Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

L'exister tel que là

16 Novembre 2019, 09:13am

Publié par pascal doyelle

On a vu que l'historicité depuis la méditerranée a imposé une plus grande précision quant à l'ontologie ; quant à la structure non pas de l'être, mais du réel. L'être est juste un moment dans lequel on pensait, en grande partie en produisant d’énormes effets bien effectifs, caractérisait la réalité en unifiant les intentionnalisations, prises séparément, séparément du groupe humain, et en tentant de créer les systèmes transmissibles de l'un à l'autre, sans médiation de groupe, soit donc de caractériser la réalité en un être universel ; ce qui revient à dire que l'on a pu élaborer des systèmes d'intentionnalisations qui ouvrirent la réalité (donnée là ou plus exactement prise dans tel ou tel monde humain, toujours particulier) et qu'ainsi on a pu percevoir multiplement quantité de réalités nouvelles.

Il vint donc qu'en plus il y eut le christique (et de manière générale et précédemment dieu, le un tout-autre, le simple regard, l'intention première avant-toute-réalité) ; le christique qui permit, lui, de monter en conscience, en de nouvelles intentionnalités que chacun ait une vie, cad un corps et ait à charge d'y amener une Intentionnalité (les juifs jugent selon la loi et donc vous êtes constamment condamné, le christique reporte selon votre réelle intention, laquelle est non-finie, et sans cesse vous demande de vous élever, ce pour quoi il vous par-donne, vous donne en plus, il entame un autre cycle de réalisation, qui ne se concrétise pas, jamais, ça n'est pas effectivement pas de ce monde, c'est sur et en tant que Bord, du monde, du corps, du vécu, mais pourtant qui doit absolument, cad formellement, se rendre à soi-même son impossibilité).

Dès lors on obtint le monde (grec et universel) et le corps de chacun ; singulier et dépendant de l'intention de chacun, que le christ unifie, certes, mais il l’unifie d'une façon étrange ; il s'en va, il meurt et dit « je suis parti mais pas vraiment », ce qui est très rigolo ... et j'interroge toujours votre intention ; que voulez-vous de votre vie qui se transforme de cela en Existence ; il dépend de vous de choisir ou d'inventer le chemin, sous condition que vous ne méprisez personne ; ce qui est à l'opposé de tout ce qui s’imposait dans l'antiquité ; même les grecs ne posaient pas l'individualité ; le héros est héroïque, voire demi dieu ; le christique est moins-que-rien, et crucifié ; tout un chacun est infini en et par lui-même.

 

Bref, l'arc de réflexion expose de fait deux infinis ; le monde universel et le corps singulier. À charge ensuite de gérer et de continuer toute cette programmation ; programmation qui fondamentale, ce qui veut dire au fondement (entendons rien ne se fera ensuite, dans l’historicité, sans en passer par là). Rappelons que l'universel en déchoit pas ; c'est parce que le sujet est-plus-grand que l'universel qu'il existe une universalisation.

 

Et il s'est avéré que toute la programmation (dont au moment de son lancement on n'avait aucune idée … aucune visualisation, aucune certitude de quoi que ce soit), toute la programmation, monde et corps, s'est furieusement réalisée ; heurts et malheurs ; mais voilà bien que les principes de structure se sont affirmés et ont produit cette historicité même.

 

 

Nous ne sommes pas dans ce qui est mais dans l'exister de ce qui est ; l'être est effets (innombrables) de l'exister. La forme est plus grande que les contenus et il y a « des contenus » parce que l'unité n'est pas une réalité « plus grande » mais autrement et autre que les réalités ; uen forme.

Et si on a reconnu l'arc de conscience comme forme (de toutes les réalités humaines), on a reconnu également le présent comme forme (de toutes les réalités données là).

Sans pourtant fermer l’interprétation, la compréhension que l'on obtient du présent ; on a dit que le « présent » n'est pas seulement le présent là maintenant, mais qu'il est, ce présent, une version actuellement connue, de l'exister. L'exister, le fait d'exister, est plus grand que l'être, ce qui veut dire que toutes les déterminations le sont, déterminées, dans l'exister, qui est une forme toujours Autre et qui donc étant un rapport engendre quantité de rapports (sans pour cela que l'on puisse copier coller la « causalité » selon le monde sur la « causalité » structurelle, on verra plus tard ; on ne dit pas que l'exister « cause » les déterminations et les réalités, mais qu'il les engendre, pour marquer la difficulté elle-même, qui requiert une plus grande réflexivité encore).

Comme nous nous sommes situés de fait dans l’antériorité même, cad dans la forme de la réalité, dans le réel comme forme de toutes les réalités, le moindre déplacement dans la forme crée ses possibilités ; aussi tout acquis à la fois s'effectue consciemment et non consciemment ; et se dirige toujours vers de plus en plus de réalisme, et non plus selon les paramètres relatif aux groupes humains ; le droit individuel est plus réel que toutes les identités, les communautés, les mondes déterminés. Ce vide, dans le droit, la pensée ou l'intention (on ne sait pas ce que l'on veut, alors qu'autrefois le groupe le « savait » à notre place) est la structure elle-même, en personne pour ainsi dire.

Qu'elle soit vide ne veut pas dire qu'elle ne soit rien ; elle est vide parce que formelle, de même que le présent est vide. Il n'occupe aucune détermination et produit toutes les déterminations (au sens de sa « causalité étrange »).

 

Inutile de chercher à ramener la structure, du réel, à tel élément du monde, du vécu ou du corps ou de humanisation (au langage par ex) ; la structure est déjà en elle-même le réel ; cad l’articulation. Il faut bien saisir cela. Le réel est un rapport (énorme, c'est entendu) et dans ce rapport se crée des rapports (les réalités, les mondes, les univers peut-être), et parmi ces rapports il apparaît bien sur un être spécifique qui est à soi-même son propre rapport. Aucun des contenus de ce rapport ne sera plus grand que le rapport lui-même ; l'arc de conscience c'est lui le rapport, « ce qui se rapporte à soi comme rapport, et non comme identité » ; cet arc ne crée pas l'humain comme si il s'agissait de sa finalité ; mais comme un effet. Étant lui-même la forme il engendre quantité d'effets.

Autrement dit il peut exister quantité de moi-mêmes ; chaque arc a pour effet un « moi ». Et ça n'est pas ce qu'est ce moi qui compte mais ce que l’arc va faire de cette identité, de cet héritage, génétique ou historique ; le champ intentionnel étant toujours actuel est toujours en plus de tous les champs précédents.

 

Pour chacun on sera au pied du mur. Existentiellement. Cela revient au décisionnel ; dans le champ intentionnel il s'impose un champ décisionnel (et une série d'affects, tout à fait spécifiques, Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan engagent sur la voie des affects bizarres, aussi bizarres qu'est étrange la structure) ; et c'est pour cela qu'il existe foi et conversion (au christique, à l’universel grec et suivants, au suejt qui se-veut (dont Nietzsche fournit une version actualisée mais en partie imaginaire et que Sartre et Lacan décortiquent), à la révolution comme humanisation puis personnalisation puis potentiellement structurelle ; chacun recevant alors sa révélation, son illumination, son expérience du néant, de l'être, de la forme brute ou pure, etc, la révélation c'est ce qui arrive et est arrivé à quelques uns, voire à tous d'une manière ou d'une autre ; « on s'est rendu compte de » ; peu importe, à la limite, de quoi, puisque la forme est au Bord et que le Bord est toujours au bord ; il ne vient pas dans le monde, sinon il ne serait plus le Bord).

Il s'agit, somme toute, de relativiser, ce qui veut dire de com-prendre, de prendre en et par un autre nouveau plan, ce qui autrefois s'imposait comme immédiatement ce que l'on éprouve. Pourquoi le christ ou Nietzsche ou Sartre ou Descartes éprouvent-ils ceci ou cela ? Quels sont les affects qui correspondent à la philosophie (comme retour sur toute internationalisation, idées ou position formelles, et comme re-tour, nouveau tour joué qui ajoute à ce que l'on est déjà) ?

 

La forme Réel est la forme des réalités. Et aucune réalité en soi ne rassemble les réalités, il n'existe pas de susbtance-une ; les réalités ne sont pas rassemblées dans le même sens et selon la même catégorie que celle des déterminations ; les déterminations sont rassemblées, par l'exister qui les disperse, il les disperse et donc existe des réalités ; l'exister est la dimension dans laquelle se produisent les déterminations).

La philosophie introduit donc à ce qui conditionne les déterminations, les réalités, les vécus ou les corps. En se prenant à partir de dieu (Intention unique hors monde qui crée une nation dite universelle, elle l'énonce d'elle-même explicitement, nation élu), de l'être et de l’universel (ou donc l'humanisation comme règle générale, non individuelle), du christique (cette fois ajoutant l’individuel, le corps, le vécu, l’intention) et enfin la réalisation de ces deux là par la révolution (collectif et individuel, humanisation et personnalisation, qui parvient à son apogée au milieu du 20éme).

Pour les choses et les êtres il s'agit de la structure du Présent, pour les vécus et les corps il s'agit de l'arc de conscience comme structure intentionnelle. Par structure intentionnelle il faut entendre non pas un « mini système » mais un rapport, rapport toujours et toujours déjà ouvert sur le donné, le corps, la perception ; un être dont l'essence n'est pas une essence mais une structure et qui existe comme tel et si il y a « programme » il consiste en cette structure même. De sorte que le rapport, l'arc de conscience, étant autre que le monde, reprend tout ce qui vient de toute la perception. C'est un rapport, qui demeure donc par nature ou si l'on préfère par structure, toujours ouvert (sinon il cesse comme rapport, n'existe plus).

Jamais ce qui existe en soi en tant que rapport ne cesse. Et jamais il ne trouve ce qu'il installe en son rapport comme équivalent à cette structure, vive, qu'il est, qu'il ex-siste. Et donc il doit se mesurer, se réguler et se prévoir comme tel, comme rapport et non comme identité.

De là qu'il est dit que dieu est le système des libertés... On ne parvient pas du tout à circoncire une telle définition de dieu. Ce qui revient à « le christique a déjà choisi avant toutes les réalités, ceux qui le suivront » ou « dieu est le système des libertés » ; respectivement les évangiles et Descartes (ce qu'il ne parvenait pas à décrire, évidemment ; la volonté est le sceau de dieu en nous).

La pensée métaphysique espérait faire coïncider notre pensée et la vérité, conçue comme un corpus, mais qui échappait sans cesse et ne se définissait au final qu'en s’évadant, comme le Bien, la pensée de la pensée, le un ou ensuite dieu (abstraitement). Il se trouve donc qu'il faut définir le réel comme étant la liberté même ; non seulement de ce qui se choisit (pour le bien plutôt que le mal) mais surtout comme ce qui se crée et se crée strictement parlant ; toute la question est : qu'est-ce qui se crée ? Il ne faut pas s' »attendre à ce que l'on définisse en quelque manière « cela qui se crée »... puisque c'est le terme même de tout ce qui existe en tant que c'est précisément « cela » qui ex-siste.

C'est bien pour cela que la philosophie procède très délicatement ; elle ne peut pas décomposer ce qui n'est pas composition (de déterminations) et ne peut pas non plus affirmer n'importe quoi ; elle doit stipuler chaque intentionnalité précisément de telle sorte que cette affectation signifie dans intentionnel de chacun, que ce soit quelque Bord qui soit perçu dans le champ adéquat, repérer par les signes suffisants et suffisamment organisés mais correspondant à un effet réel, cad à une expérimentation de structure (métaphysique pour les grecs et ontologique depuis Descartes, jusques et y compris par Kant ou Hegel, ensuite, avec Husserl et suivants on entre dans l’analytique ; comme le sujet existe et où, en quoi il existe, en quel réel).

 

Il doit instancier dans ce qu'il réalise, dans ce qu'il rend réel, détermine, la possibilité elle-même ; toute station entraîne l'affaiblissement de sa capacité de créer de l’altérité, cad de l'être (dans l'ancienne métaphysique) ou du réel.

Autrement dit ce qui est en jeu, c'est « qu'il y ait un réel ». Ou pas.

Selon que le rapport se contente de ce qu'il contient, qu'il a créé mais sur lequel il s'enfonce, se fige, ou selon que le rapport sait que « ça ne sera jamais ça » et qu'il installe donc toujours une possibilité plus grande. Mais puisqu’il y a réel, on peut dire que la base du réel est toujours déjà assurée, et que l'enjeu est ; jusqu'où pourra-t-on ajouter au réel ?

Cette capacité de l'ajout, du réel en plus, informe absolument, cad formellement, à la racine, en l’antériorité même, originellement, la naissance du réel même. Puisque l'on a reconnu que l'altérité n'est pas ce qui arrive « à quelque chose » qui existerait préalablement mais que l’altérité est l'exister lui-même (et c'est pour cela qu'ensuite qu'il existe une réalité ; et donc ça n'est pas forcément des choses ou des déterminations en plus, mais de la structure en plus. Et notamment l'acquisition historique absolue, celle des grecs ajoutée à celle du christique, qui se concrétise en humanisation puis en personnalisation (soit donc la révolution) ; qui sera suivie de quoi ??? C'est le problème que l'on analysera plus tard.

Dont on dira seulement qu'il n'y a pas d'autre possibilité, recours si l'on veut, que celle de se tenir de soi même. De soi-même comme structure, comme sujet. De sujet empli de monde et de réalités, mais pourtant sans mélange ; le sujet est cela qui ne peut se tenir que de soi, et abandonner toute satisfaction de ce monde ; ce qui ne veut pas dire en référer à un autre … mais trouver ici même la structure suffisante qui manifeste et laisse se dérouler toute la dimension réelle qui n'est pas dans le monde, le vécu, le corps, ni donc dans la société humaine (mais que celle-ci doit rendre possible pour chacun, de là que la révolution veuille assurer à chacun les Moyens de son Existence, comme disait Robespierre... Outre le monde et organisation humaine, il existe donc, supposément, un déroulement structurel interne au sujet même, chacun).

 

Il s'agit, en somme, de s'étonner de la forme de la réalité, de la forme en tant qu'elle est le réel des réalités, et que c'est toujours ce dont on parle, ce que l'on veut penser, ce que l'on veut décrire ; de ce que l'on voudrait actualiser et contrôler afin d'exister plus ou pus exactement mieux ; et que l'on ne parvient évidemment pas à convoquer dans le monde donné là, dans la représentation et qui ne peut être que signifié ; on voudrait l'amener dans le champ, mais il est le champ... c'est donc celui-ci qui doit être situé, analysé, poursuivi et pris comme signe par un arc de conscience qui, lui, perçoit, structurellement et intuitionnellement, le Bord, l’horizon, le présent, le sujet, etc. donc pour lui, cet arc, a un sens ; il le voit, il « voit » le réel même.

Que cette signification ne peut pas se saisir sans que l'on en soit saisi, et engagé comme et en tant que sujet ; on en a vu la raison ; c'est que la Possibilité même (qui est le réel en soi) ne peut s’atteindre que par et dans un sujet dit « libre » ; c'est le libre qui contient la plus grande possibilité et spécifiquement celle qui ne se conclut pas, qui n'aboutit jamais, qui se veut à nouveau encore-plus, et que ceci, cette incomplétude, est la réelle perfection, cad la capacité pure et brute ; le réel ne peut exister sans s'inventer, se créer, au sens biblique pour ainsi dire, au sens où le dieu nous demande de participer au Créé, non pas de simplement dérouler un programme, connu par ailleurs, mais de rendre réel un programme potentiel, qui, sans notre décision, ne peut pas advenir ; la question étant quel est ce programme rendant absolument toujours possible le possible même ?.

 

Les structures étranges se présentent comme existant à la marge, au Bord et n’apparaissant pas. Aussi doit-on les signifier ; tout arc de conscience doit s'efforcer de croire et se convertir ; se convertir pour dieu si l'on veut, ou le christique, mais aussi à l'universel (qui décentre intégralement la conscience), ou se perdre dans une esthétique pour se trouver (d'autant plus et bien plus difficilement si l'on crée soi-même) ou se déployer comme révolution, etc. Dans tous les cas il s'agit de passer d’une conscience repérée par son immédiateté, bien connue, vécue, éprouvée, et d’agrandir ce cercle vers ce que l'on ne sait pas, ce qui n'est pas, ce qui vient en plus ; cela s'appelle croire, vouloir l’impossibilité, ou toute position du même genre. C'est comme ça.

Le beau par exemple n'est pas comme on le pensait classiquement une contemplation d'un donné déjà « là » (on ne sait où) et qui serait amené à la représentation ; le beau est devenu « cela qui se crée », la perception qui se crée et fait-voir-plus et ouvre non pas seulement la réalité telle que donnée mais la réalité possible, et plus exactement le possible accessible à un être existant en et par son effort, son articulation diffractée au donné ; en bref on continue le réel en ajoutant au donné du créé (ou pour les croyants on continue le Créé en tant que dieu nous demande de poursuivre son œuvre, c'est explicitement ce qui est promut par au moins le christique, qui fait de nous des fils adoptifs, pour le christique homme ou femme c'est la même structure, parce que c'est le même regard et la même intention, intentionnalité ; le christique pose la question : qu’est-ce que vous voulez vraiment ? Et explicite les conditions admissibles minimales implicites de cette intention ; qu’est-ce que vous voulez vraiment  à condition que votre intention n'abaisse pas autrui, en le réduisant à une partie de monde et donc ni vous-même ? À partir de ceci votre intention commencera de s'élever, structurellement.

Il faut toujours orienter son regard vers l'altérité ; mais cela ne signifie pas seulement « autrui », bien plutôt l'altérité comme étant tout aussi étrangère à autrui qu'à vous-même ; il ne s'agit pas uniquement d’aimer l'autre, mais d'entourer et soi et l'autre dans l'altérité ; c'est ce qui répugne aux modernes, de comprendre que par le christique le un existe, mais sans le christique aucune altérité n'est véritablement admise, intégrée, articulée dans l'intention que l'on a, parce que le un est ignoré. On en peut pas vouloir la liberté en tant que signifiant tout et n'importe quoi ; le sujet en aménageant telle version du sujet selon son arbitraire ou sa subjectivité ou telle ou telle détermination ; le sujet, cette structure, existe en et par elle-même et elle ne paraîtra pas dans le monde, le vécu ou le corps et elle doit être pensée et déployée pour elle-même et non comme faire-valoir de telle ou telle réalité ou vécu ou corps. Si il n'y a pas d’élaboration du sujet la structure s’oublie dans un donné déterminé.

Qu'il y ait une élaboration de la structure veut dire qu'il existe une historicité. Et c'est bien pour cela qu'il faut remonter tout au long de cette historicité. Que le présent, qui est formel, puisse devenir revient à ce présent-même comme forme qui se distingue ; le présent ou le sujet ne sont pas des « choses inamovibles » mais des rapports et qui se rapportent continuellement. Il y a une historicité (et également un devenir de cet univers) parce que le présent et le sujet deviennent en découplant constamment cette structure, ce rapport, qu'ils sont.

Qu'ils soient des rapports ne veut pas dire qu'ils sont quelque chose qui se rapporte à soi-même (c'est le nombre, le numérique, le un abstrait) mais qu'ils sont des articulations, soit donc un mouvement.

On n’entend pas par là éclairer les choses et leurs déterminations, mais la structure ontologique et la structure ontologique telle qu'elle joue ici même, en nous.

 

Voir les commentaires

Les structures étranges

9 Novembre 2019, 10:27am

Publié par pascal doyelle

Quelque chose doit arriver. Il y a un présent afin que quelque chose arrive.

On dira peut-être qu'il se réalise quantité de possibilités dans le monde et c'est effectivement ce pour quoi il y a un monde. Or pourtant ça ne cesse pas d'être entraîné dans le temps.

Mais ce qui va arriver, ça ne sera pas du tout de l'ordre des choses ou des êtres. Ce sera autre chose autrement. De même qu'il faut saisir le christique dans son mouvement d’une ampleur considérable (qui recouvre tout ce qui sera par la suite), de même il faut accéder à la philosophie en se situant à la fine pointe qui redéroule toujours constamment n'importe quel système. Et en vérité n'importe quelle intention ou intentionnalité ; il n'y a qu'une seule forme du réel et une seule décision dans une existence.

Cela qui arrive, arrivera, est arrivé, n'étant pas de l'ordre du monde, ne peut pas être compris. Parce qu'il est ce par quoi l'on comprend.

Évidemment nous n'en restons pas là, la « compréhension » elle-même se déplie. La compréhension se comprend et est précisément ce par quoi elle se continue ; elle se sustente de se rendre au fur et à mesure réelle et sa compréhension ne pourra jamais être interprétée selon le monde, ou le vécu ou le corps.

Et ceci pour commencer de saisir la bizarrerie qu'il y ait un « présent ». et qu'il n'est pas du tout, apparemment, ce qu'il paraît être. Le présent est « cela » qui devient, et comme il est « le présent » on peut en déduire, en quelque sorte, qu'il est selon la liberté, cad selon la possibilité (c'est pour cette raison qu'il existe comme tel) et en somme qu'il oriente la dite possibilité.

De là qu'il dépend de nous, de chacun, pour que le réel se dirige par ici ou par là. Le présent est cela même qui devient et par la multitude de choses et d'êtres le présent se distingue tout au long. Si il avance vers le haut, il se distingue et perçoit selon une ampleur en constante augmentation, intensification, accélération et densification (soit donc les grecs, le christique, le cartésien, la réalisation, entendant par « réalisation » le furieux développement qu'a connu notre monde, notre humanisation, notre personnalisation depuis 2 siècles).

 

Reprenons. Augmentation des grecs qui inventent l'intentionnalisation « augmentée » cad celle qui passe outre le groupe et demande à chacun de se convertir à l'universel, aux idées, qui permettent de percevoir encore plsu de monde (sans Platon on ne percevrait que selon tel groupe humain). L'intensification du christique qui instaure chacun comme sujet du royaume (on ne vaut plus parce que l'on pense, grec, ou que l'on est un héros, mais on vaut infiniment en et par soi-même, même le plus petit est égal à quiconque, voire « plus égal », si l'on veut). Accélération en ceci que Descartes, insère dans la réalité (le monde qu'il installe comme étendue) le sujet lui-même, celui qui se rapporte à et par lui-même (il éclaire ainsi ce que par « dieu » on devait saisir, si l’être humain n'a pas d'unité propre, celle que René affirme, alors le dieu n'a besoin que d'assujettis et non de sujets ; Descartes applique scrupuleusement ce que l'église tardait à décanter, toute pleine d’adoration mais pas de libération).

Et enfin la réalisation ; la réalisation, dans le monde, le vécu et le corps, de l'intentionnalité. Nous ne sommes pas « matérialistes » au sens de livré aux déterminations, mais au sens où nous matérialisations nos intentions, toutes nos intentions. Et donc nous percevons données là, nos réalisations.

La réalisation est également la densification, le poids de la réalisation, la difficulté de percevoir « voilà ce que nous sommes », étant entendu que l'on se perçoit de l’extérieur, du Bord ; il y a perception parce qu'il y a un Bord(notre perception est intentionnalisée, dite au travers d'un langage par ex ou de signes, nous ne percevons pas seulement nous savons que nous percevons et nous réenroulons celle-ci dans des signes et nous relaçons ainsi la perception en avançant dans le repérage).

Encore une fois le Bord n’apparaît pas dans le monde, ne peut être ni représenté, au sens large, ni pensé ; mais signifié. C'est pour cela que l'on parle d'une structure et que le Un ou dieu ou le christique ou le sujet ou la révolution ou la science (comme universelle) se formulent comme formes réelles ; ce à partir de quoi tout arrive pour ce corps vivant qu'est l'être humain. Ce qui porte à conséquence est de la dimension de la forme, tandis que le reste, les déterminations du monde soit remplisse cette forme, soit se produisent de telle nouvelle forme (l’humanisation résulte de l’universelle révolution, la personnalisation de l'instanciation du sujet, comme citoyen, comme récit, comme corps, déjà par le christique, et pour nous au travers des images et des récits, des millions de récits).

Ça ne peut être que signifié et donc pas sans vous, pas sans vous-même.

Ayant à s'exhausser, s'élever.

Évidement on peut s'exhausser à l’envers. Cad ne pas croire, ne croire ni au christique, ni à dieu, ni à l'universel (c'est un fait que chacun se vit depuis les années soixante, « rien que pour soi seul »), ni à la révolution, ni à la Grande Possibilité. Et s(enfermer dans une attitude de négation, qui trouve son beurre là où elle peut, dans des satisfactions supposées, imaginées, limitées. On va découvrir dans la réalité, le vivant, le donné, le scientisme, la technophilie, l'imaginaire, le fantasme ou l'addiction (ce qui veut dire la sustentation du corps dopé) son bienfait, en maudissant ou simplement oubliant tout le reste. 

