Histoire de la philo, en quatre points
Surintentionnalisation ; les grecs, qui passent outre le langage, le groupe et sa mythologie, l’immédiat et le corps, puisqu’est découverte la capacité de non pas recevoir des contenus, des représentations, mais de les produire ; de les produire en augmentant considérablement l’intentionnalisation ; et intentionnalisation qui apparait comme telle au grand jour et se nomme « pensée » ; une intentionnalisation, une idée. Il existait de la pensée avant les grecs, et qui se connaissait comme pensée mais se référait à un super contenu (dieu, l’absolu, l’éternité, etc qui ne sont pas « ici », et donc que l’on ne peut pas penser correctement, dont on ne peut pas acter la cohérence, on doit y croire et non pas l’analyser et le comprendre, mais si la pensée est cohérente-ici alors le réel est tout entier ici … il n’y manque rien, c’est juste que l’on ne sait pas tout ce qui est, tout ce qu’il faut comprendre). Ici la pensée se connait face à la réalité et s’introduit dans la réalité en démultipliant ses activités (esthétique, éthique, politique, idéel, philosophie). Face au donné tel que «là » ; divisant instantanément le donné en « ce monde » et le « là » du monde ; le monde apparait parce que dessous ou au-dessus, il est un horizon, l’être, sur lequel le monde, la détermination apparait. On peut en raison supposer que l’horizon synthétise toutes les déterminations que, via la pensée et l’universalisation, on pourra tirer de ce monde tel que là. Il suffit, a priori, pour cela d’élever de plus en plus l’universalisation et la connaissance et l’horizon produisant toutes les différenciations du monde réel, nous animera au travers de toutes les distinctions idéelles de notre pensée ; la réalité est une différenciations et la pensée en produisant les distinctions idéelles, nous égale à l’architecture du monde, et de ceci augmente de toute manière (même si l’on ne parvient pas jusqu’au Un qui est Tout), augmente considérablement « ce que l’on perçoit du monde ». C’est cela que les grecs comprennent et dont ils s’entichent à juste titre ; par la pensée et l’universalisation de l’intentionnalisation qui produit quantité de distinctions, mentales, on perçoit quantité de différenciations, réelles.
Ce qui implique que chacun fasse l’expérience du monde ; on ne pense que si l’on pense, sinon on ne voit, littéralement, rien. On voit des images ou des reflets d’images (puisqu’il est avéré que certaines « images » sont des images-idées ou même des idées-images, mais on sortirait du cadre).
Chacun mais non pas individuellement ; on se convertit à « la pensée » ; elle est universelle et chacun doit se séparer de « soi ».
L’hyper intentionnalisation – le christique ; hyper signifie que l’intensité prend entièrement l’individualité ; l’individualité va se retourner intégralement sur elle-même et ce à partir du point-Autre, qu’est le christ, le christ qui manifeste de fait et en une fois que l’Autre-point existe et qu’il est le réel ; ce à partir de quoi ou de qui on perçoit que l’on existe ; si on sait que l’on existe (et que l’on va mourir) on le sait à partir d’une perspective ; quelle est-elle ? Le christique est le regard autre qui vous crée ; il vous foudroie sur place et vous montre que vous vous percevez de l’extérieur et que cet extérieur est absolu ; bien plus grand que la vie que vous menez. C’est cela qui s’introduit absolument, cad formellement, par le christique ; la forme de votre regard est plus grande que tout ce que vous pourrez percevoir. Le christique est l’ensemble des possibilités qui nous tombent dessus lorsque l’on s’aperçoit que l’on est en-plus. On regarde en-plus à partir d’un point absolument Autre et on ne sait pas pourquoi ni pour quoi.
Et cela prend radicalement, à la racine ; et la racine (outre celle structurelle, sur laquelle on n’introduira pas ici) est le corps ; il est clair que c’est intensément que tout ce que l’on est, durant une vie, entre en scène ou sort de scène, comme l’on veut ; saisi à vif, comme sur la poêle, à vif d’un Point qui est Autre.
Il est clair que l’individuel est alors bien plus profond que pour les grecs ; jamais à partir de l’universel on n’obtiendra la sidération de se percevoir d’un point autre que soi ; lorsque les grecs saisissent l’individu ou l’humain ou le monde, c’est sous couvert de l’universalité, de l’universalisation, de la pensée, de cette interface monumentale et architecturant universellement la réalité. Lors que le christique sur-existe soudainement, l’architecture universelle ne peut pas intégrer une telle divergence.
Il faudra, intégralement, toute l’historicité qui suivra pour commencer d’appréhender l’irruption individuelle dite christique ; Sartre et Lacan commencent à peine de saisir le début de cette individualité structurelle. En vérité l’organisation intégrale, le déploiement de l’historicité tente de déplier la structure mise à jour (ou révélée si l’on est croyant) par le christique.
Il est vrai que cette structure ne s’anime a priori que dans la conversion ; le regard christique crée votre âme, ni plus ni moins. Ou dit autrement le regard recrée votre corps ; un autre-corps. Et cela ne tient que d’être vu, vous-même, par le christ.
Ce qui est considérablement à la fois repris et bouleversé par Descartes.
