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instants philosophie

L'indescription de soi

14 Novembre 2010, 15:55pm

Publié par zwardoz

L’invention démultipliée (du moi de chacun) peut paraitre un pur fiasco ; en quoi un vécu peut-il prétendre à exister pour lui-même ? Il est mélangé et résultat(s) d’interférences absurdes et d’aventures totalement hétérogènes ; il n’y a pas d’essence, de destin, de vérité, d’unité là-dedans.

Mais justement il ne vise pas à manifester une essence, une unité ; c’est juxtaposer une identité à ce processus ; croire qu’il y a un « moi ». Croire qu’il y a un moi, c’est absolument nécessaire pour quiconque ; parce que quiconque est dans l’obligation logique de réunifier tout ce qu’il voit, désire, reçoit, éprouve et endure en une fois. Mais hors de cette nécessité logique, il n’en est pas ; pas de moi. On dira ; oui, mais il meurt, un jour, il cesse. On prend donc la mort pour une certitude de soi. Ça prouve quelque chose, que « quelque chose » est, est bel et bien « soi-même ».

ça n’est pas faux ; rien de tout cela n’est faux ; au contraire, il est vrai qu’il est essentiel que le moi-même que l’on ne réalisât jamais en quelque période humaine qui fut, est absolument cad historiquement un acquis essentiel et confondant ; au point que la main mise des monopoles, des factions de pouvoirs, de tout pouvoir, vise précisément à démantibuler l’acquis d’un moi-même, la sécurité d’un habitat, broyer le statut de chacun (en ce sens que l’économique veut détruire le statut constitutionnel et politique du Chacun, de même que les dictatures annihile le caractère privé de la vie vécue).

Mais que ça ne soit pas faux, le moi-même, ne signifie pas que cela soit tout, que le moi-même soit tout le possible. Et en essence il advient qu’il existât un possible précisément de ces moi-mêmes.

Tout dépend du concept que de soi l’on se forme. Se forme-t-on un « concept » de soi ? Est-ce que l’on n’est pas simplement « soi-même » de fait et considérant cela comme un Fait justement ? Mais si l’on a des questionnements ou des tourments dans le vécu, si l’on s’y éprouve comme en une épreuve, si l’on doit faire face à ceci ou cela, si il existe des psychothérapies ou des, enfin, religions, c’est que de soi, on se formule un concept ; on a une idée de soi. et si on tend si aisément à s’enfoncer comme un fait donné, c’est que ce concept de soi est, on le sait, en partie inexprimable ; soit il est finalement « ce corps-ci », soit il est irrésolu et imaginaire (cad que l’on s’imagine être tel ou tel ; ce qui au moins permet une adaptabilité ; l’imagination est mouvante et peut se couler en telle ou telle situation, remodeler l’idée de soi).

Du concept de soi, on ne voit pas pourtant en quoi et pourquoi il cesserait ; sauf en ceci ; qu’il est utile, qu’il est fonctionnel ; il fonctionne dans telle situation sociale (et cette idée de soi autre ne fonctionne pas en tel autre situé). L’idée de soi est ainsi profondément délimitée par le reflet dans son monde ; et son monde est le miroir de son unification personnelle. Si la forme « idée de soi » est en elle-même universelle (c’est une idée, une formulation, et elle est une manière commune à tout moi-même), elle n’existe par contre que déterminée ; on que celui-ci et non pas cet autre, on est un-tel. 

Ce qui est aberrant. Aberrant parce que la forme Idée de soi a visiblement accès et potentialité d’être universelle entièrement ; par nature, par essence. A croire que ne trouvant pas de quoi se nourrir, elle se rabat sur tel moi-même, un-tel bien défini. Or cependant il est tout, littéralement tout, à sa disposition ; de la politique à l’art en passant par la science, l’éthique individuelle, ou la connaissance ; la totalité des universalités possibles est à disposition de chacun.

En cela on peut s’imaginer que art ou éthique ou pensée sont comme des extensions d’un moi-même, entre autres. Entre autres choses, toutes extérieures. Mais c’est faux ; art ou éthique ou pensée forment un autre-soi. On n’y entre pas sans atteindre de son moi une explosion radicale ; le moi-même se centre sur soit un état-de-fait (« suis un-tel »), ou soit sur un état imaginaire (« moi-même ») ; le devenir universel le décentre entièrement et promulgue la loi ; ceci, art, pensée, éthique, vaut universellement ; pour n’importe quel moi-même, qui est dés lors un sujet (comme tout sujet).

Cela implique ceci ; que l’art ou la pensée ou l’éthique ne valent, ne sont vraiment compris qu’en un tel décentrement ; sinon c’est de la distraction. Ou, encore, de l’imaginaire de soi. Tout moi-même préfère se réfugier dans l’illimitation de son état-de-fait, son corps, ou de son imaginaire soi ; qui restent une unification facile et disponible. Il est clair que se vouloir éthiquement, est une contrainte, voir parait une rigidité en comparaison de la plastique psychologique d’un moi-même donné et imprécisé. Tout moi-même au fond réside en une indescription de soi, une vacuité, ou une ordonnance délimitée par telle situation socialisée uniquement fonctionnelle, et finalement non-existe.