Littéralement. En l'oubliant : l'universalité par ex qui disparaît de l'horizon du sujet, qui n'est plus, de cela, qu'un moi. Un corps-langage. La limitation était présentée à juste titre comme réalisation (de par la révolution qui quand même substitue l'homme-se-faisant au dieu des églises) ; mais l'universalisation reprend ici et maintenant l'universalité, ce qui veut dire la possibilité pour chacun de statuer de tout ; dans le respect de cette capacité même ; autrement dit on ne peut pas la retourner contre elle-même ; ou donc l'universalisation ne peut pas nier la liberté, et tout ce qui sort de cette universalisation ne peut pas nier l'intentionnalité, nier le sujet.

Il est donc ou il devrait être hors de question d'annuler le sujet au profit d'une quelconque théorie ; ce serait se couper l'herbe sous le pied. Anéantir la structure même qui rend possible la liberté, ce qui veut dire tout, tout ce qui est possiblement inventé ou créé à partir de et en vue du seul sujet ; une théorie ne perçoit pas, elle aide, un sujet, à percevoir ceci ou cela.

 

Sauf évidemment les systèmes qui permettent de rendre visible la structure même ; ce qui revient à la philosophie ; la philosophie ne s'impose pas via une académie ; chacun est et restera toujours seul maître à bord, parce qu'il faut continuellement argumenter, élaborer des intentionnalisations suffisantes, des intentionnalisations qui rendent compte de ce que, du point d'un sujet, de tout sujet, il est possible de percevoir, au-devant, dans le réel et par le réel.

Revenons à la structure invraisemblable ; on ne peut pas la dire, mais elle peut être signifiée, en et par et pour chacun ; mais ce chacun n’est pas « subjectif » ; c'est une structure toujours parfaitement égale à toute autre ; chacun. La structure est une, et ce à chaque fois ; aussi se répète-t-elle en et par chaque arc de conscience ; l'arc est la possibilité unique antérieure à la possibilité de l'universel ; l’intentionnalité avant l'intentionnalisation (l'universalisation est la mise en forme d'intentionnalités qui perçoivent le monde, à partir des idées, des intentionnalités sur le monde, puis christique selon la forme individuée du début du sujet, qui requiert bien sur une plus grande réflexivité, puis selon le cartésien qui requiert un encore plus grand investissement, etc).

Donc la philosophie est la sismographe qui essaie de se tenir au plus près de l’articulation; abarticulation arc de conscience/réel. Rappelons que l'on nomme « sujet » le dispositif lui-même, celui qui est à l’origine ou reçoit dieu (comme on veut), celui qui crée l'universalisation, celui qui s'instancie dans le monde comme sujet (Descartes sur l'étendue), celui qui perçoit à partir du Bord toutes les réalités (potentiellement au moins) et qui comprend qu'il Ex-siste, qui a conscience-de du réel.

Celui qui se demande pourquoi un réel il y a. Puisqu’il est sur le Bord et donc en-dehors. Et dès lors se révèle que c'est précisément qu'il y ait un Bord qui ,compte et que l'on n'en a pas fini (avec la réalité seulement donnée).

 

On attirera l'attention sur ce fait absolu, cad formel, que ce qui est le plus réel, n’apparaît pas, et est pourtant ce à partir de quoi le reste apparaît. Donc on ne peut pas dire que la structure du réel n'est pas réalisée ; elle n'est pas réalisée en tant que monde ou détermination, mais elle n'a pas à se rendre semblable au monde ; le monde, les réalités, les déterminations, les vécus, les corps sont des effets et continuent constamment d'être de tels effets.

Ce qui correspond tout à fait à cette structure absolument majeure qu'il n'existe des mondes et des vécus qu'à partir du Bord (le Bord qu'est le présent ou le Bord qu'est tout arc de conscience, nous n'en connaissons que deux, ça ne signifie pas qu'il n'en existe pas d'autres, pas d’autres structures monumentales, ailleurs).

Et l’ensemble de toutes les descriptions, qui semblent aberrantes, philosophiques, théologiques, mystiques (ou recelées dans les esthétiques et les poétiques et les récits et la forme même d'un « récit », et les éthiques et les politiques tout autant, bref tout ce qui exige effort et rend possible les possibilités, qui sans cela ne surgiraient nulle part), l’ensemble des descriptions étranges relèvent absolument de cette Dimension ; il y a longtemps que nous avons pénétré le secret des secrets, puisque nous ex-sistons structurellement en et par cette structure. De même que toutes les réalités sont suspendues au présent, ce qui veut dire en l'Exister.

Se peut-il que ce qui détient toutes les réalités, et existant bel et bien, ne soit pas en et par lui-même et lui seul cela qui se déplie (au travers et par toutes les déterminations, les différenciations) et se peut-il, alors qu'existant, il ne soit en et par lui-même absolument actualisé ?

Dès lors nous existerions dans l’actualisation absolue et formelle et structurelle et c'est elle qui non pas se cherche (elle s'est déjà trouvée en soi et, si l'on veut éternellement, puisque nous ne sommes plus dans le temps et ici même, dans le monde et le vécu, nous ne sommes pas dans le temps, mais le temps est lui-même dans l'actualité absolue),

ce qui non pas se cherche donc (s'étant immanquablement trouvée si l'on peut dire, étant originelle et antérieure à tout, antérieure au tout-ce-qui-est),

ce qui non pas se cherche mais se perfectionne ; ce qui est absolu et absolument est en soi et par soi perfection et perfectibilité

(on ne conçoit pas, ici, que la perfection ne soit la perfectibilité même, puisque seul ce qui est libre peut infiniment ou si l'on préfère indéfiniment se perfectionner ; se vouloir toujours plus réalisé, seul ce qui se-veut peut encore-plus se rendre réel ; ce qui est est ce qu'il est, pas ce qui est libre).

 

Ceci contrevient évidemment à toute position « simple » de la vérité. Lorsque l'on veut détenir la vérité, comme tenue là au-devant dans le monde, on n'aboutit qu'à une détermination (serait-elle une loi qui organise les réalités) et toujours il ne s'agit que de régions (au mieux, sinon des localités très limitées). Il y a aucune région de toutes les régions, il n'y a pas une réalité rassemblant toutes les réalités ; par ex la physique peut tout à fait manifester à nos yeux tel pan de données ; mais le vivant est-il encore de la physique ; la limitation (de la connaissance effective) n'est pas seulement réduite selon l'étendue (de son application) mais aussi selon les ordres divers en lesquels telle connaissance s'oriente (toute connaissance se tient de la région qu'elle explore et ne peut pas s'étendre au-delà.

L'autre version de la vérité consiste au décisif et non plus au descriptif seulement ; puisque nous sommes réflexivement (cad en retour, presque constant, puisque nous puisons dans l'immédiateté dans la perception du vivant que nous sommes nous sommes en partie passif mais ces passivités ne prennent effets que d'être re-pris, pris-dans une structure intentionnelle) cet arc, réflexif toujours, décrit ce qu'il décide …

La décision, le décisionnel est le double de l'attentionnel ; on perçoit ce que l'on veut percevoir, mais l'on veut beaucoup plus que la perception (comme disait Descartes). C'est bien en ceci que la structure est de fait étrange ; elle est autre, elle embarque une certaine capacité, une quantité d'altérité.

On se croit spontanément dans l'image ou le mot qui se forme au devant, mais c'est une imagination, parfois une connaissance, d'autrefois un concept (cad une idée articulée qui pense saisir le réel mais qui, au mieux, parvient à délimiter le réel dans le champ de l'arc intentionnel de conscience), mais jamais les réalités elles-mêmes et pas du tout le Réel, le Réel étant ce à partir de quoi on perçoit et imagine et pense et désire ; de sorte que la structure « Réel » se transmet dans ces intentionnalités (on désire le monde ou une partie du monde comme-si c'était le Réel, ce qui, pour nous, humains, amplifie et dénature littéralement le « désir », qui n'a plus rien du tout de naturaliste, bien que l'on utilise cette dénomination comme-si il s'agissait du monde et que ces désirs seraient réalisables, ce qui est faux, ce qui est un piège fondamental, qui ne doit pas être annulé mais régulé, à moins de se foutre dedans).

Si ce qui est projeté est imaginaire (place de l’imagination pour Kant) ce qui est, philosophiquement, pensé, c'est le Bord, la structure qui, entre autres, imagine et pense et qui doit donc plier, dériver, biaiser la pensée (spontanée) et qui requiert de fait, de chacun, qu'il pense en tant qu'il signifie, en tant qu'il fait apparaître sous ses yeux, ses yeux à lui, la structure même ; qu’elle se nomme le Bien, le Un, Dieu, le sujet, la révolution, l'universel ou l'être (ou l’Être ou la Volonté de H et de N, bien qu'en ces deux cas mélangeant imaginaire et pensée).

Voir les commentaires

Hontologie et ontologie

2 Novembre 2019, 09:53am

Publié par pascal doyelle

de Descartes à Lacan

On part somme toute des principes lacaniens ; à savoir qu'il n'est aucune résolution « ontologique » du réel.

Par hontologie Lacan désigne l'hypothétique solutionnement de la métaphysique ; soit donc de la pensée, oui, mais de la pensée avant Descartes, celle qui entend produire un discours qui vient recouvrir le réel. Mais Lacan, comme tout le monde depuis Descartes, est passé par dessus le mur métaphysique ; ce qui ne tardera pas, explicitement, avec Kant bien sur ; on ne peut pas penser, métaphysiquement, le réel ; la réalité, cad les réalités oui, mais pas le réel, et pas plus Kant que Nietzsche ou Heidegger ; je ne vois pas pourquoi on accorderait à Nietzsche ce que l'on refuse à Platon ou quelque système métaphysique ; dire le réel est la « volonté », outre que l’on n 'y comprend rien, et encore moins l’Être, ou l'Estre, est une proposition métaphysique ; toute l'ambition ici est de montrer que depuis Descartes on est passé … à autre chose et autrement...

Et que cet « autre chose autrement » est la structure telle quelle, absolument réelle, du donné, du vécu, du corps, du monde et que nous percevons à partir de la structure dite et qui n'a rien de métaphysique et qui ne superpose pas une double détermination du monde (il n'y a pas de détermination de la détermination, même les mathématiques sont les rapports que les choses produisent et non pas « viennent d'ailleurs » sur des choses). Et ainsi c'est imposé, par Descartes, que la structure ontologique du monde, du vécu, du donné, du corps, existe en-avant ; elle existe en-avant puisqu'elle est condition de tout le reste, mais comme ce « tout le reste » est le possible, il y a un présent et elle est, donc, également, en-avant comme présent qui arrive. Nous ne sommes pas dans le temps, nous sommes le temps et le temps n'est aps le temps, mais le présent qui se déroule (comme monde, donné, vécu, corps, perceptions, etc).

Il est clair (enfin au moins théoriquement) que si nous ne sommes pas le temps, ça ne signifie pas que le temps n'existe pas, mais qu'il existe autre chose-autrement que le temps et qui entoure celui-ci. Ou donc le temps est un effet.

 

Lacan juge de l'ontologie métaphysique (et non pas structurelle, qui au lieu de se transférer dans un discours, analyse cet-être-ici, le sujet et le monde donné « là », comme fait d'exister) et méprise la métaphysique en ceci que le discours (et tout discours) fait-croire en sa réalité alors qu'il n'a de fondement qu'imaginaire ; la science suppose que le réel est la réalité (l'être), qui se prête à nous comme réalités (connaissances), dans l'espoir d'unifier tout cela et ayant en sa puissance de s'appliquer réellement au monde donné, au vécu, aux corps. Le reste est ignoré par la science et non seulement l’inconscient, etc, mais aussi le sujet et dieu et la question de l'être (qui devient l’Être pour H, l’Être au-delà des étants, des réalités déterminées). Lacan s'en aperçoit très bien de ce que chacun qui se convoque lui-même sur le divan, n'est aucun des discours et que « structuré comme un langage » ne veut pas dire que chacun soit le langage... mais que chacun a emprunté la signifiance, la significativité comme procédé, puisque la significativité est un tissage de rapports et que l'on ne se souvient de rapports que si ils sont liés... et forment système, même un mini-système. Sinon on ne se rappelle de rien du tout.

 

Or comme il s'agit d'un individu, d'un corps, le tissage de significativités est brodé sur le corps. Pourquoi ? Parce que le corps ne rentre pas dans le langage ; on ne peut pas transporter le corps dans la représentation et donc il est l’ancrage (réel) qui supporte toute intentionnalité (on réelle).

Lorsque l'on dit que l'Autre nous pense ou nous signifie, ça n'est pas l'autre-autrui, mais simplement que l'intentionnalité est un rapport et que dans un rapport il y a deux qui sont placés en rapport ; c'est le rapport, cad une impossibilité, une inexistence, un non-être, qui tient les deux. Et ce rapport est donc autre-que-soi, on dirait par nature si précisément nous n'étions pas déplacés dans la structure et non dans la « nature ».

C'est bien en ceci que le rapport casse le corps, le vivant (qui lui essaie toujours de tenir sa propre unité de bio-vivant).

Étant cassé le corps veut néanmoins re-venir à soi ; ce qui est impossible ; et donc la plus spontanée stratégie veut ceci : que l'on s’installe dans l'impossible. Ce que signait le christique ; de par toutes les significations qu'il présupposait ; ceci est mon corps, et donc vous êtes de votre fait structurel, impossible, autre que votre corps ; vous ne serez jamais épanouis, mais toujours autres.

 

Donc il ne s'agit que d'une rétrovision de la philosophie et de l'ontologie métaphysique ; parce que le métaphysique est déjà dépassé via Descartes à l'ontologie structurelle ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan lui-même manient la structure, l'analysent comme telle ; en entrant dans l'activité de prendre-conscience-de, d'intentionnaliser ceci et cela et donc de ce que présuppose cette activité ; et ce en respectant le criticisme kantien ; puisque l'on n'y observe que l’activisme tel qu'il se déploie ici et maintenant et ayant « des effets » ; toute intentionnalité a des effets, constatables dans la réalité, bien, sur, mais aussi le vécu et le corps... Importance absolument cruciale de cette hyper objectivité ; sur laquelle brodent imaginairement N et H, on l'aura compris et bien qu'ayant un pied dans l'altérité brute, vraiment brute et très « anti », très « anti tout », l'un prônant l'auto affirmation et l'autre l’étrangeté de l’Être, son inhumanité, bien que profondément a-humains, N et H n'analysent pas mais interprètent, Sartre et Lacan analysent, crûment.

À ceci on peut répondre que oui le réel et les réalités sont a-humaines, mais nous sommes nous-mêmes pas si humains que cela ; l'humain est un effet de structure ; c'est parce que nous existons comme arc de conscience que l'on se situe dans un monde (un horizon et non pas dans un milieu comme un être seulement vivant), que l'on a une vie (qui devient existence) et un corps (qui est une autre surface par laquelle on reçoit les signes). Sans cet arc nous n'existerions pas ; tout ne tient, devant les yeux, que par et dans les perceptions d'intentionnalisations.

N et H supposent une sorte de « réel » (ontologique) dessous tous ces effets, l'un bio-centré pour ainsi dire et l'autre mystico-élevé (il veut remplacer le dieu juif).

 

Il faut donc lire Nietzsche ou Heidegger, mais selon leur registre semi imaginaire ; ils assument une position métaphysique ou plus exactement ils transcrivent comme si il s’agissait d'une métaphysique (en qualifiant l'être, le réel, le monde, etc) bien qu'ils montrent, du doigt, littéralement, le réel donné là et selon des motions « anti-métaphysiques », et ce usant d'une manière finalement métaphysique qui ne parvient pas à l'analyse (cartésienne, kantienne, hégélienne, husserlienne, sartrienne, lacanienne), l'analyse ontologique de la structure. Et donc la Volonté de N double la volonté cartésienne ou l'intention christique, de même que l’Être de H double le dieu juif ou l'être rationnel, des grecs (dont on sait qu'il tente une relecture vagabonde, pour ainsi dire, cherchant un logos plus profond que le logos).

 

Autrement par N et H se transmet une logique d'altérité ; la Volonté est autre, l’Être est autre. Mais on a vu que dieu ou le sujet sont de fait eux-mêmes une l’altérité ; c'est uniquement la transcription « rationaliste » qui les abaissent selon une compréhension mondaine et N et H ne saisissent que cette interprétation rationaliste, humaniste, réaliste, naturaliste ; ce qui est évidemment absurde ni dieu ni le sujet ne relèvent du donné mondain ou d'une quelconque détermination ; ils occupent de toute évidence une position et une position formelle ; on retiendra donc d N et H qu'ils transposent imaginairement (la volonté et l'être sont des imaginations) une structure positionnelle, qui stipule ce qu'il faut (faudrait) entendre par « réel » ; et on notera que quand même dessous le coude, s’incruste en même temps au sein de ces imaginations quelques thèmes plus ou moins … inhumains.

Dans leur volonté, lourde, de ne pas abonder vers l'humanisme et le sujet caricatural (tel qu'ils le comprennent, mal) et la raison (plate, telle qu'elle se transmet au 19éme, débarrassée de toute architecture ontologique, excepté Kant et Hegel, essentiellement) ils tombent de Charybde en Scylla ; cette flambée d'altérité est tout autant ce que nous montrent les sciences ; un univers quasi infini, un gaspillage insensé, et des lois physiques mais pas d'ordre ou de sens manifestes.

Si l'on en reste à la clarté de cette altérité, si l'on peut dire, on est plongé dans un égarement, dont on ne peut pas tirer grand chose, sinon faire comme si l'on s'en réjouissait (alors que dans tout, dans cet étalage de matière et d'énergie, rien ne s'adresse à nous). Et de fait toute détermination, tout monde, toute réalité aboutissent à ceci ; la disparition et pour nous la mort, et sans utilité quelle qu'elle soit ; tout disparaît et s'efface comme n'ayant jamais existé.

Bien sur la massivité, le gigantesque de la réalité, cet univers disproportionné ou ces univers peut-être, paraissent s’imposer comme seul horizon.

Dans ce gigantesque l'arc de conscience paraît n'être rien du tout. Mais il n'est justement pas un « quelque chose ». à quoi anciennement on opposait effectivement un sujet en soi ou un double ou arrière monde, lequel se définissait, autrement dit passait comme une autre détermination s'ajoutant à celle-ci. Mais en vérité tel n'est pas vraiment le cas ; le but pour Platon n'est pas de dédoublait la réalité, mais, par les idées, les intentionnalités spécifiques de rendre encore plus manifeste le donné et d'ouvrir des champs de perceptions. Et annulant ces intentionnalités on remplace simplement par une autre sorte de substance, la Volonté ou l’Être ; par lesquelles on voudrait porter la « révolution » mentale dans la réalité même.

De même le moi, très commun, de tout le monde, de chacun, prétend se dédoubler, mais il ne produit qu'un moi imaginé et des satisfactions dont on prévoit le bonheur, qui ne vient pas. Qui ne viendra jamais, sinon imaginairement.

Or ça n'est pas du tout comme cela qu'il fut procédé ; Descartes et Cie n'ont pas répété la mise ne forme métaphysique d'un discours mais ont requis une acuité décuplée de l'attention, de l'intentionnel vis-à-vis de son propre réel ; ont isolé peu à peu l'articulation qui rend possible que tout apparaisse à une conscience et c'est cette distance, d'analyse et donc de conscience de soi, qu'ils ont imposée de fait. Distance sitôt lue, sitôt adoptée ; elle est entrée dans le fil d'attention de tout un chacun. Parce que l'arc structurel repère immanquablement qu'il est le réel, de même que le christique est devenu absolument la forme même (ou dieu traversant et tissant toute société humaine, qu'ils existent ou non).

 

Ensuite il faut bien saisir le mouvement qui amène de Sartre à Lacan ; il s'agit, en purs français qui ne se laissent pas démonter, d’observer méticuleusement cet « être » bizarre du moi, du je, du sujet, de corps individuel ; l'extériorité revient à Sartre (les autres, le monde, l’histoire, l'étrangeté, l'existence) et l’intériorité revient (étrangement) à Lacan, qui dépiaute le moi individuel, tel qu'il se croit, et démonte donc de ce point de vue tous les discours (dont la philosophie ou l'hontologie, mais aussi la science et les idéologies, réservant son appréciation à quelques uns dont Descartes, entre le je-pense et le je-suis : ce qui pense n'est pas - ce qui est ne pense pas, Lacan, ou donc notre être est ce qu'il n'est pas et n'est pas ce qu'il est, Sartre) ; dans les deux cas la structure (de conscience) est réduite à sa plus simple expression, cad rien (pour Sartre) ou niée (pour Lacan, transforme en schème logique ou mathématique, etc, de même que Hegel la transformait en opérateur comme « négativité «, pur mouvement ).

Ce qui pense n'est pas - ce qui est ne pense pas, Lacan. Mais l'être en question qui est « dessous » n'est pas une essence (l’inconscient, le langage, l'autre, etc) ; c'est une activité qui doit donc venir en personne se dire, ce qui signifie dérouler le tapis dont elle s'est brodé. Ça n'existe nulle part, suaf « là ». dans le corps qui signifie, qui use des signes pour se montrer, se désigner du doigt ; il faut que le corps se signifie, alors même qu'il n'entre en aucun langage et que lui-même ne « parle » pas (on n'a aucun accès au corps-en-soi, c'est juste un corps vivant devenu bricolé par l'altérité du rapport , tout moi est un bricolage, plus ou moins vite fait et plus ou moins adéquat, en général pas du tout adéquat à quoi que ce soit, il fait juste semblant).

 

Mais ce vide est son être, cad n'est pas un être … mais une structure, une forme (qui supporte donc quantité de déterminations n'étant pas du même ordre que la réalité ; de même que le présent n'est pas les choses, qui apparaissent et disparaissent).

On s'oriente donc depuis 2 siècles sur une vision formelle du réel ; et cela permet de rependre et de comprendre tout ce qui est arrivé auparavant : de dieu, du christique, des grecs, de la scolastique, etc, et de mieux situer tout ce qui eut lieu ensuite. Et ce dans le but de récupérer, pour nos sujets, les sujets que nous ex-sistons, toutes les explorations possibles du réel en tant que forme, au point que s'impose l'idée, le principe, la logique que toute détermination est mais que cet être est pris-dans une structure ; laquelle fait-exister. L'exister est plus grand que l'être, le réel est plus grand que lui-même (sinon il ne serait que ce qu'il est).

Si Lacan présente l'ontologie (classique) comme hontologie, c'est afin de tuer le mensonge généralisé qui laisse entendre au moi que sa résolution se présentera comme « conscient », comme étant de l'ordre du « conscient ». Mais cela veut dire comme « contenu de conscience », dans lequel contenu l'arc de conscience n’apparaît pas ; l'arc de conscience n’apparaît jamais, nulle part, il ne peut « que » se signifier, et c'est lui-même qui se signifie (il ne peut pas être signifié par un autre, qui désignera toujours un contenu, une image, un nom, etc). Cette signifiance est exclusivement de par elle-même ; mais elle signifie « rien ». cad qu'elle montre le rapport lui-même comme rapport de tous les autres rapports qui sont seconds. Et cette signifiance de « soi » renvoie constamment au-delà. Elle se tient du Bord. Et le Bord n'est pas dedans, il est dehors, le point autre à partir duquel le reste apparaît, est perçu, est vécu, est ressenti (le Bord du corps également).

 

Évidemment le Bord, cad la forme-réel, ou la forme réelle de notre être qui n'est pas un être mais une structure, ne se dit, apparemment, jamais de la même manière, selon les mêmes mots ou les mêmes idées ; mais toutes se réfèrent, à partir de la tenue d'une suffisante rigueur ou cohérence, y compris d'attachement au réel de « ce qui se passe réellement », toutes se réfèrent à une seule et même structure ; peut-on imaginer que la conscience de pierre soit totalement autre que la conscience de Paul ? Ceci est la croyance que la « conscience » est relative à une identité ; Pierre, existant en soi (on ne sait où), existerait puis acquérait la conscience de ce soi-même.

L'hypothèse inverse n'est pas du tout que Pierre n'existe pas, mais que Pierre est cette conscience, cet arc de conscience, qui va créer au-devant de soi et utiliser les diverses inscriptions que « Pierre » a reçu en héritage, pour ainsi dire ; ça n'est pas ce que l'on est, mais ce que l'on va faire de « soi » ; et ce « soi », se soi-même à la fois est et n'est pas. Si l'on tombe amoureux on attend, espère, suppose un renouvellement. Mais le tomber-amoureux est encore dans l'attente d'une identité ; cela suppose comme tellement manifeste, et éblouissant, que l'identité de l'autre et de soi-même sera renouvelée. C'est que l'éblouissement naît et se crée dans le faisceau intentionnel, qui, à la seconde, produit une soudaine et invraisemblable mémorisation (une identité « comme si » elle attendait depuis toujours dans la suspension du « je » et de l'autre).

