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instants philosophie

Remontée par le dedans du sujet

28 Avril 2018, 08:00am

Publié par pascal doyelle

Non le sujet substantiel ou monolithique dont on ne saurait où placer l’unité qui devrait être un « quelque chose déterminé », quelque chose de concentré, d’identifié.

Mais le sujet de structure, forme et trame, pointillé qui dessine le regard vers le réel, mouvement qui tisse son activité, son activisme. Celui dont l’unité est la forme, ce qui veut dire le rapport, el mouvement et qui se colle dans le présent, en articulation. On verra pourquoi ou plus modestement comment le réel est ainsi.

De sorte qu’il n’y aura pas de prêchi-prêcha dans l’occidentalisation ; c’est une technologie, mentale pour ainsi dire, qui creuse non dans l’essence des choses (c’est une conséquence seconde, pas secondaire du tout mais seconde, un effet), mais une technologie qui creuse dans l’apparaitre même (et a abandonné la représentation, partagée dans tel groupe, de l’apparaitre du monde ; il n’y a plus de monde selon tel groupe mais le monde donné « là », unique et universel, de même plus un corps marqué selon telle relationnel humain, mais le corps-de-chacun).

Le sujet est et n’est que la distance ; c’est en cette distance que l’on travaille ; les grecs pensent le monde, la vérité parce qu’ils sont par-dessus la vérité (sinon ils s’identifieraient à telle ou telle vérité et ne produiraient pas des vérités, des systèmes, des éthiques, des politiques). C’est bien de se situer en dehors de l’être que l’on nomme, désigne l’être ; mais alors de où perçoit-on ?

C’est ce lieu, externe, qui est exploré : il n’est pas dans le monde et c’est à partir de lui qu’il y a « un monde », un corps, un vécu, un donné, une œuvre, une réalisation humaine ; comme il n’est pas, ce lieu, cette structure, un autre monde, une autre détermination, il est inutile de la rechercher ; les idées de Platon ne sont pas un double monde, intelligible, mais chaque idée montre, dans l’effectif, les réalités (et sans ces idées on ne les perçoit tout simplement pas ; c’est en ce sens que pour Platon l’idée est le vrai et le réel, parce qu’elle fait-voir les choses, qui sinon sont seulement perçues dans l’immédiat, non identifiées, ou perçues et enregistrées dans le langage, commun, habituel ou imaginaire). Dieu a créé le monde, mais il insiste pour que nous changions le monde donné, et de sorte qu’il soit exigeant et interventionniste dans l’humanisation. Le christique crée la possibilité que chacun soit pour-lui-même en vue, de la naissance à la mort et donc en-plus. Etc.

Dans l’historicité cela revient à dire qu’ayant d’abord inventé la mise en forme culturelle du monde tel que localisé en et par un groupe dans un langage, une représentation qui cadre la perception et une mythologisation de ce groupe par lui-même (expliquant notamment pourquoi il existe une telle humanisation, une telle culture et qui croit en sa Vérité) – on est passé ensuite à l’acculturation, autour de la méditerranée, bien au-delà de tous les groupes et tous les langages, et qu’il y eut alors deux faits majeurs (tous ayant abandonné leur groupe, et leur monde, respectifs), deux faits majeurs ; que nous ayons un Corps dans le même-Monde.

Le christique (entre autres) reprendra ainsi toute la pensée grecque dans la forme du proto-sujet, pour ainsi dire, qu’imprimera Descartes définitivement, comme forme unilatérale de notre réalité humaine. Tout personne ayant un corps dans un monde, si elle n’est pas concernée spécialement par le christique, le sera par la révolution ; qui fonde la réalité humaine sur la raison de chacun … mais cela veut dire « sur la liberté de chacun », sur la raison non comme corpus défini mais sur la raison « en exercice », soit donc le jugement et la décision, le projet et les possibilités, etc. L’historicité pense plus loin que la version rationaliste universaliste ; qui « croit » que le discours est la mesure de la réalité et du réel, alors que la philosophie qui n’est pas la raison mais la pensée, réfère au sujet ; la philosophie pense et donc elle pense le sujet ; la pensée, grecque, comme sujet, l’esprit hégélien comme sujet, la volonté de Nietzsche comme sujet, l’inconscient comme sujet lacanien, etc.

La version mondaine du rationalisme ou la transformation de cette théorie et idéologie (au grand sens) revient soit à chacun ses besoins, soit à chacun ses désirs ; dans les deux cas le donné explique le donné ; et à tout désir correspond un objet et « on peut être heureux », supprimant de fait qu’il y ait une réflexion, une réflexivité, une articulation qui excède la réalité … que donc la réalité est déjà en elle-même non pas plate et serait-elle plate et compliquée, mais que la réalité est renvoyée, scindée, divisée, ontologiquement autre qu’elle-même et spécifiquement notre être n’est pas un « être » (déterminé) mais une structure, ontologiquement Autre et c’est pour cela qu’il existe, pour nous, un monde, un vécu, un corps ; la rupture est donc absolument, pas à moitié ou ni même engendrant une réconciliation dans quelque « chose » ou objet de désir ou bonheur ou universalité, mais la rupture est structurelle et c’est elle, cette altérité, qui devient et c’est précisément cela qui est pensé (au sens réel et non idéologique).

Et donc la transformation du rationalisme naturaliste et réaliste c’est l’économisme, l’idéologie du corps. Puisque si l’on refuse, nie, annule qu’il y ait un décrochage originel (par lequel tout le reste, qui est humain, existe, et qui est, de plus, le décrochage même qui devient et se structure lui-même), un décrochage originel structurel (ce qui se nommait autrefois spirituel ou idéaliste ou transcendantal, etc) alors pour chacun et pour tous la masse, la densité, la détermination même est la vérité et non pas la structure et la densité c’est le corps. Le corps est l’ancre, la pesanteur, la lourdeur qui commandite de près ou de loin ce qui autrement, par la structure, était, peut-être, en mesure de s’élever, d’être plus grand (comme de concevoir les ouvriers en tant que Prolétariat, par ex ; de sorte à devenir, cette notion, un horizon plus grand ; mais aussi élever le corps comme musique rock et pop crée un immense horizon ; ou les extensions informatiques, numériques de notre perception ; ou les revendications des femmes ou des lgbt ; etc). D’être plus grand : de percevoir plus loin ou … de plus loin.

Sans ce décrochage ce qui opère le tri dans les intentionnalisations revient au corps, à la satisfaction ; une satisfaction évidemment complexe et rendue diffractée par les multiples possibilités qu’ouvrent l’arc de conscience, mais arc qui cherche sa cohérence et qui ne la trouvant pas ou peu retombe ou s’écrase dans le corps ; le corps, la satisfaction, programme les intentionnalisations qui partent en tous sens (programme au sens de : puisque la détermination, dans le moi et l’humanisation, ne trouve pas dans l’arc de conscience de quoi consister, alors elle se rabat sur la gestion effectivement réaliste du corps, qui permet de sélectionner, mais de sélectionner à sa mesure, cad en canalisant mais réduisant le champ).

Mais n’oublions pas que l’on se situe, quoi que l’on fasse ou dise ou pense, dans le dialectique ; le dialectique, hégélien, n’est pas le jeu de la pensée, du penser comme substance, mais est le champ lui-même ; tout objet, d’intentionnalité, se pose sur un horizon, et donc bien que ce soit l’objet qui se présente, il est en fait représentation, représentation, délégation de l’horizon lui-même sur lequel il est incrusté. Donc le moi, qui Croit en ses contenus, ce sont en fait Ces contenus, des trucs laissés « là », et qu’il perçoit d’un autre point de vue ; de là qu’il soit toujours pris dans le regard des autres, sous-entendu qui devrait signifier l’Autre regard (celui de dieu, de la pensée, du christique, du sujet ou de l’altérité). Ce jeu dialectique, qui suppose non pas une résolution (dans la pensée hégélienne, qui se trompe elle-même, parce que l’esprit en fin de compte n’est rien, sinon le Un vide qui déroule tous ses contenus, alors qu’il faut penser le Un comme vide certes mais formel… ayant, étant, existant, ex-sistant comme formel et donc relevant lui-même  d’un discours qui repère cette dimension, mais Hegel ne pouvait pas le savoir), ce jeu dialectique renvoie à plus grand que ce pour quoi il se donne, se prête.

Or pourtant bien que renvoyant à plus grand que soi, cette altérité de supériorité doit être voulue, décidée, intentionnalisée. Sinon elle redescend. Elle re-tombe dans le donné, et le corps devient effectivement la seule mesure de tout ; ce qui réduit drastiquement l’ampleur des intentionnalisations.

Lorsque Hegel supposait l’esprit (au terme des contenus, de toutes les intentionnalisations de la phénoménologie de conscience ou de la phénoménologie du savoir) il s’abandonnait à l’optimisme ; il croyait que l’esprit existait. Il avait raison en ceci que depuis que l’arc de conscience est surgi, hors de tous les mondes, sur le monde unique et universel, dans et par le corps individuel, il FAUT que l’on réarticule à chaque fois intégralement toute l’historicité (tandis que chacun des mondes particuliers demeurait cycliquement attaché à sa propre re-dite exacte et précise, la Parole étant le trésor lui-même qui devait à chaque fois réintégrer non seulement chacun dans le Même Monde, mais réintégrer les perceptions dans la même cohérence parlée et échangée).

Puisque l’on est passé dans l’articulation, qui doit se réaliser, se rendre réelle volontairement, par décision, par conversion et affirmation (dira Nietzsche, Nietzsche est l’affirmative absolue de l’altérité de par elle-même ; la volonté se veut, la volonté qui ne vient de rien qui est à elle-même sa propre mesure est la forme assumée de l’arc de conscience, puisque la « Volonté » si l’on est sincère, on ne sait pas du tout ce qu’il faut y entendre, sinon précisément la même structure cartésienne du « je suis, je veux », la volonté comme sceau de dieu en et par le je, la structure de sujet formelle).

Sans doute aucun on voulût humaniser et ramener au connu l’arc de structure tel qu’il fut extrait de tout monde humain clos et cyclique ; il s’agissait de produire l’humanisation d’une part et la personnalisation d’autre part (le monde selon la pensée grecque et le sujet selon le christique individué par le regard unique du un-seul du christ). Mais Nietzsche et Heidegger prennent tout à coup fait et cause pour l’altérité pure et brute ; l’arc de conscience, sa position dans et par le réel (soit donc la Volonté et l’Etre de l’un et puis de l’autre) ne sont pas humains. L’altérité est absolument formelle (seule le formel peut se désigner comme absolu, autrement dit le formel est l’absolu ; l’arc de conscience et le présent sont l’absolu lui-même en pur et brut mouvement, l’absolu est et n’est que mouvement exclusif).

Ce qui fut découvert autour de la méditerranée (après que mille mondes humains différents aient créé la mise en forme culturelle, les représentations et les langages, etc) ce qui fut découvert n’est pas de l’ordre du donné (dieu, la pensée, le christique sont hors du champ, et c’est pour cela qu’ils permirent l’augmenter, les grecs, et d’accélérer, le christique, toute la perception de tout) ; c’est bien parce que ça n’est pas dans le monde mais que ça ex-siste hors du monde que ça n’est pas du tout naturel ni donné là ; et si cela fut découvert, et étant forme de la réalité, comme arc de conscience et présent, en plus d’être découvert cela doit être créé ; on ne découvre pas un donné là, notre être est dynamique (cad n’est pas un être mais une structure, même la perception est re-construite ou construite tout court, en plus et ajoutant au monde, au corps, au donné, au vécu).

Ce qui est découvert fut élaboré, et si cette élaboration est oubliée alors les intentionnalités se courbent vers le monde, l’immédiat. L’élaboration fut voulue et décidée ; parce qu’elle ne tient pas à telle ou telle partie du monde, mais doit sortir du Bord du monde ; on perçoit le monde et on le parle et l’arc réflexif est dans le groupe qui parle le monde, mais ici on perçoit le monde et on doit le penser ; la pensée fait appel à la considération individuelle qui perçoit le monde hors et par-dessus le groupe et perçoit et conçoit la pensée, les notions, les idées en elles-mêmes, selon leur propre cohérence ; inversement le corps, le donné, le monde, le vécu courbent massivement la réflexivité, l’arc de structure vers l’immédiat et il faut l’extraction soudainement requise du christique pour que tout le sujet soit en une seule fois exonéré de toute la réalité, et donc sous la formulation de son vécu et de son corps, de par le fait de tout ce qui nous atteint au cours d’une vie ; cet arrachement est la libération, et qu’il passe outre quelque échange que ce soit.

Une seule fois puisqu’il n’est pas question d’une composition (fut-elle universelle : ce que présupposait la pensée, grecque, et bien qu’il faille se convertir à l’être, à l’idée, au un) mais d’une unilatérale conversion im-possible (ayant à se soutenir de celui-qui-n’est-pas-mort, qui est hors de sa vie, hors de tout contenu, hors de toute intentionnalisation (idée et même volonté qui serait encore liée au monde, ou à quelque partie du monde ou du vécu ou du corps ; le christique décide à partir du Bord le plus éloigné possible).  

Que par le christique nous ne soyons pas ici dans ce monde (mais au moins, au minimum sur le Bord, du monde et du corps, du vécu et du donné) implique que rien dans le monde n’est à la mesure de la structure de présent pur et brut. Déjà la pensée implique la conversion du regard, mais le christique veut dire l’intégrale de l’équation du réel : ce qui fut fait.

Dire que la vie n’a pas de sens est absurde. Elle est le sens. Elle n’indique rien, mais c’est parce que le réel est plié et que l’on existe en ce pli ; il n’est rien qui soit tel que « là », bêtement ; tout est dans et par la torsion, le réel est en acte, et ce qui devient est la torsion elle-même ; non pas qu’elle prédispose à ceci ou cela : elle ex-siste et est cela qui devient (tout le reste est effet, à nous de régler cet effet spécifique qu’est l’arc, l’acte de conscience qui se reflète par le plus-grand-présent qui s’y manifeste ; le réel étant plus grand que lui-même et l’infini ayant pour finalité de créer des infinis et pour nous du sur-divin).

A quoi se destine ce réel en acte ? Cette forme qu’elle existe ici même, en tout ici et maintenant, est le sens ; cela même qui doit être exploré. Se priver des infinies articulations qui furent mises en place et déroulées depuis 30 siècles (depuis les juifs, les grecs et le christique) est parfaitement vain. Il n’est pas un déroulé notionnel ou déterminé de la r »alité, mais une réduplication, une pluralité de torsions de la Même Structure. Toute conscience étant parfaitement (parfaitement) égale à toute autre (comme vide et vide parce que formelle, et non pas vide pour « rien », de sorte que la forme contient toute la possibilité de structure), et toute conscience est parfaitement instanciée dans le même et unique Présent, et donc toute conscience doit se décider ici même et ici et maintenant (selon donc le monde, el donné, le corps, le vécu) selon cette a-temporalité (dont on ne sait absolument pas du tout ce qu’elle comporte, implique, transmet, trace, réalise, trame, tisse).

Qu’on le veuille ou non nous sommes assujettis. Et l’on se doit. Selon l’arc du réel.

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Mouvement absolu qu’est le réel

21 Avril 2018, 08:55am

Publié par pascal doyelle

C’est pour cela que n’existe que le présent.

Durant 30 siècles, on a donc, difficilement, cessé de penser selon les contenus ; on ne croit plus à ce que l’on se représente (et partage entre soi dans tel ou tel groupe) et on sait, dorénavant, que l’on produit de tels contenus ; si les contenus sont produits par notre intention, alors on ne peut plus seulement les percevoir comme monde-parole-groupe-mythologie (expliquant pourquoi il existe ce groupe humain, les mayas par ex, dans ce monde tel que perçu, échangé, vécu), et de ce fait on doit se demander : qu’est-ce que c’est qui produit des contenus et qui n’est pas lui-même un contenu ?

Il n’existe pas de système qui serait la forme et le contenu, un monde clos, tout-fait, unanime, à la fois un et totalité, et donc il existe un mini-système qui crée ces contenus, ces représentations, ces mondes, ces personnalités, etc. ce mini-système c’est ce que recherche l’occidentalité, l’occidentalisation, la structuralité depuis la méditerranée ; dieu, pensée, christique et sujet, conscience (au sens de structure, non au sens d’être qui aurait un sens) et altérité (Sartre et Lacan, Nietzsche et Heidegger, mais aussi les sciences qui exposent les causalités, Freud, Marx, Einstein qui offre un aperçu transcendant sur la réalité enchâssée dans le réel du Point formel ; n’existe que le Point).

On peut répondre selon ces grands arcs qui prennent intégralement tout notre être (donné et déterminé) se situant en-dehors ; dieu/le un tout-autre, le christique/le point-autre, forment de tels arcs  (des arcs in-déterminés et donc qui permettent de structurer, d’organiser l’attention, la focalisation de la conscience dans le donné et en l’occurrence le vécu, l’échangé, le partagé, la parole, et surtout ses, sa stratégie générale, concernant l’éthique ontologique, qui engage tout l’être puisqu’elle se structure non à partir de l’être, de « ce qui est », mais à partir de l’exister, du « fait qu’il y a »). On peut répondre via les articulations de la pensée ; l’idée, l’être, le un méta-organisent les intentionnalités nouvelles inventées par les grecs (qui sur-intentionnalisent le langage, le commun, le partagé habituel, et autorisait chacun qui s’y efforce de créer ou découvrir selon cette invention ; l’universalisation de l’intentionnalisation du monde qui passe outre le langage du groupe, la perception du groupe, les échanges du groupe humain en cause).

