Lecture du christique
(à l'usage des mécréants)
Le péché originel c'est un défaut de structure ; nous sommes limités et donc nous "fautons", on ne peut pas ne pas fauter ; le christ vient réparer la limitation en nous apprenant que ce ne sont pas les actes (toujours erronés) qui comptent mais l'Intention ; l'intention avant les actes. Puisque la finalité de tout ce bazar c'est la liberté ; dieu est tel qu'il est en lui-même, les anges sont parfaits, mais les hommes sont limités parce que libres (ils décident, inventent ce qui leur manque et donc puisqu'ils sont limités) ; ce que les hommes inventent c'est la part que ni dieu, ni les anges ne peuvent, eux, rendre réel ; sinon je ne vois pas bien à quoi servirait dans le plan de dieu, l'humanité.
Si il s’agissait de créer une espèce, imparfaite, et de l'obliger à respecter un Ordre, une Loi ou une adoration, ça n’aurait pas grand sens (de même que la raison n’est pas une idéalité qui précéderait le monde, ou les mathématiques un idéel immuable on ne sait où) ; il faut donc comprendre que l’humain ou plus généralement le monde, l’univers, sont lancés afin de produire, inventer, créer les lois, les mises en ordre, les cohérences, les libertés et leur(s) coordinations ; et que tout cet ensemble ne PEUT PAS être décrété (d’en haut ou d’un Ordre éternel ou abstrait) mais doit être élaboré dans et par sa propre activité (son activité de neutron, de molécule, de galaxie ou de vivant ou de conscience) ; et ce devenir, tous ces devenirs, sont irremplaçables ; dieu ne peut pas s’y substituer.
Ce qui se passe ensuite c'est le christ qui intervient et remet la pendule à zéro, ou si l'on préfère ; il relance la création (puisqu'aussi bien il est le verbe par qui fut créé la réalité ; l'intention c'est le père, le moyen c'est le fils, cad le verbe, le signifiant qui distingue, les choses et les êtres). Il est le premier qui ouvre la nouvelle création, et cela signifie la mise à jour, l'update ; au sens où quelque chose de plus est mis en jeu et donc ce quelque chose révèle (ce qui jusqu'alors était non explicitement ; c'est juste que l'AT passait par d'autres moyens, la Loi spécifiquement).
L'élément qui relance la création (et par quoi est révélée la réalité et la liberté) c'est l'intention ; l'intention vient outrepasser la Loi, et permet d'inscrire bien plus loin en nous le devenir, le déploiement d'une élaboration ; chacun devient ainsi en mesure de se rechercher (de rechercher sa vie, son existence, de la naissance à la mort, qui est, en tant qu'existence, rendue à chacun ; chacun se tient du rapport qu’ile st et qui, par le christianisme, est explicitement montré, désigné, et incrusté en tant que Corps Individuel et donc en tant qu’existence qui va de la naissance à la mort (et donc au-delà, puisque la naissance-mort est perçue d’un point au-delà ; on est et on n’est pas la vie que l’on a ; on n’est plus la vie (identité ontologique imaginaire) on a (d’un point extérieur, objectivement osi l’on veut, ce regard que l’on obtient sur-soi-même) on a donc une vie (on a un corps, on ne l’est pas) ; la conscience ne s’englue pas dans la vie vécue mais est-autre, voir Sartre par ex).
Certains également qui ne saisissent pas les différences AT et NT ; c'est que dieu a instruit au fur et à mesure l'humanité selon différents moyens ; et moyens qui correspondent à l'état de l'humanité de telle époque. Le “dieu des armées” ou le dieu jaloux ou vengeur, etc ; se choisissant un peuple, lui conférant le titre de nation, il n’allait pas le laisser dépouiller par les voisins. C'est évident et il ne faut pas exclusivement ne se fixer comme principe que le dévouement sacrificiel… je répète : il ne faut pas ; ça commence par soi-même, comme on sait mais le comprend-on ? Ne pas se respecter c’est s’humilier en un autre sens, une autre orientation que celle instruite par le christ ; il n’y a aucune raison de tendre l’autre joue incongrûment. L’autre joue c’est le principe qui peut s’établir tandis que règne la pax romana ; hors cette pax, il faut se défendre bien comme il faut, comme il est requis.
