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instants philosophie

La vie tribale

10 Octobre 2009, 19:05pm

Publié par zward

On s’aime soi parce que l’on croit que cela nous vaudra parmi les autres ; ainsi le dernier bastion d’une hypothétique liberté d’être s’évanouit dans le champ de l’autre, des autres, d’autrui. Le fondement spontané de notre amour propre, c’est la prévision du regard d’une autre attention. Et qui nous ouvrirait la reconnaissance du groupe, de la tribu. 

Pareillement lorsque l’on communique, ce à quoi l’on s’adresse au travers de l’individualité, c’est à un certain regroupement, ce que l’on nomme « valeurs »par exemple, mais qui sont toujours dites « valeurs partagées », ou pas. Qui sont toujours symboliques ; le symbolique signifie que ce sont des signes partagés ; la question que l’on y pose est déjà dans la réponse que l’on y entend, ou pas. Hors ce partage, il n’y aurait aucune communication.

Sauf celle des individualités hautaines capables de s’effacer, pourtant, entièrement dans n’importe quel message ; capable de ne plus être, et de s’enfoncer le plus immédiatement possible dans le contenu de « ce qui est transmis » ; en quoi leur arrogance est une humilité fondamentale. Et indépendamment de toute tribu d’appartenance ; l’ensemble de qui l’on est, est alors utilisé dans une finalité absurde et emplie du réel, et non pas de ce que l’on y prévoit. On sort dès lors de tout système symbolique de communication ; et de fait la majorité des œuvres effectivement réelles, contiennent, entre autres, l’abattement, la destruction, la concentration mais distordue de ces systèmes symboliques ; la corrosion par la réalité des échanges humains hiérarchisés et valorisés.

Pourquoi cette destruction, lente, complexe, incroyablement difficile ? Parce qu’il s’agit de la lutte interne entre l’individualité pure et simple et la méta organisation humaine qui préside aux destinées habituelles ; entre la réalité étrange et pleine d’altérités comme vérité d’une part, et d’autre part la vérité « humanisée », idiotement, comme prétendument seule réalité…

Aussi les systèmes de signes libres manifestent la réalité du monde (dans l’esthétique, qui n’embellit pas la réalité, qui la montre et laisse voir comme la perception même dépasse la connotation humaine habituelle), des attentions de conscience (et s’ouvre le champ du littéraire et des devenirs individués purement démontés dans les mélanges complexes vécus), des faisceaux de sens qui se détruisent dans les faisceaux purement intentionnels (poétiques par exemple qui extraient des motions hyper signifiantes) qui portent leur vérité réelle contre et au-delà des vérités imaginaires humaines, psychologiques, relationnelles.

Ce qui se manifeste, ça n’est pas la destruction des ordres humains, mais ce qui existe en dessous ; les présences au monde, au donné, au vécu, à la perception, aux signes, débarrassés de toute mise ne ordre humaine dont le groupe est toujours-déjà la résolution. Le sujet se dirige vers l’insoluble.

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Le grand processus (stoppé net)

4 Octobre 2009, 21:35pm

Publié par zward

La totalité du monde est en cours de rationalisation ; mais comme cette rationalisation est écourtée, limitée, et ne parvient pas à dépasser son impensable, la raison est un pesant broyeur aveugle.

Cette raison est fondée telle quelle ; elle comprend ce qu’elle comprend et fonde son action sur cette compréhension.

On peut considérer que la capitalisme ou le libéralisme sont des effets de cette rationalisation ; de même que le communisme prenant le problème par l’autre bout ; l’Etat et la pure théorie ; L’individualité et l’échange pour le capitalisme ; dans les deux cas, la société de besoins/consommations et la technologie ; dans les deux cas la hiérarchisation absolue et le niveau impensable de décisions ; on ne sait pas pour quoi l’on décide ceci ou cela ; c’est laissé à une immédiateté impensée).

Le tout est de constater que le code, ou l’abstraction, c’est "ce qui organise" ; lorsque l’on ne peut pas organiser telle réalité en fonction de cette réalité même, (telle qu'elle est en la respectant) on l’écrase, l’annule ou l’anéantit. La plupart du temps elle n’est pas même prise en considération ; le flux organisationnel, qui est profondément stupide, ne parvient que très difficilement à interrompre ses catégories pour connaitre et comprendre.

De ce que le flux organisationnel réussit (selon ses propres objectifs) il en conclut qu’il est légitime et bien réel. En fait il est seulement plongé dans la facilité de ses effets ; il travaille mais en amont ; tout son effort est de concevoir mais selon ses finalités qu’il n’interroge même pas ; elles vont de soi.