On peut répondre qu’il s’agit de l’altérité (du monde objectivisé par les sciences, de la Volonté nietzschéenne, ou de l’Etre de H) ou dieu ou la pensée ou le sujet, qui imposent, tous, des Exigences absolument surhumaines, extrêmement difficiles ; Sartre et Lacan ne sont pas en reste sur Nietzsche ou H, tout autant que Dieu et le christique, le sujet et la pensée ; rien ne vient sans effort.   

Il est ainsi  rendu possible d’avancer dans la structure qui s’articule au donné tel que « là » ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan. Ce par quoi l’on VOIT qu’il n’est pas de correspondance entre ce qui intentionnalise et les intentionnalisés, la forme et les contenus.

Il n’ya aucune autre porte. Inutile d’attendre une sorte de programme ou de doctrine toute objective qu’il suffirait d’exposer aux yeux de tous, et que chacun intégrerait aisément ; c’est le sujet qui devient, pas le moi qui se remplit d’on ne sait quelle théorie idéologique imagination verbeuse ou secondaire. Et donc il faut lire Plotin ou Descartes ou Nietzsche et surtout comprendre qu’il s’agit d’un seul et unique plan, vision, visée, possibilité qui explore toutes les facettes. Si il existe tant de variations ça n’est pas que le Un contiendrait ces diversités, de systèmes (ou d’esthétiques ou d’éthiques, de politiques, etc), c’est que le Un qui est très-simple, rend possibles ces explorations et ses structuralités ; par exemple il est vrai que les mathématiques sont vraies, mais rien ne dit que les mathématiques ne sont qu’une partie de sorte de mathématiques encore plus étendues et qu’il puisse exister ou existe effectivement sous d’autres cieux d’autres mondes, des ensembles pharamineux (sous-entendu ; c’est bien ce dont on s’est aperçu depuis le dépassement d’Euclide par les nouvelles possibilités mathématiques depuis le 19éme).

 

On garde donc sujet mais au sens de structure ; il est des structures, une par une, c’est pour cela que l’on peut les nommer sujets, au sens où il y a un je qui n’est pas le moi, mais qui est un je quand même ; et un je capable de tout le reste. La pensée qui ne garde pas que le sujet pense annule le sujet et donc la pensée. Pour les grecs la pensée n’était certes pas l’individualité mais se présentait à elle-même comme une, unité de laquelle on devait participer (idée, être ou un). Pour le christique il est un seul christ et Corps mais qui nous fait-exister comme âme-et-corps. Participant à la pensée et créé par le regard christique on parvenait à son être individué séparé ; centre accepté du décentrement qui permettait l’augmentation de notre être, de notre perception, de notre pensée, ou l’intensification de notre vécu et finalement pour les deux, de notre intentionnalisation démultipliée par l’idée et le regard.

Le statut du sujet (qui-pense ou christique) est prodigieusement le lieu absolument formel, et donc hors de tout champ ; ni subjectif ni objectif. Le lieu kantien par excellence, la négativité hégélienne, la suspension cartésienne ou l’épochè husserlienne ; en bref le faisceau sartrien effarant et effaré.

Autrement dit le sujet est individué mais c’est justement ce pli à la surface du réel qui supporte, porte, admet, crée tout le reste ; soit donc une structure hyper objective, hyper réelle, ce que l’on simplifiera par réelle tout court. Il s’agit d’une individuée structure qui autorise tout le reste et permet de s’élever au plus haut possible, au plus étendu, au plus grand. De là que l’on suppose que la réalité est doublée d’un réel et ici le réel n’est pas situé au-delà, à côté, au-dessus, au-dedans intérieur, ou on ne sait où, mais le réel est le présent.

Ce qui veut dire que tout réfléchit. Le présent précède toutes les réalités, les choses, les êtres et est la finalité (qui ne nous quitte jamais, tant que l’on existe) et tout ce qui est n’est que dans le pli absolu, formel, du présent ; tout est articulé veut dire non pas que tout, qui serait là, est, ensuite, articulé, mais que l’articulation est d’abord et qu’il n’existe qu’elle et qu’ensuite se développe toutes les réalités, en second et nées de.  

Dès lors cela seul qui existe est le mouvement et c’est le mouvement qui devient, comme mouvement. L’idée et la pensée, le christique et le sujet, l’altérité et le réel sont les repérages précis du mouvement ; dessinent la Possibilité en tant que la Possibilité est la nature même du réel. Non pas mouvement afin de se figer, mais c’est littéralement le mouvement qui s’existe.

L’articulation est donc cela seul qui existe. Le reste ce sont des effets. Et l’articulation est toujours déjà constamment là, présente antérieurement à n’importe quel moment ou chose ou être. Et dans l’exister, le présent se déploie un pli second : la structure de conscience, qui est juste et rien que un rapport. Autrement dit de même ; il n’est d’identité que dans le rapport. Jean-Pierre n’est pas d’abord mais d’abord ex-siste une tension qui sort de la cervelle et qui se donne comme identité d’être Jean-Pierre ; dommage que J-P croit n’être que lui-même.

Que la forme prévale sur la réalité des choses et des êtres, cela signifie ceci que l’apparaitre des choses et des êtres est plus important que ces êtres et ces choses ; l’humain c’est le vivant qui crée une surface, un apparaitre, fait de signes, fabriqué par des signes. Si la réalité est parvenue à cette évidence qu’un monde soit, un monde stable d’entités suffisantes et en vérité tout à fait imposantes (un être vivant d’un mètre quatre-vingt est gigantesque par comparaison aux particules), c’est afin qu’il s’y produise des êtres percevant et ayant accès à une interface de signes qui permet de modifier les réalités sans intervenir d’abord directement dans ces réalités ; comme nous naviguons à la surface on s’y arrange et demeure en capacité de se modifier et il s’avère que cette interface est bel et bien efficace ; elle meut les réalités et les corps sans intervenir comme structure atomique des choses ou adn des êtres. Ce qui est stupéfiant. Mesure-t-on vraiment la bizarrerie qui permet d’atteindre les réalités en ne passant rien que par l’apparaitre ? N’est-ce pas l’invention la plus mirifique de la réalité, du monde, du donné que ce court-circuit ? Qu’il y ait une interface.

Ce faisant il faut élaborer cette interface. Et ça se corse. Non seulement l’empire des signes doit interférer dans le donné du monde et des corps, mais aussi se gérer et s’ordonner lui-même ; or les signes ne sont rien que des rapports et ce qui fait lien c’est un être tout à fait spécifique qui est lui-même un rapport et n’est que cela. C’est pour cela qu’il existe et qu’il n’est pas. Le réel est le mouvement, le mouvement est le présent. Tout est dans et par le mouvement. Même le divin (si il existe) est par le mouvement, et pour l’instant nous ne constatons objectivement que le surdivin ; soit donc la possibilité qui manifeste que ce qui existe est plus réel que l’être (qui est seulement le donné, l’effet, la réalité), que le réel est plus grand que lui-même (et que probablement il s’agit de la loi réelle de ce qui est ou existe ; que le plus grand en ressortira, de plus en plus infini).

 Il n’est que cela rapport à (soi) mais dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même ; et ce rapport à lui-même (dont on a pu nommer l’être comme esprit ou dieu ou sujet substantiel) n’est cependant pas du tout un « être » ; on supposait qu’il soit un être, dans la mesure où durant des siècles il fallut le cibler, le construire, le rendre réel et cela veut dire de créer les intentionnalisations qui lui permettent de se représenter, et donc de représenter tout aussi bien la réalité, les réalités, et qu’il prenne en charge donc l’altérité, toute l’altérité ; le monde, le donné, le vécu, le corps, les échanges, etc. comme on pensait ou réfléchissait ou créait ou inventait à partir du Bord non seulement on a effectivement augmenter le Bord mais ce faisant, puisqu’il s’agit du Bord du monde, du vécu, du corps, tout ce qui est-dans le monde, dans le vécu et le corps est bouleversé de fond en comble. Ce qui fut fait.

C’est bien en ceci que la forme (qu’est le réel de la réalité) n’est pas une indétermination molle et vague, mais la structure qui crée, qui découpe, la lame qui distingue. Et c’est précisément cette lame qui une fois activée, divise et crée, altérité pure et brute.

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Mouvement absolu qu’est le réel

21 Avril 2018, 08:47am

Publié par pascal doyelle

C’est pour cela que n’existe que le présent.

Durant 30 siècles, on a donc, difficilement, cessé de penser selon les contenus ; on ne croit plus à ce que l’on se représente (et partage entre soi dans tel ou tel groupe) et on sait, dorénavant, que l’on produit de tels contenus ; si les contenus sont produits par notre intention, alors on ne peut plus seulement les percevoir comme monde-parole-groupe-mythologie (expliquant pourquoi il existe ce groupe humain, les mayas par ex, dans ce monde tel que perçu, échangé, vécu), et de ce fait on doit se demander : qu’est-ce que c’est qui produit des contenus et qui n’est pas lui-même un contenu ?

Il n’existe pas de système qui serait la forme et le contenu, un monde clos, tout-fait, unanime, à la fois un et totalité, et donc il existe un mini-système qui crée ces contenus, ces représentations, ces mondes, ces personnalités, etc. ce mini-système c’est ce que recherche l’occidentalité, l’occidentalisation, la structuralité depuis la méditerranée ; dieu, pensée, christique et sujet, conscience (au sens de structure, non au sens d’être qui aurait un sens) et altérité (Sartre et Lacan, Nietzsche et Heidegger, mais aussi les sciences qui exposent les causalités, Freud, Marx, Einstein qui offre un aperçu transcendant sur la réalité enchâssée dans le réel du Point formel ; n’existe que le Point).

On peut répondre selon ces grands arcs qui prennent intégralement tout notre être (donné et déterminé) se situant en-dehors ; dieu/le un tout-autre, le christique/le point-autre, forment de tels arcs  (des arcs in-déterminés et donc qui permettent de structurer, d’organiser l’attention, la focalisation de la conscience dans le donné et en l’occurrence le vécu, l’échangé, le partagé, la parole, et surtout ses, sa stratégie générale, concernant l’éthique ontologique, qui engage tout l’être puisqu’elle se structure non à partir de l’être, de « ce qui est », mais à partir de l’exister, du « fait qu’il y a »). On peut répondre via les articulations de la pensée ; l’idée, l’être, le un méta-organisent les intentionnalités nouvelles inventées par les grecs (qui sur-intentionnalisent le langage, le commun, le partagé habituel, et autorisait chacun qui s’y efforce de créer ou découvrir selon cette invention ; l’universalisation de l’intentionnalisation du monde qui passe outre le langage du groupe, la perception du groupe, les échanges du groupe humain en cause).

On peut répondre qu’il s’agit de l’altérité (du monde objectivisé par les sciences, de la Volonté nietzschéenne, ou de l’Etre de H) ou dieu ou la pensée ou le sujet, qui imposent, tous, des Exigences absolument surhumaines, extrêmement difficiles ; Sartre et Lacan ne sont pas en reste sur Nietzsche ou H, tout autant que Dieu et le christique, le sujet et la pensée ; rien ne vient sans effort.   

Il est ainsi  rendu possible d’avancer dans la structure qui s’articule au donné tel que « là » ; Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre, Lacan. Ce par quoi l’on VOIT qu’il n’est pas de correspondance entre ce qui intentionnalise et les intentionnalisés, la forme et les contenus.

Il n’ya aucune autre porte. Inutile d’attendre une sorte de programme ou de doctrine toute objective qu’il suffirait d’exposer aux yeux de tous, et que chacun intégrerait aisément ; c’est le sujet qui devient, pas le moi qui se remplit d’on ne sait quelle théorie idéologique imagination verbeuse ou secondaire. Et donc il faut lire Plotin ou Descartes ou Nietzsche et surtout comprendre qu’il s’agit d’un seul et unique plan, vision, visée, possibilité qui explore toutes les facettes. Si il existe tant de variations ça n’est pas que le Un contiendrait ces diversités, de systèmes (ou d’esthétiques ou d’éthiques, de politiques, etc), c’est que le Un qui est très-simple, rend possibles ces explorations et ses structuralités ; par exemple il est vrai que les mathématiques sont vraies, mais rien ne dit que les mathématiques ne sont qu’une partie de sorte de mathématiques encore plus étendues et qu’il puisse exister ou existe effectivement sous d’autres cieux d’autres mondes, des ensembles pharamineux (sous-entendu ; c’est bien ce dont on s’est aperçu depuis le dépassement d’Euclide par les nouvelles possibilités mathématiques depuis le 19éme).

 

On garde donc sujet mais au sens de structure ; il est des structures, une par une, c’est pour cela que l’on peut les nommer sujets, au sens où il y a un je qui n’est pas le moi, mais qui est un je quand même ; et un je capable de tout le reste. La pensée qui ne garde pas que le sujet pense annule le sujet et donc la pensée. Pour les grecs la pensée n’était certes pas l’individualité mais se présentait à elle-même comme une, unité de laquelle on devait participer (idée, être ou un). Pour le christique il est un seul christ et Corps mais qui nous fait-exister comme âme-et-corps. Participant à la pensée et créé par le regard christique on parvenait à son être individué séparé ; centre accepté du décentrement qui permettait l’augmentation de notre être, de notre perception, de notre pensée, ou l’intensification de notre vécu et finalement pour les deux, de notre intentionnalisation démultipliée par l’idée et le regard.

Le statut du sujet (qui-pense ou christique) est prodigieusement le lieu absolument formel, et donc hors de tout champ ; ni subjectif ni objectif. Le lieu kantien par excellence, la négativité hégélienne, la suspension cartésienne ou l’épochè husserlienne ; en bref le faisceau sartrien effarant et effaré.

Autrement dit le sujet est individué mais c’est justement ce pli à la surface du réel qui supporte, porte, admet, crée tout le reste ; soit donc une structure hyper objective, hyper réelle, ce que l’on simplifiera par réelle tout court. Il s’agit d’une individuée structure qui autorise tout le reste et permet de s’élever au plus haut possible, au plus étendu, au plus grand. De là que l’on suppose que la réalité est doublée d’un réel et ici le réel n’est pas situé au-delà, à côté, au-dessus, au-dedans intérieur, ou on ne sait où, mais le réel est le présent.

Ce qui veut dire que tout réfléchit. Le présent précède toutes les réalités, les choses, les êtres et est la finalité (qui ne nous quitte jamais, tant que l’on existe) et tout ce qui est n’est que dans le pli absolu, formel, du présent ; tout est articulé veut dire non pas que tout, qui serait là, est, ensuite, articulé, mais que l’articulation est d’abord et qu’il n’existe qu’elle et qu’ensuite se développe toutes les réalités, en second et nées de.  

Dès lors cela seul qui existe est le mouvement et c’est le mouvement qui devient, comme mouvement. L’idée et la pensée, le christique et le sujet, l’altérité et le réel sont les repérages précis du mouvement ; dessinent la Possibilité en tant que la Possibilité est la nature même du réel. Non pas mouvement afin de se figer, mais c’est littéralement le mouvement qui s’existe.

L’articulation est donc cela seul qui existe. Le reste ce sont des effets. Et l’articulation est toujours déjà constamment là, présente antérieurement à n’importe quel moment ou chose ou être. Et dans l’exister, le présent se déploie un pli second : la structure de conscience, qui est juste et rien que un rapport. Autrement dit de même ; il n’est d’identité que dans le rapport. Jean-Pierre n’est pas d’abord mais d’abord ex-siste une tension qui sort de la cervelle et qui se donne comme identité d’être Jean-Pierre ; dommage que J-P croit n’être que lui-même.

Que la forme prévale sur la réalité des choses et des êtres, cela signifie ceci que l’apparaitre des choses et des êtres est plus important que ces êtres et ces choses ; l’humain c’est le vivant qui crée une surface, un apparaitre, fait de signes, fabriqué par des signes. Si la réalité est parvenue à cette évidence qu’un monde soit, un monde stable d’entités suffisantes et en vérité tout à fait imposantes (un être vivant d’un mètre quatre-vingt est gigantesque par comparaison aux particules), c’est afin qu’il s’y produise des êtres percevant et ayant accès à une interface de signes qui permet de modifier les réalités sans intervenir d’abord directement dans ces réalités ; comme nous naviguons à la surface on s’y arrange et demeure en capacité de se modifier et il s’avère que cette interface est bel et bien efficace ; elle meut les réalités et les corps sans intervenir comme structure atomique des choses ou adn des êtres. Ce qui est stupéfiant. Mesure-t-on vraiment la bizarrerie qui permet d’atteindre les réalités en ne passant rien que par l’apparaitre ? N’est-ce pas l’invention la plus mirifique de la réalité, du monde, du donné que ce court-circuit ? Qu’il y ait une interface.

Ce faisant il faut élaborer cette interface. Et ça se corse. Non seulement l’empire des signes doit interférer dans le donné du monde et des corps, mais aussi se gérer et s’ordonner lui-même ; or les signes ne sont rien que des rapports et ce qui fait lien c’est un être tout à fait spécifique qui est lui-même un rapport et n’est que cela. C’est pour cela qu’il existe et qu’il n’est pas. Le réel est le mouvement, le mouvement est le présent. Tout est dans et par le mouvement. Même le divin (si il existe) est par le mouvement, et pour l’instant nous ne constatons objectivement que le surdivin ; soit donc la possibilité qui manifeste que ce qui existe est plus réel que l’être (qui est seulement le donné, l’effet, la réalité), que le réel est plus grand que lui-même (et que probablement il s’agit de la loi réelle de ce qui est ou existe ; que le plus grand en ressortira, de plus en plus infini).

