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instants philosophie

Nietzsche le téméraire

23 Octobre 2013, 07:42am

Publié par pascal doyelle

Il est frappant que beaucoup estiment que la vérité n’existe pas, que c’est hors de portée, que peut-être il n’est que des points de vue, voir des points de vue qui valent ce que prouve leur pouvoir (Marx, Foucault, mais aussi le tout venant très commun des influences, et quelques détournements de Nietzsche ici et là).

Mais qu’est-ce qui a fondé tout ce devenir, cette historicité sinon la vérité ?

Il apparaît plutôt que l’on entend par cette absence que le grand accomplissement, la révélation ultime, la plénitude complète ne se sont pas réalisés, que le grand apaisement et l’amour ne règnent pas sur le monde.

Il semble à vrai dire que ce genre de réalisation n’existe pas. Que ça n’est pas cela qui se réalise. Que c’est autre chose (ce qui ne veut pas dire la violence ou le déchirement ou l’insatisfaction, qui sont des harpies qui nous poursuivent et qui pourtant sont parfois ici et là résolues par la vérité, bien réelle qui est déjà réelle).

La réalisation effective de la vérité n’est pas celle que l’on attendait ; et du reste qu’est-ce que l’on attendait ? Quelle espèce de plénitude, issue de « où » et que signifie-telle ? Que comporte-t-elle ?

Il est curieux que l’on juge du réalisé, du déjà là, en fonction d’un rêve évanouissant qui ne s’imagine qu’à peine… on passe outre le déjà réel et on pleure à n’en plus finir sur un imaginaire dont on dit ah mais peut-être que cela, cette attente, fait « sens ».

Faut-il rappeler la parole nietzschéenne ; ça ne fait pas sens. Ça ne fait pas sens, parce que le sens de ce qui est, est « ce qui est » tel que « là ». Ça ne va nulle part parce que l’on y est déjà.

C’est cela l’affirmation nietzschéenne ; sa structure réflexive. C’est de la réjouissance de ce qui est dont il faut se féliciter. Et de son extrême, ultime lucidité il ajoute à ce principe (qui équivaut à dire ; ce qui est, est) ; il ajoute : on n’agit pas pour le bien ou le mal (ce sont des raisons postérieures) mais on agit du souffle même. Or troisième principe de l’affirmation ; elle n’est pas un contentement de « ce qui est », mais est l’exigence pure et simple, impitoyable.

Se tenir dans la source (qui est le sens en soi) est la discipline même ; en tant que source elle n’est pas satisfaite, parce que son être n’est pas de se satisfaire ou non. Elle est agissement et cela est le sens. La question est donc ; quel agissement porte le plus loin ?

C’est le quatrième principe réflexif nietzschéen.

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Hegel

21 Octobre 2013, 20:09pm

Publié par pascal doyelle

Il n’est donc plus tant question de la pensée et de la vérité prioritairement ; il n’est pas en chaque conscience d’aboutissement au concept ; il n’est pas un devenir qui conduirait à la réalisation de la Pensée, comme si elle existait seule au centre de tout.
Ce qui existe, ce sont des consciences ; et loin d’être simples à saisir ou simple passe plat des idées, elles sont. Réellement.
La finalité n’est pas de produire un discours , un savoir-connaissance qui serait de sa propre force le lien entre les êtres, (et entre nous et la réalité, la nature, l’histoire), mais est de constituer des consciences, qui, n’étant pas simple fonction, se travaillent, œuvrent leur être.


Il est cependant hors de doute que ces consciences n’aient pas à se passer de la vérité, des vérités, de la pensée ; le plus fort de Descartes est outre de manifester la première conscience (indéboulonnable, immanquable, réalisée une fois pour toute, ce qui ne signifie pas qu’elle sache déjà intégralement « ce que » elle est, elle est première de par sa certitude, c’est quand même bien cela, la certitude de son être, qu’il Dit, littéralement, et non pas essentiellement que cette certitude soit le prolégomène à une connaissance ; on a ainsi remis en doute tous les développements cartésiens, juger à juste titre que sa preuve n’est pas une preuve qui soit pensable (elle n’a pas à l’être en cette occurrence) ; elle se montre, et donc est plus qu’une preuve), le plus fort est de lier indissolublement que le libre pur est aussi la pensée. Que notre être est un dispositif dans les dispositifs, qu’il n’en exclut aucun, qu’il les approuve même (quand bien même on ignorerait le lien du corps et l’esprit par exemple).
Il ne s’agit donc plus du tout de séparer ce qui n’a pas à l’être ; puisque dans l’être, cet être çi, pensée et liberté, vérité et réflexivité sont de fait un seul et même Réel : notre-être.
Il est clair qu’alors on ne peut plus, cependant, penser notre être comme séparé du corps (et Descartes présente cela, sans parvenir à le penser, comme une substance, une unité ; laquelle ? Il ne peut pas répondre à toutes les questions, d’autres de toute manière reprennent ensuite l’étrange lien donné « là ») ; de fait la pensée chrétienne ne sépare pas l’âme et le corps ; on sait bien que c’est tout autre chose qui se joue, se symbolise, d’imagine, se perçoit ; une manière de re-prendre le très exact donné « là », cet individualité humaine, tout entier et en une fois mais d’un autre point de vue ; celui de la dernière conscience indéfiniment réelle et une. (Ce qui ne préjuge pas que cela soit vrai ou réel ; c’est non pensable ici et maintenant).


Evidemment il est une très valide logique à penser vouloir résoudre (d’autres diront alors réduire) ce qui est pourtant bien plus grand et vertical, à l’horizontalité d’un penser ; c’est cela qu’il faut cibler, réaliser. Mais à condition que l’on admette cela que l’on veut penser (l’être de l’homme) tel qu’il est effectivement et non pas tel que le préjugement du penser horizontal doit le supposer pour le penser horizontalement.
On peut imaginer une pensée qui réduira notre être à un discours ; à un développement purement notionnel (philosophique ou scientifique etc). Mais en fait on peut en douter ; comment un tel être qui est un se-sachant pourrait-il entrer dans un discours puisque ce savoir-de-soi (quel qu’il soit) excède de fait tout connaitre ? Ce que l’on nomme ici ; comment le savoir (évasif, éthéré, absurde, abyssal, étrange, mais certain d’être tout en ne se connaissant pas) comment ce savoir passerait-il dans une connaissance ?


