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instants philosophie

Différence entre métaphysique et ontologie

27 Octobre 2018, 08:15am

Publié par pascal doyelle

La réalité n’est pas mauvaise, ou méchante ou diabolique ou absurde, elle est brutale. Et elle est brutale parce que sans l’altérité il n’est aucune réalité, aucun monde, aucun univers qui soient possibles. Et il existe des révélations ou des Possibilités et un présent afin que cela qui n’est pas encore, soit. Un jour. Un jour éternellement, ou atemporellement. Si vous ne tenez pas, si vous vous laissez convaincre par l’altérité seule (sans voir qu’elle suit son immense logique, extrêmement difficile ou terrifiante) alors vous perdez le peu qui vous soit atteignable. Vous perdez la Possibilité. Il se révélera à la fin des temps, ou atemporellement, que la Possibilité sera réelle ; comment ce qui est en attente comme présent ne serait-il pas existant ? (La question est ; comment y existerez-vous ? En quel état et de quelle manière ?)

La finalité des réalités sera elle-même radicalement Autre et ajoutera de la distinction à la distinctivité (à l’altérité). C’est si l’on veut une fuite en avant mais précisément est un Créé.

Ce qui n’est pas. L’être est tout ce qui est, mais le réel ça n’est pas l’être, c’est le présent, soit donc ce qui devient, ce qui arrive, ce qui sera (réservant de comprendre ce « sera » de telle ou telle occurrence, ce qui n’est pas du tout évident ; ça n’est pas forcément l’avenir).

C’est le présent, le possible qui attire toutes les réalités vers l’avant, par l’avant ; il n’aura échappé à personne que la partie qui seule vaille la peine n’est pas ; il est seulement possible ; ce qui mesure l’être c’est le présent ; c’est là, dans le présent, dans l’en-avant généralisé que réside le réel ; et si vous ignorez le possible, la Possibilité, alors vous vous contentez de l’être, du réalisé, et non de la réalisation comme mouvement ; vous considérez par ex que le donné seul explique le donné (ce qu’est la rationalité et la causalité), alors que, de fait, il existe un présent (et que donc le donné n’est pas donné, nulle part).

Si vous restez sans foi, idée, image, ou intentionnalité aucune en la Possibilité, vous vous effondrez. Ça prendra un temps peut-être infini ou vous vous écroulerez en une seule fois mais même alors vé

Évidemment vous disposez déjà d’une projection (aucune conscience n’existe sans intentionnalité et donc sans à-venir), mais élaborer cette projection native requiert précisément une tactique, mieux une stratégie, ou une élaboration ou une architecture.

Vous considérez par ex que durant votre vie il vous faudra, au plus, entièrement « être vous-même » (ce que l’on parvient très rarement à croire d’effectivement ayant eu lieu, puisque que l’on ne parvient jamais à acter l’image, l’imaginaire dans l’épaisseur du monde, du vécu ou du corps). Mais là où vous existez ça n’est pas de l’ordre du monde, du vécu ou du corps. Vous n’apparaitrez pas dans le monde ; la part de vous la plus exacte est en dehors du monde ; vous avez perçu, décidé, imaginé à partir du Bord de votre vécu et c’est dans la ligne, l’horizon de cette Possibilité que vous existez. Se considérer comme ayant à se réaliser, c’est se perdre (et c’est bien de ne mener aucune stratégie suffisamment élevée que toutes les intentionnalités s’effondrent vers le bas) ; c’est bien pour cela que la pensée ou le christ ou dieu ou l’idéal kantien ne sont pas, ni et pas plus la volonté nietzschéenne ou l’Etre de H ou la liberté actualisée sartrienne ou la satisfaction lacanienne ; tout cela est reporté tout au Bout. C’est de là que l’on perçoit.

C’est bien pour cela qu’il faut penser (et on pense toujours, sauf que ne le sachant pas on imagine le pire et se noie de dépression) ; pour (se) tenir en réserve et être capable de, selon cette restriction, de mener des intentionnalités élevées ou complexes ou distordues (et donc de l’esthétique, éthique, politique, idéel ou philosophique, etc). Sinon, sans cette stratégie, on pense mais entremêlé du monde, du vécu poisseux, de la douleur et de la saleté ou la méchanceté ou de l’illusion, et généralement de l’imaginaire : ce qui n’est pas « penser » à proprement parler.

Reprenons.

On nommera donc métaphysique l’acquisition du discours parfait, ayant pour centre l’idée de l’être (ou équivalent) et disposant là au-devant (de nous) une exposition compréhensible de tout ce qui est dans sa formulation universalisée (par des idées, des raisonnements, des dépliements d’intentionnalités emboitées les unes dans et par les autres, le tout s’auto-impliquant et permettant, ainsi, d’organiser toute intentionnalité possible à propos du monde, de la vie, des autres, des perceptions, etc, et donc de telle manière que plus rien ne s’oppose à la transparence, en interne, de l’intentionnalité). C’est parce que la pensée métaphysique est un discours auto-organisé qui permet le déploiement de toute l’intentionnalité possible en idées sur le monde, qu’à la fin du fin ce discours re-vient toujours vers lui-même (vers le sujet qui est alors impensé) que de l’être, l’idée (du Bien, de la pensée de la pensée) du Un,

Et on nommera ontologie toute la pensée à partir de Descartes qui commence un nouveau tour et qui signifie, désigne, montre que ici et maintenant, ici même le sujet existe et qu’il n’est pas qui il est. Que donc dès l’abord le sujet empêche qu’il puisse exister une pensée qui soit un discours (étal et aplati là devant nous) et non pas que le monde, l’être est brisé, mais bel et bien que l’être est l’exister lequel est structurellement non pas scindé mais articulé ; puisque l’on y juge et perçoit de l’exister ici et maintenant et que l’exister est le réel, alors on agit directement dans l’ontos et la pensée ontologie est activité, activisme pur et brut, serait-il très brut. Kant, Hegel, Husserl, Kierkegaard, Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan poursuivent la même articulation (puisqu’il n’existe que celle-ci et que le reste est effets, effets innombrables, de la même jointure, le rapport conscience/présent. il s’agira alors de creuser la structure elle-même et de même que la métaphysique développait toutes les possibilités intentionnelles cohérentes et ce donc objectivement, de même l’attention portée à l’articulation explore sa propre possibilité et ce en maniant ce qu’il faut dénommer hyper-objectivité ; la capacité de se tenir à la fois le même et autre que soi, afin de percevoir la forme-de et non plus seulement les contenus (c’est ce que Kant désigne comme criticisme ; il s’agit surtout pour lui de continuer de penser par d’autres moyens que la métaphysique, de même la dialectique du négatif de Hegel, la phénoménologie, la théorie de la volonté, l’existentiel, etc).

La philosophie voulut saisir le réel en une fois et en une pensée de sorte que déroulant celle-ci on obtienne tout ce qui est. L’être était le point absolu qui se devait de se déplier.

Rien ne fonctionnait, comme de juste.

D’abord le point unique ne parvenait jamais à se poser tel quel, mais toujours comme un retour, jusqu’à ce que Descartes introduisit le soupçon qu’ici même le sujet était précisément ce retour, transformé en re-tour, un nouveau tour.

Et ensuite parce que les réalités ne se réduisaient jamais, de fil en aiguille, d’idées en Idée et qu’en définitive la réalité s’imposait comme réalités, à n’en plus finir et qu’aucune universalisation de déterminations n’établit une détermination comme maitresse de toutes les autres et qu’au final l’universalisation, la pensée, revenait à un sujet (qu’il soit Idée, pensée de la pensée, Un, dieu). Or cependant, notons le, il existe forcément une unité, un Un, puisqu’ici même chacun présuppose cet Un.

Enfin cela n’aboutissait pas puisque jamais, jamais le sujet ne s’identifiait à quelque contenu que ce soit (rappelons que dieu et plus encore le christique suppose que vous soyez distinct et autre, et que c’est exclusivement par et dans cette distance que votre conversion a quelque valeur, ni dieu ni le christique ne rentre dans l’universalisaiton, Hegel n’y parvient qu’en instituant une fonction, la négativité, soit donc la conscience ou les deux phénoménologies, celle du devenir de la conscience et celle du savoir, et pas plus Rimbaud ou quelque créateur ne peut être pensé, tout créateur renvoie aux sujets qu’il signifie ; c’est votre conscience que Rimbaud travaille, œuvre).

De ces impasses on se prenait ici et là à déprimer. On ne voit pas pourquoi. Parce que lors même du recul indéfini du Un, de la multiplicité des réalités irréductible, du déchirement de soi à soi ou à tout autre ou à tout contenu, de toutes les pistes il en ressortit une continuelle et prolixe invention, création en tous sens. Le  temps ne fut absolument pas perdu, pas un iota de temps.  

Si l’on attendait que le Un ou Dieu ou le sujet puise apparaitre tel quel en personne devant nos yeux évidemment cela relevait plus de la pensée magique que de la pensée réelle.

On implique donc ceci ; qu’effectivement l’être, dieu, le surdivin, le sujet furent réellement approchés et que l’on en a retiré une richesse formidable. De même qu’effectivement on s’est retrouvé face à l’altérité pure et brute ; l’absurde ou l’univers ou l’existence ou l’irraison de la volonté ou l’angoisse de l’Etre. Une richesse disait-on « conceptuelle » mais en vérité bien plus étendue que cela ;  puisque visiblement c’est l’ensemble de toute l’intentionnalité qui est sans cesse relancée, démultipliée, au point de perdre tout un chacun ; c’est cette richesse qui nous déchire, mais peut-on s’en plaindre ? Et ne faut-il pas justement requérir ici à précisément l’apanage nietzschéen de vouloir ce que l’on veut ? D’intentionnaliser l’intentionnalité ? Ce que cible Nietzsche ça n’est pas tant la « Volonté » comme un fétiche, serait-il ontologique, ontologique à nouveau (qui réintroduit celle-ci dans l’historicité que la rationalité plate pensait avoir évacuer), ce qu’il théorise c’est non pas que l’on désire ceci ou cela, mais que l’on prenne de la hauteur et que l’on pense la désirabilité, le choix, l’intention elle-même et ce qu’il nomme « volonté » est de fait ce que par « intentionnalité » il faut entendre ; de sorte à tenir face à face que tout est construit, tout est artificiel et que rien n’est désirable ou choisi « naturellement », selon par exemple une plus grande adéquation à notre « nature humaine ».

(Rappelons que Nietzsche et Heidegger ou Kierkegaard réintroduisent l’ontologie dans un monde très humanisé et rationalisé, ontologies selon l’altérité, de dieu, de la volonté ou de l’être)

Mais sitôt que l’on présente l’artificialité de tous nos désirs … le désir lui-même cesse. On désire ce qui est naturellement ou spontanément ou objectivement ou communément désirable, objet dont la valeur vaut en elle-même et nous parle, nous attire. Mais non pas que cet objet soit juste un prétexte (à un diagramme mental complexe qui se singularise ou se dérive par tel objet) ou soit seulement une construction ; si tous les objets sont construits (ou brodés sur une pulsion biophysique ou psychologique démontable) alors cela seul qui est désirable au sens propre c’est cette structure en elle-même qui est seule créatrice … que l’on nomme cela Volonté (de N) ou volonté de Descartes, dont il dit que le seul véritable bonheur est la liberté elle-même, cette suspension du regard (qui ouvre quantité de possibilités).

C’est ce qu’opère la philosophie (ou l’amour du christ ou de ceci ou cela) ; on ne s’occupe que de ce qui origine. Par la philosophie on remonte à la source, structurelle. De même que telle œuvre vient chercher votre arc, l’élever à sa hauteur et déplier toute la perception (esthétique ou narrative ou poétique, etc) ; à condition que vous vous éleviez à la hauteur de Rimbaud ou de Debussy (ou selon votre héroïsme en propre) ; ce qui n’est pas évident du tout (les distractions du moi habituel ont inventé toutes les représentations mass médiatiques qui emplissent tout le champ, et parfois ici ou là se détache une élévation, un auteur, une vision, une possibilité qui se tienne non en-deçà de l’horizon, mais sur l’horizon lui-même). De même que le christique n’est pas simplement croire mais c’est entrer dans la structure du regard qui crée tout sujet (non pas de tel ou tel autrui mais de l’autre Regard en-plus, surdivin) et à partir duquel effectivement chacun eut droit à son chacun (que chaque individu soit un sujet, in-fini, les grecs eux-mêmes n’en avaient pas l’idée ; on s’élève par la pensée (ou l’héroïsme) mais on n’est pas en soi élevé).

S’attacher à la structure ou à la liberté seule c’est s’offrir toutes les constructions. Et oui, ça n’est pas se contempler narcissiquement dans le miroir, c’est devenir le miroir et donc atteindre toues les images (ou le plus grand nombre d’images possibles) d’une part et d’autre commencer de devenir la mise en forme du miroir lui-même ; entrer dans la complexité du miroir, augmenter l’inépaisseur du Bord – du monde, du vécu, du corps, de et qu’est la structure elle-même.

C’est en ce sens qu’attendre l’apparition fantasmatique du christ ou du surhomme ou attendre que telle esthétique ou telle œuvre vous confère on ne sait quelle sublimation ou quelle extase, est absurde. Ça n’est absolument pas d’un apparaitre dans le monde, le vécu, le corps (et cela vaut également pour le tomber-amoureux, la grande expérience ultime du moi), la satisfaction en un apparaitre que l’on doit rechercher. Ou inversement cela revient à dire que le christique, le surhomme ou le sujet ou le surdivin, ou l’œuvre, récit ou esthétique, font signe, signifient et signifient-pour-une-structure et c’est elle qui doit être mise à jour, et puis reloadée, relancée, réinitialisée. Et cela ne se peut qu’à partir de l’initialisation originelle. Laquelle est toujours déjà là. Elle est, origine, ce qui ne quitte jamais, parce que l’origine est parfaitement ce présent ici même.

La réinitialisation est l’enjeu maximum qu’une conscience puisse supporter. La réinitialisation est in-finie, est une structure, un mouvement, un rapport.

Or ce qui se remet à jour ça n’est pas telle ou telle partie de nous-même mais l’aiguillon, la pointe fine, l’ancrage surdimensionnel, celui qui n’est nulle part dans le monde, le vécu ou le corps et par laquelle pointe se promeuvent ici et là des objets de désir, des contenus de conscience, des signes du corps et des mouvements dans le donné ; ce par quoi il existe du construit, de toutes ces artificialités qui nous attirent apparemment d’en-avant ; c’est l’arc de conscience qui sort de la cervelle vers le monde donné là et qui revient vers le corps et le regard comme signes dont ils se couvrent et s’emplissent ; sans cet arc il n’y aurait pas de signes (et pas de langage, pas d’œuvres, pas d’objet, pas de réalités distinctes, et donc pas d’horizon sous lequel se placent toutes ces constructions, et c’est en ce sens que l’arc est archi-tectures et archi-textures).

On sait que dieu est au-delà (il ne s’inscrit pas dans le monde, n’est pas selon un de ces mondes humains particuliers et donné là, comme fleuve ou soleil ou animal divinisés), on sait que le christique veut dire que pourtant ici même, le vécu, quelque surdivin nait ou plus exactement s’instancie. On sait que certes le surhomme n’est pas, mais Rimbaud lui existe. Quelque Réel se réalise, même si ça n’est pas « ce que l’on attendait » ; il faut comprendre alors que probablement on se trompait sur notre attente, et que c’est le réalisé effectif qui a raison et non pas nos attentes, imaginaires, égarées, mélangées. On n’attendait ni la pensée, ni dieu, ni le surdivin christique, ni le sujet, ni la révolution, or pourtant tout cela nous pensait, nous percevait, nous affectait déjà. De où ? Il y a un vide en interne et ce vide n’est pas vide mais est une forme, celle que l’on décrit depuis que nous sommes sortis des mondes particuliers (depuis dieu, el christique et la pensée).  

Il n’y a aucune trace de l’être comme idée-principe ; parce qu’aucune, aussi utiles et pertinentes les universalisations soient-elles, aucune universalisation ne peut rejoindre le Un (ou ce que l’on institue comme tel, cette limite du monde qui nous re-vient par le devant) ; le Un est le Bord et comme Bord il ne rentre pas dans le monde ; c’est du monde dont il est le Bord. Et ce Bord du monde ne fait référence possiblement qu’à la seule structure qui en a conscience, qui en est l’arc de conscience (lequel est spécifiquement adapté à précisément qu’un horizon, réel, existe, et pour nous, ici, cet horizon est désigné comme présent, le Bord sur lequel on est toujours perché, de fait).

Dans la mesure où la possibilité ontologique est intentionnelle, elle creuse intégralement tout ce qui est réel, toute la réalité, toutes les réalités. Aussi est-ce l’ensemble de la vision, de la perception, du langage, de la représentation, du corps, du relationnel humain qui sont recréés constamment. Puisque le Bord activé ne cesse de reconstruire la réalité. Le Bord activé crée des réalités, les réalisations humaines, afin de conformer des arcs, chaque arc de conscience, en usant de toutes les distinctions, toutes les acculturations inventées, jusqu’à parvenir à saisir (comme sur la poêle) chacun des sujets, des consciences en instance de sujet. Chacun est appelé, comme cela fut dit depuis toujours. Et dans l’immense pluri-déterminations en tous sens qu’est ce monde moderne, c’est devenu factuel, c’est devenu un fait. On ne peut plus ne pas savoir. (C’est ce que voulaient dieu, le christ mais aussi la pensée, ou la révolution, soit dit en passant, mais également la mass-médiatisation ou alors médiation généralisée, médiation du corps dans sa propre image ayant à devenir le miroir lui-même, mais comment ?)

Et chacun le fut. Et chacun s’est lui-même dénommé. Puisque finalement si le Un existe-existera-a existé, c’est de s’être voulu lui-même : le Un ne peut être voulu ou être causé, pour la raison que le Un n’est pas ; toute l’activité, par quoi se signale le présent, est un activisme, un en-avant. C’est la seule manière pour le Un d’être à lui-même originel. C’est d’être intégralement artificiel. Créé.

Et c’est en ce sens que le réel est plus grand que lui-même, sinon où serait l’enjeu, l’enjeu d’un univers ultra-méga déployé et sans doute infiniment réalisé, qui s’effondrerait dans la dispersion et le néant abyssal, une quantité telle d’énergie vouée à la destruction pure et simple ?

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Christianisme, et suivants

20 Octobre 2018, 09:04am

Publié par pascal doyelle

Lorsque dieu appelle les juifs ils créent la première nation. Celle qui se décide mais n’est pas ; elle n’est pas dans le monde, elle ne nait pas du monde, elle n’est pas fondée dans une histoire mythologique mais par une alliance ; et celui avec qui est contractée cette alliance est lui-même hors du monde, tellement hors du monde qu’il a créé tout ce qui est ; excepté lui-même, volonté et pensée n'étant pas distinctes en lui, non pas par moindre mais par excès et enfin par altérité, incommensurabilité et incomparabilité avec quoi que ce soit de ce monde et relatif à notre être ; il y a pensée et volonté pour un être fini ; que par la suite le christique introduise le principe que dans le fini il y ait néanmoins une volonté distincte, veut dire que « volonté » s’est déjà transformée en « intentionnalité » ; c'est toute sa possibilité introduite dans l'humanité, le monde, le corps.

Et si c’est une alliance c’est que l’on ne sait pas (dans ce peuple dans le monde) ce qu’Il veut. Cette altérité hors de toute partie du monde, revient à l’impossibilité de le définir ; il est donc l’intention absolument pure et simple (dont on ne perçoit pas la simplicité du tout, sinon lorsqu’il en dévoile) et cette impossibilité de le définir force chaque intention nôtre à s’élever jusqu’à la pureté de la simplicité (ce que l'on nomme de notre côté la foi) ; cela qui est impossible, et donc demande que nous mesurions la distance ; la distance entre la volonté, la décision, l’intention et ce qui est voulu, décidé, intentionnalisé. Que donc il est une distinction entre nous et nous-même, et que celle-là fonde tout, la distance et non la résolution de cette distance fonde tout.

Puisque cette intentionnalité n’est pas dans le monde on peut tout à fait admettre qu’elle soit une révélation (de dieu, tout à fait réel), ou à l’inverse qu’elle manifeste la structure même de ce qui est ; en tant que ce qui est n’est pas, justement, mais que cela existe ; il s'agit donc de dresser la carte de l'exister (c'est ce qu'opère la philosophie depuis le début et dont il faut reconnaitre les circonvolutions) ; tout ce qui est (déposé là, comme choses ou êtres) est pris dans l’exister. Donc ce qui est réellement c’est ce qui Existe, c’est ce mouvement là. Le monde donné-là n’est pas une réponse mais une question ; qui renvoie à non pas une réponse (elle serait alors en quelque manière incluse dans la question et on en reviendrait à la causalité, et si il y a un présent c'est justement de ce qu'il échappe à la causalité, la causalité lui est un moyen) mais à des positionnements de réponses ; cela veut dire que dans la réponse il faut, à tout prix, conserver la forme de la question ; la réponse ne peut pas résoudre la question ; la question est la forme de l’exister ;  ou donc la réponse, soit donc les réponses, est le renouvellement de la question. De même que l'intentionnalité christique est celle qui renouvelle votre conscience ; c'est sa finalité ; elle vous crée et elle vous renouvelle. Que la question s’approfondisse en interne de sa structure de question. Si la liberté est la forme de l’être humain, alors l’humanisation est l’ensemble des réponses à cette forme qu’est la liberté, mais sous condition de se préserver comme liberté.

