Origine
Le rapport, comme notion, métaphysique, et position ontologique, signifie que si il y a plein de réalité(s), le réel n’est nulle part ; il n’y a pas un “être” qui serait l’origine ou le résultat, la source ou la complétude.
Il y a le mouvement, qui est incomplétude, déjà en lui-même et puis comme tel ; il y a un mouvement, quelque réel survient. La structure, dans l'historicité (soit donc dieu, la pensée, le sujet christique et cartésien, le réel) consiste à ménager. Si le mouvement est cela qui existe (et qui n’est pas, justement, l’être est l’effet de l’exister et donc l’exister se constitue comme dimension, ou dit autrement comme cinquième dimension, celle du présent, qui détient l’ensemble de tout ce qui est, et se tient, lui, comme tout ce qui Existe ; puisqu’au final il s’agira de comprendre ou commencer de comprendre ce que l’actualité, l’actualisation de tout le possible peut bien signifier).
Pour saisir l’apport, l’ajout, ontologique (ou donc consistant en ce que le réel peut) de ce qui est comme mouvement, prenons le christique et en quoi l’invention structurelle (dieu, la pensée, le sujet, le réel), bouclent sur eux-mêmes.
Le christique se tient auprès d'autrui, vers autrui, puisque tout le christianisme est orienté, aimanté par et pour autrui.
Et pour une bonne raison, que l’on va comprendre immédiatement. Si chacun ne crée pas un lieu pour autrui, alors personne n’est chez soi. Tout le monde sera en danger.
Si l’on veut qu’existe des individus, des sujets, des mois, des je, il faut que chacun accueille chacun. Sinon non seulement ça ne sera pas vivable, mais pas même viable, et cela, cette subjectivation, n’existera pas.
C’est pour cela que Descartes, la conscience ‘de’ soi, qui se prend soi, effectivement et explicitement pour finalité, finalité au sens ontologique pas en forme d’égocentrisme, qui serait une négation de la conscience comme rapport (le “soi” de l’égocentrisme est une obnubilation, pire que dans un fantasme, et qui nie que sa nature, sa structure soit un rapport) et ce soi de conscience-de-soi ne vient que bien après le christique et bien après le christianisme.
si l’on veut saisir ce que le “rapport” implique, il faut appréhender ce que les mathématiques, l’universalité, ou la singularité d’une œuvre, littéraire, esthétique, ou un impératif moral ou une exigence éthique signifie ; à savoir que le rapport est à dimension non pas d’un subjectivisme (qui toujours orienté vers l’immédiateté) mais à dimension du réel ; la singularité, cad que le rapport soit un, veut dire qu’il est possible d’étendre le rapport au réel, aux réalités, aux humanisations, aux personnalisations et à toute systématique de langage (des maths aux poésies).
C’est que ça n’est pas seulement que les maths développent le réel du nombre (qui est un rapport et donc se colle à tous les rapports possibles et au sens de pensables, pour le moins, et peut-être selon la musique des sphères quelque part, bien qu’il faut bien comprendre que le rapport est plus grand que les nombres ; de là qu’il faille π égal à 3,14 indéfiniment ; l’indéfini signifie le rapport réel dont le nombre est une formalisation, étant entendu qu’aucun contenu ne peut supporter le rapport lui-même ; de même que l’on ne peut pas supporter la face de dieu (puisqu’il est clair que le dieu (unique) est précisément unique de ce qu’il exprime le rapport tel quel, cad l’Intention ; l’intention au-delà de toutes les autres, puisque les autres usent du stratagème du signe (qui est déterminé) tandis que l’intention (unique) est celle et exclusive (aucune autre intention-unique n’est supposable, puisque la forme est absolument non composée, non composable).
C’est ainsi l’origine, structurelle, de la “conscience” ; puisque la conscience “sait” ; ou plus exactement puisqu’elle se-sait alors elle sait, sait n’importe quel ceci ou cela ; le savoir-de, qui se déduit ontologiquement du sa-savoir, est plus grand que la connaissance, puisque le se-savoir est celui non d’un tel ceci ou cela mais du rapport lui-même (ou donc, dieu, la pensée, le sujet, le réel signifie que le réel se produit, se crée, s’invente d’une activité) ;
on réserve “connaissance” pour la raison (qui sait qu’elle sait et donc se surveille) ; ce qui signifie que l’origine de la connaissance, en général, de tout savoir et de tout système en quelque langage que ce soit et de tout langage comme tel, est ce se-savoir qui étant formel peut proliférer (en tous les contenus et tous les systèmes possibles ; parce qu’il se-sait et que ce se-savoir (du rapport) n’est pas déterminé (il passe au travers des contenus, raison pour laquelle il est quantité de langages et que même chacun peut se structurer “comme un langage” (qualification de l’inconscient par Lacan), et donc non pas exclusivement faire œuvre mais être une personne, une personne humaine singulière ; pour cela, le se-savoir se transborde en tout et pour tout.
Le se-savoir est évidemment adéquat au possible, adéquate à la nature, la structure du réel ; puisque dans son rapport non seulement le terme second est non déterminé, mais également le terme premier est toujours potentiellement remis en jeu par et via le terme second ; c’est bien en ceci que non seulement la “conscience” peut modifier telle ou telle situation (en remontant le danger ou le problème ou l’interrogation ou la question, par et via la réponse), mais aussi cette conscience, ce je peut se permettre d’être et de n’être pas ; et toujours la pensée, la réflexion ou la philosophie ou la représentation ont bien saisi que cette indétermination se devra d’orienter tout le mouvement intentionnel, l’ensemble de faisceaux de conscience, et ce jusque dans et à partir de la perception.
