Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
instants philosophie

Le Un philosophique contre la totalisation humaine

17 Janvier 2010, 20:05pm

Publié par zward

La philosophie invente donc le Un. Envers et contre toute totalisation.

De ce fait l’écrit acquiert son véritable statut ; il brise la parole et rend vain toute transmission qui ne serait que parlée ; ce qui est parlé demeure cependant comme mémoire en tout autre ; cette mise en relation de tous dans la parole formalise ; de soi inclut l’universel ; n’est retenu que ce qui est avalisé par tous ou par un groupe. Mais dans ce cas, qui est énorme et qui a travaillé l’humanisation durant des millénaires, depuis l’invention du langage, ça n’est pas seulement ce qui est dit qui est mis en scène ; c’est l’ensemble ; la situation, le corps, les comportements, les possibles, les passés, les échanges, la représentation de soi et du monde, des autres pour eux-mêmes et des autres pour soi-même ; etc.

La parole synthétise directement et forme un cercle complet ; pour comprendre ce que l’autre dit, il faut déjà le savoir ; un minimum ; c’est cela la communication ; on sait ce que l’on entend, on entend ce que l’on dit (dans l’oreille de l’autre). La communication s’établit dans un ensemble déjà formé. Et en ce sens, l’autre nous parle puisque nous parlons également l’autre.

L’écrit déploie une toute autre pratique ; on ne sait pas ce qu’il va dire. Le texte forme à lui-même la situation, l’échange, le comportement, etc ; un tout ignoré. Il signifie à partir de soi et donc, pour tenir, se doit à une cohérence exigée ; si le texte ne comporte pas sa situation, il s’inclut simplement dans la parole en général. S’il ne comporte pas son ensemble, il doit être appris.

La brisure que comporte l’écrit est effet de l’universel ; l’universel n’est pas la résolution de tout dans l’Un ; philosophiquement on dit vouloir le Un (l’idée des idées, l’universel complet, la pensabilité unifiée), mais en réalité, de manifester que du Un il doit exister, implique que le Un est en soi ; cad séparé de tout le reste , séparé des non-uns ou des uns subsumés ; le bien subsume la morale, mais le bien ne peut l’être sans être vrai ; et le vrai ne peut pas être incompréhensible, mais défini , et donc selon le Un. Etc.

De vouloir manifestement le Un, ça le rend impossible (comme totalité mais aussi comme Un des divers uns qui parsèment et qu’il engendre, lui, le Un) ; ce ne seront jamais que des Uns séparés. La question est donc la plus difficile qui soit ; si le Un n’existe pas (qui puisse former une totalité ;  de même : si je ne suis pas une personne Une, mais un bricolage), et que le Un, comme principe (en remplacement du Tout) provoque des uns innombrables, qu’est-ce qui lie ?

Voir les commentaires

Mini anthropologie

4 Janvier 2010, 22:08pm

Publié par zward

Soit donc l’unitotalité ; la totalité du monde, de la réalité, du vécu, en tant que cette totalité est parlée par et pour tous dans une culture symbolique (partagée), qui fait sens à propos de toute réalité, et est échangée entre êtres humains ; en vue d’une action ou activité concertée et comprise adéquatement par tout un chacun. L’impératif en est la transmission égale.

Soit par ailleurs l’uni-totalité ; totalité brisée indéfiniment par le Un. Le Un casse toute parole continue et fait lui-même figure d’événement et de possible au sein de la parole et décomposant constamment le langage.

Les sociétés humaines anthropologiques vivent selon la première logique ; le langage subit l’impératif de transmission ; la vérité est égale à la réalité ; laquelle est ainsi échangée, transmise, agie ; ce qui est fondateur, c’est la transmission elle-même ; au détriment des événements (que la parole tournante résout) et du possible (que la parole canalise et réoriente). Cela fait Sens dans la mesure où la parole permet d’élever continuellement le désordre et le particulier, le multiple et le catastrophique (la mort par ex) dans l’expression ; de permettre malgré toutes les péripéties qu’il y ait un avenir, cad un échange possible ; et qu’ainsi se continue la nature humaine dans le monde tel quel.

Les sociétés universelles vivent selon la supériorité reconnue de la réalité sur n’importe quelle vérité.

La vérité n’est plus entendue comme intérieure à l’expression humaine du monde dans un groupe, (en ce groupe chacun renvoie aux autres la réponse adéquate et apprise à n’importe quelle question, étant entendu que la série des questions est connue entièrement) mais comme adéquation à la chose, à l’objet, à la loi en soi, mais aussi à l’autre comme rival ou concurrent, de même qu’à soi-même comme autre que soi.

Dans l’universel, tout est séparé ; cad que toute réalité subit la loi du Un ; chaque chose, chaque individu est distinct ; il ne convient pas de nommer une réalité dans le flux de la parole ; mais de stopper l’identification ; de l’extraire du monde. Cela suppose que le Un soit bel et bien marqué ; mais comme nous n’avons aucune saisie véritable du Un de cette chose, on ne peut l’identifier que si on le découpe et l’organise abstraitement ; on le décompose en éléments qui sont des signes puis on en produit l’unification. De par sa cohérence, cette unification tient réellement comme Une. Mais elle se tient seul ; le Un de l’universel n’est pas le Un total, le tout.