On dira que si les réponses doivent se produire comme questions, on n’en sortira jamais ; mais on n’en sortira jamais (où voulez-vous aller ??? nous sommes sur le Bord de la réalité, sur la ligne du réel et hors celle-ci il n'y a rien ; on ne sait seulement pas conduit cette ligne, qui est dépliée) on n’en sortira jamais parce que c’est le sens même ; que tout devienne de plus en plus Autre, ce qui veut dire Distinct et se tienne comme rapport, à condition que le dit rapport s’explore et non pas se recouvre d’un voile, d’une indistinction, d’une confusion.

(Dieu n’est pas, en ce cas, l’unité fixe qui récupère tout, mais l’unité en mouvement qui se modifie constamment ; sinon il devrait être considéré comme fini, clos ; si il est in-fini cela signifie qu’il est plus grand que lui-même ; il devient ce qu’il était déjà pour les juifs par ceci de son intervention, source de devenir en élévation en plus du monde et du vécu, )

Évidemment la liberté annule qu’il y ait communauté ou sexualisation ou quelque identité que ce soit ; mais c’est seulement en abandonnant toute identité que l’on peut devenir ce que l’on n’est pas. Les communautés sont annulées mais peuvent alors se déployer les sujets ;  l’acculturation qui explose depuis la méditerranée c’est l’acculturation de sujet à sujet ; de sujet qui par-dessus tel monde humain (le monde grec par ex) découvre le réel et les réalités ; Platon est au-delà des grecs ; le christ est au-delà du judaïsme ; Descartes est au-delà du christianisme et même de la renaissance ; Sartre veut être au-delà de l’historicité (au-delà de Marx).

Sans doute la philosophie grecque considère que l’on n’est réellement « soi » que si l’on pense ; que si l’on adhère à l’universel (qui annule non pas le sujet mais annule et dépasse le moi, le donné là immédiat : ce qui veut dire qu’il faut nier que l’on soit la détermination, que l’on est la négation de la détermination, non par refus mais parce que l’on voit plus loin que le donné, on est le mouvement de présent qui embarque toutes les réalités ; les grecs admettent seulement que l'on dépasse la détermination, qui est alors casée dans les universalisations, pour ainsi dire, qu'on la dépasse en une plus vraie détermination, la pensée) et n’admet le sujet qu’en tant qu’il pense et non pas en lui-même comme sujet ; et la pensée s’utilise afin de passer par dessus le langage commun et le monde particulier, vers le monde donné là universel (situer via cette idée-principe forcément ontologique : l’être).

Mais le christique vient ajouter (et refonder totalement bien plus loin ontologiquement) vient instancier, dans l’historicité et une fois pour toute, que, qui que l’on soit, on est un sujet (le christ assume la plus base condition, il n’est pas nécessaire d’être un héros, grec, pour être-humain individuellement). On est un sujet perçu dans et par le regard de celui qui confère l’unité-en-mouvement et ce mouvement est précisément l’indéfini renouvellement, la re-naissance ou le pardon non-fini, non déterminé (puisque le contenu ne colle pas à l’intentionnalité) et puisque l’intentionnalité nait de se supposer elle-même ; elle se précède ; elle a usé de contenus mais cette fois elle ne suppose rien d’autre que son mouvement et c’est à l’aune de ce rapport que tout le reste sera jugé, et pardonné, inventé, créé, libéré. De fait(même si l'historicité prît un temps énorme pour aboutir à liberté-égalité-fraternité). Et effectivement l’historicité sera dorénavant l’ensemble de toutes les explorations possibles que « là » dans la réalité il ex-siste (puisque c’est un mouvement) une forge intentionnalisatrice ; ce que Descartes modifiera en ce que l’on est un sujet structurellement ; ce qui signifie que l’on n’a pas forcément besoin d’un regard autre mais que l’on est déjà à soi-même un tel regard autre

Ce qui est précisément commencer de comprendre que l’articulation qui était manifestée du dehors (par la pensée, par le christique) existe en fait ici même ; c’est « le réel » qui est splitté, divisé (et il n’y a de réel que dans et par la surface) ; entre le monde et l’humain il est une surface et cette surface est, elle, originelle ; les choses, les êtres sont disposés sur la surface. Mais c’est la surface qui existe.

La réflexivité (qui n’est pas seulement la possibilité d’organiser un discours qui soit auto-cohérent et du reste tout discours qui veut la cohérence finit par aboutir à un Un de structure, quel que soit son nom, ou alors n’est qu’un discours sur une « chose », une partie du monde ou traite de dieu ou du divin comme si il était une réalité) doit se définir comme retour sur ; retour sur cet être et observer comment il s’articule (puisqu’il est un rapport, on se demande donc ce qui est en rapport et enfin et surtout qu’est-ce que ce rapport). Si cet être était un être il deviendrait impossible de le discerner ; mais c’est un rapport et ce rapport non seulement peut se reconnaitre mais il se reconnait depuis toujours, depuis le début de son apparition ; depuis le début il sait qu’il est en dehors (qu'il situe ici ou là, comme ceci ou cela, ou dont on reçoit la révélation, comme on veut).

Dès lors il faut supposer que la réflexivité est toujours-déjà instanciée ; tout monde humain est construit, tout devenir est repéré sur la surface (à condition de ne pas la quitter des yeux ou d’être perçu d’elle), toute perspective est cartographiée ; mais est cartographiée au sens où elle dresse la carte de ses décisions, de ses possibilités ; tout cela se place et se déplace à la surface, laquelle surface était avant les grecs et avant le christique tout à fait absente (exception faite de pensées réellement métaphysiques, en Inde par ex, mais qui circulaient dans et par une élite, qui évidemment n’ignorait pas l’expérimentation intentionnelle, de là que l’on puisse observer des analogies entre Eckhart et Shankara par ex) ; depuis la méditerranée la surface est apparue dans le champ et comme elle formule l’articulation elle-même elle s’est imposée comme étant l’être (de toute chose et être) et comme regard (il est bien clair que le regard , christique en l’occurrence, crée une surface de perception, qui n’existait pas auparavant).

La structure, la surface (la structure est surface parce que la structure est rapport et un rapport crée une surface) étant effectivement, dans le réel et non seulement comme « idée », elle s’impose en tant que réelle (il se trouve que donc que cette surface est plus réelle que tout cela qui se réalise sur cette surface).

Et si la réflexivité est toujours déjà auparavant (et non pas schématiquement comme raison ou conscient ou idéal ou vrai, bien et beau ; c’est la performance de Sartre de montrer que l’être réfléchissant est originel en toutes les situations) alors la surface se réfléchit, et c’est pour cela qu’elle est surface (structure et réalités et que les réalités sont générées comme surface ou perception) : le réel se présente en avant de lui-même, et donc il se crée l’idée de l’être ou le regard du christique ou la position du sujet cartésien ou la localisation de ce sujet sur l’étendue de l’altérité (volonté nietzschéenne, Etre de H, ensoïté de Sartre ou corps-autre de Lacan).

Le christique

Il s’agit alors de travailler le monde et donc de créer de l’historicité ; du devenir des intentions. Dieu n’est pas un monde éternel et fixé, qui serait donné là une fois pour toute mais il est l’intervention dans le monde d’une intention en-plus qui veut modifier et élever ce monde. Duquel il est essentiel que l’humain en saisisse la forme, la forme intentionnelle ; laquelle est tellement autre et élevée que notre abaissement n’est pas une condamnation mais la considération préalable par laquelle seulement il nous est possible de nous relever ou plus simplement de nous élever, au niveau de la structure-forme-exister, dans la forme même de distance. L’ensemble est une machinerie (ou une révélation) qui élève.

Vient le christique. Dans le divin surgit le sur-divin, qui ne contredit pas mais ajoute ; il ajoute que ce ne sera pas (seulement) comme nation, peuple mais  comme et par la conversion individuelle. Et qui prendra appui de, par et pour le Corps. Le christ est celui qui crée votre âme de son seul regard ; ce qui veut dire si vous croyez qu’il vous regarde, alors vous naissez (une seconde fois). Et ceci est la véritable naissance. Vous naissez et vous assistez à votre naissance ; et l’autre regard est tellement autre qu’il vous renvoie à votre propre distance ; à votre liberté. Pas votre liberté par rapport au monde, au vécu, au moi, au corps ; liberté par rapport à tout. Ne reste que le regard en-plus qui existe et qui regarde le monde et les gens. Il existe la possibilité (absolue, formelle, qui se tient hors du segment naissance-mort, autrui et corps) d'un point-autre tel qu'existé ici et maintenant. 

De ce que vous naissez de son regard, vous formez une autre sorte de nation ; une communauté « en esprit » ; non pas votre corps, votre statut, esclave ou patricien, juif ou romain, votre identité mais votre image élevée, élevée dans et par le miroir unique ; de l’unique un-tout-seul, qui meurt et re-nait, parce que son intentionnalité est en plus du monde, du vécu, et signifie un point-autre, hors du segment naissance-mort, puisque de fait vous savez que vous mourrez  ; l’image telle que vous ne la voyez pas mais telle que vous y atteignez parce que vous vous logez dans le regard-autre. C’est uniquement par là que vous vous percevez, selon l'esprit (sinon vous ne vous percevez que selon le monde et la détermination). Non pas pour croire ou se convertir mais parce que c’est réellement uniquement d’être perçu du dehors (et le christ est le plus grand dehors possible ; c’est une conscience qui n’est pas du monde et qui ou par qui tout ce qui est fut créé) ; on ne croit pas alors pour faire joli et par artificialisme mais parce que c’est effectivement dans ce regard-autre que l’on se libère.

 

Il est évident que tout ce qui suivit nait de là. Tout ce qui suivit, pour l‘occident, est la possibilité ouverte de ce moment d’historicité pure et brute qui devra se perfectionner (avec mille retours en arrière, incompréhensions, difficultés, etc, comme toute entreprise humaine). A savoir que si les grecs découvrent qu’il y a un-monde, le christique invente que chacun ait un-corps. Tout se met en place afin que chacun comprenne que son corps est le corps du christ (à la fois le corps perçu par, via le christ et pour et selon la communauté en esprit) et ce envers et contre toutes les organisations du monde alentour ; ni homme, ni femme, ni esclave ni homme libre, ni riche ni pauvre mais tous un en christ ; ce qui annule la totalité des divisions et des organisations de tous ces mondes humains réunis autour de la méditerranée et repère absolument, cad formellement, que pour chacun il y a un corps et il y a un monde.

Il faudra que Descartes insiste, et il insiste non seulement de lui-même mais parce qu’il expose et crée une structure insistante, c’est celle qui est « dessous », en dessous de toute conscience de soi. De là que Hegel commente ; par Descartes « la pensée devient sujet ». Il devrait dire : par Descartes il se manifeste une structure qui n’est pas subjective et qui n’est pas objective (sinon elle serait l’universalité ou la raison ou le discours, et "la pensée" pour Hegel ça n'est pas la raison plate).

Par le christique le sujet est inclus tout en négatif pour ainsi dire ; le sujet c’est la conscience qui se dégage de son moi, et ce en se tenant dans le regard du christ ; pour l’instant en négatif, parce que pour soutirer de notre expérience la dimension positive du sujet il faut attendre Descartes ; Don Quichotte est lui-même tout en négatif par rapport à son chevalier idéal, Montaigne décrit le moi mais Descartes produit l’arc ontologique, en tant qu’ontologie ; le réel est ici même et du fait que je le dis il nait en vous dans votre ici et maintenant ; c’est cela que je mets au jour par la Méthode ; votre acte de présence sur l’étendue du monde.

Pour manifester le sujet comme réel positif, ça n’est pas facile du tout (c’est même impossible, puisqu’on ne sait pas ce que veut-sera la structure réelle de l’arc de conscience, puisque l’on ignore ce qu’est l’arc d’exister qui pose tout le, tous les présents dans un seul Instant, puisque l’on ne sait où et comment se plie la Surface) ; pour combler le vide formel du sujet on peut supposer la Volonté nietzschéenne ou le poète archi-développé de Rimbaud (et une infinité d’autres héros de récit d’existence dans ce monde). On peut imaginer la matière ou l’énergie, la causalité ou les mois de la raison, l’humanisme ou le moi, mais rien ne permet de s’additionner à ce qui est formel et un à chaque fois ; il est clair que l’on n’est pas ce « moi-même » (ou plutôt ce moi qui dit « je ») pour telle ou telle raison ou qualité, mais parce que l'on existe distinct de fait et formellement (quelles que soient les qualités) et la distinction formelle (du un-de-conscience-de(soi) revient, au Bout du vécu, à la forme de ce-corps. (la troisième substance cartésienne, corps-esprit, est le corps christique et est le corps comme autre-surface qui se tient du mouvement )

Et ce qui fut exploré c’est la dite structure ; qui n’est pas dans le monde (sinon elle serait dedans, il n’y aurait pas « là », au-devant, un monde, un corps, un vécu, etc). Explorée comme sujet kantien, husserlien, sartrien, lacanien, etc. De même que depuis Descartes s’est désenclavé le sujet-dans-le-monde ; toutes ces narrations, ces récits, ces expériences dans le corps, le vécu, le relationnel, la perception, les affects, remuent toute la réalité donnée et toute la réalisation humaine et personnalisée, jouets entre les mains, dans le regard de la puissance, de la potentialité ; rien de tout cela n’est donné là, mais tout est construit et manifestation d’un hiatus. On utilise quantité de constructions, d’incarnations, de vécus, de la naissance à la mort, afin de pousser au plus loin la distinction ; par son regard (son intentionnalité) le christique nous préservait d’une solitude ontologique absolue (le dernier recours et le seul pardon de celui-qui-existe-encore, malgré tout et tous), mais jetés dans le monde donné il s’agissait de décrire et de s’élever dans et par le monde ; et comme rien dans le monde ou le vécu n’est équivalent à la structure formelle de conscience de (soi), qui donc n’a même pas de « soi » sinon le rapport lui-même, un par un, alors dans le monde et le vécu ce sera le soc d’une charrue qui creuse toute la réalité, toutes les réalisations, les creuse, les approfondit et les crée. On ne peut pas déclencher la ligne d’horizon sans bouleverser la totalité de ce qui se tient sous l’horizon. Et tout "moi" amène dans le monde un telle ligne et subit sa puissance. Étant une machinerie hyper sophistiquée la structure vide et formelle engendre toutes les déterminations possibles dans le monde donné en suivant sa propre ligne et cette ligne est l’horizon même de la réalité, l’horizon qu’est sa qualité de « réel », non le donné mais le « là » du donné.

En ce sens la plus parfaite possibilité du sujet est et demeure le christique, le sur-divin qui vient en plus du dieu un-tout-autre et qui se tient d’un corps ; qu'est-ce que le surdivin qui vient en plus du divin ? Dans quelle dimension sommes-nous passés avec le fameux Jésus ? 

Tout ce qui suivra ce seront des rôles ; la question est celle-ci ; pour exister comme sujet il faut se tenir d’un réel ; le sujet ne peut pas lui-même se conférer un être. Or la philosophie a précisément contourné, en fait et vérité, le problème ; elle définit le sujet comme une forme vide ; une forme formelle. Husserl voudrait bien, il l’espère, que les contenus intentionnels aboutissent à une vérité, mais il sait bien, et tous les philosophes, qu’il est impossible de définir notre être autrement qu’abstraitement.

Et ce pour une raison très précise ; que notre être n’est pas un être, déterminé, mais une forme, indéterminée. Et si elle est indéterminée c’est que d’une part le réel est une forme, le présent, soit donc l’exister, et que d’autre part notre conscience n’est pas un contenu mais une forme, soit donc le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et non quelque identité). Contrairement à  toute chose déterminée, ce que l’on nomme conscience est un réel qui se signifie (inventant le moyen du langage et du signe en général) et pour qui tout doit signifier, vers la surface unique mais articulée, double, triple (etc, puisque dès que l’on entre dans le dépliement de la structure on n’en finit plus de déplier, étant entendu que c’est le but, la finalité : de déplier le plus loin possible le Pli qu’est le réel).

Après avoir créé quantité de mondes humains (et donc toutes ces mises en forme culturelles, ayant inventé la culture humaine comme tel) il y eut donc une acculturation et un renouveau de toute l’anthropologisation ; tous les mondes fonctionnaient comme chacun une pyramide de la base étale vers le sommet unitaire ; par l’acculturation tout repose sur la pointe et la pyramide est cul par-dessus tête. Mais alors il fallut élaborer la pointe, la structure qui jusqu’alors engendrait les mondes. Et cette pointe eu comme effet (monumental) l’humanisation autour de l'universel, puis la personnalisation (lorsqu’au travers de la révolution l’humanisation assurait son instauration et rendait possible que chacun se développe) mais la dite pointe est inidentifiable ; elle n’est pas un « moi », n’est pas même « humaine » ; tout cela ce sont des effets. Il est évident que pour le moi ce qui le crée, cette structure, est une épouvante, un réel incompréhensible et d’autant plus que ce moi s’est écarté et fut éloigné de toute l’architecture ontologique ; dieu, christique, métaphysique puis ontologie cartésienne et suivante, Nietzsche Heidegger intervenant en suppléance afin de reconduire une ontologie mais selon l’altérité la plus inhumaine ou surhumaine, ayant à cœur de réinjecter de l’ontologie dans le rationalisme humaniste réaliste, jugé plat et limité au donné-là déterminé (que ce déterminé soit repris dans la rationalité, dans l’universalisation qu’est la raison n’y change rien ; ça n’a plus d’espace-temps interne ontologique et donc tout l'externe, la surface est biffée d'un trait et tout est aplati et rabat le donné sur le donné).

Par Sartre et Lacan, abandonnant les grandes visions extatiques de l’ontologie inhumaine ou surhumaine, on n’en revient pas pourtant à  l’humanisme, mais on avance au contraire dans la structure même ; qui ne prend plus le biais de la pensée, hégélienne, du Sens, kantien, de l’intentionnalité idéaliste husserlienne, de l’infini de Kierkegaard, et se détache totalement de l’imaginaire de Nietzsche et Heidegger ; notre être strictement défini par l’intentionnalité nue et par le corps , cette autre-surface, le corps sur lequel cette intentionnalité s’inscrit, s’écrit ; notons bien, cette écriture n’est pas ce qui s’inscrit sur le corps mais c’est au moyen de ce langage et des signes que la structure, le rapport se donne un corps ; c’est pour cela que tout avance dans le donné tel que "là" : par le corps qui intègre lui-même la division et l'altérité, et ce vers le monde, et qu’il y eut esthétiques et récits et investigations extrêmes sur ce hiatus qui nous origine.

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Dieu, l’être, le sujet et l’altérité

13 Octobre 2018, 07:29am

Publié par pascal doyelle

Il n’y a aucune raison de ne pas supposer du réel une logique absolument fondamentale. Toute autre position est simplement absurde. Si on ne la perçoit pas c’est que n’ayant pas encore orienté le regard selon le réel.

On part donc du principe que l’unité de tout ce qui est, fut et sera, puisque ça n’est pas de l’ordre de dieu (du moins tel qu’habituellement conçu ou imaginé), de l’ordre de l’être (il n’est aucune universalisation des déterminations qui puisse couvrir l’ensemble des déterminations, il n’est pas de détermination puissance deux, les concept de « monde » ou d’être sont vides), de l’ordre du sujet (il n’est pas d’identité, serait-elle subjective, semblable à l’âme, ou objective, une identité personnelle ou une objectivité humaniste ; l’universel est mais comme moyen non comme finalité), et pas plus un ordre selon l’altérité, ce dont les impossibilités précédentes auraient pu nous convaincre ; puisqu’il n’est pas d’unité selon dieu, l’être ou le sujet, alors tout serait livré à l’altérité la plus brutale.

Toutes ces positions peuvent s'interpréter selon une extériorité (dieu, le moi ou l'âme, l'être ou l'universel, l'altérité comme Volonté ou comme Etre, Nietzsche et Heidegger), mais on n'y accède que de l'intérieur mais puisqu'il s'agit d'une forme, d'une structure il n'y a pas d'intérieur. Et c'est cette impossibilité qui se montre.

Mais donc, bien que tout cela, il existe, supposément et pourtant, une unité (en plus de dieu, de l’être, du sujet), une unité qui excède totalement tout ce que l’on connait, perçoit, imagine, désire, veut. Et qui nous vient malgré tout (malgré qu’elle ne soit pas du monde, puisqu’elle est cachée dans le présent, dans le devenir, dans la Possibilité, c’est pour cela qu’il existe un présent et que seul à proprement parler, le présent existe et que l’intentionnalité se crée de et par ce présent et ça n’est pas de l’intérieur de notre être vers le monde, mais c’est du monde donné là vers notre cervelle, vers notre regard) et qui nous vient malgré tout parce que l’unité de notre réalité est une forme vide, une forme formelle pour ainsi dire, de même que la forme de la réalité est la forme vide du présent. Et ces réels formels sont cela même qui Ex-siste.

Seconde hypothèse ; il est parfaitement inutile, absurde et infantile, de croire que là maintenant dans le 21éme ou même le 20éme, on puisse penser autrement que selon les formes (et les extases, les ex-stases) acquises depuis 25 siècles (au moins) ; en se séparant de la Tradition on retombe simplement dans le monde donné là, dans la détermination, on pense infra et on recommence de prendre des vessies pour des lanternes (que cela se nomme matière ou énergie, économie ou inconscient, multiplicités ou causalités). Si on doit y saisir quelque chose, quelque Réel, c’est d’assumer toute la puissance découverte et créée par dieu, par l’être et la pensée, par le sujet et l’altérité ; il s’agit d’un seul et même énormissime Arc tendu au travers de tout (et probablement tendu au travers des autres univers, ailleurs si il y a lieu – on n’en sait rien, on veut dire par là que la forme « présent et conscience » est considéré ici comme archétypal, ontologiquement radical, à la racine, et il est sous-entendu que l’on ignore si cette double hélice, présent-conscience, est seule représentative ou quel peut être son devenir de structure, ailleurs, autrement, au-delà, en plus, dessous, par-delà et tout ce que l’on voudra du même genre ; la dimension qui se présente ici même comme présent-conscience, considéré comme cela qui existe seul, le reste en étant les effets, ce présent-conscience comme dimension donc on ne sait pas quel peut être toute la possibilité qu’il recèle ; étant entendu qu'il manifeste la Possibilité même, à savoir "qu'il existe un réel" ; nous n’en percevons que cet arc présent-conscience ou exister-rapport à (soi) dans lequel rapport le soi est le rapport lui-même ; purs et bruts, très bruts mouvements).