Le procès impossible qui s’abat historiquement, consisterait à prononcer, énoncer, définir ces finalités ; ce qui impliquerait une refonte complète des productions, des consommations, de la représentation humaine en général et en particulier. Autant dire ; de démonter le monde humain et de le recomposer autrement ; parce que ce sont des réalités déjà là, déjà organisées, déjà explicitement formant la matière même des vies humaines ; tous les contenus historiques depuis 2 siècles.

 Réorienter les réalités ce serait réorienter les flux ; tout cela qui est-déjà organisé ; or ce qui est organisé définit « cela même qui est » ; on n’imagine absolument pas comment cela pourrait être autrement dans les faits ; même si on peut rêver de tout et n’importe quoi, la réalité pèse de toute son inertie.

Mais aussi l’esprit qui ne peut pas ordonner la réalité sans comprendre ce qu’il fait ; or la définition qu’il se donne de la réalité humaine s’opère selon l’universel fixe, abstrait et anciennement défini ; qui ouvrit la ressource collective de cogitation (les unités humaines pensaient-ensemble et se transmettaient cette organisation) à la multiplicité et la pluralité (chacun pense théoriquement séparément, en conséquence d quoi chacun dispose d’un vécu et d’une psychologie individuée). Chacun peut en cette ouverture théoriquement parler et décider et organiser à partir de soi, et non plus seulement selon l’ordre collectif symbolique ou selon la hiérarchie restreinte du groupe. Cette ouverture du milieu humain, qui se pense spontanément soi et entre-soi, cette ouverture aux distances de chacun envers tout et tous, de chaque organisation par rapport à toute autre, de chaque groupe vis-à-vis de tout autre, qui ne fusionnent plus) n’est pourtant pas en elle-même pensée ; mais laissée-là, bêtement.

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Ce qui vient au monde

16 Septembre 2009, 14:04pm

Publié par zward

Qu’il puisse arriver quelque chose, le moi psychologique n’y croit pas. Ou plutôt il y croit trop. De sorte qu’il investit une désillusion continuelle.

Que l’on puisse mesurer et approvisionner « ce qui se passe » et conséquemment « ce qui arrive », c’est précisément la loi philosophique qui nous l’enseigne.

Le moi psychologique, la personnalisation, cette fonction humaine dotée d’un vécu et d’opérabilités plurielle, qui est une grande invention du 20ème, sinon la plus seule, s’agite énormément. Mais son activité se tient dans et vers des objets ; même lorsqu’il entreprend de se perfectionner, ce seront des objets internes à son intentionnalité, à son attention. Il ne vient pas jusqu’à remodeler cette attention même. L’œil perçoit, mais ne se perçoit pas lui-même ; dans un miroir, c’est un objet qu’il observe, il est déjà replié par-delà son observé.

Or donc, la philosophie atteint « cela qui voit », l’acte lui-même et le nomme. Il est bien évident que c’est difficile ; c’est par des détours que l’on saisit cela-même qui saisit. Par une reconstruction opérative, et étrangement cette saisie de ce qui saisit, crée elle-même son être propre ; elle invente.

Elle invente quoi ?

Un réel. Une unité réelle. Qui ne tient que via les signes très serrés qui l’énoncent ; ça se montre (à soi-même) en le parlant, l’inscrivant via des signes. Un tableau ne montre pas un objet peint. Il fait-voir le regard qui compose le tableau ; et par conséquent en cause pas seulement de ce qui est re-présenté, illusoirement, mais montre les signes qui indique comment regarder (cette fois réellement puisque si ça n’est pas une pipe, ce sont, de fait, des signes bien réels). Or donc, ce que ça montre, ça n’est pas vraiment une pipe « interprétée » ; ou comment regarder tout court le monde, les objets, les paysages ; enfin si, ça donne à entendre quelque chose du monde, mais surtout ça existe en soi. Ça montre la variabilité de notre perception ; et que celle-ci existe en signes, comme on dit « en situation ». Elle se tient, la perception, dans l’interstice des signes ; encore faut-il que l’on y croit.

Si l’on ne prédispose pas à exister soi-même comme signes,(sons, couleurs, lignes, mots, fibrillations d’intentionnalités subtiles, légèretés indispensables, complétudes et incomplétudes des nuances), on n’en perçoit rien du tout ; on reste ce demeuré qui ne s’existe que d’objets, posés, là, dans le monde, et soi-même on n’est qu’un ensemble tuméfié inassouvi.  

