être saisi de la racine, de l’agissement même du réel.

Si l’agissement n’est pas seulement la pensée (mais peut tout à fait prendre cette formulation) alors il faut positionner l’autre concept qui permettra de prendre le sujet dans un cercle plus grand de même que le sujet est impliqué comme rayon d’action plus grand que la pensée. De Descartes à Lacan c’est le rayon, et le rayonnement du sujet, de la structure intentionnelle (qui embarque aussi bien la pensée que l’esthétique, l’éthique ou le politique ou l’idéel) qui est décrit, et ce sur toutes les coutures. Le concept proposé qui permet de saisir le sujet (qui saisit la pensée, comme sur une poêle) c’est l’exister.

Comme on verra.

Et c’est effectivement la formulation du sujet, et non plus de la pensée, que creusent Sartre ou Lacan, en atteignant l’articulation du dedans, ou que développe la réalisation du moi comme personnalisation généralisée de l’espèce humaine. Ça n’est pas ce qui est vu qui apparaît, mais cela qui voit ; non pas le moi mais le je qui se donne le spectacle, au fond cruel, du moi.

De là que le moi souffre, bizarrement, ou étrangement mais la proximité de la structure de conscience, du je et du moi, son contenu (à qui il voudrait conférer ou de qui il imagine préserver la vie, le caractère vivant, alors qu’il est existant). De même que l’œuvre n’est pas dans l’image mais dans le regard qui voit l’image.

C’est le je, et donc par-dessous le rapport, ce qui existe en tant que rapport, et raison pour laquelle il existe une Existence, ce rapport et ce je qui naît et se modifie : c’est cela que l’on recherche, au travers de tout. Sa structure et ses modifications. Ses aboutissements. Et accessoirement pourquoi aucun contenu, aucun objet, aucune imagination n’y suffisent.

Le point par lequel la réalité devient. Le secret par lequel le réel se montre, et par lequel donc il existe un réel. Puisque, que l’on sache, l’arc de conscience est le seul être qui n’est pas un être, mais un rapport (toute autre réalité est ce qu’elle est, et non pas un rapport qui ex-siste, qui sort du rapport qu’il est).

Voir les commentaires

Le présent perpendiculaire au temps

8 Mai 2021, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Tous les ensembles humains furent donc tissés par l’aiguille de l’intentionnalité, qui projette dans le champ intentionnel l’élaboration des signes et des perceptions. Jusqu’à ce que l’on comprenne que précisément nous produisons ces ensembles et ces signes, et cette prise de conscience (de l’activité de conscience) se nomme dieu, la pensée, le sujet et enfin le réel

mais il se peut tout aussi bien que cette capacité de créer des champs nous soit révélée, ou vienne vers nous,

puisque dans l’interrogation sur le temps, sur la nature du temps, le présent est une tension qui vient du non pas tant du futur que du possible, qui est telle une version étendue du temps et de l’espace, et que l’on a nommé présent, entendant par là le présent en tant qu’il est l’exister qui contient tout, qui se dresse perpendiculairement au temps, et qui est désigné comme colonne des réalités.

 

Soit donc la fonction ou la dimension qui découpent verticalement toute réalité vers la distinction. Il y a distinction ou distinctivité et donc réalité ; sans distinction pas de réalité (la détermination atomique, les choses inertes, les vivants et tout ce que l’on ignore).

L’exister au fur et à mesure déroule la réalité en réalités distinctes ; le pli génère les plis seconds et puis secondaires ; le présent (à la verticale de l’espace et du temps) est la forme qui entoure les réalités. On ignore jusqu’où avance la forme qui entoure en tant que Bord tout ce qui est, tout ce qui est constamment sur le Bord (en tant que présent). Soit donc l’actualisation constante des possibles.

Aussi une conscience existe-t-elle dans l’actualité de son rapport.

Par ailleurs on a vu que l’on propose deux compréhensions ; dans les deux cas la structure est cela seul qui existe, au sens strict.

Mais dans l’une version elle est fonctionnelle ; elle est cela (le présent et l’arc de conscience) qui déploie les réalités naturelles et les réalisations, en l’occurrence humaines, et qui agissent comme mouvement absolu.

Dans l’autre version elle est dimensionnelle ; ce mouvement existe en tant que dimension seule réelle et l’être, les réalités, situées sur le Bord, sont secondement et dérivés. Puisque seule réelle la dimension est l’agissement au travers de toutes les réalités. Sa nature ou sa divinité est non-connue, sinon dans ses effets comme monde, mondes humains, etc.

La seconde proposition est la plus satisfaisante puisqu’elle signifie que le Possible (métaphysique) est la Possibilité (ontologique, qui est seule la loi brute mais aussi subtile de tout, puisqu’il est de la structure d’augmenter sa capacité, de distinguer toujours plus avant) ; et qu’alors la Possibilité se reprend sans cesse, afin de s’agrandir (sous-entendu un possible qui seulement se réaliserait, aboutirait à un donné, finalement inerte et moribond, n’a pas grand sens). Elle utilise en somme la réalité (qui est ce processus actif) afin de se-modifier et d’agrandir le possible lui-même.

 

Dieu ou le divin (la pensée spécialement) ou le structurel (le sujet) se créent du mouvement ; dieu, la pensée et le sujet naissent, s’actualisent d’une part et s’augmentent du mouvement d’autre part. Tout le divin, dit autrement, est, pour nous, actuel. Mais on ignore jusqu’où s’organise le mouvement, l’actualité.  Tout le divin se crée dans et par l’actualité ; de là cet impératif du dieu unique (et de la nation), ce sentiment de profonde urgence du christique (dilatation du temps depuis l’incarnation, puisque « le Royaume, la fin des temps, a déjà commencé »), de suspension du je cartésien à laquelle on assiste en retenant son souffle, de cela l’actualisme formel de la pensée, par laquelle si on ne pense pas, et bien on ne pense pas.

Il y a une actualité, un présent, qui déroule toutes les réalités, afin que la structure de distinction, le divin, la clarté illumine et découpe la réalité d’indistinction ; de sorte qu’il y ait une réalité, laquelle sinon est, par-dessous cette actualité, en état de dispersion continuelle et de ténèbres. Toute réalité ne tient qu’en mouvement et mouvement de plus en plus distinct et précis, ou donc dans un tissu de mouvements de plus en plus serrés et coordonnés (les individualités dans les sociétés, le vivant et son milieu, les atomes sur les particules, la matière sur l’énergie).

On ne sait pas « où » va le présent. Il opère apparemment comme une structure que l’on a désignée comme infinie (replaçant donc ce que par « infini » il est possible d’entendre ; l’idée d’infini n’a pas de sens, pas de signification situable, le présent si, l’arc de conscience oui). L’exister en tant qu’acte est infini, il actualise toutes les réalités. Personne ne sait ce que veut signifie, indique, désigne l’actualité, l’actualisation comme fait non seulement majeur mais structurel ; il n’y a pas une actualisation de quelque chose, c’est l’actualisation qui crée le quelque chose, au sens où le quelque chose est dans la dépendance de l’actualisation.

Ce qui veut dire que le transcendant, sans cesser de l’être, coupe totalement et partout l’immanence. Le présent est vertical par rapport à l’espace et par rapport au temps et par rapport aux déterminations ; il actualise tout (à voir donc si cette actualisation est fonctionnelle ou dimensionnelle).

Mouvement dont on cartographie la structure depuis le début ; le début de toute civilisation, et sous la forme du divin séparé depuis la méditerranée d’il y a 3000 ans ; dieu, la pensée, le sujet, le réel ; tandis qu’auparavant existait le sacré, une partie du monde, qui assure généralement son renouvellement ou sa continuité, prend en charge toutes les autres parties ; le divin est en dehors, autre, et en lui-même.

Rappelons que le sacré place dans la réalité quelques lieux ou une temporalité mélangés au monde ; en général sous la régénération cyclique. Le sacré essaie de localiser l’acte, en ses rituels et donc ses lieux, ses découpages, de temps ou d’espace ou d’essences, pures, impures.

Tandis que le divin sépare le transcendant et prend instantanément une qualité abstraite et autre ; le divin ne peut être atteint par l’impur, ce qui sera encore plus vrai par le christique (qui annule tous les rituels). Dieu, le un tout autre, est l’Intention pure et en elle-même (dieu jaloux qui refuse les sociétés sacrées mêlant le monde et l’infini). La pensée est forcément l’universalisation et, de cela, n’est pas tel contenu, telle idée ; l’être, le Bien, le Un, le dieu théologique ne sont pas des idées mais l’organisation des idées, leur principe, leur discernement, leur compréhension, la raison d’être des idées, jusqu’à la plus petite idée, sans doute plus image qu’idée, plus immédiate et donnée dans le monde ou pointée du doigt ; et elle est cette valeur, ce principe, ce projet en tant que « la vérité », peu importe le contenu ou dont le contenu diffère sans cesse, ce qui ne réduit en rien sa capacité de relever, étendre, décupler la perception, du monde ou de l’humain ou de soi, ce qui ne nie pas du tout sa capacité de créer quantité d’idées et de systèmes (c’est ce qu’il faut retenir ; que la vérité comme principe rend possible tous les systèmes).

Le sujet, cette structure de laquelle se tient le Je, est purement libre ; liberté qui ne s’utilise pas de ceci ou cela, mais par qui, seule, quoi que ce soit vaut ; ce qui est vécu mais non libre n’est pas grand-chose, ça miroite mais ça tombe, se désagrège. Seuls les contenus qui possèdent en eux-mêmes la liberté demeurent ; et donc auxquels on n’accède pas sans un devenir-libre, sans étendre la conscience, incorporer, agrandir la perception, le corps, les signes. On n’entre pas dans une œuvre comme dans un moulin ; il faut se modifier, et cela prend du temps, non forcément du temps au sens donné, mais une élaboration de l’attention. Ce sera une élaboration, et donc un processus en conscience (et dans la conscience que l’on a de l’effort que l’on fait, qui appelle de nombreuses articulations).

De même que le christique n’est pas selon la loi (et par laquelle vous seriez jugés) mais selon l’intention, la vôtre, et en tant que telle intention « remise », par-donnée ; orientant votre conscience vers le possible et non vers le fait (des erreurs, égarements, fautes, hypocrisie, etc). Cette restructuration interne de la faute oriente (et pour le coup si l’on est croyant) indéfiniment ou infiniment vers l’intention sans cesse re-prise, au sens également de re-cousue, sous condition de vérité, évidemment. Sinon ça ne vaut pas, et n’aura pas d’effet du tout. C’est totalement absurde de caricaturer le christique comme négativité, mortification, noirceur, etc ; ça n’a aucun sens. C’est précisément l’inverse ; il y aura toujours l’absorption de toute erreur dans l’intention, et la possibilité forcément infinie de dieu ; que l’on soit donc frères du christ, et frères les uns des autres (chacun pardonnant à chacun).

De même soit dit en passant, qu’il ne nous condamne pas à la mort, crucifié, mais constate que c’est ce qui nous attend ; c’est un fait ; de mourir tout-seul, comme lui, le christ, et peut-être honni et méprisé et objet de haine et de destruction et nous indique comment faire-avec et passer par-dessus la mort mortelle ; celle qui tue avant de mourir ; et ainsi nous indique comment détourner la mort mortelle au cours du vécu (puisque la mort est un des signes de la dégradation, qui attaque multiplement le réel, ce qui veut dire mord et déchire la possibilité au cours de toute une existence, sous diverses formes et brise notre intention, la vie vécue use la détermination, votre image de vous-même, qui ne se retrouve jamais dans ses mésaventures  (César ne reste jamais César très longtemps) et restera sans force si elle ne fait pas décoïncider sa volonté, son intention des éventuelles déterminations vécues auxquelles il s’identifie (le signifié caché, supposé ou désiré et imaginé des signifiants qui ne renvoient en fait qu’à la forme du rapport de l’arc de conscience, rien du monde) ; mais alors à quoi et comment se structurer ?

De là que les super-structures intentionnelles soient à l’égale mesure de la démesure de l’intention, de la forme du réel. Évidemment le christique manifeste la plus élevée possibilité, à un degré tel qu’on ne la comprend pas vraiment. Elle concerne l’incorporation la plus élevée et la plus lointaine. Descartes paraît abstrait et Kant ridicule avec son nouménal et Sartre contradictoire face à la psychanalyse. Etc.

 

C’est de cette manière que la Possibilité, au sens d’historicité, se reprend de plus en plus profondément cad à partir du plus lointain, du plus grand possible possible. La révolution est une tâche non achevée. Et la liberté de même ; le je distancie infiniment le moi.

Ce que nous redirions comme suit ; il y a toujours un plus grand possible. Il y a un réel afin qu’il soit plus grand que lui-même, et c’est pour cela qu’il devient et que peut-être il devient verticalement et vient comme présent de la Possibilité même ; le présent est la présence de la Possibilité (quel que soit le nom qu’on lui assigne).

 

Il n’y a pas de progression « spontanée ». Et donc il faudra mesurer la capacité. Mesurer l’actualisation de l’activité de conscience ; ce qui veut dire qu’elle doit se positionner. Dessiner une ligne de ses possibles, non pas n’importe comment et arbitrairement, mais reprendre une des lignes de possibilité qui eurent lieu et la poursuivre.

La mesure de cette activité renouvelée, peut bien se nommer dieu, pensée et raison, christique et individualité, sujet et révolution, le moi et la représentation (la mass et puis micro médiation déployées en tous sens, par quoi l’on se voit, chacun et les uns les autres, et théoriquement en tous cas, nous nous coordonnons ou aurions dû nous coordonner). Et le tout de plus en plus précisément et concrètement ; la liberté et l’activité de conscience a affaire aux vrais, réels effets.

 

Étant entendu qu’étrangement les grandes capacités sont apparues de par elles-mêmes sans qu’aucun des sujets qui l’activèrent n’en puisse faire le tour ; Platon n’assèche pas tout la pensée, les chrétiens n’épuisent pas le christique (une énorme quantité de devenirs en naîtront), et personne ne possède dieu (ou l’interprétation exclusive de dieu), et la révolution offre de nombreuses variantes. De tout ce qui sera supposé de ces lignes il convient d’en reprendre celle ou celles que vous entendez. Et c’est ce que vous ferez. Parce que de toute manière il n’est aucune conscience qui ne se choisisse pas. Et c’est pour cela qu’il vaut mieux acquiescer de par la plus grande connaissance de cause possible de et par son choix propre.

Parce que ce faisant, en comprenant cet impératif interne, on obtient plus de choix possibles.

Avoir conscience de la conscience implique que l’on augmente l’ouverture de rapports. Les signifiants filent à la vitesse de la lumière, puisqu’aucun contenu, aucun signifié ne fige l’attention, sinon l’être, le un, dieu et dieu incarné (cad prenant en charge la réalité vécue et le relationnel, avant de coloniser toute la pensée), le sujet ; autant de contenus formels et non pas déterminés.

Ou donc toute définition, objective, ne prendra en compte que telle ou telle partie du monde et non pas le fait formel d’exister. Ce qu’autrefois on nommait l’indéterminé, ou l’infini, est désigné ici comme formel qui est un acte, une activité, un fait structurel absolu (l’exister ou le présent perpendiculaire à l’espace et au temps).

Et ce en arguant d’un surplus de cohérence ; dieu, la pensée, le christique, le sujet, le réel impriment un resserrement de l’intentionnalisation, qui ne croit plus à son contenu immédiatement mais vérifie son adéquation ; non seulement l’adéquation de telle idée à ce qu’elle exprime (la chose, et plus tard les réalités objectives scientifiques),

mais aussi la correspondance de votre intention à « ce que vous voulez vraiment » (Saint Paul),

de votre intention vers ses effets réels, ou vérifier la coordination de la transmission en tous et tous, chacun et tous, tous et chacun (ce que signifie la « révolution », et du même coup annule qu’il y ait un axe centralisateur, la royauté ou une caste qui conserverait par-devers elle l’information, au sens large évidemment).

C’est apparemment un retour du refoulé immédiat lorsque le moi ne s’attache plus à ce qu’il veut mais à ce qu’il est, à « qui il est », comme si cet être existait tout entier ou pas suffisamment mais enfin de l’ordre de l’être donné ; or il est, le moi, surtout cette conscience de soi qui prend dans son faisceau cet être supposé (ou imaginé), et ce sera pour y imposer encore plus de doute ; de sorte que l’on en ressort plus fou que l’on y était entré, peut-être d’une autre sorte de délire mais en tous cas sauf à remettre son être dans la suspension du je ça ne s’arrangera pas de sitôt. Le moi est en soi problématique (c’est son structural si l’on veut) et qui n’a de sauf conduit que par le structurel (dieu, le sujet, la révolution, la vérité, etc).

 

Admettre que l’activité de conscience n’est attachée à aucun contenu exclusif, ouvre a priori à toutes les lignes. A priori, et idéalement, encore faut-il parvenir à relire, à relier les points ; tous s’y sont essayé puisque l’on ne peut pas penser (métaphysiquement) ou réfléchir (ontologiquement, à partir de Descartes) sans remoduler ce qui a eu lieu ; jusqu’à la paraphrase de Hegel qui repense tout, dans deux monstrueuses phénoménologies (qui justement prenant levier de l’acte de conscience, comme négativité douée de son horizon théorétique, super-métaphysique qui permet de tout subsumer sous un seul, qui n’est pas lui-même un contenu mais un rapport qui rassemble tous les rapports).

Et aucun ne tient en son pouvoir cette activité qui les précède tous ; il y a un champ absolu, formel de conscience, intentionnelle.

Et chacun est attiré, tiré vers la possibilité qui ne nous précède qu’en tant que sujet et non pas seulement être universel abstrait. Il est clair qu’un rapport universel abstrait méconnaît le temps, ne comprend pas le particulier (ne comprend pas que la réalité est la détermination et non la loi générale, et ne comprend pas que cette loi est la manifestation de la détermination et non un ordre qui se superpose), l’universel abstrait ne saisit pas la liberté, reste extérieur à la création au sens de Créé (cad de cette activité qui impose de nouvelles perspectives et non pas désirerait seulement retrouver un ordre ou une perfection statique) et finalement croit en son éternité (selon la vérité fixe) mais ne sait pas quoi faire du présent.

Or s’aperçoit-on que l’on est passé depuis Descartes de l’autre côté de l’universel ?

La réflexivité cartésienne déplace totalement la réflexivité ; qui n’est plus le retour, technique pour ainsi dire, de la vérité sur et dans sa cohérence (qui justifie la rationalité d’une part mais aussi que toutes les ficelles notionnelles sont récupérées, que donc l’intentionnalisation, le système d’idées, n’est pas trouée, comme une raquette, et manquerait elle-même quelque chose, quelque chose de la réalité).

Mais ce retour , de cohérence, est, par Descartes, réflexivité en tant que retour sur « soi », lequel soi, son interrogation, permettra d’agrandir le cercle de la pensée, qui, enfin, devient ou approche le réel de notre situation de sujet planté là dans l’étendue du monde effectivement réel, et donc la réalité est démultipliée. Ce qui implique une plus grande attention au je, au sujet ; et même une impérativité, kantienne, et une compréhension soutenu de la morale, ce qui veut dire en fait compréhension de ce que l’on intentionnalise, de ce que l’on perçoit, ressent, imagine, etc ; et ce jusque Sartre et Lacan qui précisent encore plus avant dans le concret de l’être du moi humain les angles d’interférence de l’arc de conscience.

Et ce puisque le champ de conscience est nommé et entre dans son propre champ et doit se réguler, se paramétrer mais fondamentalement sera accéléré et plus généralement se perfectionner ; puisque si l’on perçoit son activité (plutôt que de seulement agir) on tend immédiatement à modifier ce qui est perçu, signifié, organisé, prévu, coordonné avec autrui, etc. C’est évidemment non seulement ce qu’ajoute le christique pour chacun (du regard du un tout-seul le Je naît ou renaît) mais également ce que toute éthique antique ou toute morale ou bien sur politique (de la participation de tous vers chacun ou réciproquement) induisent ; toute position se donne la possibilité nouvelle.

Le christique est en lui-même et par lui-même la capacité de renouvellement (que l’on tient d’un Autre que nous, et de fait également d’autrui, de même que la vérité, de la pensée, n’appartient pas à un-tel ni ne vient de celui-ci mais est en soi le vrai). Donc l’arc de conscience est toujours déjà articulé sur plus-grand que soi, puisque ce rapport vaut ce que valent les rapports (qu’il produit ou permet ou rend accessibles).

Qu’il existe un tel champ, selon la compréhension sartrienne un champ universel abstrait (le moi est contenu dans le champ) ou un champ singulier valant pour chaque Je ; mais au sens où c’est justement cette singularité qui est universelle…

On ne peut pas supposer qu’un rapport ne soit pas à lui-même le rapport qu’il est, et donc qu’il existe. C’est donc bien effectivement qu’il soit un Je, un sujet qui le rend universel ; ou plus exactement c’est en tant que rapport et sujet que l’universel est ou existe. L’universel ne tient pas à la « pensée », la conscience n’est pas prisonnière d’un contenu mais les produit tous, et notamment dans le rapport au monde donné là, qui est l’horizon ; l’horizon est d’une part le réel en général ou en soi, et d’autre part cet horizon-là de ce monde-ci ; de là que les grecs admettant qu’il est un donné là général et universel aboutissent au monde même (et non plus à une interprétation communautaire ou tribal ou particulière du monde, maya par ex) ; et que le christique se concentrant sur le corps propre de chacun ait affaire instantanément à la vie, vécue, de chacun et son horizon.

La tension de l’arc de conscience qui débute par dieu, la pensée et le christique (et puis d’autres ensuite et d’autres versions de cette articulation nouvelle) est immédiatement effective dans le monde et la vie, l’individu et le collectif. Cette immédiateté se doit c’est certain de lentement pénétrer dans la réalité, la réalisation humaine ; puisqu’elle n’est pas une opération magique mais un ouvrage, une connaissance, un déploiement, une assurance de ses propres intentions, systèmes de conscience, et système coordonné (avec autrui, l’organisation humaine, etc).

C’est qu’à partir de l’introduction du champ de conscience dans le champ de conscience un nombre considérable de bouleversements entrera en jeu (en partant du monde donné là, et non plus de chaque monde particulier, et à partir de la vie de chacun comme centre, auto-géré si l’on veut et non plus pré-ordonné par les castes, classes, rôles prescrits). Tout ce qui nous semble tout à fait normal, mais ne l’était pas du tout lors de son apparition, son introduction dans les mondes humains séparés, et rappelons que sans cesse la structure monde-particulier tend à constamment se reformer, autour des groupes, des communautés, des intérêts, des représentations, des échanges, des rituels, des immédiatetés, de la toute prégnance du donné et du vécu immédiat, qui, lui, n’est pas à distance mais vient tout de go ; il n’est de perçu que le monde et la vie, l’effort est en plus.

Or pourtant seul l’effort (de structure) agrandit la perception, la décision, l’intention. Qui sinon tourne dans ses contenus. Et l’angle externe à ce tourniquet est de structure ; la pensée ou le sujet ont accès au réel ; de même que dieu imprime une exigence et le christique un principe (l’intention et non la loi). De même « la vérité » ou « la liberté » ; les introduire dans le langage ou le commun décuple la capacité.

Aussi inversement dieu, la pensée, le christique et le sujet et la révolution certes s’opposent au monde et au vécu (la pensée ou le sujet ou la révolution se chargent de réguler la réalité par le réel de leur impact) mais surtout s’ajoutent ; ajoutent une plateforme en plus qui re-répartit, redistribue la conscience, cad l’attention ; on ne fait plus attention aux mêmes choses et plus de la même manière. Et il faut éduquer, instruire, in-former cette nouvelle attention, ces intentions en plus, qui permettent d’agrandir le cercle et donc de gagner en possibilités même si sur le moment il semble que nous déprécions le monde et la vie ou le corps, et que nous en imposons au donné, ou que l’on se détache de la vie ; en bref nous ne sommes vivants que si nous sommes existants. Mais il n’est plus d’autre moyen ; soit un monde parlé-commun dans tel ou tel contenu, soit la forme universelle ou distanciée ou singulière qui nous en sépare.

 

Face à ces charges structurelles, qui coupent la réalité, à l’opposé l’immédiateté, le monde, le vécu ou le corps reviennent et réimposent leur lourdeur ; soit donc non plus une organisation méta mais une gestion pesante des réalités (la révolution doit être re-trouvée, le je en plus du moi, qui comme toute détermination le réabsorbe, les systèmes se referment).

Et à chaque fois le cercle de réflexivité s’élargissant, il est requis d’intégrer toujours plus d’éléments, qui sont assujettis, littéralement, au monde donné là, à l’humanisation, à la vérité comme à la liberté. Laquelle liberté, rappelons-le, est la capacité organisationnelle ; et non le n’importe quoi ; l’étonnant n’est pas l’arbitraire, qui existe peu, bien qu’il soit possible structurellement, mais l’étonnant est que l’arc de liberté puisse adhérer et construire des comportements adéquats aux situations, réalités ; il est apte à absorber la difficulté des déterminations dans une mise en forme suivie, de les recomposer universellement en vérité exprimée et organisée.

Cela même qui est en soi plus unifié (le je) que l’organisé (l’universalisé) et se rend capable de le formuler, quel est-il ? Le sujet en tant que rapport qui aboutit à tous les rapports, réels ou possibles.

Donc le sujet est cela même qui est hors champ. Et le sujet est également cela qui produit votre moi, parce qu’il est, ce champ, individué.

