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instants philosophie

Subjectivité, objectivité et structurel

13 Janvier 2025, 11:17am

Publié par pascal doyelle

La problématique n’est pas de croire ou ne pas croire à ceci ou cela, mais d’élaborer une ou des hypothèses qui rendent compte effectivement de la plus grande extension possible des faits ; et même plus de montrer d’une part et d'expérimenter d’autre part que telle hypothèse est applicable ou et surtout que telle hypothèse crée des réalisations et crée des possibles nouveaux. La pensée, grecque, crée des intentionnalisations, et ce de plus en plus nombreuses et diversement applicables (qui permettent de décrire la réalité ou le monde, et à tout le moins qui autorise de percevoir le monde, le donné indépendamment de tel ou tel groupe-langage-communauté, ce qui s’est réalisé en tant qu’antiquité méditerranéenne ; de même le christique, on ne sait pas si il s’agissait de dieu ou non (cela regarde chacun), mais que le christique a rendu possible, pour chacun, un accès promis à une entière historicité durant, au moins, 20 siècles ; en ceci que ce-corps (dit “christ”) est le corps de chacun, et ce via autrui, le prochain, etc (ce qui ne se signifiait nulle part, de toute l’antiquité, qui hiérarchisait, par ex, strictement les êtres). De sorte que l’on parvient à la formule ; les grecs montrent le monde (sous les mondes et les communautés humaines diverses) et le christique expose l'individualité, telle quelle et connue de “dieu” ou peu importe. 

En somme il n’est pas seulement une objectivité dite rationaliste ou scientifique, mais une hyper objectivité qui touche au structurel meme ; il y a science (du monde) ou liberté (politique par ex, ou éthique ou esthétique, etc) parce qu’il y a “activité de conscience’ qui au lieu de recevoir tel monde humain traditionnel et communautaire, met en évidence “que l’on produit” soi-même du signifiant (ce qui était impossible en quelque monde humain strict) ; donc la pensée ou l’individualité s’imposent comme établissement de raports tout à fait décidés et tout à fait créés indépendamment (relevant de leur propre expérience ou de leur propre “proto-expérience”) ; ce qui s’est réalisé, rendu réel tout au long du temps et, enfin, partout. 

Rappelons le principe interne du structurel ; rien, aucun groupe, aucune communauté, aucune théorie ou connaissance n’est supérieure au rapport qu’est chacun, chaqu’un, et n’est vrai, véritable et absolument parlant que le rapport à soi ; et ceic (et c’est tout l’objet, depuis, de la philosophie, par ex) non pas en tant que ce “sujet” serait “subjectif” mais en tant que ce sujet c’est celui-là qui peut porter, supporter, s’avancer, admettre et intégrer en lui-même tous les autres rapports, dénommés comme tel ; que l’on sache les mathématiques sont pensés par un sujet ; elles ne se pensent pas toutes seules ; donc le sujet c’est la structure qui est capable, à tout le moins, de les mettre en oeuvre et même peut-être plus exactement de les créer ; de les créer au sens où ce qui se crée ce sont ces rapports là, que sont les mathématiques, de même que la logique ou de même que les concepts, et leur universalité ou universalisation. 

Dit autrement il existe une dimension, en elle-même, qui atteint et étend constamment sa capacité ; elle se prouve, tout à fait essentiellement, de ce que autrui ou donc soi-même, sont admis et considérés comme absolument le tel rapport qu’ils sont, que l’on est soi-même ; c’est l’accès au rapport que l’on est, l’étendue et l'extension de ce rapport à chacun, la capacité de se tenir et de s'organiser en tant que non pas vérité supérieure ou révélée (de quelque sorte que ce soit) mais en et par chacun (ce qui, soit dit en passant, est la seule véritable organisation, non extérieure mais interne à tous et chacun, par non seulement conviction intérieure mais réalisation externe de tous, telle, cette conviction, qu’elle, cette organisation, se déploient historiquement, dans une expérience historique de mise en forme). toute vérité (ou révélation ou communauté ou science ou système ou donc relation, dite humaine, etc) qui s’imposerait aux sujets, est immédiatement erronée ; sous-entendu, il est parié que chacun est, sera, pourrait être en mesur d’assurer toute pensée, toute expérience, tout savoir, toute organisation et que donc le sujet est le rapport (initial) de tous les raports. 

ce qui se définit comme degré civilisationnel (et qui s'avance jusqu’à la considération d’autrui par chacun mais également de soi par soi-même ; il n’est pas qu’une moralité externe de l’un à l’autre, mais une éthique de soi à soi ; le je, pour exister, doit entrer lui-même dans son propre champ, d’intention ou de considération, il doit se-dire “je” ; de même que le cogito n’est pas une “connaissance”, mais un se-savori, tout à fait formel et qui s’impose comme un fait, et un fait que chacun peut ou doit considérer comme tel (de même que Spinoza tente de déplier le se-savoir cartésien, en pensée qui-a-effet(s) et non plus comme seulement contemplation théologie de “la pensée de dieu”). 

Ce rapport qui se signifie (et que lui seul peut comprendre, saisir, intuitionner ; une pensée ne comprend pas qu’elle pense, c’est le sujet qui pense qui sait qu’il pense ; le savoir absolu, serait-il hégélien, ne peut pas “se-savori” et donc ne pourrait pas se déployer puisqu’il est élaboration de raports, par cet être qui est lui-même, le rapport tel quel ; le rapport sujet peut tisser des rapports, les rapports ne peuvent pas engendrer un sujet ; ce qui veut dire non pas que ces raports, objectifs par ex, seraient moins objectifs de qu’il se tiennent de et par un sujet, mais qui veut dire que le sujet, ce rapport, absolument formel, est plus objectif que les objectivités. 

de même qu’il existe des “langages” parce que l’arc de conscience est un rapport formel, et qui en tant que tel permet que les signifiants soient substituables entre eux, qu’il existe un jeu des signifiants, que ces signifiants soient eux-mêmes rapportés à tel horizon (tel domaine) ou à l’horizon donné là (celui du monde donné là) ; c’est ainsi l’arc de conscience, qui est une structure effectivement et activement réelle, qui porte toute subjectivité et toute objectivité et sa propre élaboration structurelle (elle doit entrer dans son propre champ non seulement pour se prouver, s'expérimenter, mais aussi pour créer son possible ; la domination universelle de production de signifiants ne s’est pas limitée à la raison, mais s’est étendue aux esthétiques, aux éthiques et politiques, aux littératures et poétiques, aux relations humaines et aux raports à soi ; et à toute organisation ou proto organisation (qui n’existaient auparavant, sinon en tant que rituels et communautés déterminées).

 

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Les deux idéaux

6 Janvier 2025, 11:33am

Publié par pascal doyelle

Le moi et le je
Déplier le rapport

On sait donc, depuis Lacan, que l’on n’est pas naturellement et spontanément “soi”, mais qu’il n’existe un “soi” que d’être coupé, et découpé ensuite, du signifiant. De sorte que le corps est l’unité perdue qui ne reviendra pas, mais remplacé, ce corps, par l’autre surface du corps, constitué de et par les signifiants ; ce qui veut dire par les intentionnalisations (puisque pas de langage sans l’arc de conscience ; en aucun cas le signifiant produit la conscience, laquelle est une structure irréductible, qui ne peut pas être réduite par quelque concept ou réalité que ce soit ; évidemment elle se produit d’une cervelle, mais étant un rapport ce rapport se tient de lui-même).  

et ce au point que le vrai “je” lacanien est le sujet inconscient, celui qui ne peut pas aboutir à l’expression puisque lié, relié à la coupure initiale, qui crée un champ (et là on sort de Lacan) intentionnel, lequel est entièrement créé de signes manifestes, et bien que l’on ne puisse pas non plus, dans ce champ créé par la coupure signifiante, échantillonner tous les horizons qui composent, impliquent, supposent, se déduisent ou est déduit, de beaucoup d’autres horizons à chaque fois. Un signifiant lance des séries de signifiants et d'horizons différents ; une grand œuvre par exemple, Rimbaud, est non épuisable ; elle met en jeu le plus grand nombre de significations, de signes, de perceptions, d'affect ou d’émotions (affects et émotions étant eux aussi rendus possibles par le champ intentionnel, cad la coupure dans le corps, de haut en bas du corps, qui assassine ce corps en tant que vivant et le rétablissent, si tout va à peu près bien, comme champ intentionnel qui ne tient lui-même que par ses altérités, les objets de désirs, les adressages à autrui, le point d’ancrage de l’Autre, le langage explicitement et implicitement ; bref un point-autre qui permet de tenir comme horizon de tous les horizons, et rend possible cette pluralité, sauf de quoi il y a coinçage névrotique ou psychose et impossibilité de quelque “objectalité” admissible, intégrée). 

On a vu, et admis ici, que le signifiant est un fait mais qui ne peut pas tenir tout seul et par magie, mais qu’il présuppose un sujet, au sens universel, qui est devenu un je, et comme tel originellement un rapport. Si on existe comme rapport on n‘est ni ceci ni cela, mais se maintient lui-même comme tel ; il existe toujours un petit signifiant (et donc un petit bout de signifiant, puisque le signifiant étant un rapport il n’est tout entier là, il en manque toujours, et c’est ce manqué qui est le signe du je, et comme n’étant pas “là”, c’est lui qui compte, puisqu’il ne sera jamais relativisé par le monde).

Rappelons, à l'horizon de tout cela, que l’universel, l'universalisation n’est pas, n’est plus la finalité. La pensée n’est plus la finalité ; la finalité a commencé d’affecter le sujet lui-même (puisque le sujet est entré en tant que signe dans la représentation, Montaigne par ex, et la philosophie, Descartes pour le je et Pascal pour le moi, au même moment, quasiment). Que le sujet entre dans le champ intentionnel (étant nommé, signifié), veut dire que ce qui est pensé modifie le dit sujet ; et ce jusqu’à évidemment Sartre et Lacan (et toute l’acculturation générale depuis 2 ou 3 ou 4 siècles, ça ne se fait pas en une fois et pas sans problématiques de toutes les sortes possibles). 

SI la pensée est remplacée, c’est par la création ; la finalité est la création, la création remplace l’universel ; puisque la création, si elle demeure, dure dans le temps, elle est, telle quelle, universalisée et universalisante ; l’universel est le moyen de la continuité du Créé. 

Et non seulement le je et puis le moi sont entrés dans le champ de la représentation, mais esthétiques, politiques ou éthiques ou littératures permettent d’ouvrir l’attention à tout l'ensemble des mondes qui deviennent et apprennent à devenir en et par le rapport qu’ils sont, ces sujets et ces mois ; et ils sont créés. Ils n’existaient pas auparavant, en aucun lieu, aucun temps.

Ce qui est pensé modifie le sujet, ce qui veut dire son positionnement à la surface du réel, étant entendu que le réel est la surface, mouvementé, puisqu'en devenir (et en devenir puisqu’en instance de création continuée, autrement dit en tant que les choses et les êtres, et les consciences, étant des rapports, se créent de leur activité même), et que cette surface qui se meut tisse le devenir, et modifie le moi, et auparavant les humanisations diverses, non encore universellement déclarées (mais déjà universalisantes puisque le langage est déjà originellement universalisant, tissé de signes, qui sont des rapports, qui réfléchissent collectivement, ce qui est très long et très rigoureux, mais sans l'apport individuel, par qui entre le monde donné là (l’être), le vécu, relationnel, le sujet et son corps et ses désirs et ses imaginaires, le sujet individuel sans lequel le monde est seulement humanisation immédiate).

Mais ça n’est seulement la pensée qui modifie le sujet, et la surface de son corps, mais toute entreprise signifiante. 

comme on le voit bien par la psychanalyse (ou les psychologies), lors même que psychanalytiquement le moi ne sait pas ce qui lui arrive lorsqu’il “va mieux” ; de s'exprimer neutralise soudain son coinçage. 

Et donc ainsi se déplie le rapport. De ce qu’il entre dans son propre champ, en s’exprimant, en se signifiant, l’intention de dieu, les intentionnalités intellectives, les idées, autrui et le vécu relationnel, chacun et sa propre mort, christique, le sujet et le moi, cartésien et pascalien.  la vocation du réel, soit donc le Créé, offre toute l’ampleur de l’universel, non en tant qu’horizontalité abstraite, mais rapport-sujet qui tisse l’ensemble de tous les liens possibles. 

