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instants philosophie

Sens du mouvement, cad du présent

30 Décembre 2018, 17:02pm

Publié par pascal doyelle

Lorsque l’on tombe dans le monde, on ne s’en relève pas, parce qu’il n’est de réalité que les réalités, les choses déterminées, tandis que le point de vue par lequel on les perçoit lui ne l’est pas, déterminé.

C’est dans l’indétermination absolue du point de vue, que se définit la philosophie, élaborant la description de ce lieu, unique, à partir duquel le reste apparait. Le reste apparait puisque la conscience est une structure intentionnelle et qu’elle crée le champ de perception adéquat. On perçoit dans la dynamique d’une re-construction du donné là ; de sorte que l’on ne reçoit pas les datas, ou plutôt on ne perçoit les datas que dans le champ significatif d’une reconstruction ; le lien global est évidemment le langage, mais le langage en tant qu’il est lui-même séries de rapports (cad de signes ; ce qui fait signe c’est le rapport et le rapport premier et dernier (entre lesquels les autres rapports, signes, existent) c’est l’arc de l’horizon tel qu’il se crée d’une intentionnalité de conscience ; laquelle se lance à partir du corps.

Si l’on n’affecte pas l’arc de conscience à un horizon, on le perd dans les séries en nombre indéfini, d’intentionnalité, espérant, la plupart du temps, que les intentionnalités révèlent un contenu supra sensible, une idée, une substantialité qui fixerait l’intentionnel ; ce qui n’arrive jamais ; tout contenu est pris-dans l’arc de l’intention et celui-ci en s’adresse pas du tout à un super contenu ou une finalité intérieure, mais bel et bien  à l’horizon tel que donné là. Par exemple la psychanalyse nous convainc que l’intentionnel ne dépasse jamais le corps ; tout ce que l’on croit quant au moi que l’on est, par ailleurs, revient au corps, mais évidemment un corps-autre, une autre-surface du corps ; c’est parce que l’on écrit, par des signes, sur le corps que celui-ci est pris-dans le champ de conscience ; mais si l’organisationnel, l’organisé de ces signes, est effectivement la consistance, l’apparaitre (une consistance qui est effectivement matériellement dans le corps, jusqu’au physiologique), tout signe reste et demeure pris dans ce que l’arc de conscience crée, et cette création est n’est pas close ; la psychanalyse tend à valider la clôture de notre être (sous la forme du moi, on y reviendra), et donc à nier la liberté et le champ nommé autrefois spirituel ou idéel ou intérieur ou de création, mais en fait il ne faut pas inverser les raisons ; c’est parce qu’il existe un champ perceptif qu’il existe un langage et il existe un champ perceptif parce qu’il existe un arc de conscience qui sort, littéralement, de la cervelle vers-le-monde et re-vient vers le corps.

Si l’on affecte l’arc de conscience au corps, on institue ce corps comme horizon, mais on cesse de situer l’horizon du réel (le réel devient l‘impossible de Lacan, tout cela est très cohérent). Or de fait un horizon réellement existe et on le sait ; on le voit c’est l’horizon qui délimite toute réalité (que ce soit le bord du monde ou le bord de l’univers) ; et la question est qu’est-ce que l’on instancie comme Bord définitif ; on propose ici que ce bord (de tout) soit le présent. On peut bien définir ceci ou cela comme horizon (et il est vrai que le corps est un horizon bien spécifique et en soi infini ; on rappellera que tout être vivant se signale de ce qu’il existe un intérieur et un extérieur, via l’unité de chaque vivant, ou la peau, la sensation du propre), mais l’arc de conscience, de sa capacité indéfinie, seul peut situer l’horizon premier et dernier ; qu’un réel il y a.

Il a conscience non seulement de lui-même comme conscience (comme rapport du rapport même), mais de ce fait il peut se rapporter au donné tel que « là » ; non seulement qu’il existe l’être et qu’il existe le néant, comme on disait autrefois, mais étant rapport purement vide, cad formel, il connait-déjà l’altérité. Il est déjà-autre, et comme cette altérité est sue selon la structure formelle, il ne sait pas l’identifier … puisqu’elle n’a aucune identité dans le monde. Ce qui revient à dire que l’expérimentation de la structure est en elle-même, cette expérimentation, une intuition strictement formelle ; il n’y en a aucune correspondance, et même, si l’on se fie à l’hypothèse, cette intuition du formel est toujours-déjà cela à partir de quoi on perçoit le reste et même on ne perçoit réellement que cela, que la forme seule, de sorte que tout le reste nous semble épouvantablement étranger.

 Ou si l’on préfère tout le reste se situe dans l’arc de conscience, dans l’horizon réel que seul l’arc appuie et cet horizon n’est nullement idéel ou spirituel ou intentionnel au sens de Kant ou de Husserl, mais est cet-horizon-là ; l’horizon réel donné « là », le présent, le présent est le Bord immédiatement selon le temps et est l’exister instantanément selon la structure, le Bord de toute réalité. Ce qui ne se borne pas à simplement dessiner qu’effectivement il existe un horizon, mais que cet arc-dans-l’horizon est articulé, et tendu, comme un ressort. Étant entendu que le réel est précisément ce qui doit rendre possible une structure dans la structure. L’objectivité, que l’on doit qualifier de structurelle, soit donc celle qui se déplie depuis la méditerranée, et qui ne se trompe jamais ; en ceci qu’elle indique à chaque fois le nord ; lorsqu’elle use de l’être, du christique, du sujet, de l’altérité, et comme elle ne correspond à rien qui soit du monde, il lui faut pour se tenir par-dessus n’admettre que la structure du réel ; et c’est cela qui se voit via les idées, qui confinent à la pensée de la pensée ou au Un, au sujet qui nous vient du regard de cet Autre qu’est le christique, ou qui intègre l’altérité du regard jeté sur soi cartésien (et positionné par Descartes comme autre que nous-même, nous nous situons sur l’étendue du monde et il nous est possible alors de rassembler toutes les positions, hégéliennement et de visualiser notre position propre dans le monde, kantien) ; ces descriptions sont les comptes rendus de cette exploration par laquelle nous nous tenons de plus en plus sur le Bord ; le Bord est amené à être de plus en plus précisément localisé (en dernier lieu selon le corps lacanien, la conscience sartrienne, le présent ontologique, cad l’exister plus grand que l’être).

Il apparait que ceci constitue la mystique, la mystique, de l’occidentalisation qui analyse la pointure dans le réel entre notre « être » et la réalité ; par quoi il apparait, donc, que notre être est une structure (un mouvement, un rapport) et que la forme du monde, du donné là, des réalités, est le présent (de là qu’il soit impossible de trouver Une Réalité qui les résumerait toutes ; le Un des réalités n’est pas une réalité ou un être des êtres, mais est une forme et cette forme est absolument ; elle est le présent qui « entoure » toutes les réalités ; ou comme dit ici, le présent comme forme de tout ce qui est ; et cela veut dire que ce présent est peut-être une dimension, cad que le présent se continue peut-être « en plus » ; et de cet en-plus nous ne disposons que de ce présent comme acte ou arc réel (notre conscience étant elle-même prise dans le présent et son actualité brute).

On a donc quitter totalement le champ limité de la « raison » puisque de fait elle n’a jamais été qu’un moyen ; le moyen de tenir et de ne pas lâcher la structure dans son champ bien plus vaste ; si Kant ou Hegel ou Nietzsche ou h essaient de penser l’esthétique, le poétique, l’historicité, c’est parce qu’ils commencent de disposer d’une bien plus grande capacité d’expérience et de relativisation de notre « être » (depuis Descartes qui origine autrement la pensée, dans une structure et plantée sur une « étendue » qui deviendra l’altérité de N H S et Lacan, mais aussi de l’étendue comme monde et historicité marxiste, ou comme naturalité scientifique mathématisable, etc).

La réintroduction des expérimentations (esthétiques, poétiques, éthiques, politiques, humanisations et personnalisations, sujets et corps) dans le champ de la pensée, veut dire que la pensée n’est plus réflexivité métaphysique seulement (visant à organiser un discours qui rend compte de l’être comme, supposément, système), mais est réflexivité ontologique et qui a commencé depuis longtemps, cartographié son champ de plus en plus complet (jusqu’au corps de Lacan). C’est simple si l’on se fie à ce que l’on voit, le Un ou l’être s’imposent comme « objets » mais si on s’en détache le Un ou l’être se proposent comme limites et limites qui re-viennent vers nous ; et c’est ce retour qui est réellement pensé.

Et comme il est LE retour c’est effectivement lui qui est permet de penser les réalités. C’est parce que l’on tient le bon bout que l’on étend l’intentionnalité comme intentionnalisations cad comme universel et universalités, catégories,  mathématisations, et surtout comme perspective unique qui regarde, perçoit, décide, imagine ; il est le retour puisqu’il est le re-tour, le nouveau tour, ce qui puise dans l’indétermination maintenue pour renouveler toutes les possibilités ; et comme tel il ne construit pas une vision, un monde humain en plus des autres mondes humains, mais atteint la base même de tous les mondes soit donc le monde tel que donné « là » ; pareillement il ne couvre pas le corps d’un entrelacs de signes, mais amène à lui le corps donné, le vécu le plus immédiat et surtout il doit créer, inventer, déployer les possibilités du moi ; du moi comme invention, puisqu’auparavant on disposait d’un rôle (homme/femme, esclave/libre, patricien/plèbe, etc) et sans doute existait-il des héros, mais non pas que chacun soit le héros de sa propre vie ; il fallut le christique pour que chacun soit appelé à exister à ses propres yeux ou plus exactement au regard de celui-là-qui-seul-ex-siste et vous tire hors de la matérialité ou des intentionnalités déjà emprisonnées dans les parties du monde ou les signes de l’ordre du groupe.

C’est ainsi tout une réalisation humaine et humaniste et universelle et individuelle, personnalisée, personnalisable fut rendue possible ; afin que chaque corps soit aussi réellement distinct et tout-autre ; et que s’éprouve ce qui se révèle par ex par Heidegger ou Kierkegaard ou Sartre ou Lacan (etc), à savoir le creuset individué que signe la structure ; chaque structure de conscience est parfaitement identique et parfaitement distincte de tout autre ; que la distinction soit alors numérique n’est pas une négativité ou un amoindrissement mais au contraire le parfait exemple (que l’on puisse connaitre) de ce que distinctivité qui gouverne la totalité du réel, signifie.

Comme la réflexivité n’a plus pour fin seulement d’ordonner le discours (passage de la métaphysique des idées, cad des intentionnalisations, vers l’ontologie de l’arc de conscience), alors la finalité de la réflexivité est d’organiser l’acte de conscience ; de mesurer et de signifier, de remplir de signes les tours et détours de cet arc. Il s’agit de poursuivre jusqu’aux extrêmes les lignes ontologiques possibles ; d’éprouver les zones étranges que dégage l’arc de conscience lorsqu’il maintient la puissante structure de l’indéterminé ; il est bien évident que constamment l’arc, qui est le réel, doit tenir dessous lui, les réalités, les perceptions (esthétiques par ex et au plus loin), les pensées et représentations (et acculturations), les vécus et le corps … De là que sans répit aucun il travaille les réalités ; il crée des acculturations (qui ne sont plus des mises en forme culturelles, des mises en forme de monde humain chaque fois particulières).

Cette continuité ne se voit que dans la perspective unique et réelle ; celle qui re-prend dieu, la pensée le christique, le sujet, l’altérité. Qui le reprend, serait-ce sous la négation.

Si le mouvement recélait un contenu, une détermination (sous la forme d’une super détermination ou d’une consistance imaginée ou raisonnée, des mathématiques par ex), il y aurait un monde dans le monde, un donné dans le donné ; or cela ne se peut. Donc dieu existe peut-être mais pas sous la forme d’une substance ou d’une consistance ; si il existe ce sera comme mouvement.

Ce qui veut dire que l’on ne retrouvera rien de ce que l’on connait et que le mouvement par delà sera la continuité de ce mouvement-çi. Une chose peut être remplacée par une chose mais le mouvement ne peut pas se substituer ; l’indéterminé est unique. Et puisqu’il nous rend tous un par un, l’unique est cela même qui existe. Le réel plus grand que lui-même, les infinis dans l’infini.

Aussi la structure recrée-t-elle la réalité ; sitôt qu’elle parait (cad se signifie pour quelques arcs de conscience d’abord) elle s’attaque au donné là ; chacun de ses pas soulèvera les réalités ; et lorsque l’on parvient aux mois, chaque moi est déchiqueté par la structure de sujet. si l’on veut la structure est ipso facto universelle, sauf que par « universel » on doit finalement entendre tout autrement que selon l’universel modal qui se situait dans le champ de conscience, sous-entendu « le champ de conscience est plus grand et plus réel » que l’universel, mais alors quel est-il ?

Il faut remarquer que l’on est, que l’on ex-siste ce champ tel quel et que l’on ignore « ce que » il est puisque justement il n’est pas ;  on ne se contente pas de reprendre la phrase de Sartre « notre être est ce qu’il n’est pas, n’est pas ce qu’il est » ; on dit que Sartre a expérimenté exactement la Même structure de fait et pareillement jusqu’é Descartes (puisqu’avant Descartes l’intentionnalité ne se retournait pas sur son être « là » mais s’attachait soit à l’être universel, pensé, ou à dieu, comme regard, intentionnalité hyper-intentionnelle, tout comme la pensée grecque est surintentionnelle, par-dessus le groupe et le commun ; hyper-intentionnelle puisque l’on ignore les raisons, les causes, les idées que recèle dieu, tandis que la pensée grecque se doit d’expliciter les intentionnalités, les idées qui conduisent soit aux idées elles-mêmes, soit aux réalités perçues et par idées en elles-mêmes cela signifie « déplier les intentionnalités qui explicitent » qu’il y ait un être, au moins, qui pense et comment et pourquoi et pour quoi, autrement dit l’intentionnalisation en plus (du groupe) doit s’organiser et valoir en et par elle-même, qui sera, ensuite, reprise dans la description ontologique à partir de Descartes et existentielle jusqu’à Lacan). Et on ignore les pensées de dieu, c’est qu’il s’agit d’instaurer une tout autre unification ; celle intentionnelle qui préexiste aux représentations (toutes les représentations) et réclame l’on soit perçu, et perçus selon le renouvellement du groupe (le judaïsme) et l’apparition du corps (le christique). Tous se voient (comme une seule nation, d’une intentionnalité qui n’est pas dans le monde, qui a créé le monde mais veut ajouter au monde donné cela qui n’y est pas et dont il nous charge, ce qui est littéralement l’idée de nation, au lieu du chœur des volontés individuelles vers la volonté générale, il existe un seul, indéterminé, qui suscite ) mais via dieu seul, et chacun se voit mais via le christ, ils le voient (son corps crucifié) et ils sont vus (par celui qui crée leur âme  dans la mesure où ils s’accordent au point extrême, celui par lequel on se voit mort, tout contenu vécu étant re-mis par l’intentionnel pur).

On voit donc que s’est engagé depuis longtemps ce qui, pour nous, semble à ce jour si « naturel », qu’il y ait humanisation et personnalisation et chacun son « moi » et son vécu, mais qui en fait a été construit et construit non sur des parties de monde, des déterminations, mais sur et par des tactiques formelles et des stratégies intentionnelles, exigeant que chacun se transforme sujet ; autrement dit comment organiser, gérer, planifier, prévoir ce que par vécu chacun attend ? Ceci pose si crument la possibilité même qu’il y ait un avenir de l’espèce humaine que finalement on doit présenter qu’effectivement il dépend de ce que vous attendez de la vie, qu’il y ait ou non un avenir de la planète.

Ce qui se juge c’est absolument, cad formellement, la forme de l’arc de votre conscience ; quelel valeur présentez-vous dans votre structure de conscience ?

On dira ceci ; il ne s’agit pas de croire en ceci ou cela (bouddha, jésus, l’esprit hégélien, le surdivin rimbaldien, la Volonté ou le sujet de Lacan), mais de croire en tout, puisqu’il n’existe qu’une seule forme de conscience (la forme est, existe indépendamment des contenus, on se demande pourquoi cela n’a pas frappé l’esprit de chacun, qu’il y ait mile milliards de contenus et une seule manière d’avoir conscience-de (que donc il existe une forme séparément de tout contenu, même si toute conscience est forcément signifiante ; croire que cette signifiance commandite la forme même qui demeure invariable dans toutes les variations, veut dire que la forme n’est pas atteinte par ses contenus ; c’est donc une pensée magique qui voudrait par ex que ceci soit « ma » conscience, la conscience fonctionnelle d’un être qui se rait « moi », alors que c’est la structure qui rend possible qu’un moi ou quelque autre, il y a)  et elle existe indépendamment parce que précisément elle ex-siste ; l’exister est plus grand que l’être, l’indétermination formelle de l’exister est plus grande que tout monde, quel qu’il soit, que tout vécu, que tout corps). 

En conséquence toutes les extensions de structure sont vraies ; puisqu’il ne s’agit nullement de télécharger (pour ainsi dire) un contenu adéquat mais d’activer cette structure çi qu’est votre conscience ; que vous en passiez par Bouddha ou par le Christ ou par Descartes ou qui vous voulez, l’important est l’activité elle-même (et donc sa sincérité, voir pour cela la qualité de « sincérité » hautement problématique, en ceci qu’il ne s’agit pas d’une volonté consciente, qui se fonde sur le contenu encore une fois) mais d’une intentionnalité en faisceaux et en réseau/réseaux, l’horizon intentionnel reculant sans cesse ;  et pareillement, selon la même logique, il serait même préférable de suivre les lignes variantes, prenez l’exploration selon Bouddha, Rimbaud, Nietzsche, qui l’on voudra ; aucune des explorations ne peut épuiser l’arc lui-même ; l’arc arcbouté au présent, qui est l’exister plus grand que l’être,  qui est (hypothétiquement) la Dimension (qui s’introduit dans le monde connu, cet univers, en tant que présent et comme une ouverture vers le réel au-delà qu’il re-présente ici même et qu’il crée, tisse, au fur et à mesure, le visage du Un se s’oriente et se désoriente, se plie et se déplie, sous nos yeux pour ainsi dire, au sens où notre regard même qu’il faut convertir et élever non dans la volonté seulement mais plus profondément dans l’intentionnalité, dans l’intentionnalisation comme processus.

Or le problème est que l’on ne peut convaincre l’intentionnalité de l’extérieur ; elle doit se convertir elle-même. Et ainsi il était inscrit que la responsabilité entière, non découpable, nous reviendrait ; ce que nous deviendrons nous jugera. Et si nous disparaissons, c’est de n’avoir pas su dresser la cartographie réelle de l’intentionnalité légitime, organisée, élevée, stratégique. Ne bref nous nous sommes laissés berner par la facilité ; au lieu de situer le centre du corps dans le champ perceptif comme structurel on a remis les clefs de notre esprit à la jouissance ‘supposée, imaginaire) du corps donné ; non sur la surface-autre du corps mais dans l’illusoire « mystère » de la profondeur jouissante, laquelle n’existe pas et est seulement imaginaire, soit donc l’image dans le miroir mais non le miroir lui-même.

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La question de la vérité

22 Décembre 2018, 13:04pm

Publié par pascal doyelle

Il n’y a pas de question de la vérité, à proprement parler, mais la vérité est le moyen du réel, que le réel avance. Il n'aura échapper à personne que le présent existe, que le présent est cela même qui existe (tout le reste est), et qu'ainsi quelque réel doit advenir dans le présent.

Il y eut une telle question lorsque la tenue du discours était métaphysique (on cherchait des idées, des concepts qui contiendraient les choses, et les êtres, dont on a dit qu’elles consistaient ces « idées » en intentionnalisations qui passaient outre le langage et le savoir commun du groupe, et donc que l’intention en serait surintentionnel et en appellerait à l’expérimentation individuée, celle qui perçoit tel quel le monde donné là, le « là » du monde est l’être, le « là » en dessous de tous les mondes humains, qui n’est visible que d’une intentionnalité qui accroche le procédé nommé  « l’être » à cette perception dimensionnelle, idée est juste le nom de cette intentionnalité, sans laquelle idée le réel « être » ne serait pas perçu et donc les grecs prirent, avec raison, confiance en cette capacité, divine, de voir ce qui ne se voit pas). Mais sitôt que Descartes parut, et dès lors, il s’est agi d’autre chose et autrement.