Et si l’on répercute la perception à l’ensemble de ce que l’on est ; on ne parle plus seulement de cette capacité là, perceptive, des sens eux-mêmes qui se dévoilent une étendue, durée, esthétique ; mais de tout l’être en toutes ses variations possibles, on obtient un devenir de « ce que l’on est » si démultiplié que 14 000 vies n’y suffiraient pas.

C’est que l’on ne sert plus des mots pour désigner bêtement des objets (externes ou internes, dans la tromperie monstrueuse du moi psychologique qui croit qu’il existe) ou au mieux des choses (inquiétantes), mais il s’aperçoit que les mots font exister des papillons indéfinis qui survolent la moindre, non plus seulement perception, mais la plus petite intention, intentionnalité ; la plus infiniment vague pensée, image, imagination, émotion, toucher, nose, craquelure des apparitions, jusqu’à l’apparescence elle-même ; le mode d’être des apparitions elles-mêmes, de « ce qui vient au monde ».

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Politique du sujet, monde du moi

11 Septembre 2009, 23:28pm

Publié par zward

Il est donc un moi psychologique.

Mais Hegel théorise l’Etat, et prolonge l’universalité (du concept) partout ; il en demeure néanmoins dans l’abstraction. De même notre droit, constitutionnel ou civil, bien que calfeutré dans tous les sens à cette fin, la laisse pourtant abstraite et qui ne parvient pas à statuer sur l’être du vrai citoyen, de la réelle individualité, de l’effectivement vivant relationnel ; il n’est pas de pensée rationnelle de l’entredeux ; entre l’abstraction de l’Etat et la réalité vivante du moi vécu.

La difficulté vient de ce que si l’on pense le statut, c’est spontanément selon l’universalité ; or la réalité est particulière ; entreprendre des médiations à l’intérieur de l’universel Etat est une très sensible difficulté. C’est pourtant ce que les démocraties sociales sont contraintes d’enchevêtrer sans parvenir à l’inscrire effectivement dans leur constitutionnalité même. N’est constitutionnel que le plus abstrait, et ce qui, bien que vrai et réel, ne suffit pas à installer toute l’individualité dans son ampleur. Le siècle entier fût en majeure partie les tentatives pour orchestrer, ordonner, organiser (puisque c’est d’un organisme dont il est question, vivant) le vécu humain, ou plus exactement la personnalisation dans cette humanisation gigantesque du monde. Droits et devoirs, mais aussi possibilités et conditions des sujets réels.

Or comme tous ces acquis ne sont pas gravés dans le marbre constitutionnel, sinon comme bricolages, colmatages, ils peuvent être remis en question … La préservation du statut individuel (au fondement des libertés mais aussi des possibilités organisationnelles du monde humain, ne peut pas s’effectuer sans progressisme ; sans basculer dans l’ordonnance même des statuts. Libertés autant qu’organisationnel parce que comment assurer une mise en forme complexe sans augmenter la disponibilité de chaque individualité ?

Ce qui se produisit, qui permît la concentration dans et sur l’individualité, le mass médiatique, fut également la perversion de l’image de soi ; au lieu d’être pensée, elle fut continuellement recomposée jusqu’au délire ; un afflux imaginaire qui retraite la totalité du monde humain constamment sans que celui-ci parvienne à une conscience de soi adéquate.

Comme nous sommes dans un monde humain réflexif ; cad fondé par ex sur l’Etat (qui confère à chacun un statut global de soi qui est entièrement médiatisé, qui ne parvient à sa réalité que si il se sait ; universellement, on ne peut pas assumer sa liberté sans se savoir libre et donc relier universellement aux autres), alors le devenir de chacun est activé par la compréhension de soi (et des autres et des circuits et des pouvoirs et des équilibres de pouvoirs, etc ; cad par une pensée de ce qui est tel que cela est humainement), par une compréhension et non par une imagination débridée, qui s’enfonce dans la fantasme, le fantôme de réalité.

Il est bien certain que l’élaboration humaine sait qu’elle ne peut plus se passer de l’élaboration personnalisante ; mais celle-ci ne peut pas se continuer sans se constituer sans un consensus compréhensif, intellectuel, intellectif ; elle ne saisira jamais sa réelle position imaginairement, ni encore moins « spontanément ». De fait c’est uniquement dans ces deux registres que l’on se réfère dès que l’on entend se définir ; selon une affectivité ou selon un idéal de soi. Ce qui n’a rien à voir du tout avec la structure, la forme universelle de sujet qui dépasse de loin toute individualité psychologique ou sociologique. Le psychologique, l’affectif ou l’imaginaire sont pour l’instant ce qui remplit le statut abstrait du citoyen sujet. Qui demande beaucoup plus et autrement que ce capharnaüm déversé.