Le tout n’est connu que comme parole complète partagée ; dès qu’il est brisé par le Un (qui s’inscrit dès lors en toute réalité, qui inscrit activement toute réalité comme séparée), la parole ne peut plus se fermer sur son propre déroulement et la communauté ne pense plus comme une communauté.

Voir les commentaires

Totalité vivante et séparation universelle de tout

26 Décembre 2009, 11:16am

Publié par zward

La société humaine est immédiatement dans la transmission ; c’est son impératif catégorique ; n’existe que ce qui permet l’action ou l’activité commune ; la pratique et la théorie, la vision, forment idéalement un ensemble dicible ; le monde est appelé dans cet ensemble dicible ; et celui-ci est se qui se communique immédiatement en et à tout autre ; l’ensemble forme une totalité qui peut se prévoir et absorber les événements (qui risquent de briser la transmission) et de réduire le possible (qui écraserait le dicible et le déjà organisé et introduirait le heurt de tous envers tous).

Sauf que la raison, sous différentes modalités, vient introduire une utilisation du langage en seconde main, un métalangage ; qui ne se contente plus du critère immédiat de vérité (ce qui est dit entre soi, dans une communauté donnée, est vrai et réel), mais force à penser la réalité comme autre.

L’humanisation ne coïncide plus avec le donné ; celui qui paraissait générer le dicible lui-même et que le dicible exprimait intégralement (puisque dans le symbolique, la parole se renvoie dans sa totalité à la totalité du monde possible ; dans une lecture qui fait-sens, il n’existe pas de trous ; de manques ; le manque est ce qui doit se résorber constamment, l’événement et le possible qui sont régulés).

Or cependant le moi dit psychologique continue lui d’entendre selon la parole et non pas selon l’universel et la division ; pour que tienne la division, que le moi symbolique la supporte, il doit se créer lui-même une unification entendue ; cad partagée de quelque manière que cela soit ; et c’est cette opération symbolique qui le constitue dans son être ; en tant que totalité entendue.

Sauf que dans une humanisation symbolique, cette unification individuelle est reprise constamment par le tout (aucune parole n’est isolée dans les sociétés humaines traditionnelles), elle est intégrée et parlée par le tout. Pour le moi, il n’est que séparations ; excepté en ce qu’il imagine la réponse ou la question de l’autre (ou des autres, ou de l’Autre). Il produit lui-même la parole qui l’entourera comme venant de l’autre ; ou ; il est produit dans ce que l’autre attend, génère vers son moi à lui en tant que paroles, signes, liaisons symboliques.

Le moi reste pourtant accroché infiniment (puisque la parole est une totalité agissante ou agie mais une) à une symbolisation complète ; reléguée hors de l’expression ; l’expression est uniquement toujours actuelle ; et dans cette actualité telle que la structure l’universel des vérités séparées et peu liées, ne s’échangent que des morceaux de réalités divisées. Cet échange généralisé, objectif et froid, impersonnel qui convoque pourtant constamment que vous ayez à prendre position, à parler en votre nom propre (séparé), se facture comme rituels secondaires et limités, mais ne permettent pas au moi de se situer dans une totalité ; et donc l’empêche de formuler une parole totalisée et une et vivante.

Cette unitotalité de la parole n’est pas l’uni-totalité de l’universel ; qui certes peut bien poser une unité de tout, mais cette unité en est coupée de ces sous ensembles ; selon l’universel l’uni-totalité est d’abord une unité puis totale ; et bien péniblement de plus ; et n’est pas une totalité une qui se déroule en une fois qui inclut par exemple le temps et l’espace. Dans l’universel, le temps et l’espace sont extérieurs ; quasiment des cadres abstraits. Qui eux-mêmes divisent tous les objets les uns des autres.

Anthropologiquement parlant, il nous est très difficile de penser une totalisation symbolique ; parce que ça ne se pense pas. Ça se vit. Les échanges sont chargés de sens ; au point d’être indissociables et de, même, subir le Sens agissant ; et non pas tels les nôtres ; des transactions froides et extérieures. Le corps est-déjà significatif en sa totalité dans la totalisation agissante ; et non pas corps séparé dont on ne sait pas trop de quoi le remplir (inconscient, pulsions, causes génétiques, etc).

Et que dire ; de quoi se remplit-on le corps du moi que l’on est ?

C’est un processus qui n’est jamais réglé ; qui ne pourrait l’être que de la parole totale vivante ; reprise par une communauté agissante et d’échanges de Sens. Mais que le moi, chaque moi, doit combler comme il peut ; et qui lui échappe de fait, dans le fait même, réel ; puisque c’est de la parole, c’est toujours en/chez/par l’autre que « ça se dit » ; pour qui que ce soit. Aucun moi ne dispose vraiment de la parole qui le constitue ; il l’a imaginée (dans son imaginaire, l’imaginaire est plus que l’imagination objective et désincarnée ; un imaginaire on y existe) ou il fut imaginé par les autres, le vécu, les mots en tant que parlés.

