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instants philosophie

Perception du Bout du monde

25 Janvier 2020, 08:56am

Publié par pascal doyelle

Ce faisant donc, et compte tenu de ce qui précède, on présente donc l'intégrale positivité du réel ; il n'y a rien, absolument rien, dans le réel qui soit négativement. Le réel est même cela qui redouble sa positivité (sinon elle serait immédiatement là et donc déjà disparaissante, donc elle re-vient, elle re-vient toujours à nouveau, au sens de « elle re-vient en-plus » d'elle-même). Cependant tout s'impose à nous selon une brutalité que personne ne peut nier ; le réel est un processus extrêmement brutal, voire absolument excessif.

De même le réel ne parviendra pas à une « réconciliation », un état d'assouvissement, et à une pseudo satisfaction ou béatitude, mais, étant mouvement, n'existe qu'en tant que mouvement ; le réel ex-siste. Il sort de lui-même afin d'avancer encore et toujours plus loin.

Aussi le devenir deviendra. C'est son but, sa finalité parce que c'est sa structure.

 

La question ; qu'est-ce qui deviendra ? On la reporte à plus tard.

Étant entendu que tout ce qui est de manière déterminée est en soi-même intégralement destiné à disparaître ; rien de ce qui est déterminé, cad limité, ne passe outre sa limitation. Donc soit on croit que le sens de tout est la disparition, totale, sans aucune mémoire de quoi que ce soit (pourquoi pas). Soit on commence d'envisager autrement.

On ajoutera ceci que la forme des réalités, la forme en laquelle les réalités sont, telles que prises dans le mouvement (du temps, et plus exactement du présent) qu'elle ait, cette forme, une dimension réelle surabondante ou non il n'empêche qu'elle ex-siste ainsi ; soit donc comme articulée. Il y a rien dans le monde, l'univers, les univers ou quelque réalité que ce soit qui passe outre l’articulation ; c'est parce qu'il y a articulation que sont les mondes, les réalités. Autrement dit pour «éprouver ce qui existe tel que cela existe (qu'il soit question d'une dimension ou non, valant en et par elle-même) il est explicite qu'elle doit être perçue, tout entière, sans un seul iota qui puisse y échapper, comme un mouvement, articulé ; le réel consiste en cette articulation (il n'y a pas quelque chose qui, ensuite, est articulé, mais articulation qui produit des effets, les quelques choses). Donc dans tous les cas, qu'il y ait dimension ou non, on obtiendra une description de ceci-qui-existe et tel qu'il existe.

 

Ce à quoi se confronte toutes les pensées, même celles qui se comprenaient comme métaphysiques ; au bout du compte (des réalités et de la réalité une et totale qui était supposer chapeauter toutes celles-là) devait se positionner un réel, tel un retour vers le donné, une reprise organisée des idées (le Bien, le moteur ou la pensée de la pensée, le Un) ou des systèmes (Hegel), ou du moi ou du monde (Descartes ou Kant).

Qui ne voit que la pensée de la pensée n'est pas, justement, de la pensée mais l'activité de conscience ? Qui prit nom d'intentionnalité 25 siècles plus tard. Mais si acte de conscience il y a, alors cet acte est le réel ; aucune pensée qui en est issue n'est supérieure, en rien, à la structure qui l'a rendu possible.

Si la structure existe alors par elle se dessine la réelle dimension de ce qui non pas est mais existe ; parce qu'une structure est un rapport et consiste en ce rapport, d’une part mais aussi et peut-être surtout parce que le sens, la direction de l'être (du donné là déterminé) est l'actualité ; si il se passe quelque chose (et donc quelque Réel) c'est dans l'actualité du champ de la perception.

Que l'on soit selon l'exister et non selon l'être veut dire que l'être était une station momentanée et que depuis Descartes nous sommes passés de l'autre côté ; Descartes ne prélude pas à la raison abstraite et théorique (qui sera annulée par Kant de toute manière) mais inaugure la possibilité de prendre conscience de la conscience ; comme activité, comme activisme, comme source et comme structure.

Aussi est-il tout à fait inutile de tenter de redéfinir ce qui remplacerait l'être comme tel ceci ou cela ; il n'y a aucune « réalité » qui puisse se substituer à la forme du réel ; et même l'intentionnalité ou encore la représentation « sujet » ne sont que des ébauches de ce que par sujet, structure, réel on pourrait entendre. Ce qui existe en tant qu'antériorité (à tout) doit ainsi se retrouver soi dans la forme la plus exacte possible ; parce que toutes les déterminations qui paraissent autres que la forme-réel, autre que la dimension en elle-même (de l'exister), sont les effets, les splittages de ce qui dans sa structure propre est précisément de distinction.

 

De là à penser que si la distinction joue infiniment (ce qui veut dire que nulle part deux réalités son identiques … ce qui est le cas) alors la surface (de perceptions) que cela élabore est précisément la plaque photographique ou cinétique du réel.

Le réel, cette surface, qui doit impérativement (se) percevoir (comme toujours absolument Autre) pour se distinguer (et donc parvenir à la perfection effarante du devenir-plus-grand) jouxte absolument le moindre déplacement. Ce qui revient à dire que toujours et continuellement le présent accompagne la moindre des réalités. Toujours le présent est en-avant et re/vient (cad revient et vient à la fois, puisque le temps ne fonctionne pas dans et comme présent mais comme effet de cette structure qu'est le présent, qu'est l'exister, à savoir l'instant).

Bref.

En passant de l'être à l'exister il s'avère impossible de définir l'être comme « réalité  des réalités » puisque ces réalités précisément ne sont pas résumables ; elles s'étalent au devant, comme surface, comme univers, comme champ, et il est rigoureusement inimaginable et impensable que l’ensemble des réalités soit « une réalité » ; c'est bien l'évidence cartésienne qu'il y ait, là au-devant, un monde, et que l'on ne peut pas, peut plus le « penser » selon les qualifications scolastiques, et plus loin selon la pensée grecque ; puisque quand bien même cette opération permettrait de définir un « gros objet », on sait depuis Descartes que le sujet, lui, est à l’extérieur et autre (que tout monde et que toute pensée, au sens large cartésien, de tout ce qui est représenté, implémenté en nous à partir des perceptions, ce que Kant analysera).

Il est évident par ailleurs qu'il est impossible d'inscrire notre être (qui n'est pas un être) dans la détermination... ça n'est pas ce monde, ce vécu ou ce corps, ni cette communauté ou ce langage. C'est une structure et une structure antérieure à l'universel mais qui promeut l’universel comme son moyen et retraduit toutes les réalités en systèmes de signes, et ouvre ainsi des champs de perceptions (typiquement les esthétiques mais aussi les éthiques ou politiques ou idéels (sciences, théories, idéologies, etc) ; il est hors de question d'abandonner l’universalisation, qui est l'universalisation des intentionnalisations possibles. Non seulement des intentionnalités telles que données, acquises, perçues, mais des intentionnalités inventées et créées ; l’universalisation est une des possibilités de la structure mais la structure est plus rationnelle encore que l'universalisation . D'une manière générale il est non seulement non souhaitable mais irrationnel de considérer que tel ou tel système serait erroné, puisque nous n’en jugeons pas selon un « super contenu » qui serait « le système » de savoir ou de connaissance mais selon « quel champ ce système_me ou cet autre ouvre comme champ de perception ? ».

il faudrait donc décrire l’universalisation élargie qui est impliquée par ceci que, par ex, les esthétiques, bien que n'étant pas pensables universellement (en prenant comme base la raison classique, on ne peut pas réduire les esthétiques à un corpus), les esthétiques manifestent une universalité autrement plus étendue que les « simples » doctrines massives et par rapport à la différenciation élevée des esthétiques, des doctrines monolithiques.

Or il est probant que les esthétiques qui œuvrent des champs entiers de perceptions, à chaque fois, en chaque occurrence, exclusive, ne seront pas réduites à une unité de connaissance. Donc ça n'est pas la connaissance qui est en jeu, mais l'activité des sujets ; l'activité des sujets en ceci que les sujets, seuls, ouvrent le réel, et le réel non pas donné là (comme le ferait une connaissance selon son objet spécial) mais aussi et plus encore le donné Possible.

Et de fait le possible ne peut pas se transformer en universalisations qui seraient fixées, voire figées, mais bel et bien en universalisations pro-actives ; qui consistent à créer les universalisations potentielles, lesquelles n'engendrent certes pas un champ infini de possibilités, mais un champ indéfini (on ne sait pas vers quoi les créations se dirigeront et on ignore quelles créations antérieures seraient susceptibles de valoir indiscutablement ; tout dépend de l’orientation, au sens quasi physique, de votre regard, adorant Beethoven plutôt que Mozart ou l'inverse, Led Zep ou Dylan).

Or donc le seul point général commun serait chaque sujet lui-même, au sens de percevoir ; toute universalisation, élargie, permet de regarder la réalité à partir du point le plus extrême ontologiquement, toute esthétique, poétique manie l'ontologie, puisque l'on a dit que l'ontologie n'est pas la métaphysique ; qui tient à toute force à ramener, et non pas réduire, la réalité à une généralisation ; et cette opération n'est pas une réduction parce que les idées et les systèmes d’idées exposent, montrent, dévoilent des réalités qui autrement ne seraient pas perçues et requiert l'expérience individuelle, au-dessus et en plus de la perception commune ou langagière habituelle, et donc ces idées permettent d'inventer des signes vers des choses réelles, des mouvements réels, des systèmes réels ou des champs entiers de perceptions non seulement donnés mais créés.

Si le réel ne tient pas dans un corpus ou une matérialité consistante, alors sa vérité devient « cela qui est créé », la suspension au possible ; il y a un monde, une réalité afin que le possible se déploie, et donc ce que l'on voit selon les esthétiques est perçu du point le plus éloigné ; le divin qui était sensément le point du lointain, s’avère le plus proche et tellement proche qu'il est ce par quoi se produit un monde, en occurrence la possibilité de champs de perceptions créés.

 

C'est bien pour cela que le christique ou le sujet ou le réel (mais aussi dieu et l'être, juif, monothéiste et chrétien) pré-dispose du monde (dieu), du donné et de la perception (grecs), du vécu et du corps (christique), du monde-étendue et de l'existence (de Descartes à Lacan) ; on y perçoit à partir du Bout. On y est déjà tout au Bout, qui en venant vers nous pré-dispose le monde, la réalité, l'existence. Le Créé est la catégorie qui les surpasse toutes, et qui vient avec dieu, le christique, l'être (bien que les grecs ne s'en rendent pas compte à eux-mêmes ainsi, mais plus comme la mise au jour de l'ordre qui doit être appliqué par tous et selon le monde-cosmos, mais ce faisant ils créent quantité de systèmes d'idées, de perceptions possibles).

Tout engagement dans une Œuvre (esthétique, poétique, philosophique, éthique, politique, idéelle) creuse la réalité (donnée) à partir du Bout et donc Crée. La règle n'est pas la conformité à un ordre mais comme le christique et le monothéisme l'imposent qu'il s'agit de continuer l'Œuvre de dieu, ce qui est Créer, à proprement parler.

Dieu se libère des anges (qui sont tellement parfaits qu'ils ne comportent pas l'imperfection nécessaire à une « encore plus grande perfection ») et lance sur la piste les êtres humains, lesquels seront chargés de se rendre eux-mêmes encore plus capables ; et donc imparfaits dans un monde de terreur et de douleurs, sans doute, puisque précisément il s'agit pour tous et pour chacun d’acquérir, de trouver, de fabriquer la certitude malgré et au travers de la terreur et de la douleur. Lancement que certains anges n'admettront pas, puisque parfaits, et manifestant par leur révolte que justement parfaits ils ne l'étaient pas... Que la perfection (celle réelle) est bien toute autre et bien plus étrange.

La question est donc devenu ; quelle perfection suffisamment parfaite ?

On sait alors qu'elle consistera au minimum en la traversée de la terreur et de la douleur. Qu'elle sera plus grande (que tout). Qu'elle sera créée. De l'ordre, de la dimension du Créé. Que dieu lui-même n'y suffit pas, qu'il a envoyé son « fils » (cad lui-même selon une de ses faces, un de ses visages), son fils le sur-divin, le dieu en plus du dieu unique, et que ce dernier nous a dit ; cela a déjà commencé.

Le christique est le deuxième visage du divin, en ceci que le premier, le père est l'intention (ce sur quoi se fonde toute nation de croyants) tandis que le christique est la marque de cette intention, et comme il s'agit de l'intention de dieu on ne s'étonnera pas que cette marque contient tous les signes ; les mondes, les petits oiseaux et les vers de terre. Le signe de l'unique intention est indéfiniment diversifiée en quantité de signes, de réalités. Et cet ensemble-signe du Verbe devient ce corps singulier par lequel cet ensemble reçoit un autre-nom, qu'il Crée instantanément dans le temps de son apparition ; le christ. Avant qu'il soit le christ, il n’existe que le verbe, mais ensuite il existe le christ ; le christ est la nouveauté, par qui toute la création, justement, est re-Créée.

Et donc ce par quoi à toute la création et l’histoire et le temps s'ajoute une sur-dimension absolument inimaginable et qui s'impose pourtant comme étant celle à partir de laquelle on va percevoir dorénavant.

C'est pour cela qu'il faut insister sur cet immense dispositif (que l'on y croit ou non) qui se met en place dans l’historicité ; ça rend possible tout le reste (et donc nous, chacun en tant que chacun, toutes les nations et toutes les esthétiques, etc).

Or bien sur il ne s'agit pas de créer n'importe quoi... Ce qui veut dire que toutes les réalisations qui en feraient que reprendre les déterminations, n'inventent pas une voie, mais réintroduisent les mêmes déterminations dans un sans doute nouveau circuit mais non pas un circuit en plus. Il ne s'agit pas de miroiter selon d'autres compostions, mais de créer la voie ; non pas une seule et même voie, mais la seule et unique voie parce qu'elle se situe avant tout, avant tout ce qui est, tout ce qui fut réalisé déjà. Encore plus en amont et encore plus en aval.

Alpha et oméga.

Et à chaque fois n'étant pas une composition, cette nouvelel autre voie (qui est la même et continue la Création d’une part et le Créé d'autre part) est inimaginable. Et qui plus est elle ne sera pas imaginable en seconde part, on veut dire une fois créée et donnée à la vue de tous et chacun on ne pourra absolument la reprendre pour la réinterprétée, puisque c'est précisément ce à partir de quoi on interprétera ; l'arc permet de produire mais ne peut pas être reproduit. Sinon dans une autre et par une autre création. On peut comprendre Descartes par Kant, mais du point de vue et de rupture de Kant … Descartes sinon est ininterprétable en soi ; on ne peut pas contredire, mais seulement ajouter à.

Ou donc un diagramme (une esthétique, une philosophie, etc) est donnée à voir à nouveau à partir d'un autre diagramme (mais qui est lui-même programmatique et non pas une théorie de la théorie, parce qu'il ne s'agissait nullement d'une théorie-système-pensée mais d’une position ; on peut avancer dans le point lui-même de la position mais non pas déduire un achèvement.

Ainsi parlant de dieu on ne l’intègre pas dans une théorie ; comment cela se pourrait-il ? De même le christique mais aussi Platon ou Descartes. C'est bien pourquoi rien jamais ne dispense de lire et d'explorer dieu, Descartes ou Lacan ; rien.

De même on en dit pas « le centre de tout est dieu » ou « il est le sujet » ou « il est l'exister pur et brut » ; ce sont à chaque fois des versions (cad des possibilités ou même des créés) à partir d'un centre que l'on discerne très loin et si immense (étant le centre à partir duquel tout est perçu, cad réalisé, comme mondes, ou comme vécus, et ce à partir duquel tout est réel...)

On ne dit pas ; il s'agissait de dieu, ou du sujet ou de l’universel (substance, idée des idées ou esprit hégélien, etc). On dit que le centre est signifié plurielle ment, ajoutant ceci que si le centre est le centre alors sa perfection est de se Créer. Et non pas la fixité ou la perfection morte. Et donc il est, dans la nature, la structure même du centre de se mouvoir et de se projeter effectivement dans et par une pluralité.

Ce que paraissait inaccessible jusqu’alors (la pluralité des orientations du centre) est rigoureusement instancié ; il est pluriellement parce qu'il se Crée.

 

Autre manière de dire ; on constate que le centre se présente, à nous, diversement donc il est dans la logique du centre (pour employer un terme neutre si l'on a compris) de se présenter pluriellement.

Au lieu de croire péremptoirement que toutes les voies sont des erreurs ou des illusions ; ce qui serait une considération totalement irraisonnée, et en outre d'une telle arrogance et pour le dire bêtise. Pourquoi les juifs ou l'islam ou Aristote ou Eckhart ou Hegel ou Nietzsche seraient plus stupides que nous-même ?

Et au lieu de pleurer sur l'abandon du divin, ne faut-il pas précisément affirmer que si il nous échappe c'est que justement il ne peut pas être saisi : on en est saisi (et il est inimaginable, c'est autre chose que l’imagination, la composition de déterminations qui s'impose à nous). C'est la volonté de le saisir à toute force qui nous en écarte absolument.

Toute manière de se saisir, volontairement, techniquement (ou orgueilleusement selon les termes du croyant) du divin, du centre ou du réel retentira d’intérêts quelconques du monde, du vécu, du corps, d’intérêts pauvres et qui ne parviennent pas même au début du commencement de la pointe des babouches du divin ou de la structure. Laquelle n'existe pas selon le monde, ni d'aucune séparation ou réunion, composition du monde ou du moi. Les intuitions dites métaphysiques (au sens vague habituel ou précis de la philosophie) ou ontologiques (au sens strict depuis Descartes) existent en plus et valent antérieurement à tout monde ou tout état du monde.

Et effectivement si cette altérité (en quoi consiste que nous ne sommes un mouvement, un rapport et non un être ou un état) ne nous appelle pas, ne vient pas vers nous, nous n'en obtiendrons aucune intuition réelle mais seulement un masque ou une image ou une imagiantion ou un concept ... Ce qui se nomme la grâce divine ; mais elle est accordée à chacun, sous condition de l'accepter, de s'y humilier ou d'en être saisi (cela revient au même) ; il n'y a aucun autre moyen, tous les autres sont composés d'une part et de vanité d’autre part.

Le fer de lance de l'expérimentation depuis la méditerranée, lorsque la structure (vide et formelle) passe au devant de tout monde et de tout langage : pour explorer sa propre perception de structure (hors du monde), rendant possible d'inventer et de créer quantité de vérités, esthétiques ou éthiques, etc ; si nous les produisons c'est que nous existons en dehors, mais où ?

C'est la réponse à cette interrogation qui est en jeu, depuis le début ; « où » est dieu, l'être, le sujet, le réel ) Il s'agit depuis le début de décrire l'architecture de cette structure. Et comme c'est un mouvement il s'agit d'entrer dans la dimension du Créé. Puisque le Créé est directement issu de la structure ; il y a un réel afin qu'il se crée un Réel.

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La deuxième naissance du réel

18 Janvier 2020, 09:46am

Publié par pascal doyelle

Pourquoi veut-on toujours à tout prix que la conscience prenne tout, absolument tout en charge ? On nous dit "ah mais regardez vous n'avez pas conscience du mouvement de votre bras!" Oui évidemment ... qui a jamais prétendu le contraire ?? L'acte de conscience est enchâssé dans la perception mais ici et là il se crée de larges ou de précis mouvements d'attention et la plus minime intervention peut tout, absolument tout changer ; la conscience est inventée par la nature ou la réalité pour réagir et agir au plus près et dans l'imminence ; de façon à intégrer dans la cervelle et la perception et la transmission (aux autres) l'inattendu. Ce que ni les mémorisations ni l'adn ne peuvent intégrer.

Le règne de l'inattendu naît en et par l'actualité ; il se passe quelque chose, qui est repéré (mis en signes), et puis ensuite mémorisé (soit individuellement, soit collectivement). Il s'agit d'intégrations qui n'usent pas de la mémoire héritée ou de l'adn, en somme d'une mémorisation ultra rapide et très précise et infiniment souple (n'importe quoi peut être signifié, même des erreurs).

On nomme le règne de l'inattendu la mise en forme culturelle (puis ensuite individuelle et générale, nommée ici acculturation universelle ou généralisée) du monde donné, par ajout de champs de perceptions (les esthétiques qui ajoutent sans cesse de nouveaux champs, par ex, ou les éthiques ou les politiques, toutes activités qui restent incompréhensibles si on ne s'y investit pas).

 

On reprend donc de zéro. Dans un premier long, très long temps, nous nous sommes accoutumés à l'activité de conscience mais selon ses contenus ; nous créons des mondes, ce qui veut dire que les groupes humains (dispersés sur la planète) inventent la mise en forme culturelle (langage, échanges internes au groupe, ou plus ou moins externes, représentation, mythologisation, ce qui veut dire représentation de lui-même du groupe dans son monde à lui, et surtout nécessité impérative, sous condition de survie, de la transmission, de chacun à chacun et d'une génération à la suivante, donc le groupe et son monde sont ou font office de vérité, de véridicité).

Il arrive, soudainement (si l'on peut dire), que s'avance sur la scène du monde non plus tel ou tel monde ou contenu, mise en forme culturelle, langage, vérité définie, mais nous prenons conscience de l'activité de conscience, de l'activité comme telle ; la forme qui permettait de produire des mondes, cette forme se nomme elle-même, soit donc dieu et la pensée  (les juifs, les grecs).

D'une part une Intention, formelle, dieu, et d'autre part non plus telle vérité définie mais le principe de la vérité en général (et s'en suivront quantité de systèmes qui inventent des versions plurielles de la vérité, qui reste supposée mais seulement approchée et ne s'incruste pas comme monde et communauté).

Dieu (l'intention) et la vérité (l'être, l'universel) essaient de manifester là au-devant la forme, la structure qui existe antérieurement à tout monde humain, mais aussi tout système de pensée ou de représentation, et donc encore antérieurement à tout corps, individuel.

Et là c'est plus compliqué.

L'étape suivante consiste à vouloir d'abord préciser ce que par cette structure, cette forme on peut comprendre (le sujet, Descartes, Kant, Hegel, Husserl) et puis de plus tenter de saisir ce sur quoi, en quoi, sur quelle surface cette activité, ce sujet existent ; déjà Descartes (le monde est ce sur quoi existe le sujet), Kant (monde phénoménal, nouménal), Hegel (l'histoire, la détermination/indétermination), Husserl (intentionnalité dans un monde culturel), ensuite la Volonté ou l’Être de Heidegger, et enfin les français qui ramènent au réel le plus proche ; Sartre et Lacan ; le premier en jetant notre structure dans le monde, parmi les autres, et dans l’histoire (individuelle ou collective), le second en analysant l'intériorité, supposée qui est plus exactement l'arc de conscience dans un corps, dans un moi ; l'intériorité lacanienne n'est évidemment pas une « intériorité » mais une exposition du « dedans », de la machinerie interne à la structure de conscience, mise à nu. Lacan décrit scrupuleusement les effets d'un arc de conscience (il prend en réalité la conscience pour le cos nient, mais ce détour lui permet de montrer par la négative dans-un-corps-vivant les bouleversement de cette puissance de l'arc de conscience, qui décentre intégralement tout être-là), tout corps, puisque par un arc « on est perçu »).

On a donc analysé, durant ces siècles, la présence hyper active d'un fait de structure qui au lieu de se déduire du donné, du monde, de l'adn ou de l’héritage, invente et réinvente et crée constamment le champ exposé là au-devant ; la mise en forme culturelle puis d’acculturation (depuis la méditerranée) s'effectue du « vivant » de chacun, de son existence, de son actualité et raison pour laquelle elle est capable d’infiniment de variations, d'inventions, de créations. Y compris chacun qui bricole, fabrique, invente sa personnalisation (évidemment tout cela en récupérant toutes les mémorisations que l'on voudra ; on ne se crée pas ex nihilo, mais dans la potentielle réinterprétation, réintégration nouvelle et parfois effrénée de l'actualité de l'existence, nous ne somme spas selon l'être mais selon l'existence).

 

Il faut donc partir du principe que l'on naît deux fois. La première est celle selon le monde, et la seconde selon la perception. L'une plonge dans le passé, et l'autre naît là au-devant, instantanément, soudainement.

Nous n'avons pas seulement atteint la forme qui prélude à tout monde, à tout champ de perception (dieu, l'intention, et l'être, autrement dit la pensée), nous avons basculé dans l'antériorité même ; antérieur à nous-même. Lors du passage de l'enfance à adolescence, plutôt que de simplement percevoir le monde, l'adolescence se signale à elle-même qu'elle ne perçoit plus seulement, elle est perçue.