L’arc de conscience s'intègre immédiatement dans le corps vivant ; la question se pose de la destination du corps, si il était promis à la nouvelle surface signifiante, qui le réarrange et agrandit le corps, qui n’est plus seulement vivant, mais beaucoup plus étendu ; de sorte que de le dénommer, de le désigner nous n’en connaissons pas la formulation ; ce corps se situe de l’autre versant du réel, ce qui veut dire dans l’essence, la substance, la structure même du réel ; le futur possible ; non pas le possible futur, mais l'ensemble de tout le possible qui sera futur ; puisque l’essence du réel est “le Possible même”. et que ce possible se situe très exactement à la limite de toute oeuvre ; à la limite de Rimbaud, à la limite de la révolution française, à la limite des mathématiques (et sont exigés la poésie, la politique, les maths, ou quelque domaine infiniment d’activité touchant à la capacité d’exister) et à la limite de ce moi, de son extension capable  ; laquelle limite recule au fur et à mesure de son usage, au fur et à mesure de sa réalisation ; ou donc, on avance sans cesse, on recule la limite vers le Possible tel qu’en son essence, en sa structure, il attend tout au bout de l’exister (espace et temps compris, et corps compris donc ; corps compris), il attend tout au bout de l’exister, lequel s’étend au fur et à mesure de ce que l’on crée. 

Le rapport se déploie dans le corps afin que les limites s’imposent en tant qu’essence du réel et ce sont ces signifiants, ce qui veut dire ces intentionnalités, qui créent la possibilité du corps futur, du corps possible ; c’est l’essence même du réel qui en jeu. 

Le moi attend une complétude de la réalisation de ses désirs. Laquelle se révélera toujours tout à fait partielle (sinon illusoire), puisque s’y imagine une densité ontologique, sous-entendu magique, qui s’y logerait et envahirait le moi d’une plénitude. 

par ce mouvement le moi est le jouet du corps, du corps vivant.

le moi. le moi se perd dans des attachements de substitution ; rappelons que le moi est un être dynamique, sans une essence stabilisée et qui n’est pas même inscrite dans une représentation, mais dans une tension d’affect, de sentiment de soi, d’image de soi-même et d’autrui, de relationnel et de flux, et plus loin d’une coupure inconsciente, qui sépare le corps, vivant, du corps représenté, le corps de signes en tant que ces signes sont affectés, affecté par des étayages, des constructions émotionnelles ou, et pulsionnelles. étant un mouvement il ne tient que par le, les désirs ; soit donc par les objets, ou les signes. et donc le moi dévore le monde, sous la forme des objets, qui viennent à lui et agissent comme des signes. l'ensemble de la construction sociétale est devenu un ensemble d’objets qui se tiennent comme des signes ; on est loin de la survie et des nécessités et des besoins (sur quoi tablait le communisme, non sur le désir, libéral et individuel, mais sur les besoins, universalisés).

or donc le moi se supporte très peu ; il doit se fuir continuellement dans ses objets de désir, afin de maintenir le flux dynamique de son champ intentionnel, par lequel il parvient à tenir à distance la jouissance, la terrible jouissance ; les plaisirs écartent du champ la jouissance hallucinatoire (dont on ne peut pas se séparer réellement, qui doit toujours courir sous toutes les représentations, puisque la jouissance hallucinatoire signe la coupure qui sépare ce corps vivant en deux et donc on ne retient que l'apparaître abstrait, l'apparaître signifiant ; on ne peut plus accéder au corps vivant lui-même, qui est devenu juste un regret perdu, mais en lequel et par lequel seul on mobilise l’énergie du corps ; supprimer la jouissance regretté hallucinatoire ce serait supprimer toute intention possible ; ce qui menace lors de la dépression, comme son nom l’indique, la non-intention ; l’angoisse est elle-même non la peur de ceci ou cela mais l’absence de désir ; remonte alors la coupure terrifiante et l’abîme du séparé, qui ne laisse plus rien apparaître, plus aucun champ intentionnel de signes qui signifient des objets de désir. l’angoisse signe le manque du manque ; que le champ intentionnel ne peut plus se soumettre en un objet désirable, et que se révèle le non-manque ; l’absence de manque indique pourtant, au-devant du regard, la structure nue et sans rien, en proie au vide du rapport, alors même qu’il ne peut interpréter cet abîme, n’y reconnaît pas ou plus du tout, dieu, l’être ou le un, le sujet ou quelque réel que ce soit. 

Le corps vivant cherche donc dans les désirs de réunifier le vivant qu’il est ; la jouissance est comme le rêve perdu de son unité ; celle qui ne doute pas d’elle-même, ni de quoi que ce soit, puisque la formation, l’expression, le champ intentionnel de signes ne s’est pas imposé. au lieu de travailler et élaborer le vide, en tant que rapport, le moi poursuit une satisfaction imaginée probablement par l'incomplétude absolue, décisive, irréversible du corps ; le corps brisé par le signifiant, dit-on, mais ici par l’arc de conscience (sans lequel de signifiant il n’existerait pas). 

On obtient ainsi deux idéaux ; d’abord l’union désirée, l’unité attendue, la réconciliation espérée ou la complétude ; nourri par l’hallucination de satisfaction (de la “jouissance”) qui est celle du corps vivant, séparé de sa propre vie ; réconciliation qui n'arrivera jamais et auquel cas la séparation serait annulée et donc le “je” disparaîtrait lui-même  ; 

et d’autre part le mouvement, en tant que le mouvement est tel quel  celui de la structure. Supposément ici tout aussi bien de la structure du réel. l’idéal ontologique (ou hontologique, pour Lacan) c’est celui qui nous fait croire que l’on va acquérir une perfection et une pleine satisfaction. l'idéal structurel c’est celui qui avance une impossible position ; dieu, l’être, le sujet, le réel. Impossible position, ou donc vide et abstraite pour la pensée, lorsque celle-ci demeure le dernier horizon admissible, mais qui met en jeu le rapport ; le rapport est ce par quoi tout paraît mais qui n'apparaît lui-même et ne peut être saisi que par et dans un arc de conscience ; lui seul comprend ce que le rapport signifie ; tout le reste est déterminé, et donc tout le reste est effets de rapports. Le rapport c’est encore plus ce qui se présente (dans le présent de son acquisition) dans l’inquiétude de dieu, l’ampleur de l’universel, la flèche du sujet, la puissance du réel, se situant constamment sur le Bord (du monde, de tout ce qui est, du corps, et de toute l’historicité, cad du temps ; par quoi le temps se révèle, à savoir qu’il vient d’en avant, de ce qui fut, est, sera possible, puisque le possible est le rapport sujet). 

Séparation donc qui s'impose comme la logique même de toute réalité ; puisque la réalité suppose des choses et des êtres distincts, et s'opère par la distinction même ; la distinction veut dire le rapport. Ainsi l’unité perdue du corps vivant est seulement une imagination, tout à fait immédiate, et cela signifie donc que notre être réel est ce mouvement, autre, distinct absolument ; distinct absolument ce qui veut dire formellement, instituant ici même la forme, vide, sans rien, indéterminée, du rapport comme tel ; le je est “un”, en aucun cas “un” substantiel, ce qui supprimerait son mouvement, et ainsi le mouvement est la forme même du réel. Indépassable.

Tout ce qui serait tenu comme “super réel” (dieu, l’universelle pensée, le sujet, le réel comme dimension) s’avoue donc en tant que formidable mouvement ; l’Existant. Et le devenir s’instituerait comme relance continuelle du mouvement, ou donc non pas la perfection (fixe et figée) mais la perfectibilité ; l’ampleur du devenir (puisque le devenir est la substance même, son origine (la réalité existe puisque le possible est le principe même qu’il y ait une réalité), son moyen (espace temps ou historicité), et sa finalité (le plus grand réel possible, le mouvement le plus distinct, agissant comme distinctivité).

 

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L'arc bouté

24 Décembre 2024, 13:50pm

Publié par pascal doyelle

Toute la littérature pour que chacun développe l’humanisation (universelle) et la personnalisation (individuelle). Toutes les esthétiques afin que chacun élabore sa perception. Toutes les politiques de sorte que l’on puisse en redistribuer  l’organisation, en connaissance de cause. Tous les systèmes philosophiques afin que soit marqué, repéré, et actualisé le point de rapport lui-même (la pensée universelle, la théologie rationnelle, le sujet tout entier déployé, le lieu-même de l’arc d’activité).

Ou les mass et puis micro médias afin que chacun connaisse ou à tout le moins reconnaisse chacun, individuellement, par un nombre conséquent de signes qui sont des objets…. 

Soit donc leurs utilités respectives.

Dieu, la pensée, le sujet, christique et puis cartésien, le réel et la révolution (qui donne à voir la société humaine à elle-même et à chacun) et la réalisation, la concrétisation de toutes les intentionnalisations possibles en ce monde, introduisent donc le champ intentionnel dans le champ intentionnel lui-même et lui permettent de, en tant que tel, devenir. 

Aboutissant à l’évidence dite existentielle ; le réel existe (du début du 20éme). 

Puisque tout a été exprimé, manifesté, et qu’il n'existe plus comme possibilité qu’une conversion interne en chaque moi de son je. Autant dire qu’on en est loin. Puisque tous les mois sont engagés, mais engagés dans la prison de leur image dans le miroir, or c’est du miroir dont il est question ; 

miroir qui jusqu’alors, au travers des élaborations structurelles, dieu, l’être, le un, le sujet, le réel, ouvraient la capacité, permettaient d’exister, et tout en n’étant pas limité en l’être, et d’élaborer de la détermination sans s’y prendre les pieds, s’y engluer, s’y attacher et s’y enfermer, en maintenant le un, la structure, l’arc (dieu, pensée, sujet ou réel) par dessus les réalisations, distance interne à l’arc de conscience qui seule, cette distance, permet d’élever la détermination, qui sans cela s’effondre dans une de ces, innombrables, itérations, dérivant en immédiatetés, lesquelles appartiennent au monde et périssent, disparaissent, se dissolvent (tandis que les arcs structurels tiennent la hauteur).

L’enjeu se révélant en tant qu’élévation ; il faut admettre dieu ou la pensée ou l’universel ou le sujet ou le réel pour maintenir l’énonciation, la perception, l’intention ou l’intentionnalité en général en son degré ; ce qui équivaut tout aussi bien au degré civilisationnel. 

Imagine-t-on un degré civilisationnel sans l’intégration individuelle suffisante ? 

Non.

Mais quelle est la mesure de cette individuelle intégration, par quoi, déjà, il faut bien s’intégrer en et par soi-même, soit donc apparaitre soi dans son propre champ intentionnel (par quoi on nomme dieu, l’universelle pensée, le sujet et le réel, qui s’y positionnent). 

Et la mesure de cette intégration ne peut donc pas se décréter d’en haut ou de l’extérieur ; c’est de la décision interne, intime, au-dedans de cet être qui est non un être mais un rapport, puisque c’est d’extrapoler, d’avancer au plus loin, sans céder ni sur l’intention (ou le désir), ni sur l’ordre et la cohérence (puisque sinon tout possible serait restreint, retomberait, vers le bas, en s’enclosant en une chose, une perception, un affect, une basse intention). Une mise en forme interne donc au réel même dans sa pointe la plus précise (que l’on sache), et relevant de sa capacité même. une mise en forme interne, qui, comme telle, se doit d’être externe le plus absolument possible ; exposée, manifeste, cohérente, précise, à la vue de tous et de chacun ; et articulant des réalités ou mieux l’arc du réel-même. 

Aussi le challenge fut-il de maintenir à la fois l'organisation commune et le déploiement de la capacité individuée ; comptons comme exemple que la pensée, la raison, grecque, est évidemment universalisante, mais qu’elle prend départ et possibilité de la perception individuelle, hors du groupe, en dehors même du langage admis, et créant ainsi ses propres dictionnaires, systèmes, et donc perceptions, pareillement le christique intervient invraisemblablement et promeut l'intériorité de chaque un ou plutôt de ce qui devient et s’impose comme le chaque-un indubitable; ce dont chacun doit, peut témoigner ; qui accepterait que son unicité et son unité soient supprimées ? Quelle société, ou pour mieux dire à quelle civilisation cela conduirait-il ?

On croit habituellement que l’universel, l’universalité, la pensée n’admettaient pas l'individu ; mais c’est l’ancienne version, celle d’avant Descartes, celle que voulut effacer Hegel dans une universalité à sens giratoire pour ainsi dire ; qui se love sur elle-même comme “esprit” ; que veut dire “esprit” ? Rien. LA structure agissante (et en l’occurrence modifiant toute réalité) existe sous la forme d’un “sujet”, entendant par là un rapport. L’universel est d’abord en tant que rapport qui contient déjà-toujours la formulation universelle première (et dernière, puisque supprimée, absorbée par une “pensée”, cela annulerait qu’il y eut même “pensée”, il n’y a pensée que si il y a des signes et des signes que si le rapport initial demeure le “signe” premier (l’arc) qui se substitue formellement ) ; sans cela l'universel s’utilise à ignorer, neutraliser l’individuation, cad le sujet ou de fait le possible. 

