La conscience, dispositif
Cette civilisation est donc la machinerie unique et formelle à remodeler l’arc de conscience (ce pour quoi cet arc est fait) c’est au sens où cette affaire rend à chacun cette capacité ; de transformation ; que survive toujours l’intention indépendamment de ses contenus, décisions, désirs, résultats d’existence, trahison, haine d’autrui ou pour autrui, etc ; que l’on ne se noie jamais ;
Par un autre bout, cela revient à prétendre qu’aucun contenu de conscience ne remonte jusque dans la structure qui a permis ce contenu, ce qui est plutôt logique et cohérent et offre par ailleurs une remarquable stabilité ; notre existence réelle ne varie pas incontrôlablement. Et ce qui signifie aussi, et surtout, que cette structure “conscience” est non pas “rien” mais vraiment une structure effectivement consistante en elle-même bien que d'une consistance tout à fait autre que tel ou tel contenu, et à vrai autre que tout contenu ; ce sur quoi nous sommes à l'affût depuis, au moins, descartes ; qui passe outre, ou plutôt outrepasse la “pensée” (grecque puis théologique) vers le sujet, signifié alors comme “volonté”, ce que l’on a traduit ensuite comme “intentionnalité” (qui obtient le bénéfice que l’intentionnalité s’applique à toutes les facultés et pas seulement telle la volonté au seul “conscient” ou à la représentation ou à la raison ; kant lui-même insiste suffisamment d’une liberté nouménale, hors champ, hors phénoménalité et Hegel engage le devenir de cette conscience-négativité ; de même sartre, et bien que la phénoménologie, qui dégage pourtant le principe de conscience intentionnelle, ne tend à la dériver que de l'idéalisme, ou d’un semblant d’idéalisme ; puisque tournée vers le dehors, elle n’est pas identique à elle-même.
Or pourtant c’est encore coller l’activité de conscience à ses contenus, seraient-ils élevés.
et c’est que pour distinguer la “conscience” de tous les contenus, réclame une autre architecture qui inclut l’arc dans et par le réel ; non en tant que le réel est ceci ou cela (le réel est l’exister, cad le possible et donc “qui attend sa potentialité” de même que la création gémit dans l'enfantement, comme disait l’autre, St Paul), mais en tant que le réel est la position du réel, le fait attracteur du réel qui, quoi que l'on fasse ou veuille, implique le mouvement, le devenir et nous attire en avant ; c’est le possible qui crée tout ce qui est (donné là comme monde et comme vécu).
Il faut, inversement, dégager la conscience de tout sans qu’elle soit définie “en elle-même”, et c’est donc un être, un exister formel ; ce qui fut bel et bien déjà dit “je suis qui je suis, serai, en cours d’exister”, “l’être est, le non-être n’est pas”, “je suis le vivant” (christ), “je pense, je suis” ;
de là qu’elle soit, ici, impliquée comme rapport ; le rapport est toujours déjà hors de soi, ce qui n’épuise pas sa forme en quelque contenu que ce soit, et surtout ce qui autorise de proposer une structure qui devient architecture intentionnelle dont le contenu, les contenus ne sont pas selon le monde, la pensée, autrui ou un soi-même ; l’architecture intentionnelle est celle de la position du “réel” ; aucun robot ni donc aucune Ai et pas même un vivant non intentionnel, n’a conscience du réel ; et c’est seulement une conscience qui sait qu'elle va mourir ; puisque seule elle se perçoit du dehors, ou comme on l’a dit du Bord du monde (ou de sa vie). L’animal vous voit et vous reconnait, mais il ressent seulement l'unité de sa vie (ce qui est déjà extraordinaire) ; il ne perçoit pas l’horizon parce qu’il ne se perçoit pas à partir de l’horizon ; c’est seulement qu’il y ait un “réel”, c'est-à-dire un point-autre, extérieur non seulement mais externe et ontologiquement autre, qui nous rend possible de signifier, un ou des langages (en quantité, y compris ces langages que sont les œuvres, esthétiques ou littéraires, sciences ou connaissances, pensée ou philosophies, etc, et donc tout autant soi-même selon la personnalisation de son idiosyncrasie, qui lui confère un inconscient par ex).
