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instants philosophie

Le poids sur nos épaules

15 Octobre 2013, 09:02am

Publié par pascal doyelle

De l’angoisse et de son exigence

L’aboutissement, momentané, de notre devenir repose sur le Chacun ; sur le chaqu’un, en quelque sorte, mais étant entendu que « ce qui est » en chacun, cette horreur, est autre que lui-même. Chacun est profondément dessoudé de lui-même, et ceci nous est incompréhensible.

L’humanisation sort des mondes-langages-groupes. S’invente la réflexivité qui atteint différents domaines de l’humanisation. De l’universalisation grecque au devenir conscience chrétien. De l’esthétique au politique en passant par l’idéel et l’éthique, d’une humanisation accrue et d’un débit de personnalisation.

La philosophie n’invente pas la réflexivité qui atteint tout l’humain, mais elle prend nom de philosophie en se chargeant de théoriser « ce qui nous arrive ». Elle est la réflexivité sur la réflexivité ; de ce fait elle accélère le processus mais aussi en invente, en lance une partie de son propre chef.

L’appesantissement de la structure

Universalité grecque et devenir chrétien se nouent ensemble puisque les deux manifestent le même dépassement. Au sortir de l’acculturation grecque et chrétienne, la réflexivité se rend compte d’elle-même comme méthode cartésienne ; ensuite viendront quantité de sujets qui se détiennent tel Descartes comme êtres-libres et ayant en eux-mêmes la certitude et s’efforçant de poursuivre la même cohérence ; l’exigence qui pèse sur les épaules des sujets est sans doute plus exténuante que l’exigence jusqu’alors déléguée sur l’universel ou sur dieu.

Comme réflexif individué

Il est manifeste que Nietzsche bien que révolté contre le systématique, s’emploie jusqu’à l’épuisement au réflexif ; le réflexif est devenu-lui. Il sait (de la même certitude que Descartes montre) que ceci est son être réel, a contrario de l’individu nietzsche, Nietzsche est plus grand que nietzsche, il exhibe la vérité en tant que le réflexif, cela qui dépasse constamment, peut tenir, peut exister et qu’il bouleverse ce qui est. Autrement dit, la conscience est plus grande que le conscient. Et elle est si autre que tout, qu’il doit faire appel à un surgissement qui vient du monde, de l’univers inhumain. De même Wittgenstein ou Lacan ou Kierkegaard ou Rimbaud ; Rimbaud également puisqu’en quelques feuillets il rassemble la totalité de son expérience et projette la totalité de l’à-venir. Ou Artaud qui martyrise réflexivement et s’enferme dans le labyrinthe d’une volonté-autre.

Le réflexif est devenu-notre être quand bien même nous cherchons à lui échapper, à croire qu’il est une vérité qui se passerait du structurel, qu’il est quelque part un état de nature paisible, qu’il est une destinée de notre moi, alors qu’il est crevassé, ce conscient, de toute la conscience active et inhumaine ou surhumaine ou ce que l’on voudra ; ça n’a pas de nom.

Les sujets

Le poids de la cohérence réflexive se marque par une exténuation de l’individualité qui se-sait mais également par la multiplicité de ses expériences et de ses dires, de ses devenirs ; tous sont assujettis. Assujettis à leur forme même de sujet hypothétiques, ayant en eux et par eux-mêmes la structure réflexive ; mais sont-ils encore hypothétiques les dits sujets ? Ne sont-ils pas réellement ce qu’un sujet est ? La réflexivité n’est-elle pas alors du début grec et chrétien parvenue à s’extraire de ces gangues successivement et ne s’est-elle pas inscrite comme réels devenirs concrets et précis, à chaque fois plus réels et plus précis ?

Loin de manifester alors un désordre incoercible, le devenir réflexif déroule intégralement son potentiel. Puisque ce qui compte, ce qui vaut est non pas un contenu mais le structurel qui anime et poursuit les contenus, il n’est pas en tout cela une logique conceptuelle (la conscience n’est pas la pensée), mais une ontologie, celle d’un être agissant. Et cette ontologie contient tout concept, toute idée, mais ne s’y arrête pas du tout ; de même qu’elle ne supporte aucun donné naturel, ou n’a rien à voir sinon comme effets à un donné psychologique, et de même qu’elle épuise les mondes humains.

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La vérité : "il y a de la vérité"

14 Octobre 2013, 11:01am

Publié par pascal doyelle

Il y a de la vérité est ce sur quoi on ne peut pas revenir ; parce que cela ne prescrit rien sinon qu’il faut tendre vers le potentiel pur et simple, en réalité complexe et retordu.

Ayant dépassé le groupe-langage-monde particulier, l’humanisation se poursuit bizarrement et doit inventer ses propres règles ; il n’existe pas de métalangage, mais il existe un dépassement du langage. Et ce qui dépasse le langage est incertain dans ses contenus (il n’est pas de « ceci est la vérité » mais non plus il n’existe pas de « il n’y a pas de vérité universelle et capable pour tous » puisque la tension doit être maintenue formelle), et doit ainsi créer ses propre critères ; de même que l’esthétique ou l’éthique pense ses propres repères ou produit son corps et son désir. Il n’y a plus rien d’écrit ou de partagé, il faut élaborer les règles d’inscription ou de partage ; la politique est la nécessité (cad la liberté) de produire ce qui n’existe pas comme règle commune.

L’humanisation se produit elle-même non plus en conformité à une vérité commune dans un monde parlé et un seul flux, mais comme séparée et divisée ; or ceci doit être pensé. La philosophie est la pensée, la théorie de ce qui arrive à l’humain ; de ce qui arrive partout et en tous sens . Des grecs au chrétiens, de l’esthétique à l’éthique (et au désir comme au corps), de jésus-Socrate à Nietzsche.

« Il y a de la vérité » engendre donc ; a des effets considérables ; ça permet de produire quantité de vérités ; peu importe alors puisque la certitude n’est plus en telle vérité, à laquelle on tient à toute force, en laquelle on croit, on y existe « dedans », mais la certitude est celle-ci ; l’être est. On ne sait pas ce que c’est, mais « il est de l’être ». Cela nous largue dans l’inconnu. Le non inscrit ; et puisque non inscrit il faut l’écrire, sinon ça n’avancera pas. Et comme il n’est plus de vérité, il faut inventer les règles de vérité potentielle ; ce qui peut être est non pas n’importe quoi, (quoique cela soit dès lors absolument possible), mais est selon certaines conditions ; et ces conditions ne sont nullement limitées à la bonne « prononciation », ni ne sont prescrits par "la Vérité", (quand bien même surgirait-elle de nulle part ou d’une statistique de l'être étal).

