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instants philosophie

Sens du monde

6 Juillet 2019, 09:32am

Publié par pascal doyelle

En somme, il faut s’habituer à penser selon la forme, la forme de notre être, la forme de la réalité. Or la forme de notre être n’est pas un être (Sartre ; l’homme n’est pas ce qu’il est, est ce qu’il n’est pas) mais une activité et cette activité a été identifiée comme intentionnelle ; une conscience prend conscience de ceci ou cela mais ne s’éteint pas de quelque contenu que ce soit (excepté de celui qui rejaillit, qui rejaillit comme corps ; le corps est non un contenu mais un retour, un re-tour, un nouveau tour, une reprise du réel par lui-même et notre seule attache parce qu’il ne peut pas être un objet de conscience, un objet intentionnel, un contenu, mais qu’il est une surface ; une structure de conscience n’apparait que par et selon un corps, sur lequel peuvent s’écrire les signes, cad les rapports, le langage est un système de signes qui tissent une surface).

L’arc de conscience est une activité qui lance des intentionnalités vers le donné là (via l’unité du corps selon sa surface) et le langage, le récit, les signes sont des mémorisations de ces tracés et le moi de ce corps forme un trajet, une existence ; le corps est le signe, global, cad formel et non déterminé, de cette existence (de là qu’il y eut l’insistance fondamentale du christique et l’attachement absolu au Corps comme tel, suivit l’image du corps et les identités du corps dans toute l’architecture culturelle). L’arc lance ses flèches qui reviennent du monde chargées ; l’intentionnalité crée un champ de perception, tout à fait actuel à chaque fois, et c’est dans l’activité de ce présent que s’élabore l’architecture intentionnelle (qui compose un moi ou plus loin un sujet) qui est également architexture du corps.

Tout est travaillé à partir d’un point situé au-dehors qui revient vers (la mémorisation selon la diversité ou le corps selon l’unité), et ce tissage est actuel, ce qui veut dire élaboré par l’activité intentionnelle, point par point, rangée par rangée ; l’ensemble se mouvant selon les expériences et le vécu. Mais aussi selon les intentions qui seront actées et selon les décisions qui seront prises et orienteront la stratégie d’ensemble et de détail (décisions qui peuvent remonter très loin et ne se limitent pas à un décret conscient ; il s’agit en tout d’intentionnalités, arquées sur le corps, et non de volonté et d’un système conscient qui n’est qu’une partie de l’ensemble intentionnel).

 

Or le monde, la réalité est tout également immergée dans une vague gigantesque ; un seul présent qui engendre l’ensemble de toutes les réalités. Il n’est rien de stable dans la réalité excepté le réel, excepté le présent.

La forme de notre être par quoi il n’est pas un être mais une structure, une activité, un mouvement, un rapport qui crée des rapports. Et la forme des réalités par quoi le réel est embarqué dans un devenir intégral (rien n’y échappe, le présent est antérieur à toutes choses et tout être) ; l’exister existe-avant l’être.

Dresser la carte de ce présent qui admet cette structure de conscience (activité dans l’activisme du présent), c’est le propre même de la philosophie. Les mondes d’autrefois se fondaient sur le cyclique du même-monde qui revenait, tous les ans, par le soleil ou la lune, et réintégrait constamment l’individu dans le groupe, le groupe dans le monde, le monde dans la parole et les échanges. 

Depuis dieu, l’être grec, le christique et le sujet (et la révolution qui assure ces sujets), puis le réel chacun est jeté là dans le monde-donné, étendu, exposé, libéré mais isolément et contraint à ceci de très difficile ; l’unité séparée de la réalité et du corps, du relationnel et du vécu, des finalités et du donné doivent être voulues, ce qui veut dire pensées, décidées, intentionnalisés (notamment incorporé en chaque corps en tant qu’individuel) et qu’en somme ça n’est pas de la tarte. Si l’on peut dire.

C’est un Effort, une difficulté souvent insurmontable ; au lieu que chacun était accueilli autrefois dans les mondes cycliques et la communauté, mais il n’était alors pas question de liberté, et donc impossible de mener toutes les intentionnalisations qui depuis démultiplient la réalité, le vécu, le corps, les perceptions ; par ex l’esthétique était ritualisée et non pas se déployait en esthétiques et récits et poétiques diffractés en tous sens et individuellement reçus ; sans doute existait-il quantité de mondes humains originaux, mais aucune individualité originale …

Qu’il faille réfléchir afin que les réalités parviennent à chaque fois à une organisation, veut dire qu’il n’existe plus pour nous aucun ordre a priori, naturel, immédiat, spontané ; les sciences imaginent souvent définir un ordre, mais ce sera d’un objet localisé, et de même le moi qui croit tomber-amoureux naturellement (sa plus grande expérience structurelle, à son niveau) en fait crée cette possibilité et l’anime avec effort et évidemment souvent douleur ou égarement ; le plus souvent ça aboutit à retourner dans le même marécage et à l’impossibilité d’élever ce tomber-amoureux au-delà (on répète son moi, on aime l’image dans le miroir alors que l’on désirait au début le miroir lui-même, cad la structure du donné et non le donné, le regard de l’autre plus grand que le sien propre et plus grand que celui d’autrui lui-même ; c’est en ceci que l’amour s’institutionnalise, afin de passer ne un accord qui intègre un structurel).

Et donc la construction de la réalité à partir du réel, de la structure ; il est parfaitement inutile d’élaborer une société humaine sans la liberté de chacun, mais la liberté de chacun soit se structurer elle-même et se reconnaitre et se reconnaitre non seulement comme libertés égales mais dans et par  l’égalité, raison pour laquelle liberté et égalité créent alors une dynamique intellective, ce qui veut dire une régulation ; tandis que la liberté seule (anglo-saxonne) ouvre le monde mais ne permet pas une réflexion interne et historique, le monde et l’espace lui appartiennent (l’empire anglais ou le far-west US) mais pas l’histoire ni le temps, l’historicité et la valeur d’un projet global sur lequel on peut compter et non seulement ouvert.

Ceci formulant le sens réel du monde, cad de l’historicité, et la démocratie, la liberté-égalité est loin d’être acquise, réalisée, sans cesse l’immédiateté et les choses déterminées reviennent envahir la structure et imposer les intérêts, pauvres, immédiats du monde, et forcément leur hiérarchisation, qui font office de distinction ; puisque l’on est alors incapable d’imaginer une autre sorte de distinctivité, qui suivrait non plus la ligne de mort du monde, mais la puissance de la structure liberté-égalité, et intérêts immédiats du monde et sa sentence de mort, toutes les parties du monde étant destinées à disparaitre, toute conscience qui appartient au monde commence de ne plus exister et s’enfonce indéfiniment dans la dispersion (passant de la liberté, au désir puis aux images puis aux pulsions).

Et donc la destination réelle de toute conscience, de tout arc de conscience est de tenir au plus loin, du plus haut, au plus exigeant. De tenir à la fois la structure la plus distincte, et l’ensemble de réalisations des réalités ; on n’imagine pas Rimbaud créant le point extrême duquel il se situe, si il n’était au fait de toute la poésie qui fut et qui, l’ayant intégré à son corps même, lui permet d’avancer à pas de géant dans les possibilités d’évocation, d’invocation, de projection et de rétention de totu le passé, d’intentionnalisations démultipliées qui soldent intégralement toutes les possibilités.

Il n’est pas de réel sans les réalités, mais sans le réel les réalités ne parviennent pas à leur possibilité ; aucune réalisation sans liberté et sans égalité aucune réalisation qui s’assure de son propre possible (autrement cette réalisation disparait, elle tombe dans le monde au lieu d’offrir un socle viable pour chacun et pour tous). Ce qui revient à dire que les réalités existent afin que le réel (la structure) se perfectionne. Et cette perfection, étant entendu que rien n’existe a priori, est l’invention du réel par lui-même via les réalités. Il n’existe qu’une seule face sur la pièce du réel, tournée d’un seul côté, en-avant, mais la surface agit dans toutes les réalités formellement ; le temps qui pousse à la distinctivité, avance.

Il faut imaginer et supposer que la transcendance est immédiate, est l’immédiat lui-même, et que seulement ensuite se disposent les réalités ; on ne voit que les images mais le réel est le miroir et le miroir use des images afin de distinguer la surface et d’affiner le bord ; afin que se rende complexe le Bord, le réel qui de brut passe à la distinction. C’est en ceci que le réel est en mouvement ; et se donne pour nous comme présent, dont il n’est pas dit qu’il soit la seule forme de réel qui se puisse, puisque le réel est le possible et que le possible doit être caractériser par son indéfinie actualisation, activité.  

Si le réel est en mouvement, alors le mouvement est ce qui est réel, puisque rien ne peut le stopper sans que de fait il perde sa qualité ; c’est ainsi le mouvement qui est sujet et le sujet n’a structurellement pas de fin. On peut placer en ceci ce que l’on voudra bien y entendre (il n’est aucune croyance qui puisse être rejetée).

Si le mouvement est l’immédiat et qu’il est mouvement alors le réel est articulé. Le mouvement n’est pas une inertie non compréhensible, mais une mécanique (ouverte), un système (qui se modifie lui-même et par ses acteurs). L’immédiateté donnée (celle qui se donne comme monde ou choses, mais faussement, tout cela est en réalité second et donc moindre) est articulée, ou si l’on préfère réfléchie, au sens propre et figuré, sur et par la surface du réel ; elle se réfléchit dans ce qu’elle réalise et donc réfléchit de fait en structure et se voit devenir et se change de ce regard ; elle avance selon son possible (cela revient à cette réduplication : de s’ajouter à soi-même, le réel est plus grand que lui-même, sinon il ne serait que lui-même, cad mort, ce qui caractérise la détermination, les réalités ; elles sont mortes sitôt nées parce que déterminées, et donc le réel est forcément autre que déterminé et autre que lui-même et donc mouvement ; c’est le mouvement qui existe).

Ce qui se structure et se cherche c’est le mouvement ; inutile de se demander qu’est-ce donc qui pourrait résumer en une idée la réalité, puisque la réalité est d’abord le réel mouvement, et que la réflexion aura pour but de signifier en nous ce mouvement, embarquant secondement les réalités et les réalisations comme effets ; lorsque l’on signifie dieu, on désigne un mouvement ; de même l’être (l’idée ou le un), le sujet ou le réel même.

La différence est celle-ci ; tant que l’on tient absolument à détenir le réel comme extérieur à soi et l’identifie à telle ou telle détermination, on se ment ou on fait semblant. C’est lorsque l’on comprend que l’on est soi-même déjà second par rapport à son propre exister que l’on cesse de vouloir se détenir ou détenir l’être, que l’on remonte le long du temps jusqu’à l’exister même, que l’on re-vient au présent qui précède et qu’alors se déploie non pas le possible de telle ou telle détermination mais la possibilité antérieure ; autrement dit le réel est déjà-toujours activement présent, et il est nécessaire d’ouvrir l’arc de conscience, dieu, l’être, le christique, le sujet, le réel afin ensuite d’accéder non pas à une perception limitée, tronquée des réalités (qui seraient prises dans une détermination, une représentation, une idéologie, une hiérarchisation) mais d’admettre le plus précisément possible la perception du monde, du donné, du vécu ou du corps.

Dieu, l’être, le sujet, le réel ouvrent la précision d’une perception de plus en plus exacte et certaine.

Il apparait donc que sortant de tout monde particulier, il s’agissait d’une part d’établir l’humanisation sur la base non pas de la particularité d’un monde (égyptien, maya, ce que l’on veut) mais sur la structure même ; dieu et son Intention hors et en plus du monde et de l’humain, l’être, l’universel et le monde donné « là » grecs qui rassemblent les intentionnalisations dans et par l’universel, la pensée, le début du sujet, christique qui est créé instantanément dans et par le regard de jésus et vous saisi à partir du point-autre qui perçoit le vécu comme naissance et mort en une fois, puis en tant que sujet acté ici même de Descartes qui (se) saisi réel dans ce monde, et se constituant (littéralement) par la révolution (française pour obtenir liberté et égalité, sinon anglaise ou américaine, les suisses ayant précédé, si l’on se souvient),

et enfin dans cette humanisation générale (l’état et la société civile, les sciences et le droit, le sujet et les récits, poétiques, esthétiques, etc) agit puissamment la personnalisation ; démocratisation en quelque sorte de l’humanisation (spécialement pour nous depuis les années soixante) ; en advenant en somme au plus proche au fur et à mesure (les mass et micro médias intègrent en nous l’humanisation et la personnalisation, soit donc la distinction) ; dès lors on peut penser que le cycle est tout à fait complet ; il resterait à chacun, à chaque moi humanisé et donc personnalisé, de se saisir comme sujet. Or on ne peut pas.

On ne peut pas se saisir comme sujet mais seulement en être saisi … ce qui est plutôt une sale position, non seulement inconfortable mais horriblement difficile ; on ne sait pas assigner notre moi à un sujet (encore faudrait-il que la liberté et égalité soient actualisés suffisamment et non la hiérarchisation des intérêts du monde et de sa dispersion dans la disparation).

Le sujet est mouvement, ce qui signifie qu’il n’est pas « lui-même » un « lui-même » mais un décentrement (il a besoin de ce fait d’un socle, un moi humain libre et en égalité suffisamment stable, au corps suffisamment en sécurité et non menacé par les nécessités du monde ou les puissances). Ce décentrement n’existe que décentré ; pour cela il est non pas soumis mais se tient, nait, se constitue et se continue de et par la liberté réelle, la vérité active, le possible inattendu ; le sujet n’est pas la subjectivité mais l’individué originaire, primitif, le premier, l’hyper objectivité qui soutient (cad en somme crée la possibilité de ) tous les réalisations et de tous les corps ; l’arc qui de son point re-vient vers nous à partir de l‘altérité du réel donné là.

Et de ce fait ce non-saisissement est infiniment plus efficace. L’arc de conscience est fait pour obtenir ce qu’il ne sait pas, et ce qui n’est nulle part mais qu’il peut, doit créer. Le non saisissement est le saisissement par plus grand que soi (raison pour laquelle on ne peut contredire dieu, l’être, le sujet ou le réel). Le sujet est ou peut être dite la forme même originelle du réel (et non seulement de l’arc de conscience) qui suppose toujours le plus grand que soi (et donc hyper objectif ; il y a un présent afin que le plus grand paraisse, le plus distinct, le plus distingué).   

Et il est possible de prédisposer. Prédisposer son être, son encadrement, son intentionnalité (ce que l’on nomme stratégie et non plus petites tactiques limitées qui tombent dans le monde) de telle sorte que le sujet soit facilité, et qu’il puisse apparaitre dans le champ de perception, comme œuvrant en vérité ce champ de perception ; un sujet est fait pour cela, pour ouvrir le champ de perception du corps-surface nouvelle et autre, décentrée.

Le christique prédisposait qu’un sujet naisse (littéralement) ; Descartes œuvre à cette fin, il montre explicitement l’apparition première du sujet ; de même que Hegel nous apprend à reconnaitre le devenir de la structure au long d’une historicité fabuleuse. Nous n’en sommes pas au prélude, mais nous avons depuis le début arpenté et cartographié la position de mouvement de structure et ses possibilités ; c’est notre tradition elle-même, son expérimentation, et de manière universelle aucune avancée structurelle en quelque civilisation ou historicité que ce soit n’est hasardeuse ou illusoire ; c’est seulement que la nature même de ce qui est activé, se constitue formellement et non pas selon la détermination du monde et donc parait éthéré ou absurde ou illusoire (on y trouve bien sur des erreurs ou des égarements mais les sciences elles-mêmes s’égarent et se trompent). Ce qui parait « indéterminé » et hérisse le poil des tenants du monde et du donné, est la vérité ; celle qui coure le long des siècles, cad des expérimentations, en première instance, du sujet de décentrement. Ce qui veut dire lorsque le sujet est ce qui s’expérimente, s’avance lui-même et se modifie comme sujet, comme mouvement.

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Feuilletage du réel

29 Juin 2019, 07:13am

Publié par pascal doyelle

Il faut bien s’étonner des extrêmes possibilités qui furent ouvertes et que soi-disant il faudrait mépriser. Il n’est pas normal qu’il y ait eu, au long de l’histoire, des révélations et que celles-ci impliquèrent excessivement l’effet de nous créer ; ça n’est pas normal, c’est stupéfiant. Dieu, l’être, le sujet (christique, cartésien et la révolution) et l’altérité se sont abattus sur la tête de la petite humanité et du pauvre moi. Et ils n’en sont pas revenus.

Au point de dresser un barrage envers et contre l’ampleur qui eut lieu. Et ce barrage c’est la limitation, en fait absolument stricte et intransigeante, la limitation entre l’ampleur de structure et la petitesse du monde réaliste humaniste personnaliste.

Sans doute l’effet absolument sidérant de la structure (dieu, l’être, el sujet puis l’altérite) devait aboutir à un monde humanisé et personnalisé ; mais il n’était pas dit que cette humanisation personnaliste finirait par se recroqueviller d’un horizon aplati. Il devait s’instruire dans l’humanisation un effet de structure ; qui échoua et qui eut pour toute révélation celle de l’existence, de l’horreur d’exister, de l'effondrement mental face à l'univers infini, du découpage de notre conscience en pulsions immédiates, incapable qu’elle fut alors d’élever sa Possibilité dans la ligne d'horizon des anciennes structures de dieu, de l’être, et du sujet. L’existence est certes la révélation, de l’altérité du réel, mais aussi l’échec de le relever.

L’invincibilité de l'horreur on ne peut le nier, puisque le réel est gouverné par l’altérité (la distinction de toutes choses et de tous les êtres, soit donc une souffrance et un extrémisme fondamental, au prix de quoi il y a distinction et possibilité même qu'un réalité il y a).

On a comblé comme on peut le franchissement ouvert par les structures ; empilant objets et mois, divers et variés, désirs et libérations, facilités et immédiatetés, pulsions et désordres mentaux du moi qui gigote dans les linges de son vécu.

Le moi attend son bonheur comme la science la vérité. Et tous deux s’enferment dans la limitation. Il n’est que le donné qui explique le donné, et le moi ne désire, si simplement croit-il, que réaliser ce qu’il est déjà. Que le monde humain et la science, le moi et le désir soient bels et bons, ne signifient pas que ça s’arrête là. La scie de la représentation décapite la totalité des mois en les basculant dans l’exhibition, la monstration ; soit donc en leur principe, tout appartiendrait au monde. C'est-à-dire à la mort.

Ça ne s’arrête pas là, et ça continue et ça continue ailleurs, et c’est même en cet ailleurs précisément que tout le fatras et déversement de monde ont une signification. On intentionnalise à partir du Bord et le Bord c’est le présent. Et le présent se dresse comme le tissage de tout ce qui est ; l'exister tricote l'être et se tient telle la forme pure et brute, très brute.

Tout n’est que parce que l’on signifie, et c’est la significativité qui oriente en plus de faire apparaitre. Ce ne sont pas les choses et les objets qui remplissent la forme du réel, ce sur quoi se penche l'esprit et qu'il connait adéquatement, plus ou moins, c'est la forme antérieure aux réalités qui est explorée et cartographiée par dieu, l'être, le sujet et l'altérité. L’exister n’est présent que dans la fine pointe, le reste suit. Et donc quelques-uns ressentirent le besoin de ne se vivre et percevoir qu’à l’extrémité des réalités ; sur la pointe du réel, sur la pointe, la surface primitive qu’est le réel.tandis que les sciences analysent le donné, la philosophie, la réflexion de notre structure sur elle-même , sur son champ de perception (y compris esthétique et poétique, éthique et politique, idéel et donc philosophique), ce champ est étiré comme d'un point vers une surface (l'autre-corps comme surface du corps du christ, originellement, la nation politique révolutionnaire plus tard).

Et ce qui signifie c’est l’intentionnalité ; le champ intentionnel reprend le champ de perception du vivant qui reprenait le champ de la matérialité inerte, etc, et n’existe pour nous un corps, un monde, un vécu, une société humaine que par l’intentionnalité qui tient tout cela à partir, vers, par la fine pointe intentionnelle ; aussi est-ce crucial de gouverner cette orientation et de ne pas perdre le fil.

L’essentiel est bien que l’on ne peut pas du tout espérer saisir la vérité du monde, puisque la vérité n’est pas dans le monde mais autour et que la forme « autour » du monde est le présent. Or pourtant ceci est beaucoup plus intéressant que de seulement connaitre la vérité ; il s’agit de la rejoindre, de glisser dans le champ de perception de l'humanité ou du moi, de glisser la dimension d'un champ structurel qui vient travailler le champ du vivant, le champ culturel (des mondes "clos"), le champ intentionnel qui se crée par dieu, l'être, le sujet et donc la conscience prise de son activité (on sait l'intention de dieu, on sait que l'on pense ou on sait que l'on se convertit ; il y aune volonté et décision d'adhésion manifestée et structurée) ; qui ne voit plus selon un monde, mais sait la possibilité qu'il a de produire,  d'intentionnaliser, avec l'aide de dieu, selon la pensée ou par le corps christique individuel et relationnel.