 Il n’est que cela rapport à (soi) mais dans lequel rapport le « soi » est le rapport lui-même ; et ce rapport à lui-même (dont on a pu nommer l’être comme esprit ou dieu ou sujet substantiel) n’est cependant pas du tout un « être » ; on supposait qu’il soit un être, dans la mesure où durant des siècles il fallut le cibler, le construire, le rendre réel et cela veut dire de créer les intentionnalisations qui lui permettent de se représenter, et donc de représenter tout aussi bien la réalité, les réalités, et qu’il prenne en charge donc l’altérité, toute l’altérité ; le monde, le donné, le vécu, le corps, les échanges, etc. comme on pensait ou réfléchissait ou créait ou inventait à partir du Bord non seulement on a effectivement augmenter le Bord mais ce faisant, puisqu’il s’agit du Bord du monde, du vécu, du corps, tout ce qui est-dans le monde, dans le vécu et le corps est bouleversé de fond en comble. Ce qui fut fait.

C’est bien en ceci que la forme (qu’est le réel de la réalité) n’est pas une indétermination molle et vague, mais la structure qui crée, qui découpe, la lame qui distingue. Et c’est précisément cette lame qui une fois activée, divise et crée, altérité pure et brute.

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La réalité suspendue

18 Avril 2018, 14:34pm

Publié par pascal doyelle

On a donc défini l’entreprise occidentale comme interface entre la réalité et le réel. Non pas que l’occidentalisation puisse définir la réalité, dieu, le divin, l’absolu, tout ce que l’on voudra du même genre, mais bien que l’occidentalisation est l’interface qui se glisse ici même, ici et maintenant, ici bas, dans le donné, afin d’observer comment cela existe ; observer, analyser et construire cette interface. Ça n’est pas que l’occidentalisation tienne cette articulation, comme lui appartenant, c’est que l’occidentalisation ne se définit que par là ; de l’observation de l’articulation elle dépend.  

C’est cette interface pensée/monde, conscience/intentionnalités, forme/contenus, réel/réalité qui est activée et mise en œuvre. Ensuite on croit à l’absolu que l’on veut, peu importe.

Enfin peu n’importe pas quand même… Parce que d’observer ce qui a lieu ici et maintenant, en tout ici et maintenant, crée une interface qui permet de penser, de distinguer dans l’articulation même et donc de supposer ou permettre de percevoir ce que, par ailleurs, on nomme divin, absolu ou réalité même ; le coin par lequel ça se distingue. Si le réel est distingué de la réalité, et la structure de cette articulation analysée, elle permet de jeter un œil vers l’éventuel ou supposé divin ou absolu ou réalité en-soi.

Que l’entreprise ainsi formée ait cru à dieu, la pensée, le christique, le sujet, l’altérité évidemment et on ne saurait prétendre à tort ; puisque l’on analyse un être qui est un structure et donc un mouvement, un rapport et que de fait on ignore, par hypothèse de travail (de 30 siècles), vers quoi se dirige ce mouvement ; non seulement de pourquoi notre être est non un être mais un ex-sister mais de ce que la réalité est un réel, le présent, qui va on ne sait où. Si tout est en mouvement, c’est vers quoi ?

Ce qui fut découvert, occidentalement, ne s’oppose nullement au divin ou à l’absolu, l’au-delà ou la réalité en-soi ; ce sont juste les prolégomènes, les conditions, l’exercice de notre être, de notre structure qui sont observés et décrits ; constatant une articulation, un hiatus, un décalage, ontologique, entre nous et la réalité, cela laisse la porte ouverte à toute croyance, mais en revanche permet de décrire cette articulation même, ce fracas, cette altérité qui nous origine.

On a dénivelé les conditions de l’articulation ; dieu, pensée, christique-sujet (Descartes clôt le christianisme et commence l’autre historicité : Kant, Hegel, Husserl), altérité (Nietzsche, Heidegger, Freud, Marx, les sciences et les causalités, etc), analyse (Sartre et Lacan).

Sans doute les systèmes de pensée n’occupent que les philosophes, mais ce qui s’impose partout et exemplairement puis unanimement c’est le sujet. Le sujet c’est ce à quoi se réfère la révolution, historique : on ne suppose pas que chacun ait la raison, le logos ou l’universel en partage, mais que chacun soit libre et que les libertés soient égales ; voilà ce qui structure universellement et non pas l’universel qui viendrait bâtir tout un chacun de l’extérieur. Le sujet est la structure même qui à la fois concentre et explose la pensée, qui n’était que seulement universelle, et ce par quoi le sujet n’est plus simplement le support conditionnel de l’universel mais existe en et par lui-même ; Kant et Hegel le reconnaissent très difficilement, mais qu’il y ait deux phénoménologies (de la conscience et du savoir absolu), il faut bien que celles-ci s’existent d’un sujet (le négatif et le dialectique), de même que Kant essaie, courageusement, tout en maintenant l’universel (sous la forme de la raison en plus de l’entendement), de supposer le dit sujet ; qui commence alors évidemment de n’être plus seulement subjectif. C’est effectivement, dans l’efficacité du kantisme, ce qui est ciblé. Les trois critiques amènent autant qu’elles le peuvent la montée du sujet comme structure.

Or cette structure n’est pas un coin planté dans l’universel, ni une hauteur dans l’humanisation, mais la racine, la source, l’origine, l’articulation a priori, cad antérieure, à tout ce qui est. Tout l’être, le monde, le donné, la perception, la détermination s’effectue dans et par non pas un sujet monolithique et substantiel, mais un sujet transcendantal et qui deviendra le sujet de la phénoménologie. Sauf que la phénoménologie suppose, sup-pose qu’il y aurait un contenu et tend à ramener l’intentionnalité dans le giron d’un savoir hypothétique ; sauf Sartre. Sartre abat d’un coup les cartes ; le sujet est dans un corps et est un faisceau dans un corps qui dès lors occupe la totalité du champ, du geste le plus immédiat, anodin, aux tactiques et stratégies les plus élevées ou lointaines. C’est une coupure tellement nette et insaisissable (puisqu’elle ouvre l’ensemble de toutes les intentionnalités du corps à la pensée, du particulier à l’universel), que c’est réellement Sartre qui a rendu impossible quelque retour en arrière que ce soit.

Aussi certains espérèrent-ils récupérer de leur pouvoir de penser (sans conscience, cad sans récupérer la position pourtant acquise d’un regard Autre sur tout ce qui est, et donc en prétendant que la réalité soit identifiable et non pas pur mouvement) en tirant la couverture heideggérienne, ou freudienne ou marxiste (du reste comme Sartre lui-même qui ne voyait pas du tout comment occuper l’horizon qui se dévoilait soudainement). La vérité est que la structure n’est pas acquise par hasard et que l’on puisse la renvoyer hors du champ ; elle est le champ lui-même (sur lequel tout apparait).

Le fait est donc que l’étendue du monde, de Descartes, est en parallèle de la structure du sujet ; si Hegel parcourt l’historicité et Kant le monde donné dans le « là » effarant du transcendantal, cela désigne, dessine le lieu lui-même de l’être, dont on voit bien qu’il n’est pas l’être, universel objet d’un discours qui serait la « philosophie ». Or on peut puiser sans hésitation dans cette philosophie parce que jamais l’être ne fut « l’être » figé et monolithique ; l’idée, l’être, le un sont des mouvements purs et bruts, et imposent une Possibilité absolue, ce qui veut dire non pas substantielle mais formelle et donc Autre ; autre que le donné, le monde, le corps, l’humain selon les groupes. C’est bien pour cela que les systèmes changent constamment.

Et que ça déborde. Ça déborde puisque ce qui est engagé, et dont la philosophie, seulement, se charge de représenter, c’est la racine ; la racine de la réalité humaine en tant qu’elle est articulée au réel même ; et le réel on a pu lui prêter diverses dénominations, croyant encore que l’on pourrait s'en saisir. Mais on en est saisi.

L’articulation, l’arc de conscience vers le réel, est saisie par le réel. C’est bien en cela que dieu, la pensée, le sujet et l’altérité manifestent un rien, une forme, un vide étourdissant et étincelant. Il est d’acier brut. Le présent est la lame coupante qui distingue. Il distingue et crée les mondes.

En venir au présent ça n’est pas écraser la réflexivité sur le sol, d’un simple donné là, c’est manifester que le réel est déjà en lui-même une hyper-méga articulation, absolument formelle (seul ce qui est formel est absolu et le présent est une forme, dont on ne sait en quelle dimension elle se loge). Le monde, tel que supposé ou la chose ou le donné déterminé, supposé et au fond imaginé, par le réalisme, rationalisme, naturalisme n’existe pas ; il est, mais il n’existe pas. Ce qui existe c'est le présent. L’exister est "avant tout" et donc encore et toujours "après tout"  ; tout est second, non pas secondaire, mais second par rapport à l’exister. Et on ne sait pas du tout « où » l’on existe. Inutile de se tromper et de mentir : le réel est cela même qui est en suspens. Et comme il est, lui, le réel, alors tout, absolument tout est formellement en suspension et Autre. C’est dans le temps de cette suspension que nous existons.

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La forme de ce qui « est »

14 Avril 2018, 07:51am

Publié par pascal doyelle

On va donc dire que l’on est passé de la perception, représentation de tel ou tel contenu à la structure qui permet de produire « des contenus ». Et donc les mondes humains, divers et variés, les langages ou quelque identité que ce soit, y compris les mois, les personnalisations sont des sortes d’équations qui tentent de résoudre ce que vous avez reçu en héritage, votre passé ou vécu, dont on croit formuler une synthèse qui serait vraie, destinale, finalisée ou équations collectives de tel groupe qui croit ce qu’il voit et le synthétise. En réalité  ce sont juste des bricolages, tout est bricolage.  Parce que la forme de la réalité, le réel donc, ne passera pas, jamais, dans le monde, le vécu ou le corps ; aussi doit-on élaborer la structure formelle elle-même et c’est ce qui fut créé depuis que l’on s’est extrait de tous les contenus.

Dieu, l’être ou le un, le christique ou le sujet et la révolution, l’altérité ensuite (lorsque le sujet est effectivement instancié dans la réalité, humaine et historique), s’utilisent comme leviers. Leviers ontologiques. Ceux qui soulèvent la réalité, l’humain et les mondes.

Il n’existe à proprement parler que la structure ; soit donc l’arc de conscience, cette forme ouverte, non close, cette tension vers le donné « là » d’une part et d’autre part le présent, le «là » en tant que fait, pur et brut du « il y a ».

Sauf que le « il y a » nous avons dit qu’il est le présent, soit donc un mouvement et s’il existe un mouvement c’est pour quelque chose, quelque Réel que l’on ignore. Mais alors, donc on se tient sur le Bord.  

Au fur et à mesure du temps, et donc pour nous de l’historicité humaine, on crée des réalités, des réalisations humaines qui de toute évidence entendent s’approcher au plus près des choses mêmes et des êtres tels quels, comme suit.

Si au début chacun n’est qu’au sein d’un groupe humain qui se pense, se perçoit, et se situe dans le donné comme groupe, collectif, Parole partagée, mythologie et mythèmes, et créant alors ce que l’on nomme mise en forme culturelle, il vient ensuite que l’on va non pas découvrir ce que l’humain est tel qu’en lui-même, mais précisément on va créer peu à peu ce que l’humain lentement est en mesure de réaliser, de rendre réel ; autrement dit de la précision collective des communautés cycliques et de la Parole partagée on est passé à la super précision de systèmes non seulement culturels mais d’acculturation qui avance bien plus loin que la seule communauté ; acculturation généralisée depuis la méditerranée, tentée avec dieu et les monothéismes, les grecs, les romains, le christique ; au sens où, par ex, presqu’au final chacun est en charge et doit assumer cette plus grande précision ; lorsque l’humain passe de l’humanisation (révolution, Etat, citoyen) à la personnalisation (années soixante).

Au lieu que le groupe réfléchit, au sens quasi physique, le monde et les corps, chacun doit réfléchir le donné et le coordonner avec les autres « chacuns ».

Il faut le coordonner, et non plus le vivre comme communauté culturelle, puisque la structure s’est avancée dans le donné et les corps et qu’ils ne peuvent être tenus comme un tout organique ou une mis en forme culturelle qui se communique à elle-même dans son monde.

Aussi invente-t-on les esthétiques, les éthiques, les politiques, les idéels (connaissances) et la philosophie qui littéralement ordonne le tout (la philosophie est la discipline chargée de penser que le régime de la réalité, humaine, n’est plus le groupe, mais relève d’une structure autre qui vient diviser et réordonner ce qui auparavant était organiser comme un tout).

On n’Est plus alors, mais on ex-siste ; on sort de. Tout comme nous sommes sortis d’un monde cyclique organisé comme communauté et parole partagée. Chacun est en charge de se coordonner et la démocratie est avant tout la capacité de chacun à se relier aux autres et à admettre, d’abord, qu’il y ait des règles communes tout à fait abstraites et autres qui s’appliquent indifféremment (de toute parole, corps, croyance, identité, etc).

Ce faisant et comme il ne s’agit pas seulement d’une abstraction extérieure, le fait même que chacun repose sur lui-même, sur son chacun, permet, autorise, rend possible à chacun de développer cette individualisation. Et donc non seulement la coordination est objectivement d’une si haute tenue qu’elle se pose comme idéelle, idéale, structurelle, hyper-objective, mais aussi chacun se doit de remuer la réalité, la densité de son vécu et de son corps, et tout ce qui va avec (cad tout, presque). Et de la remuer en tant que sujet libre ; le sens du réel est que l’essence même, tout à fait abstraite pourtant, devient instamment la vérité telle quelle ; il n’est de réalisation que dans le champ ouvert de la liberté de et par chacun ; autrement dit chacun ne peut pas, sous sa liberté, revenir à une contradiction qui annule celle-ci (une liberté qui se voudrait esclave par ex, non seulement ça n’est pas pensable, sans contradiction, mais de plus une fois esclave tous les possibles du sujet libre sont annulés, et le monde, le vécu et le corps sont écrasés sous une définition).

Que la structure se soit avancée jusqu’au corps et jusqu’au monde donné là objectivement et réellement, ne veut pas dire « l’universel s’est imposé dans le donné particulier ». C’est le contraire ; il n’y a eu, il n’y aura d’universel que si il existe l’individué structurel ; l’universel est par rapport à la structure, individuée, et donc le reste n’existe pas. Sans la structure individuée l’ensemble de tout le rassemblement de tout l’universel possible est inutile et absurde ; et on remarquera que si le communisme compte les besoins, pour définir l’humain générique, le libéralisme égrène les désirs ; il n’y a que la constitution qui affirme le un de chacun. Tout le reste est obsédé de le dénommer et de l’étouffer en le saisissant par un regard extérieur qui rende manipulable, manipulé. Et il ne demande pas mieux, puisque son être (pas son exister, mais son être) nait de et par la parole, le regard des autres, le statut ou les rôles, et n’importe quelle image ou quel signe qui lui venant de l’extérieur lui semble immédiatement indubitablement vrai et plus réel que son propre regard ; lequel est marqué, apparemment immédiatement, de subjectivisme.  

Ou donc la constitution, qui affirme la prévalence du sujet, fonde tout entièrement tout le reste sur cette prédominance ; non pas sur le subjectif mais sur ceci que dans le « corps humain » il est un articulation, réelle et hyper objective, qui soutient tout le reste. Et que donc laisser tomber cette articulation c’est tôt ou tard laisser s’effondrer toutes les universalités, toutes les esthétiques, éthiques, idéels, connaissances, finalités, etc.

Nommons cet individué le « je » (au sens où dans l’énoncé « je suis Jean-Pierre » on voit bien qui est J-P mais qui est « je » ?) Ce qui est vrai, et réel, sauf que si ce je est la seule possibilité du réel (et que tout le reste appartient au monde) alors il faut que ce je existe (et ne soit pas étouffé). Ce qui, en retour, veut dire que le je, chaque je doit s’élever jusqu'à son degré réel, à savoir que seul il prend en charge le réel (et qu’il cesse de geindre sur sa subjectivité supposée, sa subjectivité est seulement supposée, dans tel ou tel discours qui l’écrase). Seul il prend en charge le réel et seul cela signifie que l’on ne peut en aucune manière l’aider (le christique est venu l'aider, en son temps, le relever, le libérer). Personne ni rien. Par contre il faut l’entourer de suffisamment de sureté pour qu’il ne retombe pas dans la nécessité ; les nécessités (soit donc le malheur et les difficultés) lui bouchent la vue. Mais la sécurité étant plus ou moins acquise, il devra s’en décider, seul et sans personne.

On n’a pas accès à « soi » sans en passer par ce (soi) ; non pas une figuration de ce soi, mais selon le principe bien plus exigeant qu’il ne passera pas dans le monde, ni le vécu, ni le corps, parce que le (soi) est plus grand que son expression, sa représentation, et quelque part plus loin que la perception, étant cela qui perçoit ; on perçoit via les yeux vivants, mais l'humain organise la perception en une autre-surface, de même que le christique vous crée un autre-corps, c'est son historicité, son intrusion dans l'historicité. Rien de spontané ni de donné, mais tout en construction, puisque originellement dans le mouvement qu'est le présent qui s'articule comme activisme de conscience.

Puisqu’il n’est pas dans le monde (si il l’était il n’existerait pas, et rien n’existerait pour-lui ; pas de monde, pas de corps) il est impossible de ne pas s’y confronter en tant que tel : formel. Si il était une identité ou une âme ou l’esprit, universel ou non, il y aurait un face à face, un face-à-quelque chose, mais comme ce (soi) est un Bord (celui du corps ou du monde), pas moyen de négocier, avec ce qui n’est pas composé. Et l’incomposition de notre être, qui dès lors n’est pas un être, est ce qui jette le trouble et un trouble bien antérieur à toute dénomination, signification, intentionnalisation ; que l’on ne sache pas par où se prendre, soi, c’est justement ce dont il est question.