Il s’agissait toujours, avec Descartes, Kant, Hegel, d’établir un discours mais un discours qui rend compte de la difficulté interne au réel ; qui a pris nom de « sujet » ; lequel s’est révélé bien plus étendu et surtout retors que de simplement se situer comme sujet face à un objet (le sujet grec se délaissait, avec joie, dans son objet immense). Il faut donc lancer un discours tel qu’il recouvre l’expérience, l’expérience de « sujet » ; cette structure que décrivent Kant, Hegel (qui se dégagent peu à peu des idées, des systèmes d’idées, des concepts, c’est cela qu’ils opèrent ; ils expulsent le sujet, le purifie), Husserl, N et H (imaginaire du surhumaine et de l’inhumain) jusque Sartre et Lacan (dans leurs analytiques comme Husserl). Le caractère retors du réel, que découvre l’émergence du sujet (origine de la pensée), manifeste la torsion qu’est un « sujet » et ce sujet est lui-même instancié comme le réel même, à savoir comme le présent ; le présent est la torsion dont est constitué le réel.

de sorte que l’on a abouti à une vision à peu près correcte de cet être étrange qui n’est pas un être et donc ne rentre pas dans un concept, une idée ; son idée, son idée réelle qui n’en est pas une, est une structure ; comme telle elle existe mais comme telle elle est universelle ; ce qui revient à dire que toute conscience est parfaitement égale et identique à toute autre conscience (dans leur forme unique, il n’y qu’une manière d’avoir-conscience), et cependant à chaque fois une et autre que toutes les autres, puisque … tout dans la réalité est absolument autre que tout. Cad distincte (il ne faut pas comprendre « autre » comme un n’importe quoi, mais comme une distinctivité ; seul ce qui est distinct est autre, sinon c’est juste de l’agrégat, lequel n’existe pas, nulle part, même les micro composants de la physique sont distincts, on ne parvient pas à l’indistinction basique, il n’y a pas une « matière ou énergie » de base uniforme, ce qui, entre nous, laisse penser que tout est tourner, ; pour prendre une expression plotinienne, vers le devant, vers le possible, le « ce qui viendra », de là qu’il y ait un présent).

si il n’y a pas une vérité qui se tiendrait là posée sur le sol, il est une forme qui se-sait et ce se-savoir est le sujet ; non plus cela qui est ce qu’il est, mais ceci qui a rapport à soi (dans lequel rapport le soi n’est pas un soi, une identité, un être déterminé, mais est le rapport lui-même ; l’arc de conscience est cet être qui a rapport à (soi) et donc échappe aux déterminations, il lui est possible de les faire défiler par ex).

ce se-savoir ne trouve pas des vérités (qui existeraient où ?) mais les crée, et il les crée réellement ; ce qui veut dire que le cheminement qui explore et crée, engendre vraiment un réel. C’est bien en cela que le devenir est angoissant ; on crée, réellement et qui vaut pour toute possibilité, un réel ; le dit réel se délibère, et il se libère en ne cédant pas sur sa structure ; d’un état inerte on ne se souviendra pas, qui tombera dans le monde. Et le sens du monde dans son historicité c’est bien celle-ci que ça se ramène au corps ; au corps individuel. Et le corps individuel en tant qu’ile st créé au-devant de lui-même. Ça n’est pas seulement que « corps » veut dire « individué » (cad distinct, séparé par la peau, séparé de tout le reste : tout le reste …) mais signifie que « ça vient d’en-avant ». Il y a une image qui vient coller au corps (sans jamais s’y identifier, puisque sinon ça n’en serait pas l’image, mais l’être donné).  

Et c’est bien ce mouvement qui nous indique ce que c’est que le Un (et donc la vérité, telle que formelle, structurelle). Que le Un est en mouvement et il n’y a pas de raison qu’il cesse d’être en mouvement. Donc si dieu est, il existe, ex-siste et ne cesse pas de sortir de lui-même ; il n’est pas « dieu » et ne peut pas s’affecter d’une stabilité, ni d’une identité. Et on peut alors ajouter qu’il se crée dans tous les présents.

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Ce qu’il faut retenir c’est que l’apparente restriction du passage de la Vérité à la structure de notre conscience n’est en aucun cas un pis-aller, un kantisme donc, ou le constat d’un échec.

Du reste Kant ne pense pas la fin de la métaphysique mais sa reconduction autrement et sans doute ailleurs (dans le point d’articulation nouménal lui-même et que c’est de là que l’on perçoit). Dans le réel tel que donné « là ». Il le dit, ça ne sert à rien d’utiliser Kant contre lui-même et de prétendre qu’il a juste acté l’impossibilité du discours métaphysique (on le sait depuis Descartes en fait, qui origine la « pensée » dans un être spécifique, celui qui articule le doute-cogito-infini-étendue-corps). Kant dit qu’il relance la totalité de la conscience que l’on a de soi et de notre situé sur, dans le monde ; il projette, a en vue la philosophie transcendantale ; celle qui veut tirer toutes les conséquences, effets et causes de cet être étrange qui est hors de tout (hors du monde, du corps, du vécu, de la réalité et qui tient ce point-qui-juge, c’est pour ça qu’il en fait le tour, il fait le tour de tout notre accès au donné là en supposant que « cela qui a accès » est autre et appartient à son propre règne, cad que notre point-de-vue est une structure et que cette structure est dimensionnelle, elle n’est pas « rien », elle est la forme du monde, du vécu, de la réalité, du corps).

Et c’est ce qui eut lieu ; Hegel rassemble les deux phénoménologies de toutes les explorations de cet-être (la phénoménologie de la conscience historique et la phénoménologie de tous les savoirs métaphysiques, de toutes les positions) ; Husserl dévoile la structure de conscience intentionnelle, Nietzsche investit imaginairement toute l’étrangeté de notre « volonté » (qui nous veut, au prix d’acrobaties qui nient l’humanisme, le droit, la liberté, la science, la vérité, etc et culmine au surhumain, personne ne sait ce que c’est) et Heidegger dresse le plan inattaquable de ceci que l’être n’est pas les étants (que le réel n’est pas les réalités, reprenant la négation de toute humanisation et personnalisation, dévoré par les affects négateurs, angoisse, mort, déréliction, etc et imaginant une inhumanité fondamental, le « divin athée », totalement incompréhensible) ; restera donc ces deux attributions magistrales de Sartre et Lacan, l’opération à cœur ouvert de la structure de notre-être ; cette structure qui n’est pas un être et qui, enfin, obtient une stabilité opérationnelle, non imaginaire.

On a donc métaphysique (grecs), mystique (christique), ontologique (Descartes), existentiel (altérité ontologique ; Nietzsche, Heidegger/Sartre et Lacan, entre autres, Sartre comme corps externe, perçu du dehors, et Lacan comme corps interne, cette surface toute au-dehors, qui se croit intérieure, ce qu’elle est mais qui se croit exclusivement intérieure, ce qu’elle n’est pas et que Sartre mettait déjà à mal).

Discours selon l‘être grec jusqu’au Un plotinien, puis aperception de soi par le un-seul (le christique qui vous regarde et vous tire de « là », la vie condamnée à mort et vous par-donne en renouvelant sans cesse votre capacité d’intentionnaliser, sans la négativité vous dévore), sujet à proprement parler (depuis Descartes), évidence de l’altérité de tout (Nietzsche, Heidegger/imaginairement Sartre, Lacan/opérationnellement).

Ce qui forme donc des « discours de structure, généraux » mais extrêmement séparés et qui paraissent dénoués les uns des autres ; or l’ensemble (du mouvement) est relié par l’articulation que ces discours décrivent ; l’articulation de l’acte, l’arc de conscience et du présent, du réel, du réel qui « contient » les réalités et qui contient les représentations, les images, les images qui créent des miroirs, les pensées, et les corps, les corps qui sont écrits.

La pensée, le sujet (christique) puis le méta sujet cartésien (qui se-perçoit, tandis que par le christ on était perçu, on supposait la perception dans un Autre, un seul autre), et le « lieu » en lequel il y a un sujet.

Ou encore l’augmentation (grecque, de la perception, qui surintentionnalise par-dessus le groupe humain et le langage commun), l’intensification (je meurs et je me perçois par là), l’accélération (le sujet se suspend à son souffle et se percevant accélère, tout), l’altérité ou la densification (ce sujet existe dans et par ce corps qui est là-dans-ce-monde, et on a affaire aux déterminations mêmes ; apogée de la scientificité et du moi humain, de l’humanisation et de la personnalisation).

On remarquera ceci qu’à terme l’Etre de Heidegger est le « lieu » en lequel le sujet, trèsètrange, cartésien existe ; de même que par Nietzsche la Volonté dont il se veut n’est pas « à lui » ; c’est « la Volonté ». On insistera que Descartes ne définit pas le « sujet » (il ne le nomme jamais comme tel, c’est ensuite et de l’extérieur qu’on le lui a accolé), c’est un ensemble de « potentialités » (dont la pensée, qui n’est pas elle-même située, c’est l’ensemble de ce qui nous vient, et prise également dans la « troisième substance » âme-corps » ; est-ce à dire que « substance » ne veut rien dire ? Et bien évidemment ; il n’y a pas de « substance », de même que le « sujet » est une activité et non un être, puisque l’être de l’homme est la pensée et que la « pensée » on ne sait pas ce que c’est et on ne sait pas la situer, c’est tout l’ensemble doute-cogito-infini-idée-étendue-corps).

Ce qu’il faut bien saisir c’est que l’on na pas abouti à une réalité définie, qui serait discernée par et dans  un discours adéquat, mais que le mouvement (philosophique) est lui-même « cela qui s’observe lui-même », que le mouvement est son propre objet, et donc pas un objet ; que ça ne soit pas un objet et que ça ne puisse pas rentrer dans un discours ; la science n’analyse que des objets, cad des localités, des séparations, et ne juge pas « de tout » et ne peut pas extrapoler les vérités comme vérité générale, universelle, à moins de mentir ; la vérité telle que philosophiquement elle est dite est tout à fait différente ; elle va changer non pas un objet (fut-ce un gros objet, qui serait l’être) mais votre conscience et son mode d’inclusion dans le monde (grec), le vécu-christique), la réalité naturelle et humaine (Descartes et la révolution, et Kant etc) ; la considération de « soi » (Sartre et Lacan, et Kierkegaard, et Nietzsche, etc).

Et cette vérité structurelle (philosophique) n’est dite nulle part ailleurs comme telle, la philosophie est la discipline qui, au sortir des mondes particuliers refermés sur eux-mêmes des groupes humains, est la discipline qui se charge de penser l’articulation entre monde et corps, pourquoi avons-nous un corps dans un monde, nous l’avons et nous ne le sommes pas … Et elle ne se trompe jamais ; il y a des tas de systèmes mais on s’en fout ; ce qui passe dans l’universel grec, dans le sujet cartésien, dans l’altérité du réel (constatée par Nietzsche-volonté-autre, Heidegger-Etre-autre, Sartre et Lacan), ce qui passe, passe. Est réellement vécu. On est tous aristotélicien et tous cartésien et tous sartrien. De fait.

Parce que s’il est quantité de versions du monde, du vécu, du corps, il n’y a qu’un seul Bord de tout cela.

Rappelons que la « pensée occidentale » ne vient pas contredire les autres pensées (sauf à opposer des blocs ; comme si la pensée des autres et celle occidentale se constituaient de déterminations, de systèmes massifs s’opposant puisque cherchant à occuper le même « lieu « ). La pensée occidentale est le dépliement de l‘articulation (qui par ailleurs aboutit aux autres pensées ou aux systèmes spinoziste, hégélien, marxiste, etc) ; ce dépliement de l’articulation c’est la jointure conscience/réel, intentionnalité/réalités ; et c’est cette articulation qui est décrite (et éprouvée et explorée et inventée et créée mille fois). Il existe un décalage (entre l'arc de cosncience et la réalité) et c'est la structure de ce décalage qui est analysée. A terme on peut croire ou non en dieu, en l’esprit hégélien, en la volonté de puissance ; tout cela ce sont des illustrations du fait formel décortiqué qui est, absolument, le seul objet de la pensée occidentale. A la racine. Que vous soyez musulman ou chrétien ou athée, vous êtes citoyen, point. Le cadre de votre statut existe indépendamment. Et cela signifie tout.

 Que ça ne rentre pas dans un discours signifie que ça va renvoyer à votre conscience ; votre attention va être bifurquée ; c’est structurellement que vous serez modifié ; et tandis que vous existez selon un horizon donné là, soudainement de cet écart vous devrez vous situer sur un horizon tout à fait autre ; l’être et l’universel, le christique et le sujet, l’altérité et le réel ; ce sera une conversion.

C’est bien de ceci que philosophant on doit se convertir ; de même que l’on a pu se convertir au 1er siècle au christianisme, ou que l’on a instantanément adopter la révolution des peuples et des individus au 18éme ; ce sont des révolutions de structure, interne à l’attention que l’on porte (que l’on porte à tout ce qui est, lorsque l’on meut l’arc de conscience on bouleverse toutes les intentionnalités acquises et toutes celles possibles adviennent d’en-avant, c’est par cela que se crée une Historicité).

Historicité : non seulement il doit se mouvoir pour qu’il puisse repérer son tracé, mais il se meut parce que structurellement il est activisme ; l’intentionnalité est un rapport ; de même qu’il y a du langage parce qu’il y a une conscience qui précipite le langage tel que naturellement il est présent dans les groupes de vivants ; le langage n’est pas notre propre, le langage est accéléré tout comme la perception, le corps, la sociétalité sont accélérées en et par cette structure qui crée tout alentour ; elle crée le champ perceptif en plus qui tient par l’intentionnalité et qui re-vient sur le corps, sur lequel il est alors écrit, incrusté sur la surface et en tant que surface, que le moi prend pour son être, ce en quoi il a raison et tort. 

La vérité est structurelle et modifie la structure même de faire-attention-à (à quoi que ce soit). Vouloir réduire la pensée à ceci ou cela, à un tel ou tel autre est absurde ; le mouvement général est, dans les faits eux-mêmes si l’on retire ses lunettes réductrices, voire fanatiques, le mouvement  est l’objet de toute l’attention du mouvement ; c’est le mouvement qui s’observe et qui donc en s’observant se meut et ne se meut pas en gigotant vaguement, mais en augmentant, intensifiant, accélérant, densifiant son intentionnalité. Grec, christique, cartésien, existentiel.

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Le réel non visible des extases

15 Décembre 2018, 06:58am

Publié par pascal doyelle

Le christique on y croit ou pas, peu importe. Il s'agit d 'une forme qui s'est imposée historiquement, dans l'historicité même,  et qui origine toute la suite  : ou on croit qu’il signifie effectivement une autre dimension (qui n’est pas limitée par le christianisme)

ou on croit qu’il signifie une structure qui exprime, manifeste, inscrit et bien plutôt instancie, dans le monde, ce qui n’est pas le monde ni n'es notre vécu, mais la forme de ce vécu, et peut-être manifeste  la forme du monde (la forme de la réalité est le présent ou plus loin et ontologiquement l’exister, et l'arc de conscience est la forme interne à la forme externe qu'est l'exister).

 

Le christique crée du regard chaque sujet, individué, intensifié, intensifié sur et par le corps (du christ et de chacun, puisque c’est de votre mort dont il est question, et tout autant des intérêts du monde qui vous agrippent et vous dévorent et vous tombent vers le bas, tandis que « aimez-vous les uns les autres », veut dire « élevez-vous les uns les autres »). Descartes réaccélère l’intensité et ce regard il le prend en et par lui-même ; ce faisant le regard que Descartes jette sur lui-même devient-autre.

Le christique crée donc l’appel, non pas intérieur (il est tout objectif, cad hyper objectif, structurel, il pousse même chacun à exposer son être, puisque l’on n’et plus dans l’être, la détermination mais on existe selon le regard du dehors, du grand dehors, le christ est quand même le verbe, ce par qui tout a été fait)

et qu'il soit la forme du vécu veut dire qu'il n'y appartient pas, et qu'à partir de cette forme qu'il juge et décide et intentionnalise tout autrement le vécu ; de même la révolution modifie le regard même sur tout le passé et le possible.

non pas intérieur donc mais interne ; interne à toute la surface externe qui va se déployer, durant 20 siècles. Le tout est de déplier la forme du réel, ici comme corps ayant intentionnalité (qui crée ce même corps comme nouvelle surface, de même que les grecs créent le monde comme surface universelle unique). Le christique est non seulement la mise en forme d’un sujet relatif à son corps, mais la mise en abime du monde dans le nouveau champ perceptif ; avant il existe des catégories (esclave, libre, homme femme, pauvre, riche, etc), après il existe un par un des sujets jetés dans le monde donné là. Et ce monde est nommé explicitement comme celui de la mort (de l’exploitation et de la violence). Ou de la déréliction, l’abandon à la surface d’un monde horrible et insensé, sauf son intentionnalité renouvelée qui contient tout, c’est-à-dire qui contient le possible.

Le christique est un fait, structurel, qui concerne, à l'époque, chacun (chacun est ce-corps tel que dans-le-monde, unique et universel tout comme chaque intentionnalité-dans un corps est singulière) et manifeste non pas un repli mais un dépliement absolument fabuleux et strict (puisque l’on entre dans l’intentionnalisation très précise qui permet de distinguer et de se distinguer soi dans l’anéantissement qu’est le monde, "quelque réel regarde"), qui rend possible que chacun existe pour et par lui-même ; il existe un sujet non-fini qui fait appel constamment et continuellement à l’intentionnalité indéfiniment reportée (par-donnée, réacquise constamment) et qui n’est évidemment défini « ni homme, ni femme, ni esclave ni homme libre, ni riche ni pauvre » ; puisqu’il s’agit d’activer la structure telle quelle qui n’est pas dans le monde, mais qui ex-siste. Elle sera toujours en-plus ; elle ne rentrera jamais dans le monde (et donc il faut partir du fait que le monde n’est pas tout, il existe un plus, et ce plus (que l’on situait ailleurs) est ici défini comme Bord, Bord du monde, et en l'occurrence s'incarne, mais si il est un Bord du monde alors celui-ci n’est pas, il existe et comme de juste cet ex-sister est désigné ici comme présent, le présent est la structure de la réalité, qui est autre que cette réalité).

Dans la surface du dehors, l’externe, le monde de l’abandon, dont la salvation, la possibilité, le réel est uniquement très exigu, localisé dans l’intention (alors dénommée morale ; ce qui veut dire l’intentionnalité) ; qu’allez-vous ourdir, créer, inventer  pour, sur le Bord du monde, renouveler la réalité d’abandon par le réel de stratégie qui rend à nouveau possible toutes réalités nouvelles ? Si on ne le veut pas, le réel n’existera pas. Non au sens où le réel n’existera pas tourné vers lui-même (ce regard, ce visage, cet intentionnel entraine toutes réalités), mais au sens où ne le décidant pas on s’en exclura soi-même… C’est par ceci que l’on est jugé, de par sa propre décision, son décisionnel individuel.On sera jugé en ceci que l'on s'est déjà soi-même jugé ... Or par décider et vouloir il faut non ps s'en tenir à cette volonté consciente limitative, mais comprendre l'intentionnalisation dans ses indéfinis prolongements de passés et d'avenirs possibles. D'y atteindre la racine, l'origine, la source ; celle qui dans chaque présent revient sans cesse à la même place ; comme présent. 

On a été projeté dans la surface du dehors, et dans cette externalité qui n’est pas une extériorité (qui supposerait un être, un sujet clos face à son objet fermé, du désir vers son objet imaginaire qui réaliserait, rendrait réel l’imaginaire du moi, qui conférerait au moi une réalité par son objet) et n’étant pas une extériorité donc elle ouvre sous la forme de la moralité intentionnelle la capacité de se sauver.

« Se sauver ».

Il faut bien mesurer l’ampleur de ce qui, pour nous, parait une fadaise ou une contrainte ; elle fait effectivement peser sur l’intentionnalité d’une part qu’elle peut faire n’importe quoi et se perdre et d’autre part qu’elle n’est pas la « libre volonté » ou « le désir spontané » mais qu’elle est, telle quelle, sa propre loi en tant que Loi : un être qui est libre ne fait pas « ce qu’il veut » (au sens d’arbitraire), et il ne fait non plus selon sa volonté cohérente et faiblement organisée ; ce que libre veut dire c’est extension du rayon d’agissements dans l’extension du champ de perceptions (c’est bien pour cela que outre la morale et l’universel, le christique et la révolution, il s’agit des esthétiques et des éthiques (individuées) et des politiques tout comme des morales et de l’universel, de l‘idéel de connaissance et de philosophies qui démultiplient les sujets ; il y a quantité de systèmes afin qu’il y ait quantité de sujets, chacun manifestant l’inépuisabilité de la forme-qui-ne-se détermine pas, parce qu’elle crée des déterminations).

Il ne s’agit pas de s’organiser autour de quelques idées ou concepts clos (rationalisés et qui laisseraient inchangé le je, l’acte même de prendre conscience) mais que chaque idée ou champ soient à chaque fois un ensemble d’intentionnalisations possibles pour chacun et pour l’acculturation en général et que donc chacun assume l’universel par ex parce que passant au travers de l’universel chacun se rend capable d’élever l’intentionnalité ; mais universalité qui ,est toujours singularité (qui se nomme Platon ou Rimbaud, Rimbaud  ne dit pas « n’importe quoi », n i même ceci ou cela  mais manœuvre des quantités invraisemblables d’intentionnalités (de là qu’il magnifie et expulse la démultiplication et la concentration et la concaténation, des sursauts et empilements et accumulations intérieurs, du sens,  et internes, de l’in-sensé).

Et selon la même logique qui ne passe pas seulement par l’universel (en lequel il faut convertir son intentionnel à l’universelle pensée, ayant fondation métaphysique), mais plus encore par le christique et la soudaine angoisse qui nous dissout et transforme non la pensée mais l'intense intentionnalité ; "que veut-on ?" et "que veut-on vraiment ?" "qu'est-ce que vouloir ?" . Non pas que l’on mourra, mais que l’on se saisit d’un point hors de la mort, et que donc l’on est saisi. Si l’on est saisi (tout comme l’on voit le monde en un instant dans l’universel et que l’universel augmente par ses mille idées, la perception du même monde), c’est par quoi et par où ? Qu'est-ce qui vient du-dehors comme surface-autre du présent qui avance ?  

La loi interne (et externe) est structurellement d’élever et de passer dans la grande stratégie intentionnelle (ce que Nietzsche nommait la Volonté, toujours Autre et Heidegger l’Etre, absolument Autre, pour l’un surhumain pour l’autre inhumain, sauf que Sartre et Lacan ramène l’ampleur dans la précision et la délicatesse des intentionnalités possibles réelles, non imaginaires ; il s’agit d’œuvrer techniquement dans le mécanisme, la structure de l’intentionnel).