Que l’on puisse penser une seconde que la cellule familiale puisse résoudre pour chacun le complet effondrement de la parole, est aussi absurde que de croire que le consensus mass médiatique puisse remplacer l’échange Sensé ; ce sont à peine des rituels secondaires voir ridicules, et dans le premier cas des succédanés inconsistants. Le creusement est total puisque la parole est totalisation vivante ; si une partie disparait, tout s’engouffre par la brèche.

Voir les commentaires

La vérité n'est pas la réalité

17 Décembre 2009, 23:13pm

Publié par zward

Il faut dire « c’est la vérité », parce que le fait, le simple fait de l’individualisme, soit de l’ego, prétend déjà remplacer toute vérité par son état de fait ; moi, qui suis moi, je suis.

Il n’est pas dit que l’ego ce soit cela. Sauf d’être accepté comme loi et loi intime en tant que ce moi-même est la seule référence qui puisse se profiler à l’horizon pour qui que ce soit ; parce que tout un chacun est largué dans le monde sans aucune réflexivité proposée ; si les bases et les statuts sont effectivement posés, (comme citoyen, droits, devoirs, civilité, culture minimale, etc), tout ce matériel n’est qu’une vague propédeutique qui n’a fondamentalement que peu de rapport avec la tenue dans le monde ; avec le comportement réel et ses ressources effectives.

En réalité le comportement de l’ego dans le monde s’il se sert des acquis de l’universel repose en une autre fondation ; elle a pour but de gérer le vécu d’une part et la prévision d’autre part. La multiplicité, la multi dimensionnalité, les pluralités du vécu ; aussi ne s’embarrasse-t-elle pas de complications réflexives ; elle gère au naturel ; en une unification spontanée qui intègre les dimensions, mais ne se réfléchit pas soi ; et reste ainsi profondément étranger à ce qui par ailleurs le fonde historiquement dans ses statuts universels.

Le basculement a consisté à trouver sa vérité en tant que réalité ; l’universel, dans le monde, n’aboutit pas à un Etat, un droit, une culture universelle au sens classique ; elle aboutit à des vécus. Ce sont les individualités qui constituent la masse-même, le contenu, la réalité de cette vérité (qu’est l’universel). Cela revient à proposer la réalité vécue comme vraie ; cad qu’elle est légitime universellement pour tout un chacun sur terre ; chacun a le droit universel à un vécu autonome, et tous les sens de cette autonomie sont encore en développement, et tous les monopoles visent à assujettir cette autonomie, à l’encercler, à la circonscrire, manipuler, exploiter.

Mais si le vécu, nommons cela comme tel, est la réalité de l’universel (de l’Etat de droit et de l’individualité cultivé, éduqué), l’universel en est la vérité ; ce qui signifie que tout un chacun, bien qu’étant doté d’un vécu, est encore soumis à la vérité de son être. Il est, en d’autres termes, impossible de se soustraire à l’universel et de tenir seulement le vécu comme seul contenu, unique finalité et sens réel d’exister.  La signification en vérité de l’individualité n’est pas contenu par ce monde, par l’immédiateté et les objets du monde.

C’est pour contrebalancer l’énorme, l’infini impact de l’universel que l’individualité se coagule elle-même dans un vécu ; elle tente dans le même temps de définir ce que c’est que de vivre ; ce dont quantité d’humanités furent privées. Que cette définition en passe par l’individualisme parait ou on a pu prétendre qu’il s’agissait uniquement d’un carcan idéologique typiquement occidental ; il est bien clair que l’individualisme est fondé en vérité, certes, mais aussi en réalité ; ça fonctionne en un mot.

Reste que la vérité de cette réalité n’est pas encore absolument égale à elle-même ; autrement dit ; le concept « universel », qui commande l’Etat, l’identité individuelle formelle, le contrat comme médiation explicite, etc, est plus vaste que sa réalisation historique ; plus vaste même que ces universaux (contrat, Etat, démocratie, quelle démocratie et comment ?) qui sont issus de l’universel pur.

Or une fois posé la vérité, l’universel, réclame de se déployer ; de même qu’antérieurement à sa première réalisation historique, il cherchait à s’imposer ; dans un Etat démocratique, qui lui-même diversifia ses moyens ; qui sut également se traduire en une représentation à peu près adéquate (la société du spectacle comme on dit, créer une culture propre et mondiale, une densité du vécu lui-même ayant à s’inventorier en propre, etc) et traduction qui le fascine puisque c’est de son essence, de son être en propre dont il est question.

Rien n’est donc au hasard ou livré à la seule contingence ; il est une logique historique qu’entame l’universel et qui pousse à la réalisation ; comprendre ce que c’est que l’universel et particulièrement comme celui-ci forme abstraitement ce qui concrètement se crée des contenus (individuels ou relationnels, organisationnels ou essentiels), c’est dénoyauter dans l’époque elle-même ce qui agit au travers de l’historicité, au travers de l’humanisation ; il n’est pas vrai que ce soit seulement un devenir du monde donné naturel, c’est une structure qui peine et qui travaille à se mettre en place. Par quoi la réalité commence de se joindre la vérité.  