C’est qu’en effet, la liberté telle qu’active, ne commence pas par une décision de plein conscient, qui aurait à s’imposer ou rompre en vertu de son règne impérieux, mais ce qu’il s’agit d’élaborer c’est de proche en proche la réorientation des intentionnalités qui déjà existent et existent activement, et de les modifier dans et par l’arc de conscience.
Arc de conscience dont il faut préciser ceci ; qu’il n’est situable en aucune de ses parties ; l’arc de conscience c’est l’arc en ciel jeté par dessus le monde, par dessus la vie vécue, par dessus le corps donné et ses destinées diverses et variées ; l’arc de conscience atteint péniblement la réflexion qui le positionne en cette vérification et expérimentation de “ce qui existe” (il en forme difficilement les notions, par ailleurs toujours partielles), mais en même temps (et c’est originellement) il ne perd jamais le compte du réel.
Le compte du réel (sur quoi on reviendra) est l'introduction dans la dimension, ou donc dans le réel comme dimensionnel ; on comprend aussitôt que dieu, le christique, la pensée, le sujet et le réel (la révolution et la réalisation, ensuite, de toutes les intentions humaines et ensuite encore personnelles) formulent manifestement, dans l'apparaître même des signifiants, cette réflexion à la fois inaccessible et immédiate (voire instantanée, puisque “l’on en est saisi” ; on est saisi de dieu, de la pensée ou du sujet ou du réel).
là, comme d’habitude et ailleurs cent fois déjà, nous ne sommes pas sans rien ; on a déjà positionné les points du réel, de l’activisme du réel ; ils sont déjà nommés et souvent déjà explorés.
Il n’y a que depuis le réalisme rationalisme naturaliste (matérialiste et autres) que l’on veut à tout pris les ignorer et croire que le monde commence à nos pieds ; le réel a déjà été signifié depuis 4000 ans et plus. C’est comme de ne pas vouloir entendre que Descartes a déjà dépassé “la pensée”, celle universelle du logos ou de la théologie ; il le dit pourtant explicitement et ni Kant ni Hegel ne s’y sont trompés.
On considère ici, de fait, que dieu, la pensée, le sujet, christique et cartésien (ou kantien etc) et le réel (la révolution aboutissant d’une part à “l’exister existe” de Sartre et Heidegger, et d’autre part au monde des mois depuis les années soixante), n’ont pas surgi au hasard et ne sont pas en eux-mêmes des particularités et pas même des exemplarités, mais de véritables positions ontologiques qui portent (ou sont générés) par la structure du réel même ; de là qu’ils manifestent l’intention (dieu), l’intentionnalisation (universelle, de la pensée), l’intention individuée (selon autrui, christique, et selon soi, Descartes) ; et ce jusqu’au plus instanciées prononciations (accord d’un signifiant à un mouvement de la position) ; par ex, si le christique revient “en et par son corps, vivant” ça n’est absolument pas une fioriture ou une imagination arbitraire.
Comme dit :
Ici ces notions existent (l’arc de conscience, le présent, le possible, le réel , etc)
mais on ne sait pas si elles existent vraiment, effectivement, dans la réalité.
Chacun voit comme il veut.
Peu importe en un sens, puisque le but premier (et donc il y en un second, un troisième, et ainsi de suite)
le but premier est d’élaborer l'ensemble opérationnel,
qui permet de visualiser ou de penser peut-être, ce qui effectivement a lieu.
Et, évidemment, on tient qu’expliquer la pensée, la personne humaine, l’humanité elle-même
sans se référer à une structure spécifique et exclusive,
c’est réduire la compréhension que l’on en a a minima,
c’est décrire et expliquer en deçà des faits observés.
pareillement lorsque l’on renvoyait au-delà les notions de liberté, d’infini, d’être, de substance,
on postulait bien (au sens où visiblement quelque réel excède le donné)
mais on n’expliquait pas.
On tient, à tort ou à raison, la notion de rapport
comme très justement adéquate et susceptible d’avancer dans la compréhension
du réel, de la conscience, de dieu (éventuellement pour le croyant).
Et ainsi nous naissons non pas selon le monde, le donné ou le corps ; mais en et par le présent ; lors de l'acquisition par elle-même de la “conscience” ; lorsque, donc, le rapport se tient en face de lui-même ; ce qui est impossible (puisque le rapport n'apparaît que sous le couvert d’un contenu ou d’un signe ; lui-même n'apparaît pas, et c’est pour cela qu’il nait et n’est jamais enclos ; même si je dis “je”, je ne suis pas ce signe).
Et c’est alors dans le présent, cad dans l’activisme absolu du présent - qui déroule tout ce qui est, dans l’activisme absolu du présent donc que se crée l’activité d’une conscience (un je qui n’existe qu’en activité, et qui donc ne peut pas croire qu’il cessera). Rappelons qu’il existe une réalité (ou une création) afin que se présente, se présentifie le rapport même, cad non seulement le rapport qui est purement formel et donc capable de toute réalité, le rapport qui rend compte de toute la réalisation (de la réalité donnée) mais aussi qui est lui-même rapport et créateur de rapports et ce sur le fond, l’horizon, l’arc-ticulation de sa propre activité non-finie ; l’origine de notre être (qui n’est pas un être) est ainsi purement structurelle et se déroule hic et nunc, ici et maintenant, toujours.
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