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instants philosophie

L’ouverture de la Possibilité

7 Septembre 2019, 08:15am

Publié par pascal doyelle

Or dieu créa l’humain. Et afin que celui-ci pallie à la facilité des anges ; bien trop parfaits et trop peu complexes, l’humain en vue et selon une idée très précise et très étrange de la « prochaine complexité » et donc « prochaine perfection » qui repose a priori, par principe sur les êtres humains. Il ne s’agissait pas de reproduire à nouveau des « anges » mais de créer un être spécifique et tout à fait autre ; de sorte qu’il soit à sa manière (encore non discernable) plus parfait que les anges. A sa manière donc, jugée supérieure.

Il s’agit pour eux, pour les humains, de ne pas s’effondrer dans et par la brutalité et la violence du monde mais de grandir et de grandir plus suréminemment que les anges. D’une autre sorte de perfection et de complexité. Et c’est cela qui est en question, en cause, qui est la Cause même, cette autre sorte de complexité et de perfection. Il s’agit pour eux d’absorber, de contenir, de relever la brutalité du monde, ou si l’on est croyant de la punition générale affectée à la désobéissance ; mais dont on peut comprendre, surtout avec le christique, qu’il est question d’acquérir une plus grande perfection.

Face à la brutalité, la brutalité du réel, le problème est ainsi la dépression, le découragement, le ressort brisé, jusques et y compris la courbe faible des intentionnalités qui retombent et ne signifient plus selon le réel, stratégies que présentaient dieu, l’universel, le sujet et qui ne se fie plus même à sa propre finalisation, mais se fixe sur des objets, des objets dits du désir, massifs, consistants, support de l’être (alors que la structure du réel est le mouvement) poisseux selon Sartre, rendu impossible dans la dépression, objet de haine pour le violent. L’objet, du désir, n’est pas idéal, il el croit seulement au début. Mais tout s’inverse rapidement et se révèle que le moyen lui-même était erroné ; le réel ne peut pas être objet de désir, le désir n’existe pas. L’assomption du sujet dans le moi est tout à fait autrement autre chose qu’une chose.

Pour ceux qui espèrent encore une vision angélique de la réalité, il n’y aurait alors rien dans le monde, le vécu ou le corps, qui soit à la mesure de leur désir, imaginaire, imaginé, et tout ceci se transforme en un piège monstrueux ; le cercle de conscience tournerait pour rien, dans la sombre malignité. Le cercle ne serait pas une tangente mais seulement la perte et la désespérance ; il creuse son trou en imaginant y échapper.

Rappelons que la folie, à proprement parler, c’est le retour du groupe parlant, dans le monde de mise en forme culturelle (ayant inventé le langage, la représentation, les échanges réglés, la famille sous diverses formes, etc) le retour du groupe parlant mais en un seul individu isolé, qui commence de babiller dans tous les sens comme si, à lui seul, il formait un groupe et semblable au monde, à la perception ; dès lors dans sa tête solitaire, tout se met à signifier. Mais hormis cette folie internée (en elle-même comme en un monde) et puisque, cessant la mise en forme culturelle, nous sommes passés à l’acculturation généralisée, laissant, délaissant chacun dans l’isolement de plus en plus intégral, en sorte que l’on se retrouve dispersé et abandonné et menacé, et donc soumis à la dépression, à l’impossibilité d’intentionnaliser ; comme si l’absence de groupe humain effectivement « vivant » supprimait radicalement que cette intentionnalité fasse cercle et enroulement et donc effets ; n’ayant plus d’effet mémorable dans la réalité ou le vécu, on cesse tout effort d’intentionnalisation. 

Le trop d’investissement, la torsion de l’intentionnalité vers le seul monde donné là, vers le bonheur du moi, dont le substrat fondateur est le corps (et l’économie l’idéologie du corps, ça ne parle que de jouissance, de plaisir, le plus grand achèvement serait la satisfaction, repue, gavée, bourrée au sens propre, droguée, et se confondant avec l’image de la plénitude, satisfaction imaginée donc et non pas réelle, parce que dans le réel il n’y en a pas. C’est précisément cette absence que le christique et la philosophie manifestent, dont ils dressent le plan, l’intentionnalité réelle.

Plus généralement et contrairement aux absurdités que l’on entend ici et là, le christianisme n’est nullement la négation du monde, mais son élévation ; le christ vient dans le monde afin d’élever le monde, le donné, et bien sûr le vécu et le corps. Il est le dimensionnement réel, l’acquisition de ce que peut et doit devenir la création ; la création dans la création même, si l’on sait lire. De là que nous soyons libres et que c’est librement qu’il faille devenir plus grands que grands. Pareillement dieu s’instancie dans le monde et s’élève lui-même encore plus que lui-même ; le christique est le surdivin, le dieu en plus. Ce qui doit ou le sens, l’orientation de ce qui doit devenir. Et cela pose la question de l’intention.

Les juifs se demandent mais qu’est-ce qu’il Veut ? À nous inquiéter tout le temps comme cela. Dieu est l’intention sans explication, ce qui veut dire sans explicitation ; il n’installe pas un monde défini, un panthéon de dieux aux fonctions strictes, une mythologie explicative ou démonstrative du monde perçu. Il impose qu’il existe une Intention, que l’on doit décrypter et dont nous sommes le lien. Ce qu’il lance c’est l’intention comme telle ; qu’elle doit régler le monde, le vécu et ensuite le corps. Que si l’on ne choisit pas l’intention, on élira une partie du monde et tout sera perdu, parce qu’aucune partie du monde ne contient le monde.

Et le christique permet d’envisager que cette intention se réalise, se rend réelle en et par un Corps, qui n’est pas le corps d’un ange, mais un corps faible et difficile et mortel et souffrant et pauvre et sans rien, nu ; il faut comprendre l’insaisissable articulation qui est sous-entendue comme jugée plus parfaite et plus complexe et plus performante, malgré qu’elle n’en ait pas l’air du tout.

Ni intellect ou abstrait ou spirituel comme les anges, ni évidemment divin et éternel et absolument autre, mais trempé dans et par le Corps. Ceci est absolument fondamental. Que l’on ne soit pas divins est faux ; si il s’est incarné c’est que cela, cette perfection invraisemblable, existe dans un corps et a besoin du corps faible et geignard ; et qu’il ne soit pas le corps de pur conscient et de volonté parfaite des anges. Ça n’a rien à voir avec le noyau conscient-volonté et pas plus Descartes que l’on caricaturerait allégrement si on ne distinguait pas que la volonté est déjà autre que la pensée et renvoyée infiniment, cad intentionnellement et non pas accrochée au monde ou au corps ; le corps-esprit, la troisième substance est invraisemblable, cad réelle.

Que l’on croit ou non, parce que même si l’on ne croit pas et non pas en considérant le christianisme comme une idéologie ni une possibilité soudainement « inventée », mais comme manifestant le réel même dans sa structure, alors il révèle et montre « ce qui est possible » dans la réalité ; et cela ne manque pas de poser la question ; mais comment a-t-on pu en quelques siècles, voire en 50 années (Saint Paul écrit vers 50) poser l’intégralité de tout ce qui deviendra en 20 siècles ? Le mystère reste entier.

Quoi qu’il en soit si le corps est cela même qui existe, alors ça n’est pas le corps donné là, mais le corps supposé et élevé par l’intention que l’on en a. Une intention qui n’est nulle part, au sens où elle existe, dans le présent, et en plus. Elle est en plus. Et doit donc se-vouloir. Et elle se veut de et par un sujet ; et ce sujet est par un corps ; quoi que l’on fasse et pense et imagine, il est une structure en forme de champ de perception, à partir et selon une unité corporelle, sur laquelle il faut investir beaucoup plus que simplement ce « corps donné là ». Autrement dit le « corps » est quelque réel en plus. Que la structure soit le corps signifie qu’il est perception et il y a perception afin qu’il crée ce champ lui-même. Le secret est le champ. Ou donc le réel, qui n’est dans sa formulation hyper active, rien d’autre que la perception. L’élévation de la perception est la finalité du christique (ou de Descartes ou de Kant, ou de Sartre ou de Lacan, cad du moi donné spontanément ou qui croit en sa spontanéité et n’y comprend rien du tout, ni à la perception fondue dans l’imaginer, ni au corps collé à l’intention).

Le christique ne veut pas seulement montrer le corps de chacun, par quoi se constitue exclusivement qu’il y ait une humanisation qui vaut (et vaudra) par une personnalisation. Il ne se positionne pas uniquement comme horizon de l’universalité générale et de l’individualisation singulière. Il vaut en tant qu’il montre que la structure est celle d’un champ de perception et que seulement par là « il se décide ».

Si le Un est, alors il ex-siste ;  mais donc il n’est pas, ce qui « est » c’est l’exister, l’être est ici et là dans le mouvement, le mouvement est structurellement bien plus grand que l’être. Et en l’occurrence le mouvement est la perception, ce qui revient à la possibilité du réel plus-grand-que-lui-même.

Que structurellement cela se soit exprimé et explicitement, quasiment, exposé, passons sur l’aspect apocalyptique, de révélation, et remarquons que véritablement ce qui est de l’ordre de la structure ne se communique pas par morceaux et par composition … La structure c’est ce qui vient tout entièrement et en une fois. Lorsqu’elle se signifie, s’auto-signifie, c’est déjà dépliée. L’universel est entièrement positionné par les grecs, le sujet et le corps entièrement par le christique. Descartes instancie absolument, cad formellement, tout le sujet, dans son accélération performative sur laquelle il est impossible de revenir ; après les grecs, qui augmentent l‘intentionnalité, et le christique, qui intensifie l’intentionnalité, Descartes qui accélère le sujet et le place sur la surface du réel. Dès lors on se demandera ; sur quoi place-t-il le sujet ? Et quel est ce sujet insituable puisqu’il est ce à partir de quoi, de qui le reste se positionne)?

Si les grecs expriment tout l’universel, cela ne réduit pas ce qui viendra après, qui échapperait à l’universel, vers le subjectif ou une version froide du logos ; c’est juste que les autres réalisations orienteront vers un autre pan de réalité et de réel et que donc le « logos » est plus grand que celui des grecs ou se tient d’une autre version ou mieux d’une autre extraordinaire possibilité. C’est la possibilité qui est creusée et c’est pour cela qu’il s’existera quantité de sujets, universels ou singuliers ou existentiels. Réalité et réel, pensée du monde, du vécu et du corps et ontologie puisque lorsque l’on engage dans la structure on investit dans ce qui est structuré, du réel vers et par la réalité.

Aussi faut-il imaginer la structure comme le côté face du réel, dont la réalité, les réalités positionnent le côté pile, et le champ perceptif est le devenir. La réalité devient dans le champ ; l’adn du vivant est un comportement, dans la réalité des corps et non pas une essence secrète. Il est considérablement plus de réalités que de structure ; la détermination détermine, le réel ex-siste.   

Il s’agit  de ce fait littéralement d’une création, une création qui devait se prendre en charge et se mener bien plus loin, bien plus loin que l’angélique : une création susceptible de création, en boucle, et dont la constitution est celle des corps, comme champs et bien plus découplés que les anges. Et plus loin que le seul divin, aussi devint-il nécessaire de créer, en plus du divin, le surdivin ; le dieu en plus, celui qui orientera le devenir possible. De s’incarner en tant que corps. En un sens il y a une trahison si l’on ramène la créature à une perfection d’inspiration grecque ; parce qu’il n’est pas question de ressembler à un ordre idéal, mais de créer, en tant que créature inventive, ce qui sera, créature chargée de créer. La différence est absolue ; aussi toute tradition de la Possibilité (qui court de dieu à Lacan) consistera à porter plus loin la capacité du réel.

Ce que l’on a mis en place comme Structure. Ce par quoi la structure du réel s’impose dans la réalité ; fondamentalement le corps du christ, la forme d’un corps qui n’est pas « du monde » parce qu’il est perçu selon le Bord du monde, mais aussi le Bord du vécu et du corps, inaugurant le formidable champ du possible. Et dedans la plus grande proximité possible, puisque l’on ne se place plus cette fois du haut de l’universel, mais à partir du corps ; il faut soulever le corps jusqu’à le rendre capable de porter les signes du possible, par lesquels celui-ci vient au jour, se manifeste, existe dans et comme monde, vécu et corps et est perçu par ce vivant. Lorsque l’on considère l’ensemble de tous les opérateurs et inventeurs et créateurs qui se déployèrent durant au moins 20 siècles on saisit toute l’ampleur de la problématique ; ça ne se fait pas tout seul, ni facilement.

Il faut profondément, cad dans la perception qui est le champ le plus élevé que l’on connaisse, inscrire ce corps dans le monde et donc composer, recomposer ce monde même, dans et à partir de la perception puisque ne pouvant pas même faire appel aux mondes particuliers précédents (le groupe ni le contenu de conscience ne s’utilisent plus comme fondation du réel mais bien la structure de conscience, soit intentionnel développé (l’universel grec des intentionnalités) soit intentionnelle pure (dieu) soit intentionnel et incorporé. Mais pousser outremesure le dit champ en supprimant le sujet, cad la structure intentionnelle qui le sous-tend, est une perte irrémédiable ; il y a un champ parce que marqué, encadré, instancié de sujets. La perception existe par et pour des sujets et le « sujet » doit y être exprimé et positionné explicitement. Le christ traverse le champ qu’il crée, c’est même cela qu’il annonce en s’annonçant lui-même ; « je suis le chemin, la vérité et la vie » « qui me voit, voit le père » et toutes autres formulations sidérantes.

Or depuis le christique qui assène massivement l’unique loi, il y eut le déploiement de tous les champs possibles à partir du premier sujet, le surdivin, créant la plus grande possibilité de retour dans l’articulation qu’est le réel.  

Et nous sommes encore loin de parvenir de penser ce qui peut bien se concrétiser dans et par l’instruction du donné et de la matière par ce retournement du dedans-même de la perception qu’est la perception, qui n’est rien que de la réalité ; la perception est un tel retournement mais qui aboutit à la possibilité interne qu’elle est depuis le début, alors oui il s’agit de la même création, continuée.

Traversée par le réel pur, lequel est constitutif. Et si il se manifeste comme tel, cad entièrement de sa position, ça ne sera que d’un sujet ; seul un sujet s’annonce lui-même, la forme même du christique (de Descartes, de Rimbaud, de Nietzsche, de qui l’on voudra) cette forme même est la verticale, unique et exclusive ; la perception n’est rien que la réalité en ceci que tout ce qui est déterminé, l’est dans et par la détermination. On veut dire qu’une abeille n’existe pas autrement que dans et par son comportement d’abeille ; dans la détermination il n’y a pas de second plan, second horizon ; elle est toute entière exposition et manifestation. Sauf donc la forme même. Ce qui ne se voit pas, non par dissimulation ou retrait, mais parce que c’est cette position même qui fait-voir. Rien n’est donc caché et rien n’est ignoré. Et l’initialisation du processus est intégralement exprimé dans et par le christique, qui se signale précisément de ne rien garder.   

Les choses sont intégralement ce qu’elles sont, mais l’exister des choses non.

Parce que la structure est toujours plus grande que l’acquisition et qu’elle grandit par le déploiement de la détermination. Elle est ce qui pousse la possibilité de la possibilité, la possibilité dans la possibilité. Et de cela nous sommes comptables.   

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Le divin réel

31 Août 2019, 13:00pm

Publié par pascal doyelle

On disait donc.

Foi et croyance 
Ceux qui croient que « dieu » est une station de repos, que l’on sera si bien entre soi et qu’il n’en ressortira rien d‘autre que la plénitude, se trompent. « Dieu » est activité et ce qui semble les extrémités de tout ce qui est, les plus distinctes possibilités et les efforts les plus impossibles, en ce monde, en cette vie, en ce corps, littéralement selon ces nerfs et ces muscles et ces os, ces extrémités-là constituent précisément les débuts, les prémisses, les commencements de l’autre royaume, et des autres possibilités ; les possibilités élevées ici bas, dressées, sont les dessins et les capacités, littéralement, qui viendront ; si le réel, qui est le présent, est cela qui existe alors accélérez les mouvements de votre conscience ici même et maintenant ; les plus amples ou les plus précises activités en ce vécu seront les acquis et les bases de ce qui se tramera, se dessinera plus tard. Les matériaux des élaborations qui viendront. Rassemblez ici même selon les possibilités qui viendront. Tout a déjà commencé, effectivement. N'a jamais cessé de commencer. Et donc il s’agit, pour chacun, de rendre le plus exactement et le plus intensément et le plus distinct possible les capacités qui ailleurs et au-delà permettront de vigoureuses possibilités, fructifiant des décisions et des intentions de l’ici et maintenant.

Reprenons.

Il faut considérer que ce qui se réalise, se rend réel ici même, ici bas si l’on veut, constitue à ses extrémités, sur les bords extrêmes du possible, l’ouverture du possible même.

Ceci est supposé (c’est pure supposition) relativement à la nature étrange de ce qui est ; pourquoi existe-t-il un présent ? On peut évidemment considérer que le présent (le laps de temps) est juste un résultat, il y a énergie, matières, espace-temps, voila tout. Il est admis ici que le présent, le laps, n’est pas du tout un résultat, mais l’acteur, l’acte lui-même. Il y a un univers afin qu’il y ait un présent et qu’en ce présent se produise quelque chose.

Mais bien sur ça ne sera pas une « chose ».

Or si le présent est dimensionnel (ce à quoi revient ce qui précède) alors il n’est pas « dans le temps » mais insiste comme exister. Pas comme existence, cad comme réalités particulières et indéfiniment nombreuses et variées et chacune tout à fait distinctes les unes des autres (ce qui est quand extrêmement perturbant, parce qu’extrême en et par soi-même ; pourquoi toute réalité est-elle absolument distincte de toute autre ?) Non comme existence donc mais comme exister. Ce qui se focalise sur le Fait même. Et qui considère, par quelques méandres, que ce fait n’est pas d’une seule pièce mais est un mouvement et que donc le mouvement est cela même qui existe.  

Est-on ou non en mouvement ? En ce cas, comment ?

Exemple. Si dieu n'est pas mort, quelques uns sont mal partis. Non seulement de ce qui les attendra (soit donc la dispersion indéfinie et jusqu'à l'inertie désespérée, et qui reste supposition) mais de ce que ici même, ici bas, ils n'auront tout simplement pas exploré leur propre vie mais ce seront contentés de l'écume de leur existence (ce qui les regarde, on est d’accord) De l’écume parce qu'il se peut (indépendamment de l'existence réelle de dieu ou non) que cette hypothèse rassemblait réellement l'ensemble de tout le possible admissible, aimable, adorable peut-être mais en tout cas tout le possible structuré… et que le reste n'en est que la dégradation. La question est, littéralement, quelle hypothèse nous assure du plus grand mouvement ?

C’est en ce sens qu’il faut pointer les positions les plus élevées, les extrémités du réel, tel qu’éprouvé et sous entendant que poussé à ses limites l’on perçoit de et selon la structure même (et qu’il est impossible qu’il en soit autrement). Et cela signifie les situer comme marques sur la carte du réel hors desquelles situations le réel n’apparait pas comme il se doit. Il est clair que l’on n’en voit pas le bout, du réel, mais les marquages, les repérages s’utilisent comme échelles et supprimez l’échelle et voyez ce qui arrive. Supprimez dieu, Platon ou Kant ou la révolution, et que reste-t-il ?

On comprendra donc qu’il ne s’agit pas de juger de l’élévation pour l’élévation, sorte d’adoration en somme, mais de technologie mentale, ou spirituelle si l’on veut, ou plus surement de technologie intentionnalisatrice qui entend repérer sur la carte du réel, ce qui tire son efficacité, son effectivité, sa performance, sa capacité et sa potentialité, cad sa puissance, suffisamment loin, de telle sorte, éloignée mais liée, qu’elle permette d’architecturer des stratégies.

Ce qui veut dire que la réelle stratégie est celle de la vérité, étant entendu que la vérité est l’expression diffractée de la dimension ; celle qui n’apparait qu’au Bord ou au bout du réel (et au bout du corps, comme le montrent les esthétiques et poétiques) ; diffractée parce que l’on ne peut pas importer la dimension dans le monde, le réel dans la réalité, mais percevoir la réalité à partir du réel et donc se confier à la conversion (vers l’universel grec), à la foi (christique), à la suspension de notre être (en faveur de la structure du sujet, cartésien, kantien, etc, jusque Lacan), en la perception qui attire le corps et dont les esthétiques et poétiques avance le point jusqu’à ce qu’en nous « il perçoit » ; toute esthétique ou poétique se tire d’une position de structure, hyper objective.

Si on ne suppose pas cette dimension, on tombe dans le donné, la dispersion, l’absence de stratégie et la mise en place de tactiques faibles et désorganisées, non pas désorganisées immédiatement mais à terme ; elles ne supporteront pas, ces tactiques, ni le réel ni en définitive la réalité, puisque toute tactique qui prend essor d’une partie du monde, et non de la forme du monde, s’épuisera de cette partie prétendument privilégiée.

Pour toute humanisation le problème de l’orchestration de l’architecture (il faut toujours choisir des parties de monde, de vécu ou du corps) est fondamental ; aussi abandonne-t-on l’architecture pour une orchestration immédiate ; l’architecture présuppose que chaque individu soit un sujet, et qu’il est impératif d’élever ces individus vers le sujet ;  un par un. Ce qui est évidemment beaucoup plus difficile que de décréter de la vérité abstraite ou d’une idéologie, plus ou moins hallucinée ou plus ou moins structurée. Il faut saisir qu’œuvrer afin que des sujets soient, est beaucoup plus concret et plus réel que propager une pseudo résolution copiée collée.

