Ce qui lance la réalité, qu’il y ait une réalité, que “la réalité soit”, c’est donc le possible ; tout ce qui est possible existe.
Évidemment le possible n’est pas l’imaginé (la licorne est non réelle puisque de toute manière c’est un cheval avec une corne, et autres attributs).
Le possible cherche donc, en tant que réalité, toute sa capacité ; or cela ne se préjuge pas d’un “ordre” préalable ; il n’y a pas un ordre qui décrit par avance, ce qui arrivera. Il y a une réalité afin que quelque réel non prévisible survienne. Et donc la réalité se définit comme activité ; il y a activité parce que ce qui se crée alors n’étant pas prévisible, ni prévu, ni un ordre préalable ; le véritable rationnel n’est pas un ordre préalable, mais la cohérence qui se déroule en tant que choses, êtres et arcs de conscience (et peut-être d’autres encore dont on n’a pas connaissance). Et d’abord, de fait, en tant qu’univers, d’éléments qui passent de l’énergie à la matérialité, avant que s’installe un espace-temps.
Qu’il y ait une réalité veut dire que quelque réel (nouveau donc) va se réaliser ; on a écarté à jamais que toute cette dépense d’énergie soit une débauche inutile, destinée au néant, qui tôt ou tard se dispersera indéfiniment dans un espace-temps de plus en plus éteint, étiré et déchiré.
D’autre part si le réel ou la réalité réalisent le possible, et que l’on se décide à considérer que le possible est l’essence, le sens, structure même de cette réalité, alors elle se continue comme Possible ; le possible est ce vers quoi avance la réalité ; ce qu’elle va réaliser. Au sens où si il existe des êtres conscients, leur tenue, leur essence ne tient pas dans une essence justement, mais dans leur “valeur” en tant que possible ; ainsi l’universel, l’invention, la création de cette possibilité, de cette ouverture dans la réalité de l’universel, de l'universalisation, c’est cela qui étend infiniment le donné bien au-delà du donné ; l’universel, la pensée, qui est un procédé et donc un processus.
(puisque ce qui s’invente, se crée dans la réalité, et spécifiquement dans la réalité que l’on nomme histoire, historicité, a valeur de ce qu’il a valeur de possible, de possibilité, le dieu de l’intention unique formelle qui remplace tous les dieux (caractérisés de ceci ou cela, et non pas indéterminés et formels qui peut, l’unique, supporter le possible) et tout le sacré (réservé temporellement et spatialement) par le divin, le divin parce qu’alors séparé, qui existe formellement, la pensée donc, le sujet christique ou cartésien, qui ramène le rapport à ce corps-ci, cette vie vécue telle quelle, cette actualisation de ‘soi’, lesquelles étapes étaient inimaginables avant qu’elles “se produisent”, et qui dès lors et à chaque fois changent absolument tout, toute l’historicité et tout le possible)
Processus donc que l'universalisation, qui déploie toute la capacité du donné ; ou donc ce que le donné a non pas pensé, mais réalisé en déployant tous les rapports ou plus exactement en tant que les choses et les êtres sont ces activités, cet activisme de rapports et est, la réalité, entièrement tissée et tissage de rapports, lesquels sont déjà en eux-mêmes des liaisons, des élaborations, et toujours des cohérences ; l’universel est ce dont sont tissés toutes les choses et tous les êtres ; jusqu’à parvenir à la conscience de soi comme rapport, comme étant le rapport lui-même ; en personne, en personne et en forme de sujet, le sujet étant le retour vers soi qui annule ce soi, qui transforme ce que l’on est en cela qui se re-lie, et donc qui peut relier toutes les réalités, toutes les représentations, que ce soit selon les nombres (qui sont des rapports) ou selon des idées (qui sont des liaisons entre signifiants de langage, de quantité de langages).
