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instants philosophie

Prisonnier du désir

24 Juillet 2024, 08:56am

Publié par pascal doyelle

Il est pris dans le désir, le pauvre moi. C’est sa structure même. Il ne peut pas y échapper. Aussi, le système généralisé de l’industrialisation s’en fait les choux gras. Puisque des objets de désir l'industrie est faite pour en produire en quantité astronomique. Et il n’y a pas moyen d’y échapper. Le moi se noue à, en et pour son objet de désir. Son identité n’en est pas une, puisque son unité est dynamique. L’objet (dit objet petit a, pour Lacan) noue le réel, le symbolique et l’imaginaire ; et si l’objet a s’effondre, alors les trois s’étiolent et le pauvre moi tombe en dépression ; sans pression, il s’écroule et les trois tendent à se dénouer (le fou, psychotique n’a pas lié les trois cercles, réel, imaginaire, symbolique  l'hallucination est la jouissance impossible imaginée qui surgit dans le réel en suivant les signifiants incontrôlables ; ainsi aucun désir ne peut plus être repéré dans le vécu, la perception, les signifiant n’opèrent plus de distinction, le corps ne se sépare plus de lui-même et se prend pour le réel) ; l’angoisse s’impose, l’angoisse qui est l’absence de désir, l'impossibilité de désir (en général), le vide et la structure qui affleure et rend inaccessible toute détermination (puisque notre être de structure n’est pas de ce monde) tout comme la névrose est  l'impossibilité de désirs (au pluriel et se substituant les uns aux autres, ce qui permet une relative liberté, tandis que la névrose est tenue à la répétition du même, le but étant la reprise du tissage des signifiants et non leur blocage, reprise des signifiants ce qui veut dire l’inauguration de nouvelles chaînes de signifiants, de nouveaux désirs). 

Notre être, de structure, n’est pas de ce monde, puisqu’il se tient de la forme du monde ; à savoir initialement le présent, soit donc le possible (quelque réel se réal-ise, réal-isera) et, à tout le moins (si l’on n’accorde pas de dimension ontologique à notre structure), se tient de la forme de champ intentionnel qu’est notre être, notre réel, notre mouvement ; raison pour laquelle il n’y a pas d’identité mais une structure formelle (tout aussi bien maya qu’africain ou européen et rendant possible toutes les langues mais aussi tous les langages effectivement réalisés, et tous les autres non inventés ; ou pareillement quantité de langages de signes, esthétiques, poétiques, etc). Notre être, qui n’est donc pas un être, est une forme ; autrement il serait incompréhensible qu’il existe tant de langages, et une seule conscience en tant que structure intentionnelle. 

Le moi est ainsi structuré par et dans son désir ; mais cette définition psychologique ou psychique du moi ne recouvre pas toutes les possibilités de la conscience ; la conscience est bien plus vaste, intense et précise ; elle est précise de ceci que dans le donné du vivant une conscience s’utilise afin d’élaborer une mémoire immédiate (qui s’éloigne de l’adn du vivant) et qui permet une mémorisation, cad une perception d’abord et avant tout, de “ce qui arrive” à tel moment, dans telle situation et permet en outre une coordination, avec les autres consciences ; impliquant une communication (entre tous) et une transmission (entre générations). évidemment cette performativité, cette capacité se perfectionne et commence de se repérer elle-même ; en tant que groupe (qui conserve le (même) langage, durant des millénaires, puisque ce langage est le trésor des trésors, qui permet de survivre en tant qu'organisation et réponse au milieu naturel et les uns aux autres et entre générations), et puis ensuite du groupe lorsqu’il devient possible de développer chacun, chaque un, en tant qu’unité active (le groupe ne pense plus collectivement) et ce via deux options formelles fondamentales ; le monde (les grecs découvrent le donné “là”, l’être, le monde universel en dessous de tous les mondes humains seconds) et le corps, cad l'individu qui ne dispose que de son propre corps ; christique ; et de sa vie vécue, parmi et avec et par et pour les autres ; il faut évidemment que cette invention, cette nouveauté, cette création absolument originale se représente elle-même afin qu’elle puisse commencer de s’organiser et se communiquer et transmettre. Elle se poursuivra par, entre autres, la littérature (du Moyen Âge et suite) ; mais la science elle-même développe des théories à partir du donné là perçu par les individus et non pas en fonction d’un groupe (lors même qu’il y ait une influence évidemment du second sur l’individu, le donné là fera office de preuve). 

Il n’est à vrai dire aucune résolution ; le moi tient définitivement en et par ses objets. Il n’est de solution qu’au niveau du sujet ; soit le sujet universel (celui dont l’identité se constitue de l’universalité de la pensée, et qui cesse d’être un “je” et s’impose ainsi comme “hontologie”, puisqu’il prend son contenu pour une identité stable ; cad un mensonge) ; soit le sujet singulier, mais alors là ça se complique, notamment en ceci que l’on considère alors que le “sujet” est la structure antérieure à la pensée et bien plus réelle ; or donc le sujet singulier est le je qui élabore intégralement son mouvement. 

Ou donc ; dont l’identité est une non-identité ; le sujet en tant que je est un mouvement, et comporte en lui-même l'ensemble de tous les arcs qui ont été découverts, révélés, inventés, créés ; tous les arcs qui appellent soudainement le je à paraître (le christ, la poésie, la pensée, la révolution, l’éthique, etc, ou le tomber amoureux du moi par ex) tous les arcs créent, soudainement, cad hors du temps, le réel véritablement actif, lequel n’existe que si votre propre activisme est engagé ; et “hors du temps” puisque l’arc de conscience, le sujet “sujet” est la plus explicite articulation du “rapport” que l’on connaisse, expérimente, perçoit selon le mouvement interne ; le rapport qui se tient à la fois au début et à la fin de lui-même. 

C’est évidemment ce qui se montre, s'expose, s’oriente, au sens d'orientation du faisceau de conscience, via ces grands arcs ; dont les pivots sont dieu, la pensée, le sujet, le réel. Remarquons, en passant, que les esthétiques ou les poétiques, la littérature, et ainsi de suite se donnent, littéralement, dans le réel, depuis le début, depuis toujours ; l’objet absolu (étant entendu qu’un objet “absolu” n’est plus un simple objet) qu’est l’œuvre s’installe dans le réel et se réalise formellement (c’est pour cela qu’il est impossible d’en épuiser les déterminations, on n’en fait pas le tour, c’est elle, cette œuvre, qui fait le tour de votre conscience ; elle entraîne celle-ci dans le jeu du rapport qui est début constamment, qui re-commence continuellement ; si tant est que le créateur, de cette œuvre, a su, a pu inscrire dans les signes (de perceptions ou de signifiants ou de signes ou de pensées, etc) a pu inscrire l’activité qu’est le rapport (toujours actif) qu’est notre être. 

Or un rapport ne peut pas être déterminé ; il est et restera absolu mystère ; il s’incarne comme ceci ou comme cela (une infinité de possibilités puisqu’il crée le possible même), mais lui-même ne se voit pas lui-même ; il se signifie et comme il est celui-là ou “cela” qui se montre, en énonçant “je” ou “moi” ou “nation” ou “dieu” ou “idée universelle”, il saisit ce qu’il énonce ; il en a l’intuitionnel bel et bien effectif (lorsque Descartes dit “je pense” tout le monde le prononce, à la lecture même, et cela fut dit une fois, et c’est suffisant, de même il y eut une seule incarnation (croyant ou pas), ou un seul dieu unique (il est unique parce que formel, et donc n’offrant aucune composition qui pourrait doubler, dédoubler son “être”). Etc. La forme est ainsi ce qui s’ajoutera au moi ; le moi coincé dans ses désirs, n’y stagne que parce qu’il le veut bien ; libre à lui d’activer les autres rapports, tous les autres rapports et notre historicité déborde de possibilités ; aucune n’est passée ni oubliée (le monde maya est oublié, mais dieu ou Platon ou la révolution ne le sont absolument pas). 

Mais ça n’est pas du tout facile ni accessible de désirer cet infini, ce rapport non-fini, puisque si on connaît le contenu (de l’arc de conscience) on ne sait pas ce que porte cet arc lui-même ; parce qu’on sait n’y attendre pas vraiment une satisfaction ; la satisfaction qui nous étreint, lorsqu’attaché à la structure même (dieu, la pensée, le sujet, le réel, la révolution, la poésie, l'éthique, etc) est celle de l’activisme ; cela même que touche du doigt Nietzsche… ou Kant ; on n’attend pas la récompense, la récompense est l’agir lui-même, et non ses, ces effets. Cette insatisfaction est un jeu interne au champ intentionnel individuel qui s’y est décidé, qui doit sans cesse, chaque jour, s'y décider. L’arc de conscience qui ne dépend pas de ses contenus, doit être pris en et par chaque actualité ; l'actualisation c’est cela qui décide du possible, c’est par le présent que vient vers nous le futur, ou donc le possible ; le possible (ce qui sera) oriente seul la réalité (naturelle) et la réalisation (humaine), soit donc les rapports organisés (le désordre tombant dans l’immédiat et au final tout le déterminé est voué à la disparition, sauf si le rapport, cad la forme, prédomine, comme Dimension de l’actualisation intégrale de tout le possible cohérent).