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L'angoisse et l'exigence

28 Octobre 2010, 20:05pm

Publié par zwardoz

Il est une invention démultipliée ; celle du moi : soit l’unification d’un vécu au sein d’un monde ; qui se traite en terme d’identité, et donc investie est cette unification.

Mais le moi est une unification intentionnelle ; il réclame une unité d’intention, d’attention ; il s’emploie selon l’intentionnalité de la conscience de soi. L’intentionnalité est glissante ; elle devient à l’intérieur de son être même ; elle se plie et se déplie, se suppose et se place entre parenthèses, est un tissu louvoyant.

L’intentionnalité sait ce qu’elle veut ; tel objet d’attention ; mais elle ne domine explicitement ni les effets, ni les causes ; elle peut tout autant être portée par ces causes et visualiser vaguement les effets ; elle présuppose constamment un monde antérieur et un monde postérieur à son activité. L’intentionnalité est actuelle et active ; mais elle recèle par essence une inactualité (qu’elle dépose dans le monde, ou dans la mémoire) comme une inactivité (le fondement de son activité ; le corps par ex, l’émotionnalité, la perception même, ses objets tels que là, qui contiennent dans leur apparaitre même les informations sur lesquelles se fonde telle intentionnalité de tel ceci, etc).

L’intentionnalité n’est pas plus capable de saisir le tout ; non seulement le tout de ce qui existe, mais même ne peut saisir le tout, la totalité de telle intention pourtant précise ; elle se focalise sur une unité d’objet (désiré, perçu, imaginé, pensé, etc). Sa limitation est bien sur la nécessité même de son être ; elle est l’action localisée et se disposant à toute espèce d’activité locale. Elle n’est pas une certitude de connaissance, ni même absolument son identité, n’est pas « qui elle est », mais ce moi en lequel elle existe, est un de ses objets.

On voit bien que l’on ne sait pas se dire « soi » ; sinon dans tel ou tel état d’être ; en telle occasion du monde, ou en telle occurrence vécue. On existe donc « soi » en s’imaginant une unité qui tiendra ce qu’elle pourra, mais qui n’a pas de fondement en tant que Une Unité définie ; elle est un ensemble dont seulement telle ou telle actualité affirme la permanence. Pour cette raison, on s’imagine être ; on imagine une solidité, et c’est tant mieux, mais la factualité de cet être est uniquement imaginaire. Non que les qualités ou les défauts sont illusoires, pas du tout, mais c’est leur unité supposée qui les maintient comme étant « moi-même », qui est purement évasive.

Le glissement du moi-même solide en cet être de conscience, qui est le seul fondement actuel, provoque l’angoisse, ou l’exigence, ou la décision, ou l’activité pure ; soit ; des vides éreintants. Puisque c’est se placer sous le seul réel actuel ; plutôt que de se déplacer dans l’identité imaginaire.

Notamment en terme d’action sur le donné, le quotidien, la réalité, qui ne sont approchables que si on les identifie (cette chaise, cette foule, les couleurs, etc) et on ne les identifie que si l’on s’y déplace ; on re-présente la même scène que l’on perçoit, en s’y ajoutant soi-même afin d’y manœuvrer. Que l’on ne puisse plus s’y incruster, et l’ensemble de la scène échappera. C’est toute la re-présentation du monde et de soi dans le monde, qui s’enfuie par un trou ouvert on ne sait où.

S’y emploie alors la panique et la nécessité d’y remédier ; cela même qui est comblé habituellement, dans l’habitude d’être un moi-même, par l’imagination de soi, ou en gros l’image de soi. On remarquera qu’en somme l’image de soi, dans les faits, dans le fait d’y être, dans un monde, ne nous appartient pas ; elle vient-avec le monde, cad encore telle situation (habituelle, connue, répertoriée) de ce monde.

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Le pur possible n'est pas navrant

16 Octobre 2010, 20:43pm

Publié par zwardoz

Le moi peut bien se débattre dans ses perturbations intimes, dans ses labyrinthes psychiques, dans ses déceptions relationnelles, s’imaginer dans l’encart des images mass médiatiques, (on produit industriellement sa nourriture psychologique), s’éprouver comme anxiété et haleine pas fraiche, rien ne fera qu’il ne se découvre un jour non pas un moi, identitaire, mais une personnalisation, un processus dont il faudra bien se demander ; qu’est-ce qui devient par exemple comme un moi, entre autres ?

A partir de cela, il comprendra que son être n’est nullement cet être délaissé ou fade, ce rapiècement, ce bric de broc de souvenirs inventés, cette masse de complications et compilations interprétatives, mais qu’il est, lui, le sujet de ce qui est. Qu’il n’est pour un sujet, que de définir « cela qui est » et rien d’autre que l’être en tant que « ça existe ».