Ou pour le dire autrement ; n’est-il pas aveuglant que lors même la connaissance absolue de Hegel serait-elle vraie et réelle, elle nous parait « là », telle quelle, comme un donné et que nous lui sommes extérieurs, et ce quand bien même cette connaissance serait vraie et réalisée ?
Par contre prétendre que cette connaissance nous est totalement sans intérêt et hors de notre être, est absurde. Il se peut que tout le système hégélien soit vrai et décrive réellement (ou à peu près, la rigueur a ses limites) ce par quoi nous sommes devenus. Il se peut que notre être se soit investi en des contenus, des contenus de penser en l’occurrence, et qu’il ait formulé le passage d’un concept en un autre ; qu’il y ait une telle progression et sinon à la lettre mais dans la logique dialectique hégélienne ou peu s’en faut.
Hegel ne signe donc pas la fin de la réflexion, il parfait ultimement qu’il y ait une pensabilité développée en et par elle-même. Mais cette pensabilité même (qui n’est déjà plus la pensée métaphysique ancienne ou chrétienne, laquelle était déjà suspendue à dieu et la foi, l’acculturation généralisée) montre structurellement comme la pensée se compose et recompose d’une « négativité », de ce qui parait une néantisation en comparaison d’un contenu ou qui rapporte un contenu vers/en/par un autre contenu ; et comme faire-valoir de tels contenus (qui sont jugés plus propices puisque le pensé, ce qui est pensé, contient la détermination réduite pour les uns ou universalisée pour les autres). Mais n'est-ce pas le mouvement que l'on doit retenir et non les résultats, le contenu ? Mais alors de quel "être mouvementé" s'agit-il ?

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Philosophie et religion

20 Octobre 2013, 16:57pm

Publié par pascal doyelle

Il faut le dire avec force ; la philosophie, la pensée, fut-elle grecque et ayant en vue la seule disposition de l’universalisation (à partir des différences constatées là, on constitue des séries qui sont des idées, et ce jusqu’à l’idée des idées ; autrement dit un seul plan immanent, dont la transcendance est intérieure, qui ne dépasse pas l’immanence ; ce qui est absent, non là, on ne peut pas le comprendre), serait-elle science ou autre (psychanalytique par ex), ne peut pas juger de la religion.

Philosophie et sciences statuent (ou le tentent) de ce qui est, là, constatable, par chacun, par tous ; ça ne va pas plus loin. On ne peut pas dire ; tout est matière, parce que l’on n’en sait rien ; on peut par contre exhiber ceci fonctionne avec cela, il se trouve que ce sont des atomes ou de molécules. Une science qui extrapolerait un résultat vrai mais limité, à la totalité est de fait disqualifiée. Evidemment chacun peut présenter en son nom propre ; il me semble bien que tout est matière ou que tout est langage (les mathématiques sont peut-être juste un langage), mais ne peut pas prendre de la science une autorité qu’il ne possède pas en propre.

Cela ne limite et ne doit en aucun cas limiter la science ou la philosophie.

Je m’étonne toujours de la facilité extraordinaire qu’a eu la pensée chrétienne de s’engouffrer dans l’universalité grecque, rationnelle. Mais de même la pensée arabe est celle qui a précisément repris Aristote et, créative, s’est tout autant imposée en « occident » ; on assiste donc a un mouvement général qui n’appartient pas. Ça n’est pas qu’il n’appartient à un tel ou un tel, il n’appartient pas, tout court.

Autrement dit la "raison" ce que l’on nomme tel dans les manuels ou les gribouilles idéologiques, n’est pas cause d’un resserrement ou d’un écrasement des différences ; elle l’a été mais instrumentalisée par des politiques de pouvoir. La « raison » ou la vérité (comme principe) est ce qui permet à toute position, toute option préalable, de s’éclaircir, de parfaire son propre discours, si elle l’entend ainsi.

Affirmant ceci ou cela, la philosophie ne fait rien d’autre qu’argumenter, acceptant de fait d’être contredite, mais cela situe ou resitue la parole ; il n’est pas d’imposition de quoi que ce soit, mais des propositions, au sens figuré et propre. Ce qui a pour effet de décupler ; c’est uniquement si l’on s’adresse à la compréhension de l’autre que l’on peut tenir une complexité. Toute position « immédiate » (qui penserait accaparer) est de fait rendue à elle-même (qu'elle soit foi sincère et c'est en son lieu parfaitement valide, ou qu'elle prétende à "passer outre" le partage) ; mais est-ce un défaut, un manque, ou n'est-ce pas plutôt le rebond incessant des réalités ? Et il est clair que cela produit du désordre ; ça n’aboutit pas un glacis unanime, mais peu importe puisque le désordre en est sa propre règle abstraite et formelle.

Certes donc chacun ou philosophe va affirmer ceci ou cela et apparemment dans la négation d’une vérité commune ; mais la philosophie fait mieux que cela ; elle montre de fait que les vérités s’exposent, elle en est la preuve vivante : que ça fout le désordre, et que cela oblige à passer un plan, un degré, un étage en plus.

Pour reprendre quelque peu ; la philosophie est ce qui a tenté de théorisé ce qui arrivait à l’humanisation (la réflexivité qui est « ne plus se laisser faire par le groupe-parole (langage)-monde particulier local). La réflexivité arrive partout et hors de la philosophie tout autant ; il y eu donc un point de crispation ; que l’on situe à peu près. Pour cela il y eut une accélération ; de l’éthique, de la politique, de l’esthétique, etc, du souci de soi ou des sectes du moment, ou donc une sorte de surgissement qu’est le christianisme et sa réflexivité propre.

Mais puisque la philosophie réfléchit sur ce qui arrive (à savoir la réflexivité), il est évident qu’elle ne défend pas une vérité toute faite ; ce qu’elle promeut comme système par contre ce sont peut-on dire les conditions de toute vérité, et ce au sens de : les conditions de toutes les vérités. De fait elle a du mal à concevoir qu’elle provoque à être plutôt que détenir la vérité ; l’engouement du début sans doute ! Or cependant elle le montre … elle montre comme les vérités se propagent ; ce que l’on présente comme contradictions insurmontables de la philosophie sont en fait la monstration de sa performance et comme elle libère la parole, le langage (et plus que cela en réalité).

Elle pousse le dés-ordre, étant entendu qu’il existe cependant un ordre second qui enclenche ce dés-ordre et mais aussi qui le maintient dans un degré autre ou second, au carré. C’est pour cela qu’ils tiennent absolument sur « il y a de la vérité » (mais on ne sait pas laquelle) et rejette que « il n’y a pas de vérité » (ou il n’y a que des vérités subjectives ou relatives et plus encore que « ceci est la vérité »). On ne peut pas dire ; la vérité n’existe pas, puisque c’est énoncer une vérité.