Que ce soit le sujet, la structure en tant qu’individuée, qui produise l’universel signifie donc que très simplement le rapport est cela qui contient les rapports. De même que les mathématiques ne sont pas « en elles-mêmes », mais s’entendent comme rapport formel ; un est juste le rapport du un avec lui-même ; une addition est un ajout de rapports et donc avance très clairement. Comme rien n’est, rien n’est consistant en soi-même, mais que seul le mouvement existe et ensuite seulement des effets ; l’être est relatif au mouvement qui est absolu ; il n’est pas une vitesse qui s’ajoute à quelque chose, c’est que tout quelque chose est se génère du mouvement. C’est en ceci qu’il est requis d’investiguer encore plus le mouvement même ; mais ce mouvement une structure (et non pas seulement « une agitation »), en l’occurrence l’exister d’une part et l’arc de conscience d’autre part, ou si l’on préfère le présent (de quoi tout se déroule) et le je, qui initie tous les rapports. Sans qui il n’en existe aucun ; la « pensée » n’est pas quelque part, où ? Les choses ne sont pas selon les lois, physiques, mais génèrent qu’il y ait des lois, et usent de ces lois ; le vivant est élaboré sur l’inerte, sans la complexité duquel elle ne parviendrait pas à sa grande complexité en propre ; la réalité est étagée et fondée sur la durée, ce qui est organisé dure, ce qui désordonné disparaît ou sert de base ; en somme il existe des choses et des êtres se développant sur les étages du haut, sur des agitations vides, pour ainsi dire ; en quoi il n’y a pas de consistance par en dessous mais une construction, un constructivisme, si l’on veut bien, vers le haut ou selon le devenir ; au fur et à mesure et vers le haut, la surface du réel ça devient plus concret et plus consistant et plus vivant, etc.

Sans le savoir, via dieu, la pensée, le sujet nous sommes déjà entrés dans la possibilité, cad le mouvement pur et brut.

Si le fini, l’être n’est pas tout ce qui existe, mais que la forme du fini prédomine, alors le mouvement, le présent, l’exister est l’infini. Réellement, pas métaphoriquement ou on ne sait quoi. Il s’agit de montrer là où le transcendant coupe la réalité. En quoi donc le présent impose la capacité non en tant que « futur » mais en tant que Possibilité. Le temps coupe la réalité comme Possibilité ; la colonne de présent est l’introduction de la Possibilité dans la réalité (qui est elle-même la réalisation des distinctions, des distinctions possibles évidemment).

Voir les commentaires

Le mouvement divin

1 Mai 2021, 07:40am

Publié par pascal doyelle

Dieu ou le divin (la pensée spécialement) ou le structurel (le sujet) se créent du mouvement : naissent, s’actualisent d’une part et s’augmentent du mouvement d’autre part. Tout le divin, dit autrement, est, pour nous, actuel. Se crée dans et par l’actualité ; de là cet impératif du dieu unique (et de la nation), ce sentiment de profonde urgence du christique (dilatation du temps depuis l’incarnation, puisque « le Royaume, la fin des temps, a déjà commencé »), de suspension du je cartésien à laquelle on assiste en retenant son souffle, de cela l’actualisme formel de la pensée, par laquelle si on ne pense pas, et bien on ne pense pas.

Il y a une actualité, un présent, qui déroule toutes les réalités, afin que le divin, la structure de distinction illumine et découpe la réalité (de sorte qu’il y ait une réalité), laquelle sinon est en état de dispersion continuelle et de ténèbres.

On ne sait pas « où » va le présent. Il opère apparemment comme une structure que l’on désigne comme infinie (replaçant donc ce que par « infini » il est possible d’entendre).

Mouvement dont on cartographie la structure depuis le début (de toute civilisation, et sous la forme du divin séparé depuis la méditerranée d’il y a 3000 ans ; dieu, la pensée, le sujet, le réel).

 

Aussi les explorations et les cartographies du mouvement sont-ils le comment et les techniques qui permettent d’actualiser dieu, le divin ou la structure. De faire naître le divin ici même et maintenant.

Et ce, en l’occurrence, au plus près de la réalisation.

Le moi-même

On a donc vu que l’acte intentionnel s’est extrait de ses contenus ; il ne peut plus faire monde et faire comme si il appartenait au monde, au vécu ou au corps.

Cette extraction s’est signifiée comme dieu, la pensée, le christique-sujet et le sujet-révolution, puis le moi-je de la fin des temps (notre temps).

Le moi-je ne peut pas tenir en tant que moi ; il devient fou.

Il hallucine, et de plus en plus parce que dès le début il a dû halluciner sa vie, son corps, sa perceptions, ses désirs, bref tout. Même la raison et la science, serait-ce les mathématiques (qui valent en elles-mêmes mais ici on saisit ce qu’elles représentent pour un « moi »).

comme on ne l’a pas, plus habitué à se repérer selon une structure (qui lui paraît surajoutée, dieu, le christique, la pensée et l’universel, même le sujet et la révolution) il redescend vers son corps ; le plaisir, substitut de la jouissance, lui sert d’aiguillage. Exclusif. Heureusement qu’il a pu apprendre, avec un peu de chance, à dériver la jouissance, massive, énorme, infinie, béate, mais imaginaire et conduisant directement à l’hallucination, à la sensation, au désir hallucinatoires, à dériver donc cette jouissance abominable (qui sans cesse menace) vers « des plaisirs ». même lorsque ceux-ci restent capables de sublimations diverses et variées.

 

Ce que le sujet propose, lui, pour sa part, infinie, ça n’est plus une sublimation, mais le point absolument autre qui soudainement abolit, pour un temps, mais un temps suffit, abolit l’orientation abaissée et incorporée de l’intention dans un pauvre moi, pauvre petite chose livré au monde, cad aux ténèbres.

Ce qui peut sembler idiot ou absurde (on reste et on n’est qu’un corps) mais en vérité tout le monde, chacun le sait déjà. Le tomber-amoureux des mois très communément manifeste justement ce point-autre que l’on ne sera jamais et qui nous perçoit. Autant dire que le pervers ou l’obsessionnel ou le névrosé et même le psychotique se jettent chacun à leur manière dans le point-autre (qui devient respectivement l’autre-point, qui lui pour le coup n’est pas, ni n’existe).

Mais non, le sujet c’est celui, bien plus rusé au fond, qui se soumet. Il se soumet à plus grand que lui, et comme dans le monde rien n’est plus souplement circulaire que son impossible rayon, en bref une tangente infinie, alors ce sera dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution ou le réel pur ou brut, comme on voudra.

Une tangente ou l’angle de pénétration du transcendant dans l’immanent donné là, lui-même y compris. Le concept, la représentation, le signe du transcendant ayant un effet immédiat dans l’immanence humaine, dans sa perception même, puisque ce transcendant a affaire instantanément à l’activité de conscience-de. Le christique aboutit immédiatement aux sujets réels, historiquement (sans rôle, caste, classe, mythologies diverses, tout cela effacé, au moins « en esprit »). Lorsque la détermination (tout) se déplace dans le champ de sa propre forme (le présent, l’exister, le mouvement, la structure, et non plus l’être ou le contenu).

La part infinie qu’est le sujet n’est donc pas dans le monde ; ce que le moi ne comprend pas du tout, qui se conçoit, se ressent, se perçoit dans l’ensemble de toutes ses réalités, comme déterminé, un-tel ou un-tel selon son identité (sans saisir que c’est le sujet qui existe en ce moi qui confère une valeur à celui-ci). Il le comprenait lorsqu’il se déplaçait à partir du Bord du monde (dieu) ou de sa vie (christique au-delà de la mort) ou de sa conscience (de sujet comme Bord du temps). Mais il ne le saisit plus s’il se croit dans le monde donné d’une vie vécue.

Évidemment qu’un tel monde-des-mois va s’empresser de transgresser toutes les lois. Toutes les règles, tous les principes ; lui seul est, dans son monde, vivant. Évidemment que le moi va se perdre lui-même, puisqu’il n’existe que dans une tension externe et qu’il a annulé tout l’externe, supportant à peine l’extériorité (qui n’est déjà qu’une version seconde de l’externe structure du sujet, seconde mais non pas secondaire ; le secondaire c’est toute la dissolution du moi qui ne peut que vouloir à toute force et épuisant la réalité et lui-même se saisir matériellement, réincorporer, matérialiser son intention, sans comprendre que cette intention n’est pas matérialisable, mais signifiante, sans signifié).

Dit autrement, depuis Descartes la certitude est un fait. On ne sait pas de quoi (puisque c’est un rapport et qu’il n’est pas énonçable tel quel, il est signifié pour un autre arc de conscience qui sait lui ce qu’il Voit) mais certitude qui trace la ligne même. Il savait bien qu’il renouvelait non pas seulement la « pensée » mais la ligne de partage du divin et du monde, de la forme et des contenus, de la structure et des perceptions. Ça passe par « là ». Qu’il y ait un infini ici dans le monde, veut dire que l’immanence, l’étendue, est coupée par la transcendance ; ou donc qu’il n’est d’immanence, de monde que parce qu’une transcendance, verticale, angle de coupe.

Le moi est un bricolage et donc ne peut pas prendre « spontanément » en cause l’arc de conscience, qui est, pour lui, une forme vide, fonction simple de telle identité (la conscience ‘de’ Pierre, comme si cette identité générait « la conscience de Pierre »).

Si on prend l’hypothèse inverse (Pierre est fonction de cette conscience), ça ne tourne pas au vague sujet universel interchangeable, ni même au champ sartrien formel et universel, mais définit que cet arc de conscience c’est ce qu’il fera de Pierre qui compte, et non cette synthèse hasardeuse qui existe sous le signifiant Pierre. Et donc il faut non seulement insister mais affirmer que dans un acte de conscience externe le cours de l’existence, de cette vie s’instaure en existence, c’est ce qui décide de Pierre et du je en question.

Raison pour laquelle on se convertit (à dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution, etc, la poésie par exemple ; on n’imagine pas aimer la poésie sans l’actualiser en soi-même, l’aimer abstraitement ça n’a aucun sens ; c’est du reste également ce qui nous arrive lors du tomber-amoureux, c’est une actualité énorme qui nous enroule).

Donc l’actualisation est tout ce que l’on a pour s’en sortir. Et c’est fait pour cela. Il y a une actualisation, l’existence de chacun, afin que le réel avance ; de même existe une réalité afin que la pure et brute, voire brutale, forme « d’un réel il y a » devienne.

Dit autrement il n’y a pas un état donné là (inexplicable) qui aboutirait à une résolution (idéale, ni même négative ; tout existerait alors pour se terminer de manière aussi incompréhensible que son être est là).

Il y a une réalité afin que le possible devienne, ou plus exactement et antérieurement il y a une réalité parce que le possible est la règle absolue de tout ce qui est et donc la réalité redouble, triple, quadruple le possible. La réalité démultiplie la possibilité, dont on ignore ce qu’au fond elle est ; que l’on commence à peine de discerner ; tel que, entre autres, comme c’est une possibilité, libre donc, alors elle relève d’elle-même ; c’est elle-même qui s’accorde à elle-même d’exister ; non pas qu’elle cause son existence, puisqu’elle est donnée logiquement de la possibilité même ; mais son devenir lui revient ; le réel est plus grand que lui-même ; elle décidera de son orientation, à savoir ; saura-t-elle continuer et avancer dans la réalisation de cette possibilité, de cette capacité ?

Aussi aboutit-on immédiatement et même instantanément au sujet ; ce qui veut dire à « cela » qui seul étant un rapport à soi, peut devenir. Et instantanément parce que le moi n’est pas la cause de la conscience mais la conscience cause du moi, et de tout champ de perceptions. Un être ne devient pas (au-delà de ce qu’il est). Un rapport n’étant pas ceci ou cela peut de par son devenir remonter son « être » (qui est un mouvement) afin qu’il soit constamment le Commencement. Ou si l’on veut le possible est toujours absolument possible parce qu’il va suivre non pas un programme (où le situerions-nous?) mais la structure qu’il est de fait ou, donc, qu’il ex-siste.

Où le situerions-nous, parce qu’entre l’arc de conscience, l’exister et la détermination il n’y a rien. Rien ne précède le possible ; et le possible veut que le néant existe autant que l’être (au sens générique), le néant n’opposant rien à l’être (et pour cause!) et l’être qui est uniquement le mouvement (cad le possible, encore) et donc devient.

Il n’existe que le mouvement. Mais on ignore où il s’arrête. Notre a priori étant qu’il devient absolument, constamment, continuellement, de A à Z puisqu’il n’existe que ce mouvement. Donc tout est pris-dans le mouvement et le mouvement est lui-même cela seul qui est réel. De là que l’on peut dire qu’il existe un Pli, et tout le reste ce sont les plis seconds, secondaires, jusqu’à l’imprécision ou l’indistinction (sans jamais tomber dans la totale dispersion, c’est à ce niveau-là indéfiniment se dispersant, on est à un point d’équilibre déséquilibre indéfini, puisque le mouvement seul existe).

Et donc chaque arc de conscience est lui-même mouvement dans le mouvement ; arc de conscience dans l’arc du présent. Qu’il existe des êtres vivants, qui ont un rapport différé à leur milieu,est en vérité le cycle entier de tout ce qui est ; dès le début la réalité est démultipliée. Il ne s’agit pas de dire que soudainement un être conscient court-circuite le donné, et se transcrit lui-même comme rapport, mais que même l’énergie ou la particule opèrent déjà une différenciation ; ce qui est donné là comme néant d’un côté, être de l’autre, c’est qu’il s’agit d’un être déterminé, et donc différent intégralement de lui-même ; ce que l’on va retranscrire comme champ ; les particules se meuvent (peut-être sont-elles des vibrations au moins en partie) et s’expriment telles ; ce qui est déterminé l’est immédiatement face et contre les autres déterminations ; le 1 n’est pas le 2 ; la différenciation est originelle ; et donc étant un champ les déterminations sont déjà en rapport ; c’est un rapport extérieur ; le vivant est un rapport intérieur et extérieur et l’arc de conscience est un rapport intérieur et donc interne ; ici la structure est tournée vers elle-même ; et comme elle est une structure elle ne se comprend pas.

Un rapport (ce que l’on nomme un rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non une représentation, une identité, un contenu) est toujours déjà autre que soi ; ou donc son « soi » est tout à fait différent de tout ce que l’on connaît ; il n’a pas de contenu,pas de représentation, pas de détermination ; il en use.

De même la réalité, qui est entièrement en mouvement, et en différenciation, quelle est la finalité de la réalité ? Ça ne peut se définir comme quelque part de réalité que ce soit, qui est toute déterminée et donc finie, comme il se disait autrefois. Tout passe, sauf le mouvement. En l’occurrence l’exister pur et brut, brut au début et peut-être fut-il encore plus brutal à l’origine ; il se serait poli, affiné, perfectionné en re-venant sur lui-même.

Ce qui paraît absurde, certes, sauf si on décide que le mouvement seul est réel et absolu, et que donc la réalité, qui semble massive et consistante, est seconde puis secondaire puis dispersée et enfin (presque) indistincte (sans jamais disparaître puisque tout est en stase, en suspension dans le mouvement seul). Si la matérialité, la détermination est bien au fond ce qu’elle paraît être (cad passante) alors elle est champ d’expérimentation ; le réel génère la réalité et la modularité du réel (qui est un rapport et peut donc tout entièrement se transformer) entraîne la modification de la réalité.

Il apparaît de ceci que la modularité (sa capacité de se modifier) si elle est le réel, ça n’est pas l’esprit ou la pensée qui existent mais autre chose ou plus exactement un réel qui n’est pas une chose ni une idée ou une représentation, mais une intention. On qualifie « cela » d’intention mais c’est cela même que l’on ignore le plus ; ce que l’on ignore le plus c’est ce par quoi on perçoit tout ce qui est. Et si l’on suit ce qui précède la structure du réel c’est ce par quoi les réalités sont. Nous nous tenons donc dans l’antériorité, dans la forme (conscience-présent) qui se tient antérieurement.

 

Ne négligeons pas que cette antériorité est aussi le possible ; il y a une forme intentionnelle (cad dans un rapport) de la réalité afin que cette réalité devienne ; on prétend ici, par hypothèse, que le futur ou la possibilité décide de ce qui fut, est, sera. L’antériorité se signale de ce que le Bord, de la réalité, avance. C’est à partir du Bord de tout ce qui est, le présent, qui est la seule perspective qui soit donnée, qui accompagne ou nous précède, que nous existons, que tout existe ; tout est suspendu au présent dont tout est issu. Le présent déroule les réalités (qui sont donc secondes, puis secondaires, puis dispersées).

Nous tenons ce présent pour la colonne de réalisation de tout ; on pointe du doigt ce présent ici et maintenant ; phrase que chacun va recevoir, dans sa lecture, dans son moment, son présent prochain, qui ne sera « pas le même et le même » à la fois de son écriture ; il s’agira du même présent ; il n’y a qu’un seul Instant, qui se déplace et déplace tout.

L’enquête ou l’analyse de cette actualisation ne se prend pas selon une causalité ; on estime ici que le passé ne détermine pas le présent, pas plus que le futur du reste, mais la possibilité elle-même, comme catégorie absolue, cad formelle, crée les possibles et on reste sidéré devant cette considération que la possibilité est peut-être, hypothétiquement donc, le mouvement même et première par rapport à tout le reste.

Dit autrement la possibilité (que le réel soit la réalisation du rapport) signifie qu’elle tient en sa capacité de re-venir sur elle-même ; c’est le propre d’un rapport, puisqu’il n’est rien de déterminé, de modifier ce dont il est le rapport. Le rapport est aussi bien au début qu’à la fin ou plus précisément ce qui se déroule durant le rapport est suspendu à l’activité du rapport ; de là que l’on dise que le réel est l’agissement.

Et c’est cet agissement que l’on assigne habituellement comme « infini ». Infini n’a aucun sens ; on ne sait pas du tout ce que cela recouvre bien que l’on en perçoit quand même l’absolue possibilité ; de où  tient-on cette intuition ? De ce que l’on est soi-même en tant que rapport et qu’alors on comprend nativement « cela qui ne cesse pas ». Descartes amenait que la volonté est en nous le sceau de dieu, parce qu’il voyait bien que la pensée ne pouvait pas s’entendre comme idée déterminée, sauf à partir d’une intention (qu’il ne définissait pas plus que cela, puisque ça n’était pas son tour ; il faudra attendre Husserl, puis Sartre) ; René était assez gonflé si l’on y songe, renverser à ce point la pensée, le discours rationnel, théologique et grec.

Bref. Nous saisissons l’infini parce que nous activons, en nous, par nous, le rapport lui-même qui consiste pour une conscience de modifier arbitrairement potentiellement tout énoncé ; parce que la pensée ne s’impose pas à nous ; la vérité peut-être lorsqu’elle manifeste le réel (moral par ex ou naturel ou expérimental, mais tout cela est posé par une intention qui veut adhérer à l’horizon effectivement efficace ; en quoi la cohérence nous est accessible autant que l’incohérence, puisque l’on ne connaît pas tout ce qui arrive, et que notre structure de conscience peut très bien se passer d’une telle connaissance ; on n’a pas attendu la pensée rationnelle pour agir librement, on agit librement dès que telle situation l’exige, l’arc de conscience permet de résoudre immédiatement l’inattendu aussi bien que l’organisé, il se coule en tout champ de perception, d’expression, d’action et de décision).

Si donc on ramène l’infini, cette idée incompréhensible, à l’activité (indéfinie et supposément infinie), on en perçoit un peu plus ; le regard se précise sur ce qui arrive réellement (qu’il existe un présent qui passe et déroule tout), même si alors structurellement la dite activité est absolument indescriptible ; on ne sait pas ce que contient un « rapport ». Encore que dès lors le rapport est lui-même installé en d’une part l’arc de conscience et d’autre part le présent comme mouvement (puisque, de fait, pour nous autres, le présent passe … et n’offre rien de stable, monolithique, l’extrême dispersion de ce que l’on nomme « réalité » veut dire que rien dans le donné là n’est assuré, sauf qu’il se destine à la dispersion totale de tout dans la nuit et le froid de la fin du temps et de l’espace).

Infini passe donc dans cet deux repères absolus, cad formels, que sont l’arc de conscience et l’arc du présent ; tous deux confluent dans le rapport et le possible ; lequel possible est la logique même « d’un réel il y a », configurant l’idée qu’il y a un réel afin qu’il devienne et qu’il soit plus grand que lui-même. Remarquons que cela emporte le principe « infini » ; le néant est infini, la détermination (l’être génériquement signifié) est infinie, l’exister est infini et tout l’ensemble tend vers une infinie reprise de tout le réel par lui-même ; ou donc le réel est toujours autre que lui-même (et non un Un fermé, clos, monolithique) afin qu’il grandisse. Une machine absolue qui crée le Créé. Le créé est alors supposément le sens de tout ; ici tout cela ne pose pas problème, la question qui demeure est celle de la capacité ; qu’est-ce que cela « peut » ?

Jusqu’où va sa capacité ?

C’est de cette manière que si la structure, de ce qui est, se finalise comme possibilité, ce qui veut dire que son principe même est le possible, alors on peut admettre que la possibilité est le but de ce qui est ; et on est en mesure de définir ce que la possibilité est, à savoir qu’il existe un retour sur la réalité par elle-même, et qu’il s’agit là, cette forme, du réel de la réalité.

Ce qui à tout le moins nous indique la spécifique performance de notre être, qui n’est pas un être, pour cette raison même, qu’il peut se reprogrammer, pour ainsi dire, et non seulement parce qu’il est fait spécialement pour cela ; il déploie un champ intentionnel au-devant, dans l’actualité, et peut de la sorte re-modifier constamment ce déploiement.

Il peut décider n’importe quoi, et ça n’a pas manqué, on le sait. Mais il lui est possible de coller au plus prés des choses, de la réalité. C’est fondamentalement le rapport neutre, cad infini. Il expérimente ; il expérimente dans tous les sens, en suivant le corps vivant, la rivalité, l’unité ou le désordre, l’autre regard ou le sien propre, la communauté ou l’individualisme. Il récupère donc la brutalité de la réalité telle que jetée là comme univers, tout à fait extrême, extériorisé et livré à l’extériorisation, mais puisqu’il est en lui-même un rapport serré (et non pas étal comme la réalité, les particules, le temps et l’espace, etc) il intériorise, ce qui veut dire amène les réalités, dispersées, en pagaille, dans l’exiguïté de son rapport ; lequel est, lorsqu’il le veut, extrêmement strict, ce qui veut dire précis. La précision se double, par ailleurs, d’une re-Création.

Au sens où il n’est pas certain que la forme « naturelle » de la réalité soit l’universel… Mais étant détermination (et donc différenciation et ainsi séries, sériale) la réalité se contente de se déterminer et sa multiplicité contient mais, potentiellement seulement, sa formulation universelle ; il ne peut existe qu’une seule abeille, ou qu’un seul atome d’hydrogène ; ce sont des êtres statistiques. Parce que multiples. La « multiplicité » est le régime de la réalité ; ce qui est en jeu dans la réalité ça n’est pas la loi universelle mais qu’il y en ait des tas, des tas d’tomes, d’abeilles ou de mondes. Ça prolifère, et d’autant plus que la détermination est probablement, comme le néant, infinie, infiniment déterminée.

Ainsi parvient-on à délimiter que la production, par l’arc de conscience, par un rapport serré, de la représentation de la réalité, des réalités multiples, trouve son chemin selon l’universel puisque l’universel est une variation ou une duplication de la forme même du rapport ; ce qui existe en tant que selon un rapport est par-dessus les contenus de ce rapport ; ce qui non pas réduit ou relativise l’universalisé (les idées ou les systèmes d’idées) mais rend possible de rattacher l’universalisation à la structure absolue formelle ; l’intention, l’intentionnel est plus grand, plus souple, plus précis, plus articulé à la réalité et au réel que ne sont les idées. Les idées semblent toujours sujettes à caution, contradiction, erreur et soumis à l’historicité ; cela seul qui tient la route, la route du temps, de l’expérience, de l’historicité, de toutes les variations c’est l’intention ; ce qui tient l’universalisation, c’est l’intention.

Si nous ne possédions pour seul secours que la « raison » (laquelle ? Comment la circonscrire à telle ou telle version?), les multiples variantes de la rationalité (et sa précision limitée par tel ou tel champ d’objets) nous égareraient plutôt que de nous guider ; il y a, il y a eu, il y aura une autre super structure qui, elle, crée, invente, produit, élabore, instancie l’orientation du faisceau de conscience ; orientation qui ne passe pas du tout par un contenu intellectuel et complexe mais par un comportement et le relationnel humain et l’acquisition de soi par la conscience ; c’est cet encadrement qui nous situe et met en jeu l’initialisation (par dieu), l’augmentation (par la pensée, l’intensification (par le corps et le christique), l’accélération (depuis Descartes) et la concrétisation depuis la révolution ; c’est cela même qui passe via la poétique ou le roman, la perception qui n’est jamais « spontanée » mais reçue (d’une œuvre, serait-elle de très commune ou très exceptionnelle) ; ce qui se duplique d’une conscience à l’autre, c’est la position de chacune ; son lieu ontologique.

 

C’est en cela que par ex Rimbaud exige que nous soyons à sa mesure (de ce que lui-même n’a pas supporté) ou c’est ainsi que la mass médiatisation déverse partout et en chacun son regard à la fois centré (sur et par et pour le moi) et décentré (il expose super objectivement à la vue de tous, coordination d’ensemble, et de chacun, un par un, jusqu’au cœur de la psychologie et du psychique, du corps incarné par on ne sait quoi et que le corps vivant ne comprend pas, et par lequel regard-autre il souffre). Initialisation, augmentation, intensification, accélération, concrétisation sont les pièces du jeu joué via la duplication de conscience à conscience.

De là que les images qui se déversent nous regardent, puisque le moi se tient encore du sujet qu’il n’a pas actualisé pour lui-même.

Il est évidemment une progressivité interne en cette duplication ; ce qui veut dire que chacun pourra vivre selon les mises à jour générales (la révolution, les années soixante, etc) mais celui-ci ou celui-là désireront éprouver bien plus fortement et plus précisément le renouvellement qu’opère la structure, son ampleur, son interprétativité et la diversité, pluralité de ses compréhensions (puisque c’est un rapport et que le rapport ne se dit pas dans un monde, dans quelque monde que ce soit) ; vraiment se convertir, à dieu, au christique, au sujet, à la révolution, à la poésie, etc.

Dans les deux cas, le minimum requis (pour ne pas décrocher de l’activité de conscience) et le maximum envisagé il s’agit de « cela même qui est vécu » au sens de cela même qui est ex-sisté.

