Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

Accélération vers le Bord du monde

13 Mars 2021, 10:04am

Publié par pascal doyelle

On insiste donc sur ce qui habituellement est laissé pour compte, abandonné dans l’indistinct, supposé mais non développé, imaginé mais jamais approché.

Telle la conscience, l’indétermination, l’infini et l’infini des infinis, l’exister.

Et plus généralement le Bord, sans cesse reculé constamment, via les concepts-signifiants tels l’être, le bien, le un, dieu, le sujet, le réel, transcendance, immanence, etc.

Le but est de concrétiser ces abstractions. Et on a dit, de fait, que deux réels occupent tout le terrain ; l’arc du présent et l’arc de conscience.

Tout ce qui relevait de la pensée, de l’idée ou du divin revient à l’arc de conscience. Tout ce qui relève de l’être, du monde donné là, de l’existence ou du réel revient au présent. Et les deux s’entremêlent, à démêler, et se chevauchent ici ou là.

En conséquence cependant il faut comprendre que ni l’arc de conscience ni le présent ne sont évidents. Non seulement ils sont suffisamment compliqués (et requiert une batterie de concepts) mais aussi ils ne sont pas des « là » donnés immédiatement, inarticulés ; les ramener-à (à deux réels effectivement là) n’est pas un réductionnisme puisque nous ne les reconnaissons qu’en tant qu’articulations, engoncés en eux-mêmes ; le présent est un mouvement, l’arc de conscience est un mouvement ; le présent est ouvert sur le présent, l’arc de conscience possède de même en lui-même sa propre capacité ; et on ignore ce à quoi et comment ils sont articulés ; nous saisissons, à peine, un des termes de cette articulation et pas du tout l’autre.

À moins qu’il n’existe aucun complément ; que la structure soit seulement fonctionnelle ; le présent et l’arc de conscience permettent que fonctionne la réalité, par le réel, ou le contenu par la forme du contenu, l’humain par le champ intentionnel, le moi par le je ; remarquons que même alors il faut constituer la structure fonctionnelle de par soi, étant un rapport il doit se vouloir, désigner, signer lui-même ; afin de manifester, à ses propres yeux, aux yeux de son existence (qui n’est plus simplement de vivre), qui doit, de lui-même, ce je, s’articuler intentionnellement, cad se convertir (à dieu, au christique, la pensée, l’universel, l’esthétique, la révolution, ce que l’on voudra en vue de s’élever, selon et par une élévation qui vient vous chercher là où vous existez et vous soulève plus haut) ; cette hyper-fonction de l’élévation, de la conversion (comme processus général du passage à l’acte pour ainsi dire ; que l’on ne peut pas seulement croire ou imaginer être, mais qu’il faut se décider pour (ceci ou cela) et en toute conscience, volontairement, intentionnellement cette hyper fonction, cette accélération de la structure de la conscience de soi (ce qui se nomme « je », je pense par exemple, je est un autre, etc) exprime, cette conversion que le réel est non pas « ce qui est » (au passé) mais ce qui s’actualise ; dans le présent l’arc de conscience se sait ; même si il ne se connaît pas, dans quoi le discours philosophique risquait de s’enfermer ; de ne se connaître que dans la connaissance, alors qu’il se tient, le je, du se-savoir ; dont notre archétype est cartésien et raison pour laquelle « ça n’est pas une preuve » c’est la manifestation-même, la mise en avant de la structure d’un je face à tout autre je, à l’identique forme de structure de conscience, de champ actualisé.

Rappelons que chacun est déjà le je qu’il est, mais comme c’est un rapport, ce je, il doit constamment s’entretenir ou comme disait Nietzsche, la volonté de la volonté (bien que sous un angle en partie imaginé mais tout à fait significatif, Nietzsche n’est évidemment pas un sot, mais absolument inspiré, c’est juste que, coupé de l’universalisation, il penche vers une imagination, qui use des moyens propres, des figurations, pris dans une réflexion, Nietzsche est vraiment un philosophe, mais réflexion imaginaire).

Ce je qui se veut doit donc non seulement se figurer mais se configurer ; établir non pas une tactique seulement (en fait des tactiques, il en mène toujours des tas), mais une stratégie ; la plus unifiée possible parce que seule l’explicite permet de maintenir la conscience, de saisir et d’être saisi d’un rapport ; on ne peut pas ou ne devrait pas doubler, tripler, quadrupler un tel rapport, qui alors se perd et transcrit cette perdition, littéralement comme perdition d’énergie, basiquement premièrement, transcrite donc en immédiatetés ; il tend alors, ce rapport, à se confondre comme partie du monde ; abandonne son unité, son indivisibilité, individualité, se mêle dans le groupe, quel qu’il soit ; il y a une utilisation de dieu par tel groupe humain, qui fonctionne comme ensemble, mais dieu sert fondamentalement à ne pas appartenir, à quoi ou à qui que ce soit ; et c’est pour cela qu’initialement la religion, en quelques représentants, certes, s’en prend aux pouvoirs, aux puissances de ce monde ; ce sont ses interlocuteurs privilégiés, afin qu’elles soient, ces puissances, contraintes par dieu, et qu’il existe au moins un peuple selon la Loi et puis, ensuite, selon la foi, selon non plus le jugement mais selon l’intention ; vous serez jugés selon votre intention, et sa faiblesse, et non selon la loi et sa dureté, par laquelle vous étiez toujours coupables de toute manière, le principe de l’intention change tout et surtout rend possible que cette intention se développe, se comprenne, se déploie, quitte à se tromper ou s’égarer, qu’elle n’y aille pas sans expérimenter la réalité, la vie, autrui, etc ; sinon à quoi ?

Ceci sous condition d’élévation au moins potentielle.

Ce qui démontre ce que par articulation il faut entendre ; à savoir que ce n’est pas ce que l’on est qui compte mais ce que l’on veut, étant entendu que si cette volonté se configure (et non se figure) selon l’intention, l’intentionnalité ce sera une perspective in-finie, non-finie ; nulle part et jamais votre intention d’exister ne pourra se manifester dans le monde, le vécu ou le corps, mais elle se structure dans, par et selon le monde, le vécu ou le corps (le christique est un Corps, individuel). Et peut-être pour la structure ; ce qui est la seconde version, celle non plus fonctionnelle mais dimensionnelle.

De même ça n’est pas ce-qui-est, donné et réalisé comme monde, galaxie, univers ou ce que l’on voudra, mais ce qui est possible, ce qui est possible au-dedans des mondes, galaxies, univers (et non une redite de ces mondes ou de cet univers, quelque réel neuf et autre devait paraître) ; et évidemment il ne s’agit pas vraiment de ce qui est possible « matériellement », ou plus exactement c’est ce qui se réalise matériellement en tant que cette matérialité s’organise et augmente le rapport. La finalité demeurant le rapport lui-même, qui seul devient. Le reste apparaît (et conformément disparaît).

La réalité est une fonction qui rend possible que le rapport (cad la possibilité) s’agrandit ; que le réel soit le possible de la possibilité. Que la possibilité s’enroule dans une réalité qu’elle étend supposément infiniment dans tous les sens (cohérents) est la seule véritable justification qu’une réalité, un monde, un univers (sans doute infini) existent.

Si il n’existe pas un Ordre prédominant à partir duquel découlerait la réalité, alors la réalité est le champ de bataille du possible et ça n’est pas un Ordre déjà existant (on ne sait comment) qui se rend réel, mais c’est le réel lui-même qui crée un « ordre » qui, par conséquent, n’est pas acquis du tout mais se Crée. Et il faut écrire « qui se Crée » avec majuscule, parce qu’alors il y a une réalité qui remonte dans le réel (un contenu, le monde, les êtres, qui remonte dans une forme) et qui modifie le réel ; c’est l’ordre lui-même qui vient se modifier (en raison du principe que seule la perfectibilité est la perfection et non pas l’ordre fixé une fois pour toute, dont on se demande toujours, dès lors, pourquoi une réalité, la vie, le devenir, l’univers réel viendraient à exister).

Dit d’un autre point de vue, dieu crée l’humanité non pas pour qu’elle lui obéisse (quel intérêt ?) mais afin que de la nouveauté (et pas n’importe laquelle) vienne au monde (outre lui-même et les anges, et ce que l’on voudra).

Et non pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la liberté et donc du désordre potentiel.

La liberté ne consiste pas à choisir l’ordre, mais à le créer. C’est ce que cela signifie. Et que donc cet ordre soit libre. Est-ce contradictoire ? Non puisque cela signifie que ce qui est libre est capable de la plus grande cohérence ; c’est plutôt tout à fait raisonnable. Il n’est pas raisonnable que la liberté puisse consister à s’effacer dans un ordre, mais que cette liberté puisse créer précisément l’ordre en lequel elle est libre, veut dire en lequel la capacité des possibles revient à la possibilité même. Ou la possibilité à la réalité des possibles ; qu’une société humaine soit libre, égale, fraternelle mais aussi qu’il existe dans la capacité de chacun de se lire sous toute différenciation, celles accessibles et celles qui seront créées.

On dira mais de quelle humanisation idéale s’agit-il ?

De celle qui a effectivement eu lieu depuis les années soixante. Ni plus, ni moins. S’il faut nommer ce qui s’est rendu historiquement produit, fabriqué, inventé, créé, du haut en bas, c’est cette société-là. La possibilité pour chacun d’utiliser sa liberté, la possibilité pour la liberté d’utiliser la liberté ; a-t-on effectivement acté cette liberté de la liberté ? Ou fut-elle usée, instrumentalisée, réifiée selon des fins très moyennes, voire très viles ? Et quelque fois sans doute ici et là portée suffisamment haut, mais non pas au point de former système, de telle sorte que l’idéale formule liberté-égalité-fraternité fut détournée, et étouffée dans des finalités immédiates.

Mais a-t-on rendu au moins accessible l’instanciation en notre je de cette articulation monumentale ? De ceci il revient à chacun de se poser à lui-même la question. Il est mille et une pistes déjà ouvertes par quantité de sujets, depuis Descartes les sujets pullulent ; ils sont la forme même (et Descartes ne crée pas ce sujet ; il en rend compte et à partir de sa mise en forme il accélère le sujet ; il s’y introduit, et nous à sa suite, et force encore cette entrée, mais elle est faite pour cela, pour être poussée encore-plus-loin, et on ne sait pas où cela s’arrête ; puisque l’on n’imagine pas une structure, ni dieu, ni l’universel, ni le sujet, ni le réel ; ça s’impose, de l’externe bord).

Pour se figurer, au moins, cette dimensionnalité ce sont les points les plus extrêmes et les plus aigus et précis et distinctifs qui se peuvent acquérir au long d’une existence ; au long d’une intentionnalisation. Sous-entendu ; il ne s’agit pas d’une qualification « technique », d’une capacité intellectuelle par exemple, mais « vous serez jugé comme vous avez jugé ». Le christique placé à l’orée de notre historicité spécifique nous le signifie parfaitement ; ça ne sera ni grec ni juif (folie et scandale), ni intellect ou perfection, ni morale ou loi ; mais intention. Ce qui nous jette dans la plus totale perturbation.

Cette attention que l’on impose à notre intention est bien ce qui va produire, inventer ce moi-même (que personne n’est durant l’antiquité en tant que moi, héros peut-être, de valeurs supérieures mais moi-même, pas du tout). Et ce jusqu’au plus loin ; à savoir jusqu’à ce que la psychanalyse bute sur le retour interne du moi-même, lequel se stipule comme externe ; l’extime (survivant à l’intime) de Lacan (soit donc la surface mi-corps mi-signe, ni l’un ni l’autre, ni esprit et ni corps (il est le rapport de ce corps via un signe) et qui glisse constamment hors de tout champ puisqu’origine du corps, soit donc le regard tout à fait externe qui « produit » une intériorité).

Non seulement le regard d’autrui qui nous produit mais l’imagination que l’on a du regard d’autrui et finalement le champ de l’autre en tant qu’autrui et notre imagination rendent possible cette extériorité du regard-autre ; la finalité étant d’établir un champ donné là qui n’appartient plus à personne ; et possiblement sans le coinçage du moi, son image enfin presque déjouée ; ce dont doutait Lacan ; on ne peut pas « remplacer » le regard-autre, tout est faire-semblant vis-à-vis de ce regard irrémédiablement externe ; sauf dieu ou le christique, le sujet, la révolution, le réel mais non pas au sens où ils le remplacent, mais au sens où ils le continuent jusqu’à en obtenir ou espérer ou désirer ou vouloir un point d’attirance créateur, échappant à la répétition du regard.

Via dieu (etc) on se libère du regard extérieur et on parvient à un regard externe (qui rend possible tout l’interne, cad la vie du moi, ou la réalité créée par dieu, ou la société humaine régulée plus ou moins, ou l’extrémisme du réel tel quel).

Qu’est-ce que la véritable Intention ? On n’en sait rien, on ne le comprend pas, on l’ignore. C’est l’indication d’une orientation du champ intentionnel originel et final. Le christique est à ce point hors de toute proportion que l’on faiblit et s’effondre dans l’exigence (le dieu unique réclamait cela même de son peuple). Pareillement l’idéal de maîtrise de soi (des sages ou des grecs ou des romains) ou encore l’idéal sociétal de la révolution (qui doit dès lors bien choisir ses paramètres ; l’idéal communiste universel est tellement abstrait, mais le désordre libéral des désirs indéfinis s’affaisse et affaiblit chacun).

Qu’est-ce que la poétique absolument expressive ? Rimbaud a-t-il pu la supporter ? Celui-ci impose massivement (en quelques feuillets) l’impact et la puissance de la structure, lorsque, donc, le je crée son propre champ dans toute son ampleur, du plus subjectif au plus élevé, et interrogeant l’acte même d’être soi et toutes les objectivités ; soit donc tout cet ensemble de champs que soutient, seul, l’arc de conscience (l’intentionnalité est originelle, par elle existe un monde, autrui, votre vie, votre corps distinct, etc). L’arc est donc fondamentalement la plus grande cohérence possible (et comme tel il commence à partir de la perception elle-même et non pas seulement dans les grandes abstractions séparées, la raison, l’imaginaire, et ainsi de suite).

La nature même de ce que l’on désigne comme « réel » est hors de proportion et pas du tout en forme d’objet. L’univers lui-même n’est pas un objet ; l’objet est à proportion du sujet, celui raisonnable qui construit des discours, qui délimitent tel ou tel objet. Le reste des discours, des signifiants, des signes bien plus de perspectives ; bien au-delà de la seule raison, puisque repérant toute l’amplitude de l’arc de conscience, ce qui veut dire «tout », puisque tout se donne pour nous au travers et par un champ (de là qu’une esthétique soit « une pensée », en acte, non seulement ouverte sur le champ de perception mais créant ce champ de perception).

De là qu’il ne soit pas réductible à des choses et tout aussi bien n’est pas le très gros objet tel l’être (l’être lui-même était opératoire, formule de formulations, explicites, les systèmes et les idées). Mais il n’est cependant pas selon le sujet subjectif. Sortir de la conception selon l’être ou les petites choses, c’est commencer d’assigner la logique de la structure en forme de sujet ; ce que l’on a toujours choisi ; que tout contenu de conscience et puis tout moi soient étirés par un sujet (dieu, la pensée, le sujet, le réel) selon le Bord externe (le présent, l’exister) lequel naît de et par son actualité et qu’alors le présent est la colonne des réalités.

Admettant de la sorte que l’arc de conscience soit précisément la forme elle-même du « rapport » ; l’aboutissement, l’aboutissant de ce qui existe comme « rapport » (tout existe comme rapport, le rapport est cela seul qui existe), l’aboutissant est, pour nous et en l’état de notre expérience, cet aboutissant est ce qui se nomme « conscience », est « rapport à soi » dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et aucune détermination). Rien d’autre ne peut être nommé « conscience » qu’un tel rapport, retour vers soi, qui désigne la formule pure et simple du rapport (cad de la potentialité qui transforme le terme initial au vu du terminal, ça re-vient-sur).

Par l’arc de conscience on entre dans l’antériorité de ce qu’habituellement on nomme « esprit » ; il n’y a aucun contenu qui prendrait conscience de soi, l’arc de conscience ne dépend pas de son contenu, son contenu (Pierre ou Martine, dieu, la pensée, etc) est ce par quoi cet arc se signifie. Et comme il est rapport, ce qui veut dire Autre, il admet toutes les subjectivités, les objectivités, les champs de perceptions (ceux du vivant par ex) ou les champs d’expression ou les champs de création, puisqu’aussi bien n’arrive en conscience que ce qu’il, lui le rapport, aura généré ; sa finalité mais aussi sa structure même implique qu’il crée (ce qui arrive, il « se le fait voir », il ne le trouve pas tel quel dans le naturel).

Rappelons la logique unique ; on ne conçoit le réel, la structure du réel qu’en tant que structure-sujet. Et parce que le dit « sujet » est défini comme suit ; cela seul susceptible de se modifier lui-même. On considère que la perfection consiste exclusivement en sa perfectibilité ; ce qui serait absolument parfait en soi-même est une notion totalement incompréhensible et qui ne signifie rien, au sens où l’on ne perçoit pas même en quoi cela pourrait consister.

Donc en ramenant ces infinis à des réels très exactement désignables (comme l’arc de conscience ou celui du présent), on essaie d’en réorganiser les contours. Ni l’être ni l’esprit ou la pensée, le moi ou l’universel ne sont des « problèmes », ils sont seconds.

 

Il s’agit toujours comme dans toute philosophie, de porter à la transparence ce que l’on constate là au-devant de soi. C’est le mouvement même de la pensée, de ce qui s’est nommé tel dès le début (indépendamment du fait qu’il y eut des pensées diverses ailleurs) ; puisqu’il s’agit de produire des rapports explicites qui seront dénommées idées, et par lesquels la continuité de la conscience, la consécution des intentionnalités est assurée ; l’idéal de transparence est décisif et implique évidemment la totalisation, la systématicité, puisqu’un manque dans la trame de la pensée signifierait l’incomplétude de l’intentionnalité, de l’intention tout court ; de sorte que l’on ne saurait plus ce que l’on veut ou ce que l’on peut, et ce rapport que l’on a su dégagé et nommé « penser » se perdrait lui-même dans une immédiateté impensée.

On comprend que sitôt que s’instaure la pensée elle se doit à elle-même ; sous-entendu il faut que ce rapport de la conscience pour elle-même se constitue et se continue et couvre tout le donné d’une part (la vérité adéquation) et s’étende sur toute la pensabilité (la cohérence) et soit à lui-même son repérage (son unité) afin que le rapport de conscience perdure.

Il s’est trouvé que si cet idéal s’est constitué par les grecs, et leur esprit de systématicité récupère les mathématiques ici et là et en établissent le système ordonné ; ce qui, de plus, permet d’agrandir le cercle de telle activité ; systématiser l’esthétique, outre qu’elle échappe au rituel et n’est plus assujettie, permet de créer encore-plus.

La systématicité augmente le rayon d’activité ; ce qui veut dire que plus il y a de conscience, plus il y a de conscience. Ce qui paraît une évidence mais pas du tout ; lorsqu’il s’agira d’intégrer chaque conscience, une par une (avec le christique), on verra se déployer quantité de discours, de théories, d’activités, d’actions, de décisions, de désirs, etc ; parce que soudainement le noyau de structure, mis en avant et sorti de tout monde humain particulier ou holiste ou cyclique ou limité territorialement (à un groupe tout aussi bien, un clan, une ethnie), e noyau prenant conscience de lui-même comme conscience (en l’occurrence non plus comme constitué par tel contenu, comprend qu’il peut produire ces contenus et donc commence d’en fabriquer des tas ; éthiques, esthétiques, systèmes, théories, etc.

Chacun devient le centre de l’intentionnalisation et s’aperçoit qu’il peut énoncer, signifier vers les autres. De même que le christique a pu parler à et pour chacun ; il s’agit initialement de la performance absolue, formelle, et qui inscrit le corps, littéralement, de chacun dans le segment naissance et mort individualisées, et littéralement également le christique crée chacun en sa conscience de (soi). Ici le (soi) n’est pas encore le soi via soi-même du ‘je’ cartésien, mais le (soi) donné par le Soi christique (cad dieu, le dieu initiateur de tout ce qui est, fut, sera), qui évidemment est bien le seul dieu unique capable de pourvoir non seulement à votre être mais à votre âme : à votre singularité unique.

Remarquons, donc, qu’auparavant les mondes humains pensaient-ensemble ; la pensée de se transmettre à autrui se penser elle-même, puisque l’on entend ce que l’on dit (et donc on le comprend ou plus exactement on ne le comprend que dans la mesure où autrui l’entend et le comprend ; lorsque l’on comprend quelque énoncé c’est que l’on se met à la place de l’autre ; et dans la société humaine de la tribu, inventrice de la culture, du langage, des échanges, des rituels, de la famille, etc, il s’agit de partager la Même Parole et donc le Même Monde (et la rigueur de la transmission et de la répétition étaient de mise, sous peine d’en égarer le trésor, la communication et donc tout).

Ici lorsque l’on (se) parle et qu’ensuite on parle à autrui il peut sembler que l’on se perde ; mais en vérité toute structure de conscience est déjà en elle-même, dans cette structure même, solidement organisée ; elle signifie constamment en adressage, elle simule l’autre oreille (et parfois dit plus que ce qu’elle entend, puisqu’elle est déjà passée dans l’autre oreille et bafouille des lapsus) ; intentionaliser signifie « organiser des rapports » (même un délire est organisé, et une folie souvent adressée à). Il est tout à fait inconsidéré de croire cependant que l’autre, autrui organise la parole ; évidemment il en va souvent ainsi, mais au bout du compte cela re-vient à l’exposition dans son propre champ ; puisque l’arc de conscience n’est ni subjectif si objectif seulement, ni intérieur ni extérieur, mais bien plus organisé que l’un ou l’autre.

C’est ainsi qu’il faut impérativement partir du plus haut. Par exemple du christique ou de la pensée ou de l’esthétique ou de l’éthique ou de l’universel ; pour chacun cela veut dire que l’on a accès à soi d’une certaine manière (au sens d’une manière certaine) à partir de l’auto-définition qui eut lieu comme révolution ; par laquelle chacun est envoyé, directement, à son propre jugement, à sa propre capacité ; non pas à sa raison forcément mais à son auto considération, en laquelle il est très clair qu’elle intègre la considération de toute autre conscience ; le fait même de nier ce rapport à l’autre conscience est déjà une prise de position qui ne sera pas sans conséquences effectives ; c’est pour cette raison que « la révolution n’en finit pas » ; essentiellement la révolution est en soi in-finie, de même que le christique ou la pensée ou le transcendantal kantien sont in-finis puisqu’ils tentent, tous, d’approcher le Bord du monde, du vécu ou du moi.

Il faut évidemment sortir de l’habituelle identification de la conscience et de la subjectivité ; vous êtes, vous existez déjà bien au-delà de vous-même. Le christique dit-il autre chose ? Que d’amener instantanément chacun au cœur de dieu (que signifie son in-carnation, sinon cette profondeur en tant que l’infini existe ici-même, sans qu’il puisse se dégrader, ni en nous, ni en lui, fils parmi les fils). La fonction ou la dimension de l’acte de conscience est son arc ; ce ne sont pas les contenus qui le définissent ; mais sa propension ; on appelle propension sa capacité et cette capacité est accessible via les grandes stratégies, et ces stratégies ne sont pas des abstractions (comme celles que l’on tirerait de l’universalisation de la pensée), mais des positions actées historiquement, dans l’effectivité même.

Et de même il y a de grandes stratégies afin que chacun puisse s’y référer ; dieu, la pensée et donc l’universel (ou l’universalisation intentionnelle, dont la citoyenneté), le sujet ou l’existence (la transformation d’une vie en existence, tout autant via esthétiques et récits), le réel ou le champ de perception-expression. De sorte que le rapport qui se meut puisse se manifester et entrer dans sa propre transformation.

Beaucoup comprirent que Saint Paul entreprenait explicitement et consciemment la métamorphose (qui inaugure notre ère et donc décide de l’historicité même, en élaborant l’actualité, cette actualité qui bouleverse et mène à l’acquisition d’une structure, et qu’il nomme la foi ; hors de l’être, du monde, du donné, de toute vie vécue élevée en Existence), pareillement Descartes transforme et sort de son être en l’exposant au-devant(sur, donc , l’étendue du monde ; qu’il y ait une étendue du monde rend impossible que ce soit « de la pensée »). Que Lacan entreprenne de cartographier le moi, in vivo (et seul un psychanalyste était en capacité).

Ainsi recule encore plus la frontière intérieure jusqu’à ce qu’elle touche le Bord externe et que cette intériorité se connaisse comme l’interne de l’externe, et non plus comme intériorité (qui ne se confiait qu’à des morceaux déterminés de monde, du vécu ou du corps) ; l’arc de conscience venant à toucher l’arc du réel.

Le mouvement est clairement d’installer la perfectibilité disponible de plus en plus précisément ; dieu, pensée, christique, sujet ou révolution, amène l’arc de conscience dans le champ de l’arc de conscience ; il est en tant que rapport qui doit, à tout prix, se projeter lui-même. La révolution est une telle mise en place de ce qui s’existe formellement. Ça n’est pas seulement ce qui entre dans le rapport qui compte mais le rapport lui-même instancié dans son champ.

Ce basculement de l’intériorité vers l’interne de l’externe, ou si l’on veut de l’intériorité projetée sur un autre plan (absolument et historiquement parlant que le moi soit situé dans le plan de la conscience, Sartre ou auparavant dans la Volonté nietzschéenne ou l’Être de H, ou même le sujet sur cet autre plan incompréhensible du nouménal kantien, et ainsi du sujet sur l’étendue cartésienne, qui n’est pas installée pour rien) et projeté sur un autre plan donc en tant que Bord de la réalité s’instanciant comme réel et structure ; réel et structure qui n’a d’autre nom que celui d’exister, et l’exister en tant que temps, ou dimension très étrange du temps, cela même antérieur au temps et caché dessous, caché en tant que présent qui justement montre tout.

Il s’agit donc de glisser vers notre structure interne qui existe bien avant notre intériorité (et encore plus bien avant l’extériorité, y compris la raison et le conscient)

laquelle unité interne est concomitante, mitoyenne d’avec l’externe du réel, la surface du réel,

l’arc de conscience dans l’arc du présent ; de glisser d’une surface vers l’autre.

Voir les commentaires

Dieu, la vérité, le sujet, le réel

6 Mars 2021, 09:42am

Publié par pascal doyelle

On a donc reconnu que dieu, la pensée, le sujet et le réel formulent, littéralement, les quatre possibilités ontologiques ; que l’on sache. Que l’on sache parce que l’on ne peut pas – imaginer – une position ontologique, on peut seulement la penser, l’intentionnaliser au bout du bout du Bord ; une position ontologique n’appartient pas au monde (ni au vécu, ni à la détermination serait-elle représentée).

Avant dieu, un tout autre unique et créateur de tout, on ignorait qu’il puisse exister une Intention absolue, formelle, pure et initiale.

Avant la pensée grecque beaucoup pensaient, c’est évident, mais non pas développaient une systématique et ce de telle sorte que la qualification de l’intentionnalité ne parvenait pas à l’idée universelle grecque ; reposant sur ceci que toute énonciation est mise en cohérence avec toute autre énonciation énoncée ; autrement dit en formant un ensemble d’idées, d’intentionnalité qui cohérentes, rendaient possible que l’on ne perde jamais le fil, le fil intentionnel de la pensée (qui devient à elle-même son seul et unique horizon ; ici également il est question d’unicité).

Pareillement tout sujet est autre que lui-même, c’est la position même d’un « sujet ». On pouvait référer « sujet » à ceci ou cela (de déterminé, forcément) mais non pas à lui-même (d’indéterminé, sinon qu’il énonce « je ») et comme tel irremplaçable ; aucun je ne dit « je » à la place d’un autre (ça n’aurait, notons-le, rigoureusement aucun sens).

On aboutit de la sorte à chaque fois au bout du Bord ; au-delà duquel il n’y a rien (littéralement « rien du tout ») et on s’aperçoit que ce point acquis (ontologique et inimaginable mais positionnable en structure) est celui-là même qui permettra à chaque fois de réenvisager ou réinventer ou recréer le monde, le donné, l’humain, la vie, le corps, la perception, et bien sûr la pensée parce qu’il modifie, ce point, la conscience ; la conscience de n’importe quel ceci ou cela ; l’activité de conscience, l’intentionnalité étant originelle et rendant seule possible tout le reste ; vous avez un corps ou une vie parce que vous ne l’êtes pas… de où percevez-vous ? Cela répond à cette question. « Conscience » se dit de ce rapport en lequel entrent tous les autres rapports (en tant qu’arc de conscience, formel, vide si l’on veut, nous reprenons tout ce qui nous vient de partout ; des perceptions du vivant, de son corps, de l’adn, des héritages socioculturels, de notre porpe passé, etc ; tout est matière-à, repris dans le champ intentionnel, lequel champ, on le redit, existe « là-devant » et comme lieu neutre et formel, quand bien même l’adn nous pousserait-il à ceci ou cela, le champ intentionnel est lui ou peut devenir conclusif (et non pas qu’il le soit à chaque fois, il le peut, simplement).

Remarque ; nul besoin de connaître, en raison, ce que l’on dépasse à chaque fois, parce que le principe de la structure de notre arc de conscience n’est pas la connaissance, mais la création. On n’est pas libre seulement et exclusivement parce que l’on comprend (ceci ou cela) mais parce que l’on invente (une possibilité inaperçue, et on invente constamment, de même que les mondes holistiques, cycliques ou particuliers répétaient afin de ne pas perdre leur trésor, leur parole, leur langage, leurs échanges ritualisés, etc afin de ne pas perdre leur monde entièrement, de même ensuite l’historicité est justement la capacité de constamment inventé du neuf, puisque ça n’est plus le monde donné particulier et partagé qui fait socle mais la structure, acquise décisivement (dieu, la pensée ou le droit romain, le sujet ou la révolution, le réel et l’individualisation dans l’humanisation, soit donc le concret effectif, et mille autres distinctions). Évidemment on inventera plus pertinemment si l’on expertise, plus ou moins, tel domaine ; mais le cercle interne (qui est donc le cercle externe) ne demande pas de « compétence » ; folie pour les grecs, scandale pour les juifs. Notre être ne se définit pas selon tel domaine mais de par toutes les possibilités ; l’intentionnel antérieur à tous les champs intentionnels.

À titre d’exemple, Sartre s’ingénie à découvrir comment Flaubert a créé « Flaubert ». De même puisque la personnalisation nous est venue depuis les années soixante (sous sa démocratisation planétaire), ainsi sommes-nous assignés certes mais également libres de nous créer en toute conscience (bien au fait de ce qui nous précède ou nous contraint, ou de ce que nous acquérons ou pouvons acquérir ; personne, ou presque, ne peut ignorer et faire semblant que non).

Nous sommes donc passés du plan de l’être, à celui de l’exister. Et on a reconnu que cet exister (en quoi l’on s’engage par Descartes) reprend ce qui était en jeu par dieu et le christique ; le monothéisme et son devenir plus qu’étrange de l’incarnation, de dieu, l’absolu, dans ce monde, ce qui signifie en l’occurrence dans un corps, rendant à) chacun qu’il soit ce corps (et non plus homme ou femme, libre ou esclave, riche ou pauvre, juif ou grec ou romain) et donc modifiant le champ potentiel d’un tel corps. On a reconnu par là que s’initiait de but en blanc que l’accroche du réel dans le monde consistait en ce sujet (et par les grecs ce monde, donné ‘là’ selon l’être justement et non plus tel ou tel monde particulier), et sujet définit comme rapport à (soi), dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non pas une identité.

Relisez (c’est le rapport que l’on existe, tout au long d’une vie qui se transforme en existence, ce rapport donc qui compte et non pas ce que l’on « est », puisque cet être est pris-dans le champ intentionnel dans son actualité, voire hyper-actualité).

Or pourtant le dit rapport n’est pas du tout une abstraction, tel l’esprit hégélien ou la vérité universelle de Badiou, mais ce qui se désigne comme rapport ne peut être que le rapport qu’il est, et donc qu’il « n’est » pas, mais qu’il Ex-siste ; ce qui existe comme rapport est un mouvement.

À quoi on a accroché, à nouveau, que ce mouvement de conscience en quoi consiste le sujet, est pris dans un mouvement formel absolu et absolument là, puisqu’il s’agit du présent.

Nous obligeant en somme à définir le présent comme le mouvement en lequel et par (via) lequel tout est, tout se déroule ; il n’y a rien qui est, fut, sera, qui ne soit pas passé par le présent.

Comme on a dit que le présent n’est pas le laps de temps entre le passé et le futur mais « cela » en dessous que l’on dénomme Exister, alors tout l’être est pris dans l’exister pur et brut.

Tout l’être dépend de l’actualisation (soit fonctionnelle, soit dimensionnelle ; les croyants par exemple s’engagent dans le dimensionnel, essaient d’adopter le Bord lui-même, comme point de vue ; ce que le christique voulut, à savoir nous adopter, nous, devenant frères du Fils, et agissant comme communauté, Saint-Esprit. Les croyants mais aussi ces positions qui tiennent que la structure de conscience se réalise absolument (par la poésie ou la révolution, ce qui a valeur d’universel ou de dépassement ; tout simplement, si l’on peut dire, le tomber-amoureux revient à un tel dépassement pour le moi).

Présent qui revient à dire que le mouvement est seul réel et que le présent seul est le mouvement, qui inclus l’arc de conscience comme « mouvement encore plus rapide », ou d’une seconde nature de mouvement (en quoi la théorie du mouvement ne s’arrête probablement pas à l’exister et à l’arc de conscience, mais qu’il existe encore un réel encore-plus mouvementé et ce pour une raison plus précise dès lors ; que le réel acte le possible, qu’il y a une réalité parce que le possible est cela qui se réalise et que le réel se fonde sur lui-même, sur son altérité interne et sa profonde altérité interne afin de, se percevant, au travers de champs, d’ avancer encore et toujours plus loin.

Ou encore ; le possible est celui de la possibilité même, qui revenant sur, vers elle-même modifie ses conditions initiales. Modifie ses conditions initiales. Et donc re-devient.

Et ce qui re-vient se présente à nous comme dieu, la vérité, le sujet et le réel ; qui sont les modes d’interjonction par lesquels le réel re-prend la réalité ; et cette intervention est toujours un retour et pour mieux dire un grand re-tour, un nouveau tour à chaque fois qui déplie le pli initial. En reprenant la réalité, le monde humain, le réel la réinstalle à partir de plus originellement, ce qui veut dire non pas une mystérieuse surréalité mais antérieurement dans la structure ; au lieu de se constater selon les contenus de la structure intentionnelle on en vient, presque, à nommer cette structure comme telle ; il existe une intention (absolue et formelle, dieu), une intentionnalisation possible (les idées et les systèmes), une structure effectivement réelle (le sujet), une surface donnée là et tout uniment (le réel).