Si la pensée est le fin mot, il n’est plus de possible, tout est réalisé et on se demande même pourquoi il y eut quelque réalité, quelque devenir (l’ordre étant de fait et par soi entièrement complet, ou parvenant, à terme, à son achèvement ; que le Un de Plotin manifeste le monde par excès et surabondance, laisse suffisamment sur notre faim) ; si il y a devenir, alors quelque réel doit y devenir, et y devenir signifie “être créé” et si il est créé, alors il est non en un ciel éternel, mais en une activité (et donc un espace et un temps, et ainsi de suite), en des choses et en des êtres de “rapport”. Qui sont à eux-mêmes leur activité. 

Que le réel soit un devenir signifie que quelque “grand réel” s’y réalise ; un grand réel qui n’existait pas au début et qui doit s’élaborer de sa propre activité, puisque cette grandeur, cette ampleur, ce réel plus grand que lui-même se doit évidemment à ce qu’il peut, dans son élaboration, et à ce qu’il peut ajouter, inventer, créer de et par son activité, ses activités et grandeur qui ne peut s’obtenir que de cette activité, de ces activités.  

C’est bien le sens que propose dieu, la pensée, le sujet et le réel ; la finalité dernière dépend de la tenue tout au long du temps et dans le déploiement du possible, et portée par, au-dedans le sens de l’intention, dans l’orientation de cette intention  telle qu’elle est, fut, sera portée. Or chacun a pu, depuis les années soixante, inventer son moi.

 

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La perfectibilité, la libération

16 Décembre 2024, 13:07pm

Publié par pascal doyelle

L’ensemble de l’historicité aboutit ainsi à l'établissement de chacun en tant que “moi”. soit la proposition d'organisation la plus élaborée qui soit. Un être vivant se voit doué de parole, il semble créé par le langage ; mais en vérité il n’y a langage que parce que s’est allumée dans la cervelle (du dit vivant) un arc de conscience qui ne peut pas, lui-même, être déduit du langage ; l’arc de conscience est tenu ici comme fait absolu structurel. Il est strictement impossible de remonter du langage à cette “conscience”, dont on a vu qu’étant rapport (qui constitue donc le rapport substituable, parce que vide, ce qui veut dire formel, d’un signifiant à l’autre, de sorte qu’aucune prononciation n’est collée identique à elle-même mais poussée dans toutes les phrases possibles, sans exclusion), qu’étant rapport, la conscience est irréductible (sinon elle ne serait pas un tel rapport, qui exclut, momentanément au minimum, tous les autres rapports), unique et exclusive.

De même l‘exister est pareillement un absolu formel exclusif et indérivable, sinon par et dans le concept de “possible” ; tout est effectivement possible et réel (aussi bien le néant que l’être, au sens générique, puisque le “néant” n’offre aucune résistance qui s’oppose à l’être, et donc l’être comme le néant existent tout aussi bien.

Conscience et exister, dans les deux cas ce qui rend raison de ces deux faits, est désigné comme “rapport” ; le rapport est le signifiant du possible ; le réel (l’exister), la réalité (le monde), la conscience (l’arc de conscience) existent sous cette forme ; celle du rapport ; et non pas en quelque consistance (laquelle est finalement imaginaire ; la conscience prête à telle définition, telle réalité, telle chose une densité, ontologique, tout à fait irréelle). Tous les rapports possibles (les rapports durables et survivants aux rapports inorganisés, qui se dissolvent, puisque dans la l’incapacité de se maintenir, sinon comme vague soupe cosmique peut-être) s’emploient à tisser de nouvelles strates de réalités (comme l’inorganique sur lequel s’élaborera l’organique). Les choses et les êtres qui en résultent ne cessent jamais leur activité ; ils consistent en cette activité ; sans activité ils tombent vers le bas, s’effacent.

Ou donc ; le réel existe en tant que mouvement. Non pas mouvement de ceci ou de cela, non pas mouvement qui aboutirait à tel être, densément réel, mais mouvement en tant que le réel est en soi et absolument mouvement. Et ce qu’il réalise, n’étant pas une “chose” ou un “être” quel qu’il soit, ce qu’il réalise est le mouvement lui-même. Des mouvements de plus en plus distincts et de plus en plus précis. 

L'ensemble est le plus grand mouvement possible.

 Et par “grandeur” on n’entend pas une grandeur quantitative, mais une perfection. Et comme il est mouvement et que cette perfection est elle-même mouvementée, alors elle est la perfectibilité (et non la “perfection” comme état) ; soit la capacité de la toujours plus grande perfection possible. Ce que l’on a nommé par exemple christiquement l’amour ; le plus grand rapport possible, sous la condition qu’il respecte tout autre rapport et se respecte donc lui-même comme autre que lui-même (puisqu’un rapport ne correspond pas à lui-même ; le rapport est toujours autre que lui-même, sinon il cesserait en tant que rapport). 

Dieu, si l’on y croit, est la perfectibilité, qui créa les êtres humains afin que ceux-ci admettant son projet (absolu) puissent, dans et par leur  liberté, avancer encore plus loin dans le Créé. Le Créé est la finalité, ce qui vaut aussi bien pour les athées que pour les croyants ; depuis que le monothéisme a placé le signifiant brut au sommet et bien en face, de telle manière qu’il soit devenu impossible de le manquer, et que donc il entrera dans le calcul, dans la pensée, dans l’intention de quelque groupe que ce soit et de quiconque (avec le christique, qui est un corps, un corps vivant spiritualisé, ce qui veut dire signifié, support de tous les signifiants dorénavant, jusqu’au moi du 20éme), depuis le monothéisme et depuis la vérité grecque (cad la formulation dans un discours d’idées, d’intentionnalisations que seuls perçoivent les individus, et non plus les groupes, et qui permet, ce discours, de percevoir plus, plus loin que le dit groupe et que le langage commun), depuis le monothéisme donc et la pensée, l signifiant premier est visiblement dans le “là” du donné, dans la perception, dans le langage même, dans la représentation, dans l'organisation des sociétés, partout. 

Le premier signifiant n’est pas un signifiant. c’est l’origine des signifiants (qui forment un ensemble, le premier, lui est seul et unique) ; le signifiant premier est l’intention (qui rend possible les signifiants comme ensemble, cad le verbe dans cette version là) ; l’intention n’apparait jamais, comme dieu le père ; il ne peut pas paraître dans le monde ; il n’est pas même la clef de voûte du monde, cette clef c’est le verbe, première version de la création, et le fils, deuxième création, et donc re-création de tout et de chacun ; le père, le monothéisme, est antérieur et autre et non composé et donc formel. Il permet d’opérer la distinction du sacré et du divin ; le sacré est une zone et un temps réservé dans le monde, le divin est autre, inexprimable et donc, si l’on veut, absolument rationnel, ou formel. 

il permit donc de passer de l’autre côté ; à savoir, on n’est pas soumis à un monde ou une représentation, on produit, fabrique, crée le monde (comme les juifs repense sans cesse le texte sacré avec et par cent mille interprétations et compréhensions, comme les grecs prennent conscience qu’ils pensent, qu’ils énoncent des vérités et non pas les reçoivent du monde donné ou du groupe, comme le chrétien se tient du christ, qui n’est plus là, comme chacun sait, et donc comme chacun qui ne se tient d’aucune partie du monde, ni d’aucun ordre humain, comme la société humaine qui se tient d’une révolution et non d’un donné naturaliste, réaliste, ni même dès lors de religion ; puisque dieu ne veut pas que l’on obéisse, mais que l’on crée l’ordre renouvelé ; il veut que l’on invente cette éthique, que lui ne peut pas créer, puisque cette éthique doit être libre et que si on est à soi-même le rapport que l’on est, alors on n’est plus dans le rapport de dieu ; il demande, donc, que ce rapport, libre, que l’on est, le reconnaisse, lui, comme le grand rapport qui oriente l’intention, l’intention de chacun, l’intention humaine, l’intention du monde, l’intention de la nouvelle re-création, si l’on veut. 

le dieu unique n’est évidemment pas lui-même un signifiant ; il est impératif et évident que ce qui origine les signifiants n’est pas en soi un signifiant ; et donc de supposer que l'arc de conscience est une structure qui existe biologiquement (ou spirituellement si l’on est croyant, et alors on commence à saisir le “spirituel” non comme une imagination, mais comme cette intention, cet intentionnel justement, comme un arc effectivement réel, comme une tension bel et bien agissante). 

Le rapport outrepasse ce qu’il rend possible ; le langage et tout ce qui s'ensuit ; le langage ne s'envisage que relativement en et pour lui-même, puisque ce qui juge du langage, des énoncés, c’est l’horizon du donné là, le monde, les choses, autrui, soi-même ; il est une régulation qui resitue le langage ; le champ intentionnel d’un arc de conscience posé face à l’horizon du monde ; la vérité n’est pas seulement interne, au discours, au système de signifiants ou de nombres, de signes, mais arcboutée à tel donné là ; la liberté ne consiste pas à s’installer dans une abstraction ou une artificialisation, mais à élaborer son propre champ, jamais vu ou repris et étendu ou encore assumant sa propre décision (comme dirait Sartre ; pas étonnant qu’il ait tenté d’en dessiner l’horizon réel, après quoi il s’est convaincu d’un horizon historique, puisque pour Sartre le “sujet” est un être négatif et il n‘envisageait pas qu’il puisse ouvrir sa propre dimension, qu’il jugeait comme idéaliste et en l’occurrence bourgeoise, lors même qu’il se soit passionné pour ce bourgeois magnifique, auto-contradicteur, que fut Flaubert ; ainsi le je est-il très sartriennement retombé dans une universalisation ; le marxisme ; et une universalisation historiciste qui plus est, matérialiste donc). 

Or donc pourtant on tient ici que le je, le sujet et cela n’est pas signifié par le christianisme, se dresse tel quel en tant que dimension, et loin du subjectif, et encore plus du négatif, il est, le je, absolument positif (en tant que mouvement donc, puisqu’il est rapport à soi, ou rapport à (soi), dans lequel rapport le “soi” est le rapport lui-même et non une identité, bien que contenant cette identité ; le sujet est le je d’un moi), et loin du subjectif, puisque très-réellement, une œuvre, une esthétique est résolument un fait majeur de signifiants bruts et purs à la fois, qui donne à voir, et donné à voir plus que la perception du monde ; il s’agit là de perspectives ouvertes sur la possibilité des mondes, de même que les idées de Platon donne, littéralement, à voir les réalités qu’autrement on ne percevrait pas ; la preuve en est qu’il n’est pas seulement les idées du dit Platon, mais quantité d'idées et de systèmes qui viendront ensuite ; les systèmes sont comme des feuilletages du même monde, sans doute, mais du même monde possible ( tout comme les maths étendent bien au-delà de leur application à cet univers physique). de sorte qu’il faut en revenir au principe spinoziste, peut-être caché ; à savoir que ce que l’on pense, nous sauve ou nous égare. Dit autrement ; la “pensée” n’est plus la pensée grecque ou théologique qui suivît, mais est l'élaboration par un je de son être diaphane, diaphane et pourtant bel et bien réel. la pensée a des effets. et des efforts, effectivement, sur et en un corps. En ceci Spinoza continue et impose la même direction que Descartes ; penser compte, s'imprime. 

S'affectant ainsi comme libération. Libération évidemment conçue idéalement à cette époque, comme universelle, mais en vérité on a appris, ici à lire l'universel comme “réalisation” du possible. 

La libération est donc l'exploration des possibilités. Mais comment pourrait-elle se réaliser autrement, étant entendu qu’il n’est aucun préalable à cet “être” qui est une activité, voire un activisme, et donc dépend de sa propre création, ou re-Création ?

libération c’est l’ensmeble, inachevé, de notre être, tel qu’il s’entoure, ou non, de ses possibilités ; il dépend de lui qu’elles s’écrivent partout sur ce corps, qui, on l’a vu, se propulse comme autre-surface-du-corps, corps introduit dans le champ intentionnel non fini.