Une fausse mémorisation, si l'on veut mais qui peut très bien devenir-vraie  puisqu’il s'agit d'intentionnalité et que celle-ci est faite-pour la réalité, la réalisation dans le monde, bien que cela ne fonctionne, au fond, jamais et que l'attente qui est structurelle ne peut pas se résoudre dans la détermination, le vécu, le corps, le monde.

L'attente, de structure, peut commencer d'organiser le vécu, la réalisation humaine et personnelle (selon humanisation, depuis la révolution, et la personnalisation générale qui eut lieu durant le 20éme), mais ne peut pas se transmettre elle-même en tant que structure, se transposer dans le monde et la vie ; de même que l'idée de l'être ou dieu ou le christique ou le sujet ou la révolution ne se transposent pas « tels quels » ; mais nourrissent, créent les possibilités. De même le sujet, de structure, dans un moi, ne passe pas dans le donné et la vie. C'est pour cela qu'elle est dite « sur le Bord du monde, du vécu et aussi du corps ».

On ne sera jamais le corps que l'on est, mais on est, du verbe être, vraiment ce corps là ; c'est justement qu'il n'existe pas seulement l'être mais l'exister pur et brut et c'est de là que l'on perçoit. La structure d'exister ne trouvera pas sa correspondance, dans le monde, cad dans tout ce qui est, mais uniquement peut parvenir, selon une appréhension potentielle, à une « résolution » qui est une conscience prise et accessible ou accédée à la structure comme réel instancié ; de là qu'il y ait conversion, à dieu, à l'être et l'universel, au christique et au sujet, à la révolution. La conversion est, dans l'instant, dans le présent, éblouissement du présent : soit donc le basculement dans et par la potentialité de structure (le tomber-amoureux ça arrive au moi, au sujet les accessions structurelles).

 

Dans la potentialité rien ne fonctionne comme dans le monde ou le vécu. C'est ainsi qu’apparaît, en nous révélant presque tout, le christique. On ne cherchera pas à comprendre comment il est possible que tout en une fois se manifeste l’ensemble des possibilités de l'arc de conscience nu, sans dissimulation, et sans doute quasiment explicitement. Mystère.

De même que l'acte de Descartes s'impose comme un fait (et non seulement comme une connaissance, ni même comme un se-savoir de la structure mystérieuse du sujet), de même le christique se dispose « là », énigmatique parce qu'instancié comme un réel en soi. On serait donc sans aucune possibilité si le réel était seulement un « là », clos, fermé, kantien nouménal. Parce qu'il est un rapport (le présent) et que nous sommes un semblable tel rapport (l'arc de de conscience) ce qui devait nous demeurer séparé, se présente tel que notre exister lui-même en est une manifestation, un pli dans le Pli.

Ce sont les qualités du pli, qu'est le réel (ça n'est pas quelque chose qui ensuite serait plié, mais c'est le pli lui-même qui crée des pliures qui sont les réalités et parmi ces réalités quelques-unes qui se rapportent à elles-mêmes) qui viennent au travers des transparences qui paraissent obscures et irréelles, au sens d'irréalistes et ne s'adaptant pas au monde, à la vie, et ces transparences que l'on ne comprend pas.

Transparences non parce qu'elle apparaissent au-devant de nous, mais parce qu'elles sont ce au travers de quoi on perçoit. On ne percevrait pas sans cette structure antérieure que tout le reste vient envahir et étouffer. Si le rythme réel (relatif à la structure qu'est le réel) est la liberté, alors tout est fonction et relatif à cette liberté. Au sens où « elle s'est déjà choisie » de toute éternité. On est devenu ce que l'on prévoyait d'être, et entre temps il a fallu l'exister.

Le champion de l'auto-affirmation c'était Nietzsche (il assumait par là la possibilité structurelle immanquable et très précise, que la volonté, cartésienne, se signe, malgré tout, elle-même et par elle-même ; or cependant cette signature est sa propre loi, mais est rigoureusement une Loi, le je doit devenir la loi ce qui veut dire assumer et prendre sur soi, le plus possible et cela doit se mesurer à soi-même, être autre que soi ; elle est hyper objective, et non pas relative à un chaos ou une incertitude ; elle est la certitude) ; or il s'agit de quelque chose de compliqué, ce qu'il entendait expliciter avec cette affaire de « forces » et de rapport de forces. C'est que la liberté est située dans le monde donné là, dans tel ou tel donné (relatif à son époque, les forces en présence dirait N), et qu'elle doit de plus composer avec sa propre capacité ; au sens où l'on n'est pas une fatalité, mais que l'on doit effectivement se médiatiser, se rapporter, s'expliciter, se distinguer de »soi ». C'est précisément ici que N penche vers l’imaginaire (bien qu'ayant obtenu une position de structure tout à fait réelle) ; il n'y a pas fatalité parce que constamment il faut réfléchir et réfléchir au sens le plus aigu et le plus difficile ; se batailler avec l'altérité ; les altérités ; on ne peut se confier à rien, sinon à la confiance même, cad à la foi (quelle qu'elle soit).

Être autre que soi, c'est ce qui porte intégralement le christique. Il n'y est question que des autres. De tous les Autres. De soi-même rendu Autre, par le regard du un-tout-seul, qui meurt seul, qui se tient tout au bout et donc au-delà, qui a pris un point-de-vue-autre pour vous percevoir (afin que vous vous perceviez), et qui redésigne tous les autres en tant que facteurs d'altérité, ce qui veut dire de progression (celui qui n'admet pas les autres consciences passe en dessous de la barre structurelle et ne pourra (se) proposer d'intentionnalité suffisamment organisée) : parce que c'est de là que l'on est perçu et donc se perçoit. Et si l'autre est à ce degré de présence absolue, cad formelle, dans le christique, c'est que l'arc de conscience est toujours autre-que-soi. L'altérité est l'inverse, absolu, de l’imaginaire ; il y a une part arbitraire et une sorte de tentative l'élévation de l'arbitraire par Nietzsche, technique supposant que la réalité, la détermination, et le vivant sont à eux-mêmes, Mais c'est impossible ; c'est tout à faut autre chose et autrement qui est en jeu structurellement et qu'évidemment parce que créant, littéralement l'historicité même, que met en scène, en représentation impossible, le christique. En vérité le réel est autre et non pas immanent et qu'aucune résolution ne s'obtiendra sans un effort assumé et non seulement conscient mais structurel.

Ce qu'a pour but de délimiter dieu, l'universel et l'être, le christique et le sujet, la révolution et l’altérité (du donné, les sciences, du vécu, du moi, ou du corps comme réel de structure).

 

Dans l'intervalle de l'altérité instanciée à partir de celui qui est autre, tout se joue ; la constitution même du regard, cad de l'intention, de votre intention, de l'intentionnalité, de la mesure réelle du réel (et non représentée ou imaginée ou imposée par telle hiérarchie sociétale), cette mesure doit se présenter instanciée en tant qu'exigence : l'exigence, celle que vous ex-sistez déjà et que vous devez déployer.

L'ontologie réelle ne prévoit pas une détermination de soi, et donc ne ment pas ; qu'il y ait un être qui résume tous les êtres, une réalité qui subsumerait toutes les réalités ou une logique des déterminations elles-mêmes qui passerait outre la brutalité et le choc des duretés, est en soi incompréhensible et c'est bien cette il-logique que voudrait aborder Nietzsche ; ce qui est déterminé n'est que déterminé, dans le champ général de la détermination, tout étendu et tout temporel (ou équivalent, que sait-on des possibilités d'un « univers »?).

Et l'universel est une universalisation qui tient de et par un arc de sujet, la structure même du réel est en forme de sujet ; on ne découvrira aucune lumière dans l'universalisation, qui est ce par quoi les réalités s'étirent dans un champ qui est à lui-même son propre rapport au sens où il soutient tous les autres, objectifs ou subjectifs, donnés ou réfléchis, conscient ou  ; c'est uniquement ce que le sujet perçoit au travers : non pas comment dieu a fait le monde mais comment le sujet se crée au travers du monde, des vécus, des corps, des champs de perception ; le sujet qui n'est pas autrement que ce qui décide de l’orientation du monde et a à charge de rendre le possible absolument et le plus absolument possible.

Ce dont Nietzsche a pu entrevoir, se rendre capable d'avancer dans l’avancement lui-même et donc d'élaborer une méthode qui admette les plus grandes possibilités. Il peut paraître étrange que le possible soit relatif au possible, mais c'est que le monde tombe toujours vers le bas, dans la détermination, ce pour quoi il est fait, c'est sa nature, mais visiblement insatisfaisant puisque le monde devient et est dans le devenir même et que ce devenir n'est donc pas une fatalité mais un choix continuel et une exigence ininterrompue ; mais il est vrai par ailleurs qu'est requis un laisser-être, puisque le sujet si il est articulé, cad autre que soi et que c'est cette altérité qui doit se supposer elle-même, alors elle est originaire et originaire au sens de « nous ne sommes pas de ce monde » parce que nous sommes plus grands que toute détermination, y compris notre propre détermination, et y compris la détermination universalisante. Requérant donc la structure expressive adéquate (dont on a dit que la christique exemplifiait absolument, formellement, la capacité).

Ce qui n'entre pas dans les cadres, déterminés, du monde donné, doit se signifier et se signifier comme non-possible et l'hypothèse ici est que l'impossibilité est précisément la structure même du réel.

Sinon à quoi servirait-il ?

Voir les commentaires

Les opérateurs du réel

26 Octobre 2019, 15:21pm

Publié par pascal doyelle

Il y a la réalité et puis le réel. Le réel n’apparaît pas dans la réalité, qui n’appairait, elle, que découpée. Découpée par des signes, ceux du langage essentiellement mais à partir de celui-ci il est possible d'installer quantités de domaines dont les plus importants sont les esthétiques et les récits (autrement dit il suffit de signes, cad de rapports, pour discerner « des réalités » en plus, en plus du langage, lequel est déjà en soi la capacité de sur-percevoir.

De sur percevoir mais à condition d'être sorti des mondes particuliers (monde conduit par le groupe qui a créé le langage, les représentions, échanges, perceptions et le tout ritualisé, puisque chacun des groupes devait sa survie à sa cohérence en interne ; il faut être maya pour comprendre le monde maya).

Survient donc le monde en lui-même, unique, universel, le monde donné en dessous des mondes, lequel est acquis par la raison, le logos, autrement dit l'universel, qui doit s'entendre comme universalisations des intentionnalités ; il ne suffit pas d'intentionnaliser n'importe quoi n'importe comment, il faut que ce soit cohérent et régler, sinon on n'y comprend rien, outre que l'on ne peut pas le transmettre aisément, et le système est cette compréhension ; l'universel a pour but l'être, l'idée en soi qui guidera l’ensemble de toutes les idées secondes.

Mais ça ne suffisait pas puisque dans notre réalité, ce sont les individus, un par un, qui doivent s'armer du langage et des signes ; ce qui veut dire des rapports possibles, échappant au groupe (qui gère très bien ou plus ou moins ce qu'il organise mais reste ou est devenu pour nous limitatif).

On remarquera que les sciences se perçoivent, perçoivent leur organisation du monde, relatif à chacun ne son langage propre, technique, à partir de l'unité individuelle (de par son intention même et de par sa perception, qui n'est évidemment plus ordonnée par un groupe mais donne directement dans le monde « là »).

Et donc pour ouvrir encore plus l'accès au donné, il y eut le christique (et dieu auparavant mais qui mettait en forme une nation, le judaïsme). La spécificité du christianisme est l'individualité ; le christ ne vous dit pas « fait ceci ou cela » mais à tout le moins « ne fait pas de mal aux autres » ni à toi-même tant qu'à faire ; ce qui veut dire que l'on sort de la Loi qui vous juge (tel Kafka) et par laquelle vous vous trouverez à peu près toujours coupable, essayant avec courage mais difficulté de vous justifier (de devenir saint, pur, sans erreurs, sans fautes, sans délires).

Le remplacement de la Loi s'effectue par l'Intention. Le christique ne vous oblige pas à une morale, mais vous pose la question ; qu'est-ce que vous voulez Vraiment ?

Et ceci, cette question est d'autant plus portée, que le christ s'en va, il nous laisse là (en précisant je reviendrais et je suis encore là) ; ce qui rend possible que chacun puisse développer son récit … Récit, romans, poésies, esthétiques, artistes, créateurs, vies individuelles, vécus, et en bref que chacun passe de sa vie donnée là, à son Existence propre.

Et si est posée cette question « que voulez-vous vraiment ? » alors on ajoute à la loi une possibilité bien plus grande ; l'intention qui n'est jamais intégralement manifeste, ni exprimée, ni vécue, ni définie (et qui revient de toute manière à et par chacun, sans extériorité, ou plutôt en utilisant toutes les extériorités, à partir du centre qui n'est pas lui-même visible). N'étant pas manifestée ni manifestable, ça entraîne l'angoisse. C'est ce que l'on nomme le réel.

Il y a la réalité, découpée par des signes, qui n’apparaît jamais comme réalité en soi, mais toujours comme réalités multiples, et le réel, par dessous ou derrière ou à l'horizon, qui est ce sur quoi, à partir de quoi ou de qui apparaissent les réalités, toutes découpées.

De même puisque ça n'est plus 'le monde » ou le groupe qui organise mais le sujet, individu, la cohérence est reportée ; elle n'est pas annulée parce que cela reviendrait à ne plus rien y comprendre et à ne rien organiser (ce qui est invivable et on n'y survit pas ou moins bien), mais elle est, cette intention individuelle, reportée et demande non pas qu’elle soit jugée (ce qui la fixerait ou la figerait) mais pardonnée ; à condition que l'on accepte de continuer à jouer le jeu, de se poser, Vraiment, la question « que veux-tu vraiment ? »

Le réel est donc cachée mais en fait caché structurellement, derrière les découpages qui tissent la réalité (en réalités diverses et discernées) ; ce que l'on nommait dieu ou nirvana ou le divin, permettait de relever le réel, angoissant, en une règle apaisante et planifiée et prévoyante ; mais depuis l'intention individuelle chacun est livré au réel nu et sans rien (comme le christ) ; et donc l'apaisement risque fort de tourner au cauchemar.

Si depuis les années soixante nous décuplons les images, récits, esthétiques, musiques, etc, c'est afin de surdécouper la réalité et de se protéger, aussi, de l'angoisse, du réel nu et brut. Ce que les existentialistes avaient bien vu et situé. Et c'est, au travers du déferlement d'images et de récits, le réel qui passe au travers ; typiquement David Lynch (on passe en somme de Hitchcock à Lynch, d'un monde réglé mais menaçant à un monde déréglé et entièrement soumis au mal, noirceur, angoisse, terreur intérieure et finalement qui gagne la totalité de la réalité).

Le problème de la mise à distance du réel opérée par les découpages des réalités (tout ce qui envahit notre vision ; des signes, des images, des objets à foison, des esthétiques, des récits, nous sommes des musées vivants) le problème est que plus on découpe, plus on s'angoisse. On ne peut pas remplir le vide, formel, de l'arc de conscience, qui crée des intentionnalités, par des signes et des (morceaux de) réalité (la réalité « en soi » n’apparaît jamais, elle n'existe pas ; il n'y a pas d'être-en-soi, mais une dispersion ou une étendue de réalités diverses, organisées mais par étages, atome, adn, civilisations etc).

Grecs ou christique il y eut deux sorties des mondes particuliers et donc deux entrées dans la nouvelle anthropologie qui passe outre les mondes séparés qui inventèrent les sociétés humaines, parce qu'ensuite c'est d'autre chose que de mise ne forme culturelle dont il s’agit ; d'une acculturation qui prend sa perception dans le donné (grec) et dans le vécu (christique).

C'est donc aussi une instanciation qui arrive-à la société humaine et qu’elle subit.

Et toute société humaine, si elle est déjà-prise dans la ré-anthropologisation, circule encore en elle-même selon le groupe et le langage originel ; de même tout moi, bien qu'il se tienne du sujet de structure, se ressent encore selon la tribu ; aussi devient-il fou en entendant toutes les voix en même temps (mêlant perception et langage, autrui et soi, imaginaire et réalité) et aussi est-il éjecté hors de toute communauté et isolé, perdu, sans rien, dans la noirceur complète il ne parvient plus même à mener une intentionnalité et s'enferme dans une dé-pression, une absence même de désir, et affronte l'angoisse pure et le réel en soi (il ne peut plus désirer et donc ne peut plus découper le réel en réalités et c'est le réel, cette horreur, qui lui presse tout l’être).

Les opérateurs du réel

On a vu que l'on est passé des mondes particuliers (tous séparés) au monde universel (et unique : les grecs) et du corps selon le groupe au corps individuel (le christique).

Cela veut dire que l'on a segmenté la réalisation historique selon dieu (l'intention), l'être et l'universel, le christique et le sujet et le révolutionnaire, l'altérité (la réalité telle qu'exposée par les sciences ou selon le devenir historique ou l'existence de chaque moi, son vécu) et le réel (la position ontologique «il y a le réel »).

On a vu que pour le moi, chacun de nous, la réalité était accessible via un découpage généralisé : tout mot, tout signe permet de situer telle réalité, telle perception, mais que le réel, lui, est inaccessible ; non pas au sens du manque mais de par son excès ; le réel n’apparaît jamais en tant que tel mais est ce à partir de quoi tout apparaît ; et pour nous, être humains, il s'agit de la structure de conscience, et son intentionnalité ; toujours menace la non raison, l'impossibilité,  l’absolu et le formel qui ne sera jamais découpé par les signes, le langage et c'est en cette impossibilité que nous existons ; le reste du temps nous sommes, du verbe être, ceci ou cela ; mais là, dans cet insituable, nous existons, ou donc nous ex-sistons ; il nous est impossible de nous figurer cet exister ; il est donc repérer par ces configurations impossibles de dieu, de l'être, du sujet et du réel.

--------

Ce qui arrive donc c'est que l'on repère ce à partir de quoi le reste se tient. Ce à partir de quoi il est possible de monter, d'élaborer une intentionnalisation générale de ce qui est donné là. Dieu, l'être, le sujet, le réel.

On part du principe que le présent est le réel. Le reste, tout le reste, se déroule, dans et par le présent. Loin d'être un état donné vague et informe, le présent est la forme même de tout le reste. Cela revient à imposer que le fait d’exister, le « il y a quelque chose », précède la totalité de qui fut, est, sera, ou de toute espèce de réalités ailleurs et autre (d'autres univers par exemple, ou quelque détermination de monde quel que soit ce monde, tous supposent le fait d'exister). Ce qui implique que l'on définisse le réel comme pur et brut activité ; le réel est un rapport et si il est un rapport il n'est pas un rapport qui arrive à quelque chose (d'autre que lui) mais toutes choses adviennent dans et par le rapport ; toutes choses et tout être a pour finalité le rapport lui-même.

Étant rapport il est absolument, cad formellement, transcendance et laquelle transcendance place et déplace toutes les immanences (qui existent évidemment telles quelles, intégralement, en lui ; étant rapport il n'est pas le Un qui se heurte au divers mais le un qui crée indéfiniment de la diversité).

Lorsque l'on dit que le un crée toutes les déterminations il ne s'agit pas d'une causalité de type mondaine (qui n'existe que dans le monde, tandis que le rapport est le Bord du monde, comme du vécu et du corps pour chacun de nous). Dans la forme du un qui se crée constamment en tant que un, en tant que Bord de toutes les réalités, le un s'augmente, s'intensifie, s’accélère, se densifie (et ce autant que nous en communique notre expérience réelle ; selon les grecs (augmentation intentionnelle), le christique (et dieu, intensification), le sujet (cartésien et révolutionnaire), la réalisation (dans tous les possibles du monde, de l’humanisation, et du moi, de la personnalisation dans humanisation universelle acquise).

Suivant la logique que le réel est plus grand que lui-même (sinon on ne voit pas à quoi « servirait » un réel).

Nous nous sommes souvent demandé si le un existe, pourquoi sort-il de lui-même ? Il est parfait et plein et compact et consistant. Mais le un n'est pas l'être … l'être est une notion confuse et mélangée, de sorte qu'au bout des systèmes le un, l'être, le bien, le moteur ou dieu ne se conçoivent jamais mais font-retour ; servent d'opérateurs absolus qui permet de produire tel ou tel système ; ainsi Hegel le dit clairement ; « la-pensée » est vide, son contenu c'est son déploiement (en phénoménologie historique ou en phénoménologie du savoir). Il est clair que le un clos et fermé n'est pas (de même il n'existe aucune réalité qui synthétiserait toutes les réalités, il faut donc que l'unité des réalités soit autre que ces réalités). Si le un fermé n'est pas, ce qui est réellement est le mouvement et si mouvement il y a, alors le mouvement est absolument tout. Le mouvement crée de fait qu'il puisse mouvoir. Si le un est le mouvement cela veut dire qu'il est rapport. Ce qui est rapport n'est pas mais existe, c'est ce qui est placé en rapport qui est ; l'être est « dans » l'exister. L'exister est plus grand que n’importe quel être, et on voit bien que toute détermination est limitée et même que l'on ne pense et ne perçoit que des réalités limitées ; qui ne permettent jamais d’interroger le rapport lui-même. Dire que la réalité est l'énergie, c'est bien mais ne dit littéralement rien, dans le sens du néant, tandis que dire que c'est dieu c'est ne rien dire mais dans le sens de la forme.

L'hypothèse en dessous est celle-ci ; les arcs de conscience, Platon, Descartes ou Sartre, Jésus, les révolutionnaires (dépassés par leur enthousiasme structurel) ne se sont jamais trompés ; ils ne pouvaient pas exprimer adéquatement la forme du réel (ou la forme de leur conscience) puisque le réel ne passe pas « dans » la réalité ; mais ils peuvent indiquer la signification et donc engager chacun à suivre ce parcours, cette description et chacun peut effectivement acter la structure (de « sujet » au sens structurel) en et par lui-même ; c'est même à cette condition là que l'on pense, sinon on ne pense pas, on ne pense pas selon le se-savoir du rapport que l'on ex-siste et on ne saisit pas que quelques-uns réussirent à situer, non pas objectivement mais hyper objectivement, structurellement, le rapport qu'il existe de fait. C'est ce rapport qui est venu au devant, passant outre tout monde particulier, toute représentation ; ce qui vient en plus sur la scène c'est le rapport qui est à l'origine la cause des représentations et qui de ceci accélérera tout le registre de la représentation (qui n'est plus liée à un groupe et peut proposer quantité de vérités, et de perceptions, plutôt que la vérité en soi qui ne peut tenir qu'au sein d'un groupe clos).

De ce que la structure a commencé de se nommer, cela rend possible la démultiplication à partir du noyau intentionnalisateur (dieu, l'être, le sujet, le réel ou leurs substituts, à condition que le formel intentionnel, cad le rapport, soit installé préalablement ; on peut dire dieu-la loi, Jésus-l'amour, l'être-la vérité, le réel-l'altérité).

Il est clair que la mise en marche du structurel ne se fait pas sans qu'il se signifie, qu'il s'introduise dans le monde, le vécu et le corps ; de là qu'il soit grec, christique, cartésien et sartrien-lacanien. Puisque ce signe est un repérage dans le réel, sur le réel, sur la surface du réel (et non une détermination dans le monde qui du reste elle-même n’apparaît, ne nous apparaît que par un signe, quitte à ce que outre ce signe et cette chose aperçue, on puisse, ensuite, rebondir et plus-percevoir ; notamment étendre considérablement, par les esthétiques ou les éthiques ou les politiques, etc, au-delà du langage mais compte-tenu du langage, le langage s'utilise afin d'élaborer des horizons, mais ces horizons se soutiennent d'eux-mêmes à la suite).

Ces « événements » du réel ne se réduisent pas à des survenues universelles ; la pensée n'existe pas « en soi », par contre une conscience qui est un rapport est précisément cela qui existe parce que ce rapport peut se causer... Si l'on recherche la compréhension objective on n'admet que l'universel et la pensée, mais explicitation qui en découle reste limitée ; on ne pourra pas faire entrer dans une argumentation limitée ce qui passe outre l'argumentation et qui décrit une position ; une position (le un plotinien, le sujet cartésien, l'esprit hégélien, etc) est une « longue » argumentation qui signifie, montre, du doigt, la situation de l'arc de conscience, de l'intentionnalité, du sujet, du corps, du réel, etc ; cela qui est « rapport » est très exactement l’explicitation pure et formelle ; parce que ce qui est rapport se déplie de par soi, même si l'on ignore pour quoi. Si on connaissait la finalité elle serait dans le monde et non sur le Bord.