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L'historicité réelle

4 Septembre 2009, 20:13pm

Publié par zward

Quiconque n’est pas dupe, sait bien que la satisfaction réelle ne tient pas du tout dans ce monde, ou dans n’importe quel autre, mais dans l’accentuation de l’esprit pour lui-même.

Dans la surface de l’être, cette surface vide, on installe le discours ; le savoir cohérent explicité qui à partir des mots tire des notions, des concepts ; dans la conceptualisation, le monde, en général, est pensé, et la pensée est entièrement découverte à sa propre vue.

A partir de ces noyaux endogènes de compréhension, tout le pensable est étalé ; sur la surface de l’être. Cela forme un monde en soi, idéal, conceptualisé, d’essences idéelles.

Or le monde n’est pas réductible à ces essences idéelles ; mais la pensée se devait d’élaborer son monde en soi, le monde-type, toute la pensabilité à partir de ces éléments très visibles accessibles à la réflexion (de « il y a le sec et l’humide » à « le temps est à cheval entre le passé et l'avenir »). Ainsi le monde d’un être vivant, existant dans un monde tel que perçu, aboutit à la pensée théorique d’un monde-type. Mais aussi d’un sujet type ; l’opérateur de cette pensée cohérente, tel qu’il se veut et tel qu’il connait l’idée de soi suffisante.

Commence ensuite la découverte du monde ; non plus du monde-type, mais du monde donné, là, réel. Toute la pensée antérieure a épuisé les possibles du langage, extrait, des mots, tous les concepts, et représenté adéquatement le sujet adapté à ce projet. L’ensemble de la représentation humaine de l’humain est intégralement développée et s’impose historiquement (comme culture, puis Etat, puis individualité). Cela s’effectue adéquatement de par le resserrement du concept ; les êtres humains s’entendent parce qu’ils admettent le discours comme fondement de l’essence de l’humain (hors la violence et hors les synthèses hâtives ; naturalistes ou religieuses ou communautaristes, etc).

Comme le discours est par définition, cohérent, on ne peut s’y soustraire ; il n’est pas de vie humaine hors de la compréhension. Ou alors une vie humaine moindre, amoindrie, répétitive et non cumulative. La raison, cette invention, est la possibilité de cumuler les savoirs parce que le savoir est défini éclairci, évidences, démonstrations et constatations ; toutes activités capables, puisqu’explicitées, de s’ajouter à toutes les éclaircies, démonstrations et évidences et monstrations qui viendront.

Dans un monde humain qui se répète, traditionnel, les accumulations sont impossibles ; on ne peut que les apprendre une fois pour toutes. Le même sens est à reproduire dans toutes les situations rencontrables ; mais la répétition commandite les situations elles-mêmes, et n’en retient que le sens équivalent.

Dans la cohérence, aucune situation n’est semblable. Et demande à être pensée, comme telle qu’elle est apparue, et au moyen du discours ; dans toutes ses cohérences ; minimal en fait, et dont on peut user comme des variables diverses et raisonnées. Nos savoirs, notre culture, notre droit ou nos esthétiques, s’utilisent comme autant de variations possibles qui nous permettent de discerner telle situation dans son approche même.

Ainsi chacun dispose théoriquement d’une approche effective, efficace, des réalités telles que là. On ne retrouve plus le sens, mais la spécificité. Et chacun de prendre en charge cette spécificité qui ne peut pas raisonnablement être recueillie dans un seul texte sacré, mais est de fait dispersée en tous les sens possibles ; ainsi la cohérence n’est pas la disparition du sens, mais sa multiplication. Reste en somme à réguler cette richesse sans la dilapider et sans qu’elle s’étouffe elle-même dans un monde humain chaotique. Puisque le principe fondateur est la compréhension (de ce que l’on dit, de ce que l’on montre, de ce que l’on décrit), et que l’opérateur réel de cette compréhension est l’individualité, on ne voit pas que l’on puisse réguler la richesse autrement que d’insister sur l’organisation interne de chaque sujet.

Pour ce sujet soit possible, il lui faut exister pour-lui-même ; rien ne s’organise qui ne se sait pas, qui ne se nomme pas en chef, et de pied en cap, dans sa propre action, activité, décision, organisation. Il faut donc penser.


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Le poids épouvantable

26 Août 2009, 22:34pm

Publié par zward

La philosophie, comme toute la culture qui précède le 20 ème, a eu pour finalité d’imposer le centre d’intention généralissime du sujet. Ce qui manquait, c’était une personnalisation de chacun ; de sorte que chacun puisse s’exister comme vécu et que de ce vécu, envers et contre les symbolismes, les relations humaines réglées dans un échange et partage concentrés, de ce vécu puisse s’exprimer ou s’approcher le monde-même.