Ce ne sont pas des conditions théoriques seulement qui conformeraient une pensée adéquate et compréhensible. Puisque son enjeu n’est pas le compréhensible (qui retourne toujours au langage et au commun, cad à la vérité comme ceci est la vérité, réintroduisant les mêmes stéréotypes) mais la saisie ontologique.

L’idée de l’être n’est pas une affirmation substantielle ; cela définit un objet formel incompréhensible et vide. Cela induit un rapport incompréhensible qui relativise toute pensée en une affirmation formelle, qui relativise ces vérités à un être qui n’est pas relatif. Nier qu’il y ait là un rapport ontologique, c’est toujours en revenir à « ceci est la vérité ».

Croire que l’on puisse rendre étal et vrai en soi, ce qui est seulement par distance et distorsion, c’est ramener le gouffre ouvert à une platitude.

Comme ce qui arrive à l’humanisation est la réflexivité (la relativité de tout à ce qui n’est pas relatif mais inconnu, mais qui se-sait), cette réflexivité doit faire l’objet d’une pensée (outre que la réflexivité se déploie en esthétiques, éthiques, politiques, à foison ; il y a de la vérité, produit des vérités, des devenirs, etc, c’est le moins que l’on puisse dire). Elle doit élaborer non pas un métalangage mais le langage doit être dépassé par ce qu’il ne contient pas ; la pensée, ce que l’on comme tel depuis les grecs, est le déploiement d’une théorie de ce qui est antérieur au langage, au groupe, au mondes particuliers ; cette description requiert des idées qui expriment, représentent des rapports qui n’existent pas dans les mondes donnés, et cette description se cherche en se nommant ontologie.

L’ontologie est l’ensemble de toutes les règles qui mènent à la vérité en tant qu’elle maintient « il y a de la vérité », en tant que celle-ci ne peut pas s’atteindre sans réfléchir et que cette réflexion est une élévation, un devenir, un accès à. Il y a de la vérité, inclut la production de vérités puisque la certitude n’est plus dans une vérité mais dans le processus qui est un procédé (qui est de fait non aisé, il vaut mieux continuer d’espérer en une vérité étale). Mais cela s’oppose aussi à ce qu’il y ait Une vérité ou donc que la vérité soit séparément du réflexif qui la propose. On ne peut pas réduire ce qui est réflexif, ce qui est activement réflexif, et en rendre un discours en soi vrai ; c’est un processus, une machine, une machinerie. La machinerie philosophie est celle qui double la structure active, qui existe en toute l’humanisation, qui double le mécanisme réflexif.

Il y a de la vérité s’oppose évidemment à « ceci est la vérité » mais aussi à « il n’y a pas de vérité » ou « il n’existe que des vérités relatives » ; le cadre « vérité » ne peut pas être rempli (ni par l’absence, ni par la multiplicité incompréhensible, chacun du reste arguant de « sa » vérité, cad en fait maintenant « ceci est la vérité »). Mais si il ne peut pas être rempli, ce cadre lui-même Est, en tant qu’encadrement et fait l’objet d’une pensée qui en traite les conditions, et en formule les Règles ; lesquelles forment toute l’antériorité qu’est cette réflexivité en tant qu’elle se hausse.

La Règle est celle du gouffre définitif, de la séparation intégrale, de « ce qui fait-être », qui relie tout autant les conditions de vérité de la philosophie grecque que la formulation du sujet nietzschéen ; en effet les devenirs de la raison (caricaturale et caricaturée et ne comprenant pas cette caricature son objet même ; la philosophie) sont les devenirs du réflexif et c’est sa cohérence que Nietzsche (ou Heidegger ou Kierkegaard, etc) manifestent ; dont on ne peut pas dire qu’ils aient cessé de se saisir en cohérence. Les formulations réflexives poussent au plus loin possible la cohérence.

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Le christianisme

12 Octobre 2013, 13:57pm

Publié par pascal doyelle

La raison est donc ce qui marque la coupure entre les humanisations antérieures et l’humanisation seconde ; celle qui se fonde sur l’universel. La philosophie donne comme explication de ce qui arrive à l’humanisation ce qu’elle nomme la raison, la vérité, l’universalité. Elle est la discipline spécifique qui entre toutes les autres, se charge de théorisé ce qui n’existe pas (dans les humanisations et les groupes, les langages et les mondes particuliers) et élabore les mots adéquats, les idées.

Tout cela marque la rupture et le passage de mondes localisés vers un seul monde unique.

Mais parallèlement le christianisme avance que l’on n’existe que de par soi, par soi-même, son être en propre. Mais ceci dans une face inversée ; dieu. La dernière conscience possible celle indéfiniment réelle et une qui sépare toutes les consciences (évidemment de n’importe quel groupe, langage, vérité du monde) et les sépare pour les réunir en seconde position, celle de la dernière conscience (qui s’entend comme dernière en Tous les sens), et sous son regard unique et exclusif (de dernière il n’en peut exister qu’une seule), mais tout autant divise chacun entre ce qu’il croit être, dans le vécu, et ce qu’il est-pour la dernière conscience. Il faut extirper cette ampleur immense de sa caricature moralisatrice qu’on lui assigne ici ou là ou des interprétations batardes et qui ne parviennent pas à penser leur objet au niveau réel de cette ampleur.

Ce que le christianisme dévoile est la libération ; de chacun par rapport à lui-même (son être englué dirions-nous) et de tous par rapport à tous (que le monde et ses intérêts, dont le corps, sépare). C’est la première fois qu’il est dit que chacun est équivalent au regard dernier et qu’alors ce qui est distingué (dans le monde, l’individu, les groupes, le langage, et) ce qui est distingué peut exploser et se démultiplier indéfiniment ; chacun devient le rond point de toutes les distinctions qui se tiennent sous le regard de la dernière conscience indéfiniment réelle.

Or cependant la dernière conscience est celle qui ne possède pas de caractéristiques ; elle n’est pas inscrite comme déterminée ; elle assujettit littéralement les consciences en une seule, sous condition que cette unique conscience dernière est la première à se manifester telle quelle. Elle ne peut pas être lue, indescriptible, mais elle est « ce qui permet de lire » n’importe quel vécu. Ça n’est pas sa suréminence qui compte en cela, mais son retour-vers les consciences réelles. C’est de la sorte l’ensemble du devenir-soi qui s’impose. C’est en cela qu’elle libère.