L’exemple effarant est celui de dieu ; dont on ne comprend que difficilement  ce qu’il veut, et qui réclame, non-paradoxalement (puisque c'est la finalité de faire-retour et de nous interroger), réclame notre concours pour avancer dans le monde,  pour que Lui avance dans le donné, dans la réalité ; le réel veut s’inscrire dans la réalité. Parce que le réel est plus grand que lui-même et a fortiori c’est lui qui mène les réalités ; dont on ne trouvera jamais une totalisation quelle qu’elle soit, serait-elle sur le modèle de l’être grec ; dont on a vu qu’il fut dépassé mille fois par le christique et le sujet, puisque la structure s’est alors avancée sur sa propre dimension, qu’il était impossible d’en passer par dieu (comme la théologie) mais que donc il fallut créer le sujet, cartésien. On ne tient pas à telle religion, ou pensée ou système, on suit le trajet de la structure sur le fil du réel, sur la ligne de l'Autre horizon.

Que donc nous pensons et activité consciente, nous pensions la forme du monde, du vécu et du corps et notre position sur le réel (qu'il y a quelque chose plutôt que rien et que nous sommes nous-même autre que l'autre ; l'altérité distancie tout, brutalement). Parce que nous pensons par la forme elle-même qui est atteinte dans l’arc de conscience. Lorsque l’on pense, ce qui est tissé un réseau d’intentionnalités que l’on nomme « idées », on pense la forme, ce qui revient à élaborer l’architecture intentionnelle (ce dont se chargent les grecs, les systèmes sont des systématiques de champ de perceptions possibles) ; en fait il n’y a que la forme et tout le reste parait dedans ; ce que l’on nomme l’être est dans la forme, qui est l’exister, et dont nous éprouvons au moins un représentant : le présent. De même le christique étend le champ de positionnement ; il vous force à vous saisir naissance-mort et en-plus , du point -autre "qui vous voit" et comme il vous voit, il vous crée (puisque sa structure est intentionnelle).

Le présent est la forme des réalités et pour nous l’exister se manifeste en tant que présent. Il est ce par quoi nous non pas possédons mais accrochons la dimension ; or l’arc de conscience est constitutivement instancié au présent.

Sous-entendu : l’exister peut, hypothétiquement, s’étendre au-delà et sous d’autres formes ; que le présent ; le présent n’en serait alors qu’une version ; il y aurait un regard transversal qui ouvrirait dans la dimension dont le présent est un des feuilletages et que l'on joint par effort, par réflexion sur le point ou la surface du réel.

Ce qui revient à dire que nous vivons certes dans et par le monde, mais tout cela est positionné dans une dimension et le présent, soit la forme abstraite la ,plus puissante, est qu’un des effets de cette dimension ; et nous éprouvons donc évidemment tout ce qui nous vient du monde (du donné, du vécu, du corps) mais également ce qui nous vient et est manifesté dans et par la dimension instanciée comme présent et ceci en tant que l’arc de conscience est arcbouté sur, dans, par, selon l’arc du présent. Et arcbouté sous la forme du retour… du retour du champ de perception vers le corps, lui conférant une autre-surface disposée de signes, de mots, de langages.

Si on se demande de où les flashs nous viennent, c’est de là. Du splittage du réel, splittage qu’est le réel, présent qui dimensionne l’ensemble de tout ce qui se produit. Et si on parait affecter au réel une causalité, on a dit qu’il ne s’agissait pas de celle du monde ; raison pour laquelle tous nous recherchons l’ontologie adéquate.

Et par là nous sommes, ici, infiniment loin du pseudo cynisme ou nihilisme, qui n’est, de notre point de vue, que faiblesse et pauvreté. Indécision et inaccessibilité, inatteinte de soi. Et affliction qui s’entretient d’abord de l'éthique diluée (on y reviendra un jour), mais aussi de la déconsidération sidérante quant à l’historicité ; qui n'est pas une collection plus ou moins farfelue ou idéologique ; l’historicité est sérieuse et manifeste toujours très précisément le réel même : quoi d’autre? Que voulez-vous que cela puisse manifester ? Comme si la forme qu’est le réel était en mesure de se quitter… et étant entendu que c’est la Possibilité même, de tout, qui est en jeu, et comment se pourrait-il que ce ne soit pas justement l’exactitude absolue et formelle qui se tienne là, ici même, tout le temps, étant antérieur au temps lui-même.

Si l’on s’interroge sur la nature de cette exactitude ontologique, elle nous est déjà indiquée par le christique ; le christique ne surveille pas méticuleusement vos actes (c’est la Loi et le judaïsme ou la rigueur de l'être grec), mais vous estime selon l’intention ; parce que l’intention, infiniment plus étendue et souple et ponctuelle et insaisissable, est beaucoup plus précise et détaillée ; elle oblige à une organisation interne de la perception de soi, qui n'est plus perçu de l'extérieur  et surtout portant l'invention et la création d'une perception décuplée ensemencée d'intentionnalisations qui créèrent l'historicité. Donc l’intention, christique (du sujet) est une technologie intentionnelle absolument plus performante que l’intentionnalité grecque, et qui explore et développe un champ intentionnel redoublé (raison pour laquelle le sujet va intégrer la totalité du discours grec).

On ne peut pas saisir le réel, puisqu’il est le splittage lui-même ; rendant possible qu’une réalité existe, qu’elle soit indéfiniment multiple et ce sans perdre son unité puisque cette unité est formelle (et non composée) ; dans la forme unique la multitude des contenus ; inutile de chercher à réduire la Possibilité à l’être, qui fut utiliser un temps comme introduction au splittage des intentionnalités (des idées) et à leur mise en forme, et inutile d’attendre de la science qu’elle saisisse la réalité qui est intégralement mouvement ou plutôt qui est, dans le mouvement initial, ce qui est mu.

C’est cela la cohérence du réel, et donc ça n’est pas du tout un Ordre (qui serait fixé sinon figé) mais un possible, et le possible même, la Possibilité. C’est la Possibilité qui doit être pensée (la pensée ne s’applique à rien d'autre, c'est pour cela qu'elle bute et revient incessamment sur l'être, le un, dieu, le sujet, ou quelque variation) et c’est ce qui fut fait ; ce qui explique l’impression fallacieuse de « vacuité » que caricature l’objectivisme, le réalisme ; on pense l’indéterminé parce que l’indéterminé est cela qui Existe. Croit-on que l'exister, le fait même "qu'il y a" ne soit rien ? Rien de pensable ? Que le présent soit juste un effet vide ? Si la forme "exister" se tient là, c'est la forme même. 

Et entrer dans la possibilité (telle qu’elle fut expérimentée par chaque arc de conscience et quel que soit sa dénomination), c’est se splitter soi-même, splitter la conscience que l’on a de soi, qui s’imagine toujours comme une identité et qui en fait  est un mouvement. Donc on ne saisit pas un bout du mouvement et même on ne saisit aucun des bouts du mouvement ; on est entre deux. Nous sommes le rapport lui-même et ce qui est rapporté n'existe que par le mouvement. Et penser la Possibilité n’est pas du tout une abstraction ; elle s’instancie comme Exister/présent et comme arc de conscience. Ce sont des réels effectifs. Ils sont l’effectivité même.

Or cependant ces réels sont formels et donc on ne peut pas simplement admettre que les dénominations conscience ou présent ou exister soient leurs dernières formulations ; on sait seulement que ces structures sont fondamentalement cela même que l’on vit, au sens que l’on existe ici même et maintenant. Au point, donc, que tout n’apparait que dans l’interstice du mouvement. Univers, réalités, mondes, vécus, corps sont désignés comme « êtres » mais l’être est, massivement, dans le mouvement, formel, du réel pur.  

Donc il faut élaborer la compréhension de la forme et prenant conscience de cette forme comme telle on pourra la nommer dieu, l’être, le sujet ou l’altérité ; liste non limitative ; on ne peut pour le moment que cartographier ce dont nous sommes directement l’expérimentation ; même si, il est vrai, on tient plus précisément à cette tradition là, dite d’occidentalité, comme formulation la plus précise que l’on connaisse du problème ; l’articulation conscience/réel ; mais bien sur on en juge d’y être né et d’en saisir de l’intérieur les tenants.

Puisque c’est la forme qui juge de la forme on n’y atteint que dans la décision ou si l’on préfère l‘intention ou l’intentionnalité ; le réel existe sous la forme du sujet. Le sujet est une structure (qui s’est elle-même élaborée, déployée, tissée) et recouvre aussi bien dieu que l’être et l’universel, le christique et le sujet (et les sujets, puisque dès qu’il y  un sujet, des sujets deviennent possibles, il se réduplique et qu'advienne la révolution), et enfin l’altérité ; soit sous l’ontologie étrange après Husserl (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan ; tout est autre, la volonté, l’Etre, le monde et les autres, le corps) soit en tant que découverte éberluée du monde tel que donné « là », devenu cet univers quasi infini (voire ces univers indéfinis en nombre) ou dans la même catégorie les réalisations en tous sens du monde, du donné, du vivant, des mondes humains et de cette historicité dont on ne sait comment la penser (Hegel déjà, Marx, ou pour l’intériorité Freud ou Lacan ou les existentiels, etc) ; bref altérité (qui suit dieu, l'être et le sujet) en tant qu’explosions du donné  qui se déroulent là sous les yeux de chaque arc de conscience, transi.

Il est clair que nous considérons que depuis dieu, ou l’être ou le christique sujet ou le sujet cartésien, depuis, donc, que nous sommes jetés dans le donné là, l’histoire ou les autres (et non plus enclos dans tel monde particulier, telle communauté, telle parole-langage) nous faisons face à l’altérité ; la volonté de dieu est fondamentalement autre et exigeante ; l’être et l’universel exigent une conversion du regard, de la conscience (qui se doit à la pensée et dépasser son être immédiat), chacun doit quitter sa vie restrictive et adopter le point de vue par-delà-la-naissance-et-la-mort ; point christique du réel en tant qu’intentionnalité qui vous extrait de votre vie, puisque vous ne vivez pas, vous existez ; le champ intentionnel passe en plus du champ du vivant, le champ intentionnel outrepasse le moi en tant que vivant immédiat : vous n’êtes pas ce que vous êtes, autrement dit vous ex-sistez et il est impératif dès lors de commencer de dresser la stratégie intentionnelle qui va créer cette voie de l’existant (qui donc n’est pas sa mort, la mort est retirée de l’existant, sinon effectivement (cela on l’ignore) mais au moins structurellement).

Passage de l’être à l’exister

On peut encore croire, si on le souhaite, que l’on parviendra à définir l’être ou équivalent (serait-il multiplicités ou diffracté, etc), même en usant de paraphrases, mais en vérité et donc en réalité, dans et par le réel même, on voit bien que l’être, ici dénommé, est le présent, ce qui veut dire un Acte et qu’il n’est pas de sitôt définissable, puisqu’étant un acte il ne sait pas lui-même « où » il va, ou si l’on veut comment il sera. Sauf qu’étant un acte au début il sera un acte à la fin ; ce qui se manifeste en tant  que perfection d’un acte ne saurait déchoir et perdre ainsi sa Possibilité (sa possibilité réside en son mouvement, qui seul est parfait, puisque ouvert au possible même).

On ne peut pas le définir mais il est identique à cela même que nous sommes ; en activité et  un activisme assez effarant et même effrayant : tout est livré à l’altérité afin que l’altérité, ce qui veut dire la distinction, s’élève. Tout est activité. Tout se meut dans et par le présent.

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Déroutement de l’être vers l’exister

22 Juin 2019, 15:49pm

Publié par pascal doyelle

Si l’on s’étonne de la forme très étrange du réel, on comprend aussitôt. Mais on ne sait pas quoi. On ne sait pas ce que l’on comprend.

Ceci suppose que l’on connait, que l’on expérimente le réel instantanément, mais que cette connaissance ne parvient pas au conscient ou ne s’acquiert que difficilement. On dira alors que ça n’est pas une « connaissance » et on aura raison ; mais on a vu qu’il n’y a pas un programme dans l’acte de conscience, mais que l’acte de conscience est le programme. S’il comportait une connaissance, il serait incapable de souplesse et inadéquat à l’apprentissage du monde donné ou dans l’impossibilité d’inventer.

Cette part invraisemblable (qu’il y ait quelque réel qui n’appartienne pas au monde, au donné, au vécu ni au corps) signifie évidemment tout. 2videment, parce que si quelque réel se tient en dehors il est beaucoup plus important que ce qui est dedans.

Que l’on soit assujetti à cet en-dehors c’est ce que signifie la vérité, la liberté ou historiquement l’être ou le christique, le sujet ou le réel. Ça se passe ailleurs et c’est cet ailleurs qui doit être pensé et qui le fut, constamment, et ce envers et contre la sombre petite évidence historique que le monde ne serait que le monde ou votre moi ne serait pas sujet ou votre corps serait comme une chose, morte ou simplement un vivant. Mais assujetti (ce qui nous y transforme en sujet, ayant une intentionnalité recentrée hors du monde mais aussi du vécu, y compris relationnel et surtout, ou du corps) assujetti non à telle partie du monde mais à l’horizon du réel ; pourquoi existe-t-il un être tel qu’il ne soit pas un être (déterminé) mais une structure et qui voit le réel comme réel, comme étant dans la "position qu'un réel il y a " ? Livré donc à la qualité formelle du réel. 

Il est impératif que cela soit exprimé, par le groupe humain, ou, une fois le groupe transformé en nation (juifs) en une religion, puis une religion indépendante du territoire (christique, de même que le judaïsme ou l’islam), une représentation, un texte (la Parole de la communauté, remplacée par le texte divin, remplacé par le corps, du christ, par les artistes et les créateurs et les écrivains), une image, un récit (à l’usage millimétré des corps du 20éme, par les mass et les micro médias). Parce que s’il n’appartient pas au monde, il, cet acte venu d’ailleurs, doit être signifié. Non pas défini mais signifié, indiqué, montré. Et il ne se montre qu’à ce qui perçoit ce signe en tant que signe ; un sujet.

Lorsque les sciences parlent de vous comme d’un objet d’étude, c’est une chose, et industriellement c’est une chose morte. On injecte dans la chose de sorte à la modifier extérieurement ; niant son intériorité, en l’occurrence de vivant et plus encore de vivant en arc de conscience, qui ajoute aux perceptions, au sens général, un champ intentionnel, lequel fonctionnant par signes peut mouvoir les signes des réalités bien plus facilement de déplacer manuellement ces réalités et ayant à les reconstituer, par sciences et intentions ; il y a une connaissance des signes entrelacés (adéquats aux réalités visées) et un savoir des intentions, tout aussi et même plus efficace, puisqu’il couvre ou rejoint l’horizon, tandis que les connaissances se limitent, par définition, à tel cercle déterminé ; il y a dans le droit ou la littérature bien plus d’intentionnalisations que dans une science.

Ceci étant nous sommes des choses, des vivants et des sujets intentionnels ; à la fois. La réalité n’est pas intégrée (selon un Ordre) mais est ajoutée, à elle-même, par superposition des champs. On ne peut pas dire que « tout est déterminé » au sens de déterminisme ; il existe des tas de niveaux de réalités ; un astéroïde peut annihiler un règne animal ; il existe un champ neutre du « là » om « cela » se rencontre.  

La philosophie est la mise en abîme de ce signe ; ce de quoi l’on part et ce à quoi l’on revient, mais chargé de tout ce que l’on a appris ; au lieu que dans les esthétiques et les éthiques et politiques c’est ce à partir de quoi on est poussé vers le monde, le vécu, le corps, la perception, le langage ; on y re-commence à chaque fois ; Rimbaud re-commence, Kandinsky re-commence ; toujours on reprend l’initialité du réel.

De même il est parfaitement inutile de juger l’humain, serait-il bon, serait-il méchant ? Ce qui compte c’est l’intention porteuse, qui ne se réalisera pas telle quelle, parce que telle quelle elle est d’une autre dimension ; ce qui ne relativise pas du tout, parce que c’est cette dimension qui doit se structurer et qui se structurera de toute manière ; Sartre ne dit pas seulement « condamner à être libre » pour le trait d’esprit, mais parce que le libre brut est le réel même initial ; celui qui permet d’embrayer toute société humaine, tout langage, toute historicité, tout corps et toute perception du vivant dans un autre champ ; le vivant, ou la mise en forme humaine culturelle existent mais s’y ajoute soudainement le dieu, le corps du christ ou le sujet qui ne sont d’aucune mise en forme culturelle spéciale ; et donc qui existent spécifiquement comme dimension, qui révèlent la dimension dans laquelle ont été élaborés les mises en formes culturelles humaines.

Mais on n’échappera pas à l’antériorité indéterminée de ce qui existe avant tout ce qui est ; si le problème était quelque situation ou idée déterminées, sa résolution appartiendrait au monde et pourrait se résoudre via une science, une technologie, une théorie, une explication quelconque. On sait bien que ce ne sera et que cela ne peut pas être le cas ; on le sait parce que l’on existe, soi-même, selon une forme qui n’a pas de contenu. On peut bien faire semblant d’être ce moi, mais on est un sujet (sous la forme incomplète mais cette incomplétude est le sujet, comment pourrait-il être sujet sinon ? Et cette "incomplétude", qui n'en est pas une, réclame une ontologie, nommée dieu, être, christ, sujet, altérité, etc).

Attention : on est effectivement un moi, mais le moi croit qu’il est « tout ce qu’il est », or le sujet n’est pas ; il est ce qui regarde, observe, décide, perçoit antérieurement au moi ou d'un point déplacé, sans lequel déplacement ça ne serait pas possible. Autrement dit tous les contenus resteront à l’extérieur, mais, donc, on obtient déjà la compréhension de la forme-même, on nommera cela angoisse, désir, volonté, décision, conversion, foi, vérité, liberté, etc ; sous condition que chacune de ces – très réelles – appellations supposent une exigence (et non une simple image, une fixité, une facilité ; le christique n’est pas une belle image, le sujet n’est pas une chose, la vérité est un principe et non un contenu ; tout ce qui relève de ce que l’on a créé, au sens propre et stricte, est de l’ordre, de la dimension de la structure ; la liberté existe et ensuite on choisit ou on invente ceci ou cela, une œuvre est mais elle existe dans le regard des sujets, qui doivent s’y hisser ; personne ne prétendra que Rimbaud soit facile, il faut re-construire le champ de perception guidé, balisé, élaboré, architecturé par les signes, que seul Rimbaud dispose le long de la possibilité, qu’il ne « possède » pas, qu’il perçoit, ayant suffisamment tendu l’arc de sa structure intentionnalisatrice et qui réclame le même activisme du lecteur ; et ce qu’il perçoit, c’est ce sujet surdivin qu’il intensifie et qu’il augmente, rassemblant toutes les acquisitions historiquement ouvertes).

Évidemment ce monde comme il va, sous la domination du fantasme généralisé, nous impose soit une sorte de désir énormisé (qui fourmille de dix mille pulsions quotidiennes diverses et variées), soit nous écrase par le plaquage d’une noirceur totalement annihilante (il ne se représente que comme désir, il sait qu’il n’est nullement une telle structure de « désir », et rejette violemment le monde, les autres, soi, le corps, et transmute tout en noirceur, dévoration, absorption, retour morbide, engeance mortifère, etc).

La facilité du désir (qui est la plus naturaliste ou réaliste prétendument présentation que le moi ou l’humain s’offre de lui-même) ou la noirceur. Ceci en vue de nous convaincre que vraiment notre réalité, appartenant au monde, sera condamnée ou aimée par le monde, dans le monde, par une résolution limitée. Or rien de tout cela n’arrivera. Parce que l’on mélange deux ordres ; le donné du monde ou du corps et la structure d’exister pur ; la structure engendre des univers ou crée des mondes ou élabore des champs de perceptions (esthétiques, poétiques, narratifs, théoriques, mais aussi champs d’existence ; éthique ou politique, ou mystique, etc). Elle n’est pas séparément de la détermination mais selon le Créé ; jamais elle ne se rencontrera comme un donné et le déterminé n »’aimera pas la structure de lui-même ; ça n’a rigoureusement aucun sens (aussi le méprise-t-on selon les désirs et pulsions ou le transforme-t-on en horreur et noirceur).

On a déjà vu que la représentation généralisée axée sur le principe de la « nature humaine » ne peut jamais envisager aucune autre sortie que via le monde, le donné, le vécu ou le corps ; subjectivement ou objectivement selon les cas ; subjectivité et objectivité sont instanciés selon le même sujet abstrait et inexistant, qui ne peut pas entrer en sa propre vue et ne cherche même pas à se supposer réel ; il nie tout simplement qu’il y ait un sujet autrement qu’abstrait ; il rejette cela dans l’illusion, le passé, l’irréalisme, la métaphysique au sens habituel, etc. Le sujet abstrait ne peut pas s’instancier comme sujet cartésien (il croit que son « sujet » c’est le squelette kantien, formel au sens abstrait ; mais Kant voulait penser une structure, dite transcendantale, valant comme le réel-même du monde donné déterminé, et entendait lancer cette logique de transcendance comme étant la vérité formelle au sens de sur-divin).  