 

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Modification du réel en lui-même

10 Décembre 2024, 11:49am

Publié par pascal doyelle

La mise en place du cadre nouveau, celui du sujet, fut, il est vrai laborieuse, et passa inaperçue en tant que telle ; le sujet nouménal de Kant, la négativité et le phénoménologique de Hegel, l’élaboration intentionnelle de Husserl risquait bien d’être considéré comme des sortes de prolégomènes, ou de structure préalable à l’établissement de la raison (ou de l’entendement), de la pensée ou d’un idéalisme. 

Mais ce qui s’est découpé malgré qu’on en ait, c’est bel et bien une structure spécifique, et comme qui dirait antérieure à l’humain. ce qui se voit et s’annonce bien comme tel par Heidegger, mais Nietzsche aussi, et ce, donc, au risque de perdre tout sens humain, tout humanisme et toute compréhension ; il est un danger de s’approcher aussi près de cette structure qui est de fait et nécessairement antérieure, puisqu’elle rend possible tout le reste, toute humanisation (celle des tribus et des groupes, des royautés et des empires et enfin de l’ambition ou l'ampleur mondiale, à partir du moment du monothéisme, qui simplifie totalement le sacré et le divin et situe le divin hors du monde, du donné, du langage, bref de tout, et de la mise en forme de la pensée, grecque, et enfin du christique qui impose, partout et comme naturellement, l’individualité. 

 Le un séparé, dieu, isole le divin absolument hors de tout donné, de toute détermination, de tout monde, et étant externe à tout, il est un, unique forcément et universel de fait (aucune composition en lui, et donc il existe formellement, ce dont on a seul idée ou intuition ou vision de la forme de notre être, qui n’est pas un être (déterminé), mais un rapport (et donc un devenir) ; contrairement au sacré qui se distribue dans le monde, en se réservant des délimitations et des temps adaptés, des idoles ou des représentations en elles-mêmes sacrées ; si dieu est un, unique, universel, et donc absolument formel, il ne peut “être” dans le monde, le donné ; et annule le sacré (ce qui est sacré c’est dieu, un point c’est tout). 

La pensée met en forme les idées, dit-on, mais ce sont des intentionnalisations, et des intentionnalisations qui naissent de la saisie par et dans une perception individuée (et non encore individuelle) ; échappant au groupe, au langage commun, au monde représenté et accédant immédiatement (dans cette nouvelle médiateté) au monde tel que donné “là” (l’être est posé dès le début, puisque ce champ qui s’ouvre doit s’annoncer, se signifier afin d’entrer dans sa réalisation ; son principe est littéralement la réalisation et donc l’expression ; de sorte que le réel devient et si il devient il se modifie (tandis que la pensée du groupe voudrait préserver le trésor du langage, que les groupes humains ont créé et par laquelle création le langage est toujours parlé dans l’oreille de l’autre ; l’autre est inscrit structurellement dans l’ordonnance du langage-même ; et communication mais aussi transmission, d’une génération à l’autre, assure la survie même du groupe). L’expression en tant que les idées sont des intentionnalisations amenées horizontalement au donné là perçu individué, et mises en forme, sinon aucune duplication et tout aussi bien aucune mémorisation, mais encore plus parce que se révèle immédiatement que le langage ou l’intentionnalisation sont absolument déjà toujours universels.

Dès lors reste non plus uniquement l’indivdiué (grec) mais l’individualité ; par quoi cette fois l’individu se projette dans le champ d’expression, de réalisation et ainsi s’annonce tel ; pareillement il doit le “dire”, sinon aucune réalisation possible ; il s’introduit lui-même dans le champ intentionnel et devient mais par la médiation du regard-autre qu’est le christique ; seul le divin pouvait, était en mesure de porter, de supporter l’ampleur (cad la capacité infinie en vérité, de même que la pensée universelle grecque impose l’infini de la conception) d’un “être” qui n’est pas un être mais le rapport des rapports (de tout langage, de toute réalité, de tout soi-même, etc, de même que la pensée est l’appropriation par l’individué de la perception, échappant au groupe et au lieu commun, à l’énonciation commune et traditionnelle) ; l’ampleur de cet être individué puis individuel, son institution qui plus est historiquement, par la révolution, le déploiement jusqu’aux firmament des années soixante qui impriment absolument l’avancé de chacun en tant que “moi” (d’où la reprise de la psychanalyse, par Lacan, qui arrive évidemment pile poil au bon moment ; il s’agira d’examiner, d’analyser cette articulation du moi nouveau, tout beau, tout neuf et qui file poursuivi par l’angoisse, puisque divisé par la séparation, hors de laquelle il n’existe pas, ni donc aucune humanisation). 

On voit que ceci repose sur ce travail impératif ; tout ce qui s’est déroulé ne le fut jamais au hasard ; il y eut une révélation ou une manifestation par l’introduction de la structure-même dans la structure-même ; 

et que fondamentalement cette introduction de la structure dans la structure la modifie. 

C’est de fait et d’évidence cette modification qui seule dispose d’un sens ; c’est précisément le sens, la signification, l’orientation et la dimension de l’arc de conscience. c’est ce champ, intentionnel, qui apprend, de lui-même, à exister. et on a vu que sa faculté, sa capacité est de se tenir de sa nature, de sa structure même ; à savoir qu’il naît de l’autre, d’autrui ou de l’Autre ou de l’autre bout, l’autre bout du rapport ; il n’est pas, selon le verbe “être” et de son hontologie pseudo consistante imaginaire, qui tout aussi bien alimente le “désir” en son objet, qui est rêvé comme substance, chose (en soi sartrien travesti en pour soi ou l’inverse, on ne sait plus puisque l’on entre alors en fusion, en confusion et non pas en distinction, capacité même du rapport, qui s’active en tant que distinction, Sartre et Lacan aboutissant à eux deux toute l’ontologie, très exacte et pas du tout abstraite mais absolument localisée et localisée en cet sorte étrange d’être qu’est l’arc qui coupe tout ce qui est, en transformant en rapports, cad en signifiants (ou en nombres, les mathématiques étant des rapports constitutivement). 

l’arc de conscience se tient de l’autre, ce qui veut dire non pas d’un contenu (qui saisissait, coincerait, figerait le rapport en telle ou telle version) mais de l’autre rapport ; dieu (le rapport divin, ou philosophiquement infini, c’est de celui-là que Descartes exprime le je d'où il se détient), autrui (le christique qui insiste suffisamment sur autrui, autrui en tant qu’il est un rapport en qui je ne puis pas imposer, et de toute manière je le puis pas, ontologiquement parlant ; aussi il ne s’agit jamais, christiquement, d’imposer une vérité quelconque, ), de soi en tant qu’autre, déjà et toujours (Descartes d’un sujet qui se sort de lui-même, puisqu'il devait manifester la liberté laquelle ne peut apparaître que de s'apparaitre, sinon  elle apparaîtrait d’un système quelconque), du réel en tant que le réel est l’explosion distributive de toutes les distinctions (survivantes) possibles.

Nb ; une "parole divine"" qui ne respecte pas la personne, l'unité qu'est une personne, n'est pas une "parole divine". Une parole divine qui respecte la personne peut, éventuellement, prescrire ceci ou cela, ça regarde le dieu cité et la personne concernée. On ne doit pas s'imposer à une personne, parce qu'une personne est un rapport, un rapport à soi ; on ne peut pas briser ce rapport à elle-même par elle-même, sous peine de redescendre  ; si l’on veut de rétrograder en termes de complexité, de richesse, de possibilité, puisqu'autrui n'entre plus, en tant que personne, dans les rapports prochains que l'on aurait pu tisser). C’est en ce sens que le christique s’adresse ; il s’adresse à, vers, pour chacun et n’impose aucune règle au-delà de la personne (les églises tentant, vaille que vaille parfois, d’encadrer par des règles déduites de l’intention initiale, et globalement avec discernement, sauf exceptions ; c’est que si l’on n’a plus de règles (le sabbat est fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat), il faut, en soi-même, individuellement, créer une unité suffisante ; une unité existante (par illustration, dans le roman ; le roman est le lieu de la délibération infinie de l’unité du sujet, et donc de toutes ses organisations ou désorganisations). 

La réflexion de soi sur soi, le soi/soi, cette unité kaléidoscopique, n’est évidemment pas exclusivement philosophique ou redevable au seul “concept” ou “système”, mais à tout l'ensemble de toutes les expérimentations lancées par tous les sujets. 

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Ou donc ; il existe un centre, mais celui-ci ne s’approche que par et pour une structure, qui est un rapport et donc échappe à la saisie (on est saisi, on ne le saisit pas, ou perçu inversement, on ne peut pas tricher ou faire semblant ou payer autrement qu’avec ce corps, cette vie, ce qui constitue cette âme, quel que soit le sens qu’on lui donne) ; or cependant le centre, bien qu’inaccessible, et inaccédé, peut être transformé, et seul ce qui agrandit le centre est acceptable parce que seul il est accepté par la structure même (il n’est donc pas jugé, de l’extérieur, mais est à lui-même sa possibilité, ou pas, ou moins, ou plus ; chaque vie vécue ayant à se raconter à elle-même (ce qu’elle aventure constamment) qu’elle avancera plus loin vers le centre, cad tout ce qui est, en tant que l’être réalise, manifeste, procure toutes les distinctions qu’opère l’exister ; l’exister étant toujours la forme de tout l’être, et de toutes les versions de l’être, l’exister étant non épuisable, ce qui est logique puisqu’il est le possible brut, qui s’épure au fur et à mesure des possibilités. 

Aussi le réel ne se perd pas dans l'infinitude des déterminations, mais donne à ces déterminations une orientation, une orientation de réal-isation.  

On a de la sorte décidé de l’exister en tant que dimension (valant en elle-même et par qui tout vaut), et non pas seulement en tant que fonction (l’exister est le “là” de tout ce qui est, le “là” de l’être-là, le fait d’exister qui distingue toutes les réalités et les déplie, mais pour rien, sans finalité, sans autre perspective que la néantisation de tout cet univers, se dissolvant un jour ou l’autre)

Mais ici doit-on encore décider ou percevoir si la dimension, de l’exister (comprenant l’être donc), est une seule ou kaléidoscopique, littéralement peut-être ou significativement, on y reviendra.

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Placement du champ intentionnel dans le champ intentionnel et donc son déplacement, puisque le rapport ne peut être représenté ; il forcera toujours la représentation à chasser, poursuivre le signifiant nouveau ; ce qui s’est nommé “conscience de soi”, mais qui fut auparavant conscience du groupe (par lui-même, les Amérindiens dans Little big man se nomment “les êtres humains”) ou par telle ou telle historicité ou par rien que la conscience de soi de chacun (soit l’égocentralisme généralisé de la société occidentale). Par quoi le dit champ, qui est un rapport, doit s’expliciter sa propre présence, sa propre activité ; en tant que rapport il ne peut pas se continuer sans se rapporter à lui-même en bonne et due forme ; il doit dire son devenir, cad tout autant sinon beaucoup plus, dire son possible ; il se manifeste comme dieu, pensée, sujet ou réel (ou il est révélé, si l’on est croyant). 

En se signifiant lui-même, le champ intentionnel se précise, se détaille, se distingue et entre dans un régime général de distinctions (morales par ex, ou intellectives avec la pensée ou les mathématiques, ou individualisantes, ou politiques, révolution évidemment).

Ou donc encore; le dit devenir n’existerait pas sans qu’il se dise lui-même (et il doit se dire non comme telle ou telle vérité et encore moins comme tel ou tel monde, mais se signifier en tant que rapport, dieu, la pensée, le sujet ou le réel sont les rapports structurels que l’on connaît, que l’on a pu expérimenter ; et cette expérimentation est l’existence même de ce devenir, cela qu’il “dit”, cela qu’il signifie, là en avant de lui-même, ce qui non pas se réalise (les effets de telle ou telle cause), mais ce qui se signifie en avant de soi et dont le sens est non le réalisé mais le possible qui s’engage ; les rapports de structure écrivent ce que le rapport de tous les rapports porte. 

Rappelons qu’inversement on peut tout aussi bien envisager que l’arc de conscience, le champ intentionnel soit juste et rien que l’effet second d’une réalisation naturelle, réaliste, donnée là, et si cet effet est effectivement agissant, et rendant possible qu’il y ait une humanité, tout l'ensemble de ces réalisations disparaît, s’efface, et que ne règnent plus que le néant ou la dissolution indéfinie de l’univers expansé, par ex. 

Soit tout s’effondre dans la dispersion vide et dès lors informelle.