Voir les commentaires

LIbéralisme sans universalité

15 Décembre 2009, 23:17pm

Publié par zward

Toute la gestion de la puissance productive tient donc dans la sidération d’un « donné ». Une nature humaine.  Laquelle nature humaine est définie dans la limitation d’un égoïsme de fait ; que l’ego soit égoïste, oui, mais est-ce une limite ? C’est le tour de force théorique qui nous impose qu’au-delà de la naturalité (de tout être humaine donné) il n’existe qu’une seconde nature, qui parvient à peine à se surimposer à/en la première …

Or ne sait-on pas que si nature il y a, en chacun, mais tout autant comme « monde », (en quoi notre nature trouverait évidemment, si évidemment sa correspondance, ses objets, comme l’homme, la femme , et réciproquement, son équivalence à la fois réelle et idéellement si bien et si convenablement différenciée), que si l’on sait cette immédiateté, il est aussi bien clairement distingué qu’aucune humanité n’existe spontanément et que tout donné est construit.

Cependant il ne convient vraisemblablement pas de considérer que cette construction soit purement idéologique ; subissant la critique marxiste ; on nous dit que l’ego libéral est égoïste … pour nous en convaincre. A quoi le marxiste substitue une définition universelle de la nature humaine et des besoins supposées et tous semblables ; il est bien certain que chacun, au fond, s’amuse, jouit, s’extasie de se différencier dans une société libérale d’abondance (alors même que cette abondance risque de se tarir). Cette jouissance est extrême ; comme jamais vu dans aucune histoire humaine.

On peut die, comme Debord, que la représentation mass médiatique, mais aussi consommatrice et industrielle, et informationnelle en général, se réjouit ; elle est la réjouissance de la différenciation totale que chacun est pour chacun et pour lui-même. Quand bien même cette distinction de tous pour tous est celle de chacun pour chacun ; et par quoi chacun est l’autre de lui-même… Dans ce dialogue effarant par qui l’on est « qui l’on est » en devenir, et qui se joue des autres différences de tout chacun dans un éparpillement absolu, complet, une dispersion continuelle ; que ce soit, l’apogée de l’histoire ne fait aucun doute.

Que cela soit dispendieux et déraisonnablement absurde, tout autant. Sans évoquer la fondation d’exploitation et de sur profit ; par quoi un système libéral capitaliste (financier comme on dit maintenant, ayant redécouvert d’un nouveau mot, une structure de fait originaire) tire profit non seulement de la puissance productive décuplée, mais aussi de la représentation intimement jouissante de cette prolixité.

L’ego des possesseurs est l’ego des jouisseurs ; et tous deux trouvent leur limitation dans leur limite ; que l’ego soit seulement « naturel » ; et que donc le profil de la jouissance, ce soit la nature, la nature humaine, le monde, les objets, les succédanés de choses.

Cependant ce qui fonde absolument l’individualisme, ça n’est pas la liberté, ni même la volonté ; c’est la vérité.

Voir les commentaires

Du dit capitalisme

8 Décembre 2009, 23:50pm

Publié par zward

Le capitalisme est bien ce qu’il parait être. Soit l’immense déploiement des dites forces de production ; coagulation de la technologie et de la capacité organisationnelle (laquelle est rendue possible par l’éducation et le caractère extrêmement discipliné des individualités ; ce qui est au fondement de leur personnalité, cad de ce mouvement historique de personnalisation ; c’est un processus et non pas un « état de fait »). Il en résulte une puissance de production décuplée ; la question devrait être ; comment ordonner et coordonner cette puissance de telle sorte qu’elle ne se perde pas, ni ne soit laissée à elle-même, s’abimant dans des séries de finalités qui surgiraient « spontanément » de « besoins » si évidents qu’ils n’auraient pas à être interrogés plus avant.

Ce manque de concertation, ce consensus jamais entamé, cette para évidence fondatrice (on se demande comment ce qui ne fût jamais était interrogé, puisse être considéré comme fondement de quoi que ce soit) marche de pair avec la légitimation pseudo historique d’une instauration à jamais figée de ce contrat social inachevé.

Ainsi il suffit apparemment de se tourner vers la conception des « droits de l’homme » inscrits dans le marbre, pour légitimer un « état inerte »  validant toutes les finalités humaines dont se nourrit l’économisme et la technocratie ; les « sciences » se sont installées dans la contemplation passive de « ce qui est en l’état où on le trouve » ; il n’est aucun réformisme réel à considérer comme « naturelles «  les nécessités acquises ou spontanées. La politique de son côté est au mieux un commentaire averti des constitutions. L’ensemble repose sur une « nature humaine » approuvée comme définitive, en soi, qui peut à la rigueur se parfaire, mais supposée telle quelle, dans un « c’est comme ça, ma pov dame » ; un fatalisme et un quiétisme gouvernent la conservation du même monde clos.

C’est dans l’interrogation de cette prétendue nature humaine que l’on doit creuser ; en cette fausseté d’évidence se dérivent toutes les finalités parfois réelles, et parfois fictives, voir erronées, et encore mensongères qui orientent l’ensemble de la puissance productive ; dans la quasi-totale inconscience.