Bien sur comme nous sommes devenus des premières consciences (cartésiennes) voir des consciences premières (existentielles, sartriennes affirmatives nietzschéennes ou ontologiques, ceux-ci pour illustrer ; la philosophie continue de penser la réflexivité telle qu’elle devient et telle qu’étant « ce qui arrive à l’humain » y compris ce qui arrive à toute personnalisation), aussi en tant que consciences réelles (fondées sur un libre pur et simple) nous ne saisissons plus ce que cette libération porte absolument en et par elle-même et à quel point elle bouleverse intégralement tout l’humain. Notre conscience étant une d’une part (structurelle) et sa propre idée d’autre part (tout être-libre est son Idée) elle ne saisit pas qu’elle puisse abandonner son être-un pour quelque autre unité que ce soit.

Ne pas saisir la dimension absolue, radicale, fondamentale qui s’impose comme universel grec ou comme dernière conscience chrétienne, c’est passer à côté de la pensée exacte (qui de plus dit d’elle-même ce qu’elle est réellement ; le renouvellement intégral de l’humain, de même que Descartes avance tel qu’il se dit et tel qu’il est) de son objet de pensée. C’est réduire la voilure et interpréter le mécanisme absolu du devenir, en tant que seconde humanisation, en lui interposant une interprétation ; laquelle peut bien arguer de la science, des sciences humaines ou de la psychanalyse ou du marxisme ou de telle ou telle inscription relative, ce sera toujours réaligner le devenir complet selon un moment limité et restreint de ce devenir ; c’est donc ne même plus se comprendre soi. C’est interpréter son être selon les modalités momentanées et non pas délimiter l’arrête du temps.

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Le devenir conscience (vide et formelle)

11 Octobre 2013, 11:53am

Publié par pascal doyelle

Il nous est donc pris d’un énervement invraisemblable ; ça s’est mis à réfléchir.
Ce qui ne signifie pas raisonner ; toutes les cultures et les peuples raisonnent et organisent leurs pensées.
Mais il y eut une accentuation fondamentale, dramatique, terrifiante. Ce que la philosophie identifie comme l’idée soudaine de l’Etre. Ce qu’il ne faut entendre comme expliquant le mouvement général qui s’empare de l’humain ; mais comme la compréhension que l’on peut obtenir de ce mouvement si , comme la philosophie, on destine une théorie à saisir « ce qui arrive à l’humain » de manière bien plus générale. Autrement dit l’idée de l’Etre est la représentation de ce mouvement, (qui a voulu également en réclamer l’invention, enthousiasmée par son déploiement).


Est manifesté, représenté donc un devenir réel qui autrement aurait eu des effets mais ne se serait pas représenté ; de fait puisque ce devenir réel est la réflexivité il était impératif ou contenu dans sa structure même qu’il se représente ; c’eut été un comble que le réflexif ne se réfléchisse pas, et cette réflexion sur le réflexif s’est nommée « philosophie » et son développement « raison » et son principe « vérité ».


Tout cela augmente d’un cran toute humanisation ; mais non pas en répudiant ce qui l’a précédé (bien que dans l’engouement et l’imposition de cette nouveauté ça s’est effectué ainsi). La vérité remplace les vérités, ou le flux commun du langage-groupe-monde, non comme contenu mais comme principe ; quel que soit le contenu (et il peut et ils seront divers et variés, le principe vérité engage qu’il peut exister quantités de vérités, démultipliant l’humanisation, de fait) il faut qu’il soit vrai.
Et par vrai il faut comprendre qu’il soit cohérent certes, mais qu’il soit actuellement cohérent. Il faut qu’il soit constatable, éprouvé, visualisable, identifiable ; là maintenant. Il ne peut rien supposer qui dépasse l’expérience et si il est difficile à Dire (si tous ses éléments ne sont pas transmissibles en tant que prononcés, définis, strictement), peut se communiquer l’expérience que l’on en a, puisque chacun peut par ex éprouver le cogito, même si le cogito ne rentre pas intégralement dans son énoncé (ce qui est son but et sa fonction ; de ne pas rentrer dans la vérité, puisqu’il est le libre pur, qui comme tel, s’appartient à soi, définition même minimale du libre ; le se-sachant).


Par là on voit que l’idée de l’Etre n’est pas seulement une idée qui doit à elle-même être parfaitement transparente et cohérente, elle est un rapport, un certain rapport, pour le dire, d’exigence ; que cela soit ici et maintenant réel. On ne renvoie pas le langage en ce qu’il donne, sa synthèse (qu’effectue n’importe quel mot), mais on décortique le mot. Ce qui donc est une intervention dans le langage qui va retravailler le langage (et ce en dehors de tout groupe, on quitte le langage commun et ses significations, pour définir chaque fois ce que l’on entend par ceci ou cela).
Il est clair que l’idée de l’Etre, même si elle parvient à élaborer ce que l’on peut comprendre par là, est aussi une expérience du, sur, par, selon et hors du donné « là ».
De même le dieu qui se retourne vers nous, soit le christ, est un rapport indéfiniment réel qui revient et allume la réalité tout différemment de ce qui fut antérieurement ; il permet que remonte du donné, du monde, du vécu, de tout ce que chaque conscience porte, la structure purement réelle qui attire hors de tout en réinstallant le tout autrement ; bref il libère. Littéralement.


La structure est ce qui jette un froid. Elle est essentiellement non humaine, sur humaine, inhumaine, tout ce que l’on voudra. Elle creuse soudainement que dans n’importe quel monde, n’importe quel vécu, il est une distance insurmontable et dorénavant immanquable qui intervient.
Bien entendu il est par en-dessous encore quantités de synthèses immédiates qui s continuent. Ça forme des royaumes imaginaires, qui tentent de récupérer synthétiquement ce qui existe ou a commencé d’exister de sa propre division poursuivie. On peut très bien croire au christ sans comprendre distinctement, on peut extrapoler la raison en la soumettant à une unification imaginaire, on peut exister selon l’Etat en le magnifiant, etc. Et de même le moi est une telle synthèse imaginée, supposée, alors que le moi est un bricolage et n’a d’unité réelle que sa conscience-de, son sujet, lequel n’est rien, ce rien formel indifférent et autre.


