Prolongement infini du monde
Le Possible décrit le principe même et exclusif du réel ; tout ce qui est possible est réel. Le néant existe autant que l’être, le néant n’offrant aucune résistance à l’être.
Remarquons que “tout” le possible n’est pas forcément réel, mais statistiquement le possible est devenu, devient, deviendra réel ; la raison en est que ça n’est pas un ordre qui devient comme possible, mais c’est le possible qui conduit à tel ou tel ordre, relatif, localisé? D'une part. Et d’autre part si le possible est le réel, c’est pour la raison, encore, que le possible renvoie, redonne, confère à ce qui est son devenir en propre ; ou donc, la réalité est ce qui se tisse elle-même, elle est due à sa propre activité ; sinon il n’existerait pas des choses et des êtres, mais une sorte d’ordre transcendant (situé on ne sait où , sans devenir, etc) ; c’est donc afin que cette réalité devienne selon sa propre potentialité qu’il existe un réel possible.
Aucun ordre ne précède ou ne supervise une “réalité” ; aussi le programme de dieu ou la structure du réel (comme possible brut dans les deux cas) tient de ce que cette réalité est en et par sa propre activité ;
Ce qui se double par le possible comme principe et finalité du réel ; soit donc ce que “veut” le réel c’est le plus grand possible possible. Ce qui pose la question de la nature du “grand possible” possible ; ou donc raison du possible comme finalité ; ce qui promet le plus grand possible se tient du réel. Il est ainsi une finalité interne ou inclue dans l’idée du réel comme tel, comme possible.
On est alors transporté extrêmement loin de la notion de l’être, et de sa statique ou plénitude ou complétude habituelle. Ce qui revient à dire que le réel est non pas la perfection mais la perfectibilité ; soit la capacité de devenir encore plus ; encore plus “grand” (au sens supposé ci-dessus ; on ignore ce que la grandeur, l’ampleur du possible).
On identifie ce que l'on nomme habituellement dieu comme la structure sujet la plus adéquate (et la seule, à notre connaissance) adéquate au réel comme Possible. la structure sujet est celle qui ne peut pas se conduire de son effet, de son résultat mais de la cause sans cesse renouvelée ; c’est alors qu’il faut saisir que ce ne sont jamais les initialisations ou les résultats qui valent mais le mouvement de l’un vers l’autre et, donc, de l’autre vers l’un ; ce qui désigne la structure sujet elle-même ; elle contient en sa formation non pas seulement la temporalité, mais le devenir ; le devenir qui est, alors, la logique même du réel ; il y a un réel afin qu’il soit plus grand que lui-même. Ce qui paraît évident.
Dès lors, chaque liberté, chaque conscience, s’impose comme la limite extrême de cet activisme qu’est le réel. Bien éloigné de l’être statique et figé, il existe un réel sous la forme d’un activisme et toutes les choses et tous les êtres naissent de et par leur activité en propre (il n’existe pas de chose ou d’être qui ne soient pas en mouvement et produits de ce mouvement).
dit autrement, la réalité “invente” (ou produit de son agissement même) des êtres qui sont à eux-mêmes leur propre rapport ; et ce rapport est formel, ce qui veut dire vide ; ainsi tout ce qui est, est déterminé, mais il existe une détermination qui outrepasse sa propre limitation, ce qui désigne la “conscience” ; la conscience est formelle et sans contenu comme telle (selon donc cette formalité, qui ne se rencontre jamais, puisque toute conscience est déterminée mais précisément il s’agit de passer outre ; ce qui rend possible le langage ; le caractère formel de la conscience rend possible que le signe soit indéfiniment substituable ; cette substitution permet lde défilement indéfinie des signifiants ; du moins lorsque les signifiants seront “libérés” et non plus tenus dans et par un groupe qui veut à toute prix préserver le trésor de son unité, son langage, et implique de tout transmettre le plus exactement possible (cycliquement donc et en et par une distribution sacré/profane).
Lorsque le le signifiant se libère, cela veut dire que la porte est ouverte à l’interprétation (celui de la torah par ex, et ensuite plus encore par le christique et l’inscription européenne ou occidentale ; chacun devenant son devenir, pour ainsi dire, et ceci est rendu possible par autodésignation ; “dieu” ou “l’être est, le non être n’est pas”, ou “le christ” ou le “je pense”, la “déclaration des droits de l’homme et du citoyen”, sont tenus pour cadre structurel, plus grand (cad infini) que les contenus (la nation pointe toutes les nations, le corps adresse tous les corps et un par un, le je signifie tous les mois (et les sujets) qui viendront, la société qui se décide envoie vers tous et chacun, etc).
