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instants philosophie

Bergson

3 Novembre 2013, 17:41pm

Publié par pascal doyelle

Remarquons que si on est notre être de conscience, formelle, alors on ne sait pas ce qu’elle peut. On ignore jusqu’à quel degré de subtilité et donc de réalité il est possible d’avancer. De toutes les approches (déjà réalisées par d’innombrables explorations depuis 3 siècles, sans compter les précédents) : Bergson.

On signalera en ceci la percée fondamentale de Bergson ; il montre qu’il est une conscience en interne qui surgit de ce qui est. Notons qu’il tente de remonter le long de la conscience comme d’une racine ; ce qui n’est pas notre position ; il pense que la conscience surgit du donné-là vivant, (et que par ailleurs tout concoure à provoquer qu’il y ait du vivant). Peu importe parce qu’il va dénouer quantité d’impossibilités, jugées telles par la philosophie dogmatique du temps (et éternelle…). Il joue à remonter dans cela même de l’instantanéité ici et maintenant (suivant en cela la promesse de Descartes, qu’est Descartes ; ce qui est, est présent ou l’être est « ce qui est actuellement » selon une traduction de Parménide ou « ce qui est dans le présent » et non pas nécessairement « ce qui est » éternellement).

De fait, en considération de cette restriction, il est avéré que Bergson produit une découverte, une dé-couverte des ramifications de la racine qu’il tient par l’émergence ; il se rend compte que l’on peut suivre de telles incrustations en d’innombrables repères ; il découvre en somme que la conscience est la partie émergée d’un dispositif qui se propulse.

Ceci pour illustrer que de la conscience, de son être étrange, on n’a pas commencé d’en percevoir, reconnaitre le début ; et pour une raison simple qu’elle est potentielle. Ou comme dit Nietzsche qu’elle est Puissance, potentialité, indéfiniment.

Ici comme ailleurs il est impossible de nier qu’il y a effectivement conscience ; ce que l’on peut contredire c’est qu’elle soit tout (puisqu'elle est une structure limitative, puisqu’interactive) ou qu’elle soit un conscient et une forteresse isolée ; aussi Bergson longe-t-il toutes espèces de sortes de consciences ; il s’aperçoit qu’en réalité elle se confond ou émerge du corps, de la perception, etc, mais également et c’est fondamental de l’étendue du monde en tant qu’instant …

Elle surgit en conséquence, à partir de l’intuition énorme qu’il déploie, de l’énergie, de la matière, du vivant et de l’esprit ; de l'esprit parce que somme toute (et en passant outre la réduction que cela inflige !) l’esprit est ramené à l’intellect et à l’étendue, tandis que l’esprit vif, l’activité réelle se sait, se sent (intuitionnellement) comme instant. Et de même que l’intellect esprit (ce qu’il ne dénie pas du tout) catégorise selon son ordre, de même il tente, lui, d’ordonner les niveaux, degrés de temporalités ; mais il faut donc comprendre que par « temps » c’est tout autre chose que le temps catégorisé (selon l’intellect étendu). C’est le temps du dedans, non pas du dedans de la conscience subjective seulement, mais le temps intérieur à l’instant ordonné selon ses niveaux.

Il est donc une flèche du temps à rebours. A rebours parce que si quelque chose surgit c’est de la racine du temps ; le donné lui-même est la proposition de ce qui devient temporellement. Il devient envisageable de penser la logique pour ainsi dire, de ce qui devient par la racine.

De cela on peut dire ; on ne sait pas jusqu’où la conscience-de (tout donné connu ou non connu) peut approfondir son acte ici et maintenant.

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Nous autres, les squelettes à vif

3 Novembre 2013, 15:32pm

Publié par pascal doyelle

La perte inconsidérée de notre devenir nous enfonce dans de limitées interprétations qui ont abandonné la réalisation de la réflexivité ; c’est d’abord que l’on confond la raison métaphysique, celle que l’on décrit constamment et qui est censée incarnée la philosophie même alors que depuis longtemps la philosophie est passée à autre chose.

Depuis Descartes l’on a transformé notre attention portant dorénavant sur la structure existante ; la certitude de l’être (comme idée formelle vide) est devenue la certitude du dit sujet, tout autant formel et qui n’existe que de ce qu’il se dit (il n’est pas autre chose essentiellement ; il est autres choses, corps, langage, inconscient, désir, socialisé, etc, dans les faits mais non en tant qu’il se-sait). 
Lançant la réflexivité sur notre être (et ayant inventorié tout le pensable de l’être en général) c’est d’une plus grande précision et exigence dont on va s’animer ; Kant ou Hegel ou Husserl ou Nietzsche, etc, paraissent encore juger vers, autour ou alentour de la pensée de l’Etre, de la raison métaphysique (que ce soit pour la critiquer, la rassembler, l’originer en l’intentionnalité ou s’en révolter), mais qui ne voit que c’est bel et bien d’autre chose dont il s’agit et que cela avance à pas furieux ? 
C’est autre chose qui se dit depuis Descartes et se continue de Kant à Nietzsche ; ce dont il ne faut pas déprimer ou se refroidir, puisque c’est la même ambition qui se continue ; à en croire quelques uns on n’y reconnaitrait plus rien et sinon une sorte de « déconstruction » généralisée qui ne sait plus même où mettre les pieds et qui ne s’aperçoit pas plus que ces déconstructions sont effets du sujet inconnu, du dit sujet hypothétique, qui n’a de fait de sujet que le nom ; le sujet dénoyauté par Descartes n’est en rien et pas du tout un « sujet comme qui dirait d’un moi quelconque » et absolument pas idéaliste. C’est une forme qui se répète indéfiniment en chacun absolument identique intégralement. Sinon pourquoi nous ressemblerions-nous ? 


