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instants philosophie

Les grecs et le christique, l’enjeu

13 Avril 2017, 08:57am

Publié par pascal doyelle

L’aventure christique enchâsse intégralement l’exploration grecque. Nul ne songe à s’en étonner. Et l’enjeu du christique et des grecs est crucial ; selon ce que l’on en comprend tout se modifie, dans le kaléidoscope ontologique.

Pour cela il faut se hausser au niveau de l’élaboration qui se produisît. On présuppose habituellement, vaguement, qu’il est une sorte d’accumulation, l’un profitant de l’autre ou réciproquement, mais un tel arrangement ne rend absolument pas compte du réel qui eut lieu et qui devait transformer complètement l’anthropologisation. La vérité est plus extravagante, extrémiste, activiste, suréminente ; grec et christique participent d’un seul et même mouvement, intégral et intégrateur (de chaque corps). La méditerranée a inventé et découvert la structure antérieure à tout contenu et qui s’expose ainsi tout uniment au monde même (universel) via le seul corps vivant et humain, arc de constante ampleur. Un seul et même réel, et ce en suivant deux possibilités ; le monde, grec et le corps, christique.

Les grecs découvrent le monde, le christique invente le Corps, l’autre surface du corps. Celle qui fut toujours activée mais recouverte par les groupes humains divers et variés et qui se dé-couvre là, par un-seul, à nu, rejeté de tout monde humain, exilé mais universel et qui crée cette universalité en tant que parfaitement singulière ; se saisir du corps c'est admettre tout le potentiel, toute la puissance.

Monde et corps, il s’agit d’une seule et même structure originelle ; celle qui dé/borde vers le monde et celle qui renouvelle le corps, c’est-à-dire tout. C’est arrivé autour de la méditerranée et ce mouvement aurait pu surgir ailleurs et par d’autres (et il y eut effectivement des possibilités ailleurs et autrement, dont on ne peut se soustraire). Il se trouve que c’est apparu par le judaïsme, le christique et les grecs (et toutes les diverses influences que l’on peut admettre de la quantité de peuples, du Moyen-Orient à l’Afrique ; la méditerranée, rond-point des possibilités).   

Si l’on se contente de juxtaposer l’exploration grecque et l’aventure christique, on n’y comprend rien. On croit que, a priori, on pourrait plus ou moins dénicher une correspondance, un raccordement, un bricolage de notions, un rapport extérieur entre le monde grec et la dimension chrétienne. Or non. Dès que l’on s’engage dans la définissabilité on tourne en rond ; on est dans l’impossibilité de stabiliser la qualification, sinon à partir de quelques notions plus ou moins bricolées ; et plus généralement on ne peut pas déterminer objectivement, selon le mode d’un objet, cette existence qui se présente exclusivement comme Une, pensée-une, corps-un, et ne peut être reprise que dans la forme même de son propre Un, le Un de son arc de conscience ou le Un du présent comme structure originelle.  Pas de méga-contenu, l'exister même est une forme-méta, en-plus. 

Il est clair que le christique ouvre infiniment la possibilité du corps, du corps Créé, du corps-en-plus, de cette surface-autre ; du corps potentiel qui supporte les signes, le langage mais le langage utilisé dans et par une structure, dans un re-tour, un nouveau tour que celui-ci se doit à lui-même, par fidélité si il veut éprouver son exigence qui sans cesse dans le présent ré-instancie, renouvelle la surface potentielle (autrement dit le puissance d’éprouver, de percevoir, de décider) et non plus le langage au-sein-d’un-groupe. C’est le tour de force du christianisme d’avoir rendu possible que chacun s’acquiert soi et ce de par soi ; certes via un-seul-corps, le-seul-corps, et d’autre part la seule communauté, la communauté en esprit (en rapport à) et non selon le monde, puisque le monde divise (selon les intérêts mortifères) tandis que l’esprit unit chacun, ayant son esprit propre, chacun uni à tous et se reconnaissant les uns les autres ; ce qui s’effectue d’un seul-autre-regard. Le chacun sera creusé de plus en plus profondément sur l'inépaisseur du Bord du monde et du Bord du corps (de Descartes à Lacan).

Soit donc d’obtenir la surface-autre d’un corps susceptible d’admettre la pluralité des signes. De se constituer comme centralisation de l’information, de mener sa propre intentionnalisation et bien évidemment tout d’abord en fonction d’un-seul-corps, le corps du christ. Il ne faut pas se tromper ; le corps nietzschéen est second par rapport au christique ; c’est une variation. C’est bien parce qu’il y eut le christique et Descartes (le mouvement structurel dont témoignent le christique puis Descartes et suivants, en restructurant l'arc de conscience tel que présent au monde-étendue dans le moment suspendu du doute-cogito-infini-étendue) que les sujets sont en capacité de s’auto-affirmer (Nietzsche veut « briser l’histoire en deux » au nom de cette auto position, Nietzsche mais aussi tous les grands sujets et les petits sujets ; Rimbaud reconnait exceptionnellement cette dépendance ontologique, parce qu’il Voit bien, avec lucidité, qu’il et que chacun se tient de là, du christique Enfer et Illuminations comme évangiles accélérés de l'épreuve portée par le corps, et c’est une surhumanité, un divin sur-christique qui revient dans les illuminations, qui remplaceraient les béatitudes : le génie, l’autre-corps).

Chaque « arc de conscience » ne signifie pas « subjectivement ». L’arc de conscience est la structure antérieure, celle qui existe originellement, bien avant la pensée (métaphysique, jusqu’à Descartes) ou la raison (transduction de la pensée à l’usage du et à partir du 18éme), antérieure à la représentation, antérieure au langage et à tout groupe ou monde humain. Antérieur ontologiquement ; ce qui veut dire ; qui s’inscrit dans l’ontos, la structure du réel ; la même conscience, qui que l’on soit, quoi que l’on soit, issue de ce monde-çi ou aborigène d’Australie ou égyptien de – 1000 av JC : la structure commune et chaque fois une. Antérieure à tout corps, non en ceci qu’il y ait une éternité ou une extériorité de l’arc (ce dont on ne sait rien du tout) mais en cela que ontologiquement l’arc se produit et re-crée le corps, comme surface-autre (qui supporte les signes) à partir du point-Autre qu'est la position du réel comme Bord du monde ; en retour se crée la surface du corps, opérant le re-tour, le nouveau tour, le renouvellement.

La structure antérieure est non seulement universelle mais plus encore ; elle est singulière et manifeste que le réel, la dimension la plus hyper objective qui soit (à notre connaissance) se tient de la singularité pure et brute. L’arc de conscience est une structure réelle, effective, valant par elle-même et tout est relatif à cette structure qui ne l’est pas, relative. Un langage ne tient que par et dans la parole. Une œuvre n’apparait que dans et par une conscience ; et appelle la mise en forme de l’arc de chacun ; il faut se rendre capable de l’arc supposé par Rimbaud, et cet arc est hyper objectivement créé dans et par sa tension rendue active, extrême, poussée bien au-delà et insituable, puisque c'est elle qui place et déplace les lignes. Sinon Rimbaud n’apparait pas, et si on ne peut pas rendre objectivement compte de cet arc créé, ça n’est pas qu’il soit infra-rationnel ou supra-universel, auquel cas il faudrait supposer une détermination essentielle, idéelle, idéale, mais c’est bien que c’est d’objectivité dont il s’agit sous la forme du méta.

Renvoyer l’expérience Rimbaud à un contenu essentiel n’a aucun sens ; il est impossible de découvrir un méga contenu, parce que Rimbaud est une position, un point d'accès et point d'excès, et que dans le point-Rimbaud s’ouvre quantité de perspectives qui ne s’aperçoivent que de ce point. Croire que cela suppose un méga contenu, fut-il universel, c’est finalement désespérer, et croire que ce point est seulement subjectif, c’est désespérer. C’est ne pas comprendre que la structure du réel est en forme de structure et de point et que ce point loin d’être non objectif entame la dimension unique et exclusive et tout à fait Autre et qui ne sera épuisé par aucune totalisation, ça on le sait depuis Sartre, mais qui ne sera pas même épuisé par un seul méta point de vue qui les réunirait tous ; le point unique exclusif est fondamentalement plusieurs, pluriel, ce qui signifie, lui-même, qui engendre tous les devenirs, est aussi et également un devenir, un méta devenir. Il n’y a pas de méga (contenu, la pensée hégélienne n’existe pas, le mouvement de penser seul existe) mais il existe un Méta (la forme qui se dégage à partir des grecs, du christique et jusqu’à Lacan).

Ce à quoi on assiste ; anthropologisation - réalité tractée par le réel formel - arc de conscience supportée par le corps ;
et c'est de fait ce qui nous attire, d'attirance ontologique extrêmement précise ; Sartre et Lacan en formulent l'analytique ; tout moi crée un sujet, de même que nous avons su engendrer les esthétiques, poétiques, éthiques et évidemment politiques, renouvelant toute l’anthropologisation.
Nous y sommes activement engagés puisque l’on a découvert le Bord du monde et quoi que l’on fasse on en est situé (et qu’il n’y a rien en dehors du Bord, comme de juste)
et ce que l’on crée c’est la réalité saisie par le réel (dieu et la pensée, le sujet et l'altérité),

Ce point-de-structure, fondation de tout donné, est le point comme articulation du Bord, en déséquilibre sur le bord qu'est le réel (ça ne peut pas être un tout, pas une détermination, pas un contenu), et le point-de-structure est pour tout corps le point-de-rupture.

On assiste ainsi au devenir de ce point ; la réalité est dans la forme du réel et cette forme du réel devient et ce devenir est agi par tel ou tel corps. C’est ce devenir de la structure qui est désignée comme Méta. Méta : ce qui vient après, en plus, autrement, dans et par l’altérité qui est constitutive, de et antérieurement à ce qui est. Ce à partir de quoi le réel crée la perception et le réel la réalité (de même que, dans le monde, la perception du vivant s'inscrit dans sa génétique, les trajets de chaque arc tissent le réel). C’est en ceci que la désignation s’opère au plus réellement ; selon le présent et selon le corps, puisque le corps reçoit l’arc et sur lui pèse toute la structure.   

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Histoire de la philosophie, structure de l’exister

8 Avril 2017, 08:09am

Publié par pascal doyelle

L’histoire se déroule en quatre temps ; dieu et en tant que christique, la pensée grecque, le sujet cartésien, la pensée de l’altérité (Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan).

La pensée re-tourne le monde, le christique instancie et renouvelle le corps, Descartes origine la pensée, l’altérité situe le sujet sur le réel.

Il ne s’agit pas d’un contenu, sorte d’hyper contenu (la Pensée, la Raison, l’esprit, etc) mais de la montée de la structure originelle ; celle qui se produit du réel, et structure qui existe indépendamment de la pensée et même indépendamment de l’universel ; il s’agit de la structure du singulier brut, ce par quoi on peut par exemple saisir que l’esthétique, le poétique se déclenchent à partir du Bord du monde, Bord que dessinent dieu-le christique, la pensée, le sujet et l’altérité.

Dieu, la pensée, le sujet et l’altérité se définissent à la limite du monde, un pied dans le réel, un pied dans la réalité ; une œuvre, esthétique, appelle à soi l’arc de conscience de chacun ; elle existe en et par de susciter en chacun la levée de l’arc ; on sait bien que l’on ne comprend pas une œuvre tant quelle n’a pas atteint le point de bouleversement, de basculement ; il faut lire Rimbaud comme si il s’agissait des évangiles, de notre évangile, ni plus ni moins. Et non de le lire comme dans une sorte de découpage en catégories réservées, celles qu’adore le compartimentage de la raison (qui croit tout situer en termes d’objets spécifiques), Rimbaud appartenant à la « poésie », éventuellement en tant qu’il manifesterait « l’essence de la poésie ». Rimbaud concevait Enfer et Illuminations comme son traité évangélique absolu, marquant ou ouvrant le destin du monde. Et de chaque conscience. 5Et ferment le sien...)

L’arc d’une conscience, prise dans une œuvre, relance la tension et au plus loin possible, et est modifié non tant le moi, mais en la source, la structure formelle qu’est son attention (de même que le réel est le présent, la « conscience » est l’attention, cad l’origine même du possible) ; ce par quoi on s’oriente (ou se désoriente) dans le réel. Est modifiée non en ses déterminations seulement mais en "sa forme de conscience" ; c’est le basculement, qui peut percevoir par la pensée grecque, respirer par le souffle christique, se voir lui-même cartésiennement (en passant des images au miroir même qui (se) perçoit, qui, par lui-même est perçu, au sens de « il est perçu un miroir »), et basculement de s’éprouver égaré dans l’altérité de cet univers.