Autrement dit si le rapport existe alors il est tout le réel ; et les choses, les êtres, le donné, les vécus, les corps sont dedans. Mais comme le réel est une forme, cad un rapport, ce qui est « dedans » est dehors … dans l’altérité ; si le réel était l'être, le un clos, fermé, on ne comprendrait pas qu'il y ait un dehors en lui (et on en verrait pas pourquoi le un-clos se produirait comme altérité).

 

Voir les commentaires

« ça n'est jamais ça »

19 Octobre 2019, 08:09am

Publié par pascal doyelle

La vie bizarre du moi

Le moi est une création récente (années soixante du 20éme) même si il couvait dessous les identités générales qui le précédèrent. Le moi n'est pas la nation, et donc s'y opposera, s'opposera tout naturellement aux organisations nationales, il n'est pas la révolution, en tous cas pas celles communistes, et bien qu'il prenne son origine dans la structure révolutionnaire (typiquement celle française, qui manie à la fois la liberté et l'égalité et non pas « seulement » l'égalité des libertés anglo-saxonnes). Le moi n'est pas la religion, tant il adore, évidemment, sa propre vie, son écu, son bonheur, ses désirs, ses images, ses objets. Tout a donc été passé à la moulinette du moi-même, et amené dans la densité de son identité difficile qui se veut naturelle, autre qui se veut en une unité, déprimante qui se désirait heureuse.

Il n'est aucunement question de s'en passer, et de prétendre le remplacer par on ne sait quoi. Il est impératif que chacun dispose de son unité de vie, sauf que de rester dans la dépendance du vivant, il n'atteint pas l'Existant. Sauf qu'il est parti en roue libre et ne parvient à s'accrocher à aucune régulation et c'est dans la bizarrerie de cette (pseudo) organisation qu'il faut avancer. Et on comprend qu'il peine d'adhérer à un tel « sujet structurel » puisque celui-ci n'a pas de représentation et c'est pour cette raison que l'on doit remonter la liste entière des expériences qui, en tant que sujets, fut menée ; historicité conduit et sert à cette fin. Organiser la vision, non déterminée, de l'arc de conscience comme hors du monde et pourtant seule forme existante qui vaille.

Ce par quoi tout le reste non seulement a valeur, mais par quoi tout le reste existe. Sans l'arc intentionnel de conscience, il n'y a pas de monde (mais un milieu pour un vivant biologique sans que surgisse un horizon, seul un signe manifeste un horizon), pas de vécu et pas de corps ; c'est pris dans l'intentionnalisation comme processus que les champs de perception apparaissent. Sinon il est bien perception mais non pas un champ pour un sujet. Lequel sujet n'existe que de celui-ci.

C'est pour cela que « sujet » est plus grand que le sujet habituel, ou plutôt cette perspective permet seule de comprendre que dénommé « sujet » il contenait les possibilités (subjectives ou objectives) et que cette surmesure doit être dite structurelle.

En somme le moi aurait pu, aurait du, s’organiser très précisément ou lucidement (c'est la même chose) mais ça n'a abouti qu'à un bricolage. Le moi aurait pu, aurait du s'organiser à peu près correctement dans et avec le soutien du collectif mais le collectif a lui-même été absorbé par les egos, les énormes égocentrismes qui centralisent ; on a échangé la centralisation royale par la centralisation privative exclusive. Comme partout il ne s'agit pas d'annuler ni le moi ni la privatisation, mais de saisir ce que sa régulation est sa mise sous le joug, sous la loi, sous le réel et ce que cela comporte dans le monde, signifie dans le vécu, implique pour la structure réelle.

Outre les religions, les universalisations (acculturations et connaissances), il y eut ce facteur absolu et formel d'individualisation, la révolution, comme méta-système du possible brut. Et au lieu de continuer de se supposer structurellement, l'individualité a réinstallé sans cesse un moyen terme mélangé et extrêmement invivable pour chacun, mais c'est que le sujet est rien moins qu'évident. Il fallut le christique pour introduire sa possibilité infinie dans l'historicité (la pensée grecque universelle ne suffisant pas à créer des consciences individuées).

 

Reprenons.

On a donc vu que le mouvement général n'est pas d'établir un discours (selon l'objectivité métaphysique et idéelle, des grecs, ou selon une pseudo objectivité piochée ici et là, les mathématiques, la physique, le biologique et tel vitalisme, une expérience personnelle, etc)

mais d'élaborer un discours tel afin que chaque arc de conscience puisse disposer d'une carte du réel ; ce qui inclut,effectivement, les discours et les connaissances, mais pas seulement.

Cette cartographie est tout. Elle est tout, pour nous ici et maintenant, en cet univers ; la cartographie élaborée au fur et à mesure de l'expérimentation du réel suit évidement toutes les explorations menées durant cette historicité. Ces cartographies prennent de haut racine ; dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet et la révolution.

Cette cartographie du « sujet » cad de cette unité vide mais formelle, indéterminée et ouvrant un champ de perception qu’historiquement on a qualifié d'intentionnel.

Dit autrement la philosophie dresse un discours mais ce discours n'a de sens que pour un sujet et crée donc ces sujets tels qu'ils soient capables de s’orienter dans la réalité, qui devient les réalités et plus essentiellement, cad structurellement, dans le réel.

Globalement il n'est aucune raison de supposer qu'ils furent tous des imbéciles et qu'ils parlèrent pour ne rien dire, et ce qui fut perçu a réellement été augmenté (par les grecs), intensifié (par le christique) et accéléré (par Descartes et suivants, y compris la révolution). Et finalement densifié et ce par et pour chacun, pour chaque moi-même, dans son vécu et en son corps : chacun hérite d'un vécu et d'un corps et sans doute d'une Existence, cad affronte cette situation innommable, brutale, ontologique très dure d'être Autre dans l'altérité générale (dans l'univers infini qui m'effraie ou face à la mort ou face aux autres ou dans un « corps », etc).

 

De là, de cette densification, que notre monde déborde, d’images et d'objets. Et déborde de mois, ce que le communisme n'avait pas prévu, puisqu'il comprenait humanisation comme universelle (les besoins) et non comme individuée (les désirs). On ne s'étonne pas de cette débauche, on trouve toute cette profusion tout à fait normale. Autrefois tout corps individuel était pris dans la communauté et celle-ci faisait office de monde et de vérité (rien ni personne ne pouvait témoigner contre). Jeté dans le monde donné là, qui n'a plus même la possibilité de former un ordre, grec, métaphysique, mais qui est ouvert par un côté par le christique, vers la forme vide et qui n'a plus le regard du christ pour se soutenir, alors se produit le moi qui tente de combler ce vide par une identité, qu'il doit impérativement tenir comme «étant « lui-même ». et il a bien raison parce qu'il doit croire en son unité ; il ne peut pas en somme se rétribuer comme « sujet » ni universel ni singulier (ni classique ni surhumain, Nietzsche essaie de constituer un tel sujet-singulier, et chacun s'y croit à son tour) et si il ne se décide que selon son moi, il place, investit en celui-ci tant et plus qui outrepasse quelque réalisation aussi heureuse soit-elle ; son investissement est ontologique, structurelle mais le moi est et n'est qu'une construction (qui se donne, se prétend, s’imagine naturelle et en attend la satisfaction, la plénitude, la complétude, qu'il répercute dans le regard d'autrui par ex ou dans des images ou dans des objets, bien solides, bien massifs, ou « qui fonctionnent »).

Le moi, qui est au centre, supprimant du même coup le collectif, c'est bien ce qui sera mis à mal dans les années qui viennent ; puisque passer par dessus la catastrophe écologique implique un dépassement de la limitation de l’intérêt égologique (qui risque d'être terminale, de nous tuer, tous, et tout le vivant, ce règne animal-ci). Pour répondre aux dangers mortels collectifs, il faudra ou nous aurions dû relativiser ce centre de désirs qu'est le moi, qui, autrement, continuera de se gérer selon la satisfaction du vivant rendue infinie par l'intentionnalité grossissante de l'arc de conscience, lequel est formel et prend tous les contenus à disposition, perméable aux perceptions (l'intentionnalité absorbe tous les champs accessibles et crée ceux qui n'existent pas), comme aux émotions ou aux images et si ce moi ne parvient pas à s’organiser selon son sujet il s’organise selon son vivant ; le corps, biologique, lui sert de boussole, son inertie, qui ne parviendra jamais à se réguler puisque c'est l'arc de conscience intentionnel qui lui fournit toutes les possibilités et que cet arc ne peut s'ordonner qu'à partir de lui-même, de sa propre puissance adéquate et non pas ni dans le monde, ni par autrui, ni par quelque imagination que ce soit. À partir de lui-même requérant une architecture suffisante (dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet, la révolution et le réel).

 

C'est donc le prototype de régulation que l'on retrouve dans la seule parenthèse, suspension, élévation que l'on a pu reconnaître dans notre historicité ; à savoir le christique ou l'universel de la révolution ou la structure de sujet. Pourquoi ? Parce qu'un arc de conscience, une conscience, ne peut pas témoigner de soi-même... C'est impossible ; ça fonctionne relativement, de par son élan, mais ne tient pas la distance ; un contenu finira toujours par remplacer la forme.

C'est pour cela qu'il faut que le christique, la révolution universelle ou le sujet soient dits impossibles ; ça ne sera jamais « ça ».

Et c'est pour cela que le christique s'évanouit ; il ne se percevra plus du monde puisqu'il n'en est pas (il lui est antérieur, il est ce à partir de qui ou de quoi tout est perçu, lui-même n'étant accessible que via un arc et via un arc ayant foi, ce qui veut dire pris dans l'Intention). Que la révolution est toujours insatisfaite et que le sujet, en bon kantien pour ainsi dire, est une forme et non un être, une direction et non un état déterminé.

 

Et même si dieu existe, il n'est pas encore tout à fait ce qu'il peut, doit être ; aussi il Ex-siste ; il est acte, ce qui veut dire activisme et encore pousse plus loin le réel, et il est tel, cad libre, parce qu'il est ainsi l'acte-qui-se-continue, constamment et qui re-vient dans l’historicité, l'univers ou les réalités afin d'être encore plus existant, ce qui veut dire possible ; le réel (ou dieu ou quoi que ce soit, c'est d'un réel formel dont nous parlons et que l'on caractérise, quel que soit son « nom ») est « cela qui se rend, soi-même, possible » et, ajouterons-nous, « ce qui se rend de plus en plus possible » … ce qui est encore une autre formulation tout à fait distincte ; c'est le possible (que l'on nomme la Possibilité) qui est, partout, en jeu. Et dieu admet de la sorte que l'on continue, nous-mêmes, son œuvre, le Créé. Et ce qui se crée c'est la structure.

Aussi envoie-t-il régulièrement des védas au bouddha, du christ à Descartes, l'instruction, l'in-formation, qui admet non seulement qu'il faille s'élever, mais que l'élévation est le principe même du réel, et que cette élévation s'ajoute, continuellement à elle-même ; parce que le Un est activisme et qu'il crée le possible de la possibilité. Ils ne sont pas intervenus pour vous élever mais pour grandir encore-plus-grand. Ce qui est acquis est acquis, mais arrive ce qui viendra. Le réel est plus grand que lui-même, le réel s'ajoute au réel. Puisqu'il est formel.

 

Augmenter, intensifier, accélérer, densifier le possible c'est ce qui eut lieu depuis la sortie de tout monde particulier, de toute communauté auto-régulée et cette sortie qui a créé l'acculturation généralisée (par les religions de méditerranée) puis par les révolutions (qui eurent lieu dans tous les pays, selon la forme moderne de l’État).

Mais cela ce décuplement du possible, ne revient pas à énormiser la moi ou le vivant ; on a vu qu'il valait mieux définir le christique non selon la « vie » (bien que ce soit ainsi qu'il se présente) mais en tant qu'il est l'Existant ; celui par qui le vécu se transforme en existence dûment consentie et régulée ; et parce que sa performance fondamentale précisément tient du Regard d'une conscience qui est de fait absente (cad impossible), ne vivant plus selon le monde et plus selon ce corps ; de même qu'il permettait et permit à chacun de se percevoir en dehors de toute réalité, tout vécu, tout corps donné là ; d'un point autre (« après la mort » c'est ce que cela signifie, que l'on ait la foi ou non, ça n'a pas d'importance, sinon pour chacun, personnellement).

De même la révolution n'a pas encore eu lieu ; que l'on se soit installé dans un compromis veut dire que l'on en a abandonné le projet et que donc le monde, les intérêts du monde remontent toujours constamment afin de recouvrir par les réalités diverses le réel de la structure et du libre (le moi mange le sujet, le citoyen, que ce moi soit identitaire ou consommateur, etc).

Et pareillement le sujet a régulièrement été détrôné par diverses versions, imaginaire ou naturaliste (scientiste, pharmacologique, psychologisante, etc) ou immédiate (la faiblesse de tout moi quant à sa propre vie, son irréalisme, son fantasme et son image, dans le regard d'autrui, reprenons Sartre à tous niveaux). Le moi n'en pouvant plus de son « être » il s'imagine des choses, il rêve des images et adore qu'on lui en fournisse, même lorsque les récits tournent au vinaigre et manifestent la noirceur et l'envers de sa vie idéalisée (quantité de récits, films et séries renversent l'idéal en horreurs variées).

 

Or pourtant toute notre tradition, très réelle et très consistante, et ce envers et contre les négateurs et les nihilistes de tout poil, ceux qui croient réinventer la réalité ou l’interprétation de la réalité, comme si il ne s’agissait que d’idées et qu'il suffisait de penser autrement ou autre chose pour que la toute puissante structure se replie dans ces représentations, notre tradition donc expose le réel même ; et il est impossible que de réelle la structure ne devienne que réalités, quelconques, toujours quelconques. On n'en guérira pas puisqu'il n'est pas lieu d'en guérir, à moins de périr. C'est la structure, de conscience, l'arc intentionnel, qui rend possible que se projette hors du corps (donné là comme n'importe quelle chose) et crée une autre-surface sur laquelle s’inscrivent les signes, et non seulement le langage ; la surface-autre du corps est structurée « comme un langage » et non pas par le langage, chacun passe par-dessus le langage, en l'utilisant, et produit ses propres signes, ceux qui ne relèvent, éventuellement, que d'une psychanalyse ; toute autre « objectivation » du corps-autre vient d'un discours extérieur qui se plaque, en ajout, sur les signes propres, et qui, si il peut aider, indubitablement, n'en reste pas moins extérieur ; il n'y a aucun accès au sujet intentionnel, sinon, pour lui seul et lui-même, son avenir, son à-venir, sa possibilité ; on ne résout pas vraiment ses « problèmes » on les subsume sous un plus grand arc de soi, celui de l’impossibilité.

Et la séparation cruciale du moi, de l'arc de conscience dans un moi, ne consiste pas en une identité, mais en ceci que cette identité est prise dans et comme un regard ; le moi se prend pour un être et ne voit pas qu'il est tel parce que vu (ceci est fondamental, c'est ce regard qu'il faut récupérer mais on ne le peut pas en s’imaginant l'être … donc il faut absolument en passer par une structure, externe et autre ; dieu, la révolution ou le sujet n'ont jamais manifesté une subjectivité ou une humanité, mais une structure). On peut s'imaginer surhumain ou idéal ou agrégat d'atomes ou ce que l'on voudra, ça ne sera absolument jamais cela.

Et le point duquel le moi est vu n'est pas sa propre conscience mais « la conscience » ; il se perçoit comme perçu et si il annule cette perception d'un point-autre, il se retrouve absolument seul et sans rien et quasiment disparaît  … Le moi est sans cesse dans la disparition éventuelle de soi. Mais acceptant d'être perçu il admet également d'être ceci et cela, et déterminé.

Le regard christique par ex ne s'adresse pas à une dénomination du moi, mais est et n'est que le regard même, hors monde, vécu et corps ; aussi en appelle-t-il à l'intention, et vous pose la question ; que voulez-vous vraiment ? C'est le sens bien plus ample que « morale » de l'interrogation christique ; que voulez-vous vraiment ? Et personne ne peut répondre hormis chacun et ce dans l'incertitude in/finie de sa possibilité. Resituer le regard, ce qui veut dire l'intention, suppose qu'elle ne soit pas ; que personne ne regarde, n'identifie et que tout soit cette désolation existentielle (de Kafka à Sartre en passant par Heidegger). Le monde est tel que là et personne ne le « voit », il n’existe dans ce monde donné aucun regard qui en témoigne, dit autrement tout absolument tout s'efface dans une sorte de néant.

Ce qui est vrai. Sauf que précisément c'est l'impossibilité qui conduit notre intention. Pas ce qui est, tel que là, et donné sans autre possibilité que celle de l'acquis, du réalisé. Ce pour quoi l'on est c'est afin d'ex-sister, d'ajouter en plus la possibilité (de la possibilité). Or définir, se définir comme un moi, c'est de fait réinstaller à ce niveau ce que prône l'objectivité ; que le donné seul explique le donné, le possible (du monde, déterminé, causé, identifiable) explique le possible ; comme si il n'existait aucun impossible.

Or non seulement l'impossible existe, mais c'est cela même qui existe. Tout donné s'effondre, disparaît, effacé. L'être s'annule, constamment, c'est son destin. C'est donc que ce-qui-n'est-pas est ce qui existe. C'est pour cela qu'il est un présent ; que l’impossible naisse.

Le moi, sitôt qu'il entre en conscience ne sait plus de où il parle, signifie, s'oriente. Son regard même n'est plus à lui, mais il appartient au regard. Si il connaissait sa liberté, elle ne serait pas libre mais déterminée ; ça n'est donc pas une connaissance mais un se-savoir, énigmatique même et surtout à ses propres yeux ; non seulement la liberté n'appartient pas au monde, mais elle n'appartient pas non plus au moi. Ce qui se-sait c'est la structure, le sujet, et non le moi. C'est le moi qui appartient à la liberté, au sujet, au sujet qu'il existe au Bord de tout, de tout vécu, corps ou monde. Et le Bord du monde est le présent. Si elle s'y incarnait alors elle serait composable, et décomposable. Et comment traverserions-nous tous nos états divers et variés, tous les champs de perceptions ? De ce que ce qui compose et décompose n'est pas lui-même en état de composition ou de décomposition.

Mais alors si on n'est pas ce que l'on est, c'est que on peut se créer du christique, de l’universel (et de la révolution) ou du sujet (s’imaginer nietzschéen par ex, on a vu ailleurs le statut ambigu de Nietzsche ou Heidegger, mais aussi kantien ou cartésien) ou se nier soi-même (ce qui est une autre manière de s'affirmer, peut-être plus dure et imaginaire encore, il faut se méfier des super-négations). Mais le moi, lui, avance qu'il est un désir et que ce désir se réalisera ; le désir appartenant au monde, et le monde expliquant le monde, alors le désir est réalisable, intégralement. Sauf que non. De là qu'il veuille se saisir et être saisi par l'objet de son désir (il croit qu'il sera selon l'être, imaginer que dieu était un super-être est une aberration ; il est de structure et d'exister). Le moi nie qu'il soit seulement un regard, et un sujet impossible.

De cette voie selon le moi il n'est aucune possibilité.

C'est en ceci qu'il est impératif de récupérer l’ensemble de tous les regards qui ne sont pas, et qui rendirent possible cette historicité et de remonter jusqu'à l'origine, la source, la structure, l'historicité qui par dieu, l'être et l'universel, le christique et le sujet, la révolution et l'altérité du réel brut instancient notre existence.

Et que cette reprise de tout le devenir aille à l'encontre d'un monde qui veut à tout prix que nous lui appartenions. Et chaque contenu déterminé est une erreur. Aussi faut-il supposer la structure, le réel contre la réalité et bien que rien dans le monde, le vécu ou le corps ne prouve que le réel soit réel. C'est ici même le sens du « péché originel » qui ne se limite pas à une désobéissance mais que né dans et par le monde, on tombe sans cesse de l'indéterminé dans la détermination et que l'on n'apprécie guère cette étroitesse, cette petitesse, cette bassesse, cette incapacité. De même quant à la difficulté du moi, psychique ; passer de l'enfance à l'adulte, c'est de l'irréalisme au réalisme, et on ne s'y acquiert qu'en admettant l’altérité, l’étrangeté du monde, des autres, du corps, de sa propre vie ; sorte de désolidarisation extrêmement douloureuse, parce que l'on veut bien abandonner l’idéalisme de l'enfant mais en échange de quoi ? D'une mauvaise tournure de soi ?

On avance donc qu'il n'y a aura jamais aucune résolution du bricolage du moi, sauf le sujet. Qu'il est une possibilité dans le moi, bien antérieure au moi-même, et que cette possibilité seule Ex-siste. Et pour cela nous existons dans le temps, comme présent qui se presse au-devant de notre regard.

Voir les commentaires

Extension du réel

12 Octobre 2019, 08:54am

Publié par pascal doyelle

Élaborons donc la vision générale de « ce qui ex-siste », et ce dans les grandes largeurs et la plus grande approximation. Il s'agit de commencer d'en éprouver la logique. Le réel s'étend, mais on ne sait pas vers où. Il ne s'agit évidemment pas d'une extension spatiale. 

Et non pas la logique intérieure (comme si l'on pouvait se réfugier dans une unité ou une réconciliation) mais la logique interne ; indiquant par cette différence que tout est exposé, manifesté et avec une très certaine brutalité, tout est exposé en externe (comme un réalité dispersée là au-devant, comme un univers prolixe, gaspilleur) et que cette surface externe se tient d'une unité qui n'est pas substantielle mais formelle ; le présent, ou donc plus loin l'exister. L'être, déterminé, est dans le exister, indéterminé mais formel, qui lui Existe.

Si l'on reprend au cours du déroulé, les notions de sujet ou de liberté, c'est d'une part en ceci qu'elles constituent la vérité même de notre tradition (méditerranéenne ou occidentale, admise en propre telle quelle et pour ce qu'elle se donne), et d'autre part puisque nous définissons le « réel » comme « ce qui est possible » ; ce qui est possible, existe. Ce qui ne signifie pas que ce que l'on imagine existe (une licorne qui est juste un mélange de données du monde n'existe pas). Il revient de (re)définir ce que sujet ou liberté impliquent. Et on verra qu'il s'agit d'étendre (indéfiniment ou infiniment) ces notions ; elles sont en vérité bien plus exigeantes et réclament une fondamentale cohérence (bien supérieure à celle que l'on identifie à un objet, c'est un sujet, ou une imagination, c'est un réel ; autrement dit ça n'a rien d'objectif ou de subjectif, contenant le possible de l'un comme de l'autre, et que l'on nomme, sujet et liberté, Structure).

En clair pour exister librement il faut s'exiger une cohérence et hors de cela on s'effondre dans telle ou telle partie du monde ou du vécu ou du corps (pour ce qui en est du psychique, un corps lui-même imaginé et non le corps biophysique, dont on n'a aucune représentation et que l'on recouvre d'une autre-surface, de signes, dont le langage.

 

La liberté est donc « ce qui se tire de soi ». Ce qui crée sa propre possibilité. Il revient évidemment au Réel d'être lui-même toute la possibilité possible. De là qu'il y ait néant autant que être, et que l'être, au sens spécifique, se découple en être donné déterminé et forme de cet être, à savoir l'exister, ce qui pour nous revient au Présent. Présent totalement brut et donc au fur et à mesure se crée la finesse et la capacité ; la capacité de devenir sa possibilité propre, cad la liberté pure. Qui, elle, est brute si l’on veut mais surtout subtile et ce dès le début ; ce qui est rapport à soi (comme rapport) ne peut pas exister lourdement, c'est de fait et en soi-même un rapport, et donc distinctif.

Ce qui veut dire, dans notre expérience (d’être humain) mise en forme culturelle d'abord (les mondes particuliers, le groupe, le langage, la mythologie, les échanges, etc) et l’acculturation (depuis l'entour de la méditerranée, dieu, l'être et l'universel, le christique et le corps, le sujet et la révolution, l'altérité (l’univers par ex, tel que les espaces infinis qui m'effraient, etc) et le réel (dont la position existentielle).

 

Ce qui paraîtrait tout à fait absurde si précisément le réel n'était pas lui-même « le possible ». Ou donc si précisément le réel est soumis à la contrainte de son exclusivité ; il est activiste et donc il ne connaîtra pas de fin. Il est à lui-même sa propre fin, et ce qui permet de sortir de la tautologie habituelle, c'est que pour ce faire il doit s'étendre au-delà de tout et y compris de lui-même.