C’est seulement largement ensuite, au 18éme, que l’on commencera de ne plus être en mesure de penser l’articulation (qu’elle soit dieu, la pensée, le sujet ou le réel) sans la traduire comme un simple donné là, une partie du monde, une composition ; ce qui est très bien dans beaucoup de cas mais non pas exclusivement, et surtout pas de cet écart qui se nomme philosophie, qui est la discipline qui se charge du hiatus qui se produit entre nous et le monde, au sortir des mondes holistes, particuliers, cycliques. De même que le sujet est transposé comme « moi » (la personnalisation succédant à l’humanisation généralisée du 18éme, selon les deux variations du désir libéral et du besoin communiste qui reste coincé alors dans la seule universalisation, alors que le libéralisme va se perdre dans les indéfinies diversités du désir, recherchant sa vérité mais ne la comprenant que selon la détermination du monde, du vécu ou du corps). Il est supposé et admis, ici, que la vérité n’est pas du tout de l’ordre du monde, mais se tient du Bord et ne reçoit de qualification que par et sans doute aussi pour (différence entre structure fonctionnelle et dimensionnelle) le dit Bord. Ou donc ; le moi ne peut rien sans son sujet. Qu’il ignore, méprise, renie, ne conçoit plus de quelque manière que ce soit.

Requérant, furieusement et puis ravagé, la jouissance de son être. Ce qui est absurde. En psychanalyse la jouissance est la perte de toute séparation et donc la mort, la destruction, la décomposition du moi, qui, lui, n’existe que scindé, et non dans la fusion, et c’est cette scission qu’il faut approfondir et non pas « remplir » de tout et n’importe quoi. Le moi est un équilibriste, dû à son bricolage (la synthèse plus ou moins hâtive qu’il a pu élaborer) entre l’identification (fantasmatique et s’approchant de la jouissance qui nie le plaisir et le moi, de sorte que les désirs fonctionnent comme temporisations entre la jouissance et le monde, les autres, autrui, le réel ; la jouissance est ce qui est intensément désiré, mais le plus loin possible, afin que les désirs inter-viennent) entre l’identification donc et la distance effrayante du monde, qui n’est pas humanisé, ni humain.

De sorte que le réel lui paraît insensé, absurde ; alors que l’on avance ici que le réel est infiniment structurel. Et le sens de ce qui est, est dépassé par le sens de l’exister, transformant, pour nous-même, la vie en existence.

Soit donc il ne faut pas s’attendre à ce que l’on parvienne à un résultat qui se tiendrait objectivement là, puisque c’est d’un « là » vertical ou structurel et non d’un être là donné, et qui engage notre attention au plus actuellement et activement ; c’est le je, le sujet qui ne peut pas être perçu mais qui-perçoit, qui doit s’organiser et non pas être organisé tout extérieurement. Son regard interne n’est pas intérieur mais projette notre être et son identité sur le plan absolument formel de la structure du réel. L’identité étant constituée imaginairement, raison pour laquelle Lacan se gaussait de la philosophie, du conscient et du moi ; Lacan traite les objectivités et la raison comme finalement ayant structure d’imaginaire, leur fondation psychologique est composée d’illusions, pour lui ; à quoi on a répondu qu’il se trompe en catégorisant notre être comme raison ou pensée ou conscient ou moi ; parce que nous ne sommes pas, mais que nous existons (c’est parce qu’il a lu Sartre qu’il voulut en prendre le contre-pied radical, soulevant véritablement le lièvre malséant du moi, mais oubliant le sujet, de qui se tient le moi, le sujet qui, pour lui, se retranchait des anciens rêves de notre humanisation ; Lacan est un négateur, un destructeur de l’universel, mais jouet à vrai dire de la ruse ; de la ruse non de la raison, mais celle du sujet, de l’intention qui perçoit toujours tel réel ou telle réalité sous la jointure d’un horizon… lequel ne rentre pas en lui-même, et qui n’apparaît que plus tard et plus loin, historiquement).

Le champ de la réalité est vraiment et est vraiment matériellement ou substantiellement effectivement, mais cette substantialité ou cette matérialité ou cette détermination n’est pas du tout en elle-même consistante (et lorsque l’on croit la saisir, en vérité ça se transforme en sable et dispersion, vibrations et vide plein de mouvements, les plis du Pli structurel, les effets de la cause, les contenus de la forme). Si la matérialité ou la substantialité sont, l’exister lui, existe. Il est le mouvement qui se manifeste comme vibrations, le réel comme manifestation, et ainsi comme réalité (ou réalités, puisque si l’on commence de déterminer on n’en finit plus de déterminer, la différenciation est, présupposément, indéfinie ou infinie ; ce qui ne nous bouleverse pas, puisque l’on a commencé de penser en terme d’infini d’infinités ; c’est ce que signifie que le réel est plus grand que lui-même ; la nature du réel, sa structure autrement dit, ne se circonscrit pas par ce terme « infini » mais par ces réels « présent », « exister », « conscience » ; et dit autrement par des effectivités bien réelles.

Ça n’est pas de l’ordre de « l’esprit », qui serait telle une seconde détermination dans la détermination (entrant en opposition, orientant vers un dualisme ou incompréhensiblement d’une autre nature, scindant l’essence, créant quantité de conflits entre une universalité abstraite et une matérialité obscure),

mais se dégagent deux formes structurelles ; le présent créant le champ de la réalité et l’arc de conscience créant des champs.

Rappelons que la « conscience » est « cela qui a rapport à soi » et donc qui n’est pas (ce qui est, est l’ensemble de détermination que cela est, son programme est son inscription) ; ce qui « a » (ceci ou cela) n’est pas (ceci ou cela). Être ce sont les choses et les êtres, vivants ; avoir est de la conscience, qui n’est rien, mais a rapport à ; la conscience est le rapport qui engendre quantités de rapports et n’est aucun de ces rapports en particulier (lui rendant possible de dérouler tous les rapports perçus, imaginés, désirés, décidés, pensés).

De là que nous sommes, soumis à l’arc de conscience, emplis de quantités de rapports ; c’est ce que signifiait « accélération du rapport » par la conscience. Alors qu’évidemment les rapports qui produisent la réalité, les réalités, l’univers, les mondes, sont déjà en eux-mêmes extrêmement complexes, et il ne s’agit pas somme toute de les mettre en concurrence, mais bien que l’arc de conscience est une seconde forme de complexité (de même que l’on peut et sans doute penser que déjà le vivant, qui est à lui-même son mouvement, et donc dans un milieu, que ce vivant donc est déjà encore une autre formulation du rapport). La forme de base de la réalité c’est ce que l’on a désigné comme étant la chora, le « lieu » de rencontre, neutre, indifférent, effectivement « là », le « là » lui-même, dit autrement qu’il y ait un « fait d’exister » ou un fait d’existence commun à tout. Et qui pris d’un autre biais est dénommé « acte ». L’agissement, ce qui meut et ce qui (se) meut, certes, mais qui précisément est cela même qui doit de son agissement se transformer.

De sorte que l’on peut transférer cette capacité vers dieu, la pensée et l’universel, le sujet et le réel. La pensée n’est nulle part stable et fixée ; elle se meut, comme tout le reste. Dit autrement elle se réforme ; constamment. Et ceci vaut pour les systèmes, l’esprit systématique mais oh combien encore pour la réflexivité qui à partir de Descartes étend le rayon de sa capacité et veut définir, situer, examiner, analyser, décider de son exister (du moment pur et brut de la suspension du cogito qui précède absolument toute pensée, toute représentation, tout imagination, tout désir, comme le montrera Sartre en instanciant l’arc de conscience hors de l’idéalité husserlienne, ce qui veut dire en imposera l’instanciation dans et par un corps et un regard).

On a vu que le réel est justement défini comme Possible et qu’il serait incomplet si il n’était que la réalisation du possible tel quel (ce serait une sorte de copié collé). Et qu’ainsi il est le possible non pas de tel ou tel ceci ou cela (ce qui serait quelconque) mais le possible de la possibilité ; soit donc la modification de la possibilité même et l’agrandissement continuel et continué de la Possibilité ; où donc la Possibilité est augmenté. Dieu atteint sa perfection fondamentale ; à savoir qu’il sera plus grand que lui-même ; on considère que ce qui ne comporte pas en lui-même la capacité de s’agrandir n’atteint pas la perfection, qui consiste donc en sa perfectibilité.

De même que l’universel est la mise en forme, à partir des réalités, toutes particulières ; mises en forme qui permettent non pas seulement de traduire en universalisations ces réalités particulières, mais qui autorise que l’universalité produit encore plus de réalités ; la réalité est ainsi par notre espèce augmentée d’un nombre de possibilités, à partir des sciences et des techniques, mais aussi une augmentation de la perception même ; lorsqu’une esthétique aboutit à une création alors la réalité telle qu’universalisée est ajoutée ; on ne percevra jamais dans le monde ce que Rembrandt nous rend accessible ; on ne rencontrera nulle part les éléments tels qu’ils furent et sont créés et utilisés ; nulle part n’existe l’acier ou le plastique ; l’universalisation est en soi non pas seulement la duplication de l’information dans une théorie (qui en rend compte) mais un moyen qui crée, produit, fabrique des réalités effectives.

Le problème théorique de l’universalité (les lois par exemple) est que l’on ignore si il s’agit des lois de fond de la réalité, non que celle-ci ou celle-là sera niée par une suivante qui viendra un jour, mais qu’elle sera com-prise dans une plus générale ; de même que les mathématiques traditionnelles sont englobées dans une théorie plus grande ; dont, en plus, on ne pourra pas prouver, apparemment l’axiomatique, qui restera postulée puisqu’il s’agit d’un ensemble de signes qui ont pour origine l’intentionnalité ; le nombre désignant lui-même un rapport, de même que toute opération, et que cette opération nombrée est une variante de cette autre sorte d’opération inimaginable qu’est l’arc de conscience ; soit donc que quelque réel ait un rapport à soi en tant que rapport et non comme identité de ceci ou cela. Il est impossible de chosifier, réifier, solidifier le nombre, mais pas plus les idées (qui aboutissent invariablement à un rapport ; l’être, le bien, la pensée de la pensée, le un, dieu, le sujet, et donc le réel), parce que rien n’est substantiellement, en consistance (qui sont seulement une imagination de l’arc de conscience qui se figure que cela « est ») et évidemment encore moins le moi et ses « objets » ; que l’on comprenne bien que l’être est, l’universel est, l’objet du désir est

et relève d’une intention qui, comme telle, se dépasse dans, vers, par son objet et objet en tant qu’il s’agit d’autrui, et qui relève d’autant plus le moi et son désir de ce qu’il est considéré et appréhendé et imaginé en tant qu’Autre justement, puisqu’alors le moi doit s’efforcer de dépasser son fantasme par le réalité, le fantasme faisant office d’appétence, si l’on peut dire ; le moi, son objet, autrui, la vérité, l’objectivité ou le réel s’étalent le long d’une dynamique et donc toutes les variations du rapport telles qu’elles sont possibles, telles que le moi en avant vers son sujet les intègre.

C’est bien le point sur lequel il faut revenir ; le point se déplace. Dieu, la pensée, le sujet ou le réel sont une seule trame, et manifeste la même structure ; soit donc selon la manière de comprendre l’intentionnalité non plus comme idéelle mais comme structure de rapport ; et de rapport parce que le réel tout entier devient, si le réel tout entier devient c’est la transcendance qui existe (quelle que soit sa désignation) et tout ce qui apparaît sont ses effets ; et à moins d’admettre que les effets iront se perdre dans la néantisation (progressive mais continuée, la dispersion qui n’a pas de fin, refroidissant tout ou déchirant la trame de l’univers) il faut supposer que les effets (la ou les réalités) s’utilisent afin de perfectionner la cause ; les effets immanents sont re-pliés vers la cause réelle ; l’être est fonction de l’exister.

De même la perfectibilité est appliquée à l’humain ; de la perfection idéale de toute communauté holiste ou cyclique à la perfectibilité de et dans une historicité et encore dans cette historicité du repérage qui expose les différentes gradations de perfectionnement interne à l’arc de conscience ; soit donc quelle qualité en cette intention qui vous anime, qui a pu animer les juifs ou les romains, les chrétiens ou les révolutionnaires ou les moi-mêmes du 20éme ?

Ainsi il est particulièrement clair que la mise à niveau de l’espèce humaine depuis le 18éme a connu une accélération fabuleuse ; que par ailleurs nous nous soyons grisés de nos réussites et que nous n’ayons pas su réguler est un autre problème. Parallèlement l’autre mise en forme de notre réalité humaine, soit donc la représentation, la mass et puis micro médiation, avait pour but, pour finalité de nous éduquer et fondamentalement de nous élever ; au spectacle de nous-même, la représentation généralisée, nous devions apprendre et décalquer, somme toute et pour le dire, notre corps par ces images.

Elles tenaient lieu de comportementalité globale, partagé, et s’immiscant au plus loin dans le regard, passant au travers des images, comme auparavant via les récits, les romans, investissant toute la « nature humaine », et bien plutôt inventant, créant une part de plus en plus conséquente de notre être ; Marilyn ré-invente la femme (elle est à la fois universelle et individualisée, c’est cette subjectivité qui traverse), Marlon l’homme (plus tout à fait homme, et pris dans des rôles trop étroits), Dean l’adolescence, le rock la sexualisation généralisée et surtout le corps, la pop envahit toute l’humanisation, etc, et ceci de manière tout à fait intégrée ; sans que cela soit « pensé » mais avant tout ressenti et perçu, de sorte que le risque d’une idolâtrie existe bel et bien, ainsi que du sacrifice du héros transformé en martyr, martyr désacralisé en quelque sorte.

Et ce fut non seulement l’homme ou la femme mais la totalité de la réalité qui fut recyclée, réinterprétée, re-présentée, une représentation totale du monde, du vécu, des corps et des relations qui fut produite, et souvent produite industriellement, et plus encore avec le déploiement sur la planète entière et le passage de la mass à la micro médiatisation ; lorsque l’on dit « totale » elle fut réellement totale.

Il n’est de la dite nature humaine qu’un ensemble de théorisations voire de délires qui morcellent ou écrase toute pensée cohérente qui prendrait sa source dans la structure ; Et c’est au moyen de ces marteaux théoriques destructeurs que l’on martèle les mois et qu’est produite industriellement leur « personnalisation », qui chaque fois manque son coup, de même que se concevant eux-mêmes comme des morceaux, ils recherchent la complétude, leur remplissage, leur autre-regard, ce qui ne se trouve nulle part dans le monde, pas plus dans leur vécu, identité ou corps.

S’opposent désir et objet(s) de désir, puisqu’ils n’y parviennent jamais, tout comme se confrontaient les réalités et la pensée, toutes deux déterminées ; mais « cela qui pense » n’est évidemment pas de l’ordre de la détermination, qui n’ne est que la manifestation ; ce qui se manifeste n’est pas telle pensée ou telle idée mais une intention, une perception, une vue de dieu, de l’universel (cad de la mise en forme intentionnelle qui est toujours universelle, reliant deux signes), du sujet ou du réel ; catégoriser cette structure est ce à quoi on s’emploie, et ce directement, sans en passer par des atermoiements, des moyens termes, des médiations, parce que soit l’on affronte directement la structure,soit on ment, ou raconte des histoires, de belles histoires, bien significatives et qui portent la structure intentionnelle, sans doute aucun, mais il n’est plus temps de patienter.

De même que l’on renverse la logioque existentielle ; plutôt que de s’ébaudir de la monumentalité de cet univers et d’en conclure que décidément nous ne sommes rien et que rien n’a de sens, on prétend ici que précisément plus gigantesque sera cette étendue in-finie, plus infini encore s’y déploie le sens, la signification, l’intention. À quoi servirait des milliards de milliards de milliards (etc) de réalités si c’était pour aboutir à … rien, du néant ?

Et plutôt que d’une réalité pire qu’absurde, idiote et imbécile (en quoi résulte le moi si il s’y abîme, aux deux sens), on préfère suivre la logique que l’on a reconnue à la fois selon la structure intentionnelle et du fait, manifestement surpuissant, que tout se déroule d’un présent, d’une activité, et donc d’une possibilité. Et qui plus est, redoublant, que cette possibilité étend elle-même et vise à étendre son propre champ (ce que l’on a nommé le possible de la possibilité) ; hors de quoi rien n’a effectivement de sens.

(ce qui veut dire que l’on catégorise l’être et que l’être est figé d’une manière ou d’une autre et n’explique en rien qu’il existe une réalité et que cette réalité soit d’un Fait Absolu ; l’exister)

Reste donc ceci ; que si la réalité ne se suffit pas et qu’un réel la redouble, ça n’est pas ou ne sera nullement sous la formulation d’un autre(même) monde (ni d’un donné, d’un corps ou d’une « vie »). ce qui ne servirait à rien du tout. Aussi est-on amené à approcher le mystère de l’indétermination (ce qui n’est pas du monde ou du moi est la forme, non déterminée, du monde ou du moi) ; que donc ce qui se rend réel véritablement c’est la forme et le mouvement. Donc ce qui émerge de la réalité est « de structure ».

Ce qui, dira-t-on, ne s’explicite pas en soi, sauf que c’est justement ce dont on dresse le portrait depuis le début. Selon le centre externe de ce qui est ; la réalité n'a pas de bord, sauf le présent. Qui est justement cela qui expose toute réalité.

Ce faisant une telle production du monde nouvellement humanisé et du vécu et du relationnel s’est coupée entièrement de tout ce qui le précédait ; subissant une réinterprétation massive et hyper pointue dans tous les domaines ; il s’agit du développement d’une civilisation totale reposant sur sa propre base et sa propre logique, incrustée jusqu’au détail de chacune de nos vies comme de nos organisations. Étant entendu que nous ne demandions pas mieux ; puisque tout cela alimente l’ensemble de toutes les vies individuelles, c’en est le contenu même ; nous possédons une vie personnelle au sens individualiste depuis les années soixante, depuis la démocratisation de la personnalisation (qui évidemment existait auparavant mais surtout réservée à quelques-uns, de par leur statut ou leur subjectivité, l’artiste, l’écrivain, l’originalité de quelque manière).

Pour chacun la réintroduction des équations structurelles dieu, la pensée, le sujet et puis le réel, implique un effort énorme et un détachement ou une bizarrerie ou une étrangeté du moi pour lui-même ; c’est celle-ci que l’on va retrouver avec les existentiels, qui découvrent que l’existence existe « ça existe » ; que l’être est ; que le là est « là » justement.

Et ceci puisque le moi est enfin la plus petite différenciation (le moi n’est plus une nation, ou un peuple, qui fait la révolution, ou un royaume, empire ou tribu, bref n’est plus un groupe ou une représentation ; il est tout-seul, de même que le christ crucifié est tout-seul, soit dit en passant). Aussi le moi est projeté nu, sans rien, sans couverture, face au donné, à l’obscurité « là » du réel qui s’impose d’autant plus qu’il est devenu cet univers hors de proportion, peut-être infini. Et de sa proximité à la nudité du donné tel que « là », il le désigne, le nomme est annonce que le réel Existe.

Ceci n’est pas exclusivement une originalité, puisque déjà le monde et l’humanité crucifie le christ, mais aussi Descartes plante le sujet tel quel comme un clou à la surface du monde donné, qu’il nomme « étendue ». c’est la première considération du donné selon le « là », si l’on excepte l’être des grecs ; mais qui adressaient cet être en tant qu’idée (serait-elle l’atome ou l’énergie, etc, il s’agissait d’une universalisation, raison pour laquelle la technique ne s’envisageait pas). Ici l’étendue est à ce point étrange qu’elle réclame sa mathématisation ; l’objectivité, l’objectivisation (comme procédé et processus) tire sa capacité de l’ontologie du «là », de la distinction d’un sujet et d’un objet (qui réclame son propre cadre, mais alors le sujet exige sa logique spécifique pareillement ; ce qui fut établi par Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan, etc, qui sont tous profondément attachés et engagés dans la définition du réel tel qu’il se joue, dans l’historicité par exemple, dans les sciences (Kant), dans la personnalité humaine (Lacan)).

Le face à face absolument cruel existentiel (le réel est tout à fait Autre, il n’obéit pas à la signification humaine, il faut envisager soit qu’il n’ait pas de sens, soit que le sens s’impose bien au-delà de notre réalité commune ou personnelle, que le sens soit un sur-sens, un sens in-fini, une surcapacité inimaginable et en elle-même absolument autre ; ce à quoi on s’attèle ici, de définir d’une part que le sur-sens obéit à bien plus qu’imaginairement, et que d’autre part cette altérité est telle parce que formellement elle est Autre, que donc l’altérité en question repose sur une modification formelle de l’arc de conscience tel qu’exigé par la formulation étrange du réel.

Étrangeté dont la plus totale est dénommée « présent » ; qu’il y ait un « présent » est l’étrangeté des étrangetés.

Voir les commentaires

Le centre externe

27 Février 2021, 09:02am

Publié par pascal doyelle

La question ; veut-on percevoir et éprouver et décider réellement tout ce qui est, tel que cela est, tel que cela nous est accessible, avant que de mourir ?

Et ce indépendamment d’affirmer que notre rayon de perception atteigne réellement cela même qui est, existe, parce que qu’est-ce que l’on en sait ?

On n’en sait rien, mais quand même on existe bien, là, tel quel, qui est difficilement explicable sans une hyperbole, une extrapolation, une poursuite de la logique qui s’instancie telle quelle.

Ou alors attendez les résultats des sciences, éventuels, hypothétiques et qui ne rentrent pas même dans leur programme initial. Ou encore cessez toute question et sacrifiez cette part de vous-même ; saut que ça n'est pas une partie mais la racine, la source, l'attachement lui-même.

On a vu pourquoi ; nous sommes un rapport (une pierre est cela qu’elle est, mais Pierre est ce qui fera de ce qu’il est, créant et se créant en tant que rapport à (soi) ou à soi si l’on préfère) et étant un rapport il est ouvert, ouverte comment (on commence d’y voir un peu) et sur quoi (on ne sait pas).

On suppose donc.

Mais l’inverse, ne pas se poser de questions, est intenable ; supprimer la question éteint le rapport lui-même et le remplace par un être, soit quelconque (une composition physico-chimique éventuelle, un conglomérat socio-culturel, etc), soit une entité imaginaire (la race, typiquement, l’identité de ceci ou cela, symboliquement parlant, homme ou femme par ex, ou même le moi qui croit qu’il est le moi qu’il se représente, alors qu’il est un rapport entraîné bien au-delà de ce lui-même).

Le rapport n’est pas un être, et on prétend ici que depuis le début (depuis le début) c’est justement le rapport qui est interrogé, examiné, analysé, visualisé, ciblé ; par dieu, l’universel - la vérité - la pensée, le christique - le sujet, le sujet- la révolution qui instaure un monde humanisé qui permet que se déploient des « mois », des personnalisations qui font suite à l’humanisation universelle (et ce jusqu’à ce que les mois oublient leur universalité au profit d’une sorte d’ego, quel qu’il soit).

Dieu, l’universel, le sujet, le réel sont des rapports ; puisque le réel existe selon la logique du possible, lequel est effectivement et réellement l’unité, et donc la non-unité, du monde, de ce qui est.

De là donc que l’on ne trouvera pas d’unité dans la réalité ; parce que l’unité est de structure (fonctionnelle ou dimensionnelle) et qu’elle consiste en un mouvement ; le présent est le représentant pour autant qu’on le constate, de ce mouvement ; tout est naît et se déroule à partir du présent qui pousse à être toutes les déterminations ; peut-être même existe-t-il une causalité effectuatrice dans le mouvement et sa manifestation ; il faudrait parvenir à remonter scientifiquement des déterminations à la génération des déterminations ; pourquoi par exemple un vivant tout au long de son évolution intègre-t-il à ce point son expérience ? Pourquoi le chat s’est-il perfectionné à ce point ? Comment la vie obtient-elle ses qualifications et comment l’expérience passe-t-elle dans l’adn ? Dans le système nerveux ? Il est, à notre sens, impossible que seule une sélection bio-chimique hasardeuse opère ; il existe un lien de perceptions et de mémorisation dans toute la détermination, même l’inerte et l’inorganique ; les choses ne sont pas des « choses » mais des champs en interaction avec tous les autres champs.

On abolit et abomine que la réalité relève de la causalité massive et froide et passive ; la réalité est auto-articulée (en plus d’être prise dans l’exister qui l’arc-ticule dans le présent, dont on ne sait pas « où » il va). Tout ce que l’on sait du vivant est identiquement instruit en tout donné ; la chora est le « lieu indéterminé » en lequel les choses se produisent au sens propre ; elles s’autoproduisent.

Bref.

Il se trouve qu’en plus il existe, au moins, un être dont le champ se place en interaction tout à fait autre ; selon non plus une mémorisation acquise mais par une auto-mémorisation dite en conscience ; ce qui est mémorisé s’intègre non pas dans des adn mais dans un ensemble de signes systématiques (un langage, une mise en forme culturelle, une acculturation, une historicité, une personnalisation, un relationnel, etc). Lequel champ nouveau est doué de cette spécificité ; qu’il se tient actuellement de son activité … dans le présent il instancie une performance d’accumulations et de modification potentielle in-finie ; un signe, serait-il dans un ensemble, se reproduit et se produit distinctement ; et comme il est non de lui-même (comme une mémoire intégrée une fois) mais de et dans l’activité de conscience, il se recrée dans le rapport sus-dit.

Hypothèse. De même l’univers est une auto-composition dont on ne peut supposer son ordonnance a priori, peut-être (sauf si l’on croit en dieu, mais même alors d’autres perspectives s’ouvrent, de comprendre ce qu’est son intention et comment il intentionnalise, dieu), et dont on doit supposer que cette ordonnance se Voit ; dit autrement les processus physiques interagissent et se crée une ouverture qui agit et réagit à son action ; comment en serait-il autrement ?

Supposer qu’il existerait un « ordre » antérieur à tout qui prédéterminerait l’univers ? Mais où se rencontrerait cet ordre ? Si cet ordre ne précède pas la réalité alors il est « dedans » ; la réalité s’autodétermine. Son intelligence consiste précisément à se percevoir et c’est pour cela qu’il y a quelque chose comme « la réalité » ; comme « cela qui se perçoit » et agit et réagit à sa propre perceptions (laquelle réalité existe toujours dans son altérisation continuelle, l’altérité ne peut pas cesser, et en ce sens là elle pense, elle compute, elle estime et oriente et reprend et redevient peut-être dans et par son auto-expérimentation).

De même si il faut réinterroger toute l’historicité c’est bien parce que les précédents (tous) n’étaient pas de imbéciles ou des idiots mais ont pointé très précisément les articulations de ce rapport face, dans, par, pour le réel (quel qu’il soit ; dieu, l’être, le un, le bien, le sujet, le donné « là » qui existe).

Si on croit encore que notre être dépend de tel contenu, alors effectivement les contenus varient. Mais il est tenu ici que notre être n’est pas un être, n’est pas déterminé mais jeu entre les déterminations, et que par conséquent il n’est pas mais existe ; ce qui permet de recomprendre ce qui eut lieu en tant que ce rapport s’anime ; se pointe, se repère, se balise, se dresse comme une carte et l’historicité en constitue la cartographie des tracés de ces trajets ; les consciences élaborent, inventent, créent des trajets, personnels, qui se formulent comme tracés à la surface du réel, qu’est le réel plus précisément ; et il y a une surface parce que le réel a pour principe le possible ; si le réel était l’être il serait un ordre et non un devenir.

Les trajets sont tous profondément investis ; et non accessibles si on n’entre pas en rapport justement ; si on considère que dieu, l’être, l’universel, le sujet sont de vieilles notions, passez votre chemin, de même si on ne les existe pas ; les Idées de Platon donnent réellement à voir le monde, qui autrement n’est qu’opinions, ou imaginations ; dieu est réellement l’Intention brute, que l’on croit ou non à l’existence de dieu, il se trouve que de toute manière cela a joué pour nous un rôle fondamental, initiateur, initialisant une autre-historicité, cad en fait l’historicité elle-même, et non plus un monde cyclique et holiste.

Chaque trajet est constitué de tracés, et donc pour ce rapport, que chaque conscience existe, constitué de signes. Les signes n’apparaissent que perçus, et nous sommes des enfants trop gâtés. Les autres, les anciens, les précédents étaient plongés dans le malheur et la difficulté, un mal de dent c’était une épreuve. On s’est habitué à considérer la facilité du monde, et la spontanéité (pour parler plus précisément) d’être soi, d’être ce moi-même et tous ses objets mais également tous ces signes, ces longues chaînes attirantes de signes qui nous imaginent être (quantité de ceci et de cela). Mais dès lors on ne sait plus s’immerger dans les structures antérieures, puisque celle de sujet libre a pris tout son ampleur, absolument réelle ; et étant libres il nous revient et ne peut que revenir à nous seuls de re-trouver les structures antérieures, puisque sinon nous nous conviendrons tellement de notre image et cette spontanéité, cette facilité d’être un moi, une vie, un vécu, ces rencontres et ces amours qui figurent notre « destin » ; quelle destinée ??

Dit autrement ; d’un premier point de vue on constate et tente d’expliciter ou d’expliquer ce qui eut lieu (depuis dieu, l’universel, le sujet et le réel), se bornant de poursuivre la logique et son historicité. En second point de vue on admet que cette explicitation est fonctionnelle et expose effectivement le mécanisme de l’arc de conscience dans un réel unique et exclusif, le présent. En troisième lieu on se convainc (tel quel) que cette fonctionnalité du réel est dimensionnelle ; que donc seul existe le présent et comme pourtour de tout ce qui est, de tout univers ; ou donc l’unité est autour de la réalité et non pas centrale, de sorte que ce qui arrive dans la réalité aboutit, se dirige, va vers le Bord qui entoure tout ce qui est. Le contenu (la réalité) modifie la forme (le réel).

Il serait à vrai dire bizarre que le fait même d’exister, le présent, ne soit qu’un vague effet (insituable) ; on présente ici que ce présent est l’acte lui-même, le grand rapport des rapports, le pli de l’ensemble de tous les plis qui constituent la réalité ; il n’y a pas lieu de séparer la cause de sa manifestation purique par ailleurs la manifestation remonte vers le Bord qui seul est l’unité, le centre extérieur.

Fonctionnalité ou dimensionnalité permettent d’étirer la logique de l’intentionnalité, mais également de percevoir quelque chose du réel, dans cette station fondamentalement étrange qu’un présent il y a (ou que la réalité devient).

Aussi revient-on constamment sur l’historicité, puisque l’on considère que les expériences passées sont des explorations de la même structure ; l’arc de conscience modifie les contenus mais aucun contenu ne transforme l’arc de conscience, qui est seul identique à lui-même (étant formel).

L’articulation (de l’arc de conscience) a toujours eu affaire avec l’absolu, et c’est peu à peu que l’on s’est avancé dans le cercle interne du réel ; lequel cercle, on l’a dit, est externe, autour de la réalité, du monde, du vécu. Au centre il n’y a rien ; il n’est que des déterminations plus ou moins, sans jamais parvenir à l’indétermination totale, à l’indistinction ; il y a toujours du distingué, des vibrations par exemple, parce que le réel est le mouvement et se perçoit dans la perspective du réel absolu, cad du Bord. L’être n’est que dans la vue de l’exister. Il n’y a pas de substrat indépendant de la vue à-venir, c’est l’à-venir qui vient vers le monde, et c’est donc nous-même qui venons vers nous-même.

De là l’étrange manipulation christique par exemple (mais cela s’entend aussi de l’universel de la pensée) ; c’est le point le plus éloigné qui est la vérité. Et ce contre toute intuition immédiate qui vous fait prendre pour vrai ce qui est réel et le réel sous l’auspice de la réalité donnée là ; et donc tout cela méritera d’être crucifié, mis à mort, dépouillé, nu. Tout cela n’est pas vous, n’est pas vous-même, l’exister c’est autre chose autrement. Par quoi on en déduira, un jour, que l’au-delà n’est pas un autre (même) monde (à quoi servirait-il?).

Rappelons que le but est de définir ou à tout le moins délimiter cela même qui se situe au Bord.

Soit donc l’extrémité du monde ou de ce qui est ; par quoi c’est ce bord qui oriente, fait être, existe la direction de la réalité par le réel (de cette réalité, le présent est la forme de ce qui est, et l’actualisation est la forme du moi, et auparavant de l’humain, lorsqu’il s’agissait de la régulation selon le groupe, la conscience et organisation collective, tribu, royaume, empire).

Il y a un Bord à la réalité, qui n’est perceptible nulle part dans le monde, le donné et qui est le présent ; le présent est le bord du monde, et tout autant de la vie, du vécu ; de même que l’arc de conscience consiste en une actualité qui dresse soudainement le champ intentionnel, par lequel nous existons pour nous-même (nous ne percevons pas seulement l’horizon, nous nous percevons à partir de l’horizon).

Dans cet extrémité, cet extrémisme du réel (dont le principe est le possible et qui donc se précipite dès l’abord au plus loin et au plus brutal et au plus difficile, sinon on ne voit pas pourquoi il existerait une existence, un réel ; sinon pour accomplir l’impossible, justement, et afin que le réel soit plus grand que lui-même), dans cet extrémisme nous voici jeté comme dans un à-venir infini.

Sauf que l’on meurt. Ce qui est évidemment contradictoire.

C’est que la forme de conscience est un rapport et qu’il ne peut pas imaginer, envisager que ce rapport cesse. Il se nierait lui-même intégralement.

répétons ; peu importe le choix élu (que le monde ait un sens et que le présent soit dimensionnel, ou que le monde n’en ait pas, et soit idiot, parce que dans ce dernier cas la logique qui préside à l’accomplissement de cela qui existe se pose ainsi ; soit vous entendez éprouver intégralement tout le possible, soit vous vous admettez le donné immédiat (sans plus d’interrogation, sinon à l’intérieur de cet acquis, qui n’est nullement négligeable mais qui n’élève pas outre mesure votre propre actualisation ; Pierre est content d’être Pierre, voila tout).

Il s‘agit donc de parcourir au plus loin possible ou au plus concret possible ; on estime que dieu, l’universel, le sujet ou le réel se déplacent vitesse grand V du plus lointain au plus concret. Dieu, l’universel, le sujet ou le réel permettent de percevoir plus et de mieux saisir notre intention ; on ne peut pas mieux que d’amener vers la précision de la perception (et cela consiste à ajouter des signes) et de l’intention (ce qui veut dire définir ce que l’on veut vraiment, instruire la vérité jusque dans cela que l’on oriente).

Deux remarques ; si on doit ajouter des signes (au langage commun) il faut puiser dans non plus l’expérience ou l’accumulation d’expériences collectivisées qui sont de fait systématisées), mais dans la perception sans a priori et même originale, originelle, voire même énervée, excèdée, hystérique, sortie des gonds, de chacun. En ceci nous n’avons accès au monde donné là que via cette incertitude du sujet (dieu et les prophètes, la pensée et les philosophes et chacun son système original, les œuvres, le sujet, etc).