De même on s’étonnera que la philosophie a souvent usé de la religion, d’abord il s’agit en général d’une utilisation raisonnée (cad justifiée dans tel système, la philosophie ne peut pas absolument se fonder sur un méta-plan, en ce qu’elle dit, il faut que ce soit justifié, même comme non justification), mais aussi elle ne préjuge pas au-delà de son cercle de présentation et de représentation. On peut présenter que « conscience » (terme neutre) est l’âme ou le corps glorieux ou ce que l’on a élu ou dont on fut saisi. Ça ne changera pas que pour transmettre ce sera « conscience » qui sera retenu (ou toute énonciation qui signifie « être humain » formellement, cela seul peut être repris en Droit, mais plus loin en toute acculturation active), par contre si l’on a la foi, le système formel philosophique (nommons le ainsi, au hasard) est l’occasion, éventuelle chacun fait comme il le veut, ou l’occurrence de manifester, de présenter, de représenter.

Or finalement, c’est ce qui s’est passé… on n’invente rien, c’est effectivement ce qui a eu lieu, et qui sera d’autant.

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Le début de la philosophie

20 Octobre 2013, 09:14am

Publié par pascal doyelle

Les grecs inventent la philosophie. Elle naît dans la considération que l’universalisation augmente notre être. L’universalisation existe dans le langage, mais les grecs systématisent (ils systématisent considérablement en toutes sortes de domaines du reste). Ils tirent du langage l’universalisation et imposent que l’on sache ce que l’on dit ; inventent la possibilité d’un système cohérent.

Or la cohérence du système ne tient pas tant au système qu’à la nécessité de répertorier tout élément énoncé, par d’autres du même acabit ; de sorte qu’aucun élément ne sorte de la saisie pleine et transparente. Comprendre c’est systématiser non pour systématiser mais afin d’éclaircir intégralement ce que l’on pense.

Afin que notre conscience soit égale à ce qui est pensé, qu’elle n’en soit pas débordée, et qu’elle ne se conditionne pas elle-même en fonction d’immédiatetés, de vécus, de préjugés, d’a priori invalides, etc. Il est question de vivre pleinement en conscience la plus intégrale possible ; puisque le système parfait est un idéal non une réalité parfaitement réalisée. Si la pensée est l’horizon uniment et unanime, il est un donné « là », la matérialité, qui exhibe les différences de toutes sortes, différences desquelles on tire les idées (les séries de différences), mais il est impossible de penser les différences elles-mêmes ; (matérialité) différences, séries, idées, idée des idées ; la matière est indistincte, les séparations de différences viennent manifester la matière qui sinon n’apparait pas. Et les différences se manifestent vraiment d’être conduites en idées, et les idées se révèlent essentiellement en et par l’idée des idées.

Ce système doit élaborer les idées des choses et des êtres, et les idées se nouer entre elles afin de s’expliciter. Mais essentiellement il s’agit d’abord de comprendre ce que c’est que penser et de quelle manière on peut tirer les idées des choses et quelles idées ; on ne va pas nécessairement élaborer l’idée du mouton ou de la poterie en soi.

Les idées que présente la philosophie sont en grande partie inventées par et pour la philosophie ; puisque dans tous les cas il est question de sauvegarder ou de proposer clairement ce en quoi cela consiste de penser, et pourquoi c’est un bienfait ; en ce qu’elle augmente notre être. La politique devient un problème, l’éthique ou l’esthétique, le beau ou le désir et le corps, etc ; en tout il faut dégager la configuration de mots qui produiront qu’en chaque occurrence, que ce que l’on conservera et élaborera sera le bien, le vrai, le beau, etc, en raison de l’ouverture incessante que cela provoque en une conscience ; en une conscience il y a non seulement tout ce qui s’y trouve, le vécu, les perceptions, désirs, langage, etc, mais aussi la pensée en tant que par la tenue de la pensée (par elle-même, en ceci qu’elle sait dés lors ce qu’elle veut ; se préserver à tout le moins, se créer, se déployer) notre vécu, notre être là donné, devient plus grand que lui-même.

On invente donc des séries d’idées qui permettent cette accélération de la pensée, étant entendu qu’elle augmente notre conscience et que cette accélération et amplification permet de choisir ou de produire en son individualité limitée, un plus grand que soi. Le fait des grecs est la pensée comme Penser ; comme activité valant en soi et par soi, et quasiment une vie ne vaut que si elle a su s’agrandir, s’élever à ce niveau.

Les éthiques diverses et variées aboutissent à réguler notre vécu afin de se prédisposer à une telle augmentation. En aucun cas il n’est question de se soumettre à une règle extérieure mais de bien s’apercevoir que cette règle est cela seul qui peut soulever notre être limité, jusqu’à non pas du tout l’illimité, mais jusqu’à la plénitude, cad le système cohérent qui nous tient d’égal à égal avec nous même, avec les autres et avec le monde. Non pas tant que tout soit à sa place, mais que l’on perçoive la mise en place ; qu’en plus on respecte l’ordonnance est second, non pas secondaire mais second, et est un effet ; si l’on a été à ce point augmenté par le systématique, on a toutes les raisons de le respecter.

La pensée, en tant que Penser, est donc l’horizon lui-même ; il n’est pas, comme par la suite, un second horizon sur lequel on pourrait rapporter la pensée (dieu, le libre, l’individu infini, etc, ou pour les contemporains, la matière même, les sciences, ou l’idéologie, etc). L’horizon de la pensée est ce qui installe la possibilité de s’augmenter considérablement et ce qui installe le monde et les choses et les êtres.

Etant engagé dans le procédé de comprendre ce que l’on dit, on doit donc comprendre les choses et les êtres, mais aussi inventer les idées qui correspondent à cette possibilité, et enfin définir ce que c’est que penser et pourquoi et comment il se fait qu’il y ait un être qui pense. Mais il est quelque difficulté à connaitre la raison de l’existence de la pensée, puisque l’on ne peut pas dériver la pensée d’un autre ; à moins de la réduire et donc d’imposer dans l’horizon du penser un autre réel dont on puisse la déduire.

Puisque cela, la pensée, vient d’être découverte, on en est tout étourdi. On extrapole ce qui permet de penser afin de bien le saisir et de ne pas l’oublier en cours de route, et essentiellement afin de marquer la route qui s’ouvre au fur et à mesure du développement de la pensée ; d’autant que penser c’est extraire les séries de différences du monde (formant les idées) mais aussi ramener ce système au monde tel que donné ; il faut que cela soit praticable et que cela agisse dans le monde ; que cela montre le sens de retour du monde à la pensée mais aussi de la pensée vers le monde. Parce que ce qui est voulu systématiquement ça n’est pas de former une cohérence imaginaire ou indépendante du monde, du vécu, des choses, des idées réelles.

Il est un retour qui doit être adéquat ; ça n’est pas seulement de former système intellectuellement, mais c’est « ce qui est » qui doit s’y retrouver ; il est une bascule qui engage notre être entier à devenir cohérent ; la perception, le désir, le corps, les choses dans leurs différences doivent parvenir à une représentation adéquate.

