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instants philosophie

Histoire amplifiée de la philosophie

10 Août 2013, 16:02pm

Publié par pascal doyelle

La définition de la philosophie comme métaphysique revient à proposer d’établir un discours, une théorie, une pensée objective de « ce qui est » sans qu’il soit tenu compte de notre état de fait, à savoir la distance infranchissable. Distance entre quoi et quoi, on l’ignore pour le moment.

Il ne faut pas croire que les 2500 ans suffiront pour épuiser l’ambition, ce par quoi notre-être, qui est radicalement étranger (à tout), nous conduit. S’appliquant comme un mécanisme mais ce mécanisme étant de conscience, il est un se-savoir, et donc mécanisme absolu et comme tel est la puissance même (au moins autant que nous puissions rencontrer la puissance, et sans préjuger de ce à quoi peut atteindre le potentiel en cet univers ou en d’autres ; il est peut-être d’autres formules d’existence décuplées).

Les deux réflexivités en vigueur

L’universel et la métaphysique ne sont pas la seule réflexivité agissante ; il est, au moins, une autre qui stipule la dernière conscience indéfinie (dieu et le christ et donc le saint esprit, qui manifestent réellement le structurel agissant, indépendamment de la croyance, qui regarde chacun et sur laquelle aucune position ne peut être prise philosophiquement), et qui a, cette autre ambition structurelle, développé une intentionnalité spécifique qui montre bien que le réflexif double l’universel grec et même l’emporte, puisque la pensée chrétienne a engendré une acculturation généralisée, et ce l’une par l’autre.

La pensée grecque métaphysique veut réellement assujettir toute la réalité en sa pensabilité ; le pensable, ce qui est pour-nous compréhensible, est la mesure.

La pensée chrétienne incline à ramener cette pensabilité à comprendre la volonté de dieu ; il est dans la pensée chrétienne une lutte qui veut imposer à dieu le traitement d’un objet de pensée, ce qui ne se peut pas. Descartes va lier par contre notre être sous sa condition de volonté infinie à l’être de dieu comme super éminent, et annuler que dieu soit saisissable en pensée ; il ne sera accessible qu’en intentionnalité.

La pensée et les pensabilités

Mais dès lors puisque Descartes (puisqu’il existe et a eu lieu), la pensée s’est vue transformée en pensabilité ; elle n’est plus la finalité « instinctive » et instantanée, mais est une réalité objective manipulable, à partir d’un externe donc (la volonté ou la position globale du « sujet » par Descartes, excentré par rapport à la pensée, ainsi les idées cartésiennes sont étranges et sont des rapports ; par le doute l’idée perd sa spontanéité et est relativisée).

De la sorte Leibniz ou Spinoza entreprennent une reconstruction ; poursuivent une mathématisation de la pensée qui devient pensabilité et continuera comme pensabilités divergentes (puisque le centre est devenu la volonté, le doute, l’intentionnalité, qui est seule certitude de son être ; on ignore l’être de la pensée). Mais de même c’est cette pensabilité, la pensée relativisée, qui portera le criticisme kantien et le vertige hégélien. En tout la pensée n’est plus la voie royale, mais cela n’incline pas à admettre qu’elle disparaisse et encore moins qu’elle soit remplacer par le « sujet », l’intuition, l’irrationnel, ou tel et tel donné (la matière, l’économie, la vie, etc).

La forme ontologique de cet-être

La pensée se continue sous sa métamorphose ontologique mais aussi comme pensabilité qui va exploser les pensées possibles, comme logiques et mathématiques décuplées, comme hégélianisme ou comme analytique, et encore comme pensabilités selon le monde (telle ou telle partie de la réalité vient expliquer notre être, du langage à la génétique, de l’économie à la psychanalyse, etc).

La pensée est donc, grecque, toute une et enthousiasmée par sa découverte et s’invente selon cette universalité, rencontre la réflexivité chrétienne et s’y déploie indéfiniment sous l’effet de la liberté intentionnelle, de la dernière conscience de dieu qui est l’intention majeure de toutes les consciences, pour buter contre le cartésianisme et son cycle adapté qui procrée quantité de consciences libres (et non plus libérées par un Autre).

Philosophie comme dépassement éhonté de tout ce qui est

La philosophie a déjà largement absorbé et le recul de la métaphysique et le devenir de libération, en affirmant qu’il est une première conscience (Descartes, suivie de toutes les explorations libres qui suivront, qui exploreront le monde comme « notre-être » jusqu’à Nietzsche d’une part, son affirmation et sa certitude in-sensée, et jusqu’aux existentiels d’autre part et leur exposition objective et nette de la conscience première ; ce qui signifie la conscience qui est en tous et toujours semblable, absolument identique, pure structure).

La pseudo destruction de la philosophie

Ce dépassement étant accompli, on peine à comprendre ce que d’aucuns nomment le dépassement destructif de la philosophie, entendant par là l’extinction de la métaphysique ; elle est subsumée (absorbée, conservée et étendue) depuis bien longtemps.

Mais les critiques envers la philosophie continuent de la caricaturer ou en réalité de la comprendre sous la seule formulation de « métaphysique » élaborant un discours unilatéral qui supplanterait tout, ou comme universalité générique et relevant de la seule « vérité » entendant par là non pas le principe de vérité, mais une vérité de contenu qui posséderait les choses avant qu’elles mêmes se possèdent et qui plus qui penserait les être libres antérieurement à leur libre en propre, de même que l’on croit encore que la conscience est le « conscient ».

Tout cela est absurde, et montre un retard considérable sur ce qui est le mouvement même du devenir réflexif.

Elle n’est pas l’élaboration d’un discours plein et clos, ni la conscience n’est un conscient-forteresse, une identité fébrile qui tente de recoller les morceaux ; les désespoirs sanguinolents qui étreignent les cœurs n’ont tout simplement pas lieu d’être. Le devenir de ce qui est, est une source débordante.

Or comme le devenir conscience est in-sensé et non raisonnable au sens plat, on peut s’y perdre de ne pas percevoir le lien unique qui relie tous les dépassements ; comme si ce qui est, s’existerait rectiligne.

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Démocratie et liberté

8 Août 2013, 18:57pm

Publié par pascal doyelle

Il est curieux quand même qu’ayant accompli tout ce qui fut, on se mette à douter à n’en plus finir de découragements en crises d’angoisses, historiques ou individuelles, alors que visiblement ce qui fut lancé, (dont la philosophie est la pointe étrange mais non pas certes toute la surface), fut mené bon train.


La philosophie tire donc son origine de saisir cela même qui devait s’imposer, partout, à savoir la réflexivité comme dépassement de la synthèse (des langages et des groupes, des immédiatetés et du corps donné « là », via donc l’universel grec et le devenir conscience chrétien).
Puisque c’est de réflexivité dont il s’agit, réellement, il ne se pouvait pas qu’elle n’acquiert pas d’elle-même une Idée. C’est cette idée qu’expose la philosophie, dans sa structure même du savoir-connaissance : alors que savoir n’était pas découplé de connaissance.
La réflexivité est donc ce qui arrive un peu partout à tel moment, et qui refuse de se laisser faire par l’immédiateté et les vécus, comme par les langages et les groupes. Ce qui arrive a pris nom de « raison » et « universalisation ».