Conséquence de la seconde : il est impossible de quitter la voie droite ; depuis le dieu un-tout-autre jusqu’à Lacan, depuis le christique et jusqu’à la révolution liberté-égalité-fraternité il n’existe qu’un seul chemin parce qu’il n’existe qu’un seul réel et une seule forme de conscience. (Les différenciations sont des contenus). Celle-ci étant vide, formelle elle glisse sur et au travers des déterminations et identités et images et idées, mondes humains et acculturations. Nous nous tenons dans cette forme (et c’est pour cela qu’il se présente pour nous un monde, un corps, autrui, l’être, dieu, etc ; nous sommes dans le décalage et le décalage est la structure même du réel).

C’est donc la logique, la permanence, structurelle, de « ce qui précède », de ce qui existe antérieurement, qui est explorée. Et cette antériorité ajoute une dimension à la réalité, au monde, aux choses, aux êtres, une dimension (celle du réel) ajoutée à la réalité de déterminations.

Remarquons bien : il ne s’agit nullement d’imposer, du dehors, un conscient, un contenu, une finalité, une définissabilité de ce qui est. Et on est préservé de cette dérive, si constante depuis le début de la philosophie et plus encore depuis le remplacement de la pensée par la raison, on en est préservé en notifiant bien que la décision (d’exister) est déjà prise. Chaque moi (qui se prend pour un moi-même et qui a raison, mais en son lieu) est originellement un sujet  ; le moi ne s’arrête pas au moi-même mais se tient du sujet, d’une part en tant que sujet originé historiquement (comme citoyen par ex, comme individualité dans l’acculturation généralisée, cent mille narrations, cent mille esthétiques, etc) et d’autre part originé ontologiquement ; né de et par le présent, sur ce corps, dans ce champ perceptif, par lequel on se rend compte que le miroir n'est pas dans les images ... sinon il n'existerait pas d'images).  

Lorsque l’on dit que la réalité est en acte et que donc l’acte définit le réel même (le Bord des réalités) on signifie qu’il n’y a pas quelque chose qui se meut, mais que le mouvoir est antérieur à tout quelque chose ; la forme de la réalité est le réel, et le réel est formel et c’est ce en quoi consiste « l’exister » et que donc l’arc de conscience en tension dans-vers le donné « là », cet arc est tout aussi bien antérieur que le présent est antérieur aux réalités. On ne quitte jamais l’arc lui-même, pareillement le présent ne quitte jamais le monde, les choses, les êtres, et pour cause : il les précède. L'arc est instancié dans le champ de perception, tout comme l'arc de présent est instancié dans le présent qui précède le monde.

Non pas que le reste, le corps, le passé, l’inconscient ou les autres, le langage n’existent pas, mais qu’en plus de tout cela (de connu ou de non connu) s’articule l’arc de conscience ; qui crée son propre champ, lequel reçoit quantité de contraintes et de causalités, mais c’est un champ nouveau qui prend soudainement le pas sur tout le reste ; un instant mais un instant suffit pour instancier d’abord pour l’humain une mise en forme culturelle (dans chacun des mondes particuliers) puis une acculturation généralisée (depuis la méditerranée), acculturation qui se définit par l’actualisation ; actualisation du dieu unique (qui chasse toute divisibilité) et qui est autre (l’intentionnel qui permet des intentionnalités n’est pas lui-même une intentionnalité mais la structure préalable qui rend possible celles-ci, de même qu'il est dit qu'il créa le monde, il se tient en avant) et actualisation de la pensée (la pensée n’existe que si l’on pense, elle ne se range pas dans un tiroir, ou des petites cases bien replètes, et doit avoir affaire à l’être ou l’exister,affaire à un Un qui lui renvoie en miroir son miroir, et cela ne se peut que d’un sujet, individuel ; c’est parce que singulier que ce sujet peut penser, par ex, universellement, et non l’universel qui conférerait au sujet une "qualité spéciale", comme l’interprétaient les grecs) ; et dans la personnalisation un instant durant au cours de votre adolescence, par ex, vous avez eu accès à votre conscience (quittant l’enfance un système structurel perceptif accéléré se met en place se met en place), accès à votre arc de conscience graduellement ou brutalement, expérience hyper-étendue ou mouvante et indiscernable.

Et évidemment garde en lui-même son propre champ d’application (sinon on ne voit pas à quoi servirait un tel champ perceptif en activité ; dit autrement le champ perceptif d’un arc de conscience s’ajoute à l’adn ou au langage, à la mise en forme culturelle qui s’était réalisé avant la méditerranée, et dépassée par le dieu un-tout-autre et l’être-bien-un des grecs, à quoi s’ajoute encore le sujet en plus, le surdivin, l’inattendu, le christique, prototype de tous les sujets). Et ce champ de conscience part toujours d’un principe neutre, vide, formel ; à savoir dieu, l’être ou le sujet ou enfin l’altérité. Dieu manifeste l’intention, l’être manifeste le « là », le sujet est la reprise de l’intention dans le « là » du monde (l’étendue de Descartes ou l’ensoi de Kant ou l’historicité de Hegel), l’altérité est le « lieu » effroyable et autre en lequel existe le sujet (l’autre volonté de N ou l’Etre de H ou l’en soi de Sartre ou la jouissance/réel de Lacan). Ou somme toute l’horizon de l’intentionnalité sous lequel celle-ci place des objets ; ce qui est scandaleux.

Scandaleux parce qu’alors tout est construit ; on veut dire qu’il est certain qu’il existe une sexualité, mais l’intentionnalité construit sur cette sexualité le désir et le tomber-amoureux ; il existe la nécessité de manger mais l’intentionnalité construit le gout ; etc. Tout ceci se référant donc dans une construction généralisée ; le langage lui-même ne reçoit pas toute la quintessence du monde, des réalités, des êtres, des aventures ou des perceptions, évidemment parce qu’il est tiré par l’intentionnalité qui place et déplace ; le langage est une immense mémorisation mais donc une mémorisation mouvante et la pointe du mouvement (qui n'est pas de langage) construit et déconstruit ; tout horizon est un horizon ce qui veut dire crée des lignes, des tangentes ; jamais une totalisation. Tenir la plus précise tangente c’est presque coïncider avec le Bord.

Mais qu’il n’y ait pas totalisation et donc pas d’universalisation clôturant les réalités et donc pas de « seconde » réalité une et unificatrice des réalités, mais uniquement une étendue de réalités ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’unité ; il n’y a juste pas d’unité des déterminations. Il n’y a pas de monde (Kant), de la même manière qu’il n’y a pas de moi ; il n’y a pas de moi parce qu’il existe bien mieux qu’un tel moi synthétique qui ramasserait notre unité (si tel était le cas on serait encore plus coincé qu’a l’ordinaire, monolithique, in-bougeable) ; il y a mieux que le moi (qui consiste grosso modo en une sorte de mémorisation modulable plus ou moins, une synthèse qui zigzague, entre les inconscients), et cet en-plus c’est ce à partir de quoi il existe un moi, qu’il a un corps, un vécu en lequel il rencontre autrui ; soit donc l’intentionnalité ; le faisceau de conscience est ce qui à partir du présent (le futur, la projection en avant) perçoit et tire, plus ou moins selon son individualité, sa singularité, ses inventions, psychiques, relationnelles, représentatives, humoristiques, etc. C’est ce que l’on fait de ce qui est, qui compte ; l’exister tire l’être par le présent qui arrive.

Le faisceau de conscience est l’arc en tension vers le donné «là », vers l’horizon réel, qui unifie sans cesse le dit « moi » (et qui produit les mémorisations ; par les signes, spécialement du langage, qui ne sont que des rapports, et évidemment des systèmes de rapports, qui autrement se désorganiseraient). La réalité n’a pas d’intention, mais implique beaucoup plus qu’une intention ; si la liberté existe alors le créé (ce que l'on décide et invente) est non seulement effectivement et réellement créé, mais la forme même du réel est le libre tel qu’il se décide et qui risque sans cesse de retomber dans des dénivellations infra, cessant de se tenir du Bord (la structure est la ligne même, et elle ne se contredit pas, à proprement parler, elle déchoit, elle cible non plus le Bord mais toutes ces « choses » qui sont infra la ligne d’en haut).  

Ça n’est pas la « détermination », le « quelque chose » qui est l’unité de ce qui est ; mais la forme de ce qui est, ce qui veut dire l’exister lui-même. C’est ce qu’implique que l’être soit second (déterminé et éventuellement susceptible d’universalisation, étant entendu que jamais l’universalisation ne se conclut comme une) l’être est second et l’exister est premier et l’exister étant un acte, tout est rapport-à (créant quantité de rapports ; les choses ne sont pas fixées, elles se meuvent dans le devenir, le temps, l’espace, indéfiniment composées sans jamais pourtant parvenir à une non détermination en deçà, ça bougeotte constamment en quelque sorte) ; ce qui existe est un rapport puisque l’exister est un mouvement ; et c’est en tant que rapport qu’il doit être entrepris.

Et c’est ce rapport que décrivent dieu, l’être, le sujet et l’altérité. Le rapport étant formel il supporte tout aussi bien dieu que l’être que le sujet que l’altérité, et sans doute aucun bien plus encore qui demeurent possibles et d’autres encore des autres civilisations (Inde par ex). Littéralement le formel ne peut pas être épuisé dans l’expression du monde, mais il est approché par la significativité que porte tout arc de conscience (ne serait-ce qu’en se référant à « soi » comme conscience-de, ce qui est remarquons-le, l’acte cartésien lui-même, qui enfin se perçoit comme un acte et non une idée).

De fait que tout soit construit veut dire qu’il y a un corps, un monde, des causalités, des adn et des langages, des déterminations de toute sorte mais que tout cela soit re-pris selon la ponctualité des arcs de conscience qui ajoute, à tout et constamment, un champ perceptif, qui existe tel quel, séparément de tout le précédent et re-signifie le donné dans et par le champ perceptif ; ce champ est extrêmement léger et déformable ; et cela veut dire que nous ne tenons véritablement qu’à cet arc et à son ouverture, en cette possibilité ; si nous en sommes venus à mettre en péril la totalité de la planète, du vivant, c’est que nous n’appartenons, ne sommes pas du monde ; mais en dehors. Et c’est cet en-dehors, ce point-autre qui est exploré ; que l’on ait suivi ces chemins étranges (de dieu, du christique, de l’être, du sujet, de l‘altérité, ou que l’on considère qu’il s’agit de révélations) manifeste l’étrangeté originelle qu’est le réel.

Que nous ne soyons pas capables de nous en charger, de prendre sur nous de ne pas détruire tout ce qui est alentour, veut dire que nous n’avons pas été suffisamment lucides et réfléchis, que nous ne sommes entrés suffisamment dans la structure et que nous continuons de désirer dans le monde (ne ce mélange objet de désir/fantasme) de désirer ce qui ne s’y trouve de toute manière pas du tout … Nos désirs épuisent le monde (et nous détruisent tout autant, psychiquement, psychologiquement, humainement, personnellement, ce qui est un scandale et une incompréhensibilité pour l’idéologie du tout-désirable-satisfait illusoire) et ce qui nous excite dans nos désirs ça ne se trouve pas dans le monde, on imagine seulement qu’il s’y trouve mais notre réel n’est nullement du ressort de l‘imagination ou même de la raison, du conscient, ou de l’inconscient qui suit comme il peut ; ce qui se loge apparemment dans le désir et ses objets, est structurel et on ne peut y accéder que sur le mode du « ne pas ».

Il est archi faux de croire que l’on va éprouver l’objet du désir (ou de croire que l’on va être « heureux » ; on sera plus ou moins satisfait de ceci ou cela, mais c’est seulement alors que l’on doit se dire « passons aux choses sérieuses ») ; le désir comme idéal est une pure illusion, on n’y éprouve jamais que l’imagination (de là qu’il faille relancer constamment la machinerie, la construction et de là que l’on soit fou ou que l’on devienne dépressif ou obsessionnel, puisque si l’imagination est bien sûr immanquable, on ne peut pas s’y fier, il n’est pas notre structure réelle et s’y confier c’est choir vers le bas). Seules les œuvres (en tout sens du terme ; esthétiques, éthiques, politiques, idéelles, philosophiques et les restructurations comme le christique ou la révolution) échappent à la détérioration ; parce qu’elles renvoient non à un objet mais au regard, à l’intention ou à l’intentionnalité de chacun ; l’intentionnel est leur « contenu » et leur « unité » ; la forme, du réel,  leur est destinée.

Autrement dit notre structure, qui n’est pas un être, ne peut pas se combler ; elle ne s’adresse pas du tout au monde, pas du tout au vécu, mais au-delà et surtout dans un autre registre. Une pierre est satisfaite (elle est ce qu’elle est), un animal dans son milieu pourvu qu’il lui soit favorable. Notre structure ne peut pas même se contempler universellement ; l’universel est un procédé, est l’universalisation, de ceci ou de cela, mais non pas l’universel « en soi », la Pensée de Hegel n’existe tellement pas qu’il doit la nommer sous le signe  « le penser », comme dialectique, comme négativité ; Hegel voit très bien que les contenus ne sont absolument pas la forme « par Descartes la pensée est sujet » dit-il ; cependant la forme est le miroir qui n’est pas sans les contenus, sans les images ; il n’y a rien en plus ; il supprime l’arrière fond kantien, qui percevait bien, lui, que dessous l’être il y a l’exister… (dont on ne peut rien dire, note -t-il)

Dont effectivement on ne peut rien dire, de rationnel dans un discours clos déterminé, mais que l’on peut signifier et en vérité on ne fait que le signifier, au sens qu’on ne fait que cela ; tous les contenus montrent le Bord. Sans doute on va inventer alors quantité de rapports, de perceptions, de signes, d’affects, mais en fait, dans le fait brut, il n’y en a qu’un, un seul rapport (on sait bien que si l’on croit en dieu tout passe par dieu, le reste est second, et si l’on philosophe on se décale irrémédiablement du seul donné déterminé et en particulier du langage commun, que l’on doit de toute manière retravailler et dépasser). Et on ne fait si bien que cela, le signifier, que l’on a élaboré des tas d’architectures de l’infini, du non-fini, du Bord donc, et que l’on a effectivement dessiné la carte du Bord autant qu’il est possible (il faut encore croire que l’on va tenir le Bord comme si il s’agissait d’un objet, d’un discours, d’un objet de désir, pour ne pas voir que l’on a réellement progressé, que l’on s’est avancé jusqu’au bord du Bord et qu’en vérité depuis dieu, l’être, le sujet et jusqu’à l’altérité c’est à partir du Bord que l’on élabore).

Signifier est plus que penser, ou plus exactement signifier c’est réellement ce que veut dire penser (parce qu’alors ça renvoie chacun à sa propre capacité de significativité ; on sait bien que l’on doit se convertir à la philosophie, sinon on n’y comprend rien du tout ; tous ceux qui n’y voient qu’illusion ou vanités ou prêchi prêcha ou mots creux, tous ceux là restent tout bonnement sur le seuil).

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La décision antérieure dans l'existence

6 Octobre 2018, 08:25am

Publié par pascal doyelle

Le présent de distorsion et d’instanciation

On comprend difficilement que l’arc de conscience, la conscience que l’on a (et que l’on n’est pas) interagit comme l’aiguille de boussole ; sitôt que l’on se déplace, que l’on se nourrit, se gave de déterminations, représentations, images, l’arc reprend la même orientation, serait-ce au prix de navigations et de nouveau d’explorations. On navigue entre les grecs, le christique, la conscience moderne, l’altérité de tout et l’orientation reste la même (il n’y en a qu’une) ; mettre au jour la structure du réel, de l’arc de conscience logé en un corps qui est dans l’horizon, unique, du monde, seule réalité, et le tout serti dans la forme du « présent ».

A partir des grecs et du christique on ne se perçoit plus selon l’éternité ; répétons – on ne se voit plus du point éternel, mais de l’ici même, grec, et de l’ici et maintenant, christique (on doit décider de sa vie, qui deviendra plus tard de son existence, de là qu’il est une enquête, une perspective absolue, cad formelle, qui crée la cartographie de l’intention, l’intentionnalisation de chacun vers son corps, sa vie, le relationnel, etc). Et tout ce qui suivra continuera de ramener sans cesse la barre vers plus en plus de réalisation, de réal-isation, dans le monde évidemment, tout le monde peut s’en apercevoir, mais aussi et initialement vers plus de réel pur et dur ; la structure de conscience dans la structure du présent.

Il n’est de pensée qu’actuelle (sinon on ne pense pas, on récite), il n’est d’intentionnel (et historiquement d’abord de christique) qu’actuellement ; ça n’est plus le groupe ou la représentation qui agissent mais l’activité et l’activisme individué, instancié ; jusqu’à cette performance qu’il puisse exister une constitutionnalité (révolutionnaire) du réel qui prenne pour base et cause la liberté de chaque un, relié en structure à tous les autres (liberté et égalité).

La porte du présent pur fut ouverte et depuis lors on a commencé de dresser l’architecture de ce présent ; le présent est la machine qui tisse au fur et à mesure et la réalité et le réel.

L’architecture est à la fois la structure du réel tel qu’il tisse les réalités, le présent, et en même temps l’activisme, de conscience intentionnelle et décisionnelle, dont il faut faire preuve pour que ce réel parvienne à se déployer. Le réel étant, tel qu’en lui-même, selon la forme d’un sujet on crée autant que l’on découvre ; le découvrir est cela même qui est créé. Autrement dit pour nous cela signifie que l’architecture du présent est l’architexture du sujet. son corps.

Son corps en tant qu’il est au moins tapissé, au mieux tissé de signes. Mais il n’est rien qui puisse venir du langage comme si il constituait une réserve, un trésor, un tissu de significations ; les signes servent à signifier et ils signifient pour quelque’un ; c’est parce qu’il existe un sujet qu’il existe un langage ; et évidemment parce qu’il existe des sujets, mais on peut ramener à un seul puisque tous les sujets devraient tirer dans le même sens, non en ceci qu’alors ils seraient unifiés (ce qui n’a aucun sens) mais en cela qu’alors tout serait au maximum de l’expression ; on se reconnaitrait en Debussy ou Mozart ou Verlaine ou Rimbaud, bref en qui on voudrait. Un-seul est mort et non mort, le christique, et tous lui sont absolument semblables ; tous les sujets sont identiques parce que tous doivent étirer leur être, leur identité, leur personnalité, leur corps selon et par leur existence ; votre personne, votre nom et prénom vous sont déjà donnés ; il s’agit de modifier cette donation par et dans votre vie.  

Si il est un présent c’est afin que tout se modifie en extension, en intensité, en méta ou en densité. Les grecs, le christique, le sujet et l’altérité.

Nous sommes loin de ce fait de la formulation habituelle (métaphysique) qui voulait que le vrai, le beau, le bien soient en conformité, adéquation à leurs essences ; on crée le vrai, on crée le beau, on crée le bien. Le bien d’il y a 25 siècles c’est modifié, il s’est agrandi. Parce que le rayon d’action, d’activité de l’arc de conscience s’est étendu ; l’intentionnalisation de la surintentionnalisation des grecs qui pensent en plus et hors du langage commun, du groupe et de la perception partagée, à l’intentionnalisation qui se distancie d’elle-même en prenant conscience de sa structure (Husserl, Sartre, Lacan) et via la forme-sujet qu’instancie de fait que le faisceau de consciences soit une intention, une volonté, cartésienne, kantienne et dialectique (qui se lit plusieurs fois en se lisant une seule fois) qui prennent eux-mêmes naissance dans le regard du un-tout-seul qui vous tire hors du monde de la violence, de la naissance et de la mort (le christique).

Et donc le vrai, le bien, le beau suivent les linéaments du devenir de la structure qui a émergé autour de la méditerranée ; c’est elle qui devient et le vrai, le beau, le bien sont utilisés pour et par cette structure de chaque un ; par le beau, le bien et le vrai la dite structure se parfait,mais surtout progresse, se subtilise, se précise, se dessine et bouleverse sans cesse ses intentionnalités et s’attache de plus en plus proche du présent tel que donné « là » (raison pour laquelle les existentiels qui découvrent l’exister viennent à la fin des fins ; ils tombent nez à nez face au "là" des choses).

Que l’on implique ceci ; ce qui est tendu depuis la méditerranée doit être conservé ; l’arc entier doit être conservé, toute la remémoration de toutes les structures sont nôtres et appartiennent à tous et chacun ; toute la structure telle qu’elle s’est voulue et décidée depuis la méditerranée ou depuis les védas ou selon l’être, l’idée, la pensée de la pensée et le un, selon dieu le un-tout-autre et selon le corps explicite du un-tout-seul qui vient-en-plus du divin (soit donc le christ comme surdivin initial), et toutes les possibilités explorées par chacun des sujets qui s’y instituèrent et qui suivirent, myriades de sujets ; et de Socrate à Lacan ; tout est l’entière exploration unanime du rapport unique qui seul existe et dont on ignore totalement ce qu’il signifie, sinon ceci qu’il Existe.