Il n’est donc aucunement question d’introduire des ruptures dans l’occidentalisation générale ; puisque cette occidentalisation tient précisément d’instancier la rupture elle-même, le rompu, le décalage formel structurel comme principe ; les systèmes ou les acculturations peuvent changer (passer du christianisme à la révolution, par ex) ça ne change rien à la structure même qui est antérieure à toute humanisation et reste autre que tout ; elle n’a aucune représentation dans le monde, mais l’occidentalisation consiste à nommer, désigner, signifier, signer voire de cette structure non représentable même. C’est donc bien plus que d’ajouter un contenu, un monde aux mondes, une civilisation aux civilisations, c’est dénoyauter la structure même qui crée, produit, a effets de mondes humains, et qui ici, par l’occidentalisation, doit, comme structure, se tordre elle-même ; le miroir doit percevoir le miroir qu’il est. C’est cette torsion qui rend la philosophie difficile (c’est sa discipline même que d’approcher ou de saisir la structure antérieure à toute manifestation).

La mitoyenneté entre tout cela est obtenue à partir du 18éme comme raison qui remplace la pensée, nature qui remplace dieu, et le moi le sujet ; à la métaphysique (qui fondait la pensée, comme réflexivité, dans la perception universelle d’un discours : soit la pensée grecque des idées et systèmes, soit la pensée de dieu ou la pensée sur dieu) succède l’ontologie qui commence d’approcher la structure à l’origine de la pensée, l’arc de conscience de « soi » (lequel soi est le rapport lui-même et non une identité, non un contenu mais une forme une, singulière, individué, vide, sans rien mais arc-ticulé au réel comme présent) ; de Descartes à Lacan en passant par Kant, Hegel (et les deux phénoménologies des intentionnalisations possibles de conscience ; conscience et Logique), Husserl et viennent ensuite les explorateurs aventuriers dans l'altérité même ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan.

Mention spéciale pour ces deux derniers qui proposent une analytique de cette-structure, précise, qu’est l’arc, vide, de ce rapport qu’est la « conscience », qui n’a donc plus rien à voir avec le conscient (Sartre selon toute sa forme externe, Lacan selon toute sa forme la plus interne mais les deux assument, pour le dire, la forme Externe absolue, ce qui veut dire formel, de la structure ; tout arc de conscience est explosé vers le réel qui est tout entier exposition ; un réel qui ne serait pas réel est absurde ; autrement dit pour un moi c'est autre chose qu'une intériorité qui lui arrive, bien que ce mouvement ait pris la formulation de l'intériorité, de la subjectivisation, personnalisation ; il veut, décide, signe ce qu'il ex-sistera le long de son vécu, il se veut sous la forme du "(se) veut", qui est très complexe et cause de notre malheur fondamental).

L’arc est beaucoup plus grand que les identités, les mois, les contenus ou plus grand que la pensée ou la raison, mais toujours singulier et l’universel est un de ses effets ; en vérité une œuvre, une politique est beaucoup plus qu’universel ; c’est une intentionnalisation qui crée tout un Donné, un donné Créé, non à partir de l’universel seulement mais à partir du corps ; la philosophie depuis le début et depuis Descartes montre comme il existe un « être » extrême et extrêmement étrange, antérieur à tout (tout le reste, tout ce qui est effets de son activisme ; mondes humains, langages, universalisations, personnalisations, etc ; rappelons que l’arc de conscience ne "cause" pas seulement à proprement parler la détermination, l’arc attire, tracte le signes et les corps, par le devant, par le présent situé « devant » le passé, par la forme qui s’articule au présent, non venant de l'avenir, qui n'est pas, mais du présent-même, qui prend alors l'aspect d'une surface, infiniment, complexe, et surtout retorse).

La philosophie, comme dieu ou donc la pensée, le sujet, l’altérité, l’esthétique ou la politique, se tiennent sur le Bord de la réalité et Bord qui prend nom de Réel. Le fait du Réel. L’esthétique, la poétique appellent votre arc de conscience comme une altérité à se produire dans le monde, bien que cela soit impossible ; c’est en ceci que l’impossible ne surgit pas « dans » la réalité, c’est le réel qui est en lui-même impossible. Et c’est pour cela qu’il existe. Qu’il existe un présent. Pour que « cela » se produise malgré que non.

Si l’impossible est le réel, cela veut dire que le réel se « réfléchit » ; il dialogue, si l’on veut, avec lui-même ; ce qui implique qu’il soit Autre que lui-même et que l’altérité est le principe même. Il dialogue non au sens où il sait ce qu’il va dire ou faire, mais au sens où il ne le sait pas ; sinon il n’y aurait pas de présent ; ce qu’il « sera » est une pluralité non immobile mais activistement active et toujours plus Autre qu’elle-même ; la forme est la distinctivité même. Il est ainsi plusieurs versions, variations, possibilités du réel même (puisque le réel est formel et non fixé par une identité, et donc il décide, littéralement, ou tente ce qu'il peut ex-sister, notre vécu dépend de notre obscure décision qui vient en-avant) et il n’y a aucune raison pour que ce kaléidoscope se fige mais bien qu’il vive, créant son indéfinie souplesse ; il n’est pas une identité ni une détermination (ni une grosse détermination de toutes les déterminations) mais une forme qui se formule, se schématise cinq cent mille fois et joue de ces visages dans le regard et, fondamentalement, entre ces visages, entre ses regards (il se cherche, comme un regard en somme qui crée ce qu’il perçoit, de même que l’on Crée et re-Crée son attention par Rimbaud).

Mais qu'il y ait plusieurs variations possibles, ne veut pas dire que la forme même ne doit pas se maintenir et pour se maintenir se Créer ; la forme, n'étant rien de déterminé, se crée toujours forcément et dans la difficulté, la douleur, le tourment, l’impossibilité. C'est en ceci qu'il existe des configurations (dieu, le christique, la pensée, le sujet, l'altérité) et des figurations (pour nous la raison, la naturalité,  l'humanisme et le moi) ; la tension créée par les configurations ne doit pas redescendre. Aussi avance-t-on par les pensées de l'altérité ; Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan (NHSL) explosent l'ontologie parce qu'ils avancent dans l'ontologie très exacte, de plus en plus exacte, creusant la paroi sans épaisseur du réel, du présent extrémiste. Les trois autres configurations exploraient tout aussi intensément l'arc incandescent  (qui vient instantanément, tout armé dans l'histoire, produisant cette historicité elle-même) ; N H S L ne nient en rien la souplesse de l’arc de conscience tel qu’il a pu Créer d’immenses intentionnalisations, systématiques ou non, puisque le Fait est la structuration de l’arc lui-même, œuvres ou traités, politiques (révolution) ou éthiques (ontologiques). Toute manifestation consiste à produire l’effet de l’arc en chacun ; la révolution produit la possibilité d’une plus intégrale et distinctive surface du monde et surtout du corps, et ce « pas sans chacun ».

NHSL comme Platon ou Descartes sont forcés de délimiter encore plus précisément le Même Arc (il n’en est qu’un seul, en toute conscience singulière, qui ne se définissent pas seulement par leur détermination mais par leur un, numérique pour ainsi dire ; un par un, dans un seul corps, œuvré, le moi le sait bien qui souffre de cette incarnation, incorporation). Tout ceci est une seule et même exploration du Même Arc, au Bord du monde, du corps, de la réalité (par le détour de la forme du réel).

 

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La politique n’existe pas, le bonheur non plus

5 Avril 2017, 09:13am

Publié par pascal doyelle

Nous n’avons pas su coordonner le réel, coincés dans le fantasme.

Du principe « tout ce qui n’est pas autorisé est interdit » nous sommes passés à « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé », soit donc d’un Ordre global assigné par le haut et descendant dans les détails, à un minimum d’ordre entre soi, libérant toutes les activités, inventions, créations, associations, contrats, possibilités, corps, etc. Ceci avec divers aménagements selon les peuples et selon les époques et selon les personnalités, puisque la personnalisation est devenue au fur et à mesure … la mesure (il y eut les classes sociales, la nation, les luttes et libérations, les sexuations et la sexualité, les catégories diverses etc).

De sorte que tout l’ensemble s’organise ou s’inorganise à partir de la volonté décision intention, du non pas « tout est permis » (ce qui est une interprétation rétrograde) mais du tout est possible (qui ne contrevient pas au cadre de cette même possibilité ; essentiellement « ma liberté qui ne nie pas la liberté de l’autre », sinon le cadre de coordination se contredit et plus rien n’est possible).

Or qu’il y ait une coordination supérieure aux libertés, sans contredire celles-ci, veut dire que chacun doit surmonter son désir intention décision volonté qui tombe dans le monde, qui se plie aux finalités faciles, aux satisfactions immédiates, et que chacun soit capable de s’élever, de se rendre plus complexe et plus « détendu » pour ainsi dire … on disait « cool ». et ce afin que les finalités individuelles en s’enchevêtrant ou s’organisant, puissent élever l’ensemble et comme nous n’avons pas su monter en complexité et que les finalités individuelles sont écrasées par leur finalisation immédiate, le degré de complexité en est resté au minimum tandis que s’énormisait la dite finalisation basse et que se multipliait à tire-larigot les pauvres, si pauvres fins.

Il était impossible de décréter l’organisation, la coordination par-dessus les libertés, puisque l’on force une liberté mais on ne la convainc pas par la force ; la coordination devait venir des libertés elles-mêmes. Ce qui n’a pas eu lieu ; ou ce qui a fonctionné un temps mais pour s’effondrer dans la simple bassesse, la pauvreté des finalités. Rattrapés par le monde, les intérêts, les facilités, les possibilités aisément acquises.

Dans la mesure où tout le monde, chacun pouvait disposer au minimum d’assurer son quotidien, de survivre et de vivre un peu mieux, il pouvait s’imaginer que l’on puisse divertir une partie de sa richesse propre pour abonder la richesse collective et de sorte que chacun échappant à la rareté et la nécessité, plus ou moins, on puisse organiser afin que petit à petit chacun ait à cœur de se consacrer à l‘ensemble, purement, désintéressé, et désintéressé en un sens précis ; que le désintéressement, relatif, actuel donnerait un jour, dans un an, dix ans ou cents ans, donnerait au centuple… Soit donc non pas un désintéressement mais un intéressement intelligent.

Or non.

On a formulé un fantasme de réalité de telle sorte que chacun entre totalement en compétition en miroir vraiment délirant et inutile, parce que ça ne satisfait pas réellement les personnes. Ça les réduit, les concentre et les écrase. Parce que ça n’a pas de sens. On ne sera pas satisfait des finalités basses, immédiates. Et en vérité si il était bien question que chacun soit « heureux », ce qui veut dire plus ou moins satisfait, ça n’était pas une finalité… C’était un moyen ; que chacun soit, relativement  heureux, afin que chacun puisse s’intéresser à autre chose. Enfin.

Que chacun veille à son intérêt, on ne voit pas qu’il puisse en être autrement ; que par simplification et courte vue ce soit le seul intéressement, c’est juste de l’idiotie, au sens propre ; l’incapacité d’appliquer plusieurs logiques, parce que c’est plus court de ne penser qu’une seule fois plutôt que de penser pluriellement.

Autrefois on forçait les individus à penser pluriellement mais au prix d’inventer des formes bizarres d’organisations sociales (c’est le moins que l’on puisse dire, comme quoi le délire vient de loin et sans doute congénital), mais puisque l’on doit partir de l’individu (afin de libérer ses possibilités) il faut, pour se coordonner à peu près comme il faut et intégrer le désintéressément, que cette coordination soit décider, mise en forme, et ça on ne le peut pas ; on en est incapable ; on préfère inventer un délire de concurrence ou un mirage du bonheur total, qui n’existe pas, de réalisation de « soi » qui puisse se passer de complexité et n’ait qu’à se vautrer dans la facilité, délires continuels entre tous et lâcher la proie pour l’ombre.   

La politique n’existe donc pas, c’est juste une manière d’envisager ce qui eut lieu, le large et décisif mouvement de l’auto-organisation, autorisé de chacun par lui-même (chacun se référant à sa « raison », théoriquement, mais en fait chacun se référant à sa liberté nue et traduit et limité à son désir et ses facilitations), tandis que la méta-organisation qui devait permettre de coordonner, en conscience, ces libéralisations, aucune n’est saisissable par quelque bout que ce soit, les libéralisations auraient dû se transformer en méta organisation, plutôt que toutes ces possibilités se plient et tombent dans le monde donné (la vision communiste, qui consiste à écraser les libertés par une théorie universelle, par une méta inopérante, et qui évidemment est impossible, puisqu’aucune raison ne peut supplanter les libertés et qu’au contraire la véritable organisation serait que les libertés soient convaincues et créent de cette méta-organisation, laquelle sinon ne serait pas « méta » du tout).

Démocratie est l’intitulé d’un processus général ; et en l’occurrence l’individualisation qui sort du groupe et recommence la réalité à partir de soi, lequel soi devrait donc assumer la réalité et non pas se replier, individualisme qui est impératif mais non exclusif, ni terminal. Parce  que si l’individu est la fin de tout, se déclenche le réalisme et la naturalisme ; tout est « là », le monde est là et notre finalité n’est que d’être « heureux », pour soi même, sans plus de pensée, puisque tout est « là ». Or tout n’est pas « là ». Ou plus exactement le « là » est bien différent du donné béat et clos.