Les sciences, récentes en somme, ont poursuivi le dépassement inauguré par le savoir-connaissance qui prétendait ne se tenir que dans les mots, mais transformées en idées et les idées en systèmes ; les nombres s’incrustent plus délicatement dans les multitudes de variations de la réalité.

On remarquera que chaque science sait ce qu’elle dit, au moins à tel moment, mais ne peut affirmer que cette connaissance limitée soit partout et totalement applicable ; ce serrait non raisonnable d’extrapoler une description au-delà de son point d’application.
De même mais inversement, les sciences n’existent pas indépendamment de tel milieu et requiert une humanisation qui les soutienne. L’ensemble culturel qui les permet, est nommé acculturation généralisée, en ceci que la réflexivité est instituée comme humanisation et universalité et comme liberté et devenir conscience.


Il se trouve que cette universalisation s’est stoppée en des Constitutionnalités (qui ne parviennent que difficilement à se transformer en démocratie, quoi que d’innombrables inventions y prennent place, non seulement institutionnellement mais des mois eux-mêmes, les mai 68 divers et variés en tiennent lieu), de même que ces libertés se sont appesanties en des vies personnalisées, ou plus exactement en des « mois » ; parce que toute humanisation, universelle, se découvre comme un monde de mois, de moi-mêmes, et on ne pourrait plus concevoir de développement, de progrès sans cet investissement absolument concret qu’est « chacun ».
L’humanisation n’est pas la réalisation d’un homme générique, de besoins universels, mais la distinction en et par tout-un-chacun. L’engouement pour l’individualisme, l’hyper individualisation (consumériste en partie mais pas uniquement), est donc en partie légitime, censé, et valide.


Ceux qui réclament une réforme gigantesque qui annulerait la débauche d’individualisme en appellent donc à une règle universelle qui supplanterait ceci ; que dans une démocratie réelle individuelle, ce serait l’accord de chacun qui devrait permettre de réguler et non pas une universalité, une généralité ; forcément autoritaire. Dans une démocratie réelle, les tout-un-chacun doivent penser et accorder leur pensée aux autres. On dira que c’est précisément l’individualité qui s’oppose à ce qu’il y ait une pensée non pas commune mais un consensus intelligent, alors qu’en réalité ce serait plutôt la mécompréhension que chacun a de son individualité, stagnante dans l’immédiat, qui ne permet qu’il se fasse jour un devenir-intelligent.


Il n’est donc en ce sens pas suffisamment de raison, d’individualisme qui se comprenne plus adéquatement, de même que les institutions ne comprennent pas à quel degré elles naissent et se justifient de la Constitutionnalité même (qui n’est pas respectée en sa programmation), tout comme la constitutionnalité ne saisit pas qu’elle n’est pas un « état de chose » inerte, mais qu’elle tend en une finalité ; que cela soit réellement et de plus en plus dynamiquement démocratique.

Autrement dit, dans l’ordre des raisons, des concepts ; l’individualisme se doit à une acculturation réelle (et non pas fantasmatique exclusivement, sans que soit annulé le fantasmatique évidement), tout comme institutions, constitution et démocratie s’engrènent les unes dans les autres

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Contre les mécréants

7 Août 2013, 11:48am

Publié par pascal doyelle

Les ironies qui courent depuis des lustres sur la philosophie sont proprement nécessaires mais assez inconscients.
C’est qu’il s’agit de juger de ce qui existe soit comme désordre sans logique du tout, soit comme devenir de ce qu’il y a de meilleur.
Poser en principe qu’il existe une logique du meilleur c’est s’astreindre à essayer de comprendre en quoi et pourquoi, et donc à justifier, par exemple, même les positions des philosophies les plus éloignées des siennes propres. Tout entre en justifications, et il suffit de saisir en quoi et pourquoi et de forcer la pensée à imaginer les ressorts adéquats.
Autant dire que l’on se lance alors dans l’hypothétique, mais il n’est en ces domaines que de l’hypothétique.


Lorsqu’en effet on raille les invraisemblances ou les incompréhensibilités, on ne prend pas garde à ceci ; il faut qu’il existe au moins un discours qui se charge de ce que négligent tous les autres. Or l’hypothèse philosophique est de prétendre que cette reprise des négligences n’est pas elle-même un éclectisme ou une synthèse vague et hasardeuse, mais qu’il est en ce négligé une logique et une signification. Et qu’il se pourrait bien que le négligé soit lui et lui seul le sens même de tous les autres discours mais aussi de tout ce qui est de fait, partout.
Ainsi il existerait évidemment des logiques portant chaque discours séparé, mais aussi il existerait une logique intégrale secouant même les aperçus fussent-ils bigarrés en apparence, et qu’alors tout développement des discours séparés comme du discours général relève ici d’une science et là d’un savoir.
En gros il serait plutôt absurde prétendre qu’Aristote ou Heidegger, Descartes ou Hegel aient perdu leur temps. Ce serait manifester soi-même une négligence, réelle cette fois, un à peu près, un défaut d’ambition et une considération méprisante vis à vis de ce qui est, de fait, réel et actif. Il serait tout aussi absurde de prétendre que l’art africain est inexistant et en signifie rien, ou que les débuts de la science n’étaient que des fantaisies déplorables sans intérêt.


Or on doit chercher à comprendre ce qui est, au niveau même de la prétention qu’anime cela que l’on entend penser, comprendre. Il est totalement absurde de croire comprendre telle hypothèse divine, relative à tel absolument présent, si l’on n’intègre pas cette absoluité telle quelle, et qu’on la réduit à une psychanalyse du pauvre, ou un sociologisme ou quelque réduction que ce soit. N’étant pas au niveau de ce qui est pensé, ça ne comprend que petitement.
De même il est absurde de renier telle philosophie sous prétexte qu’elle ne rentre pas dans les cadres, tout relatifs, que l’on se serait soi-même, fixés ; c’est que les cadres ne sont pas suffisamment profonds. C’est bien d’un moment faible et peu entreprenant que de penser détenir à ce point la vérité (morte et pauvre) que de « choisir » qui a raison et qui a tort ; comme si il était possible qu’il puisse exister du négatif et du néant dans la réalisation des siècles.
Puisque ce qui est, est, alors soit on se condamne à une approximation de déchets divers et variés aux relations irrégulières, soit on postule que toute réalisation se tient de par soi ; qu’elle contient le devenir très réel et très exigeant en son propre ressort.