Il fallut se créer comme un, un formellement (puisque l’on est dans l’externe ; le christique ne vous enferme pas, il vous élève, élevez-vous les uns les autres, comme je vous ai élevés). Et sujet ouvert donc qui n’est pas un  être, qui est une forme ; laquelle s’incarnera par des myriades de sujets réels, peu importe ou plutôt au travers des identités, puisque la forme transperce oui mais est originellement cela qui rend possible que sujets réels il y a.

Il faut mesurer la puissance de la forme (de la structure de conscience, simplement formelle) que les réalités n’atteignent pas, mais qui peut se permettre, à la source dans la forme de la réalité et du vécu, toujours pur et brut présent, de produire quantités de réalisations, de réalisations, qui ne manquent pas la réalité donnée, qui embrassent singulièrement, pleinement et un par un, toutes les déterminations possibles ; non seulement celles existantes, mais celles qui n’existent pas encore, puisant dans les possibles, dont on prétend ici qu’il s’agit de la Possibilité même ; ce qu’autrefois on nommait infini, et que l’on peut dorénavant tout à fait préciser et délimiter ; on en approche, on en approche tellement proche que l’on sait dés lors que l’on est positionné sur et par cette limite, sur le Bord ; il ne s’agit rien moins que du Bord de l‘infini, au sens où l’infini est le présent tel qu’il agit ; non pas que le présent soit (plus loin) l’infini, mais au sens où l’infini est ce présent, c’est le présent qui permet de définir l’infini (plus concrètement qu’auparavant) ; on ne se réfère plus ainsi à l’infini comme d’un totem ou un signe infini ou un concept limite, mais on part de la clarté potentielle du réel tel que « là », tel que "là" il arrive, et il arrive depuis que l'on a instancié dans historicité la pensée, le christique, le sujet, la révolution, l'altérité ; qui développent des formulations de la forme unique sans déterminations.

Et si ça n’est plus un concept (oublions totem et signe), et que l’on acquiert de la sorte une plus grande précision (et de notre point de vue d’actualité pure et brute, en tant que le présent est la forme des réalités et que la forme dite est en elle-même le de/venir ; seul ce qui est formel devient, les réalités, elles, s’épuisent), et si ça n’est plus un concept, c’est que le concept doit être dépassé par l’idée de structure. On peut bien se demander de où peut-on tenir cette « structure ». Mais  que signifie cet écart extraordinaire, que signifie Descartes ? Vers quoi nous porte l’élaboration kantienne des conditions de la pensée, du sujet, de l’esthétique ? Ce dessin des limites est incomparablement précis et délimite la structure ; et sa structure qu’il faut entendre comme de fait dynamique (cette structure est un rapport) ; son activisme, mais son activisme originel, cad là où il s’active et s’instancie ; là où il produit dans le corps des effets (et des effets que Lacan juge insupportables, par ex ; sous la forme de « un corps ça ne supporte pas la puissance du langage », qui découpe le corps donné, mais cela revient à l’altérité du regard sartrien, des autres et pour Lacan de soi sur soi-même, lorsque le soi est non pas le moi, qui est pris-dedans, mais est le rapport lui-même, qui prend tout le moi et le corps et le champ de perception).

Que le concept soit dépassé par la structure c’est ce que dit Hegel par ex ; les contenus dans la dialectique virevoltent et ne demeure que la structure (vide) de l’esprit (qui déploie ses phénoménologies) et comme elle est vide elle renvoie, à nouveau, vers tous ses contenus. Or elle est vide, selon l’être, la détermination, l’universel, la représentation, la réalité  – mais elle existe formellement.

Hegel n’en dit mot, il passe sous silence la structure, cad hégéliennement la « négativité » et c’est là même que se distingue la structure de conscience de Sartre, la conscience mi impersonnelle mi personnelle ; dans une incertitude fondamentale (qui du coup devient certaine...). Et ce que voit Lacan sur-le-corps, comme effet effroyable de la structure, c’est l’effet de l’arc de conscience, lequel étant formel, coupe le corps, l’identité qui est élaborée et imaginée sur le corps, sur non le corps donné auquel on n’a pas énormément d’accès (et qui dit seulement que « tu mourras », que l'on ait un corps signifie que l'on n'est pas ce corps)  mais sur l’image du corps, qui vient à partir de l’externe, qui se-voit, est-vu ; de l’externe qu’est autrui par ex, Sartre, ou l’Autre de Lacan qui est à la fois autrui et plus qu’autrui, la sorte de langage objectif, de signifiance généralisée, ça se signifie donc ça nous prend, qui vous-voit, qui ne tu-toie pas, qui vous-voie. Cela signifie qu’il est une ambigüité absolument fondamentale…

Et c’est celle de l’attention de conscience ; lorsque l’on voit, qui voit ? Ce qui entre et sort de la conscience entre et sort tout aussi bien objectivement que subjectivement ; de même que le tableau nous observe et que la musique nous entend ; une intentionnalisation (de quoi que ce soit) porte à la fois l’aperception subjective et l’objectivité manifeste totalement reculée on ne sait où (l'horizon recule toujours) ; et ce même au sens où une détermination subjective est déjà elle-même prise dans l’acte de conscience et se donne pour objectivement perçue ; l’entrelacs qui enferme l’acte de conscience est aussi l’entrelacs qui rend possible la variabilité de l’intentionnalité ; c’est à cette fin qu’elle est apparue, apparue selon et dans sa fonctionnalité ; la vérité est que toute perception est construite, et c’est cette construction qui est réelle ; ou donc lorsque les grecs ouvrent la pensée (d’un monde unique universel, situé sous les mondes humains divers et variés) ils libèrent l’intentionnalité qui n’est plus attachée à telle communauté, ni tel langage ; autrement dit l’expérience ne se réfère plus au commun savoir partagé et narré ou représenté entre tous, mais déploie ou rend possible le déploiement de la perception individuelle, de la possibilité de créer des intentionnalités qui échappent à toute habituelle systématisation ; mais évidemment pour se conserver comme expérience propre, et le champ perceptif ainsi ouvert doit lui-même élaborer ses repérages ; et avant tout son repérage autonome, pourquoi peut-on penser en dehors du langage commun ? pourquoi peut-on créer esthétiquement en dehors de tout rituel ? Pourquoi la signifiance comme processus généralisée prend-elle une telle ampleur au travers de toutes ses révolutions idéellesesthétiquespolitiques, etc ? 

Lorsque le christique fait prendre conscience que la mort est à chacun sa propre mort et qu’il existe au moins un-seul qui perçoit cette individualité de structure et qu’elle est de fait signifiée par le Même regard, et qu’il existe une seule intentionnalisation possible (il n’existe qu’une seule forme « avoir conscience de », il se dégage instantanément une structure de fait de l’individualité de sujet ; autrement dit non pas qu’il y ait un sujet individuel (il y a et il se crée dorénavant un tel sujet individuel) mais il existe une individualité qui se nomme objectivement « sujet » ; de là que ce sujet prend le nom d’un-seul, et qu’il soit exemplaire, et antérieur à tout (le verbe, ce par quoi tout est créé) ;  il existe un seul et même sujet et ce sujet est une forme qui expérimente mille milliards de sujets, autrement dit de trajets composés de trajectoires, de tissages sur les corps.

On pourrait dire, et sans forcer du tout, qu’il existe alors, à partir du christique, mille milliards de manières de pécher, de s’égarer, d’éprouver ; ce qui revient toujours au même, l’erreur, la folie, l’expérimentation, raison pour laquelle on sera pardonné, (il existe un seul-pardon, un seul en-plus, un seul en-avant) : si on garde et préserve l’intentionnalité à la source. Pourquoi croyez-vous que tout cela se met en place ?

Or donc on aboutit à ceci que la forme de « sujet » s’impose comme la référence, vide et formelle, du réel. certes on a été perçu par un seul, mais celui-là nous a rendu notre regard interne, un par un. Nous a rendu le regard qui n'appartient ni au monde, au vécu, ni à la mort.  Et que cette forme se double d’une autre ; que le réel est le présent, en lequel prennent tous les mondes (ou tous les univers, si il y a lieu, on n’en sait rien).

Et cela signifie que sortant de tous les mondes clos, ou cycliques ou particuliers, précédents, on est jeté de but en blanc dans le caractère formel du monde (soit l’être grec) et du corps (le sujet christique) ; il n’y a rien d’autre que le monde et le corps, sauf la forme. Et on atteint instantanément (c’est cela le plus impressionnant) la forme de ce qui est réel ; qui sera ensuite mille fois déplié par tous les sujets et toutes les révolutions.

Le monde est une idée (Kant, indéfinissable en soi) et le corps nous n’en avons pas de perception intérieure (donc tout est construit dans la phénoménologie, dans l’intentionnalité et le corps est l’image qui re-vient vers nous). Nous nous tenons sur le Bord.

Le monde et le corps, et ce puisque si l’on abandonne le monde cyclique de la communauté entre-soi qui se parle (et pense) ensemble dans la régularité des échanges (de toute sorte) on tombe de fait, immédiatement dans le monde (grec) et instantanément en ce corps réel (christique) et selon ce monde et ce corps (et les dits échanges eux-mêmes se libèrent : esthétiques, éthiques, politiques, idéels-connaissances, etc) ; ce que chacun perçoit.

Soit donc l’exister et l’arc de conscience ; les deux plis, l’un dans l’autre, de la forme, dont la modulation sera l’arc de conscience dans l’arc du présent.  Puisqu’ils tissent une trame de variations de la forme ; la forme des réalités est le réel (comme position) et le réel est le présent et dans le présent il est une augmentation grecque, une intensification christique, une accélération cartésienne et suivants (y compris la révolution), une densification qui positionne dans l’épaisseur le corps et le monde cet arc intentionnel, non plus selon l’universel et les idées, ni selon la moralité et l’intention de renouvèlement, mais selon la détermination concrète des corps et des sociétés humaines.

L’arc de conscience dans l’arc du présent consiste à actualiser, à rendre réel (toute la détermination n'a de raison d'être que dans l'exister), à rendre réelle la forme même qu’est le réel, et on peut se demander en quoi cette opération, qui est une performance, une performativité du réel, est-elle acquise ou non ; ce qui se nomme salvation ; comment peut-on être sauvé ? Dans votre fors intérieur (comme on disait jadis) en quoi votre croyance (selon l’ancienne formulation) est-elle sincère (selon cette inquiétude surabondante)? Autrement dit en quoi votre conscience n’a-t-elle pas cédé sur son être de structure ? Sur son ex-sister ? De où sort-elle et comment se tient-elle de cette  sortie ? La sortie par laquelle le reste, tout le reste, que vous ayez un corps, une vie, un vécu, un monde, un universel, une pensée, par laquelle tout le reste existe. La vérité ne se trouvera pas dans les causes, ou le passé ; rien n’y sera expliqué, parce que c’est en-avant. De sorte donc que tout le reste, tout le passé, tout ce qui est, du verbe être, est infernal. Littéralement. Et qu'il n’est qu’une salvation : en-avant.

C’est parce que vous n’y êtes pas et que vous ex-sistez que tout parait ; d’un point-autre. Quelle dimension accorder à cette altérité de structure ?

C’est bien pour cela que l’on oublie aussitôt ce que l’on a vu dans une œuvre… parce que l’on n’a pas vu « quelque chose », on a vu dans, par, selon le point de vue externe. Et que l’on a existé ce point de vue un quart de seconde.  

Par contre on se souvient infiniment de toute ex-stase métaphysique (grec) mystique (christique et autre) ontologique (cartésienne et suivants) existentielle (d'altérité imaginaire ou analytique). Elle a transmué la structure de votre arc.

Et ex-stase au sens technique, technologique, étant du ressort de la technologie qu’est l’intentionnalité, ce mécanisme (au sens de structure pas de déterminisme) ouvert, vide, formel, comme l’est le présent ; on ne tient pas le métaphysique, le mystique, l’ontologique (qui révèle l’élément autre dans la métaphysique, le Un est ici même le sujet) et l’existentiel (qui investigue dans le cœur de l’ontologique, Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan, etc) sans profondément explorer le faisceau même de l’intentionnalité (tout comme le christique en créant le sujet d’un regard-autre impose qu’il y ait, qu’il existe une construction intentionnalisatrice de soi et que le regard -autre soit celui-ci par lequel on voit et qui nous voit).

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Les anglo-saxons  et les français : de la Révolution

6 Décembre 2018, 09:37am

Publié par pascal doyelle

Il faut comprendre que les français réfléchissent (historiquement et structurellement) et qu'ils créent le dynamisme de la liberté (anglaise, quoi que franchement Descartes est celui qui lance ontologiquement la liberté....) de la liberté donc et de l'égalité ; sans l'égalité la liberté devient puissance du monde (les empires anglais et US), avec l'égalité la liberté devient puissance de l'esprit ; les empires disparaitront, l'esprit non. 
Et c'est seulement avec l'égalité que la liberté trouve son idéal ; la fraternité. Le pays est chrétien, il a intégré, et vécu et rendu réel dans la réalité, l’impossibilité (qui dans le christianisme est situé « ailleurs »).

Ce qui revient à dire que liberté-égalité-fraternité est juste et très simplement le "aimez-vous (élevez-vous) les uns les autres, comme je vous ais aimés (élevés)". Dire que c'est impossible, c'est que justement c'est le seul possible ; le possible même au contraire des possibilités ; et les anglo se débrouillent très bien avec la réalité et les possibilités qui ne sont pas le possible-impossible, de même qu'ils s'arrangent avec l'inégalité, de même les anglo se vivent moralement et les français se vivent politiquement, lorsqu'ils sont en forme, en forme de peuple (ils ont inventé la nation, qui était aussi Israël) mais aussi en tant que sujets réels, en tant que la forme de leur subjectivité est in-formée par le possible effarant. Sans le Possible impossible on retombe dans les possibilités, le monde ; sinon on retombe, dans le monde. Autrement dit la mort (l'exploitation, l'humiliation et la violence).

Tournez sur votre cul tant que vous voulez, il n'y a aucune autre équation.

De là que commencer par « nous le peuple » ou « déclaration des droits de l’homme et du citoyen », ça n’est pas indifférent. Ça engage comme une subjectivité pour le premier et une objectivité pour le second intitulé. Les allemands indiquent « quelque chose » sous l’étiquette du peuple (parfois passionnant, parfois dangereux). Il y a évidemment une objectivité des libertés, individus anglo-saxons (ils sont égaux en liberté, mais l’égalité n’entre pas en dialectique, dynamique ; le champ des individus libres est le monde, la frontière repoussée ou l’extension de l’empire sur les mers ; et ils admettent donc l’inégalité, du mérite, qui est aussi l’inégalité récupérée de l’aristocratie qui s’est débarrassée du roi, pour assurer son pouvoir). Evidemment « nous le peuple » est une subjectivité objective, mais la « déclaration » est une objectivité subjective ; les intitulés animent une limite qui est différent ; constater une objectivité des libertés dans le monde (US, anglais) et considérer que l’on peut être sujet dans et par l’objectivité, dans et par l’universalité ; ce qui est une tâche in-finie, mais qui structure fortement la liberté subjective et la transforme, la renforce comme liberté, et implique ceci ; une organisation de la réalité, humaine, qui supporte, adhère, pousse, maintient les libertés et requiert une très précise, très concertée organisation de la société ; acceptée par tous sous condition de sujets. Le régime de libertés seules impliquent tôt ou tard, leur concurrence, leur inorgansaiton de structure.

De sujets libres et égaux ; l’égalité s’utilise afin que les libertés se déploient ; il faut organiser la société afin que tous s’élèvent et non pas attendre que quelques-uns réussissent ceci ou cela ; l’ensemble es sujets doivent s’élever, afin que chacun puisse s’élever. C’est bien pour cela qu’est exigée une méta-organisation, une organisation réfléchie et qui consiste en la réflexion, la réflexion dans le regard de chaqu’un.

Et on en peut pas non plus faire-peuple-allemand ; la nation n’est pas un peuple naturel, de langage ou de coutumes ; c’est une divisibilité indéfinie de sujets qui se-décident, politiquement, pas naturellement. La politique en France est idéelle et idéalisme, cad exigeante.

L’égalité-liberté importe une objectivité en définitive très dure dans « liberté » ; et totalement insituable ; ça n’est pas d de ce monde ; de là qu’il y ait une littérature (avec 4 ou 5 génies par siècles), et que l’on soit porté à objectiver non pas un « quelque chose » de nébuleux, ni une subjectivité (qui est en ce cas un point de vue-sur) mais que pour nous l’objectivité doit élever la subjectivité ; le libre doit se rendre capable de l’égalité, la verticalité (du sujet) est l’horizontalité des sujets.

De même on n’admet, au fond, que les grands hommes ; un roi, un chef mais de grande classe, panache ou volonté claire, conquérant ou roi-soleil ; Louis XIV, Robespierre, Napoléon, De Gaulle ; et ça finit évidemment mal, souvent, quant aux petits chefs ils sont balayés ; et ceux qui narguent le peuple… ou le trahissent, à tort ou à raison, avec les royautés … ou avec les allemands ; les anglo-saxons nous ressemblent le plus, bien sûr, et on est très déçu toujours parce qu’ils nous trahissent, les anglo-saxons rusent et pensent à leur empire ; les anglo-saxons n’ont pas la mystique du chef, et encore moins du führer allemand ; parmi les sujets libres on ne peut pas « incarner » la totalité, puisque la totalité ce sont les individus réunis librement et également sous un seul drapeau, la nation ;  la nation ça n’est pas une identité ethnique ou religieuse (et donc elle sera laïque) mais une identité politique, cad tout sauf une identité mondaine, elle est littéralement « surnaturelle » ; à la limite (et on se situe toujours sur le bord de tout, de l’histoire y compris), le seul chef admissible c’est le christ, la fille aînée de l’église à l’origine, il y a longtemps, ce qui est très  pratique parce que ce chef-là n’est pas dans le monde, c’est arrangeant  ; et on n’imagine rien « au milieu «  du cercle du pouvoir, rien en peut remplir le centre ; ça doit être vide (ou il n’y a pas de centre, le centre est partout et la circonférence nulle part).

De là qu’il y ait profusion de sectarismes ou de religions aux US et que la France a été et soit restée, avec difficultés, durant les guerres civiles de religion, catholique ; le christique est une configuration extrêmement complexe qui ne simplifie rien et qui comporte aussi son hyper idéalisme, et qui perçoit on ne sait de où, la réalité, le monde, les vécus.

Mais du fait de la liberté (qui au fond a toujours affaire au réel, comme structure, mêlant et élevant le subjectif à une objectivité ; la liberté universelle n’est pas imaginaire, et est plus grande que le concept, plus grande que Hegel si l’on veut) du fait de la liberté il s’agit somme toute d’élaborer une universalité non pas qui vaudrait en elle-même, ni donc de se perdre dans le marais des subjectivités qui tombent dans le monde ou dans l’imaginaire d’un « peuple en soi », la nation n’est pas le peuple imaginaire ; subjectivités objectives anglo-saxonnes, qui ont elles-mêmes affaire aux réalités, aux possibilités réelles, elles ne sont pas folles du tout et même puisque fondées sur l’individualité, elles sont scrupuleusement morales et les subjectivités anglo-saxonnes tentent sans cesse de faire-communauté (John Ford et le peuple introuvable) ; ils ne portent pas la nation comme une mystique supra historique et comme volonté générale qui s’entend pour décider du possible et non pas qui s’entend pour prendre le monde ; de là qu’il y ait la place pour les communautarismes, chez les anglo-saxons ; le monde est ouvert à la pluralité des libertés, mais en France non.

Parce qu’il faut qu’il y ait égalité des libertés afin que les libertés entrent dans le dynamisme, la dialectique de l’égalité, et que donc le subjectif s’élève, comme subjectivité, comme sujet, en l’objectivité, l’universalité ; et donc en un sens ils peuvent se lever, comme un seul homme, ils sont les « mêmes » ; les mêmes sujets, rien ne peut se faire sans les sujets et les sujets font tout ; ils créent une autre dimension, imposent dans la réalité une structure de dynamisme non pas externe et dans le monde, mais interne. Et la dimension transhistorique, par-dessus les possibilités du monde, et requérant la Possibilité impossible, la dimension arrive « par surprise ».

Et il est impossible de définir ce qu’est le peuple ou la volonté générale ou la Possibilité transhistorique et supra mondaine, et aussi l’insaisissable liberté ; celle qui ne peut s’incarner dans les possibilités du monde, mais veut toujours s’élever par et au travers de l’universel, de l’objectivité ; on y lutte par mais aussi dans l’universel ; une liberté qui use de l’universel pour non plus explorer le monde donné, mais exiger les possibilités impossibles est beaucoup plus acérée et contrairement à ce qu’il semble, précise quant aux réalités ; elle oblige la r »alité à des distinctions que la liberté mondaine ne perçoit pas ;

elle perçoit seulement son rêve hollywoodien par ex, son happy end, et considère que le monde est « tel quel », voila, donné là, que le monde a toujours été monde, et que l’on doit faire avec dans une sorte de naturalisme ou de religiosité, qui peut l’exploiter à fond ou qui ne peut pas se modifier dans son être, la liberté est « dedans », pas en-dehors ; la religiosité n’est pas le christique, le christique est celui qui est le surdivin, le dieu en plus, qui vient ICI, dans le monde (et ça n’a rien à voir avec el surhommes sauvage, déchainé, le surdivin est sa propre loi mais il est la loi, il crée les règles de son impossibilité, le catholicisme a du lutter contre les hérésies et les protestantismes ; sitôt que l’on sort de la règle universelle, ça prolifère (c’est amusant mais ça part dans l’imaginaire ou le monde), le catholicisme s’assujettit à l’universel et à la liberté et l’égalité, idéelles pour le coup, en ceci qu’il élève la réalité et le vécu vers le réel et le possible indescriptible, mais alors ce qui n’est pas de ce monde, doit se décider (de là que le grand homme n’est pas un mystique qui élucubre, mais un décideur qui sait le réel et l’organise ; Louis XIV organise, comme Robespierre qui canalise la violence, comme Napoléon, code civil par ex, comme De Gaulle).  