C’est aussi pour cela que le sujet kantien est inaccessible, ou que le christ vous touche du regard qui vous crée (une âme) ou dieu qui vous le demande (quelque réel impossible dans ce monde) ou le un ou l’être (dont la trame permet de penser sans qu’elle soit pensable) : ça vient de « là ». À savoir cela vient de ce qui n’Est pas mais Ex-siste.

Que ne cela ne soit pas, veut dire que l’on a construit ce qui se nomme « démocratique » afin de chacun tienne son être donné là en paix et au calme et que l’on ne soit plus poursuivi par les nécessités ni les violences (On eut tôt fait de remplacer ces béquilles que sont la nécessité naturelle et la violence guerrière, par la concurrence puis la dette) Ecartant les contraintes il s’agissait que chacun soit à même de poursuivre en sécurité sa propre transformation ; que les mois deviennent des sujets. Ce qui n’arriva pas, ce qui n’arrivera pas de ces générations-çi, qui sont emberlificotées dans des finalités immédiates et de pauvres humanisations, des infra-intentionnalités, des tactiques déplorables sans plus aucune stratégie.

Infra-intentionnalités qui abîment l’intentionnalité de chacun. Qui ne permettent plus du tout de remonter le long de la pente (qui tombe vers le bas, du coup). Tout tombe vers le bas et plus on tombe moins on remonte (…)

Rappelons que le programme consistait a priori en ceci ; que la structure ayant été découverte et créée (elle est à la fois découverte et créée, puisqu’elle est formellement le Bord et que le Bord du monde n’est pas le monde, déterminé, et doit donc en tant que Bord se produire dans le monde sous des signes), elle se déployait comme dieu ou intention universelle ou comme pensée et intentionnalisation en plus du langage et du groupe, puis comme christique qui crée de son regard votre regard, votre intentionnalisation de votre vécu et de votre corps, un par un, et que de fil en aiguille en somme la structure vient de plus en plus profondément structurer la réalité humaine ; de l’humanisme universel de la révolution (avec sa dérive communiste strictement universaliste ou sa pente libérale intimement individuée et dans la société civile) à la personnalisation de cet humanisme ; la personnalisation est la finalité de l’humanisme (sinon on ne voit pas pourquoi on y adhérerait, l’aimerait, le maintiendrait, mais en même temps trop d’individuation détruit l’universel).

La finalité est d’une part de rendre réelle l’humanisation et la personnalisation mais que ceux-ci soient juste le prélude à la réalisation de la structure ; ce qui évidemment ne se voit ni dans l’humanisation, ni dans la personnalisation, qui se donnent pour leurs propres et seules finalités ; en  réalité humanisation et personnalisation se rendent réelles afin de passer à autre chose de plus intéressant (que l’humain et la personne). L’humain et la personne, dont on ne peut rien retrancher, qu’il faut même révolutionner et améliorer (on en est loin puisque l’on veut encore les réduire à des nécessités et contraintes de substitution, libérales ou jadis communistes) l’humain et la personne ne sont pas en eux-mêmes des finalités ; c’est bien pour cela que dieu ou la pensée ou le christique ou le sujet s’adressent ailleurs et autrement.

 

Toute la question est là. On ne sait pas ce que « cela » nous veut. L’occidentalisation n’est pas une réponse à, mais une analyse de. Dieu, pensée, sujet s’utilisent au sens à la fois de véhicule et de trajet, afin d’analyser, de pénétrer techniquement dans le mystère, dans l'articulation même de l’exister, repérée (par les grecs et le christique) et analysée (ensuite), dans l’articulation conscience/réel, intentionnalité/présent, réel/réalité.

La question est la même que de toutes les époques et toutes les civilisations, sauf que l’on a voulu s’encastrer dans le réel ici même en repérant la jonction réel (indéterminé, structure, forme, sujet) /  réalité (détermination, contenus de conscience, donné là). Considérant que l'ici même est ordonné selon la cohérence originelle.

Que le structurel se soit nommé « sujet » veut dire que l’individualité repose sur une base bien plus vaste que l’interprétation subjective du sujet ; comme Hegel dit que l’esprit est devenu sujet avec Descartes, cela signifiait qu’il trouvait en appliquant la logique de sujet une possibilité plus grande de l’esprit (sinon limité à l’entendement non dialectique) et lui permettant de saisir les deux phénoménologies (conscience historique et savoir dialectique, et offrant un énorme savoir de « soi ») ; c’est bien en cela également que tout moi est pris lui-même dans une possibilité (autrement dit puissance) plus grande (non seulement infra et psychanalytique mais aussi supra et historiciste, tenant au devenir de la structure depuis 30 siècles, en ceci que chaque je doit réintégrer la totalité du devenir de structure qui le précède).

Si dans le moi ou la pensée il n’existait que des notions ou des déterminations et que ces déterminations soient la substance même, il est évident que la pensée ou l’esprit de dieu ne s’y retrouveraient pas ; il n’y a pas un ensemble de déterminations (système de pensées, esprit, ou identité du moi) qui contiendrait l’acte de conscience-de. Du reste dieu ou le christique ne pêchent pas, ne demandent pas votre « pensée » mais votre intention ; l’augmentation grecque (selon l’universalisation de l’intentionnalisation) et l’intensité christique (intensification de chaque vécu et corps et création de l’historicité du sujet) ou l’accélération cartésienne du structurel (qui se répercute sur l’étendue du monde donné « là ») ne sont pas des contenus mais effectivement et dans l’effectivité même de la structure, en tant qu’elle existe sur, dans, par le réel, un corps projeté sur la surface du donné via la perception qui n’est jamais plate mais retorse. Engageant tout l’activisme de conscience-de. A la racine, que creusent abruptement Nietzsche et Heidegger en en renommant tout selon l'altérité, et à la racine qu’analysent Sartre et Lacan. 

Que ce soit via les universalisations (esthétiques, éthiques poétiques, politiques, idéels) ou via les particularisations, les acculturations et personnalisations, mass et micro médiations, perceptions non plus générales et idéales mais syncopées, crevées, décuplées dans la perception même de chacun ; Don Quichotte est un exemple de basculement de l’idéal dans la réalisation déroutante et le concret perçus cependant dans la même intentionnalité.

On pourrait alors comprendre que sorti de l’universalisation on tombe le nez dans la particularité (ou la subjectivité), or tel n’est pas le cas … Kant sup-pose sous le monde le nouménal du sujet ou l’ensoïté  des choses c’est afin de se demander ce qui dans la réalité, qui n’est en rien universelle ; l’universel est universalisation des déterminations particulières dans des systèmes de rapports, des idées, des lois, etc, et il n’est rien au bout de l’universalisation sinon la structure qui produit des rapports et est elle-même le rapport en-deçà, celle qui ex-siste, et est capable de supporter, de porter y compris l’universalisation ; elle n’est pas infra-universelle, ce serait absurde, mais supra-universelle, au sens d’une plus grande cohérence et non d’une finalité éthérée et hors de portée ; si elle était hors de portée elle ne serait pas ici ; et étant ici elle ne peut pas doubler les déterminations de la réalité par d’autres déterminations et encore moins ces déterminations universalisées (que sont les pensées, les esprits, les lois, les logos) ; et étant ici elle est le présent et le présent est mouvement, la substance même de la réalité (qui elle-même se disperse dans le sable des atomes et des particules) est mouvement, ce qui veut dire présent, et donc le présent est la cohérence même.   

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Dimension et surdivin

7 Avril 2018, 09:11am

Publié par pascal doyelle

Résumé et perspective

Pour obtenir une vue d’ensemble de tout le mouvement. Il existe une machine très simple et très souple ; le système de « prendre conscience de ».

Elle s’utilise, cette machine, pour pallier aux enregistrements par un cerveau, qui se fixent et tendent à se figer. Non pas se figer comme dans un Adn, mais quand même ; ça forme des mémorisations, lesquelles sont très lourdes à modifier, transformer, d’autant que ce mémorisations ne sont pas mécaniques mais mouvoir un élément c’est presque déplacer tout l’ensemble des éléments mémorisés (ils sont mémorisés parce qu’organisés, inorganisés ça ne le ferait pas du tout, on ne s’y retrouverait jamais).

Le vivant ajoute donc outre l’Adn et outre la cervelle et ses mémoires, un mini système très souple et très simple qui puisse répondre aux situations immédiates, mais surtout à toutes les sortes de situations ; comme on ne peut pas obtenir un super système de toutes les situations (ça n’a même aucun sens de l’imaginer), on court-circuite la difficulté ; on crée l’attention-à ; l’attention à n’importe quel ceci ou cela, même inattendu et même inimaginable.

Le vivant crée donc un mini système qui admet, accepte, suppose, positionne un horizon indifférencié, indéterminé et comme tel ce mini système est lui-même toujours autre ; autre que n’importe quel contenu ou situation, sinon il resterait coincé dans tel ou tel petit horizon, et n’aurait pas accès à l’horizon en tant que tel ; l’horizon en tant que tel parce que ce dernier doit être vide et sans rien, ce qui signifie : formel.

Il se trouve que ça fonctionne. Qu’effectivement en court-circuitant la cervelle par un mini système, une machine souple et simple, qui interacte et doit créer son propre « milieu » qui de ce fait n’est plus un milieu mais un « horizon » et donc s’impose comme étant l’horizon(formel) de n’importe quel horizon, il se crée du langage, des représentations, des relations, des échanges, des mondes, des actualités de conscience qui se sont tissées au fur et à mesure, mémorisées bien sûr mais toujours garde une prédominance l’activité de conscience-de sur n’importe quelle mémorisation. Ça ne veut pas dire que les grecs pourront aisément devenir romains, par ex, quoi que quand même les romains devinrent aisément des grecs … enfin un peu en dessous quand même mais encore plus organisés (l’un dépendant de l’autre sans doute ; le bazar grec n’y était pas pour rien, à leur intelligence et subtilité). Quoi qu’il en soit lorsqu’un monde humain tombe, souvent c’est sans souvenir aucun de quiconque ; ça disparait dans le passé. Et parfois, comme tout alentour de la méditerranée il y a 20 siècles, ça se conserve.

Il ne faut pas croire que ce fut un concours de circonstances. Il s’est passé ceci qu’au lieu de continuer à créer des mondes séparés, et à se fier aux contenus découverts et échangés dans tel monde humain, on s’est aperçu que l’on produisait « des contenus » et que l’on n’était pas du tout attaché à ce contenu-là plutôt qu’à cet autre.

Que l’on nomme cette production dieu, la pensée, le sujet ou l’altérité, on lui confère une ontologie, une dimension en elle-même.

De même il ne faut pas croire ou juger que les grecs ou le christique peuvent être pensés comme si ces contenus étaient semblables aux contenus mayas ou égyptiens. Il faut naitre maya pour penser maya ; mais les grecs supposent un horizon neutre et simple et le christique un corps donné-là identique pour chacun (de même que le dieu unique et autre, qui ne reçoit aucune qualification du monde). Il faut comprendre que ici et là autour de la méditerranée s’est élaborée la description non se rapportant à tel ou tel contenu, ou tel aspect du monde ou telle qualification du donné, mais se rapportant à la Capacité même de produire « des » contenus, en général.  

Le passage de la mise en forme culturelle (qui créât quantité de mondes) à ce qui s’est nommé soi-même la pensée, dieu ou le christique (en ceci que cette fois on sait que l’on pense, par intentionnalités-idées – que l’on décide, dieu – que l’on est une intention stratégique, le christique – et on se charge de comprendre « cela » qui pense, décide, intentionnalise et non plus seulement ce qui est pensé), il faut alors saisir que dieu, la pensée, le sujet et l’altérité sont des formulations non de ce qui est pensé mais de cela qui pense ; que par conséquent nous sommes passés des contenus à la forme qui crée des contenus. Et on ajoutera ici que de cette forme on aboutit au réel, ce qui veut dire au présent ; le présent est la forme de toutes les réalités et l’attention-à, soit donc le sujet ou si l’on préfère l’intentionnalisation comme procédé et processus, ou encore le regard, est la forme dans la forme (du présent).

Soit donc l’actualisation de toute l’actualité, et non son attente sempiternellement rêvée. Dieu, la pensée, le christique, l’altérité ont décidé de notre historicité. De fait. Ensuite on peut bien batailler de ceci ou cela, mais ce sont disputes internes au Même Champ réel. Il n’y a pas de sens au réel parce que le réel est le sens ; est l’actualisation du possible et est l’ensemble de tout le possible (le possible n’étant évidemment pas l’imaginé, une licorne n’existe pas, et de toute manière est juste un cheval avec une corne).

Que l’on puisse encore penser à être « heureux » et que l’au-delà, par ex, soit comme une satisfaction, une satiété infinie, montre bien par là cette bizarrerie très corporelle qui nous anime au final et encore ; et c’est absurde. Il devrait être évident pour tout le monde que le « bonheur » est un leurre. Que c’est autre chose, autrement, qui non seulement doit être recherché, programmé, mais qui, de fait, est littéralement activé ; on a activé l’arc de conscience, la forme des contenus, la forme de tous les mondes humains, de tous les mois, et c’est cette forme qui compte. C’est elle qui se montre par l’être ou le un des grecs, par le christique et son regard, par le point cartésien et la structure transcendantale, et c’est ce point qui est analysé par Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan.

Cet autre sorte d’actualisation, qui ne serait pas le « bonheur », c’est ce que pointe, du doigt, dieu, la pensée, le sujet, l’altérité et l’altérité encore plus ; puisque cette fois ce sera un sujet (cartésien, kantien, hégélien) se tenant dans l’étrangeté du donné là gigantesque et en lui-même Autre (la Volonté nietzschéenne, l’Etre de H) et par quoi on ajoutera que le sujet n’est en rien une identité ; Sartre et Lacan pour le prouver. La recherche est ainsi celle-là même de l’ontos, l’os du réel ; la précision étrange d’exister et son éthique absolue, formelle, valable partout et pour tous, un par un. Inutile de se cacher les yeux c’est cela qui est finalisé, visé, ciblé.

Et de ce dont nous ne sommes pas sans rien puisque cela file droit à partir de dieu jusque Lacan. Les mille et un méandres détourent le Bord du monde et le Bout du corps, ou du vécu. 

Tout cela est très-évident. La question est donc celle de l’éthique dite ontologique, de l’ontos ci-présent ; que doit-on faire et comment ? On remarque qu’à la fois on est déjà chacun le chaque’un et le sujet selon la forme-structurelle ; mais que puisque c’est une structure, cad un mouvement, un possible, un rapport, il faut le décider. Vous ne pouvez pas être « vous-même » puisque vous n’êtes pas un être mais un exister brut qui doit devenir un exister-pur, ce qui revient à dire « passer du brut au subtil » ; par l’accord que vous prolongez vous acquérez la structure telle qu’activée ; de même que le chrétien doit se convertir au christique, sinon il ne reçoit pas le regard, et donc ne devient pas lui-même une intentionnalité structurée ; elle tombe dans des contenus, des immédiatetés, des intérêts appauvris, et manque intégralement la possibilité et ne voit pas que ce qui compte ça n’est pas le monde et le vécu, tout cela qui « est », mais l’exister qui n’est pas mais s’existe comme Bord du monde, pour les grecs, et comme Bout du corps, en l’occurrence pour le christique ; ne pas voir cela c’est ne pas ex-sister, actualiser l’exister.

On en déduit donc que passant par le christique ou la pensée ou le sujet, à la fois on existe universellement mais parce que l’on existe singulièrement ; aucun universel ne tient sans le singulier pur et brut, et donc le singulier est la forme-même. Laquelle est le champ lui-même de l’exploration ; ce champ réel s’explore lui-même (puisqu’en deçà il n’est rien, on est par ceci à la limite, au Bord de la réalité).

Il faut vraiment le traficotage du 18éme (ce qui veut dire la traduction dans le monde et le vécu, des grandes configurations que furent dieu, la pensée et le sujet, traduction qui à la fois permet de réaliser, rendre réel historiquement le formel, le structurel, mais également chute et tombe dans l’immédiateté qu’il produit) pour ne pas comprendre que nous ne sommes pas plus intelligents et conscients que les 30 siècles qui nous précèdent (en remontant jusqu’au judaïsme, et plus avant si l’on veut, l’hindouisme, les védas, etc, tout ce que l’on veut pourvu que l’on en remarque la structure) et qu’il nous faut actualiser absolument ce qui de tous temps fut actualisé ; il faut récupérer intégralement la logique formelle, la forme de logique qu’est cet ontos, que nous existons.

Sauf que l’occidentalisation, la formulation de débouclage du réel et de la réalité, et de la division du réel en et par lui-même (qu’il y a l’être d’un côté et l’exister de l’autre, et qu’il s’agit du même côté…) ajoute en saisissant à même l’attention à ce qui ici même et ici et maintenant s’existe, ajoute que l’universel est singulier et que le sujet n’est pas l’objectivité mais n’est pas non plus le subjectif.  

Nous existons sur le Bord du monde, et en l’occurrence au Bout du corps ; sorti de là on tombe. On est absorbé par le monde ou son propre vécu. Re-tenir le Bord est l’opération même qu’il y ait un sujet en plus parce qu’au Bord (Kant ne dit rien d’autre). Et c’est de ce regard là que l’on perçoit. Non pas pense ou imagine ou ressent, mais tout simplement perçoit.