Reprenons : le réel est le Bord du monde qui déroule la totalité des effets lesquels constituent le monde, les mondes, les choses et les êtres et parmi ces êtres quelques-uns au lieu d’être cela qu’ils sont (une détermination matérielle ou une détermination vivante), quelques uns sont les rapports qu’ils ont ; passant de l’être à l’avoir, se profile dans la réalité la forme même du réel ; le réel, l’exister, le présent ne pouvaient qu’aboutir à un être qui cessant d’être un être est devenu le rapport qu’il est … or un rapport n’est pas il existe, un rapport se distingue de ce qu’il a, de ce qu’il contient ; et rien de ce qui est contenu ne peut prendre la place du contenant ; il apparait donc une conscience-de, un être consistant en un rapport à soi dans lequel rapport le soi n’est pas une identité mais est le rapport lui-même ; on ne peut pas avancer plus avant dans la compréhension de ce que « conscience » veut dire ; sinon qu’elle est la forme telle qu’expérimentable ici et maintenant du réel comme rapport à. Et c’est pour cela qu’il est vivant, relationnel, non pas replié sur son Un monolithique mais intégralement explosé et dans cette explosion provoquant toutes les réalités, tous les mondes et dans ces mondes recherchant sa perfectibilité, sa distinction, au travers justement de toutes les différenciations (que sont les choses et les êtres).

Tout le processus revient apparemment à une distinctivité de plus en plus accentuée ; ou donc la forme, la structure purement formelle utilise la détermination afin non pas de produire de la détermination de plus en plus subtile, mais afin de démultiplier et pousser à une plus grande distinction le Bord du monde, du donné, du vécu, du corps. L’orientation du réel relève du plus puissant extrémisme, et le réel étant pur et brut rapport il est absolument, totalement, intégralement activiste.

La relecture

Ceci permet de lire autrement toute l’historicité ; à savoir que Platon ou le christique ou Hegel ou Sartre nous entretiennent tous de « cela qui se meut » et entraine tout le reste ; lorsque l’on nomme l’être ou dieu équivaut à signifier la Volonté de N ou l’intentionnalité ; dieu force le monde à ajouter au donné du monde sa loi et sa finalité (qui ne se rencontrent pas dans le monde donné), de même que l’être est l’intentionnalité qui permet de percevoir tout autrement (que du sein d’un groupe quelconque)le monde donné là repris, surintentionnalisé dans un nouveau langage (philosophique) et une autre perception (de même que l’esthétique et la politique et l’éthique se libèrent des rituels et des mythologies).

Ce qui se donne selon l’être, l’idée, la pensée de la pensée, le Un,

puis en tant que dieu un-tout-autre et en tant que surdivin christique qui-vient-en-plus (en plus de tout, tout est sous nos yeux littéralement)

et nous lançant strictement sur le chemin de la révolution du sujet (de Descartes à Hegel) et selon la révolution et le citoyen, l’équation dynamique liberté-égalité-fraternité, et dans la densité effrayante de chaque corps de chaque sujet.

La structure

Il est mille manières d’avoir conscience de tout ceci ou cela, mais l’acte de conscience est un arc absolument identique en chacun et traversant tous les mondes et tous les mois. Il n’existe qu’ne seule manière d’avoir conscience et au fur et à mesure du temps, de l’histoire c’est cet arc qui se précise ; l’occidentalisation ne vient pas remplacer tous les contenus qui eurent lieu, mais vient explorer l’articulation qui précède tous les contenus, la conscience qui précède toutes les consciences possibles ; le sujet antérieur à toutes les formes ayant effets.

L’historicité

La découverte et création de la structure revient à dire ceci que le Bord d’ultra indéterminé du début se subtilise et se complexifie ; de son inépaisseur il se tourne et se retourne de manière à se plier et se replier ; quel effet s’impose lorsqu’une inépaisseur se re-plie ? C’est précisément cette étrangeté qui est en jeu … C’est, littéralement, ce qui n’a aucune détermination qui expérimente et invente au fur et à mesure et invente non pas en devenant une chose, une détermination, un être mais en augmentant son inépaisseur et cette augmentation est d’une part le caractère relationnel de nos arcs de conscience et d’autre part la tenue de chaque arc, un par un, et de telle sorte que l’augmentation, l’intensification (christique), l’accélération (du sujet depuis Descartes jusque Lacan, et donc via la révolution) et la densification (dans le corps de chacun et la mass médiation qui n’est déjà plus la mass médiatisation), de telle sorte donc que ces quatre explorations, ces déploiements plient et replient la structure de conscience sur et dans la structure qu’est le présent.

Si la structure devient en et au travers du monde, c’est évidemment à la condition de ne pas se laisser prendre dans le monde des choses et des êtres ; en tenant que cela seul qui existe, vraiment, ça n’est pas ce qui est, mais ce qui est possible ; tenir plus à la possibilité qu’à n’importe quelle réalité ou réalisation (humaine ou personnelle) est l’éthique en elle-même et ce qui devrait ordonner la politique (qui est toujours la politique des corps, que ce soit les corps patriciens ou citoyens ou esclaves ou le corps christique ou le corps de la renaissance ou celui de la révolution ou celui des mass médiations), et ce au sens strict de « il n’y aura pas de satisfaction », la satisfaction n’existe pas parce que l’exister n’est pas de cet ordre là.

L’existence, ce qui s’est dénommé comme tel (plaçant sous l’hyper-attention requise la vie de celui qui existe ; ça n’est plus « la vie » et son rêve de bonheur ou son espérance de réalisation, c’est l’existence ; ce qui existe « là » entre la naissance et la mort, le christique prenant tout entièrement le point-autre qui perçoit la vie hors de la parenthèse naissance-mort ; c’est comme si le point-autre qui rend possible cette plage horaire se transportait immédiatement dans le centre de l’existence, puisque c’est le même ; la transcendance, que dégage le christique comme hors-de, est le centre de tout ce monde et de toute cette vie) l’existence est l’énergie de la volonté nietzschéenne (volonté qui est Autre pour l’aperception nietzschéenne, ou son envers nocif, non seulement autre mais inhumaine,  la destruction de l’être de l’homme au nom du néant de Heidegger, sous prétexte, faux, qu’il est plus vrai que l’être, l’étant). Et c’est ce que Sartre et Lacan pourchassent (la satisfaction ou le moi impossible puisque crevé de partout par l’activisme de conscience, qui quelque part, on en sait où s’auto-perçoit, et est démolie par l’histoire, les autres, le monde, les choses, le corps, etc, pour Sartre – et surface du corps comme jouissance totalement impossible et destructrice si elle n’est pas tenue à distance) ; Sartre et Lacan n’en sont plus du tout les dupes. Par quelque obscure et formidable lumière de structure, de construction et reconstruction de l’activité qui consiste à « prendre conscience de », Sartre et Lacan sont décalés par rapport à l’être ou le corps, et agrandissent, écartèlent ce décalage, comme d’un écarteur chirurgical. Et leur lucidité c’est d’abord et originellement la suspension de tout jugement et de toute idée et pensée et de toute intentionnalisation ; laquelle suspension est cartésienne. Déjà Descartes nous montre in vivo l’opération de n’y être pas, parce que l’on y Ex-siste.

C’est tout aussi bien ce que Descartes nomme la liberté et Plotin le Un impossible (il n’apparait et n’apparaitra jamais dans le monde, dans la vie, de même que le regard, l’attention, l’intentionnalité de Descartes est jeté de l’autre côté de tout ce qui est au monde, pensée comprise et cet autre côté c’est notre regard qui se coule dans la lecture de la méditation ; il s’agit réellement de l’apparition de l’os, de l’ontos dans le monde, de son apparition suscitant en chacun de signifier et non plus de penser et cette signifiance est plus grande et plus objective que la pensée ;  elle sera recréée à chaque fois par tout lecteur, parfaitement égale et équivalente ; la structure naitra en et par chaque un , un par un et évidemment distinctement ; distinctement le mot est lâché, ça engendrera quantité de distinctions, d’intentionnalités).

Cette réserve, antérieure au monde, cette restriction, cette impossibilité dont on est certain, est la méditation et la médiation non-finie, in-finie, de la structure vers elle-même en tant qu’elle s’avance vers nous à partir, dans, par et comme présent ; exigeant de s’y élaborer, de s’y architecturer, ce qui ne peut sans s’architexturer sur le corps et qui requiert donc l’acculturation, celle qui est au-delà et en plus de toute mise en forme culturelle, au-delà du langage par exemple, par Rimbaud ou qui l’on voudra ; c’est, si l’on a de la chance, l’angoisse, l’incertitude, la douleur, l’horreur qui structurent tous nos efforts, nos intentionnalités, nos désirs, imaginations, représentations, or nous ne sommes déjà bien au-delà de tous ces affects et ces images ; ce sont les sujets qui mettent en jeu leur être par leur existence, leur corps, leur identité de moi, leur personnalisation, leur corps ; acquis par force de décision qui de toute manière nous échoit.

L’existence décisionnelle

Même après le langage revient la perception, et l’horizon réel çi-devant. C’est de la distance, de fait, que l’on se tient, c’est de cet horizon là à la fois le plus subjectif et même infra subjectif, inscrit selon le corps (et les points de traversée du corps qui donne dans et vers le monde et les autres) et le plus objectif et même hyper objectif de structure. On est donc infra et supra, mais non pas dans le conscient, puisque l’on avance sur les Bords et non pas dans la médiation qu’est le conscient, la raison, le moi, l’humanisation. Nous ne sommes ni dans l’adn, ni dans le langage (dans le donné biophysique ou dans les mises en forme culturelles), puisque nous sommes dans et via l’apparaitre, actualisé sans cesse, en re-tour vers et tout effet d’adn ou de langage se perçoit et peut être jugé et remodelé ; nous naissons de et par l’apparaitre quant à notre intentionnalité. Dans le champ perceptif.

Nous sommes ce dont nous avons pris décision sans rien connaitre/tout en le sachant, nous avons déjà construit une intentionnalité qui vient au-devant puisque nous sortons très hégéliennement de l’horizon sur lequel on se croit connaitre alors que l’on sait l‘horizon (il est quasi vraisemblablement un fait incisif et indistinct, puisqu’il n’apparait pas étant horizontal, un fait en l’existence de chacun à partir et autour de laquelle idée, image, vision, perception s’impose l’exister brut, l’horizon du Bord du monde, du Bord du corps) ; il ne s’agit pas d’imposer un contenu venu du dehors mais, puisque le réel est déjà toujours transcendance, et c’est cette extrapolation qui déjà eut lieu qui doit être réinvestie et illuminée ; on s’est expatrié déjà hors du moi, puisque ce qui compte ça n’est pas la lourdeur des déterminations du vécu mais la légèreté de la forme structurelle qui se produit non causé par le passé mais acté par le présent ; et on existe déjà dans une articulation qui ne vient pas du monde, du donné, du passé  et lancé afin  de re-prendre à nouveau le choix que l’on a depuis si longtemps construit, depuis l’adolescence, depuis l’enfance, depuis tel ou tel tournant dans l’existence ; il y a toujours une décision externe, décalée dans le monde, le donné, l’historicité, le corps, l’acculturation telle que ici ou là chacun a pu la recevoir, du Bord vers le centre (qui de ce fait n’est pas le centre). Autrement dit le réel est, pour chaque arc, bien plus réel qu’il ne le croit ou le perçoit ; la pensée croit se clore sur ceci ou cela, mais la pensée est infinie puisque ce qui pense est in-fini, ce qui veut dire formel, structurel, en arc sur l'arc qu'est le présent, qui finalement par là se reperçoit continuellement. Le bien, le un, le christique, le sujet, l’exister sont non-finis, puisqu’ils relèvent de la forme de ce qui est, ce en quoi tout est pris.

Aussi le décisionnel est la transcendance-même, mais qui fut activée depuis le Bord, dans l’in-visible (et dont tout le reste peut en un sens être considéré comme effets, seraient-ils psychanalytiques) antérieure aux immanences, et la transcendance est au-devant et non pas causalement dans le passé ou le donné (le donné n’explique pas le réel, c’est l’exister qui l’investit par l’en-avant du présent) ; les immanences n’apparaissent que dans la transcendance et donc le moindre détail est affecté par la décision, celle que l’on a instancié sans la connaitre ; celle qui fut, donc, perçue et non pas consciemment mais au sens où il est perçu bien plus que ce qui est consciemment admis ; c’est bien en ceci que l’on a créé esthétiques et images et éthiques et politiques (les français ne savent pas jusqu’à quel point ils créent l’historicité, bien qu’ils le sachent) ; on est dépassé par l’horizon sur lequel on perçoit seulement les objets ou les signes ; l’horizon est ce qui recule ; l’horizon de Rimbaud est caché (à jamais) dans la saison et les illuminations (mais sans ceux-ci on n’en aurait aucune perception en aucun sens).

en ceci que toute existence est une investigation sur la nature même de ce qui n’a pas de nature et qui renvoie toute nature à la forme antérieure et puisque chacun est un tel arc, chacun est déjà la décision qu’il prît , cet horizon formel, qui n’est pas, celui-là, fantasmatique ; il n’aurait pas cette conscience là si il n’avait pas déjà décidé ;  « conscience » suppose, impose l’hyper-activité soudaine de l’arc ayant créé cet arc. Et l’antériorité n’est pas le passé mais est l’antériorité qui re-vient toujours de l’avant ; le moi ne tombe pas amoureux selon le passé mais selon l’horizon possible, dont la possibilité n’est nulle part sinon dans le regard potentiel et on ne perçoit pas l’œuvre selon ce que l’on connait mais selon ce qui viendra, ce qui formellement est créé par Rimbaud ou Debussy. Et de même que le christique est la possibilité toujours entière de renouvellement (il ressuscite constamment) chaque instanciation reprend intacte la forme même, la forme qui re-vient, de même que Descartes initie le re-tour, le nouveau tour du sujet ; chaque présent est en plus et relance le même présent (il n’en existe qu’un et ce qui est relancé c’est la forme même de l’être, soit donc l’exister qui gouverne tout l’être) ; il est cela même qui est en jeu et jamais ne se quitte, il lance les mêmes dès jusqu’à obtenir la partie la plus complexe, la plus en distorsion, rétroactive, instanciée, accrochée.

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L’historicité et la France

29 Septembre 2018, 06:56am

Publié par pascal doyelle

Et l’ontologie du devenir (et accessoirement de Zemmour). 

Il faut considérer que la réalité immanente et générale du monde c’est la difficulté et la survie, et ensuite que l’histoire, c’est la violence et l’exploitation.

Mais il intervient parfois, ici et là, des éclaircies, des éclaircies ontologiques, des illuminations qui outrepassent tout ce qui est. Tout ce qui est : ce qui veut dire que les illuminations (ou individuellement les extases) sont en plus, en plus du monde et de l’histoire (et les extases en plus de votre vie, et qui bouleverseront votre existence, si vous avez du bol).

Dieu et les juifs, la première nation : qu’ils aient à se décider pour faire nation et se transporter au-delà du désert, et que le « peuple » soit astreint mais déduit à partir d’une alliance et non pas qu’il soit surnaturellement dans tel monde donné et donc très logiquement que le dieu unique soit celui qui crée, de l’extérieur, un monde unique et donc que ce dieu et que ce monde soient universels (il n’y en a pas d’autre).

Les grecs et l’universel qui énoncent que l’être il y a (si il y a l’être, il est idée et il est un ; universellement pensable, par chacun qui se convertit à la pensée de la pensée).

Le christique et le corps qui chacun tel que dé-placé dans le regard de l’autre-tout-seul (celui qui meurt-tout-seul mais aussi celui qui est-en-plus de dieu, qui est le premier surdivin, qui vient-en-plus du dieu unique).

Enfin des tas d’autres réalisations mais fondamentalement la révolution ; soit d’abord celles de la liberté (anglo-saxonne) et ensuite celle de la liberté-égalité, française.

On va résumer (un peu et tout généralement) l’interprétation de Zemmour à propos de l’historicité de la France et mêler ces positions avec plus ou moins la galaxie interprétative qui eut effectivement lieu ou encore  l’interprétation générale potentielle hypothétique ici même.

La France est une construction ; inutile de  taxer le Z  de raciste ou xénophobe, ou pratiquant l’idée éternelle de la « France », il tente d’en décrire le devenir au contraire, et qui dit construction annule de fait qu’il y ait une identité-ethnie qui serait française ; il y a une identité mais elle est structurelle ; n’importe qui peut devenir français (et de toute manière toute le monde est déjà qu’il le veuille ou non, français, parce qu’individuel d’une part et organisé, peu ou prou, d’autre part, organisé veut dire « qui a conscience de l’autre » comme autre liberté). Une construction très spéciale ; elle a créé l’idée de nation, de nation non pas comme hallucination patriotique ou comme une extension naturaliste (et raciste) mais en tant que construction politique ; elle, la France, tire ce principe à la fois des romains et du christianisme ; le pape et le roi, c’est une liaison sur-historique et française (les allemands et les anglais se rendent indépendants, et un temps l’Espagne a voulu reprendre la logique en se voulant très chrétienne).

Ici il faut bien comprendre le « truc », l’astuce historique, proprement insensée, au point que ceux-là même qui l’ont inventée, dans l’historicité, furent dépassés par l’inspiration (de là que ça venait de dieu, du christ, de l’esprit hégélien, de tout ce que l’on voudra de « magique » et que cela a du s’inscrire dans les esthétiques, les récits, les poésies, les imaginaires, les inspirations supra historiques, comme de présenter la France comme l’Israël, le peuple élu, etc) ;

le mélange, inventé, créé, à partir des romains et du christianisme ; rappelons qu’il ne s’agit pas d’ethnie, de race, de couleur de la peau, mais d’une création et volonté politique (du statut du « citoyen » à l’organisation de l’Etat et du cœur individuel que crée le christique, en et par chacun, chaqu’un, qu’il soit homme, femme, riche, pauvre, esclave, homme libre, tous un en christ – Saint Paul ; on voit bien que si l’on retire toute qualification il ne reste que le sujet, le sujet formel). Ou encore : si Rome a pu régner sur la méditerranée, c’est parce que Rome a créé une formulation de la réalité humaine suffisamment universelle et donc applicable (et compréhensible). Par formulation c’est non seulement « ce qui fut formulé, exprimé », mais cela qui fut formulé dans une nouvelle manière de signes, de significations, de lois et de corps tout à fait originaux ; il est supposé en somme que la logique de réalisation a pu s’incarner, se manifester en corroborant à la fois la liberté de chacun et l’universalité de chacun (sans que, en France, l’une des parties prenne le pas sur l’autre et l’une et l’autre recherchant constamment un équilibre, sans que véritablement on veuille supprimer l’un ou l’autre, sauf les traitres à eux-mêmes).

C’est bien pour cela, entre autre, que Zemmour est hégélien ; il croit en l’esprit, une sorte d’esprit qui conduit l’histoire et il trouve que la France est justement cette société humaine qui s’est, volontairement et en conscience (bien que dépassée par sa propre intuition), s’est organisée politiquement et de ce fait fut à l’origine de toutes les formes étatiques organisées en nation (de volontés accordés les unes par les autres, le patriotisme est l’assemblée des volontés, égales, toutes et une par une, qui va-t-en-guerre parce que toute l’Europe des royautés se coalise contre sa révolution ; tandis que la révolution anglaise tout le monde s’en fout, elle fut en partie décidée par les féodaux, les français bien trop brouillons pour se coaliser) et que donc la France s’est organisée politiquement (aussi existe-t-il un lien entre le roi et le peuple, qui se méfie quand même des élites françaises ayant une fâcheuse tendance à trahir, par intérêt et donc par imbécilité) ; « politiquement »  pour un français, après la révolution, cela veut dire tout, absolument tout ; c’est pour cela que « français » ça n’est pas une ethnie mais une volonté individuelle et commune d’adhérer à un projet global de mise en forme du monde, des corps, individualisés, ce qui est le politique lui-même, son essence au sens de sa structure, c'est cela même qu'est devenu le politique  en tant qu'il fait naitre humanisation elle-même.

En gros cela veut dire ceci ; pour un français tout le monde est ou doit être français ; puisque c’est la mise en forme individuelle qui, tout en tenant sa liberté pour la structure même, sait aussi que chacun est égal à tout autre (ce qui est proprement christique et ce d’autant plus qu’on trouve d’un côté les francs, qui veut dire libres, et de l’autre Rome qui implique l’Etat et le droit, les citoyens). On notera son idée centrale ; que si la France penche vers le christique elle se dissout dans l’affect, et l’affect est l‘individualité, le corps, le compassionnel et si elle penche de l’autre côté elle est saisie de puissance non pas particulière mais universelle d’un Etat et d’une nation ; si on affirme exclusivement les droits de l’homme, individuels, on perd l’étendue mentale que l’idée « France » présuppose ; et qu’il s’agit d’un Etat-nation, d’un peuple voulu et décidé et ayant forme universelle (qui a créé littérature et esthétiques, bref toute une civilisation en propre, une construction étendue et extensible).

Mais pour ce qui est de l’inscription d’un corps qui soit individuel et libre, ça ne s’instancie pas si aisément que l’imagine (l’imagine et non pas le pense) le libéralisme et requiert précisément une civilisation. Et une civilisation qui requiert non pas seulement un Etat et soutenu, mais un corps, et individuel, mais également et plus encore un relationnel des volontés, des intentions, des intentionnalités ; c’est simple (si l'on peut dire) cela requiert une littérature, un imaginaire, un récit, quantités d’esthétiques, quantités de sujets ayant dominé l’universalisation et instancié cette universalisation dans des œuvres ayant formes individuelles et libres et ouvertes sur les réalités et sur le réel du monde donné et de l'humain (puisque c'est sa finalité), ou tout autant qui se sait se déplacer dans l’histoire elle-même ;  qui réclame donc ce qui se nomme, de fait, une civilisation (et là Zemmour marque incontestablement un point).

