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instants philosophie

Composition insupportable de notre être

19 Janvier 2013, 14:49pm

Publié par zwardoz

 

La réduction et l’abaissement de notre être

Comme de juste il n’est pas que des corps et des langages, (Badiou), mais une échancrure en plus, un interstice, une dimension (qui précisément permet de décrire qu’il y ait des corps et des langages, autrement qui nous permet de ne pas appartenir seulement aux corps et aux langages). 

Cette non appartenance, les psychologies et psychanalyses, les sciences dites humaines tentent de nous convaincre du contraire, de même les mass médiatisations de notre être, la marchandisation ne peuvent pas, puisqu’elles veulent nous vendre ou nous représenter notre « être », et dans tous les cas puisqu’il s’agit de dire, d’exprimer, de représenter ce que nous sommes, tireront toujours leurs effets du monde, du donné, du vécu ; et jamais de cette dimension irreprésentable dont seule la philosophie témoigne. 

 

La, philosophie comme clarté aveuglante insupportable

Elle n’en entretient pas la religiosité de cette irreprésentable dimension (puisque les religions définissent et surnaturellement peut-être mais selon de la détermination, de l’imaginaire ou selon le verbe, la parole, les religions nous affectent d’un contenu, serait-il un super contenant). La philosophie définit notre être selon le purement formel et sa première dénomination est ou fut l’Etre ; une surface totale et une, mais vide et soumise aux contraintes (de logique, de cohérence, de totalisation, et au fond selon l’universalisation possible de « ce qui est »). 

 

Les deux principes internes (non intérieurs)

Purement formel est notre être qui obéit à ces deux principes ; la vérité, le rapport entre ce que l’on exprime, représente et ce qui est réel, sous entendu que le réel est cohérent, soit en construction, métaphysiquement et selon le discours universel, soit en description selon l’intuition complexe intentionnelle, de Descartes à Nietzsche ou Sartre : et d’autre part en description en tant qu’il est l’être-libre.

Les réductions, les nécessités, l’autre nous surprenant

On n’en continue pas moins, ayant pourtant bien remarqué comme notre réalité est structurelle, de désirer aboutir à un contenu ; quelconque. Jadis un contenu tel l’universel, qui contenait tout le donné en son universalisation ; tirer des essences du donné divers jusqu’à l’Idée des idées ou le principe Un éthéré), et ensuite puisque l’on ne peut pas s’ne passer apparemment, d’un contenu mondain, celui des nécessités, ou celui des contingences (le moi y apparaissant tel un bricolage, une synthèse intentionnelle, issu du vécu divers, de cette pauvre expérience dont on s’accommoderait comme sens supposé et y compris lorsque un tel sens de la vie est morcelé par un inconscient, dont il est l’autre face, collé à même.

 

L’autre dévorateur

Universel, ancien, universalités modernes et scientifiques, nécessités, historiques ou économiques, contingences, elles-mêmes complètement causale qui s’enfilent comme des perles. C’est toujours alors une pensée de l’autre ; si on nous réduit à des nécessités et des contingences, ce sera toujours un autre que soi, un sujet extérieur qui nous y réduira ; sciences ou Etat, médias ou médicalisation, l’absence du sujet décrété extérieurement. « ça prend la place de l’autre pour chaque conscience, qui ne pense plus –depuis que l’universel est réalisé et éteint) mais qui ne se réfléchit pas plus … qui est pris en charge dans l’extérieur, happé par le regard-autre, plus de Un du tout, des corps et des langages, l’horreur. 

 

La structure dessinée philosophiquement

Et face à cet immense empire des contenus, la structure décrite philosophiquement, le cadre général, le plus vide et formel possible ; qui met tout en branle. Ce par quoi l’anfractuosité ouvre n’importe quelle boite. 

La philosophie lors même qu’elle pensait l’universel comme contenu inestimable, justement de cette circonvolution impensable, animait le tout d’un cadre si élevé et autre que justement c’est la pure réflexion qui bouleversait le monde ; l’universel se désirait comme pensable et un de tout-ce-qui-est. Augmentant l’individu, simple donné-là, de la puissance de l’intellection ; hors de toute parole, de tout groupe humain. 


La réflexivité étendue, le sujet comme technologie absolue

C’est donc naturellement, dans sa logique même (bien qu’elle ne s’en aperçoive pas aisément) que la philosophie passe de l’universel comme réflexion sur tout-ce-qui-est, au sujet formel, réfléchissant son être, lequel s’avère plus ample que l’universel lui-même ; c’est naturellement que l’universel pensé devient l’universel sujet (Descartes, Kant et Hegel). Et ce par la négative, par en-dessous, comme malgré soi, en-plus, et par devers de l’universel irréalisable tel quel, mais qui se découvre en sa réelle nature ; l’universel est l’être-libre, le sujet. Bien réalisé, bien réel celui-là. 

Cette technologie indéterminée, le sujet, cette forme autre librement que tout donné, tout monde, tout vécu, tout moi-même, tout langage évidemment. 

Et ce serait bien de la ruse que de remplacer cet être-libre, forme autre que tout, par le regard-autre, fondamentalement antithétique, qui vient si nécessairement se substituer à notre être-propre, nous déleste du poids.  

 

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Le cadre général d'existence

16 Janvier 2013, 14:21pm

Publié par zwardoz

 

Le cadre général d’existence

Comme le un de notre être est intégralement réalisé et présent, (qu’il prenne quotidiennement l’idée de liberté, qu’il soit ontologiquement nommé être-libre ou qu’il soit structurellement appelé sujet), il est dans l’ordre qu’il se penche sur ses conditionnements.