Et que l'on soit perçu ne veut pas dire que nous « nous » percevons nous-même, mais que nous sommes perçus : de l'extérieur. Le regard est tout à fait Autre. Que l'on puisse se percevoir soi à partir de soi, certes, mais ça ne sera jamais que second. C'est lorsqu'il se confond trop que l'on est fou ou pervers et lorsqu'il est trop éloigné que l'on est névrosé ou obsédé. Et lorsqu'il cesse que l'on entre en dépression et tombe dans l'angoisse. Pourquoi ne mouvons -nous pas nous percevoir ? Parce que cela signifierait que quelque chose percevrait quelque chose. Qu’une identité se connaîtrait comme cette identité qu'elle est. Or quelque chose de déterminé ne peut pas advenir à, saisir, percevoir une identité de même que l'on ne peut en tant que pensée être déjà quelque idée ou quelque système et connaître une autre idée ou un autre système ; un animal connaît selon son adn (il peut percevoir des situations nouvelles, mais ne peut pas les intégrer durablement à moins que ça ne passe, s’inscrit dans son adn) ; le connu connaît le connu. Nous ne sommes ainsi pas limités à une langue, un langage ; il nous est possible d'apprendre d'autres langues et d'autre slangages ; nous ne consistons pas en telle ou telle détermination, même si effectivement nous sommes écrits ou marqués par telle ou telle perception mémorisée, mais dans l'actualité, l'actualité du réel, l’instanciation du « là » est lancée une indétermination ; l'acte de conscience fonctionne en et par lui-même, aussi infime et hasardeux soit-il c'est ce qui dénote qui compte, qui ouvre un autre-compte de signes.

La question qui se pose est ; va-t-on rendre possible, construire une capacité de mener cet autre-compte à bien ? Puisque l'on est passé du compte communautaire (d'un groupe spécifique et limité, quant bien même serait-il un empire et un empereur, divin d'ascendance) à un compteur individué ; même la structure grecque (qui pourtant ne connaît pas, n’admet pas, d'intègre par individualité qui sera dite infinie par le christique ; on s'élève par l’héroïsme ou la pensée ou telle ou telle qualité) inaugure un comptage individué ; pour penser il faut élaborer des significations qui existent en plus du langage commun et opérer sur soi une conversion ; on se décentre par l'universel. De même que l'on se décentre de sa simple vie en devenant Existant au regard du christ, qui crée, de fait, votre âme.

De là que via le christique il s'agit de substituer à votre corps (qui suit ses propres finalités, biophysiques, etc, mais aussi ce corps pris dans les rets de l'esprit d'un groupe ou d'une communauté ou d'un statut (homme-femme, esclave-homme libre, riche-pauvre, etc), de lui substituer un autre-corps ; et c'est ce qu'effectivement il s'est réalisé, puisque l'on sculpte l'image de notre corps tout au long des mass et micro médiations (tout comme il le fut durant 20 siècles ; cela s'est démocratisé et on a du ou pu adapter à la multiplicités des corps et des vécus, puisque par « corps » il faut encore plus entendre le vécu, son organisation, ses finalisations, que l'on ne pouvait pas laisser au donné biophysique, qui n'a en lui-même aucun sens spécial, qui était jusqu'alors ordonné par la communauté et le groupe, et n'a jamais été laisser « à lui-même ».

c'est à partir de l'antériorité à nous-même que nous avons commencé de projeter au devant toutes les possibilités (qui n'étaient pas permises dans quelque groupe humain et de mise en forme culturelle que ce soit ; c'est pour cette raison que l'on parle d'acculturation généralisée depuis les grecs et le christique, depuis plus globalement la méditerranée), de projeter au-devant l’ensemble in-défini des champs de perception accessible depuis le Bord, depuis l'arc créé des grecs et l'arc créé du christique (ou révélé, puisque ces deux extrémismes, qui sont devenus la règle même, les fondations absolues, cad formelles, s’originent comme divins, et l'on n'ira certes pas contre).

 

Rappelons que le christique lance dans l'historicité le règne de l'intention (de même que dieu abolissait toute formulation mondaine du divin ; il n'est qu'une intention qui crée l’ensemble de toutes les réalités mais aussi donc des possibilités) ; de là que le christ s'en réfère toujours au Père (il ne peut rien sans le Père, il est la manifestation, le verbe, la parole, les signes, et donc également les corps, les vécus, les mondes, la manifestation de la volonté, de l'intention du Père). Passant du régime de la Loi (et du jugement) à celui de l'intention, christique, celle du dieu qui vient-en-plus, c'est votre intention et non plus vos actes, votre conformité, ou vos erreurs ou vos fautes, qui comptent ; or l'intention, contrairement aux actes qui sont accomplis une fois pour toutes, peut être remise continuellement (et donc pardonnée indéfiniment, en vous posant la question ; que voulez-vous vraiment ? Inaugurant qu'il y ait un récit individuel, et par ailleurs une liberté de chacun). Le un tout-autre (dieu) correspond aussi au un tout-seul ; la souffrance du christique n'est pas un dolorisme ; il vous dit que vous souffrirez, que vous serez rejetez, honnis, battu, mis à mort (malade, désespéré, écœuré, etc) et que lui, le christique, vous y a précédé ; il existe dans le plus infime et le plus dérisoire et le plus abattu. Par là celui par lequel tout a été fait (le verbe, le signe qui crée les mondes, les vécus, les corps) devient, renaît pour ainsi dire, et devient celui par lequel tout sera élevé.

Que l'on y croit ou non, c'est la structure fondamentale, celle sans laquelle rien de ce qui suit n'aurait existé, et on y reviendra largement parce que l’initialisation du récit-de-soi, de l’individualité, est écrite par le christique avec une telle précision et logique qu'aucun autre récit, second qui suivra n'y atteint. LE but étant une plus grande complexité (qui n'est plus seulement ordonnée par le groupe humain) et une plus grande complexité gérée individuellement.

 

De là que se déploient tous les champs, des esthétiques aux politiques. Et ce durant 21siècles. Ce que l'on nomme la ré-anthropologisation. Qui s'ajoute à l'anthropologisation précédente, celle de la mise en forme culturelle des mondes, puisque les grecs aboutissent au monde donné là, et le christique au corps de chacun, ce qui sera totalement partagé par le prototype de la révolution, liberté et égalité, partagé sur toute la planète ; en ce sens le capitalisme ou le communisme en son temps, sont des effets, des tentatives de résolution de l'équation imposée par la révolution liberté/égalité, des variantes, et nous nous sommes encombrés, emmêler les pinceaux par et dans ces résolutions, en grande partie imaginaires et non pas réelles, c'est bien pour cela qu'elles vont nous tuer, en particulier la pseudo résolution capitaliste, puisqu'elle rêve beaucoup, elle permet à chacun de rêver … ce qui n'est absolument pas une bonne chose, parce que ces rêves ressortissent sans doute de l'accès de chacun à la personnalisation, absolument nécessaire. Après l'humanisation, universelle, de la révolution est forgé en même temps la personnalisation potentielle ; l’humanisation ne réussissant que si chacun y est investi. Mais ce rêve de soi est également absorbé par les finalités immédiates et perd continuellement sa capacité d’articulation, de projet et de coordination, lequel devait se maintenir par ex par la vertu de Robespierre, certes très roide. Mais il connaissaient les hommes.

Cette absorption dans l’immédiateté est à terme le dépérissement et le mort de la coordination ; coordination que portaient et la pensée universelle grecque et le christique ; l'un selon le monde, l'autre selon le corps.

Au fur et à mesure au lieu de se structurer (selon la structure) tout un chacun a plié sa finalisaiton, ce principe de toute intention, aux finalités données là, et ce d'autant plus qu'au fur et à mesure nous les inventions ; on a créé cent millions d'originalités et de variations, on s'y est investi de toutes nos forces, ne laissant plus même d'énergie pour instituer une coordination générale et individuelle.

 

Le chevalier est devenu un héros (de roman ou de cinéma classique), puis un anti-héros, puis un super héros (qui ne conserve plus qu'un ou deux traits psychologique et livré à la vanité de la surpuissance mollasse), et le sens des séries télévisuelles se scinde entre l'exposition de la noirceur substantielle du monde et de la vie (Twin peaks, le prisonnier, etc) et l’impossible coordination de chacun avec les autres (Lost, GOT ou TWD, Westworld comme coordination intrinsèque, puisque ce sont des androïdes comme principe sur-divin, l'humain étant par avance, et physiologiquement, condamné). C'est ce qui arrive lorsque l'on croit que le monde nous bouche l'horizon et que l'on cesse de croire dans la structure ; on lui préfère alors un monde, un vécu, une humanité désespérée et mortifère, c'est juste du découragement ou de la faiblesse.

C'est que l'on a construit une architecture gigantesque, une architecture de structures, et tout cela pour basculer, au final, pauvrement, dans une version immédiate de ce qui est tel que là, bêtement, et se lamente de l'insatisfaction (bien que nous n'ayons jamais été aussi riches et dans la facilité) et abandonnons cela qui ex-siste, ce qui ex-siste comme sujet et comme coordination potentielle ; un moi n'est pas un sujet et les mois tous ensembles ne forment pas du tout une logique, un relationnel, une coordination, un universel. Ça se disperse. Ça tombe. Vers le bas. Et la coordination est délaissée et ceci pour les intérêts du monde ; alors que nous sommes sortis de la nécessité depuis longtemps, nécessité que nous réintroduisons par la rivalité, aberrante et pour le dire délirante. Et nous exhibons toutes les noirceurs illustratives pour nous convaincre de l'inanité de tout effort, comme des petits chiens apeurés, qui se rêvent en super-héros mollassons, de caoutchouc que les coups n'atteignent pas, parce qu'effectivement nous sommes en dçà de la souffrance et n'affornotons rien de réel.

 

Lorsque l'on naît une deuxième fois, de l'enfance à l'adolescence, on surgit du réel tel que donné « là » ; existentielle ment. On naît dans le champ de perception et non plus seulement de la mémoire, de la mémorisation, de l’héritage ; on a l’impression donc d'être en mesure de devenir « ce que l'on veut » et en un sens c'est vrai.

Sauf évidemment que le monde alentour, les autres, et soi-même, tout cela aura tôt fait de nous réimprimer les mémoires. Excepté quant à ne pas se laisser faire, avoir, empoisonner, infecté, absorbé. Et pour ne pas succomber il faut juste comprendre que ce ne sera pas du tout une libération dans le monde et donc pas non plus dans le vécu... mais dans l'esprit, comme l'on disait autrefois. Il n'y a aucune autre porte de sortie. On n'a pas créé la pensée ou le christique pour rien ; ils savaient bien, les précédents, comment le monde tournait. Il tourne toujours court et la pensée ou le christique, ou le sujet ou la révolution voient loin, bien plus loin.

 

Lorsque l'on naît, une deuxième fois, dans l'actualité du champ de perception si on ne se dirige pas vers le haut, on tombe vers le bas.

Ce qui revient à ne pas « croire ». Si l'on ne naît que dans le champ de perception, actuel et actualité pure et brute (parfois très brute), alors ce qui existe vraiment n'est pas, nulle part. Et ne peut ainsi qu'être l'objet d'une foi. La foi est la capacité de l'impossible. Mais on a vu que le réel existe de telle sorte que précisément c'est l'impossible qui conduit ; la forme de tout ce qui « est » (déterminé) est l'exister (présent) et il y a un présent afin que quelque réel s'y produise. Et si il doit s'y produire alors il y existe déjà ; parce que l'on ne peut pas supposer le mouvement et croire que ce sont les résultats du mouvement qui sont ; si on suppose le mouvement alors le mouvement est cela même qui existe, qui ex-siste ; il n'y a rien de plus grand que le mouvement ; le reste ce sont des effets de la cause et la cause, étant formel, non composée, est une et unique.

 

Et, seconde raison du présent, fondamentale, cela même qui fonde tout le mouvement, seconde raison donc de la forme « présent », il est ce en quoi le mouvement se prend et se reprend ; le mouvement revient sans cesse sur son propre déroulement afin d'encore plus se mouvoir (la perfection consiste non pas en la fixité mais en la capacité de redevenir encore plus parfaite ; il y a un réel afin qu'il soit plus grand que lui-même, l'infini produit des infinis, la perfection avance encore plus loin qu'elle-même, et donc nous demande de pousser plus avant la possibilité, à nous qui existons dans et par l'actualisme absolu du présent. C'est ce que l'on nommait autrefois « esprit », mais qu'il faut tenir pour la structure même du réel instancié dans son antériorité. Le présent, bien que ce soit purement hypothétique, est sous sa propre influence et re-vient en sa concrétisation, en ces mondes afin d'élever toujours plus ce dont il est la finalité ; la perfectibilité. Ce qui signifie le possible même, dont nous avons dit et vu qu'il était la structure même de ce que par « réel » il faut comprendre.

 

La question est donc ;

en quel sens avancer si l'on veut non seulement réaliser, ceci ou cela (qui sera destiné à disparaître, tôt ou tard)

mais si l'on veut augmenter, intensifier, accélérer, instancier non pas telle ou telle part du monde ou telle partie du vécu, mais l'arc de conscience lui-même ?

Augmenter (grecs), intensifier (christique et monothéismes), accélérer (Descartes et suivants et révolution).

Et enfin instancié ; le réel et l'attachement à « ce qui se passe réellement », le 20éme et Sartre et Lacan et toute l'attention dont nous avons fait preuve durant ce dernier siècle et le poids fondamentalement majeur du corps et du vécu pour chacun durant le dit siècle. Si l'économie est l'idéologie du corps, comment ne pas voir que les choix opérés par chacun en constituent le moteur... Le réel dans sa perception (et le réel n'est que perception ; il y a détermination afin que « cela soit perçu », aucun échange, aucun atome, aucun adn, aucun champ de réalité sans perception, et donc aucune détermination n'existerait) le réel se décide en et par notre intention la plus conséquente.

L'arc de conscience est cela qui décide du champ de perception, ce qui signifie décide du réel. Et comme on a dit cet arc de conscience, par nous éprouvé, est probablement une des variations de ce que l'on nomme « sujet » qui étend son règne bien au-delà de subjectivité ou objectivité (et dont on ne peut pas imaginer les autres versions, ni la structure même ; elle ne peut cette structure qu'être éprouvée, de même qu’antérieurement à dieu, l'être ou le sujet il nous était impossible de prévoir, de visualiser ces interventions là. C'est bien en ceci que les intuitions ontologiques relèvent de leur propre dimension, séparément de tous les autres domaines.

Étant entendu que c'est de toute manière ce qui est arrivé, ce qui arrive, ce qui arrivera ; puisque l'on ne peut en aucune direction échapper à la structure antérieure à tout monde, à tout vécu, à tout corps. Déplacer l'arc de conscience revient à modifier la structure de l'attention, à orienter les finalités de ce que l'on imagine, décide et perçoit, dans le détail et dans les plus grands projets possibles.

C'est le réel qui naît, là, dans l'actualité, et s'offre une seconde naissance, une naissance supposément renouvelée, incessamment ; sa perfection s'augmente et se réalimente, son autonomie étant rendue possible de ce que justement elle se crée une « intériorité » qui est une extériorité radicale, d’altérité, une externalité qui s'ouvre continuellement et se décide et se redécide en menant sa propre connaissance, sa propre exploration. Il y a une altérité constitutive du réel afin qu'il puisse puiser en lui-même (qui existe hors de lui-même) sa capacité et ses possibilités.

C'est bien de ceci que l'ancienne version de « l'être » ne fonctionne pas (ou de l'interprétation monolithique de dieu si l'on n’écoute pas ce qu'il dit de lui-même et de nous). Elle fige ce qui est structurellement mouvement.

Si il est mouvement, il ne cesse d'ex-sister.

La deuxième naissance du réel est la logique, la finalité, l'élaboration du réel.

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L'enroulement de la Possibilité

11 Janvier 2020, 10:00am

Publié par pascal doyelle

On n'abandonne pas du tout la connaissance ; on a vu que la philosophie n'a pas pour finalité la connaissance exclusivement, mais bel et bien de concrétiser en chaque conscience le passage, le mouvement, la possibilité en chaque arc de conscience ; aussi tisse-t-elle selon la même logique ; une esthétique, une poétique aboutit à ceci qu'elle crée en vous un champ de perception. Il est évident que toute esthétique ne comporte pas seulement un « jeu » de couleur ou de sons, mais qu'elle porte une position face au donné là, au monde, au corps, à l’individualité, la communauté, ou l'historicité, y compris interne à son domaine esthétique propre ; il y a esthétiques ou poétiques ou récits ou politiques ou éthiques parce que s'ouvrent des champs qui permettent de créer d'autres champs de perceptions.

Et cette position indique un sens ; non pas la libération de l'humain, comme si il existait une « nature humaine » des anciennes collectivisations ou intégrations, mais l'ajout à tout ce qui précédait d'un réalisme, lequel devait s’inventer. Il n'attendait pas sagement qu'il soit, mais il fallut le fabriquer ; et le fabriquer de telle sorte qu'il sorte de tout monde particulier et que chacun accède au donné tel que là par ex selon les sciences ou la perception et ses jeux indéfinis, permettant une libération de la perception du réel dans quantité de réalisations, d’œuvres, de réal-isation, et donc à la variation de champ, de champs de perceptions dont on a vu et dit qu'il constituait l'essence même de ce qu'est une « réalité » et ce qui est donc excessivement important, que l'on perçoit et éprouve la forge du réel à la fois brut et subtil ;

par quoi ainsi rien n'est présenté sans subtilité, la réalité, ce qui veut dire la détermination, la déterminité comme processus, voire comme procède, est distinctive en elle-même, en essence ; elle se crée non seulement comme universalisation, sinon elle ne tiendrait pas, organisée, dans la durée, mais aussi comme particularité, particulier absolument distincte, partout et pour tout en toutes ses parties aussi infimes soient-elles ; la réalité est radicalement et de a à z distincte d'elle-même en tout ; de là l'aspect, l'apparence étrange du donné, qui ne se répète jamais, par quoi on mesure, à peine, la puissance absolue qui s'étend partout.

Et c'est bien en cette effarante capacité à produire de la brute et pure particularité qui fait sortir la réalité de ses gonds universels ; il n'y a pas que des lois, mais la particularité qui surgit en dehors des lois et ouvre son soudain propre champ de perception. Aussi la réalité est toujours plus avancée qu'elle-même ; sa systématique est proprement hallucinante ; sa structuralité est dévouée à la production d'irrégularités qui deviennent des champs complets de rendus réels et sur lesquels àç nouveau il se produira d'autres champs particuliers.

Ainsi sur les nuages si peu distincts (mais non pas indistincts réellement) de particules à peine existantes, se produisent des « choses » de plus en plus massives et consistantes ; sur l'éphémère se crée de la matérialité et celle-ci se concrétise de ce qu'elle se perçoit et donc établit des liens, des relations, des rapports (il n'est rien d'absolument consistant dans la réalité). C'est aussi la raison de la possibilité de la liberté ; il n'est nul besoin impératif de connaître (rationnellement) la réalité pour y ajouter ; le champ brut du donné tel que « là » est en lui-même délivré et neutre.

Pareillement on est libre en soi-même et par soi-même mais le collectif, le système organisationnel collectif fait office de mémorisation (des choix et des inventions et des créations et donc disions nous de l'organisationnel), et ceci relève du mouvement général de la liberté telle que structurellement elle se produit dans le champ commun ; fondant soit dit en passant le dit champ-commun … la nation juive se tient de l’Intention de dieu, de même que l'énoncé de nation est spécifiquement créé par la révolution française ; rappelons que dans la révolution, a priori et purement théoriquement, cad ontologiquement en fait, il ne s'agit pas d'une « identité française » qui préluderait à la nation, mais de la création de but en blanc d'une « identité » universelle radicale ; la nation est l'idée elle-même des volontés ; il s'agit d'une nation qui imagine naître et se constituer et continuer l’universel et la liberté elles-mêmes, c'est son essence (absolument et absolument politique). La liberté n'y est pas non plus la « raison » (qui serait tel un corpus complet venu on ne sait de où) mais la faculté de juger, en somme la liberté d'être à soi-même son repérage (compte tenu qu'il pourra en exister une indéfinité de différents).

La finalité de l'historicité était de toute évidence la création d'une humanisation d'une part sous l'égide de l’universalité, et d'autre part d'une individualisation ; la personnalisation suit et se construit dans et en plus de l'humanisation ; de telle sorte que chacun obtienne son propre corps-autre ; un corps suffisamment recouvert de signes, ce qui veut dire d'un champ perceptif.

Autrement dit il y a une réalité, un monde afin qu'il existe un champ.

Or humanisation et personnalisation (outre les avantages que cela inclut, de nous débarrasser des nécessités et d’atteindre une facilité, si nous ne l'avions pas recouverte d'un autre nécessitarisme contraignant nommé « économie ») aboutissent en leur finalité à ceci que peut se déployer la capacité même ; cad la capacité de rendre possible le possible (quitte à souvent inventer tout et n'importe quoi, qui aurait du être régulé, et plus encore auto-régulé).

Que chacun donc puisse atteindre et entamer la vraie et réelle activité ; l'activisme (ce qui encore une fois ne signifie pas le « tout et n'importe quoi » pour lequel on a pris cet activisme). Que chacun soit à disposition, lâché en et par et vers sa possibilité même. Que chacun rencontre le réel de l'exister, du fait brut du réel.

Il est évident (bien que très difficile à admettre et à concevoir, dans l'ordre) que tout moi (personnalisé dans humanisation généralisée) est en approche absolue de soi, de soi en lequel la question est celle justement du « soi » ; autrement dit de la structure même qui prélude (ontologiquement) à l'apparition de notre espèce (et qui se définit comme « arc de conscience » soit donc cet « être » qui est à lui-même le rapport qu'il est, et donc qu'il ex-siste ; il n'est pas, il ex-siste, et cela se produit dans le champ phénoménologique de perception, le langage par ex).

Ce par quoi on reste confondu de la difficulté et de l’étrangeté de cet avènement ; une conscience se sécurise en pensant, interprétant, imaginant qu'elle est la conscience de un-tel ; la conscience de Pierre est pourtant plus grande que Pierre lui-même ; et c'est cette explosion, interne, qui est en jeu.

C'est ce que signifie, implique, comporte, intègre qu'il y ait des éthiques, politiques, esthétiques, poétiques, récits, et en bref des œuvres qui augmentent, intensifient, accélèrent ou densifient tout regard, toute intentionnalité. Et raison aussi pour laquelle nous eûmes un tel déferlement de mass et micro-médiations dans tous les sens possibles depuis la révolution. Et depuis les années soixante du dernier siècle.

Et que dans ce champ qui est un rapport (un tissage de rapport et qui se tient lui-même en tant que rapport de rapports) il en existe au moins un qui soit le rapport à (soi), dans lequel rapport le « soi » est non une identité (toujours quelconque, toujours frustrée, toujours mensongère ou illusoire) mais est le rapport lui-même et qu'il puisse développer sa propre perception de ce « soi » énigmatique et ce afin de rendre possible encore plus de relations. Plus de relations parce que cette structure du « soi » se situe avant tout le reste, avant tout ce qui est dans le monde et selon le monde, le vécu ou le corps ; autrement dit ce qui existe vraiment, en nous, est-avant, soit donc ex-siste.

Et évidemment qu'il connaissance le réel en tant que transcendance. Et la transcendance existe ainsi « avant ». Tout est dans la transcendance qui ex-siste. La positivité est absolument première et ce qui est en jeu c'est en quoi il serait possible d'augmenter cette positivité.

En langage de religion ; dieu existe avant et donc le Bien, le mal est seulement une infra-position qui agite peut-être le néant et le vide et la destruction mais reste et restera absolument seconde ; il n'y a aucun avenir pour ainsi dire dans le néant ou la négation, c'est seulement que l'on croit un moment, de sa vie par ex, qu'il est l’horizon, mais ontologiquement ça n'a aucun sens, aucune direction ; le néant est non directionnel, il tombe, il s'échoue dans le néant, le rien du tout, qui existe en deçà de ce qui est ; dont on avait dit que le néant est, tout comme l'être, mais comme le néant est « rien du tout » il n'offre aucune résistance à l'être ; aussi dans l'être (qui est composé si l'on veut de des contenus et de la forme, des déterminations et de l'exister) le néant est la dispersion presque indistincte, sans jamais parvenir à l’indistinction totale, au pur néant, qui ne peut pas se « présenter », matérialiser ou se concrétiser ; ce qui se concrétise, ce qui se détermine, est toujours un « quelque chose », même qui parait à demi-existant.

Ainsi il y a toujours quelque chose, pris dans la forme de l'exister. Et rien dans le monde, le donné, et aucune dispersion de détermination (serait-elle la plus négative) ne peut remonter et atteindre la forme, la structure, le rapport exclusif ; le seul rapport qui puisse être exclusif et unique c'est celui du formel, cad le rapport lui-même. Le présent comme mise en présence de tout qui produit (selon la causalité hors monde) qu'il y ait un champ de perception, cad de différenciations.

Et il y a un champ de différenciation pour le Un qui constamment re-vient dans ce champ lui-même ; il s'y annonce. Toute entreprise de destruction ou d'isolation d'une unité qui « existerait » dans l'unité est absurde et se confond avec le mal et est destinée au/vers le néant, la dispersion, la disparition.