Or pourtant le moi, la concrétisation de l'humanisation, entendait bien réaliser la belle humanité. Hegel voulut remplacer ou plutôt situer l’arc de structure en l’autre conscience ; le désir est le désir de l’autre désir, de l’autre conscience. Sartre a pu indiquer que la conscience, le pour-soi, désirait investir l’en-soi comme si il était un pour-soi, ou le pour-soi en tant qu’en-soi, une consistance donc que la forme intentionnelle ne peut pas atteindre. Les mass et micro médias renvoient sans cesse, continuellement l’image de l’insaisissable, alimentant l’illusion que ce serait atteignable, réalisable. 

Mais les structurels, dieu, la pensée, le sujet, le réel, l'œuvre ou la révolution, nourrissent, eux, le mouvement et ne sont accessibles que par le mouvement.  

 

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Le père, le fils et le Saint-Esprit

15 Juillet 2024, 19:35pm

Publié par pascal doyelle

Ici on ne pense pas selon les contenus (les idées, les systèmes, les déterminations) mais selon les rapports ; ou dit autrement, on a abandonné la métaphysique (des contenus) et nous sommes passés à l’ontologie, mais depuis Descartes, c’est de l’ontologie, du mouvement ici même et maintenant, tel qu’il agit. Kant, Hegel, Husserl, Sartre ou Lacan ou Rousseau ou Marx ne l’entendent pas autrement ; il y a du mouvement, et les choses et les êtres sont des résultats, des effets, et c’est ce mouvement qu’il faut catégoriser. Passage de la “pensée” à la “conscience intentionnelle” (nouménal kantien, qui n’est pas « de ce monde » phénoménal, tout comme la négativité hégélienne, etc). 

De la métaphysique à l’ontologie

Ce glissement hors du monde donné (et aussi bien hors des pensées, des idées, des systèmes) est soit dieu (si l’on est croyant), est fonctionnel (dans le présent qui produit toute réalité, il y a une conscience qui est un raccourcissement du temps, le signe s’utilisant afin d’être à la fois au début ou à la fin de la phrase, de l’intention, de soi ou inversement), ou enfin ce glissement en dehors est dimensionnel (le possible est ce qui implique le mouvement et le mouvement est celui du plus grand possible possible). 

Ou donc ; si il se passe quelque chose (de réel) ça n’est pas dans le ciel des idées ni dans un ordre dans la détermination du monde, mais dans le mouvement même des choses et des êtres, qui ne reçoivent pas une vérité de l’extérieur, mais sont eux-mêmes des activités, ce que l’on nomme des rapports en mouvement (forcément un rapport est un mouvement, si dieu existe, il est le mouvement de tous els mouvements, ou dans la mesure où les choses se déterminent et se distinguent donc elles se “pensent”, chacun est de par soi, en partie et c’est cette partie, en plus, qui compte , l’existence précède l’essence). 

On a donc inventé ce décrochage sublime qui a consisté à glisser le christique dans l’épaisseur subtile du monde donné là, et ce tout à fait extraordinairement, en tant que relation de l’homme et de la femme. Soit donc l’amour courtois, lequel, étant le prototype absolu de toute relation humaine, se crée telle une entière société humaine ; et, fait structurel absolu, ceci se produit en et par la littérature. La littérature est la pensée, la représentation et absolument l’affect d’autrui, l’introduction du rapport (complexe donc) qu’est autrui en moi. Tout l’univers courtois non seulement reprend le christique et se réinstalle dans le monde et la vie vécue, et la société humaine féodale, mais de plus réécrit la littérature grecque et romaine, et donc puisque la Bible et le christianisme, toute la Méditerranée sur ce continent, tel que l’Europe et tel que la France ou les prémices de ce territoire qui synthétise et réapprend, réinstruit, poursuit toute la possibilité historique. Usant par ailleurs du légendaire celtique (réemployant tout le féérique et proposant un fantastique réaliste en vérité). On assiste ainsi à une synthèse exceptionnelle, unique et à une réinvention du christianisme, inattendue, et pour le dire, une re-Création ; soit donc ce que l’on peut, ce que l’on pouvait attendre du Saint-Esprit. 

Rappelons que le Saint-Esprit est le troisième de la trinité, et celui là même, divin en tout point, qui succède au christique ; à l’incarnation succède l’incorporation en et par chacun ; ainsi non seulement le christique crée chacun au devant du regard du dieu un, unique et universel et dès lors incarné (en un corps, un corps vivant, un corps humain, ce qui est absolument hyperbolique, et on ne peut pas avancer plus moins en quelque religion que ce soit, et en quelque philosophie ou idéologie que ce soit), mais de plus, en sus de ce regard qui vous nomme et vous individualise (chacun ayant rapport à ce corps divin présent puis absenté, ce qui est tout différent que le face à face au dieu unique juif de la Loi et qu’aucun regard humain ne peut supporte, Moïse se détournant pour ne pas périr de la vision du dieu-exclusif, exclusif rapport, unique intention, une intention étant en elle-même absolument formelle, puisque si une intention dépendant de tel contenu, cela rendrait celle-ci totalement inapplicable aux autres contenus ; sauf que s’est ajouté, donc, le christique, lequel peut et doit entrer dans le champ de vision ; le corps mort-vivant du christ s’imposera partout, puisque sa présence (absente, étant intentionnel) crée justement le regard lui-même ; mais ensuite ce regard est censé s’être incorporé en et par chacun et il revient, donc (c’est fondamental), à chacun de continuer la Création, en tant que re-création, et il s'absente puisque, fils, il nous convainc d'être frères d'un même père et il se retire afin que chacun prenne sur soi.

Ce que réalise la révolution ; liberté du rapport à soi et égalité des rapports entre eux. En France et les autres à la suite. Le péché contre l'esprit-saint étant le seul qui soit impardonnable.

C’est le but, la finalité, l’effet seul recherché. Que le Créé revienne à ces êtres dits libres, et dont la liberté a pour fin, de fait et absolument, que quelque réel divin tout à fait original, neuf, absolument inventé prenne place dans la création ; dieu veut, littéralement, que l’être humain continue de et par cette liberté, cette part neuve et auto-créée que ni dieu, ni les anges ne peuvent performer ; le performatif est la nouvelle règle. Aussi est-il impératif que le divin soudainement après sa création initial (il est l’intention avant toute réalité, intention unique, forcément, et universel, initiant tous les rapports dans et par le Rapport qu’il est), après son incarnation en un corps vivant humain, que ce divin se redistribue en et par chacun ; soit donc le Saint-Esprit. 

Que tout ce programme, ce projet soit pré-vu, pré-pensé bien en avant de tout le déroulement ; que le christique soit “prévu” dans l’ancien testament, que le Saint-Esprit soit pensé tel quel avant que l’historicité se soit concrétisée, peu importe ; croyants ou non, bien que cette prévision soit à tout le moins surprenante, et même stupéfiante. Et ce puisqu’elle nous permet de comprendre ce qui réellement, depuis lors, s’est réalisé. Il s’est réalisé que l'humanisation non seulement s’est effectuée, mais de plus elle a poussé jusqu'à la personnalisation de cette universalisation ; et humanisation et personnalisation consiste en ce déploiement constamment de nouveaux rapports, qui viennent s’ajouter aux rapports tissés en telle ou telle communauté (qui fonctionnait comme groupe unitaire, le langage étant le monde et le relationnel) et qui même le plus souvent remplacent le rapport unitaire, ayant pu développer en chacun suffisamment de rapports à soi et à autrui, personnalisés, ce qui veut dire personnalisables. 

Personnalisation ;  ce que par exemple Hegel lui-même n’était pas en mesure de comprendre, puisque la philosophie s’est imposée elle-même ses limites d’universalité et croire traiter de la réalité sous la seule élévation universelle et ne peut pas comprendre que chacun, étant à soi-même déjà un rapport, chacun donc se tient de l’universel mais en sa singularité même ; ce que l’on traduit par ceci que ce rapport à (soi) que chacun est, est déjà et absolument l’universel réel et de fait le seul réel, puisqu’ici alors le dit “soi” est le rapport en tant que tel ; il est de la nature, de la structure même du rapport d’être l'universel même ; ce qui se tient entre le je et le je, la conscience et la conscience est toujours un contenu et donc déterminé ; le signe renvoie à un donné là et est lui-même un donné là ; il se trouve donc que la réalité a inventé ce “procédé” qu’est le signe afin que, bien que déterminé, cette détermination désigne tout à fait autre chose et autrement que le déterminé ; le signe est ce par quoi le donné dépasse le donné sans en sortir. 

Il est en somme bien plus vraisemblable que la détermination réussit à détourner sa nature même, et parvienne à se contourner, et ce en tant que signe, en tant que signifiant, plutôt que de supposer un ordre supérieur ou une ‘pensée’ ou une surdétermination de la détermination (les mathématiques ou les idées existeraient antérieurement ou hors de la réalité ; ce qui est absurde), on ne peut supposer un contenu dans le contenu. Or ici on ne considère pas que le signe crée ou puisse créer la “conscience” ; ce serait bien plutôt l’inverse ; c’est parce qu’il existe une structure nommée “conscience” que le signe est rendu possible.