Les mécréants qui mésinterprètent la réalisation, sont eux-mêmes enfants de leur époque (comme tout le monde) et en vérité en soumettant le devenir à une mésinterprétation, réalisent effectivement un développement très instructifs et vrai en son point précis, et levant les voiles avec application, mais qui défilent, ces interprétations, sous les yeux du même esprit universel et libre, des grecs ou des chrétiens de la dernière conscience possible ; ces réductions manifestent réellement les causalités et les contingences et les conditions d’exercice de la réflexivité, et si ils suppriment telle ou telle valeur, c’est en vertu même de leur hypothèse de départ, absolument valable, mais qui devrait se connaitre relative.
En sorte qu’il n’est qu’une seule position possible qui consiste à affirmer la vérité de toute position, mais en exigeant que chaque vérité ainsi acceptée soit explicitée telle qu’elle se donne, se dit.
La seule position qui échappe à la mésinterprétation est la plus étendue possible qui se donne à voir, et s’expose, alimentant qu’il y ait débat (on ne débat que de l’exprimer, ou n’existe pour nous que le manifester (Hegel), et ce qui alors rechercher c’est le concept, l’idée, le principe le plus général possible qui puisse accepter toutes les attitudes à l’intérieur de sa position, et par lequel chacun serait en mesure d’accéder à toutes les vérités à l’intérieur du principe de vérité ou à toutes les libertés à l’intérieur du même libre.

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La conscience comme acte pur

6 Août 2013, 18:35pm

Publié par pascal doyelle

Si l’on définit l’ego cartésien comme esprit ou substance pensante en chosifiant cette « substance », il est clair que l’on passe à côté de ce que les textes cartésiens montrent littéralement en acte, en activité, en cet hyper activisme insituable. Sans doute Descartes nomme-t-il substance pensante lorsqu’il déroule sa vision de ce qui est, en opposition à l’étendue, cad à sa mathématisation dont on ne peut pas dire qu’elle soit dans son principe erronée.


Mais la substance esprit en question sert apparemment uniquement de dénommer « cela » que nous sommes et on serait bien en peine de circonscrire l’esprit en son unité supposée (par d’autres que Descartes) puisque la pensée que l’on est se présente comme un ensemble ; doute-cogito-infini ; puisque ce que décrit Descartes est l’activité même de cet « esprit » dont il n’est de fait aucune preuve que sa monstration ; en quoi consiste la méthode qui fait-voir, à laquelle on assiste en direct. Ce qui marque si fortement est que c’est d’une actualité réelle sous nos yeux par laquelle la pensée se prouve et se montre en même temps.
Cette actualisation de l’esprit n’est donc dans le texte rien que l’attention qui agit, avance, se retient, se suspend, se rive et se dérive, s’articule ou se désarticule. Que cette activité soit absolument là, présente et agissante, on n’a rien pu lui opposer.
D’autant que la pensée comme myriades de variations Descartes la constate et en rend compte ; il n’est rien que description presque totalement lucide de « ce qui se passe », inaugurant toutes les descriptions et expériences de soi comme « attention-à » qui suivront.


De là, on portera attention à ce qui est, dans la conscience que l’on a.
Le nihilisme des « peu de foi » consistera donc à ne pas croire que cet être de conscience a de soi un accès à ce qui est sous la forme d’être ce que l’on est ; si l’hypothèse que la conscience existe et est réellement conscience, alors il n’est pas sot de penser que cette conscience, qui est se-sachant (aucune conscience n’est ignorante de son être, de son exister, par définition), que cette conscience contient dans sa forme simple (elle apparait à elle-même quel que soit son nom d’emprunt) son intuition.
S’il n’était question que d’une intuition d’une extériorité, ce serait complètement discutable. Mais cette intuition n’est pas dépourvue ; elle est de par soi réflexive et cherche toute armée de ses idées, universalités, pensées, logiques, et autres, à définir, préciser, analyser, penser cette description de soi, de son être. Cette intuition est donc argumentée.


A quoi on oppose la qualification de la réalité telle qu’elle se présente objectivement ; on entend par là que si la conscience existait, elle serait représentée, représentable dans une théorie descriptive qui parviendrait à en discerner les contours au lieu que Descartes simplement se montre agissant. Ce discours objectif décrirait toute-organisée une essence, une composition de notre être.
Autrement dit cette objectivité donnerait expliquée cette conscience dont on n’a aucune représentation puisque c’est elle qui re-présente ceci ou cela ; son être est un réel, ce qui veut dire que l’on ne peut dériver « avoir conscience de » de quoi que ce soit. c’est comme si l’on pensait dériver « être » de quelque « chose » connue (qui est incluse dans l’être lui-même), comme si l’être sortait du Un, du Bien, du langage, etc. Etre est indérivable, tout comme avoir conscience-de est non composable.
Il y aurait sans doute à venir une description des processus physiologiques de « conscience », et cela nous en apprendra, mais même des compostions physiologiques, on ne pourra pas en remplacer la conscience-de par ces descriptions, pour la raison que « êtrecosnciencedesoi » est déjà une représentation en laquelle on est « en présence » de soi.


La question de ce « soi » se pose, et d’autant plus que Descartes est suffisamment lucide pour noter ici et là comme l’attentionnalité est plurielle et investie ici ou là. (Et de fait Descartes ne pouvait pas tout découvrir en une fois (de ce qui par la suite le suivra).
Les critiques vont bon train qui identifie la conscience au conscient et plus loin à une identité composée et enfin à une substantialisation de cet être ; alors même que Descartes nous livre d’assister non à cette substance (dans un discours tout fait) mais à une activité, une action en directe et d’autant plus étrange qu’elle reste suspendue en un doute purement virtuel et libre.
Définir la conscience comme une unité faite pourrait éventuellement porter à se contenter d’un discours, mais la conscience est non une unité « là » mais une unification et cette activité (qui déborde constamment n’importe quel conscient) ne peut pas relever d’un discours qui se refermerait sur lui-même ; il ne rendrait pas compte que la conscience est ouverte et refuse de se fermer (sinon en des discours extérieurs qui prétendent se passer des consciences réelles en activité).
Ce sera donc toujours enfermer ce qui est constitué pour précisément ne pas se clore (aucun contenu ne borne une conscience) ; si la conscience se refermait, elle serait de peu d’utilité, et n’existerait pas.

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Le "ce qui est" suivi du "qui est"

3 Août 2013, 10:28am

Publié par pascal doyelle

Aucun discours, aucune théorie, aucune pensée n’est le monde, le seul être qui ait un début d’accès à tout ce qui est, est chaque conscience.
Il n’est aucune science ou pensée organisée ou désorganisée qui soit équivalente à la conscience qu’est chacun. Toute science ou pensée dit ce qu’elle dit, et cela est souvent très utile, mais elle ne dit pas au-delà de son cercle ; or le monde est au-delà de tout cercle, forcément limité.
Le fait que l’on soit conscience (et que l’on ne connaisse pas ce qu’elle est, sinon de la nommer telle puisque se-sachant, elle est instantanément son accès à « soi ») admet sans problème qu’il y ait des discours et des théories et des objectivités pourvu que celles-ci n’entament pas son indépendance (laquelle est au fondement de l’indépendance de chaque objectivité) ce que de toute manière ces discours ne seront pas en mesure de circonscrire ; puisque la conscience est justement cela qui est posé à l’horizon du monde (réel) et que cet horizon est unique.
Ainsi la conscience est « cela même qui est adéquat à l’horizon unique d’un seul monde ».
Croire remplacer cet être par une figure de cet être ou une représentation du monde, est absurde.