Et tout autant et plus encore dans l’historicité qui accélère, augmente, intensifie, incorpore toujours plus loin comme réalité la possibilité ; idéel, politique, morale, éthique, esthétiques et poétiques (et littératures) manifestent le déploiement constant, continuel et continué du possible comme conscience de soi ; dont on dit, ici, que le possible se crée comme conscience ; la “conscience” est l’accélération, l'augmentation, l'intensification, l’incorporation du possible même. Tout ce qui est lu, tout ce qui est décidé éthiquement ou moralement, tout ce qui est organisé politiquement, mais plus profondément encore tout ce qui est intentionnalisé, selon l’humanisation ou selon la personnalisation, accumule le structurel, cad le réel, par-dessus et en plus de la réalité, du donné, du vécu immédiat.
Ou donc comme devenir du rapport lorsque celui-ci est parvenu à se lancer lui-même en tant que lui-même ; par exemple en tant que l’autre conscience est un sujet, ce qui veut dire un rapport qui a rapport à lui-même et sur lequel on ne doit pas et on ne peut pas intervenir.
Si la réalité en elle-même (cad naturelle) porte déjà le possible (étant toute entière tissée de rapports, ou donc d’activités qui sont des rapports, y compris leur numération qui est partie intégrante de son être de devenirs),
alors l’historicité, la conscience, qui accumule sa charge interne, porte en et par un corps, auparavant vivant et désormais - existant - porte le possible même ; par le corps le rapport parvient à encore plus d’actualisation ; un corps précipite la réalité en instruisant le réel dans l’actualité, et donc l’activisme, de ce corps, créé de signes (que ce soit ceux du dieu unique, du christique, de l’universel et de la pensée, du sujet ou de la révolution, ce dernier point qui se voit si manifestement ;
cette société humaine est intégralement jetée dans le déploiement, le développement de signes (et les objets tout comme les images sont y compris des signes), ayant pour finalité d’acquérir des corps-de-l’autre surface, que chacun se tienne comme autre-surface ; et ce y compris intégrant le divin unique, le christique et la pensée, le sujet et l'historicité (et la totale réalisation de toutes les intentionnalisations humaines, et personnelles) ; puisque depuis que l’on est entré dans l’historicité structurelle, au contraire des mondes séparés (qui ne s’accumulent pas, mais se tiennent étrangers les uns aux autres), dans l’historicité structurelle donc il est possible d’incorporer cela qui existe en tant que rapports, précisément.
Or cependant chacun, en son moi, en sa forme sertie du moi, retransforme les signes en immédiatetés… et y succombe ; que les images et les objets remontent dans les signes, tous les signes, appesantissant et effondrant les signes, c’est la lente agonie de la structure. Et on en est fier ; on est fier de ne plus “croire”. De ne plus croire au-delà du monde, mais aussi du donné, du vécu ni au-delà du corps. Et donc tout est absolument destiné à mourir. L’horizon total de tous les objets, les images, les signes, les corps, les choses et les êtres happés par le néant généralisé.
Comprend-on que cette réduction à l’immédiateté prive fondamentalement non seulement des éventuels devenirs au-delà du monde, mais des articulations qui permettent de réguler la soif interne de notre structure intentionnelle, qui, étant formelle, ne peut pas satisfaire de tel ou tel contenu, aucun ne conviendra jamais ; seul le structurel peut répondre au structurel et l’engager dans un autre-processus ; celui nommé ici du réel.
L’accès au structurel est ainsi barré par sa, ses réalisations mêmes ; le moi, les mois n’imaginent plus aucune autre résolution que celle d’immédiatetés ; des objets pris comme des signes, parce que des signes comme des images. Dit autrement : ça ne pense plus, ça ne pense pas. Et lorsque ça pense ça traduit toute pensée en réalités données là, qui, évidemment, ne décollent pas, s’affaissent, tombent vers le bas.
Cette matérialisation de toute l’intentionnalisation humaine et puis personnelle est une fragmentation dans le donné là, le donné “là” (de Heidegger ou de Sartre ou de Camus), en images, objets, objectalités diverses (psychologie ou pharmacologie), lesquels fragments ne sont soutenus d’aucun horizon ; il devient impossible de les penser, certes, mais également de les positionner humainement ou subjectivement ; l’objectalité généralisée est une dispersion, sans unité ; or l’unité est “le dernier rapport”, le rapport qui permet de poser tous les autres ; l’être, dieu, le sujet, le réel se doivent de fonctionner comme rapport de tous les rapports ; de “fonctionner comme rapport” ou plus loin de dimensionner comme articulation seule réelle (qui seule crée le possible, au lieu de s’épuiser et d’éteindre dans telle ou telle réalité fragmentée).