 

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Devenir divin

4 Juillet 2024, 11:40am

Publié par pascal doyelle

Que le temps soit le développement de l'exister et qu’il soit pris, lui-même le temps, dans la dimension de « exister », ne signifie pas qu’il est un temps hors du temps (qui contiendrait le précédent), mais que la dimension (exister) est autre chose et autrement (que temps, espace, déterminations, réalités, etc).

C’est précisément ce qu’indiquent, ce que signifient dieu, la pensée, le sujet, le réel (et d’autres que l’on ignore). 

Dieu et la pensée universelle paraissent bien au-delà de notre capacité, et concernant le devenir absolu du possible (selon toute apparence), de sorte que le sujet puis le réel (cad avant tout la réalisation de toutes les intentionnalisations humaines puis individuelles du possible) s’offrent comme le champ applicable et effectivement ayant quantité d’effets ; sujet et révolution ouvrent un ancrage fermement réalisable. sujet et révolution, liberté et égalité, rendent accessibles tous les rapports (même la liberté, anglosaxonne, à elle seule est limitée de son a priori même, et aboutit à une rivalité sans fin, des individualités, sans qu’aucun rapport ne soit implanté en chacun vers l’ensemble, via autrui, cad la littérature, pour schématiser, ou le christiansime, historiquement, qui consacrait autrui avant tout je ; raison pour laquelle le déroulement du possible (des rapports) s’instruit à partir de l’impératif de l’autre conscience, de l’autre en tant qu’il est à lui-même un rapport, dans lequel et sur lequel on ne peut pas intervenir, que l'on ne peut pas/doit pas rompre, sinon tout son ressort, de rapport (et donc de vérité ou de liberté) est annulé, ce qui est absurde puisque l’instauration de chacun (comme un) c’est justement que chaque un apporte à, nourrit la communauté de l’ordre nouveau, celui non d’un communautarisme immédiat mais d’une communauté en vision, en pré-vision, en articulation.

À savoir qu’est en jeu tout à fait autre chose et autrement qui n’est pas en référence avec ce qui est donné là, que ce soit les réalités ou les pensées, représentations ; et qu’en l’occurrence, l’enjeu outrepasse la raison. Sans que ce mouvement transcendant retombe en deçà de la raison, mais s’imposant comme bien antérieur, et en tant que rendant possible, entre autres, la raison.

Autrement dit, ce qui est décrit par dieu, la pensée universelle, le sujet et le réel, c’est l'ensemble des mouvements possibles "d'un réel il y a". Mouvement tel qu’il s’inscrit instantanément dans le trouble et l’étrangeté de ce réel qui existe comme rapport ; le rapport étant aussi bien au début qu’à la fin et la fin re-devenant le début ; ayant ainsi accès à l’intégralité de tout le Possible (comme règle de “ce qui est”), et ce puisqu’alors le réel se relie comme perfectibilité (et non comme perfection inerte). La pensée, mais à vrai dire tout système de signes, de repérage, s’utilise afin d’augmenter, d’ouvrir ou même de créer du champ perceptif ; lors qu’il s’agirait d’un repérage intérieur au moi, au relationnel, aux émotions ou même aux pulsions (puisque l’on cesse de souffrir en étayant les pulsions, en les sublimant, comme disait l’autre). 

Un réel, il y a, étant le déroulement d’une signification non de ceci ou cela, toujours relatif et toujours déterminé, mais le déroulement du possible même. À quelles conditions existera-t-il encore plus de possible qu’initialement ? 

C’est ce que le christique voulut signifier, pariant que l’on atteindra plus de rapports dans la considération d’autrui. Mais c’est aussi ce vers quoi la pensée, grecque, l'universel, insiste constamment ; il y a plus de possibilités après Debussy qu’auparavant. Il y a plus de réalisations après les mathématiques et plus d’intentionnalités réalisées après la révolution, après le droit, après le citoyen ; l’ouverture universelle ne se referme pas sur un système, mais engendre quantité de systèmes ; ce qui eut lieu ; la philosophie ne se distingue pas seulement du principe de vérité (soit en cohérence d’un système auto régulé, auto transparent, cad explicitant, soit en adéquation, à la chose réelle, en philosophie et en science et en rapport à autrui et à soi), mais la philosophie se précise d’une quantité de systèmes possibles, qui furent effectivement écrits. Pareillement, le dieu un unique et universel, tout-autre (autre que quelque partie déterminée du monde et donc créateur, intention préalable à toute détermination, le Rapport de tous les rapports seconds et tertiaires). 

Le dieu juif (et musulman mais faute de s’y connaitre on ne s’’avancera pas plus), du dieu unique on hérité évidemment du temps, de l’historicité (génération des générations), de la prophétie, puisque le réel est instruit comme intention et donc en rpévision de ce qui sera, de ce qui est au plus haut possible, d’une nation de saints, de prêtres, de justes, pareillement appelant chacun à son intention conforme et régulée ; puisqu’il ne s’agit plus d’un monde communautaire ordonné et cyclé en temps profane, temps sacré ou en lieu réservés, magiques ;  tout ceci afin que le rapport ne se perde pas en telle ou telle détermination mais qu’il reste et s’approfondit en tant qu’intention, une intention étant absolument le rapport lui-même ; ce qui veut dire la capacité de tous les autres rapports. 

La capacité de tous les autres rapports et d’une « bibliothèque » (la Bible), mais aussi rapports avec soi, avec autrui, avec les choses et les langages, et ceci sous la formation de la Loi ; chacun est médié via non plus la communauté (la représentation collective) mais via cette mise en forme du rapport qu’est la Loi. 

Soit le jugement extérieur aux consciences intentionnelles ; Loi par laquelle on est forcément condamnés, tandis que si l’on inverse la logique, par le christique c’est non la Loi mais votre intention qui concentre tout l’enjeu ; ce qui en vérité pousse encore plus loin l'exigence ; non seulement ne pas convoiter l’épouse de votre voisin, mais ne pas même la désirer, puisque l’on est passé bien au-delà de l’extériorité et inauguré l’intériorité ; ce qui en contre partie pour ainsi dire aura pour effets (et innombrables) d’inventer, de créer des intentionnalisations individuelles. 

On comprend bien que le fondamental est de rendre possible l’accès de chacun, de chaque arc de conscience, à sa propre organisation, auto-organisation (mais de telle sorte que cette activité soit ordonnée et non pas n’importe quoi, puisque si l’intention se jette dans l’immédiateté, la facilité, la satisfaction sans médiation, elle cesse ; cette intention s’étiole ou meurt, ne supportant plus l’élaboration de rapports, mais se fixant en quelques contenus, dont l’apparition, phénoménale, annule qu’il y ait un  à-venir. Ce qui ne peut se concrétiser que si ce chacun dispose des ressources suffisantes ; à tous les sens du terme d’ailleurs ; aussi bien culturelles ou intellectives que ressources physico-chimiques et technologiques,  et évidemment relationnelles ou psychiques. 

C’est donc dans l’épaisseur même du réel, en l’occurrence du corps, que se tissent les sans cesse nouveaux rapports que les grandes structures implantent dans la réalité, la réalisation, humaine ; communautaire au débit, collective, de représentation, ou individuelle, ce qui veut dire architexturé (qui s’ajoute à l’architecture des structures dieu, la pensée et l’universelle réseau des intentionnalisations-idées, le sujet et le statut ou la position du “je” dans le réel vivant agissant, le mouvement même du devenir, du devenir et donc du possible brut). Architexturé qui se prend tout à coup comme représentation mass et puis micro médiatique ; par quoi le chacun est médié vis-à-vis de chacun et tous de tous ; et ceci à cette seule finalité de structure (outre tous les intérêts que l’on voudra, bien effectivement réalistes), cette seule finalité de structure qui est d’inscrire sur la surface-autre du corps ; afin de produire (industriellement quand bien même), inventer (par chacun et par relations indéfiniment diversifiées), et créer (par quelques uns et re-pris, pris sur soi-même, incorporés). ceci afin que chaque corps, cad chaque rapport à (soi), puisse s’écrire comme corps et non plus seulement se conduire de la pensée universalisante et abstraite et extérieure, ou des idéologies, à destination généraliste, ce qui ne peut pas atteindre à la précision et au détail du corps individuel ; dont de toute évidence il s’agit de porter au plus loin, au plus haut la délicatesse et la subtilité, la délicatesse et la subtilité des signes, qui couvrent ce corps.

Des signes, ce qui veut dire des intentionnalisations, des champs intentionnels de perceptions, d’affects et d’intellection.

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Le temps et l’espace, ontologiquement

26 Juin 2024, 10:43am

Publié par pascal doyelle

Qu’il existe un présent et que c’est infiniment surprenant, de par l’actualisation donc  le temps est seul réel, l’espace est dissolution de ce qui fut créé dans le temps ; le temps est le possible, l’espace est le feuilletage du possible. 

