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instants philosophie

L'autre royaume (tout n'est pas vain)

16 Juin 2010, 10:33am

Publié par zwardoz

Si notre être est l’intentionnel, il n’a rien à voir avec une identité. Si l’on entend par identité une détermination dont la substance, la consistance, le fondement se tiendrait dans le là, dans l’immédiateté, dans l’acceptation sans interrogation de « ce que l’on est », quant bien même cela se tiendrait dans un « qui l’on est ». Si facile d’accès, apparemment.

Toute la question d’un vécu consistera à porter atteinte à ce « qui l’on est », si accepté, si évident. Qu’on le veuille ou non, l’identité est ce qui doit être « surmonté », comme il est dit, comme il est écrit, comme il est prévu : philosophiquement par Nietzsche, mais qui s’inscrit comme dialectique ; dialectique non pas connue et sue, mais non-connue, in-connue, issue de l’expérience même non pas du monde (qui nous laisserait intacts) mais issue de notre attachement au monde sous la forme de non pas tel ou tel objet, mais « en tant que nous sommes nous-mêmes, un-tel ».

Attachement au point que de « qui nous sommes » il parait impossible de se détacher ; sauf justement de passer outre en et par l’intentionnel. L’intentionnel étant non existant ; il est impossible de s’en saisir, de le définir, de le contenir comme une composante de quelque « soi » que ce soit ; aussi est-il « en plus » et toujours nous désirons cet en-plus en tel ou tel objet de désir.

Mais par ailleurs, bien que non saisissable, l’en-plus intentionnel peut se marquer de traces, de repères, de formes dont il garde la mémoire dans ses déplacements et emplacements ; c’est une dialectique interne à quelques intentionnalités précises qui fonde l’autre royaume ; celui qui non-existe en parallèle au monde commun, humain, historique ou naturel et donné.

L’autre royaume peut fort bien s’oublier et se négliger ; il n’est pas dans son essence (l’intentionnalité comme fonction de « ce dont elle est l’intentionnalisation ; tel objet, tel autre, tel système) de durer ; sauf quant à vouloir continument intentionnaliser l’intention elle-même. Par l’effort d’y être.

C’est ce royaume, autre que tout, que la philosophie et quelques littératures ou esthétiques réelles (cad hyper pointues) cartographient, décrivent, amènent dans le visible. Lequel évidemment n’est pas transcriptible dans le texte même ; mais existe via le texte, hors du texte ; comme singularité réelle ; cad comme un Je. C’est uniquement dans le Je que l’on en a, que la vérité existe.

Ce Je, qui n’est pas un moi, est la configuration de certains signes qui manifestent ce qui n’est pas (de ce monde), qui non-existent.

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La catastrophe constitutionnelle

10 Juin 2010, 19:23pm

Publié par zwardoz

On pourrait remonter les anciennes formules ; qui entendaient permettre de mesurer l’accord entre l’entrée et la sortie de notre être quant à la quantité et la nature des informations.

Ce que l’on reproche à l’esprit ancien ce fut en réalité pour lui l’occasion de bâtir, de garantir sa stabilité d’énonciation ; en ce que le corps appartient à l’esprit et que l‘esprit est seul à soi-même l’identité réelle.

Ce qui s’effectuait dans la prospective de l’esprit qui aboutit à la réalisation d’un Etat et du statut de citoyen, est entièrement repris par les individualités ; mais non plus en tant qu’esprit (universel) mais en tant que « moi-même » ; toutes les personnalisations activent l’universel là où elles existent ; dans le monde et le vécu.

Elles s’emmêlent les pinceaux ; elles doivent postuler que le vécu, le moi-même et le monde obéissent à un principe d’équilibre ; il est un idéalisme intrinsèque du moi comme une illusion, ou un mensonge des régulations espérées dans le vécu, le monde, ou évidemment le monde humain ; mais ni dans les échanges humains, ni dans le vécu ne se réalisent des équilibres qui seraient par destinée sensés.

