Les critères historico-politiques du Royaume
Il est un présent afin que s’expérimente une “réalité”, laquelle est a priori la seule et unique qui tente le déploiement du possible et en supposant qu’il n’est de cohérence et de viable qu'une seule.
Ceci sous-entendant qu’une réalité, s’élaborant, est un processus suffisamment extrême et précis pour qu’il n’existe pas trente-six cohérences possibles. Rappelons que le “possible” susnommé n’est pas le possible imaginaire, qui compose tout et n’importe quoi n’importe comment. Mais le possible suffisamment cohérent et adéquat qui puisse durer ; et il dure parce qu’il est organisé ; et étant organisé, sur cet organisé un nouveau développement devient possible (comme au-dessus de l’inorganique, l’organique, le vivant).
Ce présent développe toute sa puissance, cad le potentiel du possible ; ou probablement la diversification du rapport, la pluralité du rapport, laquelle diversité est in-finie, puisqu’un “rapport” ça n’a rien de composé, de déterminé, c’est le mouvement pur et brut.
Très brut. Tel le présent qui déroule toute réalisation et opère d’une part le tri (de ce qui va durer) et d’autre part le tissage ; aussi n’existe -t-il rien qui puisse se nommer “l’être” et tel une substance, ni même uen consistance quelle qu’elle soit ; non, ce qui existe c’est la capacité du possible, qui est, à vrai dire, la seule dimension admissible pour superviser ce que l’on nomme “le réel” ou “la réalité” ; toute autre désignation réduit la voilure, or le “réel” ne peut pas être réductible à un ceci ou cela.
C’est par là que la “conscience” est absolument ce rapport qui n’est pas lui-même déterminé et peut ainsi énumérer, agglomérer et relier tout élément ; et raison pour laquelle il est “des langages” alors même que chacun sait bien qu’il n’appartient à aucun ; et bien que tous naissent dans une langue spécifique, et c’est bien pour cela, cette indépendance de la conscience, que l’on peut traduire une langue dans l’autre et que toutes désignent le même monde, le même donné là ; ce à quoi a affaire la conscience c’est au monde ; ce par quoi il est possible pour une conscience d'utiliser le langage, puisque visant par-dessus vers le monde donné là, mais aussi vers le vécu et le corps ; et comme on le remarquera peu à peu le monde, le donné, le vécu et le corps viennent à paraitre dans le (les) langages ;
ainsi la pensée grecque expose le monde donné là, le monde donné en dessous des langages et du langage commun, et opère alors un travail en chacun qui se nomme “penser” (on pense en effet individuellement même si les grecs ne parviennent pas à dénommer l'individualité du sujet) ; pareillement il est appelé dieu, incarné, pour ramener la parole à, cette fois, l’individu sujet, nommé et à l’imitation duquel, Christ Jésus ; ou encore s’inventeront les sciences (ou se découvriront leurs objets, dans le monde donné là) ou se créeront les littératures et les esthétiques ; et tout aussi bien les éthiques, morales ou politiques ; et par la politique c’est le réel qui s'impose (chacun devient son universalisation et sa personnalisation, et est conduit vers le réel, puisque vers la réalisation, que ce soit le monde politique universel ou aux années soixante de son universalisation personnalisée ou plus exactement de sa personnalisation universalisée ; de là qu’elle tendent à se publier ou à sa propre publicité manifeste et visibilité (raison d’être d’internet évidemment).
que ceci ne mène nulle part est relativement faux (même si il est du n’importe quoi global et tout aussi bien chez chacun), puisque se re-connaît alors tous et chacun dans la manifestation généralisée ; et qui se déroule sous les yeux non pas des mois seulement ou de “tous” mais sous le regard du sujet.