Les divergences vers le monde, le donné et le vécu

Ce faisant et systématisant ses résultats (tous pertinents et essentiels pour sa propre compréhension), il en déduit que son être n’a rien d ‘universel sinon de s’appliquer en universalités diverses (objectives, scientifiques, de sciences humaines ou de physiologie) ; universalités qu’aucun universel ne réunit.

Or la philosophie attendait de l’universel qui tienne sous sa logique les universalités ; et que l’universel soit le sens même du vécu, de l’humanisation, de la société humaine. Qui consistait dans le Partage du vrai, du bien, du beau ; humanisme classique et Kultur idéale. La société civile et le vécu comme les échanges civils ramenés à un naturalisme régulé. Un état de fait, une anthropologie naturelle.

 

L’abandon irraisonné de l’universel comme projet unique

Mais c’est autre chose qui s’est développé ; et si l’on abandonne le principe de l’universel, on abandonne tout le possible à la contingence, ou aux purs enjeux de pouvoirs, aux dominations, ou à un état mort né d’immédiatetés dépourvus de sens.

Si il n’est pas une unité du sujet, les psychologies jouent exclusivement leur seul rôle ; de résoudre objectivement des situations qui pourraient éventuellement s’inventer prospectivement pour et par chacun. Les sciences humaines ou naturelles constatent un certain état de choses, mais ne peuvent pas prendre en compte la ou les résolutions potentielles.  Ou ce qui revient au même n’admettent comme résolution que celles déjà existantes, une certaine adaptation, une relative reconsidération des mêmes compositions. Alors que l’universel consiste précisément à inventer ou à modifier les conditions initiales (ce qui ne se peut si l’on considère que le « monde est tel et non autrement », est un état de fait).

 

L’universel et le sujet comme carrefour des potentialités (comme formes sans contenus)

La caractéristique de l’universel est justement son inventivité ; il crée les cadres supérieurs, ceux qui n’existent pas puisque ces cares consistent en leur caractère formel.

De même que la philosophie ne propose pas une vérité, mais qu’il puisse exister la Vérité comme critère impératif et externe de toute proposition ; dès lors les vérités passent au second plan et ce qui doit être respecté est que tout énoncé subisse qu’il soit ou non vérité universelle ou objective.

L’absence, le remplacement de la vérité comme cadre général et universel, comme forme, s’effectue de lui substituer des énoncés selon la subjectivité ou selon les objectivités, les sciences ou les idéologies ; ne demeure à strictement parler que le critère démocratique qui renvoie aux décisions d’un monde humain dit démocratique, lequel ne se limite pas aux institutions, rejoint la Constitutionnalité laquelle en est l’essence mais certes abstraite, et plus avancée encore est démocratiquement partage et complexification extrême.


Le cadre général d’existence

De sorte que le démocratique est pareillement que le libre, un dispositif de dispositifs ; de même que le sujet cartésien (que Descartes ne nomme pas comme tel, puisqu’il est un ensemble d’ensemble, une faculté des facultés, une ressource inattendue non incluse dans les fonctionnalités de notre être), le sujet est au carrefour des physiologies, du caractère et de la volonté, de l’imagination et de l’intellect, de l’intellectif et de ses idées étendues (qui ne sont pas des « idées », mais des rapports ; de dieu au sujet, de la matérialité à l’intellect, de l’âme au corps, etc, et originellement de la conscience, de l’attention à ses contenus et ses doutes ou ses certitudes trop faciles).

Ceci revient donc à l’instauration philosophique de la réalité non en ceci ou cela qui est tel ou tel, mais du cadre général de ce qui est ; non pas cherche ou aboutit à une vérité donnée ou un contenu, fut-il partage de son universalité, mais aux cadres généraux et externes de toute vérité (les rendant toutes possibles et acceptables) ou de toute liberté (marquant seulement l’interdiction relative aux libertés mêmes et ne prescrivant pas un « devoir-être » qui s’imposerait absurdement au pouvoir-être). 

 

Soit une définition formelle de ce qui est réalité ou réel. 

 

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Le capitalisme, le libéralisme

12 Janvier 2013, 10:29am

Publié par zwardoz

Le capitalisme, le libéralisme

L’universel dans son ambition non encore décollée d’elle-même, entendait partager le vrai, le bien et le beau. Mais c’est un autre partage qui s’est élancé dans l’histoire ; c’est l’être-libre, la vérité, la réalité qui se sont démultipliés. Autrement le « sortir de l’impasse » qu’il puisse y avoir une vérité déterminée.

Le capitalisme, le libéralisme ne sont pas eux-mêmes, universellement, autre chose que la multiplication des échanges libérés ; ce qui veut dire aussi sans régulation aucune ou tendant en fait à une irrégularité constante (puisqu’en fait les échanges sont supportés, aidés, pourvus par et selon des Etats et sur le dos des populations d’autre part). La libération libérale est la seule et unique révolution qui a réussi, et qui a colonisé le monde. Non seulement parce qu’elle occupe la hiérarchisation mafieuse la plus immédiate, la plus facile, mais parce qu’également elle promeut la réalisation libre ; de l’entreprise ou des individus. Qu’elle veuille par ailleurs assujettir les sujets… c’est évident ; elle use des objectivismes (économie, mass médiatisation, faux communicationnel, élitisme de caste en plus de celui de classe, etc).