 

Comprendre cela c'est tout comprendre. Sauf que l'on n'y voit goutte. On n'y voit rien si on ne parvient pas à appliquer la logique, la dite logique de l'altérité, au ici et maintenant et ce par quoi, en quoi, selon quoi il joue. Le mouvement absolu n'est nullement domicilié chez lui ; il est le réel et son déploiement et donc, il faut en conclure, qu'il ne sera jamais, il existera toujours. Il existera dans et par son mouvement ; il est ce qui sera plus grand que lui-même ; l'infinité (du néant, de l'être, dans l'être de la réalité déterminée et de sa forme, pour nous le présent) l'infinité a pour but de créer de l'infini. Le réel est plus grand que lui-même. Les choses sont dans le mouvement et réellement dedans, dépendant intégralement de l'exister.

 

Plus fondamentalement il y a une réalité afin que l'ajout s'ajoute à l'ajout, que la possibilité qui crée la liberté puisse par celle-ci agrandir le cercle. Si le cercle était déjà formé, parfait, fixé, immuable et toutes ces choses, il n'y aurait pas de présent, pas de diversité (et donc de dispersion) et pas de réalité et dans cette réalité pas d'êtres spécifiques qui ne sont pas ce qu'ils sont mais le rapport en tant que ce rapport se rapporte à lui-même (et qui étant un rapport renvoi à tout sauf à lui-même, c'est évident ; subissant tel quel, nu, dépourvu, la loi de l'altérité ; un rapport à « soi » est ce rapport et non tel ou tel soi, de sorte que l'on peut avancer que de rapport il n'en est qu'un seul, et c'est ce qui se nomme « sujet », sans connaître jusqu'où un tel rapport peut s'avancer, puisqu'il est libre c'est lui qui écrit son réel, cad le réel même et c'est ce que l'on nomme ajout dans l'ajout et sujet au sens absolu, cad formel).

 

Remarquons que cela revient à annuler, totalement, qu'il y ait un « être » défini par le langage (ou la connaissance) ; ou donc, si l'on préfère que cet être est relatif (il est, mais l'être est relatif à l'exister, cad au mouvement ; les choses ne sont que dans la temporalité, les idées ne sont que dans l'intentionnel, le moi n'est que dans et par la structure, formelle, du sujet). Ce que l'on nomme « être » était imaginaire ; ce qui est de pure raison c'est l'acte (puisque le réel est le présent, et le mouvement, le devenir, le possible indéfiniment perfectible et donc libre et donc parfaitement parfait, pour ainsi dire).

Le plus rationnel est le mouvement ; ce que l'on définit non pas comme mouvement vers un état (d’achèvement) mais mouvement afin que le mouvement soit plus grand, plus instancié, plus réel, plus distinct. Pour cela il faut supposer que le réel est précisément ce qui revient vers lui-même ; l'idée, éthique, morale, ce que l'on veut, qui s'en tient aboutit à ceci que sans cesse il nous est demandé, ou exigé, de vouloir plus et plus universellement et plus singulièrement et surtout selon la cohérence la plus instruite, au sens d'in-formée, recueillant alors précisément ce qui nous est donné selon dieu, l'être et l’universel, le christique et le corps (-autre), le sujet et la révolution, l’altérité et le réel ; si l'on a expérimenté tous ces paramètres, c'est parce qu'ils sont justement le devenir de structure. On n'a pas éprouvé ces instanciations sans raison ; notre expérience, notre tradition (comme on dit qu'il existe une tradition de l’hindouisme ou des religions) élabore absolument, cad formellement, ces règles. Et les règles sont dieu, l'être et l'universel, le corps et le sujet, l’altérité et le réel.

Si l'être n'est pas la finalité (sous quelque auspice qu'on l'entende) c'est donc que jamais nous ne serons « pleinement » cela que nous sommes, parce que nous ne sommes pas (tout être est pris dans le mouvement, qui lui est absolu). Le moi est donc, comme la raison ou la métaphysique, un imaginaire ; mais donc la structure historique n'est pas imaginaire ; elle est la structure qui avance dans la structure ; on n’imaginait pas du tout « dieu » ou l'être ou le sujet ou le réel ; ce sont des non-objets qui sont venus investir la réalité et nés de l’expérience intuitionnelle de la structure, de l'arc de conscience, de l'intentionnel, du réel et se sont imposés dans le monde humain, le vécu, le corps, la cervelle, etc.

En regard de quoi, de laquelle puissante historicité (ce qu'il faut entendre comme potentialité et comme cause d'une multitude d'effets, puisque la structure est hors-monde, hors-vécu, hors-corps, elle peut provoquer cent mille déterminations à la minute) il est constamment une déliquescence dans le monde donné, dans la détermination. Pour que continue de se manifester la suréminence de la structure, il faut le vouloir, or on tombe dans les besoins, les désirs et les pulsions. Lesquelles ne sont pas du tout naturelles ni évidentes, mais juste des constructions fantasmatiques d'un être, supposé, lui aussi imaginaire. Pour le moi il s'agit de l'image dans le miroir, il se prend pour ce qu'il imagine, non seulement en qualité mais en densité ; il n'existe aucune densité en quoi que ce soit ; sinon il n'y aurait pas de présent.

 

Ce qui est, de manière générique, doit se comprendre donc comme obtenant l'être déterminé mais ne tenant que via l'exister ; et donc la réalité est tenue dans un réel et c'est ce réel qui existe. Retirez le présent, tout cesse. Rien n'a jamais eu lieu. Ce qui impossible puisque le réel est le Possible même. Néant égal à l'être, l'être spécifiquement découplé en « être  déterminé » et exister, et l'exister contient tout ce qui est, fut, sera.

 

Et par là, seulement, on peut penser le présent comme étant la dimension elle-même ; non pas que la dimension s’amenuise comme présent mais bien que, inversement, le présent est le représentant, le délégué du réel, ou la facette, ici et maintenant, par nous éprouvée, dans notre limite, de la Dimension

(dont on suppose qu'elle s'étend bien au-delà de ce simple « fait » pur et brut qu'est le présent) ;

une facette de la dimension

(dimension en laquelle tout est, tout existe et qui, à terme, est tel un kaléidoscope

et un kaléidoscope activiste qui étend toujours plus moins, plus haut sa Possibilité ;

le réel est la Possibilité même, celle qui est à ce point parfaite qu'elle est pur et brut et intégralement et à jamais en devenir et en acquisition de soi ;

de sorte que s'acquérant elle-même elle crée, produit, fabrique, engendre toutes les réalités, autant de moyens de sa performance indéfinie).

Et le réel est la performance indéfinie qui distingue toujours plus, toujours plus avant et se parfait lui-même.

 

Bref l'exister se déploie donc comme la transcendance même et tout est existe dans et par la transcendance, et la finalité, l'utilité, la fonction de la transcendance est de créer en son « dedans » de la réalité et par ces réalités de démultiplier sa possibilité. Nous n'avons aucune idée de cette transcendance ; on en éprouve, au sens fort, les effets ici même et on les mesure, les analyse autant qu'il se peut et en ressentant durement son altérité absolue, formelle.

 

Le présent cause les réalités (il n'existe aucune autre unité que le présent et les réalités sont intégralement dispersées puisque c'est dans la réalité que le réel se perçoit (il y a une réalité afin qu'elle se perçoit et que la structure donc soit en vue d'elle-même ; la réalité est entièrement de la perception, un champ de perception ; atome ou adn, sont de la perception).

Et évidemment il ne s'agit pas de causalité au sens du monde (qui implique la détermination, ici la détermination est tenue dans la forme Réel) ; l'exister tient toute la réalité en lui-même et se modifie au fur et à mesure de la Possibilité telle qu'elle se rend réelle dans le, les mondes, les univers, les réalités ou la réalité infiniment exposée. Il se décide une révolution ou le christique ou la pensée ou le moi afin que la plus grande et donc la plus cohérente Possibilité parvienne à s'étendre.

Il faut littéralement comprendre l'Extension du réel comme constitutive absolument de tout.

Il y a exposition, afin que le réel se perçoit et non pour se « contempler » mais afin de s'agiter, pour ainsi dire. Il se perçoit afin de se modifier, constamment et selon son « bon vouloir », mais il faut entendre par là non pas une sorte d'arbitraire, mais tout au contraire l'exigence pure (et brute au début) ; l'exigence de rendre encore plus grand son « intention ».

Et pour tout moi, il existe (qu'on le sache ou non) une expérience absolue par laquelle « il est venu par lui-même ». Cette illumination singulière est l'en-avant de tout sujet et qui décidera de son existence, qui transformera son vécu en existence ; répétons le, on y reviendra, qu'il le sache ou non...

Que le réel soit une intention, on ne veut pas dire par là « dieu » nécessairement mais on ne l’exclut nullement, plutôt même ce que l'on nomme « dieu » est comme une approximation, et c'est de toute manière bien ainsi que les religions et les mystiques le présentent ; sauf les habituelles caricatures communes, magiques ou simplificatrices. Et en ce même sens que l'on dit qu'il est, le réel, « sujet ». Il est sujet en ceci qu'il doit s’astreindre à la plus grande possibilité et que la plus grande est celle qui s'assujettit à sa propre capacité. De là que ce qui existe, ou plutôt l'exister même est un « rapport », qui passe toujours outre toute détermination et les contient, toutes. Et qu’aucune détermination ne soit « deux » mais toujours absolument unique, tellement unique que les ondes ou les particules s'agitent afin de ne pas se ressembler, s'identifier, se superposer.

Il n'existe donc rien de négatif ; tout est intégralement positif, et même exige cette cohérence et cette rigueur puisque la distinction (des possibles, des déterminations, des décisions, des inventons et créations et réflexions) n'est pas ce qui s'enferme dans une doctrine, un groupe humain, une identité, mais précisément consiste en ce devenir de la structure elle-même ; dieu, l'être et l'universel, le christique et le corps, le sujet et la révolution, l'altérité (de cet univers et de l'existence) et le réel (comme statut précis du réel même).

Voir les commentaires

De la liberté

5 Octobre 2019, 08:05am

Publié par pascal doyelle

On va ainsi définir ou délimiter le problème de la liberté. Valant en et par elle-même, c’est très joli, mais on ne voit pas à quoi ça sert ; sinon une sorte de papillonnage subjectif. La liberté se circonvient donc via une altérité ; c’est par là qu’elle existe (on se souvient de la rigueur sartrienne, et au fond de son exigence, extrêmement dure et bien plus profonde que toutes les autres morales ou éthiques ou ontologie ; même le « moi » est dans le champ de l’intentionnel). Mais cette altérité n’est pas seulement celle du monde, diverse et variée ou en niveaux de contraintes à affronter ou lever. Ce qui est vrai et il revient donc à Sartre de cartographier cette opposition générale (des autres, du monde, de l’historicité etc ; Sartre explore l'extériorité et Lacan l'intériorité, si l'on peut dire (le moi dans un corps-autre), l'intériorité de la structure, laquelle est, par ces deux-là, analysée, point par point).

Et si elle n’est pas du monde, du vécu ou du corps seulement, elle est ontologique, ce qui veut dire vide et indéterminée … et on ne voit pas plus à quoi elle correspond......

Et donc la problématique, ontologique, est que l’indétermination n'est pas une abstraction ou un vide mais une structure et qui doit être pensée telle quelle ; or si ça n'est pas selon la détermination, ça ne sera pas plus selon « une autre sorte de détermination » (ce que l'on imaginait comme double monde, ou essence cachée ou identité compacte ou imaginée quelconque).

Et ainsi cette indétermination sera approchée comme rapport ; ce qui est en tant que rapport ne tient ni de son départ ni de son arrivée, mais du mouvement. Ce qui pose très nettement la question de la nature même du réel ; de même que les choses sont mouvantes, mais elles se meuvent dans le présent uniforme, et uniformément ponctuelle, et immanquable (on ne quitte et rien ne quitte jamais le présent, c'est le présent qui entoure toutes les réalités et pousse tout en-avant).

C’est cette correspondance, indifférenciée, qui doit être recherchée, analysée, décortiquée … et comme elle revient à une position ontologique, on ne peut pas y atteindre sans penser ontologiquement. Et c'est ce à quoi s'utilisent dieu, l'être et l’universel, le christique et le sujet, l'intentionnelle conscience et le réel.

C’est bien pour cela que la liberté naît de dieu, du christique, de l’universel, du sujet, du réel. Ces quatre marquages fonctionnent comme repères, vides, ce qui veut dire formels, et il n’y en a pas d’autres ou plus exactement toutes les variations sont passionnantes mais se fondent en et par, à l’image ou à l’exemple de ces structures-là. Qui ne sont pas des déterminations mais des positions (signifiées par chaque sujet un) et ne sont pas des idées mais des structures réelles. C’est pour cela qu’elles sont inamovibles ; elles sont « venues » dans le monde, surgies non de telle partie de monde, ou du vécu, mais de l’intuitionnel de la structure-même et par elle-même.

 

(option théologique ; créées ou révélées ou les deux, c’est la performance du christique que d’annoncer à la fois Créées et Révélées, on considère que le processus de la grâce et de l’acceptation individuelle de celle-ci est absolument cruciale, qui commandite même la trinité ; qu’il ait dieu le père-avant, pur et simple, le christique ici même et l’invention de l’esprit Saint partout et surgissant et non seulement individuel mais entre-tous ; c'est qu'il ne s'agit pas de « ma » conscience mais qu’elle n'est pas non plus une universelle pâle et exsangue, mais étant un rapport, elle est la tension de chacun et de tous).

 

On a vu que la liberté était ontologiquement réelle. Parce que l’ontologie ne revient pas à l’être. Et en aucune manière à quelque détermination que ce soit. Parce qu’en ce cas on ferait référence à l’ancienne ontologie, soit donc la métaphysique, l’ordre d’un discours, grec, fondamentalement grec qui pense le monde donné là et entend s’en saisir par et dans une mise en forme intentionnelle déterminée ; les idées sont des intentionnalisations qui permettent non seulement d’organiser mais de créer la représentation (de ce qui sinon n’est perçu, bien chichement, que par le langage et le groupe, et bine que les groupes humains développent une architecture de perception impressionnante, quant à leurs fonctions), la représentation du donné tel qu’il est accessible par l’individualité qui perçoit par dessus le groupe et son langage. L’individualité qui n'est pas « du subjectif » mais un point d'observation non seulement des réalités mais du réel même. L'ontologie n’apparaît qu'en terme de sujet, structurel. Et donc l’exploration grecque de l’intentionnel nous donne intégralement la totalité des idées possibles, assignées dans la position du « là » du monde unique universel tel que pensé.

Ce qui viendra ensuite ce sont d’autres positions et non pas d’autres idées ; ou plutôt ce seront d’autres idées parce que placées et vues et donc créées à partir d’autres positions ; celle de dieu, du sujet ou du réel (Nietzsche, Heidegger, Marx, Freud, les sciences, l’historicité insistent sur le réel tel que donné diversement) ; le réel cad ce « en quoi » existe le sujet ; et donc Sartre et Lacan décriront le dit sujet non plus selon une « idée » mais en reprenant l’attention cartésienne, décriront le sujet tel qu’il existe, en tant que conscience-dans-un-moi, ou dans le monde ou parmi les autres ou selon son autre-corps (la surface qui supporte les signes qui couvre le corps du vivant).

De même que Nietzsche supposera l'auto-affirmation de ce qui est « libre » comme relevant non pas de la raison, par trop contrainte, ni du moi, trop bouffi, mais d'une Volonté-autre, qui va et vient. Puisqu'il est vrai que la liberté est autre que tout (par déf). Et Heidegger commencera de désigner le « là » en lequel existe l'homme ; l’Être comme, lui également, autre et non humain (voir inhumain, tout comme Nietzsche acheminait vers le surhumain). Et enfin Sartre et Lacan prédisposent, eux, l'a-humain, indiquant par là qu'il y aura analyse, froide, externe, du donné, du monde, des autres, de historicité, du corps, du moi, etc.

Bref des deux positions transcendantales ; dieu (comme Intention pure) et l’être (comme intentionnalisations en tant qu’idées, systématiques pour que l’intentionnalité s’y retrouve) ; ou si l'on préfère du monde (rendu universalisable par la pensée grecque) et du corps (christique, de celui qui meurt et le voit à partir d'un point-autre) puis de la position centrale du sujet (christique et cartésien et suivants) et enfin de ce « en quoi » ce sujet existe ; l’altérité de l’univers, de l'astrophysique, du donné, du biochimique, etc, selon la Volonté ou selon l’Etre de H, puis enfin le réel lorsque l’on a cartographié cet être tel que là dans sa structure (Sartre et Lacan).

On voit par tout cela que l’on s’est avancé dans le savoir (le se-savoir de la structure du réel qui, pour nous, êtres humains, est l’arc de conscience articulé dans l’arc du présent, les deux formulant deux sortes de rapports, cad de mouvement) et dans le savoir de « là où l’on existe » ; ce que l’on examine, depuis le début, depuis que nous sommes sortis de tout monde particulier clos, et que nous avons abouti dans le monde donné-là et en notre corps individuel, séparé du groupe et des autres, ce que l’on examine et dont on prend conscience au fur et à mesure c’est de la structure de ce « là » ; du sujet (qui pense et selon une Intention) posé « là » sur le monde. Ce par quoi, ce « là » a pu commencer Heidegger, avant de battre retraite dans … on ne sait pas quoi.

 

Et l’ensemble, de ce qui fut expérimenté, est ainsi parfaitement décrit par tous, chacun selon son angle (rappelons que nous ne pouvons pas représenter le réel mais seulement indiqué et orienter chaque conscience afin pour chacun le réel soit signifié et qu’il soit perçu selon ces signes (ces phrases, ces idées, ces significations) ; la finalité est réellement que l’on Voit, littéralement, que l’on Voit le réel. Il faut Voir dieu, l’être et l’universel, le christique et le sujet, l’altérité (l’univers angoissant par ex) et le réel. Et de récupérer l'ensemble des angles de perception de structure.

 

Voila. C’est donc le programme d’ensemble de la vision très exacte. Et elle est très exacte, cette vision, parce que toute conscience qui a commencé de réfléchir, à décrire son état à tel moment et en tel lieu (telle description du réel, de dieu, de l’être), lorsqu’elle était menée avec suffisamment exigence (dont on approfondira la capacité ailleurs), cette description ne pouvait que laisser remonter dans son attention le réel tel que « là » et intuitionner la structure qu’elle existe de fait. Si elle était un « être », déterminé, on pourrait se demander comment il lui serait possible d’intuitionner la nature de cet être dont elle est à distance, Kant on ne perçoit que la phénoménalité et non le nouménal, mais si elle est une structure, cad un rapport, elle Existe ce rapport et donc se-sait ; c’est ce que l’on nomme le se-savoir. Et le déroulement historique de la réflexivité de structure a joué très exactement et précisément son exploration.

De même que, comme dit, on ne peut pas transporter la structure dans la représentation (dans un discours, déterminé, décrivant les déterminations, de tel objet, une idée n'a pas de conscience dans sa matière même, et on ne peut pas la téléporter dans une autre conscience et on ne peut pas soi-même se pré-voir, puisque l'on sera toujours ce-qui-voit ; l'arc de conscience est en lui-même Altérité et elle ne peut pas descendre dans le monde, sinon de ce qu'elle se suppose ou qu'elle nous soit révélée si l'on croit), mais on peut signifier pour d’autres ce que chacun sera en mesure de relancer pour lui-même, de réinstancier là où il en est ; Descartes nous fait voir et nous voyons, nous sommes le sujet qui se-sait. Le repérage ontologique, si l’on y investit son intentionnalité, nous saisit ; il expose notre position, la forme même qui entoure (et enroule) tout le reste ; tout est « dedans ».

Bien que dénommer « dedans » ce en quoi tout est (alors que la forme existe) est impropre puisque ce dedans est le dehors, cad le réel, la réalité dans la forme-réel. On comprend dés lors que s’il existe un réel, il ne peut être aucun « dedans » mais des plis du dehors lui-même, au point que le dehors est lui-même le pli dans lequel se déroulent des plis, puisqu’il ne peut pas se découvrir de recel dans le réel ; il est entièrement au-devant et exposé, et c’est donc que, dans cette exposition, existe une surexposition ; dans laquelle sont les choses et les êtres et en laquelle existent, cette fois, des arcs de conscience qui reproduisent à leur manière le Pli, instanciant une autre surface (le corps) sur la surface (du donné).

Il n'existe ainsi aucun dieu qui serait l'intériorité de la réalité exposée ; mais c'est bien ce que dieu, celui réel et non pas l'imaginé, la caricature facile, ce que dieu exige ; qu'il soit manifeste que chacun soit ouvert sur la possibilité ; le dieu réel c'est celui qui sera en mesure d'attirer jusqu'au point le plus haut et étendu et permettra de couvrir de la vue l’ensemble de l’intentionnalité. Puisqu’il est celui dont on se demande « que veut-il ? » Il renvoie à notre structure, tout comme la pensée exige que vous pensiez (sinon vous n'y comprendrez rien).

Ceci permettant de visualiser, à tout le moins, le processus du réel même. Et explicitant que précisément nous ne sommes pas, mais que nous existons, parce que tout ex-siste, sur la surface et dans le plus grand rapport ou vers le plus grand rapport possible qui pour s'assurer doit se mesurer lui-même ; il est sa propre loi, mais mais il est véritablement Loi et structure, exprimée et donc rigoureuse (et non pas subjectivité hallucinatoire). Mais alors il faut admettre qu’il s’agit d’un processus.

 

A voir, donc, comme dit précédemment, si l’on accepte que tout ce qui est, fut, sera, puisse à la fin s’effacer comme n’ayant jamais eu lieu, sans mémoire, sans que rien ne puisse être retenu de toutes les réalités et les réalisations. Lorsque Kant suppose l’au-delà afin que puisse se continuer le sujet, il établit à la plus grande stratégie possible ; celle qui rend accessibles les zones qui autrement n’apparaîtraient plus. Il est admis ici que l’intentionnalité existe en et par elle-même, et que donc on ne peut pas annuler l’ensemble des interrogations et des possibilités qu’elle contient ; sa structure est objectivement (cad hyper objectivement) exposée, par dieu et l’intention, l’être et l’universel, le christique et le sujet, l’altérité et le réel. Ce qui a été instancié historiquement est l’expérimentation exacte et précise du réel ; sous condition d’élever suffisamment la cohérence et l’exigence.

Et comme cette structure intentionnelle se crée, littéralement, dans et par un champ de perception, il faut non pas comprendre que les réalités, les choses, les choses déterminées sont en elles-mêmes mais qu'elles sont, oui, mais dans le mouvement (non déterminé) qu'est le présent. De même que le moi est, oui, mais dans le rapport intentionnel qu'est cette conscience singulière. Et que donc le « singulier » c'est cela même qui porte toute réalité, tout ce que l'on nomme « objectivités », choses et êtres jusqu'à l'obtention d'un être « spécial » qui est, lui, un rapport à soi comme rapport (et non comme rapport à une identité, un moi, un peuple, etc). Un rapport qui retourne, finalement, l'atome et l'adn et les rabat sur le champ de perception (par lequel il reviendra sur l'atome et l'adn, etc). Le champ de perception est hyper efficace.

Ce qui permet de réintégrer totalement toutes les possibilités structurelles réalisées (et de les récupérer en tant que sujet, et non plus comme moi, corps-langage, moi-vécu, désir-objets, ou conscient-raison, etc, qui existent mais en tant que tactiques dans une stratégie). De percevoir l’historicité comme le champ ouvert et acquis et non comme une composition vague d’éléments disparates ou de coïncidences limite absurdes et décousues. Il y a une logique et cette logique est celle de la décision, bien sur, mais de la décision parce que de la création ; le Créé est l’orientation même, la direction, physique, de la tension qui sort de la cervelle (l’arc de conscience) vers le donné là (dont le « là » est la position « un réel il y a », sous-entendu ; il est Autre, parce que tout est selon l’altérité ontologique ; il y a une réalité parce que l’altérité est la logique même, rendant possible le possible).

Et étant admis comme hypothèse que depuis la sortie hors des mondes particuliers (clos sur chacun eux-mêmes) la structure est apparue, s’est signifiée sur la scène du donné là (exposant l’intention, l’universel, le sujet, le réel) et que s’est imposée la dimension ; laquelle est « l’objet » réel de l’attention, située hors du champ de vision et requérant une expérience propre ; Descartes, Kant, Husserl, Sartre, manifestent cette expérience du non-déterminé, en tant qu’il existe comme structure du donné, du vécu, du corps. Mais évidemment également le christique ou la pensée ou dieu. L’ensemble dessinant notre expérimentation sur le Bord de la réalité ; et chaque avancée ouvre quantité de réalisations et de réal-isations, de perceptions, de champs possibles. Et donc du Créé. Ce qui effectivement eut lieu ; on a inventé quantité de réalisations, par et pour chacune des positions.

