Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

Nietzsche, la philosophie

13 Décembre 2012, 10:20am

Publié par zwardoz

La finalité humaine existe comme si quelque chose avait un sens. Et le sens minimal, celui qui reste après que toutes significations aient déserté l’horizon, est celui de la bête satisfaction. 

Il est supposé une « nature humaine » qui devrait se corroborer dans sa réalisation ; ou selon la variante que chacun serait un manque à combler ou plus subtil que chacun ait à assumer ce manque insurmontable et qu’en s’équilibrant en et par la construction d’un moi adapté ce gouffre intérieur s’effacerait dans le silence (puisque du manque à être on ne peut rien faire ; c’est un trauma quelconque qui nous empoisonne la mentalité, une défaillance contingente et nécessaire comme telle). 

 

Le non sens comme non finalité (ce qui est, est)

L’autre position, celle décisive, est nietzschéenne ; ça n’est pas un manque à être, mais un surplus indiscutable et si effroyablement positif et un que nous n’y résistons pas. La positivité absolue qui nous pousse-à-être est si énorme qu’elle ne s’écoule en aucun canal, ou du moins aucune circulation établie et donnée ; elle doit, cette créativité littéralement ontologique, inventer un ou plusieurs mondes. Sa raison d’être c’est son être. Et il tient à chacun de l’accepter ou de le refuser, de s’enfuir et de céder, de nier la lutte et le combat. 

 

L’incompréhensibilité nous étreint l’être

Cet être intégralement positif nous en imposerait s’il n’était des pare-feux, et serait si intransigeant qu’il nous fourvoierait en une exigence inhumaine. Sans compter que d’exister absolument intégralement requiert une innocence, puisque rien ne justifie, ni donc n’explique ou ne rend rationnel et donc ne rend dicible et transmissible cette positivité, qui est source sans raison de tout monde, quel qu’il soit. La position nietzschéenne relativise tout monde possible. 

Il nous en imposerait mais non par sa surabondance (c’est une illusion que nourrit Nietzsche) ; en soi il est vide, et ce vide nous laisse sans voix ; il serait impossible d’adapter le positif intégral au monde puisque dans le monde il n’a aucune représentation. C’est techniquement que de représentation de l’être-positif, il n’est aucune idée adéquate. 

Nietzsche est réellement celui par qui nous vient à l’oreille que le sans-raison d’aucune sorte est le fondement de notre être ; et qu’il est, ou non, un accord secret, non dit, inexistant, entre soi et soi qui permet de « tenir le pas gagné »

(Saison en enfer : Rimbaud est notre Nietzsche … mais d’une brutalité sans nom, innommable, muette, partie, enfuie). 

L’idée, la représentation nietzschéenne d’un accord ou désaccord quant à l’acceptation pour nous-même de notre être, prend comme figure un vitalisme (tellement trituré, et à juste titre structurellement, en ce qu’il décrit les volutes et circonvolutions de cette « volonté », cette énergie qui devient), et comme telle cette interprétation colle non pas aux faits éventuels, objectivement valides, mais aux 

 

Nietzsche instruit la position cartésienne 

Or la cohérence extraordinaire nietzschéenne signifie bien que cette positivité antérieure (à toute autre position, de sorte que toute autre position apparait en comparaison comme une attitude, seconde,  parmi d’autres, tandis que la nietzschéenne est fondatrice, de même et équivalente en certitude à celle cartésienne),que cette positivité est radicalement de rationalité ; de rationalité philosophique et donc réflexive (la philosophie n’est pas un discours tout étal, mais un discours retors, dans son essence même il est « replié-déplié » ; il fait voir ce qu’il dit être, et est l’inverse de toute abstraction, cad qu’il est infiniment concret).

La sûreté de la cohérence nietzschéenne déploie la plus précise vision possible ; mais non pas dans les faits et les connaissances. Il surinterpète considérablement, et essaie de traduire illustrativement un devenir complexe de l’évidence positive absolue : une lecture structurelle s’impose et non pas exacte ; ça n’est pas un connaitre que la philosophie, mais un savoir. La philosophie décrit la position de l’intentionnalité (laquelle renvoie à un horizon et non des contenus). 

 

La philosophie

La description intentionnelle (ce savoir philosophique lui-même) est aussi dénivelée et continue que possible, mais n’est pas une connaissance puisque son objet est cet être même que l’on est, et est donc de fait et immanquablement réflexive ; elle tente de décrire et de faire-voir notre être en acte propre. Ou ce qui en fut originellement, expose une autre surface ; l’être ; la surface autre absolument, qui pour se définir s’expatrie en contraintes (de raison, cad de compréhension en acte, de compréhension effectivement actuelle, et non pas reportées sur le groupe ou au-delà du monde). 

 

Nietzsche nous montre sans l’ombre d’un doute quelconque (mais en surinterpétant puisque « cela », cet être, n’a pas de représentation, il s’efforce de l’illustrer et ce dans ses moindres cohérences complexes) notre être tel quel ; il s’appuie sur la même évidence de cet être-qui-est-là, ce roc que décrit pareillement Descartes, mais dans la plus extraordinaire lucidité cartésienne.

Ce roc est un « être réel » et donc n’ayant aucune représentation, ce qu’il en dit et qu’on en peut dire est illustratif, fait-figure-de. D’une intentionnalité qui se suit elle-même pas à pas dans ses moindres devenirs, ses enlacements. Nietzsche est une position (à partir de laquelle rareté il existe seulement des attitudes, nombreuses). 

La philosophie ne s’adresse donc pas à la théorisation ; ou plutôt elle cumule la théorie à une monstration ; elle expose à nu ce qui est tel que cela est et ne dispense pas des vérités, mais la vérité sous sa forme exacte de réalité. Elle ne se distingue pas du tout de la science, sauf que son objet, effectif, est « notre être » lequel ne peut pas se transvaser dans un discours, une théorie, une objectivité ; puisque toute objectivité se tient dans le faisceau intentionnel et ne peut remonter en interne mais seulement décrire extérieurement cet être tel qu’il est ; acte cartésien ou énergie nietzschéenne dite « volonté » sans finalité. Il est acte et on ne peut le remonter comme un fleuve (ou démonter comme un emboitement de pièces) ; il se déverse en activité pure nietzschéenne ou activisme radical cartésien. 