 

Malgré lui

Mais au fondement et même si le libéralisme s’appuie sur les plus immédiates réalisations, et qu’il tend à réduire, enfumer le sujet dans des mois (et les objectivismes appuie cette réduction à un état de soi rabougri, des psychologies aux sciences physiques), il n’empêche que le sujet est originellement la spontanéité de la résolution des problématiques ; et que même lorsqu’il ne cherche que son profit et rien que, en usant de technologies par exemple à son seul avantage, il rend réel des flux et des composantes originaux. Il squatte les inventivités, mais ces inventivités n’en existent pas néanmoins. Le risque est qu’il accapare tant et tant des avantages inventés, qu’il abîme le possible même.

 

Le retour déjà là

Si l’universel étendait son règne jusqu’à réellement penser l’économie, jusqu’à penser le libéralisme, il parviendrait à dénouer les invraisemblances, les impossibilités qui ferment les possibles, et non pas seulement des possibles de réalisation (comme une économie verte ou une économie partagée, que les cristallisations monopolistiques dévirent), mais aussi les possibles purement universels ; les possibles qui ne sont pas encore inventés ou qui frémissent ici et là dans l’ignorance ou dans les visibilités mais n’étant pas encore sortis de terre ; ils sont encore noyés dans la masse de tel flux, de tel réseau, de telle pratique improvisée.

Mais sonne le glas si l’on n’y soupçonne pas, n’y attend pas a priori non pas tel bricolage contingent, mais l’universel en œuvre. 

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Histoires humaines

9 Janvier 2013, 17:26pm

Publié par zwardoz

Le mouvement général décrit donc la lente exposition de notre être tel que un. De notre être comme intentionnalité, comme conscience-de, comme retour-sur.

Il n’est rien d’autre et peut donc se définir comme purement formel. Etant simple retour-sur elle s’emplit de toutes facultés, fonctionnalités, physiologies, langages, signes, etc. c’est en seconde avenue qu’elle rétablit son propre plan, son propre projet, quasi indiscernable, puisqu’il est activité pure et ne se repère que dans, vers un horizon (intentionnel, qui n’appartient à rien, personne, ni aucun contenu ; purement structurel).

Or cependant dans le causalisme de notre être nous sommes originellement langage et essentiellement en chair et en os Parole. Laquelle parole est reprise ou plutôt créée par et dans un groupe.

 

La parole dans le groupe comme esprit-qui-pense

Autrement dit, en toute parole est contenu le groupe lui-même ; comme alter ego, comme autres (divers et représentatifs), ou comme Autre (comme exigence de transmission, sans laquelle aucune parole n’existe, sans quoi la parole se dissout).

Tout énoncé est donc en-réponse-à ; il peut donc en toute réponse contenir la question, sans même en avoir conscience, puisque toute conscience est fixée sur la réponse à apporter, jusqu’au point d’oublier la question. Ou donc ; la parole est nativement un effet de groupe, elle ne reçoit pas nécessairement le message intégral de ce qu’elle avance ; elle peut tout à fait penser en conscience tenir les réponses comme linéaires et dans l’absence de toutes les questions, mais originellement toute parole est une compréhension collective ; ça pense en groupe.

Le langage est donc en soi une computation ; et chacun réclame les questions dont il est ou serait la ou les réponses.

 

La conscience comme dépendante des questions

Ce qui implique donc que toute conscience n’existe pas, mais reçoit de l’extérieur la question, dont elle fournira la réponse ; aucune conscience ne décide de son contenu, mais se déduit de l’extérieur (ou donc est déduite, bien que la déduction puisse ripper sur les questions ; et inventer des réponses inadéquates voir délirantes voir créées).

Etant pure forme, elle ne peut pas originellement être quelque chose ; elle reçoit donc son contenu extérieurement. Et ce qu’elle désire ce serait être réintégrer en chair et en os dans un corps parlé par un groupe assurant la transmission (cad outre que la transmission assure la survie, le langage par la parole forme un cercle qui revient à son départ et formant une totalité qui se correspond exprime la totalité de l’expression, forme un système vivant dans un monde parlé intégralement ; le langage est systématique).

 

Le dépassement du langage simple

Sauf qu’à s’employer systématiquement ou nous utiliser systématiquement, il advient que soudainement ce ne sera plus le langage qui conduira la barque, mais l’intentionnalité telle qu’elle prît naissance dans la faculté d’énonciation.

C’est elle qui prend abruptement l’initiative et dépasse le langage en articulant autre chose que la transmission du système de langage, en l’articulant sur l’extériorité ; la raison est le dépassement du langage vers le donné non plus comme monde (particulier) mais comme « là ». Comme monde unique (ce qui brise la totalisation vécue, vivante de la parole, qui s’enroule sur elle-même en produisant un monde immédiat médiatisé par la transmission en chair et en os).

 

L’Etre comme nouvelle surface vide

Ce sur quoi s’articule nouvellement le langage et qui prend nom de pensée, de raison, se figure par le principe de l’Etre. Qui est une surface neutre, objective, externe, vide et qui ne remplit que sous conditions (de cohérence et de compréhension). De sorte que l’Etre est un système de question-réponse, mais puisque la groupe ne fonctionne plus comme validation (de ce qui est énoncé et communiqué), il se donne donc comme critère la Vérité ; ce qui veut dire la cohérence interne de questions explicites et de réponses explicites.

 

Chacun comme équilibre vers la vérité seconde

Chacun est donc alors en mesure de se confronter à un équilibre question-réponse explicite et assumé par chacun. La compréhensibilité est soudainement un système autonome qui contient d’une part la compréhensibilité, la pensée comme extraordinaire augmentation de notre être (dans l’universalité il s’existe bien plus que dans la perception ou le vécu immédiat) et d’autre part chacun est un centre absolu de vérité, de réalité, d’intensité, de densité ; bien que dans l’acception de la seule compréhensibilité, de la pensée, chacun est seulement universel et non pas individuel.