On aura beau vouloir « réformer » ou transformer la société, tant que l’on ne passera pas de l’auto organisation individuée au méta organisationnel, ça retombera dans l’individué seul, l’individué qui ne trouve pas le joint, la possibilité de se rendre plus complexe, et apte à intégrer le désintéressement, cad de se rendre intelligent. Et ce littéralement ; on ne trouve pas les orientations qui permettent d’enclencher le méta-structurel dans l’auto-structurel. La ligne de possibilité doit passer par réformes et transformations, mais encore faut-il disposer de cette ouverture intellectuelle, intelligente, opérative. Or on n’y comprend rien ; parce que lorsque l’on réfléchit on glisse d’une surface individuelle (acquise et que personne ne songerait à annuler) à une surface méta mais complètement incompétente et en vérité sans idée du tout ; soit elle copie une universalité abstraite soit elle retombe dans l’individué ; le communisme re-devient soit une hiérarchie soit une société libérale comme les autres, et les interfaces libérales sont, dès l’origine, absorbées, déjà, par leur facilité qui reviennent au même état des choses.

Ce qui manque c’est ainsi la représentation capable de créer et de gérer le méta ; soit donc de dériver l’auto (organisationnel individuel) par une vision de l’ensemble (qui n’est pas un Tout) et ce de telle sorte que chacun soit au fait de ce qui se passe et que chacun accepte et participe (de sa volonté propre) à la méta organisation ; que chacun ne soit pas absorbé par son seul projet individuel délirant dont le summum est idéalement le « bonheur », la satisfaction qui recule indéfiniment et rend fou ; et c’est cette limite qui est inacceptable pour tous les petits mois que nous sommes ; on ne comprend pas, pas du tout, ce que ça veut dire.

On peut bien en saisir l’idéalité abstraite, mais pas ce que ce mouvement impliquerait dans les faits. Dans l’épaisseur ; on est débordé par l’épaisseur du donné, des vies, des corps ; on ne maitrise rien du tout et on fait semblant d’ordonner la réalité, vécue, en faisant semblant d’être heureux (puisque c’est la destination « ontologique », de cette anti-ontologie généralisé, et obligée de tous et de chacun).Et plus on fait semblant plus on est écrasé (et d’autant plus de mois, d’individus s’écroulent dans le trente-sixième dessous, psychiquement, et bientôt des groupes entiers, d’effondrés, se soulèveront pour retrouver une pseudo solution imaginaire, encore plus délirante, puisque l’on délire beaucoup mieux à plusieurs, c’est certain).  

Et on est absorbé dans l’épaisseur du donné d’autant plus, donc, que le principe de bonheur est la finalité terminale ouverte (ce qui est bien) et exigée (mais alors tout se clôt par cet état de satisfaction supposée, cet imaginaire, par quoi l’on quitte l’intellection ontologique). Mais Nietzsche, Heidegger, Sartre et Lacan ne tombent pas dans le panneau, et certains en sacrifiant tout bonheur réel, ce qui est un excès absurde, voire sauvage et inhumain ou surhumain ou non humain, ce en quoi ils n’ont pas tort en logique mais tort dans la pratique ; la logique du réel n’est pourtant pas évidemment la satisfaction béate, mais se crée comme tension, et plutôt que d’attendre la résolution de cette tension, il faut la structurer ; structurer la tension ce qui est, pas moins, ce que ciblait Nietzsche ; puisque l’on ne peut pas échapper à la division c’est cette division qui doit être régulée (sans disparaitre puisque sans elle nous ne sommes pas, ,nous sommes la division, l’altérité, le décalage).

On veut saisir par l’auto-organisation, qui est le principe mis à jour par la/les révolutions, et qui a généré un idéal ou des idéaux qui supposément devaient combler le vide et la division (par quelques sortes d’idéalité que ce soit ; les images de bonheur ou de satisfaction qui se prennent pour le miroir, les images que nous ne cessons d’absorber pour calmer la douleur incompréhensible de la tension, du décalage),

saisir donc par la seule auto-organisation et sa mise sous pression constante, la culpabilisant et se haïssant elle-même de n’être pas capable d’atteindre cet épanouissement imaginaire,

saisir donc par la seule auto-organisation ce qui réclame en vérité une méta-organisation ; ce qui ne peut signifier rien d‘autre qu’une élévation que l’on dira, par défaut, « de complexité ». Or cela ne veut pas dire grand-chose actuellement, puisque nous ne comprenons pas ce qui est en cause … nous n’analysons pas ce qui est effectivement en cause et donc toute solution avancée ripe sur le réel.

Méta-organisation non seulement de la coordination collective, mais méta-organisation interne à chaque individualité ; l’image dans le miroir est ce qui commande les consommations et les productions. Le méta est la structure qui s’interpose à nouveau entre elle et elle-même, tout comme elle sût le faire autour de la méditerranée.

Or on a vu que le fantasme de réalité, l’irréalisme (qui se prend pour le donné même et le réalisme et le naturalisme et la rationalité plate), la substitution de la structure effective (qui ne se finalise pas par la satisfaction, qui n’est pas du donné, que l’on voudrait à toute force qu’elle le soit, qu’elle ré-imagine constamment de nouveaux subterfuges-images pour replacer, réimposer  la forme structurelle dans le monde, dans le vécu, dans le corps, dans le moi), ce fantasme est la pierre angulaire qui commande toutes les finalités tombantes, et ne permet pas de comprendre que la destination de structure est impérativement Autre ; le décalage est tourné non seulement vers le haut, mais s’existe en plus. Et comme il est en-plus, on ne le sait pas mais c’est par là que l’on se juge, que l’on se veut, on ne le sait pas mais le décalage nous sait.

Qu’il y ait un fantasme maximal, une matrice intérieure, un schématisme, qui préorganise pour ainsi dire les intentionnalités, des plus globales (qui précisément manquent, puisque ça ne pense pas) aux plus intimes (régulant les intentions des mois, des corps) n’est pas étonnant puisque la structure est intégralement arcboutée au réel, au donné là, au corps lui-même ; ce sont les rapports au monde qui génèrent le schéma.

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Le kaléidoscope - 2

1 Avril 2017, 08:53am

Publié par pascal doyelle

Prévisions du kaléidoscope

On a reconnu, donc, que le réel se signait telle une forme ; forme de l’arc de conscience ouvert brutalement sur le donné là, et forme du « là », non comme être mais comme exister, pur et brut présent (dont l’être est effets innombrables, innombrables réalités). Forme de conscience ouverte sur, dans et par la forme du présent, lui-même évidemment ouvert.

Il ne peut exister de mécanisme-cosncience qu'en un présent et dans la séparation intégrale d'un réel.

Forme ouverte sans représentation ; les représentations qu’elle se donne, qui se créent, ne supportent pas, ne définissent pas la structure qui les a produites ; sinon la structure, l’arc de conscience serait telle ou telle identité, et passerait dans le contenu ; elle serait dieu (tel ou tel dieu), ou la pensée (cad tel système), ou le sujet (tel forme de sujet, cartésien, kantien, sartrien, ou tel sujet nominal), le moi (toujours déterminé comme un-tel), ou française ou allemande ou égyptienne ; or la structure, de conscience, est en-plus de toutes ces productions, constructions.

Ou elle serait tel ou tel langage, or il est possible de passer d’une langue à l’autre ; c’est donc qu’il est une structure de base qui accepte toutes ces modifications, sans en être elle-même modifiée. C’est dans cette structure antérieure à toutes les illustrations, déterminations, que la philosophie avance (dans l’antériorité, avance donc « dans » ou sur le Bord du monde ; les philosophies activent le Bord, structurellement, de même que toute oeuvre, esthétique, etc, perçoit à partir du dit Bord).

Penser cet « objet », comme étant un non-objet, est rendu possible de ceci ; que le rapport, ouvert indéfiniment, qu’est un arc de conscience, est toujours déjà Autre que lui-même. Il est un décalage, forcément ontologique, originel de notre attention à exister (il est requis un discorus ontologique pour décrire et avancer dans, à l'intérieur de ce décalage).

C’est notre décision qui fait s’élaborer telle ou telle formulation de l’exister, tel ou tel schéma de la Forme (le fameux « Au-delà de ce que je suis de par l'hérédité et de ce qu'on a fait de moi par le milieu et l'éducation, il y a ce que je fais avec ce que je suis et ce qu'on a fait de moi» de Sartre et son Exigence radicale, son activisme au plus proche de l’externe de la structure, au coeur de la rupture, rupture que reprendra Lacan) ; il faut supposer qu’il existe plusieurs formulations de l’exister, plusieurs dessins dans le diagramme, plusieurs schématismes dans la forme-une ou plutôt la forme selon le Un, le Un en acte dont on ne peut douter qu’il soit toujours-déjà-constamment en acte (un Un qui n’est pas en acte est un Tout, comme verra la distinction entre la logique du Tout et le logique du Un réellement Un, la primauté de la forme, du présent, sur les contenus, les effets, les réalités ; la suréminence de l’exister sur l’être causé). Peut-être existe-t-il une infinité de réalités (mondes ou univers), et dans ces réalités une infinité de schématismes actés au fur et à mesure. Le réel serait alors le Kaléidoscope. Qui se dessine au fur et à mesure, et peut-être se redessine-t-il instantanément, continûment.

Il faut le dire ; il n’est aucune raison de penser que le Un soit limité et congruent à son ou une  « identité » ; parce que le Un n’a pas, ne peut posséder d’identité ; qu’il est formel et que la forme est l’inventivité même, et elle ne génère pas seulement des réalités mais des formes-unes. Bien qu’en un sens extrême (extrême puisque nous sommes à l'extrémité de tout réalité, sur le Bord, qui se présente pour nous comme présent, il n’est rien en plus, avant ou après l’exister pur et brut, la ligne de faîte du présent, rien en plus sauf au de-dans, qui est donc le Grand Dehors) et en un sens extrêmement spécifique ; ce qui revient à dire que Rimbaud non seulement ne manifeste pas une essence quelconque mais une position et qu’il faut, chacun, incarner cette position (et cela évidemment revient pour tout autre qu’Arthur), mais aussi que cette position manipule, manœuvre, œuvre, élabore une position singulière et ce dans la lignée des singularités qui précédèrent et qui succéderont … Les lignes sinueuses et exploratoires que l’on tracera entre Eckhart et Hegel, Sartre et Lacan, etc.

Le Un qui agit selon la distinctivité est fondamentalement Autre et manifeste l’altérité au plus haut degré possible (il est la Possibilité même ; la possibilité qu’il y ait un réel, qu’il y ait les réalités, qu’il y ait d’indéfiniment divergences de formes). C’est parce qu’il est sans identité que le singulier appelle les singularités, et sans cesse le rassemblement des réalités.

Les formulations de la Forme n’en sont pas moins réelles ; elles ne relèvent absolument pas du subjectivisme ; dont les sciences, seraient-elles sc humaines, révéleraient la réduction de ce subjectivisme à un donné quelconque ; rationnaliser Rimbaud n’est pas de l’ordre de l’objet … Rimbaud est formellement plus cohérent que quelque discours que ce soit, en ceci qu’il incarne toute sa position singulière (et cette position recule, se tient en retrait dont il faut avancer la Borne constamment) : il n’est aucun autre accès à Rimbaud que le texte, l’ensemble des dispositions, l’ensemble des signes, cad des rapports pris à partir d’un Corps ; on ne nie pas la raison, on dit qu’il existe une Cohérence plus étendue, antérieure et Autre, qui réclame une ontologie, une ontologie de l’ontos effectif, agissant, extrémiste, activiste, parce que le présent est en cours, et que c’est cela qui Existe. Inutile de se demander ce qu’est cette ontologie ; c’est celle qui eut lieu depuis le début, tout-a-déjà-commencé et la trajectoire consiste à re-trouver, trouver à neuf, l’architecture expérimentée depuis la méditerranée (et auparavant) ; l’architecture ontologique qui veut accrocher la paroi du réel, qui veut  tout, qui veut tout ici et maintenant, ici même (dieu, les grecs, le christique, le sujet, l'altérité sont intraitables).

C’est particulièrement marqué par Rimbaud lui-même : Rimbaud est une recension, une recension de tout ce qu’il a pu lire, penser, imaginer, désirer, décider, percevoir, ressentir, espérer et l'ensemble de toutes les perspectives historiques ou affectives, émotionelles ou sentimentales, existentielles ou objectives, tous les discours, toutes les positions de corps, l’ensemble de tous les rapports en quelques feuillets d’Enfer et d’Illuminations : sidérant et inépuisable, littéralement inépuisable … on ne peut pas en faire le tour parce qu’il désigne et signe à partir de la source, du Bord de tout, du « là » de Rimbaud, du sujet brut, très brut, via lequel Bord il existe et se reprenant s’existe assumé ; il ne manifeste pas une essence quelconque mais sa position, celle la plus extrême, celle en acte, qu’il ait pu atteindre de son exister qu’il a su dessiner et maintenir autant qu’il a pu.