La réflexivité contient de fait et de soi la pensée ou ce que l’on a nommé tel ; elle ne contient rien, mais soumet ce qui est « là » à sa règle. On voit qu’elle n’a pas seulement produit l’universalité philosophique grecque, mais aussi le devenir conscience chrétien, et toute l’acculturation généralisée des siècles ; la philosophie fait-voir ce qui a agi, et du même coup accélère cela même ; de la dire, de la représenter de fait augmente le potentiel de ce qui est potentiel, de ce qui est puissance.
Ça n’est pas, ça ne sera jamais une extériorité que de penser ou réfléchir « ce qui réfléchit », de renvoyer qui renvoie à ; le réflexif montre que toute humanisation était, fut, sera construction. Que vérité et liberté sont les principes, et sont le vrai lui-même, que le vrai est structurel et non pas un contenu (toujours quelconque par rapport aux principes, les principes sont eux-mêmes « ce qui est vécu », et puis ensuite secondement les contenus transformés, les re-prises du donné, de l’acquis, de qui l’on est-déjà, etc). Autrement dit vérité et liberté sont la vérité elle-même et notre-être tel quel. Ils ne sont pas les principes faisant valoir quelque chose d’autre, sorte de propédeutique, ou de cadre formaliste, mais sont le devenir lui-même.
Toute humanisation est donc relevée, reprise, toute culture ou tout peuple, par et dans la volonté surdimensionnée de la réflexivité ; mais toute humanisation et aussi toute personnalisation hait, déteste, abomine le réflexif ; en ce que l’on désire se pourvoir synthétiquement de notre être, alors qu’il ne possède aucune unité réelle sinon des contenus bricolés. C’est en cela que la vérité-liberté est bien plus certaine que n’importe quel contenu.

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Les mondes particuliers et le monde-unique

9 Octobre 2013, 14:55pm

Publié par pascal doyelle

Les humanisations produisent des mondes, des peuples, des cultures, etc. Ils se créent réflexivement mais leur réflexivité est dite (faussement mais pour simplifier et en comparaison de ce qui viendra ensuite) immédiate ; en ceci que d’un donné « là », leur monde, leur environnement, leurs échanges, etc, d’un donné chacun tend à une unification. Le donné est pris tel quel et on l’admet comme vérité ; il est en effet et il est très rationnel, de penser que ce qui apparaît, apparaît réellement et tel que lui-même. Mais tout autant le échanges, de la communication aux objets, etc, sont eux-mêmes pris dans le même mouvement. Unification s’entend non pas comme idée générale qui reconnait tout ce qu’elle subsume, mais comme dynamique qui montre l’organisation des choses, des échanges, des communications, et qui s’explique ou se dit soi-même. La lune devient le soleil, etc.

L’ensemble de tout ce qui est, est donc ce qui apparaît d’une part et ce qui est un d’autre part ; de sorte que cela ne formule pas une unité, mais une totalité (qui est une au sens de flux, puisque tout autant le temps ou les événements ou les parties entre elles sont enchâssées dans la totalité) totalité de tous les éléments apparaissant qui ont un sens, et fonctionne comme un tout de paroles, d’échanges, de choses et d’êtres. En somme il est une seule activité qui entremêle tout l’apparaissant tel quel. Et si il est une compréhension c’est d’abord en « cela qui apparaît » d’une part mais aussi en « cela qui est pratiqué » d’autre part ; puisque apparaît ce qui est utilisé, ce qui est transformé par notre œuvre, ce qui est échangé, etc. Et le langage est utilisé afin d’abord d’échanger, il forme le centre de « ce qui communique » au sens large.

De sorte que le groupe, la parole, fonde la vérité ; ce qui apparaît est échangé.

S’interpose la dite « raison ». Elle est entièrement un découpage intégral ; elle ne veut pas l’unité, c’est une fausse piste ; elle ne veut pas tout résoudre en une unité, mais par contre veut imposer l’unité de chaque élément tel qu’il est. Autrement dit il est question d’une divisibilité complète de tout élément, et c’est seulement ensuite que l’on se pose la question de leur unité. L’unité est dans les conditions de la division intégrale de tout ce qui est (qu’aucun flux total ne destine plus). La soumission à la divisibilité de tout en éléments (les idées puis les nombres) est aussi la libération de notre attention ; qui doit s’efforcer de produire les différences. Les différences se réunissent en éléments qui seront ordonnés visiblement (cad dont les liens entre eux seront pensés et non pas accolés).

Les éléments étaient précédemment accolés puisque leur lien était la constatation de visu, dans apparaître lui-même (que le soleil suit la lune, par image). Ou donc puisque la parole installe ou au moins est au cœur de tout (de la communication d’une part et des échanges d’autre part) suit l’accolement du langage plié comme monde local.

Sans cette colle travaillée mais immédiate en son fondement, il devient impossible d’admettre les éléments, il faut remplacer l’accolement par leur saisie distincte, par leur division consciemment assumée. Il faut combler les trous qui désunissent les éléments qui étaient auparavant comme flux totalisant, comme uni-calcul parlé, échangé, apparaissant, comme parole-monde-groupe.

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Ce-qui-est arrivé à l'humain,le rapport à tout-un-chacun

8 Octobre 2013, 11:03am

Publié par pascal doyelle

La vérité n’est pas ce qui arrive au monde, la vérité est une conséquence de ce qui arrive au monde.
C’est qu’il ne faut pas distinguer la vérité de son opérateur ou plus exactement (cela réintroduit une hiérarchie ontologique), son opérateur (de la vérité) engage lui-même bien plus que la vérité ; il transforme ce qui est. La finalité est de modifier « ce qui est ».


Jusqu’où cela peut-il s’étendre, on ne sait pas. On ne sait pas puisque l’on ne sait pas, pour faire image et en gros, jusqu’à quel degré cet être-opérateur est humainement capable de poursuivre suffisamment loin le processus ; puisque la conscience-de est un processus étant un procédé. Elle est somme toute un procédé, une « technologie », une technologie réelle ce qui veut dire ; appartenant ou devenant à partir du monde, de la réalité. Pour cette raison elle est vide et formelle ou est un demi-être inventé dans la réalité (et qu’en partie nous subissons, sauf que si l’on nous retire ce procédé l’humain s’efface, disparait).


L’humain concentre quantité de dispositifs, du langage aux sociétés humaines dans toutes leurs variantes, et qui valent et existent réellement en eux-mêmes, mais le point d’orgue, l’orchestration très limitée mais suffisante (la conscience n’est en rien tout, ni omnisciente, ni toute puissante, etc, et son être est fragile, irrégulier, instantané, etc) est assumé par l’être de conscience, ce demi être intermittent ; intermittent non par défaut mais de son nature même, sa structure demande à ce qu’il soit à demi.
N’étant pas la totalité de l’humain mais ce qui arrive et rebondit continuellement ou plutôt statistiquement pour ainsi dire. Si la conscience était un conscient, si elle déployait une sorte de programme, il lui faudrait balader ce programme constamment et s’en charger, et elle serait impraticable ; et personne ne serait jamais libre en soi ni purement. Mais comme elle surgit et non pas anéantit mais invente, ajoute, en-plus de n’importe quel donné, elle s’égare et se perd constamment, ce qui n’atteint évidemment pas la forme statistique que « des consciences existent ». Tôt ou tard les errements et les fautes sont par-données ; non seulement les fautes mais aussi les erreurs.