 

Le décentrement selon l’Etre

La compréhensibilité est donc la découverte que le langage puisse être utilisé autrement que selon sa fonctionnalité générale de groupe ; elle creuse soudainement tout ce qui est à disposition (dans un monde particulier et qui n’est que lui-même) et ouvre alors au décentrement total d’un monde unique non particulier et universel ; et seule l’universalité offre cette dimension. En extrapolant sur tel donné particulier, la pensée cherche à construire une image-idée de tout monde, en se fiant à sa propre cohérence.

 

L’impossible Pensée universelle

 

Le problème est que la pensée selon la compréhensibilité intégrale ne peut pas se clore et se démontrer ou donc s’exposer et ramener ce qui est à l’universel ; il n’est d’accessible que les universalités. Ce qui unifie les universalités (les objectivités, du droit aux sciences jusqu’aux mathématiques) est la structure dite du sujet et n’est pas une universalité ni encore moins l’universel.

 

Le possible sujet certain de soi

Dès lors ce qui produit les universalités et qui formulait jadis la compréhension comme augmentation de ma capacité, de ma perception de ce-qui-est, se réduit en cette structure de sujet (qui s’emploie diversement de ce fait), s’y réduit pour décupler son possible ; l’être de l’homme n’est plus essentiellement la connaissance (qui se fondait dans l’universalisation et l’universel qui se sait comme universel), mais est l’activité de conscience pure diversement applicable (autrement dit la Méthode, fut-ce la méthode critique kantienne, ou la phénoménologie husserlienne ou l’affirmation pure de soi du sujet nietzschéenne).  

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Le sujet non éthéré et ses exigences adéquates

2 Janvier 2013, 09:49am

Publié par zwardoz

Le sujet éthéré et ses exigences internes

 

En aucune manière il n’est question ou possible pour le sujet de se connaitre lui-même.

L’être de soi est pourtant valable ou valide dans la mesure où il offre une réalisation rationnelle de soi, qui est née par et dans l’universel (comme étant visé par et selon les universalités, les repérages, les régularités ou les identités dans le monde, la détermination), mais affreusement limité et sans doute source d’erreurs et d’impossibilités ; on ne peut pas se vouloir soi. On peut vouloir une représentation stabilisée de soi, utile et vraie relativement à telle représentation, et admettant même que cette représentation ne soit pas dépendante des autres, des regards, des jugements, des systèmes de représentation de telle ou telle socialisation, cette unité forte, cette forteresse de soi, n’est pas de toute évidence, le sujet.

 

Le sujet est le dispositif des dispositifs adéquats

Or pourtant le sujet n’est pas un monument existant de par soi ; il requiert réellement une représentation rationnelle de soi, sauf qu’il ne peut pas s’y limiter. Mais par contre si il ne doit pas s’y limiter, il doit le dépasser mais sans le nier ; le sujet est littéralement un dispositif, il doit admettre et contenir en lui les ouvertures et les possibilités bien réelles ; il doit admettre les physiologies, les langages, le relationnel et les psychologies de son entière réalité. Le sujet n’est pas en-soi et clos, il est en-plus et en-plus de tout ce qui le précède ; il n’est pas un manque qui creuserait dans le vide, il est un vide qui remonte la totalité (ou la plus grande totalité possible) de ce qu’il est dans tout donné, monde ou vécu.

 

Les maximums acquis

Cette positivité (absolue) éthérée se situe donc dans la haute extrémité possible ; reculant sa limite et acceptant en elle les plus grandes hauteurs possibles qui puissent être vécues dans une vie. Le sujet est en-plus veut dire donc en ceci, qu’il est si l’on veut une synthèse fondée non sur un moi, ou sur un corps ou sur une identité (de groupe par ex) mais sur le vide formel qui opère comme vecteur absolu et réinterprète les objectivités ou les subjectivités selon son devenir propre.

 

L’encadrement et le tableau

Si la réalité est la composition d’un tableau, sa pâte, ses matérialités, ses couleurs ou les scènes exposées, ou la logique picturale qui anime ce tableau, le sujet est l’encadrement, le tamis neutre et nu, le support non visible et recouvert, ou le cadre, le bois, l’entourage, le schéma de la réalité.

La plus immédiate pensée fut de considérer que le tableau-contenu seul importait ; il disait quelque Chose, puisque l’on y définissait des réalités visibles, audibles, délimitées. Mais l’erreur est de croire que cet encadrement invisible soit « quelque chose » lui-même, que l’on puisse lui supposer une réalité définissable.

Le sujet, les universalités réalisées et l’universel pur idéel

Encore une fois, il est nécessaire et impératif que le sujet, cette forme, ce schéma, soit défini et il le sera mille fois selon l’universel pur ou les universalités de la réalité, ou ensuite selon des intuitions et des coagulations (la volonté, le vitalisme, etc) ; il faut que l’irreprésentable se représente et qu’il actionne une forte, très imposante construction, qu’il soit impérativement rationnel et qu’il puisse ainsi seulement se saisir comme non pas un contenu, fut-il rationnalisé, mais comme structure en-plus que rationnelle.