De même qu’un arc de conscience se fond dans le mouvement d’un autre arc afin de remodeler son propre visage (et premièrement et avant tout d’acquérir qu’il lève, ce moi, son visage de sujet, de dispositif singulier, acté). Lire Rimbaud, lire quelque arc que ce soit bien sûr et se tourmenter pour la révolution ou se décider pour une éthique et une intense intentionnalisation, et se re-tourner par une esthétique ou une poétique (de même que le tomber-amoureux du moi, sa grande aventure, ou être investi d’angoisse ou de dé-pression, ce qui est moins drôle), c’est re-Modifier le schéma structurel, re-Placer la position.

Ce qui est atteint ça n’est pas un donné (qui est déterminé) mais une forme qui traverse ses contenus, qui ne sont de toute manière rien d‘autre que des rapports, mais que l’on imagine tels des « êtres » ; cette imagination à propos d’un être-supposé tombe dans le monde, le vécu ou le corps, mais la forme non, et cette imagination est elle-même prise dans le rapport (de même que le conscient est pris dans l’inconscient) ; la structure témoigne de la Dimension formelle de la réalité, du Réel de la réalité.

On ne transformera pas la forme en contenu, la structure en donné ; elle n’apparaitra pas, déterminée, mais elle supposera l’autre-surface du corps ; celle qui peut percevoir les mouvements et non les choses (qui ne sont elles-mêmes rien que des mouvements, il n'est de constant que la forme, pour nous le présent). L’autre-surface du corps est celle qui permet de lire les signes du mouvement, celui qui n’apparait nulle part et n’apparaitra jamais, qui est ce à partir de quoi « il est perçu ». Et comme la structure du réel est l’exister, le présent et non l’être, nous sommes l’attente et l’atteinte du présent, qu’il renouvelle non seulement la réalité (ce qui est effectivement arrivé depuis 25 siècles), mais qu’il remodèle le rapport structurel originel, qu’il change le regard dans le regard lui-même, qu’il se saisisse et soit saisit du miroir et non plus seulement des images. C’est ce que subissent les mois, si souvent (puisque le miroir est la brutalité même de la structure réelle, rappelons que le réel est la méta-machine qui engendre ses méta-mécanismes). Mais c’est ce que veut le sujet-dans-le-moi, son kaléidoscope, accessible dans le maelstrom qu’est la structure du présent.

Le regard dans le regard est le kaléidoscope, le présent formule sa propre instruction.

 

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Le Kaléidoscope hors-du-temps (1)

29 Mars 2017, 09:48am

Publié par pascal doyelle

(Prévisions a-temporelles)

On dira donc :

Des mondes séparés particuliers et immédiats (rien de péjoratif ; ils inventent la culture, l’acculturation générale de l’humain ; créent chacun, séparément, une synthèse à chaque fois unique et singulière, mais en laquelle il faut être né, il faut parler, échanger, percevoir ; puisque cette représentation et ces échanges fonctionnent, comme pour nous, à partir du corps-dans-monde, et un monde partagé entre tous, et pour eux un corps communautaire, lié par ses échanges et dans les représentations).

La découverte de l’altérité à l’intérieur de notre intention et de notre intentionnalité ; dieu vient modifier notre intention et les grecs transforment notre intentionnalité. Le corps (d’abord l’égide de la communauté judaïque), le monde (éblouissant et grec), le corps à nouveau, mais seul et sans rien, christique.

La découverte de l’altérité, en nous, par dieu, par la pensée, le christique, puis le sujet, et l’altérité même, existentielle et analytiquement existentielle. Les grecs, le christique, le sujet cartésien et suivants, les grands sujets, énormes sujets, Nietzsche et Heidegger, les décortiqueurs Sartre et Lacan.

L’articulation a commencé d’avancer au-dedans du plus intime (extime, pour Lacan), elle a recréé les mondes, le monde humain, provoquant l’anthropologisation nouvelle, jusqu’au Bord bien réel du corps et activé en et par chacun, chaqu’un ; Sartre et Lacan pointent cette avancée.  

Par quoi cette altérité permet de distinguer ;  de distinguer la paroi du présent ; dieu intervient absolument dans le réel, la pensée est éternelle, ce qui veut dire hors-temps, le sujet est forme pure et brute, l’altérité est ouverte infiniment dans tous les sens. Et de cet arc de conscience tendu sur la surface on cartographiera les explorations. A partir de son propre corps.

La paroi du présent et tout ce qui suivra durant 25 siècles consistera à délimiter la surface du présent et les schémas qui tracent le réel comme Bord du monde et du corps. De là les étranges configurations de la pensée ; la pensée comme réflexivité, retour sur cet être spécifique qui est une structure qui veut le monde, le corps, le réel et sent bien, sait bien qu’elle y est arc-ticulée. Le monde, le corps, le réel ici et maintenant, ici même, tout de suite.

Comme il s’agit d’un être spécifique, réellement, ce qui veut dire une structure réellement active et « solide », existant effectivement, physiologique, formelle, et que donc elle n’est pas relative à des « idées » ou des représentations, mais doit se désigner et se signer comme ontos, os du sujet, os du réel,

Toutes les idées et représentations sont produites et surgissent de cette structure ; de même que l’on tourne autour d’une chose réelle, produisant des « objets » sur cette « chose étrange », construisant des interfaces, des représentations de cette chose, qui reste massive, réelle, extérieure, dont on n’obtient que les diverses facettes au fur et à mesure. Aussi lorsque les grecs apprennent la pensée, ils tournent autour ; jusqu’à Descartes qui retourne au charbon et commence et pose qu’il existe un être antérieur qui origine la pensée, que reprendra Kant, que divulguera, presque, Husserl, qu’analyseront Sartre et Lacan. Autrement dit c’est une structure antérieure ; c’est comme si on définissait encore l’arc de conscience comme produit par le langage ou comme si l’on supposait que l’arc de conscience était relatif à tel ou tel contenu ; ça n’a pas de sens. Ce sont les contenus qui sont relatifs à l’arc et le langage qui est utilisé par et pour et à partir et en retour d'une conscience.

Il n’est qu’un seul point fixe ; l’arc de conscience arc-ticulé à la paroi du présent, et son approche de lui-même, très technique, très pointue, très distinctive ; les hindous s’en approchent, les grecs sont plus précis, les européens avancent franchement, les modernes et contemporains sont en plein dedans. Dans l’arc lui-même (Sartre et Lacan) et ce dans et via le Corps.

Accrochés sur la paroi du présent. Il est clair que, hors des mondes particuliers, sortis des synthétiques élaborations communautaires, il n’est plus que l’os du réel (le monde donné là des grecs et le corps christique, écharpé par la monde et les hommes) mais on ne le sait pas encore très précisément. Plus de communauté et de parole partagée pour le recouvrir et dès lors l’exigence, l’Exigence absolue frappe à la porte. Dieu, la pensée, le sujet et l’altérité ne sont pas des faux-semblants, mais activent l’altérité ; rien de plus Autre que dieu, la pensée, le sujet et le réel. Dieu, la pensée, le sujet et l’altérité, le réel de plein fouet, celui de Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan : tout l'ensemble existe d’un seul trait et désigne, nomme, signifie le même arc. Celui qui lie l’arc de conscience à l’arc du présent, ce qui veut dire ; l’arc de conscience dans l’arc de l’exister.

Il n’y a pas quelque chose qui est, et puis le devenir de ce quelque chose. Comme si le temps était un paramètre de la réalité. C’est le temps, comme présent, qui est originellement le réel. La réalité, la matière, la détermination ce sont des effets du temps, mais le temps n’est rien que le présent : le présent est l’originel pur et brut. Originellement le réel, non sous la formulation heideggérienne du tout-du-temps, mais sous la forme absolument minimale du Un du temps ; le présent comme Bord de tout ce qui est et ce sur quoi notre arc de conscience s'embraie. Et le Bord est ce qui produit tout ce qui est ; d'un côté l'être, les résultats du temps, et de l'autre le Bord, pur et brut présent. 

Ce qui existe originellement est cela même qui est tellement proche qu’il existe antérieurement. Le présent accompagne absolument toute réalité, toute chose, tout être. Le présent est ce qui étire, tracte, attire toute la ou les réalités.

Le temps est originel. Ce que l’on nommait éternité ou Un ou Pensée signifiait l’actualisation absolue de tout. L’étirement structurel ; nommant dieu on intercédait dans l’arc de conscience et exigeait de lui le maximum possible de son investissement existentiel. Pareillement pour la pensée et le Un, le sujet et le réel. A quoi il se heurte ; le sujet se heurte au réel, que Descartes figure comme étendue ; le monde est étendue, ce qui signifie que l’être auquel on a affaire est selon l’espace, espace fendu par la verticalité de son présent, suspendu dans la forme de son attente, qui est aussi bien son atteinte ; enfin le sujet est atteint par lui-même. Mais que l’être se double d’une dimension en-plus : l’être est le dépôt de l’exister.

Et pour nous l’exister nous parait en tant que présent.

On ne pourra pas, jamais, saisir la réalité comme un objet, un gros objet, un gros discours tout fait ; pour la raison que la réalité est en cours, totalement, absolument et tout existe dans la Forme du Présent et que c’est cela qui compte et dont on ne sonde absolument pas même le cent milliardième de possibilités, et encore moins de Possibilité.

Ce qui doit et peut être n’est pas encore, et tout ce qui est réel est en vue de « ce qui sera ». Raison pour laquelle il est un présent et que dans le présent se trace, au fur et à mesure des décisions, des intentions, des intentionnalités. Ce que recèle le réel, sous la forme seule connue de nous qu’est le présent, signifie que le présent seul existe et que c’est lui la Forme du réel. 

 

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Voyage dans le trente-sixième dessous

25 Mars 2017, 09:38am

Publié par pascal doyelle

Comme tout le monde a oublié l’universel, et que donc on ne tient pas le niveau (parce que l’universel est la règle, la loi, la vérité et l’exigence de complexité assumée mais et est aussi la réalité ; on n’imagine pas que la vérité puisse ignorer ou mieux nier le réel, les nécessités, ou la justice qui est précisément le minimum de réalisme humain, hors duquel le rapport social n’est pas viable et s’effondre et s’écroule, et ce tout comme l’oubli ou la négation des nécessités écologiques qui nous pousse vers l’effondrement ; on conjoint donc universel et réalité),

Bref. Comme on a oublié l’universel, chacun, et les décideurs économiques et la financiarisation et la mondialisation sur le mode capitalistique (et non sur le monde du développement), et tout le monde,  alors les esprits sont happés par l’immédiat.

Parce que sans l’universel (qui tire les règles, tout comme les lois, des choses particulières données en les élevant à leur expression et donc permettant de les représenter, de les penser et de les offrir à la vue de tous et de chacun, comme quoi la démocratie n’est pas le pire régime à l’exclusion blabla, mais la difficulté mais aussi les possibilités d’assumer l’universalité, l’universalisation comme processus, ouvert à chacun),

sans l’universel, donc, ce qui envahit les esprits, et à vrai dire tout le corps, tous les affects, y compris au cœur de chacun, dans sa vie la plus intérieure ou intime, ce qui envahit l’esprit c’est l’immédiateté … autrement dit les intérêts du monde. Les petits, les bas intérêts du monde. Jusqu’à la défense des clans, que l’on nomme idéologies, comme on voudra.  

L’universel est le cadre général impératif pour qu’en chaque moi puisse se développer un début de sujet. Universel + sujet donc. Et ce passant outre les intérêts du monde, le ploiement de la finalité intentionnelle vers le bas, par le calcul de faible envergure, par la petite non pensée ; puisque ça ne pense que dans le registre de l’universel, sinon ça désigne des « choses » et non pas catégorise les choses dans des idées, lois, règles, principes ; non pas reporte les choses dans des possibilités ; il y a mille fois plus de possibilités dans les idées que dans les choses ou les faits. Pareillement si je stoppe ma propension à la moralité, kantienne, ou démocratique, je non-pense, je non-réfléchis, je tombe. Ce qui veut dire aussi que mon moi, ma personnalité, qui est un processus, une personnalisation, croit trouver plus de personnalité dans l’immédiat, en retrait de l’universel, mais en réalité il s’effondre, il effondre ses intentionnalités.

Ne pas se tromper. Rimbaud ne manifeste pas le monde ou l’immédiateté en dehors ou en opposition à l’universel (en se révoltant contre le christianisme par ex ou en prenant fait et cause pour al Commune, etc) ; Rimbaud manifeste le singulier ; le singulier est précisément le champ des possibles qui s’étend après, à la suite et en plus de l’universel, et non dans un retour à on ne sait quelle spontanéité de l’être ; antérieurement à l’universel il n’est rien du tout de consistant ; juste des immédiatetés (plus ou moins élaborées). C’est seulement ensuite, après l’universel que le réel débute ; alors que précisément nous ne sommes qu’à peine en mesure d’assurer un minimum d’universalisation…

Non que l’intérêt soit répugnant (qui songerait à vivre et organiser ses affaires persos sans se régler sur son intérêt ? Personne) mais bien qu’il existe un intéressement stupide (immédiat, qui tombe dans le monde et y disparait, de même que les intérêts privés, de chacun, de tous et des élites, tirent vers le bas, ce qui signifie vers la mort, la déchéance, l’agonie écologique) et un intérêt intelligent, qui est capable de calculer et de prévoir. Et comme on s’est assis sur l’universel, le calcul restera mesquin et privatisé, particulier et égocentrique, nourrissant l’abominable fantasme de réalité, le fantasme qui remplace la considération objective et universalisable des nécessités et de la justice, en se fourvoyant dans de pseudos théories justificatrices de comportements minables.