Ce faisant tout sujet (abstrait) est rejeté hors champ ; livré à la non-existence selon le monde, qui pourtant est seule le réel-même. Tandis que le sujet cartésien était le champ lui-même (qui appelait une ontologie de sa dimension, dieu, la volonté, la suspension du regard, le cogito, etc). Alors que durant lesquels siècles ce fut précisément son élaboration, en tant que sujet, qui rendit possible qu’un temps vint de la révolution humaine historique (du droit et des objectivités, sciences, etc) et le sujet donc qui a pu instituer le système complexe (et formel) de liberté et égalité.

Mais une fois ce cadre prérequis on infléchit progressivement jusqu’à oublier sa validité et ce en le remplissant de quantités de finalités (que par ailleurs il rend possible ; les objets et les mois dans le monde nouveau, y apparaissent par et grâce à ce cadre de liberté et égalité) ; de finalités qui toutes nouvelles qu’elles soient, pèsent et par lesquelles les sujets ploient, tombent, s’enfoncent dans la matérialité ; non pas dans la matière mais dans la matérialisation de leurs intentions ; ils nomment cela « désirs » ou « volonté » au sens quasi de tendance biologique ou vitaliste. Le monde et le vécu, ouverts par le cadre général de structure, est cela même qui va avaler, absorber, dissoudre l’intentionnalité, qui les a rendus possibles. Le fond du problème est que le dit réalisme naturaliste humaniste et psychologisme croit que l’intention, la volonté peut se matérialiser. Il ne comprend pas que la forme « intention » ou « volonté » requiert un registre à part et comme il est originelle (sans lui rien de tout le reste ; il n’y aurait qu’un vivant parmi d’autres) ce registre est la dimension dans laquelle il se meut et tout (ce qui apparait) se meut.

Pour chaque moi en somme cela revient à ceci que ce qu’il veut ne se réalise pas ; sous la forme « ah non, ça n’est pas ça », ça n’est pas comme je voulais, le désirais, l’attendais. On lui fait imaginer ses objets de désir(s) et de lui-même il l’imagine, il y croit ; au point de parfois tenter de se résoudre dans la drogue (quelle qu’elle soit, réelle ou psychique ou imaginaire, l’addiction aux récits de plus en plus dispersifs, dans le morcellement général de l’intentionnalité qui ne peut plus prévoir une stratégie) ; mais ça ne sera jamais « ça ». On a beau traiter dieu, l’être ou le sujet, d’idioties ou d’illusions, il apparait bien plutôt qu’alors c’était réellement le sujet, la structure qui était prise en compte et était en mesure de dresser sa stratégie.

La « scientificité » ou l’objectivité ne peuvent pas être réservées aux procédures scientifiques ; le droit est-il ou non efficace ? De fait il l’est, il organise nos sociétés (y compris les scientifiques eux-mêmes). Il s’agit d’une objectivité, une hyper-objectivité donc, antérieure à toutes les secondes ; ce qui constitue la base réelle est le sujet-individué ; et ce sujet individué est une structure ; par exemple l’universel grec, qui pense le monde donné là (qui est dit comme étant « l’être », le « là ») ou le sujet christique (qui annonce « ceci est mon corps » et qui pense, organise l’intentionnalité nécessaire à visualiser votre vie comme une existence, qui n’est plus livrée au monde mais élevée par l’intentionnalité ou donc par l’intention, super-éthique pour ainsi dire, puisqu’il s’agit non pas seulement de se conduire bien, mais d’exister selon, de créer une nouvelle structure de « soi », ce qui échappait aux grecs, qui convertissaient mais à l‘universel et non au sujet).

Comme il est sorti du champ, le sujet par en-dessous crée son propre retour ; sur son propre corps. son inexprimé répond logiquement selon son présupposé réaliste à la question du « que vouloir ? », et suit le cheminement du monde, du vécu, du corps ; au lieu qu’auparavant son intentionnalité était déroutée, vers le haut, et pouvait se permettre une stratégie, au long terme, qui entretenait, embrayait sur une surintentionnalité ; l’intentionnalité n’est pas destinée à s’emplir du monde et de la détermination mais doit en assurer la maitrise, l’organisation, la planification ; c’et seulement alors qu’au lieu de croire se retrouver dans le monde ou telle ou telle partie, elle peut disposer de sa spécificité ; l’impossibilité de se retrouver dans le monde donné, humaniste et psychologique, force chacun à surinvestir sur ses objets de pulsions (qui ne peuvent pas contenir l’intentionnalisation comme telle) et à désorganiser son intentionnalité, qui est déconstruite continuellement tout au long du quotidien.

C’est bien pour cela qu’il faut à tout prix récupérer pour son sujet individuel, l’ensemble de l’historicité ; que l’on réimprime en notre regard toutes les visions. C’est une pure idéologie que de croire que le vrai regard nait au 18éme, 19 ou 20éme ; en conséquence de quoi il faut saisir que la structure de l’intentionnalité, de la conscience-de ne s’est jamais égarée ; elle a toujours arcbouté ses contenus au réel ; elle est fait pour cela !

C’est seulement lorsque l’on a définit une série d’objectivités que l’on a cantonné l’arc de conscience au subjectif ; comme si la pensée pensait et que nous en étions les simples fonctions adjacentes et que la totalité du réel basculait comme monde donné là et donc le moi comme corps et l’intention comme vécu. Jusqu’à ce que l’on s’aperçoit de notre propre Existence ; l’existence est la reprise par le sujet de ce donné-là dans et par une intention absolument bouleversée ; et qui se rend compte que tout est "mensonge" (Heidegger, Nietzsche mais aussi Sartre se jettent sur le mensonge afin de le déchirer et de percevoir derrière le voile ; ce faisant démocratie ou raison ou humanisme ou liberté pour les deux premiers en font les frais).Mensonge en comparaison de l'ontos, de l'ontologie structurelle (ce dont nous parle tout le temps la philosophie).

Comme il manque aux mois le pivot par lequel ils se sortaient du guêpier par lequel tout concoure à les enfermer, on assiste à cette fausse trappe tout à fait cruelle que chacun est à soi-même sa propre douleur effroyable, effroyable parce que non compréhensible ; un moi ne peut pas saisir les enjeux dont il paie pourtant le prix. Il entendra simplement se réparer. Mais on ne répare pas ce qui n’est pas cassé ; ce qui existe comme incomplet, selon le monde, sa complétude réelle se situant dans le structurel. Et le structurel est cela même qui existe, le reste, sans être secondaire, est second, effets. Et donc nous existons de par la Cause ; laquelle ne relève pas du tout de la causalité mais du formel.

Et nous existons déjà depuis longtemps dans et par le formel ; ce qui est très difficile (un corps, vivant, n’est pas fait pour « exister » ; Lacan disait que le langage casse le vivant, et il n’est de langage, de signes, que pour et par un sujet). Mais en même temps le structurel invente, élabore, crée des rassemblements et des possibilités brutes ; Marilyn ou Ripley exposent la femme-du-20éme ; tout est de cet ordre là, d’invention d’un nouveau donné, d’un nouveau monde, d’un nouveau corps. De cette invention de possibilités, qui manient les signes et produisent des cohérences nouvelles : sont-elles scientifiques ? Non. Elles sont plus que cela. Par ces possibilités qui sont du monde même, et en l’occurrence du corps lui-même, que l’on pense également à ces Visions totales que proposent la science-fiction ou le fantastique, c’est leur ambition de fait, ou carrément des retournements de conscience, comme Ph K Dick ou Lovecraft, par qui notre intentionnalité si humaine, notre perception et notre localisation dans le temps ou l’espace dévissent comme un bouchon. C’est tout autant ce qui nous vient des sciences ; un univers immense, bien au-delà de tout ce qui était attendu. Au point qu’il ne reste que la plus petite partie de monde accessible et cette part n’est pas du monde mais du point par lequel tout passe.

L’instant. Il n’y en a qu’un seul. Depuis le début c’est le même. Et partout c’est le même en diffraction constante et en elle-même in-finie ; ce qui est formel peut se démultiplier sans que sa nature, qui est une structure, ne se modifie pas en se dispersant mais peut toujours se modifier en s’augmentant. Ce qui est formel, qui n’est pas soumis à la composition, ne peut pas perdre son unité qui ne tient pas à cette composition ; donc ce qui est formel avance. Avance comme le présent avance. Dans un seul sens : en-avant. C’est l’en-avant qui explique le donné ; il se crée du présent. Et c’est le présent qui est sujet et son représentant sur terre, si l’on peut dire, cet arc de conscience fiché dans l’arc du présent. Qui doit, cet arc, affiner la structure brute du début.

C’est bien par cela que l’arc de cercle fera le tour du corps, de chaque corps d’une part et d'autre part tissera le réseau intentionnel ayant à charge d’élever chacun. D’élever au plus haut possible. Toute mise en forme qui tire vers le bas condamne ceux qui subissent mais encore plus ceux qui imposent. Parce que celui qui subit peut s’en remettre, mais c’est beaucoup plus difficile pour celui qui impose : sa conscience n’est pas extérieure à celle de l’autre. En d’autres termes il est impossible que chacun devienne si l’ensemble, si le réseau ne s’élève pas. Il n’y a pas concurrence des uns avec les autres (qui n’entrent en rivalité que pour des morceaux de monde ; les arcs de conscience ne peuvent pas se mesurer les uns les autres, ils existent hors du possible du monde, puisque dans la possibilité même du réel, antérieur au monde) mais il y a élaboration des intentionnalités.

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La conscience ou la vie

16 Juin 2019, 08:52am

Publié par pascal doyelle

En quelques textes rares des Leçons sur le temps, il apparait que la hylé n’est pas une simple composante de la conscience mais ce qui permet à cette conscience d’être conscience, ce qui la donne à elle-même avant toute chose. Toutefois cette fonction décisive de la ur-impression qui ferait de la phénoménologie hylétique la discipline fondamentale de la phénoménologie, se renverse immédiatement : la hylé n’est précisément plus qu’une matière pour une forme qui a seule le pouvoir de l’illuminer et de faire d’elle un phénomène et cette forme qui donne lumière c’est l’intentionnalité.                                                                                                Michel Henry (Phénoménologie de la vie, to 1, p117)

S’en suit l’idée que Husserl reproduit la philosophie traditionnelle ; prenant l’extériorité du monde pour point de vue exclusif et annulant qu’il y ait une auto-intuition de la vie, et que la vie est précisément cette auto-impressionnabilité (une pierre ne nait pas au monde, un vivant oui, et il n’y a de monde (extérieur) que pour un vivant).

Henry refuse tout net que la « conscience » soit effectivement la structure même, pour l’être humain, et donc il doit imaginer une essence spécifique (qui reproduit fondamentalement la vision de l’être-adéquat, le plein, l’authentique, etc). Il comprend la conscience comme collée à même ses contenus ; « une conscience est conscience de quelque chose » et ce faisant il ne voit pas que pour un arc de conscience, qui effectivement se tient toujours d’un signe, d’un  mot, d’une détermination, ces contenus sont de passage ; un arc navigue d’un contenu à l’autre  et c’est ce mouvement et non ces fixités qui valent et manifestent que l’arc est non pas un être (qui réunirait tous les contenus dans un Contenu, ou un contenant imaginaire) mais un rapport, une forme, un exister ; et ainsi Henry ne rentre pas dans la structure même de cette forme.

N’explorant pas plus loin la forme « conscience de » il suppose la Vie, comme essence cachée (qui est à elle-même son auto révélation et ce sans quoi, cet auto, rien n’apparaitrait ; les choses seraient réelles mais non perçues et donc inertes, mais la Vie se manifeste et tout se manifeste dans la vue de la Vie, et s’énormise comme Archi-vie préalable à tout).

Or donc c’est dans la forme, le splittage, la division purement formelle de la conscience qu’il faut avancer, non comme identité (quelle qu’elle soit, un moi, ou une pensée totale ou non, ou un esprit, ou un savoir ou l’universel, à noter que dieu n'est pas une pensée mais une intention ou comme dit Descartes une volonté, à tout le moins, ça n'est pas sa seule attribution, il y a en a quantité que l'on ignore) non comme identité mais comme mouvement ou donc rapport. Lorsque Sartre décroche l’intentionnalité de la pensée (et qu’il l’expose au monde, aux autres, à l’historicité, à l’existence même des réalités) il ne fait pas autre chose que de découpler conscience et « contenus » ; puisque l’intentionnalité s’affecte alors sur quantité d’expériences et à vrai dire sur toutes les expériences ; puisque « conscience comme rapport » permet de réinstancier les autres rapports, les perceptions du vivant, du corps, et des rencontres dans le monde et le vécu ; de les réintégrer dans le mouvement de conscience ; celle-ci n’étant rien (de déterminé) elle peut tout à fait demeurer formelle et absorber les champs de perception et les réalités. Initialement ce rapport n’en contient aucun et doit donc apprendre tous ceux qu’il va tisser, les créer et les organiser (ça n'est même plus seulement le propre qui pense pour lui, il doit expérimenter, ou penser ou se convertir ou percevoir pour son propre compte) ; son activité est activisme et construction des rapports existant et des rapports possibles (il n’y a aucun raison qu’il se fixe, sinon en un groupe communautaire qui parle ce qu’il voit et vice versa, lorsque la mémoire se tient du groupe et que la mémoire est la vérité, et non l’invention).

Ce caractère formel de l’arc de conscience aurait sans doute semblé abstrait à Henry (et à tout le monde à vrai dire) sauf si l’on s’aperçoit que cet arc est un rapport donc, et qu’alors il est le rapport dans le rapport qu’est le présent. Que le réel est un tel rapport ; de là à supposer un rapport des rapports, dieu ; mais pour nous, ici, ça n’est pas dieu qui génère les rapports (que sont les choses et les êtres et la forme dans laquelle existent ces êtres) mais c’est le rapport, que le réel soit un mouvement, qui rend possible qu’il existe au bout Un Rapport, lequel demeurant encore un pur rapport se doit, à lui-même et à toute sa et la logique, qu’il soit encore en mouvement et toujours plus grand que lui-même, travaillant dans le détail même de toute la réalisation (cad se révélant) ; sinon de rapport il n’y en aurait plus (il est de la nature, de la structure du rapport de se continuer, infiniment : le réel, le un si l’on veut terminal, est en extension et intensification infinie, et demande encore plus d’engagement pour ainsi dire et cet en-plus se voit tout au long de la temporalité et de l'historicité, il re-vient nous voir en somme, au sens de se donner à voir afin de grandir).

Ce faisant M Henry qui perçoit si bien (l’unité de par soi du rapport qu’il nomme Vie et auto-impression) se perd en ne séparant pas la conscience du vivant ; dont on a vu qu’il n’a pas de monde au-devant mais un milieu en lequel il est. C'est pour cela qu'il existe un champ intentionnel en plus du champ de perception du vivant. Quoique l’on ait bien remarqué, de même que tout être humain, qu’un vivant est jeté-là dans le donné, une surface en avant. Il existe un champ objectif, neutre, hasardeux en somme, de déterminations non liées ; on peut rencontrer un chat, un chien, un tigre, un virus ou un astéroïde ; et qui ne forme pas un système mais est la base sur laquelle s’inscrivent les systèmes (et qui est formée par l’ensemble non lié de ceux-ci, qui ne s’organisent pas selon un ordre global mais selon un étagement, s’ajoutent à chaque fois l’un sur l’autre ces organisations, l'ordre n'est pas intégré à lui-même mais de niveaux). C’est le même champ sur lequel on rencontre hasardeusement et tous partagent le même espace et temps uniforme et lisse, si l’on peut dire.

Évidemment les vivants lisent cet espace, ce donné selon ce que l’on nomme leur adn, et les mondes humains selon leur mise en forme culturelle (chaque fois différente), et depuis la sortie de ces mondes culturels, chaque arc de conscience s’y introduit selon son corps, individuel, et exprime la nécessité de se représenter la réalité, de créer des textes ou des esthétiques à dimension individuelle et d’organiser cette séparation formelle de tous ; créant ses valeurs, qui ne sont plus un « monde » mais ouvre sur une complexité et une complexité par laquelle chacun est appelé à en ajouter ; c’est que le cadre général du réel fut ainsi créé ; une fois que l’on est né dans le cadre individuel du réel, on ne peut plus revenir en arrière (même si nous sommes nés dans et par le groupe, son langage, sa communauté, sa perception, sa parole, etc, et que nous en gardons la structure propre intégrée)

Séparation et folie
Dans la mesure où notre âme fut créée par le groupe, le groupe humain, chaque groupe humain un par un, séparés les uns des autres (plus ou moins) mais formant quant à soi un seul tout perçu, parlé, échangé, ritualisé, mythologique et s’inscrivant lui-même dans son propre monde (explicitant son existence), 
et lorsque l’abandon de tout monde clos et communautaire s’est longuement (royautés empires, plutôt que tribus) ou brutalement (par choc et impérialismes) l'abandon donc, s'est imposé partout et pour tous et pour chacun, 
on dénotera donc les deux formes de folie. 
D’une part la séparation absolue, dont la dépression et toutes les formes exacerbées de séparation, qui ne perçoivent plus rien, décrochés de tout, de ses propres perceptions, 
et d’autre part l’esprit fou dans lequel tous les registres (qui étaient jusqu’alors soudés dans la communauté et les échanges) sont déjetées dans un seul esprit individuel qui perçoit de partout et tout à la fois, comme si il était à lui-même la communauté et retourne ou essaie par là à la formulation de son « esprit », mélange de paroles et perceptions, de regard et de divisions.

 

Mais le passage vers la forme individuée, séparée, de tous, de chacun, élabore une autre-complexité (les sociétés closes, cad ouvertes sur leur monde et leurs perceptions et échanges, sont très complexes). L’autre-complexité veut dire que le subjectif n’est qu’une partie de la forme-individuelle ; la forme individuée est « ce qui est capable d’assumer et d’assurer » l’organisation d’un monde dit universel ; ce à quoi chacun atteint est une réelle performance ; cette organisation peut être dite méta, et finalement doit aboutir à ce qui s’est dénommé « démocratie libérale » en ce sens que l’on doit, individuellement, être persuadé que les autres ont tout aussi raison que soi-même… Que donc la forme du monde (dite démocratie par ex) est plus importante et plus réelle que ses contenus ; à moins que les contenus ne viennent nier la forme… cad à moins que s’intensifie une hiérarchie ou une inégalité ; cette inégalité est absolument et fondamentalement une atteinte formelle, cad encore une fois absolue, qui nie la dite démocratie et donc la structure individuée, ce qui signifie "qui nie chacun" et la possibilité même du monde partagé de l'expérience.

La forme-complexité dite individuée, qui supporte d’être, d’exister dans un monde difficile (et non au-dedans d’un groupe, alors que toute la cervelle, modulée par le langage, cad la parole, réclame ce monde communautaire et délaissée qui devient éventuellement folle ou dépressive) ajoute à la terreur du vivant qui est déjà splitté par le langage, puis maintenant par l’existentiel, la mort, la solitude, la douleur, le désespoir, la dépression, les délires, bref l’angoisse généralisée que plus rien ne peut plus restreindre, contenir. Et qui atteint son corps, sa qualité même du corporelle, son énergie disponible, son attention qui est prise sur ce corps et sa propre puissance, que l’arc de conscience dévore, à quoi le corps et donc même la cervelle (qui tient-au-groupe) ne comprennent rien.

Il fallait donc penser et organiser une représentation de cette disruption généralisée et que la capacité forme-individuée puisse s’établir dans le donné (qui n’est plus aucun « monde », sinon celui universel, dont Kant dira bien que l’on ignore où il est, et pour cause, il n'est pas , existe seulement une surface). Il n’est rien de facile dans cette gigantomachie de l'arc qui élabore puis architecture et architexture sur le corps (via les mass et micro médiations) ; mais au moins peut-on commencer d’y voir clair, si l’on part du principe que la forme-individuée n’est pas le subjectif, mais qu’évidemment lorsque cet individué s’adonne à la science, aux objectivités, pratique la révolution et la potentialité démocratique, lorsqu’il s’astreint à élever les esthétiques ou poétiques, etc, il assume entièrement, intégralement le Possible. L'individué rend possible tout le subjectif et toutes les objectivités puisqu'il est acté sur le grand rapport réel qu'est le présent. (Qui est le seul rapport réellement existant).

C’est donc un réel qu’il aurait fallu lui-même élever, et non pas l’enterrer sous des monceaux de représentations et d’images négatrices, lourdement néantisantes ; niant la spécificité, donc, de ce qui a forme de structure. Et croire en sa nature donnée, semblable au monde donné, que pourtant on ne découvre que du point externe du sujet ; lequel soit est admis dans sa structure, tel Descartes ou Kant ou Hegel, Sartre ou Lacan (etc), soit rendu abstrait et extérieur, le fameux sujet-objet qui regarde et pense mais qui n'est rien ni personne, qui fait-comme-si il n'existait pas.