De la brutalité inaccueillante

Nous n’existions pas dans un monde sensible et doucereux, mais dans la réalité et la réalité pour satisfaire à toute sa multiplicité, sa pluralité, ses indéfinies possibilités doit être brutale. Comment pourrait-il en être autrement ? Brutale veut dire distincte, distincte en toutes ses parties ; l’altérité est la principe du un ; le un ne signifie que tout soit Un, mais que partout il y ait du un, cad de l’Autre. La réalité est la limite entre des ilots d’ordre et de stabilité dans un océan gigantesque de pur flux de réalisation intégrale de tout le possible (il y eut probablement des quantités indéfinies d’univers en effondrement, et une indéfinité d’univers plus ou moins stables, ou ce qui revient au même cet univers a abandonné quantité de réalités descendues dans le néant et ici et là seulement des mondes viables). Si on continuait d’espérer dans cette réalité un bonheur et une satisfaction, on en désespérerait et à vrai dire il est clair que la réalité n’est absolument pas faite pur cela ; c’est une monstruosité et la réalité, la réal-isation de tout, ne peut être que monstrueuse. Ce qui assure qu’une réalité dans toutes les diversités inimaginables existe cela peut-il s’assurer autrement que par une altérité formelle intégrale ?

La dureté de dieu, de l’être, du sujet (et du christique qui ne recherche pas une satisfaction mais assume le réel, trouve le réel dans le monde, la réalité, et prolonge le réel jusqu’au Bout, recréant le Corps), et évidement la dureté de l’altérité (de N H Sartre et Lacan) formulent très explicitement le caractère absolument formel du réel. Qu’il y ait réalité et qu’en cette alité on se doit au « bonheur », oui, mais afin de passer à autre chose … la satisfaction est selon le monde, mais nous ne sommes pas du monde. Torturé ou inquiété par le monde on ne peut évidemment pas se consacrer au réel, à la forme du monde, mais une fois acquise une relative satiété il Faut se consacrer au réel, à la forme de ce qui est ; il fallait organiser la réalité et traduire le structurel dans le monde et le vécu, mais il ne faillait pas adorer les réalisations et croire que cette masse de déterminations était le réel ;  autrement dit le sens de ce qui est (le monde, la détermination, le vécu, le corps donné, l’humain) est le Bord de ce qui est, le Bord de l’être, soit donc l’exister, et pour nous toujours absolument accessible le Bord est le présent ; ce qui signifie que ça n’est pas ce qui est, mais l’exister et la forme, qui n’est pas ; dont on n’a pas la trace dans le monde ou le vécu, et qu’il faut décider et dessiner de son activisme même.

Et on est toujours dans l’activisme, qui que ce soit (pour cela c’est très difficile pour quiconque), sauf que s’accordant avec la structure cet activisme modifie non pas la réalité mais ajoute à la réalité le réel. La philosophie, le christique, la révolution, l’altérité ajoutent à notre être (tout déterminé et déjà là) ajoutent une articulation en plus, qui peu à peu vient modifier cet être et l’étire vers et par le Bord ou le Bout. En fait on s’aperçoit instantanément que sans le savoir (tout en le sachant) on est-déjà-perçu de l’externe. Que ce soit le pouvoir ou les pouvoirs, l’organisation ou autrui ou les autres ou même les images elles-mêmes, tout cela nous regarde, sauf que par le christique, la pensée ou le sujet ou enfin l’altérité ce regard lui-même se déplaçait.

Tout le jeu du réel, pour nous, est alors ramené à cette considération ; le regard se meut-il ou non ?

Le un tout-autre et l’exigence qu’il comporte intrinsèquement. La pensée comme mise en forme de l’intentionnalité comme idées et systèmes. Le christique qui structure le regard même de tout sujet, et ses longues lignes de possibilité pure tenant à Descartes, Kant, Hegel, Husserl, Sartre. L’altérité qui emploie le réel horizon du monde donné là, mais précisément donné en tant que « là », cad Autre ; Volonté, Etre,  L’inconscient, l’existence sartrienne, l’absurde et l’horreur (la vision de l’univers inhumain de Lovecraft, la déréalisation de Ph K Dick, etc).

L’absence ontologique, la non-exigence, qui de toute manière reviendra par quelque porte et taraudera chacun des mois sous des oripeaux angoissants, effrayants, défigurants, cette absence c’est celle qui ne va pas du tout modifier le regard. On en ressortira comme on y était entré, inexistant, dans le repli inexistant, le repli indéfini dans les déterminations en nombre littéralement indéfini.

Mais c’est aussi que l’on ne sait pas assigner quelque réalité que ce soit au réel, sauf de reprendre toutes les étrangetés qui non pas parsèment mais qui créent l’historicité... à condition de se tenir au niveau du structurel ; esthétiques et poétiques, idéels et révolution, mais également des structures effectives (dieu, pensée, sujet, altérité). Marquant par là que le réel est hors de proportion, et qu’il y travaille, que tout ceci ou cela ne sont que des effets ; non qu’ils n’aient pas d’importance mais ils n’ont d’importance que de l’excellence, la suréminence du Bord, du réel. C’est ce qui n’est pas qui existe.

Autrement dit aussi gigantesque que soit la réalité, l’univers, cela revient à rien si de toute cette machinerie il ne reste rien. Tout ce monumental finira visiblement dans le néant ; cela peut être amusant mais alors d’un tel état de choses on n’en a rien à faire du tout. Donc : pourquoi tout cela est-il articulé par un présent qui réalise « quelque réel étrange » ?

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L’histoire et la Porte du réel

31 Mars 2018, 09:56am

Publié par pascal doyelle

En supplément à Zemmour - Le suicide français

Zemmour est caractérisé comme réactionnaire, à juste titre et il le revendique. On suivra Badiou qui annonce que l’on peut se fier aux réactionnaires qui pointent très exactement le mouvement, le devenir, le possible ; le possible perçu du point de vue d’avant. D’avant la catastrophe que constitue, pour le réactionnaire, le réel.

L’hypothèse de Zemmour (il existe un esprit du temps, de l’histoire, et surtout d’un peuple ou d’une nation, ou d’un homme, son Bonaparte, qui crée la réalité humaine) l’incline à comprendre que l’ordre ancien (qu’il fixe sur De Gaulle et le PC d’après-guerre dans l’équilibre état-social, Etat-providence, mais qui remonte à Colbert-Louis XIV, etc) cet ordre ancien a été déchiqueté par une montée de divisions ; Mai 68 et l’individualisme qu’il caractérise comme hédoniste, égoïste, et donc d’une perte conséquente du collectif (soit le peuple, soit la nation), l’Europe et l’abandon de souveraineté, et plus largement le jeu des empires, et dessous encore, le capitalisme mondialisé, le libéralisme qui par la mondialisation retrouve la sauvagerie de celui du 19éme, que les Etats, les nations, les peuples essayaient tant bien que mal de maitriser. Zemmour interprète cet effondrement du collectif (nation et peuple) en identifiant individualisme et mondialisme ;  lâcheté des élites, délaissant les peuples, et détérioration des personnes (notamment des rôles, comme homme et femme, et plus généralement de la facilité des plaisirs, amollissement des volontés) allant de pair.

Ce faisant donc il mêle par une sorte de logique de synthèse (qu’il est toujours difficile de contrôler lorsque l’on théorise) les femmes, les Lgbt, les immigrés, les « jeunes » (devenus vieux évidemment), bref tout ce que sur les plateaux télé ou radio on lui reproche, sans jamais aborder le débat de fond ; que l’ultralibéralisme est effet fondamental et effet-cause fondamentale de tout cela, société séparée dans la société humaine générale, médiacratie et médiocratie, oligarchie et concentration et vol de la puissance par quelques-uns, envers et contre les gens, le peuple et contre la nation, l’esprit d’un peuple. Il croit que l’esprit du temps a rendu possible l’ultralibéralisme, mais il est presque clair que ce serait plutôt l’inverse ou plus exactement encore une troisième cause ; à savoir que l’universalisme précédent fut dépassé très sensément par la personnalisation adéquate mais une personnalisation inadéquate ; gaspilleuse et aveugle, qui plutôt que de nous libérer, et nous ayant effectivement délivré de quantité de nécessités, très désagréables, nous a dans la réalité enfonçés dans l’immédiateté … dont elle aurait du nous tirer…

Les femmes ou les immigrés ne sont pas vilipendées ; ils sont seulement pris, comme tout le monde, comme les égoïstes ou les ultralibéraux, dans les effets ou en tant qu’effets-de (le patronat fait appel aux immigrés pour réduire les coûts et faire reculer les revendications des ouvriers nationaux ; Zemmour est totalement marxiste, le PC ne disait un temps pas autre chose, sauf que pour Z  le prolétariat est comme une version rabougrie d’un être, d’un esprit plus profond, à l’inverse de Marx, à savoir le peuple français, les gens eux-mêmes) ; pris, tous, dans le déploiement sans précédent de puissances du monde, de causes réelles et sérieuses, et d’un empire libéral-mondialiste, qui se développe sans raison, sans prévision, sans ordre, sinon qu’il s’incarne dans des effets et que ces effets n’admettent plus la loi de l’universel, la loi de l’Etat, celle de l’humanisme (et commence de naitre des antihumanismes, des non humanismes). Il existait un ordre de prévoyance, la nation, lauqelle fut débordée dans tous les sens par toutes les parties de la réalité, sans que cet éparpillement parvienne à un quelconque sens ou régulation, sinon un rêve fumeux d’universalisme abstrait, lequel n’est rien que le cache-misère de la fureur des pouvoirs (égotistes et des intérêts particuliers).

Et on ne lui donnera pas tort … sauf ceci que débutèrent les lancées de l’individualité libre, ce que signifie mai 68, les années soixante, et conséquemment le règne du libéralisme tout crin, le déploiement ininterrompu de l’individualisme comme de l’égoïsme autant que des revendications justes singulières. Ce que tente de dénouer Zemmour et qui ne peut l’être, c’est ce mélange absolu du corrosif individuel, alien au sang acidulé, et de son exigence pourtant universelle ; corrosif qui pour toute finalité dans l’existence consomme la réalité, la dévore, et universalité qui n’obtint pour synthèse que les giga-entreprises privées et rien d’autre, que chacun vient à nourrir de sa substance même ;  mélange impossible et horriblement dispendieux, un gaspillage effarant, celui qui soumet le monde à une exploitation de plus en plus approfondie et un rapport excessivement tordu avec soi-même comme moi (et non comme sujet). Le manque d’un sujet est fondamental ; le cadre général n’est pas parvenu à créer une vision du sujet même et ce manque c’est transformer en néant dissolvant de toute réalité parce qu’il est l’absence de toute structure réelle ; il n’est que le cadre, la porte historique qui tienne structurellement, mais décomposée par tous les effets incontrôlés, sortis du rayon de la maitrise, que pourtant cette puissance du cadre général du monde réclamait.  

Qu’il puisse exister une structure antérieure, la domination même, telle que la suppose le marxisme, est une possibilité intéressante … mais visiblement il n’est de passage au travers de cette domination que via le cadre (dit abstrait dans le marxisme) de l’Etat et du droit de chacun. Hors cela ça ne peut pas - ne peut pas se résoudre.

L’autre voie qui aurait du être empruntée, eut été de non seulement assurer l’humanisation, l’humanisme et l’universel, mais aussi d’affirmer effectivement l‘individualité et la personnalisation, et enfin et surtout de transformer, plus ou moins, les mois (les langage-corps) en sujets. C’est cette sorte de sujet, au fond, qu’attendait Nietzsche ; ou Heidegger dans son genre ou Sartre de par son Exigence morale, éthique, ontologique autrement dit ; seul Lacan échappe, et voulût un sujet très-étrange, comme aurait dit Rimbaud). Le  surhomme nietzschéen est un tel sujet, imaginé, dont on voit bien que la maitrise est assurée par une torsion ni plus ni moins qu’ontologique. C’est ce sujet, dégagé, que voulurent quelque part les années soixante dans leurs visions plus ou moins célébrées vécues.

La question du sujet réel est la plus fondamentale qui soit, exception faite de celle de la nature du réel, de la compréhension de ce que « présent » est (et pour cause le présent n’est pas, il existe).

Ce mouvement général, à savoir le dépassement de l’humanisme et de l’universel par le personnalisme et le singulier, aurait dû tout autant s’instancier universellement, et non pas choir dans le royaume exclusif du libre pur, qui ne signifie rien livré à lui-même (Rimbaud est singulier parce qu’il est individué et universel, et ceci est quasiment un mystère dont il faudra pourtant s’approcher, transmettre l’équation impossible). Sans l’universel, le collectif, le réel, s’installe invinciblement le glissement dans les immédiatetés, les petits intérêts, et les grands intérêts des pouvoirs au mépris de l’universalité elle-même, et cette universalité n’a aucune autre désignation que celle de l’égalité (et donc, dans l’ignorance, s’additionnent alors les inégalités comme déconstructions du monde réel humain au profit des petites réalités en fragmentation et en concentration objectivement de purs pouvoirs brutaux). Et cela signifie pour chacun, individuellement, que son vécu tombe « dedans » le monde, et qu’il n’y a plus de rappel ; on tombe, indéfiniment, sans recours ni secours et on s’environne de néant, sous la forme de dissolution, de dissolution de la détermination des corps, qui se fractionnent indéfiniment (puisque la structure du monde est le réel et non la réalité et que se confier à la réalité c’est se perdre de vue parce que perdre la vue).

Autrement dit : une porte était ouverte, celle du dualisme liberté-égalité (et plus loin fraternité comme acquisition des deux autres), mais comme on a négligé cette ouverture historique, et créée par l’historicité même, nous nous sommes vautrés. On a rétrogradé historiquement, humainement, individuellement.

Répétons ; un cadre général qui seul autorisait un développement relativement correct de l’histoire humaine. Il n’y a pas de doute que si, dans l’historicité, il fut inventé ce cadre-là de l’Etat humaniste et individuel mais universel, de l’Etat-providence, c’est parce que ceci était la Porte.

Remarquons ; la seule contradiction envers cet Etat-providence consiste en ceci ; que la réalité exige que les choses soient rentables. Et elles ne le sont pas dans le libéralisme si l’on s’en tient à l’Etat-providence, parce que l’on trouvera moins cher ailleurs ; parce que l’on pourra toujours exploiter plus durement tel ou tel peuple et que ce déséquilibre annule que l’Etat-providence soit rentable ; il est clair qu’alors les dés sont tous immédiatement pipés. C’est uniquement par le vol et la rapine, envers toujours d’autres exploités, que les Etats furent écartés de l’organisation du monde réel au seul avantage des injustes.  

Ce que contredit apparemment le développement extraordinaire (de tout, technologies ou relations humaines, échanges ou  images) mais ce déploiement s’est  effectué et fut rendu possible à partir du cadre historique, et utilisant ce cadre on a constamment voulu le figer, en rapport des intérêts momentanés en place et relatifs au monde ; alors que si le cadre existe activement l’historicité, c’est le monde qui est, qui tend continuellement à tourner à son seul rythme de pesanteurs, et d’intérêts et d’immédiatetés, cercle rond que l‘historicité ouvre de temps à autre, pour se refermer aussitôt de sa mâchoire par les considérables pouvoirs horribles et malsains. Le monde dévore sans cesse l’historicité, jusqu’à ce que l’historicité puisse créer un nouveau cadre.  Le cadre du 18éme fut si réel et vrai qu’il permit toute cette richesse, mais cette richesse s’est retournée contre la structure, en l’exploitant au maximum et aveuglément. Et les pouvoirs se tiennent du monde, donné, toujours prégnants, tandis que l’historicité et le cadre universel et libre et d’égalité est d’exister sur le Bord du monde et au Bout de chaque corps, jamais évidents du tout.  

Le reste ce sont soit des dérives appauvrissantes, soit des égarements et des replis, des rétrogradations. Le communisme était un appauvrissement. Le nazisme était un délire effroyablement rétrograde. Le libéralisme est une petitesse, qui assure seulement un empire (anglais ou US), un empire qui profite de l’acquis du cadre universel (dans sa version anglo-saxonne) mais qui ne cherche pas du tout à étendre, perfectionner, rendre réel toute la potentialité structurelle du cadre général universel réel. Pour le dire au clair, l’Etat français était, libéral et social, celui qui s’approchait le plus intimement du sens absolu, formel et réel de l’historicité. Kant qui guettait les nouvelles de la révolution ne s’y est pas trompé, Hegel qui se comparait à Napoléon non plus (les allemands ragèrent que les français réalisèrent effectivement l’histoire, et pas eux).

C’était la Porte.

Comme elle ne fut pas retenue par l’immense majorité du monde, des nations, des peuples, et bien voilà, l’histoire va se refermer de plus en plus et agonir. Mais pourtant la forme Etat et droit fut fondamentalement copiée partout et par tous, elle est la forme même de l’historicité. Immanquable mais hypocritement dissimulée, recouverte, défigurée.

C’est exactement comme un logiciel, sauf que c’est le logiciel du réel. Pas de telle ou telle réalité (il est des tas de réalités, à chaque fois déterminées et localisées) mais du réel même. De même que le christique était le système, le méta système qui autorisait l’ouverture du possible ; pourquoi le christianisme a-t-il pu reprendre et poursuivre le système grec ? Croyez-vous que ce fut un hasard ?

Le réel comme les réalités, obéit à un système, un mécanisme, une machinerie ; il y a les lois physiques ou chimiques, et quantité de mini-systèmes déterminés, et il y a les lois des sociétés, dont on peut décrire toutes les causalités, mais il existe également le méta de l’humain comme tel ou plus exactement de « cela » qui rend possible que l’humain soit. La remontée hors du monde vers le Bord du monde, vers ce qui structure les réalités ; le cheminement entrepris par la méditerranée, via dieu, la pensée, le sujet et l’altérité, et donc la révolution comme historicité.   

Ce méta, cette forme, ce système qui permet que l’humain soit, que ce monde humain tel qu’actuel existe. Il faut qu’il y ait un méta puisque sinon on tombe dans le défini et que le défini est indéfiniment défini et ne peut pas être source de loi, de droit, de logique, de réel. L’indéterminé par contre permet seul que la structure de chaque arc de conscience soit renvoyée à elle-même et que ce qui prévaut en chacun soit non pas son identité mais son regard.