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De la liberté de structure, l’appel

2 Décembre 2018, 10:18am

Publié par pascal doyelle

Alors Led Zep ou Ph K Dick ouvrent une certaine partie du monde, du vécu, de la perception qui n’appartient pas au monde, au vécu, au corps et à la perception. Les événements aussi, et les événements écrivent dans la réalité (de la vie vécue, du relationnel, de la représentation et de sa qualification, le canal lui-même est modifié, passage de la mass médiatisation à la mass et micro médiation, ce par quoi cela devient l’image dans le miroir qui change le miroir lui-même et non pas laisse défiler passivement les images). Ce qui se nomme révolution (il y a plusieurs formes de révolutions, toujours la même qui explore sa Possibilité), les événements écrivent dans la réalité le réel ; la structure vient à apparaitre.

Ça ne se concrétise pas par hasard. Il faut que ce soit des sujets qui entrouvrent le réel et des sujets qui reçoivent et accélèrent ce décalage ; les sujets sont faits pour cela ; ils augmentent la perception (comme les grecs), intensifient (comme le christique), accélèrent depuis Descartes, densifie depuis la révolution en réinscrivant les corps, de là que l’économie soit l’idéologie du corps.  Et sujets qui participent les uns et les autres du Même, du même sujet qui étant une forme est toujours strictement individué et autre ; il est, le sujet, l’altérité telle qu’au fondement de toutes les réalités en tant que toutes les réalités se tiennent du réel. Ce qui passe par une forme, une formulation ; une forme veut dire non pas une simple perception mais une perception qui contient son propre ressort, une image qui contient son miroir ; de sorte que ce qui est reçu par un miroir, un sujet, c’est non seulement l’image mais le miroir lui-même.

On peut supposer que l’image engendre le sujet (la cervelle crée l’arc de conscience mais l’arc est un rapport et ce rapport se suppose lui-même, puisque c’est un rapport et que qui dit « rapport à ceci ou cela » implique « rapport à soi dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même », il dit « je »). Mais on ne voit pas comment.  On ferait mieux de supposer que « sujet » est en lui-même une forme réelle ; ce qui veut dire indérivable (de quoi que ce soit, et comme le sujet apparemment apparait au bout du devenir, tel que nous le connaissons pour le moment, et si il est indérivable c’est que la réalité est assignée à une finalité ; qu’un sujet donc non pas pousse la réalité, la cause, mais que le sujet est « ce vers quoi elle avance » et si elle avance vers le sujet la réalité est donc « causée » par ce qui vient, par ce qui vient dans le présent, par ce qui vient au-devant

Ceci repose évidement sur l’hypothèse que la réalité, malgré toutes ces réalités-là, déployées en nombre indéfinie, voire ces quantités d’univers, que la réalité n’y suffit pas ; qu’il y ait un présent veut dire que dans la réalité non plus les réalités ne suffisent pas ; ceci est tel un berceau, qui démultiplie en tous sens ses possibilités et ce afin que la possibilité prennent forme. Pare que la Possibilité est originellement la forme du réel.

Si ce qui devait y naitre n’était qu’une réalité en plus, de la même sorte, de la même substance que toutes ces réalités, ça n’aurait pas grand sens ; et quant à supposer une hyper-réalité qui s’ajouterait à toutes celles-ci, ça n’arrange rien. En somme l’équation doit être plus complexe qu’une extrapolation du donné, du donné déterminé, et que ce qui ne serait qu’une extrapolation des réalités données, qui ne serait donc qu’une imagination, un arrangement d’éléments.

Puisque tout montre, expose que la forme des réalités n’est pas elle-même une réalité (qui est toujours parmi d’autres), mais un réel. Et donc le réel. Parce que si il peut exister mille milliards de milliards de réalités (en nombre indéfini donc) il ne peut exister qu’un seul réel ; le « réel » n’est pas déterminé et donc ne peut pas se diviser ni se composer. Il est ce en quoi ça se divise ou se compose. Tout est donc les versions différenciées d’une unité indifférenciée ; laquelle n’est plus nommée « unité » que par figure ; elle ne peut pas être l’unité de déterminations puisqu’en elle-même elle n’en comporte pas ; et c’est bien pour cela qu’elle doit être dite « cause d’effets » ;  et puisqu’elle est la cause qui se situe en-avant de tout le donné, elle est une forme. Elle n’est pas ce qui peut être situé par le passé et le donné et les éléments, elle est ce à partir de quoi on situe tout le reste (et à partir de quoi tout le donné est situé, c’est en tout cas l’hypothèse ici).

Autrement dit s’imaginer que ce qui est conçu est la réalité et qu’en identifiant par exemple le cerveau on détiendrait « ce que la réalité est », c’est, littéralement, une imagination ; on imagine que l’on conçoit la réalité de cette chose (ce qui n’est pas faux, cette connaissance n’est pas erronée ou illusoire), mais cette imagination utilise le fait et la structure de conscience, et d’intentionnaliser est par contre effectivement et réellement cela même qui est seul expérimenté.

Mais l’imagination  ne pense pas que précisément il existe une telle structure et donc bien éloigné de comprendre ou admettre que cette structure se soit effectivement, expérimentée, ce qui est d’autant plus étrange que c’est bien le seul réel que l’on ait effectivement perçu ; tout le reste est reconstruit à partir de cette intentionnalité. Non que les choses et le monde et les corps ne soient pas, mais elles ne sont que dans le cercle et l’extension de son rayon dans les réalités à partir et pour la structure du réel de ces réalités.

Autrement dit on ne peut pas penser objectivement comme si cela nous parvenait d’un royaume d’objectivité existant en soi ; on ne progresse dans l’objectivité que lorsque la structure de conscience parvient à une lucidité et une analyse de sa propre position ; on ne peut tout simplement pas poser un objet, si on ne se suppose pas face à lui ; il est donc une pensée de la pensée chez les grecs (qu’est-ce qui pense et comment pense-t-on) et une pensée intentionnelle de l’intention de chacun face au christique (quelle est votre véritable intentionnalité, êtes-vous réellement converti ?) ; on ne peut pas délimiter tel  ou tel objet sans supposer l’horizon tissé et élaboré sur lequel cet objet sera posé. C’est parce qu’il existe un sujet qu’il y aura un objet, mais l’objet n’est nullement la finalité du sujet ni la réduction du sujet à un discours (quelque qu’il soit) sur le sujet ; rien ne peut remplacer, prendre la place du sujet. Et la pensée, la seule qui soit réelle, c’est celle qui expose ce situé du sujet sans lui écraser cette position, parce que cette position est tout.  

C’est uniquement la positon de décalage qui nous guide ; Kant (et le nouménal), Hegel (et la négativité et les virages notionnels sans cesse reculés), le point de fuite intentionnel de Husserl, l’autre-volonté ou l’Etre-autre de N et de H, le sujet vide sartrien, etc.

Revenons à l’origine.

L’origine c’est le christique ; non pas seulement la pensée grecque (qui exige pourtant absolument que l’on se quitte, soi-même, afin de libérer toutes les possibilités d’intentionnalisations, d’idées, de systèmes d’idées donc, uniquement si vous êtes parvenu à vous dépasser, à dépasser cette formulation donné là dans ce groupe humain usant de ce langage ; la pensée est une sur-(intentionnalisation qui passe outre, outrepasse, le langage donné et plie ce langage, en réinventant les significations et ce dans le champ nouveau de la perception réelle du donné là, du monde comme unique et universel et non pas attaché à un groupe limité)

Mais le christique ; qui vous demande êtres-vous capable de vous abandonner au point de vous percevoir du point-autre absolument autre, et hors même de la mort et donc encore plus loin qu’hors du corps ou encore plus d’un vécu, d’un groupe, etc et de vous percevoir par delà la mort ; parce que c’est effectivement à partir de là que vous percevez.

Mais vous n’y arriverez pas. Vous n’y arriverez pas parce que l’intentionnalité est structurellement attachée à un être-le-là, mais peu importe cet échec patent ; dans le christique il vous sera pardonner, ce qui veut dire que vous pourrez toujours recycler l’intentionnalité parce que l’intentionnalité n’appartient pas au monde, ni à « elle-même », (pas à elle-même parce que ce « soi-même » ne pourrait être désigné qu’à partir de parties du monde, du langage, du vécu, etc, et que la forme n’est pas déterminée, en rien).  C’est bien en ceci que le christique se situe déjà bien avant tout ce que l’on a pu supposer ensuite ; sauf quelques-uns qui intuitionnent ou comprennent la reprise infinie, non finie, en quoi consiste l’articulation intentionnelle ; elle manifeste dans diverses déterminations, une forme qui ne s’incarne que sous la forme du « ne pas » ; le christ n’y est pas, il existe en plus.

Et c’est en cela que l’humilité, l’humiliation, la mort de toute attente du monde, du vécu, de tout désir – inutile d’’attendre, il n’y aura rien dans le monde et le vécu d’équivalent à la forme de la structure – l’extinction de toutes les parts que le monde inspirent en nous, cette humiliation de tout désir et de toute représentation, cet effacement met à nu la structure de chacun ; ce qui est une opération, une opérativité non finie ; on ne sait jamais si l’on est sincère et parfaitement recueilli ; parce que l’intentionnalité ne se gouverne pas ainsi ; elle n’est ni le conscient, ni le contrôle de soi, ni la volonté, ni la performativité ; sa plus précise désignation est donc l’intentionnalité (celle qui dresse constamment sur tel ou tel horizon indéfiniment reculé, et ce, élévations d’horizons, dans et par l’horizon tel que « là », l’horizon réel du monde donné « là ». Il n’y en a pas d’autre (tous els horizons de représentations aboutissent à celui là, y reviennent, de même que les représentations aboutissent à ce-corps, cet inconscient ; c’est le propre de la psychanalyse hyper objective que de revenir aux corps eux-mêmes et non à telle forme d’esprit, qui indique tout autre chose) ; tout revient à cet horizon-là, mais on ignore ce qu’il indique (et il « indique » c'est-à-dire signifie puisqu’il existe un présent, et que seul le présent existe).

La reprise infinie du christique consiste justement en cette lucidité, signe qu’il est sur la trace même de « ce qui ne se montre pas » dans le monde ; ce par quoi on essaie aussitôt et faussement de manifester une sorte de double de la réalité, qui n’existe nulle part et surtout pas dans le christique (ce sont des arrangements destinées aux groupes nombreux et aux représentations officielles ou « hérétiques », parce qu’il est intimement difficile de montrer aux « gens » le non visible, à savoir et qui ne consiste qu’en « ce qui permet de voir », une structure, mais arrangements par lesquelles transmutent quand même plus ou moins cette manifestation, cette non pas incorporation (on ne peut pas spiritualiser le corps donné là), mais une sur-incorporation qui crée un nouveau corps, un nouvel horizon qui redessine le corps et comme la structure intentionnelle se crée dans le donné et re-vient sur, vers ce corps-çi, cette sur-image recouvre le corps. Un artificialisme.

Mais il n’en a jamais été autrement et il n’y a pas d’aperception immédiate du corps (du vécu, du monde), mais toujours une re-construction ; soit dans le et par le groupe, soit dans la représentation de l’individualité telle qu’elle fut lancée par le christique, c’est son but, sa raison d’être ; le christique fonctionne comme le pivot absolu qui déduit logiquement (selon la forme structurelle) l’exister du sujet. On ne peut pas supprimer que le regard christique crée les âmes, une par une ; on ne peut pas remplacer ce regard, ni donc son apparition dans l‘historicité, et toutes les implications qui viendront par la suite, jusqu’à la liberté-égalité-fraternité de toute révolution (c’est bien pour cela qu’il n’en est qu’une, et les révolutions marxistes furent une sorte d’introduction de la structure de conscience dans les sociétés non européanisées).

La reconstruction abstraite, séparée du corps, de chacun, prend pied justement dans cette individualité ; que l’on voudrait cloisonner comme « moi », et même les rationalismes (qui veulent voir le processus biophysique de la conscience) n’aboutissent finalement qu’à ramener le sujet, la structure « sujet », à un moi ; que le moi soit absolument impératif veut dire qu’il faut que ce-corps m’appartienne (et non à un maitre, et que donc le Seigneur libérateur ce soit dieu et non pas le boulet-en-chef du coin) mais non pas que le sujet se termine avec le substrat. Qu’il y ait eu une infinie progression veut dire que la structure « sujet » à commencer de s’identifier en son lieu réel ; la disposition du corps. De chacun, forcément. Et sortant de chaque monde particulier ça n’a pas tardé du tout ; sitôt sorti du monde clos, on crée le monde (universel et unique grec) et le corps (universel et unique à chaque fois). Le tissage du structurel débute quasi instantanément et ira en s’amplifiant ; il dépend alors de lui-même qu’il crée ses possibilités ; il les invente et il les crée et statistiquement il y aura potentiellement Montaigne, il y aura Rimbaud, il y aura Mozart ; mais tous ceux-là et toutes ces révolutions il fallut les décider, les vouloir non sur la forme de la « volonté » mais de l’intentionnalisation. Comme on verra.

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Les événements

27 Novembre 2018, 11:53am

Publié par pascal doyelle

Mais qu’est-ce qu’ils veulent ?
Et les pauvres manifestants, qui sont aussi des manifestants pauvres, ne savent pas quoi répondre, mais lorsqu’ils avancent l’effacement de la dette ou le gouvernement des riches ou la fausse taxe/vrai impôt ils sont au cœur du problème ou leur pouvoir d'achat ; n'aimeraient-ils pas payer moins de gaz pour leur habitation ? moins d'essence pour une automobile à 3litres ? moins de TVA sur les produits bio ?
Et ce envers et contre le glissement abyssal de toute la richesse au profit de quelques uns, des groupes et de la finance ; et ce en pure perte et lors même que les châteaux de cartes s’écoulent ce sont encore les peuples qui sont chargés de renflouer ; mais les riches ont un défaut, on peut leur prendre le surplus, et le surplus est énorme. Et non pas seulement aux riches, mais au système financier.
Ça n'est pas un mouvement de ceci ou cela, de radicalisés ou d'extrême droite, de violents ou de benêts, c'est un mouvement de citoyens. Si ça pouvait donner des idées aux autres peuples ....
Comme autrefois. Comme autrefois on va devoir encore apporter la lumière au monde, ou de l'eau au moulin ?
C'est ce que l'on a réalisé depuis une semaine. De fait.
À voir si ce sera compris, mais voilà nous donnons le La.
C'est très simple : tous les carrefours et les ronds-points sont à disposition, partout.
Tous les flux de richesse sont captés par quelques uns via mille moyens (en grande partie installés par les gouvernements, et spécifiquement la dépendance des Etats au royaume fermé de la finance, qui prend toutes les formes possibles et pour nous qui a arraisonné l’Europe comme entité non politique, niant et écrasant la politique au profit de l’imaginaire économie comme explication et régulation totale de la vie et de la société) et non seulement approvisionne un méta-système financier et oligarchique (totalement injuste et qui prît les banques centrales ou privées comme outils d'accumulations variées),
mais de plus ces structures oligarchiques empêchent que cette richesse soit utilisée aux fins non seulement de redistribution et de facilitation de la vie
mais empêche qu'elle s'utilise aux fins impérativement écologiques.
Le déficit est complet; intégral, total ; la Richesse est détournée vers le haut et pas même pour l'écologie mais pour non pas encore une "croissance" mais une hyper-croissance imbécile, ou vers une accumulation spéculative....
Tous les canaux de confiscation sont déjà en place
et aucun qui soit impliqué dans la redistribution et aucun dans l'écologisme.
Les gens ne manifestent pas pour refuser l'impôt (ritournelle habituelle du libéralisme sauvage, qui veut rabattre sur les fortunes privées le pactole des impôts collectifs, plus de sécu mais des mutuelles)
ni pour critiquer l'utilisation des impôts (les libéraux voudraient saccager le service public, "ça gaspille" disent-ils, ce qui est faux, toutes les descriptions de services sociaux montrent l'inverse ; la sécu privée US est bien plus chère que la sécu FR, pour une moindre qualité qui exclut de larges pans de la population)
Mais parce que le système d'imposition écrase les moins-gagnants et a installé une hiérarchie d'imposition injuste d'une part (dont la tva et la taxe essence) et d'autre part dans la folie la plus totale on aboutit à une remontée de toute la richesse vers le haut de la hiérarchie (notamment via le système de la dette, instauré sciemment).
Ce qui ne profite à personne ; ni aux pays en développement dont l’économie devenue locale est décimée, au profit d’une prolétarisation éreintante), ni aux salariés, ni aux immigrés, ni aux systèmes sociaux ; et les hyper riches ne sachant pas quoi faire de leur profits, créent des tas de "besoins" qui ne servent à rien et de manière générale impose non pas même une croissance mais une hyper-croissance délirante ; c'est cette injustice là qui est visée, pas l'impôt en lui-même.
Cette injustice d’abord mais plus essentiellement l’inefficacité effarante de cette surproduction de tout ; la surproduction c’est cela qui permet qu’existe une hiérarchisation accrue, et donc une concurrence et une guerre ; une violence économique effroyable ; et toute la hiérarchisation non seulement des entreprises et groupes gigantesques (dont la financiarisation est le redoublement) mais une hiérarchisation intérieure à la société. De même que ne sont pas pensées les finalités de la production (qui est laissée à la disposition des acteurs privés et soi-disant du marché, qui non seulement est une illusion manipulée, mais qui de plus n’est pas même questionné en tant que « marché », qu’est-ce que cette institution du marché dont on sait bien qu’il n’est jamais libre et s’offre au plus offrant ?)
de même il n’est nulle part posé la question du revenu minimal en deçà duquel il devrait être impossible de descendre et au-delà duquel il deviendrait impossible de profiter. Ensuite on s’étonne que le salaire du pdg soit multiplié par mille en comparaison du plus bas ; et pourquoi l'infirmière est-elle si peu payée et le chirurgien hyper-rétribué ? Mais ceci même était inclus dans l’irréflexion qui a installé (on ne sait comment …) qu’il puisse exister une hiérarchisation intégrale de tout. Et non pas une hiérarchisation, certes, mais dans le cercle réglé de l’égalité de base. C'est ceci la hiérarchisation intérieure qui s'est pervertie en laissant dans la dépendance les inférieurs à tous les niveaux au profit des supérieurs à tous les niveaux.
Cette égalité de base, c’est cela qui est rationnel et cela qui est efficace. Cela qui permet de non seulement assurer la justice (sans laquelle tous tournent fous), mais qui autorise de réguler l’ensemble, plutôt que l’ensemble parte dans l’irréalité et finalement l’imbécilité face au réel ; parce que c’est cela qui est en jeu.

On ne peut pas imaginer même commencer de réguler la consommation, si du bras gauche, le sinistre, on autorise que batte à plein vents les drapeaux de l’hyper croissance prophétisée et du surdéveloppement mondialisé. C’est impossible et effroyablement mensonger ; tout le monde a compris que la taxe n’est pas destinée à l’écologie mais à renflouer les somptuosités du gouvernement envers les super riches et la financiarisation.
Et à la base c’est une irréflexion, cad une imbécilité crasse, de ces gouvernances
et si pour abattre ce méga-système délirant et destructeur il faut en passer par un nationalisme bien compris, on en passera par là ; puisqu’en fin de compte c’est ce à quoi cela, cet épuisement de ressources et des peuples, va aboutir ; et pour éviter le nationalisme rendu fou, il faut se lier au nationalisme organisationnel, qui se récupère la richesse au lieu de la déréguler dans d’immenses structures de pouvoir et de décision aberrantes ; récupérer la richesse pour les peuples et les peuples inscrits dans leur nation ; et fondamentalement passer du développement économique au développement politique. Plusieurs nations ne forment jamais un peuple (et donc une solidarité) mais entre en concurrence. C’est cela qui est en jeu ; que le politique devienne le réel. Que le tout économique soit raisonné par la volonté politique, et qui dit volonté politique dit volonté du peuple ; depuis la Révolution ça n’a absolument pas changé.

Et si on refuse de jouer l’organisationnel national, on récoltera le nationalisme guerrier (ou xénophobe ou réactionnaire ou le nationalisme économique de chacun pour soi mais cette fois dans des conditions de pénurie, de rareté) : rappelons que la mondialisation est déjà la guerre économique de tous contre tous (au profit des plus puissants, nations mais aussi et surtout entreprises, et au détriment des plus faibles, les peuples ou les particuliers).
La liberté en elle-même qui n’est pas régulée par l’égalité, c’est la lutte de tous contre tous ; c’est uniquement si on assigne la liberté à l’égalité que l’on peut espérer un peu de fraternité, ce qui veut dire de solidarité, soit donc ce sans quoi les individus dits libres ne font plus société, et c’est alors que tout s’effondre.