Autrement dit, le sujet, qui se vit comme un moi-même, est un procédé, un processus, un dispositif ; c’est seulement un coup d’arrêt que sa stagnation dans l’empire industriel, sa profusion d’imaginaires, sa recollection des passés de l’humanité dans toutes ces cultures, ces littératures. Le Grand Musée.

Le devenir sujet de l’individualité est tout autre que cet étalement, cette profusion, et quand bien même cet étalement s’enfonce dans l’épaisseur du donné psychique, le devenir du sujet est de détenir universellement ou démocratiquement le possible ; pour le moi il n’est que l’universalité qui puisse le sauver.

Or si l’on observe la multitude d’images de soi, d’identités, de production artisanale ou industrielle de signes collant à la peau, il n’en est pas un millionième qui n’abaisse plutôt que d’élever. Tant on est si certain que le moi-même est, au fond, immédiat à ce corps-là. Les mille trouilles comme les plus grands désirs émergent puis s’écroulent, s’immergent dans le là, tombent dans le monde, et non pas ailleurs.

Comme le centre de gravité est installé au cœur du donné-là du monde, sous l’identité d’un corps, il n’est pas d’âme qui tienne le coup. Puisqu’enfin, l’âme ça n’est pas donné. Pas étonnant que l’on ne puisse déloger psychanalytiquement le moi de son corps, infesté d’images, de signes, et de morceaux du monde, pêchés ici et là ; il est lové au centre du cœur de ce qu’il a vécu. Il veut à tout prix que ça ait un sens, ou que ça prenne forme. Mais il n’est rien de formel, et bien peu de sensé, dans le devenir égaré des morceaux de monde que l’on est devenu.

C’est ailleurs que la forme existe ; elle prend pied sur l’autre versant ; et c’est de l’autre côté qu’elle tire du néant, du bord du monde, en somme du possible pur, qu’elle tire non pas une unité d’elle-même, l’âme n’a plus vraiment de soi, mais qu’elle tire du bord du monde, ce qui doit l’être.

Elle s’assigne à un devoir-être non de soi, illusion moralisatrice, mais un devoir-être envers ce qui est. Objectif et extérieur. Et qui est seul objet et manifestation de passion. Ainsi croit-on que tel autre sera amoureusement ce qui nous tirera de l’égaré devenu de soi …oui… bon, ça s’est très peu vu quand même… Parce que c’est tellement subjectif alors, que n’ayant pas le sceau de la rigueur de l’être, du bord du monde (qui a annulé les prouesses du pseudo- vécu), ça ne peut au final que revenir à la maison, rentrer bien-chez-soi, se calfeutrer ou s’agiter dans son sommeil.

Et comble du malheur se tenir de l’autre côté, ça ne se décrète pas ; ça se décide on en sait de où, ni comment et bien malgré soi ; on est un moi, comme tout le monde, on ne bascule pas sinon d’inconscience et de témérité abusive juste sur le bord à gicler hors du néant constamment.

On l’a voulu de la volonté étrangère, martienne, pas terrestre ; on l’a voulu contre sa « volonté » simplificatrice, la soumise, et du coup comme on ne se soumet au monde, on se perd de vue, sinon de succomber fort heureusement à la confiance, la foi, le goût du possible pur.

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La philosophie contre tout ce qui est, partout

21 Septembre 2010, 21:03pm

Publié par zwardoz

S’il est donc une objectivité, cad la tenue d’un discours abstrait, sur les réalités, il n’est pas, au fond, de décloisonnement, de sortie de l’incrustation de l’individualité de lui-même ; il est planté dans et par la parole. La parole entendue est celle qui compose forcément naturellement toute la réalité en tant que l’on y est. Ce qui est prononcé devant soi, autour de soi, par tous ou quelques-uns, dans le vécu même, est toujours préalable à toute position qui se tiendra ensuite comme abstraitement ; dont l’objectivité (scientifique ou technologique) ou l’objectivité (culturelle, de systèmes représentant séparément la réalité, dont la philosophie). Le brouhaha en résulte, de cette parole multi prononcée contre laquelle on ne peut rien, puisque pour l’entendre, il faut la comprendre, et déjà la faire sienne, l’intégrer ou plutôt s’y intégrer soi, étant donné que parlée, la parole situe de facto chacun là où il est.

Et ainsi non seulement on ne peut que s’y intégrer (sinon on ne comprend rien à ce que les autres, tous les autres disent, ce qui est plutôt dangereux), mais de plus elle est parlée dans les faits, dans les faits du monde ; elle ne transmet pas seulement une information, mais un état du monde et une situation de soi dans ce monde, dans telle manière de monde. Lorsque l’on prononce abstraitement une phrase, on tient au bout de cette phrase ; on distingue bien nettement ce que l’on dit, mais non pas tous les tenants et les aboutissants que causera cette phrase dans telle ou telle situation. De même, toute idée de soi se tient pour séparée et distincte, on en est sinon obnubilé, du moins sommes-nous focalisés en cette intention-là ; on ne saisit pas toutes les causes adjacentes ou primordiales qui nous forment à cette idée de soi ; cette idée de soi se déduit presque de tout ce qui nous précède et dont on n’obtient pas l’exhaustivité. On en a l’idée conclue, rien de plus. Chacun est de soi l’idée conclue de tout ce qu’il ignore qui le précède.