Pour que se constituent des sujets il faut qu’ils soient saisis de leur corps et non pas qu’ils arrêtent celui-ci selon le regard des autres, et l’ensemble des images, qui paraissent perçues individuellement, expriment et manifestent le regard des autres, et ce d’autant plus que celui-ci est présupposé et non explicite, qu’il est caché, ce regard des autres, dans les images elles-mêmes, aussi l’empire mass médiatique extraie tout arc intentionnel hors de lui-même ; il est employé à cette fin, même si pour quelques-uns il les repoussera et les lancera bien au-delà de la demi vérité, vers l’instantanée conscience de soi comme rapport et non pas comme contenu ou image ou affect ou inconscient ou dépendance.

Et être saisi de son corps, c’est non pas le percevoir dans une image, mais se percevoir du dehors, par quoi il est requis que s’impose un horizon Autre. Que l’on signifie l’universel, dieu, le christ, le sujet ou le réel, comme l’on veut. Se percevoir du dehors, c’est s’insatisfaire de l’image et rechercher le miroir lui-même, que ne peut traduire aucune image, aucun son, aucun mot, aucun vécu ou corps, et qui par conséquent doit s’élaborer comme architecture et non plus comme fixité, comme stratégie et non comme tactique appauvrie. C’est ce qu’habituellement on a tendance à dénommer « abandon de soi », mais ça n’est pas du tout ce qui est en cause. Cela c’est encore une interprétation très extérieure ; on ne s’abandonne pas « soi », on expose littéralement le sujet et ceci n’est pas désignable mais signifiable.

Rappelons que le sujet est une structure qui contient (puisque les ayant produits, créés, instanciés) dieu, l’universel, le sujet et le réel. Ou ce qui revient au même, exactement au même les ayant reçus. On valide ici absolument, cad formellement, dieu, l’universel, le sujet et le réel et on en admet non seulement l’effectivité que l’on pu déployer à leurs endroits, mais bel et bien que ces possibles de la Possibilité sont, au moins pour l’être humain, de fondamentales ouvertures.

La question n’est pas du tout ; ces possibles existent-ils réellement ou non ; mais ces possibles furent-ils, a minima, créés et effectivement utilisables ? Et la réponse est oui. Donc ils existent. Qu’ils ne soient que des approximations de ce qui nait dans le Présent absolu, formel, n’est pas un problème ; du présent formel absolu il n’est que des approximations… c’est exclusivement de son point de vue en interne qu’il est, peut-être, une non approximation. Et ce point de vue en interne est l’ensemble de tout notre externe, de toute l’externalité, autrement dit de toutes les réalités. Il y a réalités, rappelons, par l’interne surface et celle-ci ne se compose que de ce qui peut être atteint sur l’externalité de la réalité. Soit donc les extrêmes, les extrémités possibles, lesquelles se restructurent constamment.

Aussi est-on appelé à cette restructuration constante de la Possibilité. Tout ne signifie rien que cela. Dieu, l’universel grec, le christique et le sujet et la révolution, le réel et le corps effectif. Et vous créerez nécessairement, de la nécessité du libre absolument pur et brut, le réel. C’est pour cela que tout a déjà commencé.

Tomber vers le bas, la dispersion des déterminations, les découpages divers du monde, la faiblesse des satisfactions selon le corps.

Ou s’élever vers le haut, la distinction qui ne succombe pas, la forme et le Bord du monde, la pensée de l’insatisfaction absolue, formelle, comme loi.

Ce qui fut perdu c’est la capacité de stratégie ; et ceci jusqu’à diviser la capacité intentionnelle, ce qui implique la capacité attentionnelle ; or ceci, cette dernière atteinte, s’aperçoit à peine, puisque finalement il nous est encore et toujours donné de nous saisir attentionnellement de ceci et cela ; l’attention est même sursollicitée, invasion par tous les orifices, littéralement. Sauf que par là-haut les attentionnalités ne se relient plus et s’organisent de moins en moins ; il existe fondamentalement un décrochage de l’intentionnalité, en perdition, et lors même que chaque objet continue de se manifester, l’architecture, l’organisation, elle, ne se nomme plus. L’humanisme n’est plus qu’humanitaire, et l’humanisation relative aux droits de l’homme, de chacun en tant qu’individualité et non pas de chacun en tant qu’universel. Si l’humanisation est individuelle et non plus universelle, cela veut dire que la finalité (dès lors ontologique) ne se visualisera pas comme sujet au-delà de l’universel, mais comme corps, en tant que substrat de toutes perfections du moi.

On comprend bien pourquoi nous sommes passés de l’humanisation à l’individualisation, pour gagner en efficacité et libérer (réellement) les personnes ; mais contrairement à l’hypothèse générale de l’humanisme rationaliste réaliste (à l’humanisation molle) si le moi et l’être humain sont divisibles en parties (de réalités), le sujet, lui, ne l’est pas. Si on pose l’horizon on pose l’horizon (dieu, l’être et l »’universel, le sujet, le réel). Mais si on définit l’humain selon des parties, quand bien même serait-ce pour leur émancipation, l’horizon cesse, de fait.  Et doublement de la sanction, si on libère telle ou telle partie du monde, du vécu ou du corps, ça n’est pas forcément du point de vue du monde, du vécu et du corps, parce que rien de tout cela ne parle, ne signifie de par soi ; on les fait parler. On les fait parler et on les organise à partir d’un discours, cad d’autres consciences qui viennent se refermer sur chacune.

Et donc on a élaboré des discours, tout à fait admissibles, féminisme, libération sexuelle, minorités, etc, mais on a aussi abandonné voire détruits les discours universels (prolétariat, révolution, capitalisme réécrit selon d’autres penchants, mondialisation, politique, remplacée par globalisation, du profit, comme auparavant par la colonisation, etc). Il devenait rapidement ridicule, nommément, de prétendre au-delà d’une certaine limite, supposée naturelle, donnée, constatable, augurée par la mentalité commune, connue par les objectivités diverses ; il devenait ridicule de penser selon la vérité ou de croire selon le christique ou dieu ou d’imaginer une révolution. Qui ne soit pas un ratissage, lui-même très vite rabougri, de petites révoltes individualistes, de celles qui s’autorisent tout et n’importe quoi, de l’orgie aux sectes débiles et autres scarface écœurants ou mafioso presque émouvant ou sérial killer adorablement abominable. Le résultat, les zombis, comme mécaniques vidées, épuisées, dont le centre d’inertie est quand même bien proche de la tombe, de l’enterrement pouilleux et du mutisme radical.   Ils sont très réalistement réduits à leur plus simple individualité et à ce qu’il faut entendre par là ; les zombis n’ont aucun avenir. L’individu meurt, le sujet non.   

Pourquoi ?

Parce que le sujet ne s’entend que tout en haut. Le sujet est cela même qui subsume dieu et l’intentionnel pur, l’universel et l’être et la pensée, le christique et le sujet et la révolution, le réle et le corps rendu à son assomptionnelle autre-surface étrange. Le sujet est la structure par au-dessus, parce que c’est par au-dessus que l’on existe. Par en-dessous on se contente, se satisfait (imaginairement, fantasmatiquement) de vivre selon un corps.

Le moi est structurellement l’objet de l’analyse de Lacan ; le moi est complètement décroché et il ne sait pas du tout quoi faire de son corps, dont on lui a dit pourtant qu’il était « qui il est ». Il ne parvient pas à situer cet être, qui se ballade, pris dans le faisceau d’une conscience qu’il ne positionne pas, parce que pour un moi l’identité est un contenu, il la pressent comme telle, faussement, imaginairement, il croit chercher l’objet ou l’identité réelle, ontologique, mais l’ontologie n’est pas dans l’être, mais dans l’exister et la structure ; la conscience n’est pas, elle existe et chaque fois l’être échappe et cela rend le moi fou. Il voudrait que le faisceau lui montre, lui donne l’être, mais si il y a un faisceau c’est parce que c’est ce faisceau qui existe et que l’être lui est relatif. Et comme la compréhension du moi se fonde sur une logique du contenu (du conscient, du corps) il cherche avec ses gros doigts la subtilité de l’invisibilité de l’arc de conscience.

Comprenons que tout se situe, se place et se déplace dans et par le faisceau, aussi tout contenu est à la fois l’effet de cette conscience-çi, de celle-là, d’autrui, de l’Autre, du regard, de l’objet regardé, etc. On ne peut pas localiser le regard parce qu’il regarde partout (à comprendre comme ; qu’il regarde partout où il regarde et non pas qu’il serait omniscient, quoique dans les faits c’est comme si il l’était).  C’est pour cela, n’ayant pas isolé la structure de conscience, que le moi, dans le tomber-amoureux, se perçoit du point de l’autre (qu’évidemment il ne connait pas, qu’il suppose et qu’il imagine, laissant entrer alors tout son propre faisceau dans le faisceau supposé de l’autre, ses attentes, mais décuplées ou transformées ou vraiment ignorées). Ce point-autre est pour lui indénichable ; toujours il croit aux contenus et ne comprend pas qu’il s’agit de la forme des contenus.

C’est pour cela, à tort ou à raison, qu’il n’existe christiquement qu’un seul point-autre par lequel tous les autres passent ; c’est parce qu’il n’existe réellement qu’un seul point-autre. Dans le fait même.  

Le christique est par ailleurs historiquement (sinon absolument pour les croyants) le point-autre fondamental et fondateur. Sans lui rien n’est, et par lui, qui s’absente et parce qu’il s’absente, vous existez. Il incarne l’ensemble du vécu d’un moi, de la naissance à la mort, dans l’injustice et selon le plus petit d’entre nous, etc, et sa transformation de moi en sujet. Non seulement on ne devient pas un sujet sans l’universalité mais de plus c’est encore plus impossible sans le point radical et autre qui « perçoit ». Tient dans le faisceau tout le vécu et tout le corps. Ce que l’on nommera ensuite le moi et la vie individuelle n’est pas « ce qui est désigné » (en quoi l’on croit imaginairement) mais « selon le point par lequel » c’est désigné (point qui lui est réel, cad sur le Bord, de l’Autre côté). C’est le point de perception qui est signifié (même si c’est le moi et le vécu et les sentiments, etc, qui sont nommés) ; c’est le lecteur qui compte, non le roman qui est lu. On prend la forme de la perception mais bien sur c’est aussi ce qui est perçu ; le déballage du vécu et des désirs et des angoisses, des images et des trajets d’existence et la proximité de plus en plus réelle (par le cinéma par ex) mais aussi de plus en plus éloignée et rendant fou, parce que ça n’est jamais « ça » qui appartient à l’autre surface ; et le christique tout cela n’aurait pas lieu, pas de lieu, de point par lequel se percevoir soi-même.

Rappelons que le christique n’est pas d’abord un débat moral ou moralisateur, mais une enquête sur « ma véritable intention ». Et qui met en jeu ma crucifixion et ma salvation, en quelque sens que l’on donne. Et comment orienter ou réorienter cette intention. Et l’interrogation désormais ouverte par l’analyse de mon intention ne peut pas se conclure sur quelque formulation qui sera toujours relative à l’être (au mieux, mais qui peut aussi s’enfermer dans l’immédiat et la facilité, de seulement être-là pire qu’un animal, parce que l’animal est son unité, tandis que nous, nous imaginons être notre jouissance) toujours relative à l’être tandis que l’intention relève de la structure.

Les haines qui convergent vers le christique entendent toujours remplacer cette inquiétude et cette analyse par une identité (angélique ou diabolique ou réaliste ou naturaliste, etc). Et qu’il soit, le christ, le rappel constant de la Possibilité, le par-don, le renouvellement continuel, signifie qu’il juge en et par l’intention, par l’intentionnalité, qui n’est pas le représenté ni le conscient. De même Descartes n’instaure pas le conscient et la « volonté » roide, mais leur suspension, leur distance, leur position sur l’étendue, pareillement Kant et encore plus Hegel (par lesquels la distance prend une ampleur considérable, la répercussion infinie de la distance soudaine. Suivra Husserl qui commence de démonter le faisceau lui-même de la structure suspendue. Et évidemment Sartre qui réinstancie le faisceau dans et par un point, un corps, le regard, et celui des autres, et le monde et l’existence, et l’historicité et le groupe, etc. tout ceci fonctionne dans un espace très restreint parce que l’on suit parfaitement, ou aussi parfaitement que possible, la structure réelle, active et décisionnelle.

La structure décisionnelle n’est pas du tout évidente ; elle ne consiste nullement à se tourner consciemment de gauche ou de droite ; de même que la liberté n’est pas de choisir entre ceci ou cela, mais d’inventer (ce que l’on réalise constamment, tout moi est sa propre invention, résolutions ou irrésolutions et ce via tous les détails que l’on puisse toucher, étreindre, investir, signifier). Le décisionnel est intentionnel et non pas « intention déclarative » ; qui veut faire l’ange fait la bête, pas le bien que je veux mais le mal que je ne veux pas (St Paul reprenant une formule connue par ailleurs), etc. Et si le christique est toujours-autre c’est afin que le décisionnel s’instancie à distance et selon l’autre-point ; cette altérité c’est ce qui garanti, porte, suppose la vérité (et non pas la facilité ou la subjectivité) et rend possible que l’intention soit une intentionnalité (non finie) et ouverte toujours à son propre remplacement : ce qui est ce par quoi on peut se supposer au-delà de toutes les formulations et engendre l’analyse de structure qui-ne-se-saisit-pas, ce qui est constitutif de ce que l’on entend vraiment par « vérité ».

La vérité n’est pas un contenu électif mais la forme même de sujet tel qu’il se suppose sans s’atteindre et ne se saisit que du dehors, ou donc qui-en-est-saisi. Le reste ce sont des formulations d’orgueil, soit donc qui prétend instancier la vérité (ou le réel) de par soi seul. Le réel est alors la vérité parce que le réel est l’articulation en acte, et la complexité, le rendu complexe du réel comme étant acte.  Ce qui revient à produire le réel comme retour sur lui-même, à entendre comme re-tour, nouveau tour. La capacité de remodeler le réel à partir du réel est la définition même et le sens absolu, formel, du réel ; le réel est fait ainsi et est fait pour cela.

C’est ainsi qu’il n’est pas acquis mais en acquisition. Et c’est alors entrer dans l’acquisition. La récupération valide, légitime de toutes les positions qui eurent effectivement lieu et dont on ne comprend pas la réalisation comme mondaine ou selon l’être mais comme impossible, structurelle et sur le Bord et au bout du corps, sur l’autre-surface du corps, dans le champ étrange de perception. Le moi déprime de ne pas saisir la réalité (ni son bonheur et à peine ses satisfactions), mais c’est qu’il n’est pas rétrograde, le moi, contrairement à tout ce qu’on lui raconte et tout ce qui le définit et l’image selon les médiatisations et les objets, tous réalisés, est mais prospectif, en tant que sujet et le sujet n’est pas, il ex-siste et son registre, absolu, cad formel, est l’insatisfaction et l’analyse, la cartographie de la surface du réel.

Et que toute position re-commencera, commencera à nouveau la Possibilité ; le réel ne peut pas exister autrement que comme Possibilité. Or si tel est le cas, ce dont on garde mémoire, réelle, se dessine comme la forme du réel ou, pour nous, de l’arc de conscience dans l’arc du présent ; le trajet, que l’on effectue, est le tracé à la surface réelle externe et c’est ce trajet qui constitue la face, cachée, interne du réel ; celle que l’on ne perçoit absolument jamais nulle part, mais qui reçoit l’ensemble de tous les tracés.

Pour dire le vrai, on est absolument certain, ici, des extrémités atteintes de la surface externe qu’est la réel, mais la face interne de cette surface est seule objet de foi.  Dieu (comme principe pour nous, êtres humains), Platon et Plotin, le christ, Descartes, Lacan ont effectivement eut lieu (de même que la révolution) et s’imposent comme parcours tels quels absolument, formellement épousant le réel externe, mais que cette dimensionnalité de la réalité et du réel se tiennent d’un point interne (à toute cette externalité) est seul objet de foi. Outre les grandes expériences, réussies, toutes, les esthétiques et les éthiques, les politiques et les idéels (connaissances et objectivités), les humanisations et les personnalisations, le tout est de disposer d‘une vraisemblable carte du réel.

Du réel en tant qu’il est fait pour tenir les trajectoires de chaque rapport-à-soi (que l’on nomme « conscience ») et qu’un tel rapport-à-soi, de par son exceptionnalité, rassemble tout ce en quoi pour le moment on peut saisir du possible, de la Possibilité (qu’est une réalité) ; son exceptionnalité consiste en ceci qu’il lui est possible de relancer sa réalité, il lui est possible de remodeler le possible. Or cette absolue faculté de remodeler la réalité à partir du réel, rien n’aurait de sens, de direction, de capacité effectivement réelle.

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Initialisation

24 Août 2019, 09:04am

Publié par pascal doyelle

La philosophie, et ce contrairement à tout ce qui se croit et se prétend, n’est nullement attachée à un contenu exclusif, qui serait « le savoir » ni donc à un anti-savoir ; en somme on ne peut pas dire que la réalité est l’idée gigantesque de l’être (qu’il soit l’être grec ou dieu scolastique) et on ne peut pas dire qu’elle soit la Volonté nietzschéenne ou l’Etre de H, ou quelque figuration que ce soit. On ne peut pas qualifier le réel ; on désigne sa position.

Dépassement donc de la philosophie par elle-même ; elle n’a fait que cela, depuis le début. Elle est la discipline qui surgit afin de comprendre la restructuration de l’humain autour de la méditerranée, lequel bouleversement est l’émergence dans le champ de perception de la structure de conscience (l’intention-dieu, la cohérence des intentionnalités-idées/systèmes). Ce par quoi on ne se confie plus au contenu de conscience mais tel que l’on se saisit comme producteur de contenus (production qu’il faut comprendre comme liberté/dieu/christique/sujet et comme universel/pensée/être).

C’est pour cela qu’il n’existe que quatre auto-positions du réel comme tel (si nous survivons il y en aura d’autres, la Possibilité de la forme, qu’est le réel, est non finie) ; dieu (l’intention), l’être (la mise en forme des intentionnalisations sous la formulation de l’universalisation des intentionnalités), le sujet (le retour sur lui-même de cet être qui n’est pas un être déterminé), et le réel (soit donc l’altérité qui emplit notre horizon depuis deux siècles).

Depuis des lustres encore beaucoup s’attachent à tel contenu exclusif ; qu’il se présente comme savoir ou anti-savoir revient au même, parce que par anti on prétextera tel ou tel donné, supposément anti chrétien, anti idéaliste, anti humaniste, anti ceci ou cela. Or si les savoirs en question, auxquels on s’opposent vigoureusement, étaient vraiment leurs caricatures (un humanisme figé, une rationalisme froid, un monde donné étal et un vécu plat, si plat) on pourrait peut-être éventuellement les retourner en anti-savoirs plus vivants et plus démonstratifs ; mais d’une part les savoirs en question sont des se-savoir (cad des mouvements) et d’autre part cette idée du plus-vivant-que-vivant est doublement absurde ; il n’y a pas d’état idéal du donné, du vécu ou du corps, et fondamentalement le vivant et le donné sont des rapports eux-mêmes et non des consistances ; on ne peut rien fondé de global, d’universel, de Un, sur les réalités, qui se dispersent comme le sable dans la vague du temps, cad du présent.

On ne peut fonder que sur le mouvement pur, et dieu, l’être, le sujet et le réel sont ces descriptions du mouvement.

Le se-savoir, qui n’est pas un savoir, est la connaissance du mouvement comme mouvement. C’est en cela que la scission, la distinction, la rupture est fondamentalement ce qui existe. La rupture n’est pas ce qui arrive « à » quelque chose, c’est la rupture, le décalage, l’articulation qui seule existe et devient, au travers des déterminations et des distinctions.  Seul ce qui est formel peut devenir sans périr, la forme du présent est non temporelle ; le temps, qui est, réellement et effectivement (selon l’être qui est relatif à l’exister) est dans l’instant présent unique (dont on ignore les possibilités internes). Si le donné n’était qu’un là inerte, si il n’était qu’une détermination toujours de fait limitée, ce que l’on nommait le fini autrefois, d’une part évidemment cela nous déprimerait structurellement, mais de plus comment le réel pourrait-il n’être que fini ? Ce qui est fini, et n’est que tel, s’effondre. Continuellement. Est destiné à disparaitre.

On a vu que si la réalité est le prochain néant sans aucun souvenir et ayant tout absorbé dans la vacuité froide de la dispersion des galaxies et des soleils éteints, à quoi toute cette dépense d’énergie servirait-elle ? Plus personne ne se souviendra non seulement de vous, mais de Rimbaud ou d’Einstein ou des grecs. Néant total. On pose la question, chacun y répondra.

C’est ce qui arrivera si effectivement le néant et l’étirement de l’espace dispersait définitivement les galaxies ; cette logique s’inscrit fondamentalement dans la réalité en tant que décrite autrefois comme finie.

Mais la loi du réel est la Possibilité, de même que le néant est tout aussi réel que l’être, et que l’être est distribué comme être-spécifique (déterminations) et exister doté de poches de réalités, d’êtres déterminés, pareillement le structurel, la dimension qu’est cet exister est donné telle quelle dès le début et tout autant que tout le reste. Dit autrement : il n’est pas pensable de concevoir le devenir infini des réalités (qui aboutissent toujours, et de structure, dans le néant) et si la réalité ne peut pas se supporter elle-même, c’est que ce qui se porte soi-même se tient et ne peut se tenir que de soi. C’est ce que l’on nommait autrefois infini. 

Ça ne veut pas dire a priori (ni a postériori du reste) que « ce qui se veut » a créé le donné, la réalité, mais que l’on tient les deux bouts de la ficelle ; d’un côté la réalité de déterminations et de l’autre l’instant unique de structure qui, comme son nom l’indique, structure la détermination. Et on précise, ajoute ici que la forme structure continuellement toute la détermination et que constamment l’exister, le structurel s’informe et non seulement décide mais se re-décide et se modifie afin de toujours s’élever encore plus haut.