La question en ce cas (dans le cas d’un athéisme et d’un rationalisme, si tant est que l’on puisse appliquer cette qualification moyennant une distorsion) est la distribution du signifiant ; au lieu d’une logique communautaire, qui table sur l’unité du groupe (qui ne peut pas se perdre de vue, sous peine de disparaître, de ne pas survivre, d’écroulement de son monde-parlé-perçu-échangé etc), on aboutit à une individualisation de signifiants ; puisqu’alors l’unité de l’ordre n’est plus “substantiel”, relatif à une essence très détaillée (les mayas ne sont pas les incas, etc, chaque monde est non communicable et ne peut jamais se remettre en question sinon sur de longue période et peut-être même ne le peut sans se désagréger), mais l’unité est relative à un ordre méta.
Méta veut dire structurel ; et qui consiste en la signifiance. La signifiance c’est l’auto désignation de cela qui exprime, de cela qui énonce, de cela qui parle ; dieu, la pensée, le sujet, la révolution ; ce par quoi, les quelques signes par lesquels est placé et déplacé dans le discours, la parole, la représentation, le relationnel humain ; de sorte que l’organisation du réel est signifiée comme structurelle ; par dessus les contenus ; par dessus les contenus existe encore un réel ; et c’est ce réel qui parle, qui représente, qui pense, qui connait (etc) ; cela veut dire qu’il peut développer un autre niveau, un autre niveau de rapports ; lesquels n’étaient absolument pas perceptibles précédemment ; dieu, l’intentionnel unique et formel et tout autre que toutes les déterminations (soit donc la nation et l’historicité ou le temps) ; le réseau intentionnel à l’usage de chacun, la pensée (soit le monde donné là, l’être, et l’articulation rationnelle qui explicite les rapports, soit les idées et les systèmes) ; le sujet selon et par autrui, christique, le sujet selon et par lui-même, cartésien (l’aperception de soi et d’autrui, comme rapport irréductible que ne peut couvrir aucun groupe humain ou aucune vérité abstraite, folie et scandale pour les grecs et les juifs); la société humaine telle que décidée là au-devant, et non plus reçue.
Ce sont les contenants et qui plus est qui développeront de nouveaux contenus (la nation et l’historicité selon dieu ; le monde donné là et universel selon la pensée ; le sujet relationnel et le sujet en rapport à soi ; la mise en forme de l’humanisation puis de la personnalisation.
Il y eut donc quantité d’acquisitions, suite aux découvertes/créations structurelles ; par lesquelles non seulement la réalité est exposée, mais surtout par lesquelles les réels effectivement nouveaux engendre non seulement des rapports, mais des possibilités de rapports ; ce qui est le sens même du possible comme structure du réel. Ces relations, ces rapports nouveaux sont créés ; ils étaient inimaginables avant qu’ils surviennent ; étant entendu que leur origine divine, révélée, soit donc se tenant de l’autre bout, invisible, du rapport, est remise à chacun, selon sa croyance. Et donc les acquisitions déterminées qui paraissent essentielles, sont en fait secondes (effets), par rapport au développement de la structure elle-même ; ce qui est répété à l'envie constamment ; ce que l’on vit, éprouve, désire, prévoit, projette c’est dieu, c’est la pensée universelle (le savoir et les sciences), le sujet et autrui, le sujet et lui-même (lui-même comme un autre, qui “assiste au spectacle de son esprit”, de son intentionnalité et de son intention, qui s’éprouve au sens précis), et c’est enfin l’idéal même de la société humaine humanisée et ensuite personnalisée ; par exemple comme dit Hegel on désire le désir de l’autre (ou on désire les objets désirés par autrui, version industrialisée, et le spectacle se donne comme distribution du désir, envahissant toute la perception et en tant que perception, ce qui veut dire que l’industrialisation investit la perception même).