Pourtant même si l’on ne saisit pas tous les effets de telle phrase dans telle situation, on en mesure malgré tout relativement les conséquences ; selon que l’on est plus ou moins intégré au monde alentour. De même, on en conclut plus ou moins habilement une idée de soi à propos de tout le précédent ; tout dépend de telle situation en laquelle on se retrouve, mais on en peut décliner l’idée de soi suffisante ou non.

L’idée philosophique brise nette les situations de départ ; aux situations si précises, on oppose une aperception qui provoque les belles critiques de toutes sortes ; cette aperception de soi serait une illusion. C’est une illusion que partage chacun en ce qu’il se croit, spontanément, maitre et possesseur de son destin.

Il ne s’agit en général pas tellement de penser adéquatement selon un objectif précis, mais faire le tri et d’obtenir une visée ou vision pertinente qui juge du seul point de vue qui se tienne.

Aussi se tient-on unilatéralement et sans scrupules, au-dessus des objectivités et des dites subjectivités ; il y aurait un point de vue imprenable ; ce que tout le monde conteste. C’est en plus de tout que ce point de vue se veut ; il s’ajoute et, dit-il, relève d’une définitive perspective qui les contient toutes.

Au sortir de la Parole qui nous parle et pense notre vécu, perméable à toutes espèces de causes, masse gluante de tirebouchonnées impossibilités, la philosophie dit ; pas grave, il y en a en plus, du réel.

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L'indéfini cartésien

16 Septembre 2010, 20:54pm

Publié par zwardoz

Qu’il n’y ait pas ou pas eu, jamais de déclin philosophique, ça se montre suffisamment de toutes les pensées qui nous ont traversés. La tripartition philosophique minimale se précise comme suit ; d’une part l’élaboration du discours comme vrai à propos du monde grec ou du discours de la pensée pour dieu scolastique ; établir un savoir de tout le pensable déroulé sur lui-même et tel qu’il traduise la totalité des idées telles qu’elles peuvent s’organiser entre elles et telles qu’elles sont issues d’une aperception générale de leur existence ; entendons par là que les idées se proposent à partir d’un « monde » jugé naturellement tel qu’il se donne.

Vient ensuite que le dit monde naturel est interrogé tout autrement ; via les mesures, la mathématisation, les descriptions précises et les causalités, le visage du monde change et il n’est plus possible de lui appliquer le déroulement de la pensée immanente (à elle-même). Les éléments isolés scientifiquement ne relèvent que de mesures et non plus de mots ou d’idées existant de par soi.

Or cependant, il peut être question de dessiner le sujet d’un tel nouveau monde objectif ; un tel sujet, cartésien, commence alors d’une part l’appréhension de ce nouveau monde comme « là » (et non pas en idées), comme étendue, ou comme possible ou comme nécessité de cette chose énorme spinoziste, et d’autre part la compréhension de son être propre incompréhensible. Lequel n’est plus du tout lié à une idée, une idée placée dans un discours cohérent ; le sujet, son être propre excède absolument ce qu’il dit ; il est en plus ; il opère par exemple de la pensée à l’étendue ou de l’infini au fini. Il nomme même cet infini ; la volonté. Cad la capacité de « faire attention » à tout ou n’importe quoi ou à tel ceci exclusivement.

Il n’est plus dès lors de discours savoir clos en une fois, mais un discours troué en son centre, effectivement, par la volonté ou la liberté ou l’étrangeté de celui qui l’instaure. Et donc il n’est plus un savoir transmissible ; intégralement comme peuvent l’être les mathématiques ; mais d’une expérience.

D’une expérience de soi, étant entendu que le « soi » est « quiconque ». La forme entière de l’humaine condition. Là où elle est resserrée en ce qu’elle obtient d’elle-même de plus déterminant ; cad non pas ce qui est le plus cause d’effets innombrables, (en ce cas on pourrait bien désigner le langage), mais en ce qui comme cause ouvre et ferme le plus grand potentiel ; et fondé sur ce principe ; il dépend de ce que l’on pense de soi, de ce « soi », qu’advienne ou non ce qui pourra ou non advenir.

Dès lors remarquons bien ceci ; sans doute il est une telle concentration dans une idée que par celle-ci on connait à la fois tel ou tel possible et on connait que l’on connait ; cad que l’on peut réintroduire cette idée dans une autre suite d’intentions volontairement. Mais il est aussi non seulement pensable, mais souhaitable de surdéterminer ce que par « ce que l’on pense de soi » veut dire. Descartes implique très bien que « pensée » cela se comprend en une pluralité de sens ; ça ne se limite pas à la « pensée par idées ou conceptuelle ». (Descartes circonscrit notre être vrai à la volonté dans et via tous ses mélanges ; il est très loin de cette fixité, cet immobilisme qu’on lui accole ; il décrit un ensemble unifié en perte mais ce gaspillage est son être même).