Deuxièmement, on ne peut pas compter sur la « volonté » (je fais le mal que je ne veux pas et ne fais pas le bien que je veux) mais il s’agit de motiver ou sur-motiver le conscient par ruse ou par conviction, de telle sorte que le conscient puisse atteindre l’arc de conscience lequel est calé sur le corps, sur la perception du corps vu du dehors à partir de l’autre conscience, ce qui veut dire l’Autre-conscience, la conscience en tant qu’autre (autre que tout, puisqu’elle est un rapport et que au moins un bout est échappé) ; ce qui serait très difficile sans l’expérience qui précisément nous montre que la réalité « ça n’est pas ça », ça n’est pas ce que l’on veut, ce que l’on veut ressort d’une autre logique et on est bien incapable de discerner en quoi et comment. Or donc c’est justement cela même qui doit être appréhendé depuis le début, depuis que l’on se demande ce que veut dieu, ce que la pensée organise, ce que le christique nous expose, ce que Descartes et suivants poursuivent, dans leurs analyses.

Le christique interroge au-delà du bien et vers ce qui prélude au bien ; de même qu’il n’attaque pas directement la volonté et le conscient mais la motivation (à exister). La philosophie aimerait substituer à la volonté velléitaire une connaissance, mais il existe exclusivement un savoir ; déjà, lire de la philosophie implique vous ayez déjà compris ; il ne s’agit jamais d’un positionnement moral, mais, dans ce registre, de la fondation de la morale, et donc c’est d’ontologie dont il est question. Notre être n’est pas stable et ne trouvera jamais dans le donné de quoi se satisfaire, mettre le doigt sur le hiatus, le différentiel, l’écart entre nous et tout le reste, veut dire que ce sera également entre nous et n’importe quel « nous-même » ; que nous ne soyons pas cela que nous sommes, introduit la capacité et la perspective de l’Autre.

Autant dire que se désigne par là que l’arc de conscience est un rapport qui ne « contrôle » pas l’autre bout ; une conscience ne sait jamais exactement qui regarde, ni même ce qui est vu. C’est le problème de l’intentionnalité qui perçoit ceci qui est signifié mais toute signification est sur fond de son horizon ; cad sur un déroulé de signes. Ça n’est pas seulement que ce déroulé soit celui commun, du langage ou de la représentation, c’est aussi que tout signe placé en avant génère son propre horizon ; au point même de n’obtenir de sens que de cet horizon. Le champ est structurellement mouvant. Et d’horizon en horizon on passe au moi lui-même, à sa condition sociale, à son milieu, bien sur, mais surtout à son donné vécu, à son passé, oui encore mais également et peut-être surtout à ce qu’il veut signifier, à l’horizon temporel de ce qu’il envisage comme sa destination, sa logique propre, son activité ou sa passivité et comment tout le mécanisme de son réel est bel et bien effectif et affecte son corps, son corps vivant. Il existe une boucle, un bouclage qui ne se termine jamais et positionne le corps, ce qui veut dire sa jouissance en psychanalyse.

C’est que si l’on existe comme rapport il faut bien que chacun se fixe sur son corps, selon une implantation tout à fait extérieure mais une extériorité qui ne peut être reprise, recousue, réécrite, qui s’écrira sans cesse tout au long de la vie (et lorsqu’elle se fige, elle devient invivable). Le corps en est soulevé dans un horizon. Pourquoi ? Parce que le rapport ne détient qu’une partie du rapport qu’il existe ; l’autre partie est en plus, l’autre part échappe et vient de son extériorité (sinon il ne s’articulerait pas dans le réel, dans la position du réel et incapable de saisir les signes dans leur altérité, il ne parlerait pas). Que le corps soit pris dans le regard externe (un peu mais pas trop, ce qui veut dire que le moi puisse résister à ce regard et acquérir le sien en sa part) permet que l’on puisse parler, signifier, et donc désirer, décider, élaborer un projet propre.

Mais cette articulation désarticule le corps, l’identité, le regard ; on ne peut plus se ressentir comme un vivant ; et on passe difficilement du vivant à l’existant (seul le christique peut se le permettre puisque lui a tout créé, sauf que si c’est par lui que tout fut créé, c’est le père qui influe, qui crée et sans qui rien ne serait, comme quoi la distance interne au rapport est in-finie).

On peut faire semblant mais on sait que non ; nous ne sommes pas. Cessant d’être, ce corps, on devient le signe du corps qui étant signe n’est pas du tout corps ; rendant possible que défile toutes les quantités de signes, de mots, de phrases et de capacité d’organiser du dehors. Il suffira alors d’au moins un signe pour échapper à la claudication du corps signifié (qui n’est plus de l’ordre du signifiant et qui donc happe les signes en définitive, dans le corps doté de sa propre inertie, de vivant mais qui est un poids pour les signes tels quels, et même si entre-temps, entre le début de sortie du corps par le regard et l’absorption dans l’état de corps, mort, on peut signifier, comme un moi, plus ou moins coincé ou allégé) ; d’au moins un signe donc pour recréer inversement l’extériorité ; dieu, la pensée, le sujet, la révolution, les domaines (esthétiques, etc), les œuvres permettent de détacher (selon un plus ou moins, puisque rien n’est figé) le regard en dehors de l’extériorité ; de détacher le regard mais momentanément ; il faut sans cesse relancer l’embrayage de l’altérité ; aussi que ce soit l’esthétique, la politique, la pensée, dieu il est impératif de re-vouloir, de réinscrire l’intentionnalisation spécifique et libératrice dans le corps, et ceci sans sombrer dans le subjectif (qui n’est qu’immédiateté) ou l’arbitraire qui ne supportent, ni l’un ni l’autre, le temps, la temporalité ; dans la temporalité seul ce qui est organisé (et donc réel dans le réel, dans l’effectivité) dure ; ce qui dure (et supporte le temps) c’est l’organisé.

Si l’arc de conscience n’est plus même signifié, si aucun signifiant n’y renvoie, disparaît la dimension mais également la fonction de structure.

Soit donc votre véritable intention (dieu, le christique, le sujet) ou la vérité (l’universel, la logique, la science, l’organisation de la vie, plutôt que la dispersion, ou de la société humaines, plutôt que la corruption, la décomposition), ou évidemment les différentes possibilités structurées, comme les esthétiques, éthiques.

 

Tout ceci, cette architecture de structures, est bien sûr noyé dans le déversement de déterminations, humaines, d’immédiatetés, d’objets (de production et d’objets de désir, qui contrairement au besoin communiste s’invente constamment), de signes et d’images qui prennent de fait l’apparence de monde. Mais c’est un monde artificiel et constructiviste ; il n’y a rien qui arrime l’arc de conscience au réel, sinon sa propre loi (celle de l’absolu, ailleurs, ou anciennement, pour nous, de dieu, de l’universel, du sujet et évidemment du réel même) ; et cette loi ne peut pas se rencontrer dans le donné, dans le monde (sinon autrefois les nécessités et les raretés, la dureté de la survie, ou de l’organisation sociétale stricte, qui devait se reproduire à l’identique sous peine de se perdre, de lâcher sa parole, ses échanges, son ordonnance transmise) ; ne se rencontrant pas dans le donné, elle ne rencontre pas d’opposition, organise un irréalisme généralisé, et réimagine constamment et se perd dans son labyrinthe.

Si elle ne suscite pas elle-même l’opposition à sa structure libre (ce qui se présentait autrefois dans l’externe de dieu, de la pensée, de la religion en général, du corps christique et de ce qu’il désigne dans le réel même, du sujet et de sa comparution devant lui-même « comme un autre ») elle se dissout dans ses contenus.

L’idée de soi du moi, le moi-même, s’oppose frontalement à son accès au sujet ; on interprète les absolues structures (y compris le plus simple universalité, la victoire en somme de la liberté anglo-saxonne à la liberté-égalité française, qui pourtant est le seul contrat social valide, puisqu’il assure à chacun un minimum du minimum et non l’abandon dans la faune sauvage de la rivalité), on les interprètes ramenées à la proportion, faiblardes, du moi, de la composition humaine, dissolvant lors même son objet prétendu, abolissant l’humain lui-même (sous l’influence des imaginaires allemands en particulier, qui n’ont jamais cessé de rêver l’absolu, de combler le manque au centre, de ne pas y admettre l’universel transparent ; ils ont, croient-ils, une identité, alors que les français ont l’identité oui mais universelle, c’est leur boulot, ils la produisent sans même le vouloir, savoir, comprendre, mais ils y arrivent). Le moi-même ne voit plus du tout qu’il ex-siste, il croit, dur comme fer, qu’il est, trompé en cela par son interprétation qui lui fait accroire « qu’il sera satisfait » et que cette satisfaction, véritable biais qui plie son intention et son attention, pèsera comme un corps réel (qui ne possède d’ontos qu’imaginaire et pas du tout réel) ; il n’a aucune appréhension, aperception autre que matérialiste, cad fantasmatique.

Le moi-même ne comprend plus, ne com-prend, plus-avec, autrement ni autre chose que la composition, la détermination (duquel il tient son « bonheur » parait-il, son rêve publicitaire, son m’as-tu-vu y compris, sa rivalité encore). Il n’y a, pour le moi-même, aucune porte de sortie ; il est coincé, comme un animal, puisque c’est à son corps, à la satisfaction de son corps (totalement perturbé et qui, en tant que simplement vivant animal, n’y comprend rien du tout et se dévore lui-même), à son corps qu’il se confie, qu’il a pu plier son intentionnalité vers le bas.

Abandonnée à elle-même l’intentionnalité ne rencontrera rien et doit se réguler de par soi. Elle alimentera au contraire la machine fantasmatique, l’addiction, la dépendance aux effets, ayant perdu de vue la cause, et donc n’agissant sur cette cause en elle-même ; or cela suppose ceci que la cause n’est vraiment cause que par et pour cette action sur elle-même ; or de cela elle est juste lâchée dans le monde, de même qu’elle éreinte chaque vécu, de chaque moi, d’une manière ou d’une autre. Elle épuise par le fantasmatique, l’image, la vie rêvée, l’objet magique, les désirs irrégulés, le naturalisme et le réalisme ; qui présupposant que notre être est un être et qu’il est du monde, trouvera dans ce monde la correspondance de ces volontés ou de ses désirs, et n’envisage jamais que la cause en nous est tellement puissante et hors monde, qu’elle peut très bien dévaster le monde, le donné, la réalité, la vie.

Or cependant et ayant vaincu, repoussé loin de nous cette attirance obnubilante du monde et de ses immédiatetés (de toute manière nous avons déjà tout vécu, tout entassé dans nos musées, tout écrit et tout dessiné, tout vécu et tout éprouvé, tout projeté et tout attendu du monde et de notre vie), ne reste que la structure ; cela par quoi l’arc du présent s’avance.

Le présent étant le contraire de l’impersistence, est donc ce par quoi la persistance/l’existence s’avance. Elle vient devant, de face, rigoureuse et inarrêtable.

Et ainsi puisque la vérité est le réel, que le réel est une forme, et que notre être n’est pas un être mais un arc, de structure, alors nous venons en face de nous-même. Le Bord est en avant, et ce qui n’est pas arrive, vient à exister. Et voilà que nous venons à la rencontre non de ce que nous serons mais de ce que nous pouvons (ici le devoir être est évidemment identique au pouvoir être).

On dit cela mais ça n’est pas tout à fait exact. Il se peut que l’on se trompe, s’égare, se perde. Mais le christique (qui est bien loin du rigorisme kantien, lequel déjà s’éloignait de la souplesse cartésienne) nous a fait comprendre que tout égarement est une capacité d’élévation ou de salvation, selon l’art et la manière de prendre ces erreurs ; et dépend de ce que l’on veut entendre. La durabilité dans le temps, dans la temporalité, soumise à la seule structure qui la surplombe ; celle du présent intentionnel, et au final du présent tout court, interne au temps lui-même.

De ce en quoi l’on croit d’une part et, en cette foi (dieu, l’universel, le sujet, la révolution qui fait office de réel ou le réel comme tel) de ‘comment’ l’on croit, ce qui veut dire avec quelle intensité ou quelle intégrité ; sachant que l’on n’est jamais totalement « honnête » puisque notre structure de rapport implique l’incertitude. Ce que toute identité (le moi-même, telle communauté, telle unité substantiellement conçue ou imaginée, puisque l’on a vu que l’être est uniquement une imagination, une substantialisation prêtée) ne peut que refuser lorsqu’elle n’en condamne l’aspect abstrait ou éthéré ou hypothétique ; le réel est abstrait, éthéré et hypothétique. C’est sa fonction ou sa dimension même. Et sachant que l’on ne peut pas vraiment vouloir selon la volonté idéalisée, mais qu’il est possible d’intentionnaliser, de guider, de discerner, de distinguer avec suffisamment de ruse et de dérouter notre intentionnalité qui tend à tomber dans ses contenus (qui s’imposent si immédiatement) afin qu’elle s’augmente, intensifie, concrétise sa structure intentionnelle comme telle ; la liberté est déjà toujours créatrice de contenus, de super-contenues (telle les vérités), et ne s’en vient pas sur le devant de la scène sans modifier le donné.

 

Si il vous faut défendre votre survie, votre liberté est réduite à rien, ou si on vous tient constamment dans la concurrence des libertés entre elles, mais non pas lorsque l’égalité vient aplanir la rivalité et la science, technique, pétrole ou acculturation en général permettent d’écarter la rareté et les nécessités. Et plus structurellement cet investissement de l’attention, cette intégrité de l’intention, non seulement sa pureté mais son caractère brut et la sorte d’unilatéralité qui n’entend pas plier, c’est celle qui sait intimement que, fondé sur le réel (soit donc le moins inconsistant qui soit, serait-il le mouvement même et justement parce qu’il est le mouvement), sait qu’il ne manquera pas ; de même que l’on ne peut sérieusement admettre la faillite de dieu, de la pensée, du christique ou du sujet ou de la révolution ; ce que Kant nommait principe et Hegel certitude interne du penser, qui ne peut pas sortir de son intériorité de savoir pour Hegel, même si il croit parfois que si. La volonté se laisse aller ici et là et la plupart du temps, mais pas le principe, pas la certitude.

La fausse indifférence

Ce qui se passe, ce qui arrive, ce qui est généralisé c’est le non questionnement ; si on se tient en dessous du questionnement, on évite le choix, la décision, l’angoisse, la possibilité même. Dès que l’on se pose la question, il faut répondre. Et s’engager dans le questionnement c’est un investissement dit formel ; qui met en jeu la structure, celle qui dispose de tout le reste (l’arc de conscience qui crée tous les champs en reprenant tout ce qui vient, l’absorbant et en en créant de nouveaux). Pareillement si l’on se ‘décide’, de l’insondable décision, pour la poésie c’est intégralement que l’arc qui surinvestit et choisit sa discipline, littéralement discipline, rigueur et intégrité (sinon on n’y parvient tout simplement pas ; le plus effort disponible ne vient pas si l’on ne s’y soumet pas).

Il faut constater que le christique voulut impliquer chacun, chacun, au plus loin, au plus haut, au plus élevé de lui-même. Et c’est ce qui se passe, réellement, dans le réel, on n’est pas une « conscience » sans exister ce rapport-même.

Il s’agit donc de la décision d’avant la décision, de la conviction d’avant la conviction, et au final (si on tente de synthétiser) de votre « véritable intention » ; celle qui se révèle tout au long et qui a transformé, possiblement votre vie en existence (ce dont rien ni personne ne peut juger, sinon vous-même, peut-être, ou le christique, au cas où). Votre intention véritable est cela qui vous permet de lire structurellement votre existence ; Rimbaud a lu sa vie comme une existence (et il n’a pas tenu très longtemps, puisque c’est très difficile d’imposer à un corps, un vivant, la structure qui, elle, n’est pas vivante selon la vie, ni d’un corps ; rappelons que vous avez un corps parce que vous ne l’êtes pas…)

Ou encore ; l’intention réelle est au centre mais le centre est le Bord (il faut suivre). Une unité centrale serait un concept séparé et non réel ; l’unité externe est elle le Bord tout à fait exact et précis ; soit donc le présent tel qu’ici même et maintenant.

Aussi cette extrapolation permet de comprendre que les trajets (dans le monde, la vie, le relationnel, les signes, les œuvres) créent les tracés, sur le Bord. Le Bord externe est la surface de la sphère. Que le centre soit exogène rend possible de comprendre pour quoi il y a une réalité, une vie, une pensée, un moi ou des mondes humains ; parce qu’ils créent le cercle externe (qui est le seul interne cohérent).

C’est pour cette raison que ce qui arrive, « ce qui arrive réellement » naît du bout du champ intentionnel (de conscience) ou au bout du champ existant (le présent) ; c’est ce qui est en-plus qui compte ; et cet en-plus ne s’acquiert que dans l’actualité, l’actualisation de l’exister.

Voir les commentaires

Le Bord aimanté

20 Février 2021, 09:16am

Publié par pascal doyelle

On dira d’abord que la technique, ici, est de reprendre le même afin de le déplier toujours identique et toujours autre. Puisque si le réel est un rapport, cad un mouvement, il est insituable ; il est ce par quoi on situe. Ce par quoi on situe le temps comme l’espace, les essences des choses ou l’identité des êtres, le caractère cyclique et sacré et holistique des mondes humains ou le devenir de ces mondes humains lorsque s’initie l’historicité, par le divin, dieu ou la pensée, puis leur actualisation absolue, christique, celle du sujet, celle de la révolution, celle de chaque un.

Ce par quoi existent les réalités et les sujets re-vient sans cesse et explore cela même qui constitue son essence qui n’en est pas une, à savoir sa possibilité.

Il faut comprendre que l’on ne revient jamais deux fois identique (à soi-même). Le revenir est toujours un re-venir. Le commencement qui commence ; l’indéfini ou infini commencement. Et ce afin que s’explorant plus avant le commencement soit toujours plus grand.

Revenez mille fois sur Rimbaud ou les évangiles ou sur Kant ou Nietzsche, et en vérité à chaque fois la porte, la possibilité, s’ouvre. La porte a toujours été déjà ouverte, et c’est seulement que vous ne le saviez pas. Et que vous l’oubliez, parce que l’ouverture ne se mémorise pas ; elle insiste en direct.

Si vous quittez le laps de la possibilité ouverte, ça disparaît. Vous avez déjà oublié. L'acte seul pré-voit et continue. 

Le seul présent

On décrit de la sorte un réel intégralement positif et ouvert sur lui-même et ce au sens propre et non figuré. Le réel est le présent qui déroule constamment la réalité.

S’il est fonctionnel, ce réel, alors il produit toutes les réalités.

S’il est dimensionnel, alors il re-produit, recycle, relance, reprend, ré-élabore constamment les réalités.

Et cela, dans les deux cas, signifie que le possible n’est jamais écrit.

Il peut, il sera, il a été toujours plus grand que lui-même. Il s’arc-boute contre sa propre petitesse. Parce que si tel n’était pas le cas, il n’existerait pas. Le réel est en lui-même et partout le possible. Et le possible déjà réalisé n’y suffit pas ; il faut que plus étendu encore il devienne. Aussi s’en prend-on au temps. Il n’y a pas de raison que le temps passe, de cette manière apparemment habituelle et constatée telle ; dit autrement le temps n’a pas de sens ; si il est tel quel (« qui passe ») il est idiot et idiot au sens de stupide. Donc le sens, la signification, le sens ou l’orientation, la direction du temps n’est pas celle que l’on croit (avec effroi ou résignation ou exubérance, on peut se réjouir de la multiplicité), mais autre. Le temps (en fait l'exister, le présent, l'actualisation) est vertical. Perpendiculaire, disait l'autre. C'est pour cela qu'il est désigné comme Dimension. C’est ce que veut dire que le présent, qui déroule toute réalité, est la structure absolue ; la structure non-finie.

Rappelons la bizarrerie, sinon l’étrangeté, et peut-être le mystère absolu ; si le mouvement est seul réel (et tout le reste effets), alors la réalité (cela qui est dans le réel, la détermination dans le présent) est seconde et n’existe pas ; elle est (en tant que déterminations finies, il est hors de question de prétendre que la réalité n’est pas, que l’être n’est pas ; c’est bien plutôt qu’il existe bien plus grand que l’être) ; l’être est mais il n’existe pas. La stabilité (l’être) est relatif au mouvement brut et pur (le réel, le présent). C’est en ce sens que l’on a dit que le présent est la colonne des réalités.

C’est cela même dont il faut décider.

Remarquons bien ; ce qui existe comme rapport, en sens inverse n’est pas. Il n’y a pas d’être du rapport. Le rapport fait défiler ou le permet quantité de réalités (et on a dit déjà qu’il est incommensurablement plus facile de manipuler des signes des réalités plutôt que les réalités elles-mêmes) mais le rapport est juste et rien qu’un rapport (les maths sont des rapports, comme tout langage).

Si le rapport n’est pas, alors il dépend de nous ; il dépend du rapport qui s’installe, qui s’instancie ; l’instanciation vient de là ; ça n’existe que parce que ça se veut (et ça se veut forcément, puisque vous êtes déjà la conscience que vous existez, sinon vous ne seriez pas, et encore moins ici). Il dépend de son auto création ou de sa propre motivation ; il doit choisir par, vers et pour lui-même. Le rapport est cela seul qui est « cause de soi » ; non pas qu’il crée son existence mais il crée sa capacité.

Ceci passant outre l’habituelle conception qui croit en son contenu ; qui croit que « la pensée » ou « l’esprit » sont en eux-mêmes quelque réel. Que le réel soit plus grand que la réalité ; ce qui permet de désigner, de pointer ce qu’autrefois on entendait par le dialogue fini-infini, ici ils désignent quelque réel ou quelque réalité effective ; les choses et le présent et non des abstractions ; des abstractions qui elles-mêmes n’ont de vérité qu’en tant que signifiant ces deux « objets » ; l’infini est le présent, l’exister est le présent ; le fini est la détermination, l’être est la particularité qui contient quantité d’universalités, qui se donnent, à nous et pour nous, comme universalisations, comme capacité, native, de signifier universellement ; ce qu’opère tout langage, dès sa nature même, puisque tout signe est un rapport et donc universalisant.

Dans les deux cas, cette forme externe est le réel même, ainsi que l’indiquent aussi bien Descartes que Kant, Hegel ou Sartre. Mais c’est également ce que donne le Un ou le Bien, et finalement l’être qui sont tout entièrement dans le débordement, la dépense, l’amplification du possible.

N’oublions pas qu’il y a la vue toute extérieure et inerte, la vue réaliste naturaliste rationaliste ou scientiste, qui va traduire dieu ou le un ou le sujet en objets (divers et variés ou en système mort composé) mais en vérité il n’existe que la vue du dedans, de l’intérieur de cette activité qui perçoit via l'être, le bien, le un, dieu, le sujet ou le réel.

Ou donc. Soit la conscience qui fait comme si elle n’existait pas (et que l’objet mort traduisait le donné et le « là » du donné, ce qui est absurde). Soit l’arc de conscience qui intègre l’activisme de la structure, qui existe l’intentionnalité et saisit que par là il en est saisi.

Dit autrement il est d’autant plus actif qu’il reçoit passivement son exister du dehors (tout est au-dehors mais il est un dehors plus grand qui supporte tous les autres ; le présent ou dieu ou le structurel ou le réel, etc)  ; recevoir passivement que l’on est saisi signifie saisi de dieu, de la vérité et la pensée, de la liberté entendue selon son exigence et non son pseudo arbitraire (c’est pour cela que la liberté conduit immanquablement vers la révolution, la pensée, dieu, le sujet ; on est déjà articulé au plus loin, au maximum, on saisit tout de suite ce que dieu ou le réel signifient même si on ne comprend ni l’un ni l’autre), le réel comme brut et autre, etc.

Ceci s’explique de ce qu’il ne produit pas arbitrairement tel contenu, mais de ce qu’il rend articulé un contenu-autre qui lui indique non pas ceci ou cela mais l’articulation même ; si on philosophe on doit s’astreindre à la vérité (sous les distinctives points absolus, l’être, le un, le théos, le logos, la raison, la loi ou la Loi) ; on ne peut pas ne pas inscrire la règle même (de l’intention) sans l’énoncer (ou alors on prétend n’importe quoi, on ne se réfère pas à une architecture ou une cohérence).

De même pour initier la subjectivité sont requis outre le christique, Saint Paul, le roman, les essais, les méditations, les œuvres, les esthétiques ; il ne s’agit nullement de l’immédiateté ; ce que le christique implique lorsqu’il soumet l’intention à sa question ; que veux-tu vraiment ? L’arc de conscience est un effort instantané, qui sait toujours déjà qu’il s’existe hein au-delà de quelque lui-même que ce soit.

Retenons que l’on existe toujours déjà à partir de très-loin, on ex-siste (il n’y a pas de conscience sans cette dureté ontologique, le tomber-amoureux du moi qui croit soudainement à un nœud de son bricolage). À partir d’une articulation très complexe et surtout ontologiquement signifiée (sinon on ne signifierait rien du tout, et il est très difficile de signifier, c’est un effort, et constant).

L’activisme insistant

Ce retour est constitutif ; les énoncés qui suivront n’auraient pas lieu d’être si la position initiale n’était actée ; ce ne sont pas des parties de monde que l’on découvre, ça n’est pas une « nature humaine », avant la révolution il n’y avait pas de révolution, et « révolution » est fondée sur la capacité de chaque un ; chaque un est renvoyé à lui-même et rien de ce qui en découlera n’existait auparavant. Évidemment chacun se précipite sur ses envies, ses désirs, ses entreprises, ses projets et ne voit plus que cela ; mais en vérité ce qui devait, aurait dû être épinglé c’est justement que cela même qui doit être vécu, ou dit autrement éprouvé, ça n’est pas la liberté comme moyen de n’importe quel ceci ou cela, mais la liberté elle-même telle quelle.

Si l’on se demande en quoi elle consiste il suffit de reprendre l’intégralité des exigences qui ont produit cette historicité, toute cette historicité ; et cesser, du même coup, de limiter la liberté comme faire-valoir de finalités immédiates en lesquelles s’absorbent nos consciences et par lesquelles notre moi, le pauvre, tente de surnager, en élisant quelques déterminations, au pif, bricolées, qui le dessinerait, être chiffonné ; mais il ne ressemble pas à grand-chose sans son sujet.

Le problème n’est pas de définir, à la liberté, un point de chute, déterminable, mais qu’elle soit en mesure de hiérarchiser. De Hiérarchiser cela même qui constitue notre réalité (la liberté est le réel, le seul réel, le pur mouvement). De hiérarchiser les intentionnalisations ; de sorte que l’on puisse commencer de se situer, sur la vague du mouvement ontologique et non de par ses résidus écumeux. C’est la hiérarchisation et donc l’organisation et ainsi la coordination (entre les consciences, si ne sont pas exprimées les finalités réelles elles seront encore moins, pour ainsi dire, partageables) annulent le possible ; cette fermeture rend possibles les finalités immédiates (celles qui satisfont le moi, le groupe limité, l’identité) mais rendent impossibles les organisations de stratégie.

Aussi se retrouve-t-on débordés de toutes parts en des quantités de faisceaux d’intentionnalisations, de projets, de désirs, d’envies qui, se présupposant « naturels » et donnés tels quels, se croient totalement légitimés et même réalisables spontanément dans le monde, le vécu ou le corps ; il ne vient pas du tout à l’esprit d’un moi qu’il ne se réalisera jamais. Il faut qu’il rencontre la dureté du mur du réel pour sans cesse recommencer de désirer ailleurs et avec variations, mais de désirer. Cette infantilisation manifeste l’impossibilité de saisir l’ensemble et impose la seule régulation minimaliste, celle du plus simple à gérer, plus facile à négocier, plus rapidement perçu et ayant effectivement un effet sur le corps (comme toute addiction, qui tombe toujours dans le monde, qui, lui, est destiné à disparaître). Au lieu que l’organisation de l’intentionnel réclame d’y comprendre, de se percevoir ontologiquement ou historiquement ou religieusement si l’on préfère ou esthétiquement etc (bref tout cela que l’on a créé afin de s’y retrouver).

De même quant aux maîtres du soupçon (de ceux, des philosophies qui sous-entendent ou affirment le plein du monde donné et le vide, l’abstraction, l’illusion de la conscience) qui font bien de pointer les nécessités, causalités, systèmes du monde donné, mais qui ne parviennent pas à appuyer sur le vrai mouvement de structure ; il y eut révolution pour quantité de raisons et de causes (physiques, économiques, chimiques, etc) mais il y eut révolution afin que la liberté devienne une possibilité dans le monde (et non plus assignée à un ordre ou une hiérarchie de castes, ou un ancien monde ou une église) ; lors même qu’effectivement ce mouvement n’a vraiment profité qu’à quelques-uns, économiquement, mais qui fut profitable à beaucoup dans quantité d’autres domaines, et de réalisations, culturelles évidemment mais aussi personnelles, relationnelles, individuelles, d’associations, de classes, de libérations et de révoltes (qui étaient inimaginables dans l’ancien monde, qui n’étaient pas même pensables) ; c’est l’invraisemblable potentialité de développement qui aspire les découvertes, attire et provoque les inventions, les projets (et donc aussi les entreprises au sens propre). Chaque individu est vide, si il n’y prend pas garde, et il faut le remplir ; et ils ne demandent que cela, ils s’y précipitent, ils meublent leur corps en l’imaginant comme étant leur âme. Le roman, le cinéma, et tout le reste se prennent pour leur âme (en quantité de formules dégradées qui ne réclament d’y comprendre universellement ou historiquement ou divinement quoi que ce soit).

On sait que l’on n’y retrouvera pas la structure de conscience. Qu’au contraire on n’éprouve une œuvre que si on admet la distance. C’est pour cela que comprendre Rimbaud ou Proust ou Céline est difficile, ou si l’on préfère impossible ; ils parlent à partir d’un point-autre. On saisit toujours à partir de ce point, sauf qu’il est plus ou moins manifesté, signifié ; et si il est signifié, ce point autre, alors l’œuvre est non évidente. Et si on croit comprendre une œuvre, c’est que l’on ne comprend pas. On ne la comprend pas comme distance in-finie ; on a dit que l’on ne comprenait pas le christique, et on ignore de où parle Rimbaud, et on ne saisit pas le point que délimite Descartes (avec tous ses paramètres qui nous éjectent sans cesse hors du point).

On ne sait pas où conduit la structure du réel, mais on sait que l’on perçoit (ouvre un, des champs de perceptions et d’expressions et d’invention) à partir de la dite structure. On comprend aussi que l’enjeu tient à cette question ; s’il se produit quelque chose, ce quelque chose est-il destiné à disparaître dans le néant ou plus précisément la dispersion indéfinie, qui des étoiles mortes ne retiendra plus aucune mémoire ?

Si on suit les œuvres, qui gardent traces, elles, des parcours, des trajets et gardent au-dedans le point d’origine, on n’en sait pas plus, on ne connaît pas le dit point, mais on l’existe, on commence de l’exister ; on sent bien (de tout son corps parce qu’il l’a écrit avec son corps adolescent) que Rimbaud nous projette avant, ou après, d’une part la vie de Rimbaud et d’autre part l’histoire de la France (gaulois, dit-il, l’ensemble étant tourné et pas tourné du tout en dérision, littéralement tout y est dé-mesuré). Et entre les deux, de tout le reste. Le plus lointain passé, l’antique bible, l’enfer, les illuminations de l’après déluge, d’après la fin des temps, les court-circuits du temps. Pourquoi Kafka met-il en scène ‘celui qui est jugé’ et qui ne parvient pas du tout à comprendre, et ce avec une insouciance immature, que justement il sera jugé ?

Le point de compréhension recule parce que c’est justement ce repli qui est seul en cause ; c’est cela qu’il faut non pas résoudre, mais il est requis, appelé que le pion doit être avancé, et dessinée la partie. Aucune n’est écrite ; parce qu’aucun je ne rentre dans sa vie donnée ; il n’y est jamais quoi que ce soit qui manifeste l’intention que l’on a voulue ; où existe-t-elle ?

Se déplace tout à coup Descartes, d’un pas de côté ; ce qui est là-maintenant, est, en soi, réel. Un en-soi dont il faut rendre compte (indépendamment de dieu). Et à tout le moins le sujet existe réellement ici même et se tient de par soi ; même si dieu nous crée, il nous crée libres, ce qui veut dire relatif à nous-même, et pas seulement relatif à lui ; mais être relatif à soi-même c’est ne plus être relatif… mais absolu ; comment rendre compte, prendre en compte, penser cette indépendance ?

L’en-soi de notre être c’est bien ce qu’interroge Sartre ; il est obligé de supposer un « truc » tel que le « pour-soi » pour montrer qu’il existe deux sortes de problématiques ; se condamnant de ce fait à dualiser le réel. Il réserve le mouvement exclusivement (et absolument) au pour-soi (qui est pure néantisation). Or donc la résolution réelle, effective c’est d’admettre et de penser le mouvement (en redéfinissant sa nature même) comme total et constitutif et finalité ; le mouvement n’est pas ce qui arrive à quelque chose, mais le quelque chose est par le mouvement (dont la nature, l’essence, la structure est cela même en jeu) ; aussi du néant à la structure-sujet, on ne peut pas même dire qu’ils apparaissent dans le même temps, en une seule fois, parce qu’ils « n’apparaissent pas » ; il n’y a que cela ; le mouvement du néant vers la possibilité, rien qui précède, rien qui suit puisque tout le possible est réaliser ‘dedans’. On y reviendra, parce que cela revient à interroger l’intention que l’on a, que l’on existe (et que l’on n’est pas), et dont on a dit que l’on ignorait « où » elle existait.

Remarque donc ; le christique (qui initie tout, toute cette méta-structure) oriente vers cette intention, à partir de son point tellement autre que l’on se demande (comme cela a pu être possible).

En vérité Descartes pousse très loin la logique ontologique, et la rend, enfin, accessible et plus qu’immédiate ; il la produit sur la scène (du réel) comme instantanée. Le cogito est élevé comme fonctionnel (Kant) et dimensionnel (Descartes, Kant, Hegel, qui comprendra bien que le christianisme est la religion absolue, que faire d’autre une fois que dieu s’est incarné et mort en croix ?). Descartes impose la logique christique absolument et, enfin, il en crée la conclusion tout à fait réelle ; le christ nous remet les clefs du royaume (qui dépend de nous dans la communauté des croyants, ce qui veut dire, prenons-y garde, communauté ‘en esprit’ qui est le troisième de la trinité, tout est placé, ainsi, très exactement et revient à ce qui se réalisera dans l’histoire ; liberté (Descartes) égalité (christique) fraternité.

Mais intensité qui se continuera dans ce maelstrom de réalisation humaine ; l’universelle révolution humaniste est aussi la révolution personnaliste qui viendra (qui pour nous « est venue »). Le chiasme de l’incarnation est la nature difficile et paradoxale de tout « moi » qui est un sujet (et qui un moi parce qu’il est, qu’il le sache ou non, un sujet).