Autrement dit on produit, disons, à 50% en pure perte et inutilité. Validant a posteriori et à rebrousse-poil cette productivité technologique et organisationnelle selon les divers totems contradictoires de produit intérieur brut et autres inconséquences majeures. Et finalement on travaille afin de travailler ; comme si cette courroie de pur et simple enroulement se validait de soi seule. Ça s’enrichit, que l’on dit, mais enrichit en quel sens ?

Il est bien évident que face au concept de puissance productive générale, il en est un autre ; la richesse ; dont l’équivalence compréhensive et compréhensible, par tous, n’existe nulle part et n’est jamais nommée. Et pour cause … si face à la puissance productive était nommée le concept de richesse au sens fort, ca complet et intégral ; il faudrait passer outre que dans notre saisie immédiate (qui n’est qu’à peine une pensée) la « richesse » nous semble par nature appartenir exclusivement à quelques-uns … Tandis que le concept accentué de richesse (d’une société humaine) se devrait unilatéralement se redistribuer non pas défaut (de droits dérivés et gagnés au coup par coup et modifiables au gré des « politiques »), mais positivement et en tant que telle ; cad produite de l’effort humain de tous. Et non en propriété exclusivement privée de quelques-uns.

Ainsi donc corrélativement aux concepts de puissance productive et de richesse, dans leur signification réelle et non pas traditionaliste, réactionnaire, se supplée le troisième ; celui de salarié. Que le salarié dans son statut même soit dépendant, est une aberration. Légalement et si il fallait réellement développer la logique du Droit (comme concept réel lui aussi et non pas comme validation après coup d’états de fait), le statut du salarié se devrait d’une augmentation considérable et qui redessinerait intégralement la stratégie générale de « l’économisme » en vigueur.

Mais donc il ne s’agit quasiment plus d’idéologie ; qui enfermerait l’humain, sa puissance productive, sa richesse générée, son statut de citoyen salarié, dans une pseudo image.

Il s’agit de l’impossibilité dans laquelle nous nous trouvons d’assigner la puissance générative des sociétés humaines à/en des finalités réelles, efficaces, ayant non pas pour fondement l’exercice de notre « nature humaine immuable », mais ayant pour exact et très précise formulation ; que veut-on ou doit-on accomplir que l’on veuille vraiment ?

Il apparait si évident que la puissance humaine de production, mais aussi organisationnelle, s’est enfermée dans un circuit étroit et ridiculement étroit de gestion et de prévision ; elle ne sait pas quoi en faire, de cette puissance inventée.

Aussi tout s’est-il rabattu sur la gestion individualiste et pas même au meilleur sens de cet individualisme ; les finalités qui absorbent la puissance de production énorme, s’étiolent dans des fantaisies rigoureusement débilitantes ; elles puisent leurs raisons dans des causes mondaines, naturalistes, immédiates, fonctionnelles, psycho-rigides, basses et médiocres, voir mesquines et parfois fondamentalement mauvaises (d’auto destruction lentes ou aveuglées). Puisque dans cette zone là qui ne faut pas, jamais interrogée, il n’est nulle lumière de raison et de liberté qui prévaut ; raison et liberté sont elles-mêmes de pseudos argumentations passives et réactionnaires au plus haut point, qui n’engendrent rien ; qui ne créent pas de devenir suffisant. Suffisant ; cad qui puissent commencer d’ordonner et de conférer à la puissance productive et à celle organisationnelle, un devenir augmenté.

Faute de cette augmentation, le soufflet retombe dans la dégénérescence et la singerie de ses propres pseudos fondements ; la naturalité, la faiblesse et le désordre d’un multiple que l’on a pris pour notre richesse et notre liberté ; cad que tout cela retombe dans la mort.

 

Voir les commentaires

La psychanalyse et son autre

4 Décembre 2009, 22:51pm

Publié par zward

La psychanalyse repère ; elle fait fonction de repérage dans tout ce qui est dit ; dans le flot ; de paroles ou de signes.

Parce que si on parle « soi » en sachant ce que l'on dit, c'est uniquement ponctuel ; on parle de tel objet, mais sans porter attention à ce qui entoure le dire lui-même ; sans s'attarder sur le vocabulaire par exemple, ou aux gestes accompagnant.

Qu’il y ait quelqu'un qui écoute et on ne s'entend, soi, plus tel que l'on dit ceci ou cela, mais tel que cela sera reçu cet autre, ou par tel autre plutôt que tel autre ; et qui plus est lorsque l’autre est là pour seulement écouter ; puisqu’ainsi il ne répondra pas, on interrompt sa propre parole et l’on ne dit plus ceci ou cela, mais on est porté à se dire, soi. Mais ça résiste ; parce que se dire soi, on en est toujours Un et intact, mais dans l’incapacité réelle de l’exprimer ; c’est là où la vérité, que l’on énonce, est toujours limitée tandis que l’unité globale que l’on suppose dans tout énoncé, tombe dans la réalité ; c’est par l’ouverture à cette réalité que la vérité est inscrite ; ainsi l’énonciation de la vérité se déclôt dans la réalité et n’en est pas séparée bien que en elle-même, elle s’en croit telle.