Ainsi la volonté, attend sa véritable dénomination ; l’intentionnalité, techniquement et dans son libre absolu, la volonté nietzschéenne de pure affirmation de soi (de soi comme volonté … et non pas d’un « moi-même » ; la volonté est attachée à son universalité totale ; puisque ce qui est absolument soi de par soi, infini, doit s’affirmer comme tel et chercher, rechercher les conditions de la plus radicale présence à soi comme volonté ; reste à déterminer en quoi elle consiste).  De même qu’existentiellement, la volonté se heurte au monde complètement autre que soi ; qui n’est plus pensable selon le discours, qui excède la scientificité (notamment en ce que ce monde porte ma propre mort certaine, mon vécu, et tout ce qui s’y trouve, mais aussi en lui-même ; les objets, objectifs, sont des choses, monstrueuses), et auquel on n’assigne aucune finalité visible ; il parait plutôt comme si énormément lui-même que toute conscience de soi, isolée, en semble le jouet ou un jeu remodelé, replié, incertain, sans secours aucun.

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Aperçu d'historicité philosophique

12 Septembre 2010, 12:14pm

Publié par zwardoz

Suivons donc ce que penser voulut dire.

Si le système hégélien réalise effectivement ce qu’il exprime, l’universel comme unité pensante de la réalité dans un savoir de soi (à la fois discours effectif d’un savoir de soi de la pensée, et réalisation dans les faits historiques d’une telle unité, par exemple l’Etat, la moralité, la culture, etc) est advenu ; il s’est rendu concret dans la réalité humaine. La réalité humaine en général et rendue à elle-même comme étant cette réalité humaine-là, d’une société humaine complexe et constituée, articulée.

Ce faisant il en résulte que chacun est l’effet un de l’universel ; par qui et grâce à qui chacun existe comme étant pour-soi-même, qui il est ; une identité humaine personnelle. Laquelle mit un certain temps, historique, avant de se promouvoir réellement (statut politique difficilement acquis, variable, moyens culturels de s’assumer, lecture et écriture, image de soi suffisamment compliquée, mass médiatique, etc). La formation du moi comme personnalité douée d’un vécu et ayant à sa charge d’y exister, peut être considérée comme la base manifeste, réelle et concrète, de l’existence effective (et non pas rêvée ou imaginée ou projetée, politiquement comme révolutionnaire ; ce qui fut fait durant de longs siècles précédant les révolutions historiques). Elle forme le monde du moi, mais aussi et tout aussi essentiellement le monde des mois ; en lequel les mois se croisent, se rencontrent, se contiennent et se développent.

On peut admettre que démocratie, libéralisme ou socialisme, culture telle que nous l’apercevons, relationnel et humanité, sont les effets d’un turn-over gigantesque qui affecte toute société qui se rend complexe ; en ceci essentiellement que les mois sont confrontés les uns aux autres, les uns dans les autres et que l’ensemble du décisionnel tente d’exister, malgré toutes sortes d’empêchements, de contraintes, de techniques, etc, et s’en remet, non pas au « vote » ou à la « consommation », mais à la définition potentielle de son avenir, tel qu’en commun il peut être pensé, visualisé, imaginé, organisé.

On pourrait dire, à l’inverse, que tout cela ne vaut que par la puissance technologique (qui rend possible une profusion déchainée et sans raison, délirante ou mortifère, etc), ou n’est poussée que par le développement capitalistique de concentration de pouvoirs exorbitants et manipulateurs) ; tout cela est relativement vrai. Technologie et capital décident quantité d’avenirs et tracent les voies en lesquelles tout le monde des mois s’engage.

Mais ça ne serait pas rendre raison au développement historique lui-même ; et ne pas redonner aux personnes, à la personnalisation de fond qui opère son dû.

Ne pas remettre aux mois leur dû, c’est se rendre incapable de réorganiser la compréhension de ce qui se passe ou de ce qui s’est réalisé, dans la norme pensable du concept. La technologie ou le capital existent, mais on désigne par là des réalités sans ressort ; elles ne comportent pas la finalité suffisante qui puisse penser et donc recomposer la décision, de toutes ces multiplicités qui existent.

Réintégrer ces multiplicités dans un concept (encore faut-il l’élaborer ou les développer en eux-mêmes), donne les finalités exactes, dites philosophiques, quant au sens des réalités, des vécus, des organisations, des constitutions, des performances culturelles, des relationnels, etc.

Autrement dit, il s’agit de remonter jusqu’au concept en tant qu’il permet la compréhension, dont technologie ou capitalisme ou mass médias, ou révolutions culturelles (mai 68 par ex), furent les effets : et non pas les stations figées, incompréhensibles comme faits bruts étendus et finalement donnés là, immédiats et sans compréhension, cad sans finalisation assignable. C’est d’assigner une finalité, autre, nouvelle, mais conforme à l’essence étudiée, qui vaut.

Et cette finalité n’est assignable que d’un concept exact de ce qui s’est effectivement déroulé. Qui forme l’historicité découlant de la réalisation hégélienne bien réelle et pleine de ses effets.