Jusqu'à ce que se révèle la véritable signification, qui est évidemment le christ (et qui n'a plus rien à voir avec le messie juif) ; dès lors le Verbe (qui était le moyen du père pour créer le monde) devient le christ ; se révèle donc que le christ est le fils et que donc dieu est le père ; ce qui implique dans le même temps que par le christ se révèle que tous nous sommes frères du christ, et donc fils de dieu. Comme le christ est venu instauré cette nouvelle réalité, à savoir que chacun est individuellement existant, alors chacun ne se réfère plus à une communauté (ou nation ou peuple ou etc), mais existe en et par le christ (qui sépare chacun et le considère individuellement).
Le christianisme ; il ne s'agit en rien d'une religion "habituelle". Le père donne le fils afin de montrer à tous qu'il se sacrifie, lui-même, pour le monde ; au lieu de condamner et de punir il s'offre pour montrer qu'il ne va pas, lui, dieu, et qu'il ne faut pas, nous l'humanité, juger, mais par-donner (à voir ce qu'il faut entendre par là) ;
il fait le premier pas (définitif cette fois) et montre le chemin (qui échappe à toute punition) ; "je suis venu pour sauver et non pour juger".
Ce faisant il répare la faute originelle, qui est une "faute" par manque, par finitude, par limitation (l'être humain est limité et ne peut pas se sauver, cad se réformer) ; sauf si au péché on peut opposer l'intention ; l'intention de faire le bien (mais aussi d'inventer, de créer le chemin, contrairement à ce que présentent grosso modo toutes les églises, qui veillent à seulement appliquer un Ordre)
l'intention donc peut non pas réparer mais commencer de réparer la faute (la finitude, la limitation) ;
les juifs, la Loi (qui nous condamne) ;
le christ, l'Intention ; qui vous rachète et dont le fils offert montre la bonne volonté.
Évidemment, Jésus est le Fils, et donc ne meurt pas, mais Jésus, la personne humaine, agonise et ainsi participe de notre souffrance (et terreur face à la mort).
Et donc il est absurde d'appliquer au christianisme la critique habituelle des religions communautaristes ; tout le processus christique consiste à obtenir des individus séparés. Le regard christique a pour effet de créer la séparation, même si sa finalité est de ré-unir , mais en seconde instance. Et c’est là qu’intervient le Saint Esprit ; le Saint Esprit réunit en seconde part, autrement, en une autre-communauté, une communauté “en esprit” donc ; il est le partage de l’esprit (de l’intention) entre tous les frères (et sœurs, puisque ni homme ni femme) ou entre tous les fils (de dieu). Donc trois personnes en dieu ; qui signifient, portent le processus complet.
L’ensemble du réel mis en jeu est ici interprété comme relevant de la notion, forcément vivante, du “ Rapport” ; le rapport est ce qui relie ; et dieu ne peut se dire tel qu’il est, puisque l’on tient toujours les éléments ou les contenus du rapport mais non la liaison comme telle ; la liaison ne peut pas se dire ; elle se signifie, elle se signifie et est reconnu comme telle par une structure spécifique ; un sujet comprend “cela” qui dit “je”, parce qu’il est lui-même un tel “je” ; ce rapport (la conscience) reconnaît ce rapport qu’est un “je” ; la conscience est précisément ce rapport qui se-sait comme rapport, même si il ne se connait pas, ça n’est pas une connaissance, mais un rapport à (soi) (lequel soi est le rapport lui-même, et non une identité ; la conscience de Pierre n’appartient pas à Pierre, une de ses qualités, mais c’est Pierre qui appartient à sa conscience ; n’ouvrez pas de grands yeux, c’est ce que découvre Sartre, il y a un siècle, soit dit en passant ; et c’est pour cela qu’il se trompe aussi, puisqu'il affecte une qualification universelle à "conscience” tandis qu’ici on relève le défi d’élaborer la singularité de la conscience ; il n’existe de conscience que singulière, cad sujet individuel pur et brut. Lui seul est-il révélé, re-Commence. Par qui le réel Commence in-cessamment. Par qui l’exister (et aussi bien l'existence qui se découvre comme existence individuelle) re-vient à partir de son origine, de sa source même ; il fallait bien le divin unique, formel, universel et absolument vivant, ce qui veut dire existant ou “qui re-commence”. .
Il fallait le divin pour installer dans la représentation humaine tous ces principes qui ne lui préexistaient pas ; pas dans le judaïsme, pas chez les grecs, pas dans la romanité ; et nulle part ailleurs. Sauf là, à ce moment-là. Et depuis c’est la règle même. Puisqu’il s’agissait de créer la voie individuelle, soit donc la régulation et l’inventivité de ce rapport là, circonscrit au je, étant entendu que ce rapport (à -soi- ) permet seul que se réalisent, se rendent réels tous les autres rapport qui seront.
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