La pensée est donc non seulement la pensée du donné « là » qui s’éclaire, mais la capacité d’existence accomplie. Elle est réellement réflexive au sens où le vécu, le perçu, le désirer, la parole entre les êtres, l’esthétique, etc, sont portés à la représentation systématique, ce qui signifie « sur-vécus », pour ainsi dire. Il n’est pas pour les grecs une distinction entre la pensée et ce dont il est de la pensée ou plutôt si elle existe, (ils n’étaient pas idiots), ils tiennent bon sur la coïncidence absolue : or l’universalisation fonctionne réellement ; on perçoit plus de penser.

La divergence avec les sophistes, tient en ce que pour les seconds la pensée ne change pas celui qui l’utilise. Il n’est pas de conversion interne. Le propre de la philosophie est d’admettre qu’il y ait conversion ; autrement dit que l’on puise changer de régime et passer d’une conscience limitée (à elle-même, ses désirs habituels ou communs, donnée là, immédiate) à une conscience devenante qui puisse réinstaller son être en fonction de ce qui précisément augmente son être mais de plus nous tient d’égal à égal (et non plus dans la soumission au langage, commun, corps, etc) et enfin d’opérer en intelligence, en compréhension, en conscience la composition de notre être.

Il est clair par ailleurs que si notre être est la pensée (et il est de pensée, sauf qu’en plus de la pensée grecque, par la suite et pour nous, il est encore autre chose et en plus, sans que au fond cet en-plus contredise la pensée ), alors le conflit ou la décision ou le projet ou l’ordonnance des choses et des êtres ou le rapport à soi, etc, ne passent plus par le commun, l’habituel, le rituel, ou la non réflexion (qui laisse une altérité décider pour nous, ce qui ne signifie pas qu’elle soit erronée, mais même vraie on ne la comprend pas en raison) mais par une construction exposée. Que cela même est l’élévation hors de la violence et hors de la tradition ou autoritarisme et hors du laisser faire parce que déjà existant.

La vérité ou donc la pensée se soulève de prétendre qu’il y a de la vérité qui précède les états donnés « là » enkystés ou prégnants et qui ne sont pas vrais parce qu’ils sont existant, mais qu’il existe une compréhension plus grande, toujours, que n’importe quelle situation.

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Nietzsche, Wittgenstein, etc

19 Octobre 2013, 13:22pm

Publié par pascal doyelle

Que l’on puise clore le devenir de la structure de conscience peut sembler une bonne idée ; on s’imagine par là se dorloter, mais outre la plaisanterie on imagine qu’il serait alors possible, ayant statué sur son être, de passer à autre chose ; si par exemple la conscience a pour résultat le concept, le savoir absolu, voila on est content.


En vérité pas tant que cela ; puisque la conscience est un Réel, et est indérivable ; il est clair que le concept pas plus que n’importe quoi d’autre ne peut la satisfaire.
C’est qu’elle n’est pas là pour être satisfaite, heureuse ou on ne sait quoi du même genre. Elle est agissement pur et simple et n’est que cela.


Nietzsche ne s’y trompe pas ; il ne définit pas notre-être comme force pour seulement contrevenir à l’idée, Platon, etc. il définit notre être comme force en tant que source ininterrompue. Qu’elle se retourne contre elle-même et négativise, ou qu’elle s’approuve et se poursuive elle-même, elle existe de fait telle quelle, pur mouvement engendrant (selon le moins ou le plus de force). Il assigne son être à ce devenir-être qui se justifie de lui-même. Pour cela il est à la suite de la première conscience cartésienne, la conscience première affirmative absolument de ce qu’elle « est » tout simplement là effectivement réelle en sa complexité indissoluble. Ça n’a pas de sens parce qu’elle est le sens.


Nietzsche est littéralement l’opération logique la plus exacte et vraie qui puisse être ; il condamne et voue aux orties la raison et tout cela, mais c’est que dans la révolté qui l’anime il doit absolument réduire la pensée à la raison et ne peut pas percevoir que ce qu’il nomme la raison était déjà non pas limitativement la raison, mais la réflexivité et la réflexivité sur la réflexivité ; la conscience prise et prenante de la réflexivité qui incendiait l’humanisation. Il ne voit pas que l’opprobre qu’il lance s’origine dans la même hyper cohérence qu’il dénonce (à juste raison pour une part) en la philosophie ; par Nietzsche la philosophie sait enfin qu’elle n’est pas seulement le rationnel plat et étal, et par Nietzsche elle sait aussi que le rationnel plat et étal est une vue caricaturale et non compréhensive de ce qu’est vraiment la philosophie ; jamais une philosophie ne fut plate et étale, elle est déjà tout entière réflexive non évidente (si elle était évidente elle ne réfléchirait pas, ça tombe sous le sens).


Que l’on ne parle pas donc d’antiphilosophie ou de ces moyens dérisoires par lesquels nos téméraires penseurs tentent de ruiner cela même qui les origine… Il faudrait encore choisir entre les bons philosophes et les mauvais, que l’on se trouve dans un camp ou dans l’autre : ce qui est profondément absurde. C’est ne pas être en mesure de se placer au niveau de son objet, c’est le réduire- le caricaturer- et se croire par ailleurs superbement intelligent, bien plus que Platon ou Descartes, ce qui est quand même le comble. Ni Wittgenstein ou Lacan ou Nietzsche ou Kierkegaard, etc (il en est des dizaines à vrai dire, y compris parmi les grecs) ne sortent de la philosophie en tant que réflexivité et manifestation hyper cohérente de « ce qui est », c’est seulement qu’on appliquerait alors une limitative pensée de cette cohérence ; n’égalant pas tout ce qui eut lieu.
Il est évident que la philosophie comme réflexivité (et pensée de la réflexivité qui arrive partout en l’humanisation) supporte très largement toutes les révoltes qui se puissent imaginer ; elle est la révolté pure et simple. Elle est « ce qui ne veut plus se laisser faire, par les groupes, les langages ou les mondes mais non plus par l’immédiat ou le vécu ».

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L'être de conscience comme non-humanité

19 Octobre 2013, 10:38am

Publié par pascal doyelle

La réflexivité est donc ce qui est arrivé à l’humain. Ça ne se comprend que de la sortie des mondes particuliers, qui se fondent sur une synthèse immédiate ; ce qui apparait est vrai, est vraiment tel que cela se montre, puisque en ce cas l’apparition des choses et des êtres est aussi « comme ils sont dits, parlés », et que la parole est aussi « ce qui est échangé ». Parole-groupe-monde se composent synthétiquement.

On présente habituellement la révolution interne (quoi qu’en réalité elle soit externe, on y est projeté dans l’externe, le dehors) comme étant celle de la raison ; mais la raison est philosophiquement plutôt la théorie de ce qui arrive partout tout à coup à l’humanisation ; la philosophie est la réflexivité sur la réflexivité qui commence à se propager en tous domaines. Comme telle elle accélère mais aussi produit un surcroit de réflexivité.