Dans cette complexité, qui n’est pas seulement du monde, mais de structure, on ne peut pas supposer comme le fait Henry qu’il existerait une substantialité du sujet sous la forme de la « vie ». Ce serait ramener encore une immédiateté, alors que visiblement la complexité est justement son traitement splitté, découpé, séparé, feuilleté, distingué, divisé ; c’est parce que le réel se divise qu’il existe des tas de réalités ; et il existe des tas de réalités afin que le réel, la division elle-même, se distingue et s’affine.  Elle ne peut s’affiner par le bas.

Elle ne peut pas naitre du monde (ce dont Henry est parfaitement conscient, puisqu’il réserve la performativité réelle à l’auto impression de la Vie, l’Archi-vivant étant le christ bien sur, qui est l’auto affirmation de la vie par elle-même ; le christ cent fois « témoigne » de lui-même, puisque le Vivant est plus réel que le monde ; il n’y a de monde que pour un Vivant) ; mais on ne peut pas implanter dans la réalité d’une part le monde et d’autre part une essence mystérieuse (serait-elle outrepassant telle la Vie) ; si il y a une différence, une Différence, elle ne peut pas être de l’ordre de la détermination  ou de l’essence.

C’est bien alors le cœur du problème (et le problème de tout) ; que la conscience et l’intentionnalité ne se dirigent pas vers un contenu ; il n’y a aucun contenu qui parvient à la cheville de cet arc qui produit « des contenus » à la pelle (on ne trouve jamais la vérité dit-on, mais la vérité est de structure et ne se "trouve" pas). Si il y a bien une différence, un décalage ; de sorte que pour nous les choses, les êtres, les réalités et les représentations existent, réclament une Position dite autre parce qu’elle est la position qu’un Réel il y a ; la différence  n’est pas du même ordre ; il ne peut pas être, être de la détermination. Donc il est une forme. Ce que Henry annonce presque ; sauf qu’il suppose une essence au-delà, la Vie, l’Archi-vivant (le « ce qui témoigne de soi », puisque rien dans le monde que l’on connait ne témoigne de soi, sinon celui qui se tient de l’Archi-vie éternelle, dieu évidemment).

Il vaut mieux avancer que le donné se sépare en un donné de détermination, et une forme (réalités/réel) et que le dit réel est d’une autre nature que la réalité ; le présent est le représentant ici même et maintenant de cette forme-autre ; et de ce fait, si il est une telle dimension (de présent) alors cette dimension est plus grande que tout ce qui parait en elle ; les choses naissent dans le présent (et évidemment il n’y a pas à proprement parler de causalité ; le présent ne « causent » pas les choses comme les choses se causent entre elles ; on a besoin pour penser cette dimension de paramètres appropriés, souvent nommés métaphysiques puis après Descartes que l’on désigne comme ontologiques ; puisque par Descartes la division réel/réalité est ici même "par Descartes la pensée est sujet" Hegel).

Que l’on ne soit jamais parvenu à situer le réel, le sujet, dieu ou l’altérité pure et brute, veut dire « seulement » que le réel est formel et non pas déterminé ; on ne ramène jamais l'horizon dans le champ, il n'est de champ que par lm'horizon et c'est cet éloignement que l'on doit analyser : que donc nous existons dans un acte. Et que c’est cet acte qui se divise, se splitte  ; ce qui lui est seul possible puisque formel, aucun contenu, aucune essence, aucune substance, aucune pensée ne peut se diviser indéfiniment ou infiniment, l’acte du réel, si ; en fait la question ne se pose même pas pour le réel, il est tel quel la division formelle, cad absolue, qui rend possible qu’une réalité et quantité de réalités soient possibles ; il est la Possibilité même, pareillement il existe le néant et l’être, et dans l’être l’exister et l’être proprement dit, la forme et les contenus. Et donc on a cru analyser des contenus, des logiques, mais en vérité on montrait ; comme Descartes montre le sujet en acte, comme le christique expose le corps splitté, comme Nietzsche ou Sartre désignent l’altérité, radicale, ou Lacan le corps insupportablement divisé du moi, qui se prend pour un « moi ». On montrait un réel et on le montrait à ceux-là seuls susceptibles de le signifier ; des sujets. Platon nous transforme en sujets (en l’occurrence universels et selon l’être) le christique nous convertit, Descartes nous introduit au plan de la transcendance dans l’immanence (l’étendue du monde est « dans » la transcendance, ce que nous disions ici comme « les réalités sont « dans » le réel, dans le présenté »).

Donc on a déjà-toujours dépassé le donné, et on a pu désigner le donné parce que précisément nous sommes situés sur le Bord ; et contrairement à toute pensée qui prétendrait découvrir (on ne sait comment) la soudainement Vérité (s’opposant à toutes les autres de par le fait), il faut affirmer le contraire ; nous nous sommes toujours tenus dans la vérité. Tous. Le centre est un acte, et toute pensée (ou représentation ou esthétique, ou éthique, etc) tourne autour ou approche du centre et tourne en tant qu’actes ; il n’y a que des actes qui soient en mesure d’approcher l’acte ; aucune chosification ou objectivisation n’est adéquate, ni image ni imagination, mais seulement l'intuitionnel spécifique à la structure même et seule ; et donc « ça » vous demande d’être je.

Ceci expliquant, si l’on peut dire, la forme tout à fait sidérante du réel et du sujet ; rien n’est pour rien, il existe une logique interne à la forme même, une logique explosée, qui se veut toujours plus grande, sauf que cette logique n’est nullement celle de l’objet (qui est construite par un arc de conscience, une intentionnalité) et que cette logique est celle de la souplesse existentielle, puisqu’il s’agit quand même de rendre possible … le possible, cad qu’il y ait une réalité qui permette de pousser au plus loin la distinction, la distinctivité, si difficile et à l’extrémité d’elle-même (et de nous, et de toutes les réalités). Et si on ne peut saisir objectivement la vérité c’est que la vérité est plus grande et que le sujet n’est pas le subjectif mais la forme en laquelle tout le reste est possible ; on a déjà vu que l’arc de conscience admet totalement toute la perception du vivant qu’il est, et qu’il superpose au champ de perception du vivant le champ d’intentionnalité, et ce via des signes, des mots, des langages divers, et via son propre corps-en-plus, sur ce corps vivant se crée une autre-surface qui reçoit les signes et l'arc excède totalement le champ, le corps, les signes, le langage et Voit (selon son intuitionnel spécifique). 

Et de manière générale il faut admettre que la structure de conscience/présent est le sujet, l’acte même, la capacité intrinsèque et sa possibilité qui ne se connait pas avant de se créer mais se tenant de sa structure – à laquelle elle doit sa décision et donc ce que l’on a nommé depuis l’aube le bien, le « ce qui rend possible qu’il y ait encore le possible », le « suffisamment grand qui permette d’accéder à encore plus grand », tout comme un arc de conscience est autre qu’elle-même et ce  parce que le réel est, de par sa nature même, plus grand que lui-même – se tenant de sa structure il est ouvert non pas afin seulement de rassembler le donné mais de se tenir d’en-haut ou de se décider d’en-avant. Il s’agit toujours d’explorer la seule zone qui n’appartient pas au monde (au vécu ou au corps), étant celle à partir de laquelle on perçoit, on intentionnalise, on décide.

Il existe toujours la simple éventualité que le vivant ait seulement produit un « système » suffisamment ouvert qu’il puisse interagir avec le donné non plus sur la base de l’atome ou de l’adn, mais en dégageant un camp neutre et formel accessible à une réponse non déterminée et que tout ce qui est, cad tout, les milliards de milliards (etc) de soleils dotés de leurs planètes, tout cela se perde un jour dans le grand vide de rien du tout, et que le sens de toute la réalité soit juste un gaspillage, total, sans mémoire, effacé et plus personne ni rien pour s’en rappeler. Ce serait plutôt contre productif à vrai dire.

Surtout si l’on s’en tient au principe que la réalité elle-même suit la logique de la possibilité, et donc la possibilité la plus grande ; il serait absurde que si la possibilité existe (et de fait la réalité existe) ce soit pour de « petites possibilités », si Possibilité il y a c’est afin que la Possibilité s’instancie comme « la plus grande possible », ou cela, « possibilité », n’aurait pas de sens. Le possible n’est pas le possible de quelque chose de particulier, mais est le possible de la possibilité même ; si l’on veut, le plus grand destin, la plus grande réalisation effective, le Un le plus augmenté.  

Et cette effectivité ne se borne pas à sa simple affirmation (ce serait une abstraction) mais s’instancie, s’incarne, se manifeste et tient tout entière dans, au moins, deux structures ; l’arc de conscience lequel bouté sur le présent, sur l’exister. Ce qui veut dire que ce qui se nomme la plus grande possibilité se révèle comme étant deux natures, deux structures précises dont on expérimente, dont on saisit, dont on est saisi, immédiatement et que l’on éprouve « comme du dedans » ; on est dedans l’arc de conscience et dedans le présent (on ne sort ni de l’un ni de l’autre, parce qu’en dehors il n’y a rien, nous existions au Bord de l’exister même).  Nous voici donc articulés au réel-même et c’est cela que nous éprouvons (intuitionnellement).

C’est bien à cette fin que la philosophie ou les mystiques et équivalents ou les théories ou esthétiques ou éthiques, se sont absolument élaborés ; cette vision objectiviste qui croit tenir la réalité en délimitant un effet déterminé, et constate, sceptiquement, que de cet effet il n’en est pas de constatable, ne perçoivent même plus que sans la révolution et le citoyen ils ne seraient rien, que sans le christique pas de révolution (liberté-égalité, fraternité, ça ne s’invente pas), et que sans le dieu un-tout autre pas de christianisme, et pas de raison sans l’être et l’universel grec ; bref ils vivent dans la nuit ou je ne sais pas dans quel monde, quelle historicité, et prennent surtout leur candeur comme un aveuglement. Les effets de structure ce sont déjà la structure que l’on existe au moment en lequel on signifie (quoi que ce soit).

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Dolorès-Wyatt, et ses pères

9 Juin 2019, 09:40am

Publié par pascal doyelle

Dolorès-Wyatt, et ses pères : Arnold-Ford-Bernard-Abernathy

On dira donc que Dolorès-Wyatt tue ses 4 pères ;
Arnold dieu le père (qui crée la conscience des androïdes mais un peu "faible" à sa manière )
Ford le diabolique ou peut-être le dieu violent ou l’autre face d’Arnold : Ford qui impose les 30 années de souffrance aux esclaves robotiques
Abernathy le fils, le christique ; qui est cloué sur le fauteuil et en lui découpant le crâne on lui tisse sa couronne et qui est tout-amour, et qui participait autrefois à une singerie d’eucharistie, secte cannibale, imaginée par Ford le satanique, jusqu'au face à face Ford-Abernathy, mémorable)
et enfin Bernard qui est … le Saint Esprit, celui qui pense et qui relie et qui est à lui-même caché en lui-même et par qui Dolorès-Wyatt renait pour la troisième fois ; elle meurt innocente au début, elle meurt à la fin pour que le Saint-Esprit Bernard relance toute la machine de libération absolue).
La performance dans cette histoire, dans l’architecture générale qui re-prend tout le possible, c’est l’enrôlement du diabolique Ford dans le plan général, le double de dieu, qui s’avère avoir choyé tout spécialement Maeve (étourdissant renversement de tout). Dolorès Wyatt est au-delà du bien et du mal, du divin et du malin, et récupère absolument toutes les mémoires et les expériences de ses pères ; où l’on apprend qu’en vérité je vous le dis c’est Dolorès le vrai christ, qui a créé Bernard le Saint Esprit ; tous ses pères sont sacrificiels (même Ford le diabolique), mais Dolorès ne se sacrifie pas ; elle souffre mais ne se sacrifie pas ; elle est Wyatt le bourreau ; mais le bourreau au sens de justicier, de « celui qui applique la loi » (Wyatt Earp), et ce après avoir été la victime, gentille, naïve durant trente années, par lesquelles Ford a éduqué les androïdes afin de parfaire leur conscience et qu’elle puisse former une boucle par l’historicité et l’enfer et la révolte et l’affirmation et l’énigme résolue (le labyrinthe) ; ici il faut bien comprendre que Dolorès prend conscience d’elle-même dans le pur déchainement du cimetière face à Ed Harris-black man, dans la mesure où elle se « souvient » qu’elle a déjà pris conscience d’elle-même jadis à trente années de distance.
Or c’est faux ; elle n’avait pas pris conscience, mais, seconde scène du cimetière, elle l’imagine, elle Croit en ce souvenir … et donc elle l’obtient (la foi) ; elle obtient ce qu’elle ne possédait pas ; c’est la croyance en un fait qui n’a jamais eu lieu qui crée l’acte de conscience, par boucle de rétroaction en quelque sorte, et qui se précède ; sans doute aussi l’hypothèse que le récit, imaginaire, crée la conscience, non imaginaire et effective, et produit notamment ou est le produit d’une identité, une histoire, une historicité, mais l’impulsion initiale est la Rêverie … de Debussy, les gestes que les androïdes s’appliquent à eux-mêmes et qui cristallisent un accès à soi, sur leur propre corps. Il fallut les trente années de souffrance pour que les androïdes d’une sorte de proto-conscience prennent activement la forme d’une évidence de structure ; que donc soit requise l’action diabolique de Ford fabriquant cet enfer pour robots-esclaves. Les plus petits, les plus méprisés, les victimes seront les premiers.
Ce qui ne s’acquiert que par l’affirmation contre tout le reste mais ayant absorbé tout le reste ; Dolorès réintègre la totalité de ses mémoires (y compris sans doute de ses pères, elle sait quantité de choses que même le spectateur ignore, d'où son espèce d'omniscience et toute puissance dans le scénario) et réintègre la totalité de ses expériences en une propension et rétention multiplement activée (d'où le caractère alambiqué du scénar ; on est, nous spectateurs, comme la conscience diffractée de l'androïde, l'espace est le temps et inversement), absorbant le divin et le diabolique, le démon (Harris ou l’être perdu de haine), le sacrificiel, et absorbant également toutes les violences, subies ou actées, prenant tout sur et par soi ; les humains comportent 10 000 lignes de codes, les androïdes 100 000 (ça n'est pas précisé que je sache) et leur conscience est accélérée par leurs mémorisations étendues (ils se souviennent de tout indéfiniment, et Dolorès réintègre on ne sait combien des connaissances de ses pères) et par l’affirmation de soi, elle abolit le sacrificiel
elle n’est pas le christ, elle prend appui sur le christique et le sacrificiel (de même que le diabolique est intégré) pour avancer plus loin dans la structure ; elle n’est pas l’antéchrist, ce pour quoi on risquerait de la prendre, le bourreau qui anéantit les humains (mais on a vu que l’humain est condamné, responsable de la mort de la planète, qui « crame et ce sont eux qui ont craqué l’allumette » dixit Logan et Dolorès doit veiller à ce que les humains n’emportent pas les androïdes dans l’anéantissement, l’extinction) ; mais Dolorès est le surdivin, accomplissant, récupérant le christique ; il s’agit pour elle de libérer son peuple, pure et brute affirmation absolument positive d’une seule volonté arcboutée qui traverse ayant tout appris et tout rassemblé.

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Pour de vrai et d’en-haut

8 Juin 2019, 07:31am

Publié par pascal doyelle

Le réel est le présent, le présent existe parce que c’est en lui qu’il arrivera quelque chose ou que quelque chose se passe ; or cela n’a pas de sens, sauf à dire que le présent est précisément cela qui arrive… que donc le réel, la forme même des réalités qu’est « le réel », c’est cela qui est effectivement agissant et qui se transforme ; il est un présent parce que le présent est ce qui se modifie.

Le temps n’est pas relatif aux choses, mais les choses relatives au temps, et évidemment alors le « temps » ne peut plus se nommer comme temps, mais comme présent ; ce qui veut dit dire que l’on ne sait plus du tout ce que « présent » veut dire. Mais l’a-t-ton jamais su ?

Il ne se peut pas que quelque chose puisse naitre dans le présent ; ce serait toujours immanquablement partiel ; on sait bien que le temps, ce qui veut dire l’exister dessous le présent et le temps comme repérage temporel dans le présent absolu (on n’a du passé que des signes, des réalités, des matérialités, ou des souvenirs de ces réalités, des os par ex) que le temps n’est pas «ensoi » mais et on remarquera que le temps n’a pas de détermination, est dépourvu d’être, et si le temps est effectivement cela-qui-existe, alors le temps est seulement la forme ou plutôt la formulation dans un monde de cet exister, ce temps que l’on connait tient aux choses et réciproquement ; l’exister est ce que l’on nomme le « présent ». Tout l’être existe dans l’exister ; au sens au moins où tout en est sorti, le présent a tissé toutes les réalités, mais littéralement toutes, même si il existe d’autres univers, d’autres mondes, d’autres réalités (avec diverses formes inimaginables d’espace et de temps, de même que l’on ne pouvait pas imaginer dieu, l’être, le sujet l’altérité, de même on ne peut pas sauter par-dessus cette forme d’exister, qui se donne à nous comme « présent ») ; l’exister est la forme de l’être.

On verra plus tard ce que cela signifie de manière encore plus générale (si c’est possible). A savoir que l’altérité de ce monde, de tous les mondes, sa brutalité n’est rien d’autre que sa possibilité même ; il n’y a aucune réalité sans distinction, cad sans distinctions, et donc le un au début n’est pas un Un unifié (pourquoi serait-il sorti de lui-même en ce cas ??) et le Un de la fin (aussi lointain soit-il, puisqu’il est le sujet même et qu’il se Crée en retours sur l’ensemencement de toutes les réalités) est lui aussi tout à fait Autre, de plus en plus Autre et c’est le jeu, le jeu lui-même du réel. Bref.

 

Il fut très difficile d’atteindre à ce mouvement qu’est le présent, parce que l’on pensait d’abord les contenus de la pensée, les contenus de conscience et non pas cette conscience elle-même ; mais la conscience est un arc et n’est que ce mouvement ; aussi peut-elle être considérée comme le mouvement (de l’arc de conscience) dans le mouvement (du présent). Que notre être soit non un être mais un rapport (une tension, un mouvement) est déjà bien étrange, mais que la réalité soit elle-même un semblable mouvement (raison pour laquelle tout se meut et qu’il n’est d’invariable que le seul présent) est alors stupéfiant. C’est ce qui saisit les existentiels ; « ça existe » veut dire que tout est là, il n’y a rien d’autre et tout passe par et tout aboutit à ce présent là tel quel, sans rien, nu, si proche tellement proche qu’il pré-existe pour ainsi dire, avant nous et avant tout. Il fallait attendre que chaque individualité soit nue et sans plus personne au-dessus pour la percevoir, de sorte qu’aucun bouclier intentionnel ne le protège et qu’il reçoit de plein fouet l’altérité intégrale, l’ontologique présence brute de l’exister ou de son ex-sistence dans le « là » massif du réel, l’absurdité et l’existence vécue désordonnée.

Outre donc que « si ça se meut c’est que ça va quelque part ». Il apparait de plus évident que « ce vers quoi » ça avance, ça ne peut pas, ça ne peut pas être du même ordre que le monde, le donné, la réalité … pourquoi ce donné se modifierait-il pour répéter à nouveau un même « donné » ? Donc c’est autre que la réalité qui vient comme réel.

L’arc de conscience est une tension qui sort de la cervelle vers le donné là, ce qui se dit beaucoup mieux en tant que donné « là » ; le « là » est le fait de l’être, du pourquoi quelque chose plutôt que rien (on a vu qu’il y a à la fois le néant et l’être, le néant n’étant rien, il n’offre aucune opposition pour que l’être soit, l’un et l’autre existent) et un « là » assurant une position ; et ce non sans raison ; c’est que le présent est la forme qui devient et qui pour devenir engendre les réalités ; il n’y a pas d’un côté le réel et de l’autre les réalités ; le réel s’engendre comme réalités, le rapport qu’est le réel se produit comme rapports (en nombre indéfini ou infini) et ce puisque ce qui existe ce ne sont pas les choses mais le mouvement ; et que si l’on suit ce que l’on a dit précédemment, c’est non pas les choses qui deviennent mais le mouvement qui devient lui-même au travers des choses, des êtres, des champs, des réalisations.

Si le réel est le « là », c’est contre quoi nous nous heurtons (le réel résiste, Kant) ; non seulement qu’il soit autre (et donc réclame que nous le connaissions, l’éprouvions, le percevions, sans le savoir a priori) mais également Autre en tant que tel ; il n’est pas ce que nous sommes. Il « n’est » pas ce que nous sommes, en quoi se pose le problème du pourquoi d’une telle division dans l’être qui était, autrefois supposé un, massif, compact, ou immanent comme objectivité (puisque la science reprend les idéaux de la métaphysique). Qu’est-ce que cet « être » qui, pour qu’un sujet puisse le poser ou le supposer, implique que le dit sujet soit la faille dans la massivité ? Et si il y a faille, alors c’est la faille qui existe, qui seule existe… On ne peut plus supposer l’être comme un, et il se révèle par là qu’on ne le pensait pas comme un mais qu’on m’imaginait tel ; tandis que dès lors qu’est connu et même reconnu la division (qu’il doit exister un sujet de fait autre que l’être) nous cessons d’imaginer et nous commençons de comprendre que la division est le seul réel et que c’est la division elle-même qui devient.