Aussi la corruption, qui étonne si fort le Fillon et les autres (qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils font, ils sont enfoncés dans l’immédiateté de leur situation), et la rengaine, les programmes de petitesses et qui paraissent tourner en rond depuis 30 ou 40 ans, les mêmes litanies, et le syndrome du réalisme et du « il faut dire la vérité aux français », qui se donnent un semblant de dureté, de « lucidité », amenant dans la représentation générale, dans la conscience comme pseudo moi de la « réalité », cad de l’immédiateté supposée (qui est alors donc un fantasme, un imaginaire glauque, et n’a rien d’universel ni de réel, puisque dans le réel nous allons tous mourir de catastrophes devenues inévitables), discours qui prônent l’austérité ou la dette ou les « autres » (les allemands, les anglais, les suédois, ou je ne sais qui ; alors que le système français a raison contre tous, littéralement, et dans tous les sens ; la sécurité sociale est plus efficace et moins chère que tous les systèmes privatisés, de fait, et tout le reste pareillement ; c’est juste que les redistributions du système français, l’argent des gens qui revient aux gens eux-mêmes, veulent être détournées par une privatisation qui s’étouffe de laisser passer toute cette belle monnaie sous son nez),

tous ces discours pseudo réalistes (qui correspondent à une idéomanie irréelle, la « croissance » et encore la « croissance » d’un certain type, qui canalisent les ressources et captent les investissements dans de courts, très courts circuits, vieux d’un siècle et décalés du danger mondial), cette corruption si commune que les acteurs n’en prennent pas même conscience et ces rengaines supposées réalistes (dans le cercle irréel d’une idéologie qui condamne tout le monde) ne sont animés que l’oubli de l’universel et de la justice, de l’universalisation et de l’intérêt humain, du réel et des nécessités. De là que c’est un fantasme de réalité (et si naissent tant et tant de théories du complot c’est que n’existe qu’une irréalité de réalité générale à l’intérieur de laquelle nous nous agitons sombrement).

Mais le manque de l’universel c’est également ce qui atteint chacun dans son moi ; on n’a obtenu que la version dix-huitièmiste de la raison, de l’Etat, ou de l’économie du 19éme, on vit sur de vieux machins. Alors même que les inventeurs, créateurs eux propagèrent bien plus loin, la version de la pensée, de la réflexivité sur l’exister devait engager des sujets dans les mois, on n’a pu actualiser que de tels mois, lesquels sont attachés, enchainés, lestés de leur seul corps, et de la version rationaliste et naturaliste et réaliste de ce corps.

En fait il faut avant tout saisir ceci ; Une saison en enfer et Les illuminations devraient constituer notre évangile (ce pour quoi ils furent écrit du reste ; il faut prendre au sérieux ce que les créateurs, qui sont  nos prophètes en fait, ce que les créateurs annoncent de leur projet, à la lettre). Rimbaud ou qui l’on voudra, mais la pensée fut cantonnée par la rationalité du 18éme et 19éme, cantonnée à une stricte délimitation, éducative vaguement,  de la joliesse, de l’originalité mais non pas de l’originel. Or ce fut effectivement et réellement l’originelle dimension, celle ignorée qui fut explorée. Mais pendant ce temps là les mois, et les foules de mois, s’ébaudissaient de leur intérêt forcément morbide pour le monde, le vécu et leurs corps.

On comprend bien que le rationalisme réaliste naturaliste ne peut assigner aux sujets que leur moi. Et le moi ne dispose que d’un seul substrat ; le corps. Et on pourra broder autant que l’on voudra si l’on demeure dans le giron naturaliste, toute délicatesse (comme disait Céline, psychanalyste et médecin, qui dressait les cartographies mortifères de l’absence d’âme)  toute délicatesse retombe, s’abat lourdement dans le monde et y crève. Le moi ça crève. Ça ne fait rien d’autre.

Alors pour que tout moi puisse accéder à son sujet, il faudrait soulever une telle montagne de conneries, que ça devient invincible. C’est la racine même qui a été interrompue ; on a engendré des mois, qui supposément devaient se comporter comme des sujets, mais devant la difficulté de s’engager soi comme sujet dans l’exister et son altérité formidable, on s’est rabattu sur cette version du moi, crachotante, bavassante, élucubrante (comme disait Lacan), et c’est la voie du moi qui fut creusée, s’illusionnant et se composant et se répétant dans ses images, ses images dans le miroir, alors que le miroir, le sujet,  c’est ce qui devait commencer de structurer les corps. Et on a tenté de récupérer le sale coup, le jeu mal engagé en démultipliant les imageries du moi ; et plus on en ajoutait, plus les mois s’enferraient dans le gaspillage, gaspillage de l’attention, de l’intentionnalité et de l’intention, de l’impossible décision.

Si l’on se demande ; que peut bien signifier le sujet en comparaison du moi ? Mais que nous enjoignaient les créateurs sinon de produire, là, sous nos yeux, la vraie et réelle surface de nos corps ? L’autre surface ? L’autre nomination ? Et que signifiaient les libérations (des ouvriers, des femmes, des lgbt et autres, des ados, des années soixante ou de 36, ou les indignés, et toutes les associations ou mouvements de lutte)? Une majorité devait se reconnaitre dans les extrémités (qui ne sont pas nécessairement des extrémismes), or ça n’a concerné que ces seules minorités. Pourtant chacun pouvait juger et se décider, et les élites et les décideurs s’orienter selon les boussoles, qu’en est-il résulté ? Une vague agitation non reprise, une agitation sur les marges. Serait-ce le capitalisme ou les puissances qui influencèrent les « gens » ? Pas du tout, ce sont les gens qui se rendirent incapables de se surmonter, comme disait l’autre Autre.

Ils se sont étourdis d’images pour ne pas réfléchir comme miroir, voila tout.

Alors donc apparemment on a manqué Le virage. Les libérations ajoutées successivement n’instruisent pas le sujet dans la forme même de la conscience. C'est-à-dire que notre fonction, notre fonction essentielle, ça n’est pas telle ou telle possibilité du moi, jouissant de son corps

(d’ouvrier, de femme, de lgbt, d’anar-écolo, etc ; or cependant la finalité n’est pas du tout le « bonheur », ce qui veut dire aussi qu’elle n’est pas le malheur, mais croire qu’il s’agit du bonheur c’est perdre, littéralement, la structure ; c’est bien le sens de Nietzsche d’y intuitionner comme il faut. Outre, donc, que la finalité du bonheur devient un enfer effroyable, une injonction, impossible à réaliser, à rendre réelle, parce que dans le réel ça n’est pas ce dont il est question, et si le bonheur devient une injonction, c’est à partir du lieu, de la structure qui en est indifférente ; comme on se regarde bien par-delà le monde, le vécu ou presque par-delà le corps, on n’est rien de l’achèvement ou inachèvement du monde ou du vécu ; ça se joue autrement et ailleurs, sur le Bord : l’idéal obligé, qui vient tout logiquement lorsque l’on définit l’humain comme naturaliste ou réaliste, ne se réalisera pas, jamais, dans le monde ; c’est ce à partir de quoi on définit l’humain comme tel ou tel qui existe, c’est parce que perché sur le Bord du monde, qui n’appartient pas du tout au monde)

mais ça n’est pas non plus la raison ou l’universel (aucun universalisme n’a jamais convaincu un sujet si ce sujet n’était pas convaincu de lui-même, de son intuition structurelle brute) ; et ceci pare que cartésiennement le sujet préexiste à la pensée, et que pour l’atteindre vous pouvez énoncer toutes les lois ou les règles que vous voulez ça lui en touchera une sans bouger l’autre). Pas l’universel ou la raison mais une dimension, à peine ébauchée, et de toute manière des esquisses de laquelle on n’a cessé de ne pas y croire ; on croit à peine à l’universel, ça n’est pas pour croire en un possible de l’universel (cad aux sujets, au singulier, qui réclame une extrême pensée pour être compris, et dont on n’a l’idée, vague, que de Rimbaud ou de ce même niveau). Bref on a passé notre temps soit à caricaturer la dimension au point qu’elle ne ressemblait plus à rien, soit on a joué les mécréants et ce afin de ne pas basculer dans la fonction essentielle, et que nous puissions continuer de nous divertir comme disait l’autre.

De tenir pour vrai et réel, les seules parties du monde (le corps est un agglomérat de parties, de même que le moi, qui se donne des airs de ne pas). Outrepasser les parties pour le Un, c’est passer du moi au sujet. Et c’est très, très difficile.  On ne sait pas encore ce que cela peut donner, excepté les Quelques-Uns, les visionnaires, les explorateurs de la structure (et donc du corps) ; le singularités après l’universel. On a à peine commencé d’investiguer, de s’aventurer au-delà de l’universel, et il fort probable que l’on soit incapables d’avancer plus loin… et lorsque Nietzsche nous instruit de l’au-delà qu’il intuitionne, c’est ce qui, selon ses propres paramètres (qui ne sont évidemment pas les seuls ni forcément les plus pertinents) qu’il cible, et il faut abandonner aussi l’élitisme ; pas seulement Rimbaud ou Nietzsche mais quantité de possibilités tout au long du 20éme et du 21éme, qui concernèrent quantité de mois éprouvant les échancrures de sujets susceptibles de devenirs purs. Le 20émme n’a pas, pour rien, inventé l’acculturation gigantissime des mois saisis à vif.

Explication. On a assuré la base minimale ; on a élaboré une ou plutôt des cultures, toutes plus luxuriantes, ou ridicules, c’est comme on veut, mais en somme un gros bordel. Incompréhensible et inreconnaissable. Personne ne s’y retrouve et chacun se déchiquette la cervelle pour en saisir le traitre mot. Et comme on ne comprend rien, on brode et plus on brode plus on fabrique de la « kultur », jusqu’aux pantomimes et copié-collé, et plus on ne comprend rien.

On  a bien eu l’idée, vague, ici et là, ponctuellement, qu’il fallait remettre les compteurs à zéro et que peut-être on embrancherait sur la Voie : Bouddha, jésus, Socrate, des gens comme ça. Mais que nenni, ça repartait dans le bricolage et l’impossibilité de visualiser le rapport de ces ponctualités d’avec tout le monde, les cultures diverses, les habitudes, d’idiots congénitaux et d’obsédés de tas de trucs (peu importe les trucs en question, le tout c’est l’obsessionnalité ; parce que ça occupe et que les gens ne savent pas quoi faire de leur vie, ou boucher le trou, le vide).

Quelques-uns ont bien tenté de poursuivre la Voie engagée par quelques-uns. Dès que l‘intuition individuelle tombait dans le public, ça partait en vrille. Ce qui s’imposait ça n’était plus le contenu, extrait individuellement, mais les échanges.

Et les échanges grimpent tout de suite à la mort ; la ligne de mort est la régulation des flux du monde qui ne sont pas en mesure de contrôler, réguler leurs rapports à la réalité ; dans le monde donné immédiat non réfléchi, non coordonné, on croit immédiatement que l’autre veut votre peau (symboliquement ou réellement) ; et l’enjeu de l’échange est immédiatement la mort ou la destruction de l’autre. On remarquera que l’on est parvenu à extraire un monde relativement apaisé et surtout échappant à la rareté et à la survie ; mais c’est encore la logique de la ligne de mort que l’on recompose sous diverses formes imaginaires (l’économisme nous fait croire que ce sera toujours la même logique ; celle de « la bourse ou la vie »).

Si on échappe à la survie, cela signifie que l’on s’est coordonné ; on a institué la démocratie ; la révolution veut dire ; l’état de survie est derrière nous, vous pouvez vivre normalement et peut-être déployer vos capacités ; puisque l’on ne peut pas forcer quelqu’un à déployer les possibilités relatives au sujet ; les capacités de sujet ne surgissent que « par elles-mêmes ». Démocratie veut, voulait dire ; vous est offerte la possibilité, pacifiée, de votre sujet.

On a rempli ce cadre général par quantité d’imageries, une bonne part ayant pour but de réintroduire dans le monde la, les nécessités, et une autre part de se prêter comme moyens, comme images libératrices, images permettant de trouver le miroir, hors champ des images ; de passer de la médiatisation à la médiation. On ne peut pas continuer de jouer dans l’unisurface plate et inerte et étale, et en même temps ajouter de la complexité à l’humain … La complexité en-plus doit s’articuler, s’argumenter dans et par la difficulté. Passer des images au miroir ; et donc de soi à soi, du sujet « de par lui-même » en acquisition. Que l’on soit renvoyé non pas à la manipulation de l’humain par la raison, la science, l’objectivité ou une idéologie ou une religion mais au sujet face à lui-même ayant à se décider-pour, définit, délimite la nasse dans laquelle nous végétons ; il faut se décider parce que le sujet (qui seul relève l’humanisme, l’humanisation, l’universel, l’universalisation) doit se produire de lui-même ; il ne peut pas se causer extérieurement ; il n’est pas du monde, du vécu ou du corps. C’est comme ça.

