Le mouvement du réel
On ne trouvera nulle part un “moi” ou une “chose” ou une “essence”.
Puisque la structure de ce qui est est son existence, ou préférablement son exister, et que cet exister est le mouvement.
C’est pour cela que l’on semble ne saisir que du sable.
Sauf à tenir et maintenir l’intentionnalité ; c’est l’intentionnalité qui est l’autre partie de la réalité, soit donc assumant le réel. Le réel est la forme de la réalité.
C’est en ceci que l’on doit traduire dans les notions la structure qui, elle, ne peut pas apparaître ; sauf si l’on est soi-même un arc de conscience, qui, lui, comprend qu’il y ait mouvement, et qui, lorsqu’il ne s’illusionne pas d’une consistance quelconque, saisit et ne saisit que cela : le mouvement, le rapport (comme les mathématiques par ex, ou dieu, ou le sujet, ou la révolution en mouvement, celle qui vient de loin). Une œuvre est un système de mouvements, au point que l’on ne sait où regarder, comment écouter, lire ou relire, et ainsi de suite. Et certaines comme systèmes de grand mouvement, embrayage de moyeux.
De même que l’on ne vit pas immédiatement les tenants d’une œuvre ; il faut poursuivre les pistes qui sont invoquées, évoquées, supposées ; ceci permet à chacun de continuer de lire la même œuvre, de continuer de l’écrire (il n’y a que le moi, des années récentes, qui croit que tout lui sera donné gratis, et ce faisant ce moi est lu, écrit, affecté et n’est pas lui-même acteur).
Cette re-lecture, ces sens non pas cachés mais supposés, étirent l’arc de conscience et sa capacité de signifier, sa capacité de rapports.
Et c’est également pour cette raison que l’on comprend. On ne comprend que par le mouvement et on ne comprend que le mouvement. Aussi pense-t-on spontanément et puis pense-t-on à la réflexion que seul l’infini existe.
On a vu que l'infini, titrature magique, peut être pensé et explicité par le rapport ; le rapport n’est ni ici ni là et sa manifestation la plus claire c’est le sujet, qui existe avant et après lui-même et pas même dans le passage d’un contenu à l’autre mais bien au-delà de tous les contenus ; puisqu’il est de fait que nous sommes capables de parler plusieurs langues et même d’apprendre patiemment quantité de langages (les maths, la philo, les esthétiques, telle politique, etc).
Et que donc nous ne tenons pas dans les contenus mais au-dehors ; existant en dehors c’est pour cela, pour cette raison, de structure, que ces langages existent : parce que nous ne sommes pas dedans mais au-dehors.
Les langages étant eux-mêmes des rapports.
De susciter l’apparition du “réel” signifie que nous voici capables de visualiser qu’un réel il y a ; ce point externe qui nous voit, puisqu'étant rapport il nous est donné, et acquis, que nous nous percevons, que nous sommes autres que nous-mêmes et cette distance est inexplicable, si notre être n’est pas précisément un rapport, lequel jette tout dans l’altérité ; inutile de supposer une “connaissance” de soi ; il suffit de nous pointer d’un signe (je, moi, Pierre ou Dupond, etc) pour que paraisse cette unité (de mouvement qui se désigne par et dans un mouvement, ce que l’on entend parfaitement, puisque le rapport, qui n’est pas un contenu, et donc pas déterminé, n’a pas besoin d’une perfection, une perfectibilité suffit, c’est le mouvement qui se-désigne, de même que Descartes ne se connait pas mais se-sait, fondation de tout ce qui suivra, sous diverses formulations, tandis que le dit cogito est lui unique et irremplaçable).
C’est non pas dans l’insituable ou l’obscurité d’un quelconque contenu (tout contenu de conscience est quelconque par rapport à cette conscience, par rapport à ce rapport, ce mouvement, c’est le rapport, l’arc de conscience, qui génère les contenus, lesquels sont de fait constitués de rapports, langages ou perceptions ou affects et les deux) mais dans et par la structure du mouvement lui-même.
Obscurité puisque dès que l’on expose un contenu dans la lumière , il s’effiloche ; c’est seulement dans l’illusion de la projection (de l’intentionnalité) que l’on suppose la densité ou la substance ou la consistance en transférant l’unité du mouvement (qui se-sait) à l’objet ; pareillement dans l’objet du désir, lequel est mais est hallucinatoirement ; puisqu’au fondement la “jouissance” (la terrible) est la satisfaction fusionnelle, qui donc détruirait le moi ; lorsqu'on se réveille d’un cauchemar, en fait on se rendort, parce que le conscient, éveillé, est opposé à la Chose fusionnelle, dont l’approche s’alourdit de l’Angoisse.
On ne parvient jamais à saisir quoi que ce soit ; puisque tout, y compris les choses du monde, se constituent, de par leur activité même, en tant que rapports, coordonnés lorsque systémiques. Mais cette insaisissabilité se double d’une compréhension de la signifiance ; de la compréhension du mouvement (qui nous ouvre toute compréhension, intellectualité et saisissement), puisque le mouvement qui constitue les choses et les êtres et nous-mêmes, est ceci même qui nous constitue ; nous correspondons “en mouvement” à tous les mouvements.
On comprend instantanément le “je pense, je suis”, ou dieu (puisque l’on (se) perçoit, depuis toujours) ; croire au sujet, en dieu, en l’universel, en la révolution (cad à l'organisation explicite des sociétés humaines, ce qui est devenu évident depuis 2 ou 3 siècles et ne l’était pas aussi clairement auparavant) ; ce qui veut dire dans tous les cas que chacun est appelé à penser, décider, projeter (l’entreprise économique existe depuis des millénaires mais la dénommer amplifie d’autant les ouvertures, de même le sujet existe depuis 2 ou 3 millénaires, mais manifesté, exposé il déploie toutes ses capacités, puisqu’il entre alors, par la nomination, dans le circuit, explicite ; depuis les années soixante, le moi tout entier exposé prolifère, les “libérations” se démultiplient).
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