Il y a irruption sur la scène de la pensée (qui tablait sur la pensabilité, l’universalisation) de l’existence qui soudainement dépasse le penser, et situe, donc, le sujet sur un autre-plan ; le plan du monde donné là (l’étendue pour Descartes, qui deviendra la phénoménalité de Kant, l’histoire de Hegel, l’univers des sciences et l’existence existentialiste, soit donc le réel, massif, des réalités).

Ou donc ; si il apparaît que Descartes introduit le je, qui se tient lui-même (et donc n’est pas tenu par la pensée), alors le donné « là », la réalité, prend toute son importance et ce jusqu’à s’imposer comme ‘réel’ hors de la pensée, hors du sens d’abord (le donné là est absurdement là et possiblement idiot) et hors de « nous », hors de notre acte, activité de conscience ; n’existe-t-il aucun lien entre le réel donné là et l’arc de conscience ; on dit que si, effectivement, il existe un lien et ce lien est le présent comme activisme.

Le sujet cartésien exigeant de toute manière l’inquiétude totale du je. L’inquiétude originelle et ontologique ; le réel ne sait pas où il va, mais il se pré-voit, puisqu’il n’existe aucun programme antérieur à l’articulation de toutes les réalités dans et par le présent. Le je cartésien, ayant de toute façon repoussé toutes les facultés et les performativités de notre être, n’est nulle part ; il dé-couvre cela même à partir de quoi tout le reste paraît.

L’os. L’ontos. Qui est mouvement.

À partir de Descartes l’être n’est plus imaginé (qui se lovait dans le connaître de la pensée, comme creux non pensable, le Bien, le Un, l’Être lui-même, etc). Et donc il doit être pensé, mais avec une autre sorte de pensée ; on pourrait dire que la pensée grecque découvre et dé-couvre le « là » (qu’il y ait un monde, et par ex qu’il soit un seul, et non une multitude de mondes humains inventifs) mais que Descartes dé-couvre qu’il existe un ici-même ; il se retourne (ce que personne n’avait prévu) et se-voit. Mais il ne peut pas se voir, et donc il se déduit lui-même ; il faut bien qu’il y ait quelqu’un, quelque un, pour qu’il se retourne. Et ce faisant, donc, il fait re-tour, un nouveau tour. Une plus grande spirale.

Hegel dira que par Descartes la pensée est enfin « sujet ». Curieux embarras pour Hegel parce que l’horizon sur lequel il pense toutes les distinctions (de manière absolument magistrale) qui eurent lieu (dans ces deux phénoménologies, on tient en effet le savoir absolu non pour un savoir mais pour une phénoménologie, tout comme le devenir de la conscience) cet horizon donc est l’universel (tel qu’il se pose, se contre-dit et ensuite se sait en re-posant à nouveau sous un nouvel horizon ; il faut un supposé horizon (qui n’apparaît forcément) pour installer des objets). Hegel est fondamentalement pour et par la liberté, mais elle est pur mouvement (négativité, vide, formel) ; ce pur mouvement n’a pas d’attache, pas de réel existant vraiment, l’esprit est l’esprit et il veut seulement exister dans son seul mouvement ; il n’y a pas de miroir mais exclusivement une image, cad une idée ; rien ni personne n’utilise l’idée, c’est l’idée, l’universel, qui utilise tout le reste. Ce qui peut sembler un peu fou, mais c’est l’idéal de la pensée, la transparence, et que rien ne résiste à la perception telle que perfectionnée par la pensée (sans quoi nous nous enfonçons plus ou moins dans l’immédiateté, ce que la médiateté du penser repousse, jusqu’à proposer sa propre totale médiateté).

Il apparaît ainsi que si sujet il y a, alors il récupère la mise ; de toute façon on ne voit pas ce que la pensée restreinte à elle seule, peut vraiment apporter ; la complétude qu’elle paraît supposer, et installer en nous, est illusoire ; on imagine l’être, ou le Bien ou le Un, on ne le pense pas ; la « substance » (qui est l’ancien sujet pour ainsi dire) est extérieure au je. Le je serait alors destiné à l’effacer dans l’universel (de quelque manière qu’on le tourne).

Or nous prenons ici le contre-pied absolu, cad christique ; si le je n’est pas intégré, alors la vérité n’est pas atteinte ; une universalité sans sujet est incomplète. Bien sur que le sujet soit intégré rend beaucoup plus difficile de penser ; qui n’a plus le support (la substance) pour analyser les qualités, les catégories, la systématique. De par le sujet on passe par-dessus ; depuis Descartes on passe nommément par-dessus, on a besoin d’une matière, d’une perception (puisque l’on se dirige vers l’au-delà du monde, au-delà de la limite kantienne de la phénoménalité ; ce qui était le but explicite de Kant) et cette perception de l’invisible, de la forme qui entoure la manifestation, l’apparaître, la détermination, soit donc cette forme indéterminée consiste à intuitionner cela même qui constitue son vide, son caractère formel.

On estime ici que la forme de l’arc de conscience constitue la forme invisible de notre être (il n’y a aucun être, aucune essence humaine qui n’apparaisse pas dans un champ intentionnel, vous avez un corps parce que vous ne l’êtes pas), et que la forme du présent est l’articulation seule qui existe qui précède absolument toutes les réalités. Il y a un Bord de l’univers, qui ne se situe pas au bord mais « au-dedans » en tant que le présent est le Bord de toute la réalité.

On a dit (précédemment) que le Bord n’est pas le centre unifié qui rayonne et cause les effets que seraient les choses et les êtres, les individus et les pensées, mais que le Bord est externe ; et que les réalités sont internes à ce Bord externe ; de sorte que ce qui se déroule au-dedans se dirige vers son écriture sur le Bord externe et qu’ainsi le Bord re-vient constamment dans son espace interne.

Ce qu’il faut impérativement s’incorporer c’est que le réel n’est pas massif et dense mais externe et à la limite externe ; l’arc de conscience se réalise actuellement dans un champ effectivement existant (il n’y a pas une « essence » de Pierre ou de Catherine mais c’est ce qu’ils feront de ce qu’ils sont et c’est ce qu’ils existeront qui comptera).

Ce qui compte, au final, de par le choix du sujet, de l’individualité, du non effacement du je dans une indistinction (ce qui serait le contraire de tout ce qui se montre, se perçoit, s’imagine ou se désire, on y recherche la distinction au contraire) c’est l’affrontement à la brutalité. Le réel est immensément brutal. Si on préfère croire que tout cet univers est seulement un gaspillage non seulement absurde mais idiot, stupide, alors il n’existe à vrai dire que cette brutalité sans rémission (le tout aboutissant au néant glacial de la fin des temps, sans plus aucun soleil vivace).

Et il ne faut pas entendre « présent » comme impersistence. Le dit présent n’est pas le présent coincé entre le passé et le futur. On considère ici que la véritable perspective qui fait-voir et montre la réalité est le présent ; le présent qui est l’exister. Brut.

Le présent qui est l’exister tient dans sa vue, dans sa perception, les réalités, y compris passées et futures. On croit savoir qu’il n’existe pas de borne à l’univers (que celui-ci soit infini ou qu’il soit sphérique, la ligne d’horizon reculant de fait) ; sauf le présent. Le présent est en chaque point, pour ainsi dire, la borne, le Bord de l’univers, de tout ce qui est, fut ou sera.

L’univers a un Bord et un « bout » au-delà duquel il n’y a rien, et ce Bout c’est le Bord et le Bord c’est le présent. Qui traverse toutes les couches. Et sans lequel rien ne serait.

Il n’existe, de quelque côté que l’on se tourne (et dans tous les sens possibles, extérieurs ou intérieurs) que le brutal mouvement. Rien n’est fixe et encore moins figé. L’être n’est pas, sauf dans et par l’exister. Et en ce cas l’être est vraiment cela qui est, sauf qu’il est pris dans le mouvement absolu (il est unique) ; de sorte que l’on a dit déjà que dieu, la pensée et l’universel, le sujet ou le réel sont des moyens de fixer momentanément le mouvement ; on ne sait pas ce que cela ou ceux-là signifient. Parce que le mouvement est précisément « en cours ».

Il n’y a pas un programme disions-nous parce que le programme est la structure elle-même. Le programme est l’exister, le présent qui actualise tout, et le programme est l’arc de conscience qui en lui-même ne comporte « rien ».

Et la brutalité du mouvement on ne saurait s’en satisfaire puisque à quoi servirait-il sinon de le perfectionner ? À quoi sert qu’il y ait un présent.

La structure du sujet ou la structure sujet (du réel qualifié tel afin de montrer qu’il est destinalement le possible-même) permet de visualiser en une fois toute la brutalité initiale jusqu’à la possibilité infinie de perfectionnement. Ce qui revient à donner sens, d’une part et d’autre part à remettre entre nos mains cela même qui apporte.

Qui augmente, qui intensifie, qui concrétise.

Soit donc les grecs, dieu et le christique, Descartes et la révolution.

On ne parvient à saisir ce mouvement que de sa nature de rapport ; le rapport n’est ni dans le début ni le terme mais dans le passage. Contrairement à Hegel qui n’y voyait rien sinon la dialectique (et qui consistait en des idées, formant un savoir) le dit passage est réel ; c’est un être spécifique, un être indéterminé. La performance de la réalité, de la nature, du donné est bien évidemment que cet arc est disposé par des déterminations ; l’arc de conscience se tient du lien entre les signes, et les perceptions traitées en tant que signes ; non par la magie du « signe » mais parce qu’il existe une conscience dont la nature même, l’essence, la structure est de relier. Dans le système vivant de la perception, s’impose un mini-système vide, formel qui attache perceptions et signes ; et qui, pourtant, ne quitte jamais l’horizon unique du donné tel que « là ».

Tournés vers le Bord. Bord du champ intentionnel, de perception et de réalité.

L’importance décisive d’un bord n’est pas seulement attenante au présent mais à la perception même, et qu’il existe un au-devant ; tout être, toute chose est assignée à un au-devant ; l’espace et le temps sont le dépliement de cet au-devant ; autre manière de dire que l’on ne peut pas imaginer une réalité sans un tel déploiement.

Et autre manière de dire que cette autre manière de soulever que si il existe un « au-delà » non seulement ce ne sera pas une copie du (même) monde (pourquoi reproduire le « même », doubler ce monde d’un autre monde), mais qu’il réalisera cet au-delà autre chose autrement dont les prémices. Pourquoi les prémices ? Parce que s’il s’agissait d’un au-delà déterminé (un autre monde) on pourrait imaginer ou concocter différentes sortes de déterminations, mais ici le réel, pour nous, n’est pas un donné, mais un mouvement, et ce caractère formel empêche qu’il en existe plusieurs ; on peut supposer diverses variations formelles (mais on n’en a aucune idée, avant dieu, l’être, le un, le sujet, le réel ont n’en possédait pas l’image, l’imagination, n’étant pas de l’ordre de l’imagination, de la composition, raison pour laquelle on a admis l’existence de la raison », « pensée »).

Et donc ça n’est pas un au-delà qui est ciblé, mais le déploiement du mouvement même ; soit donc de plus nettes distinctions ; dit autrement votre sujet sera plus distinct que votre moi… De par votre je (soit donc l’actualité, l’actualisation ici dans cette existence de votre je, qui n’existe qu’en acte et selon cet acte, et pas ‘en-soi’) le sujet sur-existera en suivant le même mouvement ; c’est bien pour cela que l’on ne comprend pas du tout que le je puisse « disparaître » dans l’absolu … ce serait totalement différent de toute l’expérience ici et maintenant, et ce par quoi sans doute on admettait jadis l’effacement du je dans l’absolu, mais en ne posant tout simplement que l’absolu, comme contenu contenant tout.

Or on s’est découvert comme existant. Le christique est l’existence de chacun (à partir du point autre au-delà de la mort par quoi se perçoit la vie en une fois). La société, l’humanité, l’humanisation s’est élaborée en ajoutant constamment de l’altérité, et chacun en tant qu’autre et un (chacun est un, et donc forcément autre). On peut bien regretter l’effacement du sujet dans, jadis, la béatitude, mais alors il faudra également abandonner toute l’humanisation, toute la représentation, les esthétiques, les éthiques, etc (qui autrefois étaient incluses dans le rituel ou ne manifestaient que l’absolu ; pour toutes ces plis dépliés ou non, voir Hegel qui raconte cela excellemment, comment la complexité se déplie et donc nous offre à chacun d’exister, bien que lui-même n’y voit pas le sujet mais l’universel).

On se rend donc au bout du Bord ; et ce bout c’est l’extrême à partir duquel (présent ou arc de conscience) il existe un monde, une réalité (ou une représentation comme champ intentionnel de perceptions signifiantes). Tout existe à partir du bout en tant que rétroaction. Le bout étire tous les champs. Ce qui vaut pour la réalité, l’univers comme nous le dénommons, mais aussi pour chacun ; chacun se voit à partir du Bout de son existence.

Et le problème, puisque tout, matérialité ou idées, s’effiloche constamment, est d’admettre que si le mouvement existe, alors n’existe que le mouvement. Soit donc le présent. Il existe une colonne de présent, et tout le reste lui est relatif. Il n’existe que l’attirance du Bord, tout au Bout.

 

Le présent non seulement n’est pas du tout l’impersistence, mais le présent insiste. Le présent, le temps en tant qu’exister est cela seul qui existe (tout le reste est). Le présent, et c’est pour cela que l’on tend à le définir comme dimensionnel, le présent re-vient. Il modèle la réalité et, si il est exact que le mouvement seul existe, alors toute réalité est relative à l’actualisation.

Ou dit autrement, sous forme de flash, tout est toujours intégralement (de A à Z, du moindre iota) continuellement actualisation.

Il n’existe que l’actualisation, laquelle est non-finie ; ce qui ne veut pas dire « infinie » ; l’infini est habituellement une donnée du monde ou du vécu qui est infinitisée (« ça dure longuement ») ; le non-fini correspond non pas à une grandeur (de temps, d’espace, etc) mais à une nature, un être, un réel spécifique. Une conscience est-elle finie ? Non. Est-elle infinie ? Non. Elle est un rapport qui n’est ni fini ni infini ; ou si l’on préfère on a imaginé l’infini de temps parce que l’on est un rapport qui n’est pas fini, et qui a nommé cette non-finité (qui ne tient ni dans son début ni dans son terme mais dans le mouvement) qui l’a nommé « infinité ».

Or, et c’est fondamental, ramener l’infinité à ce ‘rapport’ qu’est ‘conscience’ ça n’est pas le réduire… mais centrer le regard sur une structure absolument étrange (absolument cad formelle et dont la formalité est justement interrogée ) ; qui a commencé d’être aperçue comme telle depuis Husserl et repris par Sartre (si l’on excepte Heidegger qui se situe en vérité existentiellement). Dit autrement le rapport est plus grand que l’infini et le réel est précisément la possibilité brute, emplie d’infinis.

On est ainsi orienté non plus vers des notions, des concepts qui présupposent leur infinité (ou leur finité, dans le cas des sciences par ex) qui demeuraient métaphysiques, vers des faits réels donnés tels quels et quand bien même seraient-ils étranges ; l’acte de conscience, l’acte de présent (ou jadis l’acte de dieu, de l’universel grec, du christique, du sujet cartésien ou kantien ou de l’esprit hégélien, ou la Volonté nietzschéenne, l’Être de Heidegger, etc). Il existe un « être » spécifique nommé ‘conscience’, identique en tout sujet, qui dépend de sa capacité à se motiver.

Tant que vous n’actez pas votre conscience, vous n’existez pas. Mais puisque vous existez, vous avez toujours déjà actualisé votre conscience ; dans quel repli ? Rappelons que dans l’enfance nous sommes, chacun, dans-la-conscience-autre, qui prend évidemment celle d’autrui, des parents, mais qui en fait installe en chacun la conscience-autre avant qu’elle devienne mienne, lors de la traumatisante adolescence, mais actualisation qui reviendra instamment sur et par son propre réel. Nous sommes alors sous la forme-de, de la conscience-autre. Et se met en place le champ existentiel de chacun, mais comme il s’agit d’un rapport (de tous les rapports que l’on voudra) il n’est en lui pas d’immédiateté totalisant tout, mais des placements et des déplacements d’immédiatetés locales ; il reviendra toujours au champ actuel, dans son actualisation constante, de redéplacer ici et là. Et comme on a dit déjà ; dans un système, qui est plus ou moins systématique, ce qui compte ce ne sont pas les nécessités et les ensembles constitués mais ce qui dénote, ce qui s’ajoute, ce qui dérive et potentiellement ce qui s’imposera comme nouvel ensemble.

Or donc la finalité, en ceci, consiste sans l’ombre d’un doute à récupérer la grande stratégie qui s’existe depuis le début et qui s’est perdue dans les marécages historiques, non pas par trop d’activisme mais par imbécillité de l’énervement généralisé ; on a voulu tout, trop, n’importe quoi et n’importe comment.

C’est ainsi que l’on oriente le regard, en focalisant l’attention en, par et selon son actualité ; l’actualisation est le moment lors duquel une intention se fraie un chemin, s’étaye, s’élabore, invente ou crée.

La conversion

(vers dieu, le christique, la pensée, la révolution, la liberté ou la vérité, ou l’esthétique ou le poétique, qui vaut comme absolue pour le poète, qui s’instancie comme son point-autre, hors de laquelle attention, intention il n’est pas, et effectivement il n’est pas, il n’est plus ; il existe, il a saisi et donc été saisi de ce point, qui ne tient que de et par son activisme, qui lui fait, ensuite, cruellement défaut, l’articulation de conscience est une souffrance pour un être vivant, qui ne la supporte pas, et un manque effroyable pour elle-même lorsque s’est imprimé en ce corps la morsure indescriptible de la Possibilité ; religion, mystique, poésie ou pensée creusent infiniment le donné naturel là, soit donc ce corps)

la conversion donc s’effectue dans l’instantanéité et dans la brute actualité qui emplit totalement tout ce que l’on est parce que l’on est en tant que l’on existe comme fine pointe très ponctuelle et infiniment performante ; la capacité d’attention, la conscience-de, l’intentionnalité. Et la conversion, qui marque absolument le temps, la temporalité de chacun (à l’adolescence par ex, dans le tomber-amoureux, grande aventure du moi, et ce au minimum), la conversion est précisément « cela qui veut durer » ; elle ne veut pas, ne peut plus s’éteindre ; elle s’entretiendra et sacrifiera tout, pour peu qu’elle y tienne plus qu’à sa vie (ce que montre doublement le christique ; par qu’il meurt, parce qu’il signifie que la tension du réel est plus grande que la décomposition de la réalité).

Et donc, qu’il existe, possiblement, une dimension en tant que présent et non pas seulement une fonction ; et, cela étant, la possibilité de dimension rend accessible les paramètres les plus hauts de la fonction ; le plus éclaire le moins, de même que Kant supposait le nouménal de l’infinité du sujet, dans, par et pour sa perfection pratique, morale, éthique et fondamentalement « de structure » nommée en l’occurrence transcendantale (finalité fondamentale du kantisme) ; la distance (infinie) entre nous et nous-même atteint, parfois et sous conditions, sa capacité ; et ceci, rappelons-le, hors du conscient, qui est déterminé, tandis que l’arc de conscience s’ajoute aux déterminations, est la stratégie dont le moi forme les tactiques, qui finissent par tomber dans le monde, le vécu ou le corps (comme attractions et pesanteurs, faiblesse interprétative qui nous incline à n’acter comme satisfactions que celles du corps, de l’immédiateté, du monde, alors que notre être, qui n’en est pas un, consiste en l’insatisfaction).

Que cet infini se situe hors du conscient rend impératif de penser, de penser le paramètre s’ajoutant à la seule raison ; que Kant et Hegel dénomment entendement et que les suivants désigneront de tout un tas de signifiants ; de la volonté à la durée, ou évidemment de l’intentionnalité au pour-soi de la conscience ; dont on comprend somme toute qu’il puisse emprunter des formulations non-raisonnables. Ce qui est hors du conscient peut être tel signifiant désignant (faussement) un signifié, qui n’est en vérité que construit, imaginé ; il n’est de possibilité théorique que de renvoyer la conscience à une forme, de structure, vide (qui n’a rien à voir avec le néant, sur lequel on a glosé énormément) ; seul l’indéterminé (non signifié, sans contenu) existe.

L’intentionnalité en tant que conscience n’a cependant de réel effet ontologique que si on installe l’arc de conscience dans l’exister, dont on a dit que la seule pensée possible est celle du présent comme structure.

Le monde, le corps, l’immédiateté s’imposent d’eux-mêmes et s’installent comme chez eux, tandis que l’insatisfaction est autre. Et conduit justement à la dimension (immesurable) comme seule véritablement réel. L’incrédulité quant au monde, au vécu et au corps n’est pourtant pas une opposition ; c’est bien plutôt que l’on comprend ou est saisi que le vraiment réel est une dynamique qui ajoute au monde, au vécu et au corps et à l’immédiateté ; qu’en vérité il n’est pas d’immédiateté sans la Médiation non seulement universelle mais structurelle.

Et c’est ici que l’on entre dans l’avancée ; il ne s’agit plus (depuis la révolution et initialement depuis le christique) de réaliser l’universel (comme une instance extérieure au moi), mais de vouloir au sens d’intentionnaliser selon le structurel ; il s’agit de se convertir, de transmuter le moi par ne serait-ce qu’un seul Bout vers le sujet ; le sujet par lequel seul il existe un moi quand bien même celui-ci se croit identique à son être (il n’a pas d’être, et de toute manière l’être n’est pas sinon pris dans le mouvement, au fond il est inutile de lutter, mais on en pourra pas s’empêcher de prendre les morceaux de réalité pour le réel même). Admettre le point tenu bien au-delà afin de retranscrire, dans son faisceau intentionnel, l’ensemble des intentionnalisations qui eurent lieu.

Ce que l’on a exploré ce ne sont pas les idées, les concepts, les notions, les systèmes mais le mouvement, ou sa capacité.

On a tenté au 20éme siècle de pousser au plus loin notre capacité, la capacité de notre capacité. Il ya des mois afin que chacun énormise au plus concret (de chaque vie, de chaque vécu ou corps ou perceptions) la capacité. Non seulement de dominer toute la réalité de ce monde (et donc de le détruire, effectivement) mais de pousser toute la capacité de chacun (en tant que chaque un se prend abusivement pour un « moi », ce qui a pu épuiser la réalité même de cette complexion, de cette composition, de ce bricolage qu’est un moi, vite rapiécé et qui tente une synthèse, imaginée immédiate et saine et naturelle et tout ce que l’on voudra de donné ; ce qu’il n’est absolument pas ; le moi n’avance pas suffisamment loin ses pions, il reçoit une partie en héritage, d’adn ou psychique ou sociologique, et joue-t-il réellement cette partie d’échecs ? À quel point peut-il, a-t-il, sait-il augmenter la partie ?).

Mais cette expansion du mouvement date évidemment du tout début ; lorsque cessant de croire en tel monde particulier, cyclique, holiste, communautaire, la structure est passée sur le devant de la scène. Et c’est d’abandonner ou de se fixer trop rapidement et trop immédiatement qui rendit impossible que toutes les intentionnalisations puissent s’élever en stratégie,

en historicité (en récupérant toute l’exploration structurelle, le naturalisme réalisme rationaliste faisant barrage, additionné aux désirs qui nourrissent tout vécu de chaque moi, dans l’idéalisme de l’immédiateté, qui voudrait que les objets correspondent aux désirs,)

et en coordination (en partageant la vérité, sur le vide, la forme de notre être, qui n’en est pas un, subsumant les intéressements fades et immédiats, destinés à la disparition),

puisque ne parvenant pas même à son expression (du moi passant vers son sujet, via le je) elle s’éloigne d’autant d’un accord entre tous, et anéantit la concordance de sa intention (laquelle ne désigne pas sa réalisation mais son impossibilité, qui est donc structurellement ce qui seul existe) ; elle croit être, tel ceci ou tel cela, son identité ou l’objet de son désir ou ces objets de désir, ces remplissages du bricolage en quoi consiste, si peu, un moi. Il faut tendre l’arc du début à la fin, puisque c’est le mouvement qui structure les choses et les êtres, l’historicité et les mois.

Rappelons, à l’inverse, qu’il faut bien qu’il y ait un moi pour que le Bord du moi soit son sujet. Il ne s’agit nullement de nier quoi que ce soit, mais de tirer l’actualité de conscience en partant du Bout du Bord.

Voir les commentaires

La Super Structure

13 Février 2021, 13:47pm

Publié par pascal doyelle

On laisse donc derrière nous quantité de mondes humains particuliers et il vient soudainement (parce que ce fut toujours une rupture) sur le devant de la scène ce qui jusqu’alors était sous-jacent.

Soit donc l’activité de conscience intentionnelle qui autrefois se saisissait dans des contenus (des mondes humains, des langages, de échanges, chaque fois particuliers et singuliers)

et qui dorénavant sait qu’elle produit ces contenus (lesquels se mettront à s’inventer à tout bout de champ, tout bout de champ intentionnel, puisque cela revient à libérer le faisceau de conscience).

Ce qui se nomme l’historicité. 

Il y a historicité depuis que l’on se sait produire des contenus ; et on sait cela en assignant à une structure spécifique la découverte ou l’invention des nouveaux contenus; dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution, le réel (et leurs dérivés). Qui sont des machines intégrées (elles se savent comme telles, comme machines qui produisent), intégrées à leur propre accès mais externes au monde (comme dieu crée le monde ou la pensée est l’ordonnance de la réalité ou le sujet est dit libre et donc autre, possédant à lui-même son propre rapport ; reste donc que l’on s’aperçoit que le réel est lui-même non immédiat mais articulé, par le présent, l’actualisation de tout).

Ici on approuve tous ces opérateurs ; dieu, la pensée, le sujet, le réel. Parce que l’on considère que l’arc de conscience qui intentionnalise et qui sait qu’il intentionnalise est instantanément, non pas immédiatement seulement mais instantanément, en contact direct avec lui-même. L’arc intentionnel de conscience crée un champ de signes qui lui permet de percevoir ; il a un adn, un corps, c’est un vivant, il naît dans une société humaine, doté de tel héritage, de représentations, etc, mais il est à lui-même le rapport qu’il est.

Rien ne peut enlever à ce rapport (cette conscience-de) d’être le rapport qu’il est ; et comme il est un rapport, il n’est pas mais ex-xiste. Évidemment les contenus seront la plupart du temps déterminés (par le langage, la position sociale, etc) mais le rapport (qui n’est pas de la même nature que la détermination qui absorbe ou qu’il provoque, puisque son champ est malléable, c’est sa finalité technique, sinon on ne voit pas à quoi servirait qu’il y ait « conscience » cad présence actuelle agissante, ou réagissante), le rapport donc reprend constamment sa capacité ; ce qu’il ne vainc pas sur le moment, un jour il passera par-dessus.

C’est pour cela qu’il faut parler, psychanalytiquement, « à » quelqu’un. L’arc de conscience se met à la place de celui qui entend ou écoute. On parle toujours à quelqu’un ; l’arc de conscience est un rapport et se constitue comme rapport (de même que le fou croit que le monde entier lui parle, comme autrefois le monde entier parlait en tant que groupe humain et donné là perçu-parlé, sauf que pour le fou c’est dans sa tête à lui ; il reproduit le monde communiquant). Un rapport on ne sait jamais par quel bout il signifie. De là que l’enfant est dans-une-autre conscience (celle de son entourage et plus loin dans l’autre-conscience, symbolisée par le langage par ex ; il « s’est perçu » du dehors, et si cela coince il reste bloqué dans cette extériorité, qui inclut une partie au moins de son intériorité, qu’il croit cependant tout à lui, mais qui est autre depuis le début ; de toute manière un moi est bricolé et il ne trouve de solution que dans le sujet, qui déplace en fait le problème mais aucun moyen qu’il en soit autrement ; dieu, la pensée ou la révolution, le christique ou le sujet, les œuvres, la poésie pour le poète, etc ).

On entend toujours ce que l’on dit, mais cela ne signifie pas que l’on écoute, ça glisse ; or cependant la perception est première ; si je commets un lapsus, je l’ai entendu mais pas écouté, parce que j’entends d’abord (je dis ce que je perçois, non ce que je pense ; l’arc de conscience est dans la perception, et dans la perception on trouve, entre autre, le conscient mais non exclusivement et l’intentionnalité accélérée ou augmentée, est en plus du seul conscient, qui est, grosso modo, ce que l’autre, autrui peut, doit recevoir), de même que je perçois quantité de phénomènes ou de signes mais je ne les retiens pas tous (ils ne sont pas mémorisés dans un arc, un rapport ; le rapport de tel signe n’est pas explicite, mais il est perçu parce que nous sommes faits, en conscience, pour percevoir les signes et parfois les re-prendre, les intégrer ou les ré-intégrer). Ce dé-placement du rapport est toute son ambiguïté mais aussi toute sa puissance, sa potentialité ; comme il est rapport, visant ceci il dit cela, percevant cette chose il saisit son signe, de tel signe il sait les signes alentour ; ce qui existe comme rapport existe dans des ensembles (gestes, regards, couleurs, signes, mots, etc) des ensembles reliés.

Rien, rien du tout, dans le monde, le donné, la vie, le corps ne peut réduire qu’il est cet arc qui crée un champ donné « là », dans son actualité ; dit autrement c’est un rapport. Ce qui est rapport peut bien rencontrer dix mille obstacles, il n’en demeure pas moins qu’il est, qu’il existe, qu’il ex-siste ce rapport. Il l’ex-siste parce qu’il est de la nature, de la structure d’un rapport de n’être ni ceci dont il part ni cela à quoi il arrive, mais d’être le mouvement. Un rapport est un mouvement. Ni le début ni le terme mais le passage ; il n’y a pas seulement passage d’une réalité à une autre réalité ; la réalité qui est produite par le rapport n’est pas sans ce rapport ; si Platon ne pense pas les idées (les intentionnalisations actuelles pensées par un sujet) il ne perçoit pas ce que ces idées, précisément, lui montre (que le groupe, celui grec que son temps, ne percevait pas ; Socrate se promène dans les rues et il fait-voir, et une fois que l’on a vu, on ne peut plus l’oublier, non seulement que l’on peut percevoir, en plus, mais le fait même que notre activité, en tant que sujet, nous montre des choses réelles).

Dire que le langage nous conditionne est vrai. Mais le langage s’utilise, il est utilisé, c’est un moyen de lecture de la réalité et ça n’est pas tant qu’il ordonne l’expérience que l’expérience le modifie, lui, le langage, dont la finalité n’est pas interne au langage (quel sens cela aurait-il?) mais de servir chaque conscience et les unes vers les autres. On dira que beaucoup de mondes humains se sont trompés et ont cru en des « rêveries », mais elles n’étaient pas imaginations dans le groupe lui-même mais bel et bien son organisation effective et mémorisée et parlée et échangée, qui telle se vivait et s’éprouvait, un monde qui fonctionnait.

Il n’y a jamais eu d’arbitraire ; même nos fantasmes, si personnels soient-ils, sont organisés. Ça ne veut pas dire que le champ de conscience soit contraint (ce qui est en partie vrai) mais à l’inverse qu’il est capable de la plus grande cohérence ; il tisse, un champ de conscience tisse selon sa capacité, et donc d’abord sa liberté (aussi la thérapie peut-elle être requise

Cela veut dire que l’activité de conscience (celle donc qui produit des contenus) est hyper efficace.

Que la systématique du langage soit bien concrète, c’est certain ; mais ça n’est pas ce qui est stocké en mémoire mais ce qui s’impose dans telle actualité qui compte ; le langage existe afin de réagir et donc d’agir tout court à ce qui arrive, l’inattendu.

Et lorsque la structure qui jusqu’alors était recouverte par tel monde, de telles représentations, vient sur le devant alors la réactivité et ainsi l’activité est décuplée (dieu, la pensée, le sujet qui embraient dans la réalité une pluri-intentionnalisation) ; et de plus lorsque non seulement il s’agira de l’activité d’un seul (Platon ou jésus) mais de l’activité de chacun, démultipliant les possibles (la révolution).

On ne croit plus aux contenus, veut dire que l’on pourra en créer en quantité ; ce qui pourrait se circonscrire objectivement par ; au lieu d’utiliser les ressources selon et par la communauté (qui subissait et organisait la pénurie ou la rareté) et qui fonctionnait comme un moteur collectif à énergie limitée en ressources, nous sommes passés à la mise en marche de chacun comme mini moteur redoublant exponentiellement l’utilisation des ressources ; un moteur géré collectivement, ou une accumulation effarante de petits moteurs requérant de plus en plus d’énergie.

Or cet être qui outre consomme, n’est pas, ici, considéré comme une composition plus performante (par comparaison aux autres vivants) mais comme un être qui démultiplie ses capacités en raison d’une structure spécifique. Ce qui a joué ce ne sont pas les découvertes ou les performances mais l’esprit qui a déclenché les inventions, les a rendues possibles ; soit donc la compréhension ou au moins l’évidence soudaine que tout contenu pouvait s’augmenter (par les grecs et l’universalisation intentionnelle, les idées), ou s’initier (dieu ou l’intention pure et formelle, qui appelle celle de l’humanité), s’intensifier (cette intention réside en et par chaque vie et chaque individu, le christique, ou chaque conscience de soi, Descartes), et enfin se concrétiser (par la révolution en et par chaque un).

Donc on perçoit bien le mouvement qui se resserre au fur et à mesure et évidemment cherche, étant conscient de lui-même comme producteur, à se définir ; dieu, la pensée (et la vérité), le christique (et l’égalité), le sujet (et la liberté de soi-même), la réalisation humaine ; décuplée et se re-présentant elle-même dans ses médias (et ses objets), mass et micro médiatisations, visant la mass et micro médiation, ce par quoi chacun se coordonne à tous les autres, un par un ou comme un ensemble exprimé et donc en capacité de se coordonner.

La finalité méta historique pour ainsi dire, consistait à prendre conscience de la conscience afin de n’être plus le jouet des contenus, et à redéfinir constamment les possibilités ; parce que si l’on croit que l’on est ceci ou cela, la possibilité est annulée ; on s’enterre dans tel état du monde, commun ou ensuite naturaliste (lorsque l’on commence de croire en la « nature humaine », et que chacun croit en lui-même comme identité, ce qui ne se compose que très tardivement ; lorsque les moyens globaux permettent que chacun obtienne par choix démultipliés, sa propre vie, son relationnel, sa représentation de soi, ses goûts et ses couleurs, bref explosivement dans les années soixante).

Mais le problème n’est pas qu’il y ait des « moi-même » ; le problème est qu’ils se limitent à cette identité et ne comprennent pas qu’ils sont des sujets. Qu’ils sont des mois parce qu’ils sont des sujets, lors même que du « sujet » on ne sait pas du tout ce que cela signifie (puisque c’est le sens même, la signification qui doit être découverte au cours de l’historicité ; qu’est-ce non pas seulement que le suent que j’existe, mais qu’est-ce qu’une communauté de sujets ? Puisque la communauté, spontanée pour ainsi dire, n’est plus, alors les uns et les autres doivent inventer un moyen de se relier ; c’est le programme que se fixe dieu, la pensée (dès le début, la cité), le christianisme (évidemment et le Saint Esprit, la communauté de foi, qui est, quand même, le troisième divin de la trinité), la révolution et le partage ou la mise en commun des possibilités (de perception, par les esthétiques par ex, ou des récits, poésie, etc).