Développant, autrement dit, l'intentionnalisation hors de tout groupe et toute communauté, toute identité. La création du champ de la vérité et de la liberté (de la pensée et de l'intention) ce ne sont pas des « identités » mais la structure même. Ou alors enfermez vous dans un monde particulier, une communauté, une identité psychique.

 

Ordre ontologique

Le créé est la suite du possible ; ce qui est Créé n’est ni subjectif ni objectif, mais de structure. Et comme tel poursuit, continue tout autant le monde, le vécu, le corps, la perception, les réalisations. Et le Créé peut tout aussi bien mettre à sac la réalité, et ne sera jamais contraint par la réalité elle-même (sinon dans l’autodestruction), ce qui veut dire qu’il ne peut être régulé que par soi-même. Elle doit être sa propre mesure. Ce qu’inaugure le créé c’est évidemment ce que l’acte du réel ne peut pas de lui-même s'atteindre à nouveau... Il existe un arc de conscience afin que le réel atteigne la possibilité même… soit donc la liberté. Ce n’est pas, de cette manière, simplement amener la liberté dans le débat, ni la défendre en elle-même, mais bien en ceci que par la liberté l’acte (en lui-même, en soi) se perfectionne … Autrement dit il est plus pointu, plus labile, plus exigeant, plus ramassé, plus actif … par la liberté. La liberté existe à et pour mais aussi par cette finalité. Il y a liberté pour que le rapport (qu’est le réel) non seulement parvienne à s’instancier précisément mais afin que le dit rapport (qui définit qu’il y ait un réel, cad un acte, une activité et donc une réalité) se crée selon un pli plus découpé.

Et qu'il passe outre la temporalité née du présent. Et atteigne ce présent lui-même.

D’un rapport tout à fait général (le réel, l’acte, le présent, l’exister) il en sort un acte précis et instancié. Une conscience, la conscience comme structure on a dit déjà qu’il s’agissait d’un rapport ; raison pour laquelle elle ne se saisit jamais elle-même (elle ex-siste ce rapport et ne peut ni se déterminer, selon le monde, le langage ou quoi que ce soit, ni se reconnaître elle-même, étant toujours déjà là avant qu’elle se désigne). Ce rapport n’est pas un faire-valoir ; de la pensée, de la vérité, du beau, du bien, etc, tout cela n’a de sens que par rapport au rapport ; le beau perfectionne l’acte de conscience et remonte jusque dans votre acte de conscience, ce que Husserl cherchait à atteindre, mais qu’il tendait à interpréter comme un « contenu » magique quasiment, le « sens » de ce dont elle est conscience ; mais elle est, cette structure, le sens lui-même… introduisant à l’étrange brutalité de structure, ontologiquement Autre et toujours, qui sera toujours Autre et donc Autre qu’elle-même y compris, sinon elle ne serait pas libre (c’est une des logiques qu’il faut comprendre …) Et libre selon le possible de la plus grande possibilité ; l’acte de conscience est indéterminé, vide, ou donc formel.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, il s’agit de préserver, à tout le moins, et de développer l’indétermination ; parce que l‘indétermination opère une grande stratégie ; tout ce qui est déterminé l’est par une autre conscience (autrement dit quelqu’un qui vous définit, par un ersatz de religion tandis que la foi en elle-même libère, par une science quelconque tandis que la connaissance vous suppose neutre et sans a priori, etc). Toute affirmation ontologique de l’indétermination (dieu, l’être, le christ qui n’est plus là, qui est « parti », le sujet vide, la Volonté nietzschéenne par ex, bien qu’elle nous oriente selon un imaginaire, ou donc le réel tel que là) se réfère à vous-même, vous seul ; c’est à vous de prendre vêtement de la structure ; nos deux paramétrages fondamentaux sont la vérité comme principe et non comme contenu (il y a des vérités dans et par le principe, formel, de la vérité qui réclame quant à elle une structure de prononciation, qui statue sur ses conditions et ses possibilités et le sujet qui y préside), l’universel donc et la foi, le regard, l’intention-autre dont on se demande « que veut-elle ? », pareillement « que peut la révolution ? », est-elle achevée ? Si l’intention dont on se tient n’est pas autre, elle n’est pas une intention mais un mot ou système ou image, et non un rapport  (qui est un rapport du rapport lui-même ; rapport à (soi) dont le « soi » n’est pas une identité mais le rapport lui-même et qui peut se signifier mais non pas se définir et renvoie chaque-un à sa structure).

Rappelons qu’en appeler à une structure antérieure au moi (dont Sartre donne une interprétation très universalisée) n’est pas ici une froideur et une indifférence vague ou éthérée ; ici on tient cette structure antérieure comme existant-encore-plus en tant que « sujet » … cette unité avant toute unité déterminée est le singulier pur et brut et ne peut pas être dénommé (Sartre pensait être en mesure de réintégrer le « sujet  intentionnel » dans une universalisation, type marxiste par ex); mais qu'il n'ait pas de nom ne veut pas dire qu'il ne soit pas et qu'il ne soit pas un, son unité existe explicitement tout à fait autrement et c'est parce que non nommé qu'il ex-siste comme brute structure une, séparée. C'est l'appel interne que l'on prévoit ou suppose toujours et qui recèle, cad retient, le réel et lui insuffle son inspiration, son inspiration au sens tout à fait général, son inspiration, même celle qui étreindra son moi, sa personnalisation.

On s'interroge de ce qui peut inspirer un œuvre mais qu'est-ce qui est en mesure d'insuffler les possibles du moi ? Du corps ? De ce corps spécial qui s'est créé une surface-autre par le devant et qui reçoit les signes, les mots, les langages, et au travers de tous ceux-ci des perceptions, des champs entiers de perceptions nouvelles et non connues.

On en connaît, tout le monde en connaît, au moins un passage, un approvisionnement soudain : le fameux tomber-amoureux, qui l'illustre parfaitement, mais dont le processus est un procédé général, qui remonte plus loin (de là que le christique en parle d'amour, comme procédé absolu de passage d'une conscience en une autre conscience, d'une conscience vers elle-même, via sa propre altérité ; un rapport est toujours autre et l'arc de conscience est toujours un rapport et n'est qu'en tant que tel ; étant entendu que bien que Une à chaque fois, elle est la Même et que ce Même est précisément ce qui porte toutes les différenciations, mais aussi la Différenciation en soi ; toute conscience est autre que toute autre conscience du fait, pur et brut, de son Un ; sa différenciation numérique est la distinction de chaque une) et donc de quoi s'insuffle-t-on ? De quoi se transporte un « moi » ? Autrement dit quelle est la stratégie ? Les stratégies les plus hautes, les plus étendues, les plus intenses, concentrées ou les plus ouvertes ?

Aussi avance-t-on, depuis le début, depuis toujours, et explicitement depuis le dieu un tout autre, dans non pas la détermination de la liberté (qui aurait à choisir un monde ou ensuite un vécu) mais dans l’indétermination elle-même de cette structure ; c'est l'indéterminé qui est exploré. Pourquoi intentionnaliserions-nous quoi que ce soit dans un monde, un vécu, un corps qui ne nous accepte pas ? Parce que. Parce que le réel est en-avant, dans le présent, il n'est pas ici dans ce monde. Il est en-plus.

La liberté a pour but de rendre possible le possible, d’accéder à une capacité plus exacte et cachée dans l’auto-détermination (qui puisse s'ajouter au présent qui libère, déroule les réalités). Lorsque la structure passe outre le groupe humain et qu'elle apparaît comme nouveau champ intentionnel, se crée la morale et l’éthique (individuelle), la politique et la connaissance (puis la science domaniale), la vérité et la liberté comme principes, l’acculturation consciente et l’historicité. Tout ce qui n'a pas pour effet de vous contraindre mais de discipliner les champs possibles, et qui autrement et contrairement à ce que l’angélisme imagine, tombent dans la facilité, l'immédiat, le tout venant, la simple désignation (la pulsion et même plus le désir, et encore moins le sentiment, et pas plus l'affect complexe et intellectif, des esthétiques par ex ou des éthiques) et non la signification en intentionnalisations et en réseaux et en stratégies.

L'éthique quant à elle doit se présenter comme exigence et rigueur ; exigence et rigueur qui, autant que l'on peut s'y accrocher, viennent de l'intérieur, du corps même, de la surface-autre du corps, de son investissement (qui peut passer pour de la passion au regard du conscient, de la raison, de l’objectivité ou des morales extérieures).

On se doute bien que si le libre pur et brut existe, alors il est cela même qui existe. Si par exemple l’universel cad le dépassement du subjectif immédiat, du moi naturel pour ainsi dire ou plus vraisemblablement du moi-dans-un-groupe (parce qu'il faudra une structure externe, l’État pour que qu’individuellement on se tienne), si l'universel parait autre, en vérité il n'y aura de liberté que celle qui intègre et supporte l'universel ; sans universel, sans l’universalisation de l'intentionnalité celle-ci déchoit (ou encore comme intention selon dieu, sans lui on se perd et pour cela il est le Seigneur libérateur, de chacun). Mais l'universel est l'assurance que, à tout le moins, on tient le coup ; ce que l'on va voir, percevoir, et ressentir et imaginer, admet l’universel et pour cela le réel se voit bien plus étendu et dense. Si on s'éloigne de l’universel (ou de dieu ou du sujet ou du réel) on se détermine et toute détermination, même sous couvert de libération, est une ruine. Une ruine intentionnelle, qui ne peut plus organiser les plus grandes intentionnalisations.

Or il ne s'agit pas seulement de l'universel. Le structurel est antérieur au rationnel, qui est une mise en forme de l'intentionnalité, et c'est l'architecture structurelle vers laquelle on remonte, on remonte à partir du champ ouvert au-devant ; de même que les Idées apparaissent soudainement dans le champ, pareillement le sujet se crée, par le christique ou par Descartes ou par le citoyen de la révolution ou par le récit, les esthétiques qui perçoivent, etc. Mais du réel. C'est le réel même qui vient vers nous ; ce que dieu, l’universel, le christique et le sujet, l'altérité et le réel nous transmettent c'est la position « un réel il y a » et ce réel se meut. Ni dieu ni le sujet ne figent le réel. Cette caricature est une mésinterprétation rétroactive du moi humanisé rationaliste qui regarde avec condescendance l'historicité.

C'est en ce mouvement que nous sommes pris (et, ayant précipité, chimiquement, la structure telle quelle, par lequel nous saisissons à partir du Bord). Le reste, tout le reste est relatif à ce mouvement qui lui est absolu. Ou donc formel. Ce que l'on nommait « vide » jusqu'alors (Sartre et la néantisation, l’Être de Heidegger, la Volonté-autre de Nietzsche insituable, l'aspect formel de Husserl, le nouménal de Kant, l'appel à dieu de Descartes, le Un de Plotin).

Donc il s'agit toujours de dénommer l'indéterminé et l'indéterminé est le formel, le structurel : au sens où cette dénomination est le plan stratégique qui s'inscrit en vous, en chacun, lorsque vous comprenez ce que l'on vous dit et que vous signifiez pareillement ; vous lisez, percevez la structure ontologique elle-même par Aristote, Descartes ou Hegel. C'est pour cette raison que l'on parait sans cesse s'arrêter net devant l'ineffable ; mais c'est vous-même qui percevez ce qui doit l'être ; ça n'existe évidemment « dans » ce que vous lisez, sa matière, mais dans le regard lui-même, dans l'intentionnel mis en œuvre ; c'est afin que la structure (de chacun, qu'il pense, se convertit, se réfléchit, explose sur le réel) prenne en charge l'articulation, le pli qu'est le réel, et que l'on a, tout du long, analysé et signifié, marqué comme sur une carte, un champ spécifique, dit ontologique. C'est, littéralement, remarquer et délimiter l'infini (ce que l'on a nommé tel, tout au long de notre historicité et tradition propre) ; parce que le réel est la machine qui crée des infinis. La liberté en tant que mouvement. Et la description de ce mouvement sur une surface, elle-même infinie. Et c'est ce en quoi il y a des choses, des êtres, des mondes, des univers, des vécus et des mois, et chacun des sujets, à nouveau frais, qui replient le pli qu'est ce réel comme présent.

C'est le pli qui est le réel et non d'abord les choses, seraient-elles des univers. Aucune chose déterminée n'est comparable au pli du présent.

 

Voir les commentaires

Quelque chose plutôt que rien

28 Septembre 2019, 08:24am

Publié par pascal doyelle

On l'a déjà dit, la question n’est pas « pourquoi y-a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » Parce que rien existe déjà, autant que ce qui est ; un néant infini (n’étant rien il est infini ou indéfini, qui est rien-du-tout et ne s'oppose en aucune manière à l'être), et un être potentiellement infini (qu’il y ait un ou mille univers). Et dans cet « être » (de manière générique et comme simple désignation générale) on a pu opérer une distinction ; l’être (à strictement parler) déposé par l’exister (plus grand que l’être toujours déterminé tandis que l’exister est indéterminé) l’être donc déposé par le présent qui déroule l’ensemble des réalités. La question du quelque-chose-plutôt-que-rien revient à ceci ; de tout l’être qui se déroule restera-t-il « quelque chose » ou rien ?

Puisque le néant existe effectivement , qu’il ne gène en rien qu’il y ait l’être (au sens générique) et puisque l’on a distingué dans l’être-générique, l’être à proprement parlé et l’exister, le présent déroulant l’ensemble de toutes les réalités (qu’il y ait ou non plusieurs univers ou un univers infini, tout indique que si le néant est infini, par concept pur, l’être l’est tout autant), alors, ceci étant tenu que le possible est le principe même de tout (ce qui est logique en soi, la « réalité » est forcément « le possible », le néant existe autant que l’être, l’être existe dans le présent, le présent actualise tout l’être et existe en soi comme dimension), face au déroulé du présent, au temps et puisqu’il est connu qu’un =jour tout équivaudra au néant glacé, mort, inerte de la dispersion, que restera-t-il de tout ceci qui en ce jour lointain aura disparu, sans mémoire aucune, plus aucune signe de quoi que ce soit ? Il est donc question de mémoire.

Rappelons que les choses, les êtres, les réalités sont comprises ici comme mémorisations du déroulé du présent. Une chose est ce qu’elle est et ces déterminations instruisent son «être » au sens strict de déterminé. Ce qui est toujours plu grand que toutes les déterminités, est le présent ; ce en quoi et par quoi tout est et existe ou a existé.

Et donc

Une idée n’a pas conscience d’elle-même. Le conscient n’est pas la conscience. Supposer que la connaissance se connait est absurde. Mais ramener le conscient à l’acte exclusif de conscience n’est pas éteindre l’objectivité ; c’est supposer que l’acte de conscience est suffisamment grand ou cohérent qu’il puisse admettre et même donc créer le conscient. Que donc la raison ou la science ou l’universel ou la pensée sont effectivement logés, comme quantité d’autres performances, dans le sujet.

Parce que si le conscient et donc la raison, ce que l’on désigne comme tel, depuis les grecs, et qui deviendra, un peu schématiquement, cette objectivité à laquelle se rapportait le sujet, suite à Descartes, si conscient et raison constituaient la substance même de la réalité, l’ensemble de toutes nos activités ne trouveraient pas preneur ; que fait la raison des centaines d’esthétiques extrêmement spécifiques et spécifiées, spécifiées au plus loin, au plus haut, au plus précisément perçu ? Peut-elle penser adéquatement la multiplicité d’une part (la détermination donnée) et la pluralité  (la déterminité spécifiée par une cohérence en conscience) ?

Si l’arc de conscience existe avant le conscient et la raison, et qu’il existe après, et qu’il constitue la substance même de tout agissement et de toute réalisation, dans le monde, le donné, le vécu, alors il n’est pas substance mais rapport. Il n’est pas selon l’être, chosifié et fixé et figé, mais est selon l’exister ; il est activité, rapport. Et en tant que rapport il reprend tous les rapports donnés, et crée tous les rapports possibles.

Ce sujet-là nie absolument qu’il ne se définisse que de son ego, de son moi-même, de ce tourment aberrant qui s’enfonce considérablement dans la facilité. Le sujet ça n’est pas rien, ça n’est pas un vague composé d’éléments livrés au hasard de sa conception, biologique, au croisement d’un langage, il n’est pas un corps-langage. Et si on el signifie par « liberté » c’est au sens où en lui et par lui tous les rapports sont accédés. De là qu’il se prévoit dans le Rapport absolu, le Rapport qui aurait rapport à tous les autres rapports, dieu, l’être, le sujet et le réel. 

Ceux qui veulent vous réduire à ce statut d’idiot, vont vous exploiter : ils vous ont déjà aliénés. Ils anéantiront dieu, la pensée et l’universel et l’être et la métaphysique et l’ontologie, cad le sujet, au nom de telle ou telle partie de monde, de vécu ou du corps, qu’ils pourront manipuler, et donc par cessera le réel. Rien que cela… Vous vous enfoncerez dans le fantasme. Ce qui veut dire dans la version fantasmatique de votre être, de votre vie, de votre existence. Vous n’êtes en vérité plus rien du tout.

Et donc nous voici dans la récupération profonde de notre historicité qui est tout autant et encore plus l’expérimentation, intégrale, de notre être, qui n’est pas un être mais une structure, autrement dit un rapport. On récupère, prend pour et par soi-même tous les rapports, les plus hauts possibles et admis tels quels, tels qu’ils se donnèrent, puisque c’est par cette élévation que nous existons. Le reste, tout le reste nous rabaisse. Dans le mépris et la honte de soi. On n’a pas honte ni ne se méprise, ici, et en aucun cas.

Ce que l’on expérimente, ce que l’on vit, ce que l’on éprouve, ce que l’on pense et ce que l’on récupère sont des rapports et on peut bien signifier dieu, l’être et l‘universel, le sujet et le réel comme des rapports.

Et comme nous sommes un rapport, rien, nulle part et en aucune manière, ne peut démettre un tel rapport. Il n’y a pas une identité qui entrerait en rapport avec elle-même via la conscience qu’elle a. c’est qu’elle soit un arc de conscience qui crée, phénoménologiquement et intentionnellement et dans le champ de perception spécifique qu’elle provoque, qu’il y ait un moi.

Si nous étions ceci ou cela il serait si aisé de nous en rabattre mais nous sommes un rapport, que rien ne peut combler mais que rien ne peut atteindre. A moins qu’il le veuille et qu’il adore ne pas se promettre et se moque des « anciennes idoles », sans s’apercevoir qu’il n’est rien et n’accède pas même au début de sa possibilité si il néglige son historicité, l’ensemble des rapports que son expérimentation a créé ; il se croit donné, là, comme une chose ignoble et aime les images ignobles et basses, il ne sait pas comment occuper ses journées et les consciences qui l’abaissent doivent le nourrir quotidiennement, puisque chaque jour il doit éviter le réel. Jour après jour.

Le rapport que nous sommes se crée donc dans l’apparition, la manifestation, le réel tel que donné « là » comme surface d’existence pour nous et surface d’exister pour le présent. Et pour cela le langage est seulement un moyen, qui n’est rien que rapports, ce qui veut dire signes et à partir du langage on peut re-signifier encore plus et par tous les bouts. Répétons : le langage nous utilise au sens où il nous entraine ici et là selon ses systèmes, mais aussi on utilise le langage afin de percevoir plus ; s’appuyant sur un signe on perçoit plus loin et ceux-ci servent de marquage du donné, du vécu et du corps. cela se conçoit bien pour le donné, plus difficilement pour le vécu et encore plus incompréhensiblement par le corps ; parce qu’évoquer le corps, c’est l’invoquer ; on ne fait pas le tour du corps par un signe, le corps qui formule une unité, laquelle ne rentre pas dans un contenu ; au contraire tout contenu simule l’unité du corps (mais n’y parvient pas ; il débordera toujours puisque sa surface est sustendue au-dehors, dans la perception ouverte sur cette autre surface qui couvre invisiblement et sans limite le dit corps).

L’arc de conscience, qui est une tension, devient si rapidement une structure (un ensemble ordonné ou désordonné plus ou moins de tensions), ça n’est certes pas afin de se recoudre, de se clore, de se simuler compactement, mais dans l’ouverture de la perception ou si l’on  veut, du champ entier et interminable. Lorsque le champ se recourbe, c’est sur l’arc lui-même (sinon il resterait clos et ne répondrait aux inattendus et inattentions et diversités d’attentions) ; autrement dit il ne se referme pas, jamais et demeure suspendu dans l’attente pure et réelle. Cette rapidité est de structure ; parce qu’il s’agit d’un rapport il en crée une quantité indéfinie. C’est pour cela que ça ne s’arrête absolument pas au langage ; ça court partout, et non seulement à la surface du corps mais dans tous les mondes, les vécus, et tous les champs de perception (et il en existe une quantité phénoménale, au sens propre, dans la surface neutre du réel quantité de champs de perceptions sont posisbles ; les choses sont déterminées, mais la surface sur laquelle elles existent ne l’est pas). Aussi espérer trouver dans le « langage » élucubré en recel mystérieux de la vérité, est intéressant, comme beaucoup d’explorations et de connaissances, mais ça ne clouera pas le « là ». Le « là » est ouvert indéfiniment sur le monde, le donné, le vécu et le corps.

Et donc c’est cette ouverture (de structure, non refermable) qui impose tout l’enjeu ; par où et comment décide-t-on ? L’insondable décision d’être (Lacan).  Et bien on ne sait pas, parce qu’il faut l’inventer et l’inventer objectivement et hyper objectivement tout autant que subjectivement ; la structure est le réel même tel qu’il s’opère, à vif. Il est quand même remarquable qu’à chaque fois on est absolument surpris. On ne sait pas ce qui va venir. On ne savait pas pour dieu, pour l’être et l‘universel, pour le christique et le sujet, pour l’existence et le réel. Mais pour quantité d’autres expériences on en ignorait tout, avant que cela paraisse. Croire que la réalité est déterminée, c’est ne pas avoir les yeux en face des trous.

Mais si il existe effectivement des Créés impossibles à prévoir, que dire de « cela » qui en ouvre les possibilités ? Comprend-on l’étrangeté de la structure antérieure à ce qu’elle produit et ce qu’elle crée et rend possible, cad inscriptible dans la réalité et en l’occurrence dans le réel, dans la structure qu’est le réel, qu’existe le réel et qui ne tient que dans et par l’intentionnalité ; aucune œuvre n’est lisible en soi, il faut un sujet. Un tableau n’est qu’un tas de couleurs. Ce qui lui donne un sens, c’est une orientation, physique et lui-même, comme tableau s’utilise par une conscience pour être lu sur l’horizon du monde, du corps, de la perception ; autrement dit il existe une potentialité qui s’ouvre et se ferme en tant que structure du réel en et par chaque champ intentionnel. Nulle part ailleurs. 

Et donc dans le présent se crée un champ intentionnel créé et porté par un arc de conscience et cet arc produit une surface sur laquelle elle crée, mais le Créé ce sont les possibilités. Il existe des tas de possibilités, selon le monde, la réalité, la détermination, les vécus, les corps, et la forme (présent/arc de conscience) et il existe un certain nombre de possibilités de structure. Ce qui est tenu ici par hypothèse est qu’en vérité ce nombre est non pas limité, mais strict. Ce qui est encore pire, si l’on veut.

Il n’y a pas trente-six possibilités structurelles ; il n’y en a qu’une. Sauf que comme ça n’est pas du tout du monde, ça ne doit pas être pensé, jugé, considéré comme une exclusivité impérative telle qu’on la pense, habituellement et naturellement, dans le monde. La seule possibilité structurelle c’est celle qui rend toutes les autres possibles. Et donc il faut le dire nous avons atteint la racine, la source, le principe même, l’antériorité de toute réalité (ici ou ailleurs), et ça n’est pas pour de faux…

(Ou si l’on préfère, si l’on est croyant, la source de ce qui est, soit donc l’Exister, est venu vers nous)

Remarquons bien ceci. Question de mémoire. Si l’on ne suppose pas que l’Exister est La Dimension, qu’il s’gait seulement du simple présent comme structure active, et donc hyper active (on ne peut pas moins). Alors tout ce qui se déroule, partout, est sans mémoire… Tout ce que vous faites mais aussi tout ce qui fut, sera, est, aboutit à rien, rien du tout. Ça se perd. Ça dure un moment et puis d’ici à plusieurs milliards d’années les galaxies seront éparpillées dans l’espace distendu et les soleils éteints et les planètes gelées et plus rien ni personne ne se souviendra de quoi que ce soit. Il faut le dire. L’utilité d’une telle interprétation ? Aucune.dit autrement, toute cette énergie, toute cette matière, ces galaxies, ces planètes avec des vivants et des gens là-dessus, disparaitront, et tout cela aura été une dépense somptuaire totalement oublié pour l’éternité du temps-néant qui suivra.  