ça n'est pas la croyance en la soudaine "volonté inspirée" d'une population
(bien que celle-ci soit la plus politique qui fut jamais, c'est inscrit historiquement, elle a créé la politique moderne, elle n'a jamais compris ce qui fut créé depuis 1789 ... mais la vérité est que personne, personne, n'a jamais compris cet événement absolu ... or, eux, ils l'ont voulu, et sans le comprendre ils se sont haussés à ce niveau-là ; ceux qui crachent sur ce peuple sont juste des abrutis),
non pas une croyance donc mais sa capacité de situer de fait les enjeux réels ; leur niveau de vie et ce que cela implique ; et cela implique que la Richesse (comme concept abstrait) soit distribuée autrement.
Redistribuer à chacun une quote part (une augmentation par ex) est évidemment peu sensé (bien que non négligeable en soi) ; mais redistribuer la Richesse dans une mise en marche d'un plan global, via l'État (et en communauté de vue avec une partie ou une majorité de la population, qui y trouvera tel ou tel avantage individuel mais via ce détour de l'universel et de l'État), cela est l'enjeu majeur. Parce que si cet État décide de distribuer autrement la Richesse (cad la capacité, la potentialité) cette décision explose toute l'architecture financière et capitaliste outrancière.
Il ne faut pas penser tirer un profit accumulateur des investissements (via la fiscalité redistribuée) mais un profit individuel (qui rétablirait quelque peu la disproportion admissible si "naturellement" des revenus).
Parce que voici un gouvernement (vraiment en dessous de tout, notamment par ceci qu'ils ne sont pas des politiques, ils ne connaissent pas et ne respectent pas du tout ce que l'organisation politique du pays signifie et porte, les autres cherchaient à truander, mais ils avaient intégré la portée politique de l'organisation française de l'État, de la démocratie, de l'universel, même Sarkozy),
voici un gouvernement objectivement pris en sandwich entre la catastrophe écologique, incontournable, et visiblement un petit peuple qui entend ne pas se laisser faire ...
Je crois (on peut se tromper) que l'on ne mesure pas vraiment ce que signifient les 700 000 manifestants (et à tout le moins le soutien de 72% de la population) qui se sont levés spontanément (et on ne sait ABSOLUMENT PAS comment et par quel bout) levés pour tenter d'inverser toute la hiérarchie et l'organisation de cette société (sous-entendu organisation de la hiérarchie des salaires, des revenus, l'inversion de la Richesse ; ce qui est fondamental, affectant justement la richesse dans son utilisation ; l’utilisation de la richesse disponible est précisément non seulement ce qui fait justice ou injustice mais dépérissement ou survie de l’espèce).

 

 

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L'attirance

24 Novembre 2018, 09:18am

Publié par pascal doyelle

Le fait est ainsi que la brutalité, du réel, est irrémédiable ; si il existe une réalité (et donc nous, pour le coup) c’est de par l’altérité, qui seule rend possible qu’il y ait un possible, « de la possibilité ».

Ceci mène très loin, parce que si il est requis qu’il y ait altérité et donc cette sorte de « hasard » qui se produit de rencontres et qui malgré tout aboutit, aboutit (de façon statistique) de l’énergie à la matière, de la matière à la vie, de la vie à la structure de conscience (soit donc une surface de la peau qui se crée au-devant dans le champ perceptif et donc d’une intentionnalisation),

alors est impliqué que d’une part l’origine (continuée, de même que dieu supportait la continuité de l’univers) est un rapport (le rapport continué est le présent)

et que d’autre part dans ce rapport général il y aboutisse des rapports spécifiques ; des rapports avec soi lorsque le dit « soi » est non pas ceci ou cela (l’humain, la pensée, le moi) mais est le rapport lui-même (ce qui se nomme techniquement « sujet », ce que Badiou ne reconnait pas en tant que tel, mais seulement comme fonction d’une Vérité, ce qui est absurde, du moins de ce présent tel qu’éprouvé et je en sache pas que l’on possède la version « éternelle » de la réalité) ; ce par quoi le rapport devient à lui-même le rapport ; des rapports qui ont rapport avec eux-mêmes comme rapports, autrement dit des consciences ; ce qui se nomme et que l’on désigne comme « conscience » ce sont des êtres qui ne sont pas des êtres mais des rapports ; or ce qui est rapport d’une part peut créer en lui-même des rapports (le langage par ex, les signes, le corps), parce qu’il n’est pas rapport « à » quelque chose (un moi, une identité, un être quelconque) mais est le rapport du rapport. Il n’y a rien d’autre 

(sauf que l’on ignore « où » va ce mouvement, peut-être nulle part, peut-être quelque part ; l’occidentalisation ne répond pas à cette question, elle examine seulement comment l’articulation se produit ici même, ici et maintenant).

Si cela est vrai, alors l’énigme est intégrale et revient à dire que le réel ne sait pas ce qu’il veut. Mais il le veut. Et probablement on peut supposer qu’il ne laissera en aucune manière la réalité, cad tout le passé, lorsque terminalement il aboutit, ne laissera le passé en repos ; si le réel est le mouvement, il ne cesse pas de se mouvoir ; sa finalité n’est pas un état stationnaire, mais le re-mouvement, le remuement, le rapport à nouveau et sans cesse à neuf (de sorte que ce qui s’élabore tout au bout du Bord, terminalement est invraisemblablement Autre et œuvre cette distinctivité sans borne, dont on n’a aucune idée ni imagination, dont on constate ici même, pourtant, l’anfractuosité et que l’on ne retient ni comme image ni comme idée mais comme expérience structurelle, ce qui se nomme le sujet) ; en vérité il y aurait alors un mouvement originel et un re-mouvement en plus.

Pour paraphraser Nietzsche soit l’être est et alors il n’est que lui (et donc pas cette dispersion que l’on nomme réalité(s)), soit il n’est pas et donc rien n’est. Sauf donc à admettre que l’être est et n’est pas ; qu’il est mouvement (ce que Hegel comprenait mais intérieurement à la pensée, cad à l’intentionnalité des deux phénoménologies). Mouvement c’est-à-dire présent, cet instant même qui attire tout.

Mais si il est mouvement, alors il est intégralement, tout entier et de toutes ses parties, mouvement.

On remarquera qu’alors il s’explique tout à fait adéquatement que si il est mouvement, il engendre tous les mouvements, cad les choses en tant qu’elles sont mouvements (et on ne peut connait aucune chose qui soit éternellement être, tandis que le présent est ) ; ce que visiblement elles sont ; elles sont en tant qu’elles ne sont pas ; ou plus exactement l’être est effectivement mais relatif à une structure qui n’est pas, qui Existe ; donc les choses sont mouvements, relatifs et fixés momentanément, dans le mouvement qui dés lors devient à lui-même son propre repérage et il l’est « à lui-même » sans craindre que cela le fige, puisque c’est en tant que mouvement.

Or la plus jolie performance consiste en ceci qu’à y regarder bien précisément dieu, l’être, le sujet et l’altérité sont de fait de purs et bruts mouvements. On ne conçoit dieu comme fixé que si on le fige perçu extérieurement et si on y veut y croire percevoir qu’un objet, une chose (comme le rationalisme et le naturalisme s’y emploient, ils perçoivent selon leur regard-autre mais comme si ce regard n’existait pas, ce regard retiré du monde et s’étonnent ensuite de déprimer), et non pas si l’on y croit, dans le regard même qui intensifie toute potentialité nouvelle, comme le christ rendra possible que l’on soit par-donné, en plus, toujours en plus.

Il n’y a rien dans la pensée, occidentale, qui reste en l’état ; c’est bien pour cela qu’elle se meut dans tous les sens et ici et là se contredit à qui mieux-mieux, puisque cela lui est égal ; elle reste égale à elle- même par et au travers de n’importe quelle contradiction ; c’est uniquement si l’on croit que la « vérité » va s’incorporer ou se figer (en ceci ou cela) que l’on reste sur sa faim ; comment peut-on déprimer lorsque l’on s’aperçoit, transi, que dieu, l’être, le sujet et l’altérité manifeste avec augmentation, intensité, accélération et densité tout le réel disponible (pour le moment, historique, et pour l’instant, structurel) ?

Lorsque l’on crée ou reçoit la révélation de dieu cela rend réelles quantité de possibilités intentionnelle (la nation juive, le corps chrétien, le sujet qui se perçoit du dehors formel absolu, etc).

Ou, version psychologique ou psychique valant pour notre état actuel de « moi », de personnalisation ; comment peut-on se suffire de n’être que ce moi-corps-langage (ou qui tente, tant bien que mal, et au final de totale déception, qui tente de s’unifier comme désir-objet ou regard-regardé-regardant, ou qui croit ‘se’ voir dans les images, de ciné ou de publicité)

alors que toutes les portes sont largement ouvertes sur toutes les sortes de Sujets possibles (le sujet de dieu, de la pensée, du christique, du sujet tel que là, de l’altérité et de tous les mondes humains de jadis, dits particuliers, et de toutes les traditions zy-compris) ?

Ou donc ; le « sujet » est la structure et la structure s’emprunte, s’inquiète, se meut aussi bien selon dieu, la pensée, le sujet lui-même qui dit « je », l’altérité de son déchirement ou splittage ou altérité qui-n’est-pas-soi (parce que de soi il n’en est pas, sinon juste relativement, au mouvement de conscience, projection sartrienne etc, au sens que « ça ne tient que par là »). « Sujet » est une fonction, non pas une fonction objective (il faudrait qu’il y ait encore un autre regard capable de poser cette objectivité) mais une fonction absolue, formelle, exclusive et qui exclue toutes les autres (les subsumant) puisque sans elle il n’en existe aucune.

Il faut entendre littéralement que depuis la méditerranée (depuis que nous sommes sortis de tout monde cyclique, clos, particulier, signifié sans doute aucun abusivement ici comme tels pour la facilité de compréhension) nous nous sommes plantés devant le monde, grec, tel que donné « là » et selon ce corps tel que le voici. Ceci est le corps, voici l’homme.

Or de le dire, ça l’écarte. Ce qui est dit, est dit du point de vue qui expulse cela même qui est montré ; de le dire on ne l’est plus. Et ce qui est dit est posé sur un horizon, lequel horizon ne se présente pas au-devant (sinon il ne serait pas l’horizon et celui-ci reculerait d’autant). Le mouvement dit dialectique de Hegel, c’est cela ; quel est l’horizon sur lequel est posée telle idée ou tel monde ? Et c’est déjà l’horizon suivant qui se dessine dans tel monde présenté. Comme l’arc de conscience est indépendamment de tout contenu (non qu’il soit sans contenu, il y a toujours conscience de quelque chose, mais les choses se remplacent) l’esprit est le mouvement de tous les contenus qui défilent et s’enchâssent (se chassent) ; le fond définitif sur lequel tout se produit est l’arc lui-même (la négativité hégélienne, et c’est pour cela que le savoir absolu est peut-être un savoir sur-objectif, mais très certainement est lui-même la seconde phénoménologie, après celle de l’activité de conscience dans ; l’histoire, la chasse de tous les mondes, toutes les idées, toutes les positions de conscience).

Et il est donc vrai qu’au sortir de Hegel il ne reste rien du tout comme contenus ; on les a tous quittés. Hegel solde intégralement la métaphysique, l’élaboration d’un discours qui contiendrait toutes les réalités (ce faisant il dissout l’être, le remplaçant par l’esprit lequel est sujet, et le rapport entre les contenus la négativité) et on est alors déjà passé non plus à « ce qu’il faut penser » mais à la description de cette structure qui, entre autres, pense ; et ce depuis Descartes. Mais les grecs ou les scolastiques et la pensée chrétienne et théologique n’agissaient pas autrement ; il s’agissait d’observer objectivement toutes les lignes intentionnelles possibles qui permettaient d’explorer et de planifier les pensées et les représentations possibles, mais aussi les intentions et les volontés adéquates, adéquates aux réalités, naturelles et humaines, de créer ces distinctions intentionnelles, de perceptions et de décisions ; dresser totalement toutes les possibilités intentionnelles permettant de garantir la clarté et la systématicité de la pensée, pour ensuite passer à l’observation de cette attention telle qu’en elle-même elle explore et découvre, invente et crée.

Evidemment l’invention et la création étaient bien hors du rayon d’action de la pensée métaphysique (qui devait catégoriser les possibilités du vrai, du bien et du beau, de l’être et des réalités telles que données) ; de même impossible pour la raison de penser la liberté ; ce qui est libre n’obéit qu’à soi, mais il y obéit vraiment, ce qui veut dire que « libre » ça n’est pas « n’importe quoi » ; ce que la liberté actualise c’est cette cohérence singulière qu’est la liberté. Elle est sa propre loi, mais elle existe cette loi, elle l’incorpore et la perçoit. D’une plus extrême exigence encore (que celle imposé du dehors par dieu ou l’universel). Et c’est non seulement une cohérence mais c’est la plus exigeante et la plus précise des cohérences.

Penser et généraliser est une chose, décider et intentionnaliser c’en est une autre. Ça réclame une bien plus grande organisation mentale et une organisation évidemment démultipliée, c’est ce que l’on nomme démocratie au sens moderne (depuis 1789) ; démocratie ça n’est pas un régime politique, c’est un organisationnel de l’humanisation qui s’avance jusqu’à la personnalisation de chacun (sous condition que chacun soit à lui-même sa loi, sa propre loi mais sa loi en tant que telle).

Si la méta-organisation passait par la pensée (ce qui veut dire traduit dans les faits, par les religions, qui furent toujours des théologies et non seulement des « croyances »), il advient que lorsque cet organisationnel descend jusque dans les corps un par un, qu’est-ce que ce mouvement devient ? La révolution, la constitution, la démocratie.

Ensuite dans le cadre de la « démocratie » il est des variations considérables et qui poussent le plus souvent à contredire le cadre lui-même, puisque le monde et ses intérêts immédiats et faibles, viennent envahir l’organisationnel (et dont on a reconnu depuis le début qu’il s’agissait de la liberté et de l’égalité, deux seuls paramètres exactes de toute situation réelle), envahir l’organisationnel et toutes hiérarchies de pouvoirs commencent de recouvrir ce que le structurel a précédemment écarté de sa pure vue dite « abstraite », Robespierre qui su, voulu, par quelque tour invraisemblable et étourdissant, halluciné lui-même, pris de transes structurelles suractivés,  su et voulu maintenir envers et contre tout et tous, tous ; toujours il a élevé à nouveau la réalité au réel. Invraisemblable bonhomme.

Mais cela veut dire que le concept organisationnel « démocratie » n’est pas nécessairement et immédiatement réalisé et que donc il signifie plus que tous ces effets ; son point d’application, le sujet, tel qu’en un corps, est non fini ; sa capacité est non finie et contrairement à tout le prétendu, l’humain ne s’inscrit pas comme une « nature humaine » mais comme sujets. Et de plus les dits sujets entrent dans un relationnel dont ils attendent les valeurs ; les valeurs s’utilisent afin que soient instanciées les intentionnalités ; ce qui veut dire ceci que l’on parie alors pour la mise en forme, l’instruction (in-formation) du monde humain selon une plus grande ambition que celle habituellement imposée par le monde et les intérêts (et on verra qu’elle passe bien autrement que par le prêchi prêcha, par Led Zep ou Ph K Dick ; c’est bien notre invention absolue, puisque l’on est dedans la densité du donné, du vécu, du corps, du relationnel, de l’image qui conduit au miroir même); autrement dit que l’on parie sur un plus grand intérêt, non immédiat, que personne ne perçoit dans le monde mais qui oriente et guide ce monde ; ce que Kant nommait le règne des fins, la fin de la violence (de la contrainte, de l’exploitation, de la destruction d’autrui, au profit d’intéressements faibles mais immédiatement accaparés).

Ce pari selon l’historicité du structurel (sur l’immédiateté du monde et ses habitudes), est un absolu, ce qui veut dire formel, déracinement, hors du corps ; hors du corps comme seul garant et seule finalité des intentionnalités ; et imagine un autre-corps qui, lui, obéirait à l’autre loi, l’autre horizon ; non pas celui du monde (comme il va habituellement, vers la violence et la mort), mais l’horizon du dépassement (dont on n’a aucune preuve sensible ou immédiate).

Autrement dit ; on a l’habitude de désirer quantité d’objets dans le monde, et pas un n’en vaut réellement l’effort, si on parvient de se placer du point extrême du réel ; en comparaison du réel les réalités ne sont pas « mauvaises » mais sans grand intérêt. C’est bien en ceci que les moqueries communes, très communes, vulgaires, envers la religion ou la conversion ou le Bien ou l’histoire humaine ou la révolution poussent à ne plus considérer comme réel que les réalités … ce qui est manifestement absurde.

Ou donc encore ; si vous ne comprenez pas Rimbaud (ou quiconque de cet ordre là, de cette dimension là), ça n’est pas la faute de Rimbaud mais la vôtre ; vous êtes juste trop cons (rassurez-vous, vous ne pouvez pas comprendre Rimbaud vraiment, lui-même n’a évidemment pas su, mais quand même … De ne pas admettre que Rimbaud est plus vrai que tout le reste est une erreur fatale, un game over, a black death ; remplacez Rimbaud par qui vous voulez, qui se tienne un minimum).

La vérité est que c’est cela que ça signifie. Si vous aimez seulement les êtres humains (ce qui est déjà une grande vision admirable) mais hors du christ, vous n’aimez pas vraiment les êtres humains … Comprend-on ce que cela signifie ? Remplacez le christ par qui vous voulez. Qui vous voulez de suffisamment étendu et instancié.

Parce qu’en soi l’humain n’est pas du tout admirable (sinon pour de fausses et absurdes raisons, qui seront toujours relatives à d’autres encore moins vaillantes, bien que tout cela se tente, mais sans le réflexe de la structure, ça sera une immense déception) ; il faut un ancrage transcendant pour que ce soit la transcendance qui puisse autoriser, permettre une grande possibilité d’intentionnalité ; parce que sinon ce sera le monde et l’immédiateté qui l’emporteront ; ils l’emporteront puisque des intentionnalités noyées dans le monde et le corps immédiat il en existe une quantité indéfinie et que le corps lui-même est soumis, physiquement, chimiquement, aux satisfactions telles quelles données dans le donné ; sa pesanteur est intérieure, tandis que l‘intentionnalité libre (qui est im-possible) est interne, interne à la surface (c’est pour cela que la motivation esthétique, éthique, politique, idéelle, philosophique passe par le champ perceptif, est un re-tour, un nouveau tour).   

Interne à la surface qui est externe ; ou si l’on préfère l’intentionnalité est une surface interne à l’externe et exige donc que l’on s’y élève. C’est comme ça. Impossible de faire autrement.

Cela revient donc à couper net la finalité du corps ; non pas de le bannir, mais de conserver dans un coin que non, décidément, « ça n’est pas ça ».

(Ça ne vous quittera plus)

Ça ne se trouvera nulle part dans le monde. De même que ça ne se trouve pas « dans » Rimbaud, mais bien que Rimbaud fait-signe vers ce qui, en vous, se tient de l’horizon, en plus, de l’autre surface (non seulement parce que c’est une autre surface que l’horizon du monde mais parce que cette surface-là est constitutivement Autre ; il vous fait saisir que vous êtes saisi du même point, qui, étant formel, les expose tous, potentiellement ; ce qui totalement hors de notre capacité, mais ce point on le Sait, on Sait le formel de ce point, de même que l’on Sait que Descartes Sait, qu’il a outrepassé la connaissance, et la métaphysique, par l’ontologie et le Savoir-qui-se-sait, et effectivement Kant et Hegel exposeront ce se-savoir ; notre position dans le monde, entre le donné et l’ensoi et l’étalage des deux phénoménologies, du devenir et du « savoir absolu »).

Se rendre selon l’altérité, ce n’est pas se fixer selon un autre désigné dans le monde ; c’est effectivement l’autre et en même temps ça n’est pas l’autre dont on tombe amoureux dans le tomber-amoureux du moi (sa graaande expérience dans la vie). C’est pour cela que jadis ça ne valait que par le christ ou pour Platon qui a tenté de le jouer selon la pensée ou les valeurs (l’autre incarnait le vrai, el beau ou le bien). Autrement dit le christ, dans cet exemple, est exclusif et ensuite il indique dans le monde (mais aucune partie du monde ne peut le remplacer). On ne peut pas remplacer le Un structurel.

On peut bien tenter (et ça fonctionne souvent) de se « guérir » via et par le regard ‘un autre, d’un autrui ; on réparera un morceau du moi ; mais avec l’altérité c’est tout autre chose ; on ne peut pas prendre prétexte de l’autre pour être « soi », en mieux (parfois ça se termine très mal…) On est, par et dans l’altérité, sa structure, toujours outrepassé ; on se retrouve toujours comme Rimbaud à s’enfuir loin, très loin, de ne plus en supporter la possibilité, la capacité ; on renonce toujours, on ne peut pas supporter l’altérité et être vivant ; ce corps lui-même ne supporte pas l’irruption de la dimension dans ses finalités, que seules il comprend ; elles lui correspondent, l’altérité non.

Encore faut-il, donc, admettre l’altérité en soi-même … ce qui est déjà contradictoire. Non pas qu’il n’y ait plus de soi (comme lorsque l’on disait que le christ exigeait une pureté d’intention telle qu’elle était impossible, ou lorsque l’on devait abandonner son égoïsme pour l’universel espérance du genre humain, ce genre de désintéressément proprement inaccessible et inimaginable), mais bien qu’il faut être saisi par l’altérité… et il n’y est plus question d’être « beaucoup plus pur », mais transi de terreur ontologique, de sidération (on appelait cela l’extase). 

On ne veut pas croire en dieu, au christ, à l’universel, à la révolution, à la liberté, mais voila… l’un ou l’autre (comme ça vous est venu) sont déjà en nous comme la rage attachée. On ne se satisfera pas, voila tout. Et c‘est cette insatisfaction que l’on pense, qui fait tout notre objet et ce depuis le début (que nous ayons été éjecté de tout monde clos, depuis le dieu un-tout-autre).