Littéralement on sort de soi ; on sort du moi, ou du rôle ou de l’identité ; parce que c’est toujours ce qui arrive … à tout le monde, chacun. Chacun a eu au moins une fois l’ampleur du regard absolu, de l’intention tout à fait autre ; le tomber amoureux du moi, par ex, mais ça ne se limite pas à cette expérimentation vécue, actuelle ou actuale si l’on veut, cad qui s’ex-siste tout à coup dans l’actualité d’un présent et ne préexiste pas et sans doute ne suivra pas telle quelle, un flash en somme, esthétique par ex et ce doué d’immenses variabilités, puisque le bienfait, le Bien absolu, formel, du rapport (de conscience) ne s’épuise pas ; le monde, la perception, telle œuvre ou telle personne s’épuisent mais le rapport non. Le rapport est in-fini.

Cette radicale externalité du rapport de la structure c’est le dieu un tout autre, le christ qui disparaît, le sujet qui n’est pas mais qui est certain (sa certitude est la sienne et elle sera dupliquée par chacun, même non cartésien puisque René montre ce qui existe, il ne le crée pas, il l’accélère « seulement » en l’introduisant dans le champ par des signes), la révolution qu’il faut toujours re-vouloir (mais comment ? Elle n’est pas écrite, il faut l’élaborer et l’élaborer comme civilisation, marquée par l’intention des corps eux-mêmes ; on ne force pas à être libre… il faut que chacun s’active de cette liberté, non pas par cette liberté, comme si elle était seulement la sienne, mais de la liberté comme horizon, et donc sur-objectif, ontologique, capable par exemple de l’universalisation ou des signes ou des domaines, esthétiques, etc).

Le drame est bien sur que pour chacun des mois (depuis que l’on a acquis cette capacité d’être « moi-même », depuis toujours, certes, mais représenté comme règle commune depuis les années soixante) nous voici lâchés, seuls, sans rien, et quasiment déculturés ; l’acculturation est la mise en forme culturelle, la déculturation c’est se retrouver comme corps donné là dans une identité bricolée et donc sans sujet aucun, et aucune acculturation, sinon l’image de soi du moi ; même son propre passé, les vieux films par ex, est annulé ; ce qui provoque le psychisme, l’incorporation comme enfermement dans sa seule vie vécue, plus ou moins, et non plus en son Existence, qui est une Ex-sistence de sujet ;

sinon le moi devient fou, il est fou nativement et seul son sujet pourrait le sauver, littéralement, comme le christique, qui était là pour cela, à cette fin, en quoi il est totalement étrange que ceci soit su, connu et éventuellement résolu il y a deux mille ans ; folie qui est numérotée, cataloguée depuis Freud et autres, et bien sur Lacan, qui nous livre le secret lui-même ; que le moi est représentation d’un corps coupé par le signifiant, que le moi par son imagination, fantasme, essaie de combler, remplacer, comme si il pouvait être-lui-même, enfin, mais il ne peut être qu’en ex-sistant, au-devant, comme sujet, toute son acculturation, gigantesque, celle qui le précède. Au lieu de quoi il est alourdi par le corps, cad le poids fantasmatique (qui entraîne toute son intentionnalité, tout champ de perception et d’expression vers le bas ; le poids fantasmatique du corps divisé qui cherche sa moitié si l’on veut).

Aussi est-il, le moi, sustenté par toute l’industrie qui doit, dramatiquement, le remplacer « visuellement », dans la représentation (et non dans le réel), de sorte que la représentation elle-même part en débandade, parce que ça ne tient pas ; plus il se ou est représenté, plus il se retrouve dans un monde désordonné, d’agonie mentale ou bientôt réellement agonique ; d’un monde épuisé par le délire matérialisé de l’intentionnalisation, de toute l’intentionnalisation dans un monde, mais aussi un vécu, et relationnel, et un corps ; tout est exposé ; et comme c’était impossible doué d’une moralité à peu près normale, il fallut désordonner la moralité, le rapport entre les gens ; ça n’est pas un effet industriel, sacrifiant la moralité, le rapport entre les gens et en eux-mêmes, pour vendre plus, mais d’une demande ; plus de vie vécue, plus de parties du monde, énormiser la (seule, et solitaire) réalité que l’on re-connaisse, les deux ; reconnaisse et connaisse ; toute sa reconnaissance (par quoi on existe comme personne, et plus loin et ontologiquement comme sujet) et toute la connaissance ; dont la seule mesure réelle est l’universel mais qui est dès lors incorporation ; l’incorporation est la mauvaise concrétisation ; c’est l’intentionnalité (qui se déploie par des sujets) ramenée à finalement l’affect, l’unité souffrante du corps brisé par le signifiant qui ne sait pas retrouver une unité de sujet.

Toute une partie de l’historicité manque, n’a pas eu lieu, et en tous cas n’a pas été suffisamment intégrée (elle est simplement extradée au fronton des maires ou dans les Constitutions ou l’apparence de vérité qui flotte ici et là) ; de sorte que l’unité humaine s’effectue au plus bas ou à tout le moins au plus immédiat niveau ; il eut fallu remplacer la jouissance du corps par la capacité du je.

Cela veut dire que chaque je, au lieu de trouver la possibilité intentionnelle (qui est un arc qui se tend du dieu un tout-autre au sujet existant réel) se rabat sur ce qu’il trouve (aspect bricolage de notre vie vécue, de notre monde qui est juste un enchevêtrement sans principe, sinon la rivalité ou la hiérarchisation des pouvoirs ou pour la vie personnelle un emballement, un énervement, une synthèse hâtive, un objet magique ou autres constructions idéalistes) et sur cela seul qui peut s’utiliser comme support, mesure, règle du donné-là désordonné, c’est le corps biologique. Puisqu’il n’est pas d’unité ontologique structurelle manifestée et explicite, aucune unité formelle (le citoyen lui-même est en lambeaux, le héros est égaré dans un monde ténébreux et l’humanité une concurrence brute).

L’unité est, selon le moi, limitée au corps, ce qui veut dire tordue par la version décalée et au fond torturée du corps ; les titillations du corps plie l’intentionnalité qui n’a pas pu accrocher la structure (à mesure que s’éloigne le citoyen par ex, ou le héros de récit, il succombe à la noirceur, la facilité, aux pseudo-vérités immédiates, type Houellebecq, ou l’oubli de la possibilité esthétique ou poétique, ou christique ou religieuse, et même alors on aboutira à une version mortifère de la religion, pliée vers le bas, vers le dés-ordre d’une immédiateté, ou dit autrement idiote, imbécile, réactionnaire). La version du corps du moi est celle torturée par le signifiant duquel on n’a pas su tirer la structure. Que donc, on répète, on ne tire pas le signifiant dans sa logique, mais lui suppose toujours un signifié. Le signifiant, la débauche de signifiants indique dans notre vie vécue toujours un signifié (la jouissance) qui n’existe pas, et le moi multiplie les plaisirs, afin de se tenir éloigné de la jouissance ; qui fait office de fusion imaginaire, rêvée, et qui aboutit à l’hallucination ou l’angoisse dans la réalité lorsqu’elle déborde ou que le moi ne peut la tenir à distance, la dépression étant l’afflux d’angoisse puisque l’on ne peut plus intentionnaliser, des plaisirs, et donc maintenir le moi dans le mouvement, qui s’effondre par le dedans de son intentionnalité.

Et plus généralement cet effondrement de l’intentionnalisation (sa capacité à organiser l’ensemble non seulement des flux mais jusqu’à la perception même) rend idiot ; on ne veut plus rien voir qui ne corresponde pas à l’idiotie. On ne sait plus relier les activités de conscience, et dans la coordination humaine générale, tout s’affaiblit, restreint son cercle de capacité ; les médias se ferment ou tournent en boucle.

C’est uniquement l’élaboration du signifiant comme signifiant (le formel, le structurel) qui délivre. Cela même qui n’est pas ; dieu, le christique (qui est hors-monde), la pensée, le sujet, la révolution, les domaines (esthétiques, poétiques, etc).

Voir les commentaires

Signifié / Signifiant

24 Avril 2021, 08:15am

Publié par pascal doyelle

Couper l’immanence par la transcendance

Nous n’avons pas à choisir, en un sens.

Soit on s’abîme dans le monde donné là, et donc la dispersion indéfinie qui pointera à la fin des temps et l’absence de mémoire de tout ; comme si rien, jamais, n’avait existé. L’univers, on le sait, se destine à la mort ou la noirceur toujours plus s’éloignant, dans la nuit, le vide et le froid indescriptible. C’est la destination même de tout ce qui est déterminé, cad limité par son essence.

Soit on admet une vie en plus. Une autre vie. Ou un autre plan.

Quelle que soit la manière d’y approcher. C’est ce qui relève alors de ce qui n’est pas déterminé, de la forme qui entoure toutes les déterminations, en l’occurrence le présent, qui constitue pour nous le Bord de tout ce qui est.

Et ce choix est au fond absolument fondamental ; il ne mesure pas seulement votre envie d’exister (accepter qu’il y ait une fin, terminale, et donc engouffrant totalement toutes les réalisations, individuelles, collectives, humaines, personnelles) mais il rend compte de votre ressenti du temps.

Le laps de temps (naissance-mort) vous convient-il ?

Pour le reprendre de Kant ; votre unité réclame un développement infini, qui ne vous sera pas accordé dans et par ce monde. Et si l’on pousse plus loin, le temps linéaire, celui qui passe uniformément, vous parait-il logique, normal, acceptable, sensé, consistant en lui-même ?

Cette aperception du temps vous gêne-t-il ou non aux entournures ?

Le développement infini de Kant ne porte pas tant selon la durée de votre être, mais sur l’ampleur ou la valeur de cet être. Reste encore à juger de cette valeur, de cette ampleur, ce qui ne peut se résoudre que si l’on dénote le nouménal et en quoi il consiste réellement ; il ne peut pas exister séparément dans un « autre lieu ». Comment peut-on poursuivre la possibilité d’exister au-delà des limites qui semblent, en vérité, tout à fait arbitraires de ce que l’on nomme « une vie » ? Ou un monde donné ?

Donc il s’agit d’exister plus loin, au-delà, plus haut que sa propre vie.

Puisque nous ne sommes pas, nous existons, et participons de ce mouvement ; exister c’est se mouvoir ; la question étant celle de la nature de ce mouvement et de ce qu’il signifie, de ce qu’il porte, rend possible, et on sait qu’il est instantanément, absolument structurellement lié au Possible lui-même, raison pour laquelle on doit désigner la perfectibilité absolue et formelle plutôt que la perfection, que l’on ne comprend pas du tout.

 

La liberté est l’utilité de la capacité dans tous les mondes possibles. On a vu que la capacité est l’idée, principe, formule, formulation que le réel est l’actualisation et donc, ou parce que, le présent est la génération de tous les mondes.

Dit autrement et à notre usage, selon notre possibilité de compréhension ; il y a eu, il y a et il y aura des offres instantanées de possibles directement ouvertes au cours d’une existence.

Ou encore ; il est à peu près sensé et évident que la signification d’une vie, d’une existence ne peut pas se résumer, synthétiser ou décidé à tel ou tel moment déterminé ; c’est l’ensemble et l’orientation générale et pour mieux dire ontologique qui compte, qui pèse, qui instancie dans sa durée et dans sa capacité brute.

Que se tienne du discours métaphysique (de la pensée) ou de la réflexivité ontologique (du sujet) on se situe sur le Bord et du Bord on voudrait inscrire dans la réalité, le donné perçu, la vie vécue ou la perception actuelle ce même Bord. Soit donc redistribuer la transcendance dans l’immanence ; en modifiant l’activité de conscience, ou de pensée, et en remplaçant les facilités par des difficultés.

La difficulté en question est fondamentalement une traversée ; il n’y aura rien qui puisse ressembler au monde, ni donc à la vie vécue ou au corps, pas même au moi, au moi-même de chacun (comme synthèse, comme bricolage « de ce qui nous est arrivé ou échu »).

La véritable pensée (et c’est ce qui arrive toujours) se situe sur le Bord ; le Un plotinien ou le Bien platonicien (qui pré-organise les idées, qui est principe d’un ordre en plus), etc. Pour le sujet le Bord est de fait installé (ça bute constamment sur un non-dit, ou plutôt un in-dicible, qui est le point qui perçoit).

Donc ça viendra d’ailleurs, d’ailleurs, en plus et tout à fait autre que tout. C’est la règle réelle, effectivement réelle qui doit, devra, aurait du, pourrait toujours/déjà s’appliquer et s’imposer dans le monde, dans l’humanisation, et ainsi pour nous dans la personnalisation (depuis la révolution nommément mais bien sûr dans toutes les précédences, divines par exemple, ou spirituelles ou mystiques ou révélées).

Cette règle, impérative, que l’on aborde si difficilement, qui nous passe par-dessus la tête à vrai dire, que l’on comprend pas, qui est autre que cette vie, autre que ce corps et ses pulsions, autre que le monde d’intérêt et d’intéressement des sociétés humaines, nous fut révélée ou s’est dévoilée ou fut créée de but en blanc, d’un point externe absolu, puisque la Règle est absolue.

Aussi doit-on sans hésitation comprendre que l’on ne sait pas par où cela passe, et ce que cela signifie ; et que donc il existe mille et un chemins, cheminements qui aboutissent au chas de l’aiguille.

Puisque l’accès de la possibilité pure est exiguë. C’est le Bord qui restera au bout de toutes les réalités (données, naturelles) et de toutes les réalisations (humaines, personnelles).

Il paraît impossible de synthétiser la résolution probable de notre être qui n’est pas un être mais une existence dans l’exister ; au sens où le Bord du monde (du vécu, du relationnel, du corps, de la perception, du moi, etc) n’est pas du monde. Mais du Bord lui-même.

Il faut concevoir que l’on peine singulièrement au travers des philosophies mais aussi des religions, ou des esthétiques ou poétiques, mais également au cœur des règles politiques, pour amener dans le monde, et l’historicité de ce fait, pour y ramener les instructions du Bord du monde.

Ramener les instructions c’est couper l’immanence par les plans du transcendant ou de la transcendance (comme on veut cela n’importe pas, que l’on croit ou non en dieu ou le divin ou le suent ou la structure brute et pure du réel). C’est donc ces coupures que l’on recherche depuis le début, depuis, pour nous (dans notre cycle de civilisation, que l’on initie par le dieu un tout-autre du judaïsme) ; non seulement de les introduire dans le monde, la vie vécue et le moi, mais d’abord ne serait-ce que sinon les définir du moins les délimiter.

Rien de ces instructions n’est évident…

Mais ayant annulé le sacré (des groupes humains soudés par leur monde-parlé-ritualisé), instauré le divin (séparé du monde, de la vie donnée, de la perception) mais ayant abandonné le divin ne demeure que le plan d’immanence, totalement plat, et puisque tout est visible, plus rien n’est discernable.

ce qui veut dire que chacun (ou de même les groupes humains) fonctionne selon une synthèse réalisée, plutôt bâtarde ou incertaine et sans organisationnel véritable et sans certitude interne (celle-là même que tend à ouvrir la certitude cartésienne ou pour le groupe la révolution, qui s’effectue au su et au vu de tous et de chacun), et que l’instruction formelle (qui permet de passer à une civilisation, une acculturation plus grande) est pour le collectif ou l’individuel presque inaccessible. Nous n’en possédons à peine que quelques bribes. Soit donc des signes. Et non les phrases, ni les phases complètes.

Puisque le réel est de structure, il est le temps lui-même et donc comporte, porte en lui son devenir ; la perfectibilité est la finalité formelle absolue. Et non la perfection qui ne s’appliquerait qu’aux choses, dont on voit bien qu’elles sont im-parfaites, prises dans des aléas, ce sont des approximations, l’adn est une approximation ; la « perfection » n’a pas de concrétisation constatable, ni dans le donné, ni dans l’esprit (sinon comme imaginée).

Le désintéressement , qui semble à la fondation de toute morale, consiste en un pari sur l’avenir, le possible, la capacité ; il étend un rayon d’activité plus grand, tandis que l’intéressement un plus petit, qui semblera bien plus éclatant et triomphant sur le moment ; mais l’immédiateté est un piège du temps, et donc le désintéressement conduit à l’intemporalité. Synthétiquement parlant.

Or ceci ne requiert pas tant l’intelligence, l’intellect que la conscience morale ou éthique (la morale valant généralement dans le monde, autrui, etc, et l’éthique le quant-à-soi-même selon ce que l’on estime se devoir à soi-même). Abandonner son égoïsme pour nourrir la possibilité d’autres sujets, c’est parier sur une méta-organisation, dont les conditions d’élévation ne sont pas du tout évidentes, y compris concernant l’ouverture pour chacun de se libérer de finalités immédiates.

On sait à peu près nettement ce que l’intérêt immédiat peut nous rapporter, mais on ignore ce que le délaissement de cette facilité octroiera à l’avenir, à la seconde condition que tout autrui ou un maximum accepte de plier devant ce grand calcul du désintéressement.

Qu’il s’agisse de purifier l’activité intentionnelle, c’est évident, mais ce qui ne l’est pas ce serait de croire qu’il suffirait de remplacer notre ego par l’angélisme ; ce qui n’est plus du tout le propos depuis le christique. L’église peut-être (c’est une institution) mais le christique non. Le structurel, cad l’intentionnel libéré, s’ajoute au donné, au vécu, au vivant ; on ne voit pas comment il en serait autrement. À moins de supprimer la réalité, ce qui n’a aucun sens, ou alors d’attendre le Royaume ici et maintenant, ce qui est absurde.

Et donc il est question seulement, si l’on peut dire, d’ajouter une dimension au donné, à la réalité ; et la dite dimension n’étant plus de l’ordre de la raison monolithique (ou de n’importe quel ordre surplombant) ne s’impose pas à la réalité mais la splitte. Splitter la réalité donnée vécue veut dire la démultiplier. Non seulement démultiplier le donné déjà là, mais tout autant les capacités de la réalité ; soit donc la réalisation.

Or il est apparu que nous n’accédons pas immédiatement aux choses, sauf de les agiter, pour ainsi dire, et déjà les modifier ; donc en produisant un champ dans lequel les choses sont prises et déjà transformées, dès la perception ; de sorte que dès le début nous sommes jetés dans la liberté, qui consiste à, premièrement, arranger les choses, l’apparaître des choses, en leur conférant des significations, celle du groupe, de tel ou tel groupe ; puis la communauté se rendant complexe il devient possible que chacun obtienne sa perception, étant entendu alors que malgré cette complexité il existe un lien, un rapport général et accepté par chacun ou une majorité, lien qui, il faut absolument en prendre conscience, s’impose en et par chacun et ce dans son appréhension, son aperception de lui-même.

Il y eut dès l’origine qui se fond dans le vivant lui-même au début, puisque n’existe un horizon que si au préalable il existe un vivant en son milieu (qui n’est pas un horizon donc), un autre-plan dès que l’intentionnalisation s’est imposée ; qu’elle soit générée par une cervelle est évident, qu’elle ne soit pas relative à cet organe l’est tout autant sinon plus ; puisque le champ intentionnel étant un rapport (et le rapport de tous les rapports qui suivront) il s’implique lui-même (sinon il n’en serait pas un, de rapport).

Il vint un temps lorsqu’apparut explicitement cette auto-désignation du champ par lui-même, et ce pour chacun.

C’est pour cela qu’il prit, ce lien, explicitement le nom de contrat, par exemple ou de nation ou de volonté générale.

Le mal, la dégradation, la bassesse, la noirceur consiste à diviser selon la détermination (et donc l’immédiateté) et le bien d’organiser la division selon la structure, selon la distinction ; et on ne peut pas supposer, imaginer une plus grande détermination à venir et nier la distinction actuelle. À diviser les uns des autres mais aussi à se scinder soi-même ; non qu’il faille vouloir être bon (le conscient en général manque son but, il reste extérieur et ne pénètre pas dans la réalité, son angle d’introduction dans la réalité est limité) mais plutôt mener, porter une intention la plus générale possible afin qu’elle s’immisce jusque dans la perception même, ou l’émotion, afin que le mal ou la corruption (de la perception) soient ignorés.

Comme la révolution démultiplie les centres de décision (ce qui permet que chacun ait une vie à soi, un projet, une entreprise, etc), de suite la dégradation s’étend, à tout.

Subjectivement la dégradation n’est évidemment pas de se laisser déterminé (comme une chose qui se décomposerait) mais prend une forme active (nous existons dans et par le champ intentionnel de signes que nous produisons) ; aussi la noirceur est-elle une inversion de l’intentionnalité qui veut à toute force concrétiser dans le monde avec rage ce qui justement ne peut se matérialiser. Et ainsi il fallut halluciner les vies, via les mass et puis micro médiatisations, du roman à internet en passant par le cinéma et la télévision, quotidiennement réinvestissant les corps et leurs extensions ; la « réalité » est devenue pour nous, la représentation de la réalité, ayant entièrement tout recouvert, recouvert nos yeux, physiquement.

Les sociétés humaines sont dès lors fondées non sur une détermination au hasard (l’hérédité entre autres) mais sur le principe de soi, semblable à tout autre ‘soi’. Et par cela accède à la véritable raison ; non pas tel un corpus descendu on ne sait de où, mais en ceci que le véritable universel c’est le sujet ; il n’existe aucune autre forme universelle plus évidente que celle de la conscience de soi.

On a vu que la liberté consiste en la production d’un champ intentionnel, qui transforme le donné en signes, lequel champ est au début celui du groupe humain (qui s’auto organise collectivement et perçoit son monde), puis devient le champ de chacun ; ce qui se nomme acculturation généralisée (au sens à la fois privatif, il n’y a plus de monde commun, et de mise en forme de structure, chacun obtient d’être à lui-même la fameuse reconnaissance de chacun par chacun et de chacun par tous, ce qui veut dire constitutionnellement et institutionnellement, mais aussi relationnellement et subjectivement).

Hors cette division totale par et en chaque sujet, il n’y a rien ; il n’y a rien au-dessus. Ni dedans. Sauf que par là chacun obtient sa propre vie (qui n’appartient à aucune caste, aucun rôle, ni à aucune raison ou quelque corpus que ce soit ; et la structure tient, elle tient toute seule et de par soi, elle devrait seulement continuer la révolution et avancer).

La structure s’impose d’elle-même et devient la mesure de tout le reste. Et les individualités assurent cette continuelle performance (de prendre sur soi), bien que dès lors il est impossible de nouer l’ensemble des volontés en une finalité ; tout part dans tous les sens. Aucune règle ne guide l’ensemble des volontés (qui s’entendent pour s’assurer les unes les autres mais « en l’état », et non comme une planification, cad une pensée, une explicitation de la forme du monde humain ; le libéralisme est juste, de ce point de vue, un laisser-aller de tout n’importe comment).

Et le monde, l’intéressement ne l’entend pas ainsi et veut revenir dans la structure, détruire sa légitimité et introduire quantité de petites hiérarchisations, et ce jusqu’aux énormes hiérarchies, pyramides libérales, baronnies dans le royaume des sujets libres.

De même ; le système de mass puis micro médiatisation (en ce cas internet) est fondamentalement de redistribution (de l’information en général), mais cristallisé au fur et à mesure en quelques forteresses.

Ce qui fut mis en jeu et placé dans l’historicité c’est la puissance de la structure, qui renvoie chaque conscience à elle-même, à elle seule et sur cette unité fondamentale recrée la possibilité ; il est clair que ça ne réussit pas sans une mise en forme culturelle spécifique ; on ne peut pas, on ne peut pas imposer la liberté et encore moins la liberté et l’égalité, comme équation encore plus complexe ; en ceci que la liberté, et l’égalité, devront être perçues en et par chacun, chaqu’un ; et ce dans son corps même ; sans l’unité perçue, et donc éprouvée, ressentie, émotionnelle, psychologique, psychique, sans donc ce corps intégré il est impossible que la structure, politique, fondée sur la morale mais aussi l’éthique (plus profonde) de chacun, tienne.

Et donc il y a, un peu partout, quantité de variations de cette structure politique généralisée depuis le 18éme. Selon les différents atermoiements de structure individualiste/universelle, plus ou moins, et attachée, de même plus ou moins, à un passé culturel toujours asynchrone, si l’on peut dire. De même que le communisme eut pour effet (quelles que furent ses intentions) d’étendre à divers peuples qui n’étaient pas adéquats au système de structure liberté-égalité.

La synchronicité de chaque conscience est évidemment une composition de possibilités ; suffisamment individuelles, suffisamment arc-boutées à la communauté ; la communauté dite politique (et qui donc crée la politique seule réelle), qui exclut une communauté de croyance ou d’ethnie ou de race ; l’exclusivité politique crée la possibilité même.

Ainsi chacun est propulsé sur le devant de la scène et est en lui-même acteur ; acteur de sa propre vie. C’est une humanisation d’ampleur généralisée et formulant la base historique du réel humain. Envers et contre les réactions diverses qui voulurent réimposer leur essences particulières, la révolution crée le Cadre formel sans lequel rien (aussi inspirant cela puisse être en lui-même) ne vaut. Rien ne vaut qui ne serait pas décidé librement ou universellement. Tout ce qui nie la liberté ou l’égalité retourne en arrière. Toute identité, serait-elle celle du moi, enferme et annule le cadre structurel (collectif et individuel, cadre qui sépare tout en connaissance de cause et en l’occurrence en reconnaissance des uns et des autres et donc tout aussi bien reconnaissance de soi-même comme autre que soi).

La formule « soi autre que soi » stipule parfaitement la distance qui règne en tout et partout ; la distance, la division et l’équidistance si l’on veut. Le principe est simple ; si l’on se prend pour soi, on tombe dans l’erreur. Le moi névrosé ou psychotique, obsession ou perversion, peu importe il s’agit d’une abolition de la distance, d’une tentative pour un moi d’être ; ceci ou cela, comme si ou comme cela, sous le regard ou dans la chose, le corps ou l’objet de désir, etc, bref une imagination et non une structure soustractive, qui seule permet qu’il y ait un corps, un objet, autrui, le langage, l’intellect, etc ; dit autrement le moi nie alors le réel … qui autorise justement qu’existe un moi … ce qui n’est pas du tout bon signe ; cette auto-suppression est une sorte d’impossibilité d’admettre que l’on existe, au profit d’un fétiche, en un sens quelconque (en comparaison du sujet en jeu) mais dans les faits du vécu lui-même toujours profondément significatifs, en raison et en place dans le bricolage qu’est en vérité un moi, qui attend son sujet ontologiquement parlant mais qui dans la densité du vécu ne sait pas quoi faire de son corps, de sa vie, d’autrui, du regard, et tous ces paramètres.