Tout comme le Un de Plotin se tient dans la réserve totale, de son unité, et que  toute la réalité se produit de son effusion d'absolue positivité, bien trop grande pour lui en quelque sorte. 

Pareillement l’unité en tant que rapport de tout ce qui est. Sauf que le Un considéré comme rapport, se tient dans la réserve parce qu’il est formel (ce qui explicite pourquoi le un est tenu caché et in-visible) et ne peut pas s’inscrire comme déterminé. Et deuxième impératif, si le Un existe comme rapport, alors il est division ; ou dit autrement son unité structurelle ne peut pas être perçue directement en et par, même, des pensées (qui se détiennent de leur unité, dite objective, puisqu’énoncées extérieurement), mais comme des signifiants ; dieu, l’universel, le sujet, le réel. 

Le rapport, qui est ici et pour nous le Un, nous est cependant accessible en ceci que notre être propre est lui-même un arc, qui n’apparait pas ; la “conscience” n'apparaît pas, mais elle se produit dans les signifiants et les signes. 

Et il y eut donc révélation. Révélation de cette “conscience” que l’on a confondu durant des lustres avec la “connaissance”, alors que très exactement depuis Hegel et Husserl, il est avéré que cela qui existe n’est pas en tant qu’être; ce qui existe n’est pas déterminé ; imagine-t-on que conscience soit telle ou telle énonciation ou représentation, en lesquels contenus cette conscience serait emprisonnée, et ne soit pas en elle-même précisément du prendre-conscience-de, ou du avoir-conscience-de ? Dit autrement, on comprend telle ou telle énonciation ou prononciation, parce que l'on est déjà “conscience”. Il y a des signifiants parce qu’il y a une intentionnalité ; soit le processus qui saisit les signes. Qui a d’abord tenu le groupe, le collectif, la communauté pour seule portant les signifiants et les signes, mais qui au fur et à mesure et ensuite a intégré sa propre capacité à inventer ces signifiants et ces signes. 

Cette capacité de prendre-conscience-de fut nommée ou révélée comme dieu, pensée universelle, sujet (christique puis cartésien) et enfin réel. 

Dieu exclut tout ce qui est déterminé (il est seul l’intention, formelle et donc unique, l’intention de tout le reste ; lui seul est structurel, formel). Il implique la séparation, et sa brutalité, hors du paradis, la fin du sacré (qui se réservait telle part du monde et du temps) et son remplacement par le divin, séparé, autre, hors du monde ; l'humain est exilé, dans un monde donné là dépourvu de sacré, mais basculé vers le divin, cad tout aussi bien le temps.

La pensée permet de se déterminer tout en maintenant la transparence, la transparence qui s’introduit au sein même de tous les rapports que signifient les pensées, les idées puis les systèmes. Il réunifie les réalités, qui furent d'abord distinguées et coupées les unes des autres ; les réunit dans l'universel.

Le christique est le regard, intentionnel, qui crée chacun et relie instantanément chacun à tout autre et à tous les autres. Il crée en chacun la séparation, mais telle qu'elle est prise, reprise, par et en un regard, compatissant, qui doit recoudre en un autre tissu, une architexture du corps, un corps de signes (ce que tout "moi" est, de fait), forcément et qui assume en lui-même le séparé (et la souffrance). La brutalité rend possible les rapports (cad l'unité supérieure, la civilisation, comme a-civilisation).

Le cartésien introduit chacun à son propre champ en tant que “je”. Comme on verra. L'unité est interne, non pas intérieure, mais interne à la structure ; l'ouvert dans ce qui déjà est en soi-même ouvert, puisque l'arc de conscience est un rapport, il faut qu'existe au-dedans encore d'autres rapports.

La révolution réalise, rend réelle, l'activité de chaque je et la coordination généralisée (universalisable et universalisée) de cette intention formelle de “prendre conscience de”, et rend réelles toutes les intentionnalisations humaines. Tout est intégralement réalisé. 

L’espace est le feuilletage du temps, de même les contenus de conscience portent infiniment le possible. Peut-être même existe-t-il une “conscience”, cette structure, parce qu’elle dialogue au travers du temps, réunifiant, via l’espace pluriel.

 

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Le réel agissant

15 Juin 2024, 11:21am

Publié par pascal doyelle

On a donc depuis longtemps quitté, abandonné d’idée de l’être ; au moins depuis Descartes, qui bascule toute la métaphysique en ontologie ; la métaphysique entendait développer le discours comme connaissance ; l’expérimental et les mathématiques n’organisaient pas la réalité, la pensée seule donnait accès aux réalités, en l’occurrence aux essences ; entre les grecs, et la métaphysique originelle, et Descartes, la théologie ; ce qui veut dire dieu comme étant l’être ; ça n’est plus tout à fait la métaphysique mais reprend la totalité de la pensée grecque ; puisque si les grecs nous donnent à voir le monde donné là (cad le monde effectivement réel en dessous de tous les mondes représentés humains, égyptiens, mayas, chinois, etc), le christique en rajoute et nous livre le corps du moi, le corps de chacun, de sorte que les deux, l’une horizontalité (le monde) et l’autre verticalité (le corps individuel) ; la scène et l’acteur sont en place. Tous les autres mondes seront oubliés parce que le-monde et le-corps sont désormais posés. 

Descartes annule la métaphysique (le discours comme seule norme de la réalité) et donc de fait promeut la science expérimentale et les mathématiques ; et le sujet. Le sujet est une élaboration du corps, du le-corps-du-christ, par lequel christ chacun est mené à soi-même, mais via le regard du dieu intentionnel, qui crée ou par lequel chacun se crée (dans le regard, le rapport à l’incarné, dans un corps) en tant qu’il est sa propre intention. Mais qui ne s’atteint pas encore déjà lui-même par lui-même. Voici Descartes donc ; qui montre, de fait, effectivement, témoigne de sa propre transformation d’individu perçu (par le christ) en ce sujet qui se dit « je » et convoque chacun à sa propre activité ; chacun est dès lors acquis à soi-même (évidemment chacun était déjà un moi, pascalien, et un je, cartésien, mais n’étant pas représenté dans la représentation, le langage, la pensée exprimée, rien ne permettait à chacun d’accélérer son existence propre). 

Ceci veut dire, aussi, que si l’on existe en tant que je (qui se prononce), alors chacun naît dans l’actualité. Dans l’actualisation de ce je ; on n’est pas un jeu abstraitement, mais activement ici même et maintenant. Le présent. 

Il faut saisir que l’on est rentré dans l’activité même ; de là Kant et Hegel (et les autres) ; et que dès lors il s’agit de saisir ce qui agit ici même et maintenant (y compris Spinoza et Leibniz, qui ne sont pas “métaphysiques” au sens où il leur faut penser l’être afin non pas de contempler l’être, mais de l’intégrer ou de s’y intégrer ; autrement dit de trouver la pensée, l’idée, le système qui permet d’entrer dans l’être même ; la théologie n’ouvrait pas en dieu, la pensée grecque était elle-même divine et d’un ordre transcendant ; avec Spinoza et Leibniz on peut computer, pour ainsi dire, remplacer le rapport que l'on est, soi, par le rapport vrai et devenir ce rapport vrai). 

Kant et Hegel décrivent le premier l’étendue du sujet (sa position dans l’espace phénoménal, comme centre du monde, comme étant le rapport qui tisse des rapports) et ses positions dans le temps historique, ses rapports qu’il lancent, comme des ponts, entre les moments des contenus, des contenus qui dévoilent au fur et à mesure les parties du monde donné et du monde possible (cad des réalisations de la liberté du rapport, puisqu'étant au centre la conscience, la négativité, engendre des possibilités, non pas idéelles et abstraites, comme pouvaient l’être les idées et les systèmes, copies de l’Ordre transcendant, mais des possibilités vraiment produites dans la réalité et dans les sociétés humaines).

On remarquera ceci que les français ramèneront constamment la vérité dans le réel tel que là ; non seulement Descartes relance toute la philosophie, mais Rousseau (et Montesquieu) créent la possible révolution. celle qui est unique (les autres étant des variations) ; et unique de ce qu’elle noue liberté et égalité (au contraire de l'anglo-saxonne qui ne se fonde que de la liberté, la liberté et ensuite advienne ce que chacun pourra, avec dieu seul pour juge ; les français réalisant intégralement le christique, cad autrui en tant qu’autre-rapport, tendent même à évacuer dieu ; ça se passe avant tout entre et par je et autrui, et ce depuis au moins le roman courtois, qui invente la société courtoise). 

Kant attend impatiemment le journal qui lui apportera des nouvelles de la révolution française. Hegel se prend pour le Napoléon de la philosophie (littéralement, Napoléon l’espace, Hegel le temps).