Cela permet de réintégrer la pensée chrétienne dans le pensable ; mais évidemment alors ce que l’on nomme « raison » devient une partie de la réflexivité généralisée. Et par exemple il n’est plus question d’être en mesure de rassembler tout le devenir sous le concept hégélien ; qui présente que la réflexivité débouche, aboutit, se réalise comme savoir absolu. La conscience n’est pas le conscient.

Mais de même la conscience n’exclue pas du tout le conscient ; pareillement le libre pur initié par Descartes ne s’oppose en rien à la vérité (comme horizon idéal présenté par le Pensée dont l’universalité serait la borne, l’essence même de l’homme ; en tous cas de l’homme comme animal raisonnable, ce que depuis les chrétiens on a dépassé de fait, pour qui l’homme est l’individualité retournée par le regard indéfiniment réel, retourné au sens propre comme figuré).

C’est qu’il faut concevoir que la conscience n’exclue pas le conscient, la pensée, etc, (ni la mémoire ou le corps d’un autre point de vue) ; elle est, conformément à la description cartésienne, le dispositif des dispositifs.

Or cependant elle n’exclue rien, mais ce mécanisme (sans doute produit par et dans la cervelle mais qui se lance vers le monde « là » donné surface étendue autre, que l’on connait pas a priori) bouleverse intégralement ; dépasse le langage, le commun, requiert des phrases pour s’exprimer et non plus seulement des mots (qui tombent eux dans le domaine public pour ainsi dire, qui montre des choses, or le réflexif ne se montre pas, il s’élabore de sa forme vide), et comme le dit mécanisme admet toutes les altérités possibles (il n’adhère en aucune, il n’est pas composé en lui-même et donc peut entrer en composition de tout ; des physiologies aux signes), ce mécanisme produit ; il produit des articulations.

Articulations que sont les universalités (grecs par ex, puis des sciences objectivistes, le droit, etc) ou les devenirs consciences de l’acculturation chrétienne (sous le regard indéfiniment réel de dieu, qui a-déjà-fait-retour en chacun, par le christ, insufflant un parcours interne en chacun), mais ce sont aussi à partir de Descartes qui en est la première conscience unique et immanquable, la propagation de fait des consciences premières ; et là il en existe des tas ; ce qui se dit « conscience première » est indéfiniment et creuse à même son être, subissant le poids de l’exigence, de l’exigence structurelle de la réflexivité.

Chacun le sait bien ; il subit ce poids, le poids du mécanisme de conscience. Lequel est d’une si absolue positivité (il absorbe tout et n’importe quoi, conduit partout et n’importe comment, transmute et relève tout ce qu’il rencontre) que, produit de la cervelle, il surgit toujours parfaitement identique formellement à lui-même. Il ramène sans cesse le Même, et on ne peut en rien le contredire puisque c’est une forme pure sans rien, sans contenu, qui s’joute à n’importe quel donné ; il ne ramène pas le Même contenu ou la même intentionnalité précise ou le même horizon projeté ou reçu, il est purement mécanique.

Le problème est que tout mécanique qu’il soit, il est un se-sachant. C’est cela même qui le rétablit constamment comme lancée vers le monde donné « là » ; il est clair qu’il ne peut pas s’élancer vers le monde, sans se garantir d’une unité de soi-même, mais celle-ci est évidemment vide ; tout comme il est un rapport-vers-le monde donné, il est un rapport-vers soi. Lequel ne contient rien.

Autrement dit on ne peut pas dériver la conscience-de de quoi que ce soit ; elle est un Réel, de même que l’on énonce ; l’être est, et on ignore « ce que » cela est. On les constate tels quels. Elle est un être indérivable (et non une notion, une idée ou un concept, ni même une intuition à proprement parler, ni un idéalisme ou une identité). En tant que telle, la conscience est a-humaine ou non-humaine ; l’humain est un effet de son être.

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La philosophie comme bavardage ?

18 Octobre 2013, 09:53am

Publié par pascal doyelle

On caricature la philosophie comme non sens, comme bavardage, comme abstraction qui enfile les idées qui ne correspondent pas au donné, qui glose sur des possibilités non constatables.

Le problème est que l’on délimite là une partie antérieure de la philosophie. Celle qui se figure dans la vérité et le déploiement de l’universalité, de l’universalisation à partir du langage qui dépasse le langage et le marque en le référant, en le forçant à se référer autrement qu’aux choses communes. Et qui culmine dans cette extrapolation de son invention ; le Un, le Bien, le tout, la pensée elle-même, l’Etre, etc. qui sont comme à la fois les principes du penser et les finalités en lesquelles il se reconnait et s’explique ; il affecte à sa démarche même son chemin. Comme il est son horizon absolu (tout ce qui est, se traduit en une pensée qui est le Penser comme principe de compréhension (des choses et des êtres, via les idées) et principe de compréhensivité (les idées se comprennent en s’assignant comme fins explicites, dites, transparentes, et l’idée terminale s’affecte comme transcendante, comme régulant les champs inférieurs). Ceci ne vaut que si l’on maintient la pensée universelle comme finalité inamovible, comme évidence en et de par elle-même, le sommet de ce que l’on peut.

Or dans l’idée même de l’être il est au moins deux organisationnels ; d’une part l’idée de l’être est purement formelle et vide, et ne prescrit rien (de sorte qu’une partie de la pensée est de découvrir les ordres de validité des idées, logique, cohérence, adéquation, etc) et que d’autre part la rationalité est « cela qui opère le tri » mais le tri dans l’intentionnalité elle-même ; la raison est non seulement d’installer un discours cohérent mais d’opérer sur la conscience en activité en tant qu’elle produit des vérités, ou donc n’importe quelle proposition mais sur laquelle se réalisera une distribution correcte.

Une proposition certes énonce quelque chose sur quelque chose, mais elle est tout autant et même surtout une intention vers quelque chose ; la finalité est de réguler l’ensemble de tout ce qui vient, et comme nous sommes en état de dépassement du langage (commun), les éléments qui s’ajoutent à ce langage ne sont pas en eux-mêmes délimités ; ils envoient vers n’importe quelle conscience. Le principe de l’idée de l’être est donc de formaliser cette augmentation de notre être ; de statuer sur les consciences possibles. Mais de fait il est une inflation de consciences possibles, et l’idée de l’être de par sa formalisation, provoque à être quantités d’intentionnalités vers le monde.