Remarquons qu’il est encore trop tôt pour recommencer de comprendre, de connaitre l’objet total de (tout ce qui est) ; ayant inventorier une partie de la pensée, cad de la pensabilité, et étant passé au réflexif individué un et vide et formel et certain d’être (il n’a pas besoin de se connaitre pour se-savoir, ce serait le comble), ayant presque discerné ce qu’est notre être (durant les 3 derniers siècles), il n’est pas possible vraisemblablement de penser métaphysiquement le donné-monde, d’autant que des mondes, des univers il y en aurait probablement des quantités …

 
Tout cela n’est donc pas vain et livré à la contingence comme d’aucuns l’avancent, délaissant non pas seulement la pensée (métaphysique) mais la réflexivité même. 
On interprète notre-être comme langages, corps, désirs, inconscients de toutes sortes, socialisations, économismes, pseudo idéalisme (dont on s’est débarrassé depuis longtemps à vrai dire, vieilles lunes), on s’engage parfois dans de profonds mystères insondables (réservant une essence quelconque de la vérité en soi,ou un Sens suréminent qui nous attendrait, mais niant pourtant la dernière conscience indéfiniment réelle qui arcboutait toute réalité, allez comprendre …), ou s’enferme en de longs sinueux dédales psycho voir pathologiques, rapportant les trésors de bricolages en lesquels on ne voit goutte puisque l’on est bricolé indéfiniment selon les causes du monde, du donné, du vécu. 
En tout cela est annulée, prétendument, l’ancienne ambition, l’ampleur du réflexif intégral ; sans voir que la remontée de toutes ces causalités révélées, de ces engoncements portés au jour, de ces objectivités exposées… reviennent au regard du sujet évidée et neutre et s’observant de loin ; il se donne à lui-même le spectacle de ses causes multiplies mais n’en reste pas moins « celui qui voit ». 
Toutes les possibilités qui abandonnent l’ampleur ancienne, ont déjà délégué leur regard en une altérité quelconque ; ils n’ont pas réintégré leur peau. 

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Devenir de la conscience pure et simple

3 Novembre 2013, 11:29am

Publié par pascal doyelle

Si la conscience n’est pas le conscient ; rappelons que l’existence du conscient ne s’oppose pas à l’existence de la conscience ; il ne s’agit pas de choisir entre les deux ; c’est l’ensemble qui existe ; conscience, conscient, perception, corps et physiologie, langage et autrui ; tout cela existe ensemble et en une fois ; et ceci sur le sol réel du monde donné « là » unique et indérivable dont tout aperçu est seulement un découpage subjectif ou une découpe objective (aucun discours ne dit la totalité du monde là unique indérivable, et donc seule chaque conscience y existe).

Si la conscience n’est pas le conscient, l’objet de la conscience n’est pas l’Etre ; en réalité la conscience n’a pas d’objet ; elle est. Elle pourrait être dite ; elle est son propre objet, mais cela n’aurait rigoureusement aucun sens réel ; elle ne peut pas se transformer en objet, elle en sera toujours en retrait (ce qui signifie que toute transformation en objet est de fait déjà non un objet mais une conscience, et toute objectalité est déjà un prétexte, une représentation et non la présence même, qui est comme le monde, indérivable).

Remarquons que l’on voit cela nettement dans le procédé cartésien ; elle ne se saisit pas (elle se prénomme ensuite « chose qui pense », mais outre l’étrangeté de l’appellation, la « pensé » chez Descartes est tout à fait insituable, c’est une sorte d’ensemble de tous les dispositifs) et seul l’acte doute-cogito-infini-étendue l’énonce ; or c’est un acte, une monstration, qui se donne à lire ; et qui, acte, ruse avec lui-même ; jusqu’à halluciner entièrement la conscience suspendue.

C’est la première partie de la philosophie qui veut à tout prix se saisir de l’objet-monde, de l’objet Etre ; elle veut définir l’Etre « comme si elle-même, conscience de cette définition, n’existait pas ».

Cette première partie est insuffisante et ne permet pas d’avancer ; notons qu’elle explore intégralement tout le pensable ; ça n’est absolument indifférent et toute réflexivité est en elle-même accumulable ; le réflexif est le dialectique hégélien et est ce qui subsume en et par lui-même.

C’est la raison pour laquelle en seconde partie, la philosophie a augmenté son cercle ; ce que l’on doit à Descartes ; ce qui était déjà réflexivité selon l’Etre, objet absolu, devient cet être-çi, fort réel, et lui-même indérivable ; la conscience est, et elle est comme acte pur et simple.

A partir de cet acte réel (qui est se-sachant et dont aucune énonciation ne peut faire le tour, et qui est posé « là » sur le monde comme étrange étendue, le monde étant lui-même incomparable, à aucun discours), s’entame une réflexivité intégrale ; Kant et Hegel relativise toute pensée (soit selon la critique et les limites, soit selon la dialectique et l’emboitement des pensées dans l’esprit acte et selon la négativité qui opère ; laquelle et quelle est-elle ?).

C’est aussi ce que martèle Husserl et la phénoménologie (mais croyant encore découvrir un Sens, idéaliste, dans ou via l’intentionnalité ; réinvestissant à nouveau qu’il y aurait un sens objectif et énonçable qui se substituerait à l’activité de conscience, qui serait la raison d’être de l’être de conscience).