Non pas qu'il n'y ait pas d'unité qui existe, dans le réel, mais toute unité qui se prendrait pour l'unité-même est condamnée ontologiquement ; de ceci que l'on dépend de la vérité, de l'être, de l’universel, du sujet, du réel ; le rapport ne peut pas se limiter et si il se croit lui-même il se détermine et donc se rend au donné, tel ou tel, et meurt. C'est pour cela que l'on a créé la « foi » (quoi que l'on place sous ce nom ; dieu, l’universel, le sujet, la révolution, l’esthétique, l'éthique, etc). Et c'est ce qui horripile toujours ceux qui croient, encore, qu'ils sauront se maîtriser de leur seule force, mais leur force alors est isolée, dans le noir de plus en plus complet (bien que cette croyance, qui n'est pas une foi, paraisse attirer toute la lumière du monde ; en fait elle ne manifeste que soi).

On a vu qu'hormis cette explicitation (à partir du donné observable, de tout le donné observable, y compris les explorations menées par chacun des arcs de conscience, y compris donc les possibilités de structures qui sont si effectivement exposées par les explorateurs, des mystiques aux philosophes, des créateurs aux éthiques, dans les Œuvres donc) il ne reste plus que le seul monde donné ; celui de la disparition.

Parce qu'il est voué à la disparition, à l’absence totale de toute mémoire de tout ce qui aurait pu avoir eu lieu ; rien de tout ce qui est n'aurait alors de souvenir de soi ; rien ne demeurerait et tout, absolument tout, se disperserait dans le néant, le froid abyssal qui à jamais régnerait (ou la fournaise du big crunch). Et il est dans la nature même de la réalité, qui est seulement déterminations, cad splittage continuel de différenciations, de s'effacer ; aucune détermination ne tient dans le réel comme mouvement, seul existe le mouvement. Il n'est donc aucune porte de sortie dans la réalité. Et si on n'admet que la réalité comme seul réel, on se voue à la disparition.

Or on a vu que la réalité est prise dans et par le mouvement ; raison pour laquelle on ne peut pas, par ex, fixer la pensée, sur quelque concept que ce soit. Rappelons également que les mathématiques qui paraissent receler le réel des réalités, sont, en elles-mêmes, des tissages de rapports ; le un ne définit rien, sinon le rapport-soi de n’importe quel objet ; qu'il y ait un calcul de tout rapport à soi est tout à fait étonnant mais en somme extrêmement logique ; ce qui est déterminé supporte, admet, accepte la distinction et n'est pas « n'importe quoi » (auquel cas l'univers se serait effondré, ce qu'il a peut-être connu, laissant perdurer seulement ce qui était ordonné, l'ordonnance est cela qui, organisé, dure dans le temps).

Les dilations des systèmes philosophiques ne sont plus, ici, contraints de subir la réduction objective ; d'une chose on peut affirmer ceci ou cela, mais de la structure de toutes les choses et de tous les êtres il ne résulte qu'une interprétation, une interprétation non pas « de plus » (parmi d'autres), mais en plus et à chaque fois en plus, puisque la nature même du regard (de l’intentionnalité) est de se diviser infiniment ; une approximation si l'on veut, ou une approche d'un centre qui n'a pas, n’aura jamais de correspondance dans le monde, ou dans la, les réalités ; c'est à ce point là. C'est à ce point-là, si extrême, que le divin, l'universel ou l'être, le sujet ou le réel, le un ou la structure sont portés ; il y a un regard qui regarde. Et qui n'est jamais ce qu'il regarde (sinon il ne verrait pas), aussi tout système ne se dépose pas là comme un colis, mais remonte dans le regard et doit être lu, et cet arc de conscience emprunter la voie suivie par le précédent.

Aussi tous les systèmes désignent, cad non pas connaissent mais signifient le même centre. La structure. Dieu, l'être et l'universel, le sujet et le réel approchent du centre, ignifugé.

La nature du regard, de l'intentionnalité, cad en somme du rapport (à (soi) comme rapport) est non épuisable ; son réel est tout à fait autre que les « choses » (qui sont épuisables par nature, déterminées et donc dans la limitation).

La pluralité des approches du réel est structurellement non pas comme une nécessité tout à fait extérieure (en tant que nous serions condamnés à la limitation) mais est précisément la finalité même ; il FAUT que le réel devienne, qu'il soit plus grand que lui-même (de manière générale ou de manière absolue mais aussi en et par chaque sujet tel que nous l'expérimentons, et il ne fait aucun doute qu'il existe, ailleurs, d'autres sortes de « sujets », de même qu'avant dieu un tout-autre il était inimaginé et inimaginable, pas de l’ordre de l’imagination, et de même que le sujet était absurde avant Descartes (ou ce que Descartes exprime, décrit, manifeste et invente à la fois) ; l'invention est le fait du réel ; il est fait pour cela.

Il y a un enroulement de la possibilité hors d'elle-même, parce que c'est à cette fin que tout est assigné ; il y a un Dehors et le Dehors est la structure elle-même.

De même que le centre de toutes les réalités est en tant que regard, pareillement tout arc est lui-même en réserve et de ce point-là perçoit. Or si ce point est indistinguable dans le monde, la détermination, le vécu ou le corps, ni dans les champs de perceptions, et ne peut être que signifié, signifié veut dire alors « n’apparaître intuitionnellement que pour lui-même, pour lui seul », personne ne sait « ce que » il est, parce qu'il n'est pas justement, il ex-siste. Et c'est ce point qui se restructure sans cesse. Personne ne le sait et lui-même se-sait mais ne le sait pas, au sens de « ne le connaît pas ». et il est cependant évident qu'il ne peut exister sans cet en-dehors ; ce regard Autre.

 

Si le Un ou Dieu ou le Sujet étaient monolithiques ou  imaginaires tel « l'être », que pourraient-ils ?

Rien, cet être serait, il serait tout simplement condamné à n'être que lui-même et il n'aurait même pas lieu de devenir une réalité, un temps, un possible, et rien n'existerait, parce que rien ne serait sorti de lui. Parfait et monolithique. Parfait d'un point de vue d'objet (pour une conscience qui s'ignore comme arc ou comme intentionnalité ou comme sujet ; si elle est sujet alors elle est mouvement).

Ce n'est pas une perfection souhaitable. Sinon d'espérer un quelconque repos, une félicité inactive, un bonheur confortable. Comment ce qui ex-siste pourrait-il seulement nous conforter dans l'être ?

En aucune manière. Le devenir du réel, en tant que structure, est Œuvre et activisme. Seul le mouvement devient plus grand, toujours plus grand et sa finalité est de découvrir par quel moyen et selon quelle voie l'activité peut grandir plus qu'elle-même.

Il est très évident qu'il ne s'agira en aucune manière d'égoïsme ou d'égocentrisme, par quoi l’individu se prend pour le centre du monde, celui à qui tout est dû. C'est au contraire qu'il ne faut pas saisir le réel mais en être saisi. Ce qui présuppose qu'il existe une articulation (on ne peut pas désigner le Verbe, Dieu, le Logos, la Raison, ou l'Universel en soi, et quant au sujet il est spécifiquement individué et donc libre mais fragile. Il ne peut s'affirmer selon la puissance qu’imaginairement ; or nous avons affaire avec le structurel ni à la raison ni à l'imaginaire mais à ce qui existe antérieurement à toute faculté, y compris la perception ; y compris la perception, puisque ne vient à nous que ce qui est intentionnalisé et qui entre dans un système de signes.

Et ce autrefois à l’intérieur de chaque groupe qui veillait rigoureusement à l’utilisation du système de signes (il ne fallait pas perdre la transmission, question de survie). Mais il y eut donc d'une part l’universel grec (ou l’État romain) puis le christique individualisant, qui permit un desserrement de l'étau de la représentation mondaine (formant monde clos) du collectif et une intériorisation de l'intentionnalité individuée; chacun pouvait alors se livrer au donné, au vécu et au corps ; de là que l'on devait veiller néanmoins et pour cette raison même à intégrer le sujet de structure dans l'individué ; lui fournir ou imposer une morale, une conduite intentionnelle, une objectivité universelle, un cadre ontologique de telle sorte qu'il ne s'enroule pas sur son seul et son propre donné, ce qui serait sa perte.

C'est ce qui arrive au sortir de l'enfance ; en prenant conscience que l'on n'est pas le centre. Que l'on est autre et perçu du Bord, du dehors. Ce qui se passe plus ou moins bien … parce qu’imaginairement on appartient toujours à cette centralisation égocentrée, sauf que l'on n'existe pas du tout (en tant que sujet) dans l’imaginaire. Il est logique que l'on ne perde pas la centralisation, puisque c'est l’opération même qui consiste à représenter le donné, le vécu, la perception.

Mais s'y ajoute, en plus, dans la structure de l'arc de conscience, qu'il (se) perçoit, et que de ce fait ça n'est pas lui qui se perçoit … Et c'est la rupture adolescente qui menace toute l'enfance et qui consiste à passer du percevoir au se-percevoir (en s'assujettissant à l'Autre, non pas à autrui, qui est le plus souvent un point imaginaire, mais à l'Autre comme structure). Puisque la structure-autre est seule réelle, de même que le présent est cela seul qui existe.

On commence par percevoir, (comme un corps représentant et imaginant) puis on (se) perçoit sans savoir de « où » l'on est perçu et mais laquelle perception-autre on ne serait pas (on ne serait qu'un corps représentant, si cela était possible). On se tient, soi, toujours forcément du dehors, du Bord.

En un sens tout autre origine de soi revient effectivement à l'imaginaire (et l'infantile), comme Lacan l'avait découvert ; et lorsque l'on cesse d'être infantilement c'est pour ne plus être mais être perçu.

Et Lacan eut tort de croire que toute « pensée », toute conscience (qu'il confondait avec le conscient) tombait dans l’imaginaire ; et ce bien qu'il se doutait que Descartes prenait pied en-dehors... Il aurait du comprendre que si tel était le cas pour Descartes, alors il s’agissait de toutes les structures, et même se prenant les pieds dans le tapis chaque système s'articulait sur le réel et non selon la réalité, et engageait non pas le conscient de chacun, pas seulement, mais l'arc de conscience de chacun, déployé selon l'altérité structurelle ; ça se percevait et était en mesure de s'élaborer (cad de tenir la distance universelle, divine, du sujet ou du réel) parce qu’arc bouté sur le réel.

Sinon les systèmes n'auraient que bafouillé, ce qui est en partie vrai aussi ; il est impossible de tenir l'ensemble du « réel » selon un système de déterminations universalisées, sinon de le confronter à la « substance », au Bien, au Un, à Dieu, etc, qui n sont compréhensibles qu'en tant que signifié et non pas en tant que connus, par un sujet et non pas comme « objets », et c'est donc l’élaboration de ce sujet et de cette signifiance que crée la philosophie, la pensée au sens structurel, et non pas une connaissance ; on ne peut pas y atteindre sans s'y convertir, c'est une évidence depuis le début.

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La possibilité et le mouvement

4 Janvier 2020, 13:15pm

Publié par pascal doyelle

Rappelons que si le réel est le mouvement (et ici le mouvement est tenu pour cela seul qui existe, comme présent dont le mystère est « infini », ou ce que l'on nommait autrefois infini) et donc alors le mouvement ne cessera jamais. Ce qui « est » de manière déterminée, peut bien terminer un jour, c'est même ce qui de par cette nature même (de « déterminé ») est déjà inscrit dans sa réalité.

Ici c'est la structure du mouvement qui est engagée. Et qui nous engage, de fait, quoi que l'on fasse ou pense. C'est déjà commencé.

L’idée principale est que le mouvement reviendra, revient, est revenu déjà sur la réalité et qu'il perfectionnera toujours plus sa potentialité.

Ce retour est la prérogative de ce qui est organisé. Ce qui n'est pas organisé tombe dans le monde donné. Et ce retour est toujours un re-tour, un nouveau tour ; afin que le réel soit plus grand que lui-même ou que l'infini crée encore plus d'infini.

 

On a vu que l'on pouvait, ou devait, comme l'on veut, définir dieu selon l'Intention, celle qui existe avant tout et qui n'est pas pris lui-même dans le monde, le donné, les réalités (il n'y a plus « la-réalité » qui formerait une unité cosmogonique, puisqu'il y a création et que celle-ci dépend non d'elle-même dans son ordre mais de l'intention première)

que la pensée, grecque, imposait l'intentionnalisation ; soit donc la capacité pour chacun d'advenir à nouveau à la réalité en activant, en lui-même, la sur-intentionnalisation ; celle qui s'ajoute au groupe, à la pensée et donc à la perception commune ; et que donc Platon a raison puisque sans la pensée on ne perçoit pas, c'est d'attacher des signes et des phrases et donc des systèmes aux perceptions que celle-ci apparaissent et se mémorisent (et donc se communiquent et de transmettent). Ce qui s'ajoute au groupe humain puisque chacun doit s'efforcer de créer en lui l’ordre de raison ; si on ne comprend pas ce que l'on dit, on ne pense pas. C'est un activisme.

Sauf que dans la pensée si vous agissez bel et bien, la catégorie « sujet » n'est pas retenue. Pour être retenue (cad mémorisée et qu'elle entre dans le bien commun, ce qui veut dire non seulement ce qui appartient à tous, mais aussi le bien qui vous appartient parce qu'il est nommé, assigné et que vous pouvez ainsi en disposer pour-vous-même) il fallait le christique (dont on ne préjuge pas qu'il existe ou non, mais dont on constate tel quel le Fait absolument majeur historiquement). Le christique qui par son Regard crée votre regard ; par son Intention il crée votre intention, il l'appelle. Jésus crée Jésus et Saint Paul crée le moi-même. Dépassant de cela le jugement qui devait vous élever et vous rendre méritant ; peine perdue, la loi vous enfonçait et vous désespérait mais aussi accumulait l'orgueil de votre imaginaire perfection.

Le christique non seulement remplace le jugement (juif et son ambition de perfection par sa propre force) par votre réelle intention (vous vous demandez alors ce que vous voulez vraiment, qu'elle est votre véritable intention et comment organiser celle-ci et pour quoi, vers et par quelles finalités, rendant possible une enquête sur les motivations et une exploration de toute votre finalisation) mais de plus vous révèle que cette intention ne tient pas toute seule et s'articule à plus grand qu'elle-même ; on en peut pas témoigner de soi, on dépend de la vérité ou de l'être ou de dieu ou d'un tel regard qui attire et étend infiniment votre possibilité (on ne peut pas, autrement dit, imaginer l'intention de dieu, il faut l'accueillir). Autrement dit par le dépassement du jugement vers l'intention et par la suspension de cette intention non à ce que vous pouvez mais à ce qui vous tient étant plus grand que vous-même, ce à quoi on assiste c'est à la naissance de la intensification des intentionnalités possibles et à leur interrogation sur la nature même du « je veux » qui écarte le « je peux » juif (être irréprochable et tenir mon être de moi seul) et le « je suis » (grec qui ne réclame que la connaissance) ; il ne s’agit plus de seulement vouloir ou de seulement comprendre, ni un mélange des deux, mais de ceci que l'intention et l'intentionnalité s'élabore dans et par sa propre et seule dimension ; c'est cela même qui fut créé en plus de la connaissance et de la volonté, de qui est grec et de ce qui est juif.

La connaissance ne peut pas faire le tour de l'intentionnalité et le vouloir ne peut pas décider de la structure, du structurel intentionnel … Donc l'arc de conscience existe séparément et si il existe séparément il est à l’origine et de la connaissance et du vouloir. Et c'est ce que montre, littéralement, Descartes ; que le je est à jamais en dehors et ce à partir de quoi le reste apparaît, tout le reste. Le je suis n'est pas la pensée et donc il existe une dimension bien plus proche de nous et elle est telle qu'elle ne sera pas préhensible par la pensée, la représentation, l’imagination et qu'elle déroulera, elle, sa « volonté ».

Après Descartes c'est encore ce qui est désigné par Kant ; la pensée n'est pas notre être, notre être est autrement et plus grand que la pensée.

Le délicat c'est précisément que l'arc de conscience n'est pas le conscient, n'est pas la raison, et ceci, faut-il préciser, non parce que l'arc est hors raison mais puisqu’il est plus grand, plus souple et empli du possible même et que rien dans le monde, le vécu ou le corps ne le contiendra jamais.

Ce que l'on nomme conversion. Les grecs se convertissent à la pensée, tout comme les chrétiens au christique ou après Descartes on devient des sujets (Descartes instaurant ici et maintenant la structure de sujet que créait en chacun le regard christique). Pareillement si l'on cesse de croire en la liberté et l'égalité, on retombe dans une société d'injustice (cad une société qui non seulement pratique l’injustice mais qui valide, théorise ou justifie l'injustice, pour quelque retorse raison que ce soit ; la nôtre par ex).

Et dit autrement la philosophie (ayant par ailleurs lancé le processus de connaissance, qui passera de l'objectivité potentielle des énoncés au calcul et mathématisations, mais la mise en forme objective est débord celle des idées, des notions, des concepts) ne se contente jamais de la connaissance, mais manie le se-savoir, non pas de « soi » mais de la structure ; il s'agit de prendre au piège la structure, de montrer comme elle se déplace (étant structure, rapport, mouvement) ;

 

Le réel est en réserve et c'est lui qui se veut (il existe comme articulation, c'est pour cela qu'il existe et non pas qu'il « est » et ce qui existe comme articulation est un rapport, le rapport dans et par lequel il est moyen de lui-même ; cad crée, selon une autre-causalité, une réalité, ce qui veut dire une détermination, une déterminité en nombre indéfini ou infini, peu importe). La forme (des réalités ou des contenus) est plus grande que ces contenus. De même que la philosophie se tire elle-même de l'inconséquence par la vérité, qui porte à conséquences (ce qui est seulement particulier s’écroule à plus ou moins brève échéance ; seul la réalité ayant acquis un certain ordre peut durer dans le temps).

Pareillement par le christique l'individu doit venir hors de lui-même ; il ne peut pas se disperser dans la suite indéfinie et incohérente ou immédiate des intentionnalisations ; toutes sont possibles, et tous les signes peuvent s'accoler à n'importe quoi et le moi le plus restreint s'élève structurellement et immédiatement au plus haut ; parce que la forme prévaut sur le contenu. Mais le plus haut doit réellement atteindre sa capacité ; positionner les réalités et l'altérité, et qu'il puisse subir, encaisser les contraintes, la dureté ou la difficulté.

Ceci toujours dans l’impératif de délimiter sinon définir le mouvement lui-même, en tant que tel.

Le mouvement de la pensée, grecque, de l'intention, de dieu, du sujet, christique et cartésien, ou du réel.

Le contenu organisé est ce qui s'est nommé « raison » ou pensée ; non pas seulement l’organisation de la pensée elle-même (en auto-référence, ce en quoi on se trompe lourdement de croire qu'il est possible d'ordonner les intentionnalisations dans un système lorsque ces intentionnalisations passent pour des « idées » au sens objectif)

mais il faut entendre conformité de notre regard à notre situation, conformité et reflet approchant de notre position, lorsque donc on positionne le réel comme « là » (dieu, l'être, le sujet ou le réel) ; il est de notre situation par exemple que nous soyons jetés dans l'existence, ou que dieu soit une exigence ou que le sujet puisse se décrire tel que selon le « là ».

Et donc le véritable système est la description de la structure telle que du réel elle nous vient ; ce à quoi s’attellent Descartes, Kant, Hegel (avec ses deux phénoménologies et son présupposé de la négativité brute), Husserl, Nietzsche et Heidegger (à leur manière, en grande partie imaginaire), Sartre et Lacan. Il existe, réellement, une adéquation, ce qui veut dire une lucidité et une rigueur et exigence dans la description même ; en quoi il ne s'agit plus seulement de réflexivité du discours sur lui-même (idéal ancien métaphysique, remis au goût du jour par Spinoza et Leibniz , postérieurement à Descartes, qui pourtant lance le double saut arrière qui désigne le réel comme « là » et pas ailleurs, pas dans la pensée)

mais réflexivité sur le réel tel que « là ».

C'est le « là » qui est agissant et fait l'objet d'une réflexivité, d'un retour et donc d'une observation quant à sa structure.

On aboutit ainsi à un énorme ensemble de descriptions de notre être tel que situé « là », en quoi cela ne doit pas nous étonné puisque c'est le nœud absolu, cad formel, du réel, du réel tel qu'il nous est perceptible, et œuvrant en tant qu’expérimentation tout à fait décisive, pour tout : valable en tout et pour tout. Notre « humanité », cette espèce vivante, a déjà touché le Bord du monde, de la réalité ; c'est venu instantanément, que l'on croit en dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet ou le réel, ou que l'on se borne à exposer ce qui, cela même qui s'est décrit comme tel ou tel

(que Jésus par exemple est une personne, réelle, soudainement inspiré et lucide, ou que les juifs ont de fait créé une nation selon et par un Intention, et non plus selon un état de fait, un monde supposé tel ou tel, égyptien par ex ; dire que les dieux ont créé le monde ça n'équivaut pas à avancer qu'un dieu unique et irreprésentable a créé le monde ; qu'il soit une Intention présuppose d'une part qu'il ne l'est pas, représentable comment pourrait-on la représenter ? Et d'autre part annonce qu'il faut continuer le dit monde … il n'est pas terminé, il attend notre intention, que l'on soit juif ou musulman ou chrétien).

 

On a touché le Bord de la réalité et ce Bord est déjà venu dans le champ de perception en faisant « signe ». Il fait-signe en ce qu'il faut arc-bouter sa propre conscience pour saisir l’articulation ; ça n'est pas une chose du monde ou une perception ; c'est une position dans le donné ; l'horizon est non pas que nous percevions cet horizon, mais que nous nous percevons nous-même à partir de cet horizon ; comme on se perçoit à partir de la mort par ex. cette distance interne (interne et non pas « intérieure », c'est parce qu'il existe une distance interne-externe qu'il est comme ceci ou comme cela une « intériorité » de chacun, le sujet est plus grand que le moi) est d'altérité pure et brute ; c'est une brutalité effarante pour un corps, vivant, que d'exister-autrement, d'un point-autre. Le christique est une réponse à cette division interne, ou la pensée-raison ou l'humanisme de la révolution, etc. de courber quelque peu la distance afin qu'elle soit supportable mais aussi qu'elle puisse continuer ses effets, ses conséquences les plus durables (les plus humaines particulièrement) dans ce monde, elle qui vient du Bord et se tient par le Bord (et rien d'autre, comme on va voir ; par la foi, au sens étendu et structurel, technique presque).

 

Puisque donc on valide, ici, le principe qu'il existe une structure antérieure à tout contenu, représentation, image, et même corps dans la mesure où un être humain superpose au corps donné là une autre-surface du corps, sur laquelle (et par laquelle) il produit des signes.

Contrairement à toute interprétation objective, notre être n'est pas une composition, de déterminations, mais une unité et comme telle vide. On a vu également que si l'on nomme cette structure « arc de conscience », « conscience » signifie « qui a rapport à soi » ; mais qui a rapport à soi comme rapport, dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non pas telle ou telle identité (lequel signifie que seul un rapport est libre et seule une liberté peut avancer dans le réel bien plus loin et recule le possible toujours plus loin, en bref explore ; ce qui dépend de soi peut prendre sur soi, s'attirer, se positionner plus avant).

Mais tout autant la structure n'est pas non plus une détermination qui relèverait d'une cohérence intérieure ; n'est pas non plus raison, pensée, système, universalité. Ce qui ne signifie pas que l'on puisse s'en passer ; c'est juste que cette cohérence intérieure n'est pas suffisante ; ce qui revient à dire que le système, toujours validé en son principe, doit s'étendre à l'observation ; l'observation telle que le réel la déroule et telle qu'on observe de visu, dans l'opération vivante, existante ; ce qui est Existant, pour nous, apparaît comme Vivant.

Il n'y a pas à choisir entre le vivant et la sainteté … autrement dit entre la noirceur et la juste conscience. La foi (quelle qu'elle soit, dieu, le décentrement universel, le christique ou le sujet, le réel) consiste à toujours tenir la forme (de toute réalité) plus grande que les contenus (toute détermination ou quel que soit votre vécu). Perdre la « foi » c'est s’abaisser, s'abîmer, se perdre dans les contenus, les images, les affects, les immédiatetés.

Il est fondamentalement une perversion entière qui croit saisir dans le monde, le vécu ou le corps, seraient-ils enluminés des mille feux de l'infinie diversité de la réalité ou animé d'idéal et d’imagination. La « foi » n'est pas de cet ordre du monde ou de la vie.

On a cru, un temps, qu'il fallait désirer les réalisations dans le monde. Et tout cela est très bien, qui puisse rendre l'existence plus humaine, mais insuffisant. C'était nécessaire pour s’investir en cette production totale de tout un monde humain et toutes ces personnalisations en nombre indéfini.

Mais c'est insuffisant. Parce que tout le déroulement bascule dans le règne de la facilité, ce piège mortel et pousse vers l'indéfini, l'indécision, le manque intentionnel (la dépression, la déperdition, la perte d'énergie, l’incapacité de sup-poser un ressort étrange qui s’effondre alors dans le bizarre), la répétition, le kitsch, le baroque.

Cette perte interne à la structure se juge précisément de ce qu'elle croit intérieurement. Or la foi est tout à fait autre ; elle consiste, se tient et se maintient d'une absolue extériorité. Elle n'est nullement une motivation... Elle naît non de saisir ou de se saisir elle-même (par auto conviction pour ainsi dire, plus ou moins crédible), mais d'être saisie. Le contraire du volontarisme. Pareillement on a dit déjà qu'il ne s'agit pas d'être « heureux » (mais qu'il vaut cent mieux ne pas survivre dans les nécessités toutes affreuses et que c'est afin d'éviter ces cruautés que l'on aurait du organiser l'humanité).