En ce sens la critique comme bavardage consiste à annuler l’idée de l’être qui constitue l’envoi le plus loin possible de la conscience et qui en résout de plus la cohérence et la délimitation. C’est à notre-être dans son indéfini possible que l’idée de l’être comme ensemble formel sous contraintes, s’impose ; puisque hors de ces contraintes, l’ensemble des formulations s’effondrerait sur lui-même, n’ayant plus de chemins sous ses pas, ayant quitté le langage commun (et les synthèses immédiates qui l’occupent). L’articulation d’une conscience qui sort du langage, ne tiendrait plus.

On peut plus ou moins accentuer la formalité de la cohérence qui encadre l’idée vide de l’être ; et annuler qu’il y ait un « être » ou son idée, reviendrait à admettre une source hétérogène à la pensée, cad à l’intentionnalité (ce qui concerne alors tout notre être et non seulement la pensée, du reste c’est un fait que la philosophie se mêle de tout ; politique, esthétique, éthique, etc ; qu’elle est précisément ce qui redistribue la conscience et ses intentionnalités diverses).

L’idée de l’être n’est pas seulement d’offrir un cadre formel de toute pensée sous contraintes, mais constitue une matrice et un accélérateur de toute l’intentionnalité ; cette idée est ainsi identique au doute-cogito cartésien, est la même structure, identique dans les deux cas. Et les deux sont inscrits dans le mouvement de réflexivité générale qui transmute tout être donné « là » et est de par soi son propre renouvellement.

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Après Descartes : le souffle

17 Octobre 2013, 10:08am

Publié par pascal doyelle

Qu’il y ait eu une déflagration dont nous ne nous sommes pas remis, une équation dont on a pourtant commencé de la résoudre, et qu’elle prenne pour base l’effet cartésien.

Il est notoirement avéré que la preuve cartésienne n’en est pas une ; or pourtant elle n’a cessé de jouer avec nous puisque l’être que dé-couvre, le rocher sous les vagues de flux et reflux divers et variés, prend toutes les apparences d’un réel : l’os de notre être.

Un être réel, dont la structure a commencé d’être inventoriée ou décryptée par la pseudo preuve cartésienne ; mais il savait ce qu’il faisait puisqu’il nous dresse l’idée d’un dieu singulier et singulièrement étrange et plus qu’incompréhensible ou dont l’incompréhensibilité est égale à notre étrangeté, l’étrangeté de notre être, dès lors abasourdi dans un monde dont l’étendue est absurde.

Sommes-nous les passants transformés en mécaniques automates dont on ne sait plus s’ils sont humains ? Ou encore : notre cervelle nous rêve-t-elle ?

L’impossibilité de définir ce réel, notre être singulier, se verra remplie diversement par quantité de résolutions, plus ou moins farfelues ou sérieuses. Mais du fait de son inscription définitive (il n’y eut qu’un seul Descartes même si beaucoup voulurent marquer l’historicité du même sceau, c’est une frappe qui ne peut pas se reproduire) elle a engendré une distance considérable ; la pensée devient la pensabilité. Ce qui signifie que certes on peut penser métaphysiquement mais le ressort métaphysique (dieu comme théologie de l’être suréminent ou l’être comme ontologique générale pensée en une fois, idéalement) est cassé ; le centre s’est métamorphosé. Descartes remplace le ressort ancien par l’os, dénudé ; celui qui joue de nous.

Se déchainera ensuite d’une part la recherche d’une pensée adéquate, un surcroit de pensabilités diverses, une pensée de ou sur le monde, articulée plus ou moins aux sciences, à l’esthétique, à la politique, économie ou autres (voir Badiou), ou d’autre part en un approfondissement de cet être étrange qui est Autre et roc réel dans l’étendue du monde.

Si l’on recherche le sujet impossible, soit disant, il en existe d’innombrables… Prétendre que le sujet est absent ou introuvable ou illusoire, c’est ne pas ouvrir les yeux ; l’historicité depuis Descartes en est remplie, ils forment le plus excellent de notre devenir réflexif, et juger qu’ils n’aboutissent à rien, c’est le plus souvent rêver encore d’une vérité bâtie sur l’ancien étalonnage métaphysique, alors qu’il y a belle lurette que la philosophie même est passée à tout autre chose.

Evidemment il y eut Kant ou Hegel ; mais Kant relativise la pensée (et selon un dispositif structurel et formel) et Hegel la démultiplie dans l’histoire, ce qui signifie selon l’irruption continuelle de la négativité. Dans les deux cas la pensabilité qui multiplie les aperçus et les possibilités de la pensée remplace celle-ci ; pensée qui se tenait pour unique et sans concurrence,( lors même de ses divergences en interne).

Comme le sujet délivré ne parvient pas à sortir du sujet cartésien (ce qui veut dire ; de l’ontos, de son être « là », que décrit ou commence de décrire Descartes, il initie ; il ne répond pas à tout évidemment et tente de penser ce qui ne peut pas être pensé, et bien qu’il comprenne parfaitement l’échappée de cet être, sa sortie hors de l’admissible ; le dieu singulier), le sujet vadrouille en tous sens ; il explore littéralement et le monde et son être propre. Il invente et veut à toute force se redéfinir ou s’écrire tel ou tel. Certes il ne peut plus penser comme anciennement et bien qu’il le regrette ; au point de réinstaller les mêmes erreurs sur lesquelles la dite pensée ancienne elle-même ne se méprenait pas, puisqu’elle s’en garantissait de maintenir serrée la rationalité, la cohérence du penser, tandis que nos modernes tout férus d’eux-mêmes et négligeant le penser cohérent, tombent à pieds joints dans de telles facilités.

On n’est pas loin dans tous ces devenirs de sujets cartésiens (qui n’en possèdent que le nom, mais en actualisent la forme qui est un roc réel d’innombrables vagues), de réemploie d’une certaine magie ou de la nostalgie d’une parole partagée (celle que le langage conserve évidemment dans son cercle, de fait) ou d’un morigénage intérieure de la philosophie, pensée qui se déteste elle-même, ou encore de croire résoudre la quadrature en soumettant la philosophie à un autre qu’elle-même ( ce qui est impossible).

Sauf qu’ici et là l’approfondissement du sujet bat son plein, augmente constamment son potentiel ; de même que s’inventorie en quantité les sciences, les causalismes ; ceux-ci défilant sous les yeux du sujet abstrait de la science, celui qui s’absente volontairement.

Autrement dit les deux développements s’avèrent quasiment tels des explorations en cohérence de ce qui existe pour et par un sujet ; absenté ou présent à soi. Ce qui démontre au moins la capacité indéfinie du dit sujet.