Il est ainsi une structure de conscience qui vaut en et par elle-même et non seulement puisque dotée de ses propres finalités, finalités indéterminées puisque formelles (pour cela, l'indéterminé n’est pas une vague subtilité, mais une forme avérée et distincte) ; et on a reconnu au minimum et fondamentalement dieu (l’intention unique formelle et donc autre que tout), la pensée (comme réseau intentionnalisateur de ce qui s’est auto désigné comme idées puis systèmes), les deux sujets, christique et cartésien, et enfin le réel même, réalisant l’historicité, et se réalisant comme révolution (tenue au devant de soi, de tous et de chacun, de la société humaine telle qu’elle se veut explicitement) et par là réalisant absolument toutes les intentionnalisations humaines possibles (ou potentiellement possibles) ; de là cette prolixité que l’on nomme 19ème, 20ème et 21ème.
Ainsi tout est devenu ; tout le possible (et de structure aussi bien que déterminé, de réel autant que de réalités) est devenu.
On ignore si du possible est encore accessible dans ce monde (si tant est que nous survivions comme espèce) ; puisqu’avant dieu, la pensée, les sujets, le réel et la réalisation, on ignorait que tout ce possible était possible.
On ne peut traiter de dieu, la pensée, les sujets ou le réel d’un simple potentiel de connaissance (déterminée) ; même si évidemment la mise en forme objective, de quantité de problématiques à chaque fois, enrichit totalement la conscience que l’on a (de tout ceci ou cela) ; de même que cette connaissance (y compris sous ses pratiques techniques) permet toujours plus d’instrumentation et de capacités libres effectives, ayant effets.
Puisque l’arc de conscience, c'est-à-dire le rapport qui se sait comme rapport, c’est justement cette activité qui a permis de prendre conscience de notre activité de cohérence, qui a pu créer l'universel en tant qu’il se sait universel ; sinon il élaborait des religions, des mondes, des vérités diverses sans connaître son unité de structure, bref sans se connaître comme universel, et raison pour laquelle penser c’est d'abord savoir que l’on pense, c'est-à-dire savoir que l’on va aligner des rapports qui doivent se comprendre, et s’étager ou s’ordonner ou se hiérarchiser, etc, par quoi dans la “pensée” il est formulé l'ensemble des impératifs de systématique, intérieurs au système ou extérieurement à son adéquation dans la réalité et le réel ; si les rapports ne sont pas éclaircis, on perd la notion, la qualité même de rapport ; ce serait comme de calculer en oubliant une partie de l’équation.
En somme l’universel apparait et parce qu’il se sait, il peut, doit produire des rapports explicites ; du reste on ne voit pas qu’un rapport ne s’institue pas de l’explicite. C’est tout un qu’il apparait ; dès le début toute la pensée est là. ce qui ne signifie pas qu’elle ne progressera en rien, mais qu’elle sait sa structure, sa forme.
Restera ceci, et c’est fondamental. Qu’il faudra traduire dans l’explicite la structure réelle qui se tient de l’effectivement là ; à savoir celle du sujet ; lequel ne rentre pas dans l’explicite ; il faut voir ainsi les contorsions kantiennes, hégéliennes, husserliennes, et sartriennes, et y compris lacaniennes puisque celui-ci se décalque de Sartre (il met le doigt sur l'articulation, l'articulation en un corps vivant et dévoile absolument tout). l’anneau de moebius par exemple ; dont le dehors équivaut au dedans et qui pourtant est saisi absolument d’un dehors et d’un dedans bien réel ; c’est que le pivot, l'articulation de notre être et cela même qui rend possible et crée le champ intentionnel, c’est le faisceau de conscience, cet arc, ou donc, pour le vivant, cette tension, qui dynamise et qui étant mouvement ne peut être saisi que par une conscience ; seul un sujet comprend ce que c’est, et seul un sujet sait qu’un réel il y a, cette position du “là”, ou du dieu unique qui ne peut ressembler au monde, ou l’universel libéré du centre, ou le sujet qui manque de l’autre bout, l’autre bout du rapport qu’il est, et sans savoir si c’est le bout initial ou le bout terminal qui échappe ; puisqu’il est le-mouvement-même.
Tout ce qui est instruit ici, c’est le dessin de la ligne qui se meut, que l’on nomme “conscience” et que l’on découple de toute autre essence, identité, détermination, et c’est précisément ce vide que l’on poursuit, puisque c’est une forme et non pas rien.
Et que si c’est une forme, alors c’est cela même qui existe, le reste “est” (et donc disparaît déjà). L’être est déterminé, la forme, l’exister, non (et il serait trop simple et facile de seulement le signer comme “indéterminé”, il est clair que l’on avance dans et par le mouvement-même, que l’on touche au Bord, du monde, du vécu, du corps, au Bord divin ou, si l’on préfère, dimensionnel, étant entendu que le présent, l’exister est la cinquième dimension).
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