Remarquons bien que l'on n’insiste pas du tout sur la croyance ; on en prétend nullement installer la certitude de dieu, du christique, du sujet ou de l'universel bien (et de la vérité en elle-même). La foi n'est pas la certitude, du tout.

La différence est celle-ci ; les fortes têtes préfèrent se confier à des certitudes (qu'elles soient matérialistes, scientistes, rationalistes, religieuses, imaginaires, etc) qui ne s’avouent pas comme foi véritable et réelle et donc s'illusionnent eux-mêmes (en plaçant dans leur objet la densité supposée, rêvée, intentionnalisée), et ne se déclarant pas comme telle, selon la foi, ils retirent un peu ou beaucoup de l’exigence (qu'ils confient à l'objet de leurs soins, leur précieux à eux). Tandis que selon la foi, celle-ci garde et préserve le doute et donc les rigueurs les plus extrêmes possibles (ce qui ne veut pas dire que l'on n'y succombe pas à la facilité).

La foi est très exactement ce qui autorise les plus grandes variations ; étant entendu qu'il ne s’agit nullement de la confier à n’importe quoi et encore moins à n'importe qui... Mais de ceci qu’elle en s'adresse à rien qui soit au monde, on passe outre toute fascination ; Descartes est décédé depuis longtemps et finalement très difficile (comme toute philosophie, non sans raison profonde) et Jésus est, dit-il, parti, de lui-même (ou selon le Père), hors ici, il s'est éloigné hors maintenant ; on échappe alors à la confiscation de sa liberté (il n'est plus là comme partie du monde) et on réserve entièrement selon la foi.

C'est bien pour cela qu'il y eut de telles architectures argumentations (théologiques, dans tous les sens du terme) ; ce qui veut dire de distinctions, de différenciations : que la foi puisse s'étayer, s'élaborer, et vouloir dans toutes les capacités actualisables. Comme on ne peut pas situer l'objet (dans le monde qui prendrait telle ou telle imagerie ou fétiche) on remue ciel et terre. Ce qui peut et doit se lire soit comme croyance soit comme technique généralisée de soulèvement de tous les possibles. Parce qu'il y ait un christ (quel qu'il soit) veut dire qu'il y aura des romans, littéraires. Les effets d'une cause.

 

Et on peut également lire les esthétiques, éthiques, poétiques, récits et romans, et tout ce que l'on veut, comme les distinctivités requises appelées qui entendent attirer toutes les réalités, les vécus et les corps, les champs de perceptions, créant ceux-ci du même coup. Ce ne sont pas les contenus qui tiennent la logique réelle, mais l'intentionnalisation, comme processus.

 

Et d'autre part en engageant, selon la foi, la guerre fondamentale s’acquiert du même coup le doute lui-même (ça n'est pas pour rien que Descartes s’adapte selon le doute tout puissant) mais surtout l'intentionnalité s'ouvre par cela à de formidables régimes d'exigences, en nombre indéfini et qui varient, de telle sorte que ce qui est en jeu ça n'est plus tant l’objet (de foi ou pareillement de certitude) mais la qualification, l’augmentation ou l'intensification (grecque et christique), l'accélération ou la densité (cartésienne et suivants, et post révolutionnaire) qui en résultent, de cette intentionnalité (et non de la déportation vers quelque objet que ce soit). Autrement dit on comprend parfaitement que selon la foi c'est l'intentionnalisation elle-même qui est une (grande) partie de l'enjeu.

Ce que Kant comprend par le nouménal n'est rien que l'intuition d'une mise en forme potentiellement plus adaptée à cette structure (qui ne peut plus se penser, cad en fait s’imaginer, selon l'être et le métaphysique) ; ce qui ensuite sera mis en chantier et en œuvre par Husserl jusque Lacan, en passant par Sartre, etc.

Dès lors ce qui sera « mesurera » c'est le retentissement que telle manifestation produira ; le christique est, déjà, dit, la plus grand manifestation possible qui nous soit accessible (au point que quantité d'autres avanceront, certes, mais dans l’imitation préalable). Cela s'effectue toujours d'un sujet et on a reconnu que la structure absolue, formelle, autant qu'elle nous soit atteignable est celle dite structure-sujet, celle de la liberté qui seule rend possible le possible, cad qu'il y ait des réalités dans la forme absolue du réel ; seul ce qui ex-siste, librement donc, possède les ressources de la plus grande capacité, celle qui est plus grande qu'elle-même.

 

Si on ignore cette foi décisive, on est perdu.

Répétons. Il n'y a qu'une seule puissance réelle, tout le reste, tous les mondes, tous les vécus, tous les corps sont largués dans la dispersion indéfinie et néantisante. Ce qui se nomme ailleurs le diabolique, la déconstruction du possible, ce par quoi le possible s'annule et dès il n'est plus que le seul poids des choses et des êtres, donnés, déterminés, et ceux-ci s’effondrent, continuellement. Il n'existe, réellement, que la Possibilité (ce qui veut dire l’impossible selon le monde, puisqu'il s'agit de la forme de toutes réalités) et hors cette possibilité tout s'écroule continuement dans la néantisation ; rien dans le monde, ni aucune intention ne peut être sauvée. Si on oublie ce rapide mouvement hors de tout monde, de tout vécu, c'est que l'on tente de pendre appui sur la réalité ou la vie et que rien de tout cela n'est réellement ; on ne peut prendre appui que sur le mouvement lui-même, l'exister.

Accompagnant le présent qui se déroule (et qui déroule toutes les réalités) mais cependant arrimés selon la structure dont nous gardons une trace impérissable, nous sommes rendus au monde et à la vie, et impossible alors d’oublier l’illumination, la révélation ou comme vous appelez ce qui vous est arrivé, l'intuition soudaine de la structure se communiquant à elle-même ; étant rapport elle se-sait, sans se connaître puisque son savoir n'est pas de l'ordre de la connaissance ; c'est ainsi que la révélation ou illumination ou cruauté ou dépression, etc, n'est pas en elle-même « oubliable » ; elle creuse la structure intentionnelle telle quelle, puisque ce qui s'oppose à elle, le statut, la position qu'un réel il y a, qu'une Intention plus grande enveloppe ou appelle, attire ou avance vers l'intention de chacun, qu'il existe une distance kantienne entre l'apparescence de tout et le nouménal en dessous, que la liberté est plus grande que le conscient, limité, que l'on en a, que le corps porte déjà une autre-surface, en bref tout ceci est inoubliable ; au premier abord cela semble déstructurer la structure, enlever à toute l'intentionnalité tous ses contenus, par un seul, autre, magistral, infini, décalé, inhumain, totalement externe ou totalement interne ; c'est que l'intentionnel se croyait destiné à un contenu, dont il était présumément la fonction et donc il s’aperçoit qu'il est, lui, la porte, mais qui ignore sur quoi elle est, dorénavant, ouverte.

Le paysage est tout autre, et sans correspondance ; aussi demande-t-il une autre architecture que ce sont attachés à élaborer les méta structures, cad en somme celles qui essayèrent de prendre en charge le réel ; le réel dont il devint admis, de gré ou de force, qu'il était mouvement (et on l'a vu, sitôt que l'on admet le mouvement, et on ne peut pas faire autrement, il n'existe plus que le mouvement même, et donc l'infini, certes, mais l'infini qui crée l'infini).

Dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel définissent les paramètres que l'on a pu expérimenté ; il faut supposer qu'a priori il y en ait d'autres, puisque nous touchons là, nous avons déjà atteint la borne, le Bord de tout monde, de toutes réalités et donc il est indéfiniment ou infiniment existant, non épuisable, aussi ce que l'on nomme « sujet » ou « dieu » ou « réel » ce sont des approches, non pas fausses du tout mais approchantes.

Ceci ne dit absolument pas si quelque réel comme dieu, le sujet ou l'universel (nous ne percevons vraiment que des universalisations, diverses et souvent bien moins qu'approchantes, approximatives et toujours ou souvent annulées et dépassées, y compris en sciences), si toutes ces structures donc existent en elles-mêmes... ça reste et restera une foi, ce qui veut dire une décision (à vous de voir jusqu'où pourrait porter cette décision, cette possibilité). Ce qui compte, ici, c'est que c'est seulement à ce niveau-là, à ce degré qu'est instauré le réel, ici même et maintenant, mais non forcément plus loin et plus haut.

En somme on pousse jusqu’au bout ce qui était présupposé jusque là. Et non plus en terme de contenus (dont on sait bien au fond qu'ils ne supportent pas, physiquement pourrait-on dire, le poids existentiel) mais de structure, que l'on adapte précisément à sa conformité ; la description de l'exister tel quel. Or l'exister est mouvement, ou donc « vivant » ou vaut-il mieux dire « existant », articulation en laquelle on doit entrer et avancer (étant un rapport il peut devenir en et par son propre ressort). C'est dans le pli du pli que se crée les infinis potentiels (ce pour quoi existe un « exister », qu'existe une ou des réalités).

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Effacement et récupération du monde et du sujet

28 Décembre 2019, 09:57am

Publié par pascal doyelle

Humanisation puis individualisation

Tout généralement chacun des moi-mêmes, chacune des personnalités que nous sommes, de ces synthèses que chacun prend en charge en devenant lui-même, ces mois donc sont perdus dans leur propre unité supposée qui est uniquement imaginaire et qui ne tient que parce qu'elle continue de désirer.

Non pas « parce qu'elle désire » mais parce qu'elle admet le régime si spécial du désirable continuel et renouvelé, dont tout l'ensemble des représentations entretient la fonctionnalité et, sans laquelle force de désir, ces mois tombent en dépression. Et la structure de désir s'organise suffisamment difficilement pour se tarauder et tarabiscoter comme ci ou comme ça, selon des variations inventives mais aussi dangereuses ou éperdues ou folles ou paradoxalement déstructurantes ; ce qui devait faire office de moteur de toute personnalisation, se révèle, douloureusement, une incertitude extrêmement mordante et d'une impeccable cruauté inouïe.

Donc il est excessivement difficile de maintenir l'état de déséquilibre, et non d'équilibre, qui constitutivement élabore un « moi-même ».

 

En vérité rien que d'évaluer la quantité d'énergie, cad d’investissement, d'investissement psychique et physique, celle-là même du vivant effectivement réel, on ne s'étonnera que peu qu'il, le moi, ne perde pas son temps à se « remémorer » son Grand passé, sa longue historicité et ne s'attache qu'à organiser tout ce qu'il peut autant qu'il lui est possible … or pourtant c'est bien de récupérer, à son bénéfice, toute la longue procession de ses possibilités qui coure depuis deux mille ans, voire plus, qu'il se sauverait ou permettrait d »tendre indéfiniment ou même infiniment son registre, sa capacité attentionnelle, son intentionnalité, la considération de tout ce dont il est est capable, parce qu’autrefois il le fut.

C'est qu’une telle activité lui paraîtrait telle un remémoration, alors qu'en fait il s'agirait d'une réactivation, d'un activisme qui chercherait à intégrer encore plus loin tous les acquis de structure tout au long de l'historicité.

On a hérité, pour l'énoncer clairement, d'une structure d'ordre et bien au chaud en celle-ci on tente, vaille que vaille, d''en « profiter » un maximum, quitte à en égarer toutes les bases, tous les prolégomènes, toutes les antériorités. Uniquement acharnés à rendre réel la personnalisation et l’humanisation, et ceci même au point d'annuler la prédite humanisation et de ne s'obnubiler que du moi-même, inconsidérant toute autre formulation, négligeant toute la potentialité.

Bref nous nous sommes coupés du possible et nous voici cloués à telle ou telle destinée, qui, si régulièrement, nous paraissent subies et non pas voulues et décidées.

Aussi folies, diverses, et dépressions, plus ou moins conséquentes, et perversions et difficultés bizarres qui nous atteignent, doivent être considérées comme les effets seconds mais qui surgissent alors au premier plan, à l'avant scène et emplissent tout le champ, puisque le dit champ est structuré en et par un « désir » (ou des désirs, parce sitôt que l'on s'engage sur un tel principe de devenir, de venir soi, surgissent quantité de désirs concrets). Désir structuré ou déstructuré et à fondement imaginaire (autrement dit on imagine être heureux, ce qui pour le corps veut dire satisfait voire comblé, physiquement et quel que soit par ailleurs les enjeux de satisfaction, élevés ou très concrets, et que sitôt cet imaginaire flanche on saisit intuitivement, affectivement, émotionnellement que l'on est un corps coupé par le langage, découpé par l'intentionnalisation.

 

Ce qu'il faut comprendre c'est que l'imagination en tient pas toute seule mais est prise dans une systématique, une structure plus grande et tout à fait différente ; structure qui était articulée autrefois (par dieu, l'être, l'universel (ou l’État romain par ex, le droit), le christique et ensuite la chrétienté, puis par le sujet et la révolution, ce qui veut dire l'intentionnel individuel et universel, les deux, étant entendu que toute intentionnalisation est universelle au sens de mettre en signes et donc par ex transmissible, non seulement aux autres mais à-soi-même et atteignant par là une organisation, au lieu de se perdre dans l'immédiat, le moment ou le donné perçu).

 

Rappelons comment fonctionne l'intentionnalité ; un animal, un vivant, un corps perçoit son milieu, immédiatement donné là, mais nous, de notre arc de conscience, nous percevons l'horizon (et non le milieu) ; ce qui veut dire non pas que nous percevons l’horizon mais que nous nous percevons )à partir de l’horizon. Un animal ne se situe pas lui-même (ou ne sait pas qu'il va mourir), nous si. Donc nous sommes « Autre ».

ce mouvement de pure et brute, brutale altérité casse le corps du vivant, qui n'est plus « lui-même » et le moi pourtant pour assurer la continuité, va faire semblant de poursuivre la même spontanéité, la même immédiateté. Ce qui lui sera impossible mais il peut se figurer de manière plus ou moins organisée et complexe et élevée et intégrée que oui. Il rétablit une continuité à un niveau plus grand (par ex il sait qu'il est difficile de se comporter moralement, mais aussi que cette moralité, si elle n'accorde pas un bénéfice immédiat, si elle est coordonnée avec tous les autres, peut à terme moyen ou final énormément apporté au collectif et à chacun ; ce qui demande non seulement d'être pensé mais d’être admis dans le corps même, intégré, incorporé).

Or il se peut que l'on oublie toutes ces complexités et que l'on soit absorbé par le travail, déjà difficile, du moi-même qui n'admet que son seul champ et ses immédiatetés (qu'un monde industriel ordonne et contrôle ; tout l’ensemble de moyens sont utilisés afin de retirer aux mois leurs capacités internes et qu'ils soient dépendants de la mise en œuvre collectivisée des moyens de productions, comme en régime communiste en un sens, l'un selon les désirs individués, l'autre selon les besoins génériques).

Il ne faut évidemment pas se laisser prendre au piège du seul désir ; c'est une construction (et on vient de le dire de plus en plus collectivisée, même selon le libéralisme, qui distribue les factions de pouvoir au lieu que le communisme les centralisait). Mais la question est : qui construit ? Qu'est-ce qui construit cet édifice d’articulation qui n'est pas du tout évident en soi, qui est scindé, découpé, qui joue du langage et qui use du corps ?

 

Il est dit, ici, qu'il existe une structure réelle et activiste qui rend possible que si effectivement il est telle société humaine, tels échanges, tels corps vivants, tel langage, etc, tous ces moyens sont décuplés et attirés bien au-delà du simple donné et articulation est en elle-même tellement complexe qu'elle requiert une unité, une possibilité ; que notre humanisation puis notre personnalisation ne sont pas seulement des empilements. L'idée même qu'une telle auto-organisation soit seulement une composition est contradictoire ; sa souplesse ne s’atteindrait absolument pas si pour déplacer le moindre petit doigt il fallait constamment remodeler tout un ensemble, tout un pan de mémorisations. Il existe au contraire un pivot qui permet des modifications immédiates, voire instantanées pour chacun, individuellement. Que ces inventions, quotidiennes, soient ou non mémorisées collectivement est un autre problème ; et même on devrait avancer que les mémorisations qui seraient exclusivement collective très rapidement, voire structurellement, se perdent dans une construction hors sol, hors réalité.

Il est impératif que tous ces systèmes s'initient d'abord comme arc intentionnel, suffisamment souple et, donc, étant des rapports, toujours actif. Avoir conscience de, c'est un rapport ; le rapport qui intègre et désintègre des signes, des relations, etc.

Après tout dans tous les mondes humains particuliers (clos chacun sur soi) c'est ce qui est arrivé ; il fallut créer la structure vide formelle (dieu, l’universel et l'être, le christique et le sujet, la révolution et le réel tel quel) pour le collectif comme typologie, s'ouvre au donné tel que « là » (l'être des grecs ou l'intentionnel individuel christique).

Échanges, langage, représentation, groupe humain sont inventés par les mondes humains, mais leur potentialité se révèle ensuite dans l’articulation qui concentre l'attention, l’intentionnalité sous la forme des idées et des individualités ; qui ont accès, ces deux principes de structures, au donné tel que là, à organisation non pas mémorisée par un groupe mais intégré par des individualités ; qui se créent ainsi leur propre mémorisation réelle et forcément active, puisque ça ne tient que par l’intentionnalité, le rapport au réel, ce qui veut dire aux réalités diverses et multiples ou vécues et éprouvées deux caractéristiques grecque et christique, qui continuellement réclame une attention, un activisme de l’élaboration de champs de perception, intellectuels ou d'affects spécifiques et dénommés, désignés et créés par la pensée et le christique, expressément).

Ce surcroît, ce surcroît de complexité ne se décrète pas d'en haut mais doit être assumé par et pour chacun (soit comme pensée universelle, soit comme instance du vécu qui transforme la vie de chacun en Existence, placée sous le regard du un tout-seul, qui meurt seul et méprisé et abandonné et souffrant, qui assume et résume la Possibilité du sujet, étant bien compris que l'on se place là dans la structure et qu'elle produira quantité de sujets, de structures réelles et actives, étant non épuisable en elle-même, elle n'est pas de ce monde, de ce vécue t donc créera des réalisations humaines et individuées).

 

Et cependant les mois sont perdus ; ils ont oublié, annulé, effacé leurs anciennes compétences, leurs possibilités antérieures. On a délaissé la structure pour se concentrer sur les contenus (que seule la dite structure rend possible ; nous ne serions pas des mois sans le statut de citoyen ou sans les récits ou les éthiques, ou donc sans la pensée ou le christique).

On a récolté les fruits de toute l’historicité et nous n'avons imaginé que d'en « profiter », sans chercher à les redéployer selon une autre et une plus grande complexité que celle déjà acquise ; donc nous sommes tombés dans le monde donné là en espérant être heureux. Ce qui est louable mais ça n'est justement pas le bonheur qui est la finalité ; il faut que chacun réduise la souffrance ou les difficultés mais non pas que chacun se contente de cet « état » (remarquons que c'est tellement difficile que l'on a inventé des systèmes, économiques pour le dire, qui puissent se substituer à l'ancienne contrainte naturelle et nous maintenir dans un corsetage de nécessités, toutes artificielles, puisque nous disposions bien suffisamment de ressources pour échapper à l’impératif extérieur ; ce que nous n'avons pas acté, maintenant tout le monde dans la difficulté).

Les mois adviennent au bout de cette historicité, de cette histoire humaine et proposent dans l'humanisation générale et généralisée, laquelle est basée sur l'universel, sur l'humanisme, ils proposent ces mois une seconde version de humanisation ; que non seulement nous sommes universellement humains, mais qu'en plus nous sommes personnellement des mois. L'humanisation, la révolution qui devait inscrire la liberté et l'égalité dans le monde humain, dans le monde humanisé, qui a tenté de gérer universellement l’homme et ses besoins (le communisme) a été de la sorte dépassée du dedans par une plus grande humanisation encore ; la personnalisation. Dont on a déjà dit qu'elle constituait toutes les années soixante et suivantes (lorsque l'on se demande de quoi ces années furent le signe) ; la démocratisation en somme de la personnalisation. Dès lors plus de « masses », populaires, prolétaires, révolutionnaires, humanistes, mais des individus.

 

Et chacun enfermé dans son propre piège. Dans l'ensevelissement de déterminations de toute sorte et ayant à maîtriser, contrôler la soif de déterminations, ayant à charge de tenir non pas les contenus de réalités mais la forme réelle de ces réalités.

Or ceci exige une éthique, et une éthique non du comportent mais de la structure même du regard, de la contenance de la perception elle-même.

C'est en cela qu'il faut rejoindre la conversion ; le décentrement universel grec ou la conversion individuelle christique ou la suspension cartésienne de tout, ou l’exigence monothéiste de dieu, ou l'évidence que l'exister tel que « là », cad l'évidence du réel pur et brut.

On comprend bien que l'intégration dans les structures (dieu, être et unievrsel, christique et sujet, révolution et réel brut) ça n'est pas une simple affaire de sujet abstrait et dégagé, soit donc le sujet (absenté) de la raison, de la science, ni celui bien au chaud du moi-même qui se plonge dans des œuvres et des comportements, des désirs et des objets, mais qui ne bouge pas d'un iota ontologique.

 

Lorsqu'il s'émeut ontologiquement c'est par le bas ; puisque ne possédant pas les moyens structurels de (se) comprendre (de se prendre dans, un plus grand que lui-même). Et donc ontologiquement il subit l'angoisse ou les affects néfastes, les immersions étouffantes (obsessions, perversions, névroses et psychoses et dépressions). Lorsqu'il croit qu'il est le moi qu'il est (alors qu'il est un sujet qui relève de l'exister et non de l'être, de la liberté et non du bonheur). Ou lorsqu'il ne sait plus être, exposer un tel moi (de désirs et d'images et d'objets) et s'effondre du dedans ; d'un dedans pour lequel il ne dispose pas du tout des outils pour s'en sortir ; il traitera ces « problèmes » par de la pharmacie ou de la psychologie (ce qui est légitime, évidemment). Il analysera ces difficultés d'un point objectif (ou subjectif, c'est le même) mais non pas en saisissant qu'il doit lui-même se positionner et se percevoir d'en haut, de plus loin. Que non pas il perçoit le Bord du monde et du vécu et du corps, mais bien qu'il (se) perçoit à partir du Bord...

Dans la conscience, cet arc, est intégrée l'hyper-objectivité (qui rend possible, entre autres, objectivités diverses et subjectivités en nombre indéfini et tous les champs de perceptions découverts depuis l'origine méditerranéenne de la ré-anthropologisation, celle de l’acculturation qui passe outre, au-delà des mondes seulement culturels, au dessus du langage et des échanges et des représentations et des groupes humains dans leur monde parlé et agi tels quels).

 

 

Et cet enfermement est aussi une réalisation (on l'a déjà dit), positive.

Parce que la personnalisation, qui semble si « naturelle » permet d'installer une bien plus grande complexité, valant non pour elle-même mais pour les possibilités qu'elle autorise.

Or à se manœuvrer comme une bête brute le moi ne recherche jamais vraiment son historicité, l’ensemble de toutes ses possibilités de structures actives et bruyantes ontologiquement ; il patine.

 

Prenons par un autre bout.

Et donc si l'on veut éviter la contradiction (selon laquelle, fort communément admise sans sourciller, toutes les philosophies sont des erreurs ou des illusions), il reste très simplement ceci ; toutes les philosophies, tous les systèmes, toutes les religions et toutes les mystiques sont vraies.

L'erreur qui consiste à constater les « contradictions » ou les divergences, de tous les systèmes entre eux, a déjà choisi, élu ce principe bizarre qui voudrait que l'on pourrait ou devrait contempler la vérité telle que toute figée et toute achevée ; comme un objet, un gros objet, une chose morte. Ce qui est absurde.

C'est la même pensée qui ne parvient pas du tout à concevoir la liberté ou la création ; si il y a un vrai ou un bien ou un beau, il suffirait de produire la conformité et voila tout. Si cependant il est possible de créer et de créer le bien, le beau et le vrai, c'est que précisément la vérité de ce qui est n'est pas l'être mais l'existence et cela désigne un champ ample et situé au-devant qui appelle le Possible lui-même.

Peut-on créer le bien ? Évidemment que oui puisqu’antérieurement à telle règle énoncée on n'en avait pas idée du tout et que postérieurement cette même règle devient si évidente que ce sera pas elle que l'on jugera du reste. Parce que l'on peut admettre que le Bien en général soit une conformité, mais si le Bien consiste à proposer que chacun soit à lui-même son repère propre, son repérage, sa liberté, comment entrer cette singularité, ces singularités dans l'universel ? Sinon d'étendre ce que l'on nomme universel au structurel …

Et si l'on doit inventer « ce qui sera » cela amoindrira-t-il la valeur de cette création ?
Non si l'on considère que le but, la finalité est précisément de créer des règles telles que toujours le possible se tienne en réserve et soit encore, ensuite, encore plus possible. Ce qui se constate si on instaure la liberté comme règle mais aussi l'égalité comme possibilité de cette liberté (et non l’égalité à la manière communiste qui voudrait imposer l'universel, comme si la liberté précisément n'existait pas et n’était le fondement de toute complexité, réelle, et non pas abstraite ou idéelle ; le communisme a disparu de ce qu'il lui était impossible d’admettre la réalité et les libertés dans sa simplification universelle, ancienne mode, métaphysique, ou si l'on veut scientiste ; le scientisme est une proposition « métaphysique » qui croit seulement en la connaissance et non au savoir, au se-savoir inauguré par Descartes).