Et on désigne sa position parce que, aux dernières nouvelles (Husserl et Sartre), notre être n’est pas une détermination mais une structure et la dite structure intentionnelle ; par structure il ne faut pas entendre un bloc ni une mécanique mais un rapport ; c’est le rapport qui est structurel. Il s’agit on l’a dit, que l’arc de conscience est une tension qui sort de chaque cervelle dans un Corps, vers le donné là du monde et crée de la sorte d’une part un horizon (et non plus vit dans son milieu de vivant) et d’autre part crée une autre-surface du corps (sur laquelle cela s’écrit par des signes, qui sont des rapports, des langages par ex).

De sorte qu’en tous les cas, tous, il est des contenus mais pris-dans et pris-par une forme, qui n’est pas mais ex-siste et s’impose comme tendues (selon les quatre formes, tels des ponts ou des possibilités) vers le donné tel que « là ».  

La finalité des quatre formes est de produire en chaque arc de conscience l’articulation fondamentale. Chaqu’un. Que chacun parvienne à concevoir, admettre, percevoir, éprouver les quatre formes du réel, l’une ou l’autre ou les quatre. Que cette formulation devienne son corps et que peu à peu ce corps agisse de la surface externe vers la surface interne (ce sont deux surfaces, raison pour laquelle ça n’est pas une « intériorité » mais une « interne »). Que cela se retourne. Mais les deux surfaces se retournent toujours, l’une vers/par l’autre. Que l’une surface s’entame comme l’autre surface. Et que l’on comprenne alors, puisque ce mouvement de glissement est porté à nos yeux depuis les grecs et depuis dieu/le christique.

Qu’il ne soit plus un vivant (dont l’ancrage ou la densité ou le centre de gravité des intentionnalités resteraient seulement axé selon la vie en lui) mais qu’il devienne un existant, soit donc le pur et brut mouvement.

On ne parviendra nullement à stabiliser la forme, le rapport cad le mouvement ; cessant d’être mouvement il cesserait tout court… De là que l’on prétende que l’absolu est un mouvement indéfiniment réel (indéfini au sens où l’on ignore « où » il va et lui-même ne sait jusqu’à quel degré il peut s’élever ; il est digne de dieu, du divin de n’exister qu’en tant que mouvement, formel, indéfiniment progressif ; un être fixé et figé, objet d’adoration, est absurde, et de fait le christique et le dieu monothéiste ne disent pas qu’il Est mais il dit « je suis » ou « celui qui sera » ou « celui qui est en cours d’être », autrement dit qui Ex-siste).

A propos du christique que ce mouvement ait pu être dit et annoncé, reste stupéfiant et on ne saurait en aucun cas l’expliquer. Rien de ce qui était alors n’y prédisposait de même que rien ne prédisait le christique (sinon dans l’AT évidemment) : le christique est intégralement à rebours de quasiment toutes les sociétés et les institutions humaines, et outrepasse même la pensée grecque (qui sera repris intégralement dans la Nouvelle Structure anthropologique).

Comprenons bien qu’il existe, de toute apparence, des avancées de structure qui dépassent et anticipent, par on ne sait quelle mesure selon le réel, et tout ce que l’on dit ne peut être compris qu’au-dedans du Mouvement. De ce, de ces mouvements, hyper réels.  De même qu’en son ordre on ne peut pas aller au-delà de Descartes ; en somme on précise ceci ou cela à propos de Descartes, on commente, et c’est tout. Il existe des points de rupture qui s’appartiennent. Mais non en cela que Descartes était génial à un tel degré mais simplement qu’il a montré, là au-devant, le sujet dans son réel, cette structure affleurant ; ne parvenant évidemment pas lui seul d’en faire le tour. Beaucoup seront requis afin d’avancer alentour du réel brut découvert, comme le rocher profond.

Et ce qui apparait, ce qui a causé autrefois le dépassement des mondes particuliers (par l’intention nue et claire de dieu et l’universel de l’être, soit donc la mise en cohérence des intentionnalités possibles à propos de la réalité), cette structure en plus de tous les contenus c’est réellement ce qui a déroulé l’historicité depuis 30 siècles ; ayant pris appui sur son émergence au-dessus de tous les mondes, toutes les représentations, tous les discours, c’est l’ensemble de l’anthropologisation qui fut démontée et remontée. Pièce à pièce (puisque la forme, structure de conscience intentionnelle est vide).

C’est donc le réel brut qui surgit et s’impose. Rappelons que le réel est toujours d’une brutalité extrême. Ce qui ne signifie pas d’une violence qui se répercuterait mais d’une rupture ; le réel nait de ce qu’il se suppose. S’il ne supposait pas il ne naitrait pas. Et il y a un présent que le réel se tire de sa propre mécanique d’exister, « volonté » qui alors n’est plus structurellement assujettie au passé mais à « ce qu’elle veut », par définition... Mais  brutalité, ontologique, qui explique ou manifeste la non humanité (qui n’est ni l’inhumanité ni la surhumanité bien connues), la non humanité de ce qui est « Le Réel » et par quoi l’exister, cad le présent doivent être nommés comme Dimension. Et on peut dire qu’il y ait un présent signifie qu’il y a Exigence.

Et donc tout dépendra, pour nous, pour chacun, de notre exigence. Et que si il conçoit celle-ci comme une facilité, une spontanéité, ça n’étirera pas notre être aussi loin que son existence le souhaitait, le supposait, le supposait et le supposera toujours (ce qui est la formulation christique probablement fondamentale). Puisque nous sommes articulation, il faut s’articuler de par soi, sinon ça n’est pas de jeu, ça réduit la possibilité ; la possibilité dépend réellement de non pas ce que l’on veut (immédiatement ceci ou cela) mais de la stratégie (qui est toute différente que le conscient, l’intentionnalité n’est pas la « pensée », on pourrait même dire qu’elle est le Corps).

Cette histoire de structure

Ce que Descartes expose c’est une structure, réelle, et effectivement « là ». Et en aucune manière une « idée ». Même l’infini dès lors n’est plus une « idée », raison pour laquelle il semble, semble, faire appel à la démonstration de dieu, mais qu’en réalité il n’en est rien. L’infini est la structure du sujet et non pas « une idée qu’il a » (la volonté est le sceau, infini, de dieu en nous et non pas « la-pensée »).

Comme il montre là au-devant le monde comme étendue (rendant impossible qu’il soit pensé avec des discours), de même il montre le sujet, comme source formelle, antérieure à la pensée ; on a quitté de fait la transformation du donné en idées ; mais non pas refus des idées, bien plutôt pli des idées dans le champ du sujet. Des moyens en somme. Qu’il faut utiliser comme tel et non pas s’y réfugier comme substitution au réel, aux réalités. Croire que Descartes est « métaphysique » est une aberration ; il est ontologique et expose la structure du réel ici même tel que là. Et telle qu’éprouvé par chacun.

Le discours métaphysique (depuis les grecs et jusqu’aux scolastiques, ou les chrétiens théologiques) est dépassé par Descartes et se déploiera (à part les redites de Leibniz et Spinoza) comme réflexivité de la structure sur elle-même ; y compris Hegel qui expose les phénoménologies d’une structure et la laisse nue et sans plus rien, sauf sa forme : Husserl et plus loin encore Sartre.

On s’accrochera encore ici et là à la définition d’un contenu (la volonté de Schopenhauer ou de Nietzsche, l’Etre de H, le vitalisme, l’économie, l’inconscient, le désir, etc), mais peu importe parce que c’est la forme de structure qui est apparue là sous nos yeux et que l’on ne peut pas penser adéquatement la forme vide du réel (et de notre « être ») sans élaborer l’outil requis  (la volonté par ex est un signe ou un symptôme du « sujet Nietzsche »). La forme dont Kant, entre autres, cherche la spécification. Mais étant une structure, réelle, on ne peut que « tourner autour », comme de n’importe quelle chose existante.

Sauf  que nous ne sommes pas des choses (et donc pas des corps-langage, cervelle-cognitions, moi-désirs, etc)  nous ex-sistons ce rapport existant, et que son « contenu réel » est notre décision, ce qui veut dire l’orientation intentionnelle du flux et notamment sa mise en réseau, ce que le christique nomme le Saint-Esprit (depuis le début le souffle de dieu produit les réalités, les choses et les êtres). Ou la Révolution.   

La présence en nous de ce rapport est tel que rien de ce que nous sommes, en termes de réalisations effectives, n’apparait sans le champ purement intentionnel et posé là au-devant, dans le monde, le donné ; c’est de la surface que nous naissons, du dehors, de l’externe champ étrange. De même que le christique crée les âmes par l’externe regard non fini du sujet. Ce qui se nomme autrement l’actualité, l’actualisation du possible qui vient au-devant, en avant, dans le présent qui avance vers nous. Ceci est la possibilité absolue, formelle, de structure qui affecte invinciblement le corps (puisque l’on a un corps uniquement par l’intentionnalité qui nous arrive expressément d’en avant ; là où nous sommes nés, c’est au-devant et peut-être est-ce cela même qui nous revient exceptionnellement de et dans la Dimension, à voir).

Il ne sera pas, jamais question de posséder cette structure, ni même d’en concevoir la transformation en objet mental ou idéel ou imaginaire ; puisque c’est la structure qui rend possible la représentation, l’idée ou l’imagination et comme de juste la perception même, toute perception (c’est parce que pris dans et par une intentionnalité qu’il existe, pour nous, une perception). Or la structure est saisie du réel et non l’inverse. Il est dans la structure même de l’arc de conscience intentionnel de dépendre de plus grand que lui-même. Que serait une affirmation de « soi » là où il est un sujet et non un « soi » ? On admet donc que le sujet, en chaque moi, est plus grand que n’importe laquelle des déterminations du moi. Le moi est une partie seulement du possible de chaque arc ; moi absolument nécessaire et il vaut mieux qu’il soit heureux, ce qui veut dire entouré des conditions (sociétales et générales) adaptées, mais aucun moi n’est son sujet.

C’est pour cette raison (révision des évidences) que le christ vient en personne ; afin de créer des personnalisations qui soient des sujets pris dans et par son regard, son intentionnalité, de telle manière que le regard soit non terrestre et puisse se déployer comme hors monde, et donc en plus du monde ; il y a un intérêt plus grand que tous les intérêts du monde, du vécu et du corps, qui dispersent le sujet et provoque l’affrontement et la haine. Un intérêt et donc une stratégie plus fondamentale. Et que toute révolte face à cette éducation, élévation est déjà une hérésie, cad une perte dans un « soi » bizarre et effondré. Remplacer l’autre regard par ceci ou cela du monde, telle imagination ou telle image, c’est en quoi consiste l’effondrement.

Ce qui revient à dire que l’on est toujours dans le marécage de la détermination, sauf à saisir le secours d’un point-autre qui n’y appartient pas. Mais en même temps tout enfoncement dans le marécage se tient toujours de ce point-autre qui est inaccessible, et inaccédé (sauf à croire qu’il est déjà perdu). Et pour cela le christique ne condamne jamais ; il remet les péchés, les erreurs, les égarements, sous condition d’être saisi du secours (à quoi il faut un minimum se prédisposer, sinon on ne l’aperçoit même plus). Le christique a permis de relancer constamment le sujet et ce renouvellement est déjà en lui-même le sujet ; cad l’intentionnalisation, peu importe les intentionnalités.

Croire que l’on sera libre parce que l’on est « soi-même » est un égarement ; il n’y a pas de soi-même, ou plus exactement il y a un soi-même et l’on est ce soi-même, mais précisément nous ne sommes pas de l’ordre de l’être. Lorsque Nietzsche présuppose la Volonté, il s’illusionne mais il ne peut pas seulement se vouloir lui-même, il lui faut être voulu (cad ne pas « être »). Sauf que ce contenu « volonté nietzschéenne » est une sorte de mélange de détermination et d’indétermination qui a pour but explicite de nier la structure vide et formelle ; qui veut croire en son être déterminé à partir d’une détermination qu’il oppose à l’autre (quel que soit cet autre). Mais c’est former un petit cercle dans le grand cercle imprescriptible.  

Aussi la liberté s’entend-elle toujours comme décalage et comme c’est si difficilement tenable, on finit par figurer cette liberté, vite éliminée comme telle, puisque s’y tenir c’est comme de saisir l’eau liquide. Et elle doit donc se configurer selon un plus grand projet… Qu’il s’agisse de l’universel (philosophique ou idéel), de l’esthétique et de l’œuvre, de l’éthique ou de la politique (et de la révolution) ; de l’épreuve ontologique concernant notre ex-sister ; la liberté étant structurelle et forte, très forte, et puissance pure, son investissement, contrairement à toute l’enluminure que l’on nous promet de nous écraser sur une seule vie, un seul vécu, cette liberté donc s’instancie comme créatrice de formes et d’hyper contenus ; cad de contenus qui contiennent la forme de sujet. Qui n’existent que pour et par des sujets et dont le but, la finalité est d’éduquer, d’instruire, d’informer tout arc de conscience. Une œuvre ou une révolution n’existent que par et pour des sujets.

On aboutit alors au champ de perception pyramidal… il faut admettre que les découvertes, au fil des 2500 ou 3000 ans (et au-delà, mais manque de temps pour rassembler) sont toutes vraies ; peut-être ne sont-elles que les champs d’expérimentation de cet arc de conscience (mais même alors Platon ou Rimbaud nous montrent effectivement ce qu’il y a à tenir de la réalité et du réel) mais peut-être sont-elles, ces découvertes, réellement les possibilités du champ dimensionnel ; celui qui se tire du présent hyper actif qui perçoit l’universalisation, le champ de perception esthétique, celui qui se projette universellement comme révolution, celui qui s’initie à l’ontologie réelle selon telle ou telle verticalité … Et le champ personnalisé ; ce que voient les mois selon leur invention, l’invention en quoi consiste un « moi » ; n’êtes-vous que votre héritage, d’adn ou social ou culturel, n’avez-vous pas inventez votre « moi » ? Comment avez-vous outrepassé votre être par votre existence, question sartrienne par excellence ?

Et donc on ne comprend pas encore suffisamment qu’il y ait, au-devant, un champ de perception embrayé. Pyramide d’axe horizontale qui vient-vers-nous. Par le présent.

Par ailleurs on voudrait juger de la réalité du vécu et de l’éprouvé selon la densité du monde, sa détermination si prégnante, si immédiate, mais la formule structurelle de la réalité, en tant que Réel, ne se retrouve pas du tout en ces concrétisations ; c’est au contraire parce que structurelle et définitivement autre que l’on perçoit et que l’on a Créé, ces déterminations et ces pis et replis et ces re-tours, ces nouveaux tours.  

Pour basculer dans la structure il faut y croire, et surtout élaborer une stratégie. Hors celle-ci rien n’apparait et on continue, bon an, mal an, de croire en la satisfaction selon une densité du monde, du vécu ou du corps. Mais elle revient, la stratégie, même contre nous, si la structure est la dimension en laquelle tout existe, la performance, la possibilité de structure qui fut réellement ce qui a pu remodeler la réalisation humaine, au minimum, et dont on peut tenir et réunir les fils (et les fils du père) les plus éloignés et les plus puissants, de percevoir la pyramide de perceptions, des champs de perception, lorsque dieu ou Platon ou Kant ou Fellini ou les Beatles tissent cette cartographie exogène ; il y eut des quantité de sujets …

Il est quand même bien évident que tous ces efforts, implantés par tous ceux-là, dans la texture du monde, du vécu et du corps, appellent une initiation, une initialisation, ouvrent la perspective de toutes les perspectives et que tout est perçu du même plan qui n’est pas dans le monde mais qui, issu du présent, attire tout ce qui est. Pourquoi avancer de si loin sinon ?

Et si le point qui soutient en avant de tout, l’ensemble non exhaustif des fils tissés, cela forme des trajets, qui sont des trajectoires, à la surface du réel comme surface réelle, non illusoire, puisque rien sans elle ne serait effectué.

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La plus grande Possibilité

17 Août 2019, 08:43am

Publié par pascal doyelle

Rappelons que l’autre interrogation majeure, d’un autre ordre, est ; comment expliquer que le réel s’impose par ce caractère de violence, de brutalité, d’horreur, de dégoûtation profonde, d’altérité ? Pourquoi faut-il en passer par cette monstruosité et que signifie-t-elle ? Ou donc constitue-telle, cette horreur, le seul horizon ? Mais c’est une autre perspective.

Ce que nous nommons le présent est le fait d’exister, et ce Fait est effectivement et infiniment acté par l’actualité même qu’est le réel. Parce que le présent n’est pas fixé, figé et donc consiste en une articulation. Religions et mystiques, philosophies et systèmes, structures du sujet et du corps sont enchâssés dans l’articulation et de là nous ex-sistons.

La structure de l’ex-sister c’est ce qui est analysé.

On résume donc.

Il existe un réel vertical qui coupe intégralement tout ce qui est, fut, sera, et inutile de chercher ailleurs : il s’agit du pur et brut présent. Le présent est la structure antérieure à toutes les réalités. Celle qui déroule tout le reste, toutes les réalités, les choses, les êtres et qui crée au moins un être spécifique (que l’on sache) nommé arc de conscience et qui consiste au contraire de tout le reste en un rapport (les réalités sont, l’arc de conscience ex-siste, il se tire de lui-même en tant que rapport).

Cela revient à dire que nous existons d’une part et que d’autre part tout existe dans et par la transcendance. Dans la transcendance qui, pour nous en tous cas, dans ce monde, cet univers, se propose comme présent. Le présent n’étant pas un « être », est plus grand que tout l’être qui se réalise diversement dans ce qu’a priori nous nommons l’univers. Rappelons que le « présent » n’est pas ce vague résultat d’espace temps, mais l’exister. C’est bien pour cela, parce que le présent est la source même, le point originel qu’il est formel, hors étendue et durée, non au sens de les exclure mais de les inclure. Et par source et cause de tout ce qui est, il faut comprendre cause formelle, puisque de fait le présent est toujours … présent, actuel ; il ne cesse pas ayant effectué sa causalité (au seul début du monde par ex). On y reviendra.

Beaucoup croient encore qu’il suffit de tresser un beau système bien cohérent dont l’ordre se prouve de lui-même ; oubliant que l’on peut broder une cohérence quelles que soient les prémisses ; et qu’en vérité l’idée maitresse que l’on entendra prouver (par la systématique, faisant abusivement office de preuve) vient du dehors, du dehors de la pensée ; l’être par ex est une imagination, on imagine l’être comme une grosse boule ronde, massive, solide, consistante mais surtout on a préalablement constaté qu’un être il y a, et il s’agit alors d’une intention structurelle, qui pose « là » qu’un réel il y a, et les grecs pour expliquer cet être créent et usent de l’universalisation, sur les causes effectives et formelles de cet être.

On dira alors que si les éléments de base viennent du dehors, de l’expérience, ça n’est pas pourtant de l’émotion ou du subjectif et autres caricatures, parce que ces éléments de base, ontologiques, ne sortent pas du subjectif … mais de l’expérience interne de la structure qui se-sait, un minimum, étant un rapport ; les éléments de base donc ne sont jamais aléatoires ou délirants ou irréels.

Il est des éléments qui apparaissent subjectivement à partir d’une expérience réelle neuve et inattendue ; que l’univers soit issu d’un big bang par ex ou lorsque Descartes annonce qu’il y aura un sujet qui éprouvera dorénavant au-delà de l’universel scolastique ou même en plus du sujet regardé christique ; le je pense ouvre à une quantité considérable d’aperçus, rappelons que Descartes est très vague concernant la « pensée » ; le champ intérieur est de toute manière rendu accessible par le statut de citoyen libre, chacun ressentant durement, déprimé ou romantiquement, sa destinée individuelle.

Et il y a des éléments qui sont seulement des reprises, des vieilleries (comme des pseudo communautés qui n’augurent plus de la noblesse qui fut bien réelle, mais cèdent à l’ignominie de sectes abominables ou ridicules) ou des délires psycho-individuels, ou des horreurs sociologiques comme le nazisme qui ne prend pas cette forme là sans causes et raisons négatives mais actuelles, et même alors les éléments passéistes ou réactionnaires ou subjectifs et délirants et psychiques et inhumains ne surgissent évidemment pas au hasard et s’utilisent dans telle ou telle configuration neuve qui les suscite. Il n’est donc jamais d’élucubrations mais toujours des logiques et des situations enchâssées rigoureusement qui se déploient comme liberté.

On dira alors, second temps, que si liberté il y a, elle fait ce qu’elle veut comme elle l’entend. Mais qui peut penser ainsi sinon une compréhension abstraite et toute extérieure ? Une liberté placée en telle situation tiendra précisément son indépendance et sa capacité de dominer ladite situation et non de « faire n’importe quoi ». Liberté veut dire non seulement réponse rationnelle mais surtout et fondamentalement réponse adéquate (serait-elle non-rationnelle ou plus vraisemblablement hors champ de la raison, qui est toujours quelque réalité connue, or nous voici confrontés à l’inattendu, autre manière dd dire que la dite liberté invente et qu’elle n’invente donc absolument pas n’importe quoi ; la liberté est le support, la source, la structure même antérieure à la « raison » ou aux sociétés humaines).

Commence-t-on de comprendre qu’il s’agit d’extirper sujet de subjectivité et liberté d’irraison ? Le processus qui conduit de Descartes à Lacan n’a aucun autre but ; exposer sur-objectivement (philosophiquement) le dispositif de « sujet » comme cohérence de structure plus étendue et plus précise que toute représentation toujours partielle, que cette représentation soit rationnel ou irrationnelle, délirante ou psychique (ce à quoi nous pousse la psychanalyse au fond), esthétique ou philosophique (les esthétiques nous in-forme selon des champs de perception, nos récits sont des romans, et non des élaborations mythologiques, etc). Et comme nous avons affaire à une structure réelle et « solide », résistante, effective, agissante, aucune des systématiques qui décrivent cette structure ne suffit à épuiser l’être-de-l’homme (qui n’est pas un être et qui n’est l’homme lui-même… de fait).

