Étendue, pensée et la 3ème substance (cartésienne)
Une IA calcule, elle n’a pas conscience d’elle-même ; qu’elle calcule énormément (et prébende une grande quantité d’énergie) et qu’elle puisse installer quantité de règles, il en résulte une accumulation, synthétisée . Pas même l’IA connait ou comprend ; pour comprendre il faut faire retour, retour sur soi, sur le monde et le donné, sur le donné et l’horizon, sur l’horizon et le réel ; rappelons qu’à la différence de l’animal nous percevons l’horizon, et non pas ne sommes centré comme nous vivant au milieu du monde ; et nous percevons l’horizon non pas de l’objectiver mais parce que nous nous percevons à partir de l’horizon, et cet horizon du monde est une figure du réel et le réel est cette position “d’un réel il y a” (qui étonnamment et pas pour rien se révèle par Sartre au 20éme ; la racine existe, l’existence existe) et ce “réel il y a” signifie que “là” ce qui existe, l’exister est absolument autre, autre que quoi ? autre que cette conscience qui, si elle est intentionnelle, fait retour, ou donc fait cercle ou croit faire cercle ; elle dit ou plutôt le moi se dit “je suis moi” (ce qui n’est pas le même que le je suis, j'existe de Descartes) ; “je suis moi” semble impliquer que ce moi se réidentifie sans cesse ou immédiatement (la conscience est juste un ou le paramètre d’une identité qui demeurerait, en soi ; on saisit bien que cet “en soi” est précisément ce que nie Sartre tout au long ; que la conscience n’est pas l’en-soi mais un mouvement, une intentionnalité ;
rappelons que Sartre, son bénéfice, débarque la conscience de l’idéalisme (husserlien et autre) et l’implique, cette intentionnalité, selon d’une part un corps, un regard, une chair dira Merleau, et selon un universel abstrait ; la “conscience” est tel un processus impersonnel (ce dont il sortira plus ou moins mais sans jamais accrocher que la conscience soit, à chaque fois, absolument individuée et même qu’il n'existe aucune conscience qui ne soit pas individuée ; la conscience de Pierre n’est pas “à” Pierre, mais c’est Pierre qui appartient (si l’on peut dire) à sa conscience, le moi appartient, se tient dans le je et le je est infiniment ou in-finiment plus grand que le moi ; à voir l'étendue de ce je bien-plus-grand, c’est tout l’objet ; jusqu’où étendons-nous notre être ou plutôt notre réalité ou encore mieux notre réel ou enfin notre capacité de rapports ou donc notre possibilité.
Nous y sommes d’autant plus enclins que le principe du réel est le plus grand possible (les qualifications de cette “grandeur du réel” étant le débat même, et que l’on prescrit qu’il s’agit structurellement de cohérence et non pas seulement d’une quantité abstraite, puisque la cohérence des rapports est la condition de la continuité de sa possibilité ; l’incohérent disparait, s’effondre ; et ladite cohérence est aussi bien interne (cohérence intentionnelle) qu’externe (adéquate au réel et bien sur à la réalité).
Par exemple la révolution réal-ise, rend réelle l’activité de chacun, de chaqu’un ; ce qui était resserré à quelques-uns, se décentre sur, idéalement, tous et chacun.
Cette activité dispose de son propre ressort ; et ce non seulement de et par le champ intentionnel (on y reviendra), mais également de son caractère absolument vivant ; le vivant (ce corps et son adn) existe indépendamment du monde donné, au moins en une mesure ; le vivant se définit de ce caractère même ; il se meut et donc réclame en son essence les traits nécessaires à cette possibilité. S’ajoute à cette indépendance cette capacité de retour ; dit autrement, puisque l’arc de conscience est ce champ intentionnel, pour lui la représentation (des choses, des êtres, de lui-même ou du groupe) se substitue aux choses, aux êtres et à lui-même/groupe ;
on a déjà vu que pour que fonctionne ce champ il faut qu’il soit singularité, cad sujet ; en quoi, donc, le rapport existe en et par lui-même, ce qui seul le rend capable de produire des rapports, des signes, des langages, des pensées bien sur mais plus généralement des représentations et originellement des signes (ce qui fonctionne déjà pour les autres vivants, les animaux, derechef le vivant est requis) ; qu’il soit un sujet veut dire qu’il peut se déléguer dans “des” signes, des désignations, et non seulement des langages mais au-delà de ces langages des désignations seraient-elles non langagières ; non pas au sens où elles se passeraient de langage mais au sens où ces désignations avancent au-delà des langages ; par ex, une esthétique (de perception et y compris littéraire) ; ou donc les langages ne sont pas en eux seuls des sortes de combinatoires (illusion de “l’information”) mais des moyens de percevoir.