Il est vrai que l’on ne demande pas au soi-même de se dire tout entier ; sauf que précisément, si il ne passait rien alors, peu importerait, mais d’être convoqué à se dire, tout soudainement, quelque chose vient ; advient, commence de se libérer de cela même dont on tenait le plus, qui nous réfrénait ou poursuivait ou qui nous aimait. C’est dans cet engouffrement même que tout se joue, et non seulement psychanalytiquement.

La vérité se déclôt parce qu’elle y est sans y être ; elle ne peut pas devenir réelle … et elle sera toujours perdue. On ne peut pas se nommer. D’où que l’on se « donne un nom », ou qu’il est porté ; une identité nominale simple.

Et l’on se situe, soi, sur cette simplicité ; dans la vérité mais non dans la réalité.

Or cette fonction, d’accorder une vérité à cette simplicité (de dire Je, quel que soit le « Je » par ailleurs), est une réalité ; (le mouvement s’inverse) ; sauf que cette réalité est formelle. Il se peut que cette formalité soit troublée par une identité ; au lieu d’opérer une sélection adaptée dans la perception, elle se réfère trop à une vérité ; laquelle puisque vague et éloignée, est difficilement, voir impossiblement recomposable ; parce que ce je en est, lui, la réalité, une réalité effectivement réelle , étendue et complexe,  bien qu’imaginairement il croit en être la vérité une  ; il est parfaitement clair que tout en étant la vérité, il soit aussi et avant tout la réalité de qui il est ; c’est que ce sont deux fonctionnalités séparées.

Ce même Je dans sa pure fonction, si il se tient à la limite, peut également découvrir qu’il est, lui, absolument accès au réel. Cad ne plus tenir d’aucune vérité. Il annule radicalement qu’il soit une identité ; il est toutes les identités. Il s’existe comme forme pure et simple ; mais ceci non sans précaution ; en se fixant une identité de surface pleine et entière ou qu’il prétend telle ; surface sur laquelle appliquer les signes.

Voir les commentaires

la philosophie, ou la grande liberté formelle

24 Novembre 2009, 22:50pm

Publié par zward

Trois dimensions ; le discours, le sujet, l’être. Au fur et à mesure se précisent les dimensions ; au fur et à mesure l’être se restreint et atteint ses limites ; lesquelles entourent le monde, la détermination, le cela qui est, sa quiddité. L’être se révèle être la forme de tout contenu et ceux-ci ne sont pas limités ; l’être ne se limite pas à un monde.

La forme entoure le monde et tout ce qui s’y trouve ; tandis que le sujet, découpeur de son discours qui sépare les réalités du monde, aplanit son être propre, indépendant de tout ; mais il se sert encore du monde ; il y prend appui ; il croit encore que son être sera quelque chose ; alors même que le discours et le sujet installe l’Etat, il désire selon son moi et profuse un monde semi irréel ; en ce monde fabriqué, il attend encore se réaliser comme un quelque chose et en désire la satisfaction, mais son être est formel ; il n’a pas de désir ou de réalisation possible ; il n’est pas de ce monde-ci parce qu’il n’est pas d’un monde en particulier ; il est en-deçà dans ce qui précède les mondes, naturels ou humains ; aussi peut-il très bien les détruire ou les nier, ou les remplacer. Comprendre cela c’est annuler l’effet de pure négation qu’est notre être (Hegel ou Sartre ou le repérage du néant heideggérien ou la pulsion de mort freudienne) pour renouer avec le solitaire nietzschéisme ; de pure positivité sans raison, puisque nous sommes dans ce qui précède la raison, comme dans ce qui précède les mondes.

Est dit dialectique ce qui joue de la réalisation pour passer à autre chose ; un sur-plan renouvelé du même ; ainsi sommes nous peut-être attiré dans et par le même, la mêmeté, mais c’est un fétiche ; la finalité de nos intentions en tant qu’elles se veulent et non ne tant qu’elles se connaissent. Se connaitre est toujours passer d’un plan à un autre ; lesquels plans à venir sont indiscernables sans le dépassement constant du donné par la nouveauté ; cad la conscience accrue non d’un objet (qui la laisserait identique) mais de sa propre expérience ; de sorte que cette advenue est pour elle un nouvel être ; la levée du précédent hégélien signifie que sans s’en apercevoir clairement , de se percevoir modifie déjà complètement ce que l’on est ; de percevoir on passe outre ce que l’on est-déjà pour une autre expérimentation que l’on n’est pas encore ; cela produit des signes.

La dialectique n’est donc pas seulement un jeu interne à l’esprit comme totalité (de toutes les notions possibles à partir et en vue du Un qui serait un Tout), mais est la reprise de ce qui est réalisé, exprimé dans et sur une autre surface qui recompose constamment tout. Elle se joue dans la totale extériorité ; du reste l’empire hégélien nous a tous jeté dans le monde sans attaches.