Ce qui distingue la démarche dite occidentale c’est bien sur son réalisme intégral ; il faut entendre la causalité non pas au sens restrictif scientifique mais au sens général et généralisé de cause ayant des effets que l’on perçoit. Lorsque Platon invente, découvre les idées il se rend compte immédiatement qu’il perçoit plus que le groupe humain et son langage auquel il appartient (et donc crée des mots en plus, ou réécrit les mots communs).

De là également que par « conscience » on fut amené à réduire son implication ; des quantités énormes de réalités existent, et la conscience, cette activité, est juste et rien qu’un point exigu, minuscule, très limité mais celui par lequel on perçoit ; il y a des réalités pour nous (nous avons un corps par ex) parce qu’elles sont signifiées. Le jeu, au sens du jeu des pièces dans une mécanique, veut situer au plus près possible les effets de cette cause qu’est la conscience que l’on prend, que l’on prend de tout ceci et cela, de n’importe quoi et de tout ce qui est.

Aussi l’acte de conscience est-il identique à ce qui est énoncé ; c’est ce qui se passe par Aristote, par jésus, par Kant ou par Nietzsche ; ce qui est énoncé et perçu, retentit. Ça modifie votre conscience ; et d’autant pus que vous vous y investissez. Si vous lisez Hegel sans l’intégrer, ça reste lettre morte. La cause, les effets. On repérera sa propre cause par les effets qui nous viendront ; la musique ou la manifestation révolutionnaire, tout ce que l’on voudra. Mais ça restera attaché non seulement à l’universel, l’universalisation (comme dit Badiou, en somme), mais à cette encore-plus-grande universalité qu’est le fait, massif et singulier, que chacun est un Sujet.

Ce qui, si l’on reprend le début, que chacun produit des contenus (ou les reçoit) et qu’il élabore ainsi son regard, son intentionnalité, son intention d’exister. Ou donc comme nous l’indique le christique ; quelle est votre véritable intention ? Que voulez-vous vraiment ? Et ainsi qu’est-ce que la vérité en ce cas (Lacan vous dira que la vérité est le sujet, mais le sujet inconscient, ce qui permet de remarquer l’extraordinaire variation de possibilités de compréhension depuis 30 siècles ou plus).

Nous ne sommes pas sans rien. Nous est offerte une invraisemblable richesse de compréhensions possibles, susceptibles d’augmenter, intensifier, concrétiser notre intention (d’exister) ; ce qui veut dire ce à quoi il faut faire attention, à quoi il faut porter attention ; que remarque-t-on et comment perfectionner cette capacité de faire attention (à quoi, à qui, comment, par quelle tactique ou stratégie, par quelle pensée ou projet ou planification sociale par ex ; quelle est la suréminence qui est au centre de la possibilité ?).

C’est la question qui nous est posé, que notre intérêt spécifique à la cause, qui déploie des effets, nous impose, et dont on repère les effets dans notre attention même, dans ce que l’on voit.

Ou donc ; le dieu unique, un tout autre, s’étant incarné et ayant validé par là même la valeur absolue de la vie (il répète cent fois qu’il est la Vie, l’existence même), prend la peine de provoquer dans le monde, ses effets ; il est la Cause divine dont on percevra les effets, réels, mais aussi que l’on doit, soi, un par un, propager les effets, en devenant cause nous-même, un par un.

Puisque cet acte de conscience n’existe nulle part, sauf dans et par chaque conscience ; la conscience n’existe nulle part sauf ici même, en chaque un. Ni dans la pensée, ni dans le rituel, le pur ou l’impur, en aucune essence ou identité, mais de structure.

On ne peut pas, peut plus déplacer l’activité de conscience (dans une représentation).

Et donc historiquement ; si la révolution a imposé que chacun soit son propre jugement (non pas sa raison, parce qu’il n’y a pas de corpus universel) alors pour que la réalité humaine devienne historiquement effectivement réelle il faut que cela passe par l’acquisition par chacun de lui-même, de son sujet.

Et tout ce déversement, ce gigantesque déballage, celle de la médiation, de la représentation humaine de l’humain, ce déluge de récits ou de poésie, ou depuis un siècle de cinéma et de romans, de Bande dessinée ou de télévision, revient à ceci que chacun puisse de par ces champs énormes d’expression, à se situer comme sujet. À prendre conscience de soi, lorsque le « soi » est justement ce qui est en question. Et ceci ne doit pas seulement cibler les représentations mais aussi les objets, les objets produits, les choix afférant aux choses que l’on achète ; tout est un spectacle au sens d’apparaître, de totale apparition de tout (y compris dans nos musées qui regorgent de manifestations, y compris dans l’internet qui téléporte vers chacun toute la visibilité envisageable), d’apparaître donc de toutes les possibilités et ce au cœur de toutes les vies, de tous les choix de vie. Tout est exposé.

Ne reste que le sujet. Qui perçoit tout cette exhibition à partir de son point, le seul point qui compte.

Il est impératif de repositionner ce que l’on sait, de toute manière, déjà ; le positionnement qui autrefois ou ailleurs s’empruntait de la religion, de la mystique, des révélations, est la me^me recherche qui conduit à délimiter la cause même de toutes les capacités, de toutes les facultés dirait Kant, en tant que conscience qui s’existe intentionnellement et crée des champs. Qui donc existe en telle-même en tant que structure ; partout identique (et qui ne varie pas quels que soient les contenus ou les représentations qu’elle se donne d’elle-même). Pourquoi ne serait-il justement question de la même structure ?

Les autres étaient-ils aveugles, moins éveillés, moins réalistes ? Ou sommes-nous moins profonds ? Évidemment que non.

Et la même structure pose de par elle-même la même question. Et non seulement la même question, mais surtout met en scène la même structure de telle sorte qu’elle soit en vous activée.

Et cela est extrêmement important, fondamental, essentiel. Si vous lisez Parménide, vous commencez de vous situer et donc de vous déplacer sur ce plan étrange de « l’être ». Et si vous lisez Descartes, vous suspendez soudainement votre être même dans le doute et éjecté dans un je pense, je suis » (qui n’a plus grand-chose à voir avec la pensée). Lacan vous indiquera le creux du cercle en vous qui se tord et vous montre que vous n’êtes pas là où vous croyez ‘être’, justement. Donc vous vous placez et déplacez selon un horizon (l’être, l’idée ou le Bien, le un ou le dieu incarné dans un corps, l’historicité qui se déploie selon le temps, etc).

Ce qui se montre ça n’est pas seulement qu’il y a une structure, une attention, une intention, mais un réel, en dehors (qu’il soit dieu, la vérité, le temps, la matière ou le réel). Et cet ensemble arc d’attention et réel donné « là » (ou au-delà, visible ou invisible) forme la structure effectivement instanciée ; celle par laquelle on se repère, dresse la carte de la réalité, et donc la carte du possible.

Dieu, la substance, l’esprit hégélien, le sujet kantien présentent un certain nombre de possibilités.

La révolution inscrit historiquement vos possibilités (autour du statut de citoyen dans une Constitution, une révolution communiste d’autres possibilités ou impossibilités, etc.

Ce qui est dé-couvert peu à peu ça n’est pas du tout une idéalité (ou une rêverie) mais un acte sur un horizon et un horizon effectivement réel.

Quel horizon nous confère le christique ? Le corps, le corps de chacun. Qui deviendra chaque un, augmentant sa précision et accélérant ses possibilités ; Descartes accélère considérablement la conscience-de, plus loin, soi, jusqu’à ce que le rapport du « soi » et de la « conscience » puisse s’explorer par Sartre et Lacan, in vivo, dans le vif même… du regard et du corps. Passer de tiers-état à celui de force de travail marxiste puis image spectaculaire, ça n’est pas rien.

Il existe ainsi un angle d’intervention dans la réalité qui précise l’horizon, et la structure sur cet horizon. La précision à propos de cet angle, de cette structure sur l’horizon et de cet horizon en lui-même est le problème absolu.

L’interprétation fondamentale est celle de la structure-sujet ; dieu, la pensée universelle, le sujet ou le réel. Qu’il y ait une Intention (une structure sujet) veut dire que quelque réel surgit dans le réel. Il y a un présent (et pour nous, ici, le présent est cela seul qui existe et dont on ne connaît pas la nature, l’organisation, l’activité) et il y a un présent afin que quelque réel naisse. Et de cela on passe, il est vrai, à l’autre proposition ; que le réel naît infiniment. Dit autrement le monde donné, l’univers dans notre représentation commune actuelle, les mondes humains, les vécus, en bref tout ce qui est déterminé, est relatif. L’être est (c’est tout ce que est déterminé) mais il est pris dans l’exister (dont le représentant tel que cela nous apparaît, est le présent, l’acte, l’actualité). L’exister est soit la fonction (il déroule ce monde et ces mondes et ces vécus) soit la dimension ; l’activisme est porté à son maximum de possibilité (suivant en cela que le réel est la possibilité du possible) ; le présent est la colonne du réel qui modèle constamment et continuellement et modèlera constamment la réalité, la réalisation ; si tout est mouvement, rapport, présent, actualisation alors l’actualisation ne cesse jamais de se produire. Indéfiniment (au sens où l’on ignore jusqu’où l’existence existe, comment et vers quoi le présent s’actualise).

Dit autrement ; le présent est La Dimension, il n’y en a pas d’autre, mais cela signifie que tout le reste (qui existe dans et par le présent) est justement ce qui se modifie. Il n’y a aucune raison de limiter la modification intérieure au présent, puisque rien, dans le dedans du présent, n’est supérieur, n’est supérieurement (ontologiquement) à cette dimension ; le temps ou l’espace par exemple ne sont pas en eux-mêmes ; cela seul qui existe de par soi c’est le présent, l’exister, et « de par soi » veut dire qu’il est en lui-même - le-mouvement - et que seul le mouvement existe (ou donc la possibilité est la structure du réel) ; il est impossible que la possibilité cesse d’être possible.

Voir les commentaires

Le contresens à propos du transcendant

6 Février 2021, 09:29am

Publié par pascal doyelle

Distinction de l’être et de l’exister

L’être était ainsi assigné à dieu ; seul dieu est, qui délègue son être en créant quantité de réalités ou si l’on préfère le divin en les produisant, générant ces réalités.

Remarquons (ceci au choix de chacun, en son âme et conscience, comme on dit) ; supposer un dieu intentionnel impose une théologie ou une métaphysique ou une ontologie qui se fonde et insiste sur l’intention.

Préférer un dieu qui génère de par lui-même la réalité, c’est choisir la pensée et son objectivité.

Le premier revient au dieu unique intentionnel monothéiste, le second à l’absolu universel grec, de Platon à Plotin ; ce qui n’a pas intégré ou qui ne reconnaît pas la subjectivité n’entre pas en compétition ; l’universel, la pensée expose, manifeste, révèle le lieu unique de la source ; l’être, grec, le bien, la pensée (de la pensée), le un déploient la réalisation des réalités ; on comprend bien pourquoi.

Parce que si le secret de l’être est recelé, par dieu, dans son intention, il demeure hermétique à la transparence, par principe, de la raison ; la pensée et sa pensée de l’être comme « chose » objective rend envisageable que l’on y comprenne quelque chose.

On continuera donc le projet de la rationalité en poussant aussi loin que possible la compréhension cette fois non plus de l’être (que ce soit celui universel grec, qui comptait sur un ordre, le cosmos, ramené à l’universel ou que ce soit le mystère de l’être supposé en dieu) mais de l’exister brut.

C’est ce que signifient les diverses révoltes qui eurent lieu ; Descartes, Kant, Hegel, puis les « réalistes » ; ceux qui ne comprennent plus l’intellection métaphysique et universelle, et qui cherchent soit dans le donné (le monde, la biologie, la psychologie, sciences humaines etc, psychanalyse) soit dans une interprétation singulière (Nietzsche , ou recherchant la singularité de l’existant, Kierkegaard) ou dans une intuition décidée et précise (la durée de Bergson, par ex), et toutes sortes de théories non réductibles à l’universel de jadis, comme le marxisme.

Il n’est pas question de réintroduire la métaphysique ancienne (qui garde toute sa validité par ailleurs ; puisque le cercle de la réflexion, de la mise en avant, de la mise en scène, de l’étendue de la perception s’est agrandi, et intègre a priori ce qui précédait ; dieu en tant qu’intention pure, cela nous vient directement de l’application par la phénoménologie et selon Sartre, qui pose la question du pour-soi/en-soi) ; on l’a dit déjà ; dès que la forme de conscience passe au-devant des contenus (en lesquels jusqu’alors elle croyait, comme monde donné là particulier, telle société, tel groupe humain) elle vient tout d’un coup ; dieu frappe la conscience, la pensée investit l’esprit, le corps christique s’impose pour chacun, la révolution est unanime et diverses autres « interventions » formelles (des esthétiques, des poétiques, des éthiques, etc).

Pas question donc de recommencer ce qui fut, mais d’augmenter l’universel ou l’intention ou le divin.

Puisque c’est de cela dont il s’agit. On a dit, aussi, que le divin est séparé du monde, du vécu, du relationnel, du corps ; alors que le sacré délimite le profane, tous deux dans le monde, pleins du donné tel que là. Le divin est autre et séparé ; à moins de tomber dans le dualisme, incompréhensible, il faut supposer et admettre que le transcendant est d’abord et puis ensuite l’immanent. Si on ne rencontre aucune partie du monde sacrée, alors tout ce qui est là devant est tel quel donné et le mystère ou l’interrogation ne réside pas dans le visible ; aussi dès le début la réflexion qui sort du sacré, perçoit l’invisible ; les idées ne sont pas visibles, les choses oui, mais les idées non.

Or c’est depuis cette division que s’instancie, se projette dans le monde, les capacités humaines depuis qu’elles sont découplées de tout monde immédiat, donné, holistique ou cyclique ou groupal, comme on voudra ; nation de toutes les nations, corps de tous les corps individuels, pensée de toute la pensée, révolution individuelle universelle unique (on pourra prétendre qu’il ne s’agit que de l’occident, mais on en retiendra pas cette remarque, puisque qu’aussi bien il s’est étendu à toute la planète). Et cette division (entre un point externe et la réalité) s’organise dès lors comme historicité.

Il est clair que la subjectivité, entendu de dieu, mais donc également celle du sujet (cartésien, ou kantien ou hégélien, etc) est admise comme objective et même, de la sorte, hyper objective ; c’est toute l’ambition de Descartes, de Kant, de Hegel, de Husserl ; qu’il y ait une ‘dialectique’ (que ce soit le transcendantal de Kant ou l’esprit hégélien ou la processualité husserlienne) de découvrir la pensée avant la pensée ; auquel cas on se dit que « ce ne sera pas de la pensée ».

Kant veut réellement doubler, dépasser la philosophie (métaphysique, puisque Descartes a acté cet effort) dans une nouvelle forme de philosophie ; que personne n’a compris, puisqu’elle se stoppait nette au nouménal ; comment comprendre si l’élément central est justement « le plus réel » ? Kant évoque même l’existence, ou l’exister, mais devant l’impossibilité d’universaliser, il néglige la piste ; le « là » simplement signalé comme « là » est impensable.

Hegel simplifie ; puisqu’il biffe d’un trait le nouménal et impose que la manifestation soit tout. Il n’y a pas de reste ; mais en vérité il retombe dans l’être-là du monde, la matérialité, qu’il y ait matérialité est non explicable ; soit le réel est la pensée, soit la réalité est la réalité. Ce qui somme toute revient à un dualisme, impensé de la part de Hegel.

Le principe, retenu ici, contient la matérialité ; puisque la matérialité n’a rien à opposer à la forme du présent ; aucun contenu ne remonte jusqu’à atteindre la forme (qui l’a précisé comme contenu). Le plus réel ce ne sont pas les choses ou les êtres, mais la forme qui les « entoure » et le présent entoure toutes les réalités. On l’a dit, l’être est, mais l’être n’est pas exclusif ; l’être est pris dans le mouvement et on a admis que le seul qui existe vraiment est le mouvement ; l’exister instancie (situe, positionne) l’être ; l’être est véritablement mais n’est pas la borne absolue ; l’être est relatif à l’exister, la matérialité est relative au présent. La vraie importance de ce qui est c’est cette forme en laquelle tout paraît ; le présent. Cela même qui nous est inaccessible, invisible, formel, autre et ayant seul la délégation de percevoir ; on perçoit comme vivant mais c’est ce que le mini-système de conscience fait de cette perception qui compte, comme on va voir.

On reviendra sur la présence du présent une autre fois.

De l’importance du divin, séparé du sacré, du christique, du sujet et de sa transcendance.

Rappelons le principe ; il n’y a pas de transcendance au-delà du monde ; tout ce qui est du monde (du vécu, du relationnel ou du corps) est pris dans le transcendant. Il n’existe que le transcendant, qui dépose ici et là des immanences.

L’être est vraiment et matériellement (et tout ce que l’on voudra) mais il est pris dans l’exister.

La finalité consistant à non pas réaliser le possible (ça n’aboutirait qu’au monde, au vécu, ce qui serait déjà bien) mais à augmenter le possible même (ce qui est mieux).

Il y a un monde, un univers si l’on veut, qui dans son champ d’exposition généralisé permet à la structure de « se percevoir » afin que se percevant (et donc s’éprouvant) elle se modifie.

C’est pour cela que l’on ne trouvera jamais dans le monde ou le vécu rien qui corresponde à la structure qu’est l’acte de conscience. Sinon des illusions ou des mensonges, des idéologies ou des images ; au sens où l’on alimentera toujours de tels mensonges et s’embarquera toujours en de telles illusions.

C’est afin de contrevenir à cette pente naturelle, impliquée, immédiate (la structure se prenant tout de suite pour son contenu, ce qui est absurde) que le christique libère notre intention ; peu importe vos erreurs (vous y succomberez quotidiennement) c’est le fil de l’intention qui compte.

Et c’est ainsi le devenir de l’intention qui est paramétrée par toutes les différentes compréhensions (dieu, la pensée, le sujet, le réel, mais aussi la suite ininterrompue des œuvres, au sens large (éthiques, politiques, etc) et stricte (esthétique, poétique, pensée, etc). Toutes les œuvres au sens où leur principe est d’éduquer, d’instruire, de transmettre d’une structure de conscience à une autre l’organisation du champ de perception (au travers de champs d’expression).

Comme notre être n’est pas un être (déterminé) mais la possibilité (de n’importe quelle détermination), il est impératif que l’on instruire, in-forme l’attention, ce à quoi et comment il faut porter son attention, afin que chacun puisse « se raisonner » comme on disait autrefois, et « se conduire ». mais il est clair qu’il ne s’agit pas seulement de se proposer des buts précis et conscients, mais de plonger dans, prolonger, augmenter ou concentrer ou étendre et distribuer diversement l’activité de conscience.

Et donc tout.

Évidemment nous sommes en grande partie selon l’être ; nous sommes beaucoup de déterminations. Mais on a vu que l’intentionnalité déploie un champ, qui se signale par son actualité, et qui re-vient constamment sur lui-même puisqu’il est constitué de ce retour, ce re-tour ; il se crée par le maintien d’un horizon qui autorise de poser des objets sous cet horizon ; ce champ est toujours réflexif, au point qu’il nous est, à nous-même, un réflexe ; nous n’existons pas sans un tel champ, nous n’aurions pas de corps, de perceptions, de monde (nous nous vivrions dans un milieu sans représentation, sans signes qui paraphrasent les perceptions rendant possible de démultiplier ces perceptions ; nous serions livrés à l’adn par ex). Et comme de juste ça n’est pas l’information stockée qui compte au final, mais la capacité de générer de la nouvelle information, aussi minime soit-elle. Elle dénote. Et c’est de cette manière l’habitude prise et inscrite en nous, dans notre attention en quoi consiste l’instruction, l’intégration de l’attention. Une œuvre par exemple imprime en nous des lignes de possibilité.

Rappelons qu’il y a retour, champ et intentionnalité afin que cet être soit un rapport ; et que l’on ne peut pas exister comme rapport de ceci ou cela ; on est un rapport vide, sans rien, formel, structurel, ou pas. Un rapport qui serait déterminé est une chose ou un vivant ; lors même que le vivant est déjà découplé du donné, le conférant comme milieu, dont il est le centre, tandis que le rapport lui non seulement perçoit l’horizon, mais se perçoit de l’horizon ; et cet horizon qui est purement autre ; même si il se détermine de tel ou tel signe ou contenu, il emprunte cette détermination qui fait office de signifiant dont le signifié, l’intention horizontale, est en vérité lui-même un signifiant, qui renvoie au rapport même ; de sorte que tôt ou tard et quoi qui se puisse énoncer ou percevoir ce sera sur le fond de ce que l’on nommait dieu, l’être, le sujet ou le réel ou autrefois ou ailleurs tel ou tel absolu de telle religion, groupe humain, monde cyclique sacré et profane, etc ; puisque ce qui installe les champs est le rapport celui-ci se signe, se signifie toujours d’un vide, d’une structure, d’un signe infiniment élevé ; le mana ou l’âtman ou le tao ou ce que l’on voudra.

Le Un (quel qu’il soit) au bout du champ intentionnel renvoie au début et re-commence, autorisant une stratégie unique qui étant un rapport inclut des stratégies secondes (et des tactiques innombrables, l’ensemble restant coordonné si il instancie l’activité formelle). Le principe du rapport abonde dans la possibilité de créer quantité de rapports (ce dont il serait difficilement question si nous étions déterminés ou si le rapport était un super-contenu des contenus universels contenant eux-mêmes des contenus perceptifs immédiats particuliers ; ce serait invivable ; nul doute que nous sommes quand même astreints à cette computation (il faut rendre cohérent les idées, les représentations, les comportements, sinon tout s’effiloche puisque ça n’est tenu que par des rapports), mais cette astreinte d’organisation n’est pas exclusive ; elle est fondée sur l’invention ; même dans un monde cyclique holistique sacré, il faut que chacun puisse agir et réagir selon les situations (ou ne serait-ce que rire et partager et parler etc). Un champ de conscience invente constamment et lorsqu’il passe sur le devant (et que l’on abandonne le sacré-profane, le groupe et la parole commune, les échanges rituels) il invente encore plus et d’autant encore si chacun est positionné individuellement ; chacun devenant le centre (intégrant le décentrement, sinon ce serait juste de l’arbitraire, à quoi le principe « égalité » prend à nouveau tout son sens face au principe «liberté » ; une régulation ; il faut une nation de volontés ordonnées, centrées/décentrées, individualistes et universelles, plus ou moins selon les proportions, et une telle organisation ne peut pas ne pas se présenter à elle-même, se signifier ; elle ne tient pas en la conformité d’un monde, tribal, royal ou impérial, mais en l’accord des volontés, explicitement ; aussi est-ce toujours le contrat ontologique qui est en jeu).

L’actualité du champ intentionnel n’est pas du tout indifférent ni une simple prouesse technique (de l’arc de conscience produit dans le cerveau) ; le champ qui aboutit au donné tel que « là » est conclusif. On veut dire par là que peu importe les causes, le champ actuel remet les pendules à zéro. On ne juge pas d’une situation selon un adn ou une causalité mais selon l’inattendu, la perturbation (le danger par ex ou les échanges internes au groupe) ; il existe, plus généralement, un « là » global, le champ du donné qui admet le « hasard » des rencontres, entre éléments, quels qu’ils soient.

On voit donc le chemin suivi ; nous n’avons pas, depuis dieu, la pensée, le sujet ou le réel, ciblé le monde, la détermination, mais rejoint l’arc de conscience ; la structure-sujet est dans l’effectivement réel cela même qui se passe ; Si le transcendant contient l’immanence, alors cela signifie que l’immanence est le champ du transcendant ; le transcendant s’exprime dans l’immanent. Certes il est séparé, en tant que divin, mais c’est à partir de cette séparation que doit être envisagé l’immanent ; ce serait manqué, raté l’immanent que d’élire telle partie du monde, du vécu ou du corps ; le transcendant consiste justement à ne pas découper l’immanent, mais le prendre tout entièrement d’une part et en chacune de ses parties d’autres part, de plus en plus distinguées. C’est afin de gagner le transcendant qu’il fut séparé du monde, mais aussi de chaque monde particulier, et c’est afin de saisir le monde comme expression du transcendant, que le transcendant consiste à devenir par le monde, le vécu et le corps afin d’agrandir la surface du réel. Dit autrement le transcendant est tel parce que rendant possible le champ de perception qui paraît comme champ d’expression (tout champ est créé), mais aussi en tant que le présent rend possible qu’il y ait monde, réalité, détermination ; ça n’est pas seulement notre historicité (ou auparavant la diversité de nos mondes) mais tout le devenir de cet univers qui est créativité.

Il faut comprendre par là que ça n’a jamais cessé de créer ; le Créé est ininterrompu. Chaque point de la réalité existe en tant que se créant.

Que le transcendant soit séparé de l’immanent veut dire que l’immanent est la manifestation du transcendant ; il n’y a rien dans le monde qui soit impur. Que pourrait le monde, entièrement créé, contre le transcendant qui le crée de bout en bout ?

Que le transcendant soit dieu ou la structure du mouvement en tant que mouvement (ou les deux).

Pour donner à entendre ce mouvement ; une œuvre, une esthétique s’oppose-t-elle au monde, au vécu, ou au corps ? Elle est ce par quoi précisément existe un monde, un vécu ou un corps (les récits et romans proposent une perception nouvelle du vécu, de l’émotion comme des images ou idées) ; et qui plus est c’est par l’entremise de l’œuvre que l’on perçoit, ressent, désire, imagine, projette, prévoit, penser plus loin ; les œuvres sont des possibilités du monde ; mais ceci à condition de maintenir qu’il s’agisse d’une œuvre (cad que la dite œuvre prenne réserve de la liberté de chaque je ; si elle se confond avec le monde on se suicide comme Werther ou on adhère à Mein kampft ou que la vie rêvée publicitaire est la vraie-vie).

Comprenons bien ; la survenue du christique, mine de rien, met à bas tout récit illusoire … C’est bien en ceci que cela débute avec Don Quichotte, précédé par des récits de simili-incarnation (la quête du Graal) et aboutit à la désillusion absolue du Voyage au bout de la nuit ; si dieu s’est incarné, alors rien dans le monde n’est plus imaginaire au sens d’enchanté (de sacré) mais tout est imaginé (et des récits à foison).

Si dieu, l’unique, s’est incarné, rien, jamais, en aucun sens, ne pourra s’y substituer (que pourrait-on inventer de plus infini ? D’autant qu’il en est mort, et que cette mort est justement la Vraie Naissance, le re-commencement du monde, du monde créé à nouveau selon un autre sens qui était en capacité auparavant et qui enfin enfante l’ontologie réelle du je, du sujet et de la structure-sujet) ; il nous délivre de croire en tout autre instanciation ontologique ; aucune part du monde, du vécu, du récit ou de l’imaginaire ne sera pris pour vrai et réel ; parce que rien ne peut remplacer l’instance du christ, de dieu, un unique et tout autre.

Or pourtant c’est justement cette interception du réel qui rend possible quantité de fables, récit, poésies, esthétiques, éthiques, et jusqu’aux innombrables personnalisations du vécu, du corps… Puisque débarrassé de la division sacré-profane, pur et impur, le possible est définitivement ouvert, et ouvert parce que n’étant plus attaché à un rituel (qui balise et découpe une partie sacrée du monde), et c’est ce qui se donne à voir et à inventer c’est le monde même, tel quel, tel que donné là (ni sacré ni profane) mais aussi le vécu, personnel, le corps, la vie, les récits etc.

Or outre le désespoir (le monde désenchanté) ce à quoi aurait dû nous interroger le christique (et qu’il a réussi, fondamentalement) c’est ; qu’est-ce que l’esprit s’il n’est pas du monde, qu’est-ce que le je s’il n’est pas de cette vie, qu’est-ce que le réel s’il doit re-commencer ?

On a dit ; parce qu’il est, le réel, le Commencement continuel. De même que le je, votre vraie intention, est toujours sauvée (sauf si elle le refuse), ce qui signifie toujours possible. Et que l’esprit est ce par quoi il y a un monde (sinon nous n’en saurions rien). L’accès au Commencement continuel c’est qui nous occupe comme dieu, pensée, sujet ou réel.

C’est donc exclusivement dans cette dynamique, ce dynamisme, cet activisme du mouvement que tout le reste apparaît. Et c’est seulement lorsqu’on l’oublie que l’on se fige dans tel ou tel contenu, ou telle illusion, ou telle révolte, saine à l’origine, mais négatrice et mondaine au final. Le je finit par croire qu’il est ce moi, ou n’importe quel ceci ou cela. Il y a une organisation possible lorsqu’elle s’intentionnalise elle-même, et non en s’incrustant dans le monde.

Rappelons ; si l’on tient aux contenus intentionnels ils mangeront du dedans l’intentionnalité. Mais si l’intentionnalité est instanciée, alors non seulement elle ne détruit pas les contenus mais est cela même qui les rend possibles. Or en passant de l’un à l’autre on peut oublier la stratégie et ne se centrer que sur les contenus ; sans cesse la structure doit se rappeler son exister.

Sans les œuvres nous serions aveugles. Sans le Créé (qu’il soit divin ou structurel) la réalité n’existerait pas ; si le transcendant existe seul (et l’immanent au-dedans) alors le principe de la réalité (de la réalisation du réel) est que chaque point est purement et instantanément de l’ordre du Créé. Le présent est l’infini qui tisse le fini, la composition qui élabore le composé.

Pour se le figurer on peut imaginer que le transcendant n’est pas le centre de la réalité, mais le Bord. De même que l’arc de conscience est au bout des champs de signes et de perceptions ; l’arc n’est pas « dedans » ; il n’y a pas de dedans ; tout est externe, même le Bord qui est le plus dehors, le plus grand mouvement. Le transcendant est toujours tourné vers tout ce qui est possible, il est ouvert en lui-même. Le Bord du cercle est le transcendant et tout arrive en lui, mais cet « en lui » est l’externe tel quel. C’est ainsi que le transcendant est infini et qu’il rend le fini infini. Et ce afin qu’augmentant la réalité bordée, le Bord lui-même s’agrandit. S’il était au centre, inamovible, les changements dans la réalité ne l’atteindraient pas ; mais il est au Bord et toute modification retentit au long du réel qui entoure les réalités. Le réel, la structure est ainsi ce qui existe de plus étendu et de plus infini, à quoi tout le reste est relatif.

Voir les commentaires

Le mouvement ou la mort

30 Janvier 2021, 09:42am

Publié par pascal doyelle

La réalité existe-t-elle ? Oui évidemment.

Mais elle est prise dans une forme.

A - Soit donc que tout ce qui nous apparaît n’existe que dans un champ intentionnel ; ce qui veut dire que l’on reçoit quantité d’informations, de perceptions du vivant, de l’animal vivant que l’on est, mais que tout ce matériel est repris dans un champ articulé par des signes qui permettent de plus percevoir et lorsque l’on comprend cette récupération (ce qui ne tarde pas, enfin au bout de centaines de milliers d’années) on en représente le monde dans une méta organisation, une collectivité, un langage et un ensemble de signes communs. Puis vient que l’on s’aperçoit que nous produisons ces contenus (et qu’ils n’existent pas en eux-mêmes, reçus du monde sacré) ; la variabilité des contenus doit alors être régulée ; par dieu, la pensée, le christique et le sujet, la révolution (l’État est à cette fin, absolument) et le réel (le devenir monde de l’individualité humaine qui prend la suite de l’humanisation universelle, que cette dernière soit libérale (le désir) ou communiste (le besoin, en ce sens le communisme a servi, historiquement, à déployer la « raison » ou l’occident, comme on veut, un peu partout même dans les territoires non accessibles pour x raisons au libéralisme, et ce sous la couverture du besoin universel plutôt qu’en tant que désir individué).

Si nous produisons les contenus (des champs intentionnels) qu’est-ce qui permet cette inventivité ? Ça ne sera pas un contenu mais une structure (qui, quels que soient les contenus demeure stable et identique à elle-même ; ce qui veut dire vide, formelle, autre). L’activité de conscience.

 

B - De même il est ici supposé que la forme de la réalité se désigne comme présent. Le présent est l’agissement qui produit ou déroule les réalités, partout. Le présent est le réel de la réalité. Le fait d’exister, brut, admis comme instanciant le réel même. On ne sait pas ce qu’est le présent ; c’est d’abord le présent entre le passé et le futur, mais c’est surtout l’exister, en tant qu’acte.
Au sens où l’être est, bien sûr, mais pris-dans la forme du présent.
Et c’est alors qu’il faut décider ; ce qui existe vraiment est-ce la réalité ou le réel ? Le composé ou la forme ?
Et si c’est le réel alors le réel est mouvement brut et ce qui existe vraiment est le mouvement.
L’arc de conscience dans l’arc du présent.
La question qui se pose est donc ; en quoi « croit-on » ?
Au mouvement (qui visiblement est tout originellement) ou aux choses déterminées ?
Il n’est pas du tout de prétendre affirmer ceci ou cela ; on se laisse guider selon.

De tout ce qui est,

soit ne seront conservés aucun souvenir, aucune information, tout se disperse dans le vide glacial
(tout est fini)

soit il existe une mémorisation, une structure qui recueille l’expérience accumulée
(mais alors on est face à un processus infinitisé)

Si on choisit le vide intersidéral, alors la structure, telle que décrite ici, est admise encore effective, est réelle et ordonne la réalité telle que donnée là, mais fonctionnellement ; le présent de structure déploie toutes les réalités, l’exister déploie tout l’être, l’ensemble des choses, des êtres, des mondes humains, des individualités, bref tout et dans l’arc de présent l’arc de conscience rend possible, de par son champ intentionnel (de perceptions récoltées du vivant que l’on est accolées aux signes, il est des signes par et pour un sujet), rend possible tous les mondes humains particuliers et ensuite l’émergence de l’activité de conscience (via dieu comme Intention, la pensée comme intentionnalisation universelle, forcément, et le sujet comme actualisation en chaque corps de cette intentionnalité, Descartes).

Un univers incandescent qui brûlerait totalement tout le possible et puis s’effondrerait indéfiniment dans la nuit glacial est non seulement une réalité absurde (dépourvue de sens) mais surtout idiot.

Il faut supposer un devenir infini qui n’abolit pas la réalisation, ni celle de cet univers ni celle de nos efforts et ce devenir non fini (qui ne se termine pas lorsque toute la réalité est exprimée) est désignée comme dimensionnel. C’est ce que portèrent en fait la plupart des philosophies, systèmes, croyances, religions, inspirations ou illuminations (en esthétique, poétique, littérature, etc).