Ainsi on invente la science et ensuite quantité de sciences seront possibles ; étant entendu que la première science est celle, grecque, de la pensée, qui organise objectivement le raisonnement et use de toutes les intentionnalisations possibles de telle sorte que l'on soit en mesure de tenir et non pas de se perdre dans l'universalité de ce qui est énoncé et perçu (à la fois). En ce sens la pensée est une aide absolument formelle à la perception (de ce dont auparavant nous n'avions pas du tout connaissance, entendons conscience, et que seules les idées font apparaître, aussi sont-elles divines, au sens grec).

Autrement dit le Bien qui n'est plus la conformité à un ensemble de règles éternelles, mais l'invention à l'usage de chacun et de tous (de telle sorte que chacun entre en une supposée a priori possession de lui-même et que tous se rapportent à une commune organisation, à une coordination, ce que l'on nomme idéalement la démocratie, étant défini que la démocratie est celle non de la seule liberté, anglo-saxonne, mais de la liberté-égalité, française, qui seule entre dialectiquement en mesure de se réguler et de se conférer des finalités internes, de sorte que la complexité ne se réduise plus à un simple jeu de rivalités libres, mais s'auto-organise les uns les autres).

Pareillement il fallait mettre en place l'autonomie de chacun ; ce qui débuta par le christique ; qui vous plaçant sous son regard (qui vous laisse là à la surface du monde, mais en ajoutant « je suis parmi vous », dans la liberté et l'égalité de tous et de chacun) sous son regard il vous crée libre et un à chaque fois. Historiquement c'est ce à quoi cela a abouti. Ensuite que les institutions humaines aient quelque peu déliré c'est très communément ce qui arrive.

 

Tout cela réclame une énorme élévation générale et individuelle et collective ; ça ne se crée pas sans explorer quantité de possibilités et ouvrir quantité de champs de perception. Il faut qu'il existe un champ de perception qui rende possible par ex l’individualité et le regard du christ est cette ouverture. Qui ensuite sera brodée et étendue et créée en récits divers et variés. Ceci se nomme comme on a dit, l'acculturation généralisée (et individuée).

On n'impose pas la démocratie du jour au lendemain ; il faut que chacun soit averti de son individualité et de celle des autres, et que le collectif soit en capacité de suffisamment se coordonner et que la généralité offre les repères, les repérages, intentionnels, la cartographie assez réaliste. Accessible plus ou moins et selon divers degrés à chacun et à tous. Que ce soit par le christique, les récits, romans, poétiques, esthétiques, politiques, éthiques, images ou fait historiques (1789,1848,1871, ou alors l’événement « christ », etc). De même il arrivera, toujours et à chacun, un « fait » étrange dans sa propre vie qui transformera cette vie (du vivant parcouru par le langage, autrui, etc) en Existence (on y reviendra, un jour).

 

On a donc avancé que déjà « cela » nous est arrivé ; le réel, pur et brut, s'est déjà introduit dans l’histoire humaine ; sortant de tout monde particulier (qui se refermait sur le groupe humain faisant fonction de validité de cette vérité là, de véridicité, incommunicable à quiconque n'est pas né dans ce monde humain donné), on déboule dans le monde donné là (les grecs) et selon ce corps (que l'on est, le christique).

On peut essayer de retrouver une sorte de communauté … mais c'est peine perdue parce que c'est « déjà arrivé ». On est déjà Autre. Selon l’altérité du grand possible qui anime tout ce qui est, partout (au point qu'il est impossible de définir ou s'imaginer une « réalité » qui ne soit pas de l'ordre de la Possibilité, ce qui implique de l’altérité ; le réel est d'une brutalité effarante, son possible, sa possibilité est la subtilité de plus en plus différenciée, la distinction.

Bien sur le moi tend à échapper le plus loin possible du regard Autre... Il aimerait se tenir au chaud. Et l’altérité c'est aussi bien l'existence, la « vie », autrui, l’histoire, le collectif mais aussi dieu ou le christique ou l'universel ou la vérité. Autrement dit soit l'existence soit l’exigence. Le moi ne sait plus du tout par où s'enfuir. On ne s'étonnera donc pas qu'il en devienne fou ou névrosé ou dépressif. C'est normal.

C'est normal parce que ce à quoi on se mesure c'est à la potentialité intégrale de tout. Tout le possible. Et ce que l'on doit acté, décidé, créé c'est la Possibilité du réel lui-même. Non pas continuer la réalité, dans des sortes de compostions diverses et variées (on nomme cela ici les mondes humains ou les mois) mais décider et créer la structure même dite Réel. Ce qui est en jeu dans le réel c'est le réel, ou donc le Possible.

C'est en ce sens que nous sommes déjà passés de l'autre côté ; non plus dans une des mises en forme culturelles (qui inventent le langage, la représentation, les mondes humains, et tentent de gérer le donné du vivant parlant et échangeant et interprétant le monde et sa propre vie comme contenu), mais passés dans l’acculturation ; par laquelle au lieu de recevoir une forme de monde, on se doit de s'efforcer. De se soumettre à l’exigence. Dieu est prioritairement l’exigence (l’altérité formelle et non plus seulement celle « brutale » de la survie ou de la vie parlée dans un monde humain particulier), le christique est la reprise délivrée en quoi consiste l'intégration de l’exigence ; il ne s’agit plus d'accepter la loi mais de la vouloir, ce qui veut dire de la créer (liberté et égalité).

On n'y comprend donc rien si l'on croit qu'il suffit de s'y décider abstraitement ; il faut intégrer, intégrer le corps, de chacun et de tous, dans la même coordination (ce que le christianisme nomme l'esprit-saint, la communauté des croyants, mais qui ne suffisait pas en tant que tel ; il fallait que cela devienne réellement un État et son principe et ses lois, et que chacun comprenne, intellectuellement et tout autant sinon plus selon ses Affects...

Les affects et les affectivités sont fondamentaux ; c'est bien pour cela que le christique s’instancie selon une modulation d'affects tout à fait surprenants (et que le monde ou organisation antique ne comprenaient pas du tout, qui divinisait César par ex, et non pas le plus méprisé et le plus petit d'entre tous, et pas en tant que fondations affectées du vivant humain parlant et décidant, se convertissant). Si l'universel d'une part et l'individuelle intention d'autre part ne s'inscrivent pas dans et par un corps, rien n'est possible. Qu'il y ait une passion de l’individuel peut à peu près sembler compréhensible, mais l'universel a nourri également toute révolution et pour des millions de personnes (sans parler des éthiques, esthétiques, poétiques, etc).

Le lien, le rapport interne entre individuel et universel peut paraître artificiel mais c'est que l'on a oublié leur intégrité absolue ; on les imagine selon l'affect du moi, cad la liberté subjective (anglo-saxonne, qui doit par contre intégré ce rapport comme « moralité », la moralité made US, si l'on veut, enfin auparavant parce que depuis les années soixante ce serait plutôt la désintégration, la transgression généralisée, comme summum de la structure de liberté, prétendument, parce que c'est évidemment une perte aberrante de l'horizon, une localisation mortelle, un effondrement interne de la structure de la liberté elle-même. Pourquoi ? Pourquoi également l’universel est-il intégralement lié à l’individuel ?

Parce que la forme réelle de l'individuel est l'intentionnel et ce qui est intentionnel est rapport, et le plus grand rapport possible est celui de universalité de ses propositions ; on a dit déjà que la structure est antérieure au divorce subjectif-objectif ; elle est précisément « ce qui est capable de l'un et de l'autre », ce qui rend possible et l'un et l'autre (et tout le reste). De même l'universalité est dite universalisation ; un processus et un procédé et non pas un état ou un corpus ; il est bien un corpus mais en tant qu'on le porte plus loin, en tant que l'on redéfinit sans cesse le Bien, le vrai, le beau. Et que par tout cela la réalité, le vivant, le corps, les échanges, les réalités sont soulevées, élevées ; entrant dans un champ renouvelé (le christique ou la pensée sont des champs de perception en constante évolution, approfondissement, incorporation, perception au sens total).

Aussi il n'est aucunement question d’opposer l’universel grec et l'individuel christique ; c'est bien pour cela que ce dernier reprend intégralement la pensée grecque.

Si un sujet considère sa substance selon ce corps donné et son immédiateté, il s’enfonce dans la détermination et ne parvient plus à la maîtriser, à la transmettre, à la communiquer ; tout s'efface dans et par des images et non plus des idées, qui seules instancient, instruisent, in-forment le corps. Le basculement images/idées possède son inverse le basculement, la perte idées/images, lorsque les images et le miroitement du monde ou du vécu ou du corps deviennent la finalisation.

Contrairement à ce qui peut sembler ça n'est pas en percevant mais dans l’élaboration intentionnelle que l'on perçoit plus et plus loin (individuellement) et de manière coordonnée (collectivement).

On ne collectionne pas les idées, de Descartes par ex, comme un entomologiste de choses mortes, mais en renouant l'intention cartésienne, celle-là même qu'il décidait du dedans mais qu'il méconnaissait tout autant ; et on lira Descartes avec Kant et Husserl, Sartre et Lacan.

Tout est affecté de relecture parce que la substance même est le mouvement, l'intentionnalisation et l'exploration du possible (à partir de là, du « là », où l'on est, en lequel on existe, puisqu'aussi bien ce qui seul existe est le présent et que l'on ne quitte jamais le lieu même de l'existence, de l'exis-stance, la « stanciation » si l’on veut, là où tout apparaît c'est toujours le même Ici, le même Instant).

C'est le réel absolu, ce qui veut dire formel, qui a déjà commencé et qui est à vrai dire venu tout entièrement à chaque fois ; l'être est, le non être n'est pas ; dieu ou le christique ; le sujet ou le réel, tout cela arrive soudainement point par point et pourtant en une fois, dressant la verticale qui contient toutes les horizontalités ; à chaque fois la page se tourne et se réécrit.

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Signification de ce qui existe

21 Décembre 2019, 18:06pm

Publié par pascal doyelle

L'activisme infini (tout ceci n'est qu'une approche, comme dit)

À la question ; où cela commence-t-il ?

La réponse est donc : antérieurement à tout ce qui est. Parce que c'est là que nous existons.

Ou plus sobrement et plus immédiatement ; nous existons sur le Bord, parce que c'est de là que nous percevons, bien que jamais le Bord ne rentre dans le monde, dans la vision (on ne perçoit jamais qu'une représentation héritée du monde en remplacement de la position de Bord ; le moi par ex est une représentation mais non pas l'arc de conscience lui-même ; pareillement le présent n'est jamais visible mais ce en quoi c'est visible, tout ; ou encore on organise le donné en fonction de ce que l'on prévoit, on n'existe qu'en avant, l'en-avant est le Bord de tout ce que nous réalisons, décidons, représentons).

C'est de là que nous percevons ; on perçoit qu'il y a, là, un monde, notre vécu ou notre corps, posés au-devant, et donc autres. Nous nous n'y serons de la sorte jamais;il n'y a pas d'être pour nous, mais beaucoup, beaucoup mieux.

C'est ce en quoi consiste le possible du réel, le réel comme Possibilité. Et nos dispositions (par exemple ces prédispositions qui se situent avant le monde humain, et qui furent désignées comme révolution, liberté, égalité et fraternité) se dressent comme conditions de possibilité de La Possibilité. De même le christique ou l'universel ou le sujet (cartésien, kantien, hégélien, etc).

Toute notre charge, notre réalisation dans le monde, aboutissent à instancier (prédisposer) le monde afin que chaque arc parvienne à l'acte de conscience qu'il ex-siste. De la sorte les mass et micro médiatisations devaient s'organiser comme mass et micro médiations ­ ce par quoi, les images, les récits, les affects, etc rendent possible la médiation de « soi » à (soi). Ce qui fut accompli en partie mais l'énorme autre quantité d'images et de récits enfoncèrent au contraire chacun dans un marécage, un marécage d’imbécillités, littéralement d'idioties, de répétitions diaboliques en tant que le démoniaque (si l'on veut) est la dispersion, la fragmentation, la non coordination (de soi et des uns aux autres ; lorsque l'image prend le pas sur le miroir et absorbe, mange le miroir, de telle manière qu'à terme et le miroir et les images disparaissent).

On a vu que les choses apparaissent, nous apparaissent via la mise en intentionnalité ; on a une intention, signifiée par un signe, et ce signe permet que soient visibles telle ou telle réalité ; jusqu'à ce que l'on comprenne que les signes n'étaient pas là donnés dans le monde (comme le saisissaient les mondes particuliers qui collaient le langage au monde, à tel ou tel monde, maya, égyptien, etc) mais que nous produisons les dits signes ; ça se nomme « pensée » et « grec » ; les grecs comprennent que l'on fabrique les signes et donc ils créent les idées (en plus du langage commun du groupe) et ouvrent ainsi la perception au-delà du cercle commun. Pareillement il est possible non plus de recevoir son identité (homme, femme, libre, esclave, riche pauvre, crétois ou juif, romain ou gaulois) mais de prendre sur soi-même cette identité.

Cette structure intentionnelle ne dépend pas de ses contenus ; comme on a pu le croire en cherchant le « contenu absolu » ; et donc il faut porter l'attention non pas aux contenus (seraient-ils de raison ou du verbe ou de science) mais sur l'intentionnalité elle-même ; ce qui commencent Descartes, Kant et Hegel, puis Husserl, Sartre et Lacan (à sa manière). Dans le même processus que précédemment (par lequel on prend conscience que l'on produit des signes qui permettent de percevoir ; sans Platon on ignorerait que par des « idées » on augmente la perception, hors du groupe et relevant de notre propre expérience individuée, et non du commun)

dans ce même processus donc il faut encore plus remonter antérieurement aux contenus (même créés ici et maintenant) et parvenir à la structure qui crée des signes, des intentions, des intentionnalités.

De sorte que puisque nous nous sommes extrait, absout des contenus, nous nous tenons sur le Bord (qui produit des contenus et qui perçoit et qui fait-apparaître les réalités sous les signes ; des signes sont requis pour séparer les perceptions et les sup-poser sur l'horizon). Lorsque les grecs indiquent que l'on a atteint le réel (sous la formulation de l'être est) ou lorsque le christique nous annonce que l'on est selon le chemin, la vérité et la vie, c'est réellement et effectivement ce qui se passe. Nous sommes stationnés sur le Bord. Le Bord du monde, le Bord de toute réalité, le réel.

Ça nous est arrivé. C'est déjà là.

Mais cela devait s'actualiser. Ça ne peut pas se passer de la foi et de la conversion (au christ ou à la pensée universelle ou au sujet ou au réel) parce que « ça » n'existe que dans le faisceau de conscience ; dans la décision.

Ça ne peut pas sans nous. Parce que le réel est parfait lorsqu'il est décidé. Sans une décision le réel n'est pas. Ne peut pas se rendre réel. Et par la décision parce que c'est seulement là que le Possible existe. Ce qui peut sembler absurde ; le réel, cad l'essentiel des essentiels, dépend de notre décision, mais c'est sa propre décision.

C'est parce que décidé, intentionnalisé qu'il ex-siste. Obtient la souplesse absolue, formelle, qui seule lui rend sa plus grande capacité.

Ça ne veut pas dire qu'il n'existe que de notre fait … Il se cherche, s'est cherché et se cherchera cent mille fois au travers de cette galaxie ou d’autres. Une réalité est faite pour qu'en son sein ex-siste la liberté et qu'elle se décide pour la forme même du réel et non pas pour telle ou telle réalité partielle.

Aussi est-il, également, l'universel ; celui de la pensée. L'universel ne siège que par la liberté qui exclusivement est capable de.

Autrement dit l'indéterminé est l’universel ; cela qui entre en rapport. L'universel n'est pas figé, l'universel est vivant ou ce que l'on nomme ici l'Existant. Le sujet. Le sujet comme structure, capable de porter et le subjectif et l'objectif, parce qu'il est l'articulation et que ça n'est pas quelque chose, de préalable, qui est, ensuite, articulé, mais qu'il y ait articulation produit tous les quelques choses.

Or et c'est peut-être le plus fondamental quant au sens, ça ne revient pas du tout à positionner les déterminations d'un côté, cad le mal, le négatif, la limitation, et de l'autre la possibilité magistrale et la sur-réalisation. Parce que la détermination même est déjà et toujours de la distinction. Il n'existe, à proprement parler, que la distinctivité et il y a une réalité, un devenir de plus en plus ample et de plus en plus précis, de cette distinctivité.

Autrement dit on n'existe pas, là, dans le monde, décrit comme multiple et livré à la négation (qui est en vérité distinction)
afin de récupérer le Un, pour le dire abstraitement (ou dieu ou le sujet ou le réel)
mais afin que le réel, déjà posé depuis toujours, et déjà toujours infiniment positif,
s'acquiert encore-plus.

C'est le « encore-plus » qui compte.

Jusqu'où le encore-plus peut-il jouer ? Jusqu’où le encore-plus est-il possible ? Jusqu'où le Bien peut avancer ? Jusqu'où la possibilité peut-elle agrandir la Possibilité ?

La fondation du réel est déjà intégralement et n'est que positive (il ne peut en aucune manière être supposé une négativité) c'est juste que la question se pose d'une toujours plus grande positivité ; la question est donc de savoir jusqu'où cette positivité peut exister, et ceci ne peut s’acquérir qu'en explorant la possibilité elle-même.

C'est pour cette raison que l'on est constamment non pas « en danger » mais en capacité de. Et c'est pour cela que le réel est dit structure-sujet ; seul un sujet (aussi gigantesque à l'arrivée soit-il supposable) peut réenregistrer, intégralement, la réalité selon la Possibilité.

Répétons-le : le réel ne s’éteint pas, donc le réel revient incessamment sur lui-même et influe directement en et par lui-même en se dressant afin d'avancer toujours plus loin dans la Possibilité même. Le réel est plus grand que lui-même. Il y a des infinis (le néant, l'être, l'exister, la détermination, le sujet, l'arc de conscience, etc) afin qu'il y ait encore plus d'infinis.

Si le réel ne sert pas à créer des infinis, à quoi sert-il ? À s’effondrer dans le néant, la dispersion, la disparition, l’effacement intégral de tout ?

Il n'y a, à vrai dire, pas d'autre choix.

Si cela avance, et cela avance par le présent, c'est que cela avance quelque part.

Remarquons que cela ne consiste pas du tout, plus du tout, à considérer que la réalité est un résultat (qu'il faudrait expliquer selon une causalité qui justifierait ce « là ») mais qu'elle est un devenir. Non pas un être, mais un mouvement. Alors que vraisemblablement il faut se tenir du présent et considéré qu'il tient tout le reste, qu'il déroule et qu'il attire toutes les réalités.

Il est clair que la caractéristique monolithique de l'être (comme idée principe fixé idéalement) ne supporte pas la vivacité ou la multiplicité du réel, ni ne cadre avec la subtilité des signes qui marquent, repèrent l'intentionnalité d'un arc de conscience (extrêmement léger et malléable et délié) ; l'objectivité (cad la position d'une chose pensée extérieure et roide) ne peut pas tenir l'architecture fragile de l'arc, qui ne cesse de tisser ; son activité est un activisme et paraît même ne tenir qu'à cette continuelle prise et reprise de ses broderies. C'est un activisme qui déploie sa trame et non pas une activité qui produirait un « objet » plus grand que lui ; cette caractéristique est même tout à fait incompréhensible ; comme si la conscience venait de la pensée ; comme si la conscience était celle de la pensée prenant conscience de soi … ça n'a aucun sens.

Le fait, non seulement majeur mais absolu et formel, est que posant l'acte de conscience tout se rapport à cet acte et non l'inverse, quelque inverse que ce soit. Parce que pareillement le moi, que l'on est, cette identité, sa conscience, la conscience de ce moi n'est pas celle-de (Pierre, Catherine, Jacques), et donc c'est l'inverse ; Jacques, Catherine ou Pierre sont des bricolages autour et par un arc de conscience à chaque fois un et unique ; et tous parfaitement identiques mais formellement, formellement veut dire ; qui sont capables chacun de créer des choix, non pas de choisir mais de créer des choix ; de même on ne se conforme pas au Bien qui existerait de toute éternité, mais on crée les possibilités du Bien.

C'est ce que recherche Sartre en analysant les paramétrages conséquents des individualisants (Baudelaire, Mallarmé, Flaubert, et chacune des individualités des récits). Là où accroche ou décroche la conscience individuelle hors ou au sein de son « identité » (de sa situation mondaine, historique, sociale, etc) ; comment un je crée-t-il son Existence à partir des « matériaux » dont il a hérité ou qu'il reçoit dans son identité de base, de départ ?

Or cela n'indique pas une super identité (un super moi qui serait ignoré momentanément), puisque l'on a dit que le moi est un bricolage qui évidemment tend dans son activité immédiate se conforté lui-même, boucher les trous dans son histoire, faire comme si, faire semblant, se justifier par des tours de passe passe. L'arc de conscience dans un moi est le début de son propre registre ; il peut s'accorer soudainement à l’esthétique ou la révolution ou la pensée, à une éthique ou sombrer dans une indistinction, un mélange, une confusion ; la conscience de soi s'actualise lorsque l'on sait que l'on n'est pas le centre du monde, le centre de ses propres perceptions, et que donc on se perçoit du dehors, du lointain, de l’horizon ; un animal se tient dans son milieu et ne perçoit pas l'horizon, mais nous non pas que nous percevions seulement l’horizon, nous nous percevons, nous-même, à partir de l’horizon, à partir du Bord.

Dieu nous perçoit, la vérité nous perçoit et nous nous percevons à partir de ces intentions majeures, formelles, structurelles. Sitôt que nous abandonnons ce point de Vue, nous commençons de nous effondrer. Et psychologiquement cela implique que le moi soudainement est-perçu ; il est d’abord perçu par un autre, par autrui, et si il peut se « concentre » suffisamment il remplacera cet autrui par l'Autre, et ce plus ou moins ; cad jamais intégralement, ça n'est pas possible ; on ne peut pas être « vrai » ou « authentiquement », cela doit rester la possibilité même, celle qui réoriente constamment la réalité, les réalités, les vécus, les corps, par le réel et l’exigence, en somme c'est l'exigence.

Et donc il faut recevoir l'ensemble des explorations et suivre leurs lignes, à partir de ce qu'elles promettent, tout en sachant que les promesses tenues ou non ce sont celles qui rendent possible non pas telle ou telle station du monde ou du vécu ou de la perception (pour une œuvre esthétique apr ex), ce sont celles qui rendent possible le possible ; et ce sont des explorations prospectives, créées au-devant, qui ne tiennent que de ce qu'elles supposent et leur supposition respective est leur élaboration ; les arcs se positionnent vers l'avant ; le christique, le sujet cartésien (ou kantien ou hégélien), Kierkegaard ou Nietzsche, ou Lacan avancent et créent la possibilité même ; tout comme les œuvres et évidemment les éthiques, politiques, etc.

ça n'est pas parce que Platon ou Descartes s'imposent pour nous comme « classiques » et apparemment intégrés, voire digérés, prétendument, qu'ils le sont ; ce à quoi ils font appel est de structure, et ainsi non épuisable ; ils creusent le même sillon et s'additionnent les uns par les autres. Et évidemment le même revient à chaque fois différemment ; il est en attente des prochaines interprétations qui valent le prix du chemin lui-même, du possible ; et par chemin il ne faut pas seulement comprendre une possibilité parmi d’autres (des variations) mais la possibilité même en tant qu'elle s'éclaire et se repère ; chaque signe (christique, cartésien, nietzschéen, etc) cartographie et dresse le plan du possible, cad du présent et valent non seulement objectivement (les objectivités sont des effets, le droit par ex est effet tout comme les sciences ou les vécus, les affects eux-mêmes, l'amour ou l'angoisse dénotent toujours des kaléidoscopes distincts selon les époques).

Ce que l'on nome interprétation n'est pas à entendre comme « subjectif » ou même au sens nietzschéen (et suivants), mais comme approches du Même. Le Même étant le Bord, qui n’apparaît pas dans le monde, le vécu ou le corps, rassemble les possibilités de son unité ; unité qui n'étant pas fixe, et close, jamais, cette unité étant mouvement, ne fige pas, ne gèle pas le temps et la diversité, la pluralité ; il y a unité, non objectivable, mais parce que sur-objective ; l'unité source, peut-être, ne repasse jamais sur le même chemin ; chaque ajout modifie et réécrit l'unité, ce qui veut dire réécrit le possible lui-même ; parce que c'est cela m^me qui est en jeu ; non pas ce qui se réalise mais la capacité pure et brute de réagencement ; il s'agit d’augmenter le possible lui-même afin qu'il soit, en tant que possible, toujours plus grand, toujours plus parfait, si l'on veut, et le sens de cette perfection, assez effarante, est précisément le mystère très-exact, pour ainsi dire, qu'il faut développer et aller chercher de par non pas une objectivisation croissante mais de par une décision de plus en plus pointue, qui étend son registre et sa carte ; c'est la carte même du réel qui se produit.