Le sujet et la liberté sont précisément les causes, agissantes, antérieures à cela même que l’on cru ou dû nommer le logos, la raison, la rationalité, la science, etc (de même que les sciences sont assurées dans un Etat et parmi des citoyens ; le droit prime tout et est plus exact que les sciences et porteur d’une infinité d’effets). Et donc manifestent, sujet et liberté, une bien plus grande cohérence que n’importe laquelle des cohérences des « systèmes ». Et la vérité, réelle, du sujet et de la liberté ne consiste pas à répondre rationnellement mais à inventer et à inventer, entre autres, divers systèmes rationnels ou non ; ce qui est beaucoup, beaucoup plus étendu. Plutôt que de raison (comme horizon idéal dernier supposé) on parlera donc de cohérence, cohérence d’abord via et sur cette structure réelle active et créatrice, cohérence donc sur et par le réel de toute situation, de tout moment, de toute historicité et de toute humanité ou humanisation ou personnalisation. 

Sujet et liberté, autrement dit intentionnalité qui se crée en-avant ; c’est littéralement de la surface pro-posée au-devant, dans l’actualité, que l’arc de conscience impose sa propre architecture ; une architecture qui dépend de ce que l’on va introduire dans la vision (plus ou moins systématique mais jamais « n’importe comment », puisque la liberté est cohérence étendue, augmentée, intensifiée, accélérée, concrétisée, soit donc grecque, christique, cartésienne et suivants, de matérialisation et d’incorporation de l’intentionnalisation au 20éme). Ce champ produit est réel et actif ; c’est à partir de ses surgissements que nous passons du milieu, relatif à un vivant, au monde, comme horizon non défini. De même que le christique impose que chacun (même l’esclave crucifié) est un tel champ non fini. Qu’ajoute l’expression de cette « âme » ? Se perfectionne-t-elle par cette manifestation, apparaissant dans le champ du réel de se signifier.

C’est bien par cela que sujet et liberté et esthétique et éthique et politique manifestent une cohérence que ne parvient jamais à limiter ou imiter la « raison ». La raison est un domaine relatif même si au début elle était pour les grecs la plus formidable façon d’organiser des systèmes d’intentionnalisations (et donc de créer ces systèmes, et cette intentionnalisation, puisque surintentionnelle par rapport au langage commun) et même si en aucun cas il ne s’agit d’abandonner l’universalisation ; c’est juste que l’universel n’est pas ou plus l’horizon réel. Notant par là que depuis la mise en avant du structurel (de l’intentionnel, par la surintentionnalité des grecs par-dessus le langage commun et le groupe et l’intensification du christique du sujet même par l’incorporation) c’est non pas la « pensée » ou l’être », qui sont comme des finalités inertes ou contemplatives, mais l’articulation du réel tel qui est l’enjeu, et que le réel n’est justement pas un « donné » mais une activité … un mouvement qui doit se saisir lui-même comme mouvement, cad comme non pas le « même » mais comme Autre. Le mouvement d’altérité est la structure.

Il n’y a pas, jamais et n’existera jamais un « système » cohérent suffisant ; si le sujet et la liberté existent, ils sont le système lui-même, cad l’acte. Que le système, réel, soit le sujet et la liberté (tel que ce système réel nous est en tous cas ici et maintenant donné, ce qui veut dire qu’il peut potentiellement se présenter ailleurs autrement) nous entraine vers une infinité d’innombrables possibilités dont il nous revient de déchiffrer ici et maintenant dans cette réalité les structures ; c’est ce que fait la philosophie et ce que prévisualisaient les religions, ou les champs de perception esthétiques, etc ; rien de cette pluralité d’expériences n’est illusoire ; nous sommes passés par-dessus le jugement, si limité, de l’expérience ontologique comme aberrante (jugée telle par la « raison ») et au sens où la nature énigmatique du réel est admis comme le Fait absolu et formel.

Liberté et conscience c’est ce que met en place Sartre, grâce lui soit rendue, de n’avoir jamais plié le genou, et bien qu’il pèche précisément de ne pas concevoir l’individualité de l’arc de conscience… pour lui c’est un champ, uniforme, alors qu’en réalité il ne peut pas exister un tel champ sans qu’il soit à, pour, par, et selon quelque « un ». C’est ce que signifie qu’il soit créé, ce champ, dans l’actualité de son activité, de son Exigence (que toute détermination soit un « péché » si l’on veut, une dégradation, au sens où malgré toutes ces bassesses l’intention majeure doit se renouveler, le christ est venu pour cela ; tout est pardonné à condition que l’on relance sans cesse).

C’est de cette manière que Sartre est fondamentalement critiquable ; il ne voyait pas que le sujet ne tenait pas à une conscience de base uniforme et pour ainsi dire générique et ne s’individualisant que dans le laps d’une existence mondaine ; parce qu’une telle conscience de base n’existe pas et n’est pas un donné du monde, de l’existence et ce pour la raison qu’elle n’est pas un « néant »… On touche donc au fondement même de la théorie sartrienne. Il n’y a pas, n’y aura jamais de conscience générique mais toujours et rien que des consciences en acte qui se créent de ce qu’elles (se) projettent en tant que champ. Il n’y a rien d’autre que le champ tel qu’il se produit en se tirant en-avant. Donc aucune générique.

On projette seulement la conscience que l’on existe, en faisant comme si elle était partagée, mais c’est juste la conscience que l’on est ; il faut insister ; il n’existe que des consciences une par une. C’est la forme même du réel. Le réel s’avance jusque là (au minimum… jusqu’où s’avance-t-il réellement si ce qui est est l’exister ?)

Commençons de comprendre.

Dans l’incommensurable unicité. Ce qui est une autre manière de dire dans l’altérité, la distinctivité.

Dieu est l’unicité rassemblant toutes les unicités. En tant que telles. Etant entendu que l’unicité comprend entre autres l’universel, au sens notamment « d’en être capable », d’en quérir la potentialité, la puissance. L’unicité sera donc la structure qui intégrera toutes les possibilités, y compris l’universel. On répète donc : l’unicité, le sujet formel est la structure antérieure qui décide et contient la possibilité de tout le reste. Elle est donc notamment sur/objective-subjective. La liberté ayant en charge d’intégrer la plus grande possibilité est celle qui crée le réel en le poussant sans cesse plus loin, plus grand que lui-même.

Seul ce qui se désigne par « liberté » est capable de porter la plus grande Possibilité. Seul ce qui n’est pas causé extérieurement et ne tient pas à sa détermination est susceptible de modifier sa propre structure.  

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Si la liberté ne désigne plus une sorte d’arbitraire mais l’adéquation même non rationnelle, cad créatrice, alors le système réel de la structure a pour finalité de créer, et de créer non selon une fantaisie ou une jubilation (bien que rendant tout cela possible), mais de créer la structure du réel ; comme si le réel déléguait la Possibilité qu’il existe (puisqu’il est le Possible, néant et être sont à égalité, et également réalisés, le néant n’ayant rien à opposer à l’être, et l’être étant en mesure de se scinder en être proprement dit, cad déterminations, et forme absolue (forcément) de l’exister) à un être spécifique qui n’est évidemment pas déterminé mais existe comme rapport ; le rapport est la conscience de (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non une identité. Passant outre l’impossibilité de définir par la raison, la raison ; ici le rapport peut effectivement être à lui-même son intuitionnel agissement (il est fait pour cela, il existe en tant qu’articulation et non comme réalité).

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L’exercice décisif du réel

10 Août 2019, 08:41am

Publié par pascal doyelle

Principe général : il faut réintroduire dans le monde, habituel, dans le vécu, le corps ou la perception le sens de l’étrange et de l’énigme, celui du mystère insondable. Et ce à partir de ces structures mêmes telles qu’elles existent. Le réel est en mouvement, et c’est ce mouvement qui Existe.

C’est donc la forme du mouvement qui est analysé.

Les religions n’ont jamais flatté notre « ego » mais l’ont régulé. Il fallut le 18éme et puis la débauche d’énergie disponible et gratuite pour que l’on se prenne pour plus grands que nous ne sommes et que l’on cesse de saisir la nécessité de la régulation ; la philosophie a toujours (toujours) validé la règle (excepté quelques effets secondaires ici et là, et les quelques fulgurants un peu égarés), la règle et non pas le dérèglement. Etant entendu que la philosophie a pour finalité, technique, technologique, de produire les conditions d’exercices de l’intentionnalité en tant que celle-ci doit mesurer, étendre, inventer, créer des intentionnalisations. Elle n’est plus fixée par le groupe ou pas exclusivement, et doit donc être à elle-même sa propre organisation, faisant appel à la création de contenus adéquats (grecs) et à la volonté singulière du sujet (christique) ; former un réseau interne capable de se communiquer à lui-même (de ne pas se perdre de vue, et donc visant la complétude d’un système) et de se transmettre aux autres. Le christique installe donc un « sujet » qui est à lui-même sa volonté propre (on lui reproche cela sous la critique caricaturale de « morale », ce qui est absurde, supposant par ailleurs que chacun ne ressort d’aucune morale ou d’une morale arbitraire ou subjective ; ce qui peut formuler une éthique surindividuelle mais aucune éthique ne tient en ignorant la base de la morale, l’universel).

Or ce qui se transmet ce ne sont pas seulement les contenus mais la position même du sujet, de l’arc de conscience ; c’est à cette fin que l’on précise l’être ou dieu ou le sujet ou le réel, afin que se copie le schéma de présence de l’arc de conscience dans l’arc du présent. Et qu’il en découle telle ou telle architecture intentionnelle. Dieu (l’intention) et l’être (l’universel) sont les deux formulations fondamentales, le sujet est le rassemblement des deux dans l’actualisation (ici et maintenant), le réel définit le cercle dans lequel le cercle de l’arc de conscience est instancié (l’ici et maintenant comme présent, comme Exister).

C’est en ce sens que la caractéristique absolument formelle (pléonasme, ce qui est formel est l’absolu ; conscience formelle/présent formel) expose son caractère indéterminé ; dieu, l’être, le sujet et le réel sont non déterminés (ils visent à manifester dans le monde, déterminé, le Bord du monde, le point à partir duquel on perçoit, et sans lequel rien n’est perçu, accessible, pas de monde, pas de vécu, pas de corps) et le caractère indéterminé est cela qui se dit, se signifie. Et ce qui se signifie ne tient pas dans un contenu mais signifie-pour-un-arc (de conscience), obligeant à se positionner en positionnant le réel, le un, le sujet, l’être ; qui sont des plus-qu’idées, des signes, qui impliquent que l’on s’y localise, et donc des dispositifs ou des structures ; on ne peut pas philosopher sans philosopher, cad se décentrer, par l’universel au minimum ; on ne pense pas en tant que moi subjectif. Et par Descartes se décentrer n’est déjà plus suffisant, il faut commencer de se situer dans le dispositif « suejt », et par les existentiels il est requis de se supposer dans le « réel », l’existence en l’occurrence.

Reprenons sur l’accentuation impliquant pour chacun une acceptation ; que l’Etat (cad le droit) impose à chacun d’être sujet (sujets libres anglo-saxon, et sujets libres-égaux, français). Mais alors il faut bien veiller au contenu que l’on injecte ou que l’on retient dans « sujet » ; ça peut n’aboutir qu’à un moi… Le libéralisme a transformé le sujet en un tel moi, corps-langage, vécu-relationnel ou échanges, ou le communisme a imposé ce sujet comme générique (transcrivant les désirs en besoins universels, indistinctement).

Techniquement la raison en est que le « sujet » ne peut pas être écrit de l’extérieur ; il ne peut que se signifier, lui-même et lui seul, comme sujet. De même qu’il n’était accédé que par le christique, qui évidemment n’est pas ou plus de ce monde … ouvrant donc la possibilité que chacun soit sujet, parce qu’il n’y est plus, il est en-plus et indéterminé, ce qui veut dire rendant possible quantité de déterminations, désormais toutes relatives, à votre décision, votre foi, disposant d’un point-autre inidentifiable, vous renvoyant à votre décision, votre longue décision, non celle de la volonté mais de l’intention, et qui plus de l’intentionnalité (qui s’organise jusqu’à la perception) ; point-autre par lequel on n’est plus homme ou femme, libre ou esclave, riche ou pauvre, etc et on n’appartient plus à un monde humain, antique, mais jeté dans le monde donné là.

On a donc coupé court et défini « ce qui ne pouvait pas l’être », afin que de ces synthèses (qui croient en elles-mêmes au lieu de se distancier selon le sujet, mais de laquelle suspension il ne résulte structurellement que l’insatisfaction, qui est tout l’enjeu) afin que de ces synthèses on puisse, néanmoins, vivre.

Or ce faisant la quatrième phase est celle de la concrétisation, en définissant à toute force l’indéterminé. Rappelons que les grecs créent l’augmentation (de l’intentionnalisation, universelle), que le christique impose l’intensification (de l’intentionnel singulier), que Descartes et suivants propagent l’accélération (vers le monde-étendue-mathématiques et vers les autres, par la révolution, en investissant l’actualité et l’actualisation du sujet, qui tient de par lui-même, indépendamment du christique, mais non pas contradictoirement), et que donc ensuite il s’agit de concrétisation ; non seulement au sens où du sujet (cartésien, rendu abstrait, pure abstraction qui perçoit à partir de la position de sujet) se perçoit le monde, ou le donné (et donc sciences et techniques), mais aussi au sens où le dit sujet abstrait intentionnalise le monde, le vécu, le relationnel, le corps ; il matérialise ; non pas qu’il tombe dans la matérialité mais qu’il rend possible la matérialisation de ses intentions, en tant que monde qui va se déployer jusqu’au 21éme (avec le rebond de l’humanisation qui se démocratise en personnalisation, des années soixante ; le moi, cad nous-mêmes, tel que nous l’éprouvons est la matérialisation fondamentale de l’intentionnalisation individuelle et collective).

On concrétise selon les altérités diverses (sciences, technologies, économie, etc) et selon le possible réalisable, pour chacun et pour tous, dans le monde, l’histoire (révolution unique et révolutions variées) ; l’ensemble est la matérialisation de toutes les intentions et intentionnalités. En bref on a épuisé toute la réalité possible, il ne reste rien (mais l’immédiateté du donné vécu se recycle constamment ; le recyclage se conduit selon le vivant et le corps, et tente bon an mal an d’adopter un devenir structurel, un accès à la conscience, mais si pénible et hasardeux que tout le monde retombe sans cesse dans le marécage de l’immédiateté ; expérience d’un monde sans cesse recommencé, statique, ne se renouvelant que selon les modes et donc la dégradation de ces modes, à force l’image jolie se transforme en cauchemar et en profonde noirceur ou ridicule avéré).

Ceci, ce déploiement de la structure comme humanisation et personnalisation, crée un monde complet ; dans le monde complet (ou complété comme on veut), il existe forcément des automobiles, des lave-linges, etc. c’est aussi et même essentiellement pour cette raison qu’il est difficile, impossible de s’en dépêtrer.  

Remarquons aussi ceci ; ce que l’on nomme démocratie n’est pas tant la capacité, suspensive, de choisir son organisation, que la possibilité générale et très précise et particulière, de rendre réels l’ensemble de toutes les intentions ; une décentralisation en somme, qui permet à chacun d’actualiser sa réalité. Démocratie n’est pas un choix externe mais une possibilité déroulée historiquement ; autrement dit on ne peut pas changer de société comme de vêtement. Et cela ne veut pas dire (que la démocratie est la démocratie d’un monde humain spécial) qu’elle n’est pas effective ; elle l’est. Et doit se comprendre elle-même comme telle.  

Par ailleurs il faudra bien suivre des finalités qui nous permettent de légitimer les privations futures (pour ceux qui survivront) ; non pas se trouver des atermoiements ou des illusions de seconde main (se substituant ou justifiant a posteriori nos contraintes prochaines), mais des finalités qui permettent d’élaborer des stratégies organisant ces nécessités, qui permettent de créer positivement des systèmes d’intentions et des réseaux intentionnels (collectivement et individuellement) ; on appelait cela « religions », qui étaient des élaborations complexes et sophistiquées rendant accessible les intentions. Alors que depuis la révolution industrielle, etc, on se lâche un peu n’importe comment et dans tous les sens, puisque la disponibilité de l’énergie (qui a permis de tout transformer) rend possible l’isolement et la prise en charge des nécessités par l’ensemble ; ce que la détérioration des conditions impliquent c’est que cette substitution (objective, étatique, organisationnelle, libérale ou communiste, technique ou entrepreneuriale) reviendra au local d’une part et à chacun au plus près possible d’autre part ; ce sont les superstructures qui seront rendues impossibles (multi-étatisation comme l’Europe, ou multinationales, finance, tout ce qui se greffe sur le dos de la bête et s’étiolera au fur et à mesure du haut vers le bas)

Cela veut dire que l’on a voulu contourné par mille moyens les règles, les règles de régulation. Les règles de régulation du flux tendu intentionnel, qui ne peut pas s’arrêter, se fixer ; les groupes et les communautés s’usaient à contrôler ce flux jusqu’à ce que, l’énergie aidant, le développement acquis on puisse laisser libre court à ce déploiement. Lorsque la reproduction sexuelle est une énergie fondamentale de reconduction des sociétés, on surveille l’énergie sexuelle ; lorsque l’énergie est le pétrole, la sexualité devient une distraction.

Mais par « distraction » il faut comprendre ; ça ne veut pas dire que l’on ne va pas, alors, créer une réelle passion et une prolifique mise en forme culturelle et individualisante ; on peut entendre distraction par libre cours du possible (après des millénaires ou des siècles de contraintes, naturelles et donc humaines) et cela sous condition d’échappée hors des nécessités qui jusqu’alors s’imposaient comme réalité, cad vérité, limitée (par contrainte extérieure) mais vérité de base.

Autrement dit si nous perdons le pétrole nous retournons à la vérité-réalité de base, limitée, non développée au sens où cela nous priverait d’une complexité (la complexité est toujours pratique pour caractériser). Ce qui ne signifie pas qu’il faille se priver de complexité mais que la confondre avec l’arbitraire, la distraction, les facilités diverses est déjà en soi une aberration et surtout dans le monde, limité, le donné fini, est une folie, mortifère. La question est donc ; existe-t-il une complexité non gaspilleuse ? Ou, à tout le moins, de moindre dissipation ? C’est le pari. D’autant que par ailleurs une complexité de gabegie peut tout à fait se retourner contre elle-même ; on finit par désirer n’importe quoi n’importe comment et on perd le fil, on ne réunit plus les intentions qui se dispersent dans l’immédiateté, nourrissant de pseudo-unités d’intentionnalités, fantasmées, dont la substance et le substrat est le corps et non pas l’arc de structure.   

Pour réunir les intentions et intentionnalités ; intentionnalités veut dire que cela s’organise bien plus loin que simplement la volonté de ceci ou cela, et concerne, littéralement, ce qui est perçu ; on perçoit en fonction de finalités ; le groupe, la tribu organisaient la perception, ensuite le moi humain libéré plus ou moins du groupe et acquérant une unité en propre (de base le christique), et enfin le moi-sujet relativement indépendant, organisent leurs perceptions respectives en fonction de, et cela c’est l’intentionnalité, incluant perception, mémoire, mise en forme culturelle et acculturation, du sujet, tactiques spéciales et stratégies globales, etc ; pour réunir donc intentions et intentionnalités, il faut penser ; penser les finalités qui ne sont pas, comme pour les vivants, données là dans le milieu ; nos finalités sont en plus.

Si nous sommes libres cela signifie que l’on peut extrapoler la fine pointe de l’arc de conscience et que l’intentionnalité de cet ancrage peut se tirer elle-même selon cette avancée ; c’est la raison d’être précise de la faculté d’attention qui dès qu’entamée déroule son propre champ ; lequel n’est pas une mémoire, mais une actualité, une actualisation (qui répond donc plus rapidement et plus inventivement aux événements) ; on s’élance toujours du plus loin, du plus haut, du plus abstrait (un seul signe est très simplement une telle abstraction).

On a évidemment une perception (selon le vivant) qui est intégrée, mais l’actualité de l’intentionnalité crée son propre champ de vision et la « clôture » de la perception s’effectue pour nous non par l’adn (pour faire court) mais par l’intentionnalité ; vous désirez mais aucun de vos désirs ne correspond à une naturalité, tout désir est construit, imaginé, élaboré et par fois dans l’actualité même (un réel inattendu qui nous séduit ou nous effraie) ; cet en-plus né dans et par le champ intentionnel de perception non naturelle créée par les signes, les mots, qui fait sens dans telle situation, etc. Cet effet de clôture (qui n’est pas une fermeture mais est une clôture de l’ouvert qu’est ce champ de perception intentionnel) est une invention (ou une création lorsqu’il s’agit de produire une cause telle qu’elle engendre quantité d’effets possibles, pour quantité de sujets humains) ; cette invention est toujours conclusive en ce qu’elle se prend pour vraie et réelle et sa conclusivité est aussi une ouverture de l’intentionnel ; on sait bien que le tomber-amoureux est une Possibilité, mais conclusif au sens où d’une décision insondable.

Décision insondable puisque prenant naissance dans le futur, le possible ; même le moi nait du futur, il se sépare de ou rassemble son héritage (quel qu’il soit) dans sa projection de son idée de lui-même.

C’est ainsi la complexité engendrée par le champ intentionnel ; on ne peut pas obtenir une complexité sans gaspillage (puisque par structure ça cherche des tas de significations librement), mais quand même… entre une complexité laxiste et une complexité maitrisée, les conséquences sont probablement très importantes en variation (même 30% d’économie de moyens et de finalités idiotes est considérable).

Si nous n’avons pas su maitriser la complexité c’est, invite-t-on à penser ici, parce qu’au lieu de situer la dite complexité dans le champ intentionnel, elle fut localisée dans le corps. On a dit ; nous sommes un corps-langage (des mois psychologiques) et non pas un sujet-intentionnel (des structures-autres, en plus du monde, du donné mais aussi du vécu et du corps).