Inversement l'œuvre, par ex, ne réside pas dans le tableau ou la symphonie, mais dans celui qui les perçoit et est obligé de modifier sa construction même, de remodeler, de recréer. de même celui qui pense, pense pour lui-même et doit se hisser en l’objectivité (l’universel opérant comme décentrant la conscience qui s’acquiert alors en tant que rapport, ainsi dans les maths les nombres sont en tant que rapports et ne sont que cela, en quoi donc la vraie nature de la “conscience” c’est cet effort, cette capacité même, alors même qu’elle tend spontanément à se croire tel un moi, un désir, une perception, selon une identité ;
la conscience de Pierre n’appartient pas à Pierre, c’est Pierre qui appartient à cette “conscience”, son intention lovée dans cette identité et qui se cherche, tout à fait singulièrement ; tellement singulière qu’ici la conscience ne se définit pas selon une détermination, mais comme un arc de tension qui se crée tout au long de cette existence ; c’est absolument parlant cette unité d'existence qui crée l'ensemble des champs que l’on essaie de porter, de créer en soi-même, champs tout à fait autres et complexes et dont l’unité est plurielle mais assurée ; cette assurance est précisément la qualité la plus désirable qui se puisse ; et c’est ce qui est recherché depuis le début ; depuis St Augustin, Montaigne, Descartes, Nietzsche, Sartre, Lacan, le sujet cherche le chemin de son unité ; comme il emplit cette unité de tel ou tel contenu, il se déçoit constamment ou succombe à la désunité, à la mort de soi, ou à l’inversion de soi, tel Nietzsche.
Or pourtant Descartes est bel et bien sur la piste ; le je est formel (la “pensée” imagine, ressent, perçoit et pense, soit donc notre être n’est pas la “pensée” abstraite).
Restait donc à comprendre de quelle sorte de formalité il s’agit ; ce qui veut dire ; quelle est la nature du réel ? qu’est-ce qui fait que cette conscience de soi se réfère à un “soi” qui ne peut pas s’immerger dans le monde, le donné, le vécu, le corps, le vivant ? Qu’est-ce que la nature distinctive du je ? En quoi ce je est-il à ce point modifiable ou modulable qu’il peut appréhender tant et peut-être toute détermination (soit donc il est hors de la détermination) et modulable en ce qu’il appréhende dieu, la pensée universelle (le savoir, les sciences, les maths), l’attention à autrui ou l’inquiétude quant à lui-même (il existe ainsi distinctement de “lui-même”... qu’est-ce que cet être qui n’est pas ce qu’il est ? Sur quoi et par quoi prend-il appui ? si il n’est pas (ce qu’il est), alors de quelle sorte est son “être” (qui de ce fait n’est pas un être, cad n’est pas déterminé ni détermination) ?
Comment peut-il se moduler à ce point que non seulement il se rend capable de dieu, de la raison, de la science ou des mathématiques, ou selon autrui ou lui-même tout en ne l’étant pas, mais qu’alors il est capable d'inventer, de créer, de recevoir activement toutes les possibilités ? Puisqu’il n’est précisément qu’activité réelle, il n’acquiert rien passivement, il les active ou les prend sur lui-même, il les fait siens ; et comme il n’a aucune idée, ou aucune mathématique ou aucune intuition naturelle de dieu ou de la pensée ou du sujet, c’est qu’en effet on ne comprend dieu, la pensée, le sujet ou le réel que si on active les rapports qu’ils présentent, et ces rapports n’existent qu’en tant qu’actifs ; c’est en ceci que dieu, le sujet, la pensée, le réel impliquent les sujets ; parce qu’il ne s’agit nullement d’imprimer un contenu dans la cervelle, mais d’en prendre la forme ; soit donc de se substituer à l’unité agissante dont le monde, le donné, le vécu et les champs intentionnels sont les effets.
Remarque ; si notre être est “rapport”, alors il n’est pas d’essence (mais des champs phénoménologiques), et dès lors modifier le champ de perception c’est modifier notre être qui n’est pas un être mais joue et sait jouer de l’apparence, de l’apparence et non de l’essence (parce qu’alors tout serait non modifiable et figé),
de l’apparescence de la réalité afin d'augmenter non seulement cette réalité mais encore plus le réel, la structure qu’est le réel. Le réel n’est pas autrement que ce champ de perception, qui n’est pas là pour rien, ni pour exprimer une essence ou un ordre (serait-il mathématique)
et dit autrement le champ des apparences (soit le champ de perception) est absolument fondamental ; c’est lui qui avance (de même que l’adn se transforme par et pour et vers la perception), c’est la perception qui avance ; la pensée des “essences” (ou des mathématiques dans un autre registre) est seconde et est de fait utilisée afin que plus encore on puisse percevoir (et non pas comme “synthèse” abstraite de la phénoménalité mais comme structure seule agissante) ; afin que l’on puisse encore plus percevoir ou plus véritablement encore afin que l’on puisse plus ressentir, éprouver.
Ce qui veut dire que la finalité ou l’effet réel du champ intentionnel ce sera ce corps. Ce qui introduit à l’étrangeté du corps (ceci est mon corps) et constitue une pièce essentielle qui permet de percevoir le monde, le donné, la réalité comme étant seulement une partie du réel.
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