Rappelons que le mouvement a pour finalité non pas de (seulement) réaliser le possible mais d’agrandir la réalisation du possible et cela n’est admissible que si le mouvement est en mesure de se reprendre lui-même ; ce qui est rapport ne tient ni dans le début ni dans le terme mais dans le rapport lui-même, qui pourra de cette manière reprendre le début et modifier la fin qui modifiera à nouveau le début. Le kaléidoscope est constamment autre que lui-même ; tout regard modifie le donné. Ce que l’on dira plus loin ; le singulier, l’infini, est la règle.

Hypothétiquement, il ne s’agit pas d’une mémorisation, mais d’un ouvrage. Si le présent est le réel alors le présent est la dimension. L’univers, le temps, l’espace, les choses et les êtres s’exposent sur l’horizon de l’unique présent. Le rpésent est la colonne de la réalité.

Dans la réalité tout s’effiloche tôt ou tard, et il paraît impossible de saisir quelque substance réelle et solide (il n’y a pas de « matérialité » qui serait au fondement, et l’énergie est indistincte) ou consistante (pour ce qui est de la pensée ; il n’y a pas d’idée ou de système qui tiendraient de par eux-mêmes). Le seul réel qui tienne tout au long est l’actualité, cad le présent. L’actualisation constante et continuée seule existe. De même de tout ce que l’on réalise, ne demeure que l’arc de conscience ; tout le reste subit des transformations et finalement des dégradations irrémédiables.

Et donc n’existent à proprement parler que ces deux formes de réel ; l’arc de conscience dans l’arc du présent ; l’arc du présent produit toutes les réalités, l’arc de conscience contient toutes les réalisations humaines ; il n’existe d’arc de conscience que dans l’actualité du réel, le présent évidemment ; la « sensation d’éternité » est due au rapport que l’on existe, et qui dessine un « nous-même » ; un espace-temps séparé pour ainsi dire ; même si le rapport de conscience est un court-circuit temporel ; on perçoit, mémorise selon tels signes et reporte cette vision et ces signes qui tracent un laps de temps ramené ; le signe, le rapport enjambe la durée.

Ceci veut dire non pas que le temps soit invincible mais que le temps est pris dans le présent. Ou donc dans l’acte. Tout est action, et l’arc de conscience est une sur-activité, un activisme ; le présent est un mouvement, et tout est rapport, toute actualisation est ainsi absolument, cad formellement, singulière ; il n’y a pas deux points superposables dans tout ce qui est ; pourquoi ?

De même nous utilisons pas une sorte de « connaissance directe » des choses, réalités, êtres, mais le champ donné dans l’actualité (et il doit ainsi re/construire les réalités via l’organisation des signes). Ainsi nous sommes activité ; tout monde humain est construit, toute personnalité est acquise ; dès que nous exprimons, nous créons. On ne peut pas ne pas créer … ce que Hegel nommait dialectique c’est ce positionnement ; dès que ceci est manifesté, nous sommes déjà passés au cela qui suit ; parce que nous posons tel objet dans un horizon (qui permet par rétroaction de définir cet objet) et c’est cet horizon qui deviendra lui-même objet (dans l’horizon suivant).

Remarque ; si la forme qu’est le réel ou qu’est la conscience se donne telle qu’elle existe, étant formelle on peut éventuellement supposer qu’il s’agit là de deux variations qui n’épuisent pas la structure de cette structure-sujet, de cette forme « Réel ».

à moins de supposer l’inverse ; à savoir que le rapport, étant tout à fait formel, ne possède aucune variation. Il n’y a qu’un seul dieu ou si l’on préfère qu’un seul exister ou qu’une seule conscience ; ce qui répond tout à fait logiquement à l’idée que « conscience » signifie rapport à (soi) du rapport lui-même (il n’y a aucune latitude possible ; on est rapport à soi et donc conscience, ou pas). Ligne de réflexion qui engage encore plus excessivement que cet exister, cette existence sont absolument cruciaux. Il n’y a pas trente-six manières d’être conscience ; un extra-terrestre, aussi différent soit-il, existe de la « même conscience ». Nous sommes au antipodes de la logique de la différenciation (il n’existerait que des différences) ; au prix de laquelle si l’on est égyptien, on Est égyptien ; ce qui est absurde.

C’est qu’il existe donc une distinction ; très classique ; les choses déterminées et les choses indéterminées, qui, de cela, ne sont plus des « choses ». Ce que l’on désignait autrefois comme le fini et l’infini. Tout ce qui est déterminé est fini, limité, localisé, composé et donc emporté dans une décomposition, tôt ou tard. De même que notre vécu. De tout vécu il n’existe qu’une seule continuité ; l’arc de conscience de chacun.

Marius Victorinus crée le concept de l’existence. Et il le crée afin (devenu chrétien) de situer l’être spécial du christ. Entrant en concurrence de l’ousia, de l’esse, essentia, de l’essence, de la substance, au fil du temps historique ; tout cela varie, mais le point difficile est la « substance » ; on ne sais pas trop ce que cela signifie ; « ce qu’il y a ‘sous’ les déterminations, une sorte de ‘sujet’, valant pour toutes choses et êtres, à chaque fois ; sur la substance s’accrochent les particuliers, les datas, les perceptions, les essences, les idées, les catégories, tout ceci existant plus ou moins selon les systèmes ; substance paraît tel l’être-là, assez incompréhensible, puisque la pensée ne peut pas penser la sub-stance dessous, sinon de la référer à dieu ou « l’être » en général.

Cette sorte de mélange rend tout assez peu clair ; par quoi dans la systématique, habituellement statique, la dynamique revient dans la pensée (comme le Un de qui tout procède et vers qui tout revient, par attirance, de même que le Un produit tout par « audace » ou débordement, ce qui est également un mélange et ne permet pas de comprendre ).

Or

Il faut bien voir que l’on ne pense plus, on ne pense plus dans le régime de la raison. On pense selon le registre du sujet. On essaie, depuis Descartes au moins, de délimiter l’activité du sujet. Et ce que cela signifie. Le sujet est beaucoup plus étendu que la pensée. Mettre en forme le sujet ça n’est pas du tout mettre en forme les objets (d’étude, d’intellection) de la raison.

Le sujet, dit autrement, n’est pas subjectif, mais bien plus objectif que la raison puisqu’il est ce par quoi il se produit de la raison. Un sujet plus objectif et plus cohérent (l’objet du discours rationnel ou autrefois métaphysique est plus limité et son ordonnance est extérieure ; ici il faut informer, instruire, éduquer l’attention, de la moindre à la plus ambitieuse intention, et donc concerne tout, toute l’activité).

Si il y a un sujet plus cohérent alors c’est sur la piste de cette plus grande cohérence que l’on est lancé. Dieu, la pensée, le christique, le sujet, le réel établissent l’avancée sur le seul et unique plan ; celui de l’activisme.

Ou encore ; ce qui arrive au jour par Descartes (continué par Kant, Hegel, Husserl, Sartre et Lacan et Kierkegaard, Nietzsche ou Heidegger à leur manière) c’est un rayon de compréhension plus grand que celui de la pensée, grecque, scolastique, métaphysique et ensuite évidement scientifique (puisqu’une science ne pense que son objet, tel ou tel et ne peut pas s’extrapoler et qu’à moins de prétendre supprimer toutes les questions qui n’obtiennent pas de réponses scientifiques, l’interrogation permettra toujours d’atteindre et d’acquérir une conscience accrue),

Ce qui arrive par Descartes est l’extension du rayon de compréhension (mais aussi du rayon d’action de chacun ce que promouvra la révolution, ajoutée de la régulation de cette action).

C’est quelque peu perdue que la philosophie ne parviendra plus à se relier à l’être ; puisque le poids réel du sujet indique bien que l’ici et maintenant doit obtenir de par lui-même et lui seul sa cohérence, quand bien même existerait dieu ; depuis le christique nous ne sommes plus assujettis à la loi (universelle) mais chacun recherche son propre cœur ; le centre intentionnel, l’intention vraie qui l’anime en tant que lui-même.

L’être et l’exister

L’invention du concept d’exister (Victorinus Marius, néoplatonicien chrétien) ne fut pas reprise telle quelle ou plus exactement dans toute son ampleur possible ; de sorte que l’on se retrouve avec un mélange ; à demi universalisable et à demi particulier, liés, on ne sait comment, dans l’être. L’être est à la fois l’intention de dieu (qui seul Est), mais aussi l’existence tel que « là ». Il est ainsi une inscription, engagement de dieu dans le tréfonds du donné là, dans le « là » de tout donné ; le « là » abyssal de l’être ; distingué ensuite intellectuellement ou intellectivement en essence-idée-pensée-esprit-universalité et donné-vie-matière-particulier, laissant le « là » sans pensée aucune.

Ockham a pu tenter de redistribuer toute la pensée en la réorientant des universaux au singulier existant ; mais il n’est vraiment, dans son système, que l’individualité donné là (et non la pensée ou les catégories, etc, qui sont secondes, voire dérivées, querelle des universaux, etc). Le singulier mais non pas le réel donné « là » ; chaque singularité, mais en un sens très précis ; comme source des perceptions qui viendront alimenter les idées (ce qui deviendra l’empirisme, et autres). Il n’y a pas, en ce sens-là, de singularité ontologique du réel.

Le réel, l’existence sont posés par l’empirisme, mais non pas que le réel, l’existence relèvent d’un concept (le singulier relève de datas, et d’universalisations suivantes, serraient-elles logicistes) ; le réel, l’existence, l’exister, le concept de réel pur et brut, n’est accessible que selon le Présent ou l’Exister.

Il n’y a aucun autre concept de l’exister (de la racine de tout) que celui de présent ; celui de l’acte. On dira même que stipuler que dieu serait l’être (l’être suréminent, l’onto-théologie de Heidegger, l’être comme sommet de tous êtres, tandis que nous ne pensons que l’universalisation des choses et des êtres, etc), que dieu soit l’être est une imprécision, une approximation ou une abstraction.

Que si l’on tient à la fois l’exister et le présent et dieu de l’autre, alors il devient possible d’accéder à une plus grande précision conceptuelle du divin.

C’est bien pour cette raison que l’on voudrait éclairer le dedans du christique qui se présente à nous à ce point « autre et étrange » ; puisque l’acte de dieu se continue en et par l’incarnation ; que s’est-il passé ? Que l’on y croit ou non n’a aucune importance (et regarde chacun). Mais le mouvement brut qu’imprime le christique est la source de toute individualité ; Saint Paul inaugure le moi, la personnalité (celle qui vaut en et par elle-même et non pas d’une qualité quelconque ou exceptionnelle, le héros grec par exemple, ou le sujet, universel, que provoque la pensée, universelle ; le sujet christique est in-fini tel quel, aussi méprisé soit-il). Si le sujet n’est soudé à aucune qualité, alors quel est-il ?

Descartes jusqu’à Lacan commencent d’y répondre. C’est la question réelle la plus nette ; pourquoi le monde, l’étendue, l’univers, le réel produisent-ils un être spécifique qui existe comme rapport à soi comme rapport (bien loin des fixités que sont les essences ou les identités du moi, des mondes humains ou des langages, en un mot un rapport divin).

Évidemment l’exister est un concept étrange ; puisque, on l’a dit, ça ne peut pas être pensé comme figé, mais comme acte. Il faut penser le mouvement. Au sens où il est notre propre mouvement ; il faut se mouvoir pour y répondre (comme on philosophe qu’en pensant soi-même et non en récitant). On tient que la seule ontologie effective consiste justement à penser ce mouvement, ce qui n’est possible que si on le continue. On ne peut pas constituer la réflexion du mouvement sans se mouvoir ; raison pour laquelle ça n’a jamais cessé ; nous sommes passés des mondes cycliques au devenir historique, et si les mondes particuliers l’étaient, particuliers, le devenir, lui, est mondial. Puisque la forme (le rapport antérieur à tous les rapports) est passé au-devant, non seulement sur la scène mais devenu la scène elle-même (on ne voit rien sans cette mise en scène du réel sur lui-même, sur son uni-surface). Raison également qui impose un uni-devenir ; il n’y a pas trente-six manière de penser l’être, le sujet, l’intentionnalité, de même qu’il existe un seul

État moderne. Inutile de se voiler la face.

Ce qui vient avec Descartes, le sujet dit qu’il est et donc il existe. Ce dont il faut rendre compte dans son exister même, et en élaborer l’ontologie (Kantien et criticiste ou hégélienne et selon le Savoir et le devenir de tous les points de l’horizon, de l’esprit absolu, ou selon la phénoménologie de Husserl, l’ontologie de Sartre etc).

Les néoplatoniciens pensaient selon la dynamique du Un (lequel remplace l’être, le bien, la pensée de la pensée, l’essence, la substance et donc ressemble le plus à un pur mouvement, forcément dynamique) ; le Un débordait, se propageait et peu à peu jusqu’à la matérialité inerte formellement (forme faisant référence à l’essence, l’idée de telle série de choses, le chien pour tous les chiens de quelque race ou individuellement) et ainsi la forme tire la matérialité (qui n’est pas expliquée telle quelle, comme d’un chaos donné initialement) vers le un (dont toutes les formes-idées procèdent) ; le Un, la procession, les idées-formes, les réalités, la matérialité, tout est réel, bien que le chaos glisse constamment dans sa sorte de néant.

Évidemment le dieu un unique et tout-autre échappe à cette inexplicabilité de la matérialité ; qu’il crée ; il est totalement hors de la création ; pure intention, pure volonté, pure décision, et donc encore plus « un » ; puisqu’une intention n’est pas composée, et logiquement contient toute la détermination.

Ici se tisse un lien, un rapport que la pensée ignore ; à savoir que par l’intention de dieu toute la création est la manifestation. Il n’y a plus de dualisme. Et il est la possibilité très certaine par contre, que la volonté, l’intention puisse engendrer l’altérité, l’autre que soi, autrui et évidemment chacun en tant qu’individuel, singulier. Un rapport passe son temps à créer l’altérité. La matérialité (déterminée) ne s’oppose plus à la pensée (autre détermination) ; l’intentionnalité divine est bien au-delà et pose d’autres stratégies ; que le réel ne se referme pas sur un déterminé mais soit transpercé de toute part (rien n’est non-créé) en une intention, cad un rapport. Ou, si l’on veut, que la réalité soit instanciée dans un mouvement ; le réel structurellement se-mouvant. Dont le mouvement est cela même qu’il faut penser. Et qui est cela même qui est, fut depuis le début, pensé, de là les étranges configurations de dieu, de l’être (du bien, de la pensée de la pensée ou du moteur, du un), du cœur du christique ou du sujet comme liberté ou de l’exister « là ».

Mais dès lors ne voit-on pas que l’on passe décidément de la dualité à une nouvelle planification, compréhension ; et ce du moindre grain de réalité à l’intention suréminente.

On ironise sur la propension à projeter notre volonté en toutes les réalités ; dieu serait une intention décuplée.
Or on suppose ici que si tout est devenir, alors tout est ‘intention’. Si cela devient c’est que quelque chose, quelque réel se passe et doit advenir. Ou alors ça devient « pour rien ». Au choix. Il y a un devenir qui concerne tout, bien antérieurement à la « pensée » et à quelque idée, et antériorité vers laquelle depuis le début nous remontons ; ce qu’adoreraient les néoplatoniciens, sauf que pour nous « remonter » veut dire tout autant avancer dans le présent-qui-bouge et si le présent bouge alors tout, toute la manifestation bouge ; kaléidoscopique. Sous la forme du Bord du monde, du donné, du vécu et du corps, lequel Bord est le présent, accompagnant continuement n’importe quel point de la réalité (il n’est aucun point de la réalité qui ne soit selon le présent).

S’impose donc, mais par la négative (et spécifiquement comme révolte ou contestation ou refus de l’ambition métaphysique ou ontologique de notre tradition philosophique, rejet de Platon, du christ, de l’idéalisme, du sujet, en vrac) s’impose l’évidence du donné immensément « là ». L’univers, celui des sciences, est littéralement un tel « là », mais sans plus aucune unité transcendante. Mais un tel univers gigantesque existe-t-il tel quel en lui-même ? Un tel univers démesuré passe donc pour un pur et simple gaspillage si rien n’en est conservé. Et il y eut diverses (embarrassantes parfois) figurations de cet invraisemblable donné « là », la volonté de Schopenhauer ou celle de Nietzsche, l’Être de H, des vitalismes, mais aussi des rêveries, des imaginations, des désespoirs ou des folies en tous sens.

Il n’y eut pas d’inscription logique de l’être tel que « là ».

Puisque la logique est constamment assignée à un « objet », roide, sec, sans profondeur (un rapport inerte donc). Alors que précisément il s’agit de comprendre ce qu’est non un objet mais un mouvement. La logique du mouvement. Lorsque cela seul qui existe est justement un mouvement ; le mouvement crée l’être, sous quelles conditions ?

C’est ce qu’il faut mettre au clair ou approcher à tout le moins (que le réel soit un mouvement et non un être, qui est une désignation objectivante, autrefois métaphysique ou rationaliste et réaliste ou scientifique ou souvent scientiste, ce qui n’est pas le même ; le scientisme consistant à supprimer des questions … et j’entends par là les logicismes divers et variés). Et dont on aura compris que par sujet ou logique du mouvement ou réel on ne désigne pas une moindre cohérence mais une plus étendue.

La singularité comme règle

Ce qui implique que tout est absolument singulier. Le réel est une machine singulière qui produit du singulier, des singuliers, toujours, constamment ; il n’y a que cela, la constitution même du réel est la singularité pure et brute, et vraiment brute, brutale, violente (prenant effets comme « absurde »). Il n’y a rien qui ne soit pas singulier ; c’est la brique ontologique absolue, formelle, du réel. C’est pour cela qu’il existe une réalité ; comment voulez-vous que la réalité, cad les réalités (il n’aura échappé à personne que « la » réalité ce sont les réalités, en nombre indéfini ou peut-être même infini, ce que l’on admet préférentiellement), comment voulez-vous que les réalités existent si elles ne sont pas toutes singulières ? Tout point est absolument distinct.

Et qu’il existe au moins un de ces réels qui est encore plus singulier ; l’arc de conscience ; il y a « conscience » parce que celle-ci double, triple, quadruple (...) le rapport. L’être d’un rapport est non défini. Est-ce que ce disant on évalue vraiment à quel degré, niveau d’exigence existe une réalité et un réel ? Chaque point se dresse absolument, et lors même que de point il n’en existe qu’un seul ; étant un rapport ce point unique, cet instant exclusif n’est pas limité à son ‘être’ (il n’en a pas) mais est le rapport qui tisse tous les rapports (raison pour laquelle on ne tient rien, fermement, dans la main ; il n’existe pas de consistance ; rien que le mouvement).

Et on ramène à vrai dire ce que l’on nommait infini à un tel rapport ; on a l’idée de l’infini parce que l’on existe comme rapport (il n’y a pas de contenu qui génère la conscience, comme par magie, mais c’est l’arc de conscience qui (se) représente des idées, images, mélodies, formes et couleurs, qui laissés à eux-mêmes sont seulement des ‘tas’ amorphes).

Saisi par le présent, on sait instantanément sa structure ; c’est elle qui vient avec qui l’on voudra (dieu, Aristote, le christ, Descartes, Rimbaud ou Nietzsche ou Beethoven ou Les Rolling Stones, qui animent le corps du dedans comme on sait).

C’est elle qui anéantit l’enfance en réintégrant, lors de l’adolescence, la conscience jusqu’alors déléguée au-dehors.

C’est l’impératif de la structure (de cohérence hyper active) qui nous détourne du monde jugé absurde ou stupide ; de par le rapport ultra-accéléré la structure exige bien plus qu’un monde donné là ; et donc, comme de logique, elle augmente totalement l’ensemble de tous les accès (qui restaient barrés pour les vivants); elle propage quantité de champs intentionnels, d’abord liés dans le groupe (les signes ne doivent pas se perdre) ; il faudra installer en chacun afin de pallier à la pression du groupe et que l’activité de champ de conscience se déploie à partir de quantité de centres, les sujets.

Il existe une capacité telle (ce qui existe comme rapport reçoit de par lui-même la pure et brutale exigence, un rapport est un rien en mouvement, cad une structure)

que la dureté de sa performance est justement cela même qu’il faut admettre, intégrer, incorporer, incarner (quel que soit le nom qu’on lui donne, dieu, pensée, sujet, etc),

et qu’il faut recevoir dans une configuration adéquate (sinon cela, cette puissance, s’investira n’importe comment et se déchaînera, violemment, ou vous anéantira, puisque vous désirerez une illusion, la structure de conscience étant outre mesure elle ne se trouve pas dans ces contenus miroitants, ni dans le monde, ni dans le vécu, et doit s’attacher à sa seule forme),

dureté et exigence parce que personne, aucun je, n’y résiste ;

la structure de conscience est la structure de la Possibilité même, de la potentialité, de la toute-puissance ; qui doit obéir à sa Règle, qui n’est en aucun cas « n’importe quoi », on se situe non dans dispersion et la vacuité et la velléité des immédiatetés mais dans l’acte de cohérence même, l’hyper objectivité, l’activisme accélérée ; il n’y a pas de « petit rapport », on reçoit toujours uniment le Grand Rapport ; c’est bien pour cela qu’est requis le christique pour l’initialiser ; le grand rapport descend ici même,

et nous la recevons lors même et au même degré que la souffrance qu’elle nous inflige, qu’elle nous impose, et qui risque toujours de nous anéantir.

« Personne ne peut contempler ma face sans mourir »

Voir les commentaires

Cohérence de l’étrangeté

23 Janvier 2021, 09:48am

Publié par pascal doyelle

De tout ce qui est,

soit ne seront conservés aucun souvenir, aucune information, tout explose puis se disperse dans le vide glacial, l’obscurité, le rien du tout,

soit il existe une mémorisation et donc une structure qui recueille l’ensemble de l’expérience accumulée, accumulée par ce que l’on nomme un « univers ».

Si on choisit le vide intersidéral, alors la structure est réelle et conduit au réel, fonctionnellement ; existe un univers qui s’est « produit », une incandescence généralisée qui clôt une fois tout l’être déroulé ; on a vu que l’on considère que le présent, ou donc l’exister, déploie toutes les réalités, l’exister déploie tout l’être, l’ensemble des choses, des êtres, des mondes humains, des individualités, bref tout ; l’arc de présent aboutit à l’arc de conscience, que l’on sache, et tout se manifeste tel quel)

si on choisit que décidément un tel univers incandescent qui brûlerait totalement tout le possible et puis s’effondrerait indéfiniment dans la nuit glacial est non seulement une réalité absurde (dépourvue de sens) mais surtout idiot, stupide, sans intérêt, puisque tout, non seulement vous, moi, mais aussi Mozart, les petits oiseaux et tout être vivant, bref tout disparaît alors dans le néant total sans plus rien ni personne pour s’en souvenir,

alors il faut supposer que d’une manière ou d’une autre il existe une telle mémorisation et un devenir infini qui n’abolit pas la réalisation, ni celle de cet univers ni celle de nos efforts et ce devenir non fini (qui ne se termine pas lorsque toute la réalité est exprimée) est désignée comme dimensionnel. C’est ce que portèrent en fait la plupart des philosophies, systèmes, croyances, religions, inspirations ou illuminations (en esthétique, poétique, littérature, etc).

On verra, une autre fois, qu’il ne s’agit pas d’une mémorisation, mais d’un ouvrage. Somme toute, tout compte fait, si le présent est le réel alors le présent est la dimension. Tout le reste est relatif au présent, ce qui veut dire au mouvement. L’univers, le temps, l’espace, les choses et les êtres s’exposent en circuit fermé sur l’horizon de l’unique présent. Mais comme ce circuit est celui de la réalité, il n’est pas fermé, mais en devenir continué.

Prenons par l’autre bout.

Dans la réalité tout s’effiloche tôt ou tard, et il paraît impossible de saisir quelque substance réelle et solide (il n’y a pas de « matérialité » qui serait au fondement, et l’énergie est indistincte) ou consistante (pour ce qui est de la pensée ; il n’y a pas d’idée ou de système qui tiendraient de par eux-mêmes). Le seul réel qui tienne tout au long est l’actualité, cad le présent. De même de tout ce que l’on réalise, ne demeure que l’arc de conscience ; tout le reste subit des transformations sinon des dégradations irrémédiables.

Et donc n’existent à proprement parler que ces deux formes de réel ; l’arc de conscience dans l’arc du présent (l’arc de conscience contient toutes les réalisations humaines, l’arc du présent toutes les réalités).

C’est qu’il existe une distinction ; très classique ; les choses déterminées et les choses indéterminées, qui, de cela, ne sont plus des « choses ». Tout ce qui est déterminé est fini, limité, localisé, composé et donc emporté dans une décomposition, tôt ou tard. De même que notre vécu.De tout vécu il n’existe qu’une seule continuité ; l’arc de conscience de chacun.

Ramenons cela à l’essence ; St Thomas emporte le débat en plaçant l’exister dans le sein de dieu ; dieu est capable d’atteindre à l’exister des choses et des êtres et donc si tout ce qui est est pensable (ramené aux distinctions de penser, universelles d’une part et particulières d’autre part), par contre l’exister, « là », des réalités requiert l’intention de dieu (qui seul crée de l’être, la réalité).

Se déplace tout à coup Descartes, d’un pas de côté ; ce qui est là et maintenant est en soi réel.

Il y a , au moins, un exister ici même et celui-ci est invincible ; ce qui veut dire qu’il faut, faudra le penser et donc amener la pensée, qui était jusqu’alors universelle, jusqu’à toucher le « là » ici même. Et ainsi la pensée n’y suffit plus du tout ; que l’argument cartésien ne soit pas un argument veut dire qu’il bascule dans une plus grande pensée, celle qui permettra à Kant de délimiter le sujet et à Hegel de rassembler en deux phénoménologies toutes les pensées, au sens d’universelles, en deux phénoménologies. Le voile a été déchiré.

À partir de quel point, découvert par Descartes, Kant et Hegel pensent-ils ? Pourquoi un tel être, qui n’est pas un être (Sartre) existe-t-il ? En quoi la forme de cet « être » possède-t-elle quelque signification ? Comment retranscrire la structure d’existence (qui est donc antérieure à toute pensée, représentation et humanisation et personnalisation) ?

Et donc à tout le moins le sujet existe réellement ici même et se tient de par soi ; même si dieu nous crée, il nous crée libres, ce qui veut dire relatif à nous-même, et pas seulement relatif à lui ; mais être relatif à soi-même c’est ne plus être relatif … mais absolu ; Descartes pousse très loin la logique chrétienne, christique, ontologique et la rend, enfin, accessible et plus qu’immédiate ; il la produit sur la scène (du réel) comme instantanée. Descartes impose la logique christique absolument et enfin il en crée la conclusion tout à fait réelle ; le christ nous remet les clefs du royaume (qui dépend de nous dans la communauté des croyants, ce qui veut dire, prenons-y garde, communauté ‘en esprit’ qui est le troisième de la trinité, tout est placé, ainsi, très exactement et reviens à ce qui se réalisera dans l’histoire ; liberté (Descartes) égalité (christique) fraternité.

Il y a irruption sur la scène de la pensée (qui tablait sur la pensabilité, l’universalisation) de l’existence qui soudainement dépasse le penser, et situe, donc, le sujet sur un autre-plan ; le plan du monde donné là (l’étendue pour Descartes, qui deviendra la phénoménalité de Kant, l’histoire de Hegel, l’univers des sciences et l’existence existentialiste, soit donc le réel, massif, des réalités).

Ou donc ; si il apparaît que Descartes introduit le je, qui se tient lui-même (et donc n’est pas tenu par la pensée), alors le donné « là », la réalité, prend toute son importance et ce jusqu’à s’imposer comme ‘réel’ hors de la pensée, hors du sens d’abord (le donné là est absurdement là et possiblement idiot) et hors de « nous », hors de notre acte, activité de conscience ; n’existe-t-il aucun lien entre le réel donné là et l’arc de conscience ; on dit que si, effectivement, il existe un lien et ce lien est le présent comme activisme.

Le sujet cartésien exigeant de toute manière l’inquiétude totale du je. L’inquiétude originelle et l’exigence formelle, ce qui veut dire intégrale.

Rappelons que le concept de l’exister fut découvert, inventé par Marius Victorinus, néoplatonicien, lors même que personne ne sut vraiment comment l’utiliser. Il devait, par là, délimiter l’incarnation christique, et donc l’incarnation de dieu lui-même en un être existant là au-devant ; ça n’est pas un hasard.

Le rebours de l’exister

Rappelons que le principe n’est pas de laisser entr’apercevoir, éventuellement, un réel « supérieur », un point de vue situé « ailleurs », esprit ou ciel de l’âme, mais, de par ceci, ce développement, avancer dans la compréhension, dans l’articulation, dans la technique du réel, son mécanisme propre, et son mécanisme tel qu’il eut lieu (dieu, la pensée grecque, le christique, Descartes, la révolution, le je et le moi qui nous concernent absolument) et tel que ce mécanisme s’est lui-même prévu …

La possibilité de cette prévision serait difficilement justifiable, si il s’agissait d’un au-delà (dont on ne possède pas la perception, par principe), mais pleinement envisageable si notre être n’est pas un « être » mais une structure, ce qu’il faut entendre en tant que rapport ; ce qui ex-siste en rapport, sous la forme, sous la formule du rapport, se-sait (sinon ce ne serait pas un rapport) et donc il sait quelque chose de lui-même.

La définition minimaliste de la « conscience » étant « cela qui a rapport à soi » ; les choses sont cela qu’elles sont, les vivants sont eux-mêmes dans la mince séparation de la peau, qui distingue l’intérieur de l’extérieur, mais ce qui se-sait se voit à partir de l’horizon et donc est instantanément dé-placé dans l’absolu, même en ne connaissant rien (de l’ordre de la connaissance déterminée donc) mais se-sachant, puisque se rapportant à (soi).

Aussi considère-t-on que les configurations mises en place passent outre la détermination du monde (selon des identités et chacun des mondes humains particuliers précédents) vers une mise en forme purement structurelle ; l’intention du dieu-autre, l’universel et le monde donné là, le corps de chacun et le christique, le sujet et l’existence actuelle et actualisée par ce sujet cartésien, la révolution et le sujet formel généralisé, le donné du monde surpris par les sciences, le possible des mois depuis les années soixante, etc.

C’est de toute manière ainsi que furent utilisés dieu, la pensée, le sujet ou le réel même (et toutes les variantes qui relèvent de ces quatre configurations). Permettre de construire de grandes stratégies et des stratégies qui prennent en compte cette articulation étrange de l’arc de conscience, l’intentionnalité qui crée un champ dit intentionnel, là au-devant, et permet de représenter, re-présenter le donné (rapportant des perceptions aux signes, et surtout avec les signes produisant quantité de perceptions, de même que les grecs en inventant la pensée rendent possible que l’on puisse percevoir beaucoup plus, que le commun habituel mémorisé dans le langage de tel groupe humain).

L’autre rappel ; il n’est pas du tout admis ici qu’il y aurait, que l’on recevrait une communication « de l’au-delà ». Ce à quoi l’on se doit c’est de rendre le réel, la réalité, la vie elle-même, le vécu et le relationnel, l’historicité, l’histoire humaine, les réalisations effectuées, de rendre tout cela étrange et autre. Ou d’un autre point de vue on est amené à considérer le présent, qu’il y ait un « présent », ou un réel, comme une étrangeté tout à fait effarante et dont on doit rendre compte. Il ya quelque chose plutôt que rien, somme toute. Sauf que le questionnement se déplace ; il ne s’agit pas de se demander pourquoi quelque chose plutôt que rien, puisque le néant existe et étant « rien du tout » il ne s’oppose pas à l’être, mais le néant et l’être totalement réalisés, il s’agit d’entrer dans le réel en dépliant ce que cette idée de réel contient ; et pour ce faire, pour déployer le principe de l’être, du réel, on utilise toutes les expériences qui furent menées depuis toute l’historicité. Il s’agit comme vu de considérer les systèmes et les religions, les décisions et les intentions, de les rendre étranges afin de prendre la mesure de leur articulation ; puisque chacun sait bien qu’il est parfois ou souvent très difficile d’exister, de se situer, de voir clair à peu près dans ce que l’on dit, ce que l’on veut, ce que l’on désire, etc.

Rendre étrange l’historicité ou le présent ou l’intention que l’on existe, de même saisir que l’on est saisi dans un champ ; on n’a pas accès aux choses mêmes, il faut les reconstruire (et on peut les reconstruire, non seulement scientifiquement mais aussi dans la perception même ; chacun sait utiliser un tournevis ou chacun obtient une saisie de ce qu’est un arbre, ça n’est pas tout ou rien) ; on y a accès dans et par un champ que l’on étaye sur les perceptions du vivant que l’on est (mais on sera obligé d’inventer un microscope pour percevoir plus précisément ou autrement).

On ne préjuge donc pas du tout qu’il y ait un « au-delà », mais rien n’y contredirait ; le problème, la question est ou serait plutôt sa nature, son essence, sa structure.

Puisque l’on part de ce fait de constatation absolue (cad formelle) que rien n’est immédiat. Évidemment pour nous, pour notre activité de conscience, le monde, le donné se prête comme immédiateté, mais en eux-mêmes le monde et le donné sont intégralement constitués dans et par le présent et le devenir est absolument (cad formellement) totalement articulés ; de là que toute réalité fuit, s’échappe, est soumise au temps, mais aussi à l’espace. En somme c’est uniquement parce que nous nous tenons dans la conscience que nous installons ou supposons ou imaginons une réalité stable et fixé, un objet, un objet monde, ou un objet moi ; c’est exclusivement une stabilité momentanée prise dans le mouvement de conscience, qui est, lui, encore plus mouvant que tout le reste ; la pensée, le langage, les signes accélèrent considérablement la « réalité ». On pourrait dire que l’universel, l’universalisation (qui est concomitante au langage de toute manière) est une hyper accélération, de même que telle œuvre, telle esthétique par ex.

L’accélération on a nommé plus précisément l’altérité de dieu (qui est le un tout-autre), l’augmentation intentionnelle grecque (les idées sont des intentionnalités accroissant la précision), l’intensification christique et du sujet (Descartes qui actualise ici même et non plus seulement en dieu ; Descartes est infiniment subtil, il ne nie pas dieu, au contraire, mais l’instancie ici et maintenant en chacun, chaque un), et la concrétisation absolue (formelle) de la révolution ; dès lors est lancé le plan hyper réel (cad réel tout court en fait) qui installe chacun dans son propre vécu (des romantiques aux années soixante et au-delà, la mass et micro médiatisation qui est également la mass et micro médiation, médiation de soi par soi, de soi par les autres, de la société humaine sur, vers elle-même etc).