Définissant notre être comme un être (déterminé) il s’agissait alors de satisfaire ces déterminations. Mais à l’inverse comment satisfaire une structure intentionnelle ? On ne peut pas, on ne peut ‘que’ penser son statut d’insatisfaction originelle, formel ; les religions permettaient de penser cette source structurelle, autre (autre que le monde, le donné, le vécu et le corps) et de valider une stratégie, d’ensemble, de l’insatisfaction ; penser l’insatisfaction implique que le réel n’est pas de ce monde (de ce vécu ou corps), qu’il relève d’une dimension en plus et autre. C’est cette dimension qui est l’enjeu absolu de toute pensée, quelle qu’elle soit, et quelque visage que telle pensée nous offre de ce surplus, de cet en-plus qui veut sinon expliquer ou analyser du moins permettre de manœuvrer cette dimension (cad l’insatisfaction, cela même qu’un corps vivant en comprend pas du tout), d’en créer une stratégie.

Dieu, l’être et l’universel, le christique et le sujet, l’altérité et le réel sont ces stratégies.

Et c’est bien là le problème ; à savoir que le corps vivant n’a aucune « idée » en lui autorisant une compréhension de ce qui lui arrive (c’est ce que repère, cartographie, Lacan ; sa complexité essaie de suivre les linéaments effarants qu’un champ intentionnel produit dans un corps viavnt, qui n’y comprend rien ; les distorsions imposées au corps, cad au moi, au moi qui « croit » qu’il est « ce moi » alors qu’il est un sujet, insatisfait). N’ayant aucune représentation de « ce qui lui arrive » (qu’il soit donc à distance de toute satisfaction, ce qui lui cause une angoisse, au minimum, insurmontable) le moi croit qu’il est ceci ou cela et demande de s’y reconnaitre ; il va créer toute une représentation pour remplir le vide (qui auparavant était « expliqué », mis en jeu par une structure au-delà du vécu) et cette représentation est également une acquisition de complexité ; le vide (des réels que sont dieu, l’être, le sujet et le réel) brode, tisse, amplifie, intensifie, augmente la complexité (le vide formel est plus grand que toutes les déterminations).

Et il devient clair que perdre le sens, l’orientation de la complexité c’est tisser des morceaux de monde, de vécu et de corps qui s’abiment dans la dispersion ; puisque qu’ils n’existent que dans et par la structure. C’est courir en pure perte, sans aboutissement dans la réalité, quand bien même multiplierions-nous les enluminures, les feux d’artifices du vécu et du corps. Cela équivalent à relancer le bâton toujours plus loin.

La critique menée envers la structure en plus (des religions, des philosophies, du sujet, de la révolution,  etc) avait beau jeu de condamner tout accès à un « autre monde » ou une « autre identité » (le sujet, en somme), opposant ce monde effectivement « là », et l’autre réalité ; pourquoi la réalité donnée, vécue, éprouvée, se doublerait d’une seconde ? Autant profiter de celle-ci. Mais ça n’était pas du tout ce qui était en jeu (bien que dans les conditions de contraintes des siècles précédents l’algorithme de vision, de perception se modifie de cela même, évidemment). Dieu, l’être (les idées, la vérité), le sujet (la liberté, la conscience) ne se comportaient comme des réalités mais comme structurant les réalités ; ce par quoi les réalités obtenaient une plus value, basée non sur la satisfaction réelle, imaginée ou fantasmée, mais sur la compréhension de l’insatisfaction.

Dit autrement c’est à partir de ces structures que l’on percevait (ce qui devait être perçu sans tomber dedans). Sitôt débarrassés de ces structures on semblait apparemment percevoir plus (parce que les structures étaient déjà instanciées en nous ; nous le leur devions, bien que reniées et c’est du haut de ces attributions que nous décidions alors de les répudier … sciant la branche) ? Abandonnant la structure nous tombons dans le monde, cad dans les immédiatetés que nous produisons, effectivement, et d’autant plus attirantes que nous les inventons, mais attirantes et seulement miroitantes, laquelle image s’assombrira jusqu’au cauchemar. Et comme on ne peut pas annuler la structure (sinon on disparait, et donc sauf dans la mort), nous voici hantés par une mésinterprétation de structure (auquel on prête un nom quelconque ; une détermination malsaine de mélange mondain et ontologique, vitaliste ou naturaliste ou réaliste). Un cauchemar ontologique.

C’est bien pour cela que les structures (dieu, l’être et l‘universel, le sujet et la révolution) s’écartent absolument de la magie ou de l’angélisme ou de l’idéalisme au sens commun ; toute magie qui se réintroduit sitôt que l’on prétend arguer d’une « vérité plus proche » du monde ou du vécu ou du corps, dérive en horreur, horreur littérale puisque le monde, le donné et le corps s’imposent comme seul horizon. Et que tout ce qui est du monde disparait. Et le flux intentionnel s’inverse. Il se retourne contre lui-même et les autres, contre toute image adorée et s’enferme dans les labyrinthes du moi, les maladies du moi, les déprimes et obsessions, et l’angoisse du moi ; qui ne sait pas que la porte de sortie est « en haut ». L’enfermement dans le donné (dont les mass médias, les sciences, les technologies, les possibles du monde humain nous imposent l’exclusif récit qui se recycle sans cesse) brise lentement ou violemment l’architecture intentionnelle. Ni plus, ni moins.

Lorsque l’on ne comprend pas que la métaphysique (grecque et universelle) et l’ontologie du sujet (qui commence avec le christique) veulent saisir le hiatus, l’articulation et le décalage entre nous et le donné (quel qu’il soit), c’est que l’on a affaire à une conscience qui se présuppose déterminée ; même Nietzsche et Heidegger essaient de réintroduire une ontologie dans la platitude rationaliste réaliste naturaliste ; les réalistes, naturalistes, rationalistes ne se posent pas même la question du décalage, sans lequel pourtant rien n’apparaitrait pour eux et sans lequel ils ne seraient pas ; ils se contentent de se constater comme d’une chose, il ne leur vient pas à l’idée qu’ils sont un rapport et que ce rapport est « à lui-même » existant, et ils observent le présent comme un résultat et non comme un acte.

Rappelons non pas que la rationalité etc soit d’une platitude sans borne, mais bien l’exponentiel rationalisme qui croit que son observation locale est applicable à « tout ce qui est », réaménageant les vieilles lunes.

Que leur être ne soit pas un être mais un exister, un mouvement, une articulation veut dire que c’est un rapport, lequel n’ignore pas qu’il est tel. L’évidence du rapport à lui-même c’est ce qui est indivisible, puisque non composé, et irrésistible, il se présuppose toujours dans le rapport factuel ; chassé par la porte il reviendra par la fenêtre et cette fois dissimulé (par la science ou l’idéologie on sera pensé par un autre rapport, dans un autre rapport et qui effacera le rapport que l’on existe exclusivement de par soi ; dieu, l’universel, le christique, le sujet et le réel vous renvoie à votre seul vous-même). On ne peut pas ne pas l’exprimer (il est ce par quoi il est une expression, de quoi que ce soit).

Il ne faut pas abandonner le rapport que l’on existe. Considérez-le comme le Rapport lui-même, et qu’il n’en existe qu’un seul qui les suscite tous. Le rapport vous distingue, vous, personnellement, puisqu’il est votre nature même, votre agissement, en l’occurrence intentionnel, et tout agissement, à commencer en tant que tout présent, quel qu’il soit. D’un rapport on ne peut fixer ni le tenant ni l’aboutissant, Il s’assume. D’un rapport on ne peut le dire individuel ou universel, mais les deux, et évidemment tout le reste également ; la structure (du réel) est active antérieurement à tout ce qui est. La structure « sujet » est en acte et est le mystère qui entame toute la réalité au sens où le rapport commence toujours ici. Il n’est en somme aucun autre ici que le rapport, et donc aucun ici qui ne soit le rapport lui-même. Unique, mais ce qui existe comme rapport n’est jamais seul, par définition, par nature.

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Extension du cercle du savoir

3 Août 2019, 08:39am

Publié par pascal doyelle

Il s‘agissait d’étendre le cercle ; depuis Descartes la réflexion s’étend au-delà de la seule pensée et tend à inclure cet-être spécifique, qu’est le nôtre, et les philosophes s’emploient à décrire le réel-là alentour du sujet ainsi que ce sujet lui-même ; en tant que structure hors de la pensée. Et donc, depuis, la vérité ne réside pas dans la pensée, mais dans la structure çi-devant active, du sujet, et cette vérité est le réel même.

Le ton dégagé de la philosophie (qui considère le regard comme abstrait, s’effaçant devant le discours de raison) cède face au sujet qui est, quoi qu’il fasse, embarqué dans le réel et le réel devient. Et ainsi le christique est quoi que l’on fasse ou pense, plus grand que la pensée et on peine d’en tirer les effets et encore plus les conclusions ; mais lorsque Descartes initie le sujet ici même (impliquant qu’il existe ici et maintenant une logique valant en et par elle-même et non plus réservée à dieu, au-delà) voici le sujet se réengageant, réarmant toute son existence et appelée par son propre nom, sans se dissimuler sous l’abstrait discours (ce qui se confirmera par Kant, et suivants).

Par exemple croire que Kant condamne la métaphysique c’est ne pas voir que suite à Descartes il explore l’ontologie ici même ; l’ici même c’est ce qui reste lorsque l’on a remis à sa place la pensée, et que l’on a commencé d’élaborer la structure de présence telle qu’elle s’active constamment en tant que faisceau d’attention, focale intentionnelle ; si l’on ne comprend pas que Kant a voulu et réussi de décrire la structure active sur le monde, de même que Hegel expose les deux phénoménologies (tout ce que la conscience peut intentionnaliser en restant dans l’horizon du contenu, ce qui eut pour effet magistral de rejeter l’arc de conscience  du côté du donné « là », vers la structure), si on ne comprend pas ce passage de limite, alors on ne saisit pas que la forme est apparu dans la réalité et que le réel de la réalité est cette forme.

Ce que Kant nomme le nouménal ou Descartes l’infini dans notre volonté (les idées selon Descartes sont des étrangetés ; ce ne sont pas des idées notionnelles mais existentielles, expérimentales) ou Hegel la négativité non-finie qui agite les finitudes déterminées du déroulement (historique ou logique) c’est la forme, qui entoure, si l’on veut, les réalités qui n’ont aucun fondement métaphysique mais qui ex-sistent d’une forme ontologique ; et évidemment, cela n’est pas dit, mais cette forme ontologique est ici même et maintenant absolument précise ; à savoir le présent et l’activité de conscience dans l’activité qu’est le présent.

Et ce passage de limite c’est celui par lequel dorénavant il sera possible de se pencher sur le « là » du donné, le « là » tel quel (qui est déjà évoqué par Kant dans la CRP, en tant qu’existence). Hegel ayant désempli la conscience, on peut dès lors s’intéresser au processus lui-même (que Hegel nommait négativité ou liberté) ; Husserl peut se pencher sur la processualité même. Mais c’est du sujet lui-même, de la structure-sujet (qui n’a rien de subjectif, qui est une structure hyper objective, capable tout autant des objectivités que du subjectivisme) dont il s’agit et aucune manifestation n’épuise la structure ; elle seule a accès en son rapport mais elle n’est jamais le terme de ce rapport ; le rapport possède une forme absolument spécifique ; ce qui entre en rapport est le signe du rapport lui-même ; si il était déterminé il ne serait pas, la forme de cet exister de conscience est toujours en son être même absolument Autre. En somme le rapport (de conscience, l’intentionnalité) met en contact deux contenus mais se signifie toujours lui-même (ou l’horizon spécial ou général dans lequel il place et déplace les « choses »). C’est ceci qui exprime au plus près pour nous le rapport dans son infinité active et déjà toujours là ; il se précède toujours… il vient du présent en le réinstanciant.

De là qu’étant rapport formel, vide, sans rien  pour accéder à la moindre chose donnée là, il nous faut la reconstruire ; nous sommes condamnés à recomposer les réalités, et par notre activité seule nous sommes informés ; ce « subjectivisme » n’est pas un subjectivisme ; quantité de données du donné-là sont admises et intégrées et au fur et à mesure validées (d’abord par le groupe, puis par les procédures civilisationnelles diverses, dont les sciences, mais aussi l’expérience collective et individuelle). Tout cette construction faisant office de tri mais en et par l’invention, la re-création du donné là ; peut-être le donné ‘en soi’ ne nous vient pas intégralement mais même le donné re-Créé est ou peut être vrai et réel ; qui nous dit que notre version des mathématiques n’est pas une élaboration tout à fait juste de mathématiques primordiales ? Et que cette lecture mathématique des choses est elle-même une création réelle et vraie ? Vraie en ce sens que par celles-ci on réalise, on rend réel.

Autrement dit on ne part pas d’une pensée préalable qui aurait organisé le monde, mais d’un substrat de non distinction ou de distinction moindre (de plus en plus équivoques matériellement ou selon leurs énergies) qui se formule de plus en plus précisément le long du temps et de le long de l’espace (les particules premières sont incertaines en elles-mêmes). On y reviendra une autre fois.

De ce que l’arc de conscience voit l’invisible on en crut qu’il suffisait d’annuler la métaphysique ou dieu ou le sujet pour retomber sur ses pieds, à savoir le monde, le donné suivant le principe que le donné seul explique le donné. Mais on ne peut empêcher que nous percevions de fait tout cela d’un non-lieu. Ce qui se nomme ici le Bord. On ne peut pas évacuer la forme du monde (du vécu, du corps ou du donné et de la perception et on a dit que la forme de la réalité est le réel, cad le présent en l’occurrence, mais que le présent n’est que l’Abord tel qu’il se donné pour nous, sous entendant que le présent n’est qu’aspect de la dimension générale de l’exister, est l’exister tel que localement, pour ainsi dire, il nous est accédé ici même).

Descartes lorsqu’il adresse la pensée à un sujet (il n’y a pas de pensée sans sujet, et on ne peut pas se fier au déroulement, serait-il logique, de la pensée ; de là qu’il fasse appel à quantité d’expériences in vivo) admet ouvertement ou implicitement qu’il faut traiter du sujet, ici et maintenant, et s’enquiert très fort des conditions de notre existence. Ce qu’il avance sur l’infini et dieu et l’étendue et l’expérience « intemporelle » de la conscience de « soi ». Le réel, ici même, obtient une consistance ; et si il faut effectivement réaliser une vue objective, la logique qui procède de l’être, du bien, de l’idée, du un, ne suffit pas. Ce qui est requis c’est l’expérience réelle et l’intégrer dans la description ; l’être lui-même était certes une idée mais aussi une imagination, l’être dont on imaginait la consistance. Par Descartes l’imagination de l’être est supplanté par l’advenue ici même de la structure du rapport ; tel qu’il « apparait » selon son ordre d’intuition propre, son propre registre, qui étant actuel (actuellement constaté) s’offre comme Expérience.

Ici l’expérience du sujet par lui-même et qui se reconnait comme cause de la pensée ; développant par là son regard par-dessus les limitations de l’universel ; non pas que le sujet soit autre que l’universel mais bien qu’il faut que le sujet puisse relever d’un universel plus grand que l’universel. Initiant également, d’un côté comme de l’autre, d’une part l’attention portée à la structure du dit sujet (Kant, Hegel et Husserl) mais aussi d’autre part au fondement d’un sujet à la fois plus grand et différent de l’universel (Nietzsche, Heidegger, Kierkegaard, etc, le sensualisme ou l’empirisme ou le sociologisme ou l’économisme ou la psychanalyse, etc, et toutes les matières objectives et objectivistes).

Il est clair que le « sujet » est plus grand que la « pensée » (qui s’offrait comme finalité mais est d’abord pour nous un contenu, le contenu qui explicite les intentionnalités en idées, et permet, aussi, de créer toutes les intentionnalités qui se tiennent) mais si cela a pu apparaitre comme un apperl à un irrationnel quelconque ou à une détermination du monde (le donné expliquant le donné, l’économie la culture, l’inconscient le moi, etc), il faudrait peut-être raisonner à l’inverse ; le sujet sous la pensée est plus rationnel et plus objectif que l’objectivité ; soit donc un cadre de structure bien plus important et plus imposant que ce qui autrefois se dessinait comme universelle pensée (qui mêlait métaphysique, issue du discours même, et ontologie, existence structurée ici même).

Ce regard jeté par le sujet au-dessus de son épaule, a pu lui sembler inaugurateur d’une nouvelle perspective, et c’est vrai, mais non pas d’un irrationnel ou d’un naturalisme (ou vitalisme ou psychologisme, etc) ; mais d’une nouvelle structure laquelle peut être dit ontologique, qui ouvre à l’acte ici même du réel, lequel doit admettre en son cercle étendu le cercle acquis de l’universel et non pas le répudier ; d’autant que toute élaboration qui prétendrait se passer de l’universel ne peut pas même avancer d’un seul pas (aucune intentionnalité ne parvient à se distinguer, puisque l’universalisation, comme procédé s’utilise afin que une par une les idées, intentionnalités, se caractérisent sans se perdre, par ex en croyant penser ou signifier (pour un sujet) alors qu’elle ne fait que désigner une partie du monde). Il faudra toujours sinon remplacer la raison ancienne par un donné (pêché au hasard, le bios, la cognition, la poésie, l’économie, l’inconscient, etc) ou une intuition ou une vision, alors que Kant, Hegel, Husserl, Sartre et Lacan imposent l’analyse réelle et effective de la structure telle qu’activée dans et par le monde, le donné, le vécu ou le corps.

Il est ainsi une (très) réelle analytique du sujet en acte (en tant que ce sujet étant lui-même une articulation, un rapport peut tout à fait s’introduire dans le schéma, la structure qu’il non pas « est » mais qu’il existe (c’est la distinction opérée depuis Descartes ; il se regarde exister, parce que l’être, comme idéal, ne supporte pas, ne porte pas l’acte lui-même mais est la transformation de l’acte en un contenu compact).

Il s’agissait donc d’étendre le cercle ; si Platon, les grecs surent instaurer l’être, le bien, le un et l’universelle intentionnalité et si le christique a instancié le réel de tout sujet, qui évidemment contient toute disposition de  pensée, et si enfin Descartes a initié le sujet réel ici et maintint, réclamant dès lors sa pensée, son analyse, son développement et son déploiement (Kant, Hegel, la révolution), c’est que l’on ne s’est pas contenté de la résolution métaphysique, qui demeurait de l’ordre du discours, de la cohérence de la connaissance, mais que l’on a voulu examiner et décrire et enfin expliciter cette structure, en acte (étant un rapport, le rapport des rapports, le mouvement des mouvements), ce qui fut fait (par Sartre et Lacan, inscrivant dans le réel, du monde, des autres, de l’histoire ou du corps lacanien).

L’universel (du discours) donnait enfin sa pleine mesure ; qu’il était en jeu par et pour les sujets et devait non pas tenir tout seul, suspendu en l’air, mais s’inscrire dans l’historicité du sujet (Hegel par ex) mais surtout par et pour les sujets ; de même qu’une œuvre, esthétique, a pour finalité d’élever (en haut) et d’instruire, à partir de tout en bas vers la Possibilité de perception rassemblant toute la réalité accessible et rendant même accessible cette dite réalité de par sa construction, son constructivisme (rien n’apparait si l’on ne crée pas, jusqu’à la perception elle-même, donc le Créer est l’acte même) ; sans signes aucune perception éprouvée.

Ce qui est ciblé c’est donc l’extension du cercle de l’attention ; la pensée, métaphysique, s’utilisait afin de rassembler et d’abord de créer les intentionnalisations, toutes les intentionnalisations (idées, systèmes). L’extension de l’intentionnalité prit quand même un certain temps … puisque l’on a tenté de « penser comme dieu » et donc aussi de « penser dieu » ; mais le christique est « en acte » et donc était requis un acte qui réinstancie ici même la désignation du lui-même du sujet ; Descartes. Ça se passe ici et ici ça peut effectivement être pensé (penser dieu, qui est ailleurs, est plutôt difficile…)

Cela revient à dire que le seul réel enjeu ce sont les sujets. On œuvre (en quelque domaine que ce soit, esthétique, éthique, philosophique, religieux, politique et révolutionnaire, etc) afin de rendre possible les sujets ou donc de rendre le possible aux sujets… Il n’y a pas de sujet (qui est le rapport des rapports) sans qu’il se Crée. C’est ainsi que s’instancie, se rend réelle, accessible, ouverte, la Possibilité. Il n’est qu’une seule Possibilité ; elle est vide et formelle, elle est structurelle (donc il n’y en a qu’une). Croire que cette structure est « relative » est une absurdité ; dessous toutes les manifestations humaines il n’existe qu’une seule structure de conscience, comment pourrait-il en être autrement ?

Alors la pensée s’assurait d’elle-même ; elle se validait de sa cohérence (ce qui est incohérent on ne peut pas en saisir l’intentionnalité complète et donc si il manque un morceau on ne comprend plus ; la pensée système doit être complète, mais ce qui n’est pas dit c’est que toute complétude dépend des présuppositions ; Hegel contourne en affirmant que la fin est prouvée par le déroulement, et le déroulement rejaillit de la finalité atteinte ; mais la question qui demeure toujours en suspend c’est plutôt la conformité de la pensée et du système au réel donné là ; on peut clore un cercle lors même qu’il serait irréel ou non réel et la science se prévaudra toujours de cette adéquation plutôt que d’une fermeture du système (les systèmes de la science sont localisés, partiels et ne se prononcent pas sur le Tout).

Mais si l’on prétend que le système réel (qui échappe alors à la clôture de la pensée de système) est le sujet, alors il faut entendre que le sujet est un système plus grand que la pensée ; or ça n’est pas exactement de cette manière que les choses se présentent ; il n’est pas question de retrouver la même systématique selon le sujet que selon la pensée, mais de poursuivre la pensée afin de l’étendre jusqu’à rendre évident ou perceptible le sujet. Et la pensée qui rend compte du sujet est le Possible ; le sujet, qui est un rapport (à soi et même un rapport à (soi) dans lequel rapport le soi est le rapport et non une identité, ce qui trompait tout le monde) existe afin de se rendre adéquat au possible et de fait il existe un présent parce que le possible est la logique. La logique du possible est plus grande que les réalités acquises ou réalisées, sinon il n’y aurait pas de présent ; nous ne sommes pas, plus dans le cosmos autorégulé, mais dans le devenir du possible, dans la Possibilité et possibilité intégrale (du moins peut-on supposé que le présent est une face de l’Exister et qu’il existe une intégrale de l’Exister, dressant sa dimension dont le présent n’est qu’une coupe, pour ainsi dire). On y reviendra ailleurs.