Cette impossibilité de se-voir est, on l’a vu, on l’a dit, non seulement le caractère proprement invivable pour un vivant d’être-perçu ; un vivant perçoit et se tient au centre de son milieu ; il n’est pas projeté sur le fond de l’horizon, n’est pas perçu du dehors, il n’a pas de « dehors » ; nous existons spécifiquement en ceci que nous ne percevons pas seulement qu’un horizon il y a (et qui au final consiste en ce « réel » comme autre, autrement dit l’infini, l’indéfini des signifiants et l’infini du signifiant) mais nous nous percevons, nous-même, à partir de l’horizon ; ce qui est infiniment douloureux pour le vivant que nous sommes selon la détermination effectivement corporelle.

Aussi cette douleur est également doublée d’une angoisse ; si je suis hors-de-moi, c’est pour quoi ? Que faut-il non seulement faire mais décider ? Comment orienter cette perspective infinie ? Par où cela regarde-t-il mon existence possible ?

Vient alors que les vibrations du monde, du relationnel, du vécu propre à chacun emplissent la structure ; le monde est, pour un moi, indéfiniment développé dans tous les sens ; nous avons abandonné la formule commune unifiée (tel groupe, tel monde et chaque monde humain séparé de tout autre) mais une avalanche de possibles s’est déversée sous nos yeux, rendant chacun à sa propre vie et ses envies (chacun dispersé isolément sur toute la planète). Cette immense production de soi, de « moi-même », de couleurs et de formes, de signes et de paroles, que furent les quelques derniers siècles. La disparition des mondes humains est aussi la possibilité ouverte pour chacun séparément.

Rappelons que la régulation aurait dû se produire qui rendent les mois susceptibles de leur sujet, chacun son sujet régulant la production indéfinie de signifiants, qui enferme dans le tourment de « n’être pas qui l’on croit être » ; puisque le sujet, lui, n’est pas, mais existe et tente de situer le signifiant même, cad … le sujet et son élévation, plutôt que son extension indéfinie dans le monde ; le sujet ne se tue pas à la tâche de faire-semblant d’être (le moi est, pris dans ce cercle, littéralement perdu ou fou ou auto-centré, produisant et prévu dans un pseudo-monde hallucinatoire, en partie tout au moins ; celui de Debord, Baudrillard, Matrix ou Ph K Dick).

Dit autrement ; un sujet n’a aucun rapport avec quoi que soit qui soit du monde (ni du vécu, du relationnel ou du corps ou de ces objets). Il n’y a pas de signifié sous les signifiants ; les signifiants renvoient seulement au signifiant même, cad au seul rapport qui-existe et qui étant vide, cad formel, rend possible d’agiter les signifiants dans tous les sens. Le signifié (l’objet magique du désir) n’est pas. Nulle part. Il n’existe que le signifiant qui doit, à lui-même, devenir sa propre règle. Et comme s’initie notre ère, le christ est parti ; il n’est plus là, il est hors-monde, de même que le sujet est nouménal ou suspendu à jamais dans le cogito, etc.

Les philosophies se doivent de supposer le cadre vide formel comme seul consistant ; d’une consistance spéciale à l’évidence. Dont la nature est précisément la question-même ; qu’est-ce que la non-consistance du cadre formel de la réalité ?

C’est ainsi l’ensemble des positions absolument formelles qui furent identifiées, comme dieu, la pensée - l’universalisation, le sujet et le réel (en lequel on obtient non seulement que « l’existence existe », mais aussi les diverses versions du monde, du donné comme étant-le-réel ; matière, énergie, vitalisme, économisme, inconscient, sciences, mathématiques, etc, recherchant des causalités « sérieuses »).

L’angle de coupure de la réalité par la structure

soit donc dieu et la nation, la réunion des intentions autour de l’intention unique,

l’universel de l’intention qui se découvre comme créant des systèmes d’intentionnalisations, dénommées idées,

le christique et le regard externe qui crée votre âme, l’actualisation de l’unité de votre vie (transformée en existence) d’un point autre, en dehors du segment naissance-mort,

le sujet (qui dé-couvre son intention ici même telle qu’elle se suppose elle-même, et sa continuité kantienne, unité des unités),

la propagation des sujets par la révolution, de même que le christique par sa formule à ce point instantanée concerne chacun des corps en son existence, dans un monde humain (de diverses versions) qui n’a jamais connu un tel accès.

cet angle de coupure, qui instancie le transcendant au beau milieu de l’immanence de sorte que le divin vient interrompre la réalité (dite par exemple créée, ce qui signifie ramenée à la détermination) et permet de démultiplier les aptitudes et donc le donné, le vécu et la perception (ou donc le monde, le sujet et les signes),

est également ce qui rend le temps hors de lui-même ; au sens où définitivement (si l’on peut dire puisqu’il s’agit de l’inverse) si notre moi est déterminé, le je retient, lui, indéfiniment ou infiniment son souffle ; suspendu ; et il existe à l’inverse en cela qu’il doit toujours-déjà décider de son Intention.

De sorte que cette intention se retrouve tout au long d’une vie vécue et s’oriente ou tente de s’orienter au fur et à mesure, certes, mais surtout en nouant ou dénouant sa capacité ; si notre être n’est pas un être mais un rapport, c’est la raison pour laquelle Kant renvoie au-delà le nouage de notre existence. Le dit rapport ne peut s’acquérir (selon sa structure d’actualisation) qu’en expérimentant et décidant de son intentionnalisation ; et cette acquisition n’est accessible que par et dans cette actualité ; c’est dans la distance de sa mise en acte que toute conscience (qui est déjà toujours un rapport) rend réelle la possible structure, la structure du possible, le possible du réel en tant qu’il est articulation qui se décide non seulement pour lui-même (son existence est déjà obtenue) mais décide pour l’agrandissement, l’augmentation, l’intensification de la possibilité.

Ce qui paraît si peu raisonnable et si peu logique (puisque cela n’obéit pas à un principe d’objet, d’objectivité ou de vécu) que le moi s’emplit constamment d’une identité qu’il voudrait stable ou assurée. Or la structure intentionnelle s’y oppose ; l’objet de désir (qui semble concrétiser le signifié) est seulement l’indication, ou donc un signifiant.

C’est ainsi que pour chacun il est possible d’user de nouveaux signes, afin de marquer sa propre réalité, son vécu, son désir, etc, inflation des signifiants durant vingt siècles ; tout peut faire office de signifiant, l’arc de conscience crée des signes à la pelle. Le monde donné, objectivement, et la vie subjective seront totalement asséchés. Y compris assignés à la vérité, du sujet, ou à l’objectivité ou aux esthétiques, poétiques, dans tous les domaines.

Aussi la production libérale, industrielle de signifiants nous impose (et nous ne demandons pas mieux) de recycler en nous, constamment des codes de signifiants, de les incorporer par le dévoiement d’images, laissant supposer un « vrai et réel » signifié, désirable ou à portée de main, dense et consistant par lui-même, qui n’existe pas, nulle part. Pas plus selon l’être a priori massif.

Inversement cette orientation impossible fut dès le début confiée à ce qui n’est pas dans le monde ; dieu (celui qui relève des intentions et celui qui élève les intentions, le christique) ; la vérité, universelle qui repousse constamment la limite du penser ; la liberté du sujet qui non pas comme simple moyen d’autres fins mais comme la finalité, unique, qui ouvre à quantité d’autres à condition que la première finalité soit maintenue (la liberté ne peut pas, ne doit pas s’effacer dans ses contenus). Dieu, vérité, sujet faisant office de miroirs, renvoyant chacun à lui-même, et non aux images ou confectionnant des images ou des idées telles qu’elles réindiquent le signifiant.

Toutes positions qui prennent le regard (et vous le rende, comme le christ qui s’en va du monde et de la vie), et que le moi ne supporte plus ; qu’un regard extérieur, et qu’un regard d’autant plus externe, cad sur-objectif, plus grand que la subjectivité, qui s’est instanciée libre, regard donc qui imposerait au moi une telle structure autre ; un moi est à lui-même, idéalement, son propre regard, mais « idéalement » … ce qui veut dire pas du tout, parce qu’il est, le moi, un bricolage.

Cette impossibilité (de représentation) étant le reproche le plus commun envers ces réels que l’on voudrait saisir dans la réalité (sous le mode d’objets), alors que l’on doit en être saisi ; et imaginant les penser (en objet de discours ou en imagination donc) on laisse de fait le sujet dans le non-dit et l’extériorité, éperdu, ce qui annule la rationalité de telles théories.

Tout cela pour saisir que le structurel ne se plie nullement à quelques résultats ou effets, mais se tient seul et par lui-même, bien et parce qu’impossible (si il était possible il serait du monde et s’effacerait en telle ou telle version humanisée du donné, de la perception, de la représentation, etc). Ensuite surviennent les effets ; ceux de la révolution furent par exemple innombrables, et que dire du recentrement qu’amène le christique par chaque corps délimité. On a pu croire que des effets, sélectionnés (des forces ou des pulsions, des technologies ou la génétique, etc) expliqueraient la structure, puisque l’on interprétait la pensée, le sujet, etc, comme s’il s’agissait de parties du monde introduites par d’autres parties du monde, mais la structure n’est pas selon le monde ou la détermination.

Tout surgissement de la structure dans l’historicité crée l’historicité comme telle. Elle est ce par quoi le structurel (débarrassé de toute formule passagère selon le monde) se sait selon le temps ; le signifiant étant ce qui enjambe le laps de temps s’instanciant dans et par sa temporalisation. On relie deux signes, deux perceptions, deux contenus et le signe est le rapport, ce qui crée le court-circuit d’une élaboration non selon le temps mais selon l’actualisation du temps (qu’il existe une dimension en plus qui ne passe pas ; le présent).

Selon le possible, et au fur et à mesure selon la Possibilité (mais c’est déjà le cas de dieu, de la pensée, du christique ou du sujet ; selon les signes adhérant non plus aux parties de monde (le sacré délimitant en dedans) mais vers la structure (le divin)). Puisque le temps existe afin que la Possibilité s’étende et se définisse et elle ne le peut qu’étant libre ; la réalité est l’image dans le miroir ; le miroir (le sujet) n’apparaît pas dans l’image mais c’est par cette image qu’il existe un sujet. L’image parvient à modifier le miroir, et il n’existe pas d’images sans miroir.

Élaborer la temporalité propre n’est que le début (déjà bien ardu, le moi étant un bricolage, une synthèse hâtive lors du vécu). Outre cette temporalité, l’a-temporalité du je, qui se perçoit au-delà du segment naissance-mort, est originellement, initialement la structure même de l’âme. Ou si l’on préfère de tout récit de soi (y compris roman et poétique et musique, etc, qui ne sont, n’existent qu’ne tant que signes, évidemment).

Ceci indiquant vers le haut, la verticalité et la capacité qui existe au-devant. L’en-avant est la raison du déploiement du réel. Et donc l’en-avant est en-haut. C’est la règle du signifiant qui est la véritable création depuis le début et non les remplissages. Ou donc la vue (ou la vision) que l’on obtient de sa ligne de présent(s) tout au long d’une existence.

De sorte que Lacan pouvait bien se gausser des tentatives (du moi ou du conscient ou de la philosophie, des idéologies ou des « révolutionnaires » de 68) pour absorber, manger, incorporer le « signifié » ; pour lui la science, la raison ou la philosophie, la belle âme ou l’idéal n’échappent pas et ne se présentent que comme signifiants du moi lui-même (qui s’imagine atteindre le signifié et croit s’en sortir de cette façon alors qu’il se consacre aux signifiants, et ainsi au regard autre, tout discours relevant d’une autre conscience, bien que prétendant manifester le signifié même ; Lacan laisse chacun seul face aux chaînes mais ouvre néanmoins en une mystérieuse libération, quoi que sujette à caution même psychanalytiquement).

Les choses ne sont qu’ici et là, en vérité seule existe la dynamique, le mouvement du réel ; en tant que plis du Pli unique ; le moi et les mondes humains s’emberlificotant dans les plis pris dans les plis ; le monde-parole de la tribu relève de la même logique que le moi-égocentré, mirage de ses images, recyclant ou courant d’effets en effets et non remontant vers le Pli lui-même, qui n’est pas du monde, ni du vécu ou du corps.

Voir les commentaires

Désignation de l’éternité

17 Avril 2021, 08:32am

Publié par pascal doyelle

« Qui a un corps possédant un très grand nombre d'aptitudes,

la plus grande partie de son âme est éternelle. »

5-39 Ethique.Spinoza.

Par aptitudes, pour un être humain, il faut entendre de capacités, d’élévation des actes de conscience, des intentionnalités travaillées, ouvragées, et donc chacune de ces parties ne sont plus des parties (juxtaposées bêtement) mais organisées et accrochées aux réalités (capables de les modifier, comme le menuisier connaît le bois et l’élaboration d’un chef-d’œuvre, au sens artisanal tout aussi bien ; une conscience qui existe travaille sa propre vie vécue, quoi qu’elle fasse, et autant chercher à l’éprouver au mieux, mais on ignore comment).

Et donc voici une âme qui a construit ses capacités et plus elle s’y adonne, plus la capacité même augmente en elle.

Dit autrement ; un être humain possède un corps tout entièrement mélangé déjà d’intellections (même d’un minimum, il n’y a pas d’être humain dépourvu de signes ou de langages), et ces intellections doivent être étendues dans leur définition ; aussi parle-t-on d’intentionnalités (qui parcourent notre être, notre réalité mouvante, dynamique, en tous les domaines ; nous lions des signes partout et autant qu’il nous est possible et non pas seulement par l’abstraction et l’intellectualité ; cette extension de l’intellect à toute intention est proprement nommée intellectivité, faculté de perce-Voir, de tisser des signes, en lignes, en phrases, en compostions, en tactiques, en stratégies).

S’il ne s’agissait que d’abstractions, d’idées, cela n’aurait pas grand sens, ou plutôt un sens si restreint et si peu modulable, d’une rigidité que notre souplesse originelle trouverait ridicule. Nous existons en une multitude de capacités, d’aptitudes.

Quant à l’éternité (dont on ne commencera pas le début du commencement d’une compréhension ici, évidemment). On verra que l’on se conçoit (dans le vocabulaire classique ou « se perçoit » dans un champ intentionnel) d’un point tout à fait hors de ce qui est perçu.

On résumera par ceci : c’est de ce point-là, qui n’est pas, nulle part, que l’on Existe.

Donc, second raccourci, la « substance » est activisme. Elle Ex-siste. Ce qui veut dire qu’elle est plus grande que l’être, et que l’être est relatif à l’Ex-sister. Dieu est absolument mouvement et tout arc de conscience est d’un tel mouvement. Or donc même les choses et les êtres, les mondes et les univers ne tiennent que d’un Mouvement.

De même que notre essence n’est pas une essence, la réalité est le réel ; un mouvement. Ce qui existe c’est le mouvement, et un mouvement transforme et se transforme. Sortir la « substance » hors de l’imagination qui conduit à un « Être parfait », dont l’idée même de perfection n’offre aucune prise ; elle est, cette idée, imaginée et non pas pensée ; cela seul qui existe parfaitement est le mouvement, comme tel incomplet et perfection qu’il faut saisir comme perfectibilité.

Ce qui réintroduit toute la liberté, tout le sujet, toute l’humanisation et la personnalisation, bref tout.

On se trouve ici face au même problème qu’avec Descartes ; la « pensée » pour Descartes n’est pas la pensée comme discours consistant mais comme percevant, et ce bien qu’il n’aille pas jusqu’au bout puisque l’on ne peut amener l’activité réelle telle qu’elle se déploie qu’à partir de la phénoménologie ; la conscience est une activité intentionnelle, qui consiste à coller des signes et des perceptions (et des signes avec des signes).

C’est bien pour cela qu’il faut restructurer ce que par « notre être » et « le sommet de notre être » il faut comprendre.

D’une manière tout à fait générale il fallut étendre le rayon d’action de l’attention et d’introduire dans la pensée l’analytique de notre activité spécifique ; laquelle ne consiste donc pas en la pensée.

 

On nomme éternité l’a-temporalité qui précède le temps (ou l’espace qui se déploie en son sein). 

Le représentant de l’éternité dans le monde, le connu, le perçu, est le présent ; le présent n’est pas dans le temps, le temps est l’effet du présent a-temporel. Le présent n’est pas le laps du temps, mais cela qui a généré tout ce qui est ; soit donc l’exister (qui contient tout l’être, lequel est assigné au mouvement comme structure) ;

Rappelons que dieu impose l’initialisation (de l’intention, forcément unique puisque de structure de rapport, et le rapport, en lui-même, est unique)

de la pensée comme universalisation des intentionnalisation possibles (des idées et systèmes d’idées et selon la société et le droit), et augmentation de l’intentionnalité

du christique comme intensification de l’intention en et par chacun pris un par un dans le regard exclusif du un tout-seul

de l’instanciation, cartésienne (mais évidemment réalisée en quantité de sujets, qui se découvrent tels)

de la concrétisation depuis la révolution qui rend effectivement chacun à lui-même selon l’humanisation d’abord (universelle) puis selon la personnalisation (individuelle), de sorte que le rapport se réduise, se ramasse, se condense, se concentre, se précise partout et pour tous, au sens de pour-chaque-un.

Les trois derniers siècles s’imposent donc comme matérialisation. Non au sens de matérialisme mais de matérialisation des intentions ; tout est réalisé (de ce que l’on veut, projette, imagine, compose, idéalistement).

 

Ceci pour remonter antérieurement au monothéisme, qui sépare les mondes clos, holistiques, cycliques, particuliers, immédiats qui précédaient le monde unique, ouvert, divisé, historique, linéaire, universel et de médiatisation(s).

évidemment les mondes précédents n’étaient pas immédiats ou particuliers ou ceci-cela, puisqu’en eux-mêmes complexes, tendus par leur parole partagée et articulés déjà (rien de ce qui est humanisé n’est immédiat). Mais il faut les distinguer ce qui les a suivi ; et notamment la différence entre le sacré (qui se mêle du monde, de la perception, langage, de la communauté, de la nature, qui en se présente pas comme telle « nature », etc) et le divin, qui d’une manière ou d’une autre existe en dehors.

Cet en-dehors fait toute la distinction ; si le sacré est une partie du monde alors on commence par décrire la réalité selon telle ou telle détermination. Mais selon le divin on ne présuppose rien ; dieu, la pensée (l’être, le bien, la pensée de la pensée, le un, ou donc l’universel comme procédure), le sujet, ou le réel ne sont rien, ne sont pas de l’ordre de la détermination, du monde, du donné ou du vécu (le christique l’annonce explicitement, prolégomènes absolu du sujet, absolu signifiant formel).

Ayant distingué le divin (séparé du monde, du donné, du groupe, du vécu, du corps de chacun), on en vient forcément à translater la séparation ; à aménager dans l’immanence la coupe du transcendant. C’est à quoi on va s’occuper ; du christique à Lacan, via la(les) révolution(s), qui concerneront tout le monde, chacun et la planète entière ; de même que les esthétiques, éthiques, poétiques, etc, augmentaient au fur et à mesure leur action sur les sujets.

Ne pas avoir conscience de la distance qu’intègre le divin, c’est retomber dans le monde ou ses parties ou dans les contenus de conscience, qui viennent prendre la place, et occuper l’activité elle-même, qui, dès lors, ne se vise plus elle-même, mais investit des prétextes.

Mais le divin n’est pas d’un tel rigorisme qu’il ignorerait le monde… ni la vie, ni le corps ; il est en sa possibilité d’être toutes les capacités ; et cela se montre par le christique, mais aussi de tout sujet et de la pensée bien comprise (hors de quoi elle ne s’imposerait que telle une forteresse froide et indifférente, et non selon la vivacité multi-tâche de l’intentionnalité, du champ intentionnel comme animation sur-développée de la réalité perçue ; les esthétiques prolongent toute réalité possible par ex ; et dépression ou désespoir, exubérance ou prolixité s’animent du feu de tout bois ; ni le malheur ni le bonheur mais la traversée assumée et assurée ; puisque depuis Descartes on ne peut plus douter par telle ou telle raison, toutes abstraites, ni telle ou telle cause, d’où qu’elle vienne ; où l’on commence de s’apercevoir qu’il n’y aura pas à choisir, puisque la certitude s’implique du mouvement du devenir brut).

Par ailleurs il ne convient pas non plus de « faire comme si » Descartes (qui ramène la pensée à la volition, cad l’intention), Kant (qui mène totalement le criticisme et une refonte de la philosophie consciente de soi comme projet, dans une phénoménalité délimité et un hors-champ qui est ou sera précisément l’intentionnalisation) et Hegel (qui éjecte la pensée tout intégralement hors d’elle-même, achevée) comme si donc ces monumentales architectures de l’intentionnalité n’existaient pas et d’en revenir à une définition étale de l’être (quel que soit cet « être », serait-il bien révolté et rebelle, afin de réintroduire une philosophie non critique, une philosophie spontanée, de type Schopenhauer par ex, ou Nietzsche ou Heidegger). Non, c’est en intégrant le criticisme et la conscience de soi de la conscience comme conscience que l’on doit s’engager.

Il est clair que l’intention de dieu, le sujet christique ou celui de la révolution, la pensée ou la science, mais aussi les éthiques et les esthétiques, innombrables, réinventent, recréent constamment l’activité de conscience intentionnelle ; dit autrement c’est d’une acculturation généralisée dont il fut, dont il est question, afin que s’organise les faisceaux de conscience parvenant à se positionner ; passer des mondes particuliers au monde universel et formel, cad structurel (le (sujet) est la forme la plus universelle possible, cad le rapport-à), en lequel domine l’activité de conscience et non pas les contenus de consciences, règne de l’indétermination afin que chacun soit à lui-même Un, et que par ailleurs au fondement le Un soit antérieur à tout ce qui déterminé ; s’offre ainsi un plein champ de possibilités, le champ même de ce qui existe, de ce qui ne reçoit pas passivement son monde (même si toujours l’humanisation fut active, la structure n’étant pas avancée, le contenu prenait le pas et se recyclait sans cesse, par communication et par transmission, la survie du groupe constituant sa continuité).

 

Croire définir la réalité selon la pensée ou un contenu spécial (relavant de tel ou tel système ou théorie privilégiés), selon une idéologie ou selon une religion ankylosée, dogmatique, canonique (qui se ramène au final à un groupe particulier) est peine perdue. Tous les contenus, de pensée, furent écrasés par la résolution hégélienne ; nous sommes alors complètement sortis de toute métaphysique (qui n’est plus alors seulement tenue à distance cartésienne, ou limitée kantiennement mais toute exposée, et explosée). Et donc de toute définition de la réalité, raison pour laquelle il faut en passer au réel (que l’on a pu supposer selon le monde ; vitalisme et forces, économisme, théorie de l’information, diverses et variées, mais qui sont des substituts à la position formelle du réel brut).

On ne vise pas à exposer un discours qui étalerait au-devant l’objectivité de la réalité ; laissant inchangé le regard, l’intention ou la conscience que l’on en a ; mais à élaborer la conscience la plus précise possible dans son acte, de sorte à transporter dans et par la lecture, toute la structure accessible (réservant qu’il y en aura d’autres potentiels) et afin que cette structure de conscience soit modifiée, qu’elle soit transformée dans sa structure ontologique elle-même et qu’elle intègre sa position ; qu’elle comprenne sur-intellectivement sa position ontologique et qu’elle puisse accéder d’elle-même à sa capacité ; à savoir qu’elle se-sait et qu’elle a pu, dû se choisir, s ‘orienter elle-même depuis le début (de son existence) et que c’est cette orientation du regard qui se continue tout au long de cette existence ; pour cela cette vie, vécue, se relance constamment en existence, ce qui veut dire en disposant d’un regard suréminent ; qui originellement et historiquement est tel celui du christique, qui perçoit par-delà le segment naissance-mort ; le christ actualise cette possibilité, qui se dévoile comme capacité ; il est possible de (se) percevoir d’un point-autre.

Remarquons ; qui se-sait, non pas qu’il se connaît ; on a distingué le se-savoir et la connaissance (passer du discours de l’être à la réflexivité de cette structure qui s’intègre elle-même dans son propre champ c’est sup-poser le se-savoir plus étendu et réel que n’importe quelle connaissance.

Par sur-intellectivement c’est précisément cela qui est désigné ; que l’on a effectué toute l’intellectivité qui se puisse (St Thomas, Spinoza, Leibniz, Hegel, etc) et qu’il restait … l’essentiel ; qui consiste donc à modifier le sujet lui-même, par lui-même, et que les modifications de contenus n’atteignaient pas.

La question est, depuis toujours ; comment introduire le plan de transcendance dans et par l’immanence. On remarquera que le christique s’y emploie singulièrement, mais également toute la philosophie qu’elle soit métaphysique ou ontologique (depuis Descartes).

Modification ontologique donc qui était en vue depuis le christique, et qui remonte depuis Descartes jusque Lacan ; Lacan ayant affaire aux mois, cad au je pris dans un moi ; la mise en place de toutes les médiatisations (depuis 2 siècles, accélérées aux années soixante, présentes et en jeu depuis le christique qui met en scène le regard que le christique ou que l’on se confère), les médiatisations, nos technologies de la communication, de la représentation décuplée, avaient pour finalité d’exposer intégralement le moi, le vécu, le relationnel, l’organisationnel (lequel reste dominé par l’équivalent universel qu’est l’argent et ne parvient pas à dépasser l’économie) afin qu’il se redéploie en coordination des sujets (lesquels donc restent dans les limbes, inaccomplis, virtuels, sauf ici et là, ponctuellement).

L’intellectivité, l’intellectif c’est le dépassement de la pensée par la description cartographique du je, de l’intention, de l’intentionnalité, du sujet, de la structure et de l’articulation et la raison de l’articulation du réel, soit donc le présent. Le sujet est absolument, totalement, impérativement instancié afin que dans l’actualisation il devienne. Le sujet étant un rapport ne peut s’atteindre que dans l’actualité brute. L’ici même maintenant. L’intellectivité est donc l’ensemble des descriptions que l’on a obtenu, depuis Descartes, du passage de l’être (comme idée contenue dans la conscience) vers le dedans de la surface du présent. Le présent est la limite, tout est au-devant, sauf le présent lui-même et sa structure, que le je doit remonter face à lui en étendant la conscience qu’il a de son activité (Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan).