De cela on peut comprendre que le fait le plus subtil et le plus fragile, la conscience-de, le plus investit par toute l’altérité (la conscience nait de, dans la perception, le langage, la société humaine, comme de et dans la physiologie), est aussi par ailleurs « ce qui détermine », ce qui conclut, parce qu’elle est ce qui rapporte ; ce qui rapporte n’importe quel réel à n’importe quel réel, potentiellement (ce qui ne signifie pas qu’elle rapporte tout le réel à tout le réel, elle n’implique pas la totalisation en soi, elle en formule ici et là qui sont toujours des effets et non de substantielles).


La vérité, cad la raison ou la métaphysique, sont les lances armées de son être ; les universalités (grecques, éthique, politique, esthétique, idéel) mais aussi les devenirs (chrétiens, de libération de la conscience vers l’Une seule, de réunion de tous en Une seule, d’inscription de l’unification comme processus et non comme contenu, peuples, nations, vérités, etc, de mort de soi-même pour l’esprit de soi qui se-sait, en l’occurrence est au moins su d’Une seule conscience indéfiniment existante, etc), sont ses fers de lance.


La dernière occurrence étant la compréhension, par chacun, qu’il est-libre ; et ce sous la formulation d’un moi. La personnalisation est la suite, la poursuite par d’autres moyens, de l’humanisation (qui elle relève de l’universel grec et de l’acculturation généralisée lancée par le christianisme). Comme de juste la personnalisation (étant fondée en et par le libre) se perd dans sa propre validité ; celui qui est-libre, est un. Et cette unité valide tout et n’importe quoi ; il ne lui suffit pas d’un monde pour être ; il est passionné par son être-libre, autant qu’il regrette l’ancien peuple ou la nation ou la Parole ou la vérité ou l’universel, ou le pardon. Parce qu’il est assujetti au libre pur, et que l’être de conscience, ce mécanisme, cette technologie effarante, est une dureté radicale ; elle ne laisse rien passé du tout, au fond. Au fond parce que si elle s’embrouille constamment, se perd dans ses possibles, commet l’irréparable, etc, elle se réalise finalement statistiquement toujours.

Elle renait nue et sans rien de toute cervelle, et reprend le donné là tel qu’il se donne ou tel qu’elle le saisit (et peut indéfiniment se tromper) ; elle ne connait pas du tout ce qu’elle fait, mais son savoir (qui n’est pas sa connaissance) est la seule structure agissante ; son programme est son activité.
Sa souplesse est son être (c’est pour cela qu’elle est vide) mais son être est sa souplesse ; sa structure ; elle est un « vide » uniquement par image, en réalité elle est positivement formelle ; elle est même le plus positivement réel puisque sa forme n’est atteinte par rien.


Il est avéré que chacun, en son moi, est profondément bouleversé, constamment, mais la conscience en un moi, n’est pas cette identité ; laquelle cependant ne tient que par le dynamisme intrinsèque de la conscience-de (n’importe quoi) qu’il est (est à demi). C’est que le régime du moi est une identité ; si cette identité était reliée à un conscient, cela fonctionnerait classiquement (selon la caricature du cartésianisme de bas niveau par ex) ; mais si notre être est la conscience-de, il est clair que le régime de notre moi est bien plus étendu qu’il ne se le dit lui-même ; il n’est pas comme conscience-de, ce qu’il est ou croit être comme identité. Le registre de ce régime est bien plus extensif que réduit à cette intensification qu’est le moi, son conscient.
De même la reprise par chacun de son être non plus comme moi ou conscient, n’est pas du tout une sorte d’imposition extérieure d’un devenir prévu, d’une objectivité ou d’une devoir être ; si la forme que l’on est, est déjà-là, si l’on est déjà la conscience que l’on est, il ne s’agit pas tant de devenir plus (on ne sait de où sortir ce « plus », sinon d’une formalisation abstraite ou idéologique), mais il s’agit d’être déjà ce que l’on est déjà. Autrement dit ; on ne sait pas ce que l’on est. On croit savoir ceci ou cela (et c’est relativement vrai) mais ça n’est pas le bout du bout, c’est l’émergé d’une immersion qui vibrille en tous sens.
Il est donc d’abord requis non pas une activité imposante, mais une passivité la plus proche possible qui admet, accepte, laisse être ce qui est (et que l’on ignore, que l’on sait plus ou moins au sens où ce savoir là est une ignorance, une non connaissance ; le savoir est hétérogène, la connaissance homogène mais donc réduite à, son objet particulier, une science est une découpe dans la réalité d’un objet dont elle peut affirmer ceci ou cela, validement, mais non que cet objet soit « tout objet » ou la totalité ce qui est).

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Histoire du devenir

6 Octobre 2013, 13:21pm

Publié par pascal doyelle

Raccourci réduit d'histoire de la philo.

La philosophie est « ce qui rend compte » de ce qui est arrivé l’humain et il lui est arrivé de réfléchir. Il fallait une théorie qui nous expose ce qui a bouleversé le mode de résolution de la réalité qui tenait jusqu’alors, pour faire court, en une synthèse immédiate entre le donné « là » et le langage.

Tout groupe humain s’échangeait entre soi et formulait le monde par la parole et la parole par le groupe (groupe-parole-monde formaient un cercle) ; il se produisait donc des mondes particuliers séparés ou enchevêtrés, chaque peuple, chaque culture autour de son axe propre, insituable comme axe puisqu’il s’agissait d’un ensemble, recouvrant le monde, le donné et le vécu. De il n’existait pas à proprement parlé de « chacun », puisque ce que l’on exprimait était dans et par la communication, l’information, ce qui forme, la réalité laquelle était partagée et échangée. L’ensemble était une résolution intégrale qui prenait le donné là tel quel et le saisissait comme vrai immédiatement, dans son apparaitre même, son apparaitre était parlé, le groupe qui communiquait avec lui-même se réfléchissait dans le groupe et le monde ; la communication faisait office de vérité, le groupe ou la parole était le vrai lui-même ; tout le lui certifiait.

Il advint donc que l’on s’est libéré de ces mondes pluriels vers et pour un seul et unique monde ; la réflexivité puisqu’elle est le dépassement du langage, du groupe et de l’immédiateté désigne un seul et unique monde, dit universel puisque un mais aussi universel puisque proposant à chacun de faire-retour sur soi, séparément du monde-parole-groupe.

Non seulement la politique, l’esthétique, l’éthique et l’idéel furent les réalisations en tant qu’universalités mais de plus il y eut le fondamental devenir conscience qu’inventât le christianisme. Enfin il fut lancé sur les mondes et sur les vécus la position d’une libération instantanée, une dernière conscience possible qui re-prend toutes les consciences (et donc tous les vécus et l’intégralité des contenus de ces consciences et surtout l’entièreté de la présence à soi de chaque conscience) et s’existe comme dernière conscience possible indéfinie, le libérateur qui nous renouvelle constamment au centre de nous même, et qui réunie par-dessus les intérêts du monde les consciences divisées et séparées.