Descartes propose donc le sujet ; qui non seulement annule mais porte excellemment l'universel et la pensée et dieu et le christique ; puisque le sujet est le rapport tel quel, livré à nos yeux et donc absolument nous sommes l’intuition ; il y a un se-savoir (du rapport) qui outrepasse la connaissance (discours objectivement projeté précédent) ; il faut tout recommencer (lors même que quantité de notions, d’idées sont évidemment conservées, et qui continuent ces idées de faire-voir le monde, ou le christique d’indiquer le sens de l’existence ; on est dans un processus d'accumulation, puisque c’est la structure, de conscience, intentionnelle, qui depuis dieu, l’intention unique formelle universelle, est paru, que les intentionnalisations du monde produisent l'universalisation, grecque, et depuis que le christique crée chaque individu en son corps (toujours vivant, cad Existant), c’est la structure qui ne peut pas, peut plus s'oublier et s’ajoute à elle-même (au lieu que l’on n’est plus maya ou égyptien ; la structure n’est plus un-tel-monde mais la structure antérieure à tout monde).

évidemment il ne propose pas le sujet comme une lubie personnelle ; tôt ou tard la structure qui crée un champ intentionnel devait apparaitre, et ce d’abord puisqu'ayant épuisé l'ensemble des contenus acceptables (soit donc la suite de systèmes mais aussi de phénoménologies qui eurent lieu, tels que Hegel les recensera, puisque lui, Hegel, se saisit de l’articulation, qu’il nomme négativité et qui pré-voit toujours tel ceci ou tel cela sur un horizon, qui devient lui-même un nouveau ceci et cela, etc, et l'horizon même est celui que crée l’arc de conscience en tant que rapport). Ce qui se voit déjà non seulement dans les mathématiques (qui utilisent le rapport formel, un = un, et l'ensemble des opérations possibles sur ce rapport originel), mais aussi dans l’universel, la pensée, laquelle est une augmentation et une accélération du langage ; du langage en tant non qu’il appartient à une communauté, mais cette fois qui est pensé par un individu qui perçoit directement le monde donné là en son expérience singulière, singulière mais qui découvre que dans le langage il est un procédé d'universalisation, et lequel se nomme (se nomme lui-même) la-pensée. 

Auparavant, il y avait ’de la pensée’, cad du langage, mais elle ne se connaissait pas comme telle, et dès sa propre représentation elle se dit, Socrate ayant découvert le procédé, Platon commence de penser et Aristote signifie la « pensée de la pensée » ; mais elle n’était pas “connue” comme telle ; cette  deuxième position ne sera envisageable qu’à partir de Descartes, puisqu’alors ça n’est plus la pensée qui “se pense”, mais un sujet qui pense. Or la pensée restera quand même la forme, cad la formulation même de la réflexivité, puisque l’on ne voit qu’à partir de ce qui est exprimé et que l’exprimé universel ou universalisable, seul nous donne la compréhension, cad repère la position de l’être et de la pensée ou du réel et du sujet (sinon on se cantonne à des dispositions subjectives qui ne bouclent pas, qui ne s’explicitent pas, qui se réfèrent à telle ou telle immédiateté, ce qui veut dire un contenu qui exclut la forme du contenu ; dieu, le un, la pensée, le sujet ou l’infini, substance, nouménal, ensoïté, etc, disposent formellement ce qui est en jeu, cad disposent le réel, l’agissant comme rapports, explicites, un rapport étant de soi explicitation). 

C’est donc la position qui avance ; désigner dieu ou déployer l’universel grec ou inscrire la visibilité de dieu en ce-corps-ci (ce qui est un tour de force absolu, indépassable), ou que le je se signifie lui-même ou que le signifiant soit admis comme résolument actif ici et maintenant (et ayant effet véritablement réel, comme pour Spinoza par ex) dresse les actes, ou donc les actualités de la transcendance comme telle. La transcendance, non en tant qu’elle transcende l’immanent, mais en tant qu’elle entoure, enroule, remodèle, re-crée toute immanence ; le réel, le formel, le rapport ont “effets” (sinon on ne voit pas bien à quoi ils serviraient).

 

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Rassemblement du possible

9 Juin 2024, 12:42pm

Publié par pascal doyelle

 

Évidemment, autrui dispose d’un principe d’inviolabilité ; s’il est un rapport, un rapport à soi (à « soi » ou à (soi), comme on a vu), il devient impossible de rompre ou d’annuler ce dit rapport. Sans sortir de la vérité, cad sortir du réel. 

On peut détruire autrui, ou le réduire, mais alors on manque le réel, et cela se ressent de ceci que l’on dégrade la possibilité, et qu’alors sur autrui on ne pourra plus compter (outre donc le respect kantien donc) ; ce qui restreindra l’étendue de la réalisation humaine et ce d’autant plus que le rapport, qu’est autrui, ne pourra plus proposer ses propres intentions, ses projets d’une part mais aussi d’autre part ses organisations et cette unité prenant à elle-même sa propre part de possibilité (la royauté et la hiérarchie, ou celle des dictatures ou autoritarismes, croient remplacer la redistribution et la redistribution de l'organisation, que la considération de chacun en tant que sujet, souverain, rend accessible ; méprisé, autrui cesse d’instituer cette unité en propre).

Si chacun est en disposition d’utiliser, d'organiser ou de créer des signifiants, c’est qu’il existe et s’impose un processus civilisationnel ; étant entendu que si chacun prend en charge, c’est qu’il s’est étoffé. Non seulement il a étendu sa connaissance (diverse et variée), mais tout autant à intégrer en lui ce qu’autrui rend possible, et ce parce qu’il a saisi en lui-même ce qu’autrui développe (saisissement par la littérature depuis le début de cette historicité qui a re-pris, à son compte, le christique, au moyen âge, en Europe et en France), et qu’il a autorisé en lui sa propre distance vis-à-vis de lui-même (il s’est instancié comme sujet cartésien, ou comme moi pascalien). C’est tout une architecture, qui s’impose comme architecture sur, en et par le corps même, de chacun et d’autrui ; le réel, des signifiants possibles accessibles, est ce corps tel qu'il s'est couvert de signes. 

Cette considération de soi, de se tenir dans sa propre vue, est tout sauf simple. Et implique un retour sur « soi » dont on a commencé de voir les linéaments, et un investissement, voire un surinvestissement tout à fait non rationnel, au sens où si l’on existe, soi, comme rapport, c’est que l'information de ce que l’on est, sera, et fut, cette information se tient du futur ou plus généralement du Possible ; quel sens, quelle signification doit-on peut-on donner à tout ce que l’on est, fut, sera ? Abandonner cette interrogation, cette distance, cette capacité, c’est se dégrader. Cette distance de soi à « soi » (dont on a dit que la conscience est le rapport à (soi) dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même (sa capacité, par ex sa capacité de signifiants) et non pas une identité quelconque et pas même un « moi », excepté que le dit moi est minimalement la base, la pierre de la réalité telle quelle). le dit retour sur soi est non pas une égologie, un personnalisme, qui manque toujours cette identité (qui ne tient pas), mais se situe dans le rapport ; ce qui veut dire qu’il renvoie bien au-delà (dieu chez descartes, mais quantité d’autres tenants, à commencer par l’universel grec), et ce puisque, dans le rapport, il est cet autre bout du rapport qui vient du futur ou plus véritablement du Possible (le rapport à toujours affaire à plus grand que lui-même, sinon il retombe dans le monde, le vécu, l’immédiateté, etc, le contenu du rapport dévorant le rapport lui-même, illusion en laquelle il s’oublie). c’est pour cette raison qu’il eut des tentatives de métapsychologies, afin de concevoir, représenter, planifier, prévoir, repérer le dessin, le dessein, la destinée, la capacité même du rapport, du je sujet, de la structure de rapport qui détient en elle-même « ce qui sera » ; Nietzsche ou Sartre, mais aussi dès l'origine Descartes ou Kant ; trouver le moyen de gérer cette inquiétude, ce souci, cette infinie difficulté, cette impossibilité possible (au rapport il manque toujours un Bout, dans un monde qui est plein de déterminations, le pour soi face à l’ensoi massif, ). 

Sortir du réel, ou de la vérité, c’est supprimer le futur, ce qui veut dire le possible (de toute mani-re ce qui n’est pas articulé sur le réel, l’est sur l’illusoire, l'hallucination de la jouissance ineffable, ce qui n’a aucun sens, aucun sens dans le donné et ce qui ne peut pas se réaliser ne servira pas de base à ce qui viendra, l’humanité, la vie future, l’au-delà ou dieu ou ce que l’on pourra penser comme tel)  ; supprimer le futur signifie annuler les capacités, et croire en des capacités illusoires, ou sans envergure ou dépourvues d’ampleur ; ne pas intégrer l’intentionnel, l’universel, le sujet (autrui selon le christique, le je ajouté par descartes et suivants), le réel (les conditions de réalisation et la réalisation humaine et personnelle, le monde comme tel, organisé), condamne à répéter (indéfiniment) ou à nier et détruire les réalités naturelles, autrui ou soi-même.  

En vérité (autant le dire), on ne peut imaginer d’idée ou de principe plus puissant que celui de rapport. étant entendu qu’ici le réel se tient au principe du possible (le néant existe, et l’être existe ; puisque le néant n’occupe rien, aucun temps, espace ou quelque ressource que ce soit, il existe nécessairement et est de fait infini, de même l’être est tout aussi possible, et on entre dès lors dans la problématisation de cet “être” que l’on approche selon l’exister (et non cette imagination d’un être consistant) ; aussi l’être est le réel et le réel est le devenir ou le mouvement, cad le possible même. Et s’il y a un devenir, c’est afin que ou ayant comme effet que quelque réel advienne. 