Ce dedans n’étant pas un contenu caché (ou super-contenu) il est exposable, descriptible, analysable. L’attention observe son activité de même que la pensée constatait ses déploiements possibles, et ce expérimentalement (il n’y a pas de différence d’attention entre la pensée qui s’expérimente et le je qui dénote ses déplacements).

En ramenant au-devant l’activité brute, le je est soudainement projeté sur le Bord ; il atteint instantanément ce qu’il a toujours su (dieu, l’être - le bien - la pensée antérieure à la pensée - le un, le sujet et le réel – l’existence - le présent). Le Bord et donc l’a-temporalité. Le « ce qui n’est pas dans le temps » puisque relevant de l’exister (et le je accédant à son Ex-sistence, ou existence pour faire simple ; une existence n’est pas une vie, bien que le christique nommait cette existence nouvelle comme étant « le Vivant »).

 

La finalité est que la conscience que l’on a-de (quoi que ce soit) soit modifiée ; via divers moyens ; la foi selon dieu ou le christique, la conversion par la pensée (c’est une conversion), la révolution (qui ne va pas sans une transformation mentale intense, ou imposée, selon le communisme universel et non pas individué) ou plus généralement l’élévation, soit donc l’acculturation généralisée de 2000 ans, qui a construit pierre à pierre, phrase par phrase, signe par signe, la conscience-de-soi, formule dans laquelle on ne connaît ni la conscience, ni le ‘soi’.

On s’empresse au contraire de remplir l’arc de conscience par des contenus et bien évidemment par un contenu supposé privilégié ; le contenu des contenus ; le signifié de tous les signifiants qui rendrait contrôlable tous les signifiants et signifié qui finalement, tôt ou tard, fige tous les signifiants, la lettre. Pour cela la poésie, ou la littérature, libèrent les signifiants eux-mêmes, produisent, créent des signifiés nouveaux en jouant des signifiants (et raison pour laquelle en psychanalyse les signifiants passent outre les coinçages divers et variés). Il apparaît que les esthétiques ouvrent grand l’espace de la possibilité et du temps ; il s’agit véritablement de circonvolutions extra-ordinaires et qui certes s’appuient sur des sujets (acquis, historiquement selon la pensée ou le christique ou l’acculturation ou la politique) mais qui développent non seulement les signes de tel ou tel œuvre ou telles perceptions dénommées, mais la capacité intrinsèque, interne du sujet, provoque cette disposition mais attire et élance celle-ci comme pré/disposition, antérieurement modifiant la capacité perceptive elle-même.

Les esthétiques, effectivement comme tout système de signes (système de signes élaboré, ce système, individuellement et non plus collectivement comme durant des millénaires précédents) cherchent à instancié une anté-perception, une aperception antérieure qui rende à chaque arc de conscience la capacité de conscience, ce qui veut dire d’exploration du monde donné, du vécu, du corps, de la perceptivité elle-même (l’art moderne et contemporain accentue formidablement cette performativité, travaillant de voir mais surtout de comment voir) mais aussi exploration des réalisations, des possibilités dans le monde même ; on n’a pas reçu le tomber-amoureux d’une sorte de disposition naturelle mais d’une prédisposition qui se précipite dans sa cristallisation même et découvre ses effets et s’enroule dans ses causes.

Nous ne sommes plus dans le monde donné (dont il suffirait d’appliquer les cadres et l’ordre éternel) mais dans le monde ouvert par le devant des capacités dont on produit les cadres et l’ordre possible ; on a bien vu qu’il existe quantité de révolutions possibles et que quelques réalisations ont résisté, et toutes les autres se sont affaissés.

Il n’est pas dit que l’on ne se soit pas égaré. Nombre de fois il y eut une prise de conscience des égarements et absurdités, dans tous les domaines ; les vies individuelles et les sciences, les théories et les idéologies ; quantité d’erreurs et de divagations. Par principe de sélection nous effaçons les erreurs, afin de, selon la nécessité de signification, valider les choix et les inventions actuelles (qui sont peut-être elles-mêmes encore des égarements).

C’est pour cela que l’on a pu extraire néanmoins non plus des choix mais des principes externes de réel ; ceux qui garantissent telle ou telle tradition et la tradition occidentale n’en est pas moins à soi seule une telle tradition communiquée et transmise ; aussi est-il fondamental d’en amener en consciences les délibérations, d’en repérer et cartographier l’historicité.

Évidemment cela implique une conception ontologique. Mais qui se doit de respecter les systèmes antérieurs et poursuivre le devenir lui-même ; dieu, l’être, le sujet ou le réel en constituent les étapes originelles et initiatrices. Il faut partir du principe de cohérence ; on a bien sur déliré à d’innombrables occasions tout au long de l’historicité mais l’historicité a retenu les positions ontologiques maximales ; celles qui se situent sur le Bord du monde (du vécu, du relationnel, du corps, de la perceptions, du donné). Ce qui a marqué ontologiquement fut mémorisé et instancié ontologiquement ; ce sont les positions à partir desquels les effets (le monde humain, telle humanisation, telle acculturation à telle époque, telle relationnel, tel individualité psychique, telle esthétique, telle poétique, etc) sont possibles.

Nier ces marquages du réel, un par un, c’est abolir toute cohérence au temps, et donc se livrer à un quelconque présent relatif. Or tout l’intérêt est justement que le présent ne soit pas relatif et nous autres jetés au hasard, mais qu’il soit la structure du réel.

Ou donc ; non seulement le présent génère les réalités, les univers, les mondes, les choses et les êtres, ce que l’on voudra, mais le présent, son Actualisation est la finalité de tout ce qui est. Soit donc tout ce qui « est » est relatif à l’absolument réalisé, réal-isé ; la fine pointe du présent ayant à se charger de la toujours plus grande possibilité.

Aussi faut-il (pour illustrer et comprendre le principe) rechercher, chacun, à actualiser la plus grande capacité (dont les signes, les lignes de signes nous sont donnés par dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution, les esthétiques, etc) ; laquelle « grande capacité » n’est évidemment pas l’accumulation de parties de monde (ce que l’on nommerait les intérêts du monde, l’intéressement réducteur du monde immédiat, et qui subjectivement se désignerait comme bassesses diverses et variées).

Nous n’avons pas encore décidé d’admettre, le présent étant la finalité même, que si donc il existait une Actualisation absolue comme structure effectivement et effectuellement/actuellement réelle, alors tout le reste, les univers, les mondes, et les vies en l’occurrence, sont relatifs ; ce qui veut dire modifiables, modulables ; les choses, la matérialité, les apparaîtres seront changés sous la poussée structurelle de l’actualisation. L’actualisation est ce qui régule l’ensemble de la manifestation (en somme et pour être clair, les variations de l’univers ; il y aurait donc plusieurs versions de l’univers, qui s’auto-effaceraient au fur et à mesure de l’actualisation ; on imagine plusieurs univers dans différentes états).

La liberté détient cette capacité de modifier les mondes. Dit autrement ; c’est l’utilité maximale qui doit être accordée à la liberté (sinon elle serait relative, ce qui ne convient guère).

Ceci ayant comme fondement ontologique, donc, que la forme, le mouvement, l’actualisation est le réel et le seul réel (la cause mobile dont le reste se détermine comme effets ; le Pli des pliures). L’actualisation est la colonne du réel ; elle ne cesse jamais. Quoi qu’il en soit de sa nature, de son « être », il est à peu près certain qu’elle ne consiste pas, ne consistera, ne consiste aucunement depuis toujours-déjà, en même manière que la matérialité (ou ce que l’on nomme tel) ; il ne sert à rien de la vouloir préciser selon le monde, le donné perçu ou signifié, le corps ; c’est à partir d’elle, cette structure de l‘actualisation, que le reste est ; elle existe, l’univers est. Et l’être est friable, dispensé selon la dispersion continuelle (et indéfinie).

On verra comment factualiser le Pli lui-même, du moins de manière approchante ; puisqu’il modifie les déterminations (les univers), il ne consiste pas en déterminations. Mais en signes bruts et purs.

Voir les commentaires

Agonie du moi psychique

10 Avril 2021, 09:05am

Publié par pascal doyelle

Il s’agissait donc au cours de l’historicité de créer de tels champs qui soient suffisamment non pas organisés comme monde, humanités, relationnels et échanges, pensées et systèmes, mais en tant que l’on puisse retourner en chacun le regard intentionnel effectivement réel. Dieu, la pensée, le christique et le sujet, le sujet et la révolution, le moi et le réel sont des unités vides qui ne signifient rien puisque c’est à partir d’eux que l’on signifiera tout le reste, tout ce qui occupera ce que ensuite on va nommer l’historicité.

Aussi lorsque le cercle de la structure en vient à se réunir autour du minimum réel, à savoir le je, parvient-on à la plus grande complexité possible ; comme chacun est libre il peut méta et infra organiser tous les champs de conscience possibles (ni le groupe, le langage ou le roi ou un ordre antécédent ne le limitent).

Ce qui est impératif c’est de cesser de se focaliser sur tel ou tel domaine (les sciences par ex ou les esthétiques ou les médias, le roman ou internet, etc), mais de se situer dans le positionnement. Le positionnement ontologique.

On nomme positionnement ontologique le point d’avancement dans la teneur du réel.

Lorsque l’on s’extrait de tout monde, on découvre dieu ; à savoir l’intention (qui n’est rien qu’intentionnelle) qui expulse hors de soi tout monde humain ordonné, et qui instancie l’ensemble comme nation. Laquelle suit la Loi, et le règlement des intentionnalités de chacun.

Intention absolu qui vient s’inscrire en tant que chacun selon son corps que n’unifie plus une nation mais une communauté en esprit du christique, bien plus précise, et qui attendra encore Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre et Lacan pour délimiter encore et toujours plus précisément sa possibilité ; qu’est-ce que cela fait que chacun soit à lui-même son Intention (et non plus selon seulement l’intention absolue de dieu qui chapeautait toute la réalité et toute la réalisation humaine) ?

Évidemment ça ne se restreint pas à la « pensée » et à la philosophie, puisque toute esthétique, poétique, éthique, politique imposent à chacun de s’instituer juge et partie (avec les responsabilités afférentes) et donc de juguler, maîtriser, organiser, poursuivre et inventer ou créer son, sa propre internationalisation et ce jusque dans les plus spéciales, particulières, spécifiques réalisations ; la révolution contient en elle-même que chacun soit juge et partie de sa liberté, de son jugement, décision, projet, et démultiplie conséquemment dans toute la société l’initiative de soi, des autres, des relations, mais aussi des industries ou des échanges ; ça n’est plus un seul (le roi, par ex ou ue caste) qui dirige mais chacun selon son rayon d’activité, lequel n’existait pas en cette indépendance auparavant. Pareillement lorsque la puissance accumulée sera telle que chacun sera en capacité de choisir, d’inventer son mode de vie, sa vie individuelle, sa psychologie, ses relations humaines, et l’ensemble de toutes les représentations de soi et des autres possibles ; ce qui se désigne comme « années soixante » (qui débute après guerre évidemment).

Le point le plus atteint d’avancement ontologique est de laisser dès lors chacun existant de son point ultime et singulièrement incompréhensible ; le moi n’est déjà plus la « personne humaine » mais la concrétisation de cet idéal ; le moi est désigné comme psychique, et c’est absolument parlant celui décrit par Lacan, qui décortique ces identités psychiques qu’il a sous les yeux, sur le divan. Le moi in vivo (qui ne se déplace pas a priori vers dieu, la pensée, l’universel ou la révolution mais vit sa vie aussi immédiatement qu’il lui est possible, et qui n’y parvient pas ou difficilement). En un sens depuis les années soixante, c’est encore pire ; les mois sont totalement perdus qui n’ont plus même un « ordre » (imaginé ou réel) contre lequel se révolter. Ils sont en un mot intégralement livrés à la noirceur ou si l’on préfère l’aveuglement obscur ; le regard ne sait plus quoi regarder.

Il y eut donc la mise en place interne à la structure de conscience permettant la méta-organisation des intentions (et des intentionnalisations, puisque la possibilité de conscience débute dès l’instauration du champ intentionnel) ; l’universel, l’État, l’homme et les droits, la science, le progrès, etc.

Et comme on ne peut pas contraindre l’arc de conscience (sans défaire sa performance elle-même, de même que l’on ne peut pas s’élever sans élever tous les autres sujets) il fallait que cette méta soit plus encore une infra-organisation de l’intention. Les esthétiques et les poétiques, les romans et le cinéma, les séries et internet formulent la perception de plus en plus détaillée de chacun et permettent de percevoir beaucoup plus de réalités (dans le monde), de réalisations (humaines en tous sens), et de psychismes (d’incrustations individuelles dans le vécu, le relationnel, le psychologique, la vie vécue, etc) ; plus de signes, plus de perceptions, plus de décisions ou de possibilités, pour chacun. C’est l’infra, le cercle s’étendant de la mise en forme intentionnalisatrice de la réalité et de la vie.

Ce qui, comme on l’a dit, fait souffrir énormément les corps qui sont des vivants et non pas des « consciences » ; la conscience est comme une articulation étrangère dans le vivant qui n’y comprend rien du tout. Une déchirure. De haut en bas. Insituable pour le vivant. Qui doit donc comme in-située, se penser elle-même.

On a vu également que le devenir de l’humanisation, (qui se fondait sur l’universel, et une définition de l’homme en général, suivit par l’homme communiste selon les besoins, et donc générique, et de l‘homme selon les désirs, libéral, et donc toujours plus particularisé), s’est déployé en personnalisation, de plus en plus précise ; ce qui ne se peut que si chacun est en mesure de se représenter, pas seulement en idées ou images mais en tant que signes matériels de réalisation ; ou donc par consommation et ainsi production de cette consommation distinctive (outre donc les outils quotidiens facilitateurs de la vie, en gros la machine à laver et autres).

On a produit un monde complet, humain et personnalisé à l’extrême, collectif et méta, individué et infra. Un monde total est surgi de terre, comme un champignon, en deux cents ans.

Depuis les années soixante la surconsommation est le facteur distinctif qui oriente chacun dans et par la recherche de son « moi », de son « moi-même » comme poursuite indéfinie de ‘soi’. En collant des signifiants partout, on espère saisir le signifié, mais le signifié n’est pas (l’être n’est pas sinon dans le Pli du signifiant) ; n’est possible que la théorie du signifiant pur et brut, que l’on nomme « arc de conscience », cad rapport. Il est clair, malgré tous les défauts du monde, que cette immense acculturation de tout et de tous, et de chacun, un par un, est l’advenir d’un monde humanisé et personnalisé absolument total, complet, hyper développé, dans tous les sens de réalités créées et de représentations.

Bref le monde humanisé le plus universel et le plus individualisé possible (s’étendant de fait sous diverses variantes à toute la planète).

L’autre lecture impliquant simplement le corps ; les sociétés humaines se sont à ce point développées et ont gagné en puissance qu’au lieu de s’ordonner à partir de l’ensemble (la tribu, le royaume, etc) chacun est organisé à partir de son corps, lequel, forcément, consomme, et donc cette démultiplication de moyens produit la fin du monde probable et sans doute rapidement. Chaque corps est une usine thermique qui crame des calories, à tire-larigot.

Il n’est donc pas, pour revenir, de faible importance ontologique qu’il existe des « mois ».

C’est tout le sens de toute l’historicité ; à savoir qu’une complexité telle était impossible sans l’auto-organisation de ces unités de base que constituent les personnes psychiques, celle qui à la fois intègre l’intentionnel et le corps, le corps vivant et l’intentionnalité de champ ; dit autrement le corps pris dans un champ afin qu’il soit porté plus loin.

Il s’agissait de rendre le dit corps vivant au plus loin de la capacité de conscience, de la capacité de rapport. Ce corps vivant éprouve une difficulté effroyable de se percevoir du dehors, puisque l’arc de conscience ne consiste pas à percevoir l’horizon seulement (un vivant ne perçoit déjà pas lui-même cet horizon mais se vit dans son milieu) mais à se percevoir à partir de cet horizon. Dès que l’on existe comme rapport on bifurque tout, tout est bifurcation, puisque seule demeure l’articulation.

De là qu’il soit impératif de comprendre ce que « rapport » signifie et jusqu’où cela nous emporte ; et cela nous emporte jusqu’à la limite de toute limite puisque si l’on est rapport on est absolument rapport (on ne peut plus être quoi que ce soit d’autre). Le moi lacanien, la photographie et la cartographie la plus proche de notre « être » déniche l’articulation telle qu’elle se place et tente de se déplacer en un corps vivant parlant.

En quoi l’arc de conscience ne tient pas du langage mais use du langage et par lui sépare et coupe les choses mais aussi son être propre (qui n’est plus un être), mais qui ne parvient pas et poursuit sans cesse la réparation de cette scission (par un excès d’image, d’imagination, de signe, d’affect hyperbolique) au lieu d’approfondir que véritablement la scission est irrémédiable et ne peut pas se résoudre (ou aboutir à une satisfaction) dans le monde.

L’opposition Sartre Lacan n’est pas accidentelle ; elle signifie l’arc lui-même. Il s’agit d’une seule plage dynamique qui avance du plus loin (le pour soi/en soi) au plus près (la ligne de séparation en notre corps, qui le rend fou ou toujours autre).

Si l’articulation (cad la coupure) est en elle-même et par elle seule la porte de sortie de son mirage (de ses mirages), alors la pensée n’est pas ; on ne peut pas se contempler (ni même contempler dieu) parce que lors même dieu existerait il serait lui-même le plus grand rapport, la plus grande distinction ; créant donc de par lui-même qu’il y ait une réalité de différenciation (cad une réalité, tout court) et des êtres n’étant pas des êtres mais eux-mêmes des mouvements, cad des possibilités.

On dira donc que dieu, si il est, ne cesse pas ; le rapport dont la pensée est une des possibilités ; puisque la pensée est la mise en intentionnalités idéelles, comme les esthétiques portent les signes, selon leur domaine, et élèvent le regard à partir du point qui montre, expose, élabore, crée des champs de perceptions supplémentaires et obligent chacun à s’y élever, éthiques et politiques imposent une plus grande aperception, saisie de l’ensemble, et donc fondamentalement d’autrui, le tout du mouvement s’imposant, potentiellement puisque cela dépendra des ententes entre les sujets, de leur mise au clair (ce qui s’est nommé idéologies, marxisme, sociologie, etc) en attente donc de coordination entre chacun.

Et non de l’étouffement de tous les discours et déconstructions par et dans un mode de vie massif, unilatéral, empli d’irréflexion instituée en principe, en cause maximale de production des images mentales de soi, d’autrui, de la vie en elle-même, et finalement une réinterprétation très immédiate de ce que par déconstruction et compréhension historique il faut, il fallait entendre (l’annulation de la dénonciation marxiste, par ex, s’est poursuivie par une extension à toutes les critiques de dénonciation, de sorte que la coordination entre tous devint impossible, parce que rendue incompréhensible ; il y eut un défaut de compréhension, d’intellection, de propension sur la réalité, et s’est imposé comme vision aveugle et abandonnée à l’immédiateté, vécue ; la vie donnée des mois absorbant tout le potentiel, ce que Nietzsche appelait le dernier homme, ou le nihilisme, l’absence de vision, l’absorption de la vision dans l’imagination bas de gamme). Aussi faut-il admettre que la capacité se fondait à penser l’aliénation et qu’elle fut un échec non pas du communisme par exemple (ce qui est évident) mais de la compréhension, de l’intellection et la mise au jour, l’exposition des contraintes qui dès lors continuèrent de pousser les mois au plus bas d’eux-mêmes. L’élévation, en un mot, n’a pas eu pas lieu.

L’intellection qui devait repartir de sa consistance propre, à savoir historique (que jamais depuis le début elle n’a été prise en défaut et que dieu, la pensée, le sujet s’instanciaient comme étant le réel comme mouvement brut) s’est contredite et niée elle-même (ce que ne voulait pas Hegel par exemple qui tentait d’assumer l’historicité au plus haut, au plus loin). L’historicité fut abolie au profit d’une immédiateté générale du monde donné là (celui-là même que toute cette industrie au sens large a finalement créé), spatialisation du réel, négation du temps, abolition de l’altérité ; il n’est que « du monde » assujetti à la volonté abstraite d’un sujet abstrait, un monde dépourvu d’épaisseur et un sujet non existant, qui « est » comme on imagine que « sont » les choses ; des choses inertes, mortes.

Aussi n’est-ce pas du tout une hyperbole de dénommer l’agonie du moi-même ; puisque celui-ci recherche désespérément ce qu’il ne sait plus qualifier (la perte, due au nihilisme généralisé, faute de croyance, de foi, de conversion, y compris pour la pensée et le représentant dans l’historicité de l’universel ; la révolution, la modification de l’humain par et pour lui-même). Cette absence de fond historique est celle d’une perspective, d’un horizon qui rendrait accessible « ce que l’on vit » ; vision aveugle qui nous immerge dans l’obscurité, ce qui veut dire d’une intentionnalité qui ne peut se confier qu’aux contenus et non pas à une intention au sens propre, à une signification, une orientation, un devenir ; monde spatialisé stagnant recyclé en boucle ; et livré aux contenus (de conscience et non libéré dans la structure de cette conscience) il ne peut construire aucune stratégie et encore moins la partager entre tous (ce qui n’est pas même représenté, exprimé, ne peut pas se manifester dans le monde commun, dans la communauté du monde, ce qui se nommait pourtant depuis le début communauté « en esprit »).

Mais quant à son auto considération, le moi, cette entité peinant à élaborer une synthèse sensée de ‘qui il est’ ; y compris selon son genre, sa sexuation, autant que s’interrogeant continuellement sur ses désirs, de toute sorte, sur ses projets et sa réussite de winner ou de loser, ou de substitut selon la win ou la lose, puisque tout est échangeable équivalemment, sur son image et ses fétiches, ses substituts d’image, ses signes extérieurs d’identité, sur ses représentations mentales de soi,d ‘autrui de la vie, de là cette dévoration obsessionnelle des cinés, séries, et autrefois romans, feuilletons) ; ce moi-même donc faiblit un peu dans toutes ses caractéristiques et s’absorbe de plus en plus dans une noirceur, dépression, et surtout un aveuglement ; étant dans l’incapacité de visualiser son à-venir, il repousse toute vision, tout regard, toute perception ; pour s’enclore dans des constructions imaginales, qui la plupart du temps font office de non-religion, ou d’anti-révolution (ce qui signifie une absence de pensée de l’histoire ou donc une absence de projet, et ainsi on consomme, ce que l’on trouve là sous son nez, comme des imbéciles) et anéantissent la possibilité de surplomb, de perception d’ensemble, d’inclusion des réalités leur préférant des images, et d’acceptation du réel, s’enfonçant au-dedans des rêves dont la puissance industrieuse et technologique lui offre qu’ils soient soutenus et concrétisés ; ce qui ne s’est jamais vu.

Cette représentation de soi substitutive (qui revient initialement à l’équivalence absolue de l’argent, tout est échangeable) annule le réel ; qui, lui, n’est pas remplaçable. En somme même virevoltant tout une longueur de vie durant, il ne s’y proposera que des décisions fondamentales.

Et c’est ici qu’il faut revenir au principe méta-psychique qui préside à toute notre historicité ; que voulez-vous vraiment ?

Quelle est votre Intention ? Étant entendu que précisément puisque c’est celle-ci qui est en question, en tant que cause de tous les effets d’une vie humaine personnalisée (et non plus encastrée dans des castes ou des rôles ou un communautarisme), cette cause est in-finie ; on ne sait pas vraiment ce que l’on veut, on ne peut pas en statuer, juger comme si il s’agissait d’une chose ou un acte dans le monde ; c’est une intention (qui même désagréable ou nocive ou destructrice ne peut pas être jugée ; elle se jugera elle-même, elle découvrira sa vraie raison ; pourquoi a-t-on voulu ceci ? )

D’un certain point de vue tout moi (du 19éme, 20éme ou 21éme) dispose de tous les éléments de compréhension, d’information, d’instruction de soi pour mettre à jour le plus précisément possible les motivations intentionnelles et/ou parvenir à les ré-orienter (au cas où) ; personne jamais ne fut à ce point « au courant » de ses propres décisions… sinon les « moi-même ».

ça n’est pas pour rien si furent déployées toutes les théories et idéologies et sciences et philosophies et toute espèce d’aperçus depuis 3 siècles, de mise en demeure, de responsabilisation. Mais cela commençait par dieu ; que nous veut-il ? se demandent les juifs.

Ce que fuit, déteste, hait n’importe quel moi habituel (cad tous) ; il préfère se croire innocent ou même victime.

Ça n’est pas pour rien si l’initialisation de notre historicité débute par justement par une victime innocente ; ce que personne n’est excepté. La culpabilité n’est pas un jugement (prononcé par dieu, celui de la loi) mais est la condition même de notre capacité de décision, ou donc d’intentionnalisation. Tout est amené afin que l’on puisse décider non pas sur tel ou tel acte (idéalité d’autrefois du moi conscient et fier de l’être, de la raison assurée) mais sur la longueur d’une existence (qui prend en compte la souplesse et la labilité de l’intentionnalité) ;

qu’est-ce que votre véritable intention ? veut dire quelle est l’intention qui a guidé, plus ou moins et sous quantité de formules, toute votre vie ? La substantielle structure de votre intention étrange, autre, supplémentaire, inattendue, encore cachée, celle que vous ne dites pas, que vous existez (puisque votre être n’est pas, alors ce mouvement que vous existez vous échappe de fait, bien que vous le connaissiez néanmoins… d’une certaine manière ).

La logique interne, et externe de par le fait, qui a organisé les intentionnalités, les champs intentionnels, l’enchâssement des champs et des intentions les uns dans les autres, orientant et désorientant et réorientant comme ceci ou comme cela.