Et le possible relève bien de ce que la réalité, telle que donnée là, est en cours et qu’elle se réalise et qu’il y a une réalité afin que quelque réel surgisse. Autrement dit on suggère par là que le réel n’est pas encore « là ». Qu’il apparait « dedans » et que donc il est plus grand que lui-même. On dira qu’il suffit de se placer en dehors sou tout au bout du réel pour que s’expose sa complétude. Mais personne n’en est capable et pourtant c’était le présupposé général de toute pensée ; qu’elle soit complète reflétant la complétude de ce qui est. Dont on dit ici que d’une part on n’en a aucune idée ni aucune expérience mais que de plus une telle complétude n’existe pas.

De sorte que l’on avance ainsi dans le ressort fondamental de ce qui existe, et un ressort se déplie … en tant qu’exister et qui consiste à admettre que le mouvement est la loi absolue, formelle, et c’est pour cette raison que le présent est lui-même une forme, une structure, non visible ; qu’ainsi il existe une dimension et que cette dimension est l’exister même.

L’exister est et ne peut être qu’externe (entièrement tourné vers la réalisation, la possibilité) mais alors cet externe intégral est une surface interne ; dans le pli gigantesque il se forme des plis, qui ne sont jamais des replis (où se replieraient-ils ?) mais des ajouts du pli originel. Ce qui implique que l’acte même du réel se crée, tel quel, comme acte (et non comme être, substance, détermination ou massivité quelconque, la forme n’a pas de contenu mais les contenus sont utilisés aux fins de la forme).

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Historique de notre structure d'existence

27 Juillet 2019, 08:13am

Publié par pascal doyelle

Il faut donc relier tout ça et montrer la ligne de développement générale qui conduit des mondes particuliers (limités à eux-mêmes ; égyptiens, incas, tribus ou royautés, etc) jusqu’à l’éclosion non-compréhensible a priori qui eut lieu autour de la méditerranée ; ce qui aurait pu, peut-être, se dérouler ailleurs et même ici et là il y eut une telle émergence, mais bref ça s’est cristallisé, avec les juifs (le monothéisme), les grecs et le christique.

Et il s’agit là d’une « non-compréhensibilité a priori » puisqu’émerge la structure d’intentionnalité qui auparavant créait les mises en forme culturelle diverses mais n’apparaissait pas comme telle. Elle collait avec les contenus créés (des mondes de représentations, perceptions, échanges, langage, etc), et soudainement nous nous apercevons que nous créons  effectivement ce en quoi l’on « croyait ». Notre être est donc de produire des contenus (et non un contenu spécial). Peu importe que l’on interprète alors la pensée comme répercussion du logos, ou l’âme comme foi en la résurrection ; techniquement, technologiquement la structure se montre, s’expose et commence de s’atteindre et de se modifier via ces images qui n’en sont plus ; l’être est l’universel, le sujet, admis comme unique qui peut alors proliférer, est le christique ; il crée quantité de structures qui se prennent en tant qu’autre (puisque perçues par l’autre-point hors naissance et mort). Rappelons que ceci, ce sujet, infini n’existait pas auparavant ; même les grecs n’admettent leur être de pensée que si et lorsque l’on pense ; la valeur infinie de l’esclave ou du maitre, égaux l’un et l’autre, n’apparait que par le christique (il est hors du monde et du vécu).

Lorsqu’elle émerge on ne sait pas du tout à quoi et comment l’affecter et s’en affecter ; on ne sait pas ce qu’est la pensée (l’universelle intentionnalisation qui se prête comme être, idée, bien, système, pensée de la pensée, Un) et on ne sait pas ce que le christique (qui nous montre à partir de son point-autre, hors naissance et mort) nous veut.

Autrement dit la structure a passé la barre de la réalité (du monde donné selon tel et tel représentation communautaire, qui veillait d’abord à sa perduration, voire sa survie et en tous cas sa transmission, originellement orale) et c’est le réel et sa structure qui débouchent dans le monde donné là ; augmentant (grecs), intensifiant (christique) et puis accélérant (Descartes et suivants) l’intentionnalité même et non plus se focalisant sur les contenus seuls.

La pensée ou le situé de cette intentionnalité est l’universel grec (la philo pense le décalage et tente de l’expliciter, le déployer et le comprendre dans ses possibilités selon le monde, la perception, les systèmes d’idées, cad d’intentionnalités) et le christique ; cette intentionnalité se tient d’un seul lieu ; le corps de chacun, son vécu, son existence (qui apparait exposée par le point-autre qui vous instancie comme mort et naissance et donc d’un point placé « en dehors », que ce soit par révélation ou par émergence, peu importe).

Ce qui s’est passé, ce qui est arrivé à l’humain est très simple en soi ; il y a une structure (l’arc de conscience qui nait dans une cervelle et se lance vers le monde) et si jusqu’alors on se confiait au Contenu (tel ou tel monde, tel langage, telle représentation-perception partagée et parlée entre soi, etc) on s’aperçoit de manière intuitionnelle si l’on peut dire, que l’on peut produire des contenus … Et cet intuitionnel est tout à fait spécifique puisqu’il s’agit de signifier ce qui n’est pas « dans » le monde et qui n’apparait qu’aux yeux de l’intentionnel, qu’à ses propres yeux, qui Doit se situer dorénavant et non plus seulement produire un contenu (mais donc des contenus, en quantité). Non plus seulement créer un contenu donc et y croire mais produire n’importe quelle sorte de contenus ; et depuis on n’a pas cessé. Mais dès lors il faut s’expliquer pourquoi cette production (et non plus cette vie présente emplie d’un Contenu communautaire et lié au monde tel quel dans sa perception même).

Autrement dit tout se déploie dans tous les sens ; ainsi l’esthétique n’est plus ritualisée mais s’impose en et par elle-même et montre les corps, les choses, de même les récits, les poétiques, la politique, les éthiques, etc.

Et cette émergence de la capacité (à produire « des » contenus, plutôt que de vivre-ensemble un contenu déterminé et collectif et donné comme monde en soi) prend deux évidences ; le monde, grec, et le corps, christique ; et encore auparavant dieu, comme Intention, située évidemment hors du monde et qui en lui-même n’est « rien » d’accessible ; mais qui signifie et exige une possibilité que l’on ignore, que l’on ne comprend pas ; sauf vaguement qu’Il nous demande de poursuivre sa création et nous implique de Créer à notre tour, afin qu’il puisse déléguer sa puissance à ses fils.

C’est ainsi que l’altérité, de structure, nous est parvenue ; elle s’est imposée ; puisque l’on se tenait là non plus dans un contenu particulier mais dans la structure spécifique, unique, valable pour tous et partout ; et il devenait possible alors de prévoir des stratégies (par ex on connaissait les mathématiques, mais dès lors puisque l’on saisissait l’intentionnalisation comme processus de contenus, il devenait possible de systématiser les mathématiques ; cette suréminence de l‘intentionnalisation crée des stratégies ; les systèmes grecs sont des stratégies, le christique est la stratégie de l’individualisation).

Ce qui s’est élevé qui auparavant était circonscrit dans chaque monde humain toujours particulier, est une structure réelle et activée en et par tous et chacun. C’est à la fois la Même (en quiconque) et singulière à chaque fois ; il n’existe aucune conscience universelle (qui percevrait un contenu commun) mais un réseau qui reconnait chacun en tant que formel (rendant libre les contenus et notamment celui-ci ; que chacun soit d’abord son corps donné là (le corps appartenait au groupe puis au maitre ou empereur, puis au christ mais sous la forme ; je n’y suis plus, il est à vous, parce que je suis à vous, à condition que vous éleviez votre être à la structure même, qu’au lieu que la communauté vous représente, vous vous présentiez en la communauté).

Ceci implique une organisation générale spécifique, absolue et formelle ; on ne sera plus jamais ce que l’on « est », comme dans les mondes particuliers (communautaires, perçus-parlés) parce que l’on n’est plus dans l’être mais dans la structure ;  ne pas comprendre cela c’est ne rien comprendre ; c’est croire maintenir l’être (qui était uniquement immergé dans tel ou tel monde partagé, parlé et perçu) et le poursuivre comme imaginé (on imagine que « quelque part » l’être est) ; c’est croire encore que l’on a à découvrir une unité de l’Etre.

Et c’est ne pas s’introduire dans le contenu jusqu’à le scinder de part en part (ou c’est croire que dieu vous demande d’appliquer bêtement des préceptes ou que le christ était un ange (ce qui est absurde) ou que l’on peut naturellement et spontanément être « soi » ; etc). La vérité réelle c’est que notre « être » est scindé et que cette scission est l’acte lui-même ; que la réalité n’est nullement massive (cela se voit partout) et qu’il s’agit de la scission elle-même qui devient ; elle se perfectionne. C’est la scission qui se perfectionne (et non pas recherche des contenus « élevés », c’est elle qui s’élève et use du monde et des réalités, comme des réalisations ; elle ne peut travailler que sur ce qu’elle élabore, crée au fur et à mesure).

Que son inépaisseur est juste et rien qu’une surface que l’on n’atteindra jamais comme un objet et que l’on devra toujours s’instancié par l’intention, la décision et l’intuition formelle.

Si notre capacité est de fabriquer des contenus, nous n’en sommes aucun, et notre être n’est pas lui-même un contenu, n’est pas de l’ordre des déterminations, puisqu’il les invente et les manipule. Donc la finalité est ailleurs (que dans les contenus) ; les contenus servent à rendre subtile la forme ; c’est bien par cela qu’il s’agit de créer la surface-autre du corps.

Soit donc ; les esthétiques grecques, renaissantes, romantiques, les mass et micro médiatisations, le christique et le corps du christ, les libérations diverses et variées, jusqu’à parvenir à ceci que chacun ait un corps qui soit le sien (raison pour laquelle nous nous abreuvons d’images et comportements etc et que nous n’appartenons plus à quelqu’un d’autre soit dit en passant) et aussi les mises en scènes des narrations, récits, l’ensemble de la perception orchestrée que sont les esthétiques, les politiques, les éthiques. Tout l’ensemble aboutit à rendre possible le retour qu’instancie l’intentionnalité ; elle s’applique instantanément au corps ; elle élabore la structure de la surface-autre, celle qui supporte les signes qui permettent de lire les réalités et de même le réel ; Descartes nous montre, littéralement, le chemin ; si il décrit la suspension intentionnalisatrice de visu, c’est à cette fin. Vous opérez immédiatement la suspension, vous voici sujet de votre propre intention, et dès lors elle n’a plus de nom, excepté, pour Descartes, l’infini et dieu. Mais dieu est éloigné, tandis que votre structure est active ici même ; et on s’approchera alors de plus en plus précisément du réel tel que donné ; on quitte la représentation communautaire et puis la représentation commune et puis on tend vers la représentation de soi envers soi (toute notre littérature … ça n’est pas pour rien … et ensuite toute la représentation médiatique, profusion, libérations, sexuations, affects et folies et perversions et enthousiasmes et expériences de toute sorte ; années soixante, etc)

Si notre être n’est pas un être, cela veut dire que c’est une structure et qu’elle demeure parfaitement identique (quelle que soit les humanisations, mondes humains, ou personnalisations, personnalité et moi en question). Comment croire, par ailleurs, que la nature de l’être humain puisse être relatif à des déterminations (biophysiques, culturelles, essentielles, langagières, etc) alors que visiblement nous sommes tous les mêmes ?  Sinon l’acte de conscience serait substantiellement modifié par ses contenus ; ce qui est absurde. Donc l’acte de conscience, de quiconque et à propos de n’importe quoi, est toujours parfaitement identique à lui-même.

La conscience de Pierre est absolument semblable à celle de Paul. Que pierre soit plus intelligent ou plus courageux ou plus imaginatif que Paul n’y change absolument rien. Que par ailleurs on soit déjà déterminé, d’être selon le vécu de Pierre ou la physiologie de Paul, n’a aucune influence sur la structure de conscience ; ça n’est pas ce que l’on a reçu (en manière d’héritage ou de détermination) qui compte mais ce que l’on en fait. C’est là le sens absolu, ce qui veut dire formel, de toute existence distincte de chaque vie ; nous ne sommes pas seulement vivants, nous sommes existants et de cette existence nous devons l’élaborer ; de toute façon c’est cela que nous ferons, parce que n’étant pas un être, nous sommes une structure, un mouvement et que le mouvement se meut… donc on modifiera notre être (hérité) et dès lors soit spontanément soit en connaissance de cause et puisque nous sommes cet arc de conscience, de cette modification nous avons conscience, nous savons qu’effectivement il faudra décider, inventer, créer le chemin.

Prenons la mesure du fait.

Si chacun est une structure, alors cette structure est universellement (la même), mais cependant c’est une structure, un rapport (de rapports) et donc absolument singulière ; à chaque fois. Nous voici dans un univers, un réel qui supporte visiblement la singularité (on a déjà dit que le réel est intégralement et intrinsèquement singulier, c’est sa forme même ; il réalise, rend réelle la singularité, ce qui signifie la Possibilité ; pas la possibilité de ceci ou cela, mais la Possibilité même, celle qui ex-siste avant toute réalisation, qui suspend toute réalisation dans la Possibilité même).

Autrement dit quoi que vous puissiez être, déjà, considérez que rien n’est fait jusqu’à présent, que tout est à réaliser. Que l’essentiel est encore à venir. Parce qu’il n’est nullement dans la nature d’un rapport de s’épuiser dans les quelques pauvres rapports déjà tentés, déjà écrits. Ce qui est rapport est rapport jusqu’au bout, cad indéfiniment. On ne se retrouve jamais au bout d’un rapport ; le rapport est incommensurable à ce qui est rapporté.

Ainsi nous avons élaboré le langage et le propre du langage consiste en ceci que le moindre déplacement à venir peut augmenter, intensifier, accélérer, concrétiser la totalité (ou peu s’en faut) du langage lui-même, l’ensemble de tous els signes et systèmes déjà intégrés. Ce qui revient à dire qu’effectivement il y eut langage afin que cet animal, pris soudainement du tournis de l’arc de conscience, puisse mémoriser immédiatement l’inattendu (du donné ou du groupe humain).

De manière générale il est impossible de réduire l’arc de conscience à quoi que ce soit d’autre ; de même que l’être ou, pour nous ici, l’exister, ne peuvent pas se déduire, se ramener à quelque ceci ou cela ; il y a exister de même qu’il y a « conscience ». Dans la lignée de « il y a quelque chose plutôt que rien ». On ne peut pas déduire l’exister, on ne peut pas déduire la conscience ; on peut analyser l’exister et la conscience, mais le sens qu’il y ait conscience et existence est incommensurable ; et la raison que l’on en donne ici consiste à les caractériser comme acte, comme activité et donc l’exister et la conscience sont en cours, et on ignore « où » cela s’avance.

Mais c’est parce que l’on y existe, on y est de fait et par tout le corps, et antérieurement à tout, engagé. A condition qu’on le veuille. Mais on ne peut pas ne pas le vouloir, puisque l’arc de conscience, vide, crée au-devant tout, absolument tout ce qui apparait pour nous, même notre moi, notre corps, autrui, le monde, les perceptions. Sinon nous serions une pierre ou plus articulé un vivant, or nous sommes des existants.

On nomme « conscience » le rapport qu’un être a avec lui-même ; une table, un rocher n’ont pas de rapport-à eux-mêmes ; ils sont. Un vivant a rapport au milieu (son adn est la lecture distanciée de ce donné ; une abeille n’existe pas en tant qu’abeille hors de ses caractéristiques propres ; ça n’est pas un bourdon ou une fourmi ; son adn est la lecture de son milieu et sa peau, son unité, sa surface en propre est cependant déjà une unité séparée ; la raison en est que le vivant est son propre principe de mouvement, de même que les plantes se meuvent à leur façon, mais une pierre ne se meut pas).

L’arc de conscience est donc le rapport-à. Il est le rapport qu’il a. Et donc il n’est pas. Son avoir est plus grand que son être de départ ; c’est même tout l’intérêt, pour la nature, le monde, le donné, la réalité qui ont inventé cette astuce. Pour qu’existe un être qui soit plus grand qu’initialement. Et donc cet être qui est rapport-à est de fait rapport à (soi), dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même et non le soi (peu importe son identité).

Donc vous voici en possession d’un rapport qui vous possède, en vérité ; en vérité parce que ce rapport se sait dans la mesure où il se-sait, ce qui signifie qu’il se situe. Et il se situe sur le réel. C’est de fait ce à quoi un arc de conscience est biologiquement si l’on peut dire, utile ; à parfaire l’adn et dans la capacité de réagir et d’agir sur le donné en se passant, en outrepassant la détermination biophysique ; son indépendance. Laquelle sera d’abord enregistrée sous la forme du groupe (de son langage, de sa représentation, de sa perception, de ses échanges, etc) puis délégué à chacun un par un ; le cercle ‘avoir-conscience-de’ (qui est un arc de cercle, demeurant ouvert par structure, un rapport est toujours ouvert, formel, vide potentiellement).

La situation du rapport sur le réel veut dire qu’il peut s’objectiver lui-même ; il sait qu’il existe. Mais pour cela il doit se percevoir hors de soi ; il emprunte autrui, le groupe, dieu, la vérité et l’être, le regard christique et le sujet pour se percevoir ; il emprunte somme toute la formulation qui sera dite plus tard « universelle » ; soit donc le décentrement. Le signe, dans le langage, opère ce décentrement ; mais il fait signe pour une conscience ; c’est elle qui re-situe telle réalité dans l’horizon ; il n’existe d’horizon de tout signe que selon l’arc de conscience qui cible expressément qu’un réel il y a ; ce qui veut dire un réel Autre.

Aussi faut-il armer (au sens du déclanchement d’une mécanique et en l’occurrence complexe) l’ensemble de la structure ; L’être ou le christique arment soudainement la réalité (soudainement parce que l’avènement de la structure jusqu’alors recouverte, fait irruption dans le monde donné et doit créer sa propre représentation, qui va venir s’ajouter en tant qu’acculturation aux mondes culturels ) et on ne peut pas isoler la « liberté » abstraite du réel, hors du monde ou indépendamment de la vérité ; une telle liberté succombe au donné, et prend une immédiateté  pour le tout ou croit à l’existence de ce tout, ce qui enferme drastiquement l’intentionnalité et nie que le réel ait une forme unique et universelle, laquelle est forcément insituable, puisque ce à partir de quoi tout le reste est localisé. Et si on ne peut pas isoler la liberté comme abstraite, cela veut dire que l’articulation de structure est massive, universelle ou singulière.

Massive veut dire qu’elle focalise sur l’attention humaine, qui se distribue partout et dans tous les sens accessibles (un monde humain particulier limite ce sens à la répétition et donc la transmission de ce monde à lui-même, afin qu’il ne se perde pas et dans l’acculturation l’être et le sujet (grec et christique) sont des formulations in-finies, et ces formulations sont absolument rares et extrémistes ; c’est de là que le reste va venir et engendrer tous les possibles occurrents. Qui seront Créés, qui n’existaient auparavant. Personne ne s’imaginait infini avant le christique, pas au point d’investir ce-corps, de Créer une autre-surface du corps en personne.

On s’imaginait une représentation, éthérée ou magique ou mythique ou communautaire et non pas la dure affirmation du je, qui attendra encore longtemps pour se poursuivre mais qui est ici lancé historiquement, sous l’égide du un-tout-seul qui les attire tous, un par un. Il faut comprendre que la différence tient en ceci ; que l’on interfaçait auparavant une organisation de groupe ou mythique comme horizon qui ensuite ordonnait par en dessous, tandis que le christique part de cela ; que chacun est un et privilégié et que rien ni personne dans le monde ne peut rompre cette unité-supposée (parce qu’elle vient d’en dehors du monde, du Bord du monde). De là qu’il prenne ses précautions ; le royaume n’est pas de ce monde, parce que cette logique devra s’imposer par le côté et non dictatorialement ; c’et seulement lorsque les mois seront suffisamment sujets qu’ils pourront conformer un monde réel, plus ou moins adéquat, étant entendu que la « vraie satisfaction » ne sera pas du monde, du vécu ou de ce corps-çi.

La question est en soi toute simple : on ne peut pas définir ou détenir le réel et la structure de conscience, puisque c’est à partir de là que tout le reste (pour un être humain) apparait ; il faut élaborer la règle de cette impossibilité ; dieu et l’intention, l’être et l’universel, le christique et le sujet, le réel et le corps-autre servent à signifier ce Bord. Règle qui compte infiniment puisqu’elle excède le monde (elle est le Bord lui-même).

Et comme c’est impossible alors les structures affaiblies, pour des tas de raisons, ne parviennent pas ou plus à articuler l’ampleur du réel. Elles sont à vrai dire apparemment débordées par la réalité (plutôt qu’élevées par le réel, qu’instruites par la forme elles sont assourdies par les contenus) et croient plus aux données perçues qu’à l’intuitionnel de structure ; cet abandon au monde donné, abandon au donné et au vécu, cet enfermement dans la prétendue substance du monde, revient à lâcher la proie pour l’ombre et à espérer dans une partie plutôt que le tout ; parce que le tout ne se saisit pas, il n’est nulle part ; seul existe la forme et la mise en perspective de la forme par elle-même.

Ça se communique d’une conscience à une autre (du christique, de l’universel, du cartésianisme, de la révolution, de la mass ou micro médiations).