Mais à condition évidemment que les signes ne tournent pas en rond ; or ils s’égrènent par eux-mêmes selon les schémas connus ; il faut donc vouloir l’altérité, la non-mêmeté pour basculer dans les signes, eux-mêmes. Aimer les signes eux-mêmes, ça n’est pas seulement s’authentifier du signifiant (comme système aveugle structuraliste ou autre, hasardeux dans ses nécessités), mais c’est plaquer les signes (effilochés et bâtards, jusqu’au purement abstrait) sur le donné-là, la surface de l’être en tant que vide, neutre, non affectée,  et n’ayant d’autre contenu que l’énoncé ; ce qui s’énonce, c’est ce qui est parlé, à même l’instant ; ce qui tient dans l’instant seul ; ce qui se regroupe dans l’instant ; on ne comprend jamais quoi que ce soit , sinon selon le moment et l’acte de la compréhension.

On ne délègue plus aux mémoires, mais le temps est devenu la mémoire elle-même ; le corps ou la perception en tant que connus sont abandonnés ; le passé ou n’importe quel projet ; il n’y a plus de contenus ; en ceci tout est emporté par ce que l’on nommait le doute cartésien , la suspension du jugement kantien, le décalage de l’intentionnalité husserlienne, la dialectique des notions hégélienne, le règne du dubitable nietzschéen , freudien , wittgensteinien ; par la distance qu’introduit dans ce qui est (et qui est toujours lié à soi-même ; la nature est toujours un contenu particulier, un monde humaine est toujours une culture et un ensemble de règles de transmission des échanges, un individu est toujours un complexe d’identités ) la distance qu’introduit dans ce-qui-est, l’être comme point de vue unique. Absolument formel.

L’être n’est pas ce que l’on nommait jadis l’Etre, cad la finalité de la connaissance ou du désir d’exister ; mais est le point de vue qui anéantit toute fixité ; qui se tient dans le purement formel. Les mathématiques qui révolutionnent complètement le monde humain dans son accès au donné-là du monde. La philosophie est pour le monde humain ce que les mathématiques sont pour le monde donné, naturel ou non.

Voir les commentaires

Politique universelle

4 Novembre 2009, 12:34pm

Publié par zward

Ce en quoi s’enracine le sujet, ça n’existe pas ; et c’est ce qui entraine tout moi psychologique bien au-delà de ce qu’il peut. Le moi psychologique recherche dans le monde, le vécu, les autres, le corps, etc, ce qui de toute manière ne s’y trouve pas, jamais.

Ce faisant le moi sera poussé à réaliser tout cela qui lui sert de paravents ; il y découvre que son être est à la mesure du monde ; il crée ce monde comme étant le sien. Ce qui a constitué l’idéal de peuples entiers est devenu réel ; que cela se réalise individuellement signifie que la réalité humaine pour parvenir à un niveau d’intégration suffisant, doit en passer par l’individualité ; puisque seule l’individualité peut porter la multiplicité vers la pluralité (cad une organisation idoine de la multiplicité).

Il est bien certain que la plus grande pluralité comporte la plus grand distribution possible de pouvoir (cad de centres de décisions, d’inventions, de gestions autonomes, de vécus, etc). qu’il serait de la raison d’être même de ce que l’on nomme le libéralisme de pourvoir à cette distribution la plus intégrale possible ; que c’est précisément en ceci que le libéralisme est détourné et limité par une série de contractions, de resserrements, de monopoles qui produisent des concentrations ; concentrations de décisions, d’inventions, de gestions ; tout cela est rendu obscur.

Mais cela n’inquiète pas les mois outre mesure … puisque de son point de vue, son vécu, il continue de l’ordonner. Apparemment.

Parce qu’ il est bien certain qu’ il manque un étage à la fusée ; la coordination de leurs vécus ; entre les vécus immédiats et les monopoles, il n’ est aucun contre pouvoir, aucun contre investissement. Les médiations en cours (démocratie politique, sociale démocratie, droits sociaux, consensus d’opinion, rétentions et surveillance des productions et de l’économie en général, etc) forment évidemment une légalité légitime ; mais bâtis sur le retour ; cad développant les bases universelles abstraites dites des droits de l’homme, du citoyen, de l’Etat, de la société civile, etc.

Nul ne peut contester la constitutionnalité ; cela formule l’encadrement légal et légitime de toute réalité humaine développée ; en particulier, il est impensable que cette société puisse se passer de médiations, mais aussi qui sont des représentations ; que ceci ou cela soit représenté, signifie que l’on n’en a pas une connaissance spontanée et de par soi ; il n’est aucune possibilité anarchiste ou communiste d’absence d’Etat, de représentativité ; il faut que les choses soient dites, exprimées, de même qu’elles doivent être comptabilisées (via l’argent) pour que ces choses existent pour nous et que nous puissions nous en fixer la réalité, l’effectivité, l’ efficacité. La « facilité » dont rêve le moi est uniquement une vacuité subjective.

Par contre il n’est pas dit que cette représentation, cette représentativité (constitutionnelle par exemple, mais aussi du statut en propre de chacun entant que personne humaine, etc) soit limitative et uniquement d’accession à un simple donné (« chacun »).