Ce que ne comprend plus du tout le libéralisme des droits abstraits de l’individu, qui pense appliquer extérieurement le droit, et n’est alors que violence du monde et non plus construction de l’histoire. Du temps.

En somme la « France » c’est le pays étrange qui a détenu, souvent malgré lui, une formule, mystérieuse, une formule qui s’est déployée sur le monde (de même qu’Israël ou que la Grèce). Bien sûr d’aucuns diront que c’est regarder le monde du seuil de sa porte, sauf que c’est une mise en œuvre qui s’est répercutée partout sur la planète ; la forme Etat et constitution et droits de l’homme est universelle, de part la liberté mais également selon l’égalité (qui implique une redistribution organisée, et pas seulement la charité et la bonne volonté). Et on dira également que la liberté est anglo-saxonne, mais de même l’Etat est romain et le christ est chrétien, c’est ce que l’on en a fait qui change, et suffisamment pour que l’on puisse dire que ce que l’on en a fait modifie la donne (étant entendu que c’est « cela » qui c’est propagé comme liberté-égalité, et cette vérité qui s’est partagée).

Ne pas chercher à comprendre cette historicité c’est se couper les jambes, originellement et ontologiquement. Il suffit par exemple de se rendre compte comme Kant guettait les nouvelles de la révolution et comme Hegel prenait Napoléon pour son alter-ego (à lui l’action, pour Hegel la pensée de cette action). Ou encore il faut détester Descartes et l’anéantir pour penser comme Heidegger que le peuple est une entité qui se tient du langage et non de sujets, ce qui veut dire d’une langue spécifique et que hors de cette ethnie (voire race), il n’y a point de salut (dont on ne sait pas du tout ce qu’il signifie en ce cas, H s’est complètement arraché les ailes, il ne va nulle part). Ici il ne s’agit pas d’une essence mystérieuse mais d’une structure acquise (et pouvant être acquise par quiconque et ne tenant pas d’une ethnie).

Le défaut de Zemmour est qu’il veut échapper à la logique … Il ne croit pas que liberté et égalité soient l’aboutissement de ce qu’antérieurement il comprend, très justement, comme le mélange du christique (individuel) et de Rome (l’Etat universel). Il veut se référer à une identité historique de la France mais celle-ci est supposée en substitution ; autrement dit pour lui l’Etat, la nation, le peuple ne parviennent pas à se retrouver dans l’égalité, l’universalité réalisée, mais dans la nation, la civilisation exclusivement dite française (ce qui n’est pas faux mais insuffisant) ; donc il n’est pas jusqu’au bout hégélien ; pour lui Napoléon est évidemment le grand homme, mais pour Hegel Napoléon est pris dans un horizon (qui pour Hegel est Hegel lui-même ... ou donc « la pensée elle-même sujet », non pas une subjectivité « Hegel » mais une hyper objectivité qui inclut toutes les autres et toutes les subjectivités).

Il estime donc que la liberté s’inscrit dans une identité, ce qui est contradictoire(même si effectivement une civilisation est nécessaire pour rendre possible les libertés et l'égalité, on n'impose pas la démocratie d'en haut, et c'est bien en ceci que réellement il est une énigme  et une civilisation dont le secret demeure caché) mais en même temps il sent bien que liberté-égalité ne se rendent pas réels abstraitement … c’est ce que l’on pourrait appeler une civilisation, française, ou, si l’on a l’esprit large, européenne (ce que l’on a nommé l’acculturation généralisée qui se découvre et s’invente autour de la méditerranée, via le monde universel grec et via le monothéisme et le christique selon le corps individué) ; que l’on se veuille plus zemmourien que Zemmour (accordons lui) ou musulman ou juif ou communiste ou financier et président, ou oligarque et président, quelque division qui se prétendrait plus essentielle que la forme structurelle, qui se prétendrait plus réel que l’équation liberté-égalité est absurde et même si jadis il fallait lutter pour imposer la France (par la royauté ou la nation révolutionnaire), l’histoire ne s’y trompe pas … ce qu’elle a réalisé autant que possible c’est cette équation liberté-égalité … malgré les divisions et les identités concrètes ou imaginaires, qui sont toutes des découpes dans l’arc de structurel de conscience ou des intérêts du monde ; dans le réel (le lieu même inaccessible de l’historicité) ce qui ne pouvait que se rendre réel c’était le réel lui-même, soit donc l’équation ; parce qu’être français c’est être selon une formule autre que toute partie de monde, que toute communauté, que tout attachement à quoi que ce soit , y compris à soi-même ; ce par quoi  cette formule ne tombe pas dans le compassionnel, l’affect, l’hystérique (les femmes),  le sentiment, autrui et la repentance, etc, Zemmour se trompe en ceci que déjà le christique n’est pas lui-même la compassion ; la compassion ou l’affect ou l’angélisme, qui sont seulement des effets d’une force, d’une puissance structurelle bien autrement architecturée et pour le dire architexturée comme corps réel et concret.

C’est au fond, le débat sur la morale et la politique ; pour Zemmour la politique n’est pas la morale alors qu’en fait et en structure la morale est la finalité de la politique (sinon cette nation est une puissance, parmi d’autres ; elle rayonne par sa puissance et non par l’esprit, or c’est l’esprit qui traverse les espaces et les temps, toute puissance du monde s’effondre) ; ou donc, si l’on préfère, le christique est la finalité de cette reprise de l’Etat et de Rome. Mais si la morale et le sujet christique sont la finalité ou la régulation (kantienne) de la politique, ce sera au sens que passant via la politique la morale se modifie ; elle s’amplifie (de même que passer de Kant à Husserl ou de Husserl à Sartre modifie la structure de conscience) et s'approfondit et instancie des enjeux ontologqiues, réels, 

On a dit déjà que le christique était la réflexivité dans la réflexivité déjà acquise du théos juif et formulait le surdivin, mais on peut tout aussi bien avancer que le christique est la réflexivité dans l’Etat romain.

Or cependant il ne faut pas espérer ou croire ou comprendre que l’on peut abstraitement plaquer la morale ou plus largement la liberté-égalité-fraternité sans que par ailleurs et bien plus complètement ne soit incarnée la dite civilisation, la civilisation cachée en partie, la civilisation dite « française » (et plus globalement européenne, mais quand même la France est, quoi que l’on pense, parfaitement spécifique). L’équation liberté-égalité-fraternité ne fonctionne pas en dehors d'une adéquation civilisatrice, qu'elle soit française ou anglo-saxonne (des deux empires britannique et américain) et c’est l’absorption de l’égalité dans la liberté, par quoi on ne se soucie plus que de liberté (en croyant naïvement que la dite liberté implique, tôt ou tard, l’égalité et la fraternité, alors que c’est de tenir la séparation dynamique des deux qui dialectise le réel), c’est cet effacement de l’égalité de tous, de la nation-peuple des volontés, que redoute Zemmour ; la transformation de l’inclusion française, dans une seule société équilibrée, vers une modulation anglo-saxonne, ou à la suite plus particulièrement communautariste, mais surtout consumériste, hyper libérale, en laquelle les puissants soumettent l’Etat, dont la méga culture tout à fait fantasque (hyper et vide) anéantit toutes les cultures réelles, et qui certes se fonde sur l’individualité

mais une individualité de patchwork et non pas une individualité en forme de sujet ; en laquelle seule la liberté de faire ce que l’on veut, sous réserve évidemment que ça ne nuise pas et effectivement ça ne nuit pas en soi mais par laquelle liberté vide se perd, dissout le commun, et dissout la participation/dans la consommation, la solidarité/dans la perte sèche du moi, se volatilise le récit/par les images, le passé et donc l’avenir/dans l’immédiateté de tout, et pour le dire si la vie consiste seulement d’en « profiter », il n’y a plus de destin commun et donc, ce que l’on n’aperçoit même plus, il n’y a plus de destin tout court ; en prétendant se réaliser, se sur-réaliser l’individualité et la religion de la liberté brute, finalement non civilisée (illusoire et imaginaire) abolit le sujet lui-même, ne reste que le moi dépenaillé ; ce qui revient à abandonner le réel aux réalités (aux identités fades, fausses ou passéistes, dont relève peut-être en partie  Zemmour lui-même) ; on ne peut pas vivre ensemble si l’on réduit sa liberté à n’être que soi, quel que soit ce soi, cette identité, parce que d'une part la liberté n'est pas une identité ni le faire valoir d'une identité et ce pour la raison que la liberté est vécue, élaborée et éprouvée telle quelle ; le libre existe en lui-même, et crée une dimension. La liberté n’est pas seulement une forme vide, qui s’appliquerait n’importe comment, suivrait n’importe quel désir, n’importe quelle imagination ; qui croit cela ? Tout le monde.

Mais la liberté est une forme pleine (et Zemmour croit que la civilisation française est son contenu électif, ce qui n’est pas absolument faux) et la forme liberté de structure crée ses propres affects, ses propres manières de désir, ses propres finalités dans le monde (que Z et d'autres relèguent comme christique et éthérés, alors qu'il s'agit de la seule part active de notre vécu, le reste étant soumission au monde, aux intérêts et à la mort).

La liberté entendue pleinement est d'une part regard acéré sur le monde, le donné, le vécu et le corps (le moi et l'humanisation), depuis Don Quichotte par ex pour le récit lucide et cruel sur la vie,  et d'autre part stratégies d'envergure qui permettent de relier les arcs de conscience tels qu'ils s'élèvent et outrepassent. 

Et donc se pose la question qu’est-ce que cette civilisation ? (que l’on nomme ailleurs originellement acculturation ; le monde universel des grecs et le corps unique de chacun tenu du christique). Et pourquoi est-ce justement une telle acculturation ou civilisation qui s’effondre sous les coups de butoir de la liberté exclusive obsessionnelle, qui croit tout résoudre de se fier seulement à son véridique mais trompeur trait de liberté, liberté rendue abstraite et qui se prétend matériellement tellement concrète, illusionnant ainsi tout le monde et croyant remplacer le sujet (finalité ouverte de la liberté-égalité) par telle ou telle identité, supposée « authentique », naturelle ou spirituelle ? De la liberté vide en tant qu’elle n’implique pas l’égalité, ni le partage – il n’y a littéralement plus Rien à partager et donc bientôt ces libertés se déchireront pour le monde –  et qui continue de tout séparer, tout diviser – et dont la forme abstraite est le destin, tel qu’il ne se comprend pas et donc s’effondre.

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Le Rapport enchanté

23 Septembre 2018, 08:20am

Publié par pascal doyelle

Il faut entendre que la réalité, la réalité tellement brutale, n’est pas un champ unifié qui se résoudrait en une unité fixée, mais que le Un en question est justement un rapport, et que comme rapport il se diversifie instantanément et immédiatement en rapports (toute réalité est un ensemble de rapports et de ce fait non stable).

Cela revient ni plus ni moins à dire que la logique du « réel » est l’altérité ; ça n’est pas l’altérité qui s’appliquerait à un quelque chose préalable, c’est l’altérité qui est constitutive des choses, de toute réalité ; et réalité s’entend comme « ce qui est déterminé » et ce qui est ce sont des choses déterminées, sauf le Bord, qui, lui, existe ; le Bord des choses déterminées est indéterminé ; il est la surface (le présent)  sur laquelle sont les choses, les êtres et, ensuite et de plus, les rapports spécifiques qui sont le rapport qu’ils ont et qui ne sont pas l’être. Soit donc ces arcs de conscience qui sortent de la cervelle vers le donné là.

Et donc par ce jeu de rapports, il se crée ou cherche à se créer d’autres nouveaux rapports, eux-mêmes "infinis" (cad distincts) selon leur nature propre. Dans l’ensemble le réel est « ce qui est plus grand que lui-même », est un infini qui crée des infinis. Il se trouve que nous connaissons au moins un de ces rapports spécifiques ; l’activité de conscience qui est, effectivement, non ce qu’elle est mais ce qu’elle a. Entièrement dévouée à l’altérité étant « rapport » ; conscience de. Ce ne sont pas les "quelque chose" qui constituent l'essence de l'arc de conscience, mais l'arc de conscience, ce rapport, qui traverse tous les contenus.

Pareillement - il n’est aucun être stable de base mais seulement du mouvement - il n’est pas d’unité terminale qui serait inerte ou figée : le Un qui-vient est absolument, de haut en bas, de gauche à droite, en mouvement. 

Ce qui veut dire que au plus loin, le Un n’est pas figé ni fixe mais est lui-même encore un mouvement, le mouvement qui se meut et qui entraine et surtout réentraine continuellement tous les rapports ; le réel est un mouvement qui se crée depuis le début et continue de déployer son visage en tant que mouvement

(ce qui veut dire en tant que possibilité, voire Possibilité ; il n’est de possibilité possible, pour ainsi dire, que dans l’altérité, et d’altérité que dans et par et en tant que rapport).

Il est le Bord de toutes les réalités, le Présent agissant, qui non seulement déroule les réalités mais revient du point le plus éloigné pour se modifier ; de sorte que la dimension du présent est en elle-même la plus fondamentale et la plus énigmatique qui soit ; nous existons sur le Bord même de cela qui se crée ; chaque point partout est au plus près du Un intensément et extensivement mouvant (en vérité il n’existe rien d’autre, parce que tout le reste est sur la surface du Un ; l’exister est infiniment plus grand que l’être ; ce que Heidegger, sa seule grande idée, nommait l’être contrairement aux étants, il faut les nommer respectivement comme exister et êtres ; il n’est d’être que déterminé et donc en tant qu’êtres, l’unité étant l’exister, le un qui se meut). Il faut prendre en considération que le Bord de la réalité, du monde, du vécu, du corps est littéralement le « lieu » où tout se décide.

Alors évidemment on ne peut pas saisir le Bord, le présent, tels quels ; il faut un détour ; il faut une itération superlative pour ainsi dire, une récurrence, « qui fait signe » et qui revient quoi que l’on fasse ; on a visualisé cela par dieu (à moins que ce soit une révélation, on ne sait pas), par la pensée, par le sujet, par l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan) ; dieu est mort et remords et remord, nous remord à nouveau, parce que comme le christique ou la pensée ou le sujet, on ne peut pas se débarrasser du Bord . C’est bien l’illusion que de croire remplacer la structure par quelque contenu déterminé pêché dans le monde, le vécu ou le corps ; il y a de l’indéterminé et dieu, l’être ou le sujet ou enfin l’altérité (Nietzsche-Heidegger-Sartre-Lacan) s’utilisent afin de nommer et donc d’être en mesure d’utiliser le Bord ; sans cette dénomination on en est la proie, on se noie dans la détermination ; ce qui veut dire que l’on va désirer dans le monde, le vécu ou le corps une puissance qui se tient en dehors ou à l’externe du monde ; on mélange alors la détermination et l’indétermination et non seulement on épuise la détermination mais de fait on n’y retrouve absolument pas ce que l’on désirait, et on devient fou.

Qui relève de la seule structure du rapport et non des contenus. Il n’y a, il n’existe que de l’infini, cad des rapports. Il n’existe peut-être qu’un seul rapport terminal mais alors il suppose, implique, produit tous les autres, qui se déroulent ‘dedans’.

Comme le bord du monde doit être représenté il faut comprendre qu’il ne peut l’être que signifié ; signifié en et par une intentionnalisation, un arc de conscience et le Bord du monde, du vécu et du corps nous convoque en personne, en tant que je, dont on ne peut pas dire qu’il soit un « moi », une subjectivité, mais bien plutôt non seulement un sujet au sens objectif (il existe effectivement un être qui est le rapport qu’il a ; puisque c’est un rapport il ne peut pas « être », mais est exclusivement un mouvement, et donc une relation entre deux éléments, un signe une perception, un signe et un autre signe, un signe et un sens) mais une structure-sujet, et au sens hyper objectif ; en ceci que le sujet nait dans l’actualité la plus brute et réelle au contact du monde et re-vient toujours du monde donné là qui ne lui apparait que dans et par son activité ; c’est un mouvement donc il s’active, et tout ce que l’on perçoit est construit, non pas artificiel mais construit et c’est bien pour cela que l’on peut parcourir toutes les images, représentations, désirs, signes, idées que l’on voudra en vérité et en fait il n’y a qu’une seule orientation : l’arc lui-même ; toutes les surfaces, mouvantes, sur la surface unique du présent. 

et que se pose des unités (révélées ou créées selon que l’on y croit ou non)  ; que l’on se tienne de la pensée et de l’universel ou du sujet ou du sujet explosé de l’altérité ; Nietzsche, explosé flamboyant, Heidegger, explosé d’effondrement dévoré par l’évidence de l’altérité de l’être comme Autre (qui entre en concurrence avec l’être grec ou l’être dieu), et analysé par Sartre et Lacan qui pour le coup explosent littéralement la structure même du regard du dit sujet ; c’est uniquement et exclusivement dans la perception de structure du sujet, du rapport de conscience, qu’apparait le réel ; puisque tout autre attitude intentionnelle se fige sur une détermination, fixation qui ne permet plus de revenir par le biais de la structure.

C’est généralement ce que l’on reproche à la philosophie (d’être abstraite ou vide ou indéterminée ou tautologique ou illusoire) et qui consiste au contraire à repérer le réel ; on ne voit pas pourquoi Aristote nommerait cela pensée de la pensée, sinon de ceci que d’abord au moins ce retour de la pensée manifeste le court-circuit qu’opère non pas la pensée mais l’intentionnalité dans le monde (et le langage, etc), ce par quoi elle se repère elle-même dans le repérage (il faut signifier que l’on pense puisque penser ça n’est pas parler ; pensée est explicitement visé comme étant pensée, ce qui veut dire intentionnalisé et qui implique que soit nommé l’être, le réel, puis dieu sous l’apparence du corps, christique, puis l’altérité ; on ne peut poser un contenu, quelconque, que sous un horizon et l'horizon créé ce sera le monde universel ou le corps réel) ; ce serait absurde que ce qui pense ne soit pas lui-même notifié et délimité et d’autre part que de fait ayant à se notifier elle doit développer « ce en quoi » ou « par quoi » elle est repérable, l'horizon réel ; il est clair que le fait même qu’il y a pensée ou qu’il y ait intentionnalité dans un corps (vivant, et vivant dans un monde) ne peut pas, ne peut pas être admis ou imaginé (parce qu’alors c’est de l’imagination) comme simplement un regard tout à fait éthéré et pour ainsi dire inexistant ; c’est pourtant ce que présuppose la scientificité ou plus précisément le rationalisme ; comme si donc « quelqu’un d’immuable regardait le donné » sans qu’il y ait quelque intérêt que ce soit à l’interroger.

Or c’est justement pour déloger ce regard éthéré et l’attirer dans le réel et donc de préciser ce que l’on peut percevoir du réel brut, que pense la philosophie ; puisque de fait c’est de perception, structurelle, active et qui veut à partir du donné remonter jusqu’à l’être, jusqu’à dieu, jusqu’au sujet, ou au sein même de l’altérité. Non seulement pour connaitre le Bord mais parce qu’étant rapport c’est sa nature même de rapport que de se connaitre comme tel.

Il n’est pas question de remettre alors en cause la scientificité, mais de poser le problème ; penser objectivement limite l’interrogation, ce que n’admet pas la philosophie ; son registre est d’enquêter sur l’ensemble du problème ; de notre être/dans l’être, par les grecs, ou du sujet comme structure (depuis Descartes) situé en un lieu effarant ; l’étendue du monde, l’ensoïté des choses, l’autre-volonté nietzschéenne, l’être de H, l’existence sartrienne, le corps lacanien. 

Et, contrairement à ce qui se dit, la trajectoire (de la pensée, de la réflexivité, du retour sur cet être tel que là, actuellement il se met en œuvre) la trajectoire fut toujours parfaitement adéquate ; comment en aurait-il été autrement puisque c’est cet être qui s’expérimente et qu’il n’y a rien d’autre à expérimenter ? On ne peut pas se tromper structurellement de réel : il n’y en a qu’un. Et ce sera lui qui vient. Ce sera lui (au futur) qui vient (là maintenant). On ne s’est jamais trompé ; mais lorsqu’elles tombent vers le monde, les idées, les intentions (christiques, éthiques), les perceptions esthétiques s’affaiblissent et se déforment, reprennent la forme du monde, s’affaissent et se dissolvent ; de conscience à consciences l’idée devient matières.

Et l’intentionnalité devient intérêts. Aussi y eut-il quelques moments seulement qui soulevèrent le monde, les vécus, le relationnel, la matérialité (donnée) et la matérialisation (des intentionnalités tombant dans le monde). Ce qui revient à dire que l’horizon du monde, de notre réalité en ce monde est la mort, la destruction, la violence ; unanimement toute intentionnalité entrant en concurrence et rareté, agressivité et survie, lutte et rivalité et la ligne atteint tôt ou tard l’enjeu maximal, surélève l’investissement ; dans la confrontation, si rien ne vient médier, chacun poussera l’autre jusqu’à la mort ou l’exploitation ou l’humiliation. De même que les désirs se renouvellent indéfiniment et impliquent l’épuisement des mondes.