Ou donc et cela règle tout, on se morcelle dans le donné et les réalités au lieu de situer la forme qu’est le réel ; on préfère la multiplicité du donné, son hétérogénéité prétendue radicale, à l’unité de structure (en prétendant que cette unité de structure est une unité substantielle et fausse et illusoire et hypocrite) ; mais il s’agit d’une gradation, vers le haut, et d’une dégradation vers le bas, lorsque l’on délaisse la forme et tombe dans les choses, les êtres, les vécus. On a renié la structure, dieu, l’être et l’universel, le christique et le sujet, or toute multiplicité ou diversité n’apparaissent que par et dans l’universel et le sujet ; la multiplicité livrée à la multiplicité se disperse, s’anéantit, à moins de lui supposer une unité imaginaire ; la Volonté, l’Etre, la pluralité humaine ; la pluralité humaine sans les régulations de structure est la lutte de tous contre tous, la domination des uns sur les autres, pas même une domination organisée mais une désorganisation, littéralement, cad une mafia en lutte contre d’autres ; il faut partir du principe que l’élaboration interne de la structure a rendu possible une communauté formelle pure et telle quelle ; soit donc la démocratie des individus. Qui évidemment n’est jamais complète ni parfaite, mais l’abandonner au nom des imperfections (réelles ou supposées et abandonner du même coup la liberté et le sujet, l’Etat et l’universel) ce sera toujours au nom d’une recomposition imaginaire de « spontanéités » franchement imbéciles, irréelles qui se donnant dans le monde paraissent « bien plus réelles » que ces abstractions, mais qui tombent, toutes, dans le monde. Qu’il prenne la communauté communiste ou le moi libéral égocentrique, qui sont des images non des structures.

Sitôt que vous programmez un groupe dans cette unité formelle (qui ne vous demande que votre liberté l’accordant à toutes les autres en tant que liberté et non en tant que tel ou tel choix, sinon ce serait absurde) vous abaissez le niveau, le degré de structure et vous remplacez l’identité formelle « liberté » par tel ou tel effet de celle-ci et redescendez dans le monde et ses intérêts ; que ces intérêts soient de classe, d’ethnie, de religion, de fanatisme, de groupuscule politique, d’intérêts particuliers ou privés, etc, ou simplement lorsque tout individu ne sait plus même articuler sa liberté comme réelle et structurelle et qu’il n’y entend plus que sa subjectivité et ses facilités, cad la bassesse du corps donné là (plutôt que l’autre-surface du corps).

Comprenons bien, tout cela est beau et bon, mais uniquement si l’on tient la structure ; si nous l’abandonnons, nous succombons. Si nous n’articulons plus le donné qui apparait, serait-il notre vécu ou notre corps, à la structure réelle, à son positionnement, nous glissons dans le donné seul et étouffons.

Tout ce qui indique que la forme des réalités, le réel des réalités est plus grand que celles-ci, nous élève, et parfois selon des tours surprenants mais toujours des tours étincelants. Et tout ce qui prétend identifier des réalités pour seules tenant-lieu du réel, nous trompe. Et si on ne peut que se confier à la structure du réel (dieu, l’être et l’universel, le christique et le sujet, le réel et l’exister) c’est que c’est visiblement ce qui devient réellement c’est le Bord de la réalité et non cette réalité elle-même (qui est destinée au néant de toute manière, dont la nature même est la dispersion finale).

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Le christique – le Saint-Esprit

18 Juillet 2019, 11:49am

Publié par pascal doyelle

Rappelons que le Saint-Esprit est le troisième de la trinité ; il apparait lorsque le christ se retire et qu'alors seulement il peut envoyer le saint esprit, afin que chacun entende, comprenne la parole, ce qui veut dire commence de saisir les intentions (que pas un seul ne discernait jusqu’alors) et qu'il crée par le Saint esprit la communauté des croyants (méno ; dieu, juif, la loi et la nation - le christ, le fils chacun un par un, séparés mais réunis dans l'esprit saint - l'islam, la communauté des croyants) 

Il faut bien saisir ceci ; on a renié dieu, le christ, l’esprit, la pensée, et même le sujet (qui est pourtant l’horizon de chacun, de chaque moi psychique, psychologique, de chaque personnalisation), et ce parce que l’on a jugé qu’il était possible de réaliser ici-bas, ici-même, notre réalité, notre nature, notre identité ; ce faisant nous nous sommes donnés corps et âme, pour ainsi dire, au monde, or le monde disparait, non seulement il va disparaitre (puisque nous étant comportés comme des imbéciles), mais il est dans la nature même du monde de disparaitre ; d’ici quelques centaines de milliards d’années les galaxies seront éloignées, perdues dans le grand rien et les soleils effondrés et les milliards de milliards de planètes glacées, gelées, et ainsi de suite, outre le fait, très certain, que l’on meurt).

On a eu raison de penser vouloir réaliser notre nature et tous les possibles. Puisque le monde fut ouvert d’une part selon l’universel grec, le savoir, la compréhension, et d’autre part suite à l’aventure christique qui affirma que chacun, quel que soit son statut et envers et contre les organisations sociétales du temps jadis, que chacun est en lui-même et par lui-même. Soit donc les sciences et la connaissance et d’autre part le droit et l’individualité infinie, non-finie si l’on préfère.

Mais il ne fallait pas se couper les ailes.

En se remettant entre les mains du monde, et des autres, on a lâché la bride aux  pouvoirs du monde. Sans conserver la force, la puissance d’y résister. Pieds et poings liés. Et plus on s’agitait, menacé par la boue du marécage, plus le monde emplissait nos poumons. Même sous ses dehors rutilants (c’est le monde, il est beau, grand, attirant, mille feux artifices) c’est un piège. Et dans un piège, on y tombe et on y succombe.

Ce qui devait nous retenir c’était le Saint-Esprit ; celui qui reste avec nous lorsque le christique s’est retiré. Et les églises éprouvent un mal fou à définir ce qu’est le Saint-Esprit ; c’est qu’il doit se rendre réel dans le monde et selon les corps eux-mêmes, réellement, concrètement et pour cela juguler les pouvoirs du monde, les puissances incrustées et maitriser les dominations bien concrètes. Le Saint-Esprit c’est l’organisation juste et justifiée de la société humaine. Ni plus ni moins. Liberté-égalité-fraternité, c’est le Saint-Esprit. La communauté des croyants, ce qui veut dire des fidèles ; les fidèles annoncent que, non, ils ne laisseront tombé pas un seul d’entre eux, et même plus ils ne laisseront tomber personne.

Le Saint-Esprit est historique et doit se rendre réel historiquement. Pareillement le christique n’est pas autre et étranger au monde et à l’humanité, par définition (il est venu pour et par cela) ; aussi n’est-il aucunement objet d’adoration mais de pratique et donc de partage et de propagation (la vérité se partage, la liberté se propage). C’est en ce sens que croire ou non ne change fondamentalement rien ; sinon ceci qu’admettre le christique (de quelque manière que ce soit) ouvre en grand ce qui sinon risque (mais non obligatoirement) de rester entrebâillé ; non obligatoirement parce que l’on peut tout à fait se dévouer corps et âme. Loin de n’exister que religieusement, le Saint-Esprit est né en quelque sorte dans et par le monde et l’humanité.

Ou, ce qui revient au même, il faut s’élever et on peut s’élever très haut seul et sans personne, mais on sera immanquablement limité ; on ne s’élève que tous ensemble, que si le réseau des consciences tire vers le haut. Sinon, évidemment, on tombe vers le bas. Et tout aussi bien que l’on sait et perçoit les élévations au fur et à mesure, à l’inverse on tombe vers le bas, insensiblement mais irréversiblement, et indéfiniment ; on ne cesse pas de tomber, de se désagréger, de découdre les intentionnalités, et perdre le fil, tout s’effiloche indéfiniment et c’est cela l’enfer.

La déconstruction intentionnelle, c’est aussi la déconstruction mentale ; l’affaissement de tout existant dans le vivant (seules les finalités du vivant qui nous sont accessibles résistent et nous recherchons la satisfaction, et non plus la structure, qui est jugée insatisfaisante, ce qui est vrai ; la structure n'est pas selon la satisfaction mais selon l'insatisfaction, manière de dire qu'elle relève autrement) et  de plus du vivant dans la désagrégation ; un animal, un vivant ne comporte pas ce splittage interne d'arc de conscience qui crée un horizon (un animal est situé, il ne se situe pas d'un horizon). Pour le moi c'est le passé, le vécu qui dévorera son possible ou son fantasme de surréalité ; anéantissant le réel puisque retournant les finalités à rebours et non vers l'avenir ; le réel est toujours dans le temps, le présent qui devient. 

Notre corps ne tient qu’attiré par une intention et si cette intention vient à manquer elle se retourne et se mange elle-même par le dedans ; mais comme nous n’existons que par cette intentionnalité située au-devant, la morsure n’en finit pas, elle grignote continuellement et dévore, alanguie. Elle ne cesse que par notre mort. Notre corps n’est pas comme un corps vivant, qui suit imperturbablement son possible donné dans le monde. Notre corps est perçu et cette perception le constitue (de même que perçu par le christique il se créait une autre-surface, de signes, ce qui veut dire d’intentions); notre corps se crée donc par une image-surface externe et attirée, tirée par le devant (le tomber-amoureux est la grande expérience de tout moi, ce qui ne veut pas dire que le sujet, dans le moi, s’y limite).  

De là que l’on nous gave d’images et de sons, de récits et de redites incessantes, il faut embrayer sans cesse le cercle vicieux, et qu’il tourne indéfiniment dans la déconstruction généralisée ; il faut qu’il tourne, puisqu’il est acte et activité, et si il ne tourne pas vers le haut, il tourne vers le bas … et donc cette profusion in-désirable, c’est ce que nous demandons pour combler, pauvrement, notre attirance. Elle est in-désirable, puisqu’il est nécessaire de répéter cent mille fois le message pour alimenter la pompe intentionnelle basse et méprisable et qu’elle soit convaincue de son illusoire utilité selon la satisfaction du donné,  cette invraisemblable inutilité, cette cruauté.

Parce que jamais on ne trouvera dans le monde l’attirance adéquate à cette intention structurelle ; ce seront toujours de petits effets limités ; l’intention ne peut se mesurer qu’à une intention équivalente et la solidarité, la fraternité, le Saint-Esprit nommément jadis, permettaient d’organiser la stabilité de ce déséquilibre, de ce décalage dit ontologique, concernant notre être, tout notre être, non en ce qu’il est mais en ce qu’il peut. Le réseau, le Saint-Esprit rendait possible que cette Possibilité soit partagée et soutenue en tant que réseau et structure et non pas comblée, tel un vide, envahie, écrasée, piétinée par le monde, les choses et les objets, les pouvoirs et les intérêts du monde, les intérêts immédiats du corps.

Le Saint-Esprit c’était la régulation du monde et des corps, non pas la détestation du monde mais symbolisons cela par ce chiffre : disons que 40% du monde tel quel se serait réalisé, mais les 60% excessifs, excédés, hystériques, fantasmatiques, mauvais et d’une bassesse inouïe, voire d’une ignominie effroyable,  nous aurait été épargné. Ce déséquilibre nous entraine vers le fond, nous sommes déjà dans la noirceur, ça n’a pas d’autre nom, la dégradation.

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Le christique

17 Juillet 2019, 10:22am

Publié par pascal doyelle

Rappelons. Le christique crée instantanément l’âme de ceux qui croient ; qui reçoivent au moins en intention sa parole, qui saisissent l’intention monumentale et commence d’en rechercher la simplicité. Inutile de croire ou ne pas croire ; le fait est son historicité indépassable. C’est tenu pour tel, ici.

On part ici du fait historique indépendamment de la croyance ou non en la révélation ; il est indubitable que la totalité de l’histoire qui en découlera nait en et par le christique. Dans la diversité des mondes humains réunis autour de la méditerranée, un seul s’élève et manifeste que chacun dispose de son corps, de son corps à lui et du corps que chacun existe ; aussi « ni homme ni femme, ni riche ni pauvre, ni esclave ni homme libre, mais tous un en christ » (St Paul). Ce qui traverse instantanément toutes les divisions sur lesquelles sont construites toutes les sociétés humaines (jusqu’à ce qu’une autre nation investisse l’histoire par l’équation liberté-égalité-fraternité).

Prônant l’abstinence, la féminité (c’est Marie qui décide pour nous tous, pour l’humanité), la pauvreté et la petitesse, le christique est à rebours de toutes les organisations humaines précédentes, de toutes les adorations et outrepasse même la nation élue.  Il n’Existe que des individualités, formellement, absolument.

De même que les grecs pensent le monde, unique, donné là, en dessous de tous les mondes humains recouvrant ce monde de leurs représentations en propre, et créent le réseau intentionnel adéquat (les idées, puis les systèmes), de même le christique ajoute au monde donné là unique que chacun dispose de son propre corps et qu’il doit se situer en un point-autre, qui lui permette de distinguer en une fois sa naissance-mort et tous les contenus et ce en une seule et non-finie manifestation ; en l’occurrence le regard christique est ce qui tient lieu de point-tout-à-fait-autre ; on est perçu de là-bas et ce là-bas se transmet à chacun.

Ceci est incompressible. On ne peut pas réduire ou détourner ou annuler ou ignorer le fait monumental, absolu, ce qui veut dire formel. Personne, ni aucune pensée, ni aucune système de quoi que ce soit n’est équivalent de près ou de loin à l’absolu rigueur étrange de cette manifestation d’un point-autre qui non pas saisit tout mais celui par lequel tout le reste est saisi. De là que disparaissant, il est-toujours-là. Puisqu’il existait déjà hors et surtout en plus du monde et du vécu de chacun, constituant aussi bien l’un que l’autre, que tous les autres vécus.

Et donc cette répercussion absolue, formelle, permit tout aussi bien de com-prendre, de prendre avec, la totalité de la pensée grecque puisqu’il s’agit du même mouvement ; l’un admettant le monde unique donné là (en dehors de tout groupe humain et de toute représentation déterminée) et l’autre instanciant le corps de chacun, indépendamment de tout vécu, réalisation, statut, relationnel, échange, pensée, affect, etc.

Puisque c’était la possibilité, la capacité de se reprendre à nouveau à partir de la même unité de soi-même renouvelée incessamment est un principe qui vient avec l’idée, la position même qu’une unité, individuelle, valant non seulement universellement (chacun a un corps) mais infiniment (chacun est à soi-même non fini et ne dépend pas ou plus des échanges, des rapports, sauf envers celui qui vous crée un et vous élève sans cesse, étant lui-même hors la naissance et la mort).

Autrement dit ajoutant au monde de la mise en forme culturelle qui régnait partout (en chaque monde), un étage en plus, une dimension en plus ; l’acculturation qui ne tient plus à tel monde déterminé localisé mais aux simples faits, absolus, que chacun soit un corps existant, christique, et ce dans un monde, unique universel.

Ce qui nous parait si évident mais qui en réalité ne s’imposait nullement et nulle part dans aucun des mondes alors en cours. Que cette structure une soit apparue, verticalement veut dire qu’elle poursuit et ajoute à la Loi de la nation juive ; elle ajoute l’intention (de sainteté, de justification, cad d’élévation potentielle) à la loi. Non pas peu importe les lois ou les péchés, les erreurs ou les égarements, mais tous sont réinstanciés et dépassés par la foi, le renouveau, le renouvellement continuel que rend possible non pas la réalisation de la loi mais la possibilité de récréation continuée par la seule et simple intentionnalité manifestée sur le registre non de ce qui est donné dans le monde mais manifestée sur le registre de la Possibilité l’engagement.

Ou ce qui est équivalent ou plus exactement est contenu dans la forme même du nouveau réel ajouté à toutes les réalités, tous les mondes humains ; il revient aux êtres humains de co-créer la Possibilité nouvelle. Non plus d’appliquer la loi sous la forme définitive de son énonciation, mais créer les nouvelles lois au fur et à mesure. Fils de dieu, c’est ce que cela signifie ; la capacité du Créer lui-même, via la filiation christique.

Dès lors évidemment se pose les questions ontologiques ; qu’est-ce que notre être qui perçoit par-dessus la naissance-mort et qu’est-ce qui doit être créer adéquatement à ce point si rigoureusement Autre que le monde, le vécu ou le corps ?

Il n’est pas très compliqué de saisir que par ce biais si fondamentalement structurel la totalité de ce qui est, mondes ou mondes humains, vécus et relationnels, corps et perceptions, tout est absolument renvoyé à  la structure même du réel qui atteint là sa Possibilité la plus grande. Ce qui veut dire que toutes les autres, philosophiques ou non, resteront secondes, quoi que l’on fasse ou dise. Que ce fait monumental s’impose et ne ressortisse pas d’une individualité humaine tombe à peu près sous le sens …

Peut-être est-ce une intuition absolue, formelle, qui a pu, de la sorte (puisque formelle) traverser quantité d’individualités (durant de nombreux siècles et quelles que soient les mondes ou les origines, puisque formelle) ou peut-être est-ce au sens strict une révélation ; chacun en décidera. Mais que l’on ne puisse pas en traiter comme d’une subjectivité ou d’une objectivité localisée et déterminée mais qu’elle surgisse comme une forme inépuisable signifie, à tout le moins, qu’existe dans ce monde, au travers de tous ces mondes une unité existante plus grande que tout le reste.

Rappelons une autre logique ; les grecs, la pensée et l’être, l’universel, augmentent la perception (en plus et en dehors de tout monde humain et de tout groupe localisé ; les idées créent le monde dans a perception et rendent chacun capable de cette augmentation, cependant chacun acquiert dignité ou divinité de et par la pensée), le christique intensifie l’individualité absolument (formellement, chacun quelque soit son statut est de fait infiniment existant, cependant de par celui là seul qui existe-en-plus, de tout vécu et de tout monde et de toute mort), le cartésianisme et suivants (y compris la révolution, fr et autres) accélèrent l’ensemble de toutes les possibilités (ça n’est plus seulement le christique qui instancie chacun mais chacun relève d’un réel dense et actuel qui possède son unité et qu’il faut décrypter en et par lui-même et non plus exclusivement selon le christique, en un sens Descartes acte ici même l’intensification du christ, et il faut décrire et donc créer cette possibilité au fur et à mesure).

Ce qui prit son indépendance, à avoir que l’humanité ait à co-créer non pas seulement le monde mais la POssibilité instanciée dans le monde, ne va pas sans mal ; mais outre les églises (qui comme institutions humaines d‘abord se chargent de défendre leur institution, comme il se doit) cette capacité était délivrée par le christ libérateur ; libérateur au premier chef des intérêt sud monde, qui divisent les individus et coagulent les groupes humains, hormis selon la Possibilité qui seule rend raison de tout, ce qui est, et de tout ce qui est Possible.

C’est en cela que l’église, la révolution ou les sujets, aussi hauts perchés soient-ils, ne suffisent pas à remplir le cahier des charges lancés par le christique. Et que le christique lui-même ne peut pas être intégralement rend u réel dans le monde, puisque par là le réel excède et est plus grand, toujours plus grand, y compris plus grand que lui-même ; œuvrant en une co-création de la Possibilité-même.

Pour que le possible demeure (la vraie loi) il faut donc entrer dans le par-don. Ce qui veut dire que l’on ne peut plus rester accroché aux erreurs et aux fautes réalisées (par lesquelles la loi s’imposait ou quelque ordre figé que ce soit) et selon lesquelles nous étions jugés, mais bien qu’il faille redoubler de possibilités ; si l’on est par-donné il est infiniment possible de recommencer , de recommencer de vouloir « ce qui n’est pas » : en quoi consiste la Possibilité qui sans être (du monde) existe (en plus du monde, du vécu et du corps).   Et c’est très précisément si l’on peut dire, ce qui est en jeu selon le christique ; si il se retire du monde c’est afin que se déploie dans le monde et selon les corps, la possibilité qui n’est pas du monde, en quoi il affirme que le réel c’est justement cela qui n’est pas (encore) dans le monde, mais qui s’y ajoute et s’y crée, cela se crée dans le monde à condition de se rendre possible et c’est la possibilité même qui délivre le monde.
De ses intérêts particuliers et de ses déterminations ; il n’est pas que le donné, la forme du monde devient dans le monde en plus du monde et ceci consacre le corps, les réalités, les perceptions ; il n’est rien de plus anti christique que la détestation du monde et du corps ; le christique signifie littéralement que le corps lui-même se crée en plus dans la perception, d’abord par le regard de christ lui-même qui crée votre âme, et dans la considération des corps entre eux, sans laquelle il n’est que morcellement du relationnel ou de la conscience de soi, qui se perd dans les indistinctions. Ce qui est condamné ça n’est pas le corps mais l’enfermement dans les seules déterminations du corps – ou de toute perception.

Et toute adoration est enfermement. Ce qui attire, aimante, doit ex-sister et ne doit en aucun cas « être » du monde, du vécu ou du corps ; puisque l’on est passé au registre de « ce qui n’est pas encore » mais devient ; le christique est dans la dimension du pur devenir. Il s’agit, si l’on reprend l’interprétation ici même, d’une autre-surface du corps, par laquelle surface les signes sont perçus selon la possibilité et le corps qui n’est pas divisé par des signes du monde (cad des intérêts) est celui qui est à lui-même le seul signe global impossible, non possible, qui sort-de l’intention, qu’il faut comprendre comme intentionnalité indescriptible mais qui rend possible toutes les réalités et les réalisations.

Il y aura de considérables détrônements, tromperies, mésinterprétations qui toutes auront pour but ou  aboutissement, dissimulé ou non, de réintroduire les intérêts limités du monde ou du vécu. De falsifier à nouveau le corps, en lui injectant mille fois la lourdeur du monde et du vécu ; la pesanteur du monde et du corps pliant l’intentionnalité vers le bas, vers la détermination, se prenant pour plus réelle que le réel, les contenus plutôt que la forme. De s’interposer entre le christique (ou l’universel grec logé en son sein) afin d’imposer d’autres causalités cette fois mondaines et de pouvoirs. Puisque la forme est impossible selon le monde, alors elle doit être fausse ou illusoire ou inutile ou idéologique, pense-t-on. Mais c’est son impossibilité même qui signifie l’exister, le structurel, le formel, l’indéterminé.