Voir les commentaires

La faiblesse (essentielle) de notre être

8 Décembre 2012, 09:38am

Publié par zwardoz

La faiblesse

Notre être est d’une faiblesse effarante. Comme il est seulement formel, il ne tient que par un fil et souvent d’aucun fil qui soit.

Or pourtant le nietzschéen ou le cartésien reviennent qui réaffirme que l’on peut tout, toujours, constamment. Qu’il existe une source inépuisable de renouvellement, qui existe en et par soi, spontanément créatrice de son être propre et absolument radical, ce qui signifie qu’il est possible de revenir à la racine même de l’être (que l’on est) et de recommencer à zéro toute réalité, cad toute réalisation.

Evidemment c’est un idéel déconnecté de toute réalité, donné, monde, vécu. Mais si le libre est, alors l’être-libre dispose toujours immanquablement de son potentiel. Excepté que ce potentiel, on le sait, ne contient rien ; il est complètement vide et donc sans effet tant qu’il n’accroche pas d’une manière ou d’une autre la réalité, tant qu’il ne se détermine pas.

 

La non intériorité

Chacun est donc complètement dépourvu de tout recours quant à ses possibilités réalistes, mais pourtant chacun est absolument réel et un et dispose de cette réserve interne, non pas intérieure (ce en quoi consisterait l’intériorité d’un moi personnel) interne à la forme de soi, à la forme du moi qu’il est et cette forme est nommée « sujet ».

Ce sujet dont le moi ne peut rien tirer ; forme qui ne se soumet pas à la détermination, non parce qu’elle contient quelque chose, qu’elle dispose d’une identité, qu’elle peut se dire elle-même, mais parce qu’elle ne colle pas au déterminé étant issue en arc de cercle, en arc réflexe de la détermination.

 

Le non conscient

Le caractère formel du sujet se sait plus ou moins. Ça n’est pas dire qu’il se connait ; il ne se connait pas objectivement et n’est pas la conscience consciente, jamais intégralement et mais quelques fois à demi. La conscience excède et dans tous les sens (selon toutes les fonctionnalités, de perception, de relation, de signe, etc, mais également vers l’horizon intentionnel inaccessible, étant ce que donne accès à tout le reste).

 

La transcendance interne à l’immanence

On ne peut pas dire que la conscience soit immédiate (si l’on réserve immédiateté pour le donné, la détermination), mais on peut dire qu’elle est immanente ; il n’est qu’un seul plan, unique (et ce en tout cas dans cet univers réel, et sans s’engager en quelque affirmation ou négation de sur-nature éventuelle ; cela relève du chacun ; on peut déduire mais idéellement ce que l’on y entend, mais l’idéel strict repose sur ses propres pas et ne peut supposer au-delà). Mais comme cette immanence est formelle, on peut tout aussi bien dire qu’elle est transcendante ; la forme tient lieu de transcendance.

Transcendance faiblarde donc ; non seulement elle n’est que formelle et donc à la limite et sur le bord des fonctionnalités, des causalités, de tous les dispositifs qui la conditionnent ; conditionnent mais puisque la forme en émerge, elle est en-plus et joue son propre jeu. Mais de plus la forme ne nous revient pas forcément lorsqu’on l’appelle : elle n’est pas fondamentalement à disposition.

Ça n’est pas la « volonté »

Elle ne relève pas de la volonté qui est seconde et effet d’un réflexe plus indifférencié encore ; le primaire est antérieur et ne peut jamais être saisi face à face, puisque l’on Est cette activité. Or cependant il nous vient, au 20éme, de parvenir à approcher cette forme ; peu à peu et ayant élagué les niveaux et les imaginations, les suppositions et les remplissages divers que l’on pouvait soumettre à cet être vide.

Si le simple facteur d’attention non pas dépend de ses contenus mais permet qu’il y existe des contenus, alors aucun contenu ne remontera jusqu’à ce qui le produit, le cause à être.

 

La distance ontologique (notre être ne se connait pas)

De même si notre être est formel, toute théorie, pensée qui prétendrait le « dire » est impossible ; mais par une surabondance spécifique de description, il est possible de le faire voir, de le montrer, à chacun et par cette description d’en formuler une équation.

Et parce que même l’équation descriptive n’en donne pas la connaissance, c’est uniquement dans son activité que cette forme sera saisie. Elle sera saisie comme éthique ou esthétique ou politique ou encore comme idéelle et dans l’idéel comme réflexive (cad prenant la mesure de sa distance sur elle-même, distance qui la donne à voir, sans la com-prendre ; elle sera toujours en-plus de n’importe quelle compréhension). Mais également elle ne se connait pas mais peut se savoir outre l’éthique, esthétique, etc, en tant que personnalisation.

 

La non personnalisation

Or si elle est aussi en tant que personnalisation, la forme oblige à objectiver cela même à quoi on tient le plus et sur laquelle on ne devrait pas se garantir d’une distance telle ; notre personnalité.

La distance (que la conscience inaugure avec toute chose) tôt ou tard se distinguera de cette personnalité que l’on est et qui pourtant constitue dans notre monde humanisé (mais ayant la personnalisation comme poursuite concrète de l’humanisation abstraite) la base, le fondement, la source supposée « naturelle » ou identitaire ou spontanée de tout ce que nous sommes ou pouvons être. 

Voir les commentaires

Pouvoirs en place et développement humain

5 Décembre 2012, 14:17pm

Publié par zwardoz

Il ne s’agit pas absolument de la fin du néolibéralisme ou de la transformation de l’Etat en faire-valoir des pouvoirs investisseurs et décideurs (de notre avenir), mais plus loin d’une question sur ; qu’est-ce que l’on produit ?

La crispation sur les quelques acquis, dont quelques uns pensent tirer un maximum de pouvoir (cad de décisions sur l’avenir), se confond avec ceci ; les choses produites sont de fait limitées dans leur invention et l’on ne parvient plus à innover dans un autre sens que celui communément imaginé, et que l’on ne parvient plus à imaginer d’autres objets, d’autres finalités (qui de toute manière contrecarreraient les intérêts en cours).