Nb : Il ne s’agit absolument pas de croire ou non (cela est laissé à la conscience individuelle), mais de bien marquer qu’il ne s’agit en aucune manière d’une « idéologie » ou d’une moralisation fut-elle celle du ressentiment ou autre interprétation, mais d’une structure qui s’impose parce qu’elle augmente dans les deux cas (universel grec et dernière conscience indéfinie chrétienne) notre être.

Il est clair alors que suite à la métaphysique de l’ontologie grecque (l’universel est l’être en général pensable en une fois et intégralement) et à la métaphysique théologique chrétienne (qui forcément déborde la philosophie puisqu’elle tente de cerner l’être non plus général et intégralement pensable, mais l’être un suréminent qui garde de fait son inconnaissabilité, mais permet de penser plus avant la réalité en modifiant la pensabilité grecque), il y eut le renouvellement de la philosophie par Descartes.

En tant que Descartes cesse instantanément (Descartes joue de l’instantanéité de la réflexivité) de cibler le pensable pour relativiser celui-ci en pensabilité(s) ; la pensée devient une multi variété relative à un « sujet », un opérateur (qui n’a plus besoin de la certitude la pensée pour être lui-même certain de son être, ce qui est essentiel et le fondement de tout le reste ; l’être « là » de mon existence devient n et par lui-même réel et vrai, vrai parce que réel… La métaphysique est déjà en cela dépassée par une autre sorte d’ontologie).

De sorte que suite à Descartes Leibniz ou Spinoza tout comme parallèlement on cherchera à situer la pensée dans le monde et la perception, ne pensent pas métaphysiquement mais instrumentalisent la pensée de l’extérieur par le calcul de la pensabilité leibnizienne ou par la mathématisation spinosiste. En sorte que la relativisation de la pensée se poursuivra de Kant et de Hegel ; ce n’est plus la pensée métaphysique qui fonctionne mais c’est la pensabilité comme expérience plurielle et kaléidoscopique de l’historicité et de la phénoménologie ou le rapport analysé de la pensabilité au monde, au monde expérimenté.

Depuis que Descartes a ouvert le gouffre sans fond du sujet, c’est l’ensemble des sujets hyper individués (ce qui ne signifie pas subjectifs) qui s’élèveront ; la porte est ouverte sur la pensée cohérente de ce qui est-là ; s’élèveront et ce doués du libre pur, ce qui signifie de la force de la cohérence réflexive qui se portera sur l’expérimenté, sur le vécu, sur le donné objectivement là (y compris les sciences humaines, par ex), et l’ensemble de ces aventures (et le réflexif essaime dans tous les domaines, esthétiques, éthiques ou politiques ou idéels, ou personnalisant ou amenant un surcroit d’humanisation qui passe et dépasse l’universalité de la révolution) l’ensemble de ces aventures dresse l’ensemble des possibilités du monde, du donné comme du vécu, de l’expérience individuée précise et armée de tout son acquis.

Rimbaud solde la totalité de son vécu, l’outrepasse, voit l’à-venir et l’éternité.

Il est clair que si la règle (universelle) du libre pur qui explore son monde unique armé de tous ses acquis se déploie dans le monde donné vécu, cela aboutit aux expérimentations de structure (de soi, du monde, de l’humain) les plus exorbitantes qui soient. Le libre lancé sur le monde est une engeance, incontournable. Ce qui s’approfondit est une étrangeté radicale et profondément autre, à chaque fois, en chaque sujet expérimental.

Si le règne du libre se déploie, ça n’est pas, donc, par subjectivisme ; les expérimentations sont réelles et parfaites et intégrales ou intègres en plein. Elles manifestent, expriment ou se vivent de plein fouet en tant que vraies. La vérité est entière ; ça n’est pas parce qu’elles ne correspondent pas aux deux métaphysiques (grecque et chrétienne) qu’elle déchoit ou se perd dans la détermination ou le contingent ou le subjectivisme ou le désespoir ; c’est en tant que libres purs que les consciences poussent bien plus loin la même vérité ; la même articulation et puissance pure, celle du réflexif et de sa cohérence fondamentale. Sauf que ça ne ressemble plus aux réflexivités de l’universalisation grecque ni de la dernière conscience indéfiniment libératrice (dieu).

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Le réel et la conscience : le devenir

5 Octobre 2013, 11:27am

Publié par pascal doyelle

Si il n’est de vérité que d’un autre être ; la conscience comme conscience (cad comme n’étant pas un conscient, qui est lui-même pris-dans la conscience en acte et comme celle-ci est glissements vers tout ce qui la précède, perceptions, physiologies, signes, identités , etc, il est doublement dépassé sur sa gauche et sur sa droite), elle n’en déchoit pas du tout, la vérité, et au contraire est portée absolument ; c’est que la conscience est le bord du monde (au moins pour-nous, à voir si elle est le bord du monde en tant qu’être, en tant que « tout ce qui est », ça n’est pas évident) et qu’ainsi relative à un être qui est extrême, il n’est rien en deçà qui puisse contraindre et absorber la vérité.


De sorte que si la vérité (et essentiellement la vérité métaphysique ; soit ontologique grecque, qui définit l’être général et veut en rendre compte intégralement, soit théologique, qui définit l’être suréminent, dieu, qui, si il est inabordable en soi, permet de saisir l’existant donné comme monde plus profondément que l’être général de l’ontologie grecque),
si la vérité est relative à cet être-libre incompréhensible, insituable, purement formel et sans aucun contenu (bien qu’il apparaisse toujours de et avec un contenu ; il n‘existe aucune conscience « suspendue », mais peut importe puisqu’au travers de n’importe quel contenue, elle se-sait), alors le devenir de la vérité est si parfaitement exact et constant et tendu radicalement qu’il faut reconnaitre dans l’historicité de la philosophie une perfection sans nom.


Evidemment il ne s’agit pas du tout d’une perfection telle qu’on a pu l’attendre ou la désirer ou la comprendre ; l’être de conscience est un mécanisme radical qui n’obéit certes pas à notre idée fantasmatique de la perfection ou de la vérité ; il n’est pas, littéralement, d’Ordre, pas de programme qui serait coextensif à l’être de conscience ; son programme c’est sa structure qui agit et réagit et reçoit, actif ou passif. Elle n’a pas besoin de se « dire » pour être ; non qu’elle s’en passe, au contraire puisqu’elle poursuit tous les Dires en tous sens, elle pousse le langage au-delà de lui-même (c’est le prorpe même des grecs qui dépassent le langage et sa synthèse immédiate, cela se nomme réflexivité en tout). Mais elle surnage au langage et ce vers le monde, le donné, le vécu (le christianisme) elle le tord, petit à petit ou à grand bruit.