Ça n’est que du dedans que la puissance, la toute puissance de la structure peut de par soi se réguler. Ou ce que l’on a tenté depuis l’Etat et la révolution, que la logique liberté-égalité-fraternité jugule et surtout canalise, réordonne et laisse à chacun la possibilité de se mesurer, de mesurer ses intentionnalisations (compte tenu de tous les autres et de soi) ; seule cette structure intentionnelle peut atteindre la précision et la significativité requise pour déployer et organiser les intentionnalisations, ce qui ne peut se contrôler de l'extérieur, ni de l'extérieur des autres, ni de l'extérieur en soi-même du moi conscient ; une telle mise en opérativité de l’intentionnalité ne peut pas en passer par la « volonté » et le « conscient » ; de là que Nietzsche soit amené à supposer une autre-volonté ou que Sartre se démène pour penser l’altérité de l’acte même de conscience, qui n’est pas le « moi », ou qu’évidemment Lacan traque les hiatus invraisemblables ayant lieu du corps, de la perception, du signe ; on a perfectionné et on s’est avancé très loin dans l'analyse de la possibilité d’agir sur cela qui agit, cette logique de distorsion qui est impliquée par le fait même que le réel est un rapport qui se retourne et que pour nous l'arc de conscience est une telle distorsion ; et l’exigence de ressaisir l’activité intentionnelle (que rien dans les contenus de conscience n’est égal à l’acte de conscience qui pose ces contenus, serait-ce même une idée universelle ou une loi ou une logique) cette exigence repose sur cela que la satisfaction, de toute manière, n’est pas et ne peut pas être de ce monde, parce qu’elle ne peut pas être tout court …

qu’elle est de l’ordre de la structure, du Bord du monde et non pas susceptible de se rencontrer dans le monde ; toute pensée qui promettrait la satisfaction est juste soit la folie d’un sujet, soit le rêve mortel d’une secte, soit l’utopie d’une universalité quelconque (communiste ou tout ausi bien sinon plus libérale qui croit en une "nature" humaine satisfaisable et se nourrit de cette illusion entretenue partout et plongeant tout le monde en l'enfer de l'egocentrisme)  ; toute détermination serait-elle universelle, est quelconque par rapport au rapport initial ; rien, nulle part et en aucun sens ne lui est comparable, c’est cette incomparabilité qui doit être pensée, et pensée non selon telle ou telle division du monde, mais selon sa propre dimension de Bord. C’est bien en ceci que depuis les grecs et le christique (depuis que l’on remplacé tout monde humain clos par un processus de Bord, qui était souvent réservé à quelques uns dans les sociétés traditionnelles, hindouisme par ex) nous sommes jetés sur le Bord structurel même ; c’est à partir de là que l’on perçoit et non plus du sein d’un groupe, d’une communauté.

Et c’est cette puissance, cette toute puissance (aussi fragile et sans recours soit la structure de conscience, ayant tout à reconstruire du monde donné, son indétermination est la puissance pure et brute du réel même) cette puissance qui démantibule le moindre moi, le moi humain comme personnalisation faisant suite à l’humanisation instaurée depuis la révolution et l’Etat moderne. C’est en ce sens que l’on a précisé que si les grecs manient l’extensivité du monde (et de l’universel), si le christique entame l’intensité (du sujet et la distorsion que le produit finit par remonter en chaque un, cartésien, kantien, etc), il vient ensuite la nécessité de poursuivre dans la densité du corps (du moi de chacun) ou la densité du monde (objectif, donné là, matérialité de ce donné et matérialisation des intentionnalités dans le monde, réalisation et réussites humaines, et le vécu et le corps de chacun) ; extensivité et intensité restaient encore « abstraits » mais lorsque s’impose de vouloir, désirer, décider dans la densité du monde, on comprend bien l’intime difficulté ; c’est en ceci que dieu est remplacé par la naturalité,  la pensée devient la raison et le sujet s’instaure en tant que moi (humanisé et ensuite personnalisé).

La mass médiatisation (qui est d’abord le flux s’coulant d’en haut vers le brave peuple) puis la mass médiation (par quoi chacun devient centre actif de son propre flux intentionnel, ce que montre le sur développement des médias, au sens général du terme) avaient pour finalité, structurelle, d’incruster dans la perception et donc dans le corps même de chacun la capacité, la possibilité, l’inventivité de concrétiser l’intentionnalité ; non plus de seulement se comporter à l’exemple du christique ou de se penser selon le marxisme ou de se raisonner selon l’universalité (kantienne par ex), mais  la possibilité de se percevoir dans des images (au sens général également, récits ou toute représentation ou tout support) et de ces images, de ce déversement d’images de remonter dans le miroir lui-même, dans le regard. Et de se convaincre, de se perfectionner, de se détailler l’intentionnalité (là où depuis toujours elle revient vers elle-même, à savoir la perception telle quelle et l’horizon unique, le seul réel, auquel ont accès les seuls sujets).

La porte du présent fut ainsi ouverte, toute grande (elle ne peut pas ne pas s’étendre indéfiniment ou infiniment), et se signe comme Actualité, actualité structurelle ; la pensée (grecque) et le sujet (christique et suivants) ; actualité qui déclenche le suractivisme et augmente (extensivement) et accélère (intensivement) et permet de passer de la mise en forme culturelle (des mondes humains) à l’acculturation structurelle (universel et surindividualité), par quoi se manifestent ce que l’on a nommé le surdivin ; « cela qui vient en-plus du divin » ; la pensée est divine, le christique est divin, mais les deux ici même et ici et maintenant ; les mondes s’installent comme le monde unique universel et chacun obtient le corps qu’il est, et ceci sous la forme du corps qu’il a.

C'est ainsi que l'agissement (non plus réduit à une communuaté culturelle, mais accordé à l'individualité du sujet) est devenu le réel même, est devenu pour nous, pour chacun, le réel tel quel, agissant. 

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L'état du monde (Lasch Zemmour)

20 Septembre 2018, 12:19pm

Publié par pascal doyelle

 

Alors précisons : Zemmour s’inspire des idées de C Lasch (ou copie en répercutant la même logique sur l'histoire française, bien sur selon son propre biais) ( et ce qui suit ne prétend pas résumer la réflexion de Lasch, très étendue et sociologique ou anthropologique, mais comme une leçon tirée de leurs positions, entre autres) ; intello américain qui expose l’ensemble de la machine libérale « progressiste » dont la logique est de réduire l’humanité à l’atomisation individualiste ; de telle sorte que, au fin fond, aucune conscience n’ait plus d’autre horizon que la machinerie mercantile, consumériste, fantasmatique, au psychisme réduit et démantibulé ; plus aucune communauté, aucun groupe, aucune classe sociale, aucune solidarité, aucune transversalité (qui pouvait redistribuer influence ou richesse), plus rien que la verticalité de la concentration : de l’information, de l’argent, du pouvoir, et qui, de la sorte, possédait l’avenir lui-même de tout ce qui devient et ce simplement par le jeu de la division d’une part de tous les êtres et de toutes choses et d’autre part via l’accumulation (l’argent est la voie de cette accumulation qui draine la totalité des réalités et donc des possibles).
 

Il s’ensuit que l’immigration ou le féminisme ou la pornographie (littéralement ou au figuré, la prostitution dévoyée de l’égoïsme si l’on veut, qui veut par ex que chacun brise le mariage au nom de sa jouissance ou que chacun réclame quantité de droits, exigences qui rendent invivable ou impossible la moindre des solidarités, des communautés de vie, familiale ou communautaire ou de solidarité de classe exploitée) ou le libertarisme dans tous les sens du terme et plus généralement (après moi le déluge, aucune pensée collective ou universelle ou de fraternité ou de solidarité, égoïsme qui aboutit à l’égocentrisme le plus enfoncé dans les ténèbres, ce qui est la définition même de l’enfer ; l’enfer c’est l’égocentrisme sans fin et totalement vide, c’est le tourment le plus effroyable et c’est ce que réalise l’individualisme égoïste généralisé ; plus personne et plus rien ne témoigne de votre existence qui n’a plus aucune validité et s’enfonce dans les ténèbres ) ; ou donc, ce que cible Zemmour, la religion du droit (individuel) rompant et détruisant l’esprit et l’idée (de la nation, du peuple, des ouvriers, de la famille, des solidarités, etc) détruisant somme toute l’universel sous toutes ses formulations vivantes et partagées.

Une réflexion surprenante est le statut de l'amour qui, porté à l'extrapolation, finit par détruire le mariage ; le mariage dans cette optique s'offrait comme une régulation du sentiment (et assurait la pérennité de la relation, qui protégeait à la fois les hommes et les femmes et surtout les enfants) ; pérennité abandonnée au profit, littéralement (voir Houellebecq), de la jouissance comme seule "loi" et qui évidemment n'est pas une loi mais aboutit au n'importe quoi. En fin de compte les hommes sont livrés au fantasme, les femmes à l'abandon social, les enfants aux écrans.

 
Qu’il n’y ait plus d’identité donc ; on passe du personnalisme à l’individualité lourde et veule ; et entre autres on détruit l’idée de la nation, soit donc le rassemblement des volontés autour d’un projet commun d’égalité-liberté-fraternité pour la France révolutionnaire ; le patrie, française, est celle qui crée l’histoire et renvoie chacun à tous et non plus à un seul, le roi, ou une classe, privilégiée ; ou encore c’est ce par quoi s’anéantit la notion de Peuple américain, sujet des films de J. Ford par ex ; seront promues donc toutes les luttes (toutes quasiment justifiées) qui entendent démantibuler le mâle blanc intégré libéral ou aisé, et cependant étant donné soit l’impossibilité d’obtenir justice (l’échec des luttes) soit la pente naturelle qui refuse l’universel et le collectif, et qui abandonne l’idée même de peuple, nombre de ces luttes finissent par accélérer la dite décomposition en hyper-individualismes (seraient-ils révolutionnaires ou justifiés à l’origine) ou par se cristalliser en nouvelles identités, communautarismes (black, gay, lgbt, féministe, gauchiste, terroriste, musulman, ethniques, culturels) ou en micro groupes ou tribus ou clans ou survivalistes ou tout ce que l’on voudra, et ce surtout et y compris les groupes de puissance (finance ou banque ou classe sociale accumulatrice, qui se replient sur leur niveau de pouvoir, leur niveau d'éducation, leur niveau d'héritage ou encore leur niveau d'accaparement du futur, Google typiquement) et en bref par cette division et divisibilité de toute humanité, l‘ensemble de tout-ce-qui-est s’enfonce dans la négation et continue de prolonger l’enfer, la dissolution partout et au plus profond de la moindre parcelle de conscience.
 
Devant le spectacle d’une telle auto démolition de tout, et surtout du retournement des meilleures volontés du monde en leur inversion la plus démoralisante, Zemmour et beaucoup d’autres tendent à se réfugier dans le monde-d’avant ou l’autre-monde ou l’utopie communiste (Badiou n’y échappe pas) de même que les hippies essayaient de se « retrouver » ou alors on continue de prétendre que "tout va pour le mieux" et que la mondialisation et que le libéralisme sont de bien bonnes réalisations humaines, alors que n’importe quelle décision aboutit à la division accélérée et à la destruction et au fond terminent dans le glissement vers l’irréalité ; on croit plus aux séries TV qu’à nos propres existences, séries Tv qui souvent exposent précisément la fin de toute humanité, la catastrophe zombiesque ou Winter is coming ou l’effondrement dépressif, Lost ou The leftovers, puisqu’évidemment dans la démolition intégrale de tout, n’importe quel moi peut sombrer dans la dépression la plus noire. Pareillement les djihads ne sont rien d’autre que l’exaspération de l’individualisme, de l’égo le plus terrorisant, aboutissant au fascisme (les nazis étaient des espèces de personnages irréels et hiérarchiques, sous la forme minimale de la politique ; la mafia, soit donc la violence et la mort) ; ils se radicalisent, tous, par effet égocentrique et leur « royaume » est celui de l’enfer, de la séparation de tout et de tous, indéfiniment.
 
En ce sens Zemmour est l’un des effets, innombrables, de l’ensemble de toutes les divisions, de ceux qui tentent de renouer les fils défaits (tout comme les ethno-identitarismes, les identités sexuelles, etc), mais étant entrés dans la divisibilité indéfinie, tout prise de position est automatiquement un facteur accentué, redoublé de division. Le libéralisme, le capitalisme est lui-même non pas seulement la cause fondamentale de toute la division mais est tout autant un des effets ; l’impossibilité de chacun livré à lui-même de renouer quoi que ce soit.
 
Rappelons ceci ; les anglo-saxons organisent leur pensée, leur vision selon le principe de la liberté et oublient l'égalité (les anglais et les américains sont des conquérants, soit le libre cours de leur liberté sur le monde, empire anglais ou The wild West, la frontière toujours reculée et ensuite l'empire US) ; les français remédient à cet inconvénient en inventant (par quelque subtile et invraisemblable inspiration venue on ne sait de où et qui les saisit eux-mêmes) en régulant la liberté par l'égalité (et enfin seulement la fraternité devient possible et non plus la lutte de tous contre tous).
Deuxième rappel ; dans l'effondrement psychique généralisé, et ne se fiant plus qu'à la jouissance ou l'égoïsme qui dégénère en égocentrisme, en fantasmes, c'est évidemment l'intellect, l'intelligence, et la possibilité de stratégies amples et compréhensives et donc coordonnées, concertées (ce qu'abomine l'égoïsme, de là son ironie démoralisante envers tout idéal, la dérision jetée sur toute intention réelle) qui va nous conduire à la fin de toutes choses et de tous les êtres.
Troisième rappel ; que Lasch ou Zemmour comparent ce monde-çi au monde-d'avant signifie peut-être pour eux qu'un retour à l'ancien serait souhaitable, mais il est clair que l'on ne peut pas effacer la libération des minorités, des femmes, des homosexuels et autres, etc. Ce serait absurde. Cependant ils expriment très clairement une logique historique qui commande la totalité de la manifestation ; n'oublions pas que Lasch a écrit "La révolte des élites et la trahison de la démocratie"
 

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Distorsion instantanée

15 Septembre 2018, 08:14am

Publié par pascal doyelle

La structure en-avant de la conscience

Lorsque l’on prend conscience on se situe irrémédiablement au-devant de tout et on rame énormément pour retrouver quelques faibles parties du monde, du vécu ou du corps. Et rien ne se dessine jamais qui soit complet, sinon de conscience on n’en aurait pas. Le tomber-amoureux du moi, dieu, ou la pensée ou le sujet sont de cette dimension là ; celle qui existe en-avant. C’est cette différenciation du Bord du monde, du vécu et du corps qu’il faut explorer. Dieu, la pensée, le sujet ou le tomber-amoureux du moi (sa plus grande expérience possible, du sein de son bricolage) expriment, manifestent, et permettent de cartographier le mouvement, le mouvement brut, initial.

L’arc de conscience est une articulation, et doit et fut effectivement démonté, maintes fois, mais comme il s’agit de l’arc originel qui est supposé par toutes les autres qualifications (langages, techniques, sociétalité, mises en forme culturelles, personnalisations, corps, monde,perception, imagination, émotions etc, tout cela n’existe que dans le champ intentionnel d’un arc en retour) alors cet arc est évidemment le fait le plus pointu et le plus activiste qui se puisse (de tout ce que l’on connait).

Autrement dit l’arc de conscience est la tension qui nait de la cervelle vers le monde donné là et qui revient sur le corps et s’écrit de signes ; notons bien que ce ne sont pas les signes qui s’écrivent d’eux-mêmes sur le corps, c’est l’arc qui écrit les signes sur le corps ; les signes sont toujours à disposition de l’arc de conscience puisque les signes signifient, s’orientent vers le seul horizon réel qui soit, le seul et unique horizon ; l’horizon qui barre le monde (là où le soleil se lève, comme dit l’autre).

On pourrait tout aussi bien dire que c’est l’horizon qui nous écrit ; sauf qu’il ne peut rien si l’on ne le veut pas ; il faut décider pour l’horizon réel. Parce que ce qui se crée dans la réalité, dans le monde, ne peut advenir que librement et ayant absorbé ses peurs, dévoré l’horreur. Que l’on se soit rendu semblable à l’altérité, la brutalité, mais relevée, élevée. Que l’on ait pris sur la soi la Possibilité, puisque la Possibilité ne peut pas dépendre d’autre que de son libre vouloir, et pour cela le Présent est décisionnel ; il faut que techniquement, structurellement, la Possibilité, le possible même soit non pas causé mais intentionné, non pas d'un rapport extérieur mais d'un rapport interne à lui-même comme rapport, ce qui veut dire qu'il se place sur l'horizon "qu'un réel il y a ". Et le Un dépend des décisions prises, son visage se forme et se dessine des trajets que chaque trace délimite.  

Si le langage n’était pas à disposition de l’arc, cad de l’horizon réel, le langage serait un système fermé, clos, qui tournerait sur lui-même et n’accrocherait pas au donné, aux choses, aux événements, aux dialogues.

Bref il ne servirait qu’à clore le monde et l’expérience, et il fut effectivement utilisé durant des siècles afin que la communauté se retourne et dialogue avec elle-même et son monde, inventant sa mythologie et son organisation de monde, mais le monde (unique universel et donné là à toute perception et donc à toute pensée, individuée, et hors communauté immédiate) grec et le corps unique christique (chacun son propre corps séparé de la communauté) ou dieu ou une universalité, surgirent pour empêcher la clôture et cette invention est interne (poussé par de multiples causes extérieures évidemment mais il fallait néanmoins en créer la possibilité de rebond interne) ; la structure trouve la technologie, mentale (l’idée et le sujet), pour se renouveler et pense même cette possibilité en tant que renouvèlement ; la pensée ou le sujet qui re-nait constamment de ses inventions, produisant l’historicité.

Cette clôture n’est pas sa fonction ; la  fonction du langage est d’organiser certes, mais d’organiser afin de laisser ouverte la porte du monde, du donné, du vécu (d’intégrer dans un système, coordonné, des événements inattendus, y compris et surtout des événements quotidiens, pas forcément des catastrophes) ; grecs et christiques élargirent la porte ouverte sur le monde et plus encore sur le vécu et donc plus d’événements potentiellement repérables obtenaient la possibilité d’entrer dans le système de repérage : le monde donné là (le cosmos, la nature, le donné) et le corps, le vécu, le moi, la morale intentionnelle (et non plus seulement extérieure) christique.  

Au début on a cru que l’on saisirait le monde, la réalité, puisqu’ils étaient dans notre champ de vision (pour un animal il n’y a pas de monde, il est dans son milieu), on a cru que l’on était ce corps et cette identité, mais il fallut distinguer le regard et le regardé.

Et dès lors il fallut observer le regard lui-même et croire pareillement que l’on pouvait le définir ce regard, alors que tel quel le regard ne se dit pas, ne se montre pas, ne se définit pas ; l’horizon le plus adéquat au regard c’est dieu, l’être et la pensée en général (l’idée ou le un), le sujet et la liberté ; et en ce dernier cas l’intentionnalité du sujet, la capacité de tisser des rapports, rapports entre les signes et par les signes entre les gestes et les choses, autrui et  notre propre corps. Parce que dieu, la pensée, le sujet, l’intentionnalité ne sont pas seulement observés du dehors, mais nous perçoivent en retour et donc exigent. Ce qui élève est cruel, cruel en un sens incertain : ce qui veut dire que ça ne s’attache pas à telle partie du monde, du vécu ou du corps et que ce qui élève implique de percevoir du point le plus éloigné de la réalité, le point du réel.

Si tout est créé dans le mouvement, dans le présent qui déroule l’ensemble de toutes les réalités, alors le réel n’est pas une fixité mais est un rapport et se déploie comme rapports (une fixité parvient très péniblement à se différencier en mondes, réalités, êtres, mais un rapport est de fait en soi la différenciation, pour cette raison il y a « réalités »). Parmi tous les rapports il se crée des êtres qui sont à eux-mêmes le rapport qu’ils ont (l’avoir précède l’être, il n’y a pas d’être, sinon comme effets), qui sont en arcs de conscience ; leur avoir est leur être … ils ne sont pas les rapports déterminés mais se tiennent d’un rapport indéterminé ; à savoir non pas d’un rapport avec une transcendance (ce qui en soi paraitrait logique ; ce qui est au-delà est hors de la détermination du monde, mais réintroduit alors une sorte de détermination par cela qui est au-delà ; infinité, éternité, qui sont comme des extensions des limitations dans le monde) mais d’abord d’un rapport entre un donné (corps , monde, vécu) et une forme (le sujet cartésien, kantien, hégélien, husserlien, nietzschéen, l’anti sujet heideggérien, celui sartrien et puis lacanien).

Or si l’animal a « conscience » de vous, vous avez en plus conscience de vous-même, ce qui veut dire que vous vous situez sur, par rapport à un horizon ; ce par quoi vous vous saisissez est l’horizon du monde, ce qui veut dire le réel (ou encore dieu, la pensée et l’universel, ou tel rond-point qui fait figure de Bord, et même il existe un point de votre corps qui fait office de réel repéré, perçu).

D’aucuns tentèrent d’identifier forme et contenus ; l’économie marxiste, la nature humaine libérale, l’homme comme rationnel (entendant la raison comme un super contenu ou un contenant consistant, ou une logique) ou naturaliste (au travers de discours qui risquent de se prendre pour les réalités que par ailleurs ils peuvent décrire précisément mais qu’ils ne sont pas, on ignore si ils en font le tour ou épuise la réalité elle-même), ou identifier le sujet et son inconscient, l’humain et le langage ; ce qui en soi explique quantité de systématiques et de causalités, réelles, mais qui à la base n’explique rien ; pourquoi existe-t-il un tel être qui n’est pas un-être (une essence, quelle qu’elle soit) mais des tas d’essences diverses et ayant capacité de créer des contenus qui défilent et ne sont pas le regard dans lequel ils défilent ? Pourquoi et comment ?

Quelle est sa technique, sa technologie ?