Comme cet être ne renie pas du tout qu’il ait à utiliser des discours ou des sciences mais qu’au contraire ce « sujet » se sait comme origine de tous ces discours, qui ne sont en aucun cas autres que lui (ils devraient s’égaler à son être), et qu’il se sait de fait réflexif, et ce instantanément, (la conscience est retour-sur tout donné qui « arrive » dans son champ et ce champ s’étend en tous sens éventuel, de la physiologie et perception, aux signes et aux langages et de toutes logiques qui se puissent), se sachant réflexif puisqu’existant réflexivement de fait (c’es sa structure) il n’est pas non rationnel, mais de fait en cette rationalité qui est elle-même originelle par rapport à la « raison » qui est seconde (mais non pas secondaire).
De ce qu’elle se sait soudainement en notre histoire si résolument partagée en tous, en toute conscience, de fait, il lui vient que cette indépendance soit non rationnelle ; elle ne se soumet pas à la raison, et encore moins au raisonnable, fade, étant le libre pur qui va se-sachant (le libre est sa propre Idée, au sens quais cartésien de « idée », qui n’est plus la notion scolastique ou l’idée grecque et n’est pas non plus le concept hégélien). Mais c’est au-devant de soi qu’elle se dit ou se croit irrationnelle ; vitaliste, bergsonienne, hors raison ou ignorant la raison, Stirner, nietzschéenne et purement affirmative, ou angoisse, Kierkegaard, ou immergée en l’être comme Sens nous dépassant, Heidegger, etc. Cet au-devant de soi est son acte de liberté mais sans comprendre que le libre tout en étant effectivement hors de la raison raisonnable fade ou impérieuse, ce libre est en soi « plus que rationnel ».
Pour cela on ne se suffit plus de la métaphysique et fut entreprise une ontologie ; soit donc la logique de « cet-être » (qui commence donc par la Méthode de son accès à son Réel, lequel Réel, cet être, outrepasse ce qu’il dit de lui-même mais n’est pas de ce fait séparé de ce qu’il dit, ce qu’il dit s’ajoute à son être, sans qu’aucune parole ne puisse outrepasser cet être, mais souvent le contraindre et parfois le révéler à lui-même).

L’ontologie renie qu’il puisse exister un discours qui soit plus grand que son origine (ou qu’il soit total alors que le monde est cet horizon-unique que rien ne « dit » intégralement ou qui lui soit comparable ; affirmant par là le lien radical, à la racine, de la conscience faite-pour un tel monde « là »), il est donc inutile de penser vouloir un discours total (pour le moment et tant que les objectivités ne parviennent pas à réunir la totalité de toutes les totalités du monde ou des mondes si il en est d’autres, ou donc il est possible de vouloir un discours total mais en tant qu’hypothèse et en admettant que préalablement il est une réflexivité ontologique exacte qui fut pro-posée), par contre il est en notre saisissement de nous rendre compte de la source ici même que l’on est.
De cela on est passé donc du « ce qui est » au « qui est ». Dont la description est initialement cartésienne qui entraînera toutes les suites (ou en marquera la venue au monde déployée dans tous les autres domaines du devenir).

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Le libre contenant la vérité

30 Juillet 2013, 10:01am

Publié par pascal doyelle

La philosophie révèle donc ce qui est tel que cela est : et ceci d’abord en tant qu’universalité. Elle se conjoint aisément avec la révélation chrétienne puisque l’une comme l’autre sont réflexives et usent du même être ; ne pas se laisser faire par ce qui est.

Ne pas se laisser faire par le langage (et le groupe), ne pas se laisser faire par les consciences prises dans les vécus ou dans le monde qui divise les consciences (de par les intéressements multiples et immédiats).

Il n’est rien en cela de « moralisateur » ou d’une morale à la petite semaine, ni d’une idéologie qui cacherait des intérêts mondains sous couvert d’un « idéalisme » au sens large. C’est uniquement à rebours que l’on pourrait juger selon cette négativité, étant entendu que l’on est alors déjà « libre dans un Etat », et doué d’un regard objectif, dit du sujet de la science, du sujet abstrait, et que l’on a déjà intégré le sujet né de l’acculturation généralisée (du processus de dernière conscience indéfinie et donc libre mais consciente de soi, (l’indéfinie conscience est le retour sur soi, vide, qui garantit non ceci ou cela, mais la conscience comme structurelle) non pas libre pour rien mais libre pour propager le libre, qui signifie la réflexivité, et non pas le corps).

Si l’on juge du sujet réel, du sujet réflexif qui est la conscience distante qu’il est, depuis les deux réflexivités, universelle grecque et chrétienne de la dernière conscience indéfinie, libératrice, si l’on en juge en fonction des parties du monde (les objectivités des sciences, les reconstructions de sciences humaines, l’inconscient ou les signes du langage, ou le langage lui-même trompeur, etc), alors on passe outre l’ambition menée depuis le début réflexif et on ne comprendra pas réellement ce qui est en jeu.

Pour comprendre le jeu il faut admettre les paramètres adéquats et ces paramètres la philosophie est seule à les produire, les exhiber, puisque la nature même de la philosophie est initialement l’étonnement de et pour la réflexivité ; pourquoi peut-on « comprendre » ? et cette « compréhension » n’est pas seulement l’élaboration des règles de la pensée : comme on peut voir que la philosophie dès le début se mêle de tout ; elle produit non pas une connaissance (limitée à un objet découpé) mais un savoir qui est réflexivement la mise sous tension et d’abord sur l’être.

Ce que l’on nomme « être », l’objet absolu qui contient tous les objets, est avant tout l’actualité totale de tout. Tout est absolument présent en une fois et selon la compréhensibilité (les choses sont pensées dans des idées) et la compréhensivité (les idées sont pensées dans l’Idée des idées, l’idée qui donne et l’organisation des idées et la raison d’être des idées ainsi que la compréhension qu’il y ait un tel « être qui pense »). L’être métaphysique est l’objet de pensée, puisque si l’on ne comprend pas ce que l’on dit, on n’existe pas.

On n’existe pas ou plutôt on existe dans le cercle restreint de son immédiateté, de ce qui est expérimenté plus ou moins en désordre (et si peu ordonné) et livré aux errements. Que quelques uns ont cru demeurer maître de l’expérience livrée telle quelle et en tirer une vie, cela n’est vraisemblable que de ceci ; ils étaient déjà libres, et ayant acquis cette liberté, mais ne le reconnaissant pas, ils ont pu croire qu’ils tenaient de l’expérience limitée individuelle seule, leur être. En fait leur être est tenu du libre et non de l’expérience. On peut vouloir se passer de la raison, mais cela à partir d’une raison acquise ; en soi l’expérience immédiate mène à l’expérience immédiate et c’est tout. De même on peut penser selon une objectivité (les sciences, humaine sou non, le marxisme telle idéologie, l’Etat séparé de l’Idée de démocratie, etc), mais ce sera surtout afin de réduire les autres consciences à n’être pas la conscience qu’ils sont.