 

Les constructivismes adéquats

C’est dans, par et au travers de la dureté constructiviste, politique, éthique, esthétique, littéraire, d’acculturation forte, de personnalisation bien effective et concrète, que l’en-plus apparait et se maintient, et constructivisme qu’il continue de pousser à être ; le sujet ne manifeste pas une logique facile et immédiate, mais se saisit en plus des dispositifs, en plus du maximum de systématisations, d’objectivités et de subjectivités, d’extériorités et d’intériorités. Le sujet est ce qui dimensionne les réalités (poussées maximalement, construites) selon son propre devenir, et logique. 

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Ce qui ne colle pas dans le puzzle

30 Décembre 2012, 16:11pm

Publié par zwardoz

Le sujet tel que lâché dans le grand monde unique, (que ne cerne aucune parole et aucun groupe de transmission et aucun monde particulier ayant à être ordonné par la relation collective du « pense-ensemble » qu’est la parole originellement), tout sujet livré à lui-seul est d’une sauvagerie sans limites.


Le sujet, produit par l’universel mais … en-dehors

Or pourtant un tel sujet fut originellement produit dans et par l’universalité ; laquelle en son idéal, qui suppose chacun raisonnable, est partage et communauté « en esprit », dans le giron du symbolique d’une communauté imaginaire (monothéiste et pour nous chrétienne), en laquelle communauté symbolique, chacun est limité par la parole qui reprend et assume.

Mais l’être-libre créé à partir de l’universalité (qui est en fait universalités, et donc l’universel comme unité pure et dure est insituable ; il n’est pas de pensée de la pensée, il est uniquement un sujet-qui-pense, cartésiennement) s’estime à lui-même sa propre loi ; en quoi il n’a pas tort, et rien au monde ne pourra le contredire ; excepté en ceci qu’il s’oublie comme originellement existant de et à partir de l’universalité.

Oubliant, voir niant, son origine universalisante, il devient une absence totale d’universalité et perd tout profit ; puisque livré à lui seul, il ne peut plus finaliser selon l’universel, et redescend en de petites finalités, toutes immédiates, une restriction dont on observe partout la psychologisation ridicule et profondément morbide, voir mortifère. N’ayant plus aucune représentation et ayant abandonné sa représentation bornée mais régulière de l’universalité, le sujet devient fou.

Ou lamentable. (Puisque se consacrant à de petites mièvreries ou inutilités).


 

Ou intelligent.

Intelligent parce que abandonnant l’universel, il est, lui le sujet libre, capable d’instrumentaliser l’universalité ; l’universel demeure en soi et trente de renouer avec les universalités, mais toutes les universalités n’ont pu recomposer avec l’universel (le Un) tout ce qui est (la diversité comme le tout-ce-qui-est réellement, là). Les universalités par contre s’induisent du donné, du monde, des choses, des êtres ; elles fonctionnent comme sciences ou droit ou moralités, etc.

Mais ne parvenant pas à se fonder dans l’universel, les universalités restent finalement à disposition, et l’être-libre remplaçant l’universel être humain partageur, (le vrai, le beau, le bien), celui-ci transforment les universalités en moyens sans aucune fin ; un monde dépourvu de finalité unitaire. Ce qui n’est pas regretter le rouleau compresseur de l’universel (l’être-libre reçoit la raison comme une horreur qui n’a pas de sens dans son monde, il déteste la pensée et la loi qui anéantit, pense-t-il, sa singularité), mais s’étonner qu’il n’est pas d’accord sur un projet universel discutable démocratiquement (laquelle démocratie se réduit alors en affrontement d’intérêts immédiats qui délestée de vision universelle s’effondre).

Ainsi l’économie n’est absolument pas du tout une science mais un entrelacs d’idéologismes bariolés fondée sur des a priori, puisque manque la définition de ce que universellement être-libre signifie…N’ayant aucune idée de cet être, on le replie sur des déterminations.


Délaissé et abandonné par tout ce qui est

C’est que du défaut de l’universel, (il ne reste que des universalités instrumentalisées par une finalité absente rabattue sur des finalités immédiates), l’être de l’homme est ramené à des déchets, des demi finalités, des sans –retours, puisque fondamentalement il n’est que l’universel qui soit doué d’un avenir. Puisque l‘universel est le potentiel ou la puissance, la capacité d’être.

Délaissé de tout universel, n’ayant que des universalités instrumentales à sa portée, l’être-libre, qui est sans mesure aucune (il est autre que tout, tout ce qui est, de n’importe quel monde quel qu’il soit), est affronté dans cet immense tourbillon au manque fondamental ; il n’est pas d’universel (unificateur) des universalités (pourtant de fait efficaces et vraies en chaque domaine).

Il n’est pour lier les universalités que les consciences de soi ; or les consciences n’entrent pas dans l’universel (qui ne nous est connu qu’anciennement, selon l’ancienne version) de même qu’il leur est impossible d’être réduites dans les universalités. 

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La liberté classique et la liberté-nôtre

24 Décembre 2012, 12:37pm

Publié par zwardoz

La liberté classique : l’esprit universel contre la contingence immédiate

Nous sommes donc totalement déterminés, intégralement embarrassés de signes, de causes, de contingences très immédiates qui annulent premièrement toute pensée et il y aurait peut-être à dégager la pensée elle-même, universelle des contingences données, acquises, naturelles, physiologiques, hasardeuses, et ce serait ce dégagement de l’immédiat contingent (qui n’a de raison d’être que particulières et qui nous enferme en une particularité), il y aurait, classiquement, à se déprendre du contingent nécessaire(qui s’impose à nous), pour se déterminer, encore, mais selon la nécessité universelle, de la pensée, ce qui nous rendrait plus « libres » mais au sens où ça nous rendrait notre esprit qui hormis cette nécessité de pensée dégagée du particulier (et du particulier de notre propre vécu, de nos rencontres immédiates et limitées avec tels autres, telles choses, tels événements hasardeux), et ayant par l’esprit même réinvestie comme nécessité universelle la totalité de « ce que nous pouvons être ».