Logique interne mais aussi externe parce qu’il s’agira de vos réelles actions, activités ; c’est pour cela que le christique ne veut pas seulement que vous « pensiez » au bien, mais que vous le réalisiez, dans les actes et tout autant dans votre intention. Et lors même que vous ne vous définissez pas selon le bien, tel ou tel, mais que vous agissez ou simplement vivez de telle sorte que les rapports (entre les êtres, ou vis-à-vis des choses éventuellement) que ces rapports s’augmentent, se perfectionnent, se précisent (on ne peut amener la précision, le détail que dans la véridicité ; la fausseté dérègle la réalité et a fortiori le réel, et les sujets).

Qu’est-ce que vous voyez réellement ? Il faut appliquer ici la légalité du lapsus ; on ne voulait pas le dire (le vivre) mais c’est ce que l’on a dit (vécu). On le savait sans le connaître.

C’est bien ce champ gigantesque du non-dit mais dit ou vécu quand même, qu’il faut que chacun, pour lui-même au minimum, explore, cartographie.

Dont on ne propose ici que le côté universel ; selon les grandes possibilités (oubliées, niées, écrasées, ridiculisées, etc) que l’on nomme dieu, l’universel et la pensée, le christique et le sujet, le sujet et la révolution ; se situant donc à un bout du spectre (l’autre bout est tenu par Lacan, pour sa part propre en tous cas, le moi vécu vivant, qui s’anime de la jouissance même de la vie).

Ou dit encore autrement ; de quelle manière avez-vous appréhendé votre existence ? Selon quel principe d’intention ? Et ceci interroge bien sur jusqu’aux champs de perceptions, puisque l’on choisit, en somme, « ce que l’on voit », étant entendu que ce choix de perception donnera telle ou telle décisionnalité courant tout au long. La décisionnalité intentionnelle se prend au plus originellement possible (et non basée sur une décision consciente explicite nette consistante et valant en elle-même seulement) ; c’est le champ intentionnel (individuel) qu’ouvre le christique et qui se cherche ensuite, mais se recherchant il commence d’explorer tous les champs et toutes les motivations et toutes les expressions ; il remue intégralement toute la perception, l’intention, la décision, l’organisation et la coordination des champs, tenant à la base le monde donné là et la vie vécue de chacun.

 

Et bien qu’il n’y paraisse pas, c’est effectivement cette orchestration intégralement menée que déploie le moi depuis la personnalisation de l’humanisation ; il n’y a d’humanisation en vérité et réalité qu’intérieure au champ individué, individué au maximum ; l’individuée structure est bien plus grande et cohérente que l’universel ; aussi est-ce structurellement, cad à la racine, que l’intentionnalité s’instancie, raison pour laquelle « ça débute » par le christique. De sorte que la vérité de l’humanisation coïncide d’avec tous ces moi-mêmes dans tous les sens (on sent bien que tout autre proposition d’organisation réduirait drastiquement la possibilité de chacun, ce qui implique également que chacun puisse se perdre dans l’irréalité, l’irréalisme, posé en théorisation stricte de la folie, individuelle, des mois, de chacun, sa perte considérable de tout soi, ce qui veut dire de tout Je ; le sujet étant, en vérité ontologique, au fondement en-avant de chacun des mois).

Et enfin dit autrement l’individuation prolonge le plus loin possible la méta-organisation intentionnalisatrice, mais tout autant sinon plus approfondissant l’infra-organisation intentionnelle ; celle que délivre Sartre puis Lacan, exemplairement, mais également celle qui s’expose, se manifeste se représente dans l’immense mass et micro médiatisation et médiation depuis 3 siècles au moins, et accélérée depuis les années soixante, et évidemment par ailleurs depuis le début de l’initialisation de cette ère, chrétienne. Effondrement du moi, de même qu’il y eut déroutes des idéologies (des mises en forme potentielles du monde humain, le libéralisme lui-même tournant régulièrement à la foire et au bazar).

Tout moi-même rassemble les extrémités du spectre du réel. De même que le sujet vient nouer soudainement en une fois dieu, l’universel, la pensée, le christique, puisque le rapport selon la liberté actualise ici même, de même le moi est bien la structure qui concrétise et rend le rapport non plus seulement à la pensée ou aux esthétiques (idéaux élevés) mais l’inscrit dans et par la perception d’un corps subjectif, élevé. Raison pour laquelle ce déluge de mass et micro médiatisations ; non pas seulement tous les objets (sciences et technologies et industries) produisant la complétude concrète du monde humain et individuel, mais aussi profusion des images (au sens large) de soi, afin que l’humanisation et la personnalisation se propage en tous et partout.

Rappelons que dieu impose l’initialisation (de l’intention, forcément unique puisque de structure de rapport et le rapport, en lui-même est unique)

de la pensée comme universalisation des intentionnalisation possibles (des idées et systèmes d’idées et selon la société et le droit), et augmentation de l’intentionnalité

du christique comme intensification de l’intention en et par chacun pris un par un dans le regard exclusif du un tout-seul

de l’instanciation, cartésienne (mais évidemment réalisée en quantité de sujets, qui se découvrent tels)

de la concrétisation depuis la révolution qui rend effectivement chacun à lui-même selon l’humanisation d’abord (universelle) puis selon la personnalisation (individuelle), de sorte que le rapport se réduise, se ramasse, se condense, se concentre, se précise partout et pour tous, au sens de pour-chaque-un.

Les trois derniers siècles s’imposent donc comme matérialisation. Non au sens de matérialisme mais de matérialisation des intentions ; tout est réalisé (de ce que l’on veut, projette, imagine, compose). Aussi toute cette matérialisation est profondément idéaliste, et l’humain comme le moi se rêvent totalement, au point qu’il n’y aura plus de reste ; cet idéalisme c’est également la porte que le moi (qui rêve sa vie) se prend en pleine tête et dont l’échec structurel le déboîte littéralement, le déprime du dedans (ce qui ne veut pas dire que rien ne réussisse, loin de là, ou qu’il faudrait retourner aux nécessités et à la rareté, mais que même en cas de sécurisation globale de l’existence, avérée pour plus ou moins une grande partie de la population dans nombre de pays, la structure nous indique que « ça n’est pas ça » ce que je veux vraiment).

Et qu’alors chacun entre dans la manifestation de « soi-même » de l’humanité, nous ne sommes déjà plus cela qui se manifeste et se donne comme objets et images ; ce qui se manifeste, ce qui est vécu et perçu s’éloigne déjà hors de nous et n’est plus notre projet ni désir ni imaginaire. Nous voici donc sans rien. Nous nous sommes expulsés de nos propres rêves, de notre idéal, de nos idéaux, en les réalisant.

 

Voir les commentaires

Où est le transcendant ?

3 Avril 2021, 09:20am

Publié par pascal doyelle

C’est qu’il s’agit, donc, de réorganiser sa pensée, sa vie mentale. De ne pas subir ce dont on a hérité, ce que l’on a rencontré, ce que l’on a pensé ou cru penser.

Mais ça n’est pas que l’on puisse penser dans l’erreur, mais plutôt que la « pensée », la représentation et aussi bien l’image-idée de soi, sont incomplètes. Nous sommes déjà quantité de rapports, de signes, de perceptions, la question est d’obtenir le plus rapport possible. Celui qui n’est pas déjà mais qui sera. Qui se tient dans la suspension du – sera –

Or cette complétude le moi en rêve mais selon la détermination et en fonction d’un critère immédiat ; la satisfaction et à terme la satisfaction du corps (puisque lui seul jouit). Mais puisque nous ne sommes pas notre corps, cette jouissance demeurera toujours pour nous rêvée, imaginée que l’on n’atteindra jamais.

La conscience de soi se heurte évidemment de plein fouet à la réalité telle que donnée là, comme monde, vécu, relationnel, corps, puisque son être de conscience n’est pas un être, déterminé, mais une structure, en tant que rapport lequel n’est rien que le signifiant de lui-même sans qu’aucun signifié ne le constitue ; il est donc, ce rapport, sans consistance, et c’est cette non consistance (qui n’est pas une inconsistance, cad un « néant » comme on a l’habitude de le signifier) dont il faut élaborer la théorie.

L’arc de conscience est un rapport que le réel absolument coupe de haut en bas (aussi le plus ‘bas’, psychanalytique, est-il fondamentalement concerné) ; rupture qui implique le dépassement de la conscience par elle-même s’efforçant de combler le gouffre, la contradiction, le vide ouvert. Mais tout dépendra alors de comment on réorganisera cette opposition ; si l’on cherchera dans le monde ou la vie une unification ou si on saisira que dans l’opposition même elle vient, cette opposition, à prendre sens. S’il y a un sens du non-sens.

Nous n’avons pas caché que l’univers, la réalité sont d’une brutalité très évidente et d’une violence ontologique totale ; l’arc de conscience paraît autre et complètement à contre-courant de la réalité comme elle va.

Rien dans le monde, mais aussi selon la vie et en ce corps ne vient emplir cette transcendance, ce dépassement, cette capacité.

Alors se crée pour certains une justification jugée abstraite, illusoire, seconde voire secondaire d’un état de fait inexplicable (nous avons conscience de nous-même parce que le cerveau… point, c’est ainsi).

Et pour les autres il s’agit d’une élaboration du hiatus comme sens, signification, intention, et enfin comme intentionnalité (qui sont distincts ; on a découvert le champ intentionnel bien après l’Intention absolue divine) et selon diverses capacités puisées à même cette conscience définie, approchée, caractérisée comme rapport ; le champ intentionnel crée des champs, cad des rapports. Des champs de signes, qui n’ont d’autre réel, substance, consistance, que l’intentionnalité même ; à telle ou telle perception est accolé un signe ; le signe organise évidemment la perception mais c’est le champ qui, malgré les contraintes inhérentes à tel système de langage, juge de son efficacité ; si tel ensemble de signes ne correspond pas (à la réalité) alors on modifiera cet ensemble.

Du moins c’est une modification, une correction qui sera possible lorsqu’ayant acquis la compréhension que tout contenu est par nous produit (et non pas inséré dans un système mythologique, qui privilégie la communication, chacun demeurant parfaitement centré sur l’énonciation, à la lettre, et la transmission, afin que rien ne se perde du langage, du trésor qui décrit le monde et ce sur quoi tout fonctionne).

Pour que la diversification des énoncés soit possible il faut que le sujet se tienne dans la réserve ; un endroit réservé qui ne sera pas atteint lui-même par les modifications, en tout cas pas sans qu’il le veuille et donc on place cette sécurisation en dieu, le christique, la pensée (grecque et théologique), le sujet et puis le citoyen et toutes ces ramifications (le héros de roman, le poète, la propriété, etc).

Ça n’est pas n’importe quoi ; il y a une intention (dieu) antérieure à tout monde, tout contenu, et un christ avant toute vie vécue et dans le vécu même de cette vie, et un sujet a priori libre et dont la liberté est, comme telle, intouchable et invariable. Etc.

Sorti du groupe humain (qui lui fixait un rôle, une tâche, un circuit) l’individu s’aperçoit qu’il dispose d’un réel absolument fabuleux parce qu’excessif. Ce qui est le-réel est un extrémisme, une activisme ; il n’y a pas de réalité, de réel sans cet extrémisme (ce serait quoi ? Un ordre, un donné fixé, figé, immuable, prédéfini ?)

Dénudé face au monde donné là (le « là » du monde étant signifié par l’être), l’individu, dans une réalité historique suffisamment sécurisée (autour de la méditerranée) et absorbant quantité d’influences (de l’Afrique jusqu’à l’orient, grecs, Rome, juifs, tous les royaumes et les empires se succédant), l’individu crée deux paramètres, rassemblés sous l’appellation du divin ; dieu, l’intention une toute-autre et la pensée universelle. Mais plus précisément cette variation du divin, de l’intention, telle qu’elle s’instruit dans un corps ; soit donc la version exacte de dieu en tant que christique.

Tout ceci oblige chacun à organiser. À organiser sa perception. De là qu’il faille également perfectionner les esthétiques ou les récits ou les politiques ou l’individualité, telle qu’obtenue par le christique. De manière générale il est dès lors très difficile de faire monter le niveau général et celui individuel, et pourtant l’ensemble ne peut s’organiser qu’en se métaorganisant ; ce qui signifie que si chaque je est en mesure de discerner l’ensemble et participer de son propre chef à l’organisation.

De fait le christique imprimera que chacun en se référant à un seul (et au un tout-seul, celui qui meurt seul et abandonné, outre diverses tortures et trahisons) peut à moindre frais se percevoir de haut en bas et de gauche à droite comme unique et perçu, regardé, transformé en son corps même ; investissement du corps, valant en soi et pour lui-même (et non sous condition d’héroïsme grec, de demi divinité, de penseur philosophique, acquérant son être par la pensée alors qu’ici on existe en soi-même comme in-fini, pris dans le nouveau rapport du christique, du christique qui re-nouvelle tout, qui renouvelle l’alliance et re-créera ou même déjà ici et maintenant de sa propre temporalité, re-créera le monde). Investissement en soi-même qui portera toute l’attention à ses motifs, ses images, ses motivations, ses intentions ; que voulez-vous vraiment ?

À quoi devez-vous vous mesurer, quelle est la règle qui paramètre l’attention ?

Bien comprendre que l’absolu s’est incarné en un corps individuel et une vie individuelle ; dieu, la transcendance (celle qui est initialement s’imposait comme Intention avant tout ce qui est, absolument, formellement antérieure et autre) peut exister ici même. Et ce faisant transporte évidemment le monde ; ce qui veut dire que rien dans le monde ne s’oppose à son Intention, évidemment ; il n’y a pas du tout de dualisme, d’altérité étrangère ; l’intention n’est pas même un Ordre dans le monde donné là, dans le fini et la matérialité ; l’intention traverse instantanément tout ce qui est et tout ce vécu de chacun et des mondes humains ; reste à savoir où et comment avance, et avance en lui-même cet investissement (puisque devenant en et par lui-même et sans représentation, précédentes, dans l’antiquité ; il se crée, se transforme).

Se transforme en emportant l’immanence (serait-ce l’ordre du monde, le cosmos grec) dans la transcendance.

De même que la pensée, grecque, l’universelle, l’universalisation intentionnelle prend chacun par la main et lui autorise de dessiner les réalités non vues, seules accessibles par la pensée, par la distinction des idées (ce qui veut dire des intentionnalisations à propos du donné là, le monde unique sous l’ensemble des mondes humains représentés, et à propos du « là » lui-même, de l’être de tout monde, et de ce monde tel quel offert au regard de chacun exporté hors de tout groupe et de tout langage de quelque groupe, ayant donc à créer son langage et ses idées propres). Ainsi l’attention de chacun est-elle déportée dans un lieu étrange qui les contient tous, tous les autres lieux. Les idées (et tout autant les systèmes d’idées, qui augmentent considérablement la capacité en tant que systèmes) sont des intentionnalisations, des rapports extraits et pensés (et donc epnsés actuellement par quelqu’un).

Tout ceci, le christique comme la pensée, aboutisse chacun à actualiser absolument ; on ne peut pas faire semblant de penser ni de croire au ressuscité ; dans les deux cas il s’agit d’une conversion dont l’effet est créateur d’un possible nouveau, autre, décuplé, en rupture et qui n’expulse pas du monde ou de la réalité et encore moins de la vie de chacun, puisqu’à vrai dire c’est à partir de là que chacun obtient une existence (qui n’obéit plus à l’antiquité, et commence la nouvelle historicité et ce en élaborant les articulations de conscience, qui se composent immédiatement des effets dans le monde, neuf, donné là, grec, et en chaque vie vécue, transformée en existence pour et par elle-même, bien que ce « par soi-même » soit pour le moment pris en charge par le un tout-seul.

C’est ce qui est arrivé. On ne semble pas s’en rendre compte (de même que l’on croit que la métaphysique, l’idéalisme, l’ontologie, le sujet, la révolution ne furent pas actés, or ils le furent) parce que l’on s’est ingénié à mésinterpréter (les signes de la structure, dieu, l’universel, le sujet et le réel) en les inclinant vers le bas, le monde, la saisie immédiate du moi, des intérêts.

Si l’on veut, le Royaume est réellement déjà commencé, mais on fait semblant de le nier afin de n’avoir pas à le continuer, et afin que les parties du monde remontent et reviennent étouffer le peu qui est déjà acté. Cette fonction d’évitement (de sortie de l’historicité, dans une temporalité spatialisée et gelée, qui laissent libre champ aux intérêts, et aux empires) permet l’immersion de la structure dans l’étouffoir du monde, de l’immédiateté et de la (pseudo) satisfaction (le moi recherchant éperdument la « plénitude » irréelle, la réussite ou l’achèvement de « soi », son projet, son entreprise, ou sa domination dans le regard des autres, bienvenu Hegel et la reconnaissance des uns par les autres, pareillement la rivalité à propos d’un objet, désiré par tous).

Si nous reconnaissions que le christique, l’universel, le sujet ou le réel sont effectivement et réellement instanciés dans ce monde, la vérité serait inévitable.

Or nous ne sommes plus dans un monde immédiat dans lequel, par évidence de fait, le groupe est l’ensemble de tout ; le groupe, le monde et la parole partagés font office de vérité, de véridicité.

Tout fut donc exporté hors du monde commun, de la communauté de monde, et tout fut délimité à-part ; la vérité, la loi, la liberté, la matérialité, l’ensemble de toutes les catégories du monde, du relationnel, du vécu et du je ; cette séparation de tout et de tous devant être rétablie en seconde évaluation ; et donc en se concrétisant comme communauté mais « en esprit ».

L’enjeu le plus spécifique étant de se concrétiser à la fois comme individu et comme société ; ce que l’on nomme la coordination. Il est clair que l’individualité ou la surindividualité a pour effet global la complexité.

L’augmentation de la capacité (par exemple du fait de la révolution qui libère quantité de centres de décision, qui n’appartient plus à une seule classe, qui du reste tendait à ne rien décider du tout, puisque ce serait remettre en question ses statuts de classe, de caste, ses intérêts et ses habitudes) rend absolument nécessaire qu’il se crée une humanisation ; qui n’existait pas auparavant et n’attendait pas, on ne sait où, de se réaliser ; elle s’invente, dans tous les sens au fur et à mesure de son extension, spatiale, temporelle, organisationnelle (le décuplement de la monnaie par ex, qui décentralise et la libération des échanges, ce que l’on a nommé mercantilisme ou libéralisme ou capitalisme, alors qu’autrefois les échanges, comme tout, étaient réglés par rituel et enchâssés dans une parole commune organisationnelle).

Que chacun ait à s’ordonner, revient à élaborer l’intentionnel.

Or il ne s’agit nullement d’un donné déterminable ou en-soi ; mais d’un pour-soi et la structure s’impose donc comme fondamentalement vivante (dirait le christique en son temps) ou existante (selon le rapport que cette structure ex-siste). Dit autrement on ne contraint pas une liberté, sinon on n’en obtient pas la qualification supposée. On ne peut pas tricher avec les libertés, les sujets ; soit on les admet tels quels soit on leur passe dessus.

De la société irréelle

Parce que l’arc de conscience doit fonctionner comme réel et non pas se satisfaire de l’irréalité ; irréalité qui croit au devenir indéfini de son désir, de ses désirs, l’irréalité devrait être au service de la réalité et non pas s’enfermer dans son absurdité ; qui consiste à désirer et attendre la satisfaction, laquelle n’a de sens effectif que celui du corps, qui n’y peut mais, qui subit cette domination fantasmatique ; un corps animal ne peut pas gérer le fantasme issu du mélange de la structure de conscience intentionnelle et de son corps physiologique ; ce qui ne produit qu’une imaginaire satisfaction qui ne deviendra jamais réelle ; l’intentionnalité rendue folle, irréelle, son propre poison, détruit le corps du vivant, l’abolit dans l’opium de sa rêverie insane).

Il apparaît suivant cela, que la révolution, qui aurait dû se continuer, et que l’intérêt de survie général (concernant littéralement l’espèce humaine ainsi que le règne intégral de ce cycle du vivant que nous connaissons, qui est le nôtre, les éléphants ou les moustiques) sont retirés de la circulation ; et que donc, ce faisant nous tournons en rond.

On a créé, effectivement et bien réellement, un monde complet ; de l’automobile à la télévision, des biotechnologies à internet ; et ce monde est parvenu à son achèvement complet, mais sans avenir ; puisqu’il revenait à lui-même de s’emparer de sa fondation (la révolution et le Royaume, liberté-égalité-fraternité) et à planifier son devenir ; son statut de vivant démultiplié par le champ intentionnel de la structure de conscience.

Or la structure de conscience devait évidemment assurer la survie et le développement de ce corps doté d’une conscience, mais non pas se prendre les pieds dans le tapis déroulé. Elle se devait de se régler elle-même. Et de créer son propre devenir (une ultra-temporalité, une éternité qui contient le temps, le temps qui contient l’espace, l’espace les choses et les êtres).

Or cela n’aboutit pas à une tautologie ontologique ; le je n’est pas destiné au je ; mais à l’accomplissement de sa structure, cad du rapport.

Si le je ne se tient pas d’un rapport, et donc du plus grand rapport possible, il se détériore ; pour modifier sa vie mentale, son identité, sa représentation de soi, on ne trouvera jamais rien qui soit déjà réalisé ou représenté, mais précisément cela qui n’est pas (dans le monde, le vécu, le relationnel ou le corps), mais qui se crée dans et par le champ intentionnel, lequel est actuel.

Le champ intentionnel est actuel.

C’est cela qui vous arrive, à un moment ou un autre, ou cela qui vous est arrivé, dont vous ne vous souvenez pas nécessairement, une accroche, un signifiant, une expérience, une révélation (même psychologique et immédiate), une vision (un regard qui vous revient sur la dureté, l’étrangeté, le merveilleux, le béatitifique ou l’illumination du réel, tel que soudainement là).

Dit autrement ; au cours d’une vie, la lumière ou l’éblouissement ou l’horreur ou la désorientation vous vienne.

Le moi est un bricolage, fabrique plus ou moins intentionnellement, d’une intention cachée ou recouverte par le passé ou l’oubli ou le refus, mais d’une intention qui « s’est produite » sans que l’on y soit, bien que, quand même, ça ne se peut pas se réaliser, se rendre réel, sans nous-même… (nous ne sommes pas responsables mais coupables et bien que cette culpabilité doit évidemment être interrogée et comprise selon sa structure propre, ce qui est loin d’être clair) ; ce qui veut dire que c’est justement ce choix, cette insondable décision d’être (Lacan) qui sera (de choisir la névrose, la perversion ou la psychose ou la dépression ou le suicide ou l’obsession, et leurs variantes), cette décision donc doit être reprise, en conscience, plus tard, et ce tout au long de la vie, ce qui revient à dire que l’on interroge notre propre existence depuis un point au-delà ; ni plus ni moins, que l’on croit ou non à un ‘au-delà’, c’est de bord que l’on perçoit, et c’est même peut-être justement ce point que l’on constitue, peu à peu, que l’on travaille, que l’on œuvre depuis le début, depuis la naissance et dont, ce point tout au Bout et au Bord, est la re-naissance elle-même (de la même naissance ou d’une autre, chacun choisit).

Et ce bricolage votre arc de conscience tente de nouer absolument ce qui autrement resterait jeté là selon le monde, l’héritage, le passé, le subi, la passivité, les hasards, divisé en lui-même sans qu’une synthèse le rende vivable, et même peut-être viable (les désordres du moi décousu sont innombrables et il en invente des quantités, puisque « ça n’est pas ça »); il voudrait, en bref, que cela ait un sens (ce qui est très difficile à analyser ; vers quoi se tourne le sens désiré ? Ça fait sens avec quoi ? Compte-tenu que le je, lui, la structure de conscience n’est nulle part dans le monde ; comment pourrait-elle faire sens, sinon d’jouter précisément une dimension née ici même et maintenant dans l’actuelle nouvelle qui se crée ; ça ne sera donc pas l’amour, l’idéal de soi, autrui et la confiance, l’avenir désirable, la société souhaitable ; comprenant bien que ces idéalités sont prises dans un égo très unilatéral, voire égocentrique ou égoïste.

Au contraire toutes ces idéalités n’ont quelque chance qu’en tant qu’effets d’un arc (ce qu’avance nommément le christique, qui prend le sujet à partir de la toute hauteur possible) et non pas d’elles-mêmes combler cet arc ; ce dont le moi se gargarise, se glorifie et ce afin, par ruse illusionnée, de s’emplir de monde, en évitant le je tel qu’il ex-siste, qu’il ne peut atteindre qu’au-dehors de son être. Une esthétique ou une pensée ou le christique ou une mystique sont un regard externe formel et donc absolu ; le regard qui n’apparaît jamais dans le monde mais au Bout. Raison pour laquelle dieu et le christique, la pensée et l’universel, le sujet et la révolution se tiennent à l’extrémité ; ils sont les horizons de structure absolus, ce qui veut dire formel, exposant le réel comme rapport(s). De tous ceux-la, le christique est celui qui triche le moins… On ne sait pas de « où » il vient. Initial il est aussi le plus lointain sur l’échelle de la possibilité.

L’intention de synthèse (le moi) qui rassemble le divers, pourra peut-être se satisfaire (si elle demeure dans une mesure et une raisonnabilité, et une forme de sagesse. Mais si votre intention augmente en intensité, en démesure, en capacité et, peut-être, en dureté d’elle-même, alors vous ne trouverez pas dans la vie vécue, le relationnel ou la réalité le poids, la pesanteur suffisante qui puisse régler cette démesure. Le moi adorerait s’alourdir d’un tel poids rendu immédiatement.

On a dit, déjà, que si un réel existe alors il est un extrémisme, un activisme. Qui se donne, s’offre en quelques points d’instruction qui sont des points d’intrusion du réel dans la réalité, des angles soudains. À partir desquels on recommence de percevoir. Et donc c’est bel et bien une telle ampleur, dite infinie, qui est réclamée. Mais sous condition. Sous condition que cette démesure effarante (qu’un réel, qu’une réalité il y a) soit à elle-même sa propre mesure… et qu’elle soit effectivement cette mesure, qu’elle se règle elle-même en tant que démesure ; sans se perdre comme telle et capable d’élever sa possibilité, puisque c’est ce qui est en jeu. Une démesure redoublée, étant entendu que le sens (in-sensé) du réel est la modification de sa possibilité, initiale, par elle-même ; le terme re-vient sur l’enjeu originel, le réel est suspendu et reprend sa capacité (la perfectibilité étant plus effectivement réelle que la perfection incompréhensible).