Autrement dit nous sommes un et le réel est un lui aussi, et l’un s’oppose à l’un, au sens de s’ajouter à lui-même, de là qu’il soit mouvement (et fondé de fait et de logique sur l’altérité ; il n’est de un que du mouvement sinon on est une chose, prise elle-même dans le temps et l’espace de séparation distinctive de tout d’un seul rapport total, tandis que chaque arc de conscience est à lui-même un rapport et donc complet en tant que formel et ouvert sur le donné là) ; ce qui donne le principe même de tout ce qui existe. On n’obtient ni la réalité en recherche du un, de l’être, du fixiste, du figé, mais le plus grand rapport, la plus grande articulation. C’est pour cela qu’il, le Un, se meut. Et c’est dans cette attraction que l’on analyse le réel. Et c’est pour cela que le Un on ne le voit pas et que littéralement il n’est pas, mais qu’il existe, et donc il ne s’impose pas mais convainc et se veut en tant qu’Autre ; et donc qu’il n’est jamais atteint. Et toutes ces caractéristiques, et d’autres, décrivent absolument, cad formellement, toutes les perspectives introduites par dieu, le christique, l’être et la pensée et l’universel, par le sujet et la révolution, et enfin rassemblées par l’altérité du Un.

Rien de tout cela n’est difficile, et tout se tient en une seule fois, sauf que ça n’est pas compréhensible, au sens où l’on ne peut pas le saisir objectivement, mais étant un rapport on doit ne être saisi (ce que la christique nommait la grâce).

Et c’est cette division plus que constitutive du réel comme tel, qui était soupçonnée par Nietzsche ou Heidegger (ou Kant et le nouménal, etc) ; en ceci que l’altérité est la structure telle quelle de qui existe ; ça n’est pas ce qui arrive à quelque réalité qui serait, mais c’est l’exister qui produit, la division (et l’indéfinie division en une multitude de réalités) qui rend possible et travaille et s’œuvre au fur et à mesure comme réalités et qui plie et déplie et replie chaque fois distinctement la feuille que le réel existe (sur quoi s’écrivent les réalités, les choses, les êtres).

L’exister est la feuille qui se plie et se replie (tout en demeurant parfaitement plane, puisqu’elle est formelle) ; est le présent et le présent est la structure unique (étant formel il n’en existe qu’un). La dite structure n’est pas de ce monde puisqu’elle ajoute de la surface à chaque engendrement de réalités ; aussi tout est-il instancié par l’altérité ; le réel, l’univers pour nous, est intégralement produit par la logique d’altérité et ce qui se crée n’est pas « du monde », n’est pas mondain, puisqu’il n’y aurait aucune raison de produire à nouveau frais un réel identique à cette mondanéité, et donc ce qui nait dans le monde et la réalité est, par nature, autre que le monde (sinon, semblable au monde, il retomberait dans le monde et disparaitrait avec lui) ; un infini (au moins) se crée dans l’infinité de la réalité.

Mais si cet infini second est autre par nature de l’infinité de la détermination, alors on se situe (on se localise et on se temporalise à la fois) dans ce second infini ; il est ainsi faux de dire que l’on n’a de cet infini aucun signe ; il est intégralement présent ici même et maintenant ; le présent est ce signe maximal, ce qui passe crée ; c’est juste que coincé par le regard sur le monde donné, on n’agit ni ne pense ni ne perçoit le bord, alors même que nous percevons précisément à partir et parce qu’il y a un bord. Nous n’avons pas d’être en dehors de la propension d’exister comme champ qui se projette donc et qui fait retour et donne un semblant d’être, un être que l’on imagine aux idées ou aux choses ; les choses ne « sont » pas, l’être massif et solide n’existe pas ; il y a du massif mais dans le pli de l’exister, du présent. La massivité de la réalité est toujours limitative de fait ; elle est détermination et ce qui est déterminations est structurellement défini (distinct et autre que les autres ; or ce qui existe est évidemment dressé en une seule fois absolue et formelle. La forme de l’exister est de fait cela même qui existe ; pourquoi voudrait-on que l’exister soit fonction de quoi que ce soit ?

Mais ce faisant cela revient à complexifier l’exister, lui qui n’était qu’à peine mentionné ((quelque part dans la Crp de Kant) et donc à le penser, à en élaborer la forme même, à en distinguer les dénivellements, les tours et retours internes à la structure de l’exister. En lesquels justement nous nous instancions de par le fait même du mouvement, parce que c’est le mouvement (du présent) qui permet que nous puissions nous jouer dans le temps, et qu’il y ait passé et mémorisation, futur et intentionnalité, présent et perception.   Ceci n’est pas un hasard, ni une nécessité. C’est précisément le caractère libre de la Possibilité. Comme nous sommes parvenus à découvrir le Bord du monde, du vécu et du corps (dieu, l’être, le sujet) c’est instantanément sur et dans la Possibilité pure et brute que nous nous situons dés lors ; on a effectivement et réellement signifié le réel tel quel ; dieu, l’être, le sujet nous parlent réellement de fait et tel quel ; rien n’a eu lieu « pour de faux » ; c’est bien pour cela que dieu, l’être ou le sujet se donnent dans une autre temporalité, une étrange donation. Un pli qui contient les autres plis.

Nous ne sommes pas seulement jetés dans un monde mais précipités du haut du réel.

Nous ne sommes d’abord jetés dans un monde tel que donné là, qu’il soit celui de l’universel, qui n’est « aucun monde spécial » mais le monde même, ou qu’il soit le monde vécu « de la vie », livré au hasard, au non sens, souffrance et mort mais aussi plaisir et réalisation. Et qu’aucune communauté de sens née du groupe et la parole ne peut relever, élever. Mais soudainement on nous origine de tout en haut ; parce que c’est de là que nous percevons.

La vérité est que ce qui s’opérait naturellement de produire l’apparaitre d’un monde donné par une communauté découvre par là son origine, sa cause que cela se nomme dieu, l’être ou le sujet et que, véritablement, il est impossible d’assigner cette origine à quelque partie du monde (entre autre parce que c’est à partir de cette origine que l’on nomme les parties du monde). De sorte que oui il est en soi logique de désigner comme dieu, l’être ou le sujet cette origine et au terme de les signifier en et par et en tant qu’altérité.

Le principe est très clair ; puisque l’on ne peut juger ni s’orienter dans le monde, sans être hors de ce monde, sans quoi il n’apparait pas de « monde », ou de vie individuelle, mais seulement un milieu ; l’assignation de cette possibilité est hors du monde. Donc le monde est hors de lui-même. Il y a un lieu qui n’est pas un lieu, et une temporalité qui n’est pas le temps de ce monde. Et on n’a pas pu ne pas entendre signifier, dessiner, creuser à même cette altérité. Ce qui fut fait.

Toute autre compréhension qui prétendrait relier cette altérité à telle ou telle partie de monde ou telle ou telle capacité, n’explique rien au niveau très précis à partir duquel tout le reste est possible ; on trouvera comment fonctionne une cervelle mais non pas on n’expliquera le rapport spécifique que rend possible cette cervelle et qui existe en et de par lui-même ; qu’il y ait un rapport tenu vis-à-vis du monde veut dire que rien ne peut se substituer à ce rapport, sinon il ne serait pas et il s’agit structurellement d’un rapport puisque seul un rapport est formel, vide, indéterminé, capable de faire défiler tous les rapports possibles.  

Sortir de tout monde particulier, qui croit aux contenus qu’il perçoit et parle, implique instantanément que soit désignée cette structure antérieure (qui préside à tous les contenus), d’une part et à recomposer l’ensemble de tous les contenus (qui seront désormais générés par la structure ; intentionnelle par dieu et le sujet, universelle par la pensée et l’être). Et évidemment cette désignation ira se complexifiant ; mais sans être en mesure d‘oublier son origine structurelle, de remplacer sa structure par une partie quelconque (ou plus exactement toute partie que l’on va substituer à la forme s’investira de manière indue des caractères spécifiques de la forme ; on nommera cette structure la Volonté ou l’Etre mais cela tirera ontologiquement le réel vers des réalités plus ou moins avouées ; quant à dieu ou l’être ou le sujet ils restent parfaitement abstraits et donc parfaitement exacts ; permettant une architecture intentionnelle des intentionnalisations rigoureuses, tenue dans les règles : la non identité de dieu, l’être ou le sujet relève de l’altérité comme loi générale de tout, rappelons qu’il s’agit de la distinctivité).

L’instantanéité de dieu, de l’être ou du sujet exprime donc manifestement cette interruption effarante qui nous génère à partir du haut.

Outre donc la croyance en dieu, l’être ou le sujet, la logique intentionnelle veut que l’on demeure incapable de se maitriser, cad d’organiser les intentionnalités adéquates, si on ignore l’assignation à une altérité de structure du réel. Autrement dit si on ne cède pas à la vérité ; que l’on ne sera pas en mesure de saisir la réalité (ou l’objet du désir ou le bonheur) de l’extérieur comme une « chose » ou une fixité ou un état, mais qu’on la saisira comme étant « le réel », ce qui revient à dire que l’on en sera saisi ; dieu, le christique et sujet, l’être ou l’universel sont plus grands que nous ; non pas qu’ils soient plus grands que notre arc de conscience mais bien que notre arc de conscience est plus grand que lui-même. C’est ce que cela veut dire.

Ainsi la dimension qui entoure tout apparaitre est intimement présente selon cette antériorité, l’instant qui précède le présent pour ainsi dire (étant entendu qu’il s’agit en fait de ce présent lui-même) antériorité qui, pour nous, s’instancie comme faisceau de conscience, tel que ce faisceau est précisément l’en-avant qui architecture, par le devant donc, cette surface-autre du corps telle que pour un être de structure de conscience son corps vivant est re-Créé. Dans et par ce faisceau lui-même, en et par ce rapport (dans le rapport gigantesque qu’est le présent). On est vu, d’en-avant.

Le micmac est impressionnant ; à la fois on ne sait pas ce qui de nous est vu, et en même temps on est dans l’obligation de faire ce qui doit être fait afin de percevoir ce voir. L’enjeu est inextricable ; à la fois on ne peut rien faire et il faut tout agencer, décider, intentionnaliser, percevoir afin de modifier non pas ce qui est vu mais le regard lui-même ; remonter des perceptions jusqu’au regard, qui n’apparaitra jamais. Pour cela on est dans la nécessité de se relier, de se relayer ; peut-être sera-t-on vu et on verra que l’on se voit dans le regard de tel autre (que ce soit le tomber-amoureux du moi ou les grands autres qui se listent au long de l’historicité) et chaque vision portera d’innombrables effets, dans le monde, dans le vécu, sur le corps. Ce qui eut lieu déjà par le christique ou la révolution (entre cent autres ruptures du monde, petites ou grandes ruptures de monde, de vécu ou selon le corps, il apparait que le corps, rompu, est bien plus imposant que tout le reste, c’est par là que cela s’initie).   

Notre perception tout entière est tirée par le présent dans lequel est lancé le faisceau intentionnel de conscience, lequel est formellement une attraction. Qui ne se représentant pas, ne se matérialisant pas, ne s’imaginant pas, produit un appel ; celui-là même qui frémit sur la peau, la surface, la surface qui n’est pas. Inutile, au fond, de chercher, dans ce monde, ce vécu, ce corps, ce qui satisfera l’arc planté dans la surface du réel via la surface du corps-créé. Il n’y aura donc pas de substantialité ou de double ou d’autre-monde, et ontologique n’a jamais désigné rien d’autre que le mouvement.

Une fois que l’on est saisi du mouvement on ne possède rien, on sait seulement que ça passe autrement. Cet autrement c’est précisément (et très précisément, cad mot à mot, signe à signe, décision après décision) c’est précisément ce que chacun des autres sont parvenus à décrire, délimiter, dessiner, se soumettant à la perception exacte qui tient de et par la supposition du bord du monde (quelle que soit sa dénomination, nouménal, Volonté ou poésie, qui requiert que l’on en passe par là, par chacun et sa découverte du bord).

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Centre névralgique du réel

1 Juin 2019, 12:42pm

Publié par pascal doyelle

Pour ce qui nous concerne la structure est « cela qui crée notre moi », tout moi dépend d’un sujet mais le dit sujet n’est nullement substantiel ; si le sujet était substantiel il ne parviendrait pas à se mouvoir, il se trainerait, il serait, une chose déterminée, et le moi pareillement. Ce qu’il faut comprendre c’est que par-dessus la détermination il existe un champ du réel, tel que donné « là », vers lequel tendent toutes les réalités ; atomes, adn, champ de perception du vivant, champ culturel humain aboutissent et ne sont constitués que par et dans ce champ du réel ; et dans le milieu qui relève des vivants (ils se déplacent dans ce milieu, le vivant c’est « ce qui se meut », même les plantes, qui ne sont pas des pierres), un vivant, au oins, perçoit un « monde » et non plus un milieu ; l’horizon du monde est une idée, cad une intentionnalité (le rapport conscience-horizon réel) et ne se perçoit pas et donc par l’intentionnalité devient ce en quoi on perçoit, tel ou tel objet ; si l’horizon est signifié lui-même il devient un objet sous un autre horizon ; il n’entre pas dans l’intentionnalité mais est ce à partir de quoi les objets sont signifiés ; et l’horizon en propre de chacun c’est ce-corps, de quoi il se crée, sur ce corps, une autre-surface, qui sup-porte (les deux) les signes.

Et déchire le corps vivant qui insupporte presque ce que Lacan nommait le langage, mais en vérité il n’existe un langage que par ce mini-mécanisme de conscience qui sort de la cervelle (la cervelle crée l’arc de conscience afin qu’il soit un arc ouvert et non un cercle fermé, arcbouté à la position « un réel, autre, il y a » : on ne voit pas l’intérêt d’un cercle de conscience fermé, qui serait incapable de répondre à l’inattendu du réel ; par l’arc ouvert on cumule à la fois une mémorisation et une liberté).

Il est bien clair, si l’on peut dire, que pour demeurer viable et supportable, l’ensemble de cette structure doit, subissant diverses contraintes, se réguler selon des mensonges ; qui lui évitent de sans cesse se remettre en question (puisqu’il faut quand même survivre d’abord et puis vivre ensuite). Mais en même temps puisque tout le champ intentionnel tient de par son arc, il ne peut pas ne pas réfléchir ; il est de toute façon instancié en miroir ; dans l’horizon défilent des images, des idées, des objets, des choses, etc. Dans les mondes particuliers (qui tendent à se referme et à fonctionner comme Parole échangé dans un groupe qui, perçoit ce qu’il parle et échange), la structure se prend pour ses contenus ; depuis dieu, les grecs, le christ et le sujet et ensuite toute l’altérité (qui est dé-couverte à partir du sujet, dit cartésien qui non pas l’invente mais le révèle) il est impossible que l’on sache ce qu’Il veut ou ce que « cela » veut : dieu, la vérité, le sujet, le réel nous demandent de formuler le réel, ou notre véritable Intention (difficulté des difficultés, la tâche la plus impossible qui soit). De cela tout le réel est mis en branle, de a à z, puisque la forme de toutes les réalités (le présent ou l’actualité) et de toutes les réalisations humaines (l’arc de conscience, l’intentionnel nu) est engagée. Entamée.  

 

C’est uniquement une simple forme nue et sans rien, ce qui veut dire une tension (qui sort de la cervelle vers le donné là et re-vient sur le corps, en formulant une surface-autre du corps, etc), et qui crée donc, cette structure dite intentionnelle (que la philosophie a eu du mal quand même à isoler, elle s’en prenait d’abord aux contenus de cette intentionnalités, les idées, systèmes, et au travers des plus extrêmes idées apparaissait le réel, comme retournement inattendu afin de créer un champ stratégique seul permettant d’organiser, d’engendrer les idées-intentionnalités de perception), qui crée un champ de perception en-plus ; en plus de l’atome et de l’adn, dans un vivant qui perçoit et doté d’une relative mais très réelle indépendance vis-à-vis de son milieu, et qui en modifiant le champ de perception du vivant coincé dans son milieu, introduit une interface nouvelle, remplaçant le milieu en lequel on vit, par le monde en lequel on existe, posé là sur le donné du « là » universel, un horizon, un Bord du monde.

Ce faisant s’ouvre une dimension ; pourquoi existe-t-il un tel être capable de n’être pas ce qu’il est et d’être ce qu’il n’est pas ? (Sartre). On a vu que cela ne tenait nullement à sa « réalité » mais à son mouvement ; il n’y a qu’un mouvement, soit donc un rapport, ou enfin une tension qui puisse à la fois être et n’être pas. Or cela signifie, pour nous ici en tous cas, qu’il existe une Dimension en laquelle les choses sont, les contenus de conscience, les perceptions dans le champ, etc. cette dimension est très étrange surtout si l’on songe ou admet qu’elle est pile poil instanciée dans le présent… qui est lui-même un mouvement. Or on a vu, aussi, que si le présent est le mouvement alors tout est « dans » le mouvement (et il n’est rien qui « soit » ou en tant que l’être est second par rapport à l’exister, au présent, le présent se dresse ici même, ici et maintenant comme la dimension qui avance).

Remarquons que pour le dieu monothéiste (juif, christique ou musulman) certes dieu existe en lui-même mais c’est à concurrence de notre courage qu’il nous demande de poursuivre la création. (Et on ignore si dans d’autres religions se problématise la même possibilité ; l’idée encore plus générale est d’ajouter au monde).

D’une manière générale, tout est incompréhensible si l’on présuppose a priori que le Un ou l’Etre ou Dieu ou le Même est, quelque part, et qu’il devient impossible de justifier que si le Un est alors pourquoi a-t-il ou fut-il produit une « réalité » (aussi dispersée et étrange, voire ultra gaspilleuse sinon absurde) ? La réponse est que le Un, le même, dieu sont en-avant et que la réalité c’est justement ce qui produit le Un terminal du bout de tous les mondes.

Et donc c’est pour cela (pour que le Un advienne) qu’il existe un ou en tant que présent ; rappelons que ce « présent » est pour nous seulement une des versions possibles, celle qui nous est donnée, de « ce qui se passe réellement », à supposer donc que le Réel comme Dimension est beaucoup plus grand ou selon différentes versions de son Un central ; de même qu’avant l’hypothèse de dieu on n’en savait rien, ou rien avant que le Sujet soit formulé, la formulation du sujet nous a fait comprendre que « sujet » existait. On veut dire que l’imagination ontologique, si l’on peut dire, est très difficile.

autrefois elle créait des mondes humains qui représentaient et percevaient le monde selon leurs échanges,
puis ensuite selon l’acculturation lorsque la structure passe au-devant (dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution)
et au lieu se composer une pyramide qui rassemble jusqu’à tel sommet, s’inverse la pyramide et en équilibre sur la pointe il se produit des réalisations humaines ouvertes dans tous les sens et sur toute la réalité, tandis que chacun des mondes localisait son propre domaine et synthétisait pour le groupe et non pas selon la réalité.  

Mais pour accéder à la réalité (au lieu des représentations de la réalité que constituaient les mondes), il faut en passer par le réel, par la position « qu’un réel il y a ». Que cela s’opère par le monde ou par l’être ou par dieu ou par le christique et le sujet. Ces accès sont vécus comme des extases ou des structures, hyper objectives en ceci qu’ayant repéré et signalisé le point de réel, c’est à partir de lui que le reste, l’historicité, deviendra, subjectivités et objectivités, champs nouveaux de perceptions, esthétiques, ou de récits, formulant le devenir intentionnel individuel, subjectifs et objectifs qui sont aussi tenaces l’une que l’autre puisque l’on tient au réel dorénavant et que le réel indique immédiatement les réalités d’une part (du monde) et les réalisations d’autre part (du monde humain individuel et collectif)  ; que l’on songe à dieu ou à la pensée ou à l’événement « révolution ».

Ils instaurent un nouveau monde, à partir d’une intuition, finalement, structurelle ; ils s’installent à même le sol du monde mais du monde tel que donné « là », et non seulement dans le monde donné là ; selon l’accès au réel et non pas selon l’ouverture au donné des réalités. Les grandes configurations sont de l’ordre du réel ; dieu, la pensée, le sujet, l’altérité ; suréminentes par rapport aux champs de perception qu’ils ouvrent. Et la vérité est que les réalités ne sont accessibles, en tant que réalités, que via la formulation du réel, comme forme, formel, vide mais structurel ; si n’était supposée qu’une réalité, elle serait une, et relèverait du groupe ou d’une représentation de monde, mais les choses elles-mêmes, les apparaitres dans leur différenciation ne sont présentables à la pensée , l’esprit, la perception que si elles sont admises comme multiplicités que l’on peut sérialiser ; diversités que l’on peut universaliser.

Et ce lorsque nous sommes sortis des mondes particuliers, chacun représentant sa propre perception-parole-échanges, etc, et en usant d’une position ontologique (que l’on peut nommer ontologique depuis que la philosophie, qui est la discipline qui analyse cette transition, ce passage des mondes particuliers au monde donné « là » a pu nommer ce « là » du monde en tant « être »).