Or la remontée vers le concept exact ne va pas de soi ; il faudrait encore comprendre quel est le concept dont on part, dont s’est fondé la révolution même, la révolution démocratique ou scientifique ou culturelle. En fait ; que s’est-il passé vraiment dans l’historicité ?

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Une historicité philosophique

30 Août 2010, 21:07pm

Publié par zwardoz

L’inclusion par Kant de la philosophie dans l’exigence morale ou plutôt dans l’entière intention qui nous porte, marque bien que la philo entendue comme réflexive, retour sur soi, est le savoir aux limites de tout (par ex aux limites de la chose en soi). Mais ce faisant depuis le début la philosophie est « celle qui s’occupe de tout » ; entendons par là que l’intention qui est nôtre se décline aussi bien quant au beau ou l’esthétique en général (qui n’est pas nécessairement « beau »), au politique, à la perception et au corps, etc.

Le retour sur soi n’est pas seulement retour sur les conditions de possibilités de la raison et la raison, de fait, n’est plus seulement la « raison » (entendue scolastiquement ou classiquement ; genre Spinoza ou Leibniz), mais est bien la réflexivité sur soi de notre être … Il n’est plus question d’élaborer un discours objectif. De déduire le monde d’une notion ; scolastiquement ; ni de penser le monde comme objet clos (Leibniz, Spinoza ; qui n’existent que par le sujet cartésien qui effectue le monde comme « là », cad comme étendue).

Échec de la scolastique, échec de la métaphysique classique (excepté partielle en Descartes qui survole tout l’ensemble ; il échoue de déduire le monde ou les réalités tourbillonnaires et autres, mais il n’échoue pas de dire le sujet). Mais échecs qui portent (outre qu’ils performent tous en leurs genres ; ils poussent au maximum le dicible) ; parce qu’en tout est constamment abordée la constitution du sujet ; qui ne tient plus en un discours, mais peut être dit dans une cohérence.

Hegel donne apparemment la solution ; l’esprit ou dieu ou la notion réellement pensés jusqu’au fin fond du bout, est l’esprit lui-même. Dieu ou la Pensée ou le Bien sont l’esprit en tant qu’agissant et enroulant la totalité des concepts ou des attitudes prises par chacun face à … la puissance de l’esprit lui-même (ça n’est pas tant du monde dont on a à se tirer d’affaire, mais de la puissance de l’esprit qui nous ploie ; la phénoménologie et le savoir absolu sont les démêlés de notre être avec la puissance de l’esprit dans toutes ses réalisations successives et historiques ou ontologiques).

Evidemment Hegel réalisé, ça ne s’arrête pas là ; Kierkegaard ou Nietzsche ou Husserl ou Heidegger manifestent ceci ; que l’esprit (en tant qu’il se conçoit comme pensée continue) n’est pas tout. L’être de l’homme n’est pas la « pensée » (qui sera déconstruite à qui mieux mieux dans les structuralismes, par Lacan, par Wittgenstein, et tant d’autres), mais le sujet comme intention.

Que le sujet intentionnel trouve dans la pensée la seule possibilité est chose acquise ; ce serait une absurdité que de l’abandonner (comme le pensent les « révoltés laxistes ») : elle est l’outil absolu, mais outil d’abord et non pas finalité (ce que l’on continue de croire si l’on s’en tient à l’institution d’un discours fermé et clos et plat qui serait « la vérité »).

De quel être de l’homme, qui use de cet outil, l’ayant créé, est-il question alors ?

S’ensuit ainsi non seulement la déconstruction de la pensée, mais aussi du sujet en tant qu’il n’est pas du tout ceci ou cela, mais autre ; on s’en prend directement à Descartes, Kant, Husserl ; mais aussi pertinentes soient les déconstructions, c’est pourtant le sujet lui-même qui s’opère à vif … Quel est donc ce sujet qui découpe son propre être après avoir laminé la pensée ?

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Le libéralisme n'existe pas

14 Août 2010, 23:30pm

Publié par zwardoz

Si la loi du plus fort régnait sans partage, je ne crois pas que vous ou moi survivions bien longtemps ; il y en a de beaucoup plus rusé que nous, voyez-vous ; bien plus dépourvu de scrupules ; parce que des scrupules vous en avez, puisque vous êtes sur ce forum, vous êtes un peu plus éveillé que la moyenne … et les vrais rusés, eux, ne fréquentent pas les forums.

 

 

Je vais vous en apprendre une bien bonne ; le capitalisme, libéralisme n’existent pas (ou à peine, j’exagère évidemment). Ce sont juste des facilités ; qui usent d’une part des sciences et techniques, et d’autre part des institutions politiques inventées (en et pour elles mêmes) et des performances culturelles (de l’éthique à l’esthétique en passant par la morale privée et publique et la littérature et nos mass médias). Retirez tout cela et du libéralisme il ne restera plus que de vagues structures asséchées.