Il ne faut pas retenir seulement la lettre de ce qui est dit, par Stirner, Nietzsche, Heidegger, mais non plus uniquement le sens explicitement exhibé ; il faut en retenir la trame, le schéma interne ; il faut voir que Nietzsche répète l’ouverture cartésienne, et impose l’affirmative, l’affirmative conscience de ce « soi » aberrant, sans raison puisqu’antérieur à la pensée, libéré, encore une fois, et purement inhumain, ahumain, né de et par et pour le monde délirant mais non pas déliré (Nietzsche est intégralement de cohérence). De même que Heidegger ou Sartre décrivent le premier le sol, la surface étendue cartésienne mais métamorphosée et emplie d’un soulèvement intérieur (soit l’inverse d’une surface étendue ; Heidegger détestait Descartes, l'onto-théologie subjective) et le second la plus restrictive et basique structure de cet être, la liberté sartrienne en est la lumière la plus froide et dure.

L’étendue est quand même une des perspectives qui inquiète la pensée métaphysique ancienne ; Leibniz et Spinoza ont fort à faire de réduire cette étendue sans nom, cette évidence qu’il y a un monde et qu’il est étendu et que ce monde et cette étendue existent. Qu’ils valent en et par eux-mêmes (puisqu’entrant définitivement dans le discours, la représentation, l’idée, qui n’est plus une notion, plus une idée métaphysique). On comprend Spinoza et Leibniz comme classiques, mais ça n’a plus rien de classique, que de comprendre le monde comme étant dieu ou le dieu comme étant un tel monstrueux Objet absolu spinoziste. Ou de penser calculer les possibles en un dieu de raisons suffisantes, d’énormiser la pensée comme pénétrant intégralement le moindre détail existant. C’est une inflation.

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Histoire de la philosophie : Descartes

16 Octobre 2013, 09:39am

Publié par pascal doyelle

La pensée philosophique se produit donc en tentant de formaliser ce qui arrive à l’humain ; la réflexivité (grecque, chrétienne, politique, esthétique, éthique, idéelle, d’humanisation ou de personnalisation à ses débuts de souci de soi, à entendre en tous les sens du terme).

Comme théorie elle se nomme « pensée », et adopte intégralement qu’elle soit réflexivité ; et philosophie elle est réflexivité de /sur la réflexivité. Elle recherche ce qui est actif, accélère ce qu’elle repère et évidement crée elle-même du réflexif. Elle est fondamentalement un accélérateur absolu, puisque si la réflexivité est « ce qui arrive » à l’humanisation, (qui se sépare des mondes particuliers, pour un monde unique, universel, des groupes et des langages, dépassant le langage et dissolvant les groupes), la réflexivité est ce qui ne s’attache à rien, aucun contenu, dont elle est justement la réflexivité, cad le rapport renouvelé.

Elle tient son unité d’abord de l’universalité en tant que pensée générale, et se nomme ontologie ; l’être ne tant qu’être et pensé en une fois complète. Puisqu’elle s’incruste ensuite dans la réflexivité chrétienne, cette ontologie se super-pose, pour ainsi dire, en dieu et en ce retour de dieu vers nous ; qui libère en chacun la conscience pure (non nommée comme telle). Toute conscience est libérée par rapport à elle-même et toutes sont réunies en une seule indéfiniment réelle. Ce qui n’a pas du tout l’effet d’une concentration mais d’une dispersion elle-même indéfinie. De même que la vérité comme principe et non comme contenu (« ceci est la vérité » est remplacé par « il y a de la vérité », on ignore laquelle mais ce principe est certain), et produit quantité de vérités relatives à leur principe.

Il se produit une redistribution intégrale de tous les systèmes (qui se fondaient sur la pensée uniment), ce que provoque Descartes en dé-montrant , en le montrant , que notre être est Un. Il est Un très étrangement, et quasiment insituable (la pensée est à la fois le doute-cogito-infini-étendue-corps, tout comme l’imagination, l’image, l’entendement, la volonté, le sentiment, etc, on ne sait pas trop en réalité et ceci Descartes le remarque explicitement ; c’est un ensemble insituable, un dispositif de dispositifs).

On le sait ; la preuve de Descartes n’en est pas une ; parce que c’est autre chose qui arrive soudainement. Ça n’est pas de l’ordre du discours de la pensée, de la vérité seule. Il faut comprendre que ça installe verticalement ce qui pour la pensée métaphysique se dessinait horizontalement ; le sujet cartésien plante son drapeau ici même et maintenant (sur l’étendue du monde, le monde comme étendue). Il outrepasse n’importe quel discours, d’une part, mais aussi en même temps il impose que l’être de l’homme n’est nullement assujetti par une conscience indéfiniment réelle ; il existe un ramené ici même de ce qui ne se saisissait auparavant que de et en et par dieu ; dieu était l’opérateur absolu de tout ce qui est et nos consciences n’existaient, ne se libéraient que de et par dieu (puisque dieu est le retour-christ, vers nous, pour nous). il se trouve donc que l'être de l’homme est lui-même un tel opérateur.

Les questions se posent alors ; qu’est-ce que dieu qui est si singulièrement autre que toutes les idées approchantes de dieu jusque là ? Qu’est-ce que ce monde étendue, en quoi consiste-t-il puisqu’il n’est plus pensable par des idées mais par les mathématiques ? Qu’est-ce que cet être-soi qui apparemment est en lui-même et par lui-même une activité, un activisme qui vaut en et par soi ?

Dans tous les cas, ça n’est plus la pensée uniment pensable, qui se déroulait (quitte à se heurter à l’universel pur comme résolution supposée mais non prouvée de l’universalisation, ou à dieu comme outrepassant la possibilité du discours mais offrant à celui-ci une plus grande pénétration dans le donné du monde et des consciences assujetties-libérées), mais il existe une définissabilité de l'infini, du monde et du "soi", dont on ne sait plus rien. mais de même que la vérité bien qu'inconnue était certaine dans son principe, de même le sujet, ignoré, est sa propre certitude vide.

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Pensée grecque et pensée chrétienne

15 Octobre 2013, 11:11am

Publié par pascal doyelle

La philosophie comme vérité se divise donc en deux architectures de principe ; d’une part l’ontologie qui tente de définir l’être comme idée générale, et d’autre part la théologie comme tentation en un être suréminent, dieu, qui n’est pas pensable comme idée générale, mais qui permet de faire-retour sur la réalité du monde.

Remarquons que le dieu cause de soi, est apparemment récent ; dieu est d’abord et surtout une essence absolue, une substance (à vrai dire la seule substance, cause de tout qui ne dépend pas elle-même d’un autre, qui n’a pas sa raison d’être en un autre, ce qui ne signifie pas qu’il soit cause de lui-même. Puisqu’en ce cas, cause de lui-même il serait distinct de lui-même, et en cela relatif ; à lui-même certes mais introduirait de la division dans la substance unique. La pensée abordant la substance serait désarçonnée d’essayer de penser un être cause de lui-même, distinct de lui-même.