Tant que la raison n’a pas pénétrée plus avant l’épaisseur du donné, monde humain ou existence, tout échafaudage déclinera en nécessités et turpitudes diverses ; par exemple en hiérarchies mafieuses ou en déséquilibre personnel irrattrapable.

L’esprit qui, universel, s’est installé historiquement, et qui sert de base commune et fonde toute cette humanisation, demeure comme infrastructure non continuée, arrêtée dans son devenir, gelé, figé ; et c’est sur cette base, légitime, que se sont réinstallés les déterminismes et les nécessités purement contingentes. Une mafia ne se fonde pas sur une règle mais sur l’allégeance à un-tel ; une névrose ne se plante pas dans la réalité mais est un regret continuel de soi (un soi qui n’a jamais existé et est d’autant plus imprenable). Ce qui n’accroche pas au réel, est perdu dans des artefacts.

Ce que le moi nomme « réalités », ses vécus, sont effectivement des réalités (et forment essentiellement la défense de son vécu et sa promotion ; sa conquête de droits et devoirs essentiels qui dépassent largement les possibilités hégéliennes), mais en même temps n’ont pas , ces réalités, les fondements nécessaires et en portent pas en l’universel même leurs revendications ; ce sont des demi droits, des demi devoirs, à peine « accordés » et tout juste permis.

Qu’il y ait une défaillance de l’universel et que celui-ci soit figé, gelé, paralysé (quand bien même est-il en soi absolument justifié et fondement et base de toute humanisation), signifie que les droits et devoirs ne sont pas réellement instaurés historiquement constitutionnellement.

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Le souffle mortel

5 Juin 2010, 18:56pm

Publié par zwardoz

L’intentionnel existe en plus : de ce qu’il se veut hors de ce qui est déjà. Il dresse une structuration idoine de ce qu’il est mais au travers des connus, puisque n’ayant pas lui-même d’existence réelle, et interpénétrant sa surface en celle du donné-même (tout ce qui relève du « même » c’est ce qui revient à soi en tant qu’inconnu ; ce à partir de quoi l’intentionnel tire une unification, là, qui lui appartient en propre absolument que l’on soit producteur e sa propre syntaxe ou que l’on se raconte son histoire comme tout moi en tant que moi-même).

Mais le moi, bien replet de son impuissance, attend encore qu’on lui offre le repas complet, gastronomique ; anorexie et épuisement de l’intentionnel.  Il l’attend en gros de la vie, ou des autres ou d’un objet ou d’un achat ; allez savoir. Toute réalité qui restera là, après la mort, n’équivaudra pas à ce que je fus. C’est cela, qui disparaitra, totalement, qui seul valait la peine.

On en laisse quelque traces parfois ; ça se répète pour quelques uns ; dans d’autres oreilles de l’esprit. Mais ça glisse considérablement et cela qui fut deviendra jusqu’à n’être plus ; sinon d’en actionner le mécanisme aberrant, celui qui laisse des traces, dans un nouveau drame, ou une tragédie incomplète ; renouvellant son être invisible, inexistant.

Ceux qui sont abreuvés d’inexistence comprennent. C’est la vraie soif et le vrai liquide.

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La production de soi

3 Juin 2010, 19:32pm

Publié par zwardoz

Le fondement de ce qui nous concerne en plein, la personnalisation, le moi-même comme unification essentiel du vécu, l’importance de ce vécu lui-même, dans sa fragilité et complexité inabordable, ce fondement s’est détaché de toute intellection.

Et par intellection, il ne faut pas entendre « intellectualité » ; qui est un ensemble réservé de domaines spécifiques (sciences, technologies, spécialisations, etc) ; mais entendre l'intellectif. Autrement dit ; qui concerne notre être en un sens spécifique et spécifiquement phénoménologique.