Un état du monde complexe (une série de productions relevant d'une utilité assurée mais devenues limitatives en comparaison de ce que cela aurait pu ou doit advenir) est atteint et restreint par la concentration de quelques filières de production qui conforment, de force, le monde en cet état historique acquis, qu'elles désirent figer à leur profit. 

Ce qui se coagule donc c’est la main mise appuyée sur quelques productions acquises, et le rejet ou le refus ou l’ignorance des productions possibles (et en réalité nécessaires si l’on entend augmenter ou non la réalité humaine qui est, négativement, entretenue au plus restreint développement en comparaison du développement possible).

Ce qui inclut que pour passer à un autre niveau de productions nouvelles, il faudrait augmenter radicalement le niveau d’éducation et de recherches.

Or il ne convient pas aux pouvoirs auto proclamés que la richesse sur laquelle ils disposent pensent-ils de droits inaliénables, puisse être réintroduite autrement et par d’autres canaux de transmission que les leurs ; il y eut donc une course folle de récupération de toute richesse possible et d’accaparement ; afin d’assurer leurs pouvoirs déjà en place mais qui ne demandaient qu’à se conforter et s’étendre. Il s’agit donc d’un blocage général qui porte certes sur l’organigramme des pouvoirs mais tout autant sur le niveau de développement.

Si l’on consacre quantité de richesse à poursuivre la concentration des pouvoirs acquis, on le retire de fait à l’extension des capacités humaines.

Voir les commentaires

Le libre travaille la matière même des choses et des corps

2 Décembre 2012, 12:53pm

Publié par zwardoz

La pesanteur du libre est celle du monde

Ce qui implique donc que le poids est superbement augmenté sur le dos de chacun ; le libre est pesant, il adhère à la pesanteur même de ce monde, il y travaille. Il existe une pression constante sur la décision, l’envie, le désir, la volonté d’être (ceci ou cela) qui appuie en chacun de son exigence. 

Mais comme c’est du libre même dont il s’agit, cette sur-pression (dite ontologique) est l’attachement à « qui l’on est » ; elle stresse le moi-même, mais il n’a d’autre intérêt essentiel que celui-là ; c’est son exister réel qui se joue constamment. 

 

Les devenirs divergents tous égaux devant la Loi (du libre être)

L’être-libre est sa propre loi ; mais il Est cette loi, il est réellement une loi impérative et non pas n’importe quoi ; il est 

En cela, il faut donc admettre que les enjeux qui parcourent tous les vécus, ne sont pas des absurdités ou des délires ou des malheurs ou des plaisirs ou des dépressivités ou des désordres mentaux ou affectifs ; ou plutôt ils sont tout cela à la fois … C’est la substance même des réalités que de se débattre au travers des difficultés rencontrées en tout, par tout moi-même. 

De même ce sont ses engagements (éthiques ou politiques) ou ses littéralités (idéelles ou esthétiques, y compris mass médiatiques puisque telle est notre culture en propre, inventée) qui emplissent ce que par « universalité réelle » on dénomme. La raison ou la Kultur de jadis s’est réinventée absolument en un autre-nouveau-monde ; celui du 20éme. De même l’Etat (qui devait rendre réel l’universel général) s’est explicité en démocratie. La moralité universelle abstraite en choix existentiels concrets et de plus en plus concrets. 

Ce qui se dégage en universalités concrètes ce sont les motions éthiques, politiques, esthétiques et idéelles. 

 

La préoccupation angoissante de soi

Mais ce qui préoccupe est la dimension strictement individualiste de chaque existence réelle. il est absolument légitime que chacun soit à lui-même la compréhension la plus étendue ou approfondie possible de ce qu’il est ; les contempteurs de l’égoïsme mélangent tout. Mais les hédonistes ou autres satisfaisants limités ne perçoivent pas plus que le drame individuel est tout autant un devenir universel qui vaut en et de par soi. 

Les difficultés du moi-même, de chacun, sont l’épaisseur du monde, du donné et de tout vécu ; le moi est à proximité immédiate des choses, des corps, des relations, des désirs ou des avenirs potentiels. Il n’est pas ailleurs et ses divergences, ses névroses ou ses rêves, sont la matière même que la forme qu’est sa conscience, son attentionnalité, doit débrouiller. 

Ce à quoi il s’affronte, est la densité, l’épaisseur de « ce qui est » ; il n’est pas seulement ce corps ou ce langage, mais ces finalités en nombre indéfinies du monde ou du vécu, universalisées ou immédiates, et encore les architectures qui règlent ces mondes de moi-mêmes, et encore l’architectonique intérieure qui presse aux portes du devenir que chacun Est. 

 

L’intellectualité démocratique requise

C’est dynamiquement que l’ensemble humanisant et donc individualisant s’organise ou se désorganise, part en vrilles ou se coagule, se rend en somme intelligent. Le devenir interne de la démocratie, (dont on ne sait rien a priori ; l’humanisation n’a jamais existé de cette manière là), mène évidemment à une coordination, une coordination des gestes comme des décisions, des à-venirs comme des vérités, parce que l’on ne peut y exister sans comprendre, intellectuellement, psychologiquement, et fondamentalement sans comprendre structurellement ce qui est ordonné des uns par rapport aux autres. 

C’est en ceci que le vocable lui-même « démo-cratie » est absolument tel qu’il se dit ; le pouvoir au peuple(s), c’est-à-dire aux gens, et ceci en et par chacun. Et il est apparent que si l’on veut éviter le plus gigantesque n’importe quoi, il est requis que tous ceux-là se comprennent. Et se comprennent non d’un amour béat universel (qui ne signifie rien dans les faits), mais se comprenne intellectuellement et précisément. 

Que l’on ne revienne pas sur l’utopie et ce genre de rêveries ; c’est déjà effectivement et bien réellement ce qui a commencé de s’imposer. Au point que l’on pourrait quasiment proposer une formulation de type ; la densité de l’information du monde humain est à ce point augmentée, qu’elle produit d’elle-même des régulations autonomes. 

