L’avenir du réel
Et d’un autre point de vue ; l'actualisation de et par l’arc de conscience est conséquemment l’infinitisation du donné, du monde donné, là, comme détermination ; de même que la pensée, les idées, l’universalisation portent au plus loin la détermination (dans toutes ses universalisations possibles, tout comme les mathématiques, se développant à part de tout le reste, s’avèrent bien plus grandes, que le monde donné). L’universel ne se révèle que via l’arc de conscience, qui, étant rapport (et même le rapport des rapports), est déjà en lui-même universalisation ; l’universalité incarnée et donc dans ce corps si distinct, distinct en et par son fait (et non en quelques déterminations, quelconques), corps qui est couvert de signes, qui est même l’autre-surface du (même) corps (vivant, et cette soif existant).
Extrême difficulté de continuer d’exister pour ce corps vivant et d’assumer l’infinie possibilité qu’ouvre cet arc, qui brise le vivant en deux de haut en bas sans reste (sauf ce reste qu’est l’inconscient) et impose en tant que rapport de tous rapports qu’aucun ne puisse venir à bout de cet impossible qu’est l’indétermination de la “conscience” ; puisque ceci, cet arc de conscience, qui a rapport à soi comme rapport, et en tant que lui-même, que ce soit mana, brahma, dieu monothéiste ou sujet, ce rapport donc existe formellement ; “conscience” ne peut pas être donné sans que tous les rapports potentiels soient virtuellement supposés ; de même que dieu ne peut pas nous créer faussement “à son image”, si il se donne, il donne toute la possibilité (lors même qu’il faudra toute l’humanité pour commencer de l’énoncer) ; conscience existe donc en tant que formule, vide, du possible, ce qui veut dire du possible rapport, de tout rapport possible, incluant et admettant tout aussi bien les erreurs et les folies, mais dont la sûreté se produit de la cohérence (l’inconscient même est structuré, “comme un langage”) ;
et la cohérence est la base même de ce qui ex-siste (rien n’existe ou ne continue d’exister sans cohérence, interne, de chaque chose ou être, ou externe entrant en liaison de et dans son donné, auquel toute chose ou tout être se supporte) ; aussi l’arc de conscience outrepasse absolument sa déclinaison subjective ou objective (l’objectivité et la subjectivité, cette distinction viendra après et secondement) ; c’est structurellement (en-deçà et au-delà du subjectif/objectif) qu’il faut supposer l’intentionnel, le champ intentionnel, puisque tout ce qui existe est relié ; non pas lié dans une immédiateté mais re-lié en tant que toute chose tout être sont chacun des rapports, des activités, des mouvements (jusqu’à la vie qui se meut de par soi et la conscience qui se meut dans le mouvement du vivant).
Ce qui se révèle c’est que esthétiques, éthiques, politiques, littératures, humanisations et personnalisations ne sont pas de simples déterminations, qui confortent dans la nécessité ou des décorations et fioritures de la vie humaine, mais soit des continuités de la réalité telles que ces continuités avancent bien plus loin que le monde ou des créations bien plus étendues et plus rigoureuses que le monde donné là, plus profondes que le vécu d’un vivant, plus essentielles que l’humanisation réaliste ou naturaliste ; les diverses perspectives ce sont celles qui sont tirées de la réalité donnée ou de la vie vécue ou de la perception ou de ce maelstrom qu’ouvre dans la réalité un arc de conscience qui met à jour la totalité des rapports mais qui, de plus, créent l'ensemble des rapports que son intrusion dans la réalité investiguent.
Ainsi la pensée, dieu, le sujet christique ou cartésien, l'humanisation et la personnalisation rendent accessibles l'ensemble des structures qui agissent, oui, mais aussi qui agitent la capacité d’exister ; l’exister est bien plus grand lorsqu’il est pensé, lorsqu’il est esthétisé, politisé, et y compris mathématisé, rationalisé ; il y est alors déjà question de re-Création.