Que notre être se juge de sa capacité intellective signifie que ce qui se tisse dans l’intentionnalité modifie la nature, l’essence, la réalité de « qui nous sommes » ; penser (durablement et volontairement une idée conceptuelle, esthétique, éthique, etc) implique notre être en telle ou telle orientation. Et l’intentionnalité est à la fois ce qui doit être dominé et ce qui doit être ouvert (à tout) ; entre le devoir de l’être et le laisser-être. Dans le laisser être, l’intentionnalité ne tisse pas, elle trame la perception, et ses advenirs ; l’image, l’imagination, la mise en scène, la re-présentation (du donné en tant que marqué des signes). L’idée est en cela la mise en perspective (décisionnelle et intellectuelle et donc intellective et donc comme devoir-être intégral) de ce donné re-présenté et projeté vers l’horizon.

Il est donc question d’un basculement entier ; tandis que le moi tout venant ne se tient que de soi, d’un soi qui dépose-là, inerte en son fondement, et dont il reçoit les modifications suite aux événements du vécu, ou dont il attend qu’il lui ânonne ses dispositions ; en remplacement l’intentionnalité en tant qu’intellective s’énonce non pas « soi » mais comme système de signes possibles ; ce qui est se former une éthique, une esthétique, une conceptualité, une littérature, etc.

Si l’on commence à s’inscrire comme système intentionnel, on passe de la consommation à la production de soi ; or sans doute le fondement de toute la personnalisation du siècle fût de simuler cette production ; le grand avantage de la publicité est de nous laisser croire qu’il s’agit de nos motivations personnelles, entre autres. Mais la production mondaine de soi n’équivaut pas à la production intentionnelle ; parce que la production intentionnelle n’est plus celle d’un « soi » mais d'un sujet, de cela qui se cache (psychologiquement)et se montre (historiquement) dans la personnalisation du moi.

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Husserl, Heidegger, Sartre

25 Mai 2010, 21:28pm

Publié par zwardoz

La réalité vécue consiste à se fonder dans des contenus ; mais ces contenus ne se donnent pas comme « contenus », ils sont « là » ; ils sont si évidement désirables qu’ils forment le monde lui-même et ce monde si apparent n’est pas dut tout remis en question, mais uniquement immédiat.

La faculté intentionnelle procède inversement ; elle met en suspension le monde et considère que tout le perçu, vécu, connu, désiré, imaginé, etc, sont des contenus dont l’intentionnalité est la forme.

De deux choses l’une ; soit on considère que ces contenus sont reliés selon un sens, soit ils sont empruntés ; empruntés du monde lui-même, de nos activités et de nos perceptions.

Ensuite soit cet emprunt est relatif à un être si spécifique (l’intentionnel pur) qui contient lui-même son propre programme ; soit cet intentionnel est seulement fonctionnel et ne porte rien.

Enfin soit cet intentionnel est son propre programme, soit il se définit comme structure immergé dans un monde ; mais qu’il soit son propre programme risquerait de le réduire à une « essence » serait-elle de structure. Or il est strictement sans bagage ; c’est ce qu’il produit à partir d’un monde donné qui le pousse à élaborer ; non seulement alors il débroussaille le monde, mais fondamentalement il le produit ; sous une autre forme. Essentiellement en tant qu’universalité ; il n’est pas de vérité antérieurement à l’intention et celle-ci ne contient rien en elle-même. Le principe phénoménologique d’une série de vérités incluses dans l’intentionnalité-même explore sans doute les contenus, mais ces contenus ne renverront jamais qu’au monde lui-même.

Pour cette raison la position heideggérienne puis sartrienne se confrontent à cet idéalisme ; Heidegger en supposant un sens plus profond de la présence spécifique de l’intentionnel dans un monde ; et comme on est depuis Husserl hors des contenus, le sol sur lequel se déploie cet intentionnel porterait en lui-même une vérité dont tous les contenus mais aussi toutes les intentionnalités seraient issus.

Sartre vide intégralement l’intentionnel ; il n’est rien dans l’intentionnel ; et celui-ci se précise du jeu qu’il matérialise dans le monde ; jeu peut-être général, mais surtout constamment situé (puisqu’il n’est rien que dans l’intentionnel on puisse présupposer du sens global de son activisme).