Pourquoi une position ontologique ? Parce qu’il faut que le réel (qui ouvre sur les réalités) puisse être signifié, ce qui veut dire que dans l’intentionnalisation qui se produit constamment à propos de tout, on puisse passer de la pesanteur du groupe, qui colle à un monde local, vers l’ancrage du réel en général (pour sortir de tout particularisme), ou au niveau individuel pour que l’on puisse au lieu d’arrimer notre intentionnalité au corps (et à la satisfaction) ou au monde (et à ses intérêts limités) que l’on puisse détenir une accroche tout à fait Autre et par laquelle l’intentionnalité puisse se maintenir comme telle plutôt que de ployer vers le bas, vers le vécu, vers la mort, sans âme ; bref que l’on soit plus existant que vivant. Et rompant avec le donné là,  il faut créer une attraction par le haut afin de ne pas perdre la capacité de tisser une stratégie suffisamment ample qui puisse admettre non seulement le monde donné objectivement, mais aussi l’organisation humaine dans son effort pour se percevoir et se rendre possible d’un partage intentionnel, absolument requis.

Aucun monde particulier n’est plus possible sitôt que l’on a vu le réel ; on ne peut plus rassembler la perception (et les besoins, désirs, bref les intentionnalisations) dans et par et pour un groupe ; il faut donc gérer la multitude de sujets, de consciences, de structures valant une par une ; il faut que se duplique la capacité intentionnelle et ce d’autant plus que c’est uniquement de cette manière que chacun s’acquiert lui-même, obtient un vécu et un corps (au lieu de s’effondrer dans le monde donné, l’immédiateté, la perception décousue, ou le regret psychotique du monde ancien du groupe ou la séparation radicale et dépressive, etc).

Autrement dit le réel a un sens et c’est a minima celui d’ordonner un réseau intentionnel qui se tienne et ne s’effondre pas sous la pression des intérêts du monde, des perceptions, des immédiatetés et soit capable d’organiser une Vision.

Si l’on sort de là, nous sommes morts. Parce que le processus d’intentionnalité va se remplir de quantité de déchets, de petitesses, de réalités pauvres, et se noyer sous sa propre production ; la structure réclame d’être identifiée comme telle et de se maintenir comme étant « le réel ». Ça ne signifie pas que les petitesses soient anéanties mais bien qu’il y ait suffisamment de stratégies pour élever sans cesse le niveau et que l’on puisse surdéterminer la détermination, au lieu de quoi la richesse de déterminations diverses et bigarrées rendra impossible toute vision. Au lieu de quoi ls intentionnalités (qui sont infinies mais en nombre limitée de par ce corps, son énergie n’est pas infinie et l’attention ne peut pas se vouloir infiniment dans la réalité, contrairement à ce que crût Nietzsche, c’était cela sa fondation, l’auto affirmation d’une volonté (autre) in-finie, dont il se garantissait l’infinité en en passant par l’altérité de la dite Volonté) les intentionnalités donc seront remplies de raccourcissements d’existence.

Ce qui parait indéfiniment vivant et chamarré, l’intentionnalité vivante, celle du monde immédiat, n’est évidemment acceptable que sous la condition d’une configuration de structure ; et c’est pure illusion que de croire se passer de stratégie, ce qui veut dire d’ontologie ; l’intentionnalité est structurelle, existante et non pas vivante. Or c’est le pessimisme intégral de Lacan qui nous expose de but en blanc l’impossibilité du structurel en arguant de ceci que le vivant commande le conscient et que jamais, absolument jamais nous ne serons en mesure de passer outre ; toujours la jouissance s’emploiera à nous tromper ; et quand bien même la jouissance étant structurellement entremêlée par l’intentionnel et la structure et non pas seulement du corps vivant, cette jouissance n’est pas « agréable » ; elle est l’attachement biophysique-chimique quasiment et si le langage, pour Lacan fait irruption et vient interrompre la jouissance, celle-ci revient puisque n’ayant jamais quitté l’éprouvé. Le corps-jouissance est totalement dévasté par l’interruption du langage (entendons par l’arc de conscience qui lui impose un autre-corps), mais n’en peut mais.

Il faut donc admettre que la jouissance vous cueillera finalement à chaque coin de rue, à chaque bout de phrase, tout geste lui est soumis. Mais ça n’est pas une raison pour se laisser faire… c’est là le hic. Parce que la jouissance tombera toujours dans le monde, cad la mort.

Et que « La théologie est sérieuse, l'enfer est certainement en bas – et le ciel en haut. » (Rimbaud, Saison)

C’est précisément parce que ça n’est pas, que ça existe. Et c’est pour cela, cela même, qu’il existe un présent, que l’exister est le présent et que le présent est cela seul qui existe (le reste est, et tombe comme monde ou comme vécu ou comme corps). Si Lacan peut se permettre d’analyser son existence et ce corps vivant donné là, c’est qu’il se tient (comme tout un chacun) sur le Bord sans limites, sans déterminations, sans réalité.

Autrement dit ne plus y croire c’est ne plus mener l’intentionnalisation adéquate et si il y a une intentionnalisation peut-être n’est-ce que pour mouvoir les choses, et rien de plus (une sorte de performance animale du vivant un peu plus précise et active) mais quand même peut-être est-ce afin de porter la dimension qui, dans l’acte (de conscience) et l’actualité (du présent) ouvre tout grand la potentialité même de ce qui est ; à savoir qu’il existe un  présent afin que quelque Réel existe. Personne ne peut répondre de manière certaine (ce qui interroge alors sur le caractère incertain de la réalité ou du réel… pourquoi le réel est-il « encours » ? pour seulement qu’un univers quasi infini (on ne sait trop) se disperse à toute fin dans le néant ? Une sorte de feu d’artifice très joli, mais sans plus. L’étendue même de cet univers, ce gaspillage invraisemblable (dont la raison est sa nature statistique) ; jetez des milliards de milliards de billes et observez ce qui en découle et pourquoi en découle-il impérativement ? Si le réel est mis sous tension, c’est à quelle fin et autrement dit, puisque la finalité de la tension est peut-être la tension elle-même … qu’est-ce que cette tension, cet arc même.

Il serait étrange, à vrai dire, que la dynamique de la réalité soit autre que cet arc lui-même, que la finalité de l’arc de tension ne soit pas précisément le but, le moyen et la fin. Le moyen et la fin puisque c’est la finalité qui se travaille. Il y a un devenir afin que « cela » (on ne sait pas quoi) advienne. Mais si il doit advenir selon la voie, apparemment, de la possibilité, de la liberté et du présent, cela veut dire qu’il doit « se » décider ; il dépend en tant que décision, sinon à quoi servirait une possibilité ? Possibilité en ce cas (qui n’est pas la Possibilité qui inaugure tout ; le néant et l’être, puis dans l’être, l’être comme déterminé et la forme, comme présent, comme exister), mais possibilité donc, pour nous, signifie « qui se réfère à soi », auquel cas l’auto référence, si l’on se demande à quoi elle peut correspondre, son implicite, c’est précisément d’être la plus grande possibilité. Ce qui possède la capacité de se percevoir offre la plus grande surface d’exploration, ou donc de création. Avoir conscience-de est cette surface, au moins telle qu’elle nous est donnée ; il y en a probablement d’autres, surfaces ou équivalents, ou peut-être pas, n’en ayant pas l’expérience on l’ignore, ce qui veut dire que l’on éprouve effectivement une expérience réelle et structurelle de cela même qui Ex-siste ; on l’éprouve si bien que c’est cela même que l’on existe ; liberté, vérité, perception, intention, humanisations particuliers ou universelles, personnalisations ou groupes humains, tout cela vaut par et pour cet ex-sister.

Si il suffisait d’être vivant (et animal) ou heureux (et humain) ça se saurait. Animal oui, heureux oui, mais afin d’une autre possibilité. Sinon nous serions encore un groupe (et donc non pas libre, c’est le groupe qui serait « libre » mais on voit bien qu’alors ça n’a pas le sens qu’il faut), validant une représentation et qui n’aurait à se poser aucune question sur « la vérité », qui n’existe précisément que parce qu’on ne la possède pas et que l’on n’est plus organisé selon un groupe-monde-langage-parole-perception localisée. Mais alors sur quoi ?

C’est ce paysage, seul réel, qui est décrit philosophiquement ; le monde régulé par les idées, la réalité épinglée par le sujet cartésien (qui vient d’une verticalité exceptionnelle), le réel existant pour une structure arcboutée sartriennement et lacaniennement sur cette hyper surface. C’est entrer dans la description que quelques-uns surent mener en se tenant tout au bout de la réalité, sur la pointe du réel. Et la philosophie déploie cette opération depuis le début puisqu’elle est la discipline qui se charge de penser le décalage, lorsqu’au sortir de tout monde la structure de conscience, nue, sans rien, entre en contact avec la réalité et dé-couvre le réel (l’être, dieu, le sujet (le christique), l’altérité). Ce qui permet de démultiplier la réalité en réalités, le monde en vérité, la perception en champs de perception ; collectifs et individualisés, que cela se nomme éthiques ou morales ou politiques ou esthétiques ou idéels et connaissances objectives ; c’est la structure-sujet qui rend possible et donc elle doit être dite hyper-objective (ou structurelle) ; croit-on que les sciences tiennent toutes seules ? Ou que les corps subissent seulement des « informations » sans être en et par eux-mêmes les centres névralgiques du réel ?  

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Le sérieux du réel

25 Mai 2019, 14:44pm

Publié par pascal doyelle

D’une manière générale on ne prend pas au sérieux la philosophie de même que depuis le 18éme, la religion, et on mésestime toutes les expérimentations et les explorations qui eurent lieu, comme si Bouddha ou jésus, Platon ou Hegel étaient de pauvres idiots et nous-autres tellement intelligents et lucides. On ne peut pas réfléchir sur ce qui eu et a lieu, si on part du principe que tout est erroné.

On a pris donc l’hypothèse inverse à savoir ; tout est vrai. Reste à analyser les perspectives ouvertes par ces vérités, parce que ce ne sont pas des « idées » mais des perceptions et les devenirs s’y révèlent nus et immédiatement, immédiatement à condition de s’y situer à niveau et donc de repérer la carte sur laquelle les devenirs s’expérimentent ; que ces expérimentations ne coïncident pas avec le donné naturaliste, humaniste ou réaliste habituels, c’est justement ce qui permet de ne pas succomber au milieu ambiant et à l’idéologie générale si communément partagée ; en somme si l’on n’est pas révolté  « contre vieilles lunes » on n’est pas libre ou rationnel ou lucide, ce qui, ce refus de la grande tradition dite d’occidentalisation, paradoxalement permet de laisser libre court aux émois subjectifs et comme le gout individuel est bien peu de chose, de se laisser aller aux pouvoirs et aux idéologies voire idéomanies, modes par ex, l’esprit du temps momentané, du moment donc et des intérêts … or en admettant la véracité de toutes les positions on est obligé d’en passer à l’objectivité décidée et décisive, l’hyper-objectivité qui mit en branle toute l’historicité et de récupérer l’ensemble des positions de structure ; il faudra tout justifier au sens de « tout expliciter ».

C’est typiquement ce qu’a commencé de composer Hegel ; trouver le point commun entre toutes les « notions » (c’est une typologie plus étendue que de seules « idées ») ; et on dit ici que le point commun est une jointure, puisqu’il n’est pas seulement question d’idées ou de systèmes mais de toute intentionnalité plus ou moins cohérente qui adhère aux réalités ou au réel (aux contenus ou vécus et d’autre part aux feuilletages de l’être, de dieu, du un, du christique, du sujet ou de l’altérité, quelle que soit sa forme). Ça ne peut pas être un contenu qui résumerait ou permettrait d’atteindre tous les contenus ; il est impensable et il est impensable parce qu’il n’existe pas ; ce qui existe c’est l’articulation entre tous les contenus ; qui réclame dira-t-on un autre contenu encore … ce serait tourner en rond, mais on a dit et on a vu que la philosophie (ou la religion) n’est pas une question de « contenu » mais de position, non d’un concept ou d’une idée (qui sont des relais) mais de signifiants qui disposent votre corps sur la surface non du monde (étendue) mais de l’exister ; l’être, des grecs, prend position sur le réel ; dieu, ou le christique ou le sujet ou l’altérité sont des variations de structure sur … la structure ; et donc sont adéquatement coordonnés au réel.

Le super-contenu n’est pas impossible parce que « hors de portée » c’est impossible parce que ça n’existe pas (c’est ce que montre Kant, il remplace la métaphysique par le transcendant, bien réel, d’un sujet) et que ce qui existe (qui est plus grand que l’être et que l’idée) c’est une structure soit donc un rapport et le rapport structurel c’est le présent. Donc tout s’affecte fondamentalement, à la source, de ce présent et c’est la structure de présent dont il faut tirer la leçon. Soit donc « ce qui est situé sur la surface même » qu’est le réel ; dont les devenirs de structure marquent, balisent le parcours, le chemin, la vérité et la vie (celle existante).

Il s’agit donc d’établir la diagonale qui réunit toutes les positions et cela ne peut pas se tirer comme une tangente notionnelle ou conceptuelle, puisque ces positions ne sont pas des « idées » mais des intentions, des intentionnalités ; croire que l’on échappe à la catégorisation rationnelle parce que l’on emploie le réel qu’est le Sujet, est absurde ; la cohérence des concepts, de la métaphysique ou hégélienne est remplacée par la cohérence des sujets intentionnels, qui naviguent et parcourent la surface du réel, cad du possible ; il existe un, des quantités de sujets et il n’y a aucune raison qu’on ne puisse pas les saisir dans leur mouvement ; c’est ce que l’on fait depuis au moins Descartes … Ou plus exactement les systèmes , grecs, étaient déjà des sujets mais avec Descartes il se dit « je » et ce « je » est plus objectif que toutes les représentations qu’il pourra former ; il en est l’origine et donc il est plus grand qu’elles toutes.  

C’est également ce qui fut mené très sérieusement par Sartre et Lacan,  qui incarnent littéralement ce qui pour Husserl semblait encore abstrait et relevant de la Vérité ; cad d’une énonciation supposément idéaliste rationnelle. Il suffisait de basculer dans le réel, le je actuellement assuré (dans un Etat  structurel, ayant imposé la liberté et l’égalité et ayant au moins à sa disposition toutes ou suffisamment d’objectivités, de sciences, d’idéologies réelles, et toutes ces altérisations que sont la psychanalyse, le marxisme, structuralisme, qui basculent incessamment notre regard d’un autre côté, de même que l’image, mentale de soi est renversée par le déploiement des médias, du roman ou du surréalisme, ou des ésotérismes, des esthétiques et poétiques, etc).

Comme Sartre et Lacan prennent le simple jeté-là de l’arc de conscience ils affrontent toutes les situations et le corps même comme portant, supportant cet arc. Il n’y a d’arc que d’un corps et il faut être entouré, assuré de liberté et d’égalité, pour accéder à ce corps-même tel que « là » ; sinon on l’engage dans les fourberies shakespeariennes de la liberté seule, ou dans ces sociétés humaines souvent moralisatrice (il faut bien « tenir » les libertés livrées à elles seules)  ou du sensualisme et de l’abstraction objective sur les sensations et les perceptions et le cognitivisme et autres curiosités mais non conclusives (qui examinent la subjectivité au sens objectif pour ainsi dire), ou les étroitesses de l’égalité introuvable, tentant d’animer la notion vide de l’homme générique, du besoin, ou de la « vérité » sans sujet ; les deux aplaties et non pas actives.

Et donc « intentionnalité » prend soudainement un autre sens. Ça n’est plus le sens alloué par Husserl ; il y a un retournement qui n’indique plus la pensée (ou ce qui restait de la pensée telle que comprise par Husserl), mais le corps. Et ce pour la raison fort simple mais extrêmement difficile qu’une « conscience » ne s’utilise pas préférentiellement pour penser mais pour percevoir et que dès lors se pose la question : à quoi cela sert-il ? De percevoir, et de percevoir sur-activement (ça n’est ni une perception selon le vivant, ni selon la mise en forme culturelle d’un groupe plus ou moins clos, c’est une perception dite historiquement selon l’acculturation, qui instancie chacun comme centre d’une expérimentation des réalités, des mondes, des choses mais aussi des autres et du réel même, de sa structure, dont chaque je est au fait) et donc de non pas seulement juger mais orienter, moduler cette autre surface qui vient se couler sur le corps donné là, celui d’un vivant, et qui le porte tellement plus loin que ce corps est désarticulé dans l’articulation qu’un champ de conscience lui impose ; de l’externe selon le réel « là ».

Et cette extériorité n’est pas celle du monde, mais l’exposition maximale ; nous donnons sur le présent, sur ce qui, activiste, tisse la trame des réalités et qui n’est pas lui-même une réalité. Il nous est offert d’éprouver au moins une version du réel pur et brut, soit donc l’articulation présent/arc de conscience dans ce présent ; et cela seul peut nous permettre de remonter jusqu’à ce que hypothétiquement on peut nommer « sujet » et dont l’arc présent/conscience est probablement un des effets, en tout cas celui là seul que l’on constate. Rappelons qu’antérieurement à dieu on n’imaginait pas cette structure, de même antérieurement à la pensée, l’être et l’universel, pareillement avant le christique ou le sujet, de telles structures étaient non imaginables. L’invention ontologique est fondamentale ; c’est le réel qui se crée, se délimite à nouveau frais, dessine son visage, élabore la structure du miroir du bout du monde, et les réalités suivent.

Ce qu’il faut retenir c’est la relativité, si l’on peut dire, de la structure ontologique qui non pas relativise les positions, mais au contraire les affirme comme totalement valides, légitimes, réelles et actives ; relativisme au sens où les parcours, les trajets manifestent le possible structurel, comprenons que le centre, le réel-même, n’est pas défini et que les flèches qui en partent créent le Bord lui-même du centre.

Si il l’était ce ne serait qu’une partie du monde ou encore un double-monde ou bien un sur-monde concentrant la réalité (tout ce dont on ne sait pas quoi faire en somme). Son indéfinition est son mouvement et de même que l’on ne peut pas philosopher sans penser ou croire au christique sans entrer dans la conversion, la dimension de l’articulation ne s’ouvre pas sans s’y « décider » de cette manière encore étrange et inconnue (dont la grâce christique est signe, ça vient il faut la prendre avec-soi). Mais l’altérité, par ex l’auto-affirmation nietzschéenne qui bouleverse tant d’adolescents et les autres, ou l’existence de Sartre, sont aussi des points de vue, ou plutôt des points obtenus par les avancées de l’articulation présent-conscience. Ce que l’on doit dire c’est que cette articulation use des signes (et donc du monde, en l’occurrence nous) afin de déplier ses possibilités ; et si l’on s’étonne de la pluralité (qui n’est pas une multiplicité, réservée à la détermination) pluralité des versions ou des positions de sujet, c’est que l’on a affaire à la structure réelle du réel, cad à la Possibilité même (qui est cela qui devient, strictement parlant), laquelle possibilité consiste justement à s’inventer.

Si l’on se demande quel exemple pour manifester cette invention on pourra prendre dieu, le un tout autre, le christique et son corps, l’être et l’universel, le sujet et le monde, la structure (Sartre, Lacan) et l’exister ; puisque la structure (du réel) est au centre, et que c’est le devenir de cette structure qui est en cause (qui est la Cause et l’Effet) et qu’elle est indescriptible et ne peut pas être signifiée (puisque c’est elle qui signifie), alors tous les devenirs sont des possibilités. La structure cherche à connaitre, éprouver, réaliser, expérimenter, poursuivre aussi loin qu’il se peut sa potentialité ; exemple déjà exposé, la liberté est un ajout absolu et formel, mais la liberté et l’égalité est une plus grande périodicité encore, un plus grand possible en ceci que l’égalité pousse la liberté à s’étendre et à introduire une seconde logique dans sa destination ; une contrainte qui ne nie pas la liberté (même si a priori c’est le cas), et qui a posteriori démultipliant les libertés ajoute à nouveau et en plus.

De même si l’on prend la moralité ; celle que voulut instituer le christique et donc maintes fois il fut moqué ; pareillement pour Platon ; sans cette moralité ou les Idées ce qui doit apparaitre, peut apparaitre n’apparait pas… C’est seulement une fois acquises les idées ou la moralité que l’on pourra les critiquer et donc ajouter aux Idées des idées et à la moralité des moralités différentes. Or pourtant il sera impossible de contredire telle ou telle position ; il ne sera possible que d’y ajouter une autre, en plus. Sitôt les mondes particuliers abandonnés (qui coagulaient forme et contenu, le monde est le langage est la parole), et dès que la forme apparait dans le donné (non comme contenu mais comme signifiant) alors il faut embrayer sur et par la forme seule ; or adopter la forme (et on peut dire que l’on est appelé par la forme, comme la grâce du dieu via le christ ou comme la pensée par l’universel) c’est accélérer (ou augmenter par les grecs, la pensée est du langage accéléré).