L’être comme idée métaphysique est conservée au sein même de la réflexivité, mais elle est augmenté ; ou plutôt l’être lui-même est augmenté de ceci qu’il prend conscience de soi comme conscience et que cette forme entoure toute pensée (qui devient le pensable ; comme l’on voit suite à Descartes, que la pensée se pense soit comme empiriste (la pensée cherche ses causes dans le monde, le corps, l’image, etc, ou le langage), soit comme « mathématisée » (selon Leibniz ou selon Spinoza qui désirent inventer ou découvrir la pensée comme un objet absolu et non plus penser l’être, objet absolu, comme pensée ; il est une relativité de la métaphysique post cartésienne par rapport à elle-même, jusqu’à Hegel qui expose la pensée comme Autre pour une conscience éperdue qui ne sait plus où elle est).

Les deux erreurs

Mais l’être est conservé non pas comme métaphysiquement relativisé, mais comme ontologie ; on se saisit de l’être en cet être-çi. Le dit « sujet » (dont on ne sait pas ce qu’il est ni pour quoi). C’est interpréter selon la métaphysique le dit sujet que de croire qu’il est en somme l’esprit, la subjectivité idéelle (Hegel trouve absolument que ce sujet là, interprété métaphysiquement, est la subjectivité idéaliste ; en somme l’esprit qui se dit « je », la pensée en personne (et non plus la Pensée égale en son objet un et tout qu’était l’être métaphysique).

Le sujet, le dit sujet, est tout autre chose ; il n’est ni objectif, ni subjectif ; il est le un comme source. Et c’est en ce sens que l’on dit « ontologie ». Ça n’est plus la pensée en général qui parle de l’être comme un et tout, comme totalité, c’est un-être qui montre la logique de son être. Et cet être qui endosse le discours, la raison la fait sienne, la métaphysique et l’absorbe, ne montre pas son corps, son vitalisme, sa psychologie, sa subjectivité, son langage, etc ; il montre ce qui se révélera comme son « être » réel par Husserl entre autres. Son être qui n’appartient ni au corps, ni au langage, ni à la psychologie ou son individualité, mais qui n’est plus lui-même l’universalité métaphysique et ne parle pas selon la Vérité, mais selon le Libre.

C’est une ancienne manière que de comprendre l’advenue du libre comme relatif à la vérité (Badiou) ; une vérité qui ne serait pas le libre pur d’abord, ne signifie rien pour-nous. Elle est discréditée d’avance ; puisqu’elle ne pense pas suffisamment loin, et restreint pour-nous la vérité justement. Parce qu’il faut comprendre que c’est du point de vue du libre (qui avance dans « ce qui est » en passant du métaphysique à l’ontologie, à la logique de cet être-çi) que la vérité est bien plus grande que selon la vérité seulement métaphysique ; et ceci non par contradictions et opposition, mais parce que la métaphysique devient ontologique ; qu’en somme le libre n’est un « là » inerte ou du n’importe quoi, mais est structurellement absolument réflexif et donc engendre une plus grande articulation/désarticulation à « ce qui est ».

L’otologique est donc d’abord cet être-çi mais en tant que réflexif et non pas être-là, et expose tout selon son principe formel ; la vérité n’est pas une vérité, mais est la vérité comme principe. La pensée du sujet libre (dont l’essence est non pas le sujet mais le libre, cad un principe) selon le moi post moderne, comme on dit, soit donc une sorte de nihilisme (qui ne croit pas que la raison est, en quoi il a raison, sauf que la raison est depuis Descartes au moins la réflexivité dite à elle-même, la réflexivité englobant la raison et l’approfondissant), réduit considérablement le champ et du libre et de la vérité ; il renie tout, n’est plus métaphysique mais non plus ontologique.

Le post moderne ou le nihilisme croit que le sujet est un être-là ; alors qu’il est réflexif. Il peut bien tenter de situer le sujet (réduction de l’être-libre) ici ou là, dans le corps ou le désir, dans le langage ou la société, l’économisme ou le naturalisme, ça ne rentre pas. Il n’est nulle part de lieu qui contienne l’être-libre, cad le réflexif « ontologique qui intègre le métaphysique ». Lequel est né depuis Descartes quand même… Ce qui veut dire un retard de penser le donné qui interprète encore la conscience comme, si elle était un « conscient ».

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Qu'est-ce que la philosophie ?

28 Juillet 2013, 09:00am

Publié par pascal doyelle

La révélation de la philosophie

Tandis que l’on passe d’un principe de synthèse des immédiatetés (dans la Parole-groupe-monde particulier-immédiateté) à une réflexivité (qui médiatise et dépasse dans la raison qui se substitue au langage, l’éthique et la politique qui remplacent le groupe, l’esthétique et le devenir indéfini de la conscience, chrétienne, qui se renverse l’immédiateté), il se crée la philosophie.

Laquelle n’a pas rien à voir avec « ce qui se passe » ; à savoir la réflexivité ou l’impératif de ne plus se laisser faire par le monde particulier d’un groupe, ni par le vécu immédiat et limité d’un individu. La philosophie est la prise en charge de ce qui arrive à l’histoire en ceci qu’elle est l’étonnement devant la capacité réflexive elle-même ; ce qui joue partout ailleurs, réflexif du politique ou de l’esthétique, prend fait et cause pour soi, réflexivement, et se nomme soi-même : philosophie.

Elle servira ainsi au moins de marqueur des arrivées nouvelles (qui peuvent affecter tous les autres domaines, mais puisque la philosophie se dit d’elle-même réflexivement, elle est spécifiquement expressive du mouvement de dépassement et parce qu’elle élabore les mots et surtout les phrases dont elle se sert pour identifier cette nouveauté dans le monde humain ou plutôt les mondes humains de cet ou ces époques (le même revient et ré-insiste constamment ou éventuellement), parce qu’elle développe les critères, les repérages qui sont adaptés à cette invention réflexive, son utilité est sans égale ; elle seule nomme ou tente de nommer l’absurdité ou l’impossibilité qu’il y ait dans le monde un être-autre, qui est radicalement Autre (puisqu’il est une forme pure qui n’a affaire à rien, étant non composée).

Philosophie est donc l’appréciation de « ce qui se passe » et dont on n’a pas encore rigoureusement défini l’action, l’activité, l’hyper activisme, et encore moins la ou les finalités réelles. C’est seulement depuis que l’on va fixer à peu près et dans le brouillard ce qu’est cet être-autre ; en tant que conscience et en tant que conscience comme mécanisme réflexif.

Il faut donc prendre au sérieux la philosophie : elle entend révéler « ce qui arrive de nouveau » dans les mondes humains et va créer en majeure partie ce dont il est question en tant qu’universalité ou raison, réflexivité ou individualité, vérité ou liberté, et ce en portant jusque dans les réalités les effets de l’être-réflexif que l’on est.