Sans prendre en compte la vérité, cad la réalité, de dieu, mais aussi de la pensée en soi, du sujet transcendantal, on reconnaît sans aucun problème le perfectionnement interne qu’atteint l’intentionnalité (mais aussi l’intention, l’intention envers notre propre vie, notre existence, la considération d’autrui et des autres, l’organisation, juste, de liberté et d’égalité (ce que signifie « juste »). et ce dans les grandes lignes parce qu’il est et il y eut quantité de réalisations, de réal-isations par l’intervention structurel dans le monde humain et cela se nomme l’historicité ; il y a historicité (et non monde cyclique par ex) depuis l’introduction, l’entrée de la structure qui découpe et donc accélère, augmente, intensifie, concrétise, toutes les possibilités.

L’historicité est la possibilité ; au sortir des mondes collectifs, communautaires, holistes, royaumes et empires compris, il est apparu quantité de morales et d‘éthiques, d’esthétiques, de poétiques, de politiques, d’idéels (de philosophie ou de science), mais aussi quantité de sujets, à foison. Dans le fond c’est cette richesse et l’ensemble de ces distinctions et différenciations qui sont sidérantes et étranges.

Ceci est dû, quand même il faut le dire, à la certitude interne de la structure de conscience ; dès qu’elle se-sait, elle se voit et il n’est aucun moyen de douter, de douter de quoi que ce soit. Les preuves, toutes les preuves sont là, exposées depuis 5 000 ans (au moins et sous condition d’analyser les autres civilisations). Du reste lorsque disparaissent les mondes collectifs, apparaît la structure de conscience ; dieu (l’intention) la pensée (le réseau intentionnel acquis de par soi) le sujet (l’intention inscrite en chacun, maximum de séparation dans et selon le réel). Et il n’y a aucune raison de douter de quoi que ce soi. La forme, l’articulation, le champ intentionnel est absolument certain, même si on ignore ce qu’il est exactement. Ce qui peut paraître bizarre, puisque cela consiste à prendre pour argent comptant dieu, la pensée, le christique et le sujet, la révolution la liberté et l’égalité, le réel et le je. Il faut tout admettre et considérer tout cet ensemble comme la totalisation (non exhaustive) de toute l’expérience acceptée et admise qui nous emporte nous, tout entiers, vers et par la même Intention.

Ensuite on peut croire ou non en ceci ou cela, peu importe parce que dans l’ensemble de toute la manifestation déployée chacun s’y retrouvera en ceci ou cela et au mieux doit-on intégrer le maximum et les plus grandes extensions obtenues à partir et pour cette altérité-augmentation-intensification et concrétisation de tout, de tout notre être, notre réel.

Et il est possible d’accéder (et de retrouver, récupérer en cette conscience) de se relier à tout l’ensemble de l’aventure dans la mesure où il ne s’agit pas du tout d’une essence ou d’une identité ou d’une fixité, mais d’une structure, la structure dite de conscience, dont la fonction (ou la dimension) est fondamentale, au fondement, à la source de tout champ d’expression par des signes ; il s’agit de reprendre l’ensemble des expériences, des intentionnalisations existentielles au sens fort (après tout dieu est d’abord et avant l’intention qui crée toute la réalité, signifiant par là cette création évidemment mais aussi qu’il existe un registre spécifique de « l’intention » ; reprise par le christique « que voulez-vous vraiment ? »)

Comme il s’agit d’une structure, désignée comme « conscience », elle intègre tous les contenus, toutes les intentionnalités et comme cette structure est un rapport, une articulation, alors elle admet qu’il y ait dieu, la pensée, le sujet ou le réel (ou toute autre distinctivité ; on a délimité le sacré qui englobe tout ou partie du monde, de la communauté humaine, du divin qui existe séparément du monde, de l’humain et donc ajoute une intention-en-plus ; le monde, le vécu, le corps ne sont plus sacrés mais le deviennent par un effet de sur-intentionnalité non naturelle).

La finalité simple de la structure est d’accroître la possibilité ; la révolution est un accroissement fabuleux du possible, puisqu’il revient à chacun de se décider (de tout ceci ou cela qui se présentent et qui seront inventés, sans castes ou rôles ou contraintes indues). De même le christique ne repose plus en dieu l’intention, mais interroge et donc commence d’organiser, l’intention de chacun en tant que chaque un. Pareillement les esthétiques et littératures (qui deviennent possibles) déploient la totalité de la perception et ce en pourchassant au plus loin la perception ; les grecs imposent que l’art existe en lui-même et par lui-même (et non plus intégré dans un rituel, il devient lui-même son propre rituel).

Et toute la mass et micro médiatisation qui se transforme en médiation (de soi vers soi ou autrui, etc) représente et organise l’instanciation du moi vers sa possibilité de sujet ; il est clair qu’il se devait que se déploie la vie-de-chacun, que le moi soit saturé de sa propre réalité, en l’occurrence de sa réalisation et non pas d’une essence ou identité définie on ne sait ou (les mois s’inventent et épuisent cette invention, font « tout ce qu’ils peuvent », bien que plus ou moins se tenant de par les principes liberté-égalité), qu’il devienne, qu’il y ait quantité de « mois », que toute la capacité soit manifeste et manifeste, que la réalisation soit la plus complète possible,

et que l’on puisse s’en détacher, ou que l’on tienne au-devant de soi cette réalité de sorte que vienne ou survienne non plus telle ou telle réalisation et donc désir mais « plus rien du tout ».

le plus rien du tout est la libération. Ou dit autrement ; notre intention n’est pas du monde, mais de la forme du monde. Il n’y a plus rien à désirer dans le monde ou plus exactement on doit y comprendre que quelque désir abouti dans le monde, « ça ne sera pas ça ».

Il y aurait une cartographie très précise des explorations depuis les années soixante de la réal-isation de soi comme moi, non seulement cet égoïsme, cet égocentrisme, mais également cette prolixité et cette inventivité continuelle.

Donc quoi ?

Si il est question de l’être on ne comprend rien ; l’être est « juste » une idée ou l’idée des idées chargé de les réunir en un point qui les rend possibles ; à rebours, l’unité qui prédispose des unifications, comme le conclut Plotin ou comme la théologie tentera d’assumer par dieu cette unification, sauf que dieu est une intention, ce qui change tout ; l’être comme idée ne peut pas supporter, porter la réalité, encore moins le réel et encore moins le je, l’arc de conscience.

Il est requis de supposer le niveau adéquat et quel degré de pensée est appelée par le je ?

La liberté, ce qui veut dire la possibilité et même la possibilité de la possibilité.

Ou donc ; la liberté s’entend comme devant assurer la liberté et non pas comme ouverture à désirer tout et n’importe quoi.

Aussi dans la liberté récupère-t-on la pensée, l’universel et, si l’on veut, dieu et surtout le christique (dont on n’a pas encore commencé de comprendre ce qu’il signifiait). Kant impliquait l’universel par la liberté ou plus exactement la liberté par l’universel ; seul ce qui est universable élève le sujet. Mais en vérité c’est seulement la liberté qui tire l’universel vers le haut… parce que l’universalisable est seulement le rapport acquis, tel qu’il se fixe. Tandis que la liberté est le rapport tel qu’il est possible.

Ou ; la liberté loin d’impliquer une moindre organisation, provoque une plus grande cohérence. Et cette cohérence n’est pas liée à l’être (fixé et selon un ordre, universel, tels les grecs), mais à l’invention ou donc à la Création ; on pensait organiser la réalité, humaine, par l’universalité, mais en vérité c’est bel et bien l’ordonnance de chaque conscience qui doit, se rendant à soi-même, se vouloir, se désigner (de soi-même et d’autrui), se signifier.

Et Créer au sens divin, au sens attaché originellement à dieu en tant qu’il crée la réalité et l’histoire, l’historicité, et ce de l’extérieur, du dehors, à partir du Bord ; divin ce qui signifie au sens de « cela qui doit être réalisé », rendu réel.

On a vu déjà pourquoi ; parce que si le réel est exprimé (sous la réalité, donnée, ou la réalisation, humaine) alors il se voit et si il se voit il avance. Ce qui est finalement le principe même hégélien ; énoncer une proposition c’est la situer déjà sur ce qui suit, c’est l’horizon de telle proposition qui déjà se profile. Il y a manifestation parce que la manifestation, la réalité, la réal-isation d’une réalité, fait partie de la possibilité, dont la finalité est d’agrandir le possible de la possibilité.

Que le christique soit le signe absolu, ce qui veut dire formel, de l’actualité du divin (quel qu’il soit par ailleurs, on peut admettre dieu ou la pensée ou quelque autre interprétation, lesquelles sont potentiellement toutes valides...), le signe donc de l’intention externe à toute réalité, n’y est pas pour rien ; parce que, quelque interprétation retenue, c’est de cette manière que se déploie dans la plus concrète des réalités (une vie) l’intentionnalité et ce à partir de son origine, de sa source, de sa structure active et actuelle même ; il n’y a aucune autre « conscience » que celle de chaque je. Croire que la « conscience » réside dans la pensée, l’information, les lois naturelles ou qu’elle ne puisse se supposer qu’en dieu, c’est à toutes ces propositions que Descartes cloue le bec. Descartes et le christique.

Toute autre alternative est renvoyée à son abstraction (l’universel par ex) ou son éloignement (l’absolu en général) ou son imagination ou son discours théorique objectif (limité à tel objet qui ne peut s’extrapoler au tout) ; renvoyé sauf donc qu’il s’agisse d’un je. Puisque le je est le rapport à (soi). Est le rapport à (soi) et non pas le rapport certes, mais à un autre (dieu, l’absolument soi, l’âtman) ou à autre chose (chose, discours, monde) ; c’est pour cette raison que le christique est considéré comme décisif. Le rapport est alors instantané ; cartésien ; Descartes ne montre que cela, que le sujet existe en rapport à (soi).

D’où l’importance accordée à cette définition ; la conscience comme rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » n’est pas une identité mais le rapport lui-même.

(traduit pour chacun ; nous ne sommes pas ce que le monde, la vie, les autres ont fait de nous, mais ce que nous faisons de ce que le monde, la vie, les autres (mais aussi nous-mêmes) ont fait de nous. Il ya toujours absolument un appel du dehors, du grand dehors.

Ce qui revient à dire que tout ce qui est, est rapport et que parmi tous ces rapports il en est au moins un qui est « à-soi-même », par quoi il manifeste la réelle structure et densité de ce qu’il faut comprendre par «rapport ». le rapport est le mouvement, le mouvement de l’infini perfectibilité comme loi intrinsèque, Règle, du réel. Ce qui correspond à la signification du réel et de la réalité comme Possibilité ; il est une structure, qui est un rapport, parce que seul ce qui est rapport-à et qui plus est rapport-à (soi) est capable de perfectibilité infinie.

Mais cela implique la création continuée. Ou donc que dieu, par ex, est peut-être « parfait », mais fixe, voire figé, et que pourtant seul un dieu perfectible est, lui, parfaitement parfait. Ce qui veut dire encore possible, encore et toujours possible possible. Que serait un être déjà entièrement réalisé ? Un être déterminé. Et donc composé et donc mortel. Le seul divin vivant (pour reprendre la formulation christique que l’on transpose en « Existant ») est celui qui est encore toujours dans la modification ; raison pour laquelle n’existe à proprement parler que le mouvement.

Aucune consistance ailleurs ni autrement que dans et par le mouvement.

Ça n’est pas la création qui serait continuée, et c’est pour cela que le christique est incarnation (que l’on croit en Jésus ou non, la signification est la même) ; dieu se crée comme christ (qui était im-prévu, et qui se continuera par le saint-esprit, la communauté des croyants, pris un par un, individuellement, comprenant, dans Tous les Sens du terme, religion, art, théologie, organisation humaine, relationnelle, personnelle, révolutionnaire plus tard) ;

ce qui se crée c’est la stance du réel lui-même ; non pas un quelque chose qui deviendrait mais le-devenant lui-même qui se transforme. Dieu, la pensée, le sujet … et donc le réel se transforment ; l’ontos, la forme même du réel se modifie.

Raison pour laquelle il y a effectivement et intégralement un devenir. Il y a une réalité et en l’occurrence une humanité, afin qu’elles se perçoivent et qu’elles se transmutent. 

Et, comme vu, seul un rapport (qui ne tient ni dans le début ni dans le terme) peut re-venir sur lui-même ; il réorganise son commencement. N’existe que le rapport qui soudainement (ça lui prend sous le comble de sa propre inspiration, illumination) se rapporte à lui-même, et devient. Nous sommes toujours dans le commencement parce que n’existe que cela. Ce qui veut dire que le réel est la Possibilité en soi (le mouvement brut qui se rend subtil de ce qu’il se voit en tant que champ de perception).

Voir les commentaires

Le secret replié

16 Janvier 2021, 09:16am

Publié par pascal doyelle

On passe outre la limite, si raisonnable, que la pensée, l’universelle, tentait de constituer ; de sorte à réguler et organiser la vérité, l’ordonnance des vérités, des idées, ce qui signifie des intentionnalisations. Mais ça n’est pas la raison consciente que l’on veut seulement ; on veut parvenir à manipuler, réorganiser l’acte même de conscience.

On dira qu’il est un peu bizarre, voire absurde, de se présager avant la conscience que l’on est déjà. Sauf qu’en signifiant dieu ou le sujet, déjà, c’est ce dont il est question. Aussi lorsque l’on parvient à situer l’acte de conscience sur un plan dit du Réel pur et brut, alors on dispose justement de ce signe qui permet de comprendre l’acte de conscience.

De même que le présent déroule toute la réalité, pareillement l’activité de conscience expose, par l’intentionnalité, les choses et les vécus (et plus largement tous les champs de perception). Pour cette raison qu’alors la réalité se déplaçant elle-même dans sa propre vue (ce qui est la raison d’être d’une « réalité ») cette réalité va commencer de se modifier ; autant dire que dès le début qu’initialement la réalité est « cela qui se modifie » …

il n’y a pas un quelque chose (non modifié) qui ensuite se modifie, c’est la modification même qui est dès l’abord en jeu. Et probablement rien que la modification. Parce que l’enjeu n’est pas l’être mais le possible ; donc le possible est déjà absolument l’initiation même de la réalité, ou « qu’il y ait une réalité ». C’est bien pour cela qu’il nous semble ne rien saisir, jamais ; il faut en être saisi (de même que l’on se doit à dieu et que toute gloire, grandeur, valeur ne vaut que par dieu, ou la vérité ou la liberté ; si on annule la vérité peu importe tout ce qui suivra ; si l’on veut sans la liberté, toute orientation sera absurde).

Il faut ainsi révéler que cela qui semblait figé et fixiste (dieu, l’être, le christique, le sujet, ou en l’occurrence le réel) manifestent exclusivement un mouvement. C’est d’un point quelconque extérieur que l’on considère gelés les mouvements furieux qui agitent les structures susdites ; du point de vue de l’extériorité (cad de ce point qui extériorise inertes toutes choses et toutes idées) dieu est un fétiche ou une illusion, etc. C’est nier quelque stratégie que ce soit au profit d’une tactique limitée, dont on prouve la toute validité par sa limitation même ; au moins elle est efficace cette tactique. Tandis que la stratégie « dieu » se perdait dans l’illusoire.

On admet ici qu’elles tiennent les positions les plus élevées possibles et à chaque fois inimaginables, et faisant donc l’objet d’une révélation, dite divine, au sens du dieu divin, de la pensée divine ou de la liberté absolument réelle et fondatrice (etc). Divine en tant qu’exposant leur architecture propre et interne antérieure au monde, au donné, au vécu et au relationnel, au corps et à la perception ; il y a perception (et tout le reste) parce qu’il y a cette structure dite intentionnelle (qui consiste en un rapport qui subsume tous les rapports suivants, sans lequel vous n’auriez pas un corps, vous seriez ce corps, mais vous le percevriez pas comme tel ; tout n’existe pour-vous que de se présenter dans la forme, sous la formulation intentionnelle et donc déjà porté à l’universel et à la cohérence explicite de la perception suractivée.

Ajoutons que, donc, si votre être n’est pas un être (et donc par ex ne tombe ni dans la nature ni dans la raison) mais une structure et ainsi un rapport, alors ce rapport ne peut paraître que dans et par l’actualité réelle ; dit autrement vous ne pensez qu’en pensant, vous ne percevrez le sujet qu’en y accordant foi, ou en vous suspendant soudainement très cartésiennement à son infinité de structure (un rapport est la seule formule admissible et pensable de l’infinité, les autres versions sont très intéressantes mais incompréhensibles).

De ce point de vue il faut renverser toute la lecture habituelle, de défaite de la pensée ou de la réflexion et d’inanité de la philosophie et ces quantités de thèses déprimantes dont on ignore ce qu’elles sous-entendent (de quelle « autre » finalité elles se réclament, multiplicité ou sauvagerie ou positivisme ou scientisme, ou plus simplement idéologie, quand ça n’est pas idéologie simplette, naturaliste qui accepte spontanément le donné là, sans s’interroger plus avant sur la construction, l’artificialisme de cette nature imaginée, produite, produite industriellement depuis). La philosophie et la pensée et comme on a vu la réflexion sur la nature même du réel est absolument positive et absolument précise ; dieu, la pensée, le sujet ou le réel sont effectivement l’effectivité ; sinon comment l’espèce dite humaine se serait-elle substituer au fondement immédiat des réalités naturelles et puis ensuite sociétale, lorsque régnait la communauté (dans une relative pauvreté et état de nécessités), la structure de conscience a su comment dépasser telle acquisition pour mettre en jeu la capacité générale d’acquérir (en quoi consiste, en partie, la pensée, la raison ; on comprend que l’on produit les contenus et non plus dans le giron d’un contenu sacré et partagé dans et par la communauté, acquisition de l’acquisition qui met à bas le sacré, certes, mais aussi promeut le divin, le divin séparé du monde, du collectif (dépassé par la nation), du groupe, et même du langage ; les grecs, par la raison, passent outre le langage, et en crée un nouveau et même plusieurs, dans tous les domaines, esthétique ou philosophique, puisque l’on est dorénavant en dehors de la main mise par le langage commun, la représentation partagée ; dorénavant nous naîtrons dans la perception des œuvres des hommes individuels.

Et pourtant si la pensée a su cibler l’infini, c’est aussi par lui que ça recommence ; à savoir que Descartes détourne l’infini. Puisqu’il origine la pensée dans le « sujet ». Qu’il faille succomber à l’infinité si l’on veut commencer de saisir quoi que ce soit de réel (ou si l’on préfère qu’il faille en être-saisi), c’est ce qui retentit dans toutes les perspectives ouvertes par la pensée, la théologie, la mystique, la foi, la conversion, la révolution ou le dépassement de ‘soi’.

Si il est une unité de cohérence ici et maintenant (qui sera nommée après Descartes comme sujet) il faudra tôt ou tard dérouler l’ensemble de la vision, logique, que suppose un tel sujet, une telle unité ; si il existe ici même un être tel qu’il est à lui-même sa propre logique, en l’occurrence son rapport, alors il existe sur une étendue bien plus conséquente que l’étendue du même nom, cartésienne, qui désigne le monde ; et on a nommé cette étendue ontologique la surface du réel.

De manière générale donc il se peut que tout ce mécanisme structurel assure « seulement » si l’on peut dire, qu’il existe « une réalité ». Point. Le présent génère dans son architecture toutes les réalités, qui demeurent toutes en mouvement brut qui se raffine au fur et à mesure ; et il est un acte incandescent qui meut tout ce qui fut, est, sera. Sans plus aucune mémoire. Tout disparaissant dans l’oubli et n’ayant exister que durant le relativement court laps de temps.

Il se peut également que le présent soit dimensionnel (qu’il existe en et par et pour lui-même) et cela ne serait pas illogique du tout ; parce que si la « substance » des choses, des êtres, des planètes, des galaxies ou des univers si il y a lieu est le mouvement, alors il faut relativiser la consistance de la, des réalités par la forme de celles-ci ; ce qui existe est et n’est que la forme même, la structure de manifestation de tous les champs (de perceptions ou d’expressions). Le consistant est le mouvement (le reste est second voire secondaire). De là que l’on puisse légitimement percevoir tout ce qui est, et tout ce que l’on vit, comme et par le regard de dieu, de la pensée, du sujet ou du réel pur et brut (qui devient de plus en plus en sa pureté à partir de sa brutalité).

Sauf ceci ; qu’il est,en vérité, en vérité structurelle, impossible d’adopter un point de vue limité. Il sera obligatoirement placer en dieu, la pensée et/ou l’universel, le sujet ou le réel. Parce que d’horizon il n’en existe qu’un. Tout le reste est déplacé souis cet horizon. Et aucun horizon limité, cad déterminé, ne peut prendre la position de l’horizon formel ; c’est en ceci que notre être est toujours indéterminé, que tout rapport qui paraît donné là, chose ou être, perception ou signe, se rapporte toujours-au final à l’horizon abstrait unique ; et parce qu’il se crée d’office instantanément de l’horizon seul.

En ceci on ne perçoit pas l’horizon seulement, on se perçoit à partir de l’horizon ; en quoi consiste la « castration », ce qui est semble une dénomination plutôt bizarre en dehors de la psychanalyse, et qui consiste en la passation de l’enfance ; qui s’installe comme centre immédiat, n’ayant évidemment pas conscience qu’il se prend pour le centre, sinon il ne le serait plus … ce qui est tout à fait troublant pour tout enfant ou conscience immédiate : le passage d’une conscience immédiate à la conscience d’horizon semble brutale mais en réalité toute conscience immédiate (qui a conscience de ceci ou cela) est déjà précédée de l’horizon ; nous sommes immédiatement articulés ; lorsque l’on est enfant on reçoit l’autre-conscience, ou celle d’autrui, ou en définitive la conscience-autre, la conscience en tant qu’autre ; il n’est pas de signes sans une structure articulée, pléonasme.

Rappelons que la distance intérieure au moi de Lacan est la distance interne de la conscience et du moi pour Sartre ; ni Lacan ni Sartre n’ont intégré le je, le sujet, qui n’a au fond d’autre finalité que l’universel (pour Sartre) ou l’être-là (comme sujet inconscient) ; Sartre pense le je livré au monde, aux autres, à l’histoire, à sa propre vie et dont il n’attend au final de résolution que de l’historicité (sous les auspices marxistes, réaménagés par une autre dialectique) ; Lacan ne découvre dans le moi que la pliure signifiants-corps.

Il est présupposé dans les deux cas que l’accès de conscience (de soi) mène, justement, à un « soi » et que cela est insoutenable, dans le refus (par Sartre et Lacan) de la philosophie (on se croit bien au-delà de l’histoire et des grandes philosophies, interprétées comme idéologies ou d’idéomanies, d’un système de domination ou d’un conscient berné et symptôme ; il ne leur vient pas à l’idée qu’ils se trompent et que l’être de l’homme échappe au donné là, et ne se permettant pas de comprendre le sujet en sa propre dimension, ils manquent sa spécificité (ce que les anciens systèmes intégraient).

De sorte que Sartre ou Lacan surgissent de but en blanc ; alors que si il est un acquis absolu (cad formel) c’est bien l’hégélianisme ; à savoir que tout surgit à point. Il est une logique (que Hegel prenait comme rassemblement des systèmes dans un savoir, et que l’on interprète ici comme les deux phénoménologies ; celle de l’historicité et celle de la métaphysique ; les deux se manifestant sur le fond d’un horizon, produit par l’intentionnalité et son champ). Et donc il n’est pas lieu de se déprimer en aucun cas et aucun sens ; il apparaît finalement que tout dépend de l’ontologie ; de la nature prêtée à l’être, à l’absolu, au sujet, au réel (au Bien, au Un, etc).

Théoriquement il faut parvenir à énoncer de manière intellective ce que l’on intuitionne, perçoit, signifie ; on signifie de fait le « je » ou le champ intentionnel et au fond on sait bien que Van Gogh nous rend possible de voir autrement, qu’il ouvre un tel champ. On possède un savoir instantané de la structure, mais elle s’énonce difficilement ; on a choisi ici de remonter jusqu’à la phénoménologie, et celle de Sartre (qui installe l’arc de conscience dans une existence, un corps, individuel, et non comme un champ universel du connaître, tel Husserl).

Mais Sartre refuse que ce champ, bien qu’il soit individué (pour ainsi dire numériquement, abstraitement), soit individuel et relatif à un Je ; puisque pour lui Je se dit d’une identité, d’un en-soi (de là que chacun se prenne pour ce qui paraît être, le serveur se vit comme serveur de brasserie), aussi est-il fondamental que l’on cesse de définir l’être, le réel comme chose déterminée dont « la pensée » n’était somme toute qu’une version ; les modernes furent profondément intuitifs de décrocher de la métaphysique, de la scolastique, de la pensée grecque, de l’être et du bien ; ce qui est excessif (puisque l’on affirme ici que tout l’ensemble, de dieu à Lacan, en passant par la pensée et le sujet, est valide, à propos de cet « être » étrange qui n’est pas de la détermination mais de la forme de la détermination, de même que le présent est la forme des réalités). Excessif mais fondé ; le sujet, qui supervise tout déplacement (de champ, qu’ils se nomment esthétiques ou systèmes philosophiques ou politiques, etc) sait bien cela ; il intuitionne évidemment le rapport qu’il existe ; si il était, le sujet, un être déterminé, une pensée ou un au-delà du donné, un donné dans le donné, la loi des phénomènes par exemple en tant que cette loi est autre que les phénomènes, il s’opposerait comme une essence supérieure dans les essences inférieures ; or on dit ici que le sujet est supérieur mais n’est pas du tout une essence ; mais un rapport. Et donc l’intuition dont il est « l’objet » il en est le sujet (c’est un rapport qui se rapporte à lui-même) ; aucun problème à ce qu’il soit saisi de lui-même (sans faire appel de quelque manière à un extra-donné, une extra-réalité).

Et donc quittant, tous, le registre de l’essence (de la pensée, des réalités, du monde donné) ils s’efforcent d’élaborer la pensée (toujours forcément critique, mais c’est Kant qui introduit la perspective, mais qu’est-ce donc que Descartes sinon la monstration de l’articulation) la pensée avant la pensée ; soit le sujet.

De là que dieu ne soit pas dieu (cet objet, d’adoration, de pensée, Eckhart par ex), ni la pensée (qui prend origine antérieurement, depuis Descartes), que l’éthique véritable soit si difficile (christique), que l’intention soit si rigoureuse (kantienne ou sartrienne), que la profondeur soit abyssale (Lacan, ou Nietzsche et Heidegger, ou Kierkegaard). Que donc il fut réellement perçu que l’être du sujet échappe au discours raisonnable raisonné, que la systématique intentionnalisatrice (les idées et les systèmes d’idées) sont beaucoup trop courts pour saisir la conscience qui tisse considérablement plus que via les signes nommés idées et systèmes ; mais alors faut-il avancer que c’est au nom et en vue d’une plus parfaite cohérence, perfection qui réclame dès lors une autre-définition.

De sorte que de ce point extrême (qui table sur une unité de structure qui englobe tous les signes, dans tous les domaines ; esthétiques, éthiques, idéels, etc) considère les systèmes, les esthétiques, les politiques, mais aussi les sujets comme des avancées ; des avancées structurelles. Il est possible de percevoir comme Vermeer, d’unifier comme Plotin, de mathématiser diversement, d’étendre la possibilité de conscience ; de percevoir les possibilités de la perception, de la pensée, de l’éthique, du politique, de la science.

En ce sens-ci ; il faut comprendre que l’on perçoit (via l’esthétique, les sciences ou l’éthique) à partir de leur possibilité. On ne sait pas ce que l’on perçoit avant de l‘énoncer. Et une fois énoncé on ignore encore plus ce qu’il est possible d’exprimer. Le concerto pour piano atteint-il sa forme parfaite avec Mozart ? Non, parce que « perfection » n’est pas un état stable, ni stabilisé ; tout est entièrement logé dans la conscience (qui produit et dans celle) qui perçoit ; qu’est-ce qui aurait été manifestable musicalement ? On ne saurait répondre à cette question (même si Mozart assure et assume l’expression affective, à rebours de la « grande musique » ou de la « musique chrétienne ») parce que l’on ne perçoit la capacité qu’une fois les œuvres connues, éprouvées, perçues parce que créées.

C’est en cela que la création est aussi la création continuée qui est continuée parce que création (et non pas copie ou duplication d’un monde donné, d’un ordre, d’un beau en soi). On n’a pas dupliqué la réalité ou la vérité (comme si elle existait ailleurs) ; on l’a créé et ce créé offre au moins une pluralité de formulations ; existe-t-il uen seule forme mathématique ? Non. Existe-t-il une seule subjectivité cohérente ? Non, toute œuvre poétique, littéraire, formule cette subjectivisation (qui n’est nullement en ce cas opposée à l’objectivité, cad aux objectivités diverses, qui n’existe pas monolithiquement) ; cela contredit-il la vérité, l’adéquation des objectivités ? Non parce qu’elles sont toutes localisées ; admettons que dieu crée avec les anges, cet univers et cette réalité, croit-on vraiment qu’il s’agissait de « mathématiques » ? On admet sans problème que les choses suivent les mathématiques, mais les mathématiques manifestent-elles intégralement les choses ? Il se peut qu’elles soient seulement une partie du grand plan divin ou tout simplement de la grande organisation effective du monde, de l’univers donné ; ce qui n’invaliderait pas les maths.

Le problème de tout discours (relativement) cohérent n’est pas son exactitude mais sa complétude ou son incomplétude ; un scientifique ne va pas affirmer au-delà du champ de son objet spécifique. On ne peut pas envahir toute la réalité à partir de tel discours spécial. Le jugement ou la décision ou l’intention vis-à-vis du tout (inatteignable en soi, Kant, et dont on a dit qu’il n’est pas) dépendent de votre liberté ; votre intention est la seule dernière possibilité de compréhension ; et cela ce n’est pas laisser libre court à l’arbitraire mais réclame une éthique du sujet (ce à quoi sert la philosophie ou la religion, etc). Une éthique qui est très souvent admise et vécue ; explicitement (lors des grandes annonciations, tel le christianisme) ou implicitement dans l’organisation même des sociétés. Et il est clair que l’explicitation (religieuse, philosophique, politique, littéraire, tout ce que l’on voudra) augmente et étend l’éthique ontologique, qui de son énonciation (de quelque registre que ce soit, puisqu’elle appartient à la structure qui n’est pas du monde et renvoie à chacun en tant que sujet) entre dans son propre champ et doit encore plus se déplier et afficher ses effets, les effets de la cause (absolue, cad formelle).

La question n’est pas d’imposer telle ou telle solution, mais bien que la question puisse, ou non, se poser ; l’idéologie qui supprime la question est une idéologie … parce qu’elle supprime la question. Que l’humain soit un donné parmi d’autres ou présenté comme un composé « un peu plus » compliqué relève de l’étouffement de la problématique ; jamais alors la cause ne deviendra sa propre inquiétude, jamais la structure ne sera en mesure de se créer plus avant ; elle restera ce sujet caché dans le moi, qui y comprend de moins en moins, puisque non seulement le moi ne possédera plus les mots, le langage adéquat mais surtout il n’aura plus du tout l’intentionnalité, l’organisation intentionnelle requise qui puisse supporter l’interrogation.

Tout cela ne renvoie pas à l’accessoire et au secondaire ; en réalité tout est d’une prodigieuse « objectivité », y compris subjectivités (très particulières et quasi immédiates mais pas tout à fait) et subjectivisations (qui se donnent à entendre, entre elles ou esthétiquement, etc), objectivités et universalisations ; le maître mot, le principe est justement celui-là ; il ne s’agit pas d’états mais de dynamiques ; la pensée n’est pas un corpus mais un procédé et un processus, est une universalisation et non un universel tout-fait. Cela relativise-t-il l’universel ? Oui éventuellement, lorsqu’un universel supplante ou étend le précédent ; de même que newton est devenu une partie de la physique et non le tout du connu, et cela arrive constamment. En aucun cas il ne s’agit d’abandonner l’objectivité, comme principe et processus (pluriel jusqu’alors) mais de ne pas oublier qu’il est, dans le fait même, question d’une processualité (dont l’unité des pluralités est seulement supposée a priori, et qui sera peut-être, une fois obtenue, considérée comme une partie d’une plus grande objectivité, comme on s’en est aperçu depuis longtemps).

Or comme il ne s’agit pas d’une idée représentative (le sujet n’est pas une représentation mais la structure de conscience, identique en toute conscience) le rapport structurel revient sans cesse tel qu’en lui-même et parfait (il est non composé et donc il est parfaitement parfait, relevant de la perfection dite d’activisme absolu ; le réel crée et ne fait que cela, de la nouveauté). Et existant en deçà et dans la strate du réel antérieur à toute réalité (pour nous antérieur à tous les champs), c’est avec force qu’il re-vient et demande à se re-structurer ? Rappelons que le sujet, cette structure, n’est antérieur selon le monde, mais antérieur dans l’actualité ; dans l’actualité en laquelle se crée le champ et par lequel champ existent des représentations, des idées parce que des signes, des signes pris dans et par les perceptions (et eux-mêmes, le signes, étant perçus ; c’est pour cela que nous commettons des lapsus ; on entend ce que l’on dit, et avant même d’en saisir le sens ; même si la plupart du temps ce que nous voulons dire correspond aux mots employés, puisque c’est un être en dynamique).

On a pu tourner en dérision le finalisme (qui projetait dans l’avenir, échappant à la causalité ou la soumettant, ce qui permit bien sûr d’éviter une effective connaissance objective), mais en vérité c’est bien plus radical et plus transcendant ; il n’est pas nécessaire de recourir à une fin prochaine ou lointaine supposément réalisée, mais de saisir qu’ici même la forme de la réalité et la forme de notre être, bien qu’ils soient formels agissent tels un programme ; le programme est la forme et non pas un contenu caché parmi les contenus ou en-dessous ou au-delà ou à-venir.

On a voulu remplacer le finalisme des grandes altitudes par le concret de réalisations effectives ; et on a eu raison, sauf de s’y limiter ; pauisque c’était enfermer chacun dans sa seule vie, et renier son existence ; on a vu que l’on nomme Existant ce que le christique désignait comme le Vivant, au sens de la-plys-grande-vie, le point autre en dehors de la vie immédiate, que l’on considère ce point comme structurel et fonctionnel ou comme structurel et dimensionnel, mais dans les deux cas comme structurel ; ce sans quoi rien ne serait compréhensible ; le sujet, l’intentionnalité, le champ intentionnel ne peut pas être un immédiat, un composé, puisqu’il est un rapport et si il était un rapport déterminé il ne serait plus un rapport).