 

Nb : Sauf que ce ne sont pas des « régulations » uniquement mais essentiellement des inventions. Si ce n’était pas des inventions, les supposées régulations demanderaient un tel niveau de concentrations pour se résoudre mécaniquement que bouger le petit doigt demanderait des lustres… L’invention est encore le plus court chemin de stabiliser des multi-dimensions, incompressibles autrement. 

Voir les commentaires

L’être-libre comme devenir(s) du 20éme siècle

1 Décembre 2012, 09:23am

Publié par zwardoz

L’être-libre comme devenir(s) du 20éme siècle

Il est évident du 20éme qu’il a quitté définitivement la mesure de l’être-libre par la raison ; l’être-libre est cependant et doit être présenté comme « la raison en marche », la raison concrète dont l’ancien mode constituait la raison abstraite (qui se définissait comme étant l’universel, universel ayant pour horizon le partage du vrai, du beau et du bien et aboutissant pour chacun au bonheur).

Il apparait alors que la raison a changé dans sa structure : elle s’est déplacée en chacun puisque la réalité veut que chacun soit en mesure de juger, de décider, de choisir et évidemment par-dessus tout d’inventer ou encore de créer.

 

Anti communisme

Ce qui n’est pas une utopie, puisque c’est cela qui se déroule depuis 2 siècles. Depuis deux siècles, il est une quantité de plus en plus conséquente de personnes, individuellement, qui prennent les choses en main. Il est clair que dans le même temps, les vies individuelles se déploient comme jamais ; et que ce monde des mois, des moi-mêmes, est l’idéal réalisé. On n’imagine absolument pas du tout une humanisation sans l’ampleur de l’individualisme qui seul rend chacun à chacun ; à moins de croire en une universalité froide et morte (le communisme de jadis, qui pensait, littéralement pensait universellement selon l’ancienne raison, que l’humain est l’homme générique, indistinct, aux besoins définissables).

Anti libéral

Mais cela ne signifie pas non plus qu’il faille engendrer un hyper individualisme décérébré ; le cadre général de chacun est encore et toujours le partage entre tous et pour chacun de cet horizon dit universel. Qu’ainsi il est impératif de remplir l’idéal absolument général qu’est la démocratie (dont on ignore encore ce en quoi elle consiste au fond) selon d’une part le libéralisme oui, mais aussi un « communisme » si évident qu’il n’est nulle part absent, que partout il est un Etat qui régule et redistribue et éduque, etc. l’être-libre, ce en quoi se justifie n’importe quelle sorte d’égoïsme absurde, ne peut pas se séparer de l’universel ; il en est issu et c’est en l’universalité que l’être-libre recommence à être.

 

Les choix du moi-même

Puisque sinon il ne reste à l’être-libre que de se satisfaire d’immédiatetés, de facilités, d’absence d’avenirs (il demeure limité à son seul avenir individualisé). Ce qui ne signifie pas « rien » ; l’individualité doit absolument former un monde de moi-mêmes, élaborer son vécu en propre. Puisqu’il est, lui, à proximité du donné le plus proche, il est ce corps, cette psychologie, ce relationnel, cette consommation ou pas, cette professionnalité et donc cette technologie, et ceci en plus de son choix ou sa compréhension politique, ou son engagement éthique (pour quelque cause que ce soit et y compris sa propre éthique de vie, sa logique de vécu, logiques  déployées et en grande quantité), son imagination esthétique et mass médiatique (au sens radicalement proche ; d’images oui mais aussi de perceptions, de signes mais aussi de corps et de gestes, de récits en tous sens mais aussi de lectures et d’écritures indéfiniment vairés, etc).

 

L’utopie déjà réalisée

Que chacun ait à se composer et à s’inventer, n’est pas une utopie, c’est déjà là, déjà réalisé en partie, déjà historiquement déployé. C’est ici et maintenant que chacun invente son vécu, avec ou sans difficultés, douleurs ou absurdités manifestes.

Prendre de haut, selon des hauteurs de pleureuses qui regrettent une élévation humaniste tout à fait générale et ancienne ; qui prétend plaquer ici et maintenant une vision de la Kultur, cad de l’acculturation, qui ne concernait que quelques uns du 19éme, du 18éme, kultur qui ne peut pas s’appliquer lorsque l’éducation est dite démocratisée. C’est un autre monde qui s’est imposé. Délimité par le 19éme et le 21éme.

 

La rupture de l’historicité

Ceci revient donc à proposer que au sortir de la raison universelle, celle de l’horizon de partage intégral de l’essence de l’homme (comme homme général ou générique), il y eut l’être-libre pour mettre à bas toute superstructure écrasante dans l’ouverture des gouffres abyssaux de l’invention, découvertes et exploitation d’un monde…

Ou donc que l’organisation essentielle d’un tel monde se réalise par et dans l’être-libre ; la vie hyper individuelle ou la privatisation strictement individualiste de tout ce qui existe en un tel monde. L’organisation essentielle, l’organisationnel, tient dans la main de chacun d’une part et de quelques uns d’autre part ; privative.

Mais ceci sans s’apercevoir que cette privatisation n’existe elle-même que dans le support, sa portabilité par et dans son encadrement générale ; l’universel et le partage.

 

Le libre comme universellement libre

Malgré cet oubli de l’universel commun (oubli historique et fantastiquement majeur), il est une logique en ceci que si le jugement (que l’universel opère sur l’horizon humain) est déposé entre tous démocratiquement donc, il est aussi installé en chacun, individuellement ; autrement dit bien loin de n’être que des corps qui parlent, les mois, le moi-mêmes, tous ces vécus, bien loin de n’être que des « images » (de soi-même), sont des Idées.

Chacun est une Idée, au sens où l’on ne voit pas bien ce qu’un être-libre peut provoquer en lui-même d’essentiel, sinon de se penser. Une liberté qui ne se penserait pas (de telle ou telle manière, et chacun élabore la sienne propre) est inimaginable.

Et pareillement qu’en la raison, cette Idée n’est pas vraiment copiée des « idées » d’autrefois ; elle est autre chose et autrement. Il est un devenir courant, qui gambade, de l’être-libre comme pensée, remodelant continuellement ce que « universel » veut dire.