Evidemment on est d’autres ensembles encore (la conscience est dispositif ou plutot mécanisme dans les dispositifs, de la physiologie aux idées, via langages etc), mais le réflexe « conscience-de » est la pointe déterminante qui permet les dépassements et engendre ces effets dans la réalisation, cad dans l’ouverture du « rendre réel ». amener au jour ce qui ne se nomme pas mais commence par la réflexivité de nommer à son tour, sans plus disparaître ni dans le langage ni dans l’immédiateté des vécus (à quoi on était relégué jusqu’alors dans des mondes humains particuliers), nommer ce « non-réel » qu’est la conscience est ce dont la philosophie se charge et qui épuise totalement son essence ; elle n’est rien d’autre ; elle n’est que la conscience de soi de la conscience (comme réflexivité active qui s’acharne sur le pauvre monde, en somme).

Mais la conscience en tant que vide ; comme forme active et non pas comme on a pu l’interpréter au début, non pas comme idéel qui parce qu’il nous donne l’augmentation de notre être (qui universalise et étend considérablement notre être jusque là limité) serait, cet idéel, en lui-même un « quelque chose » (d’idéaliste, de métaphysique, de super essentiel, qui parce qu’il nous donne une cohérence « serait » la production des choses et des êtres).

Si l’on en reste à la philosophie comme savoir-connaissance qui détient la Vérité comme contenu, on ne comprend pas du tout par exemple et essentiellement cependant, ce qui se passe au-delà de Hegel ; sinon un bric à brac qui part en tous sens. Ce serait ne pas voir que la pensée ou l’idéel, ou le métaphysique sont eux-mêmes pris dans plus grand qu’eux-mêmes ; la réflexivité de la conscience, de la conscience comme conscience-de (qui n’est rien que retour-sur, n’importe quel donné).

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L'extase indéfinie

26 Juillet 2013, 14:08pm

Publié par pascal doyelle

D’une manière général, il apparait qu’il n’existe réellement que la conscience comme retour-sur, comme rapport, purement formel, et n’ayant en soi rien à voir avec quoi que ce soit, sinon son être de conscience : cette structure, cette forme, qui étant forme est absolument parfaite.

Il faut considérer cet être comme tel, cad comme un. Il se trouve que l’on ne comprend pas ce qu’il « est », son être ne correspond à rien qui soit identifiable selon notre expérience, notre empirie. On se figure donc cet être selon une représentation hasardeuse, mais qui malgré tout parvient à laisser transparaitre la forme même.

Cette représentation n’est pas un objet fixe, un contenu assuré, une détermination mais est un rapport. Puisque la forme fait tout apparaitre sous un rapport. En conséquence les véritables approches et définissabilités figurées de cet être ne sont pas des mots, des images, des identités, et ne se parlent pas tel un mot, mais requiert une phrase. Un ensemble relié de signes qui, ensemble, seul fait figure, exprime la complexité de cet être saisi alors effectivement comme rapport.

Mystique ou théologique ou philosophique, le rapport est de cette manière compliqué à comprendre et ne pas alors s’utiliser dans le donné, le vécu ou le monde. Le rapport étranger qu’est la forme pour elle-même, lorsqu’elle veut se parler, se penser, est inutilisable extérieurement ou intérieurement. Le rapport définit une sorte de lien qui peut se décrire en interne à cette forme elle-même. Ce qui s’éprouve effectivement de la difficulté de la philosophie ou de tout accès à une Œuvre.

L’attitude normale, habituelle est celle d’un moi ; il ne peut pas passer son temps ou son énergie à recomposer, aussi désire-t-il des objets. Il désire des mots, isolés les uns des autres (puisqu’il est la synthèse comme unification, unification purement nominale ; je suis moi, je suis un-tel, son nom-prénom, ce qui encore un mot et non une phrase). Il doit donc gérer ou produire sans remonter dans les conditions de la gestion ou de la production.

La phrase est au contraire une sorte d’argumentation qui définit seulement dans son ensemble ce dont elle parle, ce qu’elle désigne ; et ça n’est pas un objet dans le monde, mais telle architecture ou telle autre qui découpe selon cet argumentaire ce monde.

Le moi croit comprendre que si l’on remonte dans les conditions d’apparitions, on peut poser à peu près n’importe quoi et que de toute manière les mises en conditions se contredisent et n’importe pas quant à la réalité du monde.

Non seulement on ne peut pas dire n’importe quoi, en lançant telle hypothèse sur la réalité ou sur notre être, mais de plus les propositions (philosophiques par ex) ne se contredisent pas (il est une progression absolue et qui valide toutes les attitudes). C’est que l’on n’échappe pas au réel ; sans doute, puisque la conscience est formelle, est-elle douée d’une ampleur plus ou moins importante, mais la conscience qui est toujours emplie de quantité de données, qui est d’abord perceptions, corps, signes, paroles ou langage, d’images de soi et des autres, des choses (données) et des objets (produits), est un mécanisme qui revient sans cesse à l’identique (il n’est aucune différence entre deux consciences ni entre cette conscience et elle-même ; elle est forme pure et simple) et réoriente toujours vers le même (non)sens : le réel.

Toute la réalité est déterminée ; soit selon une causalité d’ensembles (en tel système il est telles latitudes possibles, parfois plus lorsque cela s’invente dans ou pour ce système, système dans un système) soit selon une causalité locale (une détermination cause tel effet limité). De même toute activité de conscience est assujettie à son mécanisme vide, mais comme on se tient alors à l’extrême limite de la réalité, au bord du monde, de tout monde et qu’il n’est rien en deçà, c’est librement que cela s’active et se produit.

C’est donc absolument librement que l’on est, puisque ce à partir de quoi on se fait être est le bord dernier de ce qui est (pour nous évidement, mais on ne peut pas aller contre son être, il n’y a rien d‘autre, et de plus cela signifie que l’on est pour-nous en la racine de ce qui est, là où notre être commence d’être). Ainsi notre être, notre conscience est toujours quasiment à l’extrême de son être.

Et si on se pose la question de comprendre à quoi peut servir de réfléchir (la conscience qui se réfléchit déjà), c’est que l’on ne voit pas qu’elle est formelle et que donc elle peut devenir ; c’est en sa perfection de devenir, formellement, (si l’on tient l’hypothèse que la perfection existante est précisément qu’elle puisse, qu’elle ait la puissance du devenir). Elle est intégralement ce qu’elle est (extrêmement) mais elle n’est pas alors tout ce qu’elle peut être, puisque dans l’indéfinitude (qu’est le réel selon sa logique propre, et non celle que l’on rêve) le devenir est justement ce que l’indéfinitude peut.

Le devenir formel est en lui-même profondément in-sensé ; si l’on n’entend pas la conscience comme étant le « conscient », on ne la programme donc pas ; elle n’est pas, dans le « se-vouloir » formel, de proposer un surplus de contenu (il faudrait « vouloir » ceci ou cela). L’être formel en devenir récupère ce qu’il est déjà ; il se re-forme à nouveau dans l’intensité de la forme même ; penser imposer un vouloir en plus, un contenu tout-fait, est une absurdité ou une illusion ; pris eux-mêmes dans le flux de notre conscience (symptômes ou faire valoir ou prétexte, etc).