Soit il est un devenir dimensionnel (dont la dimension est précisément le devenir qui se tient toujours dans son propre champ, mais comme ce champ est sous la forme du rapport, il n’est jamais le même ou tautologique ou sans intelligence, cad sans distinction ; la distinction est constitutive du réel ; le réel étant rapport il est distinctif, par exemple il est en tant que réalité(s) qui est de fait et en elle-même complexité ou détermination).

 

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Le dépassement stipulé

2 Décembre 2024, 12:26pm

Publié par pascal doyelle

Le dépassement de la pensée.

La “pensée” (ce qui tenait lieu de compréhension) se plaçait ainsi comme horizon ; tout semblait converger vers cette pensée en tant que nous la comprenons et supposément telle qu’elle “se” comprenait ; la pensée peut-elle se savoir ? Comment la pensée pourrait-elle exister pour elle-même si elle n’est pas un sujet ? 

On voit bien que quelque chose cloche. 

On a supposé, un temps, que le sujet était comme un raccourcis de la pensée (Kant ou Hegel et même Husserl, professant un idéalisme) ; la “conscience” est un cadre général de la pensée, et du champ de perception (se situant dans le nouménal, opposé au phénoménal), une négativité, ou un cadre complexe de mise en place de champs idéels (Husserl). 

Mais si on suppose un sujet, alors il n’est plus rien qui vaille, qui arrive à la cheville du dit sujet. Tout commençant de dépendre de sa volonté, de son intention, et qu’il faut supposer bonne et qu’il faut anthropologiser, de toute manière. Son intention devait être considérée comme plus grande et immuable. Le sujet récupère toute l’activité et est un rapport à soi, à lui-même en tant que rapport, par quoi il est déjà-toujours autre que lui-même (raison pour laquelle il peut désigner les choses, et créer le langage) et qui se perçoit parce qu’il se perçoit à partir de l'horizon ; ou donc il nomme l’horizon parce qu’il se situe déjà “ailleurs” que vers cet horizon ; la nomination effective qui situe tout est “sujet” ou est “réel’ (ou dieu ou l’être, et variations). 

L’interrogation (partout et toujours) est ; de “où” signifions-nous n’importe quel ceci ou cela ? Où nous tenons nous ? En quel point externe” ?

Or donc on détourne la bifurcation, en proposant que le sujet, le dit sujet, se tient du rapport. 

Et un rapport crée. 

c’est pour cela que l’historicité ne se contente pas de représenter le Beau, ou le Bien ou le Vrai, mais ne cesse de créer, quantité de diverses beautés, vérités et bienfaisances (éthiques et politiques, par ex, notamment et notablement dans sa version absolument réelle ; la révolution, qui installe l’éthique (pour soi-même), la morale (via et pour autrui) et la politique (l’ensemble des chaqu’un) et ce en une fois).

Philosophiquement, ce qui est arrivé c’est la relativisation de la pensée (grecque et théologique, qui reprend toute la pensée grecque et hellénistique et romaine). Sa relativisation dans un nouveau cadre ; celui du sujet ; ce qui suivra par Kant, Hegel, Husserl, Sartre et Lacan ; et entre temps par une nouvelle perspective de/sur la pensée ; Spinoza et Leibniz ; à savoir une pensée non plus abstraite et théorétique, mais efficiente et opératoire ; on ne pense plus la pensée de dieu (ou pas seulement) mais l’effet, en nous, de la pensée (ou sur le monde donné là, pour Leibniz) ; la pensée nous change, change le rapport que l’on est.  

On sait immédiatement, voire instantanément, que le rapport crée des rapports, avant tout ou en fin de compte.

Pourquoi ? Ou plutôt, pour quoi ? Est-ce pour inscrire le vrai, le bien, le beau ? 

Non, c’est afin que les rapports rendent possibles encore d’autres rapports. c’est le changement de perspective qui remplace la compréhension sur dieu (ou l’être, ou les idées ou le un) jusqu’alors définit comme perfection ; la règle n’est pas la perfection mais la perfectibilité.

La perfection est un mensonge ; toute expression, dans le monde ou comme monde, est une composition (de déterminations) et donc une décomposition, mortelle, mortifère, honteuse ; une hontologie disait Lacan, et la matrice ou plus exactement le reflet explicite de la matrice mortifère, mort-née, déjà paralysée, composée et donc déjà  décomposée ; tout ce qui est composé disparaît déjà.

Et ainsi n’étant pas composition, mais ce qui compose toutes les variations (ou tous les signifiants), le rapport n’aboutit pas à créer des choses ou des êtres, mais des rapports ; cad des activités ; les choses ne sont des “choses” qu’hontologiquement, ce qui veut dire imaginairement (et faussement) consistantes ; et donc morbides. Les idées, les nombres sont des rapports. Les choses sont des rapports et les déterminations dont sont composées les choses, sont des rapports. 

Le pour-soi/en-soi sartrien, la théorie qui conclut donc toute théorie du désir, de l’intention humaine, et au-delà de la pensée (puisque l'on est passé depuis Descartes dans la compréhension de la boîte noire qui produit, par ex, des pensées ou des romans ou des politiques, ou des personnalisations, etc) le pour-soi/en-soi (que le pour-soi, la conscience attende de se saisir pour-soi comme si elle était un en-soi, ou bien transforme autrui en objet inerte)  ce pour-soi/en-soi est littéralement un monstre. Une horreur.

Ce que Lacan (qui suit Sartre) désigne comme “jouissance”, l’hallucination de satisfaction, l’être repus, l’énormité de l’être “plein” et donc confus ou fusionnel. 

Au contraire, le rapport distingue, ce qui veut dire sépare. Est intégrée la logique de la séparation. Et rendue compréhensible comme telle. 

Au lieu de quoi, il est possible de tomber dans la division indéfinie ; celle qui menace lorsque l’on croit en une unité consistante ; lorsque l’on croit en une unité consistante, on repousse la séparation, la distance, la division. 

Ce qui revient à dire que dieu, la pensée, le sujet, le réel ne nient pas du tout la division ; mais sont la division en tant qu’élévation.

Sans doute comprendre que dieu est la séparation mais recréée, en état de recréation, n’est accessible qu’aux croyants, a priori du moins.
Mais que serait la pensée sans séparation, sans division ? 

On peut le saisir en situant le Un plotinien, qui n’est pas du monde mais hors du monde. Toutes les réalités entendent remonter vers le Un, de même que ça n’est pas en lui-même que le Un contient le monde, mais qu’il a produit le monde par surabondance. Intact, il est tout aussi bien toutes les divisions qui rendent effectif qu’il y ait -des- réalités ; et ce jusqu’à l’indistinction du néant quasi, presque complet (le néant est refoulé hors des divisions qui rendent effectives les réalités, il est le no-distinct, cad rien du tout). 

Pareillement le sujet est lui-même absolument divisé ; c’est bien cette coupure (anciennement la “castration”, cad le passage de l’enfant à la séparation d’avec autrui, le monde, et enfin séparation d’avec soi-même qui intervient à l’adolescence, lorsque “je” se rend compte qu’il est autre pour lui-même), cette coupure donc que le moi, dans son fantasme, espère réunir, souder, confondre (auquel cas et si tel était le cas, la confusion c’est la “jouissance hallucinée”, qui avale le moi, abolit qu’il y ait, qu’il y ait un “moi” et donc dès lors il n’y a plus rien). accepter le séparé, c’est s’inscrire et donc exprimer, manifester, désigner, en un mot signifier, ce qui autrement (dans l’état de confusion, d’union supposée et imaginée) est nié, annulé, invisibilisé ; c’est s’inscrire dans et par la division. 

Par exemple ; le christ est venu dans le monde de la séparation et en tant que séparé lui-même, et de plus et par ailleurs acceptant tout de cette déréliction, de ce désespoir, de cette solitude. Ou le Graal n’est pas accessible, est hors-monde, hors du vécu ; ou encore le royaume d’Arthur n’est pas et ne peut pas réaliser l’utopie sur terre, il s’effondrera. De même la société humaine ne peut pas exister hors de la division en tant que la division permet de manifester, exprimer la pluralité ou multiplicité. Le rapport, ou la véritable unité en tant que “vivante” (peu importe sa dénomination), doit être situé hors monde, hors société, hors vécu, hors corps, et plus précisément hors détermination ; ce qui détermine est en dehors de ce qui est déterminé (sauf que l’on a vu que le déterminé ne l’est pas passivement ; puisque ce qui est, c’est ce qui existe, ce qui se déploie comme rapport et se tient de sa propre activité ; ce que l’on pourrait visualiser, imaginer comme ce monde est destiné à la re-Création ; destiné à devenir le plus grand possible possible ; c’est de ce point de vue là que l’on perçoit et qu’il existe une manifestation (ou une réalité, si l’on préfère). 

Dieu, la pensée, le sujet christique et cartésien, le réel (et la réalisation de tout) supposent et ne tiennent que si la séparation, la distinction sont maintenues. Dieu, la pensée, le sujet et le réel se sont installés hors du groupe ; hors du groupe holiste, lorsque le langage-groupe-monde tel quel se donnaient en même temps (dans le même temps non distinct, cyclique ou naturel) ; dieu, la pensée, le sujet, le réel sont les désignations du champ intentionnel par lui-même (outre leurs révélations, éventuelles selon la croyance). 

Ils introduisent à ceci que nous ne recevons pas le monde-donné-vérité-parlé et partagé en une fois, mais que nous produisions les rapports qui ré-élaborent constamment le monde,  et donc la société humaine et le vécu et le corps (qui sont tous depuis l’introduction du champ à lui-même, séparément). Et champ qui s’introduisant à lui-même, réclame les qualités (d’un sujet) adéquates (que ce sujet, ce rapport soit dieu ou le christ, la pensée ou la révolution, par quoi une société se nomme et s’introduit à elle-même, équivalent, littéralement, à dieu, à Platon ou à Descartes).

Tout ceci éprouvant un mal fou, voire un mal de chien, à émerger, à naître, à s’apercevoir soi-même, à se percevoir ; parce que la séparation détourne absolument toutes les donations habituelles ; ça ne se donne pas comme un monde, une chose, un être, une perception, ni même comme un langage ; puisque cela retourne le langage lui-même à son origine, sa cause ; il y a une cause (qui crée le langage et le champ intentionnel de distinctions), et dieu la pensée, le sujet, le réel désigne cette faculté elle-même ; dieu crée le monde (et tout le reste), la pensée distingue ce que l'on perçoit, le christique signifie ce que l’on éprouve, le réel implique que l’immanence, toute l'immanence (tout ce qui est arrive) est transcendant (cad retors, doublé, dédoublé, il se produit dans un écart, une distance, rien n’est collé à même, mais qu’il y ait “réalité” veut dire qu’il y a manifestation, et aucune manifestation qui sortirait d’un “ordre” supérieur ou d’une pensée, mais qui se produit, se crée d’activités ; les choses, les mondes sont des activités. 

Et ce qui supposé, ici, c’est que l’activité est non pas le moyen d’un quelque chose (un monde, un univers, une humanité, un “là” composé tel quel) mais l’activité est elle-même la fin ; ce qui veut dire est la perfectibilité (ce qui nomme dieu ou équivalent) et non la perfection. Ou enfin le possible du Possible (soit le plus grand possible). 

 

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Consistance et inconsistance

25 Novembre 2024, 12:21pm

Publié par pascal doyelle

D’aucuns considèrent ou considéreraient qu’il s’agit d’une pirouette. 

Mais alors la “conscience”, l’arc de conscience, serait seulement une excroissance, un épiphénomène, ou même une émergence d’un monde donné là, qui serait, éventuellement, bien utile au vivant pour traiter des expériences immédiates, sans en passer par la lourdeur et la longueur de temps de l’adn, rendant accessible une mémorisation rapide et transmise (aux autres consciences) et puis c’est tout. 

Une simple fonction, et forcément “simple” de maniement, d’opérativité puisqu’une conscience ne va pas commencer par rassembler quantité d’informations ou de connaissances à chaque pas, délibération, décision, communication, etc ; toutes ces datas étant déjà mémorisées dans la cervelle à proprement parler et dans et par le groupe et le trésor qu’est le langage pour ce groupe humain (sans lequel trésor il ne survivrait pas). La conscience de tel ceci ou cela est immédiatement activée ; et si de l’incertitude, de l’inconnu apparaît, il est possible de mettre à jour l’ensemble de la mémorisation, et de transmettre cette modification au groupe (qui la retient, ou pas, et bien sûr, s’impose une inertie incoercible, comme en toute chose déterminée ; sous-entendu, la conscience, en tant que telle, n’est pas déterminée, sinon elle resterait figée en telle nomination).  

