Le possible, ayant effet réel
Le possible à-venir ; non pas le possible avenir ou l’avenir possible (auquel cas il serait dépendant des causes précédents, du passé); mais le possible en avant qui attire les causes ;
On ne tient pas ce monde, cette réalité, comme consistante en elle-même ; elle s’écoule de toutes parts, et puisqu’aussi bien tout ceci terminera dans le néant, étiré indéfiniment, la fin de toute la détermination, composée, de cet univers qui s’effondrera jusqu’en son espace-temps et se dissolvera sans fin (puisque le lieu et la durée seront prisonniers de leur tissu même), et s’effondrant dans le rien-du-tout d’un temps et d’un espace étirés, jusqu’à la déchirure ; et donc il ne restera rien et il ne restera personne pour se souvenir de quoi que ce soit. de toute manière le temps et l’espace sont à ce point gigantesque qu’une “civilisation” qui durerait 1 millier d’années est inimaginable ; les dinosaures vécurent 150 millions d’années, l’être humain (3 millions d’années à vadrouiller de-ci de là, et sapiens … 300 000 ans et l’agriculture 10 000 ans ; c’est peu).
Ce serait toute cette débauche d’énergie et puis de matérialité, de vivants et de “consciences”, qui aboutirait à “rien du tout”. Plus rien, plus personne ; autant dire un univers non seulement absurde mais idiot, d’une stupidité effarante.
Considérons plutôt que la réalité se tient en une fois dans son espace et son temps et qu’elle se re-nouvelle en et par elle-même ; au fur et à mesure se rend possible le possible ; soit durant un certain temps, une certaine durée la capacité de re-prendre à nouveau la réalisation, soit donc une existence, une vie vécue, et de la modifier.
peut-être même la “réalité” (qui n’a pas de consistance en elle-même) se cherche -t-elle mille fois et chaque fois renaissante, cad reCréée, se produit -elle à, nouveau en se tenant de ses précédentes ; aussi se souvient-on de quelques signes qui nous viendront, viennent, naissent du futur, de prochain possible ; en somme convient-il de laisser “ce qui arrivera”, ce qui se réalisera en une sorte de possibilité hasardeuse ?
Et il dépend de chacun de se saisir de ces signes ou d’en être suffisamment saisi qu’il puisse encore une fois porter plus loin la possibilité ; c’est qu’alors l’arc de conscience qui n’est pas épuisé par ses / ces déterminations, sinon il ne décollerait jamais de lui-même, et chacun se réserve son existence possible tenue selon sa foi, sa volonté, son désir ou son intention (ou quelle qu’en soit la dénomination) et modifiant, en s’instruisant, en s'informant, en s’in-formant, à nouveau, selon et par cette foi, et par cette étrange volonté et par cette potentielle intention, se place, malgré toute mondanéité, toute vie vécue, tout affect, toute passivité, se place et se déplace en vue, née de l’à-venir, de sa possibilité, ou donc de sa capacité. Il revient à sa capacité de se rendre capable.
c’est ainsi que la pensée (en tant donc qu’elle également se modifie à sa propre vue, de là qu’elle ait à s’exprimer, que l’on ne puisse pas se passer d’exprimer et d'affronter le réel, la réalisation vraiment effective, l’effectivité de l’historicité dirait Hegel), la foi, le sujet ou la volonté, ou donc l’intention (que l’on a d’exister), s’enroulent de quelque sorte en et par leur propre à-venir.
L’à-venir est ce qui contient le possible dans sa possibilité ; insistons ; c’est parce qu’il n’est écrit nulle part “ce qu’il sera” ; il dépend de cette volonté, intention ou pensée d’orienter la réalisation ; compte tenu donc que l’on croit, ici, que le possible se communique à lui-même, puisque c’est cela que “veut” une réalité ; elle le “veut” puisque son essence, sa substance, sa consistance n’est aucun des êtres composés, ci-devant, mais que cette consistance est la structure formelle, la structure formelle du possible ; de là que cette manifestation formelle (dans un monde et une vie et un corps composés, qui n’en ont aucune perception, vision, relevant ces êtres du passé, des causes).
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Et ceci non pas pour supposer ou espérer quoi que ce soit (chacun verra bien, ou pas), mais afin de penser, de penser cet écart qu’est la présent, qu’est l’actualité, constante, continuelle, du temps en tant que tel ; en quoi donc il s’agit de penser le temps comme présent, et le présent comme exister, sortie de, du possible sortant du possible et dont on ne voit pas pourquoi il ne serait pas pensable (cad suivant Spinoza en quoi une pensée, cad un rapport, peut absolument et formellement s’inclure et même s’incorporer en ce rapport que chacun est ; c’est bien pour cela que Spinoza (et depuis Spinoza) on ne pense pas seulement abstraitement (la pensée du logos ou la pensée théologique de dieu), mais que l’on pense afin et pour et en vue que ce rapport (cette pensée) obtienne un effet absolument, cad formellement réelle, et ce depuis Spinoza, et évidemment à la suite de Descartes ; qui a aboli la distance abstraite de la-pensée (théologique ou abstraite) afin qu’elle soit ici même en sa vraie nature ; le sujet, ce sujet qui ex-siste en tant que Rapport (et donc bel et bien effectivement réel et effectif, efficace, ayant conséquences et donc ayant atteint une “super réalisation”, non plus seulement abstraite).
Cette incorporation n’est pas au bout de ses peines, puisque de Freud ou Lacan, de Nietzsche (la grande psychologie nietzschéenne) à Heidegger et évidemment Sartre, il y aura un approfondissement de l’affect, si absolument proche puisque la “pensée” a désormais effet bel et bien réel ; aussi est-ce la troisième substance cartésienne, seule réelle (dixit).
Cette super réalisation, c’est ce qui arrive par Descartes et suivants ; il ne s’agira plus de penser une abstraction mais de penser (parfois une abstraction) qui ait effet. Spinoza, Kant, Hegel, Husserl, Nietzsche et Heidegger évidemment, Sartre et Lacan entendent que ces réflexivités aient effets ; dans la réalité humaine. De même, la révolution ne reste plus dans l’abstraction de la royauté, mais dans l'effectivité de chacun, de chaque un ; afin que le pouvoir ne soit plus resserré mais distribué en chacun (et sa vie vécue et son relationnel, et son entreprise économique etc). Cette effectivité change tout, cad que réellement elle change les choses, les êtres, les consciences, les sujets ou les relations entre sujets qui se définissent alors par cette non-définition qu’ils sont, chacun, un rapport, en lequel on ne peut pas intervenir. Mais alors cela veut dire que chacun aura à intervenir, lui-même, sur et dans le rapport qu’il est, qu’il ex-siste.
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