C'est qu'il faut comprendre par dieu, l'universel, le sujet ou le réel ; le réel en tant que depuis Descartes la structure vient encore plus au-devant et que ce faisant les réalités, le monde humain lui-même, les sciences qui décrient les différents donnés, le psychique lui-même, avec les psychologies ou les cognitivismes, entre autres, ou que l'on affiche quantité de musées qui exposent tous les mondes humains, ou la densité de cette historicité des esthétiques et des récits : tous ces matériaux connaissent leur apogée et leur complet déploiement, nous jetant à partir de la position de sujet vers les réalités dans leur complexité et leur altérité manifestes, de même que la matérialisation est la matérialisation des intentions, de toutes les intentionnalités humaines et individuelles, et non un « matérialisme » simplement, la monde humain et individualisé renvoie votre propre image et vous met directement en contact avec le miroir … et pas seulement les images dans le miroir, raison pour laquelle, entre autres, l’existentialisme parvient à cette évidence « ça existe », « l'existence existe », « le réel est (là) » ou plus loin que le christique annonce « ça a déjà commencé » ou que Descartes « voilà c'est ici même », la suspension du sujet par lui-même ; c'est le miroir même et non plus les images ou les contenus qui passe au premier plan et devient sa propre finalité.

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Par où cela commence-t-il ?

14 Décembre 2019, 15:48pm

Publié par pascal doyelle

Degré d'entrée de la structure dans le monde, le vécu et le corps.

Rappelons que l'on ne suppose pas la croyance (en dieu, au christ, à l'être et l'universel, au sujet et la liberté, etc) ; on observe le devenir dans ses possibilités et on se fie à ce qui structurellement s'est imposé de par sa cohérence d'une part (sa cohérence suffisante, ignorant les systèmes insuffisamment lisibles) et qui s'est imposé de par sa lucidité, sa pertinence, ses discernements, ses distinctions de telle sorte que chacun puisse lire sa propre structure de sujet, le monde, son vécu ou son corps, ou sa propre attention à « ce qui peut exister », sa lucidité donc à propos non de sa vie seulement mais de son existence (de sa vie, son caractère de vivant parlant pensant éprouvant mais transformé par l'attention qu'on peut ou sera en mesure d'instancier). L'attention portée à ce que l'on vit, perçoit, décide, intentionnalise de manière générale.

Rappelons, tout généralement ceci ; il existe quantité de mondes particuliers (égyptiens, mayas, etc, tribus, royautés, mythologies, etc). Leur actif consiste en la mis en forme culturelle ; ces mondes créent des cultures humaines. Sauf que ce qui va arriver ça ne sera plus une culture, mais une acculturation généralisée.

On a dénommé « acculturation » d’une part parce que que l'on efface les mises en forme culturelles précédentes, (a privatif), et d'autre part puisque l'on crée par dessus une mise en forme qui n'est pas, n'est plus attachée à un territoire, peuple, langage, etc. Quelque structure se déploie par dessus toutes les précédentes.

Les deux acculturations monumentales sont d'une part grecque et d'autre part christique (qui peut aussi se désigner comme monothéiste, mais pas complètement).

Si on supprime les mondes, il n'y a plus de représentation (partagée, parlée, communiquée entre soi, transmise dans le temps), mais il naît alors d’une part le monde (unique, universel, grec) et d'autre part le corps (de chacun). Le christique se signale de ceci qu'il remplace le jugement et la loi par l'intention ; vous serez « jugé » selon votre réelle intention, laquelle peut continuellement être remise et suspendue (un acte lui est jugé tel quel et vous êtes condamné ou non).

Tout le problème, qui est total, est donc ; quelle est votre réelle intention ? Que voulez-vous vraiment ?

Cette enquête occupe l'ensemble de tous les effets possibles du monde, du vécu et du corps.

Par exemple ; que percevez-vous réellement ? C'est toutes les esthétiques (des plus moches aux plus enveloppantes en passant par les fulgurantes). Que désirez-vous vraiment ? Que décidez et que déciderez-vous ? Nous sommes, nous existons en suspension ; non plus dans le jugement (on ne réalisera que des demi réussites, au mieux et la plupart du temps ce seront des erreurs, des illusions ou des fautes, indignes, de nous ou des autres, etc).

Rappelons, ensuite, que la version instantanée, et laïcisée, du christique est la révolution, française, de l'équation liberté-égalité-fraternité, sans laquelle rien n'est possible, sans laquelle tout s'effondre. 

 

Ce qui est lu est objectivé. Ici il s'agit de percevoir le subjectif, de s'y instruire. Mais cette subjectivité n'est en rien non objective ; elle serait, à l'inverse, sur-objective et est précisément le sujet de tout ce qui précède, de l’historicité dans tous ses développements.

On a vu que si l'humain impose un ou des mondes, et non s'inclut dans un milieu, c'est parce qu'il peut soulever l’horizon et cet horizon l'autorise à placer et déplacer des milieux divers et variés et même, donc, de créer au besoin ceux qu'il lui manque.

Lorsqu'ayant créer un peu toute sorte de mondes, il parvient à prendre conscience de cette activité, il est renvoyé à la faculté indéterminé de produire n’importe quelle représentation, mais doit de ceci réguler cette faculté ; or étant tout à fait vide en elle-même la simple faculté a accès instantanément au réel ; et dans le réel il n’existe non plus tel ou telle apparence de monde, mais des corps et le donné tel que « là » ; équivalent partout et ouvert à toute la perception.

Pour rendre possible cette perception potentielle il est impératif d'organiser les signes (on ne retiendrait rien d'un désordre instable) et il s’agit alors de proposer l’universalité (le classement des signes et des réalités). Et pour permettre la conscience de soi il faut imposer la nouvelle naissance, formelle, de soi dans le regard ; de dieu ou du christique. Évidemment la naissance en dieu seul produit une nation (juive) tandis que le regard du christ provoque chaque je et l'interroge dans son intention ; que veux-tu vraiment ?

Inaugurant donc que chacun s’inquiète de sa propre volonté, et commence de réguler soi par soi-même (même sous le regard du un tout-seul, celui qui meurt seul et abandonné sur la croix, qui n'est plus là dans le monde mais quand même quelque part …). Il serait impossible de s'acquérir soi sans se mesurer et se réguler ; ça serait comme un désordre totalement invivable et non viable ; ça se liquéfierait.

C'est bien parce que l'on est déjà organisé, et assuré, que l'on rêve nietzschéennement d'une inorganisation ou d'une organisation « spontané » ou que l'on se laisse aller aux désirs jusqu’au n'importe quoi. Supprimer l'organisation et tous les désirs et toutes les possibilités secondes disparaissent, ne sont littéralement plus possibles. Vous pouvez bien arguer de votre hyper individualité, mais parce que protégé par l'universel que par suite vous prétendez ignorer.

On est donc rendu à l'originel, à l’indéterminé et cette forme (celle capable de créer des mondes, de faciliter leur communicabilité dans le monde et la transmission au travers du temps) se fixe immédiatement sur le donné tel que « là » ; soit donc l'universalisation de l'intentionnalité (grecque, qui se régule par l'universel ou le beau ou le bien, ou le politique, etc) et d'autre part le sujet christique qui établit l'intention que l'on a, est l'intention que l'on est ; l’être dépend de l’avoir, parce que l'avoir on peut en changer et donc se modifier (au lieu que tous les mondes reposaient sur des contenus et des réalités acceptées dans leur être, stabilisées par le groupe faisant office de véridicité ; ce qui est reconnu par le groupe est validé, le groupe perçoit le monde supposé réel et donné tel quel, condition de sa survie que cette véridicité, que tout communique et se transmette comme il faut).

Si on est revenu à une forme qui existe antérieurement, alors il faut réguler et organiser les intentions et les intentionnalités ; on a, littéralement, toucher la source (via les trois exiegnces de dieu, de l’universel et du sujet-christique) et il faut parvenir à s'y retrouver sur cette forme vide, sans rien, autre, hors de tout, qui n'est pas de ce monde, de ce vécu ou de ce corps. Dont on ne possède d'information que via l'intuition de la volonté, de la décision, de l'intention ; c'est aussi pour cela que quelque instruction portée, en même temps, crée et renouvelle cette structure ; elle se modifie au point que le christique peut dire qu'il sauve ou libère ou simplement crée les âmes elles-mêmes au moment précis de leur accession (et donc qu'il est impératif de croire).

Pareillement les philosophes, et c'est absolument requis, identifie la pensée et l'acte de penser ; ce qui peut sembler évident mais ne l'est pas du tout ; il faut comprendre que l'on comprend … c'est la formulation même du philosophique comme discipline. Répétons ; ça ne peut pas exister sans se savoir... de là qu'ils aient cru limiter ce savoir à cette connaissance, or nous avons vu, et dit, que ce savoir est non seulement une connaissance mais un se-savoir ; ce qui sera explicite par Descartes (et ensuite Kant et Hegel, dont on voit bien qu'ils tâchent de porter encore plus avant le savoir de « savoir » en général et en sa structure, criticiste ou dialectique, posant réflexivement les limites mais aussi les possibles pour Kant et reliant toutes les phénoménologies pour Hegel).

On suit donc le pli et on en déploie le repli ; mais il faut bien saisir que ce repli est en fait quantité de plis qui avancent et déroulent encore plus le réel... Il n'y a pas de conformité à un pli premier comme on pouvait l’imaginer selon la pensée grecque ou comme selon le dieu juif ; les plis nouveaux s’ajoutent et élaborent la surface et sont tous les effets provoqués par l'activité de conscience qui se saisit elle-même et ne peut percevoir qu'en créant ; un arc de conscience est un rapport et un rapport est toujours, toujours actif.

Il n'y a pas structurellement « sagesse » et conformité mais invention et création. Ce qu'évidemment la compréhension universelle (grecque) en tant que pensée ne peut pas coordonner. Parce que si création (non pas de ceci ou cela il y a mais du réel lui-même, structurellement) alors ce qui est réel n'est pas écrit, et si il n'est pas écrit alors c'est précisément cela même qui est essentiel, au sens de qui est la source et la possibilité.

Donc ce qui se joue c'est le réel. Ce qui est par contre a peu près perceptible dans le christique ; à savoir que le réel dépend non pas du savoir mais du se-savoir, lequel vous engage ; sartriennement et aussi durement et selon une encore plus grande exigence ; Sartre situe l'humanisme ou l’historicité mais le christique place l'ontologique, la possibilité de dieu, du divin ; filiation, adoption en tant que fils du père et frère du christ ; raison pour laquelle personne, jamais, ensuite ne parvient au niveau du christique ; c'est bien par là qu'il crée une civilisation, nommée ici acculturation généralisée et qui consiste à installer historiquement et humainement une complexification de ce que dieu et la pensée ont découvert, dévoilé, mis à nu et nous obligeant à continuer, élaborer non plus selon les contenus ou les mondes humains, mais selon la structure, antérieure à tout contenu.

Soit on croit en dieu ou équivalent, soit on admet une inauguration historique qui s'exprime en tant que christique (pour regrouper toutes les églises mais aussi pour tenter de saisir le noyau originel, qui, étant structure, ne peut pas se dire dans le monde ; le christ en effet sort du monde, de la vie, du corps, et perçoit d'en-dehors). Cette acculturation est générale ; la réflexivité grecque (qui est la mise en jeu d'une méga-intentionnalité hors du groupe humain et reconstruit par chacun dans on abandon dans l’universel) et la réflexivité christique (qui exclut chacun, quel que soit ses pensées, chacun en tant qu'intention quant à sa propre vie, qui doit devenir une existence) manifestent le même retour ; la même réflexivité comme retour sur cet être qui n'est pas un être et doit se penser comme une structure requérant un discours spécifique, une représentation, une historicité, un récit-autre, un discours, une élaboration qui veut sans cesse dépasser ses énoncés explicites, puisque la finalité est de créer le regard du lecteur, du récepteur, d’amener la structure, invisible, dans la visibilité afin que chacun, chaque structure saisisse son être étrange.

La but, la finalité réelle, la seule réelle, est de rendre possible dans la conscience la conscience de la conscience ; et non plus des contenus du monde, du groupe et de son langage, du corps donné (le remplaçant par un corps-autre, une autre-surface perceptive du corps, d'où les récits, esthétiques et poétiques, etc, y compris éthiques et politiques). C'est à cette fin, aucune autre, le problème est que si la conscience prend conscience de la conscience tout le reste risque de s'effacer, comme quelconque.

C'est ce qui est aberrant pour nous dans le christique ; il faut tout quitter (et éventuellement ensuite retrouver ceci ou cela) parce que la finalité est stricte, unique et exclusive. Il n'y a aucune autre possibilité (que la possibilité même).

Si par ailleurs on peut désirer ou réaliser dans la vie, la réalité, le monde, il faut ou faudrait admettre que ça n'est rien du tout … Cela vaut qui est en-dehors. Tout de ce monde est destiné à disparaître. La révélation du christique est celle-ci ; ne cherchez pas à réaliser votre vraie intention dans le monde, ça ne se trouve pas et ne se trouvera jamais dans le monde, ni dans le vécu ni selon le corps.

Cette super dimension n'est nullement un autre monde mais la forme de ce monde, de cette vie, de ce corps.

Et alors il devient impératif, nécessaire de présupposer que le monde, le donné, la réalité, la détermination ne sont pas l'essentiel mais les effets et les effets d'une cause bien plus grande que n'importe quel effet et que cette cause est organisée, sauf qu'elle n'est pas et ne sera pas organisée comme le monde.

C'est ce que veut dire que nous existons selon et dans la transcendance et que nos vies, les réalités, sont, de fait et effectivement, mais dans le pli de cette transcendance. Il n'est d'immanences que dans le transcendant et le pli n'est acquis, accédé que si l'on s'y tient, que si l'on sur-ex-siste et entend n'y rien céder, ne se laisser convaincre ou vaincre tout court par rien qui soit du monde.

Et cette incession, cette décision de ne pas être entièrement dans le monde, on l'a déjà prise et quiconque qui est cet arc de conscience l'a déjà prise ; il n'y a pas de « conscience » sans distance et donc distance ontologique. La question de la vérité de cette décision est mystérieuse ; son contenu est le pli, le pli de chacun, la suspension indécidée encore et toujours ; sans cesse vous serez face à votre Possibilité ininterrompue ; depuis le christique nous ne sommes plus dans la loi (et donc le jugement) mais dans l'intention et son report continuel ; une intention ne se matérialise jamais.

 

 

La transcendance est toujours hors champ parce qu'elle crée les champs, les réalités sont des champs de perceptions, qu'ils soient perçus par les choses elles-mêmes qui se constituent d »changer des informations (particules, atome ou adn) ou qu'ils soient perçus, ces champs, par une conscience intentionnelle qui sur-crée doit à chaque fois sur-créer de nouveaux champs intentionnels de perceptions ; particules, atome, adn et signes, signes qui martèlent le donné et envoient tout l'apparaître vers la structure.

Dans la structure qui est telle une forge, quelque chose se passe qui transmute ; parce que la forme de la réalité, soit donc le réel comme forme des réalités (qui s'étalent quant à elles indéfiniment, et dont on suppose ici qu'elles sont infiniment déployées, puisque le réel est l'infini d'infinis, l'infini qui se crée dans les infinis donnés) le réel des réalités par l'arc de conscience non pas se replie dans un « unité » (dont on ne voit pas à quoi elle peut correspondre, idée de l'être clos ou dieu refermé sur lui-même, parfait, perfection figée et donc imparfaite) mais se déploie comme une instanciation active ; le réel final, absolu, terminal re-vient constamment et se re-veut continuellement et travaille et avance en et par lui-même ; le dieu de la fin ne sera pas, du tout, le dieu du début ou pour le dire mieux, le dieu de la fin est encore plus et toujours plus divin et ce sans limite...

 

De là que le christique veuille ajouter un dieu, réel et vivant et donc existant, dont l’actualisation instancie ici et maintenant ce qui tenait jusqu’alors au dieu créateur, volontaire, du début, situé hors monde ; ce dieu réel et vivant est ici et maintenant le renouvellement lui-même.

Raison pour laquelle (que l'on croit en une révélation ou que l'on admette l’avènement d'une « structure » réelle dans l’historicité, par ex) le christique est indétrônable ; on ne peut pas voir, percevoir, étendre le champ de perceptions plus loin … et on se demande, effectivement, pourquoi il y a deux mille ans une telle visualisation du réel fut possible et aussi fine et subtile et aussi réfléchie et incontournable.

On ne peut prendre comme effectivité, réelle, que l'historicité de cette entrée dans le monde, entrée dans et comme humanisation et individualisation, et cette historicité est aberrante ; elle impose de sa propre force la possibilité de tout ce qui suivra. Puisqu’il existe un présent afin que le réel survienne. Le christique formule le pli dans lequel et par lequel tout le reste est devenu accessible ; le cadre général en l'absence duquel les réalisations viennent à s'effondrer ; et la difficulté sera donc, historiquement, de respecter le dit cadre, sous peine d'effondrement.

Or cependant le dit cadre ne peut pas demeurer le même, dans une sorte d’adoration figée. Il faut que la structure mise au jour devienne, qu'elle devienne mais tout en conservant sa structure, et se déploie comme structure active dans le monde, mais aussi le vécu et selon le corps (de chacun). Et active parce que cette structure est un rapport et qu'elle n'a pas pour but de se « connaître » mais de se créer et que le champ de création est ouvert (il n'est pas une conformité à, mais est de créer cette conformité, c'est pour cela qu'elle ne peut se fier à aucune partie du monde ou du vécu ou du corps, mais à la seule intuition, impossible, de sa possibilité. Hors monde, hors vécu et hors corps.

C'est bien en ceci que la forme « conscience-de » est évidemment à elle-même sa propre intuition bien qu'il soit impossible de la figurer, puisque l'on figure selon le monde et qu’ainsi le sujet, chaque sujet ou la structure-sujet (dont on a dit qu'en elle-même on ignore où elle mène, mais dont on constate et admet la quantité d'effets effarants), ce sujet doit être signifié en et par votre conscience. Mais comme il s'agit d'une structure non subjective (et non objective également puisque l'objet est posé par et dans une intention ; qu'il soit capable de penser mathématiquement veut dire non pas que les maths soient subjectives mais que le sujet-structure est capable de contenir les objectivités, qu'il est plus-grand).

Vous pouvez bien ensuite supposer, imaginairement, en ce monde et en ce monde humain qui croit en sa matérialité, supposer que toute intention puisse devenir effectivement réelle et déterminée ; mais l'intention ne peut pas se matérialiser.

C'est en ce sens que notre humanisation depuis 2 siècles est matérialiste ; parce qu'elle croit non pas exclusivement à la matière mais que son intention est une idée et que cette idée peut devenir monde, vécu ou corps. Elle mécomprend le principe même de « l’intention » (au point de penser la définir comme « désir » par ex, comme si ce faisant transcrite en « désir » cette intention trouverait naturellement son chemin dans le monde donné, le vécu ou le corps). Mais rien ne correspondra jamais à l’intention-même. Pour dresser la carte de l'intention (qui perçoit à partir du Bord du monde et d'aucun lieu en ce monde, ce vécu ou ce corps) il faut une toute autre élaboration.

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Construction de l'arche

7 Décembre 2019, 10:33am

Publié par pascal doyelle

Nous sommes pris dans et par une structure et nous en sommes les effets. Mais en même temps elle est plus nous-même que nous-même. On verra jusqu'où une autre fois. Mais l'effacer aboutit à l’effacement intégral tout ce que nous fûmes, de ce que nous sommes.

Nous ne prenons plus du tout l'explication par la « pensée » ; comme si chaque conscience était une fonction d'un être bizarre « la pensée » ; la pensée n'existe pas, elle n'est même pas (elle n'existe que dans le champ d'intentionnalité comme ensemble de signes ; de même les mathématiques ne sont pas « dans » les choses, comme un élément externe (qui viendrait de où?), les choses, les réalités se sont organisées mathématiquement, entre autres ; que les maths expliquent n'implique pas qu'elles expliquent tout, ni qu'elles soient la seule explication ; elles pourraient même n'être qu'un moyen des choses elles-mêmes).

Aussi tout, toute l'attention reflue vers le sujet (depuis Descartes, Kant, Hegel paraît réinstaller la « pensée » mais en vérité il s'agit du mouvement du négatif, qui crée ses plis et replis, et évidemment Husserl, Sartre mais également Nietzsche, Heidegger au début et Lacan superbement ; analyse d'une conscience, ce mouvement pur, dans un moi qui ne sait absolument quoi en faire …) Il n'y a pas de « pensée », il y a bien mieux que cela ; qui existe de manière non-objective ; qui doit cette structure pirouetter sur elle-même incessamment pour saisir quelque peu son mouvement, et ses possibilités et ce faisant entraîner tout, absolument tout le reste (pour elle tout ce qui est est « le reste », c'est elle pirouettante, qui est le réel ; elle a raison).

La structure génère la pensée et l'universalité, l'universalisation permet de lire beaucoup plus de différenciations dans la perception ; l’augmentation grecque est maximale, mais de même que la création christique (de chaque un par le Regard du un-tout-seul qui perçoit chacun tel quel et interroge son intention, sa véritable intention)qui étend beaucoup plus loin le cercle de l’attention (à tout ce qui vit, qu'il transforme en Existant) ; restera donc d'instancier ce double cercle : Descartes et la suite.

Nous n'avons pas seulement imposé la connaissance (grecque) mais le savoir ; le se-savoir de soi de la structure de conscience. Nous avons imposé la réflexion mais au sens réel ; non pas réflexivité du discours sur lui-même pour établir la cohérence d'une théorie (auto formée si l’on veut), mais réflexion de cet être qui se regarde, s'analyse, se découpe, s'explore, et devient ; qui ne peut pas se réfléchir sans se modifier, cad sans modifier le regard lui-même qui regarde (pirouette insensée mais réelle et agissante). Dans le miroir le miroir devient (et les images, les signes, les pensées sont ses effets, mais également les corps eux-mêmes qui ne sont pas laissés « là » bêtement).

Il est clair que l'on tente cent mille fois, au travers de cent mille expérimentations et explorations on tente de rattraper cette structure. De coller à même sa surface : le présent est cette surface et l'arc de conscience produit sur chaque corps une telle nouvelle surface, destinée à porter plus loin. Le christique a créé cette autre-surface du corps.

La "conscience" n'est pas la "conscience morale" mais une technique (inventée par la nature, la réalité ou dieu si l'on est croyant) que l'on décrit comme intentionnalité ; le fait d'assigner un signe à une intention, perception, assignation qui crée un ou des langages ; cette conscience technique est "morale" au sens où vous pouvez (vous devez) décider ou au moins orienter votre regard comme ceci ou comme cela. Vouloir relativiser ou nier la conscience c'est remplacer cette intention (divine ou christique ou rationnelle ou du sujet libre, Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre) par une image, une imagination (la "volonté nietzschéenne", l'énergie, la matière, l'esprit spirituel ou d'autres fétiches encore plus accablants) ; il y a une dimension technique dans la description, par quelques philosophes, et non pas une imagination.
En tant que technique (inventée par la réalité ou créée par dieu) l'arc de conscience est absolument (cad formellement) exigeant. Et contraignant au sens qu'il implique de préciser constamment les perceptions ; ce qui veut dire de dégager ou de promouvoir ou d'inventer des champs entiers de perceptions qui se distinguent au fur et à mesure des signes accolés.
Il est clair que ces signes ou ces champs de perceptions doivent être partagés (par le groupe) et se transmettre, au long du temps. Par ailleurs si le grand signe "dieu" s'applique à une nation, à chaque individu, le "petit" signe christ implique et appelle chacun, chaqu'un, un par un, même si c'est sous l'égide du un tout-seul (celui qui meurt seul). Déployant ou rendant possible pour chacun le Possible lui-même. Pas besoin d'être un héros grec ou de penser l'universel, on est en et par le moi-même déjà et toujours infini dans et par le christique.
Le devenir potentiel est clair également ; il devait s'imposer un devenir de plus en plus ouvert par champs de perceptions, intégrés au groupe et par champs de perceptions individués ; lequel devenir se devait de conserver son exigence (divine de manière générale ou spécifique si l'on croit à ceci ou cela ; rien ne montre que le divin n'existe pas, il est même le fait majeur que 'l'on n'est pas ce que l'on est" et que "l'on n'est pas du monde" qui manifestent l'altérité formelle, cad absolue). Devait conserver son Exigence et non pas se croire tout permis, parce que ça n'est pas tant le "tout est permis" qui compte (cela relève des massacres du 19éme et 20éme) mais le "n'importe quoi est permis" ; ou donc la facilité, débilitante, du désir (non qu'il ne faille pas désirer mais bien qu'il est idiot de désirer n'importe quoi n'importe comment, c'est un champ indéfini et déjà-mort).