De percevoir, au travers (répétons, au travers) le monde, le donné, les choses, les êtres et soi-même et tout, tous les devenirs humains, les universalisations et les personnalisations ; le champ intentionnel est opératoire ; il donne à voir (comme Platon prétend que les idées font voir, donnent le monde ; sans le langage on ne voit pas, mais par le langage on avance bien plus loin ; le vrai système ça n’est pas l'intellectualisme ou l’idéalisme, mais l’arc dit boutant adossé à la réalité, au réel, au structurel ;
dit par l’autre bout ; le champ intentionnel expose le corps (et cela le terrifie, cause de la paranoïa) mais tout autant sinon beaucoup plus explose ce corps, sa perception et ses affects et ses pulsions ; si en effet nous éprouvons à ce point, c’est que l’arc et le champ tendent à épuiser toutes les capacités d’un “corps”. De cela saisissons-nous de la troisième substance cartésienne (la seule réelle, la seule qui ne soit pas en tout ou en partie une construction d’analyse) ; ce qui signifie que cette troisième substance n’est nullement une “essence” mais une construction, une construction organique, c’est le cas de le dire, une élaboration qui se crée dans le présent de son activité ; que le réel se crée dans et par le présent ne lui dénie absolument pas son ontologie, son ontologique réalisation ; c’est tout le contraire, c’est de se produire comme réel qu’il gagne absolument son caractère divin, absolu, formel, ontologique ; n’existe Que le présent (qu’il soit fonctionnel ou dimensionnel). Et c’est précisément ce qui s’y produit qui est, seul, admirable, puisque divin.
(et dieu serait alors instantanément et non seulement immédiatement lié, en jeu en ce Créé ; puisque le but du réel est afin qu’il soit, le réel, plus grand que lui-même ; aussi est-ce dans le présent que s’empare soudainement le champ intentionnel de ce-corps, vivant, et qu’il reçoit par là même le grand qualificatif divin : le Vivant, l’Existant)
Et une cervelle, vivante, douée d’un champ intentionnel, passe outre l’accumulation d’informations, elle saisit parfois (et même souvent) la synthèse effectivement réelle, puisque ce champ est un corps ; l’intellection de l’affect veut dire que d’une pulsion on aboutira à un sentiment ; d’une idée, si abstraite, on s’investira passionnément ; d’un corps vivant il sera réalimenté dans la version naturaliste, sera renouvelé selon la version métaphysique : renouvelé d’une autre-surface, la surface des signes, marqué et repéré ; et qui crée, telle quelle, tout un être réel nouveau, qui n’existe lui-même que par son mouvement (mais le mouvement est l’exister même, est cela seul qui existe, le reste est mais n’existe pas ; ce qui est se décompose, étant composé ; le mouvement ne meurt pas, de même que le possible, (qui est le principe de tout réel) ne peut pas cesser ; le possible qui ne cesse pas est dieu, le divin, le rapport de tous les rapports (ceux que l’on connait et l’immensité de ceux que l’on ignore ; rappelons qu’avant dieu, l’être et l’universel et la pensée, le sujet, christique et cartésien, le réel et la révolution et le monde des mois, des années soixante, on ignorait que tout cela était possible). Le rapport qui contient l’avant et l’après et le pendant ; celui qui a voulu, outre son activisme en propre, créer des choses (actives forcément) et des êtres (actifs forcément) ; des choses et des êtres dont le principe est leur activité même (ce ne sont pas les essences ou les idées, les universaux, ni les mathématiques ou les “lois de l’univers” ou l’Ordre en soi qui président, c’est l’activité “d’un réel il y a” qui dispose de son propre ressort ; mathématiques, idées, lois naissent de et par ces activités, qui sont des rapports, de fait).
Aussi, dès lors que naît un corps et qu’il s’existe en tant que champ intentionnel, il devient cet autre-corps, cette unité tout entière en mouvement et qui se crée sur le bord du monde, sur le bord du corps, sur le bord du champ ; lesquels ne sont pas seconds ou accessoires ou périphériques, mais instamment le bord du possible et ce jusqu’aux affects les plus avancés ; tout, en vérité, est par ce champ intentionnel poussé au plus loin de la capacité, de la possibilité.
De même que les œuvres continuent le monde, le donné, la création, de même le champ intentionnel crée-en-plus l’autre surface du corps, le corps-autre ; celui qui perçoit, ressent, imagine, pense, est la définition cartésienne de la-pensée. Et ainsi celui perçoit, ressent, imagine, pense, tout cela se meut toujours plus avant, et puisque tout rapport vient de “ce qui sera”.
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