Sauf que cela aboutit donc à se confondre à nouveau avec une nécessité ; on passe des nécessités contingentes (qui limitent à telle étendue d’expériences vécues notre être) à la nécessité universelle (de l’esprit libéré des hasards). Ce qui est un bienfait puisque reconquérant l’esprit, on le désengage de son aveuglement limitatif du contingent immédiat (qui est pour l’esprit d’un moindre intérêt).

 

Or ça n’est pas ce que l’on nomme, pour-nous, liberté.

Liberté veut dire ; ne pas dépendre de quoi que ce soit. Etre-autre que tout.

La position intermédiaire fut assurée comme telle ; le libre est ce qui invente autre chose que ce qui est.

 

Résumé : l’augmentation universelle de notre esprit

La liberté classique entendait que par la raison, l’esprit se reconquiert lui-même ; il cesse de se soumettre au donné (vécu, expérimenté chichement, au cercle du ressenti, de l’immédiat, etc) pour se soumettre à la nécessité de la pensée mais bien plus étendue et ample et par laquelle celui qui se pensait comme simplement « soi » (un fourre-tout) devient l’esprit lui-même dans son extension qui atteint tout ce qui est. Tout ce qui est sous la forme « ce qui dans les choses immédiates est universalisable », et ce pour la raison que ce qui est universalisable augmente considérablement mes possibilités.

Ces deux soumissions ne valent plus pour-nous ; c’est que l’être-libre s’est imposé comme radical. Il est et sait instinctivement que ce qu’il va être, il l’invente.

 

L’erreur-oubli du libre pur

Notre erreur, commune au moins, consiste à croire que l’on s’invente spontanément, alors qu’en réalité c’est parce que nous sommes, libres, installés par et dans l’universel abstrait, du droit, de la personne, de la Kultur (classique) et de la culture (contemporaine, mass médiatique par ex), nous sommes installés comme « individualité » et que comme telle nous activons instinctivement, par réflexe pur et simple, notre être comme libre et raisonnant ; comme réflexif.

 

L’invention comme réflexivité pure de soi

La réflexivité (qui est intégralement réelle en chacun parce que tout simplement il est « chacun » et un de fait), nous fait-libre et donc la liberté ne tient pas « toute seule ». Mais peu importe parce que dans la forme « libre » est de fait incluse la rationalité (bien que sous une formulation spécifique qui n’est pas réductible à la raison comme « pensée totale » classique).

Et donc pour-nous, la liberté est l’invention. Ce qui se montre partout. Non seulement on invente la matière en mille dérivés et autres compositions, mais aussi on sort littéralement de toute esthétique dogmatique, soumise, en tous les genres (littéraires ou esthétiques proprement dit, musiques entre autre, en ses moyens tout autant, cinéma, bd, jeux vidéos, etc). Mais aussi chacun entant que chacun invente son essence et produit non pas une résolution de soi (qui appliquerait des recettes, psychologiques, par ex ou morales ou idéologiques), mais produit une invention, du jamais-vu qui résout autrement et inattendu le problème que chacun est pour lui-même.


La personnalisation (le savoir au-delà de la connaissance)

Autrement dit la personnalisation (qui prend la suite de l’humanisation soumise à l’universalisation) n’est pas un idéal qui s’applique uniformément, mais est un devenir inattendu et incertain soumis … à son indépendance radicale. C’est sa seule soumission (qui n’en est pas une, parce que l’on ne « connait pas » ce que l’on « peut » ; le pouvoir-être est si radicalement détaché de la connaissance-que-l’on-est, qu’il faut requérir autre chose que le connaitre (qui sait précisément ce qu’il sait), qu’il faut en appeler à un « savoir-être » (qui est si vague, éthéré, délicat, subtil, impensable, étant le possible-même de chacun). 

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Descartes, la mystique de notre-être

22 Décembre 2012, 14:03pm

Publié par zwardoz

Notre être est ainsi purement vide et formel, mais cette forme s’expérimente, est même l’expérience cruciale dont on ne voit pas la fin ; elle est in-finie. Mais on ne sait pas trop quoi en faire. 

On peut lui assigner quantité d’interprétations, mais aucune visiblement ne parvient à la lucidité cartésienne, dont on peut effectivement critiquer la seconde interprétation, l’interprétation que le texte cartésien tel qu’il se comprend lui-même, nous en offre (il n’est pas question d’accepter le dit idéalisme cartésien, mais de reconnaitre que de l’intérieur du texte lui-même ou plutôt de son extériorité radicale, ce qu’il dit, ce texte, de lui-même, ne recouvre pas ce qu’il est effectivement), et ce de le renier au profit de ce qu’il montre. 

Ce qu’il montre il n’en est pourtant pas inconscient ; il décrit comme expérience cela même et l’expose visiblement, le plus crument possible, le plus lucidement et clairement ; voici tel que cela s’opère, la conscience que l’on en a (de tout et de n’importe quoi, peu importe). 

Peu importe puisque par Descartes nous passons d’une attention aux contenus (ce que l’on nomme raison et objets de la raison), à la conscience de la structure qui opère ces contenus ; et bien loin de se limiter à l’obtempérer comme cadre « technique » kantien, cet être est intégralement un et réflexif (les deux) et profondément investi comme étant notre être réel. Il n’est pas une prédisposition à une pensée, théorie, rationalité, métaphysique future ; il est cette métaphysique, de fait, il se relate comme un sujet s’expérimentant et décrivant comment « il existe ». 