Ce qui perturbe la compréhension est que l’on voudrait comprendre ce réel comme un objet, or il ne l’est pas ; rien ne peut saisir la conscience-même ; c’est elle qui saisit ou plutôt qui instrumentalise n’importe quel objectivisme (toute découpe est elle-même prise dans une intentionnalité qui avance sur le monde, le corps, etc) ; autant dire qu’elle n’est pas du tout subjective… elle est au-delà de l’immédiateté du subjectivisme et par-dessus l’objectivisme (seule mais à sa manière, la pensée de Lacan parvient à ce rond-point indescriptible). Ça ne signifie pas que l’on ne puisse rien dire, et qu’il faille le taire ; si elle est acte, la conscience dit tout … toutes les vérités, toutes les découpes ou découpages que l’on découvrira.

Du reste la conscience "indescriptible" soit disant n'a pas manqué de se signifier intensément.Il est évident que si elle n'est pas dans le discours qu'elle lâche, elle est également pour elle-même se-sachant ; qu'elle ne puisse pas avancer en ce se-sachant serait absurde.

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Ce que l'on nomme "volonté"

2 Novembre 2013, 14:13pm

Publié par pascal doyelle

Il est évident que ce que l’on nomme la « volonté » ressemble toujours plus à une injonction extérieure ou un dogmatisme ou un impératif socialisant. Il semble aberrant que l’on puisse arguer d’une volonté qui s’imposerait à notre être à partir de cet être lui-même ; c’est grosso modo la confusion entre la conscience et le conscient.
Le conscient se précéderait lui-même et se connaitrait « soi » ; qu’il existe un tel dialogue intérieur oui, mais qu’il soit à ce point effectif et réel absolument, non. Si notre conscience est une forme et non un contenu ; si elle était un contenu elle devrait mouvoir tout contenu afin d’en aborder un autre, ce qui serait peu pratique et ingérable. Et il se peut que certaines difficultés soient dues à la fixation par un conscient de la conscience mobile, notamment en ceci que tout conscient se fixe, sans forcément se figer, en une identité déclarée, un moi, un moi-même tel qu’il se croit, s’imagine, se prévoit, sans que tout cela soit négligeable en rien mais se concrétisant somme toute comme la clé du cadenas qu’elle est, cette identité.


Si notre être réel est tout l’ensemble (conscience, conscient, inconscient, vécu, socialisation, acculturations, etc), on réservera notre-être pour seulement la conscience telle quelle, pointe aiguë, limitée, irrégulière, aérienne, perspicace ou égarée (puisqu’elle est sans contenu et ne sait rien).
Il est alors hors de question de penser cette conscience comme intervenant de but en blanc et imposant un contenu contre ou sur un autre ; elle ne lie pas par force mais par subtilité ; elle montre dans le monde ce que le conscient ne retient pas forcément, ne comporte pas dans sa mémoire avérée, reconnue, portée par son identité de moi. Elle tisse par delà le conscient et relie puisqu’elle est quasi identique à la perception, au ressenti, aux physiologies, elle n’existe pas même au sein des dispositifs, des fonctionnalités (des physiologies aux signes en passant par le langage et le corps, etc), elle en surgit, elle nait de la perception, (pour illustrer le mouvement).
Elle comporte donc déjà ceci ou cela ; et non pas tout, puisque la perception existe en elle-même, le langage, les autres, etc ; inutile de se demander comment la conscience absorbe autrui ou le perçu puisqu’elle est déjà cette perception, en un sens elle est perception-qui-fait-retour sur elle-même (il n’est de ce point de vue que très peu de différence entre l’animal et notre corps, un animal se meut dans sa perception ; comme nous).


Ça n’est pas en intervenant durement et abstraitement que l’on s’oriente à être. Cela joue dans la subtilité ; on envoie, on s’envoie, le monde, le vécu, le corps nous envoient des signes, ce qui veut dire des orientations, des indications, des possibilités, des liens possibles. Si l’on en reste au moi, au conscient on se rabat sans cesse sur la sécurité de son identité (bricolée on ne sait comment, dans l’entrelacs du, des vécus, des autres, des situations, etc). Et lequel conscient est dit-pour-par-l’autre en partie ; on a l’identité que l’on a actuellement ou que l’on a eu pour les autres, ce qui veut dire identité prononcée, parlée, parlée dans l’oreille de l’autre, ou donc ce qui privilégie la communication, telle que l’autre puisse comprendre et qui façonne cela même que l’on pense déclarativement.
Dans la subtilité il n’est pas de déclaratif exclusif ; ça passe, ça va et vient, et bien que n’étant pas marqué, remarqué, inscrit consciemment, ça n’en laisse pas moins des traces ; qui sont plus ou moins articulées (au deux sens), et plus ou moins inscrites en énoncés. Mais la cervelle n’est pas seulement l’énoncé et le clair et le raisonné parlé communiqué ; elle accumule des données. Si la conscience est surgissante de la cervelle (compte tenu de Tous les dispositifs), s’amènent en elle des confluents, non pas tous ou exhaustivement mais certains, élus, triés, ramenés encore vers l’ouverture vers le monde qu’est la conscience ;elle tisse ou il se tisse (la conscience échappant au conscient) des schémas, des schèmes, des images, s’inclus ici et là dans la perception.


Ainsi une œuvre, une esthétique, est une telle semblable stratégie ; puisque personne n’a jamais convaincu personne avec des arguments, c’est que ce sera non pas la démonstration et l’argumentation (en cette occasion) mais la monstration, le faire-voir comme-ça-existe, qui revient et réoriente les consciences ; on peut admettre que l’art, l’expression, le donné à voir, entendre, imaginer est la suspension intentionnelle par laquelle se réoriente et désoriente la conscience distinguée du conscient fixé ou figé. L’esthétique se « produit » pour et vers cela, ce mouvement migratoire de consciences désintentionnalisées, réintentionnalisées. Et cela indique non pas un inexprimable, du tout, mais réellement la conscience agissante vers ou par le monde.