Tout cela peut s’admettre, mais alors “conscience” disparaîtrait dans la dissolution généralisée que subit toute réalité ; elle se produit, devient et puis s’efface. Si aucun archéologue ne vient déterrer le squelette du dinosaure, nul ni rien n’aurait mémorisé que des dinosaures il y eut. 

On a pris le chemin inverse ; à savoir que la conscience ne réside en rien (sinon dans l’arc qui se produit dans une cervelle et la cervelle d’un vivant, doué de perception, de mémoire, de motricité, d’affect etc), qu’elle n’existe pas “dans” la pensée ou “dans” la mémoire, mais qu’à l’inverse il n’est de pensée ou de mémoire que parce qu’il existe un arc de conscience. 

Définissant celui-ci comme rapport, on en vient instantanément à cette évidence ; que le réel est le possible même. Et que l’arc de conscience permet d’installer dans un monde (toujours composé et donc toujours en état de décomposition, plus ou moins), d’installer le possible pur en tant que le rapport est à la fois avant et après, avant et après lui-même et c’est pour cette raison qu’il dispose de contenus, et pour cela, absolument parlant, qu’il crée les contenus (il ne s’attache, ne colle à aucun et donc tous défilent sous ses yeux pour ainsi dire). Il crée ceux qui lui manquent et il crée ceux qui le désignent lui-même et ses activités et crée ceux qui le situent (tel dieu, l’être, le sujet, le réel, ou qui lui sont révélés, si l’on est croyant).

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Pour que le présent existe il faut qu’il soit formulé, parlé, exprimé ; puisque le réel, le véritable réel, est celui qui est créé ; au fur et à mesure ; aussi le présent se tient-il toujours en-avant. 

Evidemment durant des millénaires le présent se tint au centre du village, pour ainsi dire ; la tribu ; la parole partagée, puisqu’alors le plus grand des trésors est le langage ; les tribus inventèrent le langage ; le langage est ce que je parle mais encore plus et dès le début ce que l’autre parle ; je l’entends ; je m’entends dans la mesure où je l’entends, lui, autrui, et l’autre m’entend ; c’est par écho que nous comprenons ce que nous-même nous énonçons ; c’est par ce moyen que se produisent les lapsus ; on entend d’abord ce que l'autre entend et c’est ce que, contre nous-même, nous voulions dire ; pareillement le psychanalyste se tient à l’écoute parce que le principe, plus réel que nous, veut que l’on va énoncer un trait qui est tenu de l’autre, d’autrui ; c’est cet autrui, l’autre ou l’Autre, le langage ou le signifiant, qui parle, peut-être, vrai. Le vrai que la surface personnelle dissimule. L’autre est le ruban de Moebius, qui est à la fois double et simple ; c’est par sa simplicité que notre être survit (il ne peut pas se réfléchir constamment), et c’est par sa duplicité qu’il s'écarte de ce qu’il “est”, puisque notre être n’est pas ; il existe. 

Il sort-de. Il ne peut pas sortir de “lui-même”, parce qu’une identité il n’y en a pas. 

Rappelons que l’identité, l’être, sur quoi se base en quantité la “pensée”, est une idéalisation, ce qui veut dire une imagination ; une imagination qui confère à un être, une idée, un système, une réalité cette consistance qu’imagine, qu’imagine affectivement, cad selon les affects fondamentaux, la conscience et qu’elle voudrait intégrer, absorber, s’en pénétrer, en être comblée et ce que Sartre nommait le pour-soi qui se voudrait en-soi ; alors qu’il est livré, lui semble-t-il, à une totale déréliction, une évanescence douloureuse, un souffle inutile. 

Or donc prenons ce souffle est désignons-le comme la structure même du réel. 

Le réel est éthéré, superficiel (et non consistant et massif) parce qu’il devient. 

Contrairement à Sartre on ne peut pas supposer une réalité qui serait un en-soi massif et lourd, mais bien comme un dispatch qui s’organise (et il s’organise dans et par son inconsistance ; ce qu’il a à prouver n’est pas d’une solidité immuable ou invincible mais de modulations et donc d’inconsistance ; ce qui est “consistant” c’est le mouvement et les mises en forme(s) du mouvement).

Et évidemment ce qui n’est pas vaporeux, ce qui est consistant, disparaît. a déjà commencé de disparaître ; puisque la détermination, étant composée, se décompose. Mais cet être inconsistant, étant pur mouvement, ne disparaît pas.

Inutile de chercher qui est, ce qu’est ce “moi” ; Pascal a raison ; le moi se dissout déjà ; il n'existe que dans le mouvement, le dynamisme, l’activisme de l’arc de conscience qui use, épuise, déroule, exprime et crée les signes, les signifiants ; mais le sujet demeure ; c’est le même je. 

On dira ; mais qu’est-ce que le je qui traverse, apparemment indifféremment, toute l'identité (diversifiée mais relevant également d’une cohérence, psychique, inconsciente, et psychologique, consciente ou subconsciente) ? Le je ne tient-il d’aucune identité ? Évidemment non. C’est en partie ce que tente de délimiter, de séparer les destinées selon Sartre (Flaubert, Baudelaire, Mallarmé, etc, mais tout autant ses héros ou ses analyses phénoménologiques). Et c’est bien sur ce que l’on recherche ici ; l'articulation que constitue le je en tant que en avant et en dehors du présent il se crée comme non pas “être” (il n’est pas de consistance, sinon secondement, sinon secondairement), mais tel qu’il se crée comme possible et comme disait Kant ; il y a forcément un Possible. 

Ce que l’on reprend en étendant le possible à toute réalité (la seule catégorie adéquate à “une réalité il y a” ou à “je suis forcément libre” (puisque j’en ai conscience), étendant le possible à la structure même de toute espèce de réel (c’est pour cela qu’un réel il n’y en a qu’un, se réservant pour quelques mondes ou quelques univers qui soient, mais ce dont, ici, on doute ; cet univers assume toute la réalité possible ; ou donc qu’il y ait plusieurs possibles possibles est très incertain). 

Donc chacun, chaque sujet, assure non cette réalité, ce vécu lui-même, mais assume son possible ; c’est ce que signifie la préservation christique et ce que désigne Socrate ; à savoir tenir le vrai ou le bien comme soutenant le mouvement même ; le monde appartient au mal ou le monde appartient à la disparition. Mais le réel est plus grand. Ce qui revient à dire que les ténèbres ne peuvent pas engendrer la lumière mais la lumière cause, ici et là, les ténèbres ; comment en serait-il autrement ? 

C’est uniquement si l’on croit aux ténèbres seules ou aux identités du moi ou à la détermination (supposément ou plutôt imaginairement consistante) que l’on tombe, vers le bas. Le réel est forcément et intégralement vers le haut (comme dit Rimbaud). Se prendre dans la détermination c’est tomber. 

Il est donc faux que la réalité soit selon l’en-soi sartrien et faux que le sujet soit seulement néantisation (Sartre reprenant alors la négativité hégélienne, faire valoir de la Pensée, de l’esprit, comme si cet esprit possédait en lui-même la consistance) ; comme il ne reconnaît pas le sujet (comme un, unité qu’il conçoit encore comme “le conscient” ou “l’universel” ou une identité, et qu’il ne peut pas accepter, trop bourgeois sans doute :-) ) il pourra basculer tout l’effort de l’individu dans sa propre auto négation ; Sartre deviendra marxiste ; perdant à la fois l’esprit et la pensée, puisque le marxisme se donne ou se voulût (pendant ou après Marx peu importe) comme scientifique et rationnel et non pas esprit ou pensée. De même que le communisme ne suppose pas du tout le désir (individualisant et libéral) mais le besoin (universel et nivelant). 

Inversement on prend le pour-soi tel qu’il se donne ; non pas néant (ce qui, pour nous, ne correspond à rien du tout), mais mouvement. Et c’est sur ce mouvement que l’on en décrit la structure ; la structure de ce qui se meut (ou donc, le possible brut, du donné là, et le possible pur, du possible possible).

 

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L’invention des distinctions nouvelles

17 Novembre 2024, 17:51pm

Publié par pascal doyelle

Ou le logos français.

Descartes ; toujours cette difficulté à comprendre qu’il ne s’agit pas de l’entendement, de la pensée, de l’esprit et du corps, mais de la conscience. la conscience fait groupe à part ; elle est originelle et avant toute “pensée”, avant même toute représentation. C’est pour cela que le cogito n’est pas une preuve, théorique, rationnelle, mais un fait et inaugure l’étude, l’analyse de ce fait (qui sera continuée, cette analyse, par kant, Hegel, Husserl, Sartre, et Lacan, à sa manière, sous la forme du “moi”, des années soixante en particulier). C’est un fait, ce qui veut dire un mouvement et se montre tel quel ; en se mouvant “je suis, j’existe”. 

La conscience est un rapport (cad un mouvement) ; aussi ce rapport exclut, sur le moment, tout autre rapport ; acquiert son unité, son unité non pas consistante absolument, mais relative, à tout le moins, à ce mouvement ci ; je me signifie. Oublions les deux “substances” parce que plus tard Descartes commencera de saisir qu’il est, en réalité et en vérité, une seule substance ; la troisième substance, seule réelle (sous-entendu les deux substances précédentes étaient, au moins, affaire d’analyse, d’observation, de méthode). 

Que la “pensée” soit la “conscience” (comme elle sera décortiquée plus tard, en philosophie) veut dire que cette conscience est antérieure à toutes les autres facultés ; la conscience n’est pas une faculté, mais l’unité du mouvement qui se diversifie en facultés, cad en domaines ; de perception, d’imagination, d’émotion, de représentation, de pensée ; ou en domaine esthétique, éthique, politique, de langage, de littérature, et évidemment d’humanisation et de personnalisation. 

Et ce à vitesse grand V et depuis 2 siècles : depuis la révolution, ou ce qui en tint lieu auparavant, ou selon les variantes qui suivirent, puisque la structure, se manifestant, se propose des interprétations, relatives, du Même ; le Même, la structure, ne peut pas se transmettre telle quelle dans le monde, mais de manière plus ou moins approchante ; la révolution, française, est ici considérée, avec ses deux siècles qui suivirent, comme la plus précise ; elle conjugue la liberté ET l’égalité, l’un devant la mesure de l’autre mais aussi l’un propulsant plus loin le possible et en chacune des libertés et en une justice d’égalité, “juste” signifiant, à terme, sainteté ; une nation de saints, et pas du tout comme “religieusement traitée”, on sait que la “France” a su, a pu évincer la religiosité (au sens où la signification du christique est plus grande que toute institution, et toute église) ; et puisque pour le français il n’est pas de centre absolu, mais chacun et chacun pour chacun (égalité), est le centre ; le centre non pas absolutisé, et pas plus relativiser par quoi le serait-il en tant que sujet ? 

Mais mesuré et mesuré certes par, selon et pour autrui, reprenant intégralement le christique (de même que le christianisme théologique reprend intégralement le logos grec), mais aussi par “soi-même en tant qu’autrui” ; cad soi-même par la littérature, que l’on a renouvelé, radicalement, et continué durant plusieurs siècles ; le chaque un est donc non pas un solipsisme exubérant ou dépressif (allemand, grosso modo), cynique ou agressif (anglais et usa), mais s’observant comme de sa distance et se constituant de sa distance ; et non d’une quelconque et très vulgaire croyance en soi ; de là qu’il soit arrogant, insolent et rigolard (comme Céline) ; c’est bien somme toute d’une version universalisante que le christianisme est devenu fou ; le français, à proprement parler, est mesuré ; oh grands dieux suspendons la croyance, celle-ci ou celle-là, qui ne vaut pas la liberté de vue ; Montaigne, les moralistes, le classicisme (Molière etc), Rousseau et ses confessions, et une telle quantité d’autres ; puisque si le chaque un est mesuré par lui-même ou/et par autrui, c’est qu’il voit, le chacun, plus grand, plus précisément et sans trop d’illusion, mais réalisant (voir les pages des inventions au cours de l’histoire, sur wikipedia).

Peut-être peut-on déduire le français de sa langue, spécifique, comme toutes les langues, mais de quoi la langue est-elle le nom ? Elle naît d’un entrelacement de relations, à soi et aux autres, et à l'histoire, les faits, et l’historicité, l’esprit, dirait Hegel, et d’une expérience générale et particulière qui a pu, a su se donner une langue et une création, née dans et par le roman (la langue et le roman, serait-ce idéalement, cad ouvrant dans l’humanisation un processus infini, une structure et une structure relationnelle, par la féodalité française et par la relation homme-femme  du fin-amor, de l’amour courtois et de la relation sujet-roi, vassalité et fidélité et honnêteté, et courage et prouesse qui se déploie en prouesse mystique, de l’aventure, invention originale, jusqu’au mystique et tout ceci sous différentes versions, variations, finalités ; le nombre de continuités, durant 2 ou 3 siècles, de Chrétien de Troyes est tout simplement stupéfiant, puisqu’il se découvre un champ entier de possible ). 