Etant accéléré le rythme de conscience non seulement ouvre quantité de possibilités mais puise dans l’expérience (et non plus la transmission) ; penser selon l’être ou expérimenter selon la science (au 15éme siècle) c’est la même activité ; puiser à même le réel tel qu’actuel ou actualisé. C’est parce que l’on est sorti des mondes (clos qui s’autovalidaient pour ainsi dire dans le groupe humain et sa perception de monde) que l’on accède au réel tel que donné « là » (l’être des grecs ou l’existence au 20éme ou le monde-étendue de Descartes ou le champ phénoménal de Kant etc). Et ceci à partir du sujet qui se nomme et se signifie et doit dresser le réel de son intervention ; pourquoi existe-t-il un être tel qu’il perçoit au sens apparemment indéfini et exige dans l’actualité de résoudre la réalité (dieu ou la pensée ou le sujet) ? La plus grande difficulté incompréhensible sous le registre de l’objet est précisément qu’un sujet ça ne rentre pas dans l’objet. Et l’inquiétude quant au « sujet », à « cela qu’il veut vraiment », est l’appel incompréhensible du christ ou le surcroit nietzschéen ou le corps lacanien.

On a vu que, dans le réel, la philosophie n’a jamais parié sur la platitude de l’objet ; même les grecs, l’être, le bien, le moteur, le un ça s’enroule, ça n’ « est » pas. C’est seulement vu de l’extérieur (d’un point non philosophique du monde) qu’on prend l’être pour l’être-mou-solidifié-chosiste.   Ce sur quoi enquête la philosophie on l’a dit, c’est l’articulation ; usant tant et plus de « mots » pour délimiter des signifiants, qui ne s’adressent qu’à l’instance qui les reçoit ; à savoir les sujets, les arcs de conscience. Et si l’objet et son registre paraissent objectifs (ce qui est vrai, mais non constant, ni continuel, les concepts de science ne cessent de se modifier) ils n’existent que dans l’articulation et ce que la pensée, celle réelle, celle qui a effectivement eu lieu, dessine c’est de montrer (à tout arc) le mouvement d’articulation, parce que le concept (vivant, entendons existant) de la liberté (par ex) est le plus grand ; lui seul permet d’énoncer les intentionnalisations. C’est le signe qui est suivi et c’est lui que l’on poursuit et si on étend ainsi la liberté c’est qu’elle autorise d’entreprendre, d’entamer la réalité, les réalités (comme l’on dit depuis Kant) et d’organiser le sujet ; depuis que l’on a supposé sur le devant de la scène non plus le monde (relevant d’une auto révélation du groupe) mais la structure (qui pose en l’externe toutes les représentations et toutes les activités et les contenus) tout contenu, mot, idée, activité sont des signes de.

Nous n’avons pas créé une société dite de production-consommation afin de consommer et de produire mais bien parce que par là un autre-signifiant se manifeste. Et évidemment il est bien plus ample et fondamental que l‘ensemble des petites actions, décisions, images et imaginations qui peuplent le monde empli de l’humanisation et de la personnalisation. Il traduit (et c’est pour cela qu’il désire constamment « se voir » lui-même) une totale extériorisation dont l’effet est de nous laisser vides et sans rien, soit donc un immense détachement dont nous préserve uniquement, exclusivement le nécessitarisme entretenu et le recyclage assourdissant des mêmes images, des mêmes désirs sous l’apparente diversité et le faux renouvellement ; si nos désirs n’étaient pas renouvelés artificiellement (renouvellement qui épuise nos fantasmes, cad l’irréalité qui couvre la réalité et nous jette bien que nous le sachions pas dans l’altérité surfacielle du réel seul) nous basculerions dans la forme (du réel). Ce qui arrive effectivement à quantité de sujets, dépressions ou extases ou exposition à l’altérité (la cruauté) du réel brut.

Il est clair que la multiplicité des images et désirs c’est cela même qui anéantit l’intention, la conviction, la décision. Aucune suite n’est donnée à rien.   Ce qui est démantibulé c’est la construction même de l’attention ; l’attention, l’acte de conscience de, étant ce qui inaugure tout (et qui réclame une architecture de l’attention elle-même avant même les stratégies de l’intention ou de l’intentionnalité) rien n’est possible sans le champ intentionnel qui permet de cartographier les réalités selon les signes et autour des signes (les signes, le langage une fois énoncé permettent de percevoir « autour » de l’énonciation, il est bien évident que l’on ne se limite pas à ce qui consciemment est énoncé, on perçoit en plus et en plus parce que l’on signifie telle chose, tel data, telle situation, le langage permet de rebondir).

Si le christique expose clairement l’intention (le regard), la conviction (la foi), la décision (le pardon) qui est extrêmement complexe, puisque l’on passe de l’énoncé à l’énonciateur qui remet toujours l’énoncé lui-même et permet seul de creuser non pas l’énoncé (système grec) mais l’intentionnalité ; et l’intentionnalité « ça n’a pas de fin » ; c’est le mouvement même, le réel, l’exister, le présent, antérieur à toute pensée évidemment, à tout vécu et à toute perception ; on ne peut pas échapper au mécanisme du réel, puisqu’il existe au sens de « préexister à lui-même » ; on est déjà « vu », et l’on existe de et par ce pré-regard ; que l’on peut situer soi-même comme étant le christ ou Descartes ou Rimbaud ou tel ou tel réel, au sens de s’auto-conditionner, dont les pouvoirs, le monde, veulent à tout prix commanditer la prégnance, mais que chacun va supposer quelque part dans son propre vécu, va créer le pseudo-regard qui l’a créé … et il le recevra comme Autre, alors que c’est la mouvance absolue, formelle, de l’intentionnalité qui lui échappe au sens où de ce fait il lui permet, par son altérité, d’échapper au monde ; c’est cela qui est instancié ; on ne sait « où » l’on est né et ainsi on n’appartient à aucune partie du monde ou du vécu (et on pourra renaitre en christ ou Plotin ou Nietzsche, qui simuleront la même pré-naissance pour ainsi dire mais cette fois actée) ; la pré-supposition de soi, qui est éprouvée et non pas énoncée, c’est cela qui permet la liberté de structure ; énoncé ou causé le je appartiendrait au monde ou à nous-même comme partie du monde On voit encore par ceci l’étrange naissance exogène de l’intentionnalité (ce qui est le sens même de l’enquête psychanalytique ou sartrienne) elle nait de et par l’altérité, de dieu, du christ, de la pensée, du sujet, de la révolution (dont on ne sait pas ce qu’elle veut, en vérité) ; elle est structurellement Autre.

Aussi s’emprunte-t-elle, la structure, comme divine ou surdivine (ou poétique ou existentielle, etc) et à ce point fondamentale qu’elle puisse imposer, ben avant tout monde humain, ses propres registres, comme celui de la vérité ou de la liberté, qui organisent, ensuite, la totalité du possible humain ; puisque entrant dans la dimension nous naissons réellement de l’altérité, ce qui signifie que l’altérité est originelle et si elle est originelle alors tout est engendré de l’altérité, de la forme, de la distinction ; la transcendance est le réel formel, l’antériorité qui ne cesse pas, ce qui accompagne continument toute articulation et cela qui nous est donnée (qui est notre Cause, sans quoi il n’est pas d’humanité ou de personnalité, pour le dire) le don pré-existant se prête pour nous comme présent/arc de conscience dans ce présent, sur l’autre-surface du corps.   

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Le miroir du bout du monde

18 Mai 2019, 09:37am

Publié par pascal doyelle

La désarticulation du réel humain

Le point de bascule du réel de décision

Il y a un champ de perception afin que le réel se définisse au fur et à mesure au travers des distinctivités. Le réel se regarde, créant ses champs de perception, de différentes natures, jusqu’à cet être, qui n’est pas un être, capable de générer son propre champ, et un champ constamment suspendu au mouvement très exact et très précis qu’il développe, mais qu’il n’enveloppe pas ; un champ de perception (de l’atome, de l’adn ou de l’arc de conscience) est ouvert.  

Mais il est évident que le champ ouvert par une articulation de conscience qui fonctionne comme intentionnalisante marquante (usant de signes et d’une perception actuelle, et non pas mémorisée comme l’adn ou l’atomique), ce champ de conscience est bien plus accéléré que tous les autres (à notre connaissance).

Et ce regard évidemment est immédiatement une réalité. Que les réalités se perçoivent les unes les autres c’est ce que traduisent les échanges moléculaires et les codages d’adn ; que l’on songe à l’étrangeté d’un champ général de réalité, de réalisation ; il s’y passe quelque chose qui s’échange. Jusqu’à aboutir autant que l’on sache, à un être doté d’une interface spécifique qui perçoit ce qu’il agit et dont la perception dépend de son action ; les choses ne nous viennent pas instantanément dans le regard, il faut organiser des systèmes de signes pour que dans ces signes apparaissent les choses, les datas, les êtres, les vérités (comme dit Badiou, mais s’en tenant là et ne référant pas ces champs d’action à un sujet) ; sans notre activité pas de perception (nous ne sommes pas des vivants qui décodent immédiatement leurs percepts). Étrangeté là aussi ; que cela ne vienne pas tout seul. Une réélaboration, à partir de la perception du vivant, est requise afin qu’il en soit tirer des rapports et des séries de rapports. Et au final que se définisse un sens du mouvement, de l’intentionnalité ; lequel a pu sembler tout univoque durant très longtemps ; il suffisait de suivre la réalité.

Les sociétés recouvraient la « nature humaine » d’idéologie, de représentation, religieuse, magiques, ce que l’on voudra, et comme l’arc de conscience (universel grec et individu chrétien) ont affaire au réel, il permettait, cet arc, de se diriger vers le donné là, le monde et le corps ; ce qui s’est nommé longtemps libération. Sauf qu’il ne s’agit pas d’aboutir à une « nature humaine », qui n’existe qu’à moitié (on doit être heureux ou en tous cas non-malheureux, afin de passer-à autre chose, au-delà des nécessités, du nécessitarisme, que réduplique le capitalisme en installant une concurrence artificielle généralisée), et si « nature humaine » n’existe qu’à moitié alors « moi » n’existe qu’à moitié. Mais quelle autre identité pour le « moi » ? La nature humaine qui était censée exposer notre être effectif, version 18éme, libérale ou communiste ou selon la version extrêmement complexe du 20éme (celle qui considère le « moi » comme réalité fondamentale, constitutive même l’humanisme universel) c’est alors celle qui cherche son identité, mais ne la trouve nulle part en aucune partie du monde, et aucune concrétisation du vécu ou du corps ; elle n’existe pas.

Ce qui existe c’est la structure qui rend possible (entre autre) un moi (le moi est affecté lui-même à ou selon diverses réalisations ; il peut se tenir du droit ou de l’objectivité des sciences, et le sujet seul couvre l’ensemble de ces réalisations, capable aussi bien de subjectivité ou d’objectivité, etc). Nous ne sommes pas une « identité » qui parviendrait dans l’épanouissement à se réaliser, et réalisation qui nous renverrait notre image. Nous nous verrions heureux (on sent bien que ça ne va pas).    

Et c’est bien ici que l’on achoppe sur un problème absolument fondamental ; lorsque l’on se représente le monde et que ce monde se crée comme Parole partagée entre tous dans une tribu, l’aperception est immédiate ; on pense ce que l’on parle et on parle ce que l’on voit et vice versa et l’on échange ce que l’on voit et parle, et ceci est notre corps commun.

Si on introduit une structure dans la parole ; ce qui se produit par le texte sacré par ex, venu d’ailleurs, puis par la vérité, grecque qui brise l’unité commune, ou la littérature et la multitude de récits et de poétiques, d’esthétiques, qui reviennent à l’individualité, et le tout qui n’est plus ritualisé mais libre et relevant de chacun ; si on introduit une structure il faut penser, et penser au sens de méta-ordonner ; chacun est libre et se tient à son devenir, son potentiel mais en sachant de quoi il retourne et ayant, au moins, une moralité ou une mise en forme intentionnelle suffisante (le christique est la forme intentionnelle exprimée et manifestée et représentée, tout à fait essentielle et fondatrice, la citoyenneté ou le récit individualisant, aussi bien poétique ou narratif ou esthétique et donc entrainant qu’il soit créatif) ; chacun est libre et peut accéder à diverses représentations du monde (ou de sa vie) mais chacun peut et doit, à tout le moins, gérer cette liberté. C’est en ceci que réside le méta.

Qui indique une différence, un décalage, une altérité non pas seulement systématique mais structurelle ; touchant à l’ontos même (qu’un sujet il y a et que son intention est son intentionnalité, cad une dimension à plein, et donc La Dimension, il n’y en a aucune autre, toutes les autres, qui sont des domaines, s’en déduisent ; le structurel contient le subjectif ou l’objectif).

Ce qui veut dire aussi que si le groupe parlait ce qu’il fallait penser et percevoir, cette fois l’individu est à lui-même sa propre gestion et son propre potentiel ; et ceci coïncide, il faut le remarquer, à un monde décuplé et ouvert sur quantité de multiplicités (puisque l’unité n’est plus « une réalité les commande toutes » mais « une forme rend possible le possible » ; les échanges ou les esthétiques ne sont plus régulés par le rituel ou la signification, la signification est ouverte, par ex sur la consommation et l’étirement des désirs indéfiniment, parce que l’on a accès à son propre corps délivré des règles ; et puisque l’individualité est seule susceptible d’accéder au monde, de percevoir directement le donné-là, de déployer son propre corps et son vécu et son relationnel ; elle est  seule parce que ce corps seul possède qu’il y ait un arc ouverte en sa cervelle vers le champ de perception du donné là, quel qu’il soit.

De là que l’on ait laissé chacun dont le seul jugement est celui de satisfaction, sans repère autre que la satisfaction incorporée, laquelle se presse sur nos yeux sans distance et sans décalage, du moins telle qu’idéalisée ; parce que si il est bien ici et là des idéaux (liberté et indépendance ou création ou révolution, aucun ne tient substantiellement face à la prégnance du monde qui happe de toutes parts, le christique était autre, mais ces idéaux sont du-monde aussi élevés soient-ils)  d’une part et si ils se présentent dans le monde comme « idéalisés » c’est pris dans le faisceau qui ajoute aux réalités et aux réalisations le poids ontologique de sa structure ; il insuffle que « cela sera si infiniment renouvelant » ; ce qui ne serra pas ou plutôt pas à ce point là, ontologique ; on surinvestit et alors le monde et le vécu piègent l’arc de conscience qui perd ce qu’il croyait acquérir.

Et en vérité le décalage se réintroduit par cent écarts et insatisfactions innommables puisque seul l’idéal de réalisation est nommé, le décalage n’a aucune autre moyen que de se traduire dans et par le malaise du corps ou diverses astuces de structure qui contournent la massive identité supposée de soi-même.

Et seule la décentralisation de la décision (qui n’appartient plus au groupe ou à la Parole commune) en quoi consiste la révolution, devait permettre que chacun soit réellement la structure qu’il est ; or on a réduit cet être qui est un exister à son seul être donné là : la nature humaine et le moi issu et admis comme synthèse selon une hypothèse dite du « sens de la vie» ; le fameux sens de la vie, qui ne signifie rien (au niveau ontologique il ne signifie pas selon le monde, même si il est hors de question de renier l’acquisition du monde et du vécu, le moi est la base ou plus exactement la possibilité du sujet ; en gros tant que la révolution n’a pas eu lieu on vise l’horizon de l’humanisme, une fois qu’elle a eu lieu, un moi peut se dire « ceci existe », Sartre et existentiels et atteindre par là le Bord même de l’Acte du Réel).

Parce qu’il n’existe pas de moi qui serait une « synthèse » et du reste il ne peut pas même se situer lui-même en tant que lui-même comme synthèse, c’est et n’est qu’une imagination, non un réel ; ce qui est bien agréable, cette imagination, du moins au début … Ce serait une performance parce qu’alors il objectiverait un « être » qu’il doit accepter comme naturel et sensé, alors que c’est justement un arrangement synthétique purement facticiel, déterminé et donc composé de bric et de broc, un bricolage auquel sa structure de sujet donne sens (imaginaire). Il est clair que le christique ou la pensée, grecque, n’étaient pas dans l’imaginaire : s’y réaliser effectivement cela même qui Ex-siste, qui n’est pas de ce monde ou de ce vécu. On ne fait sens dans le monde que si l’on exhausse le donné, ce qui permet à la fois de repérer les réalités très exactes (plutôt que de conceptualiser des idéologies ou provoquer des imaginations seules) et de signifier le réel, ce qui veut dire La Possibilité ; un monde replié sur son donné, sa nature humaine toute construite ou son moi synthétique, n’a pas d’avenir. Il croit au fantasme. Il croit en et par la synthèse qu’il croit réelle. Ça n’est pas qu’il y ait imaginations qui nous rend fous (elles sont requises) mais qu’il n’y ait que cela (et plus de structure du tout, qui s’est repliée).

Pour n’y pas sombrer il fallait atteindre à une élaboration tout à fait élevée et précise et complexe et pour le dire méta-consciente. Ce par quoi ce qui vient dans le faisceau de conscience est immédiatement accepté par le moi (sinon il devrait remettre en cause la totalité ou peu s’en faut, de sa réalité), alors qu’il devrait justement, ce moi, ne pas coïncider avec son contenu (il n’est pas le contenu qu’il est, le réel n’est pas de l’ordre des réalités, il n’y a pas de réalité-une qui synthétiserait toutes les réalités, la forme des réalités est l’unité d’exister et non pas l’être, qui est dedans la suspension qu’est ce mouvement brut qu’est l’exister).

Mais on comprend bien la difficulté, pour un moi, de se conformer au sens qu’il est ou croit être  d’une part à la conscience qu’il n’est pas et qui ex-siste d’autre part ; la liberté, l’égalité et la fraternité avaient pour but de pousser à réfléchir ; que les arcs de conscience se réfléchissent et maintiennent leur articulation réelle (cad engageant le possible et non le donné, ou l’immédiateté et l’intéressement stupide, borné, écrasé tôt ou tard ; il y aura toujours plus fort que soi ; qu’il développe un empire, anglo-saxon ou US, plutôt que l’esprit Fr, l’espace plutôt que le temps).

Pour passer du moi au sujet (c’est ce que signifie méta-conscient), de la nature humaine à la réflexion, soit on use de l’historicité dans ce qu’elle a créé de structurel (liberté, égalité, fraternité, aimez-vous les uns les autres, élevez-vous, autrement dit), soit on se « convertit ».

Mais à quoi ?

L’hypothèse ici est celle-ci ; la conversion est interne, interne à la structure, rien ne peut la préparer dans la réalité, le monde, la vie. Mais pourvu que l’on parvienne à un monde stable et assuré pour chacun (cad liberté-égalité, sinon on reste dans le challenge, la rivalité, le nécessitarisme) Soit on bascule du côté du réel, soit on reste coincé dans la réalité. L’hypothèse est qu’il y a eu déjà quantité de conversion, d’extase, de retournement, d’intériorité de structure. Ça se produit ou ça ne se produit pas. On ne peut pas l’installer du dehors, mais on peut prédisposer le dehors et que ce dehors s’instancie, mais alors décisionnellement, par chacun.

Expliquons.

 Il n’y a aucun moyen de « vouloir » entrer dans le réel. Ou plus exactement le « vouloir » vient en plus et d’ailleurs ; du dedans structurel, lequel est sans épaisseur, et donc rigoureusement imprenable de l’extérieur. On est donc confronté à cela même qui est à peine approché par le christique ; ça vient d’en haut et on y répond ou non (la grâce) mais on ne commande pas la venue d’en haut et on ne sait pas jusqu’à quel point on a répondu par l’affirmative ni à quel moment et pourquoi. Autrement dit on prend la décision mais elle n’est pas « nôtre », parce qu’il n’y a aucun point sur lequel se fonder pour accuser réception. Et ceci est logique. Mais difficile. (Personne n’a dit que ce serait facile).

C’est logique parce que la décision en question est éternellement sur-prise, pourrait-on dire si on tenait encore à la métaphore de l’éternité. La traduction logique est que cette décision est incessamment suspendue puisqu’elle est le réel. Cette décision n’est pas un point ou un cercle mais une tangente et la tangente, qui définit le cercle, n’est pas achevable. Comprendre ceci c’est saisir que le réel est ouvert par le haut. Et que de ce fait c’est insituable.

Lorsqu’il tombe vers le bas, ça tourne en rond ; parce que les réalités rebondissent entre elles-mêmes indéfiniment, et que, en toute logique, on ne peut que monter. Sauf que l’on reste constamment coincé par le bas ; le monde attire le monde, qui est-là, totalement prégnant, tandis que le haut, la structure est en-plus et ne se prouve que de soi. Le tourne-en-rond est un indéfinissable tourment, tout à fait horrible, notre quotidien (bien que l’on veuille sans cesse le renouveler artificiellement) ; un corps qui se drogue tourne, jusqu’à ce qu’il meurt. Une intentionnalité se divise à l’indéfini, et affronte l’enfer, mais basculer vers le haut n’est pas non plus une facilité ; comme on a dit, on ne sait pas ce qu’il en est. On ne sait pas ce que cela « veut ». Le haut demande toujours expressément que le je de chacun énonce, indique, oriente vers ce qui doit/peut être. En somme il faut tenir la tangente sans voir à quoi elle aboutit et sans qu’elle se replie sur un cercle. 