La montée du degré de complexité ce fut, exemplairement, la bascule réflexive qui permit de passer des mondes séparés au christianisme ; chacun portant de par son corps, le corps unique de « celui qui existe seul », le christ. De même qu’il y eut une montée de niveau dans la réinstruction généralisée de la pensée (grecque) dans toute l’Europe (arc-ticulée, cette montée, elle-même sur le christique, puisque dans les deux cas ils ‘agissait de la réflexivité ; celle du monde retourné des grecs et celle du corps renouvelé du christique).

On peut apaiser ou aplanir les nécessités dans une société humaine permettant-de, mais on ne peut pas se substituer aux « gens ». La démocratie (la formulation du monde humain qui prît ce nom là) est la coordination, par laquelle on s’entend de la pacification (à tout point de vue ; non seulement les nécessités, rareté etc, mais aussi d’abandonner la ligne de mort comme seule logique d’échange, et d’affrontement, dans le monde, la sortie du monde en tant qu’intérêts mortels et violents ou d’exploitation) et libre champ est donc adopté afin que les sujets « se produisent ». Mais ils ne se produisent pas forcément… ils ne veulent pas, ils décident que non, ou donc ils ne décident pas (ils se focalisent sur et dans l’immédiat et l’immédiateté est déjà là : on n’a rien à décider).

On s’aperçoit ainsi que quantité de personnes tentent de produire le sujet, en eux-mêmes (et entre eux, ce qui est une autre difficulté), mais quantité aussi qui se détériorent (les maladies du moi, de la personnalisation, de la déréliction, de la difformité du moi lui-même, tout comme des résistances dans les échanges mêmes qui opposent leurs réelles inerties, réalignant tout la réalité, le monde, les vécus selon la ligne de mort) et qui tirent ou maintiennent l’ancienne logique de la ligne de mort. Non seulement les « élites » mais aussi les communs, tout le monde est pris-dans la logique de la non-coordination, supposant qu’il n’y aura qu’une seule supériorité et qu’il vaut mieux l’accaparer. La coordination signifie ; la coordination de ceux qui, depuis le christique, existent séparément, dans la division, dans l’altérité brute.

La non-coordination (la non-démocratie) est la correspondance de l’oubli de l’universel (la négation de l’humanisme universel, de la justice rendant possible le libre pur et brut, qui doit se-vouloir et ne peut pas être-voulu-extérieurement, et la dénégation des réalités, en l’occurrence des nécessités écologiques). L'oubli rend impossible la suite ; les secondes, les autres Aventures, par-dessus l'acquisition de l'universel, rendues impossibles, sauf de Quelques-Uns, élitistes ou gens du commun, peu importe, ça vient on ne sait de où.

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Extrémisme et activisme

19 Mars 2017, 13:53pm

Publié par pascal doyelle

La méditerranée s’est ainsi branchée directement sur le Bord du monde ; révélant de la sorte que dans la masse vague du « réel » il était devenu possible de distinguer d’une part la réalité et d’autre part le réel même, tel quel, nu, sans rien.

Il ne faillait pas compter que nous puissions, comme ça, rêver la réalité en différents mondes plus ou moins esthétiques, satisfaisants, plus ou moins agréables, enfin supposément, sans en être rattrapés. Rattrapés par le réel.

Parce que la réalité on doit la figurer, dans des images, des représentations, des récits, des systèmes symboliques, qui correspondent à des groupes qui imaginent ce qui les arrangent ou ce qu’ils peuvent. Tandis que le réel il nous tient. Dès que les grecs posent l’être, le principe, ils y sont assujettis et se transforment ipso instantanément, instantanément, en sujets. Lorsque les juifs créent ou reçoivent (si l’on est croyant) le dieu unique, ils instaurent une exigence tout à fait Autre et une.

Du fait d’intégrer soudainement (enfin en plusieurs siècles quand même) l’exigence du Un, du réel, c'est-à-dire de la forme, suréminente par rapport à tout contenu (ce que l’on nomme autrement vérité ou liberté ou sujet ou altérité, ou si l’on veut dieu, la pensée, l’universel),

Il fallut recomposer intégralement l’humain et passer, pour le dire, de l’invention de la culture (telle société humaine, le langage, le symbolique, les échanges, localisés en un peuple, un territoire, un cycle du temps, etc), de l‘invention de la culture à l’acculturation, qui est d’un tout autre ordre, d’une tout autre dimension.

Exemplairement ; la culture invente le langage, mais ce qui se passe autour de la méditerranée subvertit intégralement le langage (qui fonctionne par et pour un groupe) et celui-ci s’instrumente (par les grecs ou par dieu ou le christique) s’instrumente par et pour l’individué ; tout énoncé deviendra relatif à un individué libre et réel et expatriera sa vision, son imaginaire, sa liberté, ses désirs, sa destinée, mais aussi sa perception, son expérimentation, son libre champ dans le monde, et non plus tel ou tel monde conjoint à tel groupe, mais le monde, unique tel que « là ».

La sortie de toute culture c’est l’accès instantané à la réalité donnée là, au monde, et ceci ne s’effectue que de la tenue activiste des individualités (grecques, christiques, européennes, etc) et fondamentalement extrémistes ; et par individualité (ce qui parait trop restreint à nos oreilles), il faut comprendre sujets ; le sujet est le nom du dispositif extrémiste et activiste, soit donc le regard et l’intentionnalité que chaque conscience-de obtient en se passant du groupe et de la culture humaine et lorsqu’elle promeut l’ouverture au donné tel que « là » ; seule un arc de conscience perçoit ce qui dans le monde s’instruit du Bord.

Par exemple ; les grecs peuvent être qualifiés d’individués (bien qu’ils n’aient pas reçu le christique et la valeur infini, non finie, admise en chacun), puisqu’ils manifestent la suractivité que l’on doit déployer pour acquérir la pensée, la mise sous tension de l’intentionnalité de telle sorte que l’arc de conscience puisse développer toutes les idées, non communes et non limitées, du donné là, de la perception, et que ces idées soient composées en réseau, le système, afin que toutes soient acquises et compréhensibles par qui que ce soit qui s’y efforce ; chaque individué est en capacité de déployer intégralement toute la pensée qui seule montre les distinctions intentionnalisatrices, qui n’appartiennent à aucun groupe, et du reste Socrate et le christ seront écharpés par leur groupe spécifique. Il faut penser pour augmenter le monde, si l’on ne veut pas se contenter de la représentation commune d’un groupe quelconque. L’œuvre, l’artiste, le créateur instancient l’originel. Le réel originel.

Lequel est donc, une structure. Aucune vérité qui soit tout, mais la possibilité de quantité de vérités (déliées de l’enchainement à un groupe humain, un rituel pour l’esthétique, etc). Quel que soit votre croyance, votre désir ou vos décisions le cadre général de votre être est hors de cet être, hors de sa détermination ; c’est dans la structure du libre pur et brut que vos choix, vos destinées, vos échanges prendront place et c’est par cette liberté que tout cela vaut.

Hors de cette liberté, rien ne vaut ; les dès seraient pipés dès le début et vos croyances ou vos désirs tourneraient courts, s’affaisseraient, ne s’élèveraient plus au niveau de la structure de sujet (dont, on le rappelle, désigne non pas un dispositif mais le dispositif originel, celui qui origine tout le reste ; non en ceci comme Badiou que le sujet se hisserait à un sacrifice de lui-même dans l’universel, marxiste ou autre, mais en cela que seul des sujet portent, supportent, insufflent, produisent, créent l’universel lui-même ; un universel sans que préexiste un et des sujets est un absurdité ; le véritable universel c’est que tout individu soit absolument une forme non seulement capable d’objectivité, mais en lui-même hyper objectif, de cette hyper objectivité qu’a imposé la pensée, ou l’esthétique ou le poétique ou le politique, etc).

La liberté est donc la forme extrême (mais absolument réelle, puisque le réel est l’extrémisme absolu) la forme unique au-dedans de laquelle les contenus sont relatifs mais la forme, elle, est absolue (et elle est absolue parce que formelle ; dans le monde, la détermination n’est pas, jamais, absolue, mais juste donnée là). La forme extrême, le cadre absolument universel, ce qui revient à dire que l’universel s’origine dans la structure de conscience libre et une ; cartésienne (qui a inventé et découvert que la pensée s’originait dans un dispositif antérieur) et que donc la liberté n’est pas un subjectivisme mais au-delà de l’objectivité l’hyper objectivité seule réelle.

Un discours scientifique ou étatiste ne voit pas le réel, il n’est que les arcs de conscience qui perçoivent structurellement le réel donné « là » ; un récit poétique, littéraire, une esthétique, une éthique, manifestent la dimension hyper-objective et rien n’y a accès que les arcs de conscience et toute œuvre ou toute éthique sont destinées à chacun des arcs et les arcs seuls sont destinés à juger, décider, imaginer à nouveau, intégrer et désintégrer les œuvres et les structures. Chaque arc est la limite extrême (aucune autre n’existe, c’est la seule, puisqu’elle est extrême …) à partir de quoi le reste est relancé (ou oublié, mais alors on s‘anéantit soi, à la racine ; depuis la méditerranée nous sommes au Bord du monde donné là, unique, universel, et face à face au « là » du monde donné, à la position qu’un réel il y a).

La dimension de l’hyper objectivité (le droit par ex est fondé non sur l’universel mais sur l’être-libre de chacun ; l’application universelle de la loi est validée et de toute manière fondée et d’abord créée afin que chacun soit relatif à soi, et que rien ne puisse rompre ou annuler ce « relatif » : autant dire qu’il est seul absolu),

la dimension de l’hyper objectivité ; soit le registre unique instauré par la philosophie ; en tant que la philosophie est la discipline qui prend en charge la structure de l’arc de conscience qui émerge de tous les groupes humains, tous les mondes humains autour de la méditerranée et structure qui s’instancie en plus de toutes les cultures, y compris les acculturations qui viendront ensuite ; en plus des grecs, du christianisme, du monde européen et en plus du monde mondialisé qui est le nôtre ; raison pour laquelle la structure va épuiser et dévorer tous ces mondes, y compris le communisme et le capitalisme et les variantes de libéralisme et qui dévorera l’objectivisme et la version réduite de la pensée que constitue la raison dix-huitièmiste, et le réalisme et le naturalisme, qui voudraient que le donné seul explique le donné ; il est clair qu’il existe une dimension en plus du monde, et ça n’est rien d’autre que le Bord de ce monde.

Donc. Et justement. La dimension en plus du monde, qui n’est certes pas « hors du monde », mais délimite ce monde et ce à partir de quoi on le perçoit, cette dimension est également et même originellement le Bord tel qu’il se manifeste, sans aucune cachotterie, et cela est essentiel, tel qu’il se manifeste au plus près, au plus proche, partout, sans aucune exception ; à savoir le Bord du monde outre l’acte de conscience qui en est le décalage en nous, est le présent ; le présent est le Bord, réel, objectif et hyper objectif du monde, de tout ce qui est. De la réalité.

On a donc en perspective la montée du réel non comme qualificatif appliqué à la réalité, mais comme cadre, effectif, consistant, bel et bien « solide » et valant en soi, le cadre antérieur à la réalité, qui commence de se manifester dans cette réalité ; en conséquence de quoi il apparait qu’il y a une réalité … parce qu’auparavant, ne posant pas la question du réel, on n’aboutissait ou plutôt on ne sortait jamais de tel ou tel monde, de telle ou telle Vérité localisée en tel groupe particulier. Si les grecs retournent le monde, si le christique lance l’individualité, si l’Europe invente la technologie, y compris les technologies de l’arc de conscience incorporé, cartésienne, en un-corps, c’est que l’on se dé-place hors du monde, du vécu, des corps.

On se tient dans le point de vue qui se situe au Bord, qui est lui-même un Bord ; l’arc de conscience est arcbouté au donné là, cad arc-ticulé au réel, au présent. Et c’est de là que l’on perçoit, et donc image et imagine, pense et décide, désire et intentionnalise ; nous sommes « cachés » dans le présent (et donc, peut-on extrapoler ? le réalité est cachée, repliée dans le présent), mais cette cachette est précisément ce qui provoque, étire, tracte la réalité ou notre vie ; c’est que nous nous tenons dans le conscient, mais le conscient fait partie des effets, des dépôts, des résultats de l’arc, ou si l’on veut de caisse de résonnance ; et si ce conscient n’est pas tendu vers la paroir du présent, comme une œuvre, une esthétique qui appelle soudain, le conscient se replie en sens inverse ; s’enferme dans la masse du cerveau, dans le donné massif, dans le rêve éternel et irréel. Et on sait que l’arc de conscience est justement la tension qui sort de la cervelle, qui est en plus, et qui a tracé une tension à partir du réel ; l’arc naît là-bas, à partir du Bord du donné, Bord du corps.