C’est bien en cela que les esthétiques, les poétiques, les récits furent créés ; instancier le regard de et par chaque’un. De même la philosophie qui suppose que l’autre se convertisse et cesse d’être seulement un tel, un particulier, et qu’il devienne non pas seulement universel (au sens où il existerait un regard uniforme) mais individuel (au sens où le singulier est son propre regard vide, ce qui veut dire formel).  Qu’il y ait une pluralité d’esthétiques et de poétiques veut dire que la structure du réel est non pas seulement universelle mais singulière et se sépare, se partitionne, se divise, se scinde à partir de là, à partir du un existentiel ; existentiel au sens de l’exister pur et brut, de l’immanente actualité du réel.

Rappelons que la transcendance est ce en quoi est l’immanence ; tout ce qui est, est immanent, dans l’acte de transcendance du réel, du présent, dont on ne sait pas « où » il va.  

Remarque : c’est bien pour cela qu’il ne suffit pas d’être intelligent, il faut également et surtout savoir s’orienter, réfléchir, décider et cela veut dire : ne pas tenir à ce qui est, mais décider de ce qui Existe (mais n’est pas). Et le truc est évidemment que tout en décidant (ce qui parait une motion subjective) en vérité on décide du réel ; parce qu’il n’y a nulle part où aller sinon dans le réel. Celui qui se psychanalyse voit bien qu’il est le rapport et que le rapport lui est antérieur et n’est rien de déterminé, mais une manière de déterminer. Percevoir et vouloir à partir du Bord qui n’est nulle part dans le monde, le vécu ou le corps. Percevoir à partir du cadre formel inventé historiquement comme révolution et Etat (et constitutionnalité et droit, et citoyen et liberté-égalité, et récit, esthétiques, éthiques, idéels, etc).

Zemmour est profondément amoureux de cet esprit, et abomine ceux qui croient que cet esprit soit seulement une formule vide qui fonctionne comme universalisme ; alors qu’il s’agit d’un corps réel qui est une civilisation intégrale ; la France du 18éme est dans la position d’Athènes au VI ou Véme siècle. En s’abstrayant le cadre  structurel créé s’est affaissé et tombé dans le monde. Dont on ajoute qu’il aurait dû créer des sujets et non des mois (on a dit ailleurs que la mass et micro médiatisation devait accoucher d’une mass et micro médiation, de soi par soi, des autres et des regards, des images-idées aux idées-images, de la réflection à la réflexion ; c’est pour cela qu’il y eut une telle profusion d’images, de perceptions).

On peut admettre qu’il n’y eut pas de nœud grec-christique … mais alors qu’est-ce qu’il y eut à la place ? Pourquoi le christianisme, comme l’avait tenté également l’islam, a-t-il repris intégralement toute la pensée grecque ? Qu’est-ce que l’on va considérer d’importance en lieu et place de ce qu’effectivement il se réalisât ? Il n’y a pas une nature humaine, et donc une composition de çi et de ça, dans les données du monde ; il existe une structure , de conscience intentionnelle (quelle que soit l’humanisation en cours) et un réel (quel que soit le monde), et entre les deux des constructions. Mais sitôt passé le moment de construire telle ou telle synthèse à laquelle on croit, on s’aperçoit qu’elles sont créées et donc pas la vérité, par contre qu’il y ait une telle structure qui crée n’importe quelle construction, est la vérité, le réel ;  et c’est cette structure qui est passée dans la réalité (alors qu’elle se tient dans et du réel) et qui s’est nommée le un tout-autre et dieu, la pensée (et l’être), le sujet et la révolution, et l’altérité et l’exister ; le sujet posé « là » dans l’altérité totale du monde, l’altérité de cet univers, de cette historicité violente, de ces nécessités et égarements.

Sauf qu’en plus d’être un sujet dans l’altérité, il se trouve que le sujet lui-même est absolument Autre ; autre que lui-même ; autrement dit il n’y a pas de « sujet » au sens de substantiel, mais notons bien que le dit sujet est déjà très exactement insituable dans les vrais systèmes (de sorte que l’on a affaire à une caricature des systèmes et non aux systèmes eux-mêmes) ; Kant ne dit rien d’autre que le sujet passe dessous la barre et est supposé seulement (ce qui veut dire en clair qu’il est comme structure ou donc qu’il n’est pas mais Existe, nouménal dit-il).

La remontée du monde vers la forme, antérieure au monde, du moi au sujet, du donné à l’exister (ou dans les présuppositions imaginées que furent la Volonté nietzschéenne ou l’Etre de H) est aussi la mise en cadre de la révolution en Etat et en un Etat humaniste ; lequel se paramètre selon la liberté et l’égalité.

La liberté n’est nullement le cadre « formel » au sens d’abstrait qui autoriserait quiconque à « faire ce qu’il veut » ; mais ça n’est pas non plus que chacun soit astreint à une identité rationnelle ou étatique ; ce qui se définit comme être-libre c’est précisément ce qui est recherché et augmenté et accéléré par l’acculturation généralisée qui se déroule depuis 25 ou 30 siècles ; comment un individu, un corps humain, un corps-langage peut-il se réaliser lorsque d’une communauté (qui lui conférait une essence) il n’est plus question ? Comment se comporte un sujet livré dans le monde ?

Si il ne s’agit pas d’une abstraction formelle du n’importe quoi, il n’est pas non plus question d’une abstraction qui cacherait l’aliénation, puisque cette aliénation elle-même ne peut être accessible, et accédée, que via et respectant le cadre de l’être-libre de chacun ; sinon ce serait remplacer la liberté de chacun par la définition de son être (une religion, un étatisme, un communisme, un nazisme, etc, avec toutes les gradations imaginables). Si donc la Possibilité même de dénouer l’aliénation est maitrisable c’est à partir et par ce cadre universel du singulier : aucun autre.

Ce en quoi voulut s’engouffrer le social-libéralisme ; mais en oubliant l’universel, absolument constitutif. Cela se résume à « si chacun doit être libre que chacun se débrouille », ce qui n’est rien de plus que le concurrentiel (par quoi le plus gros mange tous les autres). Et par quoi la liberté se facilite la vie en supprimant l’égalité. Tandis que s’éloigne la fameuse fraternité. L’impossibilité de revenir vers les autres s’étant engagé dans la liberté brute équivaut à l’impossibilité pour ces libertés de (se) concevoir. On se contente de profiter du monde et on ne conçoit plus et on ne prévoit plus ; au-delà du cercle restreint de sa conscience, lorsqu’elle retombe au niveau de ses immédiatetés ; le Bord du monde et du vécu et du corps rentre-dans le donné et le monde et le vécu, et y étouffe et évidemment on ne s’y retrouve plus du tout ; c’est jusque dans les corps eux-mêmes, et non seulement dans la perception, c’est physiquement que nous nous effaçons dans une infra-intentionnalité, de petites tactiques qui n’ont aucun goût de réelle stratégie.

On a vu déjà que la perception pour un être humain est l’autre-surface du corps et non pas seulement une fonction dispersée de désirs ou d’objets.  

N-B. On considère donc ici mais peut-être est-ce une illusion qu’il y eut au moins une nation qui s’est créée comme nation ; à savoir unité des volontés libres et égales ; et que cette nation fut française. Sa spécificité confine à l’incompréhensible : qu’il s’y incarnât les lois de l’équation, résumée par liberté-égalité, équation impossible, mais de fait dynamique (ce en quoi consiste le réel, en tant qu’exister, présent et donc mouvement brut). Il ne s’agit pas d’un dynamisme selon le monde ou le vécu, à quoi suffirait bien la liberté toute seule.    

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Zemmour - Le suicide français

31 Mars 2018, 08:08am

Publié par pascal doyelle

Zemmour a raison. Pas sur ses « solutions ». A vrai dire, il n’en propose pas, et le reconnait et ne dit même pas qu'il faut revenir à  ; en fait, dans le livre même, il constate le basculement d’un monde (ancien) vers un autre monde, qui s’est prétendu nouveau et utopique mais qui en réalité a été et est de plus en plus bordélique et bordélique pour les plus pauvres, les plus dépourvus, les plus fragiles ; soit donc pour lui le « peuple français », mais il ne limite pas sa réflexion ; en son sens sa description vaut globalement. 


Prenons la précaution d’abord ; il n’y a aucun racisme ou xénophobie là dedans. Est français celui qui parle, pense, vit sa vie en tant que français tel que créé par son histoire, et même son historicité (parce que la France est un projet, projet issu de 1789 mais qui remonte plus loin et antérieurement à la Grande Révolution). Sans doute aucun glisse-t-il vers une quasi-essence de la nation (on préfèrera ici qu'il y ait une structure de l'idée de nation et de peuple), mais que l’on soit noir ou blanc, juif ou musulman, homo ou pas homo, tout le monde s’en fout à partir du moment où l’on se sait ou se vit, tout  simplement, français ; ce qu’il reproche aux « allogènes » (de quelque confession ou esprit ou idéologie que ce soit) c’est qu’ils ne soient pas ou plus ou qu’ils trahissent l’esprit français ; les libéraux mondialistes et capitalistes ou européistes sont des anti-français et ce sont en fait sa cible absolue, prioritaire et cause de tout le reste (y compris l’immigration ou l’émigration, des entreprises ou des personnes ou des capitaux, et cause de l’Europe technocratique, qui impose technocratiquement une idéologie en se prétendant « objective », l’ultralibéralisme ; tout ça est très logique. Et tout cela est parfaitement décrit dans « Le suicide français », très déplié et circonstancié à chaque fois, avec les limites de la description logique qu’il adopte ; à savoir que parfois les faits sont pliés en fonction des présupposés. 
Ce bouquin n’évoque que sur un/vingtième peut-être l’immigration mais expose par contre très clairement l’empire ultralibéral mondialisé et son poids, sa puissance, l’écrasement, et en décrit tous les relais, historiques, politiques, économiques, sociaux, culturels (en gros il y a un paquet de pages qui ne parlent pas du tout de l’immigration, ni des femmes, etc, lesquels permettent des illustrations entre autres exemples).  Zemmour étend à quantité de domaines cet empire de Pouvoirs brutaux et violents, mais c’est peut-être là qu’il se laisse emporter dans sa démonstration ; il est vrai que le statut des femmes a profité au capitalisme galopant, pareil pour l‘immigration, mais il n’empêche que l’on ne comprend pas trop si il veut annuler cette nouvelle image des femmes ; à mon avis non ; il ne reviendrait pas sur l’égalité des hommes et des femmes mais peut-être sur l’IVG, ce qui est inacceptable ; il refuserait le mariage homosexuel, ce qui est indéfendable et à vrai dire qui concerne si peu de personnes, dont les droits se doivent d'être affirmés. De même l’immigration, il ne jette pas du tout l’opprobre sur les « étrangers », mais montre que leurs conditions sont elles-mêmes effets de l’économie dépliée hors et contre l’Etat et la nation au sens précis (qui n’est pas une « identité » ou essence mais une construction historique et surtout structurelle, comme on verra). Il n’a rien contre les musulmans, pourvu qu’ils soient français, mais refusent que le islamistes fassent sécession et développent une identité au sein de la Nation des volontés libres et égales, permettant de stipuler par ex comme « femmes » ces individualités qui sont en vérité des sujets d’abord et ensuite seulement, éventuellement, des femmes (évidemment il affirme que l'islam est en lui-même non intégrable dans une démocratie ; il revient aux musulmans de lui prouver le contraire, ce qui pour beaucoup est déjà de fait, mais les activistes sont toujours plus influents que les majorités). 
On s’aperçoit par là qu’il juge de ces quarante années comme destruction d’un monde ordonné, au profit d’un monde désordonné, un non-monde, un affaissement pas seulement de la France mais de l’esprit général du monde ; un monde sans esprit du tout ; et donc livré aux intérêts les plus fragmentés et destructeurs ; tel qu’il juge les revendications des femmes ou des homosexuels, ce qui n’est pas recevable, mais aussi fragmenté par les pouvoirs, les libéraux et les puissances mondialisées de l’argent et là il n’a pas tort du tout, évidemment ; c’est le lien entre les progrès du vécu, incontestables, et les empires malsains des pouvoirs qui détruisent le peuple et les nations, qui n’est pas, au fond, très clair et par quoi il glisse dans une idéologie, ce qu’il ne cache pas (mais on serait bien en peine de définir le monde qu'il visualise).


Pour le mouvement d'ensemble (que l'on retrouve chez Gauchet ou Lasch) il faudrait revenir à l’esprit du christianisme ; si vous ne voyez pas que le christ est le nouvel homme, vous resterez enfermés dans le vieil homme, celui qui est esclave du monde, du corps, des intérêts méprisables et de la petitesse des vies écrasées, de l'immédiateté et pris tout aussi bien dans la mort qui déréalise tout et annule votre possibilité même de concevoir, de percevoir en rédusiant votre regard aux choses et non plus aux structures. 


Le non-monde qui a remplacé l’ordre historique du monde (incarné pour nous ne l’occurrence par la nation créée par la révolution) le non-monde est global, tandis que l’ancien monde historique était lui non pas mondial mais national ; on a espéré étendre au monde l’équilibre qui s’était inventé dans le cadre national (et la France de manière inaugural, en 1789, et planifiée, avec De gaulle) ; et ce rêve, cette utopie (qui nourrît jadis les hippies ou mai 68, les années soixante mais aussi les révolutions, russe et autres, qui s’inspirèrent explicitement de 1789) ce rêve utopique est décrypté par Zemmour comme étant en soi un masque, une hypocrisie et une perte morale, ou sinon une illusion d’idiot utile, idiot utile de la décomposition de tout, idiots utiles du remplacement des individus (à tout point de vue, pas seulement par les immigrés, des pseudo-images de soi qui transgressent pour transgresser, pour s'affirmer d'une affirmation vide qui vient les remordre eux-mêmes et déchiqueter), protégés autrefois par leur Etat et nation et la Grande Culture de cette structure, remplacement de chacun par des individus totalement dispersés et d’une fragilité radicale et mortifère ; livrés en sommes, ces individus, au monde des intérêts, des petitesses, des bassesses, des pauvretés en tous les sens du terme. Tous. 
Rappelons ; il y a une identité française et cette identité est non pas d’essence mais d’histoire ; l’histoire nous a fait et surtout l’histoire est notre fait ; c'est comme ça, inutile de lever les bras au ciel ;  tout le monde, n’importe qui, universalisme rigoureux oblige, peut devenir ou être français ; c’est bien en ceci que l’on a proclamé la Révolution et bien plus mondialement que les révolutions US (de libération vis-à-vis d’une autre nation) et anglaise (de limitation des pouvoirs mais sans l’affirmation de l’égalité ; il y a l’égalité pour les anglais mais égalité des libertés, et non pas égalité ET liberté ; la liberté n’est pas sous tension de l’égalité ou réciproquement). Révolution de liberté et d’égalité, du singulier individu (et non des groupes et des communautés et des ethnies et des lobbies) et de l’universalisme (les français croient que tout le monde est français … mais il n’y a qu’eux qui le croient, et le plus joli est qu’ils n’ont pas tort du tout parce que tous devraient se savoir français, c'est cela qu'il est difficile de comprendre). 
Il n’y a pas une liberté qui vous permet de faire ce que vous voulez ; il y a une liberté qui vous rend responsable vis-à-vis des autres comme de vous-même et tous les autres sont les mêmes, les mêmes libertés, et c’est ainsi que l’on peut communiquer, partager, élaborer ; si il n’y a que des libertés, lâchés dans la nature, elles s’ignorent, il n’y a plus qu’une collection d’intérêts, et la logique de mort et d'agression du monde immédiat ; si il y a des libertés qui se replient sur une identité et qui prétendent que cette ethnicité est leur essence et prévaut sur leur individualité (on est femme avant d’être sujet, , ce qui se tenait des sociétés habituelles, et non pas sujet et puis femme éventuellement) ces identités dévorent et annulent tout le travail, et l’universalité et le partage, et donc amoindrissent l’expression et la possibilité, on ne partage que sur un socle universel et libre commun aux individus, pas aux groupes, qu’ils soient ultralibéraux ou islamistes ; c’est en ceci que l’idée de nation n’est pas une identité, mais l’unité des volontés (qui garantit seule qu’il y ait des volontés réelles et universelles et non des volontés particulières et toutes en concurrence ; que les anglo-saxons ait adopté les libertés particulières et aient dressé un empire concurrentiel sans fin n’est pas un hasard ; il ne s’agit pas d’infliger que cela soit faux, c’est juste court … ça produit une historicité qui profite du cadre général de structure, mais ne prévoit absolument rien et ne planifie rien et donc ne parle pas et donc ne partage pas et impose, sa culture, son monde, son Hollywood, ses images, et non sa pensée ; impose ses divisions sans unité aucune).