Ainsi chacun est devenu proche indéfiniment du monde, là, donné, sans interprétation surnuméraire, sans humanisation ; de cela l’ensemble des crises dites existentielles. Mais aussi l’appétit féroce de multiplicité qui s’en suivit. De même le tourment étrange, bizarroïde, insituable de ces personnalités ; qui ne voient pas qu’elles sont avant tout des personnalisations, cad des processus, et non pas des identités éternelles ou en soi. Le moi, qui est une libération de cette unité centrale pour elle-même et décentrée quant à la régulation collective du monde humain, devient ainsi le verrou même qui clôt le devenir sur un « état », un être-là.

L’universel, qui fût promu lui-même par la philosophie et toutes disciplines concurrentes, s’en tient pour sa part à son abstraction ; le droit, ou l’idéal culturel restent semblable à celui , rêvé, du 18éme et 19 ème. L’art est encensé, bien qu’il ait désiré cent fois rejoindre le vécu, il y parvint mais dans des formes nouvelles (cinéma, mass média, toutes espèces de cultures du 20ème ), et en signifiant de fait autre chose que l’unité idéale du Sujet tel qu’il fut désiré, attendu, conquis et imposé, mais abstraitement universel par artistes créateurs. Dans les nouveaux moyens d’expression, le moi se perçoit lui-même comme centre du monde ; qu’il en soit la gloire ou la déréliction manifestes. Cette unification permit de cataloguer l’ensemble possible des vécus ; de les imager (si il ne peut comprendre le concept, le moi saisit immédiatement l’image, puisqu’il la subit …) ; sans quoi, ces mois se seraient perdus dans des immédiatetés incommunicables, des masses du monde donné, des fétiches et des obsessions, des déperditions. Que l’on ait à communiquer une image de soi, soulage du poids.

Du poids natif.

Ainsi non seulement il conviendrait que l’universel ait à cesser de se limiter à l’abstraction de ces formes (Etat, droit, idéal symbolique du moi, culture idolâtrée, etc), mais aussi le moi, cette concrétion historique libératoire, sent bien qu’elle n’a pas vraiment abouti. Qu’elle blêmit encore dans l’irréel.

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La culture et la confiture

15 Août 2009, 23:51pm

Publié par zward

De se tenir d’une identité, c’est en somme libératoire ; on a tant attendu que chacun puisse vivre d’une personnalité ; privilège des puissants, mécènes par exemple, des seigneurs, des nantis ; théâtre nourrit par les cours et puis le public des villes, et enfin le cinéma, le public, tout court, le roi publique, le « qui s’adresse à tout le monde ». Dans le visible, enfin. Parce que pour chacun, il était nécessaire que l’on fixe les comportements, visiblement, par images et non pas via les mots ; les romans, la grande époque du roman était une élaboration pour classes averties, et finalement le roman populaire nous simplifia la vie ; il ne fallait pas que ce soit trop complexe, trop littéraire, mais imaginatif et illustré, comme une BD. Tout suit donc que point trop de complexité qui puisse embarrasser les foules ; le public élargi.

L’art parvint donc jusqu’à la démocratie ; donner à chacun une image, privilégiée néanmoins, accessible, peu littéraire, peu compliquée, mais vivante.

On a si bien imposé tous ces ensembles, que le monde c’est refermé sur eux, sur nous, sur tous, sur chacun ; on ne nous déloge plus de notre identité … Si l’on désire quelque chose, c’est notre idée obnubilée de soi qui nous attendra au bout de la rue, aux carrefours ; on aura beau voyager et rencontrer, et communiquer, et déverser des tonnes d’infos, ça ne sera jamais que notre moi-même. Supposé décrire le nœud de l’histoire. On s’en sert alors pour masquer que les statistiques créent les individualités, aussi et autant et parfois plus que de raison.

La problématique fait les choux gras des grands intellectuels ; ah ils n’ont rien d ‘autre à faire ; mépriser le peuple. Comme ça n’est pas ressemblant d’avec la vraie grande littérature tout cela !!