Que l’on soit non relativisés mais mesurés c’est tout différent. Qu’est-ce et où se situe la dite mesure ? On a dit déjà qu’il s’agissait de la littérature, et originellement de l’intégration et donc l’incorporation du christianisme ; si évidemment il s’agit d’une considération presque immédiate d’autrui, de son point de vue, il est également question de la perspective offerte sur soi-même comme si j’étais un autre ; dit autrement est effective la mise à niveau, L'update, l’upgrade de la conscience ; elle s’étend dès lors à l'incroyance (ce qui aura lieu, puisque tout le 18éme et tout la révolution se présenteront tel un affront à l’église, sinon à dieu, prix à payer pour que du royaume spirituel la vérité se transmettre à et en l’historicité), mais également à l'impossibilité de croire, donc, que la structure, la vérité puisse se concrétiser vraiment dans le monde, le donné, et tout autant le vécu ou le corps ; ou donc, il se dispose, se prédispose une sorte d’affect absolument et radicalement spécifique et pour le dire unique ; c’est ici que cela se passe mais en même temps “ça n’est pas ça”. Comme dirait lacan, “je te donne ce que n’ai pas, à toi qui n’en veut pas”.

Sens de la mesure et des distinctions, qui puise à même la réalité et le vécu et l’idéalisation et donc l’idée qui donne à voir (depuis Platon, et Socrate, c’est la pensée de chacun qui montre le monde que le groupe, la représentation commune ne perçoit pas ; les idées seules montrent le donné), et sens de la retenue, de l’étonnement, de la suspension, du recul et de la perspective ; les romans se conçoivent comme continuation de l’antiquité, de la bible et du christianisme mais aussi du celtique, du merveilleux et du folklore ; autant de reculs permis sur l’actualité de l’invention( dont s’enorgueillit Chrétien de Troyes) ; il est une historicité directe et assumée (même excessivement imaginée). 

Si dans la réalité, existe le Potentiel (la réalité puise dans le possible afin de se réaliser) ; un arc de conscience, un sujet, ce rapport de conscience s’instancie lui en tant que Virtuel (appel à ce que l’on peut devenir, ce que l’on désire, ce que l’on cherche ou pas, le Graal étant le signifiant absolu de tous les signifiants, et pas qui s’y soit trompé, tout est parfaitement assumé comme tel en et par ce temps, cette époque, cette épopée existentielle d’alors). 

Insistons. Il n’y a pas, dans la vie, la réalité, le monde, l’être une consistance, une unité, une fusion,  mais une distance et c’est la distance qu’il faut réal-iser, rendre réelle et rendre réelle en tant que distance … et non en tant que “réalisée”. Aussi toute la littérature est de telle manière la mise en forme (qui se re-crée en chaque lecteur) de cette distance et sans laquelle il n’existerait pas de littérature et pas de lecteur ni d’auteur (il faut qu’il existe un auteur qui s’adresse, l’adresse, l'adressage (le postage si l’on veut) est essentiel) et même il n’existerait pas de héros, dont justement le roman, le poème, le théâtre est la monstration de la Distance, constitutive de tout. 

ou donc il n’existe pas de fusion et pas plus de confusion ; toute opération (littérature ou philosophie, politique ou histoire, etc) opère une distinction ; un je pense, je suis ; en lequel on n’est ni l’un ni l’autre ; mais justement celui-ci qui lit ce “je suis, je pense” ou qui considère que l’être est pensée-étendue ; ou noumène-phénomène ou conscience-historicité (hégélienne). Introduire la distinction c’est entendre saisir les rapports et donc distinguer ce qui autrement resterait confus ou fusionnel. 

Aussi la fin’amor, l’amour courtois, s’impose-t-il comme le cadre absolument spécifique qui renvoie l’homme à lui-même, la femme à elle-même et l’homme et la femme à eux-mêmes et eux-mêmes dans leur situation sociétale ; il est clair qu’il ne s’agit pas de distinguer afin de ségréger, mais installe chacun en son essence, ce qu’il faut définir comme champ phénoménologique (ce qui veut dire ; champ qui dépend des choix, des orientations (et désorientations, voir Rimbaud exemplairement), des intentionnalisations qui se produisent, de l’activité de chacun des rapports, qui s’inventent et se créent ; les sujets comme rapports créent les nouveaux rapports, ceux inouïs, ceux jamais vus, jamais expérimentés ; c’est bien le propre de la “définition” de l’humain comme rapport, chaque un, que de produire, créer (et non pas se croire en telle ou telle fusion d’essence ou confusion du monde et du vécu), le rapport, le sujet, étant immédiatement sinon instantanément activité. Instantanément (étant un raccourci du temps lui-même).

évidemment les femmes n’ont pas le même rôle que les hommes et les sexes sont tenus à leur rôle respectif  ; mais outre cette répartition de rôles, l’un et l’autre s’entretiennent étonnamment à égalité et chacun son registre ; la femme n’est absolument pas un “objet”, et  non pas de désir seulement, mais idéale et l’un et l’autre rendent possible une singulière élévation ; la femme s’entremet du monde féerique,  celtique, merveilleux, mais tout aussi bien sociétal et même institutionnel, et ainsi du “passage” en général d’un registre à un autre. 

Et femme également parfois dangereuse et “autre” (c’est quand même une des plus singulières étrangetés que ces “autres mondes”, séparés par l’eau vive, une rivière, un pont) et femme tout autant manifestant l’orthodoxie (des relations, aussi bien privées qu’instituées, Guenièvre, telle châtelaine) que l’hétérodoxie du monde courtois (Guenièvre et Lancelot, par ex, amants, reprenant le Tristan de triste figure ; Chrétien de Troyes réinstalle l’amour en l’individualité, dans la relation, dans le monde naturel et dans la sociétalité et ce jusqu’à la Joie de la Cour d’Érec  ) ;  d’une manière générale les femmes sont plus réfléchies, plus clairvoyantes (et entremise de toute sorte de magie ou d’un autre point de vue mystérieux). 

Paysage, devenir que subit en réalité le chevalier, pour son bien, ou son malheur ou, en vérité, pour son destin ; l’aventure, c’est cette catégorie unique et exclusive du roman ; qui se permet alors de puiser dans la vie, le donné, le relationnel, la passion, l’affect et l’étonnante vie vécue,  tel que tout cela se donne sans rechercher l'exemplarité du mythique, du légendaire ni de l’épique ; un roman impose sa quotidienneté et on en attend la signifiance, ou la conjointure dirait Chrétien de Troyes, toute à la discrétion de l'auteur, qui cherche et trouve le sens, la signification nouvelle, ce qui veut dire les nouvelles distinctions, reprenant le passé, Tristan ou les romans imitant l’antique, ou découvrant le futur, le possible, le relationnel renouvelé et créé, enfin, neuf, à nul autre pareil ; et tout aussi bien la tournure significative des aventures et en s’attachant réellement à son époque, sa réalité sociétale effective) mais cette aventure cherche le choix du destin, le contraire de l’aventure, mais qui ne peut naître que de l’aventure, d’autrui, du vécu, de l’éprouvé, et poussant l'immédiat, la confusion, le confus vers le distinctif ; et les étonnantes délibérations, psychologiques, psychiques (relevant de l’inconscient et de l’équilibre et déséquilibre de la jouissance au sens lacanien), et existentielles d’Erec, de Lancelot, d’Yvain, de Perceval ; déséquilibres et équilibres inouïs, de distinctions et de nouveaux rapports, dans la féodalité, la chevalerie, la relation courtoise et le monde courtois. 

Cet univers, courtois, qui fait-monde, la cour du roi Arthur, et qui relance constamment son équilibre, via les démarches, parfois folles et déraisonnables des chevaliers en quête d’aventures (puisqu’il ne s’agit plus de faire raison, logos grec ou théologique, mais littérature et conscience de soi) chevaliers qui parcourent le monde donné, et les autres mondes, mais bien plus la conscience du lecteur qui traverse d’une vitesse infinie quantité de devenirs individuels parce qu’individués, par les signifiants et par les signes, dont le Graal est le signifiant souverain, à la fois synonyme de réussite et d’échec ; les deux parce que le propre de la nouvelle littérature n’est pas d’être conclusive ou professorale (comme les mythes, légendes, épopées ou antiquités), elle est de conjoindre le lecteur et les signifiants. 

Puisque les “romans” sont extrêmement difficiles à comprendre, littéralement. Lancelot, Yvain ou Perceval transmuttent par des phases abracadabrantes ...... et incroyablement significatives. Jusqu’à que chacun se prononce “je” (je suis Lancelot, je suis Perceval). Ce sont de purs mouvements extra-ordinaires qui lancent, intégralement, toute l’Europe, et singulièrement la France.


 

 

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Tout est vrai

8 Novembre 2024, 15:41pm

Publié par pascal doyelle

Tout est vrai, le réel est effectivement là.

Il y a un arc, de conscience, parce que la “conscience” est le rapport en tant que celui-ci se désigne. c’est ainsi que s’invente le signifiant ; le signifiant est le rapport tel que purement formel (et donc qui n’est pas du tout de ce monde, du donné, de la détermination) et purement formel il peut se substituer ; aucun signifiant ne signifie le rapport (la conscience) mais aucun ne serait possible dans cet arc ; lorsqu'il dit “je”, exemple Descartes, c’est toujours (toujours) en pointant ailleurs ; dieu, la pensée, l’universel, la volonté, de puissance ou pas, la durée ou le langage, etc. sauf que étant un rapport, l’arc est un sujet ; c’est uniquement parce qu’il importe dans la réalité (toute entière déterminée) le rapport, comme tel, et que ce rapport se-dit lui-même, ou si l’on préfère, se-sait, qu’il y a un rapport.

Raison pour laquelle on a jusqu’alors confondu l’arc de conscience et la pensée ; le sa-savoir (la désignation de “soi”) n’est pas une connaissance ; preuve en est que la preuve cartésienne ne s’instaure pas dans la pensée, mais en dehors, et raison pour laquelle cet en-dehors réclamera dès lors toute l’attention, l’attention du sujet sur, vers, par lui-même ; ce qui lui est possible puisque le sujet n’est pas une identité, mais rigoureusement une non-identité, soit donc un écart, une distance, l’altérité même ; l'altérité sans raison, sans détermination ; la conscience est distincte parce que une et ce “un” n’est pas une détermination, cette distinction est absolument formelle ( inaugurant du reste le un, le nombre, qui est le rapport à soi de n'importe quelle unité, chose, être, et leur division, addition, etc ; les mathématiques fonctionnent parce qu’ils utilisent le rapport comme descriptif généralisé, de même la pensée est universelle, parce qu’elle tente, à chaque fois, de manifester l'universalisation, comme processus ou procédé, procédé de fabrication de l'universalisation même, et à l'exemple des mathématiques on peut penser au-delà du donné ; pareillement si on se demande mais qu’est-ce que cette œuvre esthétique ? Il faut répondre c’est le prolongement de l’esthétique, de la perception et de la mise en forme vécue, éprouvée (en littérature également donc), et ce prolongement parvient (souvent) à dépasser le donné, le vécu, le moi ou l’humanité ; une œuvre esthétique (ou littéraire) est plus grande que la réalité ou le vécu ou le perçu ; les œuvres font réellement voir, de ce que “voir” veut dire, encore plus de réalité ; ainsi les mathématiques sont potentiellement (et de fait depuis le 19éme) plus étendues que les réalités physiques du monde. 