 

Le libre est la Loi

Il apparait donc qu’il est impératif de saisir en quoi consistait l’universel de jadis, et comment il est déjà débordé par lui-même en se transmuant en libre pur et simple. Si le libre n’est pas pur et simple, il n’existe pas : le libre est à lui-même sa loi, certes, mais il EST une Loi, pour de bon.

Ce qui signifie qu’il n’est pas n’importe quoi. Il est même à l’inverse extrêmement difficile et complexe, puisqu’il est, dit-on, l’application ici-même de la raison (celle des hauteurs qui croyait à son horizon partagé), et que donc il ne peut pas se développer en une moindre complexité ; il ne peut devenir que pluriellement et en démultipliant les distinctifs.

Si le libre se définissait sans raison, il ne se définirait pas, tout simplement. Et se définissant pas et existant pour-lui-même (ce qui est la moindre des nécessités pour un tel être), il est donc son Idée.

 

La révolution continuée des révoltes à tout crin

Qu’il soit son Idée entredéveloppe indéfiniment que la raison loin de s’appliquer généralement sur chacun, est en fait et dans les faits innombrables qui se sont réclamés à corps et à cris durant deux siècles (des prolétaires unissons-nous aux dernières libérations et droits à venir encore, de toutes les révoltes et exaspérations, des maladies psychiques aux drames vécus, etc), que la raison telle qu’appliquée réellement provoque le distinctif et le significatif d’un monde, d’un donné, de vécus et ce au plus proche de ce qui est vraiment (achevant la mort des idéologies abstraites au profit de luttes pas à pas, petit à petit ; de luttes concrètes).

 

Le distinctif comme logique interne

D’aucuns remarqueront que ces révoltes et luttes concrètes se délimitent dans un même espace dit, donc, privatif ; la société libérale est conservée telle quelle et même s’est démesurément amplifiée. Mais on ajoutera aussi que rien n’est encore achevé : le démocratique et un processus et même un ou des procédés ; ça n’est pas un « état » clos et fermé, et l’histoire continue mille fois plus rapidement que jamais.

Et tout vient à paraitre démocratiquement, et de plus en plus précisément, puisque de plus en plus précisément le distinctif (le « ce qui vaut » et le « ce qui ne vaut pas ou moindre ») se démultiplie (ce qui est de fait son essence, son être réel en propre). 

Voir les commentaires

Saisie instantanée de notre être en sa perfection

24 Novembre 2012, 09:28am

Publié par zwardoz

Saisie instantanée de la forme libre par elle-même 

 

L’intentionnalité évasive et fuyante

De sorte que question de bonheur ou d’extase on ne sait pas vraiment ce que l’on attend, désire, etc, et pour cause puisque l’on ne veut rien qui soit au monde, nulle part et en aucune manière. Et tandis que l’intentionnalité file naturellement ses fibres et ses flux, embauchant le corps vers une satisfaction supposée, de même l’identité du moi se révèle telle une synthèse jetée là, absurde et bricolée (rien de bien confondant) qui ne peut donc qu’imaginer une résolution, et comme cette imagination passe par la synthèse des intentionnalités (diverses qui peuplent le flux, la perception, la parole, les idées, le relationnel, etc), et que l’intentionnalité étant structurelle ne se fixe en aucune intentionnalité particulière (sinon elle se perd comme vide et apte à « ce qui vient »), le circuit intentionnel se retourne et revient à une supposition d’être, un état-être qui n’existe pas en lequel elle se mélange. 

 

Court-circuit 

Pour court-circuiter le circuit, il faut que l’intentionnalité stoppe et gèle son flux en quelques réalités auxquelles elle s’adapte et qu’elle se stabilise dans le monde au dehors ; dans le relationnel, les objets, le statut social, ou les universalités, (mais qui requiert, ces derniers, un niveau d’atteinte suffisamment autre, autre que le vécu immédiat, tels l’éthique, la politique ou l’esthétique ou l’idéel, et qui, universalités, flirtent avec la structure).

En ce cas l’intentionnalité se fixe sur une réalité extérieure ; celle-ci ou celle-là qui la maintiendront à mi-niveau. 

 

L’intentionnalité basse, l’intentionnalité haute et l’intentionnalité mitoyenne

Hors cette stabilité, ce qui inquiète le moi est la finalité indicible de son intentionnalité telle qu’elle s’évase et s’enfuit hors d’elle-même, et s’imagine dans une unification, un « moi-même » doucereux ou extatique. Sentiment vague d’Etre et inutilisable, mais peuplée d’un manque qui n’est pas celui de la structure mais celui de la synthèse dans sa supposition ; si donc la structure s’évase vers la pluralité et la multiplicité (de la perception, du corps, des paroles, des signes, des autres etc), par le bas, elle s’enfuit vers l’indicible de son unité qui n’existe pas puisque ce qui lie tout l’ensemble est cette intentionnalité laquelle étant relation, rapport, ne dispose d’aucun contenu fiable, fixe, figé. 

Or l’intentionnalité fonctionne par sa finalité ; toute conscience est conscience de quelque chose ; mais l’intentionnalité en elle-même est la dispersion de tout contenu en d’autres contenus de sorte que pas un seul ne sort vainqueur de ce mélange, sauf que la conscience en sélectionne quelques uns qui font office d’unités (et reste donc l’unité de ces unifications limitées et qui se dit « je suis moi », rien de plus). 

 

La liberté se veut elle-même, purement et simplement

Elle les sélectionne ou en est sélectionnée … puisque formelle elle s’emplit de ce qui advient. Il faut donc qu’elle prenne le pas sur ce qui lui arrive (du monde, du donné, du vécu, des autres, de sa propre expérience, des signes ou de son intégration potentielle dans les universalités d’éthique, de politique, d’esthétique ou d’idéel). Ce qui tombe sous le sens, puisque libre cette liberté ne peut pas ne pas s’acquérir elle-même ; cela n’aurait aucune compréhension qu’elle ait à « être saisie » extérieurement par une autre réalité qu’elle-même ; l’instant de saisie de soi est donc absolument interne à la structure elle-même et non pas commanditée par quoi que ce soit du monde. 