Et là, de deux choses l’une, soit « ça arrive » et ça n’a pas plus de sens, ainsi qu’une réalité déterminée (qui consiste en distinctives de plus en plus pointues, si l’on veut) , soit il est affecté au réel, au devenir, une ampleur qui lui soit au moins équivalente ; à savoir, il y a un réel afin qu’il s’y produise un réel, ou encore afin que le réel devienne encore plus (que lui-même). Ce qui nous paraît la finalité seule digne de ce réel. Que « le plus grand soit accessible » et qu’il le soit, donc, par décret extérieur (fut-il divin) mais de la définition de la réalité comme « rapports », donc comme activités ; c’est parce qu’il se-crée, comme activités que sont les choses et les êtres, que le réel est brutalement ce déluge, ce déversement d’activismes (que l’on désigne comme univers communément). Il revient aux activités, aux choses et aux êtres, d’étendre, soit d’étendre le possible, soit de créer encore plus de projet divin, du dieu un tout-autre (puisque formellement l’intention toute signifiante) qui promeut la « capacité d’exister », qui ne crée pas des choses, mais des activités, des rapports. 

Et, coïncidence exubérante, le réel n’a pas pour finalité quelque « chose » qui lui serait second (première hypothétique résolution susmentionnée, puisqu’une chose est déterminée et donc finie), mais le réel est destiné à produire un réel formel et bien plus grand ; et donc la finalité du réel est de créer encore plus de possible. Sous-entendu ; il se doit à lui-même de trouver, en lui-même (puisque rien n’existe en dehors de son plan qui occupe tout le possible), de trouver en lui-même la motivation, le désir, la volonté, l’intention ou l’intentionnalité ou la capacité de rendre encore plus possible le possible ; ainsi on ne crée pas une possibilité qui épuiserait la liberté de chacun, mais afin que la liberté en chacun démultiplie plus encore qu’il soit un, unique, et donc universel (comme on a vu que l’universel est le rapport le plus grand possible et non l’écrasante règle uniforme ; le rapport opère des distinctions internes et cela lui est accessible puisqu’il est un rapport, le singulier est précisément singulier de ce qu’il n’est pas telle ou telle détermination, qui est toujours universalisable, le bleu par ex, mais qu’il est singulièrement un puisque formel et formel parce que singulier ; le “bleu” rend visible tous les bleus possibles ; les maths rendent pensables et même excèdent les réalisations effectivement mathématiques des choses ; la révolution relance la révolution en et par chacun ; l’égalité christique ou la liberté cartésienne, qui sont tout sauf incohérentes ou laxistes, ouvrent chacun à la possibilité du rapport, en un corps vivant, la littérature crée le feuilletage interne à la conscience, aux nappes et aux flux des champs de perception, de représentation, d’unités).

 

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Perfectibilité et perception

1 Juin 2024, 10:04am

Publié par pascal doyelle

 

La perfectibilité parce que le réel, le “réel”, n’est pas terminé ; on tient, ici, que la perfection  effective, véritablement significative, est la perfectibilité et non pas cette inertie, cette fixité d’un réel parfait. 

C’est bien pour cela que dieu, que l’on y croit ou non, nous demande de créer. On refuse ainsi les interprétations figées, qui maintiendraient dieu dans un légalisme quel qu’il soit (juif ou musulman ou made in usa, bien qu’il y ait d’essentiels prophétismes dans les deux premiers cas, et des tentatives abracadabrantesques pour le troisième). Donc continuer la création, laquelle est lancée afin qu’un être libre (cad qui n’est pas un être mais un exister) puisse la reprendre et la poursuivre (ce à quoi les anges, parfaits et donc intégralement réalisés, ne peuvent prétendre). Création (et historicité) qui n’a de sens, d’orientation, de direction, que si un être libre qui n’est pas un dieu, ni divin au sens habituel, classique ou commun, que si un être libre (qui n’est pas un être) crée cette orientation ; dit autrement la création n’a de sens que si elle se crée librement et non pas seulement par dieu ; c’est en somme le « principe divin » (à savoir la capacité de rapport, de création) qui se continue par l'être humain et qui, délégué, est entièrement délégué …Puisque la capacité de rapport ne se délègue pas « à moitié », soit on peut créer des rapports, soit on ne peut pas. C’est en cela que nous voici lancés en tant qu’à la ressemblance de dieu ; il n’y a rien de divin en nous, sauf cette capacité de rapports.

Ce en quoi consiste tout entièrement la « réalité » Il s’agit de « rapports », comme le montre la mathématisation (le nombre est un rapport, un est le rapport à soi de quoi que ce soit, et entrant potentiellement en tout calcul). Comme se présentent les signifiants qui rapportent ceci à cela, affectant un signe à une distinction et par quoi les qualités, les traits, les choses, les êtres prennent place dans telle ou telle totalisation (au point qu’une œuvre, esthétique, compte comme signes et opère son propre champ de perception ; sans Mozart personne, jamais, ne perçoit ces différenciations, puisque les différenciations dans le donné là, deviennent et s’imposent comme champs de distinctions, quand bien même lors qu’elles ne sont pas mais seront inventées, créées, esthétiques ou poétiques ou littéraires). 

La création, ou le devenir si l’on est athée, et la continuité de la création tiennent de ceci qu’elles se tissent de rapports ; de rapports en ce qu’ils permettent la continuelle actualisation et si il y a un devenir (et si il y a une réalité, que l’on ne peut supposer ici autrement que devenante, cad réalisant le possible, ontologiquement, ou dont le principe et le réel mêmes sont le Possible comme tel, dimensionnellement ; la dimension, la cinquième, est le Possible qui devient de plus en plus possible et s’alimentant de sa propre capacité, l’énergie étant le moyen d’un devenir qui s’agrandit en tant que devenir possible), si il y a un devenir donc c’est que les rapports s’organisent, se constituent de leur devenir et mémorisent leur réal-isation continuée ; 

la continuité créatrice n’est pas déterminée ; elle se décide et s’instancialise en tant qu’elle se réalise ; elle s’opère du vivant en acte. Aussi ce rapport spécifique qu’est l’arc de conscience, qui est témoin de sa propre constitution, est-il articulé au présent et décide en ce présent non de telle ou telle occurrence, mais de telle intentionnalisation, serait-elle intuitive, puisqu’il se tient comme rapport au début et à la fin potentielle, ici et là, raccourci absolu et formel du temps ; et ce rapport est donc, littéralement et comme jadis énoncé, « la vie même ». Soit, pour nous, l’existence (mais soutenant tout autant qu’il n’est de conscience que d’un corps vivant ; laquelle conscience est un arc, un champ intentionnel qui reprend intégralement et le plus loin possible tout le champ de perception du vivant, qui, en tant que tel, perçoit le donné là en lequel il se meut (le principe du vivant est son autonomie ; il sait et il perçoit, même s’il ne connaît que selon son adn, en propre à chaque espèce). Dès lors que le champ de perception est réabsorbé par un champ intentionnel, de signes, de signifiants, de langages divers et variés, il s'étend ; son extension dépend de son activation, de son activité et l’activité intentionnelle est indéfinie en nombre et infini en structure ; on est “conscience” de quoi que ce soit (inventant dès lors ce qui ne se présente pas de soi dans le donné là ; ce sont les champs de perceptions qu’inventent les sociétés humaines, les civilisations, et pour nous les esthétiques ou éthiques ou politiques, ou humanisation et personnalisations). 

Il n'existe évidemment pas d'ordre de l’ordre ; l’unité de tous les signifiants n’est pas un « signifiant » les contenant tous. l’unité des signifiants est cet arc comme structure, neutre, indifférente si l’on veut, pourvu qu’elle, la structure articulée de conscience, soit tenue et maintenue ; autrement dit liberté et égalité (des libertés, cad du rapport à (soi) qu’est chacun) sont impératives et le sommet, le summum de ce que l’on a pu acquérir (nonobstant ce dont on n’a pas encore idée, ainsi avant le dieu un unique tout-autre, on en ignorait tout, de même avant l’universel, grec, de même avant l’unité individuelle, christique ou cartésienne ; aucun signifiant ne nous distinguait les structures agissantes, depuis lors absolument, formellement, évidentes). 

Dieu est le “grand rapport” à l’image duquel tout le reste (des rapports) est, mais alors le reste des rapports n’est pas à proprement parler, mais existe ; puisque ces rapports sont lancés en tant qu’activités qui se déploient ; ainsi c’est la liberté, cad la référence à ‘soi”, le déploiement de sa propre activité et en tant que cette activité est elle-même non pas déconnectée, mais liée au monde donné là, aux autres choses, autres êtres et qu’elle est tissée (chose, être ou conscience) en tant que synthèse du “là”, du donné là ; ainsi chacun (chose, être ou conscience) est en quelque sorte une “pensée” de ce qui lui incombe ; l’être de l’abeille est cette activité qui a su, qui a pu, qui s’est orienté dans le donné afin de se déployer en toute “intelligence”, ce qu’il faut comprendre “en tant qu’elle l’a perçu”, son adn se réécrivant. 