Il faut en somme l’effrayant Descartes pour contenir essentiellement (cad non comme accessoirement dans la théorie mais comme formulant la logique même de la théorie) qu’Il est la cause distincte de lui-même.

Antérieurement à cela, la pensée grecque ou chrétienne se fonde sur La Cause qui est seule pensable comme substance : soit substance universelle, soit substance unique. La différence est le coefficient de pénétration du Un dans « ce qui est » ; la pénétration grecque est horizontale ; elle rassemble les différences en idées et laisse difficilement pensable la matérialité des choses et des êtres. La pénétration verticale de dieu comme substance a créé la matière et avance jusqu’à l’exister « là » de la matière ; autrement dit l’exister là, tout point instant qui est (sous nos yeux) existe par la cause de dieu ; dieu est cause de tout et maintient tout ce qui est jusqu’au plus infime. Il cause l’exister même tel que là.

Evidemment en tout cela le régime d’explication des choses et des êtres, est la pensée ; l’idée grecque ou la notion chrétienne ; et non pas ce que nous entendons par causes depuis la science. La notion de la chose est sa raison d’être et donc les mots épuisent tout ce qui est pensable et compréhensible dans la chose. A revers, la science ne se fonde pas sur le mot, mais sur la mesure et l’équivalence d’une mesure par rapport à une autre, d’une cause mesurée à un effet mesuré, si il existe un décalage de mesure, il doit être expliqué en tant que mesuré lui-même (et donc équivalent).

Grecs

Si le régime d’explication est la pensée, la pensabilité curieusement c’est la pensée qui va s’extrapoler elle-même comme explication de la réalité ; autrement dit il ne suffit pas de penser les réalités et d’en tirer leurs raisons d’être (leurs identités, il faut ordonner ces idées de telle sorte qu’elles soient cohérentes entre elles (et cohérentes par rapport aux ensembles de réalités qu’elles amènent à la pensée), mais il faut aussi expliquer pourquoi ou comment il existe des « idées ». les idées c’est l’horizon inamovible ; on explique à partir des idées mais il est très difficile d’expliquer les idées ; il faudrait les tirer d’autre chose qu’elles-mêmes ; on les maintient donc comme seul horizon indiscutable en un sens, puisque c’est ce qui donne sens aux réalités.

On peut fonder la validité des idées ; expliquer pourquoi elles sont absolument nécessaires si l’on veut s’élever au-dessus des réalités immédiates ou de nos pauvres vies ; pour cela il n’est pas d’idée du sujet, de l’individualité infinie, puisque ce par quoi une vie vaut la peine, c’est seulement de se hausser au niveau de l’horizon unique ; la pensée universalisante. Elle seule nous permet d’augmenter notre individu limité, pensée qui passe outre la limitation de la perception, du ressenti, de l’immédiat en général.

On peut fonder la logique des idées ; on inventorie la logique des propositions, puisque l’on doit montrer la cohérence pour que ce qui est réflexif (sur la réalité) s’étageant en idées (unité des différences en leur notion), doit expliquer et montrer (cad démontrer) sa logique.

Le problème est qu’une idée est le rapport à un ensemble de différences (dans la réalité) mais les idées entre elles devraient s’établir de différence qu’il est difficile de déterminer. Il faut entrer dans la définissabilité des idées, leurs identités, afin de produire des différences significatives qui permettent de les déduire, de remonter des idées (des réalités) à la dialectique, au déroulement des idées entre elles, jusqu’à l’idée maîtresse de laquelle les idées (et donc les réalités) se déduiraient.

Le rapport des idées aux réalités se perçoit ; mais le rapport des idées entre elles doit faire l’objet d’une dialectique, et le rapport des dialectiques des idées à l’idée unique est fortement incompréhensible ; cette idée des idées doit contenir la déduction vers les idées secondes et aussi l’explication de pourquoi il est des idées et pourquoi nous sommes agrippés à la pensée qui seule explose notre individualité vers son augmentation (de comprendre toutes les réalités en subsumant les différences immédiates en idées valables hors immédiateté).

Chrétiens

Le point de vue chrétien est essentiellement différent ; puisque la philosophie a pour but d’expliquer le monde, certes, mais surtout des raisons de croire ; de croire en une unité qui préexiste ou est autre que « la pensée ». Dieu ne se dit pas déjà comme conscience ; comme volonté cartésienne ; il est telle, la pensée, entre autres. Son être est fondamentalement plus, bien plus que la pensée ; l’explication réelle de tout ce qui est, se tient dans son indescriptibilité ; il est accessible par la foi ou les écritures ou cette mise en forme profonde et infinie de notre être qui se convertit, qui convertit, interchange son regard, lequel est bien plus vaste et conséquent que la « pensée » universelle et horizon horizontal, pour ainsi dire.

Il est clair que cette verticalité ne peut pas être pensée telle quelle ; et réclame un développement qui est dit, ici, acculturation généralisée ; il est un devenir-conscience qui atteint la totalité de notre être. Qui convertit, reporte autrement et selon un devenir sur-naturel ; qui nous permet de devenir entre l’ancien et le nouveau, le constamment nouveau et le renouvelé absolu ; « cela qui recycle » tout ce qui est et ce par l’engagement de chaque conscience (qui n’est pas encore la conscience comme structure, qui n’est pas la négativité hégélienne, le X kantien, la phénoménologie husserlienne, la liberté sartrienne ou l’affirmative nietzschéenne, etc).

La pensée chrétienne est donc réflexive, et entraine la pensée elle-même, mais requiert donc un discours (ou une série de discours) para philosophique, puisque son rond-point est bien plus étendu et engage autre chose que la tenue d’un discours universel d’ontologie générale horizontale. Elle contient cependant le pensable ; dieu est pensable mais sous condition que son être lui est non pas « impensable » à strictement parler, mais indescriptible et outrepasse non seulement la pensée, mais tout et n’est accessible, petitement, qu’en conversion du regard.

Littéralement la pensée chrétienne ou plutôt sa réflexivité réclame une telle conversion de l’être qu’évidemment la possibilité de la pensée universelle horizontale en est débordée de toutes parts ; la pensée horizontale viendra s’enchâsser dans la verticalité ; mais ne s’en départira pourtant pas de sa volonté de penser et même cette verticalité ; il faudra quantité de pensées horizontales pour commencer de ramener la verticalité en une explicitation à peine débutée. On peut voir Descartes ou Kant ou Hegel, etc, mais aussi Lacan par exemple ou Wittgenstein, comme des tentatives de ramener dans le pensable universel ce qui s’élève bien au-delà de l’universalité.

Lorsque l’on abomine la réflexivité chrétienne, c’est que l’on entend réduire la voilure ; et reprendre en compréhension et extension (selon la réflexion et le monde) ce qui existe en intensité absolue.

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