 

La saisie instantanée de la forme libre par elle-même ; l’expérience unique de chacun 

L’instant de saisie de soi est évidemment bien plus que seulement l’idée vide de soi-même et comporte même des degrés mais aussi parfois un saut brutal inexplicatif. L’inexplicable est la forme pure telle qu’elle se sait instantanément sans retour possible, et les degrés internes grappillent ceci ou cela de libre pur, mais à l’image, à la ressemblance de cette structure telle qu’en elle-même non mélangée de monde ou de vécu. L’existentiel sartrien, la durée bergsonienne, la surconscience nietzschéenne, et quantité d’autres opérations, procédés, tous structurels, marquent l’advenue incompressible de la structure dans un monde donné vécu qui ne la comporte pas. 

Voir les commentaires

La tribu perdue (jusqu'à la séparation de tout et de tous)

17 Novembre 2012, 16:20pm

Publié par zwardoz

La Parole totale et la séparation à jamais

Il est donc d’une part l’universel comme premier monde unique (non particulier), mais qui s’est doublé d’un approfondissement ; celui qu’offre le sujet.

De même si l’idéal d’humanisation est porté par l’universel comme partage intégral du beau, du vrai et du bien, celui-ci fut dépassé par cela même en quoi l’universel s’origine ; l’être-libre.

Mais est conservé pourtant le regret de la Parole (comme communauté restreinte dans un monde particulier entièrement Parlé et transmis et dont la transmission est le système même de vérité vécu et donnée, là). Pareillement en tout individualité est conservée ce regret (cad cette régulation) en tant que tout être-libre est ou aboutit à un moi-même, lequel est une synthèse ; et lequel moi cherche, parce qu’intégralement parcouru par le langage, à exister comme circuit de vérité vécue, qui ignore le sujet et l’universel.

Le stade intermédiaire est celui de la communauté ; symbolique ; qui imagine une communauté « en esprit » et non plus naturelle ou donnée et ceci non par la Parole mais autour du Texte (sacré, divin d’origine).

Autrement dit l’universel d’une part et le sujet d’autre part sont des séparations et de la Parole et du symbolique. Nous n’existons plus dans le symbolique ou dans la parole et donc chacun est seul et pour lui-même une synthèse vécue.


 

Le moi ou la synthèse de « ce qui arrive » comme si cela avait un Sens

La synthèse vécue consiste à prendre pour vrai ce qui est seulement réel ; à porter et extrapoler le vécu comme Sens. Le moi est cette synthèse (il adopte ce qui vient et tente de le parler, cad en fait de le Parler, selon le regret de la Parole qui formait un circuit de validité entre tous et pour tous et par tous et pour un monde particulier « plein de sens », puisque toute partie du monde fonctionnait comme échanges), cette synthèse en tant que toutes les intentionnalités se congratulent en une seule, dans l’unification (elle est formelle et donc tend de par soi à l’unification), et en une identité.

En tant que l’on en est l’intentionnalité, cette identité se présente soi-même comme Une. Toutes les intentionnalités tentent plus ou moins et de plus ou moins loin, d’accrocher l’identité, et sa finalité est « ce dont on a conscience ».

Mais vue extérieurement, l’identité qui est pour elle-même Une, est en fait dispersée et travaillée de toutes parts ; puisque l’intentionnalité n’existe pas en soi, elle est relations et en tant que relations ne contrôle pas, ne pense pas chaque terme relié ; ce serait absurde et inefficace. Elle relie donc quantité de données « comme si » elle en connaissait les tenants et les aboutissants.


 

La tribu perdue

La tribu il faut le redire, est une cohérence ; elle est absolument Lévi straussienne ; elle pense entre soi, elle compute dans et par les échanges ; aucun ne connait objectivement et du dehors l’ordonnance de l’ensemble, mais l’ensemble se pense lui-même dans les relations elles-mêmes ; la conscience est naturellement portée, organisée par les liens ; il est une intellectualité intégrale, un schématisme complet, un équilibre et déséquilibre orchestré par et dans la Parole en commun. En tout événement ou toute advenue qui rompt la Parole, toute conscience est employée à réguler selon l’ordonnance des échanges (de choses ou de signes) « ce qui arrive ». Une mémoire complète articulée par une attention actuelle (à l’événement).

 

Le groupe restreint (creuset de la parole et de tout langage), le groupe imaginaire (qui simule une communauté « en esprit » et dite donc seule symbolique) et l’universel, comme séparation de plus en plus intégrale de tout et de tous, demeurent en chacun inclus. 

Voir les commentaires

De la philosophie (en gros et ce qu'elle indique)

13 Novembre 2012, 17:56pm

Publié par zwardoz

Le cadre et le tableau

La philosophie s’entend comme saisie du cadre général de tout ce qui est.

Peu importe le tableau, remplacé, défilant par çi par là, on remplit le cadre général comme on veut, et d’une certaine manière, cad d’un certain point de vue tout à fait abstrait, peu importe.

La description du cadre qui pourtant existe extérieurement aux tableaux de mondes (divers et variés) s’effectue via des éléments du monde, ce qui est contradictoire et impossible ; le cadre ne rentre jamais comme tableau ni de quelque signe que ce soit appliqué sur la toile du regard, mais nous savons pertinemment que c’est dans et par le cadre de tout monde, quel qu’il soit, que nous, nous existons.  

 

A partir de ce qui apparait

Que la description du cadre général de tout ce qui est, s’effectue via pourtant les éléments du monde (alors que le cadre lui est tout extérieur) et implique donc la difficulté de comprendre de quoi il retourne en philosophie.

C’est que puisque tout est traité selon les éléments du monde, et que c’est autre chose que le monde, le donné ou le vécu, qui doit être pensé ; à savoir le cadre général de n’importe quelle réalité qui se manifeste dans le tableau mais non pas selon le cadre ; il faut donc lire au travers, au-delà, en transparence, entre les lignes et se tourner non vers ce qui est dit, nommément, mais vers ce que cette expression indique, montre, appelle.

 

Faire-voir ce qui n’apparait pas

Autrement dit la philosophie fait-voir un réel qui n’apparait pas ; qui est « ce en quoi apparaissent les choses, les êtres, le monde, les phénomènes, etc ».