Si il existe une réalité c’est afin qu’y devienne quelque réel inattendu, non prévu et non prévisible, et qui soit, littéralement, plus grand ; lorsque le christique suppose et introduit dans notre compréhension, qu’il s’agit de re-Créé la réalité, le monde, le donné, le vécu, le relationnel et le corps (de chacun) c’est littéralement ; la re-perception de tout ce qui est, en tant que cette structure de conscience, cette structure de rapports (qui est elle-même un rapport, et même le rapport en lui-même, soit donc le sujet qui est “cela, celui qui se rapporte à soi en tant que rapport” et permet de se rendre substituable en et par tous les rapports, quels qu’ils soient)
cette structure de rapports donc tire, du donné, de la manifestation déterminée, l'ensemble de tous les rapports accessibles possibles, tels qu’ils sont matérialisés en tant que monde et activisme(s) de ce monde, matérialisés mais non pas exprimés, et des rapports accessibles possibles tels qu’ils peuvent être créés en et par notre agissement, l'ensemble des agissements, des rapports possibles en cette humanisation et en tant que les rapports vrais et réels ce sont ceux qui respectent, cad impliquent, admettent, intègrent chacun des rapports en tant que rapports ; ou donc qui admettent, intègrent les rapports tels qu’ils sont explicitement exprimés et positionnés ;
ainsi que le monde soit pensable (pour la pensée), que l’autre conscience soit un je (un rapport intègre), que la société humaine soit admise par elle-même (et non pas donnée par une sacralité ou naturaliste ou réaliste), que la perception puisse être réorganisée en une esthétique (qui manifeste une logique de forme, de couleur, de rythme, etc, chaque esthétique non seulement inventant son apparition mais créant son registre de manifestation, sa logique, son logos perceptif ; la vision de Picasso n’apparait que dans et par ses œuvres, mais elle ex-siste de ce fait même).
de même que l’univers, soit donc la totalité (probablement infinie), expérimente l'ensemble de tous les rapports possibles (de tous les rapports suffisamment entrés en cohérence, et donc la réalité est déjà en elle-même déterminations, distinctions, sinon rien n’existerait), et dans cette réalité des unités, cad des rapports à soi comme rapport, rendent possible le possible du possible ; par ex en respectant autrui comme étant à lui-même un rapport, en lequel on ne doit pas et ne peut pas interférer (c’est ce rapport, chacun, qui interfère avec lui-même, qui trouve la “voie” comme on sait, ce à quoi servent dieu, la pensée, le sujet, christique et cartésien, mais aussi la littérature, esthétique, et ainsi de suite ; marquer, repérer les voies possibles du possible, et non pas copier coller un “ordre” suspendu on ne sait où, le bien, le beau, le vrai sont créés, et cela ne leur enlève pas leur valeur ; au contraire, cela montre, littéralement, les extensions possibles du monde et même les perspectives possibles de mondes) ; ainsi le christique indique tout de suite et impérativement autrui, l’autre être humain, mais en passant par lui ; parce que sans la verticalité de la transmission avec le christique on ne peut pas aborder ou commencer d’aborder correctement autrui ; comme dira la psychanalyse ou Sartre, autrui risque fort de nous enferrer en et par une erreur, une illusion, une hallucination, voire une perversion, et lorsque l’arc de conscience ne s’est pas médié lui-même par lui-même, exclusivement en tant que rivalité, à mort).
L’arc de conscience s’emploie à créer les tangentes qui parcourent le monde donné, au profit, vers et pour le monde possible, ce qu’il faut entendre comme “le monde qui réalise(ra) tout le possible” et qui deviendra ce monde absolu encore empli de possibles, puisque si le réel est le possible alors le possible ne cesse jamais ; il se relance, au point inimaginable pour le moment). Pris dans son ensemble le réel est cela qui cherche le devenir dans le devenir, non pas la redondance, mais la nouveauté, ou donc le renouvellement, ou encore le toujours Commencent.
Vision ; dieu est parfait, aussi réclame-t-il une création qui lui montre ce que le possible, cad ce que nous nommons le réel, recèle ; ce qui n’est accessible que si les choses et les êtres sont des activités, qui se rendent possibles, et permettent d’accéder à un réel qui n’est accessible que par leur activisme, que par l’actualité d’un présent livré à lui-même, et qui travaille toujours déjà dans la grande cohérence, puisque tout est activité, cad rapports, et que “rapport” suppose non seulement qu’il s’active (sinon le rapport n’est pas et le devenir n’est pas, et la réalité n’existe pas) mais suppose que tout rapport est distinction, distinction et donc détermination (tout ce qui est, est déterminé), mais encore en plus qui est liaison (il n’est pas de détermination sans sa cohérence, sans porter sa cohérence, ou plutôt la détermination non cohérente apparait et puis disparait, comme la soupe des énergies dans le "vide", et puis s’efface, ne peut pas être mémorisé, rappelons que les choses sont des mémorisations, organisées, de leur devenir, de leurs mouvements, pareillement ; on ne retient, en esprit pour ainsi dire, que l’organisé).
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