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La parole, l'universel, l'intentionnel et la démocratie

18 Mai 2010, 21:28pm

Publié par zwardoz

D’une part la parole qui n’est que transmission ; indépendamment de toute vérité ; et qui ne tient sa réalité que du partage et de la communauté. Ce qui se dit est «ce qui est », et cela doit être connu de quiconque puisque le système-langage ne fonctionne que s'il se situe lui-même (et donc est situé par chacun).

D’autre part l’universel qui sépare et forme des systèmes cohérents ; du droit aux sciences. En passant par les esthétiques qui formulent, parmi les signes, des cohérences intentionnelles idéalement complètes mais qui dans le fait continuent la séparation de tout et de tous.

S’y ajoute la parole dite individuelle ; même dans les sociétés humaines séparées (depuis l’écriture spécifiquement), chacun utilise la parole. De cela chacun forme un cercle, par lequel la parole, les mots, les phrases se coordonnent et reviennent en elles-mêmes (on n’utilise pas un mot sans connaitre sa signification, en quoi on a besoin des autres mots en cette fin). D’autre part dans le relationnel, même séparé, il est un équilibre constant ; on parle dans l’oreille des autres et les autres, par ma bouche ; de sorte qu’il puisse se former un milieu harmonisé en lui-même qui assure la communication même ; selon laquelle on pose les questions auxquelles on sait répondre.

De plus chacun se finalise ; en produisant une intentionnalité ; chacun est à lui-même le code et le décodage des informations ; on est plus ou moins capable de décoder les informations en tels ou tels domaines. La problématique essentielle est de savoir en quoi se finalise l’intentionnalité ; par exemple, il est clair que le statut principiel de citoyen instruit notre être comme universel ; chacun est identiquement reconnu par chacun ; chacun est donc idéalement apte à comprendre quiconque ; y compris en ce que l’on dénomme de Culture, l’ensemble des perceptions complexes qui retentissent sur notre être-même ; puisque l’intentionnalité est en sa finalisation « ce qui concerne la nature, l’essence de notre être ». Là où l’on place son intention, là est le fondement de ce que l’on peut être. Qu’il dépende de nous d’être, de décider qui nous devons être ; et cela ne signifie pas « être seulement qui nous sommes », une sorte d’être-là, qui serait simplement soiet qui est de l'ordre de l'imaginaire, voir de l'image simpliste. 

Cet être-là, simplement soi, est également une construction, bien qu'il l'ignore ; il n’est pas une immédiateté naturelle ; autrement dit son statut démocratique ne le dispense pas de devenir. C’est de l’effet généralisé d’une démocratie arrêtée, stoppée nette et figée, que d’aboutir à une individualité qui s’absorbe en un « soi-même » imbécile.

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Le sens de la psychanalyse

11 Mai 2010, 21:06pm

Publié par zwardoz

L’intentionnalité est ce qui se précise dans l’activité de communiquer ; mais en elle-même elle entoure la totalité de ce qui est manifesté ; elle se pluralise constamment en toutes les facultés et toutes les réalités. Elle est malléable et corvéable. C’est donc seulement ici et là, dans telle connexion précise que l’intentionnel se précise tandis qu’il courre un peu partout et emmagasine et travaille par en-dessous, mais aussi au-delà de ce qui est strictement énoncé.

Que l’intentionnel finit par exister de par la communication, la parole, les mots, le marque définitivement et en cette cristallisation (que seuls lui accordent les mots) il risque d’y figer tout son potentiel ; ainsi sera-t-on toujours marqué de ce que, face aux autres, ou un autre, on a pu parler, ou fût autorisé à énoncer. Notre parole dépend alors de notre classe sociale ou de tel relationnel ou de telle expérience ; et notre intentionnel suit cette soumission non seulement à l’autorité mais au fait lui-même. En des contenus certes, mais également en la manière d’aborder l’expression-même ; dans le rapport de l’intentionnel non à tel ou tel contenu qui identifierait ou figerait, mais dans la capacité à manœuvrer l’expression pour elle-même.

On ne sait pas nécessairement qu’il est possible de détourner l’expression ; on considère que l’expression a à charge de dire le vrai, la réalité ; que le contenu préexiste à son expression (en ne voyant pas qu’en fait, la plupart du temps, c’est l’expression permise, autorisée ou, plus positivement, valorisée, ou qui sera significative pour l’autre, qui commande le contenu).