D’un livre, personne n’est obligé de tout prendre ou rejeter, ni n’annule son esprit critique en reconnaissant qu’au moins il place très précisément les débats, les questionnements et personne n’est dans l’obligation de souscrire à n’importe quel glissement (idéologique ou théorique tout simplement, suivant les présuppositions, qui sont par ailleurs affichées nettement et sans hypocrisie aucune, contrairement à des tas d’autres intervenants qui s’avancent sous couvert de). 
Et là est le problème Zemmour ; on lui fait grief de tas de positons, tout à fait caricaturales (qu’il ne défend pas du tout comme telles), et par-dessous en réalité on lui en veut de montrer très exactement notre situation, son esprit, sa logique ; la logique de négation de ce monde en décomposition, en comparaison d’une situation jugée idéale auparavant ; à savoir pour simplifier l’alliance de De Gaulle et du PC dans le rétablissement de la France après-guerre. L’Etat providence, ce qui veut dire organisateur et créateur ; parce que c’est cela que ça signifie ; un Etat humaniste. Qui fut par la suite dépiauté et donc les individus livrés aux pouvoirs inférieurs, littéralement diaboliques, de l’éparpillement sans lumière du tout, qu’est devenu ce monde ; l’Europe qui prétend à l’unité est une décomposition effarante ; le commerce international n’est plus du tout entre nations mais abomine les Etats et donc les peuples. Les français montrent, en gros, qu'il n'existe pas de peuple sans nation et pas de nation sans État, et que le réel est une volonté commune (liant et déliant liberté et égalité), le reste, les identités sont du folklore ou des opinions privées, mais plus jamais de l'ordre de la vérité de structure, du cadre général révolutionnaire (toute révolution qui nie cette position tombe historiquement). 
L’étatisme gaullien et son libéralisme social très équilibré et sa volonté d’une sorte de capitalisme national. Rappelons : il n’y a pas de capitalisme individuel en France qui investit dans l’économie, comme aux USA, et donc l’Etat doit se substituer à ce manque et planifier, un minimum, l’économie ; ce que rompt, détruit, abat l’Europe ; sans l’Etat la finance, le capitalisme dépècent les peuples, partout, toujours ; les corses livrés à eux-mêmes seraient la proie des mafias d’Italie et les russes ou de quiconque, parce que l’Etat ne les défendrait plus et que les individus sont sans aucun recours sans l’Etat, sur le mode français, tel que pensé et projeté en 1789 et repris avec clarté par De Gaulle. Capitalisme national (que l’on a caricaturé toujours comme nationaliste, ce qu’il n’est pas ; nation fait référence à concours des volontés à l’unité ; volontés égales l’une à l’autre et distinctes qui s’organisent ensemble, et donc libres ET universelles ; quadrature du cercle mais les français furent possédés par ces principes, ils n’y pouvaient rien, et devaient subir cette prouesse historique  ; c’était plus grand qu’eux parce que c’est plus grand que tout … plus grand que n’importe quelle société, y compris française (qui réalise pauvrement la richesse de ces intuitions organisationnelles prodigieuses).
Pour ce qui est des immigrés, seraient-ils polonais ou arabes ou musulmans ou financiarisés et capitalistes, la question est ; respectent-ils ou non l’esprit ? C’est la seule et unique question. L’Europe respecte-t-elle la France ou pas ? C’est le seul problème. Techniquement pour ainsi dire il n’y en a pas d’autre. 
Autrement dit vouloir limiter Zemmour (outre ses excès théoriques et donc idéologiques, ou idéologiques et théoriques si l’on veut) c’est ne pas admettre qu’effectivement nous sommes passés d’un monde ordonné à un non-monde (et un monde ordonné sans doute étouffant ; « la France s’ennuie » titrait le figaro, et du jour au lendemain Mai 68, mais sur toute la planète cela tînt lieu de renouvellement). Ou si l’on préfère ; dans les années soixante, soixante-dix on croyait changer le monde, et c’est le monde qui nous a changé, et ça n’est pas jojo. Nous en sommes défigurés au moins en partie, sans visage et non-reconnaissables (Zemmour prétendrait "changés en totalité" ou dans notre identité même, non pas identité « française » au sens du beauf de Charlie, mais identité de la création, de l’invention historique qu’est la France, celle universaliste et libre, Etat et humanisme). 
Qu’il y ait plus de libertés pour chacun, et qu’il y ait des richesses, humaines, ajoutées au monde, c’est certain, mais ne sont-ils pas de simples effets secondaires (dont chacun profite et certains plus que d’autres, et certains beaucoup plus que tous les autres) d’un désordre totalement irrécupérable et qui finalement se résume à ceci ; au lieu de conserver un ordre universel et libre (qui s’incarnait dans la nation des volontés égales, mais de fait limité) on aboutit à un monde déchiré cent mille fois par tous les intérêts particuliers (identitaires et ultralibéraux, narcissiques et éperdus ou perdus tout court, fanatiques, etc) et ce sans aucun recours idéel et régulateur en quelque pensée ou vision que ce soit ; un aveuglement, dont le concurrentiel est fondamentalement l’opérateur. 
Sans doute le concurrentiel est-il de tous temps, mais on avait trouvé une torsion historique afin d’équilibrer autant que faire se peut ; la mondialisation ne fut rien d ‘autre que le retour d’un capitalisme, d’un colonialisme tous azimuts, y compris mental, le retour de celui, sauvage, du 19éme qui se déployait en interne dans chaque nation.

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Vu du réel

24 Mars 2018, 12:52pm

Publié par pascal doyelle

Des mondes particuliers, un par un, séparés, ayant inventé le langage et la représentation, la parole et les échanges, et globalement la mise en forme culturelle du monde, territorialisé, mythologisé.

Mises en forme culturelles qui seront outrepassées par la méditerranée, et son acculturation, sa ré-anthropologisation. La structure qui crée et élabore les contenus. 

Découverte que nous produisons les représentations, nécessité de penser cette capacité de création de contenus ; délimitation de cette capacité par dieu, la pensée, le sujet et enfin l’altérité.

Dieu et la pensée confluent dans le sujet, soit donc le christique (qui reprend intégralement toute la pensée grecque) ; puisqu’il n’existe plus de monde particulier, chacun se retrouve tel un corps (le christique) à la surface du monde (les grecs). Il n’est plus de mondes différents, et donc il n’est plus qu’un seul monde unique universel. Le corps n’appartient plus à une communauté mais est « à lui-même », ni homme ni femme, ni libre ni esclave, ni riche ni pauvre ; cela abat la totalité des catégories qui organisaient totalement l’ensemble de toutes les sociétés humaines ; il n’est plus que des individus à la surface du monde, soit donc des sujets sur l’étendue du donné (le tout commençant d’être décrit par Descartes, qui se continuera par Kant, Hegel, Husserl, Sartre et Lacan, entre mille autres versions et approfondissements, dont aucune ne doit, peut être exclus ou ignorée).

Les mondes particuliers créaient des synthèses du donné (et inventaient le langage, la représentation et ses symbolismes et la parole, etc) supposant (tout à fait logiquement en somme) qu’il y ait une unité de la représentation et du monde (on est maya parce que l’on nait maya, sinon on n’y comprend rien, et on n’y comprend rien dans son corps même, son regard, sa perception, etc),

Par contre on s’aperçoit autour de la méditerranée qu’il y a production de représentations ; et donc il faut prendre en compte et non plus seulement décrire ou représenter ou synthétiser le monde, la communauté, son symbolisme, il faut prendre en compte « cela » qui crée. Dieu, pensée ou sujet (christique d’abord cartésien ensuite) sont les manières de commencer de définir « cela » qui crée. Notons bien qu’il se peut que cela soit dieu ou encore la pensée, le logos, on ne sait pas. Par contre on est certain qu’il s’agisse de toute manière du sujet ; parce que le sujet existe ici et c’est cela que signifie et que signe Descartes ; ça n’est pas, pour nous ici bas, ailleurs que cela se produit d’abord, c’est ici qu’il existe une articulation.

C’est ce qu’opère Descartes ; non pas la fondation d’une vérité, d’un système, mais le retour sur cet-être disposé là sur la surface du monde et conséquemment il dé-couvre l’étendue : que tout-est-là, excepté l’articulation même qu’il réserve à dieu, mais à dieu en tant que notre-être est, potentiellement, sa trace ici-bas, ici même, ici et maintenant, trace du temps cartésien ; et que donc cette logique, cette articulation est ici-même observable ; et si elle existe-ici c’est précisément de l’analyser qui comptera. C’est donc la réflexivité qui non pas réfléchit sur un système, mais qui fait-retour, réfléchit, sur cet-être ici-même. Qui fait retour-sur et re-tour, nouveau tour, amplification soudaine du rayon de l’attention.

Kant augmentera le rayon de la réflexivité ; il détourera tout le donné sur-pris dans la structure transcendantale et Hegel dressera tout le panorama des deux phénoménologies ; phénoménologie de l’historicité de la négativité, de la conscience active, et phénoménologie du savoir (comment toutes les idées, les intentionnalisations nous viennent, à partir du point unique de l’esprit, lequel est littéralement vide sinon, sauf qu’il est empli de toutes ses possibilités actualisées au fur et à mesure).

Tout est ainsi retiré ; il ne reste rien, tout est dit des intentionnalisations qui eurent lieu ; reste donc à observer et analyser cette structure (le sujet cartésien, le sujet transcendantal, la négativité hégélienne) et insister sur sa volition tout à fait spécifique ; à savoir que ce ne sont pas les contenus qui créent les arcs de conscience, mais c’est l‘intentionnalité de cette structure qui engendre les idées, les images, les systèmes, les perceptions, etc.

Sauf qu’il reviendra à Sartre de séparer tout à fait et structurellement cette structure ; non tant de définir cette séparation que de montrer comme elle existe séparément (on verra pourquoi) ; l’intentionnalité n’est pas attachée à des contenus (ce qui finissait par tomber dans l’idéalité, l’idéalisme, ou présupposait l'idéalisme ou la finalité sensée, significative, en somme l'unité des réalités ou l'unification à venir) mais cette structure est attachée au corps, à l'individuel vivant ; à la structure de ce drôle de sujet dans le monde, parmi les autres, dans l'histoire, et du moi tel que disposée lui-même dans le donné-là et non pas relevant d'une intériorité ; que l’intentionnalité puisse intentionnaliser tout, potentiellement, partout, constamment et n’importe comment. Qu’elle ne soit pas du tout assignée à la raison, au beau, à la justice ou morale ; ce contre quoi bataillaient Nietzsche et Heidegger, qui voyaient bien l’excès du réel sur les régulations habituelles classiques, sur la réalité elle-même et que l'unité était ailleurs que dans le donné. Élévations classiques qui s’utilisaient pour augmenter (grecs) ou accélérer (christique) l’intentionnalité, la motiver, la mobiliser et que l’on puisse élaborer des systèmes intentionnalisateurs, ou un sujet christique organisé  ; seul ce qui est ordonné, organisé peut correspondre à notre intentionnalité, qui sinon d’éléments décousus ne sait rien faire, elle se perd ; le système, la systématique fut utilisée afin que l’intentionnalisation devienne notre capacité même.

Hors morale et hors raison et hors tout, et qu’elle soit instanciée en et comme corps ; pour les français rien ne remplace les corps, il n’y a pas de puissance ou de vérité en plus des corps, individuels, un par un ; c’est moi que je peins (Montaigne), je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple (Rousseau) ; je est un autre ; le vécu est insensément éprouvé, mais ne tombe pas dans le mystique ou la grandiloquence.

Et c’est bien ce qui distinguera qu’il n’y ait pas d’affects absolus pour Sartre ou Lacan (tel l’Etre heideggérien) ou de surpuissance (Nietzsche), en sorte que l’intentionnalisation, ce processus, ce procédé (inventé par un corps mais qui est reçu par ce corps comme une externalité et qui créera sur ce corps donné une autre-surface du corps, recevant les signes, non seulement le langage mais tout l’ensemble de la signifiance) en sorte que l‘intentionnalisation ne cherche jamais à remplacer sa forme par quelque contenu que ce soit (qui de toute façon serait faux ; de même que les idéalistes allemands s’acharnèrent à dénouer le sujet, vide, cartésien et crurent possible de substituer à la structure, au vif et en acte chez Descartes qui se désigne mais ne se nomme pas, une sorte de super-idée, qui permettrait de réintroduire dans le discours (un super-discours ; seul Hegel y parviendra, on a vu comment ; en ne supposant rien de l’esprit, seulement la reconduction de tout ce qu’il avait intentionnalisé, c’est bien pour cela que Hegel « invente » la phénoménologie : le rien de l’esprit est structurel, la totalité est l’externe plein à partir de cet interne vide), les idéalistes tentèrent de réintroduire la structure comme si elle était un mot ou une idée ; or elle n’est pas une idée (et on ne réalise pas le logos mais « cela » qui crée la pensée ou plus tard la raison).   

L’acceptation que la structure existe avant tout et que ce soit évidemment elle qui prédomine après tout, ne peut s’effectuer que si on parvient à définir ce que l’acte institue et comme il s’agit de l’acte même du réel, ce qu’il instancie. Et cet acte est d’une part l’arc de conscience (qui dispose de toute intentionnalisation, quelle que soit ses contenus, perceptions, idées, images, etc) et d’autre part le présent ; l’exister de tout ce qui est, est structurel, formel. Et cette forme accompagne toujours n’importe quelle part de la réalité, et de fait cette forme précède toutes les réalités ; aucune n’existe sans le présent, l’exister pur.

Ce qui revient à dire que certes on se représente, on use du langage, on est informé par des échanges, on est soutenu ou écrasé d’un vécu, d’un passé, d’un imaginaire, mais là au-devant existe le monde, la réalité et l’accès à la réalité est tendu par le point-de-réel qui vous divise, qui vous décentre. C’est pour cela que l’on n’est jamais « soi-même », l’identité est toujours une dynamique et non un  être, bien que le désir s’alimente toujours d’une complétude, qui n’existe pas, qui croit qu’elle est ou peut être, alors que notre « identité » étant structurelle est mouvement et possibilité, et donc pas une identité du tout ; toute la technologie, mentale, grecque, christique, sujet, altérité (y compris Nietzsche et Heidegger, bien que l’on voit comme ces deux là tendent à s’illusionner) consiste à organiser le mouvement, structurer la forme arc-de-conscience qui est un arc ouvert, une boucle sur la surface du réel, qui lui-même est une telle boucle ou vague gigantesque.

de la non relativité

C’est bien une vision restrictive du moi, installée à la suite du 18éme, que de croire que son être demeurera tel quel, intouchable, intouché, alors qu’il n’est qu’une formation concrète, certes et absolument essentielle, mais relative et relative non pas à un splittage (genre marxiste, structuraliste, scientiste, objectiviste, voire étatiste, cad vu de l’extérieur, observé d’un entomologiste) mais relative au sujet, à la structure décrite par Descartes (qui décrit seulement un être spécifique, pas un « être » donc, et en partie donc accélère son élaboration mais ne le crée pas, comme si cette structure (en dur) était une « idée » (malléable et idéologique ; c’est un Réel cette structure, pas une image molle). Et ce sujet est l’aboutissement de la réflexivité grecque et christique ; la fondation qui se retourne vers elle-même et se considère (afin de reconnaitre et connaitre « cela » qui crée des contenus, des dieux, du langage, de l’échange, puis dieu, et ensuite le monde et le corps) ; tout ce qui suivra analysera la structure en mouvement.

Non seulement Husserl, Sartre, Lacan, mais aussi Nietzsche et Heidegger (en sublimant et sans doute imaginairement) mais aussi les interprétations de science et de tentatives d’objectivité (langage, symbolique et anthropologie, bio et technologie etc) ; l’objectivité selon le monde et les choses est elle-même une pensée de l’altérité ; elle trempe notre être dans ses conditionnements et ses causalités.

Ce qu’il faut nier c’est seulement que ces descriptions de compositions, de déterminations de notre être (qui sont efficaces, c’est évident) ne peuvent pas emplir tout le champ ; le champ dans lequel sont les choses et les causes, la réalité donc, est plus grand, ontologiquement, et ce champ se nomme le réel et réclame un savoir valant en lui-même et autonome et autogéré ; pour la raison que ce savoir renvoie à l’appréciation et l’intégration en-conscience de chaque’un (et on n’y vient pas sans se modifier, modifier l’acte même qui préside à tout ; l’attention-à ; la conversion, qui consiste à ne plus considérer comme « naturel » ou authentique notre être et entrer dans l’élaboration intentionnelle).  

Ça n’est pas la pensée qui veut réduire la science (ce serait absurde) c’est la pensée qui insiste et affirme que le domaine du réel est plus grand que les réalités qu’il contient, puisqu’il n’est que des réalités et non pas une seule, et que la philosophie voulut un temps réunir toutes les réalités en une seule, ce fut toujours sous le regard du réel (l’être, dieu, le sujet, telle altérité, la Volonté par ex) elle fut en vérité constamment le savoir de la structure du réel et non de tel ou telle connaissance en particulier (une connaissance est toujours de son objet, particulier). Dire que ce dépliement de réflexivité est un échec ce serait comme d’affirmer que la révolution ou les droits de l’homme ne se réalisèrent pas ; c’est absurde et la révolution (liberté-égalité) est le fondement même ce qui humainement existe (la révolution ne solutionne pas tout, mais sans la révolution rien ne l’est). Pareillement la philosophie ; c’est uniquement en rétrogradant sur une attitude seconde (moraliste, scientiste, idéologique, intuitionnelle et déterminée, etc) que l’on croit détenir quelque chose du monde ; on ne vient pas du monde, on existe sur le Bord du monde (qui est également le Bout du corps, le Bout du Bord ou le Bord du Bout comme on veut).

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Le mouvement du réel

17 Mars 2018, 09:37am

Publié par pascal doyelle

La liberté, et dix secondes

On a découvert qu’il existait un laps de temps entre la décision et la conscience de la décision ; de deux à dix secondes, le corps a déjà « décidé » de bouger le bras ou de prendre un café ou de tomber amoureux ou de faire la révolution. De là on prétend annuler quelque volonté et liberté que ce soit. Ce qui est tout à fait absurde.

Outre la valse de facilité qui ne définit nullement ce que par volonté ou liberté ou décision on entend dans cette expérience, il est très clair que liberté, décision et volonté ne se situent absolument pas au niveau d’un détail qui effectivement, personne ne songerait à le nier, est induit de la situation, des habitudes, des réflexes physiques mais aussi psychologiques et psychiques, et de tas de causalités en pagaille et dans tous les sens ; c’est évident.

La question n’est pas de « choisir » entre deux situations contraintes (dont l’une s’imposera plus que l’autre, il est quand même très rare que deux réalités soient parfaitement égales) et ça n’est pas ce en quoi se place et se déplace la liberté mais dans l’invention  de ne pas, justement, se retrouver coincer entre deux situations pesantes.