Si cet être, qui n’est pas un être, est un rapport, alors il est capable de s’examiner lui-même, sauf à croire qu’il pourra s’identifier à telle ou telle supposition, dénomination, qualification ; rien ne le qualifiera, il sera en mesure cependant de signifier la forme, le dessin, par quelques détours et inventions, bien précautionneuses ; le sujet cartésien ou kantien ou le négatif dialectique hégélienne sont incomparablement subtils. Et non les caricatures qu’une pensée objectiviste ou subjectiviste devait déformer à cette seule fin de ramener telle inspiration fondamentalement métaphysique, métaphysique que Descartes avait déjà abattu, la pensée étant originée dans la structure de sujet) ; puisque le rapport qu’il existe, sans doute est-il engagé en divers contenus mais il se perçoit sous la forme, littéralement, sous et en tant que forme, le je que l’on sait individué extrêmement et pas en quoi consiste cette absolue forme individuée ; il (se) perçoit ; il est l’unité (forcément vide, sinon il serait ceci ou cela et non pas le rapport lui-même) et cette forme ne dépend pas de ces contenus ; on ne peut pas se passer, en aucun cas et en aucun sens, de cet invariant que le rapport existe pour lui-même puisqu’un rapport existe tel.

Descartes, Kant, Hegel, Husserl, mais aussi Nietzsche et Heidegger, et surtout Sartre et Lacan ne sacrifient absolument pas à un contenu ; c’est bien en ceci qu’ils sont difficiles à lire, décrypter, signifier, de telle sorte que le lecteur sache percevoir, voir dans son réel la forme de son être, de son être tel que dessiné (et non plus identifié à telle image, imagination, perception, partie du monde ou du corps). Nietzsche lorsqu’il affirme l’autre-volonté (la volonté comme Autre) signifie (qu’il le sache ou pas) que l’arc de conscience, la conscience n’est pas le conscient ; de même Sartre insistant sur la position du moi dans le champ de conscience (dite impersonnelle).

La question est dés lors de comprendre ce qui s’articule non pas dans le rapport mais en tant que rapport ; le rapport n’est ni d’un coté ni de l’autre mais le mouvement, la forme, le dessin, les traces et le trajet du mouvement.

Lorsque le rapport est le sujet lui-même

Et ce mouvement en lui-même doit être compris comme « conscience » ; ce qui veut dire : ce qui a rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (et non quelque autre réalité) ; et donc il n’est pas de « soi », d’identité, de contenu ou plus exactement le contenu est soumis à une unité qui est transcendante ; Pierre n’est pas « Pierre » mais est un sujet qui emprunte Pierre, c’est ce que le sujet fera de Pierre qui compte et en ce sens le sujet-de-Pierre est plus grand, bien plus grand que toute identité de Pierre ; chaque moi qui se prend pour un être là donné, acquis ou hérité ou idéal ou spirituellement identifié, est en fait, dans la construction même une réalité artificielle, une précipité, une synthèse, un syncrétisme (un corps, un passé, des relations, du langage, etc), un composé, dont l’unité est toujours en vérité dans la projection intentionnelle d’un futur, ou d’un passé tel qu’interpréter dans une activité qui se visualise à venir. La composition que l’on a bricolé de soi-même (et qui bascule totalement lors du tomber-amoureux du moi ou dans toute expérimentation métaphysique et universelle, ontologique et existentielle, ou si l’on veut mystique et divine), cette composition n’a de poids, paradoxalement, que dans le tracé de l’intention.  

Et bien que d’être formel et bien qu’existe le rapport et non un moi, il est d’autant plus individué ; il n’est pas un universel vague et abstrait ; il est individué sans raison, sans cause, sans détermination et c’est bien pour cela qu’il est individué ; sinon il serait relatif à telle ou telle détermination (elle-même composée) et ne serait pas un rapport à (soi) comme rapport. Et c’est parce que chacun est un arc de conscience absolument unique et formellement unique (si il était déterminé il serait composé ou composition mais non pas unique) qu’il est ensuite et dans le prolongement un moi, une identité, un contenu, un vécu, un relationnel, une perception ; tout est re-construit à partir d’un arc qui est sorti du monde, du corps et du vécu depuis le début ; on est déjà au-dehors sur la surface du réel et c’est de là que l’on perçoit (sinon on serait dans le monde et non pas en face, dans le corps et on ne possèderait pas un corps). C’est bien pour cela que l’on nait au-devant (et non dans le passé).

De même que le présent est ce qui existe et ensuite un monde, pareillement il existe un arc et à sa suite un moi (comme concrétion synthétique et même comme densité de la forme, tout comme l’extensivité grecque du monde et l’intensité christique du sujet se sont imposés dans l’historicité, il y a une densité acquise de l’humain, par la révolution universelle, et une densité personnalisée, qui fait suite et actualise l’humanisation universelle). Et de même que le présent est en-avant du monde, de même l’arc est en-avant des signes, comme de juste, et l’ensemble se crée comme à rebours (si l’on part du Possible brut).

Et ceci s’explique par cela ; par la nature même de la forme-sujet qu’est une « conscience » ; puisque cet arc sort de la cervelle, vers le donné, vers le monde, et lorsqu’il revient c’est vers le corps ; il couvre le corps de signes, cad de rapports ; le langage est pris lui-même dans le tissage vers le donné et de retour vers le corps, dans le cercle et même bien plus exactement dans l’arc de cercle ; l’arc est toujours ouvert au-devant, dans le monde, selon le corps, selon en vérité la perception et ne se referme jamais ; il croit qu’il se clôt sur une identité, mais il demeure exporté hors de lui-même puisqu’il est tel constitutionnellement ; le langage est pris-dans (ce qui ne veut pas dire que par ailleurs le langage ne forme pas des systèmes, sinon il ne perdurerait pas, l’inorganisé s’effondrant) et le langage ayant pour fonction de signifier, de se repérer dans le monde ; il ne doit pas perdre le monde de vue, son horizon est donc celui de la perception, et ce champ de perception n’est pas celui « du langage » mais celui d’un corps qui perçoit dans la position vers l’horizon et vers l’horizon réel ; il n’en existe qu’un et c’est celui qui est supposé par tous les autres (qui sont des découpes dans le seul réel, de même que la représentation du moi s’effectue sur le corps comme horizon) ; une conscience ça n’existe, autant que l’on sache, que dans un corps vivant (ou quelque système ouvert équivalent dont nous n’avons aucune expérience, ni extraterrestre, ni surnaturelle) ; on ne sait que ceci qu’une conscience est un arc ouvert sur un donné qui est « là », cad sur un horizon réel, absolument autre, non identique, qui comporte des mondes de différenciations, et n’est accroché que par et selon un corps.

La finalité est donc, avançant au fur et à mesure et découvrant le paysage se dévoilant tandis que l’on s’écarte des mondes culturels, des communautés entre-soi, formant monde-et-paroel à la fois, découvrant la surface du réel comme immense pli, mais pli vers l’avant, vers la Possibilité, on explore la structure du présent ou de l’activisme ; l’activisme est la possibilité du réel telle qu’elle produit la totalité des réalités et dans ces réalités des structures réactives, auxquelles il est demandé de créer le chemin lui-même.

 

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Signification lointaine de la réalité

8 Septembre 2018, 07:53am

Publié par pascal doyelle

On obtient donc un univers extrêmement brutal, violent parfois, destructeur.

Nous sommes donc parvenus à l’extrême limite de la réalité, sur le Bord du monde (du vécu, relationnel notamment, et du corps) et ce bien que l’idéologie humaniste, rationaliste, naturaliste, réaliste par principe tende à nous le dissimuler. Pour la raison qu’alors tout l’édifice de la représentation s’effondrerait. Elle nous le dissimule en nous abreuvant de représentations, d'images, de récits de plus en plus déglingués, qui recyclent mécaniquement les imaginations, les images de soi et du monde et des autres, vers encore plus d'identités abracadabrantes  

On remarquera l’existentielle vision du réel brut inaugure, l’angoisse et la dépression poursuivent, de même que les inconcevables constructions psychiques folles et les obsessions du moi qui tente vaille que vaille de s’en dépêtrer, de ce monde, de ce corps - de ce corps martyrisé, supplicié par le langage ou les signes ou les autres ou les désirs et imaginaires, dixit Sartre et Lacan, déjà tel le corps christique, ou les retours de flamme de l’ontologie pure et brute de Nietzsche et Heidegger entre autres, qui veulent réintroduire dans le monde lissé de l‘humanisme et de la raison, un engouement, plus ou moins a-humain ou surhumain.

Le problème est celui-ci ; on prend comme rationaliste, naturaliste, humaniste les configurations précédentes qui, elles, ne l’étaient pas ; dieu, la pensée, le sujet (auxquels se substituent la nature, la raison et le moi humain) ne lançaient pas du tout une platitude telle que l’idéologie réaliste du 18éme ; mais idéologie de platitude qui, il faut impérativement le remarquer, permet seule de rendre effective, historique, mondaine, humanisée l’architecture jusqu’alors élaborée comme dieu, pensée et sujet ... ça n'est pas contradictoire, c'est le prolongement. Or cependant lorsque tout l’ensemble précédent se ramène à la nature, à la raison et au moi humain, s’ effondre l’arc absolu de la forme dieu-pensée-sujet et on voudra découvrir, aimer, désirer, décider, vouloir rendre réel cet arc absolu qui jusqu’alors se comprenait relativement via dieu, la pensée et le sujet mais qui devient totalement insupportable lorsqu’on lui assigne le monde, donné, le vécu, les relations humaines, la société humaine, serait-elle révolutionnaire ou révolutionnée, réalisaiton impossible de l'arc qui se transfigurera en représentations recyclées.

Cela veut dire que face à la puissance de la structure de conscience toute réalisation, toute représentation, tout vécu et toute identité (toute personnalisation) parait outrageusement écœurante. Ce qui se réservait autrefois pour une grande stratégie (dieu, pensée, sujet) s’effondre dans le donné et cherchant néanmoins à se reconnaitre commence de tout dévorer intérieurement ; la haine et le dégout formulent de fait la substance même du monde pour la structure totalement égarée en un telle détermination de monde, de vécu et de corps, et qui plus est encore lorsque le monde et l’humain, le moi et sa vie réalisée se devaient idéalement sinon parfaits du moins suffisamment satisfaisants.

Ce qui paraissait comme un cauchemar climatisé devient au fil des décennies une horreur empuantie et diabolique, foncièrement perverse, redoutablement méchante et indécrottablement malsaine ; son essence en laquelle on désirait réaliser l’idéal (prétendu possiblement accessible depuis que le réalisme rationaliste, naturaliste proclame son principe ; que le donné explique le donné et que le désir trouve son objet adéquat) et son essence est horrible et nous impose soit un masque et  son angoisse (masque qui colle notre visage et nous rend indistincts à nous-mêmes) soit une caricature grotesque (caricature qui nous regarde, nous observe, nous dévisage, que l’on cherche à lire, puisque toute caricature est orientée, déformée selon un certain sens ; l'image, la représentation, FB ou les jeux vidéos nous observent). Il manque dans le monde et le vécu une distance innommée, non signifiée et sa monstration impliquerait le démontage des évidences et du vécu, puisque la distance imprimerait que non "ça n'est pas dans le monde", c'est sur le Bord.

Aucune interrogation sur la nature fondamentale de la réalité n’est concluante ; elle ne se trouvera nulle part dans le passé, ni dans la causalité ; le réel est un activisme et se tire de sa possibilité, cad du présent parce que le réel est tout entièrement « ce qui se réalise ». Or on ne peut supposer que cet activisme se fige. On peut découper la réalité en quelque dessin que ce soit, ce sera tel le visage que l’on devine ou croit deviner sur les ruines d’un mur. Il faut néanmoins le dire nettement ; il n’y a rien dans le monde, le passé ou la détermination de la réalité qui donnera le la de notre être. Parce que ce n’est pas un être mais qu'il se situe au-devant, dans la structure du présent, dans la structure comme présent (qui adresse on ne sait où mais dont il est le mouvement). Et il se tient tellement au devant que rien n’a de sens du tout, sinon de se projeter au devant (et on ajoutera que tout ce qui est se tient dans l’au-devant parce que tout est soutenu par le présent et que le présent avance, la question est ; qu’est-ce qui avance et comment).

Dit autrement ; on trouvera de plus en plus d’horribles causes, des causalités de plus en plus basses ou ridicules. Puisque l’on aura utilisé les plus acceptables ou les plus jolies, adorables, aimables, premièrement et ensuite toujours plus dégradées et dégradantes, à moins que ce ne soit l'inverse et que l'on ramène du temps jadis de vieilles identités fantasmées, une religion, un racisme, une bizarrerie quelconque. Que ce soit une psychologie magique de forces obscures ou naturaliste de forces pulsionnelles, ou que cela aboutisse à diverses sortes de fin du monde, fin de l’humanité, dans les plus atroces cruautés ou les plus vides et dans l’inertie de masse du mort-vivant.Toute la représentation est finalement organisée "en retour", comme en se ré-enroulant, elle s'est privée elle-même de tout avenir ; si le donné seul explique le donné, il n'y a pas d'à-venir possible, les morts mangent les vivants. 

Et de les susciter continuera de nous dissimuler la possibilité cachée dans le monde, dans le vécu, dans le corps ; parce que tout nous enfermera dans la réalité, or la vérité est hors de la réalité ; et non dans la détermination qui ne résulte que de la détermination précédente et qui ne pourra sustenter la détermination suivante que si est retrouvée la forme, hors détermination ; la détermination seule n’engendre que le malaise ou l’horreur si elle n’est pas reprise dans une formulation plus distincte et donc quelque part plus dure ; il faut suivre le christique, la pensée ou la révolution potentielle pour accoucher d’un être viable, d’un monde ordonné et singulier, d’une âme qui se tienne, sinon tout cela n’est qu’une apparence morbide, mortifère, déformée qui se croit belle ou désirable et qui est, dans la cruauté du fait, ignoble.

Et pareillement. Toutes les attitudes qui veulent juger du monde donné tel qu’il est humain, humanisé, qui perçoivent bien que humanisme-raison-droit-démocratie ne suffisent pas, se précipitent dans l’inversion ; or on ne peut pas nier ce qui est, on ne peut pas nier l’historicité et on ne peut pas contredire Platon ou le christ ou Kant ou le droit, sous peine de repasser dessous l’acquis  et parce que ceux-là ont suivis le fil du réel, techniquement, idéellement et intellectivement, et dans l’épreuve même du Bord du monde et du corps (de la perception grecque au corps du christ, de la troisième substance cartésienne au réel de Lacan). Il n’y a qu’un seul horizon et aucun ne s’est trompé, égaré, sinon tout simplement ces œuvres n’auraient pas eu lieu ; si elles se sont constituée et continuées c’est qu’elles suivaient l’horizon du réel (ce qui n’est pas tenu par le réel s’épuise en fantasmes qui s’effilochent, se disperse dans des tourbillons) ; Platon ou Husserl s’efforçaient de tenir non seulement l’objectivité mais l’hyper-objectivité, de structure, celle qui joue selon le passage conscience/réel (Platon transformant l’être en Idée ou qui sera ensuite la pensée de la pensée ou enfin le Un) ; soit donc le glissement de l’intentionnelle conscience dans l’être/le réel ou l’altérité/l’exister ; d’une surface dans/sur la surface originelle. La distance est l’activité même qui convertit.

Il y eut donc conversion généralisée ; depuis les grecs, le christique (et le monothéisme), et depuis la science et la raison, l’individualité (esthétique, éthique, idéelle, poétique) et depuis la révolution ; celle qui fut enfin inscrite comme liberté-égalité-fraternité. Conversion de la surface sur la surface ; ce qui consiste à réécrire le corps en fonction des signes que portera désormais le corps. Le corps individuel difficilement et subissant le martyr des signes structurels de conscience (le moi est un refuge pour le sujet).

Quittant chaque monde particulier et créant la nouvelle anthropologie qui ne se conduit plus selon la mise en forme culturelle (des mondes particuliers qui inventent, créent la culture humaine) mais selon l’acculturation qui porte avec elle-même ses deux surfaces réelles ; le monde et un corps. Extensivité dans le langage des grecs et intensité dans l’intentionnalité individuelle du christique. Ré-anthropologisation généralisée et inscription en et sur et par les corps dans le même monde (il n’y en a plus qu’un) et donc par-dessus tous les langages, qui seront de cela décuplés en pluralité de langages, de même que les explorations esthétiques ou éthiques ou politiques, le sujet cartésien est le premier (nommément) qui rend compte d’une série indéfinie de sujets, de même que les personnalisations et l’élaboration de chaque vécu ; dans toute exploration les signes sont énormisés et renvoyés à la richesse du monde, du vécu et du relationnel, du corps et de l’éprouvé ; abandonnant les mondes particuliers on a rendu possible que chacun déploie quantités d’expériences, de perceptions, de significations, y compris les plus nocives ; c’est bien pour cela que la pensée, le christique ou le sujet ou la révolution cherchent le nouveau bien qui est ainsi créé et désignent le nouveau mal relatif à telle progression sur les surfaces. On reste dans la brutalité interne au réel même.

Ce qui a poussé au-devant de soi toutes les esthétiques, éthiques, révolutions, pensées ou langages, perceptions et identités, personnalités, n’est rien de tout cela (aucune des parties déterminées du monde déterminé ne conditionne le monde, mais seulement le Bord du monde conditionne les réalités), n’est rien de tout cela mais est une structure formelle agissante ; structure, rapport et donc agissant ; qui est intégralement activisme ; jusqu’alors régulé par chacun des mondes particuliers ordonnés ayant inventé la mise en forme culturelle, le langage ou la communauté, mises en forme donc ordonnées (les mondes particuliers sont hyper contraignants et tiennent la communauté), en comparaison desquels le monde unique et le corps unique de chacun paraissent désordonnés et lâchés dans la réalité ; mais en fait ils ont intégrés la formulation acculturelle tout à fait exclusive ; un monde et un corps, pour et par chacun.

Et formelle veut dire qu’il n’y en a qu’une ; une forme, de conscience (ou de présent) est non composée, et donc parfaitement déjà ; sa perfection est ce qui se déroule (il se trouve que nous la saisissons dans sa brutalité). C’est en ceci qu’il n’existe, littéralement ou logiquement ou absolument parlant, qu’un seul présent, un seul Instant ; c’est ce que veut dire « formel », un seul rapport. Qui vaut pour tous (tous ceux qui s’en suivent). Qui étant activisme pur puisque rapport (et brut, de là cet univers violent) produit instantanément la pluralité de tout (non pas selon l’ordre de la causalité, qui est du monde, mais de l’engendrement, faute d’autre mot pour l’instant). Et qui un jour, en quelque finalité hyper-active, ne cessera pas d’agir, d’agir in-finiment ; la question de tout ce qui est, en ce sens, serait d’élaborer une structure, un rapport tellement infini qu’il se produirait infiniment ; suivant ceci que le réel est plus grand que lui-même et ne peut cesser d’être plus grand que lui-même ; il est le « ce qui se restructure ».

On ne doit pas croire qu’il faut gagner l’âme que l’on risque de perdre (ce qui probablement vrai), il faut savoir que l’on peut augmenter l’âme que l’on a (et que l’on a parce qu’on la sait, la perçoit, ne cesse jamais de la percevoir). Comme elle n’est pas dans le monde, mais sur le Bord, on la perçoit selon … quoi ? La troisième substance cartésienne ?

Evidemment on remplace « âme » comme on l’entend : dignité ou puissance, capacité ou identité, personnalité ou humanité. Le rapport lui-même est hors champ (il est cela qui conforme tous les champs, ceux qui sont et ceux qui ne sont pas encore ou qui peuvent être, un jour, ailleurs, autrement) et c’est lui qui doit augmenter ou se réduire pauvrement.

Mais tout indique que le réel n’est pas coincé entre un néant et une finalité close (dont on ne peut rendre compte, ni de l’un ni de l’autre et nous enferrent dans des impasses, des apories) mais, tout uniment existant, cherche à augmenter la plus grande capacité possible du Un. En somme le Un est indiscutable mais on ne sait pas où il va et lui non plus. Et cette capacité n’est pas écrite, n’est pas déjà allouée : jusqu’où le Un peut-il avancer ? Lui-même ne le sait pas – il lui faudrait être achevé et il ne l’est pas non seulement ici et maintenant mais en lui-même il ne le sait pas – et l’immense déflagration qu’il a engendré doit prendre sa suite, continuer d’agrandir sa capacité de réel ; le réel est en augmentation et intensification continuelle. Et ce qui devient c’est le cœur, le centre, l’origine elle-même ; c’est la source qui grandit.

 

Ontologie continuelle

De là qu’il intervienne dans son propre déroulement. Constamment l’interne (de la structure) cherche à se déployer sur l’externe (la surface de la structure). Peut-être existe-t-il dans la même et unique structure plusieurs dépliements étagés les uns sur les autres, la surface augmente, il y a une surface afin qu’elle grandisse. Qu’il y ait un présent, un tel mouvement de tout, signifie qu’il n’est pas lieu de douter. C’est entièrement tout ce qui est qui est en-mouvement, le présent est la forme-sujet de toute réalité, le mouvement est l’acte même d’exister, toujours instantanément là, précédant, toujours déjà en étirement et attirance. Autrement dit la forme-sujet n’est pas la formulation subjective, elle désigne le Rapport et un rapport est tout sauf inobjectif. Et puisque l’occidentalisation a observé, analysé, démonté et remonté l’articulation notre-être/dans l’être, c’est la logique-sujet qui fut extraite et analysée et appropriée.

La transcendance, formelle, du réel de la réalité, du réel comme forme des réalités, du Bord des déterminations qui n’est pas lui-même déterminé, la transcendance ne s’est pas écoulée en nous, en notre être (de déterminations) ; c’est dès que nous activons la conscience-de et au fur et à mesure que cet arc de conscience repère sa dimension que nous assumons la transcendance, préalable, ontologique, à n’importe quelle immanence ; n’oublions pas que l’on ignore jusqu’où s’avance la transcendance (elle est formellement et non composée) mais cette dimension s’assure de signifier son réel. Tout ce que l’occidentalisation a produit veut signifier cette dimension articulée, cette articulation dimensionnelle.