C’est que l’on a cru ou voulu croire que dieu, le christique et tous ces réels aboutissaient seulement à un humanisme et que l’on jugeait cela déplorable (oubliant que l’on bénéficiait largement de tous ses effets, haïssant pourtant le sujet, la liberté, la démocratie, le peuple, l’historicité que l’on voulu remodeler à sa guise, la raison ou notre très réelle tradition de libération) et rejetant l’un on a cru bon de renier l’autre. Erreur.

La seule ouverture est d’admettre le niveau, le degré, l’ampleur de la Possibilité, et il s’avère qu’il est effectivement extrêmement difficile d’actualiser le réel qui fut indiqué, le sens, l’orientation du faisceau de conscience. Le christique ne pouvait pas en restait à une adoration ; la possibilité intrinsèque débordait formellement, infiniment, par sa verticalité et sa transversalité ; ça n’est pas parce que nous n’en concevons pas toute l’intentionnalisation possible d’une part et d’autre part sommes dans l’incapacité structurelle de tenir l’orientation du réel, de l’inscrire comme corps, que celle-ci ne portait pas précisément la totalité du devenir possible.

Le christique (outre la révélation éventuelle pour les croyants) assume donc la position de la structure telle qu’il lui est devenu possible d’apparaitre dans les réalités, parmi les autres, historiquement autour de la méditerranée, et constitutive de l’ensemble des points impossibles (soi, autrui, le point-autre, le corps nouveau, l’horizon qui contient tous les horizons, y compris grec et juif, la Possibilité donc qui œuvre et se nomme le Créé, à notre charge) et qui seuls valent la peine et sans lesquels l’intentionnalisation retombe dans le donné là, vers le bas, se perdant au sein des multi-déterminations se divisant indéfiniment, entourant et morcelant chaque corps intentionnel, le corps s’instrumentalisant comme moyens du monde, des désirs et des pouvoirs ; et ne parvenant plus à lancer une intentionnalité suréminente ; ce qui vient emplir la structure selon les réalités, si apparemment évidentes et valant pour elles-mêmes, rend inaccessible la stratégie, la finalité de structure.

Pour amener la structure originellement christique, dans le champ du monde, ça ne peut se produire que dans et par l’invention de nouvelles intentionnalités. Ce qui veut dire, ne nous y trompons pas, non pas d’idées mais de structures intentionnelles en dur, solides, instanciées, et instanciées en tant que corps, historicité, réseau ; liberté-égalité-fraternité est la manifestation historique formelle, absolue. Le sujet est la position extrêmement difficile, mais qui une fois lancée s’est démultiplié infiniment (il est de la nature du sujet de se propager en tant que sujets, tout le monde est devenu cartésien, comme tout le monde platonicien ou aristotélicien, ou chrétien, par la religion dite ou la révolution, selon ses variantes).

Il est inutile de prétendre découvrir un réel plus dense, complet, ouvert, et de remplacer la possibilité par telle ou telle partie du monde, du vécu, de l’humain, des réalités ; il s’est manifesté christiquement La Possibilité même. On peut s’amuser, pourquoi pas, à s’étourdir de telle ou telle révolte ou tel ou tel morcellement bigarré du monde, mais c’est peine perdue ; la barre s’est déplacée à un tel degré, que s’élever ou périr est le seul enjeu admissible.

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Résumé de l'histoire de la pensée

13 Juillet 2019, 13:33pm

Publié par pascal doyelle

La pensée n’a jamais été fondamentale que par les grecs, jusqu’à Plotin. Ensuite on passe à autre chose et autrement ; évidemment la théologie (qui occupe un nombre considérable de siècles et élabore quantité de créations et de précisions) reprend l’intégralité de la pensée, grecque (puisque le christique est l’avancé de la structure de conscience (intentionnalisatrice) relative à la vie de chacun, tandis que les grecs pensent le monde et le donné là ; chacun a un corps dans un monde (et tous les mondes particuliers qui inscrivaient chacun dans sa représentation partagée se sont effondrés ou ont disparus ; reste le monde et le corps, les grecs et le christique). Etant de la même unique réflexibilité de structure qui soit, la pensée peut être totalement actée par le sujet chrétien.

Ce qui change tout c’est Descartes qui remplace dieu ou plus exactement qui affirme que si dieu existe, il est néanmoins ici bas une unité, celle qui doit être trouvée ; celle du sujet planté sur l’étendue du monde. Qu’il délègue, avec assurance, aux mathématiques, puisque le sujet relève de tout autre chose, du vertical implanté de fait à la surface-étendue du monde. A la philosophie revient une décision étrange de situer ce sujet et d’élaborer le cadre de son existence ici même ; à preuve c’est ce que comprend très bien Kant qui dessine l’ensemble des possibilités du sujet ; ou Hegel qui pense, rassemble la totalité des intentionnalités du sujet (sous deux phénoménologies ; celle de la conscience et celle du savoir, non pas le savoir lui-même mais l’apparition, pour nous, de la connaissance possible).

Si il existe, et il existe, un plan donné tel que « là », un sujet perché sur le monde, alors il faut penser le dit plan horizontalement, étant entendu que pourtant si il y a un monde, c’est qu’il y a un sujet et que le sujet est nécessairement vertical à l’horizontalité du plan (ou donc si il y a un « moi »,c’est parce qu’il « a » un corps et non parce qu’il « est » un corps, etc).

Kant déploie admirablement l‘ensemble des possibilités et des possibles (virtuels) du sujet ; Husserl est à la fois kantien et hégélien en reprenant le processus qui se révèle être un procédé ; l’intentionnalité de la conscience, qu’est la conscience. Sartre déplacera le curseur et la « conscience » deviendra quasi une structure qui ne se réfère plus uniquement à la connaissance (en quoi Husserl se retrouvait coincé) mais plus formidablement comme « acte sur le corps » (ce que Lacan n’oubliera bien sur pas ; l’arc de conscience fait-mal, travaille, torture le corps, un vivant qui n’en demandait pas tant).

Par Sartre l’arc de conscience précède tout ; il crée dans le donné tel que « là », le monde, les autres, un retour qui surgit de par soi ; étant non pas une identité (ce qui serait impossible à justifier ou comprendre, de où surgirait-elle ? pourquoi y aurait-il deux mondes ou deux réalités ?) mais un rapport ; ce qui veut dire que la structure existe telle quelle, comme non contenu, non déterminité ; ce qu’il figure comme étant un « néant ». Évidemment il ne s’agit pas d’un « rien » mais d’une forme, vide, qui rend possible que défilent tous les contenus que l’on rencontrera et au besoin imaginera, que l’on inventera, créera. La liberté n’est pas de choisir (entre quoi et quoi ?) mais de créer ; non pas seulement une œuvre mais un chemin, une possibilité, le possible que chacun va tenter d’élaborer de sa propre vie (on existe ce que l’on fait  – de ce que les autres, le monde, le vécu, les accidents ont fait de nous).

On dira que l’on est loin de la pensée et même du christique ; mais en réalité pas du tout. La pensée, ce que l’on nomme et ce qui s’est nommé tel, est la tentative (mille fois réussie) de produire un réseau intentionnel qui puisse nous donner le monde ; Platon a raison, sans les Idées on ne voit pas, ne perçoit pas le monde.

On en reste à une vision commune, du groupe humain dans lequel on est né). De même sans le christique notre naissance-mort ne forme pas un « temps », un laps de temps et d’espace, mais une vie subie et aliénée ; et donc le christique nous « libère » réellement (ce que les juifs et aussi les musulmans, mais autrement, tentent, eux, de rendre réel, activement réel par la communauté, entendu comme « la communauté en esprit », ce que les chrétiens désignent comme Saint-Esprit ; les juifs comme nation, les musulmans comme ensemble par delà les nations ; le christianisme se donne également pour universel, puisque ce qu’ils activent, tous, c’est une structure-hors-du-monde, qui nous en délivre (par la loi, l’oumma, ou le christ).

Remarquons bien que l’on peut toujours admettre la pensée, grecque ou suivante, dieu ou le christique ou le sujet ou enfin le réel (qui se conjugue comme Existence pour Sartre et consorts, mais aussi comme inconscient pour Freud et Lacan ou économie pour Marx ou réalités objectives pour les sciences ; tout cela appartient à la même formulation de ce qui existe comme étant « autre » , et bizarre plus ou moins et en tout cas « pas connu a priori » ; rappelons que le sujet n’est rien que forme, vide, et qu’il ne connait rien spontanément, pas d’identité ou d’essence, mais pourtant une structure réelle, qui plus est hyper active, activiste, qui produit constamment des contenus depuis qu’elle s’est aperçue ne pas appartenir à aucun). Mais cela étant la philosophie s’est permise de produire un arc de réflexion (cad de retour sur, vers cet être étrange qui n’est pas un être, qu’est l’arc de conscience) plus ample que la seule « pensée » (ce que Kant entendait comme pensée critique, prise de conscience au second degré qui ne tombe plus dans la seule métaphysique).

Cette ontologie n’est pas de définir les spécificités de « l’être » mais de délimiter les possibilités de cet être qui n’est pas un être qui fut nommé « sujet » (après Descartes et non par Descartes lui-même qui avec lucidité ne nomme pas sa découverte de soi, si son essence est « la pensée », pour Descartes « pensée » s’entend de tout un dispositif, de la perception à l’idée, au sens spécialement cartésien).

On a donc non pas découvert une identité, l’universel de la pensée ou l’identité d’un Etre, etc, mais on a permis à une structure de saisir l’ampleur de son activité ; on ne pouvait pas en rester à projeter un contenu hors de soi et le tenir pour « vrai », mais devait admettre et établir la carte générale de ce qui existe tel que cela existe ; le passage de la métaphysique à l’ontologie, veut dire à l’ontologie de cet acte qui existe ici même et maintenant ; Descartes (qui nous le montre exister et nous en décrit le récit, le procès). La description de cette structure courre depuis Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan, ajoutons Nietzsche et Heidegger (qui tentent de remplacer l’ontologie par une imagination, non dépourvue de sens ; la Volonté d’une part et l’Etre d’autre part, qui sont des excès essayant d’exprimer l’altérité, la non-humanité, sur-humanité ou inhumanité donc, de la structure, qui est absolument formelle, du reste ce qui est formel est absolu, n’étant pas composé ça n’existe pas « à demi »).

Ce qui est le « vrai » c’est donc de parvenir à situer, en en prenant conscience, notre être qui n’est pas un être mais une structure, et donc un rapport et donc de percevoir à quoi et comment se rapporte ce rapport, ce mouvement. C’est pour cela que l’on ne saisit jamais rien (sinon des contenus relatifs et qui s’épuisent comme le sable), mais que par ailleurs on est saisi. Saisi par la structure et raison pour laquelle dieu, le christique, le sujet ou le réel nous saisissent mais aussi les extrémités de la pensée ; l’être, l’idée, la pensée de la pensée, le Un. Ces extrémités nous pensent et nous reviennent comme étant « le réel ».

Autrement dit que cela soit clair ; on a commencé de « penser » et suite à cela on a découvert (les grecs) que l’on pouvait non pas recevoir passivement un contenu (un monde humain tel ou tel) mais créer, produire des intentionnalités (on a nommé cela des idées). On a cru d’abord que naturellement on se dirigeait vers une pensée vraie (ce qui ne peut être remis en question, sinon tout ne sert à rien, à rien du tout), mais la question  est devenue ; que faut-il intégrer dans la pensée de ce qui est ? Et on a du intégrer le sujet, la structure qui pense, non plus la pensée elle-même mais « cela » qui, éventuellement, pense. Parce qu’alors de fait cette structure ne se cantonner à seulement penser ; elle se déployait, visiblement, dans quantité et même tous les registres (de là qu’il y ait une pratique et une esthétique kantienne, ce que Hegel va encore étendre), jusqu’à isoler le noyau de structure. La volonté de Nietzsche ou l’être de Heidegger veulent découler ce noyau et affirment son altérité, son étrangeté et Sartre, seul, désigne cette structure comme « néant » (à la suite de Hegel pour qui l’acteur de l’historicité est la négativité).

Il n’est donc pas question de renier la pensée au sens d’organiser rationnellement la vue, la vision que l’on obtient de ce qui est, de la réalité (en quoi les grecs voulaient la formuler comme système cohérent d’intentionnalités-idées qui montrent, exposent cette réalité) ou ensuite la vison du réel que l’on obtient ; Descartes en plaçant un être spécifique, l’homme, comme créature étrange et autre ; par quoi Sartre et Lacan découvriront cette structure dans un corps (jeté dans le monde et parmi les autres et l’historicité ou autre-que-le-moi entrainant des « difficultés psychiques » incommensurables ; un vivant n’est pas fait pour devenir un Existant ; un existant comportant une distance, un décalage interne insurmontable, puisque sinon il cesserait d’être-pour-lui-même et donc cesserait tout court.

Qu’il soit pour lui-même d’une part mais que d’autre part toujours ce « lui-même » n’est jamais le regard qui regarde, n’est jamais l’intentionnalité qui intentionnalise telle ou telle dénomination ou identité ; de sorte que son être n’est jamais qu’une imagination, il s’imagine tel ou tel, et ne peut pas sentir cet être où que ce soit ; voila bien qui rendrait fou n’importe qui. Mais voila, c’st qu’il n’est aucun des contenus, aucune des imaginations ou des objets ou chosification ou identité qu’il imagine « être » ; la raison en est qu’il est le regard lui-même qui n’obtient aucune identification, jamais, puisqu’il se tient en retrait étant l’acteur de toutes les intentionnalités. Et c’est ce retrait, cette réserve, qui dégage au devant l’espace et le temps des apparitions, qui, lui, existe …

Comprenons bien ; il n’est aucune identité serait-elle bienheureuse, pure et sans mélange ; c’est la différence entre la croyance gnostique par ex (ou toute autre interprétation du fait christique) et le christique lui-même ; les « hérésies » (nommons cela ainsi) prétendent à une unité, cachée peut-être ou dissimulée par l’horreur du monde ou la masse du corps, mais complète, satisfaisante (qu’elle ne soit pas « là » activement heureuse justifie leur théorie du complot métaphysique). Le christique ne suppose pas une telle unité ; il dit que l’unité existe, mais en-avant ; il n’y a pas, contrairement à ce que l’on caricature de l’extérieur, d’imagination, mais la description et la mise en branle, mise en marche, embrayage intentionnelle qui dit ; vous êtes le mouvement qui s’élève vers le haut ; pas une unité mais un mouvement, ce qui signifie un rapport à quelque’un qui établit lui-même le rapport, d’égal à égal (puisque vous voici fils de dieu) et engage votre regard dans son regard ; et donc vous serez toujours splittés, divisés, et tenus seulement non par une croyance en votre identité (dont on comprend bien qu’elle définit comme divisée, ambigüe mais décidée, orientée, voulue par en-avant) mais tenus par votre véritable intention ; certes on vous demande cette intention selon sa vérité, laquelle est incertaine, mais justement son incertitude est la liberté même et non une identité (imaginaire) quelconque ; ce qu’il fallait activer ça n’était pas une unité illusoire mais le travail lui-même de la liberté (rendant possible non pas une identité humaine individuelle générique mais une liberté absolument personnelle et singulière ; le gnosticisme pèche par simplification, le christique rend possible et manifeste votre équation dont la non résolution demeure toujours entre vos mains et face au dieu singulier).

On saisit par là que le christique est une technologie (mentale, cad intentionnalisatrice) bien autrement performante et qui re-vient toujours à chacun, à chaque un, à laquelle on ne peut substituer par aucune définition ; serait-elle la Volonté (nietzschéenne) ou l’Etre de H ; le sujet cartésien ou kantien ne déterminent pas du tout « ce que cela est » que le sujet ; et Sartre précise mille fois qu’il s’agit d’un néant (cad une forme individuée active qui déplace les signes et les orientations selon son engagement, son investissement). N et H tentent somme toute, via une universalité (la volonté, l’être) de penser malgré tout le réel comme paramétrable (en élaborant les critères de la volonté ou de l’être, serait-il les affects de base qui expose l’être de l’homme comme être-le-là, cad possédé par l’être et non pas humanisme) ; mais Sartre ou Kant obligent à rendre au sujet cette structure même qu’il existe ; le sujet est en lui-même sa propre loi, mais il Existe cette loi (ça n’est pas n’importe quoi ni l’arbitraire mais la structure bien plus rigoureuse que toute objectivité ou subjectivité déterminées).

Et l’être, des grecs ou quelque identité, supposée, que ce soit, sont toujours des imaginations. Ce que propose la philosophie c’est de remonter dans la structure même et agir en sorte qu’elle se régule elle-même ; qu’elle soit sa propre loi, mais non pas son arbitraire ; qu’elle soit réellement la loi. Ce que le christique signifiait et qu’il mettait en œuvre en tant que pris-dans le regard absolu ; pris, certes, mais dans l’absolu, cad dans la capacité totale de vouloir, et quand bien même une volonté humaine ne peut y parvenir et d’une part doit admettre la grâce (dieu a l’initiative, ce qui est vrai au moins historiquement même si l’on ne croit pas ; le christique initiée que chacun est chaque un) et d’autre part même échouant sans cesse et requérant le par-don, le don en plus de la possibilité de relancer sans cesse l’embrayage intentionnelle afin « que cela ne cesse pas ». C’est littéralement et figurativement et techniquement ce qui est prescrit, mille fois.

Il ne s’agit pas de promouvoir le christique mais de comprendre pourquoi il eut une telle influence initiatrice formelle, cad absolue ; il manifeste cela même qui est en jeu ; historiquement il rend possible tout le reste. Toutes les positions suivantes sont contenues dans sa structure ; il prévoit les tous les siècles qui suivront ; il restait cependant à inventer toutes les possibilités (serait-ce en « faisant semblant » de remplacer le christique par une théorie, une idéologie ou une philosophie). Ais on comprend bien que tel quel il est incomplet et il le dit ; ce sont les sujets qui doivent devenir sujets. L’intentionnel de structure doit avancer dans le corps de chacun. Puisqu’il s’agit de remplacer la satisfaction immédiate (qui revient au monde, au donné, à l’acquis, que confèrent de toute manière les intérêts du monde qui ne cessent de diviser les individus entre eux, jusqu’à la mort, ou selon l’exploitation ou la violence) par une satisfaction étrange, autre, qui n’a pas de nom, sinon un seul ; celui qui existe hors du monde et attire à ne plus y être sans la structure… non pas ne plus y être du tout, mais ne plus y être sans la structure ; c’est la structure qui n’est pas dans le monde, qui attire le réel et rend possible un renouvellement de réalité.

De même que la pensée grecque est prise au-dessus et au-delà du groupe humain ; elle exige de vous que vous dépassiez, décentriez votre intentionnalité ; c’est cela qui permet de vos intentionnalisations et vos intentions, morales, politiques, éthiques, esthétiques, vos affects même, s’élèvent au niveau du réel. Ce que le christique réclame comme outrepassement de votre … vécu, et on mesure alors la différence d’ampleur, et sa difficulté ; il ne s’agit plus de seulement penser un objet ‘serait-il extirpé de tel monde humain défini et offert à la perception universelle) mais de vous modifier, vous. Non de ce que vous êtes (on ne peut pas changer cela que l’on Est) mais de ce que vous voulez au sens qui deviendra de plus en plus précis, de ce que vous intentionnalisez ; plongeant et remontant tout au long non  de votre être dans le monde (les sciences s’en chargeront par ex , mais aussi le droit ou les récits, etc) mais tout au long de ce qui est possible et est la Possibilité même ; que l’on nomme fils de dieu si l’on veut ou sujet (cartésien, kantien, sartrien).

Or la philosophie c’est à cette ambition là qu’elle s’est convertie depuis au moins Descartes (et en vérité depuis le début c’est notre être, notre être/dans l’être, des grecs) ; penser non pas seulement notre être/dans l’être (réductibles à des essences, des substances pensées, rassemblant les intentionnalités-idées) mais penser, donner une description de notre être devenu structurel, d’abord dans le donné du monde, puis structure de conscience articulée à la structure du réel (ce que Kant nomme le nouménal, qui n’est effectivement pas une détermination, donnée dans la perception, mais une supposition transcendantale du réel comme forme). Depuis Descartes donc est annulée et dépassée la pensée métaphysique (que paradoxalement réintroduit les idéologies scientistes ou idéologiques ou théoriques sans intégrer la réflexivité de structure, la pensée de et pour la structure même). Qui parait, cette pensée du sujet, aléatoire, alors que c’est justement ce qui fut réellement décrit depuis plusieurs siècles et avec succès…

Cet aveuglement qui rendrait inaccessible le sujet, prenant base de Kant par ex (alors qu’il dit explicitement qu’il va recréer la philosophie sur une supposition ontologique tout à fait autre, supposer le sujet et la structure même du réel, en plus des réalités, qui ne forment même plus « monde, moi, ou dieu », dieu étant d’une autre nature que le donné là, réclamant des sujets et non des choses, seraient-elles pensées), cet aveuglement n’a nullement empêché d’avancer et bien considérablement ; jusqu’à Sartre et Lacan qui décortiquent la structure même telle qu’agissant et engendrant une profusion d’effets ; dans et par les corps, individuels, eux-mêmes. On atteint là au plus près de la vie, du vécu, du fondamentalement concret, à savoir que l’arc de conscience est de ce corps-même, dans un prodigieux mystère et une incroyable articulation et feuilletage, noué de l’intention, des intentionnalités de chacun, valant absolument, cad formellement, dans l’existence de cet Exister monumental. Qu’est-ce que ce corps devenu qui supporte l’invraisemblable tour de conscience sur le réel ?

Corps on sait qu’il est initialement l’origine historique du corps du christ. Ça n’est en aucun cas un hasard.

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