Ayant posé les bases, la théorie abstraite des droits, cad la théorie de l’universel, prétend que la suite en sera élaborée comme spontanément ; les vécus se mélangeront, la société civile s’augmentera, les équilibres fonctionneront ; le monde sera produit de par soi sans que l’on ait rien d’autre à pourvoir que l’ensemble des règles qui y président, abstraitement.

En quoi on a pu s’apercevoir que cela obligeait à créer un tel surcroit de réglementations que la gestion en est devenu quasi impraticable ; au droit de base s’ajoute les droits dérivés et inventés qui alourdissent définitivement l’ensemble. Sans que soit réparés les manques initiaux ; ceux constitutionnels qui « devaient » de par eux-mêmes produire naturellement un monde humain humanisé.

Comme les portes furent laissées ouvertes, dans le non constitutionnalisé, l’impensé du droit abstrait, toutes les nécessités et les obscurités remontèrent jusqu’à envahir et annuler non pas les libertés acquises, (quoi que c’est précisément ce qui risque de tout écraser), mais au moins annihiler ce que l’on pouvait en attendre. C’est non pas en rapport aux libertés acquises, en fonction des libertés possibles, que l’on peut critiquer cette mise en ordre ; en vue de ce qui pourrait ou aurait pu être. Par comparaison donc au degré, au niveau de civilisation que cette société prétend achever définitivement et qui en raison de ce qui aurait du être est insuffisant, voir déficient.

Que la constitutionnalité au lieu d’être le début, soit la fermeture, la barrière du devenir, signifie que le sujet, tel qu’emprunté par cette abstraction, est stoppé net ; le sujet ça ne devient que par l’universel.

Voir les commentaires

Pour (et contre) tout

25 Octobre 2009, 11:28am

Publié par zward

Beaucoup qui se tournent vers la philosophie, cherchent à se résoudre eux-mêmes ; ils transportent leur négligence en des excuses psychologiques et idéelles ; ça sert d’alibi. Et cela consiste généralement à utiliser telle position envers toute autre, à choisir, élire comme sur une étagère qui nous temporalisera au mieux.

Mais philosophiquement, il n’est pas à choisir quoi que ce soit ; mais par contre à décider en temps et en heure. Décider pour la seule voie possible ; celle qui permet le plus. Celle du maximum ; mais n’est pas potentiel, si avenant, si aisément décelable ; parfois ce qui semble tout clore, s’affirmera cent fois plus loin, considérable. En quoi il ne s’agit pas seulement de « savoir ceci ou cela », mais de pertinence, et de décision.

Qu’il n’y ait qu’une voie, cela parait heurter notre sensibilité égocentrique (qui croit libre simplement son détachement et sa « différence » contre la tribu et d’allégeance envers une autre), mais philosophiquement, il n’est pas question de subjectivité ; de même en art, en esthétique, n’entre en scène notre subjectivité que comme moyen. En fait le subjectif est uniquement relatif à un moi psychologique et bien peu élaboré ; il est et repose sur un donné-là, une immédiateté, un passé, des expériences plus ou moins subies ou absorbées, etc. Philosophiquement il n’est question que du sujet ; sujet d’un texte, d’un discours, d’une universalité ; fonction de cette mise en forme là toujours absolument ciblée et précise ; qui n’existe que de se décrire par le menu. 

La philosophie est une expérience individuelle ; puisqu’il s’agit d’élever la conscience de soi à l’universalité de son être. Mais de ce fait ce qui vient à être, dépasse la facilité d’être « soi » ; du reste aucun moi psychologique ne parvient jamais à un « être » subjectif ou individuel ; aussi faut-il nommer l’individu philosophique le « singulier universel ». Cela même qui se situe par un texte ; et l’on y rejoint absolument l’esthétique ou le littéraire, mais aussi tout système de signes.

Cet être n’existe pas et n’est pas prévu en rien, ni quoi que ce soit ; on pourrait dire que si tout est information (ou détermination ; mais c’est en partie une image), l’information parvient, en un point, à un tel resserrement qu’elle se concentre et commence de tout resituer , à partir de ce point ; ainsi tout est convoqué ; il est par exemple dans l’esthétique une recomposition du temps ou de l’espace comme de la nature même de « l’information » ; qu’est-ce que l’on perçoit exactement ? Jusqu’où peut-on percevoir ?

Cette redistribution de l’information n’existe pas ; il est requis de la faire-être ; et seul un sujet conscient de soi peut avancer dans cet être recomposer en une fois ; un seul texte, une seule esthétique, une seule formule mathématique. Quelle est la nature de ce sujet qui fait-être, devant ses yeux, dans l’oreille ou selon son esprit qui comprend (ce qui Dit) ? En et comment se déplace –t-il selon l’espace et durant le temps ? quel traitement fait-il subir à l’information pour la recadrer selon une expérience précise de signes ?

L’ensemble du sujet est fondé sur la coercition de sa propre perception et n’est pas du tout une séparation de l’esprit ; c’est une refondation de ce qui est, de toute l’information, mais autrement et sur un autre plan ; celui dit de l’être-même.  Ce en quoi s’enracine le sujet.

Voir les commentaires