On insistera donc sur l'acquis. Il se trouve que ce qui habituellement est rejeté, comme illusoire, idéologique, imaginaire, est le vrai, le vrai réel. Et il n'en est qu'un seul ; un seul réel.

On rejette les structures précédentes en s’appuyant sur l'acquis ; à savoir qu'il est un sujet qui analyse les choses. Et cela fonctionne si bien que ce même sujet tend spontanément à se ramener lui-même à telle variation de chose (langage, désir, corps, biologie et adn, cognitivisme, sociologisme divers et variés, etc), et ce faisant perd ce qui constituait notre acquis. À savoir que le réel est une articulation et ne peut donc se fixer, se figer que selon une représentation imaginaire. Tandis qu'auparavant (on n'avait pas pénétré dans le monde et le donné, on ne pouvait pas soumettre l'activité de conscience à une partie chosifiée du monde) articulation, alors, se déployait intégralement et au plus loin.

Qu'il y ait eu connaissances (des sciences) depuis est une excellente avancée mais que l'on ait réduit toute l’antériorité à une ignorance est parfaitement absurde. Depuis le début, cad depuis dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet, nous nous avançons, littéralement et physiquement, sur le Bord du monde (grec), du vécu et du corps (christique et sujet). Il n'y a pas la discontinuité idéologiquement imposée entre la connaissance, exacte et précise selon le monde, et le savoir, de soi en tant que soi, en tant que rapport.

C'est parce qu'il y a eu dieu et l'intention formelle antérieure (à tout, dieu n'est pas une symbolisation et s »oppose même au symbole de tous les symboles, l'argent, le veau d'or, et n'est pas un « quelque chose » mais une intention, une volonté) et la nation (juive en l’occurrence), l'être et l’universel et le monde unique donné tel que là des grecs, l'invention de chacun comme intention ici et maintenant du christique relevant d'un face à face tout à fait autre que tout (ce qui appartient au monde, au vécu et au corps, aussi bien qu'autre de toute société humaine) qu'il y eut, ensuite et bien longtemps après connaissance d'une part et réalisation dans l’histoire, dans l’historicité d'une société humaine réelle et agencée ; de par la révolution française qui, on l'a remarqué cent fois, est celle qui lie liberté et égalité (raison pour laquelle elle fut tout à fait distincte de celle des états-unis et de l’Angleterre).

Autrement dit en tout et partout on passe des contenus de conscience, à la compréhension et l’élaboration de tout contenu par une structure antérieure (nommée dieu, l’universel, le sujet, le réel)et c'est à l »analyse de cette structure par elle-même (elle est un rapport et donc est en capacité d'entrer en rapport avec et par elle-même, il n'y a aucune tautologie là-dedans) et ça lui est d'autant plus possible que c'est uniquement ainsi qu'elle progresse, qu'elle devient de plus en plus elle-même. Ce qui existe en tant que rapport ne peut devenir (encore plus soi) qu'en ouvrant encore plus le rapport qu'elle est, et donc qu'elle n'est pas, bien plutôt qu'elle ex-siste.

Donc nous ne sommes pas du monde. Mais au lieu de définir cet hors-monde (ce qui supposerait qu'il soit un double-monde, ou un autre monde) tous les ensemble de réflexion tendent à délimiter la réalité, les contenus, les représentations, selon le mouvement d'un Bord ; le monde, le donné, le vécu, le corps sont, mais il y a un Bord.

On avance absolument qu'il y a mouvement et qu'il existe, préexiste si l'on veut, à tout ; à cet univers ou à toute autre réalité (y aurait-il plusieurs univers ou réalités). Donc l'absolument réel ne quitte évidemment jamais pas le moindre iota qui se puisse, nulle part, jamais ; l'exister est toujours là, et il est toujours déjà-là.

L'exister est l'instant unique qui déploie tout. Il contient le néant et l'être, et dans l'être se déploie pour nous (autant qu'on en ait l’expérience), comme monde et présent. Le présent est la forme en laquelle toutes les réalités se distinguent au fur et à mesure. Et nous ajoutons que la distinction est continuelle ; constamment la réalité est splittée et resplittée en retour-vers elle-même. L'exister est pure (et brute dès le début) activité, activisme. Le rapport se veut de plus en plus complet, intégral stricte, ou si l'on veut intelligent et volontaire et assumé et assuré.

Et c'est, évidemment, précisément ce vrai réel qui fut constitué peu à peu au fur et à mesure des expériences et expérimentations menées par la réflexion. Ce qui veut dire par le retour sur « soi », sans que l'on sache au début ce que par « soi » il faut comprendre et qui prit le signe de dieu, de l'être, du un, du christique, du sujet, du réel-même comme tel (existentialistes nommément qui éprouvent l'affect spécifique d'un réel qui « existe-là »).

Toute position qui n'admet pas les acquis, est bien dans son droit, bien sur, mais manquera de toute manière le vrai ; parce que le vrai n'est pas un énoncé, sur lequel il faudrait se prononcer, mais est cette structure même ; de chaque sujet. Et manque spécifiquement ceci que l'on ne sait pas où elle s'avance, mais elle avance.

Il faut qu'il y ait sujets (que dieu s'adresse à une nation, que l'universel soit pensé par chacun, que l'on croit dans le regard christique, que le sujet se pointe lui-même cartésiennement, que chacun soit posé là sur le sol du réel, hors de toutes les réalités particulières, etc). Parce que sans sujet, ce serait sans rapport à soi ; non pas rapport à soi comme identité (moi-même ou le groupe ou l'idée ou l'idéologie) mais rapport à soi en tant que rapport ; le rapport obtient la théorie, la pensée du rapport lui-même comme tel.

On soutient par là que le rapport comme rapport n'est pas la forme purement vide d'un rapport (le numérique, le nombre est de cet ordre là, du simple rapport à soi de quelque réalité que ce soit), mais qu'il est une structure effective ; à savoir d'une part l'arc de conscience et d'autre part le présent (ou donc l'exister pur). Ce qui n'est pas « rien » mais précisément cette sorte d'être spécial qui doit être éprouvé ; c'est bien pour cela qu'il s'expose, se manifeste, qu'il soit toujours originellement autre que soi ; il en peut devenir (ce qu'il sera et non pas ce qu'il « est ») que si il se perçoit ; l'altérité est toujours déjà première et ne peut pas être comblée ; elle ne peut que se comprendre, se saisir, cad être saisie, de soi. Et donc ignore ce « soi » qu'elle sera dans l'instant absolu de son activisme toujours en cours.

En bref il nous est demandé, d’abord d'y croire (littéralement, de croire ne ce qui n'est pas) et d'autre part d' ajouter au réel (qui n'est pas) encore plus et toujours plus de dimension.

D'y croire parce que si l’on n'y croit pas ça n'existera pas. Et encore plus parce que le réel n'est pas fini, nulle part, jamais et en aucun sens. Si le réel est tel quel le présent, c'est que quelque Réel invraisemblablement inimaginable doit y survenir, y venir en plus, de même que le christique est le dieu en plus, celui qui était (avant de surgir) totalement inimaginable ; de même que l’acquisition ici et maintenant du sujet, cartésien, kantien, hégélien, husserlien, était impossible et incompréhensible, antérieurement à son apparition, mais qui est devenu (ce sujet) précisément ce à partir de quoi on comprend.

Encore une fois ; si on n'y croit pas, ça n'existe pas, pas du tout ; ça en peut exister que d'être saisi et d'en être saisi ici même, ici et maintenant, dans l'ici et maintenant qui est réellement la forge, la possibilité que quelque Réel invraisemblable naisse.

Ça n’apparaîtra pas dans le monde. Le monde appairait dans le monde, le rapport qui prélude à tout monde est la forme qui se prédispose à exister ; pour que ça apparaisse il faut un rapport. Non pas une chose qui est cela qu'elle est (une pierre ne se pose aucune question), et non pas même seulement un vivant (pour qui il y a un monde, un donné là, mais qui ne se situe pas lui-me^me dans le monde ; il n'affecte aucun signe au Bord du monde, il est dedans, il est lui-même son propre signe, alors que nous sommes signifié par le Bord, nous nous percevons de là). Et il faut un rapport qui se-sait parce que seul un rapport est capable, cad devient. Il devient autre que lui-même. Puisqu'il n'Est pas, il ex-siste.

Dit autrement si dans le monde donné peut apparaître un être qui n'est pas mais existe le rapport qu'il existe, alors cet être est précisément cela même qui arrive en un monde. Il y a un monde afin qu'un tel être existe. Et qui manifeste justement la logique même qu'un réel il y a. Il y a un réel afin que celui-ci s'amène en vue de lui-même non pas afin d'être (il est déjà) mais d'être plus grand. De devenir encore plus.

 

La question n'est pas l'être, mais le devenir-en-plus. Et non pas le devenir mais le en-plus.

Ce qui n'indique absolument pas « plus » selon le monde ; ça n'est pas, évidemment, en ajoutant du monde au monde, il y en a bien suffisamment. C'est autre chose et autrement qui s'y produit (sinon le monde serait irrémédiablement condamné à la pure et totale disparation sans aucun sens, aucune possibilité ; on peut y croire, on croit en ce que l'on veut mais cela va à l’encontre tout l'observable ; il est un observable, une manifestation, une réalisation, un champ, gigantesque, de perception afin d'être perçu justement).

C'est pour cela que l'on ne dit pas qu'il s'agit, tout au bout du processus de réal-isation (de tout), qu'il s'agit de « dieu ». on a nommé cela « sujet ». mais c'est un cadre totalement abstrait ; ce que l'on veut et ce que tous, depuis des lustres, ont analysé c'est la distinctivité continuelle qui opère (le brahma est « amplification » par ex). Si on veut croire que ça ne mène nulle part et ne consiste en rien, grand bien vous fasse : tout ce qui fut, sera, se dispersera dans le néant et plus personne n'entendra parler de rien. Parce que matériellement, selon l'ordre de la réalité tel est véritablement son destin ; le néant.

C'est en cela que l'on ignore ce que « cela » nous veut et ce que « cela » veut ; on suit seulement les indications en remontant jusqu'au Bord et ce selon les perspectives ouvertes par la réflexion, celle qui fait-retour et ne manque pas alors d'acter un re-tour, un nouveau tour ; on ne peut pas toucher le bord sans le/se modifier, la « substance » même de ce qui est attaché à la réflexion modifie l'être, cad l'exister, le réel et ce faisant on l'invente ; il est de toute évidence plusieurs manières de le créer et ces créations de structure sont précisément la finalité du réel ; qu'il soit plus-grand.

Si on se demande comment il se peut que le réel soit possiblement pluriel, c'est que l'on n'a pas compris que la source et la structure du réel est le possible, la Possibilité même et que donc elle n'est jamais fixée ; elle ne fait que grandir. Elle grandira au-delà de tout. Ce qui veut dire au-delà d'elle-même. C'est sa finalité intrinsèque.

 

Si le réel possède une finalité interne (interne au Bord) cela veut dire, donc, qu'il s'agit d'une finalité externe, totalement externe et dont la structure, la colonne vertébrale est  ; puisque c'est le réel, et donc toutes les réalités, les réal-isations, qui existent. Il n'y a pas d'intériorité qui serait supérieure à l'exister ; toute intériorité (du vivant ou de l’humain) sont, effectivement mais secondement. Ne pas comprendre c'est demeurer dans la fixité de telle ou telle partie de monde ou de vécu (le moi fondamentalement, pour nous au 20éme et 21éme, mais c'était aussi la nation du début du 20éme, ou dans son déchaînement la révolution idéologique, qui n'est pas la révolution de structure, de même que l'identité ethnique ou culturelle ou religieuse ; il y eut une profusion d’identités, extrêmement limitées, ). C'est ainsi que dieu, l’universel, le sujet ou le réel explosent toute identité ; ce qui ne veut pas dire « pas d 'identité » mais que l’identité réelle est de structure, de rapport, rapport qui doit être tenu, soutenu, actif, hyper actif ; la nation élue s'adresse à toutes les autres, l'universel est de fait une unité au travers de toutes les différenciations (sans l'être, ou le un, la forme même des idées retombe), le sujet christique est un corps (un corps toujours plus réel), l'altérité du possible est le réel même.

Ce par quoi il faut entendre que l'attitude qui se limite à une identité est déjà tombée ; ce qui dure et traverse le temps, la durée et la difficulté est de structure. Rimbaud ne manifeste pas sa particularité, mais découvre, explore l'unité réelle de la vision dans toute son ampleur ; ce qui l'écrase, l'explose ; on a vu déjà que le sujet risque d’anéantir le moi ; un vivant n'est pas adapté à la structure de conscience.

C'est pour cela que le christique a créé l'autre-corps. Et qu'on le veuille ou non nous existons de fait par ce corps là. Nous écrivons les signes sur l'autre-surface du corps ; répétons-le, il n'y a pas de hasard ou de bricolage, à ce niveau là il n'y a pas d'incertitude. Lorsque le christique dit qu'il crée le nouveau corps, il le crée réellement.

La construction de l'arche veut dire que l'arc de conscience doit s'élaborer, s'architecturer et l’historicité mène à cela. C'est pour cette raison que pas un seul pas ne fut avancé hors du réel brut puis structurel. Les cheminements bigarrés et hasardeux s'effondrent dans le monde (leur matériaux appartenaient au monde). Les élaborations suffisantes se transmettaient les unes aux autres ; l'arche qu'ils tissaient par nature était en mesure de passer d'un point à l'autre, pourvu que ce point sache s'acquérir ; on verra comment les points, les sujets, un par un, cherchèrent l’acquisition destinée à transformer leur moi en sujet.

Comment ce sujet est, par exemple, absolument, cad formellement décrit par Kant mais ceci à la suite de Descartes qui discerne magnifiquement son acte, son actualité, son actualisation. Comment Hegel décrit par le menu l’ensemble des phénoménologies du sujet (historicité et savoir, les deux).

Et si Husserl, Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan paraissent nous entretenir d'autre chose en vérité c'est toujours la Même Structure qui s'agite en tous sens et explore ses possibilités, perçoit et signifie les effets dans la réalité mais aussi les effets réels sur et dans surface Réel du présent et de l'attention.

 

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Les réussites humaines

30 Novembre 2019, 09:40am

Publié par pascal doyelle

et l'anéantissement du monde.

Nous sommes pris dans une structure, celle de l'arc de conscience, qui ne nous appartient pas, c'est nous qui lui appartenons. C'est pour cette raison qu'il nous est possible non seulement d'exploiter toute réalité mais aussi de remonter antérieurement à toute réalité et de créer certaines qui ne sont pas, qui ne sont disponibles nulle part et que nous inventons.

Nous existons donc selon un biais, une ouverture qui n’apparaît pas dans le monde ; de là qu'il nous est possible de tout annihiler. Nous n'utilisons pas seulement les réalités données, nous en produisons d’autres, qui n'existeraient pas autrement. Et ce décalage par rapport à quelque donné, quelque milieu que ce soit, puisqu’il ne s'est pas pensée lui-même comme tel, au lieu de nous assurer un avenir, nous condamne.

Ce que l'on nomme désir par exemple est juste un composé, un mélange de la capacité d'un corps, vivant, naturel, et de la structure ; de sorte que nos désirs se démultiplient en nombre indéfini, et s'énormisent à n’en plus finir ; parce que l'on désire selon la structure laquelle n'a pas sa place dans le monde.

Comme nous mélangeons tout, nous ne comprenons plus rien. Il existait jusqu’alors des opérateurs qui permettait de nous y repérer.

Évidemment ce disant nous nous situons absolument sur un autre plan que ceux qui prétendent que nous ne serions qu'une certaine « composition ». composition de réalités naturelles ou composition de corps et de raison, ou de désir et d’objets ou de langage et de vivant. Non, il ne s'agit pas de compositions diverses.

Ce que l'on entendait autrefois par « raison » au sens de logos, se représentait comme une telle composition mais cependant son universalité consistait en la compréhension active ; la pensée était un opérateur actif en nous, de là qu'elle nous emportait fort loin ; la pensée était divine et nous ouvrait le divin d'une perception augmentée, chaque idée intervenant dans le monde et créant de la perception. On a cru bien ensuite que le christique nous fourvoyait dans une identité spéciale qu'il suffisait de négliger alors que le christique précisément nous ouvrait quand à lui cette capacité d'invention mais appliquée cette fois non plus au monde mais à soi-même, à sa propre vie et de fait il a engendré quantité de possibilités par l'attention absolue et formelle portée à la vie de chacun, qui travaillée mais aussi ouvrée comme il se doit aboutissait pour tous, et chacun, à une existence réellement vécue et éprouvée. La mort qui n'était célébrée que pour les héros, pouvait devenir pour chacun aussi infime soit-il, un passage absolu et formel. C'est ce que cela signifiait et dont nous avons hérité (avec reconnaissance ou dédain, peu importe, cela regarde chacun précisément).

 

Faute de définir précisément cette structure et l'interprétant de-ci de-là mélangée d'un peu tout sorte de fétichismes, tous erronés. Rien dans le monde ou le vécu ne peut représenter le réel même ; il n'y aura que des réalités empruntées.

Et donc nous avons toujours tenté d'identifier le réel, échappant constamment. Il se pressait sur nos yeux et nous proposons donc que le réel est le présent. Que le présent est l'exister et que l'exister est plus grand que l'être, selon une dimension qui ne s’amène nulle part dans le monde puisque le précédant. L'exister, cela qui existe vraiment, est toujours déjà là et jamais ne nous quitte. Si il est le présent, le réel est mouvement ; un rapport qui contient tous les rapports. De ceci que l'on ne puisse rien saisir qui en soit mouvements (divers et variés) mais que le dit mouvement peut être signifié et oh combien puisqu'un signe est justement lui-même un rapport...

donc il existe une stabilité, si l'on veut, et c'est le mouvement.

Toutes les pointes élevées des philosophies et des religions forment des diagrammes, à chaque fois, qui tentent de positionner le dit mouvement. Il s'agit de repérages et d'une cartographie générale qui tente autant que faire se peut d'isoler l’articulation de notre être au réel ; la fameuse ontologie (celle de l'être, qui essayait de rationaliser le dénivellement du Un vers le multiplie, de l'idée vers les choses, de l’intentionnalité vers la catégorisation transparente des intentionnalisations vers le monde) était une telle description de la dite articulation. Évidemment au contraire de ce que les inconscient prétendent ici et là, cette idée de l'être a pu faire se lever sous nos yeux quantités de réalités et quantités de distinctions qui autrement ne nous seraient pas apparues.

C'est seulement ensuite, ayant acquis tout cela, que l'on peut, éventuellement, faire les difficiles et croire qu'il existerait une « encore plus grande multiplicité » valant en et par elle-même ; ce qui n'a pas de sens ; les réalités apparaissent parce que le Un oriente et organise le regard qui autrement se disperserait dans tous les sens indéfiniment.

Le réel nous échappait constamment non par manque ou défaut ou néant mais par structure ; il ne s'agissait pas, jamais, de figer ou fixer le regard sur telle ou telle identité, mais de penser le regard lui-même ; ce que l'on doit nommer « pensée » est la tenue d'une telle considération ; qu'en est-il du regard lui-même ? Que le regard puisse se regarder peut sembler difficilement pensable mais ce que l'on nomme par regard c'est un rapport et si ce rapport est donc de fait lui-même une distance, il peut se permettre d'entrer en considération de lui-même. La question est ; à partir de quoi peut-on caractériser ce regard ? On a tenté la raison et on a réussi fondamentalement ; au sens où nous nous sommes avancés bien loin dans cette caractérisation ; jusqu'aux bords potentiels de toute pensée.

Croire que c'est un échec est une absurdité ; sans Platon nous ne saurions pas identifier toutes les réalités que notre intentionnalité ainsi décuplée, par Platon, nous permet d'obtenir.

Et si nous sommes passés à un tout autre registre c'est qu'il ne s'agissait pas de raison mais d'une réflexivité bien plus étendue ; ce par quoi l'intentionnalité prend sa propre mesure laquelle étant originelle, à la source même, antérieure ou encore se constituant comme bord des réalités,d e toutes les réalités, il devient tout à fait difficile de la comprendre. Mais puisque nous nous sommes situés et approchés au plus près du réel pur et brut (depuis la méditerranée par qui ce qui était recouvert par les mondes divers et variés, par qui donc ce qui était en arrière fond est venu au devant, en se nommant dieu, être, universel, christique ou sujet ou révolution) il ne faut s'étonner si l'on aboutit à une extrême difficulté.

Et notamment de ce qu'il est impossible d'y accéder sans se modifier. On ne peut pas penser si l'on ne dérive pas hors de soi ; le scientifique peut bien préserver son moi et objectiver ceci ou cela, mais déjà pour les grecs accéder à l’universel c'était déjà se convertir. De même le christique (qui on le rappelle inscrit littéralement la nouvelle structure comme regard, ce que l'on ne quittera plus, qu'on le veuille ou non durant toute l’historicité qui suivra). Pareillement la révolution doit se vouloir comme réalisation et donc transformer les mois en sujets (et non en corps-langage ou désir-objets ou besoins-humanisation marxiste).

La réflexivité de Descartes ou de Kant ou celle de Sartre ou Lacan, qui veulent tous préciser le lieu d’articulation de notre conscience, c'est aussi celle de Nietzsche ou de Heidegger (sur le mode quai imaginaire, des suppositions que l'on peut tirer et non pas d'une analyse réelle et exacte du « là », du là en lequel existe et donc ex-siste notre mouvement, notre conscience, notre intention).

À chaque fois il s'agit de réaliser, rendre réel en soi l'arc de conscience dans ses modifications.

Mais cela n'indique pas un élitisme et ne se limite pas aux esthétiques, éthiques ou pensées ; parce que la révolution engageait précisément tous et chacun, à charge ensuite à tout individu de s'orienter en ce sens historique, au lieu de fuir dans le monde, le mondain, la vie habituelle, la vie du corps, la satisfaction et l'immédiateté, les fioritures de l'apparaître du monde, du vécu ou du corps.

Et parallèlement à la révolution se sont développés les mass médias qui devait en manifestant la vie humaine introduire en chacun la contemplation, et ce que l'on entend par contemplation c'est le passage de la satisfaction comme principe à l'insatisfaction comme règle.

Dans l'étourdissement de se découvrir comme monde, comme monde de la réalisation, de la matérialisation mais de la matérialisation de notre intentionnalité, de la réalisation du fantasmé, de l’imaginaire, pour réguler tous ces flux et reflux nous aurions pu nous servir de la structure de sujet, mais c’eût été trop complexe, aussi a-t-on utilisé le corps, biologique, comme règle, régulation de toute l’intentionnalité.

Et ceci fonctionne non seulement au niveau individuel mais sur l’ensemble total de toute la société humaine. Tout le monde a un corps et le corps est ce par quoi on perçoit (désire, pense, imagine, produit des récits, ouvre des perspectives, et permet de se déverser dans le monde, le vécu et le corps de chacun). L'économie, qui est l'idéologie absolue, est l'idéologie du corps. Du corps en tant que substrat, fondement de toute l’intentionnalité ; au lieu que l'intentionnalité aurait du, aurait pu s'imposer elle-même sa propre fondation ; l'enthousiasme révolutionnaire, progressiste, universaliste ou libérateur était porté par cette ambition, et la plupart du temps effectivement quelque réel structurel fut élaboré, créé, mais pour se retourner et être absorbé par des finalisations mondaines, vécues ou corporelles.

D'une manière générale la violence et la concurrence a régné partout et constamment. Il est arrivé que nous ayons accès à une quantité d'énergie facile et décisive et que cet excès de capacités a rendu possible un développement qui en partie a pu être utilisé, cet excès, de manière rationnelle et raisonnable ; on a pu rêver d'un monde organisé et distributif ; les groupes de domination (s’incluant les uns sur les autres) pouvaient toujours espérer un surplus à venir dans un monde en extension et une historicité en progression ; sitôt que cesse cet avenir rêvé, localement mais aussi globalement les lois de la réalité se resserrent et la domination au lieu de laisser aller, se resserre donc afin de tirer toujours autant ou encore plus d'acquisition (indue).

C'est éloigné le monde rationnel ou à tout le moins organisé, au profit d'une sorte de monde rêvé, fantasmé, rempli de fantasmes, d'images en lesquelles nous nous prenons, enroulons, nous nous perdons et qui ne mènent nulle part, qui renvoient au contraire toujours ua vide de structure, que la méthodologie humaine de l'image ne permet précisément pas du tout de comprendre, de saisir d'interpréter.

Qu'il y ait, généralement, domination, ne se comprend pas seulement comme instance de pouvoir mais permet de traduire « pouvoir » par « organisation ». On ne trouve pas, n'invente pas facilement une organisation sans en passer par le pouvoir ; il faut que quelques-uns décident et donc ils obtiennent de fait le bénéfice de ce décisionnel ; réguler le pouvoir est donc le but, la finalité globale. Et elle implique si on ne veut pas se livrer à la domination, que tous ou une majorité soit capable de se maîtriser. Ce qui veut dire de s'intellectualiser (non pas comme intellectif mais comme réflexion, réflexivité, miroir créateurs dans des récits adéquats ou par une éducation esthétique ou poétique au sens large, et en toutes choses visibles et accessibles). Se passer de la domination comme organisation, cela ne s'improvise pas, ni en claquant des doigts, serait-ce par une « révolution » qui ne se crée pas sans civilisation, au sens fort, puissant. Sinon c'est une rêverie fumeuse (ce qui veut dire : encore une domination...)