La méthode n’est pas une manière de (penser adéquatement, cad n’est pas seulement cela), mais est une tentative de description de la stase, la suspension, l’inadéquation, la réflexivité qui s’étend et s’augmente en toute opération, celle du doute ; exposition qui met en avant, met en place, installe, provoque, crée cet être même comme Activisme pur et simple. 

On passe donc d’une raison de contenus (et vers cette raison on ne cessera de revenir en déniant Descartes et sa lucidité) à une raison en acte ; comme attentionnalité à « ce qui arrive » dans un monde, un donné, un vécu et dans l’idéel même. 

Il est donc une mystique cartésienne qui prend le pas sur toute autre ; c’est une mystique qui s’offre comme technologie interne (et non pas intérieure, il n’est pas de subjectivité ni de moi mais portant un être-singulier, un, formel, absolument unique à chaque fois et pour chacun ; on remplace alors « individualité » par être-individué, indivis comme forme pure et simple), comme technologie philosophique. Mystique puisque cet être-ici, qui doute et produit instantanément son acte de dire qu’il existe, qu’il sort-de, qu’il s’extrait radicalement de tout donné, monde ou vécu, cet être-ici est l’activité la seule qui soit nôtre, qui soit notre intérêt-à-être. 

La liberté de soi de cet-être est le plus grand bienfait qui se puisse. 

Que l’on ait malentendu cette prouesse de passer de la petite raison (des contenus) à la grande raison (en acte de conscience) et que Descartes lui-même ait souvent tenté de définir selon un pseudo idéalisme, manifeste la tendance, la logique de l’esprit à se fixer sur ses contenus (ce qui est essentiel, mais non découvreur ici), et que l’on se soit ainsi naturellement porté à reprendre qu’il y ait des contenus plutôt qu’une structure (vide et formelle), cela n’a pas empêché que l’évidence de la distorsion, de la réflexivité pure (de cette structure agissante sur son activité même) s’en prenne à la totalité du devenir philosophique, mystique, politique, esthétique, etc ( puisque la philosophie n’invente pas cette structure ; elle l’expose, tandis que les créateurs, les inventeurs, les éthiques parcourt cette structure en leur ordre propre). 

L’évidence de la structure mystique est dite « mystique » puisque cela même, la forme de conscience, n’appartient vraisemblablement à rien, ni à personne, ni à quoi que ce soit. Et cette indépendance de la forme est d’autant plus exposée (consciemment par Descartes) que sa mise en évidence s’effectue par le doute, le cogito, cette réduction unique, et l’infini de sa stase, de sa suspension « sans contenu » (dite donc infinie). 

Après la raison, la réflexivité

Après la métaphysique, l’ontologie

Après le contenu, la forme pure

Autrement dit la réflexivité n’est pas criticiste, et la réflexivité n’est pas la mise en assurance d’un contenu, mais est notre-être en lui-même réflexivité pure et simple. 

Inutile de lui chercher un contenu électif ; cette réflexivité est à elle-même son être propre (bien que spécifique absolument et sans autre quel qu’il soit). 

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La conscience et le rêve de la cervelle

16 Décembre 2012, 15:35pm

Publié par zwardoz

Du traumatisme, le décentrement

Il est donc un traumatisme toujours brulant qui est venu rompre notre spontanéité, cet immobilisme fantasmé de l’un-tout affectivement épanché sur lui-même qui considérait que tout le monde existant tournait autour de son rêve. 

En quoi s’impose qu’il y ait un tiers venant interrompre toute relation, tout affection, tout regard, tout geste, tout contact. 

Il est donc, le sujet, plongé dans l’altérité, la plus profonde et insondable. Il manque de tout puisqu’il n’est rien dans le monde qui puisse recouvrir son gouffre. De ce qu’il ait découvert qu’un autre, un tiers, l’observait, et que le monde tombait hors de son envie, il a compris qu’il était devenu pour lui-même étranger. Que l’étrangeté du monde, qu’il y ait un « monde », lui revient de pleine face ; il n’a plus de visage. Il fuit qu’il n’en ait plus de visage. Il sait, il se sait condamné à emprunter des visages ou des morceaux de face, composés petit à petit et de pur faire-valoir ; visages absurdes. 

Auparavant il n’avait conscience de rien, mais ayant conscience il est sans-rien du tout qui soit. 

 

La conscience comme excroissance limitée

Tandis que pour sa part, la cervelle continue de rêver. Elle ne peut que rêver, ce qui veut dire reproduire la réalité perçue, mots y compris, et tout ce qui s’engrange dans le même mouvement ; la reproduire dans les circonvolutions physiologiquement. Pour la cervelle il n’existe que le rêve et l’étendue insaisissable de sa rêverie. 

Comme l’être de conscience est chétif et tient à peu de chose ; d’une liaison dans la réalité, dans le monde concret et extérieur, d’une liaison avec un petit bout de machin quelconque qu’il monte en épingle et en lequel il croit, qu’il croit retrouver peut-être et qui figure sa relation à lui-même imaginée, par ce petit bout, intacte ; comme il est instable et hiératique, l’être de conscience est plus ou moins absorbé dans et par le rêve de la cervelle. 

La conscience est un écart de rêve, détaché et tendu vers le monde ; elle ne tient à rien. Sauf qu’elle a basculé de l’autre côté et cet autre côté fut dénommé pour la première fois comme étant l’Etre. Ce qu’il faut entendre comme « ce qui est », sans préjugé que ce qui est, soit dieu ou la pensée ou l’universalité. 