Mais la compréhension intentionnelle est inscrite comme identité ; c’est l’identité de soi qui s’offre comme canevas de la lecture des réalités et des autres ; un canevas particulier, le droit par exemple, ou tel rôle psychosocial, ou l’art, s’inscrivent en dernière instance dans l’identité d’une personnalisation intentionnelle. Là en quoi l’intention se scotche dans et par une identité ; une personnalisation particulière est donc plus ou moins apte à saisir l’intentionnalité même.

Qui porte vers quoi ?

Vers l’universel. L’universel de l’art, des mathématiques, du droit, de tout système de signes sont des intentionnalisations élaborées ; elles requièrent l’activité actuelle de l’intentionnalité. Si l’on voulait saisir l’identité de soi à soi dans un universel cela ne passerait pas ; si la psychologie est un système actuel, elle ne peut pas remonter jusque dans l’intentionnalité de l’identité d’un sujet ; elle ne le saisit que via des contenus, mais ces contenus eux-mêmes pourtant sont tout autant contenus déterminés que contenus intentionnalisés.

Par contre psychanalytiquement « ce qui parle », c’est, après maints efforts, l’intentionnalisation-même de la personne ; où l’on voit que cette identité «la personne » se déroule bien autrement et en quoi se révèle que l’intentionnalisation que l’on est, est absolument plurielle et multiforme ; elle ne se convoque qu’en une actualisation gigantesque qui n’en finit pas.

Quelle est la véritable universalité ?

Celle qui prolonge l’intentionnel dans des systèmes élevés ? Ou celle qui plonge dans la masse intentionnelle jusqu’à la perdre dans ses méandres ?

Le problème est que si l’universel déploie l’intentionnel dans sa pointure, son ampleur et son étendue, la masse intentionnelle creuse à même là où « cela surgit ».

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La jouissance intentionnelle

9 Mai 2010, 16:00pm

Publié par zwardoz

L’intentionnel est vide et sans contenu. Quand bien même toutes sortes de contenus viendraient lui disputer, il est un écart réel qui disperse et libère l’intentionnalité. Celle-ci ne tient que de tenir à ce que l’on doit nommer le réel. La position « le réel » est ce qui ouvre instamment et constamment l’intention ; en ceci toute intention est atteinte par la vérité ; le débat se situe entre la réalité d’une part et la vérité d’autre part ; que l’une coïncide avec l’autre.

Si l’on obtient la position pure et simple de l’intentionnel en lui-même, le réel commandera toute la vérité ; mais l’intentionnel, ce processus, cette fonction réside aussi en une identité lourde ; cad une personnalité. Que l’on puisse garder l’intentionnel purement formel est une impossibilité ; sauf  en ceci seulement ; qu’il lui faut trouver des contenus qui ne contrarie pas son être (de pure intentionnalité) et ces contenus ce sont les systèmes de signes ; de l’esthétique au concept en passant par le littéraire et l’abstraction, mathématique par exemple.

Mais sorti de là, il est clair qu’il n’existe à proprement parler dans ce monde qu’une identité ; une personnalité ; et même l’advenue, la volonté de l’intentionnalité pure est soutenue dans et par une personnalité ; tout ce qui constitue l’intentionnalité pure est « en-plus » d’une personnalité.

Or l’intentionnalité pure est souvent présente ; il est non pas réflexivement distinguée (je suis une intention en moi-même, ça ne se dit pas), mais activement « contemplative » ; tout système de signes monopolise l’intentionnel pur ; d’un récit à une historiette, d’un calcul mathématique à un dialogue avec d’autres, d’une émotion à un sentiment. En réalité si l’essentiel d’un vécu se passe sous « silence intentionnel » cad dans l’habituel, le connu, qui roule sans effort particulier, ni  surabondant, il s’avère que le réel intérêt du vécu consiste à perfectionner l’activité intentionnelle valant pour et par elle-même ; on aime les histoires, parce qu’en chaque récit on est amené à préciser notre attention, à l’exercer, à la calculer.