Lue par un très faible pourcentage de la population au 19 ème, par ex… ce qu’ils oublient de mentionner, regrettant par là la ségrégation des classes, et déglutissant péniblement la démocratie même … Bah au moins, par contre coup, ça leur permet de tenir un discours éclairant sur notre monde ; critique ; sauf que leur point de vue élitiste, enfin si l’on peut nommer élitisme leurs saugrenus a priori, tout en introduisant une lucidité, (mais pourquoi notre époque serait moins pire que les autres ?? ) lucidité qui manque la marche et s’empêtre à mordre du vent, de la poussière, du vertige, du passéisme. De sorte que leur ségrégation mentale s’utilise allégrement afin de solidement arrimer les classes dans leu auto position. C’est bien pour cela aussi que les marxistes n’ont jamais rien compris, au fond. Sauf Marx, qui, lui, inventa le bazar. (Ce qui est bien différent).

Faible littérature, mais imaginative ; ce ne sont plus des tableaux peints, mais c’est de la BD ; le cinéma est facile, mais il parle ; la boite à rythme annihile l’oreille, mais ça bouge les fesses ; etc.

Du négatif, on peut tout transposer en positif. Et le 20ème siècle est sauvé ; sauvé des oracles rétro passéistes fantasmés. Auparavant la culture ne concernait que quelques pourcents, et encore quelques uns, seulement, lisaient Rimbaud parmi ces quelques pourcents. Maintenant, notre culture, c’est devenu notre pain quotidien… et ça change tout. Littéralement.

Donc ça parle d’autre chose.

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Le monde universel

9 Août 2009, 15:25pm

Publié par zward

Ayant acquis le discours dans toute son ampleur, la philosophie se tourne vers la réalité, donnée-là. Le discours, né des grecs, nous permet de situer immanquablement tout ce qui est pensable en tant que cela est l’esprit lui-même ; autrement dit ; tout ce qui est pensable relativement à "un" monde (n’importe lequel, universalisé à partir de celui-ci).

Le discours lui-même est un effort ; n’est pas une attitude naturelle ni humaine ; dans la mesure où l’humain installe une « seconde nature » ; la vérification du dire dans un système d’échange généralisé ; entre soi(s) en somme ; et que le discours alors est la signification, le sens d’une « troisième nature humaine ».
Mais il se double d’un effort supplémentaire ; de ce qu’il existe pour un sujet, il s’aperçoit qu’il existe par un sujet.

 Cela cèle les réconciliations de l’esprit et du monde ; mais en un sens qui n’est pas encore compris, compréhensible...
Le sujet qui pense le discours (lequel discours pense tout), vient du monde-même, le monde non-humain. Lequel n’est déjà plus le monde « habituel » ; celui qui est donné dans la perception connue, pseudo-naturelle, d’un monde humanisé quelconque ; monde-même qui est, cette fois, le monde « là ». Le monde tel qu’on peut le supposer scientifiquement objectif, et qui contient tous les mondes humains inventés, qui est le monde originel, à l’origine de toutes les perspectives possibles. Mais, ceci étant dit, monde-même qui avant d’être le monde objectif, scientifiquement, est le monde « pour quiconque » et existe « de tous points de vue », déjà-là, mais non résumable en aucun et qui se tient à la frontière de tous les points de vue.

Voici donc le discours en soi (le savoir de l’esprit sur un monde globalement tel que le monde peut être connu a priori, quasiment, et tel que l’esprit en lui-même peut se savoir), le sujet qui interface le monde et le discours, et enfin le monde-même, là, qui est horizon.

Le monde n’est pas le « monde » face à nous ; parce que nous-mêmes sommes « dans le monde ». De sorte que l’on pourrait dire ; le monde comme horizon est le « Donné » dans sa totalité (dont on ne voit pas la clôture pour l’instant).

Se tiennent ainsi face à face ; le sujet et le donné-horizon. Entre les deux, le discours qui clôt, lui, tous les discours ; toutes les paroles théoriques n’ont de sens que dans le discours universel et cohérent (y compris la science et y compris les émergences singulières, mais en un sens plus profond). Sinon on rentre à nouveau dans une humanité (une culture quelconque) ou dans une subjectivité (un ensemble mondain de déterminations qui se donne ses propres règles ; qui ne sont pas des lois).

Sujet, donné et discours universel cohérent.

Mais il s’avère que le discours est plus ample qu’il n’y songeait ; il se révèle comme système de signes sophistiqué ; suffisamment élaboré qui puisse retenir quantités et qualités du donné ; et permettre, de par sa sophistication, de médiatiser subtilement les distinctions (les différences du donné recueillies), mais aussi de décider subtilement ; de mener des visées, des saisies, des intentions dont un seul signe peut bouleverser le jeu. Le systématique, ce en quoi nous nous repérons, est aussi ce en quoi nous décidons, et ce en quoi nous percevons et finalement ressentons. Plus le système est précis, plus il est précis, évidemment (prècis en lui-même, et distinctif dans les éléments du monde inconnu), mais alors aussi plus il est modifiable… ce qui change tout.