La démocratie est « je ne possède pas la vérité » ; j’ai ma vérité, oui, mais c’est l’expression des vérités mise en commun, cette expression, qui aboutit à des résolutions (dans tous les domaines), prises gagnant-gagnant ; comme vous pourriez dire. Il existe de nombreuses conditions à ce gagnant-gagnant ; notamment que chacun sache bien qu’un moindre accaparement immédiat, lui sera rendu plus tard et peut-être en d’autres domaines, et fois dix.

Cet atermoiement, cette suspension (du jugement) fait partie intégrale de la prévision et de l’intelligence de non pas se fonder sur une nature là, donnée, dont on accepte les conditions passivement, (sidération confortable du libéralisme et de sa « nature humaine » prisée comme argumentation décisive …)mais sur une remontée vers les conditions (le socialisme visant à remonter plus loin dans les conditions d’existence des gens et des choses et de redistribuer plus et dans des régions sociétales plus universalistes que la redistribution dite « libérale » ; quoique le libéralisme n’existant pas, il est des tas de redistributions pragmatiques dans tous les sens). La remontée vers les conditions est fondamentale ; elle permet de manifester une plus grande intelligence de la complexité ; au risque de glisser effectivement vers une simplification collectiviste (le collectivisme est une simplification de la réalité ; de même l’hyper libéralisme ; une règle, la concurrence ou le marché on ne sait pas trop, est chargée de tout ordonner… La démocratie c’est l’inverse, il faut des tas de règles et donc des tas de gens intelligents … on n’est pas sauvé… )

L’extrême droite est la redistribution, mais à quelques-uns. On se demande sur quel critère ; parce que ça devient immédiatement injuste et bizarre ; c’est comme dire « les seuls êtres humains sont ceux qui remontent à 3 générations d’insulaires » ; ça limite tellement la possibilité que ça n’aboutit qu’à des absurdités de résultats.

En quoi l’universel est en lui-même une profonde régulation de la réalité ; au sens où il rend possibles quantité de résultats, déjà, en lui-même. Et non pas l’épouvantail que l’on cite de temps à autre.

Ici comme ailleurs, la volonté (de chacun) doit se plier à l’intelligence ; mais comme c’est votre intelligence, ça ne blesse pas ni ne diminue votre volonté ; ça l’augmente.

 

 

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L'intention de jouissance

5 Août 2010, 20:02pm

Publié par zwardoz

Ce qui se noue dans l’hyper-raison de l’intention de jouissance, c’est enfin la liberté prise par rapport à tout fondement de jouissance du corps. Non pas à la jouissance du corps, mais par rapport à l’image, idée que l’on s’est incrustée dans l’intention issue de la seule jouissance que l’on connaisse ; celle du corps. C’est de cette hypostasie de la jouissance (à l’image de celle du corps donc), dont on se libère en ceci ; que l’acte intentionnel de conscience contient en lui-même sa propre navigation ; sa dimension.

Naviguez dans l’intentionnel lui-même, et vous serez guéri.

Aussi ne peut-on pas entendre « jouissance » comme jouissance ; c’est la forme même de la satisfaction qui doit être reprise ; qu’est-ce qui nous satisfait vraiment et pourquoi ? Et enfin pour « quoi », en vue de quelle fin ?

C’est une hérésie pour toutes les attitudes qui délèguent la vérité en la réalité ; volonté de puissance, pulsion ou productivité technico-économique marxiste ou consumériste ou linguistique et structuralisme, etc. Si la vérité équivalait à la réalité, on aurait déjà dans le monde trouvé de quoi se sustenter. Il semblerait plutôt que la vérité nous dévore, avale et épuise le monde et se projette bien au-delà. C’est sur le champ de la vérité que toute la réalité est passée au crible, notre être pseudo, supposé y compris (supposé toujours à partir du seul sujet)

La question demeure ; quelle est l’efficace de cette vérité pour prétendre dérouler tout le monde au-devant d’elle ?

L’anéantissement de l’idée-intuition (erronée) de la jouissance du corps (de la jouissance imaginée à l’image de celle du corps donc) libère l’intention comme réalisant seule et uniquement notre être ; quant bien même cette intention serait impossible (à réaliser), c’est qu’il convient que nous soyons la mesure de cet impossible et que nous coordonnions la distance prise ; sinon dans la jouissance imaginée du corps c’est la puissance du sujet qui s’y incarne et s’en désespère jusqu’à s’annuler et nier son être. La mesure consiste à admettre qu’il n’est dans ce monde, ni en aucun autre, rien qui puisse colmater le sujet ; mais cette mesure et cette maitrise est extraordinairement difficile puisque nous ne possédons pas d’identité fixée de cette intention et que notre désir continue de se percevoir volontairement ou involontairement selon ce qu’il connait et jusqu’à se saisir comme intention formelle de son être, il ne connait que le corps comme base et fondation et repli ou extension de satisfaction possible.

Entendons par là que l’intention engoncée dans le désir, se réfère spontanément ou se réfugie en repli dans le corps comme logique d’achèvement, de devenir, de restructuration et non pas trouve dans l’intention (qui est seulement ouverte, on ne sait absolument pas sur quoi) la possibilité d’une telle restructuration qui serait radicalement autre que toute espèce de monde.