(On a commencé déjà ailleurs d’expliciter ce que “rapport” veut dire, cad ce qu’il implique dans la réalité même, en tant que réel brut et en tant que, de plus, ontologiquement, il signifie ; à savoir qu’il intègre le principe même de Possible. Sans le possible, il n’existerait pas une telle réalité qui devient, effectivement et réellement, et donc une réalité qui crée son chemin, de son activité même, qui tisse des rapports et comme on va le dire, qui consiste en de tels rapports ; et seul le “rapport” supporte la possibilité du possible, pour ainsi dire ; ou donc l’être, la fixité de l’être est une notion tout à fait abstraite et seconde, d’autant que toujours “l’être” fut toujours le support d’une intense activité, qui se nommait logos ou pensée ou esprit ou ce que l’on voudra, mais qui, déjà, tissait et se tissait d’idées, ou de systèmes, tel Hegel, et n’obtenait la fixité d’une chose morte que du dehors ; pour Platon les Idées vivent, pour les suivants elles paraissent figées, or c’est Platon qui a raison ; les idées permettent de percevoir encore-plus-de-réalités, hors du champ commun du langage de telle communauté)

La perception est déjà toujours l’activité même de se structurer ; ça n’est pas en tant que l’on est et puis ensuite que l’on perçoit ; être est percevoir ; chaque être (ou chose, etc) s’élabore dans l’aperception même (qu’est, alors, la perception). Par ailleurs, c’est ce qui se voit très communément dans et par l’inconscient ; on perçoit beaucoup plus que ce que l'on en pense ; on est déjà dans la perception, déjà dans l'engagement, total, de cette perception (sur la trace de quoi Merleau-Ponty). La perception est-déjà l’engagement radical du champ entier ; il existe une réalité à fin que s’apercevant elle se modifie. 

Nous ne sommes pas, nous ne sommes rien en dehors de l’activité de conscience et cette activité (qui est beaucoup plus que le conscient) s’ouvre comme champ intentionnel, comme champ de perception découpé par les signifiants et entre les signifiants ; cad de l’activité en tant que signifiants. Il y a des signifiants et donc vous n’êtes pas votre corps, puisque vous avez conscience d’avoir un corps ; vous n’êtes pas votre vie puisque vous savez bien que vous vivez. La question cruciale, excessive, absolue et formelle est donc ; quel signifiant se donne et nous donne telle réalité, cette vie vécue ou ce corps, cette idée ou ce « je » ? C’est en cette immense élaboration que tout concourt (le conscient est la part explicite de cet océan indéfiniment étendu, jusqu’à ce chacun pour soi que sont les mois et qui se permettent, depuis leur reconnaissance, de porter chacun ses signifiants à soi, par lesquels il se désigne et donc par lesquels il est entré dans son propre champ et dans son activité). 

Sans cette distance, rien de tout cela n’existerait pour vous et vous ne seriez pas. Mais ce “savoir” est un savoir de désignation et non forcément de connaissance ; le je cartésien se sait parfaitement mais ne se connait pas du tout ; il se-sait, il se désigne, il se signifie ; et son “être” consiste en ce mouvement de se signifier ; l’activité de conscience, en l’occasion l’activité de signifiants, montre le monde, les choses, autrui, soi, etc (la connaissance fait partie, est une partie de cet ensemble de signes, ainsi le christique, qui reprendra la totalité de la pensée, grecque et puis romaine, et puis également testamentaire du reste, offre une étendue bien plus ample que la seule “raison” ou le seul universel ; il ne limite même pas les esthétiques ou les poétiques, (etc), à l’universalité, mais explore quantité d’autres possibles (et d’intellections et de politiques, éthiques, et ainsi de suite) et propose non pas l’universalité mais l’universalisation, ou dit autrement la singularisation par et pour chacun. 

De là que la révolution qui fonde l’humanisation de tous dans l’histoire (après que le christique ait insisté envers autrui et la littérature amené ce royaume ici bas, depuis le moyen âge), la révolution aboutit à l'individualisation (dont le cumul des années soixante du siècle dernier). 

Dit autrement encore ; l:’universalité (de raison) est limitée ; elle ne rend possibles que quelques rapports ; elle n’autorise pas par exemple que le réel soit créé, créé au fur et à mesure , ou alors l’œuvre est l’image de l’ordre, du beau, du vrai, du bien) ; or il est clair que le long des siècles il fallut justement créer le chemin ; l’église, chrétienne, est déjà une création, inattendue, mais qui confisque évidemment (comme tout établissement  humain) l’organisation. Or si l’on suit le christique, il s’agit que chacun soit en mesure de s’élever ; élever son individualité ; croire le contraire c’est imposer encore et toujours une universalité (qui est très bien en elle-même, si l’on veut, mais qui n’assume pas tout le devenir ; cad les siècles qui créèrent l'humanisation et la personnalisation ; seuls les sujets, les arcs de conscience portent, supportent, élèvent, organisent, concrétisent l'ensemble de tous les rapports possibles (qui excèdent la seule raison) ; c’est de toute manière ce que lance le christique ; que chacun soit la mesure d’autrui (et puis de soi-même) ; on sent bien de toute façon que l’humanisation sans la personnalisation n’a pas grand sens. 

Mais cela signifie ceci ; que les champs de perceptions (qui incluent évidemment la perception de soi par soi-même et des autres) se soient indéfiniment étendus. Mass et puis micro médiatisations, qui eurent dû se transformer en mass et micro médiations, par lesquelles chacun s’investissait possiblement en l’autre et l’autre en chacun, obtenant par la représentation une présence sensible, émotionnelle, imaginale, intellectuelle ou intellective. Est-ce un échec généralisé ?

 

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La perfectibilité

25 Mai 2024, 09:25am

Publié par pascal doyelle

Le réel est cet Instant, qui accumule tous les instants, distribués au travers du temps et de l’espace, et cet instant est l’indéfini feuilletage du Possible, qui est, fut, sera
et est toujours en cours d’exister.
Et qui atteint, quelque part, en quelque temps, l’infinie perfectibilité. Point de vue que l’on ne peut actuellement atteindre.
Aussi faut-il constamment se tenir en-haut, le plus haut possible du présent,
et continuellement, ou ponctuellement, c’est effectivement ce que chacun tente. 

Il n’existe qu’un seul réel, celui qui est tout-au-bout, tout-au-bout de toutes les possibilités. Et il se réfléchit, littéralement, dans toutes les possibilités, en toutes les posibilités, et les possibilités en tant que réalisées. Dans l’ensemble de toutes les réalisations. Il existe ainsi une accumulation de son expérimentation. Tout l'ensemble fonctionne comme une mémorisation (les essences, des choses, des êtres, des consciences) sont des activités (que sont les choses, les êtres et les consciences), des activités en tant que réalisées et donc mémorisées ; l’abeille est la mémorisation du devenir de l’adn abeille (qui s’est produite, elle-même, en tant qu’activité dans son propre champ de réalisation).

Si le réel est en tant que rapport, il n’est pas une chose, déterminée, mais mouvement. Et un mouvement crée des rapports, et toute chose, tout être, toute conscience sont donc envoyés en leur mouvement même. 

La lecture (de tout ce qui s’est écrit) est l’introduction, timide, au mouvement qui crée tous les mouvements, étant entendu que le dit mouvement n’est pas encore conclu, il est encore en cours. 

(wiki, au plus simple)
“Le passage explicite la signification du tétragramme par une phrase composée d'un double verbe au futur : « Je serai qui je serai » (ehyeh asher ehyeh). Cette interprétation originale explique ainsi YHWY comme une forme au futur du verbe hyh à la troisième personne du singulier (« il sera ») — bien que quand Dieu prononce lui-même son nom, c'est à la première personne (« je serai ») — opérant clairement un choix herméneutique car, sur le plan grammatical, la forme correcte du futur devrait être YHYH."

Ou si l’on veut bien : je suis celui qui est en cours d’exister (exister comme mouvement toujours en cours). 

Il ne s’agit pas de créer des êtres, déterminés, mais des êtres qui sont des mouvements, des activités, soit des rapports. Aussi ne peut-on pas s’y introduire sans être, soi-même, tenu par notre propre possible (d’où par exemple l’attention, soutenue et impérative, envers autrui dans le crhistianisme ou la propension à exister qu’institue le “je pense, je suis”, qui réalise en chacun déjà l’actualité de (soi), qui sera en vérité l’actualité même en tant qu’exigence et non seulement la convocation de “soi” ; ou dit autrement le “soi” est l’actualité en tant qu’exigée ; il n’est pas de moi, de je, de sujet sans cette tension, l’impératif kantien, le négatif hégélien, le souci  heideggerien, ou cette liberté sartrienne, ou le “ne pas céder sur son désir” de Lacan, etc). L’in-quiétude est l’anxiété, l’angoisse du temps lui-même, en tant que le temps réalise ; il y a un « temps » afin que quelque réel se réal-ise et on ignore jusqu’où puise l’existence. 