La méta-intentionnalisation. Descartes mine de rien, substitue singulièrement le Regard christique ou si l’on préfère l’approfondit ; il le remplace par un méta regard de soi sur soi ; sauf que de ce fait ça n’est plus le même soi… Le regard cartésien, est qualifié de retour sur soi ; mais au sens de « se retourner sur/vers soi » et de re-tour, de nouveau tour joué.
Ce qui était réflexivité dans la pensée, grecque, soit donc la capacité de mesurer la totalité des intentionnalités, des idées, en une fois, une fois qui rende la cohérence de la pensée, par quoi la réflexivité est l’auto-vérification de toutes les intentionnalités dans et par la cohérence que l’on admet (se rendant capable de saisir la cohérence de la réalité), devient par Descartes réflexivité au sens de retour sur cet-être que l’on est ; il faut même dire de cet-être que l’on existe (de là que la méthode ait cette structure de récit, de devenir, de devenir autre que soi et qui rend autre tout ce qui est, par le rêve, le malin génie, les marionnettes humaines, la folie, etc). Pareillement si l’on revient sur soi comme étant cet-être qui est « là », Descartes va disposer la réalité comme étendue (mathématisable et non plus pensable, ce qui fait s’écrouler toute la pensée métaphysique) ; cet-être qui est le « nôtre » est posé « là » sur le monde-étendue, comme cloué et ne disposant d’autre ressource que la sorte de performance interne de la volonté (identique à celle de dieu), et performance du doute par son circuit. Et sur l’horizon du monde, sur l’horizontalité, s’impose, toute verticale, la conscience de « soi », laquelle est quand même très étrange ; elle parait non pas une structure personnelle mais pourtant absolument singulière et ne relevant plus de l’universel, non par défaut mais par excès.
De même que l’on ne peut plus universaliser le monde selon la pensée mais selon la mathématisation (et les sciences), de même on ne peut plus penser notre être comme un écho, pour ainsi dire, de la pensée du monde, et qui descendrait jusqu’à la connaissance, lorsque l’on s’y efforce. Notre être n’est pas un agent pensant qui recevrait la pensée toute faite, ni qui consisterait en l’universalité. Il faut une description bien autrement outillée pour saisir que cette « âme » dans chaque corps, humain, est un arc de conscience qui s’élabore et qui s’architecture (en tant que sujet et en tant qu’historicité qui a déployé toutes ces facettes et ses possibilités).
On a ainsi dû recourir à une nouvelle interprétation ; soit saisir toute la constitution du monde donné et de la pensée elle-même à partir d’un « sujet » dit sujet transcendantal (kantien) ; soit retrouver toute l’historicité des déplacements de cet arc de conscience au travers des deux phénoménologies (celle de l’esprit et celle du savoir absolu, de Hegel) ; et puis enfin d’entrer dans le vif en remplaçant la « pensée » (qui est seconde depuis Descartes, qui est effet et non plus cause) par l’intentionnalité ; et tout ceci en se maintenant dans la réflection (la réflexivité de second degré, plus antérieure) ; l’image de lui-même que le miroir, en personne, tente de définir ; soit donc de pénétrer dans le secret du divin en quelque sorte. Non plus de s’animer dans des idées ou des images, mais d’explorer la structure même qui génère toutes les images et toutes les idées (et les mondes humains, les langages, les identités, etc)
L’anti-intentionnalité
Dès lors la structure est lâchée dans le monde, nue et sans rien. De là qu’elle comprenne sa propre liberté. Mais Descartes a également montré le monde tel que là ; l’étendue du monde, le silence éternel des espaces infinis qui effraient. Tout arc de conscience parait alors isolé et perdu dans l’altérité totale du donné, l’immensité de l’univers réel, ses ultra complexités, et les déboires de toute vie individuelle, son absurdité, accidentalité, non sens ; on usera par l’anti-intentionnalité de toutes les figurations de cette altérité, puisque l’on ne croit plus à l’être, à dieu, au christique ou au sujet, (ne comprenant pas que par sujet il faut entendre tout à fait autre chose qu’une « substance » ou un idéel ou un idéal ou une identité quelconque ; le sujet kantien, hégélien, husserlien est bien éloigné de toute substantialisation). La vérité est que le sujet, structurel, se sait instantanément comme sujet, mais que le miroir n’admet pas, refuse, nie qu’il soit ce miroir ; il voudrait encore se mirer dans une image ; il emploiera l’Etre (Heidegger), ou la Volonté ou le langage, ou l’inconscient, ou ce que l’on voudra (l’économie ou la neurobiologie, etc) pour travestir et couvrir le miroir même.
On a atteint le miroir même, mais on ne veut pas le voir en face.
Malgré eux N et H manifestent d’une part l’altérité interne (par la figure de la Volonté qui est autre que nous) et d’autre part l’altérité externe (l’être, le « là » où depuis Descartes nous sommes situés, dans l’altérité du donné-monde-étendue) ; ce qui sont des figurations d’un mouvement de structure mais non pas la structure elle-même ; qui est effectivement la conscience comme plus grande que le conscient et le réel tout à fait autre que l’humain. Un degré de plus et Sartre va nous exposer la structure dans l’externe du monde, des autres et de l‘historicité et Lacan va remonter la structure tout au long de l’identité du moi humain, du corps humain. De sorte que littéralement tout a commencé d’être exposé au devant de nous, sous notre regard. Mais commencé seulement.
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