Aussi assume-t-elle les mondes ; aucun monde humain et par conséquent aucune vérité ne l’arrête ; il faut bien cela, ce déchainement impitoyable, fonctionnel, formel, pour constituer les mondes humains, mais tout autant pour re-prendre, saisir le monde unique donné, le Là gigantesque qui est.
Comment peut-on croire que la détermination, ces masses considérables, puissent être saisies et découpées, et reconstitués par un Ordre statique et figé ? Il leur est corrélatif qu’un être, purement structurel et vide mais formel, puisse se couler, naviguer, explorer, décomposer, en tous sens la multitude et les pluralités (les séries de multitude). Il faut que cet être soit sans-rien et qu’il soit né de et dans la multitude ; qu’il naisse des physiologies, des langages, des identités, du relationnel etc ; qu’il s’ajoute sans rien bannir de ce qui est, et qu’alors sa performance n’est pas de reconstruire une vérité sur le monde donné là, mais d’y ajouter.


La conscience ne tend pas vers la vérité (qui existerait en soi on ne sait où ou interviendrait mystérieusement), elle la crée. Ou plus exactement elle crée une matrice réellement fonctionnelle, réellement en un mot agissante.


Cet agissement on pourra prétendre qu’il équivaut à une variation subjective ou hasardeuse ou livrée en la contingence ; rein n’est plus faux et absurde. La raison en est que la conscience, cette activité mirobolante, est au bord de ce qui est (pour-nous en tous cas et autant que l’on puisse en juger momentanément), ce qui signifie qu’il n’est rien « en-dessous » ou « au-dessus », qu’elle n’est nullement une interprétation ; elle agit parfaitement et en dés-ordre (qui n’est pas néanmoins le n’importe quoi, qui assume le libre pur et le devenir pluriel voir multiple, malfaisant et bienfaisant pour faire image, que ça ne peut pas être retranché du devenir, même si le mal doit être annulé).
On comprend bien que ce qui existe si souplement (qui supporte donc la masse effroyable du monde donné Là), ne peut pas ne pas s’égarer et poursuivre mille et unes vérités ou aberrations ; une rigidité rendrait la performance impossible sinon.
Autrement dit si l’on avance que la vérité est relative à un être qui ne l’est pas, ça n’est pas pour soustraire la vérité ; c’est afin de comprendre que la conscience n’est pas sans les dispositifs qui la précèdent ; qu’elle est et n’est que le dispositif au sein des dispositifs (physiologies, langages, relationnel, etc). Sauf que ce dispositif très limitatif, minuscule, est conclusif ; conclusif en ceci qu’elle seule est « hors de la cervelle » et qu’ayant affaire au réel, donné Là, comme Là gigantesque, elle perçoit le rapport. Elle juge de la vérité de telle ou telle inscription dans la cervelle.

Elle mettra du temps peut-être à remodeler la cervelle, mais le réel la soutiendra et elle le poursuivra puisque le réel est ce qui est sa structure même.

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Bilbo le Hobbit, comme principe réel

4 Octobre 2013, 10:50am

Publié par pascal doyelle

La vérité est donc relative au libre pur ; les deux sont les formules dans le monde, la réalité, la détermination ou un univers, comme on veut, de la réflexivité. Par quoi vraisemblablement la réflexivité peut être dite transcendante dans l’immanence ; il y a un univers, puis il y a un être (ou des êtres ; on ne saurait préjuger des extraterrestres !) qui s’y adopte ou adapte réflexivement.

Que la vérité soit relative au libre, c’est parce que le libre est l’ultime borne ; autrement dit, il n’est pas relatif. Lorsque l’on prononce « libre », on atteint de fait la limite, une limite extrême de « ce qui est ». Du reste « libre » cela signifie rapport à soi irrécupérable (par quoi que ce soit). Ce qui n’implique nullement que ce rapport soit omniscient ou total ou infini (il serait plutôt indéfini) ou continuel ; il suffit qu’il soit une fois, au moins, pour exister « libre » et en part très limitative. Nous sommes très loin d’un libre qui serait une sorte de forteresse ou de puissance absolue ou de conscient si conscient de soi ; le libre s’ajoute à. Il ne possède rien, sinon il devrait se trainer et ce serait impraticable et ajoute à (compte tenu de tout, littéralement tout le reste qui le précède).

Nous sommes donc par le libre à l’extrémité du monde, du donné, du vécu (cad de la pensée, des sciences et de la politique, des esthétiques et des personnalisations et des mois, etc). On y Est.

Sous entendu que cet « être » est celui du libre qui existe « à demi » ; le demi-être, le hobbit en somme, s’ajoute à l’aventure de « tout ce qui est » et aussi minuscule soit-il, il est décisif. Il est petit, inaperçu, inconsidéré, mais se faufile partout de sa petitesse ou de sa faiblesse qui lui ouvre la disposition, la disponibilité (des choses et des êtres, des péripéties et des géographies, etc).

La vérité n’est donc pas, puisque l’on Est à l’extrême limite de « ce qui est », relative à n’importe quoi ; elle est relative à un être qui ne l’est pas (on reporte à plus tard de comprendre pourquoi dans un monde, un univers, il est un tel être absurde et autre et autre parce que formel, cad à demi).

Mais une fois atteint cet être (en commençant par Descartes), la vérité n’est donc pas abandonnée ni oubliée ; le libre, la réflexivité (et Descartes est radicalement la réflexivité, sa méthode même, tout comme Hegel est la réflexivité « absolument », qu’il doit être lui-même inclus entièrement dans le processus général) la réflexivité conserve et assume.

Nous ne sommes plus dans les mondes particuliers ; qui s’effacent les uns les autres, qui disparaissent (encore que la réflexivité adore les musées et cherche à tout comprendre en soi). la réflexivité est unique et grecque et chrétienne est intégralement conservée ; pour ses propres raisons complexes, mais aussi parce que l’on est au bord du monde ; il n’est rien en deçà, et tout au-dessus.

Ayant acquis la vérité, (tout le pensable en son état, ce qui ne signifie tout ce qui peut être pensé en vérité), nous avons assumés la liberté pure qui est non le subjectivisme (ou la traduction libérale d’un être naturel qui serait donné là comme « vrai » ce qui est absurde ; notre être n’est pas un donné) mais qui est la cohérence poussée plus loin.

L’attention à ses propres intentionnalités… comme le montre Descartes en somme. La méthode d’être.