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Élaborer le Bord de la réalité et du corps

11 Mars 2017, 09:40am

Publié par pascal doyelle

Tant que l’on croira maitriser l’arc de conscience via ses contenus on échouera ; pour commencer de saisir il faut en être saisi et comme passer par en-dessous (comme jadis on croyait être en mesure de passer par au-delà) ; l’arc est antérieur à tout, et cela même qui rend possible tous les effets, et constamment l’arc réfère tout contenu, quel qu’il soit, même celui-ci, au réel donné tel que « là ». Aussi ce sera succomber à sa toute puissance que d’avouer notre impuissance et commencer enfin de non pas le contrôler mais de commencer d’absorber son point-de-vue et cela ne se peut que de s’y absorber. Le point qui existe est évidemment totalement là-au-devant ; c’est pour cela qu’il existe un présent ; le présent est la paroi absolue qui étire, tracte toutes les réalités et ce qui, en nous, s’effectue selon le présent c’est l’arc de conscience qui rétribue, redistribue les contenus, tous les contenus.

Il ne sert à rien, en un sens et pour simplifier voire caricaturer, de chercher dans le monde, le vécu ou le corps, ce qui existe au-devant ; ce qui se tient intégré dans la paroir du présent ; il faut pour saisir ce qui est structure (cad ce qui est présent pur et brut, qui n’est pas un vide « vide » mais un vide formel, ayant « forme ») une connaissance adéquate et c’est cette connaissance qui est ourdie depuis le début ;  non seulement depuis les grecs et le christique (et le mono) mais depuis les hauteurs de chaque civilisation, culture, ayant suffisamment travaillé à se saisir du présent (de l’absolu, de l’éternité, de la conscience au sens spirituelle ou pas, etc). Il n’est aucune raison de ne pas tenir compte, tenir le compte un par un et tenir le compte courant, si l’on peut dire, de ces expérimentations qui s’effectuent du dedans de la paroi du présent ; puisque cette paroi n’est pas une « intériorité », techniquement parlant, mais est justement, ce Dedans, le dehors même ; le Grand Dehors, l’exposition de la réalité qui ne cache rien ; toute la réalité est de fait, structuralement, exposée, une réalité non exposée n’a aucun sens ; le « réel » c’est de fait et par définition, et structurellement ce qui est exhibé, ce qui existe là devant.

Ce qui s’effectue comme pli dans le réel (l’arc de conscience) est pour nous, être humain, un re-pli, une vague au-devant qui par son flux réorganise le vécu, le corps (on a vu que tomber amoureux qui est le phénomène majeur pour un moi, le comble de son aventure, est un  tel re/flux qui comme on le devine à la fois crée une avenue et réinstalle une décision de soi interne à la structure, on croit se trouver comme si on se retrouvait).

Et puisque paroi du présent et entièrement exposée, le présent est précisément ce qui est intuitionné ; intuitionné au même sens que l’on saisit l’intuition esthétique, perceptive de tel ou tel objet ; autrement dit on voit le présent, on le perçoit (on ne perçoit même d’abord que cela, c’est en ceci que le présent arrive à la fin). Il apparait donc que l’exister, le présent fait fonction d’éternité, prend la forme de l’absolu, on a pu croire qu’il consistait en la spiritualisation ou à tout le moins en une dématérialisation, et ce pour une très bonne raison ; l’exister, le présent est l’origine même. Il est le retour du Même qui n’es jamais parti mais recouvert par l’être, la détermination.

Amené ce qui est perçu, mais impossiblement représentable, dans la vision même c’est donc manifester l’architecture de ce qui est au-devant ; et ce en usant de représentations évidemment, mais des représentations telles qu’elles ne sont accessibles que si l’on modifie le régime du regard ; que si l’on détourne l’habituelle conscience de ses contenus, en une conscience sans contenus. Si on ne comprend pas immédiatement la philosophie, c’est que l’on ne permute pas l’immédiateté dans la médiateté en ceci que la médiateté est la forme de la réalité ; tout est non immédiat et c’est seulement dans la médiateté qu’est notre arc de conscience que l’on place, imagine, situe des immédiatetés, supposées « massives », compactes, solides ; c’est que l’on ne remplace pas sa structure de conscience, emplie de contenus, par la structure de conscience évidée, neutre, sans rien, formelle.

Grosso modo et bien que tout cet ensemble se soit donné, présenté comme pensée, dieu, christique, sujet, raison, altérité, connaissance ou universel, ce qui est arrivé c’est la soudaine prééminence de la structure sur ce qui est structuré. Et du reste la pensée, dieu, le christique, le sujet, l’altérité sont intégralement et structurellement de la médiateté, manifestant le signe du report vers et par l’exigence, l’altérité ; si bien que lorsque l’on évoque le Un on crée à chaque fois une machinerie qui convoque l’altérité. Le Bord du monde s’est découvert lui-même et il a cru qu’il était « la pensée » (ou dieu, ou le christ, ou un tel et un tel ou ceci ou cela, de suffisamment énormissime pour figurer le Bord ; par ex la Volonté nietzschéenne est une telle énormité ou l’Etre de Heidegger ou l’Esprit de Hegel, etc) ; cette croyance structurelle le surmotivait et fonctionnait comme accélérateur d’intentionnalisation ; extensive pour les grecs, intensive pour le mono et le christique, et de matérialisation et d’incorporation enfin ; la structure s’incrustant au fur et à mesure encore plus avant dans la réalité via l’archi-tecture du réel, aboutissant donc pour nous, les mois, à une archi-texture du corps, une difficulté invraisemblable à être le moi que l’on est).  

On l’a dit ; on ne sait pas ce que c’est que la structure. Parce le réel est non clos, il est inimaginable et impensable que la « réalité » soit quelque chose de clos, mais il est pensable que la réalité soit le réel en tant que formel, parce que la pensée est l’extension de l’arc qui se rend adéquat à ce qui existe. La pensée n’est pas l’image dans le miroir qui soit conforme au miroir, mais est l’image qui reconduit tout arc à sa structure comme miroir ; il n’est aucune autre porte d’accès (au réel, cad au possible) que chaque arc, un par un ; aucun ne peut se substituer à aucun autre. Parce que la structure est formelle, cad activiste dans et par le présent (en lequel elle veut non seulement acquérir mais relancer, ce qui signifie re-Créer, relancer le Créé en plus de l’être) et se crée au fur et à mesure d’une part et parce que le présent est cela seul qui existe (et tout le reste ce sont des effets du présent, les réalités sont les effets du réel formel, arc-de-conscience/présent-exister), et comme chacun sait le présent n’est pas fini… par définition et de fait.

L’être, cad le résultat de l’exister, est le moyen de l’exister, et la finalité du réel n’est pas l’être, mais le déploiement de la forme (de l’arc de conscience, autant que l’on sache, et du présent, partout hyper actif), et le devenir de la forme, n’étant pas tenu par la détermination mais traversant toute détermination, n’est pas une réalisation univoque ; il est, ce devenir, les formulations possibles de la forme (de même que Mozart n’a pas éteint Haydn, ou Lacan, Platon ; si il était question d’essences ce serait soit l’une soit l’autre, mais ce sont les structures qui se dessinent qui imperturbablement s’ étendent ; la totalité de toutes les structures possibles est in-définiment possible et le darwinisme que l’on pourrait appliquer sur les essences, soit l’une soit l’autre, ne vaut pas exactement sur les structures ; elles entrent en concurrences mais en tant qu’elles s’éclairent les unes les autres ; qu’il y ait une structure totale et unifié de toutes les structures-unes est absolument inimaginable et impensable, pour le moment ou pour nous, mais cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas.

On essaie seulement, si l’on peut dire, depuis la méditerranée, de délimiter ici même, dans le présent, entièrement manifesté et manifestable et constatable et supposant sa radicale cohérence, si spéciale, spécifique même, de délimiter ici même et pour nous ici et maintenant (puisque les mois sont supportés du sujet impossible et que jamais on ne fut aussi porche structurellement du Bord du monde ou du Bord du corps, le moi étant ce corps-même, dans toutes ses horizontalités et verticalités, et surfaces autrement dit), de délimiter le Bord de ce qui est, raison pour laquelle nous avons ou sommes basculés (souvent malgré nous, qui désirons nous lover bien au chaud), nous sommes basculés dans l’exister, hors de l’être.

On a vu aussi comme la pensée lorsqu’on la sort de l’interprétation rationaliste (depuis le 18éme) qui lui est faite, contient elle également l’articulation ; sous la désignation de l’être, du Bien, du moteur, du Un, de Dieu, etc ; soit donc des notions, des idées ou super-idées si complexes qu’elles s’avèrent tordues, distordues, en tant que renvoyant comme un miroir absolu vers le regard nôtre, et s’affectant ainsi du mouvement tournant qui non pas revient à une tautologie parce qu’entretemps le pli fut déplié… le réel fut ramené au devant, lui qui était jusqu’alors enfoui sous les représentations diverses, les contenus, les peuples et cultures et mondes. Ramené au devant sous la forme de la métaphysique (qui confine à l’ontologie complexe du Un) et qui ensuite sous le coup cartésien, le nouveau tour joué, qui extrait l’ontologie de la métaphysique (du discours philosophique, de la pensée de dieu, de la part de dieu et sur dieu, à la fois), et dresse que je suis avant de penser. Ce que comprendra parfaitement Kant (mais il ne lui revient pas de référer cet être, cet exister).

Tous les regards se tournent alors vers le sujet non comme subjectivité ou subjectivisme ;  vers le sujet comme structure seule active qui tire à elle, à partir de son impossibilité, que toute la réalité, et la réalisation humaine soient suspendues à son Au-Devant, dans l’architecture du présent qui s’emboite dans l’archi-texture du corps. La structure du sujet (celui qui tenait la pensée, dieu, le sujet depuis Descartes, l’altérité nietzschéenne et heideggérienne, l’analytique sartrienne et lacanienne, en donc les mois, chaque moi un par un) est enfiché dans la paroi Au-Devant, celle qui n’est pas possible, puisque située hors du monde, du vécu, du corps, de la cervelle, de tout en fait, situé comme présent ; l’impossible, ce qui n’est pas, mais existe, étire, attire, tracte la réalisation. De là que tout notre réalisation est prise dans la forme de la structure ; elle se suppose du Bord du monde, qui est, pour nous, comme mois,  le Bord du corps (et ce au sens strict et propre ; sartrien et lacanien). 

Ceux qui traient de haut les élucubrations de Lacan ou renvoie Sartre à la vieillerie (même lorsqu’il annule, pense-t-il, la psychanalyse ; il Doit élaborer sa vision dans cette dialectique) sont sortis du réel, qui eut lieu depuis toujours-déjà, et n’ont pas les yeux en face des trous. Du trou du réel. De même ne pas examiner soigneusement les aventures mystiques ou les systématiques de religion c’est ne pas voir que l’articulation (qui eut lieu, a lieu, aura lieu , via les êtres humains ou d’autres) s’observe elle-même et avance, comme Cause Au-Devant ; qui nous prend en tant que présent mais présent qui se continue peut-être en tant que Dimension dont on ne sait rien, et qui n’existe peut-être pas, de la nature de laquelle on ne connait pas le prolongement, ni si prolongement il y a, mais la vision en est suffisamment jolie, une verticalité ou horizontalité qui traverserait toutes les réalités, tous les univers. On précise ainsi au long cours la nature de cette structure, ce qui ne se peut sans qu’elle se crée formellement en tant que Bord qui avance.   

Il est bien clair que cette élaboration du Bord si elle s’observe théoriquement et exclusivement philosophiquement (puisqu’il faut nommer, signifier, avec des signes, qu’il existe un tel Bord) est tout aussi bien vécu (par le moi, et son tomber-amoureux ou par la révolution-politique jadis lorsqu’il s’agissait d’une passion formidable), qu’esthétique et poétique et éthique et évidemment de religion ou de mystique et que le Bord affecte toute la surface accrochée à la paroi du présent. Puisque le Bord est ce qui a effets instantanément dans le monde.

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Descartes, Sartre, Lacan

7 Mars 2017, 11:48am

Publié par pascal doyelle

Sartre et Lacan sont les deux faces de la même pièce ; côté monde et autres et historicité (Sartre) et côté dépliement interne de la structure de conscience (et de tous ses dispositifs si complexes et étranges ; par Lacan). Soit donc l'externe (l'acte de conscience dans le donné là ; Sartre) et soit l'interne (le retour super étrange de l’acte dans un corps ; lacan). Qu'ils soient français veut dire que se continue celui qui a inauguré que la pensée elle-même s'origine en un "être" une structure un dispositif étrange ; qu'ils continuent Descartes ; qu'ils soient français veut dire qu'ils parlent français et qu'ils ne se paient pas de mots et qu'ils soient suffisamment arrogants pour prétendre que "oh mais non ce désespoir sans fond, analytique de notre être, de la structure de conscience de notre être, ne nous touche pas ; nous sommes aussi indifférents et libres que le réel lui-même". Pour les français rien ne vient boucher le vide formel de la conscience.