Le devenir formel (ce qui est impossible et in-sensé) consiste donc à propulser une mise en forme qui accélère et augmente ou restreint et aiguise la forme de conscience ; le devenir articule ou/et désarticule l’être que l’on est.

De sorte qu’une part de l’activité de réflexion sur ce qui réfléchit déjà, est de reprendre et remonter, reconsidérer, réorienter, désorienter, offrir l’occurrence d’un impensable obtention de conscience qui se prend bien plus antérieurement que tout conscient et contenu ; qui laisse être ce qui n’est pas encore, jamais, potentiellement, advenu, ou déjà et structurellement virtuellement réalisé.

Autrement dit une conscience, (non un conscient ou cette part du conscient qu’est à demi le moi), une conscience est douée de son être réel, de son être virtuel et de son être potentiel. En ceci qu’une conscience n’actualise pas tout le donné ni n’est certaine de ses contenus, (contrairement au conscient), mais donc elle est toujours déjà dans ce qu’elle fut, sera, a été, aurait pu être ou ne pas être, et que son être, son possible formel n’est jamais clos.

On voit donc alors que ce devenir conscience de l’être de conscience offre des exactitudes similaires au devenir de la dernière conscience chrétienne ; on y adhère en cette extase de l’indéfinitude de tout être de conscience ; il n’est pas sur le mode du clos, du refermé, sur le monde de l’identité. Un être de conscience est toujours déjà dans son être virtuel (aurait pu) et potentiel (sera, etc) en ce qu’il peut incessamment se reprendre et continuer son devenir formel (quand bien même les devenirs effectifs, les vécus eux son achevés ; le vécu est en ce sens une part limité de "tout notre être").

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Sartre et l'être-libre réel

24 Juillet 2013, 15:49pm

Publié par pascal doyelle

Depuis que l’on a inventé qu’il y ait une réflexivité possible, que nous ne sommes pas condamnés à l’immédiateté ou la restriction d’une seule expérience individuelle, et que la réflexivité d’une part ouvre le monde via l’universalisation (que nous avons tellement intégré que nous nous permettons de nous révolter contre, mais c’est dans l’assurance que l’universalité est, qu’elle est par exemple un statut constitutionnel en un Etat ou un sujet acculturé reconnu ou donc un moi-même pour tous les autres moi-mêmes, et pourtant il n’est pas dit que cela soit sauvegardé), et d’autre part qu’elle offre en chaque conscience la reprise instantanée de soi et la survie par-donatrice de la conscience vis-à-vis d’elle-même (de ses consciences prises dans le vécu) et des autres (l’humain existe comme consciences séparées mais réunies en esprit, ce que l’on nomme à ce jour la « communication », qui en est une figure),
donc depuis que la réflexivité s’est inventée (ce qui est réflexif nait de rien et sans raison ; elle est le retour-sur (n’importe quel donné), elle engendre.


La dernière figure de la réflexivité est le moi ; par le moi l’humanisation qui s’est créée par et dans l’universalisation, se continue et se continue en chacun comme personnalisation ; il est impossible d’imaginer un devenir progressif de l’humanisation sans un surcroît de personnalisation (encore qu’il faille définir quelle sorte de personnalisation, d’une part mais aussi il est fort possible qu’étant donné les difficultés de survie qui se profilent, il s’impose un retour de l’universalisation écrasante et qui soumette chacun aux statistiques de survie, afin de réguler la débauche de personnalisations effrénées et probablement aberrantes, folles, délirantes).
Le moi non seulement oublie totalement qu’il est universalisation, (il est libre et supprime tout autre rapport, comme un être-libre se le doit à lui-même), mais il oublie aussi la dernière conscience possible qui lui remettait la conscience à zéro tout en la maintenant (pardonner n’est pas oublier), en par-donnant, et donc se supporte lui-même seul.

Le moi et ses oublis
De sorte que la réunion des consciences le creuse par son manque (et s’y substitue la débauche de mass médiatisation ou de partiellement pseudo-résolution, résolution fantasmée) et que ne se par-donnant plus il s’enfonce ; l’effondrement est invincible, parce qu’il est structurel. Si un être-libre tient tout-seul, par définition, par contre il ne devient que par l’universel ou les extases, et si l’être-libre est première conscience (cartésienne) et conscience première (existentielle), il n’admet d’exister que de Savoir cet être, et non pas de se croire un autre, une identité, un contenu.
Si notre être est de conscience, il n’est pas ceci ou cela. Il n’est pas un moi dans son identité. Son identité est toujours constamment une figure ; autrement dit un moi contient structurellement un être bien plus étendu et autre que cette identité.

L'activité de sujet quotidienne
Le sujet, ce que l’on nomme tel pour représenter l’être de conscience dans le discours, n’existe que dans son activité ; « ce qui est » est « ce qui est dans le présent ». Or le moi se perd en se sidérant en ses objets, en son image, en une idée basse de soi ; c’est littéralement ce que traque Sartre. Pour ce faire il hypostasie la « conscience » en authentique ou engagée, en une formulation schématique d’activisme, qui est vraie mais limitée ; si il fallait attendre de « s’engager » pour exister, on n’en finirait pas. Il est antérieurement une autre résolution de la conscience qui n’est pas de s’engager mais de se Savoir. S’engager est localisé, se Savoir est un ensemble ou l’ensemble lui-même et requiert non seulement l’engagement volontaire, partiel et donc faussé en quelque sorte, mais requiert l’attention-à, ce qui signifie une angoisse et une exigence à la mesure de cette angoisse.
Il est très juste « qu’il y va de notre être », mais non pas au sens où Sartre l’entend, restreignant l’être à des propres partielles et exceptionnelles. Parce qu’en définitive si notre-être n’existait qu’engagé, (et Sartre tente par tous les moyens à sa disposition d’élargir cet « engagement ») nos possibilités seraient somme toute limitées ; cet engagement sartrien simule en gros un état de guerre permanente… Or c’est non dans l’excès d’une finalement violence qu’il faut jouer, mais dans l’organisationnel même des sociétés, autrement dit au quotidien.
Parce que ce qui s’organise au quotidien est seul réel ; les excès violents crèvent les bulles, si l’on veut, mais n’aboutissent pas à une réorganisation du donné ; sinon dans les larmes et l’absurdité d’un autoritarisme. Réorganiser le donné vécu sociétal au contraire réclame une rigueur et une continuité. Autrement dit une intellectivité : laquelle ne se décrète pas, ni ne se pense idéologiquement ; elle nait, s’engendre collectivement et collectivement non comme regroupement abstrait (de révolutionnaires autoritaires), mais comme multiplicité démocratique ; c’est cela qui avance, le reste effondre l’organisationnel.
Et donc l’engagement des consciences se libérant est un travail de longue portée. Et l’on voit malgré tout que l’ensemble sartrien est tout à fait juste mais marqué par son présupposé et en définitive par l’idée qu’il élabore de la « conscience », par quoi cette idée manque la rigueur de son objet (ce qui est son but : sa finalité sartrienne, il ne s’est pas trompé, ni égaré, mais relève d’une hypothèse limitative poursuivit bien que jusqu’à ses limites exactes).