Que l’on s’en rende compte ou pas, dieu, la pensée, le christique, le sujet ou la révolution ou l’existence de chacun s’imposent tels quels en tant que démesures.

En tant qu’exigences.

À la question « où est le transcendant », il faut donc dire qu’il se situe au bout de tout moment de temps (à savoir en tant que présent : le présent est le Bord de toute la réalité), étant entendu que tout ce qui est déterminé est seulement apparaissant puis disparaissant, et que seul demeure et existe la forme en lequel sont les déterminations ; le présent donc comme suspension de potentialité (dont on a dit qu’il re-venait depuis toujours sur lui-même, sur ce qui apparaît et ce afin de modifier ses propres conditions initiales ; tout est absolument un Commencement continué) et l’arc de conscience comme mémoire instantanée de tout (mémoire qui re-vient et ré-écrit son existence) dont l’acquisition consiste à ne-plus-rien-connaitre, de sorte que la suspension intervient dans le monde, le vécu ou l’humanisation (quelle qu’elle soit), sous la formulation de dieu, de la pensée, du sujet ou du réel ; en ces quelques formulations de l’exister pur et brut toute l’intentionnalité se déverse d’en haut (à partir du Bord de la réalité ou de tout au Bout du temps, tel le christique, situant justement le sens du transcendant ; en avant, dans un en-avant déjà-là) et intégralement, étant formel et non pas composé (ça vient tout d’un coup et totalement, mais on ne sait pas le lire selon le monde) ; la forme pour advenir, ne s’effectue pas comme la réalité, la représentation ou la perception, mais comme signes.

La structure (du réel) s’acquiert donc sous et par cette intervention qui s’impose en et par une actualisation ; puisque la structure du réel se tient de la colonne du présent, laquelle constitue la Dimension, celle qui re-vient sur le dedans, à l’intérieur du Bord, étant entendu que l’unité de la réalité est ce Bord lequel et laquelle unité consiste en un cercle externe (et non en un centre unifiant).

Contrairement aux rêves de gloire du moi selon le monde (en diverses variations), le plus grand rapport est le plus petit ; laissez venir à moi les petits enfants. Ceci s’explique de ce que tout rapport énormisé par tel ou tel contenu (ou représentation de soi ou de l’objet, énorme, de son désir), tout rapport selon le monde ou le moi fait obstacle à l’articulation la plus instantanée ; la dilatation du temps (pour y loger les choses ou les corps) n’est pas restriction du temps selon le présent (dont il ne reste que le rien formidable de la forme brute et pure).

Voir les commentaires

Lignes de possibilité du moi

27 Mars 2021, 09:14am

Publié par pascal doyelle

Tous les champs d’expression nous propulsent à partir du Bord. Percevoir un tableau c’est remonter jusqu’au Bord de la perception. Un récit est une vie humaine perçue à rebours. La musique s’impose par-dessus le temps. Les images renvoient au miroir, lequel n’est représenté en aucune image.

Cette impossibilité est structurellement présentée comme regard venu d’ailleurs ; puisque la structure de conscience st un rapport mais qui ne se représente pas lui-même, sinon dans la mystère ou l’illogisme de la conscience/de soi (puisque l’on ne peut pas lui appliquer la logique d’objet, un égal un, ce qui ne veut pas dire qu’il soit « illogique » à proprement parler ; il relève autrement d’une autre), et que l’on est toujours focalisé sur le contenu ; un signe exprime un contenu ; il s’agira donc de mobiliser un signe qui renvoie à un non-contenu. Nul ne peut contempler sa face, étant entendu qu’il est impossible de percevoir selon le monde (qui se tient du côté des effets) la forme (qui se tient du côté de la cause).

L’impossibilité de matérialiser le réel formel est ce qui scandalise le plus le rationalisme naturaliste ou le réalisme (pour qui tout est donné tel que là, le passé explique le présent, le contenu seul est, ne sont que les déterminations et rien n’est indéterminé). Et cette impossibilité, l’indétermination, est ce qu’il faut penser, au sens spécifique, et c’est ce qui fut penser depuis le début ; évidemment la pensée mobilise l’universalisation (cad l’intentionnalisation qui agrandit les possibilités intentionnelles, les sort du groupe et du langage et fait appel à la perception individualisée ; l’individu voit le monde donné là que le groupe ne perçoit pas, mais l’individu voit le donné à condition de le re/construire, à quoi s’utilise la cohérence de l’universalisation ; le sujet individuel est la cohérence qui supporte, porte, crée la cohérence universalisante, puisque l’intentionnalité est toujours déjà un signe, le rapport entre déterminations, et non pas un contenu immédiat).

Ce qui perd le rationalisme c’est qu’il ne pose pas les questions (répudiées dans l’illusoire et l’inutile) et qu’ainsi il ne sait pas augmenter, élever le niveau ; c’est en élaborant les questions que les consciences, qui sont des rapports et qui génèrent instantanément les plus grands rapports possibles, que les consciences s’intensifient. On ne peut pas exister comme arc, tension, attention, intention sans projeter toute la potentialité sous une forme ou une autre. Le rapport ne rentre en aucun signifié et n’existe qu’en tant que signifiant (signifiant du signifiant, comme étant le rapport qui crée des signifiants et qui, lui-même, ne peut se dire mais se montrer et se montrer à lui-même, qui seul comprend ce qu’un rapport est, ou à et pour une autre conscience).

L’universalité ouvre le champ de la création de signes (hors du groupe), champs qui s’organisent instantanément, et produisent une historicité (puisque le territoire, l’espace ne peuvent plus limiter le signifiant et sa prolifération ; restera le peuple et la nation comme maître-signifiants, puis dans une nation le moi, et puis le moi tout seul et dès lors sans rien pour le soutenir, sinon le devenir planétaire destructeur ; il n’y a pas suffisamment d’énergie pour alimenter tous les corps humains). Et dans cette historicité (ce qui veut dire cette Intention, depuis les juifs qui instaurent le temps linéaire et donc absentent le cosmos) esthétiques, éthiques, politiques, technologies (la pensée et plus tard les sciences) apparaissent telles qu’en elles-mêmes, livrant intégralement leur logique ; et chaque je est saisi (ou peut y succomber) selon la perception même, selon le vécu ou l’éprouvé ; il ne se perd pas dans son objet, c’est cet objet qui reflète totalement ou le plus loin possible l’activité de conscience en tant que, donc, cette activité révèle le monde donné là.

Ce qui veut dire aussi bien le monde (la totalisation de l’expérience à tel moment, époque, selon tel groupe humain, etc), le donné (la perception et la manière de percevoir, l’impressionnisme n’est pas le surréalisme, le roman n’est pas le cinéma ; l’intériorité n’est pas l’extériorité, l’extériorisation du moi) et le « là » ; ce qui signifie « l’arc de réel tel qu’il se présente » au sens de « où se situe-t-il ? »

il existe de la sorte une progression qui prenant appui sur l’arc du je (du je face à l’intention absolue de dieu, jusqu’au je en tant que moi, qui perçoit toutes les nuances accessibles à une conscience formée par et dans une psychologisation extrêmement précise et donc percevant quantité d’informations, et non plus seulement la perfection grecque, idéale, ou la souffrance christique, non pas condamnant mais fixant le monde et le vécu)

l’arc du je donc qui est en capacité de renouveler la réalité bien plus loin que la seule proposition de cette réalité ; l’intention initiale divine, l’universalisation grecque, l’intentionnalité christique, la matérialisation révolutionnaire et technologique, poussent le monde donné et le là dans une plus grande décision, possibilité ; l’universalisation crée de la réal-isation nouvelle ; le monde humain organisé autour, par et pour les mois n’était pas prévu, ni détectable auparavant, en aucune version ; c’est rétrospectivement que l’on présuppose que tout le précédent se dirigeait vers cet avenir, qui est notre présent depuis 50 ans, de sorte qu’il s’impose à nous comme si naturel ; il ne l’est pas, mais il correspond à la restructuration autour et par chaque conscience ; en quoi le devenir devait, aurait du, aurait pu s’assurer autour de la conscience de soi, mais il fut absorbé par le devenir (en boucle, en rond) du seul moi.

Dit autrement le sujet devait réguler les désirs du moi ; qui n’existe, lui, comme il le sait bien au fond, de ces seuls désirs, en tant que le corps forme son substrat effectif, et non le sujet comme il aurait du. Le moi qui s’égare hors du sujet (notre cas à tous).

Aussi le moi peut-il se présenter bien plus ardu et complexe et organisé que toutes les versions qui furent. Lors même qu’il désirerait une facilité d’être, qui n’est, bien sur, que fantasmatique ; le désir à proprement parler est seulement un mélange de structure et de déterminations, de forme de conscience et de contenus, lesquels « se rêvent » et se confèrent des qualités (de satisfaction présumée) qui n’existent pas, n’existeront jamais, sont imaginées.

Cependant donc ici l’humanisation aboutit à son règne tel quel, jusqu’au point limite du moi ; au-delà il n’y a rien de possible. Et le moi devient (un sujet) ou l’ensemble de la complexité redescend, se re-transformant en groupe, en esprit d’intérêts ou de communauté ; dit autrement la complexité ne peut pas se réaliser plus avant que lorsqu’un corps se connaît comme réalité vécue, laquelle se retrouve instantanément à proximité même du je (qui jusqu’alors se représentait, se symbolisait si l’on veut, se proposait un apparaître ou un concept, comme dirait Hegel, mais un concept inadéquat ; on peut dire que l’esprit de Hegel est jugé lui-même non adéquat ; il se donne comme abstrait et non pas en un je.

De même on dit soit le moi devient un sujet ou l’ensemble redescend, mais c’est aussi bien l’ensemble que le moi qui doivent devenir ; se réguler ; il est clair que ce monde dominé par le moi et par l’organisation correspondante, est invivable ; ce qui veut dire qu’il ne survivra pas. On ne peut pas désirer sempiternellement dans une réalité finie, de même que l’on ne peut pas régénérer constamment le moi, les désirs du moi par injection de fantasme, qui, progressivement, se détériorent eux-mêmes et tombent de plus en plus bas ; la différenciation opérant du plus honorable vers la bassesse ; le spectateur « effectivement méprisable » de Debord ; le « ne pas céder sur son désir » de Lacan, sous-entendu le désir suffisamment qualitatif et non sa dégradation, pousser le désir dans l’autre sens que celui d’en bas. Qui de toute manière bien qu’il suive le corps, ne respectera pas du tout le corps mais le fantasmera.

Encore une fois, ici également, il ne s’agit nullement de séparation stricte mais d’une dynamique ; on ne peut pas ne pas partir du bas… il faut juste penser à remonter.

Soit donc ce que Freud nommait ou essayait de nommer la sublimation ; dans la perspective relativement humaniste ; laquelle est quasi totalement débordée par la personnalisation qui dérive en psychologique et psychisme très dilué, dilué dans le monde humain de la production des images, des objets et donc des désirs ; le circuit s’est inversé.

Le sujet abstrait ,hégélien tenait de l’État, et tout l’humanisme, mais nous voici ayant abordé le territoire historique du moi et de ses délires généralisés qui occupe tous les champs possibles ; produisant cela étant effectivement un monde (complet, de A à Z) à sa mesure ; mais oubliant du même coup tout le reste. Toute l’historicité, qui se visite vaguement et encore pour quelques intéressés, dans des musées, et dont la propre création fut tellement prolixe (notamment durant les années soixante, soixante-dix) pour déniveler ensuite, en se singeant (en répétant la révolte, répétant la création, répétant le Bd ou la Sf-fantastique, la pop ou les « mouvements de jeunes », la télévision se recyclant elle-même abondamment).

Le sujet abstrait qui se tient de l’État était profondément une vérité, la réalisation universelle elle-même, mais un « sujet » cela ne s’acquiert pas exclusivement de l’extérieure (de son statut de citoyen, étant entendu qu’il faut quand même une «nation » entière qui puisse approuver ce projet, ce programme, qui est civilisationnel, ni plus ni moins, qui est le nouvel Israël, le Royaume lui-même) ; ça ne se décide pas du dehors mais du dedans (et donc il est appelé un « dedans » justement, constitué culturellement durant de longs siècles, de grandes et de petites expériences vécues, éprouvées, individuelles et relationnelles, dont le rapport homme/femme soit dit en passant, toute la poétique, toute la littérature, toute la science et pas tellement l’économie même si le libéralisme lui-même naît théoriquement dans ce pays-là, bien qu’il soit appliqué en Angleterre, sans parler de Marx qui en passe par la France… comme tout le monde, comme le monde entier dans le chas de l’aiguille qui coud l’historicité elle-même).

On comprend bien qu’il peut paraître idiot de préjuger que le simple sujet, l’arc de conscience, qui n’est délimité par Hegel que comme négativité ou moyeu qui fait avancer la roue, seule réelle de la connaissance universelle, que ce sujet rikiki puisse rivaliser avec l’Esprit absolu de la connaissance (du savoir) hégélien (dont par ailleurs on ne sait toujours pas ce qu’il est… qu’est-ce que la « pensée » en soi ? Existe-t-elle « toute seule » sans rien suspendue dans les airs ? ) qui expose toute l’ampleur des développements du notionnel, des idées unifiées en une seule idée, mais laquelle idée se résume au se-savoir du concept ; qui d’enveloppé (dans l’idée, abstraite, d’être par ex) se développe, déroule tout au long de l’historicité et du temps. Ce que Hegel nomme le concret réel, l’effectivité ; que l’on ne reconnaît ici qu’encore tout à fait abstraite (la concrétisation du « concept », cad de la conscience, ou, pour Hegel, de la négativité, qu’il traite comme d’une fonction et non comme une structure, idée négative de la conscience qui durera jusque Sartre, Heidegger la prenant plus ou moins pour la « néantité » ou quelque chose dans le genre ; le vide heideggerien n’étant pas le rien du tout, mais une sorte, dirions-nous, de mouvement, en tant que temps).

Pour nous le concret vraiment concret, suivant en cela l’initiation christique, ce sont des je. Des sujets. Et la voie pour que l’acte de conscience tourne le regard vers la structure est celle du moi, singulièrement individualisé. Remarquons que le christique redistribue le transcendant ; l’immanence est relevée par et dans le transcendant qui élève le corps (et l’enfantement dans la réalité de la nouvelle transcendance qui se perçoit dynamiquement dans et par le monde et l’humain). À partir de là le transcendant entoure le monde et chaque existence.

Mais de tout ceci rien n’est expliqué. On ne sait pas pourquoi, à quelle fin tout existe tel. Ici nous disons que la finalité n’est pas la perfection, cad en l’occurrence l’achèvement du savoir absolu qui se sait, se connaît en soi et pour soi, mais la perfectibilité ; la capacité de, une fois limitativement, relativement, achevé, de re-venir à nouveau et d’agrandir le possible en relançant la possibilité ; de sorte que la possibilité (cad le réel) ne soit plus le même à la fin qu’au début.

On ne sait pas le début du commencement de l’état potentiel acquis, mais on a vu comment cela opère (tout au long d’une historicité).

Le moi, puisque lui ne remplace pas la vie (comme le christique, même si ce dernier est absolument l’initiateur d’un tel je instancié en et par chacun via le un tout-seul et unique christ), mais non plus n’idéalise en l’unifiant dans la seule universalité (du beau, du bien et du vrai) comme d’un Ordre ; le moi est bien plus souple et adaptable et créateur d’une civilisation assurée dans son principe même comme relevant de chacun ; ce qui est un tour de force.

La présence du je dans le moi est la capacité elle-même (il n’y a de moi que dans le champ d’une conscience intentionnelle) ; on a dit que si les mathématiques ou les abstractions ou les idées ou les organisations et méta-organisations (comme une Constitution et le droit) existent c’est en, par et pour le rapport qu’installe l’intention ; l’acte de conscience construit tout cela, et il le construit à ce point adéquatement que quantité de systèmes de rapports (d’idées, de calcul, de mises en forme culturelle, de relationnels, d’échanges) fonctionnent ; dit autrement l’arc de conscience sait organiser les réalités ; il est indéterminé mais sait régler au plus exact les déterminations ; la souplesse de la structure (qui ne tient qu’en un rapport qui n’est « rien » sinon formellement) permet de saisir les choses, les êtres et elle-même dans son propre champ (puisqu’elle doit au final se modifier elle-même en tant que telle ; dans le christique anéantir son être pour en dieu devenir le rapport (fils) qui s’ajoute au Rapport (père), ou l’intention à l’Intention, ou dans la liberté et l’égalité du devenir-ensemble millimétré en et par chacun, ce qui veut dire coordonnés les uns aux autres et en tant qu’un soi-même (et non pas écrasés par l’universel triomphant) et non plus seulement posés-là comme des choses ou des identités ( ou des statuts, des rôles, des castes, en somme on peut s’élever individuellement mais si le mouvement n’est pas généralisé, est-ce efficace ?) ou encore dans la liberté du sujet, il lui faut se-savoir ; amener de plus en plus précisément son être (déterminé) au contact de sa structure (indéterminée), parce qu’il n’existe de déterminations que dans la dynamique de l’intention et cette dynamique n’existe qu’exprimée, à, par et pour elle-même (et non dans l’ignorance ou la négation de son individualité). Ce dont la connaissance ne peut s’effectuer que sous la forme du sujet ; par décision intentionnelle, perception de champ, distinction élaborée qui ne peuvent s’acquérir que dans une civilisation d’intentionnalités, d’individualités, ayant fabriqué les paramètres de sa conscience, de son attention (aux champs expérimentaux de la réalité, réclamant le déploiement des domaines, esthétiques, éthiques, politiques, etc , et du réel, de la liberté et de l’égalité, de sorte à formuler des propositions égales, ce qui veut dire universelles, l’universel est l’accès, puisque la structure du sujet, comme rapport, est universelle de fait ; on désigne donc comme universalité l’activité même du je et non un certain contenu trié et restreint.

Il est une continuité de l’immédiateté qui apparaît au travers des signes (via n’importe quel langage) et l’activité de cohérence qui tente de matérialiser, d’énoncer, d’organiser la réalité en champs distincts. L’arc de conscience ci-inclus dans un vivant est la relève, l’élévation de la réalité dans et par la forme de structure ; à savoir l’atemporalité et aspatialité de l’arc de conscience et l’hors-temporalité et hors-spatialité du présent, autre nom de l’exister (qui contient tout l’être, toute la détermination).

Il est impossible d’imaginer (faculté qui tire ses éléments du monde perçu) la structure a-temporelle et a-spatiale. De même dieu, l’être, le bien, etc, le sujet ou le réel.

Or il faut pourtant fixer ce qui relève de l’absolu, l’infini, l’éternité, le divin, le transcendant et le fixer en désignant ici même et maintenant, dans l’instant dimensionnel, ce qui les représente. Et ce qui représente toute cette dimension est supposé ici en tant qu’arc de conscience dans l’arc du présent.

Le moi vient donc à instancier le transcendant pur dans l’immanence brute, et cette manifestation du transcendant est l’altérité, absolue, du réel (qui remplace, glisse sous le sujet cartésien ou kantien, etc, sous l’être grec et dessous dieu lui-même ; de même que la liberté de Descartes remplace la pensée et tout ce qui précède, de même le réel impose sa transcendance brute) ; soit donc que « ça existe », que « le réel existe » (Sartre et Camus perçoivent parfaitement « le réel » comme Altérité absolue).

Et pour que chacun ait accès au je, il est requis que tout sujet sache sa mesure et sa mesure est l’équivalence des libertés ; tout sujet est égal à tout autre (ce qu’impose le christique, sous la conscience de l’unique, du un tout-seul, tous voient : si vous m’avez vu, vous avez vu le Père). On se rend compte à quel point la structure libre d’égalité vient contrecarrer la seule « volonté », qui peut très bien exister en ne se référant qu’à soi seule (César délirant, qui rêve comme roi) et croit écraser la réalité et autrui dans sa seule domination.

Le vieil homme, l’homme ancien de Saint Paul est celui de la domination, des puissances du monde, des royaumes ou de soi sur soi-même qui s’enorgueillit (la Loi aboutit à la vanité de la volonté, qui se glorifie en respectant scrupuleusement le rituel, le pur et l’impur, ce qu’abolira le christique).

Aussi faut-il le dire, puisque ça n’est pas apparemment compris (à raison puisque l’on ne « peut pas comprendre » sa toute-grandeur-divinement pure, on ne comprend toujours pas ce qu’il dit ; que le transcendant soit au plus près de l’immanence par ex, au plus prés de l’immanence la plus fragile, lui le divin absolu); le christique ne relève pas de la Loi mais de l’Intention ; on ne peut plus juger et à vrai dire que christ de la fin des temps ne jugera pas ; c’est chacun, vous-même, un par un qui se jugera lui-même ; sa structure de son intention lui ouvrira ou non le Royaume. Aucune loi ne peut atteindre l’intention et rien ni personne ; excepté elle-même. Toute transformation du principe de l’intention en ce caractère figé d’une perfection morale est absurde et ramène la société humaine (au sens du relationnel) à la moralité extérieure d’un groupe. Les sujets libres des Usa sont spécialement préoccupés de juguler leur liberté (qui reste constamment débordée et affiche mille apparences de moralité, chacun étant responsable selon sa seule liberté, et devant dieu, transformé en juge, et pas tellement christique au fond), puisqu’ils ont abandonné le principe externe de l’égalité ; les libertés sont égales, en elles-mêmes, ensuite il ne s’agit nullement de redistribuer selon une égalité (qui dépend dès lors de la bonne volonté, de la charité), même si évidemment il fallut quelque peu pallier étatiquement aux désordres humains, inhumains que cela entraînait (et obligeait également à un continuel hyper développement délirant, sous la forme impérative de l’empire ; l’empire remonte dans sa causalité à la redistribution non pas sociale, comme on dit, mais d’hyper développement ; le gâteau doit grandir pour chacun puisse imaginer en profiter, plutôt que de répartir le gâteau acquis entre tous plus ou moins selon les besoins, au minimum).

Dieu, la vérité et l’universel, le christique et le sujet, le sujet et la révolution, le réel imposent un point du dehors. Lacan qui décortique le moi dans tous ses états invisibles, se heurte au réel (à l’impossibilité qui virtuellement dissout tout l’être, l’être sous-tendu par le désir, par le fantasme, par le désirable, par l’imaginé ; le réel est ce à quoi on se heurte, qui ne ressemble pas plus à la raison, construction sans doute rationnelle mais entourée d’images, d’imaginaires). De même que le moi et son intériorité élaborée dépendent bien sur de la complexité extérieure de tel monde humain et en l’occurrence humanisé. La finalité conséquente (qui porte donc immédiatement à conséquences dans la vie des gens) se tient de l’élévation ; nul ne peut s’élever si tous (ou un maximum) ne s’élèvent pas.

Il n’y a pas de conscience (de quelque époque ou géographie) qui ne soit arcboutée au dehors. Durant un temps le groupe est ce dehors ; on parle aux autres qui sont le-même-groupe dans le-même-monde. Chacune existe en écho du monde-même (il n’y en a qu’un ; on est maya si l’on naît maya, sinon on ne comprend pas, et chaque monde est sa propre carte, puisque les signes sont l’organisation qui doit communiquer et se transmettre, entre générations).

Nous pouvons tellement peu nous en passer que même dans une société, une organisation humaine athée et matérialiste et toute entière extérieure à elle-même, par les images et les canaux de diffusion des images, nous obtenons de nous-même la prescription, la prescription qui nous oriente ou nous désoriente. Elle vient d’ailleurs ; de la religion (de dieu puis du christique, qui sont autre, même si l’altérité s’approche soudainement de l’humain, du corps, du monde, du temps, et du temps à venir), du roman (de chevalerie puis don quichottesque, le roman jusqu’au feuilleton, avançant dans la distraction ou le n’importe quoi mais aussi la précision et la concrétisation bien réelle de l’humanisation et de la personnalisation, dans l’imagination et la représentation, cas spécifiques de la Sf et de la Bd), du cinéma, de la télévision généralisée, mais aussi des idéologies et la « non » idéologie prétendue (moins elle est explicitement idéologie, plus elle s’identifie à l’immédiateté, et cette immédiateté c’est celle produite industriellement, technologiquement, c’est l’idéologie absolument concrète qui fait-monde, et supprime le sujet en l’encadrant dans un moi, par ses objets, produits).

La structure de conscience est la possibilité ; pour nous c’est elle qui crée tout ce qui apparaît, y compris nous-mêmes, et nous apparaissons dans notre champ et par lequel nous avons un corps, une vie que nous ne sommes pas ; nous sommes sortis de l’être pour la structure antérieure à l’être.et c’est ce point de vue, externe (qui tient tous les autres points de vue), que nous ne cessons de rechercher, de cerner. Afin que nous puissions le contrôler ; or si il est effectivement externe on ne peut pas nous-même, le manipuler. Il échappe à notre volonté ; en ceci nommer ce point en tant qu’intentionnalité, soit donc une capacité plus grande que ne le signe la « volonté », est un énorme progrès (que l’on doit à Husserl, qui se tient de Hegel, de Kant, de Descartes et que clôturera Sartre).

La volonté ou le conscient ou l’universel ou la pensée présupposent trop, beaucoup trop ; que la structure serait un super-contenu (qui permettrait de traiter tous les autres, de les sous-traiter, subsumer, et l’ensemble s’incluant comme Ordre en soi du désordre donné là).

Que dieu serait en-soi un tel absolu écrasant qu’il n’éprouverait que l’adoration des ses ouailles, que nous n’aurions rien qu’à nous conformer, nous écraser devant son infinité, suivre ses commandements ; or nous ne sommes plus au temps du judaïsme. Le christique réclame notre participation, notre action, notre activité, et pour le dire le Saint-Esprit qui est la communauté en esprit, cad dieu lui-même, n’existe pas sans nous. On dira mais comment se pourrait-il (dans cette perspective là de la foi) que dieu n’existe pas ? Mais c’est que l’on ne saisit pas la compréhension qui s’y fait jour ; il s’agit du début à la fin d’une dynamique. Il y a un monde en lequel dieu, le christique n’existent pas ; la lumière est venue et les ténèbres ne l’ont pas connue. Les ténèbres se sont enfermées dans la noirceur, la petitesse, l’immédiateté, la bassesse. Elles ont ignoré la lumière et se sont livrées à elles-mêmes, sans extériorité de l’être ; que l’on croit ou non, il faut lire que l’immédiateté (la fixité du désir lorsqu’il cède à sa facilité) peut se refermer sur notre conscience. Et on cite Lacan c’est que le dit enfermement concerne, au final, au plus haut point la complexité du moi (dernière version possible de l’humain) ; Lacan n’apparaît pas par hasard (de même que Freud au début 20éme), mais à point nommé.