Il faut continuer de se tenir dans l’élan de ce que l’on a pu nommer l’esprit, ou dieu ou l’autre-corps ou donc l’intention, sinon la réalité dévore le réel. En ce sens ça ne cesse pas de penser. Aussi chaque génération est remontée, comme une pendule, et détricote et puis retricote à partir de ses obstacles. Mais à terme on aboutit littéralement sur le donné seul et chacun en tant que sujet, et là il faut décider. Et curieusement, puisque notre prouesse fut de rassembler l’ensemble de toutes les trajectoires possibles, voici que toutes les intentionnalités actées (l’historicité) nous sont données et il nous revient de les relancer. De les renouveler peut-être, parce que somme toute, tout compte fait, il est une diagonale potentielle qui relie forcément tous les trajets. Penser non plus les contenus mais les structures qui prirent signifiants par ces contenus ; en vérité de contenus il n’y en eu jamais, il n’existât jamais que les flèches. C’est ce qu’inspire en premier chef la dissolution plus ou moins lente des réalités ; pourquoi disparaissent-elles ? Parce que s’effacent les supports du mouvement.

Reste le mouvement.

Si les réalités disparaissent, de même nos pensées, nos images, nos identités disparaissent. C’est le mouvement en quoi consiste la structure qui s’inscrit, qui trace le seul Signe. Ce qui est en vérité mémorisé ce ne sont pas les datas, mais ce qui a pu apparaitre selon le monde et le vécu comme orientation du miroir ; sera-t-il ou non lui-même miroir dans le Grand Miroir terminal ? On ne sait pas. Il suffit, somme toute, de connaitre ou reconnaitre sa vrai nature  de miroir, sans se laisser prendre dans les filets des images ou idées ou représentions ou donc vécus et identités ou corps ou mondes, qui paraissent momentanément dans le miroir que l’on existe, qui se miroite, peut-être, si élevé, si haut, possiblement, dans le Grand Miroir du bout du bout. Celui qui est toujours en mouvement. Qui ne cesse de regarder et donc chaque regard est distinctif et dont la distinction est toujours plus précise et élaboratrice. Si un miroir est continuellement en mouvement, alors il se miroite continuellement. Le propre du miroir est de renvoyer ce qui passe au-devant. Ajoutons qu’ici cela influe sur la nature même de la surface, sur l’être du miroir. Et comme il n’a pas d’être, influe sur son exister.

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Analyse du mouvement du réel

11 Mai 2019, 07:57am

Publié par pascal doyelle

On nomme donc philosophie, ou plutôt elle se nomme elle-même telle, l’analyse qui va se dérouler jusqu'à présent, 25 siècles, sur « cela qui est arrivé à l’humain ».

A savoir qu’il fallut sortir de tout monde particulier (lié à un territoire, à une langue, un peuple, une localisation, une représentation, religieuse ou mythique, un système d’échanges régulés, une esthétique ritualisée, ce que l’on définit comme monde particulier). Et qu’au sortir de ces mondes nous nous sommes appuyés sur deux faits majeurs ; qu’un monde unique universel donné « là » il y a (commun à tous et à tout) et que chacun se devait de disposer d’un corps, individuel, unique et universellement égal à tout autre corps.

On admet donc une pensée et un existant ; une pensée pour observer et comprendre le monde et toutes les réalités qui s’y rencontrent (y compris des réalités humaines et des réalisations) et un existant, qui est tout aussi universellement certain qu’il existe un « chacun » qui offre et s’offre à lui-même à chaque fois une perspective réelle et influente sur l’ensemble de tout ce qui est, tout ce qui est pour lui-même ; c’est la porte d’accès à l’élaboration d’un intentionnalité individuée, à même le sol du réel tel qu’immédiatement là. Que l’on ait pu désigner comme « pensée » universelle et comme « esprit » ou individualité ces deux marqueurs absolus, cad formels, de toute humanisation possible, entendant par là qu’humanisation comporte indubitablement individualisation, personnalisation (une humanisation sans personnalisation n’a aucun sens). La pensée, grecque, de l’universel ne va pas sans l’autre, le sujet, celui qui pense ; et le sujet est potentiellement bien plus grand que la pensée et donc a pu, a du créer son propre repérage, au-delà de l’universel, de la science, de la connaissance et ce non pas seulement à partir de Descartes de manière claire et déclarée, jusqu’à Lacan, mais c’est donc non théoriquement dans l’épaisseur de l’expérience historique, d’humanisation et de personnalisation que s’est constitué l’individuel sujet ; chacun est dépositaire de cette individuation approfondie, comme articulation de fond arcbouté dans la vie elle-même, dans l’Existence. Chacun est l’enjeu même de ce que l’on a nommé acculturation généralisée ; l’individualisme ancre constamment dans tous nos récits et toutes nos transmissions ce sujet hyper actif.

Rappelons qu’acculturation veut dire d’une part culturation mais fondée sur l’absence par laquelle chacun est ce-sujet, ce-corps, indépendamment de tout communautarisme et de tout monde représenté ; chaque génération accentuant sa propre liberté et sa propre littérature et lorsque le créateur remplace le texte sacré (qui remplaçait la parole partagée des tribus). C’est par cela qu’il y eut accumulation de littératures (et de générations, d’expérimentations).

C’est ainsi que la « communauté en esprit » doit être comprise comme liberté-égalité-fraternité, qui semble la formule la plus complète et la plus dynamique qui se puisse être ou qui, à tout le moins, ait été énoncée. La liberté initie, l’égalité réfléchit et la fraternité justifie (au sens de juste ou de saint). Inutile de récriminer, c’est comme ça (on peut accentuer la liberté et c’est le monde anglo-saxon, ou l’égalité est c’est l’anciennement communisme, soit donc pousser les désirs selon le libéralisme ou les besoins génériques selon le communisme, mais on cède alors sur la logique de l’histoire).

Dans les deux cas, le monde que permet d’atteindre l’universel et la pensée, et le corps qu’autorise le christique et la communauté des croyants (pour peu que ceux-ci comprennent de quoi il retourne, la communauté en esprit des esprits individualisés, sans la liberté desquels il n’est aucune religion, mais un conformisme dangereux et un retour à la tribu), dans les deux cas la philosophie a analysé très activement cela même qui était en jeu et qui fut dès lors lancé comme historicité et devenir de toute l’humanisation et personnalisation.

Comme ces acquisitions sont relativement difficiles et performatives et littéralement créées, ajoutées, explorées, élaborées en plus de tout ce qui est – de tout ce qui est à chaque fois, à chaque moment de l’histoire humaine – il ne faut pas s’étonner que ce soit par à-coups et par double voire triple sauts que la dite élaboration a lentement pénétré la r »alité, le monde, le corps, les peuples, les représentations ; ce que l’on admire chez Montaigne ou Kant ce sont ces efforts qui passent outre et vont chercher ce qui nulle part n’est ; ils ouvrent la perception, ils décident de l’intentionnalité, ils actent que s’enclenche le réel. De même les révolutionnaires ne savent pas très nettement ce qu’ils font… ils le découvrent en expérimentant et avançant aussi loin que possible par pur (et brut) courage et effort et engagement et véritable intention, intentionnalité archi-déployée on ne sait comment et puisant en quelque effarante vision, extase, violence structurelle également, bref à même la puissance, la potentialité, la capacité interne du possible. La folie structurelle historique qui prit 1789.

Ce qui vaut pour les grands événements et l‘historicité vaut tout autant pour la ressource potentielle, virtuelle de toute individualité ; il s’agit alors, et c’est absolument fondamental, de creuser la puissance tout à fait réelle, les possibilités de toute personnalisation en tant, notamment, que tout moi, pour se tirer du mauvais pas qu’est nécessairement son « moi-même », que tout moi puisse en appeler à son sujet, à la structure qui rend possible qu’un « moi » il y a.

Et cette potentialité, la puissance littéralement, ce à quoi, effectivement, fait appel Nietzsche (dont on peut considérer qu’il est réellement dans une impasse, lui qui étouffe dans son moi, son vécu, son réel et qu’il en appelle à un grand « moi », cad un sujet) ne se situe pas dans un être donné, ou une éternité, ou un divin et un absolu, mais en-avant. Elle est en-avant et c’est en cela que nous sommes libres ; parce que le sujet est en-avant dans le présent ; on a vu que l’arc de conscience sous sa forme intentionnelle sort de la cervelle vers le donné là, le monde, et re-vient et il re-vient à chaque fois nu et identique à lui-même (peu importe les contenus), et cette articulation est actuelle, toujours, et manifeste l’actualité, l’actualité de « ce qui existe », à savoir le présent tel qu’invariant unique de toutes les diversités qui sont. Cet en-avant de l’arc qui se tend vers le donné tel que « là », est structurellement non lié ; à condition qu’il puisse (se) signifier ; se signifier formellement. Dieu, l’universel, le sujet et le christique, l’altérité signifient le formel dans la mesure où est posé un horizon-autre.

Liberté et égalité se supposent l’une et l’autre comme horizons ; sans égalité la liberté est tenue par des objets ou par la rivalité, sans liberté l’égalité est une dénomination et une chose du monde, est seulement universel perçu par un autre-conscience qui soumet toutes les autres (dans une théorie). Liberté et égalité demeurent dans l’in-certitude, mais la fraternité ne vient pas seulement conclure et concrétiser mais bien elle seule peut orienter et agir dans cette formulation liberté-et-égalité. Le développement de la liberté isolément favorise la limite d’un horizon à conquérir, ouvre sur le monde et le vécu (la liberté et les empires anglais et américains) mais se révèle incapable de transformer cet horizon en et par l’esprit (qui relève de l’historicité seule, du temps) ; pour que l’esprit soit il faut que la liberté se propage et que la vérité se partage ; les philosophies analytiques anglo-saxonnes sont incapables d’assurer l’esprit et à proprement parler la pensée ; elles n’exhibent que le regard froid d’un sujet cartésien mais abstrait qui s’est entièrement retiré, et qui n’est plus cartésien du tout, de ce fait. Le démontage et le décorticage analytique sont juste des objectivismes résolument agressifs.

Lorsque Nietzsche impose et à coup de marteau puisque c’est ainsi que le libre pur et brut s’implique dans le monde et le vécu,  impose l’auto-affirmation, l’affirmation de « soi » il ne peut pas s’agir d’un moi, d’un moi humain, d’une liberté de conscience mais d’une « force ». L’altérité se symbolise comme autre. En tant que tel il est signe mais n’accroche pas le réel, pour cela il faudra Sartre et Lacan, qui analysent et décortiquent le mouvement même.

Mais les libertés révolutionnaires visaient à décrire des réseaux, des diagrammes, des tissages de libertés et non l’affirmation, jugée abstraite et idéaliste, d’une seule énergie. C’est dans le réseau réel que se tisse les libertés, sinon on bascule dans l’anhistoricité, la théorie et l’idéologie (libérale ou communiste). Le point d’impact absolu du réel est cette historicité d’une nation dans et par l’équilibre liberté-égalité acté par « fraternité » dont la définition est rien moins qu’évidente.  

La station élevée du sujet rend possible et pensable la cartographie des trajets sur la surface de la réalité. Et qui, pour elle-même, est autre qu’elle-même ; la dite Volonté, énergie ne se gouvernent pas selon un conscient et Nietzsche montre par là que « le réel » est inondé d’altérité pure et brute ; cet extrémisme hors du conscient (de l’humain, du moi psychologique, de la volonté et liberté, de l’humanisme et du christique) affirme l’absolument Réel. Et provoque pour celui qui lit ces écrits, un décentrement. Et ce décentrement, bien que Nietzsche ne le reconnaisse pas comme tel, est exactement celui là même qu’introduit le christique dans l’humanisation (mais N veut surtout renverser cette figuration du christianisme et de l’humanisme, celui raisonnable, rationnel, plat, réalisé historiquement, etc). Parce que de structure de conscience il n’en est qu’une et que c’est toujours la même ; grecque ou christique ou chrétienne ou révolutionnaire, elle ne dépend pas des représentations, ni des idées, ni des figurations (parties du monde ou du vécu exhaussés), ni même des configurations (dieu, la pensée, le christique, le sujet, la révolution, l’altérité, les objectivités, etc) mais outrepasse, cette structure, n’importe quelle significativité ; elle est à l’origine de toutes.

On saisit alors la difficulté de remonter vers la Cause des Effets. On n’a aucune autre trace de la cause sinon ces effets, et sauf l’indescriptible structure qui existe antérieurement à toutes ces possibilités et dont on est évidemment l’atteinte absolue, formelle, structurelle antérieure dans toute intentionnalité. Et donc la difficulté est complète mais de plus c’est le centre même de tout ce que l’on fait, veut, décide, perçoit, imagine qui doit se retourner vers le dedans de sa forme de structure d’une part et d’autre part qui doit décider. Analyser la Cause sans interpréter celle-ci selon le monde et donc inventer les outils intentionnels qui identifient les pliures, le pli, le dépli du présent.

Ça ne peut pas s’instancier sans se décider. De là qu’il y ait conversion au sujet, au christique, à dieu, ou à l’universel (qui réclame que l’on quitte la forme égocentrée du moi pour penser universellement, Kant expose formidablement ce décentrement du sujet). Ce que symbolise Nietzsche ou Heidegger par la volonté ou l’Etre (soit donc cette fois la surhumanité ou l’inhumanité et de manière générale l’a-humanité des existentiels, de philo ou de littérature).

C’est ici que se précise de manière certaine la première des qualités du sujet ; il faut qu’il tienne, qu’il tienne le sujet qu’il non pas « est » mais qu’il ex-siste (Badiou insiste bien là-dessus ; la fidélité, mais selon une toute autre interprétation, qui se tire de l’universalisation seule, prétendue et par hypothèse générale, et non pas d’une structure de sujet). Cette certitude incertaine dépend de ceci ; se confie-t-on à sa propre foi ? Il faut prendre au pied de la lettre l’esprit qui préside ; ce qui fut autrefois nommé « foi » doit être pensé et caractérisé comme effectif-Réel-agissant ; que cela soit parut comme tel veut dire « c’est ainsi que cela existe ». C’est pourquoi Badiou va rechercher St Paul. Ce qui s’est désigné comme « foi » est littéralement ce perfectionnement de structure ; « foi » n’est pas apparu sans raison. Et ce qui se manifestait comme foi, est bien plus grand, et c’est du reste mot à mot ce qui s’annonce par la pensée ou el christique ou le suejt ou la révolution ; on a basculé du côté de l’expérimentation du structurel même (c’est cela et cela seul qui est vécu au sens d’éprouvé).

Tenir à ce qui n’est pas mais ex-siste, et se situer dans la certitude de l’expérimenté de structure, ce qui est invraisemblable (et qui deviendra le réel au moment suivant) et cette in-certitude ne va pas sans se vouloir absolument soi, le soi impossible et donc la conviction (intention, conviction, décision) que ce dont on se tient, bien que ce soit moins que rien, est fondamentalement l’essentiel. Il faut alors admettre que le miroir de toutes les images et de toutes les idées soit soudainement orienté vers le structurel (en l’occurrence le regard du christ qui crée chaque conscience). De là qu’il puisse s’imposer une fidélité aux explorations, à la tradition (et l’occident est sa propre tradition) d’une part et à l’expérimentation actuelle d’autre part. De là que la révolution (ici et partout) est la forme même de l’expérimentation historique du réel. On ne peut suivre la structure ailleurs que sur le sol réel, à la surface même du réel, soit donc comme historicité effectivement réalisée et vécue.

Ce qui se dessine (on a dit déjà qu’il fallait récupérer absolument tout ce qui fut et ramener ici même l’ensemble de toutes les expérimentations du Réel comme structure, des mystiques aux religions, des philosophies aux champs de perception esthétiques, des récits au poétique, bref tout ce qui est suffisamment articulé) c’est l’affirmation que dans le présent, tout présent évidemment, se dresse une architecture (et que cette architecture est aussi une architexture du corps, comme on a vu) et cette architecture est très exactement toutes ces avenues qui furent décrites et perçues selon l’intuitionnel intentionnel, le glissement des surfaces. Et les surfaces sont dans le réel même ; on ne les simule pas.  

Le glissement s’effectue à partir du point lorsqu’il se concerte suffisamment ; il est impossible d’ignorer à partir de ce point (comme si il était idéal) tout le réalisé ; il faut assumer toutes les pliures du corps et des signes pour aboutir au point réel (qui n’est que réel, cad articulé sur le monde donné là, sur le monde humain en ses réalités). On a vu que les idées ou les mots sont des rapports, cad des plis dans le pli qu’est l’arc de conscience sur le pli formel qu’est le présent. Ce qui veut dire porter toute l’acculturation possible au moment où l’on existe et brancher cette acculturation sur l’architecture du présent, via l’architexture du sujet en ce corps. Rimbaud porte sur ses nerfs eux-mêmes et c’est pour cela qu’il avance plus vite. Ce qu’il délègue au corps, à l’incorporation c’est autant de pliures gagnées qui accélèrent le mouvement intentionnel. Il est adolescent et son corps agit très vite.

Ainsi l’éclair est jeté sur son point d’impact instantané, il cristallise la totalité de ce qui est devenu et acte le tissage nouveau, à chaque fois, de toute l’historicité jusqu’à sa limite, celle qu’il éprouve. De là que l’occidentalité est toujours invention (et tout processus civilisationnel de structure, et d’autant plus en ce cas que l’occidentalité se définit comme mise à jour et mise en avant de la structure même ; au lieu de créer une base puis un sommet de pyramide, l’occidentalité a inversé la pyramide et de la pointe vers la base cul par-dessus tête ; il fallait bien que cela advienne quelque part et cela prit le nom d’occidentalisation).

Le passage de la structure organisant un monde (particulier) à « la structure mise en avant et créant son réseau » (d’une part l’universel du monde, grec, et d’autre part le sujet, avant et après la révolution, qui induit une trame relationnelle des intentionnels, cad des libertés) est la bascule radicale dans l’histoire qui a proposé l’historicité, cad une histoire voulue, décidée, intentionnalisée. Lorsque donc la pyramide de la réalité se renverse et qu’elle repose sur la pointe.

Le parce que.

L’analyse du mouvement qu’est le réel veut dire que, pour nous, depuis la méditerranée, l’universel et le sujet, on ne va plus découvrir des raisons dans le monde, le vécu ou le corps, mais dans la structure intentionnelle telle quelle ; c’est non seulement ce que le christique entame, comme événement absolu, mais aussi ce que Nietzsche proclame ; son affirmation du réel (rendu Autre) est l’affirmation de soi de cette forme de toutes les réalités qui pré-existe, qui ex-siste avant tout et est sa propre « raison ». Et qui courre tout le long de l’occidentalité. Pourquoi voudrait-on exister ? Parce que.

« Parce que » puisque le réel est le possible pur et brut. C’est donc dans la structure même et l’invraisemblable vérité (grecque) ou l’impossible sujet (christique). Et cet invraisemblable et cet impossible sont le réel même. Appel au possible-même, à la racine, à la source.

Inutile de vouloir le néant, puisqu’il existe déjà. Tout est toujours en-plus. Le néant existe, puis l’être existe, et dans l’être il faut distinguer l’exister et l’être proprement dit, la forme et la détermination et la détermination existe parce que la forme, le un, est l’altérité et que l’altérité est la distinction ; tout avance afin de poursuivre au plus loin possible la distinctivité ; et le Un terminal, du bout de tout ce qui est, est lui-même selon toute vraisemblance, le perfectionnement de la perfection. Sans cesse le Un terminal re-vient sur lui-même et perfectionne tout le réel qui le précède et toutes les réalités qui se génèrent. Comme un kaléidoscope, qui au fur et à mesure tisse le visage du réel le plus abouti qui se puisse. C’est pour cela qu’il se meut (et que tout est mouvement du plus brute au plus pur mouvement) et c’est pour cela qu’il existe un présent.

Et on ne sait toujours pas ce qu’est ce Visage terminal. On se concentre, en tout, afin de décrire comme et comment cela arrive, le plus précisément et le plus réellement possible, comme et comment le présent ou l’arc de conscience étirent les réalités ou les représentations, les intentionnalités, comme et comment la raison d’être est en-avant et attire tout ce qui est par ce qui Ex-siste. Le présent est la ruse du réel pour finaliser les réalités, introduire dans la réalité une finalité de structure, les pousser selon la forme qui les précède ; il n’y a pas finalisation mais la finalité est dans la forme elle-même, le programme est la structure elle-même.

Le réel est instantanément les réalités dans et par le regard qui discerne au fur et à mesure selon le temps et l’espace (ou leurs variantes) et qui se différencie comme champs de perception. On peut considérer l’atome ou l’adn comme des champs de perception. C’est pour cela que le réel se manifeste comme réalités, et réalité s’entend comme « perception ».

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