Et donc par cela, par l’occidentalisation, la transcendance – ce « en quoi » tout est : l’exister qui engendre et produit tout l’être –  cette transcendance on ne peut pas admettre qu’elle puisse se ramener à quelque partie du monde, du donné ou du vécu ; ce qui en ce dernier cas signifie qu’aucun contenu de conscience n’équivaut, en aucun sens, à la structure de conscience en laquelle les représentations défilent et sont inventées, créées, forgées et forgés les corps eux-mêmes, qui (se) perçoivent et donc modifient extensivement et intensivement et dans la densité  (grecs et christique puis notre historicité depuis la révolution) modifient leur surface. De même qu’aucune partie de monde ne peut se substituer à la forme de toute la réalité ; l’activisme du présent qui déroule l’intégralité des réalités.

La forme, ce qui veut dire, ce qu’il y a de plus fondamental, est si parfaitement adéquate à toute l’altérité, l’alter-réalité, qu’elle la précède toute. Et c’est bien parce que formelle qu’il en résulte ce que l’on nomme « réalités », la forme est la distinctivité et donc la différenciation, ce qui veut dire la détermination (mais aucune détermination ne « remonte » dans la forme et la forme précède toujours la différenciation).

  

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Cela – qui avance

1 Septembre 2018, 08:10am

Publié par pascal doyelle

Comme il n’aura échappé à personne, le réel est en mouvement. On peut se bercer d’une illusion fixiste, mais la structure de la réalité est en acte : et donc aboutira à quelque réel inconnu. Inconnu puisqu’il est en cours. Mais précisément il est un acte et notre être n’est pas un être mais tout pareillement un forme et donc c’est dans la structure de cet acte que l’on travaille, que l’on avance, explore et à partir de cet acte que l’on perçoit (ressent, désire, décide, imagine, pense, etc). Et étant une activité, elle peut tout aussi bien se tourner vers elle-même, on dira de fait que c’est plutôt requis ; il serait absurde qu’une activité ne se connaisse pas. Une chose n’existe pas isolément mais dans son milieu et est la mise en place de réponses à ce milieu. Conscience se dit de cet objet qui a rapport à soi et qui plus est qui est le rapport qu’il a. Il existe donc absolument comme avoir : autre que soi, le soi étant la forme, le rapport et l’avoir tous les contenus en nombre indéfini. Et cet être dont la structure est dite « de conscience » est alors encore plus franchement un acte formel ; c’est une chose qui se rapporte à elle-même et donc pas une chose du tout.

Et même lorsque l’on définit, apparemment, un objet, une chose, un gros objet, l’être, ou un énormissime objet, dieu, on fixe un mouvement ; au sens de fixer comme regarder et fixant dieu ou  l’être on bouge, on se meut ; dans tous les cas on ne peut pas ne pas se mouvoir (ce qui fut nommé dialectique par Hegel, la conscience positionne toujours bien plus que l’énoncé ; il n’y a d’énoncé que dans un horizon, mais alors quel est cet horizon?). C’est bien pour cela que dieu, l’être ou les choses se sont diversifiées ; pas parce que nous serions impuissants ou désordonnés, mais parce que le mouvement, lui, est absolument certain et formel, et qu’il joue de toutes ces représentations. Et malgré les diversifications il existe quelque réel comme dieu, comme l’être, comme la pensée, comme le sujet, comme l’exister. L’ensemble servant à mettre le doigt dessus.

Ce qui ne veut pas dire que le mouvement ne ressemble pas du tout à dieu, à l’être et la pensée, à la chose et aux réalités. Mais il est clair que l’occidentalisation (ce long processus qui élabore l’analyse de l’articulation au réel donné là) entend avancer dans la compréhension et présuppose le un antérieur, le un sous la forme d’un « rapport absolu », formel : la transcendance en laquelle existent toutes les immanences, de présupposer cet Un en le comprenant (et non seulement y croire ou l’imaginer, croyance et imagination qui ne dispensaient pas du tout de penser, loin de là, mais la « pensée » au sens d’occidentalisation est l’analyse et l’analyse du Fait – le fait du monde (l’être) ou le fait du corps (le christique, le sujet, le moi) – s’agissant d’entrer dans la description de l’arc-ticulation arcboutée au réel). On analyse donc notre être comme structure intentionnelle, qui s’arcboute dans la structure du réel, qui se donne pour nous comme présent et donc le présent est l’acte, tel qu’ici et maintenant il est pour nous accessible.

Autrement dit loin que qualifier le Un d’éternité, d’infini ou ce genre de dénominations, éclaircisse quoi que ce soit, il faut dire ; le Un est ici même le présent.

Et le présent est une articulation et notre être de conscience est articulé lui-même dans ce présent. Et depuis le début il s’analyse.

Du mouvement

Le Un  sera un mouvement, un acte, un possible, une puissance qui sera toute. Le Un est en cours, et il sera toujours en cours d’exploration de son réel ; et c’est bien parce qu’il est en acte qu’il est toutes ces réalités, ces mondes, ces univers peut-être, ces mondes humains diversifiés en tout cas (et probablement des quantités d’autres ailleurs). Si le un était cette sorte de fixité molle ou inerte, qui fut décrite mille fois, on ne voit pas pourquoi une réalité existerait. Pourquoi le Un, parfait et monolithique sortirait-il de lui-même ? Pour qu’il existe des mondes, il faut que le Un soit un devenir et pour qu’il soit un devenir qu’il soit intégralement et des pieds à la tête suivant la logique de l’altérité ; autre que lui-même, et cela ne peut tenir que d’un mouvement, d’un rapport ; le réel ne pouvait pas être autrement qu’un Rapport (et ainsi brutalement engendrer quantité de rapports) ; un Rapport, une distinction. Il vous demandera donc de vous distinguer. S’il était cette fixité qui se dorlote, à quoi servirait-il et quel sens possèderait-il ? SI le Un est absolu et formel mouvement qui se distingue et s’entraine le plus haut possible, il requiert tous ces mondes afin de distinctions, de distinctivité.

Pas seulement de vous distinguer selon l’esthétique, l’éthique, la politique, l’idéel et la pensée, l’intellectif, mais bien de vous distinguer selon la structure qui origine tous ces domaines, qui origine l’humanisation et la personnalisation, de vous distinguer en et par l’intentionnalité, l’intentionnalisation, qui existe antérieurement aux esthétiques ou aux pensées ou aux mondes humains ou aux vécus et aux corps. On ne sait pas exactement ce dont il est question… On le voit bien si l’on tente de se repérer à un immense contrechamp exploratoire du réel de structure (le christique par ex, la pensée grecque, le sujet de Descartes à Lacan et malgré que toute cette élaboration avance fabuleusement) ; c’est justement cette structure et sa possibilité qui est fondamentalement, essentiellement, absolument, cad formellement, en jeu ; parce que cette structure possible est la possibilité. Unique. Il n’y en a pas d’autre ; toute autre présuppose l’arc de conscience, l’acte de conscience, l’intentionnalisation et ses stratégies et dedans ses tactiques limitées. Vous avez un corps, un monde, une humanité, un langage, une pensée, etc, parce que vous avez intentionnellement conscience-de. Et que cette conscience-de est un décalage ontologique. Qui engage l’être, dieu, l’exister. Bref de toute manière le présent décisionnel.

Que vous ayez structurellement conscience-de du corps veut dire que vous posez le corps dans un horizon et c’est au bout de cet horizon, si l’on peut dire, que vous vous tenez ; votre position est « au bout », et donc sur le Bord. Sur le Bord de la réalité, sur le Réel.

C’est en ceci que le réel nous soumet à une épreuve, et comme de réel il n’en existe qu’un, il s’agira de l’épreuve même, de celle qui juge de tout, éternellement ou atemporellement de tout. Et comme il n’est pas d’extériorité à cette épreuve puisqu’il n’est pas d’extériorité au réel, alors cette épreuve est celle qui se juge elle-même. Elle consistera en ceci ou cela qui fut promis, qu’elle l’ait tenu ou non, mais par contre qu’elle l’ait véritablement voulu impérativement. Si elle cesse de ne pas véritablement se vouloir (au sens non pas du conscient mais de l’intentionnalisation) le monde la mangera, la dévorera. Elle tombera, tout d’elle-même, naturellement, en éléments dispersés. Structurellement son intentionnalité s’effilochera le long de ce qu’elle n’a pas tenu.

Si mouvement il y a

On comprendra par là, en prenant quelque distance, que l’on considère le réel comme une chose articulée et donc pas du tout comme une chose … de sorte qu’elle ne sera pas, cette non-chose, réductible à un discours de raison, pas plus qu’elle ne pourra se représenter ; c’est pour cela que l’on désigne la non-chose comme ceci : seul un acte de même nature peut signifier, signifier, montrer, désigner du doigt et percevoir, seul un acte idoine peut signifier l’acte que le réel est.

Et c’est précisément ce que voulut la philosophie ; représenter le significatif, le signe ; Descartes ne dit pas seulement ceci ou cela, il le montre, en acte ; on a exploré le signe, la monstration et noter les déplacements sur la carte, la carte du réel. Tous ceux qui croient que l’on a voulu nommer des réalités, du monde, bien malléables, sont à côté. De même que tous ceux qui jugent fixes et figés dieu, l’être ou le sujet ; ils n’ont pas compris. Comment peut-on ne pas admettre que personne de ces êtres attentifs et méticuleux ne s’est égaré ? Qu’ils expérimentèrent nécessairement le réel et rien d’autre (puisqu’il n’y a rien d’autre, et que le réel est plus grand que lui-même).

Si il ne peut ni être penser ni être représentée, il ne faut pas de là croire qu’on le saisira hors du monde et de la réalité ; puisqu’il est la pointe de toute réalité, il implique toute la réalité ; et c’est ce que l’on active tous les jours, constamment ; on est constamment sur la pointe dite du réel et c’est à partir d’elle que l’on avance, que l’on distingue toutes les réalités, les signes, les corps, et parce que l’on avance à partir du présent qui vient (autre perspective hégélienne). Et comme dit il dépend de nous, de chacun, de chaque acte, de chaque décision que l’on engage très singulièrement le présent ou l’acte ; ça viendra d’au-devant d’autant plus qu’on le voudra.

Mais qu’on le voudra évidemment d’une manière très-étrange. Ça n’est pas la volonté consciente et sûre d’elle-même, mais c’est la troisième substance cartésienne, celle qu’on ne sait pas ; c’est non la « volonté » mais l’intentionnalité et on ignore où se plonge et se prolonge l’intentionnalisation. C’est bien ainsi que le tomber-amoureux du moi (sa grande expérience ontologique) le tient en haleine par le devant ; il se perçoit ou est perçu ou perçoit tout soudainement à partir de l’autre ; emais qu’est-ce qu’il connait de l’autre qu’il suppose ? Rien du tout ou quelques signes, et réverbérant l’exubérance affolante de « qui voit ? qui regarde ? ». Expérience impossible et pourtant c’est cela même qui est vécu et éprouvé. Et qui échappe totalement au moi (et à qui que ce soit) ; on ne peut pas percevoir du point de l’autre. Et donc se précipite (au sens chimique) dans l’interstice que l’attirance nous crée, se précipite que se crée justement notre être et le monde et la perception, en bref tout. Mais alors de où ??  Puisque cette pointe de l’autre qui attire est justement l’intentionnalité et que l’intentionnalité est la structure même qui rend tout le reste possible. Le miroir sans image.

Et voila que l’intellectif (idéel de connaissance ou pensée de la philosophie), l’esthétique ou l’éthique ou la politique, etc, ne servent que si se crée dans l’arc de chaque conscience une activité, une hyper, super, extra activité et même une méta activité ; une activité qui outrepasse le donné, le connu, le langage commun, les habitudes, le passé et l’identité même de chacun ; une activité en plus, parce qu’elle vient du devant, du présent, qu’elle vient vers vous.

On a signifié par dieu ou l’universel ou l’œuvre ou l’engagement, éthique ou politique, un tel décentrement ; à savoir que l’on abandonne le centre qu’est l’identité pour se convertir (on se convertit aussi au sein d’une communauté bien que cela revienne à « une » communauté… ou se convertit pour une famille ou un groupe, bien que cela revienne « aux miens » ; toutes choses nécessaires mais qui ne fonde pas d’ensemble, de forme). Parce que ce qui va nous juger c’est précisément l’abandon ou non de l’horizon impossible au profit (à tous les sens imaginables) de telle ou telle partie du monde. Toute focalisation sur une partie, ayant perdu l’horizon, disparaitra dans le monde.

La question par exemple de la lutte des églises contre la science visait à maintenir l’horizon plutôt que de tomber dans telle ou telle partie du monde ; jusqu’à ce que l’on comprenne qu’il était possible de maintenir l’horizon dans la vue, en une vision, tout en élaborant les parties diverses du monde ; tenir les deux bouts. Or on n’a absolument pas su réguler et l’un et l’autre ; non seulement dans la vision globale, la représentation d’elle-même de l’espèce, mais également en chaque vie individuelle ; on privilégie toujours la partie plutôt que l’horizon, et l’objet (de désir) plutôt que l’unité individuelle de structure, cad le sujet (et comme le présageait Descartes, la liberté est le plus grand bien, de ce que sans elle rien ne vaut ; c’est la pensée de ce qui dans la liberté excelle et porte (la stratégie plus loin) qui fut construite au fil des siècles ; jusqu’à Sartre, de même que le corps jusqu’à Lacan, comme autre-surface, celle des signes. L’action localisée préférée à l’organisation de l’action. L’économie comme idéologie est seulement le laisser-faire sans pensée du tout, l’inorganisé. Le libéralisme, capitalisme est désordonné, n’est pas un système mais une facilité. Le moi est laissé et délaissé, sinon d’être dépecé par les sciences extérieures. 

L’horizon n’est pas une plus grand universalité, mais se tient comme l’horizon verticalement dressé et réclame votre investissement en et par votre existence ; ce qu’originellement organisait le christique (à sa manière préalable). L’horizon n’est autre que celui du monde, effectivement réel, et du corps tel que renouvelé, et aucune des parties, toutes fantasmées, le seraient-elles par science et connaissance (ce ne sont que des discours-sur).

Que l’on ne puisse pas supporter la structure et que l’on sombre dans l’objet ou la partie de monde, veut dire qu’il n’existe pas de stratégie d’ensemble, ni individuelle ni collective ; la seule pensée collective qui fut proposée, le marxisme, consistait surtout à penser en parties morcelées et recollées (dans un universel, un générique) ; il n’y eut littéralement pas de pensée de la structure en forme de conscience, une par une (de là que tout s’écoule dans un libéralisme du laisser faire et donc de l’illusoire, de l’irréel, du fantasme, de la vie fantasmée, et perçue en définitive par un autre, par l’extérieur, et nullement selon la verticalité d’exister) parce que pour ce faire il eut fallu opérer comme Kant et théoriser la structure elle-même ; et pour théoriser la structure (en tant que structure et non pas comme telle ou telle identité ou idéel ou signe) il faut parvenir à la placer sur un horizon … et cet horizon puisque désormais on est parvenu à l’extrémité du monde (tout le donné est exposé), cet horizon sera la forme même de la réalité, du donné ; à savoir le présent (toutes les autres versions sont des représentés non du réel, et le réel est uniquement tel que « là »). Ou l’exister : le présent est ce qui de l’exister se montre à nous, notre expérience de l’exister se borne au présent. Situant la borne du donné, le présent, alors on peut supposer, ou poser tout simplement qu’il y a « dessus » une structure de conscience. Une boucle sur la surface du réel et cette boucle de conscience est elle-même une surface deuxième, appliquée sur un corps. C’est parce qu’elle est d’un-corps qu’il existe une-conscience (un rapport est intégralement, comme rapport, assigné au Un, comme logique et exister).

On n’a pas pu créer l’élaboration à partir du sujet qui se tienne comme organisant la structure ; le christique est pleinement et originellement la seule capacité de penser et de rendre stratégiquement notre architecture. Sauf que le christique se produit à l’exemple de, à l’exemple d’un seul, le seul qui se tienne hors de la mort, ce qui veut dire le seul qui tienne le point-autre, hors de la naissance-mort ; et donc hors de toutes les intentionnalités et qui tienne structurellement la structure, mais à partir de cet horizon même qu’est le regard christique ; une intentionnalité spécifique donc crée l’horizon des autres je.

Etant entendu que c’est bien ce que voulut Nietzsche par ex et en vérité tout le monde ; entrer en concurrence de stratégie d’avec le christique. Tenir la perspective de la grande psychologie (qui n’en est plus une du coup) et nous offrir la capacité de mobiliser l’intentionnalité sans plus tomber dans les pièges (la chair, le mal, l’erreur, le secondaire, le pervers, la facilité, la bêtise, l’illusion ou l’aveuglement, le ressentiment, chacun  y va de son repoussoir, de sa chute dans le monde et la vie ; Rimbaud expose toutes les possibilités sur l’impossible ligne d’horizon). En somme ne plus céder aux images dans le miroir mais dessiner les limites, le cadre du miroir lui-même.

Or de ceci il faut admettre cela ; que ce trajet structurel nous ne sommes absolument pas sans recours, ni mémoire ou expérimentations ; il y eut mille et une tentatives et donc possibilités ; que l’on soit bouddhiste ou chrétien ou kantien ou rimbaldien ou lacanien ; mais que l’on sache qu’au travers de ces élaborations il n’en est qu’une seule (sinon on affronterait le ridicule de prétendre l’une plutôt que l’autre, ce qui est indécidable). Et cette position est du même ordre d’idée que si l’on remarque que l‘occidentalisation n’impose pas telle ou telle attitude, tel trajet ou tel autre, mais analyse l’articulation antérieure qui rend possible tel et tel ; quel qu’il soit. L’occidentalisation c’est de la « technologie », de la description de plus en plus précise de « cela » qui se tient antérieurement, avant même n’importe quel choix et qui avance dans l’articulation telle non pas qu’elle se sublime mais telle qu’elle s’existe dans la densité de la réalité, dans la densité du corps immédiat, et technologie qui va chercher la transcendance dans toute cette immanence ; sous-entendu que toute l’immanence est logée dans la transcendance et la transcendance doit donc se révéler comme structurant antérieurement toute réalité et cette transcendance est technologiquement,  avec cette discipline qu’est la philosophie, analysable d’une part et comme cette transcendance est investie, déjà, explorée, agie, décidée, depuis la méditerranée (de l’esthétique à l’idéel, de l’humanisation à la personnalisation, de l’être au sujet) elle se  déploie dans chaque structure individuée, jusqu’au moi qui affronte ses horreurs et ses désirs, qui explore et déploie son corps, inaugure quantité de surfaces nouvelles de son corps et évidemment de ses enfermements et dérisions ; il s’agirait effectivement d’obtenir un corps qui supporte l’extra, l’externe modification et se rende capable de la structure de conscience, du sujet d’exister ; qui sache en un mot mobiliser dans le monde et le vécu la notion de forme, d’horizon, de distinction.

De même que le christique a pu instruire en chacun qu’il soit chaqu’un, distingué par le regard du point-autre qui sépare tout autant chacun un par un  que les intentionnalités en chaque sujet, de même il est question de bien saisir comme la transcendance, si il est vrai qu’elle s’existe au plus infra de toute réalité, antérieurement à toute matérialité, de toute détermination, de même que la structure de conscience existe antérieurement à tout universel, à toute représentation, tout langage, tout corps, alors le réel c’est fondamentalement ce que chaque seconde instruit, informe, crée.

L’acte qu’est le présent, étant un acte, une activité, un rapport, fabrique donc quantité de rapports (un acte ou un rapport ne peut pas produire des choses ; les choses, matérielles, sont elles-mêmes prises dans le présent et en elles-mêmes effectivement non substantielles, la « substantialité » est une vue de l’esprit, une fixité intentionnelle) et spécifiquement fabrique ces rapports à soi (dans lequel rapport le soi est le rapport lui-même et qui se nomme ou que nous nommons « conscience »), fabrique des rapports qui sont des actes, ayant à modifier l’acte, ce qui veut dire l’activité qu’est le réel. La transformation, l’instruction, la modification est ainsi la transcendance même, dont on sait au moins ceci qu’elle ne peut pas se perdre de vue pour succomber à quelque partie que ce soit.

Autrement dit il s’agit de percevoir du point le plus haut et de redescendre le regard jusqu’au bas du réel, à partir de ce point : une stratégie. Lorsque les grecs passent de l’être à l’idée, de l’idée à la pensée (Aristote), de la pensée au Un plotinien, ça n’est pas au hasard. Lorsque l’on passe de Descartes jusque Lacan, ça n’est pas non plus hasardeusement. Le point à partir duquel on perçoit s’approche.

Il est clair que l’on n’obtient le point le plus éloigné que d’en être saisi et on ne peut pas le saisir, c’est lui qui nous voit (et comme toute conscience de soi est prise dans un point autre, toute conscience en est déjà saisie, et c’est précisément ce point là, qui nous perçoit, par lequel on se débat et qui permet de commencer de comprendre la grande psychologie effectivement agissante en chacun, par le regard qui est à l’origine de votre identité, ce en quoi est prise votre identité). C’est ce que l’on nomme, ramené à notre expérience, le Bord ou le présent. La différence entre le un agissant et n’importe quelle sorte d’unité (que l’on présuppose éternelle ou parfaite) c’est que d’abord le un agissant part de la plus extrême altérité, tel cet univers brutal, et  ensuite qu’il ne s’atteint jamais, que sur la forme de la transformation continuelle, continuée, et qui dépend des décisions, des orientations, et au plus loin des intentionnalisations qui plongent extrêmement en profondeur d’un corps étiré parce qu’attiré et qui de cela forme surface à la surface du réel.   

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