De même que le présent est ce qui vient vers vous, l’attachement est déjà l’attirance qui vient d’en avant. Vous l’êtes déjà. (À vous de voir de quelle possibilité il s’agit, telle que, pour vous, elle s’est manifestée : il ne peut exister de conscience sans que celle-ci ait pris déjà et formellement, cad absolument, acte. Sans une tension elle n’est pas et comme elle n’est pas divisible, elle est formelle, il y a tension ou pas, et si il ya, alors elle est une).

Il s’avère donc que les configurations sont utilisées afin de mordre sur cette tension ; le tomber-amoureux, dieu, le christique, le sujet, l’universel, la révolution, la liberté comme extrémité, etc. Et comme de juste (puisque cette intentionnalité est incarnée, est ce-corps, cette autre-surface du (même) corps) il y a dans chaque corps une tension proprement terrifiante et autre. Un signe, un signifiant, une image, un geste, un mouvement ; celui qui nous a saisi. Ce qui revient à dire qu’il n’existe que la transcendance (en tant, pour nous, que présent).

Reprenons il n’existe que la transcendance (laissons le présent de côté) parce qu’il existe un arc de conscience qui crée un champ perceptif et que ce champ re-vient vers chacun et c’est par lui que nous avons un corps, un monde, des objets, désirs et tout ce que l’on peut observer (plus tout ce que l’on n’a pas encore remarqué). C’est dans ce champ que le corps existe « à nouveau » (en ajout à ce corps donné là qui évidement est, de même que le monde) ; et dans ce corps en plus non qu’il se soit glissé mais il est fondé ontologiquement selon cette altérité de champ ; bien que pour lui-même il admet immédiatement que « tout cela que voila » (ce monde cet objet à désirer, ces finalités) tout cela est présenté tel quel et factuellement ; que ces réalités (qui sont re-construites) sont le réel. Alors que toutes, elles sont préposées (comme le facteur) dans une instanciation du « réel » pur et brut. Vide. Formel.

Aussi on ne trouvera jamais dans les choses ce qui les cause ; la cause des choses est au-devant ; dans le présent (cad ce qui vient vers nous, c’est pour cela qu’il existe un présent ou plutôt que le présent est l’exister). Et à la suite ça n’est pas dans la conscience mais dans la tension qu’est, qu’existe, qui fait exister (intégralement) la conscience, que, si résolution il ya, on la trouvera ; on la trouvera sous la forme de ‘on ne la trouvera pas’. Ce que le tao sait depuis longtemps. On ne la trouvera pas parce qu’elle devient nous-même hors de nous-même. Que le christ me regarde veut dire ; je ne sais pas du tout ce qu’il pense.

Remarquons bien à chercher la cause (que l’on ne trouvera pas, elle doit être créée, là au-devant), on remue ciel et terre et tout le corps et tout le conscient et l’inconscient et tout ce que l’on voudra ; ça y oblige. On a inventé dieu (ou il s’est révélé) afin que tout soit remué.  Que tout soit remué parce que le réel est le mouvement ; on ne le sait pas (lorsqu’on le vit) mais le réel est en création et en création structurelle ; non pas d’agiter telle chose modifiée par la volonté ou l’intellect ou objet soulevé par le désir, mais modifier la structure même du champ perceptif.

Que tout soit remué veut dire ; la vérité, ce qu’il faut entendre comme « le réel », est en-avant ; le réel n’est pas «là », il est ce qui vient au-devant, à condition qu’on le veuille (à condition que l’on augmente (grecs), intensifie (christ), accélère (Descartes et sujet), ou instancie, dans la densité du monde et du corps et du vécu (ce qui se déroule depuis la révolution), que l’on augmente donc l’intentionnalité, et non pas qu’on laisse l’intentionnalité dans la dépendance du donné, de la détermination, de l’identité, tendant à se plier dans les finalités réelles mais basses, du monde.

Cela revient à décrocher l’intentionnalité hors du corps.

Le 18éme, la révolution elle-même (en promettant, très légitimement, le bonheur), le naturalisme remplaçant dieu, la raison remplaçant la pensée, le moi remplaçant le sujet (toutes réalisations très bonnes et indispensables mais non pas terminales) finissaient par inclure l’intentionnalité dans le corps lui-même (besoins, désir, famille,  le moi et son vécu, images, représentations, etc, sont ses effets). Et sans doute aucun, afin d’élever l’humanisation puis la personnalisation. Mais à l’une comme à l’autre manque la structure ; révolution ou existentialisme au mieux, désir extrapolé comme « vérité » ou humanisme plat au minimum, comme fondation morale exclusive et consacrée, de toute société humaine entre les deux (personnalisme par ex), ont pu tenter d’installer l’instanciation, mais une instanciation ça ne se stipule pas de cette manière et surtout, quoi que l’on en pense, l’instanciation, qui permet de lancer une stratégie, ne se produit des parties du monde, des morceaux de vie ou des pulsions enfiévrées.

Or il est une permutation de toute la réalité (de la réalisation humaine) qui échappe singulièrement à l’attraction individuelle ; non pas que l’on en appelle à chacun dans son chacun, mais bien que l’ensemble de tout ce qui est pensé (au sens large, cartésien en somme ou kantien), est exprimé, montré ; cinéma ou Tv, photo ou Bd, Sf ou music, et finalement selon les deux grandes médiatisations (celle macro du milieu du 20éme) et celle micro depuis le net ; à savoir que ça vient vous chercher chez vous.

Ça n’est pas une pensée universelle, ni même le cadre universel (de la révolution ancienne manière) qui comptent (puisque les deux sont déjà devenus) et qui s’imposeraient à vous ; c’est le miroir qui travaille les images et ces images que vous remontez comme miroir individué ; bref « ça vous regarde » et c’est ce regard qui vous transforme, automatiquement pourrait-on dire, comme le christ créait les âmes. 

Cela veut dire que lorsque Led Zep s’engouffre via Dazed and confused ou que Ph K Dick vous étourdit du dedans de la tête, ce qui veut dire dans le réel (dedans de la tête/dans le réel, ça ne veut pas dire que le réel est dans la tête mais que la tête est dans la surface même du réel), lorsque dans la réalité vient poindre le réel, c’est là que ça s’enclenche.

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Situation du Bord du monde

17 Novembre 2018, 09:47am

Publié par pascal doyelle

L’esprit occidental, l’expérience menée jusqu’ici ne fut pas de supposer le divin en tant qu’au-delà, mais de préciser le divin (si jamais il y avait lieu) ici même. C’est bien ainsi qu’il faut comprendre le christique ou la pensée grecque, qui se qualifiait elle-même de divine, tant l’interruption qu’elle provoquait s’imposait. 

Cela veut dire que l’occidentalité consiste à avancer techniquement dans l’articulation (que tout « divin » présuppose). Il ne s’agit nullement, au fond et théoriquement, de remplacer le divin par quoi que ce soit (qui de toute manière serait du monde), puisque de fait nous sommes distincts formellement du monde donné là ; c’est donc l’arc-ticulation. Mais finalement ce que se cache à elle-même l’occidentalité c’est que l’articulation est une arc-ticulation généralisée ; à savoir que le présent est précisément cette structure, ce rapport ; que tout est dans et par un rapport (non seulement gigantesque mais précisément distinct comme chaque point de réel antérieur à toutes et chacune des réalités, des choses, des êtres ; le présent qui précède les réalités et donc chaque arc de conscience).

Et donc tout est pris dans ce rapport absolu, cad formel, qu'est l'invisibilité du réel, comme présent hyper-actif ; tout est un activisme réellement brutal qui seul permet que réalités il y a. Il est seul qui Existe, puisqu’il est l’exister lui-même (le présent est la forme, connue par nous, de l’exister, comme dimension dont on ne sait rien d’autre, mais analysant cette forme telle qu’ici même elle se prête, on en tire des instructions, des instructions qui instruisent la forme même qu’est notre arc de conscience ; c’est ce qui se passe lorsqu’on lit Descartes ou le christ ; on convertit l’acte de conscience dans une autre forme (une autre formulation de la forme, qui se déplie de son inépaisseur vers des plis et replis).

Et cela atteint tout le monde, puisque d’abord, par ex, le christique s’est déployé dans votre monde, ou que la révolution est justement l’actualisation de cette conversion ; elle est un fait de structure et ces formulations-là visent à non pas définir ; dans le monde comme parties du monde, ce qu’elle n’est pas, mais à signifier de telle sorte que chacun devienne chaqu’un selon la forme, la dimension, le réel et non plus la réalité, parce que la réalité est toujours déterminée et donc imaginaire ou prise dans l’imaginaire ; c’est en ce sens que les mathématiques sont encore imaginaires, non dans leur discours mais dans leur aperception par chacun ; chacun localise les mathématiques selon son être imaginaire, puisque le monde ou la chose en soi ou la liberté sont des noumènes, sont impossiblement représentables ; mais au travers de cette imagination le monde, la chose ou le sujet sont signifiés, désignés dans le pli du sujet lui-même.

On a vu que « la pensée » comme idéal éternel était largement dépassé ou plus exactement remplacée en ceci que la dite pensée a glissé, apparemment, vers la considération sur cet-être, très étrange, le nôtre, qui ne peut pas être traité dans un discours simple, mais dans un discours retors (le doute cartésien, le criticisme kantien, la dialectique hégélienne, la phénoménologie, l'altérité de Nietzsche et Heidegger, l'analyse disjointe de Sartre et Lacan) et dont nous avons l’expérience des limites (Descartes jusque Lacan, tandis que les sciences, Marx ou Freud en dessinent la mondanéité comme autres, causalités et systèmes donnés contraignants), et prétendument a contrario par impossibilité d’atteindre l’être, on se serait rabattu sur cet-être tel que « là » ; mais en vérité et en fait c’est la redéfinition de ce que par réflexivité il faut, il fallait comprendre ; la réflexivité n’est pas le retour intérieur à la pensée qui construit un discours normé et auto référent, au sens où sa cohérence intérieure valide toutes ses possibilités rendues réelles et conservées lorsqu’adéquates ; ceci, cette opérativité de la pensée est en elle-même tout à fait non seulement louable mais exigée ; il faut que l’on parvienne à exprimer la totalité des intentionnalités de telle sorte que par leurs explicitations intégrales il nous revienne de « voir clair » ; de distinguer et d’ordonner toute l’intentionnalité disponible ; de ne rien manquer, auquel cas la pensée, l’intentionnalité serait effilochée et donc on ne parviendrait pas à percevoir clairement en toute connaissance l’ensemble de ce que, par l’intentionnalité, les grecs ont découvert ; à savoir que d’éclaircir l’intentionnalité (que l’on a du monde, des choses, des êtres, de la vie, etc) nous permet de percevoir beaucoup plus et en-plus de tel ou tel monde humain ; on invente donc du langage en plus afin de marquer, de repérer, de signifier les parties du monde et de la vie, qu’autrement on ne percevrait pas ; on s’aperçoit donc que l’on peut « créer de l’intentionnalité-s » (signifier donc) mais que pour créer celle-ci il faut la rendre cohérente, sinon on invente n’importe quoi n’importe comment ; créer en pensée, en raison, en cohérence c’est s’assurer que l’on avance.

Toute exigence qui permettra donc de préserver l’harmonie, l’organisation, la mise en ordre, cad en forme, des intentionnalités est donc impérative ; sauf que l’on dispose alors non d’un système (de définition) mais d’une systématisation, d’un processus, d’une stratégie générale (le christique, la révolution, le droit, les narrations et les esthétiques sont des stratégies) ; et tout dépendra de ce vers quoi ou vers qui l’on tourne le faisceau d’intentionnalités organisées (le discours intentionnel cohérent originellement grec) ; que donne la raison, la pensée, la processualité des intentionnalités ordonnées appliquées à dieu ? Au temps ? À l’existence ? Au sujet lui-même ? Non pas quelle cohérence présupposée on pourrait lui appliquer, mais quelle nouvelle cohérence analysée (par elle-même et analysable) se dégage des expérimentations hyper objectives de Descartes ou Hegel ou Nietzsche ou Sartre ? 

C’est ce qu’opère Descartes ; il dit ; que peut-on penser à propos de cet-être et comment le penser, cet-être qui est le nôtre tel que disposé « là » à la surface, sur l’étendue du monde ? autrement dit il s’agit de créer un système qui soit non plus auto réfèrent (comme la métaphysique) mais qui soit signifiant par rapport à notre situation telle que donné « là » ; « là » dans le monde, et nous dirions dans le réel. Puisque dès lors, si l’on oublie que le discours métaphysique référait à l’être (dans le ciel des idées, ce qui veut dire au bout des intentionnalisations réunies en faisceau) et qui permettait d’organiser l’intentionnalité et l’offrait à tout un chacun pourvu qu’il se convertisse à l‘intentionnalisation ou la surintentionnalisation du donné (par-dessus le langage commun), si l’on oublie l’être comme clôture de la pensée (en fait le Un ou le Bien ouvrent l'intentionnalité), et que l’on élargit la réflexivité à « mettre en avant notre être tel que « là », compte-tenu de ceci on passe de la métaphysique à l’ontologie ; au jugement, à l’attention, à la compréhension de la position de notre être sur le réel.

Et donc au statut de ce qui « là », existe. Et si ça n’est plus l’être, c’est le réel. C’est le réel tel qu’il s’impose là au-devant, que l’on va commencer de signifier comme étendue, être-en-soi, réalité, matière ou énergie, Etre de Heidegger, volonté de Nietzsche, ensoi sartrien, « réel » lacanien.

On dira que si on pense le réel, ça n’est pas comme de penser l’être (l’être ne s’aperçoit qu’au bout des intentionnalités et parait n’exister que suspendu, pensée de la pensée ou intention divine ou esprit de l’esprit, l'esprit est sujet, Hegel interprétant Descartes), mais en fait si l’on y regarde bien lorsque Descartes inscrit que la pensée a lieu effectivement ici même, en ce corps qui doute, c’est qu’il existe antérieurement une structure-qui-pense (ce que par Descartes il faut comprendre comme "qui signifie", la pensée chez Descartes est un ensemble de possibilités, y compris cette troisième substance corps-esprit énigmatique, qui reçoit son recommencement par l’intentionnel) et qui ne tient plus du tout spécifiquement à la pensée ; Descartes découvre cela qui origine la pensée (et permet de passer de celle-ci à l'ontologie de cet être ici même, posé sur l'étendue ; la structure de suspension de l'intentionnalité, le doute, de l'infini du retour, de position sur la surface du réel, l'étendue, et de l'étrangeté du corps pour un être originel) de même que Sartre s’ingéniera à explorer les intentionnalisations possibles extrudées dans le monde, les autres, les choses, l’existence en soi, le corps, l’historicité, le collectif, et sortira l'acte de conscience de l'idéalisme des contenus. La conscience est via un corps.

On a voulu faire système du réel tel que dévoilé au fur et à mesure ; on n’a pas abandonné la systématisation, on l’a appliqué à l’expérience la plus concrète et la plus observable ; de sorte que, dans le mouvement global et historique, l’intentionnalité a pu s’étendre à tout le donné analysable, perceptible (de même que l’on a créé toutes les esthétiques, et toutes les éthiques et politiques) et dont chacun devient à la fois l’observateur et l’observé. Et le plus diamétralement extraordinaire est que l’observateur s’impose lui-même comme étant l’expérience réelle et que l’observé s’embrouille dans ses fils. Et la logique de cette systématisation, c'est de signifier (et non plus de seulement définir, impliquant que la définition soit incluse dans le signifier).

On veut dire par là que l’on n’est pas libre pour ceci ou cela, on est libre pour la liberté même (le tomber-amoureux est le dépassement selon le moi, qui lui prend tout le corps, lui, le moi qui se situe par son corps et sa « satisfaction » ; c’est ce qui arrive à un sujet lorsqu’il s’instancie par telle ou telle œuvre, éthique, révolutionnaire, esthétique, etc) ; c’est elle que l’on éprouve réellement, même si l’on croit vivre les effets de cette structure comme si ils étaient la vie même. Tout ce que l’on vit n’a de validité que structurée et parce que le structurel seul importe. Si l’on se laisse conduire par les effets et les résultats piteux de ces effets (les désastres collectifs et individuels qui concernent chacun des mois sur la terre), on s’enfouit dans la dispersion que sont les immédiatetés.

Comprenons bien : il n’est pas, à réunir l’ensemble de tout ce que l’on peut vivre, d’unité. De même qu’il n’est pas de « moi ». Ce qui est dit « être » par contre Existe ; le moi ne tient, qu'il ne sache ou non, que par son sujet (le tomber-amoureux du moi est son sujet ultime dans son ordre). Ce qu’il faut saisir comme ex-sister sort continuellement de et comme mouvement. L’unité ex-siste mais elle n’a absolument pas la forme d’un moi, d’une unité, d’un sens du monde, d’une réalisation ou d’un bonheur. C’est bien pour cela que malgré qu’ils se conçoivent comme si réfractaires à toute l’historicité qui les précèdent, Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan imposent une Exigence encore plus dure et intransigeante que ne fut celle des grecs ou du christique ou de dieu. Dieu, l’être ou le regard cherchaient en avant dans leur attirance absolue, mais N H S L veulent ici même en être saisis et même se saisir (abusivement) du saisissement ; dont ils voient bien par ailleurs que « ça leur échappe », c’est bien plus grand que leur volonté, puisque c’est l’intentionnalité, bien plus structuré que leur pensée, c’est le réel, bien plus imposant que la courte vue de chaque conscience et bien que ça ne puisse passer que par chaque conscience, et c'est historicité à laquelle se heurte Sartre ; leur sujet est plus grand que leur moi. De même que le moi subit la dureté de sa propre hyper exigence parfois démentielle. Et malgré qu’ils soient «  les penseurs de ce temps » l’arc de conscience les saisit à même toute leur existence, volonté ou intention. Parce que chaque arc est arcbouté au réel tel que présent il attire toujours au-devant.

Parce que se définir comme volonté c’est tenter d’appliquer un programme (une théorie, une idée, une réussite, une confrontation) ; le Bien ou le Vrai existent il faudrait l’appliquer. Penser en terme d’intentionnalité c’est précisément comprendre que l’on doit élaborer une idée, une théorie, une représentation, une ou des finalités qui n’existent pas, pas encore ; ce que, quand même, on instruit depuis 3500 ans ; depuis dieu, qui entend ajouter au monde un Bien qui n’y « est » pas, qui doit y ex-sister, à partir de nous et dont chacun doit tenir, en obtenir la résolution, de même que le christique consiste à avancer dans la possibilité de résolutions, raison pour laquelle il introduit la rémission des péchés, des fautes, des intentions égarées, au profit de la reprise constante de l’intention, et de la confiance indéfectible, de se rassembler toujours à neuf, à zéro dans et par le regard de celui qui vous écoute et permet donc une formelle extension de la conscience de « soi », qui n’est plus assujetti à des donnés, des données, mais se renouvelle dans les intentionnalités possibles.

Et penser en terme d’intentionnalité c’est préciser que le réel s’invente ; il n’aura échappé à personne (enfin, si) que l’intentionnalisme christique est « devenu », il s’est propagé mais aussi relancé constamment et sous quantité de formes ; liberté-égalité-fraternité c’est, de fait, dans les faits même, « aimez-vous les uns les autres » ; élevez votre liberté et élevez la liberté des autres selon et par une égalité assumée, reconnue, organisée et non pas laissée à votre « charité » au sens péjoratif, mais relatif à votre amour (positif) non d’un tel ou d’une telle mais amour de l’élévation … que le système ou la systématisation des intentionnalisations puisse remonter constamment le degré d’investissement « mental ».  

C’est bien pour cela qu’il ne faut pas stipuler telle ou telle situation ; c’est ce contre quoi lutte Sartre ; non pas enfermer dans la situation mais remonter la situation dans ses conditions, ses conditionnements, reprendre par la liberté ce qui nous enclot ; mais partir du principe même, du Un, du réel ; parce que toute intentionnalisation (donnée, là, immédiate, contrainte, déterminée) n’existe que dans l’intentionnalité en soi ; ce que Kant nomme le nouménal, au fond, la capacité de saisir d’en être saisi, puisque le nouménal échappe à la contrainte, et c’est par ratatinement que l’on ne perçoit plus que le donné ou tel et tel problème, rendant impossible toute stratégie générale et donc l’envahissement d’intentionnalisations limitatives ; en vérité pour Kant et en fait et réel ici, on part toujours, quoi que l’on fasse, du Bord ; c’est à partir du Bord que l’on perçoit, désire, le tomber-amoureux du moi c’est cela ; le re-commencement, renaitre et à la fois commencer (de vivre par l’autre regard ; on peut désirer re-naitre selon le sujet, selon Cézanne ou Rimbaud, ouvrir l’œil c’est re-naitre, bien vite recouvert par tout le monde donné et le vécu acquis).

Et donc on ne peut pas re-commencer pour rien et dans le vide ; ce que l’on perçoit par le Bord, ce regard a déjà une histoire, une historicité. Notre réalité est déjà lue par Platon, le christ ou la révolution ; tout ceci est déjà inscrit dans le langage rendu adéquat à l’expérience formelle de tous les arcs de conscience (et non pas l’inverse, la « vérité » n’est pas « dans » le langage, où voulez-vous qu’elle y soit ?). On est déjà ce citoyen signifié comme sujet (de sa propre vie d’abord, sa vie lui appartient et toute possession signifiera ce vécu-possédé par ce-sujet-ci), on est déjà dans la vision de dieu, que l’on y croit ou non (c’est une structure qu’il y ait un regard-autre et externe), on est déjà soumis à l’universel puisque sous l’universel on doit encore plus instruire, informer son individualité (qui autrement se perd dans le détail voire pire). Ça n’est pas et n’est jamais un commencement absolu ; Heidegger pas plus que Nietzsche ne brisent l’historicité parce que l’historicité est constituée de ruptures, est intégralement une rupture ; à chaque fois le décalage qu’est le réel intervient comme rupture et c’est cela qui crée la réalité ; chacun est bifurcation dans les bifurcations innombrables (et plus ou moins marquées ou marquantes). Dieu, l’être, le sujet (le christique et la révolution) sont des ruptures, qui inaugurent.