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Les causes de la philosophie

1 Novembre 2013, 12:14pm

Publié par pascal doyelle

Si notre être se découvre comme réflexivités (esthétique, politique, éthique, idéelle et de connaissances, mais aussi humanisations et personnalisations, acculturation, etc), il s’est imposé donc un rythme et une historicité ; il apparaitrait alors que l’ensemble du développement se suit avec précision et explore la totalité de ses possibles ; il est cohérent de penser que « ce qui existe réflexivement » suit sa logique, la logique non pas d’un programme (comme on pouvait l’entendre, - il y eut des délires et des surinterprétations - au mieux par la raison ou l’humanisme classique ou l’esprit et la pensée, qui croyait acquis de récupérer la réalité, le sens et le moyeu, l’axe de ce qui arrivait à l’humain), mais suivant la logique de son être structurel.


Et bien qu’il y est une surinterprétation philosophique (la raison ou la pensée universelle reprenant pour elle-même cet accès nouveau à « tout ce qui est »), il est de l’essence même de la philosophie d’explorer « ce qui arrive » et qui surprend et désoriente l’humanisation (qui brise ou annule ou renvoie les mondes-groupes-langages pour le monde-unique, le dépassement du langage et la complexité accrue, le sujet ou l’individué, séparé par la raison ou sa conscience) ; aussi la réflexivité qui commence de jouer ici et là, encore mêlée de déterminations immédiates, (et qui reste encore mélangée de concrétions et de réalités données simplement « là », en engoncées dans des réalités non pensées, non reprises), la réflexivité devait de par elle-même se conférer son propre statut, sa propre pensabilité ; ce qui commence d’exister réflexivement… réfléchit ; et réfléchit non seulement dans des domaines spécifiques, mais se réfléchit.
La philosophie n’est donc pas une sagesse ou une idéologie ou un ressentiment orchestré ou une abstraction ou un bavardage ou un non sens ou irréelle et inapplicable ou inappliquée ; elle manifeste la réflexivité , la sienne propre (en élaborant ses propres objets, qui seront tous absolument effecteurs et ayant conséquences) et pense en même temps ce que peut bien être la réflexivité, en soi, en elle-même, ce en quoi il consiste de (réfléchir) politiquement, de (réfléchir) esthétiquement, de (réfléchir) éthiquement, etc. Pour cette raison elle se mêle de tout et ne peut pas techniquement pour ainsi dire (en vertu de cette technologie nouvelle qu’est ou que devient le réflexif, qui cesse de « se laisser faire » par le groupe-langage-monde particulier), ne peut pas ne pas intervenir ou s’interfacer sur les domaines humains accédant à leurs devenirs propres.


Il s’agit littéralement et non par figure, d’une technologie de notre être sur lui-même ; que l’on ait premièrement identifié, isolé cette technologie comme raison universelle ou pensée grecque, n’intime pas la nécessité pour qu’en suite, des siècles plus tard, et durant, il n’y ait pas d’autres développements. Et le mouvement structurel est d’autant plus évident que puisque l’on navigue dans le réflexif structurel, celui-ci se conserve, se maintient, s’accumule lui-même ; il est hors de question et hors de propos de renier Platon ou Saint Thomas ; toute advenue, inventivité réflexive peut être reprise et comprise à nouveau par le réflexif.
Autrement dit les successions à la réflexivité inscrite comme raison ou pensée grecque, est réactualisée constamment et puisque « le réflexif » découvre le monde comme il est, (et non plus imaginé ou synthétisé dans une parole-échange-immédiatetés perçues), le vécu en propre (et hors du groupe ou de la nécessité de transmission de la Parole du groupe qui marque les corps, les rôles, les échanges), et redéfinit la vérité (qui n’est plus ce qui est communiqué et la langage le trésor intouchable), ce qui est pensé réflexivement est toujours encore déjà le sol même du dépouillement ; le réflexif a arasé les mondes humains, et ce qui se compose (à partir du langage et au-delà, du vécu et par-dessus, à la base des groupes et hors de chaque ordonnance particulière vers l’organisation libre en soi et par soi), ce qui se compose lance à partir et vers un système formel qui étant réflexif se-sait dès le début comme étant « soi », comme étant lui-même ; ce qui parait la grande fatuité du philosophique est fait de structure qui, sans programme (rien n’est écrit et il est sans vérité dogmatique ou corpus ou système clos, puisqu’il est la technologie réflexive même), se-sait, étant réflexivement ce qu’il est ; la conscience qu’il a, il l’est.
Ce n’est pas un être, donné, inerte, qui parle mais au contraire on définit l’être à partir de ce que l’on énonce. L’être est suspendu à l’énoncé.

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Réalisation du libre pur

30 Octobre 2013, 10:08am

Publié par pascal doyelle

Il n’est donc pas de fin à la philosophie puisqu’elle met en jeu cela même qui a bouleversé l’humanisation en la portant au réflexif (le réflexif est la révolution, et non la philosophie qui en rend compte seulement bien qu'inventant une part et accélérant en tous cas tout l’ensemble), à la puissance deux, au carré et ce qui pèse sur les épaules de chacun, de chaque conscience, transperçant son identité de « moi », sa personnalisation.