On remarquera que Descartes domine impérieusement tout le réel (je suis invariablement le seul point fixe dans le déchainement), que Sartre jette un œil sur le côté (le monde et les autres et ce corps perçu du dehors) et que Lacan vous transperce avec bienveillance (je vais vous jouer un bon tour)

« Mais, sitôt que j'ai eu acquis quelques notions générales touchant la physique, et que, commençant à les éprouver en diverses difficultés particulières, j'ai remarqué jusques où elles peuvent conduire, et combien elles diffèrent des principes dont on s'est servi jusques à présent, j'ai cru que je ne pouvois les tenir cachées sans pécher grandement contre la loi qui nous oblige à procurer autant qu'il est en nous le bien général de tous les hommes: car elles m'ont fait voir qu'il est possible de parvenir à des connoissances qui soient fort utiles à la vie ; et qu'au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on en peut trouver une pratique, par laquelle, connoissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. Ce qui n'est pas seulement à désirer pour l'invention d'une infinité d'artifices, qui feroient qu'on jouiroit sans aucune peine des fruits de la terre et de toutes les commodités qui s'y trouvent, mais principalement aussi pour la conservation de la santé, laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ; car même l'esprit dépend si fort du tempérament et de la disposition des organes du corps, que, s'il est possibles de trouver quelque moyen qui rende communément les hommes plus sages et plus habiles qu'ils n'ont été jusques ici, je crois que c'est dans la médecine qu'on doit le chercher. »

— René Descartes, Discours de la méthode

De quoi le scrupule français est la tenue du corps, tout ceci n'est pas sans cause ni sans effets ; il n'est rien qui soit sans la Cause et sans les effets de la Cause.

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Occidentalisation versus occident

4 Mars 2017, 13:07pm

Publié par pascal doyelle


Suréminence de la forme  sur les contenus. 
On s’est focalisé sur les réalités, et donc les réalisations humaines, les intentionnalisations, puisque l’arc de conscience et le présent prennent le Bord du monde, du même monde, et sont ce par quoi il est justement un monde (auparavant il n’existait que des mondes particuliers, cad la culturation humaine, comme langage et religion, etc, tandis que dorénavant il s’est imposé l’acculturation, globale, universelle, réelle d’un seul monde, d’une seule humanité, parce qu’il n’existe qu’une seule structure de conscience, quels que soient les contenus, par-dessus les langages et les mondes). Mais en vérité les hyper contenus sont utilisés par l’intentionnalisation, par la forme, afin de créer des distinctions et d’avancer dans la possibilité structurelle. 
Distinction de l’activisme, soit donc de créer des intentionnalisations en plus, qui soient des distinctions (des idées, des formes, des perceptions, des esthétiques, des politiques, etc), et créer des activismes soit donc le soulèvement de chaque arc de conscience ; c’est que si l’on veut que l’architecture du réel joue à plein, il faut que tout arc de conscience soit absolument distingué de la communauté d’une part et que de cette division absolue, cad formelle, il se crée une communauté puissance deux ; c’est le sens même de ce qui, selon le christique, était ciblé ; sauf que le christique ne considérait cette individualisation que selon l’imitation du christ, du Un seul et unique, valable pour tous, et n’imaginait pas que cette individualisation était en mesure d’avancer aussi loin et de se mener aussi durement ; les individus humains un par un déchainent l’hyper activisme potentiel, et doivent trouver en eux-mêmes et sans rien nier de leur individualisme, la capacité de liaison. 
En aucun cas la liaison de tous ne doit annuler, en aucun sens, la déliaison de chacun, formelle et donc absolue (seul le formel est absolu, n’étant pas composé) ; le christique crée la forme en laquelle certes selon le christianisme chacun se reconnait dans le christ et est reconnu par le Un-tout-seul et unique, mais ce faisant chacun est formellement taillé par et dans son individué hors champ, hors monde, hors vécu et hors corps. Plus rien ne peut nous contraindre (sinon le christique cad le principe de libération, de délimitation ; ici par ce corps s’arrête le monde, et la mort et la séparation selon les intérêts du monde, et le groupe humain, etc). 
Autant dire que cette liaison doit elle-même être travaillée et rendue complexe, d’une complexité telle que, apparemment, l’humanité n’y semble pas disposée, ou n’en est pas vraiment capable. Et par complexe on ne désigne pas une complexité de détermination mais une complexité de pli et de re-pli sur le Bord de la réalité, du monde, du vécu, du corps ; aussi les descriptions spécifiques doivent être dites ontologiques et ces descriptions c’est ce qui a cours depuis le début philosophique et jusqu’à Sartre et Lacan, qui avancent prodigieusement autour du pli réel (l’exister du présent) par le dépli individué et nous tirent hors du donné et de la représentation ; ils ne succombent pas au contenu ; et il n’est d’accès à cette logique de cette complexité spécifique que technologique ; toute représentation du Pli tombera dans le monde et du Pli on ne retiendra alors rien du tout, puisque la nature même du pli est technologique. Résidant dans la forme même. Il n’est aucun contenu de conscience qui soit la conscience et aucun conscient qui prenne l’arc de conscience qui culmine par l’inconscient, puisqu’arcbouté par le réel en re-tour vers le corps, la nouvelle surface jouissante du corps modifié, inaccessible (par quoi que ce soit du monde) et donc libre (relative à sa forme non possible, qui crée les possibilités). C’est pour cela que l’inconscient est qualifié par Lacan d’objectivité (en traduction) ; l’inconscient est dans le champ non possible de l’arc-dans-le-monde-via-un-corps.
Ce qui veut dire dans la distance qui se crée de soi à « soi ». Ce décalage c’est uniquement l’arc de conscience, chacun, chaque Un, qui le supporte ; c’est inscrire la distance dans le « soi » de chacun qui est ainsi littéralement la finalité de structure du christique. Lequel certes ne crée pas l’universel (grec) mais crée l’autre part de cette réflexivité ; raison pour laquelle le christique reprend intégralement et porte plus loin la réflexivité grecque ; retournement grec du monde, renouvellement intense christique. Suréminence de la forme qui parvient ainsi à se désigner, à se signifier, au travers de cette invention de re-présentation qui incruste l’arc dans l’activisme de conscience de chaque un. Dans tous les cas relativité des contenus, de la représentation, de l’image, relativité en une structure qui n’est pas relative. 
Jusqu’à la formation de l’humanisation, l’invention de la personnalisation en cette humanisation, le système de médiatisation se transformant en médiation ; de la formalisation de l’humain en appropriation via les images, appropriation qui équivaut à une désappropriation ; et qui se heurte à l’impossibilité de figurer l’arc et donc à la nécessité de causer sa possibilité en chacun ; il n’est aucun autre moyen que de susciter le surgissement de l’arc ; aucune formulation ni représentation ne peuvent se substituer à l’acquisition par creusement de chaque un par lui-même ; l’évidement de l’humain auquel on peut assister doit ou devrait produire le décalage en et par chacun par lui seul. Littéralement seul.
On ne peut pas causer directement l’articulation d’un arc de conscience ; il doit se causer lui-même (puisqu’il échappe aux causes du monde). Et ce que chacun doit mettre en œuvre bouleverse absolument, cad formellement, toute conscience possible (dans le monde, le vécu ou le corps). 
Or dans le même temps, de par sa proximité (in-finie, ce qui veut dire d’une autre dimension que la détermination) de l’arc de conscience dans son moi, toute intentionnalisation est passionnément convaincue de non plus sa vérité seulement mais de sa réalité ; cela veut dire que l’on croit réel ce que l’on désire, décide, image et imagine et que l’on croit totalement être le moi que l’on est. Ce qui est absurde ; il n’est aucun arc de conscience qui soit le moi que, pourtant, par ailleurs, il est. Et il est vrai et réel, à la fois, qu’il n’est que des mois, et aucun sujet en aucune manière et en quelque sens de « être ». Il est à l’opposé impératif qu’il n’existe en existence que des sujets, mais les mois ne le savent pas et les sujets ne sont pas ; le sujet c’est ce qui se produit, à partir de lui-même. Or les mois croient qu’ils sont, ils le croient tellement qu’ils jugent que seuls les mois sont, prêts à immanquablement tout sacrifier, serait-ce la totalité de cette planète, pour « cela » qu’ils croient qui est, leur « moi » ; ça n’est pas seulement qu’ils le croient, ils le vivent, l’existent, le perçoivent comme un seul et unique couloir. 
Comme leur sujet est profondément replié, biffé, re-caché sous le moi, ils ne voient pas que le moi est effectivement ce à quoi aboutit tout l’historicité humaine, mais au sens où le moi est enfin le support des sujets ; par quoi l’arc structurel peut enfin tout relier en une seule fois ; de ses débuts méditerranéens, ainsi que de toutes les explorations antérieures, de toutes ses variantes ; puisqu’en une seule fois l’arc de conscience ré-atteint imperturbablement l’architecture réelle qui ne dépend en rien des contenus ; sinon que ces contenus doivent assurer ou assumer l’interface et que cette interface interfère selon le plus ou le moins dans, vers, par l’architecture réelle, laquelle est telle quelle, brute et  nue, et qu’il s’agit pour l’arc brut de se perfectionner, cad de se vouloir, de se décider pour sa propre finalité, selon sa propre dimension. Autrement dit de créer des interfaces ; la pensée, le christique, l’humanisation, la personnalisation, le moi.  
Lesquels n’ont rigoureusement pas de sens hors de la distance même qu’ils créent. L’ensemble du mouvement consiste à motiver les consciences de telle sorte qu’elles se dessoudent d’elles-mêmes, se décollent, et dans ce laps renouvellent ou retournent le monde et le vécu et le corps et l’humain. 
Mais Le moi tend pourtant à tout réduire à sa mise en forme, et devient lui-même le point aveugle ; il ramène toute la réalité à sa forme mais sa forme est soudainement de ce fait inexplicable, et infiniment douloureuse. Il gît et végète dans l’incompréhensibilité ; qui tient de son système d’interprétation incapable de saisir la distance (qui autrefois était dépliée par la pensée et le monde, esthétique, éthique, politique, grec, et le christique, exemplaire conscience qui à la fois distingue et réunie toutes et chaque conscience). 
Que la forme soit prééminente est le déroulement même de toute l’occidentalisation ; qui s’impose de par sa logique purement formelle ; on a vu que la forme est la Dimension, et que celle-ci n’a pas de représentation dans la réalité ; que l’on ne peut pas, par ex, convoquer son sujet ; qui est hors champ, rappelons que c’est seulement de cette manière, parce qu’il est hors-champ, qu’il existe des champs, des horizons, des possibilités, et parce qu’il est impossible qu’il est un sujet ; sinon il serait une chose, ou une détermination ou une pensée, et Descartes est celui-là même qui a annoncé qu’il existe une origine de la pensée, antérieure et c’est pour cela que l’on ne peut pas du tout passer outre Descartes ; il montre le saut antérieur, le re-tour, le nouveau tour joué, inoubliable, puisque ce serait oublier la mise en forme structurelle qu’est le réel. Ce serait retomber dans ce que Kant dénonce ; qu’il soit possible d’identifier les contenus au réel. 
Si on ne se maintient pas au niveau du système formel du réel, système qui contient la réalité, sujet qui contient le corps ou le vécu, universel qui contient les mondes humains, on retourne à la définition d’une Vérité, et l’on ne voit plus que la vérité est le système formel et non pas les contenus qui s’y produisent. On croit que l’occidentalisation consiste à opposer ou ajouter une vérité en plus, à toutes les autres ; mais l’occidentalisation ça n’est absolument pas cela ; c’est la mise en avant de la forme (qui couvait dans tous les autres mondes), et si on a pu identifier la réflexivité à la raison (celle du 18éme) c’est une erreur ; l’occidentalisation est bien plus impérative et stricte et Autre. 
À tel point que « l’occident » lui-même n’est pas capable de relever le défi qu’est « l’occidentalisation ». L’occidentalisation est donc la forme pure et brute de la survenue du formel, du réel dans la réalité et par-dessus les contenus, tous les contenus, y compris évidemment les contenus spéciaux qui sont produits par le structurel ; aussi doit-on traiter l’occidentalisation non comme une culture humaine, mais comme une a-culturation (au sens de privation), comme une a-civilisation, fondé sur « cela qui est antérieur » ; et donc l’occidentalisation n’est pas dans le langage ou la société humaine ou dans le symbolique, etc mais dans le dépassement du langage, de la société et de tout système de représentation. Ce sont les sociétés humains particulières préalables qui créèrent et inventèrent la Kultur, chaque monde humain est kulturel, mais l’occidentalisation outre passe toute cette instauration par un surcroit ; la survenue dans le monde et le monde de la Kultur, de l’a-civilisation.  Les grecs ne font pas le jeu de leur langage ; ils dépassent le langage et tordent celui-ci en et par l’expérimentation de l’actualité telle quelle ; nommé, en principe, l’être. De même le christique utilise selon l’altérité le corps et le vécu de chacun. 
De là que l’occidentalisation, ayant à cœur la forme même, excédé de et par le caractère purement formel du réel, l’ici et maintenant, la soif de saisir ici même, use et épuise tous les contenus, spéciaux ou non, et engendre ainsi l’historicité. L’occidentalisation ne tient pas aux contenus, aux systèmes mais les épuise tous. C’est la forme pure et brute structurelle (l’arc conscience/présent) qui se veut.   
 

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