 

L’étendue du monde comme monstruosité

Et la première monstruosité qui en fut lancée, fut cartésienne ; en désignant que le monde est « étendue » et que cette étendue ne peut pas être pensée par des idées (qui était encore une idéalité mélangée de rêve), mais seulement définie par des nombres, une mathématisation, ce qui ne dit littéralement rien du tout, et échappe à toute ressaisie par la cervelle ; le un n’entre pas dans le champ irréel de la cervelle. 

Le moi, puisque c’est lui qui va supporter la liaison avec une partie du monde qui attire vers l’extérieur la petite part vers le petit bout de monde qui tient le coup, le moi est en son ensemble une séparation d’avec la cervelle irréelle, mais à condition qu’il, au bout du compte, contienne encore une ancre irréelle qu’il suppose exister dans le monde qui lui permettrait de renouer l’irréel monstrueux et total et totalement un (mais comme tout, et non pas un comme un, singulier) avec et dans l’objet-petit bout de monde. 

 

Il apparait donc que la masse rêveuse de la cervelle, s’attire hors d’elle-même par un petit-bout de monde, et que donc d’un certain point de vue il n’est qu’une rêverie qui supporte plus ou moins le décentrement. 

La conscience est donc faiblement articulée dans l’extériorité et c’est de cette faiblesse qu’elle prétend être l’essentiel de ce qui est ou au moins de ce qu’il y a à être. 

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Nietzsche, la réflexivité d'un être-libre

15 Décembre 2012, 10:54am

Publié par zwardoz

Le monde n’a donc pas de sens, sauf qu’il s’origine.

C’est la logique nietzschéenne qui nous le préfigure. Il est une énergie originelle qui avance vers l’avant et on ne peut retourner sur cette énergie et la déduire ou l’inclure en quoi que ce soit d’autre.

Tout est « en-avant de soi » et rien ne fait retour pour lui conférer un sens. Il n’est pas de sens, mais l’énergie même est l’activité unique qui devient. Ça ne va nulle part mais cela devient et prend plaisir, jouissance à son être propre.

Il est clair que ce mouvement s’effectue, s’augmente de ce qu’il en est conscient ou pas.

 

La subtilité du devenir d’une volonté

Mais pour Nietzsche ça n’est pas si évident ; il ne s’agit pas tant d’un surplus de conscience (bien que l’on ne voit pas comment il pourrait en être autrement), mais de « qualification » de cette énergie ; selon qu’elle se mord la queue ou qu’elle s’accepte.

L’énergie ne peut pas s’annuler ; elle est absolument agissante, et rien ne peut la nier. Mais il se peut que face à sa puissance, cette énergie se replie et s’utilise par elle-même afin de se nier. C’est cette négation qui crée ce que l’on nomme habituellement la conscience ; entendant par là grosso modo la conscience morale, la surveillance morbide sur sa propre puissance. Et c’est cette surveillance morbide qui engendre (paradoxalement du point de vue moral) la pire violence et décrépitude.

Parce que ce n’est pas la puissance qui s’accepte elle-même qui engendrera la mauvaiseté ; dans la mesure où elle s’accepte, cette puissance sera d’autant plus encline à développer une magnificence, une grandeur ou une élévation. Autrement dit de s’admettre, elle se parfait et est en elle-même civilisation et créativité.

Autrement dit ce qu’elle crée est d’autant plus subtil et délicat et élevé et ample et organisateur, qu’elle se « sait ».

 

La Valeur

Cependant comme cette énergie délaisse toute morale de surveillance (ou désignée comme telle), elle aboutit à une idée stupéfiante de la Valeur ; cette énergie se réalise véritablement et se « justifie » en élaborant des grandeurs, des qualifications, et cela seul vaut. Tout est soumis à l’élaboration du spécifiquement sublime et qui lui-même de par sa ramification de plus en plus précise, due à son acceptation qui lui autorise de se démultiplier, sans se caricaturer dans une négation de soi, une grande santé et non pas une lourdeur énergétique mais un tissage de plus en plus sensible.

De sorte que l’on se retrouve dans une morale mais d’exception et sous couvert que cette énergie s’entrelace d’elle-même et se veut plus ou moins déliée en l’élitisme de quelques uns qui obéissant à la volonté seule, sont isolés et de purs surgissements (passons outre la configuration éventuelle d’une « société élitiste » qui parait vraiment hors de propos et incohérente).

 

L’exceptionnalité universelle

Il est évident qu’en nommant cette énergie comme physiologique, dans sa rage critique de démonter la conscience ou ce qu’il croit telle, ce qu’il place et déplace là-dessous, Nietzsche met à jour une dynamique, un être dynamique purement vide, (« énergie » cela n’a pas de contenu dicible), mais qu’il ne peut alors comprendre que cet être-spécifique (le sien, son être en propre singulier : « Nietzsche ») est essentiellement représentatif, exemplaire, typologique ; qu’il manifeste individuellement un réel universel et qu’il en dessine ou commence d’en tracer les devenirs, les trajets, les courtes et longues portées, musicales y compris, mais que ce retrait dans la montagne et des plus hauts sommets, décrit un être-spécifique, absolument condensé et qui existant pour-lui-même ne peut pas se généraliser ; excepté comme exemplarité, comme exceptionnalité.

Et c’est une exceptionnalité qui s’applique à chacun, mais à chacun en tant que chaqu’Un. Avec cette brutalité-là, puisque le sujet, cette forme, cet être n’a rien à voir avec quoi que ce soit qui existe (comme monde, donné ou vécu). 

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