On peut nommer cela « vérité » ; soit donc l’assujettissement par la pensée ; la pensée en tant qu’elle nous rend sujet (et nous menace également d’écraser notre être-libre). Toute énonciation qui remplit notre être vide et formel, individué, l’élève au-delà de lui-même en le ramenant à la série ; la série de toutes les consciences qui se retrouvent en un énoncé qui étant vrai et réel accorde toutes les libertés (question, pour-nous : augmenter le discours et l'universel par la Règle et le singulier).
Ceci repose dans la formulation universelle en tous les cas en un principe : qu’il est une description adéquate de la réalité, de la nature ou de l’humain, et que cette description soit exacte et clôturée ; elle est exhaustive et identique en tous. Que cette vérité soit dite réalisée déjà, ou qu’on la prévoit et la suppose un jour ou idéalement et que dans tous les cas alors elle soit le principe (de toute résolution ou toute action).


La position inverse est celle du réel tel quel ; il n’est pas de vérité qui réunisse toutes les consciences ; par contre il est cette vérité « toutes sont libres » ou plus exactement en détiennent la possibilité (autrement dit on n’affirme pas l’existence de la liberté, comme une sorte de chose acquise, on qui serait déjà immédiatement réelle, ça n’a rigoureusement aucun sens, mais la possibilité de déployer du libre ici et là, ici ou là). Que toutes soient libres, n’est pas du tout non plus un principe présenté comme pétition de principe abstrait et n'affectant pas d'effets ; parce que les êtres-libres forment système. Le système évidemment purement formel. Autrement dit ; il n’est pas de vérité (qui réunisse tous) mais ils sont libres, et cela forme système. Et c’est le seul système qui vaille et le seul qui soit réel.
Puisque l’on n’a jamais pensé le libre autrement que faire-valoir (d’un savoir, d’une connaissance, d’un contenu) ou comme seulement révolte et négation, on ne comprend pas a priori que le libre soit le système lui-même ; on se dit que le libre est ce qui rend les choses et les êtres possibles (qui vaquent à leurs occupations, tout simplement) mais non pas que le libre est cela même qui veut exister et cela même qui est vécu réellement.
Pourtant il est clair qu’il n’existera jamais de vérité qui les réunira tous, excepté qu’ils se considèrent tous tels. La vérité qui définit ce qui est (ou qui sera vérité ou qui est de toute éternité vérité) impose au libre et l’éradique, mais le libre pur et simple non seulement se valide de par soi mais permet toutes les vérités (exception faite du libre même ; aucune vérité, quelle qu’elle soit, ne peut annuler le libre pur).


Si on se demande quel système formel engage, fait exister le libre pur, c’est celui là. Celui-ci. Celui qui est déjà-là. Sous nos yeux.
C’est le système formel du libre pur qui s’est installé sur le monde. Ce qui ne le présente pas tel, en l’état, comme totalement réalisé ni complètement réel ; c’est une évidence. Nous n’en sommes qu’au tout début du système formel du libre pur. Il n’est pas dégagé en lui-même, et se mélange en quantité de déterminations, en lesquelles il et tous nous nous prenons les pieds.
C’est le système formel du libre pur qui s’est installé sur le monde, comment en aurait-il été autrement ? Comment aurait-il pu ne pas être ? Nous sommes déjà engagés par et pour le système formel, c’est uniquement divers colifichets agités sous notre nez qui nous cachent sa réalité.
La formule est simple en soi et peut s'illustrer (mais pas seulement) : les sociétés humaines sont fondées sur des constitutions qu’elles ne respectent pourtant absolument pas. Elles reconnaissent par la constitution leur être ou le début de leur être formel, mais nul part cet être, ce système, cet embryon de système purement libre et adéquat n’est vraiment voulu et décidé et encore moins inventé en plus d’être pensé.
Puisqu’il est quantité de pouvoirs, de toutes sortes, qui s’imposent, de nier la constitutionnalité de la réalisation humaine, il est peu rationnel d’admettre et d’accepter une telle aberration, une telle contradiction intégrale de tout ce que l’on est (cad de tout ce que chaque libre peut être et qui, barré par les pouvoirs et les abus, est annulé dans son être même). Il faut donc non pas chercher on ne sait quelle vérité qui remplacera l’abus (qui adore user de vérités de toutes sortes), mais affirmer l’existence ici et maintenant de ce qui est libre et déjà prononcé, énoncé dans les termes constitutionnels eux-mêmes (entre autres donc). Rêver non pas dans l’imagination d’un irréel ou d’une vérité dont on ne voit pas du tout les prémisses, mais l’application effective, bien que mesurée (nous sommes dans la réalité et non le rêve), de la constitution réelle.

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Philosophie pas morte !

28 Octobre 2013, 16:07pm

Publié par pascal doyelle

Le jeu de rôle de la philosophie

On a cru un temps s’assigner de ce vide en la raison. Ceci étant fondé dans l’universalisation qui comblait le réflexif pur et simple par sa, ses constructions philosophiques.

De cela on ne sort pas, on ne peut pas sortir. L’universalisation est l’effet concret de la réflexivité (qui est « ce qui arrive à toute l’humanisation »), et ne s’en sépare pas ; la réflexivité est ce mouvement qui récupère toujours constamment tout ce qui est réflexif ; Platon nous est infiniment présent, Dieu ou n’importe quelle réflexivité, serait-ce bouddha ou Confucius, etc. Evidemment tout cela en son lieu et place (dans la compréhension de ce qui s’est formulé en tel et tel cas).

Rien de ce qui est, ne nous est étranger de ce point de vue là.