C’est le sujet qui se donne en spectacle et un spectacle en partie très utile puisque l’on voit ainsi “ce que l’on veut” et surtout “ce que l’on peut”. Et cet immense mouvement historiciste (de réal-isation de tous les possibles humains et personnels) réussit assez souvent ; point besoin des soeurs Kardashians ou de Loft Story, beaucoup d’entre nous réalisent quantité de possibilités et de concrétisations (dans tous, absolument tous les domaines) ; que le système du spectacle expose les plus exubérants ou les plus immédiats, c’est tout autre chose (et relève de la production industrielle du “moi”, qui finalement occupe beaucoup de visibilité globale mais concerne vraiment assez peu de vécus, qui eux sont en nombre de leurs propres réalisations ; les wokes appartiennent à cette fausse publicité en partie également, et bien qu’il soit tout aussi clair que ces émancipations, ces libérations, ces acceptations, etc, aient pu profiter et favoriser quantité de personnes, de personnalisations, et donc de leurs sujets correspondants.
Considérant que la revendication “woke” (ou autres, puisque le 20 et 21ème furent des expansions de libérations) succombe à l’irréalité, signifie que la volonté constructiviste de toute révolution oublie si aisément qu’en fin de compte il ne s’agirait que d’idéologie, de représentation et que modifier la représentation suffirait à transformer la réalité ; évidemment tel n’est pas le cas ; la révolution (cad les deux celle de la liberté et celle de la liberté-égalité, soit donc l’empire sans borne, l’ouest américain ou l'alunissage, the new frontier, etc), ou alors l’Etat, non fédéré et un ) s’imposent non par l’idée mais par la structure effectivement réelle ; la révolution ne peut pas se “vouloir communiste” (pas plus qu’anarchiste et autres variantes) ; la révolution met à jour, amène la présentation, et non leur représentation, la présentation des sujets, de la Constitution et de l’Etat, et non pas des constructions abstraites, idéales ou angéliques ; Lénine veut reproduire la révolution française mais il produit un monde idéologique et non une structure réelle..
En gros sont donc “de droite” ceux qui s’inscrivent dans le réel (quitte à se figer et tenir violemment à ce réel supposé ; en vérité n’est réelle que l’historicité même non le gel des “acquis”) et “de gauche” ceux qui continuent de distribuer encore un peu plus d’universalisme (quitte à délirer, angéliquement ou pas) ; ni l’un ni l’autre n’ont raison, qui prétendent incarner l’historicité.
Sitôt abandonné le communisme (définitivement défait), ce sont les modulations de l’intentionnalité historique, gardant chacun leur quote part (et leurs irréalités respectives). Outre la gauche qui rêve et ses dérives secondaires (le wokisme), la droite de ‘attacher au seul réel tombe dans le “réalisme”, le plus dur, le plus crû (la “république” tirera à maintes reprises sur la foule, et la finance ou la bourse feront office d’objectivités ultimes) ; et c’est nier le réel même, à savoir que la révolution doit continuer mais ni selon la droite, ni selon la gauche. Qui sont, outre les effets vraiment utiles, ne sont pas réels ; mais des caricatures, ou des schématiques si l’on veut, parce que l’on ne sait pas comment ré-inventer et re-créer et continuer la révolution (qui reste donc inachevée et incertaine dans les limbes de l’historicité ; c’est ce que visait De Gaulle, évidemment, ce qu’il tentait).
Le “centre”, position hypocrite, continue de faire rêver mais uniquement avec des mots et des images, tandis qu’il poursuit le durcissement selon l’ordre le plus désobligeant, comme on sait ; puisque le centre s’est détaché du réel (des sujets, de la constitution et de l’Etat) et ne croyant plus du tout à quelque universalité (qui gardait quand même une rigueur, serait-elle morale, et quand bien même son excroissance dérive dans la facilité et le ridicule) ; le centre est ainsi profondément non patriotique (une démocratie s'exerce dans la limitation d’un territoire) et immoral, et a-universel (il ne rend compte de rien ni à personne).
/image%2F0670425%2F20140122%2Fob_1225eb_tron-lheritagea-olivia-wilde-185614.jpeg)