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La mort de la télé-réalité (son remplacement par un jeu idiot)

31 Juillet 2010, 00:59am

Publié par zwardoz

L’échec pharamineux de secret story saison 4 se préfigurait déjà dans les précédents épisodes. Un contrôle renforcé des signes. Le scriptage accéléré à permis de basculer d’un jeu à peu près libre et hasardeux, vers une mise en scène extrêmement stéréotypée, qui colle ici et là quelques éléments « vérités » ayant pour destination de renforcer la crédibilité d’un mauvais récit contraignant. Au point que les candidats étant résolument télécommandés, s’amenuisent les motivations réelles des uns et des autres ; dans un monde artificiel au plus haut point, personne ne croit plus à quoi que ce soit et l’empire général du mensonge constant remplace alors l’idée même d’un jeu relationnel.

Or c’était cela qui attirait ; le scriptage remplace les ambigüités et les ambivalences et les incertitudes internes pour améliorer une lecture simplificatrice de scripts, de stéréotypes. De même, en externe, si l’attention ne s’acharne plus à décrypter les indices de personnalités, les signes de sens (qui renvoie tel comportement , gestes, manières d’être, mot échappé, alliances non préfigurées, etc), à lire et donc unifier de par soi les signes extérieurs dans un effort de spectateur pour construire la manifestation des candidats, alors le jeu humain s’effiloche et perd la totalité de son intérêt ; en interne comme en externe.

Il est peu étonnant que ce contrôle étendu et dictatorial atteigne la téléréalité produite en France …

Les français se signalent par une frilosité sans égal ; il n’est pas question pour eux de supporter la réalité telle qui spontanément produite, et visiblement lisible par tous, directement, sans intermédiaires et indépendamment du regard sélectif du clerc de service.

Lorsque l’on est français, on ne se lâche pas ; et si l’on communique, c’est par les tics et les pistes tracées connues, trop connues, qui lassent tout le monde et dans la reproduction desquelles chacun s’épuise à la conformité de bon aloi… une pression invraisemblable appuie sur les esprits ; même les rires ne fusent que dans l’envie peureuse de la ressemblance entre soi … Il n’est rien de plus grave que de se faire remarquer en mauvaise part, non conforme.

Et ceci pour la raison suivante ; l’acculturation française est une hiérarchisation. Il n’est pas de participation vraie ; mais tout échange débute ou aboutit à une rivalité dénuée de raison, d’équilibre et de vivacité. Tout cela est morne au plus haut point.

Puisque le principe même de la télé dite réalité est qu’entre les emprises du pouvoir (pouvoir des productions et pouvoir du regard pesant du CSA, des bonnes manières frigides, de l’ambiance mortifère de la société française, du couverte baudelairien qui pèse sur nos intériorités et les lamine du dedans en confondant cela même dont nous aspirions à nous défaire … la confusion du regard détériorant, hyper socialisant ) entre les emprises du pouvoir, le  regard intérieur pensait être en mesure de lire les signes à même les personnalités, telles que presque nues, sans les voiles de la fausse pudeur idiote, coercitive, et au fond profondément malsaine ; lecture libre non-idéomaniaque.

Ainsi les leitmotivs ramènent continuellement les motivations à ces « stratégies », trahisons, montrage du doigt et autres phénomènes humains, si humains, mais alors tournés en dérision, et digne de cet esprit moqueur, perfide, si abrutissant et si français. De même le rappel continuel des « excès » , vieille, si vieille rengaine qui remet surimposant une « odeur de soufre » dont tout le monde se fout (sexe, homosexualité, voyeurisme débile ; aucun intérêt , excepté dans l’esprit des pseudo producteurs qui estiment que ce sont ces vieilles lunes qui « intéresseront les foules » ; les productions méprisent tellement leurs publics, qu’elles leur assènent d’ignobles motivations ; ce qui n’a rien à voir avec la réalité de cette exposition si manifestement humaine qui tentait une exposition dite de réalité humaine).

Pareillement, les élites qui montent au créneau contre ces télés réalités, loin d’y comprendre quoi que ce soit, reproduisent elles-mêmes l’ensemble du mépris de leurs alter-egos de la production et du CSA, le mépris par lequel on fustige la populace. Le coinçage généralisé est à ce point imposant que s’y démontre et s’y montre de visu, la complexe, mais effective main mise intégrale par la simple perception sur les comportements régis par une pseudo littérature scénaristique et une pauvre psychologie sans envergure, par des « pouvoirs » qui se réfugient hors de la spontanéité, qui menace le couvercle pesant sur les corps, les esprits, les personnalités et les relations humaines ; le couvercle noir et ignoble qui engloutit l’humain, n’ayant pas droit d’exister, tel qu’il se prêterait si aisément et avec amusement et joyeuseté au jeu, si il n'était les rabats joie de service. 

Mais les français ne sont pas joyeux, ils sont persifleurs, embués de mélancolie, d’inertie, de pathos larmoyant, ou à l’inverse de critique mordante qui n’a de valeur qu’idéomaniaque, stérile, sans curiosité, sans vie véritable.

 

 

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