Elle le fait-voir, mais originellement elle a présenté son mouvement comme Pensée ; la pensée tente de définir abstraitement les cadres généraux de toute apparition, réalité, et comment il faut comprendre « ce qui est » lorsque l’on abstrait, extrait des réalités les encadrements spécifiques ou tout à fait généraux.

 

Les cadres généraux de tout monde particulier(s)

La tentative consistait à abstraire des réalités les qualités ou déterminations communes en tout et partout, et de prétendre que ces qualifications existaient en elles-mêmes et hors du monde, alors que visiblement ces qualifications s’extrapolaient du monde, du donné, du vécu, et que la matière, la réalité, le donné tel que « là » collaient à même les Idées, les cadres généraux et que donc on ne pouvait pas déduire ces encadrements à part d’un monde existant réellement ; ce qui n’est pas en soi gênant, sauf que de ce fait on ne peut pas réellement comprendre les dites idées, les cadres généraux qui appartiennent originellement au monde et sont donc acceptés tels quels sans connaissance effective.

 

Les éléments manquants

De même la scientificité s’est développée de ce que l’on ne part plus de tels éléments donnés, immédiatement, connus, relevés du langage commun ou de la perception simple, mais que scientifiquement on étend la quantité d’éléments que l’on va repérer dans le monde et le donné, et que c’est uniquement à partir d‘un nombre d’éléments répertoriés que l’on estimera l’observation suffisamment exhaustive afin d’en retirer une loi ou une classification.

 

L’expression intégrale du pensable (un monde unique et non des mondes particuliers)

La pensée entendait tenir pour connus tous les éléments du monde et en déduire ou extrapoler la vérité adéquate ; il est clair que la surface réduite observée ne pouvait mener à une connaissance bien rigoureuse, mais ajoutons qu’elle tenait également que le développement de la pensée sur elle-même devait fournir les idées les plus générales suffisantes, et de dessiner le plan d’un « monde en général » indépendamment de n’importe quel monde particulier.

Tout ce développement ne peut malgré tout pas être jeté aux orties ; il fut élaborer la totalité possible du penser (un être placé en un monde aboutit à produire un système d’idées cohérentes) ; ce qui permet d’ouvrir la plus grande pensabilité possible récupérable en toute occasion. Le but, la finalité étant de pousser jusqu’aux limites l’expression ; que tout ce qui est pensable en cohérence, sorte et ex-siste, sorte de.

 

Le sur-plus hors de la pensée, seul réel

Mais ça n’est pas seulement en cela que joue la pensée pure (ou prenant l’abstraction hors de tout particulier, afin de déterminer un monde qui vaut pour tous les mondes, restriction faite du manque d’éléments exhaustifs mais compte tenu que la pensée, le penser peut créer un cadre idéel valant de par soi) ; puisqu’il ne s’agit pas uniquement de stabiliser un contenu, une série d’idées, seraient-elles abstraites et générales encadrant les réalités, mais de situer et repérer notre être au sein du monde.

Il apparait à chacun et généralement que quoi que l’on en dise, nous nous plaçons sinon hors du monde du moins au bord de ce qui est. C’est ce déplacement qui est l’enquête menée par la philosophie.

Et l’on entre en ceci réellement dans le cadre général qui ne se dit pas ; au travers des idées, qui permettent au moins idéalement de catégoriser les réalités en quelques cadres effectifs, se précise la position de notre être ; c’est au travers des catégories ce qui est longuement décrit, mais aussi au travers des attitudes diverses du sujet, au travers des démontages analytiques des mondanéïtés des sciences physiques ou humaines. 

 

Mais c’est aussi ce lieu énigmatique en lequel chacun existe qui n’a pas de nom, et qui devrait constituer le cadre réel de ce qui est ; tel qu’il cherche à se révéler et ce à partir et compte tenu de l’évidence que de toute manière notre être n’y est pas, notre être n’a de place nulle part et que pourtant c’est dans cette invisibilité qu’il accroche à tout ce qui existe alentour et ailleurs. 

Voir les commentaires

Le regret de la Parole

11 Novembre 2012, 11:48am

Publié par zwardoz

Au sortir de la Parole, dont on garde, incrusté dans le langage même et son utilisation, la mémoire et le regret (chacun partage le même monde particulier et les choses et les êtres sont échangés concrètement et en présence de chacun dans et par la parole, et le transmission du langage même tient si fort à lui-même qu’il est garant de la vérité ; la vérité est le monde parlé par un groupe dans un monde connu et échangé), il s’invente une rupture qui se garde auprès de soi ; si le groupe ne fait plus office de vérité, la vérité existe de par elle-même.

L’être-seul

Chacun est mis en demeure de juger du vrai ou du faux, puisque la raison n’existe qu’activement énoncée, et scrupuleuse. Ce qui se comprenait comme monde particulier selon les apparescences des saisons, lune, miel ou fleuve, doit se décanter jusqu’à l’abstraction ; tous les chiens sont l’idée du Chien telle qu’en elle-même. Et chacun renvoyé à son être-seul, n’échangeant plus face à face, en présence et en corps, corps dans la parole entièrement parlé et signifié et parlé donc repris par tout autre.

Le vide commence d’emplir l’espace, le temps, les choses, les êtres.

L’idéal de la parole est de manifester en une fois constante tout ce qui arrive qui renvoie aux choses telles que « là », particulières, connues et re-connues, et surtout signifiées également par tous et par chacun en une fois ; de sorte que la parole parle (le monde, le donné, le vécu) en et par le groupe qui échange et les échanges eux-mêmes n’existent pas pour exister et sans raison, mais par Sens et régulés strictement selon le parler-ensemble. La parole organise « ce qui arrive » et produit l’ordre de toutes choses au cœur de chacun et des choses, liés à la racine du groupe.

 

La parole perdue

Dans le choc de la dégradation de la parole (divisée selon les vides), le langage en chacun cherche donc à rétablir ce qu’il a perdu (à savoir ; la parole exposant le monde, le monde exposant la parole et le groupe soudant l’ensemble). Il n’est pas moyen dans la déchirure, pour un être individuel, de s’aimer selon cette logique de rupture, et impossible de parler correctement relationnellement : tout se dégrade en communications. Et la masse des informations se colle dans le néant, sans recours ; elle tire à se réguler mais n’ayant plus la parole du groupe qui agissait comme monde et donc se contemplait dans la bouche et l’oreille des autres.