Se révèle que la vérité peut dire, exprimer, montrer l’être en son état effectivement « là » ; qu’il est une intentionnalité qui instrumentalise la vérité mais en tant que cette intentionnalité est unique et qu’il n’y a « rien d ‘autre » , ou donc qu’elle est la limite fondamentale de tout (pour nous mais aussi en soi ; le libre comme forme est formellement autre que tout, puisqu’il est de former un Un avec soi, le se-sachant, fut-il limitatif qu’il est positivement et non comme un manque, un défaut, quelle absurdité !) .

Tout autre discours est absurde en ceci ; il n’interroge pas du tout son objet au niveau de son objet, il le dégrade. Il fait passer le libre sous la vérité, et vagabonde dans les limbes des vérités sans voir que la vérité est seulement un moyen pour un être, pour un être agissant. Que ferions-nous de la vérité sinon d’agir par elle ? On veut bien que la vérité soit un idéal magnifique (sans conteste), mais ce sera pour l’activisme d’une conscience ; aussi la vérité jamais ne répond à la question : que fais-je de moi-même la vérité ? De même la vérité sera toujours la vérité de quelque conscience qui veut en imposer aux autres consciences … qu’elle soit science ou philosophiquement tronquée ou idéologique ou psycho moralisatrice.

Nietzsche avait parfaitement raison de percevoir que la vérité est relative à un être, sauf qu’il faut remplacer son édifice abracadabrant d’interprétation (qui recèle de réelles structures par ailleurs) par ceci que cet être, étant une limite absolue de tout monde, est en soi déjà-vrai.

On dira qu’à ce tarif là autant vouloir n’importe quoi… Mais on ne « veut » jamais n’importe quoi … On est toujours à l’extrême limite de ce que l’on peut vouloir (il faudrait du reste repréciser ce « vouloir »). Ça n’est pas que l’on n’ait pas le choix, mais que puisque l’on est à la base du monde, de n’importe quel monde, ce sont tous les choix qui se profilent potentiellement ; le libre est intégralement « ce qui se réalise ». Pour cette raison cela part en tous sens et l’entièreté de ce qui peut être exploré, l’est.

Et les choix que l’on va choisir, ne sont pas d’un « choix » mais d’une inventivité. On ne choisit jamais entre blanc et noir, on invente. C’est d’ajouter de l’être à l’être qui joue ; la vérité, qui au fond décrit un état, et une conformité à cet état, est l’abaissement des consciences à un tel état, au lieu que le libre (qui ne veut jamais en dehors de la vérité comme agissement réel) explore et invente.

Le mal serait précisément de ne pas ramener la vérité (on croit être la vérité) aux libres ; le libre propage le libre et la vérité non comme contenu mais comme principe. De ne pas saisir la réalité humaine comme organisée par le libre mais par des intérêts (sans envergure et qui donc s’effondrent tôt ou tard, à l’inverse du libre qui continue d’être et augmente) ou des vérités.

Mais si le libre est adéquat à son agissement (et qu’il est l’extrémité de la réalité), alors la réalité supporte ce déchaînement du libre, cette exploration : elle n’est pas en soi rationnelle, mais non pas pour cela irrationnelle ; elle est structurellement. Elle est un extrémisme et ce vraisemblablement parce qu’elle doit « se produire », et qu’elle ne manque rien, rien de ce qui est.

Or c’est ce que pense ou en tous cas manifeste la philosophie. Ce dés-ordre fondamental.

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L’horreur de ce-qui-est

3 Octobre 2013, 10:12am

Publié par pascal doyelle

Si elle voit sans se voir, ça ne se réduit pourtant pas à une simple fonction de perception ; de ce qu’elle est formelle (cad apparaît des perceptions et des signes, compte tenu de ceux-ci), elle se maintient ; elle renaît de la cervelle. Elle se produit non au sens où elle se crée, mais au sens où elle est produite de la cervelle ; or étant formelle cette production par un autre que soi, ne l’entame pas.

Si elle se produisait de la cervelle comme déterminée, elle dépendrait de cette cervelle, de ses contenus, mais comme elle se produit en rapport-à, elle peut tout à fait emprunter tel contenu (elle ne se produit jamais sans base) pour varier sur tel autre. Et non seulement il est quantité d’autres contenus qui peuvent être mélangés, mais surtout elle se produit vers le « là », l’être externe, hors cervelle, et donc si il est un « contenu » auquel elle tient ou se tient, c’est le « là » réel hors d’elle-même ; autrement dit un « non contenu » d’une part puisqu’il est au-dehors (et que l'on n'en sait rien a priori), mais aussi d’autre part puisque ce « là » possède n’importe quelle qualification ; il est indéfiniment varié. Et n’est pas lui-même tel ou tel, il est indéfiniment « là ».

C’est ce pour quoi est la conscience ; pour admettre un « là » indéfini.

Elle n’a donc pas de manière privilégiée une accointance avec la cervelle, sinon qu’elle y apparait, mais mène un tout autre devenir.

La conscience n’est pas là pour le bien de l’homme, ou tout au moins n’y est pas pour le bien tel qu’il peut l’imaginer ou l’espérer. Elle y est pour autre chose.

Ce qui signifie que le plus petit, le plus minuscule, le plus fragile est le fondamental. Avoir conscience de, est une invention de « ce qui est », cette monstruosité, et lui est adéquat. La conscience est un gouffre, l’abîme (ou un de ceux-là). Elle est une horreur dans le grand dehors innommable.

Sans doute y gagnerions-nous de la suivre ; mais non semblable à notre imagination ou notre attente. L’attente et la réjouissance du contentement. Pas dans le sens du bonheur dans le monde, le monde est prodigieusement quelconque en comparaison. Un bricolage. Un bricolage qui se fabrique ici et là.

Pas la conscience. Elle est formelle et donc parfaite, absolument sans plus et sans moins, insaisissable et est sa propre loi, et l’est réellement, la loi souple et qui devient (puisqu’il est d’une forme parfaite qu’elle puisse devenir en quelque condition que ce soit). La forme est une et sans comparaison de quoi que ce soit. Ce demi-être, cela qui surgit de tout autre que lui-même (et donc existant à demi), est assuré de se saisir parce qu’il peut être dessaisi de lui-même, étant déjà mélangé à tout ce qui le précède ; c’est parce que demi-être qu’il apparait, admettant toutes sortes de contenus et qui n’est étranger à aucun langage, aucune physiologie, aucune humanisation.

Mais ce faisant il est la bascule vers le grand dehors, le monde comme champ non suffisant de son être puisque cet être n’a pas de contenu et n’entre en composition avec rien. Quel univers monstrueux peut produire une structure agissante sans fond ?

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