Renier pour le moi son existence (ne pas la transformer en existence et ne demeurer que vivant, de cette vie du moi qui s’étend de la naissance à la mort) ça n’est pas possible. Tout moi est déjà un sujet. Il a acquis son sujet d’une manière ou d’une autre ; la structure de conscience est évidemment toujours réelle en quelque conscience que ce soit ; que ce soit un se-savoir n’implique pas que ce soit une connaissance et du reste ça n’est jamais une connaissance (raison pour laquelle la philosophie du discours métaphysique ne marche pas, sinon comme symptôme et signifiant) ; il s’agit littéralement du signifiant du signifiant ; il n’y en a qu’un. C’est pour cela que dieu, la pensée, le christique, le sujet ou le réel sont sidérantes et d’une sidération qui ne cesse pas, puisque le signifiant ne devient jamais un signifié ; or pourtant le signifiant du signifiant il est su, comme se-savoir, déjà exporté hors de lui-même ; le rapport ne reçoit qu’une partie de son être qui n’est pas un être ; il est mouvement, mais on ignore « où » il va, d’où il vient. Puisqu’engagé dans un ‘rapport’ on n’est ni l’un ni l’autre, ni le début ni la fin, mais le mouvement même.

Et c’est pour cela que le plus clair, transparent et évident est le plus secret et c’est également ce par quoi il existe de la lumière. Sans le rapport qui tend tous les rapports, il n’en existerait aucun. Mais c’est une tension. Et une tension qui souffre d’une part (et donc veut y échapper), mais tout simplement ceci ; que cette lumière ne peut pas se représenter, se situer, et devant l’invincibilité du problème on se décide finalement et au jugé pour ceci ou cela. On est bricolé. Un moi est un bricolage. Et la reconnaissance du bricolage s’effectue par le sujet et lui seul en témoigne, il se le témoigne à lui-même (comme jésus prend son père comme témoin de lui-même, c’est absolument cela, mais évidemment il faut le payer, ce qui veut dire l’admettre, et lui, jésus, est venu afin de nous l’exhiber, de nous exposer ce para-témoignage ; que si l’on admet le grand rapport, on devient strictement un rapport et non pas un contenu de rapport, qui peut satisfaire plus ou moins mais en fait non ; c’est seulement si on intègre, incorpore, d’être le rapport du rapport que l’on existe. Il n’y a aura aucune échappatoire.

Parce que la seule possibilité réelle c’est celle-là. Pourquoi le christique, ou dieu et l’intention absolue hors de tout monde, ou la pensée antérieure à tout donné, ou la liberté racine du sujet créent l’historicité ? De même le moi qui entre dans le rapport du rapport, devient signifiant dans le signifiant, relativisant le moi à partir de la possibilité du sujet. Il ne perçoit plus les contenus dont on ne sait jamais qui les Voit ; et par lesquels contenus (il n’y a que cela dans un bricolage du moi, serait-ce ses ‘désirs’) il est soumis au regard non signifié. Mais sachant ce mouvement tactique, il comprend qu’il est non plus le signifié d’un signifiant, mais le signifiant d’un signifiant. Ce qui paraît absurde, sauf que non.

Puisqu’il s’agit d’indiquer la forme étrange du réel ; et justifier qu’il existe en tant que présent ; ce qui est déjà tout à fait déraisonnable ; si le réel était un ordre il serait cet ordre et non ce devenir et si devenir il y a alors le devenir est la structure même de ce que par réel il faut comprendre ; aussi est-il défini par la Possibilité, mais dès lors il n’y a pas un quelque chose qui devient mais c’est le Devenir même qui est le réel et produit des « quelque chose ». Que le réel soit pur (et brut) mouvement (susceptible apparemment de se rendre infiniment subtil) veut dire que c’est intégralement de A à Z que ce qui devient devient. Rien n’échappe au devenir, au mouvement et le sens de ce qui est, existe est de s’augmenter ; tout ce qui est se perçoit et agrandit son cercle, augmente et intensifie sa possibilité, impose le concret de la Possibilité. N’existe que la forme.

C’est bien la sidération qui aimante, attire, emporte les pointes extrêmes des expériences ontologiques aux confins des champs intentionnels, ce qui veut dire originellement aux champs intentionnels (puisque le rythme du temps est inversé ; l’arc de conscience crée un champ d’actualité pur et brut, dans le présent, par lequel tout est amené à être, l’être étant second et l’exister premier et dernier). Ceci puisqu’il manque toujours la conclusion (aucun discours ne peut se clore, même les maths) et le retournement qui paraît sans borne ; étant originel, étant ce commencement qui re-commence continuellement (dont la finalité est précisément d’agrandir la possibilité même, cad le réel possible, ce qui n’est possible que si il s’influence lui-même, à partir d’un champ d’expression, les réalités, que nous reprenons dans un champ intentionnel).

Dit autrement ; le péché nous avertit non pas du « péché » mais de la faute, de l’erreur qui consiste à croire que l’on est, nous enfermant dans un circuit (de réalité, alors que nous appartenons au réel, ou si l’on préfère, comme on veut, à dieu, à la pensée universelle, au sujet, au réel). Donc on ne doit pas croire que l’on est (ceci ou cela), mais destiné au Un, à dieu, au sujet. Sauf que l’on n’y parvient pas. Et c’est là que le christique nous signifie que l’on n’y arrivera pas mais ça n’est pas grave, parce que ça viendra ; l’intention précède les contenus, les vécus, le corps, et rien ne dépassera l’intention, qui est ainsi la clef et la porte.

Et annoncer que l’intention est cela-même, et la poussant dans son propre champ (en se sacrifiant) transforme tout. Il est dit qu’elle devient identique au corps, de ce fait renouvelé. Et donc le corps se voit (de même que chacun voit sa propre mort, mais aussi est célébrée sa naissance), le corps se perçoit lui-même ; il est le plus méprisé, puisqu’il est la lumière qui fait-voir tout le reste, n’est pas du monde et tout le reste est second par rapport à la lumière, tout est second également par rapport à l’intention ; ses effets seront toujours effets, voire secondaires, par contre l’intention ne doit pas, ne peut pas se contredire elle-même, se nier, s’annuler ; d’abord elle ne le peut pas, et étant intention il lui faut affirmer ce vers quoi elle se tend, par quoi sinon elle cesserait d’être une intention ; le christique indique donc le père. De même la pensée l’universel ou le sujet la liberté et la liberté l’égalité.

Dit autrement ; le sujet ne se réfère jamais à lui-même (ça n’est pas un moi, une identité, ni une essence), mais toujours à plus-grand-que-soi, afin que le rapport continue sur sa trajectoire antérieure et qu’il puisse incessamment se re-prendre ; que l’on ne puisse pas capitaliser sur l’intention, puisqu’elle est sans cesse remise. Littéralement. La rémission des péchés, des erreurs, des fautes ; rien n’entame l’intention, qui re-vient toujours, sauf lorsqu’elle ne nie elle-même ; elle seule peut s’ignorer, se croire annulée.

Et donc se pose la question ; pourquoi le christique est-il parvenu à une telle altitude et comment ?

Lorsque Sartre ou Lacan enquêtent sur l’intention qui nous est propre, à chacun, intimement ou extimement (Lacan), que font-ils sinon tenter de déployer le secret ? De quelle intention existons-nous ? Et jusqu’où et comment s’instancie-t-elle en ce corps, en ce vécu, ce relationnel, cet horizon, et selon quelle réelle (a) temporalité ?

Voir les commentaires

Causalité interne du réel

9 Janvier 2021, 10:10am

Publié par pascal doyelle

Glissement dans l’irréalité

Il se trouve que depuis les années soixante nous sommes tombés, évanouis, dans l’irréalité. Il n’y eut plus que l’encadrement capitaliste. Tout est ordonné à sa, à ses lois.

Il suffirait de prendre Sartre, Debord, Lacan, et Céline et puis Ph K Dick pour comprendre l’intégralité de l’essence même du 20éme. Céline met en scène le petit bonhomme individualiste qui perd toute vision universelle, et s’effondre mentalement et historiquement et intellectuellement (on en connaît les conséquences pour Céline lui-même) dans la plus immédiate individualité vivante et bien qu’il garde quand même l’universalité en arrière fond, en arrière salle, afin de montrer son mensonge généralis. Ph k Dick décrit l’irréalisme absolu qui enveloppe et noie nos âmes, la conscience du monde et des autres (l’empathie reste la toute dernière limite de l’humanisme, survivant en l’individualité exacerbée). Tout s’effiloche dans la conscience que l’on en a (la réalité se dissout, autrui envahit la psyché, la noirceur est non pas tant méchante que délirante, les ténèbres délirantes et donc souvent rigolotes). Reste alors Lovecraft, un univers au-delà de toute humanité, au-delà de toute représentation et de toute imagination ; soit donc l’univers inhumain qui cerne de toute part notre petit cercle irréel.

Comme il est question de regard et que toute image (au sens large) impose en elle-même et en même temps un regard, on se perçoit via les dites images ; et donc on veut, croit, intègre, incorpore y ressembler. Tout comme dieu nous a fait « à son image », et absolument dans la même proportion. Sauf que ce seront, dans la société des consommateurs, des images selon le monde, et comme du monde on n’a pas de perceptions immédiates et valides, ce « monde » est celui qui est produit. Produit jadis par le groupe, la communauté, et dorénavant produit industriellement ; les images qui peuplent notre esprit, ce qui veut dire notre perception, tout entière, sont produites industriellement. Les personnalités sont produites industriellement. L’industrie est même la mise en place (et en scène ) de notre personnalisation. (signification de Debord).

Il n’est pas dit que ça réussisse évidemment. Mais l’intentionnalité de chacun est aimanté et accaparé dans le Regard en ceci ou cela, l’objet vu, l’image vue, c’est la position selon Sartre de l’en-soi (et sa densité, laquelle est imaginée évidemment) perçu par la conscience (qui profite ou jouit par anticipation, par l’imaginaire, qui se voit vue en tant qu’image, ce que la conscience n’est pas du tout).

Et bien sûr comme de par le même mouvement chaque je fut lâché dans la nature, les mois en profitèrent et créèrent une profusion de possibilités ; chaque moi est une résolution de l’équation de chaque vie transformée en existence. C’est pour cela que chacun en est sidéré et absolument passionné (par sa propre existence). Y compris dans l’invention des névroses, obsessions, sociopathies, illusions, libérations, réalisations, entreprises (y compris économiques et techniques), etc. Prolixité de la possibilité délivrée (tout ce qui n’est pas interdit est autorisé).

Mais que le Vu soit reçu comme Regard, veut dire que chacun devrait s’employer à récupérer ce Regard ; il n’y a pas de raison qu’il appartienne à d’autres (voir Sartre et autrui, énorme problématique) ; il faudrait même qu’il n’appartienne à personne. Sauf à dieu, la vérité ou la liberté. Qui sont vides et donc exigeants, d’une autre sorte d’exigence. Même si il m’appartient, le regard me trompe ; ainsi la psychanalyse qui consiste à mettre sous le regard dégagé ce qui autrement était un - regard du moi sur lui-même - (sous la condition de l’Autre, pas tellement des autres ou d’un autre que de l’Autre, en quoi il était politique au sens le plus grand possible ; comme l’impératif « tu es toi-même : jouis ! » qui est une pure folie « collective » individuelle, traumatisante, l’esprit de telle ou telle époque).

Beaucoup ont présenté les choses comme suit ; la transformation de chacun en individualité, soit donc comme producteur et surtout consommateur, c’est cela même qui a brisé toutes les représentations précédentes. Surtout « consommateur » parce qu’ en tant que producteur chacun était en mesure de se regrouper dans un syndicat, un parti, une lutte des classes, une historicité, des revendications, ou une sorte d’identité mais le consommateur est seul. Absolument seul. Et il aime cela, il se-satisfait.

On dira, ici, que ça n’est pas tant l’individualité qui a pu embrasser la belle vie de satisfactions offerte à tout un chacun, qu’une certaine compréhension de « l’individualité » ; à savoir la déconstruction du sujet et sa bascule vers cette sorte de composé, bricolage qu’est un « moi ».

On a cessé de comprendre l’individualité (terme générique) comme sujet (terme métaphysique ou surtout ontologique depuis Descartes, Kant, et même Hegel, et les idéalistes allemands et les romantiques ensuite et les poètes et artistes qui constatèrent le démantibulement de la Vision de sujet et sa dissolution par le vie, la société (Rousseau premièrement).

Et on a commencé de le ré-artificialiser comme « moi « . Tandis que par ailleurs il subissait, l’individu, sa transformation en « être humain générique », socialisant ou communiste ; homme des besoins et individu de désirs s’opposant.

Et ce parce que constituer le sujet métaphysique ou ontologique était évidemment trop compliqué et paraissait une pure tautologie, inefficace, voire illusoire ; tandis que le moi (qui remplace le sujet) se saisit et se déploie dans le monde, doué d’un corps vivant, d’un relationnel de plus en plus touffu, d’une méta-organisation bien pensée (toute société commence de s’élaborer comme Constitution, système de Droit, etc), et déborde dès lors de possibles (qui étaient restreints par le cadre des anciens régimes de toute sorte ; non plus « out ce qui n’est pas autorisé, est interdit » mais « tout ce qui n’est pas interdit, est autorisé »).

la richesse paraît toute entière dans le moi et chacun est alors en charge de son vécu, de son vécu de plus en plus étendu et multiple. Il n’y a aucune raison de s’en priver et il est vrai qu’en comparaison le « sujet » est kantien, et pas vraiment drôle. Sauf que dans chaque moi, le sujet aurait du se continuer et non pas s’absorber dans ce vécu et ce corps et dévoré par la recherche de la satisfaction, mais bien comprendre que la plénitude ne se trouvera pas dans le monde ou le vécu (et donc elle devait, cette insatisfaction originelle, originaire, s’explorer et s’expérimenter autrement, se penser et tisser ses propres possibilités ; c’était cela le sujet), et ce qui devait également faire office de sujet c’était le tressage collectif, la représentation partagée de la médiatisation généralisée (de la photo aux jeux vidéos, en passant par le cinéma et la télévision, et tout support de représentation). De sorte à embrayer sur une conjonction de chacun et de tous, une coordination, une représentation humaine et humanisante, personnelle et personnalisante de nos vies.

Tout cela eut lieu, plus ou moins et plus ou moins selon de véritables finalités ; et souvent également s’exténuant vers le bas, vers le monde, l’intentionnalité piégée dans des immédiatetés, des satisfactions imaginées et irréelles. C’est bien là le point central.

La transmutation de la satisfaction naturelle, vers quoi incline tout corps vivant, en satisfaction fantasmée et d’autant plus attirante (et fausse, parce qu’un « idéal » de cette sorte n’a aucunement sa place dans le monde et la vie ; Céline, la mort ou la détérioration de l’individu qui croyait en l’humanisme, ou Houellebecq la dégradation du moi qui croyait en la personnalisation et ses heureuses finalités, ironie et humour, même si l'ampluer est bien plus grande dans le Voyage).

On s’est beaucoup révolté. On s’est révolté contre dieu, mais aussi contre la raison, la raison universelle, l’humanisme même, oubliant décidément (ce qui veut dire « de par décision ») l’universel comme tel ; puisqu’ayant acquis la liberté et l’individualité, la personnalité on a cru être en mesure de se passer des bases, sans lesquelles la liberté de chacun s’effondre. Ça n’est pas un hasard si les Usa se créent en et par la fuite protestante, et bâtissent une utopie (la seule de toute l’histoire et sur toute la planète, à les écouter). Il s’agit de la victoire de l’imaginaire sur la raison, la raison européenne, cad la pensée.

Ce qui est très simple c’est que étant donné que chacun reçoit sa liberté alors celle-ci par définition peut se passer, structurellement, techniquement si l’on peut dire, de tout le reste ; il revient à la liberté de reposer sur elle-même ; il n’st pas du tout étonnant qu’elle prenne la première place et se substitue à l’ensemble de tout ce qui fut (outre les formules de sociétés de groupe ou communautaire ou holiste ou collective ou traditionnelle, comme on voudra les nommer), et remplace donc dieu, la pensée, l’humanisme, et dissout tout lien qui existerait hors d’elle seule (de tout groupe social, de toute ethnie, de tout peuple ou nation, de la famille ou du mariage, etc, bref tout).

Et donc il revient, absolument, à la liberté de se substituer à tout. Et étant une articulation, par définition, la liberté doit être articulée… soit une articulation faible, soit une articulation forte ; mais il faut se méfier parce que l’on ignore ce que faible ou fort signifient ; depuis le christique, qui initie cette possibilité comme fait majeur historique (que l’on y croit ou non), la faiblesse et la force obéissent à une sorte d’hyper méta logique que l’on ne comprend pas. Mais qui n’est pas du monde. Il ne devait pas se croire être ceci ou cela et emprunter de pauvres vêtements ou donc quelque identité que ce soit, et encore moins se perdre dans les objets.

Et il y eut une telle torsion opérée historiquement que toute liberté s’est réalisée mais est tombée dans le monde (dans le vécu, dans le relationnel, dans le corps ; le moi faisant office d’articulation ; ce qui le rend régulièrement fou, désespéré, ou irréel). Dans le monde et en chaque vie elle s’est écroulée, en se remplissant. Mais tout fut également exploré ; on a tenté diverses possibilités

C’est qu’elle n’avait aucune idée d’elle-même, aucune pensée quant à son être, qui n’est pas un être. Que l’on ait pu croire qu’elle était un « quelque chose » c’est ce qui l’a dépréciée. Une chose parmi toutes les choses et les corps du monde était de bien peu de consistance. Elle fut absorbée dans sa structure, remplie à déborder de toutes sortes de beautés mais de beaucoup d’insanités. Et surtout chacun a cessé de se mesurer à la pensée (à la vraie pensée, celle qui vous positionne par rapport à la vérité, au divin ou à l’infini, l’in/finité de l’intention) et n’a plus compté que sur sa vie, sa pauvre vie qu’il pouvait ou semblait capable de transcender en une réussite ou à tout le moins en une adéquation ; adéquation de la volonté définie comme désir qui naturellement ou réalistement devait se transposer dans le monde ou le vécu ou le relationnel ou le corps, perspective que nie la positon métaphysique ou ontologique ; le désir est non structurel, c’est comme une partie du monde donné, tandis que le structurel impose que nous ne sommes pas du monde, ce qui est évident puisque nous en sommes conscients et donc autre.

Or par « conscient » et c’est toute l’ambiguïté, il ne faut pas entendre « raison », mais arc de conscience, ou donc intentionnalité ; et ce qui s’instaure par la révolution ça n’est pas la pensée rationnelle, mais le jugement, ce qui s’applique en tout et partout et non pas spécialement aux catégories philosophiques ; de sorte que dans le même temps s’ouvrent quantité de champs nouveaux (qui relèvent par ex de la vie individuelle qui n’est plus « castée » par un ordre établi mais aussi quantité de politiques possibles, ce que la France expérimentera dans tous les sens, bien plus qu’une autre nation, en multipliant les régimes puisque la formulation de base est plus complexe, constitutionnellement).

Il y eut, en un mot, une inflation totale du champ de conscience ; et si la pensée y a joué un rôle, très conséquent, c’est en rendant possible la démultiplication des intentionnalités et ce de façon concertée puisque les idées forment des systèmes qui rendent accessible la cohérence et donc le contrôle, la maîtrise ; ce qui veut dire, classiquement, que la pensée demeure au sein de la pensée et que son être de déterminations use de signes transparents ou les plus clairs possibles ; mais qui semble supposer que la nature même de la pensée, son ‘essence’, est constitué « de pensée ». De même que les mathématiques seraient antérieures aux choses mesurées (puisqu’apparemment les choses obéissent aux lois calculées) ; mais on a vu que le nombre est juste le rapport (de soi à soi) d’une chose ou d’un être ou de quoi que ce soit.

Or toute conscience sent bien que si on peut postuler que la-pensée est cohérente et exprime totalement tout ce qui est, et alors il s’agit somme toute de la pensée qui est celle de dieu (scolastique, reprise de toute la pensée grecque dans la systématique philosophico-théologique du christianisme), cependant l’arc de conscience, la capacité de conscience est beaucoup, beaucoup plus qu’universelle ; ou alors, en conservant la mention d’universel, évidemment, il s’agit de définir cet universel comme la forme, absolue (parce que formelle), du sujet ; le sujet est l’universel fondateur qui occupe chacun tel quel. Ce qui ne manque pas de paraître boiteux.

Si l’universel seul effectivement réel est non pas la pensée en mouvement mais le mouvement de la pensée (Hegel), il n’est pas en soi pensable ; il est ce qui permet de penser et perçoit ses résultats (les pensées, les idées, puis les systèmes) comme autant de positions par rapport … sa totalité, la totalité des pensées rassemblées et rendues certes logiquement (selon la dialectique), mais le mouvement lui-même reste la seule ‘négativité’, qui permet de passer d’une idée ou d’un système à l’autre ; la cohérence, dialectique, est celle de l’horizon général ; la pensée (sa logique) est l’horizon des pensées (qui ne sont plus contra-dictoires, ce que l’on reprochait à la philosophie, à condition d’admettre que le mouvement de la pensée existe comme système des systèmes ou savoir de soi de l’esprit ; ce qui fondamentalement laisse sans voix, et sans voie ; parce qu’alors qu’est-ce que la-pensée, l’esprit ?

À moins de supposer que la-pensée existe en elle-même et que tout le reste déploie multiplmeent ce qui se présente unificativement dans l’idée (il y a une idée de l’arbre et plusieurs essences d’arbres et des milliards d’arbres particuliers). Pourquoi la-pensée existerait-elle ?

Or pourtant elle est, mais dans le champ d’observation ou de description d’une conscience. On dira ; pourquoi la conscience existerait si on doute de la pensée ? Parce que la conscience est le rapport des rapports. La conscience est « ce qui met en rapport » et on a dit qu’il en est ainsi parce que le « sujet », la forme « sujet » est seule cela capable de se modifier soi-même et donc d’agrandir le possible ou plus exactement la possibilité du possible.

Si il n’est que l’être, ce qui est, est. Il est déjà inclus tel quel et ainsi rien n’arrive (il y aura une fixité d’une manière ou d’une autre). Si il n’existe que la forme d’un rapport, il n’est rien du tout. La solution est que tous les êtres (et les choses) expriment le rapport ; le rapport est l’ensemble des rapports qui le manifestent. Tout changement dans le rapport produit d’autres effets. Le devenir est ainsi à la racine des variations de positions ; dieu n’a pas la même position que le christique mais le christique ne contredit pas dieu, et ne contredit pas non plus l’universel grec et la pensée et l’être, de même que le sujet cartésien intègre le christique et réinstalle la raison, mais autrement, dans une autre configuration ; il précise la position christique en somme, par lui la structure existe ici même. Kant s’obligera au criticisme et Hegel au rassemblement de toutes les positions théoriques ou intellectives (métaphysiques) ; et surtout il y aura un nouvel universel, le sujet, applicable en et par chacun, chaque un.

Par cet un, de chaque sujet, on est loin du Un qui clôturait la pensée universelle, grecque pour simplifier, celle du discours qui définit son objet mais bute toujours sur le Bord de la pensée ; le Bien, la pensée de la pensée, le Un. En somme le un du sujet simplifie les autres configurations ; il désigne ici même le « lieu » du un.

Or qu’il y ait ici même le un, pose quand même un sacré problème ; comment se fait-il que dans la réalité, dans le monde de la réalité il existe un « sujet » ? Comment un sujet, qui est ce qu’il n’est pas et n’est pas ce qu’il est (qui est, donc, une intentionnalité qui fait varier ses contenus) est-il possible ? Si l’articulation que l’on situait en dieu, dans la pensée (grecque) ou le penser (hégélien), se découvre dans l’ici et maintenant agissante, alors elle récupère l’ensemble de l’articulation ; ce qui est littéralement le fait même du christique ; que dieu (qui était « en-dehors » et autre) devienne comme corps-sujet ; ce qui est invraisemblable, sauf si on ne comprend pas ou ne comprenait pas ce que par dieu ou la-pensée il fallait entendre.

C’est une recompréhension de ce qui se donnait auparavant comme divin (dieu ou la pensée), et donc séparé (du monde, mais aussi du vécu, du corps, de la perception) qui est proposé, et à laquelle recompréhension on est introduit ; ce qui mérite bien un baptême ou un cogito. Baptême et cogito inaugurent mais surtout initient non pas la révélation seulement du réel tel qu’il existe ici et maintenant, mais crée cet être spécifique.

Si on applique à cet être les caractéristiques qui relevaient de la pensée et de dieu, on retrouverait une sorte de divinité selon le monde, de pouvoirs augmentés, de super volonté, etc, ce qui n’est absolument pas du tout le cas ; si l’être du sujet est la résolution, est l’actualisation réelle de ce qui autrefois se nommait dieu ou la pensée, il est nécessaire de reconstruire cette caractérisation ; et c’est bien ce que le christique avance ; on ne sait pas ce que cet être, spécifique, veut, peut, désire, attend. De même que les juifs ne comprennent pas ce que dieu leur veut ; que veut-il ? Comment instancier dans ce monde la nation juste élue ? Comment organiser une telle nation en interne ? De même le sujet cartésien (qui est originel et finalement un simple début d’aperçu) ou kantien (qui commence de déployer ce sujet, comme transcendantal) : la question la problématique, l’interrogation dans tous les sens de ce sujet, de cette structure, de la structure de l’attention ; à quoi doit-on faire attention ? Pour reprendre une formulation kantienne ; que puis-je faire, espérer, savoir ; dont on voit bien que l’enjeu est l’orientation que doit/peut prendre notre être, tout notre être.

C’est qu’en croyant visualiser, dans le monde, la structure de conscience on l’interprète et elle se cristallise et se fixe comme déterminations ; sauf parfois quelques formules qui apparemment ne disent « rien » ; je suis celui qui suis - l’être est, le non-être n’est pas - aimez-vous comme je vous ai aimés - je pense donc je suis - liberté, égalité, fraternité.

La difficulté est de tenir dans l’incertitude tout en considérant qu’elle est certaine. La liberté-égalité n’était pas du tout évidente avant son déploiement, non qu’elle ait été ignorée mais elle n’obtenait pas son affirmation instantanée et de structure, par laquelle, ensuite, on perçoit et conçoit et organise (et encore est-ce très difficile à tenir un minimum, puisqu’il s’agit d’une formulation et non des intérêts ou immédiatetés du monde, ni du vécu de chaque moi, bien en peine avec son sujet). Que chacun ait une âme infinie n’apparaît nulle part avant le christique (il y a une âme plus ou moins fondue dans un éventuel absolu, par ex).

Tenir l’incertitude pour certaine, on l’a dit déjà, est du ressort la foi ou de l’évidence transcendantale ou, ajouterons-nous, de la capacité stratégique ou de l’intuition de structure. La capacité stratégique c’est ce qui commence avec dieu et la pensée. Il s’agit de calculer l’intention (puisque dieu est l’intention brute et pure, hors de tout champ qui les crée tous, dans le donné, et qui engage l’humain à poursuivre la suite du projet).

L’intuition de structure débute avec Descartes ; c’est pour cela qu’il entame la réalité par celui-là qui est hors-de toute réalité (serait-elle imaginée ou folle ou ce que l’on voudra ; la structure est absolument hors-de, et donc inidentifiable). Et qu’il accroche ce sujet à l’infini (l’autre intention). Infini étant le symptôme, le signifiant du signifié qui est la possibilité du possible. La Possibilité est la structure initiale de tout. Le réel se définit comme étant « le possible » même.

C’est par cela qu’il faut intervertir le regard. Soit le regard s’accroche à sa certitude, soit il se prend pour ce qu’il perçoit, pour ce qui est perçu. Et on a dit que la certitude du regard tel quel est l’incertitude (la forme de tous les contenus, réalisés ou non). Abonder sur le contenu c’est le commencement du glissement dans l’irréel ; on se situe toujours dans l’irréalité (puisqu’aucune image n’est une réalité, mais signes dans un champ intentionnel). Et on s’en garantit, habituellement, de cette dérive, par le regard des autres. Ou de dieu, ou de la raison, ou de l’État. Il est clair que si dieu, la raison et l’universel, l’État ou l’avenir se dissolvent, toute conscience tombe dans l’irréalité des intentionnalités qui prennent pour loi leur facilité, la contrainte, ou leur intérêt dépourvu de toute autre considération ou les sombres fins qui haïssent le regard même ; ce qui veut dire qui ne voient pas pourquoi chaque possible doit s’étendre vers une plus grande possibilité.

C’est ce qui s’applique par exemple sur la pensée ; elle se doit, en tant que système clair, d’organiser et pré-organiser de la plus petite idée à la plus globale. Mais non pas seulement de telle sorte que le système s’établisse comme objet clos sur lui-même (ce que l’on présuppose habituellement), mais afin que toute conscience s’y attachant puisse à la fois éclairer tous les cheminements et encore plus que le système revienne à chacune, et ce afin que le mouvement de conscience obtienne son miroir. Qu’elle soit l’image du miroir et le miroir de l’image. Ce que l’on ne comprend qu’à la fin ; c’est parce que le cœur du réel est le sujet, l’articulation et que donc ce qui est manifesté est autre que ce qui manifeste, mais ce qui est manifesté n’est pas seulement une réplique (comme idée serait la copie d’elle-même, adéquation) ni un effet (comme dans toute causalité rationnelle) mais au sens où le manifesté augmente, à rebours, ce qui manifeste …

Ce retour, temporel, cette inversion de la causalité pour ainsi dire, n’est pas un effet dérivé ou secondaire mais la finalité elle-même. En ceci que le sujet, la structure-sujet est justement d’agrandir la cause par les effets qui retournent à lorigine, de sorte que le rapport puisse se modifier (la détermination, la manifestation de la structure n’est donc pas opposée à la structure, mais ce sont là ses conditions mêmes de structure qui doit se-percevoir, le Percevoir est toute la raison d’être qu’il y ait « une réalité ») ; de même que dieu veut agrandir sa création (et donc lui-même) de par notre participation et surtout de par notre propre création de la liberté, de la vérité et du possible ; ce qui ne s’instancie que de « se vouloir », puisque « liberté » est un rapport exigeant à (soi) qui n’est plus un soi … mais un possible.

C’est cette non-limite interne (qui n’est pas intérieure puisqu’elle doit se rendre réelle, de même qu’il ne suffit pas d’adorer le christique mais de le réaliser, l’interne aboutit à l’externe réel, tandis que l’intériorité s’oppose à une extériorité qui est toujours, de toute manière, une reconstruction) qui, toujours actualisante (comme ‘naturante’) se dirige vers le monde, le vécu, le relationnel dans ce vécu, et le corps. La différence, donc, qu’ici naturante passe en et par une articulation dont on ne peut pas faire l’impasse ; il y a une réalité ‘naturée’ parce qu’il y a d’abord et absolument un réel ‘naturant’. Et ceci ne se produit pas sans le caractère pur et brut du réel, sa violence (qu’il s’agit d’élever) ; ce retournement interne du réel n’est pas « ce qui arrive à » quoi que ce soit ; c’est « ce en quoi et donc par quoi » il y a quelque chose ; une réalité, et donc nous, à tout le moins et donc sans préjuger de ce qui, au-delà de nos imaginations, est possible et sans croire que l’on saisisse tout de cette articulation, qui est, a priori, supposée comme l’infini de tous les infinis.

Que le réel soit plus grand que lui-même veut dire que le sens de tout est de créer encore plus d’infinité à partir des infinis. C’est la nature de l’infinité d’être mise en jeu. Quel autre sens y aurait-il sinon ? Si nous ne sommes plus dans le contenu (serait-il l’idée d’infini de l’être de la philosophie, cet infini-objet n’ayant pas grande signification) mais dans la forme (du sujet) alors nous existons dans et par l’infini non pas au-delà ou en deçà ou n’importe où, mais ici-même (cartésien depuis lors). Qui indique que cela se passe ici-même.

Puisqu’en réalité, dans les faits eux-mêmes, puisque le système structurel de la conscience produit, toujours, son propre champ, elle crée constamment ; créer son propre champ (et elle ne peut que le créer puisqu’elle est un rapport qui crée des rapports) implique imperturbablement que l’on élabore du nouveau, de la nouveauté (de là que le christique qui s’attache à chacun, soit la réflexivité du renouvellement, de la re/naissance, du vrai sens de l’historicité ; le temps recommence par chaque conscience qui ouvre sa propre capacité, parce que si auparavant il s’agissait d’entités collectives, le groupe humain (et il y en eut quantité de structurations, tribus, royaumes, empires, civilisations) par contre après le christique (et dans un monde humain préordonné, par Rome entre autre) le centre s’instancie en et par chaque un (et il y eut profusion de mois, de personnalisations).

Ce mouvement incessant de la création des mois, des personnalisations, fut la passion de chacun, et ce jusqu’au bout de l’incorporation de (soi) et essentiellement depuis les années soixante (décuplant la production industrielle qui s’est auto dépassée en pluralisant la mass-médiation ; que chacun puisse disposer de ‘son’ monde, potentiellement) ; mais y eut-il retournement du moi de chacun en ce sujet singulier ? Sans doute, mais il n’y eut pas de conséquences suffisantes  puisque l’organisation générale est demeurée sur les routes de la reproduction et de la production de chaque « moi », sans qu’il y ait coordination pour les intérêts suprêmes ; en bref le fantasme (l’image, la reproduction mentale, la société du spectacle en gros) a rempli, étanché, asséché la structure en ré-imaginant constamment la psychologie, le vécu, l’idéal ou la vie rêvée, et ce « sous le regard » même de, qu’est l’image (au sens large, et internet est, en partie, la capitation absolue de l’attention ; comme partout on sera jugé comme on jugera, on deviendra ce que l’on choisit). Un étouffoir. Le mouvement, certes, mais sous le seul apparaître de ses effets ; les effets sans la cause, et sans le retour sur elle-même de la cause. Par lequel retour cette cause (le réel) pouvait se représenter dans la réalité.

Il est clair que seule la cause elle-même est susceptible de se re-prendre dans sa forme native, qu’elle n’a jamais quittée, mais le sait-elle ? Oui, depuis le début et sous différentes formulations, on l’a vu en long et en large. Et comment, sinon d’avancer dans la compréhension de la structure de l’attention ? Comme de l’intention (ce qui débute avec le christique, mais également avec dieu, à moins qu’il s’agisse purement de révélation). Par quoi donc nous sommes passés de l’intention, de dieu, aux systèmes d’idées (intentionnalités), à l’intention christique (l’intention mais celle qui transforme le vivant en existant ou inversement selon le christ, qui se présente comme « le chemin, la vérité et la vie »), puis à l’image-miroir du je cartésien (qui n’est plus une image et vous force à instancier, actualiser le je ici et maintenant), au creusement et à l’exploration de ce je (Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan et accessoirement la révolution).

Ou donc ; le sujet est justement cette structure qui crée des stratégies. Sans sujet elles n’existent pas. Il ne reste que des tactiques dont les finalités sont orientées vers le bas. Une pesanteur plus ou moins élaborée, qui permet d’installer beaucoup de systématiques, d’organisations, mais quantité de mondes humains ont disparu ; la finalité vers le haut, elle, est reprise comme historicité. Et les mondes fabriqués ne tiennent en fait que des structures ; sortir de la formulation liberté-égalité-fraternité (qui est la plus élevée obtenue) conduit à l’effondrement des semi-mondes construits à la suite de cette formulation (tel ou tel groupe, tel regroupement d’intérêts s’éteignent dans leurs immédiatetés).

Voir les commentaires