On ne sort pas de l’universalisation, même selon les contemporains ; il se trouve que l’on remplace la raison par le langage, le désir, l’inconscient, la vie, la force et puissance, etc. tout cela prend place en tant que substitue à l’universalité. Et là où l’universalité nous renvoyait à notre jugement (après tout il fallait juger de la vérité de tel ou tel argument), par contre nos modernes prétendent que ceci ou cela, n’importe quelle partie du monde, du donné, du vécu, est non seulement le discours qui décrit cet universel, mais qu’il montre la réalité, telle réalité « en dur » et de ce fait se flatte d’être ce discours incontestablement « vrai et réel ».

Ce qui est assez peu rationnel. De ce que les sciences décrivent effectivement des objets qui fonctionnent et sont tenus pour vrais et réels (en ce sens là et non en un autre qui extrapolerait ce qui est appréciable de tel objet isolément vers l’ensemble de ce qui est), on croit durablement tenir pour avérés des objets partiels que l’on énormisent et par lesquels on entend traiter ces ensembles que sont les sociétés humaines, les personnalités, les devenirs et l’historicité.

Cependant toutes les occurrences sont bonnes à prendre et les causalités qui nous conditionnent sont ainsi reconstruites, il suffit juste de ne pas mélanger ce qui s’en distingue. Il faut laisser la raison métaphysique là où elle s’est déployée, cartographier les renouvellements de l’objet spécifiquement philosophique, laisser se dessiner les destinations éventuelles ; les hypothèses diverses, toutes les argumentations sont prises dans un mouvement que l’universalité tentait d’identifier mais que les propositions modernes ramènent à des objets partiels.

Mais bien sur la philosophie ou les philosophes ne laissent pas les choses en état, en état de choses ; ils performent, ce qui veut dire transpercent la réalité, les réalités (enfin des discours que l’on prend pour les réalités surtout), et quand bien même ne le voudraient-ils pas, le réflexif en eux les poussent invinciblement de son principe propre ; il y eut donc d’innombrables percées, parfois hors de toute raison (mais peu importe puisque le réflexif est antérieurement à la « raison ») et souvent plongeant dans l’ontologie pure et réelle du dit ‘sujet’ (dont on ne sait toujours pas ce qu’il est, ni encore moins ce qu’il peut).

Il est donc faux de prétendre que la philosophie soit en difficulté (en quelque sens que ce soit) et enfin présenter que Stirner, Kierkegaard, Heidegger, Bergson, Nietzsche, ou Lacan, ne lancent pas des sorties hors de la philosophie ; ils réalisent au contraire la philosophie elle-même encore plus loin et plus profondément. En ceci que la philosophie a pris en compte l’atteinte absolue qui a transpercé l’humanité ; le méta mécanisme réflexif.

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La philosophie comme activisme

27 Octobre 2013, 11:41am

Publié par pascal doyelle

La difficulté de la philosophie tient en ceci ; lorsque l’on pense ce qui est, on se modifie soi-même ou plutôt on modifie son être.


Le quelqu’un de base
Habituellement on fait défiler les choix, les objets, les autres, etc, au devant de soi ; on en juge, désire, envisage à partir d’un être qui est « moi-même » et offre une stabilité. Aucune pensée ne vient relativiser cet être « moi-même » (du reste est-il atteignable vrai une prononciation seconde ?). Il est ce à partir de quoi on existe, se vit, rassemblant plus ou moins ce qui arrive, pivot ininterrogé.
A partir du moment où l’on veut penser philosophiquement, cet être « là » est annulé, et cesse ; on ne sera plus que ce à partir de quoi, de qui on « a » conscience. Ce dont on a conscience doit devenir ce que l’on est, sans que se présuppose un être réel. Il est une sorte de tourbillon, d’égarement à ne plus se garantir d’un pivot stable et ininterrogé, simplement là, ce corps, cette identité, cette personne, mais d’admettre que ce sera la pensée énoncée qui fera retour et viendra exister en tant que « nous ». Littéralement ça n’a pas de sens ; on incrimine la philosophie, de croire bâtir notre être de ce qui est énoncé, étant entendu, et c’est absolument compréhensible, que normalement quelqu’un pense et que la pensée, l’énoncé n’est pas « quelqu’un » mais n’est qu’idées appartenant à quelqu’un.
Le quelqu’un est la base spontanée ou déjà là, et ensuite il y a des idées qui parlent de choses, d’objets, de décisions (de quelqu’un pour ceci ou cela), mais non pas que l’on soit « une pensée », qui comparativement parait être en mesure de vadrouiller en tous sens, sans rime ni raison, au hasard ou ne se justifiant pas d’une personne.


La totalité comme impératif interne
Il ne s’agit pas tant de penser tout ce qui est ; ceci est une conséquence, qui peut paraitre absurde ou prétentieuse, une conséquence qui résulte de la nécessité de faire le tour de la pensée, étant entendu que l’on va « être » la conscience que l’on « a », et non plus avoir des idées à partir d’un quelqu’un qui est déjà, et que donc toute l’énonciation se veut intègre et intégrale ; elle occupe tout le champs de ce qui est possiblement. Si l’on est l’idée que l’on a, il apparait nettement qu’il est préférable de posséder entièrement cette idée, de la parcourir complètement et non à moitié ou au quart. Si l’on devient l’idée que l’on a, alors que l’on n’est plus soi-même quelque « un », cette idée doit couvrir le maximum de pensées et se posséder intégralement ; elle est nécessairement la pensée de tout (de tout ce que l’on va avoir à être, de tout ce que l’on vit, de tout ce que l’on perçoit, de tout ce qui est et même de tout ce qui n’est pas, de ce qui pourrait ou est antérieurement à tout existant réel simplement possible abstraitement).
On fait face à ce vide formel que rien ne précède et qui ne se définit a priori par rien, et n’existe que de s’énoncer. Ce qu’il va être repose sur son énonciation.
Il ne faut pas se centrer sur les définitions qui viennent immédiatement à l’esprit ; l’homme comme animal raisonnable, le sujet idéaliste, la raison comme corpus tout constitué, etc. ce sont des acquisitions secondes à partir d’un être vide mais formel qui produit son être ; son être est constitué finalement de par soi en tant qu’il s’énonce et donc refuse d’être un « déjà-là » qu’il ne maîtriserait pas.