Ce qui le rend accessible à chacun. Chacun peut devenir le système qu’il est. Nos idéaux de traduction esthétiques du donné formulent les perceptions possibles ou les ressentis littéraires d’un tel monde-donné, de nous-mêmes dans ce monde-là. Portant à notre connaissance notre potentiel ; lequel n’est plus contingent, livré au n’importe quoi (des faits rencontrés par hasard ou de nos caprices farfelus), ni délaissé à l’incertitude (puisque le système se sait, sait ses exigences, qui ne sont pas des règles, élaborées au petit bonheur, mais des lois, de sa constitution pleinement conscientes). En somme dans notre humanisation spécifique (qui n’est plus particulière d’une culture quelconque) rien n’est chaotique, imbécile ou arbitraire ; mais est la suprématie du librement conçu et effectivement vécu, réalisé, imposé au donné. La rationalité n’est donc rien de moins que ceci ; la transformation d’un monde arbitraire (seulement rencontré dans des particularités ou dans des bricolages interindividuels ou subjectifs) en ce monde-même ;  non plus un vécu parmi des tas d’autres possibles et hasardeux, mais le vécu-même (de ce qui est à vivre, qui que l’on soit).

Et la rationalité loin d’écraser l’individualité, permet à quiconque de sortir de sa contingence, de ses multiplicités bâtardes, de ses causalités pénibles, pour filer instantanément dans la logique de sa loi. Laquelle bien qu’individuée, est, pour cela même, universelle ou potentiellement universelle pour chacun.
Ainsi le tourment de toute personnalisation commence d'être pensable.

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La philosophie ou la forme abstraite de tout

29 Juillet 2009, 10:04am

Publié par zward

La pensée philosophique n’est pas une pensée, c’est une intention ; et comme telle arbitraire et interprétative ; le problème est … qu’il n’y en a pas d’autre.

Il faut donc entendre la performance philosophique comme la tentation du plus grand système de signes possible ; étant donnée la plus grande combinatoire possible, il n’est pas d’autre solution que celle non pas qui va imposer une ordonnance spécifique, mais celle qui rendra toujours possible n’importe quelle ordonnance. Le tour de force n’est pas d’imposer une vérité, mais de formaliser « ce pour quoi la vérité est toujours possible ».

En quoi on s’aperçut que si la vérité est relative ; à un monde humain, certes, on le sait, mais relative est essentiellement cette vérité à son expression ; laquelle est toujours de ce monde : tandis que notre volonté n’en est pas, elle est déjà -toujours au-delà ou en-deçà de ce qu’elle dit (puisqu’elle le dit et en est donc déjà à distance), dans l’autre côté : si la vérité est relative, notre être de là où il parle puisqu’il se dit maintenant formellement, se sait comme forme pure et simple et cette forme n’est pas relative.

La forme et les contenus ; la démocratie et les besoins exacts, l’Etat et la société civile, le citoyen et les vécus possibles, la science et les réalités du monde, le sujet et la culture des signes libérés, le moi et l’ensemble des perceptions. Tout sort de la formalisation abstraite qui pose des structures vides, formelles, dont les contenus sont la pluralité et la multiplicité du monde, là, donné, immédiat ; avant de l’éprouver dans tous ces vécus, libres théoriquement, on ne savait pas ce qu’il en était du monde possible éprouvé individuellement.

D’une manière générale, la précision du concept (qui ne parle pas pour dire la vérité partagée illusoirement mais humainement, mais les réalités) vient chercher le monde dans ses déterminations réelles. Et ses agents sont les vécus, les mois, les personnalisations.

Et qu’est-ce que serait un monde qui ne serait pas éprouvé individuellement ? Ce serait un monde humain traditionnel, dans lequel la vérité imposée d’en haut, du symbolique commun, façonne les réalités dans un verbiage, qui conditionne l’apparition même des réalités, jusqu’à leur perception ; pour qui les réalités n’existent pas, seule leur énonciation humaine existe dans des séries de transmissions, d’échanges, de rivalités internes au processus humain.

Or la science du monde même ou la politique d’Etats, distincts et respectueux dans un environnement explicite de lois, ou la culture en tant qu’expression individuée, ou les vies en tant qu’éprouvées hors des contraintes et selon leur vouloir autonome, nous montre que le monde peut advenir, remonter dans l’humanisation ; il ne s’agit plus de déterminations parlées puis vécues, mais d’expressions tendant au plus juste de leur réalité.

L’œuvre d’art s’émancipe est devient-là, elle existe de par soi ; et modifie non plus seulement la représentation mais la perception elle-même, ou la position du corps dans son espace ou son temps. Les moyens se rapprochent de la chose, à photographier par exemple ; les moyens font percevoir la chose comme chose (et non plus comme objet d’échange réglé, d’images idéales qui signifient aux autres, mais d’images nues). La musique devient mouvement du corps dans son énergie fluide. L’esthétique en général devient ce qu’elle est ; non pas représentation d’un symbolique et qui faisait voir des objets idéaux, mythiques, religieux, pris dans un verbiage, mais des choses, de la perception, du temps pur, de l’espace déconstruit.

Or même dans le symbolique à quoi assistait-on ? Non pas à l’oppression d’une réalité sous le verbiage, mais à l’expression pourtant réelle mais « de la réalité pour-nous » ; qui se donnait seulement « comme évidente » et partagée unanimement, et échangée comme choses réelles. Et dont la régularité de l’échange formait la vérité, tandis que nous désirons maintenant qu’en plus l’objet échangé soit réel en plus d’être vrai ; dans le monde en plus que d’être humainement pour-nous. Si nous remplaçons le mythique, le symbolique par le réalisme, c’est parce que la chose (là, existant par elle-même, l’œuvre ou le corps ou la perception à même la réalité) nous ouvre la vision de la pluralité des fibres dont est constituée la réalité ; l’imaginaire réel en lieu et place de l’imaginaire scénarisé du verbiage symbolique.

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Absence du moi, présence du sujet

20 Juillet 2009, 22:49pm

Publié par zward

Si l’on veut décrire le dispositif existentiel de l’individualité, il est nécessaire de prendre appui sur la dimension ontologique. Sur la position que le sujet se donne à lui-même et par laquelle il régule en conscience, en connaissance de cause, le rythme et l’intensité des informations dans leur traitement.  

Pour cela le sujet, dans le moi, qui existe hors du moi, déploie les systèmes ; systèmes de signes. Les signes offrent la moindre résistance et peuvent être pliés selon la plus petite des intentionnalités précises du sujet. Si l’on se signifie dans des objets, on emprunte les signifiés inclus dans ces objets. Si l’on se signifie par des notes ou des couleurs, on peut remonter la signification des signes-couleurs ou signes-notes et les conjuguer selon un rythme individualisé exact.

Le moi est ce qui entend faire de sa vie, de son vécu, un tableau de signifiés empruntés ; il croit que l’ensemble des réalisations de son vécu correspond à un signifié, voir une méta-signification (son « destin » par exemple, ou la personne rencontrée par hasard, ou le sens bien original d’un jeans’, produit pourtant par milliers etc).

Le sujet sait que, quoi qu’il en soit du vécu (il peut exister des nœuds de sens effectivement réels), ça n’est pas dans le vécu mondain, qu’il va, lui, le sujet, dénicher ce qu’il veut. Il tend à reconstituer l’ensemble des éléments perçus, en une fois. Système esthétique ou littéraire ou conceptuel. Il sait que son apogée est de synthétiser en une fois et de dissoudre ainsi tout ce qu’il possède ; afin qu’ensuite il puisse reprendre à nouveau le même ensemble systémique et le porter plus loin encore.

On peut comprendre n’importe quelle systématisation comme l’exploration du possible réalisable dans l’immanence, qui n’emprunte rien au monde, (sans préalablement le lui voler). Le moi de son côté ne se tient que dans la/les transcendances ; des objets, des autres mois, des vécus, des projets, des totalisations de réalités mondaines. Le mondain, on le maitrise pas ; il faut en passer, par exemple, via la mathématisation pour, ayant séparé les éléments, commencer de contrôler les réalités. Cad en passer via des systèmes abstraits. Le moi est donc dans la dépendance totale visà-vis de signifiés donnés-là.

Comme nous ne disposons pas d’un tel système mathématisable de toute la réalité,( mais que, néanmoins, il nous faut bien penser tout ce qui est), alors il est une nécessité impérative dans l’invention de systèmes de signifiants ; dans la mesure où nous devons établir la carte générale de notre position dans ce-qui-est ; et que cela soit un chemin repérable. Le sujet étant ; ce qui détient son advenir en propre. Il doit exprimer, il doit exporter, il doit abstraire et extraire, découper et recomposer en conscience, tout ce qui lui vient et relire de manière générale, tout ce qui est.

L’exploration par le sujet, de la réalité, est ce qui incombe à tous, mais tout autant à chacun. Puisqu’il de l’enjeu même d’une existence que de parvenir à « mathématiser » son point de vue ; sauf à demeurer un moi doté de seulement un vécu.

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