Ce que l’on sait être est exprimé extérieurement. Tandis que jadis selon la parole, par la validation des autres, et les autres ce sont tous les autres et donc jadis c’est la Parole même qui parle et d’autre part il est dans la parole impossible de faire varier ce qui est énoncé puisque tous les autres et la parole elle-même l’affirment ; le retienne, le mémorise, et cela régule absolument l’échange, tout échange ; et enfin tout ceci se réalise en présence, en présence réelle des corps, des corps en tant que signes eux-mêmes ; tout est complet, complètement exprimé et l’expression est vivante en même temps qu’exposée dans tous ses détails.

Au lieu de cette totalité mouvante et agissante qui régule et expose ce qu’elle régule (qui lutte aussi contre tout événement et toute catastrophe et s’efforce de concentrer tout ce qui arrive dans l’exprimé entre tous), la rupture devait intervenir ; la réalité et le langage lui-même parvenu à un certain degré se divise et commence de séparer toutes choses et tous les êtres.

Parole Texte et Œuvre

Le regret de la Parole est à ce point dominant que le Texte qui prit la suite de la Parole, le texte sacré, la parole divine, s’est accompagné de cet imaginaire ; celui de la communauté ; le groupe est rétabli mais imaginairement dans la communauté « en esprit », ou « selon la parole-même ». Mais aussi ce qui suivit le Texte (sacré) ce fut l’Œuvre, l’œuvre du créateur, de l’artiste, de l’écrivain ; toujours la parole cherche à retrouver son essence même, qui est la transmission (tout langage doit s’assurer qu’il est effectivement compris par chacun et par tous, sinon il s’effondre ; et cette transmission, (si tous entendent la même pensée) fait office de vérité indiscutable, mais dans le vécu est, absolument, la vérité elle-même.

Sauf qu’en plus et par ailleurs il y eut que la « vérité » fut définie autrement ; comme autre que tout. La vérité de division accélérée qu’est la raison, ce que l’on nomme tel. 

Voir les commentaires

Oh quelle surprise ! Mon bras s'élève sans ma volonté !

2 Novembre 2012, 13:36pm

Publié par zwardoz

Oh merveilleux, mon bras s’élève sans ma volonté !

On connait l’expérience ; sous le scanner le cerveau sait avant que l’on en prenne conscience que le bras va se lever. On en déduit que la conscience est seulement une sorte d’enregistrement d’état de fait, et que la volonté (autre manière de caricaturer et fantasmer la conscience) n’y est pour rien.

On ne voit pas bien comment est postulée la conscience dans son être pour la confonde en une forteresse qui se voudrait par quelque fantaisie subjective ou idéologie des contraintes (si chacun est responsable on peut l’inculper et si il est responsable, cela éviterait de repenser l’ordre social en concentrant chacun sur son devenir personnel, ce qui n’est pas faux en soi).

Descartes n’a rien présupposé

Si l’on remonte à Descartes (qui ne pose pas de « sujet » dit pourtant cartésien, qui décrit plutôt un dispositif de dispositifs, sans le nommer comme Un et qui seulement ensuite le formulera afin d’en composer une philosophie comme chose qui pense, ce qui ne veut pas dire grand chose puisque la « pensée » pour Descartes est cet ensemble de dispositifs dont l’unité est quasi insituable). Si l’on remonte à Descartes, il n’est qu’une seule sorte de « conscience » elle est décrite comme Méthode ; autrement dit c’est une structure qui se déploie pluriellement comme doute-cogito-infini et puis étendue comme Idée intuitionnée abstraitement et comme union supposée mais incompréhensible de l’esprit et du corps. Bref insituable et difficile, mais quasi parfaitement décrite de façon si rigoureuse.

La conscience existe à demi

Que la conscience soit une forme signifie qu’elle existe à demi et que l’autre partie est remplie de « ce qui vient » ; signes, perceptions, émotions, autrui ou théorie quantique, ce qui « arrive » de quelque lieu que ce soit.

Si elle est à-demi, elle n’est pas l’autre partie ; elle absorbe donc ce qui vient et n’a pas même nécessité d’absorber « tout ce qui vient ». Il faut vraiment fantasmer la conscience pour prétendre qu’elle contrôle ou prévoit tel geste ou contient tout élément ou tout événement ou donc connait par avance … ce qui se produit ou ce qui se produira. Ceci est absurde ; ça ne signifie rien du tout sinon l’imaginaire dont on caractérise la conscience ou le sujet, de lui conférer, réflexivement, en seconde main, des propriétés qui ne lui reviennent pas.

L’imprévision constituante

La forme « conscience « n’a pas besoin de connaitre ce qu’elle ne connait pas ; ni même de contrôler le moindre de ses perceptions, imaginations, signes ou gestes ; ce serait tellement énorme de déplacer toutes ces données en la moindre volition que la conscience ne parviendrait pas même à bouger le petit doigt sans mobiliser d’indéfinies quantités de données, d’informations.

Pas même Husserl

Si l’on caricature à ce point la conscience comme forteresse (et fut-elle-même cette semi forteresse phénoménologique qui présuppose que au travers des intentionnalités se dessine un Sens de l’intentionnalité, proposé par Husserl comme idéaliste en tous cas), il n’est pas étonnant qu’on l’abomine de sa fatuité.

L’efficace de la conscience

Il est bien plutôt à l’inverse, si l’on entend que la conscience est, de la supposer tellement éthérée et vide et simple et structurelle, qu’elle peut s’employer éventuellement (mais non constamment puisqu’elle surgit dans des dispositifs, de perceptions, signes, images, corps, etc) et donc ponctuellement ; pourquoi monopoliserait-elle une continuité invraisemblable et pour le dire incompréhensible, alors que sa forme est d’intervenir et de se déplacer et de surgir ou paraitre ponctuellement et que c’est ainsi de subvenir lorsque réclamée, qu’elle est fonctionnellement efficace et qu’autrement, forte d’un être compact fantasmé, elle serait inutilisable ?  

Voir les commentaires