 

Et le phénomène de domination revient sans cesse et imperturbablement ; même une personne tout à fait bien intentionnée subira (si l'on peut dire) sa position de domination. Le christique ne s'en sort qu'en imposant et s'imposant une pauvreté radicale (de même les mystiques, etc).

Pareillement la liberté qui cependant contient en elle-même sa limitation, lâchée dans le monde (anglo-saxons particulièrement) est seulement l’abondement des possibilités (un empire, anglais ou Us). Auquel cas la liberté est seulement le cadre vague de toutes sortes de désirs (et de besoins et d'images, ce qui fut effectivement le cas), et non pas sa propre régulation ; un cadre vide de tout et n'importe quoi (qui s'est doté également de sa propre version de la religion de base) tombe, indéfiniment, dans le néant (dans les moindres déterminations). Et pour celle-ci il lui impossible d'organiser la liberté (ça lui semble totalement contradictoire,ayant abandonné que « liberté » soit en elle-même une élaboration, cad comme on l'a vu, une civilisation ; de fait l'empire Us va créer sa propre civilisation adéquate, les libertés ne se découvrant que dans la concurrence acharnée et d'autant plus vive que le libre est en lui-même le pur et brut mouvement).

C'est que pour ordonner l’ensemble de l'intentionnalité de telle sorte qu'elle soit, un minimum, distributive (et non un simple accaparement très rapidement mais très durement organisé) il est impératif de réfléchir … Que non seulement le haut de la société humaine se pense mais que chacun se réfléchisse et qu'il existe une commune mesure ; ce que l'on a nommé liberté était déjà en soi une telle communauté réelle ; si je suis déclaré libre, tous et chacun est libre et ajoutant que ces libertés sont égales et que « égalité » signifie le réel même qui doit être porté, sinon ensemble tombe dans le donné et le néant de « ce que l'on ne retient pas, de ce qui passe et disparaît ».

Ce qui réclame une intellectualisation profonde totale et individuelle à la fois ; bref une civilisation qui argumente longuement et sur et par tous les corps en tant que l'on sait plus ou moins réellement, objectivement et subjectivement que certes il faut se satisfaire mais que dérouter une part de la satisfaction (pour les autres, pour soi, pour la société globale, pour l’histoire, pour ceci ou cela) est absolument fondamental ; laquelle dérivation de la satisfaction est tout sauf évidente …Il n'y a aucune autre manière de caractériser la montée civilisationnelle que d'avancer qu'elle est « intellectualiste » ; il s’agit d’élever les intentionnalités vers une plus grande vue, visibilité, et donc de manifester par des signes, des mots, des idées, des récits, de nouvelles sortes de corps, littéralement (le christique en est l'exemple parfait).

Non seulement nous sommes égoïstes (il faut que chacun subvienne à soi et aux seins proches) mais aussi il est demandé alors une conscience accrue, générale, universelle a-t-on dit, une rigueur et une prévisualisation du possible tout à fait cruciale et difficile...

 

Bref on voit par là que le christique (et autres religions) perçoivent très bien l’augmentation de conscience qui se sort de soi, de son quant-à-soi, de sa proto organisation qui se fie, se confie au corps et à l'immédiateté, et qui autorisent, ces religions jadis, les idéologies au sens propre ensuite, qui autorisent une super-intentionnalité capable de maîtriser les enjeux, et susceptible d'aborder et importer dans son cercle d'intentionnalité autrui, le monde global, organisation elle-même distributive ou redistributive, etc. Il est beaucoup plus simple et surtout accessible que l'on s'en tienne à rien-que-soi et que s’ordonne une mise ne forme hiérarchique dominatrice.

Et répétons le la mise ne forme intellectualiste des intentionnalités ne se décide pas d'en haut mais du dedans, du travail sur et par le corps lui-même qui cesse de s'imposer comme finalité, immédiate, pour devenir une capacité médiate.

Ce à quoi devait conduire les mass et micro médiatisations ; se transformer en mass et micro médiations, médiation et non pas médiatisation réalisant la jointure entre la finalité basse immédiate des intentionnalités et la filialisation haute des intentionnalisations permettant de percevoir,de voir, d'organiser visiblement les possibilités distributrices au minimum adéquates. Par la médiatisation nous devions nous « voir » nous percevoir et donc de ce savoir, de cette connaissance augmenter la réalisation, la réal-isation, le rendu réel, de notre être, tel qu'il pouvait, devait se transformer ne Existence, cad en une vie organisée à partir de l'acte de conscience et non plus enclore, enfermer, cet acte dans une finalisation du corps, de l’immédiateté, de la satisfaction disponible sans intelligence aucune.

L'acte de conscience qui n'est plus seulement de la perception, animale, vivante mais qui déplace le cercle du milieu en lequel on vit en Horizon sur lequel on se situe ; un animal sait que vous existez, il vous perçoit et sait très bien que vous êtes un « autre » que lui-même, mais il ne peut pas placer ce « lui-même » sur un Horizon ; il ne faut pas, pour créer cet horizon, qu'il y ait un signe, un mot, un langage, il faut qu'il y ait une structure (dans la cervelle) de conscience qui crée un langage afin que la ligne d’horizon existe en et par elle-même ; dès on ne perçoit pas une ligne d’horizon … on se perçoit à partir de cet horizon, ce qui est tout différent et même carrément Autre.

On se perçoit d'un point tout à fait Autre … De où vient-il ? C'est toute la question. Comment l'analyser, c'est ce qui se déroule depuis, au minimum, la méditerranée (dieu, mono et un tout-autre, christique, raison et pensée et l'être et l'universel, le sujet et la révolution, etc).

On a élargi, ici, que cette altérité est réellement Autre ; ce qui veut dire en clair que la réalité est splittée, séparée, divisée non seulement en son sein mais antérieurement à tout ; il existe un pli et c'est dans ce pli que toutes les réalités existent ; rien de stable ni de figé, nulle part : il n'existe à proprement parler que le mouvement, cad le présent (ça se donne, pour nous, comme et en tant que « présent », de fait très-étrange en lui-même). Et la pensée n'est pas celle de la fixité mais du rapport. Tout est rapport et il faut caractériser ce rapport, en dresser la carte, la carte d'un mouvement. L'être, dieu, les idées, le sujet, etc, n’apparaissent figés que du point de vue extérieur, celui qui, né autour de l'humanisme révolutionnaire, croit que telle ou telle partie du monde joue plus vite que ces « effigies » ou ce qu'il prend pour des effigies ; mais quelque partie du monde que l'on prenne ce ne sera que détermination et donc simplement portée par et dans le mouvement de conscience, mouvement que seul dieu, l'être, le sujet supportent.

Ils sont soit élaborés ou surgis à cette fin, soit révélés tels quels (élaboration ou révélation, au choix).

Dans l’élaboration de dieu, de l'être et du sujet étaient inclus la maîtrise et la mesure (et même l'exigence et la rigueur) mais c'est interprétation matérialisation du sujet qui en repoussant les contraintes et les règles outrepasse la réalité et met en péril la réalité elle-même, ce qui veut dire pour l'espace humaine le monde vivant ; dieu, l'être et le sujet ne succombaient pas aux désirs... les modernes et les transgresseurs et les apôtres de la multiplicité, si. L'interprétation matérialisante du sujet n''est rien que le moi, cad cette sorte de sujet qui ne parvient à définir son être qu'en le finalisant selon le corps, cad selon une supposée et imaginaire satisfaction. Le sujet réel lui, sait qu'il est le candidat de l'insatisfaction structurelle. Et par « matérialisant » il faut comprendre non pas ce qui ne tient qu'à la matière (dont nous ne possédons pas l'ombre d'une intuition immédiate, qui n’apparaît que dans des discours médias (sciences par ex), mais matérialisation en tant que concrétisation des intentionnalités ; tout ce qui est intentionnalisé est réalisé ; la totalité des intentionnalités est réalisée dans le monde ; et le moi évidemment ne s'y retrouve pas du coup et entre en dépression.

Le moi croit donc qu'il sera heureux, que tout ce qu'il est (étant déjà donné en quelque manière) pourra se rendre réel dans le monde donné ; le donné expliquant le donné.

Or c'est faux.

Et son insatisfaction effroyable ravagera donc le monde.

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L'interruption du monde

23 Novembre 2019, 09:40am

Publié par pascal doyelle

Analysons ce qui s'introduit par le biais christique qui vient comme un cheveu sur la soupe et réoriente la totalité parce qu'il réordonne le regard. Il ne s'en prend pas à des masses culturelles ingérables mais simplement à l'attention ; à quoi faut-il faire attention ? Que veut-on vraiment ? Comment le vouloir ? Ce faisant, se positionnant à l'origine (de toutes les intentions possibles) il engage par surprise la totalité des réalisations , en œuvrant selon une orientation absolument inattendue et que l'on ne peut pas comprendre ; qui est ce par quoi on comprend, on comprendra par la suite de toute l’historicité en et par ce biais stupéfiant qui contenait incompréhensiblement l'ensemble.

Que l'on y croit ou non n'importe pas.

Il se trouve qu’historiquement nous naissons de et par ce moment, tandis que toute la méditerranée est secouée par la réorganisation humaine qui passe des mondes séparés au devenir réel (d'un corps absolument réel supposé à la surface du monde unique universel) ; on est juif, romain, égyptien, gallo-romain, teuton, et on aboutira à une religion à prétention universelle, justifiée, qui reprend de plus à son compte toute la raison et tout le droit disponible.

On ne parle pas de l'église, qui est une institution humaine (avec les défauts et qualités de toutes les institutions humaines) mais de la structure, absolue, ce qui veut dire formelle, qui s'est imposée. Historiquement.

Supposer qu'il ne s'est agi que d'une composition hasardeuse ou idéologique est une absurdité. Ou plutôt on peut tout à fait croire que l'humain se constitue de bric et de broc et qu'il n'existe aucune unité intrinsèque ; nous serions causés du langage, de l’histoire particulière de chaque groupe, selon l'adn ou selon des regroupements de puissances diverses et de domination. Tout cela est vrai,  ce sont des réalités, mais ça n'est pas le mouvement qui conclut et porte plus loin n'importe quelle détermination, domination ou composantes biophysiques que l'on voudra.

Ce que l'on présente c'est donc qu'il y eut une actualisation, forcée, externe et s'imposant partout puisque s'instanciant avant toutes les autres intentions (qui se vivaient naturellement, immédiatement dans tous les mondes humains qui croyaient en leur auto-perception, pour ainsi dire), et une actualisation qui jouant sur le point de rupture, d’engagement, d’articulation modifie plus que profondément, cad absolument, formellement, l'attention que l'on porte aux autres, aux choses et à soi.

Les grecs ont interprété cette rupture de structure comme métaphysique (la pensée distingue, tout), le christique, bien plus profond, comme Intention (de même que dieu), et ensuite on parvient à isoler cette interruption de la réalité, comme sujet cartésien, comme négativité hégélienne, comme, enfin, intentionnalité husserlienne et doublé par cette précision sartrienne de internationalité « pour rien », vide, formelle (et non pas idéaliste, vers un « savoir » de raison ou idéel) ouvert sur le monde, les autres, soi et son existence, et Lacan ouvert jusque par et dans un corps-autre.

Du reste ni l'adn ni la « pensée » (qui est déterminée) ne sont capables en eux-mêmes de réagir suffisamment rapidement et précisément ; c'est pour cela que l'intentionnalité, l'intentionnalisation a produit le langage ; pour proposer des signes (indéfiniment malléables et adaptables) afin d'ajouter à l'adn et donc afin d’augmenter le langage lui-même ; on ne fonctionne pas selon le langage mais selon l’utilisation des signes (qui s’utilisent afin de rebondir bien au-delà, parce que l'on adresse ces signes, les envoie vers l'horizon donné, l'horizon réel, le réel de l’horizon).

Donc il est présupposé qu'il existe une unité, indépendante des compostions ; ce qui permet de saisir pourquoi même si il existe une diversité de langues et de cultures, il est une seule « espèce humaine » et même pourquoi dans le même temps et bien que nous ajoutions à l'animal, au vivant un niveau autre nous sommes absolument nous-mêmes des vivants. La diversité est si étendue que l'on ne peut a priori supposer qu'une unité formelle, autre, autre que telle ou telle détermination et il faut dès lors une théorie de cette distinction formelle.

En somme l'arc de conscience, l’intentionnalité qui se déploie toujours, toujours, dans l'actualité, actualisation, la temporalité arrêtée, dans un champ de perception réel et présent, absorbe tous les niveaux précédents (atome, adn, vivant, perception) et même jusqu'à la contredire, écraser, au sens d’écrasement des données informatiques, de recouvrement, et en l’occurrence pour les temps à venir d’anéantissement de tout le vivant (nous y compris.

On enquête donc sur ce qui nous distingue (de fait nous distingue de tout le reste). Soit on en admet la bizarrerie (aléatoire), soit on en considère l’étrangeté (relevant d’une dimension en propre). On choisit la dimension en propre. Ce qui n’empêche pas que tout soit très bizarre quand même.

 

Il fallut donc très longtemps pour que la formulation christique du réel s'instaure dans la réalité. Le sommet de cette réalisation est bien évidemment la révolution française qui lie absolument la liberté et l'égalité, comme horizons régulateurs (pour reprendre Kant) et ayant, ainsi, réinventé ce que créèrent les juifs, à savoir la nation (tout comme les musulmans se destinent vers l’oumma). La nation est la réunion, politique (et non pas raciale ou ethnique ou ni même historiciste, juste liés par des expériences communes), la réunion politique d’individus qui par là se transforment en sujets. Ils existent nominalement et les uns pour les autres et en eux-seuls en tant que volonté, décision, intention ; la révolution ajoute aux réalités (aux groupes) une dimension en plus et cette dimension en plus si elle n'était livrée qu'aux libertés elle ne parviendrait pas à se vouloir (elle voudrait ou désirerait des choses du monde, comme on le voit aux Usa) ; elle n'admettrait pas une mesure à sa puissance et dès lors ayant à charge de comprendre de quelle mesure il s'agit et pourquoi la liberté doit se concevoir ; non pas l'empire anglo-saxon ou américain mais l'esprit qui essaie de se supposer, de se concevoir lui-même.

Rappelons que le christique est la reprise de l'Intention. L'intention est le un tout-autre qui existe hors-monde et hors humanité (dieu, autrement dit). L’intention christique, pareillement mais ici dans le monde, dans et par un corps, vient nous instruire que l'on doit vouloir et décider sa propre vie. On n'attend pas d'être un héros grec ou de penser pour être diviniser ; chacun est infini de fait et structurellement, et ce sera donc le plus méprisé de tous, le réprouvé, le christ, qui impose que le plus petit est le plus grand, que ça se localise, le réel, en celui-ci. Dès lors si l'intention n'est plus seulement celle de dieu (hors-réalité) mais ici même dans un corps et un seul, alors elle est absolument, cad formellement, plus précise et plus concrète. De cette ouverture on ne se remettra pas (à moins de l'oublier et de s'anéantir donc) ; elle nourrira tous les récits, littératures, poétiques, esthétiques, etc. le christique rend possible l’élaboration d'une hyper-intentionnalisation (tout comme la pensée grecque a permis une sur-intentionnalisation, par dessus le langage et la perception du groupe humain).

Chacun est à lui-même sa propre intentionnalité et personne, dans le monde, dans la hiérarchie de l'humain, dans l'antiquité et ses catégories, ne peut plus être jugé (sinon relativement selon le monde évidemment, auquel on n'appartient plus seulement ; il y a un réel en-plus, une intention hors de la réalité). Par contre si par ceci je dois ou puis être libre, ça ne sera pas à ma discrétion ; on ne peut pas se donner à soi-même la liberté ; on l'existe et de cela ne m'appartenant pas elle n’appartient à rien qui soit au monde ou selon le vécu ou le corps ; elle me confère la structure de sujet ; le rapport qu'elle est, est toujours autre ; autre que soi, que tout, que tout autre, etc et il faut le un tout-autre pour s'installer à sa mesure, ou donc le christique qui par son pardon nous renvoie toujours à notre possibilité ; on ne peut pas juger, objectivement ou selon la loi (comme le judaïsme), une intention ; on lui demande bien plutôt « que veux-tu vraiment ? »).

ce laps du réel créé par le christique est plus grand, en lui-même, que le laps de l’universel grec (et donc il contiendra tout le grec et le romain) ; il prend pied à rebours de plus loin ; il est plus éloigné dans l'antériorité ou plus décalé si l'on préfère et donc permet une plus grande perception, et d'intégrer quantité de possibilités (relatives à la vie individuelle, personnelle, cad tout).

« Ni homme ni femme, ni riche ni pauvre, ni esclave ni homme libre, mais tous un en christ ». Ce qui abolit l’ensemble de toutes les distinctions communes durant l'antiquité et promeut la pauvreté, les femmes, l'abstinence en particulier sexuelle, abandonne même la famille. Il faut suivre le christ et non pas ses parents, le christ et non pas sa communauté, etc ; le christique est en soi extrême et extrêmement dur, difficile ; tout ne prend valeur que dans et par le christique, par ce biais qui envahit tout, qui origine tout, ce qui est après tout logique ; sans lui rien ne serait et puisqu’il est le chemin, la vérité et la vie, et qu'il existe au bout du vécu de chacun ; il est hors la mort, ce qui veut dire qu'il perçoit de la naissance à la mort, tout le vécu (il doit être mort et pas-mort à la fois, puisque c'est de là que l'on perçoit, toujours) ; point de vue par lequel chacun sera en mesure de transformer sa vie en Existence, ce que cherche Sartre par ex, mais aussi ceux qui s’inquiètent psychanalytiquement de leur propre moi, de son expérimentation vécue, de ce corps évidemment, sur lequel sont inscrits les signes, la mémoire, dont on ne sait pas trop quoi faire en tant que moi-même.

Bien sur pour nous le « un en christ » ne fonctionne pas trop ; parce que, depuis, Descartes a réinstallé le sujet en et par non pas lui-même mais ici même et maintenant. Il ne l'a pas installé par lui-même parce que l'on ne possède pas la conscience que l'on est ; on ne la possède pas non par manque ou défaut, mais parce qu'on l'existe. On l'existe veut dire que « c'est par là que l'on perçoit ». que l'on perçoit tout. Il n'y a pas d'autre perception que par là. Et Descartes la découvre ici même, cad sur l’étendue du monde (qui acquiert ainsi une pareille étrangeté). Depuis nous existons encore dans le même cadre ; puisque Descartes n'invente pas un « sujet », il décrit un être et un être spécifique qui n'en est pas un, qui est un rapport; donc qui n'est pas mais existe, se meut et n'existe que par et pour ce mouvement.

On ne sait pas ce qu'il veut, ce mouvement. Et on ne peut pas l'objectiver ; puisqu’il est le mouvement à partir duquel on produit tous les autres rapports. Il ne rentre dans aucun rapport et il est à lui-même sa propre intuition mais qui ne contient rien. Or pourtant il va décisionnellement établir son programme ; instantanément. Le christique énonce tout ce qui borne, limite, rend admissible le possible. Ce qui veut dire que si on ignore ou néglige les cadres établis du christique on redescend ; on ne mènera pas les intentions qu'il faut, les intentions capables d'ouvrir encore plus le réel. On peut créer, une morale, ensemble, ou une éthique, individuelle, ou une œuvre (esthétique, un récit ou une poétique, etc), une théorie ou une représentation ou une philosophie, mais si on n'admet pas l’universel grec ou l'universalité christique, cad celle qui transforme tout moi en sujet (infini, non fini) on déchoit ; on énonce mais cet énoncé est limité, relatif à une communauté, un moment, un horizon limité.

Une éthique ou une œuvre qui ne s'adresse pas à l'intention de l'autre, d'autrui, ou du grand autre, tombe, vers le bas. Si l'on s'assujettit pas à l'universel grec ou à la perception esthétique ou à la pensée, ça descendrait vers le bas, vers le monde, dans une formulation qui certes s'obtient par intentionnalisation (nous sommes intégralement intentionnels ou plus exactement c'est l'intentionnel qui modifie les signes ; aucun langage sans intentionnalité assurée) ; si l'on ne s'assujettit pas on perd sa structure de sujet ; parce que le sujet est « ce qui est capable de ».

On a vu qu'il est impossible de comprendre ce dont le sujet est 'en soi' capable, ce dont il est la potentialité, puisqu’il s'agit du sens même de tout l'exister (autant que l'on en peut juger, en ayant depuis 3000 ans, et plus, exploré toute la dimension par nous accessible) et que d'autre part dans le monde, le vécu ou le corps, la perception on est toujours trompé puisque rien dans la réalité n'admet le réel, la structure (et que donc toute énonciation ou démonstration ou monstration renvoient à la structure même et vaut d'abord par elle, raison pour laquelle tout passe par le christique ou par la vérité ; cela signifie que l'on ne peut pas « décider » de la vérité mais qu'une fois admis le principe de la vérité il y en aura plusieurs en cours d'expérimentation, ou que l'on pourra, bien qu'il y est un seul sujet, on pourra élaborer des résolutions distinctes ; ce qui veut dire augmenter les signes qui orientent le regard ; il faut saisir qu'il ne s'agit pas d'abord de créer une subjectivité (qui est impérative si l'on veut se tenir de son corps, cad de cette vie transformée en existence) mais d'élaborer la structure qui sera prochaine. Lorsque l'on se vivait selon la royauté très chrétienne on n'avait quasiment pas idée de la révolution qui pourtant aller venir et remplacerait dieu par l'homme et l'inégalité de principe par l'égalité.

La structure est une suspension du jugement et le renouvellement de la décision. Elle agit en considérant les effets probants, manifestes, explicites, constatés dans le donné, le vécu, le monde, constatés et éprouvés et commence de percevoir au-delà des bornes de tel moment. Elle projette de soudaines intentionnalités mais inspirées par le structurel et organisées par l'altérité ; non pas l'altérité de tel ou tel autrui, mais l'altérité en soi, l'altérité comme système formel. C'est ce système formel qui entre en jeu par le christique, Descartes ou Rousseau ou Kant, Sartre ou la révolution. Système qui ne désigne personne en particulier mais la structure sous-jacente. Qui, entre autre, rend possible qu'il y ait par exemple des personnes, des groupes, des vérités, des esthétiques, etc.

C'est en ce sens que le christ dit ; soit les relations humaines existent (parents, communauté, etc, ou ce corps lui-même ou que vous ayez une vie, un vécu), mais dès lors tout cela ne vaudra que de passer par moi. Pareillement vous appartenez à telle communauté ou ethnie ou relevez de tel héritage (effectif ou psychologique, etc) mais c'est d'être citoyen qui donnera un horizon compréhensible à n'importe quel acte et vous supposera comme libre, assumant celle-ci en tant qu'égalité potentielle.

Rappelons que l'idée maîtresse n'est pas une idée (qui serait définie et donc définie selon telle ou telle partie du monde ou du vécu, comme le marxiste par ex qui préinstalle le besoin et non pas le désir indéfiniment multiple du libéralisme), mais comme principe ; qui ne se réalise pas comme tel mais qui « cause des effets » et les effets causés par le principe liberté-égalité se constate précisément par la possibilité qui nourrit les vécus effectifs et bien réels. Loin de n'être qu'abstraites liberté et égalité fournissent du réel, quantités de réel, de vécus, de corps. Au même titre que les sciences et les technologies rendent possible le possible, les principes-idées poussent le réel au-devant. Le droit, l’État, les récits, les esthétiques et poétiques (qui créent des champs de perception à usage de l'individualisation) se révèlent tout aussi efficaces que les sciences... c'est la même structure, la même réflexion du réel vers lui-même qui produit toutes les réalisations.

Sans doute on prétend s'émanciper de la religion, du christique, du sujet, de la raison, de l'universel etc, mais c'est une absurdité ; on ne va aboutir qu'à abandonner le structurel pour telle ou telle partie de monde, de vécu ou du corps. Qui ne suffiront absolument jamais à satisfaire une illusion, une imagination emplie du structurel qui se prend pour cette partie du monde mais qui en tant que tel, en tant que structure, ne peut se réguler que de sa propre considération, ontologique ; et autrefois métaphysique, mais on a élargi celle-ci depuis Descartes et Kant, elle a été élargie et pas du tout limitée. Kant voulait et avait bien compris qu'il ouvrait considérablement la pensée en recadrant ce que par « pensée » il devait signifier.

Mais le réel est, évidemment, bien plus grand et tout à fait autre que toutes les réalités qui sont ses effets. Pense-t-on vraiment que le réel se limite à cet univers, qui aussi gigantesque qu'il puisse être, n'en finira pas moins par disparaître intégralement ? De tout il ne restera absolument rien ? Et lors même que cet univers renaîtrait de ses restes, une autre variante, ce serait à nouveau et encore pour s’abîmer dans le néant, le rien-du-tout ? Plaisanterie.

La question est donc ; comment cela existe-t-il vraiment ?

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