Et pour comprendre, prendre-avec, Heidegger ou Nietzsche il faut sup-poser, poser-là, que le réel (qui n’est plus le dieu cartésien, ni l’en soi kantien) est le donné tel que « là » (la Volonté Autre ou l’Etre Autre). Réel que l’on ne peut pas identifier, sauf justement à dire que le réel est une position, un rapport et une forme, et qu’il est la forme de la réalité (qui n’est plus « une » et donc qu’il faut prononcer « des réalités ») et que cette forme est le présent. Le temps, comme présent, est la forme de tout ce qui est ; ce qui « est » ce sont des effets d’une forme et cette forme n’est pas une malédiction ou une abstraction ou un « sens de l’être » mais est le présent lui-même en tant que ci-présent activisme ; la dimension du réel est absolument, formellement « cela même au plus proche » de tout ce qui peut être (déterminé). Et si on n’en voit pas la trace dans le passé (qui est tout de déterminations) c’est que cette forme existe le présent en-avant ; la trace du réel est dans l’attirance en-avant, est vers cela qui sera au-devant.

Et, oh surprise, c’est cette forme même de la réalité, soit donc le réel comme présent, que décrivent l‘ensemble de toutes les élaborations intentionnelles
dieu, l’intention du Un-tout-autre (hors des déterminations, on ne peut pas dire dieu,  comme intentionnalité pure, formelle)
les idées ( l’être, l’idée, la pensée de la pensée, le un)  
le sujet, christique, cartésien, révolutionnaire,
et enfin l’altérité ; du monde donné là, comme univers ou comme monde décrit par les sciences ou les politiques et idéologies comme praxis diverses, ou comme analyse percevant du point de vue Autre qui observe notre-être selon Sartre et Lacan (et, sur leur mode imaginé, selon Nietzsche et Heidegger).

L’ensemble de l’historicité décrit toute la possibilité. Et qu’il existe  un arc de conscience, intentionnel (qui tisse des rapports) lequel est arcbouté sur le réel non plus comme abstraction (qui se tiendrait comme objective, l’être comme Objet de discours métaphysique ou comme objet scientiste) ou idéel (qui réunirait les faisceaux intentionnels dans une unité « vivante » mais ailleurs et autre) ou regard (intentionnalité extérieure qui me confère l’existence comme intention, dieu ou le christique qui me donne un corps, le sien) mais comme présent. Comme présent en tant le présent est « ce en quoi et par quoi les réalités apparaissent » y compris cet être-étrange qui fait retour de par son intentionnalité, qui est rapport et rapport de soi comme rapport, posant la question de la forme du réel (dieu, être, sujet, altérité), la question de la forme de tout rapport, sa nature même, sa structure ; forme constante du présent qui elle-même trame, tisse, écrit, réinstancie les déterminations (on suppose plus lointainement encore, hypothétiquement, que le Un formel de la fin de tout réécrit les déterminations afin de faire advenir toute la réalité, ce qui veut dire toute la distinction, toute la distinctivité de toutes les réalités) ; les déterminations sont le moyen de la forme ; l’univers est l’expansion de l’exister comme temps et espace et déterminations, gigantesque déploiement d’altérité (ce qui revient à dire d’altérités, au pluriel, puisque dès que l’on commence à déterminer on ne cesse pas de déterminer).

L’arc de conscience étant organisé dans l’arc du présent, boucle ouverte et non close, dans la boucle gigantesque et extensive qu’est le temps (le temps est extensif puisqu’il est en tant que forme ; ce qui Existe est mouvement, et non pas être, indéterminé et non pas déterminé ; tout ce qui est déterminé est dans le temps, dans la forme, dans le mouvement, le rapport) ; le temps non seulement comme durée mais comme originellement étant le présent (il n’est qu’un seul Instant), excessivement simplement (la durée, la temporalité sont des représentations, ce qui en veut pas dire que le temps ne passe pas, au sens où les choses se déploient et disparaissent effectivement ; l’instant est juste le point hors du temps-espace, ce en quoi ils sont) ; et le présent, l’Ex-sister tel que, par nous, connu – ce qui n’exclut pas d’autres variations non d’univers divers et variés, de réalités différentes, mais qui n’exclut pas d’autres structures du même réel, que nous nommons ici présent ; il faut poursuivre alors et supposer le présent tel une machine, un kaléidoscope qui trame des déterminations et dans ces déterminations un repérage fait-retour (localement et peut-être un repérage gigantesque de la fin des « temps »), spécifique qui réarticule et relance la réalité dans son tissage en propre ; l’arc qu’est chaque conscience.

Mais la seule finalité réelle de chaque arc est la forme même du réel, celle qui entoure toutes les réalités données d’une part et celle qui produit les réalisations humaines d’autre part ; il y a des réalisations humains afin qu’au fur et à mesure il y ait une historicité qui (tout comme la réalité) pousse en avant des distinctions et en l’occurrence  des distinctivités, structurelles, les sujets, qui sont un par un selon les corps, la peau comme séparation irréductible. Le jeu de la brutalité (qu’est une réalité en tant que forcément selon l’altérité) conduit jusqu’au sujet singulier et toujours autre, qui reçoit le qualificatif d’altérité formelle au plus interne ; il n’est pas distinct selon des « raisons » ou des causes, ou des déterminations, mais Autre parce que Un selon le formel de l’arc.  Ce qui le rend à lui-même complètement incompréhensible (il ne peut se saisir selon le monde, le vécu ou le corps, or il ne perçoit que selon le monde, le vécu et le corps, sauf à se restructurer intentionnellement, selon la version « française » si l’on peut dire, de l’intentionnalité et du corps, Sartre et Lacan).

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L'individu dedans l'histoire

10 Novembre 2018, 13:07pm

Publié par pascal doyelle

L’histoire a vu se déployer, s’approfondir, s’explorer la possibilité qui n’apparaissait pas auparavant dans les mondes particuliers (tous les mondes particuliers, des mayas aux égyptiens, etc). Et cette possibilité est définie par deux émergences absolues (cad formelles) ; le monde unique donné là (les êtres qui sup-posent donc le « là », l’être de toutes les choses dans le monde) et le corps, christique (il se plante là au devant de vos yeux étonnés et signifient ; voilà vous n’êtes pas ce corps-là ; votre corps n’est pas votre regard, puisque vous vous voyez, vous-même, les uns les autres, et ce corps hors duquel vous existez et ce mouvement de vous-voir crée votre âme, qui autrement existait mais dans les limbes ; il fallait la formuler pour qu’elle apparaisse dans le monde et que donc tout s’augmente, par l’être des grecs, s’intensifie par le christique, s’accélère par Descartes et la révolution, s’incorpore par la densité du monde humain et personnalisé depuis cette révolution, et les sciences et l’altérité, et l’existence et le corps psychique, les mass médias, etc).

Il y a un monde et un corps parce qu’il y a un regard, cad une intentionnalité, une conscience. Oublions l’arc de conscience, et ne retenons que ce sur quoi cet arc tombe ; il tombe sur le monde (et les objectivités, du droit aux sciences) et sur les subjectivités ; lesquelles inventent une idéologie et cette idéologie c’est l’économie. Mais la subjectivité et l'idéologie se basent sur le corps comme centre de calcul de tactiques et de stratégies ; le moi, qui n'est plus articulé par une configuration (dieu, le christique, le sujet, la révolution et l'universel et donc livré à lui-seul) juge de la réalité et de la qualité de "réel" par les impressions du corps ; on lui promet le Bonheur. Supposément sa boucle retourne « naturellement » « spontanément » dans la réalité, et non plus se tiendra du réel, de la forme des réalités. Puisque tout désir, étant a priori du monde, doit trouver, nécessairement, son objet, normé, dans le monde (on a juste étendu le registre ; il existe des objets LGBT et des objets hétérosexués, on s'amuse même de systématiser la production de ces objets de Bonheur, on se distrait, mais c’est une passion, la définition normative accélérée d’objets « naturels », qui ne le sont pas du tout). L'économie est l'idéologie du corps.

Il n'existe pas dans l'idéologie naturaliste, rationaliste (le donné explique le donné), réaliste (tout le réel est dans la réalité), il n'existe pas de décalage, de différenciation absolue (ne sont que des différences jetées), il n'existe pas d'ontologie (ayant sa dimension, Nietzsche et Heidegger tentent de réintroduire de l'ontologie dans le monde plat de la raison humaniste psychologiste). 

Si on n’oubliait pas l’arc de conscience, chacun se référerait à sa structure (qui indique dieu, la pensée, le sujet, l’être, l’universel développé, etc). Mais chacun annule son arc de conscience et celle-ci, délaissée dans le monde donné là, se garantit (de son identité) non pas de son arc mais de ce en quoi elle s’inscrit ; le corps. L’économie est l’idéologie des subjectivités en tant que celles-ci (et bien qu’elles aient à intégrer objectivités et représentations, acculturations et récits, et images et politiques et morales) en tant que ces subjectivités pour juger de ce qui est (qui devient « ce qui est désirable ») usent de cela seul sur quoi elles peuvent compter ; le corps en tant que satisfait (ou pas). Et du reste les objectivités consistent à gérer les corps (scientifiquement ou politiquement).

Donc on écrit en lettres de feu dans le ciel de l’avenir, de l’à-venir (qui devra se réaliser dans le cours d’une vie), on écrit le Bonheur. La satisfaction (puisque le bonheur est une sorte de tout insituable, que l’on remplace par « des petits bonheurs »).

Ce faisant on n’a pas réellement oublié l’arc de conscience ; soit on se fie à sa direction, l’individualisme  fait de chacun-ayant-sa-conscience-à-soi et menant ses projets dans le monde donné là ; et donc la liberté, dite anglo-saxonne, qui admet évidemment l’égalité des libertés mais non pas l’égalité comme valeur équivalente à la liberté de chacun. Soit, en plus de la liberté, on accole à liberté l’égalité (et ce non plus en vue de la solitude des subjectivités, mais en vue de la fraternité) ; inclure l’égalité d’avec la liberté imprime une dialectique, une complexité, une extension considérable, ce qui veut dire dynamique, du monde humain et personnalisé ; au lieu de se perdre dans le gaspillage de la consommation et production individualisée, on vise une mise en ordre, une mise en forme, un organisationnel qui n’obéit pas seulement à la ligne du monde (qui jette chacun dans la mêlée, advienne que pourra, dans la violence) et n’obéit pas seulement à la puissance, mais avec l’agilité qui intervient comme esprit, comme horizon dégagé par et pour l’esprit, cad un possible bien plus grand, une Possibilité interne à l'historicité et non plus seulement son déchainement libre sur le monde (qui retombe toujours dans le donné et le mortel).

Les anglo-saxons créent des empires (britannique ou US), la France crée, garde, préserve l’esprit. Soit donc il s’agit de porter différemment l’universel ; soit perdre, au fond, l’universel dans l’individuel (qui pourtant n’existe, n’est institué et garanti que par l’universel), soit admettre l’individuel comme fondement, base, origine de l’universel et donc exiger de chacun bien plus que d’être simplement « soi » ; impliquer ou sous-entendre que l’individualité, tout en étant lui-même, est porté bien plus loin et c’est cette transformation de l‘individu, de la subjectivité en sujet (qui est un réel non objectif et donc ne relève pas du communisme, est un sujet formel, une hyper objectivité, qui contient entre autre les objectivités, lesquels existent par et pour lui, comme sujet), cette transformation est ce qui travaille en fait tout le monde ; entre autre il y eut une telle expansion de la mass et micro médiatisation (via des canaux soit universels (la tv, la radio, le cinéma, etc) soit personnalisés (internet) ) que cette médiatisation c’est transformée en médiation ; ce par quoi chacun était amené dans sa perception en tous les sens du terme, vers une augmentation, une intensification, une accélération et donc une densité de sa réalité, de sa réalisation profondément intégrée et intégrante. De là qu’il y ait quantité de pressions qui s’exercent sur chacun, sur chaque individualité, chaque moi dans son corps et son organisation même ; dans sa perception et ses affects ; rien n’est laissé en dehors parce tout, en une humanité, une humanisation (quelle qu’elle soit, des mayas ou des individus du XXIème), tout est construction et élaborations, et lorsque l'on imprime des intensités et des augmentations au mouvement de conscience, celle-ci reçoit totalement toute la brutalité des intentionnalités. 

Évidemment les mois ou les sociétés humaines tendent irrémédiablement à se considérer comme données là et naturelles ; de même que l’on désire tel objet non en assumant qu’il soit un désir construit, mais parce que l’on croit que l’objet est «en lui-même » est désirable. On n’admet pas du tout que ce constructivisme généralisé. Et il est un fondement à cette naturalisation de la réalité ; que l’on soit heureux et satisfait du monde ou de sa propre vie ; tout cela est légitime, sauf que l’on doit être plus ou moins satisfait afin de passer à quelque chose de plus élevé. On remarquera que l’on recule le niveau de satisfaction des gens afin de les tenir sous pression (soit par les images publicitaires ou cinématographique de base, soit de fait réellement dans leurs conditions pénibles, l'économie au lieu de libérer est devenu le moyen de réinstaller le nécessitarisme).

Mais aussi pour ceci ; que si l’on sort les gens de leurs nécessités, il leur faudrait s’organiser eux-mêmes et décider non plus de leur moi, de leur vie, mais de leur sujet, de leur existence, au grand sens du mot ; à savoir il faudrait qu’ils admettent que la satisfaction ne suffit absolument pas, et que leur être n’est pas un être (qui se retrouverait dans le monde donné, dans l’être des choses ou dans les objets de désirs) mais est une structure qui n’a pas de correspondance avec rien dans le monde et qui doit donc s’ordonner, s’architecturer elle-même (puisque non seulement aucun objet mais aucun discours, objectif ou non, ne peut organiser sa structure). Il n’y a aucun recours, sinon d’élaborer la structure et son vide, mais vide formel (cad qui peut être décrite, appréhendée, élaborée, inventée, créée, ce que religion, éthique, politique, philosophie élaborent). Ce que en leur moment dieu, la pensée, le christique ou le sujet, la révolution puis l’altérité essayaient de ramener vers et dans le sujet (ce qui veut dire : créant le dit sujet, celui de la pensée, celui relatif à dieu, celui engendré par le regard christique, celui qui se reduplique à partir du sujet-Descartes, kantien, celui qui se concrétise par le sujet de la révolution ou de l’Etat, et finalement ce sujet très bizarre logé dans chacun des mois, dont aucun n’y comprend quoi que ce soit ; le sujet est une fonction et un fonction singulière, la racine et la source, le présent est une structure en sujet).

Sortis des nécessités ou n’ayant pas su maintenir un nécessitarisme (la société des loisirs ou le désir par ex, et sombrant dans la dépression ou la dilapidation, c’est d’en-dessous que l’on « désire », et si ça vient à manquer, la structure dans le moi est à nu dans l’invisible, ça ne peut plus apparaitre dans le monde, le monde s’inverse comme un gouffre qui est dedans, dedans le moi et toute la réalité, de même que si on obtient la profusion, on succombe sous le nombre, le nombre d’objets qui ne fournissent plus qu’un fourmillement gênant de satisfactions minuscules, qui deviennent folles), sans nécessité donc l’humain se révèle totalement dépourvu de structure, de squelette interne ; il s’effondre, longuement ou brutalement ; c’est l’extérieur qui le tenait ; il y eut ces tentatives (les religions au plus haut niveau, le droit ou le christique ou la révolution, etc) qui voulurent lui conférer une contenance, mais tout finissait immédiatement par couler dans le monde.

Il ne suffit pas de maintenir le réel en état de réel (la forme en tant que formelle, croire en jésus ou Nietzsche ou quiconque) mais puisque la forme est formelle, vide, sans détermination, elle travaille toujours de fait et immédiatement des déterminations, et les transforme. De là que sitôt lancée et lancée en tant qu’historicité (ce qui advient instantanément) il y eut  cent mille inventions qui comptèrent ;  inventions de structures sociétales, de personnalisations, d’œuvres ; c’est à cela qu’on en juge. On revient à Descartes ou Platon ou Marx parce qu’ils prirent toutes les réalités par le pli (unique) du réel ; il n’y a pas à vrai dire dans l’occidentalisation de répétition à vide ; c’est en ce sens que le vide (mais formel) s’en prend instantanément au corps, à la perception (y compris esthétique et narrative et poétique), aux représentations et aux organisationnels (politiques, éthiques, économiques, dont on a dit qu’elle était l’idéologie du corps, mais bien également ceci ; que par l’économie les échanges se développent pour eux-mêmes, indépendamment des systèmes sociétaux, des rituels, de même que les esthétiques et les éthiques qui outrepassent les ordres anciens ; le christique outrepasse, de même que les philosophes outrepasse le langage et la représentation commune et inventent un langage).

Ça s’en prend au corps et donc lorsque l’on aboutit, après la révolution qui humanise selon l’universel, à la personnalisation de cette humanisation (réflexivité dans la réflexivité, comme le christique dans le judaïsme ou Socrate parmi les grecs, de même le moi, la personnalité est l’acquis dans l’acquis que fut la révolution, de là qu’il y eut les années soixante) alors chacun prend de face sur le corps toute l’étrangeté et toute la bizarrerie du réel, des réalités non plus domestiquées dans telle représentation de monde, mais la bizarrerie des réalités (et de son propre corps) telles que vus par et dans et selon la perspective du réel. Et comme cette perspective est l’unique et l’unilatérale, toute en-avant, au-devant, c’est l’intégralité de tout ce qui est (comme réalités) qui se transmute dans la sidération. Parce que la perspective du réel est celle antérieure qui vient travailler la face, le présent qui vient exiger, et engendre toutes les perceptions mais aussi parce qu’elles créent toutes les significations, toutes les intentionnalisations dans le monde ; et bref n’est elle-même pas une intentionnalisation mais la structure qui produit celles-ci ; l'intentionnalité n'est pas en soi, elle est produite par une structure. (Admettre l'intentionnalité en soi, c'est la laisser aux mains de ses conte nus, et croire en un idéalisme, ramené l'intentionnalité à une structure, c'est placer cette structure dans le réel, en l'occurrence ça vient de la cervelle vers le monde, découvre dans le monde le Bord du monde et tient tout cela au devant de soi parce que le présent vient d'en-avant, et nous perçoit de ce qui vient).

On va s’épuiser à chercher ce qui dans le monde, le corps, le vécu, réalisera cet-être si étrange qu’il n’est pas un « être » (déterminé) et chaque définition que l’on trouvera et chaque objet dont on le pourvoira, l’égareront encore plus ; il sera rejeté, lui, le sujet, comme les miettes de sa propres pensée (nietzschéenne ou heideggérienne, Sartre lorsqu’il donne dans le marxisme ou Lacan qui fait profession d’anti-philosophe, et tous malgré qu’ils en aient, pensent, la structure se montre au travers même de ce qu’ils rejettent, puisque la structure n’a rien à faire du monde et de la détermination, elle ne fait que cela ; faire voir sa structure de mouvement), de sa représentation subjective et normative, de ses images, toutes extérieures (et il se fatigue à vouloir se reconnaitre à tout prix fut-ce dans des images inversées, négatives, noires, furieuses, destructrices, dans des images dont son sujet n’a absolument rien à faire).

Si il y eut Sartre et Lacan c’est d’être parvenu à la limite interne-externe de la réalité, cad sur le Bord du monde et du corps (et de l’existence de chacun) ; et c’est de là que l’on perçoit. Et c’est  ce que l’on a découvert depuis deux siècles, avec les romantismes divers et toutes les expériences intérieures ou extérieures, quantité d’affects, du désir à l’angoisse, du chaotique, puisque le sujet est externe et observe et s’amuse et s’explose à partir de ... rien, de la forme-seule, qui est aussi pure affirmation, et de la noirceur, puisque la forme est vide et parait ténébreuse si l'on garde un bonheur, supposément absolu, du monde ; il ne peut pas tomber mais il ne cesse de s’écrouler et cet écroulement est la forme, la structure même, nue, et cette nudité est le réel ; nous ne sommes que cet arc qui, ensuite, produit des images, des reflets, un mouvement qui crée les mouvements qu’il prend pour des choses ou des objets (notons bien ceci ; le mouvement se repère d'abord dans les mouvements, images, sons, retours, puis il lui vient qu'il est le mouvement et non pas ces images, Dolorès dans Westworld, procession de la conscience à partir de la conscience supposée, imaginée, qui restera prise dans l’imaginaire, mais qui est une telle structure qu’elle va créer sa dimension, en plus de tout donné et ce dans le présent) ; affects qui affectent, précisément, le moi et le corps, tels que pris dans le tourbillon de la structure.