La supposée aliénation ou illusion
On peut facilement objecter que cette production d’une idée de « soi » (de ce soi formel) est elle-même un jeu de dupe et qui va valider ou justifier des conditions d’existence ; l’idéalisme serait une idéologie, ou la théologie, etc. mais cette dénonciation occupe elle-même l’identique position qui consiste à reprendre en main l’énonciation ; c’est à partir du vide formel que l’on se révolte contre les justifications idéalistes ou autres, on repart ou tente de repartir de zéro en présupposant que les conditions économiques ou les habitus sociologiques ou les aliénations seront levées. De fait la philosophie est depuis le début le soulèvement contre le donné accepté tel quel ; la dénonciation des conditions est tout autant le même cadre formel qui pousse à ne pas accepter ce qui est tel que cela est sous prétexte que c’est existant.


L’abstraction supposée
Parce que si l’on commence d’être à partir de ce que l’on énonce et non pas de ce que l’on est déjà, de qui l’on est, il est clair que tout étant, tout existant, chose ou être, est pris dans le mouvement et doivent être eux-mêmes remis et n’être accéder que par l’énoncé. C’est aussi ce que l’on a pu au fond reprocher à la philosophie ; de reconstruire abstraitement à partir d’un énoncé « qui n’existe pas » (et l’on peut affirmer que dieu, les mathématiques, l’idée, la liberté, le sujet, etc, n’existent pas, selon son orientation).


Le rond-point étourdissant
Mais la reconstruction que veut opérer la philosophie ne peut pas être séparée de son « entité » ; que l’on commence d’exister à partir du cadre formel qui se tient en cohérence. On remarquera que dieu, les maths ou la liberté ne sont pas admis tels quels philosophiquement ; la liberté par exemple n’est pas un faire n’importe quoi, n’importe comment ; dieu est explicitement réintégré en un autre processus que de seule foi et croyance.
La philosophie est seulement de porter réflexivement ce qui peut être de telle sorte que tout donné soit d’abord assujetti à l’énoncé ; de même que la politique se développe en veillant à ses propres intérêts et non plus en se soumettant à une royauté naturelle ou divine, une théocratie, une tradition quelconque (puisque chacun en politique doit assumer sa liberté, politique, en sa logique, d’assurer son pouvoir sur soi contre tout autre pouvoir). Ou l’éthique ou l’esthétique qui impose l’œuvre comme synthèse explicite du visible et valant chaque fois en et par soi, en chaque œuvre.
Mais de plus la philosophie tente d’isoler le mécanisme qui produit qu’il y ait une forme vide fondée sur son énonciation d’une part mais aussi sur ce que cela signifie, comporte, assigne dans le tout de ce qui est ; qu’est-ce que d’exister réflexivement (qui existe en divers domaines bien que la philosophie ait pensé un temps d’accaparer le réflexif, puisqu’il s’agissait de son objet propre et qu’elle a surgi afin de théoriser ce qui arrivait en l’humain).

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La mondialisation comme effet

26 Octobre 2013, 10:37am

Publié par pascal doyelle

Ce que l’on nomme mondialisation, soit le dépassement des Etats, de la formule étatique, est l’effet d’une désorganisation fondamentale du monde ; il n’est de réel que le privatisme de tout ce qui existe humainement (et naturellement de par le fait). Cela revient à ; ayant inventé la liberté, l’être-libre qui est à lui-même sa propre justification, tout et n’importe quoi est validé de par soi.

Ce qui équivaut à agir, décider, désirer, sans intelligence. Il est clair que si l’intelligence n’est pas de fabriquer, d’élaborer, mais de réfléchir, c’est un monde sans réflexion (ce qui ne signifie pas que l’on n’élabore pas quantité de processus divers, mais que rien n’est coordonné, rien n’est régulé).

Ceci revient à un égoïsme tout terrain ; aussi bien dans l’organisation ou les métaorganisations, mais également dans les objets mêmes de nos désirs.

Que l’on ne réfléchisse pas du tout, (et que donc il n’est aucune coordination, et donc aucune démocratie à un certain niveau, que l’on atteint rapidement du reste), signifie que le vide ainsi créé par le libre, est immédiatement rempli, rempli par des immédiatetés ; par de pauvres désirs et de pauvres stratégies, sans envergure, qui s’accumulent et ne mènent nulle part, s’effondrent et s’anéantissent.

Or cela seul qui puisse remplir le vide du libre (qui valide tout et n’importe quoi, sans coordination, et sans esprit, sans compréhension) est l’intellect ou l’entendement ou le savoir. Ce ne sont pas les connaissances ; elles se développent selon leurs objets et ne remontent pas dans la matrice, le logiciel de base. Et le plus étonnant est que les constitutions des pays, des Etats, comportent, elles, cette intelligence ; raison pour laquelle les constitutions, cela même qui définit les contrats entre citoyens, ne sont pas réellement appliquées. Il n’est aucune volonté d’appliquer les constitutions, et la puissance, la richesse se retirent des Etats, du droit, de l’esprit commun.