Le moi qui se fixe sur ses immédiatetés oublie la liaison dynamique des rapports (pusiqu’il n’est que cela, il n’existe que dans le mouvement dans son ampleur et non pas découpé en segments ; le christique permettait de délimiter en une fois la naissance/mort à partir d’un point, sur lequel et par lequel il devint possible d’élaborer).

En quoi justement on remarquera que l’arc de conscience sait extrêmement bien intervenir là où il faut et comme il le faut, dans la précision et l’intellectualité, le plus concret et le plus formel, tout comme en n’importe quel champ de perception et donc d’expression, acquérant la connaissance d’un donné déjà réel ou créant de nouveaux champs jusqu’alors inexistants (la capacité du signifiant n’est pas dans la seule connaissance, ou donc l’universalisation est bien plus grande que le copié-collé d’un Ordre ; il crée de la possibilité nouvelle, un surplus de loi et de capacités) ; il n’existe rien de plus précis (et de plus créatif, ce qui est encore plus important) que l’arc de conscience ; le sujet est la Capacité même du réel (et ce autant qu’on le sache, sans préjuger de toute la capacité possible au-delà de notre accessibilité ; la finalité n’est pas celle du plus-de-monde mais du plus-de-possible, le réel plus grand que lui-même).

Voir les commentaires

Configuration du moi-même

20 Mars 2021, 09:33am

Publié par pascal doyelle

Un « moi-même » du 21éme siècle ; cette formulation qui s’est étendue sur toute la planète, soit donc la personnalisation, extrême (mais une personnalisation est forcément extrême ; elle est l’organisation complexe encadrée par une société humaine complexe qui rend possible, physiquement, et autorise d’autre part que chacun s’obtienne soi en tant moi), cette personnalisation en laquelle nous baignons comme si elle était on ne peut plus normale et naturelle et psychologique, cette personnalisation qui fait suite à l’humanisation généralisée qui eut lieu depuis la révolution (qui impose tout à fait généralement que chacun soit son propre jugement, non pas sa raison mais son jugement, sa liberté, conservée par le libéralisme et les désirs et annulée par le communisme et les besoins, simplement génériques et non individualisés ; tandis que le libéralisme commencera de reconnaître les désirs et même de les manipuler, et parfois de produire votre personnalisation, industriellement, et ensuite (avec la micro médiatisation, internet) d’instrumentaliser votre conscience, cad votre attention, de l’accaparer, de la tourner et détourner. Mais toujours dans l’ignorance de l’historicité ; que ce monde, produit, s’impose comme si naturellement donné.

Que le moi n’ait rien à faire que de se vouloir, ou se désirer tel qu’en lui-même ; le déversement des images (qui ne sont plus même des identités, mais juste des signes ou des affects fabriqués, par « la société » mais tout autant sinon plus par chacun, qui ressent le besoin de se matérialiser, de matérialiser son intentionnalité ; rappelons qu’il s’agit de matérialisme au sens de matérialiser l’intentionnalité, et donc fondamentalement idéaliste bien qu’elle se prenne pour réaliste et naturaliste (de même qu’il y eut un racialisme ou des idéologies prétendant incarner l’historicité même ; en un sens le moi, l’individualisme coupe court et quelque part rationalise toute représentation ; on n’imagine plus du tout confier sa vie à une « idéomanie » ; on est bien trop convaincu que la vie humaine individuelle est le sens, la signification ; que l’universel et l’humanisation ont un contenu fondamental ; que chacun se réalise, se réal-ise ;

il n’est pas dans notre idée de réduire l’advenue des mois, des « moi-même » ; il est question de concrétisation de la structure qui se percevait selon dieu et l’Intention (forcément unique et totale et singulière, que pourrait être sinon une « intention absolue » ?), selon le christique et la naissance-mort perçues selon un point-autre, selon la pensée et l’universel, dans la généralité certes mais qui se révèle la généralisation de l’intentionnalité (par des idées, et des systèmes d’idées), selon le sujet et le statut spécifique qui réunit toutes les qualifications ; la liberté est à elle-même d’une part l’égalité de chacun (jusqu’alors uni via le christique) et d’autre part le re-tour sur soi, et donc, d’abord, qu’il y ait, effectivement et réellement, un « soi » justement, que le je ici même vaut en et par lui-même (et non plus par dieu, ni seulement le christique et son égalitarisme pur), et un je qui réclame donc de sa présence actuelle que cette actualité soit « réelle », qu’elle possède en elle-même un plan, une surface effectivement « là », et que ce « là » du monde exige une ontologie (que l’ontologie donc ne soit plus seulement celle métaphysique, que la réflexivité, le retour sur cet être bizarre remplace la connaissance, que la conscience-de se substitue et absorbe la raison).

Cette personnalisation, qui configure chacun selon son moi (au lieu de sa caste, de son statut et de ses rôles spéciaux, dans tel ou tel groupe, comme cela s’ordonnait jadis autour de la méditerranée ou dans toute sorte de groupe ou de communauté, qui devait penser-collectivement, comme un-ensemble), cette personnalisation voudrait, désire récupérer son rapport ; cad la conscience-de qui rend possible que chacun existe pour, vers lui-même et que dans ce rapport tout le reste défile ; faisant office donc de centralisai ton, d’unification ; ça n’est plus le groupe lui-même qui régule mais chacun est amené à s’organiser, mais de ceci à s’inventer (et plus loin à créer) ; l’investissement individuel est donc crucial. La configuration complète consiste en liberté-égalité-fraternité (ce qui ne paraît pas évident, puisque la majorité des peuples se satisfont de la liberté seule, sans régulation de structure, ou plus rarement par l’égalité, autrefois, sans liberté du tout) et qui rend pertinent une méta-organisation (ayant à réattribuer et définir l’idéel, humaniste et individualiste, de cette répartition généralisée, de tout, et non seulement des moyens, de l’économie mais de toute la capacité culturelle mise en jeu, qui permet à chacun de juger, non selon la raison uniquement mais selon le goût, l’ambition, l’éthique, esthétique, le récit de soi, etc, bref tout).

Récupérer ce rapport que l’on est se doit à une certaine mesure et une mesure certaine ; il faut tenir fermement son être (et ne point y « croire », ne pas croire que l’on est ceci ou cela selon le monde, mais cette intention selon la politique ; la France est ce pays, étrange, dont le destination est la politique et son identité n’est rien que cette capacité, et donc atteint chaque sujet, comme tel, comme sujet qui se sachant sait aussi qu’elle est, la liberté, semblable en quiconque).

Le but est d’assimiler le christique et l’égalitarisme (le christ accapare l’égalité pour lui seul, mais comme on sait il la re-donne, tout comme il par-donne et ne juge pas, puisqu’il manifeste que le réel, divin, est celui de l’intention ; qui ne peut pas être jugée selon la Loi (du judaïsme) mais selon la compréhension ; engendrant pour chacun la possibilité de devenir à lui-même sa propre équation, sa pensée personnelle, son individualité ; ce qui fut mis en œuvre, littéralement (l’œuvre remplaçant le Texte sacré, tout comme le Texte s’est substitué à la Parole du groupe ; l’œuvre est en somme le Texte à la portée de chacun, dans un récit, un roman, une poésie, une esthétique, une éthique, une politique ; il Fallait que la pensée, le divin, l’universel ou l’intention absolue deviennent des textes et proliférant et intensément littéraires et créatifs ; dit autrement une acculturation de tous et de chacun démultipliée).

La récupération du rapport que l’on est, est très compliquée. En fait elle est impossible (on a vu déjà que si nous sommes un rapport, nous en « sommes » pas, d’abord, et ensuite il faut s’en référer à plus-grand ; parce que le rapport désigne l’autre terme, dieu, la pensée ou l’universel, le corps du christ ou le sujet tellement réflexif, Descartes, Kant, Husserl ou Sartre, et toutes leurs variations explorées). Mais outre cela, il faut percevoir que l’on ne sait pas par où arrive le rapport ; qui regarde ? Est-on regardé ? La télévision nous regarde, elle nous voit. Que plus d’un devienne parano est typique, que la paranoïa soit comme antérieure au moi (première thèse de Lacan). Le plus fondamental, exception faite de Sartre (qui pose tout au clair), est Lacan ; chaque moi est renvoyé hors de soi « il est vu ». Une chose nous regarde, autrui relève du regard de l’autre et bientôt du regard-autre ; c’est uniquement parce que le moi est coupé par le regard-autre qu’il est le moi qu’il est (lors même qu’il s’oppose, évidemment, au regard et à l’altérité ; c’est un réel dynamique. Et ce qui fait office de regard pour Lacan est le signifiant, qui découpe, qu’on le sache ou pas (et au final on ne sait où, sur, par le corps se situe la coupure), qui découpe notre corps-image-imagination-pensée-conscient et tout ce que l’on est. Cette coupure est le réel ; le moi est le reflux hors de ce réel, ce réel est la jouissance absolue, qui anéantirait ou qui rend insupportable l’existence ; nous voulons faire « un » mais toujours extérieur à cette unité (que l’on désire sous diverses formes, évidemment). C’est la non-coïncidence du pour-soi et de l’en-soi sartrien (ils butent tous deux sur le même réel), dont le pour-soi se rêve.

La transformation du pour-soi/en-soi (cette équation) en sujet est toute la finalité, et on peut se poser la question alors ; que devient la jouissance ? Si on ne peut plus rêver (son être), que devient-on ? L’enjeu est de se dégager de la dé-pression, suscitée automatiquement.

La récupération du regard est attendue ou désirée par le moi (ou l’humain) sous telle ou telle matérialisation, soit donc à rebours, dans une immédiateté, rêvée ou imaginée ou désirée (dans le passé, le présent ou le futur peu importe ; le tomber-amoureux du moi est une version prospective si l’on peut dire). Or il est dit ici que cette récupération ne s’effectue pas du tout selon le donné, le monde et la vie, le vécu, mais exclusivement dans son ordre propre, cad dans sa dimension ; selon dieu, la pensée et l’universel, le christique et le sujet, le sujet et la révolution (qui n’en finit jamais) et qui ne parvient pas à s’incarner et encore moins s’incorporer ; c’est bien pour cela que le christique est parti ; il est hors-de, du monde et hors du corps tout autant.

Soit donc dans l’insatisfaction (ça ne trouvera pas de résolution selon le monde ou le corps ou la réalité vécu ou le relationnel ; nulle part). Et il faut donc trouver le rapport lui-même et l’intégrer comme réel in-fini, in-défini, autre, distancié, divisé, et penser cette division comme originelle ; elle n’est pas ce qui arrive à un « quelque chose » (qui serait déjà là, on ne sait comment) ; elle est ce qui crée tout quelque chose, partout, et donc (ajoutons nous) constamment. La réalité, la réal-isation est en devenir infini. Comment ? On ne sait pas. On entr’aperçoit, depuis 3 000 ou 4 000 ans (autour de la méditerranée on suit non pas l’unité supposée, absolue, comme en Inde par ex, mais la désunité ; il y a une articulation, qui produit de son externe absolu la réalité ; l’intention est une (forcément c’est un rapport) et autre (tout est hors de l’intention, sinon elle ne serait pas telle).

Cette personnalisation donc ne peut pas ne pas remonter son existence ; jusqu’aux années soixante, qui fait office de fondation du possible, qui détache, isole et concrétise la possibilité du siècle ; et cette mémoire opérera plus ou moins d’une manière ou d’une autre, c’est ainsi que l’on ressort une mémoire attentive continuellement sollicitée, de rediffusion, de ré-écoute, et bien généralement les médias faisant office de cette mémoire relancée. Outre qu’il s’agit d’une logique d’empire (la liberté anglo-saxonne à l’assaut du monde, puisque le seul statut de la liberté relève de cet empire, étendu dans l’espace, la géographie, Angleterre ou Usa, tandis que la régulation de la liberté par l’égalité appartient au temps, ce qui veut dire ouvre le temps, et l’historicité même, qui remonte très loin).

Or cependant ça ne sera pas tant la télévision (qui s’ingénierait plutôt à dissimuler et à étouffer l’historicité par une actualité constante ; il faut re-produire du neuf) que les expressions plus personnelles (évidemment puisqu’il s’agit des mois eux-mêmes) ; qui ne connaît pas la musique des années soixante soixante-dix ? La bd, la sf, le cinéma ? Ou les conséquences psychologiques, relationnelles ou culturelles, même 50 ans plus tard.

Tout cela se maintient mais à l’opposé, par une pression mentale constante sur notre attention, la production industrielle d’un monde nous écarte hors de notre intérêt réel historique (qui consiste à comprendre pour quoi l’on existe, plutôt que de s’enfermer dans le miroitement des milliards d’images qui recomposent sempiternellement la réalité humanisée puis personnalisée et au final, parce que ne sachant plus en quoi puiser, une réalité humaine personnelle fantasmée) ; d’un côté le moi s’entoure de ses images et de son intériorité, souvent produite industriellement et de plus en plus (il faut que l’image bloque le temps et l’histoire) mais de l’autre la récupération interne de soi, structurellement, et non plus intérieure (qui est toujours une demi ou une fausse intériorité, un être et non un mouvement), cette récupération interne est justement cela qui permet de se situer sur le plan externe ; en l’occurrence de l’historicité comme surface externe de l’unité du monde, à condition évidemment que l’on comprenne que cet interne et cet externe abandonnent le désir. Qu’il n’y a rien de désirable dans le monde, le vécu, le relationnel ou le corps.

Puisque c’est ainsi que l’historicité et la structure se sont imposés : étant des rapports ils ne se transforment pas en monde (qui les « réaliserait », le christique renvoie au Royaume, et non au messianisme juif). Il s’agit de les tenir comme rapports et donc d’explorer leur pli, de déplier le pli lui-même et non seulement les effets, les déplis, les vagues de la vague exclusive du présent.

On ne nommera pas du tout ‘aliénation’ cette généralisation intégrale qui vous impose mais aussi vous propose, vous ouvre la possibilité de devenir « quelqu’un » ; et tout le monde est de fait quelqu’un, il n’y a pas de conscience, cette structure, sans qu’elle se réfléchisse et il faut toujours, absolument toujours, bien comprendre que le christique, initiateur de cette passe structurelle dans notre historicité, prend bien soin de refuser la sagesse et la loi ; par la sagesse et la loi on s’enorgueillit de ce que l’on fît, de ce que l’on fait, et ce faisant on ne perçoit plus du tout la vraie mesure de toutes choses. Folie pour la sagesse, scandale pour la loi ; le plus petit est le plus égal, et dans le christique, avant l’affirmation de la liberté de sujet cartésienne, l’égalité est le réel même de la structure. Si on ne conçoit pas que la liberté est égale en chacun, on ne conçoit pas la liberté (comme universel, comme l’universel lui-même), mais seulement sa propre volonté comme distincte (au détriment de tout).

Et donc il n’y a pas lieu de refuser la formulation de chacun comme moi, ni comme idéologie, ni comme aliénation ; où que l’on soit, qui que l’on soit, quel que soit le contenu et l’image et la valeur hypothétique de ce contenu de conscience (le roi qui se prend pour le roi n’est pas moins fou que le fou qui se prend pour le roi).

Ça n’est pas ce que l’on reçoit, historiquement ou sociétalement ou en héritage, qui compte, mais ce que l’on en fait. Et on a vu que la possibilité du possible est hors de toute proportion ; ça n’en finira jamais (ou dit autrement si le possible est alors il est absolument cela même qui existe ; il est, fut, sera toujours instamment possible parce qu’il s’ajoutera d’une mystérieuse façon à ce que l’on a déjà ; non pas à ce que l’on est (puisqu’une ce cas on n’est pas, on existe de, par et pour le possible brut et pur) ; nous ne sommes pas et donc l’avoir et non pas l’être, est cela même qui permet de remonter dans la cause (qui est autre et détachée de ses effets, par lesquels on re-vient vers soi, vers soi en tant que rapport qui n’attache pas, comme la poêle, aux contenus, sinon nous serions ce que nous sommes).

Il y a aliénations et idéologies mais, comme Spartacus, quiconque tient en sa possibilité le sujet de structure ; c’est pour cela que Saint Paul ne recommandera pas à l’esclave de se révolter, par les armes, mais qu’alors s’impose bien plus radicalement au « maître » l’attention à sa propre conduite ; autant dire qu’il n’est plus de domination… et que s’ouvre la possibilité de l’égalité universelle, puisqu’en esprit ceci est dés lors manifesté, exposé, au vu et au su. Ce qui impliquera le changement du maître lui-même (et non quelque circonstance extérieure).

Prenons donc cette modification acquise en principe et portant ici sur la politique, là sur les esthétiques (qui n’obéissent plus au rituel), ensuite sur la connaissance (qui cessera de se limiter à la métaphysique), et établissons que la structure de conscience est cela même qui se modifie, et non plus même tel et tel domaine phénoménologique (d’apparition dans le champ de la manifestation de champs d’expressions). Dit à l’envers (qui est le vrai sens) ; il y a esthétiques, éthiques ou politiques afin que chaque moi soit un je et le je un sujet.

Rechercher la positivité, brute, du sujet ; le principe nietzschéen lui-même qui tente de se situer, tenir dans la Cause, tout comme le christ, qui déverse ses effets, qui lui re-viennent, et étendent sa structure.

Et puis avec un peu de curiosité (mais c’est relativement rare) quelques-uns remontent, par-delà les années soixante, à la révolution (symbolisée diversement ; n’oublions pas que la patrie est l’invention des patriotes qui entendaient défendre l’unité de leur nation constituée de volontés libres et égales entre elles dans un accord, un contrat les liant tous unanimement). Et puis ensuite reprendre jusqu’au christique et à la pensée et à dieu.

On a défini comme acculturation cette mise en forme culturelle spécifique qui se produit, se fabrique, se crée à la sortie des mondes humains particuliers, holistiques, cycliques (qui inventèrent le langage, la représentation, les échanges et les rites, l’organisation familiale, etc) et donc l’acculturation crée le reste ; soit donc l’actualité du face à face. Le christique ou dieu ou la pensée affirment tout intégralement la séparation, la division.

Face à face de chacun envers dieu ; de votre intention face à l’intention pure, nue, brute. Face à votre vie, par le christique (qui désigne le point-autre, hors du segment naissance-mort, et hors du corps). Face au monde et ce via l’universel et la pensée ; il n’existe plus un monde selon le groupe humain mais le monde tout court, le monde donné « là », ce qui signifie selon l’être, le fait absolu de l’être donné là.

Autant le monde particulier est englobant, autant l’acculturation est l’actualisation de la séparation, de la scission (ce qui, de fait, ne se peut que de s’actualiser ; on se rend compte que l’on existe séparément ; dieu, le christique, le sujet, la pensée et l’universel séparent).

Cette réalité (qui n’est plus un monde, qui ne fait plus monde, ni groupe et donc invente la politique, ni rituel et donc crée l’esthétique, ni représentation et donc instancie le je et son devenir en propre, qui n’est plus « ensemble ») est celle de la séparation.

Avec elle s’écroulent les mondes humains différents, mais alors se rendent possibles les sujets, un par un, dotés par ailleurs de leur dénouement assemblé ; le saint-esprit (ou la communauté des sortants), le philosophe et sa cité, la révolution et sa réalisation ; etc, parce que dans tous les domaines il se produit une invention généralisée de toutes les séparations, ce qui est une autre version de la distinctivité comme processus réel général (y compris naturel).

Que le philosophe, au début, ne soit pas encore un sujet (même en tirant sur la corde et de définir le sujet comme l’acteur de l’universel, comme Badiou, c’est un jeu de sens), veut dire que « ça vient », ça viendra. Lorsque le sujet apparaîtra et que la philosophie aura à en rendre compte, puisque son job est de repérer, cartographier « ce qui nous arrive ». Chacun s’engageant alors sous quantité de formulations, de champs d’expression à interroger la forme brut d’un « sujet », d’un « point-qui-voit », ou « qui-signifie » (ou alors de désespérer ou de déprimer, le Grand sujet désespère, le sujet normal déprime lorsqu’il est assigné à ce « moi-même », dans ses conditions de séparation totale, par lesquelles enfin le sujet tel quel, structurel, se montre ; Sartre philosophiquement).

Il y a scission, division, séparation (et dans le donné différenciations, déterminations) ; ce qui nous rend douloureuse l’existence, depuis que nous ne sommes plus une tribu, un monde, un tout parlé et ritualisé, parce qu’il y a distinction ; on est ainsi très contents d’être un « moi », immergé serait-il dans sa complexité ; la distinction c’est ce qui déplie la réalité, le réel comme réalités ; et il y a réalité, déterminations et donc réalités (en nombre indéfini ou infini) parce que l’unité est le réel (et non une réalité et un ordre on ne sait où, ou une double réalité, un autre monde) ; la structure des réalités est l’exister comme actualisation, dont on ne sait pas jusqu’où elle existe ; sauf qu’apparemment si la structure est le mouvement alors le mouvement est in-fini, bien que l’on ne sache pas de quelle nature il s’agit (il ne sera de toute façon pas à la manière de la « nature » ; le mouvement relativise tout, sans le mouvement, l’exister, le présent rien n’apparaîtrait, tout est passé, passe, passera par le présent), si le mouvement donc est cela qui existe vraiment, alors la transcendance est le pli et tout le reste les déplis, les effets du plis.

Il n’y a pas des immédiatetés et puis l’articulation (les réalités et puis le présent), mais toutes les immédiatetés et réalités sont prises dans le même-mouvement-présent.

Pour nous, au 20éme, 21éme, cela veut dire que l’on a su depuis le début (dieu, la pensée, le christique, le sujet) de quoi il était question mais que nous, en notre siècle, sommes pris dans les effets de cette structure intégralement dévoilée, propagée, partagée depuis 2000 ou 3000 ans (pour donner une approximation) ; c’est que les effets de la structure (qui est non-finie) s’exposant sont évidemment innombrables. Il s’agit de la vague antérieure (de présent brut) à toutes les vagues qui suivirent.

Et ils sont d’autant plus innombrables que cette structure a précisément pour moyen – et donc, pour nous, se présentant comme fin, comme finalité – de se redéfinir elle-même via les réalités (qui sont, donc, des réalisations, des réal-isations). Rappelons et martelons ceci ; nous sommes dans le mouvement et on ignore ce qu’il est ; à peine devinons-nous, au travers de mille tracas, les possibilités structurelles (que formulent dieu, l’universel, le sujet, le réel, et cent variations intérieures à ces notions, concepts, intentions, possibilités, configurations) ; le plus élevé de ce monde, de cette réalité, de cette existence est le début de ce qu’est la dimension du mouvement.

Aussi est-on porté à supposé sa sur-existence.

Existe-t-il une coupure entre le monde ou le vécu, et cette dimension qui serait « autre » (et donc s’imposerait comme duelle) ? Évidemment non. Ne savez-vous pas que vous voici nés de et par la révolution ? Que seriez-vous si vous n’étiez originellement, cad historiquement, citoyen ? Cette notion ne détermine-t-elle pas absolument tout (tout ce qu’elle rend possible, que vous soyez votre propre jugement par ex, et donc vos décisions, projets, personnalité, etc) ?

Y-eut-il un seul peuple qui ne se soit pas proposé métaphysiquement ou ontologiquement (ou religieusement ou symboliquement) ?

L’énergie fossile par exemple (en quoi on aimerait peut-être découvrir la cause de tout notre monde actuel) existe depuis des millions d’années ; l’a-t-on découverte pour inventer cette civilisation ou cette civilisation n’est-elle pas justement celle qui a découvert l’énergie fossile ? Mais alors pourquoi ? Il est assez absurde de privilégier une cause extérieure, alors que visiblement il s’agit d’une cause interne à un certain type d’être, en l’occurrence un être qui n’est pas un être mais une structure, un rapport (qui implique, potentiellement, tout rapport, ce qui ne veut pas dire qu’il « connaisse » ce rapport, étant hors et en plus de la connaissance au sens strict).

On ne peut pas expliquer via les causes, parce que les causes sont des moyens, les moyens de leurs effets ; initialement il y a, il existe une intention ; et telle qu’elle se perçoit.

L’intention, comme telle c’est son principe, se précède toujours. Elle se voit elle-même. Sinon elle ne se mouvrait pas. Étant constitutionnellement non pas un programme déterminé, mais étant elle-même le programme comme structure de conscience, évidemment ce qui lui vient c’est la libération de son intentionnalité, et ensuite cet arc qui lui désigne, bien sûr, le réel comme horizon.

L’intentionnalité est fondamentalement attachée, attirée, astreinte, étirée vers, par et pour le réel. Il n’y a aucun contenu en elle qui puisse rivaliser ; aussi sera-t-elle effectivement toujours dialectique ; la dialectique est la sup-position d’un horizon qui re-vient sans cesse et re-vient nu et sans rien, sur lequel et sous lequel tout le reste est écrit. De même que le moi se pose sur l’horizon du sujet, lequel n’est nullement une « entité » (quelle qu’elle soit imaginée ou pensée) mais le point-autre d’attirance ; aussi est-elle structurellement vivante, existante, actuelle, actualité brute et pure. Elle n’est pas dialectique en s’entourant dans un concept (comme le concevait Hegel), ni en s’enroulant dans un monde (tout monde humain tend à se refermer, ne serait-ce que par les dominations qui croient l’ordonner à leur botte), mais en rapportant sans cesse vers sa plus grande capacité.

Dont on a dit que la seule effective impossibilité et sur-existante possibilité est celle christique ; parce que c’est celle que l’on ne comprend pas encore. Et de fil en aiguille, on comprend que l’on ne comprend pas Descartes ou Kant ou la révolution ou l’historicité ; et que cette non compréhension est précisément le point de vue qui se cherche, lui-même, au travers de tout ce déploiement du Pli unique. Je ou présent.

Voir les commentaires