Chacun fait comme il veut. On peut choisir le néant de tout et donc le feu d’artifice momentané qui disparaitra en tout et partout. Pourquoi pas. Cela regarde chacun. Il est certain que tout ce qui est dans le temps s’anéantira avec le temps. Donc s’il se garde une mémoire, quelle qu’elle soit, ça n’est pas dans le temps. Ce qui revient à relativiser le temps ; par quoi le présent est la matrice bien au-delà de la simple structure du temps (qui n’est jamais que reconstitué par une conscience qui signifie, qui signifie le monde et le vécu, mais aussi le temps, les modifications ; on sait que des dinosaures il y eut parce que l’on en a repéré les signes, sinon tout serait oublié). Et la matrice antérieure au temps, soit donc ce dont on observe le signe absolu (qu’est le présent), est ici supposée hors norme, hors temps, hors monde, hors vécu.

Et c’est ce que l’on nomme le splittage du réel, ou plus précisément que le réel est cette division ; c’est parce que le réel est « en acte » et donc déjà autre-que-soi, qu’il y a un réel. On ne peut en aucune manière imaginer l’être comme une fixité éternelle, un Ordre tout constitué ; le réel est un acte, cad un rapport, et il est toujours constamment en acte. Ce qui est acte, perfection absolue (capable de toujours une plus grande perfection) ne va pas perdre cette insigne qualité, laquelle comme Acte est au-delà même d’elle-même, elle est toujours en plus, soit donc la Possibilité même  du possible.

De même l’infini du néant rend possible l’infini de l’être, qui rend possible qu’en lui se déploie encore une infinité, et ainsi de suite ; si le réel ne sert pas à créer, rendre possible les infinités, à quoi sert-il ? à disparaitre à tout jamais pour rien, pour personne ?

On dira donc que la brutalité réelle de ce qui est, cet univers, cette vie, et la violence ontologique, notre isolement, notre douleur, notre angoisse, manifestent non pas un Ordre éternel, mais un Acte infini au sein de tous les infinis réels. Un acte en plus. Et la loi qui règne est le principe du possible mais son sens est la Possibilité des possibles et ceci vaut structurellement. Mais si l’on veut exprimer la signification de cette structure on peut avancer que le réel s’ajoute à lui-même ; que serait une réalité qui n’inventerait pas ? Mais si il s’invente, il continue de s’inventer et c’est bien en cela que consiste et la raison d’être de la liberté ontologique.

Voir les commentaires

La structure étrange

21 Septembre 2019, 09:03am

Publié par pascal doyelle

Compréhension du réel

Un

On ne mettra certes pas un point final au réel ; mais on cessera de croire le définir à partir d’on ne sait quelle connaissance aussi suffisante qu’inutile ; elle croit par une analyse et un développement de concepts, de notions, seraient-elles « multiplicités » ou « diversités »  venir à bout de ce réel dont toute la substance consiste en un mouvement absolument invincible ; le présent qui avance (et en qui quelque Réel se réalise). Nous sommes engagés dans le processus qu’est le réel et ce réel est le présent, en tant que tout s’origine et continue de se tenir dans le présent. Mais cela n’est que le début. Il faudra, il fallut déduire selon ce présent la dimension adéquate. Le présent est la manifestation, l’expression, structurelle donc, de la dimension. Peut-être n’existe-t-il aucune « dimension » et peut-être le présent est-il le seul « être » hyper actif qui soit. Mais peut-être le présent est-il ici et maintenant le représentant de toute sa lignée, sa verticalité qui tire vers encore plus de possible. Les plis internes au réel créent formellement des réalités et l’être est relatif à l’Exister, à l’acte lui-même. C’est la structure de cet acte qui est la patience même.

On a reconnu, ici, comme hypothèse, que l’on suivrait le principe d’une dimension ; la raison essentielle étant que si le réel est le présent, celui-ci est l’activité brute, et s’instancie comme rapport ; si le réel est un rapport, alors il ne cesse pas, jamais. On y reviendra, puisqu’il s’agira de comprendre, d’imaginer, de conceptualiser comme le rapport, s’il ex-siste tel quel, est tout entièrement actif. De sorte, comme on l’a vu, que l’on suppose que le réel étant intégralement le présent, peut et est déjà re-venu sur lui-même (principe si l’on veut d’auto révélation, mais on décantera cela plus tard ; il ne s’agit pas vraiment d’une « autorévélation », puisque cela présupposerait qu’il soit et puis ensuite qu’il se révèle, or son acte, son activisme, signifie bel et bien qu’il se Crée, le Un est continuellement en suspension d’être afin d’ex-sister continuellement).

Deux

Par ailleurs l’essentiel du travail est de récupérer, pour le moi que nous sommes, l’entièreté de l’historicité. Il n’est pas digne du tout de n’être conformer par son siècle, son moment, l’horizon étriqué de son temps, qui n’est rien qu’idéologie d’intérêts plus ou moins délayée. Il est impératif de reprendre l’ensemble de tout le devenir et de comprendre, donc, que l’on s’origine d’une structure ; il est admis que tout ce qui est humain nait de et par une structure et une seule, l’arc de conscience intentionnel qui crée dans l’actualité du réel, du présent, un champ de perception.

Cet arc est un rapport et aucun contenu produit intentionnellement par cet arc n’est plus grand que l’arc lui-même. Si chacun est un tel rapport, il exclut de fait tout autre rapport, aussi pour être en mesure de vivre dans le monde, cet arc doit reconstituer un champ qui prenne en charge les déterminations soit comme monde culturel particulier, soit ensuite comme acculturation universelle (dieu et l’intention pure, l’être et l’universel, le christique et le sujet sont ces  repérages qui créent un champ intentionnel structuré). Du monde donné on ne sait rien sauf de le recomposer en intentions. Ce qui évidemment est admis c’est que le champ intentionnel absorbe toutes les données sensibles, perceptives, biologiques accessibles dans la manifestation mais ne les retient que dans des systèmes de signes ; fondamentalement le langage, mais le langage est utilisé afin de produire d’autres systèmes, dont un, au moins, constitué par le système propre de chacun, sa mémorisation personnelle qui n’est pas une identité mais une activité qui crée de l’identité comme mémoire, un « moi-même », et ce qui lui est structurellement fondamental c’est son intention, chaque sujet est l’intention, l’intentionnalité qu’il existe. Le moi, ses effets.

Trois

On peut considérer que l’arc de conscience existe dans le présent, comme un pli second dans le pli gigantesque du réel. L’aspect ou le sens général est celui-ci ; le mouvement est seul réel, ça n’est pas quelque chose qui est en mouvement, c’est le mouvement qui crée des êtres et des choses. Et donc le mouvement est un « réel », consistant selon son mode qui n’est pas du tout le mode du monde, de la détermination ; la forme entoure le monde, les réalités, les choses, les êtres, les identités, et la forme absolue pour cet univers connu, est le présent. C’est pour cela que le réel est intégralement en activité, et comme il est le réel (il n’y a rien d’autre) il est donc hyperactif ou activiste (il ne se repose nulle part et jamais ; les réalités sont des mémorisations des effets du mouvement, on verra plus tard comment disposer ce qui apparemment dualise le donné en choses et en mouvement). Et ce qui est réellement mémorisé, outre donc les mémoires que sont les choses ou les identités, ce sont les mouvements, que l’on nomme trajets, pour nous, et tracés pour l’éventuel autre côté. Ce que vous êtes est un exister, cad un mouvement ou un rapport que vous concrétisez en trajet, et donc hypothétiquement, un tracé (sur une surface).

Retenons bien ceci ; en vérité qu’il y ait ou non dimension (cad que l’exister soit plus grand que l’être, le mouvement plus réel que les choses ou les identités) doit être recalé en seconde place ; parce qu’à tout le moins cette description a pour but premier de nous représenter, de nous figurer notre réel et par ce biais (qu’il soit réel ici et maintenant ou réel en plus et au-delà) de nous configurer ; pour organiser une réalité il faut la poser dans un horizon, nommé, et donc on a nommé cet horizon, dit absolu ou formel ou présent ou arc de conscience, afin d’élaborer des stratégies (sinon il serait impossible de prévoir, littéralement, de pré-voir quoi que ce soit ou pas suffisamment et de se retrouver coincé dans de simples tactiques).

Et un exemple tout trouvé de son efficace est la révolution qui a imposé, historiquement, une politique structurelle ; qui exige. Et on peut très bien s’en passer… mais alors on redescendra de niveau. Le niveau de structure est constamment rattrapé par la densité et la prégnance du monde, du donné, des choses, des identités.

Y compris en et pour chaque moi, qui est continuellement débordé par son identité et abandonne son sujet, sa structure. Aussi est-il impératif de récupérer l‘ensemble des structures réelles acquises en et par l’historicité et de remonter aussi loin que possible et d’inscrire cette supposition, qui est une élaboration de chacun, dans le corps. Ce qui veut dire :

Quatre

Dans le champ de perception ouvert au-devant pour et par chacun, on peut tout à fait se contenter de gérer la mémorisation de « qui » l’on est. Mais le champ ouvre sur tout à fait autre chose et ce champ s’émeut, tout entier par ce corps, d’un réel hyper actif (selon l’esthétique, la poétique, l’éthique, la politique, l’idéel ou le philosophique, le panache, le rire, des réels superfétatoires, apparemment). Par quoi ce champ de perception est sans cesse et constamment actualisé ; l’actualisation est la remise à jour des mémoires, si l’on veut, mais les mémoires n’existent pas en elles-mêmes ; rien n’existe « en soi » ; tout existe par et dans le mouvement (du présent ou de l’arc de conscience). Si vous effondrez votre synthèse (ou si s’effondre l’intentionnalité) par la dépression, tout le champ s’insupporte et ce de manière extrêmement incompréhensible … ça n’est pas « psychologique » si l’on veut. L’atteinte est dans la construction (du psychisme comme articulation de soi dans une mémorisation de champs) et on ne sait pas par quelle entrée le retrouver, ce champ de tous les champs.

Le tomber-amoureux du moi est explicitement, quasiment, la nouvelle instruction réelle qui percute intégralement tout l’être, ce qui veut dire le transcende, puisque prenant acte et point en dehors de l’identité. Toute l’occidentalisation consiste à élaborer la possibilité d’un sujet par qui tout s’organise (et non plus par et via un groupe qui parle entre soi) ; il s’agit de composer l’intentionnalité laquelle n’ayant plus affaire à la vérité du groupe (le groupe n’est plus la vérité, ni la perception, ni le corps signifié par le mythe, etc) cette intentionnalité se doit à la vérité, à l’être, autant dire au réel. Et le réel est Autre. Et pour le moi, tout à fait commun, la grande expérience est le tomber-amoureux ; ce point tout à fait autre, de structure, qui tient soudainement le champ (et donc tout, en apparence et en sa manifestation).

Le moi croit être en mesure de mélanger la satisfaction et son architecture structurelle. Mais il n’en est rien, seule l’architecture elle-même supporte la puissance, la potentialité de l’intentionnel. C’est la mise en jeu du structurel qui accorde éventuellement valeur aux parties de monde, aux morceaux de vécus, aux fragments de corps et jamais l’inverse. Il est impossible de former un idéal au sens propre, mais uniquement de se supposer de la cause (invisible, intouchable, inéprouvable) vers les effets portés dans le monde, le vécu, le corps ou la perception. Ce qui est l’idée nietzschéenne centrale, que cela soit voulu « pour rien », et ici le rien désigne la forme qui entoure les réalités (à savoir le présent et l’arc de conscience, qui est le pli dans le pli, la vague interne à la vague toute externe qu’est la réalité).

 Cinq

L’altérité est la brutalité de cet univers, de la réalité et la violence ontologique absolue (cad formelle) du réel comme tel ; l’existence est originellement l’exister ; aucune intentionnalité ne peut s’aimer dans un contenu ; tout contenu est relatif à la forme, qui n’en a aucun ; aussi est-ce la structure même qui doit se prendre en charge et non pas croire qu’elle se réconciliera avec quoi que ce soit ; c’est l’insatisfaction qui doit être instruite, informée, élaborée et non pas telle version de satisfaction. L’activisme est la seule (non) résolution de cet être qui n’est pas un être.

On peut s’en plaindre, puisque l’arc de conscience qui obéit à sa propre logique, peut pousser un corps, un vivant jusqu’à sa limite et le tuer. Et plus quotidiennement le fourvoyer dans des attachements ou des envies ou des mirages par lesquels la structure espère se percevoir et se saisir, ce qui la renverra toujours vers son vide (comme on disait jadis, Heidegger, Sartre, qui circonscrit réellement ce que Heidegger laisser dans le fourre-trou très trouble de sa pensée) autrement dit renverra vers la forme du réel à laquelle il est impossible d’échapper ; le réel sera toujours là et impossiblement. Toute détermination, et identité, repose sur sa propre différenciation et se regroupe et s’effondre, le réel est structurel. La technique unique est celle de prendre sur soi. Sinon le réel se métamorphosera et reviendra déformé et astreignant ; on investira ce qui existe structurellement comme si cela s’incarnait dans le monde ; ça ne se peut pas.

Et donc ce qui vous a saisi (dans la mesure où vous vous êtes saisi effectivement, et c’est le cas de tout le monde, il n’existe aucune conscience qui ne se signifie pas) n’existe nulle part ailleurs que dans votre propre regard ; votre propre regard est toujours Autre, autre que tout et autre que lui-même ; ce qui est vu n’est jamais cette structure qui-voit ; on ne peut élaborer que le regard, les choses vues, une œuvre par ex, est celle qui remonte et signifie le regard qui en est saisi, lequel regard est, second temps absolument fondamental, re-situé par cette œuvre, sur et vers l’horizon du réel, et non pas idéalistement ou angéliquement ou essentiellement ; il est des essences mais elles sont prises dans et par un mouvement. L’œuvre unifie, obnubile le regard (du « lecteur ») et réinstancie ce sujet vers la surface du réel, du vécu, du corps et cette relance ontologique est l’œuvre elle-même.

Inutile de croire en ceci ou cela ; ce ne sera pas une identité, une chose, une détermination, une réalité. Ne croire qu’en ce qui demeure purement formel. Le christique ou l’être sont formels, ou Nietzsche si l’on cesse de croire qu’il s’agit d’une « force » ou d’un chaos de pulsions, ça n’est ni chaos ni pas chaos, c’est Autre.  Et on dit, on a déjà, depuis longtemps, depuis le début identifié cette altérité ; dieu, l’être, le sujet, le réel. Etant entendu qu’il s’agit de positions, de mouvements et non d’états.

Nietzsche rencontre tout naturellement les bornes, puisque Nietzsche est, occupe la position de l’auto affirmation de cela qui Existe, développant le sujet cartésien mais séparément et l’originant là où il se trouve, cad dans et par l’altérité (et la Volonté est la figure, imaginaire, de cette altérité pure et bien autrement brute que ce moyen-terme qu’est la « Volonté »). Et en éprouve instantanément la dureté et la volonté, l’intention, soit donc la direction ; ça avance selon un sens en-avant. Mais il est faux de croire qu’il s’agit d’une pure position imaginaire (Nietzsche ou Heidegger) ou abstraite (Kant ou Hegel)  ; ça a une dénomination ; l’exister et le présent, le sujet et l’intentionnel.

La forme théorique nietzschéenne (qui se cherche selon l’imaginaire) a véritablement un exister effectif. La conscience est effectivement avant le conscient, et l’intention bien avant quelque volonté que ce soit, et par conséquent absolument prise en tant que perception ; l‘intentionnalisation est un méta-sur-système qui produit que « perception il y a », le choix, les distinctions, les différenciations, les décisions dans, du et par le champ intentionnel établissent constamment les significations avant la volonté et le conscient ; les stratégies.

Six

Et s’il s’agit de positions, c’est que ce ne sont pas des contenus, mais des réels tels que signifiés. Ils sont signifiés et ne sont perçus que par un sujet, un arc de conscience. Le signifié est autre que le défini ou le concept ou la chose ou l’identité ; le signifié est le rapport et en tant que le rapport qu’est l’arc de conscience s’y engage, et donc s’y investit, s’y investit de tout son corps, de toute son existence, de son exister même.

Et ce à partir du rien, du rien de la forme qu’est de fait l’exister. C’est par ce mouvement d’impossibilité (dans le monde il ne trouve aucune place) que se déploie la foi, la conversion (que ce soit à dieu, dans le christ, par l’universel ou par le sujet ou la révolution). C’est exclusivement l’intuitionnel de la structure qui oriente du moi vers le sujet. Le moi étant le corps déterminée et l’attachement à la satisfaction et le sujet la Possibilité maintenue de l’insatisfaction. Que ça ne sera jamais là et c’est pour cette raison qu’il faut le sur-vouloir, l’intentionnaliser ; mettre en œuvre ce que désirez Nietzsche (et en fait tous, sans exception) une réelle stratégie.

La stratégie susceptible de prendre en compte en conscience les mouvements de conscience eux-mêmes. La structure étrange. Que le Même transforme le Même. Puisque le même est Autre.

L’historicité nous ayant offert qu’en-deçà de la volonté et du conscient existent l’intentionnalité et la perception.

La structure étrange

Ce que l’on ne peut pas imaginer, conceptualiser, représenter c’est qu’une existence se retourne toujours continuellement sur elle-même et par elle-même. Et ce sans aucun point d’attache puisque rien dans le monde donné là, ou le vécu ou le corps, n’est capable de fournir un repère, repérage suffisant qui contienne cette structure puisque c’est elle qui rend possible l’ensemble. Que telle partie se rapporte à telle autre, on le comprend, mais que l’ensemble de toutes les parties se restructure sans aucun autre horizon pour relativiser et donc travailler à sa composition, est incompréhensible. La surface vient à modifier la surface et c’est cela le sens de la compréhension du réel.

Dès lors nous voici saisis par la vérité, ou donc le réel. C’est-à-dire l’altérité. C’est ce que signifiait auparavant que la vérité prévaut ou que dieu soit premier ou que la réalité soit objective (indépendamment donc de nous-même). Ce qu’il faut imaginer c’est que si notre être est formel et donc sans aucune détermination (et ainsi dans l’incapacité de juger ou de prévoir ou d’organiser quoi que ce soit) ça ne l’empêche pas, pas du tout d’orienter tout vécu. C’est bien parce que non déterminé qu’il est capable de (se) renouveler. Ce qui signifie que bien qu’existant exclusivement formellement, la structure de conscience est un réel et donc constitue en et par elle-même le référent. Et de ce point glissent multitudes de surfaces de perceptions.

La vérité doit donc se décider et par décider il faut entendre non pas une subjectivité mais une objectivité ; c’est après tout ce qu’opère la philosophie ou l’institution du sujet (de droit par ex), le principe du roman (aventure individuelle à portée universelle), la mise en forme poétique et toujours d’un immense champ perceptif. Que ces expériences soient fondamentales veut dire qu’elles sont fondatrices. Et elles ne sont pas fondatrices sans raison réelle et sérieuse. Elles constituent le sol même, sa mouvance et sa subtilité extrême, et constamment adaptative et créatrice ; c’est cela la vraie objectivité, nommée donc hyper-objectivité.

L’économie est l’idéologie elle-même, soit donc la conservation caricaturale d’un champ bien plus énorme ouvert par la (les) révolutions.

Or de ce qui semble formel et vide que peut-on retirer ? Et c’est précisément la performance fondamentale que l’on organise depuis la sortie des mondes clos et l’accroche au structurel dont les plus distinctes sont dieu, ensuite l’être, et enfin le sujet, puis le réel en lequel existe ce sujet (les expériences de l’orient n’entrent pas, pour l’instant, dans notre vue ; elles prennent de trop haut et s’imposant tout unilatéralement, dans leurs performances ontologiques, on en peut les découpler et les distinguer dans le réel expérimenté, sous la forme de ces plis que sont dieu, l’être, le sujet et le réel ; puisque l’occidentalité est l’expérimentation ici même et maintenant du réel, c’est sa, notre tradition spécifique, que l’on revendique totalement).

L’étrangeté de structure est sans cesse rabattue vers un quelconque donné ; un matérialisme, un vitalisme, une sociologie, une biochimie, ou un rationalisme, une mathématique universelle, notionnelle ou calculatoire, etc, mais aussi en une identité de monde, anciennement, une représentativité du donné, ou donc une identité du moi. Or c’est le champ ouvert au travers du moi qui compte ; ce que Sartre voulait explorer, mais pour lui c’était un champ objectif, en quoi il avait raison, mais tort de ne pas comprendre que le dit champ a une forme de sujet et c’est en tant que tel qu’il est objectif, hyper objectif, prédispose des champs à partir d’une surface qui glisse d’elle-même, au sens où le structurel est « cela » qui devient.

On ne dira pas pour le moment que la structure du réel, le sujet, la structure-sujet, qui formalise l’expérience du réel, est un Je : on ne le saura que mort. De l’autre côté si autre côté il y a. Rien n’indique, de ce que l’on analyse, que le Je soit impossible. Tout indique au contraire que la structure même du réel est le pli, constitutif du réel comme tel (ça n’est pas quelque chose qui se pli, il y a des choses parce qu’un pli il y a et qu’il n’existe que ce pli, vague de toutes les vagues). De ce Je ou plus exactement d’un Je, sujet, dont on ignore absolument la structure, dont les « sujets », que nous situons, sont les effets-miroirs (nous sommes au miroir de dieu). Et condition faite et admise, ici,  que l’on n’existe, ne perçoit qu’à partir du Bord, et de rien d’autre, c’est cela qui fait-exister. C’est bien parce que né du Bord que le Bord n’apparait jamais, ni pour nous, ni pour le monde, ni dans le monde ne se perçoit (ni dans le vécu ou le corps), mais sans lui rien n’apparait. Sans le présent, les réalités n’existeraient pas.

Le présent n’est pas le résultat du monde. Le monde, le donné, le vécu, le corps, la perception sont les moyens du présent, de l’exister, du mouvement, de l’arc de conscience pur et brut rapport. C’est ce qui se meut qui emporte les choses et les identités, et c’est la forme sujet qui se voit dans tel ou tel moi-même. Qu’il y ait une quantité indéfinie en nombre de sujets, chacun distinct, manifeste la prolixité surnaturelle de la structure du réel. C’est la distinction absolue, formelle, de chaque un qui constitue le réel même tel qu’à notre niveau il se donne, se prête, et dont il attend le re-tour, l’ensemble de tous les nouveaux tours, tous les nouveaux Royaumes.

Voir les commentaires

La perception possible

14 Septembre 2019, 08:25am

Publié par pascal doyelle

Si l’on enquête (c’est de cela dont il s’agit) sur le christique c’est que l’on considère que notre être, actuel, tout ce que nous sommes, est tenu par l’initiative nommée « christique » et que, sans que l’on puisse l’expliquer, s’est imposé à ce moment là la totalité du processus, processus qui suivra et dont nous sommes toujours les effets, et que donc analyser le christique c’est non pas remonter dans le temps, mais c’est instruire la compréhension du présent initié il y a 2000 ans.

Et il y eut initialisation de la structure de « sujet » parce que celle-ci est réelle et n’est pas une « idée ». Ça n’est pas le contenu, quel qu’il soit, qui commande le déroulement historique, c’est un réel, dur, solide, existant en lui-même, consistant, élaboré, et qui se plaçant sous son propre regard redouble, quadruple, décuple sa propre élaboration ; de ce qu’il se voit, il devient.

De se signifier, comme dieu, être ou sujet, il se rend perceptible dans le donné. Il grandit en tant que structure et non pas comme contenu. Ayant acquis, absolument, son historicité de sujet, par la révolution, on s’aperçoit plus ou moins, que c’est quasiment contre ou hors de sa « volonté » ; la structure à vrai dire s’impose du dehors, ce qui veut dire du Bord. C’est la forme, de la réalité, en tant que cette forme est le réel, qui vient se montrer dans la réalité elle-même et la forme est plus grande, en capacité, que la réalité qui est toujours déterminée.

On n’est donc jamais « qui » l’on est, mais seulement l’intention de cette identité, identité qui ne tient que par cette intention. Laquelle n’est pas définie mais sans cesse en cours ; c’est dans la continuité absolue, cad formelle, que l’on existe et que reprend constamment la possibilité ;  c’est ce que signifie le christique ; vous convaincre de ne jamais lâcher la possibilité pour l’ombre. Il n’indique rien de particulier, et au contraire toutes les dérives à partir du christique vous collerons constamment telle ou telle réalité sur le dos.