L’angoisse et l’exigence qu’est la conscience (elle est libre, est donc sa propre idée de soi, travaille et œuvre en et par cette idée, laquelle n’est évidement pas une « idée notionnelle », puisque le libre surgit après l’universel, le libre est l’universel en tant que réellement « là »), impose à chaque moi, bien qu’il soit noyé dans les définitions de corps-langage, de psychologies, de mass médiatisations, de renvoi à des fins naturalistes (communistes ou libérales), de reprendre à son compte ses deux extases (universel et christianisme), et d’en inventer d’autres. Ce que mine de rien il n’a cessé de réaliser, de rendre réel, aux cours du 20éme. C’est la re-découverte qu’effectivement durant 100 ans, il s’est passé quantité de libérations et de réalisations, d’inventions. (Que la démocratie, fut-elle libérale, n’est pas vaine ni sans d’absolues réalisations).
L’angoisse et l’exigence sont un seul et même impératif ; mais impératif non extérieur ; impératif en ce que toute conscience est déjà intégralement à la limite de soi, de fait, et par structure (le réel n’est jamais « à demi »). Toute personnalisation par exemple est cette inventivité. Toute personne est le reprise sensée ou/et insensée de son vécu, de ses consciences et est déjà en mesure de se relier aux autres. Le sens, la finalité collective (démocratique et non d’un bloc monolithique du « collectif » invraisemblable) est déjà en continuité ; et il est clair qu’alors il ne s’agit pas d’engagement, mais d’intelligence ; la démocratie ou l’être collectif-démocratique est sa propre intelligence (ou son idiotie).

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Les effets réels de conscience

22 Juillet 2013, 12:52pm

Publié par pascal doyelle

La philosophie a donc organisé le dépassement de la métaphysique par et dans une ontologie ; comme la philosophie est un savoir et non pas une connaissance (en gros les énoncés sont évasifs et indicateurs, et non pas précis et certains, mais c’est que la philosophie a pris en charge le réflexif, dont on a vu qu’il constituait l’historicité même, en tant que dépassement des langages et des groupes humains, universel grec, et dépassement des donnés et des vécus, devenir chrétien de la conscience dernière qui par-donne indéfiniment et libère), étant un savoir elle indique des horizons, lesquels sont en reculade constante et s’intègrent les uns vers les autres, non pas seulement sans fin, mais indéfiniment, puisque notre être est source-de.

La pluralité désirée

Ainsi il est vrai que l’universelle métaphysique désire l’unité ou l’unification, mais en réalité il n’y eut jamais autant de séparations, de divisions, qui furent produites depuis de désir l’Un. Ce qu’il faut juger ça n’est donc pas l’unification, mais que cette unification fonctionnant par distinctions (des idées entre elles, en l’occurrence) produit quantité de différences. Et c’est ce qui réjouit la philosophie. De même dieu comme dernière conscience possible a engendré quantité de devenir-consciences, ce qui donnât lieu à la gigantesque acculturation qui suivit.

Dépassant la métaphysique (qui désire résoudre la totalité de ce qui est en un savoir-connaissance, puisqu’alors le savoir ne se distinguait pas des connaissances), il faut comprendre que c’est la même réflexivité qui s’applique pour les grecs et pour Descartes (illustrativement, il n’est pas le seul, il est la première conscience, qui prend conscience de soi comme conscience et en décrit la Méthode attentionnelle). Simplement cette réflexivité se creuse et devient ; elle engendre que notre-être est -libre. En conséquence cet être-libre va essaimer et produire cela même ; des tas de libertés explorant le monde-étendue, et l’étendue du monde.

La vraie réalité se multiplie

Ce qui se lance alors est l’exploration (et l’exploitation intensive) de « ce qui est ». À partir de chaque point de vue individué. Il faut remarquer que la réflexivité propage la séparation et la division et les devenirs et les possibilités ; en quoi donc elle est réelle et effectivement adéquate, et est faite-pour exister. Pour devenir encore-plus dans l’existence.

En un sens on continue de regretter le bel ordonnancement, ce qui revient à cet état humain lorsque la Parole se partageait entre tous dans un groupe limité en un monde particulier qui parlait et les échanges et le monde donné « là », alentour. Le giron cosmique de cette synthèse en quelque sorte.

Mais la philosophie chevauchant la réflexivité et bien qu’ici et là elle recherche encore une harmonie, produit en réalité tout l’inverse ; elle renverse et même lorsqu’elle rétrograde, elle subit le mécanisme de division, qui est de distinction.

La propagation et la profusion

Que l’on puisse au 20éme regretter et désirer le retour de l’Etre (Heidegger) et de son « sens » n’empêche pas Etre et temps de rompre quantité de digues… L’unité désirée fait-office en réalité de pioche qui creuse toutes les réalités, qui s’enfonce là où ça fait mal ; nous sommes soumis au mécanisme de conscience qui depuis qu’il se sait (et ce savoir n’est jamais exact, il se figure, représente le non représentable, la forme pure) accélère son efficacité.

De même chacun étant de par soi, libre, est une accélération constante. La personnalisation est tentative de résolution de l’équation que l’on Est, et non pas la personnalité comme conglomérat de corps-langage ou comme seulement psychologique, conglomérat qui serait livré aux pouvoirs comme aux regards des autres.

L’être de conscience et l’être conscient

Poussés par la réflexivité comme mécanisme parfait, pleinement adaptée à cette réalité, au monde unique, c’est dans la philosophie que l’on exhibera la plus constante et relativement exacte (c’est un savoir) description de « ce qui existe » quant à notre être. Ceci pour en retirer une description ; mais en d’autres domaines de la réalisation il s’exprime ou s’exporte la même réflexivité : puisqu’il est évident pour chacun que la conscience s’existe comme conscience mais se vit ou tend à se vivre comme conscient. Et notamment comme se vivant pour les autres, en tant que l’on parle consciemment (et on sait bien que parlant consciemment on « dit » beaucoup plus que l’énoncé).

Mais ce conscient ne remonte pas en conscience qui le sait mais ne connait pas ce savoir ; aussi l’œuvre, l’esthétique (puisque qu’alors l’art prend en charge plus et autre chose que le conscient) fait-remonter l’ensemble des consciences que l’on a, et peut-être que l’on est.

L’œuvre et l’esthétique

Que l’on est, est plus grand que celles que l’on a. c’est qu’en certaines œuvres (qui peuvent varier pour chaque conscience) il est un tel rassemblement de consciences, que l’on sait instantanément « ce qui est ». Ces consciences étant rassemblées en une fois concentrée, « là », en un « lieu », qui réunit/exprime, articule-désarticule ce qui est dispersé dans les consciences, les consciences les unes et les autres, mais aussi les consciences qui s’assemblent en une seule à chaque fois.

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