Ainsi l’arc de conscience est plus grand que tout, puisqu’il est le rapport même tel qu’il s’existe, s’ex-siste ; de sorte que, si l’on est croyant, ou si l’on envisage “dieu” de quelque manière ou l’absolu, (etc), il est absolument vrai que tel qu’il, dieu, se donne, ça n’est pas et ne peut pas être un mensonge ou un travestissement ou un avatar, une seconde main en quelque sorte, mais c’est pleinement et réellement que l’énoncé est le message et le message est l’être ou le réel ou le divin ou le sujet, (etc). 

dit autrement il n’est pas, nulle part, de mystère ou d'impénétrabilité ; l’absolu est réellement tel quel (de même les maths se donnent vraiment comme réalisées, sinon on ne parviendrait pas à compter, à penser, à ordonner les nombres, ou on ne comprendrait rien du tout à Platon ou Spinoza). la vérité est que ce que l’on ne saisit pas (parce que l’on se perd souvent et régulièrement dans la pensée, mais aussi dans une œuvre esthétique, dans une poésie, et suivants), ce que l’on ne saisit pas, c’est ce qui a commencé si soudainement à s'étendre, que l’on n’en voit pas le bout ; ça échappe vers tout là-bas. Et ça n’est pas Rimbaud qui contredira ; il a vu, et tellement vu, qu’il n’a pas pu en revenir, il a été pris-dedans ; on n’approche pas du Bord dans succomber, et basculer de l’autre côté. 

L’autre côté c’est ce que l’on a cru voir, l’intériorité de dieu, du un, de la pensée, du sujet ou du réel ; cette intériorité, si cela se trouve, c’est ce qui sera révélé de but en blanc de l’autre côté (si il y en a un, d’autre côté, d’autre versant de la réalité, le versant du réel). quoi qu’il en soit, retenons que les maths, la pensée, l'œuvre, la vision c’est l’étendue extrêmement lointaine mais telle qu’elle se présente, ici même. 

Dit autrement ; le présent est Vu de l’à-venir (dont on comprend bien qu’il ne s’agit pas seulement de l’avenir, du futur, mais du possible à-venir). Puisque pour nous, ici, il y a un présent qui se tient tout-au-bout et qui crée l'ensemble de tout ce qui est donné ; la réalité ne se cause pas du passé, du donné, du là, déjà là, mais du possible ; cad de “ce qui sera”.

On dira encore autrement que le “ce qui sera” se cherche et se cherche en activant continûment le présent et ses possibilités ; parce que “ce qui sera” dépend du sujet ; il ne s’agit pas seulement de réaliser un monde, qui, une fois acquis, tiendrait de l’être simplement “là”, mais de réaliser la perfection du monde et la perfection des sujets ; soit donc la perfectibilité de la capacité ; et la-dite perfectibilité doit se réaliser, se rendre réelle en se tirant de soi ; de par sa volonté, de par son intention, son intentionnalité ; puisque seul le possible issu, créé d’un sujet est adéquate à sa haute idée, son grand principe de “plus grande possibilité possible”. 

tout est attaché à la possibilité, parce que la seule finalité assignable à “une réalité il y a”, c’est non de réaliser ceci ou cela, (qui périt), mais de réaliser le possible même ; ainsi la révolution instruit, informe un monde humain de libertés (d’êtres libres et égaux) afin qu’ils réalisent non seulement ceci et cela de leur vécu, relationnel, imaginaire, etc, mais qu’ils réalisent la liberté même ; qu’elle soit la régulation même de ce qui se peut (raison pour laquelle la plus grande liberté est celle qui se sertit avec l’égalité, échappant ainsi à la rivalité, et l’égalité sous la couverture générale de l’universel ; ce qui veut dire “que chacun puisse penser” ‘au sens cartésien et suivants ; penser, vouloir, imaginer, ressentir, et troisième substance etc).

 

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La vision arthurienne

26 Octobre 2024, 12:32pm

Publié par pascal doyelle

Le possible est au-devant et il y a un au-devant, cad en somme et clairement un présent, afin qu’il apparaisse, au sens de se concrétise, se réalise. 

Il est ainsi une étrangeté, une aberration, un mystère interne au présent ; ou plus exactement en l’actualisation ; l’actualisation est absolument ce qui caractérise l’arc de conscience (mais également au présent en tant que fait, existence, exister ; en ce qu’il fait surgir ; il est là pour cela ou plus exactement sa structure est de porter le possible) ; il actualise sa possibilité, ses intentions, ses intentionnalisations, soit les signifiants, les signes, les perceptions, les idées ou les affects eux-mêmes (puisque l’arc de conscience en un Corps, le modifie tout entièrement ; il ajoute à tout corps vivant une autre-surface, celle découpée et mille fois réunifiée, une autre-surface de signes, de mots, dont on a compris, depuis la psychanalyse, qu’il se tenait des signifiants-signes, et non des seuls affects ou pulsions ou désirs ; “l’inconscient structuré comme un langage”, ne veut pas dire que l'inconscient se conforme au langage, mais qu’il élabore, crée lui-même et individuellement, un par un, les signes en une ou des phrases ; qui requiert une analyse absolument singulière et dont la clef, les clefs relèvent d’un “savoir” mais d’un savoir individuel, singulier, unique ; ceci pour l’inscription en et par chacun de sa propre “langue”, mais qui veut dire que ce qui compte c’est l’intentionnalisation même qu’est un sujet ; antérieurement à tout, il est un “savoir” qui désigne ce corps-de-signes. 

Ou donc corps de possibilités puisqu’il ne tient pas exclusivement au passé, mais au possible, au champ ouvert de signifiants, soit phénoménologique (qui n'apparaît pas pour rien, de même que Freud ou Lacan, etc) ; à l'organisation, l'articulation, l’intentionnalisation qui s’élabore un corps, une perception, un affect, et ce parce qu’un langage-savoir, un chiffrage, une matrice de signifiants-signes (on insiste sur signes” parce que ce-corps crée son-langage et non un effacement dans le langage commun (car alors d’individualité il n’en existerait pas, et donc pas de champs de perception, sinon comme jadis celui d’un groupe holiste). 

Qu’il n’y ait pas de passé, c’est ce que signifie l'articulation de l'inconscient ; en tant que le premier signifiant est à jamais non seulement oublié mais non existant ; il est perçu ou ressenti sous l’auspice de l’hallucination,  le premier signifiant (celui qui coupe le corps vivant et donc le “tue”, et qui signifiera l'impossibilité, le corps qui ne peut pas être introduit dans la chaîne signifiante, puisqu’il est un être réel, une “chose”, là et irréductible, mais qui est signifié par défaut en somme) ; en hallucinant la satisfaction (ce qu’attend tout corps en tant que vivant, mais sans plus ; une fois rassasié, il n’y “pense” plus  ; pas le corps humain, qui est soumis à l'hallucination, à la jouissance qui envahirait tout, si elle n’était médiée dans et par les signifiants, en tant qu’ils se tiennent du champ de conscience ; par quoi donc il existe un arc de conscience qui a conscience du réel, qu’un réal il y a, externe, autre, sans conscience, donné “là” (l’être donné là) ; réel qui n’existe plus dans la folie (le réel, donné là, est remplacé par le réel intérieur du sujet inconscient ; le lieu de la coupure conscience-corps, qui impose un réel halluciné, hallucinant). 

Hallucination donc de ceci que la satisfaction entre dans un champ intentionnel (et qui ne pourra plus se satisfaire de quelque partie du monde, du corps, d’autrui) ; ce manque intérieur, Lacan et la psychanalyse en général indique que “l’intériorité” du sujet humain, outre ses rêveries donc, c’est l'inconscient, cad la surface du corps, vivant, doublé (dépassé et redimensionné à la fois) par l’autre surface du corps : le reste, cad l’intériorité au sens habituel, classique, est superfétatoire ; il appartient au champ de l’imaginaire, de la tromperie, de l’illusion (qui peut être fort agréable et intéressant et même passionnant, mais qui est un bouchage de trou, le trou que le signifiant, comme symbolique, chiffrage, marqueurs divers et variés, repères et repérages (en ceci qu’il systématise assez rapidement les repères ; il est peu de faits qui soient hasardeux, puisque le champ de signifiants est un champ de rapports et donc toujours-déjà organisé). 

Lorsque le christique invente, crée l’autre surface du corps, qui échappe alors absolument à tout groupe social, sociétal, à tout ordre, et que seul le christ lui-même récupère et aimante, alors le champ individuel est créé en et et par chaque un. évidemment par et en un regard externe ; puisque le christique rend possible que vous lui rendiez le regard ; c’est la challenge ; et tout l'ensemble est réglé sur ce possible : autrui. 

Le christique engrène une réalité humaine autre et en plus (de toutes celles qui eurent lieu) ; et donc initialement un relationnel ; il s’agit de lancer une possibilité nouvelle ; autrui comme existant en tant que rapport et donc incommensurable ; autrui en tant que le je que je suis et un je qui découvre que précisément il existe, et dépend de sa propre responsabilité. 

Il faudra le détour de la fin 'Amor pour que usant du celtique, du folklore, de l’imaginaire, du fantastique, et aussi de la relation homme-femme, de la féodalité, et courtoisie que l’église ne comprendra pas (pas autrement que comme pittoresque et ridicule) ; et qui fonde la littérature, cad la langue française ; cette civilisation ; la civilisation qui invente l’adaptation mondaine, humaniste, individuelle, dans le donné là du monde, l’adaptation ici même du christique. 

Il fallait traduire le christianisme dans le vécu, mais une telle réalité humaine ne fut jamais réalisée ; il fallait la créer.  Une telle réalité humaine qui prend son origine, sa cause, dans la structure de chaque un (et non plus comme exclusivement transmission du groupe, mais alors si le groupe est repoussé, le monde est, lui, désormais positionné “là”, comme l’être des grecs, et puis dans ce monde je suis un corps, le corps du christ comme signifiant de chaque un ; encore une fois que l’on y croit ou non n’intervient pas, ou plus, pour nous) ; par quoi le christique provoque le sujet (chaque un) à partir de sa régulation impérative ; autrui, à quoi ensuite pourra s’ajouter la liberté, le soi-même, cependant déjà régulé par cet autrui christique. 

Que ce soit le christ lui-même, qui s’impose comme autre absolument et pourtant autre être (divin) humain (ce qui ne s’est jamais vu, il ne s’agit pas d’un “avatar” mais d’une personne humaine), ou régulation supposée a priori, dirait Kant, antérieurement à toute expérience, et pourtant rendant possible toute l'expérience relationnelle nouvelle ; tout autre être ayant un rapport à soi (qui ne peut donc pas être assujetti, étant lui-même sujet, ce mouvement en rapport excluant tous les autres en sa propre considération). 

Toutes les réalités sont des rapports (qui se sont constituées par interaction directe, ou intellection immédiate, de leurs déterminations ; tel atome se distingue de tel autre, telle molécule, telle règne du vivant, telle espèce, l’abeille n’est pas un bourdon), et les vivants eux-mêmes se vivent en tant que rapport de ce-corps (vivant) à lui-même (c’est l’affect même du vivant, qui se doit à lui-même afin de se déplacer dans son milieu-monde). L’être humain est le rapport qui se-sait en tant que rapport ; ce qui veut dire qu’il sait qu’il est cette formule “magique” qui peut passer outre le monde, ou autrement dit la détermination (la “nature” invente un moyen, forcément déterminé, qui passe outre ce caractère déterminé ; c’est le signifiant, mais il y a signifiant parce qu’il y a cet arc de conscience, qui, évidemment, ne colle pas, ne s’identifie pas au déterminé ; sinon de jeu entre les signifiants, il n’y en aurait pas ; il y a signifiants parce qu’ils se meuvent et ils se meuvent parce que l’arc de conscience rapporte, lui, les signifiants au monde, au donné, à autrui ou à soi.

Et c’est toute l’ampleur que sût apporter, créer l’épopée courtoise comme traduction de la distance entre tout. Entre l’homme et la femme, entre le chevalier et le roi et le tissage de relations individualisées, le chevalier, le roi et le monde (gaste ou non), entre les “mondes” (ceux celtique, folklorique, féérique, imaginaire, signifiants donc), entre les possibilités et les impossibilités ; toute la littérature (qui se rée, qui s’invente en tant que telle, en tant qu’aventures de sujets réels) est parcourue de tourments, de délires (obsessions, terreurs, dépressions, troubles infinis, haine et passion) et de franchissement ou non de limites ; Lancelot, le plus hallucinant (vers Perceval), aime-t-il Guenièvre ? Passent-t-ils à l’acte ?  Oui. Lancelot (adopté par l’Autre Monde, par la Dame du Lac) se conjoint donc à et en ce monde, amant de la reine ; est-ce ou non à la fois la possibilité et l’impossibilité de la jouissance inimaginable, hors monde, terrible et ancienne, inceste, viol, meurtre par les géants qui précédaient le monde arthurien ? Ancienne généalogie également qui relie David, Joseph d'Arimathie, le graal et la chevalerie ? Il se joue dans la littérature arthurienne l'ensemble de toutes les limites indispensables au monde humain tel qu'individuellement serti ; ne cherchons pas, tout est là.

 

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