Ça n’est pas que le christique veuille remplacer le donné, le vécu ou le corps par autre chose ; c’est qu’il montre que c’est rétroactivement que tout cela pèse ou s’allège. Et qu’ainsi il est exigé de poser le point d’attirance absolument au-delà du donné ; et que c’est par là que cela se passe. Puisque la nature de notre être est une structure et qu’elle se crée en tant que rapport ; une fois institué le rapport il se tire de lui-même par en-avant ; ce qui veut dire par l’intentionnalité.

L’intentionnalité est un champ qui se crée de ce qu’un signe, un mot, est posé là au-devant et ayant été propulsé en avant, il étire à sa suite ; tout dépend donc de l’étendue ouverte par le champ et la plus grande étendue acquise est celle du christique ; toutes les autres sont copiées ; cela est clair ne serait-ce que seul le christ est encore vivant, après la mort, après le point d’existence, cette fois, le plus éloigné, pour quiconque, et que seulement par ce point là il est possible de (se) percevoir de la naissance à la mort ; cette naissance-mort est fondamentale. Ça ne peut être occupé que par un seul. Et curieusement (c’est une des nombreuses curiosités, logiques, un des fondamentaux) il est le seul qui ait affirmé l’individualité de conscience ; que chacun est indépassablement réel et qu’il n’est qu’un seul plan qui ne peut être plié à son tour puisqu’il est, ce plan, le pli lui-même ; le réel est le pli et le pli est le réel ; et donc chacun est absolument fils de dieu (cad fils du pli premier et dernier qui se déplie constamment). C’est ce que cela signifie ; indépendamment de toute croyance, l’articulation est mise en place, telle quelle.

Chacun est ainsi convoqué explicitement, ce qui en effraie bon nombre qui estiment que dieu n’a pas à venir mettre son nez dans nos affaires … mais on comprend alors que ce refus est la plupart du temps mésestime de soi ou inobjectivité du rapport que l’on est, affaissement quant au réel de ce que l’on veut, fuite dans l’imaginaire et non pas maitrise de l’imaginaire vers le réel.

Rimbaud nous impose son intentionnalité découverte, mais ce faisant il nous replace dans le réel… c’est l’horizon autour de nous qui est investi et soulevé et l’œuvre s’utilise afin de se produire dans le monde donné tel que « là », ou selon ce-corps, ou de par sa surface ou une temporalité instantanée qui les contient toutes.

Mais une intention, une existence qui ne se confronterait pas à l’intention divine, à l’immense stratégie demeurerait tout simplement en deçà de ses possibilités. Ou ce qui est pire, s’imaginerait l’égal de l’intention absolue ou le substitut et penserait comme évidente que toute intention peut témoigner de soi, de soi et par soi seul ; ce qui est absurde. Même en régime agnostique ou athée, une intention qui mènerait sa propre vérité est une absurdité et doit au moins sacrifier au réel ; et le réel est autre, toujours. On ne peut pas se débarrasser de l’altérité et toute définition de l’intention comme déterminée est une identité, un collage, un copié collé.

Cependant on a cru que l’horizon du monde donné de la science ou du naturalisme, offrirait une surface d’épaisseur suffisante, et puisque dieu, l’être ou le sujet n’y entraient, autant les délaisser. Sans qu’il vienne à l’esprit que dieu, l’être ou le sujet opéraient exactement d’une même, cette fois, hyper objectivité ; et que sciences et naturalismes ne se tiennent que dans l’intention divine, métaphysique (l’être du discours universel) ou ontologique (le sujet depuis Descartes), et sans ces architectures l’intention quant au monde, au vécu ou au corps tombent dans la détermination, se perdant des myriades dans tous les sens.

Ce que signifie  dieu, comme ce que signifie que la Vérité ne soit pas telle ou telle vérité mais un principe absolu et architectural, c’est que jamais l’acte ne coïncide avec l’être. Et qu’il faut ressaisir l’acte même et donc le structurer en et par lui-même et non pas le déjeter on ne sait de quoi, de quelque partie de monde, morceau de vécu ou signe du corps. On a tenté, alors donc, de remplacer le signe, absolu, dieu, par ceci ou cela, et de fonctionner selon cette détermination et de produire un monde, une humanisation, un moi, d’une réalité donnée et apparemment acquise mais tout vient à manquer, puisque notre être est une structure, un rapport et un mouvement et non pas un quelconque être.

S’est élaborée l’architecture du réel. Et nous autres, puisque nous n’en voulions pas, de nous débattre envers et contre l’intention, tout de suite architecturée, tout de suite armée sortie de l’attirance de son champ intentionnel ; ça vient tout d’un coup et complètement et ce corps-langage, ce langage-groupe, cette réalité-contenu, s’y refuse. Elle ne voit pas du tout où cela conduit. Elle ne saisit pas qu’il existe alors une possibilité, de même que les révolutionnaires seront entrainés (y compris Robespierre) dans la révolution qui a porté dans la réalité un réel de structure absolu, formel, se déclenchant de lui-même, tout comme les juifs refusèrent l’intention divine. Ces corps-langage, ces vivants-parlant ne sont pas près pour basculer d’une unité de monde selon la détermination et le contenu de l’intentionnalité, qui peut aisément être inscrite comme corps et perception,  vers une unité structurelle et une indétermination de l’existence, qui doit se réfléchir et se signifier en plus de toute finalité mondaine, naturelle, et évidemment créer son réseau ; non seulement sa structure en propre, de chaque arc de conscience, mais son réseau entre tous un par un.

Sans structure individuée pas de réseau, aussi le réseau est second ; mais une fois la structure acquise, elle doit se retrouver dans un réseau qui l’augmente, l’accélère et la maintienne et la suppose.

Le christique veut absolument inscrire le sujet en et par lui-même ; du champ ouvert au-devant et tenu par un regard régulièrement autre, raison pour laquelle aucune église ne peut cerner le réel de la structure et que celle-ci essaimera en ensembles différents et sujets divergents ; la forme « christique » est à ce point formelle qu’elle requiert de plus fortes interprétations et étant la structure même elle ne s’usera pas facilement… et ce qui se renouvellera c’est non seulement l’ensemble de tous les contenus qu’elle rend possible, mais les plis et replis de la structure comme telle ; Descartes est un tel pli nouveau et autre, situé sur l’étendue du monde, Kant bâtit selon l’interne et Hegel déploie la perspective ouverte sur toute l’historicité … de même que Sartre augmentera vers le donné, les autres, l’histoire, tandis que Lacan repliera vers l’interne du moi-sujet et les deux ensemble régularisent l’extériorité et l’intériorité (par quoi l’on est infiniment ou intimement ou extimement proche du dévoilement) ; l’ensemble du mouvement de prospection, d’analyse, explorant la dimension même du réel tel qu’il agit, à partir du christique (qu’il soit révélation ou exploration) dans son activité et même dans son activisme.

Et il est clair que beaucoup instancieront cet activisme, Rimbaud, Nietzsche, les créateurs, les artistes, les esthétiques mais aussi les politiques et éthiques et idéels et poétiques, ceux  qui n’analysent pas mais créent l’activité forcenée du sujet ; ils donnent à voir du point extrême de sujet dans le réel, tel qu’il regarde et éprouve les réalités et le réel lui-même (un arc de conscience s’inclut lui-même dans sa recherche, son enquête). Le sujet, comme tel peut se dupliquer, à chaque fois il est autre, mais le sujet-même est hors champ.

Jusqu’alors il devenait sous des mondes, des représentations, des groupes des langages ; mais les grecs vont créer un langage en plus (de celui du groupe) qui permet de développer la pensée, cad le repérage des réalités sous des idées ; des idées sont des intentionnalisations qui débutent par et dans l’activité d’un regard, d’un sujet ; de même le christique sera l’initialisation du regard qui crée « chacun » comme infini, comme existant en tant qu’intentionnel, et ce que l’on a nommé « moralisation » du christianisme est en fait la saisie par soi-même d’une stratégie qui permet à chacun de devenir sous-ses-propres-yeux. Vous êtes responsable de l’intention qui vous anime, qui vous attire, qui vous guide, qui vous conduit, vous oriente.

On reviendra sur l’étrangeté absolue d’une structure qui s’oriente bien que non déterminée… Comme de faire un saut périlleux suspendu dans le vide ; sans point d’appui c’est impossible, c’est pourtant ce que se passe.

Si vous abandonnez cette capacité vous délaissez tout. Mais vous ne pourrez pas vous démettre ; à moins de cesser d’exister. Donc vous remplacerez telle intention par telle autre, qui sera sans doute encore plus difficile, sous couvert d’une plus grande liberté. Si vous choisissez le mal plutôt que le bien, c’est considérablement plus insupportable que le bien répudié.

Si le réel est une structure, passe soudainement au-devant ; elle passe outre le groupe humain et se signifie comme réel dans les réalités ; grecque ou christique (ou monothéiste originellement). Dont on a vu qu’aucune réalité ne peut prétendre toutes les rassembler ; la réalité c’est forcément les réalités, parce que la détermination détermine, partout, constamment et sans doute infiniment (dans cet univers ou selon d’autres).

Rappelons que l’infini n’est pas le terme mais le moyen ; la réalité est infinie (de même que le néant) et c’est ce qui se passe dans cette réalité, par ailleurs infinie, qui est intéressant… Le réel est plus grand que lui-même ; le réel est une machine infinie qui crée des infinis, en lui-même ; c’est sa finalité, son but. Le pli infini crée une infinité au-dedans et probablement cette infinité dans l’infini est elle-même encore pliée selon une logique, une Possibilité que nous ignorons ; le mouvement ne peut pas cesser. Ceci suivant donc le principe très simple que le réel est un mouvement et qu’il ne cesse pas comme mouvement ; penser ou imaginer le contraire est incohérent. De plus seul ce qui est mouvementé, pour ainsi dire, est susceptible d’exister (ce qui seulement « est » est limité et s’effondre de par son propre poids).

Et donc. Pour ceux qui croient encore qu’il s’est réalisé une plus grande performance entre le christique et maintenant, et qui croient par ex que la science ou la révolution ou Freud, ou qui ou quoi que ce soit, insiste plus profondément que le christique, on dira que l’on n’a rencontré absolument rien, aucune pensée, aucune éthique ou politique ou manifestation ou mise en forme systématique ou non qui soit équivalente au dit christique.

Nommer le christique et non le christianisme, implique que l’on considère le dit surgissement comme plus grand que les églises ou les théologies ou les idéologies qui suivirent le moment initiateur. Et il n’est pas initiatique, le dit mouvement, parce qu’il n’introduit à aucun autre plan que celui de l’historicité la plus circonstanciée et le plus précise qui soit.  

Puisque de fait le christique est radicalement le concret lui-même ; il n’exhausse pas la réalité, il nait de, dans et par la réalité la plus concrète ou la plus douloureuse ; explicitement qu’il s’agisse du corps, de chacun, du vécu, spécifiquement de la naissance à la mort, comme de juste, ou de votre intention, et de votre capacité de traitement, dirait-on, de la réalité et comment vous lui répondrez.

La vérité est qu’il est strictement clair et net. Il définit strictement ce qu’est votre être, à savoir un mouvement et donc qui ne peut pas être fixé, sauf par dieu qui est le mouvement absolu. Il vous sera donc demandé de ne vous confier qu’au pur rapport, lequel ne cesse jamais (sinon il n’existerait plus) et cela revient à analyser notre être comme intentionnalité ; c’est ce à quoi l’on a aboutit depuis au moins Hegel et soutenant même que la suspension cartésienne n’est rien d‘autre que l’examen du mouvement initial (lequel n’est compris et ne comprend en vérité que dieu, cad l’infini mouvement).

C’est, en conséquence de quoi, toutes les autres attitudes qui sont des fixités en comparaison ; ce qui se prend comme, partie du monde (matière ou énergie, économie ou inconscient, cognitivisme ou rationalisme) ne se prolonge pas vraiment et s’emberlificote dans une partie du monde, qui souvent n’obtient sa monté en épingle que de sa nouveauté toute relative (le vivant, l’inconscient, les performances économiques, le non sens, la multiplicité, etc)

L’inverse est donc le sempiternel. A savoir que l’on connait la réponse depuis le début et que l’on ne la saisit pas. Parce qu’elle ne peut pas être saisie, mais que l’on en est, sera, fut déjà saisi. C’est absolument le message (sous le message) du christique ; et de toutes les traditions en vérité, chacun peut, absolument parlant, choisir son mouvement ; comme il n’est pas « du monde » il peut se manifester ou s’exprimer et s’expérimenter diversement, ou plus exactement pluriellement, à voir si cette pluralité possède une systématique, quelque part, ou si il s’agit strictement d’invention, d’invention du chemin lui-même ; ce qui ne serait pas surprenant à vrai dire, puisque le mouvement est la création elle-même … le réel crée.

De même que le christ est ce par qui la création apparait. Soit on considère que le christ crée effectivement, soit on prend l’interprétation selon laquelle le christique indique qu’il existe un regard qui crée par sa vision seule ; c’est pour cela qu’il faut rendre à césar ce qui lui appartient et à dieu ce qui est à dieu ; c’est parce que le travail christique se situe à un autre niveau ; ce qu’il lance sera toujours antérieur, et de même la révolution ou la liberté du sujet (Sartre pense antérieurement les possibilités de chacun).

La vérité, la logique interne est donc celle-ci ; il faut pré-penser les intentions que l’on aura. Il n’y a pas de dogme préétabli, mais la capacité et celle-ci doit se-prendre-en-copte. On indique par là que l’on ne peut pas se considérer comme « naturel » ou « donné », mais qu’il faut se-vouloir et que ça ne se réalise pas sans se-réfléchir (le christique est le miroir qui ouvre la grande réflexion globale et spécifique). Il faut se penser-en-avant, ce qui veut dire bien avant la pensée grecque, avant le conscient, avant la décision, et cependant sans que ce soit un corpus strict et défini ; d’om l’insistance sur l’amour, l’élévation, la charité et sans que l’on sache de quoi il s’agit vraiment. Puisque ce qui doit être exécuter c’est l’arc de conscience que l’on a et qui n’est pas du monde, du vécu ou du corps. Donc il faut chercher plus loin, plus en avant ; selon une typologie inattendue, inouïe, inaccessible, non par manque et obstacle mais parce qu’elle est l’accès lui-même ; c’est déjà là mais on ne sait pas « où », parce que ça n’est pas, ne sera jamais de l’ordre du « où ».

Et donc ça inquiète et ça inquiète d’une manière incompréhensible ; on ne peut pas coller à plat l’interrogation, c’est impossible ; il faut déplier quelque réel insituable ; et cela se comprend, a priori et tout théoriquement, abstraitement, en tant que le réel est un pli et qu’à la fois ce pli est inaccessible avec les moyens du monde et puisqu’il est un pli, cependant, il se communique à lui-même étant une articulation. Parce qu’il est une articulation et bien qu’impossible, il est exactement là.

Introduire à la forme de toute réalité, en quoi consiste le réel, c’est poser la « question », si l’on peut dire, du Fait du réel, « il y a quelque chose, plutôt que rien ». À quoi on répond, d’abord qu’il y a « rien » (qui n’oppose rien du tout à quoi que ce soit) et que donc le Possible est le principe. Et si le possible est le principe du réel, alors le réel est mouvement ; la possibilité indéfiniment ouverte.   

Et donc le christique est la mise en route du réel ; lequel n’existe, pour nous, nulle part ailleurs que dans l’attention, la capacité intentionnelle, celle là même qu’il faut convaincre, mais surtout qui doit se convaincre … elle, qui est une, doit non pas devenir double mais se supposer double ; se supposer comme christ ou comme sujet cartésien ou kantien ou citoyen ou héros de roman, de récit ; cette supposition est tout. Tout ce qui suivra, dans le vécu, se tirera du présupposé accédé.  L’adolescent se précipite de combler cette présupposition, il se prend pour Rimbaud ou Nietzsche.

La présupposition se nommait pour les grecs « vérité » ; on ne décide pas de la vérité, pareillement on se tient extérieurement d’une figure, cad  d’une intention située au dehors, qui tient lieu d’objectivité et pour atteindre à la volonté du sujet (en clair à son intentionnalité) il fallait un sujet. Et si l’on peut mentir à quiconque, à ce sujet là c’est impossible, puisqu’il est l’intention même en ceci qu’il vous renvoie non pas à une quelconque réponse mais à la si difficilement intention qui est la vôtre ; de même que le christique n’anéantit nullement le corps, de même il n’impose pas une moralité, mais l’inquiétude de l’indéfinition de ce qu’est l’intention d’exister.  

Plus généralement la mise en place christique s’étend absolument à toutes les possibilités qu’atteint l’intentionnalité et ce pour une raison à la fois simple et complètement aberrante ; le christique ne définit pas, il montre, il expose, il suppose notre être comme une structure et un mouvement ; il fait-voir un être réel, une structure effectivement active qui ne consiste en aucun mot, aucune idée, aucune image, aucune représentation, aucun discours (et donc outrepasse les discours grecs, comme les mythologies habituelles), et donc il renvoie instantanément à votre conscience intentionnelle. C’est ce qu’il impose partout, toujours, constamment et quelle que soit le moment historique. Ce qui arrive dans la réalité, le monde, le vécu et toute société humaine c’est la structure nue et formelle de l’arc de conscience. Et c’est parce qu’il se manifeste comme sujet qu’il appelle chaque sujet comme réel.

Autrement dit le dispositif n’est pas sans cause ; il a pour effet cela même qu’il instancie, qu’il expose ; et ce qu’il expose n’est pas une formulation hasardeuse ou arbitraire ou subjective ou accidentelle ou de facticité ou simplement une disposition, une congruence facticielle, une « secte ayant réussi » (ce qui est le comble de l’absurdité et l’incompréhension, anti rationnel au possible sous ses airs de naturalisme). Mais c’est la structure même tout à fait réelle qui soudainement apparait et apparait toute entière ; de là l’ampleur que cette disposition prit. Si l’universel n’était qu’un contenu rien n’expliquerait sa performance. Ce qui est mis en jeu aussi bien chez les grecs que dans le christique c’est l’arc de conscience non plus comme contenu de l’intentionnel mais comme structure intentionnelle et donc s’élabore les paramètres de cette structure.  

On ne s’étonne jamais suffisamment de la disposition générale de toute cette scène ; qu’elle soit mise en scène ou révélée est quasiment le même ; comment, si elle est inventée, a-t-on pu créer, instancier l’ensemble de toute cette monstration ? Qui a écrit « cela » ? Qu’est-ce qui s’est passé pour que mentalement, idéellement, psychiquement, métaphysiquement et ontologiquement une telle extrapolation structurelle s’impose comme fondatrice de 20 siècles ? Que l’on considère l’événement comme une détermination, cela revient à la situer parmi d’autres ; parce que si l’on n’affecte pas une unité ontologique à une détermination, la série entière des déterminations s’impose et noie le poisson.

L’ontologie (le métaphysique selon l’ancien discours avant Descartes) s’utilise afin de passer par-dessus la détermination, les contenus enfilés incontinents, et de créer une organisation qui puisse se juger selon le réel ; c’est la finalité, superposer le réel aux réalités (qui cesse d’être signifiée en tant que « la réalité » comme si il était possible qu’existe une réalité les réunissant toutes, si il y a une unité, elle est autre). L’ontologique permet une gradation, et la gradation entraine l’articulation, laquelle articulation est le réel même (dont on a dit qu’il s’offrait pour nous en tant que présent, ce qui est, littéralement, une articulation, formelle, non situable étant ce par quoi tout est placé).

On voit par ceci que c’est de fait le réel même, en tant qu’il se meut, qui est analysé via ce moyen qu’est la « pensée », cad la dénivellation ou la remontée des intentionnalisations, de l’intentionnalité même, qui est faite pour cela, bien qu’elle s’imagine qu’elle se figure, se représente un contenu ; c’est ce qui trouble intensément à partir de Descartes ; on ne comprend pas tout de suite qu’ici même en et par chaque sujet le réel se juge et ré-articule le présent, cette structure. Aussi faut-il purifier, élaguer, abandonner ses illusions et non plus seulement se convertir à la pensée universelle (alors même que les grecs avaient parfaitement saisi qu’il s’agissait d’une ascèse.

Mais de par Descartes il ne s’agit plus seulement de basculer de son moi vers l’universel et le non intéressement, mais de remonter plus en amont et d’une décision existentielle ; et ce jusque Sartre qui éprouve quand même une difficulté à positionner la conscience comme sujet ; il ne veut pas tomber dans ce qu’il juge être un piège, un miroir idéaliste ou universaliste, l’idée de l’homme. Et il a raison de son point de vue, parce qu’insister sur le point qu’existe le sujet, c’est rencontrer la structure comme réelle et ne dépendant pas de son existence … Si il y a un sujet, alors ce sujet a une consistance qu’il faut définir et Sartre veut garder la structure sans rien (elle est « rien », le moi ou le monde apparaissent dans le champ, le « sujet » est toujours une représentation, toujours sous condition, en somme Sartre impose le nouménal comme actif mais vide). On insiste ici au contraire sur la forme strictement individuée de l’acte de conscience, qui est un arc, ce qui veut dire non seulement un arc et non pas un cercle (ça ne forme pas une « pensée » mais des intentionnalisations, plus ou moins organisées) mais aussi un arc de la cervelle vers le donné (du monde) qui re-vient vers le corps.

Et chacun n’a qu’un seul et unique corps et tout corps est absolument individué dès l’abord en tant que vivant et surindividué en tant qu’arc de conscience créant une autre-surface du corps recevant les signes) ; un champ intentionnel, de type sartrien, ça n’existe pas ; ça peut être pensé et instruit (par les sujets, Flaubert par ex, ou par un philosophe ou un psychanalyste) mais ça existe comme naissance et mort et comme existence. Nous nommons existence cet effet total dans le monde qui se tient d’un arc de conscience, qui ex-siste. Si l’acquisition, qu’il y a un corps et un sujet tenant, est supprimé (dans un dieu-total par ex, dans un absolu de « surconscience »), cela aboutirait à supprimer l’acquisition elle-même ; ce qui est absurde. Et donc le christique est la seule perspective ouverte qui maintienne, d’une magistrale pirouette complètement insensée, qu’il y a individualité et que tout est effectivement réalisé à cette fin.  

Le christique qui est l’initialisation du réel dans la réalité (comme les grecs mais encore plus formellement), lance officiellement la possibilité indéfinie du retournement de tout champ de perception. Et il initie ce par quoi ce champ débute ; le corps. Le retournement du champ est un mystère intégral. Et ne s’explicite, et s’explique vaguement, par l’arc de conscience comme intentionnalisation (du corps, du vécu, du donné, du monde).

Présentons la même chose autrement. C’est la capacité de passer outre le langage. Le langage durant les mondes particuliers constituait l’horizon réel ; dieu, les grecs, le christique et le sujet se créent par et via le dépassement du langage. Lorsque la vérité quitte le groupe et s’installe dans le monde, l’intention, le corps individuel ou le réel. Le langage est fabriqué, créé par et dans cette mise en forme culturelle, cette invention de la culture que furent les groupes humains, mais ensuite chaque conscience s’autonomise et passe outre, outrepasse le commun. Aussi ceux qui vont commencer de créer passeront au-delà du groupe (récupérant l’intention de dieu, le donné du monde et l’universel, le corps et le sujet et enfin le réel et l’existence ; toutes perspectives qui existent en plus du groupe et du langage. De là évidemment que ce furent par ex des révolutionnaires ou des artistes ; ils perçoivent l’historicité (et non l’immédiateté du groupe) et le donné-monde (la perception, esthétique) et le récit (le poétique et le récit), etc.

Cette perception-en-plus est très exactement l’acculturation qui s’ajoute à la mise en forme culturelle (qui occupait les groupes humains dans chacun des mondes particuliers séparés). L’acculturation est à disposition des individus qui seuls perçoivent en plus ; regardent dans le monde ou regardent le regard christique (qui le leur rend bien, puisqu’il crée leur âme actuelle, celle qui vaut tout). Percevoir par au-delà du langage joue à plein non seulement selon l’acculturation, mais bien sur selon l’individualité ; qui doit faire-avec son corps … sans le groupe et la parole… individu qui doit se tenir seul face-à, et réclame ainsi son éthique absolue, c’est-à-dire formelle. C’est ce qui se cherche, de Descartes à Lacan (tandis qu’auparavant le « sujet », ce dispositif structurel, ne se signifiait pas encore individuellement).  

Il est clair que cette éthique est profondément ontologique et non simplement une disposition morale. Et le christique est originellement le regard situé hors de tout, structurellement c’est par lui que cela arrive. C’est à ce niveau que cela se joue. Le surdivin, le dieu en plus du divin.

Voir les commentaires