Mais alors la « substance » du monde, de la réalité est en vérité non ce qui est, mais la capacité à exister qui sans cesse devient ; ça n’est pas une chose qui devient, mais c’est le possible ou la grandeur, la capacité même du possible qui est en jeu. Le plus grand possible, si l’on veut, certes, mais le plus grand possible tel que le possible lui-même en est capable, susceptible, infusé, désiré, tel, en somme, qu’il est en et par lui-même capable de susciter en son possible ; le possible doit alors creuser en lui-même sa possibilité et en l’occurrence sa propre motivation, son ampleur, son ambition, la portée de son attente, et de susciter cette attente même ; de ne pas faiblir et de ne jamais faiblir et de dénicher l'ensemble des raisons qui puissent porter l'existence, cad tout le possible possible, 

et qui ne peut être dénicher qu’en ce possible même, en cette liberté, en cette activité que sont les choses, les êtres et les consciences, et qui ne peut être porté que de se-savoir étendu en et par de toujours plus grands raports ; à voir si l’on croit en l’être, l’universel, la liberté et la révolution, dieu ou le possible brut (ou ce que l’on voudra, ce que l’on reçoit, ce qui vous échoit ; la poésie par exemple, choisir en tant que le possible se nourrit du possible même, et certes naissent les choses, les êtres, les oeuvres, mais en tant qu’elles créent, de par leur activisme, le possible possible. 

Ce qui est « en cours d’exister » se crée.
Il ne prévoit pas ce qu’il sera, puisque son principe est le possible qui n’a d’autre mesure que sa propre capacité. 
Ou donc crée le possible même de son possible (et du reste à la réflexion comment définir autrement « la réalité » et sa raison d’être ; qu’elle se rende elle-même possible en puisant dans sa capacité, la volonté ou le désir de sa capacité, et quelle autre dignité plus grande que le réel soit plus grand que lui-même). Évidemment, nourrir la capacité du, possible envers sa propre capacité, c’est alimenter la structure, le structurel, le structuré, le réseau de rapports organisés, reliés, et reliant non des choses chosifiées, mais des êtres-en-tant-que-rapports. Et donc fortement reliés. convoquant leur activité au plus concentré, au plus profond ou au plus précis et de plus en plus précis.

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Le réel en cet Instant

19 Mai 2024, 13:47pm

Publié par pascal doyelle

Le réel est cet Instant, qui accumule tous les instants, distribués au travers du temps et de l’espace,
et cet Instant est l’indéfini feuilletage du Possible, qui est, fut, sera

et cependant toujours en cours d’exister.
Et qui atteint, quelque part, en quelque temps, l’infinie perfectibilité. Point de vue que l’on ne peut actuellement atteindre.
Aussi faut-il constamment se tenir en-haut, le plus haut possible du présent,
et continuellement, ou ponctuellement, c’est effectivement ce que chacun tente.

Toute conscience est, en elle-même, infiniment splittée, feuilletée.

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Le moi et le langage

12 Mai 2024, 14:39pm

Publié par pascal doyelle

 

Alors chacun s’est vu formulé en tant que “moi”. C’est la plus grande adjuration qui soit. Et la plus grande abjuration. On est sommé d’être soi-même. Mais ce faisant, on nous impose de n’être plus le sujet. 

Le sujet est la forme absolue, cad formelle, vide mais structurelle, de notre être, qui n’est pas un être mais un rapport et qui évidemment n’a pas rapport à soi (à sa propre forme) mais “à plus grand que lui-même” ; de là qu’il soit impérativement articulé à dieu, l’universel et la pensée, le sujet, christique et cartésien, et au réel ; sans ces horizons pas de champ intentionnel qui tienne (ou donc sans ces horizons un champ intentionnel qui s’effondre, qui tombe, dans les immédiatetés , les facilités, le peu d’ampleur, ce qui est catastrophique non seulement parce que les uns et les autres ne savent plus, ne pensent plus, ne décident plus les uns pour les autres (leurs rapports sont amoindris) mais également et d’abord pour eux-mêmes, chacun, un par un ; c’est ce qui menace et engorge le moi, il croit qu’il est, et il joue du regard des autres, et limité à sa plus abstraite manifestation, les mass et puis micro médias (internet évidemment, qui amène le regard extérieur jusqu’au dedans, retournant le dedans comme un gant). 

Ceci dit c’est ce qui eut lieu, cette extériorité, depuis le début de l’humanité et c’est un centrifuge centripète qui est inscrit dans le langage même ; on parle comme on s’entend et on s’entend dans l'oreille de l’autre (sinon on ne peut plus articuler en relative cohérence ce que l’on dit ; c’est en se mettant à la place de l’autre que l’on parle significativement, et c’est pour cela que le psychanalyste écoute, parce que l’analysant s'entend de ce point là qu’il ne connaît pas et ainsi cet analysant “ne sait pas ce qu’il dit”, tout en le sachant d’une certaine manière et même d’une manière encore plus certaine, puisque ces mots lui échappent ; le conscient croit savoir, et donc interfère et cadre le “sujet inconscient” ; évidemment il croit savoir « à propos de soi », une identité est toujours un faux semblant, et de toute manière, le face à face avec la jouissance, la terrible jouissance qui est inexprimable, invivable, n’ayant jamais existé, et hallucinatoire, ce face à face serait la destruction de tout le champ (et donc est de fait l’Angoisse même). 

Ce regard extérieur est dans le langage même puisqu’il est l’autre (et que sans cet autre on dit n’importe quoi dans l’incohérence, musique l’on ne s'entend pas dans cette oreille). Et donc dieu, la pensée et l’universel (ou la communauté grecque ou l’État romain), le sujet christique et cartésien (et citoyen), le réel et la réalisation, forcément objective, dans le monde, parmi les autres, dans la manifestation généralisée de toutes les intentionnalités, qui se crée depuis 200 ans (entreprise, professionnalisation, technologies, industries de la personnalisation, y compris médiatique, etc). 

Chacun est ainsi amené au travers du moi dans l’élaboration du réel ; le moi désirerait en rester à son image de soi (sorte de super héros irréel égocentrique, qui s'identifie du reste à la « communauté », à l’empire qu’il défend, paranoïaque jusqu’au bout, contre de constantes agressions de la part de l’autre « autre »). Mais en même temps il est poursuivi par la réalisation ; la réalisation le force à se … réaliser. À tirer de lui-même tout ce qu’il peut. Et vient ainsi à son principe de « que peut-il ? » avec toutes sortes de variations, et souvent hyper idéalisées, ce qui n’arrange pas du tout l'organisation psychique, puisque la caresse dans le sens du poil, ou pour Lacan, qui tentent à renforcer le moi et ainsi durcir ses résistances et réactions diverses et variées (ce qui se tient “en réaction” se perd grosso modo et n’affirme rien, en croyant défendre ou imposer ceci ou cela, ses “valeurs” ou ses idéaux). 

La jouissance, soit le pli du corps qui ancre le champ intentionnel des signifiants et qui torture le dit corps vivant (qui n’y comprend rien, dont ça n’est pas du tout la logique qu’il soit divisé et cesse d’être au centre, percevant, et qu’il devienne du dehors, perçu de l’extérieur et donc paranoïaquement en danger constant, continuel), la jouissance donc, cette ancre, est l’origine du moi (vers laquelle il ne peut jamais remonter et qui est tenue du signifiant sans qu’il y ait de signifié, sinon ce-crops réel qui de fait ne peut pas être posé comme signifié, puisqu’un signifié dans le langage tient de sa parité d’avec les autres signifiants ; signifiant-signifié / signifiants (qui expliitent ou qui redisent le signifié sous d’autres termes, de là qu’il y ait également métaphores et métonymies, etc) ; or le-corps est le signifié non incluable (dans d’autres signifiants), le-corps (donné-là), est. Remarquons qu’il est en lui-même non pas une “chose” mais un ensemble en mouvement, un mouvement de mouvements, et puis un langage d’adn et puis des molécules qui se meuvent, et puis des particules qui bougent (etc, en bref tout se meut, puisque tout est rapports et tout est rapports parce que le Possible est le principe du réel). 

Dès le langage le moi est déjà du côté de l’autre (et de l’Autre dira lacan). le langage étant possible du seul fait de structure que conscience il y a (et non pas que le langage soit en capacité de créer une “activité de conscience”, on ne voit pas comment du reste ; il faut instamment supposé que l’arc de conscience est un fait, naturel ou surnaturel ou divin ou structurel, comme on veut, mais un fait absolu, formel, et on en a vu la raison; c’est que si le possible est le principe du réel, alors il est rapoprts et la structure “sujet” est ce que l’on connait de plus exactement adéquat au possible ; puisque le sujet, qui se signifie comme rapport (et donc ouvre tous les raports possibles par substitution du rapport même dans tous les signifiants), ce sujet existe avant d’exister ou recommence d’existence après toute détermination ; il re-vient, intact et neutre).

 

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