Bergson
Remarquons que si on est notre être de conscience, formelle, alors on ne sait pas ce qu’elle peut. On ignore jusqu’à quel degré de subtilité et donc de réalité il est possible d’avancer. De toutes les approches (déjà réalisées par d’innombrables explorations depuis 3 siècles, sans compter les précédents) : Bergson.
On signalera en ceci la percée fondamentale de Bergson ; il montre qu’il est une conscience en interne qui surgit de ce qui est. Notons qu’il tente de remonter le long de la conscience comme d’une racine ; ce qui n’est pas notre position ; il pense que la conscience surgit du donné-là vivant, (et que par ailleurs tout concoure à provoquer qu’il y ait du vivant). Peu importe parce qu’il va dénouer quantité d’impossibilités, jugées telles par la philosophie dogmatique du temps (et éternelle…). Il joue à remonter dans cela même de l’instantanéité ici et maintenant (suivant en cela la promesse de Descartes, qu’est Descartes ; ce qui est, est présent ou l’être est « ce qui est actuellement » selon une traduction de Parménide ou « ce qui est dans le présent » et non pas nécessairement « ce qui est » éternellement).
De fait, en considération de cette restriction, il est avéré que Bergson produit une découverte, une dé-couverte des ramifications de la racine qu’il tient par l’émergence ; il se rend compte que l’on peut suivre de telles incrustations en d’innombrables repères ; il découvre en somme que la conscience est la partie émergée d’un dispositif qui se propulse.
Ceci pour illustrer que de la conscience, de son être étrange, on n’a pas commencé d’en percevoir, reconnaitre le début ; et pour une raison simple qu’elle est potentielle. Ou comme dit Nietzsche qu’elle est Puissance, potentialité, indéfiniment.
Ici comme ailleurs il est impossible de nier qu’il y a effectivement conscience ; ce que l’on peut contredire c’est qu’elle soit tout (puisqu'elle est une structure limitative, puisqu’interactive) ou qu’elle soit un conscient et une forteresse isolée ; aussi Bergson longe-t-il toutes espèces de sortes de consciences ; il s’aperçoit qu’en réalité elle se confond ou émerge du corps, de la perception, etc, mais également et c’est fondamental de l’étendue du monde en tant qu’instant …
Elle surgit en conséquence, à partir de l’intuition énorme qu’il déploie, de l’énergie, de la matière, du vivant et de l’esprit ; de l'esprit parce que somme toute (et en passant outre la réduction que cela inflige !) l’esprit est ramené à l’intellect et à l’étendue, tandis que l’esprit vif, l’activité réelle se sait, se sent (intuitionnellement) comme instant. Et de même que l’intellect esprit (ce qu’il ne dénie pas du tout) catégorise selon son ordre, de même il tente, lui, d’ordonner les niveaux, degrés de temporalités ; mais il faut donc comprendre que par « temps » c’est tout autre chose que le temps catégorisé (selon l’intellect étendu). C’est le temps du dedans, non pas du dedans de la conscience subjective seulement, mais le temps intérieur à l’instant ordonné selon ses niveaux.
Il est donc une flèche du temps à rebours. A rebours parce que si quelque chose surgit c’est de la racine du temps ; le donné lui-même est la proposition de ce qui devient temporellement. Il devient envisageable de penser la logique pour ainsi dire, de ce qui devient par la racine.
De cela on peut dire ; on ne sait pas jusqu’où la conscience-de (tout donné connu ou non connu) peut approfondir son acte ici et maintenant.
/image%2F0670425%2F20140122%2Fob_1225eb_tron-lheritagea-olivia-wilde-185614.jpeg)