N'ayant plus d’accès au structurel, l'ensemble de toutes les relations ne parviendront jamais à se réguler, la soif à s’apaiser, et qui dès le début, s’est déjà condamnée au néant ; la soif ne peut pas se désaltérer elle-même ; la structure n’est pas du même degré que la réalité (elle est de, par et sans doute pour le réel).
Et la transformation de toutes les rêveries en réalités, tue mentalement et physiologiquement, le corps, le vivant, la cervelle, le psychologique, le psychique, et évidemment tout relationnel ; tout est dehors, cad rien n’existe plus, tout est, donné là, très vulgairement, très quelconque, et qui réclame sans cesse l’énergie de chacun puisée jusqu’au tréfond et éreintante.
Comme elle ne se résout pas, elle se répète ; elle répète son invocation comme désir, et comme fantasme ; le fantasme tente d’adapter la jouissance (la satisfaction hallucinée et impossible et horrible, qui dévore du dedans l’esprit mais tout aussi bien le corps, comme la psychanalyse nous le révèle) ; ce qui est impossible torture (et au travers des objets, produits industriellement, des images qui vendent les objets ou qui simulent les corps, les mois, les vies vécues, les relations et tout cela est envoyé dans la simulation, la pseudo résolution, imaginaire, de la soif interne. (cf Baudrillard pour toutes les virtualités en jeu de mécanismes).
C’est pour cela que le corps christique n’est pas l’effacement mais la sublimation du corps ; il est relevé ; il devient-signe mais le signe est, cette fois (et sans doute cette unique fois), pure structure ; du reste pour comprendre, il faut bien s’avouer que Descartes est un seul et unique René ; ça ne peut pas se dire, se désigner, deux fois ; puisque c’est la forme (qui n’a aucune composition et se délivre telle quelle ; je = je, ou donc je —> je ou je ←- je ; puisque c’est un rapport et qu’il se lit dans tous les sens).
Le moi, si on lui dit que son être n’est pas un être mais un mouvement, une structure, n’y comprend rien ; il ne peut pas comprendre un tel mouvement ; si on lui annonce sa liberté, il entendra tout de suite (à supposer qu’il l’admette cette “liberté”) ; liberté pour quoi, liberté de qui, aboutissant à quel résultat ? Si il est selon le mouvement, cad selon le rapport, en tant que rapport, il ne voit pas que cela indique, potentiellement (mais on est réellement ici dans le Possible même, dans le réel-même), potentiellement que ce rapport indique tous les rapports ; depuis le 18éme ou le 20ème, on ne cesse de se prendre pour “tout le réel lui-même” ; et effectivement depuis la révolution toutes les intentionnalités de toute l’humanité et de toutes les personnalisations, sont bel et bien réalisées ; mais en vérité le réel est l'ensemble de toutes les ouvertures pratiquées dans la réalité qui creuse à chaque fois le réel ; dieu, depuis 5000 ans, la pensée, 3000 ans, le sujet christique, 2000 ans, cartésien, 500 ans, ouvrent à chaque fois ou montrent le possible pur et brut ; et dieu, la pensée, le sujet, le réel existent véritablement brutalement.
mais le moi qui croit saisir ses images, ses objets (l’objet venant constamment concrétiser l’image qui pénètre la conscience et l’emplit, angoisse que l’objet vient aplanir, un temps) en est saisi, passivement (on lui produira industriellement ses objets, puis ses images, Debord, puis ses relations, internet). il ne peut pas admettre que certes les contenus de conscience existent mais secondement, voire secondairement, et que le rapport, la conscience seule et d’abord existe ; parce que seule elle ex-siste.
Elle sort de son propre enroulement, puisque ce qui s'en-roule, roule, (infiniment) ; c’est un rapport, qui, donc, ne se ferme pas, mais est absolument ouvert ; et aucun contenu ne remplira ce rapport et aucune résolution qui ne serait pas elle-même structurelle (dieu, la pensée, le sujet, le réel, ou donc les domaines, esthétiques, éthiques, politiques, etc).