Affects tout à fait innommables, au-delà ou en-deçà de tout monde, langage. Et dont est affecté le moi, puisque lui ne dispose d’aucune couverture et monde humain pour l’en protéger, il est à nu, dans le passé, le présent et l’avenir, l’ici et là-bas, en quelque étendue de monde que ce soit, et en quelque pli et repli intentionnel que ce soit ; et plus troublant encore, même si l’on imagine des lacs et entrelacs intentionnels (pour le moi chaos ou noirceur ou angélisme ou unité, etc), on se situe en vérité sur le Bord du monde, et vers le Bout de son existence (on en revient immanquablement au christique) ; et il n’est aucune traduction (dans le monde) ; affects tout comme configurations (dieu, l’être, le sujet, l’altérité) sont des approximations ou peut-être plus réellement des variantes structurelles de ce qui est poursuivi, selon son mode, par l’occidentalisation et analysé comme articulation, analyse et exploration et donc élaboration et création de cela même qui est analysé ; c’est le mouvement (l’arc de conscience et tout autant le présent) qui s’analyse lui-même et qui ne se répète pas ; qui se réduplique, et chaque mouvement est un boucle dans la boucle.

Ce qu’il ne peut sans se créer ; le mouvement est hyper objectif (ce qui revient à dire que tout facteur d’œuvre, esthétique ou philosophique ou éthique ou politique, etc, amène hyper objectivement son arc en mouvement sur et vers l’arc en mouvement du présent, lequel est antérieur et soulève les réalités). L’exister (qui est à la base de ce que l’on nomme ici le présent, comme mouvement et donc articulation intégrale) est lui-même, supposément en tous cas, une variante de la Dimension. Laquelle peut donc se dire comme « ce qui est au plus proche », au point d’être antérieure, antérieure à la moindre particule de réalité.

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Jusqu’au bout, jusqu’au Bord

3 Novembre 2018, 09:33am

Publié par pascal doyelle

Vous pouvez bien croire que le mal ou la décadence ou la dégénérescence ou dégradation ou la noirceur constituent la substance même du monde, ou de la vie, ou de votre vie. Mais ce sont d’autres noms pour la simple brutalité de la réalité.

Et la brutalité il vous revient de l’élever, de la soustraire à elle-même.

Il est mille attachements pour vous convaincre du contraire. Qui vous persuaderont qu’il ne vous revient pas de percevoir toute réalité du point le plus extrême. Ce qui ne veut pas dire que vous possédiez le point extrême mais que vous vous tenez dans le regard, la vision, dans le champ de perception du point extrême. Le but, ayant au préalable acquis le fil du réel, la finalité est de remonter au plus loin qu’il vous est possible le long du champ de perception, du champ de la distinction.

Si tel n’est pas le cas, si le monde n’aboutit nulle part, si tout univers est seulement destiné à s’étioler dans quelques milliards d’années dans le vide ou si tout se rétracte dans un cataclysme, alors décidément rien non seulement n’a d’importance, mais pas même n’a d’intérêt.  Ça n’aurait strictement aucun intérêt en quelque manière et quelque sens que ce soit (on va juste crever, et puis c'est tout, et notre espèce va disparaitre, et la matière se dissociée et le froid et le néant comme unique surface de tout ce qui est ou sera jamais ; ça intéresse qui ?)

Mais rappelons ceci : que l’arc de conscience, la structure intentionnelle, ne correspond à rien qui soit au monde, dans le vécu ou selon le corps et que si cet arc ne signifie rien au-delà du monde, alors tout cela est totalement dérisoire. Mais en même temps le fait est qu’un arc il y a. Et ici se décide, et se juge, le sujet. Soit il s’affaisse et abandonne son existence, au monde, à sa propre mort, soit il se lève et affirme purement et simplement sa possibilité ou potentialité ; il tient à lui-même parce que et parce qu’il est précisément et mordicus cela qu’il existe ; il estime sa possibilité valant en et par elle-même et ceci est une question de « character » au sens d’Orson Welles, de personnification, d’incarnation de sa propre volonté, de compréhension que l’intentionnalité n’obtiendra aucune preuve de son existence mais qu’elle est originelle, plus originelle que n’importe quelle partie du monde, et n’importe quelle expérience vécue, que donc se dégage la possibilité du possible pur  ; il se juge alors par sa décision, selon qu’il s’effondre ou se relève, et c’est pour cela que Nietzsche, dans son envolée imaginaire de la Volonté, ne s’égare pas du tout ; il touche précisément juste. Il faut tenir la structure même de ce que l'on est, parce que l'on n'est pas et que l'on existe (Nietzsche présente l'affirmation de l'affirmation, telle quelle, sans autre justification, ce qui est aussi exigence pure et non pas facilité, de même que dieu était exigence telle quelle).

Considérez-vous vous tenir à même la structure de votre être ou vous délogez-vous du réel et succombez-vous à l’irréalité qui voudrait que vous-même vous n’existiez pas ? Parce que si vous existez et que votre être est cette structure là (celle qu’observent et décrivent et créent en même temps Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Kierkegaard, Nietzsche, Heidegger, Sartre ou Lacan), si vous existez et que vous n’en tenez pas compte (et que vous pensez n’être qu’un moi, un corps-langage, une subjectivité falote, une imagination secondaire, une petitesse dont tout semble vous convaincre), n’en tenant aucun compte, vous dérogez, vous vous abaissez. Ça n’est pas de lire Rimbaud (on en connait l’invincible difficulté) mais de se tenir du point par lequel il réussit de percevoir (malgré qu’il croit échouer). Et ce point vient en-plus.

Et si vous ne suivez pas cette dimension qui se situe en-deçà de toute volonté consciente, de tout conscient, ne suivez pas cette dimension non de volonté mais d’intentionnalité, il vous sera impossible de manifester, de rendre réelle la ou les stratégies intentionnelles, parce que l’intentionnalité doit se tenir elle-même et ça n’est pas rien ; elle ne peut pas seulement dépendre de l’état du monde ou des conditions de tel ou tel vécu ; puisque de fait toute réalité ne parvient dans la perception évidemment par les sens mais le sensible n’est enregistré que mis en forme (par le langage et les signes, lesquels sont engagés par l’ensemble humain et les relations entre consciences, qui reviennent en et par chacun) ; mise en forme dont la matière, les matériaux sont les mémorisations (qui, elles, sont, selon l'être, tandis que la forme est selon l'exister). Il n’est donc pas de causalité immédiate ou plus exactement il est des tas de causalités immédiates mais auxquelles s’ajoutent le champ perceptif créé par les signes ; et non pas que les signes créent la structure et la stratégie mais que les signes sont utilisés dans l’intentionnalité qui doit, de cela, élaborer sa propre architecture et ce en en passant par les élaborations telles qu’elles furent introduites, produites, instillées dans l’historicité ; dieu (le un), la pensée (l'universel), le christique(l'individu nu), le sujet (la révolution), l’altérité (le corps et les densités du monde) ; et plus on approfondira sa propre structure individuelle, plus on recherchera, farfouillera dans les élaborations structurelles supra-historiques. C’est bien pour cela que dieu, l’être ou l’universel ou la raison, le christique ou le sujet ou la révolution, l’altérité s’imposent en-plus ; ces configurations attachent soudainement l’arc à l’horizon du réel (qui est en-plus ou au-delà des réalités, la stratégie en-plus des tactiques, qui restent attachées à de petites finalités, la plupart du temps déjà enregistrée, mémorisées).

Ça n’est pas un universel mais c’est la singularité extrême qui contient les universalisations de-çi de-là. En vérité les universalisations (les mondes particuliers qui créent de la mise en forme culturelle ou les acculturations via les éthiques, esthétiques, politiques, idéels, philosophies) ne sont qu’afin de produire en vous cet Effet de structure ; sans les regards qui s’augmentent ou s’intensifient ou s’accélèrent (respectivement les grecs qui augmentent la perception à partir de chaque intentionnalité, le christique et le corps-sujet, Descartes et le méta qui précipite le réel su la réalité en lui ouvrant le gouffre d’un lieu formel, le sujet) sans l’intentionnalité tout le reste n’est rien, n’existe pas, ne peut pas même se produire dans le monde, le vécu ou le corps. Donc la finalité est la structure de votre arc de conscience. Ce qui s’y pèse, ce qui s’y juge, s’y décide, s’y perçoit.

Et la capacité de percevoir sans le monde, de percevoir la structure du réel.

Inutile de se demander « c’est quoi le réel » « c’est quoi le sujet ». Si on attend une réponse déterminée et relevant du monde on n’y trouvera rien de tout cela ; puisque c’est à partir du réel, du présent qu’il y a du monde et de l’arc de conscience qu’il y a des mois, des mondes humains, des universalisations, des désirs ou de la perception et des signes. Nous sommes déjà passés dans la structure (depuis la méditerranée), et attendre encore observer au-devant de soi « ce que l’on est » ou « ce que le réel est », c’est encore refuser de se placer soi-même dans le réel, comme si on y était extérieurement, observateur impassible, étiolé, plat. L’objectivité, la rationalité, le réalisme, le naturalisme, l’humanisme, la psychologie sont des reculs terrassant, sauf que toutes ces occurrences n’existent que par le sujet et donc celui-ci leur confère son système de trajets, de trajets créés et hyper objectifs ; de sorte qu’en vérité et en fait, toutes ces possibilités (ouvertes par et pour le sujet) sont autant de symptômes (sciences ou droits ou kultur ou mass médiatisations, etc) de son exploration, de son trajet sur, dans le réel et la réalité ; de même que pour un moi son corps subit ou suit les traces, les signes et ce réellement sur et par ce corps dans le monde (parmi les autres le regard, le langage etc).Tout est symptômes de l'arc sur le réel, en occurrence de l'arc sur l'historicité (percevoir ce monde libéral ultra comme "naturel" est une absurdité qui n'a de sens que dans sa relève, dans sa révolution potentielle, vers "ce qui n'est pas").

C’est bien cette distance qui ne se montre pour le moi qu’en psychanalyse (quelle qu’elle soit) ; c’est écrit sur le devant, sur le corps, avant tout, et dans le présent et l’actualité au point de n’être susciter que dans le regard, l’entente de l’autre qui écoute, qui perçoit, dans son intentionnalité-autre). On existe par le devant de soi, dans, vers ou par le monde (de là que Sartre ait analysé comme l’autre pouvait nous détenir ou que le tomber-amoureux soit l'expérience ultime ... du moi, et non du sujet) ou Lacan l’entrelacs qui nous saisit, par lequel nous sommes saisit, comme sur la poêle, dans le réel (quelque chose n’est pas atteignable qui nous perçoit, qui nous révèle et la révélation reste « dans » le réel ; il nous est impossible d’y revenir (ce réel n’a jamais été mémorisé, perçu) et on ne peut qu’y ajouter, en plus, se hausser d’un niveau, pour non pas lui échapper mais pour le contourner). Il n’existe pour une structure de conscience de sortie que « par le haut » ou « en avant », et encore ce mouvement se place-t-il sous conditions, et toujours en péril ; et ces conditions sont précisément instantanément reliées par et dans … l’historicité. L’inconscient est ou plus exactement débouche sur ce plan tout à fait hyper-objectif ; l’historicité (cela même que l’objectivisme ou le rationalisme voudrait réduire au réalisme du donné) ; l’historicité qui seule ouvre le champ perceptif à son devenir ; à sa potentialité (de là que Nietzsche en appelle à l’esthétique et au poétique, et de là également que la psychanalyse, de par son a priori théorique objectiviste, veuille annuler le sujet au profit d’un anti-sujet, soit imaginaire,  soit « de structure » au sens lacanien, ou encore que quelques psychanalystes veuillent entreprendre une poétique ou une mythologisation du moi, essayant de l’élever malgré tout à sa dimension d’histoire et d’idéel).

On entre donc,  nous sommes entrés, depuis la méditerranée, dans la structure, dans le présent, dans l’actualité ; la pensée ou le christique, le sujet ou l’altérité (de l’existence ou de l’exister existentiels) réclament la conversion, le passage, la décision, la volonté (cartésienne ou nietzschéenne) et plus précisément encore l’intentionnalité adéquate, celle qui ne peut plus désirer un Autre qui serait imaginaire, mais l’autre en tant que Un et ce qui est Un est ici, sinon il n'y a pas de Un mais deux, mais si le Un est ici, de toute évidence il est divisé, donc le Un est ce qui divise tout ce qui est, et donc n'est pas l'être-effets, mais l'exister-cause. Ce qui veut dire éclaté. Explosé. Dont l’explosion est la structure même : qu’il y ait Réalités afin qu’au travers de tous ceux-ci apparaisse la capacité du Un qui (se) veut.

C’est bien pour cela que Nietzsche et Heidegger sont soumis à l’altérisation de leur « être » ; leur être ne ressemble plus du tout à l’être habituel et encore moins au donné-là de quelque objectivité ou réalisme que ce soit (même leur caractère tout à fait imaginaire est induit par leur vision). Si on demeure dans la perspective objectiviste, on ne comprend pas ce que l’Etre ou la Volonté viennent faire dans l’histoire. Mais si on en reste à l’imaginaire on ne comprend pas comme Sartre et Lacan abolissent l’imaginaire ontologique. Mais ceci n’est encore rien. Il faut également que l’on puisse réarticuler l’être grec et la subjectivité christique (qui n’a rien de subjectif, qui est précisément la structure qui rend possible que chacun se considère subjectivement, et opération qui est donc elle-même  tout à fait hyper objective).

On veut dire par là que pour saisir ceci ou cela il faut le placer sur tel ou tel horizon. Et si l’on garde la Volonté ou l’Etre, ou le sujet ou la pensée ou l’être grec comme à chaque fois ultimes horizons au-delà desquelles lignes rien n’est pensable (étant entendu que l’être ou le sujet ou la Volonté sont ce par quoi tout le reste, à chaque fois, est pensé), si on se maintient sans découvrir la ligne effectivement réelle qui est, donc, plus grande que toutes les autres lignes ; la ligne antérieure, l’horizon avant les horizons. Il faut bien préciser que l’on ignore l’inclusion des horizons en eux-mêmes ; on ne sait pas si l’être manifeste plus précisément que le sujet ou l’altérité plus que l’être ou dieu plus que l'un et l'autre ; et il faut remarquer qu’on ne soupçonnait pas que l’être serait relancé par le sujet ou le sujet par l’altérité ; les formules, les structures ontologiques sont inimaginables ; elles passent outre l’imagination (qui est du monde) ; elles ne se pensent même pas, au sens où « pensée » est encore de la détermination, universalisée mais encore de la détermination, mais au sens où pensée est précisément le repérage de la structure sur le plan du réel ; dieu, être, sujet (christique puis cartésien puis révolutionnaire), altérité s’échangent mais on ne sait comment et par où.

Répétons : au vu de notre propre expérimentation de l’ontologique, depuis 2500 ou 3000 ans, on ne peut pas imaginer, visualiser, supposer en terme de déterminations, quelles peuvent être d’éventuelles autres versions de cette structure du réel.

On désigne ici cette expérimentation comme étant le « présent » (cad en fait l’exister), mais c’est une version, en plus, qui amène à préciser selon son mode ce que les autres modes, l’être, le sujet, l’altérité, dieu, etc, signifiaient en leur propre. Evidemment on suggère qu’il y eut une approche de plus en plus serrée ontologiquement ; de dieu et de l’être puis vers le sujet (qui catalyse et dieu et l’être), et du sujet vers l’altérité (ce « en quoi » est positionné le sujet, pris soit dans une autre-volonté ou soit dans l’être-autre, de N et de H). Jusqu’à donc l’analytique de structure de conscience ; sartrienne et lacanienne.

Rappelons que depuis Descartes, qui inscrit le sujet à la surface du monde (ce qu’il nomme l’étendue), Kant et Hegel archivent intégralement soit la structure (dite transcendantale) du sujet (cartésien), soit le devenir et la possibilité (idéelle) de cette conscience (au travers des deux phénoménologies ; de l’historicité de la négativité et du savoir déplié des intentionnalisations). Et qu’ensuite on extrait la fine pointe structurée, de conscience, par Husserl, tandis que Sartre nettoiera cette phénoménologie théorique, en l’appliquant à quoi ? À un corps, à ce-corps. ce-corps, dans le monde, parmi les autres, face à l’ensoi des choses, à sa propre altéritérisation, etc. Et que Lacan suit les limites de cette structure dans ses parcours sur la sorte de corps très bizarre que crée, que provoque l’injection de cette structure dans un être vivant.  

Aucune de ces descriptions n’est tenue ici pour illusoire ou hasardeuse. Aucune. Parce que si l’on se positionne sur le Bord, on se positionne sur le Bord au sens où il n’y a nulle part d’autre où aller. Et il ne faut pas croire que même les plus illuminées représentations (y compris les délires) se tiennent hors de l’historicité ; telle secte délirante apparait telle quelle selon son temps, telle phobie ou obsession (que même donc la psychanalyse soit apparue à tel moment de l’histoire). Il est, supposément, un arc historique qui correspond spécifiquement à l’arc de conscience (en son moment d’historicité) et celui-ci dans l’arc structurel qu’est le présent (comme structure absolue du réel).

Et on ne peut pas entendre cette proximité structurelle comme canalisant les choix (ou les inventions), au sens où l’on aurait déjà, de ce fait, choisi dieu, l’être ou l’universel, le sujet, etc, puisque l’on se situe, que l’on est situé déjà, invariablement à la racine, sur le Bord lui-même (antérieurement à tout choix ou toute invention). Et que dieu, l’être ou le sujet sont les formules vides ce qui veut dire formelles. Qu'ils sont le Bord lui-même. Qui n’impliquent rien du monde et donc permettent, par ex, qu’à partir du christique il y ait des sujets, qu’à partir de Descartes chacun soit à lui-même sa propre mesure donnée là dans l’étendue du monde (de perceptions qui dès lors va s’accélérer dans tous les sens accessibles, sens sensibles et sens de significations et de devenirs individuels).

Lorsque l’on est sorti des mondes particuliers (autour de la méditerranée, par les grecs ou le christique ou le judaïsme) nous nous sommes réellement positionnés sur le Bord ; parce qu’une fois hors de tout monde particulier, on se tient strictement sur la ligne du réel, la ligne de total désespoir structurel, qui ne peut pas se comprendre lui-même, qui ne sait pas pourquoi soudainement il lui manque un monde humanisé, anthropologisé au sens de mythologisé (l’homme devenait monde) ; on tentera d’anthropologiser ensuite (le monde serait l’homme) mais c’est cousu à la main et artificiel et non pas l’apparaitre de vérité perceptive et parlée entre tous qu’obtenait chaque monde particulier, dans son langage, sa représentation, ses échanges et ses techniques mémorisées par la signification éprouvée comme monde.  Recoudre la division même si l'on imagine une unité, ça accélérera toujours la division ; la division est la structure (et le présent est le mouvement).

De là que dieu, le christique ou l’être et l’universel soient si « abstraits ». Ça ne vise pas à combler un manque, le défaut qu’il n’y ait plus aucun monde humanisé qui soit aussi une humanité immergée dans son monde (les mondes particuliers inventent chacun selon la mise en forme culturelle, tandis qu’à partir de la méditerranée on invente l’acculturation corps/monde en remplacement  de l’unité), non un manque mais un vide et un vide structuré ; c’est la structure de ce vide (qui du coup n’est plus un vide) qui est la finalité même de la réflexivité (comme retour non pas sur l’auto cohérence du discours, qui était censé conduire à la vérité, comme chosification en quelque sorte), et ce retour sur ce vide, qui découvre une structure (comme être, idée, pensée, un, ou comme dieu, christique, sujet et enfin altérité) ce retour aboutit à ceci que ce qui est retour sur cette structure découvre que ladite structure est elle-même en plein une articulation et que cette articulation est le réel même ; à savoir que l’arc de conscience s’instancie dans l’arc de présent et que le présent est l’activisme même du réel.

Que « le réel » soit signifié comme forme (indéterminée, qui seule peut contenir les déterminations) n’est pas un hasard, mais nous indique la nature même de ce qui « est », sous-entendu (selon l’interprétation ici installée) de ce qui Existe. A savoir que ce qui est formel est un acte, une activité et que donc il n’est pas même pensable que le terme, la finalité absolue et dernière soit une identité ou une passivité, mais bien encore et toujours un activisme ; le Un est ce qui produit constamment sa propre "nature" (et donc il ne « sait » pas ce qu’il « est » pour la raison qu’il n’est pas mais existe, et que l'on nomme "nature" mais on ignore totalement son réel).

On n’a jamais pu définir l’être (ou équivalent) parce que l’on est cela même qui regarde, exprime, décide, veut, et plus généralement intentionnalise ; et que ce qui se passe réellement (et qui ne consiste pas du tout à définir objectivement un objet ou via un discours un objet) ce qui se passe c’est le vol plané ou le saut périlleux que l’on opère à partir de … rien. Leréel pivote à partir de lui-même. Puisque c’est la forme même (du réel, soit donc le présent ou l’arc de conscience articulé au présent) qui se produit, se rend réelle, s’existe ; et évidemment on y prend au filet l’être, dieu, le sujet, l’altérité ; qui signifient, pour nous et au travers de l'historicité, ce saut périlleux qu’est le réel.

On peut tout à fait, inversement, considérer que l’être s’impose à nous, que dieu se révèle, que le sujet se structure (et que tout moi, par ex, subit la dureté de l’altérité qu’est la structure de sujet), que l’altérité nous absorbe et que le réel nous arrive comme une monstruosité inhumaine, surhumaine, ahumaine : ce qui revient à dire qu’une fois délivrée de toute communauté et de tout monde particulier, cyclique, mythologique, parlé entre soi, et que libéré en tant que moi, par la révolution, en tant que personnalisation, le sujet sous la forme du je, qui n’est pas le moi et qui est presque le je sartrien, se prend intégralement la présence pure et brute du réel face à face (ou, version psychologique du moi, son angoisse, son corps, le non-sens de lui-même en tant qu’il est et n’est pas sa « vie », son vécu, son existence).

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