La mondialisation est donc d’outrepasser les Etats et les droits et les constitutions. Ou donc la dérive de tout Etat qui se transforme en étatisme ; l’Etat devient le contenu de l’Etat ou identique à la société civile, et oublie qu’il a pour fin, pour essence autre chose que lui-même ; l’essence de l’Etat est la démocratie. En réalité l’essence, la méta-essence du monde humain est la démocratie. Dont on ne sait pas ce qu’elle est au sens où on ne sait pas jusqu’où et comment elle peut exister.

La démocratie qui est le pouvoir sur soi-même ; le pouvoir pour chacun d’agir sur et par son vécu, son monde. si ce pouvoir s’accumule diversement en quelques uns, l’efficacité démocratique (qui est que « on ne se laisse plus faire par une distribution anormale du pouvoir », et qui contient que chacun réfléchisse et ait l’intelligence de son devenir), ces pouvoirs, ces méta-pouvoirs étouffent la réalisation ; ils imposent des finalités tout à fait immédiates et non pas réfléchies, et utilisent la Richesse (comme richesse de tous et de partage, suivant en cela l’universel qui est le partage du vrai, du bien et du beau, etc, mais surtout qui Est le Partage lui-même).

Dans la mesure où le privatif fixe tout ce qui est dans le monde, il atteint à la racine le vécu lui-même ; il remplace qu’il y ait en et par chacun une source vive, et en symbolisant cette source, la représentant, en la soumettant à autre chose qu’elle-même ; puisque cette source ne peut en réalité se représenter par rien, elle ne peut exister que de et à partir de soi ; toute représentation de la source qu’est chacun est un mensonge, et une exportation hors de soi. c’est se livrer aux autres, à tout autre, quelle que soit cette exportation elle s’inscrit hors de soi rendant impossible que l’on s’atteigne.

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L'Oeuvre selon Nietzsche

24 Octobre 2013, 19:25pm

Publié par pascal doyelle

Toute œuvre est supérieure en tout point ou en son essence à tout langage ; c'est autre chose qu'un Dire énoncé, et la réflexion qui prélude ou surgit ensuite, est prise-dans l'œuvre ; Rimbaud échappe en tous sens (sens des mots et sens perception et sens de la vie , du reste il a abîmé sa vie littéralement, puisque de toute manière il était déjà dehors, dans le Grand Dehors). C'est pour cela que Nietzsche a élu l'œuvre comme accomplissement non pas sans réflexion ou réflexion post ou antérieure mais aussi en tant que les réflexions sont contenues en l'œuvre (et donc supérieure à la philosophie ou à la vérité)
Et plutôt que de dire que l'on ne peut pas dire ceci ou cela (par la négative) et que l’œuvre s’en charge, il faut accentuer l'inverse ; on peut manifester la vérité en tant qu’œuvre, et réellement en un "Objet" absolu : c'est un acte qui prouve que (ce qu'il prouve est encore toujours en marche, en cours, en devenir et n’est stoppé par aucun énoncé).
Pour cela Nietzsche décentre la "pensée", la finalité n'est plus de comprendre (c'est un arrêt du devenir et l'art montre le devenir), mais ça n'est pas non plus de ne plus comprendre ; il veut montrer que l'art est une compréhension-qui-est ; il ne faiblit pas sur « il y a de la vérité », au contraire ; il dit "elle Est". Certes on ne peut peut-être pas se satisfaire entièrement de cela ... mais il exprime vraiment une possibilité exacte et réelle (qu'il y en ait d’autres est une autre question) que l'on n'avait pas vu, pas dite, pas rendue en conscience.


L’œuvre renvoie à celui qui l’engendre : elle montre jusqu’à quel degré il est possible d’investir l’être non en le surplombant (aucun surplomb ne tient « ce qui est » au même degré que l’objet absolu), mais en l’acquiesçant, de sorte que si l’œuvre est un enracinement d’elle-même, elle connait l’être du dedans au mieux ou tout au moins est saisie de la logique, de l’ontos lui-même.
Notre être est donc de ne pas demeurer extérieur à l’être (extériorité que cautionne toute moralité ou toute réflexion abstraite).
Mais aussi le devenir-œuvre est la réflexivité elle-même. Comme il est absolue réflexivité de « ce qui est » à « ce qui est » par l’entremise d’un « soi », ce qui compte est le devenir même de cet être en tant qu’il peut admettre (le plus et le plus loin ou le plus dense) et susceptible de porter « ce qui est ». Dont rien d’autre ne rend compte.
Pour cela, peu à peu, Nietzsche qui percevait ce mouvement silencieux (qui ne se parle pas ou dont le parlé est intégré au silence) comme devenant Œuvre, se rend compte qu’il est lui-même cette Œuvre ; que ce qu’il travaille comme objet, et se transmet (sans se dire), il le devient comme saisie en et par cela même qui est ; il devient le devenir même, l’activité de devenir.

Autant admettre que cela ne cède à aucune facilité, ni n’est satisfaction ou bonheur (au sens de se lover en ce qui est). Et pour cela il faut inventer une nouvelle expression de l’activité pure, ce degré d’être qui outrepasse dans la mesure où l’on n’est plus « qui l’on est » mais une force, une puissance qui s’accomplit.

Etant philosophe, Nietzsche ne parle pas en son nom propre ; il est, Nietzsche, le principe qui se montre. Il concerne tout chacun (mais non "tout un chacun" dans sa perception forcenée) qui s’engendre parce qu’il engendre. En cette extrême objectivité. Qui engendre en tant que puissance ; qui manifeste le potentiel (qui n’appartient à rien ni à personne). Il montre donc l’activité en tant qu’universelle ou plutôt en tant que Règle (la règle est ce qui « est plus grand que l’universel »).

De même Descartes est devenu pour tous la Règle même.

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