D’en modifier les conditions. D’en modifier ou plus généralement d’en inventer de nouvelles. Modifier les conditions cela revient aussi à prévoir une société humaine qui ne soit pas assujettie aux nécessités, externes ou internes et qui ne soit pas à elle-même sa propre ennemie. Modifier lorsque l'on s'ennuie dans un monde donné, c'est réinventer les signes de ce monde humain ; on a eu dieu, les prophètes et le Texte (qui a remplacé la Parole des tribus et groupes restreints) et texte qui proliférera comme Œuvres, signées, une par une et découplant sans cesse le regard et le signe, le signe et le corps, le corps et tout ce qui est. Pour modifier les conditions on ne peut pas se déployer dans une autre situation ressemblante, mais installer cette situation dans l’horizon, général, de toutes les situations, lointaines ou proches ou plus ou moins équivalentes ou peut-être sans rapport mais qui varieront la réalité ; ce qui ne se peut que si décisivement on possède qu’il y ait « un horizon » général et dépourvu de qualification ; bref un réel, unique, autre, indéterminé. On ne peut pas seulement se référer à un demi horizon ; soit on sait le plan, la surface  unique donnée là, le réel, qu'un réel, autre, il y a , soit on est déterminé (lorsque la perception est filtrée par des mobilités mémorisées, génétiques ou comportementales).

Autrement dit la liberté ça part d’en haut, du global, du général, de l’horizon, du réel ou de la perception. Et réclame des stratégies et des stratégies non seulement dans le monde, mais de maniement de cette liberté par elle-même ; soit cycliquement comme les sociétés traditionelles, soit dans l'idée qu'effectivement nous produisons nous-mêmes les contenus, et donc les grecs (contenus qui ne viennent plus du divin ou du sacré) soit dans la perspective que d'une vie naissance-mort comprise nous devons nous choisir (et donc le christique). Et c’est bien pour cela que l’on instancie un absolu ou dieu ou la pensée ou le sujet ou le mana ou le manu, tout ce que l’on voudra, et pour cela que l’on institue que chacun soit libre ; ayant devant soi la possibilité même de sa vie (ce en quoi le christique tenait chacun en le projetant d’un point-autre, hors naissance et mort de cette vie, et en quoi la pensée grecque permettait à chacun d’être plus grand que lui-même, cad universel, et le monde donné plus étendu, selon l’être). Pour occuper, par un signe, un  lieu non donné, non contraint, et qui re-vient vers nous et permet de re-situer les situations de toute sorte, toute sorte de langage, de perceptions, de possibilités, etc. On peut très bien supposer comme horizon le déterminisme généralisé, mais ça reste une décision. Ce qui veut dire une idéologie.

Or donc : pour être libre il faut penser, ce qui tombe très bien parce que l’on pense toujours. Qu’il y ait un horizon qui permette tous les horizons seconds, que toute la pensée vienne en une fois lorsque l’on s’aperçoit que l’on ne reçoit pas, passivement, un contenu mais que l’on produit, activement et cette fois volontairement, des contenus (des idées, des systèmes, qui sont des machineries intentionnalisatrices qui augmentent les distinctions en pensée qui sont des différenciations dans les choses), et que tout vienne en une fois du sujet lorsque surgit le christique qui place intensément toutes les articulations qui auront lieu durant les 20 siècles suivant. Mais si on institue une définition de notre être qui ne relève pas de ces structures, formelles, et que l’on  nomme Volonté ou Etre ou Raison ou matière ou ce que l’on voudra déterminé dans le donné ou matériellement, ou encore que l’on confie la forme christique par ex à une église et une institution humaine (ou la révolution à un parti défini), l’acte, la décision, la possibilité qu’est la forme même est perdue et enfoncée al tête sous l'eau, dans le monde et la détermination ; c’est en ceci, qu’à l’inverse, l’humain est outrepassé par le christique ou par la révolution ou par la liberté ; la révolution c’est beaucoup, beaucoup plus grand que tout ce que l’on réalisera (ce que Kant comprend très bien, comme idées régulatrices, ce qui signifie « pas des idées du tout », de la structure comme fait brut), c'est insoutenable par l'historicité même, pareillement la vérité comme principe (grec) ou la liberté. 

L’hypothèse, admise universellement par l’historicité même, de la liberté n’est pas idéologique mais factuelle. En ceci qu’étant tout à fait vide et formelle la liberté n’engage à rien, sauf à maintenir et partager et propager la liberté. Ensuite on peut dire que la société abstraite des droits  soit un cache misère de la domination, mais on ne pourra remettre en cause la domination que dans et par un système qui, au moins, au minimum, propose, ne serait-ce que théoriquement, la liberté. Tout autre positon est inconséquente et juste une fétichisation de ceci ou cela (d‘aucun diront que l’horizon est la matière énergie, l’économie, le grand marabout, les chenilles bleues ; la liberté ne signifie rien et c’est pour cela qu’elle est originelle et indépassable, formelle et stricte et toujours présupposée par quelque hypothétique corpus que ce soit ; que la science extrapole abusivement telle mécanisme local à la totalité, ou que l’on tienne arbitrairement à telle idéologie ; que la liberté soit posée, intacte, puisqu’ontologique, veut dire que c’est seulement par ce biais de structure que tout changement est possible et que supprimer la liberté originelle et structurelle c’est s’enfermer dans de la définition (qui n’étant pas du tout assurée scientifiquement et objectivement est toujours immédiatement idéologique) ; et l'abandon de la structure de la liberté rend impossible que quelque réalisation humaine change ; c’est essentiellement appliquer aux autres et à soi, mais surtout aux autres, qu’il n’y ait que cette version-ci du monde. Qu’il n’existe pas d’autre monde humain, politique, idéologique. La liberté, formelle, impose un maillage relatif et invisible à chaque point, chaque arc de conscience et donc rend possible que l’horizon du réel pénètre le monde humain, qu’il cesse de se refermer sur une représentation (société ouverte ou fermée de Bergson par ex). L'horizon du réel ne passe dans nos mondes que par le biais de celui qui pense (ou crée), qui se libère (par le christique ou Descartes ou Marx ou Nietzsche ou Lacan), par celui qui perçoit (scientifique ou poétique ou esthétique, etc).  

Mais la liberté est aussi finalité ; au sens d’être à elle-même sa propre finalité ; en ceci que si elle se produit, se crée, se fabrique c’est un par un et un pour tous ; et finalité donc mais finalité tout à fait incontrôlable puisque c’est elle qui doit contrôler et contrôler par le haut, et non selon tel ou tel geste plus ou moins mécanique. Ce qui rend raison de ces technologies structurelles que sont les esthétiques, poétiques, éthiques, politiques ; qui ne visent pas à réaliser une pseudo « nature humaine » mais à expérimenter ; expérimenter et dans tous les sens, expérimenter la structure dans les œuvres ; sans les œuvres on ne sait pas ce qui est possible ; sans l’esthétique jusqu’aux révolutions on ignore le possible et sans le moi que l’on est on ignore jusqu’où cela avance en un corps. Les oeuvrs viennent d'en haut. ou d'en-avant, dans le présent virtuel qui se presse sur nos yeux, qui impose sa formalité qui n'est pas mais ex-siste. imprévisible le christique ou Platon, imprévisible la révolution (qui a dépassé de bien haut les français eux-mêmes qui perdaient la boule). 

L’incompréhension c’est de penser vouloir saisir sous la forme du monde, de la détermination, ce qui se crée formellement à la surface du réel et par la perception par le statut des coprs par ex ; la surface du réel parce que le réel est une surface et que sur celle-ci les boucles non fermées de chaque arc structurel travaillent et œuvrent ;  la perception augmentée par les grecs et la perception intensifiée par le christique (par dieu auparavant et ensuite rendu concret par le sujet, cartésien).

Toute définition de détermination est déjà prise dans l’hypothèse de fait. Si on observe objectivement on réduit aux données échangées. Si on observe structurellement on part du principe que de fait il est un écart, celui-là même qui permet de penser, d’imaginer, de visualiser, de percevoir, et que percevoir selon un horizon n’est pas percevoir dans le monde. La technologie employée est celle de l’intentionnalité ; on intentionnalise, on place et déplace un signe, lequel est un rapport, capable évidemment d’entretenir, de produire et d’inventer des rapports (ce qui est rapport est déjà de toute façon système de systèmes et le système des systèmes n’est pas un autre système mais le réel, cad l’arc de conscience posé là sur l’horizon du vrai monde, du monde réel, via le corps ; ça n’est pas un « système » c’est une articulation structurelle) ; la liberté nait donc de la perception au sens de significativité, qui est immédiatement selon le donné et le corps et instantanément selon la structure, ce qui veut dire pas immédiatement du tout, mais stratégiquement toujours supposé (imagé, imaginé, signifié, joué).

On entre donc toujours déjà dans la fabrication des signes (il n'y a rien de "naturel") ; on fabrique des signes de signes et ce sont des phrases ; on peut bien produire ici et là des méta-systèmes mais ils sont toujours internes au système existant, cad au système formel ex-sistant, à l’articulation effective à la surface du réel. C’est que ça ne plaisante pas ; c’est ce à quoi s’attachent Sartre et Lacan : Sartre selon l’externe de l’activité de conscience et Lacan selon l’interne de cet externe ; cad selon le corps, selon l’arc de conscience qui se produit et affecte le corps. Insistons : l'interne de Lacan est dans l'externe de Sartre et du monde donné là, du corps ; toutes les intériorités pourraient être intégrées dans cet interne et externe, sauf que l'intention par ex cartésienne, ne se situe pas au même niveau ; Descartes élabore une stratégie surabondante (qui sera celle précisément à partir de laquelle on pourra envisager les déterminations, les causalités qui pèsent sur notre liberté ; c'est pour cela que le sujet, Descartes ou kant, etc, est le sujet en retrait et Descartes ne propose pas un définition de notre être mais expose une structure réelle qui Voit, qui parle, pense, imagine, a un corps, etc ; il décrit un Réel et non pas propose une "idée").

(depuis Descartes qui a exposé aux grand vent du réel le sujet même, sur l’étendue bien effective du monde, dans le micmac difficile du corps/conscience, on élabore littéralement les possibilités qui seront dites intentionnalisatrices, avec Husserl certes mais d’abord avec Hegel, qui manifeste les tours et les détours du nouveau tour qu’imprime Descartes à la structure dite du sujet ; le sujet est une élaboration technique et vécue, éprouvée et supposée (en bref pensée et activiste à la fois) ; Kant marque le point de rupture en marquant, délimitant le territoire du sujet, le sujet étant ce territoire même ; Hegel ne s’y trompera pas puisqu’alors tout est ici, même nouménal, c’est ici ; il reste en somme de comprendre que le nouménal est le pli, le pli non pas « du » réel mais que le réel est le pli lui-même et que tout ex-siste, se déploie dedans-le-pli ; c’est bien parce que le pli est ici (et qu’il est formellement tout le réel) que l’on y a accès même si c’est extrême et extrémiste ; le réel, qu’il y ait un « réel » est un extrémisme ; il est impossible de croire que le réel soit une facilité ou un donné-là, étal, inerte, serait-il complexe ; il est plus que complexe ; il est distordu, cad autre pour-lui-même)

C’est votre corps qui est atteint par le devant, en-avant de lui-même ; lequel se crée sur l’horizon, pas tel ou tel horizon mais l’horizon unique du monde donné « là », non accessible, sinon il rentrerait dans le donné et ne se tiendrait pas au bout. La structure de fait est celle-ci : il ex-siste toujours un signe en plus, qui chapeaute tous les autres (en réalité il existe toujours des tas de signes en plus, toute énonciation produit un en-plus, sinon on ne dirait rien, on répéterait le même, ce qui n’aurait aucun sens du tout, rendrait toute parole, pensée, échange impossibles ; de se signifier comme moi-je est le signe en plus ; on ne sait pas si c’est Je qui parle de Jean-Pierre ou Jean-Pierre qui parle de lui-même : « je suis Jean-Pierre », mais qui est ce « je » ?).

On dira qu’alors ce sont les signes qui commandent ; mais aucun signe ne se ballade tout seul, et si celui-ci signifie c’est de montrer là-dans le monde une chose ou un être ou une donnée ... ou un autre signe, qui après tout est d'abord une chose comme les autres, matériellement ; on voit avant de lire ; c’est pour cela qu’en définitive de tout il revient à un inconscient de signifier sur ce corps même le Bout du bout de tout (pour ce corps là, pour cette cervelle là, pour ce singulier là). De quoi on en déduit que l’on est toujours au Bord du bout, même si l’on s’efforce de faire semblant que non. Là-devant le gouffre, qui est un gouffre décisionnel absolu ; le prochain présent décide toujours de tout le reste, de tout le passé, de toute la mémorisation ; la moindre variation de signe modifie l'ensemble des signes et donc des corps et des choses ; c’est la mémoire du kaléidoscope ; la réinterprétation dépend de ce que l’on va non pas penser mais intentionnaliser, ce qui requiert, mobilise quantité de tout ce que l’on vu, imaginé, pensé, décidé.

On ne décide pas nécessairement de tel ceci ou tel cela, mouvement, image, représentation, langage ; on ajoute-à, à tout donné là ; en vérité l’arc de conscience est une machine extrêmement soft (sinon elle ne tiendrait pas dans la réalité des choses et des corps déterminés lourdement) à créer des points de réel, et pour qui les signes sont des réels et sur lesquels s’incarne toute sa puissance, au sens d’énergie, littéralement ; et ce sont ces circuits, puis ces réseaux, cette architecture qu’il faut élaborer (les esthétiques créent des réseaux de lecture qui embraient des stratégies à profusion) ; ce qui fut fabriqué à partir de dieu, de la pensée, du sujet et de l’altérité ; de même tout moi est déjà œuvré, il est déjà en plus ; il est autre que les signes de son vécu, de ses parents, héritage, acculturation et d’autant plus lorsque chacun est amené à se vouloir lui-même et non plus seulement humanisé selon l’universalité mais personnalisé !

Un rond-point, en-plus de ce qui est, et qui risque constamment de modifier ou bouleverser toute la précédence et qui modifie, module, renouvelle et recrée ; de même que les grecs retournent le monde, et que le christique renouvelle toute vie ; en ce sens que le présent est potentiellement, et structurellement et ce également dans le monde même, plus grand et autre que l’acquis, le réalisé, la détermination, en quoi existe, en plus de la détermination, le présent. Si le réel est plus grand que lui-même, c’est bien là son sens et sa signification, son orientation, sa direction ; qu’il faut prendre au pied de la lettre ; ce qui doit venir est plus grand, bien plus grand que ce qui fut. Ce à quoi chacun est confronté. Par exemple le tomber-amoureux du moi (qui est SA plus grande expérience possible, ce qui veut dire en clair que pour le sujet, qui est autre dans le moi, il est bien d’autres expériences ouvertes, ceci soit dit en passant) le tomber-amoureux est le point-autre qui désigne l’il-limite ; dira-t-on que cela n’apporte rien ? Évidemment non. Ce point-autre manifeste et invinciblement puisque l’on n’y est plus rien de déterminé sinon vu de ce point-autre et que l’on a atteint alors de fait le Bord ou plus exactement le Bout du corps possible.

Qu’il n’y ait aucune trace possible mais que néanmoins l’expérience du tomber-amoureux (ou toute autre expérience de structure) soit formellement universellement partagée et connue et éprouvée, veut bien dire que quelles que soient les rasions, les causes, les attirances, les vécus, il est une condition formelle absolue et d’autre part que l’on puisse éventuellement trouver mille et une causes déclenchant l’attirance pour telle personne (et non telle autre), n’implique en aucune manière que toute cette causalité soit explicative ; puisque ce qui est perçu, soudainement, c’est non ce qui est donné tel que là en cette personne, mais ce que potentiellement on en espère, attend et atteint ; la perception soudainement décentrée n’est impliquée nulle part, c’est elle qui recentre et qui fait-voir ce que selon le moi que l’on était on ne pressentait même pas ; on ne sera plus le même, en ceci que le noyau structurel, la structure sera bougée, modifiée, déplacée ; le noyau ce par quoi on perçoit tout le reste. C'est ce qui arrive incompréhensiblement aux adolescents, partout, toujours, formellement.  

Dieu, pensée, sujet, altérité

Pareillement de se convertir ou de penser ou de réfléchir le point que l’on est, sur la surface de l’étendue cartésienne du monde, ou l’évidence que l’altérité est à l’origine de tout ce qui est et que l’altérité, plus grande encore, est la finalité de tout ce qui est

(ce qu’entendent fort bien Nietzsche et Heidegger, et ils forcent le trait de son inhumanité ou surhumanité, quitte à n’en pas savoir définir le moindre commencement ; il vaudrait mieux se concentrer sur le sur-divin, qui nous emplit à foison depuis des siècles, constamment :  la précision grecque, le décentrement radical du christique ou la suspension cartésienne ou de l’inouï rimbaldien ou le cadre structurel de la révolution, ou encore l’altérité profonde de tout je dans le moi de chacun, sa dépression ou ses tours et détours, ou les persistances d’autrui ; en comparaison l’Etre et la Volonté paraissent très idéalistes, voire imaginaires, sauf qu’évidemment Nietzsche et Heidegger dé-couvrent des articulations par leur excentricité même qui n’est nullement fantasmagorique ; d’une part la Volonté comme étant la volonté, mais Autre… et d’autre part le « ce dans quoi les choses existent », à savoir l’Etre qui pour H est une forme vide, et même obscurément le néant, dans lequel apparemment « se produit » quelque dieu ; resterait à interpréter correctement ces intuitions, guidées elles-mêmes par l’altérité brutale du réel).

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