Le malheur ou le bonheur, le plaisir ou la souffrance, la passion ou la dépression, les autre ou soi-même, ce sont des occasions, immanquables, de qualifier de plus en plus précisément ce dont l’intentionnalité, l’attention à, est le processus fondamental. Finaliser tel possible, tel événement, tel substance pesante, telle curiosité, c’est progresser dans la question ; jusqu’où l’intention, l’attention est-elle capable d’avancer dans l’épaisseur ? Ceci est la jouissance.

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L'autre trame ; la non psychologie

2 Mai 2010, 13:15pm

Publié par zwardoz

Qu’il puisse exister une dimension spécifiquement intentionnelle, parait supposer qu’il existerait une identité de soi, intentionnelle, comme un double Moi-même, dont on ne voit pas bien ce qu’il ajouterait au premier, habituel. Mais en réalité si il existe une telle dimension, elle ne joue pas d’une identité ; elle jouit au contraire d’une liberté constante, précise selon son activité propre, et qui se lance sur un tout autre territoire que celui de la personnalité comme archipel identitaire, solidité de contenus, finalités en des objets corrélatifs à l’intention que l’on en a (cad désirés ou désireux), etc.

L’intentionnel est donc les points de vue qui entourent les contenus ; l’intentionnel est mouvant et reporte sans cesse tel contenu que l’on croit clairement vouloir ou désirer, le reporte dans la série de points de vue, dans les flux élaborés qui constituent cet objet et finalité de l’action, du désir, de la décision. Tout objet est constitué de flux, et tout objet est en vue et pris dans des flux conséquents ; malgré que tout objet se donne comme stable et comme étant effectivement « ce qui est désiré ».

Ce qui trouble la réalisation d’identité dont nous sommes fondés pour nous-mêmes, consiste en ce que ces identités soudainement ou patiemment, se révèlent à elles-mêmes comme toutes relatives et comme de simples prétextes à être. Que, en somme, notre être n’est pas cet objet, n’est pas ce désir, n’est pas cette personnalité qui désire ou décide selon son identité, mais que tout cela qui constitue nos vies, est effets seconds de causes ou d’une cause sans commune mesure.

L’angoisse, l’ennui, la dépression, la passion, le flottement généralisé des choses et des êtres, l’indifférence, l’obsession, les désordres caractériels manifestent un surplus d’intentionnalité que les objets habituels ne canalisent pas ou plus. Mais aussi les conversions, les aspirations à la révélation, les soifs absolues, les rages ou les ampleurs esthétiques indiquent que l’intentionnel prend le pas sur les régulations habituelles ; sur ce qui est stabilisé dans les contenus ; cet objet comme finalité de mon intention est excédé dans un flux bien plus exigeant. Ceci ou cela ne satisfait plus.

Or toute notre « psychologie vécue» est fondée, elle, sur la satisfaction programmée dans des objets solides. Elle ne supporte pas le flux de l’intentionnalité en tant que celle-ci dessine un autre être que celui bien installé dans le monde (et reconnu et supporté par les valeurs communes).

De même, si l’intentionnalité se stabilise dans tel objet, elle passe dans l’ignorance de son élaboration propre ; elle se fixe en l’objet, mais cesse du même coup d’interroger ses cristallisations innombrables. L’intention est non-fixée, mais cependant toujours très précise ; ce qu’elle détient, telle finalité, contrairement à la psychologie vécue, elle le reporte en d’autres intentions et selon d’autres lectures et d’autres intentionnalités désirantes ou volontaires ; elle aime la trame dessinée et non pas seulement les objets pris dans la trame, toile qu’elle tisse ; c’est le tissage qui l’anime, et non les choses ou les objets ou les contenus du monde et du vécu.

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L'intentionnel ou la dépliure de soi

28 Avril 2010, 20:39pm

Publié par zwardoz

L’intentionnalité est visée d’une chose, d’un objet, d’une idée, d’une manière de se comporter, de se signifier à quelqu’un, d’utiliser les mots dans une phrase, et elle est exemplifiée idéalement dans l’intention morale ; qui est censée se tenir idéalement identique à sa source. Au point que l’on a pu entendre le signifiant « conscience » qu’en tant que « conscience morale »… et l’on peut ainsi remonter jusqu’au kantisme pour comprendre qu’alors la seule façon d’aborder l’intention ne s’effectuait que selon une validité de décision volontaire tenue dans le Bien. En sa source signifie que l’intention ferait retour sur soi en ayant exposé son contenu ; en l’occurrence la moralité, et plus particulièrement la pureté de son intention ; en quoi il faut entendre ; sa transparence…

Or à l’inverse, il faut prendre distance de toute intention en tant qu’idéale, et se démonter, non pas en ses contenus ou ses orientations exprimables, mais démonter l’intention ; en sa complexité construite et bien plutôt amenée en l’unité via une pluralité et une hétérogénéité continuelle. Ce qui contredit absolument l’attitude naturelle, et pour tout dire fonctionnelle ; qui tient pour une la finalité de toute intention (afin que cette intention naturelle se consacre à cette finalité seule, cet objet, cette décision, cette perception, cette configuration, cette situation et ne se préoccupe pas de ses sources plurielles).

Remonter dans le dedans de l’intentionnalité, ce n’est pas recomposer les contenus qui identifient telle finalité, c’est surtout décomposer les contenus dans les intentionnalités qui, elles, portent plus loin chaque contenu. Le jeu étant de diversifier ce qui se donne comme Un contenu, en ses intentionnalités qui, elles, se rendent en faisceaux et dispersions. Au lieu de considérer telle raison de désirer tel objet, et de démonter cette raison par ses causes internes ; on éparpille la motivation par telles causalités mais aussi par ses sous intentionnalités dont cette motivation a bien voulu se fournir. C’est la différence entre confondre l’intention et la pureté morale d’une part et la décomposition de toute intention dans non plus des contenus mais des motivations hétérogènes ; psychanalytiques, structurales, mondaines, existentielles, sociétales ; autrement dit la différence entre la raison théorique (des grecs à Kant) et la raison fonctionnelle de Freud, Marx, Nietzsche, Sartre, de Lévi Strauss, et de Lacan.

C’est être capable de mesurer, de caractériser, de dénommer, de distinguer dans la spontanéité de l’intention, ce qui suit ; qu’elle est effectivement une opération spécifique qui dresse de par soi un plan, une ouverture, une régulation qui n’appartient pas à l’ordre ou au désordre du monde, qui passe outre les contenus de cette intentionnalité et remonte au-dedans de ce qui pourtant est sans épaisseur, sans saisissabilité. Qui joue donc de ses contenus pour fabriquer une arborescence ; de se manifester, et distinguer dans la masse des contenus, de se distinguer donc cette arborescence se cristallise et se fait apparaitre. On voit par cela que l’on rejoint les distorsions sartriennes et les incertitudes psychanalytiques ; que veut-on vraiment ?

Saisir non pas les contenus des intentions dans leur identités (qui conforteront l’identité finale de « qui l’on est »), mais sauter d’une cristallisation intentionnelle à l’autre, en percevant l’ensemble non pas comme centre, mais l’intentionnalité comme décentrement constant et hétérogène.

Mais dans le même temps, ce qui est seulement fonction d’identité (identité de soi-même ou de l’objet finalisé), devient l’essence même paradoxale de ce que l’on est ; ce qui fait frémir c’est non pas la solidité identitaire (que pourtant l’on désire), mais la dés-identité que provoque l’intentionnalité en ce qu’elle déploie ses cristallisations. Lesquelles n’ont pas seulement affaire aux contenus mais au(x) déploiement(s) des faisceaux intentionnels.

Ceci en vue de quoi ?

De ce que notre être se développe dans au moins deux directions ; des contenus (parfois) prétextes à une élaboration uniquement fonctionnelle et de structure. Passion ou dépression, systèmes de signes ou esprit théorique, perception accélérée ou diagramme